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Chapitre 3 p.

76 à 111

La coordination par le marché

I. PRÉSENTATION

Ce chapitre vise à présenter les fondements et les mécanismes de base du marché. Après avoir expliqué par
des exemples ce qu’est un marché (« Qu’est-ce qu’un marché ? », dossier 1), on présente les mécanismes de
formation des prix en situation de concurrence (« Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il ? »,
dossier 2).
Cependant, les marchés sont rarement en situation de concurrence parfaite (« Comment les marchés
imparfaitement concurrentiels fonctionnent-ils ? », dossier 3) et présentent des limites et des défaillances
(« Quelles sont les principales défaillances du marché ? », dossier 4).

II. RÉPONSES AUX QUESTIONS

Pages d’ouverture du chapitre p. 76-77

• À partir des photographies 1 et 2, quelle définition donneriez-vous d’un marché ?


Un marché est un système, plus ou moins organisé, d’échanges marchands.
• Le marché peut-il assurer la production de tous les biens et services ?
Le marché ne peut assurer la production de tous les biens et services. Dans certains cas, il se révèle défaillant,
comme dans l’exemple des phares.
• Pourquoi une entreprise peut-elle polluer l’atmosphère sans voir ses coûts augmenter ?
Une entreprise peut polluer l’atmosphère sans voir ses coûts augmenter car les coûts de la pollution sont
supportés par les tiers. Sauf si ces derniers se rebellent et obtiennent, par exemple, que les autorités imposent
le principe « pollueur, payeur ».

Dossier 1. Qu’est-ce qu’un marché ? p. 78-84

➜ Mise en œuvre dans le manuel


Le programme officiel
3.1. Qu’est-ce qu’un marché ? Après avoir montré par des exemples
On présentera la diversité des marchés concrets (depuis les foires du Moyen historiques et contemporains la diversité
Âge jusqu’aux achats en ligne ; les marchés des biens, des services, des actifs, du des marchés (A. La diversité des marchés),
travail…). On montrera que le fonctionnement des marchés nécessite des règles il s’agit de faire comprendre aux élèves
de droit, qui déterminent notamment qui possède quoi et ce qui peut être ou que le marché repose sur un système
non échangé. On montrera que le marché suppose notamment l’existence d’ins- d’incitations : le prix est un signal auquel
titutions et de conventions (par exemple marchandage, achat à l’unité ou en répondent les acheteurs et les producteurs
nombre, enchères, etc.). On expliquera en quoi les droits de propriété (y com- en fonction de leurs intérêts respectifs
pris les droits d’auteur, brevets, marques…) sont au fondement de l’échange. (B. Les incitations du marché : le rôle des
On évoquera l’existence de droits sociaux et humains et on s’interrogera sur les prix et de la concurrence). Cependant,
limites de l’échange marchand (existence de commerces illicites, brevetabilité du le marché ne peut fonctionner sans des
vivant, interdiction du commerce d’organes, etc.). institutions garantissant notamment les
droits de propriété et la sécurité (C. Le
Notions clés : • institutions marchandes • droits de propriété fonctionnement du marché repose sur la
présence d’institutions marchandes).

chapitre 3 • La coordination par le marché 43


Document 2 : Le plus grand marché
Page découverte : « Dans un camp
aux fleurs du monde
de prisonniers de guerre en Allemagne : 1. La technologie moderne sur ce marché des fleurs réduit les
l’émergence du marché » p. 78 coûts de transaction : on peut finaliser plus de transactions
en un minimum de temps, et mettre rapidement en rapport
Un camp de prisonnier est un cadre particulièrement adapté des acheteurs de Séoul et des producteurs de Nairobi.
pour exposer les conditions d’émergence et d’organisation 2. L’acheteur intéressé est conduit à accepter rapidement le
du marché et sa raison d’être. Pour aller plus loin, l’article prix proposé de crainte qu’un rival n’enchérisse avant lui.
de Radford est disponible in extenso, en français, sur le De la sorte, le producteur obtient un meilleur prix que dans
site de l’Antisophiste. On peut aussi illustrer avec un film une négociation bilatérale. Ce marché permet d’accélérer
comme King Rat, de Brian Forbes (1965). les échanges, ce qui est intéressant dans le cas des fleurs,
produit périssable par nature.
1. Par rapport au système du troc, la monnaie facilite l’échange : 3. Un marché peut se définir comme un système d’échanges
– c’est une unité de compte, dans laquelle sont évalués tous organisé qui met en rapport les acheteurs et les vendeurs
les biens, au lieu qu’ils soient évalués les uns par rapport d’un bien ou d’un service.
aux autres. S’il y a 100 biens, il y a 100 prix, au lieu de près
de 5 000 !
Document 3 : Sur les marchés s’échangent des biens,
– elle est acceptée par tous en paiement. Cela évite les
du travail, du capital
désagréments du troc : Dupont possède le bien X et veut
1. L’ANPE est un compartiment du marché du travail qui
l’échanger contre le bien Y. Durant possède Y mais n’a pas
met en rapport la demande de travail des employeurs et
besoin de X, il préfère l’échanger contre le bien Z. En pareil
l’offre de travail des candidats à l’emploi.
cas, l’échange est impossible, ou difficile (il faut trouver
2. Sur le marché des biens et services se fixent les prix, sur
quelqu’un qui a Z et veut l’échanger contre X).
le marché du travail, les salaires, sur le marché du capital,
Les cigarettes permettent, dans ce camp de prisonniers,
les taux d’intérêt.
d’éviter le troc et ont une fonction de monnaie : il est
3. Dans une économie de marché, la coordination des déci-
facile d’évaluer chaque bien en un nombre de cigarettes, les
sions des producteurs et des consommateurs se fixe sur des
cigarettes sont acceptées par tout le monde car on trouve
marchés qui sont des « lieux » d’échange. Ces marchés sont
toujours quelqu’un prêt à les accepter.
encadrés par des institutions. Les économistes analysent les
2. L’information sur les prix est désormais transparente, si
transactions qui se déroulent sur les marchés comme s’il
bien que les possibilités d’arbitrage se réduisent. Il devient
n’existait qu’un seul marché.
difficile d’acheter à un prix P1 à Dupont et de vendre à un
prix P2 plus élevé à Durand. La concurrence et l’information
tendent à imposer un prix unique à tous les acheteurs et à Document 4 : Un marché interdit :
tous les vendeurs. le commerce des organes
3. L’offre se réduit et la demande augmente car le pain se 1. En vertu du principe d’indisponibilité du corps humain,
fait rare. Dans ces conditions, ceux qui ont du pain à vendre la vente d’organes est interdite depuis au moins 1976 (loi
profitent de la situation pour augmenter leurs prix. n° 76-1181) : « Aucun paiement, quelle qu’en soit sa forme,
4. L’institution d’une bourse d’échange, avec un tableau ne peut être alloué à celui qui se prête au prélèvement
d’échange, a permis une meilleure information sur les prix : d’éléments de son corps, ou à la collecte de ses produits ».
grâce à cela, toutes les possibilités d’échanges mutuellement 2. Des pays comme Singapour ou Israël ont recours à des
profitables pouvaient avoir lieu. Dans certains camps, incitations non monétaires (extension du droit de recevoir
des magasins furent créés pour centraliser les achats et les une greffe aux donateurs et aux membres de sa famille)
ventes. Tout ceci montre que les marchés ont tendance à pour augmenter le nombre de donneurs. En Iran existent
s’organiser, à se doter de règles de fonctionnement. des incitations monétaires : les donneurs sont rémunérés
(plusieurs milliers de dollars). Résultat, ce pays ne connaît
pas de pénurie d’organes. Sur le bien-fondé des incitations
monétaires et non monétaires, on peut engager la discussion
A. La diversité des marchés p. 79-80 avec les élèves.
3. Échanges interdits par la loi : le trafic de drogues, l’escla-
vage (trafic d’être humains) ou encore être mère porteuse.
Document 1 : Un marché spontané vers l’an 430 avant J.-C.
1. Il n’y a pas de culture ni de langue communes entre
FAIRE LE POINT
les deux parties. Le protocole de l’échange est purement
a. Vrai ; b. Faux ; c. Vrai ; d. Vrai.
spontané et informel. Il s’agit d’un commerce silencieux,
chacun apporte quelque chose dont il dispose en abondance
et reçoit quelque chose dont il a grand besoin. Quand les
deux parties estiment avoir gagné suffisamment à l’échange,
B. Les incitations du marché :
la transaction peut avoir lieu. Chacun ramasse ce qu’il a
reçu et retourne chez lui. le rôle des prix et de la concurrence p. 81-82
2. Le gain à l’échange incite chacun à reconduire l’échange,
ce qui ne serait pas le cas si l’un des partenaires ne respectait Document 5 : Le signal des prix
pas les règles de l’échange. 1. Baisse de l’offre de café ➞ hausse du prix du café ➞ hausse
3. L’échange a lieu parce que chacun y trouve son intérêt. de la demande de thé ➞ hausse de la demande de théières.

44 chapitre 3 • La coordination par le marché


2. Hausse de la demande de théières ➞ hausse de la de- 2. Le mobile du profit et l’aiguillon de la concurrence
mande de travail dans le secteur de la production de théières. conduisent les producteurs à satisfaire au mieux les consom-
3. Une variation du prix envoie un signal aux producteurs mateurs.
et aux consommateurs. Une hausse du prix incite les pro- 3. La « main invisible » n’illustre pas toujours les mécanismes
ducteurs à produire plus et les consommateurs à demander qui régissent nos sociétés, comme le chômage, la misère,
moins. etc. Le marché ne fonctionne pas toujours en situation de
concurrence et comporte des défaillances (cf. dossiers 3 et 4).
Document 6 : Le marché permet la coordination
des décisions des agents économiques
1. Le marché incite les agents à se spécialiser dans la pro-
duction des différents composants entrant dans la fabri- C. Le fonctionnement du marché
cation du crayon. Dès lors qu’il existe une demande à un repose sur la présence d’institutions
prix suffisamment rémunérateur, il se trouvera toujours
marchandes p. 83-84
quelqu’un, quelque part, pour y répondre. (Cf. sur You-
tube : Friedman, Le Crayon – VOST.)
2. Dans un cas, le mécanisme des prix coordonne les
Document 9 : Les marchés sont socialement construits
activités ; dans l’autre, c’est un mécanisme bureaucratique
1. Les riches retraités apporteront au jeune entrepreneur le
(l’administration du Plan).
capital qui lui manque s’ils sont certains que le contrat sera
3. Les producteurs et distributeurs soviétiques n’étaient pas
respecté. Ce qui suppose un système juridique garantissant
incités à tenir compte de la demande. Ils produisaient ce que
le respect des obligations contractuelles.
le plan leur ordonnait de produire, ce qui ne correspondait
2. Pour réaliser des activités complexes nécessitant une
pas forcément à la demande.
coopération entre les acteurs, il faut des institutions garan-
4. Nous sommes certains de trouver chaque matin du pain
tissant la sécurité des contrats, notamment un système ju-
près de chez nous car les boulangers gagnent leur vie (et
ridique, des tribunaux pour régler les litiges, des forces de
réalisent des profits) quand on leur achète du pain. Ils sont
police pour exécuter les décisions des tribunaux.
donc incités à répondre à la demande.

Document 7 : Les lois du marché : intérêt personnel Document 10 : Le droit de propriété et la sécurité
et concurrence 1. Droit de propriété : droit exclusif d’utiliser, de louer et
1. La recherche par tous du profit provoque une concurrence d’aliéner les biens. Le locataire a seulement un droit d’usage.
par les prix et sur les produits. Les droits de propriété s’exercent aussi sur les créances.
2. Si un producteur vend plus cher qu’un autre, il n’aura 2. On est réellement propriétaire d’un bien quand tous les
plus de clients. attributs du droit de propriété sont réunis et que ce droit est
3. Les revenus des producteurs dépendent des prix auxquels réellement garanti.
les acheteurs sont disposés à acheter. Si la demande d’un bien 3. « Lorsque les personnes et les propriétés sont […] en-
augmente, son prix augmente et les revenus des producteurs tourées d’insécurité, toutes les possessions du faible sont à
aussi. Il en est de même pour le salaire des salariés ou le taux la merci du puissant » : les expropriations en Chine pour
d’intérêt des apporteurs de capitaux. des projets de construction immobilière, celles des fer-
4. La baisse des prix relatifs dans l’agriculture due à une miers blancs au Zimbabwe, la collectivisation des terres en
hausse de l’offre plus rapide que la demande a conduit les URSS, etc.
agriculteurs à ne plus pouvoir vivre de leur métier (hausse 4. L’incertitude quant à l’avenir réduit l’incitation à investir
du prix des produits manufacturés et des services) et à pour les éleveurs et pour tous les agents économiques.
quitter l’agriculture. L’économie ne peut se développer, ce qui est particulièrement
dramatique dans le cas des pays pauvres.
Document 8 : La « main invisible »
1. L’expression « main invisible » illustre l’idée qu’en recher­ Document 11 : La protection de la propriété intellectuelle
chant son propre intérêt, chacun concourt à l’intérêt 1. Un brevet est un instrument juridique (une législation)
­général. qui garantit à son détenteur un droit de propriété tempo-
2. En contexte de concurrence, le producteur a intérêt à ce que raire sur son invention. C’est le moyen de garantir aux inno-
le consommateur soit satisfait, sans quoi il perdrait sa clientèle. vateurs qu’eux seuls percevront les fruits de leur innovation.
3. Les lois du marché et la recherche de l’intérêt personnel 2. Il est nécessaire de protéger les découvertes des entre-
peuvent conduire dans certains secteurs et à certaines prises, sinon les innovations profiteraient à tous, sauf aux
époques à un déséquilibre entre l’offre et la demande sur innovateurs. Et les entreprises ne seraient plus incitées à
le marché du travail : par exemple, les entreprises qui ­engager des dépenses pour innover.
délocalisent leur production dans les pays émergents. Dans 3. L’intérêt social commande qu’une innovation se diffuse
ce cas, la « main invisible » ne concourt pas à l’intérêt des le plus largement possible. Encore faut-il s’assurer que des
travailleurs licenciés. innovations voient le jour. Les brevets sont un compromis
entre ces deux objectifs antagonistes. Si l’on veut que les
FAIRE LE POINT Africains profitent des trithérapies, le meilleur moyen
1. En contexte de concurrence, chaque vendeur a intérêt à consiste à subventionner leur distribution, à un prix négocié
baisser ses prix, ce qui est favorable au consommateur (ce avec les laboratoires. C’est ce que font les ONG, comme la
qui illustre le principe de la « main invisible »). fondation Bill Gates.

chapitre 3 • La coordination par le marché 45


Document 12 : Sans l’attribution de droits sociaux, FAIRE LE POINT
certains individus n’auraient pas accès au marché a. Insécurité sociale freinant les investissements et les trans­
1. Le marché est un système d’échange. Or, dans l’échange, actions économiques.
on ne gagne que si l’on a quelque chose à donner en échange. b. Peu de recherche.
2. La reconnaissance des droits sociaux est nécessaire pour c. Insécurité sociale et instabilité juridique.
réaliser l’égalité des conditions et garantir les libertés de d. Pas d’incitation à produire et à échanger.
tous, pour permettre l’accès au marché et à des conditions e. Population non formée, faible productivité du travail.
de vie décentes. f. Misère, pas d’accès au marché pour ceux qui ne travaillent
3. Exemples : le RSA, les minima sociaux (minimum pas, pas de soutien à la demande.
vieillesse, par exemple).

Dossier 2. Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il ? p. 85-91

➜ Mise en œuvre
Le programme officiel dans le manuel
3.2. Comment un marché concurrentiel fonctionne-t-il ?
Ce chapitre présente la loi de l’offre
On s’attachera à mettre en évidence les déterminants des comportements des
et de la demande sur un marché
agents, offreurs et demandeurs, puis on procédera à la construction des courbes
concurrentiel (A. La loi de l’offre et
d’offre et de demande et à l’analyse de la formation de l’équilibre sur un marché
de la demande) avant d’expliquer
de type concurrentiel. La modification des conditions d’offre ou de demande
comment les mécanismes du
permettra de montrer comment s’ajustent, dans le temps, prix et quantités d’équi-
marché permettent l’allocation
libre. On étudiera les réactions de l’acheteur aux changements des incitations
des ressources (B. Le marché
(augmentation du prix du tabac, de la fiscalité sur les carburants, prime à la casse
concurrentiel, un système efficace
sur le marché de l’automobile, etc.). L’étude de la notion de surplus et de son
d’allocation des ressources).
partage entre acheteurs et vendeurs permettra d’illustrer graphiquement les gains
Il convient d’insister sur la
de l’échange. On fera apparaître l’existence de situations de rationnement lorsque
formation des prix en distinguant
le prix est fixé, quelle qu’en soit la raison, à un autre niveau que celui qui équilibre
les mouvements le long des droites
le marché (files d’attente, réglementation des loyers, pénuries de places pour des
d’offre et de demande et les
rencontres sportives ou les spectacles, etc.).
déplacements de ces droites. La
notion de surplus est expliquée par
Notions clés : • offre et demande • prix et quantité d’équilibre
un exemple concret. De nombreux
• preneur de prix • rationnement • surplus
graphiques et exercices permettent
• allocation des ressources
de bien comprendre ces mécanismes.

Page découverte : – du côté de la demande, par la préférence des magazines


pour les célébrités plutôt que pour les modèles.
« Le marché des modèles :
– résultat : hausse de l’offre, baisse de la demande et baisse
un marché très concurrentiel » p. 85 des cachets.
5. Certains modèles sont très bien payés car, dès qu’un mo-
Le marché des modèles permet d’introduire les mécanismes dèle a atteint une certaine notoriété, il est plus demandé et
du marché et de formation des prix par un exemple concret. ses tarifs s’envolent.
1. Sur le marché mondial, l’offre est constituée par les
jeunes femmes disposées à exercer l’activité de mannequin
et la demande par celle qui émane des magazines de mode, A. La loi de l’offre et de la demande p. 86-87
des grands couturiers, des catalogues de VPC ou de ventes
en ligne.
2. Les prix ou les cachets des modèles sont fixés par Document 1 : Les courbes d’offre et de demande
confrontation de l’offre et de la demande. Quand l’offre 1. Offre individuelle : offre d’un vendeur ; offre totale : offre
augmente, le prix baisse si la demande est constante. de tous les vendeurs.
3. Le marché est très concurrentiel parce que l’offre et Demande individuelle : demande d’un acheteur ; demande
la demande sont atomisées : personne n’est en mesure totale : demande de l’ensemble des acheteurs.
d’influencer le prix du marché. 2. Le coût marginal est croissant en raison de la loi des
4. La baisse récente des cachets payés aux mannequins rendements décroissants.
s’explique : L’utilité marginale est décroissante parce que la dernière unité
– du côté de l’offre, par la révolution Internet et l’effon- consommée apporte moins de satisfaction que la précédente.
drement des pays socialistes qui ont fortement augmenté le 3. Quand le prix des pommes augmente, le producteur
nombre de modèles ; peut produire plus de pommes. En effet, le producteur

46 chapitre 3 • La coordination par le marché


maximise son profit quand la quantité de pommes pro-
P
duites et vendues est telle que le coût marginal est égal au O2 O1
prix de vente (cf. chapitre 2). Une hausse du prix de vente
P2
permet une hausse du coût marginal, donc une hausse des
quantités produites puisque le coût marginal augmente
avec les quantités. À l’inverse, quand le prix augmente, le P3
consommateur achète moins de pommes. Le consomma- P1
D2
teur maximise sa satisfaction quand sa quantité consommée
est telle que l’utilité marginale est égale au prix. Par consé- D1
quent, une hausse du prix nécessite une hausse de l’utilité 0 Q3 Q2 Q1 Q
marginale et une baisse des quantités consommées (plus les
quantités consommées diminuent, plus l’utilité marginale
augmente).
FAIRE LE POINT
Document 2 : Le prix d’équilibre du marché des pommes a. La courbe d’offre se déplace vers la gauche (à prix
constant, il est moins rentable de produire du pain). La
1. Le prix d’équilibre est le prix auquel la quantité vendue
courbe de demande étant proche de la verticale, la baisse
est égale à la quantité achetée.
de l’offre se traduit par une hausse des prix et les quantités
2. Si le prix est, à l’ouverture du marché, inférieur au prix
consommées diminuent peu.
d’équilibre, il y a un excès de demande. Les offreurs en
profitent pour augmenter les prix : les quantités demandées
baissent, les quantités offertes augmentent, ce qui rétablit P
O2 O1
l’équilibre entre l’offre et la demande.
3. Si un acheteur exigeait un prix moins cher pour le P2
produit qu’il désire, il ne trouverait pas de vendeur. Si un
vendeur exigeait un prix plus élevé pour ce produit, il ne
trouverait pas d’acheteur. P1

Document 3 : Les déterminants de l’offre et de la demande D1


de pommes
0 Q2 Q1 Q
1. Un déplacement de la courbe d’offre ou de la courbe de
demande signifie un changement des quantités offertes ou
demandées pour un même prix. b. La courbe d’offre se déplace vers la gauche. La courbe de
2. Si le prix des bananes augmente, la courbe de demande demande étant proche de l’horizontale, le prix augmente un
de pommes se déplace vers la droite. Pour un prix donné, peu et les quantités consommées baissent fortement.
on demande désormais plus de pommes (les pommes et les
bananes sont des biens substituables). P
3. Déplacement de la demande de D1 à D2 : baisse de la O2 O1
demande, baisse du prix, baisse de l’offre.
Déplacement de l’offre de O1 à O3 : hausse de l’offre, baisse
du prix, hausse de la demande.
P2
P1
Document 4 : La variation des prix et des quantités
D1
dépend de la sensibilité de l’offre et de la demande
à la variation des prix
1. Le segment vert correspond à l’augmentation du prix 0 Q2 Q1 Q
pour les mêmes quantités produites en raison d’une
nouvelle taxe payée par les producteurs (hausse du prix
= nouvelle taxe). c. La courbe de demande se déplace vers la droite. La courbe
2. La demande d’essence est peu sensible à court terme à d’offre étant proche de la verticale, les prix augmentent
la variation du prix de l’essence (elle y est plus sensible à fortement mais les quantités consommées augmentent peu.
long terme).
P O1
3. Une hausse des taxes sur l’essence augmente le prix, ce
qui diminue la quantité consommée. À court terme, la
baisse des quantités consommées est faible car la demande
est rigide. P2
4. Si la demande d’un bien est très sensible à la variation
D2
du prix, la droite de demande conserve une pente négative P1
mais tend vers l’horizontale (D2). Dans ce cas, un déplace-
D1
ment sur la gauche de la droite d’offre provoque une forte
baisse des quantités demandées (Q3) et une faible hausse
0 Q1 Q2 Q
des prix (P3).

chapitre 3 • La coordination par le marché 47


B. Le marché concurrentiel, Document 8 : Le problème des prix administrés :
le cas des loyers plafonnés
un système efficace d’allocation
1. Le gouvernement est tenté de plafonner les loyers en cas
des ressources p. 88-91
de prix élevés (ou augmentant rapidement) en raison d’une
offre inférieure à la demande. Ce plafonnement peut aussi
Document 5 : Qu’est-ce qu’un marché concurrentiel ? être dicté par des considérations électorales.
2. Inconvénients du contrôle des loyers : la quantité de
1. Conditions de la concurrence pure et parfaite : atomicité
du marché, information parfaite, homogénéité du produit, logements sur le marché diminue. Moins de propriétaires
libres entrée et sortie du marché, mobilité des facteurs de sont incités à mettre leurs logements en location, et du
production. coup, moins de ménages trouvent un logement à louer.
2. Non, sur un marché concurrentiel, une entreprise ne
peut vendre à un prix supérieur à celui des autres entre- Document 9 : Le plafonnement des loyers réduit
prises. Comme l’information est supposée parfaite, les le surplus de la collectivité
acheteurs savent que les autres entreprises vendent moins 1. Surplus du consommateur : triangle violet. Surplus du
cher. Cette entreprise ne trouverait pas de clients. producteur : triangle rouge.
3. Les produits ne sont pas homogènes, les consommateurs 2. La perte sèche correspond à la perte subie par les 200 000
sont disposés à payer plus cher une voiture de meilleure ménages propriétaires qui se sont retirés du marché (ils
qualité, ou disposant de certaines options. étaient disposés à louer leur logement à un prix compris
entre 800 et 1 000 €), et par les 200 000 ménages locataires
Document 6 : Le surplus du consommateur qui n’ont pu, de ce fait, trouver à se loger et qui auraient été
et du producteur mesure les gains à l’échange disposés à payer de 800 à 1 000 €.
1. Le premier triangle représente le gain à l’échange de tous 3. Agents perdants : outre les ménages précédents, les
les acheteurs disposés à payer plus de 30 €. 1,8 million de propriétaires contraints de louer à 800 € au
Le second triangle représente le gain à l’échange de tous les lieu de 1 000 €. Agents gagnants : les 1,8 million de loca-
vendeurs disposés à vendre à un prix inférieur à 30 €. taires qui paient 800 € au lieu de 1 000 €.
2. Soit le prix auquel vous étiez disposé à payer : 25 € et le 4. Le nombre de logements sur le marché a baissé de 10 %.
prix d’achat : 15 € ➞ gain à l’échange = 10 €. Autrement dit, un ménage sur 10 ne trouve plus à se loger.
3. Le surplus du producteur plus celui du consommateur
mesure le gain total à l’échange, ce que l’échange a ajouté Document 10 : Le marché noir des logements à Cuba
à la satisfaction des personnes impliquées dans l’échange. 1. Les Cubains qui consultent les annonces cherchent un
logement plus adapté à leurs préférences (plus petit, plus
Document 7 : Le rôle régulateur des prix sur le marché : grand, plus proche de leur lieu de travail, etc.).
l’absence d’eau potable à Boston 2. L’absence de propriété privée signifie que personne n’est
1. La courbe de demande d’eau minérale se déplace forte- réellement propriétaire, donc personne n’est véritablement
ment vers la droite, ce qui fait monter les prix, incitant les incité à entretenir, à rénover, à agrandir les logements exis-
acheteurs à réduire la consommation (de Q’1 à Q2) et les tants, ni à construire de nouveaux logements pour répondre
vendeurs à se réapprovisionner au plus vite pour augmenter à la demande.
leurs ventes. 3. De nombreux ménages ne trouvent pas de logement, et
Le marché de l’eau minérale sont contraints de cohabiter avec leurs parents, de résider en
banlieue, ou à la campagne, ou dans des logements devenus
P O trop étroits.
P2
Document 11 : Rationnement et marché noir
1. La baisse de l’offre a conduit le gouvernement à tenter
P1
D2 d’organiser la pénurie (répartir en fonction des besoins
les produits essentiels). Les conséquences des tickets de
rationnement sont les suivantes :
D1 – prix fixés trop bas, donc pas d’incitation des producteurs
0 à produire ce qui entretenait la pénurie ;
Q1 Q2 Q’1 Q
– produits rationnés ne correspondant pas nécessairement
2. Si les prix n’augmentent pas, la quantité d’eau disponible aux préférences des individus ;
n’augmentera pas. Compte tenu de l’augmentation – résultat : développement d’un marché noir, sur lequel les
spectaculaire de la demande, cela signifie que la pénurie gens échangeaient les produits dont ils n’avaient pas besoin
s’installera plus rapidement et durablement. contre d’autres qu’ils préféraient, et où les producteurs
3. Le prix reflète la situation du marché. Il augmente écoulaient leur production à des prix plus rémunérateurs.
quand la demande augmente, ce qui envoie un signal aux 2. Les différents systèmes de rationnement (par file d’at-
producteurs (l’eau minérale devient plus profitable) et aux tente, par loterie) ne sont pas des systèmes d’allocation des
consommateurs (c’est plus cher). Grâce à cela, la pénurie ressources efficaces et équitables parce que certains ont plus
intervient plus tard (les acheteurs sont incités à modérer besoin du produit en question que d’autres. Sur un marché
leur consommation) et cesse plus tôt (les producteurs sont libre, ceux-là seraient disposés à payer plus et seraient donc
incités à augmenter leur offre). servis. Avec un système de rationnement, ils n’ont pas plus

48 chapitre 3 • La coordination par le marché


de chances que les autres d’être servis. De plus, un système Le marché du pétrole à court terme en 1974
de rationnement ne permet pas à l’offre de s’adapter à la P
demande. O2
P2 O1

FAIRE LE POINT
1. Le surplus de Mme Smith
P1
a.
Prix et quantités de sachets de thé
D
Prix en shillings
0 Q2 Q1 Q
25
Prix À long terme, les prix élevés favorisent l’entrée de nouveaux
20 producteurs sur le marché (production offshore, par exemple),
20
Surplus le développement des énergies de substitution (nucléaire,
14 énergie solaire…), et incitent les consommateurs à réduire
15
leur consommation, en préférant des voitures moins gour-
10 mandes, en isolant leur maison pour économiser le chauffage.
10
3. Les prix-plancher
6
4 Un prix-plancher est un prix minimum garanti.
5 3
2
P Surproduction (O > D)
0
O
0 1 2 3 4 5 6 7 Prix
Quantités en sachets plancher

b. Elle paie 2 shillings pour 7 sachets de thé mais serait dis-


posée à payer 20 + 14 + 10 + 6 + 4 + 3 + 2 soit 59 shillings.
Son surplus du consommateur est donc de 45 shillings :
59 – (2 x 7). D
c. Le triangle au-dessus de 2 shillings est sous la courbe de 0 Q
demande.
Les pouvoirs publics peuvent imposer un prix-plancher du
2. Le marché du pétrole blé s’ils s’engagent à acheter toute production à ce prix, en
La courbe d’offre se déplace vers la gauche. Comme la constituant des stocks. Le résultat, c’est généralement une
courbe de demande est proche de la verticale à court terme, surproduction chronique, source de gaspillage (il faut jeter
il s’ensuit une très forte hausse du prix et une faible baisse les excédents ou les écouler gratuitement dans d'autres pays,
des quantités demandées. ce qui ruine leur agriculture locale).

Dossier 3. Comment les marchés imparfaitement concurrentiels


fonctionnent-ils ? p. 92-97

➜ Mise en œuvre dans le manuel


Le programme officiel
Il s’agit ici d’expliquer comment
3.3. Comment les marchés imparfaitement concurrentiels
fonctionnent les marchés en concurrence
fonctionnent-ils ?
imparfaite. Après avoir présenté les trois
On soulignera le caractère très particulier du marché concurrentiel et on intro-
formes principales de la concurrence
duira la notion de structures de marché.
imparfaite, leurs différences et leurs
Sans aucun recours à la formalisation et à l’aide d’exemples (monopole dans le
points communs (A. Les marchés
domaine de l’électricité ou du transport, situations de concurrence monopo-
imparfaitement concurrentiels), on
listique engendrées par l’innovation ou la différenciation des produits, oligo-
montre comment les entreprises peuvent
poles dans les domaines de l’automobile, des composants électroniques, etc.),
dans ces situations disposer d’un pouvoir
on montrera que les vendeurs mettent en œuvre des stratégies susceptibles de
de marché (B. Le pouvoir de marché).
renforcer leur pouvoir de marché (positionnement et marketing des produits,
Le « Faire le point » p. 97 liste toute
ententes entre vendeurs, guerres de prix, création de demande captive, etc.).
une série de situations illustrant le
On pourra s’interroger sur les conditions favorisant ces structures non concur-
pouvoir de marché.
rentielles et sur le rôle des pouvoirs publics dans la régulation de la concurrence.
Il est possible d’utiliser ce dossier avec
Notions clés : • pouvoir de marché • oligopole • monopole le chapitre 5, dossier 1, A. La fonction
d’allocation des ressources, p. 145.

chapitre 3 • La coordination par le marché 49


Page découverte : « Pourquoi Document 2 : Les situations de monopole s’expliquent par
les barrières à l’entrée
les diamants sont-ils si chers ? p. 92
1. Il y a barrières à l’entrée quand un acteur est empêché
Le marché des diamants permet d’aborder la concurrence d’entrer sur la marché en raison de limites légales (protec-
imparfaite de la meilleure des façons puisqu’on y trouve tionnisme, brevets, monopole légal concédé à un opérateur
toutes les caractéristiques du monopole (hier), de l’oligopole public), financières (coûts fixes exorbitants), naturelles…
(aujourd’hui), et une demande atypique. Pour aller plus Il y a économies d’échelle chaque fois que l’augmentation
loin, on peut consulter Le marché des diamants sur le site du volume des ventes réduit le coût moyen. C’est le cas
« L’Antisophiste ». dans les activités dont les coûts fixes sont particulièrement
importants.
2. Trois raisons peuvent conduire à l’apparition de monopoles :
1. « Le moyen le plus évident d’organiser la rareté, c’est de
limiter l’offre en stimulant la demande » : la rareté signifie – contrôle d’une ressource essentielle par une entreprise
que les ressources disponibles sont inférieures aux besoins, empêchant d’autres entreprises de développer leur activité
en d’autres termes que l’offre est inférieure à la demande. (exemple : De Beers contrôlait autrefois la majeure partie
2. De Beers a cherché à contrôler l’offre en organisant un
des mines de diamants) ;
quasi-monopole sur la distribution des diamants bruts, en – monopole légal accordé à un producteur de façon tem-
incitant les mères à transmettre leurs diamants à leurs filles poraire (brevets) ou permanente (services publics postaux) ;
(pour éviter la revente). De la sorte, De Beers pouvait faire – existence d’un monopole naturel : en raison de l’impor-
les prix. D’un autre côté, l'entreprise a investi beaucoup tance des économies d’échelle, un nouvel entrant ne peut
d’argent dans la promotion du diamant, avec notamment être compétitif face au monopoleur en place.
3. Les coûts fixes sont très élevés (constitution d’un ré-
la campagne Diamonds are forever. De la sorte, les ventes
ont augmenté, confortant son pouvoir de marché. seau de distribution et traitement des eaux), et les écono-
3. Une baisse des prix réduirait les marges bénéficiaires sans
mies d’échelle considérables, de sorte que, localement, la
impacter les volumes, en raison de la faible élasticité-prix présence de deux concurrents se traduirait par des coûts
de la demande. moyens plus élevés qu’en situation de monopole. Pour évi-
4. La demande augmenterait probablement en raison de
ter les abus de position dominante, la puissance publique
la nature particulière de la demande de diamants (Veblen concède alors un monopole temporaire, renouvelable au
good). La demande se reporterait alors sur d’autres pierres terme d’adjudications (le monopole d’exploitation est
précieuses. Il faudrait une très forte baisse du prix pour concédé au mieux-disant).
stimuler une nouvelle demande, émanant d’une autre
clientèle, en bas de gamme. Document 3 : Les oligopoles naturels
1. Dans une situation d’oligopole, un petit nombre de
5. À trop augmenter les prix, le risque est grand de voir
certains producteurs faire défection – adopter la stratégie producteurs sont présents sur le marché, avec le risque de
du free rider. Chacun a alors intérêt à baisser un peu ses prix voir augmenter localement ou régionalement leur pouvoir
pour augmenter sa part de marché. Même si l’entente sur de marché, ou de voir se développer des formes d’ententes.
2. On trouve des oligopoles dans la téléphonie mobile, le
les prix se maintenait, le risque deviendrait grand de perdre
des clients (qui préféreraient d’autres pierres précieuses). Il transport ferroviaire, l’électricité et l’automobile car les éco-
y a un juste milieu à trouver, autour de deux mois de salaire nomies d’échelle y sont importantes. Ce sont des oligopoles
pour une bague de fiançailles (avec diamant plus ou moins naturels. À la différence du monopole naturel, la taille du
gros selon le salaire du fiancé). Comme le dit la pub, « a two marché est telle qu’il y a de la place pour plus d’une entreprise.
3. Les petites entreprises ne sont pas rentables quand les
month salary diamond ring shows the future Mrs Smith what
the future looks like ». coûts fixes sont élevés car leur niveau de production ne leur
permet pas d’amortir les coûts fixes : le prix de vente est
inférieur au coût moyen et la production n’est pas rentable.

A. Les marchés imparfaitement Document 4 : La concurrence monopolistique


1. Concurrence monopolistique : pluralité de concurrents
concurrentiels p. 93-94
mais produits différenciés, si bien que certains parviennent
à attirer une demande suffisante à des prix sensiblement
Document 1 : Les différentes structures de marché plus élevés que leurs concurrents.
1. Monopole : un producteur unique sur le marché. 2. Marché des fast-foods et marché oligopolistique :
Oligopole : un petit nombre de producteurs sur le marché. – similitudes : pluralité des producteurs, en situation de
Concurrence parfaite : le marché est atomisé, il y a une concurrence ;
multitude d’offreurs et une multitude de demandeurs. – différence : capacité de certains producteurs sur les
2. Sur un marché en concurrence parfaite et sur un marché marchés oligopolistiques à faire les prix, c’est-à-dire à
en concurrence monopolistique, il existe un grand nombre imposer des prix supérieurs au prix du marché en raison
de producteurs. Mais les produits sont homogènes dans le de l’attractivité de leur produit. Sur ce type de marché, les
premier cas, différenciés dans le second. En concurrence caracté­ristiques hors prix du produit sont des déterminants
monopolistique, les entreprises disposent d’un pouvoir de essentiels de la demande.
marché : elles peuvent maintenir les prix à un niveau plus 3. La capacité d’Ibrahim à fixer le prix de vente est réelle
élevé que le prix du marché à condition que les produits car il est le seul vendeur de sandwichs turcs sur la place,
soient attractifs. mais limitée car il y a abondance de sandwicheries en tous

50 chapitre 3 • La coordination par le marché


genres. Il ne peut donc imposer des prix trop élevés, sauf à Document 7 : L’innovation : un moyen d’échapper
voir ses clients passer à la concurrence. à la concurrence
1. Le succès de Nespresso vient de sa capacité à proposer
FAIRE LE POINT (p. 93) un nouveau produit particulièrement innovant, qui a su
1. Il est possible d’envisager de faire distribuer le courrier trouver un public.
par des entreprises privées : c’est déjà le cas pour les colis. 2. Le monopole de Nespresso est temporaire parce que son
De plus, l’essentiel du courrier est aujourd’hui numérisé brevet est temporaire et que la concurrence s’organise pour
(courriel). Enfin, rien n’interdit de privatiser la Poste… proposer des produits similaires à plus bas prix. Pour préser-
2. Conséquences : une hausse des tarifs postaux pour les ver sa part de marché, Nespresso devra à nouveau innover.
particuliers vivant dans les zones reculées, sauf si l’État
subventionne la remise et le ramassage du courrier dans ces Document 8 : Les cartels : un autre moyen d’échapper
zones ; une non-distribution du courrier dans ces zones non à la concurrence
rentables ; des conséquences sociales (isolement, perte des 1. Les membres du cartel gagnent des marges plus élevées
liens sociaux). mais perdent sur les volumes.
2. Ces ententes portent préjudice au consommateur, qui
paie plus cher, donc achète moins.
3. Un cartel est soutenable à long terme si :
B. Le pouvoir de marché p. 95-97 – la demande n’est pas trop élastique par rapport au prix,
donc s’il n’existe pas de véritables substituts dans l’immé-
Document 5 : Le monopole produit moins et plus cher diat ;
que l’entreprise concurrentielle – si tous les membres du cartel jouent le jeu. Or la tentation
1. Le monopole maximise son profit quand sa recette est grande pour chacun d’adopter un comportement de free
marginale est égale au coût marginal car, dans ce cas, le rider : en baissant ses prix, un membre peut accroître sa part
profit marginal est nul et le profit total maximum. C’est de marché, et ses profits dans la mesure où l’augmentation
la même règle de maximisation du profit que l’entreprise des volumes vendus excède la perte sur les marges ;
concurrentielle. La différence porte sur la recette marginale, – si le cartel est capable de surveiller ses membres et de les
égale au prix de vente fixé par le marché dans le cas de dissuader d’adopter un comportement de passager clan­
l’entreprise concurrentielle, décroissante dans le cas destin.
du monopole. La décroissance de la recette marginale
s’explique par le fait que le monopole fait face à la totalité Document 9 : Pour l’Union européenne,
de la demande qui diminue quand le prix augmente. Si la concurrence doit être loyale
l’entreprise vend successivement 100, 80 et 60 unités à 10, 1. La concurrence loyale suppose que les entreprises leaders
9 et 8 $, sa recette totale est égale à 1 000, 720, 480 $, et la n’abusent pas de leur position dominante (par des ententes,
recette marginale à 280 (1 000 – 720) et 240 (720 – 480) $. des ventes liées, des accords tacites d’exclusivité avec les
2. Le monopole a intérêt à produire jusqu’au point où son fournisseurs…), et que les autorités ne subventionnent pas
profit marginal devient nul (le point A, soit 8 diamants) et certaines entreprises politiquement influentes.
à vendre au prix de 600 $. En situation de concurrence, le 2. Il est important de préserver les conditions d’une
prix baisserait jusqu’au point où il est égal au coût marginal, concurrence loyale pour éviter aux entreprises de disposer
soit 200 $ et les quantités produites seraient de 16. Dans d’un pouvoir de marché au détriment du consommateur.
cet exemple, le monopoleur satisfait deux fois moins de 3. L’UE réglemente les fusions et les acquisitions pour limi-
consommateurs, pour un prix trois fois plus élevé que sur ter la concentration. Elle interdit les ententes et sanctionne
un marché concurrentiel. les abus de position dominante. Enfin, elle encadre les sub-
3. Si aucune entreprise ne peut entrer sur le marché, le ventions et exonérations fiscales accordées aux entreprises
monopole n’a pas à se préoccuper de sa compétitivité-prix. pour éviter qu’un État ne favorise certaines de ses entre-
prises au détriment des concurrents étrangers.
Document 6 : La discrimination tarifaire 4. Microsoft pratiquait la vente liée, un abus de position
1. Le prix plus élevé d’un grand cappuccino est un moyen dominante. Concrètement, fort de son quasi-monopole
de maximiser le profit. On fait payer au client le prix le plus sur les logiciels d’exploitation (avec Windows), Microsoft
proche de celui qu’il est disposé à payer, et ceci pour une imposait aux consommateurs son logiciel Internet Explorer
augmentation symbolique du coût marginal. et sa suite Office, limitant les compatibilités avec les logiciels
2. Les voyageurs riches paient très cher le privilège de voya- concurrents. Le consommateur voyait alors ses possibilités
ger en première classe. Les voyageurs peu fortunés achètent de choix réduites, et payait cher les logiciels de traitement
leur billet très à l’avance à des prix bas, ou au contraire en de texte, tableurs, etc.
dernière minute (avec le risque de ne pas trouver de place) ;
les autres achètent quelques jours à l’avance et paient le FAIRE LE POINT
plein tarif. Dans les restaurants, il y a souvent trois menus : 1. Le pop corn coûte cher au cinéma car l’entreprise pro-
par exemple, 15 €, 22 €, 32 € – les différences de prix étant fite de sa situation de monopole, le temps de la séance de
très supérieures aux différences de coûts. cinéma.
3. Le choix proposé au consommateur permet de rapprocher 2. Il s’agit de discrimination tarifaire. Ce sont les hommes
le prix demandé du prix que ce dernier est disposé à d’affaires (leurs secrétaires) qui achètent des allers simples,
payer, réduisant d’autant le surplus du consommateur et souvent la veille. Les prix sont élevés parce qu’ils sont
augmentant d’autant celui du producteur. disposés à payer beaucoup plus qu’un voyageur ordinaire.

chapitre 3 • La coordination par le marché 51


3. L’augmentation des prix des hôtels de Saint-Malo 6. Il n’y a généralement qu’un distributeur d’eau potable
pendant les vacances scolaires n’est pas un indicateur de dans chaque ville car il s’agit d’un monopole naturel.
collusion. Il s’agit juste d’une application de la loi de l’offre 7. Les avocats et les médecins installés depuis longtemps
et de la demande. La discrimination tarifaire consiste ici sont plus chers que les nouveaux arrivants parce qu’ils ont
à proposer des prix bas en basse-saison pour attirer une déjà une clientèle.
clientèle non disposée à payer le tarif haute saison. 8. Des monopoleurs comme De Beers, Windows ou la SNCF
4. L’Équipe maintient des prix bas pour éviter justement dépensent beaucoup d’argent en publicité parce que leur mo-
l’arrivée d’un concurrent. De plus, les quotidiens gratuits nopole n’empêche pas la concurrence. Il existe des substituts
et les quotidiens généralistes ont eux aussi développé les à ces produits. Il faut donc stimuler la demande pour pouvoir
rubriques sportives. Le monopole de L’Équipe étant contes- continuer à vendre ces produits à des prix élevés.
table et relatif, la concurrence s’exerce donc quand même. 9. Une entreprise ayant un pouvoir de marché n’a pas
5. Il y a peu de producteurs d’avions civils et beaucoup intérêt à vendre son produit le plus cher possible car elle est
de producteurs de blé parce que les barrières à l’entrée contrainte par la demande. Elle fixe ses prix jusqu’au point
financières et les économies d’échelle sont considérables où son bénéfice est maximum, jusqu’à ce que la recette
dans le transport aérien, mais faibles dans l’agriculture. marginale soit égale au coût marginal.

Dossier 4. Quelles sont les principales défaillances du marché ? p. 98-103

➜ Mise en œuvre dans le manuel


Le programme officiel
Il s’agit de montrer que le marché ne permet pas toujours
3.4. Quelles sont les principales défaillances du marché ?
une allocation efficace des ressources, et qu’une régulation
On montrera qu’en situation d’information asymétrique, on
publique est alors opportune. Les principales défaillances
constate l’existence d’équilibres avec rationnement voire l’ab-
du marché concernent :
sence de marché (marché des voitures d’occasion, marchés
– l’information (A. Les asymétries d’information perturbent
des professionnels de santé et des avocats, marché de l’assu-
les règles du marché) car les problèmes de sélection adverse
rance, etc.). Les diverses manières de produire et de diffuser de
et d’aléa moral nuisent au fonctionnement du marché ;
l’information – labellisation, publicité, comparateurs de prix,
– les externalités, les biens publics et les biens communs
magazines de consommateurs, etc. – pourront être évoquées,
(B. Les externalités et les biens collectifs ne sont pas pris
de même que la réglementation publique sur l’information.
en charge par le marché). Pour les biens communs, un
En s’appuyant sur des exemples, on montrera aussi que les mar-
exemple pertinent est celui d’Haïti (La tragédie haïtienne,
chés peuvent être défaillants dans le domaine de l’allocation
p. 98).
des ressources en présence de biens collectifs ou d’externalités
(pollution, éclairage public, pollinisation par les abeilles, etc.). • La notion d’asymétries d’information est nécessaire
pour comprendre le chapitre 10 (Entreprise, institution et
Notions clés : • asymétries d’information • externalités organisation, p. 298). La question des externalités et des
• biens collectifs biens collectifs est reprise au chapitre 5 dans le dossier 1
(A. La fonction d’allocation des ressources, p. 145).

Page découverte : 3. Ce qui appartient à tous n’appartient à personne. Faute de


droits de propriété, personne n‘est incité à reboiser, réguler
« La tragédie haïtienne » p. 98
les prélèvements, rationaliser l’exploitation forestière…
4. Une solution : privatiser les forêts. En attendant le reboi­
Le cas d’Haïti est un bon exemple pour illustrer la « tragédie
sement, on peut développer les fours à propane, comme
des communs ». Il permet de montrer que les conditions du
en République dominicaine. On peut aussi nationaliser la
bon fonctionnement du marché ne sont pas toujours réunies.
forêt à condition que l’État dispose de moyens pour l’entre-
1. La forêt a disparu à Haïti car personne n’est incité à tenir (peu probable dans le cas d’Haïti).
modérer ses prélèvements. Si une personne ne prend pas de 5. La surexploitation des ressources maritimes est un pro-
bois, une autre le prendra. De plus, personne n’est incité à blème similaire à celui d’Haïti : c’est toujours la tragédie des
contribuer à la croissance de la ressource (en reboisant, par communs. Chaque pêcheur a intérêt à prendre le maximum
exemple) car la forêt appartenant à tout le monde, on ne de poissons, sinon ce sont les autres qui les prendront. Mais
peut obliger les gens à payer pour le bois. C’est l’absence de chacun raisonnant ainsi, il n’y a bientôt plus de poissons.
propriété privée qui est à l’origine du déboisement. La différence est cependant qu’il est plus difficile d’attribuer
2. Il ne s’agit pas à proprement parler d’une défaillance du des droits de propriété sur les ressources de l’océan. Mais
marché. Pour qu’il y ait un marché, il faut des droits de c’est possible : on peut octroyer des licences d’exploitation
propriété clairement définis. Le problème est qu’il n’y pas donnant droit à des quotas de pêche, licences qui sont en-
de droits de propriété sur les communs (les forêts). suite négociables.

52 chapitre 3 • La coordination par le marché


A. Les asymétries d’information enclins à aller voir ailleurs (cela réduit le « turn over », donc
les coûts d’embauche et de formation) ; ils seront aussi
perturbent les règles du marché p. 99-100
moins disposés au conflit et plus disposés à la coopération
avec la direction.
Document 1 : Le marché des voitures d’occasion 3. Un assureur est tenté de distinguer « statistiquement »
et la sélection adverse les groupes à faible risque et ceux à risque élevé, de façon
1. Il y a sélection adverse ou anti sélection quand le prix à ajuster le niveau des primes au niveau des risques : par
ne joue plus son rôle d’information. Dans l’exemple du exemple, en différenciant les primes d’assurance selon
marché des voitures d’occasion, le prix de ces voitures n’est l’âge, le niveau d’études, le lieu de résidence ou le sexe du
pas fiable et les consommateurs exigent des baisses de prix. conducteur. Mais ce type de solution présente des difficultés
Du coup, les vendeurs honnêtes se retirent à leur tour du éthiques (la cour européenne de Justice a récemment
marché faute de pouvoir vendre leur produit au prix dé- interdit de discriminer les assurés automobiles selon le
siré. À terme, il ne reste plus sur le marché que les mauvais sexe). Le système des bonus-malus constitue une autre
produits. façon de discriminer statistiquement les assurés puisque les
2. Le vendeur d’une voiture d’occasion en sait générale- conducteurs à risque élevé paient plus que les autres (il s’agit
ment plus que l’acheteur sur l’état réel du véhicule. L’ache- fréquemment d’hommes jeunes).
teur se demande alors si la voiture est vraiment en bon état :
la courroie de distribution a-t-elle été changée récemment ? Document 4 Comment améliorer l’information ?
Les pièces du moteur sont-elles usées ? L’incertitude, l’asy- 1. Un vendeur ayant bonne réputation peut demander
métrie d’information, porte sur les caractéristiques intrin- des prix plus élevés. Son activité étant plus profitable, il a
sèques du produit. intérêt à faire ce qu’il faut pour préserver cette réputation.
3. Quand une partie à l’échange dispose d’informations sur La réputation est donc pour le vendeur une garantie de
le produit que l’autre n’a pas, ce dernier se méfie, surtout profits élevés, et pour l’acheteur d’un bon service.
s’il ne peut évaluer par lui-même l’état du produit. Compte 2. Un signal est une action coûteuse et ostensible que, de
tenu de l’incertitude sur la qualité du produit, l’acheteur façon évidente, l’entreprise n’aurait pas réalisée si elle n’était
demande un prix plus bas. Les vendeurs honnêtes se retirent pas sûre de la qualité de son produit. Exemples : publicité
du marché. À terme, ne reste plus sur le marché que les coûtant très cher comme celles de MacDonald’s, de Chanel,
vendeurs malhonnêtes. du Club Med.
3. Les labels, les AOC, les marques sont des garanties de
Document 2 : L’aléa moral qualité, des moyens de gagner la confiance des clients, donc
1. Une partie à l’échange n’est pas toujours capable de vé- d’obtenir des prix plus élevés. C’est un moyen de lutter
rifier si son partenaire s’acquitte bien de ses obligations : contre les asymétries d’information en informant les clients
a-t-il fait ce qu’il fallait ? L’a-t-il bien fait ? Le gain de l’action sur la qualité des produits.
justifie-t-il le coût ? En pareil cas, le risque est grand d’être 4. Les associations informent les clients en comparant le
floué. Dans ce type de contrat, l’incertitude porte sur la rapport qualité-prix des produits, mettant en regard les
conduite du partenaire. caractéristiques intrinsèques du produit et son prix. Ce
2. L’ouvrier travaille-t-il quand le patron a le dos tourné ? que le consommateur n’a ni le temps de faire ni l’expertise
Le changement de la pièce par le mécanicien était-il vrai- technique requise pour le faire. Là aussi, il s’agit de lutter
ment nécessaire ? L’asymétrie d’information porte ici sur la contre la sélection adverse, d’améliorer l’information.
conduite du partenaire.
3. Premier exemple d’aléa moral : vous aller consulter un Faire le point
médecin pour un mal au ventre. Il vous renvoie à un urolo- 1. Pourquoi n’est-on jamais sûr :
gue qui vous prescrit des examens détaillés : IRM, sonde… – d’acheter des produits de qualité : car manque de
Finalement, il n’y avait rien (vous avez juste été victime connaissances techniques sur le sujet. C’est une affaire de
du stress des examens), mais tout ça a coûté la bagatelle spécialistes, et le plus souvent, seul le vendeur a l’expertise
de 5 000 € et vous n’avez pas la possibilité de vérifier si les nécessaire pour évaluer la qualité du produit ou l’utilité du
examens prescrits étaient utiles. service proposé ;
Deuxième exemple d’aléa moral : un groupe d’élèves se – d’être bien soigné : il s’agit ici d’un problème d’aléa
montre assidus aux séances de TPE, où ils donnent l’appa- moral. Le patient n’a pas les compétences pour apprécier la
rence de travailler sérieusement, mais leur dossier final est façon dont il est soigné ;
en fait plagié d’un dossier de TPE soutenu deux ans plus – d’embaucher une personne de qualité : il s’agit d’un
tôt. Le professeur n’a pas forcément les moyens de vérifier si problème d’aléa moral. L’employeur n’a pas toujours les
le dossier final est authentique. moyens de savoir si la personne embauchée est compétente
et si elle travaillera efficacement.
Document 3 : Comment inciter les agents à révéler 2. Solutions :
leur information ? – pour les produits de qualité : publicité, certification,
1. Voir plus haut : réponses aux questions des doc. 1 et conseils des organisations de consommateurs ;
doc. 2. – pour être bien soigné : réputation (bouche à oreille) et
2. Verser aux salariés des salaires supérieurs au salaire expérience du médecin ;
d’équilibre permet d’augmenter la productivité du travail – pour embaucher une personne de qualité : le diplôme,
et de s’attacher leur loyauté. En cas de besoin, on peut alors l’expérience, les recommandations, la proposition d’un
leur demander des efforts particuliers ; ils seront moins salaire élevé supérieur au salaire d’équilibre.

chapitre 3 • La coordination par le marché 53


B. Les externalités et les biens collectifs 2. Une digue ou un barrage sont des biens collectifs car on
ne peut empêcher personne de les utiliser (non-exclusion),
ne sont pas pris en charge
et que leur utilisation par un individu n’empêche pas les
par le marché p. 101-103 autres de les utiliser aussi (non-rivalité).

Document 5 : Qu’est-ce qu’une externalité ? Document 8 : Le problème du passager clandestin
1. Une externalité désigne les conséquences, positives ou 1. Un passager clandestin est quelqu’un qui cherche à
négatives, d’une action individuelle sur le bien-être des profiter d’un bien sans en payer le prix.
tiers. Exemples : la pollution automobile et la vaccination 2. Un feu d’artifice est un bien collectif parce que tout
contre la grippe. le monde peut en profiter sans payer. Il est non exclusif
2. Les externalités s’expliquent par le fait que les coûts et et non rival. Dans ces conditions, une entreprise privée
les bénéfices externes des actions des agents économiques n’organisera un feu d’artifice que si la mairie paie pour cela.
ne sont pas spontanément sanctionnés par le marché. L’intervention publique est donc justifiée. En pratique, il
Les agents ne sont donc pas incités à tenir compte des est possible d’organiser un feu d’artifice strictement privé,
conséquences de leurs actions. financé par des contributions privées. Avant chaque lancer,
3. Conséquences négatives du déversement en haute mer le speaker remercie le donateur (un commerçant, une
d’hydrocarbures : pollution des plages et des côtes, conta- entreprise locale, ou un particulier qui veut faire un cadeau
mination des ressources marines. à quelqu’un…). C’est courant au Japon.
3. L’État, ou les autorités locales, peut subventionner l’acti-
Document 6 : Quelles solutions au problème vité socialement utile en mettant à contribution obligatoire
des externalités ? (par l’impôt) tous les administrés. Il est aussi possible aux
1. Pour chaque situation, les actions individuelles ont des autorités publiques d’organiser eux-mêmes l’activité.
conséquences, positives ou négatives, sur le bien-être des tiers.
2. Solutions relevant de la réglementation : réglementation Document 9 : Les biens communs entraînent
des modèles de voitures, interdiction des nuisances sonores, une surexploitation des ressources
protection des droits de propriété intellectuelle (brevets). 1. Les biens communs sont des biens non exclusifs dont la
Solutions financières : taxation de l’essence, exonérations consommation est rivale.
fiscales et subventions octroyées aux propriétaires de bâti- 2. Les biens communs appartiennent à tout le monde,
ments classés qui les rénovent. autant dire à personne. Personne n’est incité à entretenir et
Solution relevant des mécanismes du marché : attribution à préserver la ressource.
de droits à polluer. 3. Quand la ressource est exploitée concurremment par des
3. Solutions pour empêcher les navires marchands de déver- ressortissants de plusieurs pays, il faut un accord internatio-
ser leur carburant dans la mer : réglementation assortie de nal pour en réglementer l’exploitation.
surveillance satellite, avec force d’intervention internatio-
nale pour arraisonner les contrevenants, amendes lourdes,
dédommagements des victimes (pêcheurs, riverains). FAIRE LE POINT
1. Quand je me fais vacciner, je réduis le risque de grippe
Document 7 : Pour certains biens, le marché est défaillant pour moi-même mais aussi pour les autres.
1. La particularité des biens collectifs est qu’ils ne sont ni 2. Si les autres se font vacciner, ils sont prémunis contre la
exclusifs ni rivaux alors que les biens privés le sont. grippe, et par suite, moi aussi. Je n’ai donc pas besoin de me
Les biens communs sont non exclusifs comme les biens faire vacciner. Si tous raisonnent ainsi, personne ne se fait
collectifs mais leur consommation est rivale (deux personnes vacciner, et je risque donc d’être malade.
ne peuvent simultanément les utiliser) à la différence des 3. Par exemple : amendes pour ceux qui ne se feraient pas
biens collectifs. vacciner.
Les biens de clubs sont non rivaux comme les biens collec-
tifs mais ils sont exclusifs (on peut faire payer leur consom-
mation) à la différence des biens collectifs.

TRAVAUX DIRIGÉS. Faut-il taxer les « junk foods » ? p. 106-107

Ce TD permet d’appliquer des notions étudiées précédem- Document 1 : Évolution des taux de surpoids de la
ment (incitations, externalités) à un sujet de société : l’épi- population active adulte dans quelques pays de l’OCDE
démie d’obésité. Pour mettre en évidence ce problème, on 1. Dans tous les pays, la prévalence du surpoids est en aug-
peut partir d’une infographie animée du Washington Post : mentation. En France, 40 % des adultes sont aujourd’hui
Weight of the world : http://www.washingtonpost.com/ en surpoids. 
wp-srv/special/health/ weight-of-the-world-bmi 2. C’est aux États-Unis que le phénomène est le plus mar-
qué : près de trois adultes sur quatre sont aujourd’hui en
surpoids. C’est en Asie de l’Est que le phénomène est le
moins marqué.

54 chapitre 3 • La coordination par le marché


Document 2 : L’épidémie d’obésité et le multiplicateur Représentation graphique simplifié
social P
O2
1. L’épidémie d’obésité obéit à une logique de diffusion O1
semblable à celle de la mode. Quand un certain nombre
de personnes deviennent obèses, pour des raisons exogènes, P2
leurs proches sont susceptibles de le devenir aussi parce que P1
leurs normes de poids et de comportements alimentaires D
sont altérées. Le coût social de l’obésité est réduit. On peut
alors se laisser aller à sa pente naturelle, faire moins d’efforts,
moins d’exercices, moins se surveiller.
2. De ce point de vue, on est bien en présence d’externalités 0 Q2 Q1 Q
négatives puisque le fait pour Untel de devenir obèse
augmente le risque pour ses proches de le devenir aussi. On remarque que la hausse du prix s’explique par un dépla-
3. En taxant la « malbouffe », on augmente le coût des cement vers la gauche de la droite d’offre et que la baisse des
produits à l’origine de l’obésité, ce qui est de nature à quantités est plus forte que la hausse du prix.
réduire l’incitation à en consommer.
QUESTION DE SYNTHÈSE
Document 3 : Évolution du prix relatif des boissons I. La hausse de l’obésité au sein de la population des pays
gazeuses, des bonbons, des fruits et légumes aux ÉU riches s’explique par la progression de la consommation
de 1978 à 2009 des produits sucrés.
1. Le prix relatif est le prix d’un bien rapporté à celui d’un A. Dans un rapport récent de l’OCDE, on apprend que
autre bien ou le prix d’un bien par rapport à ceux d’un la prévalence du surpoids augmente continûment dans les
panier de biens (ceux entrant dans le calcul de l’indice des pays riches. En France, 40 % des adultes sont aujourd’hui
prix à la consommation). en surpoids. Mais c’est aux États-Unis que le phénomène
2. Depuis 1984, les prix des boissons gazeuses ont aug- est le plus marqué : près de trois adultes sur quatre sont
menté deux fois moins vite que ceux des fruits et légumes aujourd’hui en surpoids (doc. 1) ! De nombreuses causes
(respectivement multipliés par 1,5 et par 3,3). Le prix relatif environnementales expliquent ce phénomène. Parmi elles,
des boissons gazeuses a baissé de 55 % (150 / 330 = 45, à la « malbouffe » : l’abus des plats préparés, des pizzas, des
comparer avec une base 100). hamburgers et des sodas. Pour s’en tenir à ces derniers, leur
consommation par adulte a triplé en vingt ans aux États-
Document 4 : Apport calorique journalier moyen Unis et la prévalence du surpoids dans la population adulte
1. La corrélation est clairement négative. Au fur et à mesure a augmenté de 30 points !
que baisse le prix relatif des boissons sucrées, leur consom- B. L’attrait de ce type de produits tient à de nombreuses
mation par tête augmente. raisons : c’est bon, énergétique, prêt à consommer, et… pas
2. La courbe de demande se déplace vers la gauche à la suite cher. De plus, l’épidémie d’obésité se propage par conta-
d’une campagne gouvernementale montrant les dangers des gion au sein des réseaux sociaux (doc. 2). Depuis trente
boissons sucrées, mais se déplace sans doute peu, dans la ans, le prix relatif des sodas a fortement baissé aux États-
mesure où ce type de campagne se révèle assez peu efficace Unis : entre 1984 et 2009, leurs prix ont augmenté deux
(au mieux, cela freine l’épidémie). fois moins que le coût de la vie (mesuré par l’indice des prix
à la consommation), et cinq à six fois moins que les prix des
Document 5 : Taxer ou non les « vices privés » ? fruits et légumes (doc. 3). Dans ces conditions, les Améri-
1. Il y a externalités négatives chaque fois que des actions cains sont incités à consommer davantage de ces produits à
ont des effets négatifs sur les tiers. Ici, la consommation de haute intensité calorique (doc. 4), au détriment d’aliments
boissons sucrées a des conséquences négatives sur le bien- plus diététiques, mais plus onéreux, comme les fruits et lé-
être futur de ceux qui en consomment. Elle contribue aussi gumes. L’incitation est d’autant plus forte que les budgets
à augmenter les dépenses de santé et à alourdir le coût de sont plus serrés, ce qui explique que la prévalence de l’obé-
leur financement : les externalités négatives touchent aussi sité soit particulièrement élevée dans les ménages pauvres.
les personnes qui ne consomment pas de produits sucrés. II. Pour endiguer l’épidémie d’obésité, certains préconi-
2. En augmentant le coût des boissons sucrées, on réduit sent de revoir la structure des incitations.
l’incitation à en consommer et, par suite, la prise de poids, A. Si l’on taxait les « junk foods », leur prix relatif augmenterait,
notamment chez les enfants. réduisant l’incitation à les consommer. Ce type de solutions
3. Une hausse du prix des boissons sucrées incite à réduire est caractéristique de ce que Thaler et Sustein, dans Nudge,
leur consommation jusqu’au point où l’utilité marginale appellent le « paternalisme libéral ». Mais la taxation des
est égale au prix (on consomme jusqu’à ce que l’utilité « junk foods » n’est pas sans poser quelques problèmes.
marginale soit égale au prix, si le prix augmente, l’utilité B. Un argument important en faveur de taxes spécifiques
marginale doit augmenter et la consommation diminuer). sur certains produits est que leur consommation provoque
4. Si l’élasticité est de – 1,2, la demande est telle qu’une taxe des dommages collatéraux chez les tiers (doc. 5). Quand
de 25 % sur le prix hors taxe entraîne une hausse de 25 % nous devenons obèses, nos proches sont susceptibles de le
du prix et une baisse de 30 % de la quantité demandée. devenir aussi parce que leurs normes de poids et de com-
portements alimentaires sont altérées (doc. 2). Tout se passe
comme s’il en coûtait moins de devenir obèse quand nos

chapitre 3 • La coordination par le marché 55


proches le sont aussi. On peut se laisser aller, faire moins intérêt bien compris, en nous incitant à nous préoccuper
attention : moins d’efforts, moins d’exercices. Le change- davantage du bien-être de notre lointain alter ego.
ment de la norme suffit à modifier l’orientation générale des On peut cependant se demander si l’on peut tout taxer : les
comportements. De ce point de vue, les personnes obèses bonbons, les glaces et les frites. Et pourquoi ne pas subven-
créent des externalités négatives sur leur entourage. tionner la consommation de fruits et légumes et les clubs
Un autre argument en faveur de ces taxes relève du pater- de gym ?
nalisme fiscal : l’État serait en quelque sorte notre « ange Conclusion : Il faut sans doute tout à la fois taxer les « junk
gardien », il nous protégerait contre nous-mêmes. En abu- foods » et mener des campagnes de prévention. La taxation
sant des « junk foods », nous nous créons du tort à nous- augmente le prix en déplaçant la courbe d’offre vers la
mêmes – plus précisément à une future version de nous- gauche. Les campagnes de prévention réduisent la demande
mêmes (doc. 5). Il s’agit cette fois d’une externalité négative en déplaçant la courbe de demande vers la gauche.
temporelle. Taxer nos vices privés irait dans le sens de notre

Exercices p. 108-109

Exercice 1, p. 108 ceux qui ne peuvent pas travailler (vieillards, malades et invalides). Il doit aussi
(Correction : dans les corrigés p. 382,   lutter contre la corruption.
lire « 6b » et non « 6c »)
1. b et c ; 2. b ; 3. a ; 4. b et c ; 5. b ; Exercice 4, p. 109
6. b ; 7. b ; 8. c. L’objectif est de comprendre les conséquences à court et à long terme de la
stratégie de l’OPEP.
Exercice 2, p. 108 1. Pour augmenter le prix du pétrole, les membres de l’OPEP s’entendent pour
L’objectif est de bien comprendre comment restreindre l’offre. La courbe d’offre se déplace vers la gauche.
se déplacent les courbes d’offre et de de- 2. 
mande et quelles sont les répercussions de ∆ + consommation ∆ – quantité
ces déplacements sur le prix et les quantités. de substituts demandée
a. La courbe de demande se déplace for-
tement vers la droite. ∆ + prix
∆ – prix
b. La courbe d’offre se déplace vers la
gauche. ∆ + prospection et
c. La courbe de demande du thé se dé- exploitation de ∆ + quantité
nouveaux gisements offerte
place vers la droite.
d. La quantité de travail offerte est supé-
À long terme, la hausse du prix du pétrole n’est pas tenable.
rieure à la quantité de travail demandée :
situation de chômage.
e. La courbe d’offre se déplace vers la Exercice 5, p. 109
gauche et la courbe de demande vers la Il s’agit de comprendre les conséquences de l’instauration d’un prix plafond.
droite ➞ forte hausse des prix. 1. Un prix plafond est instauré, inférieur au prix du marché ➞ la quantité
f. La courbe de demande se déplace vers la demandée augmente et la quantité offerte diminue ➞ pénurie de logements.
droite, mais les prix augmentent peu car la 2. Si on autorisait la construction de gratte-ciel à Paris, la courbe d’offre se
courbe d’offre est proche de l’horizontale. déplacerait vers la droite ➞ baisse des prix des logements et des loyers.
3. La construction de gratte-ciel aurait des externalités positives comme la ré-
Exercice 3, p. 108 duction du temps de transport des personnes travaillant à Paris et pouvant dé-
L’objectif est de montrer que les sub- sormais trouver un logement plus abordable dans la capitale mais aurait aussi
ventions sur les produits alimentaires ne des externalités négatives pour tous ceux qui trouvent que les gratte-ciel ne
sont pas toujours efficaces. sont pas esthétiques. Il pourrait en résulter une baisse du nombre de touristes
1. Une grande partie des subventions ne si cette construction se généralisait (avec destruction des immeubles anciens).
profite pas aux pauvres, car le blé pourrit
dans les silos, est distribué à des individus Exercice 6, p. 109
non pauvres moyennant un pot de vin L’objectif est de distinguer les différents types de biens.
aux fonctionnaires corrompus chargés • Services de police : biens collectifs ou biens publics
de la distribution, ou est détourné sur • Forêt amazonienne : bien commun • Concert : biens de club
le marché noir avec l’aide de ces mêmes • Ressources maritimes : biens communs • Pain du boulanger : bien privé.
fonctionnaires.
2. Pour aider plus efficacement les Exercice 7, p. 109
pauvres, le gouvernement indien devrait L’objectif est de distinguer les différentes situations de marché.
leur donner un travail d’intérêt général • Métro parisien : monopole • Restauration : concurrence monopolistique
contre un salaire permettant de manger • Céréaliculture : marché concurrentiel • Location immobilière : marché
(système « food for work »), et donner de concurrentiel • Construction automobile : oligopole
l’argent plutôt que de la nourriture à • Pop music : concurrence monopolistique.

56 chapitre 3 • La coordination par le marché


Vers le bac p. 108-109

Ce « Vers le bac » applique au marché du travail la théorie de l’offre et de la demande.

▶ 1. Notions et mécanismes
Bonnes réponses : 1a, 2a, 3a, 4a, 5b.

▶ 2. Savoir-faire
Document 1 : Le marché du travail selon le modèle du marché concurrentiel
1. Selon le modèle du marché concurrentiel, le chômage involontaire s’explique par un coût du travail excessif. Le SMIC et
les cotisations sociales élevés excluent de l’emploi les travailleurs les moins qualifiés ou les moins expérimentés, c’est-à-dire les
moins productifs, car leur travail rapporte moins qu’il ne coûte.
2. Propositions pour résorber le chômage : Le marché du travail
Salaire réel : w / p
• réduire le coût salarial des personnes payées au
SMIC (en abaissant par exemple les charges sociales Demande de travail Offre de travail
pesant sur les bas salaires). En ce cas, le coût salarial
tombe au niveau w/p ce qui augmente la quantité de
travail demandée. Si le SMIC baissait, la quantité de SMIC 1
travail offerte diminuerait aussi ; ▶ SMIC 2

0 D1 D2 = O2 O1 Travail

Le marché du travail
• former les chômeurs pour les rendre employables Salaire réel : w / p
(élever leur productivité au moins jusqu’au niveau
du SMIC), ce qui déplacerait la courbe de demande Demande de travail
vers la droite ; Offre de travail

SMIC

Emplois

0 D1 D2 Quantités

Le marché du travail
• inciter les chômeurs à préférer l’inactivité au travail
Salaire réel : w / p
(par exemple en élevant le RSA, en développant les
préretraites, l’allocation parentale d’éducation). En
Demande de travail Offre de travail
ce cas, la courbe d’offre se déplace vers la gauche. ▶

SMIC
Document 2 : Le coût salarial d’un salarié
payé au SMIC en 2010
(Corrections : salaire brut = 1 344 € et coût salarial
= 1 579 €) ou au salaire brut + les cotisations
patronales (1 344 + 235) Actifs
1. Le coût salarial est égal au salaire net + les cotisa-
tions sociales (salariales et patronales). 0 O2 O1 Quantités
2. Ces dernières représentent 33 % ([290 + 235] / 1 579)
du coût salarial (en raison de l’allègement des coti­sations patronales au niveau du SMIC, mis en œuvre par les gouvernements
Juppé et Balladur puis Fillon pour inciter les entreprises à embaucher des travailleurs non qualifiés, allègement dégressif
jusqu’à un certain seuil).

chapitre 3 • La coordination par le marché 57


▶ 3. Question de synthèse
Sujet : Faut-il donner un « coup de pouce » au SMIC ?
Le sujet pose la question de savoir si le prix-plancher imposé par le SMIC est un facteur ou non de chômage et s’il est possible
d’augmenter le SMIC plus que la hausse des prix (doc. 2 p. 110).
Après avoir dégagé la problématique du sujet, il faut analyser les documents et classer les arguments favorables et défavorables
à un éventuel « coup de pouce » au SMIC en utilisant non seulement les documents mais aussi les connaissances personnelles.

Les arguments pour Les arguments contre


• Le SMIC est un revenu pour près de 15 % des travailleurs en • Le SMIC est un coût pour l’employeur. Augmenter le SMIC accroît
2006 (doc. 1). Augmenter le SMIC accroît le niveau de vie de ces le coût du travail non qualifié. À productivité constante, cela réduit
travailleurs. l’employabilité des travailleurs les moins qualifiés et provoque du
• En contexte de chômage keynésien, par insuffisance de la chômage (cf. savoir-faire, p. 110 et doc. 1 et doc. 3, 1er extrait : « Le
demande, cela contribue aussi à relancer l’activité et à réduire le SMIC détruit les emplois »).
chômage (doc. 3, 2e extrait : « Les aspects positifs de la hausse du • Les travailleurs payés au SMIC sont essentiellement des travailleurs
salaire minimum »). peu qualifiés (doc. 1). Près de 25 % des employés contre 3 % des
cadres sont payés au SMIC.
• D’après le doc. 2, le coût relatif d’une personne payée au SMIC est
supérieur en France par rapport au Royaume-Uni et aux États-Unis.
Ce constat peut poser un problème de compétitivité à l’économie
française.

▶ Plan possible B. Et réduire le chômage


• Plus de demande ➞ plus de production ➞ plus d’emplois
I. Si un « coup de pouce » au SMIC risque de nuire à
➞ moins de chômage (doc. 3).
l’emploi et à l’insertion socioprofessionnelle des jeunes,
• Cependant, il est impératif d’améliorer la productivité
en particulier les moins qualifiés…
des travailleurs payés au SMIC, seul moyen de dynamiser
A. Un salaire minimum supérieur au salaire d’équilibre   l’activité économique et de réduire durablement le chômage.
est source de chômage
• Cf. l’analyse du marché du travail par le modèle concurrentiel. Conclusion : En France, le Smic est relativement très
• Si, faute d’expérience et de qualification, Arthur ne élevé : il représente 62 % du salaire médian, le chiffre
peut rapporter que 1 200 € par mois à son patron, il ne le plus élevé de l’OCDE. Autant une augmentation du
trouvera guère d’employeur pour supporter le coût salarial SMIC ne porterait guère à conséquence aux États-Unis
de 1 579 € (SMIC net + cotisations sociales salariales et (où il représente à peine 34 % du salaire médian), autant la
patronales). Le niveau élevé du SMIC constitue surtout prudence est de mise chez nous. La hausse du SMIC doit
un obstacle à l’emploi des catégories de travailleurs que les être accompagnée d’une élévation du niveau de formation.
employeurs jugent peu productifs. Les jeunes qui sortent du
système scolaire sans qualification et sans expérience sont
particulièrement touchés. Bibliographie et site
B. Un « coup de pouce » au SMIC risque d’augmenter  
• Un précis de microéconomie en BD
le chômage des non-qualifiés
Grady Klein, Yoram Bauman, The Cartoon Introduction to Economics,
• Les travailleurs payés au SMIC comprennent beaucoup
Hill & Wang, 2009 (avec de nombreux chapitres sur les mécanismes
de chômeurs (doc. 1). Ce sont des jeunes, peu qualifiés,
du marché).
recherchant des emplois d’ouvriers ou d’employés. À ce
titre, ils sont particulièrement vulnérables en cas de hausse • Un article
du SMIC (doc. 3). « L’organisation économique d’un camp de prisonniers de guerre »
• Une trop forte hausse du SMIC peut aussi nuire à (traduction de R. A. Radford), The Economic Organisation of a POW
la compétitivité de l’économie française car le salaire Camp, Economica, Vol. 12, 1945 (sur le site L’Antisophiste).
minimum est relativement plus élevé en France que dans
• Quelques livres
d’autres pays de l’OCDE (doc. 2).
– John McMillan, Du bazar à la corbeille. Une histoire des marchés,
Pearson, Village Mondial, 2003.
II. Dans certaines conditions, un coup de pouce au
– Roger Guesnerie, L’Économie de marché, Le Pommier, 2006.
SMIC peut améliorer le niveau de vie des travailleurs
– Bernard Salanié, L’économie sans tabous, Le Pommier, 2004.
pauvres et être favorable à l’activité économique
A. Un « coup de pouce » au SMIC peut relancer l’activité • Deux manuels
économique – Gregory Mankiw, Principes de l’économie, Économica, 2010.
• Si le salaire est un coût, il est aussi un élément de la – Paul Krugman, Robin Wells, Microéconomie, De Boeck, 2009.
demande. • Un site Internet
• Lorsque le chômage s’explique par une insuffisance de la Enseigner la microéconomie au lycée, sur le site L’Antisophiste avec
demande, une hausse du SMIC peut contribuer à relancer de nombreux liens.
la demande (doc. 3).

58 chapitre 3 • La coordination par le marché