Vous êtes sur la page 1sur 24

Electrostatique - Magnétostatique

David Boilley1
Normandie Université et GANIL

Niveau M1
Parcours enseignement
Année 2017-2018

1
GANIL, BP 55027, F-14076 Caen cedex 05, boilley@ganil.fr, tél : 02 31 45 47 81
http://tinyurl.com/davidboilley
Introduction

Quand on frotte un morceau d’ambre avec une fourrure ou de la laine, il attire un brin de paille ou une plume. En
Europe, l’observation de ce phénomène date de l’Antiquité. C’est mentionné vers 600 avant J.-C. par Thalès de
Millet. Bien entendu, tous les hommes connaissent la foudre. En 1600, William Gilbert (1544 - 1603), publie De
Magnete, Magneticisque Corporibus, et de Magno Magnete Tellure (Du magnétisme et des corps magnétiques,
et de Grand Aimant de la Terre) dans lequel il étudie aussi le pourvoir de l’ambre et d’autres corps électrisables
par frottement. Il propose d’appeler ce phénomène électricité car l’ambre se nomme elektron en grec.
Des pierres originaires d’une région de l’Asie Mineure appelée Magnésie étaient connues pour attirer le fer
sans être frottées. Ce minerai est appelé magnétite de nos jours (Fe3 O4 ). Selon une légende chinoise, l’empereur
Hwang-ti fut guidé par une boussole dans le brouillard. Vers le XIe siècle, l’usage de la boussole était fréquent
chez les marins.
Le 21 juillet 1820, Hans Oersted (Hans Christian Ørsted, 1777 - 1851), physicien danois, publia Experimenta
circa effectum conflictus electrici in acum magneticam où il expliquait que certains phénomènes électriques (un
fil parcouru par un courant) sont capables de faire bouger une boussole. André-Marie Ampère (1775 - 1836)
étudia plus précisément le phénomène qui allait conduire à l’unification de ces deux forces distinctes et à la
naissance de l’électromagnétisme.
Il faudra attendre 1864 et les travaux de James Clerk Maxwell (1831 - 1879) pour avoir une formulation
mathématique unifiée de l’électromagnétisme. Ces équations seront reformulées plus tard par Heinrich Rudolf
Hertz (1857 - 1894), Oliver Heaviside (1850 - 1925) et Hendrik Antoon Lorentz (1853 - 1928) pour aboutir à la
forme dont on les connaı̂t aujourd’hui.
L’enseignement de l’électromagnétisme se fait souvent en partant des équations de Maxwell. Ce cours, qui
s’adresse aux étudiants se destinant à l’enseignement, privilégie l’approche historique qui doit être connue des
candidats au CAPES. La plupart des notions sont, bien entendu, supposées déjà connues.
Pour la partie historique, je me suis inspiré de :
• Harris Benson, Physique 2 : électricité et magnétisme, De Boeck Université (1999) ;
• Douglas C. Giancoli, Physique générale 2 : électricité et magnétisme, De Boeck Université (1993) ;
• Olivier Darrigol, Les équations de Maxwell, de MacCullagh à Lorentz, Belin (2005) ;
• Maxwell, Les génies de la science 24, Août - Novembre 2005 ;
• Gauss, Prince des mathématiques, Les génies de la science 36, Août - Octobre 2008 ;
• Wikipedia ;
• http://www.ampere.cnrs.fr/
Pour de nombreuses expériences pédagogiques ou historiques réalisables avec du matériel disponible dans
presque toutes les maisons, je recommande la lecture des deux volumes de Pierre Langlois, Sur la route de
l’électricité, éditions Multimondes (Québec, 2006). Ces livres sont excellents !
La “bible” de l’électromagnétisme est Electrodynamique classique : Cours et exercices d’électromagnétisme
de John David Jackson chez Dunod.
Presque toutes les illustrations de ce cours ont été trouvée sur Internet. Merci aux nombreux auteurs
anonymes.
Il s’agit d’une des premières versions de ce cours qui doit contenir encore de nombreuses coquilles. Toute
remarque est la bienvenue. Merci pour votre indulgence.

1
Chapitre 1

Electrostatique

1.1 La charge électrique


L’origine de l’électricité vient donc du frottement de l’ambre ou du verre avec une étoffe en soie, laine ou de
la fourrure. En 1672, Otto von Guericke (1602 - 1686) inventa une des premières machines électriques. Sur
la gravure décrivant son expérience, on voit un globe de soufre, de la grosseur d’une tête d’enfant, qui peut
tourner autour d’un axe pendant qu’on le frotte avec la main. D’autres versions ont suivi et servaient surtout
à des démonstrations publiques.
Vers 1733, Charles François de Cisternay du Fay (ou Dufay de nos jours, 1698 - 1739) a fait une étude
systématique de l’électrisation par frottement. Il a notamment montré que des objets frottés contre de l’ambre
se repoussent, ainsi que des objets frottés contre une baguette de verre. En revanche, les objets frottés avec de
l’ambre attirent ceux frottés avec le verre. Il en déduit :
“Il y a deux sortes d’électricité [...] l’une que j’appelle électricité vitrée, et l’autre électricité résineuse.
Le caractère de ces deux électricités est de se repousser elles-mêmes et de s’attirer l’une l’autre. Ainsi
un corps de l’électricité vitrée repousse tous les autres corps qui possèdent l’électricité vitrée, et au
contraire il attire tous ceux de l’électricité résineuse.”
Cette théorie des deux fluides électriques est rejetée par l’abbé Nollet et l’Encyclopédie.
Dufay est également l’inventeur d’un instrument, fondé sur les propriétés de répulsion mutuelle entre
électricités de même espèce, pour mettre en évidence et évaluer l’électrisation d’un corps. Les électroscopes
d’enseignement, à feuilles d’or ou d’étain, reprennent ce principe.
En 1750, Benjamin Franklin (1706 - 1790), montre que la foudre est d’origine électrique, en la capturant
à l’aide d’un cerf-volant. Il émet aussi l’hypothèse qu’un seul fluide s’écoule d’un objet vers l’autre. L’objet
recevant le fluide est dit chargé positivement et l’autre négativement.
En 1891, George Johnstone Stoney (1826 - 1911), propose de nommer l’atome d’électricité, électron. C’est
en étudiant les rayons cathodiques que Joseph John Thomson (1856 - 1940) met en évidence expérimentalement
l’électron. La charge de l’électron sera mesurée la première fois par Robert Andrews Millikan (1868 - 1953) en
1909.
De nos jours, on sait que toute particule isolée a une charge qui est un multiple entier de la charge de
l’électron. La conservation de la charge, proposée par Benjamin Franklin dans son modèle du fluide électrique
unique, n’a jamais été mise en défaut, même au niveau des particules élémentaires.
La charge élémentaire vaut
e = 1, 602 176 487 × 10−19 C, (1.1)
où C est le symbole du coulomb.

1.2 Loi de Coulomb


Les lois sur l’électricité établies tout au long du XVIIIe siècle étaient qualitatives. Pour mesurer la force
électrique, il fallait être capable de déterminer la charge. Joseph Priestley (1733 - 1804) suggère que la force

2
devait être en 1/r2 comme la loi de Newton pour la gravitation. Henry Cavendish (1731 - 1810), qui avait
déjà déterminé en 1798 la constante de gravitation G, a aussi fait une étude expérimentale complète de la force
électrique. Mais il n’a jamais publié ses résultats, qui n’ont été connus que plusieurs années après sa mort. C’est
Maxwell qui les rendra publics.
C’est donc à Charles Augustin Coulomb (1736 - 1806) que l’on doit, en 1785, la première détermination de
la force électrique. Son idée fut de mettre en contact une boule de moelle de sureau plaquée d’or chargée avec
une boule identique non chargée. Si la charge initiale était Q, alors, par symétrie, la charge de chacune des
boules après contact devait être Q/2. En répétant l’opération, il était alors aisé d’obtenir des fractions de Q.
Pour mesurer la force, il s’est servi d’une balance de torsion pour mesurer la force. Voir figure 1.1. Le dispositif
est similaire à celui utilisé par Cavendish pour déterminer G.

Figure 1.1: Balance de Coulomb. Figure extraite de www.ampere.cnrs.fr.

Il a observé que la force électrique était proportionnelle au produit des charges et inversement proportionnelle
à leur distance au carré. Avec la constante de proportionnalité contemporaine, la force de Coulomb s’écrit donc
q1 q2
F~1→2 = ~ur . (1.2)
4π0 r2

0 est appelé permittivité du vide et a pour valeur,

C2
0 = 8, 85 × 10−12 . (1.3)
N · m2
On a donc approximativement que
1
= 9 × 109 USI. (1.4)
4π0
La loi de Coulomb a depuis été confirmée avec une très grande précision sur des échelles très grandes.
La loi de Coulomb ne s’applique qu’à des charges ponctuelles ou des répartitions sphériques de charge.
Comme les autres forces, les forces électriques obéissent au principe de superposition. On peut donc calculer la
force entre deux répartitions de charges par intégration.

1.3 Champ électrique et ligne de champ


Comment les forces peuvent-elles agir à distance ? La question s’était déjà posée pour la gravitation. Une
charge donnée va “ressentir” la présence d’une autre charge et donc interargir avec elle par l’intermédiaire d’un
champ. Considérons une charge q seule dans l’univers. Pour comprendre l’influence que cette charge pourrait
avoir sur d’autres charges, on approche une charge test qt que l’on promène dans tout l’espace. En chaque
~ à partir de la force d’interaction entre les deux charges,
point, on peut définir le champ électrique E
~
~ = Fq→qt .
E (1.5)
qt
Le champ a le même sens que celui de la force agissant sur une charge test positive : il est centrifuge pour
une charge ponctuelle q positive et centripète pour une charge négative. L’unité du système international est le
newton par coulomb (N/C) ou le volt par mètre (V/m, voir plus loin).
~ créé par une charge ponctuelle q s’écrit
Ainsi, le champ E

~ = q
E ~ur , (1.6)
4π0 r2

3
où ~ur est le vecteur radial des coordonnées sphériques.
Connaissant le champ E ~ créé par une charge en tout point de l’espace, on peut en déduire la force subie par
une charge quelconque en ce point. Le même type de séparation avait déjà été fait pour la force gravitationnelle
F~ = m~g , où ~g correspond au champ gravitationnel dû à la Terre sur sa surface.
On appelle ligne de champ, les courbes qui sont en tout point tangentes au champ électrique et orientées
dans le sens du champ. La figure 1.2 représente les lignes de champ créées par une charge ponctuelle négative.
Pour une charge positive, les lignes sont identiques, mais orientées dans l’autre sens.

Figure 1.2: Lignes de champ créées par une charge ponctuelle négative.

Michael Faraday (1791 - 1867), physicien autodidacte, qui étudia les phénomènes électromagnétiques de
façon très intuitive, sans mathématiques, a introduit la notion de champ électrique, de ligne de force et de ligne
de champ vers 1840. Il les considérait comme des lignes réelles auxquelles il attribuait des propriétés élastiques.
Le principe de superposition qui s’applique à la force de Coulomb, s’applique de la même façon au champ
électrique. Soient E ~ 1, E
~ 2 . . . le champ électrique créé en un point donné par N charges qi , le champ résultant
est égal à la somme de ces champs individuels,
N
X
~ =
E ~ i.
E (1.7)
i=1

Les lignes de champ pour deux charges sont représentées figure 1.3. Attention, elles donnent accès à la force
ressentie par une troisième charge test en un point donné. Elles peuvent être visualisées à l’aide de limaille de
fer.

Figure 1.3: Lignes de champ créées par deux charges ponctuelles. Image extraite de http://fr.academic.ru.

En conclusion, on remarque que les lignes de champ vont toujours des charges positives vers les charges
négatives. Elles ne se coupent jamais.

4
1.4 Distributions de charges
A l’échelle macroscopique, on ne s’aperçoit pas que la charge est quantifiée. Si l’on considère un élément de
volume δτ , petit par rapport aux dimensions de l’objet, mais grand par rapport aux dimensions atomiques, on
peut définir une densité volumique de charge
δq
ρ= . (1.8)
δτ
La charge totale de l’objet en question vaut alors
ZZZ
Q= ρ dτ. (1.9)
τ

Il existe des situations où les charges sont concentrées vers la surface, sur une épaisseur très faible par rapport
aux autres dimensions. Dans ce cas, on définit plutôt la densité surfacique de charge σ. Dans le cas d’un fil très
fin, on pourra être amené à définir une densité linéı̈que de charge, λ.
Le champ E ~ dans la matière est aussi un champ moyenné sur un élément de volume δτ de façon à gommer
toutes les aspérités dues à la structure atomique de la matière et à se concentrer sur l’effet de la répartition
volumique de charge.

1.5 Symétries
Pierre Curie (1859 - 1906) a énoncé en 1894 un principe qui porte son nom, à savoir que
“lorsque les causes d’un phénomène possèdent des éléments de symétrie, ces éléments de symétrie
se retrouvent dans les effets”.
Il l’a appliqué en particulier aux champs électrique et magnétique.
Ainsi, le champ électrique en un point M situé sur un plan de symétrie de la répartition de charge sera
contenu dans ce plan. Et le champ électrique en un point M situé sur un plan d’anti-symétrie sera orthogonal
à ce plan.
Pour deux charges ponctuelles, les lignes de champs ont bien les symétries énoncées. Voir figure 1.3.

1.6 Potentiel et lignes équipotentielles


Quand Newton énonça la loi de la gravitation, il souleva la question du calcul de la force d’attraction d’un
corps de forme quelconque. Le problème a été étudié par de nombreux physiciens et mathématiciens. Une
des difficultés vient du fait qu’il faut additionner des vecteurs. Joseph Louis, comte de Lagrange (en italien
Giuseppe Lodovico Lagrangia, 1736 - 1813) suggéra de diviser le corps en petits éléments de masse et d’intégrer.
A l’aide de calculs mathématiques, il montra qu’il était plus aisé de passer par une fonction potentielle qui est
scalaire. Cela, presque 20 ans avant la loi de Coulomb !
Il en est de même pour les champs électriques. On définit le potentiel électrique comme étant la fonction V
telle que
~ = −−
E
−→
gradV. (1.10)
La fonction potentielle est définie à une constante près. Dans la pratique, on parle plutôt de potentiel par
rapport à une référence donnée ou de différence de potentiel. L’unité dans le système international est le volt
(V). Ainsi, la différence de potentiel entre deux points donnés peut se calculer aisément à l’aide du champ,
Z B
VB − VA = − ~ · d~l.
E (1.11)
A

Cette intégrale ne dépend pas du chemin suivi.


On déduit de l’équation (1.11) que la circulation de E ~ le long d’une ligne fermée est nulle,
I
~ · d~l = 0.
E (1.12)

5
Localement, sur une boucle élémentaire, cela conduit à

−→ ~ ~
rot E = 0. (1.13)

Pour une charge ponctuelle, le potentiel électrique créé vaut donc,


q
V (x) = , (1.14)
4π0 r
avec comme convention que le potentiel est nul à l’infini.
Toujours par analogie avec la force gravitationnelle où l’on trace des courbes de niveau en joignant les points
de même altitude, c’est à dire ayant le même potentiel, on définit les surfaces équipotentielles comme étant les
surfaces qui joignent les points de même potentiel. A partir d’une version infinitésimale de l’équation (1.11),
dV = −E ~ · d~l, on en déduit que pour un déplacement sur une surface équipotentielle, on a dV = 0 et donc E
~ est
perpendiculaire aux équipotentielles. Pour une charge ponctuelle, les équipotentielles sont des sphères centrées
sur la charge. Pour le système de deux charges ponctuelles vu précédemment, les surfaces équipotentielles sont
représentées figure 1.4.
Le champ étant proportionnel au gradient de V , plus les équipotentielles sont rapprochées, plus le champ
est fort.

Figure 1.4: Lignes de champ (bleu) et surfaces équipotentielles (rouge) créées par deux charges ponctuelles.
Images extraites de http://www.mathcurve.com.

A partir des travaux de Lagrange, Pierre-Simon de Laplace (1749 Beaumont-en-Auge, 1827) montra pour
la gravitation qu’en tout point extérieur au corps massique,

∂2V ∂2V ∂2V


∆V = 2
+ 2
+ = 0, (1.15)
∂x ∂y ∂z 2
où ∆ est appelé le Laplacien. On a la même chose pour des charges électriques. En 1813, Siméon Denis Poisson
(1781 - 1840) remarqua que si le point point était à l’intérieur du corps on avait l’équation ∆V = −4πGρ où ρ
est la masse volumique. En électricité, cette loi devient
ρ
∆V = − , (1.16)
0
et est appelée équation de Poisson. Ici, ρ est la densité volumique de charge. La première démonstration
rigoureuse de cette loi fut donnée par Carl Friedrich Gauss (1777 - 1855) en 1840 dans son mémoire sur les
théorèmes généraux sur les forces attractives et répulsives qui agissent en raison inverse du carré de leur distance.
Dans ce mémoire, Gauss interprète le potentiel en terme de travail mécanique.

6
La force électrique subie par la charge test étant, comme la force gravitationnelle, conservative, elle dérive
aussi d’une énergie potentielle électrique
−−→
F~q→qt = −gradEp. (1.17)
En rapprochant cette équation de celle qui définit le potentiel, éq. (1.10), on en déduit que Ep = qt V , où V est
le potentiel électrique créé par la charge q.

1.7 Energie
Comme pour les forces et les champs, le principe de superposition s’applique aussi au potentiel : en un point
donné, le potentiel électrique créé par plusieurs charges est égal à la somme des potentiels créé par chacune des
charges.
Ainsi, une charge donnée, q, interagissant avec d’autres charges créant un potentiel total V à l’endroit où
elle se trouve, aura une énergie potentielle
X
Ep = qV = q Vi , (1.18)
i

où Vi est le potentiel à l’endroit où se trouve q dû à une charge extérieure.
Maintenant, si l’on considère un système de N charges qi en interaction, l’énergie qu’il a fallu fournir pour
les approcher et qui est emmagasinée sous forme d’énergie électrique vaut
1X
U= qi Vi , (1.19)
2 i

avec Vi qui est le potentiel créé par toutes les autres charges qj6=i à l’endoit où se trouve qi . Avec une simple
somme l’interaction entre qi et qj est comptée deux fois. D’où le facteur 1/2.
Pour des distributions continues de charges, cette relation se généralise en
ZZZ
1
U= ρ V dτ. (1.20)
2
La démonstration n’est pas immédiate, sauf dans le cas des conducteurs.

1.8 Théorème de Gauss


~ créé par une charge ponctuelle q à travers un élément de surface dS
Le flux du champ E ~ vaut

~ · dS
~= q ~ = q dΩ,
E ~ur · dS (1.21)
4π0 r2 4π0
~ Par conséquent, le flux à travers une surface fermée qui
où dΩ est l’angle solide qui s’appuye sur la surface dS.
entoure la charge, vaut par intégration,
I Z
~ · dS
E ~= q dΩ =
q
4π = .
q
(1.22)
4π0 4π0 0

Si la surface n’entoure pas la charge, E~ traverse deux fois une surface vue sous le même angle solide, mais avec
des conventions d’orientation opposées. Le flux sera donc nul.
Ainsi, on obtient le théorème de Gauss qui relie le flux du champ E~ à travers une surface fermée à la somme
des charges intérieures :
I P
~ ~ qint
E · dS = . (1.23)
0

Attention, le champ E ~ ainsi obtenu est bien le champ total créé par toutes les charges en équilibre, y compris
celles à l’extérieur de la surface fermée choisie.

7
Dans la pratique, le théorème de Gauss n’est utile que pour des géométries simples pour lesquelles le flux est
facile à calculer. Et dans ce cas, il est très utile, car il ne demande pratiquement aucun calcul. Son application
nécessite de connaı̂tre a priori la direction du champ E ~ pour choisir astucieusement la surface de Gauss. Cela
se fait en utilisant les propriétés de symétrie de la répartition de charges et donc du champ. Voir les TD pour
des exemples d’application.
Pour une surface infiniment petite, le théorème de Gauss devient localement,

~ = ρ
div E , (1.24)
0

avec ρ la densité volumique de charge. Il s’agit d’une des équations de Maxwell, appelée Maxwell-Gauss.

1.9 Application aux conducteurs


1.9.1 Un peu d’histoire
Stephen Gray (1666 - 1736), teinturier britannique et physicien amateur, est le premier en 1729, à se rendre
compte qu’il est possible de transporter une charge électrique obtenue par frottement grâce à certains corps
qui sont conducteurs. Il parvint plus tard à transporter une charge sur plus de 250 m. Une des expériences
spectaculaires qu’il a proposées a eu beaucoup de succès : elle consiste à suspendre un jeune garçon à des fils
de soie et à lui mettre les pieds en contact avec une machine produisant des charges électriques. Les doigts du
garçon attiraient de petits objets et provoquaient des décharges électriques.
Les matériaux ont alors rapidement été classés en deux catégories, les conducteurs et les isolants. Au 20ième
siècle sont apparus les semi-conducteurs qui ont révolutionné l’électronique.
A l’échelle microscopique, les conducteurs se caractérisent par la présence de charges libres de se déplacer
sous l’action d’un champ extérieur. Ce peut être des ions en solution ou des électrons dans les métaux.

1.9.2 Propriétés des conducteurs


Si les charges ajoutées à un conducteur sont libres de se déplacer, elles se disposeront de façon à être les plus
éloignées les unes des autres. Pour un conducteur convexe de forme simple, cela signifie qu’elles se disposeront
sur la surface. Classiquement, dans les livres de physique, la démonstration est faite à l’aide d’un raisonnement
par l’absurde : s’il y avait des charges à l’intérieur du conducteur, le champ électrique ne serait pas nul d’après
l’équation de Maxwell-Gauss (1.24) et donc les charges se mettraient en mouvement. Ainsi, dans un conducteur
à l’équilibre, la densité de charge est nulle. Les charges sont en surface. Si le champ est nul, le potentiel est
uniforme. On parle alors du potentiel du conducteur.
Le champ nul à l’intérieur d’un conducteur est aussi valable si le conducteur est creux. Une des premières
applications est la cage de Faraday qui isole l’intérieur d’une enceinte métallique fermée des champs électriques
extérieurs.
En présence d’une pointe, les charges seront repoussées tout au bout de la pointe. Le champ électrique créé
par ces charges sera plus fort au niveau de la pointe. On parle alors d’effet de pointe. C’est utilisé dans les
allume-gaz ou les paratonnerres.
En 1753, John Canton (1718-1772) a découvert que l’on pouvait charger un conducteur par influence. Si
on met deux conducteurs en contact et que l’on approche une charge, ils vont se polariser : l’un sera chargé
positivement et l’autre négativement. On les sépare et on éloigne ensuite la charge, ils auront alors deux charges
opposées. L’un des deux conducteurs peut être la Terre. On parle alors de charge par induction.
Une autre application est l’électroscope à feuilles (d’or) mis au point en 1786 par Abraham Bennet (1749 -
1799). Voir figure 1.5. Cet appareil permet plusieurs types d’expériences, s’il est initialement chargé ou non. Cet
appareil ne permet pas de mesurer précisément la charge et est surtout utilisé pour des expériences qualitatives.
Mais il est très sensible et peut mettre en évidence des charges faibles. Le cas de l’induction est présenté sur la
figure 1.5.
Si on recouvre le plateau d’une cage de Faraday, les feuilles métalliques de l’électroscope ne s’écartent pas,
même si l’on approche une charge extérieure.

8
Figure 1.5: Electroscope à feuilles. Image extraite de Wikipedia.

1.9.3 Le champ près de la surface : théorème de Coulomb


A partir de l’équation (1.11), on en déduit aisément que la circulation de E ~ le long d’une ligne fermée est nulle.
Si l’on calcule la circulation le long de la courbe fermée représentée sur la partie gauche de la figure 1.6, on
obtient que la composante tangentielle du champ E ~ est nulle à l’extérieur du conducteur, comme à l’intérieur.

E=0

Figure 1.6: Continuité du champ E ~ à la surface d’un conducteur. La partie inférieure est dans le métal et la
partie supérieure est à l’extérieur. Les courbes ou surfaces considérées sont infiniment proches de la surface du
conducteur.
~ à travers la surface fermée représentée sur la partie droite de la figure 1.6, on
Si on calcule le flux de E
obtient que la composante normale de E ~ vaut σ/0 , par application du théorème de Gauss.
Finalement, on a démontré qu’à proximité de la surface d’un conducteur, le champ E ~ total est normal à la
surface et vaut
E~ = σ ~n, (1.25)
0
avec σ la densité surfacique de charges et ~n le vecteur normal orienté vers l’extérieur. Il s’agit du théorème de
Coulomb.

1.9.4 Pression électrostatique


La charge portée par un élément de surface d’un conducteur chargé à l’équilibre étant soumise à un champ
électrique, elle subit une force. Que vaut-elle ? Ce n’est pas σdS E, ~ avec le champ du théorème de Coulomb !
En effet, ce champ est dû à toutes les charges de l’univers, dont σdS. Or, une charge ne peut pas subir son
propre champ.
En assimilant l’élément de surface dS à un plan infini uniformément chargé, le champ créé par la distribution
surfacique de charge vaut E ~ σ = 1 σ ~n (voir TD). Le champ dû aux autres charges vaut donc, E ~e = E ~ −E ~σ =
2 0
1 σ
2 0 ~
n. Et donc, la force subie par dS est finalement,

σ2
dF~ = σdS E
~e = dS~n. (1.26)
20
Cette force est toujours orientée vers l’extérieur, quel que soit le signe de σ.

σ2
p= (1.27)
20

9
est appelée la pression électrostatique.

1.10 Les condensateurs


1.10.1 Un peu d’histoire
La bouteille de Leyde est généralement présentée comme l’ancêtre du condensateur. En 1745, Ewald Jürgen
von Kleist (1700 ? - 1748) cherchait un moyen de stocker l’électricité statique. Il mit de l’eau dans une bouteille
qu’il ferma avec un bouchon en liège et y fit tremper un clou. En tenant la bouteille à la main, il relia le clou à
une machine électrostatique. Il reçu une forte décharge quand il toucha le clou. La charge emmagasinée était
grande ! En 1746 Pieter Van Musschenbroek (1692 - 1761) répéta l’expérience douloureuse et en fit part à
l’académie des sciences de Paris. Il compris que la main jouait un grand rôle.
Jean Antoine Nollet, dit l’abbé Nollet (1700 - 1770), améliora le système en mettant de la limaille métallique
à l’intérieur (ou une feuille métallique) et une feuille métallique à l’extérieur. En 1752, à Versailles, infligea
une commotion à environ 200 gardes royaux de formant une chaı̂ne électrique en se tenant par la main. La
décharge électrique produite, se propageant à l’ensemble des soldats, les fit sauter simultanément. C’est ainsi
que la bouteille devint populaire dans toute l’Europe sous le nom, que lui attribua l’abbé Nollet, de bouteille
de Leyde. Voir figure 1.7.

Figure 1.7: Bouteille de Leyde “moderne”. Image extraite de http://www.limousin.iufm.fr/musee.

Rassemblées en batteries, les bouteilles de Leyde permirent d’atteindre de fortes capacités.

1.10.2 Généralités
De nos jours, on appelle condensateur, un ensemble de deux conducteurs en influence totale, c’est à dire quand
toutes les lignes de champ quittant un des conducteurs arrivent à l’autre. On peut alors montrer aisément à
l’aide du théorème de Gauss que les charges portées par chacun des conducteurs sont opposées.
On définit la capacité d’un condensateur comme étant

Q Q
C= = . (1.28)
V+ − V− ∆V

10
L’unité SI est le farad qui correspond à un 1 C/V. Cela correspond à une valeur très grande et dans la pratique,
on utilise le picofarad ou le microfarad. La capacité d’un condensateur dépend de sa géométrie.
Le cas du condensateur plan est traité en détail plus loin. D’autres géométries sont traitées en TD.
On montre aisément que quand on associe des condensateurs en parallèle, les capacités s’ajoutent, alors que
si on les associe en série, c’est l’inverse des capacités qui s’ajoutent.
L’énergie emmagasinée dans un condensateur vaut, d’après ce que nous avons vu,
1 1 1 1 1 Q2
U= (QV+ − QV− ) = Q(V+ − V− ) = Q∆V = C∆V 2 = . (1.29)
2 2 2 2 2 C

1.10.3 Le condensateur plan


Le condensateur plan est le classique des classiques, mais le calcul de sa capacité est subtil et mérite attention.
C’est avec le théorème de Gauss que c’est le plus direct. C’est aussi l’occasion d’appendre à utiliser ce théorème
correctement.
Pour simplifier le problème et pouvoir faire des calculs analytiques, on va d’abord supposer que l’on peut
négliger les effets de bord. Cela revient à dire que le condensateur n’a pas de bord, c’est à dire, qu’il est infini.
Concrètement, cela peut être réalisé à partir de deux grandes plaques en regard dans lesquelles on a découpé et
isolé le condensateur plan sans effet de bord. Voir la figure 1.8 (en haut à gauche).

Q -Q


E
s

Q -Q


E ⃗
E

Figure 1.8: Condensateur plan. Haut : Réalisation d’un condensateur plan sans effet de bord et choix de la
surface de Gauss. Bas : Utilisation du principe de superposition.

Pour utiliser le théorème de Gauss, il faut définir une surface fermée à travers de laquelle le calcul du flux
~ et dS
se fera sans calcul. C’est le cas si les vecteurs E ~ sont colinéraires ou orthogonaux. Et pour choisir cette
~
surface, il faut donc connaı̂tre la direction de E. Pour cela, on utilise les symétries du condensateur (voir la
figure 1.8, en haut à droite) :
~ Il contient donc
• Le plan de la feuille est un plan de symétrie passant par le point où l’on veut calculer E.
~
E.

11
• Idem pour le plan perpendiculaire. E ~ appartient donc à chacun de ces plans et va donc appartenir à leur
intersection, comme représenté sur la figure 1.8.
~ = Ex (x, y, z)~ux .
• On a donc, pour le moment, E
• Si l’on néglige les effets de bord, il y a invariance par translation suivant les axes Oy et Oz.
~ = Ex (x)~ux , même près des bords.
• Finalement, E

La surface de Gauss doit passer par le point où l’on veut calculer E ~ et doit englober des charges. Dans le
cas présent, le plus judicieux est représenté sur la figure 1.8. A l’inérieur de l’armature, le champ étant nul, on
a immédiatement,
σs
Ex s = , (1.30)
0
et donc le champ entre les deux armatures est uniforme et vaut

~ = σ ~ux ,
E (1.31)
0
avec σ la charge surfacique.
Ce champ est-il le champ total règnant entre les armatures ou n’est-il que la contribution de l’armature de
gauche et il faut encore lui ajouter la contribution de l’armature de droite ? Le théorème de Gauss prend bien en
compte toutes les charges, même celles qui sont à l’extérieur de la surface choisie. Pour comprendre, supposons
que l’armature de gauche soit seule dans l’espace. La charge Q se répartirait sur les deux faces verticales.
On aurait alors Q/2 sur chacune de ces faces et le calcul précédent aboutirait à E ~ = σ ~ux . Dans le cas du
20
condensateur avec deux armatures en influence totale, la charge Q est entièrement sur la face de droite car elle
est attirée par l’autre armature. Et donc le calcul du champ E ~ fait ci-dessus prend en compte indirectement le
fait qu’il y a des charges sur l’armature de droite.
On peut voir le condensateur plan d’une autre façon. Considérons d’abord un plan infini uniformément
chargé. A l’aide des mêmes symétries que pour le condensateur plan et les mêmes invariances, le champ E ~ est
suivant l’axe des x, mais orientés différemment de chaque côté du plan chargé. On obtient donc, de la même
~ = ± σ ~ux de part et d’autre du plan.
façon, E 20
Si l’on met deux plans avec une charge opposée en regard l’un de l’autre et que l’on applique le principe de
superposition, les champs créés par chacune des armatures sont représentés sur la figure 1.8 en bas à droite : la
somme donne bien le résultat de l’équation (1.31) entre les armatures et zéro ailleurs.
Entre les armatures, le potentiel vaut, par intégration, V (x) = − σ0 x + cte et la différence de potentiel
V+ − V− = σ0 e où e est l’écartement entre les plaques.
On en déduit immédiatement que la capacité de ce condensateur est
0 S
C= , (1.32)
e
résultat qui doit être connu.

12
Chapitre 2

Magnétostatique

2.1 Les aimants et le magnétisme terrestre


Les aimants sont connus depuis très longtemps en Asie. Une étude des aimants par Thalès nous est parvenue
(environ 590 avant JC). Mais la première étude systématique connue des aimants naturels est due à Pierre de
Maricourt, dit Pierre le Pèlerin. Pierre de Maricourt a décrit en 1269 des expériences sur les aimants, mettant
en évidence l’existence et les propriétés des pôles magnétiques. Si on laisse flotter un aimant librement sur l’eau,
il s’oriente dans la direction Nord-Sud, une partie de l’aimant se tournant vers le Nord, la partie opposée vers
le Sud. Les aimants possèdent donc deux sortes de pôles. De Maricourt est le premier à employer ce mot. Il
remarque aussi que si l’on approche deux aimants l’un de l’autre, leurs pôles se repoussent ou s’attirent selon
qu’ils sont ou non de même nature. Enfin il tente d’isoler un pôle en coupant en deux un aimant. Mais chaque
morceau présente à son tour les deux sortes de pôles.
Dans ce même traité, Pierre de Maricourt améliore le principe de la boussole et décrit le compas. Il expose
aussi une proposition de mouvement perpétuel à l’aide d’aimants.
De nos jours, on sait que même à l’échelle microscopique, on ne peut pas isoler de monopôle magnétique.
En 1600, William Gilbert, médecin de la reine, prolongea les travaux sur les aimants. On lui doit un
important traité sur le sujet. Il a émis l’idée que la Terre était un gigantesque aimant et conclut que “des
rayons magnétiques s’étendent dans chaque direction”. Il vérifia son hypothèse en déplaçant une petite aiguille
aimantée sur une grosse boule taillée dans de la magnésie.
Ainsi, si l’on nomme pôle Nord le côté de l’aimant qui pointe vers le Nord et pôle Sud, celui qui pointe vers
le Sud, vers Nord géographique de la Terre, il y a un pôle magnétique Sud et vers le pôle géographique Sud, il
y a un pôle magnétique Nord !
René Descartes, un demi-siècle après Gilbert, fit avancer la cartographie du champ magnétique en répandant
de la limaille de fer autour de l’aimant. La limaille s’aligne comme de petites aiguilles aimantées pour former
des courbes presque continues, suggérant plus fortement la notion de ligne de champ magnétique. Voir figure
2.1.
Les lignes de champ du champ magnétique terrestre sont représentées figure 2.2. Le champ magnétique
terrestre est de l’ordre 10−5 T et son inclinaison dépend de l’endroit où l’on se trouve sur la Terre. Voir figure
2.2.
Le physicien napolitain Macedonio Melloni (1853) découvre que chaque roche volcanique possède sa propre
aimantation. Il formule l’hypothèse que cette aimantation a été acquise lors du refroidissement de la lave qui
enregistre le champ magnétique terrestre de l’époque. Les laves possèdent donc une mémoire magnétique. De
nos jours, on parle de paléomagnétisme. L’hypothèse que le champ magnétique de la Terre est engendré par les
mouvements du noyau métallique liquide des couches profondes de la Terre a été émise dès 1919 par le physicien
anglais Sir Joseph Larmor. Au cours des 170 derniers millions d’années, il a été décelé près de 300 inversions
des pôles.
Un autre grand apport de Wiliam Gilbert concerne l’induction induite. Si des aimants peuvent s’attirer ou
se repousser, pourquoi ils attirent toujours un clou ? Gilbert proposa, de manière parfaitement correcte, que
près d’un aimant permanent, le fer devient un aimant temporaire, d’une polarité en rapport avec l’attraction.
C’est à dire que l’extrémité de la barre de fer positionnée contre le pôle sud d’un aimant devient temporairement

13
Figure 2.1: Lignes de champ magnétique visualisées avec de la limaille de fer.

un pôle nord.
En étudiant les sédiments des vieux lacs des Apennins, en Italie, des chercheurs ont pu montrer que l’inversion
Matuyama-Brunhes, qui s’est produite il y a environ 780 000 ans, s’est produite à l’échelle d’une vie humaine, ce
qui est très rapide. A notre époque, le champ magnétique terrestre diminuerait de 5% par décennie, et certains
se demandent s’il n’est pas en train de s’inverser.
Gilbert confirma sa proposition sur le magnétisme induit en utilisant des cordes pour suspendre 2 barreaux
de fer en parallèlement au-dessus d’un aimant, et remarqua qu’ils se repoussaient l’un l’autre. Sous l’influence
de l’aimant, chacun des barreaux devient un aimant temporaire avec des polarités identiques, et les pôles
temporaires de chaque barreau repoussent ceux de l’autre barreau. Quand on retire l’aimant, les barreaux se
rapprochent. Voir figure 2.3.
Une vidéo de cette expérience est disponible ici :
http://www.ampere.cnrs.fr/parcourspedagogique/zoom/video/gilbert/video/gilbert.php
Contrairement au champ électrique pour lequel il existe une relation simple entre le champ et la charge,
l’expression de champ créé par un aimant dépend de sa géométrie et il n’existe pas d’expression analytique
simple. Dans l’éducation, l’utilisation des aimants a donc un intérêt essentiellement qualitatif. Ce n’est pas
le cas pour les champs magnétiques créés par des courants électriques, pour lesquel il existe des expressions
mathématiques quantitatives.
En 1785, Coulomb a montré qu’une loi de force magnétique simple pouvait être formulée de manière similaire
à la force électrique à condition d’introduire des “charges” magnétiques ou monopôles. De même, en physique
des particules, certaines théories prédisent leur existence lors du Big-Bang. Mais ces monopôles n’ont jamais
été observés. Et ce n’est pas faute d’avoir cherché à les détecter.
L’absence de monopôle se traduit mathématiquement par

~ = 0.
divB (2.1)

On dit que le champ magnétique est à flux conservatif.


La mesure absolue du champ magnétique n’est pas simple. L’explorateur allemand Alexander von Humboldt
(1769 - 1859) utilisait la période des oscillations d’une petite aiguille aimantée. Il a ainsi montré que le champ
magnétique terrestre augmente quand on s’approche des pôles. Mais, si l’aimantation de l’aiguille n’est pas
permanente, les mesures sont fausses. C’est Gauss qui le premier a proposé une méthode absolue de mesure du
champ magnétique en 1832 et l’a appliquée à la mesure du champ magnétique terrestre. Avec Wilhelm Eduard
Weber (1804 - 1891), ils proposeront une unité.
De nos jours, le champ magnétique se mesure en tesla : 1 T = 1 kg/(A.s2 ). Dans l’ancien système c.g.s,
c’était le gauss.

14
Figure 2.2: Magnétisme terrestre.

Figure 2.3: Expérience de Gilbert sur le magnétisme induit.

2.2 Les courants électriques comme source de champ magnétisme


2.2.1 L’expérience d’Ørsted
Hans Christian Ørsted (1777 - 1851), docteur en philosophie, est l’auteur, à 22 ans, d’une thèse sur Kant. Il
commence sa vie professionnelle comme apothicaire à Copenhague.
En 1820, Ørsted a branché un fil de platine entre les deux pôles d’une pile de Volta. Alors qu’il le porte à
incandescence, il observe que la boussole située à proximité est déviée. Il note que “l’aiguille aimantée change
de direction par l’influence de l’appareil voltaı̈que et cet effet a lieu lorsque le circuit est fermé et non lorsqu’il
est interrompu.”
La notion de courant électrique n’existait pas à l’époque. Øersted désigne “l’effet qui se manifeste dans le
conducteur et autour de lui pendant l’action voltaı̈que, par l’épithète de conflit électrique.” Cette découverte a
révolutionné l’étude du magnétisme.
François Arago, ayant vu cette expérience à Genève, la rapporte à l’académie française. La même année,
André Marie Ampère (1775 - 1836) confirme ces expériences et fait une étude systématique du champ magnétique
créé par un fil rectiligne. Il montre rapidement que le champ magnétique créé par un fil rectiligne est orthoradial.
Ce qui est une surprise par rapport aux autres forces connues.

15
Ampère introduit ce que l’on appelle de nos jours le bonhomme d’Ampère pour exprimer le sens et la direction
du champ magnétique créé par un fil rectiligne. Il s’agit d’un grande simplification par rapport à la description
d’Ørsted. Ampère est le premier à affirmer que “quelque chose” circule de façon continue entre les deux pôles
de la pile. Pour lui, des petits courants circulent dans les aimants.

2.2.2 La loi de Biot et Savart


Toujours en 1820, Jean-Baptiste Biot (1774 - 1862) et Félix Savart (1791 - 1841) étudient les oscillations d’une
petite aiguille aimantée suspendue à un fil de soie à proximité d’un fil électrique parcouru par un courant.
(Méthode déjà utilisée par Coulomb pour la force électrique). Ils montrent ainsi que la force subie par l’aiguille
est orthogonale au fil et à la droite reliant le fil à aiguille. Ils montrent aussi que la force est inversement
proportionnelle à distance au fil. Ce qui constitue une deuxième surprise, les autres forces étant en 1/r2 .
Pierre-Simon de Laplace, ancien étudiant de l’université de Caen, remarqua que si l’on considérait un élément
de fil, on devait retrouver une loi en 1/r2 . Biot et Savart ont repris leurs travaux, et sont arrivés à la conclusion
que le champ dB ~ créé par un élément de fil d~l est proportionnel à

dl sin θ
dB ∝ , (2.2)
r2

où θ est l’angle entre d~l et ~r.


De nos jours, la loi de Biot et Savart donne le champ magnétique créé par un élément de courant Id~l,

~ = µ0 Id~l ∧ ~r
dB , (2.3)
4π r3

~ µ0 est appelé perméabilité du vide. Dans


où ~r est le vecteur reliant l’élément de fil et le point où l’on calcule B.
−7
le S.I. µ0 = 4π 10 T.m/A.
Un élément de courant n’existe pas. La loi de Biot et Savart n’est qu’une expression mathématique qui
permet de calculer le champ magnétique créé par un fil quelconque parcouru par un courant continu.
On peut en déduire qu’une charge ponctuelle q située en P et se déplaçant à la vitesse ~v petite devant la
vitesse de la lumière, crée en M un champ magnétique
−−→
~ µ0 q~v ∧ P M
dB = . (2.4)
4π P M 3

2.2.3 Symétrie du champ magnétique


A partir de la loi de Biot et Savart, on peut en déduire les propriétés de symétrie du champ magnétique créé
par un courant continu, par application du principe de Curie.
Ainsi, le champ magnétique en un point M situé sur un plan de symétrie du circuit parcouru par un courant
sera orthogonal à ce plan. Et le champ magnétique en un point M situé sur un plan d’anti-symétrie sera contenu
dans ce plan.

2.2.4 Théorème d’Ampère


Ampère n’était pas satisfait par le résultat de Biot et Savart car un élément de courant n’existe pas. A l’aide
d’expériences et de calculs, il a réussi à montrer ce que l’on appelle de nos jours le théorème d’Ampère, à savoir
que la circulation du champ B ~ le long d’un ligne fermée est égale à µ0 fois la somme des courants enlacés,
I X
~ · d~l = µ0
B Ii , (2.5)

l’orientation de la courbe et des courants étant liés par la règle du tire-bouchon.


Comme pour le théorème de Gauss, le théorème d’Ampère n’est utilisable que pour des géométries simples
ayant des symétries qui permettent de connaı̂tre a priori la direction du champ magnétique.

16
htb

Figure 2.4: Représentation du fil infini, de la base choisie, du champ magnétique créé et de la courbe d’Ampère.
Figure trouvée sur Wikimedia.

Pour une boucle microscopique, cela conduit à la loi locale

−→ ~
rotB = µ0~, (2.6)

qui correspond à l’équation de Maxwell-Ampère pour des courants continus ou quasi-stationnaire (A.R.Q.S.).
Cette équation sera complétée par Maxwell, qui lui ajoutera un courant de déplacement. Les quatre équations
de Maxwell deviennent alors compatibles avec la conservation de la charge. Ce nouveau terme permettra de
décrire les ondes électromagnétiques. L’équation de Maxwell-Ampère complète s’écrit donc,

−→ ~ ~
∂E
rotB = µ0 (~ + 0 ). (2.7)
∂t
Le courant de déplacement est négligeable dans l’ARQS. Si le temps de parcours entre la source de champ
magnétique et le point où l’on évalue l’effet (P M ) est très petit devant le temps caractéristique des variations
du courant, on peut alors faire l’approximation que les changements de courant se propagent instantanément.
Ainsi, l’ARQS impose pour la fréquence des oscillations
c
ν . (2.8)
PM
Pour une distance de l’ordre du mètre, l’ARQS correspond à ν  108 Hz.

2.2.5 Champs magnétiques créés par des circuits classiques


Parmi les classiques incontournables, il faut savoir calculer le champ magnétique créé par un fil rectiligne infini
et un solénoı̈de infini. Les bobines de Helmholtz sont aussi à connaı̂tre.
C’est encore Ampère qui invente et nomme le solénoı̈de, à partir du grec solenos qui signifie tuyau. Il montre
l’équivalence entre un solénoı̈de et un barreau aimanté.

Détermination du champ magnétique créé par un fil infini


Considérons un fil rectiligne infini parcouru par un courant I constant. Un tel circuit n’existe pas dans la réalité.
Le résultat s’applique donc localement à une portion de circuit. A l’instar de ce qui a été fait avec le théorème
de Gauss, il faut choisir une courbe fermée astucieuse le long de laquelle on va calculer la circulation du champ

17
htb

Figure 2.5: Représentation du solénoı̈de infini, de l’axe z et de plusieurs courbes d’Ampère. Figure trouvée sur
Internet.

~ Pour cela, il faut donc commencer par déterminer la direction de ce champ à l’aide de considérations de
B.
symétrie.
Le plan qui contient le fil et qui passe par le point M , où l’on veut calculer le champ magnétique, est un
plan de symétrie. Comme B ~ est normal à ce plan, il est forcément orthoradial. Voir la figure 2.4. Son sens est
donné par la règle de la main droite. Comme le fil est invariant par translation le long de l’axe z, le champ ne
dépend pas de la coordonnée z. Et comme le fil est aussi invariant par rotation autour de l’axe z, le champ ne
dépend pas nn plus de θ. Ainsi,
~ = Bθ (r)~uθ .
B
La courbe d’Ampère la plus simple est donc le cercle C centré sur le fil et de rayon r passant par le point
M , comme représenté sur la figure 2.4. Alors,
I I I
~ ~
B · dl = Bθ dl = Bθ dl = Bθ 2πr.

La comme des courants enlacé est I en faisant attention aux conventions de signe. Finalement, on en déduit
que
~ = µ0 I ~uθ .
B (2.9)
2πr

Détermination du champ magnétique créé par un solénoı̈de infini


Considérons un solénoı̈de infini de spires jointives parcourues par un courant I. Là encore, un tel circuit n’existe
pas. On supposera donc qu’il s’agit d’une portion de solénoı̈de très long ou d’un solénoı̈de torique de rayon très
grand.
Le plan orthogonal à l’axe z qui passe par le point M , où l’on veut calculer le champ magnétique, est un
plan de symétrie. Ainsi, le champ B ~ est colinéaire à l’axe z en tout point de l’espace. Son sens est déterminé
par la règle de la main droite : le champ vB est dans le même sens que l’axe z sur la figure 2.5. Comme le
système est invariant par rotation autour de l’axe z et par translation le long de cet axe, il ne dépend ni de z,
ni de θ. Ainsi,
~ = Bz (r)~uz .
B
Pour la courbe d’Ampère, on peut considérer plusieurs cas possibles, représentés sur la figure 2.5 par les
contours fermés (1), (2) et (3). Commençons par le contour (2) situé à l’extérieur du solénoı̈de.
I
~ · d~l = AB Bext (ρ) − CD Bext (ρ0 ).
B

18
Comme la somme des courants enlacés par ce contour est nulle, on en déduit que le champ magnétique est
uniforme à l’extérieur du solénoı̈de. On montre de même, avec le contour (1), qu’il est aussi uniforme à
~ int , n’est pas égal au champ à l’extérieur B
l’intérieur. Mais le champ à l’intérieur, B ~ ext .
Si l’on prend le contour (3), la somme des courants enlacés est −nhI où n est le nombre de spires par unité
de longueur de solénoı̈de. Le signe moins est dû au choix d’orientation du contour sur la figure 2.5. L’application
du théorème d’Ampère sur le contour (3) donne
−Bint h + Bext h = −µ0 nhI.
Ainsi,
Bint = Bext + µ0 nI. (2.10)
Le champ magnétique externe pris égal à zéro car il faudrait une énergie infinie pour avoir un champ magnétique
uniforme non nul à l’extérieur.
On obtient finalement que
~ int = µ0 nI~uz et B
B ~ ext = ~0. (2.11)
Le solénoı̈de de longueur finie est aussi un classique, mais le calcul est beaucoup plus difficile. Il n’est donc
pas traité dans ce cours.

2.3 Action d’un champ magnétique sur un courant


2.3.1 La force de Laplace
Aussitôt l’expérience d’Øersted connue, Ampère a montré que deux fils rectilignes parallèles parcourus par un
courant électrique s’attirent ou se repoussent en fonction du sens du courant. Il va travailler des années, à l’aide
calculs mathématiques et d’expériences, à établir l’expression de la force magnétique entre deux éléments de fil.
Le résultat, connu sous le nom de force d’Ampère, est assez complexe. On lui préfère une forme équivalente
plus simple faisant intervenir le champ B. ~ Un élément de circuit d~l orienté dans le sens du courant, parcouru
par un courant I et baignant dans un champ magnétique B ~ subit une force

dF~ = I d~l ∧ B,
~ (2.12)

appelée force de Laplace.


On remarque ainsi que deux fils parallèles parcourus par des courants allant dans le même sens s’attirent.
Ils se repoussent si ces courants circulent en sens contraires.
La loi d’Ampère sera vérifiée et validée par Wilhem Weber (1804 - 1891), qui avec Gauss, a mis au point un
appareil très sensible de champ magnétique. Ils seront les premiers à proposer des unités pour les phénomènes
magnétiques. C’est en 1881, pendant les Conférences internationales de l’électricité à Paris qu’ont été définis
l’ampère et le volt. La définition a ensuite évoluée en fonction des performances des appareils de mesure. La
définition actuelle, qui date de 1948, reprend la définition originale de 1881.
Ainsi, un ampère est défini comme étant l’intensité d’un courant constant qui, s’il est maintenu dans deux
conducteurs linéaires et parallèles, de longueurs infinies, de sections négligeables, et distants d’un mètre dans le
vide, produirait entre ces deux conducteurs, une force égale à 2 × 10−7 newton par mètre de conducteur.
Une application classique de la force de Laplace est la balance de Cotton, inventée par Aimé Cotton (1859
- 1951) et utilisée pour la mesure du champ magnétique. Voir figure 2.6.

2.3.2 Cas d’un circuit fermé dans un champ uniforme


Pour un circuit fermé baignant dans un champ magnétique uniforme, la somme des forces de Laplace subie est
nulle : I I
F~ = Id~l ∧ B
~ = I( d~l) ∧ B
~ = ~0. (2.13)

En revanche, le moment des forces n’est pas nul et vaut

~ ~ =M
M ~ ∧ B,
~ (2.14)
F

19
Figure 2.6: Balance de Cotton pour mesurer le champ magnétique.

~ = IS
où M ~ est le moment magnétique et S ~ est la surface orientée du circuit. C’est facile à montrer sur une
spire rectangulaire. C’est un peu plus compliqué dans le cas général. Ainsi, l’action d’un champ magnétique
uniforme sur une spire fermée parcourue par un courant est de la faire tourner sur elle-même.
La principale application est le galvanomètre, ancètre de l’ampèremètre. Le nom est donné par Ampère
en hommage à Luigi Galvani (1737 - 1798) qui a découvert l’influence de l’électricité sur les grenouilles. Cela
inspira Volta qui découvrit ensuite les piles qui permirent de générer des courants. Le premier galvanomètre
fut construit par Johann Schweigger en 1820. Ampère contribua ensuite à son développement. Les versions
modernes bénéficient de l’apport de nombreuses autres personnes. Voir la figure 2.7.

Figure 2.7: Schéma de principe du galvanomètre.

2.3.3 Travail de la force de Laplace


Le travail de la résultante des forces de Laplace peut être aisément calculé.
I I
δW = Id~l ∧ B ~ · d~r = I d~r ∧ d~l · B
~ = IdΦc (2.15)

où d~r correspond au déplacement élémentaire de l’élément de fil d~l. Le travail est donc égal à I fois le flux de
~ à travers dS
B ~c = d~r ∧ d~l qui est la surface engendrée par le déplacement du circuit. On l’appelle le flux coupé.

2.3.4 Effet Hall


Voir TD.

20
2.3.5 La force de Lorentz
~ et un champ électrique E,
Une charge ponctuelle q se déplaçant à la vitesse ~v dans un champ magnétique B ~
subit une force dite de Lorentz qui est égale à

F~ = q(E
~ + ~v ∧ B),
~ (2.16)

en présence d’un champ électrique.


Ainsi, la force d’interaction de la charge ponctuelle q1 sur la charge q2 situées respectivement en M1 et M2
et se déplaçant à la vitesse ~v1 et ~v2 vaut
  
q1 q2 −−−−→ ~v2 ~v1 −−−−→
F~1→2 = M M
1 2 + ∧ ∧ M M
1 2 . (2.17)
4π0 M1 M23 c c

Autre conséquence : à partir de la force de Lorentz, on peut calculer la force subie par un élément de
conducteur filiforme parcouru par un courant I et retrouver l’expression de Laplace. On considère alors que la
force subie par les électrons du conducteur en mouvement est transmise à tout l’élément de fil.
Parmi les applications, il y a tout se qui se passe à l’intérieur des tubes cathodiques et dans les accélérateurs
(cyclotrons, . . . ).

21
Appendix A

Données

A.1 Les unités de l’électromagnétisme


Le Bureau International des Poids et Mesures récapitule sur son site les unités usuelles en électricité telle qu’elles
ont été définies en 1946. Voir http://www1.bipm.org/fr/CIPM/db/1946/2/.

A.1.1 Définitions des unités mécaniques utilisées dans les définitions des unités
électriques
Unité de force - L’unité de force [dans le système MKS (mètre, kilogramme, seconde)] est la force qui com-
munique à une masse de 1 kilogramme l’accélération de 1 mètre par seconde, par seconde.

Joule (unité d’énergie ou de travail) - Le joule est le travail effectué lorsque le point d’application de 1
unité MKS de force [newton] se déplace d’une distance égale à 1 mètre dans la direction de la force.
Watt (unité de puissance) - Le watt est la puissance qui donne lieu à une production d’énergie égale à 1
joule par seconde.

A.1.2 Définitions des unités électriques


Le Comité [international] admet les propositions suivantes définissant la grandeur théorique des unités électriques :
Ampère (unité d’intensité de courant électrique) - L’ampère est l’intensité d’un courant constant qui,
maintenu dans deux conducteurs parallèles, rectilignes, de longueur infinie, de section circulaire négligeable
et placés à une distance de 1 mètre l’un de l’autre dans le vide, produirait entre ces conducteurs une force
égale à 2 × 10−7 unité MKS de force [newton] par mètre de longueur.
Volt (unité de différence de potentiel et de force électromotrice) - Le volt est la différence de poten-
tiel électrique qui existe entre deux points d’un fil conducteur transportant un courant constant de 1
ampère, lorsque la puissance dissipée entre ces points est égale à 1 watt.
Ohm (unité de résistance électrique) - L’ohm est la résistance électrique qui existe entre deux points d’un
conducteur lorsqu’une différence de potentiel constante de 1 volt, appliquée entre ceux deux points,
produit, dans ce conducteur, un courant de 1 ampère, ce conducteur n’étant le siège d’aucune force
électromotrice.

Coulomb (unité de quantité d’électricité) - Le coulomb est la quantité d’électricité transportée en 1 sec-
onde par un courant de 1 ampère.
Farad (unité de capacité électrique) - Le farad est la capacité d’un condensateur électrique entre les ar-
matures duquel apparat une différence de potentiel électrique de 1 volt, lorsqu’il est chargé d’une quantité
d’électricité égale à 1 coulomb.

22
Henry (unité d’inductance électrique) - Le henry est l’inductance électrique d’un circuit fermé dans lequel
une force électromotrice de 1 volt est produite lorsque le courant électrique qui parcourt le circuit varie
uniformément à raison de 1 ampère par seconde.
Weber (unité de flux magnétique) - Le weber est le flux magnétique qui, traversant un circuit d’une seule
spire, y produirait une force électromotrice de 1 volt, si on l’amenait à zéro en 1 seconde par décroissance
uniforme.

23

Vous aimerez peut-être aussi