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DATE : Jeudi, 01 octobre 2020

NOM et PRENOM (S) : RANDRIAMIALISON Yvette

SECTION : Agent diplomatique et consulaire N° : 13

MATIERE : GEOPOLITIQUE AFRICAINE

Sujet : Quelle position géopolitique pourra prendre le continent africain au regard du


westlessness ? Expliquer pourquoi.

Le monde assiste actuellement à la fin de l’hégémonie occidentale. Le discours d’Emmanuel


Macron à l’Elysée devant les Ambassadeurs français le 27 août 2019 et la 56ème Conférence
de Munich sur la sécurité qui s’est tenue du 15 au 17 février 2020 ont rendu officiel ce
phénomène. De surcroît, cette 56ème conférence de Munich s’est concentrée sur le thème de
« Westlessness » que l’on peut traduire par la « désoccidentalisation » ou « moins d’ouest ».
En effet, la géopolitique mondiale actuelle tend vers la multipolarité et l’émergence de
nouvelles puissances telles la Russie et la Chine. Consécutivement, le monde s’apprête à se
débrancher de la domination de l’Occident. Le terme « westlessness » ne signifie pas
disparition de l’Occident mais désigne la fin de la domination de l’Occident, notamment sur le
plan géopolitique. L’Afrique n’est pas exclue à ce phénomène géopolitique actuel. Au
contraire, elle détient un poids important dans la géopolitique mondiale en raison de sa valeur
stratégique sur l’économie mondiale. Ainsi, les anciennes puissances qui sont devenues des
puissances émergentes actuellement telle la Russie commence à s’intéresser voire à
s’intéresser de nouveau à l’Afrique. Tout cela nous emmène à poser la question de savoir :
quelle sera l’orientation géopolitique de l’Afrique dans ce monde qui assiste à phénomène de
désoccidentalisation ? Pour tenter de répondre à cette question nous allons voir
successivement le déclin de l’influence occidentale sur l’Afrique (I) et la nouvelle alliance
Afrique-Pays émergents (II).

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I- Déclin de l’influence occidentale sur Afrique

Bien que le continent africain dépende largement des puissances occidentales dans différents
domaines tels la sécurité, la politique, l’éducation, l’économie, etc., le poids de l’Occident
commence à perdre sa valeur en Afrique. Cela est dû, en effet, par la dévalorisation des
facteurs d’attirance de l’Afrique sur la civilisation occidentale, par la prise de conscience et le
réveil de l’Afrique ainsi que par l’apparition des pays émergents.

Depuis longtemps, l’Afrique s’est intéressée à civilisation occidentale dans les domaines de la
science et de la technologie, la santé et l’éducation ainsi que la religion. Pourtant, ces intérêts
perdent son importance puisque les pays occidentaux ne sont plus les seuls qui prédominent
dans ces domines actuellement. Les Occidentaux commencent à s’affaiblir puisque, en termes
de technologie par exemple, ils n’en détiennent plus le monopole. La Chine, le Japon et la
Russie connaissent actuellement une réelle avancée technologique et cela à prix amoindri.
C’est ainsi que la Chine se trouve être le premier fournisseur de l’Afrique en la matière. Sur le
domaine de la santé, de nouveau pays comme l’Inde commence aussi à s’imposer.

En outre, l’Afrique commence à se réveiller et de prendre conscience. L’Afrique a vécu dans


la domination occidentale même après l’indépendance de certains de ses pays. On a assisté à
une sorte de néocolonialisme caractérisé par l’impérialisme occidental. Les pays africains
d’aujourd’hui commencent à regarder de nouveaux horizons, ainsi de nouvelles alliances avec
les pays émergents sont en cours.

II- Nouvelle alliance Afrique-Pays émergents

Depuis l’effondrement du système bipolaire, de nouveaux acteurs nationaux ont investi le


système international. Ces nouveaux acteurs sont les pays dits émergents qui sont issus de
l’ancien bloc communiste (Chine, Russie), des pays non alignés (Inde), de l’Afrique (Afrique
du Sud), de l’Amérique latine (Brésil, Argentine). L’Afrique commence actuellement à
entretenir des relations avec ces pays émergents, notamment les BIRCS. A l’exemple de
Madagascar, la Politique générale de l’Etat accorde une attention particulière sur le
renforcement des relations de Madagascar avec les pays du BRICS dans sa rubrique Relations
internationales. Mais parmi ces pays émergents, c’est la Russie qui commence
progressivement à trouver à sa place et à imposer son influence en Afrique. Effectivement, la
Russie est un partenaire historique de l’Afrique. Avec la reprise économique de la Russie, en
2006, Vladimir Poutine s’est rendu en Afrique du Sud et au Maroc et, en 2009, Dimitri
Medvedev, Premier vice-président du gouvernement russe, a effectué un voyage officiel en

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Angola, en Namibie et au Nigeria. Ces déplacements ont marqué une reprise des relations
russo-afriques, d’où le premier Sommet Russie-Afrique qui s’est tenu à Sotchi du 23 et 24
octobre 2019 dont l’objectif est de « Débuter une nouvelle ère de coopération russo-afrique ».

Avec la prise conscience de l’Afrique sur l’impérialisme occidental, la géopolitique africaine


est actuellement caractérisée par l’interdépendance entre la Russie et l’Afrique. La Russie et
l'Afrique ont des intérêts réciproques. Sur le plan économique, l'Afrique permet à la Russie
d'outrepasser les sanctions unilatérales occidentales. La Russie a reçu par exemple une série
de sanctions économiques mise en place à partir de 2014 par les Etats-Unis, l'Union
européenne, ainsi que d'autres pays ou insttutions occidentaux à la suite de la crise
ukrainienne qui se manifestent par exemple par les sanctions contre les banques russes,
l'embargo sur l'import et l'export des armes et du matériel en provenance ou à la destination
de la Russie. L'Afrique peut être la porte d'entrée de grand conglomérats russes qui sont en
quête d'opportunité commerciale. Inversement l'Afrique a également besoin de la Russie dans
sa quête de nouveaux partenaires commerciaux. Il s'agit notamment de s'émanciper de
l'influence économique des anciennes puissances coloniales comme la France.

Sur le plan militaire, outre la fourniture d'armements, la Russie offre aussi des formations au
profit des militaires africains. 27 contrats ont été signés en cette matière depuis 2010. La
Russie déploie aussi des conseillers privés d'une sociéte secrète (Sociétemé WAGNER) qui
est présent dans 11 pays d'Afrique, comme la Centreafrique. Elle assure la sécurité
présidentielle et la formation de l'armée. La Russie peut donc devenir le nouveau partenaire
géopolitique de l’Afrique à l’horizon du Westlessness.

Pour conclure, le phénomène du « Westlessness » se manifeste beaucoup plus en Afrique. On


assiste à une désoccidentalisation de l’Afrique actuellement. Et cette Afrique commence à
tisser de nouveaux liens avec les pays émergents, notamment la Russie.

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