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Département sciences économiques et gestion Groupes 

: CF 21, CF22, PME 21, PME 22


Cours  : Analyse financière Enseignante : Mme KHALFI L.
Chapitre I  : Le bilan financier

Chapitre I :
LE BILAN FINANCIER

INTRODUCTION 

Avant de prendre une décision qui engage l’entreprise, le financier doit porter un
diagnostic sur la situation de son entreprise. Ce diagnostic est établi sur la base des
documents financiers.
Ce chapitre sera donc consacré à la présentation du bilan de l’entreprise selon
l’optique financière. Cette présentation tente de s’adapter à la réalité économique de
l’entreprise puisque la présentation comptable est imprécise et incomplète.
Ainsi dans ce chapitre on essayera d’abord de :
- Montrer l’imperfection des documents comptables.
- Retraiter le bilan comptable.
- Présenter le bilan financier détaillé et le bilan de synthèse.

Section I : Imperfections des documents comptables 

Un bilan comptable est établi sur la base, des règles, de présentation et d’évaluation
qui émanent d’un formalisme inhérent de la normalisation comptable. Malgré les
améliorations récentes introduites par le système comptable tunisien appliqué depuis le
01/01/97 la distorsion entre la présentation comptable et financière persiste, en effet l’analyste
financier se trouve au contraire plus soucieux d’efficacité que de formalisme.
Si on veut détailler encore plus les origines de la divergence ente les deux disciplines
comptable et financière on pourra se référer à quelques exemples :

1) L’inflation 
Selon le principe du coût historique les actifs doivent être comptabilisés à leurs coûts
d’acquisition, la réévaluation n’est pas possible (principe du coût historique et principe de
prudence) ainsi la dépréciation monétaire n’est pas prise en compte et la valeur des actifs ne
représente pas la réalité économique.

2) Date d’arrêté des comptes


 Cette date a des répercussions sur l’appréciation de la situation financière des
entreprises dont l’activité est saisonnière. Généralement en comptabilité la date d’arrêté des

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comptes est le 31/12 de chaque année ceci peut ne pas coïncider avec les différentes phases du
cycle d’exploitation. L’analyste financier peut être donc induit en erreur.
Exemple
Imaginer que nous faisons notre analyse financière de la société « THALJA » sur la
base d’un bilan arrêté le 31/12. La société est spécialisée dans la vente de produits
frigorifiques, à cette date nous ne trouvons pas de stocks de produits finis, donc ce bilan n’est
pas représentatif de l’activité réelle de l’entreprise.
3) Les utilisateurs de l’information comptable
  Le bilan comptable est destiné à plusieurs utilisateurs dont les objectifs sont
divergents. Exemple : le dirigeant de l’entreprise peut décider une augmentation des charges
de l’exercice pour diminuer le résultat afin de payer moins d’impôt sur le bénéfice. Ainsi une
méthode d’amortissement dégressif est plus recommandée dans cette situation puisque la
charge d’amortissement est plus importante les premières années. Ce choix donc n’est pas
tributaire des conditions d’utilisation réelle. D’où il est difficile de faire confiance à une
information donnée par un bilan comptable.

4) La non prise en compte des données qualitatives


  Le bilan comptable ne prend en compte que des ressources quantitatives, or les
ressources qualitatives permettent en grande partie de réaliser des performances économiques
de l’entreprise.
Exemple 
Deux entreprises peuvent avoir les mêmes actifs et passifs mais un résultat différent
de fin d'année en fait la qualification du personnel intervient.
Ainsi, pour que le bilan comptable soit un support adéquat pour la conduite d’une
analyse financière crédible il doit être retraité. Le bilan redressé s’appelle bilan financier.
Le bilan financier permet de renseigner les actionnaires, les banquiers et les tiers sur :
la solvabilité réelle de l’entreprise, sur son degré de liquidité, sur la couverture de ses
investissements et sur son autonomie financière.
Le bilan financier est un document de base nécessaire à toute négociation financière.
La construction du bilan financier repose sur :
-Une réévaluation des postes des actifs du bilan comptable afin de déterminer le
montant de l’actif réel.
-La détermination des passifs réels et leurs reclassements selon leurs échéances.
-La détermination de la valeur réelle des fonds propres.

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Section II : La détermination des actifs réels 

Les actifs de l’entreprise comprennent les moyens de production et les actifs circulants
qui vont permettre à l’entreprise d’accomplir son cycle d’exploitation. Pour corriger ces actifs
il convient :
-D’éliminer les non-valeurs.
-D’intégrer les plus et moins values non comptabilisées.
-De prendre en compte les engagements hors bilan.

1) Le traitement des non-valeurs


  Les non-valeurs sont des emplois inscrits à l’actif du bilan comptable, ils ont une
incidence non immédiate sur le résultat de l’exercice. L’objectif comptable vise :
- A échelonner leur impact sur le résultat (frais préliminaires).
- A différer la prise en compte de cet impact sur le résultat (prime de remboursement
des obligations).
- A tenir compte du caractère latent de la perte qu’ils représentent (écart de conversion
des actifs).
En termes de liquidité, les non-valeurs ne peuvent pas donner lieu à une rentrée de
fonds puisqu’elles sont des actifs fictifs créés pour les besoins d’une procédure comptable.
Le financier doit donc d’après cette analyse éliminer ces non-valeurs de l’actif total.

Bilan comptable
Bilan financier non équilibré
Emplois Ressources Emplois Ressources
Actifs non courants Capitaux propres Actifs non courants Capitaux propres
Autres actifs non Autres actifs non
courants courants
 frais préliminaires Passifs non courants  frais préliminaires Passifs non courants
 charges à répartir  charges à répartir
 frais d’émission et  frais d’émission et
prime de Passifs courants prime de Passifs courants
remboursement remboursement
 écarts de  écarts de conversion
conversion
Actifs
Actifs
courants
courants
TOTAL X TOTAL X TOTAL Y = X-Z TOTAL X

En éliminant les actifs fictifs, le bilan ne garde pas son équilibre c.à.d. le total des
emplois et différent du total des ressources Y ≠ X. Ainsi il faut suivre cette opération par une

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diminution d’un même montant au niveau des fonds propres (réserve spéciale de
réévaluation).
Bilan financier
Emplois Ressources
Actifs non courants Capitaux propres
Autres actifs non courants Ainsi l’équilibre entre les emplois et les
 frais préliminaires  réserve spéciale de ressources est respecté, total des actifs =
 charges à répartir réévaluation (Z) total des capitaux propres et passifs
 frais d’émission et
prime de Passifs non courants
remboursement
 écarts de conversion
Passifs courants
Actifs courants
TOTAL Y TOTAL Y

2) Les actifs immobilisés


  Les actifs immobilisés doivent être évalués à leurs valeurs réelles et non pas à leur
V.C.N ou à la valeur brute comme le cas du bilan fonctionnel, il y a donc abandon du principe
de coût historique.
Les actifs immobilisés sont composés :
- Des immobilisations incorporelles
- Des immobilisations corporelles
- Des immobilisations financières
Au niveau des immobilisations incorporelles il s’agit du fonds commercial, du droit au
bail, du logiciel, des concessions, brevets, marques …
Le fonds commercial et le droit au bail ne figurent pas dans le bilan comptable s’ils
sont crées par l’entreprise (application de la convention de prudence). Sur le plan financier il
faut évaluer ces derniers et les constater dans le bilan financier tout en augmentant les
réserves spéciales de réévaluation au niveau des capitaux propres.
Pour les immobilisations corporelles une réévaluation doit être faite de ces éléments
tout plus value ou moins value augmente ou diminue les actifs et la réserve spéciale de
réévaluation.

Exemple
 L’entreprise « 3S » a acheté le 01/01/1980 un terrain d’une superficie de 5000 m2 à la
région de zarouk Gafsa, au prix de 0,200 dinars le m2.
Le 31/12/2001, à cette région le m2 se vend à 50 dinars.
On demande à partir du bilan comptable d’établir le retraitement nécessaire pour
déterminer le bilan financier.
Bilan comptable au 31/12/2001 Bilan financier non équilibré
Emplois Ressources Emplois Ressources

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Actifs non courants Capitaux propres Actifs non courants Capitaux propres

* Terrain 1000 * Terrain 250.000


Passifs non courants Passifs non courants

Passifs courants Passifs courants


Actifs
Actifs
courants
courants
TOTAL X TOTAL X TOTAL Y = X+249.000 TOTAL X

Bilan retraité
Emplois Ressources
Actifs non courants Capitaux propres
Ainsi l’équilibre entre les emplois et les
Terrain 250.000 * réserve spéciale de
réévaluation 249.000
ressources est respecté total des actifs = total
des capitaux propres et passifs
Passifs non courants
Actifs Passifs courants
courants
TOTAL Y TOTAL Y

Pour les immobilisations financières, il s’agit des titres de participation, des prêts et
des dépôts et cautionnements. Ces biens financiers ne peuvent être considérés comme
immobilisés que si l’entreprise a l’intention de les détenir pour une période supérieure à 12
mois. Une entreprise ne peut pas considérer des actions achetées dans un objectif spéculatif
comme des immobilisations financières. Si l’échéance d’un prêt est devenue inférieure à une
année un reclassement des immobilisations financières deviendra nécessaire.

3) Les stocks
 Plusieurs problèmes peuvent se présenter à propos des stocks :
- L’obsolescence de certains produits, le risque d’invendu peuvent causer la
diminution de la valeur des stocks. Le financier doit ainsi être vigilant pour constater l’effet
de ce risque sur les stocks et par suite diminuer la réserve spéciale de réévaluation dans
l’objectif de garder l’équilibre du bilan.
- Les méthodes d’évaluation des stocks sont multiples, le système comptable tunisien
laisse le choix entre deux méthodes seulement à savoir le coût moyen unitaire pondéré et la
méthode premier entré premier sorti (FIFO). Toutefois d’autres méthodes peuvent être
étudiées telles que la méthode du dernier entré premier sorti (LIFO), la méthode des coûts
d’achats identifiés, la méthode des coûts de remplacement ou dite aussi méthode
économique…
En période d’inflation, la méthode FIFO permet de dégager un bénéfice supérieur aux
autres méthodes. L’analyste financier doit être attentif aux modifications intervenues dans la
méthode d’évaluation pour ne pas gonfler ou réduire artificiellement un bénéfice ou une perte.

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Le choix de la méthode doit être basé sur le souci de la représentation d’une réalité
économique.
Certaines entreprises dans leurs politiques d’approvisionnement fixent un stock appelé
stock de sécurité. La société n’a recours à ce stock que dans des cas rares (brusque
accroissement des besoins ou important dépassement des délais de livraison) pour ne pas
arrêter la production.
Ainsi la conclusion du financier, c’est que ce stock n’est pas fréquemment utilisé et
donc il ne doit pas constituer un actif circulant. Il s’agit plutôt du stock outil qui reste dans
l’entreprise pour une longue période. Ce stock est éliminé des actifs circulants et est classé au
niveau des valeurs immobilisées.

4) Les comptes de régularisation des actifs


  Ces comptes sont utilisés en application du principe comptable de rattachement des
charges et des produits » en effet chaque exercice ne doit supporter que ses charges et ses
produits.
Exemple
Une entreprise a loué le 30/03/N un entrepôt, le paiement des loyers est annuel et à
l’avance pour 12.000 DT.

L’opération s’analyse d’un point de vue comptable ainsi 

30/03/N

61 Services extérieurs 12.000

Trésorerie 12.000

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Le 31/12/N une écriture comptable de régularisation va avoir lieu dont l’objectif de ne


laisser pour l’exercice N que les charges qui le concerne.

31/12/N

47 Compte de régularisation 3.000

6 Services extérieurs 3.000


1

(12.000 * 3/12 = 3.000)

D’un point de vue financier


Le financier analyse cette opération autrement, en effet le loyer constitue une charge
qui a été décaissée et dont on n’espère pas récupérer son montant, Pourquoi donc on la
considère comme une créance, alors quelle ne l’est pas ?
De ce fait, il faut annuler cette créance constituant un actif fictif et diminuer la réserve
spéciale de réévaluation pour un même montant.
Le financier est appelé à vérifier les éléments des comptes de régularisations afin de
s’assurer de l’existence réelle ou non des créances.

5) Les provisions pour dépréciation


  Ces provisions viennent en déduction des éléments d’actifs, dans la mesure où elles
sont justifiées d’ailleurs même comptablement les provisions sont considérées comme des
actifs soustractifs. Toutefois si une provision est constatée à tort, il y a lieu donc de redresser
la situation en annulant la provision et en augmentant la valeur de l’actif correspondant.

6) Les placements courants


  Les placements sont constitués, soit des titres de propriété soit de titres de créances.
L’entreprise dans ce cas n’a pas l’intention de détenir ces titres à M.L.T, l’objectif recherché
est spéculatif (rentabilité immédiate). D’un point de vue financier ces titres peuvent être
considérés :
- Soit des valeurs disponibles, dans le cas où ces titres seraient très liquides (bons de
trésor)
- Soit des valeurs réalisables pour les titres ayant un degré de liquidité moins
important.

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Section III : Le reclassement des capitaux propres et des passifs 

1) Le résultat de l’exercice
Le résultat de l’exercice représente l’excédent du total des revenus et des gains d’un
exercice donné sur le total des charges et des pertes de ce même exercice. Que cette différence
soit positive (bénéfice net) ou négative, elle est présentée sous la rubrique des capitaux
propres.
a. Perte de l’exercice 
La perte constitue du point de vue financier une « non valeur ». Pour établir le bilan
financier, il y a lieu de retrancher le résultat déficitaire du montant du poste des capitaux
propres (déjà effectué dans le bilan comptable).
b. Bénéfice de l’exercice 
L’analyse financière utilise le bilan après répartition des bénéfices pour distinguer la part
revenant à l’entreprise (qui vient augmenter les capitaux propres) et la part qui sera distribuée
aux actionnaires (qui vient augmenter les dettes à court terme hors exploitation).
En effet, le résultat bénéficiaire qui figure au bilan sous le nom de « bénéfice net » est soumis
à l’assemblée générale des actionnaires ou associés appelé à examiner et approuver
notamment le bilan, l’état de résultat et décider les modalités de répartition des bénéfices.
Comment affecter le résultat d’un exercice ?
La répartition des bénéfices obéit à des considérations légales, statutaires ainsi qu’aux
décisions de l’assemblée générale ordinaire des actionnaires.
 Réserve légale  :
La loi impose aux sociétés « un prélèvement obligatoire de 5% des bénéfices nets
après déduction des déficits reportables est alloué au titre de la réserve légale. Toutefois ce
prélèvement cesse d’être obligatoire lorsque la réserve légale atteindra le 1/10 du capital
social. »
Exemple 
La société « 3S » a été créée le 01/01/1995 au capital de 300.000 DT. Le 30/06/2000
son capital est passé à 400.000 DT, elle a réalisé depuis 1995 jusqu'à 2001 les résultats
suivants :

31/12/95 31/12/96 31/12/97 31/12/98 31/12/99 31/12/00 31/12/01


Années
Résultats 100.000 180.000 (20.000) 180.000 190.000 (10.000) 110.000
T.A.F
Déterminer la dotation annuelle à la réserve légale et présenter le solde du compte
réserve légale annuelle.

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Corrigé

Années 31/12/95 31/12/96 31/12/97 31/12/98 31/12/99 31/12/01 31/12/01


Résultats 100.000 180.000 (20.000) 180.000 190.000 (10.000) 110.000
Dotation à la RL (1)5.000 9.000 0 (2)
8.000 9.500 0 5.000
en application du
taux de 5%
Plafond (3)
30.000 30.000 30.000 30.000 30.000 40.000 40.000
5.000 14.000 14.000 22.000 30.000 30.000
(4)
35.000
RL Cumulée
(1) 100.000 * 5% = 5.000 (3) 10% du capital = 300.000 * 10% = 30.000
(2) (180.000 – 20.000) * 0.05 = 8.000 (4) 22.000 + 9.500 > 30.000 donc on va
retenir 30.000 – 22.000 = 8.000

 Premier dividende ou intérêt statutaire ou dividende statutaire  :


C’est le dividende prévu par les statuts et versé aux actionnaires ou associés. Il est fixé sous
forme de pourcentage du montant libéré et non remboursé du capital.
 Réserves (autres que la réserve légale)  :
Pour faire face a des difficultés inattendues, pour renforcer sa trésorerie ou pour prévoir un
développement futur, l’entreprise constitue d’autres réserves en plus de la réserve légale.
Ces réserves peuvent être indiquées dans les statuts de l’entreprise (réserves statutaires) ou
résultent d’une décision de l’assemblée générale des actionnaires (réserves facultatives ou
autres).
 Dividendes supplémentaires ou superdividendes  :
Après avoir prélevé la dotation a la réserve légale, l’intérêt statutaire et les autres réserves,
le solde bénéficiaire, le cas échéant peut être affecte en tout ou en partie aux actionnaires
(deuxième dividende). Le superdividende est verse sans distinction a toutes les actions
qu’elles soient entièrement libérées ou non, partiellement ou totalement remboursées. Les
actions de jouissance, qui n’ont pas droit au premier dividende, reçoivent intégralement le
superdividende.
 Tantièmes  :
Les administrateurs peuvent recevoir une part du bénéfice sous forme de tantièmes. Les
tantièmes ne peuvent être distribues que si les dividendes des actionnaires sont effectivement
payes. Le maximum légal est fixe à 1/9 du total des superdividendes.
 Parts de fondateurs  :
Les parts de fondateurs sont des titres n’ayant pas de valeur nominale, mais donnent
droit a une partie des bénéfices réalisés. Ces parts sont généralement attribuées au
moment de la constitution de la société en récompense aux fondateurs pour les études et
les démarches effectuées ils peuvent recevoir un droit fixe ou proportionnel du bénéfice.
 Résultat reporté  :
Apres avoir réglé l’ensemble des réserves et des dividendes, il reste généralement un reliquat
de bénéfice sans affectation appelé résultat reporté.

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Si on schématise la répartition des bénéfices on aura le tableau suivant :

Eléments Montant

Bénéfice net de l’exercice (N)

+/- Résultat reporté (N-1)

- Reserve légale

= Bénéfice distribuable

- Intérêts statutaires (dividendes)

- Réserves facultatives

- Réserves statutaires

- Autres réserves

= Reliquat

- Deuxième dividende

- Part de fondateurs

- Tantième

= Résultat reporté

Remarques importantes
Avant la promulgation du nouveau code des sociétés du 3 novembre 2000, la
répartition des bénéfices était plus compliquée. Les dividendes étaient composés d’intérêt
statutaire et de super dividende et une part des bénéfices était destinée aux fondateurs.
Exemple
 La société « 3S » est une société anonyme au capital de 500.000
DT composé de 100.000 actions. Au bilan du 31/12/N on trouve les
comptes suivants :
Réserve légale…………………….48.000
Réserve statuaire………………….24.000
Réserve facultative………………..40.000
Résultat de l’exercice……………100.000
Résultat reporté…………………….2.000

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Les statuts prévoient que la dotation à la réserve statutaire représente toujours la


moitié de la dotation à la réserve légale.
La dotation à la réserve facultative est fixée par l’assemblée générale ordinaire des
actionnaires à 10.000 DT et le dividende par action à 0,800 DT.
T.A.F
1) Présenter la répartition des bénéfices.
2) Quelle est son incidence sur le bilan financier ?

Correction 
1) Tableau de répartition du résultat

Eléments Montant

Bénéfice net de l’exercice (N) 100 000

+ Résultat reporté (N-1) 2000

- Reserve légale 2000

= Bénéfice distribuable 100 000

- Intérêts statutaires (dividendes) 80 000

- Réserves facultatives 10 000

- Réserves statutaires 1000

= Résultat reporté 9 000

2) Incidences sur le bilan financier :

Bilan comptable Bilan retraité


Emplois Ressources Emplois Ressources
Actifs non courants Capitaux propres Actifs non courants Capitaux propres
 Capital 500.000  Capital 500.000
 Réserve légale 48.000  Réserve légale 50.000
 Réserve statutaire 24.000  Réserve statutaire 25.000

Actifs courants


Réserve facultative 40.000
Résultat reporté 2.000
Actifs  Réserve facultative 50.000
 Résultat reporté 9.000
 Résultat
Passifs non courants
100.000 courants
Passifs non courants
Passifs courants
Passifs courants  D.C.T hors.exp. 80.000
TOTAL X TOTAL X TOTAL X TOTAL X

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2) Les provisions pour risques et charges


Comptablement, ces provisions viennent en augmentation des passifs, toutefois sur le
plan financier il faut donner de l’importance au degré du risque à courir.
Si la probabilité de réalisation du risque ou de la charge est très faible, la provision
ne constitue plus un passif mais plutôt, une provision à caractère de réserve à prendre en
compte au niveau des capitaux propres.
Le financier aussi doit porter son attention à la date de réalisation du risque ou du
paiement de la charge. Si le paiement aura lieu dans un avenir proche la provision est
considérée comme une dette à C.T, dans le cas contraire la provision constituera une
D.M.L.T.

3) La subvention d’investissement
 Elle est généralement accordée par l’Etat dans le but d’aider les entreprises à
l’acquisition de biens d’équipement.
La subvention d’investissement, sur le plan comptable et sur le plan financier, a un
traitement particulier et différent.
Comptablement une subvention d’investissement constitue des capitaux propres, une
partie de la subvention sera annuellement incorporée dans le bénéfice imposable de chaque
exercice en fonction des amortissements effectivement appliqués sur le bien acquis par
l’intermédiaire de la dite subvention.
Exemple 
La société « 3S » a acheté le 30/06/N une machine pour 100.000 DT. L’Etat a
subventionné cet investissement à 50%. La méthode d’amortissements de la machine est
linéaire sur 5 ans, le taux d’impôt sur le bénéfice est de 30%.
L’opération sur le plan comptable s’analyse ainsi :

Compte de 30/06/N
capitaux
50.000
propres Compte de trésorerie
1451 Subvention d’investissement 50.000
dito
2234 Matériel industriel 100.000
Compte de trésorerie 100.000
31/12/N
681 Dotation aux amortissements 100.000 x 1/2 x 1/5
281 Amortissement matériel industriel 10.000 10.000
31/12/N

Compte 1459 Sub.d’inves.inscrites au cpte de résultat 5.000


de 739 Quotes parts de sub.d’invest 5.000 50.000 x ½ x 1/5
produit inscrites au cpte de résultat.

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Cette opération est faite annuellement jusqu' à ce que la subvention soit transférée en
totalité au compte de résultat.

D’un point de vue financier


  La partie de la subvention transférée au résultat augmente les bénéfices de
l’entreprise et par suite l’impôt qui est proportionnel au résultat.

Années 31/12/N 31/12/N+1 31/12/N+2 31/12/N+3 31/12/N+4 31/12/N+5


Sub.d’invest inscrite au 45.000 35.000 25.000 15.000 5.000 0
bilan
Partie transférée au 5.000 10.000 10.000 10.000 10.000 5.000
résultat de l’exercice
Impôt sur le bénéfice 1.500 3.000 3.000 3.000 3.000 1.500
(30%)

De cette manière l’Etat va récupérer une partie de la subvention qu’il a accordée sous
forme d’impôt sur le bénéfice. L’analyste financier décompose donc la subvention en deux
parts :
-Une part acquise par l’entreprise et qui est définitive et vient en augmentation
effective des capitaux propres. Cette partie est égale au :

Montant de la subvention X (1-t) avec t : taux d’impôt

-Une part récupérée par l’Etat, représentant des impôts sur les bénéfices à payer les
années à venir. Il s’agit de D.C.T hors exploitation pour la partie à moins d’un an et de
D.M.L.T pour la partie à plus d’un an.

Bilan comptable au 31/12/N Bilan retraité


Emplois Ressources Emplois Ressources
Actifs non courants Capitaux propres Actifs non courants Capitaux propres
 Sub. d’invest. 45.000  Sub. d’inves. 31.500

Passifs non courants Actifs Passifs non courants


Actifs courants  D.M.L.T 10.500

courants Passifs courants Passifs courants


 D.C.T.H.exp 3.000
TOTAL X TOTAL X TOTAL X TOTAL X

Section IV : Le traitement des opérations hors bilan 


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7
Département sciences économiques et gestion Groupes : CF 21, CF22, PME 21, PME 22
Cours  : Analyse financière Enseignante : Mme KHALFI L.
Chapitre I  : Le bilan financier

1) La prise en compte des effets escomptés et non échus 


Les effets escomptés et non échus correspondent à des créances qui ont donné lieu à
une mobilisation, l’entreprise les a cédés à sa banque et a constaté en contre partie une
augmentation des disponibilités. D’un point de vue juridique les EENE ne constituent plus des
créances et donc ils ne font pas partie du patrimoine. Cependant du point de vue financier, on
ne peut pas négliger deux observations relatives aux incidences des effets escomptés.
-Le montant des EENE correspond à un concours bancaire effectivement obtenu par
l’entreprise.
-L’encours du crédit octroyé par l’entreprise à sa clientèle inclut l’ensemble des
créances non encore échues, quelles soient nourries par l’entreprise elle même ou qu’elles
donnent lieu à mobilisation.
Ainsi pour ne pas sous-estimer les crédits commerciaux accordés par l’entreprise et les
concours bancaires obtenus le financier va 
-Additionner le montant des EENE aux valeurs réalisables,
-Additionner le même montant à l’encours de crédit bancaire à court terme.
Bilan comptable Bilan financier
Emplois Ressources Emplois Ressources
Actifs non courants Capitaux propres Actifs non courants Capitaux propres

Passifs non courants Passifs non courants


Valeurs Passifs courants
Actifs Passifs courants d’exploitation Dettes bancaires à C.T
 EENE Z
courants Valeurs
réalisables
 EENE

Z
Valeurs disponibles
TOTAL X TOTAL X TOTAL X+Z TOTAL X+Z

Engagement hors bilan


EENE Z

2) La prise en compte du crédit bail


  Le crédit bail permet à l’entreprise d’utiliser durablement des immobilisations sans
avoir à avancer leur valeur d’acquisition.
Sur le plan juridique l’entreprise n’est pas propriétaire du bien et c’est pour cette
raison qu’il n’apparaît pas sur son bilan comptable.

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Chapitre I  : Le bilan financier

D’un point de vue financier, le dit bien concourt à l’activité économique de


l’entreprise au même titre que les éléments acquis en toute propriété. Donc il faut intégrer au
niveau des actifs la valeur du bien et augmenter les passifs par la dette correspondante.
Remarque : D’après le projet de norme Tunisienne sur les contrat de location-
financement le crédit bail ne constitue pas un engagement hors bilan ,il est inscrit au compte
24 :immobilisation à statut juridique particulier. Il ne subit par conséquent aucun retraitement.
Exemple 
Le bilan de l’entreprise « 3S » au 31/12/N se présente ainsi :
Emplois Ressources
Montants Montants
Actifs non courants Capitaux propres 150.000
 Immobilisations corporelles 200.000
20.000 Passifs non courants
Autres actifs non  D.M.L.T 100.000
courants 30.000 Passifs courants
 fournisseurs 30.000
Actifs courants 20.000

 Stocks de 10.000

marchandises
 Clients et comptes
rattachés
Caisse
TOTAL 280.000 TOTAL 280.000

Engagements hors bilan 


Eléments Montants
E.E.N.E 20.000
Crédit bail (machine) 50.000
Le paiement des loyers est semestriel il
reste à payer 10 semestres
T.A.F
Faites les traitements nécessaires selon une optique financière.
Correction 
1) Les autres actifs non courants sont des actifs fictifs donc il faut les éliminer des actifs et
diminuer la réserve spéciale de réévaluation de 20.000 DT.
2) Les EENE représentent des valeurs réalisables (des créances) donc à réintégrer au niveau
des actifs. Il faut augmenter aussi au niveau des passifs les dettes bancaires à court terme pour
20.000.
3) La machine, sur le plan économique contribue à la réalisation de l’objet de l’entreprise
donc il faut :
-Intégrer sa valeur pour 50.000 DT au niveau des immobilisations corporelles
-Augmenter les D.M.L.T pour 40.000 DT soit 50.000/10 x 8

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Chapitre I  : Le bilan financier

-Augmenter les D.C.T hors exploitation de 10.000 DT soit 50.000/10 x 2

Section V : Présentation du bilan financier détaillé et du bilan de


Synthèse
1) Bilan détaillé

Mise en évidence de la situation nette réelle 

La situation nette réelle correspond à la richesse réelle des actionnaire ;

Situation Nette Réelle = Capital social et primes d’émission + Réserves légales + Autres
réserves + Résultat reporté + Plus ou moins value latents (réserve spéciale de réévaluation)

+ Provision à caractère de réserves+ Provision pour risques et charges non justifiés + une
partie de la subvention d’investissement.

Présentation du bilan financier détaillé

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Chapitre I  : Le bilan financier

BILAN FINANCIER DETAILLE

Actifs Fonds propres et passifs


Immobilisations nettes Situation nette réelle (SNR)
Imm.incorporelles Capital
Imm.corporelles (propriété de l’entreprise ou Réserves ( RL, RS, RF, RSR )
acquises par crédit bail) Résultat reporté
Imm.financières Provision à caractère de réserve
Stock outil Subvention d’investissement : S (1 – t)

Valeurs d’exploitation Dettes à long et moyen terme


Stock de marchandises Dettes à plus d’un an
Stock de produits finis Provisions pour risques et charges à long
Stock matières premières terme
Stock de fournitures Subvention d’investissement S (n-1/n) t
Stock de produits consommables
Passifs courants d’exploitation
Valeurs réalisables d’exploitation Fournisseurs
Clients Effets à payer
Clients douteux Personnel rémunération dues
Effets à recevoir TVA à payer
Effets escomptés et non échus
Crédit de TVA Passifs courants hors exploitation
Créditeurs divers
Valeurs réalisables hors exploitation Emprunt à moins d’un an
Prêt à moins d’un an Actionnaires dividendes à payer
Titres de placement Provisions pour R et C à moins d’un an
Débiteurs divers Subvention d’investissement (S t/n)

Valeurs disponibles Dettes bancaires à court terme


Titres très liquides (bons de trésor…) Concours bancaires
Banque Effets escomptés et non échus
Caisse
Total des actifs Total des capitaux propres et passifs

2) L’établissement du bilan financier condensé ou bilan de synthèse

Le bilan financier est en principe un bilan détaillé, mais pour faciliter l’analyse
financière on utilise souvent un bilan de synthèse dit bilan condensé. Ce bilan permet de
regrouper les nombreuses rubriques du bilan financier en grandes masses significatives afin
de percevoir les éléments caractéristiques de l’entreprise.

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Chapitre I  : Le bilan financier

Bilan de Synthèse

Actifs Fonds propres et passifs


Immobilisations nettes Situation nette réelle (SNR)
Valeurs d’exploitation Dettes à long et moyen termes
Valeurs réalisables d’exploitation Passifs courants d’exploitation
Valeurs réalisables hors exploitation Passifs courants hors exploitation
Valeurs disponibles Dettes bancaires à court terme
Total des actifs Total des capitaux propres et passifs

Conclusion 

Une bonne gestion dans l’entreprise suppose que les ressources stables financent les emplois
stables et les ressources courantes financent les emplois courants, ceci pour assurer un
équilibre des flux financiers et par la suite la continuité d’exploitation de l’entreprise. Le bilan
condensé facilite la lecture de la structure financière de l’entreprise. Pour bien suivre
l’évolution de cette structure, les financiers ont créé des indicateurs assurant et facilitant
l’analyse de l’équilibre financier.

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