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DEFENSE DES PREUVES

TEXTUELLES INVOQUEES
PAR LES CHRETIENS

Réponse au Rabbi Bentzion Kravitz


Par

Rodney SANKINKA

LE
CAFE BIBLIQUE
http://cafe-biblique.blogspot.com
i
© 2011, Rodney SANKINKA BIGABWA : Tous droits réservés.

Une large distribution de la présente brochure est


encouragée, du moment où elle est préservée dans son
état intégral. Vous pouvez l’envoyer à vos amis et la
poster sur votre site internet ou votre blog.

D‟autres publications de l‟auteur sont disponibles sur


http://stores.lulu.com/cafebiblique

ii
Sauf mention spéciale, les citations bibliques utilisées dans ce livre
sont tirées de la Bible Segond 1910.

C‟est l‟auteur qui met en gras à chaque endroit où il l‟a jugé


nécessaire, pour attirer l‟attention du lecteur sur le point qui est entrain
d‟être développé.

Crédit image couverture : The Real Messiah.com

iii
iv
TABLE DES MATIERES
TABLE DES MATIERES .................................................................... v
INTRODUCTION .................................................................................. 1
Chapitre I. MATTHIEU 2 :23, UNE PROPHETIE FABRIQUE
DE TOUTES PIECES ? ........................................................................ 3
Chapitre II. ROMAINS 11 : 26, UN VERSET FAUSSEMENT
TRADUIT ? ............................................................................................. 7
A. Le rédempteur viendra de Sion .............................................12

B. Et il détournera de Jacob les impiétés .................................13

Chapitre III. ESAIE 7 : 14 EST-IL MAL TRADUIT ET LU


HORS DE SON CONTEXTE ? ........................................................17
Chapitre IV. 2 SAMUEL 7 : 14 S‟APPLIQUE-T-IL A JESUS
DE NAZARETH ? ...............................................................................27
Chapitre V. MICHEE 5 : 1 : UNE FAUSSE PREUVE DE LA
MESSIANITE DE JESUS DE NAZARETH ? ..............................33
CONCLUSION .....................................................................................39

v
vi
INTRODUCTION
Dans son livre La réponse juive aux missionnaires (pdf), le
Rabbin Bentzion Kravitz se propose, entre autres choses, de réfuter les
preuves textuelles invoquées par les chrétiens pour prouver la
messianité de Jésus de Nazareth.

De la page 23 à la page 26 de son livre, le Rabbin Bentzion


Kravitz prend exemple sur les versets de l'Ancien Testament cités dans
le Nouveau pour démontrer que soit le verset cité n'existe pas, soit que
le verset a été faussement traduit ou qu'il a été mal traduit et est lu hors
de son contexte, soit que le verset envisagé dans son contexte ne peut
s'appliquer à Jésus, soit encore qu'il ne prouve rien. Pour ce rabbin, la
technique des chrétiens consiste en fait à tirer la flèche puis à dessiner
la cible autour de celle-ci.

Nous allons voir que tout son discours n'est qu'un château
des cartes et que les preuves avancées par les chrétiens pour
démontrer que Jésus est le Messie que les Juifs attendent sont tout à
fait fondées.

Les cinq chapitres de la présente brochure ont d‟abord été


publiés dans une série de 5 articles, sur le blog http://cafe-
biblique.blogspot.com entre décembre 2010 et janvier 2011.

Mon souhait est que cette brochure puisse aider les chrétiens
du monde entier à mieux comprendre les citations de l‟Ancien
Testament contenues dans le Nouveau Testament, et qu‟elle puisse les
aider à encore mieux défendre le Nouveau Testament contre les
attaques venant de ses détracteurs.

Dans les pages qui suivront, les affirmations du rabbin


seront mises en bleu et seront suivies des nos contre-arguments.

1
2
Chapitre I. MATTHIEU 2 :23, UNE PROPHETIE
FABRIQUE DE TOUTES PIECES ?

EXEMPLE No 1 : LE VERSET A ETE FABRIQUE DE TOUTES


PIECES ET IL N’EXISTE PAS DANS LES ECRITURES
HEBRAÏQUES
La prophétie la plus facile à exécuter est celle que l‟on a soi-même
inventée. Le Nouveau Testament illustre parfaitement ce principe,
pour avoir fabriqué plusieurs « prophéties » fabriquées de toutes pièces
et les avoir attribuées à nos propres Ecritures. L‟Evangile de Matthieu
assure que Jésus a été le Messie puisqu‟il a habité dans la ville de
Nazareth. Il utilise la « preuve textuelle » suivante pour le prouver : «
Il [Jésus] vint demeurer dans une ville appelée Nazareth, afin que
s‟accomplît ce qui avait été annoncé par les prophètes : “Il sera appelé
Nazaréen” » (Matthieu 2:23). Or, un « Nazaréen » est un habitant de
Nazareth et le nom de cette ville ne figure nulle part dans la Bible
juive. Cela veut donc dire que la prophétie qui en fait mention a été
fabriquée de toutes pièces. (Rabbin Bentzion Kravitz, La réponse juive aux
missionnaires, p. 23)
En lisant cette déclaration du Rabbin Kravitz, je ne peux
m'empêcher de me rappeler qu'un rabbin messianique, Moshe Yoseph
Koniuchowsky, déplorait le fait que dans le judaïsme orthodoxe on se
plait à utiliser deux poids deux mesures quand il s'agit de lire les écrits
de l'Ancien Testament et les écrits du Nouveau Testament, étant donné
que les règles rabbiniques utilisées pour interpréter l'Ancien Testament
ne sont pas de même utilisées pour interpréter les écrits du Nouveau
Testament.
En effet, parmi les règles rabbiniques d'interprétation des
écritures on retrouve ce qu'on appelle le "Sod", ce qui signifie "sécret",
"mystère". Le Docteur Arnold Fruchtenbaum affirme que cette
catégorie est ainsi appelée parce qu'elle ne se base pas sur un passage
donné des Ecritures ou la citation d'une écriture spécifique. Elle tend à
résumer ce que les Ecritures disent sur un sujet.

3
Dans les écritures rabbiniques, on en trouve un exemple
dans le Midrash Rabbah 63:11 où on cite un verset qui dit "et je ne
veux plus te faire un reproche de la famine parmi les nations." Le fait
est que ce verset n'existe pas dans l'Ancien Testament. Mais, ce
Midrash résume un enseignement de la Bible et ne cite pas en réalité
un quelconque verset.
C'est la même situation que l'on retrouve dans Matthieu 2 :
23 où on lit "afin que s'accomplît ce qui avait été annoncé par les
prophètes: Il sera appelé Nazaréen."
Le Rabbin Kravitz a raison d'affirmer que le verset n'existe
pas dans l'Ancien Testament. D'ailleurs, à la différence des autres
prophéties citées dans le même chapitre du livre de Matthieu, Matthieu
utilise ici le pluriel "les prophètes" parce qu'il ne parle pas d'une
prophétie faite par un prophète donné, mais qu‟il résume
l'enseignement qu'on peut tirer de l'étude des prophètes.
"15 Il y resta jusqu'à la mort d'Hérode, afin que s'accomplît ce que le
Seigneur avait annoncé par le prophète: J'ai appelé mon fils hors
d'Égypte." (Matthieu 2 : 15)
"5 Ils lui dirent: A Bethléhem en Judée; car voici ce qui a été écrit par
le prophète: 6 Et toi, Bethléhem, terre de Juda, Tu n'es certes pas la
moindre entre les principales villes de Juda, Car de toi sortira un chef
Qui paîtra Israël, mon peuple" (Matthieu 2 : 5 – 6)
"17 Alors s'accomplit ce qui avait été annoncé par Jérémie, le
prophète: 18 On a entendu des cris à Rama, Des pleurs et de grandes
lamentations: Rachel pleure ses enfants, Et n'a pas voulu être
consolée, Parce qu'ils ne sont plus." (Matthieu 2 : 17 – 18)
"22 Mais, ayant appris qu'Archélaüs régnait sur la Judée à la place
d'Hérode, son père, il craignit de s'y rendre; et, divinement averti en
songe, il se retira dans le territoire de la Galilée, 23 et vint demeurer
dans une ville appelée Nazareth, afin que s'accomplît ce qui avait été
annoncé par les prophètes: Il sera appelé Nazaréen." (Matthieu 2 : 22
– 23)

4
Alors que dans le trois premiers passages ci-haut Matthieu
cite un prophète spécifique, dans le dernier passage, il résume
l'enseignement que l'on peut tirer de la lecture des prophètes.
Comme le dit si bien le Docteur David L. Cooper, dans le
contexte du premier siècle en Israël, un Nazaréen (habitant de
Nazareth) était un individu dédaigné et rejeté, et le terme "nazaréen"
était utilisé pour reprocher et humilier.
"46 Nathanaël lui dit: Peut-il venir de Nazareth quelque chose de
bon? Philippe lui répondit: Viens, et vois." (Jean 1 : 46)
Les prophètes ont enseignés que le Messie sera un individu
dédaigné et rejeté (Lire par exemple Psaumes 22: 7 – 8 ; Esaïe 49:1-
13; 52:13-53:12). Ceci est bien résumé par le terme "Nazaréen".
Le Docteur Arnold Fruchtenbaum cite aussi Luc 18 : 31 –
33 où Jésus affirme qu'il devait accomplir sur lui, le Messie, "tout ce
qui a été écrit par les prophètes (pluriel)", notamment :" il sera livré
aux païens; on se moquera de lui, on l'outragera, on crachera sur lui, 33
et, après l'avoir battu de verges, on le fera mourir; et le troisième jour il
ressuscitera." En fait, il n'existe aucun prophète qui a à lui seul déclaré
toutes ces choses. Mais, en mettant ensemble les affirmations des tous
les prophètes, on peut apprendre toutes ces choses au sujet du Messie.
Références
Dr Arnold G. Fruchtenbaum, Rabbinic quotations of the Old
Testament and how it relates to Joel 2 and Acts 2, Ariel Ministries,
Tustin, California
Moshe Yoseph Koniuchowsky, The Messianic Believer‟s First
Response Handbook, Your Arms to Israel Publishing, 2003

5
6
Chapitre II. ROMAINS 11 : 26, UN VERSET
FAUSSEMENT TRADUIT ?

EXEMPLE No 2 : LE VERSET A ETE FAUSSEMENT


TRADUIT

Un missionnaire, pour être efficace, doit travailler sur des re-


traductions dans sa langue à partir d‟anciennes traductions erronées en
grec, et ne pas consulter le texte original en hébreu.

L‟Epître aux Romains (11:26) cite Isaïe 59:20 comme disant : « Le


libérateur viendra de Sion, et il détournera de Jacob les impiétés »
(Bible Louis Segond, version 1910), tentant ainsi d‟accréditer - à partir
de la Bible hébraïque - l‟idée chrétienne selon laquelle le Messie
enlèvera nos péchés. On constate cependant, en se référant au texte
original en hébreu, une énorme contradiction, le verset en question
disant tout le contraire : « Il viendra un rédempteur pour Sion et pour
les pécheurs repentants de Jacob ; telle est la promesse de l‟Eternel. ».
Le Messie n‟aura pas pour rôle d‟enlever nos péchés. C‟est au
contraire lorsque nous nous en serons détournés qu‟il viendra ! On
remarquera d‟ailleurs que beaucoup de Bibles chrétiennes traduisent ce
verset correctement dans Isaïe, tandis qu‟elles le
font incorrectement dans l‟Epître aux Romains. (Rabbin Bentzion
Kravitz, La réponse juive aux missionnaires, p. 24)

Il est étonnant de voir le Rabbin avancer une prétendue


fausse traduction d'Esaïe 59 : 20 quand d'autres écrits juifs acceptés
par les rabbins ne rendent pas Esaïe 59 : 20 de la même manière.
Prenons juste exemple du Targum et de la Peshitta.

"and he will come to zion as a redeemer and to turn back the rebels of
the house of jacob to the law, says the Lord" (Targum Esaïe 59 : 20)

Traduction : "Et il viendra à Sion comme un rédempteur et pour


ramener les rebelles de la maison de Jacob à la loi, dit le Seigneur"

7
"And the redeemer will come to zion, along with those who turn
iniquity away from jacob, says the lord." (Peshitta)

Traduction : "Et le rédempteur viendra à Sion, avec ceux qui détourne


l'iniquité de Jacob, dit le Seigneur."

Le Rabbin utilise deux poids deux mesures dans le simple


but de discréditer les croyances chrétiennes.

"23 L'Éternel a en horreur deux sortes de poids, Et la balance fausse


n'est pas une chose bonne." (Proverbes 20 : 23)

Et puis, en affirmant que l'Epitre aux Romains traduit


faussement Esaïe 59 : 20, le Rabbin ne comprend même pas que le
verset que Paul cite n'est pas en fait Esaïe 59 : 20. Voici comment se lit
la citation entière de l'Apôtre Paul :

"26 Et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu'il est écrit: Le libérateur
viendra de Sion, Et il détournera de Jacob les impiétés; 27 Et ce sera
mon alliance avec eux, Lorsque j'ôterai leurs péchés." (Romains 11 :
26 – 27)

Bien que la première partie du verset que Paul cite semble


ressembler à Esaïe 59 : 20, quand on lit la citation dans son entièreté,
force est de constater que ce n'est pas ce passage là qu'il cite.

Pour comprendre à quel exercice se livre Paul en Romains


11 : 26 – 27, il est bon de se rappeler que ce dernier avait reçu une
formation rabbinique auprès de Gamaliel.

"… Et Paul dit: 3 je suis Juif, né à Tarse en Cilicie; mais j'ai été élevé
dans cette ville-ci, et instruit aux pieds de Gamaliel dans la
connaissance exacte de la loi de nos pères, étant plein de zèle pour
Dieu, comme vous l'êtes tous aujourd'hui." (Actes 22 : 2 – 3)

A cause ce bagage intellectuel, il n'est pas étonnant de


retrouver les traces d'une argumentation purement rabbinique dans les
8
écrits de l'Apôtre. Ainsi par exemple, en Romains 11 :12 et 24 Paul
argumente en utilisant la première règle d'Hillel (Grand-Père de
Gamaliel), Kal Vah'omer (du simple au complexe, a fortiori) qui
déduit une loi non connue dans une situation importante, à partir d'un
principe énoncé dans une situation de moindre importance.

"12 Or, si leur chute a été la richesse du monde, et leur


amoindrissement la richesse des païens, combien plus en sera-t-il
ainsi quand ils se convertiront tous." (Romains 11 : 12)

"24 Si toi, tu as été coupé de l'olivier naturellement sauvage, et enté


contrairement à ta nature sur l'olivier franc, à plus forte raison eux
seront-ils entés selon leur nature sur leur propre olivier." (Romains 11
: 24)

Si le Rabbin Bentzion Kravitz avait eu la prudence


d'utiliser les règles rabbiniques pour interpréter les dires de Paul, il
aurait compris qu'en Romains 11 : 26 – 27 Paul avait utilisé le
troisième des quatre sens selon lesquels on peut interpréter les
Ecritures dans l'herméneutique judaïque et chrétienne (école
scolastique).

Ce troisième sens est appelé "Drash" ou "Midrash"


(littéralement : creuser, sonder, chercher). C'est une méthode d'exégèse
herméneutique, comparative et homilétique qui recourt à des procédés
rhétoriques tels que l'allégorie, la métaphore, la concordance,
l'analogie, la gématrie.

On lit sur Wikipédia que "Le midrash construit donc une


exégèse du texte biblique. Toutefois, il s'agit d'une exégèse très
particulière qui use de paraboles, d'allégories, de métaphores, de jeux
de mots à base de glissements phoniques (y compris entre hébreu,
araméen, grec, voire latin), sémantiques, allusifs, de concordances
temuriques (permutation des voyelles possibles [1]) et guématriques (à
partir du calcul de la valeur numérique des mots)... et qui finit par
produire des textes fort éloignés du texte biblique commenté."

9
Le Rabbin Yakov Nathan Lawrence ajoute que le
Drash peut aussi consister dans le fait de prendre deux ou des
versets des Ecritures sans rapport apparent, de les combiner pour
créer un verset avec un troisième sens.

C'est justement à cet exercice que s'est livré l'Apôtre Paul


en Romains 1 : 26 – 27.

"26 Et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu'il est écrit: Le libérateur
viendra de Sion, Et il détournera de Jacob les impiétés; 27 Et ce sera
mon alliance avec eux, Lorsque j'ôterai leurs péchés." (Romains 11 :
26 – 27)

Primo, en se basant sur le Psaume 14 : 7, Paul combine


Esaïe 59 : 20 et Esaïe 2 : 3 pour créer une nouvelle prédiction que le
rédempteur (pas "la Thora") viendra de Sion (pas "pour Sion"). Si Paul
peut parler du Messie là où on parle plutôt de la loi, c'est parce qu'il
existe des promesses faites au sujet de la loi qui sont également faites
au sujet du Messie.

« Mon peuple, sois attentif ! Ma nation, prête-moi l'oreille ! Car la loi


sortira de moi, Et j'établirai ma loi pour être la lumière des peuples.
» (Esaïe 51 : 4)

« Il dit: C'est peu que tu sois mon serviteur Pour relever les tribus de
Jacob Et pour ramener les restes d'Israël: Je t'établis pour être la
lumière des nations, Pour porter mon salut jusqu'aux extrémités de la
terre. » (Esaïe 49 : 6)

Secundo, Paul combine Jérémie 31 : 34 et Esaïe 27 : 9


pour affirmer que le rédempteur détournera de Jacob les impiétés. Ceci
s'explique par le fait que les deux versets parlent du temps
messianique, période pendant laquelle le péché de Jacob sera expié et
oublié. Etant donné que cet âge sera instauré par le Messie, Paul
comprend que celui qui instaurera cette ère détournera Jacob de ses
impiétés. Ainsi, il n'y aura plus que des justes parmi le peuple. Il faut

10
toutefois noter que la Septante aussi rend la deuxième partie d'Esaïe 59
: 20 comme le fait l'Apôtre Paul.

"34 Celui-ci n'enseignera plus son prochain, Ni celui-là son frère, en


disant: Connaissez l'Éternel! Car tous me connaîtront, Depuis le plus
petit jusqu'au plus grand, dit l'Éternel; Car je pardonnerai leur
iniquité, Et je ne me souviendrai plus de leur péché." (Jérémie 31 :
34)

"9 Ainsi le crime de Jacob a été expié, Et voici le fruit du pardon de


son péché: L'Éternel a rendu toutes les pierres des autels Pareilles à
des pierres de chaux réduites en poussière; Les idoles d'Astarté et les
statues du soleil ne se relèveront plus." (Esaïe 27 : 9)

"4 Mais le pardon se trouve auprès de toi, Afin qu'on te craigne."


(Psaumes 130 : 4)

"21 Il n'y aura plus que des justes parmi ton peuple, Ils posséderont à
toujours le pays; C'est le rejeton que j'ai planté, l'œuvre de mes mains,
Pour servir à ma gloire." (Esaïe 60 : 21)

Tertio enfin, Paul fait référence à Jérémie 31 : 31 où l'on


parle de la Nouvelle Alliance car l'un des effets de cette nouvelle
alliance est que le péché d'Israël sera pardonné (cfr. verset 34).

"31 Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, Où je ferai avec la maison
d'Israël et la maison de Juda Une alliance nouvelle," (Jérémie 31 :
31)

Paul a pu résumer ainsi, grâce à tous les versets sur


lesquels il s'est basé, l'enseignement des Ecritures dans sa citation
composite :

"26 Et ainsi tout Israël sera sauvé, selon qu'il est écrit: Le libérateur
viendra de Sion, Et il détournera de Jacob les impiétés; 27 Et ce sera
mon alliance avec eux, Lorsque j'ôterai leurs péchés." (Romains 11 :
26 – 27)
11
Permettez que nous voyons maintenant si les déclarations
de Paul selon lesquelles le Rédempteur viendra de Sion et qu'il
détournera de Jacob de l'impiété sont contraire aux Ecritures comme le
sous-entend le Rabbin Bentzion Kravitz.

A. Le rédempteur viendra de Sion

"7 Oh! qui fera partir de Sion la délivrance d'Israël ? Quand


l'Éternel ramènera les captifs de son peuple, Jacob sera dans
l'allégresse, Israël se réjouira." (Psaumes 14 : 7)

"3 Des peuples s'y rendront en foule, et diront: Venez, et montons à la


montagne de l'Éternel, A la maison du Dieu de Jacob, Afin qu'il nous
enseigne ses voies, Et que nous marchions dans ses sentiers. Car de
Sion sortira la loi, Et de Jérusalem la parole de l'Éternel." (Esaïe 2 :
3)

"20 Un rédempteur viendra pour Sion, Pour ceux de Jacob qui se


convertiront de leurs péchés, Dit l'Éternel." (Esaïe 59 : 20)

En se basant sur le Psaume 14 : 7, pour combiner Esaïe 59


: 20 et Esaïe 2 : 3, Paul utilise trois passages qui ont le caractéristique
commune de traiter de la restauration spirituelle d'Israël afin de dire
par qui celle-ci sera faîte, le Messie. De la "Gill's Exposition of the
Entire Bible" on apprend que même le Talmud de Babylone
(Sanhedrin fol. 98. l. & Yoma, fol. 86. 2), d'autres écrits juifs (Echa
Rabbati, fol. 47. 2), Aben Ezra et Kimchi appliquent Esaïe 59 : 20 au
Messie qui est considéré comme ce rédempteur qui viendra.

L'affirmation de l'Apôtre Paul selon laquelle le rédempteur


viendra de Sion doit être comprise à deux niveaux :

- Primo, le rédempteur ne sera pas un étranger, mais qu'il viendra du


milieu du peuple.

- Secundo, le rédempteur viendra de la Sion Céleste pour la Sion


Terrestre dont parle Esaïe. Les deux événements sont rapprochés dans
12
le temps. Le Messie viendra de la Jérusalem céleste et viendra sur celle
terrestre pour la délivrer. Il sera mandaté par le Très Haut pour
accomplir cette tâche.

"15 Je m'en irai, je reviendrai dans ma demeure, Jusqu'à ce qu'ils


s'avouent coupables et cherchent ma face. Quand ils seront dans la
détresse, ils auront recours à moi." (Osée 5 : 15)

"7 Oh! qui fera partir de Sion la délivrance d'Israël ? Quand


l'Éternel ramènera les captifs de son peuple, Jacob sera dans
l'allégresse, Israël se réjouira." (Psaumes 14 : 7)

"13 Je regardai pendant mes visions nocturnes, et voici, sur les nuées
des cieux arriva quelqu'un de semblable à un fils de l'homme; il
s'avança vers l'ancien des jours, et on le fit approcher de lui. 14 On lui
donna la domination, la gloire et le règne; et tous les peuples, les
nations, et les hommes de toutes langues le servirent. Sa domination
est une domination éternelle qui ne passera point, et son règne ne sera
jamais détruit." (Daniel 7 : 13 – 14)

Ainsi, Paul a totalement raison d'affirmer que le


Rédempteur qui viendra pour Sion, viendra de Sion.

B. Et il détournera de Jacob les impiétés

Dans son argumentation contre la citation de l'Apôtre Paul,


le Rabbin Bentzion Kravitz affirme que "Le Messie n‟aura pas pour
rôle d‟enlever nos péchés. C‟est au contraire lorsque nous nous en
serons détournés qu‟il viendra !".

Quand on lit le Targum sur Esaïe 59 : 20, on constate que


la deuxième partie de ce verset est rendue d'une manière similaire à la
déclaration de l'Apôtre Paul.

"and he will come to zion as a redeemer and to turn back the rebels of
the house of jacob to the law, says the Lord" (Targum Esaïe 59 : 20)

13
Traduction : "Et il viendra à Sion comme un rédempteur et pour
ramener les rebelles de la maison de Jacob à la loi, dit le Seigneur"

En affirmant que le rédempteur détournera de Jacob les


impiétés, l'Apôtre Paul fait justement référence à l'une de ses missions
qui sera de ramener Israël au respect des commandements de Dieu.
C'est l'une des façons par lesquelles il détournera de Jacob les
impiétés.

D'ailleurs, si Israël se détournera de ses péchés, c'est


justement parce qu'en tant qu'Agent par excellence de Dieu pour cette
mission, le Messie l'en détournera.

"21 Fais-nous revenir vers toi, ô Éternel, et nous reviendrons!


Donne-nous encore des jours comme ceux d'autrefois!" (Lamentations
5 : 21)

A sa venue, le Messie s'attèlera aussi à purifier le peuple,


en commençant par les fils de Lévi, afin que l'Offrande d'Israël soit
agréable à l'Eternel. C'est encore une autre manière de détourner de
Jacob les impiétés.

"1 Voici, j'enverrai mon messager; Il préparera le chemin devant moi.


Et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez;
Et le messager de l'alliance que vous désirez, voici, il vient, Dit
l'Éternel des armées. 2 Qui pourra soutenir le jour de sa venue? Qui
restera debout quand il paraîtra? Car il sera comme le feu du
fondeur, Comme la potasse des foulons. 3 Il s'assiéra, fondra et
purifiera l'argent; Il purifiera les fils de Lévi, Il les épurera comme
on épure l'or et l'argent, Et ils présenteront à l'Éternel des offrandes
avec justice. 4 Alors l'offrande de Juda et de Jérusalem sera
agréable à l'Éternel, Comme aux anciens jours, comme aux années
d'autrefois." (Malachie 3 : 1 – 4)

Contrairement aux affirmations du Rabbin Bentzion


Kravitz, on retrouve même dans les écrits rabbiniques des références
au rôle du Messie dans l'expiation des péchés d'Israël.
14
Dans le Talmud de Babylone, Sanhedrin 98a, on nous
apprend de Rabanan qu‟il affirme que le nom du Messie est « le
disciple de la souffrance » parce qu‟il est écrit « ce sont nos
souffrances qu‟il a porté ; c‟est de nos douleurs qu‟il s‟est chargé. Et
nous l‟avons considéré comme puni, frappé de Dieu et humilié ». Une
claire référence au rôle du Messie par rapport au péché d'Israël.

Toujours dans le Talmud de Babylone, Sanhedrin 98b, on


lit ceci « Le Messie – quel est son nom ?… ceux de la maison de Rabbi
Yuda le Saint disent « Le Malade » car, comme il est écrit : «
assurément, il s‟est chargé de nos maladies ».

La Midrash Cohen met les paroles suivantes dans la


bouche du prophète Elie qui dit au Messie : « Endure les souffrances
et le châtiment du Seigneur qui te frappe pour les péchés d‟Israël,
comme il est écrit : « Il a été écrasé pour notre rébellion, brisé pour
nos iniquités » jusqu‟à ce que la fin arrive. »

Au 11ème siècle, le Rabbi Moshe Hadrashan affirma dans le


Bereshit Rabbah, « Le Saint a donné au Messie l‟occasion de sauver
des âmes mais d‟être sévèrement châtié lui-même. Par amour, le
messie a sur-le-champ accepté le châtiment, ainsi qu‟il est écrit : « Il a
été maltraité et opprimé. » Quand Israël pèche, le Messie implore la
miséricorde sur lui, comme lui est écrit : « C‟est par ses meurtrissures
que nous sommes guéris » et « il a porté les péchés de beaucoup et a
intercédé pour les coupables. »

Dans le Zohar, écrit au 13ème siècle par le Rabbin Simon


ben Yochaï ; Ex.fol. 212a, il est écrit : « Il existe dans le jardin d‟Eden
un palais appelé palais des fils de la maladie ; le Messie y entre et
attire toutes les maladies, toutes les souffrances et toutes les sanctions
d‟Israël ; elles viennent toutes et se posent sur lui. S‟il n‟avait pas
ainsi allégé le fardeau d‟Israël en les prenant sur lui, il ne se serait
trouvé personne qui fût capable de porter le châtiment d‟Israël en
raison de ses transgression de la loi : c‟est ce qui est écrit : «
Cependant, ce sont nos souffrances qu‟il a portées » (Zohar ; Ex.fol.
212a).
15
Ici, le Zohar fait clairement allusion au rôle du Messie
dans l'expiation des péchés d'Israël. Il reconnait sa dimension
expiatoire et substitutive lorsqu'il dit que le Messie prend sur lui les
souffrances qui devraient frapper Israël à cause de ses péchés.

Conclusion

Dans romains 11 : 26 – 27, l'Apôtre Paul ne fait pas une


fausse traduction d'Esaïe 59 : 20. Il utilise plutôt des passages tel que
le Psaumes 14 : 7; Esaïe 2 : 3; 27 : 9; 59 : 20; Michée 4 : 2 et Jérémie
31 : 34 pour former une citation contenant l'enseignement contenu
dans lesdits passages. Cette méthode est le troisième sens de
compréhension des Ecritures qu'on appelle le "Drash". L'enseignement
qu'il livre dans sa citation composite est totalement en accord avec les
Ecritures car, le Rédempteur quittera la Sion céleste pour délivrer celle
terrestre et il détournera de Jacob ses impiétés afin d'instaurer une ère
de Paix su Israël et sur la terre entière.

Références

Biblos, Isaiah 59 : 20

Dr Arnold G. Fruchtenbaum, Jésus était Juif. Le Messie de l‟Ancien


Testament I : Le conflit à propos d‟Esaïe 53

Ya‟acov N'tan Lawrence, Rightly dividing Scripture : The rules of


biblical interpretation (PDF), Hosana Rabbah Messianic Congregation

Tim Hoelscher, Paul's Use of Old Testament Quotations in Romans


(PDF), Royal City, WA.

Tom Wright, JERUSALEM IN THE NEW TESTAMENT (PDF)

Wikipédia, Quatre sens de l'Ecriture

Wikipédia, Treize principes de Rabbi Ishmaël

16
Chapitre III. ESAIE 7 : 14 EST-IL MAL TRADUIT ET
LU HORS DE SON CONTEXTE ?

EXEMPLE No 3 : LE PASSAGE A ETE MAL TRADUIT ET


EST LU HORS DE SON CONTEXTE

Pour essayer de prouver le concept de la « naissance virginale » de


Jésus, l‟Evangile de Matthieu indique : « Tout cela arriva afin que
s‟accomplît ce que le Seigneur avait annoncé par le prophète : “Voici,
la “vierge” sera enceinte, elle enfantera un fils, et “on” lui donnera le
nom d‟Emmanuel”, ce qui signifie D.ieu avec nous » (1:22 et 23). Les
missionnaires prétendent que la naissance de Jésus a constitué la
réalisation d‟une prophétie annoncée par Isaïe. En réalité, celui-ci dit:
« Voici, la “jeune femme” est devenue enceinte, elle va mettre au
monde un fils, qu‟“elle” appellera Emmanuel » (Isaïe 7:14).

La traduction chrétienne contient ici de nombreuses inexactitudes, et


notamment celles-ci :

1) Le mot hébreu alma - signifie « jeune femme », et non une vierge,


ce que reconnaissent de nombreux spécialistes de la Bible ;*

2) Le verset énonce : ha-„alma (« “la” jeune femme »), et non : «


“une” jeune femme », voulant dire qu‟il s‟agissait d‟une femme
précise que connaissait le prophète de son vivant ;

3) Le verset dit : « “elle” appellera son nom Emmanuel », et non : «


“on” appellera ».

Indépendamment de ces inexactitudes, la simple lecture du septième


chapitre d‟Isaïe, d‟où est extrait ce verset, suffit à établir à l‟évidence
que les Chrétiens l‟ont sorti de son contexte.

Ce chapitre parle d‟une prophétie transmise à Ahaz, roi de Juda, pour


apaiser ses craintes devant les projets des rois de Damas et de
Samarie qui se préparaient à envahir Jérusalem, environ six cents ans
17
avant la naissance de Jésus. Isaïe présente ces événements comme
imminents, et non, ainsi que le prétend le christianisme, comme
devant avoir lieu six siècles plus tard. Cette imminence est soulignée
de façon extrêmement claire dans le verset 16 : « Or, avant même que
l‟enfant sache repousser le mal et choisir le bien, la région dont les
deux rois te causent des angoisses sera devenue une solitude. »

En fait, cette prophétie s‟est réalisée au chapitre suivant avec la


naissance d‟un fils à Isaïe. Ainsi qu‟il est écrit : « Car l‟enfant ne saura
pas encore dire : “Mon père, ma mère” que déjà on emportera devant
le roi d‟Assyrie les richesses de Damas et les dépouilles de Samarie »
(Isaïe 8:4). Ce verset écarte entièrement tout lien avec Jésus, dont la
naissance n‟aura lieu que six cents ans plus tard. (Rabbin Bentzion
Kravitz, La réponse juive aux missionnaires, pp. 24 - 25)

L'argumentation du Rabbin n'est pas dénuée de sens. Je


suis partiellement d'accord avec les affirmations du rabbin dans les
trois points qu'il a énuméré, puisqu'il a été incomplet dans son analyse.
Nous allons dans les lignes qui suivent voir les points qui font que la
prophétie n'était pas destinée à un accomplissement proche et ce qui
fait que l'analyse du rabbin bien que sensée est totalement incomplète.

1) La différence sur certains mots utilisés dans Esaïe 7 : 14 et


Matthieu 1 : 23 s'explique par le fait que Matthieu n'a pas tiré sa
citation des textes hébreux, mais d'une version traduite par des
rabbins juifs et approuvée par le Souverain Sacrificateur plus de
200 ans avant sa naissance.

En effet, dans son article "The ancient versions on Isaiah 7


: 14", John Meade affirme qu'en citant Esaïe 7 : 14, Matthieu n'a pas
suivi le texte hébreu mais a plutôt utilisé la Septante qui a " διὰ ηοῦηο
δώζει κύπιορ αὐηὸρ ὑμῖν ζημεῖον ἰδοὺ ἡ παπθένορ ἐν γαζηπὶ ἕξει καὶ
ηέξεηαι ςἱόν καὶ καλέζειρ ηὸ ὄνομα αὐηοῦ Εμμανοςηλ". « Voici, la
vierge ("parthenos") portera dans le ventre et enfantera un fils, et tu
appelleras Emmanuel » (Esaïe 7, 14)

18
La Septante est le « nom donné à la première traduction
grecque de l'Ancien Testament hébreu. Le terme est dérivé du latin
septuaginta (« soixante-dix », d'où l'abréviation courante LXX) et
évoque les soixante-dix ou soixante douze traducteurs qui auraient
été désignés par un grand prêtre juif pour produire une version
grecque de la Bible hébraïque sur ordre de l'empereur helléniste
Ptolémée II. Les traducteurs, réunis sur une île, auraient achevé le
travail en soixante-douze jours. De plus, ils auraient travaillé
séparément, élaborant ainsi soixante-douze traductions. En réalité la
traduction fut recommencée au IIIesiècle av. J.-C. et achevée au IIe
siècle apr. J.-C. » ("Septante." Microsoft® Études 2008 [DVD].
Microsoft Corporation, 2007).

Bien que le Rabbin Kravitz soutient que seuls les cinq


premiers livres de la Bible furent traduits par les 70 anciens à l‟origine
de la Septante, Aristea, Philon le Juif et l‟historien Flavius Josèphe
affirment que la traduction faite en 250 av. J.C. était celle de tout
l‟Ancien Testament. La « lettre d‟Aristea » qui décrit le processus, les
méthodes, les détails de la traduction de septante, soutenant que c‟est
tout l‟Ancien Testament qui a été traduit, n‟a vu son authenticité être
remise en cause qu‟en 1540 ap. J.C. par un certain Louis Vive et
d‟autres après lui dans le but de discréditer la Septante.

Les traducteurs juifs qui avaient traduit en grec la Bible


hébraïque plusieurs siècles avant la naissance de Jésus avaient donc
rendu en grec le texte selon qu'il était compris par eux, sans agenda
caché. Et cette traduction avait été avalisée par le Souverain
Sacrificateur de l'époque.

2) Il est vrai que mot Alma fait référence à une jeune femme, mais
les utilisations bibliques de ce terme font référence à une jeune
femme non mariée dont la caractéristique est d'être vierge.

Nous savons que "Alma" se rapporte à une jeune


demoiselle, mais cette demoiselle par nécessité serait une vierge
puisque la loi mosaïque interdit aux femmes de s'engager dans le sexe
prénuptial (Deutéronome 22:13-21). Ainsi, Robert Dick Wilson
19
affirme qu'alma n'a jamais signifié "jeune femme mariée" et que la
présomption du droit coutumier est que chaque alma est vertueuse, à
moins qu'on ne puisse prouver le contraire. A cause de ce fait, puisqu'il
n'existe aucun élément qui remet en cause la vertu des demoiselles
auxquelles on fait référence dans la Bible en utilisant le terme Alma, il
est clair qu'elles sont toutes vierges.

En Genèse 24 : 43, Cantique des cantiques 1 : 3; 6 : 8 le


mot Alma fait clairement référence à des vierges. D'ailleurs, le mot
Alma est traduit par vierge dans ces passages dans la Hebrew
Publishing Company Translation de 1916.

"43 voici, je me tiens près de la source d'eau, et que la jeune fille


(Alma) qui sortira pour puiser, à qui je dirai: Laisse-moi boire, je te
prie, un peu d'eau de ta cruche, et qui me répondra:" (Genèse 24 : 43)

"15 Il n'avait pas encore fini de parler que sortit, sa cruche sur
l'épaule, Rebecca, née de Bethuel, fils de Milca, femme de Nachor,
frère d'Abraham. 16 C'était une jeune fille très belle de figure; elle
était vierge (Bethula), et aucun homme ne l'avait connue. Elle
descendit à la source, remplit sa cruche, et remonta." (Genèse 24 : 15
– 16)

Éliézer avait prié pour que Dieu l'aide à trouver une jeune
fille (Alma) pour Isaac. Il est clair que cette jeune femme devait être
non mariée et vierge (tel qu'attesté en Genèse 24 : 15 – 16).

« Voici, la vierge ("parthenos") portera dans le ventre et enfantera un


fils, et tu appelleras Emmanuel » (Esaïe 7, 14, Septante)

Comme affirmé dans le premier point, Matthieu avait tiré


sa citation de la septante qui emploi le mot "Parthenos" qui signifie
vierge. Les rabbins juifs qui avaient traduit la Bible hébraïque avaient
jugé que c'était ce mot qui rendait bien le sens du mot Alma. Difficile
de croire que ces 70 rabbins juifs, qui avaient vu leur œuvre être
approuvée par le Souverain Sacrificateur, s'étaient complètement
trompé à ce sujet.
20
Pour remettre en cause la signification de vierge que porte
le mot grec "Parthenos", le Rabbin Bentzion Kravitz affirme dans une
note au bas de la page 24 de son livre que "Le mot « parthenos » est
employé dans la traduction des « Septante » de la Genèse (34:2 et 3)
pour désigner une non-vierge qui a été violée."

Ce que le rabbin affirme est complètement faux, puisque


Parthenos est utilisé dans Genèse 34:2 et 3 non pas pour désigner une
non-vierge qui a été violée, mais plutôt pour désigner UNE VIERGE
QUI A ETE VIOLEE. Dina, la fille de Jacob était vierge. Ainsi,
quand elle fut violée il est dit d'elle qu'elle fut déshonorée.

"1 Dina, la fille que Léa avait enfantée à Jacob, sortit pour voir les
filles du pays. 2 Elle fut aperçue de Sichem, fils de Hamor, prince du
pays. Il l'enleva, coucha avec elle, et la déshonora. 3 Son coeur
s'attacha à Dina, fille de Jacob; il aima la jeune fille, et sut parler à
son coeur. 4 Et Sichem dit à Hamor, son père: Donne-moi cette jeune
fille pour femme. 5 Jacob apprit qu'il avait déshonoré Dina, sa fille;
et, comme ses fils étaient aux champs avec son troupeau, Jacob garda
le silence jusqu'à leur retour." (Genèse 34 : 2 – 3)

Rabbi Ed Nydle cite David Stern qui, dans son Jewish NT


commentary, révèle que le célèbre commentateur juif Rabbi Shlomo
Jitzchaki, plus connu sous le nom de Rachi, affirme dans son
commentaire de Shir HaShirim 1:3 que le mot alamot (pluriel de alma)
signifie betulot – vierges.

Il faut aussi savoir que ce n'est pas seulement dans la


septante qu'on a le mot pour vierge dans Esaïe 7 : 14. On retrouve
également pour ledit passage le mot pour vierge dans la Syriac
Peshitta.

3) Il n'est pas tout à fait faux de dire que l'utilisation l'article


définit ha- devant alma laisse penser qu'il s'agissait d'une femme
que le prophète connaissait de son vivant, mais il serait mieux de
seulement dire qu'il s'agissait d'une femme précise à laquelle le
prophète faisait référence.
21
En lisant le chapitre 8 du livre d'Esaïe, on comprend que la
prophétie est partiellement applicable à la femme du prophète Esaïe
qui enfanta l'enfant donné comme signe à Achaz de la délivrance du
royaume de Juda face à ses deux envahisseurs.

Seulement, comme le souligne si bien Rabbi Ed Nydle, le


fait qu'Esaïe ait utilisé le terme "hinneh" (Voici), montre que le
parfait et total accomplissement de la prophétie était pour un
futur éloigné, car ledit terme est utilisé pour attirer l'attention des
auditeurs sur un événement à venir dans un futur éloigné.

"9 Voici, le jour de l'Éternel arrive, Jour cruel, jour de colère et


d'ardente fureur, Qui réduira la terre en solitude, Et en exterminera
les pécheurs." (Esaïe 13 : 9)

"1 Oracle sur Damas. Voici, Damas ne sera plus une ville, Elle ne
sera qu'un monceau de ruines." (Esaïe 17 : 1)

"16 C'est pourquoi ainsi parle le Seigneur, l'Éternel: Voici, j'ai mis
pour fondement en Sion une pierre, Une pierre éprouvée, une pierre
angulaire de prix, solidement posée; Celui qui la prendra pour appui
n'aura point hâte de fuir." (Esaïe 28 : 16)

"10 Voici, le Seigneur, l'Éternel vient avec puissance, Et de son bras il


commande; Voici, le salaire est avec lui, Et les rétributions le
précèdent." (Esaïe 40 : 10)

"22 Ainsi a parlé le Seigneur, l'Éternel: Voici: Je lèverai ma main vers


les nations, Je dresserai ma bannière vers les peuples; Et ils
ramèneront tes fils entre leurs bras, Ils porteront tes filles sur les
épaules" (Esaïe 49 : 22)

"19 L'Éternel répond, il dit à son peuple: Voici, je vous enverrai du


blé, Du moût et de l'huile, Et vous en serez rassasiés; Et je ne vous
livrerai plus à l'opprobre parmi les nations." (Joël 2 : 19)

22
"11 Voici, les jours viennent, dit le Seigneur, l'Éternel, Où j'enverrai
la famine dans le pays, Non pas la disette du pain et la soif de l'eau,
Mais la faim et la soif d'entendre les paroles de l'Éternel." (Amos 8 :
11)

"12 Tu lui diras: Ainsi parle l'Éternel des armées: Voici, un homme,
dont le nom est germe, germera dans son lieu, et bâtira le temple de
l'Éternel." (Zacharie 6 : 12)

"9 Sois transportée d'allégresse, fille de Sion! Pousse des cris de joie,
fille de Jérusalem! Voici, ton roi vient à toi; Il est juste et victorieux, Il
est humble et monté sur un âne, Sur un âne, le petit d'une ânesse"
(Zacharie 9 : 9)

"1 Voici, j'enverrai mon messager; Il préparera le chemin devant moi.


Et soudain entrera dans son temple le Seigneur que vous cherchez; Et
le messager de l'alliance que vous désirez, voici, il vient, Dit l'Éternel
des armées." (Malachie 3 : 1)

"5 Voici, je vous enverrai Élie, le prophète, Avant que le jour de


l'Éternel arrive, Ce jour grand et redoutable." (Malachie 4 : 5)

"14 C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, Voici,


la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui
donnera le nom d'Émmanuel" (Esaïe 7 : 14)

Dans Esaïe 7 : 14, Hinneh (Voici) est utilisé pour annoncer


une naissance de grande importance, non pas à Achaz seulement qui
craignait ses ennemis, mais à toute la maison de David. La naissance
au sein de la maison de David de celui qui écrasera la tête du serpent et
délivrera les captifs d'Israël. C'est au travers d'une femme précise
que devait avoir lieu cette naissance, la seule au sujet de qui il a
été dit "la semence de la femme" (alors que le terme semence est
toujours utilisé en rapport avec un homme). C'est cette femme qui
devait enfanter qu'Esaïe avait à l'esprit quand il dit "Ha-Alma",
La jeune femme, La Vierge.

23
"et je mettrai inimitié entre toi et la femme, et entre ta semence et sa
semence. Elle te brisera la tête, et toi tu lui briseras le talon." (Genèse
3 : 15, Darby)

"2 C'est pourquoi il les livrera Jusqu'au temps où enfantera celle qui
doit enfanter, Et le reste de ses frères Reviendra auprès des enfants
d'Israël. 3 Il se présentera, et il gouvernera avec la force de l'Éternel,
Avec la majesté du nom de l'Éternel, son Dieu: Et ils auront une
demeure assurée, Car il sera glorifié jusqu'aux extrémités de la terre.
4 C'est lui qui ramènera la paix. Lorsque l'Assyrien viendra dans
notre pays, Et qu'il pénétrera dans nos palais, Nous ferons lever
contre lui sept pasteurs Et huit princes du peuple. 5 Ils feront avec
l'épée leur pâture du pays d'Assyrie Et du pays de Nimrod au dedans
de ses portes. Il nous délivrera ainsi de l'Assyrien, Lorsqu'il viendra
dans notre pays, Et qu'il pénétrera sur notre territoire." (Michée 5 : 2
– 3)

En parlant de celle qui doit enfanter, Michée avait en tête


la vierge dont avait parlé Esaïe, la même au sujet de qui il est dit "la
semence de la femme".

En concluant son analyse par l'affirmation selon laquelle la


prophétie d'Esaïe 7 : 14 s'était réalisée au chapitre suivant avec la
naissance d‟un fils à Isaïe, le Rabbin Bentzion Kravitz passe outre le
fait qu'il existe une double référence dans la prophétie d'Esaïe 7 : 14 à
16. Comme le souligne le Dr. Trimm, dans la prophétie du verset 14
au verset 16 du chapitre 7 d‟Esaïe, il est question de deux enfants:
Emmanuel et le Fils d‟Esaïe (double référence). Emmanuel est un
signe pour toute la maison de David (et tout le royaume par ricochet)
tandis que le Fils d‟Esaïe est un signe pour Achaz seulement. Ceci se
remarque dans l‟utilisation du singulier (sgl) comme du pluriel (pl)
dans le texte de la prophétie.

“3 Alors l'Éternel dit à Ésaïe: Va à la rencontre d'Achaz, toi (sgl) et


Schear-Jaschub, ton(sgl) fils,…10 L'Éternel parla de nouveau à
Achaz, et lui (sgl) dit: 11 Demande en ta (sgl) faveur un signe à
l'Éternel, ton Dieu; demande -le, soit dans les lieux bas, soit dans les
24
lieux élevés. 12 Achaz répondit: Je ne demanderai rien, je ne tenterai
pas l'Éternel. 13 Ésaïe dit alors: Écoutez donc, maison de David !
Est-ce trop peu pour vous (pl) de lasser la patience des hommes, Que
vous(pl) lassiez encore celle de mon Dieu ? 14 C'est pourquoi le
Seigneur lui-même vous (pl) donnera un signe, Voici, la jeune fille
deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom
d'Emmanuel. 15 Il mangera de la crème et du miel, Jusqu'à ce qu'il
sache rejeter le mal et choisir le bien. 16 Mais avant que l'enfant
sache rejeter le mal et choisir le bien, Le pays dont tu (sgl) crains les
deux rois sera abandonné. 17 L'Éternel fera venir sur toi (sgl), Sur ton
peuple et sur la maison de ton (sgl) père,…” (Esaïe 7 : 10 – 16)

Et puis, comme le souligne Quennel Gale dans "Isaiah


7:14, The Immaculate Deception?", le fait que la délivrance de Juda
était conditionnelle démontre qu'Esaïe 7 : 14 n'était pas un signe pour
Achaz.

"9 La Samarie est la tête d'Éphraïm, Et le fils de Remalia est la tête de


la Samarie. Si vous ne croyez pas, Vous ne subsisterez pas." (Esaïe 7 :
9)

Puisqu'Achaz n'avait pas cru et qu'il avait refusé le signe


de Dieu, le royaume de Juda fut envahi et mis à sac par le Roi de
Syrie, le Roi d'Israël et le Roi d'Assyrie.

"1 Achaz avait vingt ans lorsqu'il devint roi, et il régna seize ans à
Jérusalem. Il ne fit point ce qui est droit aux yeux de l'Éternel, comme
avait fait David, son père. (…) 5 L'Éternel, son Dieu, le livra entre les
mains du roi de Syrie; et les Syriens le battirent et lui firent un grand
nombre de prisonniers, qu'ils emmenèrent à Damas. Il fut aussi livré
entre les mains du roi d'Israël, qui lui fit éprouver une grande défaite.
6 Pékach, fils de Remalia, tua dans un seul jour en Juda cent vingt
mille hommes, tous vaillants, parce qu'ils avaient abandonné l'Éternel,
le Dieu de leurs pères. 7 Zicri, guerrier d'Éphraïm, tua Maaséja, fils
du roi, Azrikam, chef de la maison royale, et Elkana, le second après
le roi. 8 Les enfants d'Israël firent parmi leurs frères deux cent mille
prisonniers, femmes, fils et filles, et ils leur prirent beaucoup de butin,
25
qu'ils emmenèrent à Samarie. (…) 19 Car l'Éternel humilia Juda, à
cause d'Achaz, roi d'Israël, qui avait jeté le désordre dans Juda et
commis des péchés contre l'Éternel. 20 Tilgath-Pilnéser, roi
d'Assyrie, vint contre lui, le traita en ennemi, et ne le soutint pas." (2
Chroniques 28 : 1, 5 – 8, 19 – 20)

Quennel Gale ajoute qu'après le refus et le rejet d'Achaz,


Dieu avait tourné son attention sur la maison entière de David. Dieu
promit au royaume de Juda que malgré toutes les douleurs et calamités
qu'ils éprouveront aux mains de la Syrie, d'Israël et même de l'Assyrie
(Esaïe 7:17-25 ; 2 chroniques 28:16-21), ils survivraient puisque Dieu
a juré que le Messie viendra et s'assiéra sur le trône de David pour
toujours (Esaïe 9:6-7).

"5 Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, Et la
domination reposera sur son épaule; On l'appellera Admirable,
Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. 6 Donner à
l'empire de l'accroissement, Et une paix sans fin au trône de David
et à son royaume, L'affermir et le soutenir par le droit et par la
justice, Dès maintenant et à toujours: Voilà ce que fera le zèle de
l'Éternel des armées." (Esaïe 9 : 5 – 6)

Nous pouvons donc conclure en disant que la preuve


textuelle avancée par les chrétiens pour prouver le concept de la
naissance virginale de Jésus est totalement en accord avec la prophétie
d'Esaïe 7 : 14, qui a été bien traduit et est lu dans son contexte et celui
de la Bible entière.

Références

Quennel Gale, Virgin in Isaiah 7:14, The Immaculate Deception?


John Meade, "The ancient versions on Isaiah 7 : 14"
"Septante." Microsoft® Études 2008 [DVD]. Microsoft Corporation,
2007
Rabbi Ed Nydle, “Look, the Maiden Conceives”, Examination of
Scriptures and Rabbinical Writings Concerning a Virgin Birth And a
Pre-existent Messiah, disponible sur http://www.bnaiavraham.net
26
Chapitre IV. 2 SAMUEL 7 : 14 S’APPLIQUE-T-IL A
JESUS DE NAZARETH ?

EXEMPLE No 4 : ENVISAGE DANS SON CONTEXTE, LE


VERSET NE PEUT S’APPLIQUER A JESUS

L‟Epître aux Hébreux (1:5) cite, comme allusion prophétique à Jésus,


fils de D.ieu, un verset du deuxième livre de Samuel (7:14) : « Je serai
pour lui un père, et il sera pour moi un fils ». Cependant, si nous
considérons ce verset de II Samuel dans son intégralité, il ne s‟achève
pas comme indiqué dans le Nouveau Testament, mais il continue : «
… tellement que s‟il vient à forfaire, Je ne le châtierai qu‟à la façon
des hommes. » Ces derniers mots ne peuvent en aucun cas s‟appliquer
à un Jésus présenté comme ayant été « sans péché ». En outre, le verset
parle spécifiquement du Roi Salomon, ainsi que cela résulte de façon
évidente de : « Il s‟appellera Salomon... C‟est lui qui élèvera une
maison en Mon honneur ; il Me sera un fils, Je lui serai un père.» (I
Chroniques 22:9 et 10).

La Bible parle fréquemment de certains individus qu‟elle présente


comme « fils de D.ieu ». Et il arrive d‟ailleurs que ce soit tout le
peuple d‟Israël qu‟elle désigne ainsi : « Israël est le premier-né de Mes
fils » (Exode 4:22). (Rabbin Bentzion Kravitz, La réponse juive aux
missionnaires, p. 25)

L'argument du Rabbin semble convaincant. Seulement, le


Rabbin passe à côté d'une notion importante : Une partie d‟une
prophétie peut concerner un individu et une autre partie de la même
prophétie concerner un autre individu (principe de la double
référence).

En effet, quand on examine bien la prophétie donnée à


David et les faits qui se sont produits dans la vie de Salomon, il est
devient clair que ce n‟est pas en Salomon que c‟est accomplie toute la
prophétie.
27
Il ya notamment le fait que :

- La prophétie prévoyait que la semence promise puisse être


suscitée et commence à régner après la mort de David. Pourtant, il
est clair que Salomon avait commencé à régner avant que David
ne meurt.

"12 Quand tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes
pères, j'élèverai ta postérité après toi, celui qui sera sorti de tes
entrailles, et j'affermirai son règne." (2 Samuel 7 : 12)

“32 Le roi David dit: Appelez -moi le sacrificateur Tsadok, Nathan le


prophète, et Benaja, fils de Jehojada. Ils entrèrent en présence du roi.
33 Et le roi leur dit: Prenez avec vous les serviteurs de votre maître,
faites monter Salomon, mon fils, sur ma mule, et faites-le descendre
à Guihon. 34 Là, le sacrificateur Tsadok et Nathan le prophète
l'oindront pour roi sur Israël. Vous sonnerez de la trompette, et vous
direz: Vive le roi Salomon ! 35 Vous monterez après lui; il viendra
s'asseoir sur mon trône, et il régnera à ma place. C'est lui qui, par
mon ordre, sera chef d'Israël et de Juda. 36 Benaja, fils de Jehojada,
répondit au roi: Amen ! Ainsi dise l'Éternel, le Dieu de mon seigneur
le roi ! 37 Que l'Éternel soit avec Salomon comme il a été avec mon
seigneur le roi, et qu'il élève son trône au-dessus du trône de mon
seigneur le roi David ! 38 Alors le sacrificateur Tsadok descendit
avec Nathan le prophète, Benaja, fils de Jehojada, les Kéréthiens et
les Péléthiens; ils firent monter Salomon sur la mule du roi David, et
ils le menèrent à Guihon. 39 Le sacrificateur Tsadok prit la corne
d'huile dans la tente, et il oignit Salomon. On sonna de la trompette,
et tout le peuple dit: Vive le roi Salomon !” (1 Rois 1 : 32 – 39)

- La prophétie avait aussi prévue que le roi dont il est question


aura son trône affermi pour toujours. Pourtant, Salomon n’avait
pas eu son trône affermi pour toujours, puisque le royaume qu’il
avait légué à son fils fut très vite divisé et donné à son serviteur.

“11 Et l'Éternel dit à Salomon: Puisque tu as agi de la sorte, et que tu


n'as point observé mon alliance et mes lois que je t'avais prescrites, je
28
déchirerai le royaume de dessus toi et je le donnerai à ton serviteur.
12 Seulement, je ne le ferai point pendant ta vie, à cause de David, ton
père. C'est de la main de ton fils que je l'arracherai. 13 Je
n'arracherai cependant pas tout le royaume; je laisserai une tribu à
ton fils, à cause de David, mon serviteur, et à cause de Jérusalem, que
j'ai choisie.” (1 Rois 11 : 11 – 13)

Le Rabbin Bentzion Kravitz affirme que la déclaration


finale de 2 Samuel 7 : 14 (« … tellement que s‟il vient à forfaire, Je ne
le châtierai qu‟à la façon des hommes. ») ne peut en aucun cas
s‟appliquer à un Jésus présenté comme ayant été « sans péché ».

Le Rabbin semble n'avoir pas remarqué que la déclaration


est conditionnelle. Il n'est pas dit "Quand il viendra à forfaire", mais
"S'il vient à forfaire". Jésus est bel et bien présenté comme sans péché,
mais il n'est jamais présenté comme n'ayant jamais été tenté.

En s'incarnant entant qu'homme, Jésus avait été tenté en


toutes choses et soumis à toutes les faiblesses humaines (la faim, la
soif, etc.), mais il n'avait simplement pas succombé à la tentation et au
péché.

"14 Ainsi, puisque nous avons un grand souverain sacrificateur qui a


traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu, demeurons fermes dans la foi
que nous professons. 15 Car nous n'avons pas un souverain
sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses; au contraire, il a
été tenté comme nous en toutes choses, sans commettre de péché."
(Hébreux 4 : 14 – 15)

"12 Aussitôt, l'Esprit poussa Jésus dans le désert, 13 où il passa


quarante jours, tenté par Satan. Il était avec les bêtes sauvages, et les
anges le servaient." (Marc 1 : 12 – 13)

La deuxième partie de la prophétie de 2 samuel 7 : 14 ne


remet donc pas en cause le fait que cette prophétie soit appliquée à
Jésus.

29
Penchons nous enfin sur la notion de Fils de Dieu dont le
rabbin Bentzion semble vouloir minimiser la portée sur Jésus de
Nazareth, en affirmant que "la Bible parle fréquemment de certains
individus qu‟elle présente comme « fils de D.ieu ». Et il arrive
d‟ailleurs que ce soit tout le peuple d‟Israël qu‟elle désigne ainsi : «
Israël est le premier-né de Mes fils » (Exode 4:22)".

"Je publierai le décret; L'Éternel m'a dit: Tu es mon fils! Je t'ai


engendré aujourd'hui." (Psaume 2 : 7)

Dans le Midrash Tehillim (un commentaire homilétique


sur les Psaumes compilé au long des siècles), on retrouve des
indications intéressante sur la qualité de Fils de Dieu que devait avoir
le Messie. Dans la partie consacrée au Psaume 2: 7, on s'y interroge au
sujet du décret dont on parle. La première réponse des rabbins est que
cela fait référence au "décret de la Torah" (Exode 4 : 22) où Dieu
appelle Israël son premier fils. En d'autres termes, autant Israël est le
Fils de Dieu, autant le roi dont on parle au Psaume 2 : 7 est le Fils de
Dieu. Secundo, il est affirmé que le décret dont il est question au
Psaume 2 : 7 est le "décret des prophètes", s'appuyant pour cela sur
Esaïe 52 : 13 (Voici, mon serviteur prospérera) et Esaïe 42 : 1 (Voici
mon serviteur, que je soutiendrai, Mon élu, en qui mon âme prend
plaisir). Ce qui est intéressant, c'est qu'on ne retrouve pas le terme
"Fils", encore moins "Fils de Dieu" dans lesdits passages, mais le
Midrash les associes au Roi qui est appelé "Fils de Dieu" dans le
Psaume 2 : 7. Tertio, les rabbins affirment que le décret dont on parle
au Psaume 2 : 7 est le "décret des écrits", en citant le Psaumes 110 : 1
"Parole de l'Éternel à mon Seigneur: Assieds-toi à ma droite, Jusqu'à
ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied.", un psaume cité par
Jésus lui-même pour démontrer que le Messie était plus qu'un simple
fils de David, puisque dans ledit Psaume David l'appelle "mon
Seigneur" (voir Matthieu 22 : 42 – 45). Le dernier verset cité dans le
Midrash Tehillim pour expliquer la raison pour laquelle le Roi, fils de
David, est appelé "Fils de Dieu" est Daniel 7 : 13, "Je regardai pendant
mes visions nocturnes, et voici, sur les nuées des cieux arriva
quelqu'un de semblable à un fils de l'homme".

30
D'ailleurs, dans le Psaume 45 et Esaïe 9, ce Roi, fils de
David, est appelé Dieu.

"2 Des paroles pleines de charme bouillonnent dans mon coeur. Je


dis: Mon oeuvre est pour le roi! Que ma langue soit comme la plume
d'un habile écrivain! (…) 4 Vaillant guerrier, ceins ton épée, Ta
parure et ta gloire, 5 Oui, ta gloire! Sois vainqueur, monte sur ton
char, Défends la vérité, la douceur et la justice, Et que ta droite se
signale par de merveilleux exploits! 6 Tes flèches sont aiguës; Des
peuples tomberont sous toi; Elles perceront le coeur des ennemis du
roi. 7 Ton trône, ô Dieu, est à toujours; Le sceptre de ton règne est
un sceptre d'équité. 8 Tu aimes la justice, et tu hais la méchanceté:
C'est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu t'a oint D'une huile de joie, par
privilège sur tes collègues." (Psaumes 45 : 2, 4 – 8)

De ce psaume, il est clair que le Roi, fils de David, est


aussi appelé Dieu. Et puis, il existe plusieurs commentaires
rabbiniques qui se penchent sur les qualités surnaturelles du Messie, au
point où les érudits ont traité de "semi-divines" ces aspects de la
tradition juive sur le Messie.

Dans un midrash, Yalqut Shim‟oni 2:571, on trouve cet


intéressant commentaire sur Esaïe 52 : 13 ("Voici, mon serviteur
prospérera; Il montera, il s'élèvera, il s'élèvera bien haut.") :

Who art thou, O great mountain? (Zech. iv. 7.) This refers to the King
Messiah. And why does he call him “the great mountain?” because he
is greater than the patriarchs, as it is said, “My servant shall be high,
and lifted up, and lofty exceedingly” – he will be higher than
Abraham, who says, “I raise high my hands unto the Lord” (Gen. xiv.
22); lifted up above Moses, to whom it is said, “Lift it up in thy
bosom” (Num. xi. 12); loftier than the ministering angles, of whom it
is written, “Their wheels were lofty and terrible” (Ez. i. 18). And out
of whom does he come forth? Out of David (Yalqut Shim‟oni 2:571,
traduit par Driver et Neubauer, Fifty-Third Chapter of Isaiah).

31
Traduction : Qui es-tu, grande montagne ? (Zacharie 4 : 7). Cela fait
référence au Roi Messie. Et pourquoi est-il appelé "Grande montagne",
parce qu'il est plus grand que les patriarches, car il est dit, "mon
serviteur prospérera; Il montera, il s'élèvera, il s'élèvera bien haut" – Il
sera plus grand qu'Abraham, qui avait dit "Je lève la main vers
l'Éternel" (Genèse 14 : 22); élevé au dessus de Moïse, à qui il a été dit,
"Porte-le sur ton sein" (Nombres 11 : 12); plus élevé que les anges, au
sujet de qui il est écrit "leurs roues étaient élevées et effrayantes"
(Ezéchiel 1 : 18). Et de qui viendra-t-il ? De David.

Quand on associe cette tradition à celle qui parle de la


préexistence du Messie (b. Pesahim 54a; Nedarim 39b) ou celle sur sa
venue du ciel, sur les nuées (b. Sanhedrin 96b-97a), il est facile de
comprendre que la tradition juive reconnais au Messie une position
supérieur, des qualités surnaturelles, une personnalité quasi divine.

Conclusion

Bien qu‟en Salomon s‟était accomplis une partie de la


prophétie de 2 Samuel 7 : 14, le contexte total de la prophétie laisse
voir qu'elle devait s'accomplir parfaitement sur le roi à venir après la
mort de David et qui aura son trône affermit pour toujours, le Messie.

Références

Bible study ressources, Rabbinical Judaism Accepts Christian


Interpretations (Part 4) (Article d'une série basée sur les quatre
volumes du livre de Brown, Answering Jewish Objections to Jesus)

32
Chapitre V. MICHEE 5 : 1 : UNE FAUSSE PREUVE
DE LA MESSIANITE DE JESUS DE NAZARETH ?

EXEMPLE No 5 : LE PASSAGE NE PROUVE RIEN

Les missionnaires tentent d‟utiliser le verset suivant à l‟appui de leur


allégation selon laquelle Jésus a réalisé une prophétie prédisant que le
Messie naîtra à Bethléem : « Or, c‟est de toi, Bethléem-Efrata, si peu
importante parmi les milliers de Juda, c‟est de toi que je veux que sorte
celui qui est destiné à dominer sur Israël et dont l‟origine remonte aux
temps lointains, aux jours antiques » (Michée 5:1).

Ce verset n‟est pas une prophétie annonçant que le Messie naîtra à


Bethléem. Le passage déclare simplement qu‟il a été prédéterminé que
les racines du Messie remonteront jusqu‟à Bethléem, ce qui
correspond à cette autre prophétie biblique annonçant qu‟il descendra
du roi David, lequel était originaire de Bethléem, comme indiqué dans
I Samuel 16:18. (Rabbin Bentzion Kravitz, La réponse juive aux
missionnaires, p. 26)

On remarque dans l'argumentation du Rabbin Bentzion


Kravitz qu'il sort la citation de Michée 5 : 1 faites dans les évangiles de
son contexte. Ainsi, quand on va lire le texte des évangiles où on cite
Michée 5 : 1, on constate que ce ne sont pas des chrétiens qui avaient
cités ce passage, encore moins Jésus ou un de ses disciples, mais des
sacrificateurs et des scribes qui avaient compris que Michée 5 : 1 parle
de l'endroit où devait naître le Messie.

"1 Jésus étant né à Bethléhem en Judée, au temps du roi Hérode, voici


des mages d'Orient arrivèrent à Jérusalem, 2 et dirent: Où est le roi
des Juifs qui vient de naître? car nous avons vu son étoile en Orient, et
nous sommes venus pour l'adorer. 3 Le roi Hérode, ayant appris cela,
fut troublé, et tout Jérusalem avec lui. 4 Il assembla tous les
principaux sacrificateurs et les scribes du peuple, et il s'informa
auprès d'eux où devait naître le Christ. 5 Ils lui dirent: A Bethléhem
en Judée; car voici ce qui a été écrit par le prophète: 6 Et toi,
33
Bethléhem, terre de Juda, Tu n'es certes pas la moindre entre les
principales villes de Juda, Car de toi sortira un chef Qui paîtra Israël,
mon peuple." (Matthieu 2 : 1 – 6)

Les évangiles rapportent beaucoup des déclarations des


sacrificateurs, des scribes et des pharisiens, celles appuyant (à leur
insu) la messianité de Jésus comme celles la réfutant (souvent de
manière très catégorique). Dans les six premiers versets de Matthieu 2,
on nous rapporte comment sur demande d'Hérode, des scribes et des
sacrificateurs avaient identifiés Bethléhem comme la ville natale du
Messie, selon la prophétie biblique.

D'ailleurs, ce ne sont pas seulement les scribes et


sacrificateurs du temps du Christ qui identifièrent Bethléhem comme
la ville natale du Messie. On retrouve dans le Midrash Rabbah sur
Lamentations 1 : 16 (écrit après l'époque de la première venue du
Christ), une autre indication sur le fait que Bethléhem doit être la ville
natale du Messie.

Dans ledit Midrash, on lit ceci :

"The following story supports what R. Judan said in the name of R.


Aibu: It happened that a man was ploughing, when one of his oxen
lowed. An Arab passed by and asked, „What are you?' He answered, „I
am a Jew.' He said to him, „Unharness your ox and untie your plough'
[as a mark of mourning]. ' Why? ' he asked. ' Because the Temple of
the Jews is destroyed.' He inquired, „From where do you know this?'
He answered, „I know it from the lowing of your ox.' While he was
conversing with him, the ox lowed again. The Arab said to him,
„Harness your ox and tie up your plough, because the deliverer of the
Jews is born.' „What is his name?' he asked; and he answered, „His
name is "Comforter".' „What is his father's name?' He answered, '
Hezekiah.' ' Where do they live? ' He answered, ‘In Birath ‘Arba in
Bethlehem of Judah.' The man sold his oxen and plough and bought
felt garments for children." (Midrash Rabbah sur les Lamentations,
section 51, sur Lamentations 1 : 16, voir aussi Talmud de Jérusalem,
Ber. 5a)
34
Il est dit en gros qu'un arabe rencontra un juif entrain de
labourer avec ses bœufs. L'un des bœufs s'inclina, ce qui poussa l'arabe
à interroger le juif sur ses origines. Lorsqu'il apprit que le laboureur
était juif, l'arabe lui demanda de délier sa charrue et ses bœufs (en
signe de deuil) parce que le temple des juifs venait d'être détruit. Le
juif lui demanda comment il savait cela, il répondit que c'était à cause
du fait que le boeuf s'était incliné. Pendant qu'ils conversaient, le boeuf
s'inclina de nouveau. L'arabe dit au juif de lier sa charrue et ses boeufs
parce que le rédempteur des juifs venait de naître. "Quel est son
nom demanda" le juif. "Le consolateur", répondit l'arabe. "Quel est le
nom de son père" demanda de nouveau le juif. L'arabe répondit que
son père s'appelait "Hézechias". "Où vivent-ils" demanda enfin le
juif. L'arabe répondit "à Bethléhem de Juda".

Il ressort clairement de cette histoire retrouvée dans les


écrits rabbiniques que Bethléhem est considéré comme la ville natale
du Messie.

Dans le Targum (traduction et commentaire en araméen


des Ecritures) on trouve une autre référence sur le fait que Bethléhem
sera la ville natale du Messie. Dans le Targum Jonathan sur Michée 5 :
1 on lit : "Out of thee Beit-Lechem shall Messiah go forth before Me to
exercise dominion over Israel. Who's Name has been spoken from old,
from the day of eternity." (Traduction libre : De toi Bethléhem sortira
de pour moi le Messie afin d'exercer la domination sur Israël. Celui
dont le nom a été annoncé depuis le temps anciens, depuis le jour de
l'éternité).

On retrouve de même dans le commentaire sur Michée 5 :


1 du Rabbi Shlomo Yitschaki (1040 – 1105 ap.J.C.), plus connu sous
le nom de Rashi, une indication claire que le Messie naîtra à
Bethléhem. Voici comment il commente Michée 5 : 1 :

"1 And you Bethlehem Ephrathath when David emanated, as it is


stated (I Sam. 17:58): “The son of your bondsman, Jesse the
Bethlehemite.” And Bethlehem is called Ephrathath, as it is said (Gen.
48:7): “On the road to Ephrath, that is Bethlehem.” you should have
35
been the lowest of the clans of Judah You should have been the
lowest of the clans of Judah because of the stigma of Ruth the
Moabitess in you. from you shall emerge for Me the Messiah, son of
David, and so Scripture says (Ps. 118:22): “The stone the builders
had rejected became a cornerstone.” and his origin is from old
“Before the sun his name is Yinnon” (Ps. 72:17)."

Rashi dit clairement au sujet de la ville de Bethléhem


Ephrathath (Genèse 48 : 7) "De toi sortira pour moi le Messie, fils de
David,". Il indique clairement que le Messie, fils de David, naîtra de
cette ville, pas seulement qu'il sera descendant de David (sinon,
pourquoi aurait-il ajouté "fils de David" après Messie ?).

Donc, l'affirmation du Rabbin Kravitz selon laquelle


Michée 5 : 1 n'est pas une indication que le Messie naîtra à Bethléhem
est réfutée par les scribes et les sacrificateurs du premier siècle, ainsi
que les écrits rabbiniques parut plusieurs siècles après la première
venue de Jésus.

Toujours au sujet de Michée 5 : 1 le Rabbin Bentzion Kravitz affirme :

Cette prétendue « preuve » avancée par les missionnaires soulève un


autre problème. Une distinction majeure doit être opérée entre un texte
scripturaire qui sert de preuve qu‟un individu est le Messie, et un texte
qui ne fait qu‟énoncer une condition posée pour qu‟il le soit. Une «
preuve » doit être à ce point spécifique qu‟un seul individu puisse la
remplir. On sait, par exemple, que l‟une des conditions exigées du
Messie est qu‟il soit juif. Si un individu est juif, il a rempli cette
condition-là, mais cela ne prouve évidemment pas qu‟il est le Messie,
alors que des millions d‟autres individus sont juifs et qu‟ils
correspondent tout autant à cette nécessité. De la même manière,
l‟indication que Jésus est né à Bethléem ne prouve rien, puisque c‟est
le lieu de naissance de milliers d‟enfants. (Rabbin Bentzion Kravitz,
La réponse juive aux missionnaires, p. 26)

C'est qui est drôle, c'est que quand le Rabbin Bentzion cite
les critères spécifiques auquel devra obéir le Messie avant d'être
36
reconnu comme tel (La réponse juive aux missionnaires, page 19), il
commence par affirmer avec références scripturaires à l'appui qu'il
devra être juif, alors que lui-même cite comme exemple des textes
scripturaires qui ne prouvent rien, ceux qui indiquent que le Messie
sera juif.

Si le Rabbin lui même n'arrive pas à apporter une seule


preuve, qui à elle seule suffirait pour désigner quelqu'un comme
Messie, c'est parce que les preuves comme les conditions
messianiques n'agissent que de façon cumulative, pas de manière
isolée. Ainsi, même si l'on retrouve dans la Bible une preuve
spécifique qu'un seul individu puisse remplir pour désigner qu'il est le
messie, ce titre ne peut lui être reconnu s'il failli à remplir ne fut-ce
qu'une des nombreuses conditions données par Dieu dans l'Ancien
Testament afin "de choisir un seul homme dans toute l'histoire, dans
toutes les nations, dans tous les peuples, et d'être absolument sûrs que
cet homme unique est le Messie" (Tony Alamo, Le Messie, pp.16 –
17). De même, un individu qui remplirait toutes les conditions données
par Dieu devra être rejeté comme Messie s'il ne remplissait pas l'une
des preuves spécifiques qui pourrait le désigner comme Messie.

On apprend du Talmud de Babylone, Sanhedrin 93b, qu'à


l'époque de la deuxième guerre juive (132 ap.J.C.), bien que Bar-
Kosiba fut présenté comme Messie par le Rabbin Akiva, les autres
sages le rejetèrent parce qu'il n'avait pas remplit l'un des critères
spécifiques auquel doit obéir le Messie.

En effet, se basant sur Esaïe 11 : 3 (il ne jugera point sur


l'apparence, Il ne prononcera point sur un ouï-dire), les sages juifs
avaient déduit que le Messie aura la capacité unique de connaître les
pensées secrètes des coeurs. Ainsi, quand ils testèrent Bar-Kokhba et
comprirent qu'il n'arrivait pas à connaître les pensées secrètes des
coeurs, ils le rejetèrent comme Messie.

A la différence de Bar-Kokhba, Jésus de Nazareth était


doté de cette capacité unique de connaître les pensées secrètes des
coeurs.
37
"1 Jésus, étant monté dans une barque, traversa la mer, et alla dans
sa ville. 2 Et voici, on lui amena un paralytique couché sur un lit.
Jésus, voyant leur foi, dit au paralytique: Prends courage, mon enfant,
tes péchés te sont pardonnés. 3 Sur quoi, quelques scribes dirent au
dedans d'eux: Cet homme blasphème. 4 Et Jésus, connaissant leurs
pensées, dit: Pourquoi avez-vous de mauvaises pensées dans vos
coeurs? 5 Car, lequel est le plus aisé, de dire: Tes péchés sont
pardonnés, ou de dire: Lève-toi, et marche? 6 Or, afin que vous
sachiez que le Fils de l'homme a sur la terre le pouvoir de pardonner
les péchés: Lève-toi, dit-il au paralytique, prends ton lit, et va dans ta
maison. 7 Et il se leva, et s'en alla dans sa maison. 8 Quand la foule
vit cela, elle fut saisie de crainte, et elle glorifia Dieu, qui a donné aux
hommes un tel pouvoir." (Matthieu 9 : 1 – 8, voir aussi Matthieu
12:25; Marc. 2:8; Luc. 6:8; 9:47)

Ainsi, il est bon de savoir que le fait que Jésus soit né à


Bethléhem n'est pas la seule condition messianique qu'il ait remplit.
Les évangiles rendent témoignage de plusieurs autres conditions
messianiques que remplissait Jésus. On y trouve également le
témoignage dans la vie de Jésus de Nazareth des preuves spécifiques
que seul le Messie peut remplir. De l'énumération et de l'explication
des plus de 300 prophéties accomplies par Jésus dont l'effet cumulatif
est éblouissant, il est "clair qu'aucune autre personne dans l'histoire
de la terre ne pourrait réaliser toutes les prophéties messianiques – ni
même un très petit pourcentage d'entre elles – sauf Jésus de Nazareth"
(Tony Alamo, Le messie selon la prophétie de la Bible, p.17).

Références

Tony Alamo, Le Messie selon les prophéties de la Bible (PDF, Je


recommande particulièrement la lecture de ce livre qui
démontre comment les prophéties bibliques se sont accomplies dans la
vie de Jésus de Nazreth).

James Trim, Hebraic-Roots Commentary Volume 3 - Luke

Yashanet, Book of Matthew study


38
CONCLUSION
Les preuves textuelles invoquées par les chrétiens,
notamment les citations de l‟Ancien Testament que l‟on retrouve dans
le Nouveau Testament, sont tout à fait fondées et s‟accordent avec la
totalité des enseignements de l‟Ancien Testament sur le Messie.

L‟examen des chacune des preuves textuelles citées par le


Rabbin Bentzion Kravitz nous a aussi permis de voir que la
compréhension chrétienne desdits passages est corroborée par
plusieurs écrits rabbiniques acceptés dans le judaïsme orthodoxe.

En Jésus de Nazareth se sont déjà accomplies plus de 300


prophéties messianiques contenues dans l‟Ancien Testament. Le
Nouveau Testament montre clairement comment plusieurs autres
prophéties messianiques s‟accompliront en Jésus de Nazareth lors de
sa seconde venue.

Jésus de Nazareth est le Messie prédit par l‟Ancien


Testament, il est le rédempteur d‟Israël et des nations, et il est le Fils
de Dieu.

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Les autres publications de l‟auteur sont disponibles sur


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