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Logique binaire

Définition
Une variable binaire est un élément qui ne peut prendre que deux valeurs notées 1 et 0 (Oui et Non).
On dira que X est une variable binaire si X ≠ 0 ⇒ X = 1 et si X ≠ 1 ⇒ X = 0.

Opérations sur une variable


La structure suivante applique un traitement Ti à la variable X et produit le résultat R, la table
suivante regroupe tous les traitements applicables à la variable X

X T1 T2 T3 T4
0 0 0 1 1
1 0 1 0 1
Les traitements T1 et T2 sont indépendants de la variable X et ne sont pas intéressants
T2 est un traitement qui ne change pas la valeur de la variable, c’est la fonction
logique OUI (yes).
o Symboles
Symbole anglo-
saxon

Symbole
européen

o Table de vérité
X R
0 0
1 1

o Équation
R=X

T3 est un traitement qui inverse la valeur de la variable, c’est la fonction logique NON
(not). Cette fonction est aussi appelée complémentation.
o Symboles
Symbole anglo-
saxon

Symbole
européen
o Table de vérité
X R
0 1
1 0

o Équation

Remarque : X=X

1
Opérations sur deux variables
Comme dans le cas d’une variable nous allons appliquer un traitement Ti aux variables X et Y et noter
le résultat R, la table suivante regroupe tous les traitements applicables aux variables X et Y.

X Y T1 T2 T3 T4 T5 T6 T7 T8 T9 T10 T11 T12 T13 T14 T15 T16


0 0 0 0 0 0 0 0 0 0 1 1 1 1 1 1 1 1
0 1 0 0 0 0 1 1 1 1 0 0 0 0 1 1 1 1
1 0 0 0 1 1 0 0 1 1 0 0 1 1 0 0 1 1
1 1 0 1 0 1 0 1 0 1 0 1 0 1 0 1 0 1

Les traitements T1 et T16 sont indépendants des variables et ne sont pas


intéressants,
Pour les résultats des traitements T4, T6, T11, T13
T4 : le résultat R est égal à X ; T13 : le résultat R est égal à .
T6 : le résultat R est égal à Y ; T11 : le résultat R est égal à .
On remarque une symétrie avec complémentation des traitements au niveau de la verticale entre T8
et T9.

T2 est un traitement qui produit un résultat égal à 1 si X ET Y sont égaux à 1, c’est la


fonction logique ET (and).
o Symboles
Symbole anglo-
saxon

Symbole
européen
o Table de vérité
X Y R
0 0 0
0 1 0
1 0 0
1 1 1

o Équation
R = X.Y

o Schématisation par interrupteurs


Le ET logique est réalisé par la mise en série des deux interrupteurs X et Y, il
faut que les deux interrupteurs soient actifs (1) pour que le résultat R soit lui
aussi à 1

T8 est un traitement qui produit un résultat égal à 1 si X = 1 OU si Y = 1 OU si X = 1 et


Y = 1. C’est la fonction logique OU (or).
o Symboles
Symbole anglo-
saxon

2
Symbole
européen
o Table de vérité
X Y R
0 0 0
0 1 1
1 0 1
1 1 1

o Équation
R=X+Y

o Schématisation par interrupteurs


Le OU logique est réalisé par la mise en dérivation des deux interrupteurs X
et Y, il suffit qu’un des deux interrupteurs soient actifs (1) pour que le
résultat R soit lui aussi à 1

T15 est le traitement complémentaire de T2, c’est la fonction ET NON (nand).


o Symboles
Symbole anglo-
saxon

Symbole
européen
o Table de vérité
X Y R
0 0 1
0 1 1
1 0 1
1 1 0

o Équation
R = X.Y
o Schématisation par interrupteurs

3
T9 est le traitement complémentaire de T8, c’est la fonction OU NON (nor).
o Symboles
Symbole anglo-
saxon

Symbole
européen

o Table de vérité
X Y R
0 0 1
0 1 0
1 0 0
1 1 0

o Équation
R

o Schématisation par interrupteurs

T7 est un traitement qui produit un résultat égal à 1 si X = 1 OU si Y = 1 mais pas si


X = 1 OU si Y = 1. C’est la fonction logique OUexclusif (xor).
o Symboles
Symbole anglo-
saxon

Symbole
européen
o Table de vérité
X Y R
0 0 0
0 1 1
1 0 1
1 1 0

o Équation

o Schématisation par interrupteurs


Le OU exclusif peut s’exprimer par une équation logique exprimant la
réunion des deux lignes de la table de vérité qui ont un résultat au niveau
logique 1 soit :

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T10 est le traitement complémentaire de T7, cette fonction est à un lorsque les
variables d’entrée sont identiques, c’est la fonction Identité.
o Symboles
Symbole
anglo-saxon

Symbole
européen
o Table de vérité
X Y R
0 0 1
0 1 0
1 0 0
1 1 1

o Équation

o Schématisation par interrupteurs


L’identité peut aussi s’exprimer par une équation logique exprimant la
réunion des deux lignes de la table de vérité qui ont un résultat au niveau
logique 1 soit :

T3 et T5 : opération d’inhibition.
o T3 est l’inhibition de X par Y,
R= X si Y = 0, R = 0 si Y = 1
o Équation
R=X.
o T5 est l’inhibition de Y par X.
R= Y si X = 0, R = 0 si X = 1 :
o Équation
R=Y.

T12 et T14 : opération d’implication.


o T12 est l’implication de Y par X
R = 1 si X Y
o T14 est l’implication de X par Y.
R = 1 si Y X.

Postulats
X =X
=0

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Règles de De Morgan

X+Y X.Y

Fonctions logiques
Une fonction logique ou fonction booléenne est une grandeur qui ne peut prendre que les valeurs 0
ou 1. La valeur de la fonction dépend de celles des variables binaires. On écrit F = f(x1, x2, x3, ....., xn)
pour représenter la combinaison de n variables binaires reliées entre elles par les symboles des
opérations logiques définies précédemment.

exemple : soit L une lampe qui peut être « allumée » ou « éteinte » et X et Y les interrupteurs à
deux positions (X0 - X1 , Y0 - Y1). Le fonctionnement de la lampe est défini de la manière
suivante

X Y L
X0 Y0 éteinte
X0 Y1 allumée
X1 Y0 allumée
X1 Y1 éteinte

La lampe est allumée si X0 . Y1 ou si X1 . Y0 . La fonction logique qui caractérise le


fonctionnement de la lampe L s’écrira en fonction de l’état des interrupteurs :

L = f ( X, Y ) = X0.Y1 + X1.Y0

Logigramme : le logigramme est une représentation de la fonction logique réalisée


qui utilise les symboles normalisés. Pour la fonction précédente, le logigramme est le
suivant : (avec et )

Formes canoniques des fonctions booléennes.


Soit la table de vérité suivante :

X2 X1 X0 S
0 0 0 0 X 0 . X1 . X 2

0 0 1 0 X 0 . X1 . X 2

0 1 0 0 X 0 . X1 . X 2

0 1 1 1 X 0 . X1 . X 2

1 0 0 0 X 0 . X1 . X 2

1 0 1 1 X 0 . X1 . X 2

1 1 0 1 X 0 .X 1 . X 2

1 1 1 1 X0 . X1 . X2

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Les huit combinaisons des variables binaires X0, X1, X2, classées dans l’ordre binaire naturel,
montrent que la fonction de sortie S prend, pour certaines combinaisons des variables la
valeur 1, pour d’autres, la valeur 0. La réunion des intersections pour lesquelles la fonction S
est égale à 1 constitue la première forme canonique de S. Il vient :

S= X 0 . X1 . X2 + X 0 . X1 . X2 + X0 .X1 . X2 + X0 . X1 . X2

La première forme canonique est une expression qui réunie tous les 1 de la fonction, chaque 1
correspond à l’intersection de toutes les variables.
L’expression de S est dans ce cas simplifiable, en effet :

S= X 0 . X1 . X2 + X0 . X1 . X2 + X0 .X1 . X2 + X0 . X1 . X2
S= X 0 . X1 . X2 + X0 . X1 . X2 + X 0 . X1 . X2 + X0 . X1 . X2 + X0 .X1 . X2 + X0 . X1 . X2
S= X0 . X1 . ( X2 X2 ) + X 0 . X2 . ( X1 + X1 ) + X1 . X2 . ( X0 + X0 )
S= X0 . X1 . (1) + X0 . X2 . ( 1 ) + X1 . X2 . ( 1 )

S= X0 . X1 + X0 . X2 + X1 . X2

Posons S = X0 . X1 . X2 + X0 . X1 . X2 + X0 .X1 . X2 + X0 . X1 . X2
En utilisant le théorème de De Morgan il vient :
S = ( X0 X1 X2 ) . ( X0 X1 X2 ) . ( X0 X1 X2 ) . ( X0 X1 X 2 )
Cette expression construite en utilisant les intersections de réunions est la deuxième forme
canonique.
Si dans la table de vérité de la fonction S nous réunissons les 0, nous aboutissons à la définition
de S = X0.X1.X2 + X0.X1.X2 + X0.X1.X2 + X0.X1.X2

S = X0 .X1.X2 + X0 .X1.X2 + X0 .X1.X2 + X0 .X1.X2

S = (X 0 .X1.X2 ).(X 0 .X1.X2 ).(X 0 .X1.X2 ).(X 0 .X1.X2 )

La deuxième forme canonique de la fonction S est donc :

S = (X0 + X1 + X2).(X0 + X1 + X2 ).(X0 + X1 + X2 ).(X0 + X1 + X2)


Cette deuxième forme canonique se présente sous la forme d’intersections de réunions.

Expression numérique des fonctions booléennes.


Dans un but de simplification de l’écriture d’une fonction booléenne nous pouvons associer à
chaque intersection constituant la fonction associer à chaque nombre binaire constitué par
ces intersections sa valeur décimale. Cette écriture n’est possible qu’après avoir défini le poids
de chacune des variables.

22 21 20 équivalent décimal
X2 X1 X0 S
0 0 0 0 0
0 0 1 0 1
0 1 0 0 2
0 1 1 1 3
1 0 0 0 4
1 0 1 1 5
1 1 0 1 6
1 1 1 1 7

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On peut écrire :
S = Réunion ( X2 . X1 . X0 + X2 . X1 . X0 + X2 . X1 . X0 + X2 . X1 . X0 )
Ou S = Réunion (011, 101, 110, 111) ou S = R (011, 101, 110, 111)
Et en remplaçant les valeurs binaires par leur équivalent décimal :
S = R ( 3, 5, 6, 7 ).

Matrice des combinaisons ou table de Karnaugh.


La table de Karnaugh permet une écriture plus condensée de la table de vérité, c’est en fait
une table de vérité dans laquelle les variables sont réparties en lignes et en colonnes.

Exemple : soit F = R (1, 3, 5, 6, 7, 12, 14, 15) la table de Karnaugh associée à cette fonction
s’écrit :
X1 X0 

X3 X2
 0 0 0 1 1 1 1 0
0 0 0 1 3 2

0 1 1 0
0 1 4 5 7 6

0 1 1 1
1 1 12 13 15 14

1 0 1 1
1 0 8 9 11 10

0 0 0 0

Remarque : les lignes et les colonnes de la table de Karnaugh sont écrites dans l’ordre binaire
réfléchi.
Ce mode d’écriture permet la simplification des fonctions logiques, les différentes
combinaisons des variables étant adjacentes.

Simplification des fonctions booléennes.


Méthode de simplification par table de Karnaugh.
a) simplification d’une fonction complète
Une fonction booléenne est complète si toutes les combinaisons des
variables conduisent à la définition pour la sortie d’un 1 ou d’un 0.
L’organisation de la table de Karnaugh selon un code binaire réfléchi permet
de mettre en évidence les propriétés suivantes :
o deux cases adjacentes ne diffèrent que d’une seule variable. Cette
variable apparaît complémentée pour une case, non complémentée pour
l’autre.
.... .... .... ....
On a donc une case de la table repérée par un terme X0 . X1 . . Xi . . Xn et l’autre case par X0 . X1 . . Xi . . Xn . Ces
.... ....
deux termes donnent un terme réduit X0 . X1 . . Xi-1 . XI+1 . . Xn . ( Xi + Xi ) , où ( Xi + Xi ) = 1
.... ....
soit X0 . X1 . . Xi-1 . XI+1 . . Xn.

o de même quatre cases adjacentes conduisent à un terme réduit dans


lequel deux variables sont enlevées et en généralisant 2p cases
adjacentes donnent un seul terme réduit dans lequel p variables sont
enlevées.
o Il est donc possible de regrouper 2, 4, 8, 16, …,2n cellules adjacentes, ces
cellules se regroupent en ligne, en colonne, en lignes et en colonnes

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Exemple : fonction de trois variables X0, X1, X2.
F = X2 . X1 . X0 + X2 . X1 . X0 + X2 . X1 . X0 + X2 . X1 . X0

X1 X0 

X2
 0 0 0 1 1 1 1 0
0 0 1 3 2
X 2 . X1
0 0 1 1
X1 . X0
1 4 5 7 6

0 1 1 0
X2 . X0

La fonction F (X0, X1, X2) est la réunion des trois groupes de 1 c’est à dire :
F = X1 . X 0 + X 2 . X1 + X 2 . X 0
On remarque que le groupe X1, X2 est contenu dans les deux autres regroupements, il est
possible de « prendre » tous les uns en utilisant deux regroupements X2 . X1 et X2 . X0

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Exercices :

1. Une lampe L commandée par deux boutons poussoirs A et B ne fonctionne pas si A est au travail
ou si B est au repos et seulement dans ces cas.
Déterminer l’équation du fonctionnement de la lampe.
Tracer le logigramme de fonctionnement.

2. Une lampe L commandée par deux boutons poussoirs A et B ne fonctionne pas si A est au
travail et si B est au repos et seulement dans ces cas.
Déterminer l’équation du fonctionnement de la lampe.
Tracer le logigramme de fonctionnement

3. Une lampe L commandée par trois boutons poussoirs A, B et C ne fonctionne pas si :


B et C sont au repos ou si A est au repos et B au travail ou si B est au travail et C au repos et
seulement dans ces cas.
Déterminer l’équation du fonctionnement de la lampe.
Tracer le logigramme de fonctionnement

4. Écrire l’équation du fonctionnement de la lampe L.


A

B A L
C
C D

Écrire l’équation du fonctionnement des lampes L1 et L2.

L1
A B D

B E
C D

C E
L2
A

5. Vérifier en utilisant les postulats de l’algèbre de Boole, puis les tables de Karnaugh :
a.(a b) a
a a.b a b
a.(a b) a.b
a.b a .c b.c a.b a .c (a b).(a c)
(c a.b.d b .d a .b).( c a.b b.d ) b.( a c).( a c ) d .(b c)

6. En utilisant le théorème de De Morgan, simplifier, en les réduisant à un seul niveau de


complémentation les expressions suivantes :

a.b c.d a .b a.b b .c ; (a.b c.d a .b).(a.b b .c) ; a b c d e

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7. En utilisant le théorème de De Morgan, trouver le complément de fonctions suivantes :
F (a b.c.d ).( a.b e .( c.d a . f ))
F (a.b.d e ).( a b d ) a.b .c
Vérifier les résultats en faisant F.F (le résultat doit être nul) ou en faisant F F (le résultat est
alors égal à 1).
8. On pose a b a .b et a / b a b montrer que :
(a b) (c d ) (a b).( c d )
(a / b) /(c / d ) a.b c.d
(Utilisation du théorème de De Morgan puis tables de Karnaugh)

EQUATIONS LOGIQUES (VIGIPARK)


Vigipark est un dispositif qui permet la réservation d’une place de parking pour une personne
handicapée.
On donne la table de vérité des fonctions Monter et Descendre.
La présence d’un véhicule (1) est détectée par un capteur infrarouge.
L’action sur le bouton poussoir de la télécommande UHF est associée a un niveau logique 1.
Le bras en position haute entraine une information HAUT = 1, Bas = 0, le bras en position basse
conduit à HAUT = 0, BAS = 1.
Lorsqu’une combinaison est impossible, elle est notée X

Véhicule UHF HAUT BAS Monter Descendre


0 0 0 0 0 0
0 0 0 1 0 0
0 0 1 0 0 0
0 0 1 1 X X
0 1 0 0 1 1
0 1 0 1 1 0
0 1 1 0 0 1
0 1 1 1 X X
1 0 0 0 0 0
1 0 0 1 0 0
1 0 1 0 0 0
1 0 1 1 X X
1 1 0 0 0 1
1 1 0 1 1 0
1 1 1 0 0 1
1 1 1 1 X X

Pour la fonction Monter écrire l’équation sous la forme canonique d’une réunion d’intersections,
Simplifier cette équation et écrire le logigramme.
Mêmes questions pour Descendre. Après câblage des logigrammes dans Isis de Protéus, vérifier la
conformité du fonctionnement. Conclusion (le système Vigipark ne possède qu’un seul moteur qui
assure la monté et la descente).

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