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L’aval de la lettre de change

C’est une garantie de paiement donné par une personne qui se


porte caution du paiement la lettre de change. Ce n’est pas un
cautionnement ordinaire car doit remplir des conditions
particulières qui sont définies à l’article L.511-21 du code de
commerce.

§1. Les conditions de l’aval :


La personne qui donne l’aval est appelée donneur d’aval ou
avaliseur ou avaliste. La personne qui est cautionnée est
appelé avalisé ou débiteur avalisé.

Les conditions de fond

Quant à l’avaliseur

C'est un cautionnement spécial. L’aval est un acte de commerce


donc l’avaliseur doit avoir lacapacité commerciale.

Théoriquement, toute personne peut avaliser une lettre de


change, y compris un précédent signataire, sauf le tiré
accepteur. Il est déjà le débiteur principal de la lettre de
change. Il n’apporterait pas de garantie supérieure en
avalisant la lettre de change.

Quant à l’avalisé

L’avaliseur ne signe pas pour le compte de tous les


signataires, mais pour un des signataires. L’avalisé doit être
un des signataires de la lettre de change. En pratique, c'est
soit le tiré, soit le tireur.

Conditions de forme

L 511-21 prévoit les mentions obligatoires.

Indication « bon pour aval »ou toute autre mention similaire


(ex : « bon pour garantie »).
o Une exception est admise : une simple signature suffit
si elle respecte 2 conditions : elle est donnée au recto
et si ce n’est pas la signature du tireur ou du tiré.

La signature de l’avaliseurdoit être manuscrite.

Le nom de l’avalisé doit être précisé.

o S’il n’y a pas le nom : L’article L 511-21 al 6présume


qu’un tel aval est donné pour le tireur.

o Arrêt des chambres réunies du 8 mars 1960,


Migraine, JCP 1960, II, 11816, Note Roblot : il s’agit
d’une règle de suppléance, ce qui fait que la preuve
contraire est impossible. La règle vaut à l’égard de
tous.

La somme : l’aval peut être donné pour une partie seulement


de la lettre de change. S’il n’y a rien d’indiqué, c'est pour
toute le lettre de change.

La date de l’aval : pas de règle prévue dans la loi. S’il n’y a


rien d’indiqué, l’aval est présumé avoir été donné lors de
l’émission. En pratique, pas de grande conséquence (ex :
vérifier la capacité de l’avaliseur).

Aval par acte séparé : aval n’est pas donné sur la lettre de change. Il est
valable en vertu de l’article L 511-21 al 3 : il peut n’être connu que d’une
personne, la personne à qui on a remis le titre en question. L’avaliseur ne
garantie pas le paiement vis-à-vis de n’importe quel porteur.

§2 : Les effets de l’aval


C'est une forme de caution solidaire.

Mais c'est aussi un engagement cambiaire.

L’engagement cambiaire de l’avaliseur

Double qualité : signataire cambiaire et caution.

Signataire de la lettre de change


3 conséquences :

Il est tenu solidairement du paiement de la lettre de change vis-


à-vis du porteur. Le porteur peut choisir de s’adresser à lui
plutôt qu’à un autre signataire.

Il subit le principe de l’indépendance des signatures. Son


engagement est valable même si l’engagement de la
personne qu’il garantit ne l’est pas (article L 511-21 al 8).

Il peut invoquer à l’égard du porteur les exceptions résultant de ses


relations avec ce dernier.

Caution

Engagement présente un caractère accessoire sur certains points.

Article L 511-21 al 7 : le donneur d’aval est tenu de la même


manière que celui dont il s’est porté garant.✓L’avaliseur peut
opposer au porteur les exceptions qu’avait l’avalisé vis-à-vis
de ce porteur.

Il bénéficie de l’article 2037 du Code civil : il peut refuser de


porter le porteur si par la faute de celui-ci il a perdu lapossibilité
de faire jouer la subrogation vis-à-vis des autres garants.

Les recours de l’avaliseur

Les recours cambiaires

Article L 511-21 al 9 : « lorsqu’il paye la lettre de change, le


donneur d’aval acquiert les droits résultant de la lettre de
change contre le garanti et contre les signataires antérieurs à
l’avalisé ».

L’avaliseur n’a de droit que s’il a payé le porteur.

La jurisprudence considère qu’il ne s’agit pas d’un simple jeu de


la subrogation mais bien d’un droit propre et personnel de
l’avaliseur. Donc lorsque l’avaliseur va exercer un recours
contre un autre signataire, celui-ci ne pourra lui opposer que
les exceptions qui sont personnelles à cet avaliseur et à cet
autre signataire.

Si c'était une simple subrogation, il aurait les mêmes droits que


le porteur.

Il va exercer les recours que le débiteur garanti aurait pu


exercer. Il ne peut se retourner que contre les signataires
antérieurs de celui-ci.

Si l’avaliseur a payé à la place du tiré, il n’a pas beaucoup de


possibilité, et contre le tireur, il ne lui reste plus que le droit
commun.

Les recours de droit commun

Action en remboursement contre le débiteur cautionné (avalisé) :


article 2028 Code civil

Il est subrogé dans les droits du créanciers désintéressé (porteur qu’il a


payé) : article 2029 Code civil.

Intérêt réduit car il a plus de droits sur la base de la lettre de change, que
sur la base du droit commun. Mais cela peut être intéressant s’il y avait
des suretés.

Il peut y avoir plusieurs co-avaliseurs d’un même débiteur : dans ce cas,


celui qui a payé peut agir contre les autres pour leur quote-part.