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ETUDIANTS

Universités fermées : le
Conseil d'Etat sur la ligne
du gouvernement
Par Olivier Monod(https://www.liberation.fr/auteur/18637-olivier-
monod) — 11 décembre 2020 à 11:20

Devant la faculté d'Assas, le 5 octobre à Paris. Photo Cyril Zannettacci. Vu pour Libération
La santé psychique des étudiants inquiète leurs
professeurs qui ont saisi le gouvernement et le
Conseil d'Etat pour une réouverture des universités.
Celle-ci devrait avoir lieu début janvier pour «des
étudiants ciblés».

«Il y a des suicides.» Jeudi soir, Jean Castex n’a pas caché la situation
«difficile» des étudiants. «Il peut y avoir des situations sociales et
psychologiques qui sont extrêmement préoccupantes», a-t-il ajouté, lors de
sa conférence de presse sur la situation
sanitaire(https://www.liberation.fr/france/2020/12/10/jean-castex-le-
pere-fouettard-du-deconfinement_1808327).

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En grande «détresse psychologique et physique», 200 étudiants envoient un message à
leurs professeurs(https://www.liberation.fr/france/2020/12/01/en-grande-detresse-
psychologique-et-physique-200-etudiants-envoient-un-message-a-leurs-
professeurs_1807346)

Un changement dans la doctrine du gouvernement. Initialement, les


universités devaient être les derniers lieux d’accueil du public à rouvrir.
Après les cinémas, après les bars, après les églises.

Il a fallu une mobilisation de la communauté universitaire pour faire


prendre conscience du problème au gouvernement. Soixante-dix-sept
enseignants-chercheurs ont même déposé un recours devant le Conseil
d’Etat pour la réouverture des universités. Avec le professeur en droit public
Paul Cassia, ils demandaient la «réouverture des campus aux étudiants dès
que possible, selon des jauges fixées par de nouveaux protocoles sanitaires
stricts».
Leur demande a été rejetée. Sur la question de la santé des étudiants, le
Conseil d’Etat explique que «le choix de limiter très fortement le nombre
d’usagers accueillis dans ces établissements afin de limiter le brassage des
populations et réduire ainsi la propagation du virus ne peut être regardé,
en l’état de l’instruction et dans l’actuel contexte sanitaire, comme créant
un danger caractérisé et imminent pour la vie des personnes».

A LIRE AUSSI
Aides et jobs : le gouvernement fait un geste vers les étudiants et
universités(https://www.liberation.fr/france/2020/11/26/aides-et-jobs-le-gouvernement-
fait-un-geste-vers-les-etudiants-et-universites_1806786)

Les juges ont aussi été sensibles au fait que le président de la République a
finalement «évoqué une ouverture plus large des établissements
d’enseignement supérieur dès le mois de janvier» et non début février
comme envisagé initialement. En effet, le Premier ministre indiquait ce
jeudi que «sauf s’il y a une situation épidémique épouvantable», les cours
en présentiels pourraient reprendre «dans le cadre de protocole sanitaire
renforcé» et seulement «pour des étudiants ciblés, notamment des
première et deuxième années, mais (aussi) beaucoup d’étudiants étrangers
ou internationaux».

Olivier Monod (https://www.liberation.fr/auteur/18637-olivier-monod)