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Première année Master spécialisé : management des organisations


financières et bancaires
Module : marché des capitaux

Le système financier :
Rôle et évolution

Réalisé par : Basma hajji ; Mouna sabar ; Hajar harit ; Oumaima


chalgoum et karim taouil

Encadré par Mme Bennis Laila


Sommaire :
Introduction
Chapitre 1 : la mutation du système financier
Section 1 : système financier avant les années 90
• Règlementation
• Cloisonnement
• Intermédiation
Section 2 : la réforme du système financier à partir des années 90
• Réforme du système financier bancaire
• Réforme du marché financier
Chapitre 2 : Rôle du système financier
Section 1 : Financement de l’économie
• La finance indirecte ou intermédiée
• La finance directe ou désintermédiée
Section 2 : le système financier et le reste du monde
• Financement du commerce international
• Les IDE et les transferts des MRE
Conclusion

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Introduction  :

 Le système financier comprend les institutions financières, les marchés financiers, et


l’ensemble des règlements qui régissent la circulation de la monnaie dans l’économie et
facilitent son utilisation à diverses fins.

Le système financier marocain a été profondément réformé, depuis le début des années 90,
autour de nombreux axes notamment le décloisonnement des marchés de capitaux par la
transformation des relations entretenues entre les différents éléments constitutifs du système
financier, la libéralisation des opérations financières et la réforme du cadre réglementaire des
banques et du marché financier. Le Maroc dispose actuellement du système financier le plus
structuré de la rive sud de la méditerranée et certainement le plus performant, qui affiche des
taux de rentabilité réels très attrayants, les meilleurs après ceux observés en Afrique du Sud.
Le Maroc a aussi engagé d’importantes réformes structurelles visant à instaurer les bases
d’une croissance économique forte et durable.

 Comment le système financier national développe son efficacité, et améliore son


attractivité ?
 Qui sont les acteurs de financement de l’économie ? ET quelle sont les différents
canaux de financement ?

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Chapitre 1 : la mutation du système financier
Introduction :

Le système financier marocain a été profondément réformé autour de nombreux axes


notamment le décloisonnement des marchés de capitaux par la transformation des relations
entretenues entre les différents éléments constitutifs du système financier, la libéralisation des
opérations financières et la réforme du cadre réglementaire des banques et du marché
financier. Ainsi ont été introduits, dans le cadre de la loi bancaire de 1993 et des textes
attenants, le désencadrement du crédit, la suppression progressive des emplois obligatoires, la
libéralisation des taux d’intérêts débiteurs en 1996 et, la même année, le lancement d’un
marché des changes interbancaire. A partir des années 2000, un nouveau plan comptable pour
les établissements de crédit a été adopté. Cette libéralisation de l’activité bancaire s’est
réalisée dans un cadre prudentiel renforcé (notamment en matière de classification des
créances douteuses à provisionner) que le système bancaire a globalement su intégrer,
exception faite des anciens organismes financiers spécialisés.

Pour la plupart, ces réformes ont soit atteint leurs objectifs soit réunissent toutes les conditions
pour atteindre les résultats escomptés, et d’un point de vue institutionnel le Maroc dispose
actuellement d’un système financier le plus structuré de la rive sud de la méditerranée et
certainement le plus performant.

Section 1 : Le système financier avant les années 90


Le marché financier occupe une place de plus en plus croissante dans notre économie. Pas une
semaine sans que la presse n'évoque la progression de tel ou tel indice boursier. Pas un mois
sans l'annonce de l'introduction en bourse de telle ou telle entreprise. Ces manifestations
mènent à réfléchir sur la cause de ce recours accru au marché financier qui a vu le jour en
1929, mais sa participation effective à mobiliser l'épargne et sa contribution réelle au
financement de l'économie ne commence à prendre de l'ampleur qu'à partir de 1993, date à
laquelle le cadre réglementaire a été réformé. Cette réorganisation du cadre juridique régissant
le marché financier qui a été accompagnée d'une réforme du système bancaire, est survenue
suite à des dysfonctionnements au niveau du système financier marocain qui s'est retrouvé
paralysé et inapte à remplir ses fonctions au sein de l'économie à cause de l'intervention
excessive de l'Etat. D'où la nécessité d'une libéralisation financière dans le cadre d'un plan

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d'ajustement structurel recommandé par la banque mondiale et le fond monétaire
internationale au début des années 80.

Entre 1956 à 1982, la politique économique adoptée par l'Etat marocain a conduit à un
détournement des ressources financières nationales du système financier vers le secteur
public, ce qui a mis en péril la croissance du secteur privé.

Les pouvoirs publics marocains ; tout en ayant conscience de la fragilité du tissu économique
marocain et de son incapacité à faire face à la concurrence internationale, ont pris en charge
l'ensemble des investissements d'infrastructures et d'industrialisation. Il était important et
crucial de prendre l'économie nationale en main et la développer à l'abri de la concurrence
étrangère.

Une politique d'import-substitution s'est alors imposée. Ce choix a été renforcé par les prix de
phosphate et l'abondance des disponibilités monétaires internationales dans les années 70.
Cette politique est fondée sur le développement des exportations afin de permettre une
intégration dans le marché mondial, tout en veillant sur la protection de l'économie nationale
de la concurrence étrangère sur son territoire (droits de douane, contrôle de change...).

L'objectif de cette politique était le développement du tissu économique national et la


promotion de la croissance.

Le marché financier :

Le Maroc a institué, en 1966, une bourse sous forme d'établissement public doté de la
personnalité juridique et de l'autonomie financière. Aussi, il fut crée une Société Nationale
d'Investissement (SNI) dont l'objet est l'élargissement du marché par des émissions divers,
pour permettre au grand public d'avoir accès au marché et ne pas le limiter aux investisseurs
institutionnels. Durant plus de 10 ans et jusqu'à 1983, le marché des actions n'a enregistré que
des baisses successives. Et la faiblesse de la couverture des investissements par l'épargne
financière provenait principalement de la faiblesse des émissions de valeurs mobiles sur le
marché

Le Maroc son indépendance politique, s’emploie à recouvrer sa souveraineté financière


en utilisant le secteur bancaire comme instrument de politique monétaire pour la
reconstruction de son économie et son système financier afin d’avoir une insertion dans le

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circuit de la mondialisation. Dans cette étape décisive, il convient de souligner trois traits qui
ont marqué, de manière significative, la configuration du paysage bancaire et financier
national : était construit sur trois piliers primordial (cloisonnement, l’intermédiation,
réglementation)
En 1967, une loi relative à la profession bancaire et au crédit a été promulguée cette lois
établissait une distinction nette entre les banques commerciales (ou de dépôt a vue, qui
avaient pour objet d’effectuer des opérations de crédits et recevoir des dépôts à vue) et les
organismes financiers spécialisés (OFS, qui étaient régis par des textes propres et
concouraient au financement de l’investissement et de secteurs particuliers c’est ce qu’on
appelle le cloisonnement.

Puis le deuxième pilier est l’intermédiation : le financement d’une économie peut s’opérer
soit par l’utilisation des ressources propres ou l’autofinancement, soit par appel aux fonds
extérieurs. La structure d’économie marocaine était caractérisée par la dominance des
banques, comme source unique de financement des projets d’investissement en absence
d’un marché financier dynamique. Autrement dit chaque transaction sur le marché passe
par l’intermédiation de la banque.

Entre 1976 à 1990, la politique de crédit s’appuyait sur un système d’encadrement visant à
contenir une croissance excessive des crédits et à influencer la composition du volume des
crédits accordés par les banques, afin de les orienter vers certains secteurs prioritaires, par
la réglementation des intérêts et les emplois obligatoires.

Section 2 : La réforme du système financier à partir des années


90 :
Le Maroc a engagé d’importantes réformes structurelles visant à instaurer les bases d’une
croissance économique forte et durable pour réconforter son projet de société démocratique
et solidaire. Ces réformes ont permis le renforcement de la stabilité macroéconomique,
l’amélioration continue de l’environnement des affaires et l’ouverture commerciale,
conjuguée à la libéralisation des secteurs productifs. Le système financier, notamment le
secteur bancaire, a été placé au centre de cette dynamique de réformes, compte tenu de son
rôle clef en matière de renforcement de la croissance et d’accélération du processus de
convergence. Parmi ces réformes, figurent la loi bancaire de 1993. En vertu de cette loi, les

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banques peuvent exercer et commercialiser l’ensemble des produits et services bancaires et
met fin à la spécialisation établie entre les banques commerciales et les organismes
financiers spécialisés.

LES REFORMES BANCAIRES

Depuis le début des années 90, le système financier marocain a mené plusieurs réformes,
qui se concentrent sur trois objectifs :

La restructuration des marchés de capitaux.

La libéralisation des transactions financières.

La réforme du secteur bancaire cadre juridique.

Ces réformes ont été accompagnées d'efforts pour développer des instruments de la
politique monétaire.

La libéralisation du secteur financier a été entreprise avec le renforcement de la situation


financière des banques, et l'application de la réglementation prudentielle et renforcé la
supervision des banques en ligne avec les normes internationales, accompagnée par la
privatisation de certaines banques publiques. La législation a également introduit le
concept de "banque universelle", mettant fin à la distinction entre banques commerciales et
institutions financières spécialisées. En Janvier 2005, le gouvernement a adopté une loi
accordant l'autonomie de la Banque centrale plus grande. En outre, le Maroc a adopté une
loi d'ensemble du secteur financier visant à renforcer la supervision bancaire et à améliorer
les pratiques de gestion des risques dans le secteur bancaire. La législation de 1993
réglemente les compagnies financières : crédit à la consommation et les sociétés de leasing.
La nouvelle loi est dominée par trois éléments nouveaux :

 L'unification du cadre juridique régissant les établissements de crédit, qui comprennent


désormais les banques et les sociétés de financement.

 Création de trois institutions : la monnaie nationale et du Conseil d'épargne (CNME),


les institutions de crédit (CEC), et les institutions de crédit commission (CDEC).

 La protection des déposants par un ensemble de mesures (respect des règles prudentielles,
nouvelles conditions pour l'activité) et la mise en place d'un fonds de garantie des dépôts.

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LA REFORME DE 1993

Le système bancaire marocain a fait l'objet, en 1993, d'une importante réforme avec la
promulgation du dahir portant loi en 15 moharrem1414 (6 juillet 1993) relatif à l'exercice
de l'activité des établissements de crédit et de leur contrôle. Cette loi a, en effet, permis le
cadre juridique applicable aux établissements de crédit qui comprennent désormais les
banques et les sociétés de financement Les banques étant habilitées à effectuer les
principales opérations suivantes :
 La réception de fonds du public, quel que soit leur terme.
 La distribution de crédits.
 La mise à disposition de la clientèle de tous moyens de paiement ou leur gestion.

Les sociétés de financement, quant à elles, ne peuvent effectuer, parmi les opérations citées
ci-dessus, que celles précisées dans les décisions d'agrément qui les concernent. En outre,
ces sociétés ne peuvent recevoir, du public, des fonds à vue ou d'un terme inférieur ou égal
à 2 ans.
A- Elargir les bases de la concertation entre les autorités monétaires et la profession
Cela, à travers notamment la mise en place des deux organes suivants :
 Le Conseil National de la Monnaie et de l'Epargne " CNME " : présidé par le Ministre
des Finances, le CNME est consulté sur toute question intéressant les orientations de la
politique monétaire et du crédit et les moyens de sa mise en œuvre. Il donne aussi son avis
sur les conditions générales de fonctionnement des établissements de crédit.
 Le Comité des Etablissements de Crédit " CEC": présidé par le Gouverneur de Bank Al
Maghrib, le CEC donne son avis conforme au Ministre des Finances sur les questions
relatives à l'activité des établissements de crédit. Il peut également être consulté par le
Gouverneur sur les aspects techniques de la politique monétaire et des règles prudentielles.
B- Affermir le pouvoir de supervision de Bank Al Maghrib :
Notamment par le renforcement de ses attributions en matière prudentielle et l'extension de
ses contrôles aux personnes morales liées aux établissements de crédit. Ce pouvoir a
également été consolidé par l'institution de l'obligation de l'audit externe des comptes pour
les établissements qui reçoivent des fonds du public ainsi que par la révision, dans un sens
plus dissuasif, des sanctions et la mise en place de la Commission de discipline des
établissements de crédit.

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C- Améliorer la protection de la clientèle :
En particulier les déposants en mettant notamment en place un fonds de garantie des
dépôts ainsi qu'un mécanisme de soutien aux établissements de crédit en difficultés. Le
Dahir portant loi du 6 juillet 1993 a, cependant, expressément exclu de son champ
d'application Bank Al-Maghrib, la Trésorerie Générale du Royaume, le service de comptes
courants et de chèques postaux, le service de mandats postaux, la Caisse de Dépôt et de
Gestion, la Caisse Centrale de Garantie, les banques off-shore et les compagnies
d'assurances et de réassurances.
EVOLUTION DU SECTEUR BANCAIRE APRES LA REFORME DU 6
JUILLET 1993
1- Une présence marquée des banques étrangères
Toutes les grandes banques privées du royaume comptent dans leur actionnariat des
banques étrangères plus ou moins impliquées dans leur gestion :
 BNP Paribas BDDI Participation contrôle 65.05% de la Banque Marocaine pour le
Commerce et l’Industrie : BMCI.
 La Société Générale contrôle 51,9% de la Société Générale Marocaine de Banque :
SGMB.
 Le groupe Crédit Agricole contrôle 52.7% du Crédit du Maroc.
 La privatisation de la Banque Marocaine du Commerce Extérieur BMCE BANK
2- Les statuts révisés de la banque centrale et la réforme de la loi
bancaire en application dès 2006
Les nouveaux statuts de la banque centrale du Maroc consacrent son autonomie et
l’application de la nouvelle loi bancaire est annoncée pour le début de l’année 2006. Les
statuts de la banque centrale marocaine ont été réformés en novembre 2005. Les principaux
apports consistent notamment à donner l’autonomie à BANK AL MAGHRIB en matière
de politique monétaire et éliminer les activités incompatibles avec sa fonction de
supervision. L’application parallèle de la nouvelle loi bancaire (qui réforme le texte de
1993) attend sa publication au Bulletin Officiel pour le début de l’année 2006. Le nouveau
texte converge vers les principes fixés par le comité de Bâle.

LA REFORME DU MARCHE FINANCIER :

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Le marché financier se présente donc comme une composante de marché des capitaux qui
permet le financement de l’économie, c'est le lieu d'émission et d'échange des valeurs
mobilières, principalement les actions et les obligations. Le marché financier en tant que
marché primaire, la bourse permet de transformer l'épargne des ménages en ressources
longues pour le compte des collectivités publiques et privés. Et en tant que marché secondaire
permet la valorisation des actifs financiers et de mutation des structures industrielles.

Cette fonction de financement peut être appréciée au travers l'évolution des émissions de
valeurs mobilières et de la part qu’elles occupent dans le volume des investissements. En
tant que marché secondaire, le marché financier assure la liquidité et la mobilité de
l’épargne. Si le marché est efficient, le prix d'un bien financier est à chaque instant une
bonne estimation de sa vraie valeur, dans ces conditions, le marché financier donne des
indications concrètes à la fois aux chefs d'entreprises et aux investisseurs.

Cette réforme a porté sur trois axes essentiels :


1-Cadre juridique et réglementaire de la Bourse de Casablanca :
La société gestionnaire est la société de la bourse des valeurs de Casablanca (SBVC)
devenue la Bourse de Casablanca depuis décembre 2000. C’est une société anonyme de
droit privé, son capital étant détenu à parts égales par l’ensemble des sociétés de bourse.
Sa principale mission est la gestion et le développement de la bourse des valeurs.
L’intermédiation boursière ne relève plus du domaine des établissements bancaires, mais
d’une nouvelle forme de sociétés d’intermédiation dite sociétés de bourse dont la majorité
sont toutefois filiales de banques.
2-Les Organismes de Gestion Collective des Valeurs Mobilières :
En vue d’animer la bourse des valeurs et renforcer l’épargne, en particulier celui des
petits épargnants, il a été nécessaire de créer des instruments de gestion collective de
portefeuille de valeurs mobilières. Ce sont des instruments de canalisation de l’épargne
vers le marché. Crée en 1995, les OPCVM marocains ont connu un essor important et
continuent de jouer un rôle significatif dans le développement du marché.
3-Le Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières :
En tant qu’autorité de contrôle, le CDVM est un établissement public doté de la
personnalité morale et de l’autonomie financière. Il a pour mission de veiller au bon
fonctionnement, à la transparence, à l’intégrité et à la pérennité du marché des valeurs
mobilières. Il est également chargé d’assurer la protection des épargnants et des

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investisseurs en veillant notamment à leur information par les personnes morales faisant
appel public à l’épargne.
La bourse de Casablanca dispose de deux marchés :
1) Le marché central : La structure du marché de la Bourse de Casablanca confère au
marché central un rôle pilote. En dehors des transactions de blocs, toute transaction sur
une valeur mobilière cotée à la Bourse de Casablanca doit passer par le marché central.
2) Le marché de bloc : En raison de l’absence de contrepartie suffisante sur la feuille de
marché au moment où ils sont présentés, certains ordres d’investisseurs institutionnels, du
fait de leur importance, ne peuvent être exécutés totalement. Ainsi, la Bourse de
Casablanca a mis, en place un marché de blocs qui permet la négociation immédiate de
tels ordres à un cours issu du marché. La bourse s’est dotée, en 2000, d’un compartiment,
« le Nouveau Marché », dédié aux PME-PMI à fort potentiel de croissance et a ouvert le
marché aux concessions de services Publics.
CONCLUSION

Il est extrêmement difficile de tenter de rapporter les résultats aux objectifs car les
réformes engagées se présentent davantage sous la forme d’un processus cumulatif et
continu que d’étapes de changement à parcourir. A titre d’illustration, à peine la loi
bancaire de 1993 est-elle entrée en vigueur qu’une nouvelle loi bancaire visant à
approfondir la précédente commence à être élaborée. Les réformes du marché financier
de 1993 ont très rapidement été suivies d’autres réformes allant toujours dans le sens de
l’approfondissement des précédentes. Il est à noter que la plupart des réformes ne visent
pas à lever les dysfonctionnements des précédentes mais s’inscrivent dans
l’approfondissement des précédentes. Cette situation est due à l’évolution extrêmement
rapide observée dans le changement de fonctionnement du secteur financier (à l’échelon
national et international).

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Chapitre 2 : Le rôle du système financier
Section 1 : Le Financement de L’économie
Introduction :
Le financement d'une économie requiert des capitaux importants et les différents agents
économiques que sont les ménages, les entreprises et les administrations publiques ont des
besoins de financement liés à leur activité économique. Le problème est de savoir comment
mettre en relation ces deux catégories d'agents de manière efficiente et c’est également ce
qu’on va aborder dans la première section du chapitre 2. 
Le fonctionnement de l'économie nécessite des capitaux importants car les entreprises doivent
financer leurs investissements, les achats de matières premières ainsi que leurs dépenses
d'exploitation, et les ménages doivent financer leurs consommations et leurs logements...
Ainsi les différents agents économiques ont des besoins en capitaux pour financer leurs
dépenses. Cependant tous les agents n'ont pas des besoins de capitaux, c'est à dire ce que l'on
appelle des besoins de financement. Certains ont en effet une épargne supérieure à leurs
investissements et dégagent une capacité de financement. 
Si l'on relie d'un côté les besoins de financement des entreprises et des administrations
publiques, et de l'autre les capacités de financement des ménages, on constate néanmoins que
l'économie nécessite plus de capitaux que l'épargne des ménages n'en fournit. Pour combler
l'écart entre besoins et capacités de financement, on fait donc appel à d’autres sources de
financement externe on parle alors des investissements directs à l’étranger et les transferts des
fonds des MRE, et c’est ce qu’on va voir dans la deuxième section. 

Définition 
Le financement peut être défini comme le fait d'apporter des fonds (de la monnaie) à un agent
économique. Le financement de l'économie désigne l'ensemble des modalités par lesquelles
les agents économiques se procurent les fonds nécessaires à la réalisation de leurs activités.
Pour réaliser leurs activités économiques, tous les agents économiques ont besoin de se
financer. Cela est vrai pour les entreprises, mais cela l'est aussi pour les ménages et les
administrations publiques. Parmi ces agents non financiers, on distingue deux types d'agents :

Les agents à capacité de financement (ACF) : les ACF sont les agents économiques dont
les revenus sont supérieurs aux dépenses. Une fois leurs dépenses courantes et leurs
investissements financés, les ACF disposent d'excédents financiers. Ils s'autofinancent et
réalisent une épargne financière, qui peut être placée.

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Les agents à besoin de financement (ABF) : les ABF sont les agents économiques dont les
dépenses excèdent les revenus. Ils ne peuvent se financer qu'en faisant appel à d'autres agents.
Ils doivent donc se procurer un financement externe.

Au niveau macroéconomique, les entreprises et l'Etat sont des ABF alors que les
ménages sont des ACF. L'épargne des ACF va venir couvrir les besoins des ABF en passant
par deux canaux : le canal bancaire et celui des marchés monétaires et financiers.

Les modalités de financement des agents économiques 


Le financement des activités économiques est réalisé de manière interne et / ou externe :
Le financement interne est réalisé par voie d'autofinancement. L'autofinancement
correspond au financement de l'investissement d'un agent économique grâce à son épargne
Le financement externe est réalisé en recourant au système monétaire et financier. Il peut
être direct ou indirect :

La Finance indirecte ou intermédiée : 


Le financement indirect désigne le mécanisme par lequel des établissements financiers
collectent, d'un côté, les dépôts et les épargnes des agents à capacité de
financement (principalement les ménages) et prêtent, de l'autre, aux agents à besoin de
financement (principalement les entreprises).
L'épargne disponible étant insuffisante pour combler tous les besoins de financement de
l'économie, les banques commerciales utilisent leur pouvoir de création monétaire pour
répondre à ce déficit.
Pour ce service, ces intermédiaires financiers se rémunèrent par le biais des intérêts qu'ils font
payer aux demandeurs de capitaux.

Le financement indirect représente donc un coût qui peut se révéler important. C'est la raison
pour laquelle de plus en plus d'entreprises s'adressent directement au marché financier : on
parle de désintermédiation bancaire.
De plus, les épargnants n’ont pas toujours les moyens d’obtenir directement des informations
suffisantes sur les emprunteurs et sur leurs projets. Les intermédiaires les plus connus sont les
banques qui conjuguent une fonction financière et une fonction de création et de gestion des
moyens monétaires. Les sociétés d’assurance et les autres investisseurs institutionnels ainsi
que le Trésor public sont également des intermédiaires financiers.

La Finance Directe ou désintermédiée


L'agent économique a besoin de financement (principalement les entreprises et l'État) émet
des titres sur le marché financier qui sont achetés par les agents à capacité de financement.
Pour ce faire, il va s'adresser au marché financier et proposer des valeurs mobilières de
placements. Ces valeurs mobilières prennent principalement la forme d'actions et
d'obligations.

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Lorsqu'il s'agit d'émission de nouveaux titres, l'agent économique émetteur s'adresse au
marché financier primaire (encore appelé marché du neuf). Pour les valeurs mobilières déjà
émises, les échanges s'organisent sur le marché financier secondaire (encore appelé marché de
l'occasion).

Cependant, compte tenu de la prise de risque que représente un investissement en actions ou


en obligations, les intermédiaires financiers (banques et IFS Institutions financières
spécialisées ) proposent aujourd'hui des produits financiers tels que les OPCVM (Organismes
de placement collectif en valeurs mobilières), les SICAV (Société d'investissement à capital
variable) ou encore les FCP (Fonds communs de placement) ; chacun de ces produits
financiers représente en fait un portefeuille de titres composés à part variable d'actions et
d'obligations.

C'est une nouvelle forme d'intermédiation entre les agents économiques à capacité de
financement et le marché financier : les banques achètent des titres émis par des sociétés sur
le marché primaire et constituent des produits financiers qu'elles géreront au profit de leur
clientèle.
Les échanges de titres financiers s'effectuent sur le marché boursier.

Toutefois, ce produit financier présente un risque de par la volatilité de son cours. En effet,
tous les jours, la cotation de l'action se modifie en fonction de l'offre et de la demande.

Enfin, chaque action donne droit à une part des bénéfices réalisés et distribués par la société ;
on parle de dividendes. Elle accorde également un droit de vote aux assemblées générales des
sociétés émettrices.

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Section 2 : Le système financier et le reste du monde 

À l’instar de plusieurs pays émergents et en développement, le Maroc s’est engagé durant les
dernières années dans une politique d’ouverture du marché financier marocain sur le reste du
monde. Ceci dit, le financement de l’économie marocaine au niveau international repose sur
plusieurs flux notamment le financement du commerce international, les investissements
directs à l’étranger et les transferts des MRE.
Le financement du commerce international
Les modalités de financement des opérations de commerce international concernent le
financement des importations et des exportations.
Afin de couvrir les besoins de financement, les exportateurs et les importateurs peuvent
trouver auprès des banques plusieurs solutions de financement telle que :
Crédits d’investissements :
Crédit acheteur  :
Le crédit acheteur s'analyse, pour le vendeur, comme un paiement au comptant et fait l'objet
de la signature de deux contrats distincts contrat commercial et le contrat financier.
Le crédit acheteur est un financement directement consenti à l'acheteur étranger par une
banque, afin de permettre à l'importateur de payer au comptant le fournisseur.
 Ce type de crédit est utilisé lorsqu'il s'agit d'exportation de biens d'équipement ou de
quantités importantes de matières premières.  Le crédit acheteur finance généralement 85 %
du montant total du contrat commercial, étant donné que l'emprunteur est obligé de verser un
acompte de 15 %. 
 Les modalités de paiement du vendeur sont expressément prévues par le contrat commercial.
Crédit fournisseur :
Le crédit fournisseur est un crédit bancaire accordé directement au fournisseur (exportateur)
qui a lui-même consenti un délai de paiement à son partenaire étranger (importateur). Ce
crédit permet à l'exportateur d'escompter sa créance et d'encaisser, au moment de la livraison
partielle ou totale de l'exportation, le montant des sommes qui lui sont dues par l'acheteur.
L'objet du crédit fournisseur est de financer des biens d'équipements ainsi que les services qui
leurs sont liés. La durée est :
Comprise entre 18 mois et 7 ans, lorsque le crédit est à moyen terme ;

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Supérieure à 7 ans quand le crédit est à long terme.

Crédit de fonctionnement et de trésorerie


Crédit de préfinancement :
Le crédit de préfinancement est un crédit de trésorerie accordé par une banque à un
exportateur afin de lui permettre de financer des besoins courants ou exceptionnels résultant
de son activité exportatrice avant l'expédition des marchandises. Il est consenti en contre
partie de la remise, par le bénéficiaire, des traites Mobilisables auprès de la banque centrale.
Ce crédit est généralement appliqué aux grands marchés de biens d'équipement ou de
matériels fabriqués sur la base de devis. Il concerne des équipements spécifiques à la demande
de l'importateur. Il n'est accordé qu'aux entreprises qui exportent directement leurs
marchandises, leurs fabrications ou leurs prestations.
Le montant du crédit de préfinancement qui correspond aux besoins de trésorerie de
l'exportateur est déterminé sur la base d'un plan de financement.
Mobilisation des créances à l’étranger :
La mobilisation de créances nées sur l'étranger est un crédit permettant aux exportateurs ayant
accordé à leurs acheteurs étrangers des délais de paiement à court terme, d'obtenir le
financement du montant total des créances qu'ils détiennent, à partir du moment où celles-ci
existent juridiquement. Ce financement est généralement assuré par les banques moyennant la
négociation de lettres de change. La mise en place du crédit intervient dès la sortie de la
marchandise des douanes. La mobilisation peut porter sur l'intégralité des créances.
Les IDE et les transferts des MRE
Les transferts de fonds des MRE sont devenus une des principales sources de financement
externe pour de nombreux pays en développement y compris le Maroc et occupent la seconde
position derrière les investissements directs à l’étranger.
L’IDE :
Les investissements directs à l'étranger, sont les mouvements internationaux
de capitaux réalisés pour créer, développer ou maintenir une filiale à l’étranger ou pour
exercer le contrôle ou une influence significative sur la gestion d'une entreprise étrangère.
Les motivations à l’origine des IDE sont principalement la réduction des coûts (exploitation
de ressources naturelles coûteuses, voire impossibles, à transporter, main d’œuvre moins
onéreuse, optimisation fiscale) et la conquête de nouveaux marchés difficiles à pénétrer par
les seules exportations.
Pour développer un réseau de filiales à l’étranger, l’investisseur peut intervenir par : l’IDE de
création, Brown Field, l’IDE d’extension ou l’IDE de restructuration financière.
L’IDE est sollicitée pour sa capacité à favoriser la croissance économique, notamment à
travers le développement de l’investissement domestique, la création d’emplois,
l’amélioration de la balance des paiements, la participation à la création de la valeur ajoutée
directe à travers la production des entreprises étrangères, et l’accroissement de la concurrence
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et de la compétitivité de l’économie nationale. Il s’agit aussi de l’apport de nouvelles
méthodes et des techniques managériales, via les contacts directs et indirects entre les filiales
étrangères et les firmes locales, qui pourraient faciliter le transfert de connaissances et de
normes technologiques à l’économie d’accueil.

Les transferts des MRE :


Les Marocains résidant à l’étranger (MRE) constituent une "force importante pour le
développement économique du Maroc" selon l'Organisation de coopération et de
développement économiques (OCDE). Cette force se manifeste dans le rapatriement de
devises ainsi que dans les investissements au Maroc provenant des transferts. Ces transferts
forment une source importante de capitaux, peu volatile et relativement moins influencée par
l’environnement international que les autres flux.
Le Maroc compte aujourd’hui près de 5 millions de ses ressortissants à l'étranger. Ces
derniers maintiennent un lien très étroit avec leur pays d’origine et un sentiment très fort
d’appartenance au Royaume. Cela se manifeste par un mouvement de transfert de fonds
important. En effet, les MRE ont transférés 7,4 milliards de dollars en 2018 d’après la banque
mondiale, ce volume de transferts vers le Maroc compte pour 6,2% du PIB marocain.
Pour conclure, le système financier marocain a employé un ensemble de mesures pour
améliorer la situation de la balance commerciale, mais le déficit principalement pour les
opérations commerciales a continué à se creuser. Cependant, l’impact négatif de
l’accentuation de ce déficit est relativement atténué par la performance enregistrée par les
autres composantes du compte courant, dont principalement les transferts des MRE et les
recettes de voyage, ainsi que par les IDE au niveau du compte capital. La contribution des
transferts des MRE a dépassé celle de plusieurs secteurs exportateurs.
Pour conclure le chapitre, le système financier exerce également une fonction de contrôle de
la gouvernance des entreprises. Le rôle de cette dernière dans la croissance repose sur
l’argument suivant : si les investisseurs, actionnaires ou créanciers, peuvent inciter les
dirigeants d’entreprise à maximiser la valeur de l’entreprise, cela améliorera l’efficacité de
l’allocation des ressources et la disposition des épargnants à financer les entreprises et
l’innovation.
En effet, pour un renforcement du secteur bancaire et financier, l’Etat a besoin d'une
mobilisation massive de capitaux étrangers sous forme d'IDE.
De plus, l'IDE ne constitue pas seulement un apport en capital mais également un moyen de
transferts des technologies nouvelles, des actifs incorporels, tel que des compétences en
matière d'organisation et de gestion.

16
Conclusion :
Le secteur financier marocain enregistre des améliorations continues en matière de
conditions d’accès au financement bancaire, de coût de financement, de gestion des
créances douteuses, de coût de transactions des valeurs mobilières, d’amélioration des
performances des autorités de contrôle et de surveillance et de modernisation du système
d’information. L’évolution est également positive en ce qui concerne l’amélioration du
fonctionnement de la finance directe : augmentation significative du nombre
d’introductions, augmentation du volume des transactions, augmentation sensible de l’appel
public à l’épargne 
La démarche marocaine s’est inscrite dans cette même logique pour répondre à la nécessité
de moderniser, à l’instar des autres pays, le système financier national afin d’accroître son
efficacité, et d’améliorer son attractivité sur la scène internationale. Dans ce processus, Bank
Al-Maghreb a été impliquée à deux niveaux. Faisant partie de ce qui est communément
appelé « autorités monétaires », elle a participé activement à la modernisation de la sphère
financière dans son ensemble et, en tant que Banque Centrale, elle a été amenée, du fait de
ces mutations, à mieux préciser ses attributions et à rénover ses instruments d’intervention
en matière de conduite de la politique monétaire et de contrôle de l’activité des
établissements de crédit. Nous sommes impatients d'aborder cela dans notre prochain thème.
À suivre donc…

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Bibliographie :
Guide financement et assurance à l’international édition 2019/2020 
       LE MAROC AU PRÉSENT : D’une époque à l'autre, une société en mutation
Baudouin Dupret, Zakaria Rhani, Assia Boutaleb et Jean-Noël Ferrié (dir.)
https://www.maxicours.com/se/cours/les-financements-direct-et-indirect
www.financesmediterranee.com

doc.abhatoo.net.ma

www.doc-etudiant.fr

www.finances.gov.ma

https://fr.scribd.com/document/350332412/Systeme-Financier-Marocain

Table des matières


Sommaire :.............................................................................................................................................1
Chapitre 1 : la mutation du système financier......................................................................................3
Section 1 : Le système financier avant les années 90.........................................................................3
Section 2 : La réforme du système financier à partir des années 90 :................................................5
LA REFORME DE 1993.....................................................................................................................7
Chapitre 2 : Le rôle du système financier............................................................................................11
Section 1  : Le Financement de L’économie......................................................................................11
Section 2 : Le système financier et le reste du monde......................................................................14
Conclusion :..................................................................................................................................17
Bibliographie :.............................................................................................................................18
,

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