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OPINIONS • TRIBUNES

« Que les décideurs politiques ouvrent le débat sur


l’effondrement de la société pour que nous puissions
commencer à nous y préparer »

TRIBUNE

Collectif

Un débat public sur cette menace de l’effondrement est indispensable afin de pouvoir en
réduire la probabilité, la rapidité, la gravité et les dommages infligés aux plus vulnérables
comme à la nature, relève dans une tribune au « Monde » un collectif de plus de 400
scientifiques d’une vingtaine de pays.

Publié le 10 décembre 2020 à 14h44 - Mis à jour le 11 décembre 2020 à 08h31 | Lecture 3 min.

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Tribune. Nous sommes des scientifiques et universitaires de plus de vingt pays et nous appelons les
décideurs politiques à s’engager ouvertement face au risque de bouleversements, voire
d’effondrement, de nos sociétés. Cinq ans après l’accord de Paris de 2015 sur le climat, nous n’avons
pas réussi à réduire nos émissions de carbone, et nous devons maintenant faire face aux
conséquences.

S’il est essentiel d’agir avec courage et équité pour réduire les émissions et réabsorber naturellement
du carbone, nombreux sont les chercheurs qui considèrent désormais l’effondrement de la société au
cours de ce siècle comme un scénario crédible. Les avis diffèrent sur le lieu, l’étendue, la date, la durée
et la cause de ces bouleversements ; mais la manière dont les sociétés modernes exploitent les
hommes et la nature est une préoccupation commune à tous.

Lire aussi | Claire Gerardin: Le low-tech, pour « vivre mieux avec moins »

Il faut que les décideurs politiques ouvrent le débat sur cette menace d’effondrement de la société
pour que nous puissions commencer à nous y préparer et à en réduire la probabilité, la rapidité, la
gravité et les dommages infligés aux plus vulnérables et à la nature. Les armées de plusieurs pays
considèrent déjà l’effondrement comme un scénario crédible, nécessitant une planification.

Un sujet qui n’est pas traité équitablement dans les médias

Des enquêtes publiques montrent qu’une partie importante des populations anticipent désormais
l’effondrement de la société. Malheureusement, c’est déjà le quotidien ou même l’histoire de
nombreuses communautés du Sud. Cependant, le sujet n’est pas traité équitablement dans les
médias, et est largement absent de la société civile et de la politique.

Lorsque les médias abordent le thème du risque d’effondrement, ils citent généralement des
personnes qui jugent négativement le fait de discuter de ce sujet. Les spéculations fondées sur de
mauvaises informations, comme celles citant des campagnes de désinformation venant de l’étranger
ou des répercussions sur la santé mentale et la motivation, ne favorisent pas une discussion sérieuse.

Lire aussi | Christian Brodhag : « Rapprocher science et démocratie pour relever le défi
écologique »

De telles affirmations ne tiennent pas compte des milliers de militants et de représentants des
mouvements citoyens qui anticipent l’effondrement comme une motivation supplémentaire pour
demander des changements sur le climat, l’écologie et la justice sociale. On ne devrait pas décourager
les citoyens qui se préoccupent des questions environnementales et humanitaires de débattre des
risques de bouleversement ou d’effondrement de la société, car alors on s’expose à laisser des acteurs
moins soucieux de ces valeurs dominer le débat.
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