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Notions de calcul des structures en B.

A selon le règlement BAEL


A. Notions réglementaires de base du Béton Armé

I) Introduction et généralités :

La construction d'ouvrages en béton armé est conforme au règlement français de référence B.A.E.L. 91
(Béton Armé aux Etats Limites). Ces règles, basées sur la théorie des états limites, sont applicables à
tous les ouvrages en béton armé dont le béton est constitué de granulats naturels normaux et dont le
dosage en ciment et au moins égal à 300 kg/m3 .

Les Règles B.A.E.L. 91 sont applicables à tous les ouvrages courants en béton armé (ne font pas partie
les constructions en béton léger, en béton haute performance, les structures mixtes acier-béton, les
massifs et les bâtiments soumis à des températures élevées).
Le Béton est un élément mélangé par plusieurs matériaux. Il est constitué par :
- liant hydraulique (ciment)
- granulats ( sable, gravier,.....)
- l’eau

On appelle béton armé le matériau obtenu en ajoutant au béton des barres en acier. Ces
barres en acier sont généralement appelées armatures.
Dans l’association béton + acier, le béton résiste aux efforts de compression et l’acier résiste aux efforts
de traction et éventuellement aux efforts de compression si le béton ne suffit pas pour prendre tous les
efforts de compression qui existent.

II) Avantages et inconvénients du béton armé

II.1) Les avantages:


L’intérêt économique
La souplesse
Economie d’entretien
Résistance au feu
Résistance aux efforts accidentels
Durabilité

II.2) Les inconvénients du béton armé :


Le poids
L’exécution
Brutalité des accidents
Difficulté de modification d’un ouvrage déjà réalisé

III) Sécurité et réglementation

La sécurité est définit comme l’absence de risque et dans le domaine de construction ; cela implique la
stabilité et la durabilité et l’aptitude à l’emploi. La sécurité absolue n’existe pas; il faut accepté une
probabilité non négligeable d’accident. Le dimensionnement des ouvrages et la vérification de la
sécurité ne peuvent pas se faire de manière empirique. Ils sont basés sur des règles de calculs bien
précises.

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II.1) Théorie semi -probabiliste - Etats limites : (B.A.E.L) 83-91

Cette nouvelle théorie consiste a :


1-Définir les phénomènes que l’on veut éviter (l’état limite), ces phénomènes sont :
- Ouverture des fissures soit par :
a- Compression successive dans le béton.
b- Traction successive dans l’acier.
- Déformation importante dans l’ensemble.
2-Estimer la gravité des risques liés à ces phénomènes (on distingue les états limites ultimes et les états
limites de services).
3-Dimensionner les éléments de la construction de telle manière que la probabilité d’atteindre l’un de
ces phénomènes reste faible.

a) Etat limite ultime (E.L.U) :

Il correspond à la valeur maximale de la capacité portante


de la construction et dont le déplacement entraîne la ruine
de la construction.
Le dépassement de cet état conduit à la ruine de la structure.
Au delà de l’état limite ultime, la résistance des matériaux
béton et acier est atteinte, la sécurité n’est plus garantie et la
structure risque de s’effondrer.
Etat limite de l’équilibre statique.
Etat limite de résistance de l’un des matériaux.
Etat limite de stabilité de forme : flambement

b) Etat limite de service (E.L.S) :

Les conditions de bon fonctionnement de la structure ont été


atteintes. La durabilité de la structure est remise en cause.
Etat limite d’ouverture de fissures : risque
d’ouverture de fissures.
Etat limite de compression du béton : on limite la
contrainte de compression à une valeur raisonnable.
Etat limite de déformation : flèche maximale.
L’état limite de service atteint remet en cause l’aptitude au
service de la structure (fissures, fuites, désordres divers).
En revanche, la sécurité (c’est à dire sa résistance) n’est pas
remise en cause.

II.2) Règlements Algériens : (C.B.A.93)-(R.P.A.2003)


C’est les règlements techniques algérien qui viennent se substituer à la pratique admise du B.A.E.L
(Béton Armé aux Etats Limites) ; en donnant des recommandations spéciales pour le pays Algérien
dans le domaine parasismique R.P.A (Règlement Parasismique Algérien).

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IV) Actions et combinaisons :

IV-1) Actions :

On appelle actions, les forces et les charges appliquées aux déformations imposées. Dans les règles
B.A.E.L. 91 sont distinguées trois types d'actions appliquées à une structure :

 Les actions permanentes G:


Les actions permanentes ont une intensité constante ou très peu variable dans le temps.
Elles sont désignées par la lettre G.
- Poids propre de la structure
- Cloisons, revêtements, superstructures fixes
- Poussée des terres, de l’eau

 Les actions variables :


Les actions variables ont une intensité qui varie fréquemment et de façon importante dans le temps.
Elles sont désignées par la lettre Q.
Charges d'exploitation Q,
Charges climatiques de neige (Sn) et de vent (W),
Les autres moins courantes (charges dues à la température, ...),
 Les actions accidentelles FA (accident, séisme, incendie, ...).

IV-2) Les combinaisons :

Pour tenir compte des risques non mesurables, on associe aux valeurs caractéristiques des actions un
coefficient de sécurité pour obtenir les valeurs de calcul des actions.
Puis on combine ces valeurs de calcul pour établir le cas de chargement le plus défavorable.

a) Etats limites ultimes : (E.L.U)


La combinaison d’action courante à l’ELU est la suivante :


- G max: ensemble (somme) des actions permanentes défavorables.
- G min: ensemble (somme) des actions permanentes favorables.
- Q 1: action variable de base.
- Q i: autres actions variables d’accompagnement avec leur coefficient γQi .

γQ1 : coefficient multiplicateur = 1,5 dans le cas général.


Généralement la combinaison s'écrit : 1,35 . G + 1,5 . Q
Lorsque nous introduisons les actions accidentelles elle s'écrit :

Avec : FA : action accidentelle.

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b) Etats limites de services : (E.L.S)
La combinaison d’action courante à l’ELS est la suivante :

- G max: ensemble (somme) des actions permanentes défavorables.


- G min: ensemble (somme) des actions permanentes favorables.
- Q 1: action variable de base.
- Q i: autres actions variables d’accompagnement avec leur coefficient γQi .

γQ1: coefficient multiplicateur = 1


Généralement la combinaison s'écrit : G + Q

V) Caractéristiques des matériaux (acier et béton) :

V.1)Béton :

a) Résistance caractéristique en compression fcj:


Cette résistance (fcj en Mpa) est obtenue par un grand nombre d’essais de compression jusqu’à
rupture sur une éprouvette normalisée 16 cm * 32 cm (environ 200 cm²) cylindrique.

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Aussi, la valeur conventionnellement retenue pour le calcul des ouvrages est 28 c f , la résistance
caractéristique du béton à 28 jours.

b) Résistance caractéristique en traction ftj:

Il est particulièrement difficile d’obtenir expérimentalement la résistance à la traction du béton.


C’est pourquoi, on retient conventionnellement :

V.2) Acier :

Quel que soit le type d’acier utilisé, celui ci est supposé se comporter également en traction et
compression. Il n’y a donc pas de distinction entre la résistance à la traction et à la compression.
On définit donc la résistance caractéristique de l’acier comme étant sa limite élastique garantie : fe

fe en fonction du type d’acier

Le diagramme contrainte - déformation pour les hautes adhérences

Le module d’élasticité longitudinal de l’acier Es est toujours pris égal à 200 000 Mpa

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V.3) Dispositions constructives

a) Enrobage des armatures:


Afin de protéger les armatures de la corrosion, celles ci doivent être suffisamment enrobées de béton.
Est défini l’enrobage e.

L’enrobage e de toutes armatures est au moins égal à :

 1 cm : locaux couverts non exposés aux condensations.


 3 cm : exposé aux intempéries, condensations et liquide ou
actions agressive (ramené à 2 cm si fc28 >40 Mpa).
 5 cm : atmosphère très agressive, mer, embruns.

b) Espacementdes armatures
b
Nécessaire pour un bétonnage correct :
b<2 
ev
c>
eh>max.[  ; 1,5Cg]
ev>max.[  ; Cg] eh c
Cg : diamètre du plus gros granulat utilisé.
c
c) Groupements des barres :

Les armatures sont souvent groupées en paquets. Mais leur disposition doit être compacte et opposer le
minimum de gène lors du coulage du béton (en particulier à cause de la taille des granulats).
On retiendra les dispositions constructives suivantes :

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VI) Diagramme contrainte /déformation de calcul :

VI.1) Béton:

a)ELS:

b)ELU:

VI.2) Acier :

a)ELU:

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b)ELS:

En adopte le diagramme linéaire suivant :

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B. Hypothèses de calcul
I) Introduction au calcul :

L’objectif de tout calcul est de définir les dimensions du coffrage ainsi que le ferraillage de tous les
éléments d’une construction.

La notion d’états limites introduit un nombre important de conditions. Il faut en effet s’assurer que
l’élément de structure étudié satisfasse les conditions imposées par l’ELS mais aussi par l’ELU. C’est
pourquoi, le calcul de béton armé est basé sur le principe du dimensionnement / vérification.
Dans un premier temps, une phase de dimensionnement va permettre de déterminer une première
valeur de section d’aciers. Ce dimensionnement résulte de l’application d’une seule des dispositions
réglementaires.
Dans un deuxième temps, on vérifie que toutes les conditions réglementaires sont satisfaites.
Ainsi dans le cas général, si le dimensionnement exploite une condition de l’ELS, la vérification sera
réalisée avec les conditions de l’ELU.

Méthodologie de calcul
1) Evaluation des actions et des combinaisons d’actions
2) Etude de résistance des matériaux à N, V et M et déformations en toute section de l’élément
considéré
3) Détermination des courbes enveloppes et déduction des « sections dangereuses » (valeurs maximales
des sollicitations)
4) Dimensionnement au droit de ces « sections dangereuses » des sections d’armatures à l’ELS (ou
l’ELU)
5) Vérification de ces même sections d’armatures à l’ELU (ou l’ELS)
6) Etablissement des plans d’exécution : armatures/coffrages

II) Hypothèses de calcul :

II.1) Hypothèses à L’E .L .U :

 Les sections droites restent planes après déformation


 Pas de glissement relatif entre armatures et béton 
 Le béton tendue est négligé
 Le béton et acier ont un comportement élastique linéaire
 Conventionnellement, le rapport du module d’élasticité longitudinal de l’acier à celui du béton
noté « coefficient d’équivalence n » est pris égal à 15
 le diagramme contrainte-déformation du béton pouvant être utilisé dans tout les cas sera le
diagramme parabole-rectangle. Lorsque la section n’est pas entièrement comprimée, On peut
utiliser le diagramme rectangulaire simplifié définit comme suit :

0,8 y
y
0,2 y

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 Règle des 3 pivots :

II.1) Hypothèses à L’E .L .S :

a)Hypothèses à l’E .L .S (durabilité de la structure)


 Les sections droites restent planes après déformation
 Pas de glissement relatif entre armatures et béton 
 Le béton tendue est négligé
 le béton et l’acier seront considérés comme des matériaux linéaires élastiques, donc on leur
applique la loi de HOOKE σ = E . ε
 Conventionnellement, le rapport du module d’élasticité longitudinal de l’acier à celui du béton
noté « coefficient d’équivalence n » est pris égal à 15
 On suppose concentré on leur centre de gravité un ensemble de plusieurs barres.

b) Etat limite de compression du béton


La contrainte de compression dans le béton est limitée à 0,6 fc28 .

c) Etat limite d’ouverture de fissures

Pour limiter les fissures, on limite la contrainte dans les armatures tendues. En fonction de la
destination de la structure (à découvert, à l’abri, en bord de mer), la taille des fissures sont plus
ou moins nocives.
 Fissuration est peu préjudiciable : Aucune vérification n’est demandée et la contrainte dans les
aciers n’est pas limitée. La fissuration est considérée comme peu préjudiciable, lorsque
l’élément à vérifier est situé dans les locaux ouverts.
 Fissuration est préjudiciable : la fissuration considérée comme préjudiciable si les
éléments sont exposés aux intempérie (pluie, neige, vent...) ou bien en contact avec l’eau. La
contrainte de traction dans les armatures tendues sera limitée à la valeur suivante :

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 Fissuration est très préjudiciable : la fissuration sera considérée comme très
préjudiciable si l’élément est soumis à un milieu agressif. La contrainte de traction des
armatures tendues sera limitée par la valeur suivante :

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C.Traction simple

I) Détermination des armatures :

I.1) Condition de non fragilité :


La section tendue ou fléchie est considérée comme non fragile si les armatures
travaillants à leur limite élastique peuvent équilibrer les sollicitations provoquant la
fissuration du béton dans cette section. Les pièces fragiles sont justifiables par le
règlement. La condition suivante est appelée « Condition de non fragilité » et doit être
vérifiée comme suit :

I.2) E.L.U :
Etant donné que le béton est négligé, il résulte que les armatures longitudinales doivent
équilibrer à seul les efforts appliqués.

I.3) E.L.S :
Du moment qu’il s’agit de fissuration du béton en traction; nous devons passer par la
vérification à l’ E.L.S.

La section des armatures longitudinales sera la suivante : As = Max (Asu ; Ass ; AsB )

φt ≥ φL/3 avec φtmin = 6 mm


Espacement : esp ≤ Min (40 cm ; a + 10 cm) avec a : la plus petite dimension.

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D.La compression simple

=
I) La longueur de flambement (Lf) : Elle dépend de la longueur de l'élément (L0) et
du type de la liaison.

Cas des poteaux dans des


bâtiments à étages multiples
Lf = 0,7 . L0
II) L'élancement de λ :

Avec (le rayon de giration)

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III) Détermination des armatures :

III.1) Etat limite de service (E.L.S) : Les règles C.B.A n'impose aucune
hypothèse.

III.2) Etat limite Ultime (E.L.U) :

Soit : Nu : La force extérieure de compression.


B : La surface de l'élément.
Fb : La résistance du béton.
Fe : La résistance de l'acier.
Asc : La section de l'acier.
Nous écrivons l'équilibre entre l'action et la résistance comme suit :

Pour plus de sécurité, on minore la résistance pour un coefficient α. Puis on réduit la


section en éliminant 1 cm de chaque bordure. On appelle alors la section réduite.

La loi s'écrit alors :

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Remarque : 1- Si la moitié de la charge est appliquée avant 90 jours α sera divisé par
1,1

III.3) Pourcentage d'armatures minimum

0,2 %

III.3) Pourcentage d'armatures maximum

III.4)Armatures transversales :

Elles n'ont aucun rôle de résistance, le rôle principale c'est d'empêcher le flambement
des armatures longitudinales.
Le diamètre sera : φt ≥ φL/3 avec φtmin = 6 mm

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III.5)Dispositions constructives :

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E.La flexion simple

Une poutre sera sollicitée en flexion simple lorsqu'elle sera soumise à l'action de force
disposée symétriquement par rapport au plan moyen.

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