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Impacts
de l’harmonisation
européenne
sur la construction
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le résumé

Principes directeurs

Données et documents utiles


Maîtres d’ouvrage
Fiches thématiques Maîtres d’œuvre
GUIDE D’INFORMATION
Couv monte?e-BAT-13102009:couv guide MOU-MOE BAT montée 13/10/09 16:38 Page 2

Signification 1 Formations
SIGLES des principales ANNEXES 2 Bibliographie
abréviations et 3 Sites Internet
terminologies 4 Index thèmes
5 Clause de mise en garde
81

ABRÉVIATIONS ET TERMINOLOGIES 5 CLAUSE DE MISE EN GARDE

I AELE Association Européenne de Libre I DPC Directive Produits de Construction


Echange I DNA Directive Nouvelle Approche
I AFNOR Association Française de Normalisation I DTA Document Technique d’Application
I AIMCC Association des Industries de I DTU Document Technique Unifié
Produits de Construction I EE Exigences Essentielles
I AN Annexe Nationale I EN Norme Européenne
I AQC Agence Qualité Construction I ENV Pré-norme Européenne (ayant disparu)
I ATE Agrément Technique Européen I Eurocode Norme Européenne de conception
I ATec Avis Technique et calcul
I ATEx Appréciation Technique d’Expérimen- I EOTA Organisation Européenne pour les
tation Agréments Techniques Le présent guide tend à présenter de manière synthétique les mécanismes
I ATN Appréciation Technique Nationale I ETA Agrément Technique Européen
I ATV Appréciation Technique Volontaire I ETAG Guide d’Agrément Technique Européen essentiels de l’harmonisation des règles en matière de produits de construc-
I BET Bureau d’Etudes Techniques I ERP Etablissement Recevant du Public tion et leurs impacts sur la construction.
I BNBA Bureau de Normalisation du Bois et I ETE Evaluation Technique Européenne
de l’Ameublement (nouvelle dénomination probable de
I BNCM Bureau de Normalisation de l’Agrément Technique Européen) Il adopte une vision pédagogique et tend à présenter de manière simplifiée
la Construction Métallique I ETN Enquête de Technique Nouvelle
I BNTB Bureau de Normalisation des I FDES Fiche de Déclarations Environnemen- des mécanismes techniques complexes combinant des règles nationales et
Techniques du Bâtiment tales et Sanitaires européennes d’une part et des règles issues de la pratique d’autre part.
I BNTEC Bureau de Normalisation des Techniques I F.EPL Fédération des Entreprises Publiques
et Equipements de la Construction du Locales
Bâtiment I FD Fascicule de Documentation Au regard de l’importance des questions liées à la qualité des produits de
I CAPEB Confédération de l’Artisanat et I FFB Fédération Française du Bâtiment construction dont il est fait état dans le présent guide, il convient, pour toute
des Petites Entreprises du Bâtiment I FFSA Fédération Française des Sociétés
I CCAG Cahier des Clauses Administratives d’Assurances question relative à la normalisation et à l’impact des règles européennes
Générales I FPC Fédération des Promoteurs sur les opérations de construction, de prendre un conseil juridique.
I CCS Cahier des Clauses administratives Constructeurs
Spéciales types I hEN Norme Européenne harmonisée Seule l’étude précise des données du projet envisagé permet en effet
I CCT Cahier des Clauses Techniques I HTC Habitat et Territoires Conseil d’adopter un comportement adapté et respectueux de la réglementation
I CCTG Cahier des Clauses Techniques I ID Document Interprétatif
Générales I ISO Organisation Internationale de applicable.
I CCTP Cahier des Clauses Techniques Normalisation
Particulières I JOUE Journal Officiel de l'Union Européenne
I Keymark
Les auteurs du présent guide déclinent donc toute responsabilité sur les
I CE Commission Européenne Marque de certification européenne,
I CEE Communauté Economique Européenne propriété du CEN/CENELEC conséquences dommageables que pourrait avoir son utilisation à fin de réa-
I CEN Comité Européen de Normalisation I NB Organisme Notifié lisation d’un projet concret de conception et/ou production de produits de
I CEN/TR Rapport Technique du CEN I NBN Bureau de Normalisation
I CEN/TS Spécification Technique du CEN I NF Norme Française construction comme de conception et réalisation d’un ouvrage immobilier.
I CENELEC Comité Européen de Normalisation I NXP Normes Expérimentales
Electrotechnique I PEP Profil Environnemental Produit (équipe-
I CGM Critères Généraux de choix des ments électriques)
Matériaux I RPOPC Répertoire Permanent
I CGNorBat Commission Générale de Normalisation Ouvrages-Produits de Construction
du Bâtiment I QEB Qualité Environnementale du Bâtiment
I CICF Chambre de l’Ingénierie et du Conseil I SEM Société d’Economie Mixte
de France I SYNTEC Syndicat des professions de l’Ingénierie
I COPREC Confédération des Organismes indépen- Ingénierie
dants tierce partie de Prévention, I UE Union Européenne
de Contrôle et d’Inspection I UNSFA Union Nationale des Syndicats Français
I CPC Comité Permanent de la Construction d’Architectes
I CSTB Centre Scientifique et Technique du I UNTEC Union Nationale des Economistes de la
Bâtiment Construction © Tous droits réservés
I C2P Commission Prévention Produits de l’AQC I USH L’Union sociale pour l’habitat reproduction, même partielle,
interdite sans autorisation préalable.
Octobre 2009

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


p1-avant propos-9:guide - 1 13/10/09 16:42 Page 1

Impacts
de l’ harmonisation
européenne
sur la construction
1

AVANT PROPOS

Le processus d’harmonisation européenne


dans le secteur de la construction a porté
jusqu’à présent sur les normes (corpus
normatif) des produits de construction et
sur certaines règles de conception notam-
ment de calcul des structures porteuses.
La réglementation applicable aux ouvrages
continue de relever de l’autorité de chaque
Etat membre.
I La Directive Européenne 89/106/CEE
couramment appelée DPC (Directive Pro-
duits de Construction) définit le dispositif
d’harmonisation applicable aux produits de
construction conduisant au marquage CE.
La transposition nationale de cette directive
a donné lieu à la parution du décret n° 92-647 du 8 juillet 1992 amendé concernant l'aptitude à l'usage des
produits de construction. La DPC concerne les produits de construction, mais entraîne des effets sur la
conception, le calcul et la mise en œuvre des ouvrages.
I Le plan Europe est un programme financé en France par un prélèvement sur les excédents du fonds
de compensation de l’assurance construction, afin :
I d’adapter le corpus normatif de la construction et de veiller à sa cohérence avec les exigences euro-
péennes (mise en conformité des DTU, fascicules CCTG, annexes nationales aux eurocodes, etc.),
I de rendre accessible aux maîtres d’ouvrage, aux maîtres d’œuvre, aux contrôleurs techniques et aux
entreprises de construction, les informations techniques, normatives et réglementaires.
I de renforcer et d’équilibrer la participation française à la normalisation européenne.

I Le Grenelle de l’Environnement a pris le relais des démarches engagées pour mettre en place des
outils et des méthodes d’information sur les caractéristiques environnementales et sanitaires des produits
de construction, de prise en compte de ces caractéristiques à l’échelle des bâtiments et de management
environnemental dans la construction. Cette démarche s’appuie notamment sur les Normes Françaises
NF P 01 010 pour les produits (Fiches de Données Environnementales et Sanitaires (FDES) / Profil
Environnemental Produit (PEP)) et NF P 01 020 pour les bâtiments.
Le champ abordé par le présent guide concerne plus spécifiquement les modalités de prescription, de
calcul, de choix, de mise en œuvre des produits de construction dans l’ouvrage au regard du processus
d’harmonisation européenne et leurs impacts sur les responsabilités de la maîtrise d’ouvrage et de la
maîtrise d’œuvre et des entreprises ainsi que sur le système français d’assurance construction.L

Les signataires et membres associés du plan Europe ayant été consultés : MEEDDM, F.EPL, FFB, CAPEB, FPC,
USH, COPREC, UNSFA, SYNTEC Ingénierie, CICF, CSTB, AFNOR, AQC, AIMCC, FFSA, UNTEC.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


p2-3 Sommaire-10BAT:guide - 1 14/10/09 16:43 Page 2

Sommaire

Ont collaboré à la réalisation de ce guide :


Interviews préalables Participation au groupe de travail Pilotage et édition
• La DAEI – MEEDDM : Michel Pernier • La Chambre de l’Ingénierie et du Conseil de • L’Union sociale pour l’habitat (USH) :
France (CICF) : Jean Cornet et Daniel Poupin Raphaël Besozzi
• L’AFNOR : M. Hamy
• La Confédération des Organismes indépendants Coordination
• L’AIMCC : Patrick Ponthier tierce partie de Prévention, • Habitat et Territoire Conseils (HTC) :
• La FPC : Daniel Cresseaux de Contrôle et d’Inspection (COPREC) : Jacky David
Hubert d’Argoeuves
• L’UNSFA : Mme Dominique Riquier Rédaction
Sauvage, M. Boutet, Francois Pelegrin • La Fédération des Entreprises Publiques • Fiches 1 à 3 : Jean-Michel Rémy (AFNOR)
Locales : François Martot • Fiches 4 à 8 : Yannick Lemoigne,
• Le SYNTEC Ingénierie :
Claude Maisonnier, • La Fédération des Promoteurs Constructeurs : Laurent Vergne (CSTB)
Daniel Bousseyroux Daniel Cresseaux et Pierre Almela • Fiches 9 et 10 : Charles Baloche (CSTB)
• La Fédération Française de l’Ingénierie • Fiche 11 : Hubert d’Argoeuves (COPREC)
• La CICF : Jean Cornet • Fiches 12 et 13 : François Ausseur
(SYNTEC Ingénierie) : Karine Leverger,
• La FFB : M. Du Bellay, Ghislain Pinçon Daniel Bousseyroux et Jacques Cercelet (SMABTP)
• Tronc commun : Jacky David (HTC)
• La CAPEB : Henry Halna du Fretay • Le Ministère de la Justice : Benoît
Rabouam–Bourdin et Guillaume Pinget Conseil juridique
• Le COPREC : Thierry Lamandon, • Cyrille Charbonneau
Hubert d’Argoeuves • L’Union Nationale des Economistes de la
Construction (UNTEC) : Jacques-Philippe Charpy Conception graphique et réalisation
• L’UNTEC : Pierre Mit • Foka Kampinga-Pettenati (FKP)
• L’Union des Architectes (UNSFA) :
• La FFSA : Annie Boudon Mme Dominique Riquier-Sauvage, Dessins
• Le CSTB : Hervé Berrier, François Pelegrin • V. Deligne
Yannick Lemoigne, Charles Baloche • L’Union sociale pour l’habitat (USH) : Impression
Raphaël Besozzi et Thierry Lesage • Imprimerie DejaGLMC

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


p2-3 Sommaire-10BAT:guide - 1 14/10/09 16:43 Page 3

p 01 Avant-propos p 32 2 • Exigences Essentielles de la DPC et


réglementation des ouvrages
p 05 Introduction p 36 3 • Exigences Essentielles de la DPC et parties
harmonisées des Normes Européennes
p 39 4 • L’Agrément Technique Européen (ATE) et
ses procédures
p 06 Principes directeurs
p 42  Appréciation de la qualité des produits
p 07  Nouvelle Approche de construction
p 08  Impacts de la DPC sur les documents
p 42 5 • Le marquage CE : précisions complémen-
taires sur le dispositif et son utilisation
techniques de référence
par la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise
p 10  Hiérarchie des textes techniques d’œuvre
de référence p 50 6 • Les Appréciations Techniques Nationales
(françaises)
p 11  Modifications des frontières entre p 53 7 • Les marques de certification de produits de
l’obligatoire et le volontaire construction

p 13  Impacts de la DPC aux différentes phases p 56  Règles de mise en œuvre des produits
de la construction p 56 8 • Les NF DTU :
Documents Techniques Unifiés

p 15 Données et documents p 58  Eurocodes


utiles p 58 9 • Recommandations à l’adresse de
la maîtrise d’ouvrage
p 15  Le langage technique commun européen
p 61 10 • Recommandations à l’adresse de
la maîtrise d’œuvre
p 17  Le corpus normatif
p 65  Contrôle technique
p 18  Le marquage CE p 65 11 • Le contrôleur technique face au
p 20  Les évaluations techniques des produits
marquage CE

p 66  Responsabilités et assurance construction


de construction

p 22  Les Eurocodes p 66 12 • Le système assurantiel national


p 70 13 • Nouvelles procédures d’évaluation
p 25  Les référentiels de conception et techniques des produits de construction
d’exécution des travaux et assurance

p 26  L'impact de la DPC sur le système français


de responsabilité et d'assurance p 73 Annexes

p 74 • Formation
p 27 Fiches thématiques p 75 • Bibliographie
p 77 • Sites Internet
p 28  Evolution du corpus normatif p 80 • Index
p 28 1• Directive Produits de Construction et autres p 81 • Clause de mise en garde
directives impactant les produits de
construction et les ouvrages

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


p4-5 Introduction-9BAT:guide - 1 13/10/09 16:59 Page 4

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


p4-5 Introduction-9BAT:guide - 1 13/10/09 16:59 Page 5

INTRODUCTION

Ce guide s’adresse aux : Pour concevoir et réaliser un bâtiment, le maître


I professionnels de la maîtrise d’ouvrage d’ouvrage et le maître d’œuvre peuvent s’ap-
(promoteurs constructeurs, SEM, EPL, orga- puyer sur de nombreux documents :
nismes d’Hlm, assistants maîtres d’ouvrage, I réglementations,
programmistes, etc.), I normes,
I professionnels de la maîtrise d’œuvre I évaluations techniques de produits
(architectes, mandataires communs, ingé- de construction,
nieurs, économistes de la construction, etc.), I marques de qualité,
I contrôleurs techniques. I guides de sélection de produits,
I documentation des fabricants,
Il vise à apporter des éléments d’information per- I etc.
mettant de s’approprier les évolutions en cours L’usage de certains de ces documents reste faible
résultant de la réalisation du marché unique des pour différentes raisons (multiplicité des textes de
produits de construction. référence, accès payant, contenu à forte techni-
cité, disponibilité de temps, etc.).
Le nombre d’aspects à prendre en considé-
ration dans la prescription des produits tend à Les certifications sont un des moyens de
s’accroître. s’assurer des performances des produits.

Outre les caractéristiques dimensionnelles et Le processus d’harmonisation européenne por-


de performance requises notamment au niveau de tant notamment sur les produits de construction
la réglementation nationale sur les ouvrages, et les dynamiques nationales, comme le Grenelle
d’autres caractéristiques qualitatives sont prises de l’environnement, requiert une appropriation
en considération : progressive par les professionnels concernés :
I impacts environnementaux et sanitaires, I nouvelles logiques,
I adaptation aux handicaps, I nouveaux langages,
I facilité de mise en œuvre, I nouvelles pratiques.
I réduction des charges de consommation,
I diminution des coûts d’entretien,
I maintien des performances dans le temps.

La mise en œuvre des produits et la prévention


des sinistres liés à des défauts de conception ou
d’exécution participent également à la qualité des
constructions.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


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PRINCIPES directeurs
6 PLAN EUROPE

L’application des principes de libre circulation et de libre concurrence est au centre du


processus d’harmonisation européenne.
 Selon ces principes, un fabricant d’un pays membre de la Communauté Européenne
mais également un fabricant situé en dehors de la Communauté Européenne doivent
pouvoir mettre sur le marché leurs produits qui pourront alors être reconnus conformes
dans les différents pays européens.
 Suivant les mêmes principes, les professionnels de la maîtrise d’ouvrage, de la maîtrise
d’œuvre, les contrôleurs techniques, les entrepreneurs du bâtiment, les assureurs de
la construction doivent pouvoir également développer leurs services dans les différents
pays membres.

Tous les Etats membres se sont volontairement engagés à enlever toutes les parties de
leurs législations, leurs réglementations, leurs normalisations propres qui présentent un
obstacle administratif et technique à l’application du libre échange.
 L’harmonisation européenne vise à supprimer progressivement ces obstacles au commerce.

Le processus de réalisation du marché unique des produits de construction relève de la


dynamique de l’harmonisation européenne.
 Les normes établies dans le seul cadre national sont remplacées par les Normes Euro-
péennes. Les Normes Européennes peuvent elles-mêmes être d’origine internationale.
 Les Normes Européennes sont transposées dans le corpus normatif des différents Etats
membres.

Des difficultés sont toutefois apparues pour rendre compatibles les systèmes réglementaires
des différents Etats membres.
Ce processus est apparu trop long et compliqué,
d’où la mise en place d’une nouvelle approche.

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


P6-14 TC-principes-11BAT:guide - 1 14/10/09 10:29 Page 7

Nouvelle Approche

 Harmoniser les législations des Etats membres La personne mettant le produit sur le marché doit d’ail-
La Commission Européenne a mis en œuvre en 1985 leurs pouvoir justifier d’une attestation de conformité.
le principe de « Nouvelle Approche ». A l’inverse des Le marquage CE d’un produit de construction précise
anciennes directives, qui imposaient aux industriels les caractéristiques du produit liées aux Exigences
des dispositifs techniques précis et stricts, ce concept Essentielles de la DPC.
permet d’harmoniser les législations des Etats mem- Il engage donc le fabricant ou son représentant (man-
bres tout en laissant le choix des moyens techniques dataire, importateur, distributeur) à veiller à l’aptitude
aux entreprises. à l’usage de son produit et à respecter les spécifica-
En effet, les Directives Nouvelle Approche fixent de tions ayant conduit à l’obtention du marquage CE.
manière réglementaire et obligatoire des Exigences
Essentielles de sécurité, de santé, d’environnement et  S’assurer de l’aptitude à l’emploi
de protection du consommateur. Dans le cas des pro- Dans cette Nouvelle Approche, il appartient au concep-
duits de construction, ce sont les ouvrages qui doivent teur de s’assurer de l’adéquation du produit à l’emploi
respecter des Exigences Essentielles. Les produits de auquel le produit est destiné.
construction doivent être compatibles à ces Exigences Le maître d’œuvre doit s’assurer :
Essentielles pour être aptes à l’usage et prétendre au • du bon dimensionnement (avec ou sans calcul) de
marquage CE. l’ouvrage,
• de la bonne installation du produit dans l’ouvrage.
 Le marquage CE des produits
Il existe à l’heure actuelle 21 directives européennes L’utilisation de produits marqués CE n’est donc pas
« Nouvelle Approche » requérant le marquage CE. La suffisante pour s’assurer de l’adéquation des produits
Directive Produits de Construction est une Directive à l’ouvrage construit.
Nouvelle Approche « à part », puisqu’elle impose la
conformité aux spécifications techniques harmonisées  Projet de remplacement de la DPC
(Exigences Essentielles relatives aux ouvrages décli- par un règlement européen
nées pour les produits dans les Normes Européennes La Commission Européenne a initié un processus de
harmonisées ou Agréments Techniques Européens remplacement de la directive sur les produits de
suivant les familles de produits). construction (89/106/CEE) par un nouveau règlement
Les autres Directives Nouvelle Approche offrent géné- visant à éliminer les obstacles subsistant à la libre
ralement la possibilité d’une démonstration directe de circulation des produits. Ce texte est en cours de dis-
la conformité aux exigences. cussion au sein du Conseil et au Parlement Européen.
Le marquage CE est en quelque sorte le passeport A la différence de la directive, le règlement européen
du produit de construction lui permettant d’être com- est directement applicable dans tous les Etats mem-
mercialisé dans les différents pays de la Communauté bres, toute transposition nationale étant prohibée.
Européenne.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


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PRINCIPES
directeurs
8 PLAN EUROPE

Impacts de la DPC sur les documents


techniques de référence

De nombreux documents sont impactés par le processus d’harmonisation.


 Normes NF EN  Autres documents d’évaluation technique
La transposition des Normes Européennes (normes D’autres documents d’évaluation technique continuent
EN) dans le corpus normatif national (normes NF EN) d’être utilisés en France :
du domaine étudié concerne, au stade actuel, princi- • les Avis Techniques (ATec),
palement les produits de construction et les règles de • les Appréciations Techniques d’Expérimentation
calculs structuraux (Eurocodes). (ATEx),
L'acronyme hEN est parfois utilisé pour désigner une • le Pass Innovation,
Norme Européenne harmonisée. Mais dans l’identifi- • les Enquêtes de Technique Nouvelle (ETN).
cation d'une norme EN, rien ne permet de distinguer une
norme harmonisée d’une norme non harmonisée ; pour  Les Eurocodes pour les calculs de structures
les distinguer il convient de parcourir la norme (ou son porteuses
sommaire) pour voir si elle possède une annexe ZA. En matière de calcul de structures porteuses, les
Eurocodes (normes EN) font également l’objet d’une
transposition nationale (en normes NF EN). Toutefois
Evolution historique les Eurocodes ne sont pas actuellement des Normes
Historiquement les normes applicables à la construc- Européennes harmonisées. Les anciennes règles
tion ont porté sur des techniques traditionnelles. Au- nationales étaient énoncées dans une multitude de
jourd’hui elles se révèlent performantielles et couvrent documents (normes NF, NF DTU, CCTG, règles profes-
de plus en plus toutes les techniques y compris inno- sionnelles, guides, circulaires, etc.). Compte tenu de la
vantes. Elles évoluent pour satisfaire maintenant à des variété de méthodes proposées dans les Eurocodes,
obligations de résultats et à des objectifs de fonctions. la transposition dans le corpus normatif français a été
accompagnée par l’élaboration de guides d’application
pour des accès simplifiés. Pour utiliser les Eurocodes
 Au niveau national en France, il faut généralement utiliser une annexe
Le champ des Normes Européennes ne couvre pas nationale.
l’ensemble des produits de construction. Au niveau
national subsistent des normes NF et des normes  Le statut national des ouvrages
expérimentales XP pour des produits ou des caracté- En matière de conception et d’exécution des travaux,
ristiques non prises en compte par les Normes Euro- il convient de distinguer les règles qui sont relatives
péennes. aux produits de construction stricto sensu de celles qui
s’appliquent aux ouvrages. Ces dernières ont essen-
 L’Agrément Technique Européen tiellement un statut national.
Les produits non concernés par les Normes Euro-
péennes ou y dérogeant significativement peuvent  Des règles techniques d’application volontaires
néanmoins être marqués CE s’ils répondent aux Exi- et des réglementations nationales pour la concep-
gences Essentielles. L’Agrément Technique Européen tion des ouvrages
(ATE) permet de définir l’usage prévu du produit, ses Pour la conception des ouvrages, il existe quelques
caractéristiques et performances et les conditions de Normes Françaises, mais les règles sont définies en
marquage CE. Les ATE sont également applicables grande partie dans :
aux produits dérogeant aux normes harmonisées ou • la réglementation nationale (lois, décrets, arrêtés),
à défaut aux normes nationales. • les règles techniques (Eurocodes, NF DTU, ATec,
etc.).

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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 Les normes NF DTU pour


l’exécution des travaux
En matière de règles d’exécu-
tion des travaux, il existe peu
de Normes Européennes.
Dans la perspective d’un rap-
prochement futur des règles
nationales d’exécution de
travaux au niveau européen,
les Documents Techniques
Unifiés (DTU) deviennent des
normes (NF DTU), les spé-
cifications techniques sont
rendues « eurocompatibles »
dans le cadre du plan Europe.

HARMONISATION EUROPÉENNE
Suppression obstacles techniques aux échanges
Exigences Essentielles

Produits Conception Exécution


de construction calcul des ouvrages
des ouvrages

Normes EN ATE Normes EN Normes EN


Eurocodes

Normes Marquage Euro Keymark Normes NF EN Normes


NF EN CE Agrément Guides d’application NF EN
DTA
ATec NF DTU
ATec euro-
compatible
ATEx DTU, NF DTU, ATec, ATEx
Pass Innovation Pass Inno-
ETN vation
Normes ETN
NF, XP Certifications

DOCUMENTS UTILISÉS EN FRANCE

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


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PRINCIPES
directeurs
10 PLAN EUROPE

Hiérarchie des textes techniques de


référence

L’application des règles techniques normalisées dépend en principe des prévisions


contractuelles.
Le pouvoir réglementaire peut cependant rendre obligatoire le respect de certaines règles
techniques, notamment pour des raisons de sécurité.
Dans le cadre des marchés publics, l’ordre de préférence des documents définissant les
spécifications techniques est le suivant (article 23 de la directive 2004/18) :
 les Normes nationales (NF) transposant les Normes Européennes (EN),
 les Agréments Techniques Européens,
 les Spécifications Techniques Communes,
 les Normes Internationales,
 les autres référentiels techniques élaborés par des organismes
européens de normalisation ou lorsqu’ils n’existent pas :
• les Normes nationales (normes NF en France),
• les Agréments Techniques Nationaux (Avis Techniques
en France),
• les Spécifications Techniques Nationales en matière
de conception, de calcul de pose des produits et
de réalisation des ouvrages.
En cas de non précision dans les documents du marché public, cet ordre de
documents s’impose en matière de règles applicables.
Dans le domaine de la maîtrise d’ouvrage privée, les documents du marché
peuvent faire référence à la norme française NF P 03-001.
Toutefois, des évolutions sont à prévoir. Tel est notamment le cas de la norme
NF P 03-001 (2000) : Marchés Privés - Cahiers types - Cahier des Clauses
Administratives Générales applicables aux travaux de bâtiment faisant l'objet
de marchés privés.

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


P6-14 TC-principes-11BAT:guide - 1 14/10/09 10:29 Page 11

11

Modifications des frontières


entre l’obligatoire et le volontaire

Le niveau d’obligation d’application des spécifications techniques varie selon le cadre dans
lequel elle trouve à s’appliquer et notamment :
 dans le cadre des normes,
 dans le cadre de la mise en œuvre de l’assurance construction,
 dans le cadre des marchés publics et des marchés privé.

INCIDENCES SUR LE CORPUS NORMATIF

 Le marquage CE Normes Françaises, c’est notamment partiellement


Les normes sont de nature volontaire (voir décret du le cas pour la NF C 15-100 sur les installations élec-
17 juin 2009 relatif à la normalisation). Toutefois, le triques de basse tension.
marquage CE rend de facto obligatoire, pour le fabri- Les normes relatives à la sécurité publique, à la
cant devant l’appliquer, une partie de chaque Norme protection de la santé et de l’environnement sont
Européenne (l’Annexe ZA qui précise les caractéris- généralement d’application obligatoire.
tiques du produit de construction liées aux Exigences On remarquera que les préoccupations de sécurité, de
Essentielles particulières). santé et d’environnement de la réglementation fran-
En effet, la mise en circulation du produit suppose que çaise sont également celles des Exigences Essentielles.
l’obtention du marquage CE soit elle-même subordon-
née au respect de ces règles.  En cas d’absence de normes EN
En pratique, les industriels dont les produits ne relè-
 Les Normes Européennes (EN) transposées ou vent pas d’une norme EN ne sont pas soumis systéma-
les Normes nationales (NF) tiquement à l’obligation de recourir à un Agrément
Des Normes Européennes transposées (NF EN) ou des Technique Européen pour procéder au marquage CE
Normes nationales (NF) peuvent être rendues obliga- de leurs produits.
toires par la réglementation nationale. Pour les

Norme NF EN

Suivant le produit de construction, le champ de


Partie volontaire
l’Annexe ZA (obligatoire) dans l’ensemble de la
norme NF EN peut être plus ou moins important.
Spécifications
nationales Certaines normes NF EN intègrent des spécifica-
Annexe ZA
tions nationales (climatiques, culturelles). Ces
obligatoire
spécifications peuvent impacter la partie harmo-
nisée obligatoire (Annexe ZA) de la norme ou / et
la partie volontaire de la norme.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


P6-14 TC-principes-11BAT:guide - 1 14/10/09 10:29 Page 12

PRINCIPES
directeurs
12 PLAN EUROPE

INCIDENCES DE LA RÉGLEMENTATION DES PRODUITS DE CONSTRUCTION


SUR LE SYSTÈME D’ASSURANCE CONSTRUCTION

Les principes de libre échange appliqués aux produits En ce sens, la normalisation est un facteur déter-
de construction impactent également le système minant dans l'acceptation faite par les assureurs de
d’assurance construction (décennale, dommages- couvrir un risque construction.
ouvrage). Il ne peut plus seulement être fait référence D'une manière générale, l'utilisation de techniques
dans les documents « marché public » aux seuls courantes relève des garanties de base des contrats
documents techniques et référentiels français. d'assurance décennale, alors que l'emploi de tech-
Dans ce cas, il appartient au maître d’ouvrage assisté niques non courantes requiert, à ce jour, une déclara-
de sa maîtrise d’œuvre d’apprécier ou non l’équi- tion préalable auprès de l'assureur et peut induire une
valence des caractéristiques et performances des majoration de la prime d'assurance.
produits de construction relevant d’autres systèmes Au stade de la mise en œuvre, l'incidence de la nor-
nationaux ou internationaux. malisation est, s'agissant des garanties obligatoires,
En dehors de cette obligation et de l’utilisation des strictement encadrée par le jeu des clauses types.
produits relevant des normes NF EN, le système d’as-
surance construction national permet de retenir des
techniques non courantes évaluées favorablement.
Au stade de la souscription, qu'il s'agisse de la sous-
cription d'une assurance de responsabilité décennale
ou d'une assurance Dommages-Ouvrage, les assu-
reurs sont particulièrement vigilants sur la justification
du respect de normes techniques de construction ou
produits, facteur de maîtrise de la sinistralité par les
acteurs.

Procédure actuelle Technique courante Technique non courante


(assurance) en France (risque normal) (déclaration préalable)

 Evaluation du produit ou  Normes homologuées  ATEx


du procédé  ATE  Enquête Technique Nouvelle (ETN)
 ATec  Observations C2P
 Euroagrément  Pass Innovation
 Pass Innovation (feu vert)

 Règles d’exécution  Norme EN  Produits en observation


des travaux  NF DTU, DTU, CCTG (ATec, ATEx, DTA, ETN, C2P, etc.)
 ATec, DTA,
 Règles professionnelles
 Règles de l’art

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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13

MARCHÉ PUBLIC / MARCHÉ PRIVÉ être demandés de manière contractuelle. Les


En matière de consultation des entreprises, le champ marques nationales ne peuvent être imposées dans
des obligations diffère entre marché public et marché les marchés publics et si elles sont citées, elles
privé : devraient être suivies de « ou équivalent ».
• En marché public, contrairement à une opinion • En marché privé, la norme volontaire NF P 03-001
largement répandue, il n’y a pas obligation de faire applicable aux travaux de bâtiment précise que les
référence aux normes homologuées pour définir les normes et les NF DTU sont réputées connues des
objectifs à respecter. Les NF DTU ne sont pas obli- parties et que « l’exécution et le dimensionnement
gatoires. Deux exceptions existent toutefois pour la des ouvrages ou parties d’ouvrages traditionnels
sécurité incendie des ERP (arrêtés) et les mesures sont soumis aux dispositions des NF DTU de mise en
antisismiques. œuvre et de règles de calcul ». De même, les pro-
Les Avis Techniques, les Documents Techniques duits doivent répondre aux spécifications des Normes
d’Application, les qualifications des entreprises sont Françaises existantes. Elle précise encore que la
de nature volontaire donc facultative mais peuvent prévision contractuelle spéciale prime.

Impacts de la DPC aux différentes


phases de la construction

La DPC et plus globalement la mise en


application des principes de libre circulation
des produits influencent les pratiques des
maîtres d’ouvrage et des maîtres d’œuvre.

Outre la multiplication des documents de ré-


férence, les maîtres d’ouvrage et les maîtres
d’œuvre sont appelés à intégrer progressi-
vement le nouveau langage européen et les
logiques qui s’y rattachent.

IMPACT SUR LE MAÎTRE D’OUVRAGE

Le maître d’ouvrage doit à présent connaître les Exi- Il devra être plus vigilant dans le choix des équipes de
gences Essentielles et être plus précis dans la défini- maîtrise d’œuvre sur l’adéquation entre les compé-
tion de son programme (définition des besoins et du tences requises (notamment en matière d’Eurocodes)
coût d’objectif de l’opération) et dans la définition du et le type d’ouvrage projeté.
marché de maîtrise d’œuvre, notamment pour déter- Pour les ouvrages moyens (6 à 50 millions d’euros),
miner le niveau d’exigence attendu de l’ouvrage donc les maîtres d’ouvrage auraient intérêt à choisir des
des produits de construction incorporés, assemblés, maîtres d’œuvre connaissant les Eurocodes.
utilisés ou installés. La maîtrise d’ouvrage a un rôle à jouer dans l’appro-

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


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PRINCIPES
directeurs
14 PLAN EUROPE

priation progressive des Eurocodes par la maîtrise marqués CE apporte une bonne connaissance des
d’œuvre. Le suivi de formations aux Normes Euro- performances des produits et fournit un outil de com-
péennes harmonisées et aux Eurocodes ainsi que paraison efficace entre concurrents. Les valeurs affi-
l’adaptation des outils informatiques vont devenir des chées sont, selon leur importance, soit sous contrôle
critères de sélection des équipes de maîtrise d’œuvre. d'un organisme tiers, soit placées sous la responsabi-
lité du fabricant.
Cela étant, il a été décidé au niveau européen, pour
IMPACT SUR LE MAÎTRE D’ŒUVRE des raisons de coûts et de responsabilité, de ne pas
imposer le marquage CE aux entreprises de travaux ou
Les maîtres d’œuvre sont plus particulièrement artisans qui fabriquent de manière non industrialisée
touchés du fait de leur rôle en matière de conception et mettent en œuvre eux-mêmes leurs produits. Lors
et de suivi d’exécution du marché. du choix de tels produits, le maître d'ouvrage, assisté
L’harmonisation européenne accroissant l’offre de de sa maîtrise d'oeuvre, doit alors veiller à la qualité de
produits et le champ des spécifications volontaires, ces produits.
les professionnels de la maîtrise d’œuvre devront être La référence à des documents non harmonisés, ou à
plus explicites dans la prescription des produits des certifications françaises en solution de base néces-
de construction, dans les hypothèses et la métho- site de mentionner l’expression « ou équivalent ».
dologie de calcul de structure afin d’assurer une
parfaite adéquation entre les produits de construction
et la finalité, les spécificités de l’ouvrage construit. IMPACT SUR LES RISQUES

L’élargissement de l’offre de produits de construction et


RÉFÉRENCES OU NON DANS des référentiels techniques est de nature à accroître
LES MARCHÉS les risques de sinistres.

En principe, la mention de produits marqués CE dans


les marchés de travaux n’est pas nécessaire.
Le marquage CE est obligatoire pour les produits cou- Etre vigilant avant et lors
verts par une norme harmonisée ou faisant l'objet d'un <<
de l’approvisionnement des produits
Agrément Technique Européen. Le choix de produits
Il conviendra de rester vigilant avant et lors de
l’approvisionnement des produits sur chantier
Impact sur le rapport entre le maître notamment du fait d’une surveillance des mar-
d’œuvre et le maître d’ouvrage chés qui s’avère délicate.
Le maître d’œuvre devra être en mesure de
conseiller le maître d’ouvrage sur l’appréciation Des dérives ont déjà été constatées :
des équivalences entre produits de construction  manque de rigueur de certains organismes
relevant d’autres systèmes normatifs et de certifi- notifiés dans l’exercice de leur mission,
 performances réelles inférieures à celles
cation à partir des documents (en français) qui lui
seront transmis par les entreprises.
affichées sur l’étiquette par le fabricant,
 faux en matière d’avis techniques ou de certi-
L’inadéquation du produit de construction mis en
œuvre à la construction projetée pourrait consti-
tuer un manquement à son obligation de conseil fications, usages frauduleux de logos,
ou à son devoir de critique.  contrefaçons de produits.

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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DONNÉES et DOCUMENTS utiles


PLAN EUROPE 15

Le langage technique
commun européen Définitions accessibles sur les sites :
 europa.eu/scadplus/glossary/index_fr.htm
 dpcnet.org, afnor.org/lexique
 inies.fr/lexique.asp
Ce langage porte à la fois sur :
 le processus d’harmonisation générale :
les principes de subsidiarité, de reconnaissance mutuelle, les différentes institutions
européennes, les différents documents européens (directives, règlements),
 le processus d’harmonisation technique :
concernant les produits de construction avec les notions d’aptitude à l’usage, d’aptitude à
l’emploi, de mise sur le marché, de produits, de kits, d’ouvrage, de Comité Permanent de
la Construction, d’organismes notifiés, de Spécification Technique, de règles de l’art, etc.,
 les caractéristiques et les performances des produits de construction :
Exigences Essentielles, indicateurs, unités de mesure, classes et niveaux de classification,
méthodes d’essai et de calcul, durée de vie, cycle de vie, recyclabilité, etc.

LES NOTIONS LES PLUS ESSENTIELLES dans un autre État membre, même si les prescriptions
techniques ou qualitatives diffèrent de celles imposées
 Le principe de subsidiarité à ses propres produits. Seule exception faite, l'intérêt
Il s'applique aux seuls domaines partagés entre la général, comme la protection de la santé, des consom-
Communauté et les États membres. Il définit les condi- mateurs ou de l'environnement, est soumis à des
tions dans lesquelles la Communauté dispose d'une conditions strictes.
priorité d'action par rapport aux États membres.
 Les produits de construction
 Le principe d’harmonisation technique On entend par « produit de construction » :
Les Exigences Essentielles, Normes Européennes, • tout produit fabriqué en vue d'être incorporé, assem-
ATE, marquage CE, etc. visent à supprimer les obsta- blé, utilisé ou installé de façon durable dans des
cles techniques et administratifs aux échanges. Les ouvrages tant de bâtiment que de génie civil (décret
réglementations techniques nationales sont soumises n° 92-647 du 8 juillet 1992 modifié transposant la
aux dispositions des articles 28 et 30 du traité CE. Les Directive Produits de Construction dans le droit
Etats membres sont tenus de notifier leurs projets français).
de réglementations et de normes techniques à la Un produit de construction peut être mis sur le marché
Commission et aux autres Etats membres. (vendu à l’entreprise exécutant sa pose dans l’ouvrage)
ou ne pas être mis sur le marché (artisan ou entreprise
 Le principe de reconnaissance mutuelle réalisant le produit en atelier et le posant sur le chan-
A côté du principe d’harmonisation technique, le prin- tier). Les produits de construction peuvent être soit :
cipe de reconnaissance mutuelle assure la libre circu- • des produits de base,
lation des marchandises et des services sans qu'il soit • des produits finis ou semi-finis,
nécessaire d'harmoniser les législations nationales • des kits fabriqués à partir de certains matériaux de
des États membres. Un produit légalement utilisé dans base.
un État membre ne peut donc être interdit à la vente

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


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DONNÉES
et DOCUMENTS utiles
16 PLAN EUROPE

 Les ouvrages
Ils sont notamment construits à partir de
produits et ne prennent leurs caractéris-
tiques définitives qu'après assemblage de
produits et réalisation des travaux dans un
site d'implantation.

 L'aptitude à l'usage d’un produit


C’est l’utilisation à laquelle le fabricant
destine son produit de manière générale,
sans préjuger de contraintes spécifiques
réglementaires, contractuelles ou fonctionnelles exigences particulières des Etats membres :
concernant l'emploi effectif du produit sur un chantier • soit à une Norme Européenne pour traiter de
donné. L’aptitude à l’usage renvoie aux dispositions problématiques locales telles que climatiques par
générales requises par le marquage CE, notamment le exemple,
respect des Exigences Essentielles. • soit en complément à une Norme Européenne. Ces
spécifications peuvent être développées unilatéra-
 L’aptitude à l’emploi d’un produit lement par un Etat membre dès lors qu’elles
En pratique, elle renvoie aux conditions requises pour concernent la protection de la sécurité ou de la
l’intégration du produit dans l’ouvrage notamment de santé (procédure de sauvegarde).
comportement dans l’œuvre, de durabilité prévisible, • les Spécifications Techniques Volontaires sont les
de compatibilité avec la réglementation des ouvrages exigences particulières propres à l’exécution de
et du besoin du maître d’ouvrage. l’ouvrage se référant :
• au cahier des charges contractuel,
 La mise sur le marché • aux principes des marchés publics, notamment celui
C’est la première mise à disposition d’un produit de qui consiste à placer au centre de ses préoccupations
construction sur le marché communautaire. les besoins des utilisateurs des ouvrages finis.

 L’autorisation de mise sur le marché des produits  La durée de vie raisonnable du point de vue
de construction économique
Elle dépend des différents types d’attestation de confor- C’est un concept lié au marquage CE qui vise la péren-
mité. Les produits ayant une forte incidence sur la santé nité des caractéristiques d’un produit, en rapport avec
et la sécurité font l’objet d’un certificat de conformité les Exigences Essentielles de l’ouvrage. Cette péren-
établi par un organisme notifié. nité des caractéristiques est liée à l’évolution dans le
temps, au vieillissement d’une ou des performances
 La spécification technique des caractéristiques et implique la résistance aux
C’est une notion générale qui intègre les exigences détériorations lors de l’exposition à des agents exté-
techniques de la réglementation, de la normalisation, rieurs ou spécifiques normalement prévisibles (ex. : gel
des cahiers des charges contractuels et de ceux des au regard des exigences de stabilité d’une structure
marchés publics : porteuse en béton).
• les Spécifications Techniques Européennes sont des
Exigences Européennes auxquelles doivent répondre  Le cycle de vie d’un produit
les produits dans chaque Etat membre. Elles com- Ce cycle correspond aux étapes successives et inter-
prennent les Normes harmonisées et les Agréments dépendantes de la vie d’un produit, depuis l’extraction
Techniques Européens. des matières premières jusqu'à son recyclage ou son
• les Spécifications Techniques Nationales sont les élimination après usage.

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17

Le corpus normatif

La normalisation a pour objet de fournir des HIÉRARCHIE DES NORMES


documents de référence comportant des
solutions à des problèmes : En application du principe de subsidiarité et en tenant
 techniques concernant des produits (dont compte de la combinaison des règles communautaires
les produits de construction), et nationales, les différentes spécifications sont hiérar-
 commerciaux concernant des produits chisées de la manière suivante selon l’article 23 de la
(dont les produits de construction), directive 2004/18 :
 en lien avec les biens et services (comme la + Normes nationales transposant des Normes
maîtrise d’œuvre et l’exécution de travaux), Européennes NF EN
Agréments Techniques Européens ATE
Spécifications Techniques Communes STC
qui se posent de façon répétée dans des Normes Internationales ISO
Référentiels techniques élaborés par les organismes
relations entre les partenaires :
 économiques,
européens de normalisation
Normes nationales (françaises) NF
 scientifiques, Avis Techniques Nationaux (en France) ATec

 techniques,
Spécifications Techniques nationales (conception,
- calcul, mise en œuvre)
 sociaux.
Chaque référence est accompagnée de la mention « ou
équivalent ».

Classement des normes applicables en France

Nomenclature de normes AFNOR  Normes Expérimentales : XP


 Normes Françaises homologuées NF transposant les Normes  Fascicules de Documentation : FD
Européennes (NF EN) et les Normes Internationales (NF ISO ou  Les normes de mises en œuvre et règles de calcul : NF DTU
NF EN ISO) et les règles de calcul NF DTU
Indices de classement (21 classes de A à X)
 A : acier, armature de béton armé, …  P : bâtiment et génie civil
 B : plâtre, gypse, pierre naturelle, isolants fibres minérales, …  S : acoustique, sécurité incendie active, …
 C : électricité  T : tubes, canalisations plastiques, eau, …
 D : combustibles, cheminée, chauffage, mais aussi sanitaires, …  X : qualité de l’air, essais toxicité, services, sécurité incendie
 E : installations industrielles, ventilation, chaudières, … passives
Catégorie de normes
 Normes de base (terminologie de base, dessin)  Normes d’ouvrage (garde-corps, coordination modulaire,
 Normes de produits de construction (essais, spécifications, interface, etc.)
aptitude à l’emploi, sécurité)  Normes de mise en œuvre des produits (exécution des
 Normes de conception ou de dimensionnement (ou de calcul) travaux)
des ouvrages (Eurocodes), des équipements ou des installations  Normes générales
Normes de mise en œuvre des produits (exécution des travaux)
 DTU transformés en normes (NF DTU), intégrés dans le classement P de l’AFNOR
 Normes Expérimentales (XP DTU)
 Fascicule de Documentation (FD DTU)
Normes générales relatives
 Au management (ISO 9000)
 Au marché privé du bâtiment (NF P 03-001 : cahier des clauses administratives générales applicable au marché de bâtiment faisant
l’objet d’un marché privé)

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DONNÉES
et DOCUMENTS utiles
18 PLAN EUROPE

Le marquage CE

La Directive Produits de Construction (DPC) fait référence à :

 plusieurs documents,
 différentes instances (Comité permanent de la construction, Comité Européen de Norma-
lisation, Organisation Européenne pour l’Agrément Technique, Groupe des organismes
notifiés),
 des procédures mises en place pour procéder à l’élaboration des Normes Européennes et
à l’attribution du marquage CE des produits de construction :
• les documents interprétatifs des Exigences Essentielles auxquelles doivent répondre les
ouvrages et indirectement les produits de construction qui s’y intègrent,
• les spécifications obligatoires des Normes Européennes (Annexe ZA) pour les familles de
produits encadrés par les Normes Européennes,
• les guides d’Agréments Techniques Européens (guide ATE) et les Agréments Techniques
Européens pour certaines familles de produits ne disposant pas de Normes Européennes.

DIRECTIVES EN DEHORS DE LA DPC


Exemple
Certains produits relèvent d’autres directives euro- Un artisan menuisier fabricant et posant des fenê-
péennes en dehors ou en complément de la DPC : tres sur mesure.
• les appareils à gaz,
• les chaudières à eau chaude,
• les ascenseurs,
DOCUMENTS UTILES POUR
• la basse tension, la compatibilité électromagnétique,
LE MARQUAGE CE
• les performances énergétiques des bâtiments,
• l’écoconception applicable aux produits consomma-
En matière de marquage CE, les documents plus
teurs d’énergie.
particulièrement utiles aux constructeurs sont :
Les spécifications harmonisées de ces autres direc-
• les étiquettes de marquage CE,
tives relèvent également du marquage CE.
• les déclarations de conformité,
• les certificats de conformité.
SEULS LES PRODUITS MIS SUR LE MAR-
CHÉ SONT SOUMIS AU MARQUAGE CE Comment se procurer des documents ?
Pour se procurer une déclaration ou un certificat
Un composant à la fois fabriqué et installé dans un ou- de conformité d’un produit, il convient de s’adres-
vrage par un artisan ou une entreprise n’est pas direc- ser à l’industriel concerné. Ces documents sont
tement mis sur le marché. S’agissant alors d’un contrat accessibles sur certains sites de fabricants.
d’ouvrage, il est considéré, que le produit n’a pas à être
soumis au marquage CE.

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19

EN FRANCE L’obligation de marquage CE fait l’objet d’arrêtés inter-


ministériels par familles de produits. Chaque arrêté
Référence au texte européen contient des dates de début d’obligation et d’écoule-
(Norme harmonisée au Agrément Technique Européen
ment des stocks fixés après concertation de tous les
professionnels intéressés.
Le nom ou la marque distinctive
Adresse déposée du fabricant
2 derniers chiffres de l’année de l’apposition marquage CE Le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre doivent être
N° certificat de conformité CE
EN 13162 vigilants sur les caractéristiques et les performances
Dénomination du produit
des produits de construction qui seront prescrits et mis
Organisme notifié
n° XXXXX Code désignation en œuvre.
Euroclasse Rm2.K/W λ W/m.K Epaisseur en mm Suivant les familles de produits, ils trouveront des pro-
A2
S1dO 1,35 0,038 50 duits marqués ou non marqués CE. Le marquage CE
m2/colis Pièces par colis Longueur en mm Largueur en mm vise à apporter une garantie basique sur les perfor-
3,60 3 1200 1000 mances des produits et fournit un outil de comparai-
NOM DU PRODUIT son entre concurrents.
XXXXXXXXX Les valeurs affichées sont, selon leur importance, soit
N° contrôle + usine sous contrôle d’un organisme tiers, soit placées sous la
3 453120 236458

(Source : AQC) responsabilité du fabricant sur déclaration.


A contrario, la renommée, les références de l’entre-
Caractéristiques du produit prise qui fabrique et met en œuvre sont des critères à
prendre en compte pour choisir ses produits.
 le marquage CE est obligatoire :
• pour les produits couverts par une Norme Euro-
péenne harmonisée, ayant fait l’objet d’un arrêté, Pour plus d’explication se reporter à la fiche
• pour les produits sous ATE ayant fait l’objet d’un thématique N° 5 :
arrêté.
Le marquage CE :
 le marquage CE n’est pas obligatoire : précisions complémentaires sur le
• pour les produits fabriqués et posés par une même dispositif et son utilisation par la maî-
entreprise. trise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


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DONNÉES
et DOCUMENTS utiles
20 PLAN EUROPE

Les évaluations techniques des


produits de construction

Documents Nature Produits concernés Sites Internet


Domaine Réglementaire
 Agrément  Appréciation de l’aptitude à l’usage  Vitrages extérieurs collés, cloisons inté-  eota.eu
Technique de matériaux, d’équipements et de rieures, chevilles métalliques, systèmes  dpcnet.org
Européen produits ou systèmes non couverts d’isolation thermique par l’extérieur,  cstb.fr
(ATE) par des Normes Européennes. etc.
Domaine volontaire
 Euro Agrément  Evaluation technique de procédés  L’Euro Agrément prend la forme de  cstb.fr
innovants bénéficiant d’une l’évaluation technique de chaque pays
reconnaissance mutuelle. concerné.
L’ATec en France.
 Avis Technique  Opinion formulée par un groupe  Produits relevant de techniques non  cstb.fr
(ATec) d’experts, sur l’aptitude à l’emploi traditionnelles, c’est à dire non  Sites de fabricants
d’un produit. Cette opinion est basée encadrées par les normes de produits
sur la prise en compte des exigences ou les NF DTU.
réglementaires, d’objectifs de
performances et de durabilité.
 Appréciation  Procédure rapide d'évaluation  Type a : produits, pour lesquels il  cstb.fr
Technique technique formulée par un groupe n'existe pas d'avis technique.  Sites de fabricants
d’Expérimen- d'experts sur tout produit,  Type b : technique expérimentale,
tation (ATEx), procédé ou équipement innovant pouvant relever de l'Avis Technique mais
utilisé en France. n'ayant pas encore fait l'objet de cette
procédure.
 Type c : nouvelles réalisations expéri-
mentales d'une ou plusieurs techniques
ayant préalablement fait l'objet d'une
ATEx de type "b".
 Pass innovation  Première évaluation technique des  Un feu vert : le risque est très limité et  cstb.fr
produits ou des procédés innovants peut être maîtrisé par des recommanda-
et contribuant aux objectifs du tions sur la mise en œuvre et/ou le suivi.
Grenelle de l’Environnement.  Un feu orange : le risque est "réservé"
Cette évaluation apporte les garanties  Un feu rouge : le risque n'est pas maî-
de maîtrise nécessaires à la mise sur trisé, la technique pas aboutie en l'état.
le marché.
 FDES/PEP  Fiche de Déclaration Environnemen-  Font l’objet d’un engagement volontaire  Inies.fr
tale et Sanitaire ou Profil Environne- de l’industrie auprès des pouvoirs
mental Produit (pour les équipements publics dans le cadre du Grenelle de
électriques) basés sur des ACV et l’Environnement à généraliser leur mise
faisant l’objet d’un programme de à disposition à l’horion 2012.
vérification par AFNOR normalisation
dans le cadre de la norme NF P01 010.
 Avis C2P  La C2P peut décider la mise en  Liste verte : pas d’observation  qualiteconstruc
observation des familles de produits  Autres listes : à déclarer à son tion.com
ou de procédés qui présentent des assurance.
taux de sinistralité élevés ou un risque
de sinistres graves.

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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21

Documents Nature Produits concernés Sites Internet

 Enquêtes de  Enquêtes effectuées par les contrô-  Sites des


Technique Nou- leurs techniques, sur la base fabricants
velle (ETN) de cahier des charges établi par
le fabricant.

Domaine de la certification tierce partie volontaire


 Keymark  Marque de certification volontaire  Produits d’isolation thermique. Il existe, par  Key-mark.
d’un produit répondant aux exigences ailleurs, une Keymark solaire pour les capteurs org
spécifiées dans les Normes Euro- solaires et les chauffe-eau solaires.
péennes du CEN et du CENELEC.
 Marque NF pour  Marque de certification garantissant  Matériaux de base (ciment, béton prêt à l’emploi,  afnor.org
les produits de non seulement la conformité aux etc.).  marquenf.
construction normes (françaises, européennes  Composants (blocs béton, menuiseries, plaques com
ou internationales) en vigueur en de plâtre, conduits de fumée, tuiles, escalier en
matière de sécurité, d'aptitude à béton, canalisations, câbles, revêtements de sols,
l'emploi (prend en compte les DTU) etc.).
et de qualité, mais aussi à des  Equipements électriques et sanitaires, sécurité
critères de qualité supplémentaires. incendie (réaction au feu des matériaux.
 Extincteurs, systèmes de sécurité incendie, blocs
d’éclairage de sécurité) etc.
 Marque NF  Marque de certification de produits  Peintures.  marquenf.
Environnement dont l'impact sur l'environnement  Colles pour revêtements de sols. com
est réduit. Le produit doit être  blocs d’éclairage de sécurité.
conforme à des critères écologiques
et d'aptitude à l'usage.
 Eco-label  Label écologique officiel européen  Ampoule électrique.  marquenf.
européen utilisable dans tous les pays  blocs d’éclairage de sécurité. com
membres de l'Union Européenne.  revêtements de sols durs.
 peintures et vernis.
 colles pour revêtements de sol.
 CSTBat  Marque de certification de confor-  cstb.fr
mité aux spécifications des Avis
Techniques utilisée pour les produits
innovants.

Exception :
Le site AFOCERT (Association Française des Organismes de Certification des produits de construction) regroupe l’ensem-
ble des certifications françaises portant sur les produits de construction et sur les ouvrages de bâtiment.
L’association compte 22 organismes de certification :
ACERBOIS, ACERMI, ADAL, AFCAB, AFNOR certification, ASQUAL, ATITA, CEKAL, CEQUAMI, CERIB, CERQUAL, CERTIGAZ,
CNMIS SAS, CNPP, CSTB, CTMNC, FCBA, FIB, LCIE, LEM VP, LNE, SFJF.
L’association recense :
• 200 certifications de produits de construction pour les éléments d’ouvrage :
murs et ossatures, sols et planchers, couvertures charpentes, portes et fenêtres, aménagements intérieurs, aménage-
ments extérieurs,
• plusieurs certifications d’ouvrage :
QUALITEL, Habitat & environnement, NF logements, NF logements démarche HQE, Patrimoine habitat et environne-
ment, NF maison individuelle, NF maison individuelle démarche HQE, NF bâtiment tertiaire démarche HQE...

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


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DONNÉES
et DOCUMENTS utiles
22 PLAN EUROPE

Les Eurocodes

Dans les années 1980, la Commission Européenne dresse le constat selon lequel l’absence
d’harmonisation entre les règles de conception et de calcul des structures de bâtiment et de
génie civil constitue un obstacle au libre accès aux marchés de travaux et d'études techniques.

En 1989, pour pallier l’absence d’harmonisation, la Commission Européenne confie alors


au Comité Européen de Normalisation (CEN), le travail de rédaction des Eurocodes.
Ces documents, au nombre de 10, sont éditées sous la forme de 57 Normes Européennes EN
et se substituent, progressivement, aux Normes Nationales correspondantes, après une
transposition en Normes Françaises homologuées NF EN, publiées par l’AFNOR.

Les normes les plus importantes pour les bâtiments courants sont indiquées dans le tableau
p.24, qui clarifie la correspondance entre les textes nationaux antérieurs et les normes
Eurocodes, du point de vue des sujets traités.

MISE EN PLACE D’ÉLÉMENTS NOUVEAU CONTEXTE NORMATIF : 2010


DE SOUPLESSE
La transposition des Eurocodes en Normes Françaises
 Paramètres déterminés nationalement est quasiment achevée. Ces normes auront toutes
Afin de faciliter l’adoption des Eurocodes, le CEN a un statut de Norme Française homologuée. Du point
introduit dans les textes un certain nombre d’éléments de vue de leur contenu, elles ont vocation à remplacer
de souplesse : les paramètres déterminés nationale- un ensemble de textes de statuts divers (normes NF,
ment. L’utilisation de ces éléments de souplesse règles DTU, recommandations, etc.) relatifs aux
s’exerce à deux niveaux : structures porteuses.
• un certain nombre d’entre eux consistent en des
paramètres déterminés au niveau national et sont Ainsi, ce nouveau contexte normatif impose un change-
consignés dans les annexes nationales ; ces annexes ment important :
sont des Normes Françaises publiées par AFNOR et • des pratiques de la maîtrise d’œuvre et des entre-
associées aux normes NF EN, prises de bâtiment et de travaux publics,
• les autres devront être définis pour chacune des • des pratiques de la maîtrise d’ouvrage qui devra
opérations par les pièces écrites du marché. désormais donner certaines indications pour garan-
tir une mise en œuvre des Eurocodes qui préserve
ses intérêts.

Pour accompagner les professionnels, ont été élabo-


rés dans le cadre du plan Europe :
• des guides d’application et d’interprétation,
• des solutions types,
• des tableurs d’aide à la conception.

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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23

EXIGENCES ESSENTIELLES EUROCODES


ET EUROCODES ET ANNEXES NATIONALES

Les démarches développées dans les Eurocodes se Chaque Eurocode dispose d’une annexe nationale.
révèlent plus descriptives que prescriptives. Elles lais- Le choix des niveaux de sécurité relève de la puissance
sent davantage de place à l’interprétation des clauses publique nationale. Chaque annexe nationale propre
techniques. Les structures porteuses sont définies au à un Eurocode précise :
regard de la durée de vie escomptée des bâtiments et • les valeurs et / ou les classes là où des alternatives
doivent respecter les Exigences Essentielles : sont autorisées dans l’Eurocode,
• n°1 de résistance mécanique et de stabilité, • les valeurs à utiliser là où seul un symbole est donné
• n°2 de sécurité en cas d’incendie, dans l’Eurocode,
• n°4 de sécurité d’utilisation. • les données propres à un pays (géographiques,
climatiques, etc. Exemple : carte de neige ou des
zones sismiques),
ORGANISATION DES EUROCODES • la procédure à utiliser là où des procédures alterna-
tives sont données dans l’Eurocode,
Les Eurocodes au nombre de dix ont le statut de • les décisions relatives à l’application des annexes
Normes Européennes (EN) : informatives,
 EN 1990 - Eurocode 0 • les références à des informations complémentaires
Bases de calcul des structures pour faciliter l’emploi de l’Eurocode.
 EN 1991 - Eurocode 1
Actions sur les structures
Informations pratiques
 EN 1992 - Eurocode 2
Calcul des structures en béton Un grand nombre de logiciels sont accessibles
 EN 1993 - Eurocode 3 gratuitement sur Internet.
Calcul des structures en acier Des actions de formation s’imposent pour éviter
 EN 1994 - Eurocode 4 les erreurs d’interprétation dans l’utilisation des
Calcul des structures mixtes acier – béton documents référentiels et des logiciels.
 EN 1995 - Eurocode 5 La recommandation de juillet 2009 s’adresse aux
Calcul des structures en bois maîtres d’ouvrage publics. Elle porte sur l’utilisa-
 EN 1996 - Eurocode 6 tion de certains Eurocodes : EN 1992-1-1, EN 1993
Calcul des structures en maçonnerie –1-1, EN 1994-1-1, 1995-1-1 dans les ouvrages
 EN 1997 - Eurocode 7 publics de bâtiment.
Calcul géotechnique Pour plus d’information :
 EN 1998 - Eurocode 8 • fiches N° 9 et 10 de ce guide,
Calcul des structures pour leur résistance aux séismes • les sommaires des différents Eurocodes acces-
 EN 1999 - Eurocode 9 sibles sur le site www.eurocode1.com
Calcul des structures en aluminium • les concepts fondamentaux pour réussir avec les
Eurocodes et des liens avec des sites gratuits de
Les Eurocodes 0, 1, 7 et 8 constituent le tronc com- calcul sur le site www.btp.equipement.gouv.fr
mun des méthodes proposées. • un état d’avancement et de transposition des
Eurocodes sur le site www.afnor.org
Les autres Eurocodes concernent les méthodes • voir aussi la recommandation de la CGNorBat-
spécifiquement adaptées aux matériaux employés. DTU sur le panachage des règles de calcul (site
Chacune de ces normes est subdivisée en sections et BNTB).
annexes.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


p15-26 TC-donne?es-10BAT:guide - 1 14/10/09 10:10 Page 24

24

TABLEAU DE CORRESPONDANCE ENTRE LES NORMES FRANÇAISES ET LES EUROCODES

Texte national français antérieur Norme Eurocode correspondante


Base de calcul Directives Communes (1979) EN 1990 Bases de calcul des constructions

 Actions  NF P 06-004  EN 1991-1-1


permanentes Densités, poids propre, charges d’exploitation
des bâtiments

 Actions variables  NF P 06-001  EN 1991-1-1


et accidentelles Densités, poids propre, charges d’exploitation
des bâtiments
 NV 65/99 - N84  EN 1991-1-3 à 5 Neige Vent et Température
 DTU feu  EN 1991-1-2 Actions dues au feu
 PS 92 - PS MI 89  EN 1998 - 1 Actions sismiques

 EN 1991-1-6 Actions d’exécution


 EN 1991-1-7 Chocs et explosions

 Bâtiments  BAEL/BPEL  EN 1992 - 1


en béton ou  Partie « Règles de calcul » du DTU 20.1  EN 1996 - 1
maçonnerie

 Bâtiments  CM 66/82  EN 1993 - 1


métalliques

 Bâtiments  Circulaire 81 - 63 (1981)  EN 1994 - 1


mixtes  Avis technique sur bacs collaborants

 Ponts en bois  Règles CB 71/75  EN 1995 - 1

 Fondations  DTU 13.1 et 13.2  EN 1997 - 1


 Fascicule 62 Titre V  EN 1992 - 1 (fondations)
du CCTG (1993)  EN 1993 - 5 (pieux)

 Conception en  PS 92 - PS MI 89  EN 1998 - 1
zone sismique  EN 1998 - 5 (fondations)

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


p15-26 TC-donne?es-10BAT:guide - 1 14/10/09 10:10 Page 25

25

Les référentiels
de conception et
d’exécution des
travaux

LES DOCUMENTS TECHNIQUES UNIFIÉS :


NF DTU

Les Documents Techniques Unifiés (NF DTU) :


• sont des règles françaises d’exécution des ouvrages
de bâtiments ou d’installation d’équipements tech-
niques,
• traitent des conditions de mise en œuvre des procé- LES RÈGLES PROFESSIONNELLES
dés traditionnels et codifient les règles de l’art,
• résultent d’un large consensus entre les différents Ces règles sont des règles techniques élaborées par
acteurs de la construction réunis au sein de commis- les professionnels eux-mêmes, pour préciser les
sion de normalisation dans différents bureaux de modalités d'exécution des travaux par spécialité.
normalisation, les principaux étant le BNTEC (Bureau
de Normalisation des Techniques et Equipements de
la Construction du Bâtiment), le BNBA (Bureau de LES CAHIERS DES Informations utiles
Normalisation du Bois et de l’Ameublement, le BNCM CLAUSES ADMINISTRATIVES
(Bureau de Normalisation de la Construction Métal- GÉNÉRALES (CCAG) Les NF DTU sont vendus
lique), le BNTB (Bureau de Normalisation des Tech- sur les sites du CSTB et de
niques du Bâtiment), et AFNOR. Deux types de CCAG s’appliquent l’AFNOR.
• sont coordonnés par la Commission Générale de particulièrement à la construction de Les règles profession-
Normalisation du Bâtiment (CGNorBat-DTU). bâtiments : nelles sont notamment dif-
• les CCAG de prestations intellec- fusées par des syndicats
Depuis 1993, la majorité des DTU a été transformée en tuelles, professionnels.
normes (NF DTU). • les CCAG de travaux.
Textes de référence et des
recommandations :
Les NF DTU (CGM, CCS, CCT) énoncent les clauses
www.colloc.bercy.gouv.fr
contractuelles types auxquelles les maîtres d’ouvrage LES FASCICULES DE CAHIER
www.marche-public.fr
et les maîtres d’œuvre peuvent se référer pour rédiger DES CLAUSES TECHNIQUES
www.minefi.gouv.fr
les marchés. GÉNÉRALES (CCTG)
Fascicules de CCTG :
En principe, les règles sont d’application volontaire. Les fascicules de Cahier des Clauses téléchargeables sur le site :
C’est ainsi que la norme NF P 03-001, qui constitue un Techniques Générales (CCTG) ne www.btp.equipement.gouv.fr
contrat type que les parties peuvent adopter, se réfère concernent que les marchés publics. Pour plus d’informations :
expressément aux normes NF référencées DTU de La référence à ces documents n’est www.marche-public.fr
mise en œuvre et règles de calcul ainsi qu’aux spécifi- pas obligatoire car le maître d’ouvrage
cations des Normes Françaises pour les fournitures. peut déroger partiellement ou totale-
Le pouvoir réglementaire peut néanmoins les rendre ment aux CCTG. Mais s’agissant de règles de l’art, ces
obligatoires en tenant compte notamment des impéra- dérogations éventuelles doivent être faites en s’entou-
tifs de sécurité. rant de toutes les précautions.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


p15-26 TC-donne?es-10BAT:guide - 1 14/10/09 10:10 Page 26

DONNÉES
et DOCUMENTS utiles
26 PLAN EUROPE

L’impact de la DPC sur


le système français de responsabilité
et d’assurance

La réglementation européenne crée un système européen de normalisation qui concerne les


ouvrages via les performances des produits.
Dans ce système, les Eurocodes ont pour objet d’améliorer le fonctionnement du marché
unique pour les produits et les services d'ingénierie.

LA FIABILITÉ ET LA DURABILITÉ
DES TRAVAUX PRIMENT

Il est nécessaire que les maîtres d'ouvrage et leurs


co-contractants gardent à l’esprit le fait que la confor-
mité d'un produit aux Spécifications Techniques
Européennes ne suffit pas à garantir, dans tous les
cas, l'aptitude à l'emploi de ce produit dans l'ouvrage
auquel on le destine : la responsabilité des construc-
teurs et assimilés (ainsi que les sous-traitants) sera
susceptible d'être engagée en cas de dommages à
l'ouvrage après réception et ce indépendamment de
toute référence à la conformité des produits aux règles
européennes.
Dans cette hypothèse, la garantie Dommages-Ouvrage
ou l'assurance de responsabilité décennale des acteurs
ne trouveront application que si les conditions légales
de mise en œuvre de ces contrats sont réunies.
LA LOI SPINETTA DEMEURE INCHANGÉE En effet, confrontés en France à une garantie de
longue durée, les assureurs doivent être particulière-
En termes d'assurabilité, les assureurs construction, ment vigilants en ce qui concerne la fiabilité et la
pour leur part, vont intégrer les Eurocodes dans la liste durabilité des travaux réalisés, quelle que soit la régle-
des textes techniques à prendre en compte dans les mentation applicable aux produits de construction.
contrats. Seuls deux Eurocodes devraient être rendus Pour l'analyse technique du risque à assurer : l'assu-
obligatoires, l’Eurocode Feu et l’Eurocode Parasis- reur construction n’acceptera de garantir un ouvrage
mique. ou des travaux que lorsque les produits et procédés
Mais il est important pour tous les acteurs d'être de construction utilisés sont normalisés et qu'ils
conscients du fait que l'application en droit français de bénéficient du standard de mise en œuvre en cours de
la réglementation européenne en matière de produits validité.
de construction ne modifie en rien le système de res- Pour plus d’explication se reporter aux
ponsabilité, de garantie et d'assurance, spécifique à
fiches thématiques N° 12 et 13 :
la France (loi Spinetta du 4 janvier 1978) qui demeure,
à ce jour, inchangé. Ce système est basé sur la durabi- • Le système assurantiel national
lité des ouvrages plutôt que sur la nature des produits • Evolution de l’assurance construction
utilisés pour construire l'ouvrage. dans le contexte européen.

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


p27-31 Fiche 1-7BAT:guide - 1 14/10/09 10:12 Page 27

FICHES

27

Evolution du corpus normatif

1 Directive Produits de Construction et autres directives


impactant les produits de construction et les ouvrages p 28

2 Exigences Essentielles de la Directive Produits de Construction


et réglementation des ouvrages p 32

3 Exigences Essentielles de la Directive Produits de Construction


et parties harmonisées des Normes Européennes p 36

4 L’Agrément Technique Européen (ATE) et ses procédures p 39

Appréciation de la qualité des produits de construction

5 Le marquage CE : précisions complémentaires sur le dispositif


et son utilisation par la maîtrise d’ouvrage et la maîtrise d’œuvre p 42

6 Les Appréciations Techniques Nationales (françaises) p 50

7 Les marques de certification de produits de construction p 53

Règles de mise en œuvre des produits

8 Les NF DTU : Documents Techniques Unifiés p 56

Eurocodes

9 Recommandations à l’adresse de la maîtrise d’ouvrage p 58

10 Recommandations à l’adresse de la maîtrise d’œuvre p 61

Contrôle technique

11 Le contrôleur technique face au marquage CE p 65

Responsabilités et assurance construction

12 Le système assurantiel national p 66

13 Nouvelles procédures d’évaluation techniques des produits


de construction et assurance p 70

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


p27-31 Fiche 1-7BAT:guide - 1 14/10/09 10:12 Page 28

FICHE 1 Evolution
du corpus normatif

28

Directive Produits de Construction et


autres directives impactant les produits
de construction et les ouvrages

La Directive n° 89/106/CEE du Conseil, relative au rapprochement des dispositions législa-


tives, réglementaires et administratives des Etats membres concernant les produits de
construction a été approuvée le 21 décembre 1988, il y a maintenant plus de vingt ans !

L’objectif premier de la Directive Produits de Construction est la libre circulation des produits,
tout en respectant les Exigences Essentielles et auxquelles doivent répondre les ouvrages,
communes à l’ensemble des réglementations nationales existantes en Europe.

La Directive Produits de Construction est une Directive dite « Nouvelle Approche », qui
s’appuie sur des Normes Européennes ou des Agréments Techniques Européens pour
permettre d’évaluer la conformité des produits à la Directive et de délivrer le marquage CE
pour les produits.

Outre la Directive Produits de Construction, près d’une quinzaine de Directives impactent


le secteur de la construction, s’adressant soit à des produits / équipements ou à des parties
d’ouvrage de construction, soit s’adressant à l’ensemble du bâtiment.

LA DPC, UNE DIRECTIVE « NOUVELLE mité aux spécifications techniques harmonisées


APPROCHE » QUI PRÉSENTE QUELQUES (Normes Européennes ou Agréments Techniques
PARTICULARITÉS Européens) définies par la Directive.
Une conséquence directe de cette particularité est que
Contrairement aux Directives dites « Ancienne Ap- la Directive Produits de Construction n’est applicable
proche » qui définissaient et détaillaient l’ensemble des à une catégorie de produits, qu’à condition que les
spécifications techniques dans le corps du texte de la spécifications techniques correspondantes aient été
Directive, et donc dans les réglementations nationales produites et validées dans chacun des pays de la
transposées, les Directives « Nouvelle Approche » Communauté Européenne.
offrent la possibilité d’un recours aux Normes Euro- C’est pourquoi bien qu’adoptée il y a plus de 20 ans,
péennes ou Agréments Techniques Européens, la la Directive Produits de Construction n’est pas encore
conformité à ces spécifications techniques valant applicable à l’ensemble des produits. Plus de 600
présomption de conformité à la Directive. Normes harmonisées étaient initialement prévues no-
tamment au travers des mandats. 470 Normes harmo-
 Le recours obligatoire aux normes ou Agréments nisées sont inscrites au programme de travail du CEN
Techniques Européens en 2009. 400 ont été publiées. Pour certaines catégo-
Là où les autres Directives « Nouvelle Approche » ries de produits de construction, les Normes Euro-
offrent plusieurs options pour évaluer la conformité péennes sont toujours en cours d’élaboration ou en
aux exigences communautaires dont la conformité aux attente de décisions particulières telles que, par exem-
Normes Européennes, mais aussi la démonstration di- ple, les dispositions relatives aux matériaux en contact
recte de la conformité aux exigences de la Directive, la avec l’eau de consommation humaine (en liaison avec
Directive Produits de Construction impose la confor- la Directive Eau Potable) qui n’est toujours pas finali-

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


p27-31 Fiche 1-7BAT:guide - 1 14/10/09 10:12 Page 29

29

en respectant les Exigences Essentielles, communes à


Chiffres l’ensemble des réglementations nationales existantes
13 500 Normes Européennes et autres documents en Europe et auxquelles doivent répondre les ouvrages.
du CEN tous secteurs confondus, dont 2 000 Dans l’état actuel des traités régissant le fonction-
Normes Européennes en appui à une ou plusieurs nement de la Communauté Européenne, les Etats
Directives européennes et citées au Journal Offi- membres conservent la faculté de réglementer sur
ciel de la Communauté Européenne. leur territoire l’existence des constructions et les
spécifications techniques des ouvrages, et de définir
Prés de 3 000 Normes Européennes volontaires et
les règles d’exécution à suivre au plan national.
harmonisées pour le secteur de la construction.
600 Normes harmonisées (hEN) prévues en appui
à la Directive Produits de Construction, dont 400 LES AUTRES DIRECTIVES
hEN publiées et 70 en cours d’élaboration.
 Une quinzaine de Directives européennes impac-
33 mandats de normalisation donnés par la CE au
tent le secteur de la construction
CEN, correspondant à 30 grandes catégories de
Les produits de construction, outre qu’ils condition-
produits (et 3 mandats transverses sur la réaction,
nent la qualité et la performance de l’ouvrage qu’ils
la résistance au feu et les substances dange-
constituent, peuvent générer d’autres risques et être
reuses), et couvrant les 470 Normes harmonisées
couverts par d’autres Directives européennes.
(hEN) programmées en appui à la Directive Pro-
On compte ainsi près d’une quinzaine de Directives eu-
duits de Construction, dont 400 hEN publiées et
ropéennes qui affectent les produits de construction :
70 en cours d’élabotation.
• les Directives qui concernent des matériels, équipe-
1 600 Agréments Techniques Européens. ments particuliers ou parties d’ouvrages tel que les
Directives Ascenseurs, Rendement des Chaudières,
sées et qui bloquent l’élaboration des normes sur les ou Matériels Electriques,
produits constituant les réseaux d’eau potable. • les Directives qui touchent à l’ensemble du bâtiment
ou de l’ouvrage ; c’est par exemple le cas de la Di-
 La réglementation et les règles d’exécution des rective Performance Energétique des Bâtiments qui
ouvrages de construction restent du ressort des spécifie une méthode commune européenne de cal-
Etats membres cul de la performance énergétique, impose des
La Directive Produits de Construction vise une harmo- seuils minimaux relatifs à la performance énergé-
nisation des dispositions de mise sur le marché des tique aussi bien pour les bâtiments neufs que pour
produits de construction dans l’espace européen, tout les rénovations, ainsi que la mise en place de certi-

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


p27-31 Fiche 1-7BAT:guide - 1 14/10/09 10:12 Page 30

FICHE 1 Evolution
du corpus normatif

30

Autres directives européennes impactant les bonnes pratiques de l’acte de construire


Directives portant sur des maté- • Directive Matériels Electriques – matériel destiné à être employé dans
riels ou équipements particuliers certaines limites de tension (Directive Basse tension) (73/23/CEE).
ou des parties d’ouvrages. • Directive Appareils à gaz (90/396/CE).
• Directive Rendement des chaudières à eau (92/42/CE).
• Directive Ascenseurs (95/16/CE).
• Directive Equipements sous pression (97/23/CE).
Directives portant sur l’ensemble • Directive Performance Energétique des Bâtiments
du bâtiment ou de l’ouvrage. (2002/91/CE).
Directives transverses impactant • Directive Sécurité des machines (89/393/CE).
le secteur de la construction. • Directive Biocides – mise sur le marché des produits biocides (98/8/CE).
• Directive Eau Potable – qualité des eaux destinées à la consommation
humaine (98/83/CE).
• Directive Instruments de Mesure (04/22/CE).
• REACH (Registration, Evaluation and Authorization of CHemicals)
(06/1907/CE).
·
Directives relatives à la santé des • Directive Compatibilité Electromagnétique (89/336/CE).
travailleurs intervenant sur les • Directive Amiante – protection des travailleurs contre les risques liés
chantiers. à une exposition à l'amiante pendant le travail (83/477/CEE).
• Directive Equipements de travail – prescriptions minimales de sécu-
rité et de santé pour l'utilisation, par les travailleurs, au travail d'équi-
pements de travail (89/655/CE).
• Directive Expositions à des Vibrations Mécaniques (2004/44/CE).
• Directive Expositions à des Champs Electro-magnétiques (2004/40/CE).
• Directive Expositions aux Rayonnements Optiques Artificiels
(2006/25/CE).
Autres Directives transverses. • Directive Marchés Publics de travaux, de fournitures et de services ;
dite « classique » (04/18/CE).
• Directive Marchés Publics relative aux « secteurs spéciaux » de l'eau,
de l'énergie, des transports et des services postaux (04/17/CE).
• Directive Services (06/123/CE).

fication des bâtiments sur ces caractéristiques,  Un seul marquage CE matérialise la conformité à
• les Directives multisectorielles qui concernent des plusieurs Directives
équipements particuliers ou parties d’ouvrages, Si un produit est couvert par plusieurs Directives, il
comme la Directive Eau Potable, ou la Directive n’aura cependant qu’un seul marquage CE apposé par
Amiante, le fabricant ou le responsable de la première mise sur
• les Directives multisectorielles qui touchent plus le marché. Ce marquage matérialise la conformité à
à l’organisationnel tel que les Directives Marchés l’ensemble des Exigences Essentielles des différentes
Publics ou la Directive Services de 2006, qui doit être Directives applicables au produit. En revanche, les
transposée en France avant fin 2009. déclarations de conformité fournies par le fabricant et
portées au dossier devront spécifier et citer les Direc-
tives que respectent leurs produits.

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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31

C’est le cas par exemple des appareils de sécurité loppement durable dans les Normes harmonisées ou
contre l’incendie qui sont, bien sûr, couverts par la les Agréments Techniques Européens sur les produits
Directive Produits de Construction et l’Exigence Essen- de construction, tel que le prévoit le futur Règlement
tielle de Sécurité au Feu des Usagers des Construc- sur les Produits de Construction appelé à remplacer la
tions, et qui sont également impactés par les Directives Directive actuelle. La Norme NF ISO 15392 « principes
Basse Tension et Compatibilité Electromagnétique généraux du développement durable dans la construc-
pour la sécurité électrique de l’appareillage. tion » a été publiée en 2009.
Les compteurs d’eau, couverts par la Directive Produits
de Construction, le sont également par la Directive
Instruments de Mesure, et devraient l’être à terme par CONSEILS AUX MAÎTRES D’OUVRAGE ET
la Directive Eau Potable. AUX MAÎTRES D’ŒUVRE

 Les mandats européens, une autre voie d’harmoni- Connaître les principes de base de la DPC : la libre
sation des spécifications techniques circulation des produits.
La Commission Européenne dispose d’autres moyens Presque tous les produits sur le marché disposeront
pour soutenir l’harmonisation des spécifications tech- d’un marquage CE. Les maîtres d’ouvrage assistés de
niques, comme par exemple les mandats de normali- leurs maîtres d’œuvre :
sation confiés au Comité Européen de Normalisation • doivent s’informer des cas spécifiques de produits
(CEN), qui visent l’adaptation de normes existantes non couverts par la DPC (ou avec des conditions par-
ou l’élaboration de nouvelles normes pour disposer ticulières de marquage (cas particuliers des kits, …),
d’outils d’appui à la réglementation européenne ou • doivent savoir par contre que la réglementation sur
harmoniser un secteur d’activité. les ouvrages reste du ressort des Etats membres,
• sont finalement actuellement très indirectement
 Développement durable et construction concernés par les Normes Européennes harmoni-
A titre d’exemple, le Mandat donné en 2004 par la Com- sées sur les produits, en tant qu’utilisateur de ces
mission Européenne au Comité Européen de Normali- produits. Ils pourront être plus directement affectés
sation sur la Qualité Environnementale des Produits dans le futur par des travaux de normalisation sur
de Construction et Bâtiments, qui avait pour objectif la mise en œuvre, la conception ou l’exploitation
d’harmoniser les pratiques européennes en matière d’ouvrages de construction, qui constitueront certai-
d’évaluation et de performance environnementale des nement les prochaines générations de normes.
produits et ouvrages de construction, et de nourrir la La maîtrise d’œuvre doit avertir et conseiller le maître
réflexion sur l’intégration des aspects développement d’ouvrage et l’enjoindre de renoncer s’il y a lieu. Ce
durable à la réglementation européenne. n’est que si le maître d’ouvrage est parfaitement alerté
Ce mandat a conduit à la création d’un nouveau Comité et s’il maintient sa volonté qu’il risque d’engager sa
Technique européen de normalisation (CEN/TC 350) responsabilité pour acceptation délibéré d’un risque.
co-animé par la Finlande et la France, en charge de la Une opération de construction fait intervenir au-delà
préparation de projets de normes sur ces aspects. du cœur de métier de nombreux secteurs connexes, et
La France disposait déjà d’une bonne expérience avec doit, et devra de plus en plus, s’inscrire au mieux dans
les démarches et référentiels HQE®, et les Normes son environnement et tenir compte de multiples
Françaises qui ont été produites sur cette base : NF contraintes techniques et réglementaires. Pour préve-
P 01-010 sur les fiches de données environnementales nir les sinistres, une vigilance renforcée est de mise
et sanitaires des produits de construction (FDES), et NF dans l’adéquation entre la finalité du projet d’ouvrage et
P 01-020 sur l’évaluation de la qualité environnemen- le choix des produits.
tale et sanitaire des bâtiments. Un maître d’ouvrage doit donc être ouvert à ces autres
La normalisation européenne en cours d’élaboration secteurs, et connaître l’existence des nombreuses
devrait constituer un des éléments de cadrage pour réglementations européennes l’impactant.
l’introduction d’exigences environnementales et déve-

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


p32-35 Fiche 2-7BAT:guide - 1 14/10/09 10:12 Page 32

FICHE 2 Evolution
du corpus normatif

32

Exigences Essentielles de
la Directive Produits de Construction
et réglementation des ouvrages
La DPC, qui réglemente les produits de construction sur la base de performances, permet
aux ouvrages de construction, dans lesquels sont intégrés ces produits, de répondre à six
Exigences Essentielles communes au niveau européen.

La définition des Exigences de Performance et Spécifications Techniques s’appliquant aux


ouvrages de construction relève, en revanche, de la compétence des Etats membres.

UNE RÉGLEMENTATION EUROPÉENNE


Commentaire
POUR LES PRODUITS DE CONSTRUCTION,
ET DES RÉGLEMENTATIONS NATIONALES Les produits de construction sont réglementés au
POUR LES OUVRAGES niveau européen ; le marquage CE apposé sur ces
produits vaut présomption de conformité à la
La Directive Produits de Construction détermine les Directive Européenne et matérialise le fait que ces
Exigences Essentielles auxquelles doivent répondre les produits permettent de construire des ouvrages
produits de construction. Ces Exigences Essentielles qui répondent aux Exigences Essentielles com-
sont définies par rapport à l’ouvrage et à ses finalités. munes à tous les pays européens.
Cependant, la définition précise des exigences de
Les produits visés par la DPC répondent aux critères performance et de sécurité des ouvrages, et les
suivants : règles d’exécution associées, restent de la respon-
• produits de base, ou produits finis ou semi finis, sabilité de chaque Etat membre.
• mis sur le marché en vue de leur commercialisation,
• destinés à être incorporés de façon durable dans des
ouvrages de construction (bâtiments et ouvrages de I Des Exigences Essentielles sur les ouvrages et des
génie civil). caractéristiques techniques sur les produits
Plusieurs produits commercialisés ensemble peuvent Les Exigences Essentielles sur les ouvrages prises en
constituer des Kits, qui sont assimilés à des produits compte par la DPC ont été identifiées à partir d’une
au sens de la DPC. compilation des réglementations nationales existantes
sur les ouvrages. Il suffit qu’un pays ait une exigence
En revanche, la définition des exigences et le contrôle particulière relative à une réglementation donnée pour
des performances des ouvrages de construction de- que celle-ci soit prise en compte par la DPC.
meurent sous la responsabilité des Etats, et peuvent Ex : cas de la réglementation incendie allemande pour
être fixés : les tunnels qui impose des caractéristiques de réac-
• soit dans des réglementations nationales ; elles tion / résistance au feu pour les canalisations d’assai-
s'appliquent alors à l'ensemble des maîtres d'ou- nissement (vecteurs potentiels d’incendie).
vrages, qu'ils soient publics ou privés,
• ou bien être laissés sous la responsabilité des maî- Il a été constaté que six Exigences Essentielles (rela-
tres d'ouvrages (pour ce que l'Etat ne souhaite pas tives aux ouvrages) constituaient la base des systèmes
réglementer). Ceux-ci fixent alors les performances réglementaires et législatifs nationaux en vigueur :
qu'ils souhaitent, pour leur ouvrage, en référence • Exigence n°1 : Résistance mécanique et stabilité
aux normes existantes (normes d’exécution DTU, • Exigence n°2 : Sécurité en cas d’incendie
normes de produits…), le cas échéant. • Exigence n°3 : Hygiène, santé et environnement

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


p32-35 Fiche 2-7BAT:guide - 1 14/10/09 10:12 Page 33

33

• Exigence n°4 : Sécurité d'utilisation


• Exigence n°5 : Protection contre le bruit
• Exigence n°6 : Economie d'énergie et isolation
thermique
Une « 7ème Exigence transverse » portant sur les exi- Exemple
gences relatives à l’utilisation durable des ressources Une porte sera principalement considérée en rela-
est en discussion et pourrait intégrer le futur règle- tion avec les Exigences 3, 4, 5 et 6. Elle sera en
ment des produits de construction. revanche reliée à l’Exigence 2 lorsqu’elle est utili-
Les Exigences Essentielles doivent être respectées sée dans une paroi assurant une séparation en cas
pendant une durée de vie « raisonnable du point de vue d’incendie ou sur un dégagement d’évacuation.
économique ».

EXIGENCES ESSENTIELLES

Exigence Essentielle n°1 Exigence Essentielle n°2


Résistance mécanique et de stabilité Sécurité en cas d'incendie
L'ouvrage doit être conçu et construit de manière L’ouvrage doit être conçu et construit de manière
à ce que les charges susceptibles de s'exercer à ce que, en cas d'incendie, la stabilité des élé-
pendant sa construction et son utilisation n'en- ments porteurs de l'ouvrage puisse être pré-
traînent aucun des événements suivants : sumée pendant une durée déterminée, que
• effondrement de tout ou partie de l'ouvrage, l'apparition et la propagation du feu et de la
déformations d'une ampleur inadmissible, fumée à l'intérieur de l'ouvrage soient limitées,
• endommagement de parties de l'ouvrage ou que l'extension du feu à des ouvrages voisins
d'installations ou d'équipements à demeure soit limitée, que les occupants puissent quitter
par suite de déformations importantes des l'ouvrage indemnes ou être secourus d'une
éléments porteurs, autre manière, et que la sécurité des équipes de
• dommages résultant d'événements acciden- secours soit prise en considération.
tels disproportionnés par rapport à leur cause
première.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


p32-35 Fiche 2-7BAT:guide - 1 14/10/09 10:12 Page 34

FICHE 2 Evolution
du corpus normatif

34

EXIGENCES ESSENTIELLES (suite)

Exigence Essentielle n°3 ou par des personnes se trouvant à proximité


Hygiène, Santé et Environnement soit maintenu à un niveau tel que leur santé
L'ouvrage doit être conçu et construit de ma- ne soit pas menacée et qu'il leur permette de
nière à ne pas constituer une menace pour dormir, de se reposer et de travailler dans des
l'hygiène ou la santé des occupants et des voi- conditions satisfaisantes.
sins, du fait notamment d'un dégagement de gaz
toxiques, de la présence dans l'air de particules Exigence Essentielle n°6
ou de gaz dangereux, de l'émission de radiations Economie d'énergie et Isolation
dangereuses, de la pollution ou de la contami- thermique
nation de l'eau ou du sol, de défauts d'évacua- L'ouvrage et ses installations de chauffage,
tion des eaux, des fumées ou des déchets de refroidissement et d'aération doivent être
solides ou liquides, ou encore de la présence conçus et construits de manière à ce que la
d'humidité dans des parties ou sur les surfaces consommation d'énergie requise pour l'utilisa-
intérieures de l'ouvrage. tion de l'ouvrage reste modérée eu égard des
Cette exigence ne concerne pour le moment que conditions climatiques locales, sans qu'il soit
la vie du produit dans l’ouvrage, mais pourrait pour autant porté atteinte au confort thermique
couvrir à terme l’ensemble du cycle de vie du des occupants.
produit.
En projet :
Exigence Essentielle n°4 Exigence Essentielle n°7
Sécurité d'utilisation Utilisation durable des ressources
L'ouvrage doit être conçu et construit de naturelles (projet de Règlement)
manière à ce que son utilisation ou son fonction- Les ouvrages doivent être conçus, construits et
nement ne présentent pas de risques inaccep- démolis de manière à assurer une utilisation du-
tables d'accidents tels que glissades, chutes, rable des ressources naturelles et à permettre :
chocs, brûlures, électrocutions, blessures à la • le recyclage des ouvrages de construction, de
suite d'explosions. leurs matériaux et de leurs éléments après
démolition,
Exigence Essentielle n°5 • la durabilité des ouvrages de construction,
Protection contre le bruit • l’utilisation, dans les ouvrages de construction,
L'ouvrage doit être conçu et construit de ma- de matières premières et secondaires compa-
nière à ce que le bruit perçu par les occupants tibles avec l’environnement.

A partir de ces Exigences Essentielles sur les ouvrages, harmonisées ou Agréments Techniques Européens) qui
des « documents interprétatifs » ont été élaborés concernent les caractéristiques des produits qui ont
qui permettent de relier les Exigences Essentielles une influence sur le respect des Exigences Essentielles
Ouvrages à des caractéristiques harmonisées pour des ouvrages.
les produits les constituant. Ces Mandats sont adressés par grandes familles de
Par ailleurs, la Commission Européenne a donné des produits, qui couvrent la plupart des produits de
Mandats « commandes » aux instances de normalisa- construction dits traditionnels. Les produits non nor-
tion (CEN, CENELEC, ...), ou à l'EOTA, qui visent l’élabo- malisés et innovants peuvent être couverts par des
ration des spécifications (Normes Européennes Agréments Techniques Européens et bénéficiaient du

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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35

marquage CE. Rares seront les produits qui échappe- Avec le jeu des périodes transitoires de cohabitation
ront à cette réglementation européenne et ne seront entre produits marqués CE ou non, on peut estimer à
pas concernés par le marquage CE. près de 300 les catégories de produits de construction
Sur les 470 Normes harmonisées issues de ces diffé- qui ont leur Norme harmonisée publiée et le méca-
rents Mandats et inscrites au programme de travail du nisme de marquage CE enclenché.
CEN, 410 sont approuvées (dont 400 normes publiées)
tandis que près de 60 sont en cours de consultation
et/ou d’élaboration au sein des groupes de travail de
normalisation.

Les grandes familles de produits couverts par les Normes harmonisées


Catégorie de produit N° Mandat
I Aciers de ferraillage et de précontrainte M/115
I Adhésifs M/127
I Appareils d'appui M/104
I Appareils de chauffage M/129
I Appareils sanitaires M/110
I Cheminées, conduits et produits spécifiques M/105
I Ciments, chaux et autres liants hydrauliques M/114
I Evaluation de la réaction au feu des produits de construction M/088
I Evaluation de la résistance au feu M/117
I Finitions intérieures et extérieures des murs et plafonds M/121
I Granulats M/125
I Géotextiles M/107
I Installations fixes de sécurité routière M/111
I Membranes M/102
I Murs rideaux M/108
I Panneaux à base de bois et produits connexes M/113
I Portes, fenêtres, volets, portails et leurs éléments métalliques M/101
I Produits d'isolation thermique M/103
I Produits de bois de charpente et produits connexes M/112
I Produits de construction en contact avec l'eau destinée à la consommation humaine M/136
I Produits de maçonnerie M/116
I Produits de toitures, lanterneaux, lucarnes et produits connexes M/122
I Produits métalliques de construction et produits connexes M/120
I Produits pour béton, mortiers, coulis et produits connexes M/128
I Produits pour la construction des routes M/124
I Produits pour évacuation et assainissement M/118
I Produits préfabriqués en béton, normal, léger ou autoclavé aéré M/100
I Produits à base de plâtre M/106
I Revêtements de sol M/119
I Substances dangereuses M/366
I Systèmes fixes de lutte contre l'incendie M/109
I Tuyaux, réservoirs et accessoires de tuyauterie non en contact
avec l'eau destinée à la consommation humaine M/131
I Verre plat, verre profilé et produits de verre moulé M/135

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


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FICHE 3 Evolution
du corpus normatif

36

Exigences Essentielles de
la Directive Produits de Construction
et parties harmonisées des Normes
Européennes

 Le secteur de la construction est le plus gros secteur producteur de Normes Européennes


avec plus de 3 000 normes développées par le CEN.
 Sur ces 3 000 normes, on compte près de 500 normes dites harmonisées sur les produits
de construction venant en appui de la Directive Produits de Construction, et près de 1 500
normes portant sur des méthodes d’essai dites normes support pour évaluer les caracté-
ristiques harmonisées des produits.

NORMES VOLONTAIRES ET Dans la pratique, une norme unique rassemblant


NORMES HARMONISÉES Norme volontaire et Norme harmonisée sera publiée
et sera identifiée dans une annexe référencée Annexe
Il convient de distinguer : ZA, les spécifications figurant dans le texte de la norme
• les Normes Européennes harmonisées sur les pro- et appartenant à la partie harmonisée. On trouvera
duits de construction et sur les règles de conception dans cette annexe :
/ dimensionnement (Eurocodes) couverts par la Di- • les caractéristiques utiles pour décrire le produit
rective – 600 normes planifiées, 470 normes inscrites (autant que possible en terme de performances pro-
au programme du CEN dont 410 adoptées, duits) avec indication, chaque fois que possible, des
• les Normes Européennes volontaires non harmoni- usages prévus,
sées, qui dans le domaine de la construction, peuvent • les performances minimales ou classes de perfor-
porter sur des produits non couverts par la Directive, mances des produits, le cas échéant,
des process, méthodes d’essais, techniques de mise • les méthodes d’essai ou d’évaluation des perfor-
en œuvre, ou règles de gestion / services, … mances (elles peuvent être décrites dans des normes
d’essais, référencées dans la norme produit harmo-
La mise en œuvre de la Directive Produits de Construc- nisée),
tion comme toute Directive Nouvelle Approche conduit • les clauses d’évaluation de la conformité des pro-
à identifier dans les Normes Européennes de manière duits à la norme, y compris la définition des condi-
particulière les spécifications harmonisées. Les Nor- tions relatives au contrôle de production en usine,
mes Européennes volontaires préexistantes couvraient • le mode d’attestation de conformité (auto-déclara-
déjà une bonne partie des produits de construction, tion ou intervention d’une tierce partie pour tout ou
et l’harmonisation selon la Directive Produits de partie),
Construction a essentiellement consisté à réviser • le mode de marquage CE pour les produits concer-
des normes existantes pour y inclure une partie nés.
harmonisée.
Ainsi ces normes sont généralement constituées :
• d’une partie volontaire qui vise des produits non cou- UN NOUVEAU LANGAGE EUROPÉEN
verts par la Directive ou des caractéristiques de
produits qui n’ont pas d’influence sur le respect des L’harmonisation des spécifications techniques euro-
Exigences Essentielles des ouvrages, péennes a conduit à la définition d’un langage commun
• d’une partie harmonisée qui porte sur les seules européen, qui peut être nouveau au plan français et
caractéristiques des produits ayant une influence sur remplace une terminologie ou un classement existants.
le respect des Exigences Essentielles des ouvrages. C’est le cas par exemple des classes de performances

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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37

des produits de construction en sécurité incendie qui  Classes de performance des produits
sont maintenant européennes (Euroclasses Feu) et Il s’agit de l’expression quantitative du comportement
remplacent en France l’ancien classement M. d’un produit de construction, par rapport à une action
Les maîtres d’ouvrages et maîtres d’œuvre doivent qu’il subit ou qu’il engendre dans des conditions de
tenir compte de ce langage dans leurs marchés, et par service prévues, exprimant la fourchette de niveaux de
exemple puiser dans les Normes Européennes les performances d’un produit par rapport aux Exigences
spécifications, classes ou seuils de performance Essentielles.
qu’ils incluront dans les cahiers des charges des ap- Les classes peuvent faire référence au produit dans son
pels d’offre et les pièces contractuelles des marchés. ensemble ou à certaines de ses caractéristiques.
Chacune des Exigences Essentielles peut donner lieu à
 Niveaux / seuils minimaux de performance l’établissement de classes dans les Normes Euro-
Expression quantitative du comportement d’un pro- péennes harmonisées. On distingue deux types de
duit par rapport à une action qu’il subit ou qu’il engen- classes de performance produits :
dre dans des conditions de service prévues. • les classes qui sont identifiées comme un moyen
Les niveaux de performance peuvent être directement d’expression de la fourchette des niveaux d’exigences
applicables à un produit dans son ensemble ou ne auxquelles les ouvrages doivent satisfaire, dites
concerner que certaines caractéristiques du produit. Classes Réglementaires,
• les autres classes dites Classes Techniques.
Ces seuils servent :
• soit à définir un produit de construction en fonction  Classes Réglementaires de performances
d’un usage prévu spécifique, produit
• soit à établir une performance minimale en dessous Lorsque, pour une Exigence Essentielle donnée, les
de laquelle un produit ne peut pas être considéré performances des ouvrages sont étroitement liées
comme apte à l’usage prévu, à celle du produit lui-même, et sont exprimées direc-
• soit à servir de base à l’établissement de classes de tement en fonction des performances du produit, des
performance. Classes Réglementaires ont été établies.
Dans ce cas, les Etats membres qui souhaitent spéci-
fier des niveaux de performance à respecter sur leur
Exemple territoire doivent respecter et utiliser ces Classes
Réglementaires.
Seuil minimal de performance relatif à un usage
spécifique : les produits qui présentent des
conductivités thermiques > 0,06 W/m.K ou une
Exemple
résistance thermique < 0,25 m2.K/W ne sont pas Exigence Essentielle 2 Sécurité incendie, classe-
considérés comme des produits aptes à l’isolation ment en réaction au feu. Les Exigences Essen-
thermique et relevant des Normes Européennes tielles portant sur les ouvrages sont directement
harmonisées correspondantes. fonction des performances des produits. Les Etats

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


p36-38 Fiche 3-7BAT:guide - 1 14/10/09 10:14 Page 38

FICHE 3 Evolution
du corpus normatif

38
Un exemple de spécifications harmoni-
sées : les Euroclasses Sécurité incendie
C’est sans doute dans le secteur de la sécurité
incendie que l’harmonisation européenne du
marché des produits de construction a été le plus
membres utilisent une classification des perfor-
loin et ceci pour plusieurs raisons :
 l’harmonisation des spécifications techniques
mances des produits commune (Euroclasses)
comme moyen d’exprimer la fourchette des ni-
en sécurité incendie, sujet central de l’acte de
veaux d’exigences des ouvrages. Les différents
construire qui touche directement la sécurité
systèmes de classification et méthodes d’essai
des personnes, était essentielle pour la réussite
en vigueur dans les différents Etats membres
de l’application de la Directive Produits de
(comme le classement M en France) constituent
Construction,
 l’aboutissement des Euroclasses tient égale-
une entrave technique au commerce et sont, de ce
fait, harmonisés à l’échelon européen.
ment au fait que les différentes réglementations
nationales existantes étaient finalement relati-
 Classes Techniques de performances produit vement homogènes et « harmonisables »,
Les Classes Techniques sont des classes de perfor-  la définition de Classes Réglementaires (voir
mance des produits établies par les concepteurs d’une ci-dessus) a contribué à la mise en place des
norme lorsque celle-ci est jugée utile pour décrire les Euroclasses,
performances d’un produit pour un usage donné, et  il faut également signaler le travail important
lorsque ces classes n’ont pas été définies au préalable des instances de normalisation, et en particulier
comme moyen direct d’expression des niveaux d’exi- du comité technique CEN/TC 127 dédié « sécu-
gences sur les ouvrages (Classes Réglementaires). rité incendie dans les bâtiments », qui a ras-
Contrairement aux Classes Réglementaires, elles ne semblé les experts européens pendant près
sont donc pas applicables obligatoirement par les Etats de 10 ans pour dégager un consensus autour
membres lorsqu’ils établissent des niveaux de perfor- de classements et d’essais communs pour
mances à respecter sur leur territoire. Leur usage est l’ensemble des produits de construction.
cependant recommandé.
 Quelques conséquences pratiques
En ce qui concerne les caractéristiques de produits
harmonisés selon la DPC, si des Classes Techniques
Si un Etat, au travers des règlements qu’il émet, peut
ont été définies, elles font parties intégrantes des
affecter la mise sur le marché des produits, il ne pourra
spécifications techniques harmonisées, et peuvent être
le faire que sur la base du contenu de la partie harmo-
utilisées comme moyen d’expression des perfor-
nisée des normes ou de manière neutre par rapport à
mances d’un produit dans l’information accompagnant
ce contenu.
le marquage CE.
Si des classes sont contenues dans la partie volontaire
des Normes Européennes, un maître d'ouvrage public,
Exemple notamment l'Etat intervenant en qualité de maître
D’un point de vue technique, la nécessité de d'ouvrage, pourra en tenir compte pour la prescription
Classes de Résistance pour le ciment s’est impo- des fournitures de produits et de travaux concernant
sée en raison du caractère continu du procédé de les chantiers réalisés sur le réseau dont il a la charge,
production et des procédures d’échantillonnage et par l'application de la Directive Marché Public. Tout
d’essai qui en découlent. Ces classes n’ont pas été maître d'ouvrage public recherchera alors aussi bien
identifiées comme moyen de définition des niveaux dans la partie volontaire que dans la partie harmoni-
d’exigences des ouvrages et ne sont donc pas sée des normes, les spécifications qu'il estimera
considérées comme des Classes Réglementaires. opportunes. Il imposera alors ces spécifications
Elles sont cependant nécessaires pour atteindre aux constructeurs en les incluant dans ses cahiers
l’objectif de la norme et peuvent être citées en des charges et pièces contractuelles de son marché
référence dans les dispositions nationales. exprimant ainsi ses choix ou besoins en termes de
performances attendues de l’ouvrage.

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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FICHE 4 Evolution
du corpus normatif

39

L’Agrément Technique Européen (ATE)


et ses procédures

L’Agrément Technique Européen


I est la spécification technique harmonisée d’un produit de construction particulier et non
normalisé ou qui dérogent de manière significative aux normes harmonisées,
I affirme l’aptitude à l’usage défini par le fabricant,
I précise les caractéristiques et leur niveau de performance pour l’usage défini.

Il convient d’en connaître les principes pour :


I s’ouvrir un large choix d’offres de produits de construction ou de services,
I veiller à établir des appels d’offre compatibles avec les règles d’appel d’offre européen.

D’en maîtriser les éléments pour :


I prescrire les besoins pour l’ouvrage de manière fiable,
I savoir choisir de manière pertinente parmi les produits proposés.

POURQUOI UN ATE ? COMMENT OBTENIR UN ATE ?

Il permet de fonder le marquage CE lorsqu’un produit Pour obtenir un ATE, le fabricant fait appel à un Orga-
n’entre pas dans le champ d’application d’une Norme nisme d’Agrément désigné par son Etat membre pour
Européenne harmonisée (cf. fiche 3) ou déroge signifi- sa compétence. En France, le CSTB est désigné pour
cativement à cette norme. les produits du bâtiment et le SETRA pour ceux du
Un produit n’entre pas dans le champ d’application génie civil et de la route. Le fabricant est libre de faire
d’une Norme Européenne harmonisée, ou y déroge, appel à l’un de l’ensemble des organismes compétents
lorsque l’usage du produit prévu par le fabricant ou que parmi ceux désignés par les Etats membres. Le fabri-
la composition ou une caractéristique importante du cant ne peut cependant introduire une demande
produit n’est pas considéré par cette norme. d’agrément qu’auprès d’un seul organisme habilité.
Pour faciliter la libre circulation et utilisation d’un tel L’ATE est délivré en application de procédures et règles
produit de construction, le fabricant peut souhaiter le définies au niveau européen par la Commission Euro-
marquer CE et à cette fin détenir un Agrément Tech- péenne et les Etats membres (Décision de la Commis-
nique Européen (ATE). sion 94/23/CE, du 17 janvier 1994, relative aux règles
de procédure communes pour les Agréments Tech-
L’ATE considère le produit particulier et ses conditions niques Européens) et précisées par les Organismes
de contrôle spécifiques pour en déclarer la conformité. d’Agrément agissant de manière coordonnée au sein
Il en considère donc les modalités de fabrication. Un de l’Organisation Européenne pour l’Agrément Tech-
changement ou une évolution du produit ou de ses nique (EOTA).
modalités de fabrication peut priver le fabricant béné- Il est délivré avec une validité de cinq ans. Il peut être
ficiaire de l’agrément du droit d’appliquer le marquage reconduit. Il peut être amendé à la demande du fabri-
CE. cant en cas d’évolution du produit.

Exemple
L’Agrément Technique Européen du produit P fabriqué par le fabricant F dans son unité de production U.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


p39-41 Fiche 4-6BAT:guide - 1 14/10/09 10:16 Page 40

40

DEUX PROCÉDURES tion avec les Organismes d’Agrément des différents


POUR ACQUÉRIR L’ATE pays. Il évalue le produit et prépare l’ATE qui est délivré
après accord des Organismes d’Agrément.
L’instruction de la demande d’ATE est conduite suivant Les projets d’ATE font l’objet d’une circulation entre les
l’une des deux procédures suivantes : Organismes d’Agrément compétents pour assurer,
dans la mesure du possible, une homogénéité d’appli-
I sur la base d’un Guide d’Agrément Technique cation des critères pour déterminer des performances
Européen (ETAG) du produit et des dispositions d’attestation de confor-
La Commission Européenne délivre un mandat à mité à appliquer (notamment pour le contrôle de
l’EOTA pour développer un ETAG. Ce dernier est pré- production).
paré par un groupe de travail coordonnant et établis-
sant l’harmonisation des critères d’évaluation entre les
Organismes d’Agrément des différents pays. Cette pro- LES ATOUTS DE L’ATE
cédure est appliquée lorsqu’une famille de produits
ayant des similarités est identifiée. Une fois l’ETAG pré- En complément du marquage CE du produit et de la dé-
paré, chaque Organisme d’Agrément compétent peut claration de conformité établie par le fabricant (cf. fiche
évaluer un produit sur la base des critères définis dans N°5), les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre
ce guide et délivrer un ATE. pourront se référer à l’ATE d’un produit particulier pour
en connaître plus précisément :
I en référence aux Exigences Essentielles, • sa description telle que mis sur le marché par le
documents communautaires interprétatifs et par fabricant,
consensus entre les Organismes d’Agrément • son usage défini par le fabricant et pour lequel il est
Le cas échéant, après autorisation de la Commission reconnu apte,
Européenne à l’instruction d’un ATE, l’Organisme • ses caractéristiques et ses performances associées
d’Agrément ayant reçu la demande du fabricant pré- (en effet, celles-ci sont souvent synthétisées dans la
pare la méthodologie d’évaluation du produit concerné. déclaration de conformité alors qu’elles sont détail-
Il coordonne son action et pilote l’établissement de lées dans l’ATE, qui contient les données techniques
l’harmonisation des critères d’évaluation en interrela- complètes),

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


p39-41 Fiche 4-6BAT:guide - 1 14/10/09 10:16 Page 41

41

• ses conditions d’utilisation définies par le fabricant et ATE ET CONCEPTION – EXÉCUTION


prises en hypothèse (données d’entrée) par l’Orga- DES OUVRAGES
nisme d’Agrément pour l’évaluation,
• des recommandations générales sur la conception Par ailleurs, un procédé de construction, c'est-à-dire
d’ouvrages, le conditionnement ou le stockage du l’ensemble des dispositions de conception et de réali-
produit… sation des parties d’ouvrage, relève de la responsabi-
lité des acteurs compétents. En particulier, la décision
d’employer un produit résulte de la prise en compte
L’ATE PERMET LE MARQUAGE CE des nombreuses contraintes du projet de construction,
D’UN PRODUIT dont les exigences pour l’ouvrage (actions ou sollicita-
tions, durabilité ou juxtaposition de produits pour la
Pour cerner la différence entre l’ATE d’un produit de réalisation d’une partie d’ouvrage), par les acteurs
construction et d’autres documents d’évaluation qui mobilisant leurs compétences.
existent par ailleurs, il convient de bien conserver Les Documents Techniques Unifiés (DTU), les Avis
à l’esprit l’objet de cette spécification. L’ATE est la Techniques ou les Documents Techniques d’Applica-
référence, « la carte d’identité », pour pouvoir affirmer tions (DTA) et les Règles Professionnelles rassemblant
la conformité d’un produit fabriqué et marquer CE ce les recommandations relatives aux procédés de
dernier. construction et issues de l’expérience des experts re-
L’ATE concerne un produit, parfois un système c'est-à- présentant les acteurs, conservent tout leur intérêt
dire plusieurs produits considérés conjointement, mis pour la prescription d’ouvrages qui répondent aux
sur le marché sous la responsabilité d’un fabricant. exigences techniques et de qualité attendues par les
usagers.

Références
I Le site Internet de l’EOTA : www.eota.eu
Communique notamment la liste des ATE en cours de validité (rubrique « Valid ETAs »).
I Le site Internet du CSTB : www.cstb.fr
Communique notamment le texte intégral des ATE en cours de validité délivrés par le CSTB.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


p42-49 Fiche 5-8BAT:guide - 1 13/10/09 19:00 Page 42

5
Appréciation de
la qualité des produits
FICHE de construction

42

Le marquage CE : précisions
complémentaires sur le dispositif et
son utilisation par la maîtrise d’ouvrage
et la maîtrise d’œuvre

L’objectif est la réalisation du Marché Européen. A cette fin, il est développé une :
 mise en place d’outils communs dont un langage,
pour exprimer les caractéristiques essentielles des produits.

Il convient d’en connaître les principes pour :


 s’ouvrir un large choix d’offres de produits de construction ou services,
 veiller à établir des appels d’offre compatibles avec les règles d’appel d’offre européen.

D’en maîtriser les éléments pour :


 prescrire les besoins pour l’ouvrage de manière fiable,
 savoir choisir de manière pertinente parmi les produits proposés.

VERS UN LANGAGE EUROPÉEN des exigences réglementaires ou des exigences systé-


matiques des acteurs publics ou agissant en tant que
Un des objectifs politiques principaux de la construc- tel.
tion européenne est la réalisation du marché unique Ces exigences, pour ne plus constituer une barrière
européen. Sa réussite est conditionnée à la libre circu- aux échanges, doivent désormais être exprimées en
lation des produits. La disparité des normes nationales langage commun européen.
et autres spécifications techniques sur lesquelles les
dispositions réglementaires ou administratives natio- Exemple
nales prennent appui entrave les échanges à l’intérieur
En fonction de la typologie de l’ouvrage et du local,
de la Communauté.
on ne prescrit plus un revêtement de sol ayant une
réaction au feu M3. Pour ce type de produit, la
Pour tendre à l’achèvement du marché, la Directive
réaction au feu est désormais exprimée en Euro-
Produits de Construction (DPC), 89/106/CEE, met
classe (A1, A2, B, C, D, E ou F) avec de plus s’agis-
l’accent sur le domaine de la construction visant à l’éli-
sant d’un usage en sol apparition de l’indice « fl ».
mination des entraves techniques dans la mesure où
Désormais une telle prescription peut s’exprimer
elles ne peuvent l’être par la reconnaissance mutuelle
« réaction au feu : Dfl ».
de l’équivalence entre tous les Etats membres.
Attention : il n’y a pas de concordance directe entre
les classes de réaction feu M et les Euroclasses.
Les produits de construction doivent pouvoir circuler
et être utilisés librement et conformément à leur
destination dans toute l’aire économique européenne LES EXIGENCES ESSENTIELLES SUR LES
dès lors qu’ils disposent de caractéristiques connues OUVRAGES
et sont aisément reconnaissables par le marquage CE.
La DPC concerne un très grand nombre et une très
Le marquage CE des produits de construction est des- grande variété de produits. De plus, un produit de
tiné à unifier et faciliter, à travers l’Europe, la compré- construction n’a souvent qu’un usage générique. Il ne
hension des caractéristiques de ces produits au regard trouve son emploi (au sens exploitation ou révélation

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


p42-49 Fiche 5-8BAT:guide - 1 13/10/09 19:00 Page 43

43

de ses caractéristiques) qu’une fois sa mise en œuvre LES CARACTÉRISTIQUES CONSIDÉRÉES


ou son incorporation dans l’ouvrage réalisée. Aussi, la
DPC ne peut pas établir des exigences applicables à L’attention est attirée sur la nature des caractéristiques
chaque type de produit. Elle considère des Exigences considérées. Pour le marquage CE d’un produit de
Essentielles sur les ouvrages (EE). Ce concept évoluera construction, seules les caractéristiques relatives
probablement en notion des Exigences fondamentales aux Exigences Essentielles sur les ouvrages sont
des ouvrages. concernées : principalement en relation avec la sécu-
rité et en tout état de cause faisant l’objet d’une
 Les six Exigences Essentielles relatives aux exigence réglementaire dans au moins un des Etats
ouvrages sont : membres de l’Union Européenne.
• 1 - Résistance mécanique et stabilité
• 2 - Sécurité en cas d’incendie Cependant, un produit présente également des carac-
• 3 - Hygiène, santé et environnement téristiques fonctionnelles fort utiles aux acteurs. Ces
• 4 - Sécurité d’utilisation caractéristiques non relatives aux Exigences Essen-
• 5 - Protection contre le bruit tielles sur les ouvrages ne sont pas concernées. Elles
• 6 - Economie d’énergie et isolation thermique sont sans objet dans la procédure de marquage CE.

L’EE3 pourrait être étendue à l’ensemble du cycle de


vie du produit (aujourd’hui seule la vie dans l’ouvrage
Exemples
est concernée).
Ces exigences pourraient probablement être complé-  Le temps de prise d’une colle à carrelage est
tées d’une Exigence Utilisation Durable des Res- une caractéristique importante pour l’organisation
sources Naturelles. du chantier par l’entrepreneur, mais n’étant pas
relative à une Exigence Essentielle, elle n’est pas
prise en compte dans la procédure de marquage
Exemple CE.
Une porte sera principalement considérée en  La couleur d’un dispositif de lutte contre
relation aux EE 3, 4, 5 et 6, et lorsqu’elle est utili- l’incendie (ex. extincteur) est relative à l’Exigence
sée dans une paroi assurant une séparation en cas Essentielle 2 Sécurité en cas d’incendie et sera
d’incendie ou sur un dégagement d’évacuation prise en compte dans la procédure de marquage
l’EE 2. CE. Celle d’un revêtement de sol est sans objet.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


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Appréciation de
la qualité des produits
FICHE de construction

44

LES SPÉCIFICATIONS HARMONISÉES l’usage prévu du produit et les performances attachées


aux caractéristiques liées aux Exigences Essentielles
A partir des principes et fonctionnements prévus dans applicables à cet usage prévu. Il doit maîtriser sa
la DPC, et considérant les exigences réglementaires production et peut alors établir une déclaration de
européennes et nationales liées aux Exigences Essen- conformité et marquer CE le produit conforme.
tielles, les organisations techniques compétentes éta- Le fabricant est pleinement responsable de la déclara-
blissent des spécifications techniques harmonisées : tion de la conformité du produit vis-à-vis du marché.
• les Normes Européennes (EN) établies sous l’égide
du CEN (cf. fiche n° 3),  l’Organisme d’agrément est responsable d’établir
• les Agréments Techniques Européens (ATE) délivrés à la demande d’un fabricant, un Agrément Technique
par un Organisme d’Agrément dont l’activité est coor- Européen, spécification technique harmonisée d’un
donnée au sein de l’EOTA (cf. fiche n° 4). produit non normalisé ou dérogeant de manière signi-
Ces spécifications techniques harmonisées définissent ficative à une Norme Européenne harmonisée.
en fonction de l’usage prévu du produit :
• les caractéristiques concernées par les EE,  l’Organisme agréé (communément désigné Orga-
• les méthodologies de caractérisation (protocole : mé- nisme notifié) est responsable d’établir les éléments
thodes d’essais ou de calcul, et évaluation : analyses d’information technique qui appuieront l’attestation de
des résultats et expression statistique du résultat), la conformité du produit établie par le fabricant.
• les niveaux/classes de performance, En fonction du système d’attestation de la conformité
• les dispositions à mettre en œuvre par l’industriel applicable, il pourra s’agir de laboratoires, d’orga-
pour assurer (démontrer) que seuls des produits nismes d’inspection ou d’organismes de certification.
conformes sont placés sur le marché européen. La compétence des organismes techniques, orga-
nismes d’agrément ou organismes notifiés, est établie
Une Norme Européenne (EN) couvre toute une par l’Etat où ils sont constitués. L’Etat informe les
famille de produits. autres Etats et la Commission des organismes qu’il a
désignés.
Exemple
Les isolants fabriqués à base de laine de verre.  le maître d’ouvrage, assisté par son maître d’œu-
vre, l’entrepreneur ou tout autre acteur participant
à la réalisation de l’ouvrage, en fonction de leur rôle,
Un Agrément Technique Européen (ATE) peut être ont une responsabilité dans la conception et la réa-
délivré pour un produit non couvert ou dérogeant à lisation de l’ouvrage en conformité aux exigences
une EN. Il concerne un produit particulier. réglementaires et aux besoins qualitatifs du client/
usager.
Exemple
 l’Etat est responsable de la surveillance du marché.
L’isolant X à base de chanvre.
Il assure que seuls les produits aptes à l’usage prévu
sont dûment marqués CE et peuvent être mis et circu-
LA RESPONSABILITÉ DES ACTEURS ler librement sur le marché. Il veille à ce que l’utilisa-
tion du produit, conformément à sa destination, ne soit
Dans ce contexte européen, les principales respon- pas interdite par des règles ou conditions imposées par
sabilités des grandes typologies d’acteurs sont les des organisations publiques (ou agissant pour le
suivantes : compte de).
 le fabricant est responsable de la conformité du Il assure ainsi la police du marché. Il prend ainsi toutes
produit qu’il met sur le marché. En se référant à la spé- les mesures pour retirer le produit qui ne répond pas
cification technique harmonisée applicable, il déclare aux exigences de la directive du marché ou pour en

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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restreindre la libre circulation. Il dispose également L’ensemble des champs techniques pour lesquels le
d’un rôle d’alerte auprès de la Commission lorsqu’il marquage CE est applicable est recensé, de manière
constate une violation ou une mauvaise application par dynamique, sur le site : www.dpcnet.org
un produit des spécifications ou encore lorsqu’il Suivant les mêmes mécanismes, un Arrêté peut égale-
constate des lacunes propres à ces spécifications. ment être pris suite à l’adoption d’un Guide d’Agrément
L’Etat est souverain des niveaux de sécurité applica- Technique Européen relatif à une famille de produits
bles pour la réalisation des ouvrages. Ce niveau s’ex- particuliers (cf. fiche n° 4).
prime désormais, lorsque les spécifications techniques
harmonisées existent, en fonction des classes de per-  Les impératifs du marquage CE
formance prévues dans ces spécifications, c'est-à-dire Lorsque l’Union Européenne adoptera un Règlement
en langage européen. Produits de Construction, en remplacement de l’ac-
tuelle Directive, le caractère de ce document le rendra
Exemple légalement applicable ainsi que les décisions subsé-
quentes prises sur sa base.
En fonction de la typologie de l’ouvrage et du local,
 Les conséquences
dorénavant la réglementation ne devrait plus
exiger une porte coupe-feu une demi-heure mais,
En conséquence de ces dispositions, certains produits
désormais, une porte classée EI30.
peuvent ne pas faire l’objet d’un marquage CE ou
seulement au libre choix de leurs fabricants. C’est le
cas de tout produit qui n’est pas couvert par le domaine
LES OBLIGATIONS DU FABRICANT POUR d’application d’une Norme Européenne harmonisée ou
LA MISE SUR LE MARCHÉ D’UN PRODUIT d’un Guide d’Agrément Technique Européen ayant fait
MARQUÉ CE l’objet d’un Arrêté imposant l’ATE, et en particulier celui
de produits innovants.
 Le rôle des arrêtés De ce fait, des produits concurrents seront parfois mar-
Le fabricant ou son représentant dûment désigné est qués CE ou non.
responsable de mettre sur le marché des produits
aptes à l’usage et a minima satisfaisants aux régle-
mentations applicables les concernant.
Que faut-il faire pour marquer CE ?
En France, le marquage CE d’un produit de construc- Avant de mettre sur le marché un produit marqué CE, le fabricant
tion est réglementairement requis par arrêté pris en doit :
application du Décret n° 92-647 du 8 juillet 1992 modi- • déterminer l’usage prévu du produit, les caractéristiques du
fié transposant la Directive Produits de Construction en produit et leur niveau de performance associé, sur la base
droit français. d’une spécification technique harmonisée applicable,
Dès qu’une Norme Européenne harmonisée est adop- • appliquer un système de contrôle de production intégrant à mi-
tée au niveau européen et répond aux besoins pour nima les dispositions définies dans la spécification technique
l’expression des exigences de la réglementation harmonisée applicable,
française, l’Etat (par l’intermédiaire des ministères • éventuellement impliquer un Organisme Notifié tiers,
compétents) prend un Arrêté rendant cette spécifica- • déclarer la conformité du produit,
tion technique harmonisée applicable (une période • marquer CE les seuls produits conformes,
transitoire pour permettre l’intégration des exigences • pouvoir justifier à tout moment des attestations de conformité.
est considérée).

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


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Appréciation de
la qualité des produits
FICHE de construction

46

Un importateur ou un distributeur peut avoir la respon- velle déclaration et un nouveau marquage CE par le
sabilité normalement attribuée au fabricant, en parti- transformateur qui devient de fait « fabricant ».
culier lorsqu’il met sur le marché des produits sous sa
propre marque. Le contrat entre l’importateur ou le LES SYSTÈMES D’ATTESTATION DE
distributeur et le fabricant précisera les rôles et res- CONFORMITÉ
ponsabilités de chacun notamment en matière de
contrôle et déclaration de la conformité du produit. En fonction du rôle du produit sur la sécurité de l’ou-
Un importateur ou un distributeur et tout intermédiaire vrage et de ses usagers, la DPC détermine le système
du réseau de distribution du produit est responsable d’attestation de la conformité applicable. La DPC pré-
de ne pas en dégrader les performances qui ont été voit quatre systèmes (six types de documents). La
initialement déclarées ; sinon, une transformation de Commission Européenne détermine par décision quel
performance du produit devra donner lieu à une nou- système doit être mis en œuvre pour la famille de

Commentaire
Les systèmes d’attestation de la conformité des produits
 Certification de la conformité du produit D’une manière très générale, les sys-
tèmes 1+ et 1 ont été retenus pour les
Dans ce système, l’Organisme Notifié est un organisme de certification. Il est res-
produits ayant une fonction structu-
ponsable de conduire les essais de type initiaux, les audits initiaux et de surveillance
rale dominante ;
du système de contrôle de la production et de certifier les caractéristiques du produit • le système 2+ pour les produits de
concernées par le marquage CE (associées aux EE). l’enveloppe,
L’Organisme Notifié délivre au fabricant un certificat de conformité CE du produit. • le système 3 ou 4 pour les produits
Ce premier système connaît deux variantes : d’aménagement intérieur (cloisons,
• Système 1+, avec prélèvement d’échantillons testés par le laboratoire indépendant, faux-plafonds …).
• Système 1, sans prélèvement d’échantillons. Le système 2 pourrait être aban-

 Certification du contrôle de production en usine


donné.

Dans ce système, l’Organisme Notifié est un organisme de certification. Il est responsable de conduire l’audit
du système de contrôle de la production et de le certifier. L’Organisme Notifié délivre au fabricant un certificat
de conformité CE du système de contrôle de production en usine. Les essais de détermination des perfor-
mances du produit sont de la responsabilité exclusive du fabricant.
Le deuxième système se dédouble encore en deux variantes :
• Système 2+, inspection initiale et surveillance permanente du contrôle de production,
• Système 2, inspection initiale du contrôle de production.
 Essais initiaux de type (Système 3) Exemple
Dans ce système, le fabricant doit faire réaliser les essais initiaux de type par le Laboratoire Les menuiseries (fenê-
Notifié de son choix. Les échantillons sont sélectionnés par le fabricant comme représentatifs tres et portes exté-
de sa production courante. Sur la base des résultats d’essais, le fabricant détermine les per- rieures pour piéton),
formances du produit. Le Laboratoire Notifié délivre au fabricant un (des) rapport(s) d’essais. sans caractéristique feu,
Cas particulier : dans le cas des caractéristiques de réaction au feu ou résistance au feu, le relevant de la EN 14351-
Laboratoire Notifié doit fournir, en complément de son (ses) rapport(s) d’essais, un procès 1 doivent faire l’objet du
verbal de classement qui servira de référence au fabricant pour la déclaration des perfor- système 3 d’attestation
de la conformité.
mances associées aux caractéristiques concernées.
 Auto-déclaration de la conformité du produit par le fabricant (Système 4)
Dans ce système, l’ensemble des actions sont conduites sous la responsabilité du seul fabricant (aucun orga-
nisme n’est notifié pour ce système et ne peut donc être missionné).

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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47

produits concernée. Certains systèmes requièrent LE MARQUAGE CE


l’intervention d’un Organisme Notifié tiers. Il s’agit d’un
organisme technique dont l’indépendance et la compé- Le marquage CE de conformité est constitué des ini-
tence technique ont été reconnues par son Etat d’ori- tiales CE selon le graphisme défini dans la directive :
gine : un organisme de certification, un organisme
d’inspection ou un laboratoire.

Dans un champ de notification donné, les Organismes


Notifiés sont réputés équivalents. A cette fin, des coor-
dinations nationale et européenne sont organisées. Le cas échéant (systèmes 1+, 1, 2+ ou 2), le marquage
En fonction du système d’attestation de la conformité CE est suivi du numéro d’identification de l’organisme
applicable, le fabricant choisit et missionne un Orga- intervenant dans la phase de contrôle de la production.
nisme Notifié pour ce système et la famille de produits Le marquage CE est accompagné des inscriptions
concernée. Les Organismes Notifiés agissent dans un complémentaires suivantes :
marché concurrentiel. • nom ou marque distinctive du fabricant,
• deux derniers chiffres de l’année d’apposition du
On notera qu’un produit destiné à plusieurs usages marquage,
distincts peut parfois relever de plusieurs spécifica- • dans les cas appropriés, numéro du certificat de
tions techniques et faire alors l’objet d’une déclaration conformité CE,
de conformité et d’un marquage CE établis en réfé- • le cas échéant, indications permettant d’identifier les
rence à ces spécifications. caractéristiques du produit en fonction des spécifica-
tions techniques (en général, la référence de la spé-
Exemple cification technique harmonisée et les quelques
caractéristiques principales du produit).
Une membrane d’étanchéité destinée à être mise
en œuvre par collage/soudage (feuilles souples
Le certificat de conformité, émis par un organisme
d'étanchéité - feuilles bitumineuses armées pour
notifié, doit préciser :
l'étanchéité de toiture) sera marquée CE sur la
• le nom et l’adresse de l’organisme certificateur, le
base de la EN 13707, si, par ailleurs, elle a été éva-
numéro du certificat,
luée apte à une mise en œuvre par fixation méca-
• le cas échéant, les conditions et la période de validité
nique, elle pourra également être marquée sur la
du certificat,
base de l’ATE établissant cette aptitude.
• le nom et la qualité du signataire habilité.

De plus, en marquant son produit CE, le fabricant s’en-


gage sur sa conformité à l’ensemble des exigences LA DÉCLARATION DE CONFORMITÉ CE
établies dans les directives européennes applicables
au dit produit et requérant son marquage CE. La déclaration de conformité CE indique en particulier :
• le nom et l’adresse du fabricant, ou de son manda-
taire établi dans la Communauté,
Exemple • la description du produit (type, identification, utilisa-
Le marquage CE d’un ventilateur extracteur de tion, etc.),
fumée et de chaleur considérera la DPC (et la EN • les dispositions auxquelles répond le produit (en
12101-3) mais aussi, en particulier, les directives général, la référence de la spécification technique
basse tension et compatibilité électromagnétique harmonisée et la liste des caractéristiques du produit
... avec le niveau de performance de chacune),
• les conditions particulières d’utilisation du produit

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


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5
Appréciation de
la qualité des produits
FICHE de construction

48

(par exemple : un usage en conditions intérieures ou plus précisément quel est l’usage prévu du produit,
extérieures), quelles sont les caractéristiques (liées aux Exigences
• le numéro de la déclaration, Essentielles relatives aux ouvrages) du produit et le
• le cas échéant, le nom et l’adresse de l’Organisme niveau de performance de chaque caractéristique.
Notifié,
• le nom et la qualité de la personne habilitée à signer
la déclaration pour le compte du fabricant, ou de son LA QUALITÉ DE LA PRESCRIPTION RESTE
mandataire. ESSENTIELLE

Pour assurer la bonne adéquation du produit à l’ou-


Commentaire
vrage, le maître d’ouvrage doit exprimer avec préci-
La déclaration de conformité doit définir claire- sions ses attentes en termes de finalité d’utilisation et
ment l’usage prévu du produit (en précisant no- de niveau d’exigence des matériaux. Sur cette base, le
tamment les conditions particulières d’utilisation) maître d’œuvre doit établir un programme retranscri-
et lister les caractéristiques du produit avec le vant ces attentes. Autant que possible, la prescription
niveau de performance de chacune. doit être établie en langage technique européen et sur
la base de l’engagement des fabricants, c’est-à-dire en
Des modèles de déclaration sont disponibles sur : s’appuyant sur le marquage CE des produits de
http://www.cstb.fr/fileadmin/documents/evaluat construction.
ion/Marquage%20CE/declaration_ce.pdf
Cependant, la qualité de la prescription reste essen-
tielle. Elle doit gagner en précision car le champ des
La déclaration de conformité et, le cas échéant, le cer- produits est plus vaste (les produits marqués CE circu-
tificat de conformité sont présentés dans la ou les lent librement, certains ne satisfaisant qu’à des condi-
langues officielles de l’Etat membre dans lequel le tions d’utilisation non pratiquées en France de manière
produit est destiné à être utilisé. courante) et le champ des acteurs est plus large (ser-
vices des maîtres d’œuvre, des entreprises…).
Commentaire
En fonction des besoins spécifiques pour l’ouvrage et
Il a été recommandé que pour chaque caractéris- de l’emploi qui va être fait du produit, pour assurer la
tique, la référence du document technique (rap- qualité attendue par les usagers ou exploitants de
port d’essais …), considéré pour en déterminer le l’ouvrage, la prescription doit couvrir l’ensemble des
niveau de performance, soit identifiée. caractéristiques du produit requises, au-delà de
Des Documents guides (« Guidance papers ») celles concernées par le marquage CE.
établissent les recommandations formulées par la Ainsi, les maîtres d’ouvrage assistés par les maîtres
Commission Européenne et les Etats membres. d’œuvre pourront s’appuyer sur les spécifications
Sans valeur juridique, ces documents précisent les techniques harmonisées (EN ou ATE) et sur les nom-
interprétations communes pratiques. breux autres outils mis à leur disposition et connus au
niveau national pour conforter leur choix.

En résumé, le marquage CE du produit affiche l’enga- On notera que la combinaison de produits marqués CE
gement du fabricant sur la conformité du produit mais ne fait pas nécessairement un ouvrage conforme !
les informations directement attachées à ce marquage En fonction du degré de « complétude » du produit,
ne sont que partielles. celui-ci disposera de plus ou moins de caractéristiques
La déclaration de conformité établie par le fabricant proches de celles de l’ouvrage qu’il servira à réaliser.
est l’outil clé pour les acteurs. Elle permet de savoir

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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49

Exemple
Une charnière à axe simple marquée CE sur la
base de la EN 1935 aura une résistance méca-
nique. Une fenêtre marquée CE sur la base de
la EN 14351-1 aura une résistance mécanique
d’ensemble (par exemple à la pression du vent,
au choc …) mais aussi une étanchéité à l’air ...

Par ailleurs, les maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre


seront vigilants à bien différencier les contrats de four-
niture de produits de ceux de réalisation d’ouvrage. En
effet, dans un souci de tendre vers des performances de
plus en plus optimisées, les industriels proposent des
produits de plus en plus complets s’approchant, à leur
pose près, de parties d’ouvrages.

Exemple
Il y a quelques années, une menuiserie était réali-
sée par un artisan pour un ouvrage et composée
en partie sur chantier à partir de l’ajustage et
l’assemblage de pièces de bois, de la fixation de
quincailleries puis de la découpe de plaques de
verre et finalement du masticage des joints.
De manière courante aujourd’hui, les menuiseries
sont mises sur le marché par un fabricant sous la
forme d’un ensemble complet prêt à poser.

Références
• www.dpcnet.org
Le site Internet officiel français communique tous les textes réglementaires et les références des textes
techniques applicables. Un ensemble de questions/réponses y est également disponible.
• http://ec.europa.eu/enterprise/construction/index_en.htm
Le site Internet de la Commission Européenne informe sur les dispositions de la mise en œuvre de la DPC.
• http://ec.europa.eu/enterprise/newapproach/nando/
Ce site met à disposition une base de données des spécifications techniques harmonisées et des Organismes
Notifiés.
• www.gnb-cpd.eu/
Le site Internet de la coordination européenne des Organismes Notifiés informe sur le rôle et le devoir des
Organismes Notifiés et met à disposition leurs positions communes.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


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6
Appréciation de
la qualité des produits
FICHE de construction

50

Les Appréciations Techniques


Nationales (françaises)

Lorsqu'une technique, un procédé de réalisation d’ouvrage ou un produit ne sont pas décrits


par des normes (généralement les NF DTU) ou qu’un produit n’est pas défini dans des normes
(en général européennes, quelques unes parfois encore d’origine nationale), tant dans leurs
caractéristiques techniques que dans les conditions de leurs mises en œuvre, alors ce manque
de référentiel affecte la confiance apportée aux systèmes et gène les intervenants dans leurs
choix.
Les Appréciations Techniques Nationales sont :
 des analyses au cas par cas (pour chaque produit ou procédé, par symétrie avec les NF DTU
qui sont des textes généraux indépendants d'une marque par exemple) réalisées par un
organisme indépendant du demandeur, dont la finalité est d'apporter des informations
et d'émettre un avis pour permettre aux acteurs de déterminer l'adéquation du système
évalué à l'ouvrage dans lequel il sera intégré : détermination du bon emploi.
 d'ordre volontaire. Les thèmes généralement abordés sont la conformité réglementaire,
la stabilité, le confort, la pérennité. Derrière ces analyses se cache surtout le souhait
d'apporter, des éléments susceptibles d'éclairer les conditions, permettant à l'ouvrage
construit d’être assuré.

TECHNIQUES D’ANALYSE CONTENU DES APPRÉCIATIONS

L'analyse technique de chaque dossier peut être Une appréciation est constituée d'un dossier technique
confiée à un expert unique (réputé s'appuyer sur ses établi par l'industriel, accompagné d'un rapport de
collègues). L'évaluation est alors donnée « à dire d'ex- l'évaluateur. Le dossier technique contient la descrip-
perts », expression de la conviction d'une personne tion du procédé et les préconisations à respecter.
s'exprimant au nom de son organisation. Ce type d'ex- Le rapport exprime les conclusions de l'évaluateur.
pertise peut rencontrer certains freins sur chantier de Ce rapport (généralement favorable, les conclusions
la part de ceux préférant les analyses communautaires. défavorables sont rarement promues par leurs titu-
Autre méthode, l'analyse par un groupe d'experts laires) peut contenir des remarques ou des limites
bénévoles est réputée apporter une évaluation hori- spécifiques.
zontale pluridisciplinaire. Elle implique effectivement
des industriels, contrôleurs techniques, entreprises,
maîtres d'œuvre... susceptibles d'une expertise plus AVIS TECHNIQUE (ATEC), LE DOCUMENT
large, mais les débats entraînent aussi des délais TECHNIQUE D'APPLICATION (DTA)
d'instruction assez longs.
Depuis 40 ans les Avis Techniques sont devenus la
référence de l'appréciation technique volontaire. Ils
Pour plus d’informations bénéficient en effet de la procédure la plus exhaustive,
Les Avis Techniques et Documents Techniques de l'expertise la plus complète, et généralement d'une
d'Application sont disponibles sur le site du CSTB reconnaissance large par les assureurs.
www.cstb.fr Pour les produits sous marquage CE, l'Avis Technique
a pris en compte les informations techniques appor-

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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51

tées par le marquage CE et a changé de nom : Docu-  Les marques de qualité liées aux Avis Techniques
ment Technique d'Application. Il ne change pas de Chaque groupe spécialisé peut considérer comme
finalité : justifier l'adéquation du produit à l'ouvrage déterminant la capacité d'un titulaire à fabriquer
qu'il est censé permettre de construire. un produit constant. Ainsi, des marques de qualité
L'arrêté du 2 décembre 1969 a instauré la mise en complètent l'analyse initiale par un contrôle régulier
place d'une Commission Chargée de Formuler les Avis (CSTBat par exemple). Alors l'Avis Technique n'est bien
Techniques. Il a confié au CSTB l'accompagnement des sûr valable que sous réserve que la certification soit
demandeurs et la gestion administrative. La Commis- effective.
sion a créé une vingtaine de groupes spécialisés, com-
posés d'experts bénévoles chargés de l'évaluation
technique. Chaque groupe est spécialiste d'un domaine L'APPRÉCIATION TECHNIQUE
(structure, étanchéité, revêtements, thermique,...). D'EXPÉRIMENTATION (ATEX)
Il est donc important de garder à l'esprit que les Avis
Techniques du CSTB sont en fait des avis de groupes L’ATEx :
d'experts. Le CSTB gère la procédure, accompagne • est disponible auprès de chaque titulaire,
chaque demandeur dans la constitution de son dossier. • est une procédure volontaire mise en place à l'initia-
L’analyse finale est réalisée par chaque groupe tive du CSTB, dont l'objectif est d'apporter une éva-
d'experts, souverain dans son domaine. Si un procédé luation rapide à une problématique chantier nouvelle
touche à plusieurs thématiques, alors il est examiné ou très particulière,
successivement par plusieurs groupes. • est surtout utilisée pour évaluer une solution inno-
vante sur un chantier spécifique. Le dossier tech-
 Les Guides Techniques Spécialisés nique est construit avec le CSTB, souvent sous l'égide
Pour mémoire, connexes aux Avis Techniques, les du contrôleur technique du chantier. L'évaluation est
Guides Techniques Spécialisés sont des cahiers desti- réalisée par un petit groupe d'experts bénévoles,
nés à aider chaque demandeur à construire son dos- dans un délai réduit. Les conclusions peuvent émet-
sier. Ces documents n'ont a priori pas d'intérêt sur tre une ou plusieurs réserves, donner des orienta-
chantier. tions pour répondre à ces réserves lors de la
réalisation du chantier,
 Les Cahiers de Prescriptions Techniques • peut également être réalisée à la demande d'un
Ces Cahiers (CPT) sont des livrets qui reprennent les industriel, pour une quantité limitée de produit. Il est
éléments communs à plusieurs Avis Techniques. Les ainsi possible, chantier après chantier, de cumuler
préconisations sont alors portées par chaque Avis de l'expérience jusqu'à la limite fixée.
Technique concerné et le(s) CPT au(x)quel(s) l'avis fait
référence. Les CPT sont disponibles sur le site du
CSTB.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


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6
Appréciation de
la qualité des produits
FICHE de construction

52

LE PASS INNOVATION L'ENQUÊTE DE TECHNIQUE NOUVELLE


:
Les Pass Innovation sont disponibles auprès de chaque Les ETN sont disponibles auprès de leurs titulaires.
titulaire. Un résumé d'une page est disponible sur le
site du CSTB pour les Pass Innovation « verts ». L'Enquête de Technique Nouvelle est une évaluation
Cette nouvelle procédure rapide, proposée par le CSTB réalisée par un contrôleur technique « à dire d'experts ».
qui agit alors « à dire d'experts », a été mise en place Elle apporte une analyse extérieure et fournit des
dans le cadre du Grenelle de l'Environnement. Elle est informations techniques.
accompagnée par un engagement des assureurs
d'examiner avec bienveillance les produits et procédés
en bénéficiant.
Le Pass Innovation est un diagnostic établi à l'instant de
la dépose du dossier du demandeur. Il n'y a pas d'ac-
compagnement pour la construction du dossier. La
conclusion est exprimée selon l'évaluation des risques
de chaque procédé : très limités (Pass vert), moyens
(Pass orange) ou importants (Pass rouge). Chaque Pass
Innovation « vert » est publié par le CSTB, établi pour
une période de 2 ans et n'est pas renouvelé (il doit
en principe conduire ensuite vers l’avis technique a
minima ou être retiré).

La Commission Prévention Produits Mis en Œuvre


Les Avis Techniques et Documents Techniques d'Application sont examinés suivant un axe sinistralité par la
Commission Prévention Produits Mis en Œuvre (C2P) de l'Agence Qualité Construction. Les produits et procé-
dés alors validés sans observation sont placés sur « la liste verte de la C2P », les autres sont rattachés à des
familles de techniques susceptibles de risques aggravés (www.qualiteconstruction.com). Ces informations
sont généralement suivies par les assureurs.

Les Appréciations Techniques d'Expérimentation, les Pass Innovation, les Enquêtes de Technique Nouvelle,
ne sont pas examinés par la C2P et sont ainsi par défaut mis en observation. Ce positionnement n'est cepen-
dant pas un jugement de valeur (il n'y a pas d'examen), il implique simplement la nécessité de contacter son
assureur et de l'impliquer spécifiquement.

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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7
Appréciation de
la qualité des produits
FICHE de construction

53

Les marques de certification


de produits de construction
Plusieurs marquages sont visibles sur un produit de construction ou l’accompagnent :
marquage CE réglementaire ou des marques de qualité.
Signes de certification généralement volontaire, les marques de qualité sont variées.
Pourquoi et comment s’y référer ? Comment évaluer les équivalences ?

LES MARQUAGES VISIBLES SUR LES PRODUITS

Les principales marques de certification française de produits de construction sont :

NF ACERMI CEKAL

Certifié CSTB Certified ACOTHERM CTB

CSTBat et CSTBat Service AFCAB QUALANOD

ACERBOIS-BMR ATG Qualif-IB

ACERBOIS GLULAM A2p SNJF

UPEC

LA CERTIFICATION VOLONTAIRE

En général, en France, la certification de produits de  Les avantages des certifications volontaires


construction a une vocation informative. C’est au maî- La certification volontaire de produits offre les avan-
tre d’ouvrage assisté par son maître d’œuvre d’appré- tages suivants :
cier, en fonction, le degré d’exigence pour la qualité des • l’implication systématique d’une tierce partie pour
ouvrages et donc d’user des référentiels techniques attester des performances,
existants. • la prise en compte de l’ensemble des caractéris-

Le champ des caractéristiques concernées

• Le domaine A correspond à l’annexe ZA de la Norme Euro-


péenne de produit « EN » ; seules les caractéristiques listées
dans cette partie de la norme entrent dans le champ du mar-
quage CE et de la déclaration de conformité.
A EN M • Le domaine EN correspond à l’ensemble des caractéristiques
normalisées au niveau européen.
• Le domaine M correspond à l’ensemble des caractéristiques
pour lesquelles le marché (les usagers) a des attentes ou
exigences pour la réalisation d’ouvrage de qualité.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


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tiques jugées pertinentes par le marché pour la réa-


lisation d’ouvrages de qualité (domaines EN et Exemple
M du schéma), La certification des matériels à gaz aux normes les
• la valorisation de manière objective des produits, concernant est requise (Arrêté du 4 mars 1996). En
favorisant ainsi une juste compétition concurren- particulier, la certification NF Robinetterie pour
tielle, installation de gaz répond à ce besoin.
• une adaptation aisée aux besoins du marché notam-
ment en considération des évolutions techniques et
de l’innovation, AU NIVEAU EUROPÉEN
• le renforcement de la bonne prise en considération
des informations couvertes par le marquage CE. Au niveau européen, de nombreux organismes de cer-
tification offrent des services de certification volontaire
 La nécessité ou non d’exiger des produits certifiés de produits.
En recourant à la certification volontaire, il convient La Keymark est une certification volontaire développée
d’éviter de se voir critiquer ou attaquer d’entrave à la par les Organismes de Normalisation Européens,
libre circulation des produits (ou création de barrière membres du CEN (Comité Européen de Normalisa-
interne aux échanges). Il est recommandé aux maîtres tion). Elle atteste qu’un produit est conforme aux exi-
d’ouvrage et aux maîtres d’œuvre de disposer dans gences d’une Norme Européenne de produit. Elle est
leurs consignes d’achat « d’envisager au cas par cas, délivrée par des Organismes de Certification autorisés
en fonction de leurs exigences pour la qualité de qui satisfont à des critères généraux. Ces organismes
l’ouvrage, la nécessité ou non d’exiger des produits n’ont pas tous le même degré d’expertise relative à la
certifiés ». Dans le cas contraire, et notamment si technicité du produit et de son utilisation.
le maître d’ouvrage est un acteur public ou agissant
en délégation de service public, il y a risque que l’exi-
gence systématique de certification soit qualifiée de LA COMPARAISON DES CERTIFICATIONS
« réglementation de fait ». ET L’ÉVALUATION
Il reste également recommandé, comme cela est DE LEURS ÉQUIVALENCES
d’ores et déjà couramment pratiqué, lorsqu’il est fait
référence à une marque de certification particulière, de La comparaison des certifications et l’évaluation de
laisser la possibilité à une équivalence. leur équivalence est un exercice délicat au cours
duquel le maître d’ouvrage assisté par son maître
 Cas particuliers d’œuvre considérera, en particulier, les éléments
Dans quelques cas très particuliers, lorsque les enjeux suivants pour établir son jugement.
de sécurité sont très importants et passent par la
maîtrise de la qualité des produits concernés, la certi-  Les Organismes Français de Certification exercent
fication de produits de construction est requise par la leur activité dans un cadre réglementé (Code de
réglementation française. la consommation, loi de 1994 modifiée par la loi
n° 2008-776 du 4 août 2008).

 Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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Ils doivent être accrédités pour cette activité par le et des autocontrôles. Dans un tel cas, il peut y avoir
COFRAC. moindre précision sur la performance certifiée.
Les Organismes étrangers ne sont pas, ou pas  Par ailleurs, toutes les certifications de produits ne
encore, soumis à une telle exigence. Certains ont sont pas réalisées suivant le même schéma de cer-
recours à l’accréditation, à titre volontaire, pour tification. En général, ce schéma peut comprendre
montrer leurs compétences. un ou plusieurs des éléments suivants :
De plus, l’Organisme de Certification doit, lorsqu’il a : essais ou examens initiaux de type réalisés par
élabore le référentiel de certification, recueillir le le(s) laboratoire(s) indépendant(s) désigné(s) par
point de vue des parties intéressées ce qui en France l’Organisme de Certification,
est interprété comme l’ensemble des représentants b : audit initial de la production,
des acteurs du marché (représentants des maîtres c : audits de surveillances (à une périodicité donnée)
d’ouvrage, maîtres d’œuvre, centres techniques, en- de la production,
treprises, fabricants, distributeurs, consommateurs d : essais ou examens périodiques sur échantillons :
…). supervision d’essais faits par le fabricant ou réa-
Certains Organismes de Certification étrangers peu- lisation d’essais.
vent réaliser leur activité de certification volontaire Les possibilités offertes sont assez larges. En géné-
de produits sur un référentiel technique limité à la ral, le schéma proposé correspond bien au niveau
Norme Européenne de produits, à une norme natio- de précision de la performance requis par le marché
nale ou à un cahier des charges, lequel peut avoir où cette certification est initialement déployée.
été établi sous le lobby d’une représentation d’inté-
rêt particulier.
Le maître d’ouvrage ou le maître d’œuvre devra être Exemple
attentif à la portée de la certification proposée, c'est- En France, c’est généralement un schéma in-
à-dire à la liste des caractéristiques effectivement tégrant l’ensemble des quatre éléments précé-
certifiées. dents qui est le plus couramment appliqué pour
la certification des produits de construction.
 De plus, certains Organismes de Certification, Aussi, le maître d’ouvrage ou le maître d’œuvre
notamment à l’étranger, ont lors des audits réalisés devra être attentif au schéma mis en œuvre
dans les usines de fabrication une approche plus pour la certification en fonction de la précision
orientée sur la maîtrise du contrôle de production de la performance qu’il attend pour la caracté-
(approche systémique) que sur le contrôle du pro- ristique certifiée.
duit. Il peut ainsi y avoir une moindre observation
critique de la maîtrise technique effective du produit

Références
• www.afocert.fr
Le site Internet de l’AFOCERT (Association Française des Organismes de Certification des produits de
construction) recense les principales certifications de produits de construction ou certifications d’ouvrages
réalisées par des organismes français.
• www.cofrac.fr/fr/recherche/programmes.mpi?LIB=CERTIFICATION%20PRODUITS%20ET%20SERVICES
&SECT=5&SELECT=TOUS
Le site Internet du COFRAC recense les Organismes de Certification français accrédités par cette structure.
• www.cen.eu/cenorm/conformityassessment/index.asp, www.key-mark.org
Ces sites présentent notamment le schéma de la certification Keymark.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


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FICHE 8 Règles de mise en œuvre


des produits

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Les NF DTU :
Documents Techniques Unifiés

Les « DTU » sont :


I des documents décrivant les bonnes pratiques à respecter pour obtenir un ouvrage
conforme aux attentes ; ils visent les travaux traditionnels.
I des documents volontaires que le maître d’ouvrage, le maître d’œuvre et les entreprises
vont très souvent utiliser dans les contrats qui les lient : les DTU proposent des clauses types
pour ces contrats.

PETIT HISTORIQUE I Partie 1.2


Le cahier des Critères Généraux de choix des Maté-
Depuis 1993, les DTU ont le statut de Norme Française riaux (CGM). Il définit les caractéristiques nécessaires
(NF DTU). Leur rédaction est confiée à des commis- des matériaux pour construire l’ouvrage. Ces exi-
sions de normalisation ouvertes à tous et gérés princi- gences font généralement référence à des normes
palement au BNTEC ainsi qu’au BNBA, BNCM, BNTB produits (essais, spécifications). Les NF DTU peuvent
ou AFNOR. Les NF DTU sont ainsi établies de manière également rappeler en note que telle ou telle obtention
consensuelle par les utilisateurs eux mêmes : de certification permet de prouver la conformité à
• maîtres d’ouvrages, l’ensemble des exigences, mais la certification citée
• maîtres d’œuvre, n’est pas imposée par les NF DTU.
• entrepreneurs,
• industriels, I Partie 2
• contrôleurs techniques. Le Cahier des Clauses administratives Spéciales
types (CCS), décrit la consistance des travaux objets du
marché, des dispositions de coordination, de paiement,
CLASSEMENT DES NF DTU de règlements de différents…

Il existe une centaine de NF DTU, classées par corps


d’états ou parties d’ouvrage spécifiques. Si leur classe- MISE EN PRATIQUE
ment est désormais un indice AFNOR, la référence au
numéro du DTU reste principalement utilisée. Les NF DTU sont généralement considérés par les
assureurs comme « technique courante » même si la
Exemple C2P peut, au cas par cas, prononcer des mises en
observation (au jour de rédaction de ce document,
Indice AFNOR : NF P 71-201
une seule mise en observation touche le domaine
Référence au numéro du DTU :
traditionnel : tubes et raccords en acier galvanisé).
NF DTU 25.1 : enduits intérieurs au plâtre.
Lorsque plusieurs solutions techniques sont pro-
STRUCTURE BASÉE SUR DES CAHIERS posées, le maître d’ouvrage assisté par son maître
d’œuvre doit préciser son choix dans le contrat.
Au fur et à mesure de leur renouvellement, les NF DTU Le contrat peut amender une ou plusieurs prescrip-
adoptent une structure basée sur les cahiers suivants : tions d’un NF DTU : ils conviendra alors aux contrac-
I Partie 1.1 tants d’apporter aux autres parties prenantes (dont les
Cahier des Clauses Techniques types (CCT). Il décrit assureurs) les preuves que les modifications permet-
les actions à réaliser pour construire l’ouvrage. tent de construire un ouvrage de qualité.

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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Les NF DTU et l'Europe


Les travaux européens de normalisation des
caractéristiques des produits impactent les NF
Les principales familles de NF DTU
DTU qui, au fur et à mesure de leur renouvelle- 13 Fondations
ment, utilisent les référentiels européens pour 14 Cuvelage
décrire les exigences nécessaires, reprises dans 20 Maçonnerie
les Critères Généraux 1.2 de choix des matériaux. 21 Béton armé
22 Grands panneaux nervurés
Par ailleurs, certains textes européens décrivent
23 Ouvrages en béton
la mise en œuvre des produits. Leur utilisation en
24 Fumisterie
France est possible - une nouvelle fois l'utilisation
25 Plâtrerie
des normes est d'ordre volontaire - après avoir pris 26 Enduits, liants hydrauliques
quelques précautions : 27 Enduits projetés
I sur le fond, vérifier que la partie d'ouvrage 31 Constructions en bois
décrite est compatible avec l'ensemble de 32 Constructions métalliques
l'ouvrage dans lequel elle viendra s'intégrer, 33 Façades légères
I sur la forme, compléter chaque contrat par des 34 Fermetures
prescriptions habituelles des NF DTU mais 35 Ouvrages divers d’aménagement intérieur
souvent absentes dans les textes européens - 36,37 Menuiserie
qui n'ont pas été rédigés avec pour dessein 39 Vitrerie - Miroiterie
40 Couverture
d'être des pièces de marché - : par exemple, les
41 Bardages
informations portées par la partie 2 de chaque
42 Etanchéité des façades
NF DTU : Cahier des Clauses administratives
43 Etanchéité des toitures
Spéciales types, 44 Joints
I enfin, consulter son assureur afin de confirmer 45 Isolation thermique
la prise en charge dans le cadre de la garantie 51 Parquets
décennale. 52 Revêtements de sol durs
Un exemple récent mérite d'être signalé : il s'agit 53 Revêtements de sol souples
du futur NF DTU 32.1 Construction métallique - 54 Revêtements de sol coulés
Charpente en acier ( la CGNorBat a entériné la pu- 55 Revêtements de façades rapportés
blication de ce document en Septembre 2009), 57 Planchers surélevés
dont la rédaction courte reprend la forme des NF 58 Plafonds suspendus
59 Revêtements minces
DTU dans leur principe, et renvoie autant de fois
60 Plomberie
que nécessaire aux prescriptions de la Norme Eu-
61 Gaz
ropéenne NF EN 1090-2 Exécution des structures
63 Vide-ordures (prochainement annulé)
en acier. 64 Assainissement
Les calepins de chantier réalisés dans le cadre du 65 Chauffage
Plan Europe et destinés aux acteurs de chantier, 68 Ventilation
présentent les principales règles et points sensibles 70 Installations électriques
de mise en œuvre issues de la révision des DTU. 75 Ascenseurs

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


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FICHE 9 Eurocodes

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Recommandations à l’adresse
de la maîtrise d’ouvrage

Les Eurocodes sont des Normes Européennes établies par addition des usages de plusieurs
pays et présentent donc de nombreuses options possibles. C'est en amont, souvent dès le
stade du programme, que ces choix sont à expliciter et il appartient au maître d’ouvrage
assisté de son maître d’œuvre de les opérer en ayant conscience des précautions à prendre
et des pièges à éviter.

Le maître d’ouvrage doit procéder à trois actions fondamentales :


I exprimer son besoin clairement dans un programme calibré en fonction du coût d’objectif,
I choisir son maître d’œuvre avec clairvoyance,
I fournir toutes les données qui relèvent de ses choix.

EXPRIMER CLAIREMENT SON BESOIN la qualité du résultat final, tant sur le plan technique
qu’économique.
Exprimer son besoin, c’est rédiger un programme dé- Les choix du maître d’ouvrage seront clairement
crivant le plus complètement possible les ouvrages définis dans le programme, au travers des données
souhaités, leurs caractéristiques fonctionnelles, décrites, évoquées ci-après.
l’usage que l’on compte en faire et les contraintes
d’exploitation auxquelles on consent. CHOISIR UNE MAÎTRISE D’ŒUVRE
COMPÉTENTE (Art. 1.3(2) de l’EN 1990)
Le maître d’ouvrage est réputé techniquement incom-
pétent, mais cependant responsable de la bonne appli- Les Eurocodes permettent l’usage de méthodes de
cation des réglementations qui s’imposent à tous et à dimensionnement et de calcul nouvelles cherchant à
lui en particulier. Les constructeurs et particulièrement exploiter au mieux les possibilités offertes par les
le maître d’œuvre ont toutefois le devoir de l’en infor- matériaux d’aujourd’hui. Ces méthodes sont parfois
mer. Le maître d’ouvrage peut en cas de manquement complexes mais sont génératrices d’économies subs-
des constructeurs se retourner contre eux. La nature tantielles et méritent toute l’attention du client. Elles
de son rôle n’est pas fondamentalement modifiée par sont souvent d’origine étrangère et les entreprises
l’arrivée des Eurocodes. et BET français sont actuellement mobilisés pour se
Du point de vue de la définition du besoin à satisfaire, former à les utiliser.
il aura, comme antérieurement, à définir au mieux ses Les Eurocodes mettent généralement en balance la
attentes dans un programme. Cette étape fait l’objet complexité des méthodes et l’économie du projet. Plus
cependant de quelques nouveautés liées aux libertés les méthodes sont longues, complexes et donc sujettes
importantes offertes par les Eurocodes dans la à erreurs d’utilisation, plus elles sont susceptibles
conception comme dans les méthodes. d’aboutir à un dimensionnement économique.
Il aura à gérer sa relation future avec la maîtrise d’œu- C’est dans le dialogue entre la maîtrise d’ouvrage et
vre de façon à bénéficier aux mieux des avantages la maîtrise d’œuvre que se trouve le choix du compro-
offerts par ces nouveaux textes, sans avoir à souffrir mis approprié à la situation, dans le cas considéré. Il
des déboires éventuels que ces mêmes libertés recè- faut donc solliciter une maîtrise d’œuvre capable de
lent, si elles ne sont pas exploitées à bon escient. Du présenter les choix offerts par les textes, dans toutes
bon usage de ces libertés, dépend essentiellement leurs composantes à un maître d’ouvrage qui pourra

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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estimer les avantages comparés des délais, des coûts d’ouvrage devra s’attacher à exiger de l’équipe de
et des risques de malfaçons de chacune des options maîtrise d’œuvre qu’elle justifie de sa compétence par
possibles. des références appropriées à l’ouvrage considéré et
Les constructeurs ont un devoir critique dans le pro- qu’elle apporte la démonstration d’une organisation
cessus de choix des options. adaptée à l’usage des méthodes de dimensionnement
Il convient donc de retenir une maîtrise d’œuvre com- avancées.
pétente, disposant d’un recul suffisant pour réaliser
par elle-même ou apprécier la validité des prestations FOURNIR TOUTES LES DONNÉES
d’études qui lui seront proposées. NÉCESSAIRES AU PROJET
Les Eurocodes encouragent largement l’usage des cal-
culs informatiques. Ces outils sont évidement précieux I La durée de vie escomptée de l’ouvrage
pour entreprendre des dimensionnements affinés, Cette donnée, quoique conventionnelle, est essentielle
mais exigent un œil exercé pour l’appréciation de la pour le dimensionnement du projet et pour la réalisa-
pertinence du logiciel à utiliser eu égard au problème tion des calculs relatifs à de très nombreuses vérifica-
à résoudre, comme pour la détection des erreurs de tions techniques.
données ou d’interprétation des résultats. Les logiciels Elle est très généralement prise égale à 50 ans.
commercialisés sont le plus souvent étrangers et les Sauf cas particuliers permettant de présumer une
résultats qu’ils fournissent ne peuvent être validés, durée de vie beaucoup plus courte (ouvrages dont la
faute de méthode fiable de validation des progiciels. date de démolition est programmée et garantie, par
Enfin, les Eurocodes permettent désormais le recours exemple), il convient de ne jamais retenir une durée
au dimensionnement par l’expérimentation. Cette inférieure. Cette durée est à distinguer de celle de la
méthode consiste à exploiter des essais pertinemment garantie décennale octroyée par le législateur à comp-
conçus pour définir le dimensionnement approprié des ter de la date de réception.
ouvrages. Cette approche est quasi inconnue en France
et exige un maître d’œuvre compétent pour apprécier I La définition précise et la chronologie
la fiabilité des essais proposés en fonction du cas de ses modes d’exploitation
considéré. Le programme doit évidemment définir de façon
Le choix d’une maîtrise d’œuvre connaissant les Euro- exhaustive le mode d’exploitation prévu des ouvrages
codes, leurs limites, et les pièges qu’ils contiennent livrés. Il convient d’envisager également l’évolution
est essentiel à la réussite de l’opération. Le maître du mode d’exploitation, si de tels changements sont

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


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FICHE 9 Eurocodes

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estimés suffisamment probables, de façon à ne pas vent conduire à des dimensionnements plus sévères
avoir à modifier à nouveau l’ouvrage après livraison ou moins sévères qu’eux. C’est le plus exigeant des
lors du premier changement souhaité. Le manque deux types de textes (Eurocodes et réglementations)
d’anticipation peut en effet s’avérer désastreux, en qui doit être retenu comme référence du dimensionne-
particulier si le mode d’exploitation nouveau conduit à ment.
une augmentation des charges sur les fondations. Elle En principe, les contractants connaissent et doivent ap-
interfère également avec les considérations de fluage pliquer spontanément ces réglementations sous peine
des matériaux structuraux qui conditionnent la tenue d’engager leur responsabilité.
des ouvrages de second œuvre. L’expérience prouve qu’il est utile de rappeler les textes
réglementaires et les interprétations qui doivent en
I Les conditions environnementales résultant être faites dans le cas particulier du projet.
du lieu et du mode d’exploitation
L’ouvrage, sa sécurité structurale et sa durabilité, sont On citera notamment parmi les données à préciser :
largement sensibles au vieillissement des matériaux
et aux évolutions diverses des contraintes mécaniques dans le domaine de la sécurité au feu :
qu’il subit. Les Eurocodes en particulier supposent que • le classement des matériaux à retenir du point de vue
les structures de bâtiment à usage de lieu de vie béné- de leur réaction au feu (A,B,C…),
ficient d’un environnement triplement favorable : • le classement de résistance au feu des différents
• ils sont supposés être habités donc chauffés et hors éléments structuraux (R,E,I…),
gel, • si besoin, une description de la stratégie de mise en
• ils sont également supposés bénéficier d’une am- sécurité au feu de l’ouvrage indiquant les données de
biance hydrique maîtrisée, sécurité active et passive à considérer, dans le cas de
• ils sont enfin le siège de charges mécaniques faible- recours aux méthodes avancées de l’ingénierie de la
ment variables, et sans effets dynamiques sévères. sécurité incendie, au sens de l’arrêté du 22 mars
2004.
Il est donc nécessaire de signaler tout mode
d‘exploitation qui viendrait altérer ces trois hypo- dans le domaine de la protection parasismique :
thèses générales. • les données d’entrée des vérifications sismiques et
en particulier le lieu de la construction, le classement
Le vieillissement des matériaux et la réversibilité de des sols et le choix des spectres d’accélération qui
ses déformations mécaniques sont largement condi- en résulte.
tionnés par l’environnement chimique des structures.
De même, les conditions prévues d’entretien et de I Les données résultant de desiderata particuliers
maintenance des ouvrages méritent d’être décrites. concernant la fiabilité structurale
Elles entrent de facto dans les conditions d’usage et Si le maître d’ouvrage exige un niveau de fiabilité
d’exploitation. augmenté par rapport aux valeurs conventionnelles,
Il est donc essentiel de procéder à un exposé le plus il doit l’exprimer dans le programme en indiquant les
détaillé possible de l’usage prévu de l’ouvrage et de la valeurs qu’il retient pour le coefficient KFI en appli-
nature détaillée du mode d’entretien-maintenance cation de l’article B 3.3 de l’EN 1990. En l’absence
prévu, sous tous leurs aspects. d’indication du maître d’ouvrage, la valeur de KFI rete-
nue sera égale à 1.
I Les données résultant Cette valeur conventionnelle devient alors contractuel-
des exigences réglementaires lement impérative.
La réglementation nationale peut imposer aux acteurs
des spécifications techniques particulières. Ces spéci-
fications sont indépendantes des Eurocodes. Elles peu-

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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FICHE 10 Eurocodes

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Recommandations à l’adresse de
la maîtrise d’œuvre

L’importance de la fonction Etudes est large-


Outils
ment renforcée par l’arrivée du corpus nor-
matif Eurocodes. Les acteurs d’études disposent, au-delà des Euro-
codes eux-mêmes, des annexes nationales qui
Une grande liberté est offerte aux concepteurs contiennent nombre d’indications précieuses.
et aux calculateurs des structures, tant en A ces textes normatifs, s’ajoutent, pour le bâti-
statique qu’en dynamique, en situation d’in- ment, les 31 guides issus du Plan Europe. Ces
cendie comme aux températures normales, derniers outils sont ciblés sur une utilisation adap-
tée aux bâtiments courants et constituent un appui
pour dimensionner le plus adroitement pos-
essentiel pour les BET.
sible l’ouvrage en exploitant les dernières
méthodes scientifiquement validées. Nous
sommes en présence d’un ensemble de textes ambitieux si l’on considère la liberté laissée
aux acteurs d’études pour exprimer leur talent. Il convient d’exploiter ces libertés sans
erreur, au moyen d’outils informatiques ou expérimentaux appropriés, mis entre les mains
de professionnels compétents. Ces hypothèses de compétence des acteurs sont explicite-
ment rappelées Art.1.3 (2) de l’EN 1990 (Bases de calcul des structures).
La maîtrise d’œuvre doit s’assurer du respect de ces hypothèses. Au-delà de ce pré-requis,
l’usage de ces textes en qualité de référence du comportement des acteurs d’étude conduit à
formuler un certain nombre de recommandations utiles, dont l’application semble nécessaire
à l’obtention d’études réussies.

PROCÉDER À UNE DÉFINITION COMPLÈTE Cette note doit ensuite être approuvée par la maîtrise
DES CHARGES D’EXPLOITATION d’œuvre qui vérifiera à ce stade la cohérence entre
la définition de l’usage prévu par le maître d’ouvrage et
Les charges à considérer doivent être qualifiées selon la traduction chiffrée des charges prévues au projet.
les différentes composantes pertinentes pour la struc- Ce point essentiel mérite l’élaboration d’un plan de
ture. charges qui traduit géographiquement la localisation
On doit en particulier qualifier outre leur intensité de toutes les charges d’exploitation et qui complète la
caractéristique, les valeurs des trois coefficients Psi notice précitée. Outre les charges d’exploitation, ce
(valeurs représentatives des actions variables) qui per- plan peut utilement rappeler les charges permanentes
mettent de les intégrer dans les combinaisons d’action. gravitaires, telles les terres d’agrément sur les
Ce choix est celui de la maîtrise d’œuvre. terrasses, les renformis ou terrassements de toute
En pratique, à partir de la description qualitative du nature et les niveaux d’eau dans les sols en régime
mode d’usage prévu, effectuée par le maître d’ouvrage, normal comme en régime exceptionnel. Ces indica-
la maîtrise d’œuvre doit faire établir une notice tions bien que n’étant pas strictement du fait de l’ex-
descriptive des charges d’exploitation sous toutes ploitation viennent alors corroborer les informations
ses composantes : fréquence, localisation exacte, ca- contenues au CCTP travaux.
ractère statique ou dynamique, date de début d’appli- En sus, l’évolution dans le temps des modes d’exploi-
cation et compatibilité de ces charges entre elles. tation peut conduire à prévoir, dès la conception, des

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


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changements de nature ou de caractéristiques de ces formes particulières d’agression chimique et méca-


charges. Il convient d’en faire état dans une note spé- nique liées à l’usage, au fonctionnement et à l’entre-
cifique le cas échéant. En l’absence d’un tel document, tien-maintenance des locaux, telles que décrites dans
l’ouvrage est supposé subir les charges décrites au le projet.
CCTP travaux durant toute sa durée d’exploitation sans
modification de nature ou d’intensité.
Cette remarque concerne également les éventuels S’ASSURER DE LA VALIDITÉ DES HYPO-
changements de niveau des terrains avoisinants THÈSES RETENUES POUR L’UTILISATION
susceptibles de modifier les poussées sur les murs DES RÈGLES DE CALCUL PARASISMIQUES
extérieurs de sous-sol, y compris celles résultant
du chargement de ces terrains par ces circulations Une note d’hypothèses de dimensionnement chiffrées
extérieures ou résultant de variations des niveaux de doit être établie avant mise en œuvre de l’étude d’exé-
nappes phréatiques ou de l’organisation du mode de cution et faire l’objet d’un avis favorable de la maîtrise
circulation hydrogéologique. d’œuvre.
Cette note comprendra notamment :
• les données relatives au comportement sismique
LA MAÎTRISE D’ŒUVRE S’ASSURE DANS exigé pour les ouvrages secondaires et par suite, les
LA RÉALISATION D’UNE NOTE D’HYPO- hypothèses de masses et de raideurs devant être
THÈSES, QUE LES CONDITIONS D’EXPLOI- considérées dans la vérification sismique,
TATION, D’ENTRETIEN-MAINTENANCE ET • les pourcentages de masses correspondant aux
D’ENVIRONNEMENT DES OUVRAGES SE- charges d’exploitation compatibles avec la situation
RONT CORRECTEMENT PRISES EN CONSI- accidentelle sismique,
DÉRATION DANS LE DIMENSIONNEMENT. • éventuellement, les conditions de recours à l’inter-
action sol-structure (méthode de définition des res-
Une note d’hypothèses de dimensionnement chiffrées sorts de sol et de choix des amortissements associés).
doit être établie avant mise en œuvre de l’étude d’exé-
cution et faire l’objet d’un avis favorable de la maîtrise Dans tous ces cas, il est possible de se contenter
d’œuvre. Cette note comprendra notamment les choix d’indiquer l’obligation faite au BET contractant de
de températures, d’hygrométrie, de niveaux d’agres- s’interroger sur ces questions et de proposer au maî-
sion chimique, ainsi que les contraintes et déforma- tre d’œuvre, suite à une pré-analyse, une note d’hypo-
tions limites adoptées pour les matériaux structuraux, thèses destinée à être approuvée par la maîtrise
du fait des fréquences et intensités de toutes les d’œuvre avant engagement de toute étude d’exécution.

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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S’ASSURER DE LA COHÉRENCE très élaborés et suffisamment complets mais l'atten-


DES HYPOTHÈSES DE CALCUL AVEC tion du maître d’œuvre est attirée sur trois points :
LES HYPOTHÈSES DE PRÉCISION • la classe de rugosité, dont la définition est assez sub-
D’EXÉCUTION DES TRAVAUX jective, mérite d’être décidée par le maître d’œuvre
au niveau des pièces écrites du projet,
Les Eurocodes initient un nouveau concept de sécurité • la sensibilité au vent des ouvrages de bâtiment est
mettant en corrélation les dispositions prises lors de très variée. Compte tenu de la complexité de l’Euro-
l’exécution des travaux et les choix de sécurité à rete- code Vent, il est souvent envisageable pour les bâti-
nir lors de la conception et du dimensionnement de ments peu sensibles (bâtiments à murs béton
l'ouvrage. Ainsi, par exemple, les enrobages d’acier inférieurs à 5 niveaux) de définir des charges de vent
prescrits pour les structures en béton pourront dépen- majorées et forfaitaires pour simplifier les études de
dre du niveau d’assurance de la qualité et du niveau de ces ouvrages,
contrôle d’exécution exercés pendant les travaux. • interdire toute extrapolation des abaques et
Cette interdépendance entre études et exécution exige courbes définies dans l’Eurocode Vent. Le vent est un
de la part du maître d’ouvrage qu’il confie a la maîtrise phénomène complexe et les forces qu’il engendre
d’œuvre la mission de s’assurer de la cohérence qu’im- n’observent en général pas une évolution proportion-
pose cette dépendance entre études et chantier en nelle et régulière en fonction de la géométrie des
prescrivant : ouvrages. Le risque encouru par le recours à de telles
• la définition du niveau d’assurance de la qualité extrapolations est considérable.
garanti lors de la phase d’exécution,
• la possibilité de prendre en compte ce niveau dans
les études. S’ASSURER DE LA FIABILITÉ
Cette notion d’interaction études-travaux, scientifique- DES VÉRIFICATIONS PRÉSENTÉES SOUS
ment justifiée, est entièrement nouvelle en France. ACTIONS ACCIDENTELLES

En pratique, il convient donc de réclamer à l’entreprise, Les actions accidentelles se résument en pratique aux
dès l’appel d’offre, une notice descriptive de l’organi- effets du feu et du séisme. Elles peuvent également
sation de la qualité sur le chantier. Cette notice devra comprendre des actions plus rares et non codifiées
être suffisamment précise pour quantifier le nombre telles que les affaissements brutaux de sol (fontis ou
et la nature détaillée des points de contrôle, le partage affaissements miniers), les avalanches et éboule-
des rôles entre contrôle externe et autocontrôle, la ments, les explosions ou les chocs de camions.
traçabilité prévue des éléments contrôlés et enfin
les conditions de traitement des écarts constatés. A Les Eurocodes ne traitent actuellement de manière
partir de cette notice, le maître d’œuvre devra statuer complète que du feu et du séisme. La réglementation
sur les choix de sécurité à considérer dans les calculs nationale exploitera ces Eurocodes en tant que de
et en informer le BET. besoin. Sur ces deux sujets, les situations acciden-
telles relèvent de vérifications d’état limite ultime
visant avant tout le non effondrement et la protection
VEILLER À LA BONNE INTERPRÉTATION des biens et des personnes.
DES ACTIONS CLIMATIQUES
Les choix restant à effectuer sont :
Les charges climatiques concernent la description des • le coefficient de comportement à retenir sous actions
effets mécaniques et thermiques du vent, de la neige, sismiques dans les cas de structures multi-matériaux
du givre, de l’eau et de la température. complexes. En pratique, il est souhaitable que le maî-
tre d’œuvre exige une note spéciale visant le choix
Le vent et la neige font l’objet de deux textes Eurocodes de ce coefficient de comportement dans ces cas,

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


p61-64 Fiche 10(11)-9BAT:guide - 1 14/10/09 10:46 Page 64

FICHE 10 Eurocodes

64

• le recours à l’interaction sol-structure et subsé- Le CCTP travaux doit contraindre l‘entreprise à obser-
quemment à la valeur des coefficients de raideur et ver la démarche ci-dessus. Les Eurocodes aggravent
d’amortissement des liaisons entre le sol et la struc- l’importance de cette obligation car ils permettent
ture : le maître d’œuvre doit indiquer la méthode pour la plupart des matériaux des incursions dans
à suivre pour calculer ces valeurs, le domaine des comportements non élastiques
• les conditions de recours aux méthodes générales beaucoup plus ambitieux que les textes antérieurs,
sous actions accidentelles. Il va de soi que les situa- y compris parfois dans les situations de service.
tions accidentelles se prêtent à l’usage de méthodes
capables de traiter de façon précise les effets haute-
ment non linéaires résultant de comportements
largement plastiques ou fissurés. Ces méthodes
recourent à des calculs informatiques lourds et ne
sont pas abordables manuellement. L’autorisation
par le maître d’œuvre de les exploiter doit donc par
suite être subordonnée à la possibilité de s’assurer
de la fiabilité des logiciels utilisés et surtout
d’en contrôler les données et les résultats par des
méthodes approchées.

VÉRIFICATIONS DES COMPATIBILITÉS


DE DÉFORMATION ENTRE SECOND ŒUVRE
ET STRUCTURE

En pratique, l’élément du CCTP travaux, le plus influent


sur le bon vieillissement des bâtiments, est l’ensem-
ble des prescriptions consacrées aux déformations
limites autorisées à la structure en service, établies
après recensement détaillé des déformations toléra-
bles par les ouvrages supportés.

Ceci suppose que :


• la nature et le mode d’assujettissement à la struc-
ture de tous les ouvrages rapportés soient d’abord
définis,
• les limites de déformabilités de chacun de ces ou-
vrages rapportés soient chiffrées et que les fabri-
cants des produits en cause aient été amenés à
engager leur responsabilité sur les valeurs retenues,
• l‘entreprise ait procédé au récolement de toutes les
exigences de déformation limite autorisées à la
structure du fait des limites de déformabilité des ou-
vrages rapportés,
• la vérification d’état limite de service soit effectuée
par rapport à la plus exigeante des exigences de
déformation limite ainsi recensées.

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


p65 Fiche 11(12)-6:guide - 1 14/10/09 10:49 Page 65

FICHE 11 Contrôle technique

65

Le contrôleur technique
face au marquage CE

Trois principes importants doivent être rappelés :


 la responsabilité de l’attestation de conformité et
du marquage CE incombe à l’industriel fabricant,
 le cas échéant, il s’appuiera sur un (des) rapport(s)
d’essais, un certificat de conformité CE du système
de contrôle de production en usine ou un certificat
de conformité CE du produit établi sous la respon-
sabilité d’un ou plusieurs organisme(s) notifié(s),
 la responsabilité de la surveillance du marché est
du domaine des Etats membres.
Enfin il faut rappeler que le marquage CE :
 autorise la libre circulation des produits,
 n’implique pas systématiquement l’adéquation du produit avec les caractéristiques atten-
dues de l’ouvrage.

LA POSITION DU CONTRÔLEUR du maître d’ouvrage, de la destination de l’ouvrage, de


TECHNIQUE FACE AU MARQUAGE CE son environnement.

 Contribuer à la prévention des aléas techniques  Le marquage CE


Il convient de rappeler, dans un premier temps, que Le marquage CE donne au contrôleur technique des
le contrôle technique a pour mission de contribuer à la éléments techniques d’appréciation, parmi d’autres, lui
prévention des aléas techniques susceptibles d’être permettant de formuler un avis. Le marquage CE
rencontrés dans la réalisation d’un ouvrage. Il ne apposé sur un produit ne garantit pas un avis favorable
comprend pas la réalisation d’enquêtes spécifiques sur de la part du contrôleur technique sur l’ouvrage.
les matériaux utilisés, les produits ou les procédés de Par ailleurs, il appartient au maître d’ouvrage ou à
réalisation. la personne qu’il aura mandatée pour cela, (maîtrise
Selon la mission confiée, le contrôleur technique exa- d’œuvre, entreprise,…) de donner au contrôleur tech-
minera les justificatifs des caractéristiques du produit nique les informations dont ce dernier a besoin pour
proposé (PV de réaction au feu par exemple). formuler son avis.

 Analyser les risques  En cas de défaut de marquage


Les avis formulés par le contrôleur technique visant la En cas d’utilisation d’un produit non marqué CE alors
solidité de l’ouvrage sont fondés sur une évaluation de qu’il devrait l’être, même s’il ne lui appartient pas de
l’aptitude d’un produit à être intégré dans un ouvrage vérifier cette situation, le contrôleur technique, qui en
(et en aucun cas du produit lui-même). Cette évalua- a connaissance, avertira le maître d’ouvrage sur le
tion s’appuie sur les caractéristiques du produit, sur défaut de marquage lui laissant le soin de prendre les
l’expérience du contrôleur technique, sur la pathologie dispositions qui lui incombent (interdiction d’utilisation
rencontrée, sur les référentiels normatifs applicables. du produit, déclaration à son assureur, …).
En bref, sur un ensemble de données permettant une Il pourra émettre un avis sur le plan technique, suite à
analyse globale des risques, en regard des caractéris- une analyse de risque telle que décrite ci-dessus.
tiques nécessaires résultant des demandes et besoins

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction 


p66-69 Fiche 12(13)-6BAT:guide - 1 13/10/09 19:42 Page 66

12
Responsabilités
et assurance
FICHE construction

66

Le système assurantiel national

RESPONSABILITÉ ET ASSURANCE Sont également visés :


DÉCENNALE - MODE D'EMPLOI • les vendeurs, après achèvement, d'un ouvrage qu'ils
ont construit ou fait construire,
I Responsabilité et assurance construction : • les vendeurs d'immeuble à construire, les promo-
une logique de protection du maître d’ouvrage teurs, les vendeurs d’immeubles à rénover,
La responsabilité des constructeurs est une tradition • les contrôleurs techniques.
ancienne puisqu'elle date du Code civil de 1804. Depuis
cette date, le régime de la responsabilité a souvent évo- I Pour quelle durée ?
lué dans une logique de sécurisation des propriétaires Les constructeurs engagent leur responsabilité pen-
d'ouvrages. dant dix ans vis-à-vis du maître d’ouvrage et des
Il en est de même pour le régime d'assurance décen- acquéreurs successifs,
nale. La date de réception des travaux constitue le point de
L'assurance obligatoire généralisée depuis 1978 est départ de la responsabilité décennale.
destinée à assurer le financement des travaux de re- La réception étant l'acte par lequel le maître d'ouvrage
prise de l’ouvrage sinistré. déclare accepter l'ouvrage avec ou sans réserves.
Ce sont les textes légaux et les clauses types d’origine
réglementaire, qui déterminent l’étendue minimale des I Qu’est-ce que l’assurance décennale ?
garanties contenues dans les contrats d'assurance Le système français d'assurance construction instauré
obligatoire. par la loi du 4 janvier 1978, connue sous l'appellation de
loi Spinetta, est dit à « double détente », donnant la
I Qu’est -ce que la responsabilité décennale ? priorité chronologique à la réparation de l'ouvrage sur
Elle concerne les dommages importants qui peuvent la recherche des responsabilités qui n’intervient que
apparaître après la réception de l'ouvrage et ce pen- dans un second temps.
dant dix ans.
La responsabilité légale décennale résulte des articles Ce système, unique en son genre en Europe, permet :
1792 et 1792-2 du Code civil. Il s’agit d’une responsabi- • d'obtenir, en cas de souscription des polices obli-
lité objective dont on ne peut s’exonérer que par la gatoires, une réparation rapide des désordres, sans
preuve d'une cause étrangère. recherche préalable des responsabilités, grâce
au mécanisme de préfinancement de l'assurance
I Qui est concerné ? Dommages-Ouvrage,
La Loi rend responsable les « constructeurs » dont elle • de maintenir le principe de la responsabilisation des
donne une définition large comprenant de vrais constructeurs dès lors que l'assureur Dommages-
constructeurs et d’autres assimilées aux construc- Ouvrage, qui a indemnisé le maître d’ouvrage, exerce
teurs. ensuite ses recours contre les responsables et leurs
assureurs de responsabilités.
Sont ainsi constructeurs ou assimilés constructeurs :
• les architectes, entrepreneurs, techniciens ou autres Le système d'assurance obligatoire combine deux
personnes liées au maître d’ouvrage par un contrat obligations d'assurance :
de louage d'ouvrage, ainsi que toute personne qui, • La première pèse sur le maître d'ouvrage, qui est
bien qu'agissant en qualité de mandataire du pro- tenu de souscrire, sauf exceptions limitées, une assu-
priétaire de l'ouvrage, accomplit une mission assi- rance de préfinancement de la réparation des désor-
milable à celle d'un locateur d'ouvrage, dres de nature décennale : la police Dommages-
• les constructeurs de maison individuelle. Ouvrage,

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


p66-69 Fiche 12(13)-6BAT:guide - 1 13/10/09 19:42 Page 67

67

• La seconde pèse sur les constructeurs et assimilés, du Code civil à propos de travaux de construction
tenus d'assurer leur responsabilité décennale. constitutifs d'un ouvrage, doit être couverte par une
assurance de responsabilité décennale.
La nature, l'étendue et le fonctionnement de ces deux A noter que les sous-traitants ne sont pas soumis au
assurances sont régis par le Code des assurances (une régime de l'assurance décennale obligatoire car ils
partie légale et des clauses types réglementaires, n'ont pas de lien direct avec le maître d'ouvrage.
contraignantes pour les assureurs qui ne peuvent y Toute personne physique ou morale qui, agissant
déroger). en qualité de propriétaire de l'ouvrage, fait réaliser
La loi assortit l'obligation d'assurance de sanctions des travaux de construction doit souscrire, avant
pénales à l'encontre de ceux, maîtres d'ouvrage ou l'ouverture du chantier, une assurance garantissant,
constructeurs, qui contreviennent à cette obligation. en dehors de toute recherche des responsabilités,
le paiement des travaux de réparation des dommages
I Que couvre l’assurance décennale ? de la nature de ceux dont sont responsables les
La garantie couvre les dommages matériels à l’ouvrage constructeurs.
d’une certaine gravité, quelles qu’en soient les causes
et origines, résultant de vices cachés à la réception des
travaux et qui se révèlent dans le délai de dix ans. Exception
Depuis l'ordonnance du 8 juin 2005, certains
Les dommages doivent être d'une certaine gravité et ouvrages bien spécifiques ne sont pas soumis
doivent avoir pour conséquences : à l'obligation d'assurance. Il s'agit notamment
• soit de compromettre la solidité de l'ouvrage, d'ouvrages se rattachant au génie civil (ouvrages
• soit de rendre l'ouvrage impropre à sa destination maritimes, d'infrastructures routières, portuaires,
(l'impropriété à destination empêche l'ouvrage de aéroportuaires, ferroviaires, de traitement de
remplir la fonction à laquelle il est destiné ; c'est une résidus urbains et déchets industriels, et de
notion subjective interprétée au cas par cas). stockage), des voiries réseaux divers et des
La jurisprudence semble vouloir admettre l’application ouvrages sportifs non couverts.
de la responsabilité décennale lorsqu’il résulte des
désordres affectant l’ouvrage un risque pour la sécurité Pour en savoir plus :
des personnes. • Loi du 4 janvier 1978.
• Décret du 17 novembre 1978.
I Pourquoi s’assurer en décennale ? • Ordonnance du 8 juin 2005 et l’article L 243-1-1
C'est une assurance obligatoire pour le maître d'ou- du Code des assurances.
vrage et pour tout constructeur intervenant en France Le Bureau Central de Tarification (BCT Construc-
pour réaliser des travaux de construction, dans le neuf tion) peut être saisi par toute personne qui se
ou en rénovation. heurte à un refus d'assurance. Il fixe des condi-
Toute personne physique ou morale, dont la responsa- tions tarifaires pour le garantir en assurance
bilité décennale peut être engagée sur le fondement de décennale obligatoire.
la présomption établie par les articles 1792 et suivants

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


p66-69 Fiche 12(13)-6BAT:guide - 1 13/10/09 19:42 Page 68

12
Responsabilités
et assurance
FICHE construction

68

L'ASSURANCE DOMMAGES-OUVRAGE I Durée de la garantie


La garantie Dommages-Ouvrage ne s'applique, sauf
Elle doit être souscrite à la date d'ouverture du chan- exceptions énumérées à l’article L.242.1 du code
tier. des assurances, ni avant la réception de l'ouvrage ni
pendant la période de garantie de parfait achèvement.
I Les assujettis Elle prend fin dix ans après la réception.
L'obligation d'assurance Dommages-Ouvrage pèse,
sauf dérogation expressément prévue, sur l'ensemble I Montant de la garantie
des personnes faisant réaliser des travaux de La garantie couvre le coût de l’ensemble des travaux
construction, à l'exclusion de ceux énumérés à l'article de réparation de l’ouvrage endommagé à la suite d’un
L.243.1.1 du Code des assurances (la liste des ouvra- sinistre (dans la limite du coût de la construction reva-
ges exclus de l'assurance construction obligatoire lorisée). Toutefois, depuis 2009, pour les constructions
concerne notamment les ouvrages de génie civil). à usage autre que l’habitation, le montant de la garan-
tie peut être plafonné à un coût inférieur au coût de
I Les exceptions la construction revalorisé. Dans ce cas, le montant
La loi prévoit certaines dérogations à l'obligation de la garantie ne peut être inférieur au coût total de la
d'assurance Dommages-Ouvrage : construction, ou à 150 millions d’euros si ce coût est
• l'Etat, lorsqu'il construit pour son compte, est dis- supérieur à ce montant.
pensé de souscrire cette assurance,
• les personnes morales de droit public, les per-
sonnes morales publiques assurant la maîtrise L’ASSURANCE DÉCENNALE
d’ouvrage dans le cadre d’un contrat de partenariat,
ainsi que les personnes morales de droit privé ré- I Les assujettis
pondant à certains critères de taille, sont également Les articles L.241.1 et L.242.2 du Code des assurances
exonérées de l'obligation de souscrire une assurance posent le principe d'une obligation d'assurance pesant
Dommages- Ouvrage lorsqu'elles font réaliser, pour sur les différents constructeurs assujettis à la respon-
leur compte, des travaux de bâtiment pour un usage sabilité décennale.
autre que l'habitation. Seul les sous-traitants et la majorité des fournisseurs
de matériaux de construction, non soumis à la respon-
I Nature de la garantie sabilité légale, échappent à l'obligation d'assurance.
L’assurance Dommages-Ouvrage garantit, sans re-
cherche de responsabilité, le paiement de la totalité I Nature de la garantie
des travaux de réparation des dommages matériels de Seuls les dommages matériels affectant l'ouvrage
nature décennale subis par l'ouvrage, y compris ceux relèvent de l'assurance obligatoire.
provenant d'un vice du sol, et englobe les travaux
de démolition, de déblaiement, de dépose ou de dé- La fonction de cette assurance obligatoire est de ga-
montage éventuellement nécessaires à la réparation rantir la responsabilité décennale du constructeur en
ainsi que le coût de souscription d’une assurance cas de dommages matériels affectant la solidité de
Dommages-Ouvrage couvrant les travaux de reprise. l'ouvrage ou rendant celui-ci impropre à sa destination,
y compris du fait des missions ou travaux donnés en
Les exclusions de garantie sont strictement limitées et sous-traitance dont l'assuré doit directement répondre
visent exclusivement les ouvrages résultant : vis-à-vis du maître d'ouvrage.
• du fait intentionnel ou du dol du souscripteur ou de
l'assuré, I Durée de la garantie
• des effets de l'usure normale, du défaut d'entretien Tout assujetti à l'obligation d'assurance de responsabi-
ou de l'usage anormal, lité doit être en mesure de justifier de la souscription
• de la cause étrangère. d'une assurance dès l'ouverture de chantier.

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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69

L'assureur doit maintenir la garantie durant toute la Aussi, les assureurs associent aux garanties obliga-
durée de la responsabilité décennale en gérant ce toires des garanties complémentaires dont la souscrip-
risque « en capitalisation » (c'est à l'assureur couvrant tion est facultative.
le constructeur, au jour de la déclaration d'ouverture Ces garanties apportent au constructeur l'ensemble
de chantier, qu'il incombe de garantir les sinistres sur- des garanties nécessaires à la couverture de son acti-
venant sur l'ouvrage concerné, et ce jusqu'à la fin de la vité. Il s’agit notamment des garanties ci-dessous.
période de garantie décennale).
Ce régime assure le maintien de la garantie Respon- Garanties « avant réception » :
sabilité Décennale, y compris après résiliation de la • la garantie effondrement,
police, sans paiement de cotisation supplémentaire, • la garantie tous dommages (équivalant à une mini
dans tous les cas y compris : défaillance du construc- TRC).
teur, résiliation du contrat d'assurance, etc. Garanties « après réception » :
• la garantie de bon fonctionnement des équipements
I Montant de la garantie dissociables,
Dans le cas des travaux de construction destinés à un • la garantie des dommages immatériels consécutifs
usage autre que l’habitation, le montant de la garantie à un dommage de nature décennale ou relevant de la
ne peut être inférieur au coût de la construction déclaré garantie de bon fonctionnement,
par le maître d’ouvrage, hormis l’hypothèse où ce coût • la garantie des dommages aux existants.
est supérieur à 150 millions d’euros ou lorsqu’il sera
recouru à un contrat d’assurance collectif.
Cas particuliers des architectes
INFORMATIONS UTILES La loi de 1977 sur l'architecture dispose notam-
ment : « Tout architecte... dont la responsabilité
I Les contrats destinés aux constructeurs peut être engagée en raison des actes qu'il accom-
La solution d'assurance proposée aux constructions plit à titre professionnel... doit être couvert par une
pour les risques qu'ils encourent du fait de leur activité assurance ».
professionnelle est généralement celle du contrat En application de ce texte, tout contrat d'assurance
d'abonnement (ou contrat d'activité) par lequel l'assu- des architectes doit garantir toutes les responsa-
reur s'engage à garantir, dans un cadre prédéfini, bilités professionnelles (décennale, contractuelle
l'ensemble des missions ou chantiers réalisés par son et quasi délictuelle) et pas seulement la respon-
assuré pendant un exercice donné. sabilité décennale.
Ce cadre définit l'étendue des garanties ainsi que leurs Pour les autres intervenants, même si l'obligation
conditions d'application déterminées en fonction de la légale d'assurance est limitée à la seule respon-
déclaration faite par l'assuré : activités ou missions sabilité civile décennale, il est en pratique indis-
exercées, compétences professionnelles, effectif, chif- pensable d'être également assuré pour la
fre d'affaires. L’assuré doit ici décrire fidèlement le responsabilité civile générale.
risque assuré à peine de se voir opposer une réduction
proportionnelle, voire la nullité du contrat d’assurance.
Conseils
I Etendues des garanties I Définir et déclarer clairement à son assureur
A l’exception des architectes qui sont tenus de sous- ses domaines d'activités ainsi que les missions
crire une assurance pour l’ensemble des risques, seule exercées et s'y conformer.
la responsabilité décennale doit être obligatoirement I Vérifier son contrat d'assurance périodiquement
couverte par l’assurance de responsabilité souscrite et l'adapter éventuellement.
par le constructeur.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


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13
Responsabilités
et assurance
FICHE construction

70

Nouvelles procédures d’évaluation


techniques des produits
de construction et assurance
Sur le plan national, les règles techniques relatives aux produits et procédés de construction
se trouve actuellement à la croisée des chemins. Coexistent en effet de façon quelque peu
empirique des règles françaises et des règles européennes.
Le corpus des règles nationales s'applique encore seulement pour les normes de mise en
œuvre.
La Directive Produits de Construction (DPC) vise à harmoniser les législations et réglemen-
tations des Etats membres en matière de construction pour favoriser la libre circulation et
utilisation des produits, dès lors qu'ils respectent les règles définies pour leur introduction sur
le marché européen.
Nous traversons actuellement une période transitoire durant laquelle les deux systèmes sont
appelés à cohabiter.

L'ANCIENNE PROCÉDURE FRANÇAISE LA NOUVELLE PROCÉDURE EUROPÉENNE

I Produits du domaine traditionnel La Directive Produits de Construction impose progres-


La mise en œuvre des ouvrages traditionnels est sivement le marquage CE pour la commercialisation
décrite dans les DTU qui ont le statut de norme NF. des produits.
La procédure d'obtention de ce marquage diffère selon
I Produits non traditionnels que le produit relève ou non d'une Norme Européenne.
Les produits sans évaluation et définition par une
norme NF relèvent de la procédure d'Avis Technique I Produit relevant d'une Norme Européenne (EN)
(ATec) demandée à une commission d'experts par le Ces Normes Européennes qui deviennent de facto des
fabricant ou l'importateur qui souhaite commercialiser Normes Françaises à part entière ne concernent que
un produit innovant. les produits. Les aspects relatifs à la mise en œuvre
L'Avis Technique définit et précise les caractéristiques continuent de relever des DTU.
et les conditions de mise en œuvre du produit. Les anciens DTU français sont progressivement adap-
La Commission Prévention Produits (C2P) examine les tés aux nouvelles normes au fur et à mesure de leur
Avis Techniques et dresse périodiquement une liste de parution.
famille de produits « mis en observation » dont les ATec
ne seront, a priori, pas considérés comme étant de I Produits ne relevant pas d'une Norme Européenne
technique courante. Ces produits doivent faire l'objet d'une procédure
d'Agrément Technique Européen (ATE) pour pouvoir
Les produits du domaine non traditionnel ne bénéfi- obtenir le marquage CE.
ciant pas d'un ATec peuvent être évalués : Toutefois, contrairement à l'ATec qui porte tant sur le
• soit au moyen d'une Enquête de Technique Nouvelle produit que sur sa mise en œuvre, l'ATE ne vise que le
(ETN) par un contrôleur technique, respect, par le produit, des Exigences Essentielles de la
• soit par une procédure d'Appréciation Technique Directive Produits de Construction. C'est pourquoi,
d'Expérimentation (ATEx) généralement spécifique à l'ATE peut être complété par des Documents Tech-
un chantier, niques d'Application (DTA) relatifs à la mise en œuvre.
• soit par la procédure du Pass Innovation initiée par le
CSTB.

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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71

Avant marquage CE Après marquage CE


Technique Technique Technique Technique
courante innovante courante innovante
ATE
Evaluation NF (Norme Norme (Agrément Technique
du produit Française) Européenne Européen)
ATec
(Avis Technique) DTA
Conception, DTU (Document DTU révisé
calcul, mise Technique eurocompatible (Document Technique
en œuvre Unifié) d’Application)

LES CRITÈRES D'ASSURABILITÉ

Pour être assurables, les procédés et/ou produits I Notion de technique courante
utilisés doivent être identifiés au regard de standards Il s'agit d'une notion contractuelle expressément défi-
de mise en œuvre acceptés au sens du contrat d'assu- nie aux conditions générales du contrat d'assurance,
rance : NF DTU, Règles Professionnelles, Normes de ne justifiant donc pas de démarches particulières pour
produits, Avis Techniques et Documents Techniques être garantie.
d'Application, ATEx... Elle s'applique aux travaux présentant un risque consi-
déré comme normal.
Car, confrontés à une garantie de longue durée, les Elle recouvre généralement les travaux conformes aux
constructeurs et leurs assureurs doivent être particu- normes, NF DTU, règles professionnelles ou Avis Tech-
lièrement vigilants en ce qui concerne la fiabilité et la niques acceptés par les assureurs.
durabilité des travaux réalisés.
I Notion de technique non courante
Les contrats d'assurance sont donc basés sur les Il s'agit des procédés et techniques qui n'entrent pas
critères techniques de la construction, faisant distinc- dans le cadre contractuel de la technique courante,
tion entre : même s'il existe dans ce domaine certaines procédures
• les travaux de technique courante (TC) normalement d'appréciation.
garantis, La notion de technique non courante ne concerne pas
• les travaux de technique non courante (TNC) néces- seulement des ouvrages exceptionnels ou réalisés à
sitant un accord préalable de l'assureur. l'aide de procédés nouveaux ou expérimentaux. Elle

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


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13
Responsabilités
et assurance
FICHE construction

72

Technique de construction
Traditionnelle ATec
ATEx Cahier des charges
Normalisée non normalisée ATE + DTA
Constat de Pass Innovation
DTU traditionnalité Feu vert orange, rouge ETN Sans ETN
Normes des règles
Risque Risque
professionnelles
normal* aggravé ou en
observation
Technique courante Technique non courante
* déclaration à l’assureur
s'applique aussi :
• aux ouvrages usuels qui sont réalisés en dérogation LA RÉGLEMENTATION EUROPÉENNE
d'une règle établie, ENCORE « EN OBSERVATION »
• aux travaux utilisant des procédés étrangers,
• aux procédés sans Avis Techniques non acceptés par I Produits traditionnels
les assureurs. La mise en œuvre des produits traditionnels est décrite
Pour bénéficier des garanties de son contrat, il in- dans les DTU qui ont le statut de norme NF.
combe à l'intervenant de vérifier que les travaux, qu'il
envisage de réaliser, sont conformes aux règles et La définition des contrats d'assurance construction
documents définis par son assureur comme étant de délivrés par les assureurs français ne prend pas en
la technique courante. compte, à ce jour, les diverses évolutions des procé-
S'il a un doute quant à la qualification des techniques dures normatives (contrats d’assurances) issues de la
qu'il va employer, il peut s'adresser soit au contrôleur réglementation européenne.
technique, soit à son assureur, en mesure de l'aider à
déceler la présence éventuelle d'une TNC et son inci- Le tableau ci-dessous résume les principales règles
dence sur l’assurance. applicables à ce jour, en attente d'une modification
Le tableau ci-dessus résume la situation la plus prévisible des règles de souscription pour s'adapter à
courante. la réglementation européenne.

Le marquage CE seul est insuffisant pour apprécier la qualité d’un produit


au regard des règles de mise en œuvre puisque ne comportant aucune
spécification à ce sujet.
Marquage CE Pour être qualifié de technique courante, le produit marqué CE doit répondre
aux exigences d’une Norme harmonisée ou d’un ATE et être mis en œuvre
conformément aux dispositions d’un DTU, d’un ATec ou d’un DTA non mis en
observation par la C2P.

ATE Obligations pour les produits marqués CE qui ne relèvent pas du champ
(Agrément d’application d’une Norme harmonisée, les ATE ne prennent pas en compte
Technique les aspects liés à la mise en œuvre qui relèvent alors d’un DTA.
Européen) Un ATE sans DTA = technique non courante.

DTA
Le DTA est équivalent d’un ATec pour ATE + DTA ou ATec non mis en
(Document
les produits et techniques faisant l’objet observation par la C2P =
Technique
d’un ATE. technique courante.
d’Application

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


p73-80 Annexes-10BAT:guide - 1 14/10/09 10:24 Page 73

ANNEXES

73

1 FORMATIONS p 74

2 BIBLIOGRAPHIE p 75

3 SITES INTERNET p 77

4 INDEX THÈMES p 80

5 CLAUSE DE MISE EN GARDE p 81

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


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1 Formations
ANNEXES 2 Bibliographie
3 Sites Internet
4 Index thèmes
5 Clause de mise en garde
74

1 FORMATIONS

Différentes formations d’approfondissement des thèmes développés dans le présent guide existent notamment
pour les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre de bâtiments sur :
I la réglementation et la normalisation de la construction en France et en Europe,
I la Directive Produits de Construction et le marquage CE des produits de construction,
I les marques de qualité,
I les Eurocodes,
I l’assurance construction.

Parmi les organismes de formations continues s’adressant en particulier aux maîtres d’ouvrage et aux maîtres
d’œuvre dans ces domaines, on peut citer notamment :
I l’AFPOLS (à partir de 2010),
I le CSTB,
I le LNE,
I les écoles d’ingénieurs comme l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées,
I les INSA,
I l’IPTIC (notamment pour les professionnels cotisant au FAFIEC),
I l’UNTEC (notamment pour les professionnels cotisant au FIF-PL ou au FAFIEC),
I et autres organismes de formation (AF2A, Demos, etc.).

Les objectifs de ces formations sont notamment :


I d’identifier l’ensemble des textes régissant la construction au niveau national et européen : lois, codes, textes
techniques concernant les produits et les équipements, règles de mise en œuvre,
I de comprendre les enjeux et le mécanisme de la DPC et du marquage CE,
I de connaître les perspectives d’évolution : le projet de révision de la DPC,
I de connaître les obligations des fabricants et d’identifier les conséquences sur la prescription et la distribution
de produits,
I de comprendre le système européen de classement de réaction au feu des produits de construction,
I de connaître les méthodes d'essais utilisées pour déterminer les Euroclasses de réaction au feu et savoir en
exploiter les résultats,
I de maîtriser la démarche de vérification de conformité : déclaration ou certification de conformité, essais de
type et de suivi, choix des intervenants,
I d’être capable de trouver les données techniques et réglementaires à jour,
I de connaître les différents Eurocodes, leurs champs d’application et leur articulation,
I d’approfondir chaque Eurocode dans les filières bâtiment,
I de mesurer les conséquences techniques, administratives et juridiques de l’application des Eurocodes,
I de maîtriser l’ensemble de l’environnement légal, les responsabilités, les garanties, les différents contrats et la
gestion des sinistres de la construction,
I d’identifier les évolutions de l’assurance construction,
I etc.

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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1 Formations
ANNEXES 2 Bibliographie
3 Sites Internet
4 Index thèmes
5 Clause de mise en garde
75

2 BIBLIOGRAPHIE

Réglementation – normalisation

I Décret n° 92-647 du 8 juillet 1992 modifié I Documents interprétatifs concernant les Exigences
Concernant l'aptitude à l'usage des produits de Essentielles n°1 à 6
construction. Commission Européenne – site dpcnet.org
www.legifrance.gouv.fr/texteconsolide/RIHAK.htm
I 30 réponses pour réussir le marquage CE
I Arrêté du 28 août 2006 Ministère de l’équipement des transports et du
Relatif aux spécifications techniques des marchés et logement.
des accords-cadres. www.btp.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/
www.marche.public.fr/Marches.publics/Textes/A- reponses_cle589b69.pdf
rretes/Arrete_2006_08_28_specifications-tech
niques.htm I 36 réponses aux questions que vous vous posez sur
les Eurocodes
I Impact du droit communautaire sur la réglementa- Ministère de l’équipement des transports et du
tion et les normes techniques dans le domaine de la logement.
construction www.btp.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/
Anne Penneau et Hugues Perinet-Marquet – DGUHC - eurocodes_cle07fe84.pdf
Novembre 2005.
I Niveaux et Classes de la Directive Produits de
I La loi applicable aux contrats internationaux du Construction
secteur de la construction immobilière au sein du Document guide E.
règlement Rome I http://www.dpcnet.org/src/DOC_INT_12.pdf
Juliette Sénéchal, Revue de droit immobilier 2008
p. 526. I Les règles de construction – Mieux les connaître
pour mieux les appliquer
I Normalisation, construction de l’Europe et mon- Guide pratique – CSTB 2005.
dialisation, éléments de réflexion
Jean-Pierre Galland – Centre de prospective et de vielle I La collection des 31 calepins de chantier produites
scientifique – Ministère de l’équipement, des Transport dans le cadre du Plan Europe
et du logement – Direction de la recherche et des
affaires scientifiques et techniques – 2001 Les Notes I Les mémos de chantier de l’agence Qualité
du centre de prospective et de veille scientifique. Construction
http://portail.documentation.equipement.gouv.fr/drast
/document.xsp?id=Drast-ART00000022

I Comprendre et maîtriser la Directive Produits de


Construction
Pierre Chemillier - www.boutique.afnor.org

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


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1 Formations
ANNEXES 2 Bibliographie
3 Sites Internet
4 Index thèmes
5 Clause de mise en garde
76

2 BIBLIOGRAPHIE

Assurance construction

I Rapport sur les régimes d’assurance construction I Réflexions sur l’assurance construction
dans une vingtaine de pays européens La prévention – La qualité – Mesures proposées pour
Mission sur l’assurance construction – Inspection améliorer le fonctionnement – Rapport de Georges
Conseil Général des Ponts et Chaussées – Octobre Mercadal – 2006.
2006. www.cnrs.fr/aquitaine-limousin/IMG/.../Rapport
www2.equipement.gouv.fr/rapports/archive_r/hab_r.htm Mercadal.pdf

I La qualité de la construction en Europe


Agence Qualité Construction – Ecole Nationale des
Ponts et Chaussées – 2008.
www.qualiteconstruction.com

Recommandations pour les marchés publics


www.btp.equipement.gouv.fr/article.php3?id_article=445

I Recommandation T1-87 I Recommandation T2-99


aux maîtres d’ouvrage publics à propos de la gestion et relative à la maîtrise de la qualité pour la programma-
de l’assurance de la qualité lors de la passation et de tion et la conception d’une opération de bâtiment (neuf
l’exécution des marchés de travaux. et réhabilitation).

I Recommandation T1-89 I Guide pour faciliter l’usage des normes dans les
de la Commission centrale des marchés aux maîtres marchés publics
d’ouvrage publics de bâtiment pour l’établissement du ASPASP – 2009 - LE MONITEUR TP du 27/02/2009 - En
schéma directeur de la qualité. page 1-31 du 27/02/2009.

I Recommandation T1-99 I Recommandation de juillet 2009


aux maîtres d’ouvrage publics, relative à l’utilisation sur la référence aux Eurocodes dans les marchés
des normes et des certifications dans les spécifications publics relatifs aux ouvrages de construction et réhabi-
et à l’appréciation des équivalences. litation.

Norme française pour les marchés privés

I NF P 03-001
Cahiers types – Cahier des clauses administratives générales applicable aux travaux de bâtiment faisant l’objet de
marchés privés – site AFNOR.

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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1 Formations
ANNEXES 2 Bibliographie
3 Sites Internet
4 Index thèmes
5 Clause de mise en garde
77

3 SITES INTERNET

dpcnet.org
Ce site rassemble des éléments d'information nécessaires à la mise en application du marquage CE lié à la
Directive 89/106/CEE, relative aux produits de construction et à la compréhension des divers mécanismes ou
procédures qui la gouvernent.
I Nomenclature Générale des Familles de Produits (NGFP) marqués CE.
I Listes des organismes notifiés (européens et français) dans l’évaluation de la conformité des produits de
construction.
I Documents nécessaires à l'application de la Directive Produits de Construction et au marquage CE (documents
publiés ou en cours d’élaboration) :
• Normes Européennes harmonisées,
• guides d’Agrément Technique Européen,
• textes français fixant les modalités d'application du marquage CE (décrets, arrêtés, avis),
• documents génériques :
• généraux (décisions d’ordre générale, directive, documents interprétatifs, documents guide),
• par famille de produits (décisions d’attestation de conformité, mandats CEN, mandats EOTA).
I Informations sur l’application du marquage CE aux produits de la construction : glossaire, foire aux questions,
fiches explicatives.

qualiteconstruction.com
I Répertoire Permanent Ouvrages-Produits de Construction (RPOPC) est une base de données regroupant des
références de textes, pas les textes eux-mêmes. Des liens renvoient vers des sites extérieurs où les
documents sont accessibles librement (Avis Techniques, marquage CE, produits certifiés, certaines règles
professionnelles), ou par achat (normes, DTU…).
I La liste verte de la C2P : des produits et/ou procédés, bénéficiant d'un Avis Technique ou d'un Document
Technique d'Application en cours de validité, qui ne sont pas mis en observation par la C2P.

afnor.org
I Des normes et projets de Normes Françaises (dont DTU) et Normes Européennes (dont les Eurocodes)
portant notamment sur :
• des bâtiments,
• des éléments de construction,
• des techniques de construction,
• des matériaux de construction,
• des structures de construction,
• des structures extérieures,
• des installations dans le bâtiment,
• l’éclairage,
• des protections extérieures et intérieures du bâtiment,
• les finitions intérieures.
I Des recueils sur des bâtiments, des éléments de construction, des matériaux de construction, des structures
de construction.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


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1 Formations
ANNEXES 2 Bibliographie
3 Sites Internet
4 Index thèmes
5 Clause de mise en garde
78

3 SITES INTERNET

cstb.fr
Ce site rassemble notamment des informations sur :
I le répertoire des avis techniques, des Documents Techniques d’Application, des cahiers de prescriptions
techniques,
I le dispositif « Pass Innovation »,
I le dispositif de certification des produits (notamment CSTBat) et des services,
I le dispositif de certification des acteurs et des ouvrages,
I le dispositif d’Agrément Technique Européen dont les familles de produits concernés,
I le dispositif de marquage CE et d’attestation de conformité,
I le dispositif d’Appréciation Technique d’Expérimentation.

btp.developpement-durable.gouv.fr
Ce site regroupe de nombreux documents, notamment :
I la liste des références de textes réglementaires (décret, arrêté, avis) parus sur le marquage CE,
I la liste des DTU,
I la liste des fascicules du CCTG travaux,
I la liste des diaporamas ou de guides téléchargeables constituant le support pédagogique pour les formations aux
Eurocodes,
I la liste des logiciels en ligne de calcul (Eurocodes),
I la liste des textes et documents sur la maîtrise d’ouvrage publique,
I la liste des recommandations « ouvrages, travaux et maîtrise d’œuvre ».

eota.eu
Ce site communique la liste des ATE en cours de validité.

europa.eu
Ce site regroupe de nombreux documents, notamment via :
I nando (http://ec.europa.eu/enterprise/newapproach/nando/)
• la liste des directives,
• la liste des normes harmonisées,
• la liste des guides ATE,
• la listes des Agréments Techniques Européen (ATE) sans guide,
• la liste des organismes notifiés,
• la listes des autorités nationales de notification,
I tris (http://ec.europa.eu/enterprise/tris/about/index_fr.htm)
• concernant la directive 98/34 CE : publications, textes juridiques, rapport au parlement européen.
I cen (www.cen.eu/cenorm/homepage.htm)
• site du Comité Européen de Normalisation (en anglais).
I cenelec (http://www.cenelec.be)
• site du Comité Européen de Normalisation Electrotechnique.
inies.fr
Les FDES (ou PEP pour les équipements électriques), recensées sur ce site, sont des outils basés sur des ACV

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


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1 Formations
ANNEXES 2 Bibliographie
3 Sites Internet
4 Index thèmes
5 Clause de mise en garde
79

3 SITES INTERNET

(Analyses de Cycle de Vie) des produits informant de la contribution de ceux-ci aux impacts environnementaux des
ouvrages et permettant de calculer la Qualité Environnementale des Bâtiments (QEB) qui fait l’objet des certifica-
tions environnementales d’ouvrages. De plus, les FDES/PEP servent également de base d’information pour les
Normes Européennes environnementales transversales en cours d’élaboration au titre de la Directive Produits de
Construction : Exigence Essentielle n°3 : Hygiène, Santé, Environnement.

SITES DES FÉDÉRATIONS PROFESSIONNELLES


DE LA MAÎTRISE D’OUVRAGE ET DE LA MAÎTRISE D’ŒUVRE

I L’Union sociale pour l’habitat (USH) : I SYNTEC INGENIERIE


http://www.union-habitat.org http://www.syntec-ingenierie.fr/fr/accueil
Présentation de l‘USH et des Fédérations, présentation Accueil, métiers de l’Ingénierie, l’Ingénierie et Syntec
des organismes d’Hlm, actualités, revues et commu- Ingénierie, formations et stages, actualités social et
niqués de presse, accès adhérents, lien élu et parte- juridique, événements, publications.
naire, bourse de l’emploi, formation, conseil, espace
pratique, congrès et salon H’Expo, liens Partenaires. I Chambre de l’Ingénierie et du Conseil de France
Mission Europe : (CICF)
http://www.union-habitat.org/europe http://www.cicf.fr
Fédérations, syndicats, régions, partenaires, organisa-
I Fédération des Entreprises Publiques Locales tions, social, formation, métiers, actualités, chiffres
(F. EPL) : clés, défense profession, adhésion, annuaire adhé-
http://www.lesepl.fr rents, chiffres utiles, forums, la lettre.
Présentation de la Fédération et du réseau, le mouve-
ment des EPL, l’actualité des EPL, le congrès des I Union Nationale des Economistes de la Construc-
EPL, le Centre de ressources, espace adhérent, espace tion (UNTEC)
élus développeurs, directeurs, managers, inscription http://www.untec.com/00_koama/visu_unte
mailing list. c/index.asp?sid=350
Présentation, le métier, la convention collective, les
I Fédération des Promoteurs Constructeurs (FPC) : dossiers, le droit des marchés, prescrire, se former,
http://www.fnpc.fr/actualite/actualite.asp adhérer, annuaire, annonces.
Edito, historique, activités, organisation, annuaire,
actualités, événements, les pyramides d’or, liens. I Confédération des Organismes indépendants tierce
partie de Prévention, de Contrôle et d’Inspection
I Union des Architectes (UNSFA) : (COPREC)
http://www.syndicat-architectes.com http://www.coprec.com
Présentation, politique, actions, profession, adhésion, Accueil, actualités, la COPREC (missions, organisation,
espace adhérents, réseau, actualités. membres France, chiffres clés, adhésion), la profes-
sion (tierce partie indépendante, vocation, métiers),
espace entreprises (références, formations), emploi.

Guide d’information 2009 - Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction I


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1 Formations
ANNEXES 2 Bibliographie
3 Sites Internet
4 Index thèmes
5 Clause de mise en garde
80

4 INDEX THÈMES

A H
I Agrément Technique Européen : 8, 9, 12, 20, 39, 72 I Harmonisation : 1, 5, 6, 12, 15, 29, 31, 36, 39
I Annexe nationale : 23 K
I Annexe ZA : 11, 18, 36, 53 I Keymark : 21, 54
I Appréciation Technique d’Expérimentation : 8, 9, 12, L
20, 51, 70 à 72 I Langage européen : 13, 15, 36, 42, 45
I Appréciation Technique Nationale : 50 I Libre échange : 12
I Aptitude à l’usage : 7, 16, 20, 39
I Libre circulation : 6
I Aptitude à l’emploi : 7, 16, 17, 20, 26
I Attestation de conformité : 46, 77
M
I Assurance décennale : 12, 14, 26, 66, 68 I Maîtrise d’ouvrage : 5, 6, 10, 13, 14, 22, 31, 58 à 60,
I Assurance Dommages-Ouvrage : 12, 14, 26, 66, 68 78
I Avis C2P : 8, 12, 20, 52, 56, 70, 77 I Maîtrise d’œuvre : 5, 6, 14, 22, 31, 61 à 64, 78
I Avis Technique : 8, 12, 20, 50, 70, 71, 72 I Mandat de normalisation : 31
I Marque de qualité : 5, 21, 51, 53
C
I Marquage CE : 7, 14, 18, 42, 47, 65, 72
I Cahier de prescription technique : 51
I Mise sur le marché : 15, 16, 29, 30, 45
I Certificat de conformité CE : 16, 18, 46, 47, 65
I Classe de performance : 36, 37, 38
N
I Certification : 5, 21, 44, 46, 51, 53, 74 I Nouvelle Approche : 7, 28, 36
I Contrôle technique : 65 I Normes : 8, 9, 10, 12, 17, 35, 36
I Corpus normatif : 1, 6, 8, 17, 61 P
I Cycle de vie : 15, 16, 34, 43 I Parasismique : 24, 62
D I Pass Innovation : 9, 12, 20, 52, 70, 72
I Déclaration de conformité CE : 40, 44, 46, 47 I Plan Europe : 1, 22
I Directive Produits de Construction : 1, 13, 18, 29, 42 I Produits de construction : 15, 20, 70
I Document Technique d’Application : 9, 12, 50, 71 R
I Document Technique Unifié : 8, 9, 12, 25, 56, 70, 71 I Reconnaissance mutuelle : 15, 20, 42
I Durée de vie : 15, 16, 33, 59 I Règlement européen : 7
E I Réglementation : 1, 5, 12, 15, 26, 28, 31, 32
I Eco label européen : 21 I Règles professionnelles : 8, 12, 25, 41, 71
I Enquête de Technique Nouvelle : 8, 9, 12, 21, 52, 70 I Responsabilités : 26, 44, 65, 66
I Euro agrément : 8, 9, 12, 20 S
I Euroclasses : 37, 38, 42, 74 I Seuil de performance : 37
I Eurocodes : 1, 8, 9, 22, 58, 60 I Spécifications techniques : 11, 16, 37, 38, 44
I Equivalence : 12, 14, 42, 54, 76 I Subsidiarité : 15
I Etiquette de marquage CE : 14, 18, 19 T
I Evaluation technique : 8, 20, 50, 70 I Technique courante – non courante : 12, 71, 72
I Exigences Essentielles : 7, 16, 32, 36, 40, 42, 43, 70 I Technique traditionnelle – non traditionnelle : 71,
G 72
I Guide Agrément Technique Européen (ETAG) : 40
I Guide d’application : 22
I Guide technique spécialisé : 51

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


Couv monte?e-BAT-13102009:couv guide MOU-MOE BAT montée 13/10/09 16:38 Page 2

Signification 1 Formations
SIGLES des principales ANNEXES 2 Bibliographie
abréviations et 3 Sites Internet
terminologies 4 Index thèmes
5 Clause de mise en garde
81

ABRÉVIATIONS ET TERMINOLOGIES 5 CLAUSE DE MISE EN GARDE

I AELE Association Européenne de Libre I DPC Directive Produits de Construction


Echange I DNA Directive Nouvelle Approche
I AFNOR Association Française de Normalisation I DTA Document Technique d’Application
I AIMCC Association des Industries de I DTU Document Technique Unifié
Produits de Construction I EE Exigences Essentielles
I AN Annexe Nationale I EN Norme Européenne
I AQC Agence Qualité Construction I ENV Pré-norme Européenne (ayant disparu)
I ATE Agrément Technique Européen I Eurocode Norme Européenne de conception
I ATec Avis Technique et calcul
I ATEx Appréciation Technique d’Expérimen- I EOTA Organisation Européenne pour les
tation Agréments Techniques Le présent guide tend à présenter de manière synthétique les mécanismes
I ATN Appréciation Technique Nationale I ETA Agrément Technique Européen
I ATV Appréciation Technique Volontaire I ETAG Guide d’Agrément Technique Européen essentiels de l’harmonisation des règles en matière de produits de construc-
I BET Bureau d’Etudes Techniques I ERP Etablissement Recevant du Public tion et leurs impacts sur la construction.
I BNBA Bureau de Normalisation du Bois et I ETE Evaluation Technique Européenne
de l’Ameublement (nouvelle dénomination probable de
I BNCM Bureau de Normalisation de l’Agrément Technique Européen) Il adopte une vision pédagogique et tend à présenter de manière simplifiée
la Construction Métallique I ETN Enquête de Technique Nouvelle
I BNTB Bureau de Normalisation des I FDES Fiche de Déclarations Environnemen- des mécanismes techniques complexes combinant des règles nationales et
Techniques du Bâtiment tales et Sanitaires européennes d’une part et des règles issues de la pratique d’autre part.
I BNTEC Bureau de Normalisation des Techniques I F.EPL Fédération des Entreprises Publiques
et Equipements de la Construction du Locales
Bâtiment I FD Fascicule de Documentation Au regard de l’importance des questions liées à la qualité des produits de
I CAPEB Confédération de l’Artisanat et I FFB Fédération Française du Bâtiment construction dont il est fait état dans le présent guide, il convient, pour toute
des Petites Entreprises du Bâtiment I FFSA Fédération Française des Sociétés
I CCAG Cahier des Clauses Administratives d’Assurances question relative à la normalisation et à l’impact des règles européennes
Générales I FPC Fédération des Promoteurs sur les opérations de construction, de prendre un conseil juridique.
I CCS Cahier des Clauses administratives Constructeurs
Spéciales types I hEN Norme Européenne harmonisée Seule l’étude précise des données du projet envisagé permet en effet
I CCT Cahier des Clauses Techniques I HTC Habitat et Territoires Conseil d’adopter un comportement adapté et respectueux de la réglementation
I CCTG Cahier des Clauses Techniques I ID Document Interprétatif
Générales I ISO Organisation Internationale de applicable.
I CCTP Cahier des Clauses Techniques Normalisation
Particulières I JOUE Journal Officiel de l'Union Européenne
I Keymark
Les auteurs du présent guide déclinent donc toute responsabilité sur les
I CE Commission Européenne Marque de certification européenne,
I CEE Communauté Economique Européenne propriété du CEN/CENELEC conséquences dommageables que pourrait avoir son utilisation à fin de réa-
I CEN Comité Européen de Normalisation I NB Organisme Notifié lisation d’un projet concret de conception et/ou production de produits de
I CEN/TR Rapport Technique du CEN I NBN Bureau de Normalisation
I CEN/TS Spécification Technique du CEN I NF Norme Française construction comme de conception et réalisation d’un ouvrage immobilier.
I CENELEC Comité Européen de Normalisation I NXP Normes Expérimentales
Electrotechnique I PEP Profil Environnemental Produit (équipe-
I CGM Critères Généraux de choix des ments électriques)
Matériaux I RPOPC Répertoire Permanent
I CGNorBat Commission Générale de Normalisation Ouvrages-Produits de Construction
du Bâtiment I QEB Qualité Environnementale du Bâtiment
I CICF Chambre de l’Ingénierie et du Conseil I SEM Société d’Economie Mixte
de France I SYNTEC Syndicat des professions de l’Ingénierie
I COPREC Confédération des Organismes indépen- Ingénierie
dants tierce partie de Prévention, I UE Union Européenne
de Contrôle et d’Inspection I UNSFA Union Nationale des Syndicats Français
I CPC Comité Permanent de la Construction d’Architectes
I CSTB Centre Scientifique et Technique du I UNTEC Union Nationale des Economistes de la
Bâtiment Construction © Tous droits réservés
I C2P Commission Prévention Produits de l’AQC I USH L’Union sociale pour l’habitat reproduction, même partielle,
interdite sans autorisation préalable.
Octobre 2009

I Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction - Guide d’information 2009


Couv monte?e-BAT-13102009:couv guide MOU-MOE BAT montée 13/10/09 16:38 Page 1

Impacts
de l’harmonisation
européenne
sur la construction

Impacts de l’harmonisation européenne sur la construction


Impacts
de l’ harmonisation
européenne
sur la construction
Pour toute information complémentaire et pour le téléchargement de ce guide :
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