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La poésie pour les enfants

1. Traductions à analyser

Le texte Le perce-oreille écrit par Pierre Coran s’inscrit dans la littérature de jeunesse et
cela signifie que le jeune public jouera un rôle très important dans cette démarche de la
traduction.
Comme affirme Chiara Elefante, ce que compte dans ce genre de textes, c’est leur
musicalité qui offrirait aux lecteurs la sensation de « magie de la voix ». Dans ce but, comme
dans les autres (faire les textes compréhensifs, didactiques, positifs), Fabio Regattin fait une
affirmation assez surprenante : « toute adaptation, toute déviation du texte original este
permise. » À mon avis, cette idée est un peu exagérée parce que je me demande ce que se
passe-t-il avec l’idée d’authenticité du texte et je considère également que le jeune lecteur
restera avec une image erronée sur le texte original.
En analysant les deux versions de traduction, j’ai identifié les procédés de traduction
indirects utilisés par les traducteurs et également ceux que Bermann classifie comme des
tendances déformantes.
Dans les premiers trois vers, on remarque la modulation dans la VR1, le traducteur
choisissant de traduire le verbe démolir par a răvăși, ce que ne se passe pas dans la VR2, où
on remarque une sorte de traduction explicative, de clarification, parce que le traducteur
ajoute l’adverbe dinadins qui n’existe pas dans la version originale. Cela se justifie quand
même dans le cas de ce type de texte par l’intérêt du traducteur de garder le rythme du texte.
Pour les vers suivants : « Il a percé/ jusqu’aux nuages/ Une maison à douze étages », on
remarque dans la VR1 que le traducteur a gardé le pronom personnel sujet et que dans la
VR2, il a été omis, cela étant possible en roumain, la raison étant la même qu’on a précisé
plus haut. Également, dans la VR2 on remarque un changement de registre dans la traduction
du numéral cardinal douze par doi’șpe qui s’inscrit dans le registre familier. Dans la
conception de Bermann, cela est une tendance déformante, notamment un appauvrissement
qualitatif.
En ce qui concerne la traduction des vers « Il fait des tas,/ Il fait des trous,/ Il fait des tas/
des tas de trous », je considère que dans le cas des deux traduction, on a une perte phonétique,
lexicale et stylistique, c’est-à-dire, un autre exemple d’appauvrissement qualitatif. Également,
dans la VR 2, par le procédé de la transposition, on a changé le temps verbal du verbe, du
présent au passé composé.
Dans les trois derniers vers, on remarque ce que Bermann appelle la destruction des
rythmes, les traducteurs changeant la ponctuation : Ils ont supprimé le point d’exclamation, en
affectant la tonalité du texte. De même, les traducteurs, dans le dernier vers ont choisi
d’ajouter des mots, toujours dans le but de garder les éléments de versification. Dans la VR1,
il a ajouté le syntagme în lume et dans la VR 2, le traducteur est revenu au point
d’exclamation, en ajoutant ce întâmplare!
En conclusion, même si on trouve dans les traductions des exemples de tendances
déformantes, les traducteurs ont réussi à garder ce qu’il y a de plus important dans le cas des
poésies pour les enfants, comme affirme Chiara Elefante, la musique, la magie de la voix.
2. Șarpele boa și baobabul
Un boa pe un baobab
Se plimba ca un nabab1.
Se credea tare și maiestuos
Precum Nabuchodonosor.
Așa vru el, prin putere,
Să impresioneze un vierme.
Se lăudă că dădu gata
Șase aligatori judoka
Si că învinse la zoo, din Lima Doi
canguri, karateka.
Dar, viermele nu a crezut
Pălăvrăgelile de boa încrezut.
Căit, constrâns
Constrictorul
Ca un arc se relaxă în jurul
baobabului uriaș.
Îl strânse atât de tare și de mult
Încât, în zori, legat, răsucit,
Boa zdrobit, a murit.

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NABÁB, nababi, s. m. 1. (În Evul Mediu, în India și în alte țări din Orient) Titlu purtat de guvernatorii
regiunilor desprinse din Imperiul Marilor Moguli; persoană care avea acest titlu. 2. Epitet pentru o persoană
foarte bogată. – Din fr. nabab.