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Le thème 

: Audit du processus de gestion et traitement de la carte CIB.

La problématique à laquelle nous nous proposons de répondre est la suivantes :


« Dans quelle mesure l’audit interne contribue-t-il à améliorer d’une manière
efficace le dispositif de contrôle interne du processus de gestion et de traitement
des cartes interbancaire au sein de la CNEP-Banque »

Plan de travail :
Remerciements :
Liste des tableaux :
Liste des graphiques, des figures et des acronymes :
Résumé :
Sommaire :
Introduction Générale :

Chapitre 1 : L’activité bancaire et les risques associés


Introduction du chapitre I :
Section 1 : Généralités sur l’activité bancaire
Section 2 : Généralités sur les risques bancaire
Section 3 : La réglementation bancaire
Conclusion du chapitre 1

Chapitre 2 : Le contrôle interne finalité de l’audit interne


Introduction du chapitre II :
Section 1 : Les fondements théorique et conceptuels du Contrôle Interne
Section 2 : Le cadre réglementaire régissant le Contrôle Interne Bancaire
Section 3 : Le Contrôle Interne en Algérie
Conclusion du chapitre 2

Chapitre 3 : L’audit interne


Introduction du chapitre 3 :
Section 1 : Notions fondamentales d’Audit interne
Section 2 : Cadre de référence international de l’Audit interne
Section 3 : Méthodologie et outils de l’Audit Interne
Conclusion du chapitre 3

Chapitre 4 : La monétique interbancaire


Introduction du chapitre 4 :
Section 1 : Le système monétique interbancaire Algérien
Section 2 : Les produits monétiques
Section 3 : Les prérequis à la mise en place d’une monétique interbancaire
Conclusion du chapitre 4
Chapitre 5 : cas pratique « audit du processus de gestion et traitement de la carte
CIB.
Introduction du chapitre 5
Section 1 : Présentation de la CNEP – Banque
Section 2 : L'organisation de l'activité monétique à la CNEP – Banque

Section 3 : La conduite d’une mission d’audit de la gestion et traitement de la


carte CIB
Section 4 : quelques prises de décisions et recommandations
Conclusion du chapitre 5
Conclusion Générale
Bibliographie
Annexes
Table des matières
Chapitre I : L’activité bancaire
et les risques associés

Introduction:
Le secteur bancaire est un acteur de premier plan de la croissance économique ;
selon l’Insee, il y contribue presque trois fois plus que l’industrie automobile ou deux fois
plus que l’industrie agroalimentaire.

La banque est rarement perçue comme une entreprise comme les autres par ses clients
du fait de la spécificité de sa matière première : l’argent des clients.

Les banques ont en effet pour mission de soutenir la croissance à court terme, avec la
distribution de crédit à la consommation, et à long terme, avec la mise en place de crédits
immobiliers et de crédits aux entrepris

Toutefois, la concurrence croissante dans le secteur bancaire ainsi que la pression


toujours plus grande de la clientèle et des investisseurs et le contrôle de plus en plus
sévère des autorités monétaires, font de la gestion efficace du bilan et de la maîtrise des
risques encourus un impératif.

Par ailleurs, la volonté de moderniser les marchés bancaires dans un contexte


d'internationalisation et d'harmonisation international, s'est traduite par une évolution
des pratiques bancaires.

L’objectif de ce premier chapitre est de présenter la banque et ses activités, de les situer
parmi les risques financiers, et de préciser le contexte réglementaire de leur gestion. Pour
ce faire, nous avons subdivisé ce chapitre en trois sections.

La première fait un survol de la banque, son rôle dans l’économie, ses activités. La
seconde introduira le diagnostic des différents risques financiers auxquels sont exposés
les établissements de crédit. Quant à la troisième, elle s’attachera à présenter la
réglementation bancaire prudentielle, nationale et internationale auquel les banques
sont assujetties.

1
Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.

Section I : Généralités sur l’activité bancaire


Une banque est une entreprise particulière qui s’occupe des dépôts d’argent et des
moyens de paiement et afin de mieux connaître l’activité bancaire, il convient d’aborder les
principaux périmètres caractérisant son environnement.

Nous allons essayer de développer dans cette section le rôle de la banque ainsi que ses
principales activités.

Définition :

Définition juridique :

Les articles 66 à 70 de l’ordonnance 03-11 du 26 aout 2003 modifiée et complétée par


l’ordonnance 10-04 du 26 aout 2010 relative à la monnaie et au crédit définissent la banque
comme : « une personne morale qui effectue à titre de profession habituelle et principalement
les opérations de banques. »

1.1.Définition économique :

La banque est le financier de l’économie par ses deux (02) modes d’intervention :

 Elle se place comme intermédiaire entre offreurs et demandeurs de capitaux, c’est


l’intermédiation bancaire ;
 Les offreurs et les demandeurs de capitaux entrent directement en relation en se
présentant sur un marché de capitaux (marché financier, marché monétaire…etc.),
c’est la désintermédiation.1
Activités de la banque :

A la lumière des définitions de la banque, on pourrait faire ressortir les principales activités
de la banque, et qui peuvent être segmentées en quatre grandes catégories :

 Les opérations de banque ;


 L’intermédiation ;
 Activités de marché ;
 Prestations de services pour le compte de tiers.

1.2.Les opérations de banque :

En vertu de l’article 66 de l’ordonnance 03-11 du 26 août 2003 modifiée et complétée par


l’ordonnance 10-04 du 26 aout 2010 relative à la monnaie et au crédit : « Les opérations de
banque comprennent la réception de fonds du public, les opérations de crédit ainsi que la mise
à disposition de la clientèle des moyens de paiement et la gestion de ceux-ci. ».
1
MM. Guigal, Mérinis et Desguée, Le guide de la banque, Éd.Comprendrechoisir.com Fine Media, filiale de
Pages Jaunes Groupe, Paris, 2011, page 15.
2
Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.

En outre et en vertu de l’article 72 de la même ordonnance :

« Les banques et établissements financiers peuvent effectuer toutes les opérations connexes
ci-après :

 Opérations de change ;
 Opérations sur or, métaux précieux et pièces ;
 Placements, souscriptions, achats, gestion, garde et vente de valeurs mobilières et de
tout produit financier ;
 Conseil et assistance en matière de gestion de patrimoine ;
 Conseil, gestion et ingénierie financières et, d'une manière générale, tous services
destinés à faciliter la création et le développement d'entreprises ou d'équipements en
respectant les dispositions légales en la matière ».
L’intermédiation :

La fonction d’intermédiation est sans aucun doute l’activité principale d’une banque, Elle
constitue la compétence distinctive des établissements bancaire vis-à-vis des autres agents
économiques.

En effet cette fonction consiste à mettre en relation les offreurs et les demandeurs de capitaux,
par le biais de deux types d’intermédiation, une intermédiation bancaire, et financière.

1.2.1. L’intermédiation Bancaire :

Cette activité consiste en la collecte des fonds auprès des offreurs de capitaux, et les
mettre à la disposition des demandeurs de capitaux.

Ce processus peut être schématisé de la façon suivante :

Figure n° 01 : Processus d’intermédiation bancaire

Offreurs de Demandeurs de
Banque
Capitaux Capitaux

Collecte des Fonds Distribution des Fonds

Source : MM. Guigal, Mérinis et Desguée, Le guide de la banque.

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Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.

Collecte des Ressources :

Cette activité se rapporte à la collecte des dépôts auprès de la clientèle, qui peuvent se
présenter sous la forme de :

 Dépôts à vue : Il s’agit de ressources mouvantes pour la banque, à faible


rémunération, qui peuvent être utilisées à tout moment par le client titulaire d’un
compte (chèque, livret…).

 Dépôts à terme : Il s’agit de ressources stables pour la banque, avec une


rémunération bien plus élevée, elles sont collectées par la banque pour une longue
durée (Bons de Caisses, Dépôts à terme).

 Fonds propres : Ils représentent les ressources permanentes pour la banque, ils se
composent généralement de Capital social, réserves, résultat en instance
d’affectation…

Distribution des prêts :

L’autre volet de l’activité principale de la banque reste la distribution des crédits qui
peuvent être des :

 Financements à court terme : Regroupe l’ensemble des financements accordés


aux entreprises, afin de pallier leurs besoins momentanés, ces crédits ne dépassent pas
une année, et sont destinés au financement de leur cycle d’exploitation.

 Financement à long et moyens terme : Regroupe l’ensemble des crédits


destinés au financement des projets d’investissements, d’acquisition de biens meubles
et immeubles, leur durée est supérieure à deux ans.

 Prise de participation : Il s’agit pour la banque de financer une entreprise en


participant directement dans son capital.

1.2.2. L’intermédiation financière :

Au fil des temps, l’activité bancaire, est allée au-delà de son métier de base, qui est par
excellence l’intermédiation bancaire, en effet elle s’étend aujourd’hui sur les différents
marchés.

Cette extension des activités, intervient après l’augmentation des besoins exprimés par les
agents économiques, en capitaux à long et moyen terme, dans ce cas, la banque intervient en
tant que simple mandataire, agissant pour le compte de ses clients. Elle se charge d’une part
de placer auprès de sa clientèle les émissions d’actions et d’obligations, et d’autre part elle

4
Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.

s’occupe du paiement des dividendes, des intérêts et de remboursement des obligations


arrivant à échéance.

Activités de marché :

Ces activités recouvrent, l’ensemble des opérations de spéculation et d’arbitrage, portant


sur les valeurs mobilières (actions, obligations), ou bien sur les produits dérivés (les options).

En effet la banque intervient sur les différents marchés de capitaux :

Le marché financier (marché secondaire) :1

Il représente, le compartiment moyen et long terme du marché de capitaux, C’est un


marché de valeurs mobilières, ou se négocient deux principaux titres : les actions (titres de
propriété), ainsi que les obligations (titres de créance).

En effet la banque intervient en tant qu’intermédiaire en opérations de bourse (IOB).

D’autre part, Les banques et les établissements financiers peuvent aussi faire des
émissions de titres en cas de besoin de financement, ils peuvent également être des acquéreurs
de titres sur le marché de capitaux.

Le marché monétaire :

C’est le compartiment à court terme du marché de capitaux, Il rassemble les offres et les
demandes portant sur la monnaie qui circule dans l'économie et utilisée à la fois par les
entreprises, les institutions financières et les particuliers, Il se compose de deux segments : le
marché interbancaire, et le marché des titres de créances négociables.

Les banques interviennent sur ce marché pour des opérations de prêts, emprunts de liquidités
à court terme, tout comme elles peuvent émettre des certificats de dépôts négociables ou
souscrire à des bons de Trésor, au niveau du marché des titres de créances négociables.

Le marché de produits dérivés :

C’est un marché parallèle aux marchés financiers et monétaires, au sein duquel se


négocient différents produits sous-jacents, destinés à se prémunir contre les risques de
marché, en effet les principaux produits présents sur ce marché, sont les options.

1
Cours la banque des particuliers, Mr ISSAD, Institut de Formation Bancaire IFB 2016.
5
Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.

Les banques interviennent généralement sur ce marché dans le cadre de la couverture contre
les risques financiers1.

Prestations de services pour le compte d’un tiers :

Cette activité regroupe toutes les opérations bancaires effectuées pour le compte d’un client :

 Conservation des fonds ;


 Règlement et encaissements ;
 La gestion des moyens de paiement (chèques, cartes bancaires…) ;
 Location de coffre-fort et de gestion de portefeuille.

Le rôle de la Banque :

L’activité principale des banques consiste à exercer, à leur propre risque, le rôle
d’intermédiaire entre les agents économiques qui disposent d’un surplus financier et ceux qui
souffrent d’un déficit, les premiers prêtent leur argent à la banque qui s’en sert pour financer
les seconds.

Les banques récoltent l’argent sous forme de dépôts de leurs clients : (particuliers/ménages,
entreprises). Les banques transforment ces dépôts en crédits pour le financement des besoins
des particuliers/ménages, des entreprises et des pouvoirs publics.

L’intervention des banques a pour effet d’optimiser l’utilisation des ressources en rapprochant
l’offre et la demande et d’augmenter ainsi l’efficience de l’économie.

1
Idem.
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Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.
Section II : Généralités sur les risques bancaires
1. Définition du risque bancaire :

Le risque peut se définir comme un danger éventuel plus ou moins prévisible. La


caractéristique propre du risque est donc l’incertitude temporelle d’un évènement ayant une
certaine probabilité de survenir et de mettre en difficulté la banque. Le risque, inhérent au
secteur bancaire se distingue par sa multiplicité et par son caractère multidimensionnel ne
pouvant être mesuré par un seul indicateur.

Les risques bancaires :

L’identification des risques est une étape importante car, une fois identifiés, il est possible
de les mesurer et de les gérer par la suite. On distinguera, pour simplifier la présentation, les
risques non financiers et les risques financiers traditionnels.

Les Risques non financiers :

Ce terme désigne généralement les risques n’ayant pas leur origine dans des prises de
position de l’établissement – octroi de crédit, collecte de ressources, activités de marché- mais
dans son fonctionnement au quotidien et dans ses processus de gestion. Ces risques relèvent
de la famille des risques stratégiques.

Ces risques sont exclus des discussions du comité de Bâle1. Ils sont principalement liés
aux décisions prises par les responsables bancaires en matière d’orientation de la politique
commerciale et de développement. Une matérialisation de ces risques a comme corollaire la
dégradation de l’image et de la notoriété des établissements, ce qui affectera sans doute leur
rentabilité.

Les Risques financiers :

Ils relèvent de quatre préoccupations : la contrepartie, la liquidité, la solvabilité et le prix.

1.2.3. Risque de crédit (ou de contrepartie) :

Le risque de crédit correspond à la défaillance de la contrepartie sur laquelle une créance


ou un engagement est détenu. On distingue le risque de contrepartie sur le portefeuille
financier (sphère financière) et le risque de contrepartie sur le portefeuille commercial
(sphère opérationnelle).

Le risque de crédit demeure la première cause des difficultés et des faillites des banques en ce
sens que les sommes prêtées non remboursées doivent être déduites du bénéfice, donc des
fonds propres qui peuvent alors devenir insuffisants pour assurer la continuité de l’activité.

1
Référence : « nouvel accord de Bâle sur les fonds propres », avril 2003, page 108.
7
Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.
En effet, le mot « crédit » doit être pris au sens large. Toute opération financière présente un
aspect « crédit » dès lors que la banque est supposée encaisser des fonds en provenance de ces
cocontractants, appelés contreparties.

1.2.4. Risque de liquidité :

Le risque de liquidité résulte de la difficulté de la banque à effectuer des placements


lui permettant de rémunérer l’épargne collectée à des conditions de taux cohérentes avec
celles servies à la clientèle.

En revanche, le risque « d’illiquidité » (ou absence de liquidité) désigne pour une banque
l’éventualité de difficultés temporaires ou durables d’accès à des fonds pour faire face aux
besoins.

La défaillance due à « l’illiquidité » est la conséquence de l’appréciation que portent le


marché et les déposants sur la capacité de l’établissement à rembourser les dépôts qui lui ont
été confiés. Elle est donc liée au comportement des agents économiques à l’égard de
l’établissement. Une autre cause de matérialisation de ce risque est l’absence ou l’insuffisance
de liquidité sur le marché (suite à une crise économique…etc.).

1.2.5. Risque de solvabilité :

C’est le risque de ne pas disposer de fonds propres nécessaires pour absorber des
pertes éventuelles. Il résulte du montant des fonds propres disponibles d’une part, et des
risques pris d’autre part (risques de crédit, de marché…). Le problème fondamental de
l’adéquation en capital consiste à ajuster de la meilleure manière possible fonds propres et
risques.

1.2.6. Les risques de marché (ou de prix) :

Avant d’approfondir ce point, il est à souligner que ce type de risques ne concerne pas
uniquement le portefeuille de négociation de la banque (portefeuilles de transaction et de
placement) ; il concerne également les autres éléments du bilan, en particulier le portefeuille
d’investissement et les crédits.

Le risque de marché se définit comme le risque de perte qu’une position peut entraîner en cas
d’évolution défavorable des paramètres de marché. Les paramètres sont les taux d’intérêt, les
taux de change, les cours des actions et des obligations ainsi que les prix des différents
produits dérivés. On distingue ainsi trois risques majeurs : le risque de taux d’intérêt, le risque
de change et le risque de prix sur actions.

1.2.6.1.Le risque de taux d’intérêt :

C’est le risque de pertes consécutif à la variation de taux d’intérêt. L’exposition à ce risque


résulte du décalage dans les dates de renouvellement des taux d’intérêt entre les éléments de
l’actif et du passif. Les effets de la variation de ces taux peuvent être appréhendés de deux
manières :

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Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.
Sur les résultats courants (effet-revenu) : lorsqu’une banque refinance des emplois à taux
fixes par des ressources à taux variables, et en cas de hausse des taux sur le marché, elle
verra son coût des ressources augmenter et subira par conséquent une baisse de sa marge
d’intérêt, composante essentielle de ses bénéfices.

Sur la valeur de la banque (effet-prix) : il existe une liaison inverse entre taux d’intérêt et
prix d’un actif financier : une hausse des taux d’intérêt entraîne une baisse du cours des
actifs détenus et donc de la valeur économique de la banque, celle-ci étant la somme des
valeurs économiques de tous les instruments d’actif, de passif et de hors bilan.

1.2.6.2.Le risque de change :

Il est défini comme étant l’éventualité de voir la rentabilité de l’établissement affectée par
les variations des taux de change. Ce risque apparaît lorsqu’une partie du bilan est libellée en
devises et se matérialise sous deux formes : baisse de la rentabilité des opérations en
monnaies étrangères, augmentation de la valeur des avoirs et des engagements libellés dans
ces monnaies.

1.2.6.3.Le risque de prix sur actions :

Ce risque concerne la valorisation par les marchés des actifs détenus par la banque. C’est
le risque qu’une évolution des marchés boursiers entraîne une diminution des cours. Il peut
se produire lorsque les investisseurs, suite à une hausse des taux d’intérêt, quittent
massivement le marché des actions pour celui des titres de dette.

Management des risques :

Le processus de management des risques :

Le tableau suivant présente une démarche rigoureuse de management des


risques bancaires, basée sur un ordre séquentiel que l’on doit respecter pour gérer et surveiller
les risques au sein de la banque :

Tableau n° 01 : Processus de management des risques bancaires

Phases Contenu de la phase


- Il s’agit de définir la cartographie des risques. Ce travail incombe à
l’audit interne dans l’accomplissement normal de ses fonctions.
Identifier - L’identification des risques est un exercice continu, les risques évoluent
les risques constamment selon les données de l’environnement interne et/ou externe :
nouveau produit bancaire, nouvelle activité, changement de législation,
changements financiers, économiques,…etc.
Quantifier - Certains risques sont quantifiable (risque de crédit, risque de marché),
les risques d’autres ne le sont pas. Quantifier un risque c’est d’abord, estimer la
probabilité de sa survenance et ensuite, calculer la perte potentielle qu’il
est possible de subir.
- Pour les risques non quantifiables, on peut attribuer des valeurs relatives à
la probabilité de survenance et la gravité de l’événement (forte, moyenne,

9
Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.
faible probabilité).
D’abord, il faut répondre aux questions suivantes :
- Pourquoi la fréquence de survenance du risque est-elle si élevée ?
- Est-il possible de la diminuer ?
- Avec quelle mesure et à quel coût ?
- Pourquoi la conséquence de l’événement est-elle si élevée ?
Planifier
- Est-il possible d’en diminuer le montant ? à quel coût ?
les risques
Ensuite, il faut définir le degré d’acceptabilité du risque (les seuils de
tolérance), pour ce faire nous proposons ces deux méthodes :
- Arbitrage coût / bénéfice : mettre en place le dispositif de contrôle interne
qui offre le meilleur rapport.
- Approche sécurité absolue (quel que soit le coût !).
La banque désigne une personne (ou une structure) ou met en place une
procédure pour gérer le risque, par exemple :
Gérer les - Risque crédit : Direction des engagements.
risques - Risque de marché : Salle des marchés.
- Risque de liquidité et de taux : procédures de gestion actif passif.
- Risque opérationnel : responsable risque opérationnel.
- Contrôle permanent : séparation des tâches incompatible, procédures de
Surveiller
validation des opérations, évaluation régulière,…etc.
les risques
- Contrôle périodique : missions d’audit ou d’inspection bancaire.
- Les résultats de la gestion des risques sont appréciés dans des rapports
synthétiques et analytiques.
Reporting
- Les rapports sont communiqués à plusieurs destinataires : responsable
des risques
opérationnel, comité des risques, comité d’audit, comité ALM (Assets
Liabilities Management), direction générale, conseil d’administration.

Source : Jacob H. et Sardi A. (2001), Management des risques bancaires, édition Afges, Paris,
p : 22-26.

Les fonctions du management des risques :

L’efficacité d’un certain nombre de fonctions clés est un gage de l’efficacité du système
de contrôle interne et du dispositif de la maitrise des risques. Ces fonctions centralisées au
niveau d’un établissement ou d’un groupe sont :

 Le conseil d’administration et la direction générale, le comité d’audit et l’audit interne


 La fonction risk management ou direction centrale des risques
 La gestion actif-passif
 Le contrôle de gestion

La mission de chacune de ces fonctions est stratégique et complémentaire par rapport aux
autres. Des confusions peuvent se créer si leurs objectifs ne sont pas clairement définis et que
leurs périmètres ne sont pas bien précisés.

1.2.7. La fonction risk management :

La fonction management des risques ou risk management a pour mission de gérer les
risques préalablement identifiés et définis dans les diagnostics de l’audit interne, ou sur la
base de ses propres analyses. Cette gestion, ou management, peut se réalisé dans le cadre

10
Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.
d’une direction centrale des risques ou d’une cellule. Les décisions sont fréquemment prises
dans le cadre d’un comité des risques animé par la cellule risk management. Les grandes
banques peuvent avoir une structure complexe centralisée avec des managers pour les
différents types de risques et une direction centrale. Ces cellules prennent préalablement les
décisions dans le cadre d’un comité. Une organisation de ce type peut être expliquée par le
schéma ci- après :

Figure n° 02 : Organisatin de la fonction managmente des risques.

Source : Pascal Kerbel. (2009), Management des risques (inclus secteurs Banque et
Assurance, édition d’organisation, Paris, p : 108-112.

1.2.8. La Gestion actif-passif :

Définition :

La gestion actif-passif (Asset and Liability Management ou ALM) est une méthode
globale et coordonnée permettant à une banque de gérer la composition et l’adéquation de
l’ensemble de son bilan et de son hors-bilan avec pour objectifs :

 L’optimisation de la rentabilité des fonds propres ;


 La préservation d’un niveau acceptable de risque de taux, de change et de liquidité ;
 Assurer une allocation de fonds propre de manière à adapter le volume et la structure
des emplois, des ressources et des activités à l’évolution du marché et à
l’environnement financier et réglementaire, notamment aux ratios prudentiels.

Cette définition peut être déclinée de la manière suivante :

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Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.
 Les fonds propres constituent le point central : leur niveau, leur protection, leur
rémunération, leur allocation au sein des différentes activités constituent des aspects
stratégiques, ce qui suppose un système de tarification de toutes les activités bancaires
tenant compte, notamment, de la rémunération des fonds propres ;
 La banque doit alors être découpée en centres de profits, notion de « banque éclatée »
avec un système de cession interne des capitaux pour permettre d’apprécier les
performances et de faire les arbitrages nécessaires ;
 Cette rentabilité des fonds propres doit être assurée avec un niveau acceptable de
risques qu’il convient de mesurer et de gérer.

L’organisation de la fonction Asset and Liability Management (ALM) :

L’organisation de la fonction ALM dépend des spécificités et choix de chaque


établissement. Elle comprend généralement une cellule (ou département ou direction) et un
comité. Elle peut être rattachée à la direction centrale des risques dont elle forme alors une
composante. Elle peut également faire partie de la direction du contrôle de gestion.

Le comité ALM doit comprendre les organes décisionnaires direction générale, direction
du réseau, direction des crédits, etc. Son rôle est de prendre les décisions stratégiques :
fixation des limites du risque du taux d’intérêt, de change et de liquidité, système d’allocation
et taux de rémunération des fonds propres, taux de cessions internes.

Les décisions prises par le comité sont ensuite exécutées et suivies par la cellule ALM qui
est généralement restreinte. Elle a pour tâches de collecter et de traiter les données nécessaires
à la surveillance des risques et la mesure des performances, de gérer ces risques dans le cadre
fixé par le comité ALM, d’élaborer les différents tableaux de bord, analyses et scénarios
permettant au comité ALM de prendre des décisions.

Périmètre :

Suivant les termes de la définition, la gestion actif-passif a pour périmètre :

 De mettre en place et de gérer le système des taux de cessions internes permettant aux
centres de profit d’être couverts contre les risques ;
 De mettre en place et de gérer le système d’allocation des fonds propres en fonction
des risques ;
 De mesurer la contribution de chaque centre de profit en termes de risques/rentabilité.
 De gérer les risques de taux, de liquidité et de change de manière globale.

1.2.9. Le contrôle de gestion :

Le contrôle de gestion peut se définir comme un ensemble de techniques et de système


ayant pour objectifs de mesurer et d’améliorer les performances. Son existence et son
efficacité, au point de vue du contrôle interne, présentent de nombreux avantages. Il mesure
un risque majeur qui n’est pas souvent cité comme tel mais qui est pourtant sous-jacent à
toute activité : l’absence ou l’insuffisance de rentabilité.

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Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.
Mesure de performances :

Le premier objectif du contrôle de gestion est « la mesure des performances », il permet à


l’établissement de connaitre la source de ses revenus à moyen d’indicateurs pertinents :
capitaux moyens, taux moyens, produits, charges, coûts des opérations, des marges, etc.
autant d’informations qui sont exprimées sous forme de tableaux de bord, de budgets, de
plans, d’analyses, permettent de mesurer les performances des différentes activités, des
différents marchés ou segments de clientèle, de différentes unités et des différents produits.

Amélioration des performances :

Le deuxième objectif est l’usage de ces informations dans une démarche permanente pour
améliorer la rentabilité : abaissement des coûts de développement des produits ou des
segments de clientèle rentable, détection rapide des erreurs de gestion et actions correctives
rapides, évaluation et prise en compte de modifications de l’environnement pour en tirer le
meilleur parti ,etc. Autant d’éléments qui donnent l’assurance que la pérennité de
l’établissements est mieux assurée dans un environnement de plus en plus concurrentiel et
difficile. Les mesures qu’il préconise permettent souvent d’apporter une valeur ajoutée
significative à l’organisation.

Outil de contrôle :

Le contrôle de gestion est également pour le contrôle interne un outil irremplaçable pour
détecter les anomalies : taux moyens trop faibles ou trop forts, marges incohérentes, écarts
importants par rapport au budget, coûts d’opérations hors normes, progressions ou régressions
brutale, etc. Pour la direction générale, l’examen des performances est un outil de pilotage.
Cet examen lui permet aussi de s’assurer sur une base régulière que les résultats qui lui sont
présentés sont maitrisés. Aux questions posées, des explications claires, chiffrées et
cohérentes doivent être apportée. L’absence ou leur insuffisance dénoterait un manque de
contrôle et de maitrise dans le processus opérationnels qui trouvent leur point de convergence
dans les tableaux bord.

Les résultats du système de contrôle de gestion doivent directement découler de la


comptabilité pour ensuite, être retraités par centres de profit.

Les systèmes de mesure des risques :

Les systèmes de mesure et d’analyse des risques est l’une des principales composantes du
système de contrôle interne que les banques et établissements financiers, agréés en Algérie,
doivent mettre en place.

Les systèmes de mesure que tout établissement doit mettre en place doivent être adaptés à
la nature et au volume des opérations afin d’appréhender les risques de différentes natures
auxquels ces opérations les exposent et notamment les risques de crédit, de marché, de taux
d’intérêt global, d’intermédiation, de règlement et de liquidité.

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Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.
Les systèmes de surveillance et de maîtrise des risques :

Pour la surveillance et la maîtrise des risques, la banque doit mettre en place un système
comportant un dispositif de limites internes révisables au moins une fois par an en fonction de
ses fonds propres. Les responsables des unités opérationnelles (les agences et les succursales)
doivent fixer des limites en fonction des limites globales fixées au niveau central. Aussi, dans
son système de contrôle interne, la banque doit prévoir un dispositif qui va lui permettre :

 De s’assurer en permanence du respect des limites fixées ;


 D’analyser les causes de non-respect des procédures et des limites.

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Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.
Section III : La réglementation bancaire
Les nombreuses dérives et faillites bancaires intervenues durant ces dernières décennies
ont fortement ébranlé le système bancaire international jusqu’à, dans certain cas, le mettre en
péril. Aussi, le monde de la banque a entamé un processus de réflexion et de normalisation
visant à assurer une plus grande transparence et un meilleur contrôle des risques dans une
optique de stabilisation. Une réglementation prudentielle est ainsi apparue visant à se
prémunir en contrôlant, évaluant et gérant un large éventail de risques, encourus par les
établissements de crédit.

Cette section a pour but de présenter la réglementation prudentielle actuelle (internationale


et nationale) ainsi que ses limites, puis les nouvelles réformes.

1. La règlementation prudentielle internationale (Le Comité de Bâle) :


En 1974 les gouverneurs des banques centrales des pays G101 ont formé le comité de Bâle
sur le contrôle bancaire qui se réunit régulièrement à Bâle, en Suisse, au sein de la banque de
Règlements et Internationaux (BRI), le premier résultat majeur de ces réunions a été un
document intitulé « converge internationale de la mesure et des normes de fonds propres » ou
« l’Accord de la BRI 1988 » ou tout simplement « L’Accord » par la suite qualifie de Bâle I.

Le premier accord de Bâle (Bâle I) :


Le comité de Bâle sur le contrôle bancaire dans l’accord de 1988, a procédé à la définition
d’un ratio de solvabilité dit ratio Cooke2, une norme qui devient effective en 1993 et qui
prévoit que les banques doivent détenir des fonds propres à hauteur d’au moins 8 % face à
leurs différents engagements, ceux-ci étant pondérés par leur risque.

Fonds propres
Ratio Cooke= ≥8
enssembles des engagement pondérés par≤risque

Ces engagements étant classés en quatre catégories (0 %, 20 %, 50 % et 100 %) en


fonction de la nature de la contrepartie et des garanties attachées aux opérations :

 00 % pour les créances sur Etat et assimilé ;


 20 % pour les créances sur les établissements de crédit ;
 50 % pour les prêts hypothécaires ;
 100% pour les autres crédits à la clientèle.

 Les principales limites de Bâle I :

1
Allemagne, Belgique, Canada ,Etat Unis ,France ,Italie ,Japon ,Luxembourg ,Pays-Bas, Royane-Unis, Suède,
Suisse.
2
D’après le nom de l’ancien Président du comité de Bâle, Peter Cooke.

15
Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.
Les limites de l’accord de Bâle I sont progressivement apparues du fait du changement et
de l’évolution du système financier, parmi les lacunes les plus importantes on peut citer :

 Il a été souvent reproché au ratio Cooke que les pondérations imposées sur les
actifs ne donnent pas une image réelle du risque de crédit encouru ;
 Des risques importants ne sont pas pris en compte par les premiers accords (risque
opérationnel, risque de taux d’intérêt, risque de liquidité etc.) ;
 Le ratio « Cooke » n’a pas empêché des faillites retentissantes (toutes les banques
qui ont fait faillite respectaient parfaitement le ratio) ;

Le deuxième accord de Bâle :


Afin de pallier les faiblesses formulées à l’encontre du Bâle I et faire face au
développement technologique et aux évolutions majeures dans l’industrie bancaire, En
juin1999, le comité de Bâle adopte dans le cadre du nouveau dispositif d’adéquation des
fonds propres un ratio international de solvabilité nommé le ratio McDonough1.

En 2006 les accords de Bale II ont modifié les formules de calcul des fonds propres
réglementaire, cette réforme s’organise en trois piliers :

 Pilier 1 : Exigences minimale en fonds propres


Le pilier 1 définit les exigences minimales de fonds propres. Il vise à assurer une
couverture minimale, par des fonds propres, des risques de crédit, de marché et opérationnel.

La logique est identique à celle du ratio Cooke, pour la détermination d’une exigence en fonds
propres au moins égale à 8% du total du risque crédit, risque des marchés et risques
opérationnels mesurés.

Le comité de Bâle a introduit le ratio Mc.Donough qui se présente comme suit :

Fonds propres
Ratio McDonough= ≥8%
Risques(Crédit 75 %+ Marché 5 % +Opérationnel 20 %)

L’exigence minimale de fonds propres, de ce nouveau ratio, continuera à s’appliquer :

 Risque de crédit : Risque de pertes en cas de défaut sur des positions de bilan (prêts)
et de hors bilan (garanties).
 Risque de marché : C’est le risque de pertes sur des positions de bilan et de hors bilan
à cause des variations des facteurs de marché sous-jacents, il est égale a :

12,5% Exigence en fonds propres aux titres des risques de marché.

 Risque opérationnel : C’est le risque de pertes, résultat de carences ou de défauts


imputables à des procédures personnels et systèmes interne ou à des événements
extérieurs, il est égale a :

12,5% Exigence en Fonds Propres aux titres des Risques opérationnels.


1
Ce ratio a été appelé ratio McDonough en référence à William McDonough, qui a été président de la FED
(Banque centrale des Etats-Unis) de New York entre 1993 et 2003.

16
Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.
 Pilier 2 : Processus de surveillance prudentielle
Ce pilier aborde les modalités de contrôle et de surveillance par les autorités prudentielles.
Il a pour objectifs de :

 S’assurer que les banques se dotent d’un processus d’évaluation interne pour mieux
évaluer l’adéquation de leurs capitaux propres à leurs profils de risques.
 Permettre aux autorités de supervision de juger et apprécier ces méthodes d’évaluation
conçues par les banques, et exercer, par la suite, une surveillance prudentielle sur ce
processus interne et procéder à des mesures correctrices, en cas de nécessité.

 Pilier 3 : La transparence du marché


Le troisième pilier est complémentaire aux deux piliers qui le précèdent, il vise à instaurer
des règles de transparence financière, en améliorant la communication financière des banques
à destination du marché, afin de permettre aux différents acteurs économiques d’évaluer leur
exposition aux risques et l’adéquation de leurs fonds propres. Les informations que les
banques doivent publier sont relatives à leur organisation, Le montant et la structure des
capitaux et leur adéquation aux risques encourus, la stratégie interne des risques, la titrisation
et le portefeuille des actions. Ces recommandations contribuent à appuyer l’action des
autorités de renforcer la sécurité et la solidité du système bancaire.

En conclusion, Bâle II constitue une réforme importante de la réglementation prudentielle


bancaire mais présente quelques insuffisances notamment sa non prise en considération du
risque liquidité, tout comme il ne semble pas être en mesure de limiter les effets procycliques
et systémiques.

Le troisième accord de Bâle :


Depuis la crise financière de 2007, une grande réforme du cadre réglementaire s’est
engagée aboutissant en 2010 à la publication des accords de Bâle III.

A cet effet, deux normes ont été instaurées concernant la surveillance et la gestion du
risque de liquidité :

 Le ratio de liquidité à court terme  appelé : « Liquidity Converage Ratio » (LCR)1 :


Ce ratio oblige les banques à garder en permanence un stock d’actifs liquides qui est
supposé lui permettre de résister à une crise de liquidité aigue d’une durée de 30 jours.
Il est donné par la formule suivante :

Stock d ’ actifsliquides de haute qualité


LCR= ≥ 100 %
Sortie nettes de trésorerie sur une période de 30 jours

- Actifs liquides de haute qualité : Cash + réserves banque centrale + titres


souverains + corporate bonds.

1
Cours cadre institutionnel et légal de l’activité bancaire, Pr. ILMANE Mohamed-Chérif, IAHEF 2016.

17
Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.
- Sortie nettes de trésorerie à 30j : Fuites de dépôts + non renouvellement des
emprunts + utilisation des lignes de crédit- renouvellement des crédits.

 Le ratio de liquidité structurel à long terme : appelé « Stable Funding Ratio »


(SFR) :

Ressources stables disponibles


NSFR= ≥100 %
Financements stables exigés

- Ressources stables disponibles : Fonds propres de base + complémentaires + Actions de


préférence d’une durée >1an + passif d’une durée effective>1an+dépôt (à terme)
d’une durée <1an.

- Financement stable exigé : Somme des actifs détenus et financé +montant des
actifs hors bilan.

Ce ratio vise à inciter les établissements bancaires à disposer en permanence d’une


structure de ressources stables, leur permettant de poursuivre leurs activités sur une
période d’un an et ce, sous un climat de tension interne prolongée.

La réglementation nationale :
Capital minimum :
Les banques et établissements financiers doivent disposer d’un capital minimum au
moment de leur constitution. Celui-ci varie selon la catégorie de l’établissement, il
représente ainsi une garantie pour les déposants.

En Algérie, il est fixé par l’article 2 du règlement BA n°08-04 du 23 décembre 2008 relatif
au capital minimum des banques et établissements financiers à :

 Dix milliards de dinars (10 000 000 000 DA), totalement libéré pour les banques (au
sens de l’article 70 de l’ordonnance n°03-11 du 26 aout 2003).
 Trois milliards cinq cent millions de dinars 3 500 000 000 DA), totalement libéré pour les
établissements financiers (au sens de l’article 71 de l’ordonnance n°03-11 du 26 aout
2003).

Le ratio de solvabilité :
Le risque de solvabilité est le risque pour une banque d’être dans l’impossibilité de
couvrir ses pertes générées par tous les types de risques avec le capital disponible ou les fonds
propres.

Le ratio de solvabilité que les banques et établissements financiers doivent respecter en


permanence est défini par le règlement N°14-01 du 16 février 2014 et son instruction
d’application N°04-14 du 30 décembre 2014 portant coefficient de solvabilité applicable aux
banques et établissements financiers.

En effet, les banques et établissements financiers sont tenus de respecter un coefficient


minimum de solvabilité de 9,5 % entre, d’une part, le total de leurs fonds propres

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Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.
réglementaires et d’autre part, la somme des risques de crédit, opérationnel et de marché
pondérés1.

Fonds propres reglementaire


ratio de solvabilite= ≥ 9.5
∑ risques nets ponderes
Le règlement N° 14-01 précise aussi que les fonds propres de base doivent couvrir les
risques précédents, à hauteur d’au moins 7 %, et que les banques et établissements financiers
doivent constituer un coussin dit de sécurité, composé de fonds propres de base et couvrant
2,5 % de leurs risques pondérés.

Les banques et établissements financiers sont tenus de déclarer, trimestriellement, leur


ratio de solvabilité à la Banque d’Algérie.

Le ratio de division des risques :


Le ratio de division de risque est une mesure qui vise à éviter la forte concentration des
risques sur un seul, ou un groupe de bénéficiaires, qui en cas de défaillance et d’insolvabilité,
risquerait de causer la faillite de la banque.

Le principe est de fixer un plafond, en fonction des fonds propres de la banque, aux
engagements sur les principaux débiteurs pris individuellement et globalement.

A cet effet, les règles prudentielles appliquées en Algérie prévoient une double limitation
en matière de division des risques, et ce conformément à l’instruction N°05-14 du 30/12/2014
portant modèles de déclaration des grands risques par les banques et établissements financiers
et son règlement N°14-02 du 16 février 2014 relatif aux grands risques et aux participations,
qui prévoit dans les articles 02, 04, 05 les normes que chaque banque et établissement
financier devraient respecter.

 Risques encourus sur un même bénéficiaire : Un rapport maximum entre


l’ensemble des risques qu’elle encoure du fait de ses opérations avec un même
bénéficiaire et le montant des fonds propres règlementaires.

risques encourus sur un meme beneficiaire


≥25 %
fonds propres reglementaire

 Risques encourus sur un ensemble de bénéficiaires : Une limite globale sur


l’ensemble des crédits dépassant individuellement le niveau de 10% des fonds propres
(les grands risques).

Le ratio de liquidité :
Le ratio de liquidité est un ratio prudentiel, quantitatif qui impose aux banques la
détention d’un plancher d’actifs immédiatement disponibles ou liquide de qualité (facile à
vendre),pour faire face à des conditions exceptionnelles qui perturberaient leurs financements,

1
Règlement de la Banque d’Algérie n°14-01 du 16 février 2014 portant coefficient de solvabilité applicables aux
banques et établissements financiers, article 02.

19
Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.
notamment des retraits massifs de dépôts ,augmentation des taux sur le marché interbancaire,
etc.

Ainsi, en s’appuyant sur les travaux du Comité de Bâle, le Conseil de la monnaie et du


crédit a défini, par le règlement N° 11-04 du 24 mai 2011, le dispositif que les banques et les
établissements financiers sont tenus de mettre en place, à l’effet de respecter un ratio de
liquidité, de détenir un stock d’actifs liquides suffisants pour faire face à leurs exigibilités à
court terme, d’identifier, de mesurer, de gérer et de contrôler le risque de liquidité.

L’instruction N° 07-2011 du 21 décembre 201, portant coefficient de liquidité des


banques et des établissements financiers est venue préciser les modalités d’application du
ratio de liquidité prévu par le règlement susvisé.

En d’autres termes, le coefficient de liquidité est un ratio qui contraint les banques à
respecter un rapport minimum de 100% entre leurs exigibilités et leurs disponibilités à moins
d’un (1) mois. Il se calcule comme suit :

Actifs liquides à court terme


¿ ratio de liquidité = ≥100 %
Passifs exigibles à court terme

A chaque fin de trimestre, les banques et les établissements financiers communiquent à la


Banque d’Algérie1 :

 Le coefficient minimum de liquidité du mois à venir et ceux de chacun des deux (2)
derniers mois du trimestre écoulé ;
 Un coefficient de liquidité, dit d’observation, pour la période de trois (3) mois suivant
la date d’arrêté.

Toutefois, la commission bancaire se réserve le droit de demander aux établissements de


crédit de calculer le coefficient de liquidité à d’autres dates.

Les réserves obligatoires:


Instaure par la Banque d’Algérie, les réserves obligatoires représentent l’un des
instruments de la politique monétaire. Il s’agit des montants d’espèces ou d’actifs que doit
conserver la banque auprès de la banque centrale. Son but est de contrôler la liquidité des
banques et de réguler leur capacité de fonds prêtables et les risques crédits inhérents.

Leur assiette comprend tous les dépôts en dinars à savoir : les dépôts à vue, les dépôts à
terme, les bons de caisse, livrets et bon d’épargne, dépôts de la clientèle de passage,
dépôts préalables à l’importation, dépôts garantissant des avals et cautions donnés,
dépôts en comptes bloqués, et les autres dépôts. Le taux des réserves obligatoires est
fixé actuellement à 12% de l’assiette définie ci-dessus.

Les limites et les conséquences de la réglementation prudentielle2 :


 Les normes prudentielles ne donnent pas une mesure de la qualité de la gestion d’un
établissement.
1
Article 4 du règlement N°11-04 du 24 mai2011.
2
Jacques DARMON, Stratégies bancaire et gestion de bilan, édition economica, Paris, 1998, page 176

20
Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.
 Les normes internationales sont des normes minimales et ne sauraient se substituer à
l’analyse interne qui, par définition, doit être spécifique à chaque établissement.
 Un ratio élevé de capital n’a jamais été une garantie de bonne santé pour un
établissement.
 Un niveau faible de capital n’est qu’un clignotant qui signale l’existence de
problèmes.
 Les ratios prudentielle ne suffisent pas à assurer un parfait contrôle des risques.
Inévitablement, les règles prudentielles prennent la forme de contraintes
règlementaires
 Les contraintes prudentielles ne peuvent donc couvrir toutes les éventualités de risque.

À travers cette section on peut conclure que le comité de Bâle a servi de cadre de discussion
et de coopération pour les autorités prudentielles nationales des pays, à travers ses
recommandations qui sont exprimées en accords de Bâle (I, II, III) avec pour objectif premier
l’amélioration de la stabilité du système bancaire international

En Algérie, la réglementation prudentielle bancaire est tirée principalement de ces accords de


Bâle sous l’autorité du Conseil de la Monnaie et du Crédit, la Commission Bancaire et la
Banque d’Algérie, qui obligent les banques et les établissements financiers à respecter toutes
les dispositions règlementaires relatives à leur activité.

Conclusion du chapitre :

Pour une banque, l’importance de la liquidité n’est pas négligeable, elle ne


peut travailler sans ressources suffisantes pour financer ses emplois. Un besoin
quelconque en liquidité pourrait peser sur son activité dans la mesure où il
entrainerait un risque de liquidité qui à son tour déboucherait sur l’insolvabilité
de l’établissement.

La définition du risque de liquidité ainsi que son identification constituent le


préalable pour une mesure exacte et une bonne politique de gestion de ce
risque.

Nous allons aborder, plus en détail, dans le chapitre suivants les modalités de
mesure et de gestion de ce risque de liquidité.

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Chapitre I : L’activité bancaire et les Risques associés.

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