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Chapitre 

: II

Classification Des Sols Gonflants


CLASSIFICATION DES SOLS
Chapitre II GONFLANTS

II.1. Introduction 

L’identification des sols gonflants est généralement abordée à partir des paramètres
physicochimiques facilement mesurables lors des essais préliminaires. Or, cette identification se
trouve compliquée par l’existence de plusieurs approches qui ne se basent ni sur les mêmes
paramètres ni sur le même nombre. Si pourquoi dans ce chapitre on a essayé de prendre quelques
approches qu’on base sur, avec prend en considération qu’il existe d’autres.

II.2.Paramètres de gonflement 

Les phénomènes physicochimiques et les mécanismes intervenant à différentes échelles


(auxquels s’ajoutent d’éventuelles modifications de la structure du terrain pendent le gonflement)
rendent très difficile la caractérisation des paramètres hydromécaniques des sols gonflements.

Devant cette complexité, une approche macroscopique parait plus adaptée en géotechnique.
Elle distingue trois notions : la pression de gonflement, le potentiel de gonflement et l’indice de
gonflement. Ces notions ne sont pas considérées comme des caractéristiques intrinsèques du
matériau gonflant et ne peuvent pas recevoir des définitions objectives, car elles dépendent des
conditions dans lesquelles se déroule le gonflement. Elles sont néanmoins très largement utilisées et
ont largement influé sur les procédures d’essais en laboratoire.

II.2.1 Pression de gonflement


L’analyse des modes opératoires de nombreux essais de gonflement à l’oedomètre traditionnel
pratiqué à travers le monde montre qu’il n’existe aucune définition couramment admise de la
pression de gonflement. Il existe en effet un grand nombre de définitions possibles pour la pression
de gonflement (Agarwal, 1969). Cité par [6], déterminées expérimentalement dont quatre sont très
connus dans le monde.

Première définition : C’est la pression qui doit être appliquée à un sol pour empêcher toute
variation de volume lorsque ce sol est mis en contact avec l’eau.

Seconde définition : c’est la pression nécessaire pour ramener le sol à son volume initial après qu’il
ait complètement gonflé.

Troisième définition : c’est la pression qui doit être appliquée à un sol pour que ni gonflement ni
compression ne prendre place lorsque l’échantillon chargé est inondé.

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Quatrième définition : c’est la pression nécessaire pour maintenir le volume initial de


l’échantillon constant lorsque le sol est inondé à son état déchargé.

II.2.2 Le potentiel de gonflement 


Le gonflement libre d’un élément de sol ou de roche, dont l’état physique initial est connu, est
la déformation maximale que provoque l’imbibition de cet élément soumis à un état de contraintes
nulles ou quasi-nulles, cité par [7].

II.2.3 L'indice de gonflement 

Traduis l’importance de la déformation de gonflement induit par un déchargement par rapport


à un état de contraintes donné. La déformation de gonflement est obtenue au bout d’un temps infini,
déduction faite des déformations instantanées dues aux variations de charge, cité par [7].

En principe, ces trois phénomènes sont mesurés sur des éprouvettes en compression isotrope
ou oedométrique. Contrairement à la pression de gonflement et au potentiel de gonflement obtenus
à la saturation du sol, l’indice de gonflement est issu d’un déchargement mécanique.

II.3 Mesure de gonflement 

II.3.1 Méthode indirecte

II.3.1.1 Estimation indirecte des paramètres de gonflement 


Les essais de gonflement sont généralement lents et couteux, alors que, lors des études
d’avant projets, des valeurs sommaires de la pression ou de l’amplitude de gonflement sont
suffisantes. C’est pour cette raison que des corrélations sont proposées dans la littérature et qu’elles
permettent d’estimer la pression et l’amplitude de gonflement (Derriche et Kebaili, 1998 ;
Bekkouche et al., 2000).

II.3.1.1.1 Première méthode

 Mesure de la pression de gonflement 

Tableau II.1 : Modèles proposés pour la pression de gonflement cité par [8]

N° Expressions mathématiques Domaine de Validité


1 lg Pg = 0,01 Ip + 1,26 γ d – 0,008wn – 0,1 M – 2,179 0 à 6 bars
2 lg Pg = - 0,01 wn Ip + 0,024 wL + 0,1 M – 0,713 0 à 4 bars
3 lg Pg = 0,006 Ip + 1,21 γ d – 0,013 wR + 0,11 M – 1,97 0 à 6 bars

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Dans les relations ci-dessus, A, C, Z, w n, wR, wL, γ d, IP et Tca représentent respectivement


l’activité, la teneur en argile (en %), la profondeur (en m), la teneur en eau naturelle (en %), la
limite de retrait, la limite de liquidité, le poids volumique sec (en kN/m3), l’indice de plasticité et la
teneur en carbonate de calcium (en %). Le paramètre M est un facteur qui caractérise le poids de la
procédure utilisée pour mesurer le paramètre en question. Ce paramètre est égal à 1 pour la
procédure du gonflement libre, à 2 pour la procédure du gonflement à volume constant (DTU 11.1),
à 3 pour la procédure du gonflement sous contrainte constante (AFNOR), à 4 pour la procédure du
gonflement à volume constant (LCPC) et à 5 pour la procédure avec variation de volume (LCPC).

Pour la pression de gonflement, les modèles proposés semblent être représentatifs puisque les
valeurs obtenues sont assez voisines de celles mesurées directement. Ils peuvent donc servir pour
obtenir des valeurs approchées de la pression de gonflement sur des sites dont les propriétés
physiques sont comparables.

Pour l’amplitude du gonflement, les résultats des modèles restent discutables à cause des
écarts constatés entre les mesures directes et les calculs. Ces écarts peuvent avoir comme origine le
type de chargement (soit le piston seul, soit le piston et le poids des terres).

 Mesure de l’Amplitude (potentiel) de gonflement

Tableau II.2 : Modèles proposés pour l’amplitude de gonflement cité par [8]

N° Expressions mathématiques Domaine de Validité


1 log ε g = - 0,008 Z + 0,27 A - 0,02 Tca + 0016 Sr – 0,16 0 à 12%
2 logε g = - 0,1 Z + 1,06 A + 0,22 γ d - 0,04 wn + 0,82 0 à 15%

II.3.1.1.2 Deuxième méthode

 Mesure de la pression de gonflement 

A partir d'une étude statistique sur 200 échantillons, David et Komornik [9], ont déduit une
relation qui permet d'estimer la pression de gonflement:

Log (Pg) = 2,08 wr + 0,006688 γ d - 2,69 w + 0,132

٠La pression de gonflement Pg est donnée en kPa.

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٠La limite de liquidité wL et la teneur en eau naturelle w sont en chiffre décimal tandis que le
poids volumique sec γ d est en kn/m3.

En se basant sur les résultats de 270 essais de gonflement réalisés sur divers sols,
Vijayvergiya et Ghazzaly [9], ont proposé deux modèles qui permettent d'obtenir la pression de
gonflement.

1
Log Pg = 12 (0,4 γd - w + 23.6)
¿
¿

1
Log Pg= ¿ 19, 5 (6,24 wL – 0,65 w - 100)
¿
¿

Dans ces models:

٠La pression de gonflement Pg est donnée en kPa.

٠Le poids volumique sec est en kN/m 3.

٠La limite de liquidité WL et la teneur en eau naturelle W sont en chiffre décimal.

 Mesure de l’Amplitude (potentiel) de gonflement

Pour l'amplitude de gonflement, les modèles donnent généralement le gonflement libre. Pour
des sols contenant entre 8 et 65 % d'argile, Seed et al. [9], proposent une relation entre le taux de
gonflement Cg et l'indice de plasticité Ip. Le taux de gonflement est défini comme étant le
pourcentage de gonflement d'un échantillon d'argile compacté à l'optimum Proctor et soumis à une
charge de 7 kPa. Ce taux de gonflement est donné par la relation suivante :

ε g = 10-5. IP 2,24

Le modèle proposé par O'Neil et Ghazzaly s'écrit:

ε g = 2.77+0.113 wL -0.27 w

Tandis que le modèle proposé par Johnson et Snethen s'écrit:

Log ε g = 0.36wL - 0.0833w + 0.458


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Dans les relations précédentes :

٠Cg est le gonflement libre en pour cent

٠WL et W s'expriment en chiffre décimal pour la première relation et en pour cent pour la seconde.

Sur la base de 270 essais de gonflement, Vijayvergiya et Ghazzaly [9], ont établi les
corrélations suivantes:

1
log ε g = 12 ¿ (0.4wL- w + 5.5)
¿

1
Log g = ¿ 19, 5 ¿ (6.242γ d +0.65w, -130.5)
ε
¿

Où : ٠ γ d est en kN/m3.

٠ ε en pour cent.

٠ WL et w sont en chiffre décimal pour la première relation et en pour cent pour la seconde.

Remarque :

Snethen qui a évalué le potentiel de gonflement in situ pour 20 types de sols de différents sites
des USA et étudié 17 différentes techniques d'identification au laboratoire, conclut que les relations
les plus représentatives du potentiel de gonflement se basent sur les limites de liquidité et de
plasticité .

D'après Seed et al, [9], le potentiel de gonflement très élevé correspond à un gonflement libre
supérieur à 25 %, un potentiel élevé à un gonflement compris entre 5 et 25 %, un potentiel moyen à
un gonflement compris entre 1.5 et 5 % et un potentiel faible à un gonflement inférieur à 1,5%. Il
est important de souligner que ces relations et classifications sont essentiellement déterminées à
partir de sols reconstitués. Le potentiel de gonflement ainsi déterminé ne tient pas compte de la

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macrostructure, de la fissuration, de l'état de contraintes et des conditions de succion en nature, qui


ont une influence importante sur le comportement in situ du sol.

II.3.2 Méthodes directes de mesure du gonflement 

II.3.2.1 Pression de gonflement 


Il existe un grand nombre de procédures d’essais de gonflement, les principaux essais sont :
essais de gonflement en parallèle, la méthode de gonflement a volume constant, essai Huder-
Amberg mais on a basé sur l’essai de gonflement libre.

II.3.2.1.1 La méthode du gonflement libre 


L’essai de gonflement libre est issu directement des procédures traditionnelles de l’essai
œdométrique. Après montage dans la bague œdométrique, l’éprouvette est soumise à l’imbibition
sous le poids du piston. Une fois le phénomène de gonflement stabilisé, le chargement s’effectue
par paliers selon un taux de chargement approprié jusqu’à stabilisation des déformations sous
chaque palier. La pression de gonflement correspond à la charge qu’il est nécessaire d’appliquer
pour ramener l’éprouvette à sa hauteur initiale.

Dans le cas des sols moyennement à fortement gonflants, l’essai de gonflement libre peut
entrainer une modification de structure pendant le gonflement avant le retour à une déformation
nulle. C’est pourquoi il a tendance à surestimer la pression de gonflement.

II.3.2.2 Le potentiel de gonflement 


Le potentiel de gonflement est la différence entre le volume final après gonflement et le
volume initial avant gonflement exprimé en pourcentage par rapport au volume initial d’un
échantillon de sol testé.

G% = (Vf – Vi) /Vi x 100

Dans le cas du gonflement unidimensionnel, le gonflement du sol est égal à la variation de


l’épaisseur de l’échantillon.

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Le potentiel de gonflement, qu’on appelle aussi le gonflement libre, est le gonflement relatif
d’un échantillon de sol inondé et autorisé à gonfler librement sous une charge très faible (0,016
bars).

II.4. Classification des sols gonflants 

Les méthodes de classification des sols gonflants sont souvent des méthodes indirectes car
elles recourent rarement à l’analyse minéralogique ou à des essais mécaniques. Elles consistent à
établir une corrélation entre le taux de gonflement ou la pression de gonflement et quelques
paramètres géotechniques comme les limites d’Atterberg, la limite de retrait, la teneur en eau et la
densité sèche, qui semblent être les facteurs les plus influents sur le gonflement des argiles. Ainsi,
après avoir déterminé les paramètres géotechniques du sol, l’emploi de formules empiriques permet
de connaitre rapidement le potentiel de gonflement de ce sol, c’est-à-dire d’estimer ou de quantifier
le gonflement et (ou) la pression de gonflement qui peuvent se développer en cas de variations des
conditions hydriques et (ou) mécaniques et de juger ainsi si le phénomène est à prendre en compte
ou pas.

II.4.1 Limites d’Atterberg 


L'analyse microscopique a illustré un premier mécanisme physicochimique d'interaction eau-
minéral argileux, qui est celle des molécules d'hydratation des cations échangeables, attirés
électriquement par le déficit de charge des feuillets argileux (lui-même dû, entre autres, à certaines
substitutions isomorphes). Ce mécanisme met en évidence l'importance des sels dissous dans l'eau
interstitielle.

Sur un plan macroscopique, ce phénomène est à rapprocher de la notion des limites


d'Atterberg.

Ainsi, l'indice de plasticité IP = wL - wP peut s'interpréter comme la quantité d'eau nécessaire


pour faire passer un sol de l'état “solide” (w < w p) à l'état “ liquide ” (w > w L). Plus le sol
possède de minéraux actifs dans leur interaction avec l'eau, plus il sera nécessaire d'ajouter de l'eau
au sol pour qu'il devienne liquide ; sachant qu'une grande partie de cette eau sera adsorbée par les

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particules, il ne restera donc pas à l'état liquide et ne confèrera pas au matériau un état liquide mais
pâteux, correspondant à la phase plastique. Quand toute la capacité d'adsorption du sol sera saturée,
alors l'eau en excès restera à l'état libre c'est-à-dire liquide. Ceci rejoint la définition de l'activité de

Ip
Skempton AC = qui rapporte l'indice de plasticité du matériau à sa teneur en particules
C2
argileuses (notée ici C2, teneur en particules de dimensions inférieures à 2 μm), la seule
interagissant avec l'eau.

Cette définition de l'indice de plasticité montre également que I P est un paramètre important
dans les propriétés de rétention d'eau du terrain et donc de gonflement. C'est la raison pour laquelle
un certain nombre de corrélations ont rapidement été recherchées entre les limites d'Atterberg et les
propriétés de gonflement des sols.

II.4.1.1 Classification de Holtz et Gibbs


Holtz et Gibbs (1956) ont utilisé l’indice de plasticité pour classer les sols suivants leurs taux
de gonflement. Ils ont distingué quatre groupes de sols, comme le montre le tableau Tableau II-3

Tableau II-3 : Classification des taux de gonflement des sols en fonction de l’indice de plasticité Ip., (Sridharan,
2000) cité par [7].
Ιp Taux de
gonflement
Holz et Gibbs Chen IS 1498
<20 0-15 <12 Faible
12-34 10-35 12-23 Moyen
23-45 20-55 23-32 Élevé
> 32 >35 > 32 Très élevé

II.4.1.2 Classification de Seed et al, 1962 


Seed et al. (1962) [5], ont proposé une méthode d’estimation du taux de gonflement des sols
compactés en se référant à la teneur en argile du sol et plus exactement à l’activité du matériau
(figure II.1).

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Figure II.1: Diagramme de classification du taux de gonflement en fonction de l’activité


et de la teneur en particules argileuses (Seed et al., 1962) cité par [5].

Ils ont réalisé des essais de gonflement sur des échantillons confinés latéralement en présence
d’eau sous une surcharge de 7 KPa. Ces éprouvettes étaient au préalable compactées à la teneur en
eau optimale et à la densité sèche maximale de l’essai de compactage AASHO (norme américaine).
Ils ont réussi, par analyse statistique des résultats des essais, à corréler le taux de gonflement εg à
l’indice de plasticité IP du sol, conformément à l’expression suivante:

εg =21,6.10−5(Ip) 2.44

Cette relation s’applique seulement aux sols contenant entre 8% et 65% d’argile. La
comparaison de cette formule avec les résultats expérimentaux a abouti à une fourchette d’erreur
d’environ 33% sur le taux de gonflement. Le tableau II-4 donne la relation entre le taux de
gonflement et l’indice de plasticité. [5].

Tableau II.4 : Relation entre le taux de gonflement et l’indice de plasticité (Seed et al.1962) [5].
IP εg (%) Taux de gonflement
0 – 10 0 - 1,5 Faible
II.4.1.3 10 – 20 1,5 – 5 Moyen
20 – 35 5 – 25 Élevé
> 35 > 25 Très élevé

Classification de Vijayvergiya et Ghazzaly 

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Komornik et David (1969) [5], ont utilisé la ligne “A”, définie par Casagrande dans le
diagramme de plasticité et d’équation IP=0,73(wL−20), pour classer les sols en sols gonflants et sols
non gonflants (figure II-2). Vijayvergiya et Ghazzaly (1973) [5], ont réalisé des essais de
gonflement oedométriques supplémentaires pour valider cette méthode de classification.

Toutefois, une argile se situant au dessus de la ligne “A” n’est pas nécessairement gonflante,
puisque des sols mous peuvent parfois y être placés.

WL
Taux de
gonflement
Chen IS 1498

<30 20-35 Faible

30-40 35-50 Moyen

40<60 50-70 Élevé

>60 70-90 Très élevé

Figure II.2: Caractérisation des sols gonflants [5]


II.4.1.4 Classification de Dakshanamurthy et Raman 
Dakshanamurthy et Raman (1973) se sont aussi inspirés du diagramme de plasticité proposé
par Casagrande (1948) pour fournir une classification du potentiel de gonflement. Le diagramme,
qui comprend la ligne A de séparation des sols gonflants, est divisé en 6 zones le long de l’axe des
abscisses comme indiqué dans le tableau II-5. 

Tableau II.5 : Classification proposée par Dakshanamurthy et Raman (1973) cité par [5].

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II.4.1.5 Classification de Holtz et al

Tableau II.6 : Classification de Potentiel de gonflement d’après Holtz et al. (1973)

Wr (%) WL (%) IP (%) Potentiel de gonflement

7 à 12 50 à 70 25 à 35 fort

10 à 15 35 à 50 15 à 25 moyen

> 15 20 à 35 < 18 faible

II.4.1.6 Classification de Chen


Chen (1975) a proposé d’utiliser la limite de liquidité w L pour quantifier le potentiel de
gonflement des argiles. Cette méthode de classification des sols est comparée à la méthode de
classification indienne 1498 dans le tableau II.7.

Tableau II.7 : Classification des taux de gonflement des sols en utilisant WL cité par [7].

Limite de liquidité WL Classification

0 – 20 non gonflant

20 – 35 gonflement faible

35 – 50 gonflement moyen

50 – 70 gonflement élevé

70 – 90 gonflement très élevé

> 90 gonflement critique

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II.4.1.7 Classification de Chassagneux et al

Tableau II.8 : Classification de Sensibilité de retrait-gonflement d’après Chassagneux et al. (1995)

VBS Cg Ip (%) Sensibilité


< 2,5 < 0,025 < 12 Faible
2,5 à 6 0,025 à 0,05 12 à 25 Moyenne
6à8 0,05 à 0,09 25 à 40 Forte
>8 ≥ 0,09 ≥ 40 Très forte

II.4.1.8 Abaque de classification de Williams et Donaldson 


Williams et Donaldson (1980) ont développé un abaque (figure II.3) à partir des travaux de
Van der Merwe (1964) sur des sols sud-africains. L’application de cet abaque à des sols de
différents pays a permis de montrer son intérêt : sols australiens (Arnold, 1984), sols jordaniens
(Driscoll et al., 1984), sols grecs (Stamatopoulos et al., 1988 ; USACE, 1983).

Figure II-3 : Abaque de Williams et Donaldson (1980) avec estimation du potentiel de gonflement (EP) cité par
[7].
II.4.2 Limite et l’indice de retrait 

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Les sols argileux présentent un retrait volumique lors de l’évaporation de l’eau interstitielle.
Le retrait volumique évolue de manière linéaire en fonction de la teneur en eau w jusqu’à une
teneur en eau Wr définie comme la limite de retrait. En dessous de cette limite Wr, le sol perd de
l’eau sans grande variation de volume. La limite de retrait et l’indice de retrait trait Ir = Wl−Ws
apparaissent donc comme des éléments fondamentaux pour l’étude des variations de volume des
sols.

II.4.2.1 Classification d’Altemeyer 


Altemeyer (1955) a proposé la classification des sols en fonction de la limite de retrait
résumée dans le tableau II.9.

Tableau II.9 : Relation entre taux de gonflement et limite de retrait (Altemeyer, 1955) cité par [7].

Wr Taux de gonflement

< 10 Fort

10 – 12 Critique

> 12 Faible

II.4.2.2 Ranganatham et Satyanarayana (1965) 


Ont déterminé une relation entre l’indice de retrait Is et le gonflement libre εg pour des
naturels compactés à l’optimum Proctor et sous une surcharge de 7 kPa en s’inspirant des travaux
réalisés par Seed et al. (1962).

εg = 41,1.10-5 (Is) 2,67

Cette relation leur a permis de classer le potentiel de gonflement d’un sol en fonction de son
indice de retrait (tableau II.10).

Tableau II.10 : Relation entre potentiel de gonflement et indice de retrait (Ranganatham et Satyanarayana,
1965) cité par [7].

Ir Potentiel de gonflement
0-20 Faible
20-30 Moyen

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30-60 Fort
> 60 Très fort

II.4.2.3  Classification de sensibilité d’une argile au retrait-gonflement para pour Retrait


linéaire (Rl)

Tableau II.11 : Sensibilité d’une argile au retrait-gonflement d’après Mastchenko (2001)

Rl Sensibilité

< 0,4 Faible


0,4 à 0,65 Moyenne
0,65 à 0,75 Forte
> 0,75 Très forte

II.5 Facteurs Affectant le gonflement 

Les résultats de nombreuses études ont montré que l’amplitude du gonflement dépend de deux
types de facteurs :

- les facteurs intrinsèques

- les facteurs externes.

II.5.1 Facteurs intrinsèques 

II.5.1.1 Influence compositions minéralogiques 


Ce facteur est très important pour déterminer le gonflement d’un sol. Les propriétés
gonflantes du matériau seront d’autant plus marquées que le pourcentage d’éléments argileux est

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Chapitre II GONFLANTS

grand .C’est ainsi que pour une même nature d’ions, les montmorillonites gonfleront plus que les
kaolinites.

Plus les substitutions sont proches de la surface du feuillet, plus les interactions avec les
cations compensateurs sont fortes. C’est notamment le cas du mica, dont les substitutions sont
situées dans la couche tétraédrique et qui présente une très faible aptitude au gonflement en milieu
aqueux, donc à l’échange cationique.

Pour la montmorillonite, les substitutions sont situées dans la couche octaédrique, les
interactions avec les ions compensateurs sont atténuées par la couche tétraédrique, ce qui permet le
gonflement des feuillets en milieu aqueux, et donc l’échange cationique.

II.5.1.2 Influence du type de cations compensateur 


Le type de cation qui doit être substitué a aussi une importance sur le taux d’ions échangés.
Plus le cation est gros et peu hydraté, plus il crée une attraction forte entre les feuillets. C’est ainsi
que les feuillets de montmorillonites comportant des ions K+, Rb+, NH+4, et Cs+ sont collapses en
milieu aqueux, alors que ceux compensés par des ions Na+, Li+, Ca+2 et Mg+2 se dissocient
facilement.

La taille de l’ion substituant va également avoir un rôle sur la capacité d’échange, car plus cet
ion est volumineux, plus il va perturber les couches d’hydratation, et ce désordre va faciliter
l’échange.

II.5.1.3 Influence de la Capacité d’échange en cations (CEC) 


La capacité d’échange cationique a évidemment un rôle important, car plus les feuillets
possèdent des sites compensables, plus ils peuvent adsorber des ions. Cependant, lorsque la densité
de sites est trop élevée, comme dans le cas de la vermiculite, les feuillets sont liés par de trop fortes
interactions pour pouvoir être gonflés, et donc pour être échangés.

La capacité d’échange cationique est une quantité qui se mesure par saturation de l’argile par
un premier type de cations, ensuite on la met en présence d’autres cations qui vont prendre la place
des premiers. Selon le nombre des cations récupérés, on estime la valeur de CEC qui s’exprime en
mille équivalents pas 100 g. d’argile (meq/100 g. d’argile).

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Chapitre II GONFLANTS

Cette aptitude des argiles à libérer leurs cations dépend de la valence et la masse atomique du
cation présent dans la solution, selon l’ordre croissant suivant :

Li+ < Na+ < k+ < H+ < Mg+ < Ca++ < Al+++

Exemple :

Na argile + CaCl2 → Ca argile + NaCl

Les surfaces des particules d’argiles sont chargées négativement, afin d’équilibrer la charge
négative, les particules d’argiles attirent les ions positifs contenus dans les solutions de sel.

Ces ions sont considérés comme des ions interchangeables. Le tableau II.12 représente le
CEC de quelques argiles connues:

Tableau II.12: Capacité d’échange des cations de quelques argiles cité par [9].

Argiles CEC meq/100g


Montmorillonite Ca2+ 80
Montmorillonite Na2+ 150
Illite 30-40
Kaolinite 3-15

II.5.1.4 Influence Surface spécifique 


Les particules d’argiles, présentent des surfaces spécifiques très importantes et peuvent de ce
faite attirer un grand nombre de molécules et d’ions ; et exercer ainsi entre eux, d’importantes
forces d’interactions. Ces forces, influent amplement sur le comportement mécanique de ces argiles.

L’augmentation de la surface spécifique entraine la diminution de la densité en charge, et par


conséquent favorise le gonflement. Les argiles dont les particules ont des surfaces spécifiques
grandes sont très gonflantes. La surface spécifique s’exprime en m2/g.

Tableau II.13 : Surfaces spécifiques de quelques minéraux argileux cité par [9].

Argiles Surface spécifique totale (m2/g)


Montmorillonite 300-800
Illite 80
Kaolinite 15
Éléments non argileux 1-3

II.5.1.5 Influence la quantité de minéraux non argileux

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Chapitre II GONFLANTS

Deux sols formés des mêmes argiles gonflantes et ayant les mêmes densités et teneur en eau,
mais différents par la quantité des matériaux non gonflants contenus dans les sols, ont des
caractéristiques de gonflement très différentes.

II.5.2. Facteurs externes 
D’autres paramètres indépendants de la structure des argiles et de la composition chimique de
la solution hydratante peuvent avoir une influence importante sur le gonflement, on cite en
particulier:

II.5.2.1Conditions de compactage (statique ou dynamique) 


Pour les essais de gonflement réalisés sur des échantillons reconstitués au laboratoire, l’étude
de l’influence du mode de compactage a été abordée par certains chercheurs (Guiras – Skandaji.H)
[9]. Les différentes méthodes de compactage aboutissent à des structures différentes de
l’échantillon, ce qui peut influencer le résultat du gonflement.

Edil et Alanazi [9], constatent qu’il n’y a pas un consensus sur le type de structure obtenue
par les différentes méthodes de compactage. Seed et al, affirment que le compactage statique donne
une structure plus floculante que le compactage par malaxage et ceci à teneur en eau initiale et
densité sèche initiale égale.

Dans ce cas, l’échantillon compacté statiquement aboutit à un gonflement plus fort.

Alors que perches et Lu. (1965) cités par Edil et Alanazi, et Seed et Chen ; (1961) [9],
affirment que le compactage statique donne une structure orientée en parallèle beaucoup plus
marquée que le compactage par malaxage et aboutit donc à un gonflement plus important.

Hachichi et Fleureau (1999) [9]; ont observé un gonflement final plus faible pour des
échantillons reconstitués par compactage statique que pour des échantillons intacts.

II.5.2.2 Influence de l’énergie de compactage 


A. Sridharan, Y. Gurtug, 2004 [9]; ont étudié l’influencé par l’énergie de compactage, ils ont
fait avec de la Kaolinite et l’argile de montmorillonite fortement en plastique. Ils ont trouvé l’effet
de cette énergie sur le taux et la pression de gonflement (tableau II-11).

Le tableau suivant récapitule les résultats les essais effectués pour voir l’effet de cette énergie
sur le taux et la pression de gonflement.

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CLASSIFICATION DES SOLS
Chapitre II GONFLANTS

Énergie compactage
Standard Proctor, SP Proctor modifié réduit, RMP Proctor modifié, MP

Sol Pression de Pression de Pression de


% % %
gonflement gonflement gonflement
gonflement gonflement gonflement
(kPa) (kPa) (kPa)

Kaolinite
Degimenlik 0,26 8,5 2,96 135,7 4,19 126,7
Akademiz 0,84 115,0 4,18 175,0 9,34 430,0
Tuzla 3,61 184,2 10,48 466,7 15,26 866,7
montmorillonite 5,63 150,0 14,27 650,0 24,32 1900,0
10,73 466,7 19,86 1000,0 27,49 5000,0

Tableau II.14 : taux de gonflement et la pression de gonflement pour plusieurs type du sol à différentes énergies
de compactage. (A. Sridharan, Y. Gurtug, 2004) cité par [9].

II-5-2-3. Influence de la teneur en eau initiale :


Lorsque les argiles ne sont pas saturées, par suite d’une dessiccation, les forces d’attraction
dues aux charges électriques, les forces dérivant de l’énergie d’hydratation des cations échangeables
et les forces capillaires ont la primauté. Succinctement, plus le matériau argileux est sec, plus il a
tendance à gonfler par saturation.

Pareillement, la pression de gonflement diminue avec l’augmentation de la teneur en eau


initiale et cela a été vérifié sur des essais de gonflement empêché effectués sur des marnes.

Bardent et Al (1969) [9], pensent que la teneur en eau initiale détermine la structure initiale
du sol par conséquent des échantillons à la même teneur en eau initiale aboutissent à la même
variation de volume indépendamment du chemin de contrainte suivi, alors qu’une différence de 0,5
à 1 % donne des variations de volume différentes pour le même chemin de contraintes.

Karalis (1977) [9], montre qu’il y a une variation presque linéaire du taux de gonflement en
fonction de la teneur en eau.

Edil et Alnazi (1992) [9], trouvent que la teneur en eau initiale des échantillons compactés à la
même densité sèche a une influence considérable sur les caractéristiques du gonflement (figure II-4)
le gonflement latéral et vertical augmente lorsque la teneur en eau initiale diminue.

Les essais réalisés par Al-Mukhtar et al, sur l’argile (Laponite) [9], à différentes humidités
initiales montrent que la pression de gonflement est invariable avec le degré d’humidité initial
tandis que le gonflement augmente avec la diminution de ce degré.

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CLASSIFICATION DES SOLS
Chapitre II GONFLANTS

Figure II-4 : Effet de la teneur en eau initiale sur le comportement du gonflement avec la
technique du gonflement libre (Edil et Alnazi) cité par [9].

Gonflement %

Figure II-5 : potentiel de gonflement en fonction de la teneur en eau initiale Alonso et al, cité par [9].

Des résultats observés par Alonso et al montrent que le gonflement pour différentes teneurs en
eau initiales suit une loi linéaire (figure II-5), La nature de cette relation autorise la définition d’une
teneur en eau critique (égale à 22 %) qui donnerait lieu à un gonflement apparent nul. Pour ce cas
critique, la variation de la teneur en eau volumique fournirait une mesure de gonflement qui se
produit dans les pores.

Des résultats établis par A.F. Abouleid (1982) Hachichi et Fleureau (1999) ont établi qu’en
fait la teneur en eau exerce un effet négligeable sur la pression du gonflement tant qu’elle est
inférieure à la limite du retrait du sol. Pour des teneurs en eau au-delà de la limite de retrait l’effet
devient marqué. (Figure II-6).

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CLASSIFICATION DES SOLS
Chapitre II GONFLANTS

Figure II-6 : Variation de la pression de gonflement en fonction de teneur en eau initiale

(Abouleid) cité par [9].


Sturatman a aussi effectué des essais sur la montmorillonite, l’illite, et la kaolinite et il a
trouvé que tant que la teneur en eau diminuait le gonflement augmentait.

II.5.2.4 Influence de la densité sèche 


De multiples travaux, notamment ceux de Chen, ont permis de montrer que le gonflement et
la pression de gonflement varient considérablement avec la densité du sol (Figure II.7).

Figure II-7: potentiel de gonflement en fonction de la densité initiale (Chen) cité par [9].

Suratman [9], a réalisé des essais sur la montmorillonite, l’illite et la kaolinite et a trouvé les
mêmes résultats que Chen,

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CLASSIFICATION DES SOLS
Chapitre II GONFLANTS

Sridaharan et al [9], ont mené 32 essais de gonflement à volume constant avec quatre teneurs
en eau initiale.

Komine et Ogata (1994) [9], ont effectué des essais de gonflement sur 4 bentonites Na
compactée à différentes densités sèches initiales. Ils ont pu voir que le taux de gonflement croît
linéairement avec la densité sèche initiale.

II.5.2.5 Influence du frottement latéral 


Le frottement latéral contre les parois des cellules de mesure du gonflement est non
négligeable. Il dépend principalement des dimensions des éprouvettes et des conditions de mise en
place des échantillons.

Surastman (1985), Hachichi et Fleureau (1999) [9] ont remarqué que le gonflement diminue
lorsque la hauteur de l’échantillon augmente et ceci est du au frottement latéral entre l’anneau
volumétrique et l’échantillon la figure II-8 représente les résultats de Chen effectués sur la région
de DENVER.

Figure II-8: Influence de la hauteur initiale sur le gonflement cité par [9].

Aussi Mehmit (1982) [9], présente le graphe suivant qui montre l’influence de la hauteur
d’échantillon sur le gonflement.

L’influence du fluide hydratant sur les paramètres du gonflement montre que les paramètres
du gonflement varient avec le type des ions présents dans le fluide hydratant. L’hydratation avec de
l’eau pure donne un gonflement plus important tandis que l’hydratation avec une eau déminéralisée
conduit à surestimer l’activité de gonflement et à sous-estimer son taux de gonflement (Didier et
col, 1973) [9].

Bouroukba et col. (2001) [9] ont pu montrer l’efficacité de diverses solutions salines pour
réduire le gonflement d’un sol avec des concentrations salines différentes.

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CLASSIFICATION DES SOLS
Chapitre II GONFLANTS

II.5.2.6 Influence de la température 


La température intervient pour accélérer les échanges d’ions et ainsi augmenter les capacités
d’échange Mouroux (1969) [9].

Mehmit et Ishibashi (1982) [9]; ont trouvé que la température affecte le taux de gonflement , et les
expériences menées ont montré une réduction de 17% à 28% quand la température diminue de 66°C
jusqu’à 24 °C.

II.5.2.7 Influence de la durée des essais 


La durée d’essai est aussi un facteur influant sur l’estimation du gonflement. Il a été constaté
que le gonflement est rapide durant les premiers jours d’essais, puis devient de plus en plus lent, et
après une semaine le phénomène se stabilise. Cette constations ce n’est pas toujours vrais par ce que
nous avons trouvé des essais qui durée 15 jours ou plus pour atteindre la stabilisation.

Suivant la nature des sols étudiés, la stabilisation du gonflement peut être obtenue après
plusieurs jours.

II-6- CONCLUSION :

Le nombre élevé d’approches disponibles dans la littérature pour l’identification des sols
gonflants ne rend pas la tâche facile aux praticiens. Ce chapitre, qui n’est pas exhaustif, montre le
grand nombre de méthodes et de lois différentes mises au point pour estimer le gonflement des sols
de façon directe et indirecte.

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