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Groupe de la Banque africaine de développement

Politique sur les


opérations non
souveraines

Politique sur
les opérations
non souveraines

Département de la Stratégie et des Politiques Opérationnelles


Groupe de la Banque africaine de développement

Politique sur les


opérations non
souveraines

Politique sur
les opérations
non souveraines

Département de la Stratégie et des Politiques Opérationnelles


Remerciements
Ce document a été préparé par le Département de la Stratégie et
des Politiques Opérationnelles (SNSP) sous la direction générale
de Pierre  Guislain, Vice-Président, Secteur Privé, Infrastructures et
Industrialisation (PIVP).

Ce travail a été coordonné par Kapil Kapoor, Directeur, Massamba Diene,


ancien Chef de Division, Victoria Chisala, Cheffe de Division,
John  Sande Kanyarubona, ancien Spécialiste de Politiques en Chef, et
Hassanatu Mansaray, Spécialiste supérieur de Politiques, en qualité de
rédactrice Principale, avec le soutien d’un groupe de travail de l’ensemble
de la Banque composée de Godfred Penn, Conseiller Juridique Général
par intérim, Kodeidja Diallo, Directrice (PINS) et Souley Amadou, Chef
de Division (PGCL.2). Nous sommes reconnaissants du rôle de nombreux
cadres supérieurs, y compris les vice-présidents, les directeurs, les chefs
de division et le personnel des divers complexes, en particulier de ECMR,
FIFM, FIST, FITR, PIAC, PGCL, PGRF, PIFD, PINS, SNPB et SNSC. Le
document a principalement bénéficié des commentaires et suggestions
pertinents du personnel de la Banque, des directeurs, des Chef de
Divisions et des complexes cités ci-dessous :

• Personnel de ECMR.2
• Personnel de FIST
• Personnel de FITR
• Omobola Hollist, Directrice, FIFC
• Mohamed Kalif, Chef de division, PIFD.1
• Stella Kilonzo, Directrice Principale, PAIF.0
• Yaw Kuffour, Chef de Division, PIFD.3
• Anne-Marie Mecca, Cheffe de Division, PGCL.1
• Alex Mubiru, Responsable Pays, RDGE
• Stefan Nalletamby, Directeur, PIFD
• Nnenna Nwabufo, Directrice Générale adjointe, RDCE (ancienne
Directrice, SNPB)
• Richard Ofori-Mante, Chef de division, AHFR.1
• Personnel de PIFD
• Personnel de PINS
• Personnel de PGCL.2
• Personnel de SNSC
• Tim Turner, Responsable de la gestion des risques du Groupe, PGRF
(ancien directeur, PINS)
• Désiré Vencatachellum, Directeur, FIRM (ancien Directeur, SNSP)

Conception et mise en page: www.creondesign.net


Table des matières

Sigles et acronymes 2
Résumé analytique 5

PARTIE I : POLITIQUE SUR LES OPÉRATIONS NON SOUVERAINES 6


Section 1: Introduction 7
1.1 Objet et champ d’application 7

Section 2: Objectifs et principes directeurs 9


Section 3: Avis de non-objection et assurances des pays membres régionaux 13
Section 4: Opérations non souveraines et clients éligibles 14
4.1 Conditions d’éligibilité générales 15
4.2 Entreprises privées 15
4.3 Entreprises du secteur public éligibles 17
4.4 Partenariats public-privé (PPP) 18
4.5 Entités à vocation spéciale 18

Section 5: Critères d’investissement 20


5.1 Alignement sur les priorités stratégiques de la Banque et des PMR 20
5.2 Solvabilité, viabilité commerciale et durabilité financière 20
5.3 Effets sur le développement et additionnalité 22

Section 6: Opérations de financement 24


6.1 Types de financement 24
6.2 Instruments et produits de financement 24
6.3 Prises de participation 26
6.4 Appui de la Banque aux institutions financières et aux institutions des marchés de capitaux 27
6.5 Refinancement, financement rétroactif et restructuration 30

Section 7: Centres financiers extraterritoriaux dans les ONS de la Banque 31


Clients domiciliés dans des centres financiers extraterritoriaux 32
Contreparties domiciliées dans des centres financiers extraterritoriaux 32

Section 8: Opérations axées sur le savoir 34


Section 9: Passation des marchés, sauvegardes liées à l’intégrité et fiduciaires 37
Passation des marchés 37
Décaissement 37
Sauvegardes liées à l’intégrité et fiduciaires 38
Personnes politiquement exposée 38

Section 10: Sauvegardes environnementales et sociales 39


Section 11: Montage des projets, gestion du portefeuille et des risques 41
Section 12: Diffusion de l’information 45
Section 13: Conclusion 46

ANNEXES TECHNIQUES 47
Annexe 1 : Liste des politiques et des principes directeurs annulés et remplacés par cette Politique sur les
opérations non souveraines 48
Annexe 2 : Liste d’exclusion – Dépenses non éligibles au financement de la Banque 49
Annexe 3 : Produits financiers de la Banque pour les opérations non souveraines 50
Annexe 4 : Politiques, stratégies et directives applicables aux opérations non souveraines 53
Annexe 5 : Mécanisme indépendant d’inspection 56
Annexe 6 : Glossaire des principaux termes 57
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

Sigles et Acronymes

Accord de la Banque Accord portant création IFD Institution de financement du


de la Banque africaine de développement / financière de
développement développement
ADOA Évaluation de l’additionnalité IFI Institution financière
et des résultats en matière de internationale
développement ITIE Initiative pour la transparence dans
AGC Augmentation générale du les industries extractives
capital JPY (¥) Yen japonais
ALCO Comité de gestion actif-passif KES Shilling kényan
APR Accord de Participation aux KYC Connaître votre client
Risques LCFC Ligne de crédit pour le
AT Assistance technique financement du commerce
BAD Banque africaine de MII Mécanisme indépendant
développement d’inspection (du Groupe de la
BC Banque confirmatrice Banque)
BDEV Département de l’évaluation MPME Micro, petite ou moyenne
indépendante du entreprise
développement NGN Naira nigérian
BMD Banque multilatérale de NMPR Note moyenne pondérée du risque
développement OCDE Organisation de coopération et de
CER Communauté économique développement économiques
régionale ODD Objectifs de développement
CFE Centre financier extraterritorial durable
CRC Comité du risque de crédit ONS Opérations non souveraines
DSIR Document de stratégie pour OSC Organisations de la société civile
l’intégration régionale PFR Pays à faible revenu
DSP Document de stratégie pays PGR Produits de gestion des risques
DTS Droit de tirage spécial (unité PM Pays membre
financière du Fonds monétaire PMF Prêt à marge fixe
international) PMR Pays membre régional
EGP Livre égyptienne PPE Personnes politiquement exposées
ESP Entreprise du secteur public PPP Partenariat public-privé
EUR (€) Euro SCFF Instrument de financement des
EVS Entité à vocation spéciale matières premières agricoles
FAD Fonds africain de SD Stratégie décennale du Groupe de
développement la Banque pour la période 2013-
FAPA Fonds d’assistance au secteur 2022
privé en Afrique SFD Société de financement du
FIA Fonds pour l’Integrite de développement
l’Afrique SSI Système de sauvegardes intégré
FIFM Département de la gestion TRF Taux de rentabilité financière
financière UC Unité de compte (unité financière
Forum mondial Forum mondial sur la du Groupe de la Banque africaine
transparence et l’échange de de développement, composée d’un
renseignements à des fins panier de devises internationales
fiscales convertibles ; 1 UC = 1 DTS)
FSN Fonds spécial du Nigeria UGX Shilling ougandais
GAFI Groupe d’action financière USD (US$) Dollar des États-Unis
GPC Garantie partielle de crédit UVCM Unité de la vérification de la
GPR Garantie partielle de risques conformité et médiation
Groupe de la Banque BAD, FAD, FSN et fonds VPI Vérification préalable de l’intégrité
spéciaux affiliés à la Banque ZAR (R) Rand sud-africain
IF Institution financière
2
Photo: © BAD

3
4
Photo: © BAD
Résumé analytique

Résumé analytique

A
u titre de la présente Politique sur les opérations non souveraines (ci-après dénommée la « Politique
sur les ONS » ou la « Politique »), la Banque peut effectuer des financements ou des investissements
sans garantie souveraine dans des entités publiques et privées répondant à certaines conditions
d’éligibilité. Dans cette politique, les opérations non souveraines (ONS) désignent les opérations de financement
et d’investissement qui ne sont pas garanties par un État ; cela concerne surtout les transactions du secteur
privé, mais aussi le financement sans garantie souveraine d’entreprises éligibles du secteur public tout comme
le financement d’institutions financières de développement (IFD) régionales.

La Politique a pour objet de préciser, d’une part, (i) les Une annexe technique figure à la fin du document. Elle
modalités et sauvegardes spécifiques requises pour reprend : une liste de politiques qu’annule et remplace la
les prêts de la Banque sans garantie souveraine et, nouvelle Politique ; les éléments saillants du cadre d’action
d’autre part, (ii) les particularités des prêts aux sociétés pour le développement du secteur privé de la Banque ; une
commerciales obéissant à des modèles commerciaux et liste d’activités et d’opérations qui ne sont pas éligibles au
cadres de gouvernance différents de ceux des entités financement ; une description récapitulative détaillée des
gouvernementales. produits financiers de la Banque ; une liste des principales
politiques et directives applicables aux opérations non
Il importe de noter que la Politique ne s’applique pas aux souveraines ; le Mécanisme indépendant d’inspection de
prêts souverains ni aux prêts à garantie souveraine. Ces la Banque ; et un glossaire de termes importants.
opérations continueront d’être régies par les politiques
pertinentes du Groupe de la Banque qui guident ses Le présent document intègre les commentaires et
opérations du secteur public. suggestions formulés par les Membres du Comité sur
l’Efficacité du Développement (CODE) lors de la session
En vertu de cette politique, la Banque peut financer du 8 mai 2018, ainsi que les commentaires reçus des
des opérations non souveraines sous réserve de quatre membres du Conseil à la suite de la session du 18 juillet
conditions : (i) l’emprunteur1 est une entreprise privée 2018. Les Conseils d’administration du Groupe de la Banque
ou une entreprise éligible du secteur public ; (ii) les africaine de développement a approuvé la Politique sur
opérations sont financièrement solides ; (iii) elles devraient les opérations non souveraines le 12 septembre 2018. 
produire des effets satisfaisants sur le développement,
notamment en soutenant ou en créant des opportunités
de développement du secteur privé ; et (iv) la Banque
apporte une valeur ajoutée, financière ou non financière.

La Politique sur les ONS comporte les éléments ci-après :


les objectifs et les principes directeurs ; les privilèges,
exemptions et immunités de la Banque ; les conditions
d’éligibilité, y compris le domicile des clients et des
contreparties ; les critères d’investissement ; les opérations
de financement, les prises de participation et l’appui aux
institutions financières ; les juridictions intermédiaires ; les
opérations axées sur le savoir ; la passation de marchés,
Politique sur
les mesures de sauvegarde fiduciaire et liée à l’intégrité ; les opérations
les sauvegardes environnementales et sociales ; la gestion non souveraines
du portefeuille et des risques ; et la communication
d’informations.

1 En cas de prise de participation ou de garantie, il s’agit respectivement de l’entreprise bénéficiaire de l’investissement ou l’entreprise dont les obligations sont
garanties.

5
PARTIE I : POLITIQUE
SUR LES OPÉRATIONS
NON SOUVERAINES

6
Photo: © BAD

SECTION 1 :

Introduction
1.1 Objet et champ d’application pour les prêts de la Banque sans garantie de l’État
et, d’autre part, (ii) les particularités des prêts aux
1.1.1 La présente Politique porte sur les opérations sociétés commerciales viables obéissant à des
financées par la Banque africaine de développement modèles commerciaux et cadres de gouvernance
(ci-après dénommée le « Groupe de la Banque » ou judicieux et autonomes. Cette Politique permettra
la « Banque ») par le biais de son guichet de prêt au aux ONS d’être bien préparées en indiquant
secteur privé à des conditions non concessionnelles clairement la valeur ajoutée/additionnalité
et sans les exigences de garantie souveraine. Au apportée par la Banque, solides du point de vue
titre de cette Politique, ces opérations sont définies technique, économique et financier, et gérées
comme opérations non souveraines2 (ONS). avec la diligence voulue, d’observer des normes
éthiques élevées, d’être durables sur le plan
1.1.2 La Politique a pour objet de préciser, d’une part, environnemental et social, et présenter de bonnes
(i) les modalités et sauvegardes spécifiques requises chances de produire d’importants résultats en

2 Les mots soulignés en pointillés (...) indiquent les définitions des termes clés utilisés dans la présente politique et sont fournis à l'annexe 6 : Glossaire des principaux
termes.

7
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

matière de développement dans les pays membres et immunités de la Banque (section  3) ; les
régionaux (PMR) où elles sont menées. conditions d’éligibilité des opérations non
souveraines et des clients, y compris les
1.1.3 Cette Politique sur les ONS a pour but de consolider exigences en matière de domicile (section 4) ; les
le cadre d’action général du Groupe de la Banque pour critères d’investissement utilisés par la Banque
le développement du secteur privé, en définissant pour sélectionner les opérations non souveraines
en particulier ce que la Banque fera en matière de acceptables (section  5) ; les opérations de
prêts non souverains, compte tenu des récentes financement de la Banque, y compris les types
évolutions internes, nationales, régionales et d’opérations, les instruments et produits de
mondiales. Elle prend notamment en considération financement, les prises de participation, le
les recommandations de l’évaluation indépendante soutien aux institutions financières ainsi que
des opérations non souveraines de la Banque (portant le refinancement, le financement rétroactif
sur la période 2006–2011)3. Elle se préoccupe de et la restructuration (section 6) ; les centres
redéfinir de manière plus exhaustive les critères financiers extraterritoriaux dans les ONS de la
d’éligibilité des ONS et les modalités de prise de Banque (section 7) ; les opérations axées sur le
participation. Elle introduit aussi des dispositions savoir (section 8) ; les mesures de sauvegarde des
ayant trait aux aspects fiscaux des ONS, y compris acquisitions, de l’intégrité et d’ordre fiduciaire
les centres financiers extraterritoriaux (CFE). (section 9) ; les sauvegardes environnementales
et sociales (section 10) ; l’approbation des projets
1.1.4 Une nouvelle Politique sur les ONS tient à et la gestion du portefeuille et des risques
la hausse de la demande des opérations non (section 11) ; la communication d’informations
souveraines et aux récentes évolutions internes, (section 12) ; et la conclusion (section 13).
comme l’augmentation générale du capital
intervenue en 2010 (AGC-VI) et la déclaration 1.1.6 Afin d’éviter tout malentendu, il convient de noter
sur l’appétence au risque, qui se sont notamment que tout financement accordé aux entités publiques
traduites par le relèvement du niveau des fonds ou à toute autre entité, dont le remboursement
propres affectés aux opérations du secteur privé, constitue un engagement explicite, direct et
en particulier dans les pays à faible revenu. irrévocable d’un PMR ou est garanti par ce dernier,
est considéré comme opération souveraine ou
1.1.5 Cette Politique comporte 13 sections. Après cette opération à garantie souveraine et, dès lors, ne
brève introduction destinée à définir l’objet et le relève pas de la Politique sur les ONS.
champ d’application de la Politique (section 1),
la section suivante expose les objectifs et les 1.1.7 La présente Politique sur les ONS, qui consolide
principes directeurs des ONS de la Banque les dispositions afférentes aux ONS qui étaient
(section 2). Le reste de la Politique porte sur : l’avis dispersées dans différents documents de la
de non-objection des PMR au financement des Banque, annulera et remplacera les politiques
opérations4 sur leur territoire et les assurances reprises à l’annexe 1 à compter de la date de son
concernant certains privilèges, exemptions approbation 

3 Banque africaine de développement. 2013. Promouvoir le développement du secteur privé en Afrique : Évaluation indépendante des opérations non souveraines,
2006-2011. Département de l’évaluation des opérations (OPEV).
4 Dans ce document, l’expression « opérations de financement » désigne les opérations de prêt, les garanties, les prises de participation ou toute autre forme de
financement de produits et services ou d’assistance de la Banque (voir annexe 6).

8
Section 2:  Objectifs et principes directeurs

SECTION 2 :

Objectifs et principes
directeurs
2.1 En mai 2013, la Banque s’est dotée d’une Stratégie 2.2 Dans ce nouveau contexte, les opérations non
décennale (SD) pour la période 2013–2022, axée souveraines de la Banque ont pour objectif
sur le double objectif de croissance inclusiveet de contribuer à accélérer la transformation
de transition vers une croissance verte. Dans du continent à travers divers mécanismes et
ce cadre, pour accélérer la mise en œuvre de produits de soutien financier exposés à l’Annexe 3
la stratégie et mieux refléter les Objectifs de du présent document, contribuant ainsi au
développement durable (ODD) adoptés en 2015, développement économique et social durable de ses
elle a lancé en 2015 des initiatives transformatrices PMR individuellement et conjointement, comme
audacieuses s’articulant autour de cinq domaines le veut sa mission. En particulier, l’intervention
d’intervention prioritaires : (i) éclairer l’Afrique de la Banque dans des ONS sélectionnées visera
et l’alimenter en énergie ; (ii) nourrir l’Afrique ; à maximiser l’impact catalyseur des ressources
(iii) intégrer l’Afrique ; (iv) industrialiser l’Afrique ; limitées de la Banque, tout en cherchant à
et (v) améliorer la qualité de vie des populations promouvoir une croissance inclusive et la transition
en Afrique. vers une « croissance verte » dans les pays africains.
Photo: © BAD

9
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

2.3 Il y a lieu de rappeler qu’en adoptant sa Politique • inclusion socioéconomique – création


de développement du secteur privé 5 en 2013, d’emplois, amélioration des moyens
le Groupe de la Banque considérait l’appui au d’existence, augmentation des possibilités
développement du secteur privé en général de revenus, notamment pour les femmes,
comme le moyen le plus important de s’acquitter les jeunes et les populations rurales, ou
de sa mission. Dans cet esprit, pour favoriser le amélioration de la disponibilité et de
développement du secteur privé, ses opérations l’accessibilité des services, notamment dans
souveraines et non-souveraines doivent répondre les régions mal desservies ;
à trois objectifs majeurs :
• a m é l i o r a t i o n d e s i n fr a s t r u c t u re s
i. l’amélioration du climat de l’investissement économiques et sociales nationales et
et des affaires ; régionales – meilleur accès aux services,
baisse des coûts, accroissement de la
ii. le développement des infrastructures sociales fiabilité, stimulation des exportations vers
et économiques et amélioration de l’accès à le marché régional et le reste du monde ;
des services fiables et de qualité ; et
• a c c è s a c c r u a u f i n a n c e m e n t e t
iii. le renforcement des entreprises du secteur approfondissement du secteur financier
privé. – allégement des contraintes de financement
pour les entreprises du secteur réel et les
2.4 Le lien entre les trois objectifs de développement institutions privées nationales ou régionales
du secteur privé évoqués ci-dessus et les cinq et le développement des marchés de
domaines d’intervention hautement prioritaires capitaux ;
de la Banque nouvellement adoptés (High 5) est
explicité à l’encadré 1 ci-dessous. • sécurité alimentaire nationale et régionale
– grâce au renforcement de la chaîne de
2.5 La Banque finance des ONS qui contribuent valeur agricole dans les PMR ;
à sa mission de produire des effets sur le
développement, notamment les suivants : • promotion de l’entrepreneuriat local –
accompagnement des entreprises privées,

Encadré 1 : Le cadre d’action de la Banque pour le développement du secteur privé, base solide
des High 5

Le cadre de politique générale de la Banque pour le développement du secteur privé concorde avec les High 5, auxquels il
sert de base solide, ainsi qu’il apparaît ci-après :
i) Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie à l’aide de l’infrastructure matérielle et immatérielle, des partenariats
public-privé (PPP), de l’accès au financement, etc. ;
ii) Nourrir l’Afrique à travers la promotion de l’entrepreneuriat local, le développement des chaînes de valeur, l’appui aux
micro-, petites et moyennes entreprises (MPME), etc. ;
iii) Industrialiser l’Afrique à travers la promotion du développement des chaînes de valeur et de l’entrepreneuriat local,
l’accès au financement, les PPP et le développement de l’infrastructure matérielle et immatérielle, etc. ;
iv) Intégrer l’Afrique par l’appui à la connectivité régionale, l’intégration du secteur financier, la promotion des échanges
commerciaux et des investissements intrarégionaux, etc. ; et
v) Améliorer la qualité de vie des populations en Afrique grâce à la promotion de l’entreprise sociale, au
développement de l’infrastructure immatérielle, à l’appui aux MPME, etc.
Les High 5 enrichiront les trois objectifs majeurs des opérations souveraines et non souveraines de la Banque à l’appui
du développement du secteur privé : i) améliorer le climat de l’investissement et des affaires ; ii) développement des
infrastructures sociales et économiques et amélioration de l’accès à des services fiables et de qualité ; et iii) renforcement des
entreprises du secteur privé.
En conséquence, cette Politique sur les ONS confortera les efforts de développement du secteur privé par l’intermédiaire des
High 5.

5 Les interventions de la Banque dans le secteur privé africain sont régies, d’une manière générale, par la Politique de développement du secteur privé, approuvée en
2013.

10
Section 2:  Objectifs et principes directeurs

y compris les jeunes entreprises lancées par et financière ; (iv) le respect des obligations
des femmes et des jeunes, amélioration des envers les bailleurs de fonds, y compris la
pratiques commerciales par la formation et Banque ; et (v) la production des effets sur le
le transfert de technologie, et soutien à des développement étayés par l’établissement de
modèles commerciaux novateurs ayant des rapports réguliers par les clients sur l’impact
effets de démonstration ; et obtenu.

• investissements à impact durable c. Sélectivité :  identifier les possibilités


– promotion et soutien continus de d’intervention pour la Banque, en ayant
l’investissement dans les ONS de manière à l ’e s p r i t l a n é c e s s i t é d e m a x i m i s e r
à produire un impact économique, social l’impact et la portée de ses ressources tout
et environnemental tangible parallèlement comme les domaines où elle possède un
aux rendements financiers. avantage comparatif par rapport aux autres
sources de financement commercial ou de
2.6 Le soutien de la Banque à une ONS est subordonné développement ;
à la satisfaction des conditions ci-après, tel que
décrit plus en détail aux sections 4 et 5 : d. Résultats en matière de développement
et additionnalité :  mettre l’accent sur
a. l’emprunteur6 est une entreprise privée ou une la maximisation des résultats escomptés
entreprise éligible du secteur public ; des ONS sur le développement et de leur
contribution à la croissance inclusive et verte,
b. l’opération proposée est commercialement outre la valeur ajoutée singulière liée à la
viable ; participation de la Banque que ne peuvent
apporter seuls les investisseurs commerciaux
c. les effets attendus sur le développement, y et privés. En particulier, la Banque entend
compris le renforcement des possibilités de jouer un rôle de catalyseur et mobiliser
développement du secteur privé, sont d’un des ressources auprès d’investisseurs
niveau satisfaisant ; et commerciaux et privés tout en veillant à
la durabilité de ses ONS. À ce titre, elle
d. la Banque apporte à l’ONS de l’additionnalité, s’efforcera d’attirer, et non d’évincer, les
financière ou non. opérateurs commerciaux ;

2.7 Le portefeuille des ONS de la Banque est guidé e. Partenariats efficaces :  collaborer avec
par les principes fondamentaux énoncés par la les institutions dédiées à la promotion du
Politique de développement du secteur privé, développement du secteur privé ; servir de
qui font l’objet d’un large consensus au sein des catalyseur au cofinancement des projets ; et
institutions multilatérales de financement du attirer les investisseurs et bailleurs de fonds
développement. Il s’agit notamment des principes commerciaux (plutôt que de les évincer) ;
ci-après :7
f. Renforcement des marchés, par la promotion
a. Appropriation :  respecter le droit de chaque d’une concurrence ouverte et loyale ;
PMR de choisir son approche du développement
du secteur privé et de fixer ses priorités g. Conformité aux sauvegardes :  veiller à ce
d’investissement ; que les ONS de la Banque soient ancrées sur
la responsabilité sociale, environnementale et
b. Responsabilité du client :  communiquer de fiduciaire, à la lutte contre la corruption et à
façon explicite aux clients la responsabilité qui l’intégrité éthique ;
leur revient dans la réussite des investissements,
notamment : (i) une mise en œuvre judicieuse h. Préservation de la solidité financière de la
et ponctuelle ; (ii) une gestion saine tout au Banque ; et
long de la durée de vie économique du projet,
y compris la prise de conscience des risques en i. Maintien de la pertinence du Groupe de la
jeu par le client ; (iii) la réussite commerciale Banque pour l’ensemble de ses PMR. 

6 En cas de prise de participation ou de garantie, il s’agit respectivement de l’entreprise bénéficiaire de l’investissement ou l’entreprise dont les obligations sont
garanties.
7 Voir les sections 2.4 - 2.8 de la Politique de développement du secteur privé.

11
12
Section 3:  Avis de non-objection et assurances des pays membres régionaux

SECTION 3 :

Avis de non-
objection et
assurances
des pays
membres
régionaux
3.1 Conformément aux dispositions de l’article 17 (1) (b)
de l’Accord portant création de la Banque8, la
Banque ne peut financer une opération sur le
territoire d’un pays membre régional (PMR) si ce
dernier s’y oppose. Dès lors, avant d’approuver
un investissement, la Banque fera part au(x)
PMR concerné(s) de son intention d’envisager le
financement d’une telle opération pour savoir s’il(s)
n’a / n’ont aucune objection à cet investissement.

3.2 Dans la même notification, la Banque cherchera


à obtenir des assurances préalables quant à
l’exonération de tout impôt et au rapatriement
sans restriction des remboursements de prêt,
intérêts, commissions, dividendes et autres revenus
ou produits liés à son investissement et au titre
détenu dans le(s) PMR où se déroule un projet.
Avant de soumettre une opération à l’approbation
des Conseils d’administration, la Banque doit avoir
obtenu l’avis de « non-objection » et les autres
assurances utiles du/des PMR. 

8 L’Accord portant création de la Banque africaine de développement, signé en


août 1963, entré en vigueur en septembre 1964 et amendé le plus récemment
Photo: © BAD

en 2011 (édition de 2011). Il prévoit en son article 17(1)(b) que « La Banque ne


pourvoit pas au financement d’un projet sur le territoire d’un État membre si
cet État membre s’y oppose ».

13
Photo: © BAD
SECTION 4 :

Opérations non souveraines


et clients éligibles
4.0.1 Cette section présente les critères d’éligibilité et cinquième sous-sections fournissent des
qu’applique la Banque afin d’identifier les clients orientations pour l’application de ces critères aux
qualifiés pour les ONS financées par ses soins. La investissements faisant appel aux partenariats
première sous-section énonce les conditions de public-privé (PPP) et aux entités à vocation spéciale
domicile et autres conditions générales d’éligibilité (EVS) 9 respectivement.
pour l’ensemble des ONS et des clients. Les
deuxième et troisième sous-sections décrivent 4.0.2 Outre l’éligibilité des clients, pour sélectionner
les conditions d’éligibilité des entreprises privées les opérations de nature à maximiser son impact,
et publiques respectivement. Les quatrième la Banque applique des critères d’éligibilité

9 Dans un souci de clarté, il convient de noter que i) les PPP ne constituent ni un type particulier d’entité juridique ni une catégorie d’opérations à financer sur un guichet
spécial de la Banque (les PPP peuvent être financés sur le guichet du secteur privé ou du secteur public, selon le cas) et ii) suivant la structure de leur actionnariat, les
EVS peuvent entrer dans la catégorie des entreprises privées ou des entreprises publiques (pour de plus amples précisions, prière de se référer à la sous-section 4.5).

14
Section 4:  Opérations non souveraines et clients éligibles

prédéfinis, guidés par les principes d’efficacité du secteurs économiques sont éligibles au financement
développement. de la Banque aux conditions des ONS, excepté ceux
qui sont repris dans la liste d’exclusion figurant à
4.0.3 Dans un nombre restreint de cas jugés d’importance l’annexe 2.
stratégique, la Banque identifiera de manière
proactive les ONS susceptibles de bénéficier de 4.1.3 Critères d’éligibilité applicables à l’ensemble des
son concours. En règle générale, toutefois, guidée clients. Comme le veut sa mission, la Banque est
par les principes de respect de l’« appropriation » tenue de s’assurer que le produit et les avantages du
et de la « responsabilité » des clients pour leurs financement de ses ONS profitent à un ou plusieurs
propositions d’investissement, la Banque soutient PMR. Ainsi, pour être éligible à l’investissement, au
les ONS retenues parmi de nombreuses propositions financement ou à tout autre concours de la Banque
concurrentielles soumises en toute indépendance à des conditions non souveraines, le bénéficiaire10
par les promoteurs de projets et les entreprises. du financement non souverain de la Banque (le
client) doit satisfaire aux exigences fondamentales
4.0.4 La Banque influe sur l’orientation opérationnelle et ci-après : (i) être enregistré dans un pays membre11,
la qualité des propositions soumises à son examen le projet pour lequel le financement de la Banque est
en communiquant clairement les objectifs, les accordé étant situé ou exécuté dans un ou plusieurs
priorités opérationnelles et les principes auxquels pays membres régionaux ; (ii) avoir la personnalité
obéissent ses ONS. Le respect de son processus juridique12 ; et (iii) être en règle13 avec la Banque et
rigoureux d’évaluation et de diligence raisonnable avec le pays membre concerné de la Banque.
permet à la Banque de s’assurer que les opérations
choisies satisfont aux critères énoncés dans les
sous-sections suivantes. 4.2 Entreprises privées
4.2.1 Actionnariat.  Les entreprises privées sont des
4.1 Conditions d’éligibilité entreprises14 dans lesquelles des particuliers ou
générales des entités du secteur privé détiennent soit (i) plus
de 50 % des droits de vote, soit (ii) un pourcentage
4.1.1 Éligibilité des pays.  Les ONS devant être réalisées de droits de vote permettant à ces personnes de
dans un PMR sont éligibles à l’examen de la Banque diriger les politiques et la gestion de l’entreprise
aux fins d’investissement en vertu de la présente (une « participation majoritaire »15). Lorsque les
Politique. La Banque est à même de supporter un entreprises privées sont partiellement détenues
risque calculé dans les pays où les intermédiaires par des personnes publiques, la préservation de
financiers privés internationaux et les investisseurs l’autonomie opérationnelle et de la liberté de
privés peuvent être réticents ou peu disposés à gestion devra être vérifiée.
intervenir eux-mêmes. Toutefois, elle tiendra compte
des conditions macroéconomiques, des politiques, 4.2.2 Les entreprises dans lesquelles la Banque investit
des lois, des règlements, des institutions judiciaires devraient promouvoir l’actionnariat local en règle
et des situations politiques et sociales pour assurer générale. Toutefois, hormis l’observation des
une gestion prudente des risques. limites que pourrait imposer le pays d’accueil à la
proportion de participation étrangère par rapport à
4.1.2 Éligibilité des secteurs et utilisation des ressources la participation locale, la Banque elle-même n’a pas
de la Banque.  En principe, tous les secteurs et sous- de règle particulière à cet égard. Cela étant, elle peut

10 Dans le cas d’un prêt, d’une prise de participation ou d’une garantie, il s’agit respectivement de l’emprunteur, de la société bénéficiaire de la participation ou de la société
dont les obligations sont garanties.
11 Soit un pays membre régional, soit un pays membre non régional. Cette formulation introduit une lecture téléologique de l’article 14 (1) de l’Accord de la Banque et
élargit la catégorie des entreprises éligibles aux investissements de la Banque pour inclure les entreprises des pays membres non régionaux présents ou opérant en
Afrique ; prière de se référer à la sous-section 4.2.3.
12 Avoir la « personnalité juridique » signifie être capable de détenir des droits et obligations juridiques dans un certain système juridique, comme la capacité de
conclure des contrats, d’ester en justice, de posséder des actifs, etc.
13 Un client est jugé « en règle » s’il est habilité à engager des relations contractuelles avec la Banque et les pays membres concernés par les opérations à financer.
Plus particulièrement, un client ne répond pas à l’exigence d’« être en règle » si, par exemple : il est « frappé d’exclusion » par la Banque ou d’autres institutions avec
lesquelles la Banque a conclu l’Accord d’exécution mutuelle des décisions d’exclusion de 2010 (sous réserve des conditions et des exigences d’exécution qui y sont
énoncées) ; il est sous le coup d’une interdiction, d’une radiation ou d’une suspension par les autorités d’un pays membres de la Banque pour i) mener des activités
commerciales ou ii) entrer dans des relations contractuelles avec l’État ou d’autres entités publiques (ou se voir attribuer un marché), etc.
14 Dans ce document, le terme « entreprise » renvoie à différents types d’entités privées, comme celles qui interviennent dans la fabrication, la production agro-
industrielle, le commerce, les services et les différents intermédiaires financiers.
15 L’évaluation d’une « participation majoritaire » sera faite au cas par cas, en tenant notamment compte de la législation du pays membre où l’entreprise est constituée,
des documents constitutifs de l’entreprise et de toutes dispositions contractuelles pertinentes (pacte d’actionnaires par exemple), conformément aux normes IFRS.

15
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

investir dans des entreprises entièrement détenues du projet (ou les entités qui les contrôlent), d’autres
par des personnes étrangères si l’investissement revêt co-investisseurs ou cofinanciers, des banques
une importance ou des avantages particuliers pour commerciales confirmatrices (BC) pour le financement
le pays hôte ou un autre PMR. Dans ces conditions, du commerce, des gestionnaires de fonds ou des
elle pourra demander aux actionnaires étrangers de commandités dans le cas des fonds de capital-
s’engager à vendre une partie de leur participation investissement, etc. Les contreparties peuvent être
à des investisseurs locaux à une date ultérieure. En domiciliées dans n’importe quelle juridiction dans
ce qui concerne plus particulièrement les prises de le monde, mais le projet doit être situé ou exécuté
participation (voir sous-section 6.3), la Banque peut dans un PMR, ses produits et avantages profitant à
investir dans l’intention de céder dès que possible un ou plusieurs PMR de la Banque, sous réserve ‘de
sa participation aux actionnaires locaux par voie de non-objection du PMR où sera située l’ONS proposée
vente. (voir la section 3 ci-dessus).

4.2.3 Domicile.  Conformément à l’article 14(1)16 de l’Accord 4.2.6 Entrepreneuriat local.  Dans le cadre de sa Politique
de la Banque, pour être éligible aux investissements de de développement du secteur privé, la Banque est
la Banque17 une entreprise doit être établie, se situer résolue à soutenir le développement continu de
ou opérer dans un pays membre régional (PMR) de la l’entrepreneuriat local. Lors de l’examen, en cas de
Banque. Si les entreprises constituées dans des pays propositions de financement ou d’investissement
membres non régionaux mais présentes ou opérant présentant le même intérêt, la priorité est donnée
en Afrique peuvent – sous réserve du respect des aux entreprises africaines19. La Banque privilégiera le
autres conditions énoncées aux sous-sections 4.1 et développement de l’entrepreneuriat local dans ses
4.2 pour les entreprises privées – être éligibles aux efforts d’encourager la croissance du secteur privé
investissements de la Banque, les entreprises établies national.
dans des pays qui ne sont pas membres de la Banque
ne sont pas éligibles. La Banque porte un intérêt particulier à la fourniture
de tout concours nécessaire aux femmes et jeunes
4.2.4 Les ONS impliquant des contreparties ou des entrepreneurs, en vue de favoriser leur autonomisation
juridictions multiples. Dans le cas d’ONS mettant économique. Conformément aux dispositions de
en jeu des contreparties et juridictions multiples, les la Politique et stratégie sur le genre, en nouant
exigences fondamentales d’éligibilité sont remplies des partenariats avec les secteurs privé, social
(a) si l’opération est structurée de telle sorte que : et associatif, la Banque plaidera la cause : i) des
(i) il existe un bénéficiaire viable et juridiquement produits financiers innovants et abordables (prêts,
autonome18 du financement de la Banque, dûment financement mezzanine, épargne, systèmes de
constitué dans un pays membre ; et (ii) le projet ciblé garantie, assurance, dons à l’innovation ciblant les
par le financement de la Banque est situé ou exécuté entreprises qui favorisent l’entrepreneuriat social) ;
dans au moins un PMR ; (iii) le bénéficiaire possède la ii) du capital social (réseaux, réunions de groupes
personnalité juridique, est en règle et relève des lois d’affaires professionnels et mentorat d’affaires) ;
et règlements de cette juridiction ; et (b) si le projet et iii) de l’instauration de cadres d’action et d’un
vise à générer des avantages substantiels dans au climat des affaires propices à l’égalité des genres. En
moins un PMR. outre, la Banque établira un lien plus étroit entre les
opérations des secteurs public, social et privé, en ce
4.2.5 Pour autant que soient remplies les conditions qui concerne plus particulièrement la promotion de
d’éligibilité fondamentales énoncées ci-dessus, la l’entrepreneuriat féminin.
Banque peut fournir un financement ou un autre
concours à une entité cliente faisant intervenir 4.2.7 Micro, petites et moyennes entreprises.
différentes contreparties – y compris les promoteurs La Banque est déterminée à accompagner les

16 Pour ce qui est des exigences de domicile, l’Accord portant création de la Banque africaine de développement prévoit en son article 14(1) ce qui suit : « La Banque, dans
le cadre de ses opérations, peut procurer des moyens de financement ou des facilités aux fins d’obtenir de tels moyens, à tout État membre régional, tout organisme public
ou subdivision politique de cet État, où à toute institution ou entreprise située sur le territoire d’un État membre régional, ainsi qu’aux organisations internationales ou
régionales qui s’intéressent au développement de l’Afrique ». L’expression « institution ou entreprise située sur le territoire d’un État membre régional », qui avait été
interprétée comme « entreprises situées et enregistrées sur le territoire d’un État membre régional » dans les Politiques relatives aux opérations du secteur privé de mars
1995 (ADB/BD/WP/94/127/Rev.2), se lit désormais d’une manière téléologique conforme à l’esprit de l’article 14(1) de l’Accord de la Banque, pour inclure les entreprises
des pays membres non régionaux qui sont physiquement présentes ou opèrent d’une autre manière dans les pays membres régionaux.
17 L’expression « investissements de la Banque » est utilisée de manière interchangeable avec « les opérations de financement de la Banque » (opérations de prêt,
garanties, prises de participation ou toute autre forme de produits et services de financement ou de concours fourni par la Banque).
18 Le bénéficiaire du financement et de l’investissement de la Banque est : l’emprunteur dans le cas d’un prêt ; la société cible en cas de prise de participation ; et la
société dont les obligations sont garanties en cas de garantie.
19 Les entreprises africaines sont celles qui sont détenues en majorité et contrôlées par des citoyens des PMR ou des personnes morales établies et situées dans les
PMR.

16
Section 4:  Opérations non souveraines et clients éligibles

micro-, petites et moyennes entreprises (MPME), et/ou d’insolvabilité et ne pas être protégé par
comme le veut sa Politique de développement du des immunités ou des exemptions (immunité
secteur privé. Elle s’assure qu’elles tirent un parti de juridiction, exonération d’impôts, immunité
appréciable, direct et indirect de ses opérations de saisie ou de saisie-exécution sur les biens
de financement non souveraines. et avoirs, exemptions de réglementations
environnementales ou sociales, etc.) ;
4.2.8 Entreprises sociales.  Les entreprises20 lancées et
gérées essentiellement à des fins humanitaires et de c. être financièrement solide et à même de tirer
développement social sont éligibles au financement directement des revenus substantiels pendant
de la Banque aux conditions non souveraines pour longtemps des activités opérationnelles
autant que : (a) les conditions d’éligibilité définies inscrites dans son mandat sur une période
aux sections 4.1 et 4.2 soient remplies ; (b) leurs étendue ;
buts, objectifs et mode opératoire ne soient pas
en contradiction avec la mission, les règles et les d. avoir officiellement obtenu, auprès des entités
politiques de la Banque ; et (c) elles soient habilitées publiques souveraines et/ou non souveraines
à fonctionner à des conditions commerciales qui détiennent ou contrôlent la majorité
comme entreprises « à but lucratif ». En leur qualité des actions, un acte statutaire lui conférant
d’entreprises en bonne et due forme consacrées une pleine autonomie opérationnelle et
au financement des objectifs énoncés dans leurs financière et lui donnant le contrôle total sur
actes constitutifs, les entreprises sociales sont son financement, son budget et ses décisions
soumises aux forces, aux lois et aux règles normales d’investissement ;
du marché, censées rembourser leurs créanciers,
dont la Banque, et rester financièrement viables. e. être gérée de manière à favoriser le
développement du secteur privé ; et

4.3 Entreprises du secteur public f. être gérée avec compétence, grâce à une
éligibles structure de gouvernance saine assurant
l’efficience, la transparence et la responsabilité
4.3.1 Actionnariat et autres conditions spécifiques. au même titre que les entreprises privées
Les entreprises du secteur public (ESP) sont des comparables.
entreprises dans lesquelles une ou plusieurs
entités souveraines, leurs subdivisions politiques 4.3.2 Projets enclaves.  Selon la politique précédente
ou administratives, agences et/ou entités affiliées sur les ONS, les projets enclaves étaient
détiennent soit (i) plus de 50 % des droits de vote, principalement censés permettre à la Banque de
soit (ii) un pourcentage de droits de vote permettant financer des projets commercialement viables,
de diriger les politiques et la gestion de l’entreprise axés sur l’exportation, générateurs de devises
(une « participation majoritaire »21). Une entreprise et gérés par des entreprises publiques qualifiées
du secteur public est éligible au financement de la situées dans des pays de catégorie A22. En vertu de
Banque si elle remplit les conditions reprises ci-après. cette nouvelle Politique, les entreprises du secteur
Elle doit : public dans tout PMR peuvent être éligibles à
l’investissement de la Banque. Par conséquent,
a. être constituée dans un des PMR de la Banque le concept de projet enclave n’a plus de raison
et les avantages du projet profitent à un ou d’être pour caractériser une catégorie d’opérations
plusieurs PMR ; distincte et ciblée.

b. avoir la personnalité juridique, ne pas faire 4.3.3 Administrations/entités infranationales.  La


l’objet d’une procédure de liquidation, de faillite Banque peut aussi accorder des financements pour

20 Une entreprise sociale est une entreprise axée sur une cause, dont la principale raison d’être consiste à promouvoir, susciter et provoquer des changements sociaux ;
autrement dit, il s’agit d’une entreprise génératrice de revenus sans distribuer de dividende, visant à atteindre des objectifs sociaux tels que l’éducation, la santé,
l’environnement, la réduction de la pauvreté et l’égalité entre les genres. Les entreprises sociales ont des objectifs aussi bien commerciaux que sociaux. Leurs objectifs
sociaux sont dont inscrits dans leur objet, ce qui les distingue des autres organisations et sociétés. Bien que le profit ne soit pas la principale motivation d’une entreprise
sociale, le revenu n’en joue pas moins un rôle essentiel dans sa viabilité. En effet, des revenus durables distinguent une entreprise sociale d’une organisation caritative
classique, qui est tributaire des financements extérieurs sous forme de dons ou de subventions pour atteindre sa mission sociale.
21 L’évaluation d’une « participation majoritaire » sera faite au cas par cas, en tenant notamment compte de la législation du pays membre où l’entreprise est constituée,
des documents constitutifs de l’entreprise et de toutes dispositions contractuelles pertinentes (pacte d’actionnaires par exemple), conformément aux normes IFRS.
22 Habituellement, les pays membres régionaux de catégorie A sont ceux dont le revenu national brut par habitant est inférieur à un seuil donné et/ou qui ne remplissent
pas un certain nombre de critères de solvabilité pour être admis à emprunter des ressources non concessionnelles de la Banque à des conditions souveraines.

17
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

les ONS aux administrations/entités infranationales23 préférence sera donnée aux projets reposant sur
pour autant qu’elles remplissent les conditions une concurrence ouverte et loyale, afin de répartir
d’éligibilité énoncées aux sections 4.1 et 4.324 et équitablement les risques et récompenses entre
dans le respect des Directives sur le financement l’État, les populations, la/les partie(s) privée(s), la
infranational. Banque et d’autres bailleurs de fonds soutenant
un investissement. La Banque veillera à ce que
4.3.4 Justification du financement des opérations les solutions privées ne soient encouragées que
d’entreprises éligibles du secteur public.  En si elles sont économiquement, financièrement et
accordant des financements et d’autres concours commercialement viables, transparentes quant à la
aux entreprises du secteur public, la Banque entend répartition des risques, rentables, respectueuses
soutenir les objectifs de développement des PMR dans de l’environnement, socialement responsables
des secteurs vitaux pour le développement, mais où et si elles prennent adéquatement en compte les
les opérateurs privés ne sont pas désireux d’investir. préoccupations des consommateurs en matière
Il s’agit aussi de promouvoir le développement du d’équité et d’accessibilité.
secteur privé dans les PMR, en soutenant notamment
la privatisation ordonnée des entreprises du secteur 4.4.4 La Banque envis agera de par ticiper au
public, chaque fois que cela est faisable et souhaitable. financement des ONS au titre des PPP tant
que le processus de passation de marchés suivi
par le gouvernement du PMR et les entités et
4.4 Partenariats public-privé (PPP) organismes publics pertinents pour sélectionner
le partenaire privé et attribuer la concession (ou
4.4.1 En vertu de cette Politique, la Banque peut fournir des concessions) et d’autres marchés publics
des financements sans garantie souveraine aux aura été jugé conforme aux lois et règlements
parties d’un partenariat public-privé (PPP) si nationaux et acceptable pour la Banque compte
l’emprunteur remplit les conditions d’éligibilité tenu notamment de ses règles et procédures
énoncées respectivement aux sections 4.1 et 4.2 de passation de marchés pour les ONS.
(entreprises privées) ou aux sections 4.1 et 4.3
(entreprises publiques25). Au cas où une entité
du secteur public ne remplit pas les conditions 4.5 Entités à vocation spéciale
d’éligibilité,26 le financement peut être envisagé au
titre des politiques pertinentes du secteur public 4.5.1 Les entités à vocation spéciale (EVS) sont
de la Banque. des structures ad hoc à responsabilité limitée
exclusivement dédiées à la réalisation de
4.4.2 Lorsqu’un PPP met en jeu des engagements projets spécifiques. Elles sont généralement
souverains comme les garanties, la Banque tiendra utilisées dans les transactions de financement
compte de la soutenabilité de la dette du PMR, y de projets afin d’isoler les actifs et passifs des
compris les flux de recettes qui devraient être générés projets par rapport aux actifs et passifs de leurs
au profit de l’État. Cette analyse fait généralement actionnaires. Les EVS ne constituent pas une
partie de l’Évaluation de l’additionnalité et des catégorie particulière d’emprunteurs. En ce
résultats en matière de développement afin de sens, elles devront remplir les mêmes conditions
s’assurer que l’opération est équitable pour l’État d’éligibilité fixées pour les entreprises privées
ou l’entité publique. (sections 4.1 et 4.2) ou les entreprises du secteur
public (sections 4.1 et 4.3), selon le cas, afin
4.4.3 Pour le choix des PPP à financer par la Banque, d’être éligibles au financement de la Banque
en particulier dans le cas de grands projets, la en vertu de cette Politique. 

23 Une administration / entité infranationale se définit comme une personne morale d’un PMR disposant d’une délégation de pouvoirs lui conférant une certaine autonomie,
comme un État fédéré, un comté, une province, un district, une ville, une municipalité ou une commune, ou leurs départements ou entreprises assurant des activités
spécifiques (par exemple, les services publics de distribution d’eau et d’énergie, la gestion des ordures, les systèmes de transport, les établissements d’enseignement et
de santé, etc.). Des directives sur le financement infranational seront élaborées.
24 Le critère figurant à la sous-section 4.3.1 (d) ne s’appliquera pas aux administrations infranationales, compte tenu de leurs spécificités. Les critères d’éligibilité pour
les administrations infranationales seront définis dans les directives sur le financement infranational à venir.
25 Si les droits de vote de l’emprunteur sont répartis à égalité entre personnes privées et personnes publiques (50/50) et que ces personnes exercent conjointement le
contrôle de l’emprunteur, la Banque peut accorder à l’emprunteur un financement à des conditions « dénuées de garantie souveraine » si cet emprunteur remplit les
conditions d’éligibilité énoncées aux sections 4.1 et 4.2 (étant entendu que, pour ce type d’emprunteur, l’exigence de propriété de la majorité des droits de vote ou d’une
participation majoritaire par les personnes privées énoncée à la sous-section 4.2.1 ne s’appliquera pas).
26 Cela inclut les autorités infrasouveraines (municipalités et autres collectivités locales).

18
Photo: © BAD

SECTION 5 :

Critères d’investissement
5.0.1 Seules les ONS satisfaisant comme il convient à la réalisation des orientations et priorités
aux critères d’investissement décrits ci-dessous stratégiques du Groupe de la Banque énoncées
peuvent être éligibles aux investissements de la dans sa Stratégie décennale 2013–2022 ou ses
Banque en vertu de cette Politique. Il s’agit des stratégies ultérieures.
critères suivants : l’adéquation stratégique avec
les priorités de développement ; la solvabilité 5.1.2 Adéquation stratégique avec les PMR.  En outre,
et la viabilité commerciale ; les effets sur le les opérations devraient concorder avec la stratégie
développement ; et l’additionnalité de la Banque. de développement et les priorités à long ou moyen
terme des PMR où se situent les entreprises clientes
ou qui sont les bénéficiaires cibles des interventions.
5.1 Alignement sur les priorités La politique établie consiste pour la Banque à aligner
stratégiques de la Banque et des ses priorités opérationnelles dans les PMR, comme
PMR indiqué dans les documents de stratégie pays (DSP),
sur les priorités stratégiques de développement
5.1.1 Adéquation stratégique avec la Banque.  Les arrêtées par chaque PMR. De même, ses priorités
ONS financées par la Banque devraient contribuer opérationnelles régionales définies dans les documents

19
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

de stratégie pour l’intégration régionale (DSIR) doivent concurrents d’entrer sur le marché ou d’un traitement
être alignées sur les priorités de développement des fiscal ou réglementaire excessivement favorable de
communautés économiques régionales (CER) ou des la part des PMR où ces opérations sont situées.
institutions analogues des PMR.
5.2.4 Exposition au risque de crédit.  Le crédit sera
5.1.3 Cela étant, un financement peut être accordé, à accordé principalement en fonction de la viabilité
titre exceptionnel et au cas par cas, pour une ONS du projet et de la capacité des emprunteurs à
compatible avec les orientations stratégiques de s’acquitter de leurs obligations de remboursement
développement d’un PMR ou d’une CER, sans être envers la Banque. Elle n’assumera pas de risque de
strictement alignée sur les priorités opérationnelles crédit à moins de pouvoir évaluer les risques à l’aide
figurant dans un DSP ou un DSIR. de critères et facteurs spécifiques pour déterminer
la cote de crédit du débiteur ou du projet.27

5.2 Solvabilité, viabilité


commerciale et durabilité 5.3 Effets sur le développement et
financière additionnalité
5.2.1 Solvabilité.  Pour être éligibles au financement de 5.3.1 Comme indiqué dans le Cadre d’évaluation de
la Banque à des conditions non souveraines, les l’additionnalité et des résultats en matière de
emprunteurs doivent être à même de s’acquitter développement28, la Banque s’efforcera d’apporter
de leurs obligations de remboursement envers la une valeur ajoutée unique aux ONS et s’assurera
Banque et d’autres bailleurs de fonds soutenant qu’elles produisent des effets satisfaisants sur le
leurs investissements. Ils devraient être gérés développement des PMR où elles sont réalisées.
par une direction compétente et disposer d’une
bonne gouvernance d’entreprise, présenter un 5.3.2 L’évaluation de l’additionnalité et des résultats en
bilan satisfaisant ou une capacité avérée de matière de développement (ADOA) correspond à
responsabilité environnementale et sociale, être une évaluation indépendante ex-ante des données
en règle et financièrement solvables, avoir des probantes relatives aux ONS et se fonde sur deux
stratégies commerciales réalistes et être capables dimensions clés : l’additionnalité et les résultats
de générer des revenus suffisants pour rembourser attendus en matière de développement. Ces
la Banque et d’autres bailleurs de fonds. dimensions déterminent si l’intervention de l’IFD
(i) apporte une valeur ajoutée à la transaction que
5.2.2 Viabilité commerciale et durabilité financière le marché seul ne peut fournir et (ii) indique si le
à long terme.  Les opérations à financer par la projet peut fournir des résultats de développement
Banque devraient offrir de bonnes perspectives de satisfaisants.
rentabilité financière, générant suffisamment de
flux de trésorerie pour faire face aux obligations 5.3.3 Les principales dimensions d’additionnalité et de
de remboursement de la dette et de paiement résultats en matière de développement visées par
des intérêts en ce qui concerne les prêts. Dans l’ADOA et leur échelle de notation sont présentées
le cas des prises de participation, les opérations à l’encadré 2 ci-dessous.29 Dans ses ONS, la Banque
devraient avoir de bonnes chances de soutenir les veillera à l’attribution et à la mise à jour des notes
versements de dividendes et/ou les bénéfices non ADOA tout au long du processus d’évaluation afin
distribués, affichant des taux internes de rentabilité d’éclairer les décisions de la Haute direction et du
économique et financière satisfaisants. Conseil d’administration. De la sorte, les risques
de dérapage seront signalés systématiquement à
5.2.3 Les distorsions du marché doivent être prises l’attention de la Haute direction lors du traitement
en compte dans le calcul des taux de rentabilité des ONS.
économique et financière. La Banque n’investira
pas dans des projets dont la viabilité commerciale 5.3.4 Les résultats en matière de développement d’une
à long terme est tributaire du maintien d’un marché ONS proposée doivent être clairement identifiés
hautement protégé, de la préservation de situations et recensés dans un cadre de résultats indiquant
de monopole ou d’oligopole en empêchant les le chemin suivi pour passer des intrants utilisés

27 Pour de plus amples orientations, il y a lieu de consulter le Cadre d’adéquation des fonds propres et de gestion des risques de la Banque et les Directives de gestion du
risque de crédit pour les opérations non souveraines.
28 Approuvé par le Conseil en 2015, le Cadre d’évaluation 2.0 de l’additionnalité et des résultats de développement pour les opérations du secteur privé (ADB/BD/WP/2015/17)
fournit des directives précises d’évaluation ex ante et une échelle de notation des résultats escomptés sur le développement pendant la durée de vie économique
d’une opération non souveraine en cours d’évaluation.
29 Les échelles de notation ADOA suivent les Normes de bonnes pratiques du Groupe de coopération en matière d’évaluation pour les échelles de notation de la
performance. Une présentation détaillée de l’échelle de notation figure dans le Cadre d’évaluation 2.0 de l’additionnalité et des résultats en matière de développement
pour les opérations du secteur privé de la Banque (ADB/BD/WP/2015/17).
20
Section 5:  Critères d’investissement

Encadré 2 :  Importantes dimensions du Cadre d’évaluation 2.0 de l’additionnalité et des


résultats en matière de développement pour les opérations du secteur privé de la Banque

(a) Principales échelles de notation de l’Évaluation de l’additionnalité et des résultats en matière de développement
(ADOA)
Concept principal Description Échelle de notation
Additionnalité Quel est l’apport de la Banque et des autres IFD participantes au 1. Fortement positive
projet que ne pourraient fournir les investisseurs commerciaux ? 2. Positive
3. Légèrement positive
• Atténuation des risques politiques 4. Nulle
• Additionnalité financière
• Effets accrus sur le développement
Résultats en Quels sont les résultats attendus sur le développement générés par 1. Excellent
matière de le projet par rapport au scénario sans projet ? 2. Très bien
développement 3. Bien
• Avantages pour les ménages et création d’emplois 4. Marginal
• Infrastructure 5. Insatisfaisant
• Gouvernance et retombées fiscales 6. Très insatisfaisant
• Intégration régionale et résilience économique
• Effets sur l’environnement et contribution à la croissance verte
• Genre et effets sociaux
• Développement du secteur privé et effets de démonstration

(b) Échelle de notation de la catégorie d’additionnalité prévue par le Cadre ADOA 2.0 de la Banque
1-Fortement positif 2-Positif 3-Légèrement positif 4-None
NOTE SATISFAISANTE NOTE INSUFFISANTE

(c)Règles d’agrégation pour les résultats énoncées dans le Cadre ADOA 2.0 de la Banque
Note des résultats en matière de développement Score pondéré
Excellent 1,0 — <1,6
Très bien 1,6 — <2,1 NOTE SATISFAISANTE
Bien 2,1 — <2,5
Marginal 2,5 — <2,9
Insatisfaisant 2,9 — <3,4 NOTE INSUFFISANTE
Très insatisfaisant 3,4 — <4,0

Encadré 3 :  Catégories de résultats en matière de développement

CATÉGORIE DESCRIPTION
Avantages pour les Les effets de l’ONS sur le bien-être des ménages tels que la création d’emplois, l’introduction
ménages et création de produits nouveaux ou de meilleure qualité et l’amélioration du rapport qualité/prix des
d’emplois biens et services.
Infrastructure Les améliorations de la capacité et de l’offre (par exemple, production d’électricité,
augmentation de la capacité, etc.) ainsi que de l’accès aux services d’infrastructure (nombre de
connexions au réseau) occasionnées par l’ONS.
Gouvernance et retombées Les effets de l’ONS sur le budget des administrations publiques concernées dans les PMR,
fiscales y compris les retombées fiscales, la gouvernance (par exemple, la conformité aux codes
d’investissement) et la responsabilité du secteur public, et l’équité des concessions et des
marchés publics attribués aux particuliers.
Intégration régionale et L’apport de l’ONS à l’intégration régionale (par exemple, le commerce intrarégional ou des
résilience économique projets desservant plusieurs pays dans une région) et à la résilience macroéconomique,
comme les effets sur le commerce régional, le solde extérieur, la production de devises et la
diversification économique.
Effets sur l’environnement Tous les effets environnementaux pertinents causés par une ONS (effets sur l’écosystème
et contribution à la local), y compris les effets sur la croissance verte (par exemple, les émissions de gaz à effet de
croissance verte serre et l’utilisation durable des ressources naturelles non renouvelables).
Genre et effets sociaux La contribution de l’ONS à l’égalité des genres (emploi, développement des capacités et propriété
des moyens de production) et à l’inclusion sociale (accès accru à l’électricité pour les populations
rurales, inclusion financière des femmes et des pauvres, projets dans les États fragiles,
contribution à la sécurité alimentaire, programmes sociaux pour les communautés locales).
Développement du Les effets de l’ONS sur le développement du secteur privé (par exemple, le développement
secteur privé et effets de des chaînes de valeur) et l’instauration d’un environnement propice à l’essor du secteur privé.
démonstration Cette catégorie cerne l’allégement des contraintes financières et l’amélioration de la fourniture
d’intrants commerciaux, tout comme la diffusion d’une bonne gouvernance d’entreprise, le
savoir-faire en matière de gestion et de technologie, les liens à l’échelle locale et les externalités
positives.
21
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

et des activités mises en œuvre aux résultats, Encadré 4 :  L’additionnalité de la Banque
aux effets et aux impacts à long terme produits africaine de développement dans les
sur le développement, en répertoriant les risques opérations non souveraines
majeurs susceptibles de diminuer les chances de
matérialisation en temps opportun des résultats a Atténuation du risque politique
escomptés sur le développement. • Fourniture d’instruments d’atténuation des risques
politiques ;
5.3.5 L’ADOA est un outil élaboré par la Banque en • Souveraineté et statut de créancier privilégié qui
vue d’améliorer la qualité à l’entrée des ONS en donne à la Banque un droit direct sur les actifs à
risque ;
évaluant ex ante les résultats à attendre sur le • Accords directs ; et
développement, l’additionnalité de la Banque et • La syndication de prêts A / B dans les pays présentant
leur contribution à la croissance inclusive et verte. un risque élevé de non-convertibilité des monnaies.
Ainsi qu’il apparaît à l’encadré 3, l’évaluation ADOA
b Additionnalité financière
au titre du cadre révisé s’intéresse à sept catégories
• Amélioration de la congruence monétaire ;
de résultats. Les domaines prioritaires de la Banque
• Financement à long terme ;
continueront de recevoir l’attention voulue et • Mobilisation de capitaux et rôle catalyseur ; et
d’être consignés dans les différentes catégories • Amélioration des fonds propres et réduction de la
de résultats en matière de développement de pression exercée sur eux.
l’ADOA et les indicateurs seront différenciés selon c Résultats accrus en matière de développement
les différents types d’ONS.
• Amélioration des sauvegardes de gestion
environnementale et sociale ;
5.3.6 La Banque ne fournira pas de financement à des • Assistance technique et services de conseil ;
conditions non souveraines si elle estime que le • Promotion de projets ;
client est à même d’obtenir ailleurs un financement • Contributions aux institutions ; et
• Mise en place de systèmes de suivi pour la collecte et
à des conditions pouvant être considérées comme
le suivi des résultats en matière de développement.
raisonnables pour les bénéficiaires.30 En outre, la
Banque ne participera à une transaction que si elle
joue un rôle « complémentaire » par rapport aux une syndication ; (iv) des preuves propres à étayer
ressources susceptibles d’être fournies par des sources le rôle de catalyseur éventuel ; et (v) le manque de
de financement commerciales, autrement dit si, par financement à long terme risquant de compromettre
sa participation, elle peut mettre à profit sa position la viabilité commerciale des projets, etc.
privilégiée auprès des PMR pour produire certains
avantages. Plus précisément, l’« additionnalité »31 de 5.3.8 Pour l’évaluation de l’« additionnalité », un intérêt
la Banque est évaluée sur trois dimensions : particulier est porté au rôle joué par la Banque
comme mobilisateur de cofinancements qui ne
a. l’atténuation du risque politique ; seraient pas intervenus sans sa participation et/ou
celle d’autres IFD à l’opération et comme catalyseur
b. l’additionnalité financière, y compris l’extension d’autres investissements dans des secteurs connexes
de la durée de financement, et stimulation du de l’économie.
développement des marchés de capitaux ; et
5.3.9 Les documents de transaction entre la Banque et
c. le rôle de la Banque dans l’amélioration des l’ONS cliente précisent, entre autres, les résultats en
résultats en matière de développement. matière de développement qui doivent être produits
grâce aux interventions concernées ainsi que les
L’encadré 4 rend compte de l’additionnalité de la mécanismes utiles de suivi et d’établissement de
Banque dans les ONS. rapports. De son côté, par le biais d’un suivi et d’une
évaluation périodiques, la Banque fera part à ses
5.3.7 Par ailleurs, l’évaluation de l’additionnalité à l’aide de clients de ses observations et conseils concernant
l’ADOA repose sur des données probantes et nécessite le chemin parcouru sur la voie des résultats ciblés
la fourniture d’informations sur des éléments essentiels durant les phases d’exécution et d’exploitation
tels que : (i) la disponibilité ou l’absence de financement du projet. En outre, elle s’efforcera d’effectuer
à des conditions appropriées par des bailleurs de fonds aussi bien des évaluations indépendantes que des
autres que les IFD ; (ii) la preuve des efforts déployés évaluations d’impact de certaines ONS afin d’en
par les promoteurs à la recherche d’une source de tirer des enseignements pour la conception des
financement privée ; (iii) la preuve du rôle joué dans opérations futures. 

30 Article 17(1)(c) de l’Accord de la Banque.


31 L’« additionnalité » est évaluée à l’aide du cadre ADOA pour déterminer, sur le plan qualitatif, la part des résultats attendus sur le développement qui peut être
attribuée à la participation de la Banque à la participation au financement de l’opération.
22
Photo: © BAD

SECTION 6 :

Opérations de financement
6.1 Types de financement secteur privé ou public par des prêts et autres
instruments de financement non garantis par
6.1.1 Le financement des ONS peut passer par un des entités souveraines. Elle pourra utiliser
ou plusieurs instruments. En règle générale, le essentiellement comme instruments de financement
financement fourni par la Banque à ses clients de projets les prêts privilégiés et subordonnés,
non souverains relève de l’une ou l’autre de deux les garanties de crédit ou de risque et les prises
catégories : le financement d’entreprises ou le de participation en fonds propres ou quasi-fonds
financement de projets, avec plusieurs variantes propres des entités à vocation spéciale des projets.
hybrides.

6.1.2 Financement d’entreprises.  La Banque peut 6.2 Instruments et produits


fournir aux entreprises éligibles un financement de financement
à l’appui de leurs programmes d’investissement
afin de renforcer la performance globale de ces 6.2.1 Le Groupe de la Banque met à la disposition de ses
entreprises et leur capacité à promouvoir le clients une gamme de produits de financement,
développement dans des secteurs essentiels de notamment des prêts privilégiés, des lignes de
l’économie. crédit, des délégations de crédit, des garanties
partielles de crédit (GPC), des garanties partielles
6.1.3 Financement de projets.  La Banque peut financer de risques (GPR)32, des instruments de financement
des projets spécifiques d’entreprises éligibles du du commerce, des instruments de fonds propres et

32 La GPR et la GPC fournies par le Fonds africain de développement conformément au Cadre stratégique et aux directives opérationnelles pour l’instrument de garantie
23
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

quasi-fonds propres (comme la dette subordonnée, auprès de prêteurs tiers, y compris les marchés
mezzanine et convertible). financiers, ainsi qu’il est indiqué au paragraphe
A3.7 de l’annexe 3 et conformément à la Politique
6.2.2 L’annexe 3 donne une vue d’ensemble des produits de la Banque en matière de garanties (BAD/BD/
financiers de la Banque, qui sont susceptibles de WP/2003/85/Approbation) citée à l’annexe 4 ou
modification de temps à autre. Aux termes de sa version révisée, le cas échéant. Les garanties
l’Autorisation générale concernant les produits et de portefeuille peuvent également servir à garantir
services financiers de la Banque (ADB/BD/WP/99/164) en partie le risque de défaut sur un portefeuille
approuvée par le Conseil d’administration en de prêts consentis par une institution financière
janvier 2000, des orientations relatives aux différents partenaire qualifiée ou des titres du marché financier
instruments, produits et services financiers offerts (obligations). Sous réserve d’accord contraignant
par la Banque pour les ONS sont émises sous forme avec le gouvernement du PMR d’accueil d’un
de directives opérationnelles établies et mises à investissement, la Banque peut proposer des GPR
jour de temps à autre par le Comité de gestion tierces aux investisseurs d’une ONS, leur donnant
actif-passif (ALCO) et approuvées par le Président une certaine assurance contre des risques prédéfinis.
de la Banque. Les lignes directrices actuellement Ces risques comprennent le défaut de paiement
en vigueur figurent à l’annexe 4. de l’État et des entreprises ou autres entités du
secteur public, la disponibilité et la convertibilité
6.2.3 La Banque peut jouer un rôle de premier plan dans la des devises, les changements de législation et de
promotion des ONS. Par exemple, elle peut souscrire réglementation, l’expropriation et la nationalisation,
des titres émis par une entreprise privée ou des la rupture de contrat, etc.
titres d’une entreprise du secteur public en voie de
privatisation. En outre, elle peut garantir des titres 6.2.6 Cofinancement.  Les partenariats de financement
émis par une EVS portant sur des projets importants et les opérations de cofinancement du Groupe
d’ONS. Sans préjudice des dispositions de l’Accord de la Banque ajoutent de la valeur à ses clients
de la Banque interdisant d’acquérir une participation en tirant parti de l’assistance financière et de
majoritaire ou d’exercer des responsabilités de gestion l’expertise nécessaires pour investir et développer
dans les entreprises où elle investit33, la Banque efficacement ses PMR. En poursuivant les accords
peut également jouer un rôle de chef de file dans le de cofinancement au sein de ses ONS, le Groupe de
parrainage d’institutions cherchant à approfondir des la Banque cherche à : (i) mobiliser des ressources
marchés de capitaux spécifiques grâce aux produits financières supplémentaires auprès de sources
approuvés par la Banque, y compris en faisant des externes (autres que les promoteurs de projets) ;
investissements d’ancrage. (ii) compléter et mettre en commun les avantages
comparatifs et les connaissances du Groupe de
6.2.4 Échéance du prêt.  Les prêts ont généralement la Banque et de ses partenaires financiers ; et
une durée allant jusqu’à quinze (15) ans, y compris (iii) élargir, dupliquer et soutenir l’impact sur
un différé d’amortissement pouvant atteindre cinq le développement en assurant la coordination
(5) ans. Si les besoins du projet le justifient, le Conseil et en évitant la répétition d’erreurs. Grâce au
d’administration peut accorder des prêts à plus cofinancement, le Groupe de la Banque vise
longue échéance. Dans ces conditions, la Direction à réduire la charge administrative des clients
doit au préalable obtenir le feu vert du Comité du dans leurs relations avec plusieurs parties et à
risque de crédit (CRC). En outre, des restrictions soutenir l’engagement du Groupe de la Banque
de durée peuvent s’appliquer à certaines devises et en faveur de l’harmonisation des partenaires au
certains types de produits en fonction des conditions développement conformément à la Déclaration
du marché. La gamme complète des conditions et de Paris sur l’efficacité de l’aide et les accords
options d’octroi des prêts aux emprunteurs non connexes. En cofinançant les ONS avec d’autres
souverains est exposée dans les Directives financières banques multilatérales de développement (BMD),
révisées concernant les prêts sans garantie souveraine la Banque s’efforcera d’harmoniser ses politiques,
(ADB/BD/IF/2006/53) citées à l’annexe 4 ou leur procédures et exigences avec celles des autres
version mise à jour, le cas échéant. bailleurs de fonds, en particulier celles de la BMD
qui est l’arrangeur principal mandaté (APM), où
6.2.5 Garanties. La Banque peut fournir des garanties lesdites politiques et procédures sont jugées
pour aider les clients éligibles à obtenir des solutions globalement équivalentes ou plus strictes ou
de financement ou de couverture supplémentaires alignées sur les meilleures pratiques du marché.

partielle de risques du Fonds africain de développement (ADF/BD/WP/2011/65) de juillet 2011 et au Cadre stratégique et aux directives opérationnelles pour l’instrument
de garantie partielle de crédit du Fonds africain de développement (ADF/BD/WP/2013/120) de décembre 2013.
33 Articles 15.4(b) et 17.1(j) de l’Accord portant création de la Banque africaine de développement.
24
Section 6:  Opérations de financement

6.2.7 Financement mixte. Outre l’octroi de financements comprennent, sans s’y limiter, l’euro (€ ou EUR), le
commerciaux depuis son propre compte, la Banque yen (¥ ou JPY), le dollar des États-Unis ($ ou USD),
pourra faire appel à des fonds concessionnels le rand (R ou ZAR), le naira (N ou NGN), le shilling
(fournis, entre autres, par des partenaires de kényan (KES), le shilling ougandais (UGX) et la livre
développement, des États, des organisations égyptienne (EGP)36. Si possible, la Banque offrira
philanthropiques, etc.) afin d’attirer les financements aux emprunteurs des ONS l’option de financement
du secteur privé qui, autrement, ne seraient pas en monnaie locale. L’emprunteur a la latitude de
disponibles pour les projets ayant un impact choisir la monnaie dans laquelle le prêt sera libellé,
important sur le développement. Cette combinaison sous réserve de disponibilité de cette dernière.
de financements commerciaux et concessionnels Les prêts sont remboursés dans les monnaies de
est connue sous le nom de financement mixte.34 Le décaissement.
financement concessionnel peut aider à atténuer
les risques réels ou perçus et à couvrir les coûts liés
aux externalités, aux défaillances du marché ou à 6.3 Prises de participation
la fourniture de biens publics ; les financements
commerciaux ne seraient pas disponibles en 6.3.1 Prises de participation.  Les prises de participation
l’absence de compensation pour ces coûts ou comprennent tant les participations directes
risques supplémentaires. Le financement mixte dans des IFD régionales et/ou nationales et des
obéira aux principes suivants : (i) additionnalité ; entreprises publiques et/ou privées, que les
(ii) effet d’attraction et concessionnalité minimale ; participations indirectes par voie de souscription aux
(iii) durabilité commerciale ; (iv) renforcement des fonds de capital-investissement et autres fonds et
marchés ; et (v) promotion de normes élevées. Dans véhicules de portefeuille. Elles englobent, en outre,
les ONS, la Banque fera appel au financement mixte les participations en quasi-fonds propres comme
pour combler le déficit et surmonter les obstacles les actions privilégiées, le financement mezzanine
du marché inhibant le développement du secteur et la dette convertible.
privé dans des domaines d’importance stratégique
et à impact élevé sur le développement des PMR. 6.3.2 Éligibilité. Les bénéficiaires éligibles aux prises de
participation de la Banque sont : (a) les entreprises
6.2.8 Exploitation des ressources du FAD.  La Banque privées répondant aux critères définis aux
peut financer des ONS dans n’importe lequel de sections 4.1 et 4.2 ; (b) les entreprises du secteur
ses PMR, y compris des pays exclusivement FAD public remplissant les conditions énoncées aux
(Catégorie A)35.Dans certains cas, les ressources sections 4.1 et 4.3 ; (c) le financement de projets
du FAD (à savoir le guichet de prêt concessionnel au titre d’EVS bien structurées ou de PPP définis
du Groupe de la Banque) peuvent être utilisées respectivement aux sections 4.4 et 4.5 ; et (d) les
pour financer des ONS, y compris la participation institutions financières privées, y compris les
aux PPP, au financement mixte et à l’utilisation fonds de capital-investissement, les institutions
des GPR. En tirant parti des ressources du FAD, le régionales et sous-régionales et les institutions
Groupe de la Banque (i) profitera de son avantage financières publiques 37 éligibles remplissant
concurrentiel pour déployer progressivement des les conditions énoncées à la section  6.4. La
instruments de partage des risques qui tireront parti participation de la Banque aux fonds propres
de son capital-risque de base et (ii) encouragera le d’une entreprise éligible du secteur public, d’une
développement du secteur privé dans les pays FAD institution financière publique ou d’un projet
et attirera des financements du secteur privé dans parrainé par une entreprise du secteur public
des projets bénéficiant aux pays FAD. ne peut être envisagée qu’en prévision de la
privatisation ultérieure de cette entreprise.
6.2.9 Choix des devises.  La Banque peut financer les
opérations non souveraines dans une ou plusieurs 6.3.3 Exigences fondamentales.  La Banque peut
devises. Les monnaies agréés par la Banque participer aux capitaux propres d’une entreprise

34 Le financement mixte désigne une formule de financement associant des financements concessionnels fournis par des partenaires de développement et des
financements commerciaux fournis par le Groupe de la Banque et d’autres investisseurs. Les solutions de financement mixte peuvent apporter un concours financier
à un projet à grand impact qui, parce que ses risques sont jugés trop élevés et ses rendements ne sont pas avérés ou ne correspondent pas au niveau de risque,
n’attirerait pas de financement à des conditions strictement commerciales.
35 Traditionnellement, les pays exclusivement FAD (pays de catégorie A) sont des PMR dont le revenu national brut par habitant est inférieur à un seuil et/ou ne
répondent pas à un certain nombre de critères de solvabilité pour être éligibles à emprunter des ressources non concessionnelles de la Banque (guichet de prêt de la
BAD) à des conditions souveraines. Dans le cadre de l’AGC-VI, la Banque a modifié sa politique de crédit pour permettre à un certain nombre de pays FAD d’emprunter
des ressources de la BAD, de manière directe et sous forme de financement mixte, à des taux nettement plus favorables que ceux des marchés financiers.
36 La Banque peut approuver d’autres monnaies de prêt, y compris un certain nombre de monnaies africaines.
37 Dans le présent document, les expressions « entreprise publique » et « entreprise d’État » sont utilisées de manière interchangeable et renvoient à des entités
contrôlées par une ou plusieurs entités souveraines, par leurs subdivisions politiques ou administratives, agences et/ou entités (non souveraines) affiliées.
25
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

dès lors que cette entreprise répond aux exigences détiendra la participation aussi longtemps que
fondamentales énoncées à la sous-section 4.1.3, celle-ci continuera de produire directement
y compris la condition de domicile prévue par des avantages pour le développement. Si ces
l’Accord de la Banque. La Direction veillera à avantages ne sont plus palpables, la Banque
prévoir dans l’accord de prise de participation des envisagera de céder une partie ou la totalité
conditions et des sauvegardes appropriées pour de sa participation afin de mettre ses fonds
protéger les intérêts de la Banque et assurer les propres au service de nouvelles opportunités,
résultats en matière de développement. en tenant compte du coût d’opportunité du
désengagement.
6.3.4 Objectifs.  Au-delà du rendement financier
pour la Banque, les prises de participation 6.3.6 Taille des investissements.  Pendant toute la
visent à favoriser : (a) la propriété régionale des durée de l’investissement, la participation de la
entreprises productives ; b) l’utilisation efficiente Banque ne peut dépasser 25 % du capital social
des ressources ; (c) la coopération et l’intégration total de l’entreprise visée, ce qui limite son
économiques régionales ; (d) la prise de risque exposition aux risques de perte encourus dans
entrepreneuriale pour la diversification et la les entités détenues. La Banque ne cherchera en
modernisation des économies nationales ou sous- aucun cas à prendre le contrôle des entreprises
régionales ; (e) l’adoption des normes de bonnes où elle investit.39
pratiques en matière de gouvernance d’entreprise,
d’administration des affaires et de responsabilité 6.3.7 Exposition aux risques.  En outre, la Banque
des entreprises ; et (f) la mobilisation de ressources fait preuve de prudence dans la sélection des cas
d’investissement direct national, régional et d’investissement, afin d’assurer une diversification
étranger dans les secteurs économiques clés. suffisante du portefeuille – selon le déploiement
des ressources par secteurs, pays, sous-régions,
6.3.5 Critères d’investissement.  Les prises de particuliers et catégories d’entreprises bénéficiaires.
participation impliquent pour la Banque davantage Les prises de participation doivent respecter les
de risques que les autres opérations de financement. limites d’exposition aux risques établies par le Cadre
Outre les facteurs décrits à la section 5, la décision de gestion des risques et le Cadre d’adéquation des
prend pour principaux critères (a) le taux de retour fonds propres et de gestion des risques de la Banque.
attendu sur l’investissement de la Banque et (b) une
« stratégie de sortie » réaliste : 6.3.8 Participation aux conseils d’administration des
entreprises et aux comités consultatifs des fonds.
a. Retour sur investissement.  La Banque ne prend
de participation que dans des entreprises ayant a. La Banque décidera au cas par cas de siéger ou
de bonnes chances de créer durablement de la non au conseil d’administration de l’entreprise
valeur et de générer des taux de rendement bénéficiaire ou au comité consultatif d’un
financier à la mesure du risque encouru. fonds de capital-investissement. Sa décision
Pour évaluer le rendement financier d’une sera fondée sur des facteurs tels que : la taille
participation (à l’échelle de l’investissement et de l’investissement, l’importance stratégique,
du portefeuille), la Banque calcule le taux de la possibilité de servir de vecteur d’une bonne
rentabilité financière (TRF) de l’investissement. gouvernance d’entreprise et d’une saine
Chaque investissement est examiné sur son bien- gestion, la complémentarité entre les objectifs
fondé, mais la Banque s’attend, en principe, à un stratégiques et opérationnels de l’entité et du
TRF qui offre une prime adéquate par rapport au Groupe de la Banque, l’exposition aux risques,
taux auquel elle accorderait un prêt privilégié à etc.
ladite entreprise.
b. Sous réserve des règles et procédures
b. Stratégie de sortie.  La Banque approuvera pertinentes de passation de marchés, la Banque
une participation uniquement après qu’une peut désigner un membre du personnel ou
« stratégie de sortie »38 réaliste aura été arrêtée un professionnel extérieur dûment qualifié et
et convenue avec d’autres actionnaires, dans le expérimenté pour la représenter au conseil
cadre des documents de prise de participation d’une entreprise ou au comité consultatif d’un
présentés au Conseil d’administration. La Banque fonds. Les anciens membres du personnel

38 La « stratégie de sortie » peut se définir comme le scénario, les conditions et les modalités en vertu desquels la Banque peut céder ses actions à une ou plusieurs parties
tierces selon la démarche de consentement mutuel entre le vendeur et l’acheteur, qui comprend l’offre d’actions en bourse, des options de vente et des options d’achat.
39 Cela va dans le sens de l’article 15(4)(b) de l’Accord portant création de la Banque.

26
Section 6:  Opérations de financement

ou du Conseil d’administration de la Banque 6.4.3 De même, les institutions financières du secteur


peuvent être considérés après un délai de public et les institutions des marchés de capitaux,
carence prévu par le Règlement du personnel. y compris les institutions de financement du
Une attention particulière sera portée aux développement, les bourses de valeurs, les entités
femmes qualifiées pour représenter la Banque appartenant à l’État (ou contrôlées par l’État), etc.,
au conseil d’administration des entreprises ou remplissant les conditions d’éligibilité énoncées
au comité consultatif des fonds. aux sections 4.1 et 4.3 peuvent prétendre au
financement de la Banque à des conditions non
c. L’objectif de la participation de la Banque souveraines.
aux conseils d’administration ou aux comités
consultatifs des entités où elle a investi est 6.4.4 Objectifs opérationnels.  La Banque peut accorder
d’exercer une surveillance et de fournir des un financement aux institutions financières et
orientations stratégiques, conformément aux institutions des marchés de capitaux afin
aux normes les plus élevées de gouvernance d’aider à combler des lacunes spécifiques des
d’entreprise. Les représentants de la Banque marchés financiers au sein des PMR. À cet égard, la
sont donc chargés d’assurer la surveillance, Banque entend : (a) renforcer l’inclusion financière
du point de vue de la Banque et dans l’intérêt en élargissant l’accès à une large gamme de
supérieur de l’entreprise, de s’assurer que la services financiers, notamment pour des groupes
direction poursuit avec la diligence voulue défavorisés tels que les MPME, les femmes et
les buts, objectifs et politiques établis jeunes entrepreneurs et la population à la base de
collectivement par les actionnaires et que les la pyramide ; (b) accroître la portée des institutions
préoccupations des autres parties prenantes financières et des marchés de capitaux ; (c) rehausser
sont dûment prises en compte, étant entendu l’efficacité et la stabilité du système financier,
qu’ils ne prennent aucune part à la gestion notamment en renforçant les cadres réglementaires.
desdites entités. Les opérations non souveraines peuvent contribuer
aux deux premiers de ces objectifs. Le troisième
peut être soutenu par le dialogue politique et les
6.4 Appui de la Banque aux opérations souveraines axées sur des programmes
institutions financières et aux ou par des programmes d’assistance technique
institutions des marchés de ciblés, financés par un fonds fiduciaire ou un
capitaux partenaire de la Banque. Le concours du Groupe
de la Banque aux IF et aux institutions des marchés
6.4.1 Institutions éligibles.  Les institutions financières de capitaux peut associer financement, conseils et
(IF) éligibles au concours de la Banque à des assistance technique.
conditions non souveraines comprennent, entre
autres, les banques commerciales, les banques 6.4.5 Au titre du premier objectif, la Banque achemine
d’affaires, les banques d’investissement, les banques des capitaux par la voie d’intermédiaires financiers
de commerce, les institutions de financement et d’acteurs du marché de capitaux, comme
hypothécaire, les institutions de financement du les institutions de microfinance, les banques
développement (IFD) nationales, régionales et commerciales et les IFD, en vue de contribuer au
continentales, les institutions de microfinance, financement (a) des micro-, petites et moyennes
les compagnies d’assurance, les fonds de pension, entreprises (MPME) et des entreprises sociales ou
les gestionnaires d’actifs, les entités chargées des (b) du marché pour des secteurs clés de l’économie
bourses de marchandises, les sociétés de crédit- tels que les infrastructures, le développement
bail et d’affacturage, les marchés de capitaux et les industriel, l’agriculture et la sécurité alimentaire,
institutions d’appui aux marchés de capitaux, et les le commerce ou les services. De par sa qualité
sociétés de capital-investissement. Sont également d’institution internationale et continentale, la
éligibles les structures faîtières appelées à canaliser Banque dispose d’un avantage comparatif pour
les ressources financières vers les institutions mobiliser des ressources financières auprès de
financières de second rang. sources régionales et extérieures. De leur côté, les
IF opérant à l’échelle nationale ou sous-régionale
6.4.2 Les institutions financières privées (IFP) remplissant appréhendent généralement mieux et sont bien
les conditions d’éligibilité applicables aux placées pour suivre et gérer les opportunités locales,
entreprises privées énoncées aux sections 4.1 et les défis et les risques que rencontrent les petites
4.2 sont éligibles au financement de la Banque à et moyennes entreprises, y compris les questions
des conditions non souveraines. de gouvernance d’entreprise.

27
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

6.4.6 Le concours est fourni sous forme de prêts, de 6.4.8 Critères d’investissement.  À l’instar des autres
lignes de crédit, de délégations de crédit, de ONS, les ONS à l’appui des IF et des institutions
garanties de crédit ou de risque ou d’instruments des marchés de capitaux doivent répondre aux
de financement du commerce, afin de susciter critères d’investissement exposés aux sections 5.1
d’autres engagements de financement en faveur à 5.3. Le concours de la Banque se justifie par la
des clients des IF. L’appui sous forme de prêt peut contribution attendue de l’institution en question
se traduire par des accords normaux de prêt à à la croissance économique et au développement
l’institution ou par des accords de souscription en général, et au développement du secteur privé
d’obligations dans des conditions particulières en particulier, y compris la fourniture de services
ou de soutien à l’approfondissement des marchés financiers aux MPME et aux entreprises sociales.
de capitaux en monnaie locale. Les financements
destinés à la rétrocession à des MPME qui ne 6.4.9 Suivi des engagements en matière de résultats
perçoivent pas directement de recettes en pris par les institutions financières et les
devises seront libellés dans les monnaies locales institutions des marchés de capitaux. Les
appropriées si possible. documents de transaction liant la Banque et
les IF clientes doivent établir des cadres de
6.4.7 Dans le cadre du deuxième objectif, la Banque résultats concrets et des objectifs de performance
peut accorder un financement à l’aide de à atteindre en rapport avec : (a) le renforcement
sa palette de produits, comme les prises de des normes prudentielles et du service client ;
participation, les instruments de quasi-fonds (b) l’accroissement de la concurrence sur le marché
propres, les prêts aux entreprises et les garanties financier ; (c) l’extension des services aux segments
aux IF éligibles. Elle peut également prodiguer mal desservis de la société ou de l’économie, selon
des conseils et fournir une assistance technique le cas (par exemple, les MPME, les ménages à faible
aux IF clientes ou aux institutions du marché de revenu, les femmes, les zones rurales, les énergies
capitaux pour les aider à renforcer leur bilan, leur renouvelables, etc.) ; et (d) un niveau de rentabilité
gouvernance d’entreprise et leur cadre prudentiel adéquat assurant une croissance soutenue pour
ainsi que leur gestion des risques opérationnels atteindre ou maintenir une bonne cote de crédit.
et d’investissement. L’approfondissement des La Banque suivra régulièrement les IF bénéficiant
marchés financiers et de capitaux contribue à de son soutien pour évaluer leur parcours face aux
ouvrir à tous l’accès aux services financiers afin résultats convenus. Toutefois, elle s’en remettra
de faire reculer la pauvreté. normalement aux systèmes de suivi et de rapports

Photo: © BAD

28
Section 6:  Opérations de financement

des institutions financières pour obtenir les b. Lignes de crédit pour le financement du
informations et données requises. Si elle envisage commerce (LCFC) ; et
d’accorder un autre financement (une nouvelle
ligne de crédit par exemple), la Banque évaluera c. L’instrument de financement des matières
et prendra en compte, dans le cadre de la diligence premières agricoles (SCFF).
raisonnable, la performance de l’IF en tant que
client, son exécution des accords de financement 6.4.13 La participation à des initiatives conjointes avec des
et son utilisation des concours précédents de la institutions sœurs sera envisagée lorsqu’il existe
Banque. un fort potentiel d’impact sur le développement
et une justification claire de l’additionnalité de la
6.4.10 Sauvegardes.  Les opérations à l’appui des IF Banque.
sont soumises aux sauvegardes fiduciaires, liées
à l’intégrité, environnementales et sociales de la 6.4.14 La Banque pourra aussi proposer le financement
Banque énoncées à la section 9 et à la section 10. Les de la chaîne d’approvisionnement et de valeur de
sous-sections 9.3 à 9.6 de cette Politique méritent même qu’un soutien plus personnalisé d’atténuation
de retenir l’attention. En outre, la Banque s’assurera des risques (y compris les garanties commerciales)
qu’une IF dispose d’une capacité suffisante pour pour les transactions commerciales individuelles. Les
gérer les impacts environnementaux et sociaux services de la Banque veilleront à ce que les clients
que pourraient avoir les opérations de rétrocession suivent une procédure de gestion des risques bien
projetées. Elle se réserve le droit d’examiner par la documentée convenue avec la Banque.
suite toute opération de rétrocession afin de vérifier
la conformité des opérations de l’IF aux normes
de la Banque. Par ailleurs, le soutien de la Banque 6.5 Refinancement, financement
aux IF est soumis aux dispositions de gestion du rétroactif et restructuration
portefeuille et des risques figurant à la section 11.
Aux termes des dispositions énoncées à la section 8, 6.5.1 Refinancement.  Le refinancement est un
la Banque fournira aux IF des conseils, une assistance terme générique qui renvoie à la substitution
technique et un financement à des conditions d’une nouvelle dette à une dette existante au
adaptées à leur situation en vue de renforcer leur profit des emprunteurs (et de leurs actionnaires)
capacité à gérer les acquisitions, les décaissements, et il vise essentiellement à réduire le coût
les sauvegardes fiduciaires, environnementales et de financement et, en définitive, à accroître
sociales, les normes prudentielles et les risques. la rentabilité du projet. Les institutions
financières internationales (IFI) et les banques
Soutien au financement du commerce multilatérales de développement (BMD) sont
traditionnellement réticentes à refinancer
6.4.11 La Banque soutient la facilitation du commerce des transactions existantes, surtout faute
en encourageant la réduction ou l’élimination d’additionnalité et de résultats en matière de
des obstacles au commerce et en assurant le développement. Pour cette raison, la Banque
financement du commerce de gros. Elle maintiendra a pour principe de ne pas refinancer les prêts
son programme de financement du commerce en y consentis par d’autres prêteurs ou créanciers.
intégrant de manière dynamique les enseignements
successifs tirés de l’exécution. Dans le cadre 6.5.2 Financement rétroactif.  En dépit de ce qui
de ce programme, la Banque peut fournir des précède, les règles de passation des marchés des
financements pour faciliter les flux commerciaux IFI et des BMD, y compris la Banque, autorisent
entre pays africains ou entre les PMR et le reste généralement le « financement rétroactif » en
du monde. cas de « passation anticipée de marchés » par
l’emprunteur. Selon les Règles de passation des
6.4.12 Les opérations de la Banque en matière de marchés du Groupe de la Banque, un emprunteur
financement du commerce mettent actuellement peut envisager, afin de réaliser un projet dans
en jeu trois principaux instruments (pour de plus les délais, d’effectuer à ses propres risques
amples précisions, voir l’annexe 3.10 - 3.15) : l’acquisition des biens, travaux et/ou services
éligibles avant la signature de l’accord de prêt
a. Accord de participation aux risques (APR), de la Banque. Dans ces conditions, la Banque
conclu avec les grandes banques confirmatrices pourra « financer rétroactivement » les dépenses
internationales engagées dans le crédit éligibles, généralement financées par l’emprunteur
documentaire avec les banques africaines ; à l’aide de prêts relais / d’actionnaire contractés

29
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

avant l’entrée en vigueur de l’accord de prêt de finaux) autres que les emprunteurs (et les
la Banque, dans les limites qui y sont spécifiées ; actionnaires) par opposition au refinancement
dans ce cas, l’emprunteur pourra utiliser les (qui a tendance à profiter aux emprunteurs et à
ressources du prêt de la Banque pour rembourser leurs actionnaires). Une restructuration typique
les prêts relais / d’actionnaire existants qui ont été de la dette existante implique une prolongation
contractés pour financer ces dépenses éligibles. de la date d’échéance, des changements dans
le calendrier de remboursement et le taux
6.5.1 Restructuration.  Il convient de faire la distinction d’intérêt, etc. Bien que la restructuration se
entre « refinancement » (défini ci-dessus) et produise surtout lorsque l’emprunteur éprouve
« restructuration ». Cette dernière entraîne des des difficultés financières, elle peut également
modifications des conditions financières d’une intervenir dans des projets performants en
dette existante et est souvent associée à la vue d’atteindre un résultat de développement
souscription de dettes supplémentaires (auprès spécifique (par exemple, abaisser les tarifs des
des mêmes prêteurs ou de nouveaux) et à des services publics au profit de la population locale).
injections de fonds propres. La restructuration La Banque pourra procéder à une restructuration
vise souvent à profiter aux parties (par exemple dans les deux scénarios pour atteindre des
les prêteurs, les employés et les utilisateurs résultats de développement spécifiques. 

30
Photo: © BAD

SECTION 7 :

Centres financiers
extraterritoriaux dans les
ONS de la Banque
7.1 La Banque est préoccupée par la participation 7.2 Grâce à ses politiques de lutte contre la fraude, la
des centres financiers extraterritoriaux (CFE) aux corruption et le blanchiment de capitaux, la Banque
transactions financières en raison des risques veille à ce que ses opérations de financement et ses
accrus que les CFE puissent être utilisés à des investissements ne servent pas à des fins illégales
fins douteuses, telles que la fraude fiscale et le ou à la fraude fiscale. En outre, certaines mesures
blanchiment de capitaux, en tirant avantage des ont été mises en place pour s’attaquer à la question
nombreuses possibilités offertes par un cadre des CFE et aux risques qu’ils posent. À travers le
propice à un fonctionnement moins transparent, Cadre stratégique et Plan d’action pour la prévention
comme un anonymat accru et la facilitation d’une des flux financiers illicites en Afrique et la Politique
gouvernance et de structures de flux de trésorerie en matière de prévention des flux financiers illicites
opaques. (cités à l’annexe 4), la Banque accompagne les

31
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

efforts déployés par les PMR en vue de renforcer pays membre ; (ii) les régimes réglementaires
les régimes de lutte contre le blanchiment, le applicables des PMR concernés n’excluent pas
financement du terrorisme et toutes autres formes la participation de ladite juridiction ou des
de flux illicites sur le continent. De plus, la Banque exemptions appropriées ont été accordées ; et
continuera d’exercer une diligence raisonnable (iii) le recours à des juridictions intermédiaires
a l’égard des bénéficiaires de ses ressources et et des structures sociétaires ne permets pas à
fournira une assistance technique, un concours l’entité bénéficiaire d’utiliser les ressources de
financier et des conseils aux institutions des la Banque pour faire des investissements que
PMR, aux organisations intergouvernementales la Banque elle-même ne serait pas autorisée à
régionales, aux organisations de la société civile effectuer. Dans son évaluation des propositions
(OSC) et aux autres parties prenantes extérieures d’investissement, outre les prescriptions légales,
par l’intermédiaire du Fonds pour l’intégrité de la Banque examinera la faisabilité, l’opportunité et
l’Afrique (FIA). l’additionnalité ou les effets sur le développement
de l’utilisation de ladite juridiction.
7.3 La présente section décrit le régime prévu par
la Banque pour les ONS en ce qui concerne les 7.7 Au demeurant, la Banque exigera une transparence
clients et les contreparties domiciliés dans des totale concernant les structures de gouvernance
centres financiers extraterritoriaux (CFE), tandis d’entreprise, les flux de trésorerie, la répartition des
que l’annexe 6 définit les CFE. avantages, la transparence et la solidité financières, la
conformité et l’intégrité, y compris en matière fiscale,
autant d’éléments qu’elle examinera à la lumière des
Clients domiciliés dans des centres meilleures pratiques. Sa diligence raisonnable visera
financiers extraterritoriaux à acquérir un degré raisonnable d’assurance afin que
les structures extraterritoriales ne soient pas mises
7.4 Il peut y avoir des cas où un emprunteur / une en place ou utilisées à des fins de fraude fiscale, de
société bénéficiaire de l’investissement de la blanchiment d’argent et de financement du terrorisme
Banque est domiciliée dans un pays membre qui et pour veiller à ce que les PMR reçoivent le niveau
est aussi considéré comme un centre financier approprié de taxes provenant des activités réalisées
extraterritorial, et en particulier lorsque cette sur leur territoire. Des clauses appropriées seront
juridiction n’est pas le pays d’accueil du projet ou prévues dans l’accord juridique de la transaction afin
de l’investissement concerné. d’atténuer tout risque détecté lors du processus de
diligence raisonnable.
7.5 Dans certains projets régionaux / transfrontaliers
ou projets impliquant plusieurs contreparties 7.8 Par ailleurs, la Banque prendra en compte les
multinationales, des entités domiciliées dans une évaluations et avis du pays membre concerné (le cas
juridiction différente du pays d’accueil des produits échéant) publiés par le Groupe d’action financière
ou résultats visés par le projet peuvent servir (GAFI) et le Forum mondial sur la transparence
d’emprunteurs ou de bénéficiaires des ressources et l’échange de renseignements à des fins fiscales
de la Banque, à condition d’être établies dans un (Forum mondial)40, en particulier lorsque ledit pays
pays membre. Concernant les investissements de membre a observé le processus d’examen par les pairs
la Banque dans les fonds de capital-investissement du Forum mondial41 et n’est pas jugé non conforme.
par exemple, les co-investisseurs peuvent investir Au cas où le GAFI et/ou le Forum mondial auraient
dans une société enregistrée dans un PMR ou un rendu publiques des déclarations mettant en évidence
autre pays membre, tandis que les ressources du des faiblesses institutionnelles persistantes dans les
fonds peuvent être investies dans plusieurs PMR. PMR concernés, la Banque pourra leur fournir une
S’agissant des transactions de financement de projets, assistance technique utile pour mettre en œuvre des
une ou plusieurs EVS peuvent être établies dans un normes fiscales internationalement reconnues en
PMR différent de celui / ceux où le projet se situe cohérence avec les rapports du processus d’examen
physiquement. par les pairs du Forum mondial. La Banque effectuera
également des contrôles ponctuels afin de s’assurer
7.6 Dans ces conditions, la Banque pourra poursuivre que les opérations financées ne risquent pas de servir
le projet après s’être assurée que : (i) la juridiction à des délits fiscaux, au blanchiment d’argent et au
dont relève cette entité bénéficiaire est un financement du terrorisme.

40 Le GAFI est une agence intergouvernementale hébergée par l’OCDE, qui a été créée pour élaborer des politiques et des lignes directrices sur la lutte contre le
blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Le Forum mondial, également hébergé par l’OCDE, est une agence intergouvernementale chargée de
promouvoir la coopération entre les juridictions internationales contre les délits fiscaux.
41 En septembre 2009, le Forum mondial a lancé un processus d’examen par les pairs, en vertu duquel les pays font l’objet d’une évaluation approfondie par les autres
membres du Forum mondial par rapport à la norme de transparence. Pour de plus amples précisions, voir http://www.oecd.org/tax/transparency/.
32
Section 7:  Centres financiers extraterritoriaux dans les ONS de la Banque

Contreparties domiciliées dans des dans une structure de fonds en ce qui concerne
centres financiers extraterritoriaux le commandité.

7.9 En règle générale, les ONS font intervenir un 7.11 Dans de telles situations, la Banque procédera
certain nombre de contreparties telles que à une vérification préalable approfondie des
les promoteurs, les banques commerciales promoteurs et des commandités domiciliés
confirmatrices, les co-investisseurs et/ou les dans les CFE et exigera une transparence totale
gestionnaires de fonds / commandités ou afin d’examiner la structure de gouvernance
d’autres entités qualifiées structurées de même d’entreprise, les flux de trésorerie au sein de la
manière qui peuvent être situées n’importe où structure, la propriété réelle, la transparence et
dans le monde, car elles ne sont soumises à la solidité financières, la conformité et l’intégrité,
aucune exigence de domicile (voir la section 4). y compris en matière fiscale, dans le respect des
D’habitude, les promoteurs sont actionnaires des meilleures pratiques. Cette diligence raisonnable
entités / sociétés emprunteuses où la Banque sera effectuée en conformité avec la Politique de
investit et ils fournissent parfois des garanties vérification préalable de l’intégrité pour les opérations
à la Banque, tandis que les gestionnaires de non souveraines43 pour déterminer notamment
fonds (commandités des fonds de capital- les propriétaires effectifs de ces contreparties
investissement, gestionnaires d’actifs, etc.) gèrent et obtenir un degré d’assurance raisonnable que
les fonds de capital-investissement, les fonds de l’entité extraterritoriale en question n’est pas
dette ou les fonds hybrides où investit la Banque. constituée ou utilisée à des fins de fraude fiscale,
de blanchiment d’argent et de financement du
7.10 Dans certains cas, la Banque finance des projets terrorisme. Des clauses utiles seront prévues dans
où des contreparties sont domiciliées dans un CFE. les accords juridiques relatifs à la transaction afin
Cela peut inclure une situation où : (i) la juridiction d’atténuer tout risque décelé lors du processus de
dans laquelle est établi ou enregistré le promoteur vérification préalable de l’intégrité (VPI).
ou le commandité est un CFE ; et (ii) le promoteur/
commandité détient une part significative ou 7.12 Les informations recueillies et l’évaluation des
exerce le contrôle42 de l’emprunteur/l’entité. Dans clients et des contreparties en ce qui concerne
ce cas, aussi bien le promoteur que le commandité les risques de blanchiment d’argent et de
peuvent bénéficier indirectement du financement financement du terrorisme, la propriété effective
de la Banque sous forme de distributions de et la coopération en matière fiscale seront incluses
revenu par la société du projet ou sous forme de dans le rapport d’évaluation du projet présenté au
commissions de gestion et d’intérêts reportés Conseil d’administration. 

42 Le contrôle, qui sera déterminé en fonction de la structure de transaction spécifique, signifie la propriété d’au moins 50 % des droits de vote ou de la valeur de
l’entreprise (ou moins de 50 %, si les faits et les circonstances de l’investissement font état d’un contrôle de fait) et, dans le contexte d’un fonds, tout contrôle exercé
par un commandité ou un gérant.
43 Document ADB/BD/WP/2014/96 – ADF/BD/WP/2014/64 ; juin 2014. Il y a aussi un document contenant des directives.

33
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

SECTION 8 :

Opérations axées
sur le savoir
8.1 Services de conseil et assistance technique. Outre 8.2 Si les ressources financières utiles sont disponibles,
les opérations de financement, la Banque peut fournir une assistance technique pourra être fournie sous
aux clients, à leur demande et sous réserve de la forme de don ou à des conditions concessionnelles46
disponibilité des ressources financières utiles,44 des lorsque ce concours : (i) se justifie pour accroître les
services de conseil et une assistance technique en chances d’atteindre les objectifs de développement
utilisant son expertise interne ou, dans le respect sans créer de distorsions du marché ; (ii) ne se
des règles et procédures de passation des marchés substitue pas à l’additionnalité du financement
pertinentes, en faisant appel à des cabinets de de la Banque aux conditions des ONS ; (iii) évite
conseil ou des consultants individuels au besoin. de créer une dépendance permanente à l’égard de
Cette assistance technique peut être fournie comme subventions de longue durée ; et (iv) vise à aligner
contribution de la Banque au capital d’amorçage et les incitations des participants au projet sur un
ses services consultatifs peuvent être fournis en tant comportement compatible avec le marché.
qu’« apport en travail »45. La Banque peut également
fournir des services de conseil par voie d’actionnariat, 8.3 Par ailleurs, la Banque peut exiger une
de partenariat et d’appui aux organisations spécialisées rémunération raisonnable (sous forme de
à but lucratif et non lucratif. commission ou de part des revenus de l’entreprise

44 La fourniture de services d’assistance technique est subordonnée à la disponibilité de ressources financières ad hoc (par exemple, des ressources de tiers ou des
ressources spéciales) ; en outre, les dépenses afférentes à ces services d’assistance technique doivent, en principe, être remboursées à la Banque (article 23 (f) de
l’Accord de la Banque).
45 L’« apport en travail » est la contribution d’une partie à un projet sous forme d’effort, par opposition à l’apport financier, qui est une contribution en capital
46 Cela est subordonné à la disponibilité de ressources financières ad hoc (par exemple, des ressources de tiers ou des ressources spéciales). En effet, les ressources
ordinaires de la Banque ne peuvent servir à des dons ou des investissements à des conditions concessionnelles (article 14.1 de l’Accord de la Banque).

Photo: © BAD

34
Section 8:  Opérations axées sur le savoir

ou de ses capitaux propres, ou toute autre 8.7 Lorsqu’elle fournit une assistance technique et
contrepartie appropriée selon les circonstances) des services de conseil, le Groupe de la Banque
pour recouvrer une partie ou la totalité des veille à l’absence de conflit d’intérêts47 ou d’aléa
coûts engagés en vue d’assurer ou de mobiliser moral entre ses deux rôles concurrents – d’une
l’assistance technique et/ou les services de part, celui de conseiller ou source d’assistance
conseil. technique et, d’autre part, celui de créancier/
investisseur. Si de tels risques sont détectés, il
8.4 Afin d’éviter tout risque de réputation, avant faudra prévoir à titre de mesures d’atténuation :
de fournir toute forme de services de conseil (i) de s’assurer que les services de conseil sont
et d’assistance technique, la Banque signera fournis par des unités organisationnelles de la
un accord formel prévoyant la fourniture de Banque indépendantes et distinctes de celles qui
services consultatifs et indiquant notamment leur sont impliquées dans le montage et la gestion
bénéficiaire. Ces accords devraient préciser les des opérations de financement ; (ii) de ne pas
responsabilités des parties et inclure des clauses fournir de financement en aval si le Groupe de
protégeant la Banque contre tous risques perçus la Banque a participé de manière significative
et responsabilités inhérents à la fourniture des à des services de conseil en amont ; ou (iii) de
services consultatifs. fournir des ressources aux clients pour acquérir
des services techniques indépendante auprès de
8.5 Le Groupe de la Banque peut fournir des services sources d’expertise tierces.
de conseil et une assistance technique dans un
certain nombre de domaines. Ceux-ci comprennent 8.8 Lorsque l’intervention de la Banque dans un projet
notamment : (i)la stratégie de préparation et /une entreprise suppose à la fois (a) la fourniture de
de financement des projets ; (ii) la gouvernance financement à une entité sans garantie souveraine
d’entreprise ; (iii)la stratégie de restructuration et (b) la prestation de conseils en matière de
et de privatisation des entreprises publiques ; politiques, institutionnels et/ou stratégiques ou
(iv) la gestion des institutions financières et des une autre assistance au(x) PMR concerné(s), le
institutions des marchés de capitaux ; (v) les normes Groupe de la Banque maintiendra une séparation
prudentielles et la gouvernance d’entreprise pour nette entre les unités organisationnelles ou
les banques de développement et les entreprises des groupes de personnel intervenant dans ces
sociales ; (vi) les sauvegardes relatives à la passation deux types d’activité afin de limiter les conflits
des marchés et fiduciaires ; (vii) les sauvegardes d’intérêts. D’autre part, la Banque veillera à ce que
environnementales et sociales ; (viii) les services les départements participant au montage et à la
de développement des activités ; et (ix)  le gestion du portefeuille d’ONS aient complètement
développement des chaînes de valeur. accès et en temps opportun aux évaluations des
départements régionaux et à leurs conseils sur
8.6 En outre, le Groupe de la Banque peut fournir aux les politiques, institutions et stratégies des PMR/
PMR des services de conseil et une assistance CER.48
technique financés par les guichets appropriés de la
Banque pour appuyer des PPP dans des domaines 8.9 Aide aux femmes entrepreneurs. Le Groupe de
tels que : le développement des capacités ; la mise la Banque intensifiera son soutien à la formation
en place de cadres réglementaires et juridiques ; les des femmes dans les projets de renforcement des
réformes de politiques sectorielles ; et l’élaboration capacités, notamment à travers l’enseignement
d’un avant-projet de PPP. Une assistance technique technique et professionnel susceptible de stimuler
et des services de conseil peuvent également l’entrepreneuriat féminin dans les zones rurales. Il
être fournis sur demande aux entités éligibles du veillera également à ce que les projets de formation
secteur privé, sous réserve des dispositions de la technique et professionnelle et d’enseignement
sous-section 8.7 ci-dessous. supérieur prévoient des activités et des incitations

47 Par exemple, lors de la préparation de projets ou de programmes d’intégration régionale, la Banque peut, grâce aux ressources du Fonds spécial pour le financement
de la préparation des projets d’infrastructures du NEPAD (IPPF-NEPAD), fournir une assistance technique à un ou plusieurs PMR pour concevoir un programme
ou un projet. Le Mécanisme de financement de la préparation des projets du Fonds africain de développement (PPF-FAD) peut aussi être mis à contribution pour
aider les PMR à préparer des projets et assurer une bonne qualité de projet à l’entrée. Ces cas en amont ne peuvent pas être considérés comme générant un conflit
d’intérêts, puisque, à ce moment-là, la Banque ne peut préjuger de manière définitive de la nature du projet ou du programme en cours d’élaboration – secteur privé
ou secteur public.
48 Le Département de l’évaluation indépendante du développement du Groupe de la Banque (BDEV – anciennement OPEV), lors de ses évaluations périodiques de la
qualité du portefeuille d’ONS et de la performance de la Banque en matière de promotion du développement du secteur privé, évaluera à quel point les conseils en
matière de politiques et l’assistance technique fournis par la Banque aux PMR et aux CER contribuent à la protection du portefeuille de prêts et d’investissements de
la Banque par rapport à la promotion des meilleurs intérêts de développement des pays. D’un autre côté, BDEV évaluera dans quelle mesure les départements ayant
en charge le montage et la gestion du portefeuille d’ONS ont bénéficié du travail relatif au savoir des départements régionaux / nationaux.

35
propres à appuyer l’entrepreneuriat des filles. Le renforcement de la culture entrepreneuriale
Groupe de la Banque encouragera le développement (grâce à la promotion de l’entrepreneuriat dans
des capacités des femmes entrepreneurs par la le système éducatif) et des marchés de services
formation technique et en gestion des affaires et de développement d’entreprises durables, la
des programmes de microfinance afin de pousser formation et la communication d’informations sur
les activités génératrices de revenus et de faciliter les entreprises. Dans ses efforts visant à soutenir
l’accès aux financements. le développement de l’entrepreneuriat local, le
Groupe de la Banque recherchera des solutions
8.10 Conformément à la Politique de développement tournées vers le marché, y compris des prestataires
du secteur privé, le Groupe de la Banque de services commercialement viables. Au niveau de
facilitera les services axés sur le savoir afin de la programmation, le Groupe de la Banque veillera à
donner aux entrepreneurs locaux l’accès à la ce que les femmes et les jeunes reçoivent la priorité
technologie, au savoir et au savoir-faire. Par ces voulue en s’assurant qu’elles peuvent participer à
services, le Groupe de la Banque favorisera le l’élaboration de projets et de programmes. 

36
Section 9:  Passation des marchés, sauvegardes liées à l’intégrité et fiduciaires
Photo: © BAD

Photo: © BAD

SECTION 9 :

Passation des marchés,


sauvegardes liées à
l’intégrité et fiduciaires
Passation des marchés règles et procédures de passation des marchés du
Groupe de la Banque,49 qui mettent l’accent sur
9.1 L’acquisition des biens, travaux et services les principes d’économie et d’efficience. La Banque
autres que de consultants et la sélection de conviendra avec l’emprunteur non souverain, ainsi
consultants pour les ONS sont soumises aux qu’il est indiqué dans les règles et procédures de

49 Il s’agit, respectivement des Règles et procédures pour l’acquisition des biens, travaux et services autres que de consultants, des Règles et procédures pour
l’utilisation des consultants et du Guide pour l’acquisition des biens, travaux et services dans les opérations du secteur privé financées par la Banque (voir section
A4.4 de l’annexe 4).

37
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

passation des marchés, de procédures de passation de l’intégrité pour les opérations non souveraines,50 la
des marchés acceptables qui sont conformes aux Banque effectuera comme il convient un contrôle
méthodes d’acquisitions du secteur privé ou aux préalable axé sur les risques et la connaissance
pratiques commerciales bien établies. du client (KYC), de manière à : (a)  identifier
les propriétaires véritables des clients, des
contreparties et des parties liées importantes
Décaissement impliquées dans les transactions de l’ONS ainsi
que leurs principaux dirigeants ; (b) évaluer leurs
9.2 L’emprunteur a le droit de demander à la Banque de antécédents civils, pénaux et réglementaires; et
décaisser des fonds, pour les montants dépensés (c) déterminer si l’un d’entre eux est une personne
ou qu’il est prévu de dépenser aux fins énoncées politiquement exposée.
dans l’accord de financement entre les deux parties,
sous réserve du respect des conditions fixées dans 9.5 Les clients, les contreparties (y compris d’autres co-
l’accord de financement. Aucun décaissement ne sera investisseurs ou cofinanciers, les associés commandités
effectué, sauf avec le consentement de la Banque : /gestionnaires de fonds d’investissement, les
a) pour des dépenses engagées en violation des emprunteurs et sous-emprunteurs et les entités
règles de passation des marchés de la Banque ; ou bénéficiaires de fonds d’investissement) et les
b) pour financer des dépenses engagées avant la parties liées de manière significative (y compris les
date de l’accord de financement autres que celles principaux dirigeants des clients, les contreparties,
qui sont expressément autorisées. Les demandes les fournisseurs, les prestataires de services, les
de décaissement doivent être faites rapidement consultants, les entrepreneurs, les sous-traitants,
et conformément aux règles et procédures de le personnel de tous les intervenants ci-dessus
décaissement de la Banque. évoqués dans les ONS financées ou administrées
par la Banque) sont tenus d’observer les normes
d’éthique les plus élevées lors de la passation des
Sauvegardes liées à l’intégrité marchés et de l’exécution des ONS.
et fiduciaires
9.6 Des dispositions spécifiques seront prévues
9.3 Les politiques d’intégrité et d’ordre fiduciaire dans les accords de financement à propos des
(figurant dans la liste des politiques reprises à actes répréhensibles auxquels ses clients et
l’annexe 4) interdisent dans toutes les opérations contreparties viendraient ou seraient venus à se
financées par la Banque : les pratiques de corruption livrer dans le cadre du projet à financer. En outre,
ou d’obstruction et les manœuvres frauduleuses, sans préjudice de tous autres mesures et recours,
coercitives et collusoires, appelées « actes la Banque pourra sanctionner toute personne ou
répréhensibles ». D’autres pratiques contraires à entreprise dont il est démontré qu’elle s’est livrée
l’éthique, comme les actes criminels, le blanchiment à des actes répréhensibles dans ses ONS. Au
de capitaux et l’utilisation abusive des ressources nombre des sanctions figure l’exclusion de toute
de la Banque pour financer le terrorisme, sont participation à la préparation ou à l’exécution
également interdites. De même, il est interdit aux d’opérations financées ou administrées par le
pays et aux personnes sous le coup de sanctions Groupe de la Banque.51 Au titre de son cadre
internationales en vertu des décisions pertinentes du préventif stratégique visant à optimiser l’intégrité
Conseil de sécurité des Nations Unies de participer et les sauvegardes fiduciaires énoncées dans la
à des opérations financées par la Banque. présente politique, la Banque mettra à profit ses
processus et directives de vérification préalable
9.4 L’entité de contrôle d’un projet non souverain de l’intégrité pour atténuer les risques ayant trait
et les autres contreparties en général disposent à l’intégrité et les risques fiduciaires.
de leurs structures d’actionnariat respectives (y
compris d’autres personnes morales contrôlées par
d’autres entités telles que des sociétés holding) Personnes politiquement exposées
qui, à l’exception des entreprises publiques,
appartiennent à des personnes physiques. En 9.7 La participation de la Banque à des ONS
conformité avec la Politique de vérification préalable appar tenant , bénéficiant ou impliquant

50 Document ADB/BD/WP/2014/96 – ADF/BD/WP/2014/64; juin 2014. Il y a aussi un document contenant des directives.
51 En vertu de l’Accord d’exécution mutuelle des décisions d’exclusion (signé par les présidents des IFD le 9 avril 2010), les clients exclus par la Banque sont susceptibles
d’être exclus par les autres institutions participantes.

38
autrement des personnes politiquement exposées si elle constate, à la faveur de la vérification
(PPE),52 des personnes exerçant une influence préalable de l’intégrité, qu’il existe des risques
politique ou ayant d’autres relations privilégiées d’intégrité significatifs et non atténués ou des
et à haut risque, soulève des préoccupations préoccupations éthiques ou des risques de
d’ordre éthique. Ces préoccupations portent, réputation préjudiciables. Afin de répondre aux
entre autres, sur les possibilités de pots-de-vin, exigences de la présente Politique, la Banque
de corruption, de conflit d’intérêts, de délit appliquera des procédures et mécanismes
d’initiés et de distorsion des marchés. En général, efficaces de diligence raisonnable axée sur la
la Banque ne participera pas à une transaction connaissance du client (KYC). 

52 Les PPE sont des personnes physiques qui exercent ou ont exercé d’importantes fonctions publiques nationales ou internationales, ainsi que leur famille immédiate
et leur proche entourage. Les PPE comprennent les fonctionnaires des administrations centrales, régionales et locales, les hauts responsables politiques, les
hauts fonctionnaires, les législateurs, les cadres supérieurs des sociétés publiques, les autorités judiciaires ou militaires, les hauts responsables des organisations
internationales et supranationales et les personnes exerçant des fonctions similaires au gouvernement et dans les organisations internationales. Les PPE n’incluent
pas les fonctionnaires subalternes ou intermédiaires de ces organisations. La « famille immédiate » comprend les membres directs de la famille tels que conjoints,
enfants, parents, grands-parents, frères et sœurs. Le « proche entourage » comprend les collègues proches ou les conseillers personnels des PPE largement connus
du public, ainsi que les conseillers financiers ou les personnes agissant à titre de mandataires financiers.

39
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

SECTION 10 :

Sauvegardes
environnementales
et sociales
10.1 La Banque s’engage à rendre inclusifs la croissance diffèrent de celles des opérations souveraines
et le développement économiques en élargissant dans un certain nombre de cas puisque sont
l’accès aux opportunités économiques à plus prises en compte les différences existantes dans
de personnes, de pays et de régions, tout en les exigences de la Banque au niveau du cycle de
protégeant les plus vulnérables. Elle a, toutefois, projet propre aux ONS.55
conscience que le bien-être humain en Afrique
est tributaire de la qualité de l’environnement et 10.3 Les clients de l’ONS sont tenus d’observer le
de l’utilisation durable des ressources naturelles. SSI tout au long du cycle de vie du projet et de
Aussi s’efforce-t-elle de faire en sorte que ses se conformer aux exigences et aux principes
opérations n’aient aucun impact environnemental qui y sont énoncés (et repris dans les PEES). La
ou social indésirable, qu’il soit direct ou indirect, Banque veillera au contrôle de la conformité aux
sur les communautés. sauvegardes environnementales et sociales. Des
sanctions seront imposées au cas où les promoteurs
10.2 Le principal objectif du Système de sauvegardes / opérateurs de l’ONS persisteraient à ne pas
intégré (SSI)53 du Groupe de la Banque consiste respecter les sauvegardes de la Banque.
à intégrer des pratiques saines de gestion
environnementale et sociale dans toutes les 10.4 Dans le cadre des exigences du Groupe de la
opérations de la Banque afin de garantir leur Banque en matière de financement d’ONS pouvant
viabilité et d’aider les clients des secteurs public entraîner des impacts environnementaux et sociaux
et privé à respecter ces engagements. En outre, négatifs, le client d’un projet de catégorie 1 ou 2 doit
les procédures d’évaluation environnementale et mettre en place un mécanisme local indépendant
sociale (PEES)54 de la Banque sont conçues pour et crédible de gestion des plaintes pour traiter les
relever les défis de la mise en œuvre du SSI. Les réclamations déposées par les personnes affectées
PEES fournissent des directives sur les procédures par ces ONS.
spécifiques que la Banque et ses emprunteurs
ou clients doivent suivre pour s’assurer que les 10.5 Les communautés et/ou personnes situées dans
opérations souveraines et non-souveraines de la les zones d’un projet qui estiment qu’elles sont
Banque respectent les exigences des garanties ou seront négativement affectées par une ONS
opérationnelles à chaque étape du cycle de financée par la Banque peuvent recourir aux
projet de la Banque. Les PEES relatives aux ONS différents mécanismes de gestion des plaintes

53 Système de sauvegardes intégré (ISS) du Groupe de la Banque africaine de développement (ADB/BD/WP/2012/184/Rev.2/Final - ADF/BD/WP/2012/135/Rev.2/
Final) approuvé en 2013. Les obligations liées au SSI sont ajustées pour tenir compte des changements liés aux étapes clés du cycle de projet grâce à une gestion
proportionnelle et adaptative, qui devrait être proportionnée par rapport au niveau de risque environnemental et social et aussi suffisamment souple pour s’adapter
aux circonstances changeantes de la mise en œuvre du projet.
54 Procédures d’évaluation environnementale et sociale (ADB/BD/IF/2015/240 - ADF/BD/IF/2015/178) approuvées en 2015 (après l’entrée en vigueur du SSI). Les PEES
2015 prévoient en particulier : (i) une description claire et détaillée des étapes nécessaires à la mise en œuvre des sauvegardes opérationnelles à chaque étape du
cycle du projet ; et (ii) la couverture des opérations souveraines et des prêts destinés aux ONS au sein d’une seule PEES, avec des dispositions spécifiques conçues
pour s’adapter aux différentes situations applicables aux ONS. Les PEES relatives aux ONS diffèrent de celles des opérations souveraines dans un certain nombre
de cas puisque sont prises en compte les différences existantes dans les exigences de la Banque au niveau des processus opérationnels propres aux ONS. Les PEES
sont régulièrement examinées pour : (i) les adapter aux changements institutionnels au sein de la Banque (rôle et responsabilités au sein de l’écosystème du projet) ;
(ii)  rendre en compte les enseignements tirés et les problématiques émergentes.
55 Celles-ci comprennent notamment : (i) le processus d’examen exploratoire et l’inclusion des ONS dans la réserve de projets de la Banque ; (ii) le format de la
note conceptuelle, y compris le contenu environnemental et social et le processus d’examen, qui clarifie également les étapes requises pour les ONS en cas de
cofinancement ; (iii) le format du rapport d’évaluation, y compris le contenu environnemental et social, les annexes et le processus d’examen ; (iv) les exigences
de signalement des projets de catégorie 1 dans le cadre des ONS ; (v) les conditions, clauses restrictives et processus de négociation pour les prêts à caractère
environnemental et social ; vi) le format et le contenu environnemental et social des rapports de suivi et d’achèvement.

40
Section 10:  Sauvegardes environnementales et sociales

du Groupe de la Banque : (i) au niveau du projet


à travers le mécanisme mis en place et géré par
le promoteur et les parties prenantes locales
concernées ; (ii) au bureau pays de la Banque,
chargé de recevoir et de répondre aux demandes
de réparation en coordination avec les parties
prenantes concernées au niveau du pays et de la
Banque. Bien que la Banque traite les réclamations
principalement au niveau des pays et des projets,
elle a tout intérêt à faire en sorte que ces processus
portent leurs fruits en temps opportun, prennent
en charge les demandeurs de manière équitable
et fonctionnent efficacement. Si les mécanismes
susmentionnés ne sont pas en mesure de régler le
différend, le demandeur peut déposer une plainte
auprès du Mécanisme indépendant d’inspection
(MII) du Groupe de la Banque, qui est administré
par l’Unité de la vérification de la conformité et
de médiation (BCRM).56 Le mandat du MII est de
fournir aux personnes affectées par un projet
financé par le Groupe de la Banque un mécanisme
indépendant leur permettant de demander à la
Banque de se conformer à ses propres politiques
et procédures. Le MII traite les plaintes par
la résolution des problèmes (médiation), la
vérification de la conformité (enquête) ou bien
les deux. Les coordonnées de contact du MII et
de BCRM figurent à l’annexe 5.

10.6 Responsabilité environnementale et sociale


d’entreprise. La Banque attache une grande
importance au secteur privé et aux autres clients
non souverains déterminés à maintenir ou renforcer
la responsabilité sociale d’entreprise. La Banque
encourage les clients qui observent les normes
défendues par l’Initiative pour la transparence dans
les industries extractives (ITIE), les Principes de
l’Équateur et d’autres initiatives visant à faire en
sorte que les opérations du secteur privé soient
socialement responsables et respectueuses de
l’environnement. En général, la Banque tient
compte du comportement de responsabilité
citoyenne dans son évaluation de la solvabilité
des clients, des promoteurs et des cofinanciers
des ONS. 

56 BCRM est l’entité organisationnelle qui administre le MII, enregistre


Photo: © BAD

les plaintes et rend compte directement au Président et aux Conseils


d’administration du Groupe de la Banque ; il est indépendant de la direction
de la banque.

41
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

SECTION 11 :

Montage des projets,


gestion du portefeuille
et des risques
11.1 Le portefeuille d’opérations non souveraines est prises de participation est examinée plus haut à
lié au Cadre d’appétence au risque de la Banque. la sous-section 6.3.6.
Ce cadre57 repose sur le ferme engagement de
préserver la cote de crédit internationale AAA de 11.4 Diversification du portefeuille.  Le portefeuille
l’institution, dans l’intérêt de tous ses clients. La des ONS de la Banque ne doit pas dépasser les
sélection de chaque opération et la composition plafonds respectifs d’exposition totale auprès d’un
du portefeuille non souverain global tout comme débiteur unique ou d’un secteur unique définis par le
l’utilisation globale des fonds propres pour le Cadre d’adéquation des fonds propres et de gestion des
portefeuille actif non souverain de la Banque risques, afin d’assurer une diversification judicieuse
sont censées respecter les règles, normes et du portefeuille et une gestion efficace des risques.
limites définies dans le Cadre de gestion du risque
opérationnel, le Cadre d’adéquation des fonds 11.5 Garantie des prêts.  Lorsque la Banque accorde
propres et de gestion des risques58 et les Directives un prêt privilégié, elle exige un statut de créancier
de gestion du risque de crédit en vigueur. non moins favorable que celui d’autres prêteurs
de premier rang. Lorsqu’une garantie spécifique
11.2 Traitement des projets à l’entrée.  Le personnel et n’a pas été demandée par les autres prêteurs et
les responsables de la Banque chargés du montage n’est pas jugée nécessaire par la Banque, une
des projets vérifient au préalable et évaluent les clause d’interdiction de consentir des sûretés
propositions de financement non souverain. Les peut être acceptée. Dans les cas où d’autres
conclusions et recommandations de l’équipe de prêteurs n’ont pas demandé de garantie mais que
montage suivent un processus rigoureux d’examen la Banque juge qu’il serait imprudent d’intervenir
interne avant d’obtenir le feu vert de la Haute sans garantie, elle exigera que son prêt soit
direction pour être soumises à l’approbation du garanti. Lorsque les coprêteurs ont demandé
Conseil d’administration. une garantie, la Banque exigera que son prêt
soit garanti aux mêmes conditions. Lorsque les
11.3 Part de la Banque dans le financement des coprêteurs ont demandé une garantie non liée
opérations.  La participation financière de à un projet ou une garantie de tiers, la Banque
la Banque dans un projet ne peut dépasser demandera normalement, à tire compensatoire,
(i) 33% du coût total du projet ou du programme le renforcement de sa garantie dans le projet.59
d’investissement ou (ii) 50% des fonds propres à La Banque veille à l’enregistrement approprié
aucun moment dans le cas des facilités octroyées de ses garanties afin d’éviter des revendications
aux institutions financières. Un financement concurrentes de la part d’autres créanciers.
excédant ce pourcentage peut être envisagé
lorsque les exigences du projet le justifient, 11.6 Suivi des projets.  Dans la mesure où l’exécution
sous réserve de l’accord préalable du Comité du d’une garantie est onéreuse et longue et que la
risque de crédit. La part de la Banque dans les valeur réalisable des actifs grevés en faveur de

57 « Proposition pour une définition de l’appétence au risque de la Banque, du tableau de bord des risques et de l’amélioration de la gouvernance pour le risque de crédit » (ADB/
BD/WP/2011/53) ; avril 2011. Le cadre a été approuvé en mai 2011 par les Conseils d’administration.
58 Le Cadre d’adéquation des fonds propres et de gestion des risques de la Banque fait l’objet d’un examen et d’une révision périodiques. Le cadre actuel a été adopté en mai
2011.
59 À titre d’illustration, la garantie peut prendre l’une ou l’autre des formes ci-après : une hypothèque sur le site du projet et/ou d’autres biens immobiliers pertinents ; les
sûretés de premier rang sur les actions, les comptes en banque, les équipements et autres actifs de l’entité emprunteuse ; la cession (à titre de garantie) de contrats
et de créances de projet ; les garanties fournies par les promoteurs, etc.

42
Section 11:  Montage des projets, gestion du portefeuille et des risques

Photo: © AfDB

la Banque et d’autres bailleurs de fonds sera 11.8 Tarification.  La Banque applique à ses prêts des taux
probablement inférieure au montant de la dette, d’intérêt déterminés par le marché et fondés sur le
il faudra suivre de près les risques commerciaux risque et perçoit des commissions raisonnables sur
et le respect des modalités et conditions du prêt. ses opérations de prêt et ses garanties de crédit et
de risque.62 Elle investit dans les participations en
11.7 Gestion des fonds propres.  Pour chaque ONS prévision de rendements adéquats, ainsi qu’il est
active, la Banque met de côté un montant de fonds indiqué à la section 6.3.5(a). En règle générale, la
propres60 correspondant aux pertes prévues et tarification du financement d’une ONS envisagée
imprévues de l’opération, estimées en fonction par la Banque est fixée de manière à couvrir les
des meilleures pratiques bancaires et des dernières aspects ci-après : (a) le coût du capital sur le marché
évaluations de risque. Pour le portefeuille actif dans les monnaies spécifiques demandées par
global des ONS, le montant total de fonds propres l’emprunteur ; (b) le coût d’opportunité du maintien
réservé à l’ensemble des opérations non souveraines de la liquidité ; (c) les frais destinés à récupérer les
n’excédera pas les limites61 prescrites par le Cadre dépenses administratives engagées pour l’opération ;
d’appétence au risque, le Cadre de gestion du risque (d) une prime proportionnelle au risque encouru ; et
opérationnel et le Cadre d’adéquation des fonds (e) une marge flexible négociable. Le « prix » désigne
propres et de gestion des risques de la Banque. ici le taux d’intérêt appliqué à un prêt (privilégié,

60 Les « fonds propres » sont définis comme la somme du capital libéré des actionnaires, des réserves opérationnelles nettes (autres que les réserves spéciales) de la
Banque (les guichets de la Banque) et des excédents.
61 En vertu du Cadre d’appétence au risque actuel, les opérations non souveraines ne peuvent pas consommer plus de 45% des fonds propres de la Banque. Sur ce
montant, les prises de participation ne peuvent pas consommer plus de 15% des fonds propres.
62 Les dispositions relatives aux conditions de financement – échéance, différé d’amortissement, modalités de remboursement, structure des taux d’intérêt, type de
commissions sur les prêts, pénalités et conditions de remboursement – figurent dans les Directives financières révisées applicables aux prêts sans garantie souveraine
(ADB/BD/IF/2006/53) et la Politique de la Banque en matière de garanties (ADB/BD/WP/2003/85/Approuvé) ou les documents qui les ont remplacées.

43
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

subordonné ou non garanti), à une ligne de crédit, et de réputation. Le règlement des problèmes
ou à la dette éventuelle liée à une garantie. Il d’investissement nécessite de changer d’approche
correspond également au seuil de rendement seuil de gestion pour privilégier la préservation de valeur
attendu du capital investi, au-dessous duquel une et la gestion des risques de réputation dans des
prise de participation pourra être considérée comme conditions défavorables, tout en maximisant autant
un mauvais investissement. En outre, la Banque que possible l’impact sur le développement.
peut percevoir des commissions raisonnables
pour ses services afin de recouvrer les dépenses 11.12 La Banque a pour pratique d’essayer de trouver
liées à la fourniture de son expertise technique des solutions à des projets en difficulté plutôt
pour la préparation et l’évaluation de projets, que de chercher le recouvrement immédiat, en
la syndicalisation de projets ou la souscription totalité ou en partie, de son investissement par
d’opérations de capital-investissement. voie d’exécution d’une sûreté ou de liquidation
de la société dont elle détient des actions. La
11.9 Gestion du portefeuille.  La Direction de la démarche normale pour la Banque consistera à
Banque veille à la gestion prudente de chaque aider à diagnostiquer les causes des problèmes,
ONS active et du portefeuille d’ONS dans son à participer avec les actionnaires et les prêteurs
ensemble. À cet effet, elle entretient un dialogue à la formulation d’un plan d’action pour remédier
étroit avec les clients, suit et évalue régulièrement à la situation et à surveiller la mise en œuvre du
les différentes opérations. L’objectif est d’accroître plan et les progrès accomplis. La Banque peut
les chances : (a) d’obtenir les effets escomptés aussi participer à des mesures d’allégement de
sur le développement ; (b) de limiter les impacts la dette à condition que, ce faisant, les chances
environnementaux et sociaux préjudiciables tout de récupération de son investissement soient
au long de la vie économique des projets ; et (c) de supérieures à celles qu’offre une liquidation forcée.
respecter les obligations de remboursement de la
dette ou, pour les participations en fonds propres et 11.13 L’exercice efficace de cette fonction exige davantage
quasi-fonds propres, d’aider à préserver de bonnes de flexibilité dans l’application des prescriptions
perspectives de réussite des investissements. applicables dans le cas d’investissements
Concernant les opérations des IF, le principal effet performants. Les principaux domaines susceptibles
sur le développement consiste à élargir l’accès de nécessiter une certaine souplesse afin de
aux services financiers, en particulier au profit donner une marge de manœuvre suffisante pour
des segments habituellement exclus, tels que les permettre un réaménagement, une restructuration
MPME, les ménages à faible revenu, les femmes, et un recouvrement efficaces feront l’objet de
les jeunes et les populations rurales. Dans le cas directives inscrites dans le Manuel de procédures.
des délégations de crédit et des instruments de Ils comprennent, entre autres, l’utilisation
financement du commerce, les opérations doivent des ressources de prêt et les restrictions aux
faire l’objet de suivi selon des procédures bien dépenses éligibles, l’investissement de la Banque
documentées. en pourcentage du coût du projet, les limites
d’exposition pour diversifier les risques, le plafond
11.10 Performance du portefeuille.  La gestion du spécifique de la participation totale de la Banque
portefeuille vise à maintenir la note moyenne dans une entreprise, le risque de change et les
pondérée du risque (NMPR) de crédit du processus opérationnels. Le Groupe de la Banque
portefeuille fixée par le Cadre d’adéquation s’efforcera de renforcer de manière proactive
des fonds propres et de gestion des risques de les instruments et procédures de qualité des
la Banque ainsi qu’une moyenne pondérée du opérations non souveraines afin de parvenir à de
portefeuille après approbation de « Bien » ou mieux meilleurs résultats sur le terrain dans ses PMR.
en ce qui concerne les effets sur le développement.
11.14 Décentralisation.  Le p e r s o n n e l e t l e s
11.11 Re s t r u c t u r a t i o n , r é a m é n a g e m e n t e t responsables des bureaux extérieurs de la Banque,
recouvrement.  Les opérations où ses fonds en étroite concertation avec leurs collègues du
propres sont en danger présentent pour la Banque siège, joueront un rôle de plus en plus important
et toutes les parties concernées63 des risques dans l’identification, la préparation et l’évaluation
environnementaux et sociaux tout comme des des ONS et dans la gestion du portefeuille des
risques de développement, de gouvernance ONS. De même, les bureaux extérieurs joueront

63 Si la Banque s’emploie à préserver les fonds propres dans ses ONS, les cas de défaillance, d’appel de garanties, de valeur irrécupérable ou moindre des prises de
participation sont inévitables. Cela peut tenir aux difficultés financières de l’emprunteur ou de l’entreprise bénéficiaire, à la performance du pays ou de l’industrie, à
la dévaluation de la monnaie ou à d’autres facteurs.

44
Section 11:  Montage des projets, gestion du portefeuille et des risques

un rôle de premier plan dans l’appui du Groupe référence qui faciliteront le suivi et l’évaluation des
de la Banque aux politiques et stratégies de opérations non souveraines du Groupe de la Banque
développement du secteur privé des PMR d’une venant soutenir le développement du secteur
manière générale. privé en Afrique. Les responsables de l’assurance
qualité, ainsi que les départements de stratégie
11.15 Suivi et évaluation des ONS.  La mise en œuvre et de politique opérationnelle, suivront la mise en
de cette politique sera assurée par l’application du œuvre de la politique et évalueront les résultats
processus d’examen opérationnel de la Banque. intermédiaires, notamment en utilisant des
Ce dernier assurera que : informations désagrégées sur les investissements
non souverains du Groupe de la Banque (prêts
i. les opérations non souveraines ont des notes et garanties inclus) accordés aux principaux
de risque acceptables et que les dispositions bénéficiaires, notamment : (i) les entreprises privées
de gestion des opérations et des risques sont telles que définies à la sous-section 4.2.1 ci-dessus ;
pertinentes ; (ii) les entreprises du secteur public telles que
définies à la sous-section 4.3.1 ci-dessus (y compris
ii. les interventions du Groupe de la Banque les IFD nationales) ; (iii) les IFD régionales ; et (iv) les
apportent de l’additionnalité et des résultats fonds de capital-investissement. Ces résultats
de développement suffisamment élevés ; et seront présentés dans un rapport annuel qui sera
soumis au Comité des opérations (OpsCom). À
iii. les opérations non souveraines sont bien des intervalles ne dépassant pas trois (3) ans, la
préparées, techniquement et financièrement direction présentera au Comité des opérations
viables, respectueuses de l’environnement, et pour l’efficacité du développement (CODE) un
socialement responsables, et qu’elles rapport d’activité sur les opérations non souveraines
respectent des normes d’éthique élevées. du Groupe de la Banque. En outre, le Département
de l’évaluation indépendante du développement
11.16 Un cadre de résultats logiques et des indicateurs procédera à des évaluations régulières de la mise
clés de performance à l’échelle de la Banque seront en œuvre de cette politique par le Groupe de la
établis à moyen terme pour définir des points de Banque. 

45
SECTION 12 :

Diffusion de
l’information
12.1 En vertu de sa Politique de diffusion et d’accessibilité
de l’information,62 la Banque ne peut donner à des
tiers l’accès à des informations communiquées par
un client non souverain qui a indiqué par écrit que
ces informations doivent rester confidentielles,
étant entendu que la Banque ne prendra pas,
en principe, d’engagement de respect de la
confidentialité pour une période supérieure à
trois (3) ans. En outre, elle ne peut rendre publics
des documents contenant des informations
exclusives, comme des secrets commerciaux ou
des informations sur les prix, sans l’autorisation
écrite du propriétaire de ces informations. Les
documents détenus par la Banque dans lesquels
d’autres parties (y compris le client) détiennent
des droits d’auteur peuvent être consultés sous
réserve d’engagement de confidentialité, mais la
copie ou la distribution de ces documents peut
être limitée afin de respecter les droits d’auteur.
Les informations financières, commerciales
ou exclusives reçues des entités privées par le
Groupe de la Banque lors de l’analyse ou de la
négociation de prêts ne peuvent être divulguées
à moins que ces entités privées n’autorisent par
écrit cette divulgation.

12.2 La Banque publiera des informations essentielles


sur l’évaluation environnementale et sociale
générées tout au long de la vie économique des
projets et mettra des documents à la disposition
du public sur demande, conformément aux
dispositions du Système sauvegardes de intégré de
la Banque 

62 Document du Conseil ADB/BD/WP/2011/66/Rev.3, approuvé par les Conseils


d’administration en mai 2012. La politique est entrée en vigueur le 4 février
2013. Voir la section 3.3(D).

46
SECTION 13 :

Conclusion
13.1 La Politique sur les opérations non souveraines est
entrée en vigueur le 12 septembre 2018, après son
approbation par les Conseils d'administration du
Groupe de la Banque africaine de développement. 

Photo: © BAD

47
PARTIE II : ANNEXES
TECHNIQUES

48
Annexe 1  Liste des politiques et des principes directeurs annulés et remplacés par cette Politique sur les opérations non souveraines

ANNEXE 1 :

Liste des politiques et des principes directeurs annulés


et remplacés par cette Politique sur les opérations non
souveraines

Tableau A1.1 : Liste des politiques et principes directeurs qu’il est proposé d’annuler et de remplacer par cette
Politique

Référence du document Date d’approbation

1 Politique et procédures révisées relatives aux ADB/BD/WP/84/120 1


Septembre 1986
lignes de crédit

2 Politique révisée relative aux opérations du ADB/BD/WP/94/127/Rev.2 Mars 1995


secteur privé

3 Directives révisées en matière de politiques de ADB/BD/WP/94/125/Rev.2 Mars 1995


prise de participation

4 Politique révisée relatives aux lignes de crédit, aux ADB/BD/WP/98/37/Rev.3/ Approbation Août 1998
délégations de crédit et aux garanties en faveur
des institutions financières du secteur privé

5 Directives opérationnelles régissant les prêts aux ADB/BD/WP/2003/29/Rev.2/ Approuvé - Octobre 2003
entreprises publiques non garantis par l’État2 ADF/BD/WP/ 2003/25/Rev.2/Approuvé

Tableau A1.2 : Liste des politiques et des principes directeurs qu’il est proposé d’annuler sans les remplacer par
une nouvelle politique

Référence du document Date d’approbation

6 Principes directeurs pour le financement de ADB/BD/WP/96/166/Rev.3 Mai 1998


projets enclaves

1 La politique et les procédures révisées figurent dans l’annexe à la Politique d’intervention dans le secteur industriel (ADB/BD/WP/84/120) approuvée par les Conseils
d’administration du Groupe de la Banque le 23 septembre 1986. À son approbation par les Conseils d’administration en mai 2013, la Politique du Groupe de la Banque
pour le développement du secteur privé (ADB/BD/WP/2011/85/Rev.3 et ADF/BD/WP/2011/46/Rev.3) a remplacé la Politique d’intervention dans le secteur industriel
de 1986.
2 Quoique ce document porte le nom de « Directives opérationnelles », il s’agissait en réalité d’un « document d’orientation », qui comporte à la fois une partie
consacrée aux politiques et une autre consacrée aux lignes directrices. En tant que document de politique, son approbation par le Conseil a modifié la politique de
la Banque qui limitait aux seules entreprises détenues majoritairement par des intérêts privés l’accès aux ressources non concessionnelles sans garantie souveraine
pour l’étendre aux entreprises détenues majoritairement par des PMR à revenu intermédiaire répondant aux critères spécifiés.

49
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

ANNEXE 2 :

Liste d’exclusion – Dépenses non éligibles au


financement de la Banque

La Politique sur les dépenses éligibles3 du Groupe de la Banque dresse une liste d’activités économiques que l’institution ne
peut financer. Le Système de sauvegardes intégré4 environnemental et social du Groupe de la Banque a complété cette liste en
précisant la portée des « produits nocifs pour l’environnement » cités par la politique. Sur la base de ces deux documents, la
liste d’exclusion ci-dessous répertorie les activités et produits qui, sauf dérogation du Conseil d’administration, ne peuvent
être financés par la Banque :

Encadré A2 :  Activités et produits non éligibles au financement de la Banque

• Production de boissons alcoolisées, de tabacs et de produits de consommation de luxe.


• Production ou commerce d’armes, de munitions et d’autres biens utilisés à des fins militaires ou paramilitaires.
• Production, commerce ou utilisation :
-- de réacteurs nucléaires et produits connexes, de matières radioactives (à l’exception de matériels médicaux et
d’équipements de contrôle de la qualité pour lesquels la source radioactive est insignifiante et correctement
protégée), d’éléments combustibles non irradiés (cartouches pour réacteurs) ;
-- de fibres d’amiante non liées ou d’autres produits contenant de l’amiante lié comme matériau dominant ; ou
-- de substances nocives faisant l’objet d’une élimination ou d’une interdiction internationale (y compris les produits
pharmaceutiques et les pesticides classés dans la catégorie Ia (extrêmement dangereux), la catégorie Ib (hautement
dangereux), la catégorie II (modérément dangereux) et les substances appauvrissant la couche d’ozone.
• Commerce de la faune ou des produits de la faune réglementés par la Convention sur le commerce international des
espèces de faune et de flore sauvage menaces d’extinction (CITES).
• Commerce ou investissement spéculatif dans le platine, les perles, les pierres précieuses, l’or et les produits connexes.
• Jeux de hasard, casinos et entreprises équivalentes dans la mesure où ces activités constituent l’activité principale de
l’emprunteur / du bénéficiaire.
• Utilisation d’équipement d’exploitation forestière dans les forêts tropicales primaires non gérées..
• Activités économiques impliquant des formes nocives ou abusives de travail forcé3 et/ou de travail des enfants4 telles
que définies par les conventions internationales et/ou les réglementations nationales.
• Production ou commerce de tout produit ou activité jugé illégal en vertu des lois ou règlements du pays hôte ou des
conventions et accords internationaux.

3 Document des Conseils n° ADB/BD/WP/2007/106/Rev.2 & ADF/BD/WP/2007/72/Rev.2.


4 Document des Conseils n° ADB/BD/WP/2012/184 & ADF/BD/WP/2012/135.
5 Le travail forcé désigne tout travail ou service, non effectué de manière volontaire, qui est obtenu d’un individu sous la menace de la force ou d’une sanction
6 Le travail nuisible des enfants signifie l’emploi des enfants dans des conditions relevant de l’exploitation économique, susceptibles d’être dangereuses, d’empiéter
sur l’éducation de l’enfant ou d’être préjudiciables à la santé de l’enfant ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social.

50
Annexe 3  Produits financiers de la Banque pour les opérations non souveraines

ANNEXE 3 :

Produits financiers de la Banque pour les opérations


non souveraines

A3.1 La Banque offre une palette attrayante et diversifiée de produits financiers qui permet aux emprunteurs d’adapter
leurs besoins de financement à leur situation. Les produits financiers de la Banque comprennent des prêts (y compris
ceux libellés en monnaie locale et des prêts syndiqués), des lignes de crédit (y compris pour le financement du
commerce), des délégations de crédit, des garanties, des participations en fonds propres et quasi-fonds propres, le
financement du commerce (participations aux risques et facilités de financement des matières premières) et des
produits de gestion des risques. En outre, la Banque fournit à ses clients une assistance technique financée par des
dons.

Prêts

A3.2 La Banque accorde des prêts à ses clients éligibles (qui sont des entreprises du secteur privé et du secteur public
satisfaisant aux exigences énoncées à la section 4) à des conditions non concessionnelles et sans l’exigence d’une
garantie souveraine.

A3.3 Les structures de prêt offertes par la Banque comprennent les syndications de prêts parallèles et A/B et les prêts en
monnaie locale. Les prêts en monnaie locale ne sont offerts que si la Banque est en mesure de se financer efficacement
sur le marché des monnaies locales en question. Ces prêts s’inscrivent dans le dispositif de tarification de prêt à
marge fixe (PMF), offert selon le principe de répercussion des coûts afin de s’assurer que le coût global des fonds
est entièrement couvert.

Lignes de crédit

A3.4 Le développement d’un secteur des petites et moyennes entreprises (PME) dynamique sur le continent constitue un
objectif important pour la Banque, tout comme le développement des institutions financières privées (IFP). À cette
fin, la Banque offre aux IFP des lignes de crédit pour à rétrocession de prêts aux PME. En outre, les lignes de crédit
peuvent servir à répondre aux besoins de financement des opérateurs d’autres secteurs essentiels de l’économie,
comme les infrastructures, le développement industriel, le commerce ou les services. Les clauses des lignes de crédit
précisent dans lesquelles conditions les fonds de la Banque seront rétrocédés à l’IFP (ou à la SFD7). Les IFP supportent
le risque de crédit des sous-prêts.

Délégations de crédit

A3.5 La Banque met des ressources ordinaires en capital à la disposition des PME au titre de contrats d’agence conclus avec
des intermédiaires financiers locaux. La sélection des différents projets à financer par la Banque est en grande partie
déléguée aux intermédiaires, qui utilisent les ressources de la Banque pour consentir des prêts pour son compte à des
projets répondant à des critères préalablement convenus. Selon un contrat d’agence, les intermédiaires financiers
sont tenus d’engager leurs propres fonds dans chaque investissement en parallèle avec la Banque et de superviser les
entreprises bénéficiaires. L’intermédiaire financier n’agit qu’en qualité de mandataire de la Banque lorsqu’il investit les
fonds de cette dernière et il n’assume aucun risque à cet égard. Le risque de crédit de l’emprunteur est supporté par
la Banque. Toutefois, le personnel de la Banque surveillera ce produit afin de s’assurer que l’intermédiaire financier
suit une procédure bien documentée de gestion des risques approuvée par la Banque.

7 Voir également la sous-section 6.4.

51
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

Garanties

A3.6 Par le produit de garantie, la Banque entend tirer parti de son statut de créancier privilégié pour aider les emprunteurs
éligibles à obtenir un financement auprès de prêteurs tiers, y compris sur les marchés de capitaux. De plus, les
garanties permettent aux emprunteurs d’obtenir un financement dans leur propre monnaie locale lorsque la Banque
n’est pas en mesure de fournir directement ce financement sur ses propres ressources. Elle peut également garantir
en partie le risque de défaut sur un portefeuille de prêts consentis par une institution financière partenaire qualifiée.
Les garanties de la Banque se classent généralement en deux catégories : les garanties partielles de crédit (GPC) et
les garanties partielles de risque (GPR).8 A3.1 Les GPC couvrent contre tous risques une partie des remboursements
prévus au titre des prêts ou des obligations privés. Les GPR couvrent les prêteurs privés contre le risque (politique)
de voir un gouvernement ou un organisme public manquer à ses obligations envers un projet privé.

Produits de gestion des risques

A3.7 La Banque offre des produits de gestion des risques (PGR) à ses emprunteurs uniquement en rapport avec leurs
obligations en vertu des prêts en cours ou nouveaux de la Banque afin qu’ils puissent se prémunir contre les risques
de marché, y compris les risques de taux d’intérêt, de change et de fluctuation de prix des marchandises, leur
permettant d’optimiser leurs stratégies de gestion de la dette. Les PGR offerts par la Banque comprennent les swaps
de taux d’intérêt, les swaps de devises, les swaps de matières premières, les contrats de taux d’intérêt plafond et les
contrats de tunnel de taux d’intérêt. Ces produits sont à la disposition des emprunteurs à tout moment pendant la
durée du prêt.

Participations en fonds propres et quasi-fonds propres

A3.8 La Banque prend des participations dans des entreprises éligibles dans le cadre de sa mission de financement du
développement. Sa capacité à investir en fonds propres et quasi-fonds propres constitue un élément clé de son
rôle de mobilisation des ressources. Le recours aux participations en fonds propres et quasi-fonds propres comme
instrument d’investissement a pour objectif de promouvoir l’utilisation efficace des ressources, de stimuler la
participation africaine, de servir de catalyseur à d’autres investisseurs et prêteurs vers des projets financièrement
viables et encourager de nouvelles activités et idées d’investissement. La Banque peut investir directement en fonds
propres ou indirectement à travers des fonds appropriés et d’autres véhicules d’investissement. En outre, elle peut
choisir d’investir en quasi-fonds propres par la voie d’actions privilégiées rachetables, d’actions privilégiées, de prêts
subordonnés ou de prêts convertibles.

Financement du commerce

A3.9 Grâce aux initiatives de son Programme de financement du commerce, la Banque s’attaque au déficit de financement
du commerce dans les pays membres régionaux (PMR) et contribue à combler l’écart structurel entre la demande
de financement du commerce et l’offre du marché en fournissant des liquidités et des solutions d’atténuation de
risques aux institutions financières actives dans le financement du commerce en Afrique. Les services de la Banque
assurent un suivi pour s’assurer que les institutions financières clientes suivent une procédure de gestion des risques
bien documentée convenue avec la Banque.

A3.10 Les clients éligibles ont accès à des produits provisionnés et non provisionnés, notamment : (a) des accords de
participation aux risques (garantie) ; (b) des lignes de crédit pour le financement du commerce ; (c) un instrument
de financement des matières premières agricoles.

8 Par exemple, la GPR et la GPC fournies par le Fonds africain de développement en application du Cadre stratégique et des Directives opérationnelles pour
l’instrument de garantie partielle de risques du Fonds africain de développement (ADF/BD/WP/2011/65) de juillet 2011 et du Cadre stratégique et des Directives
opérationnelles pour l’instrument de garantie partielle de crédit du Fonds africain de développement (ADF/BD/WP/2013/120) de décembre 2013.

52
Annexe 3  Produits financiers de la Banque pour les opérations non souveraines

Accord de participation aux risques


A3.11 L’accord de participation aux risques (APR) est un produit de financement du commerce en vertu duquel la Banque
partage le risque avec un groupe restreint de banques confirmatrices internationales et régionales qui assurent aux
banques émettrices africaines des services de confirmation de crédit documentaire, en vue de favoriser l’expansion
du commerce en Afrique. À ce titre, la Banque partage le risque de crédit lié au financement du commerce (en général
pas plus de 50 % de l’exposition d’une transaction commerciale) sur un portefeuille de transactions commerciales
de BE éligibles détenu par les banques confirmatrices partenaires. Les APR fonctionnent sur la base du portefeuille
et n’obligent pas la Banque à signer des accords directs avec les banques émettrices locales.

Ligne de crédit pour le financement du commerce


A3.12 La ligne de crédit pour le financement du commerce (LCFC) rappelle la ligne de crédit classique offerte par la Banque
aux institutions financières locales, à part que la LCFC sert exclusivement au financement des transactions liées au
commerce dans les PMR. La LCFC est utilisée pour financer les transactions commerciales, notamment le financement
avant et après expédition, les dépenses d’investissement, l’escompte des lettres de crédit, l’affacturage / forfaitage,
le financement du commerce d’import-export. Les dépenses d’investissement sont principalement destinées à
l’achat de machines et à l’extension d’usines ou d’entrepôts et sont directement liées à la croissance du commerce
international. Ce sont des investissements en capital servant à la production de biens échangeables.

A3.13 Comme la plupart des transactions commerciales ont des échéances inférieures à un an, les institutions financières
intermédiaires pourront utiliser la ligne de crédit comme facilité de crédit renouvelable pour les clients du financement
du commerce jusqu’à l’échéance de la LCFC elle-même, qui ne pourra en aucun cas dépasser 3,5 ans. L’installation
est ouverte aux banques locales engagées dans le financement du commerce en Afrique.

Instrument de financement des matières premières agricoles (SCFF)


A3.14 L’Instrument de financement des matières premières agricoles (SCFF) est un produit de financement du commerce
provisionné, servant principalement à soutenir l’import-export de produits et d’intrants agricoles dans les PMR.
Cela inclut, par exemple, la fourniture de financement pré-exportation aux groupeurs de produits pour l’achat et
l’exportation de matières premières agricoles. Le financement des matières premières est généralement structuré
et bénéficie d’une protection de crédit sous forme de nantissement de la marchandise sous-jacente, de cession de
recettes, de lettres de crédit et de garanties privées ou publiques. Le SCFF est fourni directement aux entités telles
que les groupeurs de produits, qui ne sont pas nécessairement des institutions financières. Ces entités pourront
englober des offices publics de produits de base ou des coopératives agricoles remplissant les conditions d’éligibilité
aux prêts de la Banque en vertu de cette Politique. Les intermédiaires tels que les négociants en matières premières
ne seront pas des clients ni des contreparties directes de la Banque.

Autres services financiers

A3.15 Outre les produits décrits ci-dessus, la Banque peut offrir une assistance technique financée par des dons en
complément à ses produits financiers des guichets des secteurs public et privé. L’assistance technique de la Banque
est essentiellement axée sur l’accroissement de l’efficacité de la préparation des projets, ce qui est crucial pour assurer
les meilleurs résultats en matière de développement et de réduction de la pauvreté pour les projets bénéficiant du
financement de la Banque. En outre, l’assistance technique vise à encourager et accompagner les efforts visant à
instaurer un climat propice aux affaires afin de promouvoir l’investissement et l’essor du secteur privé.

53
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

ANNEXE 4 :

Politiques, stratégies et directives applicables aux


opérations non souveraines

Indicative et susceptible de changer avec le temps, la liste de documents ci-après n’est pas exhaustive. Pour donner plus
de visibilité aux différents documents, la liste s’articule en sept sections : (1) principaux accords du Groupe de la Banque ;
(2) stratégies et politiques générales ; (3) politiques et directives relatives aux instruments et aux produits financiers ;
(4) sauvegardes en matière de passation de marchés, fiduciaires et afférentes à l’intégrité ; (5) sauvegardes environnementales
et sociales ; (6) gestion des opérations ; et (7) gestion des risques.

A4.1 Groupe de la Banque africaine de développement – Principaux accords

1. Accord portant création de la Banque africaine de développement. Édition de 2011.


2. Accord portant création du Fonds africain de développement. Édition de 2011.
3. Accord portant création du Fonds spécial du Nigeria. 2e édition (juillet 2003).

A4.2 Politiques générales et stratégies

1. Au centre de la transformation de l’Afrique : Stratégie pour la période 2013-2022 (ADB/BD/WP/2012/110/ Rev.2


& ADF/BD/WP/2012/76/Rev.2). Mars 26, 2013.
2. Politique du Groupe de la Banque africaine de développement pour le développement du secteur privé (ADB/
BD /WP/2011/85/Rev.4 - ADF/BD/WP/2011/46/Rev.4). Janvier 2013.
3. Stratégie de développement du secteur privé, 2013-2017 – « Accompagner la transformation du secteur privé en
Afrique » (ADB/BD /WP/2013/55/Rev.2 - ADF/BD/WP/2013/41/Rev.2). Juillet 2013.
4. Politique de diffusion et d’accessibilité de l’information (ADB/BD/WP/2011/66/Rev.3 - ADF/ BD/WP/2011/35/
Rev.3). Juin 2011.
5. Politique relative aux dépenses éligibles au financement du Groupe de la Banque (ADB/BD/WP/2007/106/Rev.2
- ADF/BD/WP/2007/72/Rev.2). Mai 2008.
6. Proposition de création du Fonds d’assistance au secteur privé en Afrique [FAPA] (ADB/BD /WP/2005/100 - ADF/
BD /WP/2005/111). Septembre 2005.

A4.3 Politiques et directives relatives aux instruments et produits financiers

1. Directives pour les prises de participation. (en cours de préparation pour 2018)
2. Directives relatives à la représentation aux conseils d’administration des sociétés bénéficiaires des investissements
de la BAD (ADB/BD/IF/2002/11). Janvier 2002. (en cours de révision pour 2018)
3. Directives pour les instruments de quasi-fonds propres – dette subordonnée, mezzanine et convertible (ADB/
BD/IF/2013/102). Mai 2013.
4. Directives financières révisées concernant les prêts sans garanties souveraine. (ADB/BD/IF/2006/53). Mars 2006.
5. Fonds de capital-investissement et investissement direct : Manuel pratique et modèles d’accompagnement
(document d’PINS). Septembre 2011.
6. Directives opérationnelles pour les délégations de crédit (ADB/BD/IF/2005/207). Octobre 2005.
7. Politique de la Banque en matière de garanties (ADB/BD/WP/2003/85/Approuvé). Mars 2004.
8. Directives pour les prêts en monnaie locale synthétique (ADB/BD/IF/2008/144). Juin 30, 2008.
9. Cadre stratégique et Directives opérationnelles pour l’instrument de garantie partielle de risques du Fonds
africain de développement (ADF/BD/WP/2011/65). Juillet 2011.
10. Cadre stratégique et Directives opérationnelles pour l’instrument de garantie partielle de crédit du Fonds africain
de développement (ADF/BD/WP/2013/120). Décembre 2013.

54
Annexe 4  Politiques, stratégies et directives applicables aux opérations non souveraines

11. Directives opérationnelles pour la syndication des prêts sans garantie souveraine (ADB/BD/IF/2008/279).
Décembre 2008.
12. Plan de développement du Programme de financement du commerce (ADB/BD/WP/2012/141/Rev.1). Février 2013.
13. Désignation du naira nigérian, du shilling kényan, du shilling ougandais et de la livre égyptienne comme monnaies
de prêt de la Banque (ADB/BD/IF/2011/236). Octobre 2011.

A4.4 Sauvegardes en matière de passation de marchés, fiduciaires et afférentes à l’intégrité

1. Guide pour l’acquisition des biens, travaux et services dans les opérations du secteur privé financées par la
Banque. Juin 2013.
2. Amendement des Règles et procédures pour l’acquisition des biens et travaux et des Règles et procédures pour
l’utilisation des consultants (ADB/BD/WP/2012/124 - ADF/BD/WP/2012/86). Octobre 2012.
3. Règles et procédures pour l’acquisition des biens, travaux et services autres que de consultants. Septembre 2012.
4. Règles et procédures pour l’utilisation des consultants. Septembre 2012.
5. Note d’orientation sur les acquisitions au titre des partenariats public-privé (PPP) dans les opérations du secteur
public financées par la Banque. Juin 2013.
6. Accord d’exécution mutuelle des décisions d’exclusion. Avril 2010.
7. Directives pour la prévention et la lutte contre la corruption et la fraude dans les opérations du Groupe de la
Banque (ADB/BD/WP/2003/148/Rev.2/Approuvé - ADF/BD/WP/2003/185/ Rev.2/Approuvé). Mars 2004.9
8. Cadre stratégique et Plan d’action révisés pour la prévention des flux financiers illicites en Afrique (2017–2021)
et Politique du Groupe de la Banque en matière de prévention des flux financiers illicites. Avril 2017.
9. Politique de vérification préalable de l’intégrité pour les opérations sans garantie souveraine. (ADB/BD/WP/2014/96
- ADF/BD/WP/2014/64). Juin 2014.
10. Directives de vérification préalable de l’intégrité pour les opérations sans garantie souveraine. (IACD/OPSCOM)
Juin 2014.
11. Directives d’intégrité pour les opérations sans garantie souveraine (ADB/BD/IF/2006/231). Septembre 2006.
12. Boîte à outils pour l’intégrité.
13. Principes et lignes directrices des institutions financières internationales concernant les enquêtes (ADB/BD/IF/
2006/231/Add.1). Septembre 2006.
14. Proposition visant la mise en œuvre d’une procédure de sanctions au sein du Groupe de la Banque africaine de
développement (ADB/BD/WP/2012/39/Rev.1 – ADF/BD/WP/2012/22/Rev.1). Mai 2012.
15. Procédures des sanctions du Groupe de la Banque africaine de développement. Août 2013.

A4.5 Sauvegardes environnementales et sociales

1. Système intégré de sauvegardes environnementales et sociales (SSI) (ADB/BD/WP/2012/184/ Rev.2/Final - ADF/


BD/WP/2012/135/Rev.2/Final). Novembre 2013.
2. Procédures d’évaluation environnementale et sociale (PEES) (ADB/BD/IF/2015/240 - ADF/BD/IF/2015/178).
Décembre 2015.
3. Lignes directrices d’évaluation intégrée des impacts environnementaux et sociaux (EIIES).
4. Politique environnementale (ADB/BD/WP/2003/116/Rev.1 et ADF/BD/WP/2003/146/Rev.1). Janvier 2004.
5. Politique de réinstallation involontaire (ADB/BD/WP/2002/98/Rev.1- ADF/BD/WP/2002/ 113/Rev.1/Approbation).
Novembre 2003.
6. Politique en matière de genre (ADB/BD/WP/2001/61 - ADF/BD/WP/2001/76). Juin 2001.
7. Autres politiques sectorielles applicables aux opérations non souveraines.

A4.6 Gestion des opérations

1. Cadre logique axé sur les résultats (document d’ORQR).


2. Indicateurs sectoriels de base (document d’ORQR).
3. Cadre ADOA 2.0 pour les opérations du secteur privé (ADB/BD/WP/2015/17).

9 Note : D’autres accords, politiques et directives ont en grande partie supplanté ces directives.

55
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

4. Directives relatives à la représentation aux conseils d’administration des sociétés bénéficiaires des investissements
de la Banque (ADB/BD/IF/2002/10 - ADF/BD/IF/2002/11). Janvier 2002. (en cours de révision pour 2018)
5. Création du Comité des opérations (Directive présidentielle n° 02/2006). Août 2006.
6. Amendement de la Directive présidentielle n° 02/2006 portant création du Comité des opérations (Directive
présidentielle 05/2008). Juin 2008.
7. Amendement des Directives présidentielles 02/2006 et PD 05/2008 portant création du Comité des opérations
(Directive présidentielle 02/2010). Octobre 2010.
8. Modification des directives relatives au Comité des opérations, au processus d’examen des opérations et au
pouvoir d’approbation (Directive présidentielle 05/2012). Juin 2012.
9. Processus d’examen des opérations du Groupe de la Banque (Directive présidentielle 03/2013). Mai 2013.
10. Pouvoir d’approbation pour les opérations (Directive présidentielle 06/2008). Juillet 2008.
11. Règles et procédures de fonctionnement du Comité des opérations.
12. Directives pour l’annulation des opérations du secteur public approuvées. ADB/BD/BD/2012/147/Rev.2 - ADF/
BD/BD/2012/110/Rev.2). Août 2013.
13. Manuel des opérations non souveraines. (http://intranet3.afdb.org/?q=en/opm/book/non-sovereign-operations-
business-manual)

A4.7 Gestion des risques

1. Proposition pour une définition de l’appétence au risque de la Banque, du tableau de bord des risques et de
l’amélioration de la gouvernance pour le risque de crédit (ADB/BD/WP/2011/53). Mai 2011.
2. Cadre de gestion du risque opérationnel (ADB/BD/WP/2011/120). Novembre 2011.
3. Proposition de Cadre révisé d’adéquation des fonds propres et de gestion des risques, version révisée (ADB/BD/
WP/ 2011/46/Rev.2). Avril 26, 2011 (en cours de révision pour 2018).
4. Directives de gestion des garanties du secteur privé (ADB/BD/IF/2011/242). Octobre 2011.
5. Directives de gestion du risque de crédit pour les opérations non souveraines (document interne de FFMA),
Novembre 2011.
6. Continuité des opérations et des relations avec des pays membres régionaux dirigés par des gouvernements de
fait (Directive présidentielle 03/2010). Octobre 2010.
7. Création du Comité du risque de crédit (Directive présidentielle 03/2012). Juin 2012.
8. Règles et procédures de fonctionnement du Comité du risque de crédit.

56
Annexe 5  Mécanisme indépendant d’inspection

ANNEXE 5 :

Mécanisme indépendant d’inspection

A5.1 Les coordonnées de contact du Mécanisme indépendant d’inspection (MII) et de l’Unité de vérification de la conformité
et de médiation (BCRM) du Groupe de la Banque sont indiquées ci-dessous :

Le Directeur
Département de vérification de la conformité et de médiation
Siège de Groupe de la Banque africaine de développement

Adresse postale :
Rue Joseph Anoma
01 BP 1387
Abidjan 01
Côte d’Ivoire
Tel: (+225) 20 20 20 56 / (+225) 20 26 29 00

Courriel :  complaints@afdb.org et BCRMINFO@AFDB.ORG

Site web : https://www.afdb.org/irm

57
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

ANNEXE 6 :

Glossaire des principaux termes

Additionnalité Les caractéristiques, y compris les résultats en matière de développement, qui peuvent
être raisonnablement attribuées au financement et/ou à d’autres formes d’assistance de
la Banque africaine de développement ou d’autres fournisseurs d’aide au développement
et qui ne seraient pas obtenues si une opération de développement était uniquement
financée par des opérateurs commerciaux.
Propriétaire effectif Une personne physique qui possède ou contrôle directement une entité ou au nom de
laquelle une transaction est effectuée. Lorsque l’entité est une société cotée en bourse,
les propriétaires effectifs sont des personnes physiques qui détiennent directement ou
indirectement au moins 5 % du total des actions (avec ou sans droit de vote) de l’entité.
Pour les autres entités, les propriétaires effectifs sont toutes les personnes physiques qui
contrôlent ou possèdent l’entité (ou les personnes au nom desquelles la transaction est
effectuée). Lorsque la propriété est exercée par le biais d’une chaîne de propriétaires ou
d’un contrôle indirect, les propriétaires effectifs sont les personnes physiques finales ayant
des intérêts dans la chaîne de clients, de contreparties ou de parties liées importantes.
Partie liée importante – Les personnes physiques ou entités qui sont étroitement liées à un
projet et qui pourraient être une source de risques d’intégrité dans une telle opération. Les
parties liées importantes incluront généralement les parties qui fournissent ou projettent
de fournir plus de 10 % du financement de la Banque dans un projet, les acheteurs ou les
clients qui achèteront plus de 50 % de la production d’un projet, entre autres.
Financement mixte Dans le contexte des ONS de la Banque, le financement mixte désigne une formule de
financement associant des financements concessionnels fournis par des partenaires de
développement et des financements commerciaux fournis par le Groupe de la Banque
et/ou des co-investisseurs. Les solutions de financement mixte peuvent fournir un
concours financier à un projet à grand impact qui n’attirerait pas de financement à des
conditions strictement commerciales parce que les risques sont jugés trop élevés et les
rendements non avérés ou sans commune mesure avec les risques encourus. En étendant
les financements mixtes, la Banque sera guidée par les principes suivants : additionnalité,
effet d’attraction et concessionnalité minimale, viabilité commerciale, renforcement des
marchés et promotion de normes élevées.
Effet catalyseur L’« effet multiplicateur » des prêts, des investissements ou de l’assistance technique fournis
par la Banque à l’appui d’un opérateur du secteur public ou du secteur privé dans un ou
plusieurs pays – dans le sens d’attirer des investissements privés supplémentaires dans le
secteur ou l’économie en général au-delà de l’opération spécifique financée par la Banque.
Client Une entité qui peut recevoir un financement, un investissement ou une assistance technique
de la Banque à des conditions non souveraines, en faveur de qui des flux de financement ou
d’investissement seront décaissés et à qui il incombe de remplir des conditions spécifiques
et de rembourser la Banque conformément aux accords de financement, dans le cas de
ressources autres que des dons.
Viabilité commerciale Capacité pour une entreprise ou une opération d’être rentable aux conditions économiques,
sociopolitiques ou environnementales et suivant les facteurs de risque en vigueur.
Contrepartie Une entité autre que le client (tel que défini ci-dessus) qui participe avec la Banque à une
opération de financement ou d’investissement et qui bénéficie directement ou indirectement
des ressources investies par le Groupe de la Banque dans l’opération.
Pour les prêts et les participations en fonds propres et quasi-fonds propres, les contreparties
comprennent, à titre d’illustration, les promoteurs, les garants, les intermédiaires financiers,
les bénéficiaires finals significatifs des prêts garantis par des tiers, les initiateurs, le
gestionnaire de fonds (ou l’entité équivalente dotée de pouvoirs de gestion ou de pouvoirs
délégués d’investissement), les entités créées pour la perception des recettes au profit du
gestionnaire de fonds et des structures analogues.
Pour les autres opérations de financement, y compris les syndications de prêts et les
produits de gestion des risques, les contreparties comprennent, à titre d’illustration, les
arrangeurs, les chefs de file, les négociants, les courtiers, les agents payeurs, les contreparties
58
Annexe 6  Glossaire des principaux termes

de couverture, les banques correspondantes et les intermédiaires financiers.


Pour les produits de gestion des risques, les contreparties comprennent, à titre d’illustration,
les émetteurs, les négociants, les courtiers, les agents payeurs, les prêteurs (par exemple,
mises et prises en pension), les emprunteurs (par exemple, dépôts et prêt de titres), les
contreparties de produits dérivés et les banques correspondantes.
Pour les programmes spéciaux, l’assistance technique et les dons, les contreparties
comprennent les bénéficiaires des ressources (s’ils diffèrent des destinataires).
Solvabilité La capacité projetée pour un client emprunteur ou une entité visée par un investissement
de rembourser intégralement la Banque à un taux de rendement adéquat dans le délai
convenu.
Effet d’attraction Situations dans lesquelles l’aide de la Banque à un opérateur sert à attirer ou à créer un
apport supplémentaire d’investissements de sources privées, ce qui augmente sensiblement
les ressources financières acheminées vers le PMR.
Effet d’éviction Le contraire de l’effet d’attraction : l’aide de la Banque à un opérateur concurrence de façon
déloyale ou supplante d’autres fournisseurs d’investissement et/ou d’assistance technique,
réduisant ainsi le nombre de partenaires de développement des PMR et les apports de
ressources non bancaires.
Institution/société de Les institutions / sociétés de financement du développement (IFD / SFD) sont
financement du développement des institutions financées par l’État qui effectuent des investissements dans des secteurs
et des pays qui n’attireraient pas autrement des capitaux importants. Parallèlement à
l’exigence de rendements durables, les IFD cherchent en général à obtenir un impact sur le
développement dans les marchés visés. Elles ont pour objet de promouvoir le développement
économique, en prenant souvent en compte les objectifs de développement social et
d’intégration régionale, notamment en assurant un financement à long terme ou en
facilitant le financement de projets générateurs d’externalités positives. Les investisseurs
privés tendent souvent à emboîter le pas aux IFD sur les marchés frontières où ces dernières
font œuvre de pionnier, permettant à la deuxième vague d’investisseurs de tirer parti d’une
expertise établie et d’une stratégie coordonnée. Les exemples comprennent les banques
multilatérales de développement (BMD), les institutions financières de développement
nationales et sous-régionales.
Domicile Juridiction(s) où une entreprise est établie et jouit du statut de citoyen ou de résident
légal.
Résultats en matière Contribution spécifique d’un investissement de ressources, par rapport au
de développement scénario hypothétique « sans projet », au progrès économique et social d’une zone locale,
d’un pays membre régional ou d’un groupe sous-régional de pays. Les résultats en matière
de développement se matérialisent au fil du temps, prenant initialement la forme de
produits durant la phase de mise en œuvre, pour se muer progressivement en effets à
moyen et à long terme, avant de prendre la forme d’impacts durables sur le long terme.
Produit – Une réalisation vérifiable qui doit intervenir avant la dernière étape de mise
en œuvre d’une opération financée par le Groupe de la Banque. Peuvent être cités en
exemple : une infrastructure physique nouvellement construite ; un actif existant réhabilité
ou rénové ; le portefeuille d’investissements d’un intermédiaire financier soutenu par une
ligne de crédit accordée ou une injection de capital souscrite par la Banque ; ou l’expansion
de la production d’une entreprise appuyée par un prêt ou une garantie de la Banque.
Effet – Un effet (positif ou négatif) qui se matérialise durant ou à moyen terme après
l’exécution d’une opération de financement. Les exemples comprennent : une augmentation
des emplois et des revenus salariaux globaux générés par la construction d’une nouvelle
infrastructure physique est un effet positif ou un effet souhaitable, même s’il prendra fin
avec les activités de construction. D’un autre côté, pour les membres d’une communauté
éloignée et isolée, l’exposition accrue aux maladies transmissibles suite au contact avec un
afflux de travailleurs des chantiers de construction est un effet négatif. Par ses politiques
et procédures de sauvegarde, la Banque cherche à éviter, limiter ou atténuer les effets
négatifs.
Impact – Un effet durable, direct ou indirect, créé ou favorisé par des activités
ou des actifs issus d’une intervention. Un impact positif [négatif ou nuisible] est
souvent associé à des changements comportementaux souhaitables [indésirables]
qui contribuent à l’amélioration [diminution] du bien-être social. Les impacts positifs
comprennent une productivité accrue, une compétitivité internationale renforcée,
une plus grande égalité entre les genres, une réduction des disparités de revenus
59
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

entre régions et un recul de la pauvreté. Les impacts négatifs comprennent la


dégradation irréversible de l’environnement ou la destruction du tissu social. Le
financement du développement vise à générer des impacts positifs significatifs
tout en évitant, limitant et atténuant les impacts négatifs.
Entrepreneur Un opérateur économique perspicace et prompt à repérer les opportunités rentables, qui
est un preneur de risque intuitivement avisé ou calculateur et un gestionnaire prudent
de ressources rares, et qui a donc le talent de détecter et de miser sur des opportunités
lucratives où il vaut la peine d’investir dans des ressources rares disponibles.
Entrepreneurs locaux – Les entrepreneurs qui sont citoyens des pays membres régionaux
de la Banque.
Entreprise Une activité commerciale. Le plus souvent, toutefois, une entité productive dotée de la
personnalité juridique – ayant le droit de faire des affaires pour son propre compte (c.-à-d.
passer des contrats, acquérir, posséder et aliéner des biens, ouvrir des comptes en banque,
prêter ou emprunter, etc.), mais qui a aussi des devoirs et des responsabilités (p. ex., payer
des impôts, respecter les lois et règlements du pays, etc.) et peut ester en justice. Des
d’exemples d’entreprises sont présentés à la note de bas de page n° 12..
Entreprise locale – Une entreprise qui est établie dans au moins un des pays membres
régionaux de la Banque, dont le siège est situé en Afrique, et qui est contrôlée par des
intérêts situés en Afrique.
Entreprise privée –Les entreprises privées sont définies à la sous-section4.2.1 de la présente
Politique. Les entreprises privées sont des entreprises dans lesquelles des particuliers ou
des entités du secteur privé détiennent soit (i)plus de 50 % des droits de vote, soit (ii) un
pourcentage de droits de vote permettant à ces personnes de diriger les politiques et la
gestion de l’entreprise (une « participation majoritaire »).
Entreprise du secteur public – Les entreprises du secteur public sont définies à la sous-
section 4.3.1 de la présente Politique.
Entité publique – Toute entité juridique dans laquelle une ou plusieurs entités souveraines,
une de leurs subdivisions politiques ou administratives, agences et/ou des entités (non
souveraines) affiliées détiennent plus de 50 % des droits de vote.
Entreprise sociale – Une entreprise sociale est une entreprise axée sur une cause, dont
la principale raison d’être consiste à promouvoir, susciter et provoquer des changements
sociaux ; autrement dit, il s’agit d’une entreprise génératrice de revenus sans distribuer
de dividende, visant à atteindre des objectifs sociaux tels que l’éducation, la santé,
l’environnement, la réduction de la pauvreté et l’égalité entre les genres. Les entreprises
sociales ont des objectifs aussi bien commerciaux que sociaux. Leurs objectifs sociaux
sont dont inscrits dans leur objet, ce qui les distingue des autres organisations et sociétés.
Bien que le profit ne soit pas la principale motivation d’une entreprise sociale, le revenu
n’en joue pas moins un rôle essentiel dans sa viabilité. En effet, des revenus durables
distinguent une entreprise sociale d’une organisation caritative classique, qui est tributaire
des financements extérieurs sous forme de dons ou de subventions pour atteindre sa
mission sociale.
Administration / entité infranationale – Une administration / entité infranationale se définit
comme une personne morale d’un PMR disposant d’une délégation de pouvoirs lui conférant
une certaine autonomie, comme un État fédéré, un comté, une province, un district, une
ville, une municipalité ou une commune, ou leurs départements ou entreprises assurant
des activités spécifiques (par exemple, les services publics de distribution d’eau et d’énergie,
la gestion des ordures, les systèmes de transport, les établissements d’enseignement et
de santé, etc.). Des directives sur le financement des entités infranationales sont en cours
d’élaboration
Stratégie de sortie Processus clairement défini par lequel la Banque réduira progressivement et finira par liquider
sa participation dans un investissement ou toute une autre opération de financement,
y compris les conditions devant déclencher le processus, les transactions à exécuter, la
cession d’actifs et passifs et les conditions qui marqueront l’aboutissement du processus.
Institution financière Une entreprise spécialisée, institution publique ou privée, dont l’activité ou le but consiste
à fournir des services et produits financiers que demandent ou dont ont besoin une gamme
d’opérateurs dans l’économie locale.
Produit financier Un contrat typique entre un bailleur de fonds (par exemple, la Banque africaine de
développement) et un emprunteur ou un investisseur (le client), énonçant les modalités
60 et conditions dans lesquelles les ressources seront fournies (par exemple, la durée pendant
Annexe 6  Glossaire des principaux termes

laquelle le client doit rembourser le bailleur de fonds, les formes de garantie que doit
fournir le client et les formes acceptables dans lesquelles le remboursement pourra être
effectué).
Service financier Une prestation bénéfique fournie par une institution financière (par exemple, la Banque
africaine de développement, une banque commerciale ou une institution de microfinance)
à un client.
Investissement Participation en fonds propres, financement de prêts ou garantie entraînant des obligations
de paiement pour une entreprise
Croissance Croissance inclusive – Augmentation dynamique de la production économique réelle
qui implique l’ouverture d’opportunités productives à un plus large éventail de parties
prenantes, dont les avantages sont partagés entre groupes sociaux (y compris les jeunes,
les femmes, les travailleurs qualifiés et non qualifiés) et régions géographiques (zones
urbaines et rurales) tout en protégeant les personnes vulnérables, ce qui entraîne un recul
durable de l’incidence et de la gravité de la pauvreté et contribue à réduire les écarts de
revenu et de bien-être social.
Croissance verte – Des voies durables menant au développement socioéconomique et
à la croissance du revenu national qui reposent sur l’innovation, l’utilisation efficace de la
science et de la technologie, la compétence gestionnaire et l’écoute de toutes les parties
prenantes (en particulier les plus vulnérables) en vue d’assurer : des gains d’efficience, la
diminution des gaspillages et la conservation des ressources naturelles ; une meilleure
gestion de la vulnérabilité sociale et économique aux catastrophes naturelles et à la
variabilité climatique, menant à une meilleure protection des moyens d’existence ;
l’amélioration de l’alimentation en eau et en énergie, et le renforcement de la sécurité
alimentaire ; une plus grande résilience aux chocs naturels et climatiques ; et l’amélioration
soutenue de la qualité de vie des populations.
Centre financier extraterritorial Le Fonds monétaire international (FMI) définit un CFE comme un endroit où « la majeure
partie des transactions du secteur financier des deux côtés du bilan s’effectuent avec des
individus ou des sociétés qui ne sont pas résidents, où les transactions sont initiées ailleurs, et
où la majorité des institutions impliquées sont contrôlées par des non-résidents ».10 Le plus
souvent, les CFE sont des centres offrant en partie ou en totalité les possibilités suivantes:
imposition faible ou nulle ; réglementation financière modérée ou légère ; secret bancaire
et anonymat.11
Juridiction intermédiaire – Toute juridiction impliquée dans une transaction mais qui
n’est pas le pays d’accueil du projet ou de l’investissement financé par la Banque.
Opération Une initiative – sous forme de projet ou de programme – d’un emprunteur destinée
à atteindre des objectifs et des résultats spécifiques et bien définis, qui repose sur la
bonne exécution d’un ensemble d’activités et sur la disponibilité de financements et
autres ressources nécessaires. Une opération de la Banque est un concours financier
ou non financier fourni au client pour la réalisation de cette initiative.
Opération de financement –Opérations de prêt, garanties, prises de participation ou
toute autre forme de produits et services de financement et/ou d’aide de la Banque à un
client.
Opérations souveraine – Financement, services de conseil ou assistance technique
accordés par la Banque à l’État ou aux départements de l’État d’un pays membre régional
(ou des pays membres régionaux), qui, s’ils sont fournis sous forme de prêt, doivent être
remboursés aux conditions officiellement convenues entre la Banque et l’État (ou les
États).
Opération à garantie souveraine – Concours financier fourni par la Banque à une tierce
partie – une entité sous-souveraine comme un conseil municipal, une administration
provinciale, une société du secteur public ou même une société privée – couverte par une
garantie signée par le gouvernement d’un pays membre régional (ou les gouvernements
des pays membres régionaux) promettant de s’acquitter des obligations de remboursement
du client en cas de défaut.
Opération sans garantie souveraine – Financement fourni par la Banque à un client non
gouvernemental qui n’est pas couvert par une garantie souveraine. Ce financement expose

10 FMI : « Offshore Financial Centres: The Role of the IMF », qui peut être consulté en suivant le lien ci-après – http://www.imf.org/external/np/mae/oshore/2000/eng/role.
htm#1
11 TLe FMI indique en outre que plusieurs CFE présentent les caractéristiques supplémentaires suivantes : des juridictions où les institutions financières font principalement
des affaires avec des non-résidents ; et des systèmes financiers aux actifs et passifs externes disproportionnés par rapport à l’intermédiation financière nationale 61
destinée à financer les économies nationales.
Groupe de la Banque africaine de développement – Politique sur les opérations non souveraines

la Banque à tous les risques en jeu. En plus de ce financement, la Banque peut fournir au
client des services financiers et techniques, des conseils et une assistance technique.
Appropriation La prise en main effective des politiques, stratégies et priorités de développement par les
autorités locales du gouvernement d’un pays membre régional. Ce terme est utilisé dans
le sens popularisé par la « Déclaration de Paris sur l’efficacité de l’aide ».12
Personne politiquement exposée Les personnes physiques qui exercent ou ont exercé d’importantes fonctions publiques
nationales ou internationales, ainsi que leur famille immédiate et leur proche entourage.
Les PPE comprennent les fonctionnaires des administrations centrales, régionales et
locales, les hauts responsables politiques, les hauts fonctionnaires, les législateurs, les
cadres supérieurs des sociétés publiques, les autorités judiciaires ou militaires, les hauts
responsables des organisations internationales et supranationales et les personnes exerçant
des fonctions similaires au gouvernement et dans les organisations internationales. Les
PPE n’incluent pas les fonctionnaires subalternes ou intermédiaires de ces organisations.
La « famille immédiate » comprend les membres directs de la famille tels que conjoints,
enfants, parents, grands-parents, frères et sœurs.
Le « proche entourage » comprend les collègues proches ou les conseillers personnels
des PPE largement connus du public, ainsi que les conseillers financiers ou les personnes
agissant à titre de mandataires financiers.
Secteur privé Le segment de l’économie qui est influencé par des décisions d’investissement, de production,
de distribution et de commercialisation prises de manière indépendante par de nombreux
opérateurs privés (non gouvernementaux), y compris des entrepreneurs individuels,
des partenaires et des entreprises motivés par le profit, des raisons philanthropiques ou
d’autres buts et objectifs. Tous ces acteurs agissant de manière indépendante en réponse
aux signaux de la demande et de l’offre du marché assurent une grande part – plus de 80
% dans les pays africains – de la production économique nationale totale et plus de 90
% de l’emploi.
Développement du secteur privé – Expansion soutenue, transformation, diversification,
amélioration de la qualité des biens et services fournis, croissance de la productivité et
de la compétitivité internationale et augmentation réelle de la valeur ajoutée du secteur
privé.
Privatisation Transférer le contrôle d’une entreprise qui se trouvait entre les mains de l’État ou d’autres
autorités publiques à des personnes morales et physiques privées.
Secteur public Le segment de l’économie organisé en départements gérés par des fonctionnaires
professionnels apolitiques qui aident le gouvernement en place à réaliser son mandat
politique de promotion de la croissance économique et du progrès social. Le secteur
public est responsable du maintien de l’État de droit, de la sécurité et des conditions
macroéconomiques se prêtant au fonctionnement efficace des marchés. Il est censé fournir
ou assurer l’accès aux services publics et aux biens publics essentiels pour améliorer le
bien-être social, accroître la productivité et instaurer un environnement porteur pour le
secteur privé.
Refinancement Le refinancement de dette renvoie au remplacement d’un titre de créance existant par un
autre, généralement avec des créanciers / prêteurs différents ; autrement dit, il y a création
d’un nouveau prêt et intervention d’un (de) nouveau(x) prêteur(s). Diverses raisons peuvent
expliquer le refinancement d’une dette, comme profiter de meilleurs taux d’intérêt, consolider
d’autres dettes en un seul prêt, réduire les montants de remboursement, troquer un taux
variable contre un taux fixe et libérer de la trésorerie grâce à l’extension de l’échéance.
Financement relais – Les prêts relais sont généralement des facilités à court terme
utilisées pour combler un déficit de financement en attendant que l’emprunteur et/ou le
maître d’ouvrage puissent obtenir un financement à long terme auprès d’autres sources de
financement telles que les marchés de capitaux, les banques et les institutions financières
de développement. Souvent, les entreprises ont besoin d’un financement rapide durant
une période transitoire, tandis qu’elles s’emploient à trouver des prêts à long terme. Ce
faisant, l’emprunteur prévoit de rembourser le prêt relais avec l’argent recueilli dans le
financement à long terme. Dès le départ, l’emprunteur et le prêteur à court terme savent
que ce prêt temporaire sera remplacé par un financement à long terme.
Restructuration de la dette – La restructuration de la dette entraîne une modification
des modalités et conditions financières d’un prêt existant et peut souvent être associée

62 12 OCDE : Forum de haut niveau ; Paris, 28 février - 2 mars 2005.


Annexe 6  Glossaire des principaux termes

à l’octroi d’une dette supplémentaire (du même ou de nouveaux prêteurs) et à des


injections de fonds propres. Une restructuration typique d’une dette existante implique
une prolongation de l’échéance, des modifications du calendrier de remboursement et
du taux d’intérêt, etc. Bien que la restructuration intervienne surtout dans des cas où
l’emprunteur est en proie à des difficultés financières, elle peut aussi être utilisée pour
des projets performants en vue d’un effet spécifique sur le développement (par exemple,
abaisser les tarifs des services publics au profit de la population locale).
Financement rétroactif – Le financement rétroactif fait référence à l’accord de la Banque
(ou d’une autre BMD ou IFI) de financer rétroactivement tout ou partie des coûts éligibles
encourus par un emprunteur pour un projet jusqu’à un certain nombre de mois convenu
au préalable avant la date de l’accord de prêt ou même avant la date d’approbation du
projet.
Fonds propres La somme du capital libéré des actionnaires, des réserves opérationnelles nettes (autres
que les réserves spéciales) de la Banque (les guichets de la Banque) et les excédents.
Sauvegardes Ensemble de politiques, de directives, de limites, de processus et procédures, et de sanctions
pour non-conformité dont le but consiste à s’assurer que les opérations financées ou
soutenues d’une quelconque autre manière par la Banque ne violent pas des principes
ou des normes bien définis qui sont universellement affirmés ou du moins ceux que les
actionnaires de la Banque ont approuvés ou auxquels ils ont souscrit.
Sauvegardes environnementales – Politiques, directives, limites, processus et procédures et
sanctions prescrites visant à encourager la prévention d’impacts nuisibles sur la biosphère,
et au cas où ils ne pourraient être évités, à limiter, atténuer et gérer les impacts négatifs
causés par les opérations financées par la Banque.
Sauvegardes fiduciaires – Politiques, directives, processus et procédures visant à s’assurer
que les entités dont les activités sont entièrement ou partiellement financées ou garanties
par la Banque n’utilisent les ressources qu’aux fins pour lesquelles le financement a été
accordé, en tenant compte des considérations d’économie et d’efficience (article 17(1)
(h) de l’Accord de la Banque), notamment en veillant à ce les ressources ne soient pas
détournées de manière frauduleuse ou inexplicable par des tiers non autorisés ou utilisées
pour financer des entreprises criminelles.
Sauvegardes sociales – Sauvegardes destinées à prévenir ou limiter et atténuer les impacts
néfastes sur le bien-être humain ou sur l’intégrité des systèmes sociaux dont le bien-être
humain est tributaire.
Entité à vocation spéciale Une entité légalement constituée, à but limité (ou dédiée), habilitée à conclure des contrats,
détenir et céder des actifs et ester en justice, indépendamment de ses actionnaires. Elle est
généralement utilisée dans les transactions de financement des projets pour cloisonner
les actifs et les passifs des projets et les isoler des actifs et des passifs de leurs actionnaires

63
Politique sur
les opérations
non souveraines
À propos de cette publication
La Politique sur les opérations non souveraines (Politique des OSN) établit le cadre dans
lequel le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), à travers son guichet
de prêts au secteur privé, peut fournir des financements ou des investissements sans
garanties souveraines aux entités privées et publiques qui répondent à des conditions
d’éligibilité spécifiques à des conditions non concessionnelles. Les opérations non
souveraines désignent les opérations de financement et d’investissement qui ne sont pas
garanties par un État, et qui concernent essentiellement des opérations du secteur privé.
Elles englobent également le financement non souverain des entreprises du secteur
public remplissant les conditions requises, ainsi que le financement des institutions de
financement du développement régional.
L’objectif des opérations non souveraines de la BAD est d’aider à accélérer la transformation
de l’Afrique grâce à divers mécanismes et produits d’appui financier, notamment des prêts,
des lignes de crédit, des garanties, des financements mixtes, des prises de participation et
des financements du commerce.
La politique des ONS couvre les éléments suivants : objectifs et principes directeurs ;
privilèges, exemptions et immunités de la BAD ; conditions d’éligibilité, y compris le
domicile des clients et des contreparties ; critères d’investissement ; opérations de
financement, prises de participation et soutien aux institutions financières ; juridictions
intermédiaires ; opérations fondées sur le savoir ; approvisionnement, sauvegardes
fiduciaires et d’intégrité  ; sauvegardes environnementales et sociales  ; gestion du
portefeuille et des risques ; et diffusion d’information.

Politique sur
les opérations
non souveraines

Groupe de la Banque africaine de


développement
Avenue Joseph Anoma
01 BP 1387 Abidjan 01
Côte d’Ivoire

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SNSP_policies@afdb.org

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