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D ÉCHETS

PHYTOSANITAIRES

Fiche .4.
RÉGLEMENTATION EN MATIÈ- TYPES DE DÉCHETS PHYTO-
RE DE DÉCHETS PHYTOSANI- SANITAIRES
TAIRES

Tout producteur de déchet a obli- L es déchets phytosanitaires sont


clairement définis comme étant
L es EVPP (Emballages Vides de
Produits Phytosanitaires) qui
sont par définition des emballages
gation d’en assurer l’élimination. des déchets dangereux d’après la dé- vides qui ont contenu des produits
Ainsi, l’agriculteur est responsable cision de la Commission Européenne phytosanitaires.
de l’élimination de ses déchets agri- du 3 mai 2000 transposée en droit
coles et donc a fortiori de ses déchets français par le décret n°2002-540 du Les PPNU (Produits Phytosanitaires
phytosanitaires. 18 avril 2002 relatif à la classification Non Utilisables) qui sont des produits
des déchets. Ils doivent être traités que le détenteur ne peut plus utiliser.
comme des DIS (Déchets Industriels Plusieurs raisons peuvent justifier
Spéciaux). Selon l’article L. 541-2 cette non utilisation :
du Code de l’Environnement, le dé- • emballage altéré ou ne permet-
POUR LES PRODUITS PHYTO- tenteur de ces déchets a obligation tant pas l’identification du pro-
SANITAIRES, IL EST STRICTE- d’en assurer l’élimination qui ne peut duit ;
MENT INTERDIT : être effectuée que dans des installa-
• interdiction réglementaire de
tions classées pour la protection de
• de brûler ou d’enfouir les l’utilisation du produit ;
l’environnement, autorisées pour le
bidons, traitement des DIS. • changement dans les pro-
ductions de l’exploitation ne
• de jeter les bidons aux or- permettant plus l’utilisation de
dures ménagères ou dans ces produits sur les cultures en
des décharges sauvages, place, existantes ou prévues.
L’exploitant destine ces pro-
• de déverser des déchets duits à l’abandon bien qu’ils
liquides dans le milieu na- soient encore autorisés sur
turel. d’autres cultures.

Les effluents phytosanitaires qui sont


définis comme étant :
• les fonds de cuves et fonds de
cuves dilués ;
• les eaux de nettoyage du ma-
tériel de pulvérisation (rinçage
intérieur et lavage extérieur) ;
• les effluents solides ou liquides
issus de leur traitement à l’ex-
ception des supports filtrants
tels que les charbons actifs, les
membranes et les filtres ;
• et des concentrés liquides ou
solides issus des procédés de
séparation physique.

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D ÉCHETS
PHYTOSANITAIRES

Fiche .4.
GESTION DES DÉCHETS
PHYTOSANITAIRES

LIMITER LES EVPP, PPNU FACILITER LE TRAITEMENT


ET EFFLUENTS DES DÉCHETS

LE BON DÉCHET
C’EST CELUI ü Rincer soigneusement les
EVPP (3 fois avec 1/3 du vo-
ü Acheter la bonne quantité QU’ON NE PRODUIT PAS ! lume en eau et pendant 30 s)
de produit
ü Conserver l’identification
ü Préparer la bonne quantité (PPNU)
de bouillie
ü Assurer une concentration et
un traitement préalable (ef-
fuents)

Le traitement des déchets phytosani-


taires en tant que DIS est très coûteux,
il l’est encore plus en Martinique car
en l’absence d’installation classée,
les déchets doivent être envoyés en
métropole (coût et difficulté de trans-
port par voie maritime de matières
dangereuses).

Collecter les EVPP et PPNU

Organisation à mettre en place

• Organisme maître d’oeuvre

• Partenaires financiers
et organisationnels
ADIVALOR : Agriculteurs Distribu-
• Prestataire de service teurs Industriels VALORisation

C’est la filière de gestion des déchets


phytosanitaires professionnels mise
en place par les industriels de la pro-
tection des plantes, les distributeurs
et la profession agricole.
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D ÉCHETS
PHYTOSANITAIRES

Fiche .4.
Une collecte des EVPP et PPNU est Traiter les effluents
en cours d’organisation en Martini-
que avec : Pour certains ef-
• un organisme qui assurerait la fluents seulement
maîtrise d’œuvre des opérations et sous certaines
de collecte ; conditions, l’épan-
dage à la parcelle
• ADIVALOR qui apporterait un ap-
est autorisé. Dans
pui technique, logistique, finan-
les autres cas de
cier et de communication ;
figure, les effluents
• des partenaires financiers (Conseil peuvent faire l’ob-
Régional, Office Départemental jet d’un traitement
de l’Eau, ADEME…) et admi- par des procédés
nistratifs (Service de la Protection faisant appel à des
des Végétaux) ; principes d’élimi-
• un prestataire de service qui serait nation différents.
en charge de la collecte et du con-
ditionnement des EVPP et PPNU Evaporateur (photo Syngenta)
pour envoi en métropole ou traite-
ment sur place (dans certains cas
seulement). Tableau 1 : Quelques principes de traitement des effluents phytosanitaires

Exemples Evaluation
Principe d’élimination Procédé
(non exhaustif) en Martinique

Dégradation par des bactéries naturel-


Phytobac® Pas encore testé
lement présentes dans le sol (pouvoir
(Bayer Cropscience France) en Martinique
épurateur).
Dégradation biologique
Dégradation par des bactéries aérobies
Pas encore testé
se développant au niveau du système A évaluer
en Martinique
racinaire de plantes épuratrices.
Pas encore testé
Concentration des résidus de produits Evaporateur
en Martinique
Evaporation/déshydratation phytosanitaires après évaporation des
Osmofilm Pas encore testé
molécules d’eau (effet de serre).
(Alyzée) en Martinique
Floculation – précipitation et filtration Testé en Martinique
Rétention par filtration SENTINEL
par charbon actif. (2004)

Phytobac® (photo Bayer Cropscience) Osmofilm (photo Alyzée)

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D ÉCHETS
PHYTOSANITAIRES

Fiche .4.
SENTINEL : un dispositif évalué 8 heures pour épurer 500 litres d’eau prélevée en sortie de la machine) ont
en Martinique sur les bouillies contaminée ; cela dit seulement été comparées. Les trois substances
de traitement post-récolte ba- 3 heures et demi de présence sont actives autorisées pour le traitement
nane nécessaires auprès de la machine et la fongicide en post récolte des bananes
manipulation dure 20 minutes. Ainsi, ont été prises en compte : bitertanol,
Le procédé SENTINEL a été choisi 2 cycles peuvent être réali- imazalil et thiabenda-
pour évaluation en Martinique parmi sés par jour. zole.
plusieurs dispositifs car il présentait
le meilleur taux de décontamination Les « galettes roses » issues Le taux moyen de
(99,9 %) tout en permettant de traiter du traitement et les filtres à décontamination ob-
de gros volumes (les effluents issus charbon actif sont des Dé- tenu avec le dispositif
du traitement post-récolte banane chets Industriels Spéciaux SENTINEL pour les 3
sont estimés à 4 000 m3 de bouillies/ et doivent suivre la filière matières actives analy-
an) avec des concentrations en subs- d’élimination autorisée (in- sées, est de 99,994 %,
tances actives élevées. cinération dans une installa- résultat jugé très sa-
tion classée). tisfaisant et conforme
Les essais se sont déroulés à l’habita- aux objectifs. L’eau qui
tion PROBAN à l’Ajoupa-Bouillon. en sort après un cycle
Des bouillies provenant de l’habi- Un taux moyen de décontami- d’épuration peut alors être réutilisée
tation GRADIS y ont nation des bouillies de ou rejetée dans le milieu avec un ris-
également été traitées 99,994 % que de pollution bien amoindri.
afin de tester la possi-
bilité de transporter les L’évaluation des performan-
bouillies. ces de SENTINEL réalisée
entre novembre 2003 et mars
2004 a porté sur l’épuration
Un procédé pou- d’environ 4 000 litres de
vant traiter 500 li- bouillie. Les concentrations
tres de bouillie en contaminants avant épu-
ration (dans les bouillies) et
Le procédé consiste après épuration (dans l’eau
à incorporer successivement quatre
substances minérales simples (four-
nies par le constructeur sous forme
de « packs ») à la bouillie contenue
dans le réservoir principal (1). Une
réaction de floculation – précipitation
se produit :
• l’eau clarifiée passe dans deux
filtres à charbon (2) qui achèvent
la décontamination ;
• le précipité est dirigé vers un filtre
en coton (3) qui retient les matiè-
res solides pour former « une ga-
lette rose », l’eau résiduelle qui en
sort est redirigée vers le réservoir
principal afin de subir un nouveau
cycle d’épuration.

En fonctionnement normal, il faut Figure 1 : Efficacité de SENTINEL pour la décontamination des bouillies de
traitement post-récolte banane (source : SPV)
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