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INTRODUCTION

CHAPITRE I : Le champ d’application de l’IS.

Section 1/ : Présentation des dispositions juridiques :

Section 2/ : Analyse et explication des dispositions juridiques


relatives au domaine de l’IS :

CHAPITRE II : La détermination du résultat imposable.

Section 1/ : Les produits imposables :

Section 2/ : Les charges déductibles :

CHAPITRE III : La liquidation de l’impôt sur les


sociétés.

Section 1/ : L’établissement de l’IS :

Section 2/ / Le paiement de l’IS :

INTRODUCTION
Les institutions fiscales au Maroc sont le résultat d'une
évolution historique. En effet, le système fiscal marocain s'était
caractérisé par sa simplicité et sa stabilité. Il ne comprenait que
quatre impôts dont la création remontait aux environs des
années vingt. Il s'agit tout d'abord de la taxe urbaine assise
sur la valeur locative des propriétés situées dans le périmètre
urbain. Ensuite, l'impôt des patentes dû par toute personne
physique ou morale exerçant une activité professionnelle,
industrielle ou commerciale. De même il y avait la taxe
d'habitation établie au nom de toute personne disposant d'une
habitation dans les villes et les centres urbains et le "tertib" ou
impôt agricole assis sur le revenu annuel des exploitations .
Sous le protectorat, le système va se moderniser sous la
contrainte des nécessités budgétaires visant essentiellement à
alimenter le trésor public. En effet, la France a entrepris une
réforme visant à conserver certains impôts comme les droits de
porte, les droits de marché et les droits de douane, et de
modifier le "zakat" et "l'achour" qui ont été remplacés par le
"tertib". De même, elle a crée de nouveaux impôts, notamment
la taxe de transaction, la patente, la taxe urbaine, l'impôt sur
les bénéfices professionnels, le PTS… et enfin par l'annulation
d'autres impôts à savoir les impôts de souveraineté.
Le système fiscal, sous le protectorat, se caractérisait par la
prédominance des impôts indirects.
Après l'indépendance du Maroc et dont l’industrialisation du
pays a commencé, l'effort de modernisation de système fiscal
se poursuit par l'adoption, en 1961, des mesures nouvelles
ayant pour objectif économique et sociaux de l'époque. En
1971, il fut crée d'une contribution complémentaire sur le
revenu global des personnes physiques et en 1973, de la taxe
sur le produit des actions ou revenus assimilés.
En 1980, un impôt appelé " participation à la solidarité
nationale" a été crée et qui a été dû par l'ensemble des
contribuables résidents au maroc.
Le système fiscal marocain est devenu au début des années
quatre-vingt difficile à gérer compte tenu de son caractère
cédulaire. Alors, une réforme a été conduite avec le concours
du FMI et la banque mondiale en vue de doter le Maroc d'un
système fiscal moderne, simple et plus efficace. Cette réforme,
dont les principes ont été énoncés par la loi-cadre du 23 avril
1984, s'est fixé pour la suppression des derniers impôts
cédulaires à savoir la taxe sur les produits des actions et parts
sociales, taxe sur les produits de placements à revenu fixe,
taxe sur les profits immobiliers, taxe sur les produits de cession
de valeurs mobilières afin d'aménager des dispositions relatives
à L'IRet l'IS qui fait l'objet de notre exposé et par la
suppression totale de la participation nationale de solidarité.
L'étude de l'impôt sur les sociétés, revêt une grande
importance dans la mesure où elle permet, d'une part, de
mieux comprendre aux contribuables, leurs droits et leurs
obligations fiscales, et, d'autre part, de donner des éléments
d'appréciation sur des questions fiscales courantes auxquelles,
ils peuvent être parfois confrontés. L'IS constitue le second
volet de la réforme fiscale engagée en 1982, entrée en vigueur
en janvier 1987. Cet impôt fait l'objet de la loi n° 24-86
promulguée par le dahir n°1-86-239 du 31 décembre 1986.
Jusqu'à nos jours, des problèmes se posent à son domaine
d’application (CH I), et à la détermination de sa base imposable
(CH II) en vue de liquider cet impôt dans les différents régimes
d’imposition (CH III).

CHAPITRE I : Le champ d’application de l’IS :

Section 1/ présentation des dispositions juridiques :

1) Personnes imposables à l’impôt sur les sociétés :


Sont obligatoirement passibles de l’impôt sur les sociétés :
¬ Les sociétés quels que soient leur forme et leur objet.
¬ Tous les établissements publics et les autres personnes
morales qui se livrent à une exploitation ou à des opérations à
caractère lucratif ;
¬ Les associations et les organismes légalement assimilés ;
¬ Les fonds créés par voie législative ou par convention ne
jouissant pas de la personnalité morale et dont la gestion est
confiée à des organismes de droit public ou privé, lorsque ces
fonds ne sont pas expressément exonérés par une disposition
d’ordre législatif. L’imposition est établie au nom de leur
organisme gestionnaire ;
¬ Les centres de coordination d’une société non résidente ou
d’un groupe international dont le siège est situé à l’étranger.

2) Personnes exclues du champ d’application :


Sont exclus du champ d’application de l’impôt sur les sociétés :
¨Les sociétés en nom collectif et les sociétés en commandite
simple constituées au Maroc et ne comprenant que des
personnes physiques ainsi que les sociétés en participation,
¨ Les sociétés de fait ne comprenant que des personnes
physiques ;
¨ Les sociétés à objet immobilier, quelle que soit leur forme,
dont le capital est divisé en parts sociales ou actions
nominatives :
- Lorsque leur actif est constitué soit d'une unité de logement
occupée en totalité ou en majeure partie par les membres de la
société ou certains d'entre eux, soit d'un terrain destiné à cette
fin ;
- Lorsqu'elles ont pour seul objet l'acquisition ou la
construction, en leur nom,d'immeubles collectifs ou
d'ensembles immobiliers, en vue d'accorder statutairement à
chacun de leurs membres, nommément désigné, la libre
disposition de la fraction d'immeuble ou d'ensemble immobilier
correspondant à ses droits sociaux.
NB : Les sociétés immobilières visées ci-dessus sont appelées
«sociétés immobilières transparentes».
¨ Les groupements d’intérêt économique.

3) Personnes exonérées de l’impôt sur les sociétés :


A - exonérations et réductions permanentes :
¨ Sont totalement exonérés de l'impôt sur les sociétés :
1°- les associations et les organismes légalement
assimilés à but non lucratif, pour les seules opérations
conformes à l'objet défini dans leurs statuts.
Toutefois, cette exonération ne s'applique pas en ce qui
concerne les établissements de ventes ou de services
appartenant aux associations et organismes précités ;
2°- la Ligue nationale de lutte contre les maladies cardio-
vasculaires ;
3°- la Fondation Hassan II pour la lutte contre le cancer ;
4°- les associations d'usagers des eaux agricoles pour les
activités nécessaires à leur fonctionnement ou à la réalisation
de leur objet ;
5°- la Fondation Cheikh Zaïd Ibn Soltan ;
6°- la Fondation Mohammed V pour la solidarité ;
7°- la Fondation Mohammed VI de promotion des oeuvres
sociales de l'éducation formation ;
8°- l'Office national des oeuvres universitaires sociales
et culturelles ;
9°- les coopératives et leurs unions légalement constituées
dont les statuts, le fonctionnement et les opérations sont
reconnus conformes à la législation et à la réglementation en
vigueur régissant la catégorie à laquelle elles appartiennent.
Cette exonération est accordée : (art 7-I CGI)
- lorsque leurs activités se limitent à la collecte de matières
premières auprès des adhérents et à leur commercialisation ;
- ou lorsque leur chiffre d’affaires annuel est inférieur à cinq
millions (5.000.000) de dirhams hors taxe sur la valeur
ajoutée, si elles exercent une activité de transformation de
matières premières collectées auprès de leurs adhérents ou
d’intrants à l'aide d’équipements, matériel et autres moyens de
production similaires à ceux utilisés par les entreprises
industrielles soumises à l'impôt sur les sociétés et de
commercialisation des produits qu’elles ont transformés.
10°- les sociétés non résidentes au titre des plus-values
réalisées sur les cessions de valeurs mobilières cotées à la
bourse des valeurs du Maroc, à l’exclusion de celles résultant
de la cession des titres des sociétés à prépondérance
immobilière telles que définies à l’article 61- II (CGI) ;
11°- la Banque Islamique de Développement (B.I.D.) ;
12°- la Banque Africaine de Développement (B.A.D.) ;
13°- la Société Financière Internationale (S.F.I.) ;
14°- l’Agence Bayt Mal Al Quods Acharif ;
15°- l'Agence de logements et d'équipements militaires
(A.L.E.M.),
16°- les organismes de placement collectif en valeurs
mobilières (O.P.C.V.M.), pour les bénéfices réalisés dans le
cadre de leur objet légal ;
17°- les fonds de placements collectifs en titrisation
(F.P.C.T.), pour les bénéfices réalisés dans le cadre de leur
objet légal ;
18°- les organismes de placements en capital-risque
(O.P.C.R.), pour les bénéfices réalisés dans le cadre de leur
objet légal.
Cette exonération est accordée à conditions (Art 7-III CGI)
de :
- détenir dans leur portefeuille titres au moins 50%
d’actions de sociétés marocaines non cotées en bourse dont le
chiffre d’affaires, hors taxe sur la valeur ajoutée, est inférieur à
cinquante (50) millions de dirhams ;
- et tenir une comptabilité spécifique.
19°- la Société nationale d’aménagement collectif
(S.O.N.A.D.A.C.), au titre des activités, opérations et
bénéfices résultant de la réalisation de logements sociaux
afférents aux projets «Annassim», situés dans les communes
de Dar Bouazza et Lyssasfa et destinés au recasement des
habitants de l’ancienne médina de Casablanca ;
20°- la société "Sala Al-Jadida" pour l'ensemble de ses
activités et opérations, ainsi que pour les revenus éventuels y
afférents ;
21°- les promoteurs immobiliers personnes morales, pour
l’ensemble de leurs activités et revenus afférents à la
réalisation de logements sociaux, qui réalisent leurs opérations
dans le cadre d’une convention conclue avec l’Etat, assortie
d’un cahier des charges, en vue de réaliser un programme de
construction de 2.500 logements sociaux, étalé sur une période
maximum de cinq (5) ans courant à compter de la date de
délivrance de l’autorisation de construire.
Cette exonération est accordée dans les conditions prévues à
l’article 7- II CGI.
NB : Cet alinéa vient d’être abrogé par le nouvelle loi de
finances 2008.
22°- l'Agence pour la promotion et le développement
économique et social des préfectures et provinces du Nord du
Royaume ;
23°- l’Agence pour la promotion et le développement
économique et social des provinces du Sud du Royaume ;
24°- l’Agence pour la promotion et le développement
économique et social de la préfecture et des provinces de la
région orientale du Royaume ;
25°- l’Agence spéciale Tanger-Méditerrannée, pour les
revenus liés aux activités qu’elle exerce au nom et pour le
compte de l’Etat ;
26°- l’Université Al Akhawayne d’Ifrane ;
27°- les sociétés installées dans la Zone franche du Port de
Tanger, au titre des opérations effectuées à l’intérieur de ladite
zone.

¨ Bénéficient d’une exonération totale suivie d’une


réduction permanente :
Ÿ Les entreprises exportatrices de produits ou de services
qui réalisent dans l'année un chiffre d'affaires à l'exportation,
bénéficient pour le montant dudit chiffre d'affaires :
- de l'exonération totale de l'impôt sur les sociétés pendant
une période de cinq (5) ans consécutifs qui court à compter de
l'exercice au cours duquel la première opération d'exportation a
été réalisée ;
- et d'une réduction de 50% dudit impôt au-delà de cette
période.
Cette exonération est accordée dans les conditions prévues à
l’article 7- IV CGI.

Ÿ Les entreprises, autres que celles exerçant dans le secteur


minier, qui vendent à d’autres entreprises installées dans les
plates-formes d’exportation des produits finis destinés à
l’export bénéficient, au titre de leur chiffre d’affaires réalisé
avec lesdites plates-formes :
- de l’exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant
une période de cinq (5) ans consécutifs qui court à compter de
l’exercice au cours duquel la première opération de vente de
produits finis a été réalisée ;
- et d’une réduction de 50 % dudit impôt au-delà de cette
période.
Cette exonération est accordée dans les conditions prévues à
l’article 7- V CGI.
Ÿ Les entreprises hôtelières bénéficient, au titre de leurs
établissements hôteliers pour la partie de la base imposable
correspondant à leur chiffre d’affaires réalisé en devises
dûment rapatriées directement par elles ou pour leur compte
par l’intermédiaire d’agences de voyages:
- de l’exonération totale de l’impôt sur les sociétés pendant
une période de cinq (5) ans consécutifs qui court à compter de
l’exercice au cours duquel la première opération d’hébergement
a été réalisée en devises ;
- et d’une réduction de 50 % dudit impôt au delà de cette
période.
Cette exonération est accordée dans les conditions prévues à
l’article 7- VI CGI.

¨ Exonération permanente en matière de l’impôt


retenu à la source :

Sont exonérés de l’impôt sur les sociétés retenu à la source :

® Les produits des actions, parts sociales et revenus assimilés


suivants :
- les dividendes et autres produits de participation similaires
versés, mis à la disposition ou inscrits en compte par des
sociétés soumises ou exonérées de l’impôt sur les sociétés à
des sociétés ayant leur siège social au Maroc et soumises audit
impôt, à condition qu’elles fournissent à la société distributrice
ou à l’établissement bancaire délégué une attestation de
propriété de titre comportant le numéro de leur identification à
l’impôt sur les sociétés.
Ces produits sont compris dans les produits financiers de la
société bénéficiaire avec un abattement de 100%, sous
réserve de l’application de la condition prévue ci-dessus ;
- les sommes distribuées provenant des prélèvements sur les
bénéfices pour l’amortissement du capital des sociétés
concessionnaires de service public ;
- les sommes distribuées provenant des prélèvements sur les
bénéfices pour le rachat d’actions ou de parts sociales des
organismes de placement collectif en valeurs mobilières
(O.P.C.V.M.) ;
- les dividendes perçus par les organismes de placement
collectif en valeurs mobilières (O.P.C.V.M.) ;
- les dividendes perçus par les organismes de placements en
capital risque (O.P.C.R.) ;
- les dividendes distribués à leurs actionnaires par les
banques Offshore ;
- les dividendes distribués par les sociétés holding offshore
à leurs actionnaires, au prorata du chiffre d’affaires offshore
correspondant aux prestations de services exonérées ;
- les dividendes et autres produits de participations similaires
versés, mis à la disposition ou inscrits en compte des non-
résidents, provenant d'activités exercées par les sociétés
installées dans les zones franches d'exportation,
- les bénéfices et dividendes distribués par les titulaires
d’une concession d’exploitation des gisements
d’hydrocarbures ;
- les produits des actions appartenant à la Banque
Européenne d'Investissements (B.E.I.), suite aux financements
accordés par celle-ci au bénéfice d'investisseurs marocains et
européens dans le cadre de programmes approuvés par le
gouvernement.

®Les intérêts et autres produits similaires servis aux :


- établissements de crédit et organismes assimilés ;
- organismes de placement collectif en valeurs mobilières
(O.P.C.V.M.) ;
- fonds de placements collectifs en titrisation (F.P.C.T.) ;
- organismes de placements en capital-risque (O.P.C.R.) ;
- titulaires des dépôts et tous autres placements effectués en
monnaies étrangères convertibles auprès des banques
offshores.

®Les intérêts perçus par les sociétés non résidentes au


titre :
- des prêts consentis à l’État ou garantis par lui ;
- des dépôts en devises ou en dirhams convertibles ;
- des prêts octroyés en devises pour une durée égale ou
supérieure à dix (10) ans ;
- des prêts octroyés en devises par la Banque Européenne
d’Investissement (B.E.I.) dans le cadre de projets approuvés
par le gouvernement.
¨ Réductions permanentes :
Ÿ Les entreprises minières exportatrices bénéficient d'une
réduction de 50 % de l’impôt sur les sociétés à compter de
l'exercice au cours duquel la première opération d'exportation a
été réalisée.
Bénéficient également de cette réduction, les entreprises
minières qui vendent leurs produits à des entreprises qui les
exportent après leur valorisation.
Ÿ Les entreprises ayant leur domicile fiscal ou leur siège social
dans la province de Tanger et exerçant une activité principale
dans le ressort de ladite province, bénéficient d’une réduction
de 50% d’impôt au titre de cette activité.

B- exonérations et réductions temporaires :


v Exonérations totales suivies de réductions
temporaires :
- Les entreprises qui exercent leurs activités dans les zones
franches d'exportation bénéficient :
o de l'exonération totale durant les cinq (5) premiers
exercices consécutifs à compter de la date du début de leur
exploitation ;
o et de l'imposition au taux de 8,75 pour les vingt (20)
exercices consécutifs suivants.
NB :Toutefois, les sociétés, autres que celles visées ci-dessus,
intervenant dans les zones franches d'exportation dans le cadre
d'un chantier de travaux de construction ou de montage, sont
soumises à l’impôt sur les sociétés dans les conditions de droit
commun.
- L’Agence spéciale Tanger-Méditerrannée, ainsi que les
sociétés intervenant dans la réalisation, l’aménagement,
l’exploitation et l’entretien du projet de la zone spéciale de
développement Tanger-Méditerranée et qui s’installent dans les
zones franches d’exportation, bénéficient des mêmes
avantages accordés aux entreprises installées dans les zones
franches d’exportation.

v Exonérations temporaires :
à Les revenus agricoles sont exonérés de l’impôt sur les
sociétés, jusqu'au 31 décembre 2010. Il s’agit des bénéfices
provenant des exploitations agricoles et de toutes autre activité
de nature agricole non soumise à l’impôt des patentes (art 46
CGI).
à Le titulaire ou, le cas échéant, chacun des co-titulaires de
toute concession d'exploitation des gisements
d'hydrocarbures bénéficie d'une exonération totale de l'impôt
sur les sociétés pendant une période de dix (10) années
consécutives courant à compter de la date de mise en
production régulière de toute concession d'exploitation.
à Les sociétés exploitant les centres de gestion de
comptabilité agréés sont exonérées de l'impôt sur les
sociétés au titre de leurs opérations, pendant une période de
quatre (4) ans suivant la date de leur agrément.

v Réductions temporaires :
Ÿ Bénéficient d'une réduction de 50% de l'impôt sur les
sociétés pendant les cinq (5) premiers exercices consécutifs
suivant la date du début de leur exploitation :
Ø les entreprises artisanales dont la production est le résultat
d'un travail essentiellement manuel ;
Ø les établissements privés d'enseignement ou de formation
professionnelle.
Ø Les entreprises qui s’installent dans certaines préfectures ou
provinces bénéficient de la réduction ci-dessus, à raison des
activités exercées dans l'une des préfectures ou provinces
déterminées par décret (n° 2-98-520 du 30 juin 1998 et n° 2-
99-242 du juin 1999).
Son exclus de cette réduction :
- Les établissements stables des sociétés n'ayant pas leur siège
au Maroc attributaires de marchés de travaux, de fournitures
ou de service ;
- les établissements de crédit et organismes assimilés ;
- Bank Al-Maghrib ;
-La Caisse de dépôt et de gestion ;
-Les sociétés d'assurances et de réassurances ;
-Les agences immobilières.
Ÿ Bénéficient pour une période de cinq (5) ans à compter de
la date d’obtention du permis d’habiter d’une réduction de
50% de l’impôt, au titre des revenus provenant de la location
de cités, résidences et campus universitaires réalisés en
conformité avec leur destination, les promoteurs immobiliers
personnes morales, qui réalisent pendant une période
maximum de trois (3) ans courant à compter de la date de
l’autorisation de construire , des opérations de construction de
cités, résidences et campus universitaires constitués d’au moins
cinq cent (500) chambres, dont la capacité d’hébergement est
au maximum de deux (2) lits par chambre, dans le cadre d’une
convention conclue avec l’Etat assortie d’un cahier des charges.
Ÿ Les banques offshore sont soumises, en ce qui concerne
leurs activités pour les quinze (15) premières années
consécutives suivant la date de l'obtention de l'agrément, soit à
l’impôt au taux spécifique de 10 %, soit à l’impôt forfaitaire de
25.000 US dollars/an libératoire (Art 19-III-B) .
Les banques offshores sont soumises à l'impôt sur les
sociétés dans les conditions de droit commun après expiration
des 15 ans.
Ÿ Les sociétés holding offshore sont soumises, en ce qui
concerne leurs activités, pendant les quinze (15) premières
années consécutives suivant la date de leur installation, à un
impôt forfaitaire de 500 US Dollars/an libératoire de tous
autres impôts et taxes sur les bénéfices ou les revenus.
Après expiration du délai de 15 ans, es sociétés holding
offshore sont soumises à l'impôt sur les sociétés dans les
conditions de droit commun.

4) La territorialité de l’impôt sur les sociétés :


¨ Les sociétés, qu'elles aient ou non un siège au Maroc, sont
imposables à raison de l'ensemble des produits, bénéfices et
revenus se rapportant à :
o Des biens possédés au Maroc ;
o Des activités exercées au Maroc ;
o Des opérations lucratives réalisées au Maroc, même à titre
occasionnel.
¨ Il s’agit aussi des bénéfices ou revenus dont le droit
d’imposition est attribué au Maroc en vertu des conventions
tendant à éviter la double imposition en matière d’impôts sur le
revenu.
¨ Il s’agit également pour les sociétés n'ayant pas leur siège au
Maroc, des produits bruts qu'elles perçoivent en contrepartie de
travaux qu'elles exécutent ou de services qu'elles rendent, soit
pour le compte de leurs propres succursales ou leurs
établissements au Maroc, soit pour le compte de personnes
physiques ou morales indépendantes, domiciliés ou exerçant
une activité au Maroc.
Ces produits bruts ne sont pas imposables s’ils résultent de
services ou prestations rendus par une succursale ou un
établissement au Maroc de la société non résidente, sans
intervention du siège étranger. Dans ce cas ils sont seulement
incorporés dans le résultat fiscal de la succursale ou de
l’établissement qui sera imposé comme une société de droit
marocain.

Section 2 : Analyse et explication des dispositions


juridiques relatives au domaine de l’IS :

Dans le cadre de cette section on va essayer d’analyser et


d’expliquer quelques dispositions juridiques relatives au
domaine de l’impôt sur les sociétés afin d’apporter plus
d’éclaircissements et ce-ci en se basant soit sur des lois, soit
sur des notes circulaires de l’administration fiscale.
Tout d’abord l’appellation « impôt sur les sociétés » adopté
par le législateur est inopportune dans la mesure où cet impôt
concerne aussi des groupements autres que les sociétés
(établissements publics, fonds, associations et organismes
assimilés) et aussi cet impôt ne concerne pas toutes les
sociétés (sociétés exclues du champ d’application de l’IS).
Toutefois le fisc a voulu remédier à cette situation en
adoptant une définition très large de la notion de société dans
l’alinéa 3 de l’article 2 du CGI : « Les sociétés, les
établissements publics, les associations et autres organismes
assimilés, les fonds, les centres de coordination et les autres
personnes morales passibles de l'impôt sur les sociétés sont
appelés "sociétés" dans le présent code ». Cette définition
fiscale des sociétés, non conforme à la définition juridique, a
engendré plus d’ambiguïté et d’imprécision. Cette situation est
tout à fait contradictoire avec la volonté, exprimée mainte fois
par le fisc, d’harmoniser les dispositions fiscales et juridiques.
Au lieu d’adopter cette définition particulière du terme
sociétés, il été plus opportun de changer l’appellation « impôt
sur les sociétés » par « impôt sur les groupements
lucratifs ».

En ce qui concerne les personnes obligatoirement passibles à


l’IS, le fisc a employé le terme passibles où lieu d’assujetties
pour laisser la porte ouverte aux exonérations et aux
réductions.
Le législateur a élargi le champ d’application de l’IS pour
toucher toutes les formes de sociétés et quelques soit leur objet
sauf ceux qui sont expressément exclues.
Les établissements publics sont définis comme une
personne morale de droit public qui bénéficie d’une autonomie
administrative et financière et qui gère une activité qui lui est
confiée dans un domaine déterminé. A l’égard de l’IS, une
distinction doit être faite entre :
- Les établissements publics exerçant une activité
industrielle, commerciale, artisanale ou agricole ou encor
fournissant des prestations de service, moyennant un prix, une
commission ou une redevance. Ces établissements publics
agissent comme de véritables commerçants, bien que leur
finalité ne soit pas la recherche exclusive de la plus-value. Ils
sont, à ce titre, imposables à l’IS.
- Les établissements publics à caractère administratif qui
assurent la gestion d’un service public, dans des conditions
différentes de celle du marché. Ces établissements publics ne
sont pas passibles à l’IS, sauf s’ils agissent en dehors de leur
objet, et réalisent des opérations à caractère lucratif. Dans ce
cas, ils doivent payer l’IS sur les bénéfices et revenus qu’ils
tirent de ces opérations.
Par contre pour les associations le législateur a voulu, dans
un premier temps, garder toutes les associations dans le champ
de l’IS, puis exonérer les opérations réalisées par ces derniers
conformément aux dispositions de l’Art 6-I-A 1°.
Les associations sont régies par le Dahir du 15 Novembre
1958 réglementant le droit d’associations modifié par la loi
75.00, entrée en vigueur le 17 Octobre 2002.
Aux associations sans but lucratifs, sont assimilées des
entités qui oeuvrent dans un bute charitable, scientifique,
culturel, littéraire, éducatif, sanitaire et qui sont régies par des
textes spéciaux.
Les associations sans but lucratifs et les organismes
assimilés sont exonérés de l’IS, en raison des opérations
reconnues conformes à leur objet, même si en fin d’exercice,
elle dégagent un excédent de recettes sur les dépenses.
Cependant, ces groupements sont passibles de l’IS en raison
des bénéfices ou revenus tirés de la gestion ou de l’exploitation
d’établissements de vente ou de service qui leur appartiennent
(immeubles à usage locatif, magasins, café, restaurants…).
En ce qui concerne les fonds créés par voie législative ou par
convention, c’est la loi de finances pour l’année budgétaire
2005 qui a précisé le traitement fiscal de ces fonds ne
disposant pas de la personnalité morale et dont la gestion est
confiée à des organismes publics, semi-publics ou privés.
D’après l’administration fiscale (la note circulaire n° 715
commentant la loi de finances 2005), de fonds créés par voie
législative ou par conventions conclues entre les propriétaires
de ces fonds et les établissements gestionnaires. C’est le cas
par exemple, des :
Fonds publics de réserve (F.P.R) crée dans le cadre de
la loi du 23 Avril 1974 relatif à l’assurance à l’exploitation. La
gestion de ce fonds a été confiée à la SMATEX (société
marocaine d’assurance des exportations) ;
Fonds d’assurance des notaires crée par l’article 39 du
Dahir du 4 Mars 1925 relatif à l’organisation du notariat.
Fonds de garantie logement éducation-formation
(FOGALEF) crée par la convention cadre signée le 4 juin 2003
entre la fondation Mohamed VI de promotion des œuvres
sociales de l’éducation-formation, la CDG, G.P.B.M, et la caisse
centrale de garantie.
Fonds Oxygène, crée dans le cadre de l’accord, signé par
l’USAID au Maroc. La gestion de ce fonds, relatif à la promotion
des exportations, a été confiée à DAR ADDAMANE.
Dans tous les cas, la création de ces fonds a pour objectif de
mettre en place des mécanismes de soutient à la politique du
gouvernement en matière d’accès au logement, garantie des
exportations…ces fonds sont alimentés par le budget général de
l’Etat, les comptes spéciaux de trésor, les établissements
publics, les fondations et les organismes internationaux.
La gestion de ces fonds est confiée à des établissements
publics (caisse de garantie, CDG,…etc.) ou à des sociétés de
droit (SMATEX, Dar ADDAMANE).
Les organismes des gestions perçoivent des rémunérations
sous forme de commissions en contrepartie de leur mission de
gestion. L’imposition est établie au nom des organismes
gestionnaires.
Une précision est prévue par la nouvelle loi de finances 2008,
c’est que ces organismes gestionnaires doivent tenir une
comptabilité séparée pour chacun des fonds qu’ils gèrent
faisant ressortir ses dépenses et ses recettes. Aucune
compensation ne peut être faite entre le résultat de ces fonds
et celui de l’organisme gestionnaire.

Alors pour les centres de coordination, c’est la loi de


finance de 1998 qui les a introduit au Maroc, et l’administration
fiscale (dans la note circulaire n° 704 bis commentant la loi de
finances 1998) a donné des indications sur les caractéristiques
de ces centres de coordination et sur leur régime fiscal.
Ainsi, ces centres peuvent revêtir deux formes :
- soit la forme d’une filiale, c’est-à-dire toute société dans
laquelle une autre société possède plus de la moitié du
capital ;
- soit la forme d’une succursale c’est-à-dire un
établissement de la société mère qui n’est pas juridiquement
distinct de celle-ci.
Ces centres de coordinations peuvent avoir un caractère
administratif (programmation, contrôle, audit, comptabilité,
informatique…) ou technique ou encore commerciale
(assistance dans le domaine de la production,
commercialisation, gestion des ressources humaines…).
Dans une réponse (n°212 du 27 Avril 2001) à une lettre
demandant des éclaircissements concernant le régime fiscal
applicable aux bureaux installés par les investisseurs étrangers
qui ont pour objet la réalisation d’études, de promotion et de
contrôle des produits façonnés localement avant leur
réexportation pour le compte de la société mère, le directeur
générale des impôts a précisé que cette activité s’identifie à un
centre de coordination dont l’activité est limitée à un secteur
géographique déterminé .

Pour les personnes exclues du champ d’application de l’IS :


Il y a les sociétés de fait, ce sont des sociétés constituée
de deux ou de plusieurs personnes qui ont décidé de mettre en
commun leurs apports en vue de partager les bénéfices, sans
pour autant établir un écrit.
L’existence de la société est établie, lorsque les conditions
suivantes sont réunies :
- L’intention de s’associer ;
- L’existence d’apports ;
- La participation aux bénéfices et aux pertes.
Il y a aussi, les groupements d’intérêt économiques
(GIE) : sont des entités créées par deux ou plusieurs
personnes morales en vue de mettre en œuvre toutes sortes de
moyens propres à faciliter ou développer les activités
économiques de leurs membres et pour améliorer ou accroître
les résultats de leurs activités.
L’activité du GIE ne peut avoir qu’un caractère auxiliaire et ne
peut se substituer à ses membres, car son but n’est pas de
réaliser des bénéfices pour lui-même.

Quant aux exonérations, il y a des termes qui nécessitent des


éclaircissements :
Ø Plate-forme d’exportation : cette notion est définie par
l’article 4 de la loi 24-86 comme tout espace devant abriter des
entreprises dont l’activité exclusive est l’exportation de produit
finis.
Ø Produit finis : selon la note circulaire n° 713 commentant
la loi de finances pour l’année 2004, on entend par produit finis
tous les biens qui ont atteint un stade d’achèvement définitif
dans le cycle de production des fournisseurs de l’entreprise
installée dans la plate-forme d’exportation ; en ce sens que ces
produits ne doivent subir aucune transformation au niveau de
l’entreprise cliente.
Ø Les zones franches d’exportation : sont régies par le
Dahir du 26 janvier 1995, qui les définit comme des espaces
déterminés du territoire douanier ou les activités industrielles et
de services, qui sont liées, sont soustraites à la législation et la
réglementation douanière, et à celles relatives au contrôle du
commerce extérieure et des changes.
Ø Banques offshore : Au sens de la loi(58-90), est
considérée comme banque offshore, toute personne morale,
sans critère de nationalité concernant ses dirigeants et ses
détenteurs de capital, ayant son siège dans une place
financière offshore et qui:
- exerce comme profession habituelle et principale
la réception de dépôts en monnaies étrangères convertibles ;
- effectue en ces mêmes monnaies et pour son
compte ou celui de ses clients toutes opérations financières,
de crédit, de bourse ou de change ;
Il peut également s’agir de toute succursale créée pour
l’exercice d’une ou de plusieurs missions visées ci-dessus, dans
une place financière offshore par une banque ayant son siège
hors de ladite place.
Ø Les holding offshore : Sont considérées comme sociétés
holding offshore les personnes morales, constituée par des
personnes physiques ou morales de nationalité étrangère, qui :
- exercent à titre exclusif une activité de gestion de
portefeuille et de prise de participations dans des
entreprises ;
- ont un capital libellé en monnaies étrangères
convertibles
- effectuent toutes leurs opérations en monnaies
étrangères convertibles.
Les personnes physiques ou morales marocaines peuvent
constituer ou prendre des participations dans des sociétés
holding offshore, conformément à la réglementation des
changes en vigueur.

CHAPITRE II : La détermination du résultat imposable :

Le résultat imposable est le résultat fiscal de chaque exercice


comptable, déterminé d’après l’excédent des produits sur les
charges de l’exercice, engagées ou supportées pour les besoins
de l’activité imposable, en application des règles comptables,
rectifié, le cas échéant, conformément aux dispositions fiscales
régissant l’impôt sur les sociétés.
Il résulte de cette définition, qu il faut en premier lieu
déterminer le résultat comptable auquel seront apportées les
corrections fiscales nécessaires pour aboutir en fin compte au
résultat fiscal.
Le résultat comptable est dégagé d’après l’excédent des
produits comptabilises sur les charges comptabilisées, La
relation est la suivante :
Le résultat= les produits comptabilisés – les charges
comptabilisées.
Le résultat fiscale imposable est déterminé à partir du résultat
comptable rectifié par la réintégration de toutes les charges non
admises fiscalement en déduction et la déduction de certains
produits exonérés totalement ou partiellement.
Il s’agit principalement :
- de certains produits comptabilisés mais qui ne sont pas
imposables soit totalement soit partiellement. Ces produits
doivent être déduits du résultat comptable on les appelle des
déductions.
- Certaines charges même supportées par la société ne sont
pas acceptées en totalité ou en partie par le fisc en déduction
fiscale. Il convient de les réintégrer au résultat comptable. On
les appelle des réintégrations.
La relation du passage du résultat comptable au résultat fiscale
est la suivante :
Résultat comptable+ réintégrations- déductions= résultat
fiscale.
Donc, pour dégager le résultat fiscal, il est nécessaire de
connaître le montant des produits imposables et des charges
déductibles et d’apporter la correction fiscale pour passer du
résultat comptable au résultat fiscal.
On étudiera ce sujet en deux sections. La première portera
sur les produits imposables et la seconde section portera sur les
produits imposables.
Section 1) les produits imposables :
Il s’agit des produits d’exploitation, des produits financières
et des produits non courants.
A-les produits d’exploitation.
Selon l’article 9 de code général des impôts, les produits
d’exploitation constitué par :
1) le chiffre d’affaires :
Le chiffre d’affaire est constitué par les recettes et les créances
acquises se rapportant aux produits livres, aux services rendus
et aux travaux immobiliers ayant fait l’objet d’une réception
partielle ou totale, qu’elle soit provisoire ou définitive .
Si les acomptes ont été payés sans livraison, ne font pas
partie du chiffre d’affaire, l’exercice de rattachement des
créances est celui au cours duquel intervient la livraison des
biens et non la date de l’encaissement.
Pour les prestations de service, l’exercice de rattachement
des créances est celui au cours duquel est intervenu
l’achèvement des prestations concernées.
Par ailleurs, les créances libellées en devises, autres que le
dirham doivent être comptabilisées pour la valeur qui résulte du
dernier cours connus au jour de la comptabilisation.
Pour ce qui concerne les travaux immobiliers, la facturation
devient un élément de rattachement des travaux immobiliers
2) la variation des stocks de produits :
Les stocks sont formés de l’ensemble des biens qui
interviennent dans le cycle de l’exploitation de l’entreprise pour
être vendus en l’état ou après transformation, ou pour
commencer par le premier usage. Ces stocks peuvent
comprendre les marchandises, matières premières, produits
finis, les approvisionnements, les produits en cours …
Le stocks achetés sont évalués à leur coût de revient composé
du prix d’achat et des frais d’achat.
Les stocks produits sont évalués à leur coût de production.
3) les immobilisation produits par l’entreprise pour elle-
même.
Les immobilisations produite par l’entreprise pour elle-même en
vue d’accroître des éléments de son actif immobilisé.
4) Les subventions d’exploitation.
Les subventions d’exploitation sont celles acquises par la
société, de l’Etat ou des collectivités locales, pour lui permettre
de compenser l’insuffisance du prix de vente qui lui est imposé
très souvent. Elles sont donc imposées et rattachées à
l’exercice où elles sont acquises
5) les autres produits d’exploitation.
6) les reprises d’exploitation et transfert de charges.
B- des produits financiers
Des produits financiers constitués par :
1) les produits des titres de participation et autres titres
immobilisés, ils sont représentés principalement par des
dividendes et autres revenus assimilés acquis ou perçus par
une société en tant qu’associée ou actionnaire dans une autre
société, intérêts du capital et les revenus des titres des produits
des valeurs mobilières selon l’article (6-C-1) de CGI les
dividendes bénéficient d’un abattement de 100% ils sont donc à
déduire pour éviter leur double imposition
2) les gains de change.
Ils sont représentés par les écarts de conversion – passif
relatifs aux augmentations de créances d’aux diminutions des
dettes libellées en monnaie étrangères, et ils sont évalués à la
clôture de chaque exercice selon le dernier cours de change.
3) les intérêts courus et autres produits financiers.
Ce sont les intérêts effectifs que perçoit la société au titre, soit
de prêt qu’elle accorde à des tiers, soit des délais
supplémentaires qu’elle accorde à sa clientèle.
4) Les reprises financières et les transferts de changes
C- les produits non courants :
Les produits non courants constitués par :
1) les produits de cession d’immobilisations :
Il s’agit de plus-values réalisées par la société lors de cession
de certains éléments corporels ou incorporels de l’actif
immobilisé.
Toutefois, la prise en compte de ces plus-values doit être tenu
compte des abattements prévus à l’article 161 de code général
des impôts, et à l’exclusion des opérations de pension.
2) les subventions d’équilibre :
Les subventions d’équilibre accordées en fonction des résultats,
par l’Etat, les collectivités locales ou les tiers, sont imposables
au titre de l’exercice ou elles sont reçues.
3) Les reprises sur subventions d’investissement ;
Elles représentent des aides à l’investissement pour l’entreprise
accordées par l’état, les collectivités locales ou les groupements
professionnels agrées.
4) les autres produits non courants y compris les
dégrèvements obtenus de l’administration au titre des impôts
déductible visées à l’article 10-I-C de code général des impôts.
Section 2 : charges déductibles :
Les charges déductibles comprennent les charges
d’exploitation, les charges financières et les charges non
courantes.
A) Les charges d’exploitations constituées par :
1) Les achats des marchandises revendus en l’état et les achats
consommés de matières et fournitures.
Les sociétés supportent plusieurs charges pour
l’accomplissement de leur activité, ces charges peuvent porter
sur les achats des marchandises des matières premières et
fournitures.
2) les autres charges externes engagées ou supportées pour les
besoins de l’exploitation, y compris :
§ Les cadeaux publicitaires d’une valeurs unitaire maximale de
cent dirhams portant soit la raison sociale, soit le nom ou le
sigle de la société, soit la marque des produits qu’elle fabrique
ou dont elle fait le commence
§ Les dons en argent ou en nature octroyés :
§ Aux habous publics et à l’entraide nationale ;
§ Aux associations reconnues d’utilité publique ;
§ A la fondation Mohamed V pour la solidarité…
3) les impôts et taxes à la charge de la société, y compris les
cotisations supplémentaires émises au cours de l’exercice, à
l’exception de l’impôt sur les sociétés.
4) les charges de personnel et de main-d’œuvre et les charges
sociales y afférentes, y compris l’aide au logement, les
indemnités de représentation et les autres avantages en
argents ou en nature accordées aux employés de la société.
5) les dotations aux amortissements.
Les immobilisations en non valeurs doivent être amortis à taux
constant sur cinq ans à partir du premier exercice de leur
constations en comptabilité.
Pour ce qui concerne les immobilisations corporelles et
incorporelles qui se déprécient par le temps ou par l’usage sont
déductibles à partir du premier jour du mois d’acquisition de
bien.
Toutefois, lorsqu’il s’agit de biens meubles qui ne sont pas
utilisés immédiatement, la société peut différer leur
amortissement jusqu’au premier jour du mois de leur utilisation
effective.
La déduction des dotations aux amortissements est effectuée
dans les limites des taux admis d’après les usages de chaque
profession, industrie ou branche d’activité.
B) Les charges financières :
1/ Les charges d’intérêts : comprennent les intérêts constatés
ou factures par des tiers ou par des organisations agrées en
rémunération d’opération de crédit ou d’emprunt ou relatifs aux
sommes avancées par les associé à la société pour les besoins
de l’exploitation sous réserve des conditions visées à l’article
(10-II-A-2°).
Les intérêts des bons de caisse sous préservent des trois
conditions prévues à l’article (10-II-A-3°).
2/ Les pertes de change et les dotations financières
Les dettes et les créances libellées en monnaies étrangères
doivent être évaluées à la clôture de chaque exercice en
fonction du dernier cours de change.
c) les charges non courantes :
1) les valeurs nettes d’amortissement des immobilisations
cédées :
2) les autres charges non courantes.
Toutefois, sont déductibles les dons accordés aux organismes
selon les conditions prévues par l’article 10-I-B-2°)
3) les dotations non courantes sont déductibles selon les
conditions qui sont prévues par l’article 10.
Ne sont pas déductibles du résultat fiscal des charges prévues
à l’article 11 du code générale des impôts.
En ce qui concerne le déficit reportable, il y a deux sortes de
déficit : le déficit hors amortissement et déficit avec
amortissement.
Selon l’article 12 de CGI, le déficit d’un exercice comptable
peut être déduit du bénéfice de l’exercice comptable suivant. A
défaut de bénéfice ou en cas de bénéfice insuffisant pour que
la déduction puisse être opérer en totalité ou en partie, le
déficit ou le reliquat de déficit peut être déduit des bénéficiés
des exercices comptables suivants jusqu’au quatrième exercice
qui suit l’exercice déficitaire, à l’exclusion de déficit
correspondant à des amortissements régulièrement
comptabilisés et compris dans les charges déductibles de
l’exercice.

CHAPITRE III : La liquidation de l’impôt sur les


sociétés :

Section 1) L’établissement de l’IS :

Chaque société soumise à l’IS doit présenter, au cours de


chaque exercice comptable qui ne peut être supérieur à
12mois, à l’administration fiscale une déclaration faisant
ressortir les résultats réalisés au cours de cette période.
Toutefois, il arrive parfois que la période d’imposition puisse
être inférieure à 12 mois.
En effet, l’entreprise peut débuter son exploitation à une
date différente de celle prévue pour l’ouverture de ses
exercices comptables, à titre exceptionnel elle dépose sa
déclaration au titre de quelques mois d’activité allant de la date
de constitution à la date d’inventaire. De même en cas de
cession d’entreprise ou de changement de la date de clôture.
En ce qui concerne les taux d’imposition, on distingue entre
le taux normal et taux réduits.
S’agissant du taux normal, il est fixé à 35% (réduit avec LF
2008 à 30%). Toutefois, pour les établissements de crédit,
BAM, CDG, les sociétés d’assurance et de réassurance à
l'exclusion des sociétés de crédit-bail le taux est fixé à 39,6%
( réduit à 37% avec nouvelle LF 2008).
S’agissant des taux réduits, on trouve les entreprises
installées dans les zones franches d’exportation sont soumises
à un taux de 8,75% dont les 20 exercices suivant la période
d’exonération totale. Ensuite, un taux de 8% applicable aux
sociétés étrangères adjudicataires de marchés de travaux de
construction ou de montage, exerçant une activité au Maroc
imposées sur option. De même, il y en a 17,5% introduit par la
nouvelle loi de finances relatif aux entreprises prévues à
l'article 6(I-B-1°,2°et 3°) à savoir les entreprises exportatrices
de produits ou de services qui réalisent dans l'année un chiffre
d'affaires à l'exportation, les entreprises qui vendent à d'autres
entreprises installées dans les plates-formes d'exportation des
produits finis destinés à l'export et les entreprises hôtelières.
Le même taux s'applique aux entreprises minières
exportatrices et celles qui vendent leurs produits à des
entreprises qui les exportent après leur valorisation, aux
entreprises prévues à l'article 6(II-C-1°-a), aux entreprises
artisanales prévues à l'article 6(II-C1°-b), aux établissements
privés d'enseignement ou de la formation professionnelle
prévus à l'article 6(II-C1°-c) et enfin les promoteurs
immobiliers prévus à l'article 6(II-C-2°). Ainsi, un taux de 20%
de retenue à la source sur les produits de placement a revenu
fixe.
En outre, et sur option, un taux de 10% pour les banques
offshore durant les dix exercices qui suivent les cinq premières
années d'exonération, le même taux s'applique aux produits
des actions ou parts sociales et revenus assimilés (dividendes,
intérêts du capital, amortissement de capital ou rachat d'action
ou parts sociales et boni de liquidation).
L’impôt exigible de la société se détermine par l’application
du tarif fiscal à la base imposable. Toutefois, l’impôt exigible ne
peut pas être inférieure à un minimum à payer appelé
cotisation minimale. Cette dernière est constituée de chiffre
d'affaires, produits accessoires, produits financiers sauf
éléments exonérés et subventions, primes et dons reçus
rapportés à l'exercice où ils étaient perçus, alors, les
subventions d'intérêt doivent être réparties sur 5 ans.
En effet, toute société exonérée de l'IS doit acquitter au titre
d'un exercice déterminé, un impôt minimum égal à 0,5% du
montant hors taxe de ses produits d'exploitation. Toutefois,
depuis le premier janvier 1994, le taux de la cotisation
minimale a été ramené à 0,25% pour les opérations effectuées
par les sociétés commerciales au titre des ventes portant sur
les produits pétroliers, le gaz, le beurre, l'huile, le sucre, la
farine, l'eau et l'électricité.
Il convient de signaler que le montant de la cotisation
minimale ne peut pas être inférieure à 1500dh. S’agissant
d’une société dont l’activité est totalement exonérée, la
cotisation minimale n’est pas exigible, sauf si l’entreprise
dispose de produits accessoires, des produits financiers et de
subventions d’investissements. En revanche, si l’entreprise
n’exerce qu’une activité partiellement exonérée ou plusieurs
activités dont certaines sont exonérées, elle doit déterminer un
pourcentage appelé prorata en vue de calculer sa cotisation
minimale.
Les sociétés nouvellement constituées sont exonérées de la
cotisation minimale pendant les 36mois premiers mois
d’activité. Il convient de rappeler que l'IS et la cotisation
minimale constituent le régime de droit commun, contrairement
à d'autres régimes spécifiques d'impositions à savoir le régime
de retenue à la source, le régime optionnel du forfait et celui
relatif aux centres de coordination.

Section 2) le paiement de l’IS :


L’impôt sur les sociétés est payé par les contribuables dans
les délais précis et selon des modalités prévues par la loi. En
effet, la société concernée doit, avant l’expiration du 3ème, 6ème,
9ème et 12ème mois suivant la date de l’ouverture de l’exercice,
payer 4 acomptes prévisionnels dont chacun est égal à 25% du
montant de l’IS définitif du dernier clos, appelé exercice de
référence. Il convient de distinguer entre deux cas d’espèces.
Tout d’abord, lorsque l’impôt dû au titre d’un exercice est
supérieur aux acomptes versés. Dans ce cas, le reliquat doit
être payé spontanément avant l’expiration du 3ème mois suivant
la date de clôture de cet exercice. a défaut, le cas échéant, une
amende de 10% d’une majoration de l’impôt dû au titre des
acomptes non versés égale à 8%. En revanche s’il s’avère que
le montant dû est inférieur au montant des acomptes versés.
L’excédent payé dans ce cas est imputé d’office sur le 1er
acompte de l’exercice suivant ou le cas échéant sur les autres
acomptes et par conséquence, le reliquat éventuel est
remboursé à la société suite à une demande.

BIBLIOGRAPHIE :

§ ABOU AL JAOUAD Mohamed : « la fiscalité appliquée de


l’entreprise marocaine », 2ème édition, 2007.
§ LAZRAK Rachid : « fiscalité des entreprises : l’impôt sur les
sociétés », édition La Porte Rabat, 2003/2004.
§ MARZAK Mohamed : « fiscalité marocaine de l’entreprise »,
3ème édition, 1998.
§ « Guide pratique de la fiscalité marocaine » édition les
guides de l’entreprise, 2007.
§ Plan comptable général marocain.
§ la loi n° 43-06 portant Code Générale des impôts 2007.
§ Loi de finances 2008.
§ Les notes circulaires :
- N° 712 relative aux dispositions fiscales de la loi de
finances pour l’année 2003.
- N° 713 relative aux dispositions fiscales de la loi de
finances pour l’année 2004.
- N° 714 relative aux dispositions fiscales de la loi de
finances pour l’année 2005.