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La civilisation chinoise

Il est bien présomptueux de résumer en quelques lignes 4000 ans d’une


civilisation aussi riche. Si bien que c’est à grands coups de pinceau et à
l’encre de Chine que je vais vous tracer ce tableau en cinq points : espace
géographique, société, économie, mentalité collective et continuité.

« Depuis Marco Polo, les Européens n’ont cessé d’osciller entre la peur et la
fascination à l’égard de cette société aussi puissante et cultivée que
mystérieuse », nous rapporte Catherine Golliau dans son introduction des
textes fondamentaux de la pensée chinoise. Civilisation mystérieuse
assurément, mais à aborder sans préjugé comme le souhaitait en son temps
Voltaire, qui s’exclamait en parlant de la Chine: « Mais qu’est-ce qui nous
pousse, nous les Européens, à porter au bout du monde nos préjugés et nos
contentieux ».

1 - L’espace géographique
La civilisation chinoise est avant tout fille des contraintes ou des avantages
qu’elle tire de sa situation géographique. Cet espace, au relief contrasté,
soumis aux forts aléas climatiques, qui ont marqués de leur empreinte la
végétation et la faune, est aménagé depuis des millénaires par l’homme.

Troisième pays au monde par sa superficie, la Chine est occupée à l’ouest et


au nord-ouest par d’importants massifs montagneux, de hauts plateaux et
des déserts. Plaines et vallées fertiles sont concentrées dans le sud-est du
pays et ne représentent que 15% du territoire où se regroupe 75% de la
population autour de deux grands fleuves ; le Fleuve Jaune, berceau de la
civilisation chinoise, région au climat tempéré qui permet la culture du blé
d’hiver et le Fleuve Bleu, plus au sud en zone tropicale et sub-tropicale,
domaine des rizières permettant une double voir une triple récolte.
Les chinois ont également gagné au cours des siècles des surfaces cultivables
plus au nord, dans la région de Pékin, malgré un climat difficile, glacé en
hiver et très sec en été.

Si l’élevage est une activité secondaire en Chine, portant sur une production
privée de porcs et de volailles, la pêche en eau douce et la pisciculture sont
pratiquées depuis toujours.
Le chinois reste néanmoins, pour l’essentiel, végétarien avec une
alimentation basée sur le riz. Culture très peu mécanisée, qui favorise

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l’accroissement démographique par l’importante main d’œuvre qu’elle
nécessite et le fait qu’elle permet de nourrir six à huit paysans végétariens
par hectare.
Aujourd’hui encore, leur nombre même empêcherait les Chinois de choisir
une autre alimentation. Ils sont ainsi enchaînés par un véritable
déterminisme de civilisation à persévérer dans cette culture.
Wittfogel, cité par Fernand Braudel, prétend même que la riziculture par la
création puis l’entretien permanent de l’irrigation qu’elle nécessite,
impliquant une discipline stricte de travail et d’obéissance, aurait favorisé
des régimes autoritaires, et une lourde bureaucratie avec sa nuée de
fonctionnaires.
Actuellement et malgré une forte urbanisation et un boum de son
industrialisation, avec ses 40% de paysans en 2006 contre 75% en 1990, la
Chine reste encore un pays d’agriculteurs.

La Chine, « le Pays du milieu », a une réputation fort injuste


d’isolationnisme. Ceci tient en grande partie aux reliefs hostiles qui
l’entourent. En effet elle ne débouche sur l’extérieur que par deux seules
voies, la mer et le désert, mais encore faut-il que les circonstances lui
permettent de les utiliser et de trouver, en bout de course, le partenaire apte
à commercer avec elle. Malgré ce handicap les échanges ont été forts
nombreux au cours des siècles autant en biens matériels que culturels :

- soit par voie terrestre avec ses voisins immédiats (Coréens, Vietnamiens,
Indiens) ou plus distants en établissant des relations par l’intermédiaire des
populations moyennes orientales puis musulmanes avec l’occident (Rome et
le pourtour méditerranéen) en créant la fameuse route de la soie.
- soit par voie maritime avec son voisin le Japon, ou l’Afrique et le pourtour
de l’océan Indien lors des sept voyages d’exploration entrepris au 15ième s
par Zheng He juste avant la phase de repli du pays.

La lenteur des échanges fut parfois considérable comme en témoigne


l’anecdote des poulaines, chaussures hautement appréciées à la cour
française aux 14 et 15ièmes s, et qui proviennent, via la Pologne, de la cour
des Tang (du 7 au 9ième s.).

La population chinoise malgré des frontières naturelles peu perméables et


une fermeture politique de plus de trois siècles, du 16ième au 19ième siècle, est
bien moins homogène que ne le laisserait penser la répartition actuelle en 92
% de Han et 8 % d’ethnies minoritaires. En réalité la majorité Han n’est la
conséquence que d’un brassage de nombreux peuples (Mongols et proto-
mongols, turkmènes, Ouïgours, Mandchous), qui dès le 3ième siècle, par

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invasions ou conquêtes, se sont sinisés, enrichissant ainsi la civilisation
chinoise de leur apports culturels respectifs.

2 – La société chinoise
La société chinoise repose sur l’institution impériale, qui est le garant de
son équilibre et qui a su maintenir une unité politique pendant un temps
considérable, sous 22 dynasties.
La fonction impériale relève à la fois du temporel et du sacré. L’empereur,
le « fils du ciel », gouverne en vertu d’un mandat du ciel et se doit d’assurer
la quiétude des deux mondes. Les catastrophes climatiques, les guerres, les
famines, les révoltes paysannes, sont des ruptures du contrat et marquent le
manque de vertu de l’empereur, qui cesse dès lors d’être le mandataire du
ciel et peut être ainsi déposé en toute légalité. La légitimité de son
successeur est reconnue de droit, puisqu’il tient logiquement du ciel cette
force qui lui a permis de prendre le pouvoir.

Cette monarchie primitive dans son essence, coexiste avec la « modernité »


d’un corps d’« officiers lettrés », les mandarins. Cette conjonction du
pouvoir et du savoir permet d’assurer au premier l’assistance du second.
Ce corps d’élite, l’une des originalités les plus fortes de la société chinoise a
vu le jour très tôt puis s’est progressivement affiné.
Imaginé par les empereurs et leurs conseillés, pour lutter contre une
noblesse puissante et incontrôlable, toujours prête à renverser le pouvoir,
ce corps d’état, très hiérarchisé, repose sur le mérite et non plus sur la
naissance. Il est ouvert à tout chinois par concours, avec trois niveaux
d’examens impériaux. Ces représentants de l’Etat sont ensuite envoyés dans
des localités avec lesquelles ils n’ont aucun lien familial (pour limiter la
corruption), afin d’exercer leurs charges administratives, fiscales et
judiciaires. Le prestige des lettrés est immense, comme celui du premier
d’entre eux, Confucius, le maître par excellence.

La classe des paysans, qui forme la grande masse du peuple chinois, se situe
juste en dessous de celle des lettrés, sa position en théorie élevée est en
pratique fort vile.
Généralement installés dans les cités, les artisans sont soumis au bon
vouloir de l’Etat, aussi bien pour leurs commandes, que pour leur lieu de
résidence et l’organisation de leurs corporations.

La classe des marchands, exerçant une activité universellement méprisée


(des lettrés, des paysans comme des militaires) est réputée se livrer à des

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travaux dégradants et parasites. Les marchands se retrouvent ainsi rejetés
à la dernière place de la hiérarchie sociale, alors que la richesse effective et
productive se trouve entre leurs mains.
Il est paradoxal de rapprocher la proverbiale aptitude des chinois pour le
commerce du mépris dans lequel celui-ci est tenu par les lettrés, pour qui
tous les moyens sont bons pour rabaisser la classe marchande et la
maintenir soumise.
Dédaignés depuis l’Antiquité les marchands n’ont eu de cesse de rechercher
les moyens de rejoindre la classe enviée des lettrés. Pour cela deux
possibilités : soit faire faire des études à leurs fils, de façon à leur permettre
de se présenter aux examens et d’intégrer la hiérarchie mandarinale, soit,
n’ayant ni droits ni reconnaissance, d’obtenir par corruption des
compromis, des accords, des faveurs.
Il faudra attendre la République de Chine, en 1911, pour que les
marchands et les banquiers accèdent à des postes de responsabilité en
nombre proportionnel à leur importance économique.

3 – L’économie de la Chine
La civilisation chinoise repose sur des données démographiques et
technologiques qui vont influencer les deux bastions de son économie que
sont l’agriculture et le commerce. Du surplus accumulé, de la richesse ainsi
produite et surtout de sa redistribution vont dépendre l’art et
l’enseignement.

La démographie :

La Chine a de tout temps été le pays le plus peuplé du Monde, malgré des
éclipses dues aux famines et aux guerres.
Cette trop grande richesse en hommes a forcement sa contre-partie. Elle a
probablement été un frein à l’investissement technologique, la multitude,
rendant inutile l’emploi des machines, comme l’esclavage dans l’Antiquité
gréco-romaine.
En conséquence, la Chine longtemps en avance sur le plan scientifique, ne
franchira pas le seuil de la science moderne. Elle laissera ce privilège et ce
bénéfice à l’Europe.
Les technologies et inventions :

La science chinoise est pourtant riche, précoce, ingénieuse et même


moderne, comme en témoignent deux des plus grandes prouesses techniques
de l’Antiquité et du Moyen-Âge : la Grande Muraille construite, étendue et
restaurée du 4ième s. avant notre ère jusqu’au 17ième siècle, et le Grand

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Canal creusé sous les Sui (au 6ième s.) et poursuivi sous les Ming (au 15ième s.)
pour atteindre 7000 km de long.
Leurs inventions sont nombreuses, parmi les plus connues citons
simplement : le gouvernail, la pâte à papier, le sismographe, l’anesthésie
générale et la valeur de Pi tous découverts sous la dynastie Han (aux 1er et
2ième s), l’imprimerie au début de la dynastie Tang (au 7ième s, soit 800 ans
avant Gutenberg), le canon et la poudre à canon sous les Song (aux 10ième et
11ième s).

Agriculture et commerce :

L’agriculture fut jusqu’à ces dernières années l’activité fondamentale de


l’économie chinoise. De nombreuses réformes agraires ponctuent l’histoire
du pays du 5ième siècle avant notre ère jusqu’à la fin du 20ième siècle, preuve
que les gouvernements successifs se sont intéressés au monde rural aussi
bien pour des raisons fiscales et économiques que parfois morales.
La vie paysanne fut cependant de tout temps entravée par les intempéries,
extrêmement fréquentes en Chine, par les corvées et par le taux usuraire
des emprunts, qui transforment rapidement un paysan libre en un
journalier ou pire en un esclave.

Le commerce, quand à lui, a beaucoup souffert de ce mode de relation de


soumission entre les commerçants et l’administration, qui explique
l’absence en Chine d’un capitalisme marchand du même type que celui qui
a fleuri en Europe au Moyen-âge et surtout à la Renaissance.
Cette dépendance aussi bien financière des marchands, jamais à l’abri
d’une razzia fiscale, que morale a trop souvent éloigné les meilleurs
éléments du métier pour les destiner à l’administration. Malgré ces
obstacles majeurs, les chinois sont toujours passé pour un peuple
commerçant tant à l’intérieur de l’Empire qu’à l’étranger.

L’art et l’enseignement:

Si la stabilisation dès le 3ième s. avant notre ère des formes de l’écriture est
sans doute pour beaucoup dans la continuité de la civilisation chinoise, c’est
la vie économique créatrice de surplus qui a permis le développement de
l’art. Comme le souligne fort justement Fernand Braudel le gaspillage des
surplus est l’une des conditions indispensables au luxe des civilisations, et
la Chine n’échappe pas à cette exigence. En sont témoins les trésors
artistiques dont le pays regorge.
Il faut malheureusement souligner que la redistribution de ces richesses n’a
intéressé qu’une frange très limitée de la population chinoise, l’essentiel de

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la vie littéraire et artistique ne touchant que le cercle restreint de la Cour et
des potentats de province.
Il faudra attendre la fin du 20ième siècle pour que se démocratise l’accès à la
culture et à l’enseignement.

4 - La pensée chinoise
Les chinois ont un constant souci d’observer le monde afin d’y reconnaître
les lois générales auxquelles sont soumises toutes choses. Cette vertu
d’observation est leur plus haute qualité.
Une illustration pour saisir la différence entre mentalité chinoise et
mentalité occidentale :
A l’esprit du potier grec qui façonne la glaise afin qu’elle ressemble au
modèle qu’il a en tête, le lapidaire chinois scrute les veines du jade qu’il doit
travailler afin d’en détecter les lignes directrices, lignes qu’il va épouser et
non contraindre et dont dépendra la beauté de l’ouvrage final.

Sur un fond de religion archaïque basée sur le culte des dieux de la nature
et le culte des ancêtres, sur la divination par le feu (écaille de tortue), et les
sacrifices parfois humains, s’épanouit au 6ième s. avant notre ère, à l’époque
très troublée des royaumes combattants, un vaste courant de pensée resté
dans l’histoire sous le nom des « Cent écoles ».
Terme bien entendu exagéré, mais qui traduit l’importance et la qualité de
ces écoles philosophiques ou religieuses, dont les plus illustres sont le
Confucianisme (avec Confucius), le Taoïsme (avec Laozi et Zhuangzi), le
Mohisme (avec Mo Di), et le Légisme (avec Han Fei).

Avant tout l’expression d’une caste, celle des lettrés, destiné à l’origine à
former des conseillers et idéalement les gouvernants eux-mêmes,
l’enseignement adogmatique de Confucius est basé sur l’observation et
l’illustration. Ce n’est pas une religion mais une tentative d’explication du
monde, qui vise à éliminer les croyances populaires primitives, tout en
respectant le sens général de la tradition et à organiser harmonieusement la
société, où comme dans la nature, chacun a sa place. Cette morale
formaliste, revivifiée au 13ième siècle sous les Song par les néo-confucianistes
(Cheng Hao et Zhu Xi), qui prêche le respect, l’humilité, la soumission aux
supérieurs en rang et en âge, très vite adoptée par le Pouvoir, a beaucoup
compté dans la continuité et l’immobilisme social de la Chine.
Contemporain du confucianisme, le taoïsme est pour sa part une recherche
mystique et une religion individuelle de salut. L’immortalité recherchée par
les taoïstes n’est pas seulement le salut de l’âme, mais aussi l’immortalité du
corps grâce à une série de recettes de longue vie, et de purifications.

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Dans sa forme populaire il est lié à la vie des sociétés secrètes, qui souvent
défieront le pouvoir (secte des Cinq Boisseaux et secte des Turbans Jaunes
sous les Han, secte des Lotus Blancs sous les Yuan).

Le troisième grand courant de pensée, le bouddhisme, pris au début pour


un avatar du taoïsme, n’atteint la Chine qu’au premier siècle sous le règne
de Mingdi, le deuxième empereur han, mais n’acquièrt une large diffusion
qu’au 5ième siècle.

Bouddhistes et taoïstes se sont livrés une rude compétition pour conquérir


des fidèles, sous le regard narquois des confucianistes.

En pratique les chinois organisent leur vie sociale selon des principes
confucianistes, et leur vie spirituelle indifféremment, et souvent
conjointement, selon des préceptes taoïstes ou bouddhistes, sans
abandonner pour autant une croyance au surnaturel héritée de la religion
primitive, qui surprend toujours les occidentaux.
Dans la mentalité chinoise, « les trois voies » bouddhisme, taoïsme et
confucianisme ne forment qu’une seule réalité. Si le sentiment religieux
reprend quelque vigueur dans notre époque post maoïste, n’oublions pas
que 50% de la population actuelle se déclarent non croyants.

5 - La civilisation chinoise est une continuité

La civilisation chinoise est la seule civilisation née de novo, sans qu’aucune


autre civilisation précédente ne se soit penchée sur son berceau, et qui a
perduré jusqu’à nos jours, faisant ainsi preuve d’une fantastique
continuité. Pendant plusieurs millénaires elle n’aura connu que deux
rapports marquants avec d’autres civilisations, une caresse venue de l’Inde
avec l’apport du bouddhisme au 1er siècle et un viol sauvage perpétué par
les nations occidentales au 19ième s.

En perpétuelle évolution, la Chine, fondée sur une société urbanisée, très


hiérarchisée, avec ses conflits sociaux et ses luttes politiques, fait donc
preuve, malgré tout, d’une grande continuité dans plusieurs domaines.

Continuité spatiale, où ce « Pays du milieu », en raison du poids de sa


démographie métropolitaine et de son extraordinaire diaspora, associées à
une réussite économique sans précédent, a franchi l’étape de la

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mondialisation et remis la Chine à sa place, c'est-à-dire, pour les chinois, au
centre du monde.

Continuité sociétale où en dépit du communisme la Chine a conservé son


pouvoir à deux têtes : l’empereur et les mandarins car, surtout sous l’ère
Mao, elle reste imprégnée de la Chine classique, qui ne s’arrête pas en 1912,
à la chute de l’empire, mais bien 1976 à la mort de Mao Tse-Toung.
Mao représente l’archétype de l’empereur, empereur rouge sans doute,
avec son pouvoir absolu, son culte de la personnalité, son harem, son esprit
de conquête (Tibet), sa responsabilité dans la mort de millions d’hommes,
comme son héros préféré, Qin Shi Huangdi, le premier empereur de sinistre
mémoire, qui lui aussi tenta de supprimer les lettrés.
La nomenklatura du parti communiste quand à elle peut être assimilée à
une nouvelle classe mandarinale.
Il faudra attendre le « Printemps de Pékin » et la politique « d’ouverture »
de Deng Xiaoping pour assister à un tournant timide de civilisation, avec
une refondation en trois phases ; celle de transition post maoïste (1978-
1992), celle de refondation (1992-2002) et celle de la puissance mondiale
depuis 2002.

Continuité socio-économique. Si la réussite économique de la Chine reste


éclatante, elle ne doit pas pour autant éclipser les tares séculaires du pays
qui resurgissent depuis quelques années:
- La corruption et la collusion à nouveau galopantes, et qui sont la
conséquence de l’immense réseau de relations qui a toujours fait
fonctionner la société et la politique chinoises.
- La criminalité en augmentation avec un retour en force des
sociétés secrètes, les fameuses triades.
- Les problèmes sociaux. Chaque chinois porte sur son dos trois
montagnes : l’enseignement qui est à nouveau payant, la santé qui
a perdu sa gratuité et la retraite qui n’est plus versée qu’à une
certaine catégorie de fonctionnaires.
Le président Hu Jintao (pour mémoire l’ex secrétaire général du Parti au
Tibet pendant la répression) se penche sur ces problèmes socio-
économiques pour couper court au mécontentement grandissant de la
population. La dynastie communiste n’est en effet pas plus à l’abri d’une
révolte que les précédentes, et par exemple les manifestations de la place
Tian’anmen ne sont que la partie la plus médiatisée de l’iceberg des révoltes
en Chine contemporaine.

Continuité du mode de pensée toujours basé sur le confucianisme. En effet


l’essor économique du pays depuis les années 70 a permis de reconnaître

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une supériorité à la civilisation confucéenne par rapport à l’occidentale, car
fondée sur la famille, la communauté et l’ardeur au travail. Cette
dynamique du confucianisme explique parfaitement la multiplication des
Instituts Confucius à travers le monde.

Conclusion :
Toutes proportions gardées cette introduction à la civilisation chinoise est
comme une calligraphie, où le vide à autant d’importance que le plein, où le
yin s’équilibre avec le yang, où une réponse appelle une question.