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CHAPITRE V : MODULATIONS NUMÉRIQUES SUR FREQUENCE

PORTEUSE
V-1. Définition et intérêt des modulations
V-2. Principe des modulations numériques
V-3. Les modulations par saut d’Amplitude (ASK)
V-4. Les modulations par saut de Phase (PSK)
V-5. Les modulations d’amplitude en quadrature (MAQ)
V-6. Les modulations par saut de Fréquence (FSK)
V-7. Comparaison des différents types de modulations
V-8. Domaines d’application
V-1. DEFINITIONS ET INTERETS DES MODULATIONS
 Dans le domaine des communications sans fils (faisceaux
hertziens, communications mobiles, diffusion radio, diffusion TV,
satellites, ..), l’onde électromagnétique transporte l’information
grâce au processus de la modulation.
 Celle-ci consiste à modifier un ou plusieurs paramètres d’un signal
de haute fréquence (porteuse), conformément au signal
information (signal modulant). On obtient en sortie un signal
modulé de haute fréquence contenant l’information, capable de
bien se propager dans l’espace. On parle de transmission par
fréquences porteuse, où le spectre initial du signal à transmettre
se trouve modifié pendant la transmission, contrairement à la
transmission en bande de base où c’est le spectre initial du signal
qui est transmis sans modification.
V-1. DEFINITIONS ET INTERETS DES MODULATIONS
 La modification du spectre du signal dans le cas de la transmission
par fréquence porteuse a lieu au cours de la modulation. Selon
que le signal modulant varie de façon continue ou de façon
discrète, on parle de modulation analogique ou de modulation
numérique.
V-2. RAPPELS SUR LES MODULATIONS ANALOGIQUES
 Le signal modulant est analogique. Selon que le signal
information viendra modifier l’amplitude, la fréquence ou
la phase de la porteuse, on parle de modulation
d’amplitude, de fréquence ou de phase. Elles sont donc
utilisées pour la transmission des signaux analogiques. Ce
sont :
 la modulation d’amplitude (AM)
 la modulation de fréquence (FM)
 la modulation de phase (PM)
V-2-1. La modulation d’amplitude
 C’est l’amplitude de la porteuse modulée qui
transporte l’information. Pour cela, elle varie
conformément au signal modulant.
 Comme domaines d’utilisation des modulations
d’amplitude, on peut citer :
 la transposition de fréquence dans certains
émetteurs et les récepteurs RF dits à transposition
de fréquence, qu’ils soient analogiques ou
numériques ;
V-2-1. La modulation d’amplitude
 les synthétiseurs de fréquences ;
 les multiplexeurs à répartition en fréquence ;
 les systèmes de radiodiffusion en ondes courtes et ondes
moyennes (de moins en moins utilisée aujourd’hui).

En modulation d’amplitude, l’amplitude du signal modulé


varie conformément au signal information
Fig. V-2. : Représentation d’un signal modulé en amplitude AM
La représentation spectrale du signal est la suivante
V-2-2. Les modulations angulaires
 Elles regroupent les modulations de fréquence et de phase.

 En modulation de fréquence, l’information à transmettre est


traduite par une variation de la fréquence de la porteuse,
 tandis qu’en modulation de phase, c’est la variation de la
phase qui traduit l’information.

 Ces modulations sont essentiellement utilisées dans les


systèmes de radiodiffusion (Radio FM), télévision, faisceaux
hertziens analogiques.
V-2-2. Les modulations angulaires
 Les modulations angulaires sont mieux résistantes aux bruits
et perturbations que les modulations d’amplitude. En effet,
pendant la propagation, le bruit, l’atténuation ou les
distorsions affectent plus l’amplitude d’un signal que sa
fréquence ou sa phase. L’information étant traduite par les
variations de fréquence ou de phase, l’information se trouve
mieux protégée en FM et PM.
Un signal modulé FM présente un spectre théoriquement infini,
comme l’indique la figure ci-dessous :
 Dans les systèmes analogiques, les modulations d’amplitude
sont de moins en moins utilisées pour établir des liaisons de
transmission radio, compte tenu de la qualité de service
médiocre dont elle fait preuve. L’information est très
exposée aux bruits pendant la propagation. Pour cette
raison, elles sont plus utilisées pour la transposition des
fréquence dans les émetteurs à Fréquence Intermédiaire
(FI), et dans les récepteurs hétérodyne. Elles sont aussi
utilisées dans les synthétiseurs de fréquences.
 Les modulations de fréquences (FM) sont ainsi les plus
utilisées dans les systèmes de transmissions radio
analogiques (radiodiffusion, télévision, faisceaux hertziens
analogiques, …), en raison de leur plus grande robustesse
face aux bruits.
V-3. LES MODULATIONS NUMERIQUES
 Le processus de la modulation modifie les caractéristiques d’une onde porteuse en fonction
des informations à transmettre qui se présentent ici sous forme binaire ou M-aire. Selon que
l’amplitude, la fréquence ou la phase de la porteuse est modifiée, on distingue :

 la modulation par saut d’amplitude ASK (Amplitude Shift Keying) où


l’amplitude de la porteuse prend deux ou plusieurs valeurs discrètes
conformément au signal numérique (M états d’amplitude) ;

 la modulation par saut de fréquence FSK (Frequency Shift Keying) dans


laquelle deux ou plusieurs valeurs de fréquences sont émises pour la porteuse
conformément au signal numérique modulant ;

 la modulation par saut de phase PSK (Phase Shift Keying) au cours de laquelle
deux ou plusieurs valeurs de phase sont attribuées à la porteuse conformément
au signal numérique. En d’autres termes, le changement entre deux états
successifs de l’information se traduit par un changement de phase de la
porteuse.
Fig. V-6. : Représentation temporelle des signaux ASK-2, PSK-2 et FSK-2
Fig. V-7. : Constellation des signaux ASK-2 et PSK-2
V-3-2. Schémas des modulateurs

Fig. V-8 : Schéma de principe d’un modulateur ASK à deux états

 Le modulateur ci-dessus est constitué essentiellement d’un interrupteur qui


s’ouvre et se ferme automatiquement au rythme du signal numérique. On
obtient en sortie une porteuse modulée ASK dont l’amplitude varie de façon
discrète entre 0 et A.
V-3-2. Schémas des modulateurs
 En réception, le démodulateur détecte les variations d’amplitude de
la porteuse modulée, et régénère un «0» ou un «1» selon les cas. Il
comporte un détecteur d’enveloppe comme en modulation AM,
suivi d’un circuit de régénération.

Fig. V-9 : Schéma de principe d’un démodulateur ASK à deux états


Fig. V-10. : Schéma d’un modulateur PSK-2

Le codeur NRZ a pour rôle de symétriser le signal numérique, ce qui a pour effet,
au niveau du circuit multiplicateur, d’inverser la phase de la porteuse chaque fois
que le signal numérique change d’état.
Fig. V-11. : Schéma d’un démodulateur PSK-2
 En PSK-2, 𝜑𝑘 peut prendre la valeur 0 ou π, ce qui fait que 𝑆2 (t) sera soit
positif, soit négatif pour traduire les données "1" ou "0". Le circuit
échantillonneur associé au comparateur à seuil va effectuer la remise en
forme des impulsions pour ainsi reconstituer le signal numérique.
Fig. V-12 : Schéma de principe d’un modulateur FSK à deux états
En réception, le démodulateur détecte la fréquence de la porteuse et régénère
un « 0 » ou un « 1 » selon les cas

Le circuit d’un démodulateur FSK comporte :


 un limiteur qui élimine les variations d’amplitude parasites ;
 un discriminateur qui transforme la variation de fréquence de la porteuse en
une variation d’amplitude, préparant ainsi le signal modulé à la détection ;
 un détecteur d’enveloppe qui ressort un signal binaire plus ou moins
distordu ;
 un circuit de récupération de l’horloge qui permettra de synchroniser les
opérations du régénérateur ;
 un régénérateur qui permet la mise en forme du signal binaire dégradé en sortie
du détecteur.

Le schéma synoptique d’un tel démodulateur est présenté ci-dessous.


Fig. V-13 : Schéma de principe d’un démodulateur FSK
Le tableau ci-dessous donne les correspondances entre les symboles et les phases émises :

Tableau 1 : Correspondance entre les symboles (doublets) et les phases de la


porteuse
 La figure ci-dessous montre la constellation de la modulation QPSK où les
symboles sont répartis suivant le code gray : deux configurations voisines ne
diffèrent que d’un bit, pour qu’un seul bit soit erroné en cas d’erreur après
transmission.

Fig. V-14. : Constellation de la modulation PSK-4


Fig. V-15. : Schéma d’un modulateur PSK-4
Fig. V-16. : Démodulateur cohérent PSK-4
Le démodulateur comporte deux voies analogues au démodulateur PSK-2. Chacune
de ces voies démodule la composante correspondante du signal, et les bits obtenus sont
multiplexés pour reconstituer le train binaire transmis.
La modulation d’amplitude sur deux porteuses en quadrature (QAM)

Les modulations ASK-M et PSK-M ne donnent pas entièrement satisfaction.


En effet, si l’efficacité spectrale augmente avec le nombre d’états M de
modulations, l’espacement entre deux configurations voisines du signal
diminue, ce qui augmente la probabilité d’erreurs pour une puissance moyenne
donnée du signal.
La solution consiste à agir simultanément sur l’amplitude et la phase de la
porteuse, afin de répartir les points de la constellation non plus sur un cercle
comme en PSK-M, mais plutôt sur un plan.
Cela diminue donc la probabilité d’erreurs.

La figure ci-dessous donne la constellation de la modulation MAQ-16 où les


symboles sont répartis dans un plan.
Fig. V-17. : Constellation MAQ-16
 Un avantage notable dans les modulations numériques réside dans leur aptitude à conserver
l’intégralité de l’information transmise, ce qui n’est pas le cas en modulations analogiques.
Cependant, ces systèmes numériques sont complexes et nécessitent des circuits de plus en
plus sophistiqués (cas par exemple de MAQ -256).

 Les modulations ASK sont simples à réaliser, mais sont sujets à plus de perturbations,
puisque l’information est portée par l’amplitude qui est plus exposée aux bruits et
intempéries de propagation. Elles sont donc très peu utilisées.

 Par contre, la PSK/MAQ offrant de bonnes performances, sont le plus présentes dans la
plus part des systèmes des transmissions radio numériques (modem téléphoniques,
faisceaux hertziens, satellites, radiodiffusion et télévision numérique,...). L’augmentation du
nombre d’états (jusqu’à 256 états) augmente considérablement l’efficacité spectrale, mais
augmente également la probabilité d’erreurs, donc diminue la performance. Pour ne pas
tellement dégrader cette dernière, il est important d’augment l’énergie nécessaire à la
transmission d’un bit.