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BURKINA FASO

Uni té- Progrès-Justice


*-*-*-*-*-**-*-*
MINISTERE DE L'ENSEIGNEMENT SUPERIEUR DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE ET DE L'INNOVATION (MESRSI)
*-*-*-*-*-**-*-*
UNlVERSITE NAZI BONI (UNB)
*-*-*-*-*-**-*-*
INSTITUT DU DEVELOPPEMENT RURAL (IDR)

MEMOIRE DE FIN DE CYCLE

En vue de l'obtemÎofl du

DIPLOME D'INGENIEUR DU DEVELOPPEMENT RURAL

OPTION: Sociologie et économie rurales

THEME:

Pêcheries et chaines de valeur des poissons de la pêche


de capture au Sourou (Burkina Faso)

Présenté par: FOFANA Adama


Directeur de mémoire: Dr Patrice TOE, Maitre de conféreoces

Co-directeur de mémoire: Dr Jacques SOMDA

N: 2018/SER Juillet 2018


Table des matières
DÉDICACE iii

REMER.CJEMENTS iv

TABLE DES ILLUSTRATIONS vi

RESUME x
ABSTRACT , xi
INTRODUCTION GENERALE 1
CH/\PITRE 1: CADRE THEORIQUE 4

1.1. Revue de littérature 4


1.1.1. Historique de l'approche chaîne de valeur _ 4
1.1.2. Démarches méthodologiques d'analyse chaîne de valeur 5
1.1.3 Contribution sodoéconomique de III pêche de capture de poisson au Burkina Faso 6
1.2. Caractérisation des acteu rs des chaînes de valeu r de poisson 6
1.3. Système de commercialisation dans les chaînes de valeur de poisson 8
lA. Contraintes ct opportunités des chaînes de valeur de poisson 10
1.5. Définition des conccpts 10
1.6. Concept opératoire 12
1.7. Cadre théorique d'analyse 13
CHAPITRE II : CADRE METHODOLOGIQUE 14
1.1. Présentation de la zone d'étude 14
2.1.1. Justification du choÎx de la zone d'étude 14
2.1.2. Caractéristique biophysique et socioéconomiquc de la zone d'étude 14
1.1.3. Climat et pl uviométrie 16
2.1.4. Sols ct végétation 16
2.1.5. Hydrographie ct potentiel haücutique 16
2.1.6. Population du Sourou 17
2.1.7. Activités sodo-économiques 17
Z.1.8. Population d'étude et échantillonnage 17
2.2. Démarche méthodologique 18
2.3. Les techniques et outils de collectes 19
2.4. Traitements et analyses des données 20
CHAPITRE III : RESVLTATS ET DISCUSSIONS 24
3.1. Résultats 24
3.1.1. C3 ractéristiques des pêcheurs 24
J.1.2. Caractéristiq ues des transformatrices 29
3.1.3. Ca ractérist iq ues des com merça nts de poisso n 33
3.1.5. Ca rlograph Îe des ch aÎnes de valeur 41

3.1.6. A nalyse des opporlu nîles et menaces des chaînes de valeu rs 43


3.2. Discussion 49
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS 52
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES 54
ANNEXES xii

il
A

Ma tante FOF ANA Joséphine

Elle a été celle sur qui j'ai pu compter tout au long de ces travaux.

Je dédie ce mémoire qui n'est que le début d'un long processus.

iii
REMERCIEMENTS

Nous avons pu mener à terme ce travai 1 sans r aide de bonnes volontés à qu i nous traduisons
notre profonde gratitude.
Nos remerciements vont à l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et
le projet SUSFISH+ qui nous ont accueillis el mis à notre disposition les ressources
nécessaires durant toute la période de l'étude. NOLJ~ remercions paJ1Îcul ièrement :

Dr Jacques SOMDA, Chef de Programme de l'UleN, notre Maître de stage et co-


Directeur de mémoire, pour sa disponibilité à nous suivre de près dans la rigueur, à
partager avec nous sa réflexion scientifique;
Dr Patrice TOE, Maitre de conférences il l'Institut du développement rural (IDR), pour
avoir accepté d"assurer la Direction de ce mémoire, pour sa disponibilité tout au long
de cet1e étude ;
[a Direction de l'LDR, Je personnel ainsi que tout le corps enseignant de ['institut pour
leur assistance et aides multiformes;
tous les acteurs de la filière pêche au Sourou pour leurs collaborations, leur
disponibilité à nous foumir des informations tout le long de cette étude;
Dr Boundia Alexandre THIOMBlANO, pour ses appuis et conseils, qui nous ont été
d'un grand apport pour la réalisation de ["étude;
monsieur Mamadou, OUATTARA pour son assistance tout au long de nos travaux;
monsieur Ibrahim SOW de la Direction générale des ressources halieutiques (DORH),
pour la documentation et pour nous avoi r fuc i1ite les contacts des agents Périmètre
halieutique d'intérêt économique (PHIE) du Sourou ;
monsieur Salifou SANOARE, ChcfPHJE du Sourou, pour son accueil;
monsieur Albert OUARO, Agenl Pl-liE du Sourou, pour avoir facilité natTe
introduction auprès des opérateurs et pour ses apports multiformes;
monsieur Loukmane GOUMANE, pour la confection de la carte de localisation de
notre zone d'étude;
Dr Jacques O. THlAMOBIGA. pour ses appuis et conseils;
messieurs lliassou NIGNAN, Ambroise SA VADOGO et William LANKOANDE,
pour leurs corrections qui ont contribué à améliorer la qualité scientifique de ce
document;

iv
messieurs Moussa GNISSIEN, Aboubacar TRAORE et Ousseni SIENOU, pour leurs
multiples appuis;
mademoiselle Jacqueline SOW, pour ses apports de documents et autres appuis;
tous les camarades étudiants de Soc iologie et économie rurales de li] promotion 2014-
2018 pour leurs corrections et multiples collaborations;

Nos remerciements s'adressent également à tout le staff de rUIeN-Burkina. notamment


messieurs Oumarou SEYNOU, Amadou OUEDRAOGO. Apollinaire KABORE, Youssouf
DICKO, Patrice NIKIEMA, mesdames Alimll VIGO, Salimata MILLOGO, Estelle SOME,
Yolande Amandine TOE et Stella ZEBA, pour leurs appuis, partage d'expérience et
co llaborations multiformes.

Nous remercions enfin tous ceux qui, de près ou de loin. nous ont assistés et dont les noms
n'ont pas pu être cités, et sans lesquels, la réal isalion de cette étude ne sera it qu'une ill usion.

A TOUS, MERCI ~

v
TABLE DES ILLUSTRATIONS

Liste des tableaux

Tableau (: Répanition de l'échantillon en fonction des sites " 18


Tableau [1 : Tablellu récapitulatif des calculs économiques 23
Tableau [II : Caractéristiques socio-économiques des pêcheurs" 24
Tableau IV: Caractéristiques socioprofessionnelles des pêcheurs " 25
Tableau V : Valeurs moyennes des pêcheurs des différentes classes 26

Tableau VI : Matrice des corrélations issue de l'ACP des caractéristiques des pècheurs 27
Tableau VII : Niveau d'instruction des transformatrices de poisson 29
Tableau VlIJ : Caractéristiques socioprofessionnelles des transformatrices de poisson 30
Tableau lX: Valeurs moyennes des transformatrices des différentes classes 30
Tableau X : Matrice des corrélations issue de l'ACP des caractéristiques des transfonnatrices
.......................................................................................................................................... 31

Tableau XI : Caractéristiques sexo-éducatives des commerçants de poisson 33


Tableau XU : Caractéristiques socioprofessionnelles des commerçants de poisson 34

Tableau XIIJ : Valeurs moyennes des commerçants de poisson 35


Tableau XIV: Matrice des corrélations issue de l'ACP des caractéristiques des commerçants
de poisson , 35
Tableau XV ; Résultats du test de comparaison des moyennes des classes 38
Tableau XVI: Valeurs créées par les acteurs 39
Tableau XVII: FFOM des chaînes de valeur du poisson au Sourou " 44

Tableau XVIII: Contraintes majeures des chaînes de valeur au Sourou 48


Tableau XIX: Valeurs propres de la figure 3 xiii
Tableau XX : Contributions des variables (%) à la formation des axes de la figure 3 xiii
Tableau )(.,~I ; Valeurs propres de la figure 5 xiii
Tableau XXII : Contributions des variables (%) à la __ xiv
Tableau XXIIl : Valeurs propres de la figure 7 __ " xiv
Tableau )(.,XIV ; Contributions des variables (%) à la formation des axes de la figure 7 xiv
Tableau )(.,'(V ; Compte d'exploitation d'un pêcheur " xv
Tableau XXV[ : Compte d'exploitation d'une transformatrice de poisson x.v
Tableau XXVII: Compte d'exploitation d'un grossiste de poisson fumé xvi

vi
Liste des figures

Figure l : Carte illuslralive de la zone d'étude 15


Figure 2 : Classification ascendante hiérarchiques des pêcheurs (dendrogn:llnrne) 25
Figure J : Project Îon des détenn lnants des caractéri stiques des pêcheurs 28
Figure 4 : Classi fication ascendante hiérarchique des transforrnalrices de poisson 29
Figure 5 : Projection des déterminants des caractéristiques des transfonnatrices de poisson. 32
Figure 6 : Classification ascendante hiérarchique des commerçants de poisson 34
Figure 7 : Projection des déterminants des caractéristiques des commerçants de poisson 37
Figure 8 : Comparai~()n des revenus bruts des acteurs 40
Figure 9 : Comparaison des valeurs ajoutées créées par les acteurs 40
Figure 1O : Comparaison des UlUX de marge brute des acteurs 41

Listes des encadrés

Encadré n° 1 : Cartographie des chaînes de valeur du poisson fumé du Sourou 42


Encadré n° 2 : Cartographie des chaînes de valeur du poisson frais du SOUfOU 43

Liste des photos

Photo 1 : Centre de pe~ée de Gouran xxxii


Photo 2: Fumoirs améliorés installës par la FAO __ .. __ xxxiii

vii
SIGLES ET ABRÉV1AT10NS

ACP : Analyse en composantes principales

ACV : Analyse de la chaine de valeur

ANOVA : Analyse des variances

CA" : Classification ascendante hiérarchique

ClRAD : Centre de coopération intemationale en recherche agronomique pour le


développement
CNRST : Centre national de recherche scientifique et technologique

DGRSS : Direction générale des études et des statistiques sectorielles

DRPF: Direction des études et prévisions financières

DGRH : Direction générale des ressources halieutiques

FAO : Organisation des Nations unies pour I"alimentation et l'agriculture

FCFA: Franc de la communauté Financière Africaine

FFOM : Forces, faiblesses, opportunités et menaces

GTZ : Agence de coopération technique allemande

IDR: [nstitut du développement nlfal

INERA : Institut de ]' environnement et de recherches agricoles

INRA: Institut national de la recherche agronomique


INSO : Institut national de la statistique et de la démographie

MARP : Méthode active de recherche et de planification participative

MCA: Ministère du commerce et de l'artisanat

MEDD: Ministère de l'environnement et du développement durable

OHADA : Organisation pour ['hannonis3tion en Afrique du droit des affaires

ONG : Organismes non gouvernemental

viii
peD : Plan communal de développement

PHIE: Périmètre halieutique d'intérêt économique

PTF : Partenaires Techniques et Financiers

SNDDPA : Stratégie nationale de développement durable de la pêche et de l'aquaculture

SUSFISH : Gestion durable de la pêche Cl des ressources en eau

TMB : Taux de marge brute

UEMOA : Union économique et monétaire ouest africaine

UICN : Union internationale pour la conserv(I\Îoll de la nature

UNB: Université Nazi Boni

UTP: Unité technique du périmètre

ix
RESUME

Pour assurer la gestion durable de la pêche et des ressources en eau. le projet SUSFISH-Plus,
a mené des investigations sur les pêcheries et les chaînes de valeur du poisson de la pêche de
capture au Burkina Faso. L'étude a été menée dans la vallée du Sourou dans le but de
contribuer à une gestion durable de la pêche de poisson de capture. L'approche
méthodologique a consisté en des échanges avec les acteurs (entretiens individuels et focus
group) et de J'observation directe. Au total, soixante-onze (71) opérateurs des chaînes ont été
enquêtés dont trente-deux (32) pêcheurs, dix-huit (8) transformatrices et vingt-un (21)
commerçants de poisson. Les outils utilisés pour la collecte des données sont les
questionnaires et les guides d'entretiens. Les résultats montrent plusieurs classes d'acteurs au
sein du même maillon, le long de la filière. Chaque classe a un niveau de revenu moyen
différent de celui des autres. Les pêcheurs sont les plus performants de ln filière avec un taux
moyen de marge brute de 92 % conlre 20 % pour les grossistes de poisson fumé. Par contre,
ces demiers ont les revenus les plus élevés de la filière. Par ailleurs. ces résultats montrent que
les principales opportunités et menaces des chaînes de valeur du poisson de capture se situent
au niveau de la post-production.

Mots clés: Pêcherie, Chaîne de valeur, Pêehe de capture, Sourou, Burkina Faso.

x
ABSTRACT

Ta ensme the susla inable management () f fisheries and water resources, the S USFrS H-I-
projecl conducted the investigations on the fisheries and value chams of fîshes of catch
fisheries in Burkina Faso. The study was conducted in the Sourou valley \Vith intent to
contribute ta the sustainable management of catch fisheries. The mcthodological approach
consisted of cxchanges \Vith the actors (individual interviews and focus group) ''lnd direct
observation. In totaL seventy-one operators were surveyed, including thiny-two (32) fishers,
eighteen (18) processors and twenty-one (21) fish traders. The tools lIsed for data collection
are questionnaires and inten'iew guides. The results show severa 1 categories of actors within
the same chains l'lIang the industry. Each category has a different average income level than
the others. Fishennen are the most effectives in the sector with an average gross margin rate
of 92% compared with 20% for wholesalers of smoked fish. On the other hand, these
whoJesalers have the highest inca me in the industry. In addition, these results show that the
main opporrunlties and threats of the value chaim of the sector are at the leveJ of the post-
production. Finally, the opporruruties for improvement exist at aLilevels of the sector.

Key words : Fishcries, Value chain, Catch fisheries, Sourou, Burkina Faso

xi
INTRODUCTION GENERALE

La sécurité alimentaire et nlItritionnclle constitue 1" un des plus grands défis du sit'cle. Elle
passe necessairement par le développement des chaînes de valeur dans les sy~tèll1es de
productions alimentaires qui permet d'améliorer la disponibilité d'aliments aussi bien en
quantité qu'en qualité. Parrn i les activités de production alimentaire, la pêche joue Lin rôle non
négligeable dans la securÎté al imentaire ct nutritionnelle des populations. Selon FAO (2016),
le poisson est l'une des sources de protéines animales les plus importantes, représentan! 17 %
des apports en proléi nes à l'éche Ile mond iale. En 2014, la product ion mond iale de la pêche de
capture était estimée à 93,4 millions de tonnes. L'offre totale de poissons en Afrique e'it
estimée a 10,9 millions de tonnes. De plus, la pêche conlribue aux économies nationales et à
la réduction de la pauvreté à travers les rn iII ions d'emplois qu'elle crée. Le nombre Je
personnes travaillant dans le secteur de la pêche est estimé à 56,6 millions dans le monde dont
5,674 millions vivent en Afrique (FAO, 20l6). En Afrique et en Asie, il représente plus de la
moitié du total de l'apport en protéines dans l'al imentation des popu lations (Borgarello, 2(16).

On distingue deux types de pèche de capture, à savoir la pêche continentale et la pèche


maritime ou marine si l'activité a lieu respectivement dans les eaux continentales et dans les
mers. Au Burkina Faso, la pêche de capture est de type continental. Elle est pratiquée. d'une
part, dans les rivières et leurs a{f1uents sur une superficie de 27 500 ha, et d'alltre part. dans
les étangs saisonniers, les lacs, les plaines J'inondation et les réservoirs, qui constituent 77.5
% du potentiel d'eau de surface du pays soit 94 500 ha (Béné, 2007). Le pays compte
d'importants cours d'eau que sont les fleuves Mouhoun, Nakambé, Nazinon, Bougouriba.
Comoé, Sirba, Pendjari, Léraba. Tapao et plus de 2000 barrages dont 450 environs sont
pérennes et propices à la production piscicole et à la pêche de capture. Les cinq plus grandes
retenues son1 les lacs de barrage de Bagré (25000 ha), de Kompienga (20000 ha l. du
SourouILéry (10000 ha), de Kanazoé (8000 ha) et de Ziga (7000 ha), qui foumissent à elles
seules près de la moitié de la production intérieure de poisson (FAO, 2008).

Toutefois le secleur de la pêche de capture est caractérisé par une faible productivité et la
prédom inance de modes d' exploi lat ion rud irnentaires (Zerbo et al.. 20 l3). JI est con fronté à
de nombreuses contraintes que sont la dégradation des écosystèmes aquatiques, les aléas
climatiques, les conflits d'usages, la surpêche, la faible capacité technique et organisationnelle
des acteurs, la qualité des prises, le niveau incontrôlé des prix des produits etc. Cependant,
depuis quelques années, une multitude d'actions est développée par l'Etal en vue de
1
promouvoir le secteur. Au niveau des ressources halieutiques, le Burkina Faso a retenu les
options spécifiques suivantes:
- la rationalisation de l'exploitation des ressources halieutiques à travers l'exploitation
optimale du potent ie 1 ex istant d des aménagements en vlle de l'amêlioration de la
producti vité et de l'augmentât ion de 1" approvisionnement en poisson;
J'établissement de concessions de pêche au profit des populations riveraines en

priorité;
- le développement de la pisciculture semÎ-intensive ;
- la génération d'emplois et de revenus stables en milieu rural;
- la conservation des écosystèmes aquatiques naturels et des plans d'eau artificiels.

En revanche, au niveau de la post-production, les options du Burkina Faso sont peu claires.
Pourtant, la Direction génêrale des ressources halieutiques (DGRH) estime que 75 % des
poissons capturés sont commercialisés a rétat frais par les grossistes et détaillants, 10 % sont
autoconsornrnés et 15 % sont transfonnës avant la commercialisation (DGRH, 2017). Si une
grande partie du poisson de la pêche dé carture est commercialisee à l'etat frais, cela soulève
la question de la valeur ajoutée des lili~rcs de la pêche de capture. En retour, la valeur ajoutée
influence les pratiques d'exploitation et panant la gestion des ressources halieutiques et des
écosystèmes dont elles dépendent. En délinilive, à l'absence d'une bonne connaissance et
maîtrise des chaînes de valeur des produits de la pèche de capture. il est difficile voire
impossible de promouvoir les options spéci fiques définies au niveau des œssources
halieutiques. En effet, selon Rioux el 0/ (20 10), une bonne connaissance et maîtrise des
chaînes de valeur permet de lier les performances d'ensemble d'une filière à celles des
différents maillons qui la composent et d'identifier les contraintes à l'amélioration des
perfonnances techniques et économiques. Ceci peut impliquer une révision des relations entre
les acteurs de la filière en vue de favoriser une culture de partenariat plutôt que compétitive.
Pourtant très peu de données existent mettant cn relation la structure des chaînes de valeur des
produits de la pêche de capture, la conduite des activités par les acteurs impliqués et les
performances économiques qui en découlent. Malgré l'engouement des acteurs de la pêche de
capture au Burkina, il est actuellement difficile de répondre aux questions de recherche
suivantes:

- quelle est la structuration des chaînes d'activités liées à la filière pêche et quelle est
la valeur générée par chaque actîvile ?

2
quelles sont les interactions qui existent entre ces différentes chaînes le long de la
filière')

- quelles peuvent être les forces. les faiblesses. les opportunités el les menaces pour les
activités de pêche?

Objectifs de l'étude

L 'objectif global de notre etude est de contribuer à une gestion durable de la pêche de poisson

de capture au Sourou.

- caractériser les acleurs et les structures des chaînes de valeur du poisson de pèche de
capture;

- décrire les structures des différentes chaînes de valeur du poisson de la pêche de capture
et leurs performance économique;
- analyser les opportunités et menaces des principales chaînes de valeur du poisson de la
pèche de capture.

Hypothèses de l'étude

Les hypothèses de ]'étllde stipulent que:


les caractéristiques sociodémographiques et économ iques des acteurs des chaînes de
valeur du poisson de la pêche de capture sont hétérogènes;
la structure des chaînes de valeur du poisson de la pêche de capture influence leur
performance économ ique ;
les opportunités et les menaces de développement de la pêche de capture se situent au
niveau de la pose-production.
Le présent mémoire est organisé en trois chapitres. Le premier chapitre est consacré au cadre
théorique sur la pêche de capture et l'approche chaîne de valeur. Le deuxième chapitre
concerne le cadre méthodologique qui présente le matériel el les méthodes utilisés pour
atteindre les abject ifs fixés. Et le troisième chapitre rend cam pte des résultats des travaux q lie
nous avons conduits ainsi que la discussion de ces résultats. Le mémoire se termine par une
conclusion générale suivie des limites et des recommandations.

3
CHAPITRE 1 : CADRE THEORIQUE

LI. Revue de littérature

1.1.1. Historique de l'approche chaîne de valeur

Selon Nang"ok el 01. (2011), l'analyse chaîne de valeur (ACV) est une approche systémique
qui s'est d~veloppée au fil du temps en se nourrissant de differentes di~cîplines scienlifiques.
Elle s'est inspirée des sciences de l'économie, de gestion d'entreprise. des études de
sociologie et de développement. En passant en revue J'historique du concept, nous pouvons
retenir trois grands coumnts autour de l'ACV. II s'agit des approches filière. chaîne de valeur
de Porter et chaine globale de commodité.

L'approche « filière» a été développée vers 1960 par des chercheurs français de l'Institut
national de 1i1 recherche agronomique (TNRA) et du Centre de coopération internationale en
recherche agronomique pour le développement (ClRAD) (Kaplinsky et Morris, 2002 ; GTZ,
2007; Nang' ole et al.. 20 Il). Elle consiste à décrire les flux d'i ntTanls physiques et de
services dans la production d'un produit final. Selon Cheriet (2015), cene approche est basée
sur les (heories de l'économie des services de planification, de ["économie industrieLle et de
l' économ ie agroal imentaire. PI us tard, dans un contexte d' ev()1 ution technologique et
d'industrialisation rapide, le concept chaîne d'approvisionnement a rajoulé à celui de filière
d'autres élémenls de l'économie tels que la finance, l'information, le savoir et la coLLaboration
stratégique entre les entreprises (F AÜ, 2015).

D'après Cheriel (2015), Michael Porter a introduit en 1984, la chaîne de valeur dans la
gestion de l'entreprise. L'approche chaîne de valeur de Porter s'inspire des théories de la
nouvelle économie industrielle et des sciences de gestion pour étudier la compétitivité, les
stratégies el logistiques au niveau d'une firme ou entreprise. Cette approche est un outil de
stratégie commerciale qui consiste à décrire l'ensemble des activités créatrices de valeur dans
le processus de production d'un produit par une flrme.

La chaîne globale de commodité est un concept introduit en 1994 par Gmy Gereffi selon Bair
(2010) et Cherie! (2015). L'approche est inspirée des théories de /"économie, de gestion, de
sociologie des organisations et des études de développement. Carrefour de nombreuses
sciences, celte approche est une version hautement améliorée de ces prédécesseurs. Selon
Nang'ole el al. (2011), cene approche consiSle d'une part à exan1.Îller la façon dont les

4
entreprises et les pays sont globalement intégrés et d'autre pan, à évaluer les déterminants de

la distribution mondiale des revenus.

1.1.2. Démarches méthodologiques d'analyse chaîne de vnleur

Pour réa 1iser une A CV. pl us ieurs démarches ont été proposées par différents autcurs. Ainsi,

peut-oll retenir de Kapl insky et Morris (2002). une démarche d'ACY avec les étapes suivantes
: (1) identification du point d'entrée pour l'ACV; (2) cartographie des chaînes de valeur; (3)
détenn ination des segments de produit et facteurs de succès déterminants sur les marchés

finaux; (4) analyse des modalités d'accès des producteurs aux marchés finaux: (5) analysè

comparative de ['efficacité productive: (6) analyse de la gouvernance des chaînes de valeur;


(7) identification d'actions pour l'amélioration des chaînes de valeur et (8) analyse de la

distribution des revenus générés par les chaines de valeur.

Pour ['agence de coopération technique allemande (GTZ, 2007), la démarche d'ACV suit les

étapes suivantes: (1) Cal10graphie des chaines de valeur; (2) Quantification el analyse

détaîllées des chaines de valeur; (3) Analyse économique des chaines de valeur: (4) viSion et
stratégie d'amélioration des chaînes de valeur; (5) Analyse des opportunité" el des

contraintes; (6) Définition des objectifs de mise il niveau opérationnelle des chaines de

valeur.

La démarche de Russell et Hanoomanjee (2012) pour l'ACV n'est pas trop différente de celle
de GTZ (2007) même si elle suit un processus à quatre étapes à savoir: (1) collecte de

données interconnectées ct recherche, (2) cartographie des chaînes de valeur. (3) analyse des

opportunités et des contraintes et (4) examen approfondi des résultats avec le~ différents

acteurs et recommandations pour les actions futures. L'étape 4 de ces auteurs résume les

étapes 2, 3, 4 et 6 de la démarche de GTZ (2007).

Pour notre étude, nous avons retenu III démarche de Kaplinsky et Morris M. (2002). Cette
démarche, à la différence des autTes, considère chaque point d'analyse comme une étape de la

démarche. Ce qui n'est toujours le cas dans les autres démarches. Elle est donc plus détaillée,

précise et concise.

5
1.1.3 Contribution socioéconomiqllc de la pêche de capture de poisson au Burkina Faso

La pêche de capture de poisson, procure de l'emploi à une panie de la population burkinabé


relativement non négligeable, impliquée dans le domaine de la production, trtlnsfonnation,
conditionnement, commercialisation des produits de pêche, confection et réparation des filets
et d'engins, fournitures de glace, CIC. Cette population est estimée à près de 41 366 personnes
dont 32 699 pêcheurs, 2 983 Irall<;fl)rmateurs de poissons, 3 375 mareyeurs et 2 309
commerçants de poissons transfonnes (Zerbo et al., 2013).

C'est aussi une source de revenus qui (ontribue à financer les activités agricoles par l'achat
des Îlltnlnts agricoles. Elle contribue à moins de 1 % au Produit intérieur brut (PIB) national
(Zerbo et al., 2013 ; Toé et Sanon. 2015). Bado et al. (2007), ont estimé le revenu net annuel
individuel des pêcheurs à 101 199 F CFA. Celui des transformateurs est estimé à 36427 F
CFA. Celui des petits commerçants de poisson frais est estimé à 1 215 619 F CFA et des gros

commerçants à 13 334 090 F CFA. Les commerçants de poissons fumés réalisent un revenu
net annuel individuel d'environ 151 825 Fef A. Ainsi, une part importante de ces acteurs
aurait un revenu supérieur à 82672 rCFA qui était le seuil absolu de la pauvreté en 2003, La
contribution de la pêche de caplllrc de:: poisson à la réduction de la pauvreté apparait donc
évidente. Selon Toé et Sanon (2015). ces revenus servent à résoudre des problèmes sociaux
tels que la santé et J'éducation et permettent de participer aux évènements sociaux tels que les
mariages, les baptêmes, les funérai Iles. etc.

1.2. Caractérisation des acteurs des chaînes de valeur de poisson

Selon GTZ (2007), dans une chaîne de valeur, on distingue trois catégories d'acteurs à savoir
les opérateurs, les prestataires des services de soutien et les facilitateurs. Ces acteurs sont
répartis respectivement en trois niveaux, les niveaux micro, méso et macro, Au niveau micro,
les opérateurs exécutent les act ivités primaires ou fonctions de base, encore appelées
maillons. On y distingue quatre fonctions de base que sont: la production, l'agregat ion, la
transformation et la distribution. Le niveau meso comprend tous les acteurs spécifiques à la
chaîne foumissant des services de soutien régulîers ou représentant J'intérêt commun des
acteurs (recherche publique et le développement technologique, les services
promot ionnels, ... ). Le niveau macro fait référence aux agences et institutions publiques
constituant l'environnement économ ique, institutionnel et po 1itique dans lequel se
développent les chaînes (gouvernement régional et local, système judiciaire et prinCIpaux
fournisseurs de services publics).
6
Dans le contexte du Burkina Faso. les opérateurs comprerment selon la term inologie utilisée
par Bado el al. (2007) et Zerbo et (JI. (2013), les acteurs directs de la chaîne repaJ1is entre les
pêcheurs, transformateurs, mareyeurs et commerçants de poissons fumés. Pann j les pêcheurs,
on distingue trois catégories socioprofessionnelles. Ceux qui ne pratiquent aucune autre
activité économique en dehors de la pêche (professionnels). ceux qui pratiquent au moins une
autre activité économique en plus de la pèche (semi-professionnels) et les pêcheurs
occasionnels dont le savoir-faire en matière de pèche est rudimentaire, pratiquant l'activité de
façon irrégulière et sporadique (F Aü, 2008).

Selon Russell et Hanoomanjee, (2012), il existe deux types de trans[ornlatÎon de poissons à


savoir celle priJnaire (tri, congélation ou réfrigération) et celle secondaire (filetage,
congélation). Ces fonnes de transformations suscitent bien la confusion entre poissons
congelés de première et deuxième transformation. De plus, les poissons de types fumés,
séchés et salés considérés tantôt comme conservés tantôt transfonnés chez Bado et al. (2007),
Nahayo (2010) et Zerbo et al. (2013), auront du mal à être rangés parmi les deux niveaux de
transformations que présentent Russell et Hanoomanjee (2012). Toutefois, un examen
approfondi des concepts de transfonnation et conservation pourrait aider à une meilleure
compréhension de l'activité de transformation.

Au niveau des commerçants de pOÎssons, la confusion de terminologie est aussi grande. En


effet, une première catégorisation des COmlTlerçants, sur la base du type de produits, distingue
les commerçants de poissons frais ou « mareyeurs}} des commerçants de poissons fumés. Et
une seconde catégorisation, sur la base du résultat !let d'exploitation annuel (13 334 090 F
CFA et ] 215 619 F CFA) ou du revenu annuel (1 001 790 F CFA et J 16 378,5 FCFA),
distingue respectivement le gros commerçant du petit commerçant (Bado et al., 2007).
D'autres auteurs comme Lamtai (2010) et Russell et Hanoomanjee (2012) classent les
commerçants en deux catégories à savoir les grossistes et les détaillants. Cette dernière
catégorisation est fonction de la quantité de produit commercialise et du type de marché.
Définir des critères clairs et contextuels (catégories de produits, échelle ou volume de
vente ... ) permettra de mieux cerner les caractéristiques des acteurs des chaînes de valeur du
poisson, spécifiquement les commerçants du poisson local.

Les prestataires de services de soutiens et les facilitateurs sonl regroupés en acteurs indirects
selon l'appellation de Bada el al. (2007) el de Zerbo el al. (2013), Pour ces auteurs, les
acteurs indirects influençant sur la chaîne sont l'Etat et les partenaires techniques et financiers
(PTF). Ainsi, à travers la Direction générale des ressources halieutiques (DG RH), Je Ministère
7
en charge de 1" en vironnement et le Min istère du com Illerce, ]' EtLlt assure l'encadrement des
opérateurs. le contrôle ct la réglementation des activités de production et de
commercialisation. D'autre pan, l'Etat participe à la recherche ct au développement dans le
domaine des pêches et d'aquaculture, à travers les structures comme le Centre national de
recherches sc ient ifiq ue et techno logiq ue (CN RST). l' 1nsl ilUt de l'env ironnement et de
recherches agricoles (INERA), et les Universités publiques et privées. De plus, de nombreux
pays Cl institutions internationales appuient le secteur halieutique burkinabè à travers
l'harmonisation des politiques et législations ell matière de pêche d'une part et des projets de
développement d'autre part. Enfin, Bado et al. (2007), Russell et Hanoomanjee (2012) et
Zerbo t'Ill/. (2013) ont identifié comme acteurs indirects soutenant la chaîne, certains acteurs
intervenants en amont et en aval de la chaîne de production, tels que les fournisseurs
d ïntrants ~péc ifiq ues (pirogues, les fi lets, glace, etc.), les agents de pesée, les transporteurs,
etc. Selon GTZ (2007), les operateurs se distinguent des autres aCleurs par le fait qu'ils
détiennent à un moment dans la chaîne la matière première et/ou le produit. Remarquons que
dans les éludes sur les chaînes de valeur, les fournisseurs dïntrants spécifiques se retrouvent
ètre parfois des opérateurs (chaîne de valeur agricole) parfois des prestataires de services de
soulien. Dans notre contexle, nous les rangeons dans cene dernière catégorie d'acteurs. La
chaine de transport du poisson est aussi faiblement évoquée dans les études de chaînes de
valeur qui. pourlant, crée des valeurs non négligeables.

I.J. Sysfème de commercialtsation dans les cbaÎnes de valeur de poisson

Un systeme de commercialisation est un ensemble opérationnel caractérisé par un flux de


prodllil~. un flux d'argent et un flux d'informations, le tout étant lié et interconnecté (FAO,
1998). Les circuits de commercialisation sont rangés en deux. groupes à savoir le groupe de
poisson fraÎs el celui du poisson transformé (Bado et ar, 2007 et Zerbo et al., 2013).
Les circuits du poisson transformé sont:
pêcheurs - transformatrices - consommateurs :
pêcheurs - transformatrices - commerçants - consommateurs.

Les circuits du poisson frais sont:


pêcheurs - petits commerçants - consonunateurs ;
pêcheurs - grossistes - consommateurs ;
pêcheurs - grossistes - poissonneries - consommateurs;
pêcheurs - grossistes - poissonneries - détaillants - consommateurs;

8
pêcheurs ~ grossistes - détaillants - consommateurs ;
pêcheurs - grossistes - bars!restaurants - COllsommateurs_

Ces circuits dépendent donc du type de produit commercialisé. Dans ces circuits proposés par
Bado el al- (2007), la confusion est manifeste quand il apparaît grossistes, poissonneries et
detai liants dans un même circuit OL! quand les bars et les restaurants apparaissent dans un
circuit de pOisson frais non pas comme détaillants nl<lis probablement comme
transformateurs. Ainsi. pour la rigueur scientifique, les terminologies utilisées pour désigner
les di frérentes çatégories d' acteurs et leurs fonctions à savoir les transformateurs, les
commerçants el les consommateurs, doivent être sans équivoque.

La rêche est l'activité qui crée le plus de valeur ajoutée mais qui bénéfi<..:ie d·une faible
rémunération (Lamtaî. 2010 ; Russell et Hanoomanjee, 2012 ; FAO el al., 2013 : Zerbo l'/ "l-,
2013). Cette faible rémunération des pêcheurs est due à leur faible pouvoir de négociation aux

détriments des commerçants (Lamtai, 2010 ; FAü et a/., 2013). De plus, selon UE (201 1), les
marges au niveélll du pêcheur sont plus importantes quand la vente du poisson est realisée
avec moins d'intermédiaires (circuit coun) qu'avec plus d'intermédiaires (circuit long). Le
poisson local est vendu à l'intérieur comme à l'extérieur du pays. En effet. selon FAO (2008),
le poisson local est exporté vers le Ghana. le Togo et le Niger de façon informels. Au niveau
national, les espèces de poissons de grosse ou de moyenne taille sont majoritairement vendues
au poids, dans les centres urbains. il réta1 frais, à travers les poissonneries. Tandis que celles
de petite taille sont m<ljorilaÎrernent fumées et orientés le plus vers les marchés des milieux
ruraux. Le transport du poisson. des lieux de pêche vers les centres urbains. se ,àit au moyen
d'engins à 2 roues (bicycleltes, motocyclettes) ou de camionnettes éqllipéè~ de caisses
isothermes contenant de [a glace. A l'exception de la région du Centre-Ouèst, tous les
pêcheurs du pays commercialisent, eux-mêmes, au moins la moitié de leurs captures (Zerbo el

al., 2013).

Selon FAO (2008), les prix de poissons sont généralement les mêmes d'une pêcherie à une
autre mais variable selon l'espèce et la taille du poisson. Pour le Tilapia de poids supérieur à
2S0g, le prix "<lrie entre SOO et 800F sur les pêcheries el de 1500 à 2000 F à Ouagadougou
selon les périodes. En effet, le prix des espèces prisées telles Ti/opio sp, CYlJu/lJrChllS
nilolieu\", Hydrocinus (orskhall, lvlormyrus, Mormyrops et Auchenoglwlis ocôdf.'ll/o/is varie
du simple au double. du producteur au consommateur. La fixation du prix du poisson dépend

9
des coûts de transpoJ1, J'abondance et la qualité des prises. Elle se fait après des négociations
entre pécheurs et corn rnerçants SOLIS l'aval des structures techn iques ct' encadrement.

1.4. Contraintes et opportunités des chaînes de valeur de poisson

Selon la littérature, les contraintes se trouvent au niveau de la production et de la

transformation
Au niveau de la production, selon Bado el al. (2007) et FAO (2008), elles concernent:
la surexploitation des ressources halieutiques;
les mauvais aménagements sur les bassins versants;
les pollutions aquatiques par les pesticides utilisés dans J'agriculture;
les faibles capacités techniques et organisationnelles des acteurs ;
la quasi inexistence de stat ist iques actual isées et fiables sur la fi 1ière ;
le faible niveau de revenu pour les pêcheurs

Au niveau de la transformation. Bado etai. (2007) ont cité:


le faible niveau el r irrégularité de J'approvisionnement en matière première;
les techniques de transfonnation artisanales qui détériorent la qualité des poissons;
le faihle niveau de revenu.

En dépit de toutes ces contrail1te~. Bado et al. (2007) ont montré que le secteur presente des
atouts et opportunités pour son développement, parmi lesquels nous pouvons citer:

Wle forte demande de poisson;


une volonté pol itiq ue act uelle de développer tous les secteurs d'activités du monde

rural;
un potentiel de développement de la pêche de capture relativement important;
une diversité d'espèces locales appréciées par les populations;
des mécanismes de prévention et de gestion de conflits d'exploitation entre pêcheurs.

1.5. Définition des concepts

Pêche: l'article 171 du code forestier burkinabè (2011) définit la pêche comme étant tout acte
tendant il la capture ou à J'extraction par tout moyen autorisé et pour toute utilisation que ce
soit, des ressources halieutiques contenues dans les eaux du territoire burkinabè. Selon
UEMOA (2014), la pêche désigne l'ensemble des activités visant à la capture, à la collecte ou
à l'e:Xlraction des ressources halieutiques vivant en état de liberté.
10
Ainsi, nous pouvons dire que la pêche est L1ne activité qui consiste à capturer, collecter ou
extraire les ressources halieutiques dans leur milieu naturel. Elle peut être à but social.
économ ique, récréat if, sc ienti fiq ue OLI cu 1III rel. Il ex iste la pêche de capture qui est dé finie par
la FAO (1998) comme étant la collecte d'organisme aquatique dans des eaux continentales à
l'état naturel ou aménagé.

Pêcherie: Pour l'l.JEMOA (2014), on appelle pêcherie. lin ou plusieurs stocks d'especes
biologiques et les opérations fondées sur ces stocks qui, sur la base de leurs caractéristiques
géographiques, scientifiques, tech.nigues, sociales et/ou récréatives, peuvent être considérés
corn me const itLlant LI ne un ité à des fi ns d'expIa itation el d'aménagement. Cette définition
semble prendre en coropte tous les aspects pouvant décrire au mieux une pêcherie. Dans une
pêcherie, au-delà des activités de capture, il y a des activités de conservation et de
transfonnatÎon. Les terminologies de conservation et de transformation qui sont utilisées pour
décrire les différentes catégories de poissons à savoir poisson transformé et poisson conservé,
prêtent à confusion. D'où la nécessité de définir les termes conservation et transformation
dans le contexte des chaînes de valeur des poissons. Selon Spinnler (2008), on entend par
conservation le maintien des propriétés chimiques et physiques des alimenls tandis que la
transformation permet, dans un prem ier temps, d'about ir à des produ its al imencaires
intemlédiaires et. dans un deuxième temps. d'offrir aux consommateurs des produits finis
élaborés. Cette définition de la transformation semble correspondre au découpage de la
transformation par Russell et Hanoomanjee (2012) en deux niveaux à savoir primaire et
secondaiœ. Branger (2004), quant à lui, définit la transfonnation comme étant la fabrication
des produits alimentaires à base des matières premières végétales, animales ou minérales
grâce à des moyens physiques (mécanique~ comme les broyages ou les Olélanges,la chaleur,
le froid ...), physico-chimiques (modification de l'activité de l'eau par le salage ou le sucrage,
modification du pH par ]'acidification ... ), biochimiques (enzymes, stabilisants divers,
antioxydants ... ) ou encore microbiens. Pour nous, la tmnsfOfmation du poisson ne concerne
pas que l'aspect physique ou morphologique. Elle concerne aussi l'aspect chimique et
physiologique des poissons. Cependant, elle peut avoir pour objectif principale, la
conservation. C'est le cas du fumage et du séchage qui sont des alternatives pour les acteurs
locaux d'éviter des pertes dues au manque de chaînes de froid. Pour notre étude, nous
retenons le fumage, le séchage, la friture et le filetage du poisson comme des processus de
transformation.

11
La chaîne de valeur: La chaîne de valeur dëcril l'ensemble des aClivités à valeur ajoutée
nécessaires pour amener un produit ou un service aux difTéremes phases de la production,
nolamment l'approvisionnement en matières premiëre~ el autres intrants. J'assemblage, la
IranSfÙnllalion physique el l'acquisition des services requis ou le refroidissement, et pOlir
finalement répondre à la demande des consommateurs (Kaplinsky et Morris 2002).

NOLIS retenons que, la chaine de valeur définie un cadre d'analyse structurelle et dynamique
qui décrit l'ensemble des activités et services à valeur ajoutée permettant à un produit de
rass~r à travers les différentes phases de sa conception à sa mise en marché au niveau local.
national. régional ou mondial. Les di rrérentes activités à valeur ajoutée sont des fonctions
économiques ou maillons, représentés par la production. la conservation, la transformation et
la diSlribution. Et les services étant les différents appuis reçus par les maillons. Chaque
activité et service est constitué d'acteurs qui sont des individus ou des organisations liées par
des relations de pouvoir dans un contexte socio-institutlonnel.

Acteurs: Selon Duteurtre el al., (2000), [es acteurs ou agents sont des individus ou des
personnes. des groupes d' indiv idus, des fam iIles ou des groupes de personnes constitués en
association ou entreprise, des administrations publiques. etc. qui réalisent des fonctions
économiques (production, échange, transfonnation et consommation). Cette définition est trop
re~treînte dans le contexte des chaînes de valeur.

De la description précédente des acteurs d'une chaîne de valeur, nous pouvons retenir pour la
suite de notre étude que les acteurs sont des personnes physiques ou morales qui panicipent à
une nctivité en tant qu'opérateurs techniques, fournisseurs d'appuis ou facilitateurs. Ils
exéClltelH les fonctions de base à savoir: foumiture d'intrants spécifiques, production,

conservation, trans fonnation et distribution.

1.6. Concept opératoire

L'éllld~ des chaînes de valeur permet d'apprécier la rentabilitë économique des chaînes à
travers les valeurs créées par les différents maillons d'activités d'une filière el par l'ensemble
de la fi 1ière. L' une des dimensions de la rentabi lité économ ique est la va leur ajoutée. Cet1e
dimension est mesurable à l'aide d'indicateurs que sont le revenu. la marge brute et Je Caux de
marge brute. la rentabilité économique des chaînes de valeur du poisson est donc notre
concept opératoire pour l'analyse des chaînes de valeur du poisson de la pêche de capture.

12
1.7. Cadre théorique d'anal)'se
Selon Aktouf (1987), il existe plusieurs systèmes ou cadre théoriqllt's d' nnalyse parmI
lesquels il cite le système leibnizien, le système lockien et le système kantien:
le système leibnizien est un système purement formel et théoriquç. C est lin système
déduct if." prétend tout expl iquer à part ir d'éléments primordiaux simples, corn binés
avec rigueur selon la méthode du rationalisme mathématique.
dans le système lockien, la recherche est basée sur l'exploitation ratÎonnelle de
l'expérience et de J'observation,
le système kantien concilie les deux précédents (leibnizien ct lockien). Ce système
précon ise l' uti 1isation de pl usieurs modèles il la fois. [1 est dOllc pluridisciplinaire.
Pour ce système. la seule science positive ou expérimentale conduit à la vérité. après
élaboration il l'aide de raisonnements synthétiques.

Le système de pensée kantien est le référentiel d'analyse que nous avons choisi pour notre
étude.

13
CHAPITRE Il : CADRE METHODOLOGIQUE

2.1. Présentation de la lone d'étude

2.1.1. Justification du choix de la zone d'étude

Selon les statistiques agricoles de la Direction générale des études et des statistiques
sectorielles (DGES 5, 2014), la papu lation de pêcheurs dans la prov ince du Sourou en 200R, a
varié de 2& personnes ell saison froide, 34 en saison chaude et 27 en saison pluvieuse. Cette
province compte un site de pêche et un débarcadère, A l'exception de débarcadère. il n'existe
aucune infrastructure dc pêche. Ces pêcheurs utilisent différents équipements individuels. y
compris, des pirogues non motorisées, des nasses, des maillages inférieurs à 35 mm et des
maillages compris entre 35 et 50 mm. Malgré le faible équipement des pécheurs. la
production de poisson de capture dans le Sourou a été estimée à 924 tonnes en 200ft soit
environ t 0% de la production nationale, et première province en tenne de production de
poisson de capture.

Le projet Gestion durable de la pêche et des ressources en eau « SUSFISH-plus » a pour


objectif global de renforcer les capacités et J'innovation grâce aux sciences appliquées dans
les domaines de la prorcction de J'environnement, de l'atténuation, de la durabilité socio-
économique de la pêche et de la gestion de ['eau pour l'enseignement supérieur et la
gouvernance au Burkina Faso. La province du Sourou dont le principale cours d'eau
pourvoyeur de poisson du même nom, apparait comme un site privilégié pour développer les
capacités et l'innovation de~ a(;teurs de la pêche. Son potentiel halieutique et les difficultes
d'accès aux informations sur le marché de poissons par les pêcheurs ont motivé le choix de
cette province pour conduire r élUde sur les chaînes de valeur des poissons de caprure.

2.1.2. Caractéristique biophysique et socioéconomique de la zone d'étude

La vallée du Sourou est localisée dans la région de la Boucle du Mouhoun au nord-ouest du


Burkina Faso à environ 220 km de Ouagadougou. Elle est limitée au nord par la frontière avec
le MaIL à l'est par les provinces de Passorê et du Zondoma, à l'ouest par la provÎnce de la
Kossi et au sud par la province du Nayala (Sow, 2015).

14
N

Légende
• Village AdminIstratif
• Zone d'Etude
- Cours d'éau
- Piste
- Voie Communale
- Route carossable
•••• Route Départementale
- FlelNe Sourou
- Umite Etatique
- Umite de Commune
- Umite de Commune 1
1 0 1 l 3 4 k:m
Périmètre Irrigués
• Bois sacré
AOOT 2018

Figure 1 : Carte illustrative de la zone d'étude

15
2.1.3. Climat et pluviométrie

La vallée du Sourou s'étend de part et d'autre du l3~mt' parallèle de latitude nord. Elle possède un
climat de type nord-soudanien caractérise par l'alternance de deux (02) saisons: une saison
sèche et chaude d'Octobre à Mai qui est consacree :lU:\ cultures irriguées (riz. maïs, cultures
maraîchères ... ) et une saison humide et fraÎChe de Juin il Septembre. Les températures fluctuent
entre 18° C et 41°C. Les vents dominants sont l'halmattan et la mousson. L'analyse de la
pluviométrie au cours des dix (10) dernières annécs indique une évolution en dents de scie des
précipitations annuelles variant de cinq cent (500) à neufcent (900) mm d'eau.

2.1.4. Sols et végétation

Les sols de la vallée du Sourou sont en majorité argileux. profonds, avec une richesse minérale
élevée et des fentes de retrait. Au niveau des périmètres aménagés les sols eutrophes tropicaux
hydromorphes, les sols eutrophes tropicaux ferrugineux et les sols minéraux bruts.

Les fonnations végétales naturelles rencontrées dans la vallée sont les savanes arborées et
arbusti ves et la forêt galerie le long du cours d' e<lu. Elles sont toutes sourn ises à une très forte
dégradation du fait des aménagements et de la pression humaine. Les principales espèces
rencontrées sont: Acacia senega/ensü, Acacia athida, Acacia Jnacyostachya, Lunnca
microcarpa. Ba/anites egyptiaca, Tamarillâll'\" indiclI, Ville/aria paradoxa, Adansonia digiLala,
Ziziphus mauritiana, Ferdharbia a/bida. Pm-kia bigtobosa, Khaya senega/ensis, elc. (Sow,
2015).

2.1.5. Hydrographie et potentiel halieutique

La vallée du Sourou doit son nom au fleuve Sourou (affiuent-dénuent du l'vIouhoun) qui est le
principal cours d~eau de la zone. Il est orienté du Nord-Est vers le Sud sur une distance d'environ
cent vingt (120) km de Toroli (Mali) jusqu' à Lér}' (Burkina Faso) qui est le lieu de sa confluence
avec le Mouhoun.

Le Sourou dispose d'une surface estimée à 10000ha. Le potentiel de production halieutique


serait compris entre 500 et 1000 tonnes/an. Ce potentiel fait du Sourou une des principales
pêcheries du Burkina aux côrés de Kompienga et de Bagre. (Sow, 2015).

16
2. J.6. Population du Sourou

La populat ion de la vallée du Sourou esti mée en 201 1 par 1" nstitut nationa 1de la sIal iSlique et de
III démographie (fNSO, 2011) à 246 72S habitants dont 121797 honllnes et 124928 femmes.
Elle se compose d'un mélange de peuples parmi lesquels on distingue les populations
autoclllones et allochtones. La population autochtone regroupe les Pana, les Sana (Samo) et les
Mnrka (Dafing). L'effectif de la communauté autochtone agraire a augnlenté avec l'arrivée des
Mosse, des Gourounsi, des Gourmantché, des Bobo, des 8waba, des Bissa, des PeuJ1ls, etc. Cet1e
dynamique démographique a été considérable avec l'aménagement des périmètres.

2.1.7. Activités socio-économîques

Les activités socio-économiques dans la zone sont l'agriculture, l'élevage, et la pêche. À ces
activités s'ajoutent la transformation du riz (décorticage el étuvage), la transformation et
cam mercial isat ion des produits de pêche, la préparation et la vente de la bière de mi [ (dolo), la
restauration, ['artisanat, le petit commerce (boutiques d'articles divers, kiosques, étalages, ... ). Il
faut signaler que la pêche constitue l'activité principale pour la plupart des autochtones (Dafing
et Sana) du Sourou (Sow, 2015).

2.1.8. Population d'étude et échantillonnage

Notre étude s'est limitée au niveau micro, c'est-à-dire au ll1veau des acteurs exécutants les
(onctions de base des chaînes de valeur. Elle a couvert quatre villages dont Di, Niassan, Gouran
et Varan. Pour l'étude, un échantillonnage raisonné a permis de constituer un échantillon de 71
persol1J1es dont 32 pêcheurs, 18 transfonnatrices et 21 commerçants. Nous avons réalisé quatre
(04) (ocus group dont deux avec les pêcheurs, un avec les transformatrices et un avec les
commerç.ants de poisson. Chaque focus group a connu [a participation d'au moins cinq (05)
acteurs. En plus des entretiens individuels et les focus group, trois (03) persOlmes de ressource
ont été enquêtées dont le Président l'Union nationale des pêcheurs, le chef du servîce du PHIE et
l'agent du PHIE responsable de l'organisation des acteurs. Le tableau suivant récapitule la
répartition des acteurs de ('échantillon en fonction de~ sites enquêtés.

17
Tableau 1 : Répartition de l'échantillon en fonction des sites

Sites Pêcheurs TransformatrÎces Commerçants


Di 9 5 10
Niassan 10 5 8
Gouran 7 4 2
Varan 6 4 1
Total 32 18 21

2.2. Démarche méthodologique

Pour notre étude. nous avons choisi comme parle d'entrée la ramillt de produits issue de la
pêche de capture, à savoir les poissons frais, fumés, séchés, salés, filetés. braisés. frits. Toutefois,
seulement le poisson frais et fumé ont fait ['objet d'étude en raison de leur abondance dans [a
zone d'étude. Ainsi, qU<ltre circuits de corrunercialisation sont-ils retenus pour notre travail à
savOIr:

pour le poisson frais: (l) Pêcheur-consommateur; (2) Pêcheur-grossiste-transformateur-


consommateur;
pour le poisson fumé: (3) Pêcheur-transformateur-détaillant-consommateur; (4)
Pêcheur-transformateur-consommateur.

Plusieurs grossistes du poisson fumé ont été enquêtés. Mais ces acteurs repartent vendre dans
d'autres localités hors des limites de la zone d'études. Ces circuits n'ont donc pas été suivis
jusqu'aux détaillants de ces localités.

Par la suite, notre démarche méthodologique a suivi un processus à sept étapes Îtératives à
savoIr:
la cartographie des chaînes de valeur: C'est un processus d'élaboration d'une
représentation visue Ile de la structure de base de la chaine de valeur. Elle illustre la façon
dont le produit s'écoule depuis les matières premières jusqu'aux marchés finaux et
présente la façon dont l'industrie fonctionne. Les infom13tions nécessaires sont les
différents maillons, les différents acteurs ainsi que leurs rôles et les destinations des
ventes;
la détermination des segments de produits et facteurs de succès déterminants sur les
marchés finaux: L'étape consiste à faire L1ne catégorisation des produits et à identifier
les différents marchés et leurs caractéristiques par type de produit. Les informations
concernées sont les catégories de produits, le pouvoir d'achat des clients, la qualité et le
prix des produits;
lB
l'analyse des modalités d'accès des producteurs aux marchés finaux: Cette étape

consiste a déterminer la façon donl les producteurs écoulent leurs produits et le niveau de

conunLmicntion avec les clients, Les données nécessaires sont les différents clients, la

fréquence et le pouvoir d'achat des clients;

l'analyse comparative de l'efficacité productive: C'est une analyse comparative des

différents maillons de la filière Ou des chaînes de valeur. Elle permet d'identifier les

facteurs de compétitivité d'une chaîne, donc de mettre en exergue la performance de

celle-ci, Les variables sont les prix, les quantités et les charges;

l'analyse de la gouvernance des chaînes de valeur: CcHe étape permet de cerner les

règles régissant la chaîne de valeur ainsi que la répartition du pouvoir entre les acteurs.

L'étape consiste: il analyser d'une part la coordination des actions, les formes d'appui

reçues, lïmpLlct Jes regles de gouvernance sur les acteurs et d'autres pan. à identifier les

leviers pour l'action. Lt:s infonnations recherchées sont les marchés, les rôles des acteurs,

les types et la durée de contrats, la détermination des prix, le pouvoir d"achat ou de

négociation de chaque acteur, les normes et règlementations ;

l'identification d'actions pour J'amélioraHon des chaînes de valeur: Cette étape

consiste à identifier des perspectives pOLIr une mise à niveau des différents agents dans

les chaînes de vakur à travers le renforcement de capacité (optimisation du processus.

dotation en ressources de quai ité), l'amélioration ou différenciation des produits et

diversification ou changement J'activités. Les données nécessaires sont le niveau de

formation, le niveau d'association Ou de réseautage, les types et la valeur des produits et

les différentes activités réalisées par agent;

l'analyse de la distribution des revenus générés par les chaînes de valeur: Cette

étape consiste à identifier les déterminants de la répartition du revenu dans les chaînes de

valeur. Les données d' études sont la qualité des ressources dont disposent les acteurs, les

incitations au niveau des acteurs, les coOts de transactions, les prix des marchés et les

relations entre les acteurs.

2.3. Les techniques ef outils de collectes

Les données collectées son! de deux sources, à savoir les sources secondaires (les techniques

documentaires) et les sources primaires (l'enquête de terrain). Au niveau des sources

secondaires, nous avons recherché et exploité les documents en relation avec notre thème. Ces

documents sont des ouvrages. des mémoires, des rapports/bilans d'activités ou de session, des

articles scientifiques produits d'une part sur les poissons de capture et sur les chaînes de valeur

19
d'autre part. Aussi, la consullation des plans et programmes administratifs comme les Pl(lns
communaux de développement (PCD), nous a été d'un grand apport en rnatière d'information.
La recherche documentaire s'est déroulée tout le long de l'étude au sein des bibliothèques de
l'Institut du developpement rural (IDR), au sein de l'U/CN, de la DGRH et sur l'internet.
L: enquête terrain a const itué le second moyen de collecte des données. A cet effet, nous avons
uti 1isé les out ils de la Méthode actÎ ve de recherche et de plan ification part ic ipati ve (M ARP) ;1
savoir les focus group puis les interview::; semi-structurées et l'outil force::;, faiblesses.
opportunités et menaces (ffüM). Ces outils nOlis ont pennis de réaliser le tableau FFOM qUI
résume les forces, les faiblesses, les 0PPol1unités et les menaces des chaînes de valeur. Des
guides d'entretien et des questionnaires nous ont pennis de dérouler les outils annoncés. Enfin.
l'observation sur le terrain nous a été très ut i le dans cette phase de 1: étude. Les questionnaIres
ont été réalisés sur le logiciel sphinx.

2.4. Traitements et analyses des données

La saisie et l'organisation des données onl été réalisées à l'aide des logiciels Microsoft Office
Ward et Excel version 2013. Pour le tmitement et l'analyse des données, le logiciel XLSTAT
version 2018 a été principalement utilisé. Les différentes analyses effectuées sonlles suivantes:

.:. pour les données quantitatives:


- la Classification ascendante hiérarchique (CAH) qui a permis de regrouper les acteurs
de chaque maillon en classes homogènes en fonction des variables suivantes: l'âge, les
inlrants utilisés) le nombre d'année d'expérience, le temps de travail, le niveau
d'instruction, etc. ;
J'Analyse en composantes principales (ACP) qui a permis de vOir les critères cn
fonction desquels les acteurs ont été regroupés dans les différentes classes et les
variables qui caractérisent le mieux les acteurs de chaque classe. En effet, l'ACP est un
outil de compression et de synthèse de ['information. Elle est très utile lorsqu'on
dispose d'une quantité de données assez élevée à analyser et à interpréter surtout dans
les études de caractérisation et de description. Elle permet de réduire le nombre de
variables et de ne retenir que les variables qui donnent des infollnations pertinentes. Le
choix des variables se fait à travers la lecture de la matrice des corrélations et Je plan
factoriel présentant le cercle de corrélation. La matrice des corrélations montre les
niveaux d'association des variables. En effet, les variables corrélées entre elles sont
celles qui s'associent pour caractériser les acteurs et former les axes du plan factoriel.
Le regroupement des individus dans les différentes classes est fait en fonction de ces

20
variables et leurs corrélations. Les variables qui ne sont pas corrélées ou sont faiblement
corrélées avec les autres ne fournissent ras d'informations pertinentes et sont à
supprimer. Sur le plan factoriel, le choix des variables se faü en fonction de la
représentation des variables sur les axes et sur le cercle de corrélation. En effet, les
variables qui sont proches des axes ct/ou du cercle de corrélation sont bien représentées
et fournissent des informations pertinentes. Par contre, celles qui ne sont ni proches des
axes ni proches du cercle de corrélation sont mal représentées dans le plan factoriel et
ne fournissent pas d'informations pertinentes. Elles sont à supprimer. Par ailleurs:
chaque axe est fonné par la contribution majeure d'un ou de plusieurs variables qui sont
les plus proches de cet <lxe dans le plan. Ces variables sont celles qui caractérisent le
mieux les individus d'une classe donnée. Et les individus de cette classe sont les plus
proche de l'axe fonné par ces variables dans Je plan de représentation des individus
(Guerrien, 2003 ; Martin, 2004) ;
- les moyennes des classes obtenues par les ACP el la CAH ont été comparées à l'aide du
test de comparaison ANOVA après avoir vérifié la normalité des distributions par le test
de Kolmogorov-Smirnov au seuil de signiticativité de 10 %. La séparation des
moyennes a été faite à l'aide du test de Fisher au seuil de 10 %;
- les calculs de fréquences, moyennes. variances et écart-type;
- les plans factoriels, les histogranunes, les dendrogrammes qui permettent de représenter
graphiquement les résultats de ces analyses;
- les calculs des coûts variables, coûts fixes, coûts totaux, le revenu brut, fa marge brute,
la valeur ajoutée et le taux de marge brute pour apprécier la rentabilité et la perfol1Tlance
économique.
•:. pour les données qualitatives:
- la cartographie des chaînes de valeur qui est llne représentation visuelle de la structure
des chaînes de valeur;
- L'analyse FFOM qui a penl1is de rassemhler dans un tableau récapitulatif les forces, les
faiblesses, les opportunités et les menaces des chaînes de valeur de la filière pêche dans
le Sourou.
•:. Pour les analyses financières) les formules suivantes sont utilisées:
- la marge brute (MD)
MB = RB - CV
RB = p", y
MB: marge brute de production ou marge commerciale ou valeur ajoutée brute;

21
RB : revenu brLll de production ou revenu brut apres-vente

CV : Charges variables

y: quantité de produit

P : prix unitaire du produit

le taux de marge brute (TMB)


La rentabilité d'une entreprise est appréciée à (ravers le taux dL' marge brute. Plus TMB est
élevé. plus l'acteur est perfonnant. Il se calcule de la maniere <;uivanlc :

MB
TMB=-*100
RB

la valeur ajoutée (VA)


VA=MB-CF

CF : Charges fixes. (Penot, 2009).

Le tableau Il récapitule les charges des acteurs et l'application des fomwles au niveau des
di fférents maillons.

22
Tableau II : Tableau récapitulatif des calculs économiques

Acteurs Charges variables Charges fixes Applications

RB = Prix de vente x (Quantité vendue +


Frais de Permis de A 1lloCOnsOill mat ion) :
Coüts du matériel:
pêche: MB = RB • (Coüt~ inlranls + Coüts lranspon) :
Pêcheurs (filets, Palangres) :
Charge annuelle de TMB:: (MS / RB).\ 100:
Coûts de transport.
la pirogue VA =:: MB ~ (Frais permis + Charge annuelle de la
pirogue).

RB = Prix de vente x (Quantité vendue +


Coûts des intrants
Charges annuelles du Autoconsommation) ;
(bois, eau) ;
matériel (fumoirs, MB = RB - (Corlts intrants + Coûts transport + Frais
COÛlS de lranspOft ;
Transfom1atrices claies, bassine, etc.) ; de pesé + CoûtS du poisson frais) :
Frais de pesé;
Licence de TM B = (M B / RB) x 100 ~
Coûts du poisson
commercialisation. VA =:: MB - (Charge annuelle des matériels + Frais de
frais.
Licence).

Charges annuelles RB = Prix de vente x (Quantité vendue +


Coûts du poisson; des engins de Autoconsommation) ;
Coûts de transport ; transport (moto) ; MB = RB - (Coûts du poisson + Coûts transpol1 +
Grossistes et
Quittance de Location de magasin Frais de quittance) ;
Détaillants
payement du ou stand; TMB = (MB / RB) x 100;
pOIsson. Licence de VA=:: MB - (Charge annuelle des engins + Frais de
commercialisation. location + Frais de Licence).

23
CHAPITRE III : RESULTATS ET DISCUSSrONS

3.1. Résultats

3.1.1. Ca ractéristiq ues des pêch eu rs

Les pêcheurs enquêtés sont n 50 % agriculteurs et 50 % agriculteurs-éleveurs (Tableau 1[1).


Ces acteurs sont à 44 % des illettrés, 37 % Cl 1phabétisés à l'école coran ique. 16 % onl le
niveau primaire et seulement 3 % ont franchI les portes du secondaÎre. Sur les 32 pêcheurs de
l'échantillon, 31 sont membre de groupement et un seul n'est pas membre de groupement

Tableau III : Caractéristiques socio-économiques des pêcheurs

Fréquences
Désignations (%)
Agriculture 50
Elevage 50
Total 100
Illettré 44
Ecole coranique 37

Ecole primaire 16

Ecole secondaire 3

Total 100
Source: Données de l'enquête. Juin 2018.

La figure suivante (Oendrogramme) illustre les résultats de la classification ascendante


hiérarchique des pêcheurs du Sourou. Chaque couleur de dendrogramme représente Lille
classe. Nous observons trois diftërentes couleurs de dendrogramme. Cela montre l'existence
de trois classes de pêcheurs: une classe de huit (bleu), une classe de onze (rouge) et une
classe de treize (vert).

24
Dend rogra mme
0,7

0,6
1
------- .. _- .. ------------------------------ ------·--------------------------1---------------------------

J.-
"

-'--

r---
-- --

~
0,2 1
1 ,...'-

J l
r~ n
0.1

o ..... Il
Figure 2 : Classification ascendante hiérarchiques des pêcheurs (dendrogramme)

Source: Données de l'enquête, Juin 20 J 8

La Classification ascendante hiérarchique (CAH) montre trois classes ou catégories de


pêcheurs (Figure 2). A travers le tableau IV, l'analyse des caractéristiques permet de voir que
la classe 2 (n=8) et la classe 3 (n=13) regroupent les pêcheurs les plus jeunes et les moins
expérimentés avec respectivement un âge de 33 ± 7 ans et 35 ± 6 ans et une expérience de 14
± 5 et 15 ± 7 (n= nombre d'acteur de la classe). Chaque pêcheur dispose d'une pirogue. Les
pêcheurs de la classe 3 utilisent plus de filet avec une moyenne annuelle de 12 filets maillants.

Tableau IV : Caractéristiques socioprofessionnelles des pêcheurs

Caractéristiq ues Classe 1 (0=11) Classe 2 (0=8) Classe 3 (0=13)


Age (année) 46± 8 33 ± 7 35 ± 6
Expérience
24 ± 5 14 ± 5 15 ± 7
(année)
Nombre pirogue
Filet maillant 9±2 7±2 12 ± 2
Filet épervier 0 0
Palangre 1± 1 0 1± 1
Source: Données de l'enquête, Juin 2018.

25
Le tableau V montre les moyennes des revenus bruts, des taux de marge brute et des valeurs
ajoutées des pêcheurs des différentes c lasses. Ces résu lIats permettent de vo ir que les
pêcheurs de la classe 3, qui utilisent le plus de filet maillant, ont les niveaux de revenu les
plus élevés avec une moyenne annuelle de 3 847200 FCfA. Cette moyenne est nettement
supérieure à la moyenne générale de 1" ensemble des pêcheurs qui est de 3 191 266 FCFA. Ce
sont donc des grands pêcheurs. Le revenu moyen des pêcheurs de la classe 1 (3 206095
FCFA) est sensiblement proche de la moyenne générale. ce sont donc des pêcheurs moyens.
Les pêcheurs de la classe 2 ont une moyenne (2 104981 FCFA) nettement inférieure à celle
générale. Ce sont alors des petits pêcheur,. Cependant, les rêcheurs moyens sont ceux qui
créent le plus de valeur ajoutée avec une moyenne de 552 Fe fA sur chaque kg de poisson
capturé.

Tableau V: Valeurs moyennes des pêcheurs des différentes classes

Pêcheurs moyens Petits pêcheurs Grands pêcbeurs


Caractéristiq ues
(Classe 1) (Classe 2) (Classe 3)
Reveou brut
3 206 095 ± 970 331 2 104 981 ± 920 785 3 847 200 ± 1 340662
(FCFA)

TMB (%) 92 ± 6 90 ± Il 93 ± 3

Valeur ajoutée
552 ± 74 542± 103 519 ± 57
(FCFAlKg)
Source: Données de l'enquête, Juin 2018.

L'analyse en composantes principales (!\CP) indique qu'il eXiste une corrélation entre
plusieurs variables (Tableau VI). Nous remarquons que la variable filet épervier est
négativement corrélée avec l'ensemble des élulres variables. La plus forte corrélation existe
entre les variables âge et nombre d'années d'expérience (0,884).

26
Tableau VI : Matrice des corrélations issue de l'ACP des caractërisliq ues des pêcheurs

Variables Ag Is Act Ex Pi FM FE Pa
Aab
Is 0.178

Act 0)8] -0,206 1

Ex 0,884 0,092 0,345

Pi 0,274 -0,067 0,430 0,386

FM 0,073 0,297 0,034 0,024 0,410

FE -0,269 -0,226 -0,209 -0,270 -0,078 -0,297

Pa 0,220 0,149 0,302 0,301 0,415 0,581 -0,335 1


Source: Données de l'enquête, Juin 2018.
Légende: Is : Niveau dïnstruclion Act: Aulres aClivités E~ : bpéricnce

FM : Nombre de filet maillant FE : Nombre de lilet épervi""r Pi : Nombre de pirogue

Pa : Nombre de palangre LV: Lieu de veille Ag: Age

NB : Les valeurs en gras signifient l'existence de corrélation.

L'analyse des plans factoriels (Figure 3) montre qu'environ 72 % de r inertie totale du nuage
des points sont expl iqués par les trois prem iers axes (F L F2 et F3). Le premier axe F 1
explique 36,39 % et repose principalement sur les variables àge. expérience et palangre. Ces
variables sont bien représentées sur l'axe fI et dans le plan. Les individus les plus proches de
cet a..,;e sont ceux. de la classe 1. De ce làit, les variables âge. expérience et palangre
contribuent le plus à caractériser les pêcheurs de la classe 1. Le deuxième axe F2 explique
19,38 % et repose principalement sur la variable filet maillant. Les individus de la classe 3
sont les plus proches de cet axe. fls sont donc caractérisés le plus par la variable filet maillant.
Enfin, le troisième axe f3 explique J 6,33 % des variations. Les variables principales de la
formation de cet axe sont le niveau d'instruction, autre activité et pirogue. Les individus les
plus caractérisés par ces variables sont ceux de la classe 2. L'analyse des valeurs propres et la
contribution des variables permet de conftrmer ces informations (Annexe 1)

27
Variables (axes FI et F2 : 55,77 %) Variables (axes FI et F3 : 52,72 'Y'o)

0,75 : 0,75
,
0.5 0,5

--- 0.25
~
~
i ~
0~
0,25
CCl ....
"1- "1-
-
~

'-'
M
0 '.:l
'-'
....
°
~ -0.25 t;", -0,25

-0.5 -0,5

-0.75 1
1

1
-II -_~ .
-1 -0,75 -0,5 -0.25 ° 0,25 0,5 0,75 -1 -0,75 -0,5 -0,25 0 0,25 0,5 0.75
1'1 (36.39 %) 1'1 (36.39 %)

1 · Variables actives 1 1 · Variables actives 1

Figure 3 : Projection des déterminants des caractéristiques des pêcheurs.

Source: Données de l'enquête, Juin 2018.

28
3.1.2. Caractéristiques des transformatrices

Dans le mai lion de 1a transforma( ion, l'enquête a porté essentiellement sur le fumage du
poisson. Dix-huit (18) acteurs ont été enquêtés. Ces acteurs sont uniquement des femmes
ayant un âge compris entre 28 et 65 ans avec une moyenne de 46 ans el sont toutes membres
de groupement. Ce sous-échantillon est composé de 61 % illettrés, 28 % alphabétisés à l'école
coranique et Il % qui ont le niveau primaire (Tableau VJl).

Tableau VII : Niveau d'instruction des transformatrices de poisson

Niveau d'instruction Fréquences (%)


Ecole coranique 28
Ecole primaire 11
Illettré 61
Total 100
Source: Données de l'enquête, Juin 2018.

La figure ci-dessous montre les résultats de la classification des transformatrices de poisson.


L'analyse de la figure indique l'existence de trois classes de transformatrices illustrées par
trois couleurs de dendrogramme. On observe une classe de cinq transformatrices (bleu), une
classe de six transfonnatrices (vert) et une classe de sept transfonnatrices (rouge). Les
caractéristiques des acteurs des différentes classes sont consignées dans le tableau VII.

Deodrogramme
0,8 . , - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ,

0.7

0,6 1

~ O,S
..
1:
's 0,4
'0;;
CI]

Q 0,3

0,2

Figure 4 : Classification ascendante hiérarchique des transfonnatrices de poisson

Source: Données de l'enquête, Juin 2018.

29
L'analyse des caractéristiques (Tableau VIII) montre que la classe 3 (n=5) regroupe les
transformtllnces les plus âgées avec un âge de 58 ± 7 ans. Les individus de la classe 1 (n=6)
n'utilisent aucune main d'œuvre mais qui possèdent les temps de travail (Homme heure) les
plus élevé~ (15 713 ± 6243 HH).

Tableau VIII: Camctéristiques socioprofessionnelles des t.....l nsformatrices de poisson

Caractérist iq ues Classe 1 (n=6) Classe 2 (0=7) Classe 3 (n=5)

Age (année) 48 ± 7 38 ± 6 58 ± 7

Main d'œuvre 0 2±1 1± 1

Temps de travail
15713 ± 6243 10 192±4 124 4 222 ± 2 695
(Hh)
Source: Données de l'enquête, Juin 2018.

Le tableau X1X rassemble les valeurs moyennes annuelles des transfonnatrjces des tfOis
classes obtenues. L'analyse de ce tableau montre que les transformatrices de la clas::,e 1. qui
passent le plus de temps dans l'activité de transformation, sont par conséquent celles qui
réal isent les niveaux de revenu les plus élevés avec une moyenne de 8 650 056 FCFA. Cette
moyenne est nellement supérieure à la moyenne générale de l'ensemble des transformatrices
qui est de 7 266 009 FCfA. Ces acteurs sont donc des granges transformatrices. La moyenne
des transfonnatrices de la classe 2 (8 032 917 fCF A) est proche de ce Ile générale. Ce sont des
transformatlices moyennes. Les transformatrices de la classe 3 sont de petites transformatrices
avec une moyenne annuelle (4 531483 FCFA) nettement inférîeure à la moyenne générale de
l'ensemble des transformatrices. Cependant, les petites transfonnatrices sont les plus
performantes avec un taux de marge brute moyen de 19 % et sont celles qui créent le pl us de
valeur ajoutée dont une moyenne de 508 FCFA/kg.

Tableau IX : Valeurs moyennes des transformatrices des différentes classes

Grandes Transformatrices Petites


Caractéristiq ues transformatrices moyennes transformatrices
(Classe 1) (Classe 2) (Classe 3)
Revenu brut
8 650 056 ± 5 709 302 8 032 917 ± 6 383 222 4531483 ± 3635436
(FCFA)
TMB (%) 14 ± 9 16 ± 10 19 ± 9

Valeur ajoutce
418±326 449 ± 297 508 ± 268
(FCFAlKg)
Source: Données de l'enquête, Juin 2018

30
L'ACP des caractéristiques des transfomlatrices indique l'existence d'une com:lalioll entre
plusieu{"S variables excepté entre la vllriable âge el celles temps de travail et lieu dc vente
(Tableau X). Nous remarquons que la variable âge est negativement corrélée avec 1" l'n~ell1ble
des autres variables. Il existe une corrélation très fone entre la main d'œuvre et k temps de
travail (0,935).

Tableau X : Matrîce des corrélations issue de "ACP des caractéristiques des


transformatrices

Variables Ag 15 M.O. T LV
Ag 1

Is -0,326

M.O. -0,165 0,489 1


T -0,099 0,493 0,935 J
LV -0,097 0,325 0,459 0,369 1
Source: Données de l'enquête, Juin 2018.

Légende: Ag : Age 15 : Niveau dïnslruclion M. O. : Main d'œuvre

T : Temps de travail LV: Lieu de vente

L'analyse des plans factoriels issus de l'ACP montre qu'environ 88 % de l'inertie \()lale sont
expliqués par les trois premiers axes (Figure 5). Le premier axe (FI) exphque 5J.09 %. Cel
axe est formé essentiellement par la contribution majeure des variables niveau dïnqrllction,
main d'œuvre et temps de travai 1. Les individus les plus caracterises par ces variahks sont

ceux de la classe 1. Le deux ième axe (F2) expl ique 20,64 % de l'inertie. Il est supporté
essentiellement par la v<lriable âge. Cette variable caractérise le plus les individus de la classe
2. Le troisième axe explique 14,47 % et repose principalement sur la variable lieu de vente.
Cene dernière caractérise le plus les fumeuses de la classe 3.

31
Variables (axes FI et F2 : 73,74 %) Variables (axes FI et F3 : 67,57 %)

0.75 0,75

0,5 0.5

__ 0,15 __ 0,25
~ -s.
on ..,."r--
o
'oC>
0 1 Koo::: 1 ..; 0
~
l"l
t:.. -0.25

-0.5 -0,5

-0.75 -0.75

-1 -\
-1 -0,75 -0,5 -0.25 0 0.25 0,5 0.75 -1 -0,75 -0.5 -0.25 0 0.25 0.5 0,75
FI (53.09 %) FI (53,09 "/,,)

1 • Variables actives 1 1 • Variables actives 1

Figure 5 : Projection des détenninants des caractéristiques des transformatrices de poisson.

Source: Données de l'enquête, juin 2018.

32
3.1.3. Caractéristiq ues des corn m erça n ts de poisson

Les commerçants enquêtes sont essentiellement des grossistes et détaillants du poisson frais el

du poisson fumé. Ces acteurs ont un {Ige compris entre 28 et 47 ans avec une moyenne de 36
ans. Dans ce sous-échantillon, les hommes représentent 57 % et les fenunes 43 %. Panni ces
commerçants, 10 % ont été alphabétisés à l'écoJe coranique. J9 % à l'école primaire, 19 %
ont le niveau secondaire et 52 % SOIl! lies illettrés. Au total, vingt-un (21) commerçants ont
été enquêtés dont quatre (04) comlllt'l"çants de poisson frnis qui sont tous des grossistes, huit
(08) grossistes de poisson fumés el neuf (09) détaillants de poisson fumé. Les informations
sur ces acteurs ont été analysées séparément en fonction du type de produits (poisson frais,
poisson fumé).

Tableau XI : Caractéristiques sexo-éùucatives des commerçants de poisson

Désign a t io ns Fréquences (en %)


Honune 57
Femme 43
Total 100
Ecole coranique 10
Ecole primaire 19
Ecole secondaire 19
fi lettré 52
Total 100
Source: Données de l'enquête, Juin 2018.

La CAH indique trois classes de commerçants de poisson. La figure 6 montre trois couleurs
de dendrogramme. L'analyse de 13 figure penn et d'observer une classe de neuf (vert)
commerçants, une classe de quatre (rouge) commerçants et une classe de huit (bleu)
commerçants.

33
Dendrogramme
0,7 . , . - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - ,

0,6 -

0,5
·_··_--------··_-------·_····t-------------_·_--
...
i~ 04
J

E -'--

:~ 0,3
Cl
-'--

0,2
-'--

N M - ~ ~ 0 ~ ~ ~ 0 ~
~ ~ N M ~ N N ~ ~ ~ ~
u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u u

Figure 6 : Classification ascendante hiérarchique des commerçants de poisson

Source: Données de l'enquête, Juin 2018

L'analyse des caractéristiques (Tableau XII) montre que la classe 2 (0=9) et la classe 3 (0=4)
regroupent les commerçants les plus jeunes avec 34 ± 4 aos pour chaque classe. Ces individus
n'utilisent aucune main d'œuvre et possèdent les temps de travail les plus faibles soient
respectivement 415 ± 829 HH et 469 ± 134 l-ffi pour la classe 2 et la classe 3.

Tableau XII : Caractéristiques socioprofessionnetles des commerçants de poisson

Caractéristiques Classe 1 (0=8) Classe 2 (0=9) Classe 3 (0=4)

Age (année) 42 ± 3 32± 4 34 ± 4


Main d'œuvre 1± 1 0 0
Temps de travail
5952 ± 5044 415 ± 829 468 ± 134
(Hh)
Source: Données de l'enquête, Juin 2018

L'analyse du tableau XIII montre que les individus de la classe 1 (n=8) possèdent les niveaux
de revenu les plus élevés (33 455 122 ± 20 705 134 FCFA) et créent le plus de valeur ajoutée
avec 607 ± 213 FCFAlKg. Cependant, les commerçants de la classe 3 seraient les plus
performants avec un taux moyen de marge brute de 26 %. Nous notons que les commerçants
de la classe 3 sont uniquement des mareyeurs et sont tous des grossistes (poisson frais). Ces
derniers sont en partie des transformatrices. Ceux de la classe 2 sont uniquement des

34
détaillants de poisson fume. Enfin. ceux de la classe 1 sont uniquement des grossistes de

poisson fume. Pour la su ite, nous parlerons de grossistes de poisson fumé (c lasse 1), de
détaillants de poisson fumé (classe 2) et de mareyeurs (classe J).

Tableau XIII: Valeurs moyennes des commerçants de poisson

Grossistes poisson Oétaillants poisson Mareyeurs


Caractéristiq ues
fumé (Classe 1) fumé (Classe 2) (Classe 3)
Revenu brut
33 455 122 ± 20 705 134 4 017433 ± 4 825 176 3 055 000 ± 1 444 697
(FCFA)
TMB (%) 20 ± 7 15 ± 3 26 ± 2
Valeur ajoutée
607 ± 213 459 ± 107 177 ± 31
(FCFA/Kg)
Source: Données de l'enquête, Juin 2018

La matrice des corrélations (Tableau XIV) indique l'existence de corrélation entre plusieurs

variables. Nous remarquons la quasi inex istence de corré lation entre le niveau d'instruction et

les variables lieu d'achat (- 0,018) et type de produ il (0.081). La plus forte corrélat ion existe

entre le lieu d'achat et le types de produit soit 0.964.

Tableau XIV: Matrice des cOl'Télations issue dc J'ACP des caractéristiques des
commerçants de poisson

Variables Aa
b 15 LA M.O Pts LV T Mv

Ag 1
Is 0,450 1
LA -0,119 -0,018 1
M.O 0,516 0,311 -0,210 1
Pts -0,169 0,081 0,964 -0,218
LV 0,605 0,531 -0,261 0,217 -0,271
T 0,555 0,292 -0,272 0,935 -0,285 0,189 1
Mv 0,654 0,668 0,405 0,389 0,420 0,484 0,409
Source: Données de J' enquète, Juin 2018

Légende: Ag: Age Is : Niveau d'instruction LA : Lieu d'achat

M. O. : Main d'œuvre Pts: Type de produit LV : Lieu de vente

T : Temps de travail Mv : Mode de vente

35
L'analyse des plans factoriels issus de l'ACP montre qu'environ &8 % la variabilité sont
expliqués par les trois premiers axes (Figure 7), Le premier axe FI explique 43,34 % de la
variabilité, Il est formé par la contribution majeure des variables <'\ge ct niveau dïnstruction,
Ce qui explique leur représentation sur cet axe, Les individus proches de cet axe sont ceux de
sont les grosSIStes de poisson fumé. Ces derniers son1 donc plus caractérisés par leur âge et
leur niveau d'instruction. Ensuite, le deuxième axe F2 explique 29,35 % de la variabilité. Il
repose pri nc ipalement Sllr les variables lieu d' achat, type de prad LI it et mode de vente. Ces
variables caractéri sent pl us les indi vidus de la classe J. En fin, le troisième axe FJ expl ique
15.29 % de la variabilité et est fonné principalement par les variables main d'œuvre, lieu de

vente el temps de travail. Ces variables caractérisenlle plus les commerçants de la classe 2.

36
VarÎables (axes FI et F2 : 72,70 %) Variables (axes FI et F3 : 58,64 %)
-ttA~ 1 _ ~ 1 ____
1 1

0,75 0,75

0.5 0.5

__ 0.25 .-. 0.25


.
~ ~
~

"l. 0 ....on
00-

0
0-
~
N
-
'-
n
t.. -0,25 ~ -0.25

-0.5 -0.5

-0,75 -0,75

-1 -=-- 1 ---- - - - - - - ' -\


-1 -0.75 -0.5 -0.25 0 0.25 05 0.75 -1 -0.75 -0.5 -0.25 0 0.25 0.5 0,75
FI (43,35 %) FI (43,35"/<»

1 · Variables actives 1 1 · Variables actives 1

Figure 7 : Projection des détem,inants des caractéristiques des commerçants de poisson

Source: Données de l'enquête, Juin 2018.

37
Le test de comparaison ANOV A a été appl ique pour comparer les moyen nes des revenus, des
taux de marge bnHe el des valeurs ajoutées des différentes classes d'acteurs obtenues après les
Aep. Les résultats du test monlrent statistiquement des différences signilîcatives all seuil de
10 % entre les moyennes des classes. Cependant, au niveau de la Irnnsfolm<lIÎon. aucune
différence n'est significative. Le tableau XV présente les résultats des tests appliqués au
niveau chaque maillon. Les let1res « a, b et c» placées derriere les valeurs f\ll niveau de
chaque colonne signifient que ces valeurs sont statistiquement identiques ou différentes au
seuil de 10 %. Les valeurs su ivics de la même lettre sont idenl iqlles entre elles el di t'ferentes
de celles su ivies des lettres différentes.

Tableau XV : Résultats du test de comparaison des moyennes des classes

Acteurs Classes Revenu brut TMB Valeur ajoutée


Pêcheurs moyens 3206095 a 92a 552 a
Petits pêcheurs 2 J04 981 b 90 a 542 a
Pêcheurs Grands pêcheurs 3 847200 a 92 a 519 a
Pr > F(Modèle) 0,007 0,548 0,552
Significatif Oui Non Non
Grandes
8650056 a 14 a 418 a
transformalion
Transformatrices
8032917 a 16 a 449 a
moyermes
Transfo nua tri ces
Pelites
4531 483 a 19 a 508 a
transformatrices
Pr> F(Modèle) 0,441 0,739 0,883
Significatif Non Non Non

Grossistes
33455 122 a 20 a 607 a
poisson fUllle

Oéla i Ilan t5
40l7433b 15 b 459 b
Commerçants poisson fumé
Mareyeurs 3055000 b 26 c 177 c
Pr> F(Modèle) 0,000 0,005 0,001
Significatif Oui Oui Oui
Source: Données de l'enquète, Juin 2018
Légende: Lettres identiques (a, b, c,) : statistiquement idenTiques
Lenres di Cférenles : statistiquement différentes

38
3.1.4. Performances économîq ues des chaînes de valeur

La pêche est l'une des ac{ivilés ëconomiques principales de la vallée du Somou. Chaque

chaîne de la filière contribue à créer de la valeur. Cependant, la distribution de la v(lleur créée


le long de la filière n'est pas homogène. Les acleurs n'ont pas le même niveau de
perfonnance. Le lableau XV] r~capitule les valeurs moyennes annuelles créées par les acteurs
des différentes chaînes de valeur enquètées. Nous remarquons que [es grossistes de poisson
fumé possèdent le niveau de revenu moyen le plus élevé soit JJ 455 122 FCFA. Ils sont
également les acteurs qui crëenl le plus de v(lleur ajoutée par Kg de poisson (607 FeFA/Kg).

Par contre, les pêcheurs sont les aCleurs qui réalisent les taux de marge brute les plus élevés

soit une moyenne de 92 %. Les acteurs les moins performants sont les détaillants de poisson
fumé avec un taux moyen de marge brute de 15 %.

Tableau XV1 : Valeurs créées par les acteurs

Acteurs
Revenu brut Marge brute VA TMB
(fCFA) (FCFA) (FCFAlKg) (%)
Pêcheurs 3 191266 2974148 536 92
Transformatrices 7 266009 1 264 188 455 16
Mareyeurs 3055000 794338 177 26
Grossistes du poisson fumé 33455 122 6278 222 607 20
Détaillants du poisson fumé 4017433 560853 459 15
Source: Données de l'enquête. Juin 2018.

Les figures 8, 9 et 10 permettent de comparer les niveaux de création des valeurs et des
perfomlances des différentes chaînes de valeur résumés dans Je tableau XVI. L 'observation de
la figure 8 nous pennet de voir que les grossistes de poisson fumé réalisent le niveau de
revenu moyen le plus élevé. Ils soni suivis des transformatrices. La valeur ajoutée moyenne la
plus élevée est créée par les grossistes de poisson fumé suivis des pêcheurs (figure 9). Les

mareyeurs sont ceux qui créent la plus faible valeur ajoutée. La figure 10 montre les niveaux
de perfonnance des acteurs à travers leur taux de marge bruIe (TMB). Nous observons que le
TMB le plus élevé est réalisé par les pêcheurs. Ils sont donc les plus performants de la filière.
Ils sont suivis par les mareyeurs. Le TMB le plus faible est réalisé par les détaillants de
poisson fume. Ils sont les moins performants de la filière.

39
Revenu bntt (FCFA)
U1 36 33
§ 32
:=- 28
~ 24
20
16
12
7
8
3
4
o ~
Pêcheurs Transformatrices Mareyeurs Grossistes du Détaillants du
poisson fumé poisson fumé
Acteurs

Figure 8 ; Comparaison des revenus bruts des acteurs.

Source: Données de l'enquête, Juin 2018.

VA (fCFA/Kg)
700
607
600 536
.~ 500 455 459
::::l
.2., 400
~

::ï<lJ 300
<Cl 177
> 200
100
o
Pêcheurs Transformatrices Mareyeurs Grossistes du Détaillants du
poisson fumé poisson fumé
Acteurs

Figure 9 : Comparaison des valeurs ajoutées créées par les acteurs

Source: Données de l'enquête, Juin 2018.

40
TMB (%)
00100 92
~ 90
~
80
70
60
50
40
30 26
16 20
20 15
10
o
Pècheurs Transfonnatrices Mareyeurs Grossistes du Détaillants du
poisson fumé poisson fumé
Acteurs

figure 10: Comparaison des taux de marge brute des acteurs

Source: Données de l'enquête, juin 2018

3.1.5. Cartographie des chaînes de valeur

La ~tructure des chaînes de valeur est constituée par les difTérentes chaînes d'activité
(ITlaillons), les opérateurs des chaînes, les tlux et les interactions entre les opérateurs. Les
encadrés 1 et 2 visualisent les différentes structures des chaines de valeur des poissons fumé
et frais de la pêche de capture de la vallée du Sourou. Ces figures présentent les circuits de
transit des poissons frais et fumé le Jong de la filière. Les flèches en rectangle représentent les
différents maillons de la filière avec en dessous les rôles des opérateurs de chaque maillon.
Les rectangles colorés en bleu représentent les opérateurs des différents maillons. Les tlèches
représentent les flux de produit, les flux d'argent et les interactions entre les opérateurs des
chaînes. Les valeurs sur les flèches représentent les valeurs ajoutées moyenne (fCf Nkg) des
acteurs de chaque maillon après la vente de poisson.

41
Encadré nO 1 : Cartographie des chaînes de valeur du poisson fumé du Sourou

> :>Production Transformation ) Commercialisation > > Con;ommatioD

Confection et Triage Collecte weiter la production


réparation des Ecaillage Distribution
matériels Fumage Création de valeur
Capture Création de valeur
Valoriser la
ressource

Grands
pêcheurs
Grossistes
536

459
L...- ~- - - -

Source: Confection propre basée sur les [oeus group, Juin 2018

Légende: > > Maillon de production • Flux de produit


- - - - . Flux d'argent

1 1 Opération des chaînes •......... ..• Flux d' infonnation

o
.. ~ Relations socioprofessionnelles
Lieu de vente

42
Encadré nO 2: Cartographie des chaînes de valeur du poisson frais du Sourou

> Production

- Confection et
~L~ c_o_m_m_e_r_Ci_a_Ii_S_at_i_o_n_ _

- Collecte
>
~> Consommation

- Evacuation du produit
>
réparation de - Distribution - Incitation de la production
matériels - Création de valeur
- Capture
- Gestion et
valorisation de la
ressource

Grands
pêcheurs

---- _
536 177
1
.... ------ ~ I~
pecheurs foiI············· ..········· Mareyeurs
moyens

!
Petits
pêcheurs

Source: Confection propre basée sur les focus group, Juin 2018

3.1.6. Analyse des opportunités et menaces des cbaÎnes de valeurs

Plusieurs facteurs menacent les chaines de valeur du poisson dans le Sourou. Aux côtés de ces
menaces, il existe des opportunités d'amélioration de la productivité des chaînes. Le tableau
XVII regroupe les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces (FfOM) des chaînes
d'activités liées au poisson.

43
Tableau XYlI : FFOM des chaînes de valeur du poisson au Sourou

Maillons Forces Faiblesses Opportunités Menaces

Pêche - abondance cl' acteurs: - faibles moyens de production - motivation des - dégradation de la
- forte motivation pour l'activité - manque de soutiens aux pêcheurs groupements à ressource:
de pêche; - utilisalion des filets à mailles non collaborer aVèC les - non-respect des règles
- existence d'une unité règlementaires agents forestiers de g~stion :
technique de production (UTP) - augmentation du prix de la pirogue due pOlir la gestion de la - fol1e pression sur 111
du PHIE pour assurer la gestion au manque de bois ressource: ressource due au
de la ressource et l'organ isation - manque de moyens de conservation - existence d'un nombre grandissant des
des acteurs; (chaîne de froid) comité de pêcheurs;
- bonne collaboration entre - irrégularité des contrôles sur l'eau surveillance mis en - activité de capture
pêcheurs et les agents de - insuffisance de communication entre place par les permanente au Sourou
l'UTP; agents PHIE et pêcheurs; pêcheurs; contrairement aux
- existence de groupements de - manque de synergie dans les - zone d'intervention autres PI-IIE où
pêcheurs; interventions des projets et ONG dans la de plusieurs projets J'activité est
- gestion participative du plan zone: elONG temporaire;
d"eau; - difficliite (fév(lluation des perles - Illatlvai ,>es rral iqut:s
- perspective de mtl1ation de,; enregislrées par ks pêcheurs. des maliens à la
groupements en coopératives front ière (barrière au
conformément à la loi passage des poissons) :

44
OHADA; - compétition
- bonne collaboration avec les transfrontalière autour de
autres acteurs de la chaîne; la ressource :
. disponibilité d'intrants dans la - baisse de la diversité
zone; spécifique des poissons:
. possibilité d'avoir des intrants à - Insuffïsanœ de contrôle
crédit: de gest i011 :

- disponibilile de - Agre~sions
transformatrices, de grossistes et d'hîppopotames.
déta iliants.

Transformation - existence et bon fonctionnement - irrégu larité de l'approvisionnement - existence permanente - baisse progressive de
de groupements de - manque de moyens de conservation du poisson durant la quantité d"ofTI"e
transformatrices; - faibles moyens de production toute l'année; - manque de bois de
- appui des ONG aux - faible capacité financière des acteurs: - forte motivation des chauffe pour le fumage
groupements de - non-respect des conditions d'hygiène; acteurs;
transfonnatrices ; - absence de contrôle d'hygiène; - abondance de main
• installation de fumoirs - manque lotal d'investigation sur la d'œuvre;
modernes au compte des chaine de friture et de braisage du - avanlages liés au
transformatrices par la FAO : poisson. genre des acteurs de
- abondance de clients grossisles transiOrmation.

45
et détaillants dans la zone el
dans les villes;
- confiance entre transformatrices
et grossistes-détaillants;
- existence de grands marchés de
poisson dans la zone;
- facile écoulement du poisson;
- appui des agents PHIE à
r organisation des
trans formatrices.

Corn mercia Iisa lion - bonne collaboration enlre - perle de poids due au niveau - dynamisme des - haisse progressive du
commerçants et les autres d'assèchemenl du poisson fumé; acteurs; niveau de 1"offre
acteurs de la chaîne; - mauvais état des routes causanL des - demande largemenL
- disponibililé permanente du pertes; insatisfaite du
pOisson; - manque de moyens de conservation; pOisson;
- écoulement facile du poisson; - faible communication de la pal1 des - existence des
- marché libre d'accès; agents forestiers; transporleurs
- existence des centres de peser - instabilité du prix du poisson; pouvant assurer le
gérer par les groupements de - insuffisance de balances dans les centres transport du poisson
pêcheurs; de peser; les grandes vil les;

46
- loncliollllcl11enl anarchique des - fOlle del1lalld~

cÜl1lmerçanls ; roisson local dans


les grandes villes:

- préférence de la
population du
poisson local;

Source: Données l'enquête, Juin 2018.

47
Parm i les obstac les ci tés, certai ns sont priorisés par les acteurs. Ce sont les contraintes
majeures dont la levée es1 impérative pour la durabilité des cha'int:s de valeur. Ces contraintes
et leurs fréquences sonl consignées dans le tableau XVIII. Les fréquences indiquent pour
chaque contrainte la proportion des acteurs qui l'ont citée.

Tableau xvrn : Contraintes majeures des chaînes de valeur au Sourou


Maillons Contrain tes Frequences (%)
Agœssioll des hippopotames 79
Insuffisance de contrôle de gestion 69
Production
Forte pression sur la ressource 66
Mauvaises pratiques à la frontière par les
JI
maliens

Baisse de l'offre 85
Rareté du bois de chauffe 57
Transformation
Faible moyen de production 38
Manque de moyen de conservation 2J
Baisse de l'offre 81
Pertes dues à j'état d'assèchement du
62
Commercialisation poisson fumé
Manque de moyen de conservation 19
Etat défectueux des routes 9
Source: Données l'enquête, Juin 2018.

48
3.2. Discussion

Les résultats de la cari'tctérisation des acteurs montrent qu'il existe plusieurs catégories
d'acteurs au sein d'un même maillon le long de la filière. Tous les pêcheurs s J nvestissent
dans d'autres acti virés du secteur pri maire (agricu lt ure eUou élevage). ris som tous sem i-
professionnels. Zerbo el al. (2013) ont trouvé des résultats similaires à l'échelle nationale. Au
sein de chaque maillon. nOlis trouvons une classification des acteurs en fonction de "âge, du
niveau d'instruction. des temps de travail, dcs moyens de production. Chez les commerçants,
à l'instar de ces variables citées, la catégorisation est faite en fonction du mode de vente (Gros
ou détail) et du type de produit (poisson frais ou fumé). Ainsi on trouve des commerçants
grossistes et détaillants. A Ilntérieur de chaque maillon, trois classes d'acteurs se distinguent.
Chaque classe ayant un niveau de revenu différent de celui des autres. Chez les pêcheurs ct les
transformatrices, 011 pourrait les qualifier respectivement de petits pêcheurs, pêcheurs moyens
et grands pêcheurs et de petites transformatrices, transfonnarrices moyennes èl grandes
transformatrices. En cc qui concerne la filière, les niveaux de revenu diffèrent selon les
maillons. Ainsi les grossistes de poisson fumé sont-ils les acteurs qui ont les niveaux de
revenu et de valeur ajoutée les plus élevés (33455 122 FCFA et 607 FCFA/Kg en moyenne).
Par contre les pêcheurs seraient les plus performants avec un taux moyen de marge brute de
92 % contre 20 % pour lcs grossistes de poisson fumé. Cela serait dû au fait que les pêcheurs
supportent moins de charge que les autres acteurs. Par contre, Bado et al. (2007) el Zerbo ef
al. (2013) sur le plan national, Lamtai, (2010) au Maroc et la DGRH (2017) au Sourou, ont
trouvé que les acteurs qui créent le plus de valeur ajoutée sont les pêcheurs. Les acteurs les
moins perfonl1ants sont les détaillants du poisson fumé avec un taux moyen de marge brute de
15 %. Cela pourrait être dll à leur faible moyen et la quasi absence d'organisation de ces
acteurs. Cependant, AU nIveau de la transfonl1ûtion, les résultats des tests de comparaison des
moyennes des différentes classes ne montrent aucune différence significative ûu seuil de 10
%. Cela signifierait que malgré la différence dans les caractéristiques des transfol1l1atrices,

leur perfonl1anee technique et économique seraient les mêmes. Mais dans la réalité, une
différence non significative du point de vue statistique ne signifie pas ('absence de différence
absolue. Les variations :'l r intérieur de chaque classe pourraient impacter la signi ficativité
statistique. Lamtai (2010) a montré par ailleurs, que les pêcheurs ont un faible pouvoir de
négociation et que ces demiers sont exploités par les commerçants au Maroc. Contrairemenl à
Lamtai (2010). Nahayo (2010) a trouvé au Burundi que la chaîne de valeur du poisson est
essentiellement gouvernée par la loi du marché. Les prix sont instables et obéissent à la loi de

49
l'offre et de la demande. Ce qui est vérifié au SOllrOll surtout par celle phrase des pêcheurs

« c 'es/le poisson quifixe son pml/I'I:> prir: Il.

La structure des chaînes de valeur est constituee par les différents maillons, les opérateurs.

leurs caractéristiques et leurs interactions. Celte slructure aurait dooc Ulle forte intluencc sur

la rentabil ité économÎque des chaines de valeur du poisson. La DGRH (2017) a montré au

Sourou que les niveaux de revenu des acteurs dépendent des niveaux d'intrants utilisés.

L'analyse des contraintes a révélë rc~istençe de quatre principaux facteurs qui menacent la

durabilité de la pêche au Somoll. Il ya d'abord. I"agression des hippopotames dont Je nombre

a considérablement augmenté dans ['eau. Ce facteur réduit énormément les superficies de

capture des pêcheurs et cause d'énormes pertes matérielles et de vie humaines. Il y a, ensuite,

l'insuffisance de contrôles de gestion (Polices piscicoles) qui encouragent les mauvaises

pratiques sur le plan d'eau. Ces contraintes avaient été évoquées par Zerbo et al. (2013) mais

sur la pêche nationale. JI y a cgalell1enl la forle pression qui entraine une dégradation

progressive de la ressource. Cela se manifeste par une baisse de plus en plus des quantités de

capture. EnfLn, il y a la pratique des maliens au-delà de la frontière qui placent une barrière

empêchant les poissonS de circuler vers le territoire burkinabè. Le MEDD (20 Il) et la DGRH

(2017) ont identi fié les mêmes menaces au Sourou.

Les principaux facteurs de menace de la transfonnation des POtssons sont la baisse

progressive des quantités d'offre, la rareté du bois de chauffe qui est de plus en plus cher, le

manque de moyen de conservation el Je faible moyen de production. La commercialisation esl


également menacée par la baisse de l'offre et les pertes dues à l'état de sechage de poisson

fumé. Cette baisse progressive des niveaux de l'offre serait l'impact direct des contraintes de

la chaîne de capture. Cependant, les menaces au niveau de la capture telles que la forte

pression sur la ressource, la baisse des quantités de capture et l'insuffisance de contrôles

seraient dues à la forte demande du poisson au niveau de la transformation et de la

commercialisation. En effet, la tres forte demande du poisson par les transformatrices, les

commerçants et les consommateurs fait aujourd'hui du poisson un bien marchand. De ce fait,

d'une part, les pêcheurs, voulant se faire de l'argent, capturent non seulement chaque jour

mais également utilisent des filets non règlementaires. D'autre part, le nombre de pêcheurs

augmente parce que (' act ivité de pêche procure facilement de l'argent. Cene situat ion serait la

cause de l'augmentation considérable du nombre de pêcheurs et ferait que la capture se fait

pendant toute l'année sans fennetllre. Ce qui entrainerait une forte pression sur la ressource.
Également, le développement des activités de transformation et de commercialisation entraine

la conversion de certains agents responsables des contrôles en commerçants de poisson. Dans


sa
ce cas, le contrôle ne peut donc plus ètre l'ail dans la rigueur. Au vu de tOllles ces situations,
nous pourrions dire que les principales menaces des activités de pêche se situent au niveau de
la post-production. DEPF (2008) a montré au Maroc qu'au niveau de la Commercialisation,
les principales contraintes sont liées au manque d'infrastructures de commercialisation dans
les pêcheries (stockage, structuration du marché). Cette situation affecte la qualité du produit,
empêche Je suivi de sa traçabil ité et favorise le développement de circuits de
commercialisation informels nuisibles à la sauvegarde de la ressource. Ces contraintes sont
egalement présentes au SourOll.

Les opponunités d'amélioration existent aussi bien au niveau de la production qu'au niveau
de la transformation el la commercialisation. La motivation des pêcheurs à s'impliquer dans la
gestion durable de la ressource s'illustre par la mise en place d'un comité de surveillance
constitué de pêcheurs des différents groupements. Cette organisation des acteurs est une
opponunité pour une meilleure organisation de la pêche mais qui n'est malheureusement pas
exploitée. Aussi, le Sourou est une zone d'intervention de plusieurs projets. La capitalisation
des informations fournies dans les rapports de ces projets serait une veritable opportunité pour
l"amélioration de la productivité. Bado et al. (2007), le MEDD (20 t t) et la DORH (2017) onl
noté la volonté politique, la cogestion et /a fone demande de poisson.

Au niveau de la transformation, le niveau d' organisation, la production permanente, et te


genre des transformatrices sont de réelles opponunités pour la chaine. En effet, nos
observations nous ont montré que les transformatrices sont les acteurs les mieux organisés de
la filière. Également, dans la vallée du Sourou, la capture se fait pendant toute l'année
cOJltrairement aux autres PJ-IIE que sont Bagré et Kompienga où la capture est périodique.
Celle situation fait gue les transformatrices disposent toujours du poisson à transformer même
si la quantité varie d'une période à une autre. Entin, de nos jours, le thème genre offre
beaucoup d'avantages aux femmes et les projets ont tendance à prioriser les femmes dans
leurs interventions. Nous avons remarqué au Sourou que les interventions des projets sont
majoritairement orientées vers les transformatrices. Cela serait dû aux avantages liés à leur
slatut de couche vulnérable. Ces situations seraient de réelles opportunités qu'il faut saisir
pour améliorer les performances de la chaîne de transformation.

Enfin, au niveau de la commercialisation, le dynamisme des commerçants, la forte demande


dans les villes et la préférence du poisson local au détriment du poisson importé sont de
véritables possibilités d'amélioration des activités de la commercialisation. Ces résultats
corroborent ceux de Bado el al. (2007) au niveau national.

51
CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

La pre~ente étude portant sur les pêcheries et chaînes de valeur du poisson de la pêche de
capture a été menée dans la vallée du Sourou sur quatre sites dont les villages de Di, Niassan,
Gouran et Yaran. Les questions de recherche fondamentales qui ont gu idés nos investigations
sont les sui vantes:
- quelle est la structuration des chaînes d'activités liées à la lilière pêche el quelle est
la valeur générée par chaque activité?
- quelles sont les interactions qui existent entre ces dif1ërenles chaînes le long de la
filière?
- quelles peuvent être les forces, les faiblesses, les opportunités et les menaces pour les
activités de pêche?
L" étude a été conduite dans Je but de contribuer à une gestion dumble des ressources en eau
au Burkina Faso. L'hypothèse globale de recherche est [annulée sur l'existence de plusieurs
possibilités d'amélioration de la productivité et de la performance de la filière pêche de
capture au Burkina Faso.
Il ressort de nos résultats, l'existence de plusieurs catégories d·acteurs au sein d'une même
chaîne de valeur ainsi que le long de la filière. Cene catégorisation est fonction de l'âge, du
niveau d'instruction, du type de produit, des moyens de production. etc. La distribution des
revenus est hétérogène à l'intérieur des maillons et entre les différents maillons. Les acteurs
des chaînes interagissent le long de la filière formant ainsi les structures des chaînes de valeur
du poisson. Ces résultats nous révèlent que la performance des chaînes est fortement tributaire
de leurs structures. Par ailleurs, il ressort de ces résultats, quil existe rlusieurs opportunités et
menaces des chaînes de valeur du poisson. Les principales menaces et opportunités des
chaînes se situent essentiellement au niveau de la post-production.
De ces résultats, nous pouvons dire que notre hypothèse spéci tique 1 selon laquelle les
caractéristiques sociodemographiques et économiques des acteurs des chaînes de valeur du
poisson de la pêche de capture sont hétérogènes et notre hypothèse spécifique 2 selon laquelle
la s'ructure des chaînes de valeur du poisson de la pêche de capture in tluence leu r importance
économique sont confirmées. L'hypothèse spécifique 3 selon laquelle les opportunités et les
menaces de développement de la pêche de capture se situent au niveau de la post-production
est également confirmée.

52
Cette étude s'est limitée au niveau micro des chaînes de valeur. Cèpendant les acteurs situ~s

aux niveaux méso el macro n· ont pas été pris cn compte. Egalement, certaines catégories de

produits tels que le pOÎsson frit, séché et braisé n'ont pas fait l'objet d'analyse ainsi gue des

chaînes telles que le transport du poisson. De ce fait, les valeurs créées par ces produils et

acteurs n'ont pas été évaluées. CeLlx-c i const ituent les insu ffisances de 1" étude. Pour éV<lluer

l'importance réelle' dès chaînes de valeur du poisson de la pêche de capture nu SOllroU, il est

impératif d'analyser les chaînes de valeurs de ces catégories de produits el d·activités qui

créent des vûleurs non négligeables mais qui n 'CSl pas suffisamment pris en compte dans le'>

études.

Au terme de notre ~tude, nous formu Ions des recommandations à l'endroit des différents

acteurs.

Au Ministère de l'environnement, d'accentuer [es polices piscicoles car « sans contrôle, c ·est

sans poissons ».

Au service du PHfE. de capitaliser les intormations des rapports des projets el études menées

dans la zone pour mieux organiser les activités.

Aux. Projets et ONG, de prendre connaissance des rapports d'activités des projets et ONG

ayant intervenu dans la zone pour mieux cadrer les interventions.

Aux Grossistes et Détaillants, avec l'aide des agents du PHlE, de s'organiser en groupements

pour mieux organiser les activités de commercialisation du poisson.

Au projet SUSFISH-plus. de conduire une étude sur les chaînes de valeur des poissons frits,

séchés et braisés pour mieux cerner fes valeurs des activités de pêche.

53
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57
ANNEXES

xiî
ANNEXE]

Tableau XIX: Valeurs propres de la figure 3

FI F2 F3
Valeur
2,912 1,550 J ,306
propre
Varia bilité
36,394 19,380 16,330
(%)
% cumulé 36,394 55,774 72,104
Source: Données enquêtes, Juin 2018

Tableau XX : Contributions des variables CYo) à la formation des axes de la figure 3

Variables FI F2 F3

Ag 17,923 11,356 )5,340


Is 1,641 17,910 30.617
Act 10,204 9,118 14,867
Ex 20,144 14,408 7,993
Pi 14,809 0,077 J8,503
FM 9,113 32,840 2,976
FE 9,437 4,282 4JQ9
Pa 16,730 10,009 4,875
Source: Données enquêtes, Juin 2018

Tableau XXI : Valeurs propres de la figure 5

FI F2 F3

Valeur propre 2,655 1,032 0,724

Variabilité (%) 53,093 20,648 14,475

% cumulé 53,093 73,741 88,216

Source: Données enquêtes, Juin 2018

xiiÎ
Tableau XXII: Contributions des variables (%) il la

formation des axes de la figure 5

Variables FI 1'2 F3

Ag 3,959 77,035 0,014

Is 19,712 9,875 0,341

M.O. 31,988 4,460 5,058

T 30,041 6,590 12,304

LV 14,301 2,040 82,283

Source: Données enquêtes, Juin 2018

Tableau XXIII: Valeurs propres de la figure 7

FI F2 1'3

Valeur propre 3,468 2,349 1.224

Variabilité (%) 43,346 29,357 15,295

% cumulé 43,346 72,703 87,998

Source: Données enquêtes, Juin 2018

Tableau XXIV: Contributions des variables ('Yo) à la formation des axes de la figure 7

Variables F1 F2 F3

Ag 20,556 0,259 0,958

Is 13,150 4,129 9.578

LA 1,795 36,687 2,910

M.O 17,285 0,862 25,936

Pts 1,744 38,089 2,075

LV 13,077 0,029 32,578

T 17,915 1,543 25,653

Mv 14,479 18,402 0,311

Source: Données enquêtes. Juin 2018

xiv
ANNEXE2
Tableau XXV: Compte d'exploitation d'un pêcheur

Désignations 1 Références Valeurs


Permis de. pêche 8500
Pirogue 19000
Charges de production
Filets 160000
Palangre 8000
Total cbarges 195500
Vente 4604600
Produits
Autoconsommation 400400
Revenu brut 5005000
Marge brute 4837000
Agrégats
Valeur a.joutée 4809500
Taux de marge brute (%) 97
,
Sou rce : Dllnne'::s t:nquetes. JUin 2018

Tableau XXVI: Compte d'exploitation d'une transformatrice de poisson

1 Désignatlions Références <, Valeurs


Poisson frais 6 756750
Charges
Tra.nsport+restauration 234000
d'approvisionnement
Total 6990750
Licence de commercialisation 2500
Bois de chauffe 90000

Charges de production et Eau 12000


commercialisation Charges matériels 8500
Frais de peser 163800
Total 276800
Total cbarges 7267550
Vente 8281000
Produits
Autoconsommation 477 750
Revenu brut 8758750
Marge brute 1 498200
Agrégats
Valeur ajoutée 1 491 200
Taux de marge brute (%) 17
.
Source : Donnee~ enqueles. .JUin 2018

xv
Tableau XXVII: Compte d'exploitation d'un grossiste de poisson fumé

Désignations Références Valeurs

Poisson fumé 35 100000


Charges Carburanl+restauration 1 040000
d'approvisionnement
Emballage 29000
TOllll 36 169000
Licence de commercialisation 10000
Impôt sur l'approvisionnement 52000
Localion magasÎn 120000
Charges de Main d'œuvre 728000
commercialisation
Balance 2500
Charges moto 125000
Autres 109200
Total 1 146700
Total charges 37315700
Vente 43685200
Produits Autoconsommation 2256800
Pertes 1 755000
Revenu brut 45942000
Marge brute 9773000
Agrégats
Valeur ajoutée 9354300
Taux de marge brute (%) 21
Source: Donnees
.
cnqllclc~, JUin 2018

xvi
ANNEXE 3

xvii
ANNEXE 4

Photo 1 : Centre de pesée de Gouran

Source: Cliché FOF ANA, Juin 20 l8.

xxxii
Photo 2 : Fumoirs améliorés installés par la FAO

xxxiii