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REPUBLIQUE DU BENIN

⁕⁕⁕⁕⁕⁕⁕⁕⁕
MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET
DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE (MESRS)
⁕⁕⁕⁕⁕⁕⁕⁕⁕
UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI (UAC)
⁕⁕⁕⁕⁕⁕⁕⁕⁕
FACULTE DES SCIENCES ECONOMIQUES ET DE GESTION (FASEG)
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MEMOIRE DE FIN DE FORMATION POUR L’OBTENTION DE LA
LICENCE PROFESSIONNELLE

OPTION : Sciences de Gestion


FILIERE : Comptabilité Audit et Contrôle de Gestion

THEME
ANALYSE DES DETERMINANTS DE L’EXTERNALISATION DE
LA FONCTION COMPTABLE PAR LES ENTREPRISES :
CAS DE ZION CONSULTING

Réalisé et présenté par  :

DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce

Sous la supervision de :

Karima SYLLA Professeur en Science de gestion


Maitre de conférence, Agrégée des Universités de CAMES (UCA-BENIN)
Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises

AVERTISSEMENT

‹‹ La Faculté des Sciences Economique et de


Gestion de l’Université d’Abomey-Calavi
n’entend donner aucune approbation ni
improbation aux opinions émises dans ce
mémoire. Ces opinions doivent être considérées
comme propres aux auteurs ».

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
DEDICACE 1
Je dédie ce mémoire à :
 Mon père DANGNON M. Joseph
 Ma mère SEWADE Cybelle
 Mes frères et sœurs

DANGNON Romaric

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
DEDICACE 2
Je dédie ce mémoire à :
 Mon père ATCHOUI Jean-Pierre
 Ma mère TOHOUEGNON Abla
 Mes frères et sœurs

ATCHOUI Hermiroce

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises

REMERCIEMENT
A travers ce travail, nous tenons à remercier certaines personnes dont l’assistance et la
coopération ont rendu possible la réalisation de cette œuvre. Nous adressons nos sincères
remerciements à :
 Professeur Charlemagne IGUE, Doyen de la FASEG pour avoir partagé ces trois
années de savoir avec nous ;
 Notre maitre de mémoire Professeur Karima SYLLA qui a bien voulu nous encadrer
avec rigueur, cordialité malgré ses multiples occupations. Vos remarques, conseils et soutiens
pédagogiques nous ont été d’un concours précieux ;
 Tout le corps professoral de la FASEG pour la qualité de la formation reçue lors de
nos années d’études ;
 Nous remercions tous ceux qui, de près ou de loin, d’une manière ou d’une autre ont
contribué à la réalisation de ce mémoire ;
 Enfin, aux membres du jury, à qui revient la noble responsabilité de juger la qualité de
ce travail

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
LISTE DES SIGLES
PME Petite et Moyenne Entreprise
TPE Très Petite Entreprise
TGE Très Grande Entreprise
AMA American Management Association

CSOCF Conseil Supérieur de l’Ordre Comptable en France


QF Qualité de Prestation
PF Pression Fiscale
VR Volonté de Réorganisation
EFC Externalisation de la Fonction Comptable
CGI Code General des Impôts
RCCM Registre de Commerce et du Crédit Mobilier
DHOCO Doing in Hourse Or Contracting Out

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises

LISTE DES TABLEAUX

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VII
Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
RESUME
Le recours à l’externalisation de la fonction comptable apparaît de plus en plus comme un
mode habituel de gestion des organisations. La présente étude vise à analyser les facteurs
déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les entreprises. Une étude,
combinant recherche documentaire, entretien et enquête par questionnaire auprès d’un
échantillon de cinquante (50) entreprises béninoises ayant sollicité l’expertise d’un cabinet
d’assistance comptable, a été menée. Les résultats issus de cette étude montrent que la taille
de l’entreprise a un effet positif sur la décision d’externalisation de la FC. De plus, il existe un
lien négatif entre les charges fiscales et l’externalisation de la fonction comptable.
L’externalisation de la fonction comptable constitue donc un élément qui augmente la
confiance de l’administration fiscale dans le traitement des données comptables des
entreprises.

Mots clés : Externalisation, Externalisation de la Fonction comptable, Redressements,


Décision de l’externalisation de la FC, Déterminant de l’externalisation de la FC

ABSTRAT
The recourse to the outsourcing of the accounting function appears more and more as a usual
mode of management of organizations. This study aims to analyze the determining factors of
the outsourcing of the accounting function by companies. A study, combining documentary
research, interview and questionnaire survey among a sample of fifty (50) Beninese
companies that requested the expertise of an accounting assistance firm, was carried out. The
results from this study observe that the size of the company has a positive effect on the FC
outsourcing decision. In addition, there is a negative link between tax charges and the
outsourcing of the accounting function. The outsourcing of the accounting function is
therefore an element that increases the confidence of the tax administration in the processing
of companies' accounting data.

Keywords : Outsourcing, Outsourcing of the accounting function, Adjustments, Decision of


the outsourcing of the FC, Determination of the outsourcing of the FC

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VIII
Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
SOMMAIRE

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce IX


INTRODUCTION
Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
INTRODUCTION

Pendant longtemps les entreprises avaient la volonté de tout contrôler en interne par une
intégration verticale. De nos jours, la plupart d'entre elles ont réorienté leur stratégie en
adoptant, pour se développer, un modèle d'intégration horizontal. Elles fonctionnent
désormais en réseau et externalisent donc certaines de leurs activités auprès des spécialistes
qui leur apportent une plus grande expertise et flexibilité.

En effet, après l’étude réalisée par la cellule veille et prospective du centre d’étude de la
conception du « conseil supérieur de l’ordre comptable en France (CSOCF) », la dureté de
l’environnement économique et le durcissement de la loi de marché à laquelle aucun secteur
d’activité n’échappe, pèse sur le prix de la tenue comptable pendant que le coût des
prestations comptables est croissant chaque année. En plus de cela la tenue de la comptabilité
des clients est l’activité qui consomme le plus de ressource dans un cabinet et la moins
rentable par rapport aux autres activités comme le commissariat au compte ou le conseil de la
clientèle. Cette situation est due en grande partie du fait que la tenue de la comptabilité est
effectuée par un personnel dont le coût de la rémunération croit au fil du temps, pendant que
les autres coûts comme le matériel informatique ; le logiciel et les frais de télécommunication
restent sensiblement stable si non en diminution tendanciel.

Pour faire face à l’environnement concurrentiel, les dirigeants d’entreprise doivent combiner
les techniques de gestion les plus appropriées à l’étude des facteurs et à la compréhension des
phénomènes internes et externes. La recherche permanente de la rentabilité à partir d’une
bonne performance anime la vie économique de l’entreprise. Ainsi, des réflexions engendrées
par les experts comptables sur le problème, l’unanimité ressort sur le fait que la solution
réside dans l’abaissement des coûts liées à la tenue comptable pour non seulement augmenter
la marge bénéficiaire sur cette activité mais aussi pour la proposer à la clientèle à un prix
compétitif face à la concurrence.

Mais aujourd’hui, le débat ne se limite plus seulement à la réduction des coûts de réalisation
des prestations comptables. Plusieurs entreprises ont opté pour la réduction des coûts à travers
l’externalisation de certaines fonctions dont celle comptable. Le recours à l’externalisation de
la fonction comptable apparait de plus en plus comme un mode habituel de gestion.

Par ailleurs, l’externalisation de la fonction comptable consiste à confier à un prestataire


extérieur une partie ou la totalité de ses activités comptables réalisées en internes. Elle peut

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
jouer le rôle de signal en limitant les possibilités de gestion de donnée comptable. Ensuite,
l’externalisation de la fonction comptable ou non mérite d’être étudier pour être cerner dans
son ensemble et permettre aux dirigeants de mesurer les efforts à fournir pour son
amélioration.

A cet effet, nous nous appesantirons sur les potentialités d’« Analyse des déterminants de
l’externalisation de la fonction comptable par les entreprises ».

Notre présente étude s’inscrit bien dans cet ordre d’idée et est structuré en trois chapitres :

 Le premier chapitre qui traitera le cadre institutionnel de l’étude


 Un deuxième chapitre qui traitera le cadre théorique et méthodologique de l’étude
 Un troisième qui sera consacré à la présentation des résultats et analyse managériale

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises

CHAPITRE 1 :
Cadre conceptuel de la recherche

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises

CHAPITRE 1 : CADRE INSTITUTIONNEL DE L’ETUDE


Le présent chapitre est consacré à la présentation du cabinet ZION Consulting à travers son
historique, ses missions, ses objectifs, ses activités, ses ressources, sa structure
organisationnelle et son fonctionnement.

SECTION 1 : PRESENTATION GENERALE DU CABINET ZION CONSULTING


Il s’agit dans un premier temps de présenter la structure d’accueil (ZION Consulting) à travers
son historique, ses objectifs, ses activités, sa structure organisationnelle puis son
environnement.

Paragraphe 1 : Historique, statut juridique, missions, objectifs et activités du cabinet


ZION Consulting
1.1. Historique du cabinet ZION Consulting
Le cabinet ZION Consulting est une entité civile personnelle situé à Sainte Rita Cotonou
Bénin. Créé à Cotonou le 23 janvier 2016 sous le registre de commerce numéro
RCCM/COT/09A/6733 par Monsieur Lazare SESSINOU de nationalité béninoise demeurant
à Abomey-Calavi. Il a débuté ses activités dans la même année.

1.2. Statut juridique


Statué en entité civile personnelle, ZION Consulting est un établissement de par son
enregistrement au registre de commerce. Pour une meilleure appréciation du statut du cabinet,
nous présentons ci-dessous sa fiche signalétique :

Tableau 1 : Fiche signalétique

Raison sociale ZION Consulting


Sigle usuel ZION
Statut Etablissement
Siège social Cotonou
Téléphone 00229 96 42 34 82
Date de création Janvier 2016
Numéro IFU 0201710078577
Nationalité Béninoise
Secteur d’activité Fiscalité et Finance
RCCM RCCM/COT/09A/6733
e-mail zionconsultingfc@gmail.com
Source : Responsable du cabinet

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
1.3. Missions
Les principaux dirigeants de ZION Consulting entendent en faire une structure de renom. Au
regard de cette vision, les missions qui lui sont assignées sont les suivantes :
 Proposer des services, des concours à court terme à sa clientèle ;
 Veiller à la cohérence avec les options stratégiques majeures de la structure.
1.4. Objectifs
Sur la base des missions, les objectifs assignés à la banque sont :
 Fournir des prestations et des services financiers de tous genres aux personnes
physiques et morales ;
 Diversifier sa clientèle et ses activités, montrant qu’elle est en mesure de répondre
aussi bien à l’attente des entités ;
 Garder en toile de fond le souci d’une avancée généralisée de ZION vers un niveau
des standards internationaux en termes de variété des produits et services offerts, de
qualité des services et s’atteler à la mise en œuvre d’éventuelles réformes.
1.5. Activités
Depuis sa date de création, le cabinet ZION affirme ses compétences dans les services ci-
après :

 Fiscalité,
 Comptabilité,
 Assistance juridique et sociale,
 Conception de logiciels adaptés,
 Recherche qualitatives et quantitatives,
 Etude de faisabilité,
 Recrutement et formation en gestion comptable,

A- Assistance comptable
Tenue de comptabilité : Les petites et moyennes entités (PME) ne peuvent tenir seules leurs
comptabilités, fautes de moyens et connaissances suffisantes. En effet, elles font appel aux
professionnels externes qui accompagnent ou se substituent aux comptables internes et
accomplissent en lieu et place de ces derniers, pour le compte de l’entité, tous les travaux
comptables à partir des brouillards produits.

Les travaux réalisés à ce niveau sont les suivants :

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
 L’élaboration et la mise à jour du manuel de procédure ainsi que d'un plan comptable
adapté à l’entité ;
 La tenue des livres comptables exigés par la législation en vigueur ;
 L’enregistrement quotidien et chronologique des opérations de l’entité ;
 L’établissement d'une balance annuelle des comptes ;
 L’enregistrement des écritures de régularisation ;
 L’établissement des états de synthèse ;
 L’établissement et le contrôle des déclarations fiscales ;
 L’assistance en cas de vérification par l'administration fiscale.

Contrairement à certaines entités, d’autres sollicitent le Cabinet ZION pour des conseils.

B- Conseils juridiques et fiscaux


Le cabinet ZION aide ses clients à résoudre des problèmes juridiques et fiscaux. Les
principales prestations tournent autour de :

 Le choix du statut juridique ;


 La réalisation des déclarations fiscales ;
 L’établissement et la liquidation des impôts et taxes ;
 La réalisation de formalités de constitution des sociétés ;
 La restructuration (fusion, augmentation de capital, apport partiel d'actif) des sociétés.

C- Conseils en informatique et en organisation


Il s'agit essentiellement du conseil en organisation. Le cabinet est souvent sollicité pour
l'élaboration de manuels de procédures administratives comptables et financières et pour la
mise en place de système comptable informatisé.

D- Recrutement, formation et gestion des ressources humaines


L’environnement économique actuel est caractérisé par des mutations technologiques
permanentes. Face à ces mutations, l’entité se doit de les maîtriser et de pouvoir s’adapter
pour être toujours plus performante et garantir ainsi sa croissance. Les études de son
environnement, le recrutement et la formation de personnels qualifiés sont les meilleurs
moyens d’y parvenir.

Il a pour ambition de transmettre son savoir-faire et ses compétences dans le but d’aider les
entités à améliorer leurs performances. La démarche consiste à :

 Définir avec les entités les besoins en étude et formation ;

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
 Concevoir un plan qui correspond à leurs attentes ;
 Évaluer leurs nouvelles performances.

L’équipe de formateurs et d’experts, composée de professionnels expérimentés dans différents


domaines, met son savoir-faire et son expérience au service des organisations afin de les aider
dans l’amélioration de leurs performances.

Paragraphe 2 : Ressources, structure organisationnelle, fonctionnement et


environnement du cabinet ZION Consulting
2.1 . Ressources
A- Ressources matérielles et financières
Pour la bonne exécution de ses travaux, le cabinet ZION, dispose d'un local répartis par
département et adapté à son fonctionnement, de plusieurs mobiliers de bureau ainsi que d'un
important lot d'outils informatiques pour le traitement des informations et la communication.

Le cabinet tire l'essentiel de ses ressources financières des revenus issus de ses activités.

B- Ressources humaines
Outre le Directeur qui manage et contrôle toutes les activités, il existe dans le cabinet ZION
Consulting une assistante de direction ; un directeur financier ; un directeur des ressources
humaines ; quatre chefs de départements et un agent de liaison.

C'est donc au total neuf (09) personnes qui satisfont les objectifs assignés à cette structure.

Cependant, en plus du personnel interne, il arrive que le cabinet fasse recours à des
collaborateurs extérieurs à savoir : des consultants, des experts comptables et fiscalistes qui
interviennent de façon ponctuelle pour des prestations qui nécessitent leur appui.

2.2 Structure organisationnelle et fonctionnement


Pour atteindre ses objectifs, le cabinet a mis en place une organisation administrative.
L'examen minutieux de l'organisation relève de l'existence d'un organe de décision.

Le seul organe de décision du cabinet est représenté par le Directeur Général. Il coordonne
certaines activités à savoir :

 La fixation des objectifs opérationnels en matière de gestion ;


 La conduite de la gestion du cabinet ZION ;

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
 La définition des indicateurs de performance économique, sociale, technique et
financière.

Le Directeur Général assure également le contrôle permanent des performances réalisées lors
de l'exécution des prestations offertes par le cabinet. Il est assisté directement par les
départements suivants : le secrétariat administratif ; la direction financière qui comprend les
départements comptable et fiscal ; la direction des ressources humaines qui regroupe les
départements formation et recrutement.

A- Secrétariat administratif
Il est chargé de la gestion des affaires administratives du cabinet. II comprend le secrétariat
qui assiste directement la direction et sert de liaison entre la direction générale et les autres
directions mais aussi entre les départements.

B- Direction financière
Cette direction est chargée non seulement de la tenue de la comptabilité, de la présentation
des états financiers mais aussi du conseil juridique et fiscal aux entités. Elle est constituée des
départements comptables chargés des affaires comptables, enregistrement des pièces
comptables et l’établissement des états financiers et fiscal chargés de proposer aux clients les
missions de conseils fiscaux, juridiques (les opérations de liquidation, la réalisation de
formalités de constitution des sociétés) et de management. Placés sous la responsabilité de
chefs départements, ceux-ci ont pour supérieur direct le directeur financier qui a pour mission,
la supervision des travaux des équipes de comptable et fiscaliste.

C- Direction des ressources humaines


Chargée de la formation et du recrutement de personnel pour le compte du cabinet ou celles
des entités qu’il accompagne de par son assistance ; la direction des ressources humaines est
constituée de deux départements ; formation qui selon les besoins du marché, en fonction des
évolutions sur tous les plans dans les domaines de compétences du cabinet forme son
personnel et ceux de sa clientèle à l’acquisition de qualification adéquate pour faire face à la
concurrence ; et recrutement qui, sur la base des besoins en ressources humaines du cabinet et
de ses clients recrute du personnel.

2.3 Environnement
La performance de toute entreprise vient de la maitrise de son environnement et de sa capacité
à s'y adapter. Ces dernières permettent alors à l’entité de définir avec plus de précision les

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
choix qui lui sont proposés afin de déterminer sa stratégie et de lui éviter de prendre des
décisions non appropriées. L’environnement d’une entité est l’ensemble des éléments internes
et externes qui peuvent influencer positivement ou négativement son fonctionnement. On
distingue le micro environnement et le macro environnement.
A- Micro environnement
Il est composé des facteurs intervenant dans l'entourage immédiat de l’entité et sur lesquels il
a d’influence :

 Concurrences

Un marché est toujours partagé avec les concurrents. L'environnement concurrentiel se


compose des cabinets de la place qui offrent les mêmes services.

Le cabinet doit donc connaître sa part de marché, sa position concurrentielle ainsi que ses
forces et faiblesses et évaluer ses moyens.

 Clientèle

L'un des éléments essentiels du micro environnement du cabinet est sa clientèle. Cette
dernière représente la demande et l’entité doit identifier ses besoins, ses motivations...

Parmi la clientèle de ZION, nous pouvons compter les entités telles que : EMAT, DESCO,
LINE INTER etc…

B- Macro environnement
Il s'agit des facteurs qui influencent la situation du cabinet sur son marché, mais de façon
exogène. Ce sont donc des facteurs sur Lesquels l’entité ne peut influer, qu'elle ne peut
manipuler, mais qu'elle doit anticiper car ce sont des sources d'opportunités ; comme nous
pouvons citer l'environnement juridique et règlementaire, l’environnement technologique et
l'environnement socio-économique.

 Environnement juridique et règlementaire

Le cadre juridique et règlementaire intervient dans tous les domaines d'activité. Il encadre le
comportement de toutes personnes (physiques ou morales) car le non-respect de ses règles est
passible de sanctions et de pénalités.

Le contexte juridique et règlementaire du cabinet est composé par les différentes lois votées
par le parlement auxquelles toute entreprise est astreinte, par les actes uniformes auxquels tout

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
professionnel comptable doit se conformer ainsi que les règles d'éthique de la fonction
comptable.

 Environnement technologique
Les technologies évoluent très vite et bouleversent à la fois l’offre et la demande. Elles sont
évidemment une source d'opportunités pour les entités qui établissent leur stratégie marketing
sur l’innovation, mais constituent une menace pour les entités suiveuses.

Ainsi de nouvelles technologies peuvent contribuer au développement du cabinet en lui


permettant de mettre au point de nouvelles techniques dans son travail qui intègrent ces
nouvelles technologies. Elles peuvent aussi conduire à leur croissance, en permettant la
conquête de nouveaux clients, ou à leur fragilisation voire à leur disparition si elles ne sont
pas relayées. Il peut s'agir des logiciels de traitement comptable (PERFECTO, SAGE SAARI
100) ; ceux de traitement de document (MICROSOFT OFFICE WORD, EXCEL, POWER
POINT, etc…).

 Environnement socio-économique

La croissance et le développement sont déterminants dans une économie. Ils représentent


surtout des facteurs qui influencent grandement la demande du cabinet (une bonne croissance
augmenterait potentiellement les ordres de missions). Cela permettrait par la même occasion
un recul conséquent du secteur informel, principale menace des cabinets.

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises

CHAPTRE 2 :
Cadre théorique et méthodologie de recherche

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
CHAPITRE 2 : CADRE THÉORIQUE ET MÉTHODOLOGIQUE DE L’ÉTUDE
Ce chapitre est consacré à la problématique, aux objectifs et aux hypothèses de recherche. On
y trouve l’intérêt de l’étude. Il fait également le point de la revue de littérature et décrit le
cadre méthodologique de base du travail.

SECTION 1 : CADRE THEORIQUE


Dans cette section, nous allons présenter la problématique, les objectifs, les hypothèses et la
revue de littérature
PARAGRAPHE 1 : PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS.
A. Problématique et intérêt de l’étude
1. Problématique
La recherche permanente de la rentabilité à partir d’une bonne performance anime la vie
économique des entreprises. Pour ce faire, plusieurs entreprises ont opté pour la réduction des
coûts à travers l’externalisation de certaines fonctions dont celle comptable. Selon Huynh et
Tondeur (2011 : p24), l’externalisation de la fonction comptable consiste à « confier à un
prestataire externe une partie ou la totalité de ses activités comptables qui étaient jusqu’alors
réalisées en interne ».

L’externalisation apparaît ainsi comme une alternative de réduction des coûts permettant à
l’entreprise de se recentrer sur son cœur de métier. La rigueur dans la tenue régulière de la
comptabilité a pour avantage une production d’informations comptables et financières
adaptées à la prise de décision. Très rarement, le système d'information comptable a été
envisagé comme outil stratégique. La complexité croissante des normes comptables et les
contraintes en termes de coût et de performance des entreprises amènent de plus en plus les
dirigeants à envisager d’externaliser leur comptabilité. Les entreprises sont confrontées à des
difficultés de traitement, d’interprétation, le contenu de certains comptes et de présentation
des états financiers. La mise en œuvre des exigences de la nouvelle discipline n’est donc pas
chose aisée pour les entreprises. Les normes comptables, juridiques et financières ne sont
donc pas respectées et cela s’accentue d’autant plus que le secteur informel semble prendre le
dessus sur le secteur formel.

Par ailleurs, l’importance de la fiscalité dans l’économie nationale, qu’elle tienne à l’ampleur
des besoins budgétaires, ou au souci d’interventionnisme, n’est plus à démontrer. Elle affecte
tout, particulièrement les entreprises. Mais, si les entreprises ont de nombreux impôts à
acquitter, elles disposent également de facultés de choix, leur permettant de rechercher le
Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 13
Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
traitement fiscal le plus avantageux. Pour Menchaoui (2015), le « fiscal », en effet, est devenu
si important qu’il est urgent d’apprendre à le gérer, tout comme le « commercial » ou le «
financier ». Pendant longtemps, il est vrai que gérer l’impôt était synonyme de fraude fiscale.
Les conséquences de cette dernière sont fâcheuses pour la compétitivité des firmes. Il est
souhaitable qu’au lieu de subir l’impôt, elles s’efforcent d’en concevoir une gestion
dynamique. Dans cette optique, la tenue régulière de la fiscalité aide le contribuable à éviter
de tomber dans les mailles de l’administration fiscale, mais aussi et surtout à éviter les litiges
et à les prévenir. Les informations comptables et fiscales sont capitales pour la prise de
décisions et à la survie des entreprises. Pour la fiabilité de l’information comptable,
l’externalisation de la fonction comptable apparaît comme une solution pour les actionnaires
contre la stratégie d’enracinement du dirigeant d’entreprise à travers la gestion des résultats
comptables. Compte tenu de ces différentes difficultés, plusieurs structures de promotion et
d’encadrement ont été créées en vue d’apporter aux entreprises une assistance dont la nature
peut être financière, commerciale, technique, sociale, comptable, fiscale, etc. C’est parmi elles
que nous comptons les cabinets d’expertise comptable qui assistent les entreprises
généralement en audit, en conseil juridique, fiscal et en comptabilité. La comptabilité étant la
mémoire sans laquelle le bon fonctionnement de l’entreprise pourrait être remis en cause ;
l’assistance comptable et fiscale impliquera une meilleure organisation répondant aux
exigences de collecte, de tenue, de contrôle, de présentation, de communication, de
vérification et la mise en œuvre des méthodes et des procédures réglementaires.

En analysant ces problèmes, nous nous demandons : « Quels sont les facteurs déterminants
de l’externalisation de la fonction comptable par les entreprises » ?

Telle est la question principale de la présente étude dans laquelle ressort des questions
spécifiques à savoir :

 Quel est l’effet de la taille de l’entreprise sur la décision d’externalisation de la


fonction comptable ?
 Quelle relation peut-on établir entre les charges fiscales de l’entreprise et
l’externalisation de la FC ?

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 14


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
2. Intérêt de l'étude
L’intérêt de cette étude sera présenté en trois grandes parties que sont :

L’intérêt personnel, l’intérêt de l’externalisation de la fonction comptable et l’intérêt


scientifique.

2.1. Intérêt personnel

C’est pour nous un plaisir de traiter un sujet du domaine de la comptabilité car nous estimons
que les recherches sur le sujet contribueront à améliorer notre expérience surtout au travail. A
partir de ce sujet, nous avons eu l’occasion d’approfondir l’étude et la pratique de la
comptabilité dans les entreprises.
2.2. Intérêt de l’externalisation de la fonction comptable
Cette étude sur l’analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable
permettra aux dirigeants des entreprises :

 De se concentrer sur les compétences clés et son cœur de métier


 D’acquérir plus de souplesse en évitant d’investir dans des activités périphériques qui
apporteraient de la rigidité à la structure
2.3. Intérêt scientifique

Etant donné que note travail est un travail de recherche dans le domaine de la gestion, il
constitue un document qui met en évidence des donnée réelles, qualitatives et vérifiables
pouvant servir à d’autres recherches ultérieures.

B. Objectifs
1. Objectif général

L’objectif principal de ce travail est d’analyser les facteurs déterminants de l’externalisation


de la fonction comptable par les entreprises
Pour atteindre l’objectif général, les objectifs spécifiques ci-après seront poursuivis :
2. Objectifs spécifiques
• Déterminer l’effet de la taille de l’entreprise sur la décision d’externalisation de la
fonction comptable
• Etablir le lien qui existe entre les charges fiscales de l’entreprise et l’externalisation
de la fonction comptable

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises

PARAGRAPHE 2 : REVUE DE LITTERATURE ET HYPOTHESES


I. REVUE DE LITTERATURE
A. Clarification des concepts
1. Le concept d’externalisation
Les modèles économiques de référence que sont le marché et la hiérarchie ont connu une
crise durant les dernières années. D'un point de vue économique, il est désormais reconnu que
les insuffisances de ces deux modèles opposés sont à l'origine de l'émergence des structures
réticulaires. Ces structures en réseau, considérées des formes hybrides, se rapprochent
simultanément des relations marchandes (indépendance des échangistes) et des relations
hiérarchiques (mode de gestion fondé sur la collaboration). En ce sens, Jarillo (1993) qualifie
ces structures "d'organisations sans frontières" puisque la ligne de partage entre compétition et
coopération ne coïncide plus nécessairement avec les frontières juridiques de l'entreprise. Les
structures réticulaires se développent pour faire face à des nouveaux enjeux en satisfaisant les
besoins d’adaptabilité, de réactivité et de souplesse considérés les valeurs-clés actuelles de la
gestion des entreprises face aux exigences internes et externes (Daigne, 1998).
L’externalisation s’intègre dans le cadre des réseaux transactionnels dans la grille de lecture
des réseaux proposée par Heitz (2000). Ces réseaux, qui se caractérisent par leurs logiques
d’intégration et leur faible spécificité d’actifs, ont pour finalité la mise en place et l’atteinte de
l’objectif d’une transaction et le respect de ses clauses. Par ailleurs, la conception
traditionnelle du modèle comptable se prête à la représentation des grosses structures stables
et nettement circonscrites. Actuellement, les notions de flexibilité, de souplesse et
d’adaptabilité ont remplacé celles de volume, de standardisation, de grande échelle et de
planification. Les entreprises se désintègrent verticalement pour être plus résistantes. Elles
cherchent d’être petites, légères, réactives et solidaires. Évoluant dans un pareil contexte, le
modèle organisationnel traditionnel de la fonction comptable devient inadapté avec les
pratiques managériales et les stratégies de diversification mises en œuvre. L’analyse de
l’ancien design organisationnel montre que le service comptable ne répond plus tant aux
attentes internes des dirigeants qu’aux contraintes externes relatives à la communication et au
reporting financier.
La mise en cause de la performance de la fonction au travers les volumétries traitées pour les
différentes activités, les besoins de formation contenue des cadres du service et les difficultés
d’accessibilité à la nouvelle technologie sont des causes, parmi d’autres, qui poussent à

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 16


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
repenser le design organisationnel de la fonction comptable. L’externalisation représente la
forme alternative d’organisation comptable la plus émergée au cours des dernières années.

Des études menées dans ce domaine entre 1999 et 2003 (études Andersen/Ernst & Young –
Taylor Nelson Sofres) démontrent que les fonctions administratives et comptables arrivent en
seconde position, après les fonctions informatiques et de télécommunication, parmi les
fonctions qui seront les plus externalisées à l'avenir. D’après Barthélemy (2004), une certaine
confusion entoure le terme « externalisation » dans la littérature. Selon cet auteur,
l’externalisation est perçue comme « le recours à un prestataire extérieur pour réaliser une
activité qui était jusqu’alors réalisée au sein de l’entreprise. L’externalisation s’accompagne
alors fréquemment d’un transfert de ressources matérielles et/ou humaines vers le prestataire,
qui se substitue aux services internes. Elle est définie aussi comme la remise en cause d’une
décision d’internalisation préalable ».
L’Ordre des Experts Comptables de France a ainsi défini l’externalisation, connue aussi sous
le nom d’outsourcing: « Externaliser, c’est le fait pour une société de faire réaliser par un tiers
des prestations ou des actes juridiques, avec transfert, le cas échéant, auprès de ce tiers des
moyens matériels et humains affectés jusqu’à présent par la société à ces prestations ou actes,
sur une longue durée, pour un prix contractuellement convenu, forfaitaire ou non ».

Trouvant son origine dans les théories classiques du « faire ou faire faire » (i.e. « make or buy
») (Williamson, 1985) développées dans le cadre de la recherche d’économies d’échelle,
l’externalisation a suivi plusieurs évolutions dès son apparition dans les années 70, de façon
plus notable aux États-Unis et en Grande-Bretagne, dans le cadre de la recherche de baisse
des coûts. Au cours des années 80 et 90, ce phénomène s’est développé dans une logique de
mise en commun de moyens et de recherche constante de productivité et d’optimisation des
outils de production. Cette évolution a connu une autre ampleur au début du 21ème siècle
suite aux mutations économiques liées aux nouveaux outils de communication et la croissance
de la production sous la logique « time to market ».

2. Externalisation de la fonction comptable

La redéfinition du rôle des responsables comptables et financiers au sein des entreprises par le
passage d’un contrôle des données financières en aval de leur production à l’instauration des
systèmes d’information sur mesure a marqué l’évolution de la fonction comptable pendant les
dernières années. Le volume et la complexité des taches dévolues aux directeurs financiers,
conjugués avec la volonté de se départir de la gestion des ressources et de se consacrer aux

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 17


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
activités créatrices de valeur nécessite le développement de nouvelles formes alternatives
d’organisation. Le choix d’une organisation adéquate de la fonction comptable passe par un
choix binaire entre le design intra-organisationnel caractérisé par ses deux formes
décentralisée et centralisée (relation hiérarchique) et la relation inter-organisationnelle dont la
forme la plus évoluée est l’externalisation (relation de marché). La forme d’organisation
hybride ou intermédiaire a été marquée par l’apparition des centres de services partagés.
Selon le profil des entreprises, à établissement unique ou disposant de plusieurs
établissements, l’organisation de la fonction diffère selon la centralisation et la
décentralisation des travaux comptables, financiers et de gestion. Les performances des
fonctions comptables se trouvent en partie liées à l’organisation de ces processus. En croisant
la décentralisation avec les opérations de croissance externes perpétuelles des unités
opérationnelles, les procédures et les supports comptables connaissent une hétérogénéité
accrue du fait que chaque site développe ses propres méthodes de travail et choisit ses
applicatifs (Tondeur et De La Villarmois, 2003). La décentralisation des services comptables
peut engendrer des entraves à la bonne gestion de l’activité comptable. Elles se manifestent,
notamment, par des difficultés d’évaluation et de maîtrise des coûts engagés pour cette
fonction ainsi que par l’affectation de la qualité et de l’efficacité des services due aux efforts
alloués à la gestion des moyens au détriment de l’amélioration des prestations. Également, les
pertes en synergie et en économie d’échelle s’avèrent significatives.
Malgré le fait que la centralisation de la fonction comptable permet de limiter les coûts, de
rationaliser l’organisation du service et d’obtenir une homogénéisation des pratiques
comptables, de multiples limites peuvent être reprochées à ce modèle organisationnel. Elles
consistent essentiellement aux difficultés de communication avec les unités opérationnelles
(problème de proximité) et aux problèmes liés à la gestion du personnel comptable qui exige
une préoccupation des responsables du service aux dépens des questions techniques. Ces
dernières années, le modèle de centralisation de la fonction comptable a connu une évolution
organisationnelle par la substitution de la relation hiérarchique par une relation
client/prestataire permettant d’améliorer la qualité de service, voire d’envisager une mise en
concurrence. Dans une forme peu évoluée de ce nouveau modèle organisationnel, les
entreprises font recours à des prestataires internes mis en place pour satisfaire exclusivement
leurs besoins et regroupés dans des centres de services partagés.
La création d’un centre de services partagés est généralement considérée comme une mutation
organisationnelle des services comptables décentralisés ou centralisés, suivie d’une évolution
juridique résultant de la mise en place d’une nouvelle entité autonome. Le passage d’un

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 18


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
service comptable centralisé à un centre des services partagés s’avère plus commode vu
l’homogénéité des procédures et des moyens dédiés à la gestion comptable en commun des
différentes sociétés ou division d’un même groupe. L’optimisation de ce modèle
organisationnel peut se matérialiser par la gestion de l’amélioration continue des processus et
l’intégration de leviers technologiques, la concentration des centres de services partagés,
l’extension de périmètre ou l’externalisation.
L’externalisation s’impose dans la fonction comptable comme une solution d’organisation
crédible. Ce n’est pas une panacée et la démarche qui y conduit se doit d’être construite avec
méthode. Des études ont montré que le niveau de satisfaction très élevé des utilisateurs
effectifs renforce la pertinence du choix de l’externalisation de la comptabilité dans les
entreprises de toutes tailles. Elles ont relevé, à cet égard, que les considérations d’ordre
qualitatif l’emportent, parfois, sur les questions liées au coût de la fonction. La complexité
croissante des affaires liée à la difficulté pour les entreprises de stabiliser durablement des
ressources de qualité dans le domaine comptable et financier, militent en faveur d’un recours
à un prestataire spécialisé avec qui s’établira une véritable relation de partenariat. Via
l'externalisation, la relation employeur/salariés se transforme en partenariat client/fournisseur.
Sur le plan pratique, des modes d’agencement différents peuvent être mis en œuvre pour
chaque processus de la fonction comptable (saisie, gestion des immobilisations, fournisseurs,
trésorerie…). Ces agencements varient entre la structure intra-organisationnelle (le dilemme
centralisation/décentralisation) et la relation inter-organisationnelle (le dilemme
internalisation/externalisation).
Face à ces alternatives, le recours à une décision d’externaliser la fonction comptable demeure
soutenu par des fondements théoriques solides et des facteurs explicatifs légitimes

3. Redressements fiscaux

Le redressement fiscal est un contrôle organisé périodiquement par le fisc pour observer le
fonctionnement des entreprises. Au Bénin, le système fiscal est déclaratif ; ce sont les
entreprises elles-mêmes qui vont vers le fisc pour déclarer leurs activités. Toutefois, par
moments, le fisc vérifie la véracité des déclarations qui lui sont faites, car « la confiance
n’exclut pas le contrôle ». Depuis un certain temps, l'Administration fiscale se plaint des
entreprises se livrant à des fraudes, lesquelles amenuisent les recettes alimentant les caisses de
l'Etat. Les entrepreneurs, à leur tour, se plaignent de la pression fiscale qui les étouffe, ne leur
permettant pas de prospérer. Cette pression amène bon nombre d’entreprises béninoises à

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 19


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
manipuler l’information comptable en complicité avec le comptable interne dans le but de
réduire l’impôt, car « Trop d'impôt tue l'impôt ».

Ces redressements se justifient par quatre groupes d’infractions :

 En ce qui concerne les déclarations fiscales, les infractions fiscales les plus
courantes sont l’omission volontaire de dépôt d’une déclaration, le dépôt tardif et
l’insuffisance de déclaration ;
 La rémunération excessive du dirigeant qui s’explique par un acte anormal de
gestion dont la déductibilité est soumise à des conditions particulières prévues par le code
Général des Impôts (CGI) ;
 Il est fréquent d’observer la dissimulation de revenus. Cette infraction fiscale se
caractérise par l’utilisation des procédés frauduleux conduisant à réduire, voire annuler la
masse de somme sujette à l’impôt et par là même l’impôt ;
 Enfin, l’existence de dépenses non liées à l’activité de l’entreprise. Ces dépenses
engagées et enregistrées dans la comptabilité doivent être justifiées et en lien direct avec
l’activité.

Par ailleurs, certains motifs relatifs aux relations intragroupes, au régime fiscal mère-fille, aux
opérations de restructuration et au champ d’application de la TVA expliquent également les
redressements fiscaux afin de corriger les manquements aux lois fiscales.

4. Décision d’externalisation de la FC

La solution de choisie est considérée comme celle qui offre le gain d’efficience le plus élevé
et satisfait aux contraintes imposées. D’après Roberts et Greenwood (1997), il y a une relation
réciproque entre le design adopté et les caractéristiques de l’environnement institutionnel. Un
nouveau design réussi doit servir de modèle pour les autres organisations.

Le cadre d’analyse « efficience-contrainte » de Roberts et Greenwood (1997) adapté au choix


de l’externalisation de la fonction comptable peut être schématisé ainsi :

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 20


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises

Compétition basée sur l’efficience :


Tensions compétitives
Environnement
institutionnel

Contraintes
cognitives
Evaluation du design actuel :
Diagnostic de la fonction comptable

Contraintes
coercitives

Recherche des alternatives :


Attributs de Décentralisation
transaction Centralisation
Centre de services partagés
Externalisation Contraintes
normatives

Evaluation en terme d’efficacité :


Instruments - Coûts
de - Qualité Contraintes
management - Flexibilité mimétique

Choix d’externalisation de la fonction


comptable pour optimiser l’efficience

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 21


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
Tableau : Décision d’externalisation de la FC.

5. Déterminants de l’externalisation de la fonction comptable


5.1. Les facteurs déterminants de l’externalisation
Barthélemy (2001) précise que les facteurs explicatifs de l’externalisation sont énumérés par
plusieurs recherches et études sur le sujet. Toutefois, ils se caractérisent par leur hétérogénéité
et leur redondance. Généralement, ces facteurs correspondent aux avantages que peut apporter
l’externalisation aux entreprises. A partir de plusieurs enquêtes réalisées entre 1991 et 1996
auprès de 1200 entreprises américaines, The Outsourcing Institute a fait un classement des dix
principales raisons qui expliquent le recours à l’externalisation de certaines fonctions. Notre
intérêt consiste à focaliser l’attention sur les facteurs spécifiques à l’explication de la décision
d’externalisation de la fonction comptable tout en procédant à leur regroupement en quatre
groupes homogènes.
5.1.1. Facteurs stratégiques
Le fait que l’externalisation modifie la structure et la configuration organisationnelle est
fréquemment mis en avant comme critère suffisant à qualifier de stratégique une telle décision
(Gosse et al. 2002 et Quélin, 2003). Compte tenu que la décision d’externalisation est
reconnue comme stratégique, il est certain qu’elle découle de certains facteurs stratégiques.
- Recentrage sur le cœur du métier : Le « cœur de métier » peut être défini comme les
activités qui contribuent le plus fortement à la création de valeur dans une entreprise. On les
qualifie parfois d’activités « stratégiques » pour les opposer aux activités « périphériques »
(Barthélemy, 2001). La plus grande difficulté consiste à déterminer si une activité appartient
bien au cœur de métier. Selon Quélin (2003), le périmètre idéal du cœur de métier de toute
entreprise n’est ni intangible ni intemporel. Il évolue en permanence. Cette évolution implique
l’existence d’autres entreprises prêtes à accueillir les activités externalisées ou cédées et à se
spécialiser. L’entreprise doit s’adapter à son environnement et se poser sans cesse les
questions de « faire, acheter ou s’allier ». Quinn et Hilmer (1994) ont essayé de cerner les
avantages de l'externalisation d'activités situées hors du « cœur de métier » et ont retenu que
le recentrage sur le cœur du métier constitue un apport notable. Dans la littérature, le
recentrage sur le cœur du métier a été évalué sur la base de la perception de la proximité de la
fonction comptable avec le cœur de métier de l’entreprise. Il s’agit de la mesure dans laquelle

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 22


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
l’activité : (1) est considérée comme stratégique (Quinn et Hilmer, 1994 ; Teng, Cheon et
Grover, 1995) ; (2) contribue à la rentabilité de l’entreprise (Barney, 1991) ; (3) permet la
différenciation par rapport aux concurrents (Stalk Evans et Shulman, 1992) ; (4) et permet un
contact direct avec le client (Aersten, 1993).
- Facilitation des opérations de reengineering : Le reengineering consiste à améliorer
radicalement les performances de l’entreprise en refondant ses processus créateurs de valeur
et en éliminant les processus qui ne créent pas de valeur. Ce concept a été lancé par Michael
Hammer à la fin des années 80. La première raison de l’émergence du reengineering repose
sur la complexité de l’organisation liée à sa taille. Elle perd sa flexibilité et augmente ses
coûts bureaucratiques. La seconde relève de l’analyse stratégique liée à la limite de ses
ressources. Pour renforcer son avantage concurrentiel, l’entreprise doit les affecter en priorité
aux activités contribuant plus à la création des valeurs (Porter, 1986).
- Réaffectation des ressources : L’externalisation permet aux entreprises de se
concentrer sur les aspects les plus stratégiques de leur activité en laissant aux prestataires le
soin d’assumer les détails opérationnels. Cette focalisation sur les activités principales exige
la concentration des ressources au profit de ces activités. Compte tenu que les ressources des
entreprises sont limitées, l’externalisation d’activités non stratégiques permet de libérer ces
ressources et de les réaffecter à des activités qui contribuent à la formation de l’avantage
concurrentiel. Ainsi, l’externalisation bien menée est indissociable d’une réflexion stratégique
sur le moyen terme (Quélin, 2003). Par ailleurs, l’objectif de réaffectation des ressources est
fortement lié à la notion de recentrage sur le cœur du métier. De ce fait, l’approche fondée sur
les ressources et les compétences suggère que les entreprises ont intérêt à investir sur leur
cœur de métier et à externaliser les activités qui n’en font pas partie (Prahalad et Hamel,
1990 ; Quinn et Hilmer, 1994). L’étude menée par The Outsourcing Institute a montré que les
facteurs stratégiques se présentent dans les cinq premiers bénéfices attendus des opérations
d’externalisation.
5.1.2. Facteurs organisationnels

Desreumaux (1996) affirme que l’externalisation modifie la structure de la firme : elle


constitue l’un des principaux leviers à la création d’une nouvelle forme organisationnelle.

- Allègement de la structure et gain de flexibilité : Qualifiée de « répulsion » ou


encore de « lyophilisation organisationnelle », l’externalisation a souvent pour corollaire une
réduction de la taille de l’entreprise. Cette diminution de la taille ne vise pas à se débarrasser
définitivement de personnel ou d’équipement qui faisaient partie de l’entreprise par les

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 23


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
licenciements et les cessions (downsizing), mais de mettre en place une relation avec un
prestataire qui prend le relai du service comptable interne. Dans ce cas, l’allègement de la
structure et le gain de flexibilité constituent des objectifs essentiels. L’externalisation
s’intègre dans le cadre de la flexibilité stratégique de Reix (1979) qui permet à un système
d’accepter des modifications ou des évolutions de conception. Pour Desreumaux (1996), les
pratiques de désintégration (dont l’externalisation fait partie) impliquent un remplacement de
la grande entreprise par un système de socio-entrepreneurship.
- Une solution à une situation de rupture : Reconnaître l’externalisation comme une
solution ou un dénouement implique que le recours à cette méthode est généralement exhorté
par l’existence d’un problème ou d’une difficulté au sein de l’organisation. Les entreprises qui
mettent en place cette mission sont d’ailleurs en majorité des sociétés bien portantes, qui y
trouvent une solution à des problèmes qui ne peuvent être résolus avec leur structure interne.
Par ailleurs, différentes situations se présentent pour mener à une externalisation de la
fonction comptable notamment la restructuration de la société, faire face aux problèmes de sur
ou sous-activité, départ de responsables comptables ou faire face à un problème de
compétence ou de motivation du personnel
- Amélioration du système d’information interne : Dans une économie où la maîtrise
des systèmes d’information est une exigence, suivre l’évolution rapide des technologies et
adapter régulièrement son organisation ne sont pas chose facile à la portée de tous.
L’entreprise préfère alors que les changements du système d’information comptable soient
faits par des professionnels à même de les mener à bien selon des critères de temps et de
fiabilité rigoureux. L’externalisation offre une solution à ce problème en permettant l’accès à
des systèmes d’information de haut niveau, mis régulièrement à jour et maîtrisés par des
experts.
5.1.3. Facteurs opérationnels
Porter (1979) classe l’externalisation plutôt parmi les nécessaires outils et techniques de
gestion que parmi les leviers stratégiques. Les facteurs opérationnels sont issus de
l’environnement institutionnel de la fonction comptable comptabilité.
- Amélioration de la performance de la fonction comptable : Les fonctions de
support des entreprises (y compris la fonction comptable) sont souvent peu efficientes. Les
dysfonctionnements résultent en grande partie d’un fonctionnement bureaucratique et de
l’absence de mise en concurrence avec le marché (Barthélemy, 2001). En pratique, la fonction
comptable prend la forme de fief mal géré qui satisfait des besoins très restreins (fiscaux par
exemple). Confier ce service à un cabinet peut améliorer sa performance et permet de donner

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 24


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
à la direction générale l’occasion de reprendre le pouvoir et d’accéder à l’expertise du
prestataire.
- Respect des règles comptables, fiscales et sociales : La comptabilité est une
discipline réglementée et évolutive. Elle est reliée à plusieurs autres disciplines comme la
fiscalité, le droit et l’audit. Les obligations de se conformer avec les réglementations et les
normalisations et de suivre leur allure d’évolution sont très restrictives pour les entreprises.
Ces contraintes alourdissent le fardeau des directions financières qui luttent contre les
volumes quotidiens de travail et les exigences permanentes des utilisateurs. Les entreprises
cherchent dans l’externalisation de la fonction comptable une sécurité de la qualité en raison
du caractère normalisé de cette activité.
- Respect des délais : Les informations comptables sont à la fois une aide de décision
pour la direction générale en interne et un des outils d’analyse pour les investisseurs. Les
délais restrictifs de leur publication conjugués avec des fréquences intenses de leur production
exigée par les utilisateurs internes et externes nécessitent des moyens développés pour
honorer toutes les échéances sans dépassement des délais. L’externalisation vient comme une
solution optimale pour le respect des délais de préparation des informations comptables.
5.1.4. Facteurs financiers

Les gains financiers sont souvent présentés comme le principal bénéfice de l’externalisation.
Par ailleurs, il a été constaté que le paradigme de la décision rationnelle inspiré par la théorie
des coûts de transaction reste le plus sollicité car les motivations économiques semblent être
prioritaires (Jurison, 1995).

- Réduction et contrôle des coûts : Roy (2004) suggère que le recours aux prestataires
s’explique surtout par la recherche d’économies de coûts. La réduction des coûts d’une
activité comptable externalisée repose essentiellement sur les économies d’échelle qui
résultent de la mutualisation des équipements et du personnel. De même, l’externalisation
exige des conditions moins avantageuses pour les salariés. Si l’externalisation permet, via une
facturation externe, de chiffrer clairement les coûts de la fonction comptable, elle constitue
aussi l’occasion de minimiser les coûts de non-qualité. L’efficacité et le gain de compétence
que la mission apporte permettent de réduire considérablement ces coûts cachés.
- Variabilisation des coûts de la fonction comptable : La variabilisation des charges
fixes permet aux directeurs financiers de connaître les coûts réels de leur fonction comptable
et de chaque prestation. Cela les conduit à une maîtrise des coûts par une connaissance
préalable et une rationalisation des dépenses. Selon Barthélemy (2001), l’externalisation

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 25


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
permet d’éviter d’immobiliser des ressources financières tout en transférant au prestataire les
deux grands risques inhérents aux investissements : le risque de surcoût lié au
surinvestissement et le risque de sous-capacité lié au sous-investissement.
- Injection de fonds suite à la reprise d’actifs : Les opérations d’externalisation
s’accompagnent généralement d’un transfert des équipements vers le prestataire. Il peut en
résulter un apport financier non négligeable pour l’entreprise externalisatrice. Les sociétés en
situation financière délicate sont particulièrement sensibles à cet argument parce qu’il leur
permet d’avoir une solution ponctuelle à des difficultés de trésorerie. L’étude de l’American
Management Association(AMA) menée au États-Unis a permis de mesurer l’importance
relative de la réduction des coûts et de l’amélioration de la performance selon les activités
externalisées (hiérarchisation des bénéfices attendus de l’externalisation selon les activités).
Les résultats ont montré que les entreprises qui recourent à l’externalisation des fonctions
comptables et financières sont sensiblement motivées par l’objectif de réduction des coûts de
la fonction externalisée (environ 80% des cas) aux dépens de l’objectif d’amélioration de sa
performance (environ 50% des cas). Les résultats des deux études montrent que les
entreprises externalisent avant tout pour réduire les coûts.
B. Revue théorique

L’architecture théorique qui constitue le cadre explicatif de la décision d’externalisation est


difficile à cerner à cause de la complexité de ce phénomène et du fait que la plupart des
théories des organisations sont partielles et chacune se penche sur un aspect particulier du
problème de l’organisation (Rojot, 2003). D’après Tondeur et al. (2004), « le cadre explicatif
de l’externalisation nécessite donc de recourir à des théories aussi différentes que la théorie de
la contingence, la théorie des coûts de transaction, la théorie institutionnelle, la théorie de
l’agence et la théorie des ressources ».

1) Théorie des coûts de transaction


Selon la théorie des coûts de transaction, la coordination de l’entreprise est préférable à celle
par le marché dans la mesure où la hiérarchie permet de limiter ces comportements
opportunistes. Selon les travaux de Coase (1937) et de Williamson (1975), la théorie des coûts
de transaction éclaire les choix des agents économiques en matière d'arrangements
contractuels et organisationnels.
La théorie des coûts de transaction part du postulat qu’il existe trois façons d’organiser une
activité : la réaliser soi-même (structure de gouvernance « firme ») ; la confier au marché
(structure de gouvernance « marché ») ; la faire réaliser par un prestataire avec qui on
Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 26
Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
entretient une relation durable et étroite (structure de gouvernance « hybride »). Pour Tondeur
et al. (2004), « il existe trois dimensions fondamentales pour caractériser une transaction :
l'incertitude, la fréquence des échanges et le degré d'investissements spécifiques nécessaires à
la réalisation de la transaction ». De ces trois éléments vont dépendre les comportements des
acteurs économiques qui influeront sur les coûts de transaction. En matière de recours à
l'externalisation, l'incertitude est reliée à la dépendance du client par rapport à son prestataire.
Un premier type d'incertitude est lié à la dépendance ex ante et donc à la sélection adverse. Si
l'offre des cabinets est généralement bien maîtrisée en ce qui concerne la comptabilité
traditionnelle, l'évaluation doit être faite par le client sur la capacité du prestataire à travailler
sur des demandes spécifiques et à être réactif par rapport à ces demandes. L'incertitude peut
aussi s'analyser par la dépendance ex post et le hasard moral : en externalisant sa
comptabilité, le client s'expose à une perte de contrôle. Celle-ci prend de multiples aspects :
perte de contrôle sur la confidentialité des informations transmises et détenues par le
prestataire ; perte de contrôle sur des actions non directement observables par la société
cliente ; perte de contrôle sur les coûts ; perte de contrôle sur la qualité et le contenu, les
délais de transmission de l'information ; absence de garantie quant à la pérennité du
prestataire. Pour déterminer la forme d’organisation adéquate sur la base de l’optimisation des
coûts de transaction, les trois attributs des transactions proposés dans les travaux de
Williamson sont à prendre en compte : la spécificité des actifs, la fréquence des transactions
et l’incertitude (Coeurderoy et Quélin, 1997). Ainsi, la théorie des coûts de transaction permet
d’expliquer le choix du recours à l’externalisation à travers la recherche de l’optimisation
organisationnelle par l’intégration ou la désintégration verticale.

2) La théorie de l’agence

La théorie de l’agence une des variétés de nombreuses familles des théories de l’asymétrie
d’informations consistant pour un gestionnaire (appelé agent) à cacher des informations à son
supérieur son fournisseur ou son propriétaire (appelé principal) afin d’en tirer financièrement
parti. Cette théorie d’agence est liée à l’incertitude, à l’imparfaite observabilité des efforts de
l’agent et aux coûts d’établissement et d’exécution des contrats (Charreaux, 1997). Selon cette
théorie, les organisations sont analysées en termes de conflits d’intérêts entre principaux et
agents (Jensen et Meckling 1976). L’entreprise qui externalise délègue aux prestataires une
responsabilité de moyens et de résultats ; ce qui crée une dépendance potentielle vis-à-vis de
ceux qui les leur fournissent ; ceci introduit de l’incertitude dans leur système de décision
(Quélin, 2002). L’apport de la théorie d’agence pour la prise de décision d’externalisation

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 27


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
reste insignifiant. Sa contribution s’avère importante dans la phase pré décisionnelle. La
pertinence des différentes théories mobilisées pour expliquer l’externalisation peut être
démontrée en associant chaque théorie à une phase distincte du processus décisionnel
d’externalisation de la fonction comptable.

3) La théorie de contingence

La théorie de la contingence tente d’apporter des explications aux structures


organisationnelles adoptées par des facteurs aussi divers que la technologie, la taille, le
contexte culturel ou l’environnement (Desreumaux, 1992). La contingence est un concept clé
en matière d’analyse des organisations et se définit comme une situation spécifique et
évolutive qui conduit à rejeter des prescriptions uniques et standards. Dans le cas de la
fonction comptable, le facteur environnemental est déterminant ; quant au facteur
technologique, sa portée est plus délicate à appréhender. La transposition à la production
d’information (plutôt que de biens physiques) de l’analyse de Woodward (1965) n’est pas la
difficulté principale : la production de masse est associée à une structure bureaucratique alors
que la production à l’unité est associée à des structures plus organiques. Par contre,
l’approche de Woodward est développée au niveau global, de l’organisation dans son
ensemble, ce qui réduit sa portée. La principale contribution de l’approche contingente
concerne l’influence de l’environnement sur la centralisation. Les structures mécaniques et
organiques décrites par Burns et Stalker (1961) sont respectivement associées à des
environnements stables et instables. Cette analyse, qui va à l'encontre de l'évolution de la
fonction comptable est confirmée par Lawrence et Lorsch (1973) qui décrivent la
décentralisation comme une réponse à l’accroissement de l’instabilité de l’environnement.

C. Revue empirique : Point de vue des auteurs sur l’externalisation

Dans la littérature managériale, le concept de l’externalisation a fait l’objet de nombreux


travaux de recherche et les définitions données sont nombreuses et variées.

Barthélemy (2006, p.7) définit l’externalisation comme « le recours à un prestataire ou un


fournisseur extérieur pour réaliser une activité qui était jusqu’alors réalisée au sein de
l’entreprise. L’externalisation s’accompagne alors fréquemment d’un transfert de ressources
matérielles et/ou humaines vers un prestataire qui remplace les services internes ».

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 28


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
Cependant, la définition proposée par Quélin (2003, p.16) incorpore la notion de durée et de
contrat, en indiquant que : « l’externalisation intègre aussi le fait que confier, sur le moyen
terme, à un prestataire une activité jusqu’alors interne, s’inscrit dans la durée, elle requiert
dans un cadre contractuel ». Dans ce sens, certains auteurs comme Lacity et Hirscheim (1993,
Cités par Gosse et al. 2002) considèrent que l’externalisation peut être conçue comme « un
contrat entre un prestataire et un client. Dans de tel cas le prestataire est chargé de se
substituer aux services internes dans le cadre d’une relation contractuelle avec l’entreprise
cliente » (Quélin et Duhamel, 2003, 2005, Cités par Idrissi, 2006).

Ainsi on retient que toutes les fonctions de l’entreprise peuvent faire l’objet d’externalisation.
L’une des principales raisons qui poussent les entreprises à externaliser une ou plusieurs de
leurs activités est la volonté de recentrer sur le cœur de métier. Dans ce contexte,
l’externalisation ne doit pas toucher les activités de base créatrices de valeur. Barthélémy
(2007) présente l’appartenance au cœur de métier comme le « critère de décision central »
pour l’externalisation d’une fonction ; il indique ainsi que : « Le critère de décision central en
matière d'externalisation repose sur la distinction entre les activités qui font partie du cœur de
métier et celles qui ne l'en font pas. Toutes les activités qui ne relèvent pas du cœur de métier
peuvent être externalisées ». Il ajoute que « Les activités qui font partie du cœur de métier
doivent impérativement être conservées en interne ». De leur part, Norbaya et Baldry (2010,
p.6) affirment que : « The organisations should only outsource activities that do not furnish
the organisations with a sustainable advantage and do not support core activities directly ».
Chaque entreprise doit donc concentrer l'essentiel de ses ressources sur les fonctions de base
pour parvenir à maîtriser son domaine d’activité. Pour ces deux auteurs, les entreprises
gaspillent leurs ressources financières lorsqu’elles n’externalisent pas toutes les activités qui
ne font pas partie de leur cœur de métier. La notion d’un cœur de métier d’une organisation
selon Alexander et Young (1996 ; Cités par Tien, 2008) comprend quelques significations que
sont :

• Activités traditionnellement exécutées à l’intérieur de l’entreprise depuis longtemps ;


• Activités cruciales pour la performance de l’entreprise ;

• Activités créant des avantages compétitifs actuels et potentiels ;

• Activités qui ont des perspectives de croissance dans le futur, l’innovation ou le


rajeunissement de l’organisation.

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 29


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
On comprend alors que, plus une activité est proche du cœur de métier, plus son
externalisation fait courir le risque d'un échec. Faire faire des fonctions appartenant au cœur
de métier serait « une erreur » qui menace la pérennité de l'entreprise. Toutefois Fuller et al.
(2000 ; Cités par Chanson, 2007) ont montré, à partir d’une étude de cas, que les entreprises
pouvaient avoir intérêt à externaliser certaines fonctions du cœur de métier dans certains
contextes (transitoires), notamment lorsqu’une entreprise est en retard sur ses concurrents
dans un domaine ou bien lorsqu’elle se lance sur un marché en création.

L’externalisation connaît aujourd’hui un nouvel essor ; elle va jusqu’à toucher les fonctions
plus proches du cœur de métier (recherche et développement, gestion du service après-vente,
système d’information, comptabilité…, etc.). Elle acquiert donc de plus en plus une véritable
dimension stratégique qui se situe dans la catégorie de l’externalisation stratégique avec
transfert de ressources (Quélin, 2003). Si nous revenons aux multiples recherches récentes qui
ont traité l’externalisation de certaines fonctions, on constate immédiatement qu’il existe
certaines fonctions qui occupent une place particulière dans la problématique de
l’externalisation. S’appuyant par exemple sur une étude menée par Fimbel (2003) parmi les
multiples études qui sont arrivées presque exclusivement aux mêmes résultats ; cinq fonctions
font généralement l’objet d’externalisation : les systèmes d’information, la logistique, le
service après-vente, la comptabilité et la maintenance. La pratique d’externalisation la plus
courante est celle de la fonction comptable (Chanson et Véronique, 2014). L’organisation de
la fonction comptable nécessite des arbitrages qui portent principalement sur deux enjeux. Le
premier enjeu est relatif à un choix entre la décentralisation des services de comptabilité ou le
regroupement des activités administratives et comptables au sein d’une fonction centrale. Le
deuxième enjeu est celui de savoir s’il est préférable de conserver un service comptable
interne ou d’externaliser la production comptable. Tout ceci passe nécessairement par
l’importance de faire des choix d’organisation de la fonction comptable afin de mobiliser les
ressources appropriées et rendre ainsi performants les systèmes comptables.

D’après le sondage Grant (2009 ; p.8), plus de la moitié des dirigeants ayant externalisé une
fonction comptable ou financière (ou envisageant de le faire) considèrent qu’un des
principaux avantages est « le respect des règles comptables, fiscales et sociales ». Cela montre
que l’externalisation est perçue par les dirigeants comme un moyen d’améliorer la qualité de
la production d’information comptable. Ce résultat rejoint celui de Duganier selon lequel plus
de la moitié des dirigeants ayant externalisé une de ces fonctions considèrent que cela «

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 30


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
améliore la gouvernance », « améliore la transparence de l’information et du processus » et «
accroit la visibilité des contrôles » (Duganier, 2005, p.40).

Les entreprises cherchent dans l’externalisation de la fonction comptable une sécurité de la


qualité en raison du caractère normalisé de cette activité.
Barreyre, (1968, Cité par Molinié, 2000) indique que l’externalisation se situerait dans l’enjeu
DHOCO (Doing in House Or Contracting Out) ou plus exactement de « Continuer de faire ou
faire faire » qui revient à la question du « make or buy ». Dans ce contexte, Barreyre (1992, p.
762) indique qu’« Il y a (ainsi) impartition lorsqu'une entreprise, placée devant le choix du
faire ou faire faire, opte pour le second terme de l'alternative et délègue à une firme partenaire
une partie de son système global d’activités ». Le choix entre faire ou faire faire intègre aussi
bien les activités de services et non pas seulement les activités de production comme dans le
cas de la sous-traitance. Succinctement, Fimbel (2002, p.3) démontre clairement la différence
entre l’externalisation et la sous-traitance quand il dit : « créer une nouvelle activité et en
confier la gestion, dès sa création, à un prestataire, ne relève pas de l’externalisation. Ainsi,
par exemple, décider de créer un site marchand sur internet puis en confier la réalisation et
l’hébergement à une société informatique ne peut être qualifié d’externalisation (outsourcing),
mais de sous-traitance… Dans ce cas, il n’y a pas de transfert d’actifs et/ou de personnels, pas
de phase de migration et de bascule, encore moins de réversibilité possible en cours ou à
terme du contrat, puisque l’antériorité internalisée n’existe pas ». Selon Baudry (2003, Cité
par Mazeaud, 2007), trois grands facteurs expliquent le mouvement de l’externalisation :

• L’externalisation permet un transfert aux prestataires, des risques de surcoût, liés au


sur ou sous-investissement ;
• L’externalisation permet une diminution des coûts ;

• L’externalisation permet de bénéficier des avantages liés à la division verticale du


travail inter- entreprises et à la spécialisation des prestataires.

II. Hypothèses de recherche


Pour atteindre ces objectifs, les hypothèses suivantes seront testées dans le cadre de notre
recherche.
H1 : La taille de l’entreprise à un effet positif sur la décision d’externaliser la fonction
comptable des entreprises

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 31


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
H2 : Il existe un lien négatif entre les charges fiscales et l’externalisation de la fonction
comptable

SECTION 2 : METHODOLOGIE DE RECHERCHE


Pour mener à bien cette étude, nous allons adopter une méthodologie basée essentiellement
sur le choix de l’unité de recherche et de période d’étude, la recherche documentaire, les
entretiens directs et le traitement des données.
A la fin de cette section, seront notifiées les difficultés de la présente recherche.

Paragraphe 1 : Techniques et outils de collecte de données

A. Recherche documentaire
Elle a occupé une place très importante dans ce travail. Elle nous a permis à recueillir des
informations contenues dans certains documents qui ont trait à notre thème ou des thèmes
similaires. Elle nous a également permis de préparer les fiches d’enquêtes, de bien s’orienter
vers les cabinets d’expertise comptable. Aussi nous avons fait recours à l’internet pour nous
éclairer quelques peu dans la résolution des problèmes.
B. Entretiens
Elle consiste à faire des interviews au cours desquels le chercheur interroge des personnes qui
lui fournissent des informations relatives à son sujet de recherche. Cette technique nous a
permis d’avoir des contacts verbaux avec des personnes susceptibles de nous renseigner.
C. Questionnaires
Le questionnaire nous a permis de recueillir les informations en rapport avec les facteurs
déterminants de l’externalisation de la fonction comptable. Il est réalisé sur la base des
questions ouvertes et fermées afin de rendre facile le test des hypothèses de travail.
D. Enquêtes

L’enquête nous a permis d’une part de connaître l’effet de la taille de l’entreprise sur la
décision d’externalisation de la fonction comptable et d’autre part le lien qui existe entre les
charges fiscales des entreprises et l’externalisation de la fonction comptable.

En effet nous avons collecter non seulement les données économiques, fiscales et financières
mais aussi celles relatives aux comportements stratégique-types des dirigeants. Ces données
sont à la fois quantitatives (questionnaire) et qualitative (entretiens).

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 32


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
E. Technique de collecte de données
Cette technique est également utilisée tout au long de notre étude de recherche. Ces entretiens
ont porté sur la taille et les charges fiscales des entreprises après le recours à l’assistance
comptable.
Pour la bonne compréhension des questions, les questionnaires ont été conçus par rapport aux
objectifs spécifiques identifiés au cours de notre étude. Avant d’aborder l’étude proprement
dite, nous allons définir la population cible et les unités statistiques sur lesquelles les
informations seront collectées. Généralement, il est difficile pour des raisons de coûts et de
durée d’observer toute la population. Pour cela, il a été fait recours à l’échantillonnage en
l’occurrence ici, le choix de quelques entreprises. Sur la base des entreprises ayant externalisé
la FC à ZION Consulting (tous secteurs confondus), un échantillon de 50 entreprises a été
retenu pour notre entretien.
Paragraphe 2 : Traitement des données et conditions de vérifications des hypothèses
A- Traitement des données
Les données ainsi collectées ont été analysés en vue d’une synthèse générale de l’étude. Pour
se faire, nous avons interrogé le directeur du cabinet ZION Consulting ainsi que d’autres
entreprises que nous avons jointes au téléphone. Avec les documents, nous avons fait des
tableaux comparatifs entre les PME, GE et les TGE. Cette démarche nous amènera à dégager
l’effet de la taille des entreprises sur une décision d’externalisation de la fonction comptable.
Ensuite, toujours à base des documents, nous avons examiné l’évolution de la TVA des
entreprises avant et après l’externalisation de la fonction comptable. Cela nous permettra de
ressortir le lien qui existe entre les charges fiscales et l’externalisation de la fonction
comptable.
B- Condition de vérification des hypothèses
Ce point constitue un instrument qui fixe les conditions de vérification des hypothèses de
notre recherche. Il s’agit ici de définir clairement le contexte de validation de nos hypothèses.
1) Condition de vérification de l’hypothèse H1
Pour tester l’hypothèse 1 qui stipule que : «la taille des entreprises à un effet positif sur la
décision d’externalisation de la fonction comptable », nous avons adressé au cabinet un
questionnaire relatif à la taille des entreprises. La vérification de cette hypothèse s’est faite
grâce aux calculs des proportions.
2) Condition de vérification de l’hypothèse H2

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 33


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
Pour tester l’hypothèse 2 qui stipule que : « Il existe un lien négatif entre les charges fiscales
et l’externalisation de la fonction comptable par les entreprises », nous avons calculé l’impôt
sur le bénéfice et la TVA des entreprises deux ans avant et deux ans après l’externalisation.
La vérification s’est faite grâce à une comparaison de la TVA des entreprises avant et après le
contrat d’assistance.
C- Difficultés rencontrées et limites
Pour élaborer ce travail portant sur l’analyse des déterminants de l’externalisation de la
fonction comptable par les entreprises, nous nous sommes heurtés à beaucoup de difficultés
qu'il convient d'énumérer ici :
- L’accessibilité à un certain nombre de données aussi cruciales pouvant permettre une
analyse beaucoup plus approfondie a été handicapée par la réticence de certaines entreprises,
elles ne fournissent que très peu d’information comptable ;
- Le problème de la documentation nécessaire n'a pas été du reste.
Néanmoins, les quelques données et documents trouvés ont permis d'aborder ce modeste
travail dont la conclusion est fiable. Par ailleurs, les recherches de la documentation n’ont pas
été faciles surtout à cause du fait que ce thème porte sur l’administration publique.

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 34


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises

CHAPTRE 3 :
CADRE EMPYRIQUE DE L’ETUDE

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 35


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
CHAPITRE 3 : CADRE EMPYRIQUE DE L’ETUDE
Dans ce derniers chapitre, il sera question de présenter et d’analyser les résultats d’une
part, à la vérification des hypothèses et formuler quelques suggestions d’autre part pour une
meilleure externalisation de la fonction comptable.
Section 1 : Présentation et analyse des données
Les résultats de notre recherche sont présentés dans les tableaux suivants selon l’effet de la
taille des entreprises sur l’externalisation de la FC et selon la relation qui lie les charges
fiscales et l’externalisation de la fonction comptable.
Paragraphe 1 : Présentation des données au niveau des entreprises
A. Effet de la taille des entreprises
L'échantillon de cette étude est constitué à partir des entreprises ayant externalisé leur
fonction comptable dans le cabinet ZION Consulting. Nous avons collecté ses données en
interrogeant par téléphone, WhatsApp et par mail des responsables d'entreprises (présidents
directeurs généraux ou directeurs administratifs et financiers).

Pour avoir une taille d’échantillon suffisante, nous avons agrégé deux années consécutives.
Nous avons pris soin de vérifier que notre échantillon est constitué de 50 entreprises
différentes. Certaines entreprises ont externalisé une fonction et d’autres plusieurs fonctions.

Tableau 1 : Statistiques


Secteur d’activité Fréquence Taille Fréquence descriptives de
Industrie 52 % TPE 30% l’échantillon

Banques et
7 % PME 10%
Assurances

Distribution et
15 % TGE 60%
Commerce

Autres services 26 %

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 36


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises

Graphe1 : Secteur d’activité

SECTEUR D'ACTIVITE
60%

50%

40%

30%

20%

10%

0%
Industrie Banque et Assurance Distribution et autres services
commerce

Graphe2 : Tailles des entreprises

TAILLE DES ENTREPRISES

30%
TPE
PME
60% TGE
10%

La taille des entreprises est un facteur pour le choix de la stratégie d’externalisation. Les
petites entreprises sont celles qui externalisent le plus (au-dessous de 100 employés, le taux de
recours à l’externalisation est de 60%. En effet, plus l’entreprise est petite, donc moins les

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 37


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
transactions sont fréquentes, moins d’écritures comptables à éditer), et plus l’activité
comptable est externalisé. L’explication de cela pourrait être la possibilité offerte par
l’externalisation d’accéder à des ressources et des compétences qu’elles ne possèdent pas.
Toutes fois ; il ne s’agit que des entreprises de moins de 100 salaries, au-delà de cela, l’effet
s’estompe et il n’est pas possible de relever une différence significative (seuil de 10%).
La décision d’externalisation de la fonction comptable peut se résumer à un arbitrage en terme
de fréquence de transaction.
Toutefois, le seuil à partir duquel le marché n’est plus compétitif par rapport à
l’externalisation est différent. La fonction comptable est plus externalisé jusqu’au seuil de 100
salarié. Ce constat laisse à penser que les actifs mobilisés pour l’externalisation ne sont pas
aussi spécifiques. Des lors, cela reviens à dire que la législation en matière de comptabilité et
de fiscalité est perçue comme plus accessible par les entreprises que la législation en matière
de rémunération. Ce sont les PME qui externalisent le moins. Ainsi, le marché des PME reste
à conquérir : C’est le marché futur. Le segment des PME représente un potentiel de croissance
du marché de l’externalisation : une offre commerciale ciblée sur ces entreprises serait
compatible avec la taille des cabinets béninois. Au-delà de cette explication théorique, des
raisons réglementaires peuvent également expliquer que les petites entreprises externalisent
d’avantage leurs activités comptables. En effet, en 1974, des avantages fiscaux sont inhérents
à l’adhésion à un centre de gestion agréé et depuis 2009 à l’appel à un cabinet d’expertise
comptable pour les petites entreprises. Cette disposition a structuré le secteur de la
comptabilité. Les couts de transaction nous paraissent donc pertinents pour comprendre
pourquoi les pratiques des TPE sont spécifiques.
B. Relation entre les charges fiscales et l’externalisation de la FC
 La charge fiscal

La charge fiscale est l’une des raisons qui motivent les entreprises dans leur décision de se
faire assister par un cabinet comptable. Ces entreprises ont l’obligation de se conformer aux
règles comptables et partant, aux dispositions fiscales en vigueur. Rappelons que le non-
respect des règles fiscales expose le contribuable à des sanctions d’ampleur variables d’où la
nécessité d’accomplir les obligations déclaratives. Il faut noter également que les entreprises
éprouvent le besoin de se faire assister par le cabinet lors de la mission de contrôle et de
vérification de la comptabilité par l’administration fiscale.

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 39


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
OUVRAGES

 Barthelemy J., “Stratégies d’externalisation”, Dunod, 2001.


 Porter M., Philippe de Lavergne (traduction), “ L’avantage concurrentiel ”, Dunod,
2003.

PUBLICATION

 Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-comptables et EDIFICAS, « Enjeux,


problématique et risques ASP »,2001. Ƒ Conseil Supérieur de l’Ordre des Experts-
comptables, « L’externalisation de la fonction administrative et comptable », éditions
ECM, 2000.
 Ernst & Young, “Baromètre Outsourcing 2006 : pratiques et tendances de l’externalisation
en Tunisie”, 2006, www.outsourcing.com.tn.
 Ernst & Young, “Baromètre Outsourcing 2005 : pratiques et tendances du marché de
l’externalisation en France”, 2005, www.ey.com/fr.
 Fimbel, E., “Les facteurs de succès de l'outsourcing”, L'Expansion Management Review,
revue trimestrielle n°104, mars 2002.
 Fimbel, E., “Nature, enjeux et effets stratégiques de l’externalisation : éléments théoriques
et empiriques”, Revue Française de Gestion n°143, 2003.
 Moutardier A., “Le phénomène de l’externalisation”, RFC 267, Mai 1995.
 Muriel Gigot Gaillard, “L’externalisation de la fonction comptable”, RFC 298, Mars 1998
 Mustapha Mezgheni, “ L’externalisation”, stratégies de l’entreprise, n°62, 2002.
 Tondeur H. & Olivier de La Villarmois, “L’organisation de la fonction comptable, Quelle
forme de centralisation : centre de services partagés ou externalisation”, 2003.
 Tondeur H. & Thi Ngoc Vân Huynh et Olivier de La Villarmois, “L’externalisation de la
fonction comptable et financière : définition et facteurs explicatifs”, 2004.
 BARTHELEMY J. et DONALD C., 2007, « L'externalisation : un choix stratégique »,
Revue Française de Gestion, Octobre 2007, numero 176, pages 97-100.
 BARTHELEMY J. et Donald C., 2007, « Décision et gestion de l'externalisation : une
approche intégrée », Revue Française de Gestion, Octobre 2007, numéro 177, page 101-
112

Réalisé par DANGNON Romaric & ATCHOUI Hermiroce 40


Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
 BARTHELEMY J., (2004a), « La performance des opérations d’externalisation : Une
analyse empirique des déterminants », 13ème conférence de l’AIMS. Normandie. Vallée
de Seine. 2, 3 et 4 juin 2004.
 BARTHELEMY J., (2004b), « Comment réussir une opération d’externalisation », Revue
française de gestion, N151, p. 9-30.
 BARTHELEMY J., (2006), « La renégociation des contrats d’externalisation : une
analyse empirique », Finance-Contrôle-Stratégie, Volume 9, N° 2, pp. 6-29.
 BARTHELEMY J., et QUÉLIN B., (2001), « Contractual Agreement And Outsourcing :
A Modified Transaction Cost Analysis », Groupe HEC.
 BARTHELEMY J. (2004), « Stratégies d’externalisation : préparer, décider et mettre en
œuvre l’externalisation d’activités stratégiques », Editions DUNO, 2ème édition.

MEMOIRES

SITES INTERNET

www.outsourcing.com Outsourcing Institute


www.aicpa.org American Institute of Chartered Public Accountants
www.aei.org American Enterprise Institute
www.cica.ca Comptables agrées du Canada
www.ifac.org International Federation of Accountants
www.noa.co.uk National Outsourcing Association
www.e-oa.net European Outsourcing Association
www.accenture.com Accenture

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
GUIDE D’ENTRETIEN

Bonjour M, Mme,

Nous sommes étudiants en fin de formation de licence professionnelle en Comptabilité


Audit et Contrôle de Gestion (CACG) à la Faculté des Sciences Economique et de Gestion
(FASEG) à l’Université d’Abomey-Calvi (UAC). Nous avons choisi de réfléchir sur le
thème : « Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises. Dans ce cadre, nous avons fait recours à votre collaboration pour collecter les
informations utiles à l’élaboration de l’étude. Soyez d’ores et déjà rassurés que les
informations que vous nous fournirez ne seront utilisées que dans le cadre strict et ponctuel de
notre étude. Tout en vous remerciant de votre sincérité et de votre indulgence, nous vous
prions de bien vouloir répondre aux questions suivantes :

Identification

Merci d'entrer ici votre pseudonyme

Question 1

Voulez-vous que les informations soient anonymes ?

Oui

Non
Question 2

Etes-vous gérant ? Si non, quel est votre poste ?

Oui

Autre
Commentaire

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
Question 3

Quel est le secteur d'activité de la société dans laquelle vous travaillez ?

Question 4

Actuellement, combien d’employé avez-vous dans votre entreprise ?

Question 5

Lors de la création de votre société, avez-vous externalisé la fonction comptable ?

Oui

Non
Question 6

A l'heure actuelle, traitez-vous en interne la comptabilité ou est-elle externalisée ?

Oui

Non
Question 7

Si vous devez me donner rapidement deux raisons de votre choix concernant l'internalisation
ou l'externalisation de la fonction comptable, lesquels donneriez-vous ?

Question 8

Pensez-vous que le recours à l'expert-comptable est obligatoire ?

Oui

Non

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises
Question 9

Critère : Coût
Avez-vous externalisé pour faire baisser vos coûts ?

Oui

Non

1 Sans importance

2 Peu important

3 Moyennement important

4 Important

5 Très important
Question 10

Critère : spécificité
Le cabinet comptable gère mieux les spécificités de votre entreprise que vous le faites?

Oui

Non

1 Sans importance

2 Peu important

3 Moyennement important

4 Important

5 Très important
Question 11

Critère : confidentialité
Le respect de la confidentialité est-il évident lorsque vous externaliser la fonction comptable
dans un cabinet au vu de la stricte règlementation?

Oui

Non

1 Sans importance

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises

2 Peu important

3 Moyennement important

4 Important

5 Très important
Question 12

Critère : dépendance
La dépendance au prestataire est-elle un problème en soi?

Oui

Non

1 Sans importance

2 Peu important

3 Moyennement important

4 Important

5 Très important
Question 13

Critère : structure
Votre structure vous a-t-elle poussé à externaliser?

Oui

Non

1 Sans importance

2 Peu important

3 Moyennement important

4 Important

5 Très important
Question 14

Critère : flexibilité
La flexibilité du prestataire vous a-t-elle convaincue d'externaliser la fonction comptable?

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises

Oui

Non

1 Sans importance

2 Peu important

3 Moyennement important

4 Important

5 Très important
Question 15

Critère : avantage concurrentiel


Pensez-vous que les compétences comptables permettraient de créer un avantage
concurrentiel dans votre secteur ou est-elle une fonction secondaire?

Oui

Non

1 Sans importance

2 Peu important

3 Moyennement important

4 Important

5 Très important
Question 16

Critère : Recentrage sur le cœur de métier


Externaliser la fonction comptable vous permet-elle de vous concentrer sur votre cœur de
métier?

Oui

Non

1 sans importance

2 peu important

3 moyennement important

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Analyse des déterminants de l’externalisation de la fonction comptable par les
entreprises

4 Important

5 Très important

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