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DROIT CIVIL/L 3 – TRAVAUX DIRIGÉS

LES CONTRATS SPÉCIAUX

Cours de Rémi Dalmau

Maître de conférences
A l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne

IDAI – Le Caire
Octobre 2016
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Sommaire

Indications bibliographiques............................................................................................................... 4
Séance n° 1 : Introduction au droit des contrats spéciaux .................................................................... 5
Séance n° 2 :......................................................................................................................................15
La vente (I) – Les sources et la formation de la vente ..........................................................................15
Les contrats préparatoires à la vente (promesses de vente et pacte de préférence) ............................15
Séance n° 3 : La vente (II) – Les conditions de la vente ........................................................................20
La chose et le prix..............................................................................................................................20
Séance n° 4 :......................................................................................................................................27
La vente (III) – Les effets de la vente ..................................................................................................27
Séance n° 5 :......................................................................................................................................34
Le bail ...............................................................................................................................................34
Séance n° 6 :......................................................................................................................................39
Le prêt ..............................................................................................................................................39
Séances nos 7 et 8 :.............................................................................................................................47
Le contrat d’entreprise ......................................................................................................................47
Séance n° 9 :......................................................................................................................................55
Le mandat .........................................................................................................................................55
Séance n° 10 :....................................................................................................................................64
Le dépôt............................................................................................................................................64
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Indications bibliographiques

Les principaux ouvrages consacrés aux contrats spéciaux sont les suivants :

 ANTONMATTEI (P.-H.) et RAYNARD (J.) : « Droit civil – Contrats spéciaux », 8e éd., LexisNexis, 2015

 BÉNABENT (A.) : « Droit civil – Les contrats spéciaux civils et commerciaux », 11e éd., Montchrestien,
2015

 COLLART DUTILLEUL (F.) et DELEBECQUE (Ph.) : « Contrats civils et commerciaux », 10e éd., Dalloz, 2015

 HUET (J), DECOCQ (G.), GRIMALDI (C.) et MOREL-MAROGER (J.) : « Traité de droit civil – Les principaux
contrats spéciaux », 3e éd., LGDJ, 2012

 LECLERC (F.) : « Le droit des contrats spéciaux », coll. Manuel, 2e éd., LGDJ, 2012

 MALAURIE (Ph.), AYNÈS (L.) et G AUTIER (P.-Y.) : « Les contrats spéciaux », 7e éd., Defrénois, 2014

 MANGUY(D.) : « Contrats spéciaux », coll. Cours, 9è éd. Dalloz, 2014

 PUIG (P) : « Contrats spéciaux », coll. HyperCours, 6e éd., Dalloz, 2015


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Séance n° 1 : Introduction au droit des contrats spéciaux

I) La qualification

Exercice :

Appliquer les questions suivantes aux arrêts ci-dessous :


Quelles méthodes pour qualifier ?
Quels sont les intérêts en jeu ?
Quel est le rôle du juge ?

Arrêts :

- Doc 1 : Com 10 mars 2004, n° 02-14.761, B. IV n°46 p. 47

- Doc. 2 : Civ 1, 3 juillet 2001, n°99-12.859

- Doc 3 : Com 1er avril 2003, n°01-03.109, B. IV n°52 p. 63

- Doc. 4 : Com 4 juillet 1989, n°88-14.371, B. IV n° 210 p. 141

II) La spécialisation

Exercice :

Après avoir établi la liste des contrats nommés du Code civil, rechercher le lien entre le
droit applicable à ces contrats spéciaux et la théorie générale du contrat.

Lectures :

PLANIOL (M) : « Classification synthétique des contrats », Rev. crit. législ. et jurisp. 1904, p. 470 et s.
(extraits)

BÉNABENT (A) : « Les difficultés de la codification : les contrats spéciaux », in « Le Code civil 1804-
2004, Livre du Bicentenaire », Dalloz-Litec 2004, p. 245
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Document 1 :

Com 10 mars 2004, n°02-14.761

Sur le moyen unique :

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Toulouse, 22 février 2002), que la société Alcatel space industries (société
Alcatel) a confié à la société Rives Dicostanzo (société Rives) l'acheminement de matériels ; qu'au cours du
déchargement, une caisse contenant un bras d'analyse de champs pour antenne est tombé au sol et que ce
matériel a été endommagé ; que la société Generali France assurances (société Generali) qui est subrogée
dans les droits de la société Alcatel, son assurée pour l'avoir indemnisée partiellement de son préjudice et
cette société pour le préjudice restant à sa charge, ont assigné la société Rives en réparation du dommage ;
que celle-ci a invoqué la limitation légale d'indemnité prévue par l'article 14 du contrat type messagerie issu
du décret du 4 mai 1988, alors en vigueur ;

Attendu que les sociétés Generali et Alcatel font grief à l'arrêt de n'avoir accueilli que partiellement leurs
demandes, alors, selon le moyen, "que le contrat de déménagement est un contrat d'entreprise qui se
différencie du contrat de transport en ce que son objet n'est pas limité au déplacement de la marchandise ;
qu'en décidant en l'espèce que le contrat litigieux était un contrat de transport tout en relevant que les
prestations de la société Rives comprenaient la manutention de la marchandise déplacée, la cour d'appel n'a
pas tiré les conséquences légales qui s'évinçaient de ses propres constatations au regard des articles 1787
du Code civil et L. 133-1 et suivants du Code de commerce, qu'elle a ainsi violés ;

Mais attendu qu'après avoir constaté que la lettre de voiture du 13 janvier 1999 prévoyait que les prestations
de la société Rives consistaient à prendre un certain nombre de caisses, palettes et frames dans des locaux
de la société Alcatel à Toulouse pour les livrer dans d'autres locaux de la même société également à Toulouse
et relevé que cette société s'était chargée de l'emballage, la cour d'appel a retenu, à bon droit, que les
opérations de manutention pour le chargement et le déchargement des colis étaient l'accessoire du transport
proprement dit et que le contrat litigieux était un contrat de transport ; que le moyen n'est pas fondé ;

Par ces motifs : rejette le pourvoi ; (...)

Document 3

Civ 1, 3 juillet 2001, n°99-12.859

Sur le pourvoi formé par M. Claude X..., demeurant ...,

en cassation d'un arrêt rendu le 13 janvier 1999 par la cour d'appel de Rouen (1re chambre civile), au profit

1 / de M. Daniel Y..., demeurant ...,

2 / de la compagnie Generali France assurances, venant aux droits de La Concorde, société anonyme, dont le
siège est ...,

défendeurs à la cassation ;

Le demandeur invoque, à l'appui de son pourvoi, le moyen unique de cassation annexé au présent arrêt ;

Sur le moyen unique, pris en ses deux branches :

Vu les articles 1915, 1927 et 1928 du Code civil ;


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Attendu que M. X... a confié son cheval "Classic Crown" à M. Y... ; qu'aux termes du contrat, celui-ci avait
l'obligation d'entraîner l'animal, de l'héberger et de lui donner des soins ; qu'en contrepartie, il percevait une
rémunération mensuelle de 3 000 francs à laquelle s'ajoutaient le remboursement des frais de vétérinaire et
un pourcentage sur les courses gagnées ; qu'ayant quitté l'écurie le 12 juillet 1993 vers 18 heures 30, alors
que le cheval était en parfait état, M. Y... l'a retrouvé le lendemain matin, dans un état comateux ; que le
vétérinaire, qui a dû euthanasier le cheval, a conclu, après autopsie, que celui-ci avait présenté des troubles
neurologiques en relation avec une hémorragie intra-crânienne d'origine traumatique sans pouvoir préciser
si la fracture était primitive dans ce phénomène ;

Attendu que, pour débouter M. X... de sa demande en paiement de dommages-intérêts dirigée contre M. Y...
et son assureur, la société Generali France assurances, l'arrêt attaqué énonce que le contrat litigieux, qui
faisait peser sur M. Y..., entraîneur, l'obligation essentielle de développer les performances de l'animal et
seulement, d'une façon accessoire, de l'héberger, constituait un contrat d'entreprise ne comportant qu'une
obligation de moyen quant à la sécurité de l'animal, même en dehors de l'entraînement, et que le
propriétaire ne rapportait pas la preuve d'une faute commise par M. Y... à l'origine de la mort de l'animal ;

Attendu qu'en statuant ainsi, après avoir relevé que M. Y... assurait à la fois une mission d'entraînement et
une mission de soins et d'hébergement de l'animal, en sorte que le contrat s'analysait pour partie en un
contrat d'entreprise et pour partie en un contrat de dépôt salarié, la cour d'appel, qui a encore relevé que
l'animal s'était blessé non pendant l'entraînement, mais dans son box, c'est-à-dire dans le cadre de
l'obligation d'hébergement et de soins qui pesait sur M. Y... en sa qualité de dépositaire salarié de l'animal,
a violé les textes susvisés en mettant à la charge du déposant la preuve d'une faute du dépositaire, alors que
celui-ci ne pouvait s'exonérer qu'en démontrant que le dommage n'était pas imputable à sa faute ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 13 janvier 1999, entre les parties, par la cour
d'appel de Rouen ;

Document 3 :

Com 1er avril 2003, n°01-03.109

Sur le moyen relevé d'office après avertissement donné aux parties :


Vu l'article 1779 du Code civil ;
Attendu, selon l'arrêt déféré, que M. X... avait confié le déménagement de son mobilier à la société Garnier
Déménagement (société Garnier) qui a effectué la livraison entre le 29 novembre 1991 et le 4 septembre
1992 ; que se plaignant de pertes et d'avaries, M. X... a assigné le 2 décembre 1993, la société Garnier en
réparation de son préjudice ;
Attendu que pour déclarer irrecevable la demande, l'arrêt retient que la lettre de la société Garnier du 24
février 1993 n'est pas interruptive de la prescription annale de l'article 108 du Code de commerce ;
Attendu qu'en statuant ainsi alors que le contrat de déménagement étant un contrat d'entreprise, lequel se
différencie du contrat de transport en ce que son objet n'est pas limité au déplacement d'un mobilier, les
règles spéciales concernant la livraison et la prescription dans le contrat de transport tirées des articles L.
133-3 à L. 133-6 du Code de commerce ne trouvent pas à s'appliquer, la cour d'appel a violé le texte susvisé
PAR CES MOTIFS :
CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 10 novembre 1999, entre les parties, par la
cour d'appel d'Aix-en-Provence ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se
trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Montpellier ;
Condamne la société Garnier déménagements et la compagnie La Suisse aux dépens ;
Vu l'article 700 du nouveau Code de procédure civile, rejette leur demande ;
Dit que sur les diligences du procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour
être transcrit en marge ou à la suite de l'arrêt cassé ;
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Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Chambre commerciale, financière et économique, et prononcé par
le président en son audience publique du premier avril deux mille trois.

Document 4 :

Com 4 juillet 1989, n°88-14.371

Sur le moyen unique, pris en ses deux branches :


Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 26 février 1988), que la société Fould Springer a commandé à la société
Speichim une installation de distillation dont une partie des équipements a été réalisée par la société Rateau
Alsthom atlantique (société Rateau) ; que, le fonctionnement de l'installation ayant été interrompu à la suite
d'incidents, la société Fould Springer et son assureur, la société Commercial Union Insurance, ont, en faisant
valoir l'existence de vices cachés et le défaut de conformité à la commande de la chose livrée, assigné la
société Speichim, prise en sa qualité de fabricant, en réparation du préjudice né de cette interruption ; que
celle-ci a assigné en garantie la société Rateau ;
Attendu que la société Fould Springer et son assureur font grief à l'arrêt de les avoir déboutés de leur
demande aux motifs que les conventions successivement conclues entre la société Fould Springer et la
société Speichim, puis entre cette dernière et la société Rateau, constituaient non pas des ventes mais des
contrats d'entreprise et qu'il y avait lieu de faire application de la clause limitative de responsabilité figurant
dans les premiers, alors, selon le pourvoi, d'une part, que lorsque l'ouvrage porte sur une chose pour laquelle
le client ne fournit pas la matière, les juges, pour déterminer s'il s'agit d'un contrat de vente ou d'entreprise,
doivent rechercher quelle est, dans la convention l'importance respective du travail et des fournitures si bien
qu'en se bornant à relever que la société cliente avait précisé les caractéristiques techniques et de
fonctionnement du matériel à livrer, sans rechercher dans les conventions litigieuses si la main-d'oeuvre
l'emportait sur la matière, la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision au regard des articles
1147, 1582, 1641 et suivants, 1781 et suivants du Code civil, et alors, d'autre part, que constitue une vente
la convention qui ne prévoit pas le montage par le fournisseur des matériels à livrer ; que les articles 5-6 et 9
de la commande passée par la société Fould Springer faisant ressortir que le montage des divers éléments
constituant l'installation à livrer était effectué par cette dernière, et non par le fournisseur, la cour d'appel,
en décidant cependant que cette convention constituait un contrat d'entreprise, a violé les articles 1134,
1582 et 1787 du Code civil ;
Mais attendu, en premier lieu, qu'il ne résulte ni de leurs conclusions ni de l'arrêt que la société Fould Springer
et son assureur aient, en réponse aux écritures de leurs adversaires qui demandaient aux juges d'appel de
qualifier les conventions litigieuses de contrats d'entreprise, fait valoir l'argumentation développée dans la
seconde branche du moyen ;
Attendu, en second lieu, que l'arrêt relève que la commande de la société Fould Springer a été faite sur la
base des caractéristiques et descriptions techniques convenues à l'avance entre les parties et que
l'installation devait être conforme à une spécification technique jointe à la commande, que la société Fould
Springer avait défini les conditions de fonctionnement de l'installation et les objectifs à atteindre et qu'elle
se réservait, pendant l'exécution des travaux en atelier, le droit de faire procéder à des contrôles divers sur
ceux-ci ; que l'arrêt constate encore que le contrat passé entre la société Speichim et la société Rateau
contenait des énonciations du même ordre sur les caractéristiques de construction, de fonctionnement, de
puissance et de débit des équipements que cette dernière devait réaliser ; qu'ayant retenu de ces
constatations et énonciations que les contrats successivement conclus portaient non sur des choses dont les
caractéristiques étaient déterminées d'avance par le fabricant mais sur un travail spécifique pour les besoins
particuliers exprimés par la société Fould Springer, la cour d'appel a pu en déduire qu'ils étaient constitutifs
non pas de ventes mais de contrats d'entreprise ;
D'où il suit que, pour partie irrecevable comme étant nouveau et mélangé de fait et de droit, le moyen n'est
pas fondé pour le surplus ;
PAR CES MOTIFS :
REJETTE le pourvoi
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Séance n° 2 :

La vente (I)
Les contrats préparatoires à la vente (promesses de vente et pacte de préférence)

1/ La promesse unilatérale de vente

 Durée de la promesse :
o Cass. 3e civ., 17 juillet 1997, n° 95-19222 (Doc. 1) : Bull. civ. III, no 173

 Rétractation de la promesse :
o La question de l’effet de la rétraction du promettant dans la promesse unilatérale de vente
ayant été traitée nous renvoyons à ces développements pour comparer avec la solution
issue de l’ordonnance de réforme du droit des obligations du 10 février 2016 (Doc. 2).

2/La promesse synallagmatique de vente


 Promesse valant vente :
o Cass. 3e civ., 20 décembre 1994, n° 92-20878 (Doc. 3) : Bull. civ. III, n° 229 ; JCP G
1995, II, n° 22491, note Ch. Larroumet; JCP N 1996, II, n° 501, note D. Mainguy; D.
1996, somm. p. 9, obs. O. Tournafond
 Promesse ne valant pas vente :
o Cass. 3e civ., 12 octobre 1994, n° 92-18759 (Doc. 4) : Def. 1995, p. 738, obs. D. Mazeaud
 Indemnité d’immobilisation et qualification de la promesse :
o Cass. com., 9 novembre 1971, n° 70-13996 (Doc. 5) : JCP G 1972, II, n° 16962.

3 /Le pacte de préférence


 Sanction de la violation du pacte
o Cass. ch. mixte, 26 mai 2006, n° 03-19376 (Doc. 6) : Bull. civ. n° 4 ; Bull. infor. Cour
cass. 1er août 2006, rapp. Bailly, concl. Sarcelet; D. 2006, jur. p. 1861, note P.-Y.
Gautier et note D. Mainguy et panor. p. 2644, obs. B. Fauvarque-Cosson ; JCP G 2006,
II, n° 10142, note L. Leveneur et I, n° 176, §1 s., obs. F. Labarthe ; JCP N 2006, p. 1256,
note B. Thullier et p. 1278, n° 2, obs. S. Piedelièvre ; JCP E 2006, p. 2378, note Ph.
Delebecque ; Gaz. Pal. 2006, jur. p. 2525, note Y. Dagorne-Labbe et p. 3203, note
Bérenger ; Def. 2006, p. 1206, obs. E. Savaux ; Contrats, conc. consom. 2006, no 153,
note L. Leveneur ; Rev. Lamy dr. civ. 2006/30, n° 2173, note H. Kenfack ; Les Petites
affiches 2006, n° 186, p. note H. Houbron et 2007, n° 9, p. 13, note A. Paulin ; Revue
des contrats 2006, p. 1080, obs. D. Mazeaud, et p. 1131, obs. Fr. Collart Dutilleul ;
RTD civ. 2006, p. 550, obs. J. Mestre et B. Fages ; Rev. soc. 2006, p. 808, note Barbièri ;
Bull. Joly Sociétés 2006, p. 1072, note H. Le Nabasque
o Cass. com. 2 février 2016, n° 14-20747 (Doc. 7) : RTD civ. 2016, p. 389, obs. P-Y
Gautier ; Bulletin Joly Sociétés, 2016, n° 6 p. 25, note V. Malassigné
 Art. 1223 de l’ordonnance du 10 février 2016 portant réforme du droit des obligations
(Doc. 8)

Exercice : Commentez le document 6 à l’aune du document 8


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Document 1

Cass. 3e civ., 17 juillet 1997, n°95-19.222


Sur l e moyen unique :

Vu l ’a rticle 1134 du Code ci vil ;

Attendu, s elon l ’arrêt attaqué (Paris, 23 ma i 1995), que les époux Y... s e sont engagés l e 4 décembre 1990 à vendre aux époux
X..., da ns un immeuble en copropriété, les lots 42, 39, 40, 41 et 50, ce dernier constitué par un couloir relevant des parties communes,
en cours d’acquisition par l es vendeurs à la copropriété ; que l a promesse a conféré aux époux X... l a faculté d ’acquérir jusqu’au 25
févri er 1991 a vec s tipulation que, s i à cette date l e notaire du bénéficiaire n’avait pas eu connaissance des ti tres de propriété et du
règl ement de copropriété, la durée de la promesse serait prolongée de plein droit pour expirer 10 jours à partir de la date où la
derni ère de ces pièces a urait été remise au notaire du bénéficiaire ; que, l e 30 s eptembre 1991, l es époux X... ont a ssigné l es époux
Y... pour fa ire déclarer nulle la promesse du 4 décembre 1990 ;

Attendu que pour constater la ca ducité de l a promesse de vente et ordonner la restitution de l ’indemnité d’immobilisation aux
époux X..., l ’a rrêt retient que la cl ause de prolongation de plein droit ne pouvait a voir pour effet de prolonger l a promesse au-delà
d’un délai ra isonnable ;

Qu’en s tatuant a insi, l a cour d’appel, qui n’a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations, a vi olé le texte
s us visé ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, da ns toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 23 ma i 1995, entre l es parties , par la cour d’appel de Paris ;
remet, en conséquence, l a ca use et les parties dans l ’état où elles s e trouvaient a vant l edit a rrêt et, pour être fa it droit, l es renvoie
deva nt la cour d’appel de Versailles.

Document 2

Art. 1124 de l’ordonnance du 10 février 2016 portant réforme du droit des


obligations
« La promesse unilatérale est l e contrat par l equel une partie, l e promettant, accorde à l 'autre, l e bénéficiaire, le droit d'opter pour
l a conclusion d'un contrat dont les éléments essentiels sont déterminés, et pour la formation duquel ne manque que le consentement
du bénéficiaire.
« La révoca tion de la promesse pendant le temps laissé au bénéficiaire pour opter n'empêche pas la formation du contrat promi s.
« Le contra t conclu en vi olation de la promesse unilatérale avec un ti ers qui en connaissait l'existence est nul

Document 3

Cass. 3e civ., 20 décembre 1994, n°92-20.878


Sur l e moyen unique :

Vu l ’a rticle 1589 du Code ci vil ;

Attendu que, pour rejeter la demande de M. Y... en réa lisation forcée de l a vente d’un immeuble que l ui avait consentie M. X...
pa r a cte sous seing privé du 20 ma i 1986, l ’arrêt a ttaqué (Chambéry, 6 novembre 1992), s tatuant sur renvoi après ca ssation, retient
que l e « compromis » s tipule que l’acquéreur s era propriétaire des biens vendus à compter seulement de l a réitération par acte
a uthentique, de s orte que l e vendeur n’est tenu, envers l ’acquéreur, que d’une obligation de fa ire pouvant s e résoudre en
domma ges-intérêts ;

Qu’en s tatuant ainsi, a près avoir constaté, par motifs a doptés, l ’accord des parties s ur l a chose et s ur le prix et sans relever
d’a utres ci rconstances de nature à démontrer que les parties a vaient fait de la réitération par acte notarié un élément constitutif de
l eur consentement, l a cour d’appel n’a pas donné de base l égale à sa décision ;

PAR CES MOTIFS :


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CASSE ET ANNULE, da ns toutes s es dispositions, l ’arrêt rendu l e 6 novembre 1992, entre les parties, par l a cour d’appel de
Cha mbéry ; remet, en conséquence, la ca use et l es parties dans l’état où elles se trouvaient a vant l edit a rrêt et, pour être fait droit,
l es renvoie devant la cour d’appel de Grenoble.

Document 4

Cass. 3e civ., 12 octobre 1994, n°92-20.878


Attendu, selon l’arrêt attaqué (Douai 17 jui n 1992), que le 17 juin 1983, l a commune du Touquet et la société civile immobilière
Sa ndy Beach (la SCI), représentées par s es cogérants, Mme Z... et la s ociété La Morinie, elle-même représentée par son président du
cons eil d’a dministration, M. Y..., ont s i gné une convention a ya nt pour objet l a cess ion de terra ins, pa r l a commune à l a SCI,
moyennant le versement d’une certaine s omme et la remise à titre de dation en paiement d’un local situé au rez -de-chaussée du
bâ ti ment à construire destiné à l’aménagement d’un musée ; que, par une lettre du 9 a vril 1984, l e maire du Touquet a indiqué qu’en
l ’a bsence de signature de l ’acte a uthentique à la date prévue, l a convention était ca duque ; que l a SCI a assigné la commune du
Touquet en réalisation forcée de la vente ; que s uivant un a cte authentique des 17 juillet et 3 octobre 1989, l a commune du Touquet
a vendu les biens à la s ociété auxiliaire de vente et de gestion ;

Attendu que la SCI, l a société Morinie et Mme Z... font gri ef à l ’arrêt de constater l a ca ducité de l a convention du 17 jui n 1983,
a l ors, selon l e moyen, « 1 / qu’en relevant d’office le moyen, qui n’avait pas été soulevé par l’appelante, tiré de l’analyse de la clause
mettant à la charge de l’acquéreur les frais d’acte en une condition subordonnant l’accord définitif des parties à la rédaction d’un acte
notarié, sans provoquer les observations préalables des parties, la cour d’appel a violé l’article 16 du nouveau Code de procédure civile
;
2 / que la vente est parfaite entre les parties dès qu’on est convenu de la chose et du prix ; que la rédaction d’un acte notarié, qui
constitue une obligation consécutive à l’accord de volonté, n’en affecte pas l’existence, sauf s’il résulte des stipulations de l’acte que
les parties ont entendu, à titre exceptionnel, subordonner le caractère parfait et définitif de la vente à la condition suspe nsive de la
signature de l’acte authentique ; qu’en déduisant l’existence d’une telle condition de la seule stipulation par laquelle les parties
indiquaient que, conformément à l’article 1593 du Code civil, « les frais d’acte concernant l’acquisition du terrain seront supportés
par la SCI acquéreur », la cour d’appel a violé ensemble les articles 1134 et 1583 du Code civil ;
3 / qu’en déduisant la caducité de la vente du fait que « l’acte authentique n’avait pas été établi dans le délai raisonnable dont les
parties avaient convenu », cependant que la convention ne stipulait aucun délai, la cour d’appel a dénaturé celle -ci par addition en
violation de l’article 1134 du Code civil ;
4 / qu’en énonçant que, dans une lettre datée du 9 avril 1984, le maire aurait « dans le but d’accélérer le processus » indiqué « que
faute de concrétisation de l’opération de construction, il se propose de mettre fin au projet », cependant que la commune du Touquet
elle-même avait énoncé dans ses écritures que « le maire du Touquet a notifié aux deux cogérants de la SCI Sandy Beach par une lettre
recommandée avec accusé de réception du 9 avril 1984 que la convention était caduque », la cour d’appel a méconnu les termes du
litige en violation de l’article 4 du nouveau Code de procédure civile » ;

Ma i s attendu qu’ayant relevé que l ’acte du 17 jui n 1983 prévoya it, s ous la rubrique « conditions », l ’entérinement de l a vente
pa r un nota ire et, recherchant l a commune i ntention des pa rti es, s ouverainement retenu que du ra pprochement des
corres pondances échangées postérieurement à cet acte, il résultait que dans l’esprit des deux parties il a vait été décidé du report de
l a vente et du tra nsfert de propriété à l a date de signature de l ’acte a uthentique et que l’acte de cession devait être régul arisé dans
l e meilleur délai, la cour d’appel, qui a pu en déduire que les parties avaient entendu faire de la signature de l’acte authentique la
condi tion même de l eur engagement et que cet acte n’ayant pas été établi dans le délai raisonnable convenu, la convention éta it
devenue ca duque, a, sans vi oler le principe de la contradiction, ni dénaturer l ’acte litigieux et abstraction faite du motif surabondant
rel a tif à la portée de l a lettre du 9 a vri l 1984, l également justifié sa décision ; (…)

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l es pourvois ;

Document 5

Cass. com., 9 novembre 1971, n°70-13.996


Sur l e moyen unique, pris en s es deux branches :
Attendu que, selon les énonciations de l’arrêt a ttaqué (Paris, 21 ja nvier 1970), Demoiselle x... a vait versé 20.000 Frs à Terchoune
qui l ui a vait, par a cte du 3 jui n 1967, cons enti la promesse de lui vendre son fonds de commerce ; que, cett e vente n’ayant pas été
réa lisée, Demoiselle x... a sollicité la restitution de la somme qu’elle a vait versée, en soutenant que la promesse intervenu e était
nul le, faute d’avoir été enregistrée dans le délai fixé par la l oi du 19 décembre 1963 ;
18

Attendu que Demoiselle x... reproche à la cour d’a ppel d’avoir refusé de faire a pplication du texte précité, a u motif que l’acte
du 3 jui n 1967 éta it un a cte synallagmatique, non s oumis à l ’obligation d’enregistrement, a lors que cet acte, dont les clause s et
condi tions ont été dénaturées par la cour d’appel, mentionnait expressément que l’acquéreur éventuel ne serait pleinement engagé
pa r l a promesse de vente que le jour de la signature de l’acte définitif qui devait intervenir, au plus tard, le 15 juillet 1 967 et alors
que l ’acte précisait, en outre, que la vente, si elle avait lieu, serait consentie au prix de 40.000 Frs et qu’ainsi toutes l es mentions
fa i saient clairement a pparaitre qu’on s e trouvait en présence d’une s imple promesse unilatérale de vente et non d’ une convention
s yna llagmatique valant vente ;

Ma i s a ttendu que l’acte du 3 juin 1967, qui est produit, et dont la cour d’appel a relevé qu’il contenait l es précisions exigées par
l a l oi pour les actes de cession de fonds de commerce, contenait également d es « engagements » à l a charge de chacune des parties
; que l a cour d’appel a constaté que le vendeur avait bien délivré la chose, dont l’acheteuse avait pris possession et que cette dernière,
i ns tallée dans l es l ieux dès octobre 1967, n’a va it a bandonné l a jouissance du fonds que fi n ma rs 1968 ; que l ’ensemble de ces
ci rconstances nécessitait une i nterprétation de l a vol onté des pa rties, à l aquelle l a cour d’appel a s ouverainement procédé e n
déci dant que la promesse de vente intervenue comportait un caractère synallagmatique ; que l e moyen ne peut donc être accueilli :

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi formé contre l’arrêt rendu le 21 ja nvier 1970, pa r la cour d’appel de paris.

Document 6

Cass. ch. mixte, 26 mai 2006, n°03-19.376


Sur l e moyen unique :

Attendu, s elon l ’arrêt a ttaqué (Pa peete, 13 févri er 2003), qu’un a cte de donation-partage dressé l e 18 décembre 1957 et
contenant un pacte de préférence a a ttribué à Mme Adèl e A... un bi en i mmobilier situé à Haapiti ; qu’une parcelle dépendant de ce
bi en a été tra nsmise, par donation-partage du 7 a oût 1985, ra ppelant le pacte de préférence, à M. Rui ni A..., qui l ’a ensuite vendue
l e 3 décembre 1985 à l a SCI Emeraude, par a cte de M. B..., notaire ; qu’invoquant une vi olation du pacte de préférence stipul é dans
l ’a cte du 18 décembre 1957, dont elle tenait ses droits en tant qu’attributaire, M me X... a demandé, en 1992, s a substitution dans les
droi ts de l ’acquéreur et, subsidiairement, le paiement de dommages-intérêts ;

Attendu que l es consorts X... font gri ef à l ’arrêt d’avoir rejeté la demande tendant à obtenir une substitution dans l es droits de
l a s ociété Emeraude alors, s elon le moyen :
1 / que l’obligation de faire ne se résout en dommages-intérêts que lorsque l’exécution en nature est impossible, pour des raisons
tenant à l’impossibilité de contraindre le débiteur de l’obligation à l’exécuter matériellement ; qu’en dehors d’une telle im possibilité,
la réparation doit s’entendre au premier chef comme une réparation en nature et que, le juge ayant le pouvoir de prendre une décision
valant vente entre les parties au litige, la cour d’appel a fait de l’article 1142 du code civil, qu’elle a ainsi violé, une fausse application
;

2 / qu’un pacte de préférence, dont les termes obligent le vendeur d’un immeuble à en proposer d’abord la vente au bénéficiaire
du pacte, s’analyse en l’octroi d’un droit de préemption, et donc en obligation de donner, dont la violation doit entraîner l ’inefficacité
de la vente conclue malgré ces termes avec le tiers, et en la substitution du bénéficiaire du pacte à l’acquéreur, dans les termes de la
vente ; que cette substitution constitue la seule exécution entière et adéquate du contrat, laquelle ne se heurte à aucune im possibilité
; qu’en la refusant, la cour d’appel a violé les articles 1134, 1138 et 1147 du code civil ;

3 / qu’en matière immobilière, les droits accordés sur un immeuble sont applicables aux tiers dès leur publication à la
conservation des hypothèques ; qu’en subordonnant le prononcé de la vente à l’existence d’une faute commise par l’acquéreur,
condition inutile dès lors que la cour d’appel a constaté que le pacte de préférence avait fait l’objet d’une publication régulière avant
la vente contestée, la cour d’appel a violé les articles 28, 30 et 37 du décret du 4 janvier 1955 ;

Ma i s a ttendu que, si le bénéficiaire d’un pacte de préférence est en droit d’exiger l ’annulation du contrat passé avec un tie rs en
méconnaissance de s es droits et d’obtenir sa s ubstitution à l’acquéreur, c’est à la condition que ce ti ers ai t eu connaissance, lorsqu’il
a contra cté, de l ’existence du pacte de préférence et de l ’intention du bénéficiaire de s’en prévaloir ; qu’ayant retenu qu’i l n’était
pa s démontré que la société Emeraude savait que Mme X... a va it l’intention de se prévaloir de son droit de préférence, la cour d’appel
a
exa ctement déduit de ce s eul motif, que la réalisation de la vente ne pouvait être ordonnée au profit de la bénéficiaire du pacte
;

D’où i l s uit que le moyen n’est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi ;
19

Document 7

Cass. com., 2 févr. 2016, n°14-20747,

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 6 ma i 2014), que l es s ociétés Entremont alliance et Sodiaal international ont créé une filiale
commune, l a société par a ctions simplifiée Nutribio, dont elles étaient chacune a ssociées à hauteur de 50 % du ca pital ; que les
s ta tuts de cette société stipulaient que si l’un des associés projetait de céder à un tiers sa participation dans le capital de la filiale,
l ’a utre associé aurait la faculté d’exercer son droit de préemption ; que la s ociété Entremont alliance ayant notifié à la société Sodiaal
i nternational l’offre faite par la Société industrielle laitière du Léon (la société Sill) d’acquérir la totalité de sa parti cipation dans le
ca pi tal de la s ociété Nutribio, la société Sodiaal international l’a informée de son intention d’exercer s on droit de préemption au prix
proposé par l a s ociété Sill ; que soutenant que l e droit de préemption n’avait pas été régulièrement exercé, la s ociété Sill a assigné
l es sociétés Sodiaal international, Entremont alliance et Nutribio aux fins de cession à son profit des actions de la société Nutribio
détenues par l a société Entremont alliance ; qu’elle a , à ti tre s ubsidiaire, formé contre l a société Sodiaal i nternational une demande
de dommages-intérêts pour exercice fautif par cette dernière de s on droit de préemption ;

Sur l e premier moyen :

Attendu que la s ociété Sill fait gri ef à l’arrêt de déclarer s a demande de cession des actions à son profit i rrecevable pour défaut de
qua lité à a gir (…)

Ma i s a ttendu que si l ’acquéreur évi ncé a intérêt à l ’annulation de la préemption prévue par l es s tatuts, il n’a pas qualité pour agir à
cette fi n ; qu’aya nt relevé que la s ociété Sill, ti ers à l a convention de préemption, n’a vait a ucun l ien de droit a vec l e bénéficiaire de
cel l e-ci, la cour d’appel en a exactement déduit que cette société n’avait pas qualité pour a gir en nullité de la décision de préemption
a i nsi qu’en cession des a ctions à s on profit ; que l e moyen n’est pas fondé ;

Et s ur l e s econd moyen :

Attendu que la s ociété Sill fait gri ef à l’arrêt de rejeter sa demande de dommages -intérêts (…)

Ma i s a ttendu que l ’arrêt constate que si l ’article 9.1 des statuts de la société Nutribio impose à l’associé non cédant de notifier dans
l es formes et délais prescrits s on i ntention d’exercer s on droit de préemption et de s e porter a cquéreur des a ctions à céder au prix
de tra nsaction, il ne comporte aucune autre obligation ni restriction quant aux modalités de paiement du prix ou à l a date du transfert
de propriété, lesquelles relèvent de la seule volonté des associés cédant et cessionnaire ; qu’ayant exactement retenu que le s statuts,
qui avaient seuls vocation à s’appliquer, n’imposaient pas au bénéficiaire du droit de préemption de se substituer à l’acquéreur évincé
da ns toutes l es modalités a ccessoires de s on offre, l a cour d’a ppel, qui a fa it a pplication de s tipulations cl aires et dépourvues
d’a mbiguïté, ne nécessitant donc a ucune interprétation, a statué à bon droit ; que l e moye n n’est pas fondé ;
Pa r ces motifs : rejette le pourvoi ; (…)

Document 8

Art. 1123 de l’ordonnance de réforme du droit des obligations et de la preuve du 10


février 2016

« Le pa cte de préférence est l e contrat par l equel une partie s'engage à proposer pri oritairement à s on bénéficiaire de tra iter avec
l ui pour l e cas où elle déciderait de contracter.
« Lors qu'un contrat est conclu a vec un ti ers en vi olation d'un pacte de préférence, l e bénéficiaire peut obtenir la réparatio n du
préjudice s ubi. Lors que l e ti ers connaissait l 'existence du pacte et l 'i ntention du bénéficiaire de s 'en prévaloir, ce dernier peut
éga lement agir en nullité ou demander a u juge de l e substituer au tiers dans le contrat conclu.
« Le ti ers peut demander par écrit a u bénéficiaire d e confirmer dans un délai qu'il fixe et qui doit être ra isonnable, l 'existence d'un
pa cte de préférence et s 'il entend s 'en prévaloir.
« L'écri t mentionne qu'à défaut de réponse dans ce délai, le bénéficiaire du pacte ne pourra plus solliciter sa substitut ion a u contrat
concl u avec le ti ers ou la nullité du contrat.
20

Séance n° 3 : La vente (II) – La formation de la vente

La chose et le prix

1/ La chose vendue
 une chose « dans le commerce » :
o Cass. 1re civ., 7 novembre 2000, n° 98-17731 (Doc. 1) : Bull. civ. I, n° 283, D. 2001, p.
2400, note Y. Auguet et somm. p. 3081, obs. J. Penneau ; D. 2002 , somm. p. 930, obs.
O. Tournafond ; JCP G 2001, II, n° 10452, note F. Vialla et I, n° 301, §16 et s., obs. J.
Rochfeld ; JCP E 2001, p. 419, note G. Loiseau ; Def. 2001, p. 431, note R. Libchaber ;
Contrats, conc., consom. 2001, comm. n° 18, note Leveneur et chron. n° 7, par
Chemtob ; Les Petites affiches 2001, n° 118, p. 24, note S. Koleck-Desautel ; RTD civ.
2001, p. 130, obs. J. Mestre et B. Fages et p. 197, obs. Th. Revet ; Rev. dr. sanit. soc.
2001, p. 317, note G. Mémenteau
o Com 25 juin 2013, n°12-17.037 (Doc. 2) : D. 2013 p. 1867, n. G. Beaussonie, CCE 2013,
p. 27, obs. G. Loiseau.

 l’identification de la chose :
o Cass. 3e civ., 17 juillet 1968, n° 65-14 570 (Doc. 3) : Bull. civ. III, n° 354

 la vente de la chose d’autrui :


o Cass. 3e civ., 9 mars 2005, n° 03-14916 (Doc. 4) : Bull. civ. III, no 63 ; Def. 2005, p.
1240, obs. R. Libchaber ; Contrats, conc., consom. 2005, comm. no 128, note L.
Leveneur ; Les Petites affiches 2006, n° 117, p. 18, note J.-G. Mahinga
o Cass. 3e civ., 8 décembre 1999, n° 98-12.922 (Doc. 5)

2/ Le prix
 un prix réel et sérieux :
o Com. 22 mars 2016, n° 14-14.218 (Doc. 6) : Bulletin Joly Sociétés, 2016, n° 7-8, p. 377.
o Cass. 1re civ., 4 juillet 1995, n° 93-16198 (Doc. 7) : Bull. civ. I, n° 303 ; D. 1997, jur. p.
206, note A.-M. Luciani

 un prix déterminé ou déterminable :


o Cass. com., 24 mars 1965, n° 64-10 044 (Doc 8) : Bull. civ III, n° 232

 la lésion :
o Cass. 3e civ., 29 mars 2000, n° 98-16741 (Doc 9) : Bull. civ. III, no 79; D. 2000, inf. rap.
p. 146 ; Gaz. Pal. 2000, 2, somm. p. 1821, obs. Guével ; Rev. dr. imm. 2000, p. 585,
obs. Groslière

 Le contrat cadre :
o Cass. ass. plén., 1er décembre 1995, n° 93-13688 (Doc. 10) : JCP G 1995, II, n° 22565,
concl. M. Joel, note J. Ghestin ; Les Petites affiches 1995, n° 155, p. 11, note D.
Bureau et N. Molfessis ; D. 1996, jur. p. 17, note L. Aynès
o Cass. com., 4 novembre 2014, n° 11-14026 (Doc. 11) : D. 2015 p. 183, n. J. Ghestin,
21

JCP 2014 n°1310, p. 2319, n. A. –S. Choné-Grimaldi

Exercice :
Commentez l’arrêt du 22 mars 2016, document n° 6.

Document 1

Cass. 1re civ., 7 novembre 2000, n°98-17.731


Sur l e moyen unique, pris en s es deux branches :

Attendu que M. Y..., chi rurgien, a mis son cabinet à la disposition de son confrère, M. X..., en créant avec lui une société civile de
moyens ; qu’ils ont ensuite conclu, le 15 mai 1991, une convention aux termes de laquelle M. Y... cédait la moitié de sa clientèle à M.
X... contre l e versement d’une i ndemnité de 500 000 fra ncs ; que l es parties ont, en outre, conclu une « convention de garantie
d’honoraires » pa r l aquelle M. Y... s ’engageait à assurer à M. X... un chi ffre d’affaires annuel mi nimum ; que M. X..., qui a vait versé
une partie du montant de l’indemnité, estimant que s on confrère n’avait pas respecté ses engagements vis -à-vis de sa clientèle, a
a s signé celui-ci en annulation de leur convention ; que M. Y... a demandé le paiement de la somme lui restant due sur le montant
conventionnellement fi xé ;

Attendu que M. Y... fa it grief à l’arrêt attaqué (Colmar, 2 a vril 1998) d’avoir prononcé la nullité du contra t litigieux, de l’avoir
conda mné à rembourser à M. X... l e montant des sommes déjà payées par celui-ci et de l’avoir débouté de sa demande en paiement
du s olde de l ’indemnité prévue par la convention, a lors, selon le moyen, d’une part, qu’en décidant que l e contrat était nul comme
porta nt a tteinte a u l ibre choix de s on médecin par l e malade, a près a voir relevé qu’il faisait obligation a ux pa rties de proposer aux
pa ti ents une « option restreinte au choix entre deux praticiens ou à l ’acceptation d’un chi rurgi en différent de celui auquel ledit
pa ti ent a vait été adressé par s on médecin tra itant », ce dont i l résultait que l e malade conservait s on entière liberté de s’adresser à
M. Y..., à M. X... ou à tout autre praticien, de sorte qu’il n’était pas porté atteinte à son libre choix, la cour d’appel n’a pas tiré les
cons équences l égales de ses propres constatations en vi olation des articles 1128 et 1134 du Code ci vil ; et a lors, d’autre pa rt, qu’en
s ’a bstenant de rechercher comme elle y éta it invitée, si l’objet d u contrat était en partie licite, comme faisant obligation à M. Y... de
prés enter M. X... à s a clientèle et de mettre à la disposition de celui-ci du matériel médical, du matériel de bureautique et du matériel
de communication, de sorte que l’obligation de M. X... a u paiement de l’indemnité prévue par le contrat était pour partie pourvu
d’une cause, l a cour d’appel a privé sa décision de base légale a u regard des articles 1128, 1131 et 1134 du Code ci vil ;

Ma i s attendu que si la cession de la clientèle méd icale, à l’occasion de la constitution ou de la cession d’un fonds libéral d’exercice
de l a profession, n’est pas illicite, c’est à la condition que s oit sauvegardée la l iberté de choix du patient ; qu’à cet éga rd, la cour
d’a ppel aya nt souverainement retenu, en l’espèce, cette liberté de choix n’était pas respectée, a légalement justifié sa décision ; d’où
i l s uit que l e moyen, mal fondé en sa première branche, est i nopérant en sa seconde ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi

Document 2

Com 25 juin 2013, n°12-17.037

Sur l e troisième moyen :

Vu l 'a rticle 1128 du code civil, ensemble l 'article 22 de la l oi n° 78-17 du 6 ja nvier 1978 ;

Attendu, selon l'arrêt attaqué, que M. X... a fait assigner la société Bout-Chard en nullité de la vente d'un fichier de clients informatisé
;

Attendu que pour rejeter cette demande, l'arrêt, a près a voir constaté que l e fichier de clientèle tenu par l a s ociété Bout -Chard qui
a ura it dû être déclaré à l a Commission nationale i nformatique et libertés (la CNIL) ne l 'avait pas été, retient que la l oi n'a pas prévu
que l 'absence d'une telle déclaration s oit sanctionnée par la nullité ;
22

Attendu qu'en s tatuant ainsi, alors que tout fichier i nformatisé contenant des données à ca ractère personnel doit faire l'objet d'une
décl aration a uprès de la CNIL et que la vente par l a société Bout-Chard d'un tel fi chier qui, n'ayant pas été déclaré, n'était pas dans
l e commerce, a vait un objet illicite, la cour d'appel a vi olé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS, et s ans qu'il y a i t lieu de s tatuer sur les autres griefs :

CASSE ET ANNULE en toutes s es dispositions, l'arrêt rendu le 17 ja nvier 2012, entre les parties, par la cour d'appel de Renne s ; remet,
en cons équence, la ca use et les parties dans l 'état où elles se trouvaient a vant ledit a rrêt et, pour être fait droit, l es renvoie devant
l a cour d'appel de Rennes, a utrement composée ;

Document 3

Cass. 3e civ., 17 juillet 1968, n°65-14.570


Sur l e moyen unique :
Attendu que s elon l es énonciations de l ’arrêt a ttaqué, l e président directeur général de l a société a rtistique du Ca p Bénat, a, le
13 ja nvi er 1949, vendu à La peyre, pour l e prix de 10000 a nciens fra ncs, un terrain d’une contenance d’un hectare à prendre en
bordure de mer dans un pl us grand domaine a ppartenant à l a s ociété ; que, si x mois plus ta rd, l es parties convinrent que le terrain
s erait prélevé dans les bois du même domaine mais aurait une superficie d’un hectare et demi ; qu’en 1964, La peyre, qui n’ava it pu
obtenir la délivrance de la parcelle vendue, ayant demandé au tri bunal de désigner un expert-géomètre pour déterminer le lot, la
s oci été a s outenu que la vente était nulle ;

Attendu qu’il est reproche à la cour d’appel d’avoir rejeté ce moyen au motif qu’une vente était i ntervenue entre les parties du
s eul fait qu’elles a vaient été d’a ccord l ’une pour vendre, l ’autre pour a cquérir une certaine s uperficie de terrain à déterminer,
d’a ccord entre elles, dans un domaine sis en bord de mer, puis dans un bois, alors que la vente exige l’accord des parties su r une
chos e déterminée et que l eur consentement s ur l a s uperficie de l a pa rcelle de terra in cédée ne pouvait va loir vente tant que
l ’emplacement de cette parcelle n’avait pas été fixe d’accord entre elles, l e concours des volontés n’étant jusqu’alors nulle ment
certa i n sur un point essentiel du contrat, l es parties ne s’étant au surplus nullement engagées de s’en remettre à la décision d’un
ti ers quant à l a détermination de l a parcelle cédée, ce qui a urait s upprimé toute possibilité de désaccord s ur l ’identificati on future
du bi en vendu ;

Ma i s a ttendu que la cour d’appel constate que l’objet de la vente était un hectare et demi de terrain à prendre par Lapeyre dans
l es bois du domaine dont l a société artistique du ca p Bénat est l a propriétaire ; que cet a ccord créant à l a charge de la société
venderesse l’obligation de délivrer à Lapeyre une superficie déterminée de terrain dans un domaine déterminé, c’est à bon droit que
l a cour d’appel a considéré que l’objet de la vente était lui-même déterminé ; qu’elle a souverainement estimé que l’exécution en
na ture de l’obligation de la s ociété était possible ; que le moyen n’est pas fondé

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi

Document 4

Cass. 3e civ., 9 mars 2005, n°03-14.916


Sur l e premier moyen :

Vu l ’a rticle 1599 du Code ci vil ;

Attendu que la vente de la chose d’autrui est nulle ;


Attendu, selon l’arrêt attaqué (Paris, 11 mars 2003), que Mme X..., a utorisée par le juge des tutelles, a vendu à M. Y... un immeuble
provenant de la succession de son fils prédécédé, Gaston X..., dont elle a été reconnue seule héritière par a cte de notoriété ; qu’à la
s ui te du décès de Mme X..., M. Pa tri ck X..., fi ls de Gaston X..., a engagé une a ction en pétition d’hérédité et demandé l’annulation de
l a vente consentie à M. Y... ;

Attendu que pour déclarer M. X... recevable en son action, l’arrêt retient que si l’action en nullité de la chose d’autrui n’appartient
qu’à l ’acquéreur, ceci va ut pour écarter l ’action du vendeur mais non celle du véritable propriétaire ;

Qu’en s tatuant ainsi, alors que l’action en nullité de la vente de la chose d’autrui ne peut être demandée que par l ’acquéreur et
non pa r le véritable propriétaire qui ne dispose que d’une a ction en revendication, la cour d’appel a vi olé le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS, et s ans qu’il y a it lieu de statuer s ur l e second moyen :


23

CASSE ET ANNULE, da ns toutes ses dispositions, l’arrêt rendu l e 11 mars 2003, entre les parties, par la cour d’appel de Paris ;
remet, en conséquence, l a ca use et les parties dans l ’état où elles s e trouvaient a vant l edit a rrêt et, pour être fa it droit, l es renvoie
deva nt la cour d’appel de Versailles ;

Document 5
Cass. 3e civ., 8 décembre 1999,n° 98-12.922

Vu l 'a rticle 1599 du Code civil ;

Attendu que la vente de la chose d'autrui est nulle ; qu'elle ne peut donner lieu à des dommages -intérêts lorsque l'acheteur a ignoré
que l a chose fût à a utrui ;

Attendu, s elon l 'arrêt attaqué (Basse-Terre, 24 novembre 1997), que l es consorts Y... qui i nvoquaient à l eur profit un acte de vente
publié à la Conservation des hypothèques le 21 s eptembre 1940 concernant une parcelle de 1 hectare, 26 a res, 39 centiares qui avait
été détachée de l 'habitation " La Perle ", et prétendaient que l eur terrain a vait été englobé dans l a parcelle AE 27 de 4 hecta res 55
centi ares a cquise par M. Z..., l e 9 a oût 1974, ont a s signé ce dernier pour faire juger qu'ils étaient propriétaires de cette portion de
terre, qu'il soit fait défense à M. Z... d'y pénétrer et pour faire a nnuler l 'acte du 9 a oût 1974 ;

Attendu que pour prononcer l 'annulation de l 'acte dressé l e 9 a oût 1974, pa r Me Robert X..., nota ire à Basse -Terre, l 'arrêt attaqué
reti ent qu'il ressort du rapport d'expertise du 25 novembre 1996, s ignifié le 18 juillet 1997 à M. Mi chel Z..., que la parcelle acquise le
9 a oût 1974 pa r ce dernier englobe, a u nord, la parcelle des époux Y... ;

Qu'en prononçant ainsi la nullité de la vente du 9 août 1974 à la demande des consorts Y..., alors que seul l'acheteur, M. Z... avait
qua lité pour invoquer cette nullité, l a cour d'appel a vi olé l e texte susvisé ;

Document 6

Com. 22 mars 2016, n° 14-14.218

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Versailles, 21 ja nvier 2014), que


MM. X..., Y... et Z..., qui s ont les associés fondateurs de la s ociété Tleta devenue l a société Ati r ra il (la société), ont s ouhaité obtenir
l a participation de M. A... à l eur projet de développement de la s ociété ; que l e 14 févri er 2003, i ls o nt conclu avec M. A... un "a ccord-
ca dre", a ux termes duquel MM. X..., Z... et Y... s 'engageaient chacun à céder à celui -ci 5 % du ca pital de l a société "pour le prix
forfa itaire et symbolique de 500 euros", cependant qu'"en contrepartie de la cession au prix d'acquisition symbolique précité", M.
A... s 'engageait à "mettre a u s ervice de la s ociété en qualité de directeur commercial sa connaissance du ma rché ainsi que so n
i ndustrie, pendant une durée mi nimum de ci nq années" ; que l e 5 ma rs 2003, troi s actes d e cession de parts s ociales ont été signés
conformément à l 'accord-cadre ; que le 31 ma rs 2003, l a s ociété a engagé M. A... en qualité de directeur commercial ; que par acte
du 17 ma rs 2010, MM. X..., Y... et Z... ont a s signé ce dernier, à titre principal, en nullité des cessions de parts pour i ndétermination
du pri x, à défaut, pour vi leté du prix et, à ti tre subsidiaire, en résolution des cessions du fait de sa défaillance dans l'e xécution de ses
obl igations ; que M. A... a s oulevé l a prescription de l 'a ction en nullité et, reconventionnellement, a récl a mé l e paiement de
domma ges-intérêts ;

Sur l e premier moyen du pourvoi principal, pris en sa première branche :

Attendu que MM. X..., Y... et Z... font grief à l'arrêt de dire prescrite l'action en nullité des actes de cession de parts alors, selon le
moyen, que l a vente consentie s ans prix ou sans prix s érieux est a ffectée d'une nullité qui, étant fondée s ur l 'absence d'un élément
es sentiel du contrat, est une nullité a bsolue s oumise à la prescription de droit commun qui était, à l 'époque de l 'acte litigieux,
trentenaire ; que pour déclarer l 'action en nullité pour i ndétermination du prix prescrite, la cour d'appel a retenu que l'ac tion pour
i ndétermination du prix constituait une action en nullité relative vi sant à l a protection des i ntérêts privés du cocontractant et se
pres crivant par ci nq ans ; que ce faisant, elle a vi olé l'article 1591 et l'article 2262 du code civil dans sa rédaction appl icable à l'espèce
;

Attendu que la Cour de cassation jugeait depuis longtemps que la vente consentie à vil prix était nulle de nullité a bsolue (1re Civ., 24
ma rs 1993, n° 90-21.462) ; que l a solution était a ffirmée en ces termes par l a chambre commerciale, financière et économique : "la
vente consentie sans prix s érieux est a ffectée d'une nullité qui, étant fondée s ur l 'absence d'un élément essentiel de ce contrat, est
une nullité a bsolue soumise à la prescription trentenaire de droit commun" (Com., 23 octobre 2007, n° 06-13.979, Bul l. n° 226) ;

Attendu que cette s olution a toutefois été a bandonnée par la troisième cha mbre civile de cette Cour, qui a récemment jugé "qu'un
24

contra t de vente conclu pour un prix dérisoire ou vi l est nul pour a bsence de ca use et que cette nullité, fondée s ur l 'intérê t privé du
vendeur, est une nullité relative soumise au délai de prescription de cinq ans" (3e Ci v., 24 octobre 2012, n° 11-21.980) ; que pour sa
pa rt, l a première chambre civile énonce que la nullité d'un contrat pour défaut de cause, protectrice du seul intérêt particu lier de
l 'un des cocontractants, est une nullité relative (1re Ci v., 29 s eptembre 2004, n° 03-10.766, Bul l. n° 216) ;

Attendu qu'il y a l ieu d'adopter la même position ; qu'en effet, c'est non pas en fonction de l'existence ou de l'absence d'un élément
es sentiel du contra t a u jour de s a formation, mais a u regard de l a na ture de l 'intérêt, pri vé ou général, protégé pa r l a règle
tra ns gressée qu'il convient de déterminer l e régime de nullité a pplicable ;

Attendu qu'en l'espèce, l'action en nullité des cessions de parts conclues pour un prix indéterminé ou vil ne tendait qu'à la protection
des intérêts privés des cédants ;

Attendu que c'est donc à bon droit que la cour d'appel a retenu que cette a ction, qui relève du régime des a ctions en nullité relative,
s e prescrit par ci nq ans par a pplication de l'article 1304 du code ci vil ; que l e moyen n'est pas fondé ;

Document 7

Cass. 1re civ., 4 juillet 1995, n°93-16.198


Sur l e moyen unique :

Attendu, selon les énonciations des juges du fond, que, le 17 octobre 1989, M. X... a a cquis auprès de la société Ca rtier une
ba gue en or composée d’un rubis et de ci nquante-six brillants ; que, sur l e prix a ffiché de 101 556 fra ncs, M. X... a obtenu une remise
de 1 556 fra ncs ; que, soutenant qu’il y a vait eu une erreur d’étiquetage et que le prix réel du bijoux était de 460 419 fra ncs, la société
Ca rti er, a , le 18 décembre 1989, a ssigné M. X... en nullité de l a vente pour absence de consentement et défaut de prix s érieux ;

Attendu que la s ociété Ca rtier fa it grief à l ’arrêt attaqué (Bastia, 4 ma i 1993) d’a voir rejeté s a demande, a lors, s elon l e moyen,
d’une part, que l e vendeur d’une chose mobilière peut solliciter l’annulation de la vente non seulement dans l e cas où il n’y a pas eu
d’a ccord sur le prix, mais également dans le cas où le prix s tipulé n’est pas sérieux ; qu’en écartant l’action de la société Ca rtier, pour
l a ra ison que l es parties sont tombées d’accord sur l e prix de 100 000 fra ncs, sans se demander s i ce prix constitue un prix sérieux, la
cour d’a ppel, qui énonce que la différence entre le prix s tipulé et le juste prix est sans effet s ur la va lidité de la vente, a violé l’article
1131 du Code civil ; et alors, d’autre part, que l’erreur sur l a valeur ne constitue par une cause de nullité des conventions ; qu’en
rel evant, pour écarter l’action de l a société Ca rtier qui faisait va loir que le prix s tipulé n’était pas un prix sérieux, que le ve ndeur
s upporte le ri sque de l ’étiquetage, ou encore que l ’acquéreur est en droit de penser que l e prix demandé correspond à la vale ur
réel le de la chose vendue et qu’il n’est pas dérisoire, la cour d’appel, qui s ’appuie sur des motifs tirés de l ’erreur s ur la valeur, a violé
l ’a rticle 1110 du Code ci vil ;

Ma i s a ttendu que la cour d’a ppel relève, dans l ’exercice de s on pouvoir souverain d’appréciation, que le prix de 101 556 francs
n’a pparait nullement dérisoire ; qu’elle en a jus tement déduit que, même s i l a va leur réelle du bijoux était s upérieure au prix
dema ndé, la vente n’était pas nulle pour a bsence de ca use ; que le moyen n’est donc fondé en aucune de ses branches ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi.

Document 8

Cass. com., 24 mars 1965


Sur l e moyen unique :

Vu l ’a rticle 1591 du code civil ;

Attendu qu’un contrat de vente n’est parfait que s’il permet, a u vu de ses clauses, de déterminer le prix par des éléments ne
dépendant plus de la volonté de l ’une des parties ou de la réalisation d’accords ultérieurs ;

Attendu qu’il résulte de l’arrêt a ttaqué qu’en 1961, l a société Bronzavia a concédé, pour vi ngt-cinq a ns, à x... l a distribution
excl usive du matériel qui s erait fabriqué par elle ; que des difficultés étant nées de l ’exécution de cette convention, l’arrêt dénoncé,
a près avoir déclaré que ce contrat était une vente, comme le soutenait x..., a prononcé, à la demande de celui -ci, la résiliation de
l a dite convention aux torts de Bronzavia, en rejetant le moyen, opposé par cette dernière, tiré de la nullité du contrat de vente pour
défa ut d’accord sur l e prix ;
25

Attendu que pour admettre qu’il y a vait eu accord sur le prix, la cour d’appel énonce que ce prix devait résulter « de l’acceptation
pa r l ’a cheteur du ta rif préférentiel que l ui consentirait sa venderesse et qui s erait de bonne foi étab li entre eux sur des bases
nettement précisées », cel les-ci devant comprendre, a ux termes du contrat ra ppelés par l es premiers juges, l e prix de revient et le
bénéfice de la s ociété Bronzavia ;

Qu’en s tatuant ainsi, alors qu’il ne résulte pas de la seule indication de ces bases que le prix était déterminable et alors qu’en
outre, l a fixation de ce prix, subordonnée à « l ’établissement ultérieur et de bonne foi d’un tarif préférentiel », à l’offre de ce tarif
pa r l a venderesse et à son acceptation par l’acheteur, était subordonnée par la même à la réalisation d’accords ultérieurs, la cour
d’a ppel a vi olé le texte s usvisé ;
PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE l ’a rrêt rendu entre l es parties par la cour d’appel de Pa ris l e 22 novembre 1963 ; remet, en conséquence, la
ca us e et les parties au même et semblable état ou elles étaient ava nt ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devan t la cour
d’a ppel d’Amiens.

Document 9

Cass. 3e civ., 29 mars 2000, n°98-16.741

Sur l e moyen unique :

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Nîmes, 16 a vril 1998), que, suivant un acte du 28 octobre 1991, l es consorts X... ont promis de
vendre une parcelle de terre à la société Senim, moyennant l e prix de 1 350 000 fra ncs ; que la société Senim a accepté la promesse
l e 15 décembre 1991 et a l evé l ’option l e 25 ja nvier 1992 ; que l a vente a été réitérée par a cte authentique des 23 ma rs et 22 avril
1992 ; que l a s ociété Senim a revendu la parcelle moyennant le prix de 3 415 680 fra ncs ; que, le 1 er ma rs 1994, l es consorts X... ont
a s signé la société Senim en rescision de la vente pour l ésion ;

Attendu que l es consorts X... font gri ef à l ’arrêt de déclarer i rrecevable l eur demande, a lors, s elon l e moyen, qu’en cas de
promesse unilatérale de vente, l e délai de l’action en rescision de la vente pour l ésion court du jour de l a régularisation de l a vente
pa r a cte authentique lorsque les parties ont entendu subordonner la réalisation de la vente à la signature de cet acte ; qu’a insi en
l ’espèce où il était stipulé dans la promesse du 28 octobre 1991 que la réalisation de la vente serait faite par acte notarié à la condition
que l a demande en s oit faite par l e bénéficiaire dans les trois mois, l a cour d’appel, en considérant que la vente était parfaite dès la
l evée de l ’option par la Senim en l ’absence de modification de l ’objet de la vente entre la promesse et l ’acte notarié, a violé les
a rti cl es 1134, 1589 et 1676 du Code ci vil ;

Ma i s attendu qu’ayant exactement relevé que le délai de deux ans prévu par l’article 1676 du Code civil partait du jour de l’accord
des volontés et constaté que la s ociété Senim avait levé l’option le 25 ja nvier 1992 et qu’il n’y a vait pas eu modification d e l’objet de
l a vente entre l’acte s ous seing privé va lant promesse de vente et l’acte authentique, la cour d’appel a pu en déduire que l’action en
res cision, engagée le 1er ma rs 1994, était tardive ;

D’où i l s uit que le moyen n’est pas fondé ;

Document 10

Cass. ass. plén., 1er décembre 1995


NOTE BENE : Li re l es trois autres a rrêts rendus par l ’Assemblée plénière de l a Cour de cassation est utile (n°91-15578, n°91-
19653, 91-15999)

Sur l e moyen unique, pris en s es deux branches :


Attendu, s elon l 'arrêt confirmatif déféré (Rennes, 11 févri er 1993), qu'en vue de l 'exploitation d'un hôtel, l a s ociété Le
Montpa rnasse a, le 27 août 1987, pris à bail à la société Compagnie armoricaine de télécommunications, aux droits de laquelle se
trouve l a société GST-Alcatel Bretagne (société Alcatel), une installation téléphonique pour une durée de 10 a nnées ; qu'au mois de
ja nvi er 1990, l a s ociété Le Montparnasse a cédé s on fonds de commerce et que le cessionnaire n'a pas voulu reprendre l'instal lation
tél éphonique ; que la société Alcatel a assigné la société Le Montparnasse en paiement du montant de l'indemnité de résiliation,
prévue a u contrat ;
Attendu que l a s ociété Le Montparnasse reproche à l 'arrêt d'avoir écarté l 'exception de nullité du contrat et des avenants
i ntervenus, ti rée de l 'indétermination du prix d'une partie des " prestations " s tipulées, a lors, s elon l e moyen, d'une part, que n'est
ni déterminé ni déterminable, a u s ens de l 'article 1129 du Code ci vi l, l e pri x dont l a fi xation fa it a ppel à des pa ramètres
26

i ns uffisamment précisés ; qu'en l 'espèce, l 'article 2 de l a convention du 27 a oût 1987 prévoit que to ute extension d'une installation
i ni tiale fera l'objet d'une plus-value de la redevance de location, déterminée par référence à la hausse des prix i ntervenue chez le
fournisseur depuis l a dernière fixation " a yant servi de base ", ainsi qu'en fonction de l 'indice des prix contractuels ou, dans le cas où
l 'a pplication de l'indice serait provisoirement suspendue s uivant l a formule de s ubstitution ou le coefficient de majoration légale ou
régl ementaire arrêté par l 'autorité publique, étant précisé que ces mêmes va riations i ndiciaires pourront être à la fois appliquées au
ma tériel a djoint à l 'installation l ouée ou fournie et à l a main-d'oeuvre s i, par s uite de " ci rconstances quelconques ", la hausse
i ntervenue chez l e fournisseur de ma tériel ne peut être dûment établie ; que, dès l ors, en s e bornant à énoncer que les paramètres
a i nsi définis ne pouvaient être maîtrisés pa r l es parties, pour en déduire que l 'importance de la ma joration de la redevance initiale
l i ée aux extensions de l'installation était parfaitement déterminable, sans rechercher si, par son obscurité et sa complexité, la formule
de ca l cul prévue au contrat ne mettait pas le l ocataire, tenu par une cl ause d'exclusivité, dans l 'impossibilité de connaître le taux de
l a majoration, la cour d'appel a privé sa décision de toute base légale au regard du texte susvisé ; et alors, d'autre part, qu'il faut,
pour l a va lidité du contrat, que la quotité de l'objet de l'obligation qui en est issue puisse être déterminée ; qu'il est co nstant, en
l 'espèce, que l e locataire était tenu de faire appel au bailleur pour toute extension dont la mise en service était subordonnée, en
a pplication de l 'article 3, i n fine, du contrat du 27 a oût 1987, a u paiement de la redevance réclamée par l 'installateur ; que dès lors,
en s 'abstenant de rechercher s i, lors de la conclusion des avenants prévus en cas de modification ou d'extension de l'installatio n
i ni tiale, les prix pouvaient être librement débattus et acceptés par les parties, la cour d'appel a privé sa décision de toute base légale
a u regard de l'article 1129 du Code civil ;
Ma i s a ttendu que l 'article 1129 du Code ci vil n'étant pas applicable à la détermination du prix et la cour d'appel n'ayant pa s été
s a isie d'une demande de résiliation ou d'indemnisation pour a bus dans la fixation du prix, sa décision est légalement justifiée ;
PAR CES MOTIFS :
REJETTE LE POURV

Document 11

Cass. com., 4 novembre 2014, n°11-14.026

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 17 février 2011), que l a société Ca margo, filiale de la société Fra nçaise de gastronom ie (la
s oci été FdG), spécialisée dans la distribution de produits alimentaires, a conclu, en qualité de fournisseur, un contrat
d'a pprovisionnement exclusif en chair d'escargot avec l a société La rzul, fabricant ; qu'il était stipulé que le prix s erait fi xé par le tarif
en vi gueur a u jour de l'enregistrement de la commande et définitivement pour chaque année civile s elon une va riation ne pouvant
excéder 3 % pa r rapport à l'année précédente ; que, s e plaignant de manquements répétés de la société Ca margo à s es obligatio ns
contra ctuelles, la s ociété La rzul l 'a fait assigner en réparation de s on préjudice ; que la s ociété FdG est i ntervenue volontairement à
l 'i nstance en a ppel

Sur l e s econd moyen


Attendu que la s ociété FdG et la société Camargo font grief à l 'arrêt d'avoir constaté des manquements sérieux et répétés de cette
derni ère dans l 'exécution du contrat d'approvisionnement exclusif et condamné en conséquence l a société Ca margo à payer une
provi sion à la société La rzul alors, s elon le moyen, qu'il résulte des constatations mêmes de l'arrêt que l es prix pratiqués par la
s oci été Ca margo à l'égard de la société La rzul ne pouvaient va rier, chaque a nnée ci vile, que dans une fourchette de plus ou moins 3
%, ce dont i l s 'évince que la s ociété Ca margo n'avait pas l e pouvoir de fixer discrétionnairement et unilatéralement s es prix qui
demeuraient étroitement encadrés par la convention des parties ; qu'en estimant néanmoins que la s ociété Ca margo avait pu se
rendre coupable, à l'égard de la s ociété Larzul, d'un a bus dans l'exercice d'un droit de fixer unilatéralement ses prix, la c our d'appel,
qui ne ti re pas l es conséquences de s es propres constatations, vi ole l'article 1134, a linéa 1er et alinéa 3 du code civil

Ma i s a ttendu qu'après avoir relevé que l 'article 3 du contrat, qui permettait à la s ociété Ca margo de fi xer unilatéralement l e prix de
vente des marchandises vendues, moyennant une é volution, chaque année civile, comprise dans une fourchette de plus ou moins 3
% s ti pulait à sa charge, en contrepartie, l'obligation de faire ses meilleurs efforts pour déterminer l es prix de manière à p ermettre à
l a s ociété La rzul de faire face à la concurrence, l'arrêt constate que l a société Ca margo vendait à la s ociété La rzul les chairs
d'es cargot à un prix moyen 25 % pl us cher qu'à ses autres clients, que s on ta ux de marge brute moyen était de 29 % s ur l es ve ntes à
l a s ociété La rzul quand il était de 10 % s ur les ventes a ux autres clients et qu'elle a consenti à cette dernière une diminution
i mportante du prix de vente à l'occasion du renouvellement du contrat, démontrant l e caractère excessif des prix habituelleme nt
pra ti qués ; qu'en l 'état de ces motifs, dont i l ressort que les prix unilatéralement fixés par la s ociété Ca margo, excessifs dès
l 'ori gine, ne permettaient pas à la s ociété Larzul de faire face à la concurrence, la cour d'appel a pu retenir que l a sociét é Ca margo
a va i t abusé de s on droit de fixer unilatéralement l e prix des marchandises ; que l e moyen n'est pas fondé ;

Et a ttendu que le premier moyen n'est pas de nature à permettre l'admission du pourvoi ;
PAR CES MOTIFS
REJETTE l e pourvoi ;
27

Séance n° 4 :

La vente (III) – Les effets de la vente

1/ L’obligation de délivrance
 Cass. 1re civ., 16 juin 1993, n° 91-18924 (Doc. 1) : D. 1994, jur. p. 546, note Th. Clay
 Cass. 1re civ, 9 avril 2014, n°12-20250 (Doc. 2) : CCC, n°151, obs. L. Leveneur

2/ La garantie des vices cachés


 Cass. 1re civ., 5 mai 1993, n° 90-18331 (Doc. 3) : D. 1993, jur. p. 506, note A. Bénabent ; JCP
G 1993, I, 3727, §25, obs. crit. G. Viney
 Cass. ass. plén., 27 octobre 2006, n° 05-18977 (Doc. 4) : D. 2006, inf. rap. p. 2812, obs. I.
Gallmeister ; JCP G 2007, II, n° 10019, note L. Leveneur ; Gaz. Pal. 2006, jur. 3906, concl. F.
Cavarroc
 Civ 3, 10 juillet 2013, n°12-17149 (Doc. 5 ) : CCC 2013, comm. n°234, obs. L. Leveneur.
 Civ 1, 15 mai 2015, n°11-19275 (Doc. 6) : CCC 2015, n°195, obs. L. Leveneur
 Cass. 1re civ., 6 avr. 2016, n° 15-12402 (Doc. 7) : LEDC, 2016, n° 6, p. 7, obs. M. Latina

3/La garantie de conformité


 Civ 1, 10 juillet 2014, n°13-15690 (Doc. 8) : CCC 2014, comm. n°258, obs. G. Raymond
 Civ. 1ère, 9 décembre 2015, (Doc. 9) n° 14-25910 : LEDC, 2016, n° 1, p. 4, obs. G. Cattalano-
Cloarec

4/ La garantie contre l’éviction


 Cass. com., 15 décembre 2009, n° 08-20522 (Doc. 10) : Bull. civ. IV, no 172 ; Contrats, conc.,
consom. 2010, comm. no 66, note L. Leveneur
28

Document 1

Cass. 1re civ., 16 juin 1993, n°91-18.924

Sur l e moyen unique, pris en sa première branche :

Vu l es a rticles 1603 et 1604 du Code ci vil, ensemble l’article 12, a linéa 2, du nouveau Code de procédure ci vile ;

Attendu que M. X... a a cquis l e 28 jui n 1987 de M. Z..., un vé hi cule d’occasion de marque Mercédès pour un pri x de 85 000 fra ncs ;
que, s e plaignant du ma uvais fonctionnement du véhicule, M. X... a s ollicité, le 24 ma rs 1988, une expertise en référé ; que l ’expert
a concl u que le véhicule avait parcouru, au jour de la vente, un kilométrage double de celui figurant au compteur et qu’accidenté
pl usieurs fois, i l était affecté de vi ces compromettant sa destination, l e moteur étant hors d’usage ; que M. X... a ya nt a ssi gné M. Z...
en rés olution de la vente sur le fondement de l a garantie des vi ces cachés, ce dernier a appelé en garantie son vendeur, M. Y... ; que
l ’a rrêt attaqué a déclaré l’action principale irrecevable pour n’avoir pas été intentée dans le bref délai exigé par l’articl e 1648 du Code
ci vi l ;

Attendu qu’en s tatuant ainsi, sans rechercher, comme elle en avait l ’obligation aux termes de l ’article 12, a linéa 2, du nouveau Code
de procédure civile, si l’inexactitude du kilométrage figurant au compteur ne devait pas être qualifiée comme un manquement d u
vendeur à s on obligation de délivrer un véhicule conforme a ux s pécifications convenues par l es pa rties, ce qui a urait exclu
l ’a pplication de l’article 1648 du Code ci vil, l a cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision ;

PAR CES MOTIFS, et s ans qu’il y a it lieu de statuer s ur la deuxième branche du moyen :

CASSE ET ANNULE, da ns toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 26 juin 1991, entre les parties, par la cour d’appel de Chamb éry ;
remet, en conséquence, l a ca use et les parties dans l ’état où elles s e trouvaient a vant l edit a rrêt et, pour être fa it droit, l es renvoie
deva nt la cour d’appel de Grenoble.

Document 2

Cass. 1re civ, 9 avril 2014, n°12-20250

Sur l e moyen unique


Vu l ' a rti cle 1604 du code ci vil
Attendu, selon l'arrêt attaqué, que le véhicule de couleur blanche avec toit ouvrant, objet de la commande passée le 13 octobre 2006
à l a s ociété Pa ssion a uto par M. X... n'a ya nt pu être l ivré à l a date convenue, l a s ociété Pa ssion a uto vendait à celui -ci, l e 22 février
2007, un véhi cule de même ma rque, de couleur noire, a vec promesse de l e reprendre pour l e même pri x l orsque l e véhicule
comma ndé serait livré ; que M. X... rel eva nt que le véhicule livré, en juin 2007, ne disposait pas d'un toit ouvra nt a assigné la société
Auto pa ssion en résolution de la commande du 13 octobre 2006 et, partant, de la vente du 22 février 2007, a i nsi qu'en paiement de
domma ges-intérêts ;
Attendu que pour rejeter cette demande fondée s ur un ma nquement du vendeur à s on obligation de délivrance, l'arrêt retient , par
moti fs a doptés, que l'option relative au toit ouvra nt ne constituait pas une option déterminante dès l ors qu'elle ne représen tait
qu'une infime partie du prix du véhicule et que s on a bsence ne modifiait pas l a destination de celui -ci ;
Qu'en s tatuant ainsi, la cour d'appel a vi olé le texte s usvisé ;
PAR CES MOTIFS
CASSE ET ANNULE, da ns toutes s es dispositions, l 'arrêt rendu l e 30 ma rs 2012, entre l es parties, par la cour d'appel de Paris ; remet,
en cons équence, la ca use et les parties dans l 'état où elles se trouvaient a vant ledit a rrêt et, pour être fait droit, l es renvoie devant
l a cour d'appel de Versailles ;

Document 3

Cass. 1re civ., 5 mai 1993, n°90-18.331

Sur l e moyen unique, pris en s es trois branches :

Attendu, selon les énonciations des juges du fond, qu’en a vril 1974, l es époux X... ont a cquis de la société Blocs et matériaux du
Bea uvaisis (BMB) des tuiles plates, dont i ls ont effectué eux-mêmes l a pose s ur l a toiture de leur pavillon ; que des désordres étant
a pparus en 1976, i l s ont obtenu de la s ociété BMB la fourniture gra tuite de mille tuiles ; que l e phénomène de délitage s’est étendu
en 1982 à l a quasi-totalité de l a toiture ; que, le 9 s eptembre 1983, l es époux X... ont a ssigné la s ociété BMB en dommages -intérêts ;
29

que l ’arrêt attaqué (Amiens, 29 mai 1990) les a déboutés de leur action, au motif que celle-ci n’avait pas été intentée dans le bref
dél ai imparti par l ’article 1648 du Code civil ;

Attendu que les époux X... font grief à l’arrêt d’avoir ainsi statué, alors, selon le moyen, d’une part, que manque à son obligation
de délivra nce le vendeur qui fournit une chose a tteinte d’une défectuosité qui la rend non conforme à celle qui avait été commandée
; qu’en limitant cette obligation de délivra nce aux spécificités contractuellement prévues entre l es parties, l’arrêt a ttaqué a violé
l ’a rticle 1603 du Code civil ; a l ors, d’autre part, que l ’acquéreur, a uquel a été délivrée une chose défectueuse, dispose con tre le
vendeur à la fois de l’action en garantie des vi ces cachés de l ’article 1641 du Code ci vil et de l’action en responsabilité contractuelle
de l ’article 1147 du même Code ; qu’en n’admettant en l’espèce que la première de ces actions, la cour d’appel a violé les te xtes
s us visés ; et a lors, enfin, que les époux X... n’ont pas exercé l ’action rédhibitoire, mais se sont bornés à solliciter des dommages -
i ntérêts en réparation de leur préjudice ; qu’en s ubordonnant la receva bilité de cette a ction à l’article 1648 du Code ci vil, alors qu’il
s ’a gissait d’une action en responsabilité contractuelle s oumise aux règles de droit commun, l ’arrêt attaqué a vi olé les a rticles 1147,
1641 et 1648 du Code ci vil ;

Ma i s a ttendu que l es vi ces cachés, lesquels se définissent comme un défaut rendant la chose impropre à sa destination normale ,
ne donnent pas ouverture à une action en responsabilité contractuelle, mais à une garantie dont les modalités sont fixées par les
a rti cl es 1641 et s uivants du Code ci vil ; qu’aya nt relevé, en l’espèce, que la s ociété BMB avait fourni des tuiles, dont la mauvaise
qua lité avait été reconnue par l’expert et qui étaient impropres à l’usage a uquel elles étaient destinées, et ayant retenu qu e plus
d’une année s’était écoulée entre la découverte du vi ce et l’assignation en justice, la cour d’appel a souverainement estimé que cette
a cti on n’avait pas été intentée dans le bref délai imparti par l’article 1648 du Code ci vil ; qu’elle a ainsi légalement justifié sa décision
;

Qu’i l s’ensuit que le moyen ne peut être accueilli en aucune de ses trois branches ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi.

Document 4

Cass. ass. plén., 27 octobre 2006, n°05-18.977

Attendu, selon l’arrêt attaqué, rendu s ur renvoi après cassation (3 e Ci v., 4 févri er 2004, Bull. 2004, III, n 20), que par a cte notarié
du 29 s eptembre 1999, Mme X... et M. Y... (l es acquéreurs) ont acquis de Mme Z..., une maison d’habitation ; qu’une expertise a révélé
l a présence, ava nt la vente, d’insectes xyl ophages infestant la charpente et que toutes l es tuiles des pans ouest, sud et nord étaient
gél ives ; que l es a cquéreurs ont assigné la venderesse en paiement de dommages-intérêts en i nvoquant l ’existence de vices cachés ;

(…)

Ma i s attendu que la cassation prononcée par l’arrêt du 4 février 2004 de la décision attaquée « dans toutes ses dispositions »
i nvestissait la juridiction de renvoi de la connaissance de l ’entier litige dans tous s es éléments de fait et de droit ;

D’où i l s uit que le moyen n’est pas fondé ;

Ma i s, s ur l e second moyen, pris en sa première branche :

Vu l es a rticles 1641 et 1642 du code civil ;

Attendu que, s elon l e second de ces textes, l e vendeur n’est pas tenu des vi ces a pparents et dont l ’acheteur a pu s e convaincre
l ui -même ;

Attendu que pour rejeter la demande des acquéreurs, l’arrêt retient que, si les dégradations de la ch arpente et des tuiles ne
pouva ient être constatées qu’à condition de pénétrer dans les combles et de monter sur la toiture et que l’accès aux combles, s’il
éta i t peut-être difficile, n’était pas impossible, il ne s ’en déduisait pas que ces désordres consti tuaient des vi ces ca chés pour les
a cquéreurs ;

Qu’en s tatuant a insi, par des motifs impropres à ca ractériser un vi ce dont l ’acquéreur avait pu s e convaincre lui -même, la cour
d’a ppel a vi olé les textes susvisés ;

Et s ur l e s econd moyen, pris en sa deuxième branche :

Vu l es a rticles 1641 et 1642 du code civil ;


30

Attendu que pour rejeter l a demande des a cquéreurs, l’arrêt retient qu’il leur a ppartenait de faire constater par un homme de
l ’a rt l ’état de la cha rpente et de la couverture et qu’en ne faisant p as effectuer de telles constatations ils a vaient été négligents de
s orte que la venderesse ne saurait être tenue de ces désordres dont les acquéreurs a vaient été mis en mesure de se convaincre ;

Qu’en a joutant ainsi à la l oi une condition qu’elle ne prévo it pas, la cour d’appel a violé l es textes s usvisés ;

PAR CES MOTIFS, et s ans qu’il y a it lieu de statuer s ur la troisième branche du moyen :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l ’arrêt rendu le 30 juin 2005, entre les parties, par la cour d’appel de Dijon ; remet,
en cons équence, la ca use et les parties dans l’état où elles s e trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, l es re nvoie devant
l a cour d’appel de Riom ;

Document 5

Civ 3, 10 juillet 2013, n°12-17.149

Vu l 'a rticle 1643 du code civil ;

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Grenoble, 24 ja nvi er 2012), que M. X... a vendu une maison d'habitation à Mme Y... et M. Z... (les
cons orts Y...-Z...) ; qu'un i ncendie a détruit l es trois niveaux de l a construction et l a totalité de la toiture ; que s aisi par l es consorts
Y...-Z... et l a compagnie MACIF, qui a indemnisé ceux-ci à hauteur d'une certaine somme, le juge des référés a désigné un expert ;
que l es consorts Y...-Z... et l a MACIF ont a ssigné en i ndemnisation M. A..., ès qualités de liquidateur de M. X..., Mme X... et leur
a s sureur, la s ociété Axa ;
Attendu que pour débouter les consorts Y...-Z... et la MACIF de l eurs demandes, l 'arrêt retient que M. X... ne possédant aucune
compétence particulière en matière de construction de cheminée à foyer ouvert ou fermé, il ne pouvait être considéré comme un
professionnel présumé connaître l es vices de construction a ffectant l a cheminée ;
Qu'en s tatuant ainsi, alors qu'elle a vait relevé que M. X... a va it lui-même conçu et i nstallé la cheminée en foyer ouvert, puis en foyer
fermé l ors de nouveaux tra vaux, la cour d'appel a vi olé le texte s usvisé ;
PAR CES MOTIFS :
CASSE ET ANNULE, ma is seulement en ce qu'il déboute M. Z..., Mme Y... et la MACIF de leurs demandes d'indemnisation, l'arrêt rendu
l e 24 ja nvier 2012, entre les parties, par l a cour d'appel de Grenoble ; remet, en conséquence, sur ce point, la cause et les parties
da ns l 'état où elles s e trouvaient a vant l edit arrêt et, pour être fait droit, l es renvoie devant la co ur d'appel de Lyon ;

Document 6

Cass. civ 1., 15 mai 2015, n°11-19.275


Attendu, s elon l 'arrêt a ttaqué, que l a SCI Saint-Roch, qui construit des hangars à usage industriel et commercial a fin de les donner
en l ocation, a commandé à la société Galva servi ce des tôles de couverture ; que partie d'entre elles a yant présenté des traces de
corros i on, le vendeur a remplacé le lot défectueux puis établi un avoir correspondant au prix de cette nouvelle livraison ; q ue, n'ayant
pa s obtenu l e paiement du solde de ses factures, il a assigné à cette fi n la SCI Saint-Roch qui a demandé l a résolution de la vente et
l 'i ndemnisation de divers préjudices
Sur l e s econd moyen, ci -après a nnexé :
Attendu que l a SCI Sa i nt-Roch fa it gri ef à l 'arrêt de l a condamner à pa yer une certa ine s omme à l a s ociété Ga lva service

Attendu qu'il ne ressort ni de l 'arrêt ni des productions que la SCI Saint-Roch ait soutenu qu'elle avait conclu un marché de fourniture
gl obal ne permettant pas de distinguer l es tôles affectées d'un vi ce caché ; que, dès lors, la cour d'appel n'était pas tenue de procéder
à une recherche qui ne lui était pas demandée ; que l e moyen ne peut être a ccueilli ;

Ma i s s ur l e premier moyen, pris en sa troisième branche :

Vu l 'a rticle 1643 du code civil ;


Attendu que, pour rejeter l 'action rédhibitoire de la SCI Saint-Roch, l'arrêt s e borne à retenir que la s ociété Galva servi ce est fondée
à l ui opposer la limitation de responsabilité résultant du contrat, non a busive dans les relations entre deux professionnels qui ont un
doma ine d'activité s imilaire
Qu'en s e déterminant ainsi, par des motifs i mpropres à établir que l'acquéreur était un professionnel de même spécialité que le
vendeur, l a cour d'appel n'a pas donné de base l égale à s a décision a u regard du texte s usvisé ;

PAR CES MOTIFS, et s ans qu'il y a i t lieu de s tatuer sur les autres branches du premier moyen :
CASSE ET ANNULE, s a uf en ce qu'il condamne la SCI Saint-Roch à payer à l a s ociété l va s ervice l a somme de 16 425,28 euros, outre
i ntérêts au taux légal à compter du 3 décembre 2007, l 'arrêt rendu l e 8 ma rs 2011, entre l es parties, par la cour d'appel de Rennes ;
31

remet, en conséquence, s auf sur ce point, l a ca use et les parties d ans l'état où elles se trouvaient a vant l edit a rrêt et, pour être fait
droi t, l es renvoie deva nt la cour d'appel d'Angers ;

PAR CES MOTIFS :

Document 7

Cass. 1re civ., 6 avr. 2016, n° 15-12402,

Attendu, selon l 'arrêt attaqué, que M. F... (l e vendeur) a donné mandat à M. Y..., courtier et expert maritime, de vendre le bateau de
pl a isance l ui appartenant ; que l e second a fait paraître une a nnonce mentionnant que l e moteur avait été « entièrement révis é » et
que la motorisation était « en très bon état » ; que, le 13 s eptembre 2008, M. Z... (l 'acquéreur) a acheté ce bateau moyennant un
pri x de 34 000 euros , puis l'a fait expertiser par M. Y..., qui a relevé s on « très bon état général » ; qu'aya nt rencontré d es difficultés
pour l e manoeuvrer, l'acquéreur a fait appel, le 11 mars 2009, à M. X..., mécanicien naval (le mécanicien), qui, après avoir indiqué
que l es silentblocs étaient détruits, a établi un devis prévoyant l eur remplacement ; que, l'acquéreur l ui a yant confié l e na vire pour
répa ration, le 17 ma rs s uivant, l e mécanicien, a, l e l endemain, constaté que la ca le était remplie d'eau jusqu'à l a base de la culasse
du moteur ; que l 'expert désigné en référé a conclu en ces termes : « l a ca use de la voie d'eau est un délignage du moteur affaissé à
l 'a rrière et dévoyé sur tri bord en ra ison d'une destruction par vétusté des deux silentblocs a rrière » ; que l'acquéreur a assigné le
vendeur, s ur l e fondement de la ga rantie des vi ces ca chés, ainsi que l e mécanicien et M. Y..., s ur l e fondement de la respons abilité
contra ctuelle ;

Sur l e premier moyen du pourvoi principal :

Vu l es articles 1644 et 1646 du code civil, le premier dans sa rédaction antérieure à celle issue de la loi n° 2015-177 du 15 févri er 2015
;

Attendu que le vendeur qui i gnorait les vi ces de la chose vendue ne peut être tenu envers l 'acheteur qui garde cette chose, outre les
fra i s occasionnés par la vente, qu'à l a restitution partielle du prix, telle qu'elle sera a rbitrée par experts ;

Attendu que l'arrêt condamne le vendeur, i n s olidum a vec M. Y..., à pa yer à l 'acquéreur l a somme de 16 456 euros a u ti tre du coût
d'a chat et d'installation d'un nouveau moteur, celle de 1 826, 10 euros au titre des frais de grutage et de stationnement extérieur du
ba teau et celle de 800 euros a u ti tre de la réparation de la ca ssure de la cl oison ava nt timonerie ;

Qu'en s tatuant ainsi, alors que, selon s es propres constatations, l e vendeur ne connaissait pas, au moment de la conclusion d e la
vente, l e mauvais état des silentblocs arrière, l a cour d'appel a vi olé l es textes s usvisés ;

Document 8

Cass. civ 1., 10 juillet 2014, n°13-15.690

Sur l e premier moyen :


Vu l 'a rticle L. 213-1 du code rural et de la pêche maritime, ensemble les articles L. 211-1 à L. 211-17 du code de la consommation ;
Attendu qu'il résulte du premier des textes susvisés que les dispositions qui régissent la garantie légale de conformité sont applica bles
a ux ventes d'animaux domestiques conclues entre un vendeur agissant a u titre de son activité professionnelle ou commerciale e t un
a cheteur a gissant en qualité de consommateur ; que, s elon l e dernier, l es conventions qui écartent ou l imitent di rectement ou
i ndirectement l es droits reconnus par ces dispositions, conclues entre le vendeur et l'acheteur a vant que ce dernier n'ait formulé de
récl a mations, s ont réputées non écrites ;

Attendu, selon le jugement attaqué, que, le 29 octobre 2011, M. X... a a cquis auprès de Mme Y..., éleveuse professionnelle, un chaton
qui , a tteint de péritonite infectieuse féline, est mort l e 2 ja nvier suivant ; que, le 9 févri er 2012, l e premier a assigné l a seconde aux
fi ns d'obtenir le remboursement du prix du chaton, le paiement des fra is médicaux engagés et l 'allocation de dommages -intérêts ;
Attendu que le jugement, après a voir relevé que les parties n'avaient pas entendu déroger à la clause du contrat soumettant la vente
a ux s eules dispositions du code rural et de la pêche maritime, déclare irreceva ble l'action en garantie de M. X... a u motif que celle-ci
a été engagée a près l 'expiration du délai de trente jours prévu à l'article R. 213-5 du code précité ;
Qu'en s e déterminant a insi, s ans rechercher, comme l 'y i nvitait M. X..., s i l 'action en ga rantie l égale de conformité n'était pas
receva ble en a pplication des dispositions la régissant, le tri bunal a privé sa décision de base l égale a u regard des textes susvisés ;
PAR CES MOTIFS et s ans qu'il y a i t lieu de s tatuer sur le s econd moyen :
CASSE ET ANNULE, da ns toutes s es dispositions, l e jugement rendu l e 7 févri er 2013, entre l es parties, par l e t ri bunal d'instance de
32

Bourg-en-Bresse ; remet, en conséquence, la ca use et l es parties dans l 'état où elles s e trouvaient a vant l edit jugement et, pour être
fa i t droit, l es renvoie devant le tri bunal d'instance de Nantua ;
Conda mne Mme Y... a ux dépens ;
Vu l 'a rticle 700 du code de procédure ci vi le, conda mne Mme Y... à pa yer l a s omme de 2 000 euros à M. X... ;

Document 9

Civ. 1ère , 9 décembre 2015, n° 14-25910

Attendu, s elon l e jugement a ttaqué (tri bunal d'i nstance de Va nnes, 28 a oût 2014), que, l e 22 ma rs 2012, Mme X..., éleveuse
professionnelle, a vendu à Mme Y... un chiot de race bichon frisé, à usage de compagnie ; qu'invoquant un défaut de conformité
cons titué par une cataracte héréditaire entraînant de graves troubles de la vi sion, la s econde a s ollicité la réparation de ce défaut et
l 'a llocation de dommages-intérêts, tandis que la première a proposé l e remplacement de l 'animal, estimant le coût de la réparation
ma nifestement disproportionné ;

Attendu que Mme X... fa it grief au jugement d'accueillir les demandes de Mme Y..., a lors, s elon le moyen :

1°/ que l es dispositions de l 'article L. 211-9 du code de l a consommation, qui disposent qu'en ca s de défaut de conformité du bien
vendu, l'acheteur choisit entre la réparation et le remplacement du bien, que, toutefois, le vendeur peut ne pas procéder selon le
choi x de l 'acheteur si ce choix entraîne un coût manifestement disproportionné au regard de l'autre modalité, compte tenu de la
va l eur du bien ou de l 'importance du défaut et que l e vendeur est a lors tenu de procéder, s auf i mpossibilité, s elon la modalité non
choi sie pa r l 'a cheteur, s ont a pplicables aux ventes d'a nimaux concl ues entre un vendeur a gissant a u ti tre de s on a ctivité
professionnelle ou commerciale et un a cheteur a gissant en qualité de consommateur et ne reçoivent pas de dérogation dans le cas
de l a vente d'un a nimal domestique ; qu'en énonçant, par conséquent, pour écarter l e moyen, s oulevé par Mme X..., ti ré de ce que
l es dispositions de l'article L. 211-9 du code de la consommation l'autorisaient à remédier a u défaut présenté par le chien qu'elle
a va i t vendu à Mme Y... pa r l e remplacement de ce chien et pour condamner, en conséquence, Mme X... à pa yer à Mme Y..., à titre
de dommages et intérêts, la somme de 2 400 euros au titre des frais de réparation du défaut de conformité, qu'un chien étant un
être vi va nt, il est unique et comme tel i rremplaçable et qu'un chien de compagnie étant destiné à recevoir l 'affection de s on maître
en retour de sa compagnie et n'ayant aucune vocation économique, comme une vache laitière en a une, il est d'autant plus impossible
à remplacer, étant l e réceptacle d'une affection unique, quand, en se déterminant par de tels motifs a bstraits, i mpersonnels et
généraux, a yant pour effet d'écarter, dans toutes les ve ntes d'animaux domestiques, l'application des dispositions de l'article L. 211-
9 du code de la consommation, il retenait, en réalité, que les dispositions de l'article L. 211-9 du code de la consommation n'étaient
pa s applicables aux ventes d'animaux domestiques conclues entre un vendeur a gissant au ti tre de son a ctivité professionnelle ou
commerciale et un acheteur a gissant en qualité de consommateur, l e tri bunal d'instance a vi olé l es dispositions de l'article L. 211-9
du code de la consommation, ensemble l es dispositions de l 'article L. 213-1 du code rural et de la pêche maritime ;

2°/ que l es dispositions de l 'article L. 211-9 du code de l a consommation, qui disposent qu'en ca s de défaut de conformité du bien
vendu, l'acheteur choisit entre la réparation et le remplacement du bien, que, toutefois, le vendeur peut ne pas procéder selon le
choi x de l 'acheteur si ce choix entraîne un coût manifestement disproportionné au regard de l'autre modalité, compte tenu de la
va l eur du bien ou de l 'importance du défaut et que l e vendeur est a lors tenu de procéder, s auf i mpossibilité, s elon la modalité non
choi sie pa r l 'a cheteur, s ont a pplicables aux ventes d'a nimaux concl ues entre un vendeur a gissant a u ti tre de s on a ctivité
professionnelle ou commerciale et un a cheteur a gissant en qualité de consommateur et ne reçoivent pas de dérogation dans le cas
de l a vente d'un a nimal domestique ; qu'en énonçant, par conséquent, pour écarter l e moyen, s oulevé par Mme X..., ti ré de ce que
l es dispositions de l'article L. 211-9 du code de la consommation l'autorisaient à remédier a u défaut présenté par le chien qu'elle
a va i t vendu à Mme Y... pa r l e remplacement de ce chien et pour condamner, en conséquence, Mme X... à pa yer à Mme Y..., à titre
de dommages et intérêts, la somme de 2 400 euros au titre des frais de réparation du défaut de conformité, qu'un chien étant un
être vi va nt, il est unique et comme tel i rremplaçable et qu'un chien de compagnie étant destiné à recevoir l 'affection de s on maître
en retour de sa compagnie et n'ayant aucune vocation économique, comme une vache laitière en a une, il est d'autant plus impossible
à remplacer, étant l e réceptacle d'une affection unique, quand, en se déterminant par de tels motifs a bstraits, i mpersonnels et
généraux, il ne caractérisait pas, dans l e cas particulier qui lui était s oumis, par des considérations propres à l'espèce sur lequel il
s ta tuait, l'impossibilité pour Mme X... de procéder au remplacement du chien qu'elle avait vendu, le tri bunal d'instance a vi olé les
di s positions de l'article L. 211-9 du code de la consommation, ensemble l es dispositions de l'article L. 213-1 du code rural et de la
pêche maritime ;

3°/ que l e vendeur d'un a nimal domestique, a gissant a u ti tre de s on a ctivité professionnelle ou commerciale, n' est tenu, en cas de
défa ut de conformité de l'animal vendu et sauf convention contraire des parties stipulant que l a vente est régie par l es dispositions
des articles 1641 et suivants du code ci vil, à payer des dommages et intérêts à l'acheteur agissant en qualité de consommateur qu'en
ca s de dol ou de fa ute commise par l e vendeur ; qu'en condamnant, dès l ors, Mme X... à pa yer à Mme Y..., à ti tre de dommages et
i ntérêts, la s omme de 195, 31 euros au ti tre des frais de vétérinaires et l a somme de 1 000 euros au titre du préjudice moral, quand
l 'existence d'une convention, conclue par les parties, s tipulant que l es dispositions des a rticles 1641 et s uiva nts du code c ivil étaient
a pplicables, n'était ni i nvoquée par l es parties, ni constatée par l ui, sans caractériser que Mme X... a vait commis un dol ou une faute
da ns le ca dre de la vente de chien qu'elle avait conclue avec Mme Y..., l e tribunal d'instance a vi olé les dispositions de l' article L. 213-
1 du code rural et de l a pêche maritime, de l 'article L. 211-11 du code de l a consommation et de l'article 1147 du code ci vil ;
33

Ma i s attendu, d'abord, qu'ayant relevé que le chien en cause était un être vi vant, unique et irremplaçable, et un animal de compagnie
des tiné à recevoir l 'affection de son maître, sans a ucu ne vocation économique, l e tri bunal, qui a ainsi fait ressortir l 'attachement de
Mme Y... pour s on chien, en a exactement déduit que son remplacement était impossible, au s ens de l'article L. 211-9 du code de la
cons ommation ;

Attendu, ensuite, qu'aya nt retenu que l e défaut de conformité de l 'animal était présumé exister a u jour de s a délivrance,
concomitante à l a vente, s ans que s oit démontrée une a cquisition en connaissance de ca use, l e tri bunal a i mplicitement mais
nécessairement considéré que Mme X..., réputée connaître l e défaut de conformité du bi en vendu en s a qualité de vendeur
professionnel, a vait commis une faute ;

D'où i l suit que le moyen n'est pas fondé ;

Document 10

Cass. com., 15 décembre 2009, n°08-20.522

Attendu, selon l ’arrêt attaqué, que M. X... a fondé l es éditions HSV en 2003 ; que par convention de cession du 30 a vri l 2003, il
a cédé à la société Groupe Fleurus, filiale de la s ociété Média participation Pa ris, 58, 91 % du ca pital de la s ociété HSV avant que les
édi tions Gallimard ne cèdent à leur tour au groupe Fleurus les 41, 09 % restant ; que M. X... a a lors été employé par le groupe Fleurus
pour a ssurer l es fonctions de directeur général délégué de la société HSV devenue Ma ngo ; que M. X... a été licencié ; que le s parties
ont concl u un a ccord portant s ur l es conséquences de l a démission des ma ndats s ociaux de M. X... et définissant l a portée de
l ’engagement de non-concurrence de ce dernier ; que faisant grief à M. X... d’a voi r constitué une s ociété d’édition dénommée Hugo
et ci e et d’avoir fait annoncer l a parution à venir de nombreux ouvrages écrits par des auteurs qui avaient déjà été publiés chez
Ma ngo, l es s ociétés Média participations Paris, Mango et groupe Fleurus l’ont assigné a vec la s ociété Hugo pour violation de son
enga gement de non-concurrence et pour concurrence déloyale ;

Sur l e premier moyen, le deuxième moyen, pris en sa première branche, le troisième moyen, pris en ses deux premières branches
et l e quatrième moyen :

Attendu que ces moyens ne seraient pas de natu re à permettre l ’admission du pourvoi ;

Sur l e troisième moyen, pris en s a troisième branche :

Attendu que les sociétés Média participations Pa ris, Ma ngo et groupe Fleurus font grief à l’arrêt d’avoir rejeté leur demande
tendant à voir condamner la s ociété Hugo et ci e pour concurrence déloyale ;

Ma i s a ttendu que l’arrêt, en dépit de l a formule générale du dispositif qui rejette l eurs demandes ta nt au titre de la violation de
l ’engagement de non-concurrence que pour l a concurrence déloyale, n’a pas statué sur le chef de demande relatif au parasitisme de
l a s ociété Hugo, dès lors qu’il ne résulte pas des motifs de l’arrêt que la cour d’appel l’ait examiné ; que l’omission de st atuer pouvant
être réparée par la procédure prévue à l ’article 463 du code de procédure ci vile, le moyen n’est pas recevable ;

Ma i s s ur l e deuxième moyen, pris en sa deuxième branche :

Vu l ’a rticle 1626 du code civil ;

Attendu que pour rejeter l’action engagée par les sociétés Média participations Pa ris, Ma ngo et groupe Fleurus sur le fondement
d’une violation de la garantie légale d’éviction, l’arrêt retient que, par l’offre de versement de l’indemnité contractuellem ent prévue,
M. X... s ’est dégagé de son obligation de non-concurrence et qu’il est ainsi devenu contractuellement autorisé à exercer les anciennes
a cti vi tés de la s ociété cédée puisqu’en consentant la possibilité de ra chat de l’engagement de non concurrence, l e cessionnaire des
a cti ons a i mplicitement mais nécessairement renoncé à ladite garantie ;

Attendu qu’en statuant ainsi, alors qu’après l’expiration de la clause de non-concurrence, le cessionnaire des actions de la société
Ma ngo demeurait fondé à se prévaloir de la garantie l égale d’éviction, qui interdisait au cédant tout a gissement a yant pour e ffet de
l ’empêcher de poursuivre l ’activi té économique de la s ociété et de réaliser l’objet social, la cour d’appel a vi olé l e texte s usvisé ;

PAR CES MOTIFS, et s ans qu’il y a it lieu de statuer s ur l es a utres griefs :

CASSE ET ANNULE,
34

Séance n° 5 :

Le bail

Préalable :
- Chambre civile 16 août 1882, Bull, n° 178 (Doc. 1)

1/ La formation du bail
 la durée du bail :
- Cass. 3e civ., 18 janvier 1995, n° 92-17702 (Doc. 2) : Bull. civ. III, n° 16 ; Rev. dr. imm.
1995, p. 598, obs. F. Collart-Dutilleul
 la détermination du loyer et sa révision :
- Cass. 3e civ., 8 février 2006, n° 05-10724 (Doc. 3) : Bull. civ. III, n° 25.

2/ La preuve du bail
- Cass. 3e civ., 18 mars 1987, n° 84-14588 (Doc. 4) : Bull. civ. III, n° 54

3/ Les effets du bail


 l’obligation de délivrance du bailleur :
- Cass. 3e civ., 15 décembre 2004, n° 02-20614 (Doc. 5) : Bull. civ. III, n° 239, D. 2005, IR p.
109, obs. Y. Rouquet et panor. p. 751, obs. N. Damas, JCP G 2005, II, n° 10000, concl. A.
Gariazzo ; Def. 2005, p. 638, obs. R. Libchaber ; Revue des contrats 2005, p. 746, obs. J.-
B. Seube.
 l’usage de la chose par le preneur :
- Cass. 3e civ., 6 mars 1996, n° 93-11113 (Doc. 6) : Bull. civ. III, n° 60 ; D. 1997, jur. p. 167,
note B. de Lamy, JCP G 1996, I, n° 3958, § 1, obs. Ch. Jamin, JCP G 1997, II, n° 22764, note
Nguyen Van Tuong ; RTD civ. 1996, p. 1024, obs. J.-P. Marguénaud ; Def. 1996, p. 1432,
obs. A. Bénabent ; Rev. dr. imm. 1996, p. 620, obs. F. Collart-Dutilleul et J. Derruppé
- Cass. 3ème , 9 juillet 2014, n°13-14.802 (Doc. 7) : Loyers et Copropriété, octobre 2014,
n°231, obs. B. Vial-Pedroletti
 la responsabilité du preneur en cas d’incendie :
- Cass. 3è civ., 23 juin 2015, n°14-18.072 (Doc. 8) : Loyers et Copropriété, septembre 2015,
n°185, obs. B. Vial-Pedroletti

Exercice :
Commenter le document n° 1
35

Document 1

Chambre civile 16 août 1882, Bull, n° 178

Sur l e moyen unique du pourvoi ;

Vu l es a rticles 1302 et 1733 du Code ci vil ;

Attendu qu'il résulte du rapprochement des articles 1709, 1711 et 1713 du Code ci vil que l es règles générales applicables au louage
des biens i mmeubles, l e s ont également a u l ouage des biens meubles, a utant qu'elles sont compatibles avec l a nature des chose s ;
qu'i l suit de là qu'au cas d'incendie le locataire des meubles détruits ou détériorés, placés sous la présomption légale de faute, ne
peut s 'exonérer de l a responsabilité qui lui i ncombe, qu'à la condition de prouver, dans l es termes de l'article 1733, même code, que
l 'i ncendie est a rrivé par cas fortuit, vi ce de construction ou force majeure, ou qu'il a été communiqué par une maison voisine ;

Attendu qu'en décidant le contraire, et en admettant le locataire à faire la preuve de faits tendant à établir exclusivement que les
meubles loués a vaient péri dans l 'incendie du 2 a vril 1875, s ans son fait et sans sa fa ute, l'arrêt dénoncé a fait une fausse application
de l 'article 1302 du Code ci vil, et formellement vi olé les dispositions de l'article 1733 s usvisé :

Document 2

Cass. 3e civ., 18 janvier 1995, n°92-17702

Sur l e moyen unique :

Vu l es a rticles 1709 et 1737 du Code ci vil ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Rennes, 13 ma rs 1992), que, s uivant acte a uthentique en date du 27 novembre 1981, M me X... a
donné un i mmeuble à bail aux époux Y... à compter du 1 er janvier 1982 et jusqu’au décès des preneurs ; qu’elle a donné congé à
cha cun des époux pour l e 24 juin 1989 ;

Attendu que, pour déclarer l es congés va lables et ordonner l ’expulsion des époux Y..., l ’a rrêt retient que la durée du bail n’est
pa s fixe et déterminable à l ’avance, puisqu’elle dépend d’un événement i nconnu et imprévisible, à savoir l e décès des preneurs, que
cet événement constitue un terme contractuel dont l ’échéance est incertaine et qu’il ne peut donc être considéré que l e contrat de
l oca tion comportait une durée déterminée ;

Qu’en s tatuant ainsi, alors que le bail, dont le terme est fixé par un événement certain, même si la date de sa réalisation e st
i nconnue, est conclu pour une durée déterminée, la cour d’appel a vi olé l es textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, da ns toutes ses dispositions, l’arrêt rendu l e 13 ma rs 1992, entre les parties, par l a cour d’a ppel de Renne s ;
remet, en conséquence, l a ca use et les parties dans l ’état où elles s e trouvaient a vant l edit a rrêt et, p our être fa it droit, l es renvoie
deva nt la cour d’appel d’Angers.

Document 3

Cass. 3e civ., 8 février 2006, n°05-10724

Attendu, selon les arrêts a ttaqués (Colmar, 12 ma rs 2003 et 27 octobre 2004), que, par actes des 13 et 14 ma rs 1989, les époux
X... et l eur fi lle, Mme X..., ont donné à ba il, pour une durée de neuf a nnées à compter du 1er ma rs 1989, des l ocaux à usage
professionnel à M. Y..., notaire, devenu associé au sein de la société civile professionnelle Y... et Rieg (la SCP) ; que le contrat stipulait,
da ns son article 2, qu’il s e renouvellerait à compter du 1 er ma rs 1998 s ous les mêmes conditions et s tipulations et, dans son article 5,
que l e l oyer pourrait faire l ’objet d’une révision lors du renouvellement ; que le 31 jui llet 1997, M me X... a s i gnifié à l a SCP un congé
a vec offre de renouvellement du bail moyennant l e vers ement d’un nouveau l oyer puis l’a a ssignée en fi xation du loyer du bail
36

renouvelé ; qu’a près avoir ordonné, ava nt dire droit, une expertise, la cour d’appel a fixé l e montant du loyer du bail renouvelé à la
va l eur l ocative déterminée par l’expert ;

(…)

Vu l ’a rticle 1134 du Code ci vil ;

Attendu que pour fixer le montant du loyer révisé à la valeur locative du bien donné à bail, telle qu’évaluée par l’expert judiciaire,
l ’a rrêt retient que la clause de révision doit être interprétée dans un sens qui lui donne un effet, malgré l’absence de précisions quant
a ux ba ses de fixation du nouveau loyer, et que l ’expert judiciaire a tenu compte de l ’excellente situation de l’immeuble au centre de
Sa verne, de sa configuration et de son bon état d’entretien et a défini sa valeur locative par comparaison a vec des immeubles de
s tructure et de qualité similaires ;
Qu’en s tatuant a insi, alors que l e loyer n’était s oumis à a ucune réglementation l égale et que les juges du fond ne pouvaient se
s ubstituer a ux parties, en désaccord, pour fixer l es modalités de s a révision, la cour d’appel a vi olé l e texte s usvisé ;

PAR CES MOTIFS (…) ;

CASSE ET ANNULE, da ns toutes ses dispositions, l ’arrêt rendu le 27 octobre 2004, entre l es parties, par la cour d’appel de Colmar
; remet, en conséquence, la ca use et l es parties dans l’état où elles s e trouvaient a vant l edit a rrêt et, pour être fait droi t, les renvoie
deva nt la cour d’appel de Nancy ;

Document 4

Cass. 3e civ., 18 mars 1987, n°84-14588

Sur l e moyen unique :

Attendu que l ’existence d’un bail verbal ne pouvant s elon l ’article 1715 du Code ci vi l, en l ’absence de commencement
d’exécution, être prouvé par témoins ou présomptions, alors même qu’il existerait un commencement de preuve par écrit, l’arrê t
qui relève l’absence d’un tel commencement d’exécution, n’avait pas à répondre à des conclusions que cette constatation rendait
i nopérantes ;

Que l e moyen ne saurait être a ccueilli ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi

Document 5

Cass. 3e civ., 15 décembre 2004, n°02-20614

Sur l e moyen unique :

Vu l ’a rticle 1719-1 du Code ci vil dans sa rédaction issue de la loi n° 2000-1208 du 13 décembre 2000, ensemble les articles 6, 20-
1, 40-II et 41-1 de la l oi du 6 juillet 1989 ;

Attendu que le bailleur est obligé, par la nature du contrat, et sans qu’il s oit besoin d’aucune s tipulation particulière, de délivrer
a u preneur la chose l ouée et, s ’il s’agit de son habitation principale, un logement décent ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Amiens, 28 s eptembre 2001), que M me X..., l ocataire, selon un bail du 6 ma i 1983 soumis aux
di s positions de la l oi du 1er s eptembre 1948, de l ocaux d’habitation gérés par l ’Office public d’aménagement et de construction
d’Ami ens (l’OPAC) et a ppartenant à la commune d’Amiens, a assigné celle-ci l e 20 décembre 1999 pour la faire condamner à remplir
s on obligation de délivrance en effectuant les tra vaux nécessaires à l ’approvisionnement des lieux en eau courante ;

Attendu que pour débouter Mme X... de cette demande, l ’arrêt retient que l e loyer du l ogement classé en ca tégorie IV a été
déterminé en considération de ce classement, que Mme X... a été i nformée de ce qu’il ne sera pas possible de faire installer l’eau
coura nte, que l ’OPAC l ui avait fait une proposition de relogement qu’elle avait refusé ;
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Qu’en s tatuant ainsi, alors que l’exigence de la délivra nce au p reneur d’un logement décent i mpose s on alimentation en eau
coura nte, la cour d’appel a vi olé l e texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, da ns toutes s es dispositions, l ’arrêt rendu l e 28 s eptembre 2001, entre l es parties, par l a cour d’appel
d’Ami ens ; remet, en conséquence, l a ca use et l es pa rties dans l ’état où elles s e trouvaient a vant l edit a rrêt et, pour être fai t droit,
l es renvoie devant la cour d’appel de Douai ;

Document 6

Cass. 3e civ., 6 mars 1996, n°93-11113

Sur l es deux moyens, réunis :

Attendu que l’Office public d’aménagement et de construction de la ville de Paris (OPAC) fait grief à l ’arrêt attaqué (Paris, 19
novembre 1992) de l e débouter de sa demande en résiliation du bail consenti à M me Mel Z..., pour hébergement de tiers, alors, selon
l e moyen, 1° que dès lors que l e bail s tipulait que les l ocaux ne pouvaient être occupés que par l e locataire et s es enfants, ainsi que
l e relève l’arrêt, les juges du fond ne pouvaient considérer, à défaut d’autres circonstances, que le père des deux derniers enfants de
Mme Mel Z... n’était pas un ti ers, d’où i l suit qu’en statuant comme ils l’ont fait l es juges du fond ont vi olé l’article 1134 du Code civil
et, en toute hypothèse, dénaturé l es s tipulations contractuelles en l eur donnant un sens i ncompatible avec leurs termes ; 2° que dès
l ors que l e bail stipulait que le preneur occupera le l ogement exclusivement pour son habitation personnelle ou celle de ses enfants,
pour a jouter qu’il était i nterdit au preneur de prendre des initiatives pouvant avoir pour objet ou pour effet de mettre l’Office en
prés ence d’un autre occupant, les juges du fond, en statuant comme ils l’ont fait, ont vi olé l’article 1134 du Code ci vil et, en tout cas,
dénaturé l es termes cl airs et précis du ba il du 24 ma rs 1983 ; 3° que s i l ’hébergement peut être l ’exécution d’une obligation
a l imentaire, il n’a pas été constaté, au cas d’espèce, que M me Mel Z... ou s es enfants aient été débiteurs a limentaires de M. Y..., de
s orte que l’arrêt ne peut être considéré comme légalement justifié a u regard des a rticles 205 à 211 du Code ci vil ; 4° que faute d’avoir
cons taté que l’hébergement de Mlle X... éta i t justifié au ti tre de l ’obligation alimentaire, les juges du fond ont privé leur décision de
ba s e légale a u regard des a rticles 205 et 211 du Code ci vil ; 5° que si, en dehors de l’existence d’une obligation alimentaire, le droit à
une vi e familiale peut autoriser l ’hébergement temporaire de tiers, il n’implique pas le droit pour le locataire d’héberger d e façon
perma nente des tiers et ne rend pas illicites les clauses qui interdisent un tel hébergement, d’où il suit que l ’arrêt a été rendu en
vi ol ation des a rticles 6 et 1134 du Code civil ;
Ma i s a ttendu que les clauses d’un bail d’habitation ne pouvant, en vertu de l’article 8.1 de la Convention de sauvegarde des
droi ts de l’homme et des libertés fondamentales, avoir pour effet de priver le preneur de la possibilité d’héberger s es proch es, la
cour d’a ppel qui, pour écarter l ’existence d’un manquement du preneur à s es obligations, a relevé que Mme Mel Z... hébergeait M.
Y..., père de ses deux derniers enfants, ainsi que Mlle X..., s a sœur, a, par ces seuls motifs et s ans dénaturation, l également justifié sa
déci sion ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi.

Document 7

Civ. 3, 9 juillet 2014, n°13-14.802

Sur l e moyen unique :

Vu l es a rticles 1728 et 1741 du code civil ;


Attendu, selon l'arrêt attaqué (Versailles, 29 ja nvier 2013), que l'Office public d'habitation à loyer modéré de Gennevilliers, invoquant
l es manquements de Mme X... et des occupants de son chef à l'obligation d'user paisiblement de la chose louée, a assigné la locataire
en rés iliation du bail du 5 octobre 2005 et en expulsion de tous occupants du l ogement ; que l e tri bunal d'instance a a ccueil li cette
dema nde et ordonné l 'expulsion qui a été exécutée l e 7 a oût 2012 ; Attendu que pour i nfirmer l e jugement, l 'arrêt retient que
pendant l'année suivant l es faits d'agression du 15 juillet 2011, constitutifs d'un manquement grave mais non renouvelé à l'obligation
de joui ssance paisible des l ieux, jus qu'à l 'expulsion, a ucun a utre trouble n'a été reproché à l a l oca taire et que l es a utres faits
cons titutifs d'agressions qui a uraient été commis par l es enfants de Mme X... s e sont déroulés dans des i mmeubles relativemen t
él oignés ;
Qu'en s tatuant a insi, a lors que l e bailleur, tenu d'une obligation d'assurer l a jouissa nce paisible des a utres l ocataires, i nvoquait
l 'a gression commise l e 30 a oût 2012 contre une locataire de l 'immeuble par l es enfants de Mme X..., en présence de celle -ci, la cour
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d'a ppel, qui n'a pas recherché, comme i l l ui était demandé, s i l a répétition de faits de même na ture que ceux dénoncés dans
l 'a ssignation ne rendait pas impossible le maintien des liens contractuels, n'a pas donné de base légale à sa décision

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, da ns toutes s es dispositions, l 'arrêt rendu le 29 ja n vi er 2013, entre l es parties, par l a cour d'appel de Versailles ;
remet, en conséquence, l a ca use et les parties dans l 'état où elles s e trouvaient a vant l edit a rrêt et, pour être fait droit, l es renvoie
deva nt la cour d'appel de Versailles, a utrement composée

Document 8

Civ. 3, 23 juin 2015, n°14-18.072


Attendu, selon l 'arrêt attaqué (Poitiers, 26 mars 2014), que M. et Mme X... ont donné à bail à M. et Mme Y... une maison d'ha bitation
qui a , en cours de bail, été détruite par un i ncendie ; qu'ils ont assigné M. et Mme Y... et leur assureur, la société Ma tmut assurances,
en i ndemnisation des conséquences de l 'incendie non réparées par l eur propre assureur ;

Sur l e moyen unique du pourvoi i ncident, ci -après annexé, qui est préalable :

Attendu qu'ayant relevé que le rapport établi par la société Elex, tech nicien mandaté par l 'assureur de M. X..., mentionnait que le
ga ra ge s ous-toiture distincte était utilisé comme l ieu de s tockage de mobilier, ce qui confirmait l 'allégation des l ocataires en faveur
d'une utilisation du garage par l es bailleurs pour stocker du mobilier leur appartenant et que l e bail ne mentionnait pas le garage
comme i nclus dans l es locaux donnés en location, la cour d'appel, qui en a déduit que le propriétaire -bailleur a vait conservé l'usage
excl usif d'une partie de la maison et que la présomption de l'article 1733 du code civil ne trouvait donc pas à s'appliquer, a légalement
jus ti fié sa décision ;

Ma i s s ur l e moyen unique du pourvoi principal :

Vu l es a rticles 1733 et 1734 du code civil ;

Attendu que, pour condamner M. Y... et s on a ssureur à payer la quote-part de l 'indemnité correspondant à la va leur l ocative de
l 'i mmeuble donné en l ocation, l 'arrêt retient qu'en ra ison de la pluralité d'occupants et s 'agissant d'un i ncendie dont ni l'origine ni le
l i eu exact où il a pris naissance ne sont déterminés, tous les locataires ou assimilés, dont le propriétaire ayant conservé l 'usage exclusif
d'une partie de l a maison, en sont responsables proportionnellement à la va leur l ocative de l a partie de l'immeuble qu'ils occupent,
et qu'en l 'espèce, la va leur l ocative du garage représentant 1, 40 % de l a va leur l ocative de l'ensemble contre 98, 60 % pour la partie
occupée par M. Y..., ce dernier et son assurance doivent supporter 98, 60 % du montant de la réclamation complémentaire des époux
X... ;

Qu'en statuant ainsi, alors que le locataire ou, s'ils sont plusieurs, tous les locataires sont présumés responsables de l'incendie et que
cette présomption cesse d'exister lorsque le propriétaire de l'immeuble occupe une partie des locaux dans les mêmes conditions
qu'un locataire, la cour d'appel, qui n'a pas ti ré les conséquences légales de ses propres constatations, a vi olé les textes susvisés ;
PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, en toutes s es dispositions, l'arrêt rendu le 26 ma rs 2014, entre les parties, par la cour d'appel de Poitiers ; remet,
en cons équence, la ca use et les parties dans l 'état où elles se trouvaient a vant ledit a rrêt et, pour être fait droit, l es re nvoie devant
l a cour d'appel de Poitiers, autrement composée ;
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Séance n° 6 :

Le prêt

1/ Le prêt à usage ou commodat

- Cass. 1re civ., 19 novembre 1996, n° 94-20446 (Doc. 1) : Bull. civ. I, n° 407 ; D. 1997, jur. p.
145, note A. Bénabent ; Les Petites affiches 1998, n° 10, p. 18, note D. Poracchia
- Cass. 1re civ., 3 février 2004, n° 01-00004 (Doc. 2) : Bull. civ. I, no 34 ; D. 2004, jur. p. 903,
note C. Noblot ; JCP E 2004, p. 831, note M. Garnier ; Def. 2004, p. 1452, note Crône;
Contrats, conc. consom. 2004, comm. no 53, note L. Leveneur ; RTD civ. 2004, p. 312, obs. P.-
Y. Gautier ; Revue des contrats 2004, p. 647, obs. Ph. Stoffel-Munck et p. 714, obs. J.-B. Seube
- Cass. 1re civ., 10 mai 2005, n° 02-17256 (Doc. 3) : Bull. civ. I, no 204 ; D. 2005, p. 2439, note
Y. Dagorne-Labbe ; Contrats, conc. consom. 2005, comm. no 163, note L. Leveneur
- Cass. 1re civ., 3 juin 2010, n° 09-14633 (Doc. 4) : D. 2010, act. jur. p. 1554, note G. Forest ;
JCP G 2010, no 983, §2, p. 1859, obs. P. Grosser, et no 1146, p. 2162, note M. Mekki ; RTD civ.
2010, p. 557, note B. Fages
- Cass. 1re civ., 30 septembre 2015, n°14-25.709 (Doc. 5) : D. 2015, p. 2350, n. A. Etienney-de
Sainte Marie

2/ Le prêt de consommation

- Cass. Com. 24 mai 2016, n° 14-25.921 (Doc. 6) :


- Cass. 1re civ., 28 mars 2000, n° 97-21422 (Doc. 7) : Bull. civ. I., n° 105 ; D. 2000, jur. p. 482,
note S. Piedelièvre et somm. p 358, obs. Ph. Delebecque ; D. 2001, somm. p. 1615, obs. M.-
N. Jobard-Bachellier ; D. 2002, somm. p. 640, obs. D. R. Martin ; JCP G 2000, II, n° 10296,
concl. J. Sainte-Rose ; JCP N 2000, p. 1270, note Y. Lochouarn ; Def. 2000, p. 720, obs. J.-L.
Aubert ; Contrats, conc. consom. 2000, comm. no 106, note L. Leveneur
- Cass. 1re civ., 7 mars 2006, n° 02-20374 (Doc. 8) : 10109, note S. Piedelièvre ; Contrats, conc.
consom. 2006, comm. no 128, note L. Leveneur ; Rev. Lamy dr. civ. 2006/33, no 2292 p. 5,
note M.-P. Viret ; RTD com. 2006, p. 460, note D. Legeais ; Revue des contrats 2006, p. 778,
obs. P. Puig ; Dr. & patr. 2006, n° 152, p. 90, obs. Ph. Stoffel-Munck.
- Cass. 1ère civ., 9 février 2012, n°10-27.785 (Doc. 9) : D. 2012 p. 487, obs. X. Delpech, RDC
2012, p. 824, J. Klein, Pano. 2012, Ph. Delebecque
- Civ. 1ère, 10 septembre 2015, n° 14-17772 (Doc. 10)

Exercice :
Commentez l’arrêt qui vous aura été indiqué par votre chargé de travaux dirigés
40

Document 1

Cass. 1re civ., 19 novembre 1996, n°94-20446

Sur l e moyen unique :

Vu l es a rticles 1888 et 1889 du Code ci vil ;

Attendu qu’il résulte de la combinaison de ces textes que l e prêteur à usage ne peut retirer l a chose prêtée qu’après l e terme
convenu, ou, à défaut de convention, qu’après que l e besoin de l’emprunteur a it cessé ;

Attendu que Charles Leininger a reçu par donation de s es parents un immeuble dans l equel, a près l eur décès, il a autorisé son
frère, M. Frédéric Leininger, à occuper, à ti tre gratuit, un a ppartement ; que Charles Leininger est décédé en 1977 ; que ses héritiers,
l es consorts Leininger, ont, en a oût 1990, dema ndé que M. Frédéric Leininger l ibère l es l ieux ; que celui-ci s ’y est refusé en se
préva lant de ce que s on frère l ui aurait consenti un prêt à usage jusqu’à s on décès ; que l ’arrêt attaqué a fait droit à la demande des
cons orts Leininger ;
Attendu que, pour s tatuer ainsi, l a cour d’appel a retenu que M. Frédéric Leininger ne rapporte pas la preuve que le logement
a i t été mis à sa disposition pour un besoin déterminé requérant une certaine durée ; que le prêt à usage litigieux a été fait pour une
durée indéterminée de sorte que, conformément a u droit commun, le prêteur peut l e résilier à tout moment s ans avoir à ra pporter
l a preuve d’un besoin pressant et i mprévu ;

Attendu qu’en s e déterminant a insi, sans rechercher s i l e besoin de M. Lei ninger a vait cessé, l a cour d’appel n’a pas donné de
ba s e légale à sa décision ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, da ns toutes s es dispositions, l ’arrêt rendu le 1er juillet 1994, entre les parties, par l a cour d’appel de Colmar
; remet, en conséquence, la ca use et l es parties dans l’état où elles s e trouvaient a vant l edit a rrêt et, pour être fait droit, les renvoie
deva nt la cour d’appel de Metz.

Document 2

Cass. 1re civ., 3 février 2004, n°01-00004

Sur l e moyen unique, pris en sa première branche :

Vu l es a rticles 1875 et 1888 du Code ci vil ;

Attendu que l’obligation pour le preneur de rendre la chose prêtée a près s’en être servi est de l ’essence du commodat ; que
l ors qu’aucun terme n’a été convenu pour l e prêt d’une chose d’un usage permanent, sans qu’aucun terme naturel soit prévisible , le
prêteur est en droit d’y mettre fin à tout moment, en respectant un délai de préavis raisonnable ;

Attendu que pour rejeter la demande des consorts X... tendant à la résiliation du contrat verbal en vertu duquel un apparteme nt
dont i ls sont propriétaires avait été mis à la disposition de M. Frédéric X..., l ’arrêt attaqué, rendu sur renvoi après cassation (1ère
cha mbre ci vile 19 novembre 1996 bull n° 407) reti ent que le besoin de l ’emprunteur pour la satisfaction duquel s on frère l’avait
a utorisé, en 1976, à occuper gra tuitement l ’appartement où avaient vécu l eurs parents, n’était pas de nature économique mais
a ffective, et qu’il ne s aurait être déduit de la s ituation matérielle actuelle de M. Frédéric X... que ce besoin avait pris f in ;Qu’en
s ta tuant ainsi, la cour d’appel a vi olé l es textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS, et s ans qu’il y a it lieu de statuer s ur l es a utres branches du moyen :

CASSE ET ANNULE, da ns toutes s es dispositions, l’arrêt rendu l e 27 s eptembre 2000

Document 3

Cass. 1re civ., 10 mai 2005, n°02-17256

Sur l e moyen unique :


Vu l es a rticles 1875 et 1888 du Code ci vil ;
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Attendu que l ’obligation pour l e preneur de rendre la chose prêtée a près s ’en être s ervie est de l ’essence du commodat ; que
l ors qu’aucun terme n’a été convenu pour l e prêt d’une chose d’un usage permanent, sans qu’aucun terme naturel soit prévisible, le
prêteur est en droit d’y mettre fin à tout moment, en respectant un délai de préavis raisonnable ;

Attendu que pour rejeter l a demande de M. X... tenda nt à l a résiliation du contrat en vertu duquel un a ppartement dont il est
propri étaire avait été mis à la disposition de sa fille, M me Y..., l ’a rrêt a ttaqué retient que M. X... ne jus tifiait pas d’un besoin imprévu
et pres sant, alors que celle-ci établissait s e trouver dans une situation financière difficile ;

Qu’en s tatuant ainsi, la cour d’appel a vi olé les textes s usvisés ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, da ns toutes s es dispositions, l’arrêt rendu l e 5 ma rs 2002, entre les parties

Document 4

Cass. 1re civ., 3 juin 2010, n°09-14633

Sur l e moyen unique :

Vu l ’a linéa 6 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, l es articles 11 de la Convention européenne des droits de
l ’homme, et 1er du 1er protocole additionnel à cette convention, ensemble les a rticles 544, 1875 et 1888 du code ci vil ;

Attendu que l ’obligation pour l e preneur de rendre la chose prêtée après s ’en être s ervi est de l’essence même du commodat ;
que l orsqu’aucun terme n’a été convenu pour l e prêt d’une chose d’un usage permanent, sans qu’un terme naturel s oit prévisible, le
prêteur est en droit d’y mettre fin à tout moment, en respectant un délai de préavis raisonnable ; que le respect de l’exerci ce effectif
des libertés s yndicales, autres que celles propres à l a fonction publique terri toriale, ne crée a ucune obligation a ux communes de
cons entir des prêts gra cieux et perpétuels de locaux de leur domaine privé ;

Attendu que l a commune de Châ teauroux, qui a va it prêté des l ocaux fa i sant pa rtie de s on domaine pri vé à l ’Union
départementale des syndicats CGT de l’Indre, à l’Union interprofessionnelle des syndicats CFDT de l’Indre et à l’Union départementale
des syndicats Force ouvrière de l’Indre, a informé ces dernières de sa décision de résilier ces prêts, puis les a assignées e n expulsion
;

Attendu que pour rejeter ces demandes, l ’arrêt a ttaqué, a près a voir constaté que chacune des trois unions s yndicales avait
di s posé d’un délai de préavis raisonnable pour quitter les lieux, a retenu que cela ne suffisait pas à justifier la résiliation des prêts
l i tigieux, s auf à considérer comme de simples particuliers soumis a ux règles normales du prêt à usage, des organisations syndicales
exerça nt une activité reconnue d’intérêt général et protégée comme telle par l e préambule de la Constitution d u 4 octobre 1958, les
di s positions du code du tra vail, et par l ’article 11 de la Convention européenne des droits de l’homme, que pour être effecti f, le droit
d’exercer cette a ctivité devait s ’accompagner de mesures concrètes telles que l a mise à dispositi on de l ocaux et d’équipement
i ndispensables pour pouvoir organiser des réunions et tenir des permanences, qu’en fixant de nouvelles conditions d’occupation des
l oca ux, contraires à une tra dition de gratuité et i nadaptées à l a ca pacité financière des trois s yndicats, s ans leur faire en outre une
offre de relogement, la commune de Châteauroux ne l eur permettait plus de remplir normalement leurs missions d’intérêt généra l
et porta it ainsi directement atteinte au droit d’exercer librement une a ctivi té syndicale ;

En quoi la cour d’appel a vi olé les textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, da ns toutes s es dispositions, l ’arrêt rendu le 26 ma rs 2009, entre l es parties, par l a cour d’appel de Bourges
; remet, en conséquence, la ca use et l es parties dans l’état où elles s e trouvaient a vant l edit a rrêt et, pour être fait droit, les renvoie
deva nt la cour d’appel d’Orléans ;

Document 5

Cass. 1re civ., 30 septembre 2015, n°14-25.709

Attendu, s elon l 'arrêt a ttaqué (Paris, 10 juillet 2014), recti fié le 4 s eptembre 2014, que MM. X..., Y..., Z..., A..., B..., C..., D..., E..., F...,
G..., H..., J..., K..., L..., M..., N..., O..., P..., Q..., R..., S..., T..., U..., V..., W..., XX... et YY..., tous résidents du foyer que gère à Meaux la
s oci été Sonacotra, de venue l a société Adoma, ont assigné celle-ci a fin qu'il l ui s oit fait i nterdiction de s upprimer la mise à leur
di s position d'une salle pour la pratique du culte musulman ;
Sur l e moyen unique, pris en s es troisième et quatrième branches :
42

Attendu que l es résidents font grief à l 'arrêt de rejeter l eurs demandes et d'ordonner l eur expulsion de l a salle litigieuse, alors,
s elon l e moyen :

1°/ que, dans un contrat de prêt à usage, l e prêteur ne peut, en l'absence de terme convenu, retirer la chose prêtée qu'après
qu'elle a s ervi à l 'usage pour lequel elle a été empruntée, sauf s 'il survient a u prêteur un besoin pressant et i mprévu de sa chose ;
qu'en affirmant au contraire que l a société Adoma n'avait pas à justifier d'un besoin pressant et imprévu pour reprendre un bien
qui a urait été prêté dans l e cadre d'un commodat sans terme convenu, la cour d'appel a vi olé les a rticles 1888 et 1889 du cod e civil
;

2°/ que, dans un contrat de prêt à usage, l e prêteur ne peut, en l'absence de terme convenu, retirer la chose prêtée qu'après
qu'elle a s ervi à l 'usage pour lequel elle a été empruntée, sauf s 'il survient a u prêteur un besoin pressant et i mprévu de sa chose ;
qu'en retenant que la s ociété Adoma justifiait devoir faire des tra vaux de réhabilitation du foyer de Meaux, sans ca ractériser a insi
un « bes oin pressant et imprévu », s eul de nature à permettre la résiliation unilatérale d'un commodat sans terme convenu, la cour
d'a ppel a privé sa décision de base l égale au regard des a rticles 1888 et 1889 d u code civil ;

Ma i s a ttendu qu'ayant retenu que la libre disposition d'une salle pour l a pratique du culte musulman relevait d'un prêt à usage qui
n'a va it aucun terme convenu ni prévisible, la cour d'appel en a exactement déduit que la s ociété Adoma, propriétaire des lieux,
pouva it y mettre fin en respectant un délai de préavis ra isonnable, sans devoir justifier d'un besoin pressant et imprévu de la chose
prêtée ; que le moyen n'est pas fondé ;

Sur l e moyen, pris en s es cinquième, sixième et septième branches :

Attendu que l es résidents font le même gri ef à l'arrêt, alors, s elon l e moyen :

1°/ que toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; que la fermeture de la salle de prière par la société
Adoma constitue une a tteinte directe à la liberté de cultes des résidents de confessions musulmanes qui en disposaient depuis 1971
; qu'en décidant l e contraire, la cour d'appel a violé l es a rticles 1er de la loi du 9 décembre 1905 concernant la s éparation des Eglises
et l 'Eta t, et 9 de la Convention de s auvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

2°/ que da ns l eurs conclusions récapitulatives et responsives, l es résidents faisaient va loir que « s e rendre à la mosquée de Meaux
pour l es a ppelants exige des tra jets en tra nsport en commun de 20 mi nutes en ra ison de ci nq fois par jour ; cel a exige 4 euros aller-
retour, ci nq fois par jour, s oit 20 euros par jour car beaucoup d'entre eux s ont â gés et ne peuvent s'y rendre à pied » ; qu'en ne
s 'expliquant pas précisément sur ce point qui démontrait que, pour les résidents du foyer Adoma « en situation précaire », la privation
d'un l ieu de culte connu de tous dans la résidence et maintenu dans cette destination depuis plus de quarante a ns, allait porter une
a ttei nte excessive à l eur droit de pra tiquer l eur religion, la cour d'appel a privé sa décision de base l égale a u regard des a rticles 1er
de l a loi du 9 décembre 1905 concernant la séparation des Eglises et l'Etat, et 9 de la Convention de sauvegarde des droits de l'homme
et des libertés fondamentales ;

3°/ que, dans leurs mêmes conclusions récapitulatives et responsives, les résidents fa isaient valoir que « l eur chambre ne leur
permet pas de prier dans de bonnes conditions, chacune d'elle mesurant 1, 75 mètre de largeur et 4, 40 mètres de l ongueur où se
trouvent à l oger un lit, une table, une a rmoire et un frigo » ; qu'en ne répondant pas à ce moyen, l a cour d'appel a violé l 'article 455
du code de procédure ci vile ;

Ma i s attendu que l 'arrêt relève que la société Adoma n'est pas en charge d'assurer a ux résidents l a possibilité matérielle d' exercer
l eur culte et constate que ceux-ci peuvent pratiquer l a religion musulmane sans utiliser la salle de prière, qui fa cilite seulement leur
pra ti que religieuse ; que l a cour d'appel en a justement déduit que l a société n'a pas porté a tteinte à une l iberté fondamentale en
déci dant l a fermeture de cette salle pour procéder à des trava ux de modernisation et de sécurisation ;

Et a ttendu que les première et deuxième branches du moyen ne sont manifestement pas de nature à entraîner l a cassation ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi ;
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Document 6

Cass. Com. 24 mai 2016, n° 14-25.921

Vu l es a rticles 1108 et 1126 du code civil ;

Attendu qu'il résulte de ces textes que l'objet dont l'absence est sanctionnée par la nullité de la convention s'entend de l'objet de
l 'obligation que renferme cette convention, et non de l'objet du contrat ;

Attendu que pour a nnuler l es contrats de prêts de titres, l 'arrêt, après a voir constaté que ces contrats s ont régis par l es dispositions
de l a loi du 17 juin 1987 modifiée, et énoncé qu'il résulte de l'article 31 c) de cette loi que le prêt de titres est soumis aux articles
1892 à 1904 du code ci vil, c'est-à-dire a u droit commun des prêts de consommation, retient que ces prêts, par opposition a ux prêts
à us age, entraînent un transfert de propriété des titres à l 'emprunteur, que dans l'opération de prêt de titres, le prêteur doit pouvoir
di s poser des ti tres puisque l e contrat de prêt a un ca ractère translatif de propriété, et que ce contrat, conclu entre profes sionnels,
es t un contrat consensuel qui se forme par l e simple échange des consentements l equel s uffit à tra nsférer la propriété ; qu'il retient
encore que l'obligation dominante autour de laquelle s'organise l'économie de la convention de prêt de titres suppose que le prêteur
s oi t propriétaire de ces derniers pour pouvoir en transférer temporairement la propriété ; qu'il relève que la société GPG n'était pas,
préa lablement à la signature du contrat, propriétaire des titres qu'elle prêtait à la Ca isse des dépôts et consignations, les espèces
remi ses par cette dernière en garantie ayant servi à lever l es titres ; qu'il en déduit que la convention l iant les parties est nulle, faute
d'objet ;

Qu'en statuant ainsi, alors que l'objet de l'obligation du prêteur de ti tres, tel qu'il était stipulé aux termes du contrat -cadre et des
confi rmations, résidait dans la mise à disposition de titres qui existaient et étaient i dentifiés l ors de la signature de ces conventions,
et non dans l e tra nsfert de propriété de ces titres qui n'était qu'un effet de leur remise, la cour d'appel a vi olé les textes s usvisés ;

Document 7

Cass. 1re civ., 28 mars 2000, n°97-21422

Attendu que Daniel X... a a cheté, le 21 févri er 1992, à l a société Sanlaville, du matériel a gricole qui devait être fourni pa r la
s oci été Fiatgeotech, l e financement du prix devant être assuré à ha uteur de 700 000 fra ncs par un prêt consenti par l a s ociété UFB
Loca bail ; qu’aux termes du contrat, l ’UFB Locabail s ’est engagée à verser directement à la s ociété Sanlaville le montant du prêt sur
s i mple a vis qui lui serait fait par l e vendeur de la livraison du matériel, sous condition, notamment de l ’adhésion de Daniel X... à une
a s surance-vi e à souscrire a uprès de la compagnie UAP Collectives aux droits de laquelle se trouve la s ociété Axa collectives, qui a
repri s l’instance en ses lieu et place ; que Daniel X... a yant fait parvenir le 31 mars 1992 à l’UFB Locabail le dossier d’adhésion à la
ga ra ntie d’assurance s ur l a vi e, l a société Sanlaville a a dressé, le 22 jui n suivant, à l ’UFB l e bon de l ivraison du matériel ; que Daniel
X... es t, entre-temps, décédé a ccidentellement le 4 jui n 1992 ; qu’une contestation étant née sur la qualité du matériel livré et l’UFB
Loca bail a yant dénié devoir fi nancer l ’opération, l es héritiers X... ont a s signé l a s ociété Sa nlaville, prise en l a personne de son
l i quidateur judiciaire et l ’UFB Locabail pour faire prononcer la résiliation de la vente et, subsidiairement, condamner l ’UFB à verser à
l a s ociété Sanlaville le montant du prêt ;

Sur l e premier moyen, pris en s es quatre branches :

Attendu que l’UFB Locabail fait gri ef à l’arrêt a ttaqué (Grenoble, 1 er octobre 1997), d’a voir jugé que le contrat de financement
s ouscrit par Daniel X... l ’obligeait à payer la s omme convenue à s es héritiers, a lors, selon l e moyen, en premier l ieu, qu’il ressort de
l ’a rrêt que l ’UFB n’ayant ja mais remis l es fonds fa isant l ’objet du contrat de prêt à Daniel X... a va nt l a date de l ivraison du matériel,
l e contrat de prêt ne s’était pas formé, l a cour d’appel a vi olé l ’article 1892 du Code ci vil ; a l ors, en deuxi ème l ieu, que l e contrat de
prêt éta i t conclu i ntuitu personae dès l ors que l e prêteur s ’engageait en considération des possibilités de remboursement de
l ’emprunteur, de s orte qu’en condamnant néanmoins l ’UFB à exécuter l e contrat de prêt i nitialement conclu a u bénéfice de Daniel
X... a u profit des a yants-cause de ce dernier, l a cour d’appel n’a pas ti ré les conséquences l égales de ses constatations, violant ainsi
l ’a rticle 1122 du Code civil ; a l ors, en troisième lieu, que l’article 6 du contrat de prêt s tipulait que les sommes restant dues par
l ’emprunteur devi endraient immédiatement exigibles en cas de décès de ce dernier et l’article 10 de l’acte prévoyait qu’en ca s de
décès de l’emprunteur avant remboursement de toutes les sommes dues a u prêteur, il y a urait solidarité et indivisibilité entre ses
héri tiers, de s orte qu’en s e fondant s ur ces clauses qui impliquaient que l es fonds a vaient été préalablement remis à l’emprunteur
a va nt son décès, pour ca ractériser une obligation de l’UFB de verser des fonds au profit des héritiers, la cour d’appel s’est fondée sur
un moti f inopérant et a privé sa décision de base légale a u regard de l’article 1134 du Code ci vil ; et a lors, en quatrième l ieu, que les
fonds que l’UFB s’était engagée à verser à Daniel X... ne l ui ayant jamais été remis, l ’engagement de l’établissement financier ne
pouva it s ’analyser qu’en une promesse de prêt dont l ’inexécution, à l a supposer fa utive, ne pouvait donner lieu qu’à l’alloca tion de
domma ges-intérêts, de s orte qu’en condamnant néanmoins l ’UFB à exécuter s on engagement résultant de la promesse de prêt en
44

l ui imposant de verser aux ayants-droit de Daniel X... l es sommes qui y étaient visées, la cour d’appel a violé l es a rticles 1892 et 1142
du même Code ;

Ma i s a ttendu que le prêt consenti par un professionnel du crédit n’est pas un contrat réel ; que l ’arrêt attaqué, qui relève que la
proposition de fi nancement a va it été s i gnée pa r Da niel X... et que l es conditions de ga ranties dont elle éta it a ssortie étaie nt
s a tisfaites, retient, à bon droit, que la s ociété UFB Locabail était, par l ’effet de cet accord de vol onté, obligée au paiement de la
s omme convenue ; d’où il s uit que l e moyen qui n’est pas fondé en sa première branche, est i nopérant en s es trois a utres branches
;

Et s ur l e s econd moyen pris en ses trois branches :

Attendu que l’arrêt relève que l e prêteur, concepteur du fi nancement a uquel l’emprunteur était i nvité à a dhérer, avait mis en
pl a ce une « situation lacunaire » où l’emprunteur pourrait être engagé personnellement sans être couvert, du fait du prêteur, par
l ’a ssurance pour laquelle lui avaient été préalablement tra nsmis tous les documents réclamés ; que par ces motifs non critiqués, dont
el le a pu déduire l’existence d’une faute de la part du prêteur, l a cour d’appel a légalement justifié sa décision ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi.

Document 8

Cass. 1re civ., 7 mars 2006, n°02-20374


Attendu que M. X... a , en décembre 1998, a ssigné Mme Y... en remboursement de sommes d’argent dont elle aurait été débitrice
à ti tre de prêt pour des montants de 80 000 fra ncs s elon reconnaissance de dette du 14 ja nvier 1994 et de 100 000 fra ncs payés e n
févri er 1997 a u moyen de deux chèques ; que l ’arrêt attaqué (Versailles, 12 s eptembre 2002) a rejeté ses demandes ;

Sur l e premier moyen, pris en s es deux branches :

Attendu que M. X... fa i t gri ef à l ’a rrêt d’a voir rejeté s a demande tendant a u pa iement d’une s omme résultant de la
reconnaissance de dette datée du 14 ja nvier 1994, a lors, selon l e moyen :

1 / que l a convention n’en est pas moins valable quoi que la cause n’en soit pas exprimée ; qu’il ressort de cette disposition que
l e créancier peut s olliciter l ’exécution de l’obligation sans a voir à établir l a cause de l ’engagement du débiteur envers lui et qu’il
a ppartient audit débiteur qui veut se soustraire à son obligation de ra pporter lui-même la preuve de l’absence de cause ; qu’il s’ensuit
qu’en déboutant M. X... a u motif qu’il n’établissait pas la ca use de l’obligation s tipulée, la cour d’appel a vi olé l ’article 1132 du Code
ci vi l , ensemble l ’article 1315 du même code ;

2 / qu’en i nfirmant l e jugement entrepris a u prétexte que M. X... ne prouverait pas l e versement d’une s omme correspondant
a u prêt allégué au motif que le prêt était un contrat réel et que pour exister i l supposait la remise d’une chose, la cour d’appel a violé
l es a rticles 1134 et 1892 du Code ci vil ;

Ma i s attendu que l e prêt qui n’est pas consenti par un établissement de crédit est un contrat réel qui s uppose la remise d’une
chos e ; que la cour d’appel qui constate que M. X... ne ra pportait pas la preuve du versement de la somme litigieuse, a, sans inverser
l a charge de la preuve, l également justifié s a décision ;

Sur l e s econd moyen, tel qu’énoncé au mémoire en demande et reproduit en annexe :

Attendu que, a bstraction faite du motif erroné mais s urabondant cri tiqué par l e moyen, l’arrêt retient que les chèques émis par
M. X... ne pouvaient fa ire preuve, même à ti tre de commencement de preuve, du prêt i nvoqué par l ui ; que l e moyen ne peut être
a ccueilli ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi ;

Document 9

Cass. 1re civ, 9 février 2012, n°10-27.785


45

Sur le moyen unique

Vu l'article 1315 du code civil

Attendu, selon l'arrêt attaqué, que les époux X..., aujourd'hui divorcés, ont souscrit le 31 octob re 1987 une
reconnaissance de dette au bénéfice de Mme Y... ainsi rédigée : "Par les présentes M. et Mme X... agissant
et s'obligeant conjointement et solidairement entre eux, reconnaissent devoir bien et légitimement à Mme
Odette Y... la somme de cinq cent quatre mille francs (504 000 francs) que Mme Odette Y... leur a prêtée ce
jour. La mise à disposition du prêt devra intervenir le 1er janvier 1988. Laquelle somme, M. et Mme X...
s'obligent solidairement à rembourser, sans intérêt dans un délai de quinze années à compter du 30 janvier
1988 c'est-à-dire au 31 décembre 2003" ; que M. X..., avocat, ayant été placé en redressement judiciaire le
15 octobre 2007, Mme Y... a déclaré sa créance au passif, laquelle a été rejetée par ordonnance du juge
commissaire du 15 juin 2009 ; que l'intéressée a interjeté appel de cette décision

Attendu que pour admettre la créance de Mme Y... au passif de la procédure collective, l'arrêt énonce que la
cause du contrat de prêt étant constituée par la remise de la chose, laque lle est aussi une condition de
formation du prêt demeuré un contrat réel lorsqu'il a été consenti par un particulier, il incombe à
l'emprunteur d'établir que le prêteur ne lui a pas remis les fonds, qu'il n'appartient pas au prêteur de
rapporter la preuve de la remise des fonds, dès lors qu'en matière de prêt consenti par un particulier la
reconnaissance de la dette fait présumer la remise des fonds

Qu'en statuant ainsi, alors qu'il résultait de ses constatations que la remise des fonds avait été fixée pa r les
parties au 1er janvier 1988, ce dont il se déduisait que le contrat de prêt n'étant pas définitivement formé à
la date de la reconnaissance de dette litigieuse, celle-ci ne pouvait faire présumer la cause de l'obligation de
l'emprunteur prétendument constituée par cette remise, la cour d'appel a violé le texte susvisé
PAR CES MOTIFS
CASSE ET ANNULE, mais seulement en ce qu'il admet la créance de Mme Y... à hauteur d'une somme de 118
061,84 euros à titre chirographaire, l'arrêt rendu le 23 septembre 2010, entre les parties, par la cour d'appel
d'Aix-en-Provence ; remet, en conséquence, sur ce point, la cause et les parties dans l'état où elles se
trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Montpellier

Document 10

Civ. 1ère , 10 septembre 2015, n° 14-17772

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Paris, 28 février 2014), que, suivant offre préalable acceptée le 13 juin 2007,
la société Financo (la banque) a consenti à M. et Mme X...un prêt d'un montant de 32 000 euros destiné à
financer l'acquisition et l'installation d'une éolienne vendue par la société France éoliennes ; que ceux -ci ont
assigné la banque et Mme Y..., ès qualités, aux fins de voir prononcer la résolution du contrat de vente et la
caducité du contrat de prêt ;

Sur le moyen unique du pourvoi incident, qui est préalable :

Attendu que la banque fait grief à l'arrêt de constater la résolution du contrat de prêt après avoir prononcé
celle du contrat de vente, alors, selon le moyen :

1°/ que sont exclus du champ d'application du chapitre relatif aux crédits à la consommation les prêts d'un
montant supérieur à 21 500 euros ; que la cour d'appel a constaté que l'offre préalable de crédit n'était pas
soumise aux dispositions du code de la consommation compte tenu du montant du crédit accordé ; d'où il
suit qu'en décidant que la résolution du contrat principal entraînait la résolution du contrat de crédit, quand
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la banque rappelait cependant dans ses conclusions qu'il ne saurait y avoir lieu à résolution du contrat faute
de disposition analogue en droit commun à celle du droit consumériste, la cour d'appel n'a pas tiré les
conséquences légales de ses propres constatations et a violé les articles L. 311-3, L. 311-20 et D. 311-1 du
code de la consommation dans leur rédaction applicable au litige ;

2°/ que la cause de l'obligation de l'emprunteur résidant dans la mise à disposition du montant du prêt, viole
l'article 1131 du code civil la cour d'appel qui constate la résolution du contrat de prêt, non soumi s aux
articles L. 311-3, L. 311-20 et D. 311-1 du code de la consommation dans leur rédaction applicable au litige,
en conséquence de la résolution du contrat principal de vente, quand bien même le prêt litigieux eût été
affecté à l'achat d'un bien déterminé, dès lors qu'il n'était pas prétendu que le vendeur et le prêteur avaient
agi de concert ;

Mais attendu que la cour d'appel, qui n'a pas appliqué les dispositions du code de la consommation, a fait
ressortir l'indivisibilité des contrats litigieux en énonçant, d'une part, que le contrat de crédit était l'accessoire
du contrat de vente auquel il était subordonné, d'autre part, que l'emprunteur avait attesté de l'exécution
du contrat principal afin d'obtenir la libération des fonds par le prêteur, lequel avait mis ceux-ci à la
disposition du vendeur ; qu'elle en a justement déduit que la résolution du contrat principal emportait
l'anéantissement du contrat accessoire ;
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Séances n os 7 et 8 :

Le contrat d’entreprise

1/ La qualification de contrat d’entreprise :


 Contrat d’entreprise et vente :
- Cass. 1re civ., 14 décembre 1999, n° 97-19620 (Doc. 1) : Bull. civ. I, no 340
- Cass. 1re civ., 27 novembre 2001, n° 99-13133 (Doc. 2) : Contrats, conc. consom. 2002,
comm. no 42, note L. Leveneur

2/ Le régime du contrat d’entreprise :


 La détermination du prix :
- Cass. 1re civ., 28 novembre 2000, n° 98-17.560 (Doc. 3) : Bull. civ. I, no 305 ; JCP G 2001,
I, n° 301, §11, obs. F. Labarthe ; Contrats, conc. consom. 2001, comm. no 38, note L.
Leveneur

 La nature de l’obligation de l’entrepreneur :


- Cass. 3e civ., 24 juin 1987, n° 86-11920 (Doc. 4) : Bull. civ. III, n° 133
- Cass. 1re civ., 20 décembre 1993, n° 92-11.385 (Doc. 5) : Bull. civ. I, n° 376 ; RTD civ. 1994,
p. 611, obs. P. Jourdain

 Obligation de conseil et de renseignement de l’entrepreneur :


- Cass. 1re civ., 5 novembre 1996, n° 94-21.975 (Doc. 6) : Bull. civ. I, n° 369 ; RTD com.
1997, p. 497, obs. B. Bouloc

3/ La sous-traitance :
 la clause « sous-traitance interdite » :
- Cass. com., 4 mars 2008, n° 07-11790 (Doc. 7) : Bull. civ. IV, no 53; D. 2008, act. jur. p.
844, obs. X. Delpech et 2009, panor. p. 975, obs. H. Kenfack ; JCP G 2008, II, n° 10079,
note L. Guignard ; Rev. Lamy dr. civ. 2008/49, no 2975, p. 16, obs. C. Le Gallou ; Dr. et
patr. 2009, n° 178, p. 132, obs. L. Aynès et Ph. Stoffel-Munck ; Contrats, conc. consom.
2008, no 172, obs. L. Leveneur ; RTD civ. 2008, p. 490, obs. P. Jourdain ; RTD com. 2008,
p. 845, obs. Bouloc ; Revue des contrats 2008, p. 750, obs. G. Viney et p. 848, obs. Ph.
Delebecque

 l’agrément par le maître de l’ouvrage :


- Cass. 3e civ., 10 décembre 2014, n° 13-24.892 (Doc. 8) : D. 2015 p. 11

 l’action directe du sous-traitant contre le maître de l’ouvrage :


- Cass. 3e civ., 10 juillet 1996, n° 94-22085 (Doc. 9) : Bull. civ. III, n° 179

 l’action directe du maître de l’ouvrage contre le sous-traitant :


- Cass. ass. plén., 12 juillet 1991, n° 90-13602 (Doc. 10) : Bull. AP n° 5 ; D. 1991, jur. p. 549,
note J. Ghestin et somm. p. 321, n° 11, obs. J.-L. Aubert ; D. 1992, somm. p. 119, n° 19,
obs. A. Bénabent ; JCP G 1992, II, n° 21743, note G. Viney
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Document 1

Cass. 1re civ., 14 décembre 1999, n°97-19620

Attendu que l a société Bretagne hydraulique (la s ociété) a procédé à la fourniture et à l’installation de deux nouveaux moteurs
s ur l e navire de pêche de M. X... ; qu’à la suite d’avaries de l’installation, celui-ci a assigné en responsabilité la société qui a demandé
l e paiement de s es factures de travaux et fournitures ;

Sur l e premier moyen, pris en s es trois branches :

Attendu que la s ociété fait gri ef à l ’arrêt a ttaqué (Rennes, 2 jui llet 1997) d’a voir a ccueilli la demande de M. X..., a lors, selon le
moyen, d’une part, que constitue un contrat de vente la convention portant sur une chose fournie par l’entrepreneur, laquelle répond
en outre à des ca ractéristiques déterminées par a vance et ne présente a ucune particularité ; que la cour d’appel qui a consta té que
l a s ociété avait fourni les moteurs litigieux à M. X..., en vue de les installer dans le système hydraulique du navire a ppartenant à celui-
ci , a , en décidant que la convention en cause n’était pas un contrat de vente, vi olé les articles 1582 et 1787 du Code ci vil ; alors,
d’a utre part, que l e marché conclu est une vente, et non un contrat d’entreprise, dès l ors que la va leur de la ma tière première est
s upérieure à celle du tra vail ; qu’en se bornant à relever dans l e contrat litigieux une « pa rt élevée » de petites fournitures et de
ma i n-d’œuvre s ans a utrement préciser l ’importance respective de la main-d’œuvre et de la matière fournie, la cour d’appel a privé
s a décision de base l égale au regard des textes précités ; a lors, enfin, que la cour d’appel a affirmé qu’il résultait des « documents »
vers és aux débats que les moteurs litigieux a uraient été installés conformément aux besoins du donneur d’ordre sans préciser le
contenu de ces documents, ni les analyser, même s ommairement, de façon à faire apparaître en quoi ces documents révélaient que
l es tra vaux auraient été effectués par référence à des exigences précises et spécifiques du client de la société Bretagne hydraulique,
de s orte que la cour d’appel a méconnu les exigences de l’article 455 du nouveau Code de procédure ci vile ;

Ma i s a ttendu, sur la première et la deuxième branches, que la cour d’appel a relevé qu’il résultait des factures émises par la
s oci été chargée de l ’entretien du na vire de M. X..., depuis pl usieurs a nnées, que cel le-ci a vait reçu commande d’une nouvelle
i ns tallation comprenant la fourniture de moteurs et la pose de ceux-ci sur le navire ; qu’elle a retenu qu’il s’agissait de procéder à
l ’i nstallation de ceux-ci dans le système hydraulique, conformément aux règles de l’art et aux besoins du donneur d’ordre ; que la
cour d’a ppel qui a fait a insi ressortir que l e contrat portait non s ur des choses déterminées à l ’avance mais sur un tra vail spécifique
des tiné à répondre aux besoins particuliers exprimés par le donneur d’ordre en a exactement déduit que la convention ne constituait
pa s un contrat de vente ; qu’il en résulte donc qu’il s’agissait d’un contrat d’entreprise ;

Attendu, s ur l a troisième branche, que contrairement a ux a llégations du moyen, l a cour d’appel n’a pas dit que l e fait que le s
moteurs litigieux avaient été i nstallés conformément aux besoins du donneur d’ordre résultait des documents versés a ux débats ;

D’où i l s uit que le moyen, qui manque en fait en sa troisième branche, n’est fondé en aucune de ses a utres branches ;

Sur l e deuxième moyen, pris en s es neuf branches : (sans i ntérêt) ;

Sur l e troisième moyen : (s ans intérêt) ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi.

Document 2

Cass. 1re civ., 27 novembre 2001, n°99-13133

Attendu, selon l ’arrêt déféré (Fort-de-France, 22 ja nvier 1999), que l a Société d’aménagement du périmètre i rrigué du Sud-Est
(SAPISE), qui a vait reçu du département une concession d’exploitation de la ressource en eau, a conclu avec l a Société martiniquaise
des eaux (SEM), délégataire du Syndicat i ntercommunal du Sud de l a Martinique pour l ’alimentation en eau potable, une convention
porta nt sur l a fourniture à cette dernière d’une certaine quantité d’eau brute moyennant une rémunération tri mestrielle ; que la
SAPISE, qui avait dénoncé la convention, a néanmoins continué à lui fournir l a même quantité d’eau ; qu’après avoir été placée en
l i quidation judiciaire, M. X... éta nt nommé liquidateur, la SAPISE a assigné la SEM en paiement d’une certaine somme a u titre des
fourni tures d’eau pour une certaine période et en fixation judiciaire du prix de vente de l’eau pour la même période ; que la cour
d’a ppel a rejeté la demande ;
49

Sur l e premier moyen :

Attendu que l a SAPISE reproche à l ’arrêt d’avoir a insi statué, a lors, selon le moyen, que l a qualification d’un contrat repos e sur
l a détermination de la prestation la plus importante effectuée par le débiteur, que l’objet de la prestation est défini non par référence
à l a seule lettre du contrat mais aussi aux opérations réellement effectuées pour parvenir à la livra ison promise, que la livraison d’eau
brute s uppose des opérations matérielles antérieures telles que le pompage en l’espèce dans la ri vière La Lézarde et l’acheminement
s ur l e l ieu du traitement qui à l ’évidence constituaient l ’essentiel du tra vail de la SAPISE et étaient la cause de sa rémuné ration, l’eau
en elle-même ne lui coûtant rien, que la convention du 31 décembre 1979 a vait d’ailleurs fixé le prix du mètre cube d’eau uniquement
pa r référence aux frais de gestion et d’entretien de la station de pompage située sur la rivière La Lézarde, qu ’en décidant en l’état de
ces éléments que l’opération devait être considérée comme une vente et non comme un contrat d’entreprise, l ’arrêt attaqué a violé
l ’a rticle 1134 du Code ci vil ;

Ma i s a ttendu que la cour d’appel, qui a relevé que l’objet du contrat n’était pas l ’exécution d’un tra vail mais la fourniture par la
SAPISE à l a SEM d’une chose de genre, à savoir une certaine quantité d’eau, moyennant un prix constitué par une s omme d’argent,
déterminable à échéances régulières, en a à bon droit déduit qu’une telle convention était une vente ; que le moyen n’est pas fondé
;

Et s ur l e s econd moyen :

Attendu que l a SAPISE reproche encore à l’arrêt d’avoir rejeté sa demande tendant à l ui payer une somme de 5 000 000 francs
de dommages-intérêts, alors, selon le moyen, que des données du débat et des conclusions d’appel de la SAPISE, il résultait que cette
s oci été, liée à l ’autorité publique par un contrat de concession qui l’obligeait à fournir à la SEM 200 l i tres d’eau par seco nde afin
d’a l imenter l es consommateurs en eau potable, était privée de ce fait de l’exception d’inexécution et du droit de cesser ses livraisons
à l a SEM, qu’elle ne disposait donc d’aucun moyen de contraindre la SEM de conclure une convention nouvelle à un prix raisonnable
; que, de son côté, la SEM jouissait, du même fait, de la possibilité de refuser de conclure cette convention sans encourir le moindre
ri s que de ne pas être approvisionnée en eau, qu’en ne recherchant pas si le fait pour l a SEM de profiter de ce l ien de dépend ance
juri dique en refusant s ystématiquement toutes les nouvelles propositions de la SAPISE ne constituait pas une fa ute de nature à
enga ger s a responsabilité, l ’arrêt attaqué a vi olé l’article 1382 du Code ci vil ;

Ma i s a ttendu que, procédant à la recherche prétendument omise, la cour d’appel a relevé qu’il ne pouvait être fait grief à la
SEM d’a voi r commis une faute en s’abstenant de signer une nouvelle convention avec l a SAPISE dans la mesure où cette dernière ne
jus ti fie pas l ui avoir a dressé des propositions raisonnables a uxquelles i l pourrait l ui être reproché de ne pas a voir donné suite ; que
l e moyen n’est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi ;

Document 3

Cass. 1re civ., 28 novembre 2000, n°98-17560

Attendu que l a s ociété JF Le Ba ron, devenue Soci été des ca rri ères de Bi lly, expl oitant une décharge contrôlée d’ordures
ména gères, a conclu a u mois de décembre 1978 une convention a vec l e Syndicat i ntercommunal d’élimination des ordures
ména gères d’Argences (SIDEOM) pour une durée de dix ans renouvelable par ta cite reconduction tous l es deux a ns, un préavis d’un
a n étant prévu en cas de dénonciation par l’une des parties ; que la rémunération de l’exploitant, fixée sur la base de 23 francs la
tonne HT, était révisé chaque a nnée suiva nt une formule stipulée a u contrat, les parties aya nt en outre la faculté de modifier, de
concert, ou, en cas de désaccord, suivant une procédure prévue au contrat, soit le prix de base, soit la formule de révision ; qu’en
1988, a ucun a ccord n’aya nt pu être trouvé sur une demande de modification formée par l a s ociété Les Ca rri ères de Billy, celle-ci a
a vi s é le SIDEOM qu’elle ne pourrait plus recevoir les déchets à compter du 7 décembre 1991 ; que bien que, postérieurement à cette
da te, l es parties n’aient pu se mettre d’accord s ur un pri x, l es livraisons s e s ont cependant poursuivies jusqu’au mois de décembre
1992 ; que la société Les Ca rrières de Billy a assigné le SIDEOM, qui estimait à la somme de 79,97 francs la tonne le prix de s prestations,
en pa iement des s ommes correspondant a u prix de 120 fra ncs la tonne qu’elle fa cturait ;

Sur l e premier moyen :

Attendu que le SIDEOM fait grief à l ’arrêt confirmatif attaqué (Caen, 24 ma rs 1998) d’avoir fait droit a ux demandes de la société
Les Ca rri ères de Billy, a lors, s elon l e moyen, que l a cour d’appel qui a constaté que l a convention i nitiale a vait pris fi n le 7 décembre
1991 du fa it de sa résiliation, qu’il résultait d’une lettre du 12 mars 1992 que la société se réservait le droit d’arrêter l a prise en charge
de déchets, ce dont il se déduisait que la société n’avait contracté aucun nouvel engagement, ne pouvait décider que les relations
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entre l es parties s ’étaient poursuivies dans le ca dre d’un contrat d’entreprise, et a vi olé l es articles 1108, 1134 et 1787 d u Code civil
;

Ma i s a ttendu qu’un a ccord préalable s ur l e montant exact de l a rémunération n’est pa s un élément essentiel du contrat
d’entreprise ; que c’est dès l ors à bon droit que, par motifs propres et a doptés, l ’arrêt qui relève s ouverainement que la poursuite
du dépôt des ordures ménagères, et l’acceptation de celles-ci manifestait l’accord des parties sur le principe de la prestation, en a
déduit qu’elles a vaient conclu un contrat d’entreprise ; que le moyen n’est pas fondé ;

Sur l e s econd moyen :

Attendu qu’il est encore reproché à l ’arrêt d’avoir fait droit aux demandes de la s ociété Les Ca rrières de Billy, alors, selon le
moyen, qu’en fixant le prix uniquement par référence aux ta rifs pratiqués par des entreprises concurrentes, ou encore aux tarifs
pra ti qués par l a s ociété Les Ca rrières de Billy à l ’égard d’autres cl ients, sans rechercher s ’il ne convenait pas de prendre en compte
l a mi ssion de servi ce public qui est celle d’un SIDEOM, l a cour d’appel a privé sa décision de base l égale a u regard des a r ticles 1134
et 1787 du Code ci vil ;

Ma i s a ttendu que c’est par une appréciation souveraine des éléments objectifs ti rés des prix pratiqués s ur le marché qui lui
éta ient s oumis, que la cour d’appel a fixé l e montant de la rémunération due à la s ociété pres tataire de s ervices ; que le moyen ne
peut être a ccueilli ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi.

Document 4

Cass. 3e civ., 24 juin 1987, n°86-11920

Sur l e moyen unique :

Vu l ’a rticle 1134 du Code ci vil ;

Attendu que, pour débouter M. X... de s a demande en paiement du coût de tra vaux de nettoyage de ca nalisations que lui avait
confi és M. Y..., l e jugement a ttaqué (tribunal d’instance de Morta gne-au-Perche, 21 novembre 1985), rendu en dernier ressort,
reti ent que M. X... a va it été chargé de déboucher l es canalisations et que ce résultat n’a pas été obtenu, le fait étant indépendant du
ma uva is état des ouvrages ;

Qu’en s tatuant a insi, sans rechercher si M. X... a va it pris l ’engagement de parvenir a u résultat escompté, le tri bunal d’instance
n’a pa s donné de base légale à sa décision ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE l e jugement rendu, le 21 novembre 1985, entre les parties, par l e tribunal d’instance de Mortagne -au-Perche
; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l ’état où elles se trouvaient avant ledit jugement et, pour être fait droit, les
renvoi e devant l e tri bunal d’instance de Nogent-le-Rotrou

Document 5

Cass. 1re civ., 20 décembre 1993, n°94-21975

Sur l e moyen unique, pris en sa première branche :

Vu l ’a rticle 1789 du Code ci vil ;

Attendu qu’il rés ulte de ce texte que l ’ouvri er, qui fournit s eulement s on tra vail ou s on i ndustrie, n’encourt a ucune
res ponsabilité si la détérioration de la chose ou des matières qu’il a reçues à façonner ne provient pas de sa faute, ce qu’il doit établir
;

Attendu que pour déclarer l a société Scenas responsable de la détérioration d’une veste remise pour nettoyage par M lle X..., le
jugement attaqué énonce que le teinturier, tenu d’une obligation de rés ultat, devait restituer l e vêtement nettoyé et en bon état,
51

qu’i l a pris la responsabilité de nettoyer ce vêtement sans fa ire de réserves s ur l es risques de l ’opération et qu’il ne ra pp orte pas la
preuve d’un événement de force majeure de nature à l ’exonérer ;

Attendu qu’en statuant ainsi, alors que le teinturier, l ocateur d’ouvrage, peut se libérer en prouvant qu’il n’a commis aucun e
fa ute, ce que la société Scenas invoquait en produisant un ra pport amiable du Centre technique de la teinturerie et du nettoyage
duquel il résultait que les reflets rougeâtres constatés après le nettoya ge étaient le résultat des salissures révélées par l e nettoyage,
qui l es avaient éliminées sans " faire disparaître le problème ", l e Tri bunal a vi olé le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, da ns toutes s es di spositions, l e jugement rendu l e 3 décembre 1991, entre l es pa rties, par l e tribunal
d’i nstance de Montargis ; remet, en conséquence, l a ca use et l es parties dans l ’état où elles s e trouvaient a vant l edit jugement et,
pour être fait droit, l es renvoie devant l e tri bunal d’instance d’Orléans.

Document 6

Cass. 1re civ., 5 novembre 1996, n°94-21975

Sur l e moyen unique, pris en s es deux branches :

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Rennes, 13 octobre 1994), que M. Y..., a yant fait effectuer des changements de pièces sur son
véhi cule Mercédès par l e garage Josselin automobile, exploité par M. X..., a fa i t a ssigner ce dernier en paiement des fra is de remise
en éta t de son véhicule dont le moteur a été mis hors d’usage un mois a près ces opérations ;

Attendu que M. Y... fa i t gri ef à l ’arrêt a ttaqué de l ’avoir débouté de ses demandes, alors, d’une part, qu’il appartient aux juges
du fond de former leur conviction à partir des moyens allégués par l es parties et de l a motiver ; qu’en s e bornant à constater que la
fa cture et l e carnet de maintenance établissaient qu’il n’avait pas été procédé à la vi dange complète du véhicule, qui avait roulé plus
de 60 000 km, et en déclarant ensuite, par une simple affirmation, que l a " preuve n’est pas rapportée par l ’appelant qu’un ordre de
s ervi ce portant sur ladite vi dange a été expressément donné a u garagiste ", l a cour d’appel a vi olé l’article 455 du nouveau Code de
procédure civile ; a l ors, d’autre part, que l ’obligation de conseil du professionnel i mpose à s on débiteur une charge plus l ourde que
l a simple obligation de renseignement et d’information sur la prestation qui lui est demandée ; qu’alors même que la révision des 60
000 km ne lui aurait pas été réclamée, l e garage Josselin automobile, en tant que technicien spécialiste, avait l’obligation d’attirer
l ’a ttention de s on cl ient sur la nécessité de procéder a ux opérations de maintenance correspondant à cette étape ;

Ma i s a ttendu, d’une part, que les juges du fond, a ppréciant souverainement les éléments de preuve qui leur étaient soumis, ont
cons taté que la commande de M. Y... était limitée au changement d’un balai d’essuie-glace et de quatre bougies et ne portait pas sur
une révi sion périodique i mpliquant l a vi dange du vé hicule ; qu’i ls ont pu en déduire qu’en l ’absence de commande d’une telle
opéra tion, le ga ragiste n’était pas tenu d’appeler l ’attention de s on client sur l a nécessité d’y procéder ;

D’où i l s uit que le moyen n’est fondé en aucune de s es branches ;

PAR CES MOTIFS :


REJETTE l e pourvoi.

Document 7

Cass. com., 4 mars 2008, n°07-11790

Attendu, selon l ’arrêt déféré, que la s ociété Sony a yant confié l ’acheminement de palettes de matériel Hi -fi à la société Bourgey
Montreuil, cette dernière a confié l’opération à la société tra nsports Joyau (société Joya u) qui, en dépit de l ’interdiction de sous -
tra i tance qui l ui en a été faite par l a s ociété Bourgey Montreuil, a s ous-traité l e tra nsport à la s ociété Raffaelli ; que l a marchandise
a ya nt été dérobée ta ndis que l e ca mion l a tra nsportant était s tationné s ur une a ire d’a utoroute, l a s ociété Générali France
a s surances, a ux droits de l aquelle s e trouve la s ociété Générali IARD (société Générali), s ubrogée dans l es droits de l’ayant droit de
l a ma rchandise pour l ’avoir i ndemnisé, a a ssigné l a s ociété Joyau, qui a a ppelé en ga rantie la s ociété Ra ffaelli, en indemnisation de
s on préjudice ;

Sur l e moyen unique, pris en sa s econde branche :


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Attendu que l a société Générali reproche à l ’arrêt d’avoir condamné l a société Joyau à l ui payer une s omme limitée à 3 854,46
euros, alors, selon le moyen, que constitue une faute lourde le comportement du voiturier qui, en raison de sa gravité, rend prévisible
l a réalisation du dommage ; qu’en écartant la faute lourde de la société Raffaelli après avoir relevé que le véhicule, muni d’une simple
bâ che, contenant du matériel haute fidélité, était resté stationné une nuit complète, sur une aire de stationnement d’autoroute sans
s urveillance, la cour d’appel n’a pas ti ré les conséquences légales qui s’évi nçaient de ses constatations et a vi olé l’article 1150 du
code ci vil ;

Ma i s a ttendu qu’ayant relevé que l e chauffeur de la s ociété Raffaelli a vait garé s on camion s ur une aire d’autoroute qui n’était
pa s réputée dangereuse, à côté de nombreux camions sans qu’aucune information ne lui ait été fournie quant à la nature particulière
des marchandises tra nsportées, la cour d’appel a pu en déduire que la société Raffaelli n’avait commis aucune faute lourde da ns
l ’a ccomplissement de sa mission ; que le moyen n’est pas fondé ;

Ma i s s ur l e moyen relevé d’office, après a vertissement délivré a ux parties :

Vu l es a rticles 1150 du code ci vil et L. 133-1 du code de commerce ;

Attendu que l e tra nsporteur qui a été chargé de tra nsporter une marchandise en s ’étant vu i nterdire toute sous-traitance par
l ’expéditeur et qui s ous-traite l’opération, s e refusant ainsi, de propos délibéré, à exécuter s on engagement, commet une faute
dol osive qui le prive du bénéfice des limitations d’indemnisation que lui ménage l a loi ou l e contrat ;

Attendu que pour limiter la condamnation de la société Joyau à la s omme de 3 854,48 euros, l ’arrêt retient que s’agissant de la
fa ute personnelle qu’aurait commise l a s ociété Joya u en s ous -traitant l ’opération de tra nsport, i l résulte de l a confirmation
d’a ffrètement i ntervenue entre l a s ociété Bourgey et l a s ociété Joya u que s ’il est i ndiqué "s ous -traitance i nterdite" cette seule
menti on non a ssortie de mise en ga rde ni de spécificités quant à la nature particulière des marchandises tra nsportées ne constitue
pa s une obligation essentielle du contrat ;

Attendu qu’en s tatuant ainsi, la cour d’appel a vi olé l es textes s usvisés ;

PAR CES MOTIFS, et s ans qu’il y a it lieu de statuer s ur la première branche :

CASSE ET ANNULE, s a uf en ce que, confirmant l e jugement, i l a donné acte à la s ociété Bourgey Montreuil de s on désistement,
l ’a rrêt rendu le 7 novembre 2006, entre l es parties, par l a cour d’appel de Poitiers ; remet, en conséquence, sur ce point, l a cause et
l es parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Poitiers,
a utrement composée ;

Document 8

Cass. 3e civ., 10 décembre 2014, n°13-24.892

Donne a cte à l a société Secob du désistement de s on pourvoi en ce qu'il est dirigé contre l a société Banque Palatine ;

Sur l e moyen unique :

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Riom, 8 a vri l 2013), que l e syndicat des copropriétaires de l 'immeuble Les Deux Avenues (le s yndicat)
a confi é la réfection de s es « pa rkings » et a i res de ci rculation à l a société Val'étanchéité, laquelle a s ous -traité l e l ot de reprise des
revêtements des places de s tationnement à l a s ociété Colas Rhône-Alpes Auvergne (l a s ociété Colas) ; que cette s ociété, après
production de sa créance à la procédure collective de la société Val'étanchéité placée en redressement judiciaire, a assigné le syndicat
en règl ement de ses tra vaux sur l e fondement de l 'article 14-1 de l a loi du 31 décembre 1975 ; que l e s yndicat a a ppelé en garantie
l a s ociété Secob en qualité de maître d'oeuvre

Attendu que la s ociété Secob fait grief à l 'arrêt de la condamner à garantir l e syndicat de la condamnation prononcée a u profit de la
s oci été Colas, a lors, selon le moyen :

1°/ que l e simple fait que le ma ître d'oeuvre ait été chargé d'une mission de direction et de surveillance du chantier ne peut suffire
à fa ire peser sur lui une obligation de conseil à l'égard du maître de l 'ouvrage relativement à la nécessité de se faire prés enter et
d'a gréer l es sous-traitants ; que seul un mandat expressément donné sur ce point par le maître de l 'ouvrage est de nature à faire
na ître une telle obligation ; qu'en estimant dès l ors que la s ociété Secob, maître d'oeuvre, a vait manqué à s on obligation de conseil
vi s -à-vis du ma ître de l'ouvrage, au s eul motif que le bureau d'études techniques avait a ssumé une « mi ssion de direction et de
s urveillance du cha ntier » et que, « da ns ce ca dre, i l l ui a ppartenait de conseiller l e ma ître de l 'ouvra ge, non s pécialiste de la
cons truction, sur la nécessité de faire présenter et le cas échéant d'agréer l es sous-traitants », la cour d'appel a méconnu les principes
s us visés et a vi olé l 'article 14-1 de la loi du 31 décembre 1975 et l 'article 1147 du code civil ;
53

2°/ que da ns ses écritures d'appel, la s ociété Secob faisait va loir que l e s yndicat des copropriétaires était représenté par le cabinet
La my-Gestrim, qui a gissait en ta nt que professionnel et qui était parfaitement à même d'avertir l es copropriétaires de la nécessité
d'a gréer l es s ous-traitants, a joutant en outre qu'elle n'avait reçu aucune mission à ce ti tre, dans la mesure où elle n'intervenait que
da ns l e ca dre de s on domaine technique particulier, comme tout bureau d'études techniques ; qu'en estimant, pa r motifs adopté s
du jugement qu'elle confirmait, que l e syndicat des copropriétaires, maître de l 'ouvrage, était « non spécialiste de la construction »,
ce dont elle a déduit au profit de celui-ci l 'existence d'un droit à être informé par l e maître d'oeuvre de l a présence de sous-traitants
et de l a nécessité qu'il y a va it à l es agréer, s ans répondre aux conclusions susvisées, l a cour d'a ppel a vi olé l 'article 455 du code de
procédure civile ;

Ma i s attendu qu'ayant, par motifs propres et adoptés, exactement retenu que la société Secob, maître d'oeuvre chargé d'une mission
de s urveillance des tra va ux, a va it pour obligation d'informer l e maître de l 'ouvrage de l a présence d'un s ous -traitant et de lui
cons eiller de s e le faire présenter et, le cas échéant, de l'agréer et de définir les modalités de règlement de ses situations, la cour
d'a ppel, qui n'était pas tenue de répondre aux conclusions de la s ociété Secob que ses constatations rendaient i nopérantes, a pu en
déduire, abstraction faite de motifs erronés mais s urabondants, que la s ociété Secob était tenue à garantie ;

D'où i l suit que le moyen n'est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi ;

Document 9

Cass. 3e civ., 10 juillet 1996,n°94-22085

Sur l e moyen unique :

Vu l ’a rticle 13 de la l oi du 31 décembre 1975, ensemble l es articles 1289 et 1291 du Code ci vil ;

Attendu que l’action directe ne peut vi ser que l e paiement correspondant a ux prestations prévues pa r l e contrat de s ous -traitance
et dont l e maître de l’ouvrage est effectivement bénéficiaire et que les obligations du maître de l ’ouvra ge s ont limitées à ce qu’il doit
encore à l ’entrepreneur principal à la date de la réception de la copie de la mise en demeure prévue à l ’article 12 ;

Attendu, s elon l ’arrêt a ttaqué (Chambéry, 5 octobre1994), que la s ociété Les Terrasses du lac a yant confié la réalisation de travaux
de construction à la société Bâti 73, a été assignée par l e sous-traitant de celle-ci, la société IRB béton, aux droits de laquelle vient la
s oci été L 4 P en pa iement d’un s olde de prix ;

Attendu que, pour condamner l e maître de l’ouvrage à payer une somme s ur l e fondement de l ’action directe de l a l oi sur la sous-
tra i tance, l’arrêt retient qu’il ne peut y a voir compensation avec les pénalités de retard non encore liquidées et les sommes à retenir
pour ma lfaçons ;

Qu’en s tatuant ainsi, sans rechercher si les créances de pénalités de retard et de réparation de malfaçons invoquées n’étaien t pas
certa i nes à la date de réception de la copie de la mise en demeure adressée a u maître de l’ouvrage, l a cour d’appel n’a pas donné de
ba s e légale à sa décision ;
PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, ma i s s eulement en ce qu’il a condamné la s ociété Les Terrasses du lac à payer l a s omme de 180 707 francs à l a
s oci été L 4 P, l ’a rrêt rendu le 5 octobre 1994, entre les parties, par l a cour d’appel de Chambéry ; remet, en conséquence, quant à ce,
l a ca use et les parties dans l ’état où elles se trouvaient ava nt ledit a rrêt et, pour être fait droit, l es renvoie devant l a cour d’appel de
Grenoble.
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Document 10

Cass. ass. plén., 12 juillet 1991, n°90-13602

Sur l e moyen unique :

Vu l ’a rticle 1165 du Code ci vil ;

Attendu que l es conventions n’ont d’effet qu’entre l es parties contractantes ;

Attendu, s elon l ’arrêt a ttaqué, que plus de 10 a nnées après la réception de l’immeuble d’habitation, dont i l a vait confié la
cons truction à M. X..., entrepreneur principal, et dans l equel, en qualité de s ous -traitant, M. Z... a va it exécuté divers travaux de
pl omberie qui s e sont révélés défectueux, M. Y... l es a assignés, l ’un et l ’autre, en réparation du préjudice subi ;

Attendu que, pour déclarer i rrecevables les demandes formées contre le s ous -traitant, l ’arrêt retient que, dans le cas où le
débiteur d’une obligation contractuelle a chargé une autre personne de l’exécution de cette obligation, le créancier ne dispose contre
cette dernière que d’une action nécessairement contractuelle, dans la limite de ses droits et de l’engagement du débiteur substitué
; qu’i l en déduit que M. Z... peut opposer à M. Y... tous les moyens de défense tirés du contrat de construction conclu entre ce dernier
et l ’entrepreneur principal, ainsi que des dispositions légales qui l e régissent, en particulier la forclusion décennale ;

Attendu qu’en s tatuant ainsi, alors que le sous-traitant n’est pas contractuellement l ié au maître de l ’ouvra ge, la cour d’appel a
vi ol é l e texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, ma is s eulement en ce qu’il a déclaré i rrecevable la demande dirigée contre M. Z..., l ’arrêt rendu le 16 janvier
1990, entre l es parties, par la cour d’appel de Na ncy ; remet, en conséquence, quant à ce, la ca use et les parties dans l’état où elles
s e trouvaient a vant l edit arrêt et, pour être fait droit, l es renvoie devant la cour d’appel de Reims
55

Séance n° 9 :

Le mandat

 qualification :
- Cass. com. 16 avril 2013, n°11-24018 (Doc. 1) : CCC 2013, comm. n°152, n. L. Leveneur

 champ d’application :
- Cass. crim 20 mai 2015, n°14-81.147 (Doc. 2) : D. 2015, p. 1419, n. N. Dissaux

 dépassement de pouvoirs par le mandataire :


- Cass. 1re civ., 26 janvier 1999, n° 96-21192 (Doc. 3) : Bull. civ. I, n° 30

 action directe du mandataire substitué contre le mandant :


- Cass. com., 3 décembre 2002, n° 00-18988 (Doc. 4) : D. 2003, jur. p. 786, note B.
Mallet-Bricout ; Defrénois 2003, p. 236, note E. Savaux ; RTD civ. 2003, p. 312, obs. P.-
Y Gautier ; Contrats conc. consom. 2003, comm. n°55, note L. Leveneur

 mandat apparent :
- Cass. 3e civ., 12 mai 2010, n° 08-20.544 (Doc. 5) : Bull. civ. III, no 92; Rev. dr. immob.
2010, p. 379, obs. B. Boubli

 révocabilité du mandat :
- Cass. 1re civ., 5 février 2002, n° 99-20.895 (Doc. 6) : D. 2002, jur. p. 2640, note Y.
Dagorne-Labbe et somm. p. 2838, obs. L. Aynès ; RTD com. 2002, p. 530, obs. B.
Bouloc ; JCP G 2003, II, n° 10029, note D. Martin

 mandat d’intérêt commun :


- Cass. 1re civ. 2 octobre 2001, n° 99-15.938 (Doc. 7) : JCP G 2002, II, n° 10094, note Y.
Dagorne-Labbé ; JCP E 2002, p. 593, note E. Treppoz ; RTD civ. 2002, p. 118, obs. P.-
Y. Gautier ; Contrats conc. consom. 2003, comm. n° 3, note L. Leveneur

 Mandat et dépôt
- Cass. com. 4 juillet 1995, n° 93-12977 (Doc. 8)

 Réforme du droit des contrats, articles 1153 à 1161, 1165 (Doc. 9)

Exercice : quelle pourraient être l’influence de l’ordonnance de réforme sur le


régime du mandat ?
56

Document 1

Com. 16 avril 2013, n°11-24018

Sur l e moyen unique :

Attendu, selon l'arrêt attaqué (Aix-en-Provence, 1er juin 2011),


que, pour l'organisation d'un festival annuel de musique, l'Association culture loisirs musique (l'ASOA) s'est rapprochée en septembre
2007 de l a société Concerts de Valmalete en vue de la participation du vi oloniste M. X... a u concert du 20 juin 2008 ; que le 28 février
2008, l a s ociété Concerts de Va lmalete a adressé à l 'ASOA l e contrat d'engagement que celle-ci devait signer a vec M. X... ; que le 2
a vri l 2008, l a société Concerts de Valmalete a avisé l'ASOA que M. X... ne se rendrait pas au concert ; qu'estimant cette défection
fa utive, l'ASOA a fait assigner l a société Concerts de Valmalete en paiement de dommages -intérêts ;

Attendu que l a société Concerts de Valmalete fait grief à l'arrêt de sa condamnation alors, s elon l e moyen, que ta nt qu'il n'a pas été
enga gé par le producteur d'un spectacle, suivant un contrat de tra vail conforme a ux articles L. 7121-3 du code du tra vail, l'artiste
res te libre de contracter un autre engagement que celui qui l ui a été proposé par ce producteur ; que dès l ors, l'agent artis tique qui
réa lise l e placement de l'artiste ne peut engager sa responsabilité, tant que le producteur n'a pas engagé l'artiste par contrat de
tra va i l, si l'artiste renonce finalement à l'engagement négocié par son seul agent, peu important les motifs de cette renonci ation ;
que pour condamner la s ociété Concerts de Valmalete à payer à l 'ASOA des dommages-intérêts consécutifs à l 'empêchement de M.
X... de pa rticiper a u concert du 20 jui n 2008, l a cour d'appel a considéré que l 'agent s 'était engagé à l'égard de l'ASOA en qualité de
commi ssionnaire ; qu'en statuant ainsi, tandis qu'elle constatait que l'ASOA n'avait pas engagé M. X... pa r un contrat de tra vail en
retournant l e projet de contrat qui lui a vait été a dressé, si bien que le vi oloniste était libre de prendre un autre enga gement et que
l a s ociété Concerts de Va lmalete ne pouva it être tenue d'une quelconque obligation personnelle s usceptible d'engager sa
res ponsabilité, la cour d'appel a vi olé les a rticles L. 7121-3 et L. 7121-10 du code du tra vail, 1984 du code ci vil et L. 132-1, a l inéa 1,
du code de commerce ;

Ma i s a ttendu qu'il résulte des textes invoqués, en l eur version a pplicable aux faits de la cause, que, sauf dispositions particulières du
contra t dont i l incombe à celui qui s'en prévaut de ra pporter la preuve, l 'im presario ou a gent artistique, qui a pour mission d'opérer
l e placement de l 'artiste, agit non comme mandataire de ce dernier mais en qualité d'intermédiaire et, comme tel, est seul te nu des
enga gements qu'il prend à l 'égard des tiers ; que l 'arrêt, qui a s tatué en ce s ens, n'encourt pas le gri ef du moyen ; que celui-ci n'est
pa s fondé ;
PAR CES MOTIFS :
REJETTE l e pourvoi ;
Conda mne la s ociété Concerts de Valmalete aux dépens ;

Vu l 'a rticle 700 du code de procédure civile, rejette les demandes ;

Document 2

Crim. 20 mai 2015, n°14-81.147

Sur l e moyen unique de ca ssation, pris de la vi olation des a rticles 6, § 1, de l a Convention européenne des droits de l 'homme , 1984
du code civil, 131-21, a linéa 2, du code pénal, 591, 593 et 710 du code de procédure pénale et de la règle nul ne plaide par procureur
;

" en ce que l'arrêt a déclaré irrecevable la requête formée par l'association AFER au nom et pour le compte de 55 114 de ses adhérents
;

" a ux moti fs que nul ne plaide par procureur ; qu'il convient de ra ppeler que l 'association AFER, a u ti tre de ses s tatuts, a pour objet
de négocier et de s ouscrire pour l e compte de s es a dhérents des contrats d'assurance groupe a uprès de compagnies d'assurances,
et de promouvoir l 'épargne vol ontaire ; qu'en l 'espèce, quand bien-même l 'association AFER ait reçu mandat de représentation de
cha cun de ses adhérents, il est incontestable que cette dernière entend exercer en l eur l ieu et place l eur droit éventuel à demander
res ti tution de s ommes d'argent placées s ous main de justice, et a uquel ils prétendent i ndividuellement a voir droit à raison de leur
qua lité de vi ctime des agissements frauduleux de MM. B...et C...; qu'en conséquence, cette requête, qui s'appare nte à une « class
a cti on » est i rreceva ble ;

" 1°) a l ors qu'est licite le mandat d'agir en justice au nom et pour l e compte d'un tiers ; qu'en déclarant i rrecevable la re quête formée
pa r l 'association AFER a ux motifs qu'elle entendait exercer a ux « l ieu e t place » de ses adhérents « l eur droit éventuel à demander la
res ti tution de sommes d'argent placées sous main de justice » cependant qu'elle constatait elle-même que l'AFER avait reçu « mandat
i ndividuel, spécial et exclusif de 55 113 de s es a dhérents, agissant pour leur compte », l a cour d'appel a vi olé les textes s usvisés ;
57

" 2°) a l ors que l e ma ndataire à l 'action doit préciser l e nom de s on ma ndant da ns l es a ctes de l a procédure ; qu'en déclarant
i rrecevable l a requête formée par l 'association AFER a u x motifs que nul ne plaide pa r procureur cependant que l a requête en
res ti tution formée par l 'association l 'avait été au nom et pour l e compte de 55 114 a dhérents nommément désignés, la cour d'a ppel
a vi ol é les textes s usvisés ;

" 3°) a l ors que constitue une cl ass action, ou a ction de groupe, l'action engagée au nom d'un groupe de personnes sans que celles -ci
a i ent donné préalablement mandat pour agir ; qu'en l'espèce, il résulte des constatations des juges du fond que l'action avai t été
i ntroduite par l 'association AFER sur le fondement de 55 114 ma ndats qui lui a vaient été préalablement délivrés ; qu'en qualifiant
néa nmoins son a ction de « cl ass action » i llicite, la cour d'appel a vi olé les texte susvisés ;

" 4°) a l ors, qu'en toute hypothèse, toute atteinte a u droi t a u juge ne peut être jus ti fiée que pa r un moti f d'i ntérêt général
proportionné à l'objectif recherché ; qu'en jugeant irreceva ble la requête introduite par l 'association AFER pour le compte d e 55 114
de s es a dhérents quand l e quantum des sommes détournées, par adhérent, était inférieur a u coût d'une procédure judiciaire de
cette nature, excluant ainsi l'exercice indivi duel d'une action en justice, la cour d'appel a porté une atteinte disproportionnée au droit
d'a gir et ainsi vi olé les textes susvisés " ;

Vu l es a rticles 1984 du code ci vil, et 710 du code de procédure pénale ;

Attendu qu'aucun texte n'interdit de donner mandat à un tiers de présenter une requête en restitution dès lors que l 'existence de ce
ma ndat est prouvée et que l e nom du mandant figure dans chaque a cte de procédure effectué par l e mandataire ;

Attendu qu'il résulte de l'arrêt attaqué que l'Association française d'épargne et de retraite (AFER), qui a reçu mandat individuel spécial
et excl usif de 55 114 de s es a dhérents, a saisi la cour d'appel l e 29 décembre 2011, en a pplication de l 'article 710 du code de
procédure pénale, d'une requête en restitution de 24 557 101, 82 euros, somme qui se trouvait s ur les comptes titres et espèces,
ouverts dans les livres de la banque Rothschild, lorsqu'elle a fait l 'objet de la confiscation ordonnée, à titre de peine complémentaire,
à l 'encontre de MM. B...et C..., conda mnés par un arrêt définitif du 10 jui n 2008 pour un a bus de confiance portant notamment sur
ces fonds, l'association s e chargeant de répartir cette s omme entre tous s es mandants, dont elle a produit la l iste et l es mandats ;

Attendu que, pour déclarer cette requête irrecevable, la cour d'appel énonce que nul ne plaide par procureur et que, même si l'AFER
a reçu ma ndat de représenter chacun de ses adhérents, elle entend exercer, en l eur lieu et place, leur droit à demander la restitution
de s ommes placées s ous main de justice, cette demande s 'apparentant à une " class action " ;

Ma i s a ttendu qu'en s tatuant a insi, a lors qu'elle constatait l 'existence d'un ma ndat i ndividuel d'agir en restitution, donné à
l 'a ssociation par chacun des a dhérents nommément désigné, la cour d'appel a méconnu les textes et principe ci -dessus ra ppelés ;

D'où i l suit que la cassation est encourue de ce chef ;

Pa r ces motifs :

CASSE et ANNULE, en toutes ses dispositions, l'arrêt susvisé de la cour d'appel de Paris, en date du 20 ja nvier 2014, et pour qu'il soit
à nouveau jugé, conformément à la l oi,

Document 3

Cass. 1re civ., 26 janvier 1999, n°96-21192

Sur l es deux moyens réunis, pris en l eurs diverses branches :

Attendu, selon les énonciations des juges du fond, que, par acte authentique, dressé le 24 octobre 1991 par la SCP Gros -Gagnière-
Cha mpenois, notaires, l es époux X... s e sont rendus cau tions solidaires et hypothécaires de la société Centrale de gestion du sport à
l a quelle, par l e même a cte, l a Banque Rhône-Alpes (BRA) consentait un prêt ; qu’à cet a cte, ils ont été représentés par un clerc de
nota ire en vertu d’une procuration notariée é tablie l e 23 juillet 1991, a ux termes de laquelle i ls hypothéquaient, en garantie du
remboursement du prêt, un i mmeuble s itué à Seyssinet-Pariset ; qu’après l a mise en l iquidation judiciaire de la s ociété Centrale de
ges tion du s port, l e 20 ma rs 1992, l a BRA a délivré a ux époux X..., l e 17 s eptembre 1993, un comma ndement aux fins de saisie
i mmobilière ; que, se prévalant d’un dépassement de mandat concernant l’étendue de leur engagement ainsi que du comportement
dol osif de la banque, les cautions ont assigné celle-ci aux fins de voir prononcer la nullité de leur ca utionnement ; qu’elles ont appelé
en i ntervention la société de notaires ; que l’arrêt attaqué (Grenoble, 3 s eptembre 1996) les a déboutées de leur action et d it que
l eur engagement de ca ution hypothécaire n’était va lable que sur le bien défini à l ’acte du 24 octobre 1991 et qu’il ne contenait
a ucune obligation personnelle ;
58

Attendu, d’abord, qu’en cas de dépassement de mandat, le mandant demeure tenu pour ce qui a été exécuté conformément au
ma ndat ; que l a cour d’appel a fait une exacte application des dispositions de l ’article 1998 du Code ci vil en décidant que l es époux
X... n’éta ient tenus envers la BRA qu’au titre de leur engagement de caution hypothécaire limité au seul immeuble décrit à l’acte,
conformément au mandat par eux donné ; que les époux X... qui, dans leurs conclusions, ont eux-mêmes admis que seules les clauses
cons enties par l e mandataire en dehors de s es pouvoirs ne pouvaient lier l e ma ndant, ne sont pas recevables à souteni r que le
dépassement de pouvoir ne pouvait être réparé s ans que l ’acte soit remis en cause dans s on ensemble ; qu’ensuite, s ans dénaturer
l es conclusions invoquées, l a cour d’appel a souverainement estimé que la preuve de manœuvres dolosives de la banque n’était pas
ra pportée ; que, s ur l ’affectation du prêt cautionné, destiné a u « fi nancement partiel de tra vaux d’aménagement d’un local... », elle
a retenu qu’il était établi que l a BRA avait crédité l e compte courant de la s ociété le 4 novembre 1991 a près a voir reçu les devis des
tra va ux en date du 3 octobre 1991 représentant la s omme globale de 202 806 fra ncs ; qu’ainsi, et a bstraction faite du motif c ritiqué
pa r l a dernière branche du second moyen, lequel est surabondant, la cour d’appel a l également justi fié s a décision ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi.

Document 4

Cass. com., 3 décembre 2002, n°00-18988

Sur l e moyen unique, pris en s es deux branches :

Attendu, selon l ’arrêt déféré ( Chambéry, 5 juin 2000), que la société Optelec a chargé la société Delacourt de dédouaner des
bobi nes électriques en provenance de Tunisie et de les tra nsporter à destination et lui a versé une provision ; que la société Delacourt
a cha rgé la société Ziegler France, commissionnaire agrée en douane, du dédouanement, s e réservant le tra nsport ; que la société
Del acourt ayant été mise en liquidation judiciaire, la société Zi egler a demandé à la s ociété Optelec l e paiement du dédouane ment ;

Attendu que la s ociété Zi egler reproche à l ’arrêt d’avoir rejeté sa demande en re mboursement des ta xes, frais et droits qu’elle
a va i t payés pour l e compte de l a s ociété Optelec l ors des opérations de dédouanement des marchandises i mportées par cette
derni ère, alors, selon le moyen :

1 ) que l’action directe personnelle dont dispose le mandataire substitué contre le mandant en remboursement de ses avances et
frais peut être exercée dans tous les cas, que la substitution ait été ou non autorisée et que le dit mandataire substitué ne peut se voir
opposer, à cette occasion, par le mandant, les paiements faits par lui à son mandataire d’origine, même si ces paiements sont
antérieurs à l’exercice par le mandataire substitué des droits propres qu’il tient du deuxième alinéa de l’article 1994 du Co de civil ;
qu’en rejetant la demande de la société Ziegler France, au prétexte que la créance du mandataire d’origine sur le mandant était
éteinte, la cour d’appel a violé le texte précité ;

2 ) que ne constitue pas une faute de nature à priver le commissionnaire substitué de son action directe contre le mandant le fait
de ne pas agir d’urgence contre le mandataire principal dont rien ne laisse supposer qu’il connaissait des difficultés financ ières ; qu’en
tout état de cause, la prétendue négligence du mandataire substitué à réclamer le montant de ses avances et frais n’est pas de nature
à le priver de l’action directe qu’il est en droit d’exercer contre le mandant ; qu’en statuant comme elle a fait, la cour d’ appel a violé
l’article 1994 2 du Code civil ;

Ma i s a ttendu qu’après avoir énoncé que si le mandataire substitué dispose d’une action directe contre le mandant d’origine pour
obtenir l e remboursement de s es a va nces, cette a ction ne peut toutefois être exercée qu’a utant que l ’action du mandataire
i ntermédiaire n’est pas elle-même éteinte, l ’arrêt retient que l a s ociété Delacourt a reçu l es fonds destinés a u paiement des droits
de dédouanement et que l ’extinction de sa créance sur la s ociété Optelec fait obstacle à l’action directe dont cette dernière fait
l ’objet ; qu’ainsi, abstraction faite du motif surabondant critiqué par la seconde branche, la cour d’appel a appliqué à bon droit le
texte i nvoqué ; que le moyen n’est pas fondé ;
PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi ;

Document 5

Cass. 3e civ., 12 mai 2010, n° 08-20.544

Attendu, s elon l ’arrêt a ttaqué (Rennes, 18 s eptembre 2008), que, pa r un a cte du 12 décembre 2000, l es époux X... ont confié à
l ’EURL Atel ier d’a rchitecture Y... (EURL) une mi s sion compl ète de ma îtrise d’œuvre porta nt s ur l a cons truction d’une maison
59

i ndividuelle ; que l’EURL a yant été mise en l iquidation judiciaire, M. Y... a poursuivi sa mission par l ’intermédiaire d’une nouvel le
s tructure, l’Atelier d’architecture Vecteur 4 ; que l e lot charpente bois, menuiseries extérieures, menuiseries bois et clois ons sèches
a été confié à M. Z..., l e lot revêtement de s ols s cellés à la société CRM, l e lot peinture à la société Claire Pare et l e lot électricité à M.
A...; que l es époux X... ont pris possession de leur maison le 26 ja nvier 2002 ; que l a société CRM a yan t réclamé un solde s ur marché,
une expertise a été ordonnée ; qu’a près expertise, l a s ociété CRM a a ssigné les époux X... et l a s ociété Vecteur 4 en paiement d’un
s ol de dû s ur ma rché ; que l ’instance a été reprise par M. B..., l i quidateur de l a s ociété CRM ; que M. Z..., l a s ociété Cl air Pa re et M.
A...ont a s signé a ux mêmes fins l es époux X..., M. Y... exerça nt à l’enseigne Vecteur 4, M. C..., ès qualités de liquidateur d e l ’EURL, et
l a s ociété Mutuelle des architectes fra nçais (MAF) ;

Sur l e premier moyen :

Attendu que l es époux X... font gri ef à l’arrêt de l es condamner à payer à M. Z...la s omme de 29 097, 53 euros et de condamne r
M. Y... à l es garantir de cette condamnation, seulement à hauteur de l a somme de 25 932, 27 euros , de l es condamner à payer à M.
A...l a s omme de 6 184, 13 euros et de condamner M. Y... à l es garantir de cette condamnation s eulement à hauteur de la somme de
11, 96 euros , de les condamner à payer à M. B..., ès qualités de mandataire à la liquidation judiciaire de la société CRM, la somme de
21 676, 14 euros , de l es condamner, in s olidum avec M. Y..., à pa yer à M. B..., ès qualités, la somme de 5 865, 92 euros et de dire que
M. Y... devra it l es garantir de l a totalité de l a condamnation de 5 865, 92 euros a lors, s elon l e moyen, qu e s i la ra tification confère
rétroa ctivement un pouvoir a u ma ndataire aya nt dépassé s on ma ndat, elle n’implique pas que ce pouvoir a it été bien exercé ; que
l es époux X... a ya nt reproché à l ’architecte ma ndataire de n’avoir pas conçu un ouvrage respectant l ’enveloppe financière fixée au
contra t, l a cour d’appel a exclu l a garantie du mandataire par l ’effet rétroactif de la ra tification, celle -ci emportant a pprobation par
l es mandants de la gestion du mandataire ; qu’en statuant ainsi, quand la ra tification opérée interdisait aux mandants seulement de
contester l ’absence de pouvoir du mandataire, et non d’imputer à faute la qualité de sa gestion du coût des tra vaux de construction,
l a cour d’appel a vi olé les articles 1985 et 1998 du code ci vil ;

Ma i s attendu que la cour d’appel a exactement retenu que l’effet rétroactif de la ra tification emportant approbation de la gestion
du ma ndataire, les époux X..., ma ndants, ne disposaient d’aucun recours contre celui-ci ;

D’où i l s uit que le moyen n’est pas fondé ;

Sur l e deuxième moyen :

Attendu que les époux X... font grief à l’arrêt de les condamner à payer à M. Z...la s omme de 29 097, 53 euros, de condamner M.
Y... à l es garantir de cette condamnation seulement à hauteur de la somme de 25 932, 27 euros, de l es condamner à payer à M. A...la
s omme de 6 184, 13 euros , de condamner M. Y... à l es garantir de cette condamnation seulement à hauteur de la s omme de 11, 96
euros, de condamner l es époux X... à pa yer à l a s ociété Cl air Pa re la s omme de 6 159, 81 euros , d e condamner M. Y... à l es garantir
de cette condamnation s eulement à hauteur de l a somme de 173, 42 euros , de l es condamner à payer à M. B..., ès qualités de
ma ndataire à la liquidation judiciaire de la s ociété CRM, l a somme de 21 676, 14 euros, de condamner l es époux X..., in solidum avec
M. Y... , à pa yer à M. B..., ès qualités, la s omme de 5 865, 92 euros et de dire que M. Y... devra it l es garantir de la total ité de la
conda mnation de 5 865, 92 euros , alors, selon le moyen :

1° / que la croyance du tiers dans les pouvoirs du mandataire n’est légitime que si les circonstances l’autorisent à ne pas en vérifier
l’étendue ; que pour accueillir les demandes en paiement des locateurs d’ouvrage, l’arrêt retient que ces professionnels du b âtiment
pouvaient légitimement croire aux pouvoirs concédés à l’architecte, qui avait signé les marchés allégués en sa qualité de maître
d’ouvrage délégué ; qu’en statuant ainsi, tout en constatant que l’architecte avait, en s’appropriant la qualité de maître d’ ouvrage
délégué, outrepassé sa qualité et contrevenu à l’article 36 du décret du 20 mars 1980 portant code des devoirs professionnels des
architectes, la cour d’appel qui n’a pas tiré les conséquences légales de ses propres constatations, a violé les articles 198 5 et 1998 du
code civil, ensemble l’article 36 du décret du 20 mars 1980 portant code des devoirs professionnels des architectes ;

2° / que la croyance légitime du tiers à l’étendue des pouvoirs du mandataire s’apprécie au jour de la conclusion de l’acte allégué
; que pour accueillir les demandes en paiement des locateurs d’ouvrage, l’arrêt retient que ces derniers pouvaient légitimem ent croire
aux pouvoirs concédés à l’architecte en raison de la ratification par les maîtres de l’ouvrage de marchés similaires ; qu’en statuant
ainsi, sans préciser si les marchés ratifiés l’étaient rétroactivement déjà au jour de la conclusion des contrats allégués, la cour d’appel
n’a pas mis la Cour de cassation en mesure d’exercer son contrôle, et n’a pas satisfait aux exigences de l’article 455 du cod e de
procédure civile ;

3° / que la croyance légitime du tiers à l’étendue des pouvoirs du mandataire s’appréciant au jour de la conclusion de l’acte, en
retenant que les locateurs d’ouvrage pouvaient légitimement croire aux pouvoirs concédés à l’architecte en raison des règleme nts
partiels intervenus et de la présence des maîtres de l’ouvrage aux réunions de chantier, et en statuant en considération ainsi de faits
qui, postérieurs aux marchés allégués, ne pouvaient justifier l’existence à cette date d’un mandat apparent, la cour d’appel a violé les
articles 1985 et 1998 du code civil ;

4° / que le devoir de conseil d’un architecte comporte l’obligation pour lui de concevoir un ouvrage respectant l’enveloppe
financière fixée par le maître de l’ouvrage ; que pour écarter la demande des maîtres de l’ouvrage tendant à être garantis pa r
l’architecte du marché forfaitaire passé par lui avec la société Clair Pare pour la somme de 5 986, 39 euros, l’arrêt retient que
l’apparence a été créée par l’EURL Christian Y... , qui a disparu ; qu’en statuant ainsi, sans rechercher, comme l’y invitaie nt ses propres
constatations, si le suivi et la validation par M. Y... des travaux réalisés par l’entreprise ne justifiaient pas qu’il soit condamné à garantir
60

personnellement ces travaux qui excédaient l’enveloppe financière fixée au contrat, la cour d’appel a privé sa décisio n de base au
regard de l’article 1147 du code civil ;

Ma i s a ttendu qu’ayant constaté que les marchés avaient été signés par M. Y... en qualité de maître d’ouvrage délégué et, sans se
fonder sur des faits postérieurs a ux marchés allégués, que l es époux X... a va ient ra tifié certains marchés, réglé des situations et
éta ient présents aux côtés du maître d’œuvre a u cours des réunions de chantier, la cour d’appel, qui, s ans être tenue de procéder à
une recherche que ses constatations rendaient i nopérante, a pu en déduire que l es locateurs d’ouvra ge pouvaient légitimement
croi re que M. Y..., ma ître d’œuvre, était ma ndaté par l es époux X... pour passer l es commandes a ux entreprises en leur nom, a
l également justifié sa décision de ce chef ;

Sur l e troisième moyen :

Attendu que les époux X... font gri ef à l’arrêt de l es débouter de l eur demande de ga rantie formée contre la MAF et de mettre
cel l e-ci hors de ca use alors, selon le moyen, que pour rejeter l’action en garantie formée contre l a Mutuelle des a rchitecte s français,
l ’a rrêt retient que l ’article 36 du code des devoirs professionnels des a rchitectes interdit à ces derniers d’exercer une act ivité de
ma îtri se d’ouvra ge déléguée ; qu’en statuant a insi, quand il résulte de l ’article 2 dudit code que l ’architecte est a utorisé à assister le
ma ître d’ouvrage, et que l’article 36 du même code prévoit seulement que « l ’architecte doit s’abstenir de prendre toute décision ou
de donner tous ordres pouvant entraîner une dépense non prévue ou qui n’a pas été préalablemen t a pprouvée par l e maître
d’ouvra ge », l a cour d’a ppel a vi olé l es articles 2 et 36 du décret du 20 ma rs 1980 porta nt code des devoirs professionnels des
a rchi tectes ;

Ma i s attendu qu’ayant relevé que c’était en outrepassant sa qualité d’architecte et en s’appropriant celle de maître d’ouvrage
dél égué que l ’EURL Y... a vait commis l es fautes qui l ui étaient reprochées, la cour d’appel, qui n’a pas retenu que l ’article 36 du code
des devoirs professionnels des a rchitectes i nterdisait à ces derniers d’exercer une a ctivité de ma îtrise d’ouvra ge déléguée, a pu en
déduire que la responsabilité encourue trouvait son origine dans une a ctivité étrangère au champ de la garantie s ouscrite ;

D’où i l s uit que le moyen n’est pas fondé ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi ;

Document 6

Cass. 1re civ., 5 février 2002, n°99-20895

Sur l e moyen unique, pris en s es quatre branches :

Attendu que l e 21 jui llet 1993, M. et Mme Y... ont donné ma ndat non excl usif, pour une durée i rrévocable de s ix mois
renouvelable par ta cite reconduction pour une durée d’une année, à M. A..., a gent immobilier, de rechercher et leur présenter un
a cquéreur en vue de l a vente l eur maison à usage d’habitation ; que l e bien a été vendu suiva nt compromis du 22 février 1994 ;

Attendu que M. A... fa it grief à l’arrêt confirmatif attaqué (Papeete, 27 mai 1999) de l’avoir débouté de sa demande en paiement
de s a commission, a lors, selon l e moyen :

1° que M. A... faisait valoir qu’il avait exécuté ses obligations, dans le cadre du mandat, justifi ant son droit à rémunération, le
mandat n’ayant pas été révoqué ; qu’en retenant que M. A... ne conteste pas le fait, affirmé par les époux Y..., qu’à partir de septembre
1993 il a cessé d’entreprendre toute démarche ou publicité pour vendre la maison Angl ade cependant que M. A... faisait valoir que
dans le cadre du mandat il appartenait aux mandants de rapporter une telle preuve, M. A... ajoutant s’être acquitté de sa mis sion de
recherche et de présentation d’acquéreur, la cour d’appel a dénaturé les conclusions de M. A... et violé l’article 4 du nouveau Code de
procédure civile ;

2° et 3° que M. A..., dans le cadre du mandat, ayant présenté l’acquéreur, M. X..., aux vendeurs, faisait valoir son droit à
commission en contestant toute révocation tacite du mandat ; qu’en retenant qu’il résulte d’une attestation produite par M. A...
émanant de M. Z..., préposé de l’exposant, que ce dernier indique avoir contacté M. Y... au début de l’année 1994, suite à une annonce
parue dans le journal « La Dépêche » qui lui a confirmé sa volonté de mettre à nouveau sa propriété à la vente et lui a demandé de lui
présenter tout client potentiel pour en déduire qu’il résulte de ce témoignage qu’il avait bien été mis fin au mandat en liti ge, M. A...
en étant parfaitement informé et y ayant acquiescé, cependant qu’il ne résulte nullement de cette attestation la preuve d’une
quelconque révocation dont aurait eu connaissance M. A..., la cour d’appel, qui ne constate aucun acte d’acquiescement de M. A..., a
dénaturé ladite attestation et violé l’article 1134 du Code civil ;
61

4° qu’il résultait du contrat de mandat qui était consenti à titre irrévocable pour une durée de six mois à compter du 21 jui llet
1993, ce contrat, sauf dénonciation, étant renouvelable pour une durée d’une année par tacite reconduction et révocable dès lors à
tout moment avec un préavis d’un mois ; qu’en retenant, pour dénier tout droit à commission à M. A..., qu’il résulte du témoi gnage
de M. Z... selon lequel il aurait contacté M. Y... au début de l’année 1994, qu’il aurait été mis fin antérieurement au mandat litigieux
sans préciser à quelle date une telle révocation était intervenue eu égard aux stipulations du mandat, la cour d’appel n’a pa s
légalement justifié sa décision au regard des articles 6 et suivants de la loi du 2 janvier 1970 et 1134, 2003 et suivants du Code civil ;

Ma i s a ttendu que l e mandat même stipulé i rrévocable, de rechercher un acquéreur en vue de la vente d’un bien, ne prive pas le
ma ndant du droit de renoncer à l’opération ; que la révocation produit, alors, tous ses effets, sous réserve de la responsabilité du
ma ndant envers le mandataire ; que la cour d’appel, qui, hors toute dénaturation, a souverainement estimé que les époux Y... avaient
révoqué le mandat et que l’agent immobilier avait connaissance de cette révocation depuis septembre 1993, a légalement justifié sa
déci sion ; que l e moyen n’est fondé en a ucune de ses branches ;

Pa r ces motifs :

REJETTE l e pourvoi

Document 7

Cass. 1re civ. 2 octobre 2001, n°99-15938

Sur l e moyen unique :

Vu l ’a rticle 2004 du Code ci vil ;

Attendu que, le 8 juillet 1993, Mmes Y... et Is abelle X... ont donné à l eur frère, M. X..., ma ndat de vendre des parcelles dont ils
a va i ent hérité ; que, le 25 a vri l 1994, Mme Ma ri e-Pierre X... a fa it savoir à son frère « qu’elle annulait tous les pouvoirs délégués le 8
jui llet 1993 » ; que, l es 15 et 20 ma rs 1996, M. X..., a gi ssant en son nom personnel et en ta nt que mandataire de s es s œurs, a signé
un compromis de vente des parcelles ; que M. X... et Mlle Isabelle X... ont assigné Mme Ma rie-Pierre X... pour obtenir que le mandataire
pui sse procéder seul à la réitération de cette vente devant notaire ;

Attendu que pour faire droit à cette demande, l’arrêt attaqué retient que M me Ma rie-Pierre X..., qui admet avoir donné à son
frère un mandat d’intérêt commun, n’a pas été autorisée à le révoquer quand bon lui semblerait et qu’elle ne justifie pas d’une cause
l égitime de révocation ;

Attendu qu’en s tatuant a insi, alors que l ’absence de ca use l égitime ne privait pas d’effet l a révocation du mandat d’intérêt
commun, la cour d’appel a vi olé le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, da ns toutes ses dispositions, l’arrêt rendu l e 8 avril 1999, entre les parties, par la cour d’appel de Lyon ; remet,
en cons équence, la ca use et les parties dans l’état où elles s e trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, l es renvoie de vant
l a cour d’appel de Lyon, a utrement composée.

Document 8

Cass. com. 4 juillet 1995, n° 93-12977


Attendu, selon l'arrêt cri tiqué, que l a société MAT a cédé à la Société de banque occidentale (la SDBO), selon l es modalités de la loi
du 2 ja nvi er 1981, troi s créances, dont une sur le CHU Bi chat, une autre sur l'Institut national de l'audiovisuel (INA), et une
troi s ième s ur la Ma rine nationale ; que cette société a été mise en redressement judiciaire ; que la SDBO a alors réclamé le
pa i ement du montant des créances au Crédit commercial de Fra nce (le CCF) qui avait i nscrit au compte courant de la s ociété MAT,
l es s ommes reçues des trois débiteurs ; que la cour d'appel, a yant par a illeurs décidé que le CCF ne prouvait pas qu'il avait a cquis,
a va nt la SDBO, les créances s ur l e CHU Bichat et l'INA, a a ccueilli la demande de l a SDBO ;

Sur l e s econd moyen, pris en ses deux branches : (sans i ntérêt) ;

Ma i s s ur l e premier moyen, pris en sa seconde branche :


Vu l es a rticles 1937 et 1993 du Code ci vil ;
62

Attendu que, pour le condamner à restituer à la SDBO l es s ommes payées par l es trois débiteurs cédés, l 'arrêt retient que le CCF,
ba nque réceptionnaire de ces paiements, versés au crédit du compte courant de la société MAT da ns ses livres, ne peut opposer à
l a SDBO le principe de l 'indivisibilité du compte courant, ni son rôle de simple " teneur de l ivre ", et qu'il ne peut s 'opposer à la
res ti tution des fonds a cquis par celle-ci, en s outenant que l es s ommes reçues, inscrites au crédit du compte courant de la société
MAT en constituent désormais des a rticles formant un tout i ndivisible, alors que cette règle, qui régit l es ra pports des parties à l a
convention de compte courant, ne s'oppose nullement à ce que des ti ers, qui n'ont pas participé à ce contrat, établissent qu' un
vi rement a été opéré à l eur préjudice ;

Attendu qu'en s tatuant ainsi, alors que l e CCF a vait reçu les paiements litigieux au nom et pour le compte de l a société MAT, qui en
éta i t destinataire, de sorte qu'il n'était pas tenu à restitution envers la SDBO, la cour d'appel a vi olé l es textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS : CASSE ET ANNULE…

Document 9

Ordonnance de réforme du droit des contrats, articles 1153 à 1161


« La représentation

« Art. 1153.-Le représentant l égal, judiciaire ou conventionnel n'est fondé à a gir que dans la limite des pouvoirs qui l ui ont été
conférés.

« Art. 1154.-Lors que le représentant a git dans la l imite de ses pouvoirs a u nom et pour l e compte du représenté, celui -ci est seul
tenu de l'engagement ainsi contracté.
« Lors que le représentant déclare a gir pour l e compte d'autrui mais contracte en son propre nom, il est s eul engagé à l 'égard du
cocontra ctant.

« Art. 1155.-Lors que le pouvoir du représentant est défini en termes généraux, i l ne couvre que les actes conserva toires et
d'a dministration.
« Lors que le pouvoir est spécialement déterminé, le représentant ne peut accomplir que les actes pour lesquels il est habilité et
ceux qui en sont l'accessoire.

« Art. 1156.-L'a cte a ccompli par un représentant s ans pouvoir ou a u-delà de s es pouvoirs est i nopposable au représenté, sauf si le
ti ers contractant a légitimement cru en la réalité des pouvoirs du représentant, notamment en ra ison du comportement ou des
décl arations du représenté.
« Lors qu'il ignorait que l'acte était accompli par un représentant sans pouvoir ou au -delà de ses pouvoirs, l e tiers contractant peut
en i nvoquer l a nullité.
« L'i nopposabilité comme la nullité de l'acte ne peuvent plus être invoquées dès l ors que l e représenté l'a ratifié.

« Art. 1157..-Lors que le représentant détourne ses pouvoirs au détriment du représenté, ce dernier peut invoquer la nullité de
l 'a cte a ccompli si le ti ers avait connaissance du détournement ou ne pouvait l'ignorer.

« Art. 1158.-Le ti ers qui doute de l'étendue du pouvoir du représentant conventionnel à l 'occasion d'un a cte qu'il s 'apprê te à
concl ure, peut demander par écrit a u représenté de l ui confirmer, dans un délai qu'il fi xe et qui doit être ra isonnable, que le
représentant est habilité à conclure cet a cte.
« L'écri t mentionne qu'à défaut de réponse dans ce délai, le représentant est réputé habilité à conclure cet acte.

« Art. 1159.-L'éta blissement d'une représentation l égale ou judiciaire dessaisit pendant sa durée l e représenté des pouvoirs
tra ns férés a u représentant.
« La représentation conventionnelle l aisse au représenté l'exercice de s es droits.

« Art. 1160.-Les pouvoirs du représentant cessent s'il est atteint d'une incapacité ou fra ppé d'une interdiction.
63

« Art. 1161.-Un représentant ne peut agir pour l e compte des deux parties au contrat ni contracter pour son propre co mpte a vec le
représenté.
« En ces ca s, l'acte accompli est nul à moins que la loi ne l 'autorise ou que l e représenté ne l'ait autorisé ou ratifié.

« Art. 1165.-Da ns les contrats de prestation de s ervice, à défaut d'accord des parties avant leur exécution, l e prix peut être fixé par
l e créancier, à charge pour lui d'en motiver l e montant en cas de contestation. En cas d'abus dans la fixation du prix, l e juge peut
être s aisi d'une demande en dommages et intérêts.
64

Séance n° 10 :

Le dépôt

 dépôt et contrat d’entreprise :


- Cass. 1re civ., 8 octobre 2009, n° 08-20.048 (Doc. 1) : D. 2009, act. jur. p. 2487, obs. X.
Delpech et 2010, jur. p. 480, note C. Mouly-Guillemaud ; Contrats conc. consom. 2010,
comm. no 10, obs. L. Leveneur ; Revue des contrats 2010, p. 95 obs. A. Bénabent

 dépôt volontaire :
- Cass. com. 25 septembre 1984, n° 83-12.666 (Doc. 2) : Bull. civ. IV, no 242 ; RTD civ. 1986,
p. 143, obs. J. Huet

 les obligations du dépositaire :


- Cass. 1re civ., 22 mai 2008, n o 06-17.863 (Doc. 3) : D. 2008, act. jur. p. 1550, note X.
Delpech ; Contrats conc. consom. 2008, comm. n° 223, note L. Leveneur ; Defrénois 2008,
art. 171953, obs. R. Libchaber ; Revue des contrats 2008, p. 1271, obs. P. Puig

 dépôt irrégulier :
o Com. 3 nov. 2004, n° 01-16.238 (Doc 4) : D. 2005, p. 579
o Cass. Com 18 juin 2013, n°12-15612 (Doc. 5) : Banque & Droit, n°151, septembre-
octobre 2013, p. 19, obs. G. Helleringer

 dépôt nécessaire :
- Cass. 1re civ., 8 février 2005, n° 01-16.492 (Doc. 6) : D. 2005, jur. p. 2260, note C. Bloud-
Rey ; Gaz. Pal. 2005, jur. p. 1192, note Y. Dagorne-Labbe ; Defrénois 2005, p. 1233, obs.
R. Libchaber ; Revue des contrats 2005, p. 1031, obs. I. Dauriac ; Les Petites affiches 2006,
n° 22, p. 19, note Ph. Guez

 dépôt hôtelier :
- Cass. 1re civ., 22 février 2000, n° 98-11.391 (Doc. 7) : D. 2001, jur. p. 341, note O. Gout ;
JCP G 2001, II, n° 10543, note F. Gauvin ; Resp. civ. et assur. 2000, comm. no 160, note H.
Groutel ; Les Petites affiches 2000, n° 115, p. 16, note Y. Dagorne-Labbe et n° 148, p. 26,
note S. Hocquet-Berg ; RTD civ. 2000, p. 579, obs. Jourdain
65

Document 1

Cass. 1re civ., 8 octobre 2009, n°08-20048

Sur l e moyen unique :

Vu l ’a rticle 1915 du Code ci vil ;

Attendu qu’ayant déposé son véhicule pour réparations, l e 20 mars 2007, da ns l’atelier de la société Garage Courtois (la société),
M. X... s ’est vu réclamer des frais de gardiennage ;

Attendu que pour débouter la société de sa demande, le jugement énonce qu’aucun contrat de gardiennage n’a été conclu entre
l es parties ;

Qu’en s tatuant a insi, alors que le contrat de dépôt d’un véhicule a uprès d’un ga ragiste existe, en ce qu’il est l ’accessoire du
contra t d’entreprise, i ndépendamment de tout accord de gardiennage, l a juridiction de proximité a vi olé l e texte susvisé ;

Pa r ces motifs :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, le jugement rendu le 20 mai 2008 par la juridiction de proximité de Guebwiller ;
remet, en conséquence, la ca use et les parties dans l ’état où elles se trouvaient a vant l edit jugement et , pour être fait droit, les
renvoi e devant l a juridiction de proximité de Mulhouse ;

Document 2

Cass. com. 25 septembre 1984, n°83-12666


Sur l e moyen unique, pris en s es trois branches :

Attendu qu’il résulte des énonciations de l’arrêt infirmatif attaqué (Pau, 31 janvier 1983) que Mme Y..., portraitiste, a remis au
préposé du bar de l’hôtel géré par M. X... un a lbum concernant s es œuvres dont devait prendre connaissance un amateur éventue l ;
que l ’album a yant disparu, Mme Y... a a s signé M. X..., en dommages-intérêts, pour a voir engagé sa responsabilité en qualité de
dépositaire ;

Attendu qu’il est fait grief à l ’arrêt d’avoir rejeté cette demande alors, selon le pourvoi, que d’une part, l’article 1917 d u Code
ci vi l dispose que le dépôt est un contrat essentiellement gratuit, si bien qu’en décidant qu’il n’y a va it pas eu dépôt a u motif que le
préposé de l’hôtel avait agi par pure complaisance envers une personne qui n’était pas cliente de l’hôtel, l’arrêt a violé le texte susvisé
; a l ors que, d’a utre pa rt, en décidant que l e consentement à l a formation du contra t de dépôt s uppose nécessairement la
conna issance par l e dépositaire de l a valeur de la chose confiée, la Cour d’appel a ajouté aux exigences de l a loi violant ai nsi les
a rti cl es 1921 et 1109 du Code ci vil ; a lors enfin qu’énonçant qu’un contrat de dépôt n’avait pu se former, d’un côté parce que le
dépositaire ne connaissait pas l a grande va leur de l ’objet confié et de l ’autre côté parce que l a va leur i mportante de l ’a lbum n’était
pa s établie, l’arrêt a statué par des motifs contradictoires, vi olant a insi l ’article 455 du nouveau Code de procédure ci vile ;

Ma i s attendu que c’est dans l’exercice de son pouvoir souverain que les juges du fond ont retenu que la remise de l’album litigieux
pa r Mme Y... à l ’employé de M. X... a vait été accepté par pure complaisance ; qu’elle a ainsi légalement justifié sa décision, sans s e
contredire et abstraction faite du motif s urabondant que cri tique la deuxième branche du moyen ; que ce lui-ci n’est donc pas fondé
;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi formé contre l’arrêt rendu le 31 ja nvier 1983, pa r la Cour d’appel de Pa u.

Document 3

Cass. 1re civ., 22 mai 2008, n°06-17863


Sur l e moyen unique, pris en sa première branche :

Vu l es a rticles 1135, 1927, 1928 et 1933 du code civil ;


66

Attendu qu’il résulte de l a combinaison de ces textes que si l e dépositaire n’est tenu que d’une obligation de moyens, il lui
i ncombe, en ca s de détérioration de la chose déposée, de prouver qu’il y es t é tranger, en établissant qu’il a donné à cette chose les
mêmes soins que ceux qu’il aurait a pportés à la garde de celles qui lui a ppartiennent, sauf à prouver que cette détérioration existait
a va nt la mise en dépôt ;

Attendu que, reprochant à l a s ociété Un ion des commissionnaires de l ’hôtel des ventes (l a s ociété) d’être responsable de
domma ges ca usés à des meubles lui appartenant que celle-ci a vait reçus en dépôt en septembre 1998, Mme X..., à l ’encontre de
l a quelle l a s ociété a va it formé une demande en pa iement des fra is de tra ns port de ces meubles entre l es ma ins d’un autre
dépositaire, a sollicité l a condamnation de cette dernière à réparer lesdits dommages ;

Attendu que pour a ccueillir l a demande principale de la société et rejeter l a demande reconvent ionnelle de Mme X..., l a cour
d’a ppel, a près a voir, par motif adopté, constaté que certains des objets déposés présentaient des détériorations, retient que faute
de pouvoir être confronté à un autre document concernant l ’état des objets saisis l ors de leur remise à l a s ociété, l e procès-verbal
d’huissier de justice i nvoqué par Mme X..., dressé le 12 s eptembre 2003, ne porte constat que de l ’état des objets avant le t ransport
chez l e second dépositaire, tels que détenus par la société, objets anciens qui portent la marque du temps et de leur usage, et ne
ra pporte pas la preuve de dommages pouvant être i mputés à la s ociété pendant qu’elle l es a vait en dépôt ;

Qu’en s e déterminant ainsi alors qu’il incombait à la société de prouver que les détériorations constatées existaient avant la mise
en dépôt des objets l itigieux ou, à défaut, qu’elle a vait donné à ceux-ci l es mêmes s oins que ceux qu’elle a urait a pportés à la garde
des choses lui a ppartenant, la cour d’appel a i nversé la charge de la preuve, en vi olation des textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS, et s ans qu’il y a it lieu de statuer s ur l es deux autres branches du moyen :

CASSE ET ANNULE, da ns toutes s es dispositions, l ’arrêt rendu le 18 ma i 2006, entre l es parties, par la cour d’appel de Paris ;
remet, en conséquence, l a ca use et les parties dans l ’état où elles s e trouvaient a vant l edit a rrêt et, pour être fa it droit, l es renvoie
deva nt la cour d’appel de Paris, autrement composée ;

Document 4

Com. 3 novembre 2004, n° 01-16238

Vu l es a rticles 1134 et 1937 du Code ci vil ;

Attendu, s elon l 'arrêt attaqué, que l es s ociétés Ardi co et Cha rco, a ppartenant l 'une et l 'autre au Groupe X..., a va ient concl u avec la
Ba nque populaire du Nord des conventions de comptes courants dont une cl ause s tipulait que l 'accord du cl ient s ur l es opérations
portées a u compte serait présumé résulter de l'absence de réclamation de la part de celui -ci dans le délai d'un mois de l a réception
de s on relevé de compte ; qu'en décembre 1997, M. et Mme Jea n -Pierre X..., M. Pi erre X... et l es sociétés Ardico et Charco (les
cons orts X...) ont contesté judiciairement vi ngt-quatre vi rements exécutés par l a banque entre s eptembre 1992 et jui llet 1993 dont
i l s affirmaient qu'ils avaient été réalisés sans ordre de MM. Jean-Pierre ou Pi erre X..., s euls à disposer du pouvoir de faire fonctionner
l es comptes concernés et demandé l a restitution des s ommes correspondantes et des dommages -intérêts ;

Attendu que pour rejeter ces demandes, la cour d'appel retient que les intéressés n'avaient pas contesté avoir reçu la totalité des
rel evés de compte a fférents a ux opérations l itigieuses, qu'ils n'avaient formulé a ucune réclamation dans le délai d'un mois dont ils
di s posaient conventionnellement pour protester et qu'aucune faute n'était démontrée à la charge de la banque ;

Attendu qu'en statuant ainsi, a lors que l'absence de protestation du client dans le délai d'un mois de la réception des relevés de
compte n'emportait, selon l a convention des parties, qu'une présomption d'accord du cl ient sur les opérations y fi gurant laquelle ne
pri va it pas celui-ci de la faculté de ra pporter, pendant la durée de prescription légale, la preuve d'éléments propres à l'écarter, qu'elle
a va i t elle-même relevé qu'aucun des ordres écrits relatifs a ux vi rements l itigieux n'était signé des personnes a yant pouvoir de faire
foncti onner l es comptes des sociétés Ardico et Charco et qu'à s upposer qu'aucune faute ne s oit imputable à la Banque populaire du
Nord da ns l'exécution des virements litigieux, cette circonstance n'était pas de nature à la décharger de son obligation de ne restituer
l es fonds qu'aux déposants ou à leurs mandataires, la cour d'appel a vi olé l es textes susvisés ;

Document 5

Com 13 juin 2013, n°12-15612

Sur l e moyen unique :


67

Vu l es a rticles 7 du code de procédure ci vile, ensemble 1937 du code civil ;

Attendu qu'en l 'absence de fa ute du déposant, ou d'un préposé de celui -ci, et même s 'il n'a lui-même commis a ucune faute, le
ba nquier n'est pas libéré envers l e client qui l ui a confié des fonds quand il s e défait de ces derniers sur présentation d'un faux ordre
de pa iement ;

Attendu, selon l 'arrêt a ttaqué et l es productions, qu'à la suite de la condamnation de l'auteur du vol et de l'utilisation frauduleuse de
pl usieurs chèques a u préjudice de la SCI Les Flamands ro ses (la SCI) et de Mme X..., M. et Mme X..., a gissant en qualité de cogérants
de l a SCI et Mme X... a gissant en son nom personnel, ont assigné en responsabilité la caisse régionale de Crédit agricole mutuel de la
Gua deloupe (la banque), en réparation du préjudice subi ;

Attendu que, pour écarter l a faute de l a banque, l 'arrêt, a près avoir relevé qu'au regard des documents communiqués les chèques
l i tigieux présentés à l'encaissement comportaient les mentions requises pour leur validité ainsi que la signature du tireur et n'étaient
pa s par ailleurs grossièrement altérés ou surchargés, retient que la falsification ne pouvait être décelée par l a banque ;

Attendu qu'en statuant ainsi, a lors que la SCI a yant fait état dans s es conclusions non contestées de l a condamnation définitive de
l 'a uteur du vol des chèques litigieux mis à l'encaissement revêtus de sa propre signature, les chèques étaient faux dès l'ori gine, la
cour d'a ppel a vi olé par fausse application le premier et par refus d'application le s econd des textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, da ns toutes s es dispositions, l'arrêt rendu le 28 novembre 2011, entre l es parties, pa r la cour d'appel de Basse-
Terre ; remet, en conséquence, la ca use et l es parties dans l 'état où elles s e tro uvaient a vant l edit a rrêt et, pour être fait droit, les
renvoi e devant l a cour d'appel de Basse-Terre, a utrement composée.

Document 6

Cass. 1re civ., 8 février 2005, n°01-16492


Sur l e moyen unique, pris en sa troisième branche :

Vu l ’a rticle 1949 du Code ci vil ;

Attendu que Mme X s ’est rendue a u salon de coiffure à l’enseigne Lucie Saint-Clair pour des soins ca pillaires et de manucure ;
qu’elle a constaté, à l’issue des soins qui l ui ont été dispensés sur l es deux étages du salon, la disparition des trois bagues qu’elle avait
déposées s ur l e plateau de la manucure ; qu’elle a assigné l a société Lucie Saint-Clair en réparation de son préjudice ;

Attendu que pour condamner l a société Lucie Saint-Clair à payer à Mme X l a s omme de 141 700 fra ncs, l ’arrêt retient que Mme X
a déposé l es bagues s ur un plateau réservé à cet effet assorti d’un coussin destiné, pour des raisons de discrétion vi s à vi s des tiers,
à di ssimuler l es bijoux qui y s ont déposés ; qu’une telle remise de bijoux, d’un usage s inon sys téma tique, du moins courant dans le
s a lon Lucie Saint-Clair, s ’assimile dans ces conditions à un dépôt nécessaire a u s ens de l ’article 1949 du Code ci vil et engendre une
double obligation de surveillance et de restitution à laquelle la s ociété Lucie Saint-Clair a failli ;

Qu’en s tatuant ainsi, sans caractériser le dépôt nécessaire ni rechercher l’existence éventuelle, à la charge de la société Lucie
Sa i nt-Clair, d’une obligation a ccessoire de s urveillance, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa déci sion ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, en toutes s es dispositions, l’arrêt rendu l e 10 s eptembre 2001, entre l es parties, par l a cour d’appel de Pa ris ;
remet, en conséquence, l a ca use et les parties dans l ’état où elles s e trouvaient a vant l edit a rrêt, et pour être fa it droit, l es renvoie
deva nt la cour d’appel de Paris, autrement composée ;

Document 7

Cass. 1re civ., 22 février 2000, n°98-11391


Sur l e moyen unique pris en s es deux branches :

Attendu que M. X..., s a larié de M. Y..., a été vi ctime du vol du véhicule automobile de celui-ci, garé s ur l e parc de stationnement
de l ’hôtel Ca mpanile à Illzach où il passait la nuit ; que l’arrêt a ttaqué (Colmar, 17 novembre 1997) a condamné in solidum la société
Hôtel Campanile et son assureur, la société Egide, à payer à M. Y..., d’une part, la somme de 13 500 fra ncs en réparation du préjudice
68

s ubi de fait du vol du ma tériel l aissé dans l e véhicule et, d’autre part, celle de 317,46 fra ncs a u ti tre de l a réparation de la poignée
fra cturée du véhicule ;

Attendu que le grief tiré de la violation de l’article 1954 du Code civil en ce que la société Campanile n’avait pas la jouis sance
pri va tive du parc de stationnement est inopérant au cas de vol ou de dommage du véhicule stationné dans les dépendances de l’hôtel
dont l e régime de responsabilité relève des dispositions de l’article 1953 du même Code ; que l ’arrêt a a insi légalement déci dé que
l ’hôtelier ne pouvait s’exonérer de sa responsabilité par la présence d’un panneau « pa rking non gardé » ;

Et a ttendu, en ce qui concerne le vol des objets laissés dans le véhicule, que la cour d’appel a justement décidé que la soci été
Hôtel Ca mpanile, propriétaire du terrain où l e véhicule était en stationnement, en a vait de ce fait la jouissance privative au sens de
l ’a rticle 1954, a linéa 2, du Code ci vil ;

Que l e moyen n’est donc fondé en aucune de s es branches ;

PAR CES MOTIFS :

REJETTE l e pourvoi.