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Support de cours

Intégrales et Séries
Domaine : Mathématiques et Informatique

Chapitre 1 : Séries numériques


2ième année Mathématiques

Dr. Hichem RAMOUL


Filière : Mathématiques

8 ramoul.h@gmail.com

Le 9 décembre 2020

Université Abbes Laghrour-Khenchela


Faculté des Sciences et Technologie
Département de Mathématiques et Informatique
Table des matières

1 Séries Numériques 5
1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.1 Condition nécessaire de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.2 Espace vectoriel des séries numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2 Séries à termes positifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.1 Critères de comparaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.2 Critères de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3 Séries à termes quelconques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3.1 Séries alternées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3.2 Convergence absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3.3 Semi-convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.3.4 Quelques méthodes et résultats pratiques pour l’études des séries à termes
quelconques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3.5 Produit de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.3.6 Calcul approché de la somme d’une série . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

Dr. Hichem RAMOUL Université Abbes Laghrour-Khenchela A.U. 2020-2021


C HAPITRE

1
Séries Numériques

Sommaire
1.1 Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.1.1 Condition nécessaire de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.2 Espace vectoriel des séries numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1.2 Séries à termes positifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.1 Critères de comparaison . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.2 Critères de convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3 Séries à termes quelconques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3.1 Séries alternées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.3.2 Convergence absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1.3.3 Semi-convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.3.4 Quelques méthodes et résultats pratiques pour l’études des séries à termes
quelconques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 16
1.3.5 Produit de Cauchy . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1.3.6 Calcul approché de la somme d’une série . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19

Dr. Hichem RAMOUL Université Abbes Laghrour-Khenchela A.U. 2020-2021


6
Séries Numériques
1.1 Généralités

Définition 1.1.1. Soit (u n )n∈N une suite de nombres réels ou complexes. Associons, à cette suite,
la suite (S n ) définie par
S n = u 0 + u 1 + u 2 + ... + u n .
On appelle série de terme général u n , le couple ((u n )n∈N , (S n )n∈N ) constitué des suites (u n )n∈N et
(S n )n∈N .
La suite (S n )n∈N est appelée suite des sommes partielles.

Définition 1.1.2.
la série ((u n )n∈N , (S n )n∈N ) est dite convergente si la suite (S n )n∈N est convergente. La limite S =
lim S n est alors appelée somme de la série ((u n )n∈N , (S n )n∈N ) et est notée
n→+∞

n
X ∞
X
S = lim uk = un .
k→+∞ k=0 n=0
X
Dorénavant, on note la série de terme général u n par u n .
La série est dite divergente si elle n’est pas convergente.

Remarque 1.1.1.
X
(i ) u n se lit : Série de terme général u n .
X
(i i ) Etudier la nature de la série u n revient à étudier la (convergence/divergence) de la série
puis à calculer sa somme en cas de convergence.
X
(i i i ) Certaines suites (u n ) ne sont définies qu’à partir d’un certain rang n 0 . La série u n est
alors définie via la suite (S n )n≥n0 et on écrit, pour tout n ≥ n 0
n
X
Sn = uk .
k=n 0

Exemple 1.1.1. [La série géométrique]


+∞
aq n , avec a 6= 0.
X
On considère ici la série donnée par
0
+∞
aq n , a 6= 0, est convergente si et seulement si |q| < 1.
X
(i )
n=0
+∞
aq n , a 6= 0, est divergente si et seulement si |q| ≥ 1.
X
(i i )
n=0

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1.1 Généralités

Exemple 1.1.2. [Une série télescopique]


On a
+∞
X 1
= 1.
n=1 n(n + 1)
+∞
X 1
Alors, la série est convergente.
n=1 n(n + 1)

Proposition 1.1.1.
+∞
X +∞
X
un conver g ent e ⇐⇒ ∀k : un conver g ent e.
n=0 n=k

Corollaire 1.1.1.
La nature d’une série ne change pas si l’on modifie un nombre fini de ses termes.

Théorème 1.1.1. X [Critère de Cauchy]


Pour que la série u n converge il faut, et il suffit, que la suite des sommes partielles (S n ) soit une
suite de Cauchy, i.e.,

∀ε > 0, ∃N = N (ε) ∈ N, ∀m ∈ N, ∀n ∈ N : [m > N et n > N ⇒ |S m − S n | ≤ ε].

Remarque 1.1.2.
(i ) Il est plus commode d’écrire le critère de Cauchy sous la forme suivante :
m+p
∃N = N (ε) ∈ N, ∀m ∈ N, ∀p ∈ N∗ : u n | ≤ ε].
X X
La série u n converge ⇔ ∀ε > 0, [m > N ⇒ |
n=m+1

(i i ) La négation du critère de Cauchy est donnée par :


m+p
∀N ∈ N, ∃m ∈ N, ∃p ∈ N∗ : u n | > ε].
X X
La série u n diverge ⇔ ∃ε > 0, [m > N et |
n=m+1

X1
(i i i ) Comme conséquence du point (i i ), la série harmonique est divergente.
n

1.1.1 Condition nécessaire de convergence

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Séries Numériques

Proposition 1.1.2. X
un conver g e ⇒ lim u n = 0.
n→+∞

Remarque 1.1.3.
(i ) Ce résultat est utile par sa contraposée : Si le terme général (u n ) ne tend pas vers 0, alors
X X n
u n diverge. On peut citer l’exemple .
2n + 1
(i i ) La réciproque de la proposition est fausse comme l’illustre le contre-exemple de la série
X1
harmonique .
n

Définition 1.1.3.
+∞
X
On appelle reste de la série u n , la suite (R n ) définie par
n=0

+∞
X
Rn = uk .
k=n+1

Proposition 1.1.3. X
un conver g e =⇒ lim R n = 0.
n→+∞

1.1.2 Espace vectoriel des séries numériques

Définition 1.1.4. X X
On appelle somme de deux séries u n et v n X la série de terme général (u n + v n ).
Soit λ ∈ (R ou C). On appelle produit de la série u n par le nombre λ la série de terme général
(λu n )

Théorème 1.1.2.
Si u n et v n convergent, alors pour tout λ ∈ (R ou C), (u n + λv n ) converge et on a
X X X

(u n + λv n ) = u n + λ v n .
X X X

Remarque 1.1.4.

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1.2 Séries à termes positifs
X X X
(i ) Si u n converge et si v n diverge, alors (u n + v n ) diverge.
(i i ) La somme de deux séries divergentes
X X n’est pas forcément divergente. On peut considérer,
à titre d’exemple, les séries 1 et −1.

Proposition
X 1.1.4.
Soit u n une série à termes complexes
X X X X
u n conver g e ⇔ Re(u n )converge et I m(u n ) converge ⇔ un converge.

Re(u n ), I m(u n ) et u n sont respectivement : la partie réelle, la partie imaginaire et le conjugué de


un .

1.2 Séries à termes positifs

u n est à termes positifs si pour tout n ∈ N,


X
Définition 1.2.1. On dit qu’une série numérique
u n ≥ 0.

Remarque
X 1.2.1.
Si u n est une série à termes positifs, alors sa suite des sommes partielles (S n ) est croissante.

Théorème
X 1.2.1.
Soit u n est une série à termes positifs et (S n ) sa suite des sommes partielles. Alors
X
u n conver g e ⇔ (S n ) est majorée.

Corollaire 1.2.1. Pour qu’une série à termes positifs soit divergente il faut et il suffit que

S = lim S n = +∞.
n→+∞

1.2.1 Critères de comparaison

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Séries Numériques

Proposition 1.2.1. [Critère de majoration]


Soit (u n ) et (v n ) deux suites réelles telles que

pour tout n ≥ n 0 (à partir d’un certain rang), 0 ≤ un ≤ v n .

Alors
X X
(i ) v n converge ⇒ u n converge.
X X
(i i ) u n diverge ⇒ v n diverge.

Remarque 1.2.2.
u n ≤ v n est vérifiée pour tout n ∈ N, on dira que la série
X
Si l’inégalité
X u n est majorée par la
série v n et on a de plus
+∞
X +∞
X
un ≤ vn .
n=0 n=0

Exemple 1.2.1.
+∞
X +∞
X 1 1
Pour la convergence, on peut comparer les séries u n et v n avec u n = et v n = .
n=0 n=0 2n + 1 2n

+∞
X +∞
X 1
Pour le cas de la divergence, on peut comparer les séries u n et v n avec u n = et v n =
n=1 n=1 n
1
p .
n

Corollaire
X 1.2.2.
X
Soit u n et v n deux séries à termes positifs. S’il existe deux constantes a > 0 et b > 0 telles que

∀ n ≥ n0 , av n ≤ u n ≤ bv n .
Alors les deux séries sont de la même nature.

Proposition
X 1.2.2.
X
Soit u n et v n deux séries à termes positifs telles que v n > 0 et si

un
lim = k ∈ [0, +∞]
n→+∞ v n

existe.
Alors, on a
(i ) Si 0 < k < +∞, alors les deux séries sont de la même nature.

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1.2 Séries à termes positifs

X X
(i i ) Si k = 0 et la série v n converge, alors la série u n converge.
X X
(i i i ) Si k = +∞ et la série v n diverge, alors la série u n diverge.

Preuve. Il faut juste appliquer la définition de la limite.

Proposition
X 1.2.3. [Comparaison logarithmique]
X
Soit u n et v n deux séries à termes positifs tels que u n > 0 et v n > 0 et si

u n+1 v n+1
∀ n ≥ n0 , ≤ .
un vn

Alors,
X X
X v n converge ⇒X u n converge,
u n diverge ⇒ v n diverge.

Preuve. Il faut montrer que u n = O(v n ).

Théorème 1.2.2. [Condensation de Cauchy]


Soit (u n )n∈N une suite réelle positive et décroissante. Alors les séries u n et 2n u 2n sont de même
X X

nature.

Théorème 1.2.3. [Série de Riemann]


Soit α ∈ R. Alors
X 1
(i ) est convergente, si et seulement si, α > 1.

X 1
(i i ) est divergente, si et seulement si, α ≤ 1.

Preuve. Utiliser la condensation de Cauchy.

Théorème 1.2.4. [Série de Bertrand]


Soit (α, β) ∈ R2 . Alors
1
est convergente, si et seulement si, α > 1 et ∀ β ∈ R.
X
(i )
n α lnβ (n)
1
est divergente, si et seulement si, α ≤ 1 et et ∀ β ∈ R.
X
(i i )
n α lnβ (n)
1
(i i i ) Si α = 1. Alors, est convergente pour β > 1 et divergente pour β ≤ 1.
X
n α lnβ (n)

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Séries Numériques

Preuve. Utiliser la condensation de Cauchy.

Proposition
X 1.2.4. [Comparaison avec la série de Riemann]
Soit u n une série à termes positifs telle que

lim n α u n = k
n→+∞

existe.
Alors, on a
u n est convergente si α > 1 et 0 ≤ k < +∞.
X
(i ) La série
u n est divergente si α ≤ 1 et 0 < k ≤ +∞.
X
(i i ) La série
(i i i ) Pour 0 < k < +∞, on a u n ∼ kn −α .

Exemple 1.2.2.
1 1 X 1
On a pour n ≥ 0, 2
∼ 2
. D’où la convergene de 2
.
n +n +1 n n≥0 n + n + 1

1.2.2 Critères de convergence

Théorème
X 1.2.5. [Règle de d’Alembert]
Soit u n à termes positifs (u n > 0). Si

u n+1
lim = l ∈ [0, +∞].
n→+∞ un

Alors
X
(i ) l < 1 ⇒ u n converge.
X
(i i ) l > 1 ⇒ u n diverge.

Exemple 1.2.3.
+∞
X n!
La série n
est convergente d’après la règle de d’Alembert.
n=1 n

Théorème 1.2.6. [Règle de Cauchy]

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1.3 Séries à termes quelconques

X
Soit u n à termes positifs (u n > 0). Si
p
n
lim u n = l ∈ [0, +∞].
n→+∞

Alors
X
(i ) l < 1 ⇒ u n converge.
X
(i i ) l > 1 ⇒ u n diverge.

Exemple 1.2.4.
X n n2
+∞
La série ( ) est convergente d’après la règle de Cauchy.
n=1 n + 1

Remarque 1.2.3.
Si l = 1, les règles de d’Alembert et de Cauchy ne nous permettent pas de
X conclure ; et seule une
étude approfondie nous permettra de reconnaître la nature de la série u n .
On a le résultat suivant :

Proposition 1.2.5.
Soit (u n ) une suite réelle à termes strictement positifs. Alors
u n+1 p
lim = l ∈ [0, +∞] ⇒ lim n u n = l .
n→+∞ u n n→+∞

Remarque 1.2.4.
Cette proposition permet d’affirmer que si la règle de d’Alembert permet de conclure, la règle de
Cauchy le permet également. Mais la réciproque est fausse comme le montre l’exemple suivant :

Exemple 1.2.5.
Pour (a, b) ∈ R∗+2 et a 6= b, on propose la série u n , avec u 2p = a p b p et u 2p+1 = a p+1 b p .
X

1.3 Séries à termes quelconques


Dans cette section, on considère les séries à termes quelconques, c’est-à-dire de terme général
de signe non constant.

1.3.1 Séries alternées

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14
Séries Numériques

Définition 1.3.1.
Soit (u n ) une suite réelle.
On dit que (u n ) est alternée s’il existe une suite réelle (a n ) positive telle que

∀n ∈ N, u n = (−1)n a n .
X
On dit qu’une série numérique u n est alternée si la suite (u n ) est alternée.

Remarque 1.3.1.
(i ) Si la suite (a n ) et négative, on peut revenir au cas initial en considérant la série [− (−1)n+1 a n ].
X
X
(i i ) Plus généralément, u n est alternée si le produit de deux termes consécutifs de la suite
(u n ) est négatif.

Exemple 1.3.1.
X (−1)n
La série est une série alternée.
n≥1 n

Théorème 1.3.1. [Règle de Leibniz]


Soit (u n ) une suite alternée. X
Si (u n ) une suite décroissante qui converge vers 0, alors u n converge.

Preuve.
On donne ici les étapes essentielles de la preuve : Soit (S n ) la suite des sommes partielles de
n
(−1)n a n .
X X
u n , i.e., S n =
k=0
(i ) La suite (S 2n ) est décroissante et la suite (S 2n+1 ) est croissante.
(i i ) lim (S 2n+1 − S 2n ) = 0.
n→+∞
(i i i ) Les suites (S 2n ) et (S 2n+1 ) sont donc adjacentes et donc convergent vers la même limite S.
X
(i v) La suite (S n ) converge également vers S d’où la convergence de la série u n .

1.3.2 Convergence absolue

Définition 1.3.2. X X
On dit qu’une série numérique u n est absolument convergente si la série |u n | est conver-
gente.

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1.3 Séries à termes quelconques

Exemple 1.3.2.
X (−1)n
La série 2
converge absolument.
n≥1 n

Proposition
X 1.3.1. X
Soit u n une série numérique absolument convergente. Alors u n converge.

Preuve.
On donne ici les étapes essentielles de la preuve :
(i ) On définit, pour tout n ∈ N, les suites u n+ = max(u n , 0) et u n− = − min(u n , 0).
(i i ) (u n+ ) et (u n− ) sont positives et on a, pour tout n ∈ N, |u n | = u n+ + u n− .
(i i i ) Comme pour tout n ∈ N, on a : u n+ ≤ |u n | et u n− ≤ |u n |, les séries u n+ et u n− sont
X X

convergentes.
(i v) Pour tout n ∈ N, on a u n = u n+ − u n− . Ceci entraîne la convergence de la série
X
un .
Remarque 1.3.2.
X (−1)n
(i ) La réciproque est fausse comme l’illustre le contre-exemple de la série .
n≥1 n
X +∞
X +∞
X
(i i ) Si u n converge absolument, on a | un | ≤ |u n |.
n=0 n=0

1.3.3 Semi-convergence

Définition 1.3.3.
Une série convergente mais non absolument convergente est dite semi-convergente.

Exemple 1.3.3.
X (−1)n
La série est semi-convergente.
n≥1 n

On donne ici la forme la plus connue (en terme d’application) de la règle d’Abel. Cette règle en
question s’applique dans le cas de la semi-convergence de la série.

Théorème 1.3.2. [Règle d’Abel]


Soit une série de terme général u n = a n b n . On suppose que

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16
Séries Numériques

(i ) les a n sont réels et la suite (a n ) est décroissante et tend vers 0.


(i i ) les b n sont réels ou complexes et il existe une constante M > 0 telle que, ∀ n ∈ N et n ≥ m,
on ait
Xn
| bk | ≤ M .
k=m
X
Alors, la série u n converge.

Preuve.
Pour prouver ce théorème, on a besoin du lemme suivant :

Lemme 1.3.1. [Transformation d’Abel]


n
X n
X
Avec les notations du théorème ci-dessus et en posant de plus : R n, m = a k b k , B n, m = bk ,
k=m k=m
on obtient :
n
X
R n, m = (a k − a k+1 )B k, m + a n+1 B n, m . (1.3.1)
k=m

Xdu théorème "d’Abel", on a ∀ ε > 0, |R n, m | ≤ ε. Donc la suite


Enfin, via (1.3.1), et les hypothèses
des sommes partielles de la série u n est de Cauchy. D’où la convergence de la série.

Exemple 1.3.4.
X e i nθ
Pour 0 < α ≤ 1 et θ 6= 0[2π], la série α
est convergente d’après la règle d’Abel.
n≥1 n

1.3.4 Quelques méthodes et résultats pratiques pour l’études des séries à


termes quelconques
♣ Développement limité

Exemple 1.3.5.
(−1)n
En utlisant le développement limité, on peut écire pour la série de terme général u n = :
n + (−1)n

(−1)n (−1)n 1 1
n
= − 2 + o( 2 ).
n + (−1) n n n
X (−1)n
D’où la convergence de n
.
n≥2 n + (−1)

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1.3 Séries à termes quelconques

♣ Groupement de termes

Définition
X 1.3.4.
Soient u n une série et σ : N → N une application strictement croissante. Notons pour tout
n≥0
n ∈ N,
σ(n+1)−1
X X
vn = u k . On dit que la série v n a été obtenue par groupement de termes à partir de
k=σ(n) n≥0
u n . Les v n sont souvent appelés les paquets et [σ(n + 1) − σ(n)] s’appelle longueur
X
la série
n≥0
du paquet v n .

Théorème
X 1.3.3. [Théorème de groupement de termes]
Soient u n une série et σ : N → N une application strictement croissante. Notons pour tout
n≥0
n ∈ N,
σ(n+1)−1
X
vn = u k . Si
k=σ(n)
(i ) lim u n = 0,
n→+∞
(i i ) La suite (σ(n + 1) − σ(n))n∈N est bornée,
X X
alors u n et v n sont de la même nature, et dans le cas de la convergence, on a :
n≥0 n≥0

+∞
X +∞
X
vn = uk
n=0 k=σ(0)

Remarque 1.3.3.
2n+1
Si on prend σ(n) = 2n, on vérifie que σ(n + 1) − σ(n) = 2 et v n =
X
u k = u 2n + u 2n+1 . Dans ce
k=2n
cas, les termes sont groupés 2 par 2 (paquets de 2 termes).

Exemple 1.3.6.
En utilisant le théorème ci-dessus et la remarque précédente, on se propose d’étudier la série de
(−1)n
terme général u n = . Dans ce cas,
n − (−1)n
1 1 3 3
vn = − = ∼ 2.
2n − 1 2n + 2 (2n − 1)(2n + 2) 4n
X (−1)n
D’où la convergence de n
.
n≥1 n − (−1)

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18
Séries Numériques

♣ Convergence commutative

Définition 1.3.5.
Soit σ une permutation de N (i.e., une bijection de N sur N). La X
X
série u n est dite commutati-
vement convergente si pour toute permutation σ de N, la série u σ(n) est convergente.

Remarque 1.3.4.
(i ) La convergence commutative de la série signifie, que la série converge quel que soit l’ordre
dans lequel on prend ces termes.
(i i ) En prenant pour σ l’application identité de N, on voit que toute série commutativement
convergente est convergente.

Théorème 1.3.4.
Une série est commutativement convergente si, et seulement si, elle est absolument convergente et
sa somme est inchangée par toute modification de l’ordre des termes.

Remarque 1.3.5.
Deux séries semi-convergentes qui ne diffèrent que par l’ordre des termes n’ont pas nécessai-
X (−1)n+1
rement la même somme. Considérer, par exemple, la série (trouver un groupement
n≥1 n
adéquat ! !)

1.3.5 Produit de Cauchy

Définition 1.3.6. X X
Etant donné deux séries u n et v n , on définit leur série produit (ou produit de Cauchy)
comme la série de terme général
n
X
wn = u k v n−k .
k=0

Théorème
X 1.3.5.X
Soient u n et v n deux séries numériques convergentes, de sommes S et T respectivement. sup-
posons que l’une au moins de ces deux séries soit absolument convergente.
X XAlors la série produit
est convergente et a pour somme le nombre ST . Si les deux séries u n et v n sont absolument
convergentes, la série produit aussi est absolument convergente.

Dr. Hichem RAMOUL Université Abbes Laghrour-Khenchela A.U. 2020-2021


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1.3 Séries à termes quelconques

Remarque 1.3.6.
Le produit de cauchy de deux séries convergentes peut être une série divergente ! ! Considérer
les séries de termes généraux :
(−1)n (−1)n
un = p et v n =
n +1 ln (n + 2)

1.3.6 Calcul approché de la somme d’une série


Il est parfois important de pouvoir calculer, avec une précision donnée, la somme S d’une série
X
u n convergente.
Etant donné ε > 0, on cherche à déterminer un entier nX (le plus petit possible) tel que |S −S n | ≤ ε,
où S n désigne la somme partielle d’ordre n de la série u n . Rappelons que
+∞
X
|S − S n | = |R n | = | u k |.
k=n+1

♠ CasX
de la série géométrique
Pour ak n , a 6= 0 et |k| < 1. On a
ak n+1
Rn = .
1−k

♠ Série relevant de la règle de d’Alembert


X u n+1
Pour u n , une série à termes positifs telle que lim < 1, alors il existe k ∈]0, 1[ tel que
n→+∞ u n
u n+1
≤ k à partir d’un certain rang n 0 . On obtient :
un

k n−n0 +1 u n0
Rn ≤ .
1−k

♠ Série
Xrelevant de la règle de Cauchy p
Pour u n , une série à termes positifs telle que lim n u n < 1, alors il existe k ∈]0, 1[ tel que
n→+∞
u n ≤ k n à partir d’un certain rang n 0 . On obtient :

k n+1
Rn ≤ .
1−k

♠ Cas des séries alternées


|R n | ≤ |u n+1 |.

♠ Série relevant de la règle de d’Abel


Sous les notations de la règle d’Abel, on a immédiatement

|R n | ≤ M |a n+1 |.

Remarque 1.3.7.
La partie concernant la comparaison d’une série à termes positive avec une intégrale généralisée
sera donnée au chapitre des intégrales généralisées.

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