Vous êtes sur la page 1sur 205

DE

COLLECTION GUIDE D’APPLICATION S


COMMISSARIAT

CO
C
AUX APPORTS

NC
ET COMMISSARIAT

MMISSAIR
A LA FUSION
tC
gh
T IONALE D
NA ES
ri
E

CO
COMPAGNI

MMISSAIRE
py

E D I T I O N
S

AU
E

X COMPTES
FÉVRIER 2002
Co

AU
8, RUE DE L’AMIRAL-DE-COLIGNY - 75001 PARIS
TÉLÉPHONE : 01 40 15 04 96 - TÉLÉCOPIE : 01 44 77 82 27
X
SITE INTERNET : http://www.cncc.fr
SITE EXTRANET : http://www.crcc.com.fr
COLLECTION GUIDE D’APPLICATION

COMMISSARIAT
AUX APPORTS

C
ET COMMISSARIAT

NC
A LA FUSION

FÉVRIER 2002
tC
ri gh
py
Co

E D I T I O N

8, RUE DE L’AMIRAL-DE-COLIGNY - 75001 PARIS


TÉLÉPHONE : 01 40 15 04 96 - TÉLÉCOPIE : 01 44 77 82 27
SITE INTERNET : http://www.cncc.fr
SITE EXTRANET : http://www.crcc.com.fr
C
NC
tC
ri gh
py
Co

© CNCC ÉDITION - 2002


3

AVANT-PROPOS

Depuis la dernière décennie, les opérations d’apports, fusions et autres opéra-

C
tions de regroupement d’entreprise n’ont cessé de se multiplier.

NC
Ces opérations sont aujourd’hui devenues très complexes ; les mouvements de
regroupement sont plus larges et les évaluations qui restent à la base de toute
négociation sont plus risquées.

Dans un tel contexte, les modalités d’intervention des commissaires aux


apports et à la fusion ont sensiblement évolué.

tC
Le Conseil national des commissaires aux comptes a adopté, en juillet 2000, la
révision des normes de commissariat aux apports et à la fusion, destinées à
préciser les modalités d’intervention, la nature et l’étendue des contrôles à
mettre en œuvre ainsi que la forme et le contenu des rapports à émettre.
gh
Ces normes révisées conduisent notamment à préciser des principes nouveaux
pour le commissaire aux apports et à la fusion, à savoir notamment :

– la place des missions dans le cadre conceptuel des interventions du commis-


saire aux comptes,
ri

– les objectifs respectifs des deux missions,

– la notion d’apports pris individuellement et pris dans leur ensemble, et celle


py

d’approche directe de la valeur globale des apports,

– la structure des rapports qui a dorénavant un caractère normatif,

– la notion de critères retenus en complément des méthodes d’évaluation.


Co

Au-delà de l’explicitation de ces principes nouveaux, le présent guide d’appli-


cation se veut essentiellement pratique avec des développements spécifiques,
sur les notions qui peuvent trouver à s’appliquer à toutes les opérations aux-
quelles peuvent se trouver confrontés les professionnels, quelle que soit l’im-
portance des opérations réalisées.

Il contient en annexe de nombreux supports opérationnels adaptés


aux deux missions ainsi que des exemples de rapport.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


Co
py
righ
tC
NC
C
SOMMAIRE

AVANT-PROPOS 3

C
1. PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D'APPORT ET DE
FUSION 9

NC
1.1 CONTEXTE JURIDIQUE DES OPÉRATIONS D'APPORT ET DE FUSION 9
1.1.1 Définitions préalables 9
1.1.2 Projet de fusion, de scission ou d'apport 12
1.1.3 Particularités en termes de calendrier issues de l'article D. 258 14

tC
1.1.4 Date de réalisation et date d'effet de l’opération
1.1.5 Calendrier d'une opération de fusion
1.1.6 Particularités relatives aux apports partiels d'actifs
1.1.7 Particularités des fusions simplifiées
16
21
23
25

1.2 MONTAGE DES OPÉRATIONS DE FUSION 26


gh
1.2.1 Rapport d'échange 27
1.2.2 Valeurs d'apport 32

1.3 ASPECTS FISCAUX DES OPÉRATIONS D'APPORT ET DE FUSION 34


ri

1.3.1 Régime fiscal des fusions 34


1.3.2 Régime fiscal des apports partiels d'actifs 36
1.3.3 Régime fiscal des scissions 37
py

1.4 TRAITEMENT COMPTABLE DU BONI ET DU MALI DE FUSION 37


1.4.1 Mali de fusion 38
1.4.2 Boni de fusion 38
Co

2. LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 39

2.1 NATURE ET OBJECTIF DE LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX


APPORTS 39
2.1.1 Circonstances nécessitant la désignation d'un commissaire
aux apports 39
2.1.2 Modalités de la désignation 41
2.1.3 Acceptation de la mission 43
2.1.4 Responsabilités du commissaire aux apports 49

C
2.2 DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 51

NC
2.2.1 Contenu et limites de la mission 51
2.2.2 Fin de la mission 52
2.2.3 Démarche du commissaire aux apports 52
2.2.4 Prise de connaissance générale 54
2.2.5 Contrôle des apports pris individuellement 57

tC
2.2.6 Approche directe de la valeur des apports
2.2.7 Evénements postérieurs
2.2.8 Opérations à effet immédiat ou différé
2.2.9 Conclusion sur la valeur des apports
69
70
70
71
2.2.10 Appréciation des avantages particuliers stipulés 72
gh
2.2.11 Documentation des travaux et utilisation d'une lettre d'affirmation 73

2.3 RAPPORT DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 73


2.3.1 Rappel des obligations 73
2.3.2 Structure et contenu du rapport 77
ri

2.3.3 Modèles de conclusion 77


2.3.4 Structure du rapport 83
2.3.5 Exemple indicatif de rédaction de rapport 85
py

3. LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION 89

3.1 NATURE ET OBJECTIF DE LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION 89


3.1.1 Circonstances nécessitant la désignation d'un commissaire à
Co

la fusion 89
3.1.2 Modalités de la désignation 90
3.1.3 Acceptation de la mission 91
3.1.4 Responsabilité 92

3.2 DILIGENCES DU COMMISSAIRE À LA FUSION 92


3.2.1 Contenu et limites de la mission 92
3.2.2 Fin de la mission 93
3.2.3 Démarche du commissaire à la fusion 93
3.2.4 Prise de connaissance générale 95

C
3.2.5 Vérification de la pertinence des valeurs relatives attribuées
aux actions des sociétés participant à l'opération 96

NC
3.2.6 Appréciation du caractère équitable du rapport d'échange 99
3.2.7 Documentation des travaux et utilisation d'une lettre d'affir-
mation 102
3.2.8 Pluralité de commissaires à la fusion 102

3.3.1 Rappel des obligations


3.3.2 Structure du rapport
3.3.3 Modèles de conclusion
tC
3.3 RAPPORT DU COMMISSAIRE À LA FUSION 103
103
104
105
3.3.4 Structure type de rapport 106
gh
3.3.5 Exemple indicatif de rédaction de rapport 109

4. ANNEXES 115

• Norme 7-101 : « Commissariat aux apports » - Normes professionnelles


et Code de déontologie CNCC – déc. 2000. 118
ri

• Norme 7-102 : « Commissariat à la fusion » - Normes professionnelles


et Code de déontologie CNCC – déc. 2000. 138
py

• Rappel des textes concernant le commissariat aux apports et le


commissariat à la fusion. 153

Supports opérationnels 163


Co

Supports communs aux deux missions 164

4.1 Fiche d’acceptation de mission 164

4.2 Exemple de lettre d’accusé de réception au Tribunal de Commerce 166

4.3 Exemple de lettre d’acceptation et lettre de refus de la mission 167

4.4 Exemple de plan d’organisation de dossier 168


4.5 Fusions et apports partiels d’actif : contrôles possibles des aspects
formels 170

Supports concernant la mission du commissaire aux apports 182

C
4.6 Liste aide-mémoire des principales vérifications 182

4.7 Lettre d’affirmation 193

NC
Supports concernant la mission du commissaire à la fusion 194

4.8 Liste aide-mémoire des principales vérifications 194

4.9 Lettre d’affirmation 198


tC
ri gh
py
Co
9

1. PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS


D'APPORT ET DE FUSION

C
1.1 CONTEXTE JURIDIQUE
DES OPÉRATIONS D'APPORT ET DE FUSION

NC
1.1.1 DÉFINITIONS PRÉALABLES

1.1.1.1 Apports en nature 1


tC
Les biens ou valeurs qui ne sont pas acquis en numéraire constituent des
apports en nature. Parmi ceux-ci on peut distinguer :

(i) L'apport d'un bien isolé


gh
Il s'agit le plus souvent de l'apport de titres de participation, d'un fonds de
commerce, d'un immeuble ou d'un contrat de crédit-bail. Plus générale-
ment, tout actif figurant au bilan d'une entreprise peut faire l'objet d'un
apport.

(ii) L'apport partiel d'actif


ri

L'apport partiel d'actif est l'opération par laquelle une société apporte une
partie de son activité (apport de branche d’activité) à une autre société
py

(nouvelle ou existante) et reçoit en échange des titres émis par cette


société.

L'apport partiel d'actif est visé par l'article L. 236-22 du code de commerce
pour les sociétés anonymes et L. 236-24 du code de commerce pour les
Co

sociétés à responsabilité limitée.

(iii) La fusion
La fusion est l'opération par laquelle deux sociétés se réunissent pour n'en
former qu'une seule. Elle peut résulter, comme l'indique l'article L. 236-1
du code de commerce :
– soit de la création d'une société nouvelle par plusieurs sociétés existantes,
– soit de l'absorption d'une ou plusieurs sociétés par une autre.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


10 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION

(iv) La scission
La scission est une division de société en plusieurs fractions transmises
simultanément à plusieurs sociétés nouvelles et/ou existantes. Elle est pré-
vue par les articles L. 236-16 et L. 236-17 du code de commerce.

C
A la différence des opérations d'achat ou de vente, les apports sont rémunérés
par l'attribution de droits sociaux qui confèrent à l'apporteur la qualité d'ac-

NC
tionnaire ou d'associé.
2 Les apports sont qualifiés de purs et simples quand ils sont entièrement rému-
nérés par des actions ou parts.
3 Les apports mixtes sont rémunérés par l'attribution de droits sociaux et par la

tC
prise en charge du passif de la société apporteuse ou le versement de numé-
raire. Cependant, pour des raisons fiscales, un tel versement en numéraire
(soulte) ne peut excéder 10 % de la valeur nominale des parts ou actions attri-
buées, sous peine de remettre en cause le sursis d'imposition de la plus-value
d'apport.
gh
Les apports peuvent être faits en pleine propriété, en jouissance ou en usufruit.
4 Ne constituent pas des apports en nature les apports en industrie, qui consis-
tent à mettre à la disposition d'une entreprise ses connaissances profession-
nelles, son expérience, ses relations, son crédit.
ri

Il convient de rappeler que ce type d'apport est expressément interdit dans les
sociétés à responsabilité limitée (C. com., art. L. 223-7) et en commandite
simple (C. com., art. L. 222-1). Par ailleurs l’article 1843-2 du code Civil précise
py

que les apports en industrie ne concourent pas à la formation du capital social


mais donnent lieu à l'attribution de parts ouvrant droit au partage des béné-
fices, de l'actif net, et à des pertes éventuelles.
Les sociétés par actions ne sont pas visées par cette interdiction. Toutefois,
Co

l'article L. 225-3 du code de commerce prévoit que les actions d'apport doi-
vent être intégralement libérées lors de leur émission. Cette condition ne pour-
rait être réalisée par un apport en industrie qui est par définition aléatoire et
n'est pas représentatif d'une valeur patrimoniale.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION 11

1.1.1.2 Avantages particuliers (1)

La loi ne donne aucune définition de l'avantage particulier. Cette notion apparaît 5


dans la mission dévolue au commissaire aux apports en cas de constitution de
sociétés (C. com., art. L. 225-147), d'augmentation de capital (C. com., art.

C
L. 225-8), de fusion et de scission (par renvoi à C. com., art. L. 225-147) :
« En cas d'apports en nature ou de stipulation d'avantages particuliers,

NC
un ou plusieurs commissaires aux apports sont désignés ...
Ces commissaires apprécient, sous leur responsabilité, la valeur des
apports et les avantages particuliers ... » (2)
Un avantage mentionné dans le traité d'apport ne peut être considéré comme

à une catégorie d'associés. tC


un avantage particulier que si l'avantage est accordé à une seule personne ou

Ainsi constitue un avantage particulier un droit de préemption au profit d'un


seul associé ; en revanche ne constituent pas des avantages particuliers :
– l'émission d'actions privilégiées auxquelles sont attachés des droits spéci-
gh
fiques et auxquelles tous les actionnaires auraient la possibilité de souscrire,
– une remise annuelle accordée par une société aux actionnaires qui achète-
raient le produit de la société.
La loi a prévu la mention des avantages particuliers :
ri

– dans les statuts :


• Article L. 225-14
py

« Les statuts contiennent l'évaluation des apports en nature. Il y est pro-


cédé au vu d'un rapport annexé aux statuts et établi, sous sa responsabi-
lité, par un commissaire aux apports. »
Si des avantages particuliers sont stipulés, la même procédure est suivie. »
Co

• Article D. 55
« ... les statuts ... doivent contenir les indications suivantes :
... 5° L'identité des bénéficiaires d'avantages particuliers et la nature de
ceux-ci... »

(1) Pour le contrôle des avantages particuliers, voir paragraphe 2210.


(2) Article L. 225-147 (la rédaction de l'article L. 225-8 est très voisine).

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


12 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION

– dans le projet de fusion :

• Article D. 254

« Il doit contenir les indications suivantes :

... 8° ... le cas échéant, tous avantages particuliers. »

C
NC
1.1.2 PROJET DE FUSION, DE SCISSION OU D'APPORT

1.1.2.1 Nature juridique

6 La rédaction du projet de fusion s’effectue en général à la suite d’un protocole

tC
d'accord. L'appellation de « projet de fusion » (art. L. 236-6 et D. 254) indique
que l'acte n’a qu’un caractère provisoire bien qu'il ait une existence officielle
du fait de sa publication.

Il résulte en conséquence que :


gh
– le projet de fusion n’est pas un indicateur de la réalisation de l’opération ;

– il est souhaitable que le commissaire aux apports et/ou à la fusion puisse


faire des observations sur ce projet suffisamment tôt pour être prises en
compte ;
ri

– les assemblées générales extraordinaires d'associés ou d'actionnaires peu-


vent en modifier le contenu.

C'est à l’assemblée de la société absorbante, appelée à statuer sur l’opération,


py

qu’il convient d’adopter, de rejeter ou de modifier les évaluations et le rapport


d’échange (avec l’accord de l’assemblée de la société absorbée), en fonction
des observations qui pourraient être faites par le commissaire à la fusion.
7 Le terme « projet de fusion », sera également dénommé « traité de fusion, de
Co

scission ou d'apport » dans le présent guide.

1.1.2.2 Contenu du traité de fusion, de scission ou d'apport

8 Le traité de fusion contient les informations suivantes (art. D. 254 al. 2) :

– la forme, la dénomination et le siège social de toutes les sociétés partici-


pantes ;

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION 13

– les motifs, buts et conditions de la fusion, de la scission (ou de l'apport) ;

– la désignation et l'évaluation de l'actif et du passif dont la transmission aux


sociétés bénéficiaires est prévue ;

– les modalités de remise des parts ou actions et la date à partir de laquelle

C
ces parts ou actions donnent droit aux bénéfices, ainsi que toute modalité
particulière relative à ce droit, et la date à partir de laquelle les opérations

NC
de la société absorbée ou scindée (ou de la branche d'activité apportée)
seront, du point de vue comptable, considérées comme accomplies par la ou
les sociétés bénéficiaires des apports ;

– les dates auxquelles ont été arrêtés les comptes des sociétés intéressées uti-
lisés pour établir les conditions de l'opération ;

soulte ;
tC
– le rapport d'échange des droits sociaux et, le cas échéant, le montant de la

– le montant prévu de la prime de fusion ou de scission ;

– les droits accordés aux associés ayant des droits spéciaux et aux porteurs de
gh
titres autres que des actions ainsi que, le cas échéant, tous avantages parti-
culiers.

1.1.2.3 Communication et publicité du traité de fusion


ri

a) Communication

Le traité de fusion, de scission ou d'apport doit être communiqué : 9


py

– aux actionnaires ;

– aux commissaires à la fusion, à la scission ou aux apports : aucun délai n'est


fixé par les textes ;
Co

– à la Commission des opérations de bourse (3) si l'une au moins des sociétés


fait publiquement appel à l'épargne. La communication du traité de fusion,
de scission ou d'apport (ainsi que le rapport du conseil, le rapport du commis-
saire aux apports et le cas échéant les rapports des experts et du commis-
saire à la fusion) est souhaitée un mois au moins avant les assemblées.

(3) Recommandation COB 1977.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


14 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION

b) Publicité
10 Le traité de fusion, de scission ou d'apport doit, au moins un mois avant la
date de la première assemblée appelée à statuer sur l'opération :

– être déposé au greffe du tribunal de commerce (C. com., art. L. 236-6 al. 2) ;

C
– faire l'objet d'un avis dans des journaux d'annonces légales (C. com., art.
D. 255) ;

NC
– faire l'objet d'une insertion au Bulletin des annonces légales obligatoires
(C. com., art. D. 255) si l'une des sociétés au moins fait appel public à l'épargne.

1.1.3 PARTICULARITÉS EN TERMES DE CALENDRIER

11
tC
ISSUES DE L'ARTICLE D. 258

L'article D. 258 stipule que :

Toute société par actions participant à une opération de fusion ou de


scission doit mettre à la disposition de ses actionnaires, au siège social,
gh
un mois au moins avant la date de l'assemblée générale appelée à se
prononcer sur le projet les documents suivants :

1° le projet de fusion ou de scission ;

2° les rapports mentionnés aux articles L. 236-6 et L. 236-10 de la loi sur


ri

les sociétés commerciales ;

3° les comptes annuels approuvés par les assemblées générales ainsi que
py

les rapports de gestion des trois derniers exercices des sociétés partici-
pant à l'opération ;

4° un état comptable établi selon les mêmes méthodes et suivant la


même présentation que le dernier bilan annuel, arrêté à une date qui, si
Co

les derniers comptes annuels se rapportent à un exercice dont la fin est


antérieure de plus de six mois à la date du projet de fusion ou de scission,
doit être antérieure de moins de trois mois à la date de ce projet.

1.1.3.1 Sociétés ayant moins de 3 ans d'existence


12 La Commission des études juridiques de la CNCC a estimé que ces dispositions
n'interdisaient pas à une société ayant approuvé moins de trois bilans, de pro-

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION 15

céder à une opération de fusion (4). Elle a également considéré que l'opération
d'absorption d'une société n'ayant pas clôturé son premier exercice social était
possible, à condition qu'un état comptable intermédiaire soit mis à la disposi-
tion de ses actionnaires (5). Ces dispositions s'appliquent également aux
fusions simplifiées.

C
1.1.3.2 Opérations de fusion et d'apport intervenant en tout début

NC
d'exercice

Les dispositions du décret du 7 février 1991 ont modifié le 3° de l'article 13


D. 258 afin de rendre possibles les opérations de fusion, de scission ou d'apport
avant même que les comptes du dernier exercice des sociétés participantes

tC
n'aient été arrêtés par leurs conseils d'administration, et a fortiori avant que
ces comptes n'aient été approuvés par les assemblées générales :

(Décret n°91-153 du 7 février 1991)

« Pour l'application du 3° ci-dessus, si l'opération doit être décidée avant


gh
que les comptes annuels du dernier exercice clos aient été approuvés, ou
moins d'un mois après leur approbation, doivent être mis à la disposition
des actionnaires les comptes annuels arrêtés et certifiés relatifs à cet
exercice et les comptes annuels approuvés des deux exercices précé-
dents ainsi que les rapports de gestion. Dans le cas où le conseil d'admi-
ri

nistration ne les a pas encore arrêtés, l'état comptable visé au 4° ci-des-


sus et les comptes annuels approuvés des deux exercices précédents
ainsi que les rapports de gestion doivent être mis à la disposition des
py

actionnaires ».

1.1.3.3 Opérations de fusion et d'apport intervenant au cours du


second semestre
Co

L'article D. 258 prévoit qu'un état comptable doit être établi lorsque la date du 14
projet de fusion est postérieure de plus de 6 mois à la date des derniers
comptes annuels ; cet état comptable doit être antérieur de moins de trois
mois à la date du projet de fusion.

(4) Bulletin CNCC n° 78, juin 1990 – page 263.


(5) Bulletin CNCC n° 109, mars 1998 – page 89.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


16 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION

L'état comptable doit être établi selon les mêmes méthodes et la même pré-
sentation que le dernier bilan présenté ; en pratique, il s’agit en général de
comptes intermédiaires établis selon la recommandation du Conseil national
de la comptabilité.
Ces comptes sont établis par les sociétés participant à l’opération.

C
Le commissaire aux comptes peut, à la demande des dirigeants, émettre un

NC
rapport particulier sur ces comptes intermédiaires (audit ou examen limité) (6).
Les commissaires aux apports et à la fusion pourront dans ce cas utiliser les
travaux effectués par le commissaire aux comptes.

tC
1.1.4 DATE DE RÉALISATION ET DATE D'EFFET DE L’OPÉRATION

1.1.4.1 Définitions

15 La date de réalisation de l’opération est la date de l'assemblée générale extra-


gh
ordinaire l'ayant approuvée.
16 La date d'effet est la date à partir de laquelle les opérations de la société
absorbée ou scindée seront, du point de vue comptable et fiscal, considérées
comme ayant été accomplies par la ou les sociétés bénéficiaires.
ri

Cette date peut :


– correspondre à la date de réalisation : on parle alors de fusion ou d'apport à
effet immédiat ;
py

– être postérieure à la date de réalisation : on parle alors de fusion ou d'apport


à effet différé, la date d'effet ne pouvant aller au-delà de la clôture de
l'exercice en cours de la société absorbante ;
Co

– être antérieure à la date de réalisation ; on parle alors de fusion ou d'apport


à effet rétroactif.
La date d'effet ne peut être antérieure :
• à la date de clôture du dernier exercice clos de la société absorbée, lorsque
celle-ci a clôturé un exercice au cours de l'année précédant la fusion ;

(6) Norme 3-101 : Examen limité de comptes – Norme 2-606 : Rapport d’audit sur des comptes
intermédiaires.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION 17

• au 1er janvier de l'année au cours de laquelle la fusion doit être approuvée, 16 suite
lorsque la société absorbée n'a clôturé aucun exercice au cours de l'année
précédant la fusion (BO I 41-1-93 du 11 août 1993) ;
• en cas de création de société nouvelle, à la date d'immatriculation au
registre du commerce de cette société, ou de la dernière d'entre elles s'il en

C
est créé plusieurs (7).

NC
Le premier schéma présente les possibilités de choix de la date d'effet, lorsque
la société absorbée a clôturé un exercice au cours de l'année précédant la
fusion :

Clôture absorbée Date de Clôture absorbante


du dernier réalisation exercice en cours
exercice

30/10/N – 1 31/12/N – 1
tC (AGE)

31/05/N 31/12/N
gh
Effet rétroactif Effet différé

Effet immédiat

Le second schéma présente les possibilités de choix de la date d'effet, lorsque


ri

la société absorbée n'a clôturé aucun exercice au cours de l'année précédant la


fusion :
py

Clôture absorbée Date de Clôture absorbante


du dernier réalisation exercice en cours
exercice (AGE)

31/10/N – 2 31/12/N – 1 31/05/N 31/12/N


Co

Effet rétroactif Effet différé

Effet immédiat

(7) Bulletin CNCC n° 97, mars 1995, et n° 98, juin 1995.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


18 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION

1.1.4.2 Opérations avec effet rétroactif (8)

17 La difficulté de ces opérations tient au fait que les valeurs fixées à la date
d'effet de la fusion peuvent évoluer jusqu'à la date de réalisation définitive,
dans un sens positif ou négatif, en raison des aléas de l’environnement écono-

C
mique et des activités des entreprises participant à l’opération. Ces aléas doi-
vent être pris en compte pour l’évaluation des apports.

NC
En conséquence, certains événements, s'ils se produisent pendant la période
intercalaire, devraient donner lieu à un ajustement des valeurs d'apport figu-
rant dans le traité. Ces événements peuvent être par exemple :

– les avaries sur les immobilisations non couvertes par une assurance ;

tC
– la baisse brutale de la valeur d’un stock de matières premières ;

– l’évolution de la valeur de dettes ou de créances en monnaie étrangère en


raison de la fluctuation des cours de change ;

– le dépôt de bilan inopiné d’un client important ;


gh
– les difficultés d’une filiale importante ;

– la destruction d’une usine ;


18
ri

Dans l’hypothèse où les résultats prévisionnels de la période intercalaire s’avè-


rent déficitaires, il convient de minorer la valeur des apports figurant, dans le
traité de fusion du montant de ces déficits, par le biais d’une « Provision pour
py

perte à subir pendant la période intercalaire » (provision non comptabilisée


chez l'absorbée). Cette perte doit être évaluée prudemment afin d'éviter tout
risque de surévaluation des apports.

Dans le cas d'une fusion :


Co

– la provision pour perte intercalaire vient minorer l'actif net apporté, et est
inscrite dans un compte d'ordre spécifique qui figure parmi les capitaux
propres de la société absorbante ;

– la perte de rétroactivité de l'absorbée sera mécaniquement intégrée dans le


résultat de l'absorbante par le biais des écritures de fusion.
(8) Voir paragraphe 2.2.5.4 sur les diligences du commissaire aux apports sur la période de rétro-
activité.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION 19

Sur ce point, la COB (9) a pris la position suivante :


« Quand le compte d'ordre a rempli son rôle de réduction de l'actif net apporté
pendant l'instant de raison de l'approbation des apports et de l'augmentation
de capital, il n'a plus sa place au bilan, mais sa disparition ne doit pas fausser
la mesure du résultat de l'entité créée par la fusion : ce n'est donc pas au cré-

C
dit du compte de résultat qu'il peut être viré, ce qui constituerait un profit fic-
tif, mais au compte de prime de fusion. Toutefois, il est normal de prévoir que,

NC
si l'exercice de la société absorbante se solde par une perte nette, due au
moins pour partie aux pertes de rétroactivité, cette perte nette soit imputée
par l'assemblée générale en priorité sur le compte d'ordre, puis que le montant
restant de celui-ci soit viré, le cas échéant, à la prime de fusion ».

tC
« En l'état actuel des règles, il est donc souhaitable que, lorsque des pertes
sont prévues chez une société absorbée avant une fusion, une résolution soit
soumise à l'AGE de la société absorbante, décidant d'affecter à un compte
d'ordre de la situation nette le montant porté en "provision" pour perte inter-
calaire dans le traité d'apport pour couvrir l'appauvrissement intervenu depuis
le début du dernier exercice de l'absorbée. La même résolution doit disposer
gh
que ce compte d'ordre ne pourra être utilisé que pour être rapporté à la prime
de fusion, éventuellement après imputation par l'AGO de la perte de l'exercice
en cours au moment de la fusion. »
Pour les apports partiels d'actif :
ri

– la diminution de l'actif net apporté, liée à la « provision pour perte interca-


laire », est appréhendée par la société apporteuse dans son résultat d'apport,
py

(elle est donc « dotée » comptablement chez la société apporteuse qui conti-
nue d’exister après l’opération) ;
– la société bénéficiaire de l'apport enregistre la perte de rétroactivité de
l'apporteuse, mais, contrairement aux opérations de fusions, elle reprend la
Co

provision pour compenser la perte enregistrée.

1.1.4.3 Opérations à effet immédiat ou différé

Les opérations avec effet immédiat ou différé constituent généralement des 19


opérations délicates, dans la mesure où la consistance des apports n'est pas
connue précisément à la date où le commissaire aux apports émet son rapport.
(9) Bulletin COB n° 145, février 1982.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


20 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION

19 suite Cependant, cette difficulté peut être résolue si l'apporteuse (ou les action-
naires de l'absorbée en cas de fusion) accepte de garantir l'actif net apporté
dans le traité d’apport.
Les apports à effet immédiat effectués à la valeur comptable suivent les étapes
suivantes :

C
(a) le traité d'apport est préparé sur la base d'un actif net provisoire à la

NC
date de réalisation de l'opération, laquelle correspond en général à
une date très proche de celle du traité d'apport ;
(b) afin de déterminer « ex post » les valeurs individuelles des apports à la
date de réalisation, le traité d'apport prévoit en général la réalisation
d’un inventaire des éléments d'actif et de passif apportés à cette date,

bli en amont ;
tC
évalués selon les mêmes méthodes que pour l’actif net provisoire éta-

(c) l'apporteuse (ou son principal actionnaire en cas de fusion et scission)


s'engage à garantir l'actif net prévu dans le traité d'apport dans le cas
où l'actif net définitif serait inférieur à l'actif net provisoire :
gh
– si l'actif net à la date de réalisation est inférieur à l'actif net provi-
soire, l'apporteuse devra couvrir cet écart par un apport de trésore-
rie complémentaire,
– si l'actif net à la date de réalisation s'avère être supérieur, l’écart
ri

constaté vient augmenter la prime d'apport.


Les opérations à effet différé ont un caractère exceptionnel et sont réalisées
py

notamment lorsque l'assemblée générale extraordinaire appelée à statuer sur


l’opération ne coïncide pas avec la fin de l’exercice (par exemple un 28
décembre). On pratique alors un effet différé de 3 jours, de manière à se
conformer à certaines exigences notamment en matière sociale.
Co

Les diligences du commissaire aux apports doivent être adaptées à ce contexte


particulier (cf § 2.2.8).

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION 21

1.1.5 CALENDRIER D'UNE OPÉRATION DE FUSION

Les opérations de fusion passent en général par les étapes suivantes : 20

C
Dates Société Société
Résumé des principales opérations limites absorbée absorbante

NC
1 Préparation de la fusion et établissement X X
éventuel d'un avant-projet de fusion.
2 Requête auprès du président du tribunal de
commerce en vue de la désignation d'un ou X X
plusieurs commissaires à la fusion.
3

4
tC
Requête auprès du président du tribunal
de commerce en vue de la désignation d'un
ou plusieurs commissaires aux apports.
Nomination par ordonnance du président
du tribunal de commerce d'un ou plusieurs X
X

X
commissaires à la fusion.
gh
5 Nomination par ordonnance du président
du tribunal de commerce d'un ou plusieurs X
commissaires aux apports.
6 Convocation du conseil d'administration X X
de chaque société.
ri

7 Réunion du conseil d'administration de X X


chaque société arrêtant le projet de fusion.
8 Rédaction et signature du projet de fusion. X X
py

9 Dépôt du projet de fusion au greffe du


tribunal de commerce du lieu du siège de AG – 30 X X
chaque société.
10 Communication aux commissaires à la
Co

fusion et aux commissaires aux apports X X


d'un exemplaire du projet de fusion.
11 Si l'une au moins des sociétés fait publi-
quement appel à l'épargne, communication AG – 30 X X
à la COB de certains documents.
12 Publication du projet de fusion dans un
journal d'annonces légales et, si l'une au AG – 30 X X
moins des sociétés fait publiquement appel
à l'épargne, au B.A.L.O.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


22 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION

Dates Société Société


Résumé des principales opérations limites absorbée absorbante

13 Ouverture du délai d'opposition des AG – 30


créanciers. souhaitable X X

C
14 Dépôt au siège social du rapport des AG – 30 X X
commissaires à la fusion.

NC
15 Mise à la disposition des actionnaires, au
siège social, des documents visés à l'article AG – 30 X X
L. 226-10.
16 Convocation de l'assemblée générale extra-
ordinaire des actionnaires de chacune des AG – 15 X X

17
sociétés.
tC
Convocation des commissaires aux comptes
au plus tard lors de la convocation des
actionnaires.
AG – 15 X X

18 Mise à la disposition des actionnaires des


gh
documents visés aux articles L. 225-115 et
AG – 15 X X
L. 225-116, et D. 135 et 140, ainsi que de
divers autres documents.
19 Dépôt au greffe du tribunal de commerce
ainsi qu'au siège social et mise à la dispo- AG – 8 X
sition des actionnaires de la société absor-
ri

bante du rapport du commissaire aux apports.


20 Réunion de l'assemblée générale extraor-
dinaire des actionnaires de la société X
py

absorbée.
21 Réunion de l'assemblée générale extra-
ordinaire des actionnaires de la société X
absorbante.
22 Enregistrement de la convention de fusion
Co

et des procès-verbaux des assemblées. X X


Publication dans un journal d'annonces X X
légales
Publication de la dissolution de la société
absorbée au B.A.L.O. si cette société fait X
publiquement appel à l'épargne.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION 23

Dates Société Société


Résumé des principales opérations limites absorbée absorbante

Etablissement et signature des déclarations X X


de conformité.

C
Dépôt au greffe du tribunal de commerce
des documents relatifs à la fusion, à l'aug-

NC
mentation de capital de la société absor- X X
bante et à la dissolution de la société
absorbée.
Déclaration modificative d'existence pour X
la société absorbante.
Déclaration de cessation d'existence pour

23
la société absorbée.
tC
Formalités en vue de rendre opposable
aux tiers la transmission de biens résultant
de la fusion.
X

X X
gh
1.1.6 PARTICULARITÉS RELATIVES AUX APPORTS
PARTIELS D'ACTIFS

21
ri

L’apport partiel d’actif est l’opération par laquelle une société apporte une par-
tie de son actif à une autre société (nouvelle ou existante) et reçoit en
échange des titres émis par cette société.
py

Un apport partiel d’actif peut porter :

– sur un ou des éléments isolés tels qu’une immobilisation ou un porte-


feuille de titres,
Co

– sur un ensemble d’éléments ayant une certaine homogénéité tel que l’actif
et le passif d’une branche d’activité afin, par exemple, de :

■ donner à cette branche d’activité une existence juridique autonome,


dans le cadre d’une filialisation,

■ regrouper dans une même entité des branches d’activités identiques.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


24 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION

1.1.6.1 Option pour le régime des scissions

22 Dans le cas d’un apport partiel d’actif, la loi (10) prévoit que les sociétés,
apporteuse et bénéficiaire de l’apport, peuvent décider de placer l’opération
sous le régime juridique des scissions (11). Pour les branches d'activité, ceci

C
présente l'avantage d’une transmission universelle de patrimoine ; en effet,
tous les actifs et passifs rattachables à la branche sont réputés transférés à la

NC
société bénéficiaire des apports.
Une telle option est souhaitable lorsque les apports sont importants dans la
mesure où elle permet aux dirigeants des sociétés participant à l’opération d’in-
former leurs actionnaires respectifs sur le caractère équitable de l’opération.

tC
Pour les sociétés faisant appel à l’épargne, la COB recommande (12) une large
application de ces dispositions :
« La Commission est donc amenée à recommander à nouveau qu’il soit fait lar-
gement application des dispositions de l’article L. 236-22 … permettant de pla-
cer sous le régime des fusions et scissions un apport partiel chaque fois qu’une
gh
telle opération représente une part essentielle de l’activité et des biens de la
société qui fait l’apport ou de celle qui le reçoit. »
Dans ce cas, un commissaire à la scission doit être désigné afin de se pronon-
cer sur le caractère équitable de la rémunération des apports.
ri

1.1.6.2 Non-option pour le régime juridique des scissions


py

Dans ce cas, les dirigeants des sociétés concernées demandent la désignation


d’un commissaire aux apports, chargé d'apprécier la valeur des apports.
Cependant, dès lors qu’une des sociétés participantes fait appel public à
l’épargne, la COB demandera généralement une extension de la mission du
Co

commissaire aux apports au contrôle de la rémunération des apports. En prin-


cipe, cette extension devrait donner lieu à une ordonnance complémentaire du
tribunal de commerce.

(10) C. com. article L. 236-22 pour les S.A. et C. com. L. 236-24 pour les SARL.
(11) Il s’agit là d’une disposition relevant du droit des sociétés, à ne pas confondre avec le régime
fiscal de faveur.
(12) Recommandation concernant les opérations de fusion, scission ou apport partiel d’actif (Bull.
COB n° 95 – juillet – août 1977).

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION 25

1.1.7 PARTICULARITÉS DES FUSIONS SIMPLIFIÉES

L'absorption par une société anonyme ou une société à responsabilité limitée 23


d'une ou plusieurs de ses filiales à 100 % est soumise à un régime simplifié
(C. com., art. L. 236-11 ; C. com., art. L. 236-23 et L. 236-2).

C
Ce régime suppose que la société absorbante détienne en permanence la tota-
lité du capital de la société absorbée, depuis le dépôt du projet de traité au

NC
greffe du Tribunal de Commerce jusqu'à la date de réalisation de l'opération
(assemblée générale extraordinaire des actionnaires).
L'utilisation du régime simplifié n'est possible que si le capital de la société
absorbée est représenté uniquement par des actions (ou par des parts sociales
pour la SARL).
tC
L’option pour le régime simplifié présente les avantages suivants :
– nomination d'un commissaire aux apports, et non d'un commissaire à la
fusion ;
– pas de réunion d'une assemblée de la société absorbée ;
gh
– pas de rapport du conseil d'administration, du directoire ou des gérants sur
la fusion.
La fusion doit seulement être approuvée par l'assemblée générale extraordi-
naire des actionnaires ou associés de la société absorbante, qui statue égale-
ri

ment sur l'évaluation des apports en nature au vu du rapport d'un commissaire


aux apports désigné en justice (C. com. art. L. 236-11).
py

Cas d'un apport net négatif

En règle générale, la valeur des apports doit correspondre au moins au mon- 24


tant de l'augmentation de capital augmenté de la prime de fusion. Dans le cas
d'un apport net négatif, le commissaire aux apports émettra donc une appré-
Co

ciation défavorable dans son rapport. La faisabilité de l'opération passe donc


par le choix d'une autre méthode de valorisation des apports, permettant d'ex-
térioriser le cas échéant des plus-values latentes (13).

(13) Bulletin CNCC n° 91, septembre 1993 – page 399.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


26 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION

25 Dans le cas d'une fusion simplifiée en revanche, rien ne s'oppose à ce que la


société absorbante reçoive un apport en nature dont la valeur est négative,
dans la mesure où il n'y a pas d'augmentation de capital (14).

Comparaison avec le régime de la « Transmission universelle de patri-


moine »

C
26 Lorsqu'une société détient 100 % du capital de la société qui transmet son

NC
patrimoine, l'associé unique peut choisir de se placer sous le régime prévu à
l'article 1844-5 du Code civil : dissolution par réunion de toutes les parts en
une seule main (encore appelée « Fusion par confusion de patrimoine »).

Fiscalement, une « fusion par confusion de patrimoine » peut également béné-


ficier du régime de faveur prévu à l’article 210-A du CGI (art. 210-01 A du CGI,

tC
créé par la loi de finances pour 2002, art. 85-F). Ce nouveau dispositif est
applicable aux opérations réalisées à compter du 1er janvier 2002.
Juridiquement, les conséquences sont les mêmes que pour une fusion simpli-
fiée.
gh
1.2 MONTAGE DES OPÉRATIONS DE FUSION
ri

27 Le montage des opérations de fusion comprend généralement deux étapes


principales :
py

– la valeur d’apport,

– le rapport d’échange.

Il est rappelé à ce stade que le commissaire aux apports et le commissaire à la


fusion ne sont pas chargés de procéder aux calculs des valeurs relatives abou-
Co

tissant à la détermination du rapport d'échange, ni aux évaluations des biens


transmis. Ils doivent seulement contrôler que ces calculs conduisent à des
valeurs pertinentes et à un rapport d’échange équitable. Pour ce faire, ils ont la
faculté de procéder eux-mêmes à des évaluations en employant des méthodes
alternatives.

(14) Bulletin CNCC n° 95, septembre 1994 – page 596, confirmé par Bulletin CNCC n° 117, mars
2000 – pages 99-101.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION 27

1.2.1 LE RAPPORT D'ÉCHANGE

Le terme de « rapport d’échange », désormais légal, a remplacé celui de « parité 28


d’échange » ; il se trouve consacré à l’art. L. 236-10 al. 2 du code de
commerce : « les commissaires à la fusion vérifient que les valeurs relatives

C
attribuées aux actions des sociétés participant à l’opération sont pertinentes et
que le rapport d’échange est équitable ».

NC
L’article D. 254 reprend également ce terme.
A ce stade, doivent être distinguées deux notions :
– le rapport d’échange, encore souvent appelé parité, exprime le nombre d’ac-
tions, ou de fractions de l’absorbante, à émettre en échange d’une action de
l’absorbée.
tC
En pratique, on évite de parler en fraction d’échange. Ainsi, si le rapport
d’échange est de 0,33, on dira que la parité est de 1 pour 3.
Le rapport d’échange est choisi en considération des différentes valeurs rela-
gh
tives obtenues à l’aide de différents critères. Il ne correspond pas nécessaire-
ment à l’un des critères.
– le poids relatif exprime la valeur relative de l’absorbée par rapport à l’absor-
bante, à partir d’un critère de comparaison.
ri

Deux étapes doivent être distinguées :


➨ le calcul des valeurs relatives des actions des sociétés en présence,
➨ le choix du rapport d'échange.
py

1.2.1.1 Calcul des valeurs relatives des sociétés en présence

Les valeurs relatives des actions des sociétés participant à l'opération sont des 29
Co

évaluations comparatives des actions des sociétés en présence, réalisées selon


différents critères et méthodes d'évaluation.
L'approche traditionnelle, dite « approche par les critères », permet de calculer
des valeurs relatives, sans avoir à évaluer chaque entreprise en présence.
Les valeurs relatives sont alors déterminées en faisant le rapport entre les
montants par action, déterminé pour chaque société sur la base d'un même
critère (tel que chiffre d'affaires, résultat d'exploitation …).

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


28 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION

L’approche par les critères repose sur :


– la valeur des sociétés qui peut être déterminée par la méthode des compa-
raisons boursières, ou qui consiste à appliquer à chaque critère des multiples
appropriés (par exemple multiple du résultat net),

C
– l’identité des multiples utilisés pour les sociétés participant à l’opération.
Toutefois, l'approche par les critères ne conduit pas nécessairement à des

NC
valeurs relatives pertinentes, notamment lorsque les sociétés en présence pré-
sentent des différences importantes remettant en cause la règle d'identité des
multiples énoncée ci-dessus ; cette approche ne prend pas en compte l’actif
net comptable des sociétés en présence.
30 En conséquence, dans certains cas, une approche par les valeurs, qui consiste à

tC
faire le rapport de la valeur des titres des sociétés en présence, calculée selon
une méthode d’évaluation donnée, fixée d’un commun accord, peut s’avérer
plus adaptée.

A. Approche par les critères


gh
31 La COB, dans sa recommandation de juillet-août 1977 concernant l’informa-
tion des actionnaires sur la rémunération des apports, indique un certain
nombre de principes à respecter dans la mise en œuvre de l’approche par les
critères, à savoir :
– la pluralité des critères :
ri

« Sauf cas exceptionnels, l’emploi de plusieurs critères paraît nécessaire sans


que leur nombre soit excessif et de nature à compliquer inutilement le calcul de
py

la parité d’échange et son appréciation par les actionnaires. »


– la pertinence des critères :
pour être pertinent, un critère doit être un indicateur significatif de la valeur
relative des sociétés en présence.
Co

Par exemple, le chiffre d'affaires ne peut être considéré comme un indicateur


de valeur que si les sociétés en présence relèvent du même secteur d'activité
et si leur structure financière (rapport endettement financier net / capitaux
propres) est la même.
– la pertinence des calculs :
les calculs doivent être effectués de façon homogène (durée et mode d'amor-
tissement des immobilisations, période d'observation du cours de bourse) et

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION 29

refléter la situation actuelle ou future des entités en présence à la date de 31 suite


l'opération (retraitement des périmètres de consolidation et élimination des
éléments non récurrents, par exemple).
Principaux critères utilisables

C
Les principaux critères pouvant être pris en compte sont les suivants :
1. actif net réévalué

NC
2. résultat net/marge brute d’autofinancement
3. chiffre d'affaires
4. cours de bourse (15)
5. dividende

1 – actif net réévalué


tC
L’utilisation de ces critères doit être accompagnée de certaines précautions :

Domaine d'application très restreint : entreprises relevant du même secteur


d'activité et dont les structures financières et les investissements (corporels et
gh
incorporels) sont comparables.
Précautions à prendre :
– retraitement éventuel des divergences de règles et méthodes comptables,
pour les mettre en conformité avec les méthodes préférentielles prévues par
ri

la réglementation comptable.
– élimination des actifs incorporels n'ayant pas de valeur intrinsèque.
py

– nécessité de recourir à des experts en cas de réévaluation des immobilisa-


tions.
– constatation des impôts différés sur les retraitements.
Limites : ce critère ne prend pas en compte le goodwill ou le badwill, primor-
Co

dial dans le cas d'entreprises peu capitalistiques.


2 – résultat net / marge brute d’autofinancement
Ces critères sont a priori les plus représentatifs de la valeur relative des entre-
prises en présence, en ce qu'ils reflètent leur capacité bénéficiaire relative. Le

(15) Dans la mesure où le cours de bourse est immédiatement disponible, il est d'usage de le
considérer comme entrant dans l'approche par les critères et non par les valeurs, alors même
qu'à la différence des autres critères, il fournit directement une valeur d'entreprise.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


30 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION

31 suite critère de MBA est particulièrement utile lorsque la politique d'amortissement


des entités en présence diffère beaucoup et est difficilement retraitable.
Domaine d'application : entreprises relevant d'un même secteur d'activité ou
de deux secteurs d'activité dont les PER (Price Earning Ratio) ne sont pas trop
éloignés, dont les perspectives de croissance à moyen terme et l’intensité capi-

C
talistique sont comparables (16).

NC
Période d'observation : ces critères doivent être appréciés au minimum sur la
base des données n – 1, n (budget de l'année en cours), n+ 1 (prévisions).
Précautions à prendre :
– retraitement des éléments extraordinaires (exemple : plus ou moins-values
de cession non répétitives).
tC
– retraitement des divergences de règles comptables (notamment amortisse-
ments, provisions et contrats à long terme), en les mettant en conformité
avec les méthodes préférentielles prévues par la réglementation comptable.
3 – chiffre d'affaires
gh
Ce critère reflète une notion de part de marché relative.
Domaine d'application : sociétés ayant la même activité, des politiques d'inves-
tissement et de recherche homogènes et des structures financières compa-
rables.
ri

Précautions à prendre : homogénéité des chiffres d’affaires comparés, exclusion


de la part du chiffre d’affaires qui correspond à des activités accessoires,
retraitement à l'avancement des contrats à long terme.
py

Limites : si le taux de marge et la situation financière des sociétés en présence


ne sont pas comparables, ce critère n'a d'intérêt qu'indicatif.
4 – cours de bourse
Co

Domaine d'application : sociétés cotées dont les titres sont largement répartis
dans le public et qui font l'objet de transactions suffisantes et non spécula-
tives.
Période d'observation : raisonner sur des périodes différentes et suffisamment
longues pour éliminer l'incidence des variations spéculatives.

(16) L'intensité capitalistique correspond au rapport de l'actif immobilisé majoré du besoin en


fonds de roulement sur le chiffre d'affaires ou la production.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION 31

Précautions à prendre :

– pondérer les calculs en tenant compte du nombre de titres échangés à un


cours donné.

– être homogène en matière de détachement de coupon.

C
Limites : le critère du cours de bourse n’est pas approprié lorsque le flottant est
limité et/ou lorsque les volumes d'échange sont insuffisants.

NC
5 – dividendes

Ce critère est difficile à interpréter, dans la mesure notamment où la politique


de distribution n'est pas nécessairement représentative de la valeur d'une
entreprise, sauf cas particulier des sociétés ayant une politique affichée de dis-

cières).

B. Approche par les valeurs


tC
tribution d'une part très significative de leur résultat (par exemple : les fon-

En l’absence de critères pertinents ou lors d’une opération de fusion entre 32


gh
deux entreprises importantes, il peut être souhaitable de faire une recherche
de la valeur relative à partir de l’évaluation de chaque société selon les
méthodes évoquées par la norme (17), à savoir :

– actualisation des cash-flows prévisionnels (Discounted Cash-Flows).


ri

Cette méthode repose sur le principe que la valeur de l'entreprise est liée à
sa capacité à dégager des liquidités nettes disponibles (cash-flows) qui
py

rémunèrent les capitaux investis. Sa valeur correspond ainsi à la somme de


ses cash-flows nets prévisionnels, avant frais financiers sur emprunts, actua-
lisés au coût du capital, diminués de l'endettement financier net et des inté-
rêts minoritaires à la date de l'évaluation.
Co

– méthodes analogiques.

Ces méthodes permettent de reconstituer le cours de bourse théorique, à


partir de multiples de résultat net, de la marge brut d’autofinancement et du
chiffre d'affaires par exemple, observés sur les marchés boursiers de sociétés
comparables.

(17) Paragraphe.18 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


32 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION

C. Synthèse des valeurs relatives calculées par action

Les valeurs relatives calculées par les dirigeants sont généralement présentées
dans le traité de fusion sous forme de tableau.

C
1.2.1.2 Détermination du rapport d'échange

33

NC
Le rapport d'échange représente le nombre d'actions de l'absorbante à émettre
en échange d'une action de l'absorbée. Par exemple, on dira indifféremment
que le rapport d'échange est de 0,5, ou de 1 action de l'absorbante pour
2 actions de l'absorbée.

Le rapport d'échange est choisi en général en prenant en compte les valeurs

tC
relatives par action obtenues à l'aide des différents critères et méthodes.

Toutefois, le rapport d'échange ne correspond pas nécessairement à l'un des


critères ou l'une des méthodes d'évaluation utilisée et l'emploi de moyennes,
assorties éventuellement de coefficients de pondération, est vivement décon-
seillé ; en effet cette modalité « tend à priver l'actionnaire de son pouvoir
gh
d'appréciation en lui présentant comme une certitude (donnée par le calcul
mathématique) ce qui n'est, en réalité, que le résultat d'un choix délibéré ou
d'une négociation » (recommandation COB de juillet-août 1977).
ri

1.2.2 VALEURS D'APPORT


py

34 L'option pour le régime fiscal de faveur suppose une évaluation des apports en
valeur réelle ; il existe toutefois la possibilité d'utiliser la valeur comptable si
les conditions prévues par l'instruction fiscale du 11 août 1993 sont réunies
(BOI 4I-1-93).
Co

En revanche, le choix d'une valeur d'apport intermédiaire entre la valeur


comptable et la valeur réelle entraîne un risque de remise en cause du régime
de faveur.

Ainsi, sauf à opter pour le régime fiscal de droit commun, le choix de la valeur
d'apport se limite soit à la valeur comptable, soit à la valeur réelle.

Indépendamment des considérations fiscales, lors du montage d'une opération


d'apport ou de fusion, il existe deux méthodes pour fixer la valeur d'apport :

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION 33

– la méthode dite de « connexion » : la valeur d'apport est la même que celle


retenue dans le cadre de la détermination du rapport d'échange, générale-
ment la valeur réelle.

– la méthode dite de « déconnexion » : la valeur d'apport est fixée indépen-

C
damment du rapport d'échange, généralement à la valeur comptable.

Il n'y a donc pas nécessairement homogénéité entre l'évaluation des actifs et

NC
passifs apportés et les modalités retenues pour calculer le rapport d'échange.

A cet égard, la position de la COB a évolué dans le temps. Dans son bulletin de
juillet/août 1977, elle préconisait la déconnexion, qui a pour avantage de limi-
ter le risque de surévaluation des apports tout en permettant de rémunérer
l'actionnaire sur la base d'une valeur réelle des entités en présence.

évaluation des apports :


tC
Dans son rapport 1994, elle mettait l'accent sur les risques liés à une sous-

« Ces valeurs d'apport inférieures à la valeur réelle des actifs conduisent


à minorer dans les comptes de la société bénéficiaire de l'apport les
gh
amortissements par rapport à ce qu'ils devraient être s'ils étaient calcu-
lés sur le prix effectivement payé, et à améliorer ainsi artificiellement les
bénéfices futurs. » (18)

L'évolution du droit comptable va désormais dans le sens d'une limitation de


ri

ces risques, du moins dans les comptes consolidés, puisque le règlement 99-02
du CRC dispose que les biens acquis par émission de titres doivent y être
comptabilisés pour leur « juste valeur ».
py

La méthode de la valeur comptable présente l'avantage de la simplicité, dès 35


lors qu'on se réfère à des comptes ayant fait l'objet d’une certification ou d'un
examen limité par les commissaires aux comptes. Elle limite également les
risques de surévaluation des apports.
Co

La méthode de la valeur réelle permet quant à elle :

– d’augmenter le montant des capitaux propres de la société bénéficiaire des 36


apports, en particulier en vue de faciliter la préparation de l'ouverture du
capital à un tiers ;

(18) Rapport COB 1994, p. 177.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


34 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION

– d'utiliser les reports déficitaires de l'apporteuse (en régime de droit com-


mun), qui autrement auraient été perdus ;
– de ne pas faire apparaître dans le comptes sociaux un « faux » mali de
fusion, correspondant à la différence entre une valeur des titres chez l'ab-
sorbante proche de leur valeur réelle, par exemple en raison d'une acquisi-

C
tion récente, et un actif net apporté très inférieur.

NC
1.3 ASPECTS FISCAUX
DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION (19)

37
tC
1.3.1 RÉGIME FISCAL DES FUSIONS

Une opération de fusion s’analyse en une transmission universelle du patri-


moine de la société absorbée à la société absorbante, ou à une société nou-
gh
velle, une dissolution de la société absorbée et un échange de droits sociaux.

Sous le régime du droit commun, une fusion entraîne toutes les conséquences
fiscales d’une cessation d’entreprise : imposition immédiate des bénéfices
d’exploitation non encore taxés, des profits en sursis d’imposition (provisions)
ri

et des plus-values réalisées lors de l’apport chez la société absorbée.

Dans ce régime, l'absorbante reçoit donc un apport libéré d’impôt sur les
py

sociétés et n'a pas d'engagement à reprendre dans le traité d'apport.

Cependant, le législateur a entendu favoriser ce type d’opération et lui confé-


rer un caractère intercalaire par la mise en place d’un régime spécial des
fusions, dit « régime de faveur », (art. 210 A du CGI) applicable sur option et
Co

sous réserve du respect de certaines conditions. La loi de finances pour 2002


(art. 85-F) a introduit dans le CGI (art. 210-0 A) une définition des opérations
susceptibles de bénéficier de ce régime de faveur. Il supprime toute imposition
supplémentaire liée à la fusion dans la société absorbée. Ainsi, chez la société
absorbée, les plus-values d'apport et les provisions conservant leur objet sont
exonérées d'impôt sur les sociétés au moment de la fusion.

(19) Cette partie a pour objectif de donner au lecteur les grands principes du régime fiscal des
opérations d’apport/fusion se rapportant au sujet, et qu'il ne doit pas ignorer.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION 35

A contrario, des coûts fiscaux sont appelés à peser sur la société bénéficiaire
des apports qui doit prendre cinq types d'engagement :
(i) reprise à son passif des provisions dont l'imposition a été différée (i.e
celles qui conservent leur objet) et de la réserve des plus-values à long
terme ;

C
(ii) substitution de la société absorbante à la société absorbée pour la réinté-

NC
gration des résultats dont l'imposition avait été différée chez cette der-
nière. Par exemple, dans le cas d'étalement d'une subvention ou d'une
indemnité d'assurance antérieurement reçue, d'un apport reçu par l'absor-
bée en sursis d'imposition ;
(iii) calcul des plus ou moins-values résultant de la cession des éléments non

tC
amortissables reçus par rapport à la valeur que ces biens avaient, du point
de vue fiscal, dans la comptabilité de la société absorbée ;
(iv) réintégration dans les bénéfices imposables au taux de droit commun de
la société absorbante, des plus-values dégagées lors de l'apport des élé-
ments amortissables. Cette réintégration peut être étalée par fractions
gh
égales sur plusieurs années, 15 ans en principe pour les constructions et 5
ans pour les autres biens ;
(v) inscription au bilan de la société absorbante des éléments autres que les
immobilisations pour la valeur qu'ils avaient, du point de vue fiscal, dans
ri

les écritures de la société absorbée. A défaut, elle doit rattacher, au résul-


tat de l'exercice de fusion, le profit correspondant à la différence entre la
nouvelle valeur de ces éléments et la valeur qu'ils avaient du point de vue
py

fiscal dans les écritures de la société absorbée ;


A noter que depuis la loi de finances rectificative pour 1999, le défaut de pro-
duction de l'état de suivi des plus-values l'année de réalisation de la fusion
n'entraîne plus l'imposition immédiate des plus-values d'apport. Pour les opé-
Co

rations réalisées à compter du 1er janvier 2000, la sanction est une amende
égale à 5 % des résultats omis.
Concernant le sort des déficits antérieurs à l’opération : 38
– les déficits de la société apporteuse sont perdus pour la société bénéficiaire
des apports, sauf agrément spécial en cas de régime de faveur (les condi-
tions de délivrance de l’agrément ont été précisées par la loi de finances
pour 2002, art. 85-E modifiant l’article 209-II du CGI) ;

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


36 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION

– les amortissements réputés différés de la société bénéficiaire des apports


sont « banalisés », c'est-à-dire cessent de bénéficier de la possibilité de
report illimité et ne peuvent plus être reportés que dans la limite du délai de
5 ans. Ses déficits reportables ordinaires ne sont quant à eux pas affectés
par l'opération.

C
NC
1.3.2 RÉGIME FISCAL DES APPORTS PARTIELS D'ACTIFS (20)

39 Les conditions à remplir pour bénéficier de plein droit du régime de faveur en


cas d'apport partiel d'actif sont les suivantes :

tC
– l'apport partiel d'actif doit porter sur une branche complète d'activité ;
– la société apporteuse s'engage à conserver pendant 3 ans les titres reçus en
contrepartie de l'apport, et à calculer ultérieurement les plus-values de ces-
sion sur ces titres par référence à la valeur que les biens apportés avaient,
du point de vue fiscal, dans ses propres livres.
gh
40 La notion de branche complète d'activité se définit comme l'ensemble des élé-
ments d'actif et de passif d'une division d'une société qui constituent, du point
de vue de l'organisation, une exploitation autonome, c'est-à-dire un ensemble
capable de fonctionner par ses propres moyens.
ri

Lorsque des éléments de passif non attachés à une branche sont apportés avec
celle-ci, l'administration considère qu'il s'agit alors d'une soulte versée par la
société bénéficiaire faisant obstacle à l'application du régime de faveur.
py

A contrario, une réponse ministérielle du 17 mars 1997 (21) a précisé que ce


régime fiscal de faveur ne s'appliquerait plus de plein droit lorsque la société
apporteuse ne transférerait pas l'intégralité des passifs attachés à la branche
apportée, un agrément préalable étant alors désormais nécessaire.
Co

L'instruction fiscale du 3 août 2000 (22) est cependant venue apporter


quelques assouplissements à cette notion :
– possibilité de laisser les services communs logés chez la société apporteuse ;

(20) Les incidences du droit fiscal sur la démarche du commissaire aux apports sont exposées au
paragraphe 2.2.5.3.A.
(21) Rép. Dubernard JO AN 17 mars 1997, p. 1347.
(22) BOI 4 I-2-00.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION 37

– possibilité de laisser chez la société apporteuse les dettes financières ne se


rattachant pas directement à la branche transmise ;

– possibilité de répartir les éléments d'actif et de passif communs en fonction


de critères appropriés tels que chiffre d'affaires, masse salariale … ;

C
– possibilité de laisser les immeubles dans la société apporteuse à condition
qu'ils soient loués à la bénéficiaire ;

NC
– possibilité de laisser les marques dans la société apporteuse si leur usage en
est concédé à la bénéficiaire pour une durée au moins égale à 10 ans.

1.3.3 RÉGIME FISCAL DES SCISSIONS (23)


tC
Les conditions à remplir pour bénéficier de plein droit du régime de faveur en
cas de scission sont les suivantes :
41

– la société scindée comporte au moins deux branches complètes d'activité


gh
(sur cette notion, voir § 1.3.2), chaque société bénéficiaire en recevant une ;

– les associés de la société scindée s'engagent à conserver pendant 3 ans les


titres de chaque société bénéficiaire des apports reçus en rémunération de la
scission.
ri

A noter : la loi de finances pour 2002 (art. 85-I-G et N) a assoupli de façon


significative ces conditions d’application pour les scissions réalisées à compter
du 1er janvier 2002.
py

1.4 TRAITEMENT COMPTABLE DU BONI ET DU MALI DE FUSION


Co

En cas d’absorption par une mère de sa filiale, le boni ou le mali de fusion cor-
respond à la différence entre la valeur comptable de la participation chez la
mère et l’actif net reçu à concurrence du pourcentage de participation détenu.

(23) Les incidences du droit fiscal sur la démarche du commissaire aux apports sont exposées au
§ 2.2.5.3 A.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


38 PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES OPÉRATIONS D’APPORT ET DE FUSION

1.4.1 MALI DE FUSION (24)

42 Le mali de fusion représente l’écart négatif constaté entre la valeur des titres
figurant au bilan de l’absorbante et la quote part de l’actif net de l’absorbée
apporté.

C
Le mali provenant d’une surévaluation des titres au bilan de l’absorbante est
inscrit dans les charges de la société absorbante.

NC
Le traitement comptable du mali dit « technique » (qui provient d’une sous-
évaluation des apports) est discuté. La Compagnie nationale des commissaires
aux comptes considère qu’il doit également être comptabilisé dans les
charges ; la COB, dans son rapport annuel 1992, fait état d’une position plus
nuancée :
tC
– dans le cas où le traité d’apport peut être modifié ou faire l’objet d’un ave-
nant, la COB préconise de réévaluer les apports en juste valeur ;
– dans le cas où le traité d’apport ne peut pas être modifié, la COB prévoit
l’inscription à l’actif du mali technique dans la limite de l’écart d’acquisition
gh
dégagé dans les comptes consolidés et, pour le solde, la comptabilisation
dans les charges de l’absorbante.
ri

1.4.2 BONI DE FUSION

43 La part du boni de fusion correspondant à la différence entre l’actif net comp-


py

table de l’absorbée et la valeur comptable des titres de l’absorbée au bilan de


l’absorbante est inscrite en résultat, dès lors qu’elle peut être assimilée à des
résultats comptables non distribués.
La part du boni de fusion excédant la différence entre l’actif net comptable de
Co

l’absorbée et la valeur comptable des titres de l’absorbée au bilan de l’absor-


bante, est inscrite en « prime de fusion ».

(24) Bulletin CNCC n° 108, décembre 1993, page 543.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


39

2. LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

2.1 NATURE ET OBJECTIF DE LA MISSION

C
DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

NC
La mission dévolue au commissaire aux apports s’inscrit parmi les « autres
interventions définies » prévues par le cadre conceptuel des interventions du
commissaire aux comptes, ayant pour objet « l’appréciation d’une valeur… par

tC
référence à des critères identifiés et au regard d’objectifs définis » et en consé-
quence ne relève pas d’une mission d’audit ou d’une mission d’examen limité.

2.1.1 CIRCONSTANCES NÉCESSITANT LA DÉSIGNATION


D'UN COMMISSAIRE AUX APPORTS
gh
Un ou plusieurs commissaire aux apports sont désignés en cas d'apport en 44
nature :

– à l'occasion de la constitution d'une société anonyme (articles L. 225-8 en


ri

cas d'appel public à l'épargne et L. 225-14 sans appel public à l'épargne) ou


d'une SARL (article L. 223-9) ;
py

– au profit d'une société existante, ayant la forme soit d'une société anonyme
(article L. 225-147), soit d'une SARL (article L. 223-33), qu'il s'agisse de l'ap-
port d'un bien isolé, de l'apport d'une branche d'activité, d'une fusion, ou
d'une scission.
Co

Sociétés concernées
L'article L. 236-8 dispose que la réglementation spécifique des fusions, notam-
ment les articles L. 236-9 et L. 236-10, est applicable à de telles opérations
« réalisées uniquement entre sociétés anonymes (SA) », étant rappelé que les
sociétés par actions simplifiées (SAS) et les sociétés par actions simplifiées
unipersonnelles (SASU) suivent le même régime que les SA. En outre, les
sociétés en commandite par actions (SCA), par renvoi de l'article L. 226-1, se
voient également appliquer cette réglementation.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


40 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

En ce qui concerne les sociétés à responsabilité limitée (SARL), l'article L. 236-


23 prévoit que ces mêmes dispositions sont applicables aux fusions de SARL
faites au profit de sociétés de même forme.
La lecture des textes fait donc apparaître que ne sont pas concernées par cette
réglementation les fusions entre elles de sociétés d'une autre forme sociale :

C
(sociétés commerciales de personnes, sociétés civiles).

NC
Dans les cas de fusion entre une société à laquelle la réglementation est appli-
cable (SA, SARL, et société en commandite par actions [SCA]) et une société
n'appartenant pas au champ d'application de ce texte, la nomination d'un
commissaire à la fusion n'est donc pas requise légalement, mais elle apparaît
comme souhaitable. La COB en particulier estime que toutes les sociétés

45 Fusion simplifiée
tC
autres que SA ou SARL doivent se placer volontairement sous le régime des
dispositions relatives aux SA et SARL.

Dans le cas d'absorption par une société anonyme d'une ou plusieurs de ses
filiales détenues à 100 % ayant la forme de sociétés de capitaux, l'opération
gh
est soumise à un régime simplifié régi par l'article L. 236-11. Cet article prévoit
explicitement la désignation d'un commissaire aux apports. En effet, même en
l'absence d'augmentation de capital, il est apparu souhaitable au législateur
que la société bénéficiaire des apports dispose d'une vérification de la valeur
des apports.
ri

En cas d'absorption par une société anonyme d'une de ses filiales à 100 %
ayant la forme d'une société de personnes, l'article L. 236-11, qui vise des opé-
py

rations intervenant entre sociétés anonymes, ne trouve pas à s'appliquer. Il


faut dès lors se référer directement aux dispositions de l'article L. 225-147,
lesquelles ne sont applicables qu'en cas d'apport en nature à une société ano-
nyme donnant lieu à une augmentation de capital. En conséquence, lors d'une
Co

fusion-absorption de filiale à 100 %, c'est-à-dire sans augmentation de capi-


tal, réalisée entre une société anonyme et une société civile immobilière, il
n'est pas nécessaire de faire procéder à la désignation d'un commissaire aux
apports (25).

(25) Bulletin CNCC n° 117, mars 2000, pages 100-101.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 41

Constitution de société 46
Dans le cas de la constitution d'une société, la désignation est facultative si
aucun apport en nature n'a une valeur supérieure à 7 500 € et si le total de
ces apports n'excède pas la moitié du capital social (art. L. 223-9 al. 2).
Concernant la limite des 7 500 €, celle-ci s'apprécie par catégorie de biens et

C
non bien par bien pris individuellement (26), et s'entend avant déduction du
passif (27).

NC
2.1.2 MODALITÉS DE LA DÉSIGNATION

2.1.2.1 Moment de la désignation


tC
Ni la loi, ni le décret ne précisent la date à laquelle le commissaire aux apports 47
doit être désigné.
gh
Il apparaît cependant souhaitable que la désignation d'un commissaire aux
apports soit demandée avant même que le projet de fusion soit définitivement
établi ; c'est la complexité de la mission, et bien entendu la date à laquelle le
rapport devra être mis à la disposition des actionnaires, qui doivent être prises
en compte.
ri

La COB, consciente des difficultés issues de nominations tardives, a abordé


cette question dans la recommandation de 1977 (28) :
py

« Le choix du moment où doivent intervenir commissaires aux apports et


commissaires aux comptes [maintenant commissaires à la fusion] (29) pose un
problème délicat,... Si le dossier leur est soumis trop peu de temps avant les
assemblées (en tout état de cause au moins 45 jours avant leur réunion), ils
n'auront pas le temps d'analyser et d'apprécier les modalités d'opérations par-
Co

fois très complexes. Ils seront quelquefois tentés d'opposer aux sociétés des
réserves qu'une connaissance plus approfondie du dossier permettrait de
lever. »

(26) Bulletin CNCC n° 100, décembre 1995, page 537.


(27) Bulletin CNCC n° 118, juin 2000, pages 231-232.
(28) Recommandation concernant l'information des actionnaires et la rémunération des apports
en nature - Bulletin COB n° 95 - Juillet/août 1977.
(29) Le commissaire aux comptes était chargé d'une mission dans l'ancienne législation.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


42 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

47 suite En effet, il est préférable que les commissaires formulent leurs observations
avant la signature de la convention ou du traité plutôt qu'après celle-ci, alors
que les documents ont été approuvés par les conseils d'administration ou de
surveillance.

La modification ultérieure de la convention est toujours difficile à obtenir, car

C
elle soulève de nombreuses objections de la part des dirigeants, des adminis-
trateurs ou membres du conseil de surveillance. Ces modifications remettent

NC
souvent en cause des accords antérieurement conclus, et ce parfois, de façon
ardue, entre les participants, ce qui entraîne de nouvelles négociations et peut
éventuellement faire échouer l'opération.

Il convient de noter que le fait d'intervenir très en amont de l'opération ne fait

tC
peser sur le commissaire aux apports aucune responsabilité supplémentaire, en
particulier sur le contenu du traité d'apport.

2.1.2.2 Personnes pouvant être désignées


gh
Dans les opérations de fusion ou de scission, le commissaire à la fusion dési-
gné assure également la mission de vérification des apports dans les condi-
tions prévues par la norme (30).

Le commissaire aux apports est choisi parmi les commissaires aux comptes
inscrits sur la liste prévue à l’article L. 225-219 de la loi sur les sociétés
ri

commerciales, ou parmi les experts inscrits sur une des listes établies par les
cours et tribunaux (31).
py

Le commissaire aux apports peut être une personne physique ou une personne
morale (32).

2.1.2.3 Instances de désignation


Co

Le ou les commissaires aux apports sont désignés par le président du tribunal


de commerce statuant sur requête. La requête est présentée :
– dans le cas de la constitution d'une société :
• par les fondateurs, ou l'un d'entre eux, de la société par actions ;

(30) Paragraphe .02 de la norme 7-101. sur le commissariat aux apports.


(31) Paragraphe .02 de la norme 7-101. sur le commissariat aux apports.
(32) Bulletin CNCC n° 84, décembre 1991, page 565.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 43

• par l'un des futurs associés de la société à responsabilité limitée ; pour la


constitution de ces sociétés, le commissaire aux apports peut également
être directement désigné par décision unanime des futurs associés ;
– dans le cas d'une augmentation de capital, fusion ou scission :
• par le gérant de la société à responsabilité limitée ;

C
• dans les sociétés par actions, par toute personne intéressée ; ce sera en
général le président du conseil d'administration ou du directoire de la

NC
société bénéficiaire de l'apport.
La requête est adressée au président du tribunal de commerce dans le ressort
duquel est fixé le siège social de la société bénéficiaire des apports, bien que le
commissaire aux apports puisse être choisi dans une compagnie régionale d'un
autre lieu.
tC
En cas d'extension de la mission du commissaire aux apports au contrôle de la
rémunération des apports dans le cadre d'un apport partiel d'actif non soumis
au régime des scissions, il est recommandé d’obtenir également une décision
du tribunal de commerce.
gh
Par exception, dans le cas de la constitution d’une société à responsabilité
limitée avec apports en nature, le commissaire aux apports peut être désigné à
l’unanimité des futurs associés (33).
ri

2.1.3 ACCEPTATION DE LA MISSION


py

2.1.3.1 Respect du code de déontologie professionnelle

Le commissaire aux apports, dès lors qu'il a été choisi en fonction de son ins- 48
Co

cription sur la liste des commissaires aux comptes, doit respecter les principes
fondamentaux de comportement et les règles générales du code de déontolo-
gie professionnelle, notamment sur les aspects suivants.

(33) Paragraphe. 03 de la norme 7-101. sur le commissariat aux apports.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


44 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

A – Indépendance

49 Dans le cas où le commissaire aux apports est pressenti pour être désigné en
qualité de commissaire aux comptes de la société bénéficiaire des apports,
postérieurement à l’exercice de la mission de commissaire aux apports, il

C
apprécie dans quelle mesure la réalisation successive des deux missions pour-
rait affecter son objectivité.

NC
La mission de commissaire aux apports ne peut être acceptée par une per-
sonne qui exerce déjà une autre mission dans les sociétés concernées.

Pour les commissaires aux apports, cette interdiction est explicite dans les

tC
sociétés par actions, les textes qui réglementent le commissariat aux apports
faisant référence, pour ces sociétés, aux incompatibilités prévues à l'article
L. 225-224. Elle n'est pas clairement exprimée pour les sociétés à responsabi-
lité limitée. Toutefois, la mission étant de même nature, il apparaît souhaitable
que le commissaire aux apports de la société à responsabilité limitée soit sou-
mis aux mêmes règles.
gh
En conséquence des règles d'indépendance, le commissaire aux apports ne
peut accepter la mission :

– s'il exerce déjà une autre mission dans les sociétés participant à l'opération ;
ri

– s'il reçoit une rémunération à raison de fonctions autres que celles de com-
missaire aux apports, de l'une des sociétés participant à l'opération ;
py

– s'il a des liens de dépendance par rapport à ces sociétés (fondateur, appor-
teur en nature, bénéficiaire d'avantages particuliers, dirigeant social,...) ;

– s'il se trouve dans l'une des deux situations ci-dessus dans une société pos-
sédant le dixième du capital des sociétés concernées par l'opération ou dont
Co

celles-ci possèdent le dixième du capital (art. L. 225-224).

Dans le cas où le commissaire aux apports appartient à un réseau, il apprécie


si de telles missions, réalisées par un autre membre de son réseau, sont de
nature à remettre en cause son indépendance, conformément à l’article 33 du
code de déontologie.

Les situations d'incompatibilité sont sanctionnées pénalement en vertu de l'ar-


ticle L. 242-5 (voir ci-dessous point 2.1.4.2 « Responsabilité pénale »).

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 45

B – Compétence

Avant d'accepter la mission, le commissaire aux apports s'assure qu'il dispose, 50


ou pourra s'entourer, des compétences et de l'expérience nécessaires pour faire
face aux difficultés de la mission. Conformément aux dispositions prévues par

C
l'article D. 64, il peut se faire assister, dans l'accomplissement de sa mission,
par un ou plusieurs experts de son choix (34).

NC
Cette assistance peut être nécessaire, par exemple, pour fonder le jugement du
commissaire aux apports sur le caractère acceptable de certaines évaluations :
patrimoine immobilier, installations techniques complexes, immobilisations
incorporelles, stocks dans certains cas, ...

sa responsabilité sur les apports.

C – Secret professionnel
tC
Toutefois, l'assistance d'experts ne dégage pas le commissaire aux apports de

51
gh
Le commissaire aux apports a l'obligation de respecter les principes relatifs au
secret professionnel. Dans le cadre de sa mission, il a en effet accès à des
informations privilégiées qui peuvent avoir une incidence sur l'opération en
cours. Il doit également être attentif aux obligations de confidentialité de ses
rapports vis à vis des dirigeants et du personnel des sociétés participant à
ri

l’opération.

Le commissaire aux apports n'a pas à révéler au procureur de la République les


faits délictueux dont il aurait eu connaissance dans le cadre de sa mission.
py

« Le secret professionnel est partagé entre les commissaires aux comptes des
sociétés concernées et les commissaires aux apports » (35) , ces commissaires
ayant, par souci d'efficacité, le plus grand intérêt à se tenir mutuellement
informés de leurs travaux et de leurs conclusions.
Co

2.1.3.2 Informations préalables à l'acceptation

Le commissaire aux apports acquiert une connaissance appropriée des sociétés 52


concernées et des objectifs de l’opération.

(34) Paragraphe .05 de la norme 7-101. relative au commissariat aux apports.


(35) Paragraphe .05 de la norme 7-101. relative au commissariat aux apports.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


46 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

Cette prise de connaissance est de même nature que celle concernant l'accep-
tation d'une mission de commissaire aux comptes. Il s'agit d'obtenir des infor-
mations suffisantes sur les sociétés et l'opération pour apprécier l’étendue des
travaux à mettre en œuvre et les risques éventuels.
Dès ce stade, un contact avec les commissaires aux comptes des sociétés

C
concernées est souhaitable.

NC
2.1.3.3 Procédure d'acceptation

53 En fonction des informations obtenues, et après s'être assuré de son indépen-


dance, le commissaire aux apports applique la démarche d'acceptation du
mandat prévue par le Code de déontologie professionnelle.

– délais insuffisants,
tC
Il est particulièrement attentif aux facteurs de risques suivants :

– limitation éventuelles des honoraires,


– limitation des contrôles,
gh
– compétences nécessaires disponibles (dans le cas où l’appel à des experts est
nécessaire),
– disponibilité du commissaire et de ses collaborateurs,
– tous autres motifs pouvant avoir une incidence sur la mission.
ri

La décision est documentée dans le dossier par une fiche d'acceptation de


mandat.
py

54 2.1.3.4 Lettres d'acceptation ou de refus

En cas d’acceptation, le commissaire aux apports établit une lettre d’accepta-


tion de la mission dans laquelle il indique notamment les conditions de réali-
Co

sation de sa mission. Celles-ci peuvent comprendre :


– le nom des intervenants,
– les normes de travail applicables et les modalités de mise en œuvre des
contrôles,
– les périodes d'intervention et les délais,
– une estimation des honoraires (compte tenu, s'il y a lieu, du recours à des
experts).

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 47

Dans le cas où le commissaire aux apports est amené à refuser la mission, il 54 suite
adresse au Président du tribunal de commerce une lettre de refus et en adresse
une copie aux fondateurs ou aux dirigeants de la société bénéficiaire des
apports.
Des exemples de lettre d’acceptation et de refus figurent parmi les supports

C
opérationnels (annexe 4).

NC
tC
ri gh
py
Co

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


48 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

55 2.1.3.5 Schéma résumant les modalités de désignation


et d'acceptation

Les modalités de désignation du commissaire aux apports et d'acceptation de


la mission peuvent être résumées dans le schéma ci-après :

C
NC
123

SOCIÉTÉ BÉNEFICIAIRE SOCIÉTÉS CONCERNÉES


FONDATEURS
DES APPORTS OU PAR L’OPÉRATION DE
DE LA SOCIÉTÉ
ABSORBANTE FUSION OU SCISSION

tC REQUÊTE
REQUÊTE

ORDONNANCE TRIBUNAL
gh
DÉSIGNANT LE DE
COMMISSAIRE COMMERCE
AUX APPORTS
ri

PROCEDURE D’ACCEPTATION

RESPECT DU CODE DE DÉONTOLOGIE


py

PROFESSIONNELLE

INFORMATIONS PRÉALABLES SUR


LES SOCIÉTÉS ET L’OPÉRATION
Co

DÉCISION D’ACCEPTATION
DE LA MISSION

LETTRE DE REFUS
LETTRE OUI ACCEPTATION ? NON
DU MANDAT
D’ACCEPTATION (DÉLAI RAISONNABLE)

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 49

2.1.4 RESPONSABILITÉS DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

2.1.4.1 Responsabilité civile

C
La responsabilité civile du commissaire aux apports est fondée sur l'article 56
1382 du Code civil (36).

NC
Ainsi sa responsabilité peut être engagée (comme dans toute action au plan
civil), s'il est établi qu’il a commis une faute professionnelle dans l'exercice de
sa mission, qu’il existe un préjudice pour les actionnaires ou pour les sociétés
concernées ou les tiers et qu’un lien de causalité directe entre la faute et le
préjudice est établi.

Il peut en être ainsi dans les cas où :


tC
– les diligences du commissaire aux apports ont été insuffisantes pour obtenir
une assurance appropriée sur la réalité des apports et leur évaluation ;
gh
– le commissaire aux apports a dissimulé des incompatibilités, entraînant la
nullité de l'opération ; sa responsabilité civile sera recherchée par la société
et/ou des tiers pour le dommage que ceux-ci auront pu subir en raison de
cette nullité des délibérations (37).
ri

Si le commissaire aux apports, conformément à la loi, peut se faire assister par


un expert, il lui appartient de s'assurer que les conclusions de ce dernier sont
pertinentes. Le recours à un expert ne l’exonère pas de sa propre responsabilité ;
py

il en est de même pour les travaux qu'il aura pu déléguer à ses collaborateurs.

La responsabilité civile du commissaire aux apports n'étant pas prescrite par


les textes, c'est la prescription des actions en responsabilité civile extra-
contractuelle de 10 ans qui s'applique (article 2270-1 du Code Civil) (38).
Co

(36) La responsabilité civile du commissaire aux comptes est fondée sur l'article L. 234 ; cette dif-
férence de texte n'entraîne pas de différence dans le mécanisme de mise en œuvre de la res-
ponsabilité civile, mais conduit à une différence quant à la prescription de l'action civile :
pour le commissaire aux comptes le délai prévu par l'article L. 235 est de 3 ans.
(37) Bulletin CNCC n° 115, septembre 1999, pages 508-509.
(38) Bulletin CNCC n° 113, mars 1999, pages 159-160.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


50 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

57 2.1.4.2 Responsabilité pénale

A – Du commissaire aux apports

La responsabilité pénale du commissaire aux apports peut être engagée :

C
– en cas de non respect des dispositions de l'article L. 225-224 entraînant une
incompatibilité (article L. 242-5 : « Sera punie... toute personne qui, sciem-

NC
ment, aura accepté ou conservé les fonctions de commissaire aux apports,
nonobstant les incompatibilités et interdictions légales ») ;
– en cas de majoration frauduleuse des apports l’article L. 242-2, modifié par la
loi du 15 mai 2001 sur les Nouvelles Régulations économiques, stipule
qu’est puni le fait pour les fondateurs, le président du conseil d'administra-
tC
tion, les directeurs généraux des sociétés anonymes, ainsi que les titulaires
ou porteurs d’actions, de faire attribuer frauduleusement à un apport en
nature une évaluation supérieure à sa valeur réelle.

Dès lors que cet article vise uniquement les dirigeants et actionnaires et non le
gh
commissaire aux apports, la responsabilité pénale de ce dernier ne pourra être
recherchée, en cas de surévaluation des apports, qu’à travers son éventuelle
complicité avec les dirigeants. Ce principe est également applicable dans les
SARL en application de l’article L. 241-3.
ri

B – Du commissaire aux comptes de la société bénéficiaire des apports

L'intervention d'un commissaire aux apports dûment désigné n'exonère pas le


py

commissaire aux comptes de sa responsabilité propre quant aux irrégularités


qu'il serait amené à constater lors du déroulement de sa mission. Il n'a cepen-
dant pas de diligences spécifiques à mettre en œuvre (39). Ce n'est que dans
l'hypothèse où, sans procéder à des investigations particulières, le commissaire
Co

aux comptes décèlerait ultérieurement une anomalie grave dans le traité de


fusion concernant la société dont il est commissaire aux comptes qu'il aurait à
intervenir : communication en application de l'article L. 225-237, mention de
l'irrégularité dans un rapport à la plus prochaine assemblée générale et révéla-
tion de faits délictueux, le cas échéant (40).

(39) Bulletin CNCC n° 88, décembre 1992, page 617.


(40) Bulletin CNCC n° 104, décembre 1996, page 738.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 51

L'anomalie peut porter, par exemple, sur le respect de l'égalité entre les
actionnaires, la correcte évaluation des biens apportés à la clôture de l'exer-
cice (41), ou les informations présentées dans le rapport du Conseil à l'assem-
blée statuant sur la fusion (42).

C
NC
2.2 DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

2.2.1 CONTENU ET LIMITES DE LA MISSION

tC
La mission du commissaire aux apports comprend deux aspects :
– il s’assure que la valeur des apports n'est pas surévaluée et vérifie qu'elle
correspond au moins à la valeur au nominal des actions ou parts à émettre,
augmentée éventuellement de la prime d'émission, de fusion ou de scission
58

selon le cas ;
gh
– il apprécie les avantages particuliers qui peuvent être stipulés lors de l’opé-
ration.

La mission du commissaire aux apports est limitée aux obligations rappelées


ci-dessus, en particulier :
ri

– il n'a pas à contrôler les écritures comptables qui résulteront des décisions
de l'assemblée ayant statué sur l'opération ;
py

– il n'a pas à procéder à des vérifications spécifiques concernant le respect du


droit des sociétés, par exemple la régularité des convocations, des obliga-
tions de publicité ou de dépôts légaux ou de tout élément qui n'aurait pas
d'incidence sur la valeur des apports ;
Co

– si le commissaire aux apports s'informe sur le contexte économique et juri-


dique dans lequel se situe l'opération envisagée afin d'être en mesure d'ap-
précier les conséquences possibles de cet environnement sur les évaluations
envisagées, il n'a pas à se prononcer sur l'opportunité économique des opé-

(41) Bulletin CNCC n° 88, décembre 1992, page 617.


(42) Bulletin CNCC n° 104, décembre 1996, page 738.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


52 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

rations d'apports ou de fusion, ni sur les stratégies de groupe qui sous-ten-


dent de telles opérations ;
– il n'a pas a priori à opérer de vérifications sur le contenu du traité
d’apport/fusion. Cependant, lorsqu'il est nommé assez tôt, il lui appartient
de formuler, le cas échéant, les observations qu’il estime nécessaires sur le

C
contenu du traité.

NC
59 2.2.2 FIN DE LA MISSION

La mission du commissaire aux apports prend fin avec le dépôt de son rapport.
Il n’appartient donc pas au commissaire aux apports d’assurer un suivi des
tC
événements survenus éventuellement entre la date de son rapport et la date
de l’assemblée générale extraordinaire appelée à se prononcer sur l’opération
d’apport ou de fusion (43).
gh
2.2.3 DÉMARCHE DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

60 La mission du commissaire aux apports a pour objectif final d'apprécier que la


valeur des apports n'est pas surévaluée.
ri

Par valeur des apports, il faut entendre, au sens de l'article L. 225-147, la


somme des valeurs individuelles des apports proposées dans le traité d'apport.
En cas de fusion ou d'apport d'une branche d'activité, la valeur des apports
py

correspond à la notion d'actif net apporté. La valeur des apports ainsi définie
ne correspond pas nécessairement à la valeur réelle des apports pris dans leur
ensemble ; tel est généralement le cas lorsque les apports sont effectués à leur
valeur nette comptable.
Co

La valeur des apports peut ainsi être approchée de deux façons (44) :
– élément par élément, par une approche de la valeur réelle des apports pris
individuellement (cf. § 2.2.5) ;
– globalement, par une approche directe de la valeur réelle des apports
(cf. § 2.2.6).

(43) Paragraphe .09 de la norme 7-101. sur le commissariat aux apports.


(44) Paragraphe .16 de la norme 7-101. sur le commissariat aux apports.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 53

Seule la seconde approche correspond réellement à l'objectif du commissaire 60 suite


aux apports, qui consiste in fine à s'assurer de la libération du capital. La pre-
mière en effet vise davantage à conforter les valeurs individuelles qui seront
reprises dans les comptes de la société bénéficiaire des apports.
Il n'est en conséquence pas possible de se limiter à la première approche,

C
notamment dans les cas de fusion ou d’apport d’une branche d’activité.

NC
Il existe cependant des cas où l'approche directe de la valeur des apports se
confond avec la simple sommation des évaluations individuelles que le com-
missaire aux apports juge acceptable : apport d'une activité strictement
immobilière, apport de biens isolés…
On notera que dans ce dernier cas (apport de bien isolés), l’impossibilité, sauf

tC
agrément, de soumettre l’opération au régime de faveur entraîne nécessaire-
ment l’utilisation de valeurs réelles, ce qui rend les contrôles plus délicats,
notamment pour ce qui concerne les biens incorporels. Le contrôle des
méthodes d’évaluation retenues (cf. § 2.2.5.3 pour une déclinaison par type de
biens) devient dès lors une diligence fondamentale.
gh
La démarche générale du commissaire aux apports peut être schématisée
comme suit :
ri
py
Co

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


54 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

DEMARCHE GENERALE DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

ACCEPTATION DE LA MISSION

C
PRISE DE CONNAISSANCE GÉNÉRALE

NC
CONTRÔLE DES APPORTS PRIS
INDIVIDUELLEMENT (45)

APPROCHE DIRECTE DE LA
VALEUR DES APPORTS

tC CONTRÔLE DES AVANTAGES


PARTICULIERS STIPULÉS
(s’il y a lieu)
gh
2.2.4 PRISE DE CONNAISSANCE GÉNÉRALE

61 A – Objectif
ri

Toute mission implique une phase d'orientation et de planification qui


comporte une prise de connaissance générale permettant la rédaction d'un
plan de mission.
py

Les opérations d'apports, notamment dans le cadre de fusions ou d'opérations


assimilées, sont généralement complexes et le commissaire aux apports doit
obtenir une compréhension suffisante des particularités de l'opération, du
contexte dans lequel elle se situe, de ses objectifs économiques et de sa fina-
Co

lité, de la nature des biens apportés, des aspects juridiques, des conséquences
sur un plan social,...
Ces divers éléments peuvent en effet avoir une incidence sur les méthodes
retenues pour l'évaluation des apports et l'organisation de la mission du com-
missaire aux apports.

(45) Dont contrôle des événements postérieurs intervenus pendant la période de rétroactivité.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 55

Cette étape de la mission sera plus ou moins étendue selon que l'opération
concerne l'apport d'éléments d'actifs isolés ou d'un ensemble cohérent (entre-
prise ou branche d'activité). Dans ce dernier cas, il s'agira non seulement d'une
prise de connaissance de l'opération mais également des entreprises concernées.

C
B – Techniques mises en œuvre et éléments probants recherchés 62

NC
La phase de prise de connaissance consiste essentiellement à :
– s’entretenir avec les dirigeants et les responsables des services ayant préparé
l'opération. Ces entretiens auront lieu avec ces personnes tant dans l'entre-
prise apporteuse que dans celle qui est bénéficiaire des apports, pour
connaître le point de vue des deux parties. Le but de ces entretiens est de
tC
compléter les informations figurant dans les documents juridiques ;
– examiner les documents de base concernant l'opération. À l'occasion de ces
entretiens, le commissaire aux apports collecte les documents essentiels
concernant l'opération, et notamment :
gh
• les déclarations d'intention ou les protocoles d'accord établis par les par-
ties pour préparer l'opération ;
• le projet de fusion ou traité d'apport dès sa rédaction, ce document
comportant des informations prévues par la réglementation (article
D. 254) (46) ;
ri

• les rapports du conseil d'administration qui seront présentés aux action-


naires ;
py

• l'inventaire détaillé des apports ;


• les modalités de calcul des évaluations y compris celles qui n'auraient pas
été retenues dans le projet de fusion ou traité d’apport ;
• les documents comptables et financiers de toute nature se rapportant à
Co

l'opération (comptes annuels et le cas échéant comptes intermédiaires) ;


• les rapports des experts ;
– mettre en œuvre des procédures analytiques sur les informations financières
et comptables servant de base à l'opération (dans le cas des fusions et opé-
rations assimilées, notamment) ;

(46) Voir ci-dessus chapitre 1 – § 1.32 « Projet de fusion ».

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


56 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

– établir des contacts avec les commissaires aux comptes de la société appor-
teuse afin d’apprécier dans quelle mesure les travaux qu'ils ont effectués
dans le cadre de la certification des comptes pourront être utiles et servir les
objectifs du commissaire aux apports en matière de réalité et d'évaluation
des apports. Ces contacts permettent également de s'informer sur l'entre-

C
prise, ses spécificités et sur ses risques ;
– établir des contacts avec les conseils extérieurs ayant eu à intervenir dans la

NC
société (experts en évaluation) lorsque le commissaire aux apports estime
nécessaire d’avoir des informations complémentaires sur le contenu de leurs
rapports ;
– établir des contacts avec l'expert-comptable de la société apporteuse pour
compléter et préciser les informations comptables obtenues ;

ment sur :
tC
– en cas de fusion, obtenir des informations sur les sociétés portant notam-

• les structures juridiques, opérationnelles et administratives ;


• les produits ;
gh
• les systèmes comptable et de contrôle interne ;
• les secteurs d'activité et les parts de marché ;
• les historiques, les évolutions, les prévisions,…
En cas d'apport d'un ensemble homogène (entreprise ou branche d'activité),
une visite des lieux d'exploitation peut s'avérer nécessaire pour corroborer les
ri

informations obtenues.
– rechercher des informations liées aux méthodes d'évaluation : par exemple,
py

dans le cas d'une approche de la valeur par la rentabilité future, recherche


de documents relatifs aux produits ou services de la société, aux études
techniques et commerciales, aux coûts prévisionnels et aux budgets de tré-
sorerie,…
Co

63 C – Conclusion de la phase de prise de connaissance

A l’issue de cette phase, le commissaire aux apports doit avoir acquis une
connaissance suffisante de l'opération envisagée et avoir identifié les risques
éventuels.
Il est alors en mesure de déterminer :
– l'orientation des travaux à réaliser ;

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 57

– les techniques à mettre en œuvre ;


– le recours éventuel à des spécialistes et la consultation des autres interve-
nants extérieurs dans l’opération ;
– les temps nécessaires et les délais à respecter.

C
Tous ces éléments sont récapitulés dans un plan de mission.

NC
2.2.5 CONTRÔLE DES APPORTS PRIS INDIVIDUELLEMENT

2.2.5.1 Contrôle de la réalité des apports 64

tC
Ces contrôles consistent, d’une part à s’assurer de l’existence des biens appor-
tés et d’autre part que l'apporteur est effectivement propriétaire de ces biens.
À cet effet, l’examen des actes et titres de propriété, les factures d'achat, la
confirmation de tiers, constituent des techniques à même d’apporter les élé-
ments probants recherchés.
gh
Le commissaire aux apports s’assure qu’il n’existe pas de restriction au libre
transfert des biens apportés, du type-clause « intuiti personae », agrément
préalable d’un tiers à la cession…

Lorsqu’une telle clause existe, le commissaire aux apports s’assure que celle-ci
a été levée et dans le cas contraire, en tire les conséquences sur sa conclusion,
ri

en particulier lorsqu’il s’agit d’une impossibilité de transférer un bien faisant


partie de l’apport, ou nécessaire à l’exploitation, de la branche ou de la société.
py

2.2.5.2 Contrôles portant sur le bilan d’apport

A – Immobilisations incorporelles
Pour les éléments comptabilisés, le contrôle peut être effectué :
Co

– sur les documents appuyant la comptabilisation (contrat de bail, titres


concernant l'acquisition de brevets, de marques, traités d'apport pour les
fonds commerciaux acquis,...). Le commissaire aux apports s’assurera notam-
ment qu’il n’existe pas d’entrave à la libre cessibilité de ces biens ;
– par confirmation directe des brevets auprès de la « propriété industrielle »
(INPI) et du nantissement éventuel du fonds commercial auprès du Greffe du
tribunal de commerce.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


58 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

64 suite B – Immobilisations corporelles


La preuve de l'existence et de la propriété des immobilisations corporelles ne
pose généralement pas de problèmes particuliers.

Le commissaire aux apports sera attentif aux immobilisations détenues par des

C
tiers ou appartenant à des tiers et utilisées par l'entreprise.

Il s'assure également de l'existence des biens loués en crédit-bail.

NC
C – Immobilisations financières
Concernant cette rubrique, le commissaire aux apports sera attentif aux
clauses des statuts et pactes d’actionnaires afin de mettre en évidence éven-

D – Stocks et en-cours
tC
tuellement celles limitant la libre transmission des titres.

– Vérification de l'existence de procédures fiables de contrôle et de recense-


ment des quantités, selon les techniques habituelles d'audit.
gh
– Examen de l’inventaire permanent et de l'inventaire physique établi pour
l'opération d'apport ; si le commissaire aux apports n'a pas assisté à cet
inventaire, des sondages peuvent être effectués sur les existants à la date
des contrôles, les quantités étant rapprochées avec celles existant à l’éta-
blissement de l'inventaire en examinant les pièces justificatives des mouve-
ri

ments d'entrée et de sortie.


– Recensement des stocks détenus, assortis d'une clause de réserve de pro-
py

priété.
– Confirmation directe des stocks en dépôt.

E – Créances
Co

– Vérification de l'existence de procédures fiables de contrôle de l'enregistre-


ment des créances.
– Examen des rapprochements des balances auxiliaires avec les comptes col-
lectifs du grand livre.
– Procédures de confirmation directe si elles sont jugées nécessaires, notam-
ment en fonction du niveau de confiance obtenu après l'exécution des
autres contrôles.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 59

F – Dettes

– Examen des contrats d'emprunts.

– Vérification de l'existence de procédures fiables pour la constatation des


dettes et charges à payer.

C
– Examen des rapprochements des balances auxiliaires avec les comptes col-
lectifs du grand livre.

NC
– Procédures de confirmation directe si elles sont jugées nécessaires (voir
créances).

G – Engagements hors-bilan

tC
– Examen des engagements hors-bilan et de leur incidence éventuelle sur
l'évaluation individuelle des apports ou la valeur globale de ceux-ci. Le
commissaire aux apports sera particulièrement attentif aux engagements
résultant de marchés à terme, de commandes fermes passées, etc.
gh
2.2.5.3 Exhaustivité des apports

La question de l’exhaustivité des apports se pose systématiquement dans le 65


cadre d’une fusion, dès lors que la société absorbée disparaît. Elle peut égale-
ri

ment se poser dans le cas d’apports partiels d’actifs placés sous le régime fis-
cal de faveur, qui sont précisément subordonnés au caractère exhaustif des
apports.
py

En cas d’omission d’actifs ou de passifs dans le traité d’apport (par exemple,


oubli de mentionner une immobilisation totalement amortie dans les comptes
de la société apporteuse, engagements de retraites mentionnés dans l’annexe
des comptes de la société absorbée, mais non repris sous forme de provision
Co

dans le passif pris en charge ou encore provision pour impôt différés concer-
nant les provisions réglementées qui figuraient au bilan de l’absorbée), le com-
missaire aux apports doit :

– mentionner l'anomalie sous forme d'observation sur les valeurs individuelles


des apports ;

– s'assurer que l'actif net apporté corrigé de l'ensemble de ses observations


sur les valeurs individuelles reste supérieur à la valeur globale des apports.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


60 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

A – Exhaustivité des passifs fiscaux

66 Les passifs fiscaux non comptabilisés dans la société apporteuse et susceptible


d’être mis à la charge de la société bénéficiaire des apports, doivent être ins-
crits parmi les passifs transférés dans le traité d'apport et concernent généra-

C
lement les domaines suivants :
– passifs liés à la fiscalité de l'opération :

NC
• fiscalité grevant les plus-values d'apport (a) ;
– passifs liés à des options antérieurement prises par la société apporteuse (b) :
• plus-values de fusion en sursis d'imposition, relatives à une opération
antérieure ;

67
ment reçues. tC
• étalement d'une subvention ou d'une indemnité d'assurance, antérieure-

a) Fiscalité grevant les plus-values d'apport


Dans le cadre du régime fiscal de droit commun, ce problème ne se pose pas
gh
dans la mesure où l'impôt sur les plus-values est payé par l'absorbée (l'appor-
teuse) ; aucune fiscalité latente ou différée ne grève en conséquence les
apports.

En revanche, dans le cadre d'une fusion ou d'un apport partiel d'actif placé
sous le régime fiscal de faveur, les plus-values d'apport bénéficient d'un report
ri

d'imposition. En contrepartie, la société absorbante (ou bénéficiaire) peut être


amenée à payer l'impôt à ce titre :
py

(i) dans le cas d'éléments d'actif non amortissables, le fait générateur du


paiement de l'impôt n'est qu'éventuel : il est lié à une décision de cession
de l'actif, laquelle peut ne jamais se produire ;
(ii) dans le cas d'éléments d'actif amortissables, le paiement de l'impôt par
l'absorbante est certain, puisque les plus-values sur ces biens doivent être
Co

réintégrées dans ses bénéfices sur une durée de 15 ans pour les construc-
tions et de 5 ans pour les autres éléments ;
(iii) dans le cas d'éléments d'actif circulant, l'impôt est certain, devenant exi-
gible, soit lors de la réalisation de l'élément (vente de stocks, encaisse-
ments de créance), soit au titre de l'exercice de la fusion ;
(iv) dans le cas de valeurs mobilières de placement, l'impôt est exigible l'exer-
cice de leur cession par la société bénéficiaire des apports ; le paiement de

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 61

cet impôt apparaît probable, ces titres ayant tôt ou tard vocation à être
cédés.

La Compagnie nationale des commissaires aux comptes s'est prononcée à plu-


sieurs reprises sur le fait que :

C
– l'impôt afférent aux plus-values d'apport doit venir minorer l'actif net
apporté dans le traité d'apport dès lors que son paiement par la bénéficiaire
des apports est certain ou très probable, à savoir dans les cas (ii), (iii) et (iv)

NC
(impôt différé) ;
– concernant le cas (i) où l'exigibilité n'est qu'éventuelle (impôt latent), la
nécessité de tenir compte d'un passif d'impôt s'apprécie au cas par cas, en
fonction d'éléments particuliers susceptibles de la rendre probable.

tC
Concernant le cas des plus-values d'apport sur biens amortissables (ii), on
remarquera que la réestimation de l'actif pratiquée à l'occasion de l'opération,
fait apparaître chez la société bénéficiaire des apports une capacité d'amortis-
sement supplémentaire, génératrice d'une économie d'impôt, qu'il pourrait
paraître raisonnable de compenser avec le complément d'impôt qui devra être
gh
payé au titre du même rehaussement de base. En principe, une telle compen-
sation n'est pas pratiquée, au motif que ce n'est pas l'opération d'apport qui
permet de dégager une base amortissable supplémentaire : le bien aurait en
effet engendré la même capacité d'amortissement s'il avait été acheté, tandis
que le report d'imposition de la plus-value d'apport est étroitement lié à l'opé-
ri

ration elle-même.

b) Passifs liés à des options antérieurement prises par la société apporteuse


py

Le régime de faveur suppose que la société absorbante se substitue à la société 68


absorbée pour la réintégration des résultats dont l'imposition avait été différée
chez cette dernière (CGI art. 210 A 3-b).

Il en est ainsi lorsque :


Co

– l'apporteuse, ayant reçu lors d'une opération antérieure un apport en


suspension d'impôt, apporte ce bien à son tour sous le même régime. L'impôt
afférent à la première plus-value doit être provisionné dans le traité d'apport ;
– l'imposition d'une subvention, d'une indemnité d'assurance antérieurement
reçue a été étalée en vertu de dispositions fiscales spécifiques… L'imposition
non encore acquittée doit être incluse parmi les passifs transmis à la société
absorbante.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


62 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

B – Autres difficultés en terme d’exhaustivité des actifs et passifs

69 a) Engagements de retraite

La comptabilisation des engagements de retraite n'est pas obligatoire dans les

C
comptes sociaux, même si elle constitue une méthode préférentielle du plan
comptable général. Ces engagements n'en constituent pas moins des passifs
latents afférents aux personnels transférés dans le cadre d'une opération de

NC
fusion ou d'apport partiel d'actif. Dès lors, ils sont transmis par l'effet juridique
de l'opération à la société absorbante ou bénéficiaire des apports, et sont ainsi
de nature à être intégrés dans le traité d'apport, même s'ils ne sont pas
comptabilisés chez la société apporteuse. Il appartient donc au commissaire
aux apports d'en tenir compte dans son appréciation de la non-surévaluation

70 b) Provisions réglementées
tC
de la valeur globale des apports telle que proposée dans le traité.

Les provisions réglementées, qui ne visent pas à couvrir des charges futures,
peuvent être considérées comme des quasi-réserves et doivent donc être
gh
incluses dans l'actif net apporté. Autrement dit, elles ne peuvent être assimi-
lées à des dettes venant en diminution des actifs apportés dans le traité d'ap-
port. Elle doivent ensuite être reconstituées chez l'absorbante par imputation
sur les postes de situation nette.
ri

Ce principe étant admis, reste à traiter la question de la fiscalité latente


concernant les provisions réglementées admises temporairement en déduction
du résultat fiscal (provisions pour hausse des prix, provision pour implantation
py

à l'étranger). Destinées à être reprises et taxées chez l'absorbante, elles ne


constituent des capitaux propres qu'à hauteur de leur montant net d'impôt. En
application du principe général énoncé ci-dessus (caractère certain du paie-
ment de l'impôt : § 2.2.5.2 A. (a)), l'actif net apporté doit être minoré du mon-
Co

tant de cet impôt (47).

Les amortissements dérogatoires suivent un sort différent des autres provisions


réglementées, dans la mesure où ils doivent être repris chez l'absorbée (l'ap-
porteuse) et y participent à la détermination des plus ou moins-values d'ap-
port. Ils ne sont donc pas transmis à la société bénéficiaire des apports.

(47) La question ne se pose pas dans le cadre du régime fiscal de droit commun, dans lequel les
provisions réglementées sont reprises chez l'apporteuse et contribuent au résultat d'apport.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 63

Toutefois, dans le cas d'un apport aux valeurs comptables, il est admis que les
amortissements dérogatoires puissent être reconstitués chez l'absorbante. La
fiscalité afférente suit alors les règles indiquées ci-dessus.

c) Subventions d'investissement 71

C
Lorsque des biens financés par des subventions d'investissement sont apportés
dans le cadre d'une fusion ou d’une opération assimilée, la fraction des sub-

NC
ventions restant à réintégrer est prise en compte dans le calcul de la plus-
value de fusion. En effet, l'administration fiscale assimile sur ce point la fusion
à une cession (CGI art. 42 septies al. 4) et recommande la reprise totale du
solde de la subvention figurant encore au passif. Lesdites subventions ne figurent
donc pas dans le éléments apportés en tant que telles.

tC
Il est cependant possible d'opter pour le régime dérogatoire à la règle de l'im-
position immédiate, qui permet l'étalement de l'impôt. Ce régime est soumis à
la mention, dans le traité, de l'option prise et de la durée de réintégration. À
défaut, le solde de la subvention est rapporté en totalité aux résultats de l'ap-
porteuse au titre de l'exercice en cours à la date d'apport.
gh
2.2.5.4 Analyse des valeurs individuelles proposées dans le traité (48) 72

Lorsque les éléments sont retenus pour leur valeur comptable, le commissaire
ri

aux apports utilise les travaux de contrôle effectués par les commissaires aux
comptes de la société absorbée ou apporteuse, et les complète en tant que de
besoin.
py

Concernant la possibilité de prendre copie d'éléments figurant dans les dos-


siers des commissaires aux comptes, la Compagnie nationale des commissaires
aux comptes ne donne pas une liste de documents dont la copie ne saurait
être refusée au commissaire aux apports. Elle considère qu’il appartient au
Co

commissaire aux apports et au commissaire aux comptes, dans le cadre de


leurs relations confraternelles, de trouver ensemble une solution équilibrée de
nature à répondre aux préoccupations de chacun (49).
Lorsque des réévaluations ont été effectuées dans le traité d’apport, le com-
missaire aux apports :

(48) Paragraphes .20, 21, 22, 23 de la norme 7-101. sur le commissariat aux apports.
(49) Bulletin CNCC n° 115, septembre 1999 – pages 523-524.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


64 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

72 suite – vérifie que les méthodes d’évaluations retenues sont pertinentes et que la
confrontation des résultats des méthodes retenues avec celles qui ont été
écartées ne remet pas en cause les valeurs obtenues ;

– fait éventuellement appel à un expert de son choix, conformément à l’article

C
D. 54 ;

– prend en compte, comme référence, la valeur attribuée aux éléments

NC
apportés dans les comptes consolidés, en particulier lorsque l’apport porte
sur des titres.

L'évaluation de certains éléments apportés, compte tenu de leur nature, jus-


tifie une attention toute particulière de la part du commissaire aux apports.

Il en est ainsi notamment :tC


• des éléments dissociables et réalisables séparément, en particulier des biens
hors exploitation,

• des éléments incorporels pour lesquels sont généralement prises en compte


gh
plusieurs méthodes d'évaluation fondées sur des éléments historiques ou
prévisionnels, impliquant par ailleurs un jugement subjectif,

• des éléments non comptabilisés au passif de la société absorbée ou appor-


teuse mais qui seraient transmis à la société bénéficiaire des apports, tels
ri

que ceux évoqués précédemment (50).

Les contrôles spécifiques portant sur les valeurs attribuées aux apports sont
py

développés ci-après. La nature et le volume des diligences dépendent, comme


pour le contrôle de la réalité des apports, de l'existence de comptes certifiés
par les commissaires aux comptes. Les contrôles dépendent également de la
nature de l'opération et des méthodes d'évaluation retenues.
Co

Le commissaire aux apports ne certifie pas que la valeur des apports corres-
pond exactement à la valeur vénale. L'objectif du commissaire aux apports
étant essentiellement de s'assurer que les apports ne sont pas surévalués, il
peut moduler ses contrôles en fonction de cet objectif pour s'assurer que les
méthodes d'évaluation retenues conduisent à une valeur raisonnable et cohé-
rente.

(50) Paragraphe .23 de la norme 7-101. sur le commissariat aux apports.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 65

A – Immobilisations incorporelles

La valeur attribuée aux immobilisations incorporelles est l'un des domaines les
plus difficiles à apprécier dans la mesure où il entre dans leur évaluation des
considérations subjectives et prévisionnelles, et qu’il n'existe pas toujours de

C
valeurs de référence permettant d'effectuer des recoupements.

NC
a) Frais d'établissement

Les frais d'établissement qui constituent des non-valeurs sont généralement 73


éliminés (frais de constitution, d'augmentation de capital,...).

tC
Certains frais de prospection, de publicité, peuvent cependant représenter un
potentiel de produits futurs pouvant donner lieu à une évaluation. Le commis-
saire aux apports examinera les montants concernés et la pertinence des
hypothèses retenues afin de s'assurer de leur cohérence dans le cadre de sa
connaissance de l'entreprise.
gh
b) Frais de recherche et de développement 74

Ces frais peuvent être utiles pour la société bénéficiaire des apports. Le com-
missaire aux apports s'en assurera et vérifiera si les conditions de leur inscrip-
ri

tion à l'actif sont justifiées, à savoir :

– des projets nettement individualisés et des coûts distinctement établis,


py

– de sérieuses chances de réussite technique et de rentabilité commerciale.

c) Brevets, licences, dessins et marques 75


La valeur de ces éléments dépend des revenus que l'on peut en attendre, de
Co

leur protection juridique, de leur durée de validité.

Ils peuvent avoir été acquis ou créés par l'entreprise et être utilisés dans l'en-
treprise ou encore, leur exploitation peut être concédée à des tiers. Dans ce
dernier cas, les redevances perçues constituent une référence de valorisation.
Ils font généralement l'objet d’évaluations d'experts auxquelles le commissaire
aux apports pourra se référer. Le commissaire aux apports peut également
faire appel à un expert spécialisé en vertu de l'article D. 64.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


66 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

76 d) Droit au bail
Parmi les éléments retenus pour l'évaluation du droit au bail, le commissaire
aux apports examinera essentiellement :
– la situation des locaux,

C
– les conditions juridiques et financières du contrat,
– la durée du bail restant à courir,

NC
– les transactions récentes intervenues.

77 e) Fonds commercial
Le fonds commercial est constitué par l'ensemble des éléments incorporels qui
ne font pas l'objet d'une évaluation et d'une comptabilisation séparée au bilan

l'entreprise.
tC
et qui contribuent au maintien ou au développement du potentiel d'activité de

Il est généralement déterminé par différence entre la valeur globale de l'entre-


prise et la somme des valeurs attribuées aux éléments identifiables du patri-
moine.
gh
Le contrôle de la valeur attribuée au fonds commercial suppose une connais-
sance approfondie du commissaire aux apports des différentes méthodes
d'évaluation des entreprises.

Le commissaire aux apports vérifie les données utilisées pour les évaluations,
ri

la cohérence des hypothèses retenues (notamment en ce qui concerne les élé-


ments prévisionnels) et les calculs effectués. Il s’assure que l’évaluation rete-
nue s’inscrit dans une fourchette acceptable.
py

Il s'assure également que le fonds inscrit à l'actif ne fait pas l'objet d'une ins-
cription de privilèges et de nantissement ; une confirmation au Greffe du tri-
bunal de commerce est alors requise.
Co

78 B - Immobilisations corporelles

Le contrôle de l'évaluation des immobilisations corporelles pose en général


moins de problèmes.

Le commissaire aux apports examine notamment les résultats des expertises,


vérifie les calculs effectués et les méthodes retenues en cas de réévaluation, et
compare les valeurs attribuées avec les prix de marché.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 67

C - Immobilisations financières 79
Lorsque la valeur d'apport ne fait pas référence aux cours de bourse, les
contrôles sur les titres de filiales et participations peuvent s’avérer longs et
complexes dans la mesure où la valeur attribuée correspond à la quote-part de
la valeur globale des sociétés concernées. Le commissaire aux apports procède

C
alors à des contrôles identiques à ceux effectués dans la société mère.

NC
Les créances à terme et les prêts non productifs d'intérêts sont parfois appor-
tés en valeur actuelle. Dans ce cas, le commissaire aux apports vérifie les -
calculs d'actualisation et les garanties éventuelles prises et s'assure que les
titres ne font pas l'objet de nantissement.

80
D - Stocks et en-cours
tC
Lorsque les stocks et les en-cours de production sont apportés à leur valeur
nette comptable, le commissaire aux apports s'assure que les méthodes d'éva-
luation de ces éléments sont conformes aux principes comptables et que les
procédures mises en œuvre pour l’évaluation des provisions sont fiables,
gh
notamment au regard de la valeur comptable des contrats de longue durée.

Si les stocks sont apportés à une valeur différente (cours du jour pour les
matières premières, prix de vente déduction faite des frais commerciaux pour
les produits finis, ...) le commissaire aux apports s'assure par sondage de la fia-
bilité des prix retenus.
ri

E - Les créances et les dettes 81


py

Les créances et les dettes sont apportées en valeur nominale (valeur nette
comptable) ; le commissaire aux apports est en général particulièrement
attentif aux points suivants :
– existence de procédures appropriées pour l’évaluation des provisions pour
Co

dépréciation des créances, examen des balances par antériorité des créances,
encaissements ultérieurs ;
– existence de procédures fiables destinées à s’assurer de l'indépendance des
exercices pour les dettes et les créances, recherche des passifs non enregis-
trés, des engagements hors bilan, des charges liées aux opérations de
regroupement ou d'apport. La confirmation des avocats ou des conseils juri-
diques peut permettre de s'assurer que les litiges en cours ont été correcte-
ment provisionnés ;

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


68 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

– examen des méthodes retenues en matière de situation fiscale latente, de


provisions pour pertes et charges, de passifs sociaux (retraites, indemnités
éventuelles de licenciements,...).

82 F - Charges à répartir

C
La Commission des études comptables de la CNCC a estimé que, par nature, les
charges, même « à répartir », ne pouvaient être apportées en tant que telles

NC
dans le cadre d'un apport partiel d'actif (Document « Commissaire aux apports
désigné dans le cadre de l’apport d’un club sportif autorisé à utiliser des
joueurs professionnels », 18 avril 2000, journée d’information CNCC).

Il apparaît par contre possible, dans une telle situation, de constater l'exis-

83
tC
tence d'un élément incorporel dont les charges précédemment engagées
auraient été, le cas échéant, génératrices, pour une valeur qui ne correspond
d'ailleurs pas forcément au montant des charges à répartir comptabilisées.

2.2.5.5 Période de rétroactivité (51)


gh
Le commissaire aux apports s'assure que des événements postérieurs à la date
d'évaluation des apports n’ont pas généré de pertes susceptibles de remettre
en cause les valeurs attribuées. Ces contrôles portent sur la période comprise
entre la date de prise d'effet de l'opération et la date de son rapport.
ri

Ces événements peuvent avoir un effet :


– exceptionnellement, sur la valeur globale des apports : perte d'un marché
important, sinistre…,
py

– plus fréquemment, sur la valeur individuelle des apports :


• pertes survenues pendant la période de rétroactivité,
• cession d'un élément du patrimoine apporté,
Co

• issue défavorable d'un litige insuffisamment provisionné…

Pour détecter ces événements, le commissaire aux apports peut notamment :


– mettre en œuvre des procédures analytiques, par exemple sur les comptes
intermédiaires les plus proches possible de l'assemblée et donc de la date de
son rapport. Il utilise le cas échéant l’état comptable prévu à l’article D.258-4°,

(51) La période de rétroactivité s’entend de la période comprise entre la date d’effet de l’opération
et la date de sa réalisation définitive.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 69

en s’appuyant sur les travaux réalisés par le commissaire aux comptes et en


procédant à toutes vérifications qu’il juge utiles ;
– s’entretenir avec les dirigeants pour obtenir toute information utile concer-
nant :

C
• l’évolution des domaines sensibles (provisions et prise en compte des pas-
sifs éventuels, des engagements hors bilan, confirmation des prévisions,…),

NC
• les événements postérieurs modifiant la consistance ou l’évaluation du
patrimoine,
• le traitement, le cas échéant, des pertes survenues pendant la période de
rétroactivité,
• la cession de certains éléments du patrimoine apporté.

tC
Le commissaire aux apports s'assurera que l'incidence négative de ces événe-
ments a été prise en compte dans le traité d'apport.

2.2.6 APPROCHE DIRECTE DE LA VALEUR DES APPORTS 84


gh
L’approche directe de la valeur des apports ne se confond généralement pas
avec une simple sommation des évaluations individuelles que le commissaire
aux apports estime acceptables. Elle relève des techniques d'évaluation d'en-
ri

treprise et conduit le commissaire aux apports à approcher la valeur réelle des


apports pris dans leur ensemble par référence à différentes méthodes dont une
liste indicative a été donnée au § 1.2.
py

En principe, une telle démarche ne conduit pas nécessairement le commissaire


aux apports à procéder lui-même à une estimation de la valeur des apports
pris dans leur ensemble, ce qui pourrait d’ailleurs parfois s’avérer impossible,
par exemple, dans des PME ne réalisant pas de prévisions. Il peut se limiter à
Co

porter une appréciation, en particulier au regard des usages du secteur d’acti-


vité concerné :
– sur le taux d'actualisation implicite qui permet de réconcilier la valeur glo-
bale des apports avec la séquence des flux prévisionnels de trésorerie sus-
ceptibles d'être générés par les biens apportés ;
– ou sur le multiple implicite obtenu en divisant la valeur globale des apports
par le résultat normatif de l'ensemble apporté.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


70 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

Cette approche directe de la valeur des apports doit être effectuée en fonction
des caractéristiques d'activité et de rentabilité propres à ces apports, considé-
rés de façon autonome, et donc indépendamment de la situation qui sera sus-
ceptible d'exister après la réalisation de l'opération d'apport, c'est-à-dire hors
effets de synergie.

C
Ces synergies n'étant pas inhérentes aux apports effectués, elle ne font en
effet pas partie de leur valeur intrinsèque. Dès lors, les valoriser reviendrait à

NC
surévaluer la valeur des apports.
Le commissaire aux apports retiendra une approche fondée sur le jugement et
le bon sens. Ainsi, dans le cas des PME qui, par exemple, ne réaliseraient pas
de prévisions, la démarche devra être adaptée pragmatiquement en fonction
de ce contexte.

85
tC
2.2.7 ÉVÉNEMENTS POSTÉRIEURS

Le commissaire aux apports s'assure également, jusqu'à la date de son rapport,


que des faits ou événements susceptibles de minorer la valeur de certains
gh
biens apportés et d'affecter ainsi de façon significative la consistance des
apports, et/ou de nature à remettre en cause la valeur des apports, ne sont pas
intervenus. À cet effet, il met en œuvre des diligences appropriées, du type de
celles prévues par la norme relative aux événements postérieurs (52).
ri

2.2.8 OPÉRATIONS À EFFET IMMÉDIAT OU DIFFÉRÉ


py

86 En raison du caractère particulier de ce type d'opérations, le commissaire aux


apports :
– ne peut avoir un avis sur les valeurs individuelles des apports, qui ne seront
connues que lors de l'arrêté de comptes à la date d'effet de l'opération,
Co

c'est-à-dire après le dépôt de son rapport ;


– vérifie qu’il n’existe pas d’élément connu ou probable de nature à minorer la
valeur des apports et à compromettre la libération de l’augmentation de
capital au jour de sa réalisation effective. A cet effet, et notamment dans le
cas d’une opération de fusion à effet différé, le commissaire aux apports
examine les informations prévisionnelles disponibles afin de s’assurer qu’il
(52) Paragraphe .25 de la norme 7-101. sur le commissariat aux apports.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 71

n’existe pas un risque structurel de minoration de la valeur des apports et


d’apprécier si ces prévisions sont de nature à pouvoir garantir la libération
de l’augmentation de capital (53) ;
– procède à une approche directe de la valeur des apports, laquelle n'est pas
soumise aux mêmes fluctuations que les valeurs individuelles ;

C
– vérifie la qualité de la garantie offerte par la société apporteuse ou les
actionnaires de la société absorbée.

NC
Si l'actif net, à la date de réalisation, est supérieur à l'actif net provisoire figu-
rant au traité d'apport, la société bénéficiaire pourra être amenée, en applica-
tion dudit traité, à augmenter à due concurrence la prime d'apport.

tC
2.2.9 CONCLUSION SUR LA VALEUR DES APPORTS

Le commissaire aux apports procède à la comparaison entre :


87

– la valeur réelle des apports résultant de l'approche directe ;


gh
– la valeur des apports proposée dans le traité.

Deux cas de figure peuvent se présenter :


– la valeur réelle des apports est supérieure à la valeur des apports proposée
ri

dans le traité : les observations éventuelles portant sur les valeurs indivi-
duelles des apports, n'empêchent cependant pas de conclure que la valeur
des apports n'est pas surévaluée ;
py

– la valeur réelle des apports est inférieure à la valeur des apports proposée
dans le traité : le commissaire aux apports conclut que la valeur des apports
est surévaluée, qu'il formule ou non des observations sur les valeurs indivi-
duelles des apports.
Co

Par exemple, l'absence de prise en compte dans le traité d'une « provision »


pour perte de rétroactivité n'a pas nécessairement d'incidence sur la conclu-
sion du commissaire aux apports, dès lors que la valeur réelle des apports reste
supérieure à la valeur des apports proposée, ce qui signifie que les plus-values
latentes sont au moins égales à cette perte intercalaire. Une observation devra
cependant être faite sur la valeur individuelle des apports.

(53) Paragraphes .28 et 29 de la norme 7-101. sur le commissariat aux apports.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


72 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

88 2.2.10 APPRÉCIATION DES AVANTAGES PARTICULIERS STIPULÉS

Les avantages particuliers que le commissaire aux apports est chargé d'appré-
cier sont, selon la loi, ceux qui sont « stipulés ». La loi a prévu la mention des
avantages particuliers dans :

C
– les statuts ;
– les contrats de fusion.

NC
Ainsi le commissaire aux apports n'a pas de diligences particulières à mettre
en œuvre pour rechercher les avantages particuliers éventuels qui ne seraient
pas stipulés dans les statuts ou le contrat de fusion.
L'objectif du commissaire aux apports est de fournir aux actionnaires une
tC
information complète et objective sur la nature de l'avantage particulier et sur
les conséquences pour l’actionnaire de ces avantages.
« La mission du commissaire consiste moins à juger du bien-fondé de l'octroi
d'avantages, lesquels procèdent du consentement des associés exprimé dans le
pacte social, qu'à en apprécier la consistance et les incidences éventuelles sur
gh
la situation des actionnaires, notamment si de tels avantages confèrent à cer-
tains d'entre eux un droit préférentiel sur les bénéfices et le boni de liquida-
tion » (54).
Il vérifie que les avantages ne sont, ni interdits par la loi (rupture illicite de
ri

l'égalité entre actionnaires), ni contraires à l'intérêt de la société (pas d'abus


de majorité).
py

L'examen de la valeur des avantages particuliers n'est possible que dans la


mesure où ceux-ci peuvent faire l'objet d'une évaluation ; il n'en est pas tou-
jours ainsi et on peut citer à titre d'exemple :
– l'attribution d'un droit de vote double à certains actionnaires ou associés ;
Co

– la création d'actions de priorité jouissant d'avantages au profit de certains


associés ;
– l'attribution de titres à dividende prioritaire sans droit de vote à certains
associés.

(54) Bulletin CNCC, n° 81, mars 1991, p. 122.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 73

2.2.11 DOCUMENTATION DES TRAVAUX ET UTILISATION 89


D'UNE LETTRE D'AFFIRMATION
Le commissaire aux apports documente dans son dossier de travail les dili-
gences accomplies et les conclusions auxquelles elles le conduisent (55).

C
La lettre d'affirmation est un document qui récapitule et complète, à la fin des
travaux, certaines déclarations importantes qui ont une incidence sur les pro-

NC
jets de conclusions du commissaire aux apports et qui lui ont été faites par les
dirigeants ou le personnel de direction de l'entreprise, au cours de ses travaux.
La lettre d'affirmation constitue, pour le commissaire aux apports, un procédé
complémentaire de confirmation de certains éléments.
Elle constitue un document justificatif des positions de la direction dans les
tC
dossiers de travail du commissaire aux apports mais ne saurait se substituer
aux procédures de vérification qui doivent être mises en œuvre.
Sa non utilisation doit désormais être justifiée.
Un exemple de lettre d’affirmation figure parmi les supports opérationnels.
gh
Enfin, un compte-rendu de fin de mission est fréquemment demandé par les
tribunaux de commerce, selon des formats qui ne sont pas unifiés. Dans sa
réponse, le commissaire aux apports doit veiller à ne pas donner plus d’infor-
mations qu’il n’en donne dans son rapport.
ri
py

2.3 RAPPORT DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

2.3.1 RAPPEL DES OBLIGATIONS 90


Co

A – Nature du rapport

a) Contenu du rapport
Les textes apportent peu de précisions sur la nature du rapport et son contenu.

(55) Paragraphe .33 de la norme 7-101. sur le commissariat aux apports.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


74 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

L'article D 64.1 applicable aux sociétés anonymes lors de la constitution avec


appel public à l'épargne précise que le rapport :
– décrit chacun des apports ;
– indique le mode d'évaluation adopté et les raisons pour lesquelles il a été
retenu ;

C
– affirme que la valeur des apports correspond au moins à la valeur au nomi-
nal des actions à émettre augmentée éventuellement de la prime d'émission.

NC
Des références à cet article sont également faites pour la constitution des
sociétés anonymes sans appel public à l'épargne et pour les augmentations de
capital de ces mêmes sociétés.
En cas de fusion et de scission, l'article D. 260 précise uniquement que :
tC
« Les commissaires aux apports vérifient notamment que le montant de l'actif
net apporté par les sociétés absorbées est au moins égal au montant de l'aug-
mentation du capital de la société absorbante ou au montant du capital de la
société nouvelle issue de la fusion.
gh
La même vérification est faite en ce qui concerne le capital des sociétés béné-
ficiaires de la scission. »
Aucune indication n'est donnée pour les sociétés à responsabilité limitée mais
la mission étant identique, il convient d’admettre qu’il s'agit du même type de
rapport.
ri

b) Objectif du rapport
py

L'objectif du rapport est d'éclairer les actionnaires ou les associés sur la nature
des apports, les méthodes d'évaluation retenues afin que ceux-ci disposent
d'éléments objectifs pour prendre leur décision lors de l'assemblée (ou de la
signature des statuts en cas de constitution d’une société anonyme sans appel
Co

public à l’épargne) (56).

(56) Paragraphe .38 de la norme 7-101. sur le commissariat aux apports.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 75

B – Communication du rapport

a) Constitution 91
Pour les sociétés anonymes constituées avec appel public à l'épargne, le rap-
port est mis à la disposition des souscripteurs (dépôt au siège social) huit jours

C
au moins avant la date de l'assemblée générale constitutive (art. D. 65).
Pour la constitution des sociétés anonymes sans appel public à l'épargne, le

NC
délai de mise à disposition des futurs actionnaires est seulement de trois jours
au moins avant la date de signature des statuts (art. D. 73).
Pour les SARL, le rapport est annexé aux statuts (art. L. 223-9 al. 1).

– Sociétés anonymes
tC
b) Augmentations de capital, fusions, scissions

Le rapport est tenu au siège social, à la disposition des actionnaires, huit jours
au moins avant la date de l'assemblée générale extraordinaire (art. D. 169 al. 2).
– Sociétés à responsabilité limitée
gh
Lorsque les associés sont consultés par écrit, on peut penser que le rapport du
commissaire aux apports fait partie des documents qui leur sont adressés en
vertu de l'article D. 40 al. 1.
ri

C – Publicité du rapport

Aux termes des articles 50 et 51 du décret du 30 mai 1984, les sociétés doi- 92
py

vent déposer au greffe du tribunal de commerce, huit jours au moins avant la


date de l'assemblée, le rapport du commissaire aux apports ou à la fusion sur
la valeur des apports, dès lors que l'opération donne lieu à une augmentation
de capital.
Co

A contrario (57), la formalité de dépôt au greffe du rapport du commissaire


aux apports n'est pas requise :
– en cas de fusion par constitution d'une société nouvelle, car les apports des
associés des sociétés qui fusionnent sont rémunérés par des titres émis par
la nouvelle société ;

(57) Avis n° 98-02 et 98-02 bis du CCRCS (Comité de Coordination du Registre du Commerce et
des Sociétés).

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


76 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

– en cas de fusion-absorption d'une filiale à 100 %, car cette opération est


réalisée sans émission de titres nouveaux.

93 D – Pluralité de commissaires aux apports

C
Si plusieurs commissaires aux apports ont été désignés, ils établissent et
signent un rapport commun.

NC
En cas de désaccord entre les commissaires, il est établi un seul rapport qui
indique les différentes opinions exprimées, en les attribuant à chacun
d'eux (58).

94 E – Mission commune avec celle de commissaire à la fusion


tC
Dans les opérations de fusion ou de scission, le commissaire à la fusion ou à la
scission, agissant en tant que commissaire aux apports, établit à ce titre un
rapport distinct de celui qu'il dépose en tant que commissaire à la fusion ou à
la scission (59).
gh
Cette disposition trouve son origine dans le fait que :
– le rapport du commissaire aux apports est déposé au greffe du tribunal de
commerce alors que ce dépôt n'est pas prévu pour celui du commissaire à la
fusion ;
ri

- les destinataires du rapport sont les dirigeants et actionnaires de la société


bénéficiaire des apports alors que toutes les sociétés participant à la fusion
sont destinataires du rapport du commissaire à la fusion.
py

95 F – Conséquences du rapport

Il est rappelé que les actionnaires ne sont pas liés par une appréciation défa-
Co

vorable du commissaire aux apports : ils peuvent passer outre en approuvant


l'opération telle qu'elle est présentée par les dirigeants.

(58) Paragraphe .37 de la norme 7-101. sur le commissariat aux apports.


(59) Paragraphe .36 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 77

2.3.2 STRUCTURE ET CONTENU DU RAPPORT

La structure et le contenu du rapport sont précisés dans la norme (60), étant 96


rappelé que si la structure et les modèles de conclusion sont normatifs, le
contenu, et en particulier les parties relatives à la présentation de l’opération

C
et aux diligences mises en œuvre, ne le sont pas, de manière à laisser la sou-
plesse nécessaire au commissaire aux apports pour tenir compte des spécifi-

NC
cités propres à chaque cas d’espèce.

2.3.3 MODÈLES DE CONCLUSION 97

tC
La conclusion du commissaire aux apports contient :
– son appréciation au regard de la non surévaluation des apports et, en fonc-
tion de celle-ci, l’affirmation que l’actif net apporté est au moins égal à la
valeur au nominal des actions ou parts à émettre, augmentée éventuelle-
ment de la prime d’émission, de fusion ou de scission, selon le cas,
gh
– le cas échéant, son appréciation, sous la forme d’observations ou au
contraire d’absence d’observation à formuler, sur les avantages particuliers
stipulés (61).
La conclusion du commissaire aux apports est formulée conformément aux
ri

modèles de conclusion annexés à la norme en fonction des différentes circons-


tances suivantes :
py
Co

(60) Paragraphe .39 de la norme 7-101. sur le commissariat aux apports.


(61) Paragraphe .39 de la norme 7-101. sur le commissariat aux apports.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


78 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

97 suite a/ Lorsque le commissaire aux apports n’a pas d’observation à formuler


sur les modalités et conditions de l'opération proposée, il formule une
conclusion favorable selon le modèle .M1 –.

.M1 – Conclusion favorable

C

NC
Sur la base de nos travaux, nous concluons que la valeur des apports s’éle-
vant à ………., n'est pas surévaluée et, en conséquence, que l'actif net
apporté est au moins égal :
• au montant de l'augmentation de capital de la société absorbante, aug-
mentée de la prime d'émission,
ou
tC
• au montant du capital des sociétés bénéficiaires de la scission (ou de
l'augmentation de capital des sociétés bénéficiaires de la scission aug-
mentée de la prime d'émission),
ou
gh
• au montant de l'augmentation de capital de la société bénéficiaire de
l'apport partiel d'actif (1), augmentée de la prime d'émission.
(le cas échéant)
ri

Les avantages particuliers stipulés n'appellent pas d'observation de notre


part.
Lieu, date et signature
py

(1) Dans les autres cas d’apports en nature, la conclusion est formulée de la manière suivante :
« Sur la base de nos travaux, nous concluons que la valeur des apports s’élevant à ………,
n’est pas surévaluée et, en conséquence, est au moins égale au montant de l’augmentation
de capital de la société bénéficiaire de l’apport, augmentée de la prime d’émission ».
Co

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 79

b/ Lorsque les observations formulées par le commissaire aux apports sur 97 suite
les modalités et conditions de l'opération proposée, et notamment sur
l’évaluation d’un ou plusieurs éléments apportés, ne remettent pas en
cause la valeur des apports, il motive son analyse et formule sur cette
base une conclusion favorable selon le modèle .M2 -.

C
NC
.M2 – Conclusion favorable avec observations sur les valeurs indivi-
duelles mais sans incidence sur la valeur des apports pris dans leur
ensemble

Sur la base de nos travaux, nous concluons que les observations précédem-
tC
ment formulées ne sont pas de nature à affecter la valeur des apports s’éle-
vant à ……… et, en conséquence, que l'actif net apporté est au moins égal :
• au montant de l'augmentation de capital de la société absorbante, aug-
mentée de la prime d'émission,
gh
ou
• au montant du capital des sociétés bénéficiaires de la scission (ou de
l'augmentation de capital des sociétés bénéficiaires de la scission aug-
mentée de la prime d'émission),
ou
ri

• au montant de l'augmentation de capital de la société bénéficiaire de


l'apport partiel d'actif (2), augmentée de la prime d'émission.
py

(Le cas échéant)


Les avantages particuliers stipulés n'appellent pas d'observation de notre
part.
Lieu, date et signature
Co

(2) Voir renvoi (1) du modèle .M1- À décliner conformément au modèle .M2.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


80 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

97 suite c/ Lorsque le commissaire aux apports est confronté à une limitation à


l’étendue de ses travaux, ou à une incertitude dont la résolution dépend
d’événements futurs, pouvant avoir une incidence significative sur la
valeur des apports, il exprime une impossibilité de conclure selon le
modèle .M3 –.

C
Tel est notamment le cas lorsque la valeur des apports pris dans leur
ensemble se fonde sur des hypothèses dont le commissaire aux apports

NC
ne peut apprécier si elles constituent une base acceptable pour les éva-
luations proposées.

.M3 – Conclusion défavorable (limitation ou incertitudes)


… tC
Sur la base de nos travaux, et compte tenu des observations précédemment
formulées, nous ne sommes pas en mesure de conclure que la valeur des
apports s’élevant à ………, n’est pas surévaluée et, en conséquence, que l'ac-
gh
tif net apporté est au moins égal :
• au montant de l'augmentation de capital de la société absorbante, aug-
mentée de la prime d'émission,
ou
ri

• au montant du capital des sociétés bénéficiaires de la scission (ou de


l'augmentation de capital des sociétés bénéficiaires de la scission, aug-
mentée de la prime d'émission),
py

ou
• au montant de l'augmentation de capital de la société bénéficiaire de
l'apport partiel d'actif(3), augmentée de la prime d'émission.
(Le cas échéant)
Co

Les avantages particuliers stipulés n'appellent pas d'observation de notre


part.
Lieu, date et signature

(3) Voir renvoi (1) du modèle .M1- À décliner conformément au modèle .M3.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 81

d/ Lorsque le commissaire aux apports estime que la valeur des apports 97 suite
proposée dans le traité est surévaluée par rapport à la valeur réelle des
apports considérés dans leur ensemble, ou par rapport à la sommation
des évaluations individuelles qu’il considère acceptables, il formule une
conclusion défavorable selon le modèle .M4 –.

C
Ce modèle .M4 – s’applique également lorsque la justification de la
valeur des apports proposée dans le traité repose sur des données prévi-

NC
sionnelles et que le commissaire aux apports estime que les hypothèses
retenues ne constituent pas une base acceptable pour les évaluations
proposées, du fait de leur caractère non vraisemblable ou non cohérent.

.M4 – Conclusion défavorable (désaccord)


… tC
Sur la base de nos travaux, nous concluons que, compte tenu des observa-
tions précédemment formulées, la valeur des apports s’élevant à ………, est
surévaluée et, en conséquence, que le montant de l'actif net apporté par la
gh
société apporteuse est inférieur :
• au montant de l'augmentation de capital de la société absorbante, aug-
mentée de la prime d'émission,
ou
ri

• au montant du capital de la (des) société(s) issue(s) de la scission (ou de


l'augmentation de capital de (des) société(s) bénéficiaire(s) de la scission,
augmentée de la prime d'émission),
py

ou
• au montant de l'augmentation de capital de la société bénéficiaire de
l'apport partiel d'actif (4), augmentée de la prime d'émission.
(Le cas échéant)
Co

Les avantages particuliers stipulés n'appellent pas d'observation de notre


part.
Lieu, date et signature

(3) Voir renvoi (1) du modèle .M1- À décliner conformément au modèle .M4.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


82 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

97 suite e/ Lorsque l'opération proposée se situe dans le cadre des dispositions de


l'article L. 236-11 (fusion simplifiée), le commissaire aux apports rappelle,
dans la partie de son rapport relative à la présentation de l'opération, que
celle-ci se place dans le cadre de cette disposition légale, la société absor-
bante détenant l'intégralité du capital de la société absorbée. Il y indique

C
en outre le montant du boni ou du mali de fusion dégagé.
Il décline sa conclusion en fonction des différentes situations évoquées

NC
ci-dessus selon le modèle .M5 –.

.M5 – Conclusion favorable en cas d’apports en nature effectués dans


le cadre d’une fusion simplifiée (article L. 236-11)

tC
Sur la base de nos travaux, nous concluons que la valeur des apports s’éle-
vant à ………, n'est pas surévaluée.
(Le cas échéant)
gh
Les avantages particuliers stipulés n'appellent pas d'observation de notre
part.
Lieu, date et signature
ri

Lorsque la société absorbante détient une partie seulement du capital de


la société absorbée et qu’il y a de sa part renonciation à l’augmentation
de capital à hauteur des titres détenus, la conclusion du commissaire à
py

la fusion est déclinée en fonction des différentes situations évoquées ci-


dessus selon le modèle .M5 bis.

.M5 bis – Conclusion favorable en cas d’apports en nature effectués


dans le cadre d’une fusion renonciation
Co


Sur la base de nos travaux, nous concluons que la valeur des apports s’éle-
vant à …, n’est pas surévaluée et, en conséquence, que l’actif net apporté
est au moins égal au montant de l’augmentation de capital de la société
absorbante, augmentée de la prime d’émission et avant renonciation par
celle-ci à l’augmentation à hauteur des titres qu’elle détient de la société
absorbée.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 83

f/ Lorsque la date d’effet prévue de l’opération est celle de l’assemblée


générale qui l’approuvera, ou est postérieure à la date de cette assem-
blée, le commissaire aux apports précise clairement que la conclusion
exprimée dans son rapport quant à la libération de l’augmentation de
capital prévue n’a de pertinence qu’à la date de son rapport.

C
98

NC
2.3.4 STRUCTURE DU RAPPORT

La norme 7-101 comporte une structure type de rapport en cas d'apports en


nature effectués dans le cadre d'une fusion, d'une scission ou d'un apport par-
tiel d'actif placé sous le régime de scissions. Les mentions en caractères ita-

tC
liques sont données à titre indicatif, tandis que l’introduction, la structure et
les conclusions, en caractères droits, sont normatifs :

Société ……………………

RAPPORT DU COMMISSAIRE À LA FUSION


gh
SUR LA VALEUR DES APPORTS (62)
En exécution de la mission qui nous été confiée par ordonnance de
Monsieur le Président du Tribunal de Commerce de ……… en date du …………
concernant la fusion par voie d'absorption de la société X par la société Y,
ri

nous avons établi le présent rapport prévu par l'article L. 236-10 du code de
commerce (63).
L'actif net apporté a été arrêté dans le projet de traité d'apport (ou de
py

fusion) signé par les représentants des sociétés concernées en date


du ………… Il nous appartient d'exprimer une conclusion sur le fait que la
valeur des apports n’est pas surévaluée (le cas échéant : et d’apprécier les
avantages particuliers stipulés). À cet effet, nous avons effectué nos dili-
Co

gences selon les normes de la Compagnie nationale des commissaires aux


comptes applicables à cette mission ; ces normes requièrent la mise en
œuvre de diligences destinées, d'une part, à apprécier la valeur des apports,
à s’assurer que celle-ci n'est pas surévaluée et à vérifier qu'elle correspond

(62) Dans les autres cas d’apports en nature, le titre du rapport est « Rapport du commissaire
aux apports ».
(63) Il convient d’adapter le vocabulaire de cette introduction et la référence aux textes dans
les autres cas d’apports en nature.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


84 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

98 suite au moins à la valeur au nominal des actions à émettre par la société absor-
bante (ou bénéficiaire des apports) augmentée de la prime d'émission,
d'autre part (64), à apprécier les avantages particuliers stipulés.

1. PRÉSENTATION DE L'OPÉRATION ET DESCRIPTION DES APPORTS

C
1.1 La présentation de l'opération est effectuée :
• soit de façon synthétique, par renvoi au traité d'apport et/ou au rapport du

NC
conseil d'administration,
• soit de façon plus détaillée par référence aux éléments donnés à titre indi-
catif au paragraphe .39 – de la présente norme.

1.2 La nature, l'évaluation et la rémunération des apports (et, le cas échéant,


tC
les avantages particuliers stipulés) sont présentées :
• soit de façon synthétique, par renvoi au traité d'apport et/ou au rapport du
conseil d'administration,
• soit de façon plus détaillée par référence aux éléments donnés à titre indi-
catif au paragraphe .39- de la présente norme.
gh
2. DILIGENCES ET APPRÉCIATION DE LA VALEUR DES APPORTS
Dans cette partie, le commissaire aux apports précise les travaux mis en
œuvre :
ri

• contrôle de la réalité des apports et l'exhaustivité des passifs transmis à la


société,
• analyse des valeurs individuelles proposées dans le traité d'apport,
py

• examen du résultat des activités apportées pendant la période de rétroac-


tivité,
• vérification, jusqu'à la date de ce rapport, de l’absence de faits ou d’événe-
ments susceptibles de remettre en cause la valeur des apports.
Co

• approche directe de la valeur des apports considérés dans leur ensemble.


Le commissaire aux apports présente les observations qu'il juge nécessaires
par référence au paragraphe .39 – de la présente norme.
Le commissaire conclut conformément aux modèles de conclusion annexés
ci-après.
(64) En cas d’absence d’avantages particuliers stipulés, supprimer la construction « d’une
part » et « d’autre part ».

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 85

2.3.5 EXEMPLE INDICATIF DE RÉDACTION DE RAPPORT 98 suite

RAPPORT DU COMMISSAIRE À LA FUSION


SUR LA VALEUR DES APPORTS DEVANT ÊTRE EFFECTUÉS

C
À LA SOCIÉTÉ PETIT LOIR PAR LA SOCIÉTÉ MARMOTTE

NC
En exécution de la mission qui nous a été confiée par ordonnance de
Monsieur le Président du Tribunal de Commerce de Lille en date du 14 sep-
tembre 2000 concernant la fusion par voie d'absorption de la société
MARMOTTE par la société PETIT LOIR, nous avons établi le présent rapport prévu

tC
par l'article L. 236-10 du code de commerce.
L'actif net apporté a été arrêté dans le projet de fusion signé par les repré-
sentants des sociétés concernées en date du 15 novembre 2000. Il nous
appartient d'exprimer une conclusion sur le fait que la valeur des apports
n'est pas surévaluée. À cet effet, nous avons effectué nos diligences selon
gh
les normes de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes appli-
cables à cette mission ; ces normes requièrent la mise en œuvre de dili-
gences destinées à apprécier la valeur des apports, à s'assurer que celle-ci
n'est pas surévaluée et à vérifier qu'elle correspond au moins à la valeur au
nominal des actions à émettre par la société absorbante augmentée de la
ri

prime d'émission.
La relation de l’exécution de notre mission comporte :
py

– une présentation de l'opération et la description des apports,


– l’exposé de nos diligences et notre appréciation de la valeur des apports.

1. PRÉSENTATION DE L'OPÉRATION ET DESCRIPTION DES APPORTS


Co

1.1 Entités participant à l’opération


1.1.1 Société absorbante : PETIT LOIR
PETIT LOIR est une société anonyme dont le capital social, réparti en
6 000 000 actions de 1,52 €, s'élève à 9 146 694 €, et exerce une activité
de holding.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


86 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

98 suite 1.1.2 Société absorbée : MARMOTTE


La société MARMOTTE est une société anonyme dont le capital social, réparti
en 100 000 actions de 15 €, s'élève à 1 524 490 €, et est détenu à 90 %
par la société PETIT LOIR. Elle détient des fonds de commerce d'hôtel à

C
enseigne PETIT LOIR.

1.2 Nature et objectifs de l’opération

NC
La société PETIT LOIR a acquis, le 12 mai 2000, 90 % de la société MARMOTTE.
Afin de simplifier les structures du groupe, il a été décidé que PETIT LOIR
absorberait la société MARMOTTE.

tC
Cette fusion s'inscrit dans le cadre de mesures de rationalisation et de sim-
plification des structures de PETIT LOIR. Cette simplification aura pour but de
rationaliser les coûts et d'améliorer les structures.

1.3 Description et évaluation des apports


gh
Aux termes du traité de fusion en date du 15 novembre 2000, l'actif net
apporté se décompose de la manière suivante, en milliers d’euros :
TOTAL
Actifs apportés
Immobilisations incorporelles 503 000
ri

Immobilisations corporelles 129 323


Immobilisations financières 15 245
py

Actif circulant 102 522


Comptes de régularisation 893 800

Total des actifs apportés (A) 750 989


Co

Passif pris en charge


Provisions pour risques et charges 397
Passif d’exploitation 207 986
Total du passif pris en charge (B) 208 383
Actif net apporté (A) – (B) 542 600

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS 87

Les immobilisations incorporelles correspondent à des fonds de commerce 98 suite


d'hôtellerie. Les immobilisations corporelles recouvrent le matériel, le mobi-
lier et les agencements correspondants.

Les apports ont été évalués à leur valeur réelle au 1er juillet 2000. Celle-ci

C
correspond :
– pour les fonds de commerce, à une valeur de marché exprimée en pour-

NC
centage du chiffre d’affaires, conformément à la méthode décrite en
annexe aux comptes consolidés de PETIT LOIR pour 1999 ;
– pour les autres éléments d’actif et de passif, à leur valeur nette
comptable telle qu'elle ressort des comptes annuels des sociétés absor-
bées au 30 juin 2000.

1.4 Rémunération des apports


tC
Le rapport d'échange des droits sociaux tel qu'il est proposé par les conseils
d'administration de PETIT LOIR et MARMOTTE est fixé à une action PETIT LOIR
pour quatre actions MARMOTTE.
gh
PETIT LOIR étant propriétaire de 90 000 actions MARMOTTE, il ne sera pas pro-
cédé à la création d'actions nouvelles, PETIT LOIR rémunérant sa participation
dans MARMOTTE.

Le nombre d'actions à émettre par PETIT LOIR est de 2 500, chiffre obtenu en
ri

appliquant au nombre d'actions MARMOTTE, déduction faite des actions déte-


nues par PETIT LOIR, soit 10 000, le rapport d'échange de 0,25.
py

L'augmentation de capital sera donc de 3 800 € (2 500 actions de nominal


1,52 €).

La différence ente la valeur nette des biens apportés, soit 542 600 €, et le
montant de l'augmentation de capital, soit 3 800 €, constituera une prime
Co

de fusion de 538 800 €.

1.5 Aspects juridiques et fiscaux

Selon le projet de fusion en date du 15 novembre 2000, la société PETIT LOIR


aura la propriété et la jouissance des biens et droits de la société absorbée,
au jour de la réalisation définitive de l'opération, qui correspond à la date
de l'assemblée générale extraordinaire, soit le 31 décembre 2000.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


88 LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

98 suite Cependant les dirigeants ont choisi de retenir un effet rétroactif au


1er juillet 2000.
Au plan fiscal, la société a placé les opérations sous le régime de faveur
prévu à l’article 210 A du Code Général des Impôts en matière d'impôt sur

C
les sociétés, et paiera le droit fixe de 229 € prévu par l’article 816 I du
Code Général des Impôts au titre des droits d'enregistrement.

NC
2. DILIGENCES ET APPRÉCIATION DE LA VALEUR DES APPORTS
S'agissant des valeurs individuelles des apports proposées dans le traité
d'apport, ces diligences ont consisté à :
– contrôler par sondages l'existence des actifs apportés,

tC
– revoir les dossiers des commissaires aux comptes de la société MARMOTTE
concernant les comptes au 30 juin 2000,
– analyser la méthode de valorisation des fonds de commerce et sa cor-
recte application aux fonds de commerce apportés.
gh
S'agissant de la valeur des apports pris dans leur ensemble, nous avons rap-
proché la valeur de la société MARMOTTE avec le prix payé par PETIT LOIR pour
acquérir 90 % de la société MARMOTTE.
Sur la base de nos travaux, nous concluons que la valeur des apports s'éle-
vant à 542 600 € n'est pas surévaluée et, en conséquence, que l'actif net
ri

apporté est au moins égal au montant de l'augmentation de capital de la


société absorbante, augmentée de la prime d'émission.
py

Lille, le 11 décembre 2000

Le commissaire à la fusion
Co

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


89

3. LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION 99

3.1 NATURE ET OBJECTIF DE LA MISSION

C
DU COMMISSAIRE À LA FUSION

NC
La norme CNCC 7-102 définit la nature et l’objectif de la mission du
commissaire à la fusion comme suit :
« La mission dévolue au commissaire à la fusion s’inscrit parmi les “autres inter-
ventions définies" par le cadre conceptuel (65) ayant pour objet » l’appréciation

définis.
tC
d’une valeur … par référence à des critères identifiés et au regard d’objectifs

Elle ne constitue, en conséquence, ni une mission d’audit, ni une mission d’exa-


men limité.
gh
La mission a pour objectif final d’apprécier le caractère équitable du rapport
d’échange.
A cet effet, le commissaire à la fusion :
• vérifie la pertinence des valeurs relatives attribuées aux actions ou parts des
ri

sociétés participant à l’opération ;


• analyse le positionnement du rapport d’échange par référence aux valeurs
py

relatives jugées pertinentes et à “l’importance relative” qui leur est donnée ».

3.1.1 CIRCONSTANCES NÉCESSITANT LA DÉSIGNATION


D'UN COMMISSAIRE À LA FUSION
Co

Un ou plusieurs commissaires à la fusion sont désignés en cas de fusion- 100


absorption d'une SA par une autre SA (article L. 236-10), de fusion-absorption
d'une SARL par une autre SARL (article L. 236-23), et de fusion-absorption
d’une SARL par une SA ou vice-versa (article L. 236-2).

(65) Cf. Cadre conceptuel des interventions du commissaire aux comptes, in Recueil « Normes pro-
fessionnelles et Code de déontologie », CNCC Édition, décembre 2000.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


90 LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

Un ou plusieurs commissaires à la scission sont désignés en cas de scission


(article L. 236-16) ou d'apport d'une branche d'activité lorsque les sociétés
apporteuses et bénéficiaires ont décidé d'un commun accord de soumettre
l'opération au régime juridique des scissions (article L. 236-22 pour les SA et
L. 236-24 pour les SARL).

C
L’intervention d'un commissaire à la fusion n’est pas requise :

NC
– dans le cas d’apport en nature ou d’apport partiel d’actif non placé sous le
régime des scissions, sauf demande expresse des autorités de marché,
donnant lieu à une ordonnance complémentaire du Président du tribunal de
commerce ;

– dans le cas de création, par voie de scission, de sociétés nouvelles consti-


tC
tuées sans autre apport que celui de la société scindée, où les actions ou
parts de chacune des sociétés nouvelles sont attribuées aux actionnaires ou
associés de la société scindée proportionnellement à leurs droits dans le
capital de cette société (articles L. 236-16 pour les sociétés anonymes et
236-23 pour les SARL) ;
gh
– dans le cas de fusion simplifiée, où, depuis le dépôt du projet de fusion au
greffe du tribunal de commerce et jusqu'à la date de réalisation de l'opéra-
tion, la société absorbante détient en permanence la totalité des actions ou
parts représentant la totalité du capital des sociétés absorbées (articles
ri

L. 236-11 pour les sociétés anonymes et L. 236-23 pour les SARL).


py

101 3.1.2 MODALITÉS DE LA DÉSIGNATION

3.1.2.1 Moment de la désignation


Co

Comme dans le cas du commissariat aux apports, aucun délai n'est prévu par
les textes pour la désignation du commissaire à la fusion. Les mêmes commen-
taires (cf. § 2.1.2.1) trouvent donc à s'appliquer.

3.1.2.2 Personnes pouvant être désignées

Le commissaire à la fusion est choisi parmi les commissaires aux comptes


inscrits sur la liste prévue à l’article L. 225-219 du code de commerce, ou

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION 91

parmi les experts inscrits sur l’une des listes établies par les cours et tribu-
naux (66).
Le commissaire à la fusion désigné assure également la mission de commis-
saire aux apports (67).

C
Le commissaire à la fusion peut être une personne physique ou une personne
morale (68).

NC
3.1.2.3 Instances de désignation

Le ou les commissaires à la fusion sont désignés par le président du tribunal de


commerce sur requête ; la requête est présentée par les dirigeants sociaux des
sociétés concernées par l'opération.
tC
En pratique, les sociétés concernées par l'opération proposent la désignation
des mêmes commissaires à la fusion en vue de l'établissement d'un même rap-
port ; dans ce cas, conformément à l'article D. 257 – al. 2, la demande de
nomination doit être présentée sous la forme d'une requête conjointe établie
gh
au nom des sociétés participantes.
Cette requête conjointe devrait pouvoir être déposée, dans le cas où les socié-
tés relèvent de tribunaux de commerce différents, devant le président d'un
seul de ces tribunaux, celui de l’absorbante, par exemple, en cas de fusion.
ri

3.1.3 ACCEPTATION DE LA MISSION 102


py

Les règles d’acceptation de la mission sont identiques à celles applicables au


commissariat aux apports (cf. § 2.1.3).

3.1.3.1 Procédure d'acceptation


Co

La procédure d’acceptation est identique à celle définie pour le commissaire


aux apports.

(66) Paragraphe .03 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.


(67) Paragraphe .03 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.
(68) Bulletin CNCC n° 84, décembre 1991, page 565.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


92 LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

103 3.1.4 RESPONSABILITÉ

3.1.4.1 Responsabilité civile

La portée et l’étendue de la responsabilité civile du commissaire à la fusion

C
sont identiques à celles du commissaire aux apports (cf. § 2.1.4.1).

NC
3.1.4.2 Responsabilité pénale

En ce qui concerne le commissaire à la fusion, il n'existe aucune disposition


pénale spécifique, hormis celles se rapportant aux incompatibilités. Le commis-
saire à la fusion peut cependant se rendre, conformément au droit commun,

tC
coupable du délit de faux en écriture ou complice de certains délits commis
par les dirigeants sociaux.
gh
3.2 DILIGENCES DU COMMISSAIRE À LA FUSION

104 3.2.1 CONTENU ET LIMITES DE LA MISSION


ri

La mission du commissaire à la fusion a pour finalité d'apprécier le caractère


équitable du rapport d'échange (69).
py

A cet effet, le commissaire à la fusion :


– vérifie que les valeurs relatives attribuées aux actions ou parts des sociétés
participant à l’opération sont pertinentes ;
– analyse le positionnement du rapport d’échange par rapport aux valeurs
Co

relatives jugées pertinentes.


Ses travaux et ses conclusions doivent permettre aux actionnaires de disposer
d'éléments objectifs pour prendre leur décision lors des assemblées destinées à
approuver les conditions de la fusion ou les apports partiels d'actif soumis au
régime des scissions au regard de la pertinence et de l’équité.

(69) ou, en cas de scission, le caractère équitable de la rémunération proposée pour l’apport.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION 93

Comme le commissaire aux apports (cf. ci-dessus § –2.2.1), le commissaire à la


fusion n'a pas à contrôler les écritures comptables qui résulteront des déci-
sions de l'assemblée ayant statué sur l'opération, ni à procéder à des vérifica-
tions spécifiques concernant le respect du droit des sociétés, par exemple la
régularité des convocations, le respect des obligations de publicité ou de

C
dépôts légaux.

Il ne se prononce pas sur l'opportunité économique de l'opération ou sur les

NC
stratégies de groupe qui sous-tendent l'opération.

Lorsqu'il est nommé assez tôt, il lui appartient de faire toutes observations
utiles sur le contenu du traité, notamment au regard des dispositions de
l'article D. 254.

tC
3.2.2 FIN DE LA MISSION 105

Comme pour le commissaire aux apports, la mission du commissaire à la


gh
fusion prend fin avec le dépôt de son rapport. Il n'appartient donc pas au
commissaire à la fusion d'assurer un suivi des événements survenus entre la
date de dépôt de son rapport et la date des assemblées appelées à se pronon-
cer sur l’opération de fusion ou d’apport (70).
ri

3.2.3 DÉMARCHE DU COMMISSAIRE À LA FUSION 106


py

En application de l'article L. 236-10 du code de commerce, « les commissaires


à la fusion vérifient que les valeurs relatives attribuées aux actions des
sociétés participant à l'opération sont pertinentes et que le rapport d'échange
est équitable. »
Co

L'objectif de la mission du commissaire à la fusion consiste ainsi à s'assurer


que les actionnaires des entités en présence ne sont pas lésés.

A cet effet il met en œuvre des procédures portant sur la vérification des
valeurs relatives. Après avoir vérifié la pertinence de ces valeurs relatives, le

(70) Paragraphe .10 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


94 LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

106 suite commissaire à la fusion analyse ensuite le positionnement du rapport


d'échange au sein de l'intervalle de valeurs relatives qu'il a retenues et prend
en compte, dans son analyse, les caractéristiques qualitatives de l'opération.

Il examine en outre la situation des actionnaires des différentes sociétés


concernées avant et après l'opération afin de s’assurer que le rapport

C
d’échange proposé n’entraîne pas d’appauvrissement durable pour une catégo-
rie d’actionnaires.

NC
En conséquence, il est possible que la vérification de la pertinence des valeurs
relatives conduise à des observations sur celles-ci, mais que les diligences sur
l'appréciation du caractère équitable du rapport d'échange conduisent à une
conclusion favorable.

tC
Il convient donc de bien faire la distinction entre l'avis sur la pertinence des
valeurs relatives et la conclusion sur le caractère équitable du rapport
d'échange, cet avis ne constituant qu'une étape dans la conclusion du commis-
saire à la fusion.
gh
Les observations formulées par le commissaire à la fusion sur les valeurs rela-
tives et sur le rapport d'échange, traduisent son désaccord sur la pertinence
des valeurs relatives et sur le caractère équitable du rapport d'échange.

Il convient toutefois de noter que les observations formulées sur les valeurs
relatives, même si elles conduisent le commissaire à la fusion à retenir un
ri

intervalle modifié de valeurs relatives, n'impliquent pas nécessairement une


observation, et donc un désaccord, sur le caractère équitable du rapport
d’échange dont l’appréciation constitue l’objectif ultime de la mission du
py

commissaire à la fusion et sur lequel porte en conséquence sa conclusion (71).


Co

(71) Paragraphe .37 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION 95

La démarche du commissaire à la fusion peut être résumée par le schéma ci-


après :

ACCEPTATION DE LA MISSION

C
PRISE DE CONNAISSANCE GÉNÉRALE

NC
VÉRIFICATION DE LA PERTINENCE DES VALEURS RELATIVES (72)

APPRÉCIATION DU CARACTÈRE ÉQUITABLE DU CARACTÈRE D'ÉCHANGE

OBTENTION D'UNE LETTRE D'AFFIRMATION

tC
SYNTHÈSE, RÉDACTION DU RAPPORT

3.2.4 PRISE DE CONNAISSANCE GÉNÉRALE 107


gh
L’objectif de cette phase est identique à celui du commissaire aux apports (voir
ci-dessus point 2.2.4) ; il s’agit de compléter les informations obtenues lors des
entretiens préalables à l'acceptation de la mission.
ri

Cette phase comprend notamment :

– des entretiens avec les dirigeants de chaque société pour connaître les cir-
py

constances et objectifs de l'opération, notamment les motivations des par-


ties concernées (restructuration interne, association d'intérêts, rachat), les
synergies attendues et les attentes fiscales ; il est à remarquer que les
synergies peuvent conduire, soit à des diminutions d'éléments d'actif (avec
plus ou moins-values), soit à des augmentations de passif (indemnités de
Co

licenciement, par exemple) dont il convient de déterminer à qui incombent


les conséquences (73) ;

(72) Y compris examen des comptes prévisionnels.


(73) Il faut rappeler que cette compréhension du contexte économique a pour objectif d'apprécier
les conséquences possibles de cet environnement sur les évaluations envisagées et non de se
prononcer sur l'opportunité économique de l'opération.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


96 LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

– des entretiens avec les responsables des services ayant préparé l'opération
pour en préciser les modalités et obtenir le projet de fusion ;
– un examen du projet de fusion ;
– des procédures analytiques effectuées sur les derniers comptes annuels et

C
sur tout document comptable de synthèse jugé utile, afin de mieux
comprendre les entreprises ;

NC
– des contacts avec les commissaires aux comptes pour obtenir des informa-
tions complémentaires et, le cas échéant, leur rapport sur les comptes inter-
médiaires servant de base à l’opération ;
– des contacts avec le commissaire aux apports, notamment lorsque le rapport
d'échange est calculé sur la base des valeurs d'apport, pour s'assurer que

ration ;
tC
celui-ci est établi sur les mêmes bases dans les sociétés participant à l'opé-

– l’examen du rapport du conseil d’administration ou du directoire de chaque


société participant à l'opération qui explique et justifie le projet de manière
détaillée du point de vue juridique et économique, notamment en ce qui
gh
concerne :
• le rapport d'échange des actions et les méthodes d'évaluation qui doivent
être cohérentes pour les sociétés concernées,
• le cas échéant, les difficultés particulières d'évaluation.
ri

108 3.2.5 VÉRIFICATION DE LA PERTINENCE DES VALEURS RELATIVES


py

ATTRIBUÉES AUX ACTIONS DES SOCIÉTÉS


PARTICIPANT À L'OPÉRATION

Les notions ci-après sont illustrées par l'exemple de rapport figurant au § 3.3.5.
Co

A. Nature des travaux

Le commissaire à la fusion vérifie la pertinence des valeurs relatives et à cet


effet :
– s’assure que le principe de pluralité des critères et des méthodes a été res-
pecté. S'il le juge utile, il réintroduit un autre critère ou une autre méthode
dans son approche.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION 97

En principe, tous les critères et méthodes usuels qui peuvent être calculés ou 108 suite
mis en œuvre doivent être présentés.

Il veille toutefois à ce que ces critères et méthodes ne fassent pas double


emploi entre eux et à ce que leur nombre ne soit pas excessif ce qui peut

C
compliquer sans l'appréciation du rapport d'échange par les actionnaires ou
associés (74).

NC
– examine le caractère approprié des critères et méthodes retenus. Ainsi :

• le critère de l’actif net corrigé (hors écarts d’acquisition) est généralement


retenu pour comparer des sociétés holdings ou à vocation immobilière ;

• le critère du chiffre d’affaires, s’il traduit la part de marché respective des


tC
deux sociétés en rapprochement, ne fournit pas une vision complète de
leur valeur relative parce qu’il ignore leurs différences de rentabilité, d’in-
tensité capitalistique, et de structure financière ;

• le critère de rentabilité (excédent brut d’exploitation, résultat net, cours


gh
de bourse) ne prendra toute sa pertinence que s’il est mesuré sur l’exercice
en cours et, si possible, les deux exercices suivants, et non pas seulement
sur les exercices passés ;

• la méthode de l’actualisation des flux de trésorerie prévisionnels (discoun-


ted cash flow) n’est appropriée que si on dispose d’une visibilité suffisante
ri

sur les perspectives de résultats à moyen terme ;

• la méthode des comparables boursiers suppose de disposer d’un échan-


py

tillon de sociétés cotées dont l’activité est comparable.

– analyse les raisons ayant conduit les dirigeants à écarter certains critères et
méthodes. À noter que si un critère n’est pas pertinent (par exemple : le
cours de bourse d’une société ayant un flottant réduit et dont le nombre de
Co

titres échangés est faible), le commissaire à la fusion appréciera, en fonction


des situations rencontrées, s’il y a lieu, de l’écarter.

– s’assure de la correcte application ou mise en œuvre de ces critères et


méthodes.

(74) Paragraphe .20 de la norme sur le commissariat à la fusion.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


98 LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

108 suite S’agissant d’une approche par les critères, le commissaire à la fusion se repor-
tera pour ses contrôles aux développements du § 1.2.1.1 A.
S’agissant d’une approche par les valeurs, son attention se portera en particu-
lier sur les points suivants :

C
– pour la méthode d’actualisation des flux de trésorerie prévisionnels :
• les hypothèses retenues pour déterminer les flux de trésorerie doivent être

NC
cohérentes et constituer une base acceptable pour la détermination de ces
flux ;
• le flux de trésorerie retenu pour le calcul de la valeur terminale, à l’issue
de l’horizon de prévision, correspond à un flux normatif ;

tC
• les paramètres utilisés (coût moyen pondéré du capital et taux de crois-
sance à l’infini) ont été déterminés en prenant en compte les spécificités
de l’entreprise et de son marché ;
– pour les comparaisons boursières :
• l’échantillon de référence doit être constitué de sociétés dont les activités
gh
sont comparables ;
• les cours de ces sociétés ne sont pas affectés par des opérations particu-
lières (75).
L’approche par les valeurs ne peut pas être intégralement mise en œuvre dans
ri

toute opération. Dans les petites et moyennes entreprises, par exemple, l’ap-
proche par les critères sera souvent utilisée en l’absence, souvent constatée, de
py

données prévisionnelles.
Par ailleurs, dans cette démarche de calcul des valeurs relatives, les effets de
synergie ne doivent pas être pris en compte car ils ne peuvent être attribués ni
à l'apporteuse ni à la société bénéficiaire des apports.
Co

Leur attribution à l'une ou l'autre des sociétés en présence conduirait à fausser


le rapport d'échange.

(75) Paragraphe .21 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION 99

B. Utilisation des travaux des commissaires aux comptes

Dans le cadre de ses procédures de contrôle, le commissaire à la fusion peut


s'appuyer sur les travaux et les conclusions des commissaires aux comptes des
sociétés participant à l’opération.

C
C. Analyse de l’incidence des événements survenus jusqu’à la date
du rapport

NC
Le commissaire à la fusion analyse l'incidence éventuelle sur le calcul des
valeurs relatives, des événements survenus entre la date de leur détermination
et la date de son rapport.

D. Analyse de la sensibilité des valeurs relativestC


Le commissaire à la fusion analyse la sensibilité des valeurs relatives attribuées
aux actions, à la variation des hypothèses et paramètres utilisés lors de l’appli-
cation des critères et de la mise en œuvre des méthodes d'évaluation. Il déter-
gh
mine si cette analyse a une incidence sur la pertinence de l’intervalle de
valeurs relatives proposées dans le traité de fusion (76).

3.2.6 APPRÉCIATION DU CARACTÈRE ÉQUITABLE 109


ri

DU RAPPORT D'ÉCHANGE (77)

Les travaux à effectuer destinés à apprécier le caractère équitable du rapport


py

d'échange comprennent trois phases :

A. Identification des valeurs relatives les plus pertinentes et complètes

Le commissaire à la fusion identifie, parmi les critères et méthodes utilisés,


Co

ceux qui traduisent, de la manière la plus complète, les valeurs relatives des
entreprises en présence, notamment parce qu'ils tiennent compte, pour le pré-
sent et pour l'avenir, de leur rentabilité d'exploitation, de leur politique d'in-
vestissement, de leur structure financière et de leur niveau de risque (78).

(76) Paragraphe .24 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.


(77) Les notions ci-après sont illustrées par l'exemple de rapport figurant au § 3.3.5.
(78) Paragraphe .25 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


100 LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

109 suite Le commissaire à la fusion fait la synthèse des retraitements qu’il a jugé
nécessaire d’apporter aux valeurs relatives présentées dans le traité de fusion
et détermine, le cas échéant, les valeurs relatives qui résultent des critères et
méthodes qu’il a jugé opportun d’introduire. Il en résulte un intervalle de
valeurs relatives qui peut différer de celui présenté dans le traité de fusion.

C
B. Appréciation de l'importance relative donnée aux valeurs jugées

NC
pertinentes et complètes

Après avoir identifié les valeurs relatives les plus pertinentes, le commissaire à
la fusion doit être en mesure de comprendre et d’apprécier le positionnement
du rapport d’échange dans cet ensemble de valeurs relatives.

tC
Au préalable, il convient de préciser que ce positionnement ne saurait résulter
d’une simple moyenne ou pondération mathématique des valeurs relatives
obtenues par les différents critères et méthodes retenues (position de la COB
dans sa recommandation de 1977) (cf. § 1.2.1.2).
Dès lors, le commissaire à la fusion doit analyser l’origine des écarts constatés
gh
entre le rapport d’échange proposé et les différentes valeurs relatives
présentées. Par exemple :
– les écarts entre les valeurs relatives provenant de l’utilisation de différents
critères de performance peuvent provenir de différences de rentabilité, d’in-
ri

tensité capitalistique (79) ou de structure financière ;


– le caractère manifestement « excentré » de la valeur relative issue du cours de
py

bourse par rapport aux autres valeurs relatives et au rapport d’échange peut
s’expliquer par la non signification du cours eu égard à la faiblesse du flottant
ou des échanges. Ce type d’argument doit cependant être utilisé avec prudence.
Si les deux sociétés sont cotées, seuls des motifs sérieux peuvent conduire à
retenir un rapport d'échange sensiblement éloigné des cours de bourse ;
Co

– les valeurs relatives résultant de l'évaluation des sociétés en présence selon


des méthodes telles que le DCF ou les comparables, ont a priori, un degré de
pertinence plus élevé que les valeurs relatives résultant d'une approche tra-
ditionnelle par les critères. Dès lors, il est logique que le rapport d'échange
s'en rapproche ;

(79) L’intensité capitalistique correspond au rapport de l’actif immobilisé majoré du besoin en


fonds de roulement sur le chiffre d’affaires ou la production.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION 101

– le fait que le rapport d’échange ne prenne pas en compte la valeur relative 109 suite
calculée à partir du chiffre d’affaires peut provenir d’une différence de ren-
tabilité ou de structure financière entre les sociétés.

Dans le cadre de son analyse du positionnement du rapport d’échange au


regard des valeurs relatives, le commissaire à la fusion prend en compte cer-

C
taines spécificités de l'opération qui n'auraient pas été incluses dans le poids
relatif, telles que, par exemple :

NC
– la décision des dirigeants de la société absorbante d’accorder une prime de
contrôle aux actionnaires de la société absorbée, et le risque de dilution du
patrimoine des actionnaires de l'absorbante qui en résulte ;

– la liquidité plus ou moins grande des titres des sociétés participant à l’opération,
tC
provenant, par exemple, du fait que l'une est cotée et l'autre ne l'est pas (80).

Ainsi, la COB, dans le cas de la fusion-absorption de sociétés-holdings non


cotées par des sociétés cotées, souligne l'avantage que constitue pour les
actionnaires des holdings absorbées d'accéder à un titre coté ; dans ce cas il
convient selon elle de supprimer la décote théorique liée à la structure de hol-
gh
ding et à l’absence de liquidité liée à la non cotation des titres de la société
absorbée. Toutefois, dans le cas où l’actif de la société holding absorbée n’est
constitué que d’une participation dans la société cotée absorbante, le rapport
d'échange retenu ne tient pas compte de l'avantage qualitatif mentionné plus
ri

haut (81).

C. Examen de la situation des actionnaires avant et après


py

l'opération (82)

Le commissaire à la fusion examine si le rapport d'échange proposé n'entraîne


pas d'appauvrissement durable pour une catégorie d'actionnaires, en compa-
rant leur situation avant fusion, hors « synergie » à leur situation après fusion y
Co

compris « synergie ». Cette comparaison peut être faite à partir d’une évalua-
tion de la société absorbante avant et après fusion ou à l’aide d’un critère
approprié défini, appliqué aux périodes postérieures à la fusion (par exemple,
cash-flow disponible par action, …).

(80) Paragraphes .26, 27, 28 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.


(81) COB, rapport annuel 1994, page 203.
(82) Paragraphe .29 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


102 LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

Un rapport d'échange pourra être considéré comme équitable dès lors qu'il
n'entraîne d'appauvrissement pour aucune des catégories d'actionnaires.

110 3.2.7 DOCUMENTATION DES TRAVAUX

C
ET UTILISATION D'UNE LETTRE D'AFFIRMATION

Le commissaire à la fusion documente dans son dossier de travail les travaux

NC
accomplis et les conclusions auxquelles il aboutit sur la base de ces travaux (83).
La lettre d'affirmation est un document qui récapitule et complète, à la fin des
travaux, certaines déclarations importantes qui ont une incidence sur les pro-
jets de conclusions du commissaire à la fusion et qui lui ont été faites par les

tC
dirigeants ou le personnel de direction des entreprises, au cours de ses travaux.
La lettre d'affirmation constitue, pour le commissaire à la fusion, un procédé
complémentaire de confirmation de certains éléments.
Elle constitue un document justificatif dans les dossiers de travail des posi-
tions de la direction mais elle ne saurait se substituer aux procédures de
gh
contrôle qui doivent être mises en œuvre.
Sa non-utilisation doit être justifiée dans le dossier de travail du commissaire
à la fusion.
Un exemple possible de lettre d’affirmation figure parmi les supports opéra-
ri

tionnels.
Enfin, un compte-rendu de fin de mission est fréquemment demandé par les
py

tribunaux de commerce, selon des formats qui ne sont pas unifiés. Dans sa
réponse, le commissaire à la fusion veille à ne pas donner plus d’informations
qu’il ne le fait dans son rapport.
Co

111 3.2.8 PLURALITÉ DE COMMISSAIRES À LA FUSION

Lorsque plusieurs commissaires à la fusion ont été désignés, ils se concertent


afin d’organiser en commun leur mission, s’informent mutuellement de leurs
travaux et échangent leurs conclusions.

(83) Paragraphe .31 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION 103

Cette concertation porte notamment sur :


– la préparation du programme de travail ;
– la répartition des travaux ;
– l’information réciproque sur les travaux effectués et les conclusions à en tirer ;

C
– la constitution et le contenu des dossiers de travail ;
– le rapport à émettre.

NC
3.3 RAPPORT DU COMMISSAIRE À LA FUSION

A. Nature du rapport
tC
3.3.1 RAPPEL DES OBLIGATIONS 112
gh
Dans son rapport, le commissaire à la fusion :
– rappelle les critères et méthodes d’évaluation retenus pour déterminer les
valeurs relatives servant au choix du rapport d'échange proposé ;
– indique si ces critères et méthodes sont appropriés aux situations des socié-
ri

tés et rend compte, le cas échéant, des critères ou méthodes complémen-


taires qu’il a jugé utile d’introduire ;
– signale le cas échéant les difficultés particulières d'évaluation et mentionne
py

leur incidence sur les valeurs relatives présentées ;


– formule les observations qu’il estime nécessaires affectant la pertinence des
valeurs relatives ;
Co

– exprime son avis sur le caractère équitable du rapport d'échange proposé


(84), en tenant compte, s’il y a lieu, des observations formulées sur la perti-
nence des valeurs relatives (85).

(84) ou, en cas de scission, sur le caractère équitable de la rémunération proposée pour les diffé-
rents apports.
(85) Paragraphe .38 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


104 LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

B. communication et publicité du rapport

Selon l'article D. 258-2°, le rapport du commissaire à la fusion est mis à la dis-


position des actionnaires ou associés de chaque société participant à une opé-
ration de fusion, au siège social, un mois au moins avant la date de l'assem-

C
blée générale appelée à se prononcer sur l'opération.

La loi n'a pas prévu, contrairement au rapport du commissaire aux apports, de

NC
dépôt au greffe du tribunal de commerce puisqu’il s’agit en fait d’un accord
sur la rémunération entre les actionnaires ou les associés des sociétés partici-
pant à l’opération.

C. Pluralité de commissaires à la fusion

signent un rapport commun.


tC
Lorsque plusieurs commissaires à la fusion ont été désignés, ils établissent et

En cas de désaccord entre les commissaires, il est établi un seul rapport qui
indique les différents avis exprimés, en les attribuant à chacun d'eux (86).
gh
D. Mission commune avec celle de commissaire aux apports

Le commissaire à la fusion établit un rapport distinct de celui qu'il dépose au


ri

titre de sa mission de commissaire aux apports (87) ; le rapport du commis-


saire aux apports a un caractère public et est déposé au greffe du tribunal de
commerce.
py

113 3.3.2 STRUCTURE DU RAPPORT


Co

La structure et le contenu du rapport sont précisés dans les développements de


la norme (88), étant rappelé que si la structure et les modèles de conclusion
sont normatifs, le contenu, et en particulier les parties relatives à la vérifica-
tion de la pertinence des valeurs relatives et à l’appréciation du caractère
équitable du rapport d’échange, ne le sont pas, de manière à laisser la sou-

(86) Paragraphe .35 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.


(87) Paragraphe .34 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.
(88) Paragraphe .38 de la norme 7-102. sur le commissariat à la fusion.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION 105

plesse nécessaire au commissaire à la fusion pour tenir compte des spécificités


propres à chaque cas d’espèce.

3.3.3 MODÈLES DE CONCLUSION 114

C
NC
Le commissaire à la fusion formule sa conclusion sur le caractère équitable du
rapport d'échange, conformément aux modèles annexés ci-après, en fonction
des différentes circonstances suivantes :

a)`Lorsque le commissaire à la fusion estime que le rapport d’échange

tC
présente un caractère équitable, il formule une conclusion favorable
selon le modèle M1. (M1 bis en cas d'apport partiel d'actif).

M1 – Conclusion favorable (en cas de fusion)



gh
En conclusion de nos travaux, nous sommes d’avis que le rapport
d'échange de y actions Y (société absorbante) pour x actions X (société
absorbée) est équitable.
Lieu, date et signature
ri
py

M1 bis – Conclusion favorable (en cas d'apport partiel d'actif placé


sous le régime des scissions)

En conclusion de nos travaux, nous sommes d’avis que la rémunération
Co

proposée pour l'apport conduisant à émettre y actions Y (société bénéfi-


ciaire des apports) est équitable.
Lieu, date et signature

b) Lorsque le commissaire à la fusion estime que le rapport d'échange ne


présente pas un caractère équitable, il émet une conclusion défavo-
rable selon le modèle M2.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


106 LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

M2 – Conclusion défavorable (avec observation(s) remettant en cause


le caractère équitable)

C
En conclusion de nos travaux, et compte tenu des observations qui précé-
dent, nous sommes d’avis que le rapport d'échange de y actions Y (société
absorbante) pour x actions X (société absorbée) n'est pas équitable.

NC
Lieu, date et signature

c) Lorsque le commissaire à la fusion est confronté à une limitation à


l'étendue de ses travaux, ou à une incertitude dont la résolution

tC
dépend d'événements futurs, pouvant avoir une incidence significa-
tive sur le rapport d'échange, il exprime une impossibilité de conclure
que le rapport d'échange est équitable. Il utilise dans ce cas le modèle
de conclusion défavorable .M3.
gh
M3 – Conclusion défavorable (limitation ou incertitudes)

Sur la base de nos travaux, et compte tenu des observations qui précédent,
nous ne sommes pas en mesure de conclure sur le caractère équitable du
ri

rapport d'échange de y actions Y (société absorbante) pour x actions X


(société absorbée).
Lieu, date et signature
py

115 3.3.4 STRUCTURE TYPE DE RAPPORT


Co

La norme 7-102 comporte un exemple de rapport. Les mentions en caractères


italiques sont données à titre indicatif ; l’introduction, la structure et les
conclusions sont normatives.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION 107

Rapport du commissaire à la fusion sur la rémunération des apports (89) 115 suite
En exécution de la mission qui nous a été confiée par ordonnance de
Monsieur le Président du tribunal de Commerce de … en date du … concer-
nant la fusion par voie d'absorption de la société X par la société Y, nous

C
avons établi le présent rapport sur la rémunération des apports prévu par
l'article L. 236-10 du code de commerce, étant précisé que notre apprécia-

NC
tion sur la valeur des apports fait l'objet d'un rapport distinct.
La rémunération des apports résulte du rapport d'échange qui a été arrêté
dans le projet de traité de fusion signé par les représentants des sociétés
concernées en date du … Il nous appartient d'exprimer un avis sur le carac-
tère équitable du rapport d'échange. A cet effet, nous avons effectué nos

tC
diligences selon les normes de la Compagnie nationale des commissaires
aux comptes applicables à cette mission ; ces normes requièrent la mise en
œuvre de diligences destinées, d’une part, à vérifier que les valeurs relatives
attribuées aux actions des sociétés participant à l’opération sont perti-
nentes et, d’autre part, à analyser le positionnement du rapport d’échange
gh
par rapport aux valeurs relatives jugées pertinentes.
1. Présentation de l’opération
La présentation de l'opération est effectuée :
• soit de façon synthétique, par renvoi au traité de fusion et/ou au rapport
ri

du conseil d'administration,
• soit de façon plus détaillée, par référence aux éléments donnés à titre indi-
py

catif au paragraphe 38- de la présente norme.


2. Vérification de la pertinence des valeurs relatives attribuées aux
actions des sociétés participant à l'opération.
Dans cette partie, le commissaire à la fusion :
Co

• récapitule les valeurs relatives attribuées aux actions des sociétés partici-
pant à l'opération, telles qu'elles ressortent du traité de fusion, et rappelle
les principales modalités de calcul de ces valeurs ;

(89) Il convient d’adapter le vocabulaire de ces paragraphes et la référence aux textes en fonction
de la forme juridique des entités et de l’opération concernées.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


108 LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

115 suite • précise les travaux effectués pour vérifier la pertinence des valeurs rela-
tives :
– examen des critères et méthodes présentés dans le traité de fusion afin
de s’assurer de leur caractère adéquat en l'espèce ;

C
– examen de l’application ou de la mise en œuvre de ces critères et
méthodes pour la détermination des valeurs relatives présentées dans le

NC
traité de fusion ;

• met en évidence les points utiles à une bonne information des actionnaires
concernant les critères et méthodes retenus, ainsi que leurs modalités

tC
d’application et de mise en œuvre.
• formule, le cas échéant, les observations qu’il estime nécessaires, affectant
la pertinence des valeurs relatives.
3. Appréciation du caractère équitable du rapport d'échange proposé
gh
Dans cette partie, le commissaire à la fusion :
• rappelle le rapport d’échange proposé ;
• précise, compte tenu des observations éventuelles formulées précédem-
ment sur les valeurs relatives, les données à partir desquelles il est conduit
ri

à apprécier le rapport d’échange proposé ;


• décrit les travaux effectués pour vérifier le caractère équitable du rapport
d'échange :
py

– analyse du positionnement du rapport d'échange par rapport aux


valeurs relatives jugées pertinentes ;
– mesure de l'incidence du rapport d'échange sur la situation future des
Co

différentes catégories d'actionnaires ;



• formule, le cas échéant, les observations qu’il estime nécessaires, affectant
le caractère équitable du rapport d’échange.
Le commissaire à la fusion conclut conformément aux modèles de conclu-
sion annexés ci-après.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION 109

3.3.5 EXEMPLE INDICATIF DE RÉDACTION DE RAPPORT 115 suite

RAPPORT DU COMMISSAIRE A LA FUSION


SUR LA RÉMUNÉRATION DES APPORTS
EFFECTUÉS PAR LA SOCIÉTÉ KLM

C
A LA SOCIÉTÉ RST
En exécution de la mission qui nous a été confiée par ordonnance de

NC
Monsieur le Président du tribunal de Commerce de Lille en date du 12 mars
2002, concernant la fusion par voie d'absorption de la société KLM par la
société RST, nous avons établi le présent rapport sur la rémunération des
apports prévu par l'article L. 236-10 du Code de Commerce, étant précisé

distinct. tC
que notre appréciation sur la valeur des apports fait l'objet d'un rapport

La rémunération des apports résulte du rapport d'échange qui a été arrêté


dans le traité de fusion signé par les représentants des sociétés concernées
en date du 15 avril 2002. Il nous appartient d'exprimer un avis sur le carac-
gh
tère équitable du rapport d'échange. A cet effet, nous avons effectué nos
diligences selon les normes de la Compagnie nationale des commissaires
aux comptes applicables à cette mission ; ces normes requièrent la mise en
œuvre de diligences destinées, d’une part, à vérifier que les valeurs relatives
attribuées aux actions des sociétés participant à l’opération sont perti-
ri

nentes et, d’autre part, à analyser le positionnement du rapport d’échange


par rapport aux valeurs relatives jugées pertinentes.
py

1. PRESENTATION DE L'OPÉRATION
1.1 Sociétés concernées
La société RST est une société anonyme au capital de 152 450 € composé
de 10 000 actions de 15,25 € entièrement libérées. Son objet social porte
Co

essentiellement sur la prise de participations dans des sociétés de toute


nature et dans la fabrication et la commercialisation d'appareils électromé-
nagers.
La société KLM est une société anonyme au capital de 91 470 € composé
de 6 000 actions de 15,25 € entièrement libérées. Son objet social porte
essentiellement sur la fabrication et la commercialisation d'appareils élec-
troménagers.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


110 LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

115 suite Ces deux sociétés sont cotées sur le second marché de la Bourse de Paris.
1.2 Objectifs de l’opération
La société RST détient 40 % de la société KLM qui est son principal fournis-
seur de matériel électrique. La fusion s'inscrit dans une politique de

C
restructuration dont l'objectif est l'optimisation des moyens techniques et
la compression des frais généraux.

NC
1.3 Modalités juridiques et fiscales
La fusion, dont la réalisation définitive interviendra le jour des assemblées
générales extraordinaires appelées à en approuver les modalités, prendra
effet le 1er janvier 2002.
Dès lors :
tC
– KLM apportera à la société RST l'ensemble des éléments actifs et passifs
tels qu'ils apparaissent à son bilan au titre de l'exercice clos le 31
décembre 2001 ;
gh
– toutes les opérations actives et passives réalisées par KLM, au cours de la
période intercalaire allant du 1er janvier 2000 à la date de réalisation
définitive de la fusion, seront reprises dans les livres de RST.
En matière d'impôts sur les sociétés, l'opération est soumise au régime de
faveur résultant de l'article 210A du Code Général des Impôts. Concernant
ri

les droits d'enregistrement, elle relève du régime de droit commun prévu à


l'article 816 du Code Général des Impôts.
py

1.4 Rémunération des apports et augmentation de capital


En contrepartie de l'apport évalué à 413 225 € il sera attribué une action
de la société RST pour trois actions de la société KLM, soit un rapport
d'échange de 0,33.
Co

Compte tenu de sa participation dans le capital de KLM, la société RST pro-


cédera à la création de 1 200 actions de 15,25 € soit une augmentation de
capital de 18 300 €, déterminée de la façon suivante :
Nombre d'actions de KLM 6 000
Participation de RST (40 %) (2 400)
Nombre d'actions donnant lieu à rémunération 3 600

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION 111

Conformément au rapport d'échange indiqué ci-dessus, le nombre d'actions 115 suite


à créer est de :
3 600/3 = 1 200
En outre, elle constatera une prime de fusion d'un montant de € 321 755,

C
déterminée de la façon suivante :
en euros

NC
Valeur des apports 413 225
Valeur nominale des actions créées (1 200 x 15,25) (18 300)
Valeur d'inventaire des actions détenues par RST (73 175)
Prime de fusion
tC 321 750
2.VÉRIFICATION DE LA PERTINENCE DES VALEURS RELATIVES ATTRI-
BUÉES AUX ACTIONS DES SOCIÉTÉS PARTICIPANT À L'OPÉRATION
Les valeurs relatives utilisées pour la détermination du rapport d'échange
gh
ont été les suivantes :
Critères et méthodes Rapport par action KLM/RST
CA par action
2000 0,25
ri

2001 0,30
2002 0,33
Actif net réévalué 0,1
py

Cours de bourse 0,6


Sur ces bases, le rapport d'échange a été fixé à 0,33, soit 3 actions KLM
pour 1 action RST.
Co

Nos diligences ont principalement consisté à :


– analyser la pertinence des critères retenus pour la détermination des
valeurs relatives et rechercher d'autres critères envisageables ;
– mettre en œuvre la méthode d'actualisation des flux de trésorerie prévi-
sionnels, pour les deux sociétés ;
– examiner les travaux des commissaires aux comptes sur les comptes au
31 décembre 2001 des deux sociétés.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


112 LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

115 suite – analyser la valeur d'expertise des outils de production des deux sociétés.
Ces diligences nous conduisent à faire état des points suivants :
– les méthodes analogiques ont été écartées à juste raison, dans la mesure
où il n'a pas été possible d'identifier des sociétés ou des transactions

C
réellement comparables ;
– les valeurs résultant de la mise en œuvre d'un actif net réévalué ne nous

NC
apparaissent pas pertinentes dans la mesure où la société KLM loue sous
forme de crédit-bail la totalité de son outil de production, contrairement
à RST qui le détient en propre. Nous les avons donc retraitées en activant
les biens utilisés en crédit-bail chez KLM et en leur appliquant la même
méthode d'amortissement que chez RST.
tC
L'intervalle des valeurs relatives jugées pertinentes à l'issue de nos travaux
est synthétisé dans le tableau ci-après :
Critères et méthodes Rapport par action KLM/RST
CA par action 0,25 à 0,33
gh
Actualisation des flux 0,32
de trésorerie prévisionnels
Actif net réévalué 0,35
Cours de bourse 0,6
ri

3. APPRÉCIATION DU CARACTÈRE ÉQUITABLE DU RAPPORT D'ÉCHANGE


py

3.1. Analyse du positionnement du rapport d’échange


Nous constatons que le rapport d'échange de 0,33 est proche de l'ensemble
des valeurs relatives obtenues, excepté celle résultant du rapport des cours
de bourse.
Co

Nous estimons que le caractère équitable du rapport d'échange n'est pas


remis en cause par le positionnement excentré de la valeur relative obtenue
selon le critère du cours de bourse. En effet, l’importance relative à donner
à ce critère est, selon nous, très réduite, dans la mesure où les volumes
d’échange des titres KLM et RST sont très limités et conduisent pour les
deux sociétés à une rotation du capital inférieure à 0,1 % sur les six der-
niers mois.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION 113

3.2. Mesure de l’impact de l’opération sur le patrimoine de chaque 115 suite


catégorie d’actionnaire
Cette diligence a été accomplie en comparant la quote-part qui devrait
revenir à chaque catégorie d’actionnaires (KLM, d’une part, et RST, d’autre

C
part) dans la valeur du nouvel ensemble après fusion, et la valeur de
chaque société prise séparément avant fusion. Ces différentes valeurs ont

NC
été déterminées selon la méthode du DCF.
S’agissant d’évaluer le nouvel ensemble après la fusion, nous avons tenu
compte des synergies attendues par les dirigeants, à savoir :
– une amélioration des conditions de négociation auprès des fournisseurs,
résultant de l'augmentation des volumes d'achats sur les produits communs
aux deux entités ; tC
– une rationalisation de la logistique et une réduction des coûts liés au
transport, au stockage et à la manutention en raison d'une typologie des
produits relativement proche ;
gh
– des économies d'échelle potentielles sur les coûts administratifs du nou-
veau groupe.
Nos travaux montrent que même si l'on retient la fourchette basse des
synergies décrites ci-avant, telles qu’évaluées par les dirigeants du nouveau
ri

groupe, la fusion projetée devrait permettre aux actionnaires de KLM


comme à ceux de RST d'obtenir un effet bénéfique sur la valeur de leur
patrimoine.
py

3.3 Conclusion
En conclusion de nos travaux, nous sommes d’avis que le rapport d’échange
de 1 action RST pour 3 actions KLM est équitable.
Co

Marseille, le 16 mai 2002


Les commissaires à la fusion

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


Co
py
righ
tC
NC
C
Co
py
righ
ANNEXES
tC
NC
C
Co
py
righ
tC
NC
C
117

SOMMAIRE DES ANNEXES

ANNEXE 1 : Norme 7-101 : « Commissariat aux apports » – Normes

C
professionnelles et code de déontologie CNCC - déc. 2000 118

NC
ANNEXE 2 : Norme 7-102 : « Commissariat à la fusion » - Normes
professionnelles et code de déontologie CNCC - déc. 2000 138

ANNEXE 3 : Rappel des textes concernant le commissariat aux apports


tC
et le commissariat à la fusion

ANNEXE 4 : Supports opérationnels du commissaire aux apports et à


153

la fusion 163
ri gh
py
Co

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


118 ANNEXES

ANNEXE 1 :
NORME 7-101 : COMMISSARIAT AUX APPORTS
NORME DE TRAVAIL
En application des articles du Code de commerce L. 225-8, L. 225-14 et

C
L. 223-9 relatifs à la constitution des sociétés par actions et des sociétés
à responsabilité limitée, des articles L. 225-147 et L. 223-33 applicables

NC
en cas d’augmentation de leur capital, des articles L. 236-10, L. 236-16 et
L. 236-24 concernant les cas de fusion, scission et apport partiel d’actif,
de l’article D. 64-1 afférent aux cas d’apport en nature et D. 260 affé-
rent aux fusions et aux opérations assimilées, le commissaire aux apports
apprécie :

tC
• la valeur des apports ; il s’assure que celle-ci n’est pas surévaluée et vérifie
qu’elle correspond au moins à la valeur au nominal des actions ou parts
à émettre, augmentée éventuellement de la prime d’émission, de fusion
ou de scission selon le cas ;
gh
• les avantages particuliers qui peuvent être stipulés lors de telles opéra-
tions.
Pour apprécier la valeur des apports, le commissaire aux apports contrôle
les apports pris individuellement et, dans le cas d’une fusion ou de l’ap-
port d’une branche d’activité, procède également à une approche directe
ri

de la valeur des apports considérés dans leur ensemble.

NORME DE RAPPORT
py

En application de l’article D. 64-1, le commissaire aux apports établit un


rapport dans lequel il décrit notamment chacun des apports, indique le
mode d’évaluation adopté et les raisons pour lesquelles il a été retenu.
La conclusion du commissaire aux apports contient :
Co

• son appréciation au regard de la non surévaluation des apports et, en


fonction de celle-ci, l’affirmation que l’actif net apporté est au moins
égal à la valeur au nominal des actions ou parts à émettre, augmentée
éventuellement de la prime d’émission, de fusion ou de scission, selon le
cas ;
• son appréciation, le cas échéant, sur les avantages particuliers sti-
pulés.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 119
COMMISSARIAT AUX APPORTS

Modalités d’application

Champ d’application

.01. - La présente norme porte sur l’intervention d’un commissaire

C
chargé de la vérification des apports dans les circonstances suivantes :
• constitution de société par actions et de société à responsabilité limitée

NC
en cas d’apports en nature comme en cas de stipulation d’avantages par-
ticuliers ;
• augmentation de capital des sociétés par actions et des sociétés à
responsabilité limitée réalisée, soit en totalité, soit en partie, par des
apports en nature ;

tC
• fusion et scission de sociétés par actions et à responsabilité limitée et
apport partiel d’actif à ces sociétés placé dans le cadre des dispositions
applicables en cas de scission.
.02 - Le commissaire aux apports est choisi parmi les commissaires aux
comptes inscrits sur la liste prévue à l’article L. 225-219 du Code de com-
gh
merce, ou parmi les experts inscrits sur une des listes établies par les cours
et tribunaux.
Dans les opérations de fusion ou de scission, le commissaire à la fusion
désigné assure également la mission de vérification des apports dans les
conditions prévues par la présente norme. (*)
ri

Désignation du commissaire aux apports et acceptation de la mission


py

.03 - La désignation du commissaire aux apports intervient par déci-


sion de justice à la demande du ou des fondateurs ou dirigeants des sociétés
bénéficiaires des apports, sociétés à responsabilité limitée ou sociétés par
actions.
Par exception, dans le cas de constitution d’une société à responsabilité
Co

limitée avec apports en nature, le commissaire aux apports peut être dési-
gné à l’unanimité des futurs associés.
.04 - Le commissaire aux apports apprécie, préalablement à l’accepta-
tion de la mission proposée, la possibilité de l’effectuer.

(*) Pour des raisons pratiques, le titre de « commissaire aux apports » est utilisé dans l’en-
semble des développements qui suivent.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


120 ANNEXES
COMMISSARIAT AUX APPORTS

.05 - Il s’assure à cet effet, qu’il respecte les principes fondamentaux


de comportement et les règles générales du Code de déontologie, notam-
ment en matière :
• d’indépendance : le commissaire aux apports se doit d’être et de paraître
indépendant. Il doit non seulement conserver une attitude d’esprit lui

C
permettant d’effectuer sa mission avec intégrité et objectivité, mais
aussi éviter toute situation qui, par son apparence, pourrait conduire les
tiers à remettre en cause son indépendance.

NC
Dans le cas où le commissaire aux apports est pressenti pour être désigné
en qualité de commissaire aux comptes de la société bénéficiaire des
apports, postérieurement à l’exercice de la mission de commissaire aux
apports, il apprécie dans quelle mesure la réalisation successive des deux
missions pourrait affecter son objectivité.

tC
Dans le cas où le commissaire aux apports appartient à un réseau, tel que
le définissent les textes d’application du Code de déontologie, il apprécie
dans quelle mesure l’exercice de certaines activités ou prestations, auprès
d’entités concernées directement ou indirectement par l’opération d’ap-
port, par une personne physique ou morale appartenant au même réseau,
pourrait affecter son indépendance.
gh
Par ailleurs, conformément aux articles L. 225-8 et L. 225-12 relatifs à la
constitution des sociétés par actions, le commissaire aux apports est sou-
mis aux incompatibilités prévues à l’article L. 225-224.
La mission de commissaire aux apports ne peut donc être acceptée par une
ri

personne qui exerce déjà une autre mission dans les sociétés concernées.
• de compétence : le commissaire aux apports possède une compétence
appropriée à la nature et à la complexité de la mission qu’il accepte.
py

Conformément aux dispositions prévues par l’article D. 64, il peut se


faire assister, dans l’accomplissement de sa mission, par un ou plusieurs
experts de son choix ;
• de secret professionnel.
Co

A cet égard, il convient de rappeler que, dans le cadre de l’opération consi-


dérée, le secret professionnel est partagé entre les commissaires aux
comptes des sociétés concernées et le commissaire aux apports (1).
.06 - Le commissaire aux apports prend contact avec les dirigeants des
sociétés concernées afin de recueillir des informations générales sur ces
sociétés, de prendre connaissance des objectifs de l’opération et de ses
modalités.

(1) Cf. textes d’application du Code de déontologie.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 121
COMMISSARIAT AUX APPORTS

Le commissaire aux apports s’assure, par ailleurs, que les délais qui lui sont
impartis pour l’exécution de sa mission, compte tenu du calendrier des
opérations, sont compatibles avec une correcte réalisation de celle-ci.
.07 - Lorsque le commissaire aux apports estime pouvoir accomplir la
mission qui lui a été confiée, il précise la nature, les objectifs et les condi-

C
tions de réalisation de sa mission dans une lettre adressée aux fondateurs
ou dirigeants de la société bénéficiaire des apports (ou futurs associés dans
le cas particulier visé au deuxième alinéa du paragraphe .03-).

NC
Dans le cas où le commissaire aux apports estime au contraire être dans
l’impossibilité d’exécuter la mission, il en avise par écrit le Président du tri-
bunal de commerce qui l’a désigné et en informe les fondateurs ou diri-
geants de la société bénéficiaire des apports (ou futurs associés dans le cas
particulier visé au deuxième alinéa du paragraphe .03-).

Nature de la mission tC
.08 - La mission dévolue au commissaire aux apports s’inscrit parmi les
« autres interventions définies » par le cadre conceptuel (1) ayant pour
objet « l’appréciation d’une valeur, ..., par référence à des critères identifiés
gh
et au regard d’objectifs définis », et en conséquence ne relève pas d’une
mission d’audit ou d’une mission d’examen limité.
.09 - La mission du commissaire aux apports est ponctuelle et prend
fin avec le dépôt de son rapport. Il n’appartient donc pas au commissaire
aux apports d’assurer un suivi des événements postérieurs survenus éven-
tuellement entre la date de son rapport et la date de l’assemblée générale
ri

extraordinaire appelée à se prononcer sur l’opération d’apport ou de fusion.

Définitions
py

.10 - La valeur des apports au sens de l’article L. 225-147 s’entend de


la somme des valeurs individuelles des apports proposées dans le traité
d’apport et correspond, en cas de fusion ou d’apport d’une branche d’acti-
vité, à la notion d’actif net apporté. La valeur des apports ainsi définie ne
Co

correspond pas nécessairement à la valeur réelle des apports pris dans leur
ensemble ; tel est généralement le cas lorsque les apports sont effectués à
leur valeur nette comptable.

Objectif de la mission
.11 - La mission du commissaire aux apports a pour objectif final d’ap-
précier que la valeur des apports n’est pas surévaluée.

(1) Cf. « Cadre conceptuel des interventions du commissaire aux comptes ».

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


122 ANNEXES
COMMISSARIAT AUX APPORTS

Hormis les opérations dites de fusion simplifiée, visées par les articles
L. 236-11 et L. 236-23, qui ne donnent pas lieu à augmentation de capital,
cette mission doit permettre au commissaire aux apports de conclure que
la valeur des apports :
• en cas d’apports en nature, correspond au moins à la valeur au nominal

C
des actions (ou parts) à émettre, augmentée de la prime d’émission ;
• en cas de fusion, est au moins égale au montant de l’augmentation du

NC
capital de la société absorbante (ou au montant du capital de la société
issue de la fusion) augmenté de la prime de fusion.
.12 - Pour répondre à l’objectif de sa mission, le commissaire aux
apports met en œuvre les diligences qu’il estime nécessaires lui permettant :
• de contrôler la réalité des apports et d’apprécier l’incidence éventuelle
tC
d’éléments susceptibles d’en affecter la propriété ;
• de contrôler l’exhaustivité des passifs transmis à la société absorbée ou
bénéficiaire des apports ;
• d’apprécier la pertinence des méthodes retenues pour déterminer la
valeur individuelle des apports ;
gh
• d’apprécier l’incidence, sur la valeur individuelle des apports, des événe-
ments intervenus entre la date de prise d’effet de l’opération et la date
de son rapport ;
• de s’assurer que la valeur réelle des apports, pris dans leur ensemble, est
ri

au moins égale à la valeur des apports proposée dans le traité d’apport.

Prise de connaissance générale


py

.13 - La réalisation de la mission du commissaire aux apports implique


une prise de connaissance générale lui permettant de comprendre l’opéra-
tion envisagée ainsi que le contexte économique et juridique dans lequel
elle se situe. Dans ce cadre, le commissaire aux apports obtient notamment
le projet de traité d’apport ou de fusion, le rapport des organes sociaux, le
Co

calendrier juridique des opérations et les documents comptables et finan-


ciers.
.14 - A cet effet, le commissaire aux apports prend contact avec les
dirigeants sociaux, les responsables concernés, les conseils ayant participé
à la préparation de l’opération.
.15 - Des contacts directs et réciproques sont établis, dès cette phase,
entre le commissaire aux apports et les commissaires aux comptes des
entités concernées.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 123
COMMISSARIAT AUX APPORTS

Contrôle des apports


.16 - Les contrôles effectués par le commissaire aux apports portent
sur les apports pris individuellement, d’une part, et sur la valeur de ces
apports pris dans leur ensemble, d’autre part.

C
Contrôle des apports pris individuellement

• Réalité et exhaustivité des apports

NC
.17 - Le commissaire aux apports s’assure de l’existence des apports. Il
vérifie également que l’apporteur est en droit de transmettre la propriété
des biens dont l’apport est envisagé.
.18 - Dans le cadre d’une fusion ou de l’apport d’une branche complète
d’activité, et contrairement aux apports de biens isolés précisément identi-
tC
fiés et définis, le commissaire aux apports examine notamment s’il n’existe
pas d’éléments significatifs non comptabilisés dans les comptes de la
société absorbée ou apporteuse, conformément aux principes comptables,
et non mentionnés dans le traité d’apport, mais qui seraient néanmoins,
par l’effet juridique de l’opération, transmis à la société absorbante ou
bénéficiaire des apports.
gh
.19 - Le commissaire aux apports s’assure ainsi qu’il a été tenu compte :
• des engagements en matière de pensions, retraites et avantages simi-
laires, éventuellement non compris dans les apports ;
• des impositions différées passives transférées à la société bénéficiaire
ri

des apports résultant :


– soit de différences temporaires entre les bases comptables et fiscales
dans les comptes de la société absorbée ou apporteuse,
py

– soit des conséquences du régime fiscal applicable à l’opération de


fusion ou d’apport.
S’agissant de la prise en compte de la fiscalité latente dans la société
absorbée ou apporteuse, préexistante à l’opération de fusion ou d’apport,
Co

ou résultant de cette dernière, le commissaire aux apports prend en consi-


dération un élément supplémentaire d’appréciation lié au caractère aléa-
toire de la survenance, postérieurement à l’opération, du fait générateur de
l’imposition.

• Analyse des valeurs individuelles proposées dans le traité


.20 - Lorsqu’un bilan sert de base à l’opération et a été contrôlé par les
commissaires aux comptes de la société absorbée ou apporteuse, en parti-
culier dans le cas où les apports sont effectués à leur valeur comptable, le

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


124 ANNEXES
COMMISSARIAT AUX APPORTS

commissaire aux apports utilise les travaux de contrôle qu’ils ont effectués
et qui servent les objectifs de sa mission, dans le respect des conditions
d’utilisation des travaux effectués par d’autres personnes.
.21 - Lorsque les comptes de la société absorbée ou apporteuse sont
consolidés par la société absorbante ou bénéficiaire des apports, la valeur

C
attribuée aux éléments apportés dans les comptes consolidés constitue une
référence utile au commissaire aux apports pour sa vérification des valeurs
proposées dans le traité, notamment lorsque l’apport porte sur des titres.

NC
.22 - Dans le cas où les apports font l’objet de réestimations par rapport à
leur valeur comptable telle qu’elle ressort du bilan servant de base à l’opéra-
tion, le commissaire aux apports vérifie que les méthodes d’évaluation rete-
nues sont pertinentes et que la confrontation des résultats des méthodes rete-
nues avec celles qui ont été écartées ne remet pas en cause les valeurs

tC
obtenues. Le commissaire aux apports peut se faire assister par un expert de
son choix, conformément à l’article D. 64.
.23 - L’évaluation de certains éléments apportés, compte tenu de leur
nature, justifie une attention toute particulière de la part du commissaire
aux apports.
gh
Il en est ainsi notamment :
• des éléments dissociables et réalisables séparément, en particulier des
biens hors exploitation ;
• des éléments incorporels pour lesquels sont généralement prises en
compte plusieurs méthodes d’évaluation fondées sur des éléments histo-
ri

riques ou prévisionnels, impliquant par ailleurs un jugement subjectif ;


• des éléments non comptabilisés au passif de la société absorbée ou
apporteuse mais qui seraient transmis à la société bénéficiaire des
py

apports, tels que ceux énumérés au paragraphe .19- ci-dessus.


• Période de rétroactivité
.24 - Dans le cas d’une opération avec effet rétroactif, le commissaire
aux apports examine si, durant la période de rétroactivité (1), les activités
Co

apportées n’ont pas généré de pertes susceptibles d’affecter la valeur des


apports à la date de réalisation définitive de l’opération. Il s’assure, le cas
échéant, que les conséquences d’une telle situation ont été correctement
appréhendées dans le traité d’apport qui lui a été communiqué.
.25 - Le commissaire aux apports s’assure également, jusqu’à la date
de son rapport, que d’autres faits ou événements susceptibles de minorer

(1) La période de rétroactivité s’entend de la période comprise entre la date d’effet de l’opé-
ration et la date de sa réalisation définitive.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 125
COMMISSARIAT AUX APPORTS

la valeur de certains biens apportés et d’affecter ainsi de façon significa-


tive la consistance des apports, et/ou de nature à remettre en cause la
valeur des apports, ne sont pas intervenus. A cet effet, il met en œuvre des
diligences appropriées, du type de celles prévues par la norme 2-430. relative
aux événements postérieurs.

C
.26 - Le commissaire aux apports utilise, le cas échéant, l’état
comptable prévu à l’article D. 258 - 4°/ lorsqu’il est établi à une date
proche de la date des assemblées générales appelées à statuer sur l’opéra-

NC
tion envisagée ou, si ce n’est pas le cas, des comptes intermédiaires établis
à la date la plus proche possible de ces assemblées.
Le commissaire aux apports peut procéder à toutes vérifications qu’il juge
utiles portant sur l’état comptable prévu à l’article D. 258 - 4°/ ou sur les
comptes intermédiaires établis.

tC
Le commissaire aux apports peut également s’appuyer sur un rapport
d’examen limité établi par le commissaire aux comptes de la société absor-
bée ou apporteuse.
En l’absence du rapport du commissaire aux comptes visé à l’alinéa précé-
dent, le commissaire aux apports procède à toutes vérifications qu’il juge
gh
appropriées et peut utiliser les travaux effectués par d’autres intervenants.

Approche directe de la valeur des apports


.27 - Dans le cas d’une fusion ou de l’apport d’une branche d’activité,
le commissaire aux apports apprécie également la valeur des apports selon
ri

une démarche en règle générale distincte de celle qu’il a retenue pour exa-
miner les valeurs individuelles. Cette démarche qui ne se confond généra-
lement pas avec une simple sommation des évaluations individuelles que le
commissaire aux apports estime acceptables, relève des techniques d’éva-
py

luation d’entreprise et conduit le commissaire aux apports à approcher la


valeur réelle des apports pris dans leur ensemble par référence à différents
critères, tels que :
• leur valeur boursière, si, en cas de fusion (ou d’apport de titres), la société
Co

absorbée (ou la société dont les titres sont apportés) est cotée ;
• leur valeur de rentabilité, (capitalisation d’un résultat normatif, actuali-
sation de flux de trésorerie prévisionnels, ....) ;
• leur valeur patrimoniale (actif net corrigé, ...) ;
• leurs valeurs analogiques (comparaisons boursières, transactions compa-
rables) ;
• le cas échéant, leur valeur de contrepartie, c’est-à-dire la valeur réelle des
titres émis en rémunération des apports, déterminée comme ci-dessus.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


126 ANNEXES
COMMISSARIAT AUX APPORTS

Opération à effet immédiat ou différé


.28 - Si la date d’effet prévue de l’opération est celle de l’assemblée
générale qui l’approuvera (opération dite à effet immédiat), ou est posté-
rieure à la date de cette assemblée (opération dite à effet différé) (1), le
commissaire aux apports met en œuvre les diligences applicables à ce

C
contexte particulier et privilégie une approche directe de la valeur des
apports telle que décrite ci-dessus au paragraphe .27-.

NC
Par ailleurs, le commissaire aux apports vérifie qu’il n’existe pas d’élément
connu ou probable de nature à minorer la valeur des apports et à compro-
mettre la libération de l’augmentation de capital au jour de sa réalisation
effective.
.29 - A cet effet, et notamment dans le cas d’une opération de fusion à

tC
effet différé, le commissaire aux apports examine les informations prévi-
sionnelles disponibles afin de s’assurer qu’il n’existe pas un risque structu-
rel de minoration de la valeur des apports et d’apprécier si ces prévisions sont
de nature à pouvoir garantir la libération de l’augmentation de capital.

Conclusion sur la valeur des apports


gh
.30 - Si le commissaire aux apports constate une surévaluation de la
valeur des apports proposée dans le traité :
• soit, par rapport à la sommation des évaluations individuelles que le
commissaire aux apports considère acceptable ;
• soit, par rapport à leur valeur réelle résultant de l’approche directe
ri

décrite ci-dessus au paragraphe .27- ;


il en tire les conséquences nécessaires sur l’expression de sa conclusion
(cf. paragraphe .39-, d), ci-après).
py

Appréciation des avantages particuliers stipulés


.31 - Pour apprécier les avantages particuliers stipulés dans les statuts
et/ou dans le traité de fusion, scission, ou apport partiel d’actif, le commis-
Co

saire aux apports examine la pertinence de l’information donnée par les


dirigeants sociaux sur la nature et les conséquences pour l’actionnaire ou
l’associé de ces avantages.

(1) Dans la limite de la date de clôture de l’exercice en cours de la société absorbante ou


bénéficiaire des apports.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 127
COMMISSARIAT AUX APPORTS

Pluralité de commissaires aux apports


.32 - Lorsque plusieurs commissaires aux apports ont été désignés,
ceux-ci se concertent afin d’organiser en commun leur mission, s’infor-
ment mutuellement de leurs travaux et confrontent leurs conclusions.

C
Documentation des travaux
.33 - Le commissaire aux apports documente dans son dossier de tra-

NC
vail les diligences accomplies et les conclusions auxquelles elles le condui-
sent.
.34 - Au terme de ses travaux, et avant la signature de son rapport, le
commissaire aux apports obtient des dirigeants de la société apporteuse,
lorsque des déclarations importantes lui ont été faites, une lettre rappelant
le contenu de ces déclarations et soulignant notamment que les informa-
tC
tions prévisionnelles sur lesquelles se fondent les évaluations relèvent de
leur responsabilité, qu’elles reflètent la situation future estimée la plus
probable et que les décisions prises ou les actions envisagées ne contre-
disent pas les hypothèses retenues.
Dans le cas où le commissaire aux comptes ne sollicite pas une telle lettre,
gh
il lui appartient d’en justifier les raisons dans son dossier.

Établissement du rapport
.35 - Le commissaire aux apports établit un rapport qui est déposé au
siège de la société bénéficiaire de l’apport huit jours au moins avant la
date de l’assemblée générale appelée à se prononcer sur l’opération (trois
ri

jours au moins avant la date de la signature des statuts en cas de constitu-


tion d’une société anonyme sans appel public à l’épargne).
py

.36 - Dans les opérations de fusion ou de scission, le commissaire à la


fusion ou à la scission, agissant en tant que commissaire aux apports, éta-
blit à ce titre un rapport distinct de celui qu’il dépose en tant que commis-
saire à la fusion ou à la scission.
.37 - Si plusieurs commissaires aux apports ont été désignés, ils éta-
Co

blissent et signent un rapport commun.


En cas de désaccord entre les commissaires, il est établi un seul rapport qui
indique les différentes opinions exprimées, en les attribuant à chacun
d’eux.
.38 - L’objectif du rapport est d’éclairer les actionnaires ou les associés
sur la nature des apports, les méthodes d’évaluation retenues et l’apprécia-
tion faite par le commissaire aux apports, afin que ceux-ci disposent d’élé-
ments objectifs pour prendre leur décision lors de l’assemblée (ou de la

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


128 ANNEXES
COMMISSARIAT AUX APPORTS

signature des statuts en cas de constitution d’une société anonyme sans


appel public à l’épargne).
.39 - Le rapport est structuré de la manière suivante :

Titre

C
En cas d’apports effectués dans le cadre d’une fusion, d’une scission ou
d’un apport partiel d’actif placé sous le régime des scissions, le commis-

NC
saire à la fusion désigné effectuant également la mission de commissaire
aux apports, le rapport est intitulé « Rapport du commissaire à la fusion
sur la valeur des apports ».
Dans les autres cas, le rapport est intitulé « Rapport du commissaire aux
apports ».

Introduction tC
Dans une partie introductive, sont rappelés :
• le contexte de l’intervention du commissaire aux apports et les condi-
tions de sa désignation ;
gh
• les responsabilités respectives des dirigeants sociaux et du commissaire
aux apports ;
• la référence aux normes de la Compagnie nationale des commissaires aux
comptes applicables à cette mission et l’objectif des diligences prévues
par celles-ci.
ri

Présentation de l’opération et description des apports


Cette présentation est effectuée de façon synthétique par référence aux
py

informations contenues dans le traité d’apport et/ou dans le rapport du


conseil d’administration, dès lors que le commissaire aux apports estime
que celles-ci sont suffisantes pour informer les actionnaires (ou les asso-
ciés).
Co

Si le commissaire aux apports l’estime nécessaire, il peut procéder de façon


plus détaillée à une présentation de l’opération proposée en évoquant
notamment les points suivants (liste indicative) :
• présentation de la société apporteuse : caractéristiques, actionnariat,
éléments marquants ;
• description de l’opération : nature, objectifs et conséquences sur l’ac-
tionnariat ;
• caractéristiques essentielles de l’apport :

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 129
COMMISSARIAT AUX APPORTS

– rétroactivité,
– comptes servant de base à l’opération,
– régime fiscal adopté.
Si le commissaire aux apports l’estime nécessaire, il peut également procé-

C
der de façon plus détaillée à une description des apports envisagés, de leur
évaluation et de leur rémunération en évoquant notamment les points sui-
vants (liste indicative) :

NC
• état récapitulatif des biens apportés et de leur valeur d’apport ;
• évaluation des apports :
– description et choix des approches d’évaluation retenues,
– critères d’évaluation adoptés ;
• rémunération des apports ;
tC
• avantages particuliers stipulés (le cas échéant).

Diligences et appréciation de la valeur des apports


gh
Le commissaire aux apports explicite dans cette partie les travaux effec-
tués sur les apports pris individuellement.
Le cas échéant, il formule les observations qu’il estime nécessaires sur
l’évaluation des différents éléments apportés. Celles-ci portent notamment
ri

sur les points suivants (énumération indicative) :


• surévaluation de certains actifs ;
py

• sous-évaluation de certains passifs ;


• hypothèses utilisées dans le cas où l’évaluation d’un ou plusieurs élé-
ments significatifs apportés repose essentiellement sur des données pré-
visionnelles et où le commissaire aux apports ne peut apprécier si les
hypothèses constituent une base acceptable pour les évaluations propo-
Co

sées ;
• événements postérieurs susceptibles de minorer la valeur de certains élé-
ments apportés ;
• pertes éventuelles réalisées pendant la période de rétroactivité, non
prises en compte dans le traité d’apport.
Le commissaire aux apports précise si ces observations ont une incidence
sur la valeur des apports pris dans leur ensemble.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


130 ANNEXES
COMMISSARIAT AUX APPORTS

Ainsi, dans le cas (1) où le commissaire aux apports a procédé à une


approche directe de la valeur des apports, il indique les critères ou
méthodes qu’il a retenus ; il prend en considération l’évaluation qui en
résulte pour déterminer si les observations qu’il a pu mentionner sur les
valeurs individuelles affectent ou non la valeur des apports pris dans leur
ensemble.

C
D’une manière générale, le commissaire aux apports développe également,
dans cette partie, les points qui lui paraissent nécessaires à une bonne

NC
information des membres de l’assemblée générale.
Ainsi, lorsque le commissaire aux apports constate une sous-évaluation
significative de tout ou partie des éléments apportés, il en fait état dans
son rapport, s’il l’estime opportun, pour une bonne information des action-
naires ou associés.

Conclusion
tC
Le commissaire aux apports conclut en formulant son appréciation au
regard de la non surévaluation des apports et en tire les conséquences sur
l’actif net apporté comparé au montant de l’augmentation de capital
gh
prévu, augmenté de la prime éventuelle.
Le commissaire aux apports formule sa conclusion conformément aux
modèles annexés ci-après en fonction des différentes circonstances sui-
vantes :
ri

a) Lorsque le commissaire aux apports n’a pas d’observation à formuler sur


les modalités et conditions de l’opération proposée, il formule une conclu-
sion favorable selon le modèle .M1-.
py

b) Lorsque les observations formulées par le commissaire aux apports sur


les modalités et conditions de l’opération proposée, et notamment sur
l’évaluation d’un ou plusieurs éléments apportés, ne remettent pas en
cause la valeur des apports, il motive son analyse et formule sur cette base
une conclusion favorable selon le modèle .M2-.
Co

c) Lorsque le commissaire aux apports est confronté à une limitation à


l’étendue de ses travaux, ou à une incertitude dont la résolution dépend
d’événements futurs, pouvant avoir une incidence significative sur la
valeur des apports, il exprime une impossibilité de conclure selon le modèle
.M3-.

(1) Cf. paragraphe .27-.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 131
COMMISSARIAT AUX APPORTS

Tel est notamment le cas lorsque la valeur des apports pris dans leur
ensemble se fonde sur des hypothèses dont le commissaire aux apports ne
peut apprécier si elles constituent une base acceptable pour les évalua-
tions proposées.
d) Lorsque le commissaire aux apports estime que la valeur des apports pro-

C
posée dans le traité est surévaluée par rapport à la valeur réelle des apports
considérés dans leur ensemble, ou par rapport à la sommation des évalua-
tions individuelles qu’il considère acceptables, il formule une conclusion

NC
défavorable selon le modèle .M4-.
Ce modèle .M4- s’applique également lorsque la justification de la valeur
des apports proposée dans le traité repose sur des données prévisionnelles
et que le commissaire aux apports estime que les hypothèses retenues ne
constituent pas une base acceptable pour les évaluations proposées, du
tC
fait de leur caractère non vraisemblable ou non cohérent.
e) Lorsque l’opération proposée se situe dans le cadre des dispositions de
l’article L. 236-11 (fusion simplifiée), le commissaire aux apports rappelle,
dans la partie de son rapport relative à la présentation de l’opération, que
celle-ci se place dans le cadre de cette disposition légale, la société absor-
gh
bante détenant l’intégralité du capital de la société absorbée. Il y indique
en outre le montant du boni ou du mali de fusion dégagé.
Il décline sa conclusion en fonction des différentes situations évoquées ci-
dessus selon le modèle .M5-.
Lorsque la société absorbante détient une partie seulement du capital de la
ri

société absorbée et qu’il y a de sa part renonciation à l’augmentation de


capital à hauteur des titres détenus, la conclusion du commissaire à la
fusion est déclinée en fonction des différentes situations évoquées ci-des-
py

sus selon le modèle .M5 bis.


f) Lorsque la date d’effet prévue de l’opération est celle de l’assemblée
générale qui l’approuvera, ou est postérieure à la date de cette assemblée,
le commissaire aux apports précise clairement que la conclusion exprimée
dans son rapport quant à la libération de l’augmentation de capital prévue
Co

n’a de pertinence qu’à la date de son rapport.

Rapport en cas d’apports en nature effectués dans le cadre d’une


fusion, d’une scission ou d’un apport partiel d’actif placé sous le
régime des scissions

Société ……………………

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


132 ANNEXES
COMMISSARIAT AUX APPORTS

Rapport du commissaire à la fusion sur la valeur des


apports (1)

En exécution de la mission qui nous a été confiée par ordonnance de


Monsieur le Président du Tribunal de Commerce de … en date du …

C
concernant la fusion par voie d’absorption de la société X par la société Y,
nous avons établi le présent rapport prévu par l’article 236-10 du Code de
commerce (2).

NC
L’actif net apporté a été arrêté dans le projet de traité d’apport (ou de
fusion) signé par les représentants des sociétés concernées en date du ……..
Il nous appartient d’exprimer une conclusion sur le fait que la valeur des
apports n’est pas surévaluée (le cas échéant : et d’apprécier les avantages
particuliers stipulés). A cet effet, nous avons effectué nos diligences selon
tC
les normes de la Compagnie nationale des commissaires aux comptes
applicables à cette mission ; ces normes requièrent la mise en œuvre de
diligences destinées, d’une part, à apprécier la valeur des apports, à s’assu-
rer que celle-ci n’est pas surévaluée et à vérifier qu’elle correspond au
moins à la valeur au nominal des actions à émettre par la société absor-
bante (ou bénéficiaire des apports) augmentée de la prime d’émission,
gh
d’autre part (3), à apprécier les avantages particuliers stipulés.

1. Présentation de l’opération et description des apports

1.1 La présentation de l’opération est effectuée :


ri

• soit de façon synthétique, par renvoi au traité d’apport et/ou au rapport


du conseil d’administration ;
• soit de façon plus détaillée par référence aux éléments donnés à titre indi-
py

catif au paragraphe .39- de la présente norme.

1.2 La nature, l’évaluation et la rémunération des apports (et, le cas


échéant, les avantages particuliers stipulés) sont présentées :
Co

• soit de façon synthétique, par renvoi au traité d’apport et/ou au rapport


du conseil d’administration ;

(1) Dans les autres cas d’apports en nature, le titre du rapport est « Rapport du commissaire
aux apports ».
(2) Il convient d’adapter le vocabulaire de cette introduction et la référence aux textes dans
les autres cas d’apports en nature.
(3) En cas d’absence d’avantages particuliers stipulés, supprimer la construction « d’une
part » et « d’autre part ».

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 133
COMMISSARIAT AUX APPORTS

• soit de façon plus détaillée par référence aux éléments donnés à titre indi-
catif au paragraphe .39- de la présente norme.

2. Diligences et appréciation de la valeur des apports

Dans cette partie, le commissaire aux apports précise les travaux mis en

C
œuvre :

NC
• contrôle de la réalité des apports et de l’exhaustivité des passifs transmis
à la société ;
• analyse des valeurs individuelles proposées dans le traité d’apport ;
• examen du résultat des activités apportées pendant la période de rétroac-
tivité ;
tC
• vérification, jusqu’à la date de ce rapport, de l’absence de faits ou d’évé-
nements susceptibles de remettre en cause la valeur des apports ;
• approche directe de la valeur des apports considérés dans leur ensemble.
Le commissaire aux apports présente les observations qu’il juge nécessaires
gh
par référence au paragraphe .39- de la présente norme.
Le commissaire conclut conformément aux modèles de conclusion annexés
ci-après.
ri

Modèles de conclusion
py

.M1 - Conclusion favorable

Sur la base de nos travaux, nous concluons que la valeur des apports s’éle-
vant à......., n’est pas surévaluée et, en conséquence, que l’actif net apporté
est au moins égal :
Co

• au montant de l’augmentation de capital de la société absorbante, aug-


mentée de la prime d’émission ;

ou
• au montant du capital des sociétés bénéficiaires de la scission (ou de
l’augmentation de capital des sociétés bénéficiaires de la scission aug-
mentée de la prime d’émission) ;

ou

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


134 ANNEXES
COMMISSARIAT AUX APPORTS

• au montant de l’augmentation de capital de la société bénéficiaire de


l’apport partiel d’actif (1), augmentée de la prime d’émission.
(le cas échéant)
Les avantages particuliers stipulés n’appellent pas d’observation de notre

C
part.
Lieu, date et signature

NC
.M2 - Conclusion favorable avec observations sur les valeurs indivi-
duelles mais sans incidence sur la valeur des apports pris dans leur
ensemble

tC
Sur la base de nos travaux, nous concluons que les observations précédem-
ment formulées ne sont pas de nature à affecter la valeur des apports s’éle-
vant à...... et, en conséquence, que l’actif net apporté est au moins égal :
• au montant de l’augmentation de capital de la société absorbante, aug-
mentée de la prime d’émission ;
gh
ou
• au montant du capital des sociétés bénéficiaires de la scission (ou de
l’augmentation de capital des sociétés bénéficiaires de la scission aug-
mentée de la prime d’émission) ;
ri

ou
• au montant de l’augmentation de capital de la société bénéficiaire de
l’apport partiel d’actif (2), augmentée de la prime d’émission.
py

(le cas échéant)


Les avantages particuliers stipulés n’appellent pas d’observation de notre
part.
Co

Lieu, date et signature

(1) Dans les autres cas d’apports en nature, la conclusion est formulée de la manière sui-
vante : « Sur la base de nos travaux, nous concluons que la valeur des apports s’élevant à
…, n’est pas surévaluée et, en conséquence, est au moins égale au montant de l’augmen-
tation de capital de la société bénéficiaire de l’apport, augmentée de la prime
d’émission ».
(2) Voir renvoi (1) du modèle .M1- A décliner conformément au modèle .M2.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 135
COMMISSARIAT AUX APPORTS

.M3 - Conclusion défavorable (limitation ou incertitudes)

Sur la base de nos travaux, et compte tenu des observations précédemment


formulées, nous ne sommes pas en mesure de conclure que la valeur des
apports s’élevant à........., n’est pas surévaluée et, en conséquence, que l’actif
net apporté est au moins égal :

C
• au montant de l’augmentation de capital de la société absorbante, aug-
mentée de la prime d’émission ;

NC
ou
• au montant du capital des sociétés bénéficiaires de la scission (ou de
l’augmentation de capital des sociétés bénéficiaires de la scission, aug-
mentée de la prime d’émission) ;
ou
tC
• au montant de l’augmentation de capital de la société bénéficiaire de
l’apport partiel d’actif (1), augmentée de la prime d’émission.
(le cas échéant)
Les avantages particuliers stipulés n’appellent pas d’observation de notre
gh
part.
Lieu, date et signature

.M4 - Conclusion défavorable (désaccord)


ri

Sur la base de nos travaux, nous concluons que, compte tenu des observa-
tions précédemment formulées, la valeur des apports s’élevant à ….., est sur-
py

évaluée et, en conséquence, que le montant de l’actif net apporté par la


société apporteuse est inférieur :
• au montant de l’augmentation de capital de la société absorbante, aug-
mentée de la prime d’émission ;
Co

ou
• au montant du capital de la (des) société(s) issue(s) de la scission (ou de
l’augmentation de capital de (des) société(s) bénéficiaire(s) de la scission,
augmentée de la prime d’émission) ;
ou

(1) Voir renvoi (1) du modèle .M1- A décliner conformément au modèle .M3.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


136 ANNEXES
COMMISSARIAT AUX APPORTS

• au montant de l’augmentation de capital de la société bénéficiaire de


l’apport partiel d’actif (1), augmentée de la prime d’émission.
(le cas échéant)
Les avantages particuliers stipulés n’appellent pas d’observation de notre
part.

C
Lieu, date et signature

NC
.M5 - Conclusion favorable en cas d’apports en nature effectués
dans le cadre d’une fusion simplifiée (article L. 236-11)

Sur la base de nos travaux, nous concluons que la valeur des apports s’éle-
vant à.........., n’est pas surévaluée.
(le cas échéant)
tC
Les avantages particuliers stipulés n’appellent pas d’observation de notre
part.
Lieu, date et signature
gh
.M5 bis - Conclusion favorable en cas d’apports en nature effec-
tués dans le cadre d’une fusion renonciation

Sur la base de nos travaux, nous concluons que la valeur des apports s’éle-
vant à …, n’est pas surévaluée et, en conséquence, que l’actif net apporté est
ri

au moins égal au montant de l’augmentation de capital de la société absor-


bante, augmentée de la prime d’émission et avant renonciation par celle-ci
à l’augmentation à hauteur des titres qu’elle détient de la société absorbée.
py
Co

(1) Voir renvoi (1) du modèle .M1- A décliner conformément au modèle .M4.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


Co
py
righ
tC
NC
C
138 ANNEXES

ANNEXE 2 :
NORME 7-102 : COMMISSARIAT À LA FUSION

Norme de travail

C
En application des dispositions de l’article L. 236-10 (L. 236-23 pour
les sociétés à responsabilité limitée) du Code de commerce, la mission

NC
du commissaire à la fusion a pour finalité d’apprécier le caractère
équitable du rapport d’échange (1).
A cet effet, le commissaire à la fusion :
• vérifie que les valeurs relatives attribuées aux actions ou parts des
sociétés participant à l’opération sont pertinentes ;

tC
• analyse le positionnement du rapport d’échange par rapport aux
valeurs relatives jugées pertinentes.

Norme de rapport
gh
Dans son rapport, le commissaire à la fusion :
• rappelle les critères et méthodes d’évaluation retenus pour détermi-
ner les valeurs relatives servant au choix du rapport d’échange pro-
posé ;
• indique si ces critères et méthodes sont adéquats en l’espèce et rend
ri

compte, le cas échéant, des critères ou méthodes complémentaires


qu’il a jugé utile d’introduire ;
• signale les difficultés particulières d’évaluation s’il en existe et men-
py

tionne, le cas échéant, leur incidence sur les valeurs relatives présen-
tées ;
• formule les observations qu’il estime nécessaires affectant la perti-
nence des valeurs relatives ;
Co

• exprime son avis sur le caractère équitable du rapport d’échange


proposé (2), en tenant compte, le cas échéant, des observations for-
mulées sur la pertinence des valeurs relatives.

(1) Ou, en cas de scission, le caractère équitable de la rémunération proposée pour l’apport.
(2) Ou, en cas de scission, sur le caractère équitable de la rémunération proposée pour l’ap-
port.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 139
COMMISSARIAT A LA FUSION

Modalités d’application
Champ d’application

.01 - La présente norme porte sur l’intervention d’un commissaire à la


fusion chargé d’exprimer un avis sur le caractère équitable du rapport

C
d’échange dans les circonstances suivantes :
• fusion et scission de sociétés par actions et à responsabilité limitée ;

NC
• apport partiel d’actif à ces sociétés, soumis au régime des scissions
conformément aux dispositions prévues par l’article L. 236-22 du Code
de commerce.
.02 - L’intervention d’un commissaire à la fusion n’est pas requise :
• dans le cas d’apport en nature ou d’apport partiel d’actif non placé sous le
tC
régime des scissions, sauf demande expresse des autorités de marché,
donnant lieu à une ordonnance complémentaire du tribunal de
commerce ;
• dans le cas de création, par voie de scission, de sociétés nouvelles consti-
tuées sans autre apport que celui de la société scindée, où les actions ou
gh
parts de chacune des sociétés nouvelles sont attribuées aux actionnaires
ou associés de la société scindée proportionnellement à leurs droits dans
le capital de cette société (art. L. 236-17 pour les sociétés anonymes et
L. 236-23 pour les SARL du Code de commerce );
• dans le cas de fusion simplifiée, où, depuis le dépôt du projet de fusion au
greffe du tribunal de commerce et jusqu’à la date de réalisation de l’opéra-
ri

tion, la société absorbante détient en permanence la totalité des actions


ou parts représentant la totalité du capital des sociétés absorbées (art.
L. 236-11 pour les sociétés anonymes et L. 236-23 pour les SARL).
py

.03 - Le commissaire à la fusion est choisi parmi les commissaires aux


comptes inscrits sur la liste prévue à l’article L. 225-219 du Code de com-
merce, ou parmi les experts inscrits sur l’une des listes établies par les
cours et tribunaux.
Co

Le commissaire à la fusion désigné assure également la mission de


commissaire aux apports (1).

Désignation du commissaire à la fusion et acceptation de la mission


.04 - Le commissaire à la fusion est désigné par le président du tribu-
nal de commerce, statuant sur requête.

(1) Cf. norme 7-101. « Commissariat aux apports ».

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


140 ANNEXES
COMMISSARIAT A LA FUSION

.05 - Avant d’accepter la mission pour laquelle il a été désigné, le


commissaire à la fusion apprécie la possibilité de l’effectuer.
.06 - Il s’assure à cet effet, qu’il respecte les principes fondamentaux
de comportement et les règles générales du Code de déontologie, notam-
ment en matière :

C
• D’indépendance : le commissaire à la fusion se doit d’être et de paraître
indépendant. Il doit non seulement conserver une attitude d’esprit lui

NC
permettant d’effectuer sa mission avec intégrité et objectivité, mais
aussi éviter toute situation qui, par son apparence, pourrait conduire les
tiers à remettre en cause son indépendance.
Dans le cas où le commissaire à la fusion est pressenti pour être désigné
en qualité de commissaire aux comptes de la société absorbante ou

tC
bénéficiaire des apports, postérieurement à l’exercice de la mission de
commissaire à la fusion, il apprécie dans quelle mesure la réalisation
successive des deux missions pourrait affecter son objectivité.
Dans le cas où le commissaire à la fusion appartient à un réseau tel que
le définissent les textes d’application du Code de déontologie, il apprécie
dans quelle mesure l’exercice de certaines activités ou prestations auprès
gh
d’entités concernées directement ou indirectement par l’opération, par
une personne physique ou morale appartenant au même réseau, pourrait
affecter son indépendance.
Par ailleurs, conformément à l’article L. 236-10, le commissaire à la
fusion est soumis aux incompatibilités prévues à l’article L. 225-224. La
ri

mission de commissaire à la fusion ne peut donc être acceptée par une


personne qui exerce déjà une autre mission dans les sociétés concernées.
py

• De compétence : le commissaire à la fusion possède une compétence


appropriée à la nature et à la complexité de la mission qu’il accepte.
Conformément aux dispositions prévues par l’article D. 257, il peut se
faire assister dans l’accomplissement de sa mission par un ou plusieurs
experts de son choix (1).
Co

• De secret professionnel : à cet égard, il convient de rappeler que, dans le


cadre de l’opération considérée, le secret professionnel est partagé entre
les commissaires aux comptes des sociétés concernées et le commissaire
à la fusion (2).

(1) Cf. norme 2-503. « Utilisation des travaux d’un expert ».


(2) Cf. Code de déontologie professionnelle – Paragraphe .05 du texte d’application de l’ar-
ticle 5 « Secret professionnel ».

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 141
COMMISSARIAT A LA FUSION

.07 - Le commissaire à la fusion rencontre les dirigeants des sociétés


concernées afin de recueillir des informations générales sur ces sociétés et
de prendre connaissance des objectifs et modalités de l’opération envisa-
gée ou prévue.
Le commissaire à la fusion s’assure, par ailleurs, que les délais qui lui sont

C
impartis pour l’exécution de sa mission, compte tenu du calendrier de
l’opération, sont compatibles avec une correcte réalisation de celle-ci.

NC
.08 - Lorsque le commissaire à la fusion estime pouvoir accomplir la
mission qui lui a été confiée, il en précise la nature, les objectifs et les
conditions de réalisation dans une lettre adressée aux dirigeants de la
société absorbante ou bénéficiaire des apports.
Dans le cas où le commissaire à la fusion estime au contraire être dans

tC
l’impossibilité d’exécuter la mission, il en avise par écrit le Président du tri-
bunal de commerce qui l’a désigné et en informe les dirigeants de la
société absorbante ou bénéficiaire des apports.

Nature de la mission
.09 - La mission dévolue au commissaire à la fusion s’inscrit parmi les
gh
« autres interventions définies » par le cadre conceptuel (1), ayant pour
objet « l’appréciation d’une valeur…, par référence à des critères identifiés
et au regard d’objectifs définis ». Elle ne constitue, en conséquence, ni une
mission d’audit ni une mission d’examen limité.
.10 - La mission du commissaire à la fusion est ponctuelle et prend fin
ri

avec le dépôt de son rapport. Il n’appartient donc pas au commissaire à la


fusion d’assurer un suivi des événements survenus entre la date de dépôt
de son rapport et la date des assemblées appelées à se prononcer sur l’opé-
py

ration de fusion ou d’apport.

Définitions
.11 - La valeur relative des actions (2) des sociétés participant à une
opération de fusion résulte d’une pesée comparative par action des entités
Co

en présence à l’aide de différents critères et méthodes.


Le rapport d’échange représente le nombre d’actions de la société absor-
bante à émettre par cette dernière en échange d’une action de la société
absorbée.

(1) Cf. « Cadre conceptuel des interventions du commissaire aux comptes ».


(2) Le terme « actions » constitue ici un terme générique ; il peut s’agir aussi bien d’actions
que de parts sociales.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


142 ANNEXES
COMMISSARIAT A LA FUSION

Pour certains apports partiels d’actif, et en particulier les apports de


branche d’activité, il n’est pas possible, en l’absence de capital social de la
branche, d’effectuer une pesée comparative par action et donc de parler de
rapport d’échange. La pesée effectuée porte donc sur les ensembles en pré-
sence et conduit à déterminer ce qui est communément appelé un « poids
relatif ».

C
Le montant de l’augmentation de capital de la société absorbante ou béné-
ficiaire des apports, représentatif de la rémunération des apports, peut

NC
ainsi être obtenu, soit en appliquant le rapport d’échange au nombre d’ac-
tions composant le capital de la société absorbée, soit en appliquant le
poids relatif au nombre d’actions composant le capital de la société béné-
ficiaire des apports.
Dans les paragraphes qui suivent, seul le terme « rapport d’échange » est
utilisé.

Objectif de la mission
tC
.12 - La mission de commissaire à la fusion a pour objectif final d’ap-
précier le caractère équitable du rapport d’échange.
gh
A cet effet, le commissaire à la fusion :
• vérifie la pertinence des valeurs relatives attribuées aux actions ou parts
des sociétés participant à l’opération ;
• analyse le positionnement du rapport d’échange par référence aux
valeurs relatives jugées pertinentes et à l’« importance relative » qui leur
ri

est donnée.

Prise de connaissance générale


py

.13 - La réalisation de la mission du commissaire à la fusion implique


une prise de connaissance générale lui permettant de comprendre l’opéra-
tion envisagée ainsi que le contexte économique et juridique dans lequel
elle se situe. Dans ce cadre, le commissaire à la fusion obtient notamment
le projet de traité d’apport ou de fusion, le rapport des organes sociaux, le
Co

calendrier juridique de l’opération et les documents comptables et finan-


ciers qu’il estime utiles.
.14 - A cet effet, le commissaire à la fusion prend contact avec les diri-
geants sociaux, les responsables concernés et les conseils ayant participé à
la préparation de l’opération.
.15 - Des contacts directs et réciproques sont établis, dès cette phase,
entre le commissaire à la fusion et les commissaires aux comptes des enti-
tés concernées.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 143
COMMISSARIAT A LA FUSION

Vérification de la pertinence des valeurs relatives attribuées aux


actions
.16 - La vérification de la pertinence des valeurs attribuées aux actions
conduit le commissaire à la fusion à vérifier :
• le caractère adéquat des critères et méthodes d’évaluation retenus ;

C
• la correcte application ou mise en œuvre de ces critères et méthodes.

NC
.17 - Le commissaire à la fusion examine les critères et méthodes
présentés dans le traité de fusion et s’assure qu’ils sont adéquats en l’es-
pèce.
Le cas échéant, il analyse les raisons ayant conduit les dirigeants à écarter
certains critères ou méthodes.

valeurs relatives sont les suivants :


tC
.18 - Les critères habituellement utilisés dans la détermination des

• chiffre d’affaires, excédent brut d’exploitation, résultat d’exploitation,


résultat courant, marge brute d’autofinancement et résultat net (critères
de performance) ;
gh
• actif net réévalué (critère patrimonial) ;
• cours de bourse et dividendes versés (critères de marché).

.19 - Les méthodes d’évaluation habituellement utilisées dans la déter-


mination des valeurs relatives sont notamment les suivantes :
ri

• actualisation des flux de trésorerie prévisionnels : cette méthode repose


sur le principe qu’une entreprise vaut par sa capacité à dégager des
liquidités nettes disponibles (« cash-flows ») qui rémunèrent ses capitaux
py

investis. Sa valeur correspond ainsi à la somme de ses cash-flows nets


prévisionnels actualisés, avant frais financiers et emprunts, moins l’en-
dettement financier net et les intérêts minoritaires à la date de l’évalua-
tion. Cette méthode présente un intérêt particulier lorsque les entre-
prises en présence interviennent dans des secteurs d’activité différents
Co

ou lorsque l’une des entreprises exerce une activité cyclique ou est en


cours de restructuration ;
• comparaisons boursières : cette méthode permet de reconstituer le cours
de bourse théorique d’une entreprise, en appliquant aux différents cri-
tères de performance et/ou à l’actif net réévalué des multiples observés
sur les marchés boursiers pour des sociétés cotées comparables.

.20 - Le commissaire à la fusion veille à ce que le principe de pluralité


ait été respecté, qu’il s’agisse de critères permettant d’aboutir à des valeurs

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


144 ANNEXES
COMMISSARIAT A LA FUSION

relatives sans nécessairement passer par une évaluation des entités en pré-
sence, ou de méthodes d’évaluation conduisant par définition à évaluer ces
entités.
S’il le juge utile, le commissaire à la fusion réintroduit tel critère ou telle
méthode dans son approche.

C
Il veille toutefois à ce que les critères et méthodes ne fassent pas double
emploi entre eux et à ce que leur nombre excessif ne complique pas l’ap-

NC
préciation du rapport d’échange par les actionnaires ou associés.
.21 - Le commissaire à la fusion vérifie que les valeurs relatives pré-
sentées résultent d’une correcte application ou mise en œuvre des critères
et méthodes retenus. A ce titre, il vérifie en particulier :

tC
• pour les critères de performance :
– que les données issues des exercices passés ont été mises en confor-
mité avec les méthodes préférentielles prévues par la réglementation
comptable (1) et qu’elles ont été retraitées des différences de
méthodes comptables pouvant exister entre la société absorbante et la
société absorbée, des éléments non récurrents et de l’incidence des
gh
variations de périmètre,
– que les hypothèses retenues pour déterminer les données prévision-
nelles sont cohérentes et constituent une base acceptable pour la
détermination de ces données ;
• pour le critère patrimonial :
ri

– que les retraitements nécessaires pour mettre les capitaux propres en


conformité avec les méthodes préférentielles prévues par la réglemen-
tation comptable (1) ont été effectués,
py

– que les impôts différés ont été pris en compte,


– que des éléments probants, tels que par exemple des rapports d’exper-
tise récents, sont fournis à l’appui de la réestimation des immobilisa-
tions corporelles et incorporelles ;
Co

• pour les critères de marché : que le flottant et le nombre de mouvements


sur le titre sont suffisants ;
• pour la méthode d’actualisation des flux de trésorerie prévisionnels :
– que les hypothèses retenues pour déterminer les flux de trésorerie sont
cohérentes et constituent une base acceptable pour la détermination
de ces flux,

(1) Cf. règlement CRC n° 99-02.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 145
COMMISSARIAT A LA FUSION

– que le flux de trésorerie retenu pour le calcul de la valeur de l’entre-


prise, à l’issue de l’horizon de prévision, correspond à un flux normatif,
– que les paramètres utilisés (coût moyen pondéré du capital et taux de
croissance à l’infini) ont été déterminés en considération de l’entre-
prise et de son marché ;

C
• pour les comparaisons boursières :
– que l’échantillon de référence est bien constitué de sociétés dont les

NC
activités, notamment, sont comparables,
– que les cours de ces sociétés ne sont pas affectés par des opérations
particulières.
.22 - Afin de valider les données historiques utilisées dans l’application
ou la mise en œuvre des critères ou méthodes, le commissaire à la fusion

tC
peut être conduit à utiliser les travaux réalisés par les commissaires aux
comptes et avoir accès aux éléments correspondants de leurs dossiers.
.23 - Le commissaire à la fusion analyse l’incidence, sur le calcul des
valeurs relatives, des événements survenus entre la date de leur détermi-
nation et la date de son rapport.
gh
Le cas échéant, il examine l’état comptable prévu à l’article 258-4° du
décret du 23 mars 1967 lorsqu’il est établi à une date proche de la date
des assemblées générales appelées à statuer sur l’opération envisagée ou,
si ce n’est pas le cas, des comptes intermédiaires établis à une date la plus
proche possible de ces assemblées.
ri

Il peut également s’appuyer sur le rapport d’examen limité établi par le


commissaire aux comptes de la société absorbée ou apporteuse.
.24 - Le commissaire à la fusion analyse la sensibilité des valeurs rela-
py

tives attribuées aux actions à la variation des hypothèses et paramètres


utilisés lors de l’application des critères et de la mise en œuvre des
méthodes d’évaluation. Il détermine si cette analyse a une incidence sur la
pertinence de l’intervalle de valeurs relatives proposées dans le traité de
fusion.
Co

Appréciation du caractère équitable du rapport d’échange

.25 - Le commissaire à la fusion identifie, parmi l’ensemble des critères


et méthodes utilisés, ceux qui traduisent, de la manière la plus complète,
les valeurs relatives des entreprises en présence, notamment parce qu’ils
tiennent compte, pour le présent et pour l’avenir, de leur rentabilité d’ex-
ploitation, de leur politique d’investissement, de leur structure financière
et de leur niveau de risque.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


146 ANNEXES
COMMISSARIAT A LA FUSION

.26 - Il apprécie, dans le cadre d’une démarche qualitative, l’impor-


tance relative donnée aux valeurs jugées pertinentes. Cette notion, intro-
duite dans la loi, ne saurait donc être assimilée à une simple pondération
mathématique des valeurs relatives retenues, mais implique une analyse du
positionnement du rapport d’échange proposé par rapport à ces valeurs.

C
.27 - Une telle analyse conduit le commissaire à la fusion à vérifier le
caractère satisfaisant des explications données dans le traité de fusion sur
les écarts entre le rapport d’échange proposé et les différentes valeurs

NC
relatives présentées.
S’agissant notamment des valeurs relatives provenant de l’utilisation de
critères de performance, ces écarts peuvent provenir, par exemple, de diffé-
rences de rentabilité, d’intensité capitalistique (1) ou de structure finan-
cière, entre les deux entreprises.
tC
.28 - Dans le cadre de son analyse du positionnement du rapport
d’échange, le commissaire à la fusion considère également certaines carac-
téristiques de l’opération qui n’auraient pas été prises en compte dans la
pesée relative, telles que, par exemple :
gh
• la décision des dirigeants de la société absorbante d’accorder une prime
de contrôle aux actionnaires de la société absorbée, et le risque de dilu-
tion du patrimoine des actionnaires de l’absorbante qui en résulte ;
• la liquidité plus ou moins grande des titres des sociétés participant à
l’opération, provenant, par exemple, du fait que l’une est cotée et l’autre
ne l’est pas.
ri

.29 - Le commissaire à la fusion examine si le rapport d’échange pro-


posé n’entraîne pas d’appauvrissement durable pour une catégorie d’ac-
py

tionnaires, en comparant leur situation avant fusion hors synergie à leur


situation après fusion y compris synergie. Cette comparaison peut être
faite à partir d’une évaluation de la société absorbante avant et après fusion
ou à l’aide d’un critère adéquat en l’espèce, appliqué aux années suivant la
fusion (par exemple, cash-flow disponible par action, …).
Co

Pluralité de commissaires à la fusion


.30 - Lorsque plusieurs commissaires à la fusion ont été désignés,
ceux-ci se concertent afin d’organiser en commun leur mission, s’infor-
ment mutuellement de leurs travaux et échangent leurs conclusions.

(1) L’intensité capitalistique correspond au rapport de l’actif immobilisé majoré du besoin en


fonds de roulement sur le chiffre d’affaires ou la production.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 147
COMMISSARIAT A LA FUSION

Documentation des travaux


.31 - Le commissaire à la fusion documente dans son dossier de travail
les diligences accomplies et les conclusions auxquelles elles le conduisent.

.32 - Au terme de ses travaux, et avant la signature de son rapport, le

C
commissaire à la fusion obtient des dirigeants de chaque société partici-
pant à l’opération, lorsque des déclarations importantes lui ont été faites,
une lettre rappelant le contenu de ces déclarations et soulignant notam-

NC
ment que les informations prévisionnelles sur lesquelles se fondent les éva-
luations relèvent de leur responsabilité, qu’elles reflètent la situation
future estimée la plus probable et que les décisions prises ou les actions
envisagées ne contredisent pas les hypothèses retenues.
Dans le cas où le commissaire aux comptes ne sollicite pas de telles lettres,

Établissement du rapport
tC
il lui appartient d’en justifier les raisons dans son dossier.

.33 - Le rapport du commissaire à la fusion est mis à la disposition des


actionnaires ou associés de chaque société participant à l’opération, au
siège social, un mois au moins avant la date de l’assemblée générale appe-
gh
lée à se prononcer sur l’opération.
.34 - Le commissaire à la fusion établit un rapport distinct de celui
qu’il dépose au titre de sa mission de commissaire aux apports (1).
.35 - Lorsque plusieurs commissaires à la fusion ont été désignés, ils
ri

établissent et signent un rapport commun.


En cas de désaccord entre les commissaires, il est établi un seul rapport qui
indique les différents avis exprimés, en les attribuant à chacun d’eux.
py

.36 - L’objectif du rapport du commissaire à la fusion est d’éclairer les


actionnaires ou les associés sur le caractère équitable du rapport d’échange
proposé. A ce titre, le commissaire à la fusion met en évidence les points
qu’il estime utiles à une bonne information des actionnaires ou associés.
Co

Le rapport du commissaire à la fusion comporte par ailleurs :


• ses observations éventuelles affectant la pertinence des valeurs relatives
attribuées aux actions ou parts des sociétés participant à l’opération ;
• ses observations éventuelles et sa conclusion sur le caractère équitable
du rapport d’échange découlant de l’analyse de son positionnement par
rapport aux valeurs relatives jugées pertinentes.

(1) Seul le rapport du commissaire aux apports, qui est déposé au greffe, a un caractère
public.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


148 ANNEXES
COMMISSARIAT A LA FUSION

.37 - Les observations que formule le commissaire à la fusion sur les


valeurs relatives comme les observations qu’il formule sur le rapport
d’échange, traduisent son désaccord, d’une part sur la pertinence des
valeurs relatives, d’autre part sur le caractère équitable du rapport
d’échange.

C
Il convient toutefois de noter que les observations formulées sur les valeurs
relatives, même si elles conduisent le commissaire à la fusion à retenir un
intervalle modifié de valeurs relatives, n’impliquent pas nécessairement

NC
une observation, et donc un désaccord, sur le caractère équitable du rapport
d’échange dont l’appréciation constitue l’objectif ultime de la mission du
commissaire à la fusion et sur lequel porte en conséquence sa conclusion.
.38 - Le rapport du commissaire à la fusion est structuré de la manière
suivante :

Titre tC
Le rapport du commissaire à la fusion est intitulé « Rapport du commis-
saire à la fusion sur la rémunération des apports ».

Introduction
gh
Dans une partie introductive, sont rappelés :
• le contexte légal de l’intervention du commissaire à la fusion et les
conditions de sa désignation ;
• les responsabilités respectives des dirigeants sociaux et du commissaire à
ri

la fusion ;
• la référence aux normes de la Compagnie nationale des commissaires aux
py

comptes applicables à cette mission et l’objectif des diligences prévues


par celles-ci.

Présentation de l’opération
Cette présentation est effectuée de façon synthétique par référence aux
Co

informations contenues dans le traité de fusion ou dans le rapport du


conseil d’administration, dès lors que le commissaire à la fusion estime que
celles-ci sont suffisantes pour informer les actionnaires ou associés.
Si le commissaire à la fusion l’estime nécessaire, il peut procéder de façon
plus détaillée à une présentation de l’opération proposée en évoquant
notamment les points suivants (liste indicative) :
• présentation des entités participant à l’opération : caractéristiques,
actionnariat, éléments marquants ;

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 149
COMMISSARIAT A LA FUSION

• description de l’opération : nature et objectifs ;


• rapport d’échange retenu et augmentation de capital de la société
absorbante ou bénéficiaire des apports.

Vérification de la pertinence des valeurs relatives attribuées aux

C
actions des sociétés participant à l’opération

Le commissaire à la fusion présente les critères et méthodes d’évaluation

NC
exposés dans le traité de fusion et les valeurs relatives qui en résultent.
Il précise les travaux qu’il a effectués pour vérifier la pertinence des
valeurs relatives attribuées aux actions ou parts des sociétés participant à
l’opération.
Le commissaire à la fusion met en évidence les points qu’il estime utiles à
tC
une bonne information des actionnaires. Ceux-ci peuvent porter sur :
• les arguments fournis pour écarter certains critères ou méthodes d’éva-
luation ;
• l’adéquation des critères et méthodes utilisés pour la détermination des
valeurs relatives ;
gh
• les modalités de calcul des valeurs relatives ;
• le cas échéant, la prise en compte de critères ou méthodes qu’il juge
utile d’introduire.
Le commissaire à la fusion formule, le cas échéant, les observations qu’il
ri

estime nécessaires, affectant la pertinence des valeurs relatives présentées.

Appréciation du caractère équitable du rapport d’échange proposé


py

Le commissaire à la fusion rappelle le rapport d’échange proposé dans le


traité de fusion. Il récapitule les valeurs relatives, tenant compte éventuel-
lement de ses observations.
Il précise les travaux qu’il a effectués pour apprécier le caractère équitable
Co

du rapport d’échange proposé.


Le commissaire à la fusion formule, le cas échéant, les observations qu’il
estime nécessaires, affectant le caractère équitable du rapport d’échange.

Conclusion
Le commissaire à la fusion formule sa conclusion sur le caractère équitable
du rapport d’échange, conformément aux modèles annexés ci-après, en
fonction des différentes circonstances suivantes :

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


150 ANNEXES
COMMISSARIAT A LA FUSION

a) lorsque le commissaire à la fusion estime que le rapport d’échange


présente un caractère équitable, il formule une conclusion favorable
selon le modèle M1. (M1 bis en cas d’apport partiel d’actif),
b) lorsque le commissaire à la fusion estime que le rapport d’échange ne
présente pas un caractère équitable, il émet une conclusion défavorable

C
selon le modèle M2,
c) lorsque le commissaire à la fusion est confronté à une limitation à

NC
l’étendue de ses travaux, ou à une incertitude dont la résolution dépend
d’événements futurs, pouvant avoir une incidence significative sur le
rapport d’échange, il exprime une impossibilité de conclure que le rap-
port d’échange est équitable. Il utilise dans ce cas le modèle de conclu-
sion défavorable .M3.

tC
Rapport du commissaire à la fusion
sur la rémunération des apports (1)
En exécution de la mission qui nous a été confiée par ordonnance de
Monsieur le Président du Tribunal de Commerce de … en date du …
gh
concernant la fusion par voie d’absorption de la société X par la société Y,
nous avons établi le présent rapport sur la rémunération des apports prévu
par l’article L. 236-10 du Code de commerce, étant précisé que notre
appréciation sur la valeur des apports fait l’objet d’un rapport distinct.
La rémunération des apports résulte du rapport d’échange qui a été arrêté
ri

dans le projet de traité de fusion signé par les représentants des sociétés
concernées en date du … Il nous appartient d’exprimer un avis sur le
caractère équitable du rapport d’échange. A cet effet, nous avons effectué
nos diligences selon les normes de la Compagnie nationale des commis-
py

saires aux comptes applicables à cette mission ; ces normes requièrent la


mise en œuvre de diligences destinées, d’une part, à vérifier que les valeurs
relatives attribuées aux actions des sociétés participant à l’opération sont
pertinentes et, d’autre part, à analyser le positionnement du rapport
d’échange par rapport aux valeurs relatives jugées pertinentes.
Co

1. Présentation de l’opération
La présentation de l’opération est effectuée :
• soit de façon synthétique, par renvoi au traité de fusion et/ou au rapport
du conseil d’administration ;

(1) Il convient d’adapter le vocabulaire de ces paragraphes et la référence aux textes en


fonction de la forme juridique des entités et de l’opération concernées.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 151
COMMISSARIAT A LA FUSION

• soit de façon plus détaillée, par référence aux éléments donnés à titre
indicatif au paragraphe .38- de la présente norme.

2. Vérification de la pertinence des valeurs relatives attribuées aux


actions des sociétés participant à l’opération

C
Dans cette partie, le commissaire à la fusion :
• récapitule les valeurs relatives attribuées aux actions des sociétés partici-

NC
pant à l’opération, telles qu’elles ressortent du traité de fusion, et rappelle
les principales modalités de calcul de ces valeurs ;
• précise les travaux effectués pour vérifier la pertinence des valeurs rela-
tives :
– examen des critères et méthodes présentés dans le traité de fusion afin

•…
tC
de s’assurer de leur caractère adéquat en l’espèce,
– examen de l’application ou de la mise en œuvre de ces critères et
méthodes pour la détermination des valeurs relatives présentées dans le
traité de fusion ;

– met en évidence les points utiles à une bonne information des action-
gh
naires concernant les critères et méthodes retenus, ainsi que leurs
modalités d’application et de mise en œuvre,
– formule, le cas échéant, les observations qu’il estime nécessaires, affec-
tant la pertinence des valeurs relatives.
ri

3. Appréciation du caractère équitable du rapport d’échange proposé


Dans cette partie, le commissaire à la fusion :
• rappelle le rapport d’échange proposé ;
py

• précise, compte tenu des observations éventuelles formulées précédem-


ment sur les valeurs relatives, les données à partir desquelles il est conduit
à apprécier le rapport d’échange proposé ;
• décrit les travaux effectués pour vérifier le caractère équitable du rapport
Co

d’échange :
– analyse du positionnement du rapport d’échange par rapport aux
valeurs relatives jugées pertinentes,
– mesure de l’incidence du rapport d’échange sur la situation future des
différentes catégories d’actionnaires,
–…
• formule, le cas échéant, les observations qu’il estime nécessaires, affec-
tant le caractère équitable du rapport d’échange.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


152 ANNEXES
COMMISSARIAT A LA FUSION

Le commissaire à la fusion conclut conformément aux modèles de conclu-


sion annexés ci-après.

Modèles de conclusion

C
.M1 - Conclusion favorable (en cas de fusion)

NC
En conclusion de nos travaux, nous sommes d’avis que le rapport d’échange
de y actions Y (société absorbante) pour x actions X (société absorbée) est
équitable.

.M1 bis – Conclusion favorable (en cas d’apport partiel d’actif


placé sous le régime des scissions)
tC
En conclusion de nos travaux, nous sommes d’avis que la rémunération pro-
posée pour l’apport conduisant à émettre y actions Y (société bénéficiaire
des apports) est équitable.

.M2 - Conclusion défavorable (avec observation(s) remettant en


gh
cause le caractère équitable)

En conclusion de nos travaux, et compte tenu des observations qui précé-


dent, nous sommes d’avis que le rapport d’échange de y actions Y (société
absorbante) pour x actions X (société absorbée) n’est pas équitable.
ri

.M3 - Conclusion défavorable (limitation ou incertitudes)

Sur la base de nos travaux, et compte tenu des observations qui précédent,
py

nous ne sommes pas en mesure de conclure sur le caractère équitable du rap-


port d’échange de y actions Y (société absorbante) pour x actions X (société
absorbée).
Lieu, date et signature
Co

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 153

ANNEXE 3 :
RAPPEL DES TEXTES CONCERNANT
LE COMMISSARIAT AUX APPORTS
ET LE COMMISSARIAT A LA FUSION

C
Le rappel des textes ci-après concerne essentiellement les interventions des
commissaires aux apports et à la fusion et n'a pas pour objectif de couvrir

NC
l'ensemble des règles applicables aux sociétés dans le cadre de ces opérations.
Les textes sont présentés par nature d'opération en distinguant successive-
ment les sociétés anonymes et les sociétés à responsabilité limitée.

tC
1.1.1 COMMISSARIAT AUX APPORTS

A. APPORTS EN NATURE DANS LE CADRE D'UNE SOCIETE EN VOIE DE


CONSTITUTION
gh
a) Sociétés anonymes
* Constitution avec appel public à l'épargne
- Article L. 225-8
« En cas d'apports en nature comme au cas de stipulation d'avantages
ri

particuliers au profit de personnes associées ou non, un ou plusieurs


commissaires aux apports sont désignés par décision de justice, à la
demande des fondateurs ou de l'un d'entre eux. Ils sont soumis aux
py

incompatibilités prévues à l'article 220.


Ces commissaires apprécient, sous leur responsabilité, la valeur des
apports en nature et les avantages particuliers. Le rapport déposé au
greffe, avec le projet de statuts, est tenu à la disposition des souscrip-
Co

teurs, dans les conditions déterminées par décret.


L'assemblée générale constitutive statue sur l'évaluation des apports en
nature et l'octroi d'avantages particuliers. Elle ne peut les réduire qu'à
l'unanimité de tous les souscripteurs.
A défaut d'approbation expresse des apporteurs et des bénéficiaires
d'avantages particuliers, mentionnée au procès-verbal, la société n'est
pas constituée. »

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


154 ANNEXES
TEXTES CONCERNANT LES DEUX MISSIONS

- Article D. 64

« Les commissaires aux apports sont choisis parmi les commissaires aux
comptes inscrits sur la liste prévue à l'article 219 de la loi sur les sociétés
commerciales, ou parmi les experts inscrits sur une des listes établies par

C
les cours et tribunaux.

Ils sont désignés par le président du tribunal de commerce, statuant sur

NC
requête.

Ils peuvent se faire assister, dans l'accomplissement de leur mission, par


un ou plusieurs experts de leur choix. Les honoraires de ces experts sont
à la charge de la société. »

- Article D. 64.1
tC
(Décret n° 82-460 du 2 juin 1982)

« Le rapport des commissaires aux apports décrit chacun des apports,


indique quel mode d'évaluation a été adopté et pourquoi il a été retenu,
gh
affirme que la valeur des apports correspond au moins à la valeur au
nominal des actions à émettre augmentée éventuellement de la prime
d'émission. »

- Article D. 65
ri

« Le rapport des commissaires aux apports est déposé huit jours au moins
avant la date de l'assemblée générale constitutive à l'adresse prévue du
siège social indiqué dans le bulletin de souscription et au greffe du tribu-
py

nal de commerce dans le ressort duquel est situé ce siège.

Il est tenu à la disposition des souscripteurs qui peuvent en prendre


connaissance ou obtenir la délivrance d'une copie intégrale ou partielle. »
Co

* Constitution sans appel public à l'épargne

- Article L. 225-14

« Les statuts contiennent l'évaluation des apports en nature. Il y est pro-


cédé au vu d'un rapport annexé aux statuts et établi, sous sa responsabi-
lité, par un commissaire aux apports.

Si des avantages particuliers sont stipulés, la même procédure est suivie. »

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 155
TEXTES CONCERNANT LES DEUX MISSIONS

- Article D. 73

« Le rapport des commissaires aux apports est tenu, à l'adresse prévue du


siège social, à la disposition des futurs actionnaires, qui peuvent en
prendre copie, trois jours au moins avant la date de la signature des sta-
tuts. »

C
L'article D. 72 prévoit également que les dispositions des articles 64 et 64-1

NC
concernant les commissaires aux apports sont également applicables aux
sociétés qui ne font pas appel public à l'épargne.

b) Sociétés à responsabilité limitée

- Article L.223-9

tC
« Les statuts doivent contenir l'évaluation de chaque apport en nature. Il
y est procédé au vu d'un rapport annexé aux statuts et établi sous sa res-
ponsabilité par un commissaire aux apports désigné à l'unanimité des
futurs associés ou à défaut par une décision de justice à la demande du
futur associé le plus diligent. »
gh
(Loi n° 84-148 du 1er mars 1984)

« Toutefois, les futurs associés peuvent décider à l'unanimité que le


recours à un commissaire aux apports ne sera pas obligatoire, lorsque la
valeur d'aucun apport en nature n'excède 50 000 F et si la valeur totale
ri

de l'ensemble des apports en nature non soumis à l'évaluation d'un commis-


saire aux apports n'excède pas la moitié du capital. »
py

(Loi n° 85-697 du 11 juillet 1985)

« Lorsque la société est constituée par une seule personne, le commis-


saire aux apports est désigné par l'associé unique. Toutefois, le recours à
un commissaire aux apports n'est pas obligatoire si les conditions pré-
Co

vues à l'alinéa précédent sont réunies. »

(Loi n° 8-15 du 5 janvier 1988)

« Lorsqu'il n'y a pas eu de commissaire aux apports ou lorsque la valeur


retenue est différente de celle proposée par le commissaire aux apports,
les associés sont solidairement responsables pendant cinq ans, à l'égard
des tiers, de la valeur attribuée aux apports en nature lors de la constitu-
tion de la société. »

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


156 ANNEXES
TEXTES CONCERNANT LES DEUX MISSIONS

- Article D. 25

« Le commissaire aux apports est choisi parmi les commissaires aux comptes
inscrits sur la liste prévue à l'article 219 de la loi sur les sociétés commerciales
ou parmi les experts inscrits sur l'une des listes établies par les cours et tribu-
naux.

C
Il est désigné, le cas échéant, par ordonnance du président du tribunal de

NC
commerce, statuant sur requête, notamment dans le cas prévu à l'article 62, ali-
néa 1er, de la loi précitée. »

(L'article L. 223-33 fait référence à une augmentation de capital réalisée, soit


en totalité, soit en partie, par des apports en nature).

tC
B. APPORTS EN NATURE A UNE SOCIÉTÉ EXISTANTE

a) Apport d'un bien coté ou d'une branche d'activité

(i) Sociétés anonymes

- Article L. 225-147
gh
(Loi 88-17 du 5 janvier 1988)

« En cas d'apports en nature ou de stipulation d'avantages particuliers,


un ou plusieurs commissaires aux apports sont désignés, par décision de
justice. Ils sont soumis aux incompatibilités prévues à l'article 220.
ri

Ces commissaires apprécient, sous leur responsabilité, la valeur des


apports en nature et les avantages particuliers. Leur rapport est mis à la
py

disposition des actionnaires dans les conditions déterminées par décret.


Les dispositions de l'article 82 sont applicables à l'assemblée générale
extraordinaire.

Si l'assemblée approuve l'évaluation des apports et l'octroi d'avantages


Co

particuliers, elle constate la réalisation de l'augmentation du capital.

Si l'assemblée réduit l'évaluation des apports ainsi que la rémunération


d'avantages particuliers, l'approbation expresse des modifications par
les apporteurs, les bénéficiaires ou leurs mandataires dûment autorisés
à cet effet, est requise. A défaut, l'augmentation du capital n'est pas
réalisée.

Les actions d'apport sont intégralement libérées dès leur émission. »

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 157
TEXTES CONCERNANT LES DEUX MISSIONS

- Article D. 169
« En cas d'apports en nature ou de stipulation d'avantages particuliers,
les commissaires aux apports sont désignés et accomplissent leur mis-
sion dans les conditions prévues à l'article 64. (Décret n° 82-460 du
2 juin 1982). Les dispositions de l'article 64-1 sont applicables.

C
Le rapport des commissaires aux apports est tenu au siège social, à la
disposition des actionnaires, huit jours au moins avant la date de

NC
l'assemblée générale extraordinaire. »

(ii) Sociétés à responsabilité limitée

- Article L. 223-33

tC
« Si l'augmentation du capital est réalisée, soit en totalité, soit en partie,
par des apports en nature, les dispositions de l'article 40, alinéa 1er, sont
applicables (Loi n° 67-16 du 4 janvier 1967, art. 2). Toutefois, le commis-
saire aux apports est nommé par décision de justice à la demande d'un
gérant. »
gh
(Loi n° 88-15 du 5 janvier 1988)
« Lorsqu'il n'y a pas eu de commissaire aux apports ou lorsque la valeur
retenue est différente de celle proposée par le commissaire aux apports,
les gérants de la société et les personnes ayant souscrit à l'augmentation
du capital sont solidairement responsables pendant cinq ans, à l'égard
ri

des tiers, de la valeur attribuée auxdits apports. »

b) Fusion ou scission
py

(i) Sociétés anonymes

- Article D. 260

En cas de fusion
Co

« Les commissaires aux apports vérifient notamment que le montant de


l'actif net apporté par les sociétés absorbées est au moins égal au mon-
tant de l'augmentation du capital de la société absorbante ou au mon-
tant du capital de la société nouvelle issue de la fusion.

En cas de scission
La même vérification est faite en ce qui concerne le capital des sociétés
bénéficiaires de la scission. »

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


158 ANNEXES
TEXTES CONCERNANT LES DEUX MISSIONS

(ii) Sociétés à responsabilité limitée

- Article L. 236-24

(Loi n° 88-17 du 5 janvier 1988)

C
« La société qui apporte une partie de son actif à une autre société et la
société qui bénéficie de cet apport peuvent décider d'un commun accord
de soumettre l'opération aux dispositions applicables en cas de scission

NC
par apports à des sociétés à responsabilité limitée existantes. »

1.1.2 COMMISSARIAT À LA FUSION

A. SOCIÉTÉS ANONYMES

- Article L. 236-10
tC
(Loi n° 88-17 du 5 janvier 1988)
gh
« Un ou plusieurs commissaires à la fusion, désignés par décision de jus-
tice, établissent sous leur responsabilité un rapport écrit sur les moda-
lités de la fusion. Ils peuvent obtenir auprès de chaque société communi-
cation de tous documents utiles et procéder à toutes vérifications
ri

nécessaires. Ils sont soumis à l'égard des sociétés participantes aux


incompatibilités prévues à l'article 220.
Les commissaires à la fusion vérifient que les valeurs relatives attribuées
py

aux actions des sociétés participant à l'opération sont pertinentes et que


le rapport d'échange est équitable.
Le ou les rapports des commissaires à la fusion sont mis à la disposition
des actionnaires. Ils doivent :
Co

• indiquer la ou les méthodes suivies pour la détermination du rapport


d'échange proposé ;
• indiquer si cette ou ces méthodes sont adéquates en l'espèce et men-
tionner les valeurs auxquelles chacune de ces méthodes conduit, un
avis étant donné sur l'importance relative donnée à ces méthodes
dans la détermination de la valeur retenue ;
• indiquer en outre les difficultés particulières d'évaluation s'il en existe. »

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 159
TEXTES CONCERNANT LES DEUX MISSIONS

(Loi n° 94-126 du 11 février 1994)

« En outre, les commissaires à la fusion apprécient sous leur responsabi-


lité la valeur des apports en nature et les avantages particuliers et éta-
blissent à cet effet le rapport prévu à l'art. 193 ».

C
- Article L. 236-11

(Loi n° 88-17 du 5 janvier 1988)

NC
« Lorsque, depuis le dépôt au greffe du tribunal de commerce du projet
de fusion et jusqu'à la réalisation de l'opération, la société absorbante
détient en permanence la totalité des actions représentant la totalité du
capital des sociétés absorbées, il n'y a lieu ni à approbation de la fusion

tC
par l'assemblée générale extraordinaire des sociétés absorbées ni à l'éta-
blissement des rapports mentionnés aux articles 376, dernier alinéa, et
377. »

(Loi n°94-126 du 11 février 1994)

« L'assemblée générale extraordinaire de la société absorbante statue au


gh
vu du rapport d'un commissaire aux apports, conformément aux disposi-
tions de l'article 193 ».

- Article L. 236-16

(Loi n° 88-17 du 5 janvier 1988)


ri

« Les articles 376, 377 et 378 (abrogé) sont applicables à la scission. »


py

- Article L. 236-17

(Loi n° 88-17 du 5 janvier 1988)

« Lorsque la scission doit être réalisée par apports à des sociétés ano-
nymes nouvelles, chacune des sociétés nouvelles peut être constituée
Co

sans autre apport que celui de la société scindée.

En ce cas, et si les actions de chacune des sociétés nouvelles sont attri-


buées aux actionnaires de la société scindée proportionnellement à leurs
droits dans le capital de cette société, il n'y a pas lieu à l'établissement
du rapport mentionné à l'article 377.

Dans tous les cas, les projets de statuts des sociétés nouvelles sont
approuvés par l'assemblée générale extraordinaire de la société scindée.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


160 ANNEXES
TEXTES CONCERNANT LES DEUX MISSIONS

Il n'y a pas lieu à approbation de l'opération par l'assemblée générale de


chacune des sociétés nouvelles. »

- Article D. 257

« Les commissaires à la fusion ou à la scission sont désignés et accom-

C
plissent leur mission dans les conditions prévues à l'article 64.

S'il n'est établi qu'un seul rapport pour l'ensemble de l'opération, la dési-

NC
gnation a lieu sur requête conjointe de toutes les sociétés participantes. »

- Article D. 258

« Toute société par actions participant à une opération de fusion ou de


scission doit mettre à la disposition de ses actionnaires, au siège social,
tC
un mois au moins avant la date de l'assemblée générale appelée à se
prononcer sur le projet, les documents suivants :

1° Le projet de fusion ou de scission ;

2° Les rapports mentionnés aux articles 376 et 377 de la loi sur les
gh
sociétés commerciales ;

3° Les comptes annuels approuvés par les assemblées générales ainsi


que les rapports de gestion des trois derniers exercices des sociétés
participant à l'opération ;
ri

4° Un état comptable établi selon les mêmes méthodes et suivant la


même présentation que le dernier bilan annuel, arrêté à une date qui,
si les derniers comptes annuels se rapportent à un exercice dont la fin
py

est antérieure de plus de six mois à la date du projet de fusion ou de


scission, doit être antérieure de moins de trois mois à la date de ce
projet.

(Décret n°91-153 du 7 février 1991)


Co

« Pour l'application du 3° ci-dessus, si l'opération doit être décidée avant


que les comptes annuels du dernier exercice clos aient été approuvés, ou
moins d'un mois après leur approbation, doivent être mis à la disposition
des actionnaires les comptes annuels arrêtés et certifiés relatifs à cet
exercice et les comptes annuels approuvés des deux exercices précé-
dents ainsi que les rapports de gestion. Dans le cas où le conseil d'admi-
nistration ne les a pas encore arrêtés, l'état comptable visé au 4° ci-des-

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 161
TEXTES CONCERNANT LES DEUX MISSIONS

sus et les comptes annuels approuvés des deux exercices précédents


ainsi que les rapports de gestion doivent être mis à la disposition des
actionnaires ».

Tout actionnaire peut obtenir sur simple demande et sans frais, copie

C
totale ou partielle des documents susvisés.

En outre, toute société à responsabilité limitée à laquelle l'article 377 de

NC
la loi sur les sociétés commerciales est applicable doit mettre à la dispo-
sition de ses associés, dans les conditions susvisées, le rapport prévu
audit article. En cas de consultation par écrit, ce rapport est adressé aux
associés avec le projet de résolution qui leur est soumis. »

B. SOCIÉTÉS A RESPONSABILITÉ LIMITÉE

- Article L. 236-23

(Loi n° 88-17 du 5 janvier 1988)


tC
gh
« Les dispositions des articles 377 (loi n° 89-1008 du 31 décembre 1989)
"378-1", 381, 385 et 386 sont applicables aux fusions ou aux scissions des
sociétés à responsabilité limitée au profit de sociétés de même forme. Lorsque
l'opération est réalisée par apports à des sociétés à responsabilité limitée exis-
tantes, les dispositions de l'article 378 (abrogé) sont également applicables.
ri

Lorsque la fusion est réalisée par apports à une société à responsabilité limitée
nouvelle, celle-ci peut être constituée sans autres apports que ceux des sociétés
py

qui fusionnent.

Lorsque la scission est réalisée par apports à des sociétés à responsabilité nou-
velles, celles-ci peuvent être constituées sans autre apport que celui de la
société scindée. En ce cas, et si les parts de chacune des sociétés nouvelles sont
Co

attribuées aux associés de la société scindée proportionnellement à leurs droits


dans le capital de cette société, il n'y a pas lieu à l'établissement du rapport
mentionné à l'article 377.

Dans les cas prévus aux deux alinéas précédents, les associés des sociétés qui
disparaissent peuvent agir de plein droit en qualité de fondateurs des sociétés
nouvelles et il est procédé conformément aux dispositions régissant les sociétés
à responsabilité limitée. »

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


162 ANNEXES
TEXTES CONCERNANT LES DEUX MISSIONS

1.1.3 COMMISSARIAT À LA SCISSION

A. SOCIÉTÉS ANONYMES
- Article L. 236-22

C
« La société qui apporte une partie de son actif à une autre société et la
société qui bénéficie de cet apport peuvent décider d'un commun accord

NC
de soumettre l'opération aux dispositions des articles 382 à 386. »
B. SOCIÉTÉS A RESPONSABILITÉ LIMITÉE
- Article L. 236-24

tC
(Loi n° 88-17 du 5 janvier 1988)
« La société qui apporte une partie de son actif à une autre société (1) et
la société qui bénéficie de cet apport peuvent décider d'un commun
accord de soumettre l'opération aux dispositions applicables en cas de
scission par apports à des sociétés à responsabilité limitée existantes. »
ri gh
py
Co

(1) On parle alors « d'apport partiel d'actif »

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


163

ANNEXE 4
SUPPORTS OPÉRATIONNELS

SOMMAIRE

C
NC
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS 164

4.1 Fiche d’acceptation de mission 164


4.2 Exemple de lettre d’accusé de réception au Tribunal de commerce 166

tC
4.3 Exemple de lettre d’acceptation et lettre de refus de la mission
4.4 Exemple de plan d’organisation de dossier
4.5 Fusions et apports partiels d’actif : contrôles possibles des aspects
167
168

4.5 formels 170


gh
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX
APPORTS 182

4.6 Liste aide-mémoire des principales vérifications 182


ri

4.7 Lettre d’affirmation 193


py

SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA


FUSION 194

4.8 Liste aide-mémoire des principales vérifications 194


Co

4.9 Lettre d’affirmation 198

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


164 ANNEXES

SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

4.1 FICHE D’ACCEPTATION DE MISSION

Dossier Commissariat aux apports/à la fusion Réf. :

C
Fiche d’acceptation de mission Page :

NC
Exercice Collaborateur Date :

1. INFORMATIONS SUR L’ (OU LES) ENTREPRISE(S)


Société Absorbée Société Absorbante
Raison sociale .............................................................................................................................
Activité .........................................................................................................................................
tC
Adresse .........................................................................................................................................
Tél. ..................................................................................................................................................
Dirigeants ....................................................................................................................................
Contacts .......................................................................................................................................
.........................................................................................................................................................
gh
C A H T ..........................................................................................................................................
Effectif ..........................................................................................................................................
Groupe. ..........................................................................................................................................
.........................................................................................................................................................
Filiales ...........................................................................................................................................
Expert-comptable ......................................................................................................................
ri

Commissaire aux comptes ......................................................................................................


Autres auditeurs ........................................................................................................................
Conseils juridiques ....................................................................................................................
py

2. OBJECTIF ET MODALITÉS DE L’OPÉRATION


Objectif recherché (1) ..............................................................................................................
.........................................................................................................................................................
Modalités principales de l’opération (1) .............................................................................
Co

.........................................................................................................................................................
Calendrier de l’opération .........................................................................................................
.........................................................................................................................................................

3. HONORAIRES
Temps prévus ..............................................................................................................................
Honoraires prévus ......................................................................................................................
(1) Références éventuelles au contrat d’apport ou de fusion, aux procès-verbaux du conseil d’admi-
nistration, du directoire, etc.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 165
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

Dossier Commissariat aux apports/à la fusion Réf. :


Fiche d’acceptation de mission Page :
Exercice Collaborateur Date :

C
4. RÉSUMÉ DES CRITÈRES À CONSIDÉRER

Commentaires ou références

NC
• Indépendance ............................................................................
• Disponibilité du commissaire ............................................................................
• Disponibilité des collaborateurs ............................................................................
• Compétence nécessaire disponible
• Possibilité d’appel à des experts
tC............................................................................
............................................................................
......................................................................... ............................................................................
......................................................................... ............................................................................
gh
......................................................................... ............................................................................
• Délais suffisants ............................................................................
• Particularités de l’opération ............................................................................
• Options retenues par les dirigeants ............................................................................
ri

• Honoraires suffisants ............................................................................


• Diligences non limitées ............................................................................
py

COMMENTAIRES

.........................................................................................................................................................
.........................................................................................................................................................
Co

.........................................................................................................................................................

5. PROCÉDURE D’APPROBATION

Acceptation de la mission ❐ Envoi lettre d’acceptation (1) ❐


Refus de la mission ❐ Envoi lettre de refus (1) ❐

(1) Exemplaire ci-joint.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


166 ANNEXES
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

4.2 LETTRE D’ACCUSÉ DE RÉCEPTION AU TRIBUNAL DE COMMERCE

NB : Cette lettre est totalement

C
facultative pour l’acceptation. En
revanche une réponse est obligatoire

NC
en cas de refus.
Monsieur le Greffier du
Tribunal de Commerce
de ……………………………

Paris, le 2 mars 2000


NOM - Prénom du CAC
Adresse :
Tél. :
tC
gh
Fax :

OPÉRATION D’APPORT/FUSION

Monsieur,
ri

Je vous accuse réception de l’ordonnance n°… du .../.../2000 me nommant


Commissaire à la Fusion dans l’opération d’apport/fusion envisagée par le
Groupe « D ».
py

Je prends immédiatement contact avec mes confrères « Commissaires aux


comptes » et avec la direction du Groupe « D ».
Je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments distingués.
Co

Le Commissaire à la Fusion

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 167
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

4.3 LETTRE D’ACCEPTATION ET LETTRE DE REFUS DE LA MISSION

LETTRE DE REFUS DE LA MISSION DU CAP OU DU CAF


(Exemple de formulation)

C
Monsieur le Président
du Tribunal de commerce

NC
de ……
(Copie aux fondateurs ou aux dirigeants des sociétés concernées)
Monsieur,

tC
Par ordonnance du ……… vous m’avez désigné en qualité de commissaire
aux apports (ou de CAF) dans le cadre de l’opération ………
J’ai le regret de vous informer que, …… (motifs) ………., je ne suis pas en
mesure d’accepter cette mission.
Veuillez …
gh
LETTRE D’ACCEPTATION DE LA MISSION DU CAP OU DU CAF
(Éléments de contenu)
ri

• référence à l’ordonnance du président du Tribunal de commerce,


• rappel des objectifs de la mission,
py

• intervenants,
• normes de travail et modalités de l’exécution des contrôles,
• période d’intervention,
• délais,
Co

• estimation des honoraires (compte tenu, s’il y a lieu, de l’utilisation


d’experts).

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


168 ANNEXES
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

4.4 EXEMPLE DE PLAN D’ORGANISATION DE DOSSIER

Plan d’organisation du dossier

C
Correspondance
1 Requête conjointe au Président du Tribunal de Commerce

NC
Nomination CAP - CAF
2 Ordonnance du Président du Tribunal de Commerce
3 Propositions d’honoraires
4 Documents à obtenir
5 Lettre d’affirmation
Informations générales
1
2
3
tC
Réunion préliminaire
Présentation du groupe
Organigramme
4 Économie générale de l’opération
gh
Informations Financières et Comptables
1 Société absorbante
1-1 Comptes annuels
1-2 Rapport du commissaire aux comptes
ri

1-3 Notes de synthèse du commissaire aux comptes


2 Société absorbée
2-1 Comptes annuels
py

2-2 Rapport du commissaire aux comptes


2-3 Notes de synthèse du commissaire aux comptes
Informations Juridiques
Co

1 Projet de Traité de fusion


2 Société Absorbée
2-1 Extrait K-Bis
2-2 Statuts
2-3 Dernière Assemblée d’actionnaires
2-4 Rapport de gestion
3 Société Absorbante
3-1 Extrait K-Bis

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 169
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

3-2 Statuts
3-3 Dernière Assemblée d’actionnaires
3-4 Rapport de gestion
3-5 Contrôle détention 100 % du capital de l’absorbée
(procédure de fusion simplifiée)

C
DILIGENCES DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

NC
1. Description des apports
2. Diligences sur les valeurs individuelles
3. Diligences sur la Valeur globale
DILIGENCES DU COMMISSAIRE À LA FUSION
1. Valeurs relatives
tC
2. Caractère équitable du rapport d’échange
ri gh
py
Co

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


170 ANNEXES
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

4.5 FUSIONS ET APPORTS PARTIELS D’ACTIFS :


CONTRÔLES POSSIBLES DES ASPECTS FORMELS

Les contrôles proposés ci-après ne sont ni obligatoires, ni exhaustifs. Ils per-

C
mettent au commissaire aux apports et à la fusion, s’ils interviennent suffi-
samment en amont de l’opération, de suggérer les améliorations qui leur

NC
semble utiles à son bon déroulement.

FUSIONS ET APPORTS PARTIELS D’ACTIF

Sociétés concernées :
tC
Contrôles possibles des aspects formels

Société absorbante ou bénéficiaire des apports :


......................................................................................................................
gh
Société absorbée ou apporteuse :
......................................................................................................................
ri

Ce questionnaire couvre les prescriptions légales et réglementaires


concernant :
– les dispositions d’ordre général sur les fusions ou apports partiels d’actifs ;
py

– le contenu du projet de fusion, y compris les aspects fiscaux ;


– le contenu des rapports des conseils d’administration et du directoire aux
assemblées générales extraordinaires des sociétés en présence ;
– les formalités de publicité.
Co

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 171
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

ASPECTS JURIDIQUES Oui Non N/a Réf.


1. DISPOSITIONS GÉNÉRALES
1.1 Lorsque la société absorbante détient la
totalité des actions ou parts de la société

C
absorbée :
• la fusion est-elle soumise au régime de

NC
fusion simplifiée prévu à l’article L. 236-11 ?
• si oui, les actes de cession de parts ou
ordres de mouvements (actions) attestent-
ils que les actions ou parts de l’absorbée
ont toutes été acquises par la société
absorbante au plus tard au jour du dépôt au
greffe du projet de fusion ?
tC
• lorsque l’absorbante détient les parts ou
actions de l’absorbée, ou lorsque l’absorbée
détient ses propres actions ou parts, l’ab-
sorbante a-t-elle renoncé, dans le projet de
fusion, à émettre les actions rémunérant sa
gh
participation dans l’absorbée (article L 236-3
2e alinéa 1 : fusion -renonciation) ?
1.2 Dans l’hypothèse où la fusion serait rémuné-
rée non seulement par les actions de l’ab-
sorbante, mais également par une soulte,
ri

celle-ci n’excède-t-elle pas 10 % de la valeur


nominale des parts ou actions attribuées
(article L. 236-1, 4e alinéa) (1) ?
py

1.3 Dans le cas où l’absorbée détient des


actions ou parts de l’absorbante :
• celle-ci a-t-elle opté pour la réduction du
capital d’un montant égal à la valeur nomi-
nale des actions ou parts détenues par l’ab-
Co

sorbée (2) ?
• si oui, est-il prévu dans le traité de fusion
d’ajuster la prime de fusion de la différence
entre la valeur d’apport et la valeur nominale
des actions annulées ?

(1) Si la soulte excède 10 %, on est en présence d’une dissolution suivie d’une liquidation et non
d’une fusion.
(2) Ce choix ne rend pas nécessaire la mise en oeuvre du formalisme propre aux réductions de
capital.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


172 ANNEXES
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

ASPECTS JURIDIQUES Oui Non N/a Réf.


• dans le cas où la société absorbante décide
de conserver ses propres actions ou parts,
a-t-on vérifié qu’il s’agit d’une société par
actions et qu’elle ne possède pas plus de 10

C
% de son capital (compte tenu des autres
actions propres qu’elle détiendrait déjà).(3)

NC
1.4 Fusion : Principe de la transmission universelle
du patrimoine (droits, biens obligations et
créances) :
La transmission des biens envisagée respecte-t-elle :
• l’accord du ou des cocontractants pour les

tC
contrats intuitu personae ?
• l’accord de l’autorisation administrative
pour les contrats administratifs ?
• pour les sociétés dont les titres de partici-
pation sont apportés, existe-t-il une clause
statutaire prévoyant un agrément en cas de
gh
fusion et si oui la procédure d’agrément a-
t-elle été respectée ?
1.5 Prise d’effet de l’opération
• la période de rétroactivité n’est-elle ni
antérieure à la date de clôture du dernier
ri

exercice clos de la société absorbée ou


apporteuse, ni postérieure à la date de clô-
ture de l’exercice en cours de la société
bénéficiaire ?
py

• en cas d’apport à une société nouvelle, la


date d’effet n’est-elle pas antérieure à sa
date d’immatriculation ?
1.6 Lorsque la société absorbée a émis des obliga-
Co

tions convertibles en actions ou des obliga-


tions avec bons de souscription d’actions est-
il prévu de réunir l’assemblée générale de
l’absorbante pour qu’elle renonce au droit pré-
férentiel de souscription pour les actions à
émettre à la suite des conversions ou de l’exer-
cice des bons (articles L. 225-164, 3e alinéa et L.
225-156, 2e alinéa) ?

(3) Article L. 233-29 du Code de commerce.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 173
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

ASPECTS JURIDIQUES Oui Non N/a Réf.


1.7 Lorsque la société absorbante ou la société
absorbée, ou la société bénéficiaire de l’apport
partiel d’actif, a émis des O.B.S.A. ou des O.C.,
a-t-elle usé de la possibilité offerte par la loi

C
de suspendre l’exercice des droits de souscrip-
tion ou des droits à conversion (article L. 194-

NC
1, ler alinéa et D. 174-3) ?

1.8 En présence de valeurs mobilières composées


autres que des obligations convertibles et des
obligations avec bons de souscription, ainsi
qu’en cas d’options de souscription d’ac-

tC
tions, les contrats propres à ces émissions
prévoient-ils la suspension des droits ?

1.9 Les aspects sociaux suivants ont-ils été


examinés ? :
• préalablement à la réunion des conseils
gh
d’administration arrêtant le principe de la
fusion ou de l’apport, le comité d’entreprise
de chaque société a-t-il été consulté ?
• harmonisation des régimes sociaux, notam-
ment concernant les caisses de retraite, des
ri

droits additionnels en matière de retraite ?


• contrats de participation et d’intéressement ?
• conventions collectives ?
py

1.10 L’objet social de la société bénéficiaire des


apports ou de la société absorbante est-il
compatible avec l’activité de la société absor-
bée ou celle de la branche apportée ?
Co

2. PROJET DE FUSION OU D’APPORT PARTIEL


D’ACTIF

2.1 Le projet de fusion ou d’apport contient-il


les énonciations suivantes (article D. 254) ?
• la forme, la dénomination et le siège social
de toutes les sociétés participantes ;

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


174 ANNEXES
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

ASPECTS JURIDIQUES Oui Non N/a Réf.


• les motifs, buts et conditions de la fusion
ou de la scission ;
• les dates auxquelles ont été arrêtés les

C
comptes des sociétés intéressées utilisés
pour établir les conditions de l’opération (4) ;
• la date à partir de laquelle les opérations de

NC
la société absorbée ou scindée seront, du
point de vue comptable, considérées
comme accomplies par la ou les sociétés
bénéficiaires des apports ;
• la désignation et l’évaluation de l’actif et

tC
du passif dont la transmission aux sociétés
absorbantes ou nouvelles est prévue ;
• le rapport d’échange des droits sociaux et,
le cas échéant, le montant de la soulte ;
• le montant prévu de la prime de fusion ou
de scission ;
gh
• les modalités de remise des parts ou actions
et la date à partir de laquelle ces parts ou
actions donnent droit aux bénéfices, ainsi que
toute modalité particulière relative à ce droit ;
• les droits accordés aux associés ayant des
ri

droits spéciaux et aux porteurs de titres


autres que des actions (par exemple, les
titulaires de certificats d’investissement),
py

ainsi que, le cas échéant, tous avantages


particuliers.
2.2 Les mentions suivantes figurent-elles éga-
lement dans le projet de fusion ou d’APA ? :
• conditions suspensives (approbation de
Co

l’opération par l’autre société, autorisations


administratives, agréments ..) ;

(4) Un état comptable intermédiaire de moins de trois mois à la date du projet de fusion doit être
établi pour chaque société, dans le cas où les derniers comptes annuels se rapportent à un
exercice clos depuis plus de six mois à la date du projet de fusion des sociétés participantes.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 175
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

ASPECTS JURIDIQUES Oui Non N/a Réf.


• modalités de reprise des engagements liés à
l’émission par l’absorbante des valeurs mobi-
lières composées (O.C., O.B.S.A.) ou de stock
options.

C
2.3 Annexes au projet de traité

NC
Les annexes contiennent-elles les éléments suivants ? :
• engagements hors-bilan ;
• détail des immobilisations ;
• listes des baux ;
• litiges en cours ;
• liste des biens immobiliers ;
• liste des contrats ;
• nantissements et privilèges ;
• détail des titres de participation ;
tC
• liste des emprunts ;
gh
• liste des salariés ;
• conventions collectives.
(Liste non exhaustive)
S’assurer, notamment en cas d’APA d’une branche
ri

complète d’activité ou d’une scission, que le pro-


jet de traité contient une liste détaillée des biens,
droits et passifs apportés ?
py

2.4 Signature du projet de fusion ou d’apport


partiel d’actif
• Le projet de fusion a-t-il été arrêté par le
conseil d’administration, le directoire (SA) ou
les assemblées générales (SARL) des sociétés
Co

concernées (article L. 236-6, premier alinéa


D. 254) ?
• Le projet de fusion est-il signé par les
représentants de toutes les sociétés concer-
nées. Ceux-ci ont-ils été habilités par le
conseil d’administration, le directoire (SA)
ou I’A.G.0. (SARL) ?

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


176 ANNEXES
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

ASPECTS JURIDIQUES Oui Non N/a Réf.


3. DÉCISION DES ASSOCIÉS OU ACTIONNAIRES
3.1 Rapport des conseils d’administration
• Le rapport du conseil d’administration ou

C
du directoire à l’assemblée générale extra-
ordinaire de la société absorbante contient-

NC
il les explications et justifications suivantes
(article D 256, premier alinéa) ? :
– analyse économique et juridique du projet,
– précision sur le rapport d’échange et les
méthodes d’évaluation utilisées qui doi-
vent être concordantes,

tC
– difficultés particulières d’évaluation.
• Même question pour le rapport à l’assem-
blée générale extraordinaire de la société
absorbée ?
• Les informations données dans ces rapports
gh
sur le rapport d’échange :
– montrent-elles que l’approche multi-cri-
tères a été retenue ?
– sinon, est-il expliqué les raisons pour les-
quelles l’approche multi-critères n’a pas
ri

été adoptée ?
– ces raisons paraissent-elles suffisantes ?
3.2 Information des actionnaires
py

• Les sociétés ont-elles mis à la disposition


des actionnaires au siège un mois au moins
avant la date de I’AGE les documents sui-
vants ?
– projet de fusion,
Co

– rapport du CA ou du directoire,
– rapport du commissaire à la fusion,
– comptes annuels approuvés par les AG
ainsi que les rapports de gestion des trois
derniers exercices,
– le cas échéant, un état comptable inter-
médiaire.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 177
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

ASPECTS JURIDIQUES Oui Non N/a Réf.


4. FORMALITÉS DE PUBLICITÉ DU PROJET DE
TRAITÉ DE FUSION OU D’APPORT
• Le projet a-t-il fait l’objet d’un avis dans un

C
journal d’annonces légales du département
du siège social par chacune des sociétés
participantes à l’opération (article D. 255) ?

NC
• L’avis contient-il les mentions suivantes ?
– identité des sociétés,
– évaluation globale de l’actif et du passif
transmis,
– rapport d’échange,

scission,
tC
– montant de la prime de fusion ou de

– date du projet de fusion et date et lieu


des dépôts aux greffes de ce projet.
• Le projet a-t-il fait l’objet d’un dépôt au
gh
greffe du tribunal de commerce du lieu du
siège social de chacune des sociétés parti-
cipantes ?
• A l’issue du délai de 30 jours, des créanciers
ont-ils fait des oppositions ?
ri

• Pour les sociétés faisant appel public à


l’épargne, cet avis a-t-il aussi été publié au
B.A.L.O. (article D. 255) ?
py

• Pour les sociétés faisant appel public à


l’épargne, un communiqué pour informer le
public, a-t-il été émis (recommandation
COB) ?

Sociétés dont les titres sont négociés sur un


Co

marché réglementé
• Pour les sociétés bénéficiaires des apports,
dont les titres sont négociés sur un marché
réglementé, l’admission à la cote des nou-
velles actions a-t-elle donné lieu à la
rédaction du document E en annexe du
rapport du conseil d’administration ?

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


178 ANNEXES
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

ASPECTS JURIDIQUES Oui Non N/a Réf.


• Le projet de document E a-t-il été soumis à
la COB deux mois avant l’assemblée ?
• À défaut de document E, la société cotée a-

C
t-elle établi un prospectus ?
• Le document E ou le prospectus ont-ils été

NC
publiés dans un journal d’information éco-
nomique de diffusion nationale ?

tC
ri gh
py
Co

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 179
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

ASPECTS FISCAUX Oui Non N/a Réf.

Engagements fiscaux dans le projet de fusion en


matière d’impôt sur les bénéfices (l’absence
d’engagement rend implicite l’application, aux
fusions, du régime de droit commun des

C
dissolutions de sociétés et, aux apports partiels d’ac-
tif, du régime des plus ou moins-values).

NC
1. L’opération est-elle placée sous le régime de
faveur (article 210 A ou B du CGI) ?

Si oui, le projet de traité de fusion (ou d’apport)


mentionne-t-il de manière expresse l’option ?

tC
2. Dans la mesure où la fusion est placée sous le
régime de faveur, les biens sont-ils apportés
pour leur valeur nette comptable ? (≠ de la
valeur vénale réelle). Le projet de traité
contient-il les informations suffisantes relatives
aux écritures comptables que la société absor-
gh
bante doit reprendre à son bilan (valeur d’origine,
amortissements et provisions pour dépréciation) ?

3. Dans le cas d’une fusion, le projet de traité pré-


voit-il les modalités de reconstitution de la
réserve spéciale des plus-values à long terme et
des provisions réglementées (à l’exception des
ri

amortissements dérogatoires pour les apports à


la valeur réelle), par imputation, le cas échéant,
sur les primes d’apport ou de fusion ?
py

4. Pour les fusions (article 210 A du CGI), la


société absorbante a-t-elle pris l’engagement
dans le projet de fusion :
• de réintégrer dans ses bénéfices impo-
Co

sables, par parts égales, les plus-values


afférentes aux éléments amortissables
reçus en apport ;
• de calculer les plus-values réalisées ultérieu-
rement à l’occasion de la cession des immo-
bilisations non amortissables qui lui sont
apportées d’après la « valeur fiscale » que ces
biens avaient dans la société absorbée ;

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


180 ANNEXES
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

ASPECTS FISCAUX Oui Non N/a Réf.


• de se substituer à la société absorbée pour la
réintégration des plus-values dont l’imposi-
tion avait été différée chez cette dernière ;

C
• de reprendre au passif de son bilan les pro-
visions réglementées autres que les amor-
tissements dérogatoires et la « réserve spé-

NC
ciale des plus-values à long terme »
constituées par la société absorbée ;
• de reprendre à son passif les provisions dont l’im-
position est différée chez la société absorbée ?
• de se substituer à tous les engagements

tC
qu’aurait pu prendre la société absorbée à
l’occasion d’opérations de fusions ou d’ap-
ports partiels d’actifs soumis au régime de
faveur prévu aux articles 210 A et 210 B du
Code Général des Impôts et de calculer
ultérieurement les plus-values de cession
gh
afférentes à ces mêmes titres par référence
à la valeur que les biens initialement
apportés par la société absorbée avaient, du
point de vue fiscal, dans les propres écri-
tures de cette dernière ?
• de conserver les titres de participation que
ri

la société absorbée aurait acquis depuis


moins de deux ans et pour lesquels elle
aurait opté pour le régime des sociétés
py

mères et filiales prévu à l’article 145 du


Code Général des Impôts ?
• d’inscrire à son bilan les éléments autres
que les immobilisations pour la « valeur fis-
cale » qu’ils avaient dans les écritures de la
Co

société absorbée.
5. Pour les apports partiels d’actif (article 210 B
du CGI), l’apport concerne-t-il une branche
complète d’activité ?
Si l’activité concerne exclusivement des titres de
participation, le taux de détention conféré par les
titres permet-il de qualifier fiscalement l’opéra-
tion d’apport de branche complète d’activité ?

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 181
SUPPORTS COMMUNS AUX DEUX MISSIONS

ASPECTS FISCAUX Oui Non N/a Réf.


6. Lorsque les réponses aux deux questions précé-
dentes ont été négatives, l’apport partiel d’actif
a-t-il fait l’objet d’un agrément préalable du
Ministère de I’Économie et des Finances ?

C
7. En l’absence d’agrément, la société apporteuse
s’est-elle engagée dans le projet de fusion :

NC
• à conserver pendant cinq ans les titres
reçus en contrepartie de l’apport ;
• à calculer ultérieurement les plus-values de
cession afférentes à ces mêmes titres par
référence à la valeur que les biens apportés

propres écritures ? tC
avaient du point de vue fiscal dans ses

8. La créance de carry-back détenue par l’absorbée


a-t-elle été éliminée des actifs apportés ? (ou
un agrément a-t-il été obtenu ?)
gh
Engagements en matière de TVA
9. La société absorbante s’est-elle engagée, dans
le projet de fusion, à soumettre à la TVA les
cessions ultérieures de biens et à opérer les
régularisations de déduction auxquelles l’ap-
ri

porteuse aurait été tenue ?


10. A-t-on prévu la mention permettant à l’absor-
bante de bénéficier des avantages de TVA
py

immobilière dont disposait l’absorbée ?


11. La créance de l’absorbée sur I’Etat, née de la
suppression du décalage d’un mois, figure-t-
elle dans les apports ?
Co

12. L’absorbante a-t-elle prévu la déclaration spé-


ciale en matière de TVA prévue en cas de fusion

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


182 ANNEXES

SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION


DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

4.6 LISTE AIDE-MÉMOIRE DES PRINCIPALES VÉRIFICATIONS

C
NC
Dossier Réf. :
Page :
Exercice Date :

tC
COMMISSARIAT AUX APPORTS
Liste aide-mémoire des principales vérifications

Cette liste aide-mémoire développe les vérifications possibles dans le cadre


gh
d’une opération d’apport ; pour l’apport d’éléments d’actif isolés pouvant
être effectué dans le cadre d’une constitution de société ou d’augmentation
de capital ainsi que pour les apports partiels d’actif, le commissaire aux
apports peut se reporter à la rubrique des comptes annuels concernée.
ri

Les vérifications suggérées ci-après sont adaptées dans la mesure où :


– les apports peuvent être reliés à des comptes annuels certifiés par des
commissaires aux comptes ou des comptes intermédiaires que les
py

commissaires aux comptes auront contrôlés,


– les commissaires aux apports auront pu s’assurer, par l’examen de leurs
travaux, des conclusions portées.
Co

SOMMAIRE

1. Prise de connaissance générale.


2. Contrôle de la valeur des apports pris individuellement.
3. Approche directe de la valeur des apports.
4. Contrôle des avantages particuliers stipulés.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 183
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

Dossier Réf. :
Page :
Exercice Date :

C
1 - PRISE DE CONNAISSANCE GÉNÉRALE

NC
Le commissaire aux apports doit obtenir une connaissance générale de l’en-
treprise apporteuse et une compréhension suffisante de l’opération de
fusion.

1.1 Détermination des risques généraux de l’entreprise apporteuse


Recherche d’informations de base :
– Structures juridiques, statuts.
– Structures opérationnelles et produits.
– Structures administratives.
tC
gh
– Systèmes comptable et de contrôle interne.
– Secteur d’activité, parts de marché.
– Historique, évolutions, prévisions…
Visite des lieux d’exploitation (éventuellement).
ri

Contacts avec les commissaires aux comptes.

1.2 Prise de connaissance de l’opération


py

Entretien avec les dirigeants et les responsables des services ayant préparé
l’opération :
– de l’entreprise apporteuse,
– de l’entreprise bénéficiaire des apports.
Co

Examen des documents de base concernant l’opération :


– déclarations d’intention ou protocoles d’accord établis par les parties
pour préparer l’opération,
– projet de fusion ou traité d’apport,
– rapports du conseil d’administration destinés à être présentés aux action-
naires,

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


184 ANNEXES
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

Dossier Réf. :
Page :
Exercice Date :

C
– inventaire détaillé des apports,
– modalités de calcul des évaluations (y compris celles qui n’auraient pas

NC
été retenues dans le traité),
– documents comptables de toute nature se rapportant à l’opération
(comptes annuels et le cas échéant comptes intermédiaires),
– rapport des experts.

tC
Procédures analytiques sur les informations financières et comptables
servant de base à l’opération.
Contacts avec les conseils extérieurs éventuellement consultés par les
sociétés concernées (experts en évaluation).
Recherche d’informations liées aux méthodes d’évaluation.
gh
Dans le cas d’une approche de la valeur par la rentabilité future, recherche
de documents relatifs aux :
– produits, services de la société,
– études techniques et commerciales,
ri

– coûts de revient prévisionnels,


– budget de trésorerie, etc.
py

2 - CONTRÔLE DE LA VALEUR DES APPORTS PRIS INDIVIDUELLEMENT


Lorsque le bilan servant de base à l’opération a été contrôlé par les
commissaires aux comptes de la société apporteuse, et en particulier dans
Co

le cas où les apports sont effectués en valeur comptable, le commissaire


aux apports utilise les travaux de contrôle qu’ils ont effectués et qui ser-
vent les objectifs de sa mission, dans le respect des conditions d’utilisation
des travaux effectués par d’autres personnes.

2.1 Contrôle de la réalité des actifs et passifs apportés


Le commissaire aux apports s’assure de la réalité des actifs apportés,
notamment de l’existence, de la propriété et de la nature des biens apportés,.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 185
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

Dossier Réf. :
Page :
Exercice Date :

C
Immobilisations incorporelles
– Justification de la comptabilisation de certains éléments par référence aux :

NC
• contrats de bail, notamment baux commerciaux,
• titres concernant la propriété de brevets et/ou de marques.
– Actes d’achat et/ou traités d’apport pour les fonds commerciaux acquis…
– Recherche d’éventuelles entraves à la libre cessibilité de ces biens.
– Confirmation directe auprès de l’INPI (brevets) et du greffe du tribunal de

Immobilisations corporelles
– Terrains et bâtiments :
tC
commerce (nantissement éventuel du fonds de commerce).

• titres de propriété,
gh
• confirmation de la conservation des hypothèques,
• absence de construction sur sol d’autrui.
– Autres immobilisations :
• factures d’acquisition.
– Recoupement de l’inventaire permanent avec :
ri

• l’inventaire physique,
• les rapports d’expertise.
– Recherche des immobilisations détenues par des tiers.
py

– Recherche des immobilisations appartenant à des tiers et utilisées par


l’entreprise.
– Recherche de biens en crédit-bail :
• inventaire,
Co

• contrats,
• confirmation auprès du greffe du tribunal de commerce de l’absence d’ins-
cription de privilèges – inscriptions de crédit-baux – réserves de propriété.
Immobilisations financières
– Confirmation de l’existence et de la propriété des titres auprès de l’inter-
médiaire habilité ou de la société émettrice.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


186 ANNEXES
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

Dossier Réf. :
Page :
Exercice Date :

C
– Vérification de l’absence de nantissement.
– Examen des contrats de prêts et confirmation des comptes rattachés.

NC
– Examen des statuts.

Stocks et encours
– Existence de procédures fiables de contrôle et de recensement des quan-
tités.

tC
– Examen des inventaires permanents et de l’inventaire physique établi
pour l’opération d’apport :
• en l’absence d’assistance du commissaire aux apports à cet inventaire,
rapprochement des quantités contrôlées par sondage sur les existants à
la date des contrôles, avec celles existant à l’inventaire, par examen
gh
des pièces justificatives des mouvements d’entrée et de sortie.
– Confirmation directe des stocks en dépôt.

Créances
– Existence de procédures fiables de contrôle de l’enregistrement des
ri

créances.
– Rapprochements des balances auxiliaires avec les comptes collectifs du
grand livre.
py

– Procédures de confirmation directe (si jugées nécessaires).

Provisions réglementées

Subventions d’investissement
Co

– S’assurer de leur correct traitement dans le traité d’apport.

Dettes
– Examen des contrats d’emprunts.
– Existence de procédures fiables pour la constatation des dettes et
charges à payer.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 187
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

Dossier Réf. :
Page :
Exercice Date :

– Rapprochements des balances auxiliaires avec les comptes collectifs du

C
grand livre.

NC
– Procédures de confirmation directe (si jugées nécessaires).

2.2 Contrôle de l’exhaustivité des passifs transmis


– Existence de passifs fiscaux ou sociaux différés, et notamment :
• de dettes sociales éventuellement non comprises dans les apports,

personnel, tC
notamment les passifs liés aux engagements de retraite à l’égard du

• de dettes fiscales différées transférées à la société bénéficiaire des


apports résultant :
* soit d’options fiscales antérieurement prises par l’apporteuse,
gh
* soit des conséquences résultant du régime fiscal applicable à l’opéra-
tion d’apport considérée.

Engagements
– Existence d’engagements hors bilan et de leur incidence éventuelle sur
ri

l’évaluation individuelle des apports.


– Confirmation des avocats ou conseils juridiques.
py

2.3 Contrôle de la valeur individuelle des apports


L’objectif du commissaire aux apports est de s’assurer que les apports ne
sont pas surévalués.
Co

Approche générale :
– Examen des travaux des commissaires aux comptes de la société appor-
teuse sur le bilan servant de base à l’opération.
– En cas de réestimations des apports par rapport à leur valeur comptable
telle qu’elle ressort du bilan servant de base à l’opération :
• pertinence des méthodes d’évaluation retenues,
• pertinence des éléments retenus dans les calculs.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


188 ANNEXES
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

Dossier Réf. :
Page :
Exercice Date :

C
Contrôles spécifiques :

Immobilisations incorporelles

NC
– Frais d’établissement :
• élimination des non-valeurs (frais de constitution, d’augmentation de
capital),
• examen des chiffres de base et justification des hypothèses retenues

tC
pour évaluer certaines dépenses activées (prospection, publicité).
– Frais d’étude et de recherche :
• analyse de leur utilité pour l’entreprise bénéficiaire des apports,
• justification de leur inscription à l’actif :
* projets nettement individualisés et coûts distinctement établis,
gh
* sérieuses chances de réussite technique et de rentabilité commerciale.
– Droit de bail :
• examen :
* de la situation des locaux,
* des conditions juridiques et financières du contrat,
ri

* de la durée du bail restant à courir,


* des transactions récentes intervenues.
py

– Brevets, licences, dessins et marques :


• revenus attendus,
• protection juridique,
• durée de validité,
Co

• distinction entre les éléments :


* acquis par l’entreprise,
* créés par l’entreprise,
* utilisés par l’entreprise,
* utilisés par des tiers (concession de l’exploitation contre des rede-
vances),
• examen des rapports d’experts,
• recours éventuel à un expert spécialisé.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 189
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

Dossier Réf. :
Page :
Exercice Date :

C
– Fonds commercial :
• vérification des données de base utilisées pour les différentes méthodes

NC
d’évaluation,
• cohérence des hypothèses retenues (éléments prévisionnels, calculs
effectués...),
• inscription dans une fourchette acceptable de la valeur retenue.

Immobilisations corporelles
tC
– Examen des résultats des expertises.
– Vérification des calculs effectués et des méthodes retenues pour l’éva-
luation.
– Comparaison des valeurs attribuées avec les prix de marché.
gh
Immobilisations financières
– Titres :
• examen des cours de bourse éventuellement retenus pour l’évaluation,
• contrôle de la valeur globale des entreprises dans lesquelles la société
ri

mère détient des participations évaluées par quote-part de l’actif net


(contrôles identiques à ceux effectués dans la société mère).
– Créances à terme et prêts non productifs d’intérêts apportés en valeur
py

actuelle :
• calculs d’actualisation,
• garanties éventuelles prévues dans les contrats de prêts.
Co

Stocks et en-cours
– Stocks et en-cours apportés à leur valeur nette comptable :
• conformité des méthodes d’évaluation de ces éléments avec les prin-
cipes comptables,
• fiabilité des procédures de constatation de provisions (notamment en
cas d’existence de contrats de longue durée).

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


190 ANNEXES
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

Dossier Réf. :
Page :
Exercice Date :

C
– Stocks apportés à une valeur différente (cours du jour pour les matières
premières, prix de vente déduction faite des frais commerciaux pour les
produits finis, ...) :

NC
• examen de la validité des prix retenus.

Créances et dettes
– Existence de procédures fiables pour la constatation des provisions pour

tC
dépréciation des créances.
– Examen des balances par ancienneté des créances et des encaissements
ultérieurs.
– Existence de procédures fiables pour s’assurer de l’indépendance des
exercices pour les dettes et les créances.
gh
2.4 Contrôle des événements survenus pendant la période de rétroactivité
Le commissaire aux apports s’assure que les faits intervenus entre la date
de prise d’effet de l’opération et la date de son rapport ne sont pas de
nature à remettre en cause l’évaluation des apports et des avantages parti-
ri

culiers stipulés.

Absence de comptes intermédiaires proches de la date du rapport du


py

commissaire aux apports


Entretien avec les dirigeants sur l’existence d’éléments confirmant ou infir-
mant les évaluations précédemment retenues :
– Évolution des domaines sensibles (provisions et prise en compte des pas-
Co

sifs éventuels, des engagements hors bilan, confirmation des prévi-


sions,…).
– Événements postérieurs modifiant la consistance ou l’évaluation du
patrimoine.
– Traitement, le cas échéant, des pertes survenues pendant la période de
rétroactivité.
– Absence de cession des éléments du patrimoine apporté.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 191
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

Dossier Réf. :
Page :
Exercice Date :

Existence de comptes intermédiaires proches de la date du rapport du

C
commissaire aux apports

NC
– Procédures analytiques sur les comptes intermédiaires (notamment
comparaison avec les comptes ayant servi de base à l’opération).
– Entretien avec les dirigeants (voir ci-dessus).
– Contrôles complémentaires en cas de contradiction entre les résultats des
procédures analytiques et les informations recueillies auprès des dirigeants.

saire aux comptes de la société.


tC
– Utilisation des travaux de contrôle éventuellement faits par le commis-

– Utilisation d’une lettre d’affirmation.

3 - APPROCHE DIRECTE DE LA VALEUR DES APPORTS


gh
Dans le cas d’une fusion ou d’un apport de branche d’activité, le commis-
saire aux apports apprécie la valeur globale des apports selon une
démarche en règle générale distincte de celle qu’il a retenue pour contrôler
la valeur individuelle des apports. Cette démarche relève des techniques
ri

d’évaluation d’entreprise et doit conduire le commissaire aux apports à


approcher la valeur réelle des apports pris dans leur ensemble par référence :
– à la valeur boursière, si la société absorbée est cotée,
py

– à la valeur de rentabilité (capitalisation d’un résultat normatif, actualisa-


tion de flux de trésorerie prévisionnels…),
– à leur valeur patrimoniale (actif net réévalué corrigé d’un goodwill ou
d’un badwill),
Co

– à leurs valeurs analogiques (comparaisons boursières, transactions


comparables),
– le cas échéant, à leur valeur de contrepartie, c’est-à-dire à la valeur
réelle des titres émis en rémunération des apports. C’est à ce titre que,
dans le cadre d’un apport partiel d’actif non soumis au régime des scis-
sions, le commissaire aux apports sera tout de même appelé à porter une
appréciation sur la rémunération des apports.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


192 ANNEXES
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

Dossier Réf. :
Page :
Exercice Date :

C
En principe, une telle démarche ne conduit pas nécessairement le commis-
saire aux apports à procéder lui-même à une estimation de la valeur des
apports pris dans leur ensemble. En effet, iI peut se limiter à porter une

NC
appréciation :
– sur le taux d’actualisation implicite qui permet de réconcilier la valeur
globale des apports avec la séquence des flux prévisionnels de trésorerie
susceptibles d’être générés par les biens apportés ;

tC
– ou sur le multiple implicite obtenu en divisant la valeur globale des
apports par le résultat normatif de l’ensemble apporté.

4 - CONTRÔLE DES AVANTAGES PARTICULIERS STIPULÉS


Le commissaire aux apports examine la nature et, le cas échéant, la valeur
gh
des avantages particuliers stipulés :
– recensement des avantages particuliers faisant l’objet d’une stipulation
dans le contrat de fusion ;
– nature des avantages particuliers stipulés :
ri

• description,
• conformité avec la loi (absence de rupture illicite de l’égalité entre
actionnaires),
py

• adéquation aux intérêts de la société (absence d’abus de majorité).


– valeur des avantages particuliers stipulés (dans la mesure où ils peuvent
faire l’objet d’une évaluation).
Co

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 193
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE AUX APPORTS

4.7 LETTRE D’AFFIRMATION

EXEMPLE DE LETTRE D’AFFIRMATION


DES DIRIGEANTS DE LA SOCIÉTÉ APPORTEUSE

C
En-tête de la

NC
société apporteuse
Date aussi proche que possible
de la date du rapport
du commissaire aux apports

Monsieur le Commissaire aux apports, tC


Dans le cadre de la mission de commissariat aux apports qui vous a été confiée
par décision de justice à la demande de ……………… (société bénéficiaire des
apports) dans le cadre de l’opération (5), nous vous confirmons les déclarations
gh
suivantes qui vous ont été faites et que vous avez estimées importantes
concernant notamment les informations prévisonnelles établies sous notre res-
ponsabilité sur lesquelles se fondent l’évaluation des apports effectués par
notre Société à la Société ………………………
Nous vous confirmons que les informations prévisionnelles retenues pour
ri

l’évaluation des apports reflètent la situation future que nous avons estimée la
plus probable et que les décisions que nous avons prises ou les actions que
nous envisageons ne contredisent pas les hypothèses retenues qui sont repro-
py

duites dans l’annexe jointe à la présente lettre.


Nous vous confirmons par ailleurs qu’à ce jour, il n’est intervenu aucun événe-
ment ou fait important, dont nous aurions connaissance et qui serait de nature
à affecter, dans ses aspects les plus significatifs, l’évaluation des apports dans
Co

le cadre de l’opération envisagée.


Veuillez agréer, Monsieur le Commissaire aux apports, l’expression de nos
sentiments distingués.
Le représentant légal de la société apporteuse

(5) Préciser la nature de l’opération et le nom des sociétés participant à l’opération :


– augmentation de capital par apport en nature,
– fusion, scission, apport partiel d’actif.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


194 ANNEXES

SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION


DU COMMISSAIRE À LA FUSION

4.8 LISTE AIDE-MÉMOIRE DES PRINCIPALES VÉRIFICATIONS

C
NC
Dossier Réf. :
Page :
Exercice Date :

tC
COMMISSARIAT À LA FUSION
Liste aide-mémoire des principales vérifications

Cette liste aide-mémoire développe les vérifications possibles dans le cadre


gh
d’une opération de fusion.

SOMMAIRE

1. Prise de connaissance générale.


ri

2. Vérification de la pertinence des valeurs relatives des actions des


sociétés participant à l’opération.
py

3. Vérification du caractère équitable du rapport d’échange.


Co

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 195
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

Dossier Réf. :
Page :
Exercice Date :

PRISE DE CONNAISSANCE GÉNÉRALE

C
Le commissaire à la fusion se fait préciser les objectifs de l’opération ainsi

NC
que le contexte économique et juridique dans lequel elle se situe.
Entretiens avec les dirigeants et les responsables des services ayant préparé
l’opération dans chaque société :
– circonstances et objectifs de l’opération,

d’intérêts, rachat),
– synergies attendues,
– attentes fiscales.
tC
– motivations de parties concernées (restructuration interne, association

Examen du projet de fusion.


gh
Procédures analytiques sur les derniers comptes annuels et sur les docu-
ments comptables de synthèse disponibles :
– identification des comptes significatifs…
Contacts avec les commissaires aux comptes.
ri

Étude du rapport du conseil d’administration ou du directoire de chaque


société participant à l’opération :
py

– explication et justification du projet :


• aspects juridiques et économiques,
• rapport d’échange et méthodes d’évaluation (qui doivent être concor-
dantes pour les sociétés concernées),
Co

• difficultés particulières d’évaluation.


Contact avec les conseils extérieurs éventuellement consultés par les socié-
tés concernées (experts en évaluation).

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


196 ANNEXES
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

Dossier Réf. :
Page :
Exercice Date :

VÉRIFICATION DE LA PERTINENCE DES VALEURS RELATIVES DES

C
ACTIONS DES SOCIÉTÉS PARTICIPANT À L’OPÉRATION

NC
Multiplicité et spécificité des critères d’évaluation utilisés
Critères de comparaison et méthodes d’évaluation :
– s’assurer que plusieurs critères et méthodes sont retenus,
– s’assurer qu’ils représentent bien chacun une approche différente du pro-

tC
blème et ne font pas double emploi entre eux.
Cas de l’utilisation d’une seule méthode :
– adéquation de cette méthode au cas traité,
– recoupement des résultats obtenus à l’aide d’une ou plusieurs autres
méthodes.
gh
Pertinence des critères retenus
Appréciation des perspectives de développement des deux entreprises, afin
de s’assurer qu’elles ne divergent pas.
Adéquation des critères et méthodes d’évaluation retenus au cas traité, et
ri

aux secteurs d’activité respectifs des sociétés concernées.


Comparaisons des valeurs relatives utilisées pour la détermination du rap-
py

port d’échange avec :


– des transactions récentes,
– des comparables boursiers,
– des ratios usuels de la profession,
Co

– la valeur attribuée aux apports de chaque société.


Pertinence des éléments pris en compte pour le calcul des valeurs
relatives.
Existence de retraitements d’harmonisation des règles comptables, en par-
ticulier d’amortissement et de provisionnement chez les sociétés partici-
pant à l’opération.

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 197
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

Dossier Réf. :
Page :
Exercice Date :

Élimination des éléments non récurrents dans le résultat des sociétés parti-

C
cipant à l’opération.

NC
Examen des travaux des commissaires aux comptes sur les comptes ayant
servi de base à la détermination des valeurs relatives.
Sensibilité des valeurs relatives
– Incidence de la variation des paramètres utilisés lors de la mise en œuvre
des méthodes d’évaluation sur les valeurs relatives attribuées aux actions.
tC
VÉRIFICATION DU CARACTÈRE ÉQUITABLE DU RAPPORT D’ÉCHANGE
Le commissaire à la fusion vérifie que l’importance relative donnée aux
méthodes d’évaluation dans la détermination du rapport d’échange proposé
ne conduit pas à favoriser certains actionnaires.
gh
– Établissement d’un tableau comparatif entre les valeurs relatives résul-
tant des différentes approches envisagées.
– Explication et justification de la pondération entre les différents critères,
implicite dans le rapport d’échange figurant au traité de fusion.
ri

– Analyse de l’incidence de l’opération sur le BPA (Bénéfice par action) de


la société bénéficiaire des apports.
– Recherche du point mort, c’est-à-dire des effets de synergie nécessaires
py

pour compenser l’effet de dilution.


Co

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


198 ANNEXES
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

4.9 LETTRE D’AFFIRMATION

EXEMPLE DE LETTRE D’AFFIRMATION DES DIRIGEANTS


DE CHAQUE SOCIÉTÉ PARTICIPANT À UNE OPÉRATION DE FUSION,

C
SCISSION, APPORT PARTIEL D’ACTIF.
(Lettre à obtenir de chaque société, conjointe ou non)

NC
Date aussi proche que possible
de la date du rapport
du commissaire à la fusion

tC
Monsieur le Commissaire à la fusion,

Dans le cadre de la mission de commissariat à la fusion qui vous a été confiée


par décision de justice dans le cadre de l’opération (6), nous vous confirmons
les déclarations suivantes qui vous ont été faites et que vous avez estimées
gh
importantes concernant les hypothèses retenues pour l’élaboration des
données prévisionnelles, établies sous notre responsabilité, ayant servi de base
à la détermination des valeurs relatives attribuées aux actions (ou parts) de
nos sociétés.
ri

Nous vous confirmons que les hypothèses retenues pour déterminer les don-
nées prévisionnelles, reflètent la situation future que nous avons estimée la
plus probable et que les décisions que nous avons prises ou les actions que
py

nous envisageons ne contredisent pas les hypothèses retenues.

(le cas échéant)


– Pour la méthode d’actualisation des flux de trésorerie prévisionnels, nous
vous confirmons :
Co

• que le flux de trésorerie retenu pour le calcul de la valeur des entreprises à


l’issue de l’horizon de prévision, correspond à un flux normatif ;
• que les paramètres utilisés (coût moyen pondéré du capital et taux de
croissance à l’infini) ont été déterminés en considération de chaque entre-
prise et de son marché.

(6) Préciser la nature de l’opération et le nom des sociétés participant à l’opération (fusion, scis-
sion, apport partiel d’actif soumis au régime des scissions).

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


ANNEXES 199
SUPPORTS CONCERNANT LA MISSION DU COMMISSAIRE À LA FUSION

– Pour les comparaisons boursières, nous vous confirmons que le cours de


bourse des sociétés participant à l’opération de ……… ne sont pas affectés
par des opérations particulières.
Par ailleurs, aucun événement ou fait n’est intervenu à ce jour qui serait de
nature à affecter dans ses aspects les plus significatifs les évaluations qui

C
sous-tendent le rapport d’échange proposé (ou la rémunération proposée pour
l’apport en cas de scission) dans le cadre de l’opération envisagée.

NC
Veuillez agréer, Monsieur le Commissaire à la fusion, l’expression de nos senti-
ments distingués.
Les représentants légaux des sociétés participant à l’opération

tC
ri gh
py
Co

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


Co
py
righ
tC
NC
C
INDEX 201

INDEX
Les numéros renvoient aux paragraphes
• Apports en nature, 1 Pluralité de -, 93
Désignation, 46 s.
• Amortissements dérogatoires, 70

C
Acceptation de la mission, 52 s.
• Apport net négatif, 24 Indépendance du -, 49

NC
Compétence du -, 50
• Apports en industrie, 4 Secret professionnel du -, 51
• Apports mixtes, 3 Lettre d’acceptation, 54
Lettre de refus, 54
• Apports partiels d’actifs Responsabilité, 56 s.
Particularités, 21

• Apports purs et simples, 2

• Avantages particuliers, 5
tC Responsabilité civile, 56
Responsabilité pénale, 57
Diligences, 58 ; 72
Démarche, 60
Diligences du commissaire aux Prise de connaissance, 61 s.
gh
apports, 88
• Commissaire aux comptes
• Boni de fusion, 43 Utilisation des travaux du -, 108

• Branche complète d’activité, 40 • Compte d’ordre, 18


ri

• Brevets, licences, dessins et • Confusion de patrimoine, 26


marques, 75
• Contrôle des apports, 64
• Calendrier de l’opération, 20
py

• Créances et dettes, 81
• Charges à répartir, 82
• Date de la fusion, 12 s.
• Commissaire à la fusion, 94 ; 99
Désignation, 100 s. • Date de réalisation, 15
Co

Acceptation, 102
• Date d’effet, 16
Responsabilité, 103
Diligences, 86
Diligences, 104 s.
– différé, 19
Démarche, 106
– différé (diligences du commis-
Prise de connaissance, 107
saire aux apports), 19
• Commissaire aux apports, 44 s. – immédiat, 19
Rapport, 90 s. – rétroactif, 17

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


202 INDEX

• Déficits reportés, 38 • Perte de rétroactivité, 18

• Droit au bail, 76 • Plan de mission, 63

• Engagements de retraite, 69 • Plus-values d’apport, 66 s.

C
• État comptable, 11 s. • Prime de fusion, 43

• État de suivi des plus-values, 37

NC
• Projet de fusion, de scission ou
d’apport, 6
• Événements postérieurs, 85
• Provision pour perte intercalaire,
• Fonds commercial, 77
18 ; 87
• Frais de recherche et de déve-
loppement, 74 tC
• Frais d’établissement, 73
• Provisions réglementées, 70

• Rapport d’échange, 27 ; 28 ; 33 ;
99
Appréciation du caractère équi-
• Fusions simplifiées, 23 s.
table du -, 109
gh
Apport négatif, 25
Désignation d’un commissaire aux
• Rapport du commissaire à la
apports, 45
fusion, 112 s.
• Immobilisations corporelles, 78 Structure du -, 113
Modèles de conclusion, 114 ; 115
ri

• Immobilisations financières, 79
• Rapport du commissaire aux
• Lettre d’affirmation, 89 ; 110 apports
py

• Mali « technique », 42 Modèles de conclusion, 97


Structure du -, 98
• Mali de fusion, 42
• Régime fiscal de faveur, 37
• Méthodes d’évaluation
Co

Approche par les critères, 29 ; 31 • Régime fiscal


Approche par les valeurs, 30 ; 32 – des fusions, 37s ; 68
– des apports partiels d’actifs, 39 s.
• Période de rétroactivité – des scissions, 41
Diligences du commissaire aux
apports, 83 • Scissions, 22

• Période intercalaire, 17 • Stock en-cours, 80

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


INDEX 203

• Subventions d’investissement, 71 Méthode de déconnexion, 34


Approche directe, 84
• Traité de fusion, de scission ou
Diligence du commissaire aux
d’apport, 7 s.
apports, 87
Contenu, 8

C
Communication, 9 • Valeur réelle, 36
Publicité, 10
• Valeurs d’apports

NC
• Transmission universelle du
Mission du commissaire aux
patrimoine, 22 ; 26
apports, 60 ; 72
• Valeur comptable, 35
• Valeurs relatives, 29 ; 33
• Valeur d’apport, 27 ; 34 Mission du commissaire à la fusion,
Méthode de « connexion », 34 tC 108
ri gh
py
Co

Commissariat aux apports et commissariat à la fusion – Février 2002


C
NC
tC
ri gh
py
Co

Imprimerie Compédit Beauregard s.a. – 61600 La Ferté-Macé


Dépôt légal : 1re trimestre 2002
N° d’Imprimeur : 1479