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Finance & Finance Internationale N°14 janvier 2019

LE CONTROLE INTERNE ET LA DEMATERIALISATION DE


L’INFORMATION :
CAS DES « MARCHES PUBLICS »

Par

Rachid HOUMAIDA

Chercheur en Communication à la Faculté des Lettres et des


Sciences Humaines, Université Mohamed Premier – Oujda- Maroc.

&

Afaf DBILIJ

Chercheur en Economie à la Faculté des Sciences Juridiques,


Economiques et Sociales, Université Hassan Premier – Settat- Maroc.

&

Zohra MAKACH

Professeur à la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines


d'Agadir, Université Ibn Zohr-Maroc.

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Finance & Finance Internationale N°14 janvier 2019

Résumé :

Dans un contexte marocain marqué par une volonté d’instaurer les différents outils
de la gouvernance du secteur public, l’organisation publique doit se focaliser sur le
contrôle interne et son renforcement par des systèmes d’informations et des
nouvelles technologies d’information et de communication. Et dans ce cadre, rentre
l’opération de la dématérialisation de la commande publique, essentiellement les
marchés publics, et cet article essaye d’analyser l’apport de cette opération pour
atteindre les objectifs du contrôle interne. En premier lieu, il rappelle le cadre
conceptuel du contrôle interne et des marches publics. En second lieu, il stipule les
mesures à entreprendre pour instaurer la dématérialisation de la commande
publique.

Mots Clés: Contrôle interne, marchés publics, dématérialisation, organisation,


secteur public.

INTERNAL CONTROL AND THE DEMATERIALIZATION OF


INFORMATION: THE CASE OF « PUBLIC PROCUREMENT »

Abstract:

In a Moroccan context marked by a desire to introduce the various tools of public


sector governance, the public organization must focus on internal control and its
reinforcement through new information and communication technologies. And in
this context, returns the operation of the dematerialization of the public
procurement, and this article tries to analyze the contribution of this operation to
reach the objectives of the internal control. Firstly, it recalls the conceptual

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framework of internal control and public procurement. Secondly, it stipulates the


measures to be taken to introduce the dematerialization of the public procurement.

Key Words: Internal control, Dematerialization, Public procurement,


Organization, Public sector.

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Introduction

La simplification des procédures constitue un levier incontournable pour le Maroc


à fin de simplifier la vie des usagers quant aux transactions avec les services
publics et de faciliter l’acte d’investir et réduire les charges administratives pour les
entreprises ainsi pour améliorer le classement du Maroc dans les Rapports
internationaux, tel «Doing Business», et encourager les investissements
étrangers1(JAMAL, Salaheddine, 2014).
Et dans cette vision , la dématérialisation s’est rentrée dans le cadre des priorités
stratégiques du plan Maroc numéric, qui parmi ses actions celle qui s’articule
autour de la mise en œuvre de l’ensemble des projets et services e-gouvernement,
et à travers l’instauration des services transactionnels permettant une
dématérialisation de bout en bout entre le citoyen/l’entreprise et
l’Administration2(le ministère du commerce).

Le présent travail vise donc à présenter un état de lieux de l’apport du projet de la


dématérialisation de la commande publique comme composante du contrôle interne
des marchés publics conclus dans le contexte marocain. Pour ce faire, cet article
passe en revue les fondements théoriques du contrôle interne et des marchés
publics, et met en exergue l’apport du projet de dématérialisation dans ce sens, et
ce dans le but d’éclaircir les zones d’ombres de la problématique suivante : « dans

1
Salaheddine JAMAL « Simplification des procédures administratives », rapport publié sur le site
du ministère de la fonction publique et de la modernisation de l’administration 2014.
2
Plan Maroc Numeric, Stratégie nationale pour la société de l’information et de l’économie
numérique.

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quelle mesure le projet de dématérialisation pourrait-il contribuer à l’instauration


du contrôle interne des marchés publics ? »

1. Cadre conceptuel

1.1. Définition du contrôle interne

Le contrôle interne représente un processus, mis en œuvre par les dirigeants et les
collaborateurs d’une organisation, destiné à leur fournir en permanence une
assurance raisonnable quant à la réalisation d’objectifs et la fiabilité des
informations financières et opérationnelles et sur le respect des lois et des
réglementations. Il est considéré comme un moyen et non pas un but3(SCHICK,
2007). C’est un dispositif qui comprend un ensemble de moyens, de
comportements, de procédures et d’actions qui sont adaptés à la structure de toute
organisation, afin de contribuer à la maîtrise de ses activités, à l’efficacité de ses
opérations et à l’utilisation optimale de ses ressources humaines et financières.
Dans cette optique, on peut extraire les aspects du contrôle interne comme suit :

- Il est adaptable à la structure de toute organisation,


- Il est axé à la réalisation des objectifs de l’organisation,
- Il constitue un moyen et non pas une fin en soi ;
- Il permet d’obtenir une assurance raisonnable et non une assurance
absolue ;
- Il est élaboré par des personnes et il ne repose pas simplement sur un
ensemble de procédures et des règles ;

3
Pierre SCHICK, « Mémento d’audit interne », Paris, Dunod, 2007, page 17
4
Bernard GAINNIER, Farid ARACTINGI, « Référentiel intégré de contrôle interne », page20

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En effet, le contrôle interne dispose cinq composantes intégrées à


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savoir (ARACTNG) :

a. Environnement du contrôle :Elle repose sur une culture de l’organisation


favorable à la maîtrise des risques en s’appuyant sur une organisation
adaptée qui comporte une définition claire des responsabilités et des
ressources et compétences adéquates aux postes avec des procédures bien
formalisées et communiquées et l’implication du personnel et la
mobilisation des compétences . Elle a un impact déterminant sur l’ensemble
du système de contrôle interne.

b. Evaluation des risques :Chaque organisation doit disposer d’un système


visant à recenser, analyser et gérer les principaux risques provenant de
sources internes et externes, ces risques sont définit comme la possibilité
qu’un événement survienne et ait un impact défavorable sur la réalisation
des objectifs de l’organisation.
c. Des activités de contrôle : Elles désignent les actions définies par les
règles et procédures qui visent à maîtriser les risques susceptibles d’affecter
la réalisation des objectifs sont mises en œuvre comme la séparation des
taches.
d. Information et communication : La communication et l’échange
d’informations fiables et pertinentes représente un facteur déterminent qui

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assure le fonctionnement des différents autres composantes du contrôle


interne.
e. Pilotage : L’organisation procède à des évaluations continues et/ou
ponctuelles, pour s’assurer que chacune des cinq composantes du contrôle
interne et les principes qui leur sont associés sont mis en place et
fonctionnent correctement. Cette surveillance permanente du dispositif du
contrôle interne peut utilement s’appuyer sur des fonctions indépendantes
telles que l’audit interne.

1.2. Définition et contexte des marchés publics au Maroc

Les marchés publics peuvent être défini comme étant "tout contrat à titre
onéreux conclu entre, d’une part, un Maître d’ouvrage, et d'autres part, une
personne physique ou morale appelée entrepreneur, fournisseur ou prestataires de
services ayant pour objet l'exécution des travaux, la livraison de fournitures ou la
prestation de service"5(SELLAMI, 2014) .Ceci dit qu’on peut distinguer de cette
définition trois types de marchés à savoir : les marchés de travaux (qui visent les
contrats relatifs à l’exécution des travaux de construction, démolition,
aménagement, extension…), les marchés de service (marchés des études, contrôles,
formation…) et les marchés de fournitures (tels que l’achat de produits ou de
matériels…).

Ce contrat exige que l’acheteur public, représenté par : des administrations


publiques de l’Etat, les Collectivités locales, les SEGMA (décret n°2-98-482), les
5
Safa CHERKAOUI SELLAMI, « Nouvelle règlementation des marchés publics au Maroc et
principes de transparence et de concurrence », Revue AFN Maroc, N° : 15-16, 2014.

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établissements publics, les sociétés d'Etat, les filiales publiques, les entreprises
concessionnaires et les organes soumis au contrôle financier de l'Etat, doit respecter
une panoplie de réglementations qui régissent les marchés publics. Néanmoins, il
s’avère que c’est un domaine qui est exposé aux plusieurs risques qui peuvent
entraver la réalisation de leurs objectifs escomptés, et plusieurs facteurs peuvent
provoquer ces risques telles que : les montants importants consacrés à ces dépenses
(spécialement en investissement), la diversité des intervenants dans ce domaine, la
multiplicité des règles et leur complexité…

En effet, la procédure qu’on adopte pour les marchés publics est manifestée par un
processus qui se subdivise en trois étapes :

- La préparation, lancement et passation des marchés publics ;

- L’exécution des marchés ;

- Le suivi des marchés.

Découpage du processus des marches publics

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Ainsi l’évolution de la commande publique au Maroc, constitué essentiellement


par les marchés publics représente un vrai enjeu économique et elle contribue
d’une manière remarquable sur l’évolution du PIB comme le montre le schéma ci-
dessous, ce qui explique l’importance de ces dépenses sur le développement du
pays, puisque selon la TGR (Trésorerie Générale du Royaume) en 2016 la
commande publique au Maroc représente environ 60 milliards de dirhams soit 15%
du PIB6(Royaume, 2016).

6
Programme de Dématérialisation de la Commande Publique (PDCP), Trésorerie Générale du
Royaume, 4 octobre 2016.

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2. Le renforcement du contrôle interne par la dématérialisation des


marchés publics

2.1.Les préalables juridiques de la dématérialisation des marchés


publics : pour une gestion fiable et sécurisée

Le programme de dématérialisation de la commande publique s’inscrit dans le


cadre de l’exécution de 3 chantiers qui garantissent la réussite de son

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implémentation, à savoir :le chantier technique, le chantier de sécurité, le chantier


de conduite de changement et le chantier juridique.7(royaume T. g., 2012)

En effet, le chantier juridique représente le socle légal et réglementaire du


processus de dématérialisation de la commande publique. Ce qui explique
l’avènement de la réforme de 2013 dans un contexte marqué par une demande
accrue des partenaires de l’administration en termes de garanties et de transparence,
la nécessité de l’introduction des nouvelles technologies de l’information et de la
communication, la prise en compte des recommandations traitées lors du colloque

7
Revue de La Trésorerie Générale du Royaume - N° 9 Août 2012- p7

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national sur les marchés publics8(royaume L. t., 2009), et celles proposées par les
principaux partenaires, bailleurs de fonds et Cours des Comptes, et la convergence
de la réglementation marocaine avec le standard international en vue de
l’utilisation du système national pour les marchés financés et l’ouverture sur les
expériences internationales. La réforme était le fruit d’une démarche participative
qui a impliqué les différents acteurs à savoir : L’entreprise nationale, les bailleurs
de fonds et partenaires étrangers (Banque Mondiale, Union Européenne, OCDE…),
les différents départements ministériels, la société civile, les corps de contrôle et
inspection comme l’inspection générale des finances et les inspections
ministérielles, et tous les intervenants dudit colloque.

Les objectifs de cette réforme de 2013 visent principalement les axes


suivants9(BENJLIOUEL, 2013) :

* La garantie des droits des entreprises: Les principes qui régissent les marchés
dans l’ancien décret de 2007 sont : la liberté d’accès à la commande publique,
l’égalité du traitement des concurrents et la transparence dans les choix du maître
d'ouvrage. Alors que le décret de 2013 vient pour intégrer un autre principe qui est
la garantie des droits des concurrents. Ce nouveau principe est concrétisé par les

8
Colloque national organisé par la trésorerie générale du royaume les 20 et 21 avril 2009 sur les
marchés publics sous le thème « gestion des marchés publics : état des lieux et perspectives ».
9
Ahmed BENJLIOUEL, « Les apports du décret n° 2-12-349 du 20 mars 2013 relatif aux marchés
publics », TMIS conseils et formation, juin 2013.

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mesures suivantes : L’unicité de la règlementation applicable aux marchés publics


en intégrant les administrations publiques, les collectivités locales et les
établissements publics à caractère administratif c’est une démarche qui permet de
garantir un référentiel unique des commandes publiques facilitant la tâche aux
entreprises tout en prenant en compte les spécificités des acheteurs publics, ainsi la
soumission des prestations architecturales aux règles de la concurrence communes
aux commandes publiques. Et la possibilité de reporter la date d’ouverture des plis
suite à la demande des concurrents ou en cas de non remise du dossier d’appel
d’offres. Sans oublier la mesure qui consiste à publier le montant de l’estimation
financière qui était confidentielle dans l’ancien décret. Et on assiste aussi avec ce
nouveau décret à la simplification du dossier administratif des concurrents, puisque
seules les pièces, comme la déclaration sur l’honneur, la caution provisoire et une
copie légalisée de la convention constitutive du groupement le cas échéant, qui sont
obligatoires au moment de la présentation des offres, toutefois les autres pièces
telles que l’attestation fiscale, l’attestation du CNSS, pouvoirs et immatriculation
registre du commerce… ,ne sont exigés que pour l’attributaire du marché proposé
par la commission d’ouverture des plis. En plus le décret prévoit des mesures
incitatives aux petites et moyennes entreprises PME, comme l’obligation du maître
d’ouvrage à réserver à la PME 20% du montant prévisionnel des marchés qu’il
compte lancer, au titre de chaque année budgétaire10(officiel, 2013). Et enfin tout
concurrent peut saisir le maître d'ouvrage concerné par écrit s'il constate que l'une
des règles de la procédure de passation des marchés n'a pas été respectée ou il
relève que le dossier d'appel à la concurrence contient des clauses discriminatoires
10
Arrêté du ministère chargé des finances fixant les conditions et les modalités d’application de
cette disposition, publié au Bulletin officiel n°6210 du 5 décembre 2013.

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ou des conditions disproportionnées par rapport à l'objet du marché ou s’il conteste


les motifs de l'élimination de son offre qui ont été portés à sa connaissance par le
maître d'ouvrage.

*Simplification et clarification des procédures: Cet axe s’intéresse à la


clarification concernant les prix, la précision de l'offre la plus avantageuse, la
simplification de l’appréciation de l’offre excessive ou anormalement basse, la
clarification des modalités d'attribution des marchés allotis, la clarification
concernant les groupements, la clarification des modalités de l’approbation du
marché, la précision concernant la commission de jugement des offres , la publicité
selon le mode de passation, la clarification concernant les marchés cadres et les
marchés reconductibles, la clarification concernant les marchés de location et la
clarification des contrôles et des audits qui sont obligatoires pour les marchés dont
les montants excèdent 5.000.000,00 de dirhams TTC, et pour les marchés négociés
dont les montants excèdent 1.000.000,00 de dirhams TTC.

*Les nouveaux instruments de la gestion des achats publics: Le nouveau décret


prévoit des nouveaux outils de la gestion des achats publics comme les marchés de
conception-réalisation qui sont des marchés uniques passés avec un prestataire et
qui portent à la fois sur la conception du projet et l'exécution des travaux, ou sur la
conception, la fourniture et la réalisation d'une installation complète. Puis l’appel à
manifestation d'intérêt qui consiste un outil pour le maître d’ouvrage afin
d’identifier les concurrents potentiels, la phase de définition dans les marchés
d'études lorsque le maître d'ouvrage ne peut effectuer par ses propres moyens les
études qui lui sont nécessaires, il a recours à des marchés d'études. et le collectif
d'achats entant que moyen utilisé par deux ou plusieurs maîtres d'ouvrages qui se
regroupent pour lancer un seul appel à la concurrence donnant lieu à la conclusion

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d'autant de marchés que de maîtres d’ouvrages membres du collectif et cela par le


biais d’une convention constitutive, signée par tous les membres du collectif.

*La responsabilisation de l’acheteur public en cas de concurrence limitée: Ce


nouveau décret impose au maitre d’ouvrage de justifier chaque décision dont
l’objectif est de limiter la concurrence en lui demandant d’établir soit un certificat
administratif, soit une note explicative, soit un rapport relatant le déroulement de la
procédure. Ces mesures concernent: les marchés sur appel d'offres restreint, la
procédure négociée et les bons de commande.

*La dématérialisation de la commande publique : Cette procédure qui est


traitée dans la partie du programme de dématérialisation, détermine la liste des
documents à publier dans le portail des marchés publics11(décret, 2013). Cette liste
peut être modifiée ou complétée pararrêté du ministre des finances et avis de la
commission des marchés. Et les conditions de publication des documents précités
dans ce portail sont fixées par ledit arrêté. Parmi ces documents, on peut citer : les
textes législatifs et réglementaires régissant les marchés publics , les programmes
prévisionnels , les avis , le dossier d'appel à la concurrence ainsi que les
modifications y afférentes; le procès-verbal de la réunion ou de la visite des lieux ,
les extraits des procès-verbaux des séances d'examen des offres , les résultats , la
décision d'annulation de la procédure, les rapports d'achèvement de l'exécution des
marchés, les décisions d'exclusion de la participation aux marchés publics, les
décisions de retrait des certificats de qualification et de classification des
entreprises, du certificat d'agrément relatif à la maîtrise d'œuvre et de l'autorisation

11
Prévue par l’article 147 du décret du 20 mars 2013

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d'exercer pour les architectes ; la synthèse des rapports de contrôle et d'audit. Les
autres procédures de matérialisation concernent les opérations de dépôt et retrait
des plis des concurrents par voie électronique, l’ouverture des plis et évaluation des
offres des concurrents par voie électroniques qui sont effectuées conformément aux
dispositions des articles 36 à 45 relatifs à l’appel d’offre , la base de données
électronique des prestataires et la Procédure des enchères électroniques inversées.

*La gestion des achats des collectivités locales: Les mesures spéciales aux
marchés des collectivités locales sont organisées par Le chapitre VI du décret n° 2-
12-349 du 20 mars 2013, et à cet effet Les articles 130 à 146 de ce chapitre traitent
des spécificités de ces marché et du rôle du ministre de l’intérieur en la matière de
la gestion des achats des collectivités locales, en analysant le rôle du comité de
suivi des marchés des collectivités locales, et en précisant les attributions du
ministre de l’intérieur dans la gestion de l’achat local.

Ces axes constituent le socle de l’ensemble des règles qui régissent les marchés
publics au Maroc sans oublier la prise en considération de l’aspect environnemental
et le développement durable qui représente un des critères de la gestion
performante de la commande publique.

2.1. L’opérationnalisation de la dématérialisation des marchés publics

Le défi du respect de ces principes, et pour une gestion efficace , transparente et


équitable des marchés publics, a poussé les responsables à entreprendre des
mesures efficientes tels que le programme de dématérialisation de la commande
publique qui est initié par la Trésorerie Générale du Royaume, et qui accompagne
le progrès réalisé en termes de nouvelles techniques de l’information et de

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communication , le cadre réglementaire de la dématérialisation de la commande


publique a été initié par le décret n° 2-06-388 du 5 février 2007sur les marchés
publics en vigueur depuis le 1er octobre 2007 (consultable sur le site
www.marchespublics.gov.ma ), et la loi 53-05 relative à «l’échange électronique
de données juridiques», plus connue sous l’appellation «signature électronique»,
publiée dans le Bulletin officiel du 6 décembre 2007.
Ce programme de dématérialisation se compose des 4 piliers suivants 12 (décret,
2013) :

 Le portail marocain des marchés publics : Qui a été conçu et mis en


œuvre depuis 2007 suite à l’entrée en vigueur du décret n° 2-06-388 du
5 février 2007 qui prévoit la mise en place du portail et l’obligation de
publication des informations et des documents relatifs aux marchés
publics. Ainsi, la circulaire du Premier ministre du 18 septembre 2007
prise en application de l’article 76 du décret précité désigne la
Trésorerie Générale du Royaume en tant que gestionnaire de ce portail
et précise les modalités de publication des documents d’appels à la
concurrence et d’inscription des acheteurs publics audit portail. Sa
mission est la publication électronique des informations concernant la
passation des marchés publics et permettre aux fournisseurs de
s’inscrire dans cette plateforme et de télécharger légalement des
dossiers de consultation (Avis, Cahiers de prescription spéciales,
Règlement de consultation...).

12
Revue de La Trésorerie Générale du Royaume - N° 7 Février 2009

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 La base de données des marchés publics :C’est un outil dont la


fonction principale est de remettre aux différents acteurs, des
renseignements aux marchés passés par les acheteurs publics à des fins
statistiques et d’analyse et de leur permettre d’acheter dans les
meilleures conditions de coût et de qualité .

 La plate-forme de dématérialisation des offres destinée à exécuter


l’opération de la soumission électronique des offres et, à terme la mise
en œuvre de la procédure des enchères électroniques inversées.

 La base de données fournisseurs qui permettra aux acheteurs publics


d’avoir les différentes informations jugées utiles sur les fournisseurs et
devra simplifier les procédures et les dossiers de soumission.

Et conformément à l’arrêté n°20-14 du 4 septembre 2014 qui prévoit la mise la


mise en œuvre graduelle des modalités de la soumission électronique, qui devaient
être appliquées en 3 phases , la première phase en 1er janvier 2015 pour les
marchés dont le montant ≥ 5 000 000.00 HT, la deuxième en 1er janvier 2016 pour
les marchés dont le montant estimé est ≥ 2 000 000.00 HT , et depuis le 1er Janvier
2017 cette procédure est généralisée pour tous les marchés quel que soit leur
montant estimé.

Conclusion

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L’importance du projet de dématérialisation de la commande publique 13 tient


essentiellement au fait que le projet est à cheval sur deux priorités nationales : le
développement de l’administration électronique et la lutte contre la corruption.

Ainsi, les objectifs prioritaires à atteindre pour la dématérialisation de la


commande publique se résument comme suit :

• L’amélioration de la transparence, quant aux conditions d’accès aux informations


sur la commande publique et à l’application des règles de traitement des marchés
pour l’administration ;

• La rationalisation de la commande publique, en mettant en œuvre des outils


permettant aux administrations d’acheter mieux et à moindre coût ;

• Le développement de la concurrence, en élargissant les possibilités de toucher un


panel plus large de fournisseurs potentiels ;

• La simplification des procédures, en tirant profit des possibilités offertes par les
Technologies de l’Information et de la Communication, tout en conservant le
même niveau de contrôle et de fiabilité sur le processus de sélection des
fournisseurs.

Les initiatives gouvernementales en matière de dématérialisation des procédures


sont nombreuses et elles ont touchés plusieurs domaines dont l’objectif: une
reddition des comptes plus régulière et plus en conformité avec les normes
internationales.
Mais les attentes des administrés se font de plus en plus pressantes. Les problèmes

13
Portail marocain des marchés publics : www.marchespublics.gov.ma

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de lenteur de certaines procédures, l’opacité et la bureaucratie n’en finissent pas de


creuser le fossé entre le citoyen et le service public. En réduisant les poches de
trafic d’influence et de corruption, et pour cela l’intégration des technologies
d’information peut rétablir cette confiance.

Cependant, le passage à l’e-gouvernement ne peut se limiter à l’informatisation


des procédures «sur papier», qui sont souvent pensées pour les administrations, afin
de satisfaire aux besoins de contrôle, que pour les usagers. Patrick Huguelet, expert
international, explique qu’un projet d’administration électronique doit «envisager
une refonte complète des procédures administratives», l’enjeu est donc d’analyser
le degré d’efficacité d’une procédure, car «l’e-administration aboutit en général à
une réorganisation en profondeur de l’administration et de son système
d’information, mais aussi de ses relations avec d’autres organismes, et ne donne
des résultats probants que lorsqu’elle est un outil de ce
changement»14(L'économiste, 2012).

A cet effet, la concertation et le travail en synergie entre les organismes concernés,


reste indispensable pour aboutir aux résultats et aux objectifs escomptés par ce
grand chantier.

14
L’Economiste, Edition N°:3894 publié Le 23/10/2012.

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Bibliographie
 Ahmed BENJLIOUEL, « Les apports du décret n° 2-12-349 du 20 mars
2013 relatif aux marchés publics », TMIS conseils et formation, juin 2013 ;
 Arrêté du ministère chargé des finances fixant les conditions et les
modalités d’application de cette disposition de mesures incitatives aux
PME, publié au Bulletin officiel n°6210 du 5 décembre 2013 ;
 Arrêté du ministre de l’économie et des finances n°20-14 du 8 KAADA
1435 (4 septembre 2014) relatif à la dématérialisation des procédures de
passation des marchés publics ;
 Bernard GAINNIER, Farid ARACTINGI, « Référentiel intégré de contrôle
interne »,
 Colloque national organisé par la trésorerie générale du royaume les 20 et
21 avril 2009 sur les marchés publics sous le thème « gestion des marchés
publics : état des lieux et perspectives » ;
 Décret n°2-12-349 du 8 Joumada Ier 1434 (20 mars 2013) relatif aux
marchés publics ;
 Pierre SCHICK, « Mémento d’audit interne », Dunod, Paris, 2007 ;
 Plan Maroc Numeric, Stratégie nationale pour la société de l’information et
de l’économie numérique ;
 Programme de Dématérialisation de la Commande Publique (PDCP),
Trésorerie Générale du Royaume, 4 octobre 2016.
 Safa CHERKAOUI SELLAMI, « Nouvelle règlementation des marchés
publics au Maroc et principes de transparence et de concurrence », Revue
AFN Maroc, N° : 15-16, 2014.

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 Salaheddine JAMAL « Simplification des procédures administratives »,


rapport publié sur le site du ministère de la fonction publique et de la
modernisation de l’administration ;
 Revue de La Trésorerie Générale du Royaume - N° 7 Février 2009.

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