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Module 7 : Technologie des PAM, des microalgues et des

champignons

Monographie d’Allium sativum


L.

Réalisée par :
 EL FADIL Meryem

Définition :
Allium sativum L. est un membre de la famille des Liliacées, a été largement reconnu comme une
épice précieuse et un remède populaire pour diverses maladies et troubles physiologiques, était
parmi les premiers exemples documentés de plantes utilisées pour le traitement des maladies et le
maintien de la santé (Shende et Gogle,2017).

Synonymes:

Allium ophioscorodon Link, Allium arenarium Sadler ex Rchb. (inval.), Allium controversum
Schrad. ex Willd., Allium longicuspis Regel, Allium pekinense Prokh (Lim, T. K. ,2015).

Noms vernaculaires:

Autour du monde Allium sativum est reconnu sous diffèrent nom vernaculaire qui peuvent être
différents au seins du même pays parmi ces noms on trouve : Garlic, Field Garlic, Poor Mans
Treacle, Wild Garlic, Ail, Ail Ordinaire, Ail Blanc, Ail Commun, Faom, Fom, Fum ,Taum,
Thoum, Tum, Thumu , Alterswurzel, Knuflauk, Knöblich, Agilo, Ajo , Alho, Gaarikku,
Chesnok, Kallik, Da Suan, Hu, Hu Suan, Suan, Ahos, Nohoru, Rosun , Lasuna, Sarımsak,
Sarımsağı, Chasnyk, Knofl ook, Vitlök Lasuna, Rosona, Yovanesta (Lim, T. K. ,2015; Alam et
al.,2016).

Description :

Allium sativum L. herbacée annuelle basse et dressée de 30–60 cm de haut avec une bulbe
solitaire globuleux à largement ovoïde déprimé atteignant 6 cm de diamètre composé de
plusieurs bulbilles. Le bulbe est arrondi, composé d'environ 15 bulbes plus petits appelés
bulbilles. Les bulbilles et les bulbes sont recouverts d'une tunique fine blanchâtre ou rosâtre. La
vraie tige est très réduite à un disque basal à la base du bulbe. Le pseudo-tronc est formé par les
bases enveloppantes des feuilles. Les feuilles sont au nombre de quatre à douze, longues feuilles
en forme linéaire. L’inflorescence est sous forme d’une ombelle de 25 cm de longueur, avec des
fleurs pétiolées proviennent d'un point commun on parle. Les fleurs sont blanches verdâtre ou
rosâtre avec six segments de périanthe (sépales et pétales) d'environ 3 mm de long. Les fleurs
avortent généralement avant le fruit. Les graines ont environ la moitié de la taille avec une
couche noire (Shende et Gogle,2017 ; Gambogou et al., 2019).

Matériel végétal d’intérêt :


Apparence générale : Le médicament se présente sous forme de bulbe ou de bulbille , la bulbe
est sub-globulaire, de 4 à 6 cm de diamètre, composé de 8 à 20 bulbilles , entouré de 3 à 5
écailles membraneuses papyracées blanchâtres attachées à une courte tige ligneuse en forme de
disque ayant de nombreuses radicelles filiformes sur la face inférieure; chaque bulbille est
irrégulièrement ovoïde, se rétrécissant à l'extrémité supérieure avec une surface dorsale convexe,
de 2-3 cm de long, de 0,5 à 0,8 cm de large, chacune entourée de deux très fines écailles
blanchâtres et cassantes ayant 2-3 feuilles vert jaunâtre contenues dans deux bases feuilles
modifiées ou écailles blanchâtre et charnue (Chanda, S. et al.,2011).

 Propriétés organoleptiques : le nom latin Allium désignait les plantes à l’odeur forte et un goût
prononcé due aux deux molécules volatiles L’alliine et l’allicine qui sont responsables de la
mauvaise haleine après consommation de l’ail cru, de ses effets piquants et de son arôme épicé
(Mercier-Fichaux, B., 2016).

Caractéristiques microscopiques : Une gousse de bulbe présente un contour tri à tétra


angulaire. Elle se compose d'un épiderme externe, suivi d'une couche de cristaux hypodermique,
d'un mésophylle constitué par des cellules du parenchyme et d'un épiderme interne. L’épiderme
externe et interne se compose de cellules sub-rectangulaires et l’hypoderme est constitué de
cellules comprimées, irrégulières, allongées tangentiellement, chaque cellule ayant de gros
cristaux prismatiques d'oxalate de calcium, tandis que de nombreuses cellules contiennent
également de petits cristaux prismatiques. Le mésophylle a plusieurs couches de cellules
parenchymateuses ayant quelques tissus vasculaires avec des vaisseaux spiralés. L’épiderme
interne semblable à l'épiderme externe sauf que l’épiderme externe composé de cellules
sclérenchymateuses. En vue de surface, les cellules de l'épiderme externe sont allongées, étroites
avec une paroi poreuse (stomate) mince tandis que la paroi de l'épiderme interne est non poreuse.
L’échelle interne montre des cellules nettement sclérenchymateuses avec des parois très
épaissies et une lumière très étroite, les cellules de la couche cristalline hypodermique un peu
plus petites avec des parois plus fréquemment piquées et la taille des cristaux est également plus
petite (Chanda, S. et al.,2011).

Matériel végétal sous forme de poudre : Les bulbilles sont déshydratées et en poudre. La
poudre a la même composition chimique et la même activité pharmacologique sauf qu'elle n'a
pas d'allicine, le principe piquant (Shah, N. C.,2014).
Distribution géographique :

A. sativum est originaire de l'Asie Centrale, mais cultivé maintenant dans de nombreuses parties
du monde, notamment en Europe, en Afrique du Nord et Ouest, en Asie et en Amérique du Nord
(Gambogou et al., 2019).

Tests d’identité généraux :

Les caractéristiques macroscopiques sont examinées par étude botanique et les caractéristiques
microscopiques sont effectuer par des études microscopiques des parties de la plante et les
analyses chimiques comme la chromatographie sont utilisées pour identifier les divers
composants chimiques (Nuevo, P. A., et Bautista, O. K. 2001 ; Lanzotti, V.,2006).

Test de pureté :

Matières étrangères : Pas plus que 2% (Chanda, S. et al.,2011).

Cendres totales : Pas plus que 4% (Chanda, S. et al.,2011).

Cendres insolubles dans l'acide : Pas plus que 1% (Chanda, S. et al.,2011).

Extractive soluble dans l'alcool : Pas moins que 2.5% (Chanda, S. et al.,2011).

Perte au séchage : Pas moins que 60% (Chanda, S. et al.,2011).

Métaux-lourds : Le cadmium (Cd2) peut inhiber de manière significative (P <0,005) la


croissance racinaire de l'ail uniquement au-dessus de 10-3 M. Mais il a un effet stimulant sur la
longueur des racines à des concentrations plus faibles que 10-6 ± 10-5 M (P <0,005). (Jiang et
al., 2001) Si la concentration en cobalt et cuivre est de 0.25mM, les teneurs en chlorophylle et en
caroténoïdes sont significativement faibles. Il est possible de conclure que le cobalt, le cuivre et
le cadmium sont des facteurs de stress importants pour l'ail. (Soudek et al., 2011)

Les insecticides : Le traitement avec 10-160 ppm de carbofuran a montré une réduction
dépendante de la concentration de la croissance des racines d'Allium sativum ainsi que des
changements morphologiques tels que le recourbement, le brunissement et la raideur des racines
à des concentrations plus élevées (c.-à-d. 80 et 160 ppm) (Saxena et al., 2010)

Analyse chimique :
Pour effectuer des analyses chimiques diffèrent méthodes quantitative et qualitative sont utilisées
comme des analyses spectrométrique, la chromatographie liquide à haute performance, la
chromatographie en phase gazeuse couplées à la spectrométrie de masse et des analyses
quantitative GC-MS. Ces analyses détectent la présence des thiosulfates comme l’allicine dans le
matériel végétal sous diffèrent formes (Lanzotti, V.,2006).

Principaux constituants chimiques :

Allium sativum contient au moins 33 composés soufrés, plusieurs enzymes, 17 acides aminés et
des minéraux tels que le sélénium. L’ail contient une concentration plus élevée de composés
soufrés. Y compris les ajoènes (E-ajoene, Z-ajoene), les thiosulfinates (allicine), les
vinyldithiines (2-vinyl- (4H) -1,3-dithiine, 3-vinyl- (4H) -1,2-dithiine), sulfures (disulfure de
diallyle (DADS), trisulfure de diallyle (DATS)) et d'autres qui représentaient 82% de la teneur
totale en soufre de l'ail. L'alliine est le principal sulfoxyde de cystéine est transformé en allicine
par l'enzyme allinase après avoir coupé l'ail et décomposé le parenchyme. Le S-propyl-cystéine-
sulfoxyde (PCSO), l'allicine et le S-méthyl cystéine-sulfoxyde (MCSO) sont les principales
molécules odoriférantes des homogénats d'ail fraîchement moulus. Le PCSO peut produire plus
de cinquante métabolites en fonction de la teneur en eau et de la température ainsi que de
l'enzyme allinase qui peut agir sur le mélange de MCSO, PCSO et alliine pour produire d'autres
molécules, telles que les thiosulfinates d'allylméthane, le méthanethiosulfonate de méthyle et
d'autres thiosulfinates correspondants (RSS-R0), par lequel R et R0 sont des groupes allyle,
propyle et méthyle. Les sulfoxydes de S-alk (en) yl-l-cystéine sont les métabolites secondaires
obtenus à partir de la cystéine qui s'accumulent dans les plantes du genre Allium. Les
formulations d'ail se composent de plusieurs composés organosulfurés, la N acétylcystéine
(NAC), la S-allyl-cystéine (SAC) et la S-ally-mercapto cystéine (SAMC), qui sont dérivés de
l'alliine. En particulier, le SAC a des capacités antioxydantes, anti-inflammatoires, redox
régulées, pro énergétiques, antiapoptotiques et de signalisation, tandis que SAMC montre une
activité anticancéreuse en empêchant la multiplication des cellules cancéreuses. L'allicine (allyl
thiosulfinate) est un thioester d'acide sulfénique et son effet pharmacologique est attribué à son
activité antioxydante ainsi qu'à son interaction avec les protéines contenant du thiol. Dans la
biosynthèse de l'allicine, la cystéine est transformée en alliine hydrolysée par l'enzyme allinase.
Cette enzyme composée de phosphate de pyridoxal (PLP) qui divise l'alliine et produit de
l'ammonium, du pyruvate et de l'acide allylsulfénique qui sont très réactifs et instables à
température ambiante, où deux molécules ont été combinées pour former l'allicine (El-Saber B et
al., 2020).

Tableau 1 :la structure chimique de quelques composées sulfuriques isolé à partir d’Allium
Sativum (El-Saber B et al., 2020).

Les usages médicaux :

Utilisations appuyées par des données cliniques : Généralement, en médecine, l’ail est
mentionné comme un remède du cancer et de la tuberculose, mais il est principalement
mentionné comme un remède contre i. Athérosclérose (une maladie cardiovasculaire dans
laquelle les plaques graisseuses s'accumulent dans les artères et obstruent le flux sanguin en
réduisant le cholestérol et les triglycérides dans le sang) et hypertension artérielle, ii. Renforce le
système immunitaire, iii. Inhibe ou tue un large éventail de microbes, iv. Actif contre les virus
qui causent le rhume et v. L’hyperglycémie (Shah, N. C.,2014).
Utilisations décrites dans les pharmacopées et dans les systèmes de médecines
traditionnelles : l'ail a été utilisé en médecine traditionnelle pour traiter l'indigestion, les
infections des voies respiratoires et urinaires et les troubles cardiaques et il a montré des effets
carminatifs, antipyrétiques, sédatifs, aphrodisiaques et diurétiques (El-Saber B et al., 2020).

Utilisations décrites en médecine traditionnel non supporté par des données expérimentales
ou clinique : L'ail est utilisé depuis longtemps dans plusieurs civilisations pour le traitement de
certaines maladies par exemple : i. A l’Egypte l’ail était censé être utile pour les flatulences, les
problèmes digestifs, la constipation et les hémorroïdes. Au Nigeria et en Afrique du Sud pris
comme aphrodisiaque, tonique, antipyrétique, analgésique, antirhumatismal et hypotenseur, ii.
En Europe L'extrait d'ail est utilisé comme agent anthelminthique et hypotenseur. Son extrait
d'eau chaude est pris par voie orale pour la prévention de l'amibiase et du diabète. L'ail est
également utilisé pour réduire le risque d'athérosclérose, iii. Dans les pays d'Asie d'Est, l'ail frais
est pris par voie orale pour le traitement de l'hypertension artérielle. L'extrait d’ail est utilisé
comme sédatif, contre la fièvre, les douleurs thoraciques et l'épilepsie, iv. En Chine, l'eau chaude
d'ail est utilisée par voie orale comme aphrodisiaque, anthelminthique, diurétique et pour le
traitement de l'hypertension, de l'asthme et de l’aménorrhée, v. En médecine traditionnelle perse.
L'ail est utilisé par voie orale comme diurétique, anticoagulant, emménagogue, anthelminthique,
aphrodisiaque, et surtout lorsqu'il est cuit avec du vinaigre, est utilisé comme antitoxine et
immunomodulateur, vi. En Inde Le jus d'ail frais avec d'autres plantes en association est pris par
voie orale comme abortif. La bulbe d'ail ou les graines séchées dans un extrait d'eau chaude est
pris comme emménagogue et anthelminthique vii. Les Antillais utilisent l'ail frais par voie orale
pour les infections et les maladies respiratoires, telles que la tuberculose. Une décoction d'ail
séché est prise pour le traitement de la diarrhée et des infections respiratoires et urinaires
(Memariani, Z. et al., 2020).

Pharmacologie :

Parmi les composants qui ont été identifiés dans l’ail, les composés soufrés sont les plus
intéressants d’un point de vue pharmacologique. Allicine a éprouvé une activité antibiotique.
Ainsi, les composés contenant du soufre sont signalés pour abaisser les lipides sériques, diminuer
les agrégations plaquettaires et des effets anticancéreux et antioxydants (Aviello et al., 2009).

Effets sur l'athérogènes et le métabolisme lipidique : Le cholestérol aide à maintenir l'intégrité


des cellules et lance la production d'acides biliaires qui traitent les graisses dans l'intestin afin
qu'ils puissent être absorbés dans le sang. L'effet de l'ail et de ses composants sur le cholestérol et
la biosynthèse des acides gras a été documentée. Des études in vitro avec les hépatocytes de rat,
ont identifié les étapes de la biosynthèse du cholestérol qui sont modifiés par l'ail et ses
constituants. Ces effets sont basés sur l'inactivation des enzymes impliquées dans la synthèse des
lipides, telles que la HMG CoA réductase, la lanostérol-14-déméthylase et squalène
monooxygénase. Certaines études ont également signalé une réduction des dépôts lipidiques
aortiques et lésions athéromateuses par l’ail chez des lapins nourris avec un régime riche en
graisses (Aviello et al., 2009).

Effets sur la fibrinolyse, l'agrégation plaquettaire et résistance vasculaire : Les effets de l'ail et
de ses dérivés sur la fibrinolyse, l'agrégation plaquettaire et la pression artérielle est bien
documentée à la fois dans des études in vitro et in vivo. L'effet antihypertenseur de l'ail est en
partie dû à l’action vasodilatatrice directe de ses composés soufrés. Ces substances agissent
comme des ouvre-canaux potassiques et moduler la production et la fonction de facteurs
relaxants et contractants des cellules endothéliales (Aviello et al., 2009).

L'effet inhibiteur de l'ail sur l'agrégation plaquettaire et son effet activateur sur la fibrinolyse
sont bien documentés dans plusieurs études animales. La plupart d'entre eux montrent que les
préparations à base d'ail, l'allicine et l'ajoène, inhibent l'agrégation plaquettaire humaine causée
par plusieurs inducteurs (ADP, collagène, acide arachidonique, adrénaline et ionophore calcique
A23187) (Aviello et al., 2009).

Effets cardioprotecteurs et antioxydants : Plusieurs études expérimentales suggèrent qu'une


consommation élevée des fruits et légumes, en particulier l'ail, est efficace dans la prévention et
le traitement de l'athérosclérose et d'autres facteurs de risque de maladies cardiovasculaires
(Aviello et al., 2009).
Les effets antioxydants de l'ail pourraient être intéressants par rapport aux propriétés anti-
athérosclérotiques. Ces effets ont été documentés in vitro sur des granulocytes humains (Aviello
et al., 2009).

Des études in vivo, ont également montré une réduction de la peroxydation des lipides
hépatiques et l’inhibition de la peroxydation des lipides mitochondriaux induite par l’éthanol
chez les animaux nourris avec de l’huile d’ail (Aviello et al., 2009).

Effets sur la cancérogenèse : Il a été documenté que les tumeurs induites par des agents
cancérigènes peuvent être inhibées par les préparations à base d’ail et ses constituants (par
exemple, S-allylcystéine, diallyle disulfure, diallyle-trisulfure, diallyle-sulfide) (Aviello et al.,
2009).

L'activité antinéoplasique de l'ail et de ses constituants peut être due à des mécanismes
multidirectionnels, tels que le blocage de la prolifération cellulaire, l'induction de l'apoptose,
l'inhibition de la formation d'adduits d'ADN induits par un cancérogène (Aviello et al., 2009).

Les composés soufrés sont considérés être les principaux responsables de l'effet protecteur contre
le cancer. Cependant, les propriétés anticancéreuses sont également attribuées à d'autres
constituants de l'ail, y compris le sélénium, vitamine A et C, arginine et fructo-oligosaccharides
(Aviello et al., 2009).

Effets hypertenseurs : Des méta-analyses a montré que l'ail ne réduisait la tension artérielle que
chez les patients présentant une pression artérielle systolique élevée. Il a réduit la pression
artérielle systolique de 16,3 mm Hg (intervalle de confiance à 95% 6,2 à 26,5) et la pression
artérielle diastolique de 9,3 mm Hg (intervalle de confiance à 95% 5,3 à 13,3) (Paudel et al.,
2014).

Effet neuroprotecteur : Les données d'une étude animale ont montré que l'allicine peut
provoquer une neuroprotection dans les lésions de reperfusion d'ischémie de la moelle épinière
en améliorant la fonction mitochondriale (Paudel, k.R., 2014).

Effet antidiabétique : l’ail agit comme un sécrétagogue de l’insuline chez les rats diabétiques, il
est capable de réduire la glycémie chez les souris, les rats et les lapins diabétiques. La propriété
de réduction de la glycémie de l’alliine (200 mg/kg) chez les rats est presque identique à celle du
glibenclamide et de l’insuline. L’effet antioxydant de l’alliine peut également être responsable de
son effet bénéfique sur le diabète (Chanda, S. et al.,2011).

Activités antibactériennes : L'activité antimicrobienne de l'ail est attribuée à l'activité de


l'allicine qui a été signalée contre une grande variété de micro-organismes, y compris les
bactéries résistantes aux antibiotiques, à Gram positif et à Gram négatif telles que Escherichia
coli, Staphylococcus aureus, Pseudomonas aeruginosa, Streptococcus (El-Saber B et al., 2020).

Il a été rapporté que divers extraits d'ail (extraits aqueux, chloroformes, méthanoliques et
éthanoliques) inhibent la croissance de plusieurs bactéries pathogènes avec différents degrés de
sensibilité (El-Saber B et al., 2020).

Encore plus, les extraits d'ail ont empêché la croissance de souches d'E. Coli entérotoxinogènes
et d'autres bactéries intestinales pathogènes, qui sont la principale cause de diarrhée chez
l'homme et l'animal (El-Saber B et al., 2020).

Activités antifongiques : Les extraits d'ail ont montré un effet fongicide à large spectre contre
un large éventail de champignons, dont Candida, Torulopsis, Trichophyton, Cryptococcus.
Récemment, un extrait d'ail s'est révélé inhiber la germination ainsi que la croissance de
Meyerozyma guilliermondii et Rhodotorula mucilaginosa (El-Saber B et al., 2020).

Des extraits d’Allium sativum, à savoir de l'éther aqueux, extraits éthanoliques, extraits
méthanoliques et de pétrole ont montré une réaction contre des champignons pathogènes
humains tels que Trichophyton verrucosum, T. mentagrophytes, T. rubrum, Botrytis cinerea, les
espèces Candida, Epidermophyton floccosum, Aspergillus niger et Penicillium expansum (El-
Saber B et al., 2020).

L'extrait d'ail a agi en affectant la paroi cellulaire fongique et en provoquant des changements
ultra-structuraux irréversibles dans les cellules fongiques, ce qui entraîne une perte d'intégrité
structurelle et affecte la capacité de germination (El-Saber B et al., 2020).

L’allicine et l'huile d'ail ont montré des effets antifongiques puissants contre Candida albicans,
Ascosphaera apisin, et ils ont agi en pénétrant la membrane cellulaire ainsi que les membranes
d'organes comme les mitochondries et conduisant à la destruction des organites et ensuite à la
mort cellulaire (El-Saber B et al., 2020).
Activités antivirales : Un essai clinique a montré que la consommation régulière d'ail peut
diminuer la prévalence du rhume. Cependant, cette conclusion n'est pas concluante et nécessite
plus d'études (Paudel, k.R., 2014).

En 2020, ils ont effectué des expériences qui ont montré que l’activité antivirale des extraits d'ail
est efficace contre la grippe B, le rhinovirus humain de type 2, le virus de la vaccine et le virus
de la stomatite vésiculeuse (El-Saber B et al., 2020).

L'expérience in vivo a montré l'activité antivirale de l'extrait d'ail et ils ont rapporté que l'ail a
montré une activité protectrice contre les virus de la grippe en améliorant la production
d'anticorps neutralisants lorsqu'ils sont administrés aux souris et cette activité était basée sur la
présence de plusieurs composés phytochimiques, à savoir l'ajoène, l'allicine, l'allyle le
thiosulfinate de méthyle et le thiosulfinate d'allyle de méthyle (El-Saber B et al., 2020).

Figure1. Représentation schématique de différentes activités pharmacologiques de l’ail (Allium


sativum) et leurs mécanismes. (El-Saber B et al., 2020)

Avertissement :
En usage externe, l’ail peut provoquer de sévères brûlures cutanées. Et son usage à des doses
trop élevées dans un but thérapeutique est déconseillé durant la grossesse (Colin, L. 2016).

Précautions :
Interaction avec d’autre drogues : Il est préférable d'éviter l'ail cru pour les patients sous
traitement anticoagulant et / ou antiplaquettaire (warfarine, aspirine, clopidogrel, ticlopidine,
etc.) et en cas d’utilisation de plantes anticoagulants ou hypoglycémiants ainsi qu’il est
recommandé aux personnes qui utilisent des suppléments à base de l’ail d’éviter la
consommation une semaine avant toutes intervention chirurgicale (Paudel, K. R.,2014).

En cas de grossesse : L'ail en grande quantité doit être éliminé du régime alimentaire des
femmes enceintes et des mères allaitantes car il peut avoir un effet néfaste sur la neurogenèse
hippocampique et les fonctions neurocognitives (Majewski, M.,2014).

En cas d’allaitement : Le goût du l’ail est transmis par le lait maternel auquel il communique un
goût piquant, pouvant avoir une incidence sur l’appétit et la digestion du bébé, il pourrait même
provoquer des colites (Mercier-Fichaux, B., 2016).
Autres réactions : L'ail doit également être évité par les personnes sujettes à des problèmes
d'estomac, tels que les ulcères, car il peut aggraver la maladie (Chanda, S. et al.,2011).

Effets indésirables :

Bien que l’administration des aliments et dogues des États-Unis (FDA) considère que l'ail est
sans danger pour l'homme, mais en réalité il peut provoquer une agitation gastrique, en
particulier s'il est ingéré à fortes doses par des personnes sensibles. Pour évaluer l'innocuité de
l'ail, des essais contrôlés randomisés ont été effectués. (EL-Saber.B et al.,2020)

Quelques exemples des EI :

 L'ingestion d'ail cru à fortes doses à jeun peut induire des modifications de la flore
intestinale (EL-Saber.B et al.,2020).
 Des brûlures ont été observées pour les applications locales de l'ail (EL-Saber.B et
al.,2020).
 L'ail peut provoquer une haleine malodorante ou une odeur corporelle (Borrelli et al.,
2007).
 Réactions allergiques par le disulfure de diallyle ou allylpropyl sulfide and allicine
(Borrelli et al.,2007).
 Manifestations cutanées (Borrelli et al., 2007).
 Altérations de la coagulation (Borrelli et al., 2007).
 Autres (effets hypotenseurs, infarctus du myocarde) (Borrelli et al.,2007).

Des expériences in vivo ont révélé qu'une alimentation prolongée d'ail cru à fortes doses
entraînait une perte de poids et une anémie due à la lyse des globules rouges (EL-Saber.B et
al.,2020).
Des études cliniques ont indiqué que de faibles doses d'ail sont sans danger, tandis que des
doses thérapeutiques peuvent provoquer de légers troubles gastro-intestinaux, tandis que des
doses élevées auraient provoqué des lésions hépatiques (EL-Saber.B et al.,2020).

Préparation :

L’ail peut être utilisé par diffère méthodes, à savoir la poudre d’ail, l’huile d’ail et extrait d'ail
vieilli (Aviello et al., 2009).

Posologie :

Généralement la dose quotidienne recommander par l'OMS pour les adultes est de : 2 à 5 g
d'ail frais (environ une gousse), 0,4 à 1,2 g de poudre d'ail séchée, de 2 à 5 mg d'huile d'ail, de
300 à 1 000 mg d'extrait d'ail ou d'autres formulations équivalentes à 2 à 5 mg d'allicine
(Chanda, S. et al.,2011).

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