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ETUDE COMPARATIVE « PIEUX-COLONNES » CAS DU SIEGE DES CHEQUES


POSTAUX A TUNIS

Conference Paper · October 2000

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2 authors:

Mounir Bouassida Zohra Guetif


University of Tunis El Manar École Nationale d'Ingénieurs de Tunis
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ETUDE COMPARATIVE « PIEUX-COLONNES »
CAS DU SIEGE DES CHEQUES POSTAUX A TUNIS

Par : M. BOUASSIDA - Z. GUETIF


ENIT – BP 37, Le Belvédère 1002 Tunis.

RESUME
Dans la présente communication, on s’intéresse à l’étude de la
fondation du siège des chèques postaux de Tunis (près de
l’avenue Med V), un bâtiment à dix niveaux (sous-sol, rez de
chaussée, huit étages). Le mode de fondation retenu pour
l’exécution de ce bâtiment est celui de pieux du type « foré-
boue », de diamètre 1 m, atteignant la profondeur de 52 m,
dont le coût s’élève environ à 40 % de celui du projet. Cette
solution onéreuse a été dictée en raison des tassements
inadmissibles compromettant la stabilité de l’ouvrage à long
terme. Cependant, en se référant à la descente des charges de la
structure, le bâtiment transmet une contrainte au sol quasi-
uniforme de l’ordre de 90 kPa. Dans une telle circonstance, et
en vue de proposer une solution de fondation à coût
raisonnable, la technique de renforcement par colonnes
ballastées s’avère efficace et faisable. Cette technique conduit
à une réduction significative du tassement à une valeur
admissible. Le recours à cette solution conduirait à une
réduction de l’ordre de 10 % du coût du projet.

1. INTRODUCTION

Le recours à la solution fondation sur pieux du type « forés-boue » est devenu


quasi systématique lors de la construction de bâtiments importants (nombre d’étages
supérieur ou égal à six) dans la zone limitrophe du lac nord de la ville de Tunis. Le
système de fondations sur pieux, dont l’exécution est devenue aisée pour quelques
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entreprises tunisiennes, demeure malheureusement très cher. Pour certaines
constructions, le rapport « coût de la fondation sur pieux / coût de l’ouvrage » dépasse
parfois les vingt pour cents, chose inadmissible.
Alors qu’à travers le monde, notamment les pays développés, on fait de plus en
plus recours aux solutions de renforcement des sols par colonnes, par micro-pieux, ou
autres en vue de réduire le prix de la fondation d’ouvrages à vocation importante (ponts,
autoroutes…). Cet état de circonstances oblige manifestement les décideurs en matière
de construction des ouvrages en Tunisie à se pencher sur la question suivante : Quand
est-ce qu’une solution sera trouvée pour remplacer celle des pieux ? solution désormais
très coûteuse. Sachant, en outre, que l’extension de la ville de Tunis du côté lac sud est
programmée à un horizon relativement proche.
Dans ce sens, le présent travail a pour but, d’une part, de sensibiliser les
mécaniciens des sols du problème posé, et d’autre part, de montrer que la solution de
renforcement par colonnes se prête comme étant très compétitive par rapport à celle des
pieux notamment des points de vue coût et temps d’exécution.
Une étude minutieuse du cas du centre des chèques postaux de Tunis illustre
clairement ces deux points à travers une comparaison entre la solution de fondations sur
pieux et celle de renforcement par colonnes ballastées. Cette dernière a fait depuis une
dizaine d’années l’objet de développements originaux, au département de génie civil de
l’Ecole Nationale d’Ingénieurs de Tunis, et dont la portée des résultats se concrétise pas
à pas. Faut-il s’y préparer pour tester la technique de renforcement par colonnes en vue
d’une utilisation beaucoup plus orientée vers toutes les catégories d’ouvrages, et non
uniquement pour les réservoirs ?

2. DIMENSIONNEMENT DE LA FONDATION SUR LE SOL NON


RENFORCE :
D’après les sondages effectués lors de la campagne géotechnique, jusqu’à une
profondeur de 40 m, le sol rencontré est une argile limoneuse, sous consolidée ou les
pressions limites mesurées sont inférieures à 1200 kPa.

2.1. Le calcul de la capacité portante du sol initial :


En optant pour un radier général comme fondation du bâtiment, déterminons sa
capacité portante admissible et son tassement. Avec la méthode pressiométrique, la
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capacité portante admissible du sol support initial pour une fondation superficielle, est
déterminée par la formule suivante (Amar et col, 1995) :
k

qadm q0  p . pl p0
3
 (1)

p0 : la pression horizontale du terrain au repos, faute de mesure de p0, on la détermine à


partir de l’expression : p 0  ( h  u) k 0  u

où :
pl : la pression limite équivalente du sol de fondation.
k0=0,5. désigne le coefficient de pression latérale des terres au repos
kp : le facteur de portance de Ménard, égal à 0,8, pour D/B=0,1
q0 et u sont respectivement la contrainte verticale (due au poids des terres) et la
pression interstitielle au niveau de l’assise de la fondation.

La capacité portante admissible du sol support initial calculée à partir de la


formule (1) est de l’ordre de 100 kPa. On supposera que le chargement apporté (par le
bâtiment) au sol est réparti uniformément dont la valeur est 86 kPa. Il a été vérifié,
compte tenue de la descente des charges effectuée pour le bâtiment, que le barycentre
des charges G’ est pratiquement confondu avec le centre de gravité géométrique G : la
distance entre ces deux points est de 30 cm environ (figure 1). Il s’en suit que la
capacité portante admissible du sol initial est vérifiée, en effet : qadm = 100 kPa > 86
kPa.

* G’
B= 30 m  G

L=45 m

Fig.1 Dimensions du radier support du bâtiment

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2.2. Estimation du tassement du sol non renforcé
2.2.1. A l’aide de la méthode pressiométrique
Par cette méthode, le calcul du tassement du sol non renforcé (comportement
non drainé), tel que décrit dans [2], pour une fondation rigide, conduit à la valeur de 22
cm au niveau du point G (figure1).

2.2.2. A l’aide de la méthode oedométrique


Le tassement de consolidation à long terme est calculé par la formule de
Terzaghi :

C ci   'oi   ch 
si  Hi log  '

 (2)
1  e 0i   c 
Le sol sous la fondation est découpé en sous-couches de même épaisseur Hi=10m
chacune. Le tassement sera calculé au milieu de chaque sous-couche, où la contrainte
due au chargement est notée ch ; la contrainte effective est ’0.
La valeur ch tient compte de la décharge effectuée sur trois mètres (estimée à 40 kPa)
pour réaliser le sous-sol du bâtiment.
Dans le tableau 1 sont résumées toutes les données permettant l’estimation du tassement
de consolidation.
sous- HiCc ’0 ch ch Tassement Tassement
couche 1  e 0  (kPa) (kPa) (kPa) dans l’axe au bord
s (axe) (au bord) (cm) (cm)

1 0,561 32,8 83 20 30,0 11,9
2 0,561 133,5 64 16,5 9,5 2,84
3 0,561 226 44 11 4,3 1,16
4 0,561 311,5 24 6 1,8 0,4

Tableau.1 : Données et résultats pour l’estimation du tassement de consolidation

Par la méthode oedométrique, le tassement à long terme du sol non renforcé est
l’ordre de 45cm, dans l’axe de la fondation, alors qu’au bord du radier, il est de 16.3 cm.
Compte tenu de ces valeurs du tassement, il y a un risque de basculement du bâtiment

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tel qu’il l’a été observé pour d’autres constructions dans la même région (cas d’un
bâtiment sis à la rue Zaghloul devenu non exploité à un certain moment).
Ces tassements sont inadmissibles pour garantir une stabilité suffisante de l’ouvrage à
long terme, d’où la nécessité de recourir à un autre mode de fondation, tels que les pieux
reposant sur un substratum, c’est la solution qui a été retenue pour la construction de ce
bâtiment. Cependant, il est opportun d’étudier la solution de renforcement du sol par
colonnes ballastées qui permettra, notamment, de réduire les tassements prévisibles à
des valeurs admissibles.

3. DIMENSIONNEMENT DE LA FONDATION DE L’OUVRAGE :

On se propose de dimensionner la fondation du bâtiment avec la solution radier


général (figure1) posé sur le sol renforcé par colonnes constituées par un tout-venant de
carrière dont la granulométrie doit être bien choisi, en particulier pour jouer le rôle de
filtre [7].
Entre le radier et le sol de fondation, il faut prévoir une couche constituée par un
matériau drainant qui peut être le même que celui des colonnes, pour évacuer les eaux
drainées suite à la consolidation primaire de la vase grisâtre renforcée.

3.1. Le calcul de la capacité portante des couches en sol renforcé :


3.1.1. Selon les recommandations du DTU 13.2 [9]:
La contrainte verticale ultime qr appliquée en tête d’une colonne isolée, est déterminée
par l’expression :
  
q r  h tg 2   c  (3)
4 2 
où :
h désigne la pression latérale déterminée à partir de l’essai pressiométrique, elle
est égale à 230 kPa.
c désigne l’angle de frottement du matériau constitutif de la colonne, dont la
valeur est limitée à 37° selon les conditions (4a, b et c) imposées sur la valeur de
la contrainte admissible du sol renforcé par le DTU 13.2, qui sont :
qadm<2h (4a)
qadm<qr/2 (4b)
qadm<800 kPa (4c)
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Tout calcul fait, on obtient : qr = 920 kPa, qui correspond à une contrainte admissible du
sol renforcé égale à : qadm=qr/2= 460 kPa.
Remarques : Par cette méthode, on néglige la contribution du sol initial vis à vis
de la capacité portante ; ce qui n’est pas justifié pour le cas ici étudié, en raison des
valeurs mesurées de la pression limite qui ne sont pas négligeables.
La valeur de l’angle de frottement c du tout-venant constitutif des colonnes est
nettement supérieure à 37°, ce qui marque, de plus, une marge de sécurité pour calculer
la capacité portante admissible qadm.

3.1.2. Par la théorie du calcul à la rupture :


Par le modèle « groupe de colonnes », Bouassida et Hatira [4], la capacité
portante ultime s’exprime par :
q r  s  (1  )c  (5)
avec :
 : désigne le facteur de substitution défini par la surface totale occupée par les
colonnes rapportée à l’aire totale de la fondation.
c : la contrainte ultime au niveau des colonnes, déterminée par la formule
suivante :
c   h Kp  2C K p  770 kPa (6)

Par mesure de sécurité, on prend h égale à la pression limite nette du sol.


s : La contrainte ultime du sol initial est déterminée par la formule suivante :

s  h K ps  2Cs K ps  249 kPa (7)

     s 
où : K p  tg 2    = 4 K ps  tg 2    =1 (s=0)
4 2 4 2 
Cc (s) et c (s) désignent la cohésion et l’angle de frottement du matériau constitutif des
colonnes (respectivement du sol initial). Pour des mesures de sécurité, on prendra C=0,
pour le tout-venant.
La valeur de la résistance au cisaillement non drainée du sol Cs est obtenue, lorsque la
pression limite nette est inférieure à 300 kPa, à partir de la corrélation proposé par Amar
& Jézéquel, (1972) :

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pl  p0
Cs (bars)  (8)
5,5
Compte tenu des données géotechniques, on a Cs= 29 kPa.
A partir de l’expression (5), on détermine la contrainte admissible du sol renforcé, tel
que proposé par Bouassida et col (1999) :
c 
q adm    1   s (9)
2 3
Soit en utilisant (6), on aura : q adm  3,84   0,83 1  

Une contrainte admissible du sol renforcé de l’ordre 120 kPa est atteinte pour la
valeur minimale du coefficient de substitution du sol égale à min=0,13. En fonction des
paramètres géotechniques du matériau constitutif du sol renforcé, la variation de la
contrainte admissible, correspondant à l’équation dans (9) du sol renforcé en fonction
du facteur de substitution du sol est représentée sur la figure 2 :

260
240
220
200
qadm (kPa)

180
160
140
120
100
0 0,1 0,2 0,3 0,4 0,5 0,6

Fig.2 - La variation de la contrainte admissible du sol renforcé en fonction du facteur du


substitution du sol

La valeur définitive de  sera retenue évidemment à partir de la condition vérifiant que


le tassement de l’ouvrage est admissible. Cependant, la profondeur atteinte par les
colonnes ne doit pas excéder 15 m, à partir des considérations liées au calcul de la
capacité portante lorsque les colonnes sont flottantes [6]. Pour l’estimation du
tassement, on adopte une longueur des colonnes égale à 10 m.
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3.2- Estimation du tassement de la fondation de l’ouvrage :
L’épaisseur des couches compressibles (EM<3MPa) sous la fondation du
bâtiment est de 40 m environ. De ce fait, le tassement de la fondation doit être calculé
comme la somme de deux termes : le tassement sr sur l’épaisseur du sol renforcé et le
tassement snr sur l’épaisseur du sol non renforcé sous-jacent (figure 3).
Dans la suite le tassement de l’ouvrage sera estimé par :
 la méthode pressiométrique
 les méthodes reposant sur la théorie de l’élasticité linéaire (DTU 13.2, approche
variationnelle…)
Lors de ce calcul du tassement, on tient compte de la décharge de 3 m du sol,
destinée à l’exécution du sous-sol de l’ouvrage. Cette décharge conduit à une
diminution de la contrainte verticale de l’ordre de 15,6x3= 46,8 kPa.
Compte tenu du fait que le bâtiment transmet au sol une charge uniformément répartie
égale à 86 kPa. Les estimations du tassement seront déterminées pour une contrainte
verticale égale à 86 – 46 = 40 kPa.
Par ailleurs, compte tenu de la nature drainante du matériau constitutif des colonnes, on
négligera le tassement du sol qui résulte de leur l’exécution au cours de l’édification de
l’ouvrage.
L’estimation du temps de tassement sera déterminée par la méthode oedométrique ; en
particulier dans la zone du sol renforcé par colonnes, il faudra prendre en compte la
consolidation radiale du sol.
Dans la suite, on adopte un facteur de substitution =0,3. Compte tenu de la
forme du bâtiment et en vue de faciliter l’exécution. Les colonnes, de diamètre égal à
1 m, sont disposées suivant un maillage carré dont l’espacement est de 1,6 m [11].

3.2.1. Le calcul du tassement de la fondation (après renforcement) :


3.2.1.1. la méthode pressiométrique :
Le tassement total d’une fondation superficielle rigide (radier général), est
déterminé par la formule :

2qB0  B   cqB
s   d    (10)
9E B  B0  9E A

où : q désigne la contrainte verticale transmise au sol par la fondation

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B0= 0,6m, B=30m, c=1,1, d=1,12 sont les coefficients de forme.
EA est le module du sol renforcé correspondant au domaine sphérique tel que
défini par Amar et Col (1995).

Vase grisâtre
coquillière Domaine
sphérique

Domaine
déviatorique

Argile grisâtre
vaseuse

Argile grise blanchâtre tufeuse

Argile rougeâtre compacte


tufeuse

Tuf blanchâtre

Sable moyen jaunâtre à concrétions


cimentées

Fig.3 Profil du sol de la fondation

Ce domaine couvre la quasi-totalité de la zone du sol renforcé pour lequel le module à


prendre en compte pour le calcul du tassement est [7] :
EA= E éq  E c  (1  )E s =2960 kPa (11)

Où : Es sera pris égal au module pressiométrique du sol initial, conformément aux


recommandations de la méthode pressiométrique pour le cas d’une fondation rigide.
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Remarque :
Le tassement dans le domaine sphérique peut être de même, estimé en considérant le
module oedométrique du sol c’est à dire en négligeant la déformation latérale dans l’axe
de la fondation. Cette condition est justifiée notamment dans l’axe de la fondation et en
plus par la présence de palplanches (battues jusqu’à 12 m de profondeur) autour du
bâtiment pour ne pas compromettre la stabilité des bâtiments voisins.
Sur la base de la recommandation du D.T.U 13.2, on prendra Ec=10 Es.
Compte tenu du profil pressiométrique retenu pour le dimensionnement de la fondation
(mesures pressiométriques effectuées jusqu’à une profondeur de 60 m), le module
déviatorique des couches sous-jacentes sera calculé à partir de l’expression ci-dessous,
(fascicule 62 titre V) :
3.2 1 1 1
   (12)
E d E 1 0.85xE 2 E 3 / 4 / 5
Ce qui conduit à la valeur de ce module égale à : Ed=3844 kPa
En considérant =0,5, on aura, à partir de l’équation (10) et des données ci-dessus :
s16.3 cm

3.2.2. Le calcul du tassement de la zone en sol renforcé :


Il est conduit avec trois méthodes citées, ci-dessous :
3.2.2.1. Recommandation du DTU 13.2 :
Le tassement d’un groupe de colonnes ballastées est estimé par la formule
q
suivante [2] : s  H c
E moy

S g  10.S c
Emoy désigne le module pressiométrique moyen : E moy  E 0
Sg  Sc

où : E0 : le module pressiométrique du sol initial ;


Sg = 1,781m² : la surface d’influence de la colonne (fig.4), pour un maillage
carré, (dont l’espacement est e =1,6 m, d’où de=1,13.e) ;
Sc = 0,875 m² : la section transversale de la colonne, de diamètre 1 m.
Le module pressiométrique du sol initial E0 est pris égal à 800 kPa, cependant, le
module adéquat qui répond aux hypothèses du site est le module oedométrique
Eoed = E0/=8/0,5=1600 kPa (déformations latérales nulles entre deux domaines
d’influence voisins), donc : Emoy= 6010 kPa. D’où : s  3,5 cm

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de
e

de=1,13 e
Fig.4. Emplacement des colonnes sous la fondation

3.2.2.2. Le module équivalent classique :


Pour un coefficient de substitution  égal à 0,3 et un module oedométrique du
sol égal à Es= Eoed=1600 kPa et un module de colonnes Ec=10 Es.
E éq E c (1)E s 6342 kPa (14)

q
donc : s r  H r  2,9 cm
E éq

3.2.2.3. En utilisant l’approche variationnelle en élasticité linéaire :


Un calcul par l’approche variationelle [5], a permis de majorer le module
équivalent du sol renforcé par l’expression suivante :
1
 
2 1     1   
E éq  E c  (1  )E s  2 .  1   
. 1  2     6447 kPa (15)
 E E E 
 s  c s 

où : le coefficient de Poisson =0,33
q
donc : s r  H r  2,8 cm
E éq

3.3. Modélisation de la structure :


En vue de déterminer les efforts intérieurs (moment fléchissant, effort tranchant)
dans le radier, on procède à un calcul sol-structure, sous l’action des charges transmises
par la structure du bâtiment. Ce calcul qui peut être fait à l’aide du logiciel ROBOT, par
exemple, permettra de déterminer l’épaisseur du radier. Pour le projet ici étudié, une
paisseur du radier égale à 50 cm est à priori suffisante, elle reste à confirmer compte
tenu de la déformée du radier.

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4. APERÇU SUR LE MODE D’EXECUTION DES COLONNES BALLASTEES :
Pour le projet étudié, en vue de ne pas recourir à un procédé nécessitant
l’acquisition d’un matériel nouveau, le procédé retenu pour l’exécution des colonnes
ballastées est similaire à celui testé avec succès en Inde appelé « puits ballastés », Datye
et col (1981). C’est un procédé qui consiste à utiliser un tubage introduit par fonçage
jusqu’à la profondeur voulue, qui est 10 m pour le projet étudié.
On procède ensuite à l’excavation du trou de forage à l’aide d’un godet, puis, on
déverse le matériau d’apport, qui sera compacté à l’aide d’un mouton en trois phases. La
récupération du tubage en entier se fait après remplissage avec le matériau compacté.
Lors de l’exécution de la colonne, on procède à un contrôle du degré de compacité de
son matériau constitutif au tiers et aux deux tiers de sa longueur (figure 5).

godet mouton

tubage

forage remplissage compactage remplissage Récupération Colonne


du tubage achevée
Fig.5 Substitution du sol par un matériau frottant compacté

Le volume de la consommation du matériau constitue le paramètre essentiel lors de la


mise en œuvre de ce procédé.
Toutefois, il est impératif de se conformer aux recommandations du DTU 13.2 postulant
le contrôle des caractéristiques du sol amélioré par la réalisation d’essais au
pénétromètre statique dans les colonnes et dans le sol avoisinant.

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Par rapport aux procédés vibratoires, celui des puits ballastés est le plus économique.
Après exécution de l’ensemble des colonnes ballastées, on procédera à la mise en place
d’une couche drainante, d’épaisseur 30 à 40 cm, constituée de préférence par le même
ballast constitutif des colonnes. Cette couche joue le rôle d’un tapis drainant permettant
l’évacuation des eaux récupérées à partir des colonnes ballastées suite à la consolidation
du sol.

5. ESTIMATION DU COUT :
Elle est détaillée dans [11]. Pour le lot fondation (y compris les ouvrages
enterrés), le coût des pieux au nombre de 69 est de l’ordre de 1310330 dinars. Alors que
pour les colonnes, en tout-venant au nombre de 486, le coût est de l’ordre de 717810
dinars ( en raison de 87,11 dinars le mètre linéaire). Soit une réduction de 37 % de gain
sur le coût de la fondation et de 11 % de gain sur le coût de l’ouvrage.

6. CONCLUSION
L’analyse du projet de fondation du siège de des chèques postaux au centre de
Tunis a permis de vérifier l’intérêt économique, que présente la technique de
renforcement par colonnes ballastées par rapport à celle de fondation sur pieux du type
« foré-boue ».
L’étude de ce cas incite à envisager davantage le renforcement de la vase de Tunis par
colonnes pour tout type d’ouvrage (remblai, bâtiment, ouvrage d’art…), en raison des
avantages qu’elle procure : à savoir l’augmentation de la capacité de portance, la
réduction notable du tassement tout en évitant le tassement différentiel et l’accélération
de la consolidation, tel qu’il l’a été confirmé à travers les expériences menées dans
plusieurs pays.

REFERENCES :
[1] Amar S. , Jézéquel J. (1972), « Essais en place et en laboratoire sur sols cohérents,
comparaison des résultats », Bull. Liaison L.C.P.C., n° 58, pp 97-108.
[2] Amar S. et col. (1995), «Utilisation des résultats des essais pressiométriques pour le
dimensionnement des fondations en Europe, 1ère partie ». pp 25-47
[3] Bouassida M. (1998), « la détermination de la capacité portante des sols renforcé par
colonnes », les Annales de l’Equipement, vol VIII, n°2, pp 55-74.
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[4] Bouassida M., Hatira M. (1999). « Modèle de dimensionnement d’une fondation sur
sol renforcé par colonne », séminaire « la stabilisation et le renforcement des sols»,
ISET Sfax et Radès, Hammamet, 02 et 03 février.
[5] Bouassida M. , Guetif Z. , P. de Buhan, L. Dormieux, (1999), « estimation du
tassement d’un sol renforcé par un groupe de colonnes en élasticité linéaire », Rapport
interne. 99 /UR/11-10 (ENIT)-CERMMO (ENPC).
[6] Bouassida M. (2000), Bearing capacity of soils reinforced by floating columns »,
Proc. 4 th Int GIGS., Helsinki-7-9 juin, pp 439-448.
[7] Costet J., Sanglérat G., (1983), « Cours pratique de mécanique des sols ». « Calcul
des ouvrages » Edit. Dunod.
[8] Datye K. R., Nagaraju S. S., (1981), « Design approach and field control for stone
columns», Proc. 10 th I.C.S.M.F.E., Stockholm, vol 3, pp 637-640.
[9] Documents Techniques Unifiés, Travaux de fondations profondes pour le bâtiment
[10] Fascicule 62, titre II, (20 Décembre 1993).
[11] Moussa Néjib, (2000). « Etude comparative de différents modes de fondations »,
Projet de fin d’études ; département de génie civil, ENIT.

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