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Introduction générale :

Dans notre vie quotidienne nous passons des contrats les plus divers (location
d’appartement, de véhicule, assurance, abonnement téléphonique, achats divers … Aussi et
afin de donner plus de sécurité aux parties et parfois aussi pour édicter certains principes
impératifs, le législateur est venu préciser la matière dont se concluent et s’exécutent les
plus importants d’entre eux. Il s’agit d’après le D.O.C de contrats déterminés ceux que la loi
règlemente en raison de leur importance : la vente, le bail, l’entreprise, le prêt, le mandat...
etc.

Le D.O.C leur réserve les articles 478 à 1240. Il y a de ce fait, un corps des règles
générales applicables à tous les contrats, qu’énoncent les articles 1 à 477 (formation,
consentement, forme, cause, objet, ordre public…) . C’est le droit commun des contrats qui
forme avec le régime de la responsabilité civile et des quasi-contrats l’objet de ce qu’on
dénomme la théorie générale des obligations. L’objet du présent cours est l’étude des
régimes spécifiques adaptés aux principales opérations concrètes que les contrats servent à
organiser.

Intitulé également le droit spécial des contrats ou le droit des principaux contrats, ce
cours se propose d’étudier indépendamment des règles générales applicables à l’ensemble
des contrats les dispositions propres à chaque contrat : obligations du vendeur, droits du
locataire, responsabilité du dépositaire…etc.

Afin de cerner l’intérêt de cette discipline, il convient de rechercher ses sources, de la


mettre en regard de la théorie générale des obligations et puis d’approfondir la distinction
des contrats déterminés ou nommés et les contrats innomés avant d’évoquer les difficultés
de qualification des contrats et de proposer une classification de ceux –ci .

A- Sources du droit des contrats :


B- Parler de sources c’est se poser la question de savoir comment les règles
juridiques relatives à un domaine donné prennent naissance ?

a- Sources de droit interne :

1- En droit interne les règles applicables aux principaux contrats


trouvent d’abord leur siège dans le Dahir formant code des obligations et contrats (D.O.C) du
12 Août 1913. Le D.O.C reste la source principale du droit spécial des contrats. Il organise les

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plus usuels, comme la vente, le bail, le prêt ou le dépôt. Les dispositions du D.O.C sont pour
la plupart, supplétives de la volonté des parties. Dans ses articles 478 à 1240 il y a plus de
760 articles sur lesquelles les différentes constructions contractuelles peuvent s’appuyer.

2- La loi 15-95 promulguée par le Dahir n° 1-96-83 du ler Août 1996


formant code de commerce, comporte dans son livre IV intitulé les contrats commerciaux
une réglementation relative au nantissement, à l’agence commerciale, au courtage. Etc. (art
334 à 544).

3- La loi 6-79 promulguée par le dahir n° 1-80-315 du 25 décembre


1980 organisant les rapports entre les bailleurs et les locataires des locaux d’habitation ou à
usage professionnel (baux sans caractère commercial, industriel ou artisanal) .

4- Le dahir du 24 mai 1955 relatif aux baux d’immeubles ou de locaux


loués à usage commercial, industriel ou artisanal).

5- Le dahir du 7 octobre 1970 relatif à la protection des œuvres et


artistiques qui réglemente un certain nombre de figures contractuelles : contrats édition, de
représentation et de production.

6- La loi 17-99 portant code des assurances.

7- Dans l’ordre interne toujours, il faut compter avec certains types de


contrats qui sont régis par le droit coutumier musulman, révélés par la pratique et consacrés
ensuite par la jurisprudence, il s’agit de la Mossaqat, de la Mogharassa, de la Khammassat ou
encore du contrat de vente Safqa.

La pratique a par ailleurs importé et développé d’autres figures contractuelles qui


portent un nom mais qui ne font l’objet d’aucune réglementation légale, par exemple : le
contrat de franchising , de factoring …etc.

Le rôle des praticiens est indéniable dans le développement des contrats spéciaux : les
notaires , les banquiers, les assureurs, les vendeurs de matériels électroniques préparent
très souvent des contrats qui reposent sur des conditions préétablies dont les parties n’ont
plus qu’à remplir quelques lignes laissées en blanc et signer .

b- Sources de droit international :

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A la législation nationale vient s’ajouter la réglementation internationale constituée
essentiellement de textes ratifiés par le législateur marocain et qui viennent s’intégrer à
notre droit positif, il s’agit essentiellement de :

1- La convention de la Haye du 15 Juin 1955 relative aux ventes à caractère


international d’objets mobiliers corporels.

2- La convention de Vienne du 11 avril 1980 sur la vente internationale de


marchandises, qui est essentiellement supplétive.

3- A l’échelon international il faut aussi tenir compte des fameux incoterms régissant la
plupart des ventes internationales, qu’on doit à la chambre de commerce internationale et
qui sont si répandus qu’ils ont acquis la valeur d’usage.

B- Les liens du droit des contrats avec la théorie générale des obligations :

Le droit des contrats spéciaux n’a ni la généralité ni la portée de la théorie générale ,


cette dernière discipline a une autorité bien supérieure au droit des contrats spéciaux qui
s’attache plutôt, aux particularités des conventions envisagées une à une . C’est pour cela
qu’il se trouve que dans le domaine des affaires l’importance du droit des contrats
dépassent parfois même celle de la théorie générale des obligations.

Mais il faut tout de même dire qu’à l’ origine le droit des obligations contractuelles est
pour l’essentiel, un droit des contrats spéciaux, en effet le droit romain tout comme le droit
musulman classique connaissaient et organisaient un certain nombre de figures
contractuelles.

On a parfois l’impression que l’étude du droit des contrats n’est que la reprise sous
une forme plus élaborée de la théorie générale des obligations, les contrats spéciaux n’étant
conçus que comme des exemple de celle-ci , et que même si le D.O.C définit quelques
contrats particuliers en leur donnant un nom , c’est juste pour que les parties s’en inspirent
en tant que modèles avant de la personnaliser en fonction de leurs projets , Or si la théorie
générale des obligations ne vit que grâce aux applications concrètes tirées du droit des
contrats spéciaux , il faut dire aussi que le droit des contrats spéciaux ne peut pas non plus
se passer des règles générales qui sont édictées par la théorie générale des obligations et
surtout de la théorie de l’autonomie de la volonté qui contribue largement à expliquer

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certains aspects du phénomène contractuel. La frontière entre les deux matières est donc
loin d’être étanche.

Parfois certaines dispositions viennent donner des précisions sur la manière dont les
règles générales des obligations s’appliquent :

Exemple 1 : l’article 500 du D.O.C qui explique la manière dont s’opère la délivrance de
la chose et qui diffère selon qu’ils s’agissent de la délivrance d’une chose mobilière ou
immobilière.

D’autres dispositions apportent de véritables dérogations aux règles générales et


confèrent au contrat qu’elles gouvernement une sorte de particularisme et d’originalité.

Exemple 2 : l’article. 931 du D.O.C qui permet au mandant de révoquer, quand bon lui
semble, sa procuration. Il s’ensuit donc que l’objet du droit spécial des contrats et avant tout
de compléter la théorie générale afin d’adapter les dispositions légales au particularisme de
chaque type d’accord.

C- Distinction contrats déterminés et contrats indéterminés :

La liberté reconnue aux contractants de définir le contenu du contrat a aboutit à ce


qu’il peut y avoir une infinité de contrats ayant pour réglementation celle qui a été prévue
par les parties, en plus des règles générales applicables à tous les contrats, en effet et
suivant l’article 230 du D.O.C « les obligations contractuelles valablement formées tiennent
lieu de loi à ceux qui les ont faites ».

Le D.O.C. utilise la dénomination de « contrats déterminés » pour identifier chaque


corps de règles et pour permettre la qualification des contrats en donnant un nom à chacun
d’eux : vente , louage , échange , dépôt ….Une sorte de statut juridique . A l’inverse ceux que
la loi ne détermine pas ou ne nomme pas, ne bénéficient pas d’un statut juridique défini, ce
sont les contrats innomés. Ce sont ceux qui naissent des besoins de la pratique et qui
finissent par être reconnus comme des nouvelles figures contractuelles.

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La liberté contractuelle permet à l’imagination des particuliers de façonner selon leurs
besoins propres les arrangements qui leurs conviennent. Ils ne sont pas tenus de les couler
dans l’un ou l’autre des moules juridiques préfabriqués que la loi met à leur disposition dans
le cadre des « contrats déterminés ».

Lorsqu’on évoque la liberté contractuelle dans le cadre de la théorie générale des


obligations, c’est avant tout pour dire que les personnes ont le droit, à condition de
respecter l’ordre public de déroger aux règles des contrats déterminés. En effet et pour une
bonne part, ces règles ont un caractère supplétif. La liberté contractuelle consiste alors à se
démarquer par des clauses contraires.

D- Difficultés de qualification des contrats :

Pour l’application des règles d’un contrat déterminé, il est nécessaire d’établir la
qualification juridique correspondante, les parties elles –mêmes déclarent souvent quel
sorte de contrat elles prétendent passer, mais la dénomination qu’elles retiennent n’est pas
toujours exacte.

Pour trouver un régime juridique adéquat, on se demande parfois s’il l’on est en
présence d’un contrat déterminé ou si l’on se trouve seulement à proximité, et donc hors
champ d’application de son régime.

C’est bien entendu aux juges que revient la liberté de restituer aux relations
contractuelles leur véritable nature. Il leur appartient de donner aux conventions leur
véritable caractère.

Ils y procèdent selon des méthodes intuitives ou par analogie, les rédacteurs du D.O.C
ont eux même prescrit par exemple d’appliquer les règles de la vente au contrat d’échange
dans la mesure où le permet la nature du contrat (art. 636 D.O.C) ou encore d’appliquer au
louage de choses, les règles gouvernant la délivrance de la chose par le vendeur (art. 636
D.O.C). Les difficultés de la qualification des contrats amènent à rechercher comment opérer
leur classification en différentes catégories.

E- Classification des principaux contrats :

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Une bonne classification permet de regrouper de façon rationnelle tous les contrats, il
y a certainement plusieurs manières de procéder. Le D.O.C a dans son deuxième livre établi
une succession de régimes juxtaposés : vente, échange, dépôt et séquestre, prêt, mandat,
association, contrats aléatoires, transaction, cautionnement et nantissement … …. .

La liste établie par les rédacteurs de 1913 n’a rien de rationnelle, elle est le fruit de
l’histoire, elle ne fait pas par exemple état de contrats de première importance, tel le contrat
d’assurance dont on ne pouvait pas imaginer à l’époque l’extraordinaire expansion. Ce
contrat, bien que dénommé, lui aussi fait l’objet d’une réglementation particulière.

Dans un objectif didactique on peut les regrouper en six catégories :

Ä Une première catégorie constituée des contrats ayant pour objet le transfert de la
propriété peut regrouper la vente et l’échange.

Ä Une deuxième catégorie des contrats ayant pour objet le transfert jouissance d’une
chose peut regrouper le louage de chose et le prêt à usage ou de consommation.

Ä Dans la troisième catégorie, on peut regrouper des contrats portant sur un ouvrage
ou un service : le louage d’ouvrage ou contrat d’entreprise, le dépôt.

Ä Dans une quatrième catégorie les contrats qui portent sur la remise des pouvoirs : le
mandat et la société.

Ä Une cinquième catégorie peut regrouper les contrats qui organisent la garantie du
créancier : le cautionnement et le nantissement.

Ä Une sixième catégorie regroupant les contrats portant sur la réglementation d’un
litige : la transaction et le compromis.

Il est également possible de procéder à une classification de ces principaux contrats en


deux catégories, selon que l’opération a pour objet un bien ou la réalisation d’un ouvrage ou
d’un service.

La première catégorie intéresse les contrats ayant pour objet le transfert de la


propriété ou de la jouissance d’une chose. Dans ce cadre on se propose d’étudier deux
contrats réglementés par le DOC : la vente et le bail.

Les contrats relatifs aux biens

Titre 1 : La vente.

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Titre 2 : L’échange.

Les contrats relatifs aux biens

Les contrats relatifs aux biens sont ceux qui visent soit le transfert d’un droit sur une
chose, soit à permettre l’utilisation de cette chose par le cocontractant.

Dans cette catégorie il convient de mettre le louage, la vente et l’échange qui


constituent, pour le moins que l’on puisse dire, des contrats pivots dont le régime juridique
sert de modèle pour les autres : les règles du prêt à usage sont inspirées du bail tout comme
les règles de la vente s’appliquant largement à l’échange.

Il n’est pas étonnant que les dispositions relatives aux contrats permettant d’acquérir
une chose occupent une position importante dans le D.O.C. La vente constitue, en effet, le
premier contrat auquel la loi donne une réglementation spéciale, aux articles 478 à 618, suivi
immédiatement par l’échange aux articles 619 à 625 et du louage aux articles 626 à 780.

Titre I : les contrats translatifs de propriété

Introduction :

L’échange et la vente ont tous les deux comme objet le transfert de la propriété d’un
bien , alors que le bail est un contrat générateur d’un droit- personnel, offrant au preneur
l’usage exclusif et continue d’une chose moyennant le versement d’un loyer .

Ces trois constructions figurent parmi les formes les plus usitées permettant aux
hommes de se procurer les biens dont ils ont besoin.

Vente et échange sont des contrats translatifs de droit, à titre onéreux. Dans la vente
la contrepartie du bien vendu est un prix en argent, dans l’échange, un autre bien.

La vente n’est sans doute pas le premier des contrats. Historiquement il y a eu


l’échange qui est apparu bien avant la vente, qui elle, doit son apparition à la monnaie. Mais
c’est la vente qui pour sa commodité de maniement a prévalu sur l’échange.

En principe, l’échange suit les règles de la vente sauf que la rescision pour lésion n’a
pas lieu en matière d’échange. La distinction entre les deux contrats est obscurcie en cas
d’échange avec soulte. La soulte se défini comme un complément en argent permettent
d’équilibrer les prestations lorsque les biens échangés sont de valeur inégale. Le montant de
la soulte doit être déterminé, comme le prix dans la vente, c’est même de l’importante

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relative de la soulte que dépend la qualification du contrat : si la soulte a plus de valeur que
son complément en nature l’opération est une vente.

En droit musulman, la vente est formée de l’émission de deux déclarations


concordantes. Les effets en seront le transfert dans l’immédiat de la propriété de la chose
vendue, du patrimoine du vendeur vers celui de l’acquéreur, dans la définition donnée à la
vente, l’on prend soin de signaler que le prix, passe en principe aussi du patrimoine de
l’acheteur vers celui du vendeur, au moment de la conclusion du contrat.

L’effet du contrat de vente, étant à proprement parler, le transfert de la propriété.


Accessoirement à cet effet des droits naissent de part et d’autre en fonction de cet effet et
non du contrat lui-même.

Dans le droit romain l’intérêt économique de la vente devait la faire accéder au rang
des contrats consensuels, dans la loi des XII tables, (Vé siècle av. J.C environ), la 1ère loi de la
6ème table énonçait notamment que « lorsque quelqu’un engage sa chose ou l’aliène, que
ce qu’il aura énoncé, que ce dont il sera convenu fasse droit, s’il nie ensuite ce qu’il a dit
qu’il soit condamné à payer le double ». Ce caractère consensuel a été ensuite affirmé dans
les célèbres instituts de l’empereur justinien (les lois du Digeste) qui reprennent à leur
compte sur ce point les textes anciens (la loi des douze tables) : « Les obligations se forment
par le seul consentement, dans les contrats de vente, de louage, de société, de mandat. On
dit dans ces cas que l’obligation se contracte par le consentement seul, parce qu’il n’est pas
besoin, pour qu’elle prenne naissance, ni d’écrit, ni de présence des témoins, ni a remise
d’une chose ». Mais la vente n’emportait pas transfert de la propriété, celui-ci demeurait
accessoire et resta subordonné à une manifestation matérielle : la remise de la chose entre
les mains de l’acheteur, la tradition. Avec cette remise matérielle, la propriété en est
transférée et les tiers en sont avertis. Le droit positif marocain s’est écarté de cette manière
de voir, il admet le transfert de propriété solo consensus : par le seul effet de l’accord des
parties.

Aujourd’hui le droit de la vente tel qu’issu du D.O.C a conservé une grande unité. On
trouve certes des réglementations spécifiques ici et là : ventes de fonds de commerce, de
navires … Mais elles sont en fin de compte peu nombreuses. Les dispositions du D.O.C
continuent de former l’essentiel du droit qui lui est applicable, qu’elle porte sur un bien
mobilier ou immobilier, qu’elle soit à caractère civil ou commercial et lorsqu’elle est
envisagée en tant qu’opération internationale.

La vente contrat translatif de propriété sera étudiée à travers les points suivants :

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Les éléments et caractère de la vente (chapitre I).

La formation du contrat de vente (chapitre II).

Les effets du contrat de vente (chapitre III).

Les règlementations de quelques espèces particulières de vente (chapitre IV).

Chapitre premier : Eléments et caractères de la vente

La vente est le plus usité des contrats, on a pu dire cependant que si la vente est le
plus usuel des contrats, elle n’est peut-être pas le plus vital.

Au sens étroit, la vente est un contrat translatif de propriété à titre onéreux. Les
conventions translatives d’autres droits que les droits réels, (droits personnels ou
intellectuels) sont appelés cessions : cessions d’usufruit, de créance, de brevets d’invention,
de droit d’auteurs etc. Toutefois en matière de commerce, les termes vente « et » cession »
sont tous les deux employés.

Section 1 : Les éléments constitutifs de la vente :

La vente consiste en un transfert de propriété moyennant une contrepartie


monétaire : le paiement d’un prix.

1- Le transfert de propriété :

La vente transfère à l’acquéreur la propriété et les risques de perte (res perit domino).
Au regard de la nature du contrat, la vente doit être distinguée des autres conventions : bail,
prêt, entreprise, et société).

A- Vente et bail :

Le bail ne transfère pas la propriété ni immédiatement ni à terme :

Dans le cas de la location vente il s’agit soit d’une location avec promesse de vente au
profit du locataire, soit d’une vente à tempérament avec transfert de propriété jusqu’à
complet paiement du prix.

Dans le crédit bail (leasing) : c’est une location de meubles ou d’immeubles consentie
par une entreprise (banque ou établissement financier) qui l’a acheté, construit ou fait
construire pour le louer, avec option d’achat au profit d’un locataire.

B- Ventre et prêt :

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Le prêt à usage ou (commodat) ne transfère pas la propriété de la chose prêtée : il est
toujours gratuit.

Le prêt de consommation (nutum) transfère la propriété de la chose prêtée (chose


consomptible) et peut être à titre onéreux ; mais l’emprunteur doit restituer l’équivalent de
ce qu’il a emprunté.

La vente peut être financée par un prêt (bancaire ou autre), elle peut être conclue
sous condition d’obtention du prêt.

Dans la vente à crédit, le vendeur ne consent pas un prêt, il accorde à l’acheteur un


délai pour payer le prix (terme suspensif) après livraison, toutefois, dans les ventes à
tempérament (paiement échelonné du prix), lorsque des intérêts sont stipulés, les règles de
l’usure s’appliquent, comme ne matière de prêt d’argent (art 876 D.O.C).

C – Vente et contrat d’entreprise :

L’entrepreneur fournit une prestation de service. Lorsqu’il fournit, en outre, des


matériaux, ceux-ci deviennent la propriété du maître de l’ouvrage. La distinction entre
contrat d’entreprise et le contrat de vente de chose future est parfois difficile.

D- Vente et contrat de société :

1- La cession de parts sociales est une cession de créance et non une vente, le cédant
ne garantit que l’existence de la créance.

2- L’apport en société n’est pas une vente, mais l’apporteur est tenu envers la société
des mêmes obligations que le vendeur envers l’acheteur.

2- Le paiement d’un prix :

Le prix est une somme d’argent (différence entre la vente et l’échange). Il est l’essence
de la vente et remplis plusieurs fonctions. Tout d’abord il est l’un des critères de qualification
du contrat. Ensuite il est une condition essentielle de sa validité. Il constitue enfin l’objet de
l’obligation principale de l’acheteur, ainsi que la cause et contrepartie de la délivrance de la
chose et du transfert de propriété.

Section II : Les caractères de la vente :

Paragraphe I : Caractères principaux :

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Suivant l’article 478 du D.O.C, « la vente est un contrat par lequel l’une parties
transmet la propriété d’une chose ou d’un droit à l’autre contractant, contre un prix que ce
dernier s’oblige à lui payer ».

Il résulte de cette définition que la vente présente cinq caractères :

Ä 1- C’est d’abord un contrat, donc un accord de volontés.

Ä 2- elle est synallagmatique, puisqu’elle met des obligations à la charge des deux
parties.

Ä 3- elle est à titre onéreux, l’exigence d’un prix, la distingue de la donation.

Ä 4- elle est en principe consensuelle, donc sans formalisme étant donné qu’elle se
forme par la seule rencontre des volontés des contractants.

Ä 5- Elle est translative de propriété.

Pour ce 5ème caractère, il convient de signaler que le transfert de la propriété, en


vertu de l’article 488 du D.O.C s’opère en principe dés la formation du contrat par le seul
accord des parties.

Paragraphe II : Caractères complémentaires :

A ces cinq caractères il faut en ajouter deux autres à savoir, le caractère commutatif et
l’absence de l’intuitu personae du contrat de vente.

1- Le caractère commutatif :

La chose étant vendue pour un prix, la vente apparaît ainsi comme un contrat
commutatif où chacune des prestations est envisagée comme un équivalent de l’autre.

2- L’absence de l’intuitu personae du contrat de vente :

La vente est un contrat qui ne présente pas en principe un caractère intuitu personae.
La motivation du vendeur de percevoir le prix convenu et celle de l’acheteur de disposer du
bien : tout cela apparaît donc sans lien avec la personnalité des intéressés, exception de la
vente d’une œuvre d’art.

Chapitre Deuxième : Formation du contrat de vente

Suivant l’article 2 du D.O.C, tout contrat doit réunir les quatre éléments nécessaires à
sa formation : consentement, la capacité des parties de s’obliger, la cause et l’objet du
contrat, la vente en tant que contrat doit réunir ces conditions.

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Section 1 : l’existence du consentement :

La vente est parfaite, dit l’article 488, du D.O.C dès qu’il y a consentement des
contractants l’un pour vendre, l’autre pour acheter et qu’ils sont d’accord sur la chose, sur le
prix et sur les autres clauses du contrat.

Le consentement peut être exprimé en une forme quelconque : la vente étant un


contrat consensuel. En effet l’accord des volontés suffit en principe à conclure le contrat en
dehors de toute formalité.

Dans un système fondé sur l’autonomie de la volonté, la règle du consensualisme est


tellement évidente que les rédacteurs du D.O.C ont omis de l’énoncer et se sont bornés à
envisager le consentement sous l’angle des vices qui peuvent l’atteindre. Si le consentement
est nécessaire (1), il est en principe suffisant pour que le contrat de vente existe (2).

I - Le consentement est nécessaire pour conclure la vente :

Tout individu est en principe libre de contracter ou non, de vendre ou non, d’acheter
ou non, cependant liberté est restreinte dans de nombreux cas qui peuvent être regroupé en
deux catégories :

v Des limitations légales à la liberté de vendre ou d’acheter.

v Des limitations conventionnelles à la liberté de vendre ou d’acheter.

A- Les limitions légales a la liberté de vendre ou d’acheter :

A coté des dispositions du D.O.C, à caractère supplétif, de nombreuses dispositions de


loi viennent limiter, de façon impérative, la liberté de consentement en matière de vente.

Les plus importantes subordonnent la validité du consentement à certaines


autorisations administratives, d’autres suppriment même le droit de vendre et d’acheter,
enfin il y a une dernière catégorie ou la vente est forcée (absence de consentement).

1- Ventes subordonnées a autorisations administratives :

Pour assurer son contrôle sur l’économie, l’état exige que de nombreuses ventes
soient soumises à l’agrément des autorités administratives :

Il en est ainsi de l’importation en vue de la vente de certains produits figurant sur une
liste négative régis par la loi. Pour l’importation des produits qui figurent sur cette liste les
importateurs doivent obtenir un certificat d’importation, qui constitue une sorte
d’autorisation préalable à l’importation délivré le département chargé du commerce

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extérieur et éventuellement celui du département chargé du produit. Tous les produits qui
ne figurent pas sur cette liste sont libres à l’importation.

D’autres ventes portant sur certains produits exigent des autorisations spéciales
délivrées par les autorités administratives : il s’agit de la vente d’armes, de carburants … de
boissons alcooliques ou alcoolisées ….

2- Ventes Interdites :

Ä La vente de stupéfiants.

Ä La vente de sang ou d’organes humains …

3- Les ventes forcées :

Les ventes forcées sont celles ou le consentement du vendeur est extorqué par la force
de l’Etat en vertu de l’exercice de sa puissance publique.

Il s’agit de ventes qui font suite à des saisies de bien mobiliers. C’est ainsi que pour le
recouvrement des créances de l’Etat, le trésorier possède un privilège général sur les
meubles et les autres effets mobiliers qui appartiennent au redevables.

S’agissant de vente suite à l’expropriation pour cause d’utilité publique,


l’administration peut en cas de refus du propriétaire d’un bien recourir à la procédure forcée
pour acquérir soit la propriété des biens immobiliers (expropriation), soit la réquisition pour
les biens mobiliers.

D’autres ventes forcées peuvent intervenir suite au recouvrement d’une créance due à
un tiers par application de l’article 46 du code de procédure civile.

B- Les limitations conventionnelles à la liberté de vendre ou d’acheter :

La convention des parties peut limiter leur liberté dans le choix de leurs
cocontractants. Ces situations se rencontrent dans les cas de la concession exclusive et de sa
variante le contrat de franchise.

1- Les contrats de concession exclusive :

Il s’agit de contrats par lesquels les producteurs organisent la distribution de leurs


produits. Un fabricant peut certes, vendre directement ses produits au consommateur, mais
il peut aussi s’entremettre à des vendeurs salariés ou à des intermédiaires qui le
représentent en tant que mandataire.

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Souvent, les producteurs préfèrent utiliser les services des distributeurs, personnes
physiques ou morales, juridiquement indépendantes et responsables des opérations de
distribution des produits.

Les contrats passés à cette fin concèdent souvent la distribution exclusive des produits
en cause sur une zone déterminée : le producteur concédant confère au distributeur (le
concessionnaire) l’exclusivité de la revente de ces produits à des conditions que précise le
contrat. Dans la zone considérée le concessionnaire se trouve ainsi préservé de la
concurrence d’autres entreprises.

Par exemple, imaginons la concession exclusive de la vente des automobiles de


marque GMC consentie pour la ville de Rabat à une société X. Seule cette entreprise pourra
vendre les automobiles de cette marque à Rabat.

La liberté pour le fabricant G.M.C de vendre les véhicules de sa propre marque à


d’autres distributeurs que la société X se trouve ainsi limitées par la convention de
concession d’exclusivité.

La zone de concession exclusive devient donc une zone de non – concurrence pour la
distribution des produits de la marque considérée.

2-Une variante de la concession exclusive : la franchise :

Le contrat organise de distribution des produits ou services du franchiseur par le


franchis sur le même schéma que le contrat de concession exclusive.

Le contrat est venu des USA sous une application anglicisée d’un mot d’origine
française : franchising, traduit par franchisage et dans la pratique par franchise, qui vient du
vieux mot franche (qui signifie accorder des privilèges fiscaux notamment dans une zone
franche). En France, tout comme au Maroc, il n’y a pas de réglementation pour ce contrat.
La fédération française de franchise créer en 1971 à établi en 1988 une déontologie qui sert
de référence aux entreprises. La franchise est y définie comme une méthode de
collaboration entre une entreprise franchisante d’une part appelée parfois franchiseur et
une ou plusieurs entre franchisées d’autre part.

Elle implique pour l’entreprise franchisante.

Ä La propriété d’une raison sociale, d’un nom commercial, de sigles et symboles,


d’une marque de fabrique commerce ou de service ainsi que du savoir –faire mis à la
disposition des entreprises franchisées.

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Ä Une collection de produits ou de services offerte d’une manière originale et
spécifique exploitée obligatoirement et totalement selon les techniques uniformes
préalablement expérimentés mises au point.

Au vu du contenu de multiples contrats de franchisage il est possible de déterminer les


obligations pesant sur chacune des parties.

a- Les obligations du franchiseur :

Ä Transmettre son savoir-faire.

Ä Assurer une formation et une assistance permanente.

Ä Organiser et réaliser la publicité nationale.

Ä Eventuellement livrer les produits (création d’une centrale d’achat).

Ä Assister au moment de l’ouverture du magasin pour tout ce qui concerne


l’aménagement du local, décoration. Etc.

b- Les obligations du franchisé :

Ä Respecter les obligations précisées dans le contrat.

Ä S’engager à investir en capitaux et en activité.

Ä Respecter les règles qui découlent de l’application du savoir –faire du franchiseur.

Ä S’acquitter du paiement d’une redevance initiale forfaitaire (droit d’entrée).

S’acquitter d’une redevance annuelle qui correspond à un certain pourcentage de


chiffre d’affaires hors taxes.

II – Le consentement est suffisant : le caractère consensuel du contrat de vente :

La vente est un contrat consensuel, en principe l’accord des volontés suffit à le


conclure. Néanmoins la loi subordonne l’efficacité de certaines ventes à l’accomplissement
de formalités précises. Si le consensualisme est le principe (A) , exceptionnellement , la
rédaction d’un écrit et sa signature par les parties sont rendues quasi obligatoires pour des
motifs de preuve dans les ventes solennelles (B).

A- Le principe du consensualisme ou la liberté des formes du contrat de vente :

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Le consensualisme s’oppose au formalisme antique des rites sacrés, jadis considérés
comme indispensable pour lier la volonté des hommes. C’est ainsi que l’effet juridique de la
volonté s’est progressivement intellectualisé au dessus des signes qui la manifestaient.

Mais cette intellectualisation ne peut être complète car une émission de volonté ne
saurait être efficace si elle est restée intérieure. Pour prendre effet elle doit se manifester
même dans les contrats consensuels par des signes qui soient perceptibles chez l’autre
contractant et pour les tiers : c'est-à-dire un langage. Tout mode d’expression non
équivoque de la volonté des parties est en principe efficace, le plus souvent les parties
expriment leurs accords en dehors de tout formalisme.

L’habitude de concrétiser le contrat est si courante que la langue commune entend,


par vente tantôt l’accord abstrait de volonté, tantôt l’écrit qui d’ordinaire manifeste
concrètement cet accord. Le même mot contrat désigne aussi, soit l’acte juridique, soit sa
preuve écrite.

1- Contenu du principe :

Le consensualisme est un corollaire au principe de l’autonomie de la volonté que les


juristes du XIX siècle ont promu à la hauteur d’un mythe. Appliqué au contrat de vente le
principe du consensualisme sous entend que la simple rencontre des volontés est suffisante
pour que la vente produise tous ses effets, peu importe que la chose soit remise et peu
importe que le prix soit versé (art 488 du D.O.C En pratique le fait de ne pas exiger ces
données concourt à la rapidité des transactions surtout en matière commerciale.

Il y a manifestation expresse de la volonté lorsque son auteur a utilisé un langage,


c'est-à-dire un procédé essentiellement destiné à communiquer avec autrui : l’engagement
même verbal d’une partie accède à la même efficacité juridique de principe que
l’engagement écrit.

En effet il ne faut pas croire, contrairement à une opinion répandue dans le public et
qui est souvent proclamée par le commun ignorant le droit, que la signature est une
nécessité pour la naissance des conventions.

Il ne faut pas oublier que le contrat est quelque chose d’immatériel même si l’accord a
été concrétisé par des paroles et des gestes.

16
Toutes la question réside dans la difficulté de le prouver, c'est-à-dire de faire
reconnaître en justice la vérité, d’une allégation par laquelle on affirme un fait d’où
découlent des conséquences juridiques.

2- L’hygiène de la preuve pré constituée :

Les preuves étant les éléments de conviction que les parties sont autorisées à
soumettre à la justice.

En matière civile le juge n’a pas l’initiative des preuves, c’est aux parties de prouver les
faits et actes quelles allèguent à l’appui de leurs prétentions. La loi n’admet pas toujours
indifféremment tous les modes de preuves, les seuls moyens de preuves reconnus par la loi
sont :

1- l’avenu de la partie.

2- La preuve littérale ou écrite.

3- La preuve testimoniale.

4- La présomption.

5- Le serment et le refus de le prêter.

En matière commerciale, l’article 334 du code de commerce dispose que la preuve est
libre. Toutefois elle doit être rapportée par écrit quand la loi ou la convention l’exige.

Les aléas qui subsistent donc quant à l’admission et à l’efficacité de certains modes de
preuve conduisent tout naturellement à privilégier l’écrit d’autant plus que la psychologie
des parties charge l’écrit d’une prééminence totale qui exclurait tout engagement qui ne
serait pas exprimé dans l’acte.

Si la plupart des contrats, s’exécutent sans qu’aucun litige ne survienne, cela ne tient
sans nul doute à ce que la présence d’un écrit décourage les contestations éventuelles et
c’est à juste titre qu’on a pu parler d’une hygiène de la preuve préconstituée. L’hygiène
étant la prévention par le formalisme.

Si le principe du consensualisme constitue la règle en matière de vente, il est de plus


en plus rare que des contrats de quelques importances soient astreints à des formalités : ce
sont les ventes solennelles dont la validité est subordonnée à une forme exigée par la loi il
s’agit là d’un recul du consensualisme.

B- Les exceptions au principe du consensualisme : les ventes solennelles :

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En exigeant des formes qu’elle détermine, la loi poursuit des objectifs bien précis.
Lorsque la loi prescrit une forme déterminée, la preuve de l’obligation ou de l’acte ne peut
être faite d’aucune autre manière sauf dans les cas spécialement exceptés par la loi.

Le plus souvent les formes dont s’entoure un contrat de vente, représentent


simplement une précaution prise pour sa preuve. Indépendamment de celle-ci le contrat lie,
en soit, les parties. Seulement si l’une d’elle le conteste dans son existence ou dans son
contenu, l’autre pour obtenir justice aura besoin de preuve que la loi détermine. Celle-ci
suppléera aux défaillances de la mémoire pour le compte de la partie de mauvaise foi.

Trois cas de figure permettent d’illustrer les ventes solennelles, il s’agit de :

1. Ventes subordonnées à la rédaction d’un écrit ;

2. Ventes subordonnées en plus de l’écrit au contrôle d’un officier public relevant


de l’autorité de la justice ;

3. Ventes subordonnées à l’accomplissement de formalités de publicité.

1- ventes ou l’écrit est une condition de validité du contrat

L’exemple type de ces contrats est celui de la cession de fonds de commerce, l’article
81 du code de commerce stipule que « toute vente ou cession de fonds de commerce….. Est
constatée par acte en la forme authentique ou sous seing privé ».

L’écrit constitue une protection pour l’acquéreur du fonds de commerce. L’écrit est le
support servant à l’insertion formelle de diverses informations dans l’acte de vente. Ces
informations qui s’ajoutent aux clauses habituelles relatives à la désignation du fonds vendu,
à son prix, sont destinées à renseigner très précisément l’acquéreur sur la consistance et la
valeur du fonds qu’il se propose d’acheter. Elles visent donc à éclairer le consentement
donné par l’acquéreur.

2- ventes nécessitant pour leur validité en plus de l’écrit d’autres formalités

Dans les ventes aux enchères publiques, en plus de l’écrit, le contrôle direct de la
justice est exigé. Cette formalité vise à protéger le vendeur et ses créanciers.

3- ventes subordonnées à l’accomplissement de formalités de publicité

En vue de les rendre opposables aux tiers, la loi soumet certaines ventes à la
réalisation d’un acte écrit qui doit être soumis aux formalités d’enregistrement. L’article 489
du DOC stipule que « lorsque la vente à pour objet des immeubles, des droits immobiliers ou

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autres choses susceptibles d’hypothèque, doit être faite par écriture ayant date certaine et
elle n’a d’effet aux regards des tiers que si elle est enregistrée en la forme déterminée par la
loi ».

III – Les qualités relatives au consentement :

La liberté du consentement des parties peut être atteinte par différents vices. La loi
détermine quels sont ceux qui annulent le contrat de vente, il s’agit évidemment de l’erreur,
du dol, de la violence et de la maladie et autres cas analogues.

1- L’erreur : peut selon le cas empêcher le contrat d’exister, le rendre simplement


annulable ou le laisser subsister. Seul les erreurs les plus graves entrainent la rescision (art
40 à 45 DOC).

2- Le dol : il consiste en des manœuvres déloyales par lesquelles une partie obtient
le consentement de l’autre. Des conditions sont requises par la loi pour ouvrir le droit à
rescision : il faut qu’il existe des manœuvres frauduleuses destinées à provoquer l’erreur et il
faut que le dol soit déterminant (art 52 et 53 DOC).

3- La violence : pour qu’il y ait rescision pour violence il faut qu’il existe une
véritable menace ; qu’elle soit illégitime et déterminante (art 41 à 51 DOC).

4- La maladie et les cas analogues : la rescision du contrat fondée sur la maladie et


autres cas analogues est abandonnée à l’appréciation du juge (art 54 DOC).

5- La lésion : elle n’est pas à proprement parler un vice du consentement, c’est un


déséquilibre du contrat. Est réputée lésion, toute différence au-delà du tiers entre le prix
porté au contrat et la valeur effective de la chose.

IV- HYPOTHESES PARTICULIERES DU CONSENTEMENT

1- La vente avec déclaration de command

2- La vente avec promesse de porte fort

3- Les promesses de vente

1) La vente avec réserve d’élection d’ami ou déclaration de command

Dans ces contrats de vente, l’acheteur se réserve la faculté de se substituer à une autre
personne, généralement non désignée, laquelle prendra le marché pour son compte.
L’indication que l’acquéreur fait de la personne qui devra prendre sa place constitue la

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déclaration de command ou d’ami. Cette déclaration une fois faite dans le temps déterminé
par la loi, s’incorpore à l’acte de vente et ne forme avec lui qu’un seul et même tout.

2) La promesse de porte fort

C’est l’engagement pris par une personne qu’un tiers accomplira la prestation. C’est le
cas par exemple d’une personne qui se porte fort au prés d’un propriétaire d’immeuble que
son fils, une fois majeur achètera un appartement.

La notion de porte fort est prise dans des situations ou une personne ne peut pas
contracter à cause d’une incapacité temporaire. C’est une autre personne qui s’engage au
prés d’un tiers, qu’une fois l’incapacité levée, l’incapable va ratifier l’acte de vente.

3) Les promesses de ventes

Le terme promesse de vente est concept ambigu qui renferme deux acceptions
possibles :

L’engagement pris simultanément par le vendeur et l’acquéreur qui est un contrat de


vente (promesse synallagmatique) ;

La promesse unilatérale de vendre ou d’acheter.

Les promesses de vente sont des opérations usuelles, ce sont des avants contrats par
lesquels le créancier obtient le droit d’acquérir la chose quand il le jugera bon.

Section 2 : la capacité

1- Définition : la capacité est l’aptitude d’une personne à être titulaire de droit


(capacité de jouissance) et à les exercer (capacité d’exercice).

En matière de contrat de vente comme dans tous les autres contrats, la validité est
subordonnée à des conditions de capacité ; en effet le vendeur doit être capable d’aliéner la
chose et l’acheteur d’acquérir et faire le paiement. Du côté du vendeur, la vente est le
prototype de l’acte de disposition, ce qui justifie en principe des règles de capacité
rigoureuses ;

2- Les incapacités spéciales à la vente :

Si certaines personnes sont frappés d’une interdiction d’acheter, c’est parce que la loi
estime que ces personnes pourraient être tentées d’user de leurs fonctions en vue
d’acquérir la chose à un prix trop bas. Ces personnes sont énumérées aux articles 479, 480 et
481 du DOC, il s’agit :

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Ä Du malade pendant sa dernière maladie, qui n’est valable que si elle ratifiée par ses
héritiers lorsqu’elle est faite à un successible ;

Ä Des administrateurs des municipalités et des établissements publics ;

Ä Les tuteurs, les conseils judicaires ou curateurs ;

Ä Les pères qui gèrent les biens de leurs enfants ;

Ä Les syndics de faillite ;

Ä Les courtiers et experts pour les biens dont ils ont fait l’estimation.

Section 3 : l’objet de la vente

La vente est un contrat synallagmatique, elle engendre des obligations réciproques.


Elle à donc deux objets : la chose et le prix.

I- La chose

La chose vendue doit :

1) Exister ou pouvoir exister un jour ;

2) Etre dans le commerce ;

3) Etre déterminée ou déterminable ;

A-Nécessité de l’existence de la chose, au moins éventuelle

Le DOC se contente de rappeler la nécessité d’un accord sur la chose pour que se
forme la vente. Le contrat de vente se prête surtout aux choses corporelles du fait que la
DOC en matière de biens ne connait que les meubles ou les immeubles avec une distinction
fondamentale entre les biens corporels et les biens incorporels.

La vente des choses futures est possible, cette vente est très fréquente en pratique et
peut affecter le caractère du contrat selon la volonté des parties ; elle peut avoir un
caractère commutatif (un industriel qui vend un objet qu’il s’engage à fabriquer) comme elle
peut être aléatoire (c’est le cas des ventes dites à coups de filet).

B-Nécessité pour la chose d’être dans le commerce

La mise hors du commerce de la chose peut résulter soit de la volonté de l’homme


c’est le cas de l’inaliénabilité (le habous) qui consiste en un acte juridique par lequel une
personne en vue d’être agréable à dieu, se dépouille d’un ou plusieurs biens et les mets hors

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du commerce en les affectant à perpétuité à une œuvre charitable ou sociale, soit de
manière absolue (habous publics) soit en réserve la jouissance à une ou plusieurs personnes
déterminées (habous de famille), soit de textes formels par la mise hors du commerce par
des dispositions légales ou pour des considérations religieuses :

L’article 484 du D.O.C dispose : est nulle entre musulmans la vente de choses déclarées
impures par la loi religieuse sauf les objets dont elle a autorité le commerce, tels que les
engrais animaux pour les besoins de l’agriculteur.

C- La chose vendue doit être déterminée :

La chose ou la prestation doit être déterminée faute de quoi il n’y a pas de contrat.
C’est l’évidence même pour une chose des degrés de détermination sont concevables.

Etant par définition déterminés Les corps certains (choses non fongibles) ne posent pas
de difficulté :Exp je vous vends ma voiture.

S’agissant des choses fongibles c'est-à-dire déterminées seulement dans leurs genre, le
contrat les détermine quant à leur espèce, leur quantité, leur nombre, leur poids, leur
qualité …etc.

L’article 486 : « la vente, peut avoir pour objet une chose déterminée seulement quant
à son espèce, mais dans ce cas, la vente n’est valable que si la désignation de l’espèce
s’applique, à des choses fongibles suffisamment déterminées quand au nombre, à la qualité,
au poids ou à la qualité, pour éclairer le consentement donné par les parties ».

Les choses fongibles étant celles qu’il est dans l’usage de compter, de mesurer ou de
peser comme, le blé, le bois, les marchandises en général. On remarquera que toutes les
choses consomptibles sont des choses fongibles mais que toutes les choses fongibles ne sont
pas consomptibles.

En matière de vente à livrer avec avance de prix (vente Salem) , l’art 616 du D.O.C
dispose que les denrées ou autres choses qui font l’objet du contrat doivent être
déterminées, à peine de nullité, poids ou mesure, selon leur nature.

Lorsque les choses vendues sont de celles qui ne se comptent où ne se pèsent, il suffit
que la qualité soit exactement déterminée.

D- La vente de la chose d’autrui :

1- Le principe :

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En droit français, la vente de la chose d’autrui est nulle (art 1599 du code civil) , elle
peut donner lieu a des dommages intérêts lorsque l’acheteur a ignoré que la chose fût à
autrui

L’article 485 du D.O.C dispose quant à lui que : la vente de la chose d’autrui est valable.

1- Si le maître ratifie.

2- Si le vendeur acquiert ensuite la propriété de la chose.

Cette vente se rencontre dans deux cas pratiques :

Ä Vente de la chose d’autrui effectuée en connaissance de cause entre le vendeur et


l’acquéreur.

L’acquéreur peut toujours demander la nullité de la vente, l’erreur commise par lui
étant la condition de la nullité, en effet le consentement de l’acquéreur étant entaché
d’erreur, la vente se trouve également entachée.

2- Les effets de la nullité de la vente de la chose d’autrui :

a- dans le cadre des rapports entre le vendeur et l’acquéreur :

L’acquéreur peut demander la nullité relative en invoquant l’erreur commise par lui.

L’acquéreur peut demander la résolution de la vente si le propriétaire refuse de


ratifier. En outre le vendeur est tenu des dommages intérêts lorsque l’acquéreur ignorait au
moment de la vente que la chose était à autrui.

b- Les rapports entre l’acquéreur et le propriétaire :

le propriétaire ne peut pas agir en nullité de la vente car la vente ne lui est pas
opposable . Il peut simplement intenter une action en revendication par laquelle il demande
que soit proclamée sa propriété sur le bien.

II – Le prix :

Le prix est l’essence de la vente il doit être :

1- Stipulé en monnaie, sinon il ne s’agit pas d’une vente mais d’un échange.

2- Déterminé ou déterminable au moment du paiement.

Exemple : la consommation de l’électricité au compteur, le prix est déterminée au jour


du paiement art 487 du DOC

23
3- Réel et sérieux: la vente à un prix dérisoire et une donation déguisée. Le prix réel
s’oppose au prix fictif qui est simulé.

4- Juste : il est difficile de déterminer la valeur objective d’un bien : la lésion est le
préjudice qui résulte du défaut d’équivalence entre plusieurs prestations contractuelles au
moment du contrat.

5- Licite : en matière commerciale il existe une réglementation des prix.

Nous nous intéresserons tout particulièrement aux problèmes de la lésion et de


minorions des prix .

A- La lésion :

En principe la lésion ne vicie pas les conventions appliquées à la vente, le contrat ne


peut faire l’objet d’une rescision ou révision si le prix est disproportionné en plus ou en
moins , par rapports à la valeur du bien vendu, le texte relatif à la lésion au Maroc est
l’article 55 du D.O.C qui dispose :

« La lésion ne donne pas lieu à la rescision à moins qu’elle ne soit causée par le dol de
l’autre partie, ou de celui qui la représente ou qui a traite pour elle ».

B- Minoration de prix et conventions simulées :

Il arrive que les contrats indiquent un prix minoré pour éluder l’impôt ou pour
bénéficier d’un tarif moins élevé. Les parties conviennent entre elle du véritable prix ou du
prix réel par un acte ostensible.

Les parties réalisent une simulation lorsque dans une contre lettre elles conviennent
d’une minoration du prix stipulé dan l’acte apparent. Cette minoration correspond à ce
qu’en pratique ou a coutume d’appeler un dessous de table.

Dans ces conditions, les sanctions de dissimulation sont établies par la loi fiscale et par
la jurisprudence.

Si l’acte secret n’est pas opposables aux tiers de bonne, foi , ceux –ci sont fondés à
établir la simulation et on le droit de choisir entre l’acte ostensible et la convention occulte
(article 22 du D.O.C).

C- Détermination du prix :

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Suivant l’article 784 du D.O.C : le prix de la vente doit être déterminé. On ne peut
rapporter la détermination à un tiers ni acheter au prix payé par un tiers, à moins que le prix
ne fût connu des contractants.

On peut cependant s’en référer au prix fixé dans une mercuriale, au tarif déterminé, ou
à la moyenne des prix du marché, lorsqu’il s’agit de marchandises, dont le prix ne subit pas
de variation. Lorsque ce prix est variables, les contractants sont préservés s’en être référés à
la moyenne des prix pratiqués.

Chapitre troisième : Les effets du contrat de vente

La vente produit trois effets :

Section I : elle opère, la transmission de la chose et la transmission des risques.

Section II : elle fait naître certaines obligations pour le vendeur.

Section III : elle impose certaines à l’acheteur.

Section I : Le transfert de la propriété :

Le transfert de la propriété, but du contrat de vente se réalise instantanément et


automatiquement dés l’échange des consentements : c’est le principe qui découle de
l’article 491 du D.O.C Mais ce principe admet 2 catégories d’exceptions :

Ä Des exceptions légales.

Ä Des exceptions conventionnelles.

I- Le principe du transfert immédiat :

A- Contenu du principe :

Quand deux contractants conviennent de transférer un bien déterminé de l’un vers


l’autre, à l’occasion de la vente en droit marocain le principe est que ce transfert est
immédiat. L’engagement de transférer le bien d’un patrimoine à l’autre est réputé
automatiquement exécuté , sans formalités ni délais.

C’est ce qui découle de l’article 491 du D.O.C l’acheteur acquiert de plein droit la
propriété de la chose vendue dès que le contrat est parfait pas le consentement des parties.

En d’autres termes dès l’accord, le bien a changé de propriétaire. Il ne subsiste à


l’égard de qui la transféré que des obligations de délivrance et de garantie.

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La transmission de la propriété est indépendante de la livraison de la chose .

Ce principe à une conséquence importante en raison de la règle suivant laquelle : les


risques de pertes d’une chose incombent à son propriétaire. La chose vendue (article 493 in
fine) est aux risques de l’acheteur même avant la délivrance, sauf les conventions des
parties. L’acheteur qui devient propriétaire, supporte par voie de conséquence les risques
dès la conclusion de la vente et cela même s’il n’a pas reçu livraison de la chose.

Le principe de l’effet translatif immédiat du contrat de vente vaut pour tous les biens,
corporels et incorporels il s’applique également aux démembrements d’un bien existant
ainsi qu’au transfert des universalités telles qu’un fonds de commerce, il vaut pour les
créances contractuellement transmises, les parts sociales et actions de société, les droits de
propriété intellectuelle … .

Ce principe apparaît comme la conséquence historique d’une intellectualisation de la


technique juridique. Chez les romains le transfert d’un bien exigeait la tradition, c'est-à-dire
une remise de la possession de ce bien et parfois des formalités plus poussées.

II-Conséquence du principe :

Aujourd’hui même si la livraison du bien que transmet le contrat n’est pas immédiate,
même si le prix n’est pas tout de suite payable, la propriété en est transmise, aussitôt
l’accord des parties réalisé, il y a là une économie du temps des formes.

Un acheteur, par exemple, à donc en principe immédiatement tout l’avantage du


transfert de propriété dès que le contrat est conclu. En revanche devenu sa propriété, le
bien passe à ces risques. S’il périt fortuitement, l’acheteur ne pourra demander diminution
ou dispense du prix.

Le principe de transfert de la propriété par le seul échange des consentements


comporte des dangers et l’on comprend que plusieurs législations, étrangère dont le droit
allemand, aient préféré retarder le transfert de la propriété jusqu’à la livraison de la chose et
maintenir jusque-là les risques à la charge du vendeur.

Le droit marocain tout comme le droit français n’ignorent, bien entendu pas les
intérêts en jeu et notamment ceux de l’acheteur et c’est pour cela qu’il existe dans les deux
à la fois des limites naturelles que des possibilités conventionnelles tendant à atténuer les
effets du principe du transfert immédiat de la propriété.

Les atténuations de l’application du principe du transfert immédiat de la propriété :

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A- Les limites naturelles :

Ce Principe du transfert immédiat de la propriété voit sa portée atténuée chaque fois


que la vente porte sur des choses qui ne peuvent être individualisées que par le biais d’une
opération ultérieure : c’est le cas de la vente portant sur des choses de genre qui ne sont
individualisées, qu’après avoir été affectées à l’acheteur par un moyen quelconque (pesage,
marquage…) c’est également le cas de la vente de choses futures.

a- Vente de choses de genre :

Le transfert de la propriété et des risques ne se produira qu’après cette opération


d’individualisation. A cet effet l’article 494 du D.O.C dispose :

« Lorsque la vente est faite à la mesure, à la jauge ; au compte, à l’essai, sur


dégustation ou sur simple description tant que les choses n’ont pas été comptées, mesurées,
jaugées essayées, dégustées, ou examinées et agrées par l’acheteur ou son représentant,
elles sont aux risques du vendeur alors même qu’elles se trouveraient déjà au pouvoir de
l’acheteur ».

b- Vente de choses futures :

S’agissant de la vente de choses futures , la propriété ne peut s’exercer sur un objet


inexistant, dès le consentement, toutefois aussitôt que cet objet est né , l’acquéreur peut
s’en prétendre propriétaire.

B- Les exceptions contractuelles de la règle de l’effet translatif immédiat de la


propriété en matière de contrat de vente :

La règle de l’effet translatif immédiat du contrat n’est pas d’ordre public, elle est
simplement présumée conforme à la volonté des parties, donc leur accords contractuel peut
repousser à une date ultérieure le transfert propriété. Cela peut se faire essentiellement de
deux manières : jusqu’au paiement du prix ou bien jusqu’à livraison.

Le retard conventionnel du transfert de la propriété peut par exemple être repoussé


jusqu’à paiement du prix. On y trouvera l’avantage fiscal de reporter à cette date l’échéance
des droits fiscaux (droits d’enregistrement) en cas de vente immobilière.

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En outre le vendeur y puise la sécurité juridique : tant que le prix n’est pas encore
payé, il reste propriétaire et peut revendiquer le bien sans avoir à provoquer la résolution
judiciaire de la vente. En revanche, il garde à sa charge les risques de la chose vendue et, si
elle périt accidentellement, il ne pourra pas en demander le prix.

D’un autre point de vue, il est toujours permis de retarder conventionnellement


jusqu’à la livraison le transfert de la propriété et le transfert des risques, soit seulement la
charge des risques.

Comme les risques sont généralement assurés, il s’agit finalement de savoir qui devra
contracter et payer l’assurance. L’intérêt de retarder le transfert de la propriété ou les
transferts des risques varie selon la position de l’acheteur ou celle du vendeur.

L’acheteur a intérêt à retarder les transferts des risques jusqu’à la livraison surtout
dans les ventes de choses transportées, sa position est d’ailleurs confortée par l’article 496
du D.O.C qui précise que la chose vendue voyage aux risques du vendeur jusqu’à réception
par l’acheteur.

Dés lors même si la propriété est transférée lorsqu’il s’agit d’un corps certain, la chose
vendue reste aux risques du vendeur pendant le voyage jusqu’à sa réception par l’acquéreur.

Cette règle de l’article 496 ne s’applique pas lorsque les lettres et les factures du
vendeur précisent bien que la marchandise voyage aux risques du destinataire. Cette
mention doit être considéré comme acceptée par l’acheteur qui a reçu ces papiers sans
protestation ni réserve (Trib paix Marrakech 1930-G.T.M 1933 N° 526 p 25).

Le vendeur lui sera plutôt intéressé par les clauses retardant le transfert de la
propriété, s’il craint de ne pas être payé.

Ces clauses sont en principe valables puisqu’il est valable de modifier


conventionnellement le moment du transfert de la propriété et le transfert des risques.

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Les ventes dites au départ :

C’est l’acheteur qui a la charge et les risques de transport. Ainsi avec les clauses gare
départ ou départ usine ; l’acheteur supporte non seulement le transport mais aussi le
chargement de la marchandise sur wagon , camion, ou autre . le vendeur est tenu de livrer la
chose prête à être chargée.

En revanche avec les clauses franco sur wagon, le vendeur doit assurer le chargement
de la marchandise sur le wagon.

1- Les ventes a l’arrivée :

C’est le vendeur qui a la charge des risques de transport, mais là aussi les variations
sont possibles selon qu’il assure pas le déchargement (franco gare de destination) ou qu’il
livre à domicile ou dans les magasins de l’acheteur (franco domicile).

NB : Les clauses retenant expressément le transfert de propriété elles sont


généralement destinées à protéger les intérêts du vendeur en lui laissant la propriété jusqu’à
complet paiement du prix.

Section II : Les obligations du vendeur :

Conformément à l’article 498 du D.O.C le vendeur a deux obligations principales : la


1ère est celle de délivrer la chose vendue, la 2ème celle de la garantie.

1- L’obligation de délivrance :

L’obligation de délivrance est l’obligation pour le vendeur de livrer la chose vendue.


Elle a lieu , lorsque le vendeur ou son représentant se dessaisit de la chose et met
l’acquéreur en mesure d’en prendre possession sans empêchement (art 499 du D.O.C).

L’obligation de délivrance et le transfert de propriété découlent l’une et l’autre du


contrat de vente, ce sont deux effets parallèles de ce contrat mais ils ne sont en aucun cas
dans la dépendance l’un de l’autre.

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D’une part ce n’est pas le transfert de propriété qui découle de l’obligation de
délivrance : celle-ci peut exister et se trouver exigible avant que se réalise le transfert de
propriété , il est ainsi des ventes à tempérament avec clause réserve de propriété. La
propriété n’est transmise que plus tard postérieurement à la livraison.

D’autre par ce n’est pas non plus la délivrance qui opère le transfert de la propriété.
C’est ainsi que dans les ventes de chose de genre, l’individualisation de la chose vendue
résulte de la délivrance, et cette individualisation opère le transfert de la propriété , le
transfert de propriété et l’exécution de l’obligation de délivrance sont alors concomitant. Le
transfert de propriété et l’exécution de l’obligation de délivrance sont alors concomitant ;
Mais il y’a là qu’une pure coïncidence dans le temps.

En revanche dans la vente de corps certains, le transfert de propriété se produit dès


l’échange des consentements, il précède habituellement la délivrance.

II- L’obligation de garantie :

Garantir, c’est promettre au créancier la possession paisible et utile de la chose qui lui
est transférée.

L’idée que le débiteur d’une chose reste tenu de la garantir, une fois la livraison
effectuée, a pris historiquement naissance à propos de la vente, mais cette idée s’applique à
tous les contrats à tire onéreux (échange, louage d’immeuble, partage …etc).

Les contrats à titre gratuits n’emportent pas , au contraire garantie et la différence


s’explique sans peine.

La garantie due par le vendeur est double , le vendeur doit d’abord garantir la
procession paisible de la chose vendue (c’est la garantie contre l’éviction). Il doit en outre la
garantir contre les défauts ou vices rédhibitoires de cette chose (ceux qui constituent un
défaut).

C’est ce qui découle de l’article 532 du D.O.C :

La garantie que le vendeur doit à l’acquéreur a deux objets :

Un : Le premier est la jouissance et la possession paisible de la chose vendue. (Garantie


pour cause d’éviction).

Deux : le second, les défauts de cette chose (garantie pour les vices rédhibitoires).

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La garantie et due de plein droit, quant même elle n’aurait pas été stipulée. La bonne
foi du vendeur ne l’exonère pas de cette obligation.

1- garantie pour cause d’éviction :

La garantie due par la vendeur comporte celle de s’abstenir de tout acte de


réclamation qui tendra à inquiéter l’acheteur ou à le priver des avantages sur lesquels il avait
le droit de compter au titre de la chose vendue.

La garantie d’éviction oblige le vendeur à assurer à l’acquéreur une possession paisible


de la chose vendue. En d’autres termes , le contenu de cette obligation est :

Ä De ne pas troubler personnellement l’acquéreur .

Ä Intervenir en cas de trouble par un tiers (appel en garantie).

A- Contenu de la garantie d’éviction :

c- garantie du fait personnel du vendeur

La garantie d’éviction implique que le vendeur ne doit lui-même causer aucun trouble
à l’acheteur, qu’il s’agisse de trouble sur la prétention d’aucun droit (art 533 du D.O.C) ou
qu’il s’agisse d’un trouble de droit (art 534 du D.O.C)

1- Le trouble de fait :

Le trouble de fait est celui qui ne résulte pas d’une prétention juridique : ce sera par
exemple , le fait d’empiété matériellement sur le bien vendu ou le fait pour le vendeur d’un
fonds de commerce de faire concurrence déloyale à l’acquéreur du fonds .

2- Le trouble de droit :

Le trouble de droit est celui qui dérive d’une prétention juridique élevée sur la chose ,
c’est le cas que l’on peut imaginer lorsque le vendeur ou son héritier se prétend usufruitier
ou locataire de la chose vendue.

d- la garantie du fait des tiers :

Garantir l’acheteur contre l’éviction implique que le vendeur empêche les tiers
d’évincer l’acheteur .

la garantie du fait des tiers va de paire avec du celle du fait personnel. Toutefois la
garantie du fait des tiers à la différence de la garantie du fait personnel ne joue pas en ce qui
concerne les troubles de fait, si l’acheteur est troublé par un tiers qui ne prétend en aucune

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façon à un droit sur la chose vendue, il n’y a là qu’une simple voie de fait dont le vendeur ne
répond pas en vertu de l’art 546 du D.O.C.

Au contraire, le trouble provenant du tiers et un trouble de droit, si le tiers se prétend


titulaire d’un droit sur la chose, le vendeur doit alors garantir tout au moins lorsque la cause
de l’éviction lui est imputable. C’est ce qui résulte de l’article 534 du D.O.C qui dispose que :
le vendeur est également tenu de droit à garantir l’acquéreur de l’éviction qu’il souffre en
vertu d’un droit subsistant au moment de la vente.

B- L’appel en garantie :

Pour qu’il y ait lieu à garantie autrement dit, pour que le vendeur intervienne en cas de
trouble de jouissance, il faut :

1- qu’il y ait un trouble de droit .

2- que la cause d’éviction soit imputable au vendeur.

1- l’existence d’un trouble de droit :

Cela sous entend qu’un tiers a élevé une prétention juridique contre la chose. Selon
l’article 537 du D.O.C : « l’acheteur , actionné à raison de la chose vendu , est tenu, au
moment où le demandeur a produit ses preuves, de dénoncer la demande en éviction à son
vendeur. Il faut donc en vertu de cet article que le tiers ait réclamé sa chose , voir qu’il ait
produit en justice , les preuves de sa prétention.

Dés l’instant où l’acheteur est troublé par la réclamation que fait un tiers d’un droit sur
la chose vendue, il peut appeler son vendeur en garantie, et si le vendeur avait lui-même
acheté l’objet à une autre personne, il appellera son propre vendeur en garantie. Le procès ,
finalement se localisera surtout entre le dernier acheteur et le premier vendeur, tous les
anneaux intermédiaires peuvent disparaître . C’est alors le premier vendeur qui doit garantir
le dernier acheteur.

Dans tous les cas l’acheteur ne doit pas attendre d’être condamné pour recourir contre
son propre garant, il doit le mettre dans l’affaire incidemment, il le fait entrer dans le procès
notamment en vertu des art. 103 à 108 du code de procédure civile du 28 sept. 1974.

Par contre s’il attend d’être condamné pour demander compte à son vendeur par un
procès en garantie principale , il risque de perdre à cause de la forclusion , qui résulte de
l’application de l’article 537 du D.O.C : « L’acheteur actionné à raison de la chose vendue est
tenu, au moment où le demandeur a produit ses preuves, de dénoncer la demande en

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éviction à son vendeur. Le tribunal l’avertit à ce moment qu’en suivant l’action en son propre
non personnel, il s’expose à perdre tout recours son auteur . Si malgré cet avertissement il
préfère se défendre directement à l’action , il perte tout recours contre le vendeur ».

2-La cause de l’éviction doit être imputable au vendeur .

L’article 574 du D.O.C dispose : « Le vendeur même appelé en cause en temps utile,
n’est tenu d’aucune garantie, lorsque l’éviction a lieu par le dol , ou la faute qui a évincé ce
dernier et notamment :

a) lorsque l’acquéreur a laissé accomplir contre lui une prescription déjà commencée
du temps de son auteur ou s’il néglige lui-même d’accomplir une prescription déjà
commencée par ce dernier .

b) lorsque l’éviction se fonde sur un fait ou une cause personnelle à l’acquéreur ».

C) Conséquence ou effets de la garantie .

Lorsque l’acheteur est évincé par un tiers cela veut dire que le vendeur a manqué à ses
obligations. Il a livré une chose sur laquelle il ne transférait pas les droits qu’il avait promis.

Dés lors lorsque les droits du vendeur sont incomplets , par exemple la chose vendue
était déjà louée ou hypothéquée ou engagée à l’insu de l’acheteur , le vendeur doit
l’indiquer dans le contrat de vente. Si non il garantit automatiquement à l’acheteur une
propriété complète :

L’article 535 du D.O.C dispose : « L’éviction d’une partie déterminée de la chose


équivaut à l’éviction du tout, si cette partie est de cette importance par rapport au reste que
l’acquéreur n’eût point acheté sans elle . … »

Le droit positif distingue deux catégories d’éviction . L’éviction totale et l’éviction


partielle .

L’éviction totale, dans ce cas l’acheteur à le droit de se faire restituer en vertu de


l’article 538 du DOC :

ü Le prix déboursé et les loyaux coûts du contrat ;

ü Les dépens judiciaires qu’il a fait pour l’appel en garantie ;

ü Les dommages qui sont la suite directe de l’éviction ;

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ü Si le vendeur est de mauvaise foi, l’acquéreur à droit à la plus value, c'est-à-dire à la
différence de prix due à l’érosion monétaire.

L’éviction partielle, si elle n’est pas importante au point de vicier la chose vendue,
l’acquéreur peut à son choix, soit :

ü Se faire restituer le prix de la partie évincée et maintenir la vente pour le surplus ;

ü Ou bien demander la résolution de la vente et se faire restituer la totalité du prix si


l’éviction est grave.

II – La garantie contre les vices cachés :

La garantie contre les vices cachés constitue l’une des pièces maîtresse du droit de la
vente . Elle a une portée large et vaut pour les immeubles comme pour les choses mobilières
le résultat et que tout vendeur y est tenu , même un simple particulier.

Avec cette garantie, le droit marocain a choisi de protéger l’acheteur plutôt que
d’exonérer le vendeur même lorsque ce dernier n’a commis aucune faute. Elle traduit une
exigence de loyauté .

Sur le principe d’une telle garantie on peut penser qu’il y a dans la chose vendue autre
chose qu’une existence matérielle, autre chose qu’un droit de propriété , autre chose que la
liberté et l’affranchissement de toute charge , il y a encore des qualités qui la rendent plus
au moins propre au but que l’acheteur s’est proposé .

Il faut souligner que la garantie a pour essence d’être garantie car elle est le
prolongement naturel de la vente . La garantie doit être distinguée des services proprement
proposés à l’acheteur lorsqu’il s’agit d’appareil ou d’engins vendus en série . C’est le cas du
service après vente, par lequel est assuré l’exécution de travaux de réparation nécessité par
l’état de la chose qu’elle qu’en soi la cause. Préventivement l’acquéreur peut aussi
contracter un abonnement pour l’entretenir de la chose, prestation appelée maintenance.

Or parce qu’ils font l’objet d’une rémunération particulière, ces services ne peuvent
que s’ajouter aux droits que l’acquéreur tient de la vente. Ils ne doivent pas chevaucher la
garantie qui lui est due en tout état de cause.

Même si la distinction ne pose pas de difficulté dans la pratique des glissements


peuvent se produire .

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Les vices cachés appelés également vices rédhibitoires sont les défauts qui ne se
révèlent pas au premier examen (art 569 du DOC) et qui empêchent d’utiliser
convenablement la chose vendue (art 549 du D.O.C).

Par ailleurs selon , l’article 549 du D.O.C , le vendeur garantit les vices de la chose qui
diminuent à l’usage auquel elle est destinée d’après sa nature ou d’après le contrat … .

L’alinéa 2 précise que le vendeur garantit également l’existence des qualités par lui
déclarées , ou qui on été stipulées par l’acheteur.

Les vices cachés se distinguent ainsi des différences de qualité ou de quantité avec la
chose promise. Ces différences constituent , non pas un vice de la chose livrée mais une
inexécution partielle de l’obligation de délivrance .

Si la distinction entre l’inexécution totale ou partielle de l’obligation de délivrance est


théoriquement facile à faire, elle soulève en pratique de grandes difficultés parce que le vice
caché atteint sinon la quantité, du moins la qualité de la chose vendue.

C’est pour pallier ces difficultés que le législateur marocain de 1913 a prévu en plus de
la garantie ordinaire telle que prévue par le code civil français dans ces articles 1641 à 1649 ,
l’obligation de garantie d’existence de la qualité déclarée par le vendeur ou stipulées par
l’acheteur.

La rédaction de l’article 556 du D.O.C laisse apparaître en effet qu’il y a rédhibition soit
pour cause de vice , soit à raison de l’absence de certaines qualités expressément stipulées
ou requises par l’usage du commerce.

Dans le D.O.C les dispositions relatives aux vices cachés sont contenues dans les
articles 549 à 575 .

On étudiera les conditions (A), le domaine (B) et les effets de la garantie des vices
cachés (C).

A- Les conditions de la garantie contre les vices cachés :

Pour obliger le vendeur à la garantie , le vice de la chose doit présenter quatre


caractères :

Ä Empêcher l’utilisation de la chose.

Ä Etre caché.

Ä Inconnu de l’acheteur.

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Ä Antérieur à la vente.

a- vice empêchant l’utilisation de la chose :

Le vice doit empêcher ou diminuer l’usage auquel la chose est destinée d’après sa
nature.

1- Le vice rendant la chose impropre à l’usage auquel elle est normalement destinée
d’après sa nature :

2- Le vice diminuant sensiblement la valeur de la chose :

Aux termes de l’article 549 « … les défauts qui diminuent légèrement la valeur ou la
jouissance et ceux tolérés par l’usage ne donne pas ouverture à la garantie ».

Le défaut doit présenter une certaine gravité et constituer un obstacle suffisamment


sérieux qui diminue la valeur de la chose vendue.

Il faudra alors évaluer la gravité du vice par rapport à l’intention de l’acheteur.


Autrement dit l’acheteur aurait il acheté aux prix fixé s’il avait connu ce vice et ses
conséquences .

En principe il faut dire que les incidents ou vices mineurs ne portent pas atteinte à un
usage et ne peuvent que diminuer légèrement la valeur d’une chose.

b- le vice doit être caché (ou occulte) : invisible :

Si le vice est apparent, il appartient à l’acheteur de s’en apercevoir. L’art 569 dispose
que le vendeur n’est point tenu des vices apparents ;

Pour la jurisprudence , l’apparence d’un vice s’apprécie au regard de l’acheteur en ce


sens que le juge doit se demander si l’acheteur était lui-même capable de découvrir le vice
.En conséquence il y a vice caché par exemple lorsque le vice d’une voiture automobile,
apparent pour un technicien n’apparaît pas à l’acheteur qui ne possède pas les
connaissances techniques suffisantes. En revanche en considère que le vice est apparent
lorsqu’un homme d’intelligence moyenne l’aurait découvert en procédant à des vérifications
élémentaires. D’une façon générale, plus le matériel est complexes et moins l’acheteur est
compétent , plus la garantie des vices cachés revêtira d’importance quant à son
appréciation.

c- le vice doit être inconnu de l’acheteur :

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Pour que la garantie du vendeur puisse enter en jeu , il ne suffit pas que le vice ait été
caché , il faut encore qu’en fait l’acheteur ne l’ait pas découvert et qu’il ne l’ait pas connu au
moment de la vente.

En effet si l’acheteur avait découvert le vice caché et acheté malgré tout, il a accepté
d’acheter la chose atteinte de vice puisqu’il connaissait l’existence de celui-ci . C’est pour
cela que l’article 569 affirme que le vendeur n’est pas tenu des vices dont l’acheteur a
connaissance ou qu’il aurait pu facilement connaître . C’est connaissance des vices par
l’acheteur sera souvent établie par le prix qui a été stipulé, prix dont le moment réduit ne
peut s’expliquer que par le fait que l’objet vendu était un objet atteint d’un vice .

Tandis que la connaissance du vice par l’acheteur exclue la garantie, en revanche la


bonne foi du vendeur n’influe pas sur la nature du vice, que le vendeur ait connu l’existence
du vice ou qu’il l’ait ignoré, ce vice n’en est moins un vice donnant lieu à garantie. Le
vendeur est censé connaître la chose qu’il vend.

d- Le vice doit être antérieur à la vente :

Pour donner lieu à garantie , le vice doit être antérieur à la vente ou concomitant. Il est
évident que si la chose n’est pas atteinte du vice au moment de la vente , l’acheteur ne peut
pas demander garantie – la mesure de l’antériorité ne doit pas toujours être faite par
référence à la date de la vente. Le véritable critère de référence réside dans le transfert des
risques. L’essentiel est que l’antériorité puisse être établie, cela relève de l’appréciation du
juge, la charge de la preuve incombe à l’acheteur, la garantie des vices et une garantie
légale.

B- Domaine de la garantie contre les vices caches :

Lorsque le vice présente les quatre caractère indiqués, il ouvre droit à la garantie , mais
il faut que la vente envisagée ne soit pas l’une de celles qui se trouvent exceptionnellement
exclues de la garantie contre le vices cachés. Les exclusions peuvent résulter, soit de la loi
soit de la convention.

a- les exclusions légales :

L’article 575 du D.O.C exclut de la garantie les ventes faites par l’autorité de justice .
L’action rédhibitoire n’a pas lieu dans les ventes faites par autorités de justice .

En dépit de la formule très large de cet article il faut entendre par là les ventes qui sont
obligatoirement faite par autorité de justice, à savoir , les ventes sur saisies et les ventes de

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biens de mineurs non émancipés et de majeurs en tutelle (art 159 du code de statut
personnel).

Au contraire, la garantie demeure en ce qui concerne les ventes pour lesquelles le


recours à la justice est simplement facultatif.

Les motifs de l’exception légale des ventes judiciaires sont d’une part , la large
possibilité donnée à ces ventes en second lieu , l’intérêt des créanciers qui comptent sur le
prix pour être payés.

b- les modifications conventionnelles :

Le principe de la liberté des conventions posé par l’article 230 du D.O.C permet de
conclure à la validité des aménagement conventionnels de la garantie.

1- Les conventions contenant des clauses aggravantes de la garantie :

La validité de ces clauses n’est pas douteuse , il est possible de rencontrer des cas où le
vendeur ne garantit pas seulement l’absence de vices caches mais il garantit en outre le bon
fonctionnement la chose vendue pendant un certain temps et cela l’oblige dans les limites
de la convention à procéder pendant ce délai aux réparations que nécessite le bon
fonctionnement de la chose.

2- Les conventions restreignant ou excluent la garantie :

L’article 571 dispose que le vendeur ne répond pas des vices de la chose ou de
l’absence des qualités requises :

1° s’il les a déclarés.

2° s’il a stipulé qu’il ne serait tenu d’aucune garantie.

Le vendeur peut donc s’exonérer de la garantie légale qui pèse sur lui en vertu de
l’article 549 à condition que les vices n’aient pas été connus du vendeur, car on ne peut se
prémunir contre les conséquences de sa mauvaise foi. En effet, les clauses limitatives de
responsabilité n’exonèrent pas le vendeur de mauvaise foi de sa responsabilité contractuelle
à raison des vices de la chose vendue ou à l’absence de qualité promises.

C- Mise œuvre et effets de la garantie des vices :

Le vice caché découvert, l’absence de certaines qualités constatées l’acheteur dispose


d’une action qui intentée dans un bref délai, aboutit à une résolution du contrat (c’est

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l’action rédhibitoire accompagnée éventuellement de dommages intérêts). Si l’acheteur
préfère garder la chose, il n’a droit à aucune diminution des prix . (Art 556 du D.O.C).

1° : L’option l’action rédhibitoire et la possibilité de garder la chose sans aucune


diminution de prix :

Si l’acheteur préfère garder la chose atteinte d’un vie rédhibitoire ou manquant de ses
qualités, il n’a droit à aucune diminution de prix. Cette solution du droit marocain s’écarte de
la législation française en la matière. L’action rédhibitoire n’est autre chose que l’action en
résolution de la vente avec restitution du prix .

Si l’acheteur opte pour la résolution de la vente , il doit alors restituer au vendeur la


chose vendue affectée du vice rédhibitoire telle qu’il la reçue avec ces accessoires, ce qui en
fait partie et les fruits de la chose depuis le moment de la résolution (art 561 du D.O.C).

L’acheteur n’a droit à aucune restitution ni diminution du prix s’il ne peut restituer la
chose (Art 562 D.O.C) par contre si la chose vendue à périt à cause du vice dont elle était
affectée la perte est pour le vendeur (art 563 D.O.C).

2°- L’action en dommages intérêts :

L’acheteur dont la chose est affectée d’un vice caché peut ne pas se contenter de la
résolution de la vente . En effet, du fait de l’existence du vice, l’acheteur a pu éprouver un
préjudice supplémentaire que ne répare entièrement la restitution du prix. Il est ainsi par
exemple si le vice a pour conséquence a résolution de la vente d’une chose dont la cher . On
peut également imaginer que le vice a été à l’origine d’un accident qui à causé un préjudice à
l’acheteur.

Les rédacteurs du D.O.C ont estimé qu’en vertu de l’article 556 l’acheteur a droit aux
dommages intérêt dans trois cas d’espèces :

Premier cas : Lorsque le vendeur connaissait les vices de la chose ou l’absence de


qualités par lui promises et n’a pas déclaré qu’il vendait sans garantie : cette connaissance
est toujours présumée, lorsque le vendeur est un marchand ou un artiste qui vend les
produits de l’art qu’il exerce. L’action en dommages intérêts est facilitée pour l’acheteur
lorsque le vendeur est un professionnel. La loi considère ce dernier comme étant
automatiquement de mauvaise foi parce qu’il aurait dû connaître le vice de la chose vendue.

On peut s’interroger sur la sévérité de cette position surtout lorsque la vente intervient
entre deux professionnels.

39
Deuxième cas : lorsque le vendeur a déclaré que les défauts n’existent pas à moins
qu’il ne s’agisse de vices qui ne sont révèles qu’après la vente, ou que le vendeur pouvait
ignorer de bonne foi.

Troisième cas : Lorsque les qualités dont l’absence est constatée avaient été
expressément stipulés ou étaient requises par l’usage du commerce.

L’action en dommages intérêts peut dans ce cas resulter de l’absence de conformité


par rapport à ce qui a été expressément convenu entre l’acheteur et le vendeur ou tout
simplement si la non conformité de la chose et imputable à l’absence de qualité requises par
l’usage du commerce.

3° - Délais dans l’acheteur doit agir en garantie :

Délais : d’action ,l’article 573 du D.O.C dispose que toute action résultant de vices
rédhibitoires , ou du défaut des qualité promises, doit être intentée à peine de déchéance :

Pour les choses immobilières dans les 365 jours après délivrance.

Pour les choses mobilières et pour les animaux dans les 30 jours après la délivrance
pourvu qu’il ait été donné au vendeur l’avis dont il est parlé à l’article 553 (notification des
vices au vendeur aussitôt après leur découverte).

Délai de notification : l’avis en question consiste en la notification immédiate au


vendeur de tout défaut constaté par l’acheteur après examen de l’état de la chose vendue
aussitôt reçue.

Le législateur a fixé un délai de 7 jours après réception pour qu’il déclare le défaut
constaté en matière de meubles inanimés, il s’agit du délai d’information prévu par l’art 553.

Cet article 553 décide que les vices de la chose vendue, qui ne sont reconnaissable par
un examen ordinaire doivent être notifiés aussitôt après leur découverte .

Les délais de forclusion prévus aux articles 573 sont des délais impératifs et la
jurisprudence est constate en la matière.

Section III : Les obligations de l’acheteur :

Aux termes de la l’article 576 du D.O.C , deux obligations principales pèsent sur
l’acheteur.

Ø Celle de payer le prix.

40
Ø Celle de prendre livraison de la chose (obligation de retirement).

1- L’obligation de payer le prix :

Selon l’article 577 du D.O.C : l’acheteur est tenu de payer le prix à la date et de la
manière établie au contrat, à défaut de convention , la vente est censée faite au comptant
que l’acheteur doit payer au moment même de la délivrance .

Quand est ce qu’il faut payer le prix et où ?

Quelles sont les garanties dont dispose le vendeur impayé ? .

A- Epoque et lieu du paiement :

a- Epoque :

Si l’époque du paiement n’a pas été réglée par le contrat l’art 577 la fixe au moment
où doit se faire la délivrance.

En effet l’obligation de payer le prix est une obligation corrélative à l’obligation du


vendeur de livrer la chose vendue. Il est donc normal que, sauf convention contraire, ces
deux obligations s’exécutent en même temps.

En conséquence, si un délai est accordé au vendeur pour la délivrance, l’acheteur


bénéficie de plein droit du même délai pour payer le prix.

C’est là une situation différente de celle qui existe en droit commun, lorsqu’un délai
dans un contrat synallagmatique est accordé à l’une des parties pour exécuter l’une de ses
obligations le délai ne profite pas de plein droit à l’autre partie pour exécuter ses propres
obligations.

En tout cas, de l’interdépendance entre l’obligation de délivrance et l’obligation de


payer le prix, il ne faut pas conclure que la délivrance fait présumer le paiement du prix :
l’article 577 D .O.C ne déroge en aucune façon aux règles de la preuve : l’acheteur, bien qu’il
est reçu la chose vendu doit prouver qu’il a payé le prix .

L’échéance ainsi fixée dans la loi doit être respectée. Cependant le juge peut toujours
accorder à l’acheteur un délai de grâce tout comme le vendeur lui-même peut accorder se
délai. Dés lors le terme commence à couvrir à partir de la date de conclusion du contrat si les
parties n’ont pas établit un autre date.

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Lorsque le prix est payé immédiatement, dés la formation du contrat, la vente est dite
au comptant. Lorsque le prix est convenu payable dans un certain délai, la vente est dire à
crédit.

b- le lieu de paiement :

De même que le paiement du prix doit être fait sauf convention contraire , à la date de
délivrance, c’est au lieu de la délivrance que , sauf convention contraire que le prix doit être
payé.

L’article 577 déroge ainsi au droit commun des contrats d’après lequel une créance est
payable au domicile du débiteur. Ici au contraire, le prix est payable au lieu de la délivrance
et ce lieu est en principe celui où la chose est située au moment de la vente, c'est-à-dire,
souvent le lieu du domicile du vendeur créancier du prix.

Le prix est donc portable et non quérable comme en droit commun. Cette dérogation
au droit commun s’explique par le fait que le vendeur livre la chose à l’acteur en échange du
prix. Les deux obligations étant corrélatives, il est indispensable que le prix soit payé là où la
chose est livrée.

Mais le motif de la règle en trace la limite. En effet, si d’après la convention le


paiement doit s’effectuer à un moment autre que le moment de la délivrance , le droit
commun reprend son empire : le prix doit être payer au domicile du débiteur : celui de
l’acheteur.

Naturellement la convention peut toujours modifier le lieu de paiement que les


dispositions supplétives de la loi fixent suivant les cas, au lieu de délivrance ou au domicile
de l’acheteur.

Il en est ainsi lorsque l’acheteur remet au vendeur au chèque en paiement, c’est au


moment et au lieu où le chèque est payé, le banquier tiré que le prix se trouve payé.

B- Montant du paiement :

Le montant du paiement dû par l’acheteur au vendeur est fixé par le contrat de vente.

Le cas échéant, l’acheteur doit payer moins ou plus que le prix exact de la chose
vendue.

Il doit payer plus, dans la mesure où la loi met à sa charge un certain nombre de frais, il
s’agit notamment :

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Ø Des frais d’enlèvement et de réception de la chose vendue (droits de transit et de
douane).

Ø Des frais du paiement du prix.

Ø Des frais occasionnés par les opérations de change.

Ø Des frais d’actes de notaire.

Ø Des frais d’enregistrement et de timbre .

Ø Des frais d’emballage.

Ø Des frais de chargement et de transfert.

Il importe de noter que la mise à la charge de l’acheteur des frais de la vente ne


concerne que les rapports entre l’acheteur et le vendeur.

Mais si le vendeur se trouvait ainsi amené à payer les frais, il aurait un recours contre
l’acheteur.

Aux côtés de ces frais il faut aussi mentionner les sommes à payées en plus par
l’acheteur : les intérêts du prix qui sont dus aux taux légaux (art 875 du D.O.C ) , lorsque
l’acheteur paie sont prix en retard.

C- Garantie du paiement :

Lorsque l’acheteur n’exécute pas ses obligations de payer le prix, le vendeur a le choix
entre deux attitudes : l’exécution forcée du contrat ou la résolution.

a- L’exécution forcée du contrat :

Si le vendeur choisit l’exécution du contrat, il dispose contre l’acheteur d’une action en


paiement du prix, mais le législateur ne se contente pas de lui reconnaître la possibilité
d’exercer une telle action , il lui confère en outre deux garanties .

Si la chose n’a pas encore été remise à l’acheteur, le vendeur a un droit de rétention
sur cette chose (art 504 à 508 du D.O.C).

Si l’acheteur à déjà entre les mains la chose vendue, le vendeur a un droit de


revendication sur cette chose.

1°- Le droit de rétention :

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En cas de non paiement du prix l’art 504 du D.O.C permet au vendeur de refuser la
délivrance : « Le vendeur qui n’a pas accordé de terme pour le paiement n’est pas tenu de
délivrer la chose .. » c’est l’application au contrat de vente de l’exception d’inexécution.
C’est la conséquence de la corrélation qui existe entre les deux obligations , l’art 507 dispose
que le vendeur n’est pas tenu de délivrer la chose vendu , quand même il n’aurait pas
accordé un délai pour le paiement (vente au comptant).

Ce droit de rétention , le vendeur le conserve en vertu de l’article 507 du D.O.C.

1°) si depuis la vente l’acheteur est tombé en déconfiture (le droit de rétention ouvert
pour le vendeur à terme) .

2°) s’il était déjà en faillite au moment de la vente, à l’insu du vendeur .

3°) s’il a diminué les sûretés qu’il avait donné pour le paiement, de manière que le
vendeur se trouve en danger de perdre le prix.

Par ailleurs le droit de rétention subsiste dans les vente en bloc le vendeur peut retenir
la totalité des choses vendues jusqu’à paiement de la totalité de prix (art 505 D.O.C).

2°- Le droit de revendication :

L’article 582 du D.O.C confère au vendeur impayé de revendiquer la chose mobilière


vendu qui se trouve entre les mains de l’acheteur , pour se faire il faut respecter que l’action
en revendication soit intentée dans les quinze jours à partir de la remise de la chose à
l’acheteur.

La revendication à lieu même si la chose vendue a été incorporée à une chose


immobilière et à l’encontre de tous les ayants droit à l’immeuble.

Effet de revendication :

La revendication remet le vendeur dans la position où il se trouvait avant d’avoir livré


la chose . Il recouvre le droit de rétention et peut refuser de se dessaisir jusqu’au versement
du prix .

Mais si la vente n’est pas résolue, le vendeur peut donc, s’il le veut contraindre
l’acheteur , par toutes les voies de droit, à prendre livraison , moyennant paiement . Mais
bien entendue , s’il préfère, le vendeur peut demander la résolution du contrat (art 581 du
D.O.C).

b- L’action en résolution :

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la résolution de la vente fait recouvrer au vendeur rétroactivement la propriété de la
chose vendue et cela lui permet d’échapper au concours des autres créanciers de l’acheteur,
puisque la chose vendue est censée n’être jamais entrée dans le patrimoine de l’acheteur.

Trois résolutions de la vente :

Ø Elle est facultative.

Ø Elle est judiciaire.

Ø Elle peut être conventionnelle.

1- La résolution de la vente est facultative :

Le caractère facultatif de la résolution de la vente par le vendeur impayé signifie que


ce dernier peut toujours maintenir le contrat en accordant à l’acheteur un délai de grâce.
Cette faculté peut également être exercée par le juge.

2- La résolution judiciaire de la vente :

La résolution de la vente pour défaut de paiement du prix ne se produit pas de plein


droit par la seule stipulation d’un délai. Le vendeur doit le faire prononcer par le tribunal,
c’est une résolution judiciaire en vertu de l’application des dispositions de l’art 259 du D.O.C
la résolution du contrat n’a pas lieu de plein droit, mais doit être prononcée en justice.

Le non paiement du prix par l’acheteur n’est pas une cause de résolution de plein droit
du contrat qu’au cas de stipulation expresse au dit contrat ou de coutumes du lieu.

Dans notre droit la résolution est donc judiciaire mais les parties peuvent convenir que
le défaut de paiement de prix à l’époque convenue entraînera la résolution de la vente sans
intervention du tribunal.

Les effets de l’action en résolution pour défaut de paiement du prix sont en principe
ceux du droit commun. La chose doit être restituée au vendeur qui la reprend libre des
droits réels que l’acheteur aurait pu , dans l’intervalle, consentir à des tiers.

Le vendeur en revanche restitue, les acomptes versés sur les prix. Si la chose est
frugifère, il pourra réclamer la restitution des fruits, mais devra en retour, les acomptes par
lui touchés.

L’acheteur sera tenu de réparer le préjudice résultant des dégradations qu’il aurait fait
subir à la chose. En somme la résolution offre au vendeur la possibilité de réclamer à

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l’acheteur des dommages intérêts pour la réparation du préjudice que cette résolution lui
cause.

3- Les résolution de la vente peut être conventionnelle :

L’article 581 de D.O.C décide que « s’il est stipulé, d’après le contrat ou la coutume du
lieu que la vente serait résolue faute du paiement du prix, le contrat est résolu de plein droit
par le seul fait du non paiement dans le délai convenu ».

Il et en effet d’usage en ce qui concerne les ventes de certaines marchandises,


autrement dit de procéder à ce qu’on appelle une revente compensatoire.

Cela implique que le vendeur, puisqu’il revend, a recouvré d’abord la propriété des
marchandises, par la résolution de la vente.

La résolution sans intervention du tribunal nécessite en toute hypothèse une


sommation de payer faite par le vendeur selon l’article 254 du D.O.C « le débiteur est en
demeure, lorsqu’il est en retard d’exécuter son obligation, ou en partie, sans cause valable ».

II- L’obligation de prendre livraison de la chose : l’obligation de retirement) :

Il a été dit précédemment que l’obligation de délivrance qui pèse sur le vendeur
consiste seulement , sauf convention contraire, dans l’obligation de mettre la chose vendue
à la disposition de l’acheteur.

Par conséquent, l’acheteur, lorsque la chose vendue est ainsi mise à sa disposition, il se
trouve tenu de l’enlever lorsqu’il s’agit de vente mobilière, cela est toujours le cas de la
marchandise .

A- Contenu de l’obligation de retirement :

a- analyse de l’obligation de retirement :

l’obligation de retirement qui pèse sur l’acheteur ne n’exécute point un transfert de


propriété , l’acheteur acquiert en général la propriété dès l’échange des consentement, mais
il n’en reste pas moins tenu de prendre livraison.

L’obligation de retirement ne s’exécute pas non plus par le transfert de possession la


possession, elle aussi passe en général à l’acheteur par le seul échange de consentements,
car en principe, dès l’échange des consentements, l’acheteur possède par l’intermédiaire du
vendeur, bien qu’il n’ait pas encore la chose neutre les mains. L’acheteur devenue
possesseur n’a pas pour cela exécuté sont obligation de retirement.

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En effet l’obligation de retirement opère un transfert , non pas de la propriété ni de la
possession , mais de la détention de la chose vendue .

b- Le lieu du retirement :

Selon l’art 580 du D.O.C l’acheteur est tenu de prendre livraison de la chose vendu
dans le lieu et la date fixé par le contrat.

Puisque le retirement est corrélatif à la délivrance, l’acheteur est tenu d’effectuer


celui-ci au lieu où le vendeur est tenu d’effectuer la délivrance. A cet égard on sait que sauf
convention contraire, la délivrance doit s’effectuer au lieu où se trouve la chose au moment
de la vente. C’est donc là que l’acheteur doit procéder au retirement .

Toutes les conventions qui modifient le lieu de la délivrance, modifient par la même le
lieu de retirement qui ne peut être que celui de la délivrance .

a- Frais et moyens de retirement :

Le retirement étant à la charge de l’acheteur , c’est lui qui doit supporter les fais, il
supporte donc les frais de douanes lorsque la livraison s’effectue avant le passage en douane
.

D’autre part , l’acheteur sauf convention , ou usage contraire doit fournir le matériel
nécessaire au retirement (personnel + matériel).

d- Epoque de retirement :

En principe le retirement doit s’effectuer au moment où s’exécute la délivrance, celle-


ci devant s’accomplir , sauf convention contraire, dès la conclusion de la vente .

Selon l’art 580 DOC à défaut de convention ou d’usage , il est tenu de la retirer
immédiatement , sauf le délai normalement nécessaire pour opérer le retirement.

Si le contrat de vente n’a fixé aucun délai pour l’enlèvement de la marchandise, il


appartient au vendeur de mettre l’acheteur en demeure de prendre livraison.

Cette mise en demeure adressée à l’acheteur produit deux effets :

Ø Un effet pratique : à partir de l’échéance de la mise en demeure, le vendeur peut


faire enlever la chose et la déposer au frais de l’acquéreur .

Ø Un effet d’avertissement – cela indique au débiteur défaillent (l’acheteur) que le


créancier (le vendeur) se prépare à agir le justice.

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B- Sanction de l’obligation de retirement :

Qu’arrive t-il lorsque l’acheteur n’exécute pas l’obligation de retirement .

Le vendeur a le choix entre deux solutions : ou bien l’exécution du contrat, ou bien sa


résolution.

Si le vendeur opte pour l’exécution, le tribunal peut à sa demande, soit ordonner à


l’acheteur de procéder et cela au besoin sous astreinte, soit autoriser le vendeur à faire
enlever la chose vendue et à la déposer chez un tiers, le tout aux fais de l’acheteur.

Mais en général , lorsque le vendeurs se trouve en face d’un acheteur qui refuse de
procéder au retirement , il préfère la résolution du contrat, il peut alors s’adresser au
tribunal dans ce sens mais il est moins sûr , puisque le tribunal est toujours libre de refuser
de la prononcer.

Aussi et afin que la résolution puisse jouer de plein droit, il faudra stipuler un délai
pour le retirement dans le contrat dès lors à l’expiration du délai de retirement et avec la
résolution de la vente, le vendeur devient alors rétroactivement propriétaire de la chose
vendue et peut aussitôt procéder à sa revente évitant ainsi les risques d’une baisse des cours
ou les risques de détérioration de la chose en question.

Chapitre quatrième

La réglementation de quelques espèces particulières de vente

Le D.O.C étudie quelques variétés particulières de vente , la vente à réméré (ou avec
faculté de rachat, article 585 à 600 ). La vente sous condition suspensive en faveur de l’une
des parties (vente à option , 601 à 612) , et la vente à livrer avec avance de prix (selon ) , (art
613 à 618).

Section I : La vente a réméré :

Le rémérée provient du latin redimere : racheter. La vente avec rachat ou vente à


réméré dit l’art 585 est celle par laquelle, l’acheteur s’oblige , après la vente parfaite, à
restituer la chose au vendeur contre remboursement du prix. La vente à réméré peut
toujours avoir pour objet des choses mobilières ou des choses immobilières .

Il s’agit là d’une vente sous condition résolutoire. Elle est d’un emploi fréquent, elle
permet au propriétaire d’obtenir du crédit en faisant argent de son bien mobilier ou

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immobilier , mais en conservant l’espoir de la reprendre une fois passée la crise qui l’à
contraint à vendre.

Elle permet de tourner les règles relatives au monopole du recours au crédit bancaire.
Elle présente donc des dangers : aussi la loi-a-t-elle imposé certains conditions à son
exercice.

I- Condition de validité :

1°) La faculté de réméré doit avoir été stipulée dans l’acte même de la vente pour que
les tiers en soit avertis. Si la vente à réméré porte sur un immeuble immatriculé , la faculté
de rachat doit en outre être publiée tout comme le contrat de vente lui-même sur les livres
fonciers.

2°) la faculté de réméré ne peut être stipulée pour un terme excédent trois ans (art
568 du D.O.C)

Il s’agit là d’un délai de rigueur, qui n’est susceptible de suspension. Toute fois si la
faculté de rachat a été stipulée po…

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