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NE

Cours de Mathématiques
MPSI
Lycée Montaigne 2016-17

AIG
P1
z

P2
NT
y

x
MO

©Fradin Patrick – http://mpsi.tuxfamily.org


NE
Chapitre 1

Éléments de logique

Sommaire
I Notions ensemblistes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1

AIG
1) Vocabulaire lié aux ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 1
2) Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
II Notions de logique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
1) Propositions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 3
2) Connecteurs logiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
3) Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 4
4) Quantificateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 5
5) Retour sur les ensembles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
III Le raisonnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
1) Raisonnement par l’absurde . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
2) Raisonnement par analyse-synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
3) Démontrer une implication . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
4) L’équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 8
5) La récurrence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
NT
IV Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10

I NOTIONS ENSEMBLISTES

1) Vocabulaire lié aux ensembles


Nous ne définirons pas rigoureusement la notion d’ensemble, celle-ci sera considérée comme intuitive.
Nous nous contenterons de la « définition » suivante :

Définition 1.1
Un ensemble E est une collection d’objets 1 , ceux-ci sont appelés éléments de E. Si x est un élément
MO

de E on écrira x ∈ E (se lit « x appartient à E »), dans le cas contraire on écrira x ∉ E. Si E n’a pas
d’éléments on dira que c’est l’ensemble vide et on le notera ∅. Deux ensembles E et F sont dits égaux
si et seulement si ils ont les mêmes éléments, on écrira alors E = F.

ZExemples :
– Les ensembles de nombres : N, Z, D, Q, R, C.
– L’ensemble des fonctions de R dans R : F (R, R).
– Ensembles définis en extension, comme : E = {1; 8; 6; 2} (éléments non ordonnés et devant apparaître
une seule fois dans la liste).
– Ensembles définis en compréhension, comme : E = {2k + 1 | k ∈ Z}.

1. Cependant toute collection d’objets ne constitue pas forcément un ensemble. Par exemple, le paradoxe de Bertrand Russel
a montré que l’ensemble des ensembles ne peut pas exister, sinon, la considération de l’ensemble y = {x | x ∉ x} conduit à une
absurdité.

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Notions ensemblistes Chapitre 1 : Éléments de logique

Définition 1.2
Soient A et B deux ensembles :
– L’inclusion : on dit que A est inclus dans B tous les éléments de A sont également éléments de B,
notation : A ⊂ B.
– Ensemble des parties : si A est inclus dans B, on dit que A est une partie de B. L’ensemble des

NE
parties de B est noté P (B), donc écrire « A ⊂ E » revient à écrire « A ∈ P (B) ». Par exemple, l’ensemble
vide et B sont des parties de B, donc ∅ ∈ P (B) et B ∈ P (B).
– La réunion : on note A ∪ B (se lit « A union B »), l’ensemble que l’on obtient en regroupant les
éléments de A avec ceux de B, par exemple {2k + 1 | k ∈ Z} ∪ {2n | n ∈ Z} = Z.
– L’intersection : on note A ∩ B (se lit « A inter B »), l’ensemble des éléments communs à A et B.
Par exemple N ∩ Z∗ = N∗ . On dit que deux ensembles sont disjoints lorsque leur intersection est
l’ensemble vide.
– La différence : on note A \ B (se lit « A moins B »), l’ensemble des éléments qui sont dans A mais pas
dans B. Par exemple, R+ = R\] − ∞; 0[.
– Le complémentaire d’une partie : lorsque A est une partie de B, la différence B \ A est appelé com-
plémentaire de A dans B, noté CB (A) (ou bien A). Par exemple R \ Q est l’ensemble des irrationnels.

AIG
– Le produit cartésien : le produit cartésien de A par ¯ B est l’ensemble des couples (x; y) avec x ∈ A et
© ª
y ∈ B, on le note A × B, c’est à dire A × B = (x; y) ¯ x ∈ E, y ∈ F . On rappelle que (x; y) = (a; b) si et
seulement si x = a et y = b. Attention à ne pas confondre un couple avec une paire (ensemble à
deux éléments), par exemple : {1; 2} = {2; 1}, mais (1; 2) 6= (2; 1).

B A B

A
NT
A⊂B A 6⊂ B

A B A B
MO

A∪B A∩B

A B B
A

A\B CB (A)

FExercice 1.1 Décrire P (E) lorsque E = {1; 2; 3}.


Remarque 1.1 :
– Dire que deux ensembles A et B sont égaux, revient à dire que A est inclus dans B, et que B est inclus
dans A. Donc démontrer une égalité entre deux ensembles, peut se faire en démontrant une double

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Notions de logique Chapitre 1 : Éléments de logique

inclusion.
– Le produit cartésien se généralise à trois ensembles ou plus généralement à n ensembles :

E1 × · · · × En = {(x 1 , . . . , x n ) | x 1 ∈ E1 , . . . , x n ∈ En }

Lorsque tous les ensembles sont égaux au même ensemble E, on note E × · · · × E = En (ensemble des

NE
n-listes, ou n-uplets d’éléments de E).

2) Propriétés

Théorème 1.1 (Propriétés de la réunion et de l’intersection)


Soient A, B et C trois ensembles, on a A∪(B∩C) = (A∪B)∩(A∪C). C’est la distributivité de la réunion
sur l’intersection.
De même, on a A ∩ (B ∪ C) = (A ∩ B) ∪ (A ∩ C). C’est la distributivité de l’intersection sur la réunion.

Preuve : Ceci sera démontré un peu plus loin. 

AIG
Théorème 1.2 (Propriétés du complémentaire)
Si A et B sont deux parties d’un ensemble E :
– A ∪ CE (A) = E.
– CE (E) = ∅, CE (∅) = E.
– CE (CE (A)) = A.
– CE (A ∪ B) = CE (A) ∩ CE (B) (loi de De Morgan 2 ).
– CE (A ∩ B) = CE (A) ∪ CE (B) (2e loi de De Morgan).

Preuve : Ceci sera démontré un peu plus loin. 

II NOTIONS DE LOGIQUE

1) Propositions
NT
Nous nous contenterons de la « définition » suivante :

Définition 1.3 (Proposition)


Une proposition est une phrase (ou assertion) qui a un sens mathématique et qui est soit vraie soit
fausse 3 . On dira qu’une proposition n’a que deux valeurs de vérité : vraie (notée V) et fausse (notée F).
Si P désigne une assertion, on notera ¬P sa négation (lire « non P »).

ZExemples :
– « 2 est un entier pair » est une proposition vraie.
– « 3 est un entier pair » est une proposition fausse.
– « n est un entier pair » n’est pas une proposition car sa valeur de vérité dépend de la valeur de n, un telle
phrase est appelée prédicat portant sur la variable n à valeurs dans Z, on pourrait noter ce prédicat
MO

P(n) par exemple.


– Si A et B désignent deux ensembles, alors la phrase A ⊂ B est une proposition (tous les éléments de A
sont éléments de B). Sa négation s’écrit A 6⊂ B (un élément de A n’est pas forcément un élément de B).
Si P est une proposition, la valeur de vérité de ¬P se déduit de celle de P conformément à la table de
vérité suivante :
P ¬P
V F
F V

Par convention :
Dans les raisonnements mathématiques on n’écrit que des propositions vraies. Si P est une proposition,
au lieu d’écrire « P est vraie », on écrit plus simplement « P », et au lieu d’écrire « P est fausse », on écrit plus
simplement « ¬P », c’est à dire la négation.
2. DE MORGAN Augustus (1806 – 1871) logicien anglais.
3. Il ne doit pas y avoir d’autre alternative selon le principe du tiers exclu.

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Notions de logique Chapitre 1 : Éléments de logique

2) Connecteurs logiques
Ceux-ci permettent de relier deux propositions pour en donner une troisième.

Définition 1.4 (conjonction, disjonction inclusive)

NE
Soient P et Q deux propositions. On dit que :
• la proposition « P ∧ Q » (lire « P et Q ») est vraie lorsque les deux propositions le sont simultanément,
sinon on dira qu’elle fausse.
• la proposition « P ∨ Q » (lire « P ou Q ») est vraie lorsqu’au moins une des deux propositions est vraie
(voire les deux), sinon on dira qu’elle fausse.

P Q P∧Q P∨Q
V V V V
V F F V
F V F V
F F F F

AIG
Définition 1.5 (implication, équivalence)
Soient P et Q deux propositions. On dit que :
• la proposition « P =⇒ Q » (lire « P implication Q ») est fausse lorsque P est vraie mais pas Q.
• la proposition « P ⇐⇒ Q » (lire « P équivalence Q ») est vraie lorsque les deux propositions ont la
même valeur de vérité.

P
V
V
Q
V
F
P =⇒ Q
V
F
P ⇐⇒ Q
V
F
F V V F
F F V V
NT
ZExemples :
– La proposition « (2 est pair) =⇒ (3 est impair) » est vraie.
– La proposition « (2 est impair) =⇒ (3 est pair) » est vraie 4 .
– La proposition « (2 est pair) =⇒ (3 est pair) » est fausse.
– La proposition « (2 est impair) ⇐⇒ (3 est pair) » est vraie.

Définition 1.6 (implique, équivaut)


Soient P et Q deux propositions.
• Lorsque la proposition « P =⇒ Q » est vraie on dit « P implique Q » (ou « si P alors Q »).
• Lorsque la proposition « P ⇐⇒ Q » est vraie on dit que « P équivaut à Q » (ou « P est équivalent à Q »
ou encore « P si et seulement si Q »).
MO

Principe de déduction
Soient P et Q deux propositions, si on sait que P implique Q, et que P est vraie, alors on a forcément Q
vraie d’après la définition de l’implication. C’est le principe de déduction 5 .

3) Propriétés
Maintenant que nous savons ce que sont des propositions équivalentes, nous allons pouvoir établir les
propriétés suivantes :

4. Ceci peut paraître surprenant au premier abord, mais nous verrons qu’en écrivant la négation cela devient évident.
5. Par contre, si P implique Q, et que P est fausse, alors on ne peut rien dire de Q.

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Notions de logique Chapitre 1 : Éléments de logique

Théorème 1.3
Soient P et Q deux propositions :
– La proposition « ¬¬P » est équivalente à « P ».
– La proposition « ¬(P ∧ Q) » est équivalente à « (¬P) ∨ (¬Q) » (1re loi de De Morgan).

NE
– La proposition « ¬(P ∨ Q) » est équivalente à « (¬P) ∧ (¬Q) » (2e loi de De Morgan).
– L’implication « P =⇒ Q » est équivalente à « (¬P) ∨ Q ».
– La proposition « ¬(P =⇒ Q) » est équivalente à « P ∧ (¬Q) ».
– La proposition « P ⇐⇒ Q » est équivalente à « (P =⇒ Q) ∧ (Q =⇒ P) ».
– La proposition « P ⇐⇒ Q » est équivalente à « (¬P) ⇐⇒ (¬Q) ».

Preuve : La première propriété est évidente. Les autres se montrent avec une table de vérité (à compléter en exercice) :

P Q ¬(P ∧ Q) (¬P) ∨ (¬Q) ¬(P ∨ Q) (¬P) ∧ (¬Q) P =⇒ Q (¬P) ∨ Q


V V
V F
F V
F F

AIG
P Q ¬(P =⇒ Q) P ∧ (¬Q) P ⇐⇒ Q (P =⇒ Q) ∧ (Q =⇒ P) (¬P) ⇐⇒ (¬Q)
V V
V F
F V
F F

ZExemple : La négation de la proposition « (2 est impair) =⇒ (3 est pair) » est équivalente à la proposition « (2
est impair) ∧ (3 est impair) », or celle-ci est fausse, et donc la première est vraie.

FExercice 1.2 Sans utiliser de table de vérité, redémontrer (en utilisant les autres propriétés) que :
« ¬(P =⇒ Q) » est équivalente à « P ∧ (¬Q) ».

Définition 1.7 (réciproque, contraposée)


NT
Soient P et Q deux propositions.
• La réciproque de l’implication « P =⇒ Q » est l’implication « Q =⇒ P ».
• La contraposée de l’implication « P =⇒ Q » est l’implication « (¬Q) =⇒ (¬P) ».

Il découle alors du théorème précédent :

Théorème 1.4
Une implication et sa contraposée sont équivalentes.
Deux propositions sont équivalentes si et seulement si les implications dans les deux sens sont vraies.

Remarque 1.2 – Ce résultat est à connaître car très utilisé dans les raisonnements (raisonnements par contra-
MO

position, raisonnements par double implication).

4) Quantificateurs
Les quantificateurs servent à construire des propositions à partir d’un prédicat P(x), dont la variable x
prend ses valeurs dans un certain ensemble E. On rencontre :
– Le quantificateur universel : « ∀x ∈ E, P(x) » (se lit « pour tout x dans E, P(x) [sous entendu est vraie] »).
Par exemple, la proposition « ∀x ∈ R, x 2 > 0 » se lit « pour tout réel x, le carré de x est positif ou nul », ou
bien encore « le carré de tout réel est positif ».
– Le quantificateur existentiel : « ∃x ∈ E, P(x) » (se lit « il existe au moins un x de E tel que P(x) [sous
entendu est vraie] »). Par exemple, la proposition « ∃x ∈ C, x 2 = −1 », se lit « il existe au moins un nombre
complexe dont le carré vaut −1 ».

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Notions de logique Chapitre 1 : Éléments de logique
Remarque 1.3 :
– On rencontre aussi parfois la proposition « ∃!x ∈ E, P(x) » (se lit « il existe un unique x de E tel que P(x)
[sous entendu est vraie] »). Par exemple, « ∃!x ∈ R+ , x 2 = 2 ».
– On peut trouver plusieurs quantificateurs dans une même proposition. Par exemple, « ∀y ∈ R+ , ∃!x ∈
R+ , x 2 = y » traduit que tout réel positif est le carré d’un unique réel positif.

NE
Attention !
Les propositions « ∀x ∈ A, ∃y ∈ B, P(x, y) » et « ∃y ∈ B, ∀x ∈ A, P(x, y) », n’ont pas le même sens. En effet, dans la
première le y dépend de x alors que dans la seconde il s’agit du même y pour tous les x.

À retenir : utilisation des quantificateurs


Celle-ci est régie par les règles suivantes :
a) La négation de ∀ est ∃ (et vice - versa).
b) On peut intervertir deux quantificateurs de même nature.
c) On ne peut pas intervertir deux quantificateurs de nature différente.

ZExemples :

AIG
– L’assertion « ∀x ∈ R+ , ∃y ∈ R+ , y 2 = x » est vraie, elle traduit que tout réel positif (x) est le carré d’au
moins un réel positif (y). Mais l’assertion « ∃y ∈ R+ , ∀x ∈ R+ , y 2 = x » traduit que tout réel positif (x) est
le carré d’un même réel (y), ce qui est évidemment faux. Sa négation est « ∀y ∈ R+ , ∃x ∈ R+ , y 2 6= x ».
¡ ¢ ¡
– On a toujours l’implication suivante : ∃x ∈ A, ∀y ∈ B, P(x, y) =⇒ ∀y ∈ B, ∃x ∈ A, P(x, y) .
– La négation de « ∀x ∈ A, ∃y ∈ B, P(x, y) » est « ∃x ∈ A, ∀y ∈ B, ¬(P(x, y)) ».

FExercice 1.3
¢

1/ Traduire dans le langage mathématique : la suite (u n ) est majorée. Écrire la négation. Qu’en est-il de la suite définie
par u n = n 2 ? Justifier.
2/ Traduire dans le langage courant les propositions suivantes :
a) ∃y ∈ R, ∀x ∈ R, x 6 y.
NT
b) ∃y ∈ N, ∀x ∈ N, y 6 x.

5) Retour sur les ensembles


Soient A et B deux parties d’un ensemble E.

Intersection d’ensembles
Si x désigne un élément de E, démontrer que x ∈ A ∩ B, c’est démontrer la proposition « (x ∈ A) et (x ∈ B) ».
On peut donc écrire : A ∩ B = {x ∈ E | x ∈ A et x ∈ B}.

Réunion d’ensembles
Si x désigne un élément de E, démontrer que x ∈ A∪B, c’est démontrer la proposition « (x ∈ A) ou (x ∈ B) ».
On peut donc écrire : A ∪ B = {x ∈ E | x ∈ A ou x ∈ B}.
MO

Complémentaire
Si x désigne un élément de E, démontrer que x ∈ CE (A), c’est démontrer la proposition « (x ∉ A). On peut
donc écrire : CE (A) = {x ∈ E | x ∉ A}.

Différence d’ensembles
Si x désigne un élément de E, démontrer que x ∈ A \ B, c’est démontrer la proposition « (x ∈ A) et (x ∉ B) ».
On peut donc écrire : A \ B = {x ∈ E | x ∈ A et x ∉ B}, il en découle que A \ B = A ∩ CE (B).

Inclusion d’ensembles
Démontrer que A est inclus dans B, c’est démontrer que les éléments de A sont également des éléments
de B, c’est à dire, pour tout élément x de E, on a : x ∈ A =⇒ x ∈ B. Pour établir ceci, on prend un élément x
quelconque de E, et on démontre la proposition x ∈ A =⇒ x ∈ B.

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Notions de logique Chapitre 1 : Éléments de logique

Égalité d’ensembles
Démontrer que A est égal à B, c’est démontrer la double inclusion : A ⊂ B et B ⊂ A, c’est à dire, pour tout
élément x de E, on a : (x ∈ A =⇒ x ∈ B) et (x ∈ B =⇒ x ∈ A), ce qui équivaut à : x ∈ A ⇐⇒ x ∈ B. Pour établir
ceci, on prend un élément x quelconque de E, et on démontre la proposition x ∈ A ⇐⇒ x ∈ B.

NE
À retenir
Démontrer que A ⊂ B, c’est démontrer : ∀x ∈ E, x ∈ A =⇒ x ∈ B.
Démontrer que A = B, c’est démontrer : ∀x ∈ E, x ∈ A ⇐⇒ x ∈ B.

ZExemples :
– Soient A, B et C trois parties d’un ensemble E, démontrer la distributivité de la réunion sur l’intersection
c’est démontrer :
¡ ¢ ¡ ¢
∀x ∈ E, x ∈ A ∪ (B ∩ C) ⇐⇒ x ∈ [A ∪ B] ∩ [A ∪ C]
On considère un x quelconque dans E, on peut alors montrer l’équivalence avec une table de vérité (à
compléter en exercice) :

AIG
x∈A x ∈B x ∈C x ∈ A ∪ (B ∩ C) x ∈ [A ∪ B] ∩ [A ∪ C]
V V V
V V F
V F V
V F F
F V V
F V F
F F V
F F F

– Soient A et B deux parties d’un ensemble E, soit x un élément quelconque de E, alors :

x ∈ CE (A ∪ B) ⇐⇒ ¬(x ∈ A ∪ B)
NT
⇐⇒ ¬([x ∈ A] ∨ [x ∈ B])
⇐⇒ [x ∉ A] ∧ [x ∉ B]
⇐⇒ [x ∈ CE (A)] ∧ [x ∈ CE (B)]
⇐⇒ x ∈ CE (A) ∩ CE (B)

Ce qui prouve que CE (A ∪ B) = CE (A) ∩ CE (B).

FExercice 1.4 En s’inspirant des deux exemples ci-dessus, démontrer le théorème 1.1 et le théorème 1.2.

Résoudre une équation


Une équation dans R, d’inconnue x réelle peut toujours se mettre sous la forme f (x) = 0. Résoudre
cette équation dans R c’est déterminer la partie S de R telle que « ∀x ∈ R, f (x) = 0 ⇐⇒ x ∈ S » (S est appelé
MO

l’ensemble des solutions réelles). La définition est la même pour une inéquation dans R.
1
ZExemple : Pour résoudre dans R l’inéquation x < −1, on écrit :

1 1
< −1 ⇐⇒ + 1 < 0
x x
x +1
⇐⇒ <0
x
⇐⇒ (x + 1)x < 0 et x 6= 0
⇐⇒ x ∈ ]−1 ; 0[

L’ensemble des solutions réelles est donc ]−1 ; 0[.

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Le raisonnement Chapitre 1 : Éléments de logique

III LE RAISONNEMENT

1) Raisonnement par l’absurde


Soit P une proposition dont on cherche à démontrer qu’elle est vraie. Raisonner par l’absurde c’est faire

NE
l’hypothèse que P est fausse, autrement dit, on suppose non(P), on cherche alors à obtenir une contradiction,
c’est à dire une proposition Q dont sait qu’elle est fausse, et telle que non(P) =⇒ Q. Si on n’y parvient, cela
veut dire que « Q et non(Q) » est vraie, ce qui est impossible car une telle proposition est toujours fausse :
c’est le principe de non contradiction. La conclusion est que P est vraie.
p
ZExemple : montronsp que 2 est un irrationnel
p par l’absurde :
p
On suppose que 2 ∈ Q, on peut écrire 2 = q avec p et q entiers strictement positifs et premiers entre
eux. En élevant au carré on a 2q 2 = p 2 , ce qui entraîne que p est pair et donc p = 2a avec a entier, d’où
2q 2 = 4a 2 i.e. q 2 = 2a 2 , donc q est pair lui aussi et par conséquent p et q ne sont pas premiers entre eux :
contradiction.

2) Raisonnement par analyse-synthèse

AIG
Raisonner par analyse-synthèse lorsque l’on cherche la ou les solutions à un problème, c’est raisonner en
deux étapes qui sont :
– l’analyse : on suppose que l’on a une solution du problème et on cherche à en déduire toutes les
propriétés possibles de cette solution, l’objectif étant d’essayer de l’identifier au mieux,
– la synthèse : elle consiste à déterminer parmi tous les objets mathématiques ayant les propriétés
requises (obtenues lors de l’analyse), ceux qui sont effectivement solutions du problème.
ZExemple : Montrons que toute fonction f : [0; 1] → R est la somme d’une fonction affine et d’une fonction
qui s’annule en 0 et en 1.
• Analyse : supposons qu’il existe une fonction g qui s’annule en 0 et en 1, ainsi que deux réels a et b tels
que ∀x ∈ R, f (x) = g (x) + ax + b. En évaluant en 0 on doit avoir f (0) = b, en évaluant en 1 on doit avoir
f (1) = a + b, d’où a = f (1) − b = f (1) − f (0). Maintenant que a et b sont connus, on en déduit que g est la
fonction x 7→ f (x) − ax − b
• Synthèse : posons b = f (0), a = f (1) − f (0) et g : x 7→ f (x) − ax − b. Il est clair que f (x) = g (x) + ax + b,
NT
d’autre part g (0) = f (0) − b = 0 et g (1) = f (1) − a − b = f (1) − f (1) + f (0) − f (0) = 0. Donc a, b et g sont bien
solution du problème et celle-ci est unique.

3) Démontrer une implication


Par définition, l’implication « P =⇒ Q » est fausse lorsque P est vraie et Q fausse, elle est vraie dans les
autres cas. En particulier, si P est fausse, l’implication est nécessairement vraie quelque soit la valeur de vérité
de Q. Par contre lorsque P est vraie, tout dépend de Q. Nous savons également que l’implication « P =⇒ Q »
est équivalente à sa contraposée « ¬Q =⇒ ¬P », donc démontrer l’une c’est démontrer l’autre.

À retenir : pour démontrer une implication.


• Méthode directe : on suppose que la proposition P est vraie (c’est l’hypothèse), on cherche alors à
MO

établir que nécessairement la proposition Q est vraie elle aussi.


• Par l’absurde : on suppose le contraire de P =⇒ Q, c’est à dire on suppose « P ∧ ¬Q » (i.e. P est vraie
et Q est fausse. On montre alors que ceci conduit à une contradiction, ce qui entraîne que l’hypothèse
faite est fausse et par conséquent P =⇒ Q.
• Par contraposition : on cherche à établir que ¬Q =⇒ ¬P.

Remarque 1.4 – Pour démontrer « P ∨ Q » : cette proposition est équivalente à « ¬P =⇒ Q ». Par conséquent,
démontrer « P ∨ Q » revient à démontrer « ¬P =⇒ Q ».

4) L’équivalence
Par définition, l’équivalence « P ⇐⇒ Q » est vraie lorsque P et Q ont même valeur de vérité. Nous savons
qu’elle équivaut à « (P =⇒ Q) et (Q =⇒ P) », donc montrer l’équivalence c’est montrer une implication et
réciproque.

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Le raisonnement Chapitre 1 : Éléments de logique

À retenir : pour démontrer une équivalence.


• Par double implication : on établit dans un premier temps que P =⇒ Q, puis dans un deuxième
temps on établit la réciproque, c’est à dire que Q =⇒ P.
• Méthode directe : on suppose que la proposition P est vraie (hypothèse) puis on cherche à établir

NE
que Q est vraie en s’assurant à chaque étape du raisonnement que l’équivalence est conservée 6 .

5) La récurrence

À retenir : rappel du principe de récurrence


Soit P(n) un prédicat portant sur une variable n ∈ N.
Si on a P(0) (initialisation) et si ∀n ∈ N, P(n) =⇒ P(n +1) (hérédité), alors nécessairement ∀n ∈ N, P(n).

Remarque 1.5 :
– L’initialisation est juste une vérification, mais elle est indispensable.

AIG
Par exemple, soit le prédicat P(n) :« n = n +1 », celui-ci vérifie bien l’hérédité (n = n +1 =⇒ n +1 = n +2),
mais pour tout n, P(n) est fausse.
– Démontrer l’hérédité c’est démontrer une implication. En général on le fait par la méthode directe, on
fait donc l’hypothèse P(n), c’est ce que l’on appelle l’hypothèse de récurrence, et on essaie d’en déduire
P(n + 1).

Théorème 1.5 (variantes)


Soit a ∈ Z et P(n) un prédicat portant sur une variable n ∈ Z.
• Si on a P(a) et si ∀n > a, P(n) =⇒ P(n + 1), alors on peut conclure que ∀n ∈ Z, n > a =⇒ P(n).
• Si on a P(a) et si ∀n 6 a, P(n) =⇒ P(n − 1), alors on peut conclure que ∀n ∈ Z, n 6 a =⇒ P(n)
(récurrence descendante).

Preuve : Pour le premier point, on applique le principe de récurrence au prédicat Q(n) = P(n + a) avec n ∈ N. Pour le
deuxième, on applique le principe de récurrence au prédicat Q(n) = P(a − n) avec n ∈ N. 
NT
FExercice 1.5
Pn n(n+1)
1/ Montrer que ∀n ∈ N∗ , k=1
k= 2 .
2/ Montrer que ∀n ∗ Pn
∈ N , k=1 k 2 = (2n+1)n(n+1)
6 .
³ ´2
∈ N∗ , nk=1 k 3 = n(n+1)
P
3/ Montrer que ∀n 2 .

Théorème 1.6 (récurrence forte)


Soit P(n) un prédicat portant sur une variable n ∈ N.
Si on a P(0) (initialisation) et si ∀ ∈ N, (P(0) ∧ P(1) ∧ · · · ∧ P(n)) =⇒ P(n + 1) (hérédité), alors nécessai-
rement ∀n ∈ N, P(n).
MO

Preuve : Appliquer la principe de récurrence au prédicat Q(n) = P(0) ∧ P(1) ∧ · · · ∧ P(n). 

À retenir
La récurrence forte est utile lorsque le seul fait que P(n) soit vraie ne suffit pas à en déduire P(n + 1).
L’hypothèse de récurrence peut alors s’écrire : « supposons la propriété vraie jusqu’au rang n ».

FExercice 1.6 Soit (u n ) la suite définie par u 0 = u 1 = 1 et ∀ n ∈ N, u n+2 = u n+1 + u n (suite de Fibonacci), montrer par
récurrence que pour tout n :
p à p !n p à p !n
5+ 5 1+ 5 5− 5 1− 5
un = +
10 2 10 2

6. Cette méthode n’est pas toujours applicable, mais c’est celle que l’on utilise dans la mesure du possible pour résoudre une
équation ou une inéquation.

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Solution des exercices Chapitre 1 : Éléments de logique

IV SOLUTION DES EXERCICES

Solution 1.1 Dans l’ensemble {1; 2; 3} il y a exactement 8 parties, donc :


P (E) = {∅; {1}; {2}; {3}, {1; 2}; {1; 3}; {2; 3}; {1; 2; 3}}

NE
Solution 1.2 « P =⇒ Q » équivaut à « (¬P) ∨ Q », donc « ¬(P =⇒ Q) » équivaut à « ¬((¬P) ∨ Q) », ce qui équivaut encore
à « (¬¬P) ∧ (¬Q) » (loi de De Morgan), soit encore à « P ∧ (¬Q) ».

Solution 1.3
1/ ∃M ∈ R, ∀n ∈ N, u n 6 M. La négation est ∀M ∈ R, ∃n ∈ N, u n > M. La suite (n 2 ) n’est pas majorée, en effet : soit M ∈ R,
si n ∈ N avec n > M, alors (n + 1)2 > n > M.
2/ Traduction :
a) L’ensemble R a un maximum, cette proposition est fausse, sa négation s’écrit ∀y ∈ R, ∃x ∈ R, x > y.
b) L’ensemble N a un minimum, cette proposition est vraie.

Solution 1.4
1/ Démontrer la distributivité de la intersection sur la réunion, c’est démontrer :

AIG
¡ ¢ ¡ ¢
∀x ∈ E, x ∈ A ∩ (B ∪ C) ⇐⇒ x ∈ [A ∩ B] ∪ [A ∩ C]

On considère un x quelconque dans E, on peut alors montrer l’équivalence avec une table de vérité :

x∈A x ∈B x ∈C x ∈ A ∩ (B ∪ C) x ∈ (A ∩ B) ∪ (A ∩ C)
V V V V V
V V F V V
V F V V V
V F F F F
F V V F F
F V F F F
F F V F F
F F F F F
NT
2/ Pour le théorème 1.2, les trois premiers résultats sont évidents. Montrons les lois de De Morgan à l’aide d’une table de
vérité, soient A et B deux parties de E et x un élément quelconque de E :

x∈A x ∈B x ∈ CE (A ∩ B) x ∈ CE (A) ∪ CE (B)


V V F F
V F V V
F V V V
F F V V

On en déduit que CE (A ∩ B) = CE (A) ∪ CE (B). On précède de même pour l’autre loi.

Solution 1.5
1/ On vérifie la relation pour n = 1 : 1k=1 k = 1 = 1(1+1)
P
2 . On suppose ensuite que la relation est vérifiée pour un certain
n n(n+1)
entier n ∈ N , c’est à dire que k=1 k = 2 pour un certain n ∈ N∗ , on a alors au rang suivant :

MO

n+1
X n
X n(n + 1) (n + 1)(n + 2)
k= k + (n + 1) = + (n + 1) = : c’est la formule au rang n + 1
k=1 k=1 2 2

Donc la formule est vraie pour tout n ∈ N∗ .


2/ Même méthode.
3/ Même méthode.

Solution 1.6 Comme la relation deprécurrencepest à deuxppas, on procède


p
à une récurrence forte avec une initialisation
pour n = 0 et n = 1. Notons a = 5+10 5 , r 1 = 1+2 5 , b = 5−10 5 et r 2 = 1−2 5 . On vérifie qu’au rang n = 0 on a ar 10 + br 20 =
a + b = 1 = u 0 , et que au rang n = 1 on a ar 11 + br 21 = ar 1 + br 2 = 1 = u 1 . Pour un entier n > 1, on suppose la formule
établie pour tous les entiers k ∈ J0 ; n K (hypothèse de récurrence forte), on a u n+1 = u n + u n−1 , comme n et n − 1 sont dans
J0 ; n K, l’hypothèse permet d’écrire u n+1 = ar 1n + br 2n + ar 1n−1 + br 2n−1 = ar 1n−1 [r 1 + 1] + br 2n−1 [r 2 + 1], or on peut vérifier
que r 1 + 1 = r 12 (de même pour r 2 ), on en déduit que u n+1 = ar 1n+1 + br 2n+1 , c’est la formule au rang n + 1. La formule est
donc établie pour tout entier n.

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NE
Chapitre 2

Nombres complexes

Sommaire
I Écriture algébrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11

AIG
1) L’ensemble des complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 11
2) Partie réelle, partie imaginaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
3) Conjugué d’un nombre complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
II Module d’un nombre complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
2) Équation du second degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
III Forme trigonométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
1) Le groupe unité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 14
2) Exponentielle d’un imaginaire pur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
3) Argument d’un nombre complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
4) Racines nes d’un nombre complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 17
IV Exponentielle complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
2) Formules d’Euler et de Moivre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 18
NT
V Représentation géométrique des complexes, applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
1) Affixe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
2) Distances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 19
3) Angles orientés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
4) Similitudes directes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
VI Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21

On suppose connu l’ensemble R des réels, les propriétés de ses deux opérations que sont l’addition et la
multiplication, et la notion de valeur absolue d’un réel.

I ÉCRITURE ALGÉBRIQUE
MO

1) L’ensemble des complexes


On admet l’existence d’un ensemble, que l’on notera C, contenant R et tel que :
– C possède une addition et une multiplication, prolongeant celles de R et vérifiant les mêmes proprié-
tés, c’est à dire :
• L’addition est interne (∀z, z 0 ∈ C, z + z 0 ∈ C), commutative (∀z, z 0 ∈ C, z + z 0 = z 0 + z), associative
(∀z, z 0 , z 00 ∈ C, (z + z 0 )+ z 00 = z +(z 0 + z 00 )), 0 est élément neutre (∀z ∈ C, z +0 = 0+ z), chaque complexe
admet un opposé dans C (l’opposé de z ∈ C est noté −z).
• La multiplication est interne (∀z, z 0 ∈ C, zz 0 ∈ C), commutative (∀z, z 0 ∈ C, zz 0 = z 0 z), associative
(∀z, z 0 , z 00 ∈ C, (zz 0 )z 00 = z(z 0 z 00 )), 1 est élément neutre (∀z ∈ C, z × 1 = 1 × z), chaque complexe autre
que 0 admet un inverse dans C (l’inverse de z ∈ C est noté z −1 ou 1z ).
• La multiplication est distributive sur l’addition à gauche et à droite (∀z, z 0 , z 00 ∈ C, z(z 0 +z 00 ) = zz 0 +zz 00 ,
et (z 0 + z 00 )z = z 0 z + z 00 z).
On résume toutes ses propriétés en disant que (C, +, ×) est un corps commutatif.
– Il existe un complexe, que l’on notera i , qui vérifie i 2 = −1.

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Écriture algébrique Chapitre 2 : Nombres complexes

– Pour tout complexe z, il existe deux réels a et b uniques tels que z = a + i b.

FExercice 2.1
1/ Montrer que si z ∈ C, alors z × 0 = 0 × z = 0.
2/ Soient z, z 0 ∈ C tels que zz 0 = 0, montrer que z = 0 ou z 0 = 0.

NE
2) Partie réelle, partie imaginaire

Définition 2.1
Soit z ∈ C, on sait qu’il existe un réel a unique et un réel b unique tel que z = a + i b. Le réel a est
appelé partie réelle de z, notée a = Re(z), et b la partie imaginaire de z, notée b = Im(z). L’écriture
z = a +i b est appelée forme algébrique de z. L’ensemble des complexes dont la partie réelle est nulle,
est appelé ensemble des imaginaires purs et noté i R = {z ∈ C | Re(z) = 0} = i y | y ∈ R .
© ª

À retenir : quelques propriétés

AIG
(
0 Re(z) = Re(z 0 )
a) z = z ⇐⇒ .
Im(z) = Im(z 0 )
b) z ∈ R ⇐⇒ Im(z) = 0.
c) z ∈ i R ⇐⇒ Re(z) = 0.
d) Re(z + z 0 ) = Re(z) + Re(z 0 ) et Im(z + z 0 ) = Im(z) + Im(z 0 ).
e) Si α est un réel, alors Re(αz) = αRe(z), et Im(αz) = αIm(z).

FExercice 2.2
1/ Démontrer les propriétés ci-dessus.
2/ Déterminer la forme algébrique du produit zz 0 .
NT
Attention !
La dernière propriété est fausse lorsque α n’est pas réel.

3) Conjugué d’un nombre complexe

Définition 2.2
Soit z = x + i y un complexe sous forme algébrique, on appelle conjugué de z, le complexe noté z et
défini par z = x − i y. On a donc Re(z) = Re(z) et Im(z) = −Im(z).

Théorème 2.1 (propriétés de la conjugaison)


MO

Soient z, z 0 ∈ C, on a :
• z + z0 = z + z0
• zz 0 = zz 0
• z = z.

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

À retenir
• z + z = 2Re(z) et z − z = 2i Im(z) ;
• z ∈ R ⇐⇒ z = z ;
• z est un imaginaire pur si et seulement si z = −z.

1
FExercice 2.3 Montrer que si z est non nul, alors z = 1z .

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Module d’un nombre complexe Chapitre 2 : Nombres complexes

II MODULE D’UN NOMBRE COMPLEXE

1) Définition
Soit z = x + i y un complexe sous forme algébrique, on a z × z = x 2 + y 2 et cette quantité est un réel positif.

NE
Définition 2.3
p
Soit z ∈ C, on appelle module de z, le réel positif noté |z| et défini par : |z| = zz.

À retenir : propriétés du module


a) |z|2 = zz.
b) |z| = 0 ⇐⇒ z = 0.
c) |Re(z)| 6 |z| et |Im(z)| 6 |z|.

AIG
d) Si z est réel, alors son module coïncide avec sa valeur absolue.
e) |zz 0 | = |z||z 0 |, en particulier, ∀n ∈ N, |z n | = |z|n (ceci reste valable pour n ∈ Z si z 6= 0).
f ) |z| = |z| et | − z| = |z|.
z
g) Pour mettre le complexe z 0 sous forme algébrique, il suffit de multiplier en haut et en bas par
z zz 0 Re(zz 0 ) Im(zz 0 )
z0 : z0 = |z 0 |2
= |z 0 |2
+i |z 0 |2
.

Théorème 2.2 (inégalité triangulaire)


Soient z et z 0 deux complexes : ¯|z| − |z 0 |¯ 6 |z + z 0 | 6 |z| + |z 0 |.
¯ ¯

Preuve : Pour l’inégalité de droite :

|z + z 0 |2 = (z + z 0 )(z + z 0 )
NT
= |z|2 + |z 0 |2 + 2Re(zz 0 )
6 |z|2 + |z 0 |2 + 2|Re(zz 0 )|
6 |z|2 + |z 0 |2 + 2|zz 0 | = |z|2 + |z 0 |2 + 2|z||z 0 |
¢2
6 |z| + |z 0 |
¡

d’où le résultat puisque les deux expressions sont des réels positifs.
Pour l’inégalité de gauche, on écrit |z| = |z + z 0 − z 0 | 6 |z + z 0 | + |z 0 | d’où |z| − |z 0 | 6 |z + z 0 |, en inversant les rôles on a
|z | − |z| 6 |z + z 0 |, ce qui entraîne la première inégalité.
0

Remarque 2.1 – En remplaçant z 0 par −z 0 , on a ||z| − |z 0 || 6 |z − z 0 | 6 |z| + |z 0 |.

Théorème 2.3 (cas d’égalité)


MO

Soient z et z 0 deux complexes non nuls, |z + z 0 | = |z| + |z 0 | si et seulement si il existe un réel α stricte-
ment positif tel que z = αz 0 .

Preuve : Si on a z = αz 0 , alors |z + z 0 | = |αz 0 + z 0 | = (1+α)|z 0 | = |z 0 |+α|z 0 | = |z 0 |+|z|. Réciproquement, si |z + z 0 | = |z|+|z 0 |,


alors |z + z 0 |2 = (|z| + |z 0 |)2 , ce qui donne en développant, |z|2 + |z 0 |2 + 2Re(zz 0 ) = |z|2 + |z 0 |2 + 2|z||z 0 |, on en déduit que
zz 0
Re(zz 0 ) = |zz 0 | ce qui prouve que zz 0 est un réel positif. Il suffit alors de prendre α = |z 0 |2
, c’est bien un réel strictement
positif, et on a la relation voulue. 

2) Équation du second degré

Théorème 2.4
Soit a ∈ C, l’équation z 2 = a admet dans C deux solutions opposées (toutes deux nulles lorsque a = 0).

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Forme trigonométrique Chapitre 2 : Nombres complexes

Preuve : Soit z 0 une solution, alors l’équation z 2 = a équivaut à z 2 = z 02 , c’est à dire à (z − z 0 )(z + z 0 ) = 0, d’où z = ±z 0 ,
il reste à montrer l’existence d’une solution z 0 . Posons a = u + i v et z = x + i y, l’équation z 2 = a est équivalente à
x 2 − y 2 = u et 2x y = v. On doit avoir également |z|2 = |a|, c’est à dire x 2 + y 2 = |a|, par conséquent on a : x 2 = u+|a| 2 ,
q q
|a|−u |a|+u |a|−u
y 2 = 2 et 2x y = v. Une solution z 0 = x 0 + i y 0 s’obtient en prenant : x 0 = 2 , et y 0 = ε 2 avec ε = 1 si v > 0
et ε = −1 si v < 0, car on a 2x 0 y 0 = ε|v| = v. 

NE
ZExemples :
p
– Si a est un réel strictement positif, alors v = 0 et u > 0 d’où |a| = u et donc x 0 = a et y 0 = 0, les deux
p
solutions sont ± a, elles sont réelles.
p
– Si a est un réel strictement négatif, alors v = 0 et u < 0 d’où |a| = −u et donc x 0 = 0 et y 0 = −a, les
p
deux solutions sont ±i −a, ce sont des imaginaires purs.

Théorème 2.5
Soient a, b, c ∈ C avec a 6= 0, l’équation az 2 + bz + c = 0 admet deux solutions complexes qui sont
z 1 = −b+δ −b−δ 2 2
2a et z 2 = 2a avec δ ∈ C tel que δ = ∆ = b − 4ac (discriminant). De plus, lorsque les
coefficients a, b, c sont réels et que le discriminant b 2 −4ac est strictement négatif, ces deux solutions
sont complexes non réelles et conjuguées.

AIG
b 2 b −4ac 2 b
Preuve : L’équation est équivalente à : (z + 2a ) − 4a 2 = 0. Posons Z = z + 2a et ∆ = b 2 −4ac, on sait que ∆ admet deux
δ2 δ
racines carrées dans C, soit δ l’une d’elles (δ2 = ∆), l’équation est équivalente à : Z2 = 4a 2
, on en déduit que Z = ± 2a et
donc z = −b±δ
2a . Lorsque les trois coefficients sont réels, le discriminant ∆ estplui aussi un réel, s’il est strictement négatif,
p
alors on peut prendre δ = i −∆ et les solutions sont dans ce cas z = −b±i2a −∆ , on voit que celles - ci sont complexes
non réelles et conjuguées. 

À retenir : somme et produit de racines d’une équation du second degré


• Si z 1 et z 2 sont racines de l’équation az 2 + bz + c = 0, alors on a les relations : z 1 + z 2 = S = − ba et
z 1 z 2 = P = ac .
• De plus on a la factorisation :
∀z ∈ C, az 2 + bz + c = a(z − z 1 )(z − z 2 ).
NT
III FORME TRIGONOMÉTRIQUE

1) Le groupe unité

Définition 2.4
On note U l’ensemble des complexes de module 1 : U = {z ∈ C / |z| = 1}, c’est une partie de C∗ .

Il est facile de vérifier que l’ensemble U :


– est stable pour la multiplication : ∀z, z 0 ∈ U, zz 0 ∈ U.
– est stable pour le passage à l’inverse : ∀z ∈ U, z 6= 0 et z −1 ∈ U.
MO

– contient 1.
De plus, la multiplication dans U est associative (car elle l’est dans C), on dit alors que (U, ×) est un
groupe multiplicatif. Comme la multiplication est en plus commutative, on dit que (U, ×) est un groupe
abélien (ou commutatif), ce groupe est parfois appelé groupe unité de C.

Théorème 2.6
Tout complexe de module 1 peut se mettre sous la forme cos(θ) + i sin(θ) avec θ un réel, plus précisé-
ment :
U = {cos(θ) + i sin(θ) / θ ∈ R}.

Preuve : Soit z = x + i y un complexe de module 1, on a x 2 + y 2 = 1, donc il existe un réel θ (unique à 2π près) tel que
x = cos(θ) et y = sin(θ), c’est à dire z = cos(θ) + i sin(θ). La réciproque est immédiate. 

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Forme trigonométrique Chapitre 2 : Nombres complexes

2) Exponentielle d’un imaginaire pur


Pour tout réel x, on pose e i x = cos(x) + i sin(x). On a les propriétés suivantes :
– ∀x ∈ R, Re(e i x ) = cos(x) et Im(e i x ) = sin(x).
– ∀x ∈ R, e −i x = cos(−x) + i sin(−x) = cos(x) − i sin(x) = e i x .

NE
p
– ∀x ∈ R, |e i x | = cos(x)2 + sin(x)2 = 1, donc e i x ∈ U.
– ∀z ∈ U, ∃θ ∈ R, e i θ = z.
1


v
M(x + i y = e i θ )
y = sin(θ)

θ
0
0 →

u x = cos(θ) 1

AIG
−−→
θ = (→

u , OM) (mod 2π)
á

(
ix iy cos(x) = cos(y)
– Soit x, y ∈ R, e =e ⇐⇒ ⇐⇒ x = y (2π).
sin(x) = sin(y)

Théorème 2.7
∀x, y ∈ R, e i x e i y = e i (x+y) .
NT
Preuve : e i x e i y = [cos(x) + i sin(x)][cos(y) + i sin(y)] = [cos(x) cos(y) − sin(x) sin(y)] + i [cos(x) sin(y) + sin(x) cos(y)] =
cos(x + y) + i sin(x + y) = e i (x+y) d’après les formule d’addition du sinus et du cosinus. 
Ce théorème permet de retrouver les formules trigonométriques.

À retenir
– cos(x + y) = Re(e i (x+y) ) = Re(e i x e i y ) = cos(x) cos(y) − sin(x) sin(y).
– sin(x + y) = Im(e i (x+y) ) = Im(e i x e i y ) = cos(x) sin(y) + sin(x) cos(y).

x+y x−y
En posant a = et b = on obtient :
2 2
– cos(x) + cos(y) = cos(a + b) + cos(a − b) = 2 cos(a) cos(b), donc
x+y x−y
MO

cos(x+) + cos(y) = 2 cos( 2 ) cos( 2 ).


– cos(x) − cos(y) = cos(a + b) − cos(a − b) = −2 sin(a) sin(b), donc
x+y x−y
cos(x) − cos(y) = −2 sin( 2 ) sin( 2 ).
– sin(x) + sin(y) = sin(a + b) + sin(a − b) = 2 sin(a) cos(b), donc
x+y x−y
sin(x) + sin(y) = 2 sin( 2 ) cos( 2 )
– etc

3) Argument d’un nombre complexe


Soit z ∈ U, on sait qu’il existe un réel θ (unique à 2π près) tel que z = e i θ . Si maintenant z est un complexe
non nul quelconque alors |z| z
∈ U et donc il existe un réel θ (unique à 2π près) tel que |z| z
= e i θ , c’est à dire
z = |z|e i θ .

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Forme trigonométrique Chapitre 2 : Nombres complexes

Définition 2.5
Soit z un complexe non nul, on appelle argument de z tout réel θ tel que z = |z|e i θ , cette égalité
est appelée forme trigonométrique de z. L’ensemble des arguments de z est noté arg(z), on a donc
arg(z)={θ ∈ R/ z = |z|e i θ }, et si θ0 est un argument de z, alors arg(z)={θ0 + 2kπ/ k ∈ Z }.

NE
A(z)
2

1
z
B( |z| )

θ
0
−1 0 1 2

AIG
−1

Définition 2.6
Soit z ∈ C∗ , z possède un unique argument dans l’intervalle ] − π; π], par définition cet argument est
appelé argument principal de z et noté Arg(z).

ZExemples :
– Arg(i ) = π2 , Arg( ) = 2π
3 .
– si x ∈ R∗+ alors Arg(x) = 0 et si x ∈ R∗− alors Arg(x) = π.

Attention !
Si z = r ei θ avec r et θ réels, alors c’est la forme trigonométrique de z lorsque r > 0. Mais lorsque r < 0, la forme
NT
trigonométrique de z est z = −r e i (θ+π) .

À retenir : factorisation par l’arc moitié


x+y x−y x−y x−y i x+y x−y
• Si z = e i x + e i y , alors z = e i 2 [e i 2 + e −i 2 ] = 2 cos( 2 )e
2 . D’où |z| = 2| cos( 2 )| et Arg(z) =
x+y
2 (π).
x+y x−y x−y x−y i x+y x−y
• Si z = e i x − e i y , alors z = e i 2 [e i 2 − e −i 2 ] = 2i sin( 2 )e
2 . D’où |z| = 2| sin( 2 )| et Arg(z) =
x+y+π
2 (π).

Théorème 2.8 (propriétés)


MO

Soient z, z 0 ∈ C∗ avec θ = Arg(z) et θ0 = Arg(z 0 ) :

|z| = |z 0 |
½
– z = z 0 ⇐⇒ .
θ = θ0 (2π)
– z ∈ R∗ ⇐⇒ θ = 0 (π).
– z = |z|e −i θ donc Arg(z) = −θ (2π).
– −z = |z|e i (θ+π) donc Arg(−z) = θ + π (2π).
0
– zz 0 = |zz 0 |e i (θ+θ ) donc Arg(zz 0 ) = θ + θ0 (2π).
z |z| i (θ−θ0 )
– z0 = |z 0 | e donc Arg( zz0 ) = θ − θ0 (2π).
– ∀n ∈ Z, z n = |z n |e i nθ donc Arg(z n ) = nθ (2π).

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

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Forme trigonométrique Chapitre 2 : Nombres complexes

À retenir
Soient a,b deux réels non tous deux nuls et soit x ∈ R, en posant
z = a + i b = |z|e i θ on obtient : p
a cos(x) + b sin(x) = Re(ze i x ) = |z| cos(x − θ) = a 2 + b 2 cos(x − θ).

NE
4) Racines nes d’un nombre complexe

Définition 2.7
Soit a, z deux complexes et n ∈ N, z est une racine ne de a lorsque z n = a.

Cas particuliers des racines nes de l’unité

Définition 2.8
Soit n un entier supérieur ou égal à deux, l’équation z n = 1 possède exactement n solutions qui sont
les complexes e 2i kπ/n avec 6 k 6 n − 1. On note Un l’ensemble de ces solutions (appelées racines nes

AIG
de l’unité), on a donc :
ª n o
Un = z ∈ U / z n = 1 = e 2i kπ/n / 0 6 k 6 n − 1
©

Preuve : Résolution trigonométrique : on pose z = r e i θ avec r réel positif et θ ∈ [0; 2π[., alors z n = r n e i nθ , donc z n = 1
si et seulement si r n = 1 (égalité des modules) et nθ = 0 + 2kπ (égalité des arguments avec k entier), ce qui équivaut
encore à r = 1 (r étant réel positif) et θ = 2kπ
n . Le choix de l’intervalle [0; 2π[ pour l’argument θ entraîne quel’entier k est
dans l’intervalle J0 ; n − 1K, donc z n = 1 ⇐⇒ ∃k ∈ J0 ; n − 1K, z = e 2i kπ/n , cela fait exactement n solutions distinctes (car
tout complexe non nul possède un unique argument dans l’intervalle [0; 2π[). 

FExercice 2.4
1/ Décrire U2 , U3 , U4 .
2/ Montrer que (Un , ×) est un groupe commutatif (résultat important à connaître).
Représentation géométrique des racines n es de l’unité (avec n = 7) :
NT
M2 1
M1

M3

M0
Mk est le point d’affixe e 2i kπ/n
−1 1 (n = 7).

M4

M6
M5 −1
MO

Cas général : résolution de l’équation z n = a (a 6= 0)


Considérons la forme trigonométrique de a : a = |a|e i θ0 , il est facile de voir alors que le complexe
p
z 0 = n |a|e i θ0 /n est une solution particulière de l’équation z 0n = a, par conséquent, comme z 0 6= 0, on a :
¶n
z z
µ
z n = a ⇐⇒ z n = z 0n ⇐⇒ = 1 ⇐⇒ ∈ Un
z0 z0

On est ainsi ramené aux racines n es de l’unité, on en déduit que z = z 0 e i 2kπ/n avec 0 6 k 6 n − 1, d’où :

θ0 +2kπ
z n = a ⇐⇒ z = |a|e i
p
avec 0 6 k 6 n − 1 et θ0 = Arg(a) (mod 2π)
n
n

Tout complexe non nul a donc exactement n racines n es distinctes.

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Exponentielle complexe Chapitre 2 : Nombres complexes
IV EXPONENTIELLE COMPLEXE

1) Définition

Définition 2.9

NE
Soit z = x + i y un nombre complexe, on appelle exponentielle de z le complexe noté exp(z) et défini
par : exp(z) = e x [cos(y) + i sin(y)], c’est à dire exp(z) = e x e i y (forme trigonométrique).

Remarque 2.2 :
– Si z est réel (ie y = 0), alors l’exponentielle de z correspond à l’exponentielle réelle de z. De même, si z est
imaginaire pur (x = 0), alors exp(z) = exp(i y) = cos(y) + i sin(y).
– exp(0) = 1.
– Re(exp(z)) = e Re(z) cos(Im(z)) et Im(exp(z)) = e Re(z) sin(Im(z)).
– | exp(z)| = e Re(z) et Arg(exp(z)) = Im(z) (2π).
– exp(z) = exp(z).

AIG
Théorème 2.9 (propriété fondamentale)
La fonction exp : C → C∗ est 2i π-périodique, vérifie :
∀z, z 0 ∈ C, exp(z + z 0 ) = exp(z) × exp(z 0 ).
Et tout pour complexe non nul a, il existe z ∈ C tel que a = exp(z).

Preuve : Il est clair d’après la définition que exp(z) ne peut pas être nul, donc exp(z) ∈ C∗ . Posons z = x + i y, exp(z +
2i π) = e x [cos(y + 2π) + i sin(y + 2π)] = exp(z). Soit a un complexe non nul, l’équation exp(z) = a équivaut à |a| = e x et
Arg(a) = y (mod 2π) (résolution trigonométrique), donc les complexes z = ln(|a|)+i (y +2kπ) (où k parcourt Z) sont les
antécédents de a, en particulier les solutions de l’équation exp(z) = 1 sont les complexes z = 2i kπ, k ∈ Z. Soit z 0 = x 0 +i y 0
0 0
un autre complexe, exp(z +z 0 ) = e x+x [cos(y + y 0 )+i sin(y + y 0 )], et exp(z) exp(z 0 ) = e x+x [cos(y) cos(y 0 )−sin(y) sin(y 0 )] =
x+x 0 0 0
e [cos(y + y ) + i sin(y + y )]. On peut déduire de cette propriété le calcul suivant :

exp(z)
exp(z) = exp(z 0 ) ⇐⇒ =1
exp(z 0 )
NT
⇐⇒ exp(z) exp(−z 0 ) = 1
⇐⇒ exp(z − z 0 ) = 1
⇐⇒ ∃k ∈ Z, z = z 0 + 2i kπ.


0 0
Remarque 2.3 – La propriété fondamentale de l’exponentielle complexe : exp(z + z ) = exp(z) exp(z ), est la
même que celle de l’exponentielle réelle. On convient alors de noter exp(z) = e z . La propriété fondamentale
devient :
0 0
e z+z = e z × e z

1
Il découle également de cette relation que : e −z = .
ez
MO

FExercice 2.5 Résoudre e z = 1 + i .

2) Formules d’Euler et de Moivre


Formule de Moivre 1 : ∀n ∈ Z, ∀z ∈ C, e nz = [e z ]n . En particulier pour z = i x avec x réel, on a e i nx =
[cos(x) + i sin(x)]n . On en déduit que :

cos(nx) = Re([cos(x) + i sin(x)]n ) et sin(nx) = Im([cos(x) + i sin(x)]n ).


À l’aide du binôme de Newton ces formules permettent d’exprimer cos(nx) et sin(nx) sous forme d’un
polynôme en cos(x) et sin(x).
ZExemples :
1. MOIVRE Abraham DE (1667 – 1754) : mathématicien français, il s’expatria à Londres à l’age de dix-huit ans.

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Représentation géométrique des complexes, applications Chapitre 2 : Nombres complexes

– cos(4x) = Re([cos(x) + i sin(x)]4 ) = cos(x)4 − 6 cos(x)2 sin(x)2 + sin(x)4 . En remplaçant sin(x)2 par 1 −
cos(x)2 , on pourrait obtenir cos(4x) en fonction de cos(x) uniquement.
– sin(4x) = Im([cos(x) + i sin(x)]4 ) = 4 cos(x)3 sin(x) − 4 cos(x) sin(x)3 .
ix −i x ix −i x
Formules d’Euler 2 : ∀x ∈ R : cos(x) = e +e
2 et sin(x) = e −e
2i .
p q

NE
Ces formules permettent la linéarisation de cos(x) sin(x) .
ZExemples :
(e i x +e −i x )3 i 3x i 2x −i x i x −i 2x
+e −i 3x cos(3x)+3 cos(x)
– cos(x)3 = 8 = e +3e e +3e 8
e
= 4 .
(e i x −e −i x )3 i 3x i 2x −i x
+3e i x e −i 2x −e −i 3x 3 sin(x)−sin(3x)
– sin(x)3 = −8i = e −3e e −8i = 4 .

V REPRÉSENTATION GÉOMÉTRIQUE DES COMPLEXES, APPLICATIONS

Le plan complexe est un plan P muni d’un repère orthonormé direct que l’on note R = (O, →

u ,→

v ).

1) Affixe
Chaque point M du plan complexe est repéré par ses coordonnées : une abscisse x et une ordonnée y,

AIG
c’est à dire par le couple de réels (x, y). Autant dire que M est repéré par le complexe z = x +i y. Par définition,
ce complexe est l’affixe du point M.

M(x, y)
y



v

O →

u x

Réciproquement, tout complexe z est l’affixe d’un point M du plan que l’on appelle image de z. Les axes
(O, →

u ) et (O, →

v ) sont appelés respectivement axes des réels et axe des imaginaires.
NT
Par exemple, l’image de z est le symétrique de l’image de z par la réflexion d’axe (O, → −
u ).
De la même façon, chaque vecteur du plan a des coordonnées dans la base ( u , v ). Si −

− →
− → a pour coordon-
w
nées (x, y), cela signifie que −
→ = x→
w −
u + y→ −v , là encore le vecteur −
→ peut être représenté par le complexe x +i y,
w


ce complexe est appelé affixe du vecteur w . Réciproquement, tout complexe z est l’affixe d’un vecteur du
−−→
plan. On remarquera que l’affixe d’un point M n’est autre que l’affixe du vecteur OM .
∗) L’affixe de la somme de deux vecteurs est la somme des affixes. Si α ∈ R et si − → est le vecteur d’affixe z,
w


alors l’affixe du vecteur αw est αz.
−−−→
∗) Soit M d’affixe z et M0 d’affixe z 0 , l’affixe du vecteur MM0 est z 0 − z.

2) Distances
Le module d’un complexe z représente dans le plan complexe la distance de l’origine O au point M
−−→
MO

d’affixe z, c’est à dire |z| = OM = kOM k.


Si −
→ est un vecteur d’affixe z, alors la norme de −
w w→ est k−
→k = |z|.
w
−−−→
Soit M d’affixe z et M0 d’affixe z 0 , la distance de M à M0 est MM0 = kMM0 k = |z 0 − z|.

Définition 2.10
Soit a ∈ C et R > 0, on définit dans le plan complexe :
– le disque fermé de centre a et de rayon R : {M ∈ P / |z − a| 6 R}.
– le disque ouvert de centre a et de rayon R : {M ∈ P / |z − a| < R}.
– le cercle de centre a et de rayon R : {M ∈ P / |z − a| = R}.

ZExemples :
– La représentation géométrique du groupe unité U = {z ∈ C / |z| = 1} est le cercle de centre O et de rayon
1 : le cercle trigonométrique.

2. EULER Léonhard (1707 – 1783) : grand mathématicien suisse.

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Représentation géométrique des complexes, applications Chapitre 2 : Nombres complexes

– Les points d’affixe les racines nes de l’unité (n > 2) sont les sommets d’un polygone régulier inscrit
dans le cercle unité. La longueur du coté est 2 sin( nπ ), et la longueur du centre au milieu d’un coté
(l’apothème) est cos( nπ ).

NE
3) Angles orientés
Soit z un complexe non nul et M le point du plan d’affixe z, l’argument principal de z est une mesure de
−−→ −−→
l’angle orienté (→

u , OM ), ce que l’on écrit (→

u , OM ) = Arg(z) (2π).

x + i y = r e i θ avec
p
r = x 2 + y 2 = OM
M(x, y)
y
M

− r=O
v θ

AIG
O →

u x

Soient −→ et −
w

w 0 deux vecteurs non nuls d’affixes respectifs z et z 0 . Désignons par M et M0 les points
→ et −
d’affixes respectifs z et z 0 , l’angle orienté entre les deux vecteurs −
w

w 0 est :

→, −
(−
w
→ −−→ −−−→
w 0 ) = (OM , OM0 )
−−→ − −−−→
= (OM , → u ) + (→

u , OM0 )
−−→ −−−→
= −(→−
u , OM ) + (→−u , OM0 )
= −Arg(z) + Arg(z 0 ) (2π)
z0
= Arg( ) (2π)
NT
z
−−→
Conséquence : Soient A, B et C trois points distincts d’affixes respectifs a, b et c. L’affixe du vecteur AB est
−−→ −−→ −−→
b − a et celui du vecteur AC est c − a, par conséquent l’angle (AB , AC ) est donné par :

−−→ −−→ c −a
(AB , AC ) = Arg( ) (2π).
b−a

AC
¯ c−a ¯
Et on a le rapport des distances AB = ¯ b−a ¯.
−−→ −−→
Les trois points A, B et C sont alignés si et seulement si (AB , AC ) = 0 (mod π) ce qui équivaut donc à
c−a
b−a ∈ R.
−−→ −−→ −−→ −−→
Les vecteurs AB et AC sont orthogonaux si et seulement si (AB , AC ) = π2 (mod π) ce qui équivaut donc
MO

c−a
à b−a ∈ i R.

4) Similitudes directes
Soient a, b ∈ C avec a 6= 0, on note S a,b : P → P l’application qui au point d’affixe z faire correspondre le
point d’affixe z 0 = az +b, c’est la similitude directe de paramètres a et b. On vérifie en appliquant la définition,
les propriétés suivantes :
– S a,b est une bijection et sa réciproque est aussi une similitude directe, plus précisément S −1 a,b
= S 1 , −b .
a a
– La composée de deux similitudes directes est une similitude directe, plus précisément, S c,d ◦ S a,b =
S ac,cb+d avec c 6= 0.
– Soient A(z A ), B(z B ), C(z C ) et D(z D ) quatre points avec A 6= B et C 6= D, alors il existe une unique
similitude
( directe S a,b qui transforme A en C et B en D, celle-ci se détermine en résolvant le système
az A + b = z C
pour déterminer a et b.
az B + b = z D
– Lorsque a = 1, la similitude S 1,b est la translation de vecteur → −
u d’affixe b.

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Solution des exercices Chapitre 2 : Nombres complexes

Étude lorsque a 6= 1
b
– Il existe un unique point fixe Ω(z 0 ) avec z 0 = 1−a , on a alors pour tout z : az + b = a(z − z0) + z 0 . Ce
point est appelé centre de la similitude.
0
– Soit M(z) un point différent du centre Ω, et soit M0 (z 0 ) son image par S a,b , alors : zz−z−z 0
0
= a, on en
¯ 0 ¯ −−→ −−−→0

NE
¯ z −z0 ¯
déduit que : ¯ z−z ¯ = |a|, c’est à dire ΩM = |a|ΩM, et (ΩM , ΩM ) = Arg(a) (mod 2π), ce qui permet
0
0

une construction géométrique de M0 partant de M :

M0

ΩM0 = |a|ΩM

θ = Arg(a)

AIG
M

−−−→ −−→
– Cas particulier où Arg(a) = 0 : on a alors z 0 = |a|(z − z 0 ) + z 0 d’où ΩM0 = |a|ΩM , on dit que la simili-
tude est l’homothétie de centre Ω et de rapport |a|, on la note h (Ω,|a|) .
−−−→ −−→
– Cas particulier où |a| = 1 : on a alors z 0 = e i θ (z − z 0 ) + z 0 d’où ΩM0 = ΩM et ΩM0 , ΩM = Arg(a), on dit
que la similitude est la rotation de centre Ω et d’angle Arg(a), on la note r (Ω,Arg(a)) .
– Dans le cas général, on vérifie par le calcul que S a,b et la composée commutative :

S a,b = h (Ω,|a|) ◦ r (Ω,Arg(a)) = r (Ω,Arg(a)) ◦ h (Ω,|a|)

On dit que S a,b est la similitude de centre Ω, de rapport |a| et d’angle Arg(a) . On remarquera que la
1
bijection réciproque est la similitude de centre Ω, de rapport |a| et d’angle −Arg(a).
NT
VI SOLUTION DES EXERCICES

Solution 2.1
1/ Soit z un complexe, alors z = z ×1 = z ×(1+0) = z ×1+z ×0 = z +z ×0, ce qui entraîne que 0 = z ×0. La démonstration
est valable dans tout corps.
2/ Soient z et z 0 deux complexes tels que zz 0 = 0, supposons z non nul, alors z a un inverse, d’où z −1 (zz 0 ) = z −1 × 0 = 0,
ce qui donne z 0 = 0 par associativité.

Solution 2.2
1/ a) Si deux complexes sont égaux, alors ils ont la même partie réelle et la même partie imaginaire. Réciproquement, si
les parties réelle et imaginaire sont identiques, alors les deux complexes ont la même écriture algébrique et sont
MO

donc égaux.
b) Si la partie imaginaire est nulle alors le complexe est réel car égal à sa partie réelle. Si le complexe est réel, alors
l’unicité des parties réelle et imaginaire entraîne que cette dernière est nulle.
c) Même type d’argument que la question précédente.
d) z + z 0 = Re(z) + Re(z 0 ) + i [Im(z) + Im(z 0 )], c’est la forme algébrique de z + z 0 , donc par unicité, Re(z + z 0 ) = Re(z) +
Re(z 0 ) et Im(z + z 0 ) = Im(z) + Im(z 0 ).
e) αz = αRe(z) + i αIm(z), c’est la forme algébrique de αz, donc par unicité, Re(αz) = αRe(z) et Im(αz) = αIm(z).
2/ Notons z = a + i b et z 0 = a 0 + i b 0 les deux formes algébriques, alors après développement, on a zz 0 = aa 0 − bb 0 +
i (ab 0 + ba 0 ), c’est la forme algébrique de zz 0 , donc Re(zz 0 ) = aa 0 − bb 0 et Im(zz 0 ) = ab 0 + ba 0 .

Solution 2.3 On effectue le produit z × 1z = z × 1z = 1 = 1, d’où 1


z = 1
z
(deux nombres sont inverses l’un de l’autre lorsque
leur produit vaut 1).

Solution 2.4
1/ U2 = {−1; 1}, U3 = 1; j ; j 2 , U4 = {1; i ; −1; −i }.
© ª

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Solution des exercices Chapitre 2 : Nombres complexes

2/ Si z et z 0 sont dans Un alors (zz 0 )n = z n × z 0n = 1 ×1 = 1, donc zz 0 est dans Un : la multiplication et donc interne dans
Un . Elle est associative et commutative dans C, donc en particulier dans Un . L’élément ¡ ¢neutre de la multiplication
n
est dans Un car 1n = 1. Si z est dans Un alors z est non nul (sinon z n = 0 6= 1), et 1z = z1n = 11 = 1, donc 1z est
dans Un : tout élément de Un a un symétrique dans Un pour la multiplication. En conclusion (Un , ×) est un groupe
commutatif.

NE
p
Solution 2.5 On écrit z = x + i y pavec x, y réels, on a alors z = e x e i y et 1 + i = 2e i π/4 . Résolution trigonométrique :
l’équation équivaut alors à e x = 2 (égalité des modules) et y = π4 + 2kπ avec k ∈ Z (égalité des arguments à 2π près),
l’ensemble des solutions est donc 12 ln(2) + i ( π4 + 2kπ) / k ∈ Z .
© ª

AIG
NT
MO

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NE
Chapitre 3

Calculs algébriques

Sommaire
I Sommes et produits . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23

AIG
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
2) Changement d’indice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
3) Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
4) Sommes doubles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 25
II Binôme de Newton . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
1) Factorielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 26
2) Coefficients binomiaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
3) Formule du binôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
III Systèmes linéaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2) Interprétation géométrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
3) Méthode du pivot de Gauss . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
IV Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 31
NT
I SOMMES ET PRODUITS

On se place dans C. Les sommes et les produits dont on va parler ne contiennent qu’un nombre fini de
termes.

1) Définition

Définition 3.1 (somme et produit sur une partie finie)


Soit A une partie finie de C, la somme des éléments de A est notée
P
a et le produit des éléments de
Q a∈A
A est noté a. Par convention, lorsque A est vide, la somme est nulle et le produit vaut 1.
a∈A
MO

Remarque 3.1 – Ces opérations étant commutatives dans C, l’ordre n’a pas d’importance. Comme elles sont
également associatives, il est inutile de préciser un parenthèsage pour la somme ou le produit.
ZExemple : La somme et le produit des racines n es de l’unité se notent ω et ω.
P Q
ω∈Un ω∈Un

Définition 3.2 (somme et produit d’une famille finie)


Soit (a k )k∈I une famille de complexes indexée par un ensemble fini I. La somme des éléments de la
P Q
famille est notée a k et le produit des éléments de la famille est noté a k . Par convention, lorsque
k∈I k∈I
I est vide, la somme est nulle et le produit vaut 1.

ZExemple : La famille des racines n es de l’unité est (e 2i kπ/n )k∈J0;n−1K , on peut donc écrire la somme et le
e 2i kπ/n et e 2i kπ/n .
P Q
produit ainsi :
k∈J0;n−1K k∈J0;n−1K

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Sommes et produits Chapitre 3 : Calculs algébriques

Définition 3.3 (lorsque I est un intervalle d’entiers)


Soit (a k )k∈I une famille de complexes indexée par un intervalle d’entiers Jn 0 ; n 1 K. La somme des
n
P1 n1
Q
éléments de la famille est notée a k et le produit des éléments de la famille est noté a k . Par
k=n 0 k=n 0

NE
convention, lorsque n 0 > n 1 , la somme est nulle et le produit vaut 1 (car dans ce cas l’intervalle
Jn 0 ; n 1 K est vide).

ZExemple : La famille des racines n es de l’unité est (e 2i kπ/n )k∈J0;n−1K , on peut donc écrire la somme et le
n−1 n−1
e 2i kπ/n et e 2i kπ/n .
P Q
produit ainsi :
k=0 k=0

Attention !
n
P1
Dans la notation a k , il est implicite que l’indice k augmente de 1 lorsqu’on passe d’un terme au suivant
k=n 0
15
P
(idem pour le produit). Par exemple, la somme des entiers impairs de 1 à 15 ne s’écrit pas k (qui correspond à la
k=1

AIG
7
P
somme de tous les entiers de 1 à 15), mais 2k + 1.
k=0

Remarque 3.2 :
– Le terme a k est appelé terme général de la somme (ou produit), la valeur n 0 est appelée valeur initiale de
l’indice et n 1 la valeur finale.
– Dans les formules donnant la somme ou le produit, l’indice est une variable dite muette, on peut lui
donner le nom que l’on veut, le résultat ne dépend pas de l’indice.

Cas particuliers
n
P1 n1
– Lorsque le terme général est une constante α, alors a k = αn1 −n0 +1 si
Q
a k = (n 1 − n 0 + 1)α et
k=n 0 k=n 0
n0 6 n1 .
– Sommes et produits télescopiques, soit (a k )k∈Jp;q+1K une famille de complexes, alors :
q q
NT
P Q a k+1 a q+1
(a k+1 − a k ) = a q+1 − a p et si aucun terme ne s’annule, alors ak = a p .
k=p k=p
– Somme de termes consécutifs d’une suite u géométrique de raison q ∈ C :
( u p −q×un
n si q 6= 1
1−q
X
uk =
k=p (n − p + 1)u p sinon

p −q ×d
On retiendra la formule S = où p désigne le premier terme de la somme et d le dernier.
1−q
– Somme de termes consécutifs d’une suite u arithmétique de raison r ∈ C :
n
X (n − p + 1)(u p + u n )
uk =
k=p 2
MO

n(p + d )
On retiendra la formule S = où p désigne le premier terme de la somme, d le dernier et n le
2
nombre de termes.

FExercice 3.1 Démontrer les deux formules ci-dessus.

2) Changement d’indice
Formulation générale
Soit (a k )k∈I une famille finie de complexes indexée par I non vide, supposons qu’il existe une bijection
f : J → I (où J désigne un autre ensemble), par composition on a ainsi une autre famille, indexée par J, et qui
est (a f (k 0 ) )k 0 ∈J . La fonction f étant bijective les deux familles comportent exactement les mêmes termes à
l’ordre près, par conséquent la somme des termes des deux familles est la même, et le produit aussi :
X X Y Y
ak = a f (k 0 ) et ak = a f (k 0 )
k∈I k 0 ∈J k∈I k 0 ∈J

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Sommes et produits Chapitre 3 : Calculs algébriques

On dit qu’on a fait le changement d’indice k = f (k 0 ) avec k 0 ∈ J.

Attention !
Si f n’est pas bijective, il n’y a aucune raison que les deux familles aient la même somme et le même produit.

NE
Cas particuliers
Lorsque l’ensemble des indices est un intervalle d’entiers, les changements qui reviennent le plus souvent
n
P1
dans les sommes a k (ou produits) sont (avec n 0 6 n 1 ) :
k=n 0
– des translations de l’indice : k = k 0 + p (ou k 0 = k − p), ce qui donne :
n1
X nX
1 −p
ak = a k 0 +p
k=n 0 k 0 =n 0 −p

car f : Jn 0 − p ; n 1 − p K → Jn 0 ; n 1 K définie par f (k 0 ) = k 0 + p est bien une bijection.


– des symétries : k = p − k 0 (ou k 0 = p − k) , ce qui donne :
p−n

AIG
n1
X X0
ak = a p−k 0
k=n 0 k 0 =p−n 1

car f : Jp − n 1 ; p − n 0 K → Jn 0 ; n 1 K définie par f (k 0 ) = p − k 0 est bien une bijection.

FExercice 3.2 Résoudre dans C l’équation (1 − z)2n = (1 + z)2n et calculer le produit des solutions non nulles.

3) Propriétés

Théorème 3.1
Soient α, a 1 , a 2 , . . . , a n , b 1 , . . . , b n , c 1 , . . . , c m des nombres complexes, p 6 q 6 n des entiers, on a :
- pour la somme :
q n n n n n n n
α × ak = α ×
P P P P P P P P
ak + ak = ak ; ak ; (a k + b k ) = ak + bk
k=p k=q+1 k=p k=p k=p k=p k=p k=p
- pour
à le produit
! Ã :
NT
! Ã ! Ã !
q n n n n n n n
α × a k = αn−p+1 ×
Q Q Q Q Q Q Q Q
ak × ak = ak ; ak ; (a k × b k ) = ak × bk
k=p k=q+1 k=p k=p k=p k=p k=p k=p

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

4) Sommes doubles
Sur un rectangle
Soit (a k,l )(k,l )∈Jp;q K×Jn;m K une famille indexée par Jp ; q K × Jn ; m K où p 6 q et n 6 m sont des entiers. La
P P
somme de la famille est appelée somme double et notée a k,l = a k,l .
(k,l )∈Jp;q K×Jn;m K p 6k 6q
n 6l 6m
MO

Disposons ces nombres dans un tableau en indexant les lignes de p et q, et les colonnes de n à m :

a p,n a p,n+1 ··· a p,m


a p+1,n a p+1,n+1 ··· a p+1,m
.. .. .. ..
. . . .
a q,n a q,n+1 ··· a q,m
m
P
La somme des nombres figurant sur la ligne k est S k = a k,n + a k,n+1 + · · · + a k,m =
a k,l . Si maintenant
l =n
q q m
µ ¶
P P P
nous faisons le total des sommes sur chaque ligne, nous obtenons S p + · · · + S q = Sk = a k,l , or ce
k=p k=p l =n
total représente la somme des nombres de la famille (car l’addition est commutative et associative), d’où :
à !
X q
X m
X
a k,l = a k,l
p 6k 6q k=p l =n
n 6l 6m

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Binôme de Newton Chapitre 3 : Calculs algébriques
q
P
De même, la somme des nombres figurant sur la colonne l est Cl = a p,l + a p+1,l + · · · + a q,l = a k,l . Si
k=p
Pm
maintenant nous faisons le total des sommes sur chaque colonne, nous obtenons Cn + · · · + Cm = Cl =
à ! l =n
m q

NE
P P
a k,l , or ce total représente la somme des nombres de la famille (car l’addition est commutative et
l =n k=p
associative), d’où finalement :
à ! à !
X q
X m
X m
X q
X
a k,l = a k,l = a k,l
p 6k 6q k=p l =n l =n k=p
n 6l 6m

À retenir : produit de deux sommes simples


Soit (a k )k∈Jp;q K et (b l )l ∈Jn;m K deux familles alors :
q q
¶ Ã q !µ
m m m
µ ¶ µ ¶

AIG
P P P P P P P
ak bl = ak bl = ak bl = ak bl
p 6k 6 q k=p l =n k=p l =n k=p l =n
n 6l 6m

Sur un triangle
Soit (a k,l )(k,l )∈A une famille indexée par A = {(k, l ) | 1 6 k 6 l 6 n} où n est un entier. La somme de la
P P
famille est notée a k,l = a k,l .
(k,l )∈A 1 6k 6l 6n
Disposons ces nombres dans un tableau en indexant les lignes de 1 à n :

a 1,1 a 1,2 ··· a 1,n


a 2,2 ··· a 2,2
.. ..
. .
a n,n
NT
n
P
La somme des nombres figurant sur la ligne k est S k = a k,k + a k,k+1 + · · · + a k,n =
a k,l . Si maintenant
l =k
n n n
µ ¶
P P P
nous faisons le total des sommes sur chaque ligne, nous obtenons S 1 + · · · + S n = Sk = a k,l , or ce
k=1 k=1 l =k
total représente la somme des nombres de la famille (car l’addition est commutative et associative), d’où :
à !
X n
X n
X
a k,l = a k,l
16k 6l 6n k=1 l =k

l
P
De même, la somme des nombres figurant sur la colonne l est Cl = a 1,l + a 2,l + · · · + a l ,l = a k,l . Si
k=1
Pn
maintenant nous faisons le total des sommes sur chaque colonne, nous obtenons C1 + · · · + Cn = Cl =
MO

l =1
n l
µ ¶
P P
a k,l , or ce total représente la somme des nombres de la famille (car l’addition est commutative et
l =1 k=1
associative), d’où finalement :
à ! à !
X n
X n
X n
X l
X
a k,l = a k,l = a k,l
16k 6l 6n k=1 l =k l =1 k=1

II BINÔME DE NEWTON

1) Factorielle

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Binôme de Newton Chapitre 3 : Calculs algébriques

Définition 3.4
n
Soit n ∈ N∗ , on pose n! =
Q
k = 1 × 2 × · · · × n. Par convention, on pose 0! = 1.
k=1

NE
ZExemple : 1! = 1, 2! = 2, 3! = 6, 4! = 24, ...

À retenir
∀n ∈ N, (n + 1)! = (n + 1) × n!

n
FExercice 3.3 Montrer que ∀ n ∈ N∗ , (n + 1)! = 1 +
P
k(k!).
k=1

2) Coefficients binomiaux

AIG
Définition 3.5
¡n ¢ n!
Soient n, p deux entiers positifs tels que p 6 n, on pose p = p!(n−p)! (lire p parmi n).

¡n ¢ ¡n ¢ ¡n ¢ n(n−1)
ZExemple : 0 = 1; 1 =n; 2 = 2 .
En simplifiant dans la formule n! avec (n − p)!, il reste :

À retenir : formule pour le calcul pratique


¡n ¢ n(n−1)···(n−p+1)
Si 1 6 p 6 n alors p = p! .

¡x ¢ x(x−1)···(x−p+1)
Cette formule pratique permet d’étendre la définition à tout réel x (et p ∈ N) en posant : p = p!
¡x ¢
et 0 = 1.
NT
Attention !
La fonction factorielle telle que nous l’avons définie, ne s’applique qu’à des entiers positifs.

Théorème 3.2 (propriétés)


Soient 0 6 p 6 n :
n
¡ ¢ ¡ n ¢
- n−p (symétrie).
p =
¡n+1 ¡n ¢
- p+1 = n+1
¢
p+1 p .
- np + p+1
¡ ¢ ¡ n ¢ ¡n+1¢
= p+1 (relation de Pascal).

Preuve :¡La
¢ première formule découle directement¡n+1¢ de la définition.
n+1 n n+1 n! (n+1)!
p+1 p = p+1 (n−p)!p! = (n+1−(p+1))!(p+1)! = p+1 .
MO

¡n ¢ ¡ n ¢ n!(p+1)+n!(n−p)
n! n! (n+1)!
= n+1
¡ ¢
p + p+1 = (n−p)!p! + (n−p−1)!(p+1)! = (n−p)(p+1)! = (n−p)!(p+1)! p+1 . 

Triangle de Pascal
La relation de Pascal permet de calculer les coefficients binomiaux de proche en proche dans un tableau :

n\p 0 1 2 3 4 5 6 7 8
0 1
1 1 1
2 1 2 1
3 1 3 3 1
4 1 4 6+ 4 1
=
5 1 5 10 10 5 1
6 1 6 15 20 15 6 1
7 1 7 21 35 35 21 7 1
8 1 8 28 56 70 56 28 8 1

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Systèmes linéaires Chapitre 3 : Calculs algébriques

3) Formule du binôme

Théorème 3.3
n ¡ ¢ n ¡ ¢
n n
Soient a, b ∈ C et n ∈ N, alors : (a + b)n = a k b n−k = a n−k b k .
P P
k k

NE
k=0 k=0

Preuve : Par récurrence sur n : au rang 0 la formule donne 1 ce qui correspond bien à (a + b)0 . Si la formule est
démontrée au rang n, alors :

(a + b)n+1 = (a + b)(a + b)n = a(a + b)n + b(a + b)n


à ! à !
n n n n
k+1 n−k
a k b n+1−k
X X
= a b +
k=0 k k=0 k
à ! à !
n+1 n n n
p n+1−p
a k b n+1−k (changement d’indice p = k + 1 dans la première somme)
X X
= a b +
p=1 p − 1 k=0 k
à ! à !
n+1 n n n
k n+1−k
a k b n+1−k
X X
= a b +
k=1 k − 1 k=0 k

AIG
"Ã ! Ã !#
n n n
n+1 n+1
a k b n+1−k (on regroupe les sommes sur J1 ; n K)
X
=a +b + +
k=1 k −1 k
à !
n n +1
n+1 n+1
a k b n+1−k (relation de Pascal)
X
=a +b +
k=1 k
à !
n+1
X n + 1 k n+1−k
= a b (formule au rang n + 1)
k=0 k

La formule est donc établie pour tout n ∈ N. 


ZExemples :
n ¡ ¢
n
= (1 + 1)n = 2n .
P
– k
k=0
n ¡n ¢ n ¡n−1¢
= n2n−1 .
P P
– Si n > 1, k = n
NT
k k−1
k=1 k=1
n ¡ ¢ p
n
cos(k π3 ) = Re([1 + e i π/3 ]n ) = 3n cos(n π6 ).
P
– k
k=0

III SYSTÈMES LINÉAIRES

1) Définition

Définition 3.6
Un système (S) linéaire à n équations et p inconnues est un système d’équations de la forme :

 a 1,1 x 1 + a 1,2 x 2 + · · · + a 1,p x p = b1
MO


.. ..
(S) . .


a n,1 x 1 + a n,2 x 2 + · · · + a n,p x p = bn

où x 1 , . . . , x p sont des nombres inconnus, b 1 , . . . , b n sont des nombres donnés (appelés seconds
membres) et la famille de nombres (a i , j )(i , j )∈J1;n K×J1;p K est donnée (ce sont les coefficients, on dit
qu’ils forment la matrice du système).
Résoudre (S) c’est trouver tous les p-uplets de nombres (x 1 , . . . , x p ) vérifiant (S). Deux systèmes sont
dits équivalents si et seulement si ils ont les mêmes solutions.

Codage
Les différentes équations d’un système linéaire sont notées du haut vers le bas L1 , L2 , . . . , Ln :

 a 1,1 x 1 + a 1,2 x 2 + · · · + a 1,p x p = b 1 (L1 )

.. ..
(S) . .


a n,1 x 1 + a n,2 x 2 + · · · + a n,p x p = b n (Ln )

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Systèmes linéaires Chapitre 3 : Calculs algébriques

Les différentes colonnes du système sont notées de gauche à droite C1 , C2 , . . . , Cp .

2) Interprétation géométrique
Lorsque p = 2 : si les coefficients a i ,1 et a 1,2 ne sont pas nuls simultanément, alors l’équation a i ,1 x 1 +

NE
a i ,2 x 2 = b i peut être interprétée comme l’équation d’une droite Di dans un plan muni d’un repère (O, → −ı ,→
− ),
les solutions étant les coordonnées des points M(x 1 , x 2 ) de la droite Di . Résoudre (S) revient alors à chercher
un point commun à plusieurs droites, c’est à dire D1 ∩ · · · ∩ Dn . Dans le cas où n = 2, il y a trois cas possibles :
– Soit D1 et D2 sont sécantes et alors le système a une unique solution.
– Soit D1 et D2 sont confondus et alors les solutions du système sont les coordonnées des points de D1 .
– Soit D1 et D2 sont strictement parallèles et alors il n’y a pas de solutions au système.
Lorsque p = 3 : si les coefficients a i ,1 , a 1,2 et a i ,3 ne sont pas nuls simultanément, alors l’équation
a i ,1 x 1 + a i ,2 x 2 + a i ,3 x 3 = b i peut être interprétée comme l’équation d’un plan P i dans un plan muni d’un
repère (O, → −
ı ,→ − , →

k ), les solutions étant les coordonnées des points M(x 1 , x 2 , x 3 ) du plan P i . Résoudre (S)
revient alors à chercher un point commun à plusieurs plan c’est à dire P 1 ∩ · · · ∩ P n . Dans le cas où n = 2, il y
a trois cas possibles :
– Soit P 1 et P 2 sont confondus et alors les solutions du système sont les coordonnées des points de P 1 .

AIG
– Soit P 1 et P 2 sont strictement parallèles et alors il n’y a pas de solutions au système.
– Soit P 1 et P 2 se coupent suivant une droite D1,2 . S’il y a une troisième équation, il s’agit ensuite
d’étudier l’intersection D1,2 ∩ P 3 , il y a plusieurs cas :
• Soit la droite coupe le plan en un point I et ses coordonnées forment l’unique solution du système.
• Soit la droite est incluse dans le plan et l’intersection est la droite.
• Soit la droite est strictement parallèle au plan et il n’y a pas de solution.

3) Méthode du pivot de Gauss


Systèmes triangulaires
Un système linéaire (S) est dit triangulaire lorsque les coefficients situés sous la diagonale (les coefficients
a i , j avec i > j ) sont nuls. Lorsque s’un système triangulaire a ses coefficients diagonaux non nuls, on le
résout par substitutions remontantes. Exemple :
NT
  
x + 2y − z + t = 1
 x + 2y − z + t = 1
 x + 2y − z + t = 1

y − z + 2t = 0 ⇐⇒ y − z + 2t = 0 ⇐⇒ y = z − 2t = 1 − 3t

 
 

z +t =1 z = 1−t z = 1−t

x = 1 − 2y + z − t = 4t

⇐⇒ y = 1 − 3t


z = 1−t
L’ensemble des solutions est donc {(4t , 1 − 3t , 1 − t , t ) | ∈ R}. Sur cet exemple, on voit que l’inconnue t peut-
être quelconque et que les autres s’écrivent en fonction de t . On dit que t est une inconnue auxiliaire et que
x, y, z sont les inconnues principales.
MO

Opérations élémentaires
Les opérations élémentaires de la méthode de Gauss sont :
– L’échange de deux équations Li et L j avec i 6= j , notée Li ↔ L j , elle transforme le système en un
système équivalent car le connecteur « et » est commutatif.
– L’échange de deux colonnes Ci et C j avec i 6= j , notée Ci ↔ C j , elle transforme le système en un
système équivalent car l’addition est commutative.
– Multiplier une ligne Li par un nombre α non nul, notée Li ← αLi , elle transforme le système en un
système équivalent car la nouvelle équation Li est équivalente à l’ancienne puisque α 6= 0.
– Ajouter à une ligne Li un multiple d’une autre ligne L j (i 6= j ), elle notée Li ← Li + λL j , elle transforme
le système en un système équivalent car l’opération Li ← Li − λL j nous permet de revenir à l’ancien
système.

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Systèmes linéaires Chapitre 3 : Calculs algébriques

À retenir
La méthode du pivot de Gauss consiste à transformer, avec des opérations élémentaires, le système
linéaire initial (S) en un système équivalent triangulaire dont les coefficients diagonaux sont non nuls.

NE
La méthode est une succession d’étapes, voici le descriptif de l’étape k, celle-ci se déroule en trois temps :
1. On choisit un coefficient non nul dans les lignes Lk à Ln et les colonnes Ck à Cp . Ce coefficient sera
appelé le pivot de l’étape k (noté p k ), pour les calculs à la main on essaie de choisir si possible un
coefficient égal à 1 ou −1.
2. On amène le pivot p k à sa place, c’est à dire ligne Lk et colonne Ck , il peut être nécessaire pour cela
d’échanger deux lignes et/ou deux colonnes.
3. On « élimine » les coefficients situés sous le pivot dans les lignes Lk+1 à Ln avec des opérations du type
Li ← Li + λLk , c’est à dire qu’à chaque ligne (sous celle du pivot) on ajoute un certain nombre de fois la
ligne du pivot pour faire disparaître le coefficient qui est dans la colonne du pivot, ceci est possible en
a
faisant Li ← Li − pi k,k Lk si a i ,k est le coefficient de la ligne i et colonne k.

AIG
À l’issue de l’étape k on obtient un système de la forme :


 p 1 x1 + a 1,2 x 2 + ··· ··· ··· +a 1,p x p = b1
p 2 x2 + ··· ··· ··· +a 2,p x p = b2




.. .. ..


.



 . .
p k xk + ··· · · · +a k,p x p = bk ,



 a k+1,k+1 x k+1 + · · · +a k+1,p x p = b k+1
.. .. ..



. . .




a n,k+1 x k+1 + · · · +a n,p x p = bn

La méthode s’arrête à l’issue de l’étape k lorsqu’on est arrivé à la dernière ligne, ou bien lorsqu’il n’est
plus possible de trouver un pivot parce que tous les coefficients des lignes Lk+1 à Ln et des colonnes Ck+1 à
Cp sont nuls. On peut alors procéder aux substitutions remontantes.
Exemple :
NT


 2x 1 + 3x 2 − 3x 3 + 4x 4 + 2x 5 = 1

3x 1 + 6x 2 − 2x 3 + 5x 4 + 9x 5 = 0

(S)


 7x 1 + 18x 2 − 2x 3 + 7x 4 + 7x 5 = 2
2x 1 + 4x 2 − 2x 3 + 3x 4 + x 5 = −1

Étape1 :
 2x 1 + 3x 2 − 3x 3 + 4x 4 + 2x 5 = 1


3x 2 + 5x 3 − 2x 4 + 12x 5 = −3 L2 ← 2L2 − 3L1

⇐⇒


 15x 2 + 17x 3 − 14x 4 = −3 L3 ← 2L3 − 7L1
x 2 + x 3 − x 4 − x 5 = −2 L4 ← L4 − L1

Étape2 (L2 ↔ L4 ) :

 2x 1 + 3x 2 − 3x 3 + 4x 4 + 2x 5 = 1
MO


x 2 + x 3 − x 4 − x 5 = −2 L2 ← L4

⇐⇒


 15x 2 + 17x 3 − 14x 4 = −3
3x 2 + 5x 3 − 2x 4 + 12x 5 = −3 L4 ← L2



 2x 1 + 3x 2 − 3x 3 + 4x 4 + 2x 5 = 1

x 2 + x 3 − x 4 − x 5 = −2

⇐⇒


 2x 3 + x 4 + 15x 5 = 27 L3 ← L3 − 15L2
2x 3 + x 4 + 15x 5 = 3 L4 ← L4 − 3L2

Étape3 :
 2x 1 + 3x 2 − 3x 3 + 4x 4 + 2x 5 = 1


x 2 + x 3 − x 4 − x 5 = −2




⇐⇒ 2x 3 + x 4 + 15x 5 = 27

0 = −24 L4 ← L4 − L3






On voit donc que le système n’a pas de solution.

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Solution des exercices Chapitre 3 : Calculs algébriques

 (1 − λ)x − y + z = 0


FExercice 3.4 Résoudre en fonction du paramètre λ le système −x + (1 − λ)y − z = 0 .

x − y + (1 − λ)z = 0

NE
IV SOLUTION DES EXERCICES

Solution 3.1
1/ Pour la suite arithmétique de raison r , si le premier terme est p, alors le suivant est p + r , puis p + 2r , etc, et le dernier
est d = p + (n − 1)r , la somme s’écrit alors S = np + r × (1 + 2 + · · · + (n − 1)), or 1 + 2 + · · · + (n − 1) = n(n−1)
2 (cela peut
n(2p+r (n−1) n(p+d )
se vérifier par récurrence), d’où S = np + nr (n−1)
2 = 2 = 2 .
2/ Pour la suite géométrique de raison q, si le premier terme est p, alors le suivant est pq, puis pq 2 , etc, et le dernier est
d = pq n−1 , la somme s’écrit alors S = p × (1 + q + q 2 + · · · + q n−1 ), or (1 − q) × (1 + q + q 2 + · · · + q n−1 ) = 1 − q n après
1−q n p−qd
simplifications, donc si q 6= 1 alors 1 + q + q 2 + · · · + q n−1 = 1−q et donc S = 1−q , par contre, si q = 1, alors tous les
termes de la somme sont égaux à p et dans ce cas, S = np.

AIG


ei
¡ 1+z ¢2n 1+z
= ei
n −1
Solution 3.2 L’équation équivaut à 1−z = 1, ou encore 1−z
n avec k ∈ J0 ; 2n − 1K, ce qui donne z = kπ ou
ei n +1
encore z = i tan( kπ
2n ) avec k
∈ J0 ; n − 1K ∪ Jn + 1 ; 2n − 1K.
n−1 2n−1
i tan( kπ i tan( kπ
Q Q
Le produit des solutions non nulles est P = 2n ) × 2n ), en posant q = k − n dans le deuxième
k=1 k=n+1
n−1 n−1
i tan( kπ − i qπ , d’où P = i n−1 × (−1)n−1 × i n−1
Q Q
produit, on obtient P = 2n ) × = 1.
k=1 q=1 tan( 2n )

Solution 3.3 C’est une récurrence sur n. Pour n = 1 la somme vaut 1 + 1 = 2 qui est bien (1 + 1)!. Soit n ∈ N∗ , supposons la
n+1
P n
P
propriété vraie au rang n, alors 1+ k(k!) = 1+ k(k!)+(n +1)((n +1)!) = (n +1)!+(n +1)(n +1)! = (n +1)![1+n +1] =
k=1 k=1
(n + 2)!, la relation est donc vérifiée au rang n + 1.

 (1 − λ)x − y + z = 0


Solution 3.4 Notons (S λ ) le système −x + (1 − λ)y − z = 0 , alors :

x − y + (1 − λ)z = 0
NT

 z − y + (1 − λ)x = 0  z − y + (1 − λ)x = 0
 
 
(S λ ) ⇐⇒ −z + (1 − λ)y − x = 0 ⇐⇒ −λy − λx = 0 L2 ← L2 + L1
 
(1 − λ)z − y + x = 0 −λy + λ(2 − λ)x = 0 L3 ← L3 + (λ − 1)L1
 

Si λ = 0 : le système se réduit à une équation z − y + x = 0 d’où y = z + x avec z et x quelconques.


z − y + (1 − λ)x = 0 z − y + (1 − λ)x = 0
 
 
Lorsque λ 6= 0 : (S λ ) ⇐⇒ y + x = 0 ⇐⇒ y +x =0
 
y + (λ − 2)x = 0 (λ − 3)x = 0 L3 ← L3 − L2
 
Si λ ∉ {0; 3} alors l’unique solution est (0, 0, 0).
Si λ = 3 : alors x est quelconque, y = −x et z = y + 2x = x.
MO

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NE
Chapitre 4

Fonctions usuelles

Sommaire
I Fonctions logarithme et exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32

AIG
1) Logarithme népérien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 32
2) La fonction exponentielle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 33
II Fonctions puissances . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
1) Puissance quelconque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2) Croissance comparée de ces fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
III Fonctions circulaires - Inversions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
1) Fonctions circulaires : rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2) Inversion des fonctions circulaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 37
IV Fonctions hyperboliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 40
2) Trigonométrie hyperbolique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
V Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 41
NT
I FONCTIONS LOGARITHME ET EXPONENTIELLE

1) Logarithme népérien
1
La fonction x 7→ x est continue sur ]0; +∞[, elle admet une unique primitive qui s’annule en 1.

Définition 4.1
L’unique primitive de la fonction x 7→ x1 sur ]0; +∞[ qui s’annule en 1 est appelée logarithme népérien
Rx
et notée ln. On a donc ∀x > 0, ln(x) = 1 dtt .

1
Cette fonction est donc dérivable sur I =]0; +∞[ et ln0 (x) = , elle est donc strictement croissante sur I.
x
MO

Soit y > 0, la fonction f : x 7→ ln(x y) et dérivable sur I et f 0 (x) = y x1y = x1 , on en déduit que f (x) = ln(x) + c
où c est une constante, on a ln(y) = f (1) = ln(1) + c = c, par conséquent on obtient :

Théorème 4.1 (Propriété fondamentale du logarithme)


∀x, y > 0, ln(x y) = ln(x) + ln(y).

Conséquences :
u0
– Si u est une fonction dérivable qui ne s’annule pas, alors [ln(|u|)]0 = u.
– ∀x, y ∈ R∗ , ln(|x y|) = ln(|x|) + ln(|y|).
– ∀x, y ∈ R∗ , ln(| xy |) = ln(|x|) − ln(|y|).
– ∀n ∈ Z∗ , ∀x ∈ R∗ , ln(|x n |) = n ln(|x|).

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Fonctions logarithme et exponentielle Chapitre 4 : Fonctions usuelles

Théorème 4.2 (Limites du logarithme népérien)


ln(x) ln(x)
lim ln(x) = +∞; lim+ ln(x) = −∞; lim = 0; lim+ x ln(x) = 0; lim = 1.
x→+∞ x→0 x→+∞ x x→0 x→1 x − 1

NE
Preuve : ∀n ∈ N, ln(2n ) = n ln(2) or ln(2) > 0, donc la suite (ln(2n )) tend vers +∞ ce qui prouve que la fonction ln n’est
pas majorée, par conséquent elle tend +∞.
En posant X = x1 on a lim X = +∞ donc lim ln(x) = lim − ln(X) = −∞.
x→0+ x→0+ X→+∞
ln(x)
lim = ln0 (1) = 1.
x→1 x−1
p Rx dt p
Pour t > 1 on a t 6 t et donc pour x > 1 on a 0 6 ln(x) 6 1 p = 2[ x − 1], le théorème des gendarmes entraîne
t
ln(x)
lim x = 0. 
x→+∞
Courbe représentative :

AIG
C ln
x 0 1 +∞ 0
ln0 + + 0 1 2 3 4
+∞
−1
ln 0
−∞
−2

−3

Théorème 4.3 (Inégalité de convexité)


∀x > 0, ln(x) 6 x − 1.
NT
Preuve : Il suffit d’étudier la fonction f : x 7→ ln(x) − x + 1. 

2) La fonction exponentielle
La fonction ln est strictement croissante sur I =]0; +∞[, elle définit donc une bijection de I sur J = Im(ln),
comme elle est continue on a Im(ln) =] lim ln; lim ln[= R.
0 +∞

Définition 4.2
La réciproque est appelée fonction exponentielle et notée exp, elle est définie par :
MO

exp : R → ]0; +∞[ .


x 7→ exp(x) = y tel que y > 0 et ln(y) = x

Propriétés :
– La fonction exp est strictement croissante sur R et continue, de plus exp(0) = 1.
– La fonction ln est dérivable sur ]0; +∞[ et sa dérivée ne s’annule pas, donc la fonction exp est dérivable
1
sur R et exp0 (x) = 0 = exp(x) .
ln (exp(x))
– Dans un repère orthonormé, la courbe de la fonction exp et celle de la fonction ln sont symétriques
par rapport à la première bissectrice.

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Fonctions puissances Chapitre 4 : Fonctions usuelles

4 C exp

NE
2

1 C ln

0
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
−1

−2

−3

AIG
−4
Soient x, y ∈ R, notons X = exp(x) et Y = exp(y) alors X et Y sont dans ]0; +∞[ on peut donc écrire
ln(XY) = ln(X) + ln(Y) ce qui donne x + y = ln(XY), par conséquent exp(x + y) = XY = exp(x) exp(y), on peut
donc énoncer :

Théorème 4.4 (Propriété fondamentale de l’exponentielle)


∀x, y ∈ R, exp(x + y) = exp(x) exp(y).
1
Il en découle en particulier que exp(−x) = exp(x) .

Notation : On déduit de ce théorème que pour tout entier n ∈ Z et pour tout réel x on a exp(nx) = [exp(x)]n .
En particulier on a pour x = 1, exp(n) = [exp(1)]n . On pose alors e = exp(1) , d’où exp(n) = e n . Si p et q sont
p
deux entiers premiers entre eux avec q 6= 0 et si r = q , alors exp(qr ) = exp(r )q = e p , comme exp(r ) > 0 on
p
peut écrire exp(r ) = e p = e r [cf fonctions puissances]. On convient alors d’écrire pour tout réel x :
q
NT
exp(x) = e x .

Les propriétés s’écrivent alors :


– e x+y = e x × e y .
– e 0 = 1, e −x = e1x , ∀n ∈ Z, e nx = [e x ]n .
– Si u désigne une fonction dérivable alors [e u ]0 = u 0 × eu .
– ∀x ∈ R, e x > x + 1.
Preuve : Soit X = e x , on sait que ln(X) 6 X − 1 ce qui donne l’inégalité. 

Théorème 4.5 (Limites de la fonction exponentielle)


ex ex − 1
MO

lim e x = 0, lim e x = +∞, lim = +∞, lim = 1.


x→−∞ x→+∞ x→+∞ x x→0 x

Preuve : La fonction exp est continue et strictement croissante sur R donc Im(exp) =] lim exp; lim exp[=]0; +∞[. Soit
−∞ +∞
ex X e x −1
X = e x alors lim = lim = +∞. lim = exp0 (0) = 1. 
x→+∞ x X→+∞ ln(X) x→0 x

Remarque 4.1 – Il en découle que lim x e−x = 0.


x→+∞

II FONCTIONS PUISSANCES

Les puissances entières sont supposées connues.

1) Puissance quelconque

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Fonctions puissances Chapitre 4 : Fonctions usuelles

Définition 4.3
Si α est un réel et si x > 0 alors on pose x α = e α ln(x) .

Cela définit une fonction f α continue et dérivable sur ]0; +∞[ avec la formule : [x α ]0 = αx α−1 .

NE
Il en découle que si u est une fonction dérivable à valeurs strictement positives, alors la fonction u α est
dérivable et :
¡ α ¢0
u = α × u 0 × u α−1

si α > 0
½
0
On a lim f α (x) = . Dans le premier cas on pose 0α = 0, dans le second cas il y a une
x→0 +∞ si α < 0
asymptote verticale.
si α > 1
½
x α −0 0
(α−1) ln(x)
Lorsque α > 0 : =e −→ , lorsque α > 1 on a une tangente horizontale
x +∞ x→0 si 0 < α < 1
et lorsque α < 1 on a une tangente verticale.

α<0

AIG
4 α>1 α=1

2
0<α<1

0
−1 0 1 2 3 4
NT
−1

Cas particuliers (avec x > 0) :


¢n
a) Lorsque α = n ∈ Z, on retrouve bien les puissances entières car exp(n ln(x)) = exp(ln(x)) = x n .
¡

b) Lorsque α = n1 avec n ∈ N∗ : soit y = x α , on a y n = exp( nn ln(x)) = x, comme y est positif, on dit que y
p
est la racine n e de x. Notation pour x > 0 : x 1/n = n x.
p p
c) Lorsque α = ∈ Q avec p ∈ Z et q ∈ N∗ : soit y = x α , on a y q = exp(q q ln(x)) = x p , comme y est positif,
q
p
y est la racine q e de x p . Autrement dit, pour x > 0, x p/q = x p .
q

Théorème 4.6 (Propriétés)


MO

Avec x, y > 0 et α, β ∈ R :
– ln(x α ) = α ln(x).

– x α × x β = x α+β , et donc x −α = 1
x α , et x β = x α−β .
α β
– (x ) = x αβ .
– (x y)α = x α × y α .
1
– Pour α non nul, y = x α ⇐⇒ x = y α .

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

FExercice 4.1
1/ Soient u et v deux fonctions dérivables avec u > 0, calculer la dérivée de la fonction x 7→ u(x)v(x) .
¢x
2/ Calculer lim 1 + x1 .
¡
x→+∞

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Fonctions circulaires - Inversions Chapitre 4 : Fonctions usuelles

Remarque 4.2 – Pour les réels x strictement positifs, on peut définir les puissances complexes à l’aide de
l’exponentielle complexe en posant x z = e z ln(x) .

2) Croissance comparée de ces fonctions

NE
Comparaison des puissances : si α < β alors x α est négligeable devant x β au voisinage de +∞ et x β est
négligeable devant x α au voisinage de 0, c’est à dire :

xα xβ
lim = 0 et lim+ =0
x→+∞ xβ x→0 xα

Comparaison des puissances et des logarithmes : si α et β sont des réels strictement positifs, alors [ln(x)]α
est négligeable devant x β au voisinage de +∞ et | ln(x)|α est négligeable devant x1β au voisinage de 0, c’est à
dire :
[ln(x)]α
lim = 0 et lim+ x β | ln(x)|α = 0
x→+∞ xβ x→0

AIG
ln(u) α
µα ¶ ³ ´α ³ ´α β
[ln(x)]α β α ln(u)
Preuve : xβ
= u = β u avec u = x α , ce qui donne la première limite. La deuxième en découle avec
le changement de variable u = x1 . 
α
Comparaison des puissances et des exponentielles : si α est un réel et si β > 0, alors x est négligeable
devant e βx au voisinage de +∞, c’est à dire :

lim x α e −βx = 0 .
x→+∞

[ln(u)]α
Preuve : Lorsque α 6 0 il n’y a rien à démontrer. Lorsque α > 0, u = e x −→ +∞ et on a x α e −βx = uβ
−→ 0. 
x→+∞ u→+∞

β
FExercice 4.2 Comparer x α et e x au voisinage de +∞ avec α et β strictement positifs.

III FONCTIONS CIRCULAIRES - INVERSIONS


NT
1) Fonctions circulaires : rappels
Le plan P est muni d’un repère orthonormé direct (O, → −
u ,→

v ). Soit x un réel, et M(x) le point du cercle

− −−→
trigonométrique tel que ( u , OM ) = x (mod 2π) alors les coordonnées de M(x) sont (cos(x), sin(x)), lorsque
x ∈ R \ π2 + kπ | k ∈ Z , on pose tan(x) = cos(x)
sin(x)
© ª
.

M tan(x)
sin(x)
MO

O A
cos(x)

_
Remarque 4.3 – Le réel x représente également la longueur de l’arc de cercle AM avec A(1, 0), le cercle étant
orienté dans le sens direct.
Quelques propriétés :
– ∀x ∈ R, cos2 (x) + sin2 (x) = 1.
– Les fonctions sinus et cosinus sont 2π-périodiques définies continues dérivables sur R, à valeurs dans
[−1; 1], et on a sin0 = cos et cos0 = − sin.

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Fonctions circulaires - Inversions Chapitre 4 : Fonctions usuelles
– La fonction tangente est π-périodique, définie continue dérivable sur R \ { π2 + kπ | k ∈ Z} et on a
tan0 (x) = 1 + tan2 (x) = cos12 (x) .
– Les fonctions sinus et tangente sont impaires alors que la fonction cosinus est paire.

À retenir

NE
Si u est une fonction dérivable alors sin(u) et cos(u) sont dérivables avec les formules :
[sin(u)]0 = u 0 cos(u) et [cos(u)]0 = −u 0 sin(u)
Si de plus la fonction cos(u)) ne s’annule pas, alors la fonction tan(u) est dérivable et :
0
[tan(u)]0 = u 0 (1 + tan2 (u)) = cosu2 (u)

5
1
4
C sin
0 3
−π − π2 0 π π
2 2

−1 1

AIG
0 C tan

− π2 0 π
2
1 −1
C cos
−2
0
π −3
−π − π2 0 π
2
−4
−1
−5

– On a les relations sin(π + x) = − sin(x) et cos(π + x) = − cos(x).


π π π π
x 0 6 4 3 2
p p
1 2 3
sin(x) 0 2 2 2 1
– On a les valeurs remarquables : p p ,
3 2 1
cos(x) 1 0
NT
2 2 2
p
tan(x) 0 p1 1 3
3
comme sin(π − x) = sin(x) et cos(π − x) = − cos(x), on peut compléter le tableau avec les valeurs
2π 3π 5π
3 , 4 , 6 et π, la parité permet ensuite d’avoir un tableau de −π à π.
– Formules d’addition : ∀x, y ∈ R on a :
• cos(x + y) = cos(x) cos(y) − sin(x) sin(y). En particulier, cos(2x) = 2 cos2 (x) − 1 = 1 − 2 sin2 (x).
• sin(x + y) = sin(x) cos(y) + cos(x) sin(y). En particilier, sin(2x) = 2 sin(x) cos(x).
tan(x)+tan(y) 2 tan(x)
• tan(x + y) = 1−tan(x) tan(y) . En particulier, tan(2x) = 1−tan 2 (x) .

2u 1 − u2
• En posant u = tan( x2 ), on a sin(x) = et cos(x) = .
1 + u2 1 + u2

FExercice 4.3
MO

x2
1/ Montrer que ∀x ∈ R, | sin(x)| 6 |x|, 0 6 1 − cos(x) 6 2 .
2/ Montrer que ∀x ∈] − π2 ; π2 [, | tan(x)| > |x|.

Extension
e i z +e −i z e i z −e −i z
On peut prolonger les fonctions sinus et cosinus à C en posant cos(z) = 2 et sin(z) = 2i .

2) Inversion des fonctions circulaires


La fonction arcsin : la fonction sin est strictement croissante sur I = [− π2 ; π2 ], elle définit une bijection de I
sur J = [sin(− π2 ); sin( π2 )] = [−1; 1]. La bijection réciproque est notée arcsin [arcsinus], elle est définie par :
arcsin : [−1; 1] → [− π2 ; π2 ] .
y ∈ [− π2 ; π2 ]
½
x 7→ arcsin(x) = y tel que
sin(y) = x
ZExemple : arcsin(0) = 0, arcsin( 21 ) = π6 , . . .

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Fonctions circulaires - Inversions Chapitre 4 : Fonctions usuelles

Cette fonction est strictement croissante et continue sur [−1; 1], elle est dérivable sur ] − 1; 1[ mais pas en
−1 ni en 1 [tangente verticale en ces points], on a la formule suivante :

1 1
∀x ∈] − 1; 1[, arcsin0 (x) = =p .
cos(arcsin(x)) 1 − x2

NE
À retenir
Si u est une fonction dérivable à valeurs dans ] − 1; 1[ alors la fonction arcsin(u) est dérivable et :
0
[arcsin(u)]0 = p u 2
1−u

C arcsin
π
2

1 C sin

x −1 0 +1

AIG
+ π2 − π2 −1
arcsin 0 1 π
2
− π2

−1

− π2

Propriétés :
– ∀x ∈ [−1; 1], sin(arcsin(x)) = x.
– ∀x ∈ [− π2 ; π2 ], arcsin(sin(x)) = x.
– ∀x ∈ [−1; 1], arcsin(−x) = − arcsin(x)
p [fonction impaire].
– ∀x ∈ [−1; 1], cos(arcsin(x)) = 1 − x 2 .
– ∀x ∈ [−π; π], arcsin(cos(x)) = π2 − |x|.
NT
Attention !
La fonction f : x 7→ arcsin(sin(x)) n’est pas l’identité, elle est 2π- périodique et impaire, il suffit donc l’étudier
sur [0; π], mais elle vérifie f (π − x) = f (x), la droite x = π2 est donc un axe de symétrie et l’étude se réduit à [0; π2 ],
intervalle sur lequel f (x) = x.

La fonction arccos : la fonction f : [0; π] → [−1; 1] définie par f (x) = cos(x), est continue et strictement
décroissante, elle définit donc une bijection de [0; π] sur [−1; 1]. Par définition, la bijection réciproque est
appelée fonction arccosinus et notée arccos, elle est définie par :

arccos : [−1; 1] → [0; π] .


y ∈ [0; π]
MO

½
x 7→ arccos(x) = y tel que
cos(y) = x

ZExemple : arccos(1) = 0, arccos(0) = π2 , arccos(− 12 ) = 2π


3 , ...
Cette fonction est strictement décroissante et continue sur [−1; 1], elle est dérivable sur ] − 1; 1[ mais pas
en −1 ni en 1 [tangente verticale en ces points], on a la formule suivante :

−1 −1
∀x ∈] − 1; 1[, arccos0 (x) = =p .
sin(arccos(x)) 1 − x2

À retenir
Si u est une fonction dérivable à valeurs dans ] − 1; 1[ alors la focntion arccos(u) est dérivable et :
0
[arccos(u)]0 = p−u 2
1−u

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Fonctions circulaires - Inversions Chapitre 4 : Fonctions usuelles
C arccos
π

x π

NE
−1 0 +1 2
π
π 1
arccos 2
0 π
2 π
−1 1

−1
C cos

Propriétés :
– ∀x ∈ [−1; 1], cos(arccos(x)) = x.
– ∀x ∈ [0; π], arccos(cos(x)) = x.p

AIG
– ∀x ∈ [−1; 1], sin(arccos(x)) = 1 − x 2 .
– ∀x ∈ [−1; 1], arccos(x) + arcsin(x) = π2 .
– ∀x ∈ [−1; 1], arccos(−x) = π − arccos(x).

Attention !
La fonction f : x 7→ arccos(cos(x)) n’est pas l’identité, elle est 2π- périodique et paire, il suffit donc l’étudier sur
[0; π] intervalle sur lequel f (x) = x.

La fonction arctan : la fonction f :]− π2 ; π2 [→ R définie par f (x) = tan(x), est continue et strictement croissante,
elle définit donc une bijection de ] − π2 ; π2 [ sur R. Par définition, la bijection réciproque est appelée fonction
arctangente et notée arctan, elle est définie par :

arctan : R → ] − π2 ; π2 [ .
½ π π
y ∈] − 2; 2[
x 7→ arctan(x) = y tel que
NT
tan(y) = x
p
ZExemple : arctan(0) = 0, arctan(1) = π4 , arctan( 3) = π3 , . . .
Cette fonction est strictement croissante, continue et dérivable sur R et on a la formule suivante :
1 1
∀x ∈ R, arctan0 (x) = = .
1 + tan2 (arctan(x)) 1 + x 2

À retenir
Si u désigne un fonction dérivable, alors la fonction arctan(u) est dérivable et :
u0
[arctan(u)]0 = 1+u 2
MO

C tan

π
2

x −∞ 0 +∞
π C arctan
2
arctan 0 − π2 π
2
− π2

− π2

Propriétés :

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Fonctions hyperboliques Chapitre 4 : Fonctions usuelles

– ∀x ∈ R, tan(arctan(x)) = x.
– ∀x ∈] − π2 ; π2 [, arctan(tan(x)) = x.
– ∀x ∈ R, arctan(−x) = − arctan(x).
– ∀x ∈ R∗+ , arctan(x) + arctan( x1 ) = π2 .
³ ´
– ∀x ∈ R, arctan(x) = arcsin p x 2 .

NE
1+x
– ∀x ∈ R, arctan(x) = Arg(1 + i x).

IV FONCTIONS HYPERBOLIQUES

1) Définition

Définition 4.4
e x +e −x e x −e −x
Pour x ∈ R, on pose ch(x) = 2 [cosinus hyperbolique], sh(x) = 2 [sinus hyperbolique] et
sh(x) e x −e −x
th(x) = ch(x) = e x +e −x [tangente hyperbolique].

AIG
Le cosinus hyperbolique : la fonction ch est paire, définie continue dérivable sur R et ch0 (x) = sh(x), on en
déduit le tableau de variation et la courbe :

4
C ch
x −∞ 0 +∞ 3
+∞ +∞
ch 2
1
1

0
−3 −2 −1 0 1 2
NT
Quelques propriétés :
– ∀x ∈ R, ch(x) > 1.
– lim ch(x)
x = +∞ et lim
ch(x)
x = 12 .
x→+∞ x→+∞ e
Le sinus hyperbolique : la fonction sh est impaire, définie continue dérivable sur R et sh0 (x) = ch(x), on en
déduit le tableau de variation et la courbe :

5
4
3 C sh
2
x −∞ 0 +∞
MO

1
+∞ 0
sh 0 −3 −2 −1 0 1 2
−1
−∞
−2
−3
−4
−5
−6

Quelques propriétés :
– ∀x ∈ R, ch(x) > 1.
– lim ch(x)
x = +∞ et lim
ch(x)
x = 12 .
x→+∞ x→+∞ e
x
– ∀x ∈ R, ch(x) + sh(x) = e et ch(x) − sh(x) = e −x .
– ∀x > 0, x < sh(x) < ch(x).
– lim sh(x)
x = +∞ et lim
sh(x) 1
ex = 2 .
x→+∞ x→+∞

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Solution des exercices Chapitre 4 : Fonctions usuelles

La tangente hyperbolique : la fonction th est impaire, définie continue dérivable sur R et

ch2 (x) − sh2 (x) 1


th0 (x) = 2
= 1 − th2 (x) = 2
ch (x) ch (x)

NE
d’où les variations et la courbe :

C th
x −∞ 0 +∞
+1
th 0 −3 −2 −1 0 1 2
−1

AIG
−1

Quelques propriétés :
– ∀x ∈ R, −1 < th(x) < 1.
– ∀x > 0, th(x) < x.

2) Trigonométrie hyperbolique
– ∀x ∈ R, ch2 (x) − sh2 (x) = 1.
– Formules d’addition : ∀x, y ∈ R on a :
• ch(x + y) = ch(x) ch(y) + sh(x) sh(y).
• sh(x + y) = sh(x) ch(y) + ch(x) sh(y).
th(x)+th(y)
• th(x + y) = 1+th(x)th(y) .
NT
ch(2x) = 2 ch2 (x) − 1 = 1 + 2 sh2 (x)
En particulier : sh(2x) = 2 sh(x) ch(x) .
2th(x)
th(2x) = 2
1+th (x)
x+y x−y
– Transformations de somme en produit : ∀x, y ∈ R, en posant p = 2 et q = 2 , on a x = p + q et
y = p − q, on obtient :
x+y x−y
• ch(x) + ch(y) = 2 ch( 2 ) ch( 2 ).
x+y x−y
• ch(x) − ch(y) = 2 sh( 2 ) sh( 2 ).
x+y x−y
• sh(x) + sh(y) = 2 sh( 2 ) ch( 2 ).
sh(x+y)
• th(x) + th(y) = ch(x) ch(y) .
z −z
Remarque 4.4 – Il est possible d’étendre ces fonctions aux complexes, en posant pour z ∈ C, ch(z) = e +e
2 et
e z −e −z
sh(z) = 2 . On peut déduire des formules d’Euler que pour tout réel x, cos(x) = ch(i x) et i sin(x) = sh(i x).
MO

V SOLUTION DES EXERCICES

Solution 4.1
1/ Comme l’exposant varie, on passe à la forme exponentielle : u v = e v ln(u) , d’où la dérivée : [u v ]0 = [v ln(u)]0 e v ln(u) =
0
v 0 ln(u)u v + v uu u v = v 0 ln(u)u v + vu 0 u v−1 .
¢x 1 ln(1+X)
2/ Comme l’exposant varie, on passe à la forme exponentielle : 1 + x1 = e x ln(1+ x ) = e X avec X = x1 −→ 0, or on
¡
x→+∞
ln(1+X)
sait que lim X = 1, et donc la limite cherchée vaut e 1 = e (par continuité de l’exponentielle).
X→0

β
Solution 4.2 Il faut étudier la limite du quotient, c’et à dire la limite en +∞ de x α e −x .
β
On pose X = x β −→ +∞, on a alors x = X 1/β et x α e −x = X α/β e −X −→ 0 d’après les croissances comparées.
x→+∞ X→+∞

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Solution des exercices Chapitre 4 : Fonctions usuelles

Solution 4.3
1/ Il suffit de le démontrer pour x positif en étudiant la fonction x 7→ x − sin(x), puis on intègre de 0 à x ce qui donne la
deuxième inégalité.
2/ On étudie x 7→ x − tan(x) sur [0 ; π2 [. Pour x ∈ ]− π2 ; 0], on applique l’inégalité précédente à −x.

NE
AIG
NT
MO

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NE
Chapitre 5

Généralités sur les fonctions

Sommaire
I Rappels et compléments sur les fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43

AIG
1) Vocabulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 43
2) Opérations sur les fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3) Plan d’étude d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
II Fonctions à valeurs complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
2) Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
3) Dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 47
III Primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
1) Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
2) Primitives usuelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3) Calculs d’intégrales et de primitives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
4) Primitives de certaines fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
IV Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
NT
Dans ce chapitre, les fonctions considérées sont définies sur un intervalle non trivial de R.

I RAPPELS ET COMPLÉMENTS SUR LES FONCTIONS

Rappels :
a) Deux fonctions sont égales lorsqu’elles ont le même ensemble de départ, le même ensemble d’arrivée,
et le même graphe.
b) Si f : I → R est une fonction, on appelle « image de f », l’ensemble noté f (I) et défini par :

f (I) = {y ∈ R / ∃ x ∈ I, f (x) = y},


MO

c’est l’ensemble des images par f des éléments de I.

1) Vocabulaire
– Représentation graphique : soit P un plan muni d’un répère (O, → −ı ,→
− ), la représentation graphique de
f est l’ensemble C f = M(x, f (x)) | x ∈ I . On dit que y = f (x) est une équation de la courbe représen-
© ª

tative de f car M(x; y) ∈ C f ⇐⇒ y = f (x).


– Sens de variation : soit f : I → R une fonction, on dit que f est :
• constante sur I lorsque : ∀ x, y ∈ I, f (x) = f (y).
• croissante sur I lorsque : ∀ x, y ∈ I, x 6 y =⇒ f (x) 6 f (y).
• strictement croissante sur I lorsque : ∀ x, y ∈ I, x < y =⇒ f (x) < f (y).
• décroissante sur I lorsque : ∀ x, y ∈ I, x 6 y =⇒ f (x) > f (y).
• strictement décroissante sur I lorsque : ∀ x, y ∈ I, x < y =⇒ f (x) > f (y).
• monotone sur I lorsque : f est ou bien croissante ou bien décroissante.
• strictement monotone sur I lorsque : f est ou bien strictement croissante ou bien strictement
décroissante.

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Rappels et compléments sur les fonctions Chapitre 5 : Généralités sur les fonctions

FExercice 5.1 Étudier le sens de variation de la composée de deux fonctions monotones, puis de la somme, puis du
produit.
– Bornée : soit f : I → R une fonction, on dit que f est :
• majorée sur I lorsqu’il existe un réel M tel que ∀ x ∈ I, f (x) 6 M. Si c’est le cas, la courbe de f est sous
la droite y = M.

NE
• minorée sur I lorsqu’il existe un réel m tel que ∀ x ∈ I, f (x) > m. Si c’est le cas, la courbe de f est
au-dessus la droite y = m.
• bornée sur I lorsque f est à la fois minorée et majorée, ce qui équivaut à : | f | est majorée.
– Parité : soit f : I → R une fonction, on dit que f est :
• paire lorsque : ∀ x ∈ I, −x ∈ I et f (−x) = f (x). Dans ce cas la courbe représentative de f admet l’axe
des ordonnées comme axe de symétrie.
Plus généralement, si ∀ x ∈ I, 2a − x ∈ I et f (2a − x) = f (x), alors la courbe de f admet la droite
d’équation x = a comme axe de symétrie.
• impaire lorsque : ∀ x ∈ I, −x ∈ I et f (−x) = − f (x). Si c’est le cas, alors la courbe de f admet un centre
de symétrie, l’origine du repère.
Plus généralement, si ∀ x ∈ I, 2a − x ∈ I et f (2a − x) = 2b − f (x), alors la courbe de f admet le point

AIG
A(a, b) comme centre de symétrie.
– Périodicité : soit f : I → R une fonction et soit a ∈ R∗ , on dit que a est une période de f lorsque :
∀ x ∈ I, x ± a ∈ I et f (x + a) = f (x). Si c’est le cas, le courbe de f est invariante par les translations


de vecteurs na i où n ∈ Z. Si f est périodique, on appelle période fondamentale de f la plus petite
période strictement positive si elle existe.

FExercice 5.2 Soit f : I → R une fonction


© périodique, on note
G f = T ∈ R | ∀x ∈ I, x + T ∈ I, x − T ∈ I, f (x + T) = f (x)
ª

Montrer que (G f , +) est un groupe (appelé groupe des périodes de f ). Lorsque f admet une période fondamentale a,
montrer que G f = aZ.
– Extremum global : on dit que f : I → R admet un :
• maximum global en x 0 ∈ I lorsque : ∀ x ∈ I, f (x) 6 f (x 0 ). Si c’est le cas, on pose f (x 0 ) = max f (x).
x∈I
• minimum global en x 0 ∈ I lorsque : ∀ x ∈ I, f (x) > f (x 0 ). Si c’est le cas, on pose f (x 0 ) = min f (x).
x∈I
NT
Attention !
Une fonction même bornée n’a pas forcément de maximun ou de minimum. Par exemple, la fonction
arctan a pour ensemble image Im(arctan) =] − π2 ; π2 [, la fonction est donc bornée mais n’a ni maximum, ni
minimum.

2) Opérations sur les fonctions


L’ensemble des fonctions de I vers R est noté F (I, R).

Définition 5.1
Soient f , g ∈ F (I, R) et soit λ ∈ R, on pose :
– f + g la fonction de I vers R définie par : ∀ x ∈ I, ( f + g )(x) = f (x) + g (x).
MO

– f × g la fonction de I vers R définie par : ∀ x ∈ I, ( f × g )(x) = f (x)g (x).


– λ. f la fonction de I vers R définie par : ∀ x ∈ I, (λ. f )(x) = λ f (x).

Propriétés
a) Pour l’addition :
– elle est commutative, associative,
– elle admet un élément neutre : la fonction nulle (notée 0),
– toute fonction f de I vers R admet un opposé qui est la fonction − f : x 7→ − f (x),

donc (F (I, R), +) est un groupe abélien.

b) Pour le produit par un réel : si f , g ∈ F (I, R) et α, β ∈ R :


– 1. f = f ,
– (α + β). f = α. f + β. f ,
– α.( f + g ) = α. f + α.g ,

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Rappels et compléments sur les fonctions Chapitre 5 : Généralités sur les fonctions

– α.(β. f ) = (αβ). f ,

donc (F (I, R), +, .) est un R - espace vectoriel.

c) Pour la multiplication :
– elle associative, commutative,

NE
– elle possède un élément neutre, la fonction constante qui à x donne 1 (notée 1),
– elle est distributive sur l’addition,
– seules les fonctions f qui ne s’annulent jamais ont un inverse (la fonction 1f ).

donc (F (I, R), +, ×) n’est pas un corps, mais seulement un anneau commutatif, celui - ci n’est pas
intègre, par exemple χQ × (1 − χQ ) = 0.

Définition 5.2 (fonctions max et min)


Soient f , g : I → R deux fonctions, on pose max( f , g ) et min( f , g ) les fonctions de I vers R définies
par : ∀ x ∈ I, max( f , g )(x) = max( f (x), g (x)) et min( f , g )(x) = min( f (x), g (x)). En particulier on pose
f + = max( f , 0) et f − = max(− f , 0), on a alors f + − f − = f et f + + f − = | f |.

AIG
f +g +| f −g | f +g −| f −g |
FExercice 5.3 Montrer que max( f , g ) = 2 et que min( f , g ) = 2 .
Rappelons pour terminer ce paragraphe, qu’il existe une relation d’ordre dans F (I, R) (ordre fonctionnel),
elle est définie par :
f 6 g ⇐⇒ ∀ x ∈ I, f (x) 6 g (x)
c’est une relation d’ordre partiel.

3) Plan d’étude d’une fonction


Ensemble de définition, ensemble d’étude

– D f est l’ensemble des réels de l’ensemble de départ ayant une image par f .
– Si D f est symétrique par rapport à un réel a, il se peut que la courbe de f présente une symétrie :
NT
• un axe d’équation x = a lorsque ∀ x ∈ D f , f (2a − x) = f (x).
• un centre de symétrie de coordonnées (a, b) lorsque ∀ x ∈ D f , f (2a − x) = 2b − f (x).
Dans les deux cas, on peut restreindre l’étude à D f ∩ [a; +∞[.
– S’il existe un réel T > 0 tel que : ∀ x ∈ D f , x ± T ∈ D f , f (x + T) = f (x), alors f est T-périodique. On peut
restreindre l’étude à un intervalle de longueur une période : D f ∩ [a; a + T[ (a peut être quelconque),
on complète ensuite la courbe avec les translations de vecteurs nT→ −ı , n ∈ Z.

Prolongements éventuels aux bords

Il se peut que f admette un prolongement par continuité aux bornes (finies) de D f . C’est un calcul de
limite, si celle-ci existe dans R, alors il y a un prolongement. Si celle-ci est infinie, alors il y a une asymptote
verticale.
MO

S’il y a un prolongement, on étudie la fonction prolongée, ce qui change l’ensemble de définition.

Continuité, dérivabilité

– On cherche à appliquer les théorèmes généraux, pour cela il faut regarder comment est faite la fonction
(somme, produit, composée...).
– Il reste parfois des points où ces théorèmes ne s’appliquent pas, on étudie alors la continuité en
revenant à la définition (calcul de limite). S’il y a continuité, alors on étudie s’il y a dérivabilité en ce
même point, il y a plusieurs méthodes : le théorème sur la limite de la dérivée, ou la définition (limite
du taux d’accroissement).

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Fonctions à valeurs complexes Chapitre 5 : Généralités sur les fonctions

Sens de variation

On rappelle que le théorème qui donne le sens de variation en fonction du signe de la dérivée, n’est
valable que sur un intervalle.
– On peut parfois éviter l’étude du signe de la dérivée : sens de variation d’une somme, d’une composée,
p

NE
d’un produit... Par exemple, les fonctions ln(u), u, e u ont le même sens de variation que u.
– Lorsqu’on ne peut pas faire autrement, on étudie le signe de la dérivée (sur un intervalle).
– Les résultats sont consignés dans le tableau des variations, où doivent figurer :
• l’ensemble d’étude,
• les valeurs particulières qui sont intervenues dans l’étude de la continuité, la dérivabilité et l’étude
du signe de la dérivée,
• le signe de la dérivée (si on est passé par là),
• les limites aux bornes de l’ensemble d’étude.

Étude des branches infinies

C f désigne la courbe de f dans un repère orthogonal.

AIG
– Si x 0 est un réel de D f ou une borne et si f a une limite infinie en x 0 , alors on dit que C f admet une
asymptote verticale d’équation x = x 0 .
– Si ∞ est une borne de D f , et si lim f = ` ∈ R, alors on dit que C f admet une asymptote horizontale

d’équation y = `.
f (x)
– Si ∞ est une borne de D f , et si lim f = ∞, alors on étudie le rapport x :

f (x)
• Si lim x = ∞ : on dit que C f admet une branche parabolique dans la direction de l’axe Oy, exemple :

x
f (x) = e en +∞.
f (x)
• Si lim x = 0 : on dit que C f admet une branche parabolique dans la direction de l’axe Ox, exemple :

f (x) = ln(x) en +∞.
f (x)
• Si x n’a pas de limite en ∞, alors on ne dit rien, exemple : f (x) = x(2 + sin(x)) en +∞.
f (x)
• Si lim x = a ∈ R∗ : alors on étudie la différence f (x) − ax :

∗ Si lim f (x) − ax = b ∈ R : alors on dit que C f admet une asymptote d’équation y = ax + b, ce qui
NT

équivaut à lim f (x) − ax − b = 0. La position courbe-asymptote se détermine en étudiant le signe

2
de l’expression f (x) − ax − b, exemple : f (x) = x x+2
+x+1
en +∞.
∗ Si lim f (x)−ax = ∞ : alors on dit que C f admet une branche parabolique dans la direction y = ax,

exemple : f (x) = x + ln(x) en +∞.
∗ Si f (x)−ax n’a pas de limite en ∞ : alors on dit que C f admet une branche infinie dans la direction
asymptotique y = ax, exemple : f (x) = x + sin(x) en +∞.

Définition 5.3
Si f et g sont deux fonctions définies au voisinage de ∞, on dit que C f et C g sont asymptotes en ∞
lorsque lim f (x) − g (x) = 0.
x→∞
MO

Représentation graphique

– On commence par placer : les asymptotes, les tangentes remarquables, les points particuliers (anguleux,
de rebroussement, d’intersection avec les axes...),
– On donne ensuite l’allure de la courbe d’après le tableau de variation. Il est parfois nécessaire d’étudier
la position de la courbe par rapport à certaines tangentes ou asymptotes.

II FONCTIONS À VALEURS COMPLEXES

1) Définition
Soit I un intervalle de R, et f : I → C une fonction à valeurs complexes.
Pour t ∈ I, on pose u(t ) = Re( f (t )) et v(t ) = Im( f (t )), on définit ainsi deux fonctions u et v à valeurs
réelles telles que ∀ t ∈ I, f (t ) = u(t ) + i v(t ).

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Fonctions à valeurs complexes Chapitre 5 : Généralités sur les fonctions

Définition 5.4
La fonction u est appelée partie réelle de f et la fonction v est appelée partie imaginaire de f .

ZExemple : Soit f définie sur R par f (t ) = e i t , on a Re( f ) = cos et Im( f ) = sin.

NE
2) Continuité

Définition 5.5
- Une fonction u : I → R est continue en t 0 ∈ I, lorsque lim f (t ) = f (t 0 ).
t →t 0
- Soit f : I → C une fonction, soit u sa partie réelle et v sa partie imaginaire, on dit que f est continue
en t 0 ∈ I lorsque les fonctions u et v sont continues en t 0 .
- On dit que f est continue sur I si elle est continue en tout point de I et l’ensemble des fonctions
continues sur I est noté C 0 (I, C).

Les résultats suivants seront établis dans le chapitre sur la continuité :

AIG
À retenir
- Les fonctions usuelles vues jusque là sont continues sur leur ensemble de définition.
- La somme, le produit et la composée de deux fonctions continues sont continues. Si f est continue
et ne s’annule pas alors 1f est continue (théorèmes généraux de la continuité).
- Si f est continue sur l’intervalle I et à valeurs réelles, alors l’ensemble f (I) est un intervalle de R
(théorème des valeurs intermédiaires).
- Si f est continue sur un segment [a; b] et à valeurs réelles, alors f a un maximum et un minimum.
- Si f : I → R est continue en a ∈ I alors pour toute suite (u n ) d’éléments de I, si u n → a alors f (u n ) →
f (a).

3) Dérivation
NT
Définition 5.6
- Une fonction u : I → R est dérivable en t 0 ∈ I, lorsque le taux d’accroissement u(tt)−u(t −t 0
0)
admet une
0
limite finie en t 0 . Si c’est le cas, cette limite est notée u (t 0 ) et appelée nombre dérivé de u en t 0 .
- Soit f : I → C une fonction, soit u sa partie réelle et v sa partie imaginaire, on dit que f est dérivable en
t 0 lorsque les fonctions u et v sont dérivables en t 0 . Si c’est le cas, alors on pose f 0 (t 0 ) = u 0 (t 0 )+i v 0 (t 0 ).
¢0 ¢0
On remarquera que si f est dérivable sur I, alors Re( f 0 ) = Re( f ) et Im( f 0 ) = Im( f ) .
¡ ¡

Attention !
Les fonctions usuelles ne sont pas toutes dérivables sur leur ensemble de définition, il y a les exceptions :
- arcsin et arccos ne sont pas dérivables en −1 ni en 1.
MO

- La valeur absolue n’est pas dérivable en 0.


- Les fonctions t 7→ t α avec α ∈]0; 1[ ne sont pas dérivables en 0.

Les résultats suivants seront établis dans le chapitre sur la dérivation :

À retenir
- Si f est dérivable en t 0 alors f est continue en t 0 (réciproque fausse).
- Une fonction dérivable f sur un intervalle I est constante si et seulement si sa dérivée est nulle sur I.
- Si f est dérivable sur un intervalle I et f 0 > 0 (respectivement f 0 6 0 alors f est croissante sur I
(respectivement décroissante), et si de plus f 0 ne s’annule pas, alors la monotonie de f est stricte.
- La somme, le produit et la composée de deux fonctions dérivables sont dérivables. Si f est dérivable
et ne s’annule pas alors 1f est dérivable (théorèmes généraux de la continuité).
- Formules de dérivation pour les opérations algébriques (λ ∈ C) : ³ ´ 0 −g 0
1
( f + g )0 = f 0 + g 0 ; (λ f )0 = λ f 0 ; ( f g )0 = f 0 g + f g 0 ; g = g2

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Primitives Chapitre 5 : Généralités sur les fonctions
- Dérivation d’une composée : ( f ◦ g )0 = g 0 × f 0 ◦ g (ou encore [ f (g )]0 = g 0 × f 0 (g )).

1 −i
t est dérivable sur R et f (t ) = (1+i t )2 .
0
ZExemple : La fonction f définie par f (t ) = 1+i
Remarque 5.1 :

NE
– On remarquera que les formules de dérivation sont les mêmes pour les fonctions à valeurs complexes que
pour les fonctions à valeurs réelles.
f 0 f 0g −f g 0
³ ´
f
– Si f et g sont dérivables et que g ne s’annule pas, alors g est dérivable et g = g2
.

Théorème 5.1
Soit f : I 7→ C une fonction dérivable, alors la fonction t → e f (t ) est dérivable sur I (exponentielle
complexe de f (t )) et : ³ ´ 0
e f (t ) = f 0 (t )e f (t )

Preuve : On pose f (t ) = a(t ) + i b(t ) sous forme algébrique. e f (t ) = e a(t ) × [cos(b(t )) + i sin(b(t ))], la partie réelle est
donc g (t ) = e a(t ) cos(b(t )) et sa partie imaginaire est h(t ) = e a(t ) sin(b(t )). Ces fonctions sont dérivables sur I, donc e f

AIG
est dérivable sur I et sa dérivée est g 0 (t ) + i h 0 (t ), il suffit alors de comparer g 0 (t ) + i h 0 (t ) avec f 0 (t )e f (t ) pour constater
l’égalité. 

III PRIMITIVES

1) Généralités

Définition 5.7
Soit F, f : I → C deux fonctions, on dit que F est une primitive de f sur I lorsque F est dérivable sur I et
F0 = f .

1 t
FExercice 5.4 Calculer une primitive de f (t ) = 1+i t et de g (t ) = e cos(t ).
NT
Théorème 5.2
Si F et G sont deux primitives de la fonction f sur l’intervalle I, alors il existe une constante α ∈ C telle
que : ∀ t ∈ I, F(t ) = G(t ) + α.

Preuve : On a F0 = G0 = f , d’où (F − G)0 = 0 la fonction nulle, donc Re(F − G)0 = Im(F − G)0 = 0 sur I, ce qui entraîne
que les fonctions Re(F − G) et Im(F − G) sont constantes sur l’intervalle I. Il existe donc a et b deux réels tels que
∀ t ∈ I, Re(F(t ) − G(t )) = a et Im(F(t ) − G(t )) = b, on en déduit que ∀ t ∈ I, F(t ) = G(t ) + α avec α = a + i b. 
Remarque 5.2 :
– Si f admet des primitives sur l’intervalle I, si t 0 ∈ I et a ∈ C, alors il existe une unique primitive F de f sur
I telle que F(t 0 ) = a.
– Si U désigne une primitive sur I de la fonction u : I → R et V une primitive de v : I → R, avec u et v
MO

continues, alors la fonction U + i V est une primitive de la fonction complexe u + i v.


Le théorème clé que nous établirons dans le chapitre sur l’intégration dit la chose suivante :

À retenir
Toute fonction f : I → C continue sur un intervalle I, admet des primitives sur cet intervalle.

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Primitives Chapitre 5 : Généralités sur les fonctions

2) Primitives usuelles

Fonction Primitive
α+1
u0uα u
α+1 si α 6= −1, ln(|u|) sinon

NE
u0e u eu

u 0 cos(u) sin(u)

u 0 sin(u) − cos(u)
0
u
u 0 (1 + t an 2 (u)) = cos2 (u)
tan(u)

u 0 ch(u) sh(u)

u 0 sh(u) ch(u)
u0
u 0 (1 − t h 2 (u)) = th(u)
ch2 (u)

u 0 tan(u) − ln(| cos(u)|)

AIG
u 0 tan(u)2 tan(u) − u
0
u
1+u 2
arctan(u)
0
pu arcsin(u)
1−u 2 q¯
u0
ln( ¯ 1+u ¯)
¯
1−u 2 1−u

3) Calculs d’intégrales et de primitives


Rappel
Si f : I → R est continue sur l’intervalle I, si F est une primitive de f sur I alors pour tous réels a et b de I,
Rb
on a a f (t ) dt = [F(t )]ba = F(b) − F(a).

Définition 5.8
NT
Soit f : I → C continue sur l’intervalle I, alors f = u + i v avec u = Re( f ) et v = Im( f ) (continues sur I),
on pose pour a, b ∈ I :
Rb Rb Rb
a f (t ) dt = a u(t ) dt + i a v(t ) dt .

Remarque : si U est une primitive de u sur I et V une primitive de v sur I, alors F = U + i V est une primitive
Rb Rb Rb
de f sur I. De plus a f (t ) dt = a u(t ) dt + i a v(t ) dt = U(b) − U(a) + i (V(b) − V(a)) = F(b) − F(a) et donc,
comme dans le cas réel : Z b
f (t ) dt = [F(t )]ba = F(b) − F(a)
a
où F est une primitive de f sur I.
¤π/2
ZExemple : 0π/2 e i t dt = −i e i t 0 = i − i e i π/2 = 1 + i .
R £
MO

Propriétés
Soient f , g : I → C continues sur l’intervalle I, et a, b ∈ I :
Z a Z b Z a
a) f (t ) dt = − f (t ) dt et f (t ) dt = 0.
b a a
Z a Z b Z b
b) [α f (t ) + βg (t )] dt = α f (t ) dt + β
g (t ) dt , c’est la linéarité de l’intégrale. On en déduit en
b a Rb a Rb Rb
particulier que si f = u + i v (forme algébrique de f ), alors a f (t ) dt = a u(t ) dt + i a v(t ) dt .
Z b
c) Si 0 6 f sur [a; b] (avec a 6 b), alors 0 6 f (t ) dt , c’est la positivité de l’intégrale. On en déduit que si
Z b a Z b
f 6 g sur [a; b] (avec a 6 b) alors f (t ) dt 6 g (t ) dt .
a a
Z b Z c Z b
d) Si a, b, c sont dans I, alors f (t ) dt = f (t ) dt + f (t ) dt , c’est la relation de Chasles pour l’inté-
a a c
grale.

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Primitives Chapitre 5 : Généralités sur les fonctions
b b
¯Z ¯ Z
¯ ¯
e) Si a 6 b : ¯¯ f (t ) dt ¯¯ 6 | f (t )| dt , c’est la majoration en module de l’intégrale.
a a

Théorème 5.3
Si f : I → C est continue sur I, si λ ∈ C et x 0 ∈ I, alors l’unique primitive de f sur I qui prend la valeur λ

NE
Rx
en x 0 est la fonction F définie par : ∀x ∈ I, F(x) = λ + x0 f (t ) dt .

Preuve : Soit G une primitve de f sur I, on a F(x) = λ + G(x) − G(x 0 ) = G(x) + λ − G(x 0 ), donc F est une primitive de f car
λ − G(x 0 ) est une constante, et F(x 0 ) = λ. 
Les deux outils fondamentaux pour le calcul d’intégrales, sont : le théorème de l’intégration par parties et
le théorème du changement de variable dont voici les énoncés :

Théorème 5.4 (IPP)


Si f et g sont dérivables sur I (à valeurs complexes) avec leur dérivée continue, alors on a la formule
Z b Z b
¤b
f 0 (t )g (t ) dt = f (t )g (t ) a − f (t )g 0 (t ) dt .
£
d’intégration par parties (IPP) :
a a

AIG
Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

Théorème 5.5 (changement de variable)


Soit f : I → C une fonction continue, u : [a; b] → I une fonction dérivable à dérivée continue, on a :
Z b Z u(b)
0
f (u(t ))u (t ) dt = f (x) dx
a u(a)

Z b
Preuve : Soit F une primitive de f sur I, alors F ◦ u est une primitive de u 0 f (u) et donc f (u(t ))u 0 (t ) dt = [F(u)]ba =
Z u(b) a

F(u(b)) − F(u(a)) = f (x) dx. 


u(a)

Dans la pratique on rédige ainsi : posons x = u(t ) alors dd xt = u 0 (t ) d’où d x = u 0 (t )d t et f (x) = f (u(t )).
Pour les bornes : lorsque t = a on a x = u(a) et pour t = b on a x = u(b), puis on remplace dans l’intégrale, ce
NT
Z b Z u(b)
0
qui donne : f (u(t ))u (t ) dt = f (x) dx.
a u(a)
ZExemples : Z 1p
– Calculer 1 − x 2 dx. On pose x = sin(t ) avec t ∈ [0; π2 ], alors d x = cos(t )d t , pour t = 0 on a x = 0 et
0
π
pour t = 2 on a x = 1, d’où :
Z 1p Z π/2 q
1 − x 2 dx = 1 − sin2 (t ) cos(t ) dt
0 0
Z π/2
= cos2 (t ) dt
0
Z π/2
1 + cos(2t )
= dt
MO

0 2
t sin(2t ) π/2
· ¸
= +
2 4 0
π
=
4
Z x
– Calculer une primitive de la fonction ln sur ]0; +∞[. Une primitive est (par exemple) x 7→ ln(t ) dt
1
0
pour x > 0, cette intégrale se calcule par parties en posant f (t ) = 1 et g (t ) = ln(t ) :
Z x Z x
ln(t ) dt = [t ln(t )]1x − 1 dt
1 1
= x ln(x) − (x − 1) = x ln(x) − x − 1

donc une primitive de la fonction ln sur ]0; +∞[ est la fonction x 7→ x ln(x) − x (on peut évidemment
ajouter n’importe quelle constante).

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Solution des exercices Chapitre 5 : Généralités sur les fonctions

FExercice 5.5
1/ Déterminer une primitive de x 7→ x 2 e x à l’aide d’IPPs.
1
2/ Déterminer une primitive de x 7→ ch(x) .

NE
4) Primitives de certaines fractions rationnelles
1
n avec a ∈ R et n ∈ N .

– Fractions du type f (x) = (x−a)
Sur l’intervalle I =] − ∞; a[ (ou ]a; +∞[), f est continue et admet donc des primitives. Si n = 1 alors une
−1
primitive est F(x) = ln(|x − a|) et si n > 2, une primitive est F(x) = (n−1)(x−a) n−1 .
αx+β
– Fractions du type f (x) = (x−a)(x−b) avec α, β, a et b des réels tels que a 6= b .

À retenir
αx+β c d
Il existe c et d réels tels que (x−a)(x−b) = x−a + x−b , ce qui nous ramène au cas précédent.

En effet : en réduisant au(même dénominateur, on a au numérateur (c + d )x − (bc + ad ), il suffit donc

AIG
c +d = α c +d = α
(
de choisir c et d tels que ce qui équivaut à et on voit que ce système
bc + ad = −β (b − a)d = β + bα
a une unique solution puisque a 6= b.
αx+β
– Fractions du type f (x) = (x−a)2 avec α, β et a des réels.

À retenir
1
On intègre ce type de fraction par parties, en posant u 0 (x) = (x−a)2
et v(x) = αx + β.

– Fractions du type f (x) = x 2ax+b


+px+q
avec a, b, p q des réels tels que p 2 − 4q < 0. Le dénominateur n’a pas
de racine réelle, f est donc définie sur R. La méthode est la suivante :

À retenir
NT
• on fait apparaître la dérivée du trinôme x 2 + px + q au numérateur et on compense les x en
multipliant par un facteur adéquat, puis on compense les constantes en ajoutant ce qu’il faut,
ce qui donne :
ax + b a 2x + p ap 1
2
= 2
+ (b − ) 2 .
x + px + q 2 x + px + q 2 x + px + q
0
La première de ces deux fractions est facile à intégrer puisqu’elle est du type uu .
• Pour la deuxième fraction : on met le trinôme x 2 + px + q sous forme canonique afin de mettre
u0
la fraction sous la forme : α 1+u 2 où α est une constante et u est une fonction de x, cette fonction

s’intègre en α arctan(u).

x−2
Par exemple, soit f (x) = x 2 −x+1
:
MO

x −2 1 2x − 1 3 1
f (x) = = −
x2 − x + 1 2 x2 − x + 1 2 x2 − x + 1
et : p
1 1 2 2/ 3
= =p ³ .
x 2 − x + 1 (x − 12 )2 + 34
´2
3 2x−1
p +1
3
1
p
On en déduit qu’une primitive de f sur R est F : x 7→ 2
2 ln(x − x + 1) − 3 arctan( 2x−1
p ).
3

IV SOLUTION DES EXERCICES

Solution 5.1
1/ Si f : I → R et g : J → R sont monotones et si f (I) ⊂ J, alors on vérifie que g ◦ f est :
– croissante si f et g ont le même sens de variation ;

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Solution des exercices Chapitre 5 : Généralités sur les fonctions

– décroissante dans le cas contraire.


2/ Si f : I → R et I : J → R sont monotones, alors on vérifie que f + g est :
– croissante si f et g sont croissantes ;
– décroissante si f et g sont décroissantes.
On ne peut rien dire en général sinon.

NE
3/ Si f : I → R+ et I : J → R+ sont monotones et positives, alors on vérifie que f + g est :
– croissante si f et g sont croissantes ;
– décroissante si f et g sont décroissantes.
On ne peut rien dire en général sinon.

Solution 5.2 Soient T et T 0 deux périodes de f , alors pour x ∈ D f , on a x+T+T 0 = (x+T)+T 0 ∈ D f , x−(T+T 0 ) = (x−T)−T 0 ∈
D f et f (x + T + T 0 ) = f (x + T) = f (x) car T 0 et T sont deux périodes de f , il en découle que T + T 0 ∈ G f . L’addition est donc
interne dans G f , on sait qu’elle est associative et commutative dans R, donc elle l’est dans G f puisque G f ⊂ R. D’autre
part 0 ∈ G f , il y donc un élément neutre pour l’addition dans G f . Enfin, si x ∈ D f , alors f (x − T) = f (x − T + T) = f (x),
donc −T ∈ G f : tout élément de G f a un opposé dans G f , donc (G f , +) est un groupe commutatif.

f (x)+g (x)+| f (x)−g (x)| f (x)+g (x)− f (x)+g (x)


Solution 5.3 Simple vérification. Soit x ∈ I, supposons f (x) 6 g (x), alors 2 = 2 = g (x)

AIG
et c’est bien le maximum entre f (x) et g (x). L’autre cas se traite de la même façon en échangeant les rôles de f et de g ,
f +g +| f −g |
d’où max( f , g ) = 2 .
L’autre égalité se traite sur le même principe, ou bien en remarquant que pour tous réels a et b, min(a, b) =
− max(−a, −b).

Solution 5.4
1−i t 1 −t i 2
1/ f (t ) = 1t 2
= 1+t 2
+ i 1+t 2 , donc une primitive F de f sur R est définie par F(t ) = arctan(t ) − 2 ln(1 + t ).

e it
2/ g (t ) est la partie réelle de h(t ) = e t e i t = e at avec a = 1 + i . Une primitive de h sur R est H(t ) = a1 e at = e t 1+i . Une
i t (1−i )
primitive G de g sur R est définie par G(t ) = Re(H(t )) = e t Re( e 2 ) = 12 e t (cos(t ) + sin(t )).

Solution 5.5
1/ Soit f (x) = x 2 e x , f est continue Rsur R, elle admet donc des primitives sur R, la primitive qui s’annule en 0 (par
x
exemple) est F définie par F(x) = 0 t 2 e t dt . On fait une IPP en R xposant u 0 = e t et 2 t 0
R xv =t t , d’où u = e et v = 2t (u et v
x 0 2 x
sont bien dérivables à dérivée continue), on a F(x) = [uv]0 − 0 uv = x e − 2 0 t e dt . Pour la deuxième intégrale
on
R x refait une IPP enRposant u 0 = e t Ret v = t , d’où u = e t et v 0 = 1 (u et v sont bien dérivables à dérivée continue), on a
NT
t x x 0 x x t x x 2 x
0 t e dt = [uv]0 − 0 uv = xe − 0 e dt = xe − e + 1, d’où F(x) = (x − 2x + 2)e − 2.
1
2/ Soit f (x) = f est continue sur R, elle admet donc des primitives sur R, la primitive qui s’annule en 0 (par
ch(x) , Rx 1 Rx 2 t
exemple) est F définie par F(x) = 0 ch(t ) dt = 0 e t +e −t dt . On effectue le changement de variable u = e , d’où
x
d u = e t d t , u = 1 quand t = 0 et u = e x quand t = x, d’où F(x) = 0 u 22+1 du = 2 arctan(e x ) − π2 .
R e

Un autre changement possible est de poser u = sh(t ), on a alors d u = ch(t )d t , u = sh(0) = 0 quand t = 0, et u = sh(x)
Rx Rx R sh(x) 1
quand t = x, d’où F(x) = 0 ch(t 2
)
dt = 0 ch(t2 ) dt = 0 1+u 2
du = arctan(sh(x)).
ch (t ) 1−sh (t )
On en déduit en particulier que pour tout réel x, arctan(sh(x)) = 2 arctan(e x ) − π2 .
MO

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NE
Chapitre 6

Équations différentielles

Sommaire
I Équations différentielles linéaires du premier ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53

AIG
1) Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
2) Étude de l’équation homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
3) Étude de l’équation avec second membre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
II Équations différentielles linéaires du second ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
1) Étude de l’équation homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
2) Étude de l’équation avec second membre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 57
III Compléments . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
1) Équations à variables séparées . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
2) Équation de Bernoulli . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 58
3) Méthode d’Euler . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 59
IV Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60

Dans ce chapitre, la lettre K désigne l’ensemble R ou bien l’ensemble C (K = R ou K = C), et les fonctions
considérées sont définies sur un intervalle I de R.
NT
I ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES DU PREMIER ORDRE

Une équation différentielle est une équation dont l’inconnue est une fonction y : I → K intervenant sous
forme dérivée (première ou supérieure). On rencontre ce genre d’équations en mécanique (lois de Newton),
en électricité (circuits RLC), ... etc.

1) Définitions

Définition 6.1
Une équation différentielle scalaire linéaire d’ordre 1 est une équation différentielle de la forme :
MO

(E) : ∀t ∈ I, a(t )y 0 (t ) + b(t )y(t ) = c(t ), notée plus simplement : a(t )y 0 + b(t )y = c(t )

où a, b, c : I → K sont trois fonctions définies continues sur un intervalle I de R et y : I → K une


fonction dérivable inconnue. On suppose de plus que la fonction a n’est pas la fonction nulle. On
appelle équation homogène associée à (E) l’équation différentielle :

(H) : ∀t ∈ I, a(t )y 0 + b(t )y = 0.

La fonction c est souvent appelée second membre de l’équation (E).

Dans la pratique on a souvent en plus une condition sur la fonction inconnue y du type : y(t 0 ) = α où t 0
et α sont des données. Cette condition est appelée condition initiale, et on appelle problème de Cauchy 1 le

1. CAUCHY Augustin-Louis (1789 – 1857) : un des plus grands mathématiciens français.

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Équations différentielles linéaires du premier ordre Chapitre 6 : Équations différentielles

système :
(
∀t ∈ I, a(t )y 0 + b(t )y = c(t )
.
y(t 0 ) = α

ZExemple : L’équation différentielle : y 0 − y = 0 avec y(0) = 1 est utilisée en terminale pour introduire l’expo-

NE
nentielle.

2) Étude de l’équation homogène

Théorème 6.1
Soit S I (H) l’ensemble des solutions sur I de l’équation homogène (H), alors on a les propriétés :
– 0 ∈ S I (H) (la fonction nulle est dans S I (H)).
– ∀ f , g ∈ S I (H), f + g ∈ S I (H).
– ∀ α ∈ K, ∀ f ∈ S I (H), α f ∈ S I (H).

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

AIG
Résolution de (H)
On se place sur un intervalle I où la fonction a ne s’annule pas, on a alors ∀ t ∈ I, y 0 = − ba y. Soit F une
primitive de la fonction − ba sur I, on a alors :

d ¡ −F ¢
y ∈ S I (H) ⇐⇒ y 0 = F0 y ⇐⇒ y 0 e −F − F0 e −F y = 0 ⇐⇒ ye = 0 ⇐⇒ ∃ λ ∈ K, ∀ t ∈ I, y(t ) = λe F(t ) .
dt
On peut donc énoncer :

Théorème 6.2
Lorsque la fonction a ne s’annule pas sur l’intervalle I alors les solutions de (H) sont les fonctions :

y : t 7→ λe F(t ) ,
NT
où F désigne une primitive de la fonction − ba sur I, et λ un élément quelconque de K.

À retenir
Si la fonction a ne s’annule pas sur I :
- Le problème de Cauchy pour l’équation (H) a une unique solution. Car la condition initiale détermine
complètement la constante λ.
- L’unique solution sur I qui s’annule en un point donné est la fonction nulle. Par conséquent toutes
les autres solutions ne s’annulent jamais sur I, lorsque K = R elles ont toutes un signe constant (car
elles sont continues).
MO

ZExemples :
– y 0 + ωy = 0 où ω ∈ K est une constante : les solutions sont les fonctions définies sur R par y(t ) = λe −ωt
avec λ ∈ K quelconque.
– t y 0 = y sur R : on se place d’abord sur I =]0; +∞[, sur cet intervalle on a y 0 = 1t y d’où y(t ) = αt (α ∈ K
quelconque). Puis on se place sur J =]−∞; 0[, sur cet intervalle on a encore y 0 = 1t y d’où y(t ) = λ|t | = βt
(β = −λ ∈ K quelconque). Soit maintenant y une solution sur R, alors y est en particulier solution
sur I donc il existe α tel que ∀ t > 0, y(t ) = αt , de même y est solution sur J, donc il existe β tel que
∀t < 0, y(t ) = βt , mais y doit être dérivable en 0, ce qui entraîne α = β, finalement ∀t ∈ R, y(t ) = αt . On
vérifie pour terminer que cette fonction est bien solution.

3) Étude de l’équation avec second membre


On revient au cas général : (E) : a(t )y 0 + b(t )y = c(t ).

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Équations différentielles linéaires du second ordre Chapitre 6 : Équations différentielles

Théorème 6.3 (structure des solutions)

NE
Si l’ensemble des solutions de (E) n’est pas vide, et si y 1 est une solution de (E), alors les solutions
de (E) sont les fonctions s’écrivant comme somme de y 1 avec une solution de (H), c’est à dire les
fonctions de la forme : y : t 7→ y 1 (t ) + y H (t ) avec y H solution quelconque de (H).

Preuve : Soit y une solution de (E), posons f = y − y 1 , alors a f 0 + b f = a y 0 − a y 10 + b y − b y 1 = c − c = 0 donc f ∈ S I (H).


Réciproquement, soit f ∈ S I (H) et soit y = y 1 + f , alors a y 0 + b y = a y 10 + a f + b y 1 + b f = 0 + c = c, donc y ∈ S I (E). 
Pour déterminer toutes les solutions de (E) on est donc ramené à résoudre l’équation homogène puis à
trouver une solution particulière de (E).

Recherche d’une solution particulière : on se place de nouveau sur un intervalle I où la fonction a ne


s’annule pas et on applique la méthode de la variation de la constante :
Soit F une primitive de − ba sur I, on cherche une solution particulière sous la forme y = λe F où λ est une
fonction dérivable sur I. La fonction y est solution de (E) si et seulement si a[λ0 e F + λF0 e F ] + bλe F = c, ce qui
équivaut à aλ0 e F + λ[aF0 e F + be F ] = c ou encore λ0 = ac e −F , car e F est solution de (H). Donc λ doit être une

AIG
primitive de la fonction ac e −F , celle-ci est continue sur l’intervalle I, elle admet donc des primitives sur cet I,
ce qui prouve l’existence de λ. Une solution de (E) est donc :
Z t Z t
c(s) −F(s) b(s)
y 1 = λe F avec λ(t ) = e d s et F(t ) = − d s,
t0 a(s) t0 a(s)
et les solutions de (E) sont les fonctions :
y = y 1 + αe F avec α ∈ K quelconque [et y(t 0 ) = α].

À retenir
Lorsque la fonction a ne s’annule pas sur l’intervalle I, le problème de Cauchy a une unique solution.

ZExemples :
– t y 0 + y = sin(t ) sur R : sur l’intervalle I =]0; +∞[ les solutions de (H) sont les fonctions y = λt avec λ ∈ K
quelconque. On cherche une solution particulière de la forme y = λt avec λ dérivable sur I ce qui donne
λ0 = sin(t ), une solution particulière est donc y 1 = − cos(t )
t , et les solutions de (E) sur I sont les fonctions
NT
y = λ−cos(t
t
)
avec λ ∈ K quelconque. On se place ensuite sur l’intervalle J =] − ∞; 0[ où le raisonnement
est le même. On vérifie ensuite que la seule solution sur R est la fonction :
1 − cos(t ) 1
y : t 7→ avec y(0) = 0 et y 0 (0) = .
t 2
– cos(t )y 0 −sin(t )y = t 2 sur I =]− π2 ; π2 [ : les solutions de l’équation homogène sont les fonctions y = λ
cos(t )
λ
avec λ ∈ K quelconque. On cherche une solution particulière sous la forme y = cos(t ) avec λ dérivable
2 t3
sur I, ce qui donne λ = t . On peut donc prendre comme solution particulière y 1 =
0
3 cos(t ) , et les
solutions de (E) sont les fonctions :
λ+ t3
y : t 7→ avec λ ∈ K.
3 cos(t )
Remarque 6.1 – Résoudre de telles équations différentielles revient donc à calculer des intégrales, d’où les
expressions que l’on rencontre parfois comme : « intégrer une équation différentielle », ou « solution intégrale
MO

d’une équation différentielle ».

FExercice 6.1 Résoudre sur R l’équation |x|y 0 + (x − 1)y = x 2 .

II ÉQUATIONS DIFFÉRENTIELLES LINÉAIRES DU SECOND ORDRE

On s’intéressera uniquement au cas où les coefficients sont des constantes, c’est à dire aux équations
différentielles de la forme : a y 00 + b y 0 + c y = f où a, b, c ∈ K, a 6= 0, et f : I → K une fonction continue (second
membre). L’équation homogène associée est (H) : a y 00 + b y0 + c y = 0.
00 0
a y + b y + c y = f


Pour de telles équations, le problème de Cauchy est : y(t 0 ) = α , où t 0 , α et β sont des don-

 y 0 (t ) = β

0
nées.

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Équations différentielles linéaires du second ordre Chapitre 6 : Équations différentielles

1) Étude de l’équation homogène

Théorème 6.4
Soit S I (H) l’ensemble des solutions sur I de l’équation homogène (H), alors on a les propriétés :
– 0 ∈ S I (H) (fonction nulle).

NE
– ∀ f , g ∈ S I (H), f + g ∈ S I (H).
– ∀ α ∈ K, ∀ f ∈ S I (H), α f ∈ S I (H).

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

Résolution de (H)
On cherche les solutions de la forme y = e λt avec λ ∈ K, on obtient alors y ∈ S R (H) ⇐⇒ aλ2 + bλ + c = 0,
λ doit donc être solution de l’équation ax 2 + bx + c = 0, que l’on appelle équation caractéristique de (H). Il
faut donc distinguer plusieurs cas :
– K=C:
• Si ∆ = b 2 − 4ac 6= 0 : il y a deux solutions distinctes à l’équation caractéristique : λ1 et λ2 . On
y
pose φ1 (t ) = e λ1 t . Soit y deux fois dérivable, posons z = φ , on a alors y = zφ1 , en remplaçant dans

AIG
1
l’équation on obtient que y est solution de (H) si et seulement si az 00 +(2aλ1 +b)z 0 +(aλ21 +bλ1 +c)z =
0, c’est à dire az 00 + (2aλ1 + b)z 0 = 0 car λ1 est racine de l’équation caractéristique. En posant Z = z 0
on a une équation différentielle linéaire homogène en Z, dont les solutions sont Z(t ) = z 0 (t ) =
γe −(2λ1 +b/a)t = γe (λ2 −λ1 )t , ce qui équivaut à z(t ) = βe (λ2 −λ1 )t + α, et donc y(t ) = αe λ1 t + βe λ2 t avec
α, β ∈ C des constantes quelconques.
• Si ∆ = b 2 −4ac = 0 : alors il y a une solution double à l’équation caractéristique : λ. Posons φ1 (t ) = e λt
y
et z = φ1 i.e. y = zφ1 . Le calcul précédent montre que y ∈ S(H) ⇐⇒ z 00 = 0 c’est à dire il existe α, β ∈ C
tels que z(t ) = βt + α, ce qui donne y(t ) = (α + βt )e λt .
– K = R (a, b, c ∈ R, avec a 6= 0) : la démarche est la même, on cherche les solutions de l’équation
caractéristique, d’où la discussion :
• Si ∆ > 0 : deux racines distinctes λ1 et λ2 , comme dans le cas complexe, on montre que les solutions
de H sont les fonctions y : t 7→ αe λ1 t + βe λ2 t avec α, β ∈ R.
• Si ∆ = 0 : une racine double λ, comme dans le cas complexe, on montre que les solutions de H sont
NT
les fonctions y : t 7→ (α + βt )e λt avec α, β ∈ R.
• Si ∆ < 0 : deux racines complexes non réelles conjuguées λ = r + i ω et λ. Les solutions complexes
de (H) sont les fonctions y(t ) = αe λt + βe λt avec α, β ∈ C, une telle solution est réelle ssi y(t ) = y(t ) =
αe λt + βe λt , ce qui équivaut à α = β. Les solutions réelles sont donc les fonctions y(t ) = αe λt + αe λt =
2Re(αe λt ) = e r t [u cos(ωt ) + v sin(ωt )], avec u = Re(α)/2 et v = −Im(α)/2 réels quelconques (car α est
un complexe quelconque). On a encore que les solutions de (H) sont les fonctions y = uφ1 + vφ2
avec u, v ∈ R et φ1 (t ) = e r t cos(ωt ) et φ2 (t ) = e r t sin(ωt ).

À retenir : solutions de l’équation homogène


Soit x 2 + ax + b = 0 l’équation caractéristique et ∆ = b 2 − 4ac son discriminant :
– Si K = C (a, b et c sont complexes avec a 6= 0) :
MO

• Si ∆ 6= 0, l’équation caractéristique à deux solutions distinctes : λ1 et λ2 . Les solutions sont les


fonctions : t 7→ αe λ1 t + βe λ2 t avec α, β ∈ C.
• Si ∆ = 0, l’équation caractéristique à une solution double : λ1 = λ2 . Les solutions sont les fonc-
tions : t 7→ (α + βt )e λ1 t avec α, β ∈ C.
– Si K = R (a, b et c sont réels avec a 6= 0) :
• Si ∆ > 0, l’équation caractéristique à deux solutions distinctes : λ1 et λ2 . Les solutions sont les
fonctions : t 7→ αe λ1 t + βe λ2 t avec α, β ∈ R.
• Si ∆ = 0, l’équation caractéristique à une solution double : λ1 = λ2 . Les solutions sont les fonc-
tions : t 7→ (α + βt )e λ1 t avec α, β ∈ R.
• Si ∆ < 0, l’équation caractéristique possède deux solutions complexes non réelles et conjuguées :
λ et λ, en posant λ = r + i ω (forme algébrique), les solutions sont les fonctions :

t 7→ (α cos(ωt ) + β sin(ωt ))e r t = A cos(ωt + ϕ)e r t avec α, β, A, ϕ ∈ R

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Équations différentielles linéaires du second ordre Chapitre 6 : Équations différentielles

Théorème 6.5
Soient a, b, c ∈ R avec a 6= 0, les solutions réelles de l’équation a y 00 +b y 0 +c y = 0 sont les parties réelles
des solutions complexes.

NE
Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

2) Étude de l’équation avec second membre

Théorème 6.6 (structure des solutions)


Si f : I → K est une fonction continue, alors l’équation (E) : a y 00 + b y 0 + c y = f admet des solutions
sur I. Si y 1 est une solution de (E), alors les solutions de (E) sont les fonctions définies sur I par
y : t 7→ y 1 (t ) + y H (t ) avec y H solution quelconque de (H). De plus, le problème de Cauchy a une
unique solution.

Preuve : L’existence dans le cas général d’une solution particulière est admise. Soit y 1 une solution de (E), soit g ∈ S I (H),
il est facile de vérifier que y 1 + g est solution de (E), réciproquement, si g est solution de (E), il est facile de vérifier

AIG
que g − y 1 est solution de (H). Les solutions au problème de Cauchy sont les fonctions de la forme y = y 1 + αφ1 + βφ2
vérifiant y(t 0 ) = c 1 et y 0 (t 0 ) = c 2 . Ce qui donne le système :
(
αφ1 (t 0 ) + βφ2 (t 0 ) = c 1 − y 1 (t 0 )
.
αφ01 (t 0 ) + βφ02 (t 0 ) = c 2 − y 10 (t 0 )

Lorsque φ1 (t ) = e λ1 t et φ2 (t ) = e λ2 t avec λ1 et λ2 les racines distinctes de l’équation caractéristique, le déterminant du


système est D = (λ2 − λ1 )e (λ1 +λ2 )t0 6= 0. Lorsque les deux racines sont confondues, alors φ1 (t ) = e λt et φ2 (t ) = t φ1 (t ),
dans ce cas, le déterminant du système est D = e 2λt0 6= 0, dans les deux cas, le système a une unique solution. 
Remarque 6.2 – Dans le cas réel avec ∆ < 0, l’unique solution complexe au problème de Cauchy est une
solution réelle.
Dans la suite on s’intéressera seulement au cas où le second membre est de la forme f (t ) = P(t )e λt où P
est une fonction polynomiale à coefficients dans K, et λ ∈ K.

Théorème 6.7
NT
L’équation a y 00 + b y 0 + c y = P(t )e λt admet une solution particulière de la forme y(t ) = Q(t )e λt où Q
est une fonction polynomiale.

Preuve : On pose y(t ) = Q(t )e λt , y est solution si et seulement si aQ00 (t ) + (2aλ + b)Q0 (t ) + (aλ2 + bλ + c)Q(t ) = P(t ),
d’où la discussion :
– Si λ n’est pas racine de l’équation caractéristique : on cherche un polynôme Q de même degré que P, par la
méthode des coefficients indéterminés et identification ce qui donne un système, on admet à ce stade qu’il y a
toujours au moins une solution à ce système.
– Si λ est solution de l’équation caractéristique et 2aλ + b 6= 0 : on cherche Q0 de même degré que P par la méthode
des coefficients indéterminés et identification, puis on prend une primitive.
– Si λ est solution de l’équation caractéristique et 2aλ+b = 0 (i.e. λ est racine double de l’équation caractéristique) :
on a aQ00 = P d’où Q00 = a1 P, on en déduit Q’ (en prenant une primitive) puis Q (en reprenant une primitive).

MO

Théorème 6.8
• Lorsque le second membre est de la forme f (t ) = ni=1 Pi (t )e λi t , on cherche une solution particulière
P

y i à l’équation a y 00 + b y 0 + c y = Pi (t )e λi t pour i allant de 1 à n, la fonction y = y 1 + · · · + y n est une


solution particulière de a y 00 + b y 0 + c y = f , c’est le principe de superposition.
• Si a, b, c sont réels et si y 0 est solution de a y 00 + b y 0 + c y = f (t ) alors Re(y 0 ) est solution de a y 00 +
b y 0 + c y = Re( f ) et Im(y 0 ) est solution de a y 00 + b y 0 + c y = Im( f )

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 


ZExemples :
– y 00 + ω2 y = t 2 + 1 avec ω ∈ R∗ , ici λ = 0, cherchons une solution particulière de la forme y 1 = Q
(polynôme), on obtient en remplaçant : Q00 + ω2 Q = t 2 + 1, on cherche donc Q sous la forme Q(t ) =
at 2 +bt +c, ce qui donne par identification : a = ω12 , b = 0, et c = ωω−2
2
4 . Les solutions réelles de l’équation

homogène sont les fonctions y(t ) = α cos(ωt ) + β sin(ωt ), (α, β ∈ R), et les solutions de l’équation sont
donc les fonctions : y(t ) = ωt 2 + ωω−2
2 2
4 + α cos(ωt ) + β sin(ωt ).

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Compléments Chapitre 6 : Équations différentielles

– y 00 − 4y 0 + 4y = 3(1 + sin(t ) + e 2t ) sur R : l’équation caractéristique est x 2 − 4x + 4 = 0 = (x − 2)2 , il y


a une solution double 2, les solutions de l’équation homogène sont les fonctions y(t ) = (α + βt )e 2t .
Cherchons une solution particulière en prenant comme second membre :
– f 1 (t ) = 3 : il y a une solution particulière constante y 1 (t ) = 34 .
– f 2 (t ) = 3e 2t : on chercher une solution particulière de la forme y = Q(t )e 2t , ce qui donne Q00 (t ) = 3 et

NE
donc on peut prendre y 2 (t ) = 32 t 2 e 2t .
– f 3 (t ) = 3 sin(t ) : on prend en fait f 3 (t ) = 3e i t puis on prendra la partie imaginaire d’une solution
particulière. On cherche y sous la forme y(t ) = Q(t )e i t ce qui donne Q00 (t )+(2i −4)Q0 (t )+(3−4i )Q(t ) = 3,
3
d’où Q(t ) = 3−4i = 3 3+4i 3+4i i t 9 12
25 . Une solution particulière est donc y 3 (t ) = Im(3 25 e ) = 25 sin(t ) + 25 cos(t ).
Les solutions sont donc les fonctions :
3 9 12 3
y(t ) = + sin(t ) + cos(t ) + (α + βt + t 2 )e 2t .
4 25 25 2

FExercice 6.2 Résoudre y 00 − y 0 − 6y = 10e 3x + xe −2x .

AIG
III COMPLÉMENTS

1) Équations à variables séparées

Définition 6.2
Une équation différentielle à variables séparées est une équation de la forme : y 0 b(y) = a(t ) où a, b
sont deux fonctions continues données.

À retenir : méthode de résolution


Si a est continue sur un intervalle I et b sur un intervalle J, on peut considérer une primitive A de
a sur I et une primitive B de b sur J, dans ce cas l’équation équivaut à : ddt [B(y)] = A0 (t ), et donc
B(y) = A(t ) + λ où λ désigne une constante. On regarde ensuite si la fonction B est localement ou
globalement bijective, auquel cas on pourra écrire y(t ) = B−1 (A(t ) + λ).
NT
ZExemple : t 3 y 0 + y 3 = 0 avec y(1) = −1, y ne doit pas être constamment nulle, si une telle solution existe, il doit
exister un intervalle I sur lequel y ne s’annule pas, un tel intervalle ne peut pas contenir 0 et sur I l’équation
y0
est équivalente à : y3
= −1 t3
, c’est une équation à variable séparée. Elle est équivalente à : − y12 = t12 + λ, ce
t2
qui donne y 2 = − 1+λt 2 , on voit que la condition initiale donne la constante λ = −2. Comme y ne s’annule
q
2
pas sur I, y garde un signe constant et donc ∀ t ∈ I, y(t ) = − 2tt2 −1 . Cette solution est définie sur l’intervalle
] p1 ; +∞[.
2

2) Équation de Bernoulli
MO

Définition 6.3
Une équation de Bernoulli 2 est une équation différentielle de la forme y 0 = a(t )y λ + b(t )y où a et b
sont deux fonctions continues sur un intervalle I, et λ ∈ R∗ \ {1}.

À retenir : méthode de résolution


La fonction nulle est solution. S’il existe une solution y non constamment nulle, alors il doit exister
un intervalle J sur lequel y ne s’annule pas, sur un tel intervalle y est de signe constant, on peut donc
faire le changement de fonction y = εz α avec ε = ±1 suivant le signe de y, l’équation devient alors :
αz 0 = b(t )z + a(t )z α(λ−1)+1 , en prenant α = 1−λ
1
, on a une équation différentielle linéaire du premier
ordre, on sait donc la résoudre.

2. BERNOULLI Jakob (1654 – 1705) : c’est le plus illustre d’une grande famille de mathématiciens suisses.

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Compléments Chapitre 6 : Équations différentielles
1
ZExemple : t 2 y 0 + y + y 2 = 0 avec y(1) = 1 : y est une solution non constamment nulle, on pose z = y ce qui

NE
1 − 1t
donne : z 0 = t2
z + t12 . Les solutions de l’équation homogène sont les fonctions z(t ) = λe et une solution
− 1t
particulière est z 1 (t ) = −1, les solutions générales sont donc les fonctions z(t ) = −1 + λe , la condition
initiale donne λ = 2e d’où y(t ) = 1−11 . Cette solution est définie sur l’intervalle ] 1+ln(2)
1
; +∞[.
2e t −1

FExercice 6.3 Résoudre y 0 = x y 2 + y avec y(0) = 1.

3) Méthode d’Euler
On ne dispose pas de méthode générale pour résoudre n’importe quelle équation différentielle.
Même pour des équations différentielles linéaires il se peut que les solutions ne s’expriment pas à l’aide
2 2
des fonctions usuelles, par exemple : y 0 = e −t y ⇐⇒ y : t 7→ λe F(t ) avec F une primitive de t 7→ e −t , on
sait qu’une telle primitive existe sur R mais on peut démontrer qu’il est impossible de l’exprimer avec les
fonctions usuelles.

AIG
Pour des applications numériques (par exemple dans les sciences appliquées), la formule qui donne les
solutions n’est donc pas toujours satisfaisante. On a alors imaginé des méthodes de calculs approchés des
solutions d’équations différentielles, la plus simple d’entre elles étant la méthode d’Euler :
Considérons l’équation différentielle y 0 (t ) = f (t , y(t )) où f est une fonction de deux variables. On cherche
une solution approchée vérifiant la condition initiale y(t 0 ) = α. On considère un nombre h assez proche de 0
(par exemple h = 10−6 ), ce nombre est appelé le pas de la méthode, puis on construit deux suites (t n ) et (y n )
où y n est censé être une valeur approchée de y(t n ), dans la méthode d’Euler on pose :
(
t n+1 = tn + h
y 0 = α, et ∀n ∈ N,
y n+1 = y n + h × f (t n , y n )
On peut ensuite représenter dans un repère les points de coordonnées (t n , y n ) ce qui donnera une
approximation de la courbe représentative de la solution y.
Cette méthode repose sur le principe suivant : lorsque h est proche de 0, on peut approcher la fonction y
sur l’intervalle [t n , t n +h] par la tangente à C y au point d’abscisse t n , c’est à dire y(t ) ≈ y 0 (t n )[t −t n ]+ y(t n ). Par
conséquent y(t n + h) ≈ y(t n ) + h × y 0 (t n ), or y(t n ) est approché par y n et y 0 (t n ) = f (t n , y(t n )) donc y 0 (t n ) peut
NT
être approché par f (t n , y n ) et finalement y(t n+1 ) ≈ y n + h × f (t n , y n ) on pose donc y n+1 = y n + h × f (t n , y n )
et c’est une valeur approchée de y(t n+1 ).
La théorie montre que sous certaines hypothèses il existe une constante K telle que :

|y n − y(t n )| 6 K × |h|

pas h = 0.4 tn+1 = tn10+ 0.4 y 0 = f (t, y) = y

ecart max =2.012 yn+1 = yn + 0.4f (tn , yn ) t0 = 0 y0 = 1


tn yn 9
0 1
0.4 1.4
8
0.8 1.96
y6
1.2 2.744
1.6 3.842 7
2 5.378
2.4 7.53 6
2.8 10.541
MO

y5
5

y4 4

3
y3

y2 2
y1
y0 1

t0 0 t1 t2 t3 t4 t5 t6
−1 0 1 2

F IGURE 6.1: Méthode d’Euler

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Solution des exercices Chapitre 6 : Équations différentielles

IV SOLUTION DES EXERCICES

Solution 6.1 Équation différentielle linéaire d’ordre 1. Le coefficient de y 0 s’annule en 0.


– Résolution sur I1 =]0; +∞[ : l’équation homogène est (H) : y 0 = ( x1 − 1)y, ses solutions sont les fonctions y H : x 7→

NE
λe ln(x)−x = λϕ(x) avec λ ∈ R et ϕ(x) = xe −x . Une solution particulière est y 0 : x 7→ x, donc les solutions sur I1 sont
les fonctions y : x 7→ x + λxe −x .
– Résolution sur I2 =] − ∞; 0[ : l’équation homogène est (H) : y 0 = (− x1 + 1)y, ses solutions sont les fonctions y H : x 7→
1 x
λe − ln(−x)+x = λϕ(x) avec λ ∈ R et ϕ(x) = −x e . On cherche une solution particulière de la forme y 1 = λϕ avec λ
x2
dérivable (variation de la constante), ce qui donne λ0 = |x|ϕ(x) = x 2 e −x , on peut prendre alors λ = −(x 2 +2x +2)e −x ,
x 2 +2x+2 2 x
ce qui donne y 1 = x . Les solutions sur I2 sont les fonctions y : x 7→ x +2x+2+λe
x .
x 2 +2x+2+λe x



 y(x) = x si x < 0
y(x) = x + µxe −x si x > 0

– Résolution sur R : y est solution sur R si et seulement si . Ce qui donne λ = −2 et


 y(0) = 0
y dérivable en 0

2
µ = −1 car 1 − e x = −x − x2 + x 2 ε(x), avec lim ε(x) = 0, on a alors y 0 (0) = 0.
x→0

AIG
Solution 6.2 Équation différentielle linéaire d’ordre 2 à coefficients constants. L’équation caractéristique est x 2 − x − 6 = 0
et ses racines sont 3 et −2, les solutions de l’équation homogène sont les fonctions y : x 7→ αe 3x βe −2x avec α, β ∈ R.
Cherchons une solution particulière en prenant comme second membre :
– 10e 3x , en posant y 1 (x) = Q(x)e 3x où Q est un polynôme. On obtient la condition Q00 + 5Q0 = 10, Q doit donc être de
degré 1, ce qui donne (par exemple) Q = 2x et donc y 1 (x) = 2xe 3x .
– xe −2x , en posant y 2 (x) = Q(x)e −2x où Q est un polynôme. On obtient la condition Q00 − 5Q0 = x, Q0 doit donc être
x2
de degré 1, ce qui donne Q0 = − x5 − 151
et donc y 2 (x) = (− 10 x
− 25 )e −2x .
x x2
Les solutions générales sont les fonctions y : x 7→ (α + 2x)e 3x + (β − 10 − 25 )e −2x (principe de superposition).

Solution 6.3 Équation de Bernoulli, on cherche une solution y qui ne s’annule par sur un intervalle I contenant 0. On
0
pose z = 1y ce qui donne − zz2 = zx2 + 1z ou encore z 0 = −z + x avec la condition z(0) = 1. C’est une équation différentielle
linéaire d’ordre 1, les solutions de l’équation homogène sont les fonctions z : x 7→ λe −x et la fonction z 1 : x 7→ 1 − x est
solution particulière. Les solutions générales sont les fonctions z : x 7→ 1 − x + λe −x , la condition z(0) = 1 donne λ = 0, d’où
1
z(x) = 1 − x et donc y : x 7→ 1−x , définie sur I =] − ∞; 1[.
NT
MO

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NE
Chapitre 7

Applications - Relations

Sommaire
I Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61

AIG
1) Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
2) Composition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
3) Famille d’éléments d’un ensemble . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 63
II Injection, surjection, bijection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
1) Injection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 64
2) Surjection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
3) Bijection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 66
III Images directes, images réciproques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
1) Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 67
2) Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
IV Relations binaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
1) Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
2) Relation d’équivalence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
3) Relation d’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
NT
V Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70

I APPLICATIONS

La notion d’application (ou fonction) entre deux ensembles E et F (non vides) est une notion clé en
mathématiques. C’est l’idée d’associer, ou de faire correspondre, à chaque élément de E un élément de F.

1) Définitions

Définition 7.1
Une relation R est la donnée de :
MO

– Un ensemble de départ : E (non vide).


– Un ensemble d’arrivée : F (non vide).
– D’un graphe G qui est une partie de E × F (G ⊂ E × F).
Soient x ∈ E et y ∈ F, on dira que x est relation avec y pour R lorsque (x, y) ∈ G, on écrira xR y. Si c’est
le cas, on dira que y est une image de x par R et que x est un antécédent de y par R.
Lorsque tout élément de E a une et une seule image par R, on dit que R est une application (ou
fonction). Si c’est le cas, et si xR y, alors on écrira plutôt y = R(x), on dira que y est l’image de x par
R. L’ensemble des applications de E vers F est noté F (E, F) ou encore FE .

Pour désigner une application on utilise en général une lettre minuscule. Si f est une application de E
© ª
vers F on écrit : f : E → F , et le graphe de f est l’ensemble G f = (x; f (x) | x ∈ E .
x 7→ f (x)
ZExemples :
– L’exponentielle est une application de R vers R.

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Applications Chapitre 7 : Applications - Relations

– Le logarithme est une application de ]0; +∞[ vers R.


– Soit f : R → R définie par f (x) = x1 n’est pas une application car 0 n’a pas d’image, on dit que son
ensemble de définition est D f = R∗ . Par contre, la restriction de f à son ensemble de définition est une
application, on la note f |D f : D f → R. Lorsqu’une application g est une restriction d’une application f ,
on dit que f est un prolongement de g .

NE
Définition 7.2 (identité d’un ensemble)
Soit E un ensemble, l’identité de E est l’application de E dans E qui à chaque élément de E associe
lui-même. On la note idE : E → E .
x 7→ idE (x) = x

Diagramme sagittal
Lorsque les ensembles E et F ont très peu d’éléments, on peut représenter une application f : E → F sous
forme d’un diagramme sagittal :

E F

AIG
e1 f1

e2 f2
f3
e3
f4
e4 f5

© ª
Dans cet exemple, le graphe de f est G f = (e 1 , f 3 ); (e 2 , f 1 ); (e 3 , f 3 ); (e 4 , f 2 ) .

Attention ! (égalité de fonctions)


Deux fonctions f et g sont égales si et seulement si elles ont :
– le même ensemble de départ E,
NT
– le même ensemble d’arrivée F,
– le même graphe, c’est à dire : ∀x ∈ E, f (x) = g (x).
Par exemple, la fonction f : R → R définie par f (x) = x 2 et la fonction g : R → R+ définie par g (x) = x 2 ne sont pas
égales !

Définition 7.3 (ensemble image)


Soit f : E → F une application, on appelle ensemble image de f l’ensemble de toutes les images par f ,
on le note Im( f ). C’est donc une partie de F, plus précisément c’est l’ensemble des éléments de F qui
ont au moins un antécédent par f dans E :
© ª
Im( f ) = y ∈ F | ∃x ∈ E, y = f (x)
MO

ZExemples : © ª
– Dans l’exemple du diagramme sagittal, l’ensemble image est Im( f ) = f 1 ; f 2 ; f 3 .
– L’ensemble image de la fonction cosinus est [−1; 1]. Plus généralement, pour déterminer l’ensemble
image d’une fonction f : I → R où I est un intervalle de R, on étudie les variations de f et sa continuité
(en vue d’appliquer le théorème des valeurs intermédiaires).
– L’ensemble image de la fonction g : C → C définie par ∀z ∈ C, g (z) = z 2 est Im(g ) = C.

2) Composition
Lorsque l’ensemble d’arrivée d’une application coïncide avec l’ensemble de départ d’une autre applica-
tion, alors il est possible « d’enchaîner » les deux, c’est la composition :
f g
E → F → G
x 7→ f (x) 7→ g ( f (x))

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Applications Chapitre 7 : Applications - Relations

Définition 7.4
Soient E, F, G trois ensembles, f : E → F et g : F → G deux applications. La composée g ◦ f est l’appli-
cation de E vers G définie par : ∀x ∈ E, (g ◦ f )(x) = g ( f (x)) :

NE
g◦f : E → G
x 7 → (g ◦ f )(x) = g ( f (x))

Attention !
On prendra garde à l’ordre dans l’écriture de g ◦ f .

Remarque 7.1 :
– Lorsqu’on a deux applications f : E → F et g : H → G avec seulement F ⊂ H (au lieu de F = H), alors on
peut encore définir la composée et on la note encore g ◦ f même si théoriquement on devrait plutôt écrire
¡ ¢
g |F ◦ f .
– Lorsque f est une application d’un ensemble E vers lui-même, alors on peut composer f avec elle-même,

AIG
et autant de fois que l’on veut. Si n est un entier strictement positif, on notera f n = f ◦ · · · ◦ f . Par
convention, on pose f 0 = idE .
ZExemple : Si f est l’application de R vers R définie par ∀x ∈ R, f (x) = x + 1, alors ∀n ∈ N, f n est l’application
de R vers R définie par ∀x ∈ R, f n (x) = x + n.

1
FExercice 7.1 Écrire la fonction f : ]1; +∞[→ R définie par f (x) = px−1 , comme composée de trois fonctions.

Théorème 7.1 (propriétés)


Soient f : E → F, g : F → G et h : G → H trois applications.
– idF ◦ f = f et f ◦ idE = f .
– (h ◦ g ) ◦ f = h ◦ (g ◦ f ), c’est l’associativité de la composition.

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 


NT
3) Famille d’éléments d’un ensemble

Définition 7.5
Soit I un ensemble non vide, et soit E un ensemble. On appelle famille d’éléments de E indexée par I,
toute application u : I → E, on note généralement cette famille (u i )i ∈I , et pour i ∈ I, on note u(i ) = u i
(appelé terme d’indice i ). L’ensemble de départ I est appelé ensemble des indices de la famille. Une
famille d’éléments de E indexée par N est appelée suite d’éléments de F. L’ensemble des familles
d’éléments de E indexées par I se note F (I, E) ou EI .

Familles de parties d’un ensemble E


MO

Conformément à la définition ci-dessus, une famille de parties de E indexée par un ensemble I non vide,
est une application A : I → P (E), que l’on peut noter (Ai )i ∈I (Ai étant une partie de E pour tout i ∈ I). On peut
alors généraliser les notions d’intersection et de réunion de la manière suivante :
S
– La réunion de la famille (Ai )i ∈I est Ai = {x ∈ E | ∃i ∈ I, x ∈ Ai }.
i ∈I T
– L’intersection de la famille (Ai )i ∈I est : Ai = {x ∈ E | ∀i ∈ I, x ∈ Ai }.
i ∈I

FExercice 7.2
1/ Pour n ∈ N, on pose An =]n; n + 1]. Déterminer
S T
An et An .
n∈N n∈N
1 1
2/ Même question avec n ∈ N∗ et An = [ n+1 ;1− n+1 ].
Les propriétés vues dans le chapitre I se généralisent :

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Injection, surjection, bijection Chapitre 7 : Applications - Relations

Théorème 7.2
Soit (Ai )i ∈I une famille de parties de E et soit B une partie de E, alors :
µ ¶ µ ¶
S S T T
– B∩ Ai = (B ∩ Ai ) et B ∪ Ai = (B ∪ Ai ) (distributivité).
i ∈I i ∈I i ∈I i ∈I

NE
µ ¶ µ ¶
S T T S
– CE Ai = CE (Ai ) et CE Ai = CE (Ai ) (lois de De Morgan).
i ∈I i ∈I i ∈I i ∈I

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

II INJECTION, SURJECTION, BIJECTION

Dans cette partie nous allons dégager des propriétés éventuelles des applications. Ces notions joueront
un rôle important par la suite.

1) Injection

AIG
Définition 7.6
Soit f : E → F une application, on dit que f est une injection (ou f est injective) lorsque tout élément
de l’ensemble d’arrivée a au plus un antécédent dans l’ensemble de départ. Ce qui revient à dire :
pour tout élément y de F, l’équation y = f (x) a plus une solution x dans E.

E F E F

e1 f1 e1 f1

e2 f2 e2 f2
f3 f3
e3 e3
f4 f4
NT
e4 f5 e4 f5

Injective Non Injective

ZExemples :
– Si E est un ensemble non vide, idE est injective. Soit A une partie non vide de E, l’application f : A → E
x 7→ x
est injective, c’est l’injection canonique de A dans E.
x+1
– f : R \ {1} → R définie par f (x) = x−1 est une injection.
– g : ]0; +∞[→ R définie par g (x) = ln(x) est une injection.
– h : R → R définie par h(x) = x 2 n’est pas une injection.
MO

– Une fonction f : I → R strictement monotone sur l’intervalle I est injective.

Théorème 7.3 (définition équivalente)


f : E → F est injective si et seulement si : ∀x, y ∈ E, f (x) = f (y) =⇒ x = y.
Ce qui équivaut encore par contra-position à : ∀x, y ∈ E, x 6= y =⇒ f (x) 6= f (y).

Preuve : Si f est injective : soit x, y ∈ E tels que f (x) = f (y), x et y sont donc deux antécédents d’un même élément de
F, f étant injective ces deux éléments ne peuvent pas être distincts (sinon on a une contradiction) donc x = y.
Supposons que f vérifie : ∀x, y ∈ E, f (x) = f (y) =⇒ x = y. Soit z ∈ F ayant deux antécédents distincts x et y dans E,
alors z = f (x) = f (y), on en déduit que x = y ce qui est absurde, donc z ne peut pas avoir deux antécédents distincts,
par conséquent f est injective. 

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Injection, surjection, bijection Chapitre 7 : Applications - Relations

Théorème 7.4 (propriétés)


Soient f : E → F et g : F → G deux applications :
– Si f et g sont injectives alors g ◦ f est injective.
– Si g ◦ f est injective alors f est injective mais pas forcément g .

NE
Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

FExercice 7.3 Soit f : E → F une application, montrer que f est injective si et seulement si il existe h : F → E telle que
h ◦ f = idE .

2) Surjection

Définition 7.7
Soit f : E → F une application, on dit que f est une surjection (ou f est surjective) lorsque tout
élément de l’ensemble d’arrivée a au moins un antécédent dans l’ensemble de départ. Ce qui revient
à dire : pour tout élément y de F, l’équation y = f (x) a moins une solution x dans E, ou encore

AIG
∀y ∈ F, ∃x ∈ E, y = f (x).

E F E F

e1 f1 e1 f1
e2 e2
f2 f2
e3 e3
e4 f3 e4 f3

e5 f4 e5 f4

Surjective Non surjective


NT
À retenir
Dire que f : E → F est surjective, équivaut à Im( f ) = F.

ZExemples :
– Si E est un ensemble non vide, idE est surjective.
– f : C → C définie par f (z) = z 2 et une surjection.
– f : R → U définie par f (x) = e i x est une surjection.
– h : R \ {1} → R définie par h(x) = 2x+1
x−1 n’est pas surjective.
– Si f : E → F est une application, alors f induit une surjection entre E et Im( f ) qui est l’application
MO

g : E → Im( f ) définie par g (x) = f (x).

Théorème 7.5 (propriétés)


Soient f : E → F et g : F → G deux applications :
– Si f et g sont surjectives alors g ◦ f est surjective.
– Si g ◦ f est surjective alors g est surjective mais pas forcément f .

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

FExercice 7.4 Soit f : E → F une application, montrer que f est surjective si et seulement si il existe h : F → E telle que
f ◦ h = idF .

FExercice 7.5 Soit E un ensemble non vide, et f une application de E vers P (E). En considérant la partie A = x ∈ E | x ∉ f (x) ,
© ª

montrer que f ne peut pas être surjective.

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Injection, surjection, bijection Chapitre 7 : Applications - Relations
3) Bijection

Définition 7.8
Soient E, F deux ensembles et f : E → F une application, on dit que f est une bijection (ou application
bijective) lorsque tout élément de F a un unique antécédent par f , ce qui peut s’écrire de la manière

NE
suivante : ∀y ∈ F, ∃! x ∈ E, f (x) = y.

E F E F

e1 f1 e1 f1
e2 f2 e2 f2
e3 f3 e3 f3
e4 f4 e4 f4

AIG
Bijective Non bijective

Dire que tout élément de F a un unique antécédent revient à dire que tout élément de F a au moins
un antécédent et au plus un antécédent. Par conséquent dire que f est bijective revient à dire que f est
surjective et injective.

À retenir
f est bijective ⇐⇒ f est surjective et injective.

ZExemples :
– Si E est un ensemble non vide, alors idE est une bijection.
– f : [0; +∞[→ [0; +∞[ définie par f (x) = x 2 est une bijection.
NT
– g : R →]0; +∞[ définie par g (x) = e x est une bijection.
– h : R → R définie par h(x) = e x n’est pas une bijection.

À retenir
Si f : E → F est injective, alors f induit une bijection de E vers Im( f ) qui est f˜ : E → Im( f ) définie
par f˜(x) = f (x). Cela s’applique en particulier aux fonctions f : I → R strictement monotones sur
l’intervalle I.

Définition 7.9 (bijection réciproque)


Si f : E → F est une bijection, alors on peut considérer l’application qui va de F vers E et qui à
MO

tout élément x de F associe son unique antécédent par f , cette application est appelée bijection
réciproque de f , on la note f −1 . Autrement dit, f −1 : F → E .
x 7→ y défini par f (y) = x

Attention !
La notation f −1 n’a de sens que lorsque f est bijective.

ZExemples :
– Si E est un ensemble non vide, alors idE est une bijection et la bijection réciproque est id−1
E = idE .
2
– f : [0; +∞[→ [0; +∞[ définie par f (x) = x est une bijection et la bijection réciproque est la fonction
racine carrée.
– g : R →]0; +∞[ définie par g (x) = e x est une bijection et la bijection réciproque est la fonction loga-
rithme népérien.

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Images directes, images réciproques Chapitre 7 : Applications - Relations

À retenir
Lorsque f : E → F est bijective : ∀x ∈ F, ∀y ∈ E, f −1 (x) = y ⇐⇒ f (y) = x.

NE
E F
y x

f −1

Théorème 7.6
Soit f : E → F une bijection.
¢−1
– On a f −1 ◦ f = idE et f ◦ f −1 = idF . De plus f −1 est une bijection et f −1
¡
=f.
– Si g : : F → G est une autre bijection, alors la composée g ◦ f est une bijection de E vers G, et sa
bijection réciproque est : (g ◦ f )−1 = f −1 ◦ g −1 .

AIG
Preuve : – La composée f −1 ◦ f existe et va de E dans E. Si x ∈ E, alors ( f −1 ◦ f )(x) = f −1 ( f (x)) = x car x est l’unique
antécédent de f (x) par f , on a donc f −1 ◦ f = idE . De même, f ◦ f −1 existe et va de F dans F. Si x ∈ F, alors ( f ◦ f −1 )(x) =
f ( f −1 (x)) = x car f −1 (x) est l’unique antécédent de x par f , on a donc f ◦ f −1 = idF . Le point suivant est évident.
– Si g : F → G est une autre bijection, soit y ∈ G, alors pour tout x ∈ E on a :

(g ◦ f )(x) = y ⇐⇒ g ( f (x)) = y
⇐⇒ f (x) = g −1 (y)
⇐⇒ x = f −1 (g −1 (y)) = ( f −1 ◦ g −1 )(y)

le résultat en découle. 

FExercice 7.6 Soient f : E → F et g : F → E deux applications telles que f ◦ g = idF et g ◦ f = idE . Montrer que f et g sont
bijectives et réciproques l’une de l’autre.

Remarque 7.2 – Le résultat de cet exercice est à connaître.


NT
Définition 7.10 (involution)
Soit E un ensemble non vide. Une involution de E est une application f de E vers lui-même telle que
f ◦ f = idE . Une telle application est bijective et elle est sa propre réciproque : f −1 = f .

ZExemples :
– Dans le plan, les symétries ponctuelles, les symétries axiales, sont des involutions du plan.
– La fonction f : R∗ → R∗ définie par f (x) = x1 est une involution de R∗ .
– La conjugaison dans C est une involution de C.
MO

III IMAGES DIRECTES, IMAGES RÉCIPROQUES

1) Définitions

Définition 7.11
Soit f : E → F une application, A une partie de E et B une partie de F.
– On appelle image directe de A par f , l’ensemble des images des éléments de A par f , ou encore, l’en-
© ª
semble des éléments F qui ont un antécédent dans A par f . Notation : f (A) = y ∈ F | ∃x ∈ A, f (x) = y ,
c’est une partie de F.
– On appelle image réciproque de B par f , l’ensemble des antécédents des éléments de B par f .
Notation : f −1 (B) = x ∈ E | f (x) ∈ B , c’est une partie de E.
© ª

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Relations binaires Chapitre 7 : Applications - Relations

Attention !
La notation f −1 (B) ne suppose pas que f est bijective. Mais lorsque f est effectivement bijective, on peut vérifier
que l’image réciproque de B par f correspond à l’image directe de B par f −1 .

NE
Remarque 7.3 :
– On a f (E) = Im( f ) et f −1 (F) = E.
– Dans le cas d’une fonction f : I → R continue sur l’intervalle I, l’étude de la fonction permet de déterminer
l’image directe d’une partie de I et l’image réciproque d’une partie de R.
ZExemple : Soit f la fonction sinus, on a f ([0; π[) = [0; 1], f −1 ([0; 1]) =
S
[2kπ; (2k + 1)π].
k∈Z

2) Propriétés

Théorème 7.7
Soit f : E → F une application. Pour toutes parties A et B de E, on a :
– Si A ⊂ B alors f (A) ⊂ f (B).

AIG
– f (A ∪ B) = f (A) ∪ f (B).
– f (A ∩ B) ⊂ f (A) ∩ f (B).
– A ⊂ f −1 ( f (A)).

Preuve :
– Le premier point est évident.
– Si x ∈ A ∪ B alors x ∈ A ou x ∈ B donc f (x) ∈ f (A) ou f (x) ∈ f (B), c’est à dire f (x) ∈ f (A) ∪ f (B). On a donc
f (A ∪ B) ⊂ f (A) ∪ f (B). Réciproquement, on a f (A) ⊂ f (A ∪ B) et f (B) ⊂ f (A ∪ B) (d’après le premier point) et donc
f (A) ∪ f (B) ⊂ f (A ∪ B), d’où l’égalité.
– Si x ∈ A ∩ B alors f (x) ∈ f (A) et f (x) ∈ f (B) d’où f (x) ∈ f (A) ∩ f (B), donc f (A ∩ B) ⊂ f (A) ∩ f (B).
– Si x ∈ A alors f (x) ∈ f (A), d’où l’inclusion. 
Remarque 7.4 :
– Dans le cas de l’intersection (3e propriété), on n’a pas l’égalité en général. Par exemple, si f est la fonction
cosinus de R dans R, si A = [− π2 ; − π3 ] et B = [0; π], alors f (A) ∩ f (B) = [0; 12 ] alors que f (A ∩ B) = ∅.
NT
– De même pour la dernière propriété, par exemple, en reprenant la fonction cosinus avec A = [0; π], on a
f (A) = [−1; 1] et f −1 ( f (A)) = R.

FExercice 7.7
1/ Montrer que les propriétés 2 et 3 du théorème précédent se généralisent à une famille quelconque de parties de E.
2/ Soient f : E → F et g : F → G deux applications, soit A une partie de E, montrer que (g ◦ f )(A) = g ( f (A)). Soit B une
partie de G, montrer que (g ◦ f )−1 (B) = f −1 (g −1 (B)).
3/ Montrer que f : E → F est injective si et seulement si pour tout partie A de E on a f −1 ( f (A)) = A.

Théorème 7.8
Soit f : E → F une application. Pour toutes parties A et B de F, on a :
MO

– Si A ⊂ B alors f −1 (A) ⊂ f −1 (B).


– f −1 (A ∪ B) = f −1 (A) ∪ f −1 (B).
– f −1 (A ∩ B) = f −1 (A) ∩ f −1 (B).

Preuve :
– Si x ∈ f −1 (A) alors f (x) ∈ A donc f (x) ∈ B, d’où x ∈ f −1 (B).
– x ∈ f −1 (A ∪ B) ⇐⇒ f (x) ∈ A ou f (x) ∈ B ⇐⇒ x ∈ f −1 (A) ∪ f −1 (B).
– x ∈ f −1 (A ∩ B) ⇐⇒ f (x) ∈ A et f (x) ∈ B ⇐⇒ x ∈ f −1 (A) ∩ f −1 (B). 

IV RELATIONS BINAIRES

Nous revenons dans cette partie à la notion générale de relation définie en début de chapitre. Mais on
s’intéresse plus particulièrement aux relations d’un ensemble E dans lui-même.

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Relations binaires Chapitre 7 : Applications - Relations
1) Définitions

Définition 7.12
Soit R une relation d’un ensemble E vers lui - même, on dit que R est :
– réflexive lorsque tout élément est en relation avec lui - même : ∀ x ∈ E, xRx.

NE
– symétrique lorsque : ∀ x, y ∈ E, si xR y alors yRx (le graphe de R est symétrique).
– antisymétrique lorsque : ∀ x, y ∈ E, si xR y et yRx alors x = y. On remarquera qu’il ne s’agit pas de
la négation de symétrique.
– transitive lorsque : ∀ x, y, z ∈ E, si xR y et yRz alors xRz.

ZExemples :
– Dans R, la relation R définie par : ∀ x, y ∈ R, xR y ⇐⇒ x 6 y, est une relation réflexive, antisymétrique
et transitive.
– Dans Z, la relation S définie par : ∀ x, y ∈ Z, xS y ⇐⇒ x − y ∈ 2Z, est une relation réflexive, symétrique
et transitive.
– Soit E un ensemble, la relation T définie dans P (E) par : ∀ A, B ∈ P (E), AT B ⇐⇒ A ⊂ B. Cette relation

AIG
T est réflexive antisymétrique et transitive.

2) Relation d’équivalence

Définition 7.13
Soit E un ensemble et R une relation de E dans E, on dit que R est une relation d’équivalence
lorsqu’elle est réflexive, symétrique et transitive. Si c’est le cas, alors pour tout élément a de E, on
appelle classe de a l’ensemble des x ∈ E en relation avec a, notation : Cl (a) = {x ∈ E / xRa}.

ZExemples :
– L’égalité dans un ensemble est une relation d’équivalence.
– Soit n ∈ Z, la relation définie dans Z, par ∀ x, y ∈ Z, xR y ⇐⇒ x − y ∈ n Z, est une relation d’équivalence.
Cette relation est appelée la congruence modulo n dans Z, et on note ∀x, y ∈ Z, x ≡ y (mod n) ⇐⇒
∃k ∈ Z, x − y = kn.
NT
– Soit a ∈ R, la relation définie dans R, par ∀ x, y ∈ R, xR y ⇐⇒ x − y ∈ a Z, est une relation d’équivalence.
Cette relation est appelée la congruence modulo a dans R, et on note ∀x, y ∈ R, x ≡ y (mod a) ⇐⇒
∃k ∈ Z, x − y = ka.

Théorème 7.9
Si R est une relation d’équivalence dans E, alors :
– ∀ a, b ∈ E, Cl(a) = Cl(b) ⇐⇒ aRb.
– Les classes d’équivalence forment une partition de E, c’est à dire :
• Les classes d’équivalence sont des parties de E non vides et deux à deux disjointes.
• La réunion des classes d’équivalence est égale à E.
MO

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 


ZExemple : Considérons la relation de congruence modulo 5 dans Z, soit n ∈ Z, on a Cl(n) = {n + 5k / k ∈ Z}.
On peut vérifier qu’il n’y a que cinq classes pour cette relation, celles de 0, de 1, de 2, de 3 et de 4.

3) Relation d’ordre

Définition 7.14
– Soit R une relation dans un ensemble E, on dit que R est une relation d’ordre lorsque cette relation
est : réflexive, antisymétrique et transitive. Lorsque c’est le cas, on dit que (E, R) est un ensemble
ordonné.
– Deux éléments x et y de E sont dits comparables pour l’ordre R lorsque l’on a xR y ou bien yRx.
Lorsque tous les éléments de E sont comparables deux à deux, on dit que l’ordre R est total et que
(E, R) est un ensemble totalement ordonné, sinon on dit que l’ordre est partiel et que (E, R) est
partiellement ordonné.

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Solution des exercices Chapitre 7 : Applications - Relations
– Une relation d’ordre est en général notée 6, c’est à dire que xR y est plutôt noté x 6 y.

ZExemples :
– L’ordre naturel sur les réels est une relation d’ordre total.
– Soit E un ensemble, (P (E), ⊂) est un ensemble partiellement ordonné (dès que card(E) > 2).

NE
– Soit I un ensemble non vide, on pose E = F (I, R) l’ensemble des fonctions définies sur I et à valeurs
réelles. On définit dans E la relation R : pour f , g ∈ E, f Rg ⇐⇒ ∀ x ∈ I, f (x) 6 g (x). On vérifie que R
est une relation d’ordre partiel (dès que card(I) > 1), cette relation est appelée ordre fonctionnel et
notée 6.
– Pour (x, y) et (x 0 , y 0 ) ∈ R2 , on pose :

0
x < x


(x, y)R(x 0 , y 0 ) ⇐⇒ ou

x = x 0 et y 6 y 0

On vérifie que R est une relation d’ordre total sur R2 (appelée ordre lexicographique et notée 6).

AIG
Remarque 7.5 – On prendra garde au fait que lorsque l’ordre est partiel, la négation de x 6 y est :

x et y ne sont pas comparables


ou


x et ysont comparables et x > y

Définition 7.15
Soit (E, 6) un ensemble ordonné et A une partie de E, on dit que :
– A est majoré dans E lorsque : ∃M ∈ E, ∀x ∈ A, x 6 M.
– A est minoré dans E lorsque : ∃m ∈ E, ∀x ∈ A, m 6 x.
– A est borné dans E lorsque A est à la fois majoré et minoré.
– A admet un maximum lorsque : ∃a ∈ A, ∀x ∈ A, x 6 a. Si c’est le cas, on note a = max(A).
NT
– A admet un minimum lorsque : ∃a ∈ A, ∀x ∈ A, a 6 x. Si c’est le cas, on note a = min(A).

Attention !
– Une partie d’un ensemble ordonné n’est pas forcément majoré (ou minoré), par exemple N est non majoré dans R.
– Une partie majorée (ou minorée) dans un ensemble ordonné n’a pas forcément de maximum (ou minimum). Par
exemple [0; 1[ dans R.

FExercice 7.8 Montrer que si A admet un maximum dans (E, 6), alors celui-ci est unique (même chose pour minimum).

V SOLUTION DES EXERCICES


MO

Solution 7.1 On a :
f : ]1; +∞[ → ]0; +∞[ → ]0; +∞[ → ]0; +∞[
p
x 7 → x −1 7→ x −1 7→ p1
x−1

Solution 7.2
1/ La réunion est ]0; +∞[, et l’intersection est vide.
©1ª
2/ La réunion est ]0; 1[ et l’intersection est le singleton 2 .

Solution 7.3 Si h existe alors f est injective d’après le théorème.


Réciproquement, si f est injective, soit y ∈ F, on pose h(y) = x avec x antécédent de y par f si y a un antécédent (on
sait alors qu’il est unique) et si y n’a pas d’antécédent par f on choisit ce qu’on veut pour h(y) dans E. On vérifie alors que
pour tout x ∈ E, h( f (x)) = x car x est l’unique antécédent de f (x) par f .

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Solution des exercices Chapitre 7 : Applications - Relations

Solution 7.4 Si h existe alors f est surjective d’après le théorème.


Réciproquement, si f est surjective, soit y ∈ F, on pose h(y) = x avec x antécédent de y par f que l’on choisit car il en
existe. On vérifie alors que pour tout x ∈ E, f (h(x)) = x car h(x) est un antécédent de x par f .

Solution 7.5 Par l’absurde : si f est surjective, alors il existe x 0 ∈ E tel que f (x 0 ) = A, si x 0 ∈ A, alors x 0 ∈ f (x 0 ) et donc

NE
x 0 ∉ A (par définition de A), ce qui est absurde, donc x 0 ∉ A, mais alors x 0 ∉ f (x 0 ) et donc x 0 ∈ A, ce qui est de nouveau
absurde. Par conséquent f ne peut pas être surjective.

Solution 7.6 On sait que idF et idE sont injectives, on en déduit que g et f sont injectives. On sait aussi que idF et idE sont
surjectives, on en déduit que f et g sont surjectives. Ce sont deux donc deux bijections, d’où f = g −1 ◦ idE = g −1 .

Solution 7.7
1/ C’est le même raisonnement quand dans la preuve.
2/ Soient f : E → F et g : F → G deux applications. Soit A une partie de E :

z ∈ g ( f (A)) ⇐⇒ ∃y ∈ f (A), z = g (y) ⇐⇒ ∃x ∈ A, z = g ( f (x)) = (g ◦ f )(x) ⇐⇒ z ∈ (g ◦ f )(A)

Soit B une partie de G :

AIG
x ∈ (g ◦ f )−1 (B) ⇐⇒ g ( f (x)) ∈ B ⇐⇒ f (x) ∈ g −1 (B) ⇐⇒ x ∈ f −1 (g −1 (B))

3/ Si f est injective, soit A une partie de E, on sait que A ⊂ f −1 ( f (A)), si x ∈ f −1 ( f (A)), alors f (x) ∈ f (A), donc il existe
y ∈ A tel que f (x) = f (y), mais alors x = y ( f étant injective) et donc x ∈ A. Donc f −1 ( f (A)) = A.
Réciproque, si pour tout partie A de E on a f −1 ( f (A)) = A. Sot x ∈ E alors f −1 ( f ({x})) = {x}, donc si f (y) = f (x) alors
y ∈ {x}, d’où y = x. L’application f est donc injective.

Solution 7.8 Soient m 1 et m 2 deux maximums de A, alors m 1 6 m 2 car m 2 est un maximum, et inversement m 2 6 m 1
car m 1 est un maximum, d’où m 1 = m 2 .
NT
MO

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NE
Chapitre 8

Nombres réels

Sommaire
I L’ensemble des réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72

AIG
1) Rappels sur les rationnels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 72
2) Opérations et ordre sur les réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
II Borne inférieure, borne supérieure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
1) Propriété fondamentale de l’ensemble des réels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 73
2) Intervalles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
3) La droite numérique achevée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 75
4) Voisinages . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
III Approximation d’un réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
1) Valeur absolue . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 76
2) Partie entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 77
3) Approximations décimales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 79
IV Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 80

L’existence des ensembles Q et R est admise.


NT
I L’ENSEMBLE DES RÉELS

1) Rappels sur les rationnels


p
Un rationnel est un réel de la forme pq −1 (ou q ) où p et q sont deux entiers avec q 6= 0. L’ensemble
des rationnels est noté Q. Tout rationnel peut s’écrire de différentes manières sous forme de fractions,
p 2p −p
par exemple : q = 2q = −q . Mais tout nombre rationnel s’écrit de manière unique sous forme de fraction
p
irréductible, c’est à dire sous la forme q avec p ∈ Z, q ∈ N∗ et avec p et q premiers entre eux (i.e. sans autres
diviseurs communs que 1 et -1).

Opérations sur les rationnels


MO

p aq+bp p ap
On rappelle que : q + ba = bq et q × ba = bq . L’addition et la multiplication sont donc des lois de
composition internes dans Q, on vérifie que (Q, +, ×) est un corps commutatif. On vérifie également que
(Q, +), (Q∗ , ×) et (Q∗+ , ×) sont des groupes commutatifs.

L’ensemble des rationnels est insuffisant


En termes d’approximations numériques, Q peut paraître suffisant en sciences appliquées. Le problème
se pose lorsqu’on a besoin de connaître la valeur exacte de certaines grandeurs. Par exemple, peut - on
mesurer dans Q la longueur de la diagonale d’un carré de côté 1 ? D’après le théorème de Pythagore 1 , cela
revient à se demander p s’il existe un rationnel dont le carré est égal à 2, or nous avons déjà établi que la
réponse est négative ( 2 ∉ Q).
Cette lacune de Q avait été remarquée par les Pythagoriciens, ce qui a conduit les mathématiciens à
introduire de nouveaux nombres, les irrationnels, en concevant un ensemble plus vaste que Q, l’ensemble
des nombres réels noté R.
1. PYTHAGORE De Samos (569 av J.-C. – 500 av J.-C. (environ)) : mathématicien et philosophe grec dont la vie et l’œuvre restent
entourées de mystères.

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Borne inférieure, borne supérieure Chapitre 8 : Nombres réels

2) Opérations et ordre sur les réels


L’ensemble R contient Q et possède une addition et une multiplication (qui prolongent celles de Q) qui
font que (R, +, ×) est un corps commutatif. On admettra également qu’il existe deux parties de R que l’on
note A et B et qui vérifient :

NE
– A et B sont stables pour l’addition.
– Q+ ⊂ A et Q− ⊂ B.
– R = A ∪ B.
– A ∩ B = {0}.
– Si x, y ∈ A alors x y ∈ A, si x, y ∈ B alors x y ∈ A et si x ∈ A et y ∈ B, alors x y ∈ B (règle des signes).
On définit alors une relation R dans R en posant : ∀ x, y ∈ R, xR y ⇐⇒ x − y ∈ B. Cette relation est :
– Réflexive : ∀ x ∈ R, xRx.
– Antisymétrique : si xR y et yRx alors x = y.
– Transitive : si xR y et yRz, alors xRz.
Le relation R est donc une relation d’ordre sur R. On la notera désormais 6, c’est à dire que xR y sera
noté x 6 y (i.e. x − y ∈ B).
On remarquera que x 6 0 signifie que x ∈ B, et que 0 6 x signifie que −x ∈ B et donc x ∈ A car x = (−1)(−x) :

AIG
produit de deux éléments de B. D’autre part, si x ∈ A et y ∈ B, alors x 6 y car y − x = y + (−x) : somme de deux
éléments de B.
Si x et y sont deux réels quelconques, on a x − y ∈ A ou x − y ∈ B, c’est à dire x − y ∈ B ou y − x ∈ B, c’est à
dire encore x 6 y ou y 6 x. Deux réels sont donc toujours comparables, l’ordre est total.
Notation : On pose A = R+ et B = R− .

Théorème 8.1
La relation d’ordre 6 est :
• Compatible avec l’addition, c’est à dire :
∀ x, y, z ∈ R, si x 6 y alors x + z 6 y + z.
• Compatible avec la multiplication par un réel positif :
∀ x, y, z ∈ R, si 0 6 z et x 6 y, alors xz 6 y z.

Preuve : Si x 6 y, alors x − y ∈ R− , mais (x + z) − (y + z) = x − y, donc (x + z) − (y + z) ∈ R− i.e. x + z 6 y + z. Si 0 6 z et


NT
x 6 y, alors x − y ∈ R− donc z(x − y) ∈ R− , i.e. zx 6 z y. On remarquera que si z 6 0 alors z(x − y) ∈ R+ donc z y 6 zx,
l’inégalité change de sens. 

Conséquences
– Si x 6 y et a 6 b, alors x + a 6 y + b.
– Si 0 6 x 6 y et 0 6 a 6 b alors 0 6 ax 6 b y.

II BORNE INFÉRIEURE, BORNE SUPÉRIEURE

1) Propriété fondamentale de l’ensemble des réels


Soit I une partie non vide de R et soit a un réel, on dit que :
MO

– I est majorée par a (ou a est un majorant de I), lorsque tout élément de I est inférieur ou égal à a :
∀ x ∈ I, x 6 a.
– I est minorée par a (ou a est un minorant de I), lorsque tout élément de I est supérieur ou égal à a :
∀ x ∈ I, x > a.
– I est bornée, lorsque I est à la fois minorée et majorée : ∃ m, M ∈ R, ∀ x ∈ I, m 6 x 6 M.
ZExemples :
2
x
– L’ensemble I = { 1+x 2 / x ∈ R} est borné (minoré par 0 et majoré par 1).
2
x
– L’ensemble I = { 1+|x| / x ∈ R} est minoré par 0, mais non majoré.
Remarque 8.1 –
– I est non majoré équivaut à : ∀ M ∈ R, ∃ x ∈ I, x > M.
– I est non minoré équivaut à : ∀ m ∈ R, ∃ x ∈ I, x < m.
– I est borné équivaut à : ∃ M ∈ R, ∀ x ∈ I, |x| 6 M.

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Borne inférieure, borne supérieure Chapitre 8 : Nombres réels

Définition 8.1
Soit I une partie non vide de R. Si l’ensemble des majorants de I n’est pas vide et s’il admet un plus
petit élément, alors celui-ci est appelé borne supérieure de I et noté sup(I). La borne supérieure
(lorsqu’elle existe) est donc le plus petit des majorants.

NE
Si l’ensemble des minorants de I n’est pas vide et s’il admet un plus grand élément, alors celui-ci est
appelé borne inférieure de I et noté inf(I). La borne inférieure (lorsqu’elle existe) est donc le plus
grand des minorants.

ZExemples :
– I =]0; 1], l’ensemble des majorants est [1; +∞[, celui-ci admet un plus petit élément qui est 1, donc
sup(I) = 1. L’ensemble des minorants de I est ] − ∞; 0] qui admet un plus grand élément : 0, donc
inf(I) = 0.
– I =]1; +∞[, l’ensemble des majorants est vide donc I n’a pas de borne supérieure. L’ensemble des
minorants est ] − ∞; 1], celui-ci admet un plus grand élément : 1, donc inf(I) = 1.

AIG
Attention !
On remarquera qu’une borne inférieure (ou supérieure) d’un ensemble I n’a aucune raison d’appartenir à I.

Voici le lien entre minimum et borne inférieure (ou maximum et borne supérieure) :

Théorème 8.2
Soit I une partie non vide de R et soit a un réel :
• a = min(I) ssi a ∈ I et a = inf(I).
• a = max(I) ssi a ∈ I et a = sup(I).

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 


Il découle de la définition :

Théorème 8.3
NT
Soit I une partie non vide de R et(soit m un réel, alors :
m majore I
m = sup(I) ⇐⇒ .
∀ε > 0, m − ε ne majore pas I, i.e. ∃x ∈ I, m − ε < x
(
m minore I
m = inf(I) ⇐⇒ .
∀ε > 0, m + ε ne minore pas I, i.e. ∃x ∈ I, x < m + ε

Théorème 8.4 (Propriété fondamentale de R (admise))


Toute partie de R non vide et majorée admet une borne supérieure.

Conséquence : il en découle que toute partie de R non vide et minorée admet une borne inférieure.
MO

Preuve : Soit A une partie de R non vide et minorée par un réel m, alors l’ensemble −A = {−a / a ∈ A} est une partie
de R non vide et majorée par le réel −m. D’après le théorème précédent, −A admet une borne supérieure M et donc
l’ensemble des majorants de −A est [M, +∞[, on en déduit que l’ensemble des minorants de A est ] − ∞; −M] et donc A
admet une borne inférieure qui est −M, c’est à dire inf(A) = − sup(−A). 
ZExemples :
– Soit a un réel positif, on pose A = x ∈ R ¯ x 2 6 a . A est une partie non vide de R car 0 ∈ A, d’autre part
© ¯ ª

A est majoré par a + 1 car x > a + 1 =⇒ x 2 > a 2 + 2a + 1 > a. L’ensemble A admet donc une borne
p
supérieure M. En raisonnant par l’absurde on peut montrer que M2 = a, par conséquent M = a, c’est
une définition possible de la fonction racine carrée.
– Soient A et B deux parties de R non vides et bornées telles que A ⊂ B. Montrer que inf(B) 6 inf(A) et
sup(A) 6 sup(B).
Réponse : inf(B) est un minorant de B donc un minorant de A, par conséquent inf(B) 6 inf(A) car inf(A)
est le plus grand des minorants de A. De même, sup(B) majore B , donc majore A également, d’où
sup(A) 6 sup(B) car sup(A) est le plus petit des majorants de A.

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Borne inférieure, borne supérieure Chapitre 8 : Nombres réels

– Soient A et B deux parties de R non vides et majorées, on pose A + B = {a + b | a ∈ A, b ∈ B}. Montrer que
sup(A + B) = sup(A) + sup(B).
Réponse : sup(A)+sup(B) majore A+B, donc A+B admet une borne sup. et sup(A+B) 6 sup(A)+sup(B).
Soient a ∈ A et b ∈ B, a + b 6 sup(A + B), donc a 6 sup(A + B) − b, ce qui signifie que A est majoré par
sup(A + B) − b, d’où sup(A) 6 sup(A + B) − b, mais alors b 6 sup(A + B) − sup(A), donc B est majoré par

NE
sup(A + B) − sup(A), d’où sup(B) 6 sup(A + B) − sup(A) et finalement sup(A) + sup(B) 6 sup(A + B) ce
qui prouve bien l’égalité.

2) Intervalles

Définition 8.2
Soit I une partie non vide de R, on dit que I est un intervalle lorsque : tout réel compris entre deux
éléments de I est lui-même élément de I, c’est à dire :

∀ x, y ∈ I, ∀ z ∈ R, x 6 z 6 y =⇒ z ∈ I.

AIG
Par convention, ∅ est un intervalle de R.

Théorème 8.5
Si I est un intervalle non vide de R alors on a :
– soit I = R,
– soit I = [a; +∞[ ou I =]a, +∞[,
– soit I =] − ∞; b] ou I =] − ∞; b[,
– soit I =]a; b[ ou I =]a; b] ou I = [a; b[ ou I = [a; b].

Preuve : Le premier correspond à I non borné, le deuxième à I minoré et non majoré, le troisième à I non minoré et
majoré, le quatrième à I borné. 
ZExemple : Z n’est pas un intervalle de R car 1, 2 ∈ Z mais pas 23 . Q n’est pas un intervalle de R.
NT
Théorème 8.6
On a les propriétés suivantes :
– L’intersection de deux intervalles de R est un intervalle de R.
– La réunion de deux intervalles de R non disjoints est un intervalle de R.

Preuve : Soient I et J deux intervalles de R, posons K = I ∩ J. Si K est vide, alors c’est un intervalle. Si K n’est pas vide,
alors soit x, y ∈ K et soit z un réel tel que x 6 z 6 y. Comme I est un intervalle contenant x et y, I contient z, de même J
contient z, finalement z ∈ K et donc K est un intervalle de R.
Supposons I et J non disjoints et soit K = I ∪ J. K est non vide, soit x, y ∈ K et soit z un réel tel que x 6 z 6 y. Si x et y
sont dans I, alors z est dans I et donc dans K, de même si x et y sont dans J. Si x est dans I et y dans J, soit t ∈ I ∩ J, si
z 6 t , alors z est compris entre x et t qui sont éléments de I, donc z ∈ I. Si t 6 z, alors z est compris entre t et y qui sont
éléments de J, donc z est élément de J. Dans les deux cas on a bien z ∈ K et donc K est un intervalle de R. 
MO

3) La droite numérique achevée


On ajoute à l’ensemble R deux éléments non réels (par exemple i et −i ), l’un de ces deux éléments est
noté −∞ et l’autre +∞.

Définition 8.3
L’ensemble R ∪ {−∞, +∞} est noté R et appelé droite numérique achevée.

On prolonge la relation d’ordre de R à R en posant pour tout réel x : −∞ < x < +∞. L’ensemble R devient
ainsi un ensemble totalement ordonné, de plus il possède un maximum (+∞) et un minimum (−∞).
Pour tout réel x on pose :
– (+∞) + x = x + (+∞) = +∞.
– (−∞) + x = x + (−∞) = −∞.
– (+∞) + (+∞) = +∞.

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Approximation d’un réel Chapitre 8 : Nombres réels

– (−∞) + (−∞) = −∞.


– Si x > 0 : x(+∞) = (+∞)x = +∞ et (−∞)x = x(−∞) = −∞.
– si x < 0 : x(+∞) = (+∞) = −∞ et (−∞)x = x(−∞) = +∞.
– (+∞)(+∞) = +∞, (−∞)(−∞) = +∞ et (−∞)(+∞) = (+∞)(−∞) = −∞.
Remarque 8.2 – On prendra garde au fait que nous n’avons pas défini de loi de composition interne dans R

NE
puisque nous n’avons pas défini 0 × (±∞) ni (−∞) + (+∞). Les règles de calculs définies ci-dessus auront leur
utilité dans le chapitre sur les limites.

Théorème 8.7
Soit A une partie non vide de R, alors A admet une borne supérieure et une borne inférieure dans R.

Preuve : Soit A une partie non vide de R. Si A est majorée dans R alors admet une borne supérieure réelle (propriété
fondamentale de R). Si A n’est pas majorée dans R, alors dans R l’ensemble des majorants est {+∞}, donc il y a une
borne supérieure dans R qui est +∞ (le plus petit majorant). Le raisonnement est le même pour la borne inférieure. 

4) Voisinages

AIG
Définition 8.4
Soit x ∈ R, tout intervalle de la forme ]x − ε; x + ε[ où ε > 0 est appelé voisinage de x .
Tout intervalle ouvert de la forme ]a; +∞[ (a ∈ R) est appelé voisinage de +∞ .
Tout intervalle ouvert de la forme ] − ∞; a[ (a ∈ R) est appelé voisinage de −∞ .

Théorème 8.8
Soit V1 , V2 deux voisinages de x ∈ R, alors V1 ∩ V2 est un voisinage de x. Soit a, b ∈ R, si a < b alors il
existe un voisinage V de a et un voisinage V 0 de b tels que ∀x ∈ V et ∀y ∈ V 0 , x < y.

Preuve : Celle - ci est simple et laissée en exercice. 


NT
Définition 8.5
Soit P(x) une proposition dépendante de x ∈ R, et soit a ∈ R, on dit que la propriété P est vraie au
voisinage de a lorsqu’il existe au moins un voisinage V de a tel que :

∀ x ∈ V, P(x) est vraie.

ZExemple : Soit f (x) = x 2 + x −1, alors au voisinage de 0 on a f (x) < 0, et au voisinage de +∞, f (x) > 0. En effet,
le trinôme x 2 + x − 1 admet deux racines réelles : x 1 < 0 et x 2 > 0, posons ε = min(|x 1 |, |x 2 |), si x ∈]0 − ε; 0 + ε[
alors x ∈]x 1 ; x 2 [ et donc x 2 + x − 1 < 0, V =]0 − ε; 0 + ε[ est donc un voisinage de 0 et sur ce voisinage on a bien
f (x) < 0. Posons W =]x 2 ; +∞[, alors W est un voisinage de +∞ et sur ce voisinage on a bien f (x) > 0.
MO

III APPROXIMATION D’UN RÉEL

1) Valeur absolue
Soit x un réel, les deux nombres x et −x sont comparables puisque l’ordre est total, ce qui donne un sens
à la définition suivante :

Définition 8.6
Soit x ∈ R, on appelle valeur absolue de x le réel noté |x| et défini par : |x| = max(x, −x). On a donc
|x| = x lorsque 0 6 x, et |x| = −x lorsque x 6 0.

L’ensemble R peut être assimilé à une droite graduée (i.e. munie d’un repère (O, → −
u )), les réels sont alors
les abscisses des points de cette droite. Si A(a) et B(b) sont deux points de cette droite, alors le réel positif
|b − a| représente la distance de A à B, en particulier |x| représente la distance de l’origine au point d’abscisse
x.

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Approximation d’un réel Chapitre 8 : Nombres réels

|b − a|

O →

u A(a) B(b) R

NE
Théorème 8.9
Soient x, y des réels :
– |x| ∈ R+ , |x| = | − x|, x 6 |x| et −x 6 |x|.
– |x| = 0 ⇐⇒ x = 0.
– |x y| = |x||y| et si x 6= 0 alors | x1 | = |x|
1
. On en déduit que k f r ac1x| = 1
|x| et ∀n ∈ N, |x n | = |x|n .
– ||x| − |y|| 6 |x − y| 6 |x| + |y| (inégalité triangulaire).

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

AIG
À retenir
Soient a, b, x trois réels avec b positif :
– |a| 6 b ⇐⇒ a 6 b et − a 6 b ⇐⇒ −b 6 a 6 b.
– |a| > b ⇐⇒ a > b ou −a > b.
– |a − x| 6 b ⇐⇒ −b 6 a − x 6 b ⇐⇒ a − b 6 x 6 a + b.
– |a − x| > b ⇐⇒ x > a + b ou x 6 a − b.

Ces inégalités sont importantes, et peuvent se retrouver en raisonnant en termes de distance.

Définition 8.7
Soit a un réel et ε > 0, on appelle intervalle ouvert de centre a et de rayon ε, l’intervalle ]a − ε; a + ε[.
C’est l’ensemble des réels x tels que |x − a| < ε. On définit de la même façon l’intervalle fermé de
centre a et de rayon ε.
NT
On rappelle qu’un intervalle ouvert est un intervalle de la forme : ]a; b[ ou ]a; +∞[ ou ]−∞; b[. L’ensemble
vide et R sont des intervalles ouverts.

Théorème 8.10
Soit I un intervalle ouvert non vide, pour tout élément a de I il existe au moins un voisinage de a
inclus dans I : ∀ a ∈ I, ∃ ε > 0, ]a − ε; a + ε[⊂ I.

Preuve : Il suffit de passer en revue les différents cas pour I. Par exemple, si I =]α; β[ avec α < β (sinon I est vide), on
peut prendre ε = min(a − α, β − a). On remarquera que l’on peut remplacer intervalle ouvert de centre a par intervalle
fermé de centre a. 
MO

2) Partie entière

Théorème 8.11
L’ensemble R est archimédien, c’est à dire : ∀ x, y ∈ R∗+ , ∃ n ∈ N, x 6 n y.

Preuve : Par l’absurde, supposons que ∀ n ∈ N, x > n y. Soit A = {n y / n ∈ N}, A est non vide (contient y) et majoré par x,
donc A admet une borne supérieure. Soit b = sup(A), on a b − y < b donc il existe un entier n 0 ∈ N tel que b − y < n 0 y,
d’où b < (n 0 + 1)y ce qui est absurde car (n 0 + 1)y ∈ A. 

Théorème 8.12 (et définition)


Soit x ∈ R, il existe un unique entier n ∈ Z tel que n 6 x < n + 1, celui-ci est appelé partie entière de x,
noté bxc (ou E(x)).

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Approximation d’un réel Chapitre 8 : Nombres réels

Preuve : Montrons l’existence : si x = 0 il suffit de prendre n = 0. Supposons x non nul et soit A = {n ∈ Z / x < n + 1}, on
vérifie que A est non vide (si x < 0 alors 0 ∈ A et si x > 0 on utilise que R est archimédien), de plus A est minoré par x − 1,
cet ensemble admet donc une borne inférieure c. On a c < c + 12 donc le réel c + 12 ne minore pas A donc il existe un
entier n 0 ∈ A tel que c 6 n 0 < c + 12 , si c < n 0 , alors n 0 ne minore pas A, donc il existe n 1 ∈ A tel que c 6 n 1 < n 0 < c + 12
ce qui est absurde car n 0 et n 1 sont deux entiers distincts dans un intervalle de longueur 12 . On en déduit que c = n 0 ∈ A

NE
d’où n 0 = min(A), mais alors n 0 − 1 ∉ A, c’est à dire x > n 0 − 1 + 1, par conséquent on a n 0 6 x < n 0 + 1.
Montrons l’unicité : soient n, n 0 ∈ Z tels que n 6 x < n + 1 et n 0 6 x < n 0 + 1, alors |n − n 0 | = |(x − n) − (x − n 0 )| < 1 car
x − n et x − n 0 sont dans l’intervalle [0; 1[, comme n et n 0 sont entiers, on en déduit que |n − n 0 | = 0 i.e. n = n 0 . 

Propriétés
a) La fonction partie entière est une fonction croissante sur R et elle constante sur tout intervalle de la
forme [n; n + 1[ lorsque n ∈ Z.

AIG
1
0
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
−1

−2

−3

−4

b) La fonction partie entière est continue sur R \ Z. Pour n ∈ Z, elle est continue à droite mais pas à gauche
en n.
c) Pour tout réel x et tout entier n, on a bx + nc = bxc + n.
d) La fonction x 7→ x − bxc est une fonction 1-périodique.
NT
bxc ∈ Z
½
e) La partie entière de x est entièrement caractérisée par : .
bxc 6 x < bxc + 1

Théorème 8.13
Tout intervalle de la forme ]a; b[ où a < b contient au moins un rationnel, on dit que Q est dense dans
R.
¥ 1 ¦
Preuve : Il existe q ∈ N∗ tel que q(b − a) > 1 (pendre q = 1 + b−a ), l’intervalle ]q a; qb[ a donc une
¥ longueur
¦ supérieure
à 1, il contient donc au moins un entier p (prendre p = qb − 1 si qb est entier, prendre p = qb sinon). On a alors
p p
q a < p < qb d’où a < a q < b et q ∈ Q. 
Remarque 8.3 – Ce théorème traduit que aussi près que l’on veut de n’importe quel réel, on peut trouver des
p
rationnels. De plus la démonstration fournit une méthode de construction de q .
MO

p p ¦
Par exemple, avec x = 2 et εp= 10−3 , on peut prendre q = 1000 et p = 1000 2 = 1414 (car 14142 6
¥
p
2.106 < 14152 ), d’où q = 1, 414 et | 2 − 1, 414| < 10−3 .

Théorème 8.14
Tout intervalle ]a; b[ où a < b contient au moins un irrationnel, donc l’ensemble des irrationnels,
R \ Q, est densedans R.
p p p
pQ dans R, il existe un rationnel r ∈]a − 2; b − 2[, ce qui donne r + 2 ∈]a; b[, et on
Preuve : D’après la densité de
montre par l’absurde que r + 2 est irrationnel. 

Définition 8.8 (Généralisation)


Soit A une partie non vide de R, on dit que A est dense dans R lorsque tout intervalle ouvert non vide
de R contient au moins un élément de A, ce qui équivaut à :

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Approximation d’un réel Chapitre 8 : Nombres réels
∀ x ∈ R, ∀ ε > 0, ∃ a ∈ A, |x − a| < ε.

Remarque 8.4 –
– Ce qui signifie qu’aussi près que l’on veut de tout réel x, on peut trouver des éléments de A. Voici une
autre définition équivalente (et très utile) :

NE
– A est dense dans R ssi pour tout réel x il existe une suite (a n ) d’éléments de A qui converge vers x.

3) Approximations décimales

Définition 8.9
Soient a, x, ε trois réels avec ε > 0, on dit que a est une valeur approchée de x à ε près lorsque la
distance entre a et x et inférieure ou égale à ε : |a − x| 6 ε. On dit que a est une valeur approchée de x
par défaut (respectivement par excès) à ε près lorsque a 6 x 6 a + ε (respectivement a − ε 6 x 6 a).

Propriétés
a+b
a) Si a est une valeur approchée de x par défaut et b une valeur approchée de x par excès, alors 2 est

AIG
une valeur approchée de x à b−a
2 près.
b) Si a est une valeur approchée de x par défaut à ε près et b une valeur approchée de x par excès à ε près,
ε
alors a+b
2 est une valeur approchée de x à 2 près.

Soit x ∈ R et soit n ∈ N, on a bx10n c 6 x10n < 1 + bx10n c, en multipliant par 10−n on obtient :

bx10n c bx10n c
6 x < + 10−n .
10n 10n
n n
Ce qui signifie que bx10 c
10n est une valeur approchée de x par défaut à 10
−n
près, et que bx10 c
10n + 10
−n
est une
−n
valeur approchée de x par excès à 10 près. Il faut remarquer que ces deux approximations de x sont des
nombres décimaux (i.e. un entier sur une puissance de dix).

Définition 8.10
bx10n c
NT
On appelle approximation décimale de x par défaut à 10−n près, le nombre : 10n .

Remarque 8.5 – Posons r n = b10n xc, alors 10r n 6 10n+1 x < 10r n + 10 et donc 10r n 6 10n+1 x 6 10r n + 9, i.e.
¥ ¦

r n+1 ∈ [10r n ; 10r n + 9].


ZExemples : p n
– Prenons x = 2 et posons a n = bx10 10n
c

• 1 6 x 2 < 22 , donc 1 6 x < 2 et a 0 = bxc = 1 (partie entière de x).


• (10x)2 = 200 et 142 = 196 6 (10x)2 < 152 = 225, donc 14 6 10x < 15 et a 1 = b10xc /10 = 14/10 = 1, 4.
• (100x)2 = 20000 et 1412 6 (100x)2 < 1422 , donc 141 6 100x < 142 et a 2 = b100xc /100 = 141/100 =
1, 41...etc p
Si on continue le processus, on construit la suite (a n ) des approximations décimales de 2 à 10−n près
MO

par défaut.
n
Si on pose pour n ∈ N, a n = bx10 c −n
10n , alors on a l’inégalité |x − a n | 6 10 , ce qui prouve que la suite (a n )
converge vers x. On a donc une suite de rationnels qui converge vers x, ce qui est une autre façon de prouver
la densité de Q dans R. On remarquera que la suite (a n + 10−n ) (valeurs approchées décimales par excès)
converge également vers x.

Théorème 8.15
bx10n c
Soit x ∈ R et a n = 10n , pour n ∈ N∗ on pose d n = 10n (a n − a n−1 ), alors d n est un entier compris entre
0 et 9.

Preuve¥ : 10n a n¦ = b10n xc 6 10n x < 1 + b10n xc, d’autre part 10n a n−1 = 10 10n−1 x 6 10n x < 10 + 10 10n−1 x , d’où
¥ ¦ ¥ ¦

−10 − 10n−1 x < −10n x 6 −10n a n−1 , on en déduit que d n − 10 < 0 < d n + 1, par conséquent 0 6 d n < 10, or d n est un
entier, donc d n 6 9. 

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Solution des exercices Chapitre 8 : Nombres réels

Définition 8.11
Pour n > 1, l’entier d n = 10n (a n − a n−1 ) = b10n xc − 10 10n−1 x est appelé n e décimale de x.
¥ ¦

n
Remarquons que d n 10−n = a n − a n−1 , ce qui entraîne que a 0 , d 1 d 2 . . . d n = a 0 + d k 10−k = a n , or la suite
P

NE
k=1
(a n ) converge vers x, on écrit alors :
+∞
d k 10−k = a 0 , d 1 d 2 · · · (développement décimal infini de x)
X
x = a0 +
k=1

IV SOLUTION DES EXERCICES

AIG
NT
MO

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NE
Chapitre 9

Suites numériques

Sommaire
I Suites réelles, généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81

AIG
1) Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
2) Vocabulaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 82
3) Opérations sur les suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
II Suites convergentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 83
2) Premières propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
3) Convergence et opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
4) Convergence et relation d’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
5) Caractérisations séquentielles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 85
III Suites ayant une limite infinie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
2) Limite infinie et ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
3) Limite infinie et opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
IV Théorèmes d’existence d’une limite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
NT
1) Suites monotones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
2) Suites adjacentes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 87
3) Le théorème de BOLZANO - WEIERSTRASS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
V Comparaison des suites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
1) Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
2) Les exemples classiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
3) Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
VI Extension aux suites complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
1) Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
2) Convergence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
3) Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 90
MO

VII Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91

I SUITES RÉELLES, GÉNÉRALITÉS

1) Définitions

Définition 9.1
Une suite numérique u est une application de A vers R : u : A → R, où A est une partie de N. Par
convention le réel u(n) est noté u n , et la suite u est parfois notée (u n )n∈A . Si la partie A est finie, on dit
que la suite u est une suite finie. L’ensemble des suites réelles définies sur A est donc l’ensemble des
applications de A vers R, c’est à dire F (A, R).

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Suites réelles, généralités Chapitre 9 : Suites numériques

Remarque 9.1 – On prendra garde à ne pas confondre u n qui est un réel (terme de rang n) avec (u n )n∈A qui
désigne la suite u. Les suites finies présentant peu d’intérêt, on étudiera seulement le cas où A est une partie
infinie de N. On peut alors montrer qu’il est toujours possible de se ramener au cas où A = N, si bien que dans
la suite de ce chapitre on étudiera F (N, R) l’ensemble des suites réelles définies sur N.

NE
ZExemples :
– Une suite u est arithmétique si et seulement si il existe un réel r (appelé raison), tel que ∀n ∈ N, u n+1 =
u n +r . On a alors les formules suivantes : ∀n, p ∈ N, u n = u p +(n−p)r . La somme de n termes consécutifs
n(p+d )
est S = 2 où p désigne le premier terme, et d le dernier.
– Une suite u est géométrique si et seulement si il existe q ∈ R (appelé raison), tel que ∀n ∈ N, u n+1 =
qu n . On a alors les formules suivantes : ∀n, p ∈ N, u n = u p q n−p . La somme de n termes consécutifs est

 np si q = 1
S = p − qd , où p désigne le premier terme, d le dernier et q la raison.
 si q 6= 1
1−q

– Suites récurrentes à un pas : ce sont les suites u définies par : u 0 ∈ R, et ∀n ∈ N, u n+1 = f (u n ), où
f : I → R est une fonction donnée. Par exemple : u 0 = 12 et u n+1 = u n2 . Dans le plan, à l’aide de la courbe
représentative de f et de la première bissectrice, on peut construire géométriquement les termes de la

AIG
suite sur l’axe des abscisses.

1 x
y=

Cf

0
0 u3 u2 u1 u0 1
NT
– Suites récurrentes à deux pas : par exemple la suite de Fibonacci 1 qui est définie par : u 0 = u 1 = 1 et
∀n ∈ N, u n+2 = u n+1 + u n .

2) Vocabulaire
– Sens de variation : soit u une suite réelle et p un entier, on dit que la suite u est :
• croissante à partir du rang p lorsque : ∀n > p, u n 6 u n+1 .
• strictement croissante à partir du rang p lorsque : ∀n > p, u n < u n+1 .
• décroissante à partir du rang p lorsque : ∀n > p, u n+1 6 u n .
• strictement décroissante à partir du rang p lorsque : ∀n > p, u n+1 < u n .
• constante (ou stationnaire) à partir du rang p lorsque : ∀n > p, u n+1 = u n .
• monotone lorsque u est croissante ou bien décroissante.
MO

• strictement monotone lorsque u est strictement croissante ou bien strictement décroissante.


Remarque 9.2 – Étudier le sens de variation de u peut se faire en étudiant le signe de u n+1 − u n , ou
encore le signe de f (u n+1 ) − f (u n ) où f désigne une fonction monotone.
– Suite bornée : on dit qu’une suite réelle u est :
• majorée lorsque : ∃M ∈ R, ∀n ∈ N, u n 6 M.
• minorée lorsque : ∃m ∈ R, ∀n ∈ N, m 6 u n .
• bornée lorsque : ∃m, M ∈ R, ∀n ∈ N, m 6 u n 6 M (i.e. minorée et majorée).
Remarque 9.3 – Une suite u est bornée si et seulement si il existe un réel M positif tel que ∀n ∈ N, |u n | 6
M.
Par exemple, la suite (u n = sin(n)) est bornée, la suite (v n = n 2 ) est minorée mais non majorée, la suite
(w n = (−2)n ) est ni minorée ni majorée.

1. FIBONACCI Leonardo (1180 – 1250 (environ)) : mathématicien italien (de son vrai nom Leonardo da Pisa) qui œuvra pour
l’introduction de nombres arabes en Occident.

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Suites convergentes Chapitre 9 : Suites numériques

– Suite périodique : on dit qu’une suite u est p-périodique (où p ∈ N∗ ) à partir du rang n 0 lorsque :
∀n > n 0 , u n+p = u n . Par exemple, la suite (u n ) = (−1)n ) est 2-périodique, la suite w définie par w 0 = 1,
w 1 = 1 et pour tout n w n+2 = −w n+1 − w n , est 3-périodique, mais la suite des décimales de π n’est pas
périodique car π est irrationnel.
– Suite extraite : soit u une suite réelle et soit σ : N → N une application strictement croissante, alors la

NE
suite v définie par v n = u σ(n) est appelée suite extraite de u (σ étant l’extraction). On remarquera que
l’on a : ∀n ∈ N, n 6 σ(n). Par exemple, la suite (u 2n ) est une suite extraite de u, c’est la suite des termes
de rangs pairs, de même la suite (u 2n+1 ) est extraite de u, c’est la suite des termes de rangs impairs.

3) Opérations sur les suites


Soient u et v deux suites réelles et soit λ ∈ R, on définit les suites :
– u + v : en posant pour tout n ∈ N, (u + v)n = u n + v n ;
– u × v : en posant (u × v)n = u n v n .
– λv : en posant (λv)n = λv n .
– v1 : si v ne s’annule pas à partir d’un certain rang n 0 , en posant : ( v1 )n = v1n .
On vérifie alors que :

AIG
– (F (N, R), +) est un groupe commutatif. Son élément neutre est la suite nulle (notée 0) et l’opposé d’une
suite u est la suite (−u n )n∈N (notée −u).
– La multiplication est associative, commutative, admet comme élément neutre la suite constante
(u n = 1)n∈N (notée 1), et elle est distributive sur l’addition. Mais il y a des suites non nulles qui n’ont
pas d’inverse, par exemple la suite u définie par u n = 1 + (−1)n . Seules les suites u qui ne s’annulent
jamais ont un inverse, et cet inverse est la suite u1 .
L’ensemble (F (N, R), +, ×) n’est donc pas un corps, mais seulement un anneau commutatif. Les deux
suites u et v définies par u n = 1 + (−1)n et v n = 1 − (−1)n sont non nulles, mais leur produit est la suite nulle,
ceci prouve que (F (N, R), +, ×) est un anneau non intègre.

II SUITES CONVERGENTES

1) Définition
NT
Définition 9.2
Soit u une suite réelle et ` ∈ R, on dit que u admet comme limite ` lorsque u n peut être aussi proche
(ou voisin) que l’on veut de ` pourvu que n soit assez grand, c’est à dire :
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n > N =⇒ |u n − `| < ε.
Notation : lim u = ` ou lim u n = ` ou u n → `.

Remarque 9.4 –
– Comme |u n − `| = |(u n − `) − 0| = ||u n − `| − 0|, on a :

lim u n = ` ⇐⇒ lim u n − ` = 0 ⇐⇒ lim |u n − `| = 0.


MO

– Comme ||u n | − |`|| 6 |u n − `|, on a : lim u n = ` =⇒ lim |u n | = |`| (réciproque fausse).

Théorème 9.1
Si à partir d’un certain rang on a : |u n − `| 6 v n , et si v n → 0, alors lim u n = `.

Preuve : Soit ε >, à partir d’un rang N1 on a |v n | < ε, et à partir d’un rang N2 on a |u n − `| 6 v n , donc à partir du rang
Max(N1 , N2 ) on a |u n − `| < ε. 

Définition 9.3
Lorsque la suite u admet une limite finie, on dit que u est convergente, sinon on dit qu’elle est
divergente.

ZExemples :
– Toute suite stationnaire (à partir d’un certain rang) est convergente.

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Suites convergentes Chapitre 9 : Suites numériques

– Soit x ∈ R et v n = bnxc : on a v n → x. Soit ε > 0, |v n − x| = nx−bnxc < n1 < ε ⇐⇒ n > 1ε , il suffit donc de
¥ 1 ¦n n
prendre N = 1 + ε pour avoir : n > N =⇒ |v n − x| < ε.
– u n = q n avec q = 1 : la suite est constante et u n → 1.
1 1
– u n = q n avec |q| < 1 et q 6= 0 : alors q n → 0. Soit ε > 0, comme |q| > 1, on a |q| = 1 + p avec p > 0, on
peut montrer alors que ∀n ∈ N, |q|1 n > 1 + np (récurrence ou binôme de Newton), on a |q|1 n > 1ε dès que

NE
j k
1 + np > 1ε c’est à dire dès que n > N = 1 + pε1
− p1 , donc n > N =⇒ |q n | < ε.
– u n = (−1)n alors la suite est divergente (2-périodique). Supposons qu’elle ait une limite finie ` alors à
partir d’un certain rang N on aura |u n − `| < 13 par conséquent les valeurs −1 et 1 sont dans l’intervalle
]` − 13 ; ` + 13 [ ce qui est absurde.

FExercice 9.1 Montrer qu’une suite d’entiers convergente est stationnaire.

2) Premières propriétés
Soit u une suite réelle :
– Si u admet une limite ` ∈ R, alors celle-ci est unique.

AIG
Preuve : Supposons u n → ` et u n → `0 avec ` 6= `0 , Soit α ∈]`; `0 [, ε = α − ` et ε0 = `0 − α, alors à partir d’un certain
rang N on a |u n − `| < ε, ce qui donne u n < α, et à partir d’un certain rang N0 on a |u n − `0 | < ε0 , ce qui donne
α < u n , donc à partir de max(N, N0 ) on a une contradiction, donc ` = `0 . 
On a démontré au passage :
– Si u converge vers ` et si α < `, alors à partir d’un certain rang α < u n . De même, si α > `, alors à partir
d’un certain rang on a α > u n .
– Si u est convergente, alors u est bornée (la réciproque est fausse).
Preuve : Si u n → ` ∈ R, il existe un entier N tel que n > N =⇒ |u n − `| < 1, ce qui entraîne |u n | < |`| + 1. On a alors
pour tout entier n : |u n | 6 max(|u 0 |, . . . , |u N |, 1 + |`|). Pour voir que la réciproque est fausse, on peut considérer la
suite u définie par u n = (−1)n , elle est bornée mais non convergente. 
Conséquence : la suite (q n ) avec |q| > 1 est divergente car non bornée, en effet : |q| = 1 + p avec p > 0
donc |q n | > 1 + np qui peut être aussi grand que l’on veut.
– Si u converge vers `, alors toutes les suites extraites de u convergent vers `.
Preuve : Soit v n = u σ(n) une suite extraite de u et supposons u n → ` ∈ R. Soit W un voisinage de `, il existe
un entier N tel que n > N =⇒ u n ∈ W. Mais σ étant strictement croissante, on a ∀n ∈ N, n 6 σ(n), donc
NT
n > N =⇒ σ(n) > N, mais alors u σ(n) ∈ W, c’est à dire n > N =⇒ v n ∈ W et donc v n → `. 
Remarque 9.5 – Cette propriété est souvent utilisée pour montrer qu’une suite u n’a pas de limite. Soit
en trouvant une suite extraite qui diverge, soit en trouvant deux suites extraites qui ne convergent pas
vers la même limite. Par exemple : u n = cos((n + n1 )π).
– Si lim u 2n = lim u 2n+1 = ` ∈ R, alors lim u = `.
Preuve : Soit ε > 0, il existe un entier N1 tel que k > N1 =⇒ |u 2k − `| < ε, de même il existe un entier N2 tel que
k > N2 =⇒ |u 2k+1 − `| < ε. Posons N = max(2N1 , 2N2 + 1), si n > N alors lorsque n = 2k on a k > N1 et donc
|u n − `| < ε, lorsque n = 2k + 1 on a k > N2 et donc |u n − `| < ε, finalement dès que n > N on a |u n − `| < ε et donc
u n → `. 

3) Convergence et opérations
MO

Théorème 9.2
Soient u et v deux suites qui convergent respectivement vers ` et `0 , et soit λ ∈ R alors :
– (u n + v n ) converge vers ` + `0 .
– (λu n ) converge vers λ`.

Preuve : Soit ε > 0, il existe un entier N à partir duquel on a |u n − `| < ε/2 et |v n − `0 | < ε/2, mais alors on a |u n + v n − (` +
`0 )| 6 |u n − `| + |v n − `0 | < ε, donc u n + v n → ` + `0 .
ε
Soit λ 6= 0, et soit ε > 0, à partir d’un certain rang on a |u n − `| < |λ| d’où |λu n − λ`| < ε. 

Théorème 9.3
Si (u n ) converge vers ` et (v n ) vers `0 alors :
– (u n v n ) converge vers ``0 .
– Si ` 6= 0, alors à partir d’un certain rang la suite les termes u n sont non nuls et la suite ( u1n ) converge

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Suites convergentes Chapitre 9 : Suites numériques
vers 1` .

Preuve : |u n v n − ``0 | = |(u n − `)v n + `(v n − `0 )| 6 |u n − `||v n | + |`||v n − `0 |, mais la suite v est bornée donc il existe un réel
M strictement positif tel que |v n | 6 M et donc |u n v n − ``0 | < |u n − `|M + |`||v n − `0 |, mais d’après le théorème précédent
la deuxième suite tend vers 0, donc u n v n → ``0 .

NE
La suite (|u n |) converge vers |`| > 0 donc à partir d’un certain rang on a |u n | > |`| 2 > 0, donc u n 6= 0 et alors :
|`−u n | 2|`−u n |
| u1n − 1` | = |`u n | < `2
, or cette deuxième suite tend vers 0, donc u1n → 1` . 

4) Convergence et relation d’ordre

Théorème 9.4
Soient u, v et w trois suites réelles. Si u converge vers `, v converge vers `0 , et si à partir d’un certain
rang on a u n 6 v n , alors ` 6 `0 (c’est le théorème du passage à la limite).

Preuve : Supposons ` > `0 , alors il existe α ∈]`0 , `[ donc à partir d’un certain rang on doit avoir u n > α et v n < α ce qui est
contradictoire, donc ` 6 `0 . 

AIG
Remarque 9.6 – Pour le passage à la limite on peut avoir u n < v n et ` = `0 , par exemple en prenant u n = 1 − n1
et v n = 1 + n1 , donc dans un passage à la limite les inégalités deviennent larges.

Théorème 9.5
Soient u, v et w trois suites réelles. Si u et v convergent vers ` et si à partir d’un certain rang on a
u n 6 w n 6 v n , alors w converge vers ` (c’est le théorème des gendarmes ou de l’étau).

Preuve : Soit ε > 0, il existe un entier N à partir duquel on a u n 6 w n 6 v n avec u n , v n ∈]`−ε, `+ε[, donc w n ∈]`−ε, `+ε[
à partir du rang N, donc w n → `. 

Théorème 9.6
Soient u et v deux suites réelles. Si u converge vers 0 et si v est bornée, alors lim u × v = 0.
NT
Preuve : Il existe un réel positif M tel que |v n | 6 M pour tout n, d’où |u n v n | 6 M|u n |, c’est à dire −M|u n | 6 u n v n 6 M|u n |,
on peut donc conclure que u n v n → 0. 
Déterminer la limite des suites (si elle existe) :
ZExemples :
n p
sin(n) n P 1p
– an = n b n = 2n+(−1) n cn = dn = n − n
k=1 n+ k
n 3 −1
p ¢n
g n = 1 + n1
¡
– en = 2
fn = n + n + 1 − n
n 2 +1

5) Caractérisations séquentielles

Théorème 9.7 (caractérisation séquentielle de la borne supérieure)


Soit A une partie non vide de R et soit M ∈ R, on a :
MO

M est la borne supérieure (inférieure) de A si et seulement si M majore (minore) A et il existe une suite
d’éléments de A qui converge vers M.

1 1
Preuve : Si M = sup A, alors pour tout n ∈ N, ∃a n ∈ A tel que M − n+1 < a n car M − n+1 ne majore pas A, la suite (a n )
1
ainsi construite converge vers M car M − n+1 < a n 6 M.
Si M majore A et qu’il existe une suite (a n ) de A qui converge vers M, alors pour tout ε > 0, à partir d’un certain rang
N on a M − ε < a n , donc M − ε ne majore pas A, M est donc le plus petit majrant de A. 

Théorème 9.8 (caractérisation séquentielle de la densité)


Soit A une partie non vide de R, A est dense dans R si et seulement si pour tout réel x il existe une
suite d’éléments de A qui converge vers x.

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

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Suites ayant une limite infinie Chapitre 9 : Suites numériques
III SUITES AYANT UNE LIMITE INFINIE

1) Définition

Définition 9.4

NE
Soit u une suite réelle :
– on dit que u admet comme limite +∞ lorsque u n peut être aussi grand que l’on veut pourvu que n
soit assez grand, c’est à dire : ∀A ∈ R, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n > N =⇒ u n > A.
Notation : lim u = +∞ ou lim u n = +∞ ou u n → +∞.
– on dit que u admet comme limite −∞ lorsque u n peut être aussi petit que l’on veut pourvu que n
soit assez grand, c’est à dire : ∀A ∈ R, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n > N =⇒ u n < A.
Notation : lim u = −∞ ou lim u n = −∞ ou u n → −∞.

Remarque 9.7 –
– Si u n → +∞ alors u n’est pas majorée.
– Si u n → −∞ alors u n’est pas minorée.

AIG
– On a l’équivalence : lim u n = −∞ ⇐⇒ lim −u n = +∞.
ZExemple : Si q > 1 alors lim q n = +∞.
Comme pour les suites convergentes, on peut montrer :
– Si u admet une limite infinie, alors toutes les suites extraites de u ont la même limite que u.
– Si u 2n → +∞ et u 2n+1 → +∞, alors u n → +∞.

2) Limite infinie et ordre

Théorème 9.9
Soient u et v deux suites réelles :
– Si lim u = +∞ et si à partir d’un certain rang on a u n 6 v n , alors lim v = +∞.
– Si lim v = −∞ et si u n 6 v n à partir d’un certain rang, alors lim u = −∞.
– Si lim u = +∞ (respectivement −∞) et si v est minorée (respectivement majorée), alors lim u + v =
NT
+∞ (respectivement −∞).

Preuve : Pour le premier point : il existe un entier N1 à partir duquel on a u n 6 v n , soit A un réel, il existe un entier N2 à
partir duquel on a A < u n , donc si n > max(N1 , N2 ) alors A < v n , donc v n → +∞.
Pour le deuxième point : on peut appliquer le précédent aux suites −u et −v.
Pour le troisième point : supposons u n → +∞ et v minorée par un réel m, alors pour tout entier n on a m + u n 6
u n + v n , or la suite (m + u n ) tend vers +∞, on peut donc appliquer le premier point, i.e. u n + v n → +∞. Dans l’autre cas
on peut raisonner sur les suites −u et −v. 

3) Limite infinie et opérations

Théorème 9.10
Soient u et v deux suites de limites respectives ` et `0 dans R, et soit λ ∈ R.
MO

– lim u + v = ` + `0 sauf si ` = +∞ et `0 = −∞ (ou l’inverse).


– lim λu = λ` (si λ = 0 alors la suite λu est nulle).
– lim u × v = ``0 sauf si ` = 0 et `0 = ±∞ (ou l’inverse).
– Si à partir d’un certain rang la suite u ne s’annule pas, alors la suite u1 :

tend vers 1` si ` ∈ R∗



si ` = ±∞



 tend vers 0
tend vers + ∞ si ` = 0 et u > 0 .
si ` = 0 et u < 0




 tend vers − ∞
n’a pas de limite dans les autres cas

Preuve : Pour la somme : prenons par exemple le cas ` ∈ R et `0 = +∞, la suite u n est minorée par un certain réel m (car
convergente) d’après le paragraphe précédent, u n + v n → +∞. Les autres cas non indéterminés se ramènent à celui-ci.
Pour la forme indéterminée, on peut considérer les exemples suivants : (n + (−n + a)) qui converge, (n + (− n2 )) qui tend
vers +∞, (n + (−2n)) qui tend vers −∞, et (n + (−n + (−1)n )) qui n’a pas de limite.

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Théorèmes d’existence d’une limite Chapitre 9 : Suites numériques

Pour λu : il suffit de considérer le cas λ > 0 et u n → +∞ (laissé en exercice). Les autres cas se ramènent à celui-ci.
Pour le produit : prenons par exemple le cas où ` est un réel strictement positif et `0 = +∞, alors à partir d’un
0 0 0
certain rang, on a v n > 0 et u n > `2 >0, d’où u n v n > v n `2 , or v n `2 tend vers +∞, et donc u n v n aussi. Les autres cas non
indéterminés se ramènent à celui-ci. Pour la forme indéterminée, on peut considérer les exemples suivants : ( n1 × na )
p n
qui converge, ( n1 × p1n ) qui tend vers +∞, ( n1 × −1 n) qui tend vers −∞, et ( n1 × (−1) n ) qui n’a pas de limite.

NE
1
1
Pour l’inverse : supposons que ` = 0 et u > 0, soit A un réel et ε = 1+|A| , il existe un entier N à partir duquel on
1 1 1
a |u n | < ε, c’est à dire en fait, 0 < u n < ε et donc A < 1 + |A| = ε < un , par conséquent un → +∞. Les autres cas non
(−1)n n
indéterminés se ramènent à celui-ci. Pour terminer prenons la suite u n = n , son inverse est la suite ((−1) n) et cette
suite n’a pas de limite (distinguer les termes de rangs pairs et les termes de rangs impairs). 

IV THÉORÈMES D’EXISTENCE D’UNE LIMITE

1) Suites monotones

Théorème 9.11
Si u est une suite croissante majorée (respectivement décroissante minorée), alors (u n ) converge vers

AIG
sup u n (respectivement vers inf u n ).
n∈N n∈N
Si u est une suite croissante non majorée (respectivement décroissante non minorée), alors (u n ) tend
vers +∞ (respectivement vers −∞).

Preuve : Supposons u croissante majorée, soit ` = sup u n , et soit ε > 0, alors il existe un entier N tel que u N > ` − ε (car
n∈N
` − ε ne majore pas la suite). Si n > N alors, la suite étant croissante, ` − ε < u N 6 u n 6 ` < ` + ε et donc |u n − `| < ε, ce
qui prouve que u n → `.
Lorsque u est croissante non majorée : soit A un réel, alors il existe un entier N tel que u N > A (A ne majore pas la
suite), si n > N alors A < u N 6 u n , donc u n → +∞. 
Conséquences :
a) Si (u n ) est croissante majorée, alors u n → ` = sup u n ∈ R et donc ∀n ∈ N, u n 6 `. En fait si u est
strictement croissante, alors ∀n ∈ N, u n < ` (car s’il y avait l’égalité au rang N, alors la suite serait
constante à partir de l’indice N).
NT
b) Si (u n ) est décroissante minorée, alors u n → ` = inf u n ∈ R et donc ∀n ∈ N, u n > `. En fait si u est
strictement décroissante, alors ∀n ∈ N, u n > ` (car s’il y avait l’égalité au rang N, alors la suite serait
constante à partir de l’indice N).
c) Une suite monotone est donc convergente si et seulement si elle est bornée.

ZExemples :
n
P 1
– Soit u la suite définie par : u n = k2
. Cette suite est croissante (u n+1 − u n > 0), en remarquant que
k=1
π2
1
pour k > 2 on a k12 < k(k−1) = 1 1
k − k−1 , on voit que u n < 2, la suite u est donc convergente (de limite 6 ).
– Soit v la suite définie par v 0 = 1 et ∀n ∈ N, v n+1 = sin(v n ). Il s’agit d’une suite récurrente, la représenta-
tion graphique des premiers termes suggère que la suite est décroissante minorée par 0, ce qui est facile
à vérifier par récurrence. La suite v est donc convergente de limite `, la fonction sinus étant continue,
MO

on a sin(v n ) → sin(`), c’est à dire v n+1 → sin(`), donc ` = sin(`). L’étude de la fonction x 7→ sin(x) − x
montre que l’unique solution de sin(x) = x est 0, donc ` = 0, i.e. v n → 0

2) Suites adjacentes

Définition 9.5
Soient u et v deux suites, on dit qu’elles sont adjacentes lorsque l’une est croissante, l’autre décrois-
sante et lim u n − v n = 0.

n
1 1
ZExemple : Soient u et v les suites définies par : u n =
P
k! et v n = u n + n×n! , ces deux suites sont adjacentes.
k=0

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Comparaison des suites Chapitre 9 : Suites numériques

Théorème 9.12
Deux suites adjacentes sont nécessairement convergentes et convergent vers la même limite.

Preuve : Supposons u croissante, v décroissante, et lim u n − v n = 0. Soit w n = v n − u n , alors w n+1 − w n = (v n+1 − v n ) −

NE
(u n+1 − u n ) 6 0, donc la suite w est décroissante, or lim w n = 0, donc ∀n ∈ N, w n > 0, i.e. u n 6 v n . Mais alors u est
majorée par v 0 et v est minorée par u 0 , donc u et v sont convergentes : u n → ` et v n → `0 , par conséquent w n → `0 − `,
or w n → 0, donc ` = `0 . 

3) Le théorème de BOLZANO - WEIERSTRASS

Théorème 9.13 (de Bolzano 2 - Weierstrass 3 .)


Si u est une suite réelle bornée, alors on peut en extraire une suite convergente.

Preuve : On applique le principe de dichotomie : il existe a 0 < b 0 deux réels tels que ∀n ∈ N, u n ∈ [a 0 ; b 0 ]. On pose
I0 = [a 0 ; b 0 ] et σ(0) = 0. On coupe cet intervalle en deux, soit I00 = [a 0 ; a0 +b 0 00 a 0 +b 0
2 ] et I0 = [ 2 ; b 0 ], si {n ∈ N / u n ∈ I0 }
0
0 00
est infini alors on pose I1 = I0 , sinon on pose I1 = I0 . On alors un nouveau segment I1 = [a 1 ; b 1 ] inclus dans I0 avec

AIG
b 1 − a 1 = b−a2 et {n ∈ N / u n ∈ I1 } infini. On peut donc choisir n 1 > 0 tel que u n 1 ∈ I1 , on pose σ(1) = n 1 . On recommence
de la même façon avec I1 ...
On construit ainsi une suite de segments In = [a n ; b n ], emboîtés (In+1 ⊂ In ), tels que b n − a n = b−a 2n , et une applica-
tion σ : N → N strictement croissante telles que pour tout n, et u σ(n) ∈ In , c’est à dire a n 6 u σ(n) 6 b n . Or les suites (a n )
et (b n ) sont adjacentes, elles convergent donc vers une même limite `, et donc par le théorème des gendarmes, on a
u σ(n) → ` : on a donc construit une suite extraite convergente. 

V COMPARAISON DES SUITES

1) Définitions

Définition 9.6
Soient (u n ), (v n ) et (εn ) trois suites telles qu’à partir d’un certain rang u n = v n εn . On dit que :
– u n est dominée par v n lorsque la suite (εn ) est bornée. Notation : u n = O(v n ).
NT
– u n est négligeable devant v n lorsque εn → 0. Notation : u n = o(v n ).
– u n est équivalente à v n lorsque εn → 1. Notation : u n ∼ v n .

Théorème 9.14 (Caractérisations)


Lorsque la suite v ne s’annule pas à partir d’un certain rang :
– u n = O(v n ) si et seulement si la suite uv est bornée.
u
– u n = o(v n ) si et seulement si lim v nn = 0.
u
– u n ∼ v n si et seulement si lim v nn = 1.

Preuve : Celle - ci est simple et laissée en exercice. 


MO

n
ZExemple : n = o n 2 ; ∼ n1 ;
¡ ¢
n 2 +1
n sin(n) = O(n).

Remarque 9.8 –
– u n = O(1) signifie que la suite (u n ) est bornée [donc O(v n ) = v n × O(1)].
– u n = o(1) signifie que u n → 0 [donc o(v n ) = v n × o(1)].
– Si u n = o(v n ) alors u n = O(v n ).
– Si u n ∼ v n alors u n = O(v n ).
– Si u n = o(v n ) et v n = o(w n ), alors u n = o(w n ) (transitivité).
– Si u n = O(v n ) et v n = O(w n ), alors u n = O(w n ) (transitivité).
– u n ∼ v n ⇐⇒ u n − v n = o(v n ).

3. BOLZANO Bernhard (1781 – 1848) : mathématicien et philosophe tchèque.


3. WEIERSTRASS Karl (1815 – 1897) : mathématicien allemand parfois surnommé le père de l’analyse moderne

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Comparaison des suites Chapitre 9 : Suites numériques

Théorème 9.15
La relation « ... est équivalente à ... » est une relation d’équivalence dans F (N, R), c’est à dire qu’elle
est réflexive, symétrique et transitive. De plus :
– Si ` ∈ R et si u n ∼ ` alors u n → ` (réciproque vraie lorsque ` ∈ R∗ ).

NE
– Si u n = o(v n ) alors u n + v n ∼ v n .

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

2) Les exemples classiques

Théorème 9.16 (des croissances comparées)


Soient α, β ∈]0; +∞[ :
– Si α < β alors n α = o n β et 1 1
¡ ¢ ¡ ¢

=o nα .
– [ln(n)]α = o n β .
¡ ¢
³ β´
– n α = o e nβ et n α = o e n .
¡ ¢

AIG
– ∀a ∈ R, a n = o(n!) et donc n α = o(n!).
– n! = o(n n ).

|a|n u n+1 |a|


Preuve : Pour l’avant dernier point avec a 6= 0 : on pose u n = n! , alors u n = n+1 6 12 à partir d’un certain rang N, d’où
1
pour n > N, 0 6 u n 6 u N 2n−N et donc u n → 0.
n! 1 k
Pour le dernier point : Soit u n = nn alors 0 6 u n 6 n (en écrivant que n 6 1 pour k > 1). 

Théorème 9.17 (les équivalents usuels)


Soit (u n ) une suite de limite nulle, alors ;
• Si f : ] − a; a[→ R (où a > 0) est dérivable en 0, et si f 0 (0) 6= 0, alors pour toute suite (u n ) de limite
nulle, on a f (u n ) − f (0) ∼ f 0 (0)u n .
• sin(u n ) ∼ u n ; e un − 1 ∼ u n ; ln(1 + u n ) ∼ u n ; tan(u n ) ∼ u n ; (1 + u n )α − 1 ∼ αu n ;
NT
• 1 − cos(u n ) ∼ 12 u n2 .
p
a k x k une fonction polynomiale avec a p 6= 0, alors P(n) ∼ a p n p (équivalence avec le
P
• Soit P(x) =
k=0
terme de plus haut degré).
P(x)
• Soit Q(x) = R(x) une fraction rationnelle avec a p x p le terme de plus haut degré de P (a p 6= 0) et b r x r
a p p−r
celui de R (b r 6= 0), alors Q(n) ∼ br n (équivalence avec le rapport des termes de plus haut degré).

Preuve : Si f est une fonction dérivable en 0, alors il existe une fonction ε de limite nulle en 0 telle que : f (x) − f (0) =
ε(u n )
x f 0 (0) + xε(x), si f 0 (0) 6= 0 alors pour n assez grand on aura f (u n ) − f (0) = u n f 0 (0)[1 + f 0 (0) ], ce qui entraîne que
f (u n ) − f (0) ∼ u n f 0 (0) car u n → 0. 
MO

3) Propriétés

Théorème 9.18
Soient u et v deux suites,
– Si u n ∼ v n et si lim v n = ` ∈ R, alors lim u n = `.
– Si u n ∼ v n et si a n ∼ b n , alors u n a n ∼ v n b n (compatibilité avec la multiplication).
– Si u n ∼ v n et si v ne s’annule pas à partir d’un certain rang, alors u1n ∼ v1n (compatibilité avec le
passage à l’inverse).

Preuve : Celle - ci découle directement de la définition. 

Attention !
Il n’y a pas compatibilité avec l’addition en général, par exemple : n + sin( n1 ) ∼ n et −n ∼ 1 − n, mais sin( n1 ) n’est
pas équivalent à 1.

MPSI3 (2016-17) LYCÉE M ONTAIGNE – 89 – ©Fradin Patrick – http://mpsi.tuxfamily.org


Extension aux suites complexes Chapitre 9 : Suites numériques

Ces propriétés sont utiles pour les calculs de limites qui ne peuvent pas être faits directement : on essaie de se
ramener à un équivalent plus simple (s’il y en a ...) dont on sait calculer la limite.

ZExemples : p
– Soit u n = n 2 − n − n, alors u n = n[(1 − 1/n)1/2 − 1] ∼ n[ −1
2n ] = −1/2, donc u n → −1/2.

NE
n 2 −e n
– Soit u n = n!+n 4
, on a n 2 = o(e n ) donc n 2 − e n ∼ −e n , d’autre part n 4 = o(n!) donc n! + e n ∼ n!, d’où
n
u n ∼ − en! , mais e n = o(n!), donc u n → 0.

Théorème 9.19 (équivalent de Stirling)


p
On a n! ∼ n n e −n 2πn.

VI EXTENSION AUX SUITES COMPLEXES

1) Définitions

AIG
On adopte la même définition et les mêmes notations que pour les suites réelles, une suite complexe est
donc une application u : N → C, l’ensemble des suites complexes est F (N, C).
– Si u est une suite complexe, on pose pour tout entier n, a n = Re(u n ) et b n = Im(u n ), alors les suites
a et b sont des suites réelles, avec u n = a n + i b n . La suite a est appelée partie réelle de u et notée
a = Re(u), la suite b est appelée partie imaginaire de u et notée Im(u). Par exemple, si θ ∈ R, la partie
réelle que la suite (e i nθ ) est la suite (cos(nθ)), et sa partie imaginaire est la suite (sin(nθ)).
– La suite conjuguée de u est notée u et définie par u n = a n − i bq n.

– La suite module de u est notée |u| est définie par |u|n = |u n | = a n2 + b n2 .


– Soit σ : N → N une application strictement croissante, la suite (u σ(n) ) est appelée suite extraite de u et
on a u σ(n) = a σ(n) + i b σ(n) .
– On dit que la suite complexe u est bornée lorsque sa partie réelle a et sa partie imaginaire b sont des
suites réelles bornées. Ceci revient à dire que la suite |u| est majorée.
– On définit dans F (N, C) les mêmes opérations que pour les suites réelles : addition, multiplication
et produit par un complexe. On trouve de même que (F (N, C), +, ×) est un anneau commutatif non
NT
intègre.

2) Convergence

Définition 9.7
Soit u une suite complexe, et soit ` un complexe. On dira que la suite u converge vers ` lorsque la
suite (|u n − `|)n∈N tend vers 0, c’est à dire :
∀ε > 0, ∃N ∈ N, ∀n ∈ N, n > N =⇒ |u n − `| < ε.

i nθ
ZExemple : Soit u n = e n , alors |u n | = n1 → 0 donc u converge vers 0.
MO

3) Propriétés

Théorème 9.20
Soit u une suite complexe et ` un complexe, alors la suite u converge vers ` si et seulement si la suite
(Re(u n )) converge vers Re(`) et la suite (Im(u n )) converge vers Im(`).

Preuve : Notons u n = a n + i b n et ` = α + i β, (formes algébriques). Supposons que a n → α et b n → β, alors |u n − `| =


(a n − α)2 + (b n − β)2 qui tend donc vers 0, donc u converge vers `.
p

Réciproquement, si u converge vers `, on a |a n − α| 6 |u n − `| et |b n − β| 6 |u n − `|, or |u n − `| tend vers 0, par


conséquent a n → α et b n → β. 
Connaissant les propriétés de suites réelles convergentes, on peut en déduire celles des suites complexes
convergentes en raisonnant sur les parties réelles et imaginaires :
– Toute suite convergente est bornée.
– Si u converge vers ` ∈ C, alors toute suite extraite de u converge vers `.
– Si u converge vers ` ∈ C et v converge vers `0 ∈ C, alors u + v → ` + `0 , uv → ``0 et ∀λ ∈ C, λu → λ`.

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Solution des exercices Chapitre 9 : Suites numériques
1
– Si u → ` ∈ C∗ , alors à partir d’un certain rang u n 6= 0 et u → 1` .
– Si u converge vers ` ∈ C, alors la suite u converge vers ` et la suite |u| converge vers |`|.
– Si u est bornée alors on peut en extraire une suite convergente (Bolzano - Weierstrass).
Remarque 9.9 – Si u n → ` dans C, et si u est à valeurs réelles, alors la suite (b n ) est la suite nulle, or b n → Im(`),

NE
donc Im(`) = 0, c’est à dire ` ∈ R.

FExercice 9.2 Étude de la suite (u n = e i nθ ).

VII SOLUTION DES EXERCICES

Solution 9.1 C’est une suite géométrique de raison e i θ . Si θ = 0 (2π), alors la suite est constante égale à 1, donc u n → 1. Si
θ 6= 0 (2π), supposons que u n → ` ∈ C, alors |u n | → |`|, or |u n | = 1, donc |`| = 1. D’autre part, u n+1 = e i θ u n , par passage à
la limite, on a ` = `e i θ , or ` 6= 0 (car |`| = 1), donc e i θ = 1 ce qui est absurde, par conséquent si θ 6= 0 (2π), la suite (u n ) est
divergente.

AIG
NT
MO

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NE
Chapitre 10

Arithmétique

Sommaire
I Divisibilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92

AIG
1) La propriété fondamentale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 92
2) La division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
3) Congruences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
4) Diviseurs communs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
II Éléments premiers entre eux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
1) Théorème de Bézout . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 94
2) Conséquences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
III Le plus grand diviseur commun . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
2) Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
3) Généralisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 97
IV Le plus petit multiple commun . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
2) Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
NT
V Nombres premiers, décomposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 99
2) Décomposition en facteurs premiers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
3) Notion de valuation p-adique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
4) Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
VI Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 102

I DIVISIBILITÉ

1) La propriété fondamentale
MO

Théorème 10.1
Toute partie de Z non vide et minorée admet un plus petit élément.

Preuve : Soit A une partie de Z non vide et minorée par un entier n 0 . Soit M l’ensemble des minorants de A, on a n 0 ∈ M,
supposons que n ∈ M =⇒ n + 1 ∈ M, alors d’après le principe de récurrence, ∀ n ∈ Z, n > n 0 =⇒ n ∈ M. Soit p ∈ A,
p > n 0 , donc p + 1 ∈ M ce qui entraîne que p + 1 6 p : absurde, donc il existe un entier n 1 tel que n 1 ∈ M et n 1 + 1 ∉ M,
mais alors il existe un élément p 1 de A tel que p 1 < n 1 + 1, d’où n 1 6 p 1 < n 1 + 1, ce qui entraîne p 1 = n 1 , et donc n 1 ∈ A,
nécessairement n 1 est le plus petit élément de A. 

À retenir
• Toute partie non vide et majorée de Z admet un plus grand élément. En effet, si A est non vide
majorée, alors −A = {−a / a ∈ A} est non vide minorée, donc −A admet un plus petit élément −n 0 , ce
qui signifie que n 0 est le plus grand élément de A.
• Toute partie non vide de N admet un plus petit élément (propriété fondamentale de N). En effet,

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Divisibilité Chapitre 10 : Arithmétique
une partie non vide de N est une partie non vide de Z minorée par 0.

2) La division euclidienne

NE
Théorème 10.2
Soient a ∈ Z et b ∈ Z∗ , il existe un unique couple d’entiers (q, r ) tel que a = bq + r avec 0 6 r < |b|, q
est appelé le quotient, et r le reste.

Preuve : Supposons b > 0 : soit B = {b(n + 1) / n ∈ Z}, alors B est non majoré et non minoré, donc il existe un entier n 1
tel que a < b(n 1 + 1) et il existe un entier n 2 tel que b(n 2 + 1) < a. Soit A = {n ∈ Z / a < b(n + 1)}, alors A est non vide
(n 1 ∈ A) et minoré par n 2 , donc A admet un plus petit élément q, d’où bq 6 a < b(q + 1), en posant r = a − bq, on a
a = bq + r et 0 6 r < b = |b|.
Supposons b < 0 : on applique ce qui précède à −b > 0, il existe un entier q et un entier r tels que a = (−b)q + r =
b(−q) + r avec 0 6 r < −b = |b|.
Montrons l’unicité : si a = bq + r = bq 0 + r 0 avec 0 6 r < |b| et 0 6 r 0 < |b|, alors |r − r 0 | = |bq 0 − bq| = |b||q 0 − q| < |b|,
d’où q 0 = q (ce sont des entiers) et donc r 0 = r . 

AIG
Définition 10.1
Soient a, b ∈ Z, on dit que b divise a lorsqu’il existe k ∈ Z tel que a = bk. Notation : b|a.

Remarque 10.1 – On a ainsi défini une relation dans Z, elle est réflexive, non symétrique, non antisymétrique,
et transitive.

Théorème 10.3
Soient a, b ∈ Z avec b 6= 0, alors b|a ssi le reste dans la division euclidienne de a par b est nul.

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 


Notation : Soit n ∈ Z, on note n Z l’ensemble des multiples de n : n Z = {kn / k ∈ Z}.
On vérifie facilement la propriété suivante :
(a Z, +) est un groupe commutatif et ∀b ∈ Z, ∀u ∈ a Z, bu ∈ a Z. On dit que a Z est un idéal de Z.
NT
FExercice 10.1 Montrer que aZ + bZ et (aZ) ∩ (bZ) sont également des idéaux de Z.

Théorème 10.4
• b | a ⇐⇒ a ∈ b Z.
• Si a 6= 0, alors b | a =⇒ |b| 6 |a|.
• (a | b et b | a) ⇐⇒ a Z = b Z ⇐⇒ a = λb avec λ = ±1 [on dit que a et b sont associés].
• Si b | a et b | c alors ∀ u, v ∈ Z, b | au + c v.
• Si nb | na et si n 6= 0, alors b | a.

3) Congruences
MO

Définition 10.2 (congruences)


Soient a, b, n ∈ Z, on dit que a est congru à b modulo n lorsque n | a − b. Notation : a ≡ b (mod n).

Théorème 10.5
• La relation de congruence modulo n est une relation d’équivalence.
• Soient a, b, c, d , n ∈ Z, si a ≡ b (mod n) et c ≡ d (mod n) alors :
ac ≡ bd (mod n) et a + c ≡ b + d (mod n).
On dit que la relation de congruence est compatible avec les opérations.

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 


ZExemple : Dans Z, si n = a0 + 10a1 + · · · + 10p a p (écriture décimale) alors n ≡ a0 + · · · + a p (mod 3) car 10k ≡ 1
(mod 3)

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Éléments premiers entre eux Chapitre 10 : Arithmétique
4) Diviseurs communs

Définition 10.3 (diviseurs communs)


Pour a ∈ Z, on note Da l’ensemble des diviseurs de a. Si a, b ∈ Z, on note Da,b l’ensemble des diviseurs
communs à a et b, on a donc Da,b = Da ∩ Db , cet ensemble contient toujours ±1.

NE
Remarque 10.2 –
– Pour tout élément a ∈ Z, ±1 | a.
– Si a 6= 0, alors Da est un ensemble fini, plus précisément Da ⊂ J−|a| ; |a|K.
– D0 = Z, D±1 = {±1}.
– Si a et b sont dans Z : Da = D|a| (on en déduit que Da,b = D|a|,|b| ).

Théorème 10.6
Soient a, b, q, r ∈ Z, si a = bq + r , alors Da,b = Db,r .

Preuve : Si d ∈ Da,b , alors d | a et d | b donc d | a − bq i.e. d | r , donc d ∈ Db,r .

AIG
Réciproquement, si d ∈ Db,r , alors d | b et d | r donc d | bq + r i.e. d | a, d’où d ∈ Da,b . 
Application – Le théorème ci-dessus fournit un algorithme pour la recherche des diviseurs communs à a et b (entiers
naturels) basé sur la division euclidienne : c’est l’algorithme d’Euclide 1 , voici son principe :
On remarque que si b = 0 alors Da,b = Da . On peut supposer désormais que b 6= 0 et on cherche à calculer
D = Da,b :
Étape 1 : on effectue la division euclidienne de a par b : a = bq 1 + r 1 avec 0 6 r 1 < b. On a D = Db,r 1 , donc
si r 1 = 0 alors D = Db , sinon on passe à l’étape 2 :

Étape 2 : on effectue la division euclidienne de b par r 1 : b = r 1 q 2 + r 2 avec 0 6 r 2 < r 1 . On a D = Dr 1 ,r 2 ,


donc si r 2 = 0 alors D = Dr 1 , sinon on passe à l’étape 3 :

Étape 3 : on effectue la division euclidienne de r 1 par r 2 : r 1 = r 2 q 3 + r 3 avec 0 6 r 3 < r 2 . On a D = Dr 2 ,r 3 ,


donc si r 3 = 0 alors D = Dr 2 , sinon on passe à l’étape 4...
NT
La suite des restes obtenus est une suite strictement décroissante d’entiers positifs, elle est donc néces-
sairement finie, i.e. il existe un entier n > 1 tel que r n = 0, l’ensemble cherché est donc D = Dr n−1 (avec la
convention r 0 = b).

À retenir
Da,b est l’ensemble des diviseurs du dernier reste non nul.

ZExemple : Cherchons les diviseurs communs à a = 336 et b = 210


– on effectue la division de a par b : 336 = 1 × 210 + 126, donc Da,b = D210,126 .
– on effectue la division de 210 par 126 : 210 = 1 × 126 + 84, donc Da,b = D210,126 = D126,84 .
– on effectue la division de 126 par 84 : 126 = 1 × 84 + 42, donc Da,b = D84,42 .
MO

– on effectue la division de 84 par 42 : 84 = 2 × 42 + 0, donc Da,b = D42,0 = D42 , c’est à dire :

D336,210 = {±1, ±2, ±3, ±6, ±7, ±14, ±21, ±42}.

II ÉLÉMENTS PREMIERS ENTRE EUX

1) Théorème de Bézout

Définition 10.4
Soient a, b ∈ Z, on dit que a et b sont premiers entre eux (ou a est premier avec b) lorsque le seul
diviseur commun positif est 1, i.e. Da,b = {±1}.

1. EUCLIDE (300 av. J.C. – 275 av. J.C. environ) : on ne sait pratiquement rien de sa vie, il était vraisemblablement grec. Son
œuvre est colossale et son ouvrage fondamental « Les éléments » regroupe toutes les connaissances de l’époque, il faudra près de
vingt siècles pour dépasser son œuvre.

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Le plus grand diviseur commun Chapitre 10 : Arithmétique

Remarque 10.3 –
– Dire que a est premier avec b revient à dire que le dernier reste non nul dans l’algorithme d’Euclide est 1.
– Si a est premier avec b, alors au moins un des deux est non nul (sinon l’ensemble des diviseurs communs
est Z).

NE
– a est premier avec a si et seulement si a ± 1.

Théorème 10.7 (théorème de Bézout 2 )


Soient a, b ∈ Z, alors a et b sont premiers entre eux si et seulement si il existe u, v ∈ Z tels que
au + bv = 1. Les entiers u et v sont appelés coefficients de Bézout (non uniques en général).

Preuve : Supposons que u et v existent et soit d un diviseur commun à a et b, alors d | a et d | b, donc d | au + bv i.e.
d | 1, donc d = ±1 ce qui prouve que a et b sont premiers entre eux.
Réciproquement : si a est premier avec b. En appliquant l’algorithme d’Euclide on vérifie qu’à chaque étape le
reste r k peut se mettre sous la forme r k = a.u k + b.v k avec u k et v k dans Z (récurrence) (algorithme d’Euclide étendu),
comme le dernier reste non nul est 1, il existe bien u et v dans Z tels que 1 = au + bv (de plus on sait les calculer !). 

AIG
ZExemple : ∀ n ∈ Z, n et n + 1 sont premiers entre eux, puisque n + 1 − n = 1.

2) Conséquences

Théorème 10.8
Si a est premier avec b et si a est premier avec c, alors a est premier avec le produit bc. On en déduit
que si a est premier avec c 1 , . . . , c n , alors a est premier avec le produit c 1 × . . . × c n .

Preuve : Il existe u, v ∈ Z tels que au + bv = 1, il existe p, q ∈ Z tels que ap + c q = 1. On effectue le produit de ces deux
relations, ce qui donne a(uc q + uap + pbv) + bc(v q) = 1, d’après le théorème de Bézout, a et bc sont premiers entre
eux. Une simple récurrence sur n permet de démontrer la généralisation. 

Théorème 10.9
Si a est premier avec c, si a | b et si c | b, alors ac | b.
NT
Preuve : Il existe u, v ∈ Z tels que au + c v = 1, on multiplie par b, ce qui donne : bau + bc v = b, or c | b donc ac | bau, et
a | b donc ac | bc v, ce qui entraîne ac | bau + bc v i.e. ac | b.
Remarquons que ce théorème est faux lorsque a et c ne sont pas premiers entre eux, par exemple : 2 | 12 et 4 | 12
mais 2 × 4 = 8 6 |12. 

Théorème 10.10 (théorème de Gauss)


Si a | bc et si a est premier avec c, alors a | b.

Preuve : Il existe u, v ∈ Z tels que au+c v = 1, on multiplie par b, ce qui donne bau+bvc = b, or a | bc donc a | bau+bc v,
i.e. a | b. 
MO

FExercice 10.2 Résoudre dans Z l’équation 17x + 12y = 3.

III LE PLUS GRAND DIVISEUR COMMUN

1) Définition
Soient a, b ∈ Z non tous deux nuls (i.e. a 6= 0 ou b 6= 0), on sait que Da,b = Dr où r est le dernier reste non
nul dans l’algorithme d’Euclide, on voit que les diviseurs communs à a et b ont une valeur absolue inférieure
ou égale à celle de r et donc r est le plus grand diviseur commun.

Définition 10.5
Soient a, b ∈ Z non tous deux nuls, on appelle pgcd de a et de b le plus grand diviseur commun.
Notation : pgcd(a, b) ou a ∧ b, c’est le dernier reste non nul dans l’algorithme d’Euclide.

2. BÉZOUT Étienne(1730 – 1783) : mathématicien français, l’un des précurseurs de la géométrie algébrique.

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Le plus grand diviseur commun Chapitre 10 : Arithmétique

Remarque 10.4 – Il en découle que deux éléments a et b de Z, non tous deux nuls, sont premiers entre eux si et
seulement si pgcd(a, b) = 1.

Théorème 10.11

NE
Soient a, b ∈ Z non tous deux nuls, et d = pgcd(a, b), alors d est l’unique élément positif dans Z tel
que a Z + b Z = d Z.

Preuve : Unicité : si d Z = d 0 Z alors d et d 0 sont associés, mais comme ils sont positifs, on a d = d 0 .
Égalité : dans l’algorithme d’Euclide étendu, il existe u et v dans Z tel que au + bv = d , ce qui entraine que
d Z ⊂ aZ + bZ. Si r ∈ aZ + bZ, alors d est diviseur de r donc aZ + bZ ⊂ d Z, d’où l’égalité. 

Théorème 10.12 (Calcul pratique d’un pgcd)


Si a, b ∈ Z sont non tous deux nuls alors ∀q ∈ Z, pgcd(a, b) = pgcd(a − bq, b).

Preuve : Soit r = a − bq, on a a = bq + r et on sait alors que Da,b = Db,r , le résultat en découle. 
L’algorithme d’Euclide s’écrit ainsi en python pour a et b positifs :

AIG
Listing 10.1: euclide
1 def pgcd (a , b ) :
2 r = b
3 while r != 0:
4 r = a%b
5 a = b
6 b = r
7 return a # dernier reste non nul

FExercice 10.3
1/ Prouver la terminaison de l’algorithme.
2/ Montrer que l’on a l’invariant de boucle de boucle P(k) = « pgcd(a, b) = pgcd(a k , r k ) et r k = b k ».
ZExemple : Soit à calculer d = pgcd(3282, 1281) :
NT
– 3282 = 2 × 1281 + 720, donc d = pgcd(1281, 720),
– 1281 = 1 × 720 + 561, donc d = pgcd(720, 561),
– 720 = 1 × 561 + 159, donc d = pgcd(561, 159),
– 561 = 3 × 159 + 84, donc d = pgcd(159, 84),
– 159 = 1 × 84 + 75, donc d = pgcd(84, 75),
– 84 = 1 × 75 + 9, donc d = pgcd(75, 9),
– 75 = 8 × 9 + 3, donc d = pgcd(9, 3),
– 9 = 3 × 3 + 0, donc d = 3.

2) Propriétés

Théorème 10.13 (caractérisations du pgcd)


MO

Soient a, b ∈ Z non tous deux nuls, et soit d ∈ N∗ . On a alors :


d = pgcd(a, b) ⇐⇒ ∃ u, v ∈ Z premiers entre eux tels que a = d u et b = d v.

Preuve : Si d = pgcd(a, b) alors il existe u, v ∈ Z tels que a = d u et b = d v, soit k = u ∧ v, alors kd divise a et b, donc
|kd | 6 |d | ce qui entraîne k = 1.
Si a = d u, b = d v avec u ∧ v = 1 : alors d est un diviseur commun à a et b, d’après le théorème de Bézout, il existe
α, β ∈ Z tels que αu + βv = 1, d’où d = αa + βb, on voit donc que tout diviseur commun à a et b est diviseur de d , donc
Da,b = Dd i.e. d est le plus grand diviseur commun [d est positif ], i.e. d = a ∧ b. 

Théorème 10.14 (quelques propriétés du pgcd)


Soient a, b ∈ Z non tous deux nuls :
a) ∀ n ∈ Z, si n | a et n | b, alors n | pgcd(a, b).
b) ∀ k ∈ N∗ , pgcd(ka, kb) = k pgcd(a, b).
c) ∀ n ∈ N, pgcd(a n , b n ) = pgcd(a, b)n .

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Le plus grand diviseur commun Chapitre 10 : Arithmétique
d) Si a et c sont premiers entre eux, alors pgcd(a, bc) = pgcd(a, b).

Preuve : Pour le premier point : Soit d = pgcd(a, b), alors Da,b = Dd donc tout diviseur commun à a et b est un diviseur
de d .
Pour le deuxième point : soit d = pgcd(a, b), alors il existe u, v ∈ Z premiers entre eux tels que a = d u et b = d v,

NE
d’où ka = kd u et kb = kd v, donc kd = pgcd(ka, kb).
Pour le troisième point : en reprenant les notations ci-dessus, a n = d n u n et b n = d n v n , or u et v sont premiers
entre eux, donc u n et v n aussi (conséquence du théorème de Bézout ), par conséquent d n = pgcd(a n , b n ).
Pour le dernier point : on reprend les notations ci-dessus, a = d u et bc = d c v mais u | a et a est premier avec c,
donc u est premier avec c, d’où u est premier avec c v, et donc d = pgcd(a, bc). 

3) Généralisation
Soient a, b, c trois entiers non tous nuls, l’ensemble des diviseurs communs à a, b et c est :

Da,b,c = Da ∩ Db ∩ Dc = (Da ∩ Db ) ∩ Dc = Da ∩ (Db ∩ Dc )

or on sait que Da ∩ Db = Da∧b , donc Da,b,c = D(a∧b)∧c = Da∧(b∧c) . Ces deux entiers étant strictement positifs,

AIG
on a (a ∧ b) ∧ c = a ∧ (b ∧ c) et ce nombre est le plus grand diviseur positif commun à a, b et c. Par définition
ce nombre est le pgcd de a, b et c, on le note : pgcd(a, b, c) .

Théorème 10.15 (associativité du pgcd)


Soient a, b, c trois entiers avec b non nul, alors pgcd(a, b, c) = (a ∧ b) ∧ c = a ∧ (b ∧ c).

À retenir
L’associativité du pgcd permet de ramener le calcul au cas de deux entiers.

Notons d 0 = a ∧ b et d = pgcd(a, b, c), alors d = d 0 ∧ c, donc il existe deux entiers u 0 et w tels que d =
d u + c w, de même, il existe deux entiers α et β tels que d 0 = αa + βb, d’où en remplaçant, d = aαu 0 + bβu 0 +
0 0

cw = au + bv + cw avec u, v, w ∈ Z.
NT
Réciproquement, si d est un diviseur commun positif, et si d = au + bv + c w, alors il est facile de voir que
tout diviseur commun à a, b et c est un diviseur de d et donc d = pgcd(a, b, c), d’où le théorème :

Théorème 10.16
Soient a, b, c trois entiers non tous nuls et d ∈ N∗ , alors :
d = pgcd(a, b, c) ⇐⇒ d ∈ Da,b,c et ∃u, v, w ∈ Z, d = au + bv + c w.

Définition 10.6
Soient a, b, c trois entiers non tous nuls, on dira que ces trois nombres sont :
• premiers entre eux dans leur ensemble lorsque pgcd(a, b, c) = 1.
• premiers entre eux deux à deux lorsque pgcd(a, b) = pgcd(b, c) = pgcd(a, c) = 1.
MO

Attention !
Les deux notions ne sont pas équivalentes, la deuxième entraîne la première mais la réciproque est fausse comme
le montre l’exemple suivant :
pgcd(6, 15, 20) = 1 mais pgcd(6, 15) = 3, pgcd(6, 20) = 2 et pgcd(15, 20) = 5.

Il découle du théorème précédent :

Théorème 10.17 (de Bézout)


Soient a, b, c trois entiers non tous nuls, alors a, b et c sont premiers entre eux dans leur ensemble si
et seulement si :
∃u, v, w ∈ Z, au + bv + c w = 1.

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Le plus petit multiple commun Chapitre 10 : Arithmétique

Théorème 10.18 (caractérisation)


Soient a, b, c trois entiers non tous nuls et d ∈ N∗ , alors :
d = pgcd(a, b, c) ⇐⇒ ∃u, v, w ∈ Z, a = d u, b = d v et c = d w avec pgcd(u, v, w) = 1.

NE
Preuve : Si d = pgcd(a, b, c) alors il existe ∃u, v, w ∈ Z, a = d u, b = d v et c = d w. Il existe également des entiers α, β et γ
tels que d = αa + βb + γc d’où 1 = αu + βv + γc et donc pgcd(u, v, w) = 1.
Réciproquement, si a = d u, b = d v et c = d w avec pgcd(u, v, w) = 1. Il existe des entiers α, β et γ tels que 1 =
αu + βv + γw, en multipliant par d il vient alors que d = αa + βb + γc, ce qui entraîne que d = pgcd(a, b, c) (car d ∈ N∗
et d ∈ Da,b,c ). 
Remarque 10.5 – Nous avons étendu la notion de pgcd à trois entiers, mais on pourrait l’étendre de la même
manière à n entiers.

IV LE PLUS PETIT MULTIPLE COMMUN

1) Définition

AIG
Théorème 10.19
Si a et b sont non nuls, il existe un unique élément m positif dans Z tel que (a Z) ∩ (b Z) = m Z.

Preuve : aZ ∩ bZ contient |ab| > 0, on note m le plus petit élément strictement positif dans aZ ∩ bZ, alors il est facile de
voir que mZ ⊂ aZ ∩ bZ. Si p ∈ aZ ∩ bZ, on effectue la division de p par m, p = mq + r avec 0 6 r < m, d’où r = p − mq,
on vérifie alors que r est aussi dans aZ ∩ bZ (car a et b divisent p et m donc p − mq). Si r > 0 alors r > m car m est
le plus petit élément strictement positif dans aZ ∩ bZ, ceci est absurde, donc r = 0 et p = mq, d’où aZ ∩ bZ ⊂ mZ, et
finalement on a bein l’inégalité.
Si m 0 Z = mZ avec m 0 > 0, alors m et m 0 se divisent muutuellement, d’où m = m 0 . 
Il découle de ce théorème que c est un multiple commun à a et b si et seulement si c ∈ (a Z) ∩ (b Z), ce qui
équivaut à c ∈ m Z, c’est à dire m | c. Ceci entraîne en particulier : m 6 |c|.

Définition 10.7
Soit a, b ∈ Z, non nuls, et soit m ∈ N∗ , on dit que m est le ppcm de a et b lorsque (a Z) ∩ (b Z) = m Z.
NT
Notation : m = ppcm(a, b) ou encore m = a ∨ b.

Théorème 10.20 (caractérisation du ppcm)


Soient a, b ∈ Z, non nuls, et soit m ∈ N∗ alors :
m = ppcm(a, b) ⇐⇒ ∃ u, v ∈ Z premiers entre eux tels que m = au = bv.

Preuve : On suppose a, b ∈ Z, non nuls.


Si m = ppcm(a, b) : alors a | m et b | m. Donc il existe u, v ∈ Z tels que m = au = bv, soit d = pgcd(u, v) alors il existe
α, β ∈ Z premiers entre eux tels que u = d α et v = d β, d’où m = ad α = bd β, mais alors m 0 = aα = bβ est un multiple
commun à a et b donc |m| 6 |m 0 | ce qui entraîne d = 1.
Si ∃u, v ∈ Z premiers entre eux tels que m = au = bv, alors a | m et b | m, il existe α, β tels que uα + vβ = 1, soit m 0
MO

un multiple commun non nul, alors m 0 = m 0 uα + m 0 vβ, on en déduit que m | m 0 et donc |m| 6 |n|, ce qui prouve que
m = ppcm(a, b). 

2) Propriétés

Théorème 10.21
Soient a, b ∈ Z, non nuls :
a) ∀ n ∈ Z, si a | n et b | n alors ppcm(a, b) | n.
b) Si a et b sont premiers entre eux, alors ppcm(a, b) = |ab|.
c) ∀ k ∈ N, non nul, ppcm(ka, kb) = k ppcm(a, b).
d) ppcm(a, b) × pgcd(a, b) = |ab|.
e) ∀ n ∈ N, ppcm(a n , b n ) = ppcm(a, b)n .

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Nombres premiers, décomposition Chapitre 10 : Arithmétique

Preuve : Pour le deuxième point : a et b sont premiers entre eux, alors ab = ba par conséquent ppcm(a, b) = ab d’après
le théorème précédent.
Pour le troisième point : soit m = ppcm(a, b), alors m = au = bv avec u et v premiers entre eux, d’où km = kau =
kbv et donc km = ppcm(ka, kb).
Pour le quatrième point : soit m = ppcm(a, b) et d = pgcd(a, b), il existe u et v premiers entre eux tels que a = d v et

NE
b = d u, or au = bv donc m = au = bv par conséquent md = ad u = ab.
Pour le cinquième point : soit m = ppcm(a, b) on a m = au = bv avec u et v premiers entre eux, donc m n = a n u n =
b v avec u n et v n premiers entre eux, donc m n = ppcm(a n , b n ).
n n


V NOMBRES PREMIERS, DÉCOMPOSITION

1) Définition

Définition 10.8
Un entier p ∈ Z est dit premier lorsque p > 2, et que ses seuls diviseurs positifs sont 1 et p. L’ensemble
des nombres premiers est noté P .

AIG
ZExemples :
– 2, 3, 5, 7, 11, 13, 17, 19, 23, . . . sont des nombres premiers.
n
– Les nombres de Fermat 3 : Fn = 22 + 1 sont premiers pour n = 0, 1, 2, 3, 4 mais pas pour n = 5, car
F5 = 641 × 6700417.
– Les nombres de Mersennes 4 : Mp = 2p − 1 où p ∈ P, sont premiers pour p = 2, 3, 5, 7, 127, . . . mais pas
pour p = 11, car M11 = 23 × 89.

FExercice 10.4
1/ Soient a, b ∈ Z et n ∈ N, montrer que a − b | a n − b n . Si n est impair, montrer que a + b | a n + b n .
2/ Montrer que si 2p + 1 est un nombre premier alors p est une puissance de 2.
3/ Montrer que si 2p − 1 est un nombre premier, alors p est un nombre premier.
Propriétés élémentaires :
a) Si p est premier, alors ∀n ∈ Z, soit p | n, soit pgcd(n, p) = 1.
NT
Preuve : Soit d = pgcd(p, n), alors d | p donc d = 1 ou d = p, mais p ne divise pas n, donc d 6= p, i.e. d = 1. 

b) Si n > 2, alors n possède au moins un diviseur premier.


Preuve : Soit B = {|d | / d | n et d 6= 1}, alors B est une partie de N non vide (|n| ∈ B), soit p un diviseur de n avec
|p| ∈ B minimal, si d | p avec d positif et d 6= 1, alors d | n et donc |d | ∈ B, d’où |d | > |p|, or d | p, donc |d | 6 |p| et
finalement |d | = |p|, d’où d = p et donc p est premier. 

c) L’ensemble P est infini.


Preuve : Si P est fini, alors P = {p 1 , . . . , p n }, posons N = 1 + p 1 × . . . × p n , alors N > 1, donc N admet au moins un
diviseur premier q, comme q ∈ P , on a q | p 1 × . . . × p n , et comme q | N, on a q | 1 ce qui est absurde, donc P est
infini. 

d) Si p est premier et si p | nm, alors p | n ou p | m.


MO

Preuve : Supposons que p ne divise pas n, alors n ∉ pZ donc pgcd(p, n) = 1 et par conséquent p | m (d’après le
théorème de Gauss). 
p
e) Si n > 1 n’a pas de diviseur autre que 1 dans l’intervalle [1; n], alors n est premier.
Preuve : Si n est non premier alors on peut écrire n = pq avec p > 1 et q > 1. Si les deux étaient strictement
p p
supérieurs à n alors on aurait pq > n ce qui est absurde, donc un des deux est dans [1; n]. Le résultat s’en
déduit par contraposée. 
¡p ¢
f) Si p est premier, alors ∀ k ∈ J1 ; p − 1K, p | k
. On en déduit que pour tout entier a et b, on a (a + b)p ≡
a p + b p (mod p).
¡p ¢ ¡p−1¢
Preuve : On a k k = p k−1 qui est donc divisible par p, mais comme k ∈ J1 ; p − 1K, p est premier avec k, par
¡p ¢
conséquent, d’après le théorème de Gauss, p | k . Pour le second point, on développe le binôme. 

3. FERMAT Pierre De (1601 – 1665) : mathématicien amateur (éclairé !) l’un des plus féconds de son époque mais qui faisait peu
de démonstrations et publiait peu.
4. MERSENNES Marin (1588 – 1648) : moine français qui entretenait une correspondance suivie avec les mathématiciens de son
époque.

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Nombres premiers, décomposition Chapitre 10 : Arithmétique

Compléments : Soit (p n )n >1 la suite strictement croissante des nombres premiers, la répartition de ces
nombres encore aujourd’hui mal connue, cependant on a les quelques résultats suivants :
– Tout segment de la forme Jn ; 2n K contient au moins un nombre premier (théorème de Bertrand ).
– Si a, b ∈ N∗ sont premier entre eux, alors il existe une infinité de nombre premiers de la forme an + b
(théorème de Dirichlet ).

NE
– p n ∼ n ln(n) (théorème de Hadamard ).
+∞

Théorème 10.22 (petit théorème de Fermat)


Si p est un nombre premier, alors pour tout entier n on a n p ≡ n (mod p). Et si n ∉ p Z, alors n p−1 ≡ 1
(mod p).

Preuve : Pour n ∈ N on fait une récurrence : la propriété est vraie au rang 0, supposons la vraie au rang n, alors
(n + 1)p ≡ n p + 1 (mod p), en appliquant l’hypothèse de récurrence, on a (n + 1)p ≡ n + 1 (mod p).
On remarque ensuite que (−1)p ≡ −1 (mod p) car soit p = 2, soit p est premier impair, on en déduit que (−n)p ≡ −n
(mod p). On a donc pour tout entier n, p | n p − n = n(n p−1 − 1), si p ne divise pas n alors p est premier avec n, donc
p | n p−1 − 1, c’est à dire n p−1 ≡ 1 (mod p). 

AIG
2) Décomposition en facteurs premiers

Théorème 10.23 (décomposition en produit de facteurs premiers)


Tout élément n ∈ Z, autre que ±1, est un produit de nombres premiers. Plus précisément, il existe
r > 1, il existe p 1 , . . . , p r ∈ P (distincts), il existe des entiers α1 , . . . , αr ∈ N∗ , il existe λ ∈ {−1; 1} tels que :
α α α
n = λ × p1 1 × p2 2 × . . . × pr r .

Preuve : On a n = λ × |n| avec λ = ±1. On se ramène ainsi au cas où n est positif.


Par récurrence sur n : pour n = 2 il n’y a rien à montrer car 2 est premier. Supposons le théorème démontré jusqu’au
rang n > 2, alors n + 1 admet au moins un diviseur premier p, donc n + 1 = pk, si k = 1 alors n + 1 est premier, sinon k
est un produit de facteurs premiers (HR), donc n + 1 aussi. 

Théorème 10.24 (unicité de la décomposition)


NT
Si n ∈ Z s’écrit sous la forme :
α α β β
n = λ × p 1 1 × . . . × p r r = µ × q 1 1 × . . . × q s s , avec p 1 , . . . , p r ∈ P (distincts),α1 , . . . , αr ∈ N∗ , q 1 , . . . , q s ∈ P
(distincts), β1 , . . . , βs ∈ N∗ , et λ, µ ∈ {−1; 1} alors r = s, λ = µ et il existe une permutation σ de J1 ; r K telle
que pour i ∈ J1 ; r K, p i = q σ(i ) , αi = βσ(i ) . La décomposition est unique [à l’ordre près].

β β
Preuve : Si p 1 ∉ {q 1 , . . . , q s }, alors p 1 est premier avec q 1 , . . . , q s , donc p 1 est premier avec q 1 1 ×. . .×q s s , i.e. p 1 est premier
avec n, ce qui est absurde puisque p 1 | n, donc p 1 ∈ {q 1 , . . . , q s }. Finalement on a {p 1 , . . . , p r } ⊂ {q 1 , . . . , q s } et par symétrie
on a l’égalité des deux ensembles, donc r = s. Quitte à permuter les indices que la famille (q i ), on peut supposer que
p 1 = q1 , . . . , p r = qr .
α β
Le théorème de Gauss entraîne que p k k | p k k , donc αk 6 βk , par symétrie on a βk 6 αk , et donc αk = βk , ce qui
termine la preuve. 
MO

3) Notion de valuation p -adique


Si n est un entier naturel non nul et p un nombre premier, alors l’ensemble k ∈ N / p k | n est non vide
© ª

(contient 0) et majoré par n (on peut montrer par récurrence que p n >n), cet ensemble admet donc un
maximum :

Définition 10.9
Soit p ∈ P et n ∈ N∗ on appelle valuation p-adique de n, notée v p (n), le plus grand entier k tel que
p k | n. La définition s’étend à Z, en posant v p (−n) = v p (n) si n < 0 et v p (0) = +∞.

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Nombres premiers, décomposition Chapitre 10 : Arithmétique
Remarque 10.6 :
– v p (n) = k ⇐⇒ p k | n et p k+1 - n ⇐⇒ ∃ q ∈ N, n = p k q avec p ∧ q = 1 .
– v p (n) > 1 ⇐⇒ p | n, auquel cas v p (n) est la puissance de p dans la décomposition de n en facteurs
premiers.
– k ∈ N / p k | n = J0 ; v p (n)K.
© ª

NE
À retenir
p v p (n) .
Q
Pour tout entier n > 2, la décomposition de n en produit de facteurs premiers s’écrit : n =
p∈P

En effet, seul un nombre fini de valuations sont non nulles (les autres donnent un facteur égal à 1).

Théorème 10.25 (Propriétés)


∀n, m ∈ Z, on a :
a) ∀p ∈ P , v p (nm) = v p (n) + v p (m).

AIG
b) ∀p ∈ P , v p (n + m) > min(v p (n); v p (m)).
c) n | m ⇐⇒ ∀p ∈ P , v p (n) 6 v p (m).
d) Si n et m sont non nuls alors ∀p ∈ P :
v p (n ∧ m) = min(v p (n); v p (m)) et v p (n ∨ m) = max(v p (n); v p (m)).

Preuve :
0
a) Si un des deux est nul, c’est évident. Supposons n et m non nuls, soit n = p k q avec p ∧ q = 1 et m = p k q 0 avec
0
p ∧ q 0 = 1, d’où nm = p k+k q q 0 et p ∧ (q q 0 ) = 1, donc v p (nm) = kk 0 .
b) Si un des deux est nul, c’est évident. Supposons n et m non nuls, et avec les mêmes notations, supposons k 6 k 0 ,
0
alors n + m = p k [q + p k −k q 0 ] donc v p (n + m) > k. On remarque qu’il y a égalité lorsque k 6= k 0 .
c) Si m = 0 c’est évident, supposons m 6= 0 et n | m, alors pour tout premier p, k ∈ N / p k | n ⊂ k ∈ N / p k | m
© ª © ª

donc v p (n) 6 v p (m). La réciproque est évidente.


d) Soit d = n∧m alors v p (d ) 6 v p (n) et v p (d ) 6 v p (m), donc v p (d ) 6 min(v p (n); v p (m)). D’autre part p min(v p (n);v p (m))
NT
divise n et m donc divise d d’où min(v p (n); v p (m)) 6 v p (d ), par conséquent min(v p (n); v p (m)) = v p (d ). Pour
le ppcm on peut utiliser le fait que (n ∧ m)(n ∨ m) = |nm| et donc v p (n ∨ m) = v p (nm) − v p (n ∧ m) = v p (n) +
v p (m) − min(v p (n); v p (m)) = max(v p (n); v p (m)).


À retenir : formules du pgcd et du ppcm


Il découle du théorème ci-dessus que :
Q min(v p (n);v p (m)) Q max(v p (n);v p (m))
pgcd(n, m) = p et ppcm(n, m) = p .
p∈P p∈P

4) Applications
MO

– Si n 6= ±1, alors la décomposition de n en produit de facteurs premiers permet de trouver tous les
diviseurs de n.
α α
En effet : Si n = λ × p 1 1 × . . . × p r r , soit d est un diviseur positif de n, si p est un diviseur premier de d ,
alors p est un diviseur premier de n, donc p ∈ {p 1 , . . . , p r }, donc d s’écrit sous la forme :
β β
d = p 1 1 × . . . × p r r avec 0 6 βk 6 αk
– Si n, m ∉ {−1; 1}, alors à partir de leur décomposition en produit de facteurs premiers, on peut calculer
Q min(v p (n);v p (m)) Q max(v p (n);v p (m))
pgcd(n, m) = p et ppcm(n, m) = p . Plus précisément :
p∈P p∈P
α1 α β1 βs
Si n = λ× p 1 ×. . .× p r r = µ× q 1 ×. . .× q s , alors les diviseurs premiers communs à n
et m et m doivent
appartenir à {p 1 , . . . , p r } ∩ {q 1 , . . . , q s }, d’où la discussion :
• {p 1 , . . . , p r } ∩ {q 1 , . . . , q s } = ∅, alors n et m sont premiers entre eux. i.e. pgcd(n, m) = 1 et donc
ppcm(n, m) = |nm|.
• {p 1 , . . . , p r } ∩ {q 1 , . . . , q s } = {v 1 , . . . , v t }, alors quitte à changer la numérotation, on peut supposer que
p 1 = q 1 = v 1 , . . . , p t = q t = v t sont les diviseurs premiers communs à n et m.

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Solution des exercices Chapitre 10 : Arithmétique
k k
pgcd(n, m) = v 1 1 × . . . × v t t avec k i = min(αi , βi ) pour i ∈ J1 ; t K.
Et :
k k α α β
t +1 β
ppcm(n, m) = v 1 1 × . . . × v t t × p t +1
t +1
× . . . × p r r × q t +1 × . . . × qs s
avec k i = max(αi , βi ) pour i ∈ J1 ; t K.

NE
ZExemple : 336 = 2 × 3 × 7 et 420 = 2 × 3 × 5 × 7, donc pgcd(336, 420) = 22 × 3 × 7 = 84, et ppcm(336, 420) =
4 2

24 × 3 × 5 × 7.

VI SOLUTION DES EXERCICES

Solution 10.1 a = 17 et b = 12 sont premiers entre eux : a = b × 1 + 5 d’où r 1 = 5 = a − b


b = r 1 × 2 + 2, d’où r 2 = 2 = b − 2r 1 = b − 2(a − b) = −2a + 3b
r 1 = r 2 × 2 + 1, d’où r 3 = 1 = r 1 − 2r 2 = a − b + 4a − 6b = 5a − 7b
On a ainsi une relation de Bézout entre a et b, on en déduit une solution particulière en multipliant par 3 : 15a − 21b = 3,
donc (x 0 = 15, y 0 = −21) est une solution particulière. L’équation équivaut alors à a(x −x 0 ) = b(y 0 − y), d’après le théorème
de Gauss, a et b étant premiers entre eux, on a b | x − x 0 et a | y 0 − y, i.e. x = x 0 + bk et y = y 0 − bk 0 , en reportant dans la

AIG
relation on voit que k = k 0 et donc les solutions sont les couples : (x 0 + bk, y 0 − ak) avec k ∈ Z.
NT
MO

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NE
Chapitre 11

Limite d’une fonction

Sommaire
I Limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103

AIG
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
2) Premières propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 104
3) Limite à gauche, limite à droite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
II Propriétés des limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
1) Limites et opérations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 105
2) Limite et relation d’ordre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
3) Limite et composition des fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
4) Limite et sens de variation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 107
III Calculs de limites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
1) Comparaison des fonctions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
2) Les exemples classiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 108
3) Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
IV Extension aux fonctions à valeurs complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
1) Définition de la limite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
2) Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110
NT
V Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 110

Dans ce chapitre, les fonctions considérées sont définies sur un intervalle non trivial de R.

I LIMITES

1) Définition

Soit f : I → R une fonction, soit a un élément de I ou bien une extrémité de I (a ∈ R), et soit b ∈ R,
intuitivement on dira que b est la limite de f (x) quand x tend vers a lorsque f (x) peut être aussi voisin que
l’on veut de b pourvu que x soit suffisamment voisin de a, d’où la définition :
MO

Définition 11.1
On dit que f admet pour limite b en a lorsque : ∀ W, voisinage de b, ∃ V, voisinage de a, tel que
∀ x ∈ I, x ∈ I ∩ V =⇒ f (x) ∈ W. Si c’est le cas, on notera :
lim f (x) = b = lim f = b, ou encore f (x) −→ b.
x→a a x→a

À retenir : lim
a
f = b signifie
– Si a, b ∈ R : ∀ ε > 0, ∃ α > 0, ∀ x ∈ I, |x − a| < α =⇒ | f (x) − b| < ε.
– Si a ∈ R et b = +∞ : ∀ A ∈ R, ∃ α > 0, ∀ x ∈ I, |x − a| < α =⇒ f (x) > A.
– Si a ∈ R et b = −∞ : ∀ A ∈ R, ∃ α > 0, ∀ x ∈ I, |x − a| < α =⇒ f (x) < A.
– Si a = +∞ et b ∈ R : ∀ ε > 0, ∃ A ∈ R, ∀ x ∈ I, x > A =⇒ | f (x) − b| < ε.
– Si a = +∞ et b = +∞ : ∀ A ∈ R, ∃ B ∈ R, ∀ x ∈ I, x > B =⇒ f (x) > A.
– Si a = +∞ et b = −∞ : ∀ A ∈ R, ∃ B ∈ R, ∀ x ∈ I, x > B =⇒ f (x) < A.
– Si a = −∞ et b ∈ R : ∀ ε > 0, ∃ B ∈ R, ∀ x ∈ I, x < B =⇒ | f (x) − b| < ε.

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Limites Chapitre 11 : Limite d’une fonction
– Si a = −∞ et b = +∞ : ∀ A ∈ R, ∃ B ∈ R, ∀ x ∈ I, x < B =⇒ f (x) > A.
– Si a = −∞ et b = −∞ : ∀ A ∈ R, ∃ B ∈ R, ∀ x ∈ I, x < B =⇒ f (x) < A.

ZExemples :
p
– Soit f (x) = x 2 , montrons que lim f = +∞ : soit A ∈ R, posons B = |A|, si x > B alors x 2 > B2 = |A| > A

NE
+∞
donc f (x) > A.
– Soit f (x) = x 2 et soit a ∈ R, montrons que lim f = a 2 : soit ε > 0, |x 2 − a 2 | = |x − a||x + a|, si |x − a| < α,
a
ε
alors |x 2 − a 2 | < α(α + 2|a|), si on prend α = min(1; 1+2|a|) ), alors α(α + 2|a|) 6 α(1 + 2|a|) 6 ε, donc
2 2
∀ x ∈ R, |x − a| < α =⇒ |x − a | < ε.
Remarque 11.1 –
a) Si lim f = b alors lim | f | = |b|, mais la réciproque est fausse sauf pour b = 0.
a a
b) Lorsque b ∈ R, lim f = b ⇐⇒ lim | f (x) − b| = 0 ⇐⇒ lim f (x) − b = 0.
a a a

La définition de la limite d’une suite, que nous avons vue dans un chapitre précédent, peut s’énoncer
ainsi en terme de voisinage :

AIG
Définition 11.2 (Retour sur les suites)
On dit que la suite (u n ) admet pour limite ` ∈ R lorsque :
∀ W, voisinage de `, ∃ N ∈ N, ∀ n ∈ N, n > N =⇒ u n ∈ W.

2) Premières propriétés

Théorème 11.1
Soit f : I → R une fonction et soit a un élément ou une extrémité de I.
• Si f admet une limite en a, alors celle - ci est unique.
• Si f admet une limite finie en a, alors f est bornée au voisinage de a (réciproque fausse).
• Si lim f = b et si α < b (respectivement b < α), alors au voisinage de a f est strictement supérieure à
a
α (respectivement f (x) > α).
NT
• Si lim f = b avec a ∈ I, alors nécessairement b = f (a).
a

Preuve : Pour les trois premiers points, la preuve est tout à fait analogue à celle faite pour les suites.
Pour le quatrième point : tout voisinage de b doit contenir f (a), on en déduit par l’absurde que b = f (a). 

Théorème 11.2 (caractérisation séquentielle de la limite)


lim f = b ⇐⇒ pour toute suite (u n ) d’éléments de I qui tend vers a (dans R), la suite ( f (u n )) tend vers
a
b (dans R).

Preuve : Supposons que lim f = b et soit (u n ) une suite d’éléments de I telle que u n −→ a. Soit W un voisinage de
a
b, il existe V un voisinage de a tel que x ∈ I ∩ V =⇒ f (x) ∈ W. Comme u n −→ a, il existe un entier N ∈ N tel que
MO

n > N =⇒ u n ∈ V, or les termes u n sont dans I donc si n > N alors u n ∈ I ∩ V et donc f (u n ) ∈ W, ce qui prouve que
f (u n ) −→ b.
Supposons maintenant que pour toute suite (u n ) d’éléments de I qui tend vers a, la suite ( f (u n )) tend vers b. Si la
fonction f n’a pas pour limite b en a, alors il existe un voisinage W de b tel que pour tout voisinage V de a, il existe
x ∈ I ∩ V tel que f (x) ∉ W. En prenant pour n ∈ N∗ des voisinages de la forme Vn =]a − n1 ; a + n1 [ si a ∈ R, Vn =]n; +∞[ si
a = +∞, ou Vn =] − ∞; −n[ si a = −∞, on construit une suite (u n ) d’éléments de I telle que u n ∈ Vn et f (u n ) ∉ W, il est
facile de voir que la suite (u n ) tend vers a, donc la suite ( f (u n )) tend vers b, à partir d’un certain rang on doit donc avoir
f (u n ) ∈ W ce qui est contradictoire, donc lim f = b. 
a

Applications :
– Ce théorème peut être utilisé pour montrer qu’une fonction f n’a pas de limite en a.
Par exemple, la fonction f c ol onx 7→ sin(x) n’a pas de limite en +∞ car la suite u définie par u n = π2 + nπ tend
vers +∞ mais la suite ( f (u n ) = (−1)n ) n’a pas de limite.
– Ce théorème peut être également utilisé pour prouver les propriétés de la limite d’une fonction en se ramenant à
celles des suites.
Voici un autre lien avec les suites (que l’on utilisait déjà de manière assez naturelle) :

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Propriétés des limites Chapitre 11 : Limite d’une fonction

Théorème 11.3
Soit f : ]A; +∞[→ R une fonction telle que lim f = b ∈ R, alors la suite (u n ) définie (à partir d’un certain
+∞
rang) par u n = f (n) a pour limite b.

NE
Preuve : Soit W un voisinage de b, il existe un réel B tel que ∀ x ∈ I, x > B =⇒ f (x) ∈ W, par conséquent si n > N = 1+bBc,
alors u n ∈ W, donc u n → b. 

3) Limite à gauche, limite à droite

Définition 11.3
Soit f : I → R une fonction, soit a un élément de I ou une extrémité réelle de I, et soit b ∈ R.
– Si I∩] − ∞; a[6= ∅ : on dit que b est la limite à gauche en a de f lorsque :
∀ W,voisinage de b, ∃ α > 0, ∀ x ∈ I, x ∈]a − α; a[ =⇒ f (x) ∈ W .
Notations : lim−
f = lim−
f (x) = lim f (x) = b.
a x→a x−→a
x<a
– Si I∩]a; +∞[6= ∅ : on dit que b est la limite à droite en a de f lorsque :

AIG
∀ W, voisinage de b, ∃ α > 0, ∀ x ∈ I, x ∈]a; a + α[ =⇒ f (x) ∈ W.
Notations : lim f = lim+ f (x) = lim f (x) = b.
+ a x→a x−→a
x>a

ZExemple : Soit f (x) = bxc et soit a ∈ Z, alors lim f = a et lim



f = a − 1.
+ a a

Théorème 11.4
On a lim f (x) = b ⇐⇒ lim f = lim f = b. Et lorsque a ∈ I :
x−→a a+ a−
x6=a
à !
lim f (x) = b ⇐⇒ f (a) = b et lim f (x) = b .
x→a x−→a
x6=a
NT
Preuve : Celle - ci est simple et laissée en exercice. 

x + 1

 si x < 0
ZExemple : Soit f la fonction définie sur R par f (x) = 0 si x = 0 . Il est facile de voir que : lim f (x) = 1,
 x−→0
1 − x 2

si x > 0 x6=0

mais la fonction f n’a pas de limite en 0 car f (0) 6= 1.

II PROPRIÉTÉS DES LIMITES

1) Limites et opérations

Soient f , g ∈ F (I, R) et soit a un élément de I ou une extrémité de I. Si lim f = ` et lim g = `0 (dans R),
a a
MO

alors :

Théorème 11.5
– lim f + g = ` + `0 sauf si ` = +∞ et `0 = −∞ (ou l’inverse) : forme indéterminée.
a
– lim f × g = ``0 sauf si ` = 0 et `0 = ±∞ (ou l’inverse) : forme indéterminée.
a
– Si λ ∈ R∗ , lim λ f = λ`.
a

Preuve : Pour le premier point : soit (u n ) une suite d’éléments de I qui tend vers a, alors f (u n ) −→ ` et g (u n ) −→ `0
donc (propriétés des suites) f (u n ) + g (u n ) −→ ` + `0 car nous ne sommes pas dans le cas d’une forme indéterminée, par
conséquent la fonction f + g a pour limite ` + `0 en a. Le raisonnement est le même pour tous les autres points jusqu’au
dernier. 

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Propriétés des limites Chapitre 11 : Limite d’une fonction

Théorème 11.6
Si f ne s’annule pas au voisinage de a alors :

1
`
 si ` ∈ R∗

NE
si ` = ±∞

0



1
lim = +∞ si ` = 0 et f > 0 au voisinage de a
a f 
si ` = 0 et f < 0 au voisinage de a

−i n f t y




n’existe pas sinon

Preuve : Nous sommes dans le cas où ` = 0 et sur tout voisinage de a f prend des valeurs strictement positives et
des valeurs strictement négatives ( f n’est pas de signe constant), on peut donc construire deux suites (u n ) et (v n ) qui
tendent vers a et telles que f (u n ) > 0 et f (v n ) < 0, mais alors f (u1 n ) −→ +∞ et f (v1 n ) −→ −∞, donc 1f n’a pas de limite en
a. 
ZExemples :
– Soit a ∈ R, lim x = a d’où ∀ n ∈ N∗ , lim x n = a n (encore vrai pour n = 0). On en déduit que si P est une

AIG
a a
fonction polynomiale, alors lim P = P(a).
a
P
– Si R = Q est une fraction rationnelle et si Q(a) 6= 0, alors lim R = R(a).
a

2) Limite et relation d’ordre

Théorème 11.7
Soient f , g , h : I → R trois fonctions et soit a un élément de I ou une extrémité de I.
– On suppose qu’au voisinage de a, f 6 g , alors :
• Si lim f = +∞ alors lim g = +∞.
a a
• Si lim g = −∞ alors lim f = −∞.
a a
– Si f 6 h 6 g au voisinage de a et si lim f = lim g = ` ∈ R, alors lim h = ` (théorème des gendarmes
a a a
ou de l’étau).
NT
– Si f 6 g au voisinage de a et si f et g ont chacune une limite dans R, alors lim f 6 lim g (théorème
a a
du passage à la limite).
– Si lim f = 0 et si g est bornée au voisinage de a, alors lim f × g = 0.
a a
– Si lim f = +∞ (respectivement −∞) et si g est minorée au voisinage de a (respectivement majorée),
a
alors lim f + g = +∞ (respectivement −∞).
a

Preuve : Supposons lim f = +∞, soit (u n ) une suite d’éléments de I qui tend vers a, à partir d’un certain rang, on a
a
f (u n ) 6 g (u n ), or f (u n ) → +∞, donc g (u n ) → +∞ et par conséquent lim g = +∞. Pour le deuxième cas, on raisonne
a
sur − f et −g .
Pour les autres points on procède de la même façon, en se ramenant aux suites. 
Remarque 11.2 –
MO

– Si | f | 6 g au voisinage de a et si lim g = 0, alors lim f = 0.


a a
– On peut avoir f < g au voisinage de a et lim f = lim g . Dans un passage à la limite les inégalités
a a
deviennent larges.

3) Limite et composition des fonctions


Soit f : I → R une fonction, soit a un élément de I ou une extrémité de I, et soit g : J → R une autre fonction
avec Im( f ) ⊂ J.

Théorème 11.8
Si lim f = b, alors b appartient à J ou b est une extrémité de J.
a

Preuve : Il suffit de distinguer les cas sur J, par exemple, si J =]α; β[, alors ∀ x ∈ I, α < f (x) < β, par passage à la limite, on
obtient α 6 b 6 β. Les autres cas se traitent de la même façon. 

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Propriétés des limites Chapitre 11 : Limite d’une fonction

Théorème 11.9 (composition des limites)


Si lim f = b et lim g = ` (dans R), alors lim g ◦ f = `.
a b a

Preuve : Soit (u n ) une suite d’éléments de I qui tend vers a, la suite ( f (u n )) est une suite d’éléments de J qui tend vers b,

NE
donc la suite (g [ f (u n )]) tend vers `, ce qui prouve que lim g ◦ f = `. 
a
Dans la pratique, ce théorème est parfois appelé changement de variable dans une limite. Il dit en effet
que si on pose X = f (x), alors comme X → b, on a lim g ( f (x)) = lim g (X) = `.
x→a x→a X→b
sin(x) ln(x)
e −1 e X −1
ZExemple : Calculons lim f avec : f (x) = sin(x) ln(x) . On pose X = sin(x) ln(x), alors lim X = 0, or lim = 1,
+ 0 + 0 X→0 X
donc la limite cherchée vaut 1.

4) Limite et sens de variation

Théorème 11.10
Si f : I → R est croissante, en notant a la borne de gauche de I et b la borne de droite :

AIG
• si f est majorée, alors f admet une limite finie à gauche en b qui est lim

f = sup f (x). Si de plus si
b x∈]a;b[
b ∈ I, alors lim

f 6 f (b).
b
• si f est non majorée, alors f admet +∞ comme limite à gauche en b.
• si f est minorée, alors f admet une limite finie à droite en a qui est lim
+
f = inf f (x). Si de plus si
a x∈]a;b[
a ∈ I, alors lim
+
f > f (a).
a
• si f est non minorée, alors f admet −∞ comme limite à droite en a.

Preuve : Démontrons deux cas :


Si f est majorée, soit S = sup f , soit ε > 0, il existe un réel x 0 ∈]a; b[ tel que S − ε < f (x 0 ). Si x ∈]x 0 ; b[, alors f étant
]a;b[
croissante, S − ε < f (x 0 ) 6 f (x) 6 S < S + ε ce qui entraîne | f (x) − S| < ε et donc lim

f = S. Si de plus b ∈ I, alors comme
b
f est croissante, f est majorée sur ]a; b[ par f (b), donc on a S 6 f (b).
Si f est croissante non minorée, soit A ∈ R ce n’est pas un minorant de f , donc il existe un réel x 0 ∈]a; b[ tel que
NT
f (x 0 ) < A. Si x ∈]a; x 0 [, alors f étant croissante, f (x) 6 f (x 0 ) < A ce qui entraîne f (x) < A et donc lim f = −∞. 
a+

Remarque 11.3 –
a) Si f est croissante majorée sur I alors f admet une limite finie en b − (limite non atteinte sur ]a; b[ si la
croissance est stricte).
b) Si f est croissante non majorée sur I alors f a pour limite +∞ en b − .
c) Si f est croissante minorée sur I alors f admet une limite finie en a + (limite non atteinte sur ]a; b[ si la
croissance est stricte).
d) Si f est croissante non minorée sur I alors f a pour limite −∞ en a + .

ZExemple : Soit f (x) = ln(x). Pour n ∈ N∗ , ln(2n ) = n ln(2), or ln(2) > 0 car 1 < 2 et f est strictement croissante,
MO

donc n ln(2) → +∞, ce qui prouve que f est non majorée, comme elle est croissante, on a lim f = +∞.
+∞

Théorème 11.11 (de la limite monotone)


Si f est croissante sur I, soit a = inf(I) et b = sup(I) (dans R), pour tout réel x 0 ∈]a; b[, f admet une
limite finie à droite et à gauche en x 0 , de plus on a : lim

f 6 f (x 0 ) 6 lim f . Et si x 1 ∈]a; b[ avec x 0 < x 1 ,
x0 +
x0
alors : lim f 6 lim

f.
x0+ x1

Preuve : Sur l’intervalle ]a; x 0 [, la fonction f est croissante et majorée par f (x 0 ), donc la fonction f a une limite finie à
gauche en x 0 et d’après le théorème précédent : lim −
f = sup f (t ) 6 f (x 0 ). Le raisonnement est le même à droite. Si
x0 t ∈]a;x 0 [
x 0 < x 1 < b, on applique le théorème précédent sur l’intervalle ]x 0 ; x 1 [ : lim f = inf f (t ) 6 sup f (t ) = lim

f. 
x 0+ t ∈]x 0 ;x 1 [ t ∈]x 0 ;x 1 [ x1

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Calculs de limites Chapitre 11 : Limite d’une fonction

Remarque 11.4 – En changeant f et − f et en utilisant que pour une partie non vide A de R : inf(A) = − sup(−A),
on obtient deux théorèmes analogues aux précédents pour les fonctions décroissantes.

III CALCULS DE LIMITES

NE
1) Comparaison des fonctions

Définition 11.4
Soient f , g : I → R deux fonctions, et soit a ∈ I ou une extrémité de I. On dit que :
– f est dominée par g au voisinage de a lorsqu’il existe un voisinage V de a, et une fonction ε : V → R
tels que : ∀ x ∈ V ∩ I, f (x) = g (x)ε(x) avec ε bornée. Notation : f (x) = O g (x) .
¡ ¢
a
– f est négligeable devant g au voisinage de a lorsqu’il existe un voisinage V de a, et une fonction
ε : V → R tels que : ∀ x ∈ V ∩ I, f (x) = g (x)ε(x) avec lim ε(x) = 0. Notation : f (x) = o g (x) .
¡ ¢
x→a a
– f est équivalente à g au voisinage de a lorsqu’il existe un voisinage V de a, et une fonction ε : V → R
tels que : ∀ x ∈ V ∩ I, f (x) = g (x)ε(x) avec lim ε(x) = 1. Notation : f (x) ∼ g (x).
x→a a

AIG
Théorème 11.12 (Caractérisations)
Lorsque la fonction g ne s’annule pas au voisinage de a (sauf peut être en a) :
(f
est bornée au voisinage de a
– f (x) = O g (x) si et seulement si g
¡ ¢
.
a si a ∈ I : g (a) = 0 =⇒ f (a) = 0
( f
¡ ¢ lim g = 0
– f (x) = o g (x) si et seulement si a .
a si a ∈ I : f (a) = 0
( f
lim g = 1
– f (x) ∼ g (x) si et seulement si a .
a si a ∈ I : g (a) = f (a)

Preuve : Celle - ci est simple et laissée en exercice. 


NT
Remarque 11.5 –
a) f (x) = O(1) signifie que la fonction f est bornée au voisinage de a.
a
b) f (x) = o (1) signifie que lim f = 0.
a a
¡ ¢ ¡ ¢
c) Si f (x) = o g (x) alors f (x) = O g (x) .
a a
¡ ¢
d) Si f (x) ∼ g (x) alors f (x) = O g (x) .
a a
¡ ¢
e) Si f (x) = o g (x) et g (x) = o (h(x)), alors f (x) = o (h(x)) (transitivité).
a a a
¡ ¢
f ) Si f (x) = O g (x) et g (x) = O(h(x)), alors f (x) = O(h(x)) (transitivité)
a a a
¡ ¢
g) f (x) ∼ g (x) ⇐⇒ f (x) = g (x) + o g (x) .
MO

a a

Théorème 11.13
La relation « ... est équivalente à ... au voisinage de a » est une relation d’équivalence dans F (I, R),
c’est à dire qu’elle est réflexive, symétrique et transitive. De plus :
– Si ` ∈ R∗ alors lim f = ` équivaut à f (x) ∼ `.
¡ a¢ a
– Si f (x) = o g (x) alors f (x) + g (x) ∼ g (x).
a a

Preuve : Celle - ci est simple et laissée en exercice. 

2) Les exemples classiques

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Calculs de limites Chapitre 11 : Limite d’une fonction

Théorème 11.14 (croissances comparées)


Soient α, β ∈]0; +∞[ :
– Si α < β alors : x α = o x β et x β = o (x α ).
¡ ¢
+∞ ³ 0´
– [ln(x)]α = o x β et | ln(x)|α = o x1β .
¡ ¢

NE
+∞ ³ β´ 0
α α
¡ xβ ¢
– x = o e et x = o e x .
+∞ +∞
– Si a > 1 alors x α = o (a x ).
+∞

Preuve : Identique à celle des suites. 

Théorème 11.15 (les équivalents usuels)


– Si f est dérivable en 0 et si f 0 (0) 6= 0, alors f (x) − f (0) ∼ f 0 (0)x.
0
– sin(x) ∼ x ; e x − 1 ∼ x ; ln(1 + x) ∼ x ; tan(x) ∼ x ; 1 − cos(x) ∼ 12 x 2 ; (1 + x)α − 1 ∼ αx.
(0) 0 0 0 0 0
p
P k p
– Soit P(x) = a k x une fonction polynomiale avec a p 6= 0, alors P(x) ∼ a p x (équivalence avec le

AIG
k=0 ±∞
terme de plus haut degré).
P(x)
– Soit Q(x) = R(x) une fraction rationnelle avec a p x p le terme de plus haut degré de P (a p 6= 0) et
ap
b r x r celui de R (b r 6= 0), alors Q(x) ∼ x p−r (équivalence avec le rapport des termes de plus haut
±∞ b r
degré).

Preuve : Identique à celle des suites. 

Théorème 11.16 (changement de variable)


Soient f , g : J → R, ε : I → R telle que Im(ε) ⊂ J et soit a ∈ I ou une extrémité de I. Si lim ε = b et si
a
f (x) ∼ g (x), alors : f (ε(x)) ∼ g (ε(x)).
b a

Preuve : Celle - ci découle du théorème de composition des limites. 


NT
Remarque 11.6 – Pour la recherche d’un équivalent en a, on peut toujours se ramener en 0 :
– Si a ∈ R, on pose u = x − a(= ε(x)), on a alors u −→ 0, on pose h(u) = f (x) = f (u + a). Si h(u) ∼ g (u),
x→a 0
alors f (x) ∼ g (x − a).
a
– Si a = ±∞ alors on pose u = x1 (= ε(x)), on a alors u → 0, on pose h(u) = f (x) = f ( u1 ). Si h(u) ∼ g (u),
x→a 0
alors f (x) ∼ g ( x1 ).
a

3) Propriétés
Il découle de la définition :

Théorème 11.17
MO

Soient f , g : I → R deux fonctions, et soit a ∈ I ou une extrémité de I :


– Si f ∼ g alors f et g ont le même signe au voisinage de a.
a
– Si f ∼ g et si lim g = ` ∈ R, alors lim f = `.
a a a
– Si f ∼ g et si h ∼ k, alors f × h ∼ g × k (compatibilité avec la multiplication).
a a a
1 1
– Si f ∼ g et si g ne s’annule pas au voisinage de a, alors f ∼ (compatibilité avec le passage à
a a g
l’inverse).
– Si f ∼ g et si g > 0 au voisinage de a, alors f α ∼ g α pour tout réel α.
a a

Remarque 11.7 –
– Il n’y a pas compatibilité avec l’addition en général. Par exemple : x + sin( x1 ) ∼ x et −x ∼ 1 − x, mais
+∞ +∞
sin( x1 ) n’est pas équivalent à 1 au voisinage de +∞.
– Ces propriétés sont utiles pour les calculs de limites qui ne peuvent pas être faits directement : on essaie
de se ramener à un équivalent plus simple (s’il y en a ...) dont on sait calculer la limite.

MPSI3 (2016-17) LYCÉE M ONTAIGNE – 109 – ©Fradin Patrick – http://mpsi.tuxfamily.org


Extension aux fonctions à valeurs complexes Chapitre 11 : Limite d’une fonction

ZExemples :
– Limite en +∞ de (1 + x1 )x : ici f (x) = exp(x ln(1 + x1 )), or ln(1 + x1 ) ∼ 1
car 1
→ 0, donc x ln(1 + x1 ) ∼ 1,
+∞ x x +∞ +∞
la limite cherchée est donc égale à 1.
x
– Soit à calculer : lim+ sin(x)
p −1
x ln(x)
. On a sin(x)x = exp(x ln(sin(x))), or ln(sin(x)) = ln( sin(x)
x ) + ln(x), on en
x→0

NE
déduit ln(sin(x)) ∼ ln(x) et donc x ln(sin(x)) ∼ x ln(x) −→ 0, d’où : exp(x ln(sin(x))) − 1 ∼ x ln(sin(x)) ∼
0 p 0 0 0 0
x ln(x), par conséquent f (x) ∼ pxx = x, et donc la limite cherchée est égale à 0.
0

IV EXTENSION AUX FONCTIONS À VALEURS COMPLEXES

1) Définition de la limite
Les fonctions à valeurs complexes ont été introduites au début du chapitre 6. Soit f : I → C une fonction,
on note u = Re( f ) (partie réelle de f ) et v = Im( f ) (partie imaginaire de f ), on rappelle que u et v sont des
fonctions de I vers R, et ∀ t ∈ I, f (t ) = u(t ) + i v(t ).
La fonction conjuguée de f et la fonction f : t 7→ u(t ) − i p v(t ).

AIG
La fonction module de f est la fonction | f | : t 7→ | f (t )| = u(t )2 + v(t )2 .
La fonction f est bornée sur I si et seulement si ∃ M ∈ R+ , ∀ t ∈ I, | f (t )| 6 M. Ceci équivaut à dire que les
fonctions u et v sont bornées.
L’ensemble des fonctions de I vers C est notée F (I, C), pour les opérations usuelles sur les fonctions, c’est
un C-espace vectoriel et un anneau commutatif non intègre.

Définition 11.5
Soit ` ∈ C, et soit a un élément de I ou une extrémité de I. On dira que la fonction f a pour limite ` en
a lorsque lim | f (t ) − `| = 0. C’est à dire :
t →a
∀ε > 0, ∃V, voisinage de a, ∀t ∈ I, t ∈ V =⇒ | f (t ) − `| < ε.

it
ZExemple : Soit f (t ) = ie+t , on a | f (t )| = p 1 −→ 0, donc lim f (t ) = 0.
1+t 2 t →+∞ t →+∞
NT
2) Propriétés

Théorème 11.18
lim | f (t ) − `| = 0 ⇐⇒ lim Re( f (t )) = Re(`) et lim Im( f (t )) = Im(`).
t →a t →a t →a

Preuve : Celle - ci découle de l’inégalité : ∀ t ∈ I,


max(|Re( f (t )) − Re(`)|, |Im( f (t )) − Im(`)|) 6 | f (t ) − `| = |Re( f (t )) − Re(`)|2 + |Im( f (t )) − Im(`)|2 .
p

Connaissant les propriétés des limites (finies) des fonctions à valeurs réelles, on peut déduire celles des
fonctions à valeurs complexes en raisonnant sur les parties réelles et imaginaires :
– lim f = ` ∈ C si et seulement si pour toute suite (u n ) d’éléments de I qui tend vers a, la suite ( f (u n ))
a
tend vers `.
MO

– Si lim f = ` ∈ C, alors f est bornée au voisinage de a.


a
– Si lim f = `, lim g = `0 , alors lim f + g = ` + `0 , lim f × g = ``0 , ∀ λ ∈ C, lim λ f = λ`.
a a a a a
– Si lim f = ` alors lim f = ` et lim | f | = |`|.
a a a
– Si lim f = ` ∈ C∗ , alors au voisinage de a f ne s’annule pas et lim 1f = 1` .
a a

V SOLUTION DES EXERCICES

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NE
Chapitre 12

Continuité

Sommaire
I Rappels . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111

AIG
1) Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
2) Théorèmes généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
II Fonctions continues sur un intervalle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
1) Théorème des valeurs intermédiaires . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 112
2) Continuité sur un segment . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 113
3) Uniforme continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
III Continuité et fonctions monotones . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
1) Image d’un intervalle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
2) Monotonie et continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 115
3) Théorème des bijections . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
IV Extension aux fonctions à valeurs complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
1) Continuité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
2) Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
V Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 117
NT
I RAPPELS

1) Définitions

Définition 12.1
Soit f : I → R une fonction et soit a ∈ I, on dit que f est
– continue en a lorsque lim f (t ) = f (a) (sinon on dit que a est un point de discontinuité de f ).
t →a
– continue à gauche en a lorsque I∩] − ∞; a[6= ∅ et lim− f (t ) = f (a).
t →a
– continue à droite en a lorsque I∩]a; +∞[6= ∅ et lim+ f (t ) = f (a).
t →a
Si f est continue en tout point de I, alors on dit que f est continue sur I. L’ensemble des fonctions
MO

continues sur I est noté C 0 (I, R).

Remarque 12.1 :
– Les fonctions trigonométriques, logarithmes, exponentielles, puissances, polynomiales, rationnelles,
ainsi que la fonction valeur absolue sont continues sur leur ensemble de définition.
– f est continue en a ∈ I si et seulement si ∀ ε > 0, ∃ α > 0, ∀ x ∈ I, |x − a| < α =⇒ | f (x) − f (a)| < ε.
– Si f est continue sur I et si J ⊂ I, alors f est continue sur J.
– f est continue en a si et seulement si lim f (t ) = f (a), lorsque a n’est pas une borne de I, ceci équivaut à
x→a
x6=a
lim+ f (t ) = f (a) et lim− f (t ) = f (a), i.e. f est continue à gauche et à droite en a.
t →a t →a
– Si f est continue en a, alors f est bornée au voisinage de a (car f a une limite finie en a).
– f est continue en a ssi pour toute suite (u n ) d’éléments de I, qui tend vers a, la suite ( f (u n )) tend vers
f (a).

FExercice 12.1

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Fonctions continues sur un intervalle Chapitre 12 : Continuité

1/ Étudier la continuité de x 7→ bxc en a ∈ R, distinguer a ∈ Z et a ∈ R \ Z.


2/ Montrer que la fonction caractéristique de Q, 1Q , est discontinue en tout point de R.

Définition 12.2 (Prolongement par continuité)


Soit f : I \ {a} → R une fonction non définie en a ∈ I, si f admet une limite finie ` en a, alors la fonction

NE
f˜ : I → R définie par :
(
˜ f (x) si x 6= a
f (x) =
` si x = a
est continue en a. Cette fonction est appelée prolongement de f par continuité en a.

sin(x)
ZExemple : La fonction f définie sur R∗ par f (x) = x admet un prolongement par continuité en 0 en
posant f (0) = 1.

2) Théorèmes généraux

AIG
Théorème 12.1
Soient f , g deux fonctions continues sur I, et soit α un réel, alors :
– f + g , f × g et α f sont continues sur I.
f
– Si g ne s’annule pas sur I alors g est continue sur I.
– Si h : J → R est une fonction continue sur l’intervalle J et si f (I) ⊂ J, alors h ◦ f est continue sur I.

Preuve : Ceci découle des propriétés des limites, par exemple : lim f = f (a) et lim g = g (a), donc lim( f +g ) = f (a)+g (a)
a a a
(somme de limites finies), ce qui prouve que f + g est continue en a. Les autres points se démontrent de la même façon.

Conséquences :
a) Il découlent des théorèmes généraux que C 0 (I, R) est une R-algèbre pour les opérations usuelles sur
les fonctions.
b) Si f et g sont continues sur I alors sup( f , g ) et inf( f , g ) le sont (en particulier f + et f − le sont), car
f +g +| f −g | f +g −| f −g |
NT
sup( f , g ) = 2 et inf( f , g ) = 2 .

(
ln(1+x)(x−π)
sin(x) si 0 < x < π
FExercice 12.2 Étudier la continuité de la fonction f avec f (x) = x
, y-a-t’il un prolongement
e − cos(x) si x 6 0
par continuité en π ?

II FONCTIONS CONTINUES SUR UN INTERVALLE

1) Théorème des valeurs intermédiaires

Théorème 12.2
Soit f : [a; b] → R une fonction continue sur le segment [a; b] (a < b), si f (a) et f (b) sont de signes
MO

contraires, alors f s’annule au moins une fois, i.e. : ∃ ` ∈ [a; b], f (`) = 0.

Preuve : Méthode dichotomique : on construit deux suites (récurrentes) (a n ) et (b n ) en posant a 0 = a, b 0 = b, puis pour
tout entier n :
a n +b n a n +b n
si f ( 2 ) et f (a n ) sont de signes contraires, alors on pose a n+1 = a n et b n+1 = 2 (moitié de gauche), sinon,
a n +b n
on pose a n+1 = 2 et b n+1 = b n (moitié de droite).
On montre ensuite par récurrence, la propriété :
b−a
P(n) : « a n , b n ∈ [a; b], b n − a n = 2n , f (a n ) et f (b n ) sont de signes contraires ».
a +b
Pour n = 0 : rien à faire. Si c’est vrai pour un entier n > 0 : alors a n et b n sont dans [a; b], donc c n = n 2 n aussi
(milieu).
a +b
Si f (c n ) et f (a n ) sont de signes contraires, alors b n+1 = n 2 n et a n+1 = b n , on voit donc que a n+1 et b n+1 sont dans
b −a
[a, b], que b n+1 − a n+1 = n 2 n = 2b−a n+1 , que f (a n+1 ) et f (b n+1 ) sont de signes contraires, et que a n 6 a n+1 et b n+1 6 b n .
Si f (c n ) et f (a n ) ont le même signe, alors d’après l’hypothèse de récurrence, f (c n ) et f (b n ) sont de signes contraires,
a +b b −a
on a alors a n+1 = n 2 n et b n+1 = b n , on voit donc que a n+1 et b n+1 sont dans [a, b], que b n+1 − a n+1 = n 2 n = 2b−a n+1 ,
que f (a n+1 ) et f (b n+1 ) sont de signes contraires, et que a n 6 a n+1 et b n+1 6 b n .

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Fonctions continues sur un intervalle Chapitre 12 : Continuité

La propriété est donc vraie pour tout entier n, de plus la suite (a n ) est croissante, et la suite (b n ) est décroissante.
Comme b n − a n = b−a 2n → 0, les deux suites sont adjacentes. Elles ont donc une limite commune c ∈ [a; b] (passage à la
limite). La fonction f étant continue en c, on a f (a n ) → f (c) et f (b n ) → f (c), donc f (a n ) × f (b n ) → f (c)2 , or pour tout
n, f (a n ) × f (b n ) 6 0, donc f (c)2 6 0 (passage à la limite), et donc f (c) = 0. 
Remarque 12.2 –

NE
– Cette méthode permet de calculer des valeurs approchées de `. Dans la preuve ci-dessus, on a pour
tout n, a n est une valeur approchée de ` (solution de f (x) = 0) par défaut à b−a 2n près car |a n − `| =
b−a
` − a n 6 b n − a n = 2n . De même, pour tout n, b n est une valeur approchée de ` par excès à b−a
2n près car
|b n − `| = b n − ` 6 b n − a n = b−a
2n . Voici un algorithme en python :

Listing 12.1: dichotomie


1 def dichotomie (f ,a ,b , epsilon ) : # f continue et f ( a ) * f ( b ) <=0 avec a < b
2 while b - a >= epsilon :
3 milieu = ( a + b ) /2.
4 if f ( a ) * f ( milieu ) <= 0: # f s ' annule dans la première moitié
5 b = milieu
6 else :

AIG
7 a = milieu # f s ' annule dans la deuxième moitié
8 return ( a + b ) /2.

Invariant : on peut vérifier que la proposition P(k) : « Bk − Ak = B−A


2k
, et f (Ak ) × f (Bk ) 6 0 », est un
invariant de la boucle while, qui permet de prouver la fonction, et sa terminaison. Quelques exemples
d’utilisation de cet algorithme :

Cf
Cf Cf

a c b a c b a c b

a0 b0 a0 b0 a0 b0
a1 b1 a1 b1 a1 b1
a2 b2 a2 b2 a2 b2
NT
a3 b3 a3 b3 a3 b3
a4 b4 a4 b4 a4 b4
f continue en c f discontinue en c f ne change pas de signe.

– Il découle de ce théorème que si f : I → R est continue sur l’intervalle I et si f change de signe, alors f
s’annule au moins une fois sur I.
– Une fonction continue sur un intervalle et qui ne s’annule pas, garde un signe constant. Ceci est faux si I
n’est pas un intervalle, par exemple la fonction x 7→ x1 sur R∗ .

FExercice 12.3 Montrer que tout polynôme (réel) de degré impair admet au moins une racine réelle.

Théorème 12.3 (des valeurs intermédiaires)


MO

Si f : I → R est continue sur l’intervalle I, alors f (I) est un intervalle.


Plus précisément, si a, b ∈ I et si α est un réel compris entre f (a) et f (b), alors il existe c entre a et b
tel que f (c) = α.

Preuve : Soient a, b deux réels distincts de I, supposons a < b, soit α un réel compris entre f (a) et f (b), posons
g (t ) = f (t ) − α, alors g est continue sur l’intervalle [a; b] et g (a) et g (b) sont de signes contraires. D’après le théorème
précédent, il existe c ∈ [a; b] tel que g (c) = 0, i.e. f (c) = α.
Posons J = f (I) et soient u < v deux éléments de J, alors il existe a, b ∈ I (distincts) tels que f (a) = u et f (b) = v. Soit
α ∈ [u, v], alors il existe c entre a et b tel que f (c) = α donc α ∈ J, ce qui prouve que J est un intervalle. 

2) Continuité sur un segment

Théorème 12.4
L’image d’un segment [a; b] par une fonction continue est un segment [m; M].

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Fonctions continues sur un intervalle Chapitre 12 : Continuité

Preuve : Soit f : [a; b] → R une fonction continue sur le segment [a; b], posons J = f ([a; b]), on sait que J est un intervalle.
Posons m = la borne de gauche de J, et M la borne de droite (dans R), il existe une suite (y n ) de J qui tend vers m,
or y n ∈ f ([a; b]), donc il existe x n ∈ [a; b] tel que f (x n ) = y n . La suite (x n ) est une suite de [a; b], elle est donc bornée,
d’après le théorème de Bolzano-Weierstrass on peut en extraire une suite convergente : x σ(n) → `, par passage à la limite
on a ` ∈ [a; b], mais alors f (x σ(n) ) → f (`) car f est continue, c’est à dire y σ(n) → f (`), or y σ(n) → m, donc m = f (`). Ceci

NE
prouve que m est un réel et que m ∈ J, donc m = min(J). De même on montre que M est un réel que M ∈ J, finalement
J = [m; M]. 
Remarque 12.3 – Il en découle qu’une fonction continue sur un segment possède un maximum (M) et un
minimum (m). On dit aussi parfois qu’une fonction continue sur un segment est bornée et atteint ses bornes.

3) Uniforme continuité
Dans la définition de « f est continue en a », on a :

∀ ε > 0, ∃ α > 0, ∀ x ∈ I, |x − a| < α =⇒ | f (x) − f (a)| < ε.

Dans cette définition, le réel α dépend de a (et de ε bien entendu). On va distinguer dans la suite le cas où α

AIG
ne dépend que de ε :

Définition 12.3
On dit que la fonction f : I → R est uniformément continue sur I lorsque :
∀ ε > 0, ∃ α > 0, ∀ a, x ∈ I, |x − a| < α =⇒ | f (x) − f (a)| < ε.

Remarque 12.4 –
a) Cette définition dépend aussi de l’ensemble I, on dit qu’elle a un caractère global, alors que la définition
de la continuité en un point est locale car elle ne dépend que du point (pas de l’ensemble I).
b) La définition d’uniforme continuité est plus forte que la définition de continuité. Autrement dit, une
fonction uniformément continue sur I est nécessairement continue sur I. Nous verrons que la réciproque
est fausse en général.
NT
Définition 12.4 (fonction lipschitzienne)
On dit que la fonction f : I → R est lipschitzienne lorsqu’il existe une constante K ∈ R+ tel que :
∀ x, y ∈ I, | f (x) − f (y)| 6 K|x − y|.
Ce qui signifie que tous les taux d’accroissements de f sont majorés en valeur absolue par K.

c) Soit k ∈ R+ , une fonction K-lipschitzienne sur I est nécessairement uniformément continue sur I. En effet,
ε
une telle fonction vérifie pour tout x, y ∈ I, | f (x) − f (y)| 6 K|x − y|n, par conséquent, si on prend α = k+1
k
alors on a | f (x) − f (y)| 6 k+1 ε < ε. Nous verrons dans le chapitre sur la dérivation, que si f est dérivable
et si f 0 est majorée en valeur absolue par une constante K, alors f est K-lipschitzienne (par contre si f 0
n’est pas bornée, alors la fonction ne peut pas être lipschitzienne). Par exemple, les fonctions sin et cos
sont 1-lipschitziennes.
MO

ZExemples :
– La fonction x 7→ x 2 est uniformément continue sur tout segment [a; b] (car lipschitzienne). Pour la
même raison, les fonctions sin et cos sont uniformément continues sur R.
p p p p
– La fonction x 7→ x est uniformément continue sur [0; +∞[. Car pour x, y > 0, | x − y| 6 |x − y|,
il suffit donc de prendre α = ε2 dans la définition. Cependant nous verrons que cette même fonction
n’est pas lipschitzienne sur [0; +∞[ (dérivée non bornée).
– La fonction x 7→ x 2 n’est pas uniformément continue sur R. Si c’était le cas : avec ε = 1 il existe α > 0
p p
tel que ∀ x, y ∈ R, |x − y| < α =⇒ |x 2 − y 2 | < 1. Prenons x n = n + 1 et y n = n alors x n − y n ∼ 2p1 n → 0,
donc pour n assez grand on aura |x n − y n | < α d’où |x n2 − y n2 | < 1 i.e. 1 < 1 ce qui est absurde.

p
FExercice 12.4 Étudier l’uniforme continuité des fonctions x 7→ cos( x) et x 7→ cos(x 2 ) sur [0; +∞[.

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Continuité et fonctions monotones Chapitre 12 : Continuité

Théorème 12.5 (de Heine 1 )


Toute fonction continue sur un segment est uniformément continue.

Preuve : Par l’absurde : on suppose qu’il existe ε > 0 tel que :

NE
∀ α > 0, ∃ x, y ∈ I, |x − y| < α et | f (x) − f (y)| > ε.
1 1
En prenant α = n+1 pour chaque valeur de n ∈ N, on construit deux suites (x n ) et (y n ) de I telles que |x n − y n | < n+1
et | f (x n ) − f (y n )| > ε. La suite (x n ) étant bornée (car I est un segment), on peut en extraire une suite convergente :
1
x σ(n) → `. Par passage à la limite on ` ∈ I. L’inégalité |x n − y n | < n+1 pour tout n entraîne que y σ(n) → `. La fonction f
étant continue en `, on a f (x σ(n) ) → f (`) et f (y σ(n) ) → f (`), donc | f (x σ(n) ) − f (y σ(n) )| → 0, ce qui donne par passage à
la limite, 0 > ε ce qui est absurde. Donc f est uniformément continue sur I. 

FExercice 12.5 Montrer qu’une fonction continue sur un segment strictement positive, est minorée par un réel strictement
positif.

III CONTINUITÉ ET FONCTIONS MONOTONES

AIG
1) Image d’un intervalle

Théorème 12.6
Si f est strictement croissante et continue sur l’intervalle I, alors :
• lorsque I = [a; b], on a f (I) = [ f (a); f (b)],
• lorsque I = [a; b[, on a f (I) = [ f (a); lim f [,
b
• lorsque I =]a; b], on a f (I) =] lim f ; f (b)],
a
• lorsque I =]a; b[, on a f (I) =] lim f ; lim f [.
a b

Preuve : Montrons par exemple le cas où I = [a; b[, on sait que J = f (I) est un intervalle car f est continue sur I. La
borne de droite de J est la limite de f en b (finie ou +∞, la limite non atteinte car la monotonie est stricte), la borne de
gauche de J est f (a) qui le minimum de f , donc f (I) = [ f (a); lim f [. Les autres cas se traitent de la même façon, on a
b
NT
évidemment un énoncé analogue lorsque f est strictement décroissante. 

Attention !
Lorsque la monotonie n’est pas stricte, il se peut que les limites aux bornes exclues soit atteintes.

2) Monotonie et continuité

Théorème 12.7
Si f : I → R est monotone sur l’intervalle I et si f (I) est un intervalle, alors f est nécessairement
continue sur I.

Preuve : Quitte à changer f en − f , on peut supposons f croissante sur I. Soit a ∈ I un élément de I qui n’est pas la
MO

borne inférieure de I. Si x ∈ I avec x < a, alors f (x) 6 lim



f 6 f (a), ce qui entraîne que lim

f ∈ f (I). D’autre part, si x > a,
a a
alors f (x) > f (a). On en déduit que l’intervalle ] lim

f , f (a)[ est inclus dans f (I) mais il ne contient aucun élément de
a
f (I), cet intervalle est donc vide, i.e. lim

f = f (a), ce qui prouve que f est continue à gauche en a. Le raisonnement est
a
analogue pour montrer la continuité à droite en a (si a n’est pas la borne de droite de I). 
Remarque 12.5 – Ce théorème énonce une réciproque du théorème des valeurs intermédiaires, mais elle n’est
valable que pour les fonctions monotones.

Théorème 12.8
Si f : I → R est continue sur l’intervalle I et injective, alors f est strictement monotone.

Preuve : Soient a < b deux éléments de I, f étant injective, f (a) 6= f (b), quitte à changer f en − f , on peut supposer
f (a) < f (b), montrons alors que f est strictement croissante sur I :

1. HEINE Heinrich Eduard (1821 – 1881) : mathématicien allemand qui travailla sur la théorie des fonctions.

MPSI3 (2016-17) LYCÉE M ONTAIGNE – 115 – ©Fradin Patrick – http://mpsi.tuxfamily.org


Extension aux fonctions à valeurs complexes Chapitre 12 : Continuité

– Étape 1 : soit x ∈]a; b[, si f (x) > f (b), alors un réel c ∈] f (b); f (x)[ aura un antécédent dans ]x; b[ (théorème des
valeurs intermédiaires), et un antécédent dans ]a; x[ car on a aussi c ∈] f (a); f (x)[, ce qui contredit l’injectivité
de f , donc f (x) < f (b). De la même façon, on montre que f (x) > f (a). En conclusion, si x ∈]a; b[, alors f (a) <
f (x) < f (b).
– Étape 2 : soit x ∈ I avec x < a, si f (x) > f (b) alors d’après l’étape 1 (appliquée à − f ), on devrait avoir f (x) >

NE
f (a) > f (b) ce qui est absurde, donc f (x) < f (b), mais alors l’étape 1 (en échangeant a et x) nous dit que
f (x) < f (a) < f (b). En conclusion, si x < a alors f (x) < f (a).
– Étape 3 : soit x ∈ I avec x > b, comme ci-dessus, on montre que f (x) > f (b).
– Étape 4 : soient x < y deux éléments de I :
• Si x < y 6 a : on sait que f (x) < f (a), mais alors l’étape 1 entraîne que f (x) < f (y).
• Si x 6 a < y : on sait alors que f (x) 6 f (a) < f (y), donc f (x) < f (y).
• Si a < x < y : alors on sait que f (a) < f (y), mais alors l’étape 1 entraîne que f (x) < f (y).
Dans tous les cas, f (x) < f (y), f est strictement croissante.


3) Théorème des bijections


Soit f : I → R une fonction strictement monotone, alors f est injective, donc f induit une bijection f˜ de I

AIG
sur f (I), la bijection réciproque est :

f˜−1 : f (I) → I
x 7→ y défini par y ∈ I et f (y) = x

De plus, la bijection a le même sens de variation que f , en effet, supposons f croissante et soient y < y 0 deux
éléments de f (I), alors il existe x, x 0 ∈ I, tels que f (x) = y et f (x 0 ) = y 0 ; si on avait x > x 0 alors on aurait y > y 0
ce qui est contradictoire, donc x < x 0 i.e. f˜−1 (y) < f˜−1 (y 0 ).
D’autre part, dans un repère orthonormé du plan, on a :
½ ½
x ∈ f (I) y ∈I
M(x, y) ∈ C f˜−1 ⇐⇒ ⇐⇒ ⇐⇒ M0 (y, x) ∈ C f .
y = f˜−1 (x) f (y) = x

On en déduit que les courbes représentatives des fonctions f et f˜−1 sont symétriques par rapport à la
NT
première bissectrice.
Le théorème suivant apporte une précision sur la continuité de la réciproque :

Théorème 12.9
Si f : I → R est strictement monotone sur l’intervalle I, alors f induit une bijection de I sur J = f (I). Si
de plus f est continue sur I, alors la bijection réciproque est continue sur J.

Preuve : I étant un intervalle et f continue, l’ensemble J = f (I) est un intervalle, donc la bijection réciproque f˜−1 est
monotone et transforme l’intervalle J en l’intervalle I, d’après un des théorèmes précédents, f˜−1 est continue sur J. 

IV EXTENSION AUX FONCTIONS À VALEURS COMPLEXES


MO

1) Continuité
Soit f : I → C une fonction à valeurs complexes, on pose u = Re( f ) et v = Im( f ).

Définition 12.5
On dira que f est continue sur I lorsque lim f = f (t 0 ). L’ensemble des fonctions continues sur I est
t0
noté C 0 (I, C).

Remarque 12.6 – D’après le chapitre sur les limites, on a vu que :


lim f = f (t 0 ) si et seulement si lim u = u(t 0 ) et lim v = v(t 0 ), par conséquent on peut dire que :
t0 t0 t0
f est continue en t 0 si et seulement si Re( f ) et Im( f ) sont continues en t 0 .
1
ZExemple : La fonction t 7→ e i t est continue sur R, la fonction t 7→ 1+i t aussi.

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Solution des exercices Chapitre 12 : Continuité

2) Propriétés
Compte tenu de la définition, on retrouve des propriétés analogues au cas réel, à une exception près.
– On retrouve les mêmes théorèmes généraux, en particulier C 0 (I, C) est une C-algèbre.
– Si f est continue sur I, alors les fonctions f et | f | aussi.

NE
– Si f : [a; b] → C est continue sur le segment [a; b], alors f est bornée et atteint ses bornes, c’est à dire, il
existe t 0 , t 1 ∈ [a; b] tels que :
| f (t 0 )| = sup | f (t )| et f (t 1 )| = inft ∈[a;b] | f (t )|.
t ∈[a;b]
En effet : la fonction | f | est continue sur [a; b] et à valeurs réelles, on sait donc qu’elle admet un
minimum et un maximum.
– Si f : [a; b] → C, est continue sur le segment [a; b], alors f est uniformément continue (théorème de
Heine). p
En effet : cela découle de l’égalité : | f (t ) − f (t 0 )| = |u(t ) − u(t 0 )|2 + |v(t ) − v(t 0 )|2 , et du théorème de
Heine pour les fonctions à valeurs réelles.

Attention ! (Le théorème des valeurs intermédiaires n’est plus vrai)

AIG
Par exemple, la fonction f (t ) = e i t est continue sur [0; 2π], 0 est compris entre f (π) = −1 et f (0) = 1, mais 0 ∉
f ([0; 2π]) car f ne s’annule pas (ici f [0; 2π]) n’est pas un intervalle, mais un cercle !).

V SOLUTION DES EXERCICES


NT
MO

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NE
Chapitre 13

Dérivation

Sommaire
I Dérivée première . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118

AIG
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 118
2) Théorème généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 119
3) Dérivabilité à gauche et à droite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
4) Dérivée d’une bijection réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 120
II Applications de la dérivation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
1) Théorème de Rolle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
2) Les accroissements finis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
3) Sens de variation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
III Dérivées successives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
1) Classe d’une application . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 123
2) Formule de Leibniz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 124
3) Classe d’une composée . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
4) Classe d’une réciproque . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
IV Extension aux fonctions à valeurs complexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
NT
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 125
2) Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
3) Classe d’une fonction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 126
V Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127

I DÉRIVÉE PREMIÈRE

1) Définition
Origine géométrique :

La droite qui joint les points M(t , f (t )) et


MO

M0 (t 0 , f (t 0 )) (sécante) a pour équation :

f (t ) − f (t 0 )
M y= (x − t 0 ) + f (t 0 )
f (t ) t − t0
Lorsque l’on rapproche t de t 0 , cette droite pi-
vote autour du point M0 et, lorsque la courbe est
régulière, semble rapprocher d’une position « li-
M0 mite » qui nous définirons comme la tangente au
f (t 0 ) point M0 . Le coefficient directeur de cette droite
« limite » doit être la limite lorsque t tend vers t 0
t t0
du coefficient directeur de la sécante, c’est dire
f (t )− f (t )
lim t −t0 0 .
t →t 0

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Dérivée première Chapitre 13 : Dérivation

Définition 13.1
Soit f : I → R une fonction et soit t 0 ∈ I, on dit que f est dérivable en t 0 lorsque la fonction : t 7→
f (t )− f (t 0 )
t −t 0 admet une limite finie en t 0 . Si c’est le cas, cette limite est notée f 0 (t 0 ) et appelée nombre
dérivé de f en t 0 . Lorsque f est dérivable en tout point de I on dit que f est dérivable sur I et la

NE
df
fonction de I vers R qui à t associe f 0 (t ) est appelée dérivée de f sur I, on la note f 0 ou bien d t .
L’ensemble des fonctions dérivables sur I est noté D(I, R). Si le plan est muni d’un repère orthonormé
et si f est dérivable en t 0 , la droite d’équation y = f 0 (t 0 )(x − t 0 )+ f (t 0 ) est appelée tangente à la courbe
au point d’abscisse t 0 . Si le taux d’accroissement de f en t 0 a une limite infinie et si f est continue en
t 0 , alors on dit que la courbe admet une tangente verticale au point d’abscisse t 0 , d’équation x = t 0 .

Remarque 13.1 – Les fonctions trigonométriques, logarithme, exponentielle, polynomiales et rationnelles sont
dérivables sur leur ensemble de définition. Mais :

Attention !
La fonction valeur absolue et la fonction x 7→ x α avec 0 < α < 1, ne sont pas dérivables en 0. La fonction partie

AIG
entière n’est pas dérivable aux points entiers relatifs (pas continue).

Théorème 13.1 (définition équivalente)


f est dérivable en t 0 et f 0 (t 0 ) = a si et seulement si f (t ) = f (t 0 ) + a(t − t 0 ) + (t − t 0 )o (1).
t0
On dit alors que f admet un développement limité d’ordre 1 en t 0 .

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

2) Théorème généraux

Théorème 13.2 (Dérivabilité et continuité)


Si f est dérivable en t 0 , alors f est continue en t 0 mais la réciproque est fausse.
NT
Preuve : Il suffit d’appliquer la définition équivalente ci-dessus pour voir que lim f = f (t 0 ). Pour la réciproque, on a par
t0
exemple la fonction t 7→ |t | qui est continue en 0 mais non dérivable. 

Théorème 13.3 (Théorèmes généraux)


• Si f et g sont dérivables sur I et si α ∈ R alors les fonctions f + g , f × g et α f sont dérivables sur I
avec les formules :
– ( f + g )0 = f 0 + g 0 .
– ( f × g )0 = f 0 × g + f × g 0 .
– (α f )0 = α f 0 . ³ ´0
−f 0
• Si f est dérivable sur I et ne s’annule pas alors 1f est dérivable sur et 1f = f 2 .
• Si f est dérivable sur I et si g est dérivable sur J avec Im( f ) ⊂ J, alors g ◦ f est dérivable sur I et
MO

(g ◦ f )0 = f 0 × [g 0 ◦ f ].

Preuve : Les deux premiers points ne posent pas de difficultés, passons au troisième : soit x 0 = f (t 0 ), posons :
( g (x)−g (x
0)
x−x 0 si x 6= x 0
h(x) = 0
g (x 0 ) si x = x 0

g ( f (t ))−g ( f (t 0 )) f (t )− f (t )
alors h est continue en x 0 et pour t 6= t 0 on a : t −t 0 = h[ f (t )] × t −t0 0 , même si f (t ) = f (t 0 ), comme f est
g ( f (t ))−g ( f (t 0 ))
continue en t 0 , on a : lim t −t 0 = h(x 0 ) × f 0 (t 0 ) = f 0 (t 0 ) × g 0 ( f (t 0 )). 
t →t 0
Du troisième point découlent les formules de dérivation usuelles :

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Dérivée première Chapitre 13 : Dérivation
Fonction Dérivée
sin(u) u 0 cos(u)
cos(u) −u 0 sin(u)
u0
tan(u) u 0 (1 + tan(u)2 ) = cos(u) 2

u 0 ch(u)

NE
sh(u)
ch(u) u 0 sh(u)
u0
th(u) u 0 (1 − th(u)2 ) = ch(u) 2

eu u0e u
u0
ln(|u|) u
uα 0 α−1
αu u

Remarque 13.2 – Il découle des théorèmes généraux que pour les opérations usuelles sur les fonctions D(I, R)
est un anneau et un R-espace vectoriel.

FExercice 13.1
(
x 2 sin( x1 ) si x 6= 0

AIG
1/ Étudier la dérivabilité de : f (x) = .
0 si x = 0
2/ Étudier la dérivabilité de : f (x) = |x ln(|x|)|.

3) Dérivabilité à gauche et à droite

Définition 13.2
Soit f : I → R une fonction, et soit t 0 ∈ I :
• Si t 0 6= inf(I) : on dit que f est dérivable à gauche en t 0 lorsque le taux d’accroissement de f a une
limite finie à gauche en t 0 . Si c’est le cas, cette limite est notée f g0 (t 0 ) et la demi-droite d’équation
(
y = f g0 (t 0 )(x − t 0 ) + f (t 0 )
, est appelée demi-tangente à la courbe au point d’abscisse t 0 .
x 6 t0
• Si t 0 6= sup(I) : on dit que f est dérivable à droite en t 0 lorsque le taux d’accroissement de f a une
limite finie à droite en t 0 . Si c’est le cas, cette limite est notée f d0 (t 0 ) et la demi-droite d’équation
NT
(
y = f d0 (t 0 )(x − t 0 ) + f (t 0 )
, est appelée demi-tangente à la courbe au point d’abscisse t 0 .
x > t0

ZExemples :
– La fonction valeur absolue est dérivable à gauche en 0, et f g0 (0) = −1, elle est dérivable à droite en 0 et
f d0 (0) = 1, mais elle n’est pas dérivable en 0 car −1 6= 1, on dit que le point de la courbe d’abscisse 0 est
un point anguleux.
p
– La fonction f (t ) = |t | n’est pas dérivable en 0, le taux d’accroissement tend vers +∞ en 0+ et vers
−∞ en 0− , on dit que le point de la courbe d’abscisse 0 est un point de rebroussement de première
espèce.
MO

Théorème 13.4
Soit t 0 un point intérieur à I, f est dérivable en t 0 ssi f est dérivable à gauche et à droite en t 0 avec
f g0 (t 0 ) = f d0 (t 0 ).

Preuve : Cela découle des propriétés des limites. 

4) Dérivée d’une bijection réciproque

Théorème 13.5
Si f : I → R est une fonction continue strictement monotone, alors f induit une bijection de I sur
J = Im( f ). Soit y 0 = f (t 0 ) ∈ J (t 0 ∈ I), si f est dérivable en t 0 et si f 0 (t 0 ) 6= 0, alors la bijection réciproque,
1 1
φ, est dérivable en y 0 et φ0 (y 0 ) = f 0 (t 0)
= f 0 ◦φ(y 0)
. Si f est dérivable en t 0 et f 0 (t 0 ) = 0, alors φ n’est pas

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Applications de la dérivation Chapitre 13 : Dérivation
dérivable en y 0 mais la courbe représentative de φ admet une tangente verticale au point d’abscisse
y0.

φ(y)−φ(y 0 ) t −t 0
Preuve : Soit t 0 ∈ I et y 0 = f (t 0 ), pour y ∈ J \{y 0 }, on a y−y 0 = f (t )− f (t 0 ) en posant t = φ(y), φ étant continue, lorsque
t −t 0 1 0
y t oy 0 , on a t → t 0 et donc → car f (t 0 ) 6= 0. Ce qui prouve le premier résultat.

NE
f (t )− f (t 0 ) f 0 (t 0 )
0 t −t 0
Si f (t 0 ) = 0, comme f est monotone la fraction f (t )− f (t 0 ) garde un signe constant, donc sa limite lorsque y → y 0 est
infinie, ce qui prouve le second résultat. 
Remarque 13.3 –
– Si f : I → J est bijective, continue, dérivable et si f 0 ne s’annule pas sur I, alors d’après le théorème
précédent, f −1 est dérivable sur J et on a la formule :
¢0 1
f −1 =
¡
.
f 0 ◦ f −1

– Si f n’est pas dérivable en t 0 mais si sa courbe a une tangente verticale en ce point, alors f −1 est dérivable
¢0
en y 0 = f (t 0 ) et f −1 (y 0 ) = 0 (car le taux d’accroissement de f en t 0 a une limite infinie en t 0 ).
¡

AIG
ZExemples :
– La fonction ln :]0; +∞[→ R est une fonction continue, strictement croissante, dérivable et sa dérivée ne
s’annule pas. Sa bijection réciproque, la fonction exponentielle, est donc dérivable sur R et :

1
∀ x ∈ R, exp(x)0 = = exp(x).
ln0 ◦ exp(x)

– La fonction f : [− π2 ; π2 ] → [−1; 1] définie par f (x) = sin(x) est bijective, continue, dérivable et sa dérivée
( f 0 (x) = cos(x)) ne s’annule pas sur ] − π2 ; π2 [, donc la bijection réciproque arcsin, est dérivable sur
] − 1; 1[ et :
1 1 1
arcsin0 (x) = 0 = =p .
f (arcsin(x)) cos(arcsin(x)) 1 − x2
– La fonction f : [0; π] → [−1; 1] définie par f (x) = cos(x) est bijective, continue, dérivable et sa dérivée
( f 0 (x) = − sin(x)) ne s’annule pas sur ]0; π[, donc la bijection réciproque arccos, est dérivable sur ]−1; 1[
NT
et :
1 −1 −1
arccos0 (x) = 0 = =p .
f (arccos(x)) sin(arccos(x)) 1 − x2
Par contre la fonction arccos n’est pas dérivable en ±1 (une tangente verticale en ces points).
– La fonction f : ] − π/2; π/2[→ R définie par f (x) = tan(x) est bijective, continue, dérivable et sa dérivée
( f 0 (x) = 1 + tan(x)2 ) ne s’annule pas, donc la bijection réciproque arctan, est dérivable sur R et :

1 1 1
arctan0 (x) = = = .
f 0 (arctan(x)) 1 + tan2 (arctan(x)) 1 + x2

II APPLICATIONS DE LA DÉRIVATION
MO

1) Théorème de Rolle

Théorème 13.6
Soit f : [a; b] → R dérivable sur ]a; b[ et soit t 0 ∈]a; b[. Si f admet un extremum local en t 0 , alors
f 0 (t 0 ) = 0, mais la réciproque est fausse.

f (t )− f (t 0 )
Preuve : Supposons que f présente un maximum local en t 0 , alors à gauche en t 0 on a t −t 0 > 0, d’où par passage à
f (t )− f (t 0 )
la limite en t 0 : f 0 (t 0 ) > 0. À droite en t 0 on a : t −t 0
0
6 0, d’où par passage à la limite en t 0 : f (t 0 ) 6 0, par conséquent
3
f 0 (t 0 ) = 0. Pour la réciproque il suffit de considérer la fonction x 7→ x en 0. 
Remarque 13.4 – Dans le théorème ci-dessus, il est essentiel que t 0 ne soit pas une borne de l’intervalle. Par
exemple la fonction f (t ) = 1 + t admet un maximum sur [0; 1] en t 0 = 1 mais f 0 (t 0 ) 6= 0.

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Applications de la dérivation Chapitre 13 : Dérivation

Théorème 13.7 (de Rolle 1 )


Si f : [a; b] → R est continue sur [a; b], dérivable sur ]a; b[ et si f (a) = f (b), alors :
il existe c ∈]a; b[, f 0 (c) = 0.

NE
Preuve : Si f est constante alors il n’y a rien à montrer. Si f n’est pas constante, Im( f ) = [m; M] ( f est continue sur le
segment [a; b]) avec m < M. Supposons f (a) 6= M, alors f (b) 6= M or il existe c ∈ [a; b] tel que f (c) = M donc c ∈]a; b[,
d’après la proposition précédente (maximum global en c) on a f 0 (c) = 0. Si f (a) = M alors f (a) 6= m et le même
raisonnement s’applique avec le minimum. 
Remarque 13.5 –
– Ce théorème est faux si f n’est pas continue en a ou en b (prendre f (x) = x sur [0; 1[ et f (1) = 0).
– Ce théorème est faux si f est à valeurs complexes, par exemple f (t ) = e i t , on a f (0) = f (2π) mais
f 0 (t ) = i e i t ne s’annule jamais.

FExercice 13.2 Soit f : R → R une fonction dérivable qui admet n racines distinctes, alors f 0 admet au moins n −1 racines
distinctes.

AIG
2) Les accroissements finis

Théorème 13.8 (égalité de accroissements finis)


Si f : [a; b] → R est continue sur [a; b] et dérivable sur ]a; b[ alors :
∃c ∈]a; b[, f (b) − f (a) = (b − a) f 0 (c).

Preuve : Soit φ(t ) = t f (b) − f (a) − (b − a) f (t ), la fonction φ est continue sur [a; b] et dérivable sur ]a; b[, de plus
¡ ¢

φ(a) = a f (b) − b f (a) = φ(b), d’après le théorème de Rolle, il existe c ∈]a; b[ tel que φ0 (c) = 0, ce qui donne la relation. 

Remarque 13.6 –
– De même, si f et g sont continues sur [a; b] et dérivables sur ]a; b[, il existe c ∈]a; b[ tel que :
( f (b) − f (a))g 0 (c) = (g (b) − g (a)) f 0 (c).
0 f (b)− f (a)
– L’égalité s’écrit aussi : f (c) = b−a , ce qui signifie géométriquement qu’il existe un point de la courbe
(d’abscisse c) où la tangente est parallèle à la corde définie par le point d’abscisse a et le point d’abscisse
b.
NT
f (b)− f (a)
– Autre preuve : soit g la fonction affine prenant la même valeur que f en a et b, g (x) = b−a (x − a) +
f (a). On a f (a) − g (a) = f (b) − g (b), d’après le théorème de Rolle il existe c ∈]a; b[ tel que f 0 (c) = g 0 (c) ce
f (b)− f (a)
qui donne f 0 (c) = b−a .

A
MO

a c1 c2 b

Théorème 13.9 (inégalité des accroissements finis)


Si f : [a; b] → R est continue sur [a; b], dérivable sur ]a; b[ et s’il existe deux réels m et M tels que
∀ x ∈]a; b[, m 6 f 0 (x) 6 M, alors :
m(b − a) 6 f (b) − f (a) 6 M(b − a).

Preuve : Celle-ci découle directement de l’égalité des accroissement finis. 


Applications :
– Si ∀ t ∈]a; b[, | f 0 (t )| 6 M, alors | f (b) − f (a)| 6 M(b − a), et plus généralement :
∀ x, y ∈ [a; b], | f (x) − f (y)| 6 M|x − y|, la fonction f est M-lipschitzienne.
Réciproquement, si f est M-lipschitzienne sur un intervalle I, alors tous les taux d’accroissements sont majorés
en valeur absolue par M, et donc par passage à la limite, | f 0 | 6 M.

1. ROLLE Michel (1652 – 1719) : mathématicien français.

MPSI3 (2016-17) LYCÉE M ONTAIGNE – 122 – ©Fradin Patrick – http://mpsi.tuxfamily.org


Dérivées successives Chapitre 13 : Dérivation

– Si f : [a; b] → [a; b] est continue sur [a; b], dérivable sur ]a; b[ et si | f 0 | 6 k < 1, alors la suite définie par u 0 ∈ [a; b]
et u n+1 = f (u n ) est convergente, et converge vers un point fixe de f , et ce point fixe est unique.
Preuve : La suite u est parfaitement définie. La fonction f possède un point fixe ` dans [a; b] (on montre que
g : x 7→ f (x) − x s’annule car continue et change de signe), on a alors |u n+1 − `| = | f (u n ) − f (`)| 6 k|u n − `|, on en
déduit que |u n − `| 6 k n |u 0 − `| → 0 car |k| < 1, et donc u n → `. 

NE
p p
ZExemple : Pour tout x, y de [1; +∞[, on a | x − y| 6 12 |x − y|. ∀x > 0, x+1
1
6 ln(x + 1) − ln(x) 6 x1 .

Théorème 13.10 (limite de la dérivée)


Soit f : [a; b] → R continue sur [a; b] et dérivable sur [a; b[. Si f 0 admet une limite ` en b, alors :
• Si ` ∈ R alors f est dérivable en b et f 0 (b) = `.
• Si ` = ±∞ alors f n’est pas dérivable en b, mais il y a une tangente verticale pour la courbe réprésen-
tative.

Preuve : D’après l’égalité des accroissements finis, pour t ∈ [a; b[, il existe c t ∈]t ; b[ tel que f (b)− f (t ) = (b−t ) f 0 (c t ) = (b−
f (t )− f (b) f (t )− f (b)
t ) f 0 (c t ), d’où t −b = f 0 (c t ), mais si t tend vers b, alors c t tend vers b et donc f 0 (c t ) tend vers `, d’où : lim t −b = `,
t →b
ce qui termine la preuve. 

AIG
Remarque 13.7 – Si f 0 n’a pas de limite en b, on ne peut rien dire en général.
On a un résultat analogue pour f : [a; b] → R continue sur [a; b], dérivable sur ]a; b], avec lim f 0 (t ) = `.
t →a

ZExemple : La fonction arcsin est dérivable sur ] − 1; 1[ et arcsin (x) = 0 p 1 ,


cette dérivée a pour limite +∞
1−x 2
quand x → 1. On retrouve ainsi que arcsin n’est pas dérivable en 1 et qu’il y a une tangente verticale en ce
point pour la courbe.

3) Sens de variation

Théorème 13.11

Soit f : I → R une fonction continue sur l’intervalle I, et dérivable sur I privé des ses bornes (noté I,
intérieur de I), on a les résultats suivants :

• f est croissante si et seulement si ∀ t ∈ I, f 0 (t ) > 0.
NT

• f est décroissante si et seulement si ∀ t ∈ I, f 0 (t ) 6 0.

• f est constante si et seulement si ∀ t ∈ I, f 0 (t ) = 0.

• f est strictement croissante si et seulement si ∀ t ∈ I, f 0 (t ) > 0 et il n’existe aucun intervalle ouvert
non vide inclus dans I sur lequel f 0 est constamment nulle.

• f est strictement décroissante si et seulement si ∀ t ∈ I, f 0 (t ) 6 0 et il n’existe aucun intervalle ouvert
non vide inclus dans I sur lequel f 0 est constamment nulle.


Preuve : Si f est croissante sur I, soit t 0 ∈ I, le taux d’accroissement de f en t 0 est toujours positif, donc par passage à la

limite, on a f 0 (t 0 ) > 0. Réciproquement, si f 0 > 0 sur I, soit t < t 0 deux éléments de I, d’après l’égalité des accroissements
finis, il existe c compris entre t et t 0 (strictement) tel que f (t ) − f (t 0 ) = f 0 (c)(t − t 0 ) 6 0, donc f (t ) 6 f (t 0 ) i.e. f est
MO

croissante. Pour f décroissante on applique ce qui précède à − f . Pour f constante, il suffit de dire que f est à la fois
croissante et décroissante.

Si f est strictement croissante, alors on sait que f 0 > 0 sur I. Si f 0 est nulle sur un intervalle J ⊂ I, alors f est

constante sur J, ce qui est absurde. Réciproquement, si ∀ t ∈ I, f 0 (t ) > 0 et il n’existe aucun intervalle ouvert non vide
inclus dans I sur lequel f 0 est constamment nulle, soit t < t 0 deux éléments de I, on sait que f (t ) 6 f (t 0 ), si on avait
f (t ) = f (t 0 ) alors ∀ c ∈ [t ; t 0 ], f (t ) = f (c) = f (t 0 ), donc f est constante sur [t ; t 0 ], ce qui entraîne que f 0 est nulle sur
]t ; t 0 [ : absurde, donc f (t ) < f (t 0 ) i.e. f est strictement croissante. 
1
Remarque 13.8 – Ce théorème est faux si I n’est pas intervalle, par exemple la fonction f (t ) = t est dérivable
sur R∗ avec f 0 < 0, mais f n’est pas monotone sur R∗ .

III DÉRIVÉES SUCCESSIVES

1) Classe d’une application

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Dérivées successives Chapitre 13 : Dérivation

Définition 13.3
Soit f : I → R une fonction et soit n ∈ N∗ . On dit que f est de classe C n sur I lorsque f est n fois
dérivable sur I et que la dérivée n e de f est continue sur I. L’ensemble des fonctions de classe C n sur I
dn f
est noté C n (I, R). La dérivée n e de f est notée f (n) où d t n . Par convention, on pose f (0) = f , on a alors

NE
¢0
∀ n ∈ N, f (n+1) = f (n) .
¡

Remarque 13.9 –
– C n+1 (I, R) ⊂ C n (I, R).
– Si f ∈ C n (I, R) avec n > 1, alors ∀ k ∈ J0 ; n K, f (k) ∈ C n−k (I, R).
ZExemples :
– ∀ n ∈ N, f : t 7→ e t est de classe C n sur R, et f (n) (t ) = e t .
(
p n (n)
0 si n > p
– Soit p ∈ N, ∀ n ∈ N, f : t 7→ t est de classe C sur R, et f (t ) = p! p−n
.
(p−n)! x sinon
1 (−1)n n!
– ∀ n ∈ N, f : t 7→ t est de classe C n sur R∗ , et f (n) (t ) = t n+1
.

AIG
n−1
– ∀ n ∈ N, f : t 7→ ln(t ) est de classe C n sur ]0; +∞[, et pour n > 1, f (n) (t ) = (−1) t n(n−1)! .
– ∀ n ∈ N, cos et sin sont de classe C n sur R et cos(n) (t ) = cos(t + n π2 ), sin(n) (t ) = sin(t + n π2 ).

Définition 13.4
Lorsque f est de classe C n pour tout entier n, on dit que f est de classe C ∞ , l’ensemble des ces
T n
fonctions est noté C ∞ (I, R), et on a donc C ∞ (I, R) = C (I, R).
n∈N

Remarque 13.10 –
– ∀ n ∈ N, C ∞ (I, R) ⊂ C n (I, R).
– Dire que f est C ∞ sur I revient à dire que f est dérivable autant de fois que l’on veut (infiniment
T n
dérivable), autrement dit C ∞ (I, R) = D (I, R).
n∈N

ZExemples :
NT
– Toute fonction polynomiale est C ∞ sur R (car la dérivée d’un polynôme est un polynôme).
– Toute fonction rationnelle est C ∞ sur son ensemble de définition (car la dérivée d’une fonction
rationnelle est une fonction rationnelle).
– Les fonctions ln, exp, cos, sin et tan sont C ∞ sur leur ensemble de définition.

FExercice 13.3 Étudier la classe sur R de la fonction f : x 7→ x 2 |x|.

Théorème 13.12 (prolongement de classe C n )


Soit f : [a; b[→ R une fonction de classe C n sur [a; b[ telle que toutes ses dérivées k e ont une limite
finie en b : ∀k ∈ J0 ; n K, ∃`k ∈ R, lim f (k) (x) = `k . Alors le prolongement de f obtenu en posant
x→b
f (b) = `0 , est un prolongement de classe C n sur [a; b], et on a ∀k ∈ J0 ; n K, f (k) (b) = `k .
MO

Preuve : Par récurrence sur n. Pour n = 0, c’est un prolongement par continuité de f en b. Supposons le théorème
établi au rang n et que f vérifie les hypothèses au rang n + 1, en appliquant (HR), le prolongement de f obtenu en
posant f (b) = `0 , est un prolongement de classe C n sur [a; b], et on a ∀k ∈ J0 ; n K, f (k) (b) = `k . Soit g = f (n) , alors g est
continue sur [a; b], de classe C 1 sur [a; b[ et lim g 0 (x) = `n+1 ∈ R, on en déduit que g est dérivable en b (théorème sur la
x→b
limite de la dérivée) et que g 0 (b) = `n+1 , ce qui entraîne que g 0 est continue en b. Finalement le prolongement de f est
bien de classe C n+1 sur [a; b], et f (k) (b) = `k pour k ∈ J0 ; n + 1K. 

2) Formule de Leibniz

Théorème 13.13 (généraux)


Si f et g sont de classe C n sur I alors :
• f + g est de classe C n sur I et ( f + g )(n) = f (n) + g (n) .
• ∀λ ∈ R, λ. f est de classe C n sur I et (λ. f )(n) = λ. f (n) .

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Extension aux fonctions à valeurs complexes Chapitre 13 : Dérivation
¢(n) Pn ¡ ¢
n (k)
• f × g est de classe C n sur I et on a la formule (de Leibniz) : f × g × g (n−k) .
¡
= k f
k=0

Preuve : Pour le dernier point : pour n = 0 le résultat est vrai. Supposons le dernier point démontré au rang n > 0
avec la formule de Leibniz, et supposons que f et g sont de classe C n+1 . En particulier f et g sont C n , donc f × g
n ¡ ¢

NE
¢(n) n (k) ¢(n)
× g (n−k) , on en déduit donc que f × g
¡ P ¡
aussi et f × g = k f est dérivable sur I (somme de produits
k=0
¢(n+1) n ¡ ¢ n ¡ ¢
n (k+1) n (k)
× g (n−k) + × g (n+1−k) , ce qui donne
¡ P P
de fonctions dérivables) et sa dérivée est f × g = k f k f
k=0 k=0
n ¡¡ ¢ ¡ n+1
(n+1) (n+1) n n ¢¢ (k) P ¡n+1¢ (k)
× g (n+1−k) , c’est à dire × g (n+1−k) , ce qui donne la formule au
P
f ×g + f ×g + k + k−1 f k f
k=1 k=0
rang n + 1, de plus cette somme est une somme de fonctions continues, ce qui prouve que f × g est bien de classe C n+1
sur I. 

Théorème 13.14
∀ n ∈ N ∪ {+∞}, C n (I, R) est un R-espace vectoriel et un anneau.

Preuve : Cela découle du théorème précédent (s.e.v et sous-anneau de F (I, R)). 

AIG
FExercice 13.4 Calculer de deux façons la dérivée n-ième en 0 de la fonction x 7→ (1 − x 2 )n . Quelle relation obtient-on ?

3) Classe d’une composée

Théorème 13.15
Soient f : I → R et g : J → R deux fonctions de classe C n avec Im( f ) ⊂ J, alors g ◦ f est de classe C n sur
I. En particulier, si f et g sont C ∞ alors g ◦ f aussi.

Preuve : Le théorème est vrai pour n = 0 (composée de deux fonctions continues), supposons le vrai au rang n > 0 et
supposons f et g de classe C n+1 , comme n + 1 > 1, f et g sont dérivables, donc g ◦ f est dérivable avec la formule
(g ◦ f )0 = f 0 × g 0 ◦ f , d’après l’hypothèse de récurrence, g 0 ◦ f est de classe C n (car g 0 et f sont de classe C n ), or f 0 est
également de classe C n , par conséquent f 0 × g 0 ◦ f est de classe C n , ce qui signifie que g ◦ f est de classe C n+1 . 
NT
Remarque 13.11 –
– Il existe une formule qui exprime (g ◦ f )0 en fonction des dérivées de f et de g , mais ce n’est pas une
formule simple.
– La fonction inverse g : x 7→ x1 est C ∞ sur R∗ , si f : I → R est une fonction de classe C n qui ne s’annule,
alors la composée, i.e. la fonction 1f , est de classe C n (même si n = ∞).
– On retrouve donc les mêmes théorèmes généraux que pour la continuité et la dérivabilité.

4) Classe d’une réciproque

Théorème 13.16
Soit f : I → J une bijection de I sur J = Im( f ), de classe C n avec n ∈ N∗ ∪ {∞}. Si f 0 ne s’annule pas sur
I, alors la bijection réciproque f −1 est de classe C n sur J (i.e. de même classe que f ).
MO

1
Preuve : On sait déjà que f −1 est dérivable sur J et que ( f −1 )0 = f 0 ◦ f −1
, on voit alors que f −1 est de classe C 1 sur J, le
théorème est donc vrai pour n = 1, supposons le vrai au rang n > 1 et supposons que f est C n+1 , par hypothèse de
récurrence f −1 est de classe C n , mais alors f 0 ◦ f −1 est une fonction de classe C n qui ne s’annule pas, donc son inverse
est de classe C n , i.e. ( f −1 )0 est C n , ce qui signifie que f −1 est de classe C n+1 sur J. 
ZExemples :
– Les fonctions arcsin et arccos sont de classe C ∞ sur ] − 1; 1[.
– La fonction arctan est de classe C ∞ sur R.

IV EXTENSION AUX FONCTIONS À VALEURS COMPLEXES

1) Définition
On adopte la même définition que dans le cas réel :

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Extension aux fonctions à valeurs complexes Chapitre 13 : Dérivation

Définition 13.5
f (t )− f (t )
On dira que f : I → C est dérivable en t 0 ∈ I si et seulement si la fonction t 7→ t −t0 0 définie sur
I \ {t 0 }, admet une limite finie (dans C) en t 0 . Si celle-ci existe, elle est notée f 0 (t 0 ). L’ensemble des
fonctions dérivables sur I est noté D(I, C).

NE
2) Propriétés

Théorème 13.17 (caractérisation)


Soit f : I → C une fonction, soit u = Re( f ) et v = Im( f ), alors f est dérivable en t 0 ∈ I si et seulement si
u et v sont dérivables en t 0 . Si tel est le cas, alors f 0 (t 0 ) = u 0 (t 0 ) + i v 0 (t 0 ).

Preuve : Il suffit d’écrire que :


f (t ) − f (t 0 ) u(t ) − u(t 0 ) v(t ) − v(t 0 )
= +i
t − t0 t − t0 t − t0
avec u = Re( f ) et v = Im( f ). 

AIG
À retenir
Il découle de ce théorème, que lorsque f est dérivable sur I, on a : Re( f 0 ) = Re( f )0 et Im( f 0 ) = Im( f )0 .

Comme la caractérisation nous ramène aux fonctions à valeurs réelles, on peut déduire les propriétés des
fonctions dérivables à valeurs complexes :
– On retrouve les mêmes théorèmes généraux, à savoir :
• Toute fonction f : I → C dérivable est continue (réciproque fausse).
• Si f , g : I → C sont dérivables, alors f + g , f × g et λ f (λ ∈ C) sont dérivables avec les formules :
( f + g )0 = f 0 + g 0 , ( f × g )0 = f 0 × g + f × g 0 , (λ f )0 = λ f 0 .
g0
• Si g : I → C est dérivable et ne s’annule pas, alors g1 est dérivable sur I et ( g1 )0 = − g 2 . On en déduit que
³ ´0
f f 0 ×g − f ×g 0
si f est également dérivable sur I alors g = g2
.
• Si f : I → R et g : J → C sont dérivables avec Im( f ) ⊂ J, alors g ◦ f est dérivable sur I et (g ◦ f )0 =
NT
f 0 ×g0 ◦ f .
• Si f : I → C est dérivable alors exp( f ) est dérivable sur I et [exp( f )]0 = f 0 × exp( f ).
– Cependant, le théorème de Rolle n’est plus valable, par exemple la fonction f (t ) = exp(i t ) est dérivable
sur R et f 0 (t ) = i exp(i t ), on a f (0) = f (2π) mais f 0 ne s’annule pas. Par conséquent l’égalité des
accroissements finis n’est plus valable non plus, mais on conserve les inégalités.

Théorème 13.18 (inégalité des accroissements finis généralisée)


Si f : I → C est une fonction C 1 sur [a; b], et si ∀ t ∈]a; b[, | f 0 (t )| 6 g 0 (t ) où g : [a; b] → R est une
fonction C 1 sur [a; b], alors :
| f (b) − f (a)| 6 |g (b) − g (a)|.
MO

Remarque 13.12 –
– Si ∀ t ∈]a; b[, | f 0 (t )| 6 M, alors en prenant la fonction g (t ) = Mt , et en appliquant le théorème ci-dessus,
on obtient :
| f (b) − f (a)| 6 M|b − a|.
– Sous les mêmes hypothèses du théorème, on a ∀x, y ∈ [a; b], | f (x) − f (y)| 6 |g (x) − g (y)|.
ZExemple : Avec f (t ) = exp(αt ) où α = a + i b ∈ C avec a 6= 0, on a | f 0 (t )| = |α| exp(at ) = g 0 (t ), par conséquent :
|α|
∀ t , t 0 ∈ R, | exp(αt ) − exp(αt 0 )| 6 | exp(at ) − exp(at 0 )|.
|a|

3) Classe d’une fonction


On donne la même définition avec les mêmes notations que pour les fonctions à valeurs réelles, à savoir :
f : I → C est de classe C n ssi f est n fois dérivable et f (n) est continue sur I, ce qui revient à dire que les

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Solution des exercices Chapitre 13 : Dérivation

parties réelle et imaginaire de f sont de classe C n . L’ensemble des fonctions de classe C n sur I est noté
C n (I, C), et on pose C ∞ (I, C) =
T n
C (I, C) : ensemble des fonctions de classe C ∞ .
n∈N
On retrouve les mêmes théorèmes généraux : C n (I, C) est une C-algèbre (n ∈ N ∪ {∞}). La formule de
Leibniz reste valable, et la composée de deux fonctions de classe C n est également de classe C n .

NE
p
FExercice 13.5 Soit f (t ) = cos(t ) exp(t 3), calculer f (n) (t ).

V SOLUTION DES EXERCICES

Solution 13.1 Il suffit d’appliquer le théorème de Rolle à la fonction f entre deux racines consécutives. On montre ainsi
qu’entre deux racines de f il y a toujours une racine de f 0 .
p p
Solution 13.2 On a f (t ) = Re(g (t )) avec g (t ) = exp(t (i + 3)) = exp(αt ) en posant α = 3 + i = 2 exp(i π6 ). On a donc
p
g (n) (t ) = αn exp(αt ) et f (t ) = Re(αn exp(αt )) = 2n cos(t + n π6 ) exp(t 3).

AIG
NT
MO

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NE
Chapitre 14

Développements limités

Sommaire
I Développements limités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128

AIG
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
2) Formule de Taylor-Young . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
3) Développements usuels en 0 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 129
II Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
1) Généralités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
2) Règles de calculs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 130
3) Développements usuels (compléments) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 131
III Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
1) Recherche d’une limite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
2) Étude locale d’une fonction au voisinage d’un point . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 132
3) Étude locale au voisinage de l’infini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
4) Recherche d’un équivalent . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
IV Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 133
NT
I DÉVELOPPEMENTS LIMITÉS

1) Définition

Définition 14.1
Soit f : I → C une fonction et soit a ∈ I ou une borne réelle de I. Soit n ∈ N, on dit que f admet un
développement limité d’ordre n en a (ou un dln (a)) lorsqu’il existe un polynôme P de degré au plus n
tel que :
f (x) = P(x − a) + o (x − a)n .
¡ ¢
a

Si c’est le cas, alors le polynôme P(x − a) est appelé partie régulière du dln (a).
MO

Remarque 14.1 –
– On notera Cn [X] l’ensemble des polynômes de degré au plus n et à coefficients complexes.
n
a k (x − a)k , dans la pratique on ne développe jamais les termes (x − a)k .
P
– On a P(x − a) =
k=0
– Le reste du dln (a) , c’est à dire o ((x − a)n ) peut aussi se mettre sous la forme (x − a)n ε(x) où lim ε(x) = 0.
a x→a
– C’est le reste qui donne l’ordre du dln (a).

2) Formule de Taylor-Young

Définition 14.2 (polynôme de Taylor et reste)


Soit f : I → C une fonction, et soit a ∈ I, si f possède des dérivées jusqu’à l’ordre n en a, alors on
appelle polynôme de Taylor de f en a à l’ordre n, la fonction polynomiale notée Tn, f ,a définie par :
n f (k) (a)
P k
Tn, f ,a (x) = k! (x − a) .
k=0

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Développements limités Chapitre 14 : Développements limités
La différence f (x) − Tn, f ,a (x) est notée Rn, f ,a (x) est appelée reste de f en a à l’ordre n.

£ ¤0
Remarque 14.2 – Si f est n + 1 fois dérivable en a, alors Tn+1, f ,a (x) = Tn, f 0 ,a (x).

NE
Théorème 14.1
Si f est définie et continue au voisinage de a et si f (x) = o ((x − a)n ) avec n ∈ N, alors au voisinage de
Rx a
a, on a a f (t ) dt = o (x − a)n+1 .
¡ ¢
a

Preuve : On écrit f (t ) = (t − a)n α(t ) avec lim α(t ) = 0. On se donne ε > 0, dans un voisinage V de a on aura | f (t )| 6
t →0
¯R x Rx n+1
|t − a|n ε, pour x > a dans V, on obtient ¯ a f (t ) dt ¯ 6 ε a (t − a)n dt = ε (x−a) < (x − a)n+1 ε. De même pour x < a dans
¯
n+1
R x
a f (t ) dt
¯R x Rx
V, on vérifie que ¯ a f (t ) dt ¯ < |x − a|n+1 ε. Ce qui montre que lim (x−a) n+1
¯ ¡ ¢
n+1 = 0 et donc a f (t ) dt = o (x − a) . 
x→a a

Théorème 14.2 (formule de Taylor-Young)


Soit n ∈ N, soit f : I → C une fonction de classe C n sur l’intervalle I et a ∈ I, on a : Rn, f ,a (x) = o ((x − a)n ),

AIG
a
n f (k) (a)
P k n
c’est à dire : f (x) = k! (x − a) + o ((x − a) ).
k=0 a

Preuve : Par récurrence sur n : pour n = 0 f (x) = f (a) + ( f (x) − f (a)), et f (x) − f (a) = o (1), car f est continue
a
en a. Supposons le théorème démontré au rang n, et supposons f de classe C n+1 sur I, alors f 0 est de classe
C n , l’hypothèse de récurrence s’applique à f 0 : f 0 (t ) = Tn, f 0 ,a (t ) + o ((t − a)n ), en intégrant entre a et x, on obtient
a
n f 0(k) (a)
k+1 n+1
P ¡ ¢
f (x) − f (a) = (k+1)! (x − a) + o (x − a) , en appliquant le théorème précédent pour l’intégration du o, un
k=0 a
nf 0(k) (a) ¢ n+1
P f (k) (a)
k+1
+ o (x − a)n+1 = k
+ o (x − a)n+1 .
P ¡ ¡ ¢
changement d’indice donne alors f (x) = f (a) + (k+1)! (x − a) k! (x − a)
k=0 a k=0 a

Remarque 14.3 – Sous les mêmes hypothèses, on peut écrire qu’il existe une fonction ε telle que :
f (x) = Tn, f ,a (x) + (x − a)n ε(x) avec lim ε(x) = 0.
x→a
NT
Théorème 14.3
Soit f : I → C et soit a ∈ I, si f est de classe C n sur l’intervalle I, alors f admet un dln (a) et sa partie
régulière est Tn, f ,a (x), c’est à dire son polynôme de Taylor en a à l’ordre n. Si f est de classe C ∞ sur I,
alors f admet un dl en tout point de I et à n’importe quel ordre.

3) Développements usuels en 0

À retenir
n
xk
+ o (x n ).
P
– exp(x) = k! 0
MO

k=0
n k
(−1)k−1 xk + o (x n ).
P
– ln(1 + x) =
k=1 0
n 2k+1
x
(−1)k (2k+1)! + o x 2n+2 (il s’agit du dl2n+2 (0)).
P ¡ ¢
– sin(x) =
k=0 0
n 2k
x
(−1)k (2k)! + o x 2n+1 (il s’agit d’un dl2n+1 (0)).
P ¢ ¡
– cos(x) =
k=0 0
n
x 2k+1 2n+2
P ¡ ¢
– sh(x) = (2k+1)! +o x (il s’agit du dl2n+2 (0)).
k=0 0
n
x 2k
+ o x 2n+1 (il s’agit d’un dl2n+1 (0)).
P ¡ ¢
– ch(x) = (2k)!
k=0 Ã !0 Ã !
n α α α(α − 1) · · · (α − k + 1)
– (1 + x)α = x k + o x n , où
P ¡ ¢
= , formule des coefficients du binôme
k=0 k 0 k k!
n
1
(−1)k x k + o (x n ).
P
généralisée. En particulier : 1+x =
k=0 0

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Propriétés Chapitre 14 : Développements limités

II PROPRIÉTÉS

1) Généralités

Théorème 14.4 (troncature)

NE
Si f admet un dln (a) alors pour tout entier p ∈ J0 ; n K, f admet un dlp (a) dont la partie régulière
s’obtient en tronquant la partie régulière du dln (a) au degré p.

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

Théorème 14.5 (unicité du dl)


Si f admet un dln (a) alors celui-ci est unique.

Preuve : Par récurrence sur n. Au rang 0 c’est évident avec un passage à la limite. Supposons l’unicité montrée au rang
n − 1. Si f a deux dln (a), alors par troncature elle a deux dln−1 (a), ils sont donc égaux, ce qui donne après simplification
αn (x − a)n + o ((x − a)n ) = βn (x − a)n + o ((x − a)n ), en simplifiant par (x − a)n (pour x 6= a), et par passage à la limite en
a a
a, on obtient αn = βn et on a bien l’unicité au rang n. 

AIG
Changement de variable
On peut toujours se ramener en a = 0 :
– On pose u = x − a, on a alors f (x) = f (u + a) = g (u), d’où :

f admet un dln (a) ⇐⇒ ∃ P ∈ Cn [X], f (x) = P(x − a) + o (x − a)n


¡ ¢
a
¡ n¢
⇐⇒ ∃ P ∈ Cn [X], g (u) = P(u) + o u
0
⇐⇒ g admet un dln (0).

– Si f est définie au voisinage de ±∞ : on pose u = x1 , on a alors f (x) = f ( u1 ) = g (u). Si g admet un dln (0) ;
alors il existe un polynôme P ∈ Cn [X] tel queg (u) = P(u) + o (u n ), ce qui donne f (x) = P( x1 ) + o x1n , on
¡ ¢
0 ±∞
1
dit alors que f admet un développement asymptotique en x d’ordre n en ±∞, on remarquera que la
partie régulière n’est pas un polynôme en x mais en x1 .
NT
Théorème 14.6
• f admet un dl0 (a) si et seulement si f admet une limite finie en a.
• f admet un dl1 (a) si et seulement si f admet un prolongement continu dérivable en a.
• Si f admet un dln (0), alors la partie régulière a la même parité que f .

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

Attention !
Une fonction peut avoir un dl2 (a) sans être deux fois dérivable en a.

FExercice 14.1 Soit f (x) = exp(− x12 ) sin(exp( x12 )), montrer que f admet des développements limités à n’importe quel
MO

ordre en 0, mais qu’elle n’est pas deux fois dérivable en 0.

2) Règles de calculs

Théorème 14.7
Si f , g admettent un dln (0), f (x) = P(x) + o (x n ) et g (x) = Q(x) + o (x n ), avec P, Q ∈ Cn [X].
0 0
– DL d’une combinaison linéaire : ∀ λ ∈ C, λ f + g admet un dln (0) dont la partie régulière en λP(x) +
Q(x).
– DL d’un produit : f (x) × g (x) admet un dln (0) dont la partie régulière est [P(x)Q(x)]n (polynôme
P(x) × Q(x) tronqué au degré n).
– DL d’une composée : si lim g (x) = 0, alors f (g (x)) admet un dln (0) dont la partie régulière est
x→0
[P(Q(x))]n .
– Intégration des DL : si f 0 admet un dln (0) dont la partie régulière est P(x), alors f admet un dln+1 (0)
Rx
dont la partie régulière est : f (0) + 0 P(t ) d t .

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Propriétés Chapitre 14 : Développements limités
1
– Inversion d’un DL : si lim f (x) = a 6= 0, alors f (x) admet un dln (0) qui s’obtient en composant le
x→0
1 f (x)−a
dln (0) de 1+u avec celui de a , et en multipliant par a1 .

Preuve : Donnons un exemple pour la composition avec n = 2 : f (x) = a + bx + c x 2 + x 2 u(x) et g (x) = αx + βx 2 + x 2 v(x),
avec u et v de limite nulle en 0, on en déduit en composant : f (g (x)) = a + b(αx + βx 2 + x 2 v(x))) + c(αx + βx 2 +

NE
v(x))2 + (αx + βx 2 + x 2 v(x))2 u(g (x)), ce qui donne après
¡ ¢avoir développer et regrouper les puissances de x strictement
supérieures à 2 : f (g (x)) = a + bαx + [bβ + cα2 ]x 2 + o x 2 , on peut vérifier que la partie régulière est la troncature au
0
degré 2 de P(Q(x)). Rx
Pour l’intégration cela découle de la propriété déjà établie : 0 o (t n ) dt = o x n+1 .
¡ ¢
0 0
1 1 1 1 f (x)−a
Pour f (x) : comme a 6= 0, on a f (x) = a 1+ f (x)−a , et a −→ 0, donc la règle de composition s’applique. 
a x→0

Attention !
Il n’y a pas de propriété de dérivation de DL. Par exemple, on vérifiera que la fonction définie par f (x) = x 2 sin( x1 )
avec f (0) = 0, admet un dl1 (0) (dont la partie régulière est nulle), mais f 0 n’a pas de limite fine en 0, donc f 0 n’a pas
de dl0 (0).

AIG
3) Développements usuels (compléments)
n
1−x n+1
xk =
P
Pour x 6= 1, on a 1−x , on en déduit :
k=0

1 n x n+1 Xn
xk + xk + o xn .
X ¡ ¢
= =
1 − x k=0 1 − x k=0 0

En substituant −x à x, on obtient :
1 n
(−1)k x k + o x n .
X ¡ ¢
=
1 + x k=0 0

En intégrant ce dernier développement entre 0 et x, on obtient :


n x k+1
NT
(−1)k + o x n+1 .
X ¡ ¢
ln(1 + x) =
k=0 k +1 0

En substituant x 2 à x dans l’avant dernier, on obtient :


1 n
k 2k
X ¡ 2n+1 ¢
= (−1) x + o x c’est un dl2n+1 (0).
1 + x 2 k=0 0

En intégrant ce dernier développement entre 0 et x, on obtient :


n x 2k+1
(−1)k + o x 2n+2 .
X ¡ ¢
arctan(x) =
k=0 2k + 1 0

On a :
MO

à !
n −1/2
1
xk + o xn .
X ¡ ¢
p =
1 + x k=0 k 0

(2kk )
= (−1)k 1×3×...×(2k−1)
¡−1/2¢
Or k k!2k
= (−1)k 4k
, on a finalement :
¡2k ¢
1 n
(−1) kk x k + o x n .
k
X ¡ ¢
p =
1 + x k=0 4 0

On en déduit que :
¡2k ¢
1 n
k 2k
¡ 2n+1 ¢
X
p = x + o x .
1 − x 2 k=0 4k 0

En intégrant entre 0 et x, obtient :


¡2k ¢
n
k
x 2k+1 + o x 2n+2 .
X ¡ ¢
arcsin(x) = k
k=0 4 (2k + 1) 0

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Applications Chapitre 14 : Développements limités

et :
¡2k ¢
π Xn
k
x 2k+1 + o x 2n+2 .
¡ ¢
arccos(x) = − k
2 k=0 4 (2k + 1) 0

NE
ZExemples :
– Calculer un dl3 (0) de exp(sin(x)).
3 2 3
On a sin(x) = x − x6 + o x 3 et exp(u) = 1 + u + u2 + u6 + o u 3 . Comme lim sin(x) = 0, on peut appli-
¡ ¢ ¡ ¢
0 0 x→0
quer le théorème de composition, et composer les parties régulières jusqu’à l’ordre 3, ce qui donne
2
exp(sin(x)) = 1 + x + x2 + o x 3 .
¡ ¢
0
– Calculer un dl4 (0) de (1 + sin(x))x .
3
L’expression est égale à exp[x ln(1 + sin(x))]. Un dl3 (0) de sin(x) est sin(x) = x − x6 + o x 3 , et ln(1 + u) =
¡ ¢

3 2 3 ¡ 0¢
u − u2 + u3 + o u 3 , on obtient par composition, ln(1 + sin(x)) = x − x2 + x6 + o x 3 et donc x ln(1 +
¡ ¢
0
3 4 2 ¡ ¢ 0
sin(x)) = x 2 − x2 + x6 + o x 4 . On a également exp(v) = 1 + v + v2 + o v 2 , d’où par composition :
¡ ¢
0 0
3 4
exp[x ln(1 + sin(x))] = 1 + x 2 − x2 + 2 x3 + o x 4 .
¡ ¢

AIG
0
– Calculer un dl5 (0) de tan(x) :
3
x5
1
. sin(x) = x − x6 + 120 1
+ o x 5 . D’autre part cos(x) 1
¡ ¢
On a tan(x) = sin(x) × cos(x) = 1+u avec u = cos(x) − 1,
0
x2 x4 1
comme u → 0, on pourra donc composer, cos(x) − 1 = − 2 + 24 + o x et 1+u = 1 − u + u 2 + o u 2 , ce
¡ 5¢ ¡ ¢
0 0
2
x4
1
= 1 + x2 + 5 24 + o x 5 . On effectue ensuite le produit avec le dl de sin(x), ce qui donne
¡ ¢
qui donne : cos(x)
0
3 5
tan(x) = x + x3 + 2x
¡ 5¢
15 + o x .
0
Autre méthode : on a tan(x) = 0 + o (1), d’où 1 + tan(x)2 = 1 + o (1), en intégrant, on obtient tan(x) =
0 0
3
x + o (x). Puis on recommence : 1 + tan(x)2 = 1 + x 2 + o x 2 et donc tan(x) = x + x3 + o x 3 , mais alors
¡ ¢ ¡ ¢
0 0 0
4 3 5
1 + tan(x)2 = 1 + x 2 + 2x3 + o x 4 , et donc tan(x) = x + x3 + 2x
¡ ¢ ¡ 5¢
15 + o x ... etc
0 0

III APPLICATIONS
NT
1) Recherche d’une limite
2
ZExemple : Soit f (x) = xx(x−1)
−1−2x ln(x)
ln(x) , calculer lim f (x).
x→1
Il s’agit bien d’une forme indéterminée, on ramène le problème en 0 en posant u = x − 1, ce qui donne
2 2
f (x) = u +2u−2(1−u) ln(1+u)
u(1+u) ln(1+u) ∼ u +2u−2(1+u)
u2
ln(1+u)
. On cherche alors un dl2 (0) du numérateur, ce qui donne
¡ 2¢ 0
o u , on a donc f (x) = f (1 + u) ∼ o (1) et donc la limite cherchée est nulle.
0 0 0

x
FExercice 14.2 Calculer lim x 2 ln( 1+x ) + x − 1.
x→+∞
MO

2) Étude locale d’une fonction au voisinage d’un point


Si f a un dl2 (a), f (x) = a 0 + a 1 (x − a) + a 2 (x − a)2 + o (x − a)2 , alors on voit que lim f (x) = a 0 , on peut
¡ ¢
a x→a
donc prolonger f par continuité en a, en posant f (a) = a 0 (si ce n’est pas déjà fait !). Le taux d’accroissement
f (x)−a
en a s’écrit : x−a 0 = a 1 + o (1), donc ce prolongement est dérivable en a et f 0 (a) = a 1 . L’équation de la
a
tangente à la courbe au point d’abscisse a est y = a 1 (x − a) + a 0 , et l’étude de la position courbe-tangente se
fait en étudiant le signe de f (x) − [a 0 + a 1 (x − a)] = (x − a)2 [a 2 + o (1)], d’où la discussion :
a
– si a 2 > 0 : alors au voisinage de a on a [a 2 + o (1)] > 0 et donc f (x) > a 0 + a 1 (x − a), i.e. la courbe est
a
au-dessus de sa tangente au voisinage de a.
– si a 2 < 0 : c’est la situation inverse.
– si a 2 = 0 : on ne peut rien dire, il faut aller plus loin dans le développement limité. Dans la pratique on
s’arrête au premier terme non nul de degré supérieur ou égal à 2.

x ln(x)
FExercice 14.3 Soit f (x) = x 2 −1
, effecter une étude locale en a = 1.

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Solution des exercices Chapitre 14 : Développements limités

3) Étude locale au voisinage de l’infini


Si f est définie au voisinage de ∞ et admet une limite infinie, alors on peut étudier la branche infinie
f (x)
de f de la manière suivante : on pose g (x) = x , on se ramène en 0 en posant u = 1/x, ce qui donne
g (x) = g (1/u) = u f (1/u), et on cherche un dl2 (0) de cette expression : u f (1/u) = a 0 + a 1 u + a 2 u 2 + o u 2 ,
¡ ¢

NE
0
ce qui donne en revenant à x, f (x) = a 0 x + a 1 + a 2 x1 + o x1 , d’où lim f (x) − [a 0 x + a 1 ] = 0, donc la droite
¡ ¢
∞ x→∞
d’équation y = a 0 x + a 1 est asymptote à C f au voisinage de ∞. Pour la position courbe-asymptote, on étudie
la différence : f (x) − [a 0 x + a 1 ] = x1 [a 2 + o (1)], l’étude du signe se fait comme dans le paragraphe précédent si

a 2 6= 0. Lorsque a 2 = 0 il faut aller plus loin dans le développement pour avoir le signe.
f (x)
Remarque 14.4 – Dans la pratique, on n’est pas obligé de passer par la fonction x , en travaillant directement
sur f (x).
q
3 x4
FExercice 14.4 f (x) = x−3 au voisinage de +∞.

4) Recherche d’un équivalent

AIG
Théorème 14.8
Si f admet un dln (a), alors f (x) est équivalente en a au terme non nul de plus bas degré de la partie
régulière, s’il existe.

Preuve : Soit a p (x − a)p le premier terme non nul, on a alors f (x) = a p (x − a)p + o ((x − a)p ) = (x − a)p [1 + o (1)], ce qui
a a
prouve l’équivalence annoncée. 
Remarque 14.5 –
– En se ramenant en 0, on peut également trouver un équivalent d’une fonction en ±∞.
– Avec ce théorème, on retrouve tous les équivalents dits « classiques ».

FExercice 14.5 Équivalent en 0 de la fonction f (x) = arcsin(x)


p
2
3x
− 3−2x 2.
1−x
NT
IV SOLUTION DES EXERCICES

Solution 14.1 On a pour tout entier n, f (x) = o (x n ), donc f admet des dl en 0 à n’importe quel ordre et la partie régulière
0
est nulle, en particulier f se prolonge par continuité en 0 en posant f (0) = 0, et ce prolongement est dérivable en 0 avec
f 0 (0) = 0. Pour x 6= 0, on a f 0 (x) = x23 f (x) − x23 cos(exp( x12 )), or la fonction x 7→ x14 cos(exp( x12 )) n’a pas de limite en 0
f 0 (x)
(considérer par exemple la suite u n = p 1 ), on en déduit que x n’a pas de limite en 0 et donc que f n’est pas deux
ln(nπ)
fois dérivable en 0.
Plus simplement, on peut montrer que la fonction définie par f (x) = x 3 sin( x1 ) avec f (0) = 0, admet un dl2 (0) (dont la
partie régulière est nulle), mais f 0 n’est pas dérivable en 0, donc f n’est pas deux fois dérivable en 0.

Solution 14.2 Il s’agit bien d’une forme indéterminée, on se ramène en 0 en posant u = 1/x, on a alors f (x) = f ( u1 ) =
−1
ln(1 + u) + u1 − 1, ce qui donne f ( u1 ) = −1 −1
2 + o (1), et donc la limite cherchée est 2 .
MO

u2 0

2
Solution 14.3 On pose u = x − 1 d’où f (x) = f (1 + u) = ln(1+u)
u
1
(1 + u) 2[1+u/2] , le calcul donne f (x) = f (1 + u) = 12 − u12 +
o u . On en déduit que f se prolonge par continuité en 1 en posant f (1) = 21 , ce prolongement est dérivable en 1 et
¡ 2¢
0
f 0 (1) = 0, de plus, au voisinage de 1, la courbe est en-dessous de la tangente. On a donc un maximum local en 1.

Solution 14.4 On voit que f est définie au voisinage de +∞ et que f (x) ∼ x, il y a donc une branche infinie de
+∞
direction asymptotique y = x. Posons u = x1 , on a alors f (x) = f ( u1 ) = u1 (1 − 3u)−1/3 = u1 (1 + u + 2u 2 + o u 2 ), d’où
¡ ¢
0
f (x) = x + 1 + x2 + o x1 . Donc la droite d’équation y = x + 1 est asymptote à la courbe de f en +∞, et au voisinage de
¡ ¢
+∞
+∞ la courbe de f est au-dessus.

2 4 3 5
p 1 = 1 + x2 + 3x8 + o x 5 , en intégrant on obtient arcsin(x) = x + x6 + 3x x5
¡ ¢ ¡ ¢
Solution 14.5 On a 40 + o , en effectuant le
1−x 2 0 0
3 5 2x 2 4
produit, il vient que : arcsin(x) = x + 2x3 + 8x 3x 1
+ 4x9 + o x 4 ] =
¡ 5¢ ¡ ¢
15 + o x . D’un autre côté, on a 3−2x 2 = x 1−2x 2 /3 = x[1 + 3
p
1−x 2 0 0
3 5 5 5
x + 2x3 + 4x9 + o x 5 . Finalement, on a f (x) = 4x x , et donc f (x) ∼ 4x
¡ ¢ ¡ 5¢
0 45 + o0 0 45
.

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NE
Chapitre 15

Structures algébriques

Sommaire
I Lois de composition interne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134

AIG
1) Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
2) Élément neutre . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
II Structure de groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
1) Définitions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 135
2) Sous-groupes d’un groupe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 136
III Anneaux et corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
1) Anneaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
2) Corps . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
IV Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139

I LOIS DE COMPOSITION INTERNE

1) Définitions
NT
Définition 15.1 (loi de composition interne)
Soit E un ensemble non vide. On appelle loi de composition interne (ou lci) dans E toute application
de E × E vers E. L’image d’un couple (x, y) ∈ E2 par une telle application est en général noté sous la
forme d’une opération avec un symbole : x + y ou x × y ou x ∗ y ou x.y ou xTy, ... Et on écrira (E, ∗)
pour dire que l’ensemble E est muni d’une lci notée ∗.

ZExemples :
– L’addition et la multiplication des nombres sont des lci dans N, dans Z, dans Q, dans R, dans C mais
pas dans [−2; 2] par exemple.
– L’addition et la multiplication des fonctions dans (F (A, C) sont des lci (A étant un ensemble non vide).
En particulier l’addition et la multiplication des suites sont des lci dans F (N, C).
MO

– Soit E un ensemble non vide, dans F (E, E), la composition des applications (dite loi ◦) est une lci.

x+y
FExercice 15.1 Soit E =] − 1; 1[. Pour x, y ∈ E, on pose x ∗ y = 1+x y . Montrer que l’on définit ainsi une lci dans E.

Définition 15.2 (associativité, commutativité)


Soit (E, ∗) un ensemble muni d’une lci.
• On dit que la loi est associative lorsque : ∀x, y, z ∈ E, x ∗ (y ∗ z) = (x ∗ y) ∗ z.
• On dit que deux éléments x et y de E commutent lorsque x∗y = y ∗x. Si tous les éléments commutent
deux à deux, non dit que la lci est commutative.

ZExemples :
– L’addition et la multiplication des nombres dans N, Z, Q, R, C, sont associatives et commutatives.
– L’addition et la multiplication des fonctions dans F (A, C) (A étant un ensemble non vide) sont associa-
tives et commutatives.

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Structure de groupe Chapitre 15 : Structures algébriques

– Dans (F (E, E), ◦), la loi est associative mais non commutative en général.
– Dans (R, ∗) avec x ∗ y = x − y pour tout x, y ∈ R, la loi est une lci non commutative (2 ∗ 3 = −1 mais
3 ∗ 2 = 1) et non associative ( (1 ∗ 2) ∗ 3 = (−1) ∗ 3 = −4 et 1 ∗ (2 ∗ 3) = 1 ∗ (−1) = 2).

x+y
FExercice 15.2 Soit E =]−1; 1[. Pour x, y ∈ E, on pose x∗y = 1+x y . Montrer que l’opération ∗ est associative et commutative.

NE
2) Élément neutre

Définition 15.3
Soit (E, ∗) un ensemble muni d’une lci et soit e ∈ E, on dit que e est un élément neutre pour la loi
∗ lorsque ∀x ∈ E, x ∗ e = e ∗ x = x. Dans le cas où l’opération est notée additivement, l’élément
neutre (s’il existe) est appelé noté en général 0E (zéro de E). Dans le cas où l’opération est notée
multiplicativement, l’élément neutre (s’il existe) est noté en général 1E (un de E).

ZExemples :

AIG
– L’élément neutre de l’addition des nombres est 0. Celui de la multiplication des nombres est 1.
– L’élément neutre de l’addition des fonctions dans (F (A, C) est la fonction constamment nulle. Celui de
la multiplication est la fonction constante x 7→ 1.
– Dans (F (E, E), ◦), idE est élément neutre.
– Dans (R, ∗) avec x ∗ y = x − y il y a un élément neutre à droite qui est 0 car ∀x ∈ R, x − 0 = x, mais il n’y
a pas d’élément neutre à gauche.

x+y
FExercice 15.3 Soit E =]−1; 1[. Pour x, y ∈ E, on pose x ∗ y = 1+x y . Montrer qu’il y a un élément neutre pour cette opération.
Remarque 15.1 – Si (E, ∗) possède un élément neutre, alors celui-ci est unique. En effet, si on a deux éléments
neutre e et e 0 , alors e ∗ e 0 = e car e 0 est neutre, et e ∗ e 0 = e 0 car e est neutre, d’où e = e 0 .

Définition 15.4
Soit (E, ∗) un ensemble muni d’une lci possédant un élément neutre e. On dit que x ∈ E est symétri-
sable lorsqu’il existe x 0 ∈ E tel que x ∗ x 0 = x 0 ∗ x = e. Si c’est le cas, on dit que x 0 est un symétrique
NT
de x. Dans le cas où l’opération est notée additivement, le symétrique de x est appelé opposé de x
et noté −x. Dans le cas où l’opération est notée multiplicativement, le symétrique de x est appelé
inverse de x et noté x −1 .

ZExemples :
– Dans (C, +), (R, +), (Q, +) et (Z, +), chaque élément possède un opposé, mais pas dans (N, +).
– Dans (C∗ , ×), (R∗ , ×), (Q∗ , ×), chaque élément possède un inverse, mais pas dans (Z∗ , ×).
– Dans (F (A, C), +) chaque fonction possède un opposé.
– Dans (F (A, C), ×), seules les fonctions qui ne s’annulent jamais ont un inverse.
– Dans (F (E, E), ◦), un élément f de F (E, E) a un symétrique si et seulement si il existe g dans F (E, E)
telle que f ◦ g = g ◦ f = idE , ce qui équivaut à dire que f est une bijection, auquel cas le symétrique de
MO

f est la bijection réciproque f −1 .

Théorème 15.1
Soit (E, ∗) un ensemble muni d’une lci associative et possédant un élément neutre e. Si un élément x
possède un symétrique x 0 dans E, alors celui-ci est unique.

Preuve : Si x 0 et x 00 sont deux symétriques de x, alors x 0 = x 0 ∗ e = x 0 ∗ (x ∗ x 00 ) = (x 0 ∗ x) ∗ x 00 = e ∗ x 00 = x 00 . 

x+y
FExercice 15.4 Soit E =] − 1; 1[. Pour x, y ∈ E, on pose x ∗ y = 1+x y . Montrer que chaque élément a un symétrique dans E.

II STRUCTURE DE GROUPE

1) Définitions

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Structure de groupe Chapitre 15 : Structures algébriques

Définition 15.5
Un groupe est un ensemble non vide G muni d’une opération ∗ (ou loi de composition) qui vérifie les
propriétés suivantes :
– elle doit être interne : ∀ x, y ∈ G, x ∗ y ∈ G.

NE
– elle doit être associative : ∀ x, y, z ∈ G, x ∗ (y ∗ z) = (x ∗ y) ∗ z.
– elle doit posséder un élément neutre : ∃ e ∈ G, ∀ x ∈ G, e ∗ x = x ∗ e = x. Si la loi est une addition
l’élément neutre sera noté 0G et on parlera de groupe additif. Si la loi est une multiplication,
l’élément neutre sera noté 1G et on parlera de groupe multiplicatif. Dans le cas général l’élément
neutre est souvent noté e G .
– tout élément de G doit avoir un symétrique dans G : ∀ x ∈ G, ∃ x 0 ∈ G, x ∗ x 0 = x 0 ∗ x = e G . En notation
additive, le symétrique de x est appelé opposé de x et noté −x, en notation multiplicative on
l’appelle inverse de x et on le note x −1 .
Lorsque toutes ces conditions sont remplies, on dit (G, ∗) est un groupe. Si en plus la loi ∗ est commu-
tative (∀ x, y ∈ G, x ∗ y = y ∗ x), alors on dit que (G, ∗) est un groupe abélien (ou groupe commutatif).

AIG
ZExemples :
– (Z, +), (Q, +), (R, +), (C, +), (Q∗ , ×), (R∗ , ×), (C∗ , ×) sont des groupes abéliens.
– (N, +) et (Z∗ , ×) ne sont pas des groupes.
– (F (I, C), +) est un groupe abélien pour l’addition des fonctions¯ (ou des suites si I = N).
© ª
– Si E est un ensemble non vide, on note S E = f : E → E f est bijective , alors (S E , ◦) est un groupe (non
¯
abélien en général), on l’appelle groupe des permutations de E.

À retenir : Règles de calculs


Soit (G, ∗) un groupe :
– Soient x, y ∈ G, le symétrique de x ∗ y est : (x ∗ y)0 = y 0 ∗ x 0 .
– Soient a, b ∈ G, l’équation a ∗ x = b admet comme unique solution dans G, x = a 0 ∗ b.
– Soient a, b, c ∈ G, si a ∗ b = a ∗ c alors b = c (régularité à gauche).
– Soient a, b, c ∈ G, si b ∗ a = c ∗ a alors b = c (régularité à droite).
NT
FExercice 15.5 Soit n > 2, dans Kn (K = R ou K = C) on définit l’addition :
(x 1 , . . . , x n ) + (y 1 , . . . , y n ) = (x 1 + y 1 , . . . , x n + y n ).
Montrer que (Kn , +) est un groupe abélien.

2) Sous-groupes d’un groupe

Définition 15.6
Soit (G, .) un groupe et H un ensemble, on dit que H est un sous-groupe de (G, .) lorsque :
H ⊂ G; H 6= ∅ et ∀ x, y ∈ H, x.y ∈ H, x −1 ∈ H.
MO

ZExemples :
– {e} et G sont des sous-groupes de (G, .), ils sont appelés sous-groupes triviaux de (G, .).
– Si (H, .) est un groupe inclus dans un groupe (G, .) pour la même loi, alors H est un sous-groupe de G,
car on vérifie facilement que l’élément neutre de G est forcément égal à l’élément neutre de H, ce qui
entraîne pour x ∈ H, que son symétrique dans G et son symétrique dans H sont les mêmes.
– (U, ×) et (Un , ×) sont des sous-groupes de (C∗ , ×).
– L’ensemble des fonctions définies sur R et 2π-périodiques est un groupe additif, car c’est un sous-
groupe de (F (R, R), +).
– L’ensemble des entiers pairs est un groupe additif, car c’est un sous-groupe de (Z, +).
– Z[i ] = {a + i b | a, b ∈ Z} est un sous-groupe de (C, +).
Remarque 15.2 – Si H est un sous-groupe de (G, .) alors (H, .) lui-même est un groupe (de même élément neutre
que G). Ceci est souvent utilisé dans la pratique pour montrer qu’un ensemble est un groupe pour une loi, on
essaie de montrer (quand c’est possible) que c’est un sous-groupe d’un groupe connu pour cette même loi.

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Anneaux et corps Chapitre 15 : Structures algébriques

Théorème 15.2 (sous-groupes de (Z, +))


H est un sous-groupe de (Z, +) si et seulement si il existe un entier n tel que H = n Z (ensemble des
multiples entiers de n). L’entier n est unique au signe près et si H 6= {0}, alors n = min H∗+ .

NE
Preuve : Il est facile de vérifier que pour n ∈ Z, nZ est un sous-groupe de Z. Si H = {0}, alors on peut prendre n = 0 et
c’est le seul entier qui convienne. Si H 6= {0}, posons, n = min H∗+ (n existe dans N, c’est la propriété fondamentale de
N), on a n ∈ H, comme H est un sous-groupe de (Z, +), tout multiple de n est dans H, i.e. nZ ⊂ H. Soit k ∈ H effectuons
la division euclidienne de k par n (n 6= 0) : k = nq + r avec 0 6 r < n. On a donc r = k − nq ∈ H+ , si r 6= 0 alors r > n
ce qui est absurde, donc r = 0 ce qui donne k = nq ∈ nZ, finalement H = nZ. Si on a aussi H = mZ avec m ∈ N, alors
nZ = mZ, donc n et m se divisent mutuellement dans N, donc n = m. 

Théorème 15.3 (sous-groupes de (R, +))


Soit G un sous-groupe de (R, +) non réduit à {0}, alors soit G est dense dans R, soit G est de la forme
G = αZ avec α > 0 réel.

Preuve : Il existe x ∈ G non nul, on a donc x et −x dans G, par conséquent G∗+ est non vide (et minoré par 0), soit
α = inf G∗+ .

AIG
– Si α 6= 0, alors α > 0 : supposons α ∉ G, alors on peut trouver deux éléments de G, g 1 et g 2 tels que α < g 1 < g 2 < 2α,
mais¥ alors 0 < g 2 − g 1 < α avec g 2 − g 1 ∈ G∗+ : absurde, donc α ∈ G. On en déduit alors que αZ ⊂ G. Soit g ∈ G et

n = α , alors nα 6 g < ((n + 1)α et donc 0 6 g − nα < α, on en déduit que g − nα est nul car c’est un élément
positif de G, d’où G = αZ. j k
x
– Si α = 0 : soit x ∈ R et ε > 0, il existe g ∈ G tel que 0 < g < ε, soit n = g alors ng 6 x < ng + g < ng + ε, donc
|x − ng | < ε avec ng ∈ G, donc G est dense dans R.


a
FExercice 15.6 Soient a, b ∈ R∗ , montrer que G = aZ + bZ est un sous-groupe de (R, +) dense dans R si et seulement si b
est irrationnel. En déduire que {cos(n) | n ∈ N} est dense dans [−1; 1].

Théorème 15.4 (propriétés des sous-groupes)


• Soit H ⊂ (G, ∗) non vide, alors H est un sous-groupe de (G, ∗) si et seulement si ∀x, y ∈ H, x ∗ y −1 ∈ G.
• Une intersection quelconque de sous-groupes de (G, ∗), est un sous-groupe de (G, ∗), mais ceci n’est
NT
pas vrai pour la réunion.

Preuve : Le premier point est laissé en exercice.


T
Soit (Hi )i ∈I une famille de sous-groupes de (G, ∗), posons K = Hi , ce sont des parties de G donc l’intersection
i ∈I
aussi : K ⊂ G. Tous les sous-groupes Hi contiennent l’élément neutre e de G, donc l’intersection aussi et par conséquent
K est non vide. Si x, y ∈ K, alors x, y sont dans tous les sous-groupes Hi , donc x ∗ y −1 aussi, par conséquent x ∗ y −1 est
dans l’intersection, i.e. x ∗ y −1 ∈ K, K est donc un sous-groupe de (G, ∗).
Donnons un contre-exemple pour la réunion : 2Z ∪ 3Z n’est pas un sous-groupe de (Z, +), car 2 et 3 sont dans la
réunion, mais pas 2 + 3 = 5, cet ensemble n’est donc pas stable pour l’addition (les autres conditions sont néanmoins
remplies).

MO

III ANNEAUX ET CORPS

1) Anneaux

Définition 15.7
Un anneau est un ensemble A muni de deux lois de composition internes : une addition et une
multiplication, qui vérifient :
– (A, +) est un groupe abélien.
– La multiplication :
• est associative,
• admet un élément neutre (noté 1).
• est distributive sur l’addition.
Si de plus la multiplication est commutative, on dit que (A, +, ×) est un anneau commutatif.

ZExemples :

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Anneaux et corps Chapitre 15 : Structures algébriques

– (Z, +, ×) est un anneau commutatif mais ce n’est pas un corps.


– (F (N, C), +, ×) est un anneau commutatif.
– Si E est un ensemble non vide, l’ensemble des fonctions de E dans C muni des opérations usuelles sur
les fonctions, est un anneau commutatif, i.e. (F (E, C), +, ×) est un anneau commutatif.
– Plus généralement, si (A, +, ×) est un anneau et E est un ensemble non vide, alors (F (E, A), +, ×) est un

NE
anneau.

À retenir : Règles de calculs dans un anneau


Soit (A, +, ×) un anneau :
– ∀ x ∈ A, x × 0 = 0 × x = 0.
– ∀ x, y ∈ A, −(x × y) = (−x) × y = x × (−y).
– ∀ x, y ∈ A, si x et y sont inversibles (pour la multiplication), alors x × y est inversible est (x × y)−1 =
y −1 × x −1 .
– Si x ∈ A et p ∈ Z alors on note p.x = 0 si p = 0, p.x = x +· · ·+x, p fois si p > 0, et p.x = (−x)+· · ·+(−x),
−p fois si p < 0. On note également x p = 1A si p = 0, x p = x × · · · × x, p fois si p > 0, et x p =
x −1 × · · · × x −1 , −p fois si p < 0 et x inversible.

AIG
– ∀ x, y ∈ A, si x et y commutent (x × y = y × x), alors on peut utiliser la formule du binôme, c’est à
dire : ∀ n ∈ N, (x + y)n = nk=0 nk .x k × y n−k = nk=0 nk .x n−k × y k .
P ¡ ¢ P ¡ ¢

– Si x, y ∈ A avec x × y = y × x alors ∀n ∈ N∗ : x n − y n = (x − y) n−1 a k b n−1−k .


P
k=0

Pn Pn
FExercice 15.7 Si x ∈ A, simplifier (1 − x) k=0
x k et (1 + x) k=0
(−1)k x k .

Théorème 15.5 (groupe des inversibles)


Soit (A, +, ×) un anneau, l’ensemble des inversibles de A est noté U(A), cet ensemble est un groupe
multiplicatif. (U(A), ×) est appelé groupe des unités de A.

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 


ZExemples :
– U(Z) = {±1}.
NT
– Si A est l’anneau des suites complexes, alors U(A) est l’ensemble des suites complexes qui ne s’annulent
pas.

Définition 15.8 (anneau intègre)


Soit (A, +, ×) un anneau. On dit que A est un anneau intègre lorsque le produit de deux éléments non
nuls est toujours non nul, sinon on dit que A est un anneau non intègre.

Remarque 15.3 –
– Dans un anneau intègre, un produit de facteurs est nul si et seulement si au moins un des facteurs est
nul.
– (Z, +, ×) est un anneau intègre.
MO

– L’ensemble des suites complexes est un anneau non intègre.

Définition 15.9 (sous-anneaux d’un anneau)


Soit (A, +, ×) un anneau, et soit H un ensemble, on dit que H est un sous-anneau de A lorsque :
– H ⊂ A.
– 1A ∈ H.
– ∀ x, y ∈ H, x + y ∈ H, x × y ∈ H et −x ∈ H.
Si c’est le cas, alors (H, +, ×) est lui-même un anneau.

ZExemple : Z[i ] est un sous-anneau de (C, +, ×).

Théorème 15.6
Une intersection de sous-anneaux de (A, +, ×) est un sous-anneau de A.

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

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Solution des exercices Chapitre 15 : Structures algébriques

2) Corps

Définition 15.10
Un corps est un ensemble E muni de deux opérations (ou deux lois de composition), une addition et
une multiplication. Ces deux opérations doivent vérifier les propriétés suivantes :

NE
– (E, +, ×) est un anneau.
– U(E) = E \ {0}, i.e. : ∀ x ∈ E \ {0}, x a un inverse dans E. Si de plus la multiplication est commutative,
on dit que (E, +, ×) est un corps commutatif.

ZExemples :
– (R, +, ×), (Q, +, ×), (C, +, ×) sont des corps commutatifs, mais (Z, +, ×) n’est pas un corps.
– Il existe des corps non commutatifs (corps des quaternions).
Remarque 15.4 –
– Un corps est toujours intègre.
– Les règles de calculs sont les mêmes que dans un anneau.

AIG
Définition 15.11 (sous-corps d’un corps)
Soit (K, +, ×) un corps et soit H un ensemble, on dit que H est un sous-corps de K lorsque :
– H ⊂ K.
– 1K ∈ H.
– ∀ x, y ∈ H, x + y ∈ H, −x ∈ H et x × y ∈ H.
– ∀ x ∈ H \ {0}, x −1 ∈ H.
Si c’est le cas alors (H, +, ×) est lui-même un corps.

ZExemples :
– Q est un sous-corps de R qui est lui-même un sous-corps de C.
– Q[ip] = {a + i b /pa, b ∈ Q} est un sous-corps de (C, +, ×).
– Q[ 2] = {a + b 2 / a, b ∈ Q} est un sous-corps de R.
NT
IV SOLUTION DES EXERCICES
MO

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NE
Chapitre 16

Polynômes

Sommaire
I Ensemble des polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140

AIG
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
2) Opérations sur les polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
II Division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
1) Degré d’un polynôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
2) Algorithme de la division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142
3) Divisibilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142
III Fonctions polynomiales, racines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
1) Fonctions polynomiales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
2) Racines d’un polynôme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
3) Corps algébriquement clos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
4) Relations racines coefficients . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
IV Formule de Taylor des polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
1) Dérivation des polynômes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
2) Formule de Taylor . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
NT
V Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148

Dans tout ce chapitre, K désigne un corps inclus dans C.

I ENSEMBLE DES POLYNÔMES

1) Définition

Définition 16.1
On appelle polynôme à coefficients dans K toute somme de la forme : P = a 0 + a 1 X + · · · + a n X n , où
n ∈ N, a 0 , . . . , a n ∈ K, et où X est un symbole appelé indéterminée. Les a i sont appelés coefficients du
MO

polynôme. Si tous les coefficients sont nuls, on dit que P est le polynôme nul. Si tous les coefficients
sont nuls sauf un, le polynôme est appelé monôme. Si tous les coefficients sont nuls à partir de l’indice
1, on dit que le polynôme est constant. L’ensemble des polynômes à coefficients dans K est noté K[X].

a k X k avec la convention que les


P
Remarque 16.1 – Il est commode de noter les polynômes sous la forme
k∈N
coefficients sont tous nuls à partir d’un certain rang. Ainsi on peut dire que les coefficients d’un polynôme
forment une suite (a k ) d’éléments de K, nulle à partir d’un certain rang.

Définition 16.2 (égalité de deux polynômes)


ak Xk = b k X k ⇐⇒ ∀k ∈ N, a k = b k (mêmes coefficients).
P P
On pose :
k∈N k∈N

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Division euclidienne Chapitre 16 : Polynômes

2) Opérations sur les polynômes


a k X k et Q = b k X k deux polynômes. Il existe deux entiers N et N0 tels que : n > N =⇒
P P
Soient P =
k∈N k∈N
a n = 0, et n > N =⇒ b n = 0, par conséquent si n > max(N, N0 ), alors a n + b n = 0. Si λ ∈ K, alors n > N =⇒
0

λa n = 0.

NE
Définition 16.3 (Somme et produit par un scalaire)
(a k +b k )X k , et pour λ ∈ K, on pose λ.P = λa k X k . On définit ainsi une addition
P P
On pose : P +Q =
k∈N k∈N
interne dans K[X] et un produit par les scalaires.

Propriétés : (K[X], +, .) est un K-espace vectoriel.


n
Avec les notations précédentes, pour n ∈ N, on pose c n = a k b n−k , si n > N + N0 − 1, alors il est facile de
P
k=0
voir que pour toute valeur de k dans J0 ; n K, le produit a k b n−k est nul, et donc c n est nul.

Définition 16.4 (Produit de deux polynômes)

AIG
n
c n X n où la suite (c n ) est définie par : c n =
P P
On pose P × Q = a k b n−k . On définit ainsi une
n∈N k=0
multiplication interne dans K[X].

n
P P
Remarque 16.2 – On a aussi c n = a n−k b k = ap bq .
k=0 p+q=n
Propriétés : on vérifie que cette multiplication :
– est commutative,
– est associative,
– possède un élément neutre qui est le polynôme constant 1.
– est distributive sur l’addition.

Par conséquent : (K[X], +, ×)est un anneau.


NT
On a également : ∀P, Q ∈ K[X], ∀λ ∈ K, λ.(P × Q) = (λ.P) × Q = P × (λ.Q).

À retenir
an Xn = b n X n ⇐⇒ ∀ n ∈ N, a n = b n .
P P
n∈N
µ ¶ n∈N
µ ¶
n n
(a n + b n )X n .
P P P
an X + bn X =
µ n∈N ¶ µ n∈N ¶ n∈N
µ ¶
an Xn × bn Xn = a p b q Xn .
P P P P
n∈N n∈N n∈N p+q=n
a n X n ∈ K ⇐⇒ ∀ n > 1, a n = 0.
P
n∈N
MO

II DIVISION EUCLIDIENNE

1) Degré d’un polynôme


Soit P ∈ K[X], si P = 0 alors tous les coefficients de P sont nuls, si P 6= 0, alors l’ensemble des indices des
coefficients non nuls de P n’est pas vide, et il est majoré (les coefficients sont nuls à partir d’un certain rang),
donc cet ensemble admet un plus grand élément.

Définition 16.5
Soit P ∈ K[X], si P = 0 alors on pose deg(P) = −∞, sinon on pose deg(P) = max{k ∈ N / a k 6= 0}. Si P est
non nul de degré n, alors le coefficient a n est appelé coefficient dominant de P, si ce coefficient vaut
1, alors on dit que le polynôme P est unitaire (ou normalisé).

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Division euclidienne Chapitre 16 : Polynômes
Remarque 16.3 – Caractérisations du polynôme nul et des polynômes constants non nuls
– P = 0 ⇐⇒ deg(P) = −∞.
– P ∈ K∗ ⇐⇒ deg(P) = 0.

Théorème 16.1

NE
Soient P, Q ∈ K[X], deg(P + Q) 6 max(deg(P), deg(Q)), et deg(P × Q) = deg(P) + deg(Q).

Preuve : Si l’un des deux polynômes est nul, alors le théorème est évident. Supposons les deux polynômes non nuls : P =
a n X n et Q = b n X n , si a n +b n 6= 0 alors a n 6= 0 ou b n 6= 0, donc n 6 deg(P) ou n 6 deg(Q) i.e. n 6 max(deg(P), deg(Q)),
P P
n n
ce qui prouve le premier résultat.
P × Q = c n X n où c n = a p b q . Posons N = deg(P) et N0 = deg(Q), il est clair que c N+N0 = a N b N0 6= 0, d’autre
P P
n p+q=n
part si n > N + N0 , alors si p + q = n on a p > N ou q > N0 donc a p b q = 0 ce qui entraîne c n = 0. Par conséquent,
deg(P × Q) = N + N0 = deg(P) + deg(Q). 
Remarque 16.4 – Lorsque P et Q ont des degrés distincts, ou bien lorsque P et Q ont même degré mais des
coefficients dominants non opposés, alors deg(P + Q) = max(deg(P), deg(Q)).

AIG
Théorème 16.2
L’anneau (K[X], +, ×) est un anneau intègre, et seuls les polynômes constants non nuls ont un inverse
dans K[X].

Preuve : Si P et Q sont deux polynômes non nuls, alors deg(P × Q) = deg(P) + deg(Q) ∈ N, donc P × Q 6= 0, ce qui prouve
que K[X] est intègre.
Si P est inversible dans K[X], alors il existe un polynôme Q tel que P × Q = 1, d’où deg(P) + deg(Q) = 0, ce qui
entraîne deg(P) = deg(Q) = 0 et donc P ∈ K∗ . La réciproque est évidente. 
Notation : Soit n ∈ N, on note Kn [X] l’ensemble des polynômes de degré inférieur ou égal à n :

Kn [X] = {P ∈ K[X] / deg(P) 6 n}

2) Algorithme de la division euclidienne


NT
Théorème 16.3 (de la division euclidienne)
Soient A et B deux polynômes avec B 6= 0, alors il existe deux polynômes Q et R uniques tels que :
A = B × Q + R avec deg(R) < deg(B)

Preuve : Pour l’existence : si deg(A) < deg(B), alors on peut prendre Q = 0 et R = A ; si deg(A) = deg(B) = d : soit a d
a
le coefficient dominant de A, et b d celui de B, posons Q = b d , alors le coefficient dominant de B × Q est a d , donc
d
deg(A − B × Q) < d = deg(B), on peut donc prendre R = A − B × Q. Supposons maintenant l’existence démontrée
a
pour deg(A) 6 n avec n > d , et soit A de degré n + 1, notons a n+1 son coefficient dominant, soit Q0 = bn+1 X n+1−d ,
d
alors deg(B × Q0 ) = n + 1 et le coefficient dominant de B × Q0 est a n+1 , donc deg(A − B × Q0 ) 6 n, d’après l’hypothèse
de récurrence, il existe deux polynômes Q00 et R tels que A − B × Q0 = B × Q" + R avec deg(R) < deg(B), mais alors
A = B × (Q0 + Q00 ) + R, ce qui prouve l’existence au rang n + 1.
Pour l’unicité : supposons que A = B×Q+R = B×Q0 +R0 avec deg(R) < deg(B) et deg(R0 ) < deg(B), alors B×(Q−Q0 ) =
MO

0
R − R, d’où deg(B) + deg(Q − Q0 ) = deg(R0 − R) < deg(B), comme deg(B) > 0, on a nécessairement deg(Q − Q0 ) = −∞ =
deg(R0 − R), et donc Q = Q0 , R = R0 . 
Remarque 16.5 – La démonstration est constructive, en ce sens qu’elle donne un algorithme de calcul du
quotient (Q) et du reste (R).
ZExemple : Avec A = X4 + aX2 + bX + c et B = X2 + X + 1, on obtient le quotient Q = X2 − X + a et le reste
R = (b − a + 1)X + c − a. On peut vérifier que A = B × (X 2 − X + a) + (b − a + 1)X + c − a.

3) Divisibilité

Définition 16.6
Soient A, B ∈ K[X], on dit que B divise A lorsqu’il existe un polynôme Q tel que A = Q × B, notation B|A.

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Fonctions polynomiales, racines Chapitre 16 : Polynômes
Remarque 16.6 – On définit ainsi une relation dans K[X], on peut vérifier que celle - ci est réflexive, transitive,
mais elle n’est ni symétrique, ni antisymétrique. Plus précisément, B|A et A|B ssi il existe λ ∈ K∗ tel que A = λB
(on dit que A et B sont associés).

Théorème 16.4

NE
– Si B 6= 0, alors B|A si et seulement si le reste de la division euclidienne de A par B est nul.
– Si A 6= 0 et B|A, alors deg(B) 6 deg(A).
– Si B|A et B|C, alors ∀ U, V ∈ K[X], B|A × U + C × V.

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 


Remarque 16.7 – Il découle du dernier point que si B|A − C et B|D − E, alors B|(A + D) − (C + E) et B|AD − EC,
en particulier, si B|A − C alors ∀ n ∈ N, B|An − Cn .

III FONCTIONS POLYNOMIALES, RACINES

1) Fonctions polynomiales

AIG
Théorème 16.5 (Substitution)
Soit A une K-algèbre et soit a ∈ A , l’application : S a : K[X] → A , est un morphisme
n n
αk X k αk a k
P P
7 →
k=0 k=0
de K-algèbres, c’est à dire : ∀ P, Q ∈ K[X], ∀ λ ∈ K
– S a (P + Q) = S a (P) + S a (Q).
– S a (P × Q) = S a (P) × S a (Q).
– S a (λP) = λS a (P).
– S a (1) = 1.

Preuve : Celle - ci repose sur les règles de calculs dans une algèbre. 
Remarque 16.8 – L’application S a est appelée substitution par a. Concrètement, le théorème ci - dessus dit que
NT
la substitution par a consiste simplement à remplacer l’indéterminée X par a. Par exemple, si on a P = Q×B+R,
alors S a (P) = S a (Q) × S a (B) + S a (R).

Définition 16.7
L’application : P e: K → K , est appelée fonction polynomiale associée au polynôme P. Si
x 7→ S x (P)
n n
k
a k x k où x est une variable qui décrit K.
P P
P= a k X , alors P
e : x 7→
k=0 k=0

Remarque 16.9 – On prendra garde à ne pas confondre la variable x, qui est un élément de K, avec l’indéter-
minée X (qui n’appartient pas à K).
MO

Remarque 16.10 – On a P
„ +Q = P
e + Q,
e P„×Q = P e λ.P
e × Q, g = λ.P.
e

2) Racines d’un polynôme

Définition 16.8
n
a k X k ∈ K[X], on appelle racine de P dans K tout élément a ∈ K tel que P(a)
P
Soit P = e = 0, c’est à dire
k=0
n
toute solution dans K à l’équation a k x k = 0.
P
k=0

Théorème 16.6
Soit P ∈ K[X] :
– Soit a ∈ K, a est racine de P ssi X − a|P.

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Fonctions polynomiales, racines Chapitre 16 : Polynômes
– Si deg(P) 6 n et si P admet au moins (n + 1) racines dans K, alors P = 0.

Preuve : Soit a ∈ K, on effectue la division euclidienne de P par X − a : P = Q × (X − a) + R avec deg(R) < 1, donc R est
un polynôme constant R = λ, finalement P = Q × (X − a) + λ. Substituons a à X : P(a)e = Q(a)
e × (a − a) + λ, c’est à dire :
λ = P(a), ce qui prouve la première assertion.
e

NE
La deuxième assertion se démontre par récurrence sur n : pour n = 0, l’hypothèse dit que P est une constante et
que P a au moins une racine, donc cette constante est nulle, i.e. P = 0. Supposons le résultat démontré au rang n, et soit
deg(P) 6 n + 1 avec P ayant au moins n + 2 racines, soit a l’une d’elles, alors il existe Q ∈ K[X], tel que P = Q × (X − a),
mais alors deg(Q) 6 n et Q a au moins n + 1 racines dans K, donc Q = 0 (HR) et par conséquent, P = 0. 
Conséquences :
a) Si a 1 , . . . , a n sont des racines distinctes de P alors (X − a 1 ) · · · (X − a n )|P.
b) Si P est non nul de degré n, alors P admet au plus n racines distinctes.
c) L’application φ : K[X] → F (K, K) définie par φ(P) = P
e est injective. On pourrait donc identifier P et P
e la
fonction polynomiale associée à P.

FExercice 16.1 Soit P un polynôme de degré 2, on pose :


e + X(X−1) P(−1)
Q = (1 − X 2 )P(0) + X(X+1)

AIG
2
e
2 P(1)
e
Montrer que P = Q.
Remarque 16.11 – Pour montrer qu’un polynôme P est nul on dispose de trois méthodes :
– Montrer que tous les coefficients de P sont nuls.
– Montrer que le degré de P est −∞.
– Montrer que P a une infinité de racines.
Soit P un polynôme non nul et soit a ∈ K, on sait que que si (X − a)k |P alors k 6 deg(P) (car P 6= 0). Par
conséquent l’ensemble {k ∈ N / (X − a)k |P} est un ensemble non vide (contient 0) et majoré par deg(P),
comme c’est une partie de N, cet ensemble admet un plus grand élément.

Définition 16.9 (multiplicité d’une racine)


Soit P ∈ K[X] un polynôme non nul et soit a ∈ K, on appelle multiplicité de a dans P le plus grand des
entiers k tels que (X − a)k |P. Notation : m P (a). Une racine de multiplicité 1 est appelée racine simple,
une racine de multiplicité 2 est appelée racine double...etc
NT
Remarque 16.12 –
– a est racine de P équivaut à m P (a) > 1.
– Il est facile de vérifier que si q ∈ {k ∈ N / (X − a)k |P}, alors tout entier inférieur ou égal à q est également
dans l’ensemble, cela signifie que l’ensemble {k ∈ N / (X − a)k |P} est un intervalle d’entiers, on peut donc
énoncer : m = m P (a) ⇐⇒ (X − a)m divise P et (X − a)m+1 ne divise pas P.

FExercice 16.2 Calculer la multiplicité de 1 dans les polynômes P = X3 − 3X 2 + 2 et Q = X3 − 4X 2 + 5X − 2.

Théorème 16.7
Soit P un polynôme non nul, soit a ∈ K, et soit m ∈ N, on a alors :
MO

m = m P (a) ⇐⇒ ∃ Q ∈ K[X], P = (X − a)m × Q et Q(a)


e 6= 0.

Preuve : Si on a P = (X − a)m × Q et Q(a)


e 6= 0, alors m P (a) > m, mais si (X − a)m+1 |P, il est facile de voir que X − a|Q ce
qui est absurde, donc m P (a) = m.
Réciproquement, si m = m P (a), alors il existe Q tel que P = (X−a)m ×Q, si Q(a)
e = 0 alors X−a|Q et donc (X−a)m+1 |P
ce qui contradictoire, donc Q(a)
e 6= 0. 

Théorème 16.8
Soient P, Q ∈ K[X], non nuls, et a ∈ K
a) m P×Q (a) = m P (a) + m Q (a).
b) si P + Q 6= 0, alors m P+Q (a) > min(m P (a); m Q (a)).

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 

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Fonctions polynomiales, racines Chapitre 16 : Polynômes

3) Corps algébriquement clos


Soit P un polynôme non nul ayant des racines dans K, soient a 1 , . . . , a n toutes les racines distinctes de P de
multiplicités respectives : m 1 , . . . , m n . D’après ce qui précède il existe un polynôme Q tel que P = (X−a 1 )m1 ×Q
e 1 ) 6= 0, comme a 2 6= a 1 on peut affirmer que a 2 est racine de Q : Q = (X − a 2 )m ×T avec T(a
avec Q(a e 2 ) 6= 0, mais

NE
alors P = (X−a 2 ) ×(X−a 1 ) ×T, on en déduit que m = m 2 , par conséquent on a P = (X−a 1 ) (X−a 2 )m2 ×T
m m1 m1

avec a 1 et a 2 qui ne sont pas racines de T. De proche en proche (récurrence sur n) on a arrive à : il existe un
polynôme S tel que P = (X − a 1 )m1 · · · (X − a n )mn × S, avec a 1 , . . . , a n qui ne sont pas racines de S, mais comme
P n’a pas d’autres racines on peut en déduire que S est sans racine dans K.

Théorème 16.9 (factorisation d’un polynôme connaissant toutes ses racines)


Si a 1 , . . . , a n sont les racines distinctes de P de multiplicités respectives m 1 , . . . , m n , alors il existe un
n
polynôme Q sans racine dans K tel que P = Q × (X − a k )mk .
Q
k=1

Définition 16.10 (polynôme scindé)

AIG
Si a 1 , . . . , a n sont les racines distinctes de P de multiplicités respectives m 1 , . . . , m n , alors d’après le
Pn n
P
théorème précédent : m k 6 deg(P). La quantité m k (somme des multiplicités des racines) est
k=1 k=1
appelée nombre de racines de P comptées avec leur multiplicité. On dira que le polynôme P est
scindé sur K lorsque cette quantité est égale au degré de P, on dit aussi que P admet toutes ses racines
dans K (toutes : signifie que le nombre de racines comptées avec leur multiplicité, est égal au degré)

n
(X − a k )mk , on voit que lorsque P est scindé, alors
Q
En reprenant la factorisation précédente : P = Q ×
k=1
deg(Q) = 0, le polynôme Q est donc une constante non nulle, en comparant les coefficients dominants de
chaque coté, on voit que Q est égal au coefficient dominant de P, d’où l’énoncé :

Théorème 16.10
Si P est scindé et si a 1 , . . . , a n sont les racines distinctes de P de multiplicités respectives m 1 , . . . , m n ,
n
alors P = λ (X − a k )mk , où λ est le coefficient dominant de P.
Q
NT
k=1

ZExemples :
– X 2 − 2 est scindé sur R, mais pas sur Q.
– X 2 + 1 est scindé sur C, mais pas sur R.

Définition 16.11
On dit que le corps K est algébriquement clos lorsque tout polynôme non constant de K[X] admet au
moins une racine dans K.

Remarque 16.13 – D’après les exemples précédents, les corps Q et R ne sont pas algébriquement clos.
MO

Théorème 16.11
Si K est un corps algébriquement clos, alors tout polynôme non constant de K[X] est scindé sur K.

Preuve : On montre par récurrence sur n que si deg(P) = n alors P admet n racines dans K. Pour n = 1, P = aX + b =
a(X + b/a), une racine −b/a. Supposons le résultat démontré au rang n, et soit P de degré n + 1 : P est non constant,
donc P admet au moins une racine a, d’où P = (X − a) × Q, mais deg(Q) = n, il suffit alors d’appliquer l’hypothèse de
récurrence à Q pour terminer. 

Théorème 16.12 (de D’Alembert 1 )


C est un corps algébriquement clos.

ZExemples :
1. D’ALEMBERT J EAN Le Rond (1717 – 1783) : mathématicien français qui contribua notamment à l’étude des nombres
complexes, l’analyse et les probabilités.

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Formule de Taylor des polynômes Chapitre 16 : Polynômes

– Factoriser X 2n − 1 dans C[X] puis dans R[X].

2n−1 π
X 2n − 1 =
Y
(X − exp(i k ))
k=0 n
n−1 π π

NE
Y
= (X − 1)(X + 1) (X − exp(i k ))(X − exp(−i k ))
k=1 n n
n−1 π
(X 2 − 2 cos(k )X + 1).
Y
= (X − 1)(X + 1)
k=1 n

– Factoriser dans R[X] : X 4 + X 2 + 1 et X 4 + X 2 − 1.

X 4 + X 2 + 1 = (X 2 + 1)2 − X 2 = (X 2 − X + 1)(X 2 + X + 1)
p p
4 2 2 1 2 5 2 1+ 5 2 5−1
X + X − 1 = (X + ) − = (X + )(X − )
2 4 2 2
p s p s p
2 1+ 5 5−1 5−1
= (X + )(X − )(X + )

AIG
2 2 2

FExercice 16.3
1/ Soit P ∈ C[X] avec P = a k X k , on appelle conjugué de P le polynôme P = a k X k . Montrer que P + Q = P + Q, que
P P
k k
PQ = P × Q, et que P ∈ R[X] si et seulement si P = P. Vérifier que pour z ∈ C, P(z) = P(z).
2/ Soit P ∈ R[X] non constant, soit z une racine complexe de P de multiplicité m. Montrer que z est racine de P de
multiplicité m.

4) Relations racines coefficients


Soit P un polynôme scindé sur K, si deg(P) = n et si λ est le coefficient dominant de P, alors il existe
a 1 , . . . , a n ∈ K (racines de P) tels que P = λ(X − a 1 ) · · · (X − a n ), si on développe ensuite cette expression, on va
obtenir les coefficients de P en fonction des a k . Par exemple :
NT
– P = λ(X − a 1 )(X − a 2 ) = λX 2 − λ(a 1 + a 2 )X + λa 1 a 2 .
– P = λ(X − a 1 )(X − a 2 )(X − a 3 ) = λX 3 − λ(a 1 + a 2 + a 3 )X 2 + λ(a 1 a 2 + a 1 a 3 + a 2 a 3 )X − λa 1 a 2 a 3 .
Notation : On pose σ0 = 1, et pour k compris entre 1 et n : σk =
P
ai 1 · · · ai k .
16i 1 <···<i k 6n
σk est la somme des produits des racines (de P) par paquets de longueur k, par exemple : σ1 est la somme
des racines, σ2 est la somme des produits deux à deux, · · · , σn est le produit des racines.
Par récurrence on peut alors établir que :
n
(X − a 1 ) · · · (X − a n ) = X n − σ1 X n−1 + σ2 X n−2 − · · · + (−1)n σn = (−1)k σk X n−k
X
k=0

On en déduit :

Théorème 16.13
MO

n
Soient a 1 , . . . , a n ∈ K, si P = αk X k = αn (X − a 1 ) · · · (X − a n ), alors on a les relations racines - coeffi-
P
k=0
k
cients suivantes : αn−k = (−1) αn σk .

αn−1
En particulier, la somme des racines est − αn et le produit des racines est (−1)n ααn0 .

FExercice 16.4 Calculer la somme et le produit des racines n-ièmes de l’unité.

IV FORMULE DE TAYLOR DES POLYNÔMES

1) Dérivation des polynômes


On reprend la dérivation usuelle des fonctions polynomiales :

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Formule de Taylor des polynômes Chapitre 16 : Polynômes

Définition 16.12
a k X k , on appelle polynôme dérivé de P, le polynôme noté P 0 ou dd XP , et défini par :
P
Soit P =
k
P0 = ka k X k−1 .
P
k >1

NE
(
P si n = 0
Par récurrence, la dérivée n-ième de P, notée P (n) , est : P (n) = £ (n−1) ¤0
P si n > 1

Théorème 16.14 (propriétés)


Soient, P, Q ∈ K[X] et soit λ ∈ K :
– (P + Q)0 = P 0 + Q0 et (λP)0 = λP 0 .
– (P × Q)0 = P 0 × Q + P × Q0 , plus généralement, on a la formule de L EIBNIZ 2 :
à !
n n
(n)
P (k) × Q(n−k) .
X
(P × Q) =
k=0 k

AIG
– P(Q)0 = Q0 × P 0 (Q) (dérivée d’une composée).

Preuve : La première propriété est simple à vérifier. Pour la deuxième propriété, on commence par montrer que
(X n × Q)0 = nX n−1 × Q + X n × Q0 , puis on applique la première propriété. La formule de L EIBNIZ se montre ensuite par
récurrence sur n (exactement comme la formule du binôme de N EWTON). Quant à la troisième, on commence par le
cas où P = X n , c’est à dire on commence par montrer que [Qn ]0 = nQ0 × Qn−1 , ce qui se fait par récurrence sur n, on
utilise ensuite la première propriété pour le cas général. 

Théorème 16.15
(
n! n−k
(n−k)! X si k 6 n
Si P = X n , alors P (k) = a n X n , alors
P
. On en déduit que si P =
0 si k > n n

n!
P (k) = a n X n−k
X
NT
n >k (n − k)!

En particulier si deg(P) = n alors P (n) = a n n! et si k > deg(P), alors P (k) = 0. D’autre part, lorsque
k 6 deg(P), alors deg(P (k) ) = deg(P) − k.

Preuve : Celle - ci est simple et laissée en exercice. 

2) Formule de Taylor
n n ¡k ¢
a k X k , soit r un entier compris entre 0 et n, alors P (r ) = a k X k−r , substituons 0 à X, on
P P
Soit P = r! r
k=0 k=r
obtient alors P (r ) (0) = r !a
r , on en déduit donc que :
g
MO

P
g (r ) (0)
∀r ∈ J0 ; n K, a r = .
r!

Remarquons que la formule reste vraie pour r > n, finalement on obtient la formule de TAYLOR 3 en 0 :

(k) (0)
X Pg
P= Xk .
k k!

Soit a ∈ K, posons Q = P(X + a) (composée de P avec le polynôme X + a), d’après ce qui précède, on a :

XQ
g (k) (0)
Q= Xk .
k k!

2. LEIBNIZ Gottfried (1646 – 1716) : philosophe et mathématicien allemand.


3. TAYLOR B ROOK (1685 – 1731) : mathématicien anglais qui a énoncé sa célèbre formule en 1715.

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Solution des exercices Chapitre 16 : Polynômes

Or, il est facile de montrer que Q(k) = P (k) (X + a), par conséquent Q g (k) (0) = P
g (k) (a), et comme P = Q(X − a), on

obtient :
X Pg (k) (a)
P= (X − a)k .
k k!

NE
Théorème 16.16
(k) (a)
P Pg
Si P ∈ K[X] et a ∈ K, alors P = k! (X − a)k . C’est la formule de TAYLOR pour le polynôme P en a.
k

Applications :
– Division euclidienne d’un polynôme P par (X − a)n : d’après la formule de TAYLOR en a appliquée à P, on a :

(k) (a)
X Pg
P= (X − a)k
k k!
X Pg(k) (a) X Pg(k) (a)
= (X − a)k + (X − a)k

AIG
k >n k! k<n k!
X Pg(k) (a) X Pg(k) (a)
= (X − a)n × (X − a)k−n + (X − a)k ,
k >n k! k<n k!

(k) (a)
Pg
P k
comme deg( k! (X − a) ) < n, on en déduit que le quotient Q et le reste R dans la division euclidienne par
k<n
n
(X − a) sont :
X Pg(k) (a) X Pg(k) (a)
Q= (X − a)k−n et R = (X − a)k .
k >n k! k<n k!

– Calcul de la multiplicité d’une racine :

Théorème 16.17
a ∈ K est une racine de P de multiplicité n > 1 si et seulement si :
(k) (a) = 0 et P
∀ k ∈ J0 ; n − 1K, Pg g (n) (a) 6= 0.
NT
(k) (a)
Pg (k) (a)
Pg
Preuve : En effet, d’après ce qui précède, P = (X − a)n Q + R avec Q = k−n k
P P
k! (X − a) et R = k! (X − a) , d’où :
k >n k<n

n = m P (a) ⇐⇒ R = 0 et Q(a)
e 6= 0
⇐⇒ R(X + a) = 0 et Q(a)
e 6= 0
(k) (a) = 0, et P
⇐⇒ ∀k ∈ J0 ; n − 1K, Pg g (n) (a) 6= 0

V SOLUTION DES EXERCICES


MO

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NE
Chapitre 17

Arithmétique des polynômes

Sommaire
I Divisibilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149

AIG
1) La division euclidienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
2) Congruences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150
3) Diviseurs communs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150
II Éléments premiers entre eux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
1) Théorème de Bézout . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
2) Conséquences . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
III Le plus grand diviseur commun . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
2) Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
3) Généralisation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
IV Le plus petit multiple commun . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
2) Propriétés . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
V Polynômes irréductibles, décomposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
NT
1) Définition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
2) Décomposition en facteurs irréductibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155
3) Notion de P-valuation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155
4) Applications . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
VI Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156

I DIVISIBILITÉ

1) La division euclidienne

Théorème 17.1
MO

Soient A ∈ K[X] et B ∈ K[X] non nul, il existe un unique couple de polynômes (Q, R) tel que A = BQ + R
avec deg(R) < deg(B), Q est appelé le quotient, et R le reste.

Définition 17.1
Soient A, B ∈ K[X], on dit que B divise A lorsqu’il existe un polynôme Q tel que A = Q × B, notation B|A.

Remarque 17.1 – On définit ainsi une relation dans K[X], on peut vérifier que celle - ci est réflexive, transitive,
mais elle n’est ni symétrique, ni antisymétrique. Plus précisément, B|A et A|B ssi il existe λ ∈ K∗ tel que A = λB
(on dit que A et B sont associés).

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Divisibilité Chapitre 17 : Arithmétique des polynômes

Théorème 17.2

NE
– Si B 6= 0, alors B|A si et seulement si le reste de la division euclidienne de A par B est nul.
– Si A 6= 0 et B|A, alors deg(B) 6 deg(A).
– Si B|A et B|C, alors ∀ U, V ∈ K[X], B|A × U + C × V.

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 


Remarque 17.2 – Il découle du dernier point que si B|A − C et B|D − E, alors B|(A + D) − (C + E) et B|AD − EC,
en particulier, si B|A − C alors ∀ n ∈ N, B|An − Cn .
Notation : Soit P ∈ K[X], on note P K[X] l’ensemble des multiples de P : P K[X] = {P × Q / Q ∈ K[X]}.
On vérifie facilement la propriété suivante :
(P K[X], +) est un groupe commutatif et ∀B ∈ K[X], ∀U ∈ P K[X], BU ∈ P K[X].

2) Congruences

AIG
Définition 17.2 (congruences)
Soient A, B, P ∈ K[X], on dit que A est congru à B modulo P lorsque P | A − B.
Notation : A ≡ B (mod P).

Théorème 17.3
• La relation de congruence modulo P est une relation d’équivalence.
• Soient A, B, C, D, P ∈ K[X], si A ≡ B (mod P) et C ≡ D (mod P) alors :
AC ≡ BD (mod P) et A + C ≡ B + D (mod P).
On dit que la relation de congruence est compatible avec les opérations.

3) Diviseurs communs

Définition 17.3 (polynôme normalisé)


Soit A un polynôme non nul, on appelle A normalisé le polynôme noté A e obtenu en divisant A par son
NT
coefficient dominant, ce polynôme est donc unitaire et associé à A. C’est l’unique polynôme unitaire
associé à A.

Définition 17.4 (diviseurs communs)


Pour A ∈ K[X], on note DA l’ensemble des diviseurs de A. Cet ensemble contient toujours K∗ . On
notera DA,B = DA ∩ DB l’ensemble des diviseurs communs à A et B.

Remarque 17.3 –
© ª
– Si A 6= 0, alors DA est un ensemble infini, mais deg(P) / P ∈ DA est fini car inclus dans J0 ; deg(A)K.
– D0 = K[X], si λ ∈ K∗ , Dλ = K∗ .
– Si A est non nul, DA = DAe .

Théorème 17.4
Soient A, B, Q, R ∈ K[X], si A = BQ + R, alors DA ∩ DB = DB ∩ DR .
MO

Application – Le théorème ci-dessus fournit un algorithme pour la recherche des diviseurs communs à A et B basé sur
la division euclidienne : c’est l’algorithme d’Euclide, rappelons son principe :
On remarque que si B = 0 alors DA,B = DA . On peut supposer désormais que B 6= 0 et on cherche à calculer
D = DA,B :
Étape 1 : on effectue la division euclidienne de A par B : A = BQ1 +R1 avec deg(R1 ) < deg(B). On a D = DB,R1 ,
donc si R1 = 0 alors D = DB , sinon on passe à l’étape 2 :

Étape 2 : on effectue la division euclidienne de B par R1 : B = R1 Q2 + R2 avec deg(R2 ) < deg(B). On a


D = DR1 ,R2 , donc si R2 = 0 alors D = DR1 , sinon on passe à l’étape 3 ...
La suite des degrés des restes obtenus est une suite strictement décroissante d’entiers positifs, elle est
donc nécessairement finie, i.e. il existe nécessairement un entier n > 1 tel que Rn = 0, l’ensemble cherché est
donc D = DRn−1 (avec la convention R0 = B).

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Éléments premiers entre eux Chapitre 17 : Arithmétique des polynômes

II ÉLÉMENTS PREMIERS ENTRE EUX

1) Théorème de Bézout

Définition 17.5

NE
Soient A, B ∈ K[X], on dit que a et b sont premiers entre eux (ou A est premier avec B) lorsque le seul
diviseur commun unitaire est 1, i.e. DA,B = K∗ .

Remarque 17.4 –
– Dire que A est premier avec B revient à dire que le dernier reste non nul dans l’algorithme d’Euclide est
égal à 1 une fois normalisé.
– Si A est premier avec B, alors au moins un des deux est non nul (sinon l’ensemble des diviseurs communs
est K[X]).
– A est premier avec A si et seulement si A ∈ K∗ .

Théorème 17.5 (théorème de Bézout)

AIG
Soient A, B ∈ K[X], alors A et B sont premiers entre eux si et seulement si il existe U, V ∈ K[X] tels que
AU + BV = 1. Les polynômes U et V sont appelés coefficients de Bézout (non uniques en général).

Preuve : C’est l’algorithme d’Euclide étendu, comme dans Z. 

FExercice 17.1 Soient A = X3 + 1 et B = X2 + 1. Montrer que A et B sont premiers entre eux, et déterminer une relation de
Bézout.

2) Conséquences

Théorème 17.6
• Si A est premier avec B et si A est premier avec C, alors A est premier avec le produit BC. On en
déduit que si A est premier avec C1 , . . . , Cn , alors A est premier avec le produit C1 × . . . × Cn .
• Si A est premier avec C, si A | B et si C | B, alors AC | B.
• Si A | BC et si A est premier avec C, alors A | B.
NT
Preuve : Identique à celle dans Z. 

III LE PLUS GRAND DIVISEUR COMMUN

1) Définition
Soient A, B ∈ K[X] non tous deux nuls, on sait que DA,B = DR où R est le dernier reste non nul dans
l’algorithme d’Euclide, on voit que les diviseurs communs à A et B ont un degré inférieur ou égal à celui de R.
Soit D un diviseur commn de même degré que R, alors comme D | R on a R = λQ avec λ ∈ K∗ , on en déduit
que les polynômes R et D normalisés sont égaux.
MO

Définition 17.6
Soient A, B ∈ K[X] non tous deux nuls, le pgcd de A et de B le plus grand diviseur commun unitaire.
Notation : pgcd(A, B) ou A ∧ B, c’est le dernier reste non nul dans l’algorithme d’Euclide, une fois
normalisé.

Remarque 17.5 – Il en découle que deux éléments A et B de K[X], non tous deux nuls, sont premiers entre eux
si et seulement si pgcd(A, B) = 1. On remarquera au passage qu’un pgcd entre deux polynômes est unitaire.

Théorème 17.7
Soient A, B ∈ K[X] non tous deux nuls, et D un polynôme unitaire, alors D = pgcd(A, B) si et seulement
si D | A, D | B et il existe deux polynômes U et V tels que D = AU + BV.

Preuve : Si D = pgcd(A, B) cela découle de l’algorithme d’Euclide étendu.


Si D est diviseur commun et si on a la relation, alors tout diviseur commun de A et B divise D et a donc un degré
inférieur ou égal à celui de D, comme D est unitaire, c’est le pgcd de A et B. 

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Le plus grand diviseur commun Chapitre 17 : Arithmétique des polynômes

Théorème 17.8 (Calcul pratique d’un pgcd)


Si A, B ∈ K[X] sont non tous deux nuls alors ∀Q ∈ K[X], pgcd(A, B) = pgcd(A − BQ, B).

FExercice 17.2 Calculer le pgcd entre X4 − 1 et X10 − 1.

NE
2) Propriétés

Théorème 17.9 (caractérisations du pgcd)


Soient A, B ∈ K[X] non tous deux nuls, et soit D ∈ K[X] non nul et unitaire. On a alors :
D = pgcd(A, B) ⇐⇒ ∃ U, V ∈ K[X] premiers entre eux tels que A = DU et B = DV.

Preuve : Si D = pgcd(A, B) alors il existe U, V ∈ K[X] tels que A = DU et B = DV, de plus il existe des polynômes U1 et V1
tels que D = AU1 + BV1 , i.e. D = DUU1 + DVV1 , D étant non nul et K[X] intègre, on en déduit que 1 = UU1 + VV1 et donc
U et V sont premiers entre eux.
Si A = DU, B = DV avec U ∧ V = 1, alors D est un diviseur commun à A et B, d’après le théorème de Bézout, il existe

AIG
α, β ∈ K[X] tels que αU + βV = 1, d’où D = αA + βB, comme D est unitaire, on a D = A ∧ B. 

Théorème 17.10 (quelques propriétés du pgcd)


Soient A, B ∈ K[X] non tous deux nuls :
a) ∀ P ∈ K[X], si P | A et P | B, alors P | pgcd(A, B).
b) pgcd(A, B) = pgcd(A,
e B).
e
c) ∀ K ∈ K[X], unitaire, pgcd(KA, KB) = K pgcd(A, B).
d) ∀ n ∈ N, pgcd(An , Bn ) = pgcd(A, B)n .
e) Si A et C sont premiers entre eux, alors pgcd(A, BC) = pgcd(A, B).

Preuve : Pour le premier point : soit D = pgcd(A, B), alors DA,B = DD donc tout diviseur commun à A et B est un diviseur
de D.
Pour le deuxième point : soit D = pgcd(A, B), alors il existe U, V ∈ K[X] premiers entre eux tels que A = DU et B = DV,
NT
d’où KA = KAU et KB = KDV, donc KD = pgcd(KA, KB) (KD est unitaire).
Pour le reste la preuve est identique à celle dans Z. 

Théorème 17.11
Soient A et B deux polynômes non tous deux nuls :
• les racines communes à A et B dans K, sont exactement les racines dans K de pgcd(A, B).
• A et B sont premiers entre eux si et seulement si ils n’ont pas de racine commune dans C.

Preuve : Soit a ∈ K, alors A(a) = B(a) = 0 ⇐⇒ X − a | A et X − a | B ⇐⇒ X − a | pgcd(A, B). Si A et B sont premiers entre
eux, alors pgcd(A, B) = 1 qui est sans racine dans C, donc A et B n’ont pas de racine commune dans C.
Si A et B n’ont pas de racine commune dans C, alors leur pgcd n’a pas de racine dans C, or C est algébriquement
clos (théorème de D’Alembert Gauss), donc D est nécessairement constant, comme il est unitaire, D = 1. 
MO

3) Généralisation
Soient A, B, C trois polynômes non tous nuls, l’ensemble des diviseurs communs à A, B et C est :

DA,B,D = DA ∩ DB ∩ DC = (DA ∩ DB ) ∩ DC = DA ∩ (DB ∩ DC )

or on sait que DA ∩ DB = DA∧B , donc DA,B,C = D(A∧B)∧C = DA∧(B∧C) . Ces deux polynômes étant unitaires, on a
(A ∧ B) ∧ C = A ∧ (B ∧ C) et ce polynôme est le plus grand (en degré) diviseur unitaire commun à A, B et C. Par
définition ce nombre est le pgcd de A, B et C, on le note : pgcd(A, B, C) .

Théorème 17.12 (associativité du pgcd)


Soient A, B, C trois polynômes avec B non nul, alors pgcd(A, B, C) = (A ∧ B) ∧ C = A ∧ (B ∧ C).

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Le plus petit multiple commun Chapitre 17 : Arithmétique des polynômes

À retenir
L’associativité du pgcd permet de ramener le calcul au cas de deux polynômes.

Notons D1 = A ∧ B et R = pgcd(A, B, C), alors R = D1 ∧ C, donc il existe deux polynômes U1 et W tels que

NE
R = D1 U1 + CW, de même, il existe deux polynômes U2 et V1 tels que D1 = AU2 + BV1 , d’où en remplaçant,
R = AU2 U1 + BV1 U1 + cW = AU + BV + CW avec U, V, W ∈ K[X].
Réciproquement, si R est un diviseur commun unitaire, et si R = AU + BV + CW, alors il est facile de voir
que tout diviseur commun à A, B et C est un diviseur de R et donc R = pgcd(A, B, C), d’où le théorème :

Théorème 17.13
Soient A, B, C trois polynômes non tous nuls et R unitaire, alors :
R = pgcd(A, B, C) ⇐⇒ R ∈ DA,B,C et ∃U, V, W ∈ K[X], R = AU + BV + CW.

Définition 17.7
Soient A, B, C trois polynômes non tous nuls, on dira que ces trois polynômes sont :

AIG
• premiers entre eux dans leur ensemble lorsque pgcd(A, B, C) = 1.
• premiers entre eux deux à deux lorsque pgcd(A, B) = pgcd(B, C) = pgcd(A, C) = 1.

Attention !
Les deux notions ne sont pas équivalentes, la deuxième entraîne la première mais la réciproque est fausse comme
le montre l’exemple suivant :
pgcd((X + 1)X, (X + 1)(X + 2), X(X + 2)) = 1 mais pgcd(X(X + 1), (X + 1)(X + 2)) = X + 1, pgcd(X(X + 1), X(X + 2)) = X et
pgcd((X + 1)(X + 2), X(X + 2)) = X + 2.

Il découle du théorème précédent :

Théorème 17.14 (de Bézout)


Soient A, B, C trois polynômes non tous nuls, alors A, B et C sont premiers entre eux dans leur ensemble
si et seulement si :
∃U, V, W ∈ K[X], AU + BV + CW = 1.
NT
Théorème 17.15 (caractérisation)
Soient A, B, C trois polynômes non tous nuls et R unitaire, alors :
R = pgcd(A, B, C) ⇐⇒ ∃U, V, W ∈ K[X], A = RU, B = RV et C = RW avec pgcd(U, V, W) = 1.

Preuve : Si R = pgcd(A, B, C) alors il existe ∃U, V, W ∈ K[X], A = RU, B = RV et C = RW. Il existe également des polynômes
U1 , V1 et W1 tels que R = AU1 + BV1 + CW1 d’où 1 = UU1 + VV1 + WW1 et donc pgcd(U, V, W) = 1.
Réciproquement, si A = RU, B = RV et C = RW avec pgcd(U, V, W) = 1. Il existe des polynômes U1 , V1 et W1 tels
1 = UU1 + VV1 + WW1 , en multipliant par R il vient alors que R = RUU1 + RVV1 + RWW1 = AU1 + BV1 + CW1 , ce qui
entraîne que R = pgcd(A, B, C) (car R est unitaire et diviseur commun à A, B et C). 
Remarque 17.6 – La notion de pgcd s’étend de la même manière à n polynômes.
MO

IV LE PLUS PETIT MULTIPLE COMMUN

1) Définition

Théorème 17.16
Si A et B sont non nuls, il existe un unique polynôme M unitaire dans K[X] tel que :
AK[X] ∩ BK[X] = MK[X].
© ª
Preuve : deg(P) / P ∈ AK[X] ∩ BK[X], P 6= 0 contient deg(AB), il existe donc un multiple commun non nul de degré
minimal, quitte à le normaliser, on peut le supposer unitaire, et on le note M. Il est facile de voir que MK[X] ⊂
AK[X] ∩ BK[X]. Si P ∈ AK[X] ∩ BK[X], on effectue la division de P par M, P = MQ + R avec deg(R) < deg(M), d’où
R = P − MQ, on vérifie alors que R est aussi dans AK[X] ∩ BK[X] . Si R 6= 0 alors deg(R) > deg(M) car M est de degré
minial, ceci est absurde, donc R = 0 et P = MQ, d’où AK[X] ∩ BK[X] ⊂ MK[X], et finalement on a bien l’inégalité.
Si M0 K[X] = MK[X] avec M0 unitaire, alors M et M0 se divisent mutuellement, ils sont donc associés et unitaires
d’où M = M0 . 

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Polynômes irréductibles, décomposition Chapitre 17 : Arithmétique des polynômes

Il découle de ce théorème que C est un multiple commun à A et B si et seulement si C ∈ AK[X] ∩ BK[X],


ce qui équivaut à C ∈ MK[X], c’est à dire M | C. Ceci entraîne en particulier : deg(M) 6 deg(C).

Définition 17.8
Soit A, B ∈ K[X], non nuls, et soit M ∈ K[X] unitaire, on dit que M est le ppcm de A et B lorsque

NE
AK[X] ∩ BK[X] = MK[X]. Notation : M = ppcm(A, B) ou encore M = A ∨ B.

Théorème 17.17 (caractérisation du ppcm)


Soient A, B ∈ K[X], non nuls, et soit M ∈ K[X] unitaire alors :
M = ppcm(A, B) ⇐⇒ ∃ U, V ∈ K[X] premiers entre eux tels que M = AU = BV.

Preuve : On suppose a, b ∈ K[X], non nuls.


Si m = ppcm(a, b) : alors a | m et b | m. Donc il existe u, v ∈ K[X] tels que m = au = bv, soit d = pgcd(u, v) alors il
existe α, β ∈ K[X] premiers entre eux tels que u = d α et v = d β, d’où m = ad α = bd β, mais alors m 0 = aα = bβ est un
multiple commun à a et b donc deg(m) 6 deg(m 0 ) ce qui entraîne d = 1 (car d est unitaire et m = m 0 d ).
Si ∃u, v ∈ K[X] premiers entre eux tels que m = au = bv, alors a | m et b | m, il existe α, β tels que uα + vβ = 1, soit

AIG
m 0 un multiple commun non nul, alors m 0 = m 0 uα + m 0 vβ, on en déduit que m | m 0 et donc deg(m) 6 deg(m 0 ), ce qui
prouve que m = ppcm(a, b). 

2) Propriétés

Théorème 17.18
Soient a, b ∈ K[X], non nuls :
a) ∀ P ∈ K[X], si A | P et B | P alors ppcm(A, B) | P.
b) Si A et B sont premiers entre eux, alors ppcm(A, B) = A
e B.
e
c) ∀ K ∈ K[X], unitaire, ppcm(KA, KBb) = K ppcm(A, B).
d) ppcm(A, B) × pgcd(A, B) = A
e B.
e
e) ∀ n ∈ N, ppcm(An , Bn ) = ppcm(A, B)n .
NT
Preuve : Analogue au cas des entiers. 

V POLYNÔMES IRRÉDUCTIBLES, DÉCOMPOSITION

1) Définition

Définition 17.9
Un polynôme P ∈ K[X] est dit irréductible sur K lorsque P est non constant et que ses seuls diviseurs
e L’ensemble des éléments irréductibles normalisés de K[X] est noté IK[X] .
unitaires sont 1 et P.
MO

ZExemples :
– Tout polynôme de degré 1 est irréductible, donc ∀ λ ∈ K, X + λ ∈ IK[X] .
– Tout polynôme de degré 2 sans racine dans K est irréductible dans K[X]. Cependant cette propriété
ne se généralise pas au delà du degré
p 2, par exemple
p : X 4 + 1 est sans racine dans R, mais ce polynôme
est réductible car X 4 + 1 = (X 2 − 2X + 1)(X 2 + 2X + 1).
– La notion de polynôme irréductible dépend du corps K, par exemple, X 2 + 1 est irréductible dans R[X],
mais pas dans C[X]. De même, le polynôme X 2 − 2 est irréductible dans Q[X], mais pas dans R[X].

Théorème 17.19
Dans C[X], les polynômes irréductibles unitaires sont les polynômes unitaires de degré 1, c’est à dire :
IC[X] = {X + a / a ∈ C}.
Dans R[X], les polynômes irréductibles sont les polynômes unitaires de degré 1, plus les polynômes
unitaires de degré 2 sans racines réelles. C’est à dire :
IR[X] = {X + a / a ∈ R} ∪ X 2 + pX + q / p, q ∈ R, p 2 − 4q < 0 .
© ª

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Polynômes irréductibles, décomposition Chapitre 17 : Arithmétique des polynômes

Preuve : Pour C[X] cela découle du théorème de D’Alembert.


Dans R[X] : les polynômes annoncés sont bien irréductibles unitaires. Soit P ∈ IK[X] , avec deg(P) > 2 alors P admet
des racines complexes, et celles-ci sont non réelles (P est irréductible de degré supérieur à 1), soit α l’une d’elles, alors α
est également racine de P (et distincte de α), donc dans C[X] le polynôme P est divisible par (X −α)(X −α) = X 2 +pX +q ∈
R[X] avec p 2 − 4q < 0. Mais alors P est divisible dans R[X] par X 2 + pX + q (unicité du quotient et du reste), or P ∈ IK[X] ,

NE
donc nécessairement P = X 2 + pX + q. 
Propriétés élémentaires :
a) Si P est irréductible, alors pour tout polynôme Q, soit P | Q soit pgcd(P, Q) = 1.
Preuve : Soit D = pgcd(P, Q), D | P donc D = 1 ou D = P.
e 

b) Si P ∈ K[X] est non constant, alors P possède au moins un diviseur irréductible.


Preuve : Soit B = {deg(d ) / d | P et d ∉ K∗ }, alors B est une partie de N non vide (deg(P) ∈ B), soit Q un diviseur
de P avec deg(P) ∈ B minimal, si D | Q avec D normalisé et D ∉ K∗ , alors D | P et donc deg(D) ∈ B, d’où deg(D) >
deg(Q), or D | Q, donc deg(D) 6 deg(Q) et finalement deg(D) = deg(Q), d’où D = Q e et donc Q est irréductible. 

c) L’ensemble IK[X] est infini, puisque tout polynôme X + a où a ∈ K est irréductible unitaire.
d) Si P est irréductible et si P | AB, alors P | A ou P | B.

AIG
Preuve : Supposons que P ne divise pas A, alors pgcd(P, A) = 1 et par conséquent P | B (d’après le théorème de
Gauss). 

2) Décomposition en facteurs irréductibles

Théorème 17.20 (décomposition en produit de facteurs irréductibles)


Tout élément Q ∈ K[X] non constant, est un produit d’éléments irréductibles. Plus précisément, il
existe r > 1, il existe P1 , . . . , Pr ∈ IK[X] , il existe des entiers α1 , . . . , αr ∈ N∗ , il existe λ ∈ K∗ tels que :
α α α
Q = λ × P1 1 × P2 2 × . . . × Pr r .

Preuve : On a Q = λ × Qe avec λ le coefficient dominant de Q. On se ramène ainsi au cas où Q est unitaire.


Par récurrence sur deg(Q) : pour deg(Q) = 1 il n’y a rien à montrer. Supposons le théorème démontré jusqu’au
rang k, si deg(Q) = k + 1 alors Q admet au moins un diviseur irréductible unitaire P, donc Q = PR, si R = 1 alors Q est
irréductible, sinon R est un produit de facteurs irréductibles (HR), donc Q aussi. 
NT
Théorème 17.21 (unicité de la décomposition)
α α β β
Si Q ∈ K[X] s’écrit sous la forme : Q = λ × P1 1 × . . . × Pr r = µ × Q1 1 × . . . × Qs s ,
avec P1 , . . . , Pr ∈ IK[X] , α1 , . . . , αr ∈ N∗ , Q1 , . . . , Qs ∈ IK[X] , β1 , . . . , βs ∈ N∗ , et λ, µ ∈ K∗ , alors r = s, λ = µ
et il existe une permutation σ de J1 ; r K telle que pour i ∈ J1 ; r K, Pi = Qσ(i ) , αi = βσ(i ) . La décomposition
est unique [à l’ordre près].

Preuve : Identique à celle des entiers. 

3) Notion de P-valuation
Si Q est un polynôme non nul et P un polynôme irréductible, alors l’ensemble k ∈ N / P k | Q est non
© ª
MO

vide (contient 0) et majoré par deg(Q), cet ensemble admet donc un maximum :

Définition 17.10
Soit P ∈ IK[X] et Q polynôme non nul, on appelle P-valuation de Q, notée v P (Q), le plus grand entier
k tel que P k | Q. La définition s’étend au polynôme nul en posant v P (0) = +∞.

Remarque 17.7 :
– v P (Q) = k ⇐⇒ P k | Q et P k+1 - Q ⇐⇒ ∃ T ∈ K[X], Q = P k T avec P - Q .
– v P (Q) > 1 ⇐⇒ P | Q, auquel cas v P (Q) est la puissance de P dans la décomposition de Q en facteurs
irréductible.
– k ∈ N / P k | Q = J0 ; v P (Q)K.
© ª

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Solution des exercices Chapitre 17 : Arithmétique des polynômes

À retenir
Si Q est non constant, la décomposition de Q en produit de facteurs irréductibles s’écrit :
Q = λQ P v P (Q) .
Q
P∈IK[X]

NE
En effet, seul un nombre fini de valuations sont non nulles (les autres donnent un facteur égal à 1).

Théorème 17.22 (Propriétés)


Soient Q, R deux polynômes, on a :
a) ∀P ∈ IK[X] , v P (QR) = v P (Q) + v P (R).
b) ∀P ∈ IK[X] , v P (Q + R) > min(v P (Q); v P (R)).
c) Q | R ⇐⇒ ∀P ∈ IK[X] , v P (Q) 6 v P (R).
d) Si Q et R sont non nuls alors ∀P ∈ IK[X] :
v P (Q ∧ R) = min(v P (Q); v P (R)) et v P (Q ∨ R) = max(v P (Q); v P (R)).

AIG
Preuve : Analogue au cas des entiers. 

À retenir : formules du pgcd et du ppcm


Il découle du théorème ci-dessus que :
P min(v P (Q);v P (R)) et ppcm(Q, R) = P max(v P (Q);v P (R)) .
Q Q
pgcd(Q, R) =
P∈IK[X] P∈IK[X]

4) Applications
Comme dans Z :
– Si P est non constant, alors la décomposition de P en produit de facteurs irréductibles permet de
trouver tous les diviseurs de P.
– Si P, Q sont non constants, alors à partir de leur décomposition en produit de facteurs irréductibles, on
NT
peut calculer pgcd(P, Q) et ppcm(P, Q).

FExercice 17.3 Dans C[X], montrer que pour n, m ∈ N∗ , on a pgcd(Xn − 1, Xm − 1) = Xd − 1 où d = pgcd(n, m).

VI SOLUTION DES EXERCICES

Solution 17.1 L’algorithme d’Euclide étendu donne un dernier reste non nul égal à 2 avec la relation : 2 = (X + 1)A − (X 2 +
X − 1)B, il suffit de tout diviser par 2.

Solution 17.2 En appliquent l’algorithme d’Euclide, le dernier reste non nul normalisé est D = X 2 − 1 qui est donc le pgcd.

Solution 17.3 Il existe u, v ∈ Z tels que nu + mv = d , on en déduit que z n = z m = 1 si et seulement si z d = 1, les racines
MO

du pgcd sont donc les racines d es de l’unité, comme les racines de X n − 1 sont simples, celles du pgcd le sont aussi, ce qui
donne le résultat.

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NE
Chapitre 18

Fractions rationnelles

Sommaire
I Construction de l’ensemble des fractions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157

AIG
1) Définition d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
2) Opérations sur les fractions . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
3) Représentants irréductibles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
II Degré, pôles et racines d’une fraction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159
1) Notion de degré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159
2) Pôles et racines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159
3) Fonctions rationnelles . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159
4) Dérivation d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 160
III Décomposition d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
1) Partie entière . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
2) Éléments simples . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 161
3) Existence de la décomposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162
IV Décomposition dans le cas complexe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163
1) Forme de la décomposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163
NT
2) Calcul d’une partie polaire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163
3) Cas particuliers . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
V Décomposition dans le cas réel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165
1) Forme de la décomposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165
2) Calcul des éléments simples de seconde espèce . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 165
VI Applications de la décomposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
1) Calcul de la dérivée n-ième d’une fraction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
2) Primitives d’une fraction rationnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
VII Solution des exercices . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 167

I CONSTRUCTION DE L’ENSEMBLE DES FRACTIONS RATIONNELLES


MO

Le corps K désigne un sous-corps de C, i.e. un corps inclus dans C.

1) Définition d’une fraction rationnelle


Dans l’ensemble K[X] × (K[X] \ {0}) = {(P, Q) / P, Q ∈ K[X], Q 6= 0}, on définit la relation R en posant :

(P, Q)R(R, S) ⇐⇒ P × S = Q × R.

On vérifie que la relation R est une relation d’équivalence dans K[X]×(K[X]\{0}). La transitivité de la relation
utilise l’intégrité de K[X].

Définition 18.1
On appelle fraction rationnelle à coefficients dans K toute classe d’équivalence pour la relation R. La

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Construction de l’ensemble des fractions rationnelles Chapitre 18 : Fractions rationnelles
P
classe de (P, Q) est notée Q [avec P le numérateur et Q le dénominateur], on a donc :

P
= {(R, S) ∈ K[X] × (K[X] \ {0}) / PS = QR}.
Q

NE
P
On dit que (P, Q) est un représentant de la fraction Q . L’ensemble des fractions rationnelles est noté
K(X) et la relation R est appelée égalité des fractions rationnelles.

2) Opérations sur les fractions

Définition 18.2 (addition, multiplication, produit par un scalaire)


P R
Soient Q, S deux fractions rationnelles et soit λ ∈ K, on pose :

P R PS + QR P R PR P λP
+ = , × = , et λ = .
Q S QS Q S QS Q Q

AIG
Pour que la définition ait un sens il faut le résultat ne dépende pas des représentants choisis pour les
P P0 R R0
fractions, c’est à dire si Q =Q 0 et S = S 0 , alors :

PS + QR P 0 S 0 + Q0 R0 PR P 0 R0 P P0
= ; = et λ = λ .
QS Q0 S 0 QS Q0 S 0 Q Q0

Cette vérification est simple et laissée en exercice.


Propriétés :
a) Pour l’addition :
– elle est associative, commutative,
– elle admet un élément neutre, la fraction Q0 (∀ Q 6= 0), appelée fraction nulle. On remarquera qu’une
fraction est nulle ssi son numérateur est nul.
P P P
– toute fraction Q admet un opposé et − Q = −PQ = −Q .
b) Pour la multiplication :
NT
– elle est associative, commutative,
P
– elle admet un élément neutre qui est la fraction (∀ P 6= 0), appelée fraction unité.
P ³ ´−1
P P Q
– toute fraction non nulle (i.e. P 6= 0) admet un inverse, et Q
Q = P.
– elle est distributive sur l’addition.
c) Pour le produit par un scalaire : ∀ λ, µ ∈ K, ∀ F, G ∈ K(X) :

1.F = F ; λ.(F + G) = λ.F + λ.G ; (λ + µ).F = λ.F + λ.G ; λ.(µ).F = (λµ).F

et
λ.(F × G) = (λ.F) × G = F × (λ.G).
MO

Par conséquent, (K(X), +, ×) est un corps commutatif et (K(X), +×, .) est une K-algèbre commutative.

3) Représentants irréductibles

Théorème 18.1 (plongement des polynômes dans K(X))


P
L’application φ : K[X] → K(X) définie par φ(P) = 1 est un morphisme d’algèbres injectif.

Preuve : Celle-ci est simple et laissée en exercice. 


P
Par conséquent on peut identifier le polynôme P avec la fraction 1 , ce qui fait que l’on peut considérer
que K[X] ⊂ K(X). En particulier la fraction nulle (en vertu de l’égalité des fractions) est identifiée au polynôme
nul 0, et la fraction unité est identifiée au polynôme constant 1.

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Degré, pôles et racines d’une fraction Chapitre 18 : Fractions rationnelles

Définition 18.3
P P
Soit F = Q une fraction, on dit que Q est un représentant irréductible lorsque pgcd(P, Q) = 1 et que Q
est unitaire.

NE
3
X 2 +X+1 X 2 +X+1
ZExemple : Soit F = XX2 −1
−1
, un représentant irréductible est X+1 , c’est à dire F = X+1 .
Remarque 18.1 – Toute fraction admet des représentants irréductibles. Comme on impose en plus que le
dénominateur doit être unitaire, alors il y a un seul représentant irréductible.

II DEGRÉ, PÔLES ET RACINES D’UNE FRACTION

1) Notion de degré
P R P
Soit F une fraction non nulle et Q , S deux représentants de F (i.e. F = Q = RS ), on a donc PS = QR, d’où
deg(P) − deg(Q) = deg(R) − deg(S). Autrement dit, la différence entre le degré du numérateur et le degré du
dénominateur, ne dépend pas du représentant de F, mais seulement de F.

AIG
Définition 18.4 (degré d’une fraction)
P
Soit F = Q une fraction, on pose deg(F) = −∞ si F = 0, et deg(F) = deg(P) − deg(Q) sinon. Le degré
d’une fraction est donc un élément de Z ∪ {−∞}.

Remarque 18.2 – Soit P un polynôme, en tant que polynôme son degré est deg(P), mais en tant que fraction,
son degré est deg( P1 ) = deg(P) − deg(1) = deg(P), on trouve bien la même chose.
2
ZExemple : deg( X X+1
+X+1 X
) = 1 et deg( X3 −X 2 +2 ) = −2.

Théorème 18.2 (propriétés du degré)


Soient F, G ∈ K(X), on a : deg(F+G) 6 max(deg(F), deg(G)), et deg(F×G) = deg(F)+deg(G). On retrouve
les mêmes propriétés que pour les polynômes.
NT
P
Preuve : Posons F = Q et G = RS , alors F × G = QS
PR
, donc deg(F × G) = deg(PR) − deg(QS) = deg(P) − deg(Q) + deg(R) −
deg(S) = deg(F) + deg(G). De même, deg(F + G) = deg(PS + QR) − deg(QS), or deg(PS + QR) 6 max(deg(PS), deg(QR)),
donc on a deg(F + G) 6 deg(PS) − deg(QS) ou deg(F + G) 6 deg(QR) − deg(QS), c’est à dire deg(F + G) 6 deg(F) ou
deg(F + G) 6 deg(G), finalement, deg(F + G) 6 max(deg(F), deg(G)). 
Remarque 18.3 :
– Une fraction rationnelle constante non nulle a un degré nul, mais la réciproque est fausse, par exemple :
X
F = X+1 .
– Si deg(F) 6= deg(G) alors deg(F + G) = max(deg(F), deg(G)).
– Une fraction F est nulle ssi son degré vaut −∞.

2) Pôles et racines
MO

Définition 18.5
P
Soit F ∈ K(X) non nulle, et soit Q un représentant irréductible de F. On dit que a ∈ K est racine de F
de multiplicité m ∈ N lorsque a est racine du numérateur P de multiplicité m. On dit que a ∈ K est

pôle de F de multiplicité m ∈ N∗ lorsque a est racine du dénominateur Q de multiplicité m.

Remarque 18.4 :
P
– Puisque Q est irréductible, on voit qu’un scalaire a ne peut pas être à la fois pôle et racine de F, sinon P et
Q seraient divisibles par X − a.
– a est un pôle de F de multiplicité m ∈ N∗ revient à dire que a est racine de multiplicité m de F1 .
X 3 −1
– Par exemple, la fraction F = X 2 −1
possède deux racines complexes simples j et j 2 , un pôle simple −1,
mais pas racine réelle.

3) Fonctions rationnelles

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Degré, pôles et racines d’une fraction Chapitre 18 : Fractions rationnelles

Définition 18.6
P
Soit F ∈ K(X) et Q un représentant irréductible de F. On pose DF = K \ {pôles de F}, c’est à dire
DF = {x ∈ K / Q(x) 6= 0}. On appelle fonction rationnelle de K dans K associée à la fraction F, la
e de DF vers K définie par F(x)
fonction notée F = P(x) .
e
e

NE
e Q(x)

Remarque 18.5 – Avant d’étudier une fonction rationnelle, il faut la mettre sous forme irréductible.

Théorème 18.3
Soient F, G ∈ K(X), si les fonctions rationnelles F e sont égales sur une partie infinie I de DF ∩ DG ,
e et G
alors les fractions rationnelles sont égales, i.e. F = G.

Preuve : Le corps K est infini, l’ensemble des pôles de F et celui de G sont finis, donc DF ∩ DG est un ensemble infini.
P
Posons F = Q et G = RS irréductibles, alors ∀ x ∈ I, on a P(x)S(x) − R(x)Q(x) = 0, donc le polynôme PS − QR est nul
(infinité de racines) ce qui signifie exactement que F = G. 

AIG
4) Dérivation d’une fraction rationnelle
P R
Soit F ∈ K(X) une fraction rationnelle et Q = S deux représentants de F, on a PS = QR, d’où (P 0 Q−PQ0 )S 2 =
P 0 QS 2 −PQ0 S 2 = P 0 QS 2 −Q0 QRS = QS(P 0 S −Q0 R), mais en dérivant la relation polynomiale PS = QR on obtient
P 0 S + PS 0 = Q0 R + QR0 , d’où (P 0 Q − PQ0 )S 2 = QS(QR0 − PS 0 ) = Q2 SR0 − QPSS 0 = Q2 SR0 − Q2 RS 0 = Q2 (SR0 − RS 0 ),
ce qui traduit l’égalité des fractions :
P 0 Q − PQ0 R0 S − RS 0
= .
Q2 S2

Définition 18.7
P dF
Soit F = Q ∈ K(X), on appelle fraction dérivée de F la fraction notée F0 (ou d X ) définie par :

P 0 Q − PQ0
F0 = ,
NT
Q2

Le résultat ne dépend pas du représentant de F choisi. On définit également les dérivées successives
¢0
de F en posant F(0) = F et pour tout n ∈ N, F(n+1) = F(n) .
¡

Remarque 18.6 –
¡ ¢0 0 0
– Soit P un polynôme, la dérivée de P en tant que fraction rationnelle est P1 = P 1−P1
12
= P 0 , on retrouve
bien la dérivée de P en tant que polynôme.
X
– Contrairement aux polynômes le degré de F0 n’est pas toujours égal à deg(F) − 1, par exemple : F = X+1 ,
0 1 0
on a deg(F) = 0 et F = (X+1)2 donc deg(F ) = −2.
Par contre on a toujours deg(F0 ) 6 deg(F) − 1.
MO

FExercice 18.1 Montrer que si F0 = 0 alors F est une fraction constante.

Théorème 18.4 (propriétés)


On retrouve les propriétés usuelles de la dérivation avec les formules usuelles : (F + G)0 = F0 + G0 ; (F ×
¡ ¢0 0
G)0 = F0 × G + F × G0 ; (λ.F)0 = λ.F0 ; F1 = −F
F2
, et la formule de Leibniz :
à !
n n
(F × G)(n) = F(k) × G(n−k) .
X
k=0 k

Preuve : Celle-ci est laissée en exercice. 

Définition 18.8 (Dérivée logarithmique)


F0
Soit F une fraction non nulle, la dérivée logarithmique de F est la fraction F.

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Décomposition d’une fraction rationnelle Chapitre 18 : Fractions rationnelles

Théorème 18.5
Si F est une fraction non nulle qui se factorise en F = F1 × · · · × Fn dans K(X) avec (n ∈ N∗ ), alors :
F0 F01 F0
F = F1 + · · · + Fnn .

NE
F0 F01 F2 +F1 F02
Preuve : Par récurrence sur n en commençant par le cas n = 2. Si F = F1 F2 alors F0 = F01 F2 + F1 F02 , d’où F = F1 F 2 =
F01 F02
F1 + F2 . Le passage du rang n au rang n + 1 se ramène au cas n = 2. 

III DÉCOMPOSITION D’UNE FRACTION RATIONNELLE

1) Partie entière
Soit F = BA une fraction, on effectue la division euclidienne de A par B : A = BQ + R avec deg(R) < deg(B).
On a alors F = Q + BR avec deg( BR ) < 0 et Q ∈ K[X]. Supposons qu’il existe un autre polynôme S et une fraction
G tels que F = S + G avec deg(G) < 0, alors deg(Q − S) = deg(G − BR ) < 0 donc Q = S car ce sont des polynômes,
et G = BR . On peut donc énoncer :

AIG
Théorème 18.6
Soit F ∈ K(X), il existe un unique polynôme Q tel que deg(F−Q) < 0, celui-ci est appelé partie entière
de F, c’est le quotient dans la division euclidienne du numérateur de F par le dénominateur.

Remarque 18.7 – Si deg(F) < 0 alors la partie entière de F est nulle (à cause de l’unicité).

2) Éléments simples

Définition 18.9
A
Un élément simple de K(X) est une fraction du type Bn où B est un polynôme irréductible unitaire
(i.e. B ∈ IK[X] ), deg(A) < deg(B), et n > 1.
NT
– Éléments simples dans C(X) :
on sait que IC[X] = {X − a / a ∈ C}, donc les éléments simples de C(X) sont les fractions :
α
avec α, a ∈ C et n > 1.
(X − a)n

– Éléments simples de R(X) :


on sait que IR[X] = {X − a / a ∈ R} ∪ {X 2 + pX + q / p, q ∈ R, p 2 − 4q < 0}, donc les éléments simples de
R(X) sont de deux types :
• éléments simples de première espèce :
α
avec α, a ∈ R et n > 1.
(X − a)n
MO

• éléments simples de seconde espèce :

aX + b
avec a, b, p, q ∈ R, p 2 − 4q < 0, et n > 1.
(X 2 + pX + q)n

Définition 18.10
Décomposer une fraction rationnelle F non nulle, c’est l’écrire comme somme de sa partie entière et
d’éléments simples.

ZExemples :
3
– F = XX2 +1 , sa partie entière est X, et on a F = X + X−X
2 +1 : c’est la décomposition de F en éléments simples

dans R(X), mais pas dans C(X).


– Dans C(X) on a : F = X + −1/2 −1/2
X+i + X−i .

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Décomposition d’une fraction rationnelle Chapitre 18 : Fractions rationnelles

3) Existence de la décomposition
Soit F une fraction non nulle et non polynomiale : F = BA (forme irréductible), on calcule sa partie entière :
E, on a alors = E + BR avec deg( BR ) < 0, on est alors amené à décomposer une fraction de degré strictement
négatif en éléments simples.

NE
r
m
Pi i (on peut
Q
On factorise le dénominateur B en produit de polynômes irréductibles unitaires : B =
i =1
supposer B unitaire).

Théorème 18.7
A
Si T, S sont deux polynômes premiers entre eux et si deg( TS ) < 0, alors il existe deux polynômes U et
V tels que :
A U V
= + avec deg(U) < deg(T), deg(V) < deg(S).
TS T S

A AU 0 0
Preuve : Il existe deux polynômes U 0 , V 0 tels que U 0 S + V 0 T = 1 (théorème de Bezout), on a alors TS = T + AV
S , soit E1 la
AU 0 AV 0 AU 0 U
partie entière de T et E2 celle de
S , il existe deux polynômes U et V tels que T = E1 + T avec deg(U) < deg(T), et

AIG
AV 0 V A U V U V
S = E2 + S avec deg(V) < deg(S), d’où : TS = E1 + E2 + T + S , mais deg( T + S ) < 0, donc E1 + E2 est la partie entière de
A
TS , or celle-ci est nulle, donc E1 + E2 = 0, ce qui donne le résultat. 
Conséquence : Par récurrence on en déduit que si B1 , . . . , Bn sont premiers entre eux deux à deux et si
A
deg( B1 ×...×Bn
) < 0, alors il existe des polynômes U1 , . . . , Un tels que :

A n U
X i
= avec deg(Ui ) < deg(Bi ).
B1 × . . . × Bn i =1 Bi

En appliquant ceci à notre fraction F, on peut affirmer qu’il existe des polynômes (Ui )16i 6r tels que :
r U
X i m
F=E+ mi avec deg(Ui ) < deg[Pi i ].
i =1 Pi
NT
Théorème 18.8
Si T est un polynôme irréductible unitaire et si deg( TAn ) < 0 (n > 1), alors il existe des polynômes
V1 , . . . , Vn tels que :
A n V
X k
= avec deg(Vk ) < deg(T).
T n k=1 T k
C’est une décomposition en éléments simples.

A
Preuve : Par récurrence sur n : pour n = 1 il n’y a rien à faire. Si le théorème est vrai au rang n et si deg( Tn+1 ) < 0, alors
A Q V
on effectue la division euclidienne de A par T : A = QT + Vn+1 avec deg