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La Gestion de

l'environnement en
Haïti
Réalités et Perspectives

PNUD/UNOPS/HAI/91/001
Unité de Coordination et de Suivi de
!'Environnement
Le Comité de rédaction
Paul E. P ARYSKI Directeur de publication
Jean André VICTOR Editeur
Jean-Max BEAUCHAMPS Composition et montage
Samba CUISSE Collaborateur
Katherine OWEN Collaboratrice
Gaston GEORGES Conseiller
Eléonore ARMAND Conseillère

Dépot légal No
Bibliothèque Nationale d'Haïti
1998

© UNOPS 1998, tous droits réservés.


Les informations contenues dans ce document n'engagent que la responsabilité de leurs auteurs.
Elles ne pourront Jaire l'objet d'aucun jugement ou d'aucune poursuite contre l' UNOPS et le
PNUD.
Dédicace

Ce numéro extraordinaire de la revue Haïti Econet est dédié


au Dr. Emmanuel ADE qui est mort le 17 avril 1998 dans un
accident de voiture après avoir laissé un article posthume
qui figure dans cette édition.

Avec la disparition soudaine du Dr. ADE, la République


d'Haïti a perdu l'un de ses meilleurs démographes et un
ardent défenseur de la cause de la population et de
l'environnement.
Port au Prince, le 10/06/ 1998

C'est avec beaucoup de satisfaction que je salue la publication du


numéro spécial de la revue Econet sous le titre "La gestion del' envi-
ronnement en Haïti'' durant ces trois dernières années.

Il s'agit là d'un effort très louable qui ne saurait passer inaperçu


pour le Programme des Nations Unies pour le Développement dont
le programme 1997-2000 accorde une large place à l'environnement.

J'ai la conviction que les projets de l'environnement entrepris par le


Gouvernement Haïtien finiront par porter leurs fruits dans l'hypo-
thèse d'une amélioration continue des techniques et des méthodes
de gestion.

Oscar Fernandez-Taranco
Représentant Résident du PNUD
Coordonnateur Résident du Système Opérationnel des
Nations Unies pour le développement
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Liste des tableaux, des figures et des cartes 11


Liste des acronymes utilisés 13
Avertissement 21
Présentation des auteurs 23
Editorial 31

CHAPITRE I : LE CADRE
INSTITUTIONNEL ET DEMOGRAPHJQUE
Les Institutions Nationales de !'Environnement 34
Samba Guissé/Katherine Owen
La Coopération Externe 47
Katherine Owen/Samba Guissé
Coup d' œil sur le Plan d' Action pour !'Environnement 67
Yves-Fritz Joseph
L e Droit de !'Environnement en Haïti 71
Jean André Victor
Haïti, Technologies de l'information et Environnement 75
Jean Max Beauchamps
La Population et !'Environnement 80
Emmanuel Ade/Emma Manin

CHAPITRE II : LA GESTION DES


RESSOURCES NATURELLES
Eléments de suivi et de gestion du secteur forestier 88
Robert Cassagnol
La situation actuelle des bassins versants d'Haïti 93
Joseph Vernet
Coup d'œil sur la gestion des ressources en sols d'Haïti 103
Jean Camille Bissereth
Quelques faits marquants de l'évolution du 111
secteur minier en Haïti
Gaston Georges fr
Situation de l'écosystème marin 121
Jean Wiener
Situation de l'eau et de l'assainissement en Haïti 129
Pierre Adam
La situation de la Biodiversité d'Haïti à l'aube de 1998. 137
Quel bilan?
Ronald Toussaint
Situation de l'exploitation des ressources halieutiques 145
Pierre Guy Lafontant
La pollution de l'air et les nuisances 153
Jean Marie Binette

CHAPITRE III : LA GESTION DES


ESPACES
L' Aménagement du Territoire: une stratégie de 162
développement à long terme
Anthony Dessources
la Ville haïtienne : espace ·porteur de crise 171
mais porteur d'espérance
Gladys Berrouet
Parcs, Réserves et Monuments 189
Harold Gaspard
La Situation de !'Eco-tourisme 201
Paul E. Paryski

ANNEXES
Bibliographie Sélective 206
Liste des personnes rencontrées 222
Glossaire 224
Quelques indicateurs environnementaux 227
Tableaux et liste des projets environnementaux 237

1O Haïti Econet
LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 Quelques sources de financement non 238


traditionnelles
Tableau 2 Les Problèmes de !'Environnement en 239
Haïti. Leurs causes, leurs circonstances
aggravantes et leurs solutions possibles
Tableau 3 Les Institutions Nationales de 240
!'Environnement (Le secteur Public). Leurs
problèmes, les circonstances aggravantes et
les solutions possibles
Tableau 4 La situation de la Législation de 242
!'Environnement en Haïti. Les Problèmes,
les Projets en cours et les Actions
souhaitables
Tableau 5 La superficie des bassins versants et des 94
zones hydrologiques d'Haïti
Tableau 6 Analyse comparative des deux approches 99
d'aménagement des bassins versants
Tableau 7 L' activités de défense et de restauration des 106
sols réalisées de 1994-1997
Tableau 8 Current ressources/ potential along coastal 125
reg1ons
Tableau 9 Couverture des services 133
d' Approvisionnement en Eau Potable et
Assainissement
Tableau 10 Quelques données statistiques sur la popu- 173
lation des villes en Haïti
Tableau 11 Quelques indicateurs environnementaux 174
des communes du Grand Port-au-Prince

LISTE DES FIGURES ET DES CARTES


Figure 1 La hiérarchie des objectifs et les résultats du 70
premier PAE
Figure 2 Statistiques indicatives sur la couverture 79
des sols en Haïti
Figure 3 Evolution de la population âgée de 6 à 12 81
ans (1999-2004)
Figure 4 Projections de population de 1995 à 2010 82

Haïti Econet 11
Carte 1 Répartition des Communes selon la densité 83
auKm2
Carte 2 Evolution du déboisement par bassin 84
versant (situation en 1990)

LISTE DES PHOTOS

Couverture Parc la Visite (Paul Paryski)


page 33 Enfants de Port au Prince (HAI/94/003)
page 87 Parc la Visite (Paul Paryski)
page 92 Bassin Versant Riviere Grise (Paul Paryski)
page 102 Agriculture sur pente forte (Paul Paryski)
page 107 Terrasses à Godhino (Paul Paryski)
page 110 Carrière de sable à Laboule (Gaston Georges)
page 120 Les Arcadins, fonds marins (C. Deviliers)
page 128 Puits rural (HAI/91/012)
page 128 Décharge de Truitiers (J. Max Beauchamps)
page 132 Enfants cherchant de l'eau (HAI/91/021)
page 135 Ouanga Néges (Charles Woods)
page 152 Déchets toxiques à Gonaives (Paul Paryski)
page 170 Quartier populaire de Port au Prince
page 175 Vues du Cap-Haïtien (Dessault International ltd)
page 183 Aménagement de logements sociaux à Cité Soleil
(J. Max Beauchamps)
page 185 Quartier populaire de Port au Prince
page 188 Palais Sans Souci (HAI/95/010)
page 199 Palais aux 365 portes (HAI/95/010)
page 199 Fort Dauphin à Fort Liberté (HAI/95/010)

12 Haïti Econet
LISTE DES ACRONYMES UTILISÉS
AAN Autorité Aéroportuaire Nationale
ABV Aménagement de Bassins Versants
ACDI Agence Canadienne de Développement
International
ACP Afrique - Caraïbes - Pacifique
ADF America' s Development Foundation
ADISH Association des Ingénieurs Sanitaires
Haïtiens et des Sciences de !'Environnement
ADRA Adventist Development and Relief Agency
AEPA Approvisionnement en Eau Potable et
Assainissement
AHDEN Association Haïtienne de Droit de
}'Environnement
AIE Accords Internationaux sur l'Rnvironnement
AMP Aires Marines Protégées
ALERTE Association pour la Lutte contre !'Erosion
et pour la Réhabilitation Totale de
}'Environnement
AM Assemblée Municipale
APD Aide Publique au Développement
APN Autorité Portuaire Nationale
ASEC Assemblée des Sections Communales
ASSET Agriculturally Sustainable Systems and
Environmental Transformation
ASSODLO Association Haïtienne pour la Maîtrise des
Eaux et des sols
ASOSYE Appui à la Société Civile Haïtienne
ATPPF Assistance Technique pour la Protection des
Parcs et des Forêts
AUPELF Association des Universités partiellement ou
totalement de Langue Française
BID Banque Interaméricaine de Développement
BM Banque Mondiale
BME Bureau des Mines et de !'Energie
BPDA Bureau de Développement et de Production
Agricole

Haïti Econet 13
BSP Biodiversity Support Program
CAEP Comité d'approvisionnement en Eau Potable
CAMEP Centrale Autonome Métropolitaine d'Eau
Potable
CARE Cooperative Action for Relief Everywhere
CARICOMP Caribbean Coastal Marine Productivity
Pro gram
CARIFORUM Forum pour les Etats des Caraïbes
CARIMOS Plan Caraïbéen pour la préservation des
Monuments et Sites/ Caribean plan for
Monuments and Sites
CASEC Conseil d' Administration des Sections
Communales
ccc Comité Consultatif Communal
CDB Convention sur la Diversité Biologique
CDS Centre pour le Développement et la Santé
CECI Centre Canadien d'étude et de Coopération
Internationale
CEHPAPE Centre Haïtien pour la Promotion de
l' Agriculture et la Protection de
!'Environnement
CFD Caisse Française de Développement
CHF Cooperative Housing Foundation
CIME Comité Interministériel pour
!'Environnement
CIPSA Commission Intersectorielle de Production
et de Distribution des Intrants Agricoles et
de Semences Améliorées
CITES Convention Internationale sur le Commerce
Internationale des Espèces Menacées, de la
Flore et de la Faune Sauvage
CNC Conseil National des Coopératives
CNUED Conférence des Nations Unies pour
!'Environnement et le Développement
CNUEH Centre des Nations Unies pour les
Etablissements Humains et l'Habitat
COHPEDA Collectif Haïtien pour la Protection de
!'Environnement et un Développement
Alternatif
COI Commission Intergouvernementale
Océanographique
COSALC Coastal Beach Erosion Monitoring Program
CRDA Centre de Recherche et de Documentation
Agricole
CRS Catholic Relief Service
CSI Coastal and Small Island States
DATPE Direction del' Aménagement du Territoire et
Protection de !'Environnement
DDA Direction Départementale del' Agriculture
DGI Direction Générale des Impôts
DHP Direction d'Hygiène Publique
DTCD Direction Technique pour la Coopération et
le Développement
ECMU Unité de Coordination et de Suivi de
!'Environnement/ Environmental
Coordination and Monitoring Unit
EDH Electricité d'Haïti
EERP Programme d'Urgence de Redressement
Economique
EIE Etudes d'Impact Environnemental
EMMUS Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisations
des services
ERIM Enviro1unental Research Institute of
Michigan
FAES Fonds d' Assistance Economique et Social
FAMV Faculté d' Agronomie et de Médecine
Vétérinaire
FAN Fédération des Amis de la Nature
FAO Food Agriculture Organisation/
Organisation des Nations Unies pour
l' Alimentation et l' Agriculture
FAS Fonds d' Ajustement Structurel
FED Fonds Européen de Développement
FEM/GEF Fonds pour !'Environnement Mondial/
Global Environmental Fund
FENCB Fédération Ecologique du Nouveau Collège
Bird
FENU Fonds d'Equipement des Nations Unies
FFEM Fonds Français de !'Environnement Mondial

Haïti Econet 15
FIDA Fonds International du Développement
Agricole
FNUAP Fonds des Nations Unies pour la Population
FOPROBIM Fondation pour la Protection de la
Biodiversité Marine
FREN Fédération pour la Restaùration de
!'Environnement National
GCD Gestion Conservatoire Durable
GRET Groupe de Recherche et d'Echanges
Technologiques
IBA Association Internationale de la Bauxite
IBRD Banque Internationale pour la
Reconstruction et le Développement
IDA Association Internationale pour le
Développement
IDEA Institut Diocésain pour !'Education des
Adultes
IHE Institut Haïtien de l'Enfance
IHSI Institut Haïtien de Statistiques et
d'Informatique
IICA Institut Interaméricain pour la Coopération
et l' Agriculture
IN ARA Institut National de Réforme Agraire
INAREM Institut National des Ressources Minières
INMARHSA Industrie Marbrière d'Haïti, Société
Anonyme
ISPAN Institut de Sauvegarde du Patrimoine
National
KFW Kreditanstalt Fuer Wiederaufbau
MARNDR Ministère del' Agriculture, des Ressources
Naturelles et du Développement Rural
MARPOL 73/78 Convention sur la Pollution de la Mer
MC Ministère de la Culture
MCAC Mission de Coopération et d' Action
Culturelle
MCI Ministère du Commerce et de l'industrie
MDE Ministère de !'Environnement
MEDA Association des Mennonites pour le
Développement Economique
MEF Ministère de !'Economie et des Finances

16 Haïti Econet
MENJS Ministère de !'Education Nationale de la
Jeunesse et des Sports
MI Ministère de l'intérieur
MJ Ministère de la Justice
MP Protocole de Montréal
MPCE Ministère du Plan et de la Coopération
Externe
MSPP Ministère de la Santé Publique et de la
Population
MTPTC Ministère des Travaux Publics, Transports et
Communications
ODN Organisme de Développement du Nord
ODPG Organisme de Développement de la Plaine
des Gonaïves
ODVA Organisme de Développement de la Vallée
de l' Artibonite
OEA Organisation des Etats Américains
OFNAC Office National del' Aviation Civile
OMI Organisation Maritime Internationale
ONG Organisation Non Gouvernementale
ONUDI Organisation des Nations Unies pour le
Développement Industriel
OPDES Organisation Pré-désastre et de Secours
OPS/OMS Organisation Panaméricaine de la Santé/
Organisation Mondiale de la Santé
ORE Organisation pour la Réhabilitation de
l' Environnement
OSAMH Organisation de Surveillance et
d' Aménagement du Morne !'Hôpital
PADF Pan American Development Foundation
PADF/Jobs Pan American Development Fund - création
d'emplois
PADF/Plus Pan American Development Fund -
Productive Land Use System
PAE Plan d' Action pour !'Environnement
PAPIZ Programme d' Appui aux Petits
Investissements des Zones Tampons
PCE Programme de Création d'Emplois
PIN Programme Indicatif National
PIP Programme d'investissements Publics

Haïti Econet 17
PIR Programme Indicatif Régional
PISE Plan National d'Investissement Sectoriel
PLUS Productive Land Use System
PNAE Plan National d' Action pour
!'Environnement
PNEF Plan National d'Education et de Formation
PNH Police Nationale d'Haïti
PNUD Programme des Nations Unies pour le
Développement
PNUE Programme des Nations Unies pour
!'Environnement
POCHEP Poste Communautaire d'Hygiène et d'Eau
Potable
PRDD Programme de Réseau de Développement
Durable
PRODETER Appui au Service de défense et de
Restauration des terres (SDRT) pour la mise
en oeuvre de programmes de
développement de terroirs et
d'aménagement de bassins versants
PURE Programme d'Urgence pour la Relance
Economique
REPIE Réseau d'Enseignement Professionnel et
d'Interventions Ecologiques
RPG Ressources Phytogénétiques
SCH Service Chrétien d'Haïti
SE CID South-East Consortium for International
Development
SEDREN Société d'Exploitation et de Développement
des Ressources Naturelles d'Haïti
SEEUR Service d'Entretien des Equipements
Urbains
SELA Système Economique Latino-Américain
SEMANAH Service Maritime de Navigation Haïtienne
SET Secrétairie d'Etat au Tourisme
SETA Secrétariat Technique à l' Aménagement du
Territoire

Haïti Econet
SHADA Société Haïtiano-Américaine de
Développement Agricole
SIG Système d'information Géographique
SM CRS Service Métropolitain de Collecte des
Résidus Solides
SNAP Système National des Aires Protégées
SNEP Service National d'Eau Potable
SNRE Service National des Ressources en Eau
SPOT Système Probatoire pour !'Observation de la
Terre
STABEX Mécanisme de stabilisation des recettes
d'exportation de produits de bases agricoles
SYSMIN Mécanisme de compensation sur la
diminution des recettes d'exportation de
produits miniers
TWM Targeted Watershed Management.
UCG Unité Centrale de Gestion
UCP Unité de Coordination de Projet
UE Union Européenne
UPGE Unité de Protection et de Gestion de
l' Environnement
URSEP Unité de Réforme du Secteur de l'Eau
Potable
USA ID United States Agency for International
Development
UEPD Unité d'Exécution du Projet de Drainage de
Port au Prince
UICN Union Internationale pour la Conservation
de la Nature
UNESCO Organisation des Nations Unies pour
!'Education, la Science et la Culture
UNICEF Fonds des Nations Unies pour !'Enfance
UNI CORS Union des Coopératives de la Région Sud
UNOPS United Nations Office for Project Services

Taux de change utilisés


16,5 Gourdes = 1 US$ 1 Ecu = 1,26 US$
1FF=0,2 US$ 1Can$=0,74 US$

Haïti Econet 19
Avertissement
Le présent document représente le fruit du travail de plusieurs
personnalités haïtiennes et étrangères opérant dans le cadre de
diverses institutions nationales et internationales. Il a été élaboré
dans le but d'initier une première démarche en direction de la
publication annuelle d'un rapport sur l'état de la gestion de
l'environnement en HAÏTI.

Le choix des auteurs a été fait de façon à obtenir une bonne


représentation du secteur public, de la société civile et des
bailleurs de fonds. Le Comité de Rédaction de la revue ECONET
saisit l'occasion pour rendre un hommage public aux
professionnels qui ont bien voulu répondre favorablement à son
éco-invitation. Grâce à leur concours désintéressé, il a pu
transformer en réalité ce qui était un rêve, il y a de cela quelques
mois.

Un effort particulier a été consenti pour présenter au public les


données les plus fiables et les informations les plus crédibles pour
la période définie. Les références bibliographiques des différents
auteurs ont été fondues en une seule pour faciliter la lecture du
document. Le Comité de Rédaction s'en voudrait de ne pas
exprimer ici sa plus profonde gratitude envers toutes les person-
nalités qui ont accepté de fournir des informations pas toujours
accessibles au commun des mortels. Un grand remerciement est
également adressé à tous ceux-là qui nous ont fait l'honneur de
relire et de corriger toute ou partie des épreuves à différents
moments du processus de production.

Ha~iEconet 21
La question énergétique n'a pas été débattue, comme telle, dans le
cadre de ce numéro spécial. A cela, deux raisons majeures.
Premièrement, en traitant des ressources naturelles et de leur
niveau actuel de gestion, on est amené forcément à parler des
ressources énergétiques si une quelconque mise en valeur de ces
dernières avait été entamée. Deuxièmement, il est difficile de bien
cerner la question énergétique en dehors d'une approche globale
qui n'exclut point les énergies· fossiles à côté des énergies
renouvelables. Le problème énergétique est trop important pour
le diluer à l'intérieur d'une démarche trop générale. Un numéro
extraordinaire pourrait être consacré ultérieurement à la politique
énergétique de la République.

Il est opportun de souligner que les différents textes présentés ont


été comprimés à l'extrême en vue de rester en dessous du nombre
total de pages arrêtées pour le présent volume. On perd alors en
exactitude ce que l'on gagne en précision: Car d'un côté, on n'a
pas le loisir de décrire complètement la réalité tandis que de
l'autre, on est contraint d'éviter les répétitions inutiles. Toutefois,
les lecteurs ont toujours la possibilité de consulter les documents
originels si tel est leur désir et si tant besoin est. Le Comité de
Rédaction fait donc appel à leur compréhension et à leur
indulgence.

Dans le but d'harmoniser la collecte et la distribution subséquente


de l'information, tous les articles ont été conçus, autant que possi-
ble, selon la même structure. Quelques informations pertinentes
sur l'état des lieux précèdent les activités en cours qui sont à leur
tour, suivies des résultats rencontrés alors que tous les textes se
terminent en insistant sur des éléments de perspective. Il convient
de rappeler, en dernier lieu, que les opinions émises dans les
différents articles ne peuvent engager que leurs auteurs.

Ecologiquement Vôtre

Le Comité de Rédaction

22 Haïti Econet
Les auteurs qui ont
participé à cette
publication

Paul E. Paryski,
Historien, Ancien diplomate et
Spécialiste de l'environnement,
Conseiller Technique Principal.
PNUD / UNOPS/HAÏ/ 92/ 001

Samba Guissé,
Sociologue, Spécialisé en Etudes
de Développement.
Chargé de Programme
PNUD/UNOPS/HAÏ/92/001

Katherine Owen,
Anthropologue, Maîtrise en
Etudes de Développement,
Formatrice,
Chargée de Programme
PNUD/UNOPS/HAÏ/92/001

Haïti Econet 23
Yves-Fritz Joseph,
Ingénieur Spécialiste en Géotechni-
que, Hydrodynamique des Sols, et
Géologie Appliquée;
Coordonnateur Général du PAE

Jean André Victor


Ingénieur Agronome, Juriste
M.S en cultures et sols tropicaux
et Spécialiste en Droit de !'Envi-
ronnement
Expert National
PNUD/UNOPS/HAÏ/92/001

Jean-Max Beauchamps
Ingénieur de l'Ecole Nationale
des Travaux Publics de l'Etat.
Thèse en gestion des déchets
Expert National, PNUD
UNOPS/HAÏ/92/001
responsable du Service des Sys-
tèmes d'information et d' appli-
cations technologiques (SIAT)

24 Haïti Econet
Emmanuel Adé,
Médecin, M.P.H., spécialiste
en Population et Développe-
ment, Conseiller Technique
du Projet Policy (The Futures
Croup), Directeur exécutif de
la Coalition Nationale pour
le Développement Humain
(CONAD EH)

Emma Monin,
Agrégée en histoire, B.A en éco-
nomie, Conseiller en politiques,
(The Futures Croup)

Robert Cassagnol,
Agronome forestier
Consultant

Haïti Econet 25
Vernet Joseph,
Agronome, MSC, Spécialiste en
Gestion des Ressources Naturelles
Renouvelables
Consultant Permanent au CECI
(Centre Canadien d'Étude et de
Coopération Internationale)
Coordonnateur du GRADED
(Groupe de Recherche et d' Action
pour le Développement Durable)

Jean Camille Bissereth,


Ingénieur Agronome
MS, Spécialiste en Production Ani-
male et Environnement,
Président Directeur exécutif du Cen-
tre Haïtien pour la Promotion de
l' Agriculture
et la Protection de !'Environnement
(CEHPAPE)

Gaston Georges Jr,


Ingénieur Géologue
Ancien Directeur Général au
Ministère des Mines et des
Ressources Energétiques (1979-
1986),
Expert national PNUD/UNOPS/
HAI/92/001

26 Haïti Econet
Jean W. Wiener,
Biologiste Spécialisé en biologie
manne
Point focal du projet régions cô-
tières et petites îles (UNESCO)
Point focal de la Commission
Intergouvernementale Océano-
graphique
Coordonateur National pour le
Central for Marine Conservation
Directeur de la Fondation pour
la Protection de la Biodiversité
Marine (FOPROBIM)

Pierre Adam,
Ingénieur hydrogéologue
Spécialiste en Eau et
Assainissement Consultant

Ronald Toussaint,
Ingénieur Agronome
Spécialisé en gestion des ressour-
ces naturelles
Consultant au MDE et au projet
ATPPF
Point Focal National de la CDB
pour le Ministère de !'Environne-
ment

Haïti Econet 27
Pierre Guy Lafontant,
Ingénieur agronome
D.E.S. en Affaires Maritimes, Spécia-
liste en pêche
Chef de service des pêches d' aqua-
culture au MARNDR

Jean-Marie Binette,
Ingénieur agronome
Avocat au Barreau de Port au Prince
Conseiller Technique à la Direction
Générale du MARNDR

Anthony Dessources,
Ingénieur agronome
Coordonateur national du projet
"Appui Institutionnel en Aménage-
ment du Territoire" au Ministère du
Plan et de la Coopération Externe
(MPCE)

28 Haïti Econet
Gladys Berrouet Durand,
Architecte
Planificateur en Aménagement du Terri-
toire
Spécialisée en Urbanisme et Environne-
ment
Consultante

Harold Gaspard,
Architecte
Coordonateur du Projet Route 2004
Directeur du Patrimoine au Ministère
de la Culture

Haïti Econet 29
-~---
Editorial
Paul E. Paryski

Il est facile de constater la terrible et tragique dégradation de


l'environnement en Haïti. Il suffit de regarder les mornes dénudés
de Kenscoff, les bidonvilles qui envahissent les centres urbains, le
déboisement des flancs du Morne de !'Hôpital et les monticules de
fatras nauséabonds qui bloquent les rues de Port-au-Prince et
celles des villes de province. Il suffit également de regarder, en
vol d'avion, les paysages lunaires que présentent plusieurs sites
déboisés du pays et les taches énormes de boues qui s'avancent
dans la mer azurée de ce qui était autrefois la Perle des Antilles, le
paradis terrestre qui avait tant émerveillé Christophe Colomb. Et
tout le monde souffre de cette situation désastreuse: baisse de la
production agricole, pollution des sources, inondations, sécheres-
ses, épidémies, pertes des infrastructures et habitats, et même
pertes de vie humaine comme ce fut le cas pendant la tempête
Gordon.

Mais est-ce qu'on sait exactement ce qui se passe dans le domaine


de l'environnement? Est-ce qu'il y a des indicateurs chiffrés et
plus ou moins exacts? Qui fait quoi et pourquoi? Quels sont les
projets en cours ou en planification? Quelles sont les organisations
qui entreprennent des activités qui affectent l'état de l'environne-
ment et quelles sont les organisations ou les bailleurs de fonds qui
financent les projets?

HaHiEconet 31
Quel est le rôle de l'état, des ONGs? Et le nouveau Ministère de
!'Environnement? Est-ce que des politiques nationales existent et
est-ce qu'elles sont bien définies? Quelles sont les perspectives
pour l'avenir?

Dans ce numéro spécial d' ECO NET qui, nous espérons, deviendra
un document de référence, nous allons essayer de répondre à ces
questions importantes et d'établir ainsi l'état actuel de
l'environnement pour les années 94 à 97.

Nous sommes persuadés que le premier pas pour la formulation


d'une politique rationnelle, des stratégies et des programmes
environnementaux coordonnés et efficaces est de maîtriser l' infor-
mation relative à l'état actuel de l'environnement et aux actions
entreprises dans le domaine. On ne peut pas construire une route
nationale sans connaître préalablement son commencement et son
aboutissement et sans avoir complété des études techniques de
terrain.

Nous souhaitons que cette édition d'ECONET soit utile à tous


ceux-la qui luttent pour une Haïti verte, propre et prospère et
qu'elle serve de base à des discussions sérieuses et à des actions
comètes et ciblées.

32 Haïti Econet
Le Cadre
Institutionnel
et Démographique

Haïti Econet 33
Les Institutions Nationales
de !'Environnement
Samba CUISSE et Katherine OWEN

En Haïti, !'Environnement n'est pas un secteur à part entière.


Plusieurs institutions nationales interviennent dans ce domaine ,
chacune dans un ou plusieurs sous-secteurs particuliers comme le
montrera la présentation ci-dessous.

1. Les Ministères de la République

1.1. Ministère de l'Envirorinement (MDE)

Le MDE a été créé selon la loi du 28 janvier 1995, et n'a toujours


pas de loi organique jusqu'à cette date.

Les axes d'intervention du MDE peuvent se résumer en deux


points principaux :

1) l'élaboration du Plan d' Action de !'Environnement (PAE) ;


2) des actions ponctuelles de natures diverses. Pour l'exercice 95-
97, le MDE est intervenu, avec l'aide des bailleurs de fonds,
dans la conservation de sols, la gestion et le suivi des aires
protégées, la collecte des déchets, le cadre institutionnel et
l'éducation relative à l'environnement. Le MDE est également
chargé de la recherche de financement et de la coopération
régionale.

Le MDE reçoit moins de 0,25% du budget national de fonctionne-


ment. La dotation budgétaire pour 96-97 est de 12 millions de
Gourdes contre 15 millions en 1994-95 et 9 millions en 95-96. La
part de l'environnement dans le programme d'investissement
sectoriel financé par les bailleurs de fonds est d'environ 5,6 % de
1996 à 1999.

34 Haïti Econet
Le volume de financement du budget d'investissement est en
augmentation passant de 2,5 millions de US$ en 1994-95 à 12,5
millions pour 96-97 (Banque Mondiale, 1997d).

Le programme d'investissement du MDE est assuré par les diffé-


rents projets sous_ sa tutelle tels que:

1) le projet de conservation de sols Rete Tè Kenbe Dio, financé


par le Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD), terminé au cours de l'année 1997
2) l'élaboration du P AE, financé par l'United States Agency for
International Development (USAID), la Banque Mondiale,
l' Agence Canadienne de Développement International (ACDI)
et le PNUD,
3) le projet d' Assistance Technique pour la Protection des Parcs et
Forêts (ATTPF), financé par la Banque Mondiale, Ie Parlement hai
4) le projet de gestion durable des ressources en eau douce a ratifié récemm
financé par la Banque Interaméricaine de Développement trois conventior.
(BID) (Banque Mondiale, 1997). Un accord de principe a été l'initiative du N.
également établi entre la BILJ et le MDE pour la coopération celles sur la
technique sur l'organisation de la gestion et la protection des Biodiversité, su1
ressources littorales et aquatiques. (MDE, 1997a). Changements Cl
tiques et sur la 1
Le MDE pourra à l'avenir accéder aux sources de financement tels Contre la Désert
que le Fonds Mondial pour !'Environnement (FEM/ GEF) prévues tion.
dans le cadre de l'application des conventions et accords interna-
tionaux en rapport avec l'environnement. Rappelons que le
Parlement haïtien a ratifié récemment trois conventions à l'initia-
tive du MDE : celles sur la Biodiversité, sur les Changements
Climatiques et sur la Lutte Contre la Désertification. La mise en
place du PAE devrait aussi ouvrir d'autres horizons de finance-
ment pour le secteur de l'environnement en Haïti. (MDE, 1997c).

Le Ministre de !'Environnement est le secrétaire exécutif du Co-


mité Interministériel pour !'Environnement (CIME) créé en no-
vembre 1996, qui regroupe également le MARNDR, le Ministère
des Travaux Publics, des Transports et Communications (MTPTC).
Le CIME est chargé de définir et de fixer les priorités dans le
secteur de l'environnement ainsi que les orientations du PAE.

HaHiEconet 35
Le MDE est également membre du Conseil d' Administration de
l'Unité Centrale de Gestion (UCG) et collabore avec le Fond
d' Assistance Economique et Social (F AES) ..

1.2. Ministère de l' Agriculture, des Ressources Naturelles


et du Développement Rural (MARNDR)

Créé par la Constitution de 1843, il a pour mission de concevoir et


d'appliquer une politique nationale dans les domaines del' agri-
culture, del' élevage, des ressources naturelles et du développe-
ment rural. La dernière loi organique remonte à 1987. Une
nouvelle loi organique est actuellement en préparation. Elle devra
donner plus d'autonomie aux structures départementales du
MARNDR (Banque Mondiale, 1997a).

L'objectif actuel du MARNDR est de promouvoir la production


nationale et d'assurer la sécurité alimentaire dans une situation où
50 % seulement des besoins alimentaires sont couverts par la
production nationale. Le Ministère a également pour objectifs la
promotion des cultures d'exportation, l' agro-industrie ainsi que la
gestion des bassins versants, des parcs et forêts, des réserves
naturelles et des ressources en eau (MPCE, 1991).

Le Ministère est composé actuellement d'un bureau central et de 9


Directions Départementales del' Agriculture (DDA). Du budget
96/97, 66% du total soient 96.425.000 Gourdes revenaient aux
DDA alors que 34 % (environ 48.000.000 Gourdes) étaient alloués
au niveau central (Banque Mondiale, 1997a)

Il existe également des organismes autonomes financés par le


budget du MARNDR:

1) l'Organisation de Développement de la Vallée del' Artibonite


(ODVA) et l'Organisation de Développement de la Plaine des
Gonaïves (ODPG) qui ont été établies dans le but d'assurer l' enca-
drement pour un développement rural intégré,
2) le Centre de Recherche et de Documentation Agricole
(CRDA),
3) l'Institut National de Réforme Agraire (INARA), organisme

36 Haïti Econet
semi-autonome du MARNDR créé en 1995, chargé d'assurer la
mise en œuvre, le suivi et la supervision de la réforme agraire,
4) Bureau de Crédit Agricole (BCA).

Toutes ces structures à l'exception de l'INARA, ont aujourd'hui


des activités relativement réduites.
le Service National
Le MARNDR comprend entre autres, dans sa structure organisa- des Ressources en
tionnelle la Direction des Ressources Naturelles de laquelle dé- Eau (SNRE), joue un
pend le Service National des Ressources en Eau (SNRE), dont le rôle capital dans
rôle est capital dans l'inventaire, la conservation, l'exploitation, le l'inventaire, la
développement et la protection des ressources en eau. (Banque conservation,
Mondiale, 1997a). l'exploitation,
le développement et
Le Programme d'Investissement Public (PIP) dans l'agriculture est la protection des
à 99% financé par les bailleurs. Pour l'exercice de 95/96, le ressources en eau.
MARNDR gérait 9 projets d'investisse1nent pour un montant total
de US$ 62.018.000 et participait directement dans 4 autres projets,
dont 2 ayant trait à la gestion des ressources naturelles pour un
montant de US$1.886.600 . Ces projets (PRODETER et Conserva-
tion de Sols dans les Zones Montagneuses) n'étant pas gérés par
le Ministère ne figurent pas dans l'enveloppe total du PIP. Pour
96/97, l'enveloppe globale est d'environ US$ 69.000.000 dont 56%
proviennent de ressources externes directes. Sur ce montant,
seulement 8 % est alloué à la gestion des ressources naturelles. Le
projet Agriculturally Sustainable Systems and Environmental
Transformation (ASSET) financé par l'USAID, qui a commencé en Le MTPTC est chargé
1997 et le projet ATTPF de la Banque Mondiale appuient le des politiques relati-
MARNDR (Banque Mondiale, 1997a). ves à l'eau et à
l'assainissement et de
1.3. Ministère des Travaux Publics, Transports et Commu- coordonner le finan-
nications (MTPTC) cement et l'exécution
des projets d'investis-
La Loi Organique du 18 Octobre 1983, en définissant la mission du sements dans le
MTPTC, faisait de l'alimentation en eau potable des populations, secteur. Il assure la
une de ses attributions. Le MTPTC est chargé de mettre en place tutelle de la CAMEP
les politiques d'approvisionnement et d'assainissement de l'eau et et du SNEP
de coordonner l'établissement, le financement et l'exécution des
investissements dans le secteur. Le Ministère approuve également

HaïtiEconet 37
les politiques tarifaires. Il assure la tutelle de deux organismes
autonomes impliqués dans la distribution de l'eau potable : la
Centrale Autonome Métropolitaine d'Eau Potable (CAMEP) dans
la zone métropolitaine de Port-au-Prince et le Service National
d'Eau Potable (SNEP) dans le reste du pays.

La CAMEP est une entreprise d'Etat financièrement autonome


mais avec une capacité de planification et d'exécution limitée. Le
programme prévisionnel de la CAMEP, pour la période 1996-
2001, prévoit des investissements de l'ordre de 1.6 milliard de
Gourdes. Pour le SNEP, ils se chiffrent à environ 478 millions de
Gourdes (OPS/OMS, 1996) pour la période 1996-2000) ..

Au sein du MTPTC, trois services et une unité interviennent dans


lassainissement :

1) le Service d'Entretien des Equipements Urbains (SEEUR) qui


est chargé de l'entretien des infrastructures urbaines;
2) le Service de Génie Urbain (SGU) ;
3) le Service Métropolitain de Collecte des Résidus Solides
(SMCRS) qui est responsable de la collecte des ordures et des
résidus solides dans la zone métropolitaine, et l'Unité d'Exécution
du Projet de Drainage de Port au Prince (UEPD) financée par la
Banque Interaméricaine de Développement (BID).

Il existe une nouvelle Unité de Réforme du Secteur de l'Eau Pota-


ble (URSEP) dont la tâche principale est de préparer et de mettre
en place les réformes du secteur.

Les bailleurs de fonds sont très impliqués dans le secteur de l'eau.


La BID, en plus du grand projet de drainage, a accordé quatre
crédits d'assistance technique et de pré-investissement pour aider
le MTPTC à préparer la réforme du secteur et à lancer trois projets
pilotes pour les cités secondaires. La Banque Mondiale et la Caisse
Française de Développement (CFD) appuient la CAMEP.

38 Haïti Econet
1.4. Ministère de la Santé Publique et de la Population
(MSPP)

Il est créé en 1945 sous l'appellation de Département de la Santé


Publique. La loi organique actuellement en vigueur est celle du 11
novembre 1983. Le MSPP supervise le projet connu sous le nom
de Postes Communautaires d'Hygiène et d'Eau Potable
(POCHEP), qui réalise des systèmes d'adduction d'eau potable en
milieu rural.
A travers sa Direction
Ces réseaux doivent être gérés par des Comités municipaux d'Hygiène Publique
d' Approvisionnement en Eau Potable (CAEP) avec l'assistance du (DHP), le MSPP s'oc-
SNEP. A travers sa Direction d'Hygiène Publique (DHP), le MSPP cupe de l'assainisse-
s'occupe de l'assainissement de base. La DHP a pour mission ment de base. La DHP
d'édicter des normes et procédures de construction de latrines, a pour mission d'édicter
fosses sceptiques, d'assurer leur vidange, de veiller à la qualité de des normes et procédu-
l'eau potable et de l'hygiène alimentaire et de procéder à l'entre- res de construction de
tien de la voirie. Il est prévu que le MDE contrôle et supervise la latrines, fosses scepti-
qualité des activités menées dans ce sous-secteur. Le Fonds des ques, d'assurer leur
Nations Unies pour !'Enfance (UNICEF) et !'Organisation Mon- vidange, de veiller à la
diale de la Santé (OMS) appuient les efforts du MSPP dans ce qualité de l'eau potable
secteur (OPS/OMS, 1996; Banque Mondiale, 1997b). et de l'hygiène alimen-
taire et de procéder à
1.5. Ministère de la Planification et de la Coopération l'entretien de la voirie.
Externe (MPCE)

La mission du MPCE est d'intégrer tous les programmes et projets


dans une politique de planification globale à l'échelle nationale et
de coordonner la coopération externe. D'après la loi organique de
1978, le MPCE a pour attribution de faire des recommandations en
matière d'environnement. Jusqu'en 1990, les activités du Minis-
tère dans le domaine étaient menées par la Direction d' Aménage-
ment du Territoire et de Protection de !'Environnement. Cette
direction fut remplacée par l'Unité de Protection et de Gestion de
!'Environnement (UPGE), et plus tard la Direction de Développe-
ment Régional et Urbain et de Protection pour !'Environnement
mais qui ne fonctionne pas actuellement (MPCE, 1991). Le Minis-
tère est aussi responsable de l' Aménagement du Territoire et du
projet du même nom qui s'exécute aujourd'hui.

Haïti Econet 39
1.6. Ministère de l'intérieur (MI)

Le Ministère de !'Intérieur est impliqué à plusieurs titres dans la


gestion de l'environnement : a) en tant qu' autorité de tutelle des
collectivités territoriales qui sont responsables de la gestion de leur
~erritoire; b) en tant que détenteur du pouvoir hiérarchique sur les
délégués et vice-délégués qui assurent la coordination et le con-
trôle des services publics dans leur espace territorial; c) en tant
que ministère de tutelle de !'Organisme de Surveillance et d' Amé-
nagement du Morne !'Hôpital (OSAMH); d) en tant que responsa-
ble de la gestion et de la supervision des zones stratégiques et de
leur environnement immédiat; c) en tant qu' organisme de tutelle
de !'Organisation Pré-désastre et de Secours (OPDES).

1.7. Ministère de !'Education Nationale, de la Jeunesse et


des Sports (MENJS)

La mise en place du programme du Plan National d'Education et


de Formation (PNEF) devra intégrer dans ses priorités le domaine
de l'éducation relative à l'environnement. Le MENJS assure la
tutelle de l'Université d'Etat d'Haïti où se font la recherche et
l'enseignement dans le domaine de l'environnement. Il est égale-
ment responsable de la jeunesse et des activités y relatives.

1.8. Ministère de la Culture


Le Ministère de la Culture a été créé à la même date que le MDE.
Il n'a pas non plus de loi organique. Le Ministère de la Culture,
en tant qu' organisme de tutelle du projet "Préservation des Res-
sources Historiques, Culturelles et Naturelles - Route 2004",
intervient directement dans le secteur de l'environnement, et plus
précisément dans le domaine de l' écotourisme. Il assure actuelle-
ment de fait la tutelle de l'Institut de Sauvegarde du Patrimoine
National (ISPAN).

1.9. Autres Ministères

D'autres ministères comme ceux du Commerce, de la Justice, de


!'Economie et des Finances interviennent aussi, à des degrés
divers, dans le secteur de l'environnement.

40 Haïti Econet
II. Agences d'Exécution Nationale
Il existe également deux agences d'exécution nationale qui réali-
sent des activités dans le secteur de !'Environnement : l'Unité
Centrale de Gestion (UCG), placée sous la tutelle du Bureau du
Premier Ministre_ et le Fonds d' Assistance Economique et Social
(FAES), placé sous la tutelle du Ministère de !'Economie et des
Finances.

2.1. Unité Centrale de Gestion (UCG)

L'UCG fut créée en décembre 1994, après le retour à l'ordre consti-


tutionnel, pour exécuter le Programme d'Urgence et de Réhabilita-
tion Economique (PURE) financé par la BID. En Juillet 1995, le
gouvernement demanda à l'UCG d'exécuter également le Pro-
gramme de Création d'Emplois (PCE) financé par la Banque
Mondiale (UCG,1996) ·

Le PURE I, qui comprend trois volets (infrastructure, agriculture


et énergie), se concentrait exclusiven1ent sur les travaux d'investis-
sements productifs de grande envergure (92 contrats d'exécution
et de supervision) pour un montant de US$ 30 millions répartis en
19 millions pour 36 projets d'infrastructure (réhabilitation d' équi-
pements collectifs urbains, protection des berges et curage de
cours d'eau, de voiries urbaines et de réhabilitation de tronçons
routiers), 7 millions pour 22 projets d'agriculture (infrastructures
agricoles, reboisement et fournitures d'intrants agricoles) et 3
millions pour 13 projets d'énergie (acquisition de pièces de re-
change et de matériels divers destinés à Electricité d'Haïti (EDH)
(UCG, 1997a).

Le PURE II, effectif depuis juin 1997 avec un budget de US$ 50


millions (dont US$ 2.5millions provenant des fonds de contrepar-
tie nationale), concerne cinq volets (eau potable et santé sont
ajoutés aux trois volets précédemment cités dans le PURE I). Il
regroupe 65 projets identifiés par les instances gouvernementales
et 55 par les parlementaires pour un montant de 10 millions
réservés del' enveloppe globale. Sur les 65 projets, US$ 19 millions
ont été prévus pour 25 projets d'infrastructure (protection de
berges de ravines et de rivières, routes, dragage des ports,

Haïti Econet 41
réhabilitation de bâtiments publics et d'équipements collectifs
urbains), US$ 6 millions pour 10 projets d'agriculture (aménage-
ments hydro-agricoles et activités de régénération caféière), et 4.75
millions pour 15 projets d'eau potable (construction et réparation
de systèmes d'adduction d'eau potable en milieu urbain comme
_en milieu rural, forages et pompes à pédales). Sur les 55 projets
dus à l'initiative des parlementaires, il y aura entre autre US$ 2.7
millions pour 12 projets d' adoquinage, 1.2 pour 7 projets d' ad-
duction d'eau potable; 1 million pour 10 projets de réhabilitation
de marchés. C'est projets n'ont pas encore fait l'objet de la non
objection de la BID. (UCG, 1997b).
l'action de l'organisme
Le PCE, d'une valeur de US$50 millions empruntée de la Banque
la plus significative
Mondiale, avait pour principal objectif d'offrir des emplois de
dans le domaine de
courte durée à des personnes vivant dans la pauvreté absolue
l'environnement, en
dans le cadre de travaux communautaires. Les domaines de
dehors des US$ 16
financement étaient définis par le Gouvernement et la Banque
millions investis dans
Mondiale avec un critère de 60% des fonds alloués affectés pour la
le secteur, fat matéria-
main d' œuvre. La stratégie était de créer sur 12 mois un volume
lisée par le chemin
total d'emplois de l'ordre de 480.000, soit 40.000 par mois. La
parcouru depuis la
cinquantaine de projets du PCE tombe à l'intérieur de 4 grandes
mise en place de l'outil
catégories : curage et remise en état de canaux d'irrigation et de
de
drainage, réhabilitation de tronçons routiers en zones rurales,
l'évaluation d'impact
conservation de sol et aménagement de bassins versants et assai-
sur l'environnement des
nissement (balayage et ramassage d'ordures). Un autre objectif du
projets.
PCE était également le renforcement institutionnel des structures
décentralisées (UCG,1997b).

Les projets retenus dans le cadre du PCE devaient être soumis à


une étude d'impact environnemental imposée par la Banque
Mondiale. Le PURE II prévoit aussi cette disposition. Une grille
d'évaluation de l'impact sur l'environnement a été soumise et
avalisée par le MDE (Nelson, 1997).

42 Haïti Econet
2.2. Le Fonds d' Assistance Economique et Social (F AES)

Le FAES, créé en 1990, est un organisme financier de développe-


ment dont l'objectif principal est de soulager la misère du peuple
des quartiers défavorisés par des actions rapides. Le FAES n'est
réellement opératjonnel que depuis avril 1995, toutes ses activités
ayant cessé pendant fa période du coup d'état (FAES,1997a).

Le FAES n'exécute pas de projet mais en finance l'exécution en


engageant les services d'une firme et d'un superviseur externe.
Le financement se fait après qu'une de1nande formelle des com-
munautés, représentées par des institutions étatiques ou par des
organisations de la société civile et qu'une analyse des dossiers
aient été effectuées. Il est important de souligner que chaque
projet doit faire l'objet d'une évaluation d'impact sur l'environne-
ment.

Le FAES a bénéficié de prêts à taux concessionnels octroyés à


l'Etat Haïtien par la BID et la Banque Mondiale ainsi qu'une
allocation du Gouvernement. Le FAES a bénéficié d'un premier
prêt d'un montant de US$24.8 millions. En novembre 96, il a
obtenu un second prêt de la BID d'un montant de US$27 millions
et d'une allocation du gouvernement de US$3 millions prévue
pour 3 ans, soit un montant à dépenser de 12 millions par année.
Sur ce montant, 8 % devrait être réservé à des projets
environnementaux (Pierre-Antoine, 1997).

Depuis avril 95 à juin 97, le FAES a pu financer plusieurs projets


dans 127 communes du pays. Le FAES a également appuyé les
actions du PADF dans un projet de conservation de sols dans la
région Nord pour un montant total de US$54.000. Le Fonds
d'Equipement des Nations Unies (FEND) a confié au FAES la
coordination et la supervision du projet de réhabilitation des
pistes rurales et d'aménagement de ravines dans le Sud Ouest
(Chardonnières et les Anglais). De même que le FAES sera
l'agence d'exécution du Programme d' Appui aux Petits Investisse-
ments des Zones Tampons (PAPIZ) dans le cadre du projet ATPPF
financé par la Banque Mondiale pour un montant de US$4.6
millions et dont l'objectif est de diminuer les pressions sur les

Haïti Econet 43
réserves naturelles des trois zones: Pic Macaya, Forêt des Pins et
Aujourd'hui, le FAES Parc La Visite (FAES, 1997b; Pierre-Antoine, 1997).
tient à mieux répartir
géographiquement ses Le FAES, sur la base de ses expériences passées, va réorienter sa
actions, à faciliter stratégie. Jusqu'en 96, le FAES répondait à la demande pour
l'accès au financement autant que les projets répondent aux critères préétablis, ce qui a
des catégories les plus donné lieu à une concentration des investissements dans certains
défavorisées, à . . départements avec aussi le financement de projets dans des com-
a~gmenter la part~cipa- munautés connaissant le FAES. Aujourd'hui, le FAES tient à
~ion communautaire :t mieux répartir géographiquement ses actions, à faciliter l'accès au
a :e,nforc~r le~ collecti- financement des catégories les plus défavorisées, à augmenter la
vites territoriales. participation communautaire et à renforcer les collectivités territo-
riales.

III. Le Secteur Parapublic


3.1. Les ONGs locales et les groupements écologiques
nationaux:

L'intérêt de la société civile pour la protection de l'environnement


s'est développé durant la fin des années 80 face aux problèmes de
dégradation continue des ressources naturelles. Des ONGs natio-
Leurs activités tou- nales exécutent une grande partie des projets répertoriés. Leurs
chent essentiellement activités touchent essentiellement l'agriculture avec toujours une
l'agriculture avec composante visant la conservation de sols et la lutte anti-érosive.
toujours une Parmi ces ONGs locales, nous pouvons citer le Centre Haïtien
composante visant la pour la Promotion de l' Agriculture et la Protection de !'Environne-
conservation de sols et ment (CEHPAPE), Association des Mennonites pour le Dévelop-
la lutte anti-érosive. pement Economique (MEDA), Association Haïtienne pour la
Maîtrise des Eaux et des Sols (ASSODLO), !'Organisation pour la
Réhabilitation de !'Environnement (ORE), le Collectif Haïtien pour
la Protection de !'Environnement et un Développement Alternatif
(COHPEDA), CARITAS, Service Chrétien d'Haïti, etc.

Les groupements écologiques nationaux ont pour objectif d' amé-


liorer la question de l'environnement et celle des ressources natu-
relles. Certains d'entre eux tels que Fédération des Amis de la
Nature (FAN), Association pour la Lutte contre !'Erosion et pour
la Réhabilitation Totale de !'Environnement (ALERTE), le

44 Haïti Econet
COHPEDA, l' Association Haïtienne de Droit de l'environnement
(AHDEN), Fédération pour la Restauration de !'Environnement
National (FREN), Fondation Ecologique du Nouveau Collège Bird
(FENCB), Réseau d'Enseignement Professionnel et d'Interventions
Ecologiques (REPIE), etc. jouent un rôle dans les domaines de la
sensibilisation, de la formation et de l'éducation relative à l'envi-
ronnement. Ils sont aussi des partenaires privilégiés des institu-
tions publiques et de la coopération externe. La Fondation pour la
Protection de la Biodiversité Marine (FoPRoBiM), créée en 1994
intervient dans le domaine de la protection des ressources marines
en Haïti

3.2. Les ONGs Internationales:

Beaucoup d'entre elles, même si elles exécutent en général les


programmes et projets des bailleurs de fonds multilatéraux et
bilatéraux, ont collaboré directement avec des· fonds propres dans
divers secteurs dont la protection et la réhabilitation de l'environ-
nement. L'exercice 1996 montre que sur un montant estimé à plus
de US$ 8.4 millions (2,9 en 1995), plus de 60% ont été investis
dans le secteur de l'environnement. Les ONGs les plus impliquées
dans le secteur sont Paroles et Actions, PADF, Wimock Internatio-
nal, Food for the Poor, Plan International, Interchurch Coordina-
tion Comittee for Developement Projects et Aide à l'Enfance-
Canada. (PNUD, 1997d).

D'autres organisations de développement telles que Catholic


Relief Service (CRS), OXFAM, Cooperative Housing Fondation
(CHF), HELVETAS, ADRA, SECID et Cooperative Action for
Relief Everywhere (CARE) interviennent également dans le sec-
teur de l'environnement.

IV. Le Secteur Privé


Certaines institutions privées, dont les attributions ne concernent
pas directement la protection de l'environnement, mais dont les
incidences agissent sur les conditions générales de vie des popula-
tions interviennent également dans le secteur. La firme commer-
ciale SHELL a mené des projets de reboisement à Bainet, des

Haïti Econet 45
actions d'appui à OSAMH pour la réhabilitation du Morne !'Hôpi-
tal avec des micro-réalisations. La SHELL intervient aussi dans le
secteur de l'énergie en élaborant des cuisinières à butane afin de
diminuer la pression sur le bois. D'autre firmes et maisons de
commerce telles que TEXACO, TOTAL et Valério Canez oeuvrent
dans le même sens. La Fondation SOGEBANK, entité à but non
-lucratif, contribue également à l'amélioration de l'environnement.
(MDE, 1997b). Des organisations caritatives, Rotary Club et Lions
Club, mais aussi des associations professionnelles telles que la
Chambre de Commerce et d'industrie d'Haïti financent des micro-
réalisations environnementales dans des secteurs très variés. Sans
être exhaustifs, de tels exemples indiquent l'ampleur de la contri-
bution du secteur privé à la réhabilitation de l'environnement.
Malheureusement, il n'a pas été possible d'avancer des chiffres
exacts pour ce secteur.

46 Haïti Econet
La Coopération Externe
Samba CUISSE et Katherine OWEN

Le texte suivant est une tentative de recensement des interventions


entreprises par les bailleurs de fonds dans le domaine de l'envi-
ronnement depuis le début des années 90. Pour ce faire, diverses
publications ont été étudiées et plusieurs institutions ont été con-
tactées. Ainsi, les informations ont pu être organisées en trois cha-
pitres: 1) les institutions multilatérales, 2) les ins!itutions bilatéra-
les et 3) les institutions dans le cadre de la coopération Sud-Sud.
Chaque institution, en fonction de la disponibilité de l'informa-
tion, a été présentée selon le schéma suivant: 1) sa politique, 2) les
activités qui ont été réalisées ou qui sont en cours d'exécution, et ,
dans la mesure du possible, 3) les perspectives et programmation
futures.

1. Les Institutions Multilatérales Depuis le Sommet de


Rio (1992), la straté-
A. Le Système des Nations Unies gie générale de la
Banque Mondiale
1. La Banque Mondiale (BM) s'est tournée vers l'in-
1.1. Politique
tégration de l'envi-
ronnement dans tous
La Banque Mondiale, qui fait partie du Système des Nations
ses programmes de
Unies, est composée de deux institutions: la Banque Internationale
développement.
pour la Reconstruction et le Développement (IBRD) ainsi que l' As-
sociation pour le Développement International (IDA). Son objectif
principal est la réduction de la pauvreté. Depuis le Sommet de Rio
(1992), la stratégie générale de la Banques' est tournée vers l'inté-
gration de l'environnement dans tous ses programmes de déve-
loppement. C'est ainsi qu'au niveau mondial, le portefeuille actif
de prêts de la Banque ayant pour objet majeur le renforcement de

Haïti Econet 47
la gestion environnementale au niveau mondial s'est chiffré à 11,6
milliards US$ pour 166 projets en 1997. Pour la région des Caraï-
bes et del' Amérique Latine, sur les 11 milliards US$ de prêts plus
de la moitié a été investie dans des domaines tels que le contrôle
de la pollution, infrastructures environnementales urbaines, pro-
tection. des forêts et de la biodiversité et l'assainissement et l'eau
potable (Banque Mondiale, 1997h; Banque Mondiale, 1997g).
Tous les projets de la Banque doivent être soumis à une évaluation
de l'impact qu'ils peuvent avoir sur l'environnement. Les projets
dont l'impact risque d'avoir un effet négatif font l'objet d'une
étude complète et approfondie (Banque Mondiale, 1995).

La Banque est une des agences d'exécution du Fonds pour !'Envi-


ronnement Mondial (FEM) 1 et du Protocole de Montréal (MP) 2 ,
mécanismes de financement pour les questions relatives à l'envi-
ronnement. Pour l'Amérique Latine et les Caraïbes, il existe 12
projets FEM qui interviennent dans les domaines de la
biodiversité, des changements climatiques, et des eaux internatio-
nales et 13 projets MP (Banque Mondiale, 1997g).

1.2. Activités

Dans ce cadre, Haïti a bénéficié d'un prêt de 21.5 millions US$


(contrepartie 1 million de dollars US$) pour la mise en place d'un
projet de protection des écosystèmes forestiers (Assistance Techni-
que pour la Protection des Parcs et Forêts - ATPPF). Ce projet se
propose de renforcer la capacité du gouvernement à la mise en
place et à la gestion de parcs nationaux, de mettre en valeur des
terres situées dans les zones tampons de ces aires protégées ainsi
que d'augmenter la capacité de gestion des organisations locales
des zones concernés . Dans le cadre de la politique de gestion des
ressources en eau, la Banque a mis à la disposition d'Haïti un prêt
de 30 millions US$ pour un projet d'eau potable et d'infrastructure
urbaine.

La Banque appuie depuis 1992 l'élaboration du Plan National


d' Action pour !'Environnement (PAE). En Haïti, cet appui se ma-
térialise par une aide de 420.000 US$ sur deux ans. (Banque Mon-
diale, 1997g; Taylor, 1997).

48 Haïti Econet
La Banque Mondiale coordonne et finance également des activités
régionales tendant à résoudre des problèmes d'environnement
transfrontaliers. Haïti et la République Dominicaine ont bénéficié
d'un financement de 50.000 US$ du Fonds pour !'Environnement
Mondial (FEM) pour la préparation de documents de projets. Le
MDE a déjà soumis un projet de renforcement institutionnel et
d'élaboration d'une stratégie sur la biodiversité d'un montant de
250.000 US$.

1.3. Programmation
Pour les Caraïbes, la
Depuis le mois de juin 1997, un nouveau département de la Ban- stratégie de la Banque
que, ··Environment and Socially Sustainable Developemenf", a été cherche à mettre
créé, regroupant les secteurs de l'environnement, du développe- davantage l'accent sur
ment rural et du développement social. Pour les Caraïbes, la stra- l'environnement
tégie de la Banque cherche à mettre davantage l'accent sur l'envi- urbain, le développe-
ronnement urbain, le développement des ressources humaines et ment des ressources
l'allégement de la pauvreté rurale. Dans cette nouvelle organisa- humaines et l'allége-
tion, Haïti devrait recevoir une attention soutenue (Taylor, 1997). ment de la pauvreté
rurale.
2. Programme des Nations Unies pour le Développement
(PNUD)

2.1. Politique

Le mandat du Programme des Nations Unies pour le Développe-


ment (PNP~) "est de promouvoir un développement humain du-
rable par le renforcement des capacités nationales" (PNUD,1997a).
Le PNUD est la principale source de subventions accordées par les
Nations Unies à la coopération pour le développement. Les fonds
proviennent des contributions volontaires des Etats membres de
!'Organisation des Nations Unies et des institutions affiliées. Les
pays ayant un revenu annuel moyen par habitant de 750 dollars
US$ ou moins se voient allouer 87% de ces fonds (PNUD,1995).
Pour les pays d'Amérique Latine et des Caraïbes, l'allocation du
PNUD a été d'environ 236 millions US$ pour le cycle de program-
mation de 92-96, soit 8% seulement des ressources de base totales
prévues du PNUD. Stir ces ressources, 114.9 millions US$ ont été
affectés aux pays dont le PNB est équivalent ou inférieur à 750
US$ (PNUD, 1995)

Haïti Econet 49
Pour le cycle de programmation 92-96, le PNUD en Haïti a dé-
pensé environ US$ 49 millions (PNUD, 1997c; PNUD, 1996e;
PNUD, 1997f). Pour le cycle de programmation 97-2000, le PNUD
a prévu des engagements s'élevant à US$ 27.2 millions , soit envi-
ron 28% du montant alloué à la région des Caraïbes et del' Améri-
q1:J.e Latine (PNUD,1997a; PNUD, 1996d)

Les principaux domaines d'intervention du PNUD dans le monde


sont:

1) l'élimination de la pauvreté;
2) l'emploi et les moyens d'existence durable,
3) la promotion de la femme et
4) l'environnement, l'énergie et les ressources naturelles.

La proportion des fonds alloués à l'environnement en Haïti a été


d'environ 5,7% pour le cycle de 92-96 et sera d'environ de 8% pour
le cycle 97-2000 (PNUD, 1997a).
11!1
Depuis le Sommet de la Le PNUD est un acteur important dans de nombreuses campagnes
Terre, le PNUD a lancé internationales comme la Conférence des Nations Unies pour l'En-
"Capacités 21" pour vironnement et le Développement (CNUED), le Sommet de la
aider les pa~~ en, déve- Terre, pour ne citer que ces exemples dans le domaine de l'envi-
loppement a tntegrer les ronnement. Le PNUD joue également un rôle clef en aidant les
principes de développe- pays à mettre en oeuvre les programmes d'actions qui découlent
ment ~urab~e et .les des grandes conférences internationales sur les questions de déve-
questtons d environne- loppement comme le programme Action 21. Depuis le Sommet de
~e!1t dans tou~s les po- la Terre, le PNUD a lancé "Capacités 21" pour aider les pays en
ltttques et pro7ets de développement à intégrer les principes de développement durable
développement (PNUD, et les questions d'environnement dans touts les politiques et pro-
1995). jets de développement (PNUD, 1995). Dans le cadre de son pro-
gramme de coopération auprès du gouvernement haïtien, le
PNUD a grandement facilité les démarches qui ont abouti à la rati-
fication par le Parlement Haïtien de 4 conventions internationales
dans le domaine de l'environnement en octobre 1996.

Le PNUD fait également office d'organe central de coordination


de la coopération pour le développement pour l'ensemble du sys-
tème des Nations Unies.

50 Haïti Econet
2.2. Activités

Le PNUD a fait de la réhabilitation de l'environnement une


condition préalable pour un développement durable. L'Unité de
Coordination et de Suivi de !'Environnement (HAI/92/001)
donne un appui technique et direct au Gouvernement et à d'autres
organisations nationales, facilite la coordination des programmes
et des actions en cours dans le domaine, assure la promotion des
études d'impact environnemental des programmes ou projets,
apporte un soutien aux réformes mises en œuvre au niveau
national Qustice, fonction publique, système foncier,
décentralisation) dans leur rapport avec les questions
d'environnement, renforce la capacité du Gouvernement, des
ONGs et du secteur privé à planifier et à gérer des projets
environnementaux. Cela a permis en outre la mise en œuvre
d'une cinquantaine de micro-projets exécutés par.des
organisations de base, d'une stratégie pour l'éducation relative à
l'environnement et d'un appui technique à l'élaboration d'un
cadre stratégique et d'un Plan d' Action pour !'Environnement
(PAE). Le projet HAI/92/001 a pris l'initiative d'instituer un
'Comité de Liaison pour !'Environnement et le Développement
Durable (CLEDD), lieu de rencontre pour les acteurs intervenant
dans le domaine de l'environnement. Il a également mené une
étude de faisabilité pour la mise en place d'un Programme de Le PNUD envisage
Réseau de Développement Durable (PRDD) en Haïti. ultérieurement de con-
solider toutes ces acti-
Le PNUD a financé le projet Rete Te Kembe Dio (HAÏ/95/013) de vités en un seul sous-
contrôle de l'érosion et protection des sols aux bassins versants du programme qui vise-
Morne !'Hôpital , mis en œuvre par le MDE avec la collaboration rait le renforcement de
du projet HAÏ/92/001 et le projet PRODETER (HAÏ/95/020) qui la capacité de planifi-
a mis en place une méthodologie de gestion participative en ma- cation des politiques
tière d'aménagement des bassins versants. Il existe également le environnementales et
projet PNUD/FAO d'aménagement des points d'eau dans le Haut le renforcement de la
Plateau Central (HAÏ/ 89 / 024) avec un financement parallèle de capacité de mise en
l'Union Européenne ainsi qu'un projet de Protection des Ressour- œuvre des politiques et
ces Historiques, Culturelles et Naturelles (HAÏ/95/010) (PNUD, des stratégies.
1997b). Le PNUD envisage ultérieurement de consolider toutes
ces activités en un seul sous-programme qui viserait le renforce-
ment de la capacité de planification des politiques

Haïti Econet 51
environnementales et le renforcement de la capacité de mise en
œuvre des politiques et des stratégies. Plusieurs sources d'assis-
tance technique et de renforcement des capacités peuvent être mi-
ses en œuvre par le PNUD (FEM et Capacité 21, projets frontaliers
ou transfrontaliers, intégration par la Coopération Sud/Sud)
(PNUD, 1997e).

Depuis la Conférence de Dublin sur l'eau et l'environnement, le


PNUD finance aussi des activités d'études, de surveillance, de
suivi, d'entretien, d'extension et de construction de systèmes d' ali-
mentation en eau potable dans diverses zones du pays. L'évalua-
tion en profondeur du secteur de l'eau et de l'assainissement de-
vrait déboucher sur la définition d'une politique et de stratégies
nationales (HAÏ/91/021). Le budget indicatif de ce volet est de 4
millions US$ pour la période 97-99. (PNUD, 1997b).

Ces actions dans le domaine de l'environnement sont renforcées


par celles entreprises en support au processus de décentralisation
tels que le projet d' Appui Institutionnel en Aménagement du Ter-
ritoire (HAÏ/94/016), le projet d'appui aux Municipalités (HAÏ/
94/003) et le projet de Renforcement des Organismes de Dévelop-
pement (HAÏ/95/008) (PNUD, 1997b). Ces deux premiers projets
exécutés par CNUEH-Habitat, en collaboration avec l'Unité de
Suivi et de Coordination de !'Environnement ont financé et offert
l'assistance technique pour la réalisation du "Profil
Environnemental de la Région Métropolitaine de Port-au-Prince".

3. Agences des Nations Unies

D'autres agences spécialisées du Système des Nations Unies inter-


viennent également dans le domaine de l'environnement:

3.1. Activités

• Le Fonds d'équipements des Nations Unies (FENU) est un


bailleurs de fonds qui appuie deux grands types de projets: les
projets d'infrastructures économiques et sociales et les projets
de crédit. En Haïti, le FENU a financé plusieurs actions dans
le domaine de l'environnement: 1) construction d'un château
d'eau potable, le forage de puits et la construction de 58

52 Haïti Econet
iuncd111e:spuonques aans ie quarner ae Lite ~01e11 pour un mon-
tant de US$ 3.4 millions 2) forage de 12 puits équipés de pompes
à bras et construction de 3 mini-adductions pour un montant de 2
millions US$ dans la zone de l' Arcahaie et de Cabaret; 3) un projet
d'aménagement des bassins versants des ravines de la zone du Pic
Macaya dans le cadre de la construction des routes Rendel-Grande
Plaine et Constant~Tikélé pour un montant de US$ 836.500. Le
FENU a, dans le cadre de son projet d'irrigation de la Plaine de
l' Arcahaie, créé un fonds d'initiatives communautaires pour le
support des activités de conservation des bassins versants qui do-
minent les périmètres d'irrigation (FENU, 1997; Charlot, 1998)

Dans le cadre de son nouveau programme (1999-2003), le FENU,


avec son volet micro-finance et éco-développement, interviendra
exclusivement dans le Département du Nord Est pour un montant
d'environ US$ 8 millions avec comme domaines d'intervention:
micro-crédits, l'eau potable et l'assainissement, l'agriculture, pistes
vicinales et l'environnement (Charlot, 1998; FENU, 1998).

• Le Fonds des Nations Unies pour !'Enfance (UNICEF) et


l' Organisation Panaméricaine de la Santé/Organisation
Mondiale de la Santé (OPS/OMS) appuient respectivement
des programmes d'adduction d'eau potable et d' assainisse-
ment pour un montant de 4.1 et US$1.08 millions. (Banque
Mondiale, 1997b). En 1997, l'UNICEF a également démarré un
programme pilote de distribution de réchauds solaires pour
pallier l'utilisation du bois de feu.

• L'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la


Science et la Culture (UNESCO) a participé au financement
du projet Route 2004 "Préservation des ressources historiques
culturelles et naturelles. Elle a également financé une étude
pour la protection des ressources côtières et de l'écosystème
marin pour un montant de US$100 000.

• Le programme triennal (1997-1999) du Fonds des Nations


Unies pour la Population (FNUAP) repose essentiellement sur
trois domaines :
1 Agences d'exécution du FEM: PNUD, PNUE et Banque Mondiale;
2 Agences d'exécution du Protocole de Montréal: ONUDI, PNUD, PNUE et Banque Mondiale

Haïti Econet 53
lJ La sante genes1que y compns 1a piarnncanon rarmna1e et ia
santé sexuelle,
2) les stratégies de population et de développement,
3) les activités de plaidoyer.

Ce programme est le résultat de consultations réalisées avec un


Comité multisectoriel du Gouvernement et est en accord avec les
résolutions adoptées lors de la 3ème Conférence Mondiale sur la
Population et le Développement au Caire (1994). Bien que le
FNUAP n'ait pas des activités proprement dites
environnementales, la population reste au centre des préoccupa-
tions pour un développement durable.

Le FNUAP en Haïti a exprimé son intérêt à participer à la formu-


lation du Plan d' Action pour !'Environnement en fournissant une
expertise au Ministère de !'Environnement. Le FNUAP reste dis-
posé à offrir une assistance technique dans le domaine population
et environnement (FNUAP, 1997; Lataillade & Théodore, 1998)

B. L'Union Européenne (UE)

1 . Politique

La République d'Haïti a signé la Convention de Lomé IV en dé-


cembre 1989, accord de coopération conclu entre 70 pays d' Afri-
que, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Cette convention a été
établie pour une période de 10 ans qui a été divisée en deux proto-
coles financiers (1990-1995 et 1996-2000), correspondant respecti-
vement au 7ème et 8ème Fonds Européen de Développement
(FED). Le FED est constitué des contributions quinquennales des
Etats signataires de la Convention de Lomé. L'allocation initiale à
la République d'Haïti dans le cadre du 7ème FED s'élevait à 106
millions d'Écus 1 (environ US$133.8 millions (Union Européenne,
1997a; MPCE, 1996f).

L' Aide Publique au Développement (APD) de l'Union Européenne


est constituée de l'aide programmable et de l'aide non-program-
mable. L'aide programmable est essentiellement prévue par les
Programmes Indicatifs Nationaux (PIN) qui déterminent pour

1 1 Ecu = 1,263 US

54 Haïti Econet
programmes et 1es projets ae aéveloppe-
LllctLuIL ue~ e1ctt~ .t'\.Lr, ie~

ment et l'aide financière disponible. Il existe également des Pro-


grammes Indicatifs Régionaux (PIR). Dans l'aide programmable
sont inclues également les ressources du Fonds d' Ajustement
Structurel (FAS). L'aide non-programmable est accordée aux pays
ACP au cas par cas. Elle est conditionnelle et prend en compte les
impératifs conjoncturels. En général, cette aide inclut des mécanis-
mes tels que le-STABEX et le SYSMIN qui pallient les difficultés
rencontrées par les Etats ACP qui dépendent d'exportations agri-
coles et/ ou minières dont les cours fluctuent sur le marché mon-
dial. (MPCE,1996f)

2. Activités/Programmation

En Haïti, le Premier Programme Indicatif National (PIN) relatif au


7ème FED n'a été signé que le 30novembre1994. Au 31 décembre
96, les subventions dans le cadre du PIN s' élèvaient à 100.7 mil-
lions d'Écus (env. US$126 millions) dont 30% ont déjà été dé-
boursés (Union Européenne,1997a).

• Trois conventions de financement relatives aux programmes de


réhabilitation (infrastructure et agriculture), de réhabilitation du
secteur énergétique, et d'ajustement structurel ont été signées.
Dans le cadre du "Programme de Réhabilitation" de 25 millions
d'Écus (env. US$ 31.5 millions de) qui comporte deux volets,
plusieurs interventions ont été réalisées dans l'environnement
par le biais des ONGs

a) infrastructures en eau potable (3 projets pour 2.5 millions


d'Écus, soit 3.1 millions US$), en éducation et en transport
b) réhabilitation du secteur agricole (8 projets relatifs à l'envi-
ronnement pour env. 643.000 Écus soit US$ 810.180)

• D'autres actions d'assistance technique ont été financées dont


une étude qui intéresse particulièrement le secteur de l'environ-
nement sur l'imagerie sa te Ili taire pour un montant de 28.000
Écus (environ US$ 35.280). De cette étude suivra la mise en place
d'un projet d'utilisation de l'image satéllitaire pour l'aménage-
ment du territoire pour un montant de 1.8 millions d'Écus (env.
US$ 2.2 millions).

Haïti Econet 55
• Les subventions non-programmables relatives au 7ème FED et
non considérées dans le PIN, qui incluent le STABEX, un appui à
l'ajustement structurel et l'aide d'urgence, s'élèvent à 53.5 mil-
lions d'Écus (env. US$ 67.4 millions) dont 87 % ont déjà été dé-
pensés. Les régions retenues pour les interventions dans le ca-
dre du FED sont les départements du Centre et du Sud. (Union
. Européenne,1997a)

• Les pays ACP ont également accès à d'autres appuis financiers


dans le cadre des différentes lignes budgétaires de la Commis-
sion Européenne. Ces fonds proviennent des crédits inscrits cha-
que année dans le budget de la Commission et des crédits du
FED. Ces ressources sont exclusivement réservées aux actions
présentées par des ONGs. Haïti a bénéficié depuis 1990, en parti-
culier en 1995, d'importantes ressources financières à partir des
lignes budgétaires . Nous ne. ferons référence qu'aux lignes bud-
gétaires dont le financement a permis la réalisation d'activités
dans le secteur del' environnement (Union Européenne,1997a):

• Le programme des micro-réalisations (ressources de la


Commissionet du FED) qui a été signé en 1989 pour un montant
de 5.9 millions d'Écus (env. US$ 7.4 millions). Ce programme de
micro-réalisations était le seul appui financier que recevait Haïti
avant son adhésion à la Convention de Lomé IV. Sur un total de
102 micro-réalisations, 9 projets d'eau potable et assainissement
pour un montant d'environ US$ 500.000 et 2 projets en conserva-
tion de sols et greffage pour un montant de US$ 34.000 ont été
réalisés entre janvier 90 et décembre 1996 (Rodriguez, 1997),

• La ligne budgétaire Réhabilitation d'un montant de 12.8 mil-


lions d'Écus (env. 16.1 millions US$) a permis le financement de
5 projets d'adduction d'eau potable jusqu'à concours de 2.2 mil-
lions d'Écus (env. US$ 2.8 millions). Un projet d'aménagement
des bassins versants (372.000 Écus ou US$ 469.000) ainsi qu'un
projet de lutte communautaire contre l'érosion (510.000 Écus ou
US$ 643.000) sont prévus pour l'année prochaine (Ribaud, 1997),

56 Haïti Econet
• La ligne budgétaire Cofinancement ONG d'un montant de 10,8
millions d'Écus (env.US$13.6 millions), 29 projets touchant à
l'environnement (eau potable, la trine,, conservation de sols) ont
été financés pour un montant d'environ 860.965 Écus (env. US$
1.08 millions),

• Les lignes budgétaires: Environnement (B7-5040) et Forêts Tro-


picales (B7- 5041): Harti n'a pas encore bénéficié de ces lignes
budgétaires, cependant les termes de référence pour une mis-
sion/ étude à financer sur la ligne Forêts Tropicales ont été pré-
parés. Cette étude devra faire le bilan de la situation actuelle des
forêts tropicales en Harti ainsi qu'établir la faisabilité d'actions
telles que l'aménagement de bassins versants et une intervention
communautaire dans le Parc Macaya

• Coopération régionale: Harti participe au sein du Cariforum à


la coopération régionale et est appelé à bénéficier de finance-
ments disponibles dans le cadre du Programme Indicatif Régio-
nal (PIR). Plusieurs programmes tels que celui relatif à la pêche
et à l'agriculture ont été approuvés par la Commission. Une ren-
contre a eu lieu à Belize en décembre 1996 en vue de renforcer la
coopération entre les institutions de recherche ACP et l'Union
Européenne pour la recherche halieutique. Un programme ré-
gional environnement (11 millions d'Écus prévus) est en instruc-
tion et devrait s'achever à la fin de l'année 1997. Ce programme
pourrait avoir comme principaux volets: 1) la gestion de l'envi-
ronnement (le PAE pourrait en être le principal bénéficiaire), 2)
les aires protégées et la biodiversité. (Union Européenne, 1997a).

C. La Banque Interaméricaine de Développement (BID)

1. Politique

La Banque Interaméricaine de Développement (BID) est la plus


ancienne des banques régionales de développement. Elle a été
créé le 18 avril 1959. La structure et le mode de fonctionnement
de la BIO s'inspirent fortement de ceux de la Banque Mondiale.
46 pays sont représentés à l'Assemblée des gouverneurs et au
Conseil d' Administration. Dans ce dernier, la répartition des
droits de vote est proportionnelle à la participation au capital de la

Haïti Econet 57
Banque (Franchet, 1985). La BID fonctionne comme n'importe
quelle autre banque. Elle n'engage pas de prêts sans avoir préala-
blement évaluer le risque et la faisabilité du projet. Par contre,
elle diffère d'une banque commerciale en ce sens qu'elle est pré-
disposée à financer des études préparatoires. La BID offre plu-
. sieurs mécanismes financiers aux pays emprunteurs leur permet-
tant de maximiser les chances de succès dans la préparation de
leur projet (BID, 1996a) :

1) Global Preinvestment Programs: ce sont des prêts à rembourse-


ments complets ou partiels qui permettent aux emprunteurs
d'atteindre les objectifs fixés dans le Plan National de Dévelop-
pement,
2) Project Preparation Facility: ce sont des prêts qui peuvent fi-
nancer des activités complémentaires et nécessaires à la prépa-
ration du projet,
3) Preinvestments Technical Cooperation: Ce ne sont pas des
fonds utilisés exclusivement à la préparation d'un projet mais
L'accent sur le renfor- peuvent servir au financement d'activités à différents stages du
cement institutionnel projet.
reflète l'engagement de
la Banque envers la La BID a mis en place quatre critères pour l'éligibilité et la sélec-
modernisation des ins- tion des projets à financer: allégement de la pauvreté, complé-
titutions haïtiennes en mentarité, durabilité et faisabilité. Tous les projets soumis à la
tant qu'action complé- BID, avant financement, doivent comporter une étude d'impact
mentaire et indispen- environnemental plus ou moins complète en fonction de la nature
sable au processus de et de la taille des investissements (BID, 1996b).
développement dura-
ble La stratégie de la BID en Haïti consiste à réduire la pauvreté par le
biais d'un développement durable généré par le secteur privé.
Cette stratégie est orientée vers la satisfaction des besoins du pro-
gramme et de l'agenda de politique du gouvernement haïtien. Les
axes stratégiques : a) investissement dans le capital humain; b) le
renforcement institutionnel; c) le développement du secteur privé
et d) le cofinancement - établissent le cadre général pour le pro-
gramme de la BID en Haïti pour la période 1996-1998. L'accent
sur le renforcement institutionnel reflète l'engagement de la Ban-
que envers la modernisation des institutions haïtiennes en tant
qu' action complémentaire et indispensable au processus de déve-
loppement durable (BID, 1997a).

58 Haïti Econet
2. Activités

La BID en tant que source principale de financement multilatéral


en Haïti depuis la restauration du gouvernement constitutionnel
en 1994, a dirigé une mission multilatérale pour l'élaboration du
Programme d'Urgence de Redressement Economique (EERP).
C'est ainsi qu'en 1995, la BID a engagé un montant de 328.9 mil-
lions US$ avec un montant total des décaissements de US$ 78 mil-
lions . L'année 1995 est considérée une année record pour la coo-
pération BID/Haïti (BID, 1996b). Pour la période 97-98, un inven-
taire de projets d'environ US$ 348 millions est proposé et com-
prend d'importantes interventions dans les secteurs sociaux, de
progran1mes de modernisation de l'Etat, de l'agriculture, de déve-
loppement municipal et de protection des ressources de l'environ-
nement. (BID, 1996b).

Parmi toutes ses actions, la BID appuie la réforme institutionnelle


du secteur en eau potable qui est exécutée par le biais de plu-
sieurs activités :

• Programme de formulation de la politique de l'eau qui a dé-


marré en avril 97 pour une durée d'un an. Ce programme vise
trois objectifs: 1) Bilan des ressources en eau, 2) Elaboration
d'un code de l'eau, 3) Plan d'action. (Raymond, 1997)
• Programme d'eau potable dans les villes secondaires (7 villes
moyennes) et d'une coopération technique y relative dont le
montant s'élève à environ US$ 30 millions,
• Programme de drainage et d'assainissement qui finance la
réhabilitation et l'expansion des réseaux d'assainissement dans
Port-au-Prince et dans les villes secondaires d'un montant de
US$ 50 millions (Nunninghoff, 1997).

3. Programmation

Un projet de protection des ressources naturelles d'un montant


de 10 millions US$ devrait démarrer en 1998 dont les objectifs con-
sisteraient à préserver et utiliser de manière durable les écosystè-
mes marins ainsi qu'à créer des emplois verts. Dans le cadre de ce
projet, il est envisagé de renforcer la coopération sous-régionale ou
transfrontière (Nunninghoff et Wiener, 1997; BID, 1996c).

Haïti Econet 59
II. Les Institutions Bilatérales
A. Les Etats Unis d'Amérique

1. Politique

Historiquement, l'USAID a été l'un des principaux bailleurs de


Fonds à financer des initiatives dans le domaine de l'environne-
ment. C'est l'Economic Growth Office qui est chargée de la for-
mulation et la mise en place des stratégies dans les domaines de
l' Agriculture, !'Environnement et le Renforcement du secteur
privé pour la mission de l'USAID en Harti. Ce bureau est égale-
Une des priorités des ment responsable de la gestion des projets et des activités dans les
programmes de domaines ci-dessus mentionnés et a pour objectifs stratégiques de :
l'USAID en Haïti est
la promotion d'une • promouvoir une augmentation de l'emploi et du revenu du
agriculture durable par secteur privé ;
une augmentation des • améliorer la productivité agricole et la gestion des ressources
revenus en milieu ru- environnementales ;
ral, la conservation
des ressources naturel- Une des priorités des programmes de l'USAID en Haïti est la pro-
les et l'augmentation motion d'une agriculture durable par une augmentation des reve-
des activités du secteur nus en milieu rural., la conservation des ressources naturelles et
privé l'augmentation des activités du secteur privé (USAID,1996a)

2. Activités

Pour répondre à cette priorité, l'USAID a ni.ené plusieurs projets


cités ci-après qui concernent plus directement l'environnement :

• Productive Land Use System (PLUS) -1989-1999 - d'un montant


de 32.3 millions US$ dont l'objectif est de maximiser le potentiel
productif de l'agriculture de montagne, en augmentant le re-
venu de l'agriculteur et en réduisant la dégradation des ressour-
ces naturelles de base par la promotion de techniques d' exploi-
tation durable de la terre. Le projet est exécuté par trois ONGs :
PADF, CARE et SECID /Auburn
• Targeted Watershed Management (TWM) -1987-1996- d'un
montant de 16.9 millions US$ dont l'objectif est de mettre un
terme à la dégradation environnementale et d'améliorer les

60 Haïti Econet
• pratiques de gestion des terres sur les bassins versants du Pic
Macaya. Les activités ont été mises en place par des ONGs loca-
les et l'Université de Floride,
• Coffee Revitalization Project -1990-1996- d'un montant de 7.2
millions US$ dont l'objectif est d'améliorer la qualité des éultu-
res caféières par la mise en place de techniques d'exploitation
durable et de structures de protection environnementale des
cultures. L'Institut interaméricain pour la Coopération et
l' Agriculture (IICA), branche de !'Organisation des Etats Améri-
cains (OEA), est l'agence d'exécution de ce projet,
• Labor Intensive Infrastructure Rehabilitation (Jobs Program)-
1993-1995- d'un montant de 38 millions US$, ce programme a
cherché à répondre à l'urgence du problème du chômage en
créant des emplois à court terme dans différents secteurs tels
que les infrastructures, l'assainissement et la protection des
ressources naturelles. Il a été estimé qu' environ 25% du budget
a été alloué à des activités de conservation de sols. Ce
programme a été exécuté par PADF, Planning Assistance, et
Cooperative Housing Foundation (USAID, 1996b;USAID,
1996a),
• Appui au Plan d' Action pour !'Environnement (PAE) - d'un
montant de US$ 750 000 ,
• Couverture photographique aérienne du territoire en vue d' esti-
mer la production agricole.

Depuis 1996, USAID a consolidé et concentré toutes ces activités


environnementales et agricoles en une unité appelée ASSET
(Agriculturally Sustainable Systems and Environmental Transfor-
mation). Selon l'organigramme de l'USAID, ASSET chapeaute le
projet PLUS (USAID,1996c). Dans la réalité, ASSET n'intervient
pas dans la supervision ni la gestion des activités de PLUS. L'en-
veloppe globale d' ASSET est de 45 millions US$ sur 5 ans, soit en-
viron US$ 9 millions par année. Sur ces 45 millions US$, PLUS
bénéficiera d'environ US$ 29 millions . ASSET gérera une enve-
loppe de US$16 millions selon la répartition suivante:

1) Fonds de mise en oeuvre pour le PAE: environ US$ 2,25 mil-


lions (plus un fonds additionnel de US$ 55.000 restant sur les
US$ 750.000 que l'USAID avait mise à la disposition du secréta-
riat du PAE pour l'élaboration du PAE)

Haïti Econet 61
2) Fonds de gestion des ressources naturelles :US$ 850.000 se-
ront destinés aux organisations de base ainsi qu'aux municipa-
lités et Casecs
3) Fonds pour la plantation des arbres: env.US$1,2 million
4) Fonds pour l'environnement en milieu urbain: US$ 800.000
soit 6 activités sur 2 ans . ASSET souhaiterait que ces activités
soient complémentaires à d'autres projets de bailleurs de fonds
5) Fonds pour l'éducation relative à l'environnement : US$
475.000 (USAID, May 1996c; ASSET, 1997; Scott &
LaFramboise, 1997)

L'USAID a également financé un projet pilote de US$ 400.000


pour la réduction de la pollution et de réhabilitation de l'environ-
nement à Cité Soleil en accompagnement au projet d'adduction
d'eau de Cité Soleil financé par le FENU. L'objectif de ce projet
est de financer à partir de_ la vente d'eau la gestion des déchets
(USAID, sd).

Trois domaines de B. Le Canada


lutte contre la pau-
vreté sont retenus à 1. Politique
savoir la satisfaction
des besoins humains L'objectif du Canada en matière de coopération en Haïti est de
fondamentaux, le dé- réduire la pauvreté. Cela ne sera possible qu'en soutenant le déve-
veloppement économi- loppement durable comme l'indique l'énoncé de politique du gou-
que ainsi que la bonne vernement canadien concernant l'aide publique au développe-
gouvernance/démocra- ment. Trois domaines de lutte contre la pauvreté sont retenus à
tie. Par commodité, la savoir la satisfaction des besoins humains fondamentaux, le déve-
réhabilitation de l'en- loppement économique ainsi que la bonne gouvernance/ démocra-
vironnement apparaît tie. Par commodité, la réhabilitation de l'environnement apparaît
au chapitre du déve- au chapitre du développement économique. Cependant, il faut
loppement économique savoir que tous les projets susceptibles d'avoir un impact sur l'en-
vironnement doivent, avant leur approbation, satisfaire aux exi-
gences de la loi canadienne sur l'évaluation environnementale.

2. Activités

Etant un partenaire relativement nouveau dans ce secteur en


Haïti, le Canada s'est doté pour faciliter son insertion d'un budget

62 Haïti Econet
(US$ 3.75 millions de) finançant différentes initiatives dont l'ap-
pui au Plan d' Action pour Environnement (PAE) ainsi q' une étude
avec la CARE sur les réchauds améliorés.

Durant la période considérée, l'intervention en environnement a


surtout été le fait de 2 projets: Le fonds d'urgence de réhabilita-
tion et de récupération économique éxécuté par MEDA (US$ 3.75
millions) et le projet du PAM visant le relévement agricole de con-
servation de sols dans le zones montagneuses marginales (US$ 3.4
millions de).

De manière plus ponctuelle, des projets à but humanitaire ou


d'urgence ont palliés aux problèmes causés par l'environnement
précaire avec la réhabilitation des systèmes d'eau potable aprés la
tempête Gordon (US$ 375 000), le rehaussement du barrage
alimentant le Canal d' Arezac (225 000) ainsi qu' u~ programme de
préparation aux catastrophes pour la Croix-Rouge (225 000). En
vue d'un meilleur aménagement urbain, nous avons financé une
étude pour la seconde ville du pays et participons à la création
d'une chaire d'urbanisme au CTPEA. Bien d'autres petits projets
Le Canada attend la
ont pu être financés tant par le biais du Fonds canadien que par
parution du PAE et de
d'autres manières.
la politique
environnementale
Depuis peu, un projet d'aménagement des terroirs d'une valeur de
avant de se commettre
US$ 3.75 millions démarre dans la région des Nippes avec
plus avant.
Oxfam-Québec et Tecsult. Il vise a concevoir et implanter des mo-
dèles de production agro-forestière et de gestion de micro-bassins
hydrographiques destinés à protéger les sols de l'érosion, aug-
menter leur productivité et accroître la production.

Le Canada attend la parution du P AE et de la politique


environnementale avant de se commettre plus avant.

Haïti Econet 63
C. La France

1. Politique et Activités de la Mission de Coopération et d' Ac-


tion Culturelle

Le cadre de la Coopération française est défini par les recomman-


dations de la Commission Mixte Haïti/France. La dernière qui
s'est tenue en juillet 1996 définissait cette coopération selon les
axes prioritaires suivants: appui à la reconstruction de l'Etat
(27.20 MFF1 ); l'amélioration de l'environnement économique
(61,lOMFF); la participation à l'affirmation de l'identité haïtienne
(45,llMFF); et la contribution à l'amélioration du sort des popula-
tions défavorisées (103,40MFF). L'environnement n'a pas été dé-
La Mission de coopéra- fini dans cette commission comme étant une priorité. (Mission de
tion française ne Coopération et d' Action Culturelle, 1997)
finance pas directement
des projets dans le
La Mission de coopération française ne finance pas directement
domaine de l'environ- des projets dans le domaine de l'environnement. Cependant, elle
nement. Cependant, intervient dans le secteur à travers son appui institutionnel et mé-
elle intervient dans le thodologique au Ministère de l' Agriculture, à travers l'exécution
secteur dans le cadre de de quatre thèmes retenus pour le développement rural (gestion
son appui institution- sociale de l'eau, réforme agraire, bassins versants dans le cadre
nel et méthodologique des projets ruraux intégrés exécutés par des ONG françaises, et
au Ministère de
développement rural). Elle ne finance pas des projets de terrain
l'Agriculture, mais offre une assistance technique pour l'élaboration des études
et la mise à disposition d'une expertise spécialisée.

Il existe un Fonds Français de !'Environnement Mondial (FFEM)


qui est géré par le FED de l'Union Européenne dont le fonctionne-
ment se rapproche beaucoup du Fonds pour !'Environnement
Mondial (FEM). Le MDE a présenté des projets pour financement
au FFEM mais ceux-ci ne répondaient pas aux critères d'éligibilité.
Les procédures du FFEM sont très longues et cela peut prendre
jusqu'à deux ans avant qu'un projet ne puisse bénéficier d'un fi-
nancement.

La Coopération française n'envisage pas dans un avenir immédiat


d'appuyer le secteur de l'environnement proprement dit. Elle at-
tend que les relations et compétences institutionnelles entre le

1 1FF=0,20 US$

64 Haïti Econet
MDE, le MADRNR et le MTPTC se clarifient pour pouvoir inter-
venir efficacement. Néanmoins, la Coopération française pourrait
offrir une assistance technique sur des sujets tels que les lois relati-
ves à l'environnement de même qu'elle pourrait fournir de la do-
cumentation sur les études d'impact environnemental (EIE). La
demande doit êtr.e faite au Secrétariat de la Coopération Française
(Bacheret, 1997).

2. Politique et Activités de la Caisse Française de Développe-


ment (CFD)

La Caisse Française de Développement (CFD), établissement pu-


blic créé en octobre 1992, appartient au dispositif français d'aide
au développement. La CFD accorde des subventions ou des prêts
dont les conditions varient selon les pays bénéficiaires. Les pays à
faible revenu, comme Haïti, bénéficient essentiellement de subven-
tions pour leurs opérations à l'exception des projets du secteur pu-
blic qui garantissent une rentabilité (CFD,1996a & b). La CFD est
opérationnelle en Haïti depuis 1984. En 1995et1996, la CFD a
engagé de nouvelles interventions pour un montant de 100 mil- En 1995 et 1996, la
lions de FF. Elle a apporté, en collaboration avec la Banque Mon- CFD a engagé de nou-
diale, son concours à la CAMEP pour la remise en état des infras- velles interventions
tructures existantes (canalisations, réservoirs, captages et forages) pour un montant de
à Port-au-Prince et pour un appui institutionnel (Plan directeur de 100 millions de FF
l'eau et de l'assainissement). Deux financements ont été consentis
à la CAMEP pour un montant de 135 millions FF (soit environ
US$ 27 millions ) . Un troisième à été consenti à la CAMEP via le
Groupe de Recherche et d'Echanges Technologiques (GRET), pour
l'approvisionnement en eau potable de 6 quartiers défavorisés
pour un montant d'environ US$1 million. (CFD, 1997; Bacheret,
1997; Julien, 1997)

D. L'Allemagne
Les autorités allemandes attachent une importance toute particu-
lière au renforcement des capacités institutionnelles des pays par-
tenaires à formuler et à mettre en oeuvre des politiques de l'envi-
ronnement et à élaborer des plans d'aménagement du territoire.
Aussi depuis 1988, tous les projets de la coopération bilatérale

NB: L'Annexe 3 présente une liste des projets environnementaux qui étaient et sont en
cours d'exécution pendant les années 1994 à 1997+

Haïti Econet 65
allemande font-ils l'objet d'études d'impact sur l'environnement.
La coopération allemande a redémarré en Haïti en août 1995.
L'enveloppe des projets de l'Allemagne programmés jusqu'en
1998 est d'environ 68 millions US$. Parmi ces projets, l'Allemagne
prévoit de financer un grand projet d'eau et d'assainissement au
_Çap Haïtien pour un montant de US$15.7 millions dont le démar-
rage est prévu en 1999. L'étude de faisabilité de ce projet est ac-
tuellement en cours (Edwige, 1997).

III. La Coopération Sud-Sud


Haïti est membre d'une organisation régionale, le Système
Economique Latina-Américain (SELA), créé en octobre 1975 dont
l'objectif principal est le renforcement de la coopération régionale
dans divers domaines. Lors de la réunion du SELA, qui s'est te-
nue en Haïti en 1995, les 27 pays del' Amérique Latine avaient pris
l'engagement d'aider techniquement Haïti dans le cadre de sa re-
Lors de la réunion du construction économique et sociale. Seulement, depuis lors, les
SELA, qui s'est tenue en intentions n'ont pas été suivies d'actes concrets. Des pays comme
Haïti en 1995, les 27- le Costa Rica ont manifesté leur intérêt pour l'exécution d'un pro-
pays de l'Amérique La- jet d' Amélioration de la qualité de l'Eau pour les Milieux Défavo-
tine avaient pris l'enga- risés d'un montant d'environ US$162 000. Le MDE a défini cinq
gement d'aider techni- projets prioritaires d'assistance technique dans le cadre de la Coo-
quement Haïti dans le pération Sud/Sud: gestion des zones protégées et gestion du litto-
cadre de sa reconstruc- ral avec Cuba; développement communal forestier avec la Bolivie;
tion économique et so- zonification écologique avec le Pérou et développement du sys-
ciale tème agroforestier avec le Vénézuéla. (PNUD/HAÏ/94/012,
1996b; PNUD,1997f).

66 Haïti Econet
Coup d'Oeil
sur le Plan d' Action pour
!'Environnement (PAE)
Yves Fritz JOSEPH
L'équipe de rédaction de la revue "Econet" a estimé utile de pro-
poser ce coup d'oeil sur le Plan d' Action pou,r !'Environnement
afin de mesurer le niveau de préparation des réponses à apporter
au rythme actuel de dégradation du système environnemental
Haïtien. De manière succincte, claire et précise, l'ingénieur Yves-
Fritz JOSEPH, Coordonnateur Général du PAE répond à nos ques-
tions:

ECONET: M. JOSEPH, pouvez-vous nous dire ce que c'est le


Plan d' Action pour !'Environnement? Quels sont ses objectifs?

M. JOSEPH: Je voudrais commencer par souligner ce que le PAE


n'est pas ou ne doit pas être avant de dire ce qu'il est effective-
ment:

Ce n'est point un super programme destiné à englober tous les


autres, sorte de grosse pieuvre étendant ses tentacules pour s' em-
parer de tout ce qui peut la nourrir, ou encore une espèce de grand
couvercle prétendant pouvoir abriter tous ses partisans tout en
s'érigeant en grand faiseur de la politique des autres. "Tout le
reste est vain quand on perd la confiance" dit le sage. Il faut que
tous les partenaires du PAE (institutions publiques, collectivités
territoriales, secteur privé, ONG, université, associations sociopro-
fessionnelles, syndicats, etc.) admettent, dans les faits, que le PAE,
c'est aussi leur affaire pour avoir effectivement contribué à son
élaboration.

Haïti Econet 67
Le P AE, c'est un plancher de concertation sur lequel se réunissent
tous les acteurs impliqués pour construire dans l'harmonie les fon-
dations d'un instrument efficace de gestion des ressources naturel-
les et partant, du système environnemental.

L'objectif principal du P AE consiste, par conséquent à établir, de


conc-ert avec ses partenaires, une priorisation des actions devant
L'objectif principal du
servir de base à une planification et à une gestion rationnelle des
PAE consiste, par con-
ressources naturelles du pays. Il faut:
séquent à établir, de
concert avec ses parte-
un modèle de gestion par type ou catégorie de ressources du
naires, une priorisation 1)
même type: (i) ressources agrosylvopastorales, (ii) ressources
des actions devant ser-
de la biodiversité, (iii) ressources en eau, (iv) ressources fonciè-
vir de base à une plani-
res, (v) ressources minérales, (vi) ressources côtières et marines
fication et à une ges-
(vii) l' écotourisme, etc.
tion rationnelle des
une politique d'aménagement du territoire.
ressources naturelles du 2)
3) une politique d' organisafion de la société civile susceptible de
pays
promouvoir et de mettre en place un modèle de partenariat so-
lide et efficace entre les organisations socio-économiques de
base, le secteur privé et les collectivités territoriales.

Deux maîtres-mots doivent être retenus: -Décentralisation - Par-


ticipation

ECO NET: Comment le P AE va-t-il procéder pour réaliser tout


cela?

M. JOSEPH: L'essentiel de la démarche consiste à :

1) établir avec la participation de tous les acteurs impliqués dans


le processus, un document d'esquisse de Politique
environnementale
2) entreprendre une campagne de communication radio et télédif-
fusée sur la Politique .environnementale
3) Organiser la première Conférence Nationale sur la Politique
environnementale.

Deux résultats principaux sont attendus:

1) la finalisation du document de Politique environnementale

68 Haïti Econet
2) la proposition d'un projet de loi-cadre concrétisant les grandes
lignes de la Politique environnementale.

ECONET: Quels sont les moyens disponibles pour atteindre les


objectifs visés?

M. JOSEPH: Au stade actuel, il s'agit de compléter une première


phase du processus. Les contributions pour le financement du
budget prévu proviennent du Gouvernement Haïtien et des prin-
cipaux bailleurs internationaux dont la Banque Mondiale,
l'USAID, l' ACDI, le PNUD et l'OPS/OMS.

ECO NET: Quel est le calendrier d'exécution des travaux?

M. JOSEPH: Dans la mesure où les moyens prévus sont effective-


ment mis en place, d'ici à fin Mars le docume:t:lt d'esquisse de Poli-
tique environnementale devrait être prêt. La campagne de com-
munication serait réalisée tout au cours de la rédaction du docu-
ment. La tenue de la première Conférence Nationale sur la politi-
que environnementale est prévue dans la période du 24 au 27 Mai
prochain avec une large participation de tous les acteurs.

ECONET: Quelles sont les perspectives?

M. JOSEPH: D'abord, il faut un premier Plan d' Action pour !'En-


vironnement dont l'axe principal est la lutte contre la pauvreté et
l'archaïsme, identifiés comme les fils les plus sombres de la trame
sur laquelle se tisse implacablement le processus de dégradation
de !'Environnement. La hiérarchie des objectifs et les résultats at-
tendus du premier PAE sont schématisés ci-après dans la figure 1.
Dans l'entre temps, les démarches visant l'élaboration d'un 2ème
Plan d' Action accompagné d'un Plan d'investissement sur une
durée de 15 à 20 ans peuvent être entreprises. Haïti a un rendez-
vous en l'an 2005 auquel elle devra se présenter en tant que parte-
naire efficace de l'échiquier géo-économique des Caraïbes, des
Amériques et du Monde.

Voyez-vous le P AE, c'est aussi un espoir, un rêve collectif gran-


diose.

Haïti Econet 69
.....
c

::::c
Ë!
m
()
Hiérarchie des objectifs et résultats du premier P.A.E
0
:::s
!1
Lutte contre la pauvreté et l'archaïsme Lutte contre la désertification

1
1 1 1
Augmentation des Renforcement institutionnellj Révision du cadre juridico-
revenus Etat central légal

1 1 1
diversification Renforcement Renforcment Renforcement Renforcement Promotion et
de des des des organisation~ des capacités mise en oeuvre
l'exploitation infrastruc- collectivités socio- du secteur d'un partenariat
des ressources tures de territoriales économiques de privé (3) (1)
base (1) base(2) . +(2)+(3)+0NG

-Route
~Eau - Crédit à micro-entreprise
,__Santé - Consortium
~ Energie - Incitations fiscales
i-- Télécommunications
Le Droit de !'Environnement
en Haïti
Jean André VICTOR

Existe-t-il un" droit haïtien de l'environnement"? Question appa-


remment provocatrice qui a toutefois le mérite de forcer l'auteur à
souligner in limine litis que ce qui fait la spécificité et l'autonomie
d'une branche de droit en tant que discipline scientifique, c'est la
vivacité des sources de droit qui alimentent la législation, la doc- Chez nous, la légis la-
trine, la jurisprudence, la pratique et la coutume. Chez nous, la tion de l'environne-
législation de lenvironnement est relativement abondante, la doc- ment est relativement
trine très pauvre, la jurisprudence inexistante, la pratique défi- abondante, la doctrine
ciente et la coutume relativement mal connue. Avec une activité très pauvre, la juris-
de recherche très limitée et l'absence remarquée du contentieux de prudence inexistante,
l'environnement devant les tribunaux, le droit national de lenvi- la pratique déficiente
ronnement est encore à ses débuts et connaît une évolution lente et et la coutume relative-
paresseuse malgré l'apport considérable des conventions interna- ment mal connue
tionales. Toutefois, il a été observé depuis la conférence de RIO
1992 sur !'Environnement et le Développement un certain dyna-
misme dans ce secteur et des avancées intéressantes en direction
de l'autonomie future de cette discipline scientifique.

1. Etat de la situation
La législation haïtienne de l'environnement est considérée, à juste
titre, comme un tigre de papier (Degeorges et Ford, 1988). La loi
n'est en effet ni applicable ni appliquée. Les causes de la non-ap-
plication de la loi, de son manque d'efficacité (respect des normes
juridiques par ceux à qui elle était destinée) et d'efficience (apti-
tude de la règle de droit à réaliser l'objectif pour lequel elle a été
promulguée) ont été récemment répertoriées et analysées (Victor,
1995a; Victor, 1997). Une enquête nationale réalisée par le projet
PNUD/UNOPS/HAÏ/92/001 (ECMU) a révélé que les principales

Haïti Econet 71
causes de non-application de la loi retenues par la population
étaient par ordre d'importance: le manque d'éducation de la po-
pulation , le manque de volonté politique, la corruption des fonc-
tionnaires et la mauvaise connaissance des lois (Victor, 1995b). Le
Tableau No. 2 présente les problèmes del' environnement avec
leurs circonstances aggravantes et les solutions possibles. Victor
(1995a) distingue trois grandes périodes dans l'histoire de la légis-
lation nationale de l'environnement :

• une première période allant de 1804 à 1914, laquelle est mar-


quée notamment par les deux Codes Ruraux de 1826 et de
1864 qui traitent de l'abattage des arbres et du contrôle des
incendies de brousse
• une seconde périodes' étendant de 1915 à 1934 au cours de la-
quelle ont été prom-qlguées des lois de 1919, de 1926, de 1927
et de 1933 relatives aux forêts et à la santé.
• une troisième période couvrant la tranche de 1935 à 1998, la-
quelle comporte une centaine de textes juridiques sur les res-
La République sources naturelles (sol, eau, forêt), les arbres, la pêche, la
d'Haïti a signé, d'un chasse, les aires protégées, les mines et carrières, le patrimoine
autre côté, plusieurs naturel et culturel, l'agriculture, l'hygiène publique et l' amé-
accords, conventions nagement du territoire.
et traités internatio-
naux qui sont venus D'une façon générale, cette législation s'avère relativement abon-
enrichir le droit na- dante pour les arbres et les aires protégées mais reste très pauvre
tional de l'environne- pour les sols, les eaux, l'environnement urbain ou les ressources
ment. énergétiques et, est pratiquement inexistante en ce qui concerne les
pollutions, les nuisances, la montagne et la biodiversité. En 1995
sont publiés, sans aucun lien apparent, deux ouvrages de compila-
tion sur la législation nationale de l'environnement (COPHEDA,
1995; Victor,1995c). La République d'Haïti a signé, d'un autre
côté, plusieurs accords, conventions et traités internationaux qui
sont venus enrichir le droit national de l'environnement. Les con-
ventions internationales de l'environnement signées et ratifiées
par Haïti tournent autour d'une cinquantaine. Les plus importan-
tes parmi les plus actuelles demeurent la convention des Nations
Unies de 1982 sur le droit de la mer, celle de 1992 sur la diversité
biologique, la Convention-cadre des Nations Unies sur le change-
ment climatique et la Convention de 1994 sur la lutte contre la

72 Haïti Econet
désertification. Haïti n'a encore ratifié ni la convention MARPOL
73/78 [sur la pollution de la mer] considérée également comme un
monument juridique ni la convention de Bâle de 1989 sur le con-
trôle des mouvements transfrontaliers des déchets dangereux et
de leur élimination . A la vérité, le droit national de l'environne-
ment a progressé, durê.nt ces dernières années, beaucoup plus par
l'apport des conventions internationales que par l' oeuvre auto-
nome du législateur-haïtien. Le Tableau No.3 identifie les diverses
institutions de l'environnement avec leurs principaux problèmes
et les solutions souhaitables.

II. 0 bj ectifs
Les grandes orientations du droit national de l'environnement se-
ront, sans doute, inscrites dans le Plan d' Action de !'Environne-
ment (PAE), actuellement en cours d'élaboration. _Il est relative- Les grandes orienta-
ment malaisé de fixer des objectifs précis en cette matière. Toute- tions du droit natio-
fois, il est permis de penser d'ores et déjà que les activités qui se nal de l'environne-
déroulent aujourd'hui dans le domaine de la décentralisation , de ment seront, sans
la réforme de la justice ou de l'aménagement du territoire ne vont doute, inscrites dans
pas manquer d'influencer, de façon significative, l'évolution du le Plan d'Action de
droit de l'environnement en Haïti. l'Environnement
(PAE)
III. Récents développements
La préparation, la réalisation et le suivi de la Conférence des Na-
tions Unies sur !'Environnement et le Développement (Rio 1992) a
insufflé, sans l'ombre d'un doute, une dynamique particulière
dans les affaires écologiques. Comme tous les pays membres des
Nations Unies, Haïti eût à préparer un rapport national sur l'en-
vironnement en 1992 à l'occasion de cette conférence. Le Ministère
de !'Environnement créé en 1995, a usé de son influence pour faire
ratifier les conventions de RIO. Les programmes d'actions sur le
terrain s'intensifient chaque jour davantage en ce qui concerne la
lutte contre la dégradation et la réhabilitation de l'environnement.
L'éducation relative à l'environnement, tout à fait mal connue
avant 1992 fit une percée remarquée dans les écoles vertes et les
associations écologistes, dont le nombre avait déjà expérimenté
une tendance à la hausse depuis 1987. L'Université Quisqueya a

Haïti Econet 73
créé une faculté des sciences de l'agriculture et de l'environnement
où est dispensé pour la première fois dans le pays un cours régu-
lier sur le droit de l'environnement. Des travaux de recherche
sont initiés avec l'Université Antilles-Guyane et l'Université
du Québec à Montréal sous le patronage del' AUPELF (Asso-
ciation des Universités Partiellement ou totalement de Lan-
gue Française) et avec la collaboration du Réseau Franco-
phone de Droit de !'Environnement. En 1997, est née l' Asso-
ciation Haïtienne de Droit de !'Environnement (AHDEN).

IV. Perspectives
il est à espérer une Malgré cette prise de conscience soudaine et cet effort évi-
meilleure gestion dent de mieux comprendre les réalités de l'environnement,
collective de l'envi- ce dernier continue de se dégrader de façon alarmante. Les
ronnement en rai- rares investissements consentis dans ce domaine ne pourront
son des nombreux pas renverser la vapeur du jour au lendemain c'est-à-dire
efforts dépensés d'ici les dix prochaines années. Toutefois, il est à espérer une
tous azimuts en vue meilleure gestion collective de l'environnement en raison des
de responsabiliser nombreux efforts dépensés tous azimuts en vue de respon-
la population par sabiliser la population par rapport à la gestion et la conserva-
rapport à la gestion tion des ressources naturelles. Les nombreux projets de loi
et la conservation en cours d'élaboration dans les domaines aussi divers que
des ressources natu- l'énergie, les forêts, l'eau, la biodiversité, l'hygiène du milieu,
relles les aires protégées et l'aménagement du territoire, pour ne
citer que ceux-là, autorisent les meilleures espérances voire
même une modernisation de la législation existante. Cette
modernisation nécessite néanmoins une meilleure connais-
sance de la réalité juridique et institutionnelle et un dévelop-
pement réelle des activités de recherche dans ce domaine.

Le Tableau No.4 indique les problèmes de législation, les


projets en cours et les actions souhaitables. Il faut également
espérer que de nouvelles obligations juridiques comme les
études d'impact et les audiences publiques vont finir par
renforcer en Haïti la spécificité du droit de l'environnement,
qui est, avant tout, un droit de participation.

74 Haïti Econet
Haïti, Technologies
de l'information
et Environnement
Jean-Max BEAUCHAMPS

1. Etat Général de la Situation


Au cours de ces trois dernières années beaucoup d'organisations
en Haïti ont développé un intérêt inhabituel pour les technologies
de l'information en particulier celles liées à la gestion directe de
l'environnement comme les Systèmes d'Information
Géographique (SIG) et les applications de la télédétection.
Plusieurs initiatives ont voulu encourager le développement de
l'internet, en Haïti et explorer le potentiel de technologies très
modernes pour faciliter les échanges d'information sur le plan
local et l'accès à l'internet. Cependant aucune lueur de
changement significatif n'a été observée au niveau de la nécessaire
amélioration du cadre institutionnel et légal des systèmes
d'information pour la gestion de l'environnement.

II. Objectifs nationaux


Aucun document officiel ne précise à ce jour les objectifs nationaux
dans ce cadre.

III. Réalisations à date


Les technologies nouvelles de l'information appliquée à l'analyse
spatiale peuvent toucher la majorité des Institutions. Toutes, elles

Haïti Econet 75
cherchent à maîtriser les nouveaux outils et à les incorporer dans
leurs activités propres. Ainsi s'est créé, le 22 mai 1997, un groupe
d'utilisateur de S.I.G dont l'effectif s'élève aujourd'hui à plus
d'une trentaine d'adhérents dont les domaines d'intérêt sont les
suivants: agriculture, environnement, aménagement du territoire,
périmètres, écosystèmes forestiers et ruraux, urbanisme, ressour-
ces en eaux, ressources naturelles, milieux aquatiques
(Beauchamps, 1997).

Parmi les principales réalisations citons:

• La carte de couverture des sols d'Haïti .


Cette carte (Ech: 1/250.000 sur papier) qui reflète la couverture
des sols d'Haïti en 1990 a été obtenue grâce à l'interprétation
de l'assemblage de scènes SPOT (Système Probatoire pour
!'Observation de la Terre) prises entre Juin et Février 1991. A
l'ECMU (Unité de Coordination et de Suivi de !'Environne-
ment du PNUD, Projet HAÏ/92/001),. cette carte existe sur CD-
ROMs sous urie forme numérisée compatible avec le logiciel
IDRISI (Système d'information géographique produit par
Clark University,. U.S.A).
• La base de donnée sur les limites territoriales
(départements, communes, sections communales).
Une table nomenclaturée des limites territoriales géographi-
ques a été réalisée par l'USAID (Monitoring Unit). Les cartes
correspondantes existent sous le format IDRISI. Le même tra-
vail a été réalisé par la CARE Internationale sous le format du
logiciel ATLAS .
• Le projet Appui Prioritaire aux Municipalités du PNUD /Habi-
tat/HAÏ/94/003 continuel' élaboration sur le logiciel MAP
Info d'une base de donnée sur les villes. La ville de St Marc a
été utilisée comme site pilote pour l'expérimentation de ce type
d'appui aux municipalités.
• Le Programme de Réseau de Développement Durable
(PRDD) du PNUD, qui s'est avéré faisable en Haïti, a confirmé
l'émergence d'une nouvelle culture de l'information. A l'initia-
tive de l'ECMU et avec l'appui d'un comité ad hoc de pilotage,
une étude de faisabilité a été réalisée en avril 1997. Le PRDD

76 Haïti Econet
est une initiative du PNUD qui cherche à renforcer des inter-
ventions de Capacité 21 en facilitant l'échange d'informations
sur la base des technologies de réseaux électroniques, l'Internet
en particulier (PNUD/PRDD, 1997).

• En octobre 1994, un accord a été signé entre la BID (Banque


Interaméricaine de Développement) et le PNUE (Programme
des Nations Unies pour !'Environnement) pour le développe-
ment d'un système d'information régional sur les ressources
marines et côtières. Cet accord vise essentiellement à renforcer
sur un plan régional les capacités des pays concernés à gérer
leurs ressources marines et côtières. Haïti figure parmi les 17
pays membres. (PNUE, sd)

IV. Résultats obtenus


• Statistiques et données environnementales extraites des mosaï-
ques brutes et interprétées de la couverture des sols en Haïti en
1990 disponibles à l'ECMU.
• CD-ROMs disponibles à l'ECMU.
• Données tabulaires et cartographiques sur les limites territoria-
les disponibles à l'USAID .

V. Perspectives

• En février 1995, le MPCE a conclu avec le PNUD un accord sur


la réalisation d'un Projet d' Appui Institutionnel à l' Aménage-
ment du Territoire. Ce projet a pour objectif la réalisation de
10 schémas de développement et d'aménagement du territoire:
1 national et 9 départementaux. La nécessité d'utiliser des
données cartographiques à jour, et l'applicabilité de la télédé-
tection à ce niveau a porté l'Union Européenne à financer un
projet d'utilisation de l'imagerie Satellitaire aérospatiale pour
l'aménagement du territoire. L'objectif de ce dernier projet est
la réalisation, à partir d'images SPOT, de cartes d'occupation
des sols, de spatiocartes, etc. Ces données géoréférencées

Haïti Econet 77
permettront l'édition, à travers des SIG, de cartes thématiques
utiles pour la gestion de l'environnement .
• Le Ministère de !'Environnement, dans le cadre du projet de
formulation de la politique de l'eau, fait les premiers pas vers
l'élaboration d'une base de données environnementales.
• Le Projet PRODETER envisage d'élaborer un Système d'Infor-
mation sur !'Utilisation des Terres
• Malgré les contraintes liées à la fragilité des infrastructures de
communication, la mise en place du PRDD vise une couver-
ture nationale. Ce programme permettra aux haïtiens d'être
mieux informés sur les processus décisionnels de leur pays et
d'échanger plus rapidement les informations nécessaires à
l'élaboration de ces processus.
• Le système régional d'information sur les ressources marines
et côtières aura la capacité de gérer les données
environnementales spécifiques concernant Haïti et inclura des
la mise en place d'un bases de données environnementales plus larges comme
système cohérent d'in- GEMS et INFOTERRA. Haïti pourra bénéficier de l'assistance
formation pour la ges- nécessaire du PNUE pour le développement de ses bases de
tion de l'environne- données propres, des échanges de données intra-régionales et
ment et d'un cadre ré- des consultations spécialisées (UNEP, sd)
glementaire et légal
approprié qui permet- Au-delà des applications informatiques liées aux SIG et à la télédé-
trait à tous les acteurs tection, les technologies de l'information peuvent améliorer consi-
publics, privés, natio- dérablement la gestion et la protection de l'environnement. Loua-
naux et internatio- bles sont les initiatives prises durant ces dernières années, les con-
naux d'évoluer en sy- ditions étant assez difficiles. Mais la mise en place d'un système
cohérent d'information pour la gestion de l'environnement et
d'un cadre réglementaire et légal approprié qui permettrait à tous
les acteurs publics, privés, nationaux et internationaux d'évoluer
en synergie fait grandement défaut. En voici les principaux
intrants de départ : le dialogue pour l'élaboration des besoins en
information, la formation des ressources humaines, la recherche
orientée et le développement des bases de données liées, la moder-
nisation des infrastructures de communication. Encore du chemin
à parcourir !

78 Haïti Econet
Figure 2. Statistiques indicativ1es sur la couverture des sols en Haïti

nuage

ombrage

zone urbaine

Colluvion et Carrie
-
~
Ill
1
autre sol nu

sol nu clair

agriculture mixte

broussaille

végétation clairsemée

Végétation moyenne

végétation dense

forêts de pins
~

1

mangroves

terre humide

eau peu profonde

plan d'eau

0.00%
• 5.00% 10.00% 15.00% 20.00% 25.00%

Source : Système d'information géographique de /'Unité de coordination et de suivi de


/'environnement, ECMU. Résultats de l'analyse et du traitement des Images Spot de
1990.

REM : la catégorie Nuage représente dans cette analyse multispectrale le taux de


couverture nuageuse au moment de la prise des images. A l'inverse des images
RADAR, les images satellites peuvent être affectées par la couverture nuageuse.

Haïti Econet 79
La Population
et l'Environnetnent
Emmanuel ADE et Emma MONIN

Depuis les trente dernières années, de nombreux pays sont


parvenus à maîtriser leur croissance démographique et à mieux
comprendre les motivations individuelles à l'arrière plan de
phénomènes globaux. En Haïti, l'appréhension des phénomènes
démographiques, leur intégration à la politique générale de
développement font défaut, alors que ces phénomènes
représentent sans doute l'obstacle le plus immédiat au
développement durable du pays.

1. L'Etat de la Population haïtienne :


des phénomènes hors de contrôle
Selon les données disponibles, l'effectif de la population résidente
actuelle avoisine 8 millions d'habitants avec un rythme de crois-
sance aux alentours de 2.3% l'an (EMMUS 1 & 2-IHE, 1995; IHSI,
1982). A ce rythme, la population haïtienne va doubler en seule-
ment trente ans, c'est-à-dire que d'ici à 2028, près de 16 millions
d'Haïtiens auraient à se partager les terres arables, constructibles,
l'eau et qu'il faudrait pourvoir à tout ce monde des services de
base.

Plus significatifs encore sont les éléments principaux qui produi-


sent la structure et les mouvements de population: les variables.

80 Haïti Econet
Ces concepts indiquent, en définitive, les implications de politi-
ques. La dynamique démographique haïtienne est le produit
d'abord et surtout du haut niveau de fécondité. En effet, les fem-
mes haïtiennes ont en moyenne 4.8 enfants au cours de leur vie
féconde (figure 4, EMMUS 2-IHE, 1995). Une des conséquences de
ce haut niveau.de ~écondité est que la population est globalement
très jeune : environ 46 % des Haïtiens ont moins de quinze ans et
19% ont entre 15 et 24 ans. Du point de vue économique, cette jeu-
nesse se traduit entre autre par près de 100.000 nouvelles entrées
chaque année sur le marché du travail, une population toujours
croissante d'enfants en âge d'aller à l'école primaire (figure 3)

figure 3: Evolution de la population âgée de 6 à 12 ans

Evolution de la population âgée de 6 à 12 ans (99-il4)

1.75
1.7
QJ
L..
1.ô5
.i:i
E 1.ô
1-TOTAd
0
c
1.55
1.5
1009 2000 2001 2002 2003 2004
Année

Deux autres concepts sont d'une importance capitale pour com-


prendre les interactions entre population et développement: la
densité (avec son corollaire, l'urbanisation) et les migrations. En
moyenne, la densité est de 290 habitants par km2 sur le territoire
national avec des variations au niveau des départements et com-
munes (voire carte) et allant jusqu'à 40.000 hab/km2 en milieu
urbain dans des quartiers comme Cité Soleil (FNUAP, 1994).

Pour les migrations, tant internes qu' internationales, l'absence


d'informations est presque totale puisque le phénomène est en
grande partie "informel ". Par l'observation directe de la progres-
sion des bidonvilles on est forcé de constater que le pays s' urba-
nise, de manière anarchique et rapide.

Haïti Econet 81
Mais comment arriver, avec un Service d'Etat Civil presqu'inexis-
tant et l'omniprésence de l'informalité, à plus de précision, jusqu'à
une échelle pertinente pour guider la gestion des investissements
et des services?

-figµ!e 4: Projections de la population 1995-2010

Le caractère alarmant Projections de population


du niveau actuel de
croissance démogra-
1995-2010
phique apparaît dans 10
la comparaison avec
le rythme de crois- 9

sance économique que


connaît le pays.
Cette comparaison
met en évidence le
u
: Ci
8

7
déséquilibre entre la 1
1995 2000 2005 2010
population et les res-
Années
sources, et sign.ifie
que la base des res-
sources disponibles
per capita s'ame- II. Pourquoi s'inquiéter d'une telle situation?
nuise.
Le caractère alarmant du niveau actuel de croissance démographi-
que apparaît dans la comparaison avec le rythme de croissance
économique que connaît le pays. Cette comparaison met en évi-
dence le déséquilibre entre la population et les ressources, et signi-
fie que la base des ressources disponibles per capita s'amenuise. En
un mot, la croissance démographique en l'absence d'une crois-
sance économique comparable nourrit directement la pauvreté. A
l'échelle de la famille ou de l'individu, l'impact de la dynamique
démographique sur les chances de développement apparaît de
façon plus concrète. Un bas niveau de revenu associé à un nombre
élevé d'enfants par famille entraîne pour conséquence, un accès
plus faible à l'éducation, à une bonne alimentation et aux soins.
Tous ces facteurs réduisent à leur tour les chances d'amélioration
du revenu familial, faute de productivité.

82 Haïti Econet
L'environnement est directement affecté par cette pression. La
dégradation prend des formes tant quantitatives (moins de res-
sources naturelles per capita) que qualitatives (pollution et même
destruction de l'environnement). Ainsi, la pression démographi-
que est l'une des causes principales du déboisement, dans le but
de dégager de l' espac~ pour la culture, l'habitat (y compris sur les
bassins versants). Il eri résulte une érosion accélérée des sols - on
estime en effet que 6.000 à 10.000 hectares arables sont perdus cha-
que année (USAID, 1986) avec le déboisement comme l'une des
causes directes. L'hydrographie devient pour la même raison
moins régulière et moins abondante. L'impact est également qua-
litatif par exemple dans les effets de l'urbanisation sauvage: le
mouvement démographique rapide n'est pas accompagné de ser-
vices élémentaires d'assainissement (eau potable, déchets solides,
écoulement des eaux usées), si bien que l'occupation humaine crée
des conditions d'insalubrité extrêmes qui n'affectent plus que les
seuls bidonvilles.

Carte 1: Répartition des communes selon la densité au km2

REPAR.mtONDES le mouvement démo-


COMMUNES graphique rapide n'est
SELON LA pas accompagné de
DENSITE AU KM2 services élémentaires
d'assainissement (eau
D < à 100 c8%) potable, déchets soli-
D 100 à -::150 (18%) des, écoulement des
150 à <200 (20%) eaux usées), si bien que
D 200 à -::250 (19%)
l'occupation humaine
- 250 à <300 (14%)
• > à 300 (21%) crée des conditions
d'insalubrité extrêmes
• qui n'affectent plus que
les seuls bidonvilles.

A l'échelle nationale, l'absence de compréhension et donc de con-


trôle du phénomène d'urbanisation, provoque un déséquilibre sé-
vère dans la répartition spatiale de la population. Sans aucune

Haïti Econet 83
planification urbaine, l'aire métropolitaine est passée de 120.000
habitants en 1950 (IHSI, 1950) à près de 2 millions aujourd'hui
(ONU, 1994). Elle est devenue ingérable à tous points de vue: éco-
logique, économique et social. De plus, Port-au-Prince accentue sa
disproportion par rapport au reste du pays. Le ratio entre la po-
pufation de la capitale et celle de la deuxième concentration ur-
baine est de 1à15 (Futures Croup, 1997). Avec un tel poids rela-
tif, l'attention portée à la capitale à l'exclusion du reste du pays
risque de se perpétuer si une politique pro-active n'est pas mise en
place pour canaliser l'urbanisation.

Ainsi, cette concentration change le caractère de la pauvreté en


Haïti en une réalité majoritairement urbaine, nécessitant des ré-
ponses tout à fait différentes de la part des politiques. L'impact
lourd et négatif d'une croissance démographique excessive sur le
développement doit être pris en C<?mpte par tous

Carte 2 Evolution dudéboisement par bassin versant

EVOLUTION DU
DEBOISEMENT PAR
BASSIN VERSANT

Situation en 1990

Déboisé
• Partiellement déboisé
• Non déboisé

84 Haïti Econet
III. Le cadre Institutionnel : la politique oubliée
Paradoxalement, la question de population n'a que rarement été
portée à l'ordre du jour des politiques nationales. Vu l'urgence de
la situation cependant et l' intersectorialité des problèmes, le pays
ne peut se dispenser-d~un organe habilité, à partir de l'analyse dé-
mographique à formuler - mettre en oeuvre et évaluer une politi-
que en la matière polir le développement du pays. En effet, du
fait de l'absence d'un point focal pour la question de population,
les responsabilités sont diluées et la coordination quasiment nulle.
Le mandat officiel de différents ministères inclut ou dépend d'une
politique de population.D'autres, sectoriels, sont réduits à agir Le mandat officiel de
sans connaître vraiment leurs clients, voire tenir compte du fait différents ministères
que leur cible de bénéficiaires est mouvante: croissante et mi- inclut ou dépend d'une
grante. Il en résulte un gaspillage des efforts ou pire une absence politique de popula-
de gestion stratégique del' effort national et l'impossibilité d' éva-tion. D'autres, secto-
luer son efficience et son efficacité. Au bout de compte, l'accès aux riels, sont réduits à
investissements et aux services de base est impossible à assurer. agir sans connaître
vraiment leurs clients,
voire tenir compte du
IV. Population et développement: fait que leur cible de
quelles perspectives? bénéficiaires est mou-
vante: croissante et
Face à cette situation alarmante et aux contraintes majeures de migrante. Il en résulte
moyens auxquelles sont confrontés les décideurs, il existe un cer- un gaspillage des ef-
tain nombre d'opportunités. La plus visible se trouve dans la mo- forts ou pire une ab-
bilisation d'une partie de la société civile et des individus pour sence de gestion stra té-
réclamer les moyens de maîtriser la fécondité. Il ressort en effet gique de l'effort natio-
des enquêtes, notamment l'EMMUS-II, qu'il n'est pas besoin de nal et l'impossibilité
convaincre les personnes les plus concernées. Les couples haïtiens d'évaluer son efficience
dans leur grande majorité ont exprimé leur désir de famille moins et son efficacité.
nombreuse et ont même fait la demande de services appropriés
pour atteindre leur objectif. C'est un atout significatif, la motiva-
tion des individus est un puissant déterminant de succès. Déjà en
1995, la mobilisation autour du thème avait donné lieu au Sympo-
sium National sur la Population et le Développement Humain.
Une Coalition d'ONG, la Coalition Nationale pour le Développe-
ment Humain (CONADEH) en a résulté et certains de ses

Haïti Econet 85
membres ont élaboré un manifeste stratégique à l'intention des
décideurs. Cela représente un progrès dans la structuration des
acteurs et la formulation plus claire de propositions, au delà du
constat d'urgence.

Dans ·cette perspective, deux types de recommandations peuvent


la meilleure chance de émerger. Tout d'abord, la meilleure chance de voir les questions
voir les questions dé- démographiques intégrées à la politique nationale de développe-
mographiques intégrées ment est de miser sur une large coalition de décideurs, tant du sec-
à la politique nationale teur privé que public, tant au sein du Gouvernement que du Parle-
de développement est de ment, imbus de l'importance de ces questions et convaincus de
miser sur une large coa- leur propre intérêt à les confronter. En second lieu - mais les ef-
lition de décideurs, tant forts sont liés - il faut reconstruire la capacité nationale d'analyse
du secteur privé que pu- démographique et de planification stratégique en général.
blic, tant au sein du
Gouvernement que du Haïti ne se développera qu' aveè la connaissance et la gestion ra-
Parlement, imbus de tionnelle de sa ressource principale: les Haïtiens.
l'importance de ces
questions et convaincus
de leur propre intérêt à
les confronter.

figure 5. Densité de population et occupation des terres

montagnes sèches • • • • • • • • • • •

Montagnes hunides • • • • • • •

Aaines arides

Aaines hunides

Aaines irriguées

0% 10% 20% 30% 40% 50%

Source: Indicateurs environnementaux de base, Unité de Coordination et de Suivi de !'Environnement, PNUD Hai/901001

86 Haïti Econet
La Gestion
des Ressources Naturelles

Haïti Econet 87
Eléments de Suivi et de
Gestion du Secteur Forestier
Robert CASSAGNOL

1. Etat général de la situation


Pour présenter dans son ensemble, l'état général de la situation du
secteur forestier de 1994 à 1997, les meilleures données disponibles
proviennent de la carte d'occupation du sol et de couverture
d'Haïti préparée par l'Environmental Research Institute of
Michigan - ERIM- (PNUD/ERIM, 1997) pour compte du PNUD et
de l'UNOPS à partir de données collectées entre le 26 juin 1990 et
le 21février1991, soit trois années avant le début de la période de
couverture. Elles ne coïncident pas nécessairement avec d'autres
sources telles que les estimations provenant du DATPE/BPDA
basées sur des photographies aériennes réalisées en 1978 et celles
du "Country Environmental Profil" de l'USAID en 1986. Les
informations publiées par l'ECMU dans une étude préliminaire
intitulée "Haïti - Indicateurs environnementaux de base" ont été
jugées trop vagues ou conformes aux sources traditionnellement
pessimistes en ce qui concerne le secteur forestier (PNUD/ECMU,
1995).

Selon les données fournies par ERIM d'un ensemble de seize (16)
catégories de types de couverture, six (6) d'entre elles intéressent
directement ou indirectement le secteur forestier en tant qu' espa-
ces boisés non agricoles représentant un total de 61.87% de la su-
perficie totale du pays. Le pourcentage le plus élevé est dans la
catégorie des 'broussailles' avec 22.7% du territoire national tandis
que les mangliers, forêts de pins et végétation dense ne totalisent
ensemble que 18.25 %. Les forêts de pins et de mangroves repré-
sentent respectivement 0.97% et 0.53% du total.

88 Haïti Econet
II. Objectifs
Des travaux sont en cours au niveau del' Assistance Technique
pour la Protection des Parcs et Forêts (ATPPF) en vue de l' adop-
tion d'une politique forestière, par les instances supérieures (Exé-
cutif et Législatif), à partir de laquelle des objectifs chiffrés seront
établis pour la couverture forestière à l'échelle nationale (MDE/
UCP / ATTPF, 1997). Ceux-ci constitueront la base de projections
éventuelles des différents types de production de la matière li-
gneuse à des fins diverses.

S'agissant de l'adoption d'objectifs précis, en ce qui concerne la


gestion des ressources ligneuses du pays, les démarches dans ce S'agissant de l'adop-
sens n'ont toujours privilégié que les aspects commerciaux sans tion d'objectifs précis,
aucune considération pour la production systématique de cette en ce qui concerne la
ressource renouvelable. gestion des ressources
ligneuses du pays, les
La seule exception à cette règle a été la brève tentative de gestion démarches dans ce
technique par la Société Haïtiano-Américaine de Développement sens n'ont toujours
Agricole (SHADA) à la Forêt des Pins de 1945 à 1957. Etant donné privilégié que les as-
que la période sous revue succédait à trois années d'embargo com- pects commerciaux
mercial généralisé contre Haïti, les tentatives de rétablissement sans aucune considé-
d'objectifs de gestion, même à la Forêts des Pins par le Projet Fo- ration pour la produc-
restier du MARNDR, ont dû attendre que de nouveaux contrats tion systématique de
soient signés et mis en application durant les deux dernières an- cette ressource
nées de la période sous revue (1996-97). De plus, les autres catégo- renouvelable.
ries de couverture forestière et agro-forestière n'ont bénéficié, à
travers un programme d' Action Immédiate s'étendant de Décem-
bre 1994 à mars 1996, que d'une distribution de plantules forestiè-
res et fruitières à travers les neuf départements géographiques du
pays. Au total donc, comme objectifs spécifiques dans la gestion
des ressources ligneuses seules les forêts de pins des départements
de l'Ouest et du Sud-Est d'une part, celles de la Grand Anse et du
Sud d'autre part, où se trouvent les forêts et parcs nationaux sous
juridiction du MARNDR à travers l' ATPPF, soit un total de
22.052.60 hectares de pineraies, sont en voie de bénéficier d'une
structure de gestion. Une superficie de feuillus, représentant
moins d'un cinquième de la superficie en pineraies, est associée à
. .
ces pineraies

Haïti Econet 89
et bénéficie sous une forme ou une autre de certaines retombées de
gestion des terres qu'elle occupe, sans pour cela que les ressources
ligneuses elles mêmes fassent l'objet de l'attention des gestionnai-
res.

Qua_nt aux sept millions de plantules forestières et fruitières pro-


duites par près de vingt cinq organisations (surtout ONG) et dis-
tribuées à travers les neuf départements géographiques, elles ont
servi, sans doute, à promouvoir en grande partie des activités
agro-forestières sur des terres agricoles ou terres non agricoles à
végétation clairsemée.

Le gros pourcentage 55.93% des broussailles et de végétation


moyenne et dense n'a retenu l'attention d'aucune entité qui établi-
rait des objectifs de production ou d'aménagement des ressources
ligneuses pour la période so,us revue.
Quant aux sept mil-
lions de plantules fo-
restières et fruitières III. Réalisations à date et Activités en cours
produites par près de
vingt cinq organisa- Il existe généralement une carence d'informations à ce sujet. Elles
tions (surtout ONG) concernent donc exclusivement celles que les Service de Forêts et
et distribuées à tra- Service de Parcs du MARNDR ont pu mener à bien en 1996 et
vers les neuf départe- 1997 à travers le Projet ATPPF avec cinq (5) composantes principa-
ments géographiques, les dont :
elles ont servi, sans
doute, à promouvoir • renforcement et réforme institutionnelle,
en grande partie des • formation du personnel technique,
activités agro-fores- • aménagement des Forets (18.000 ha env.),
tières sur des terres • aménagement des Parcs Macaya et La Visite (2.000 ha chacun),
agricoles ou terres non • développement des zones tampons,
agricoles à végétation
clairsemée. Les détails au sujet de ces réalisations et des activités en cours et
prévues jusqu'à 2001 sont exprimés dans certains documents tels
que le Rapport d'avancement des activités des composantes pour
la période mai-aout 1997 ainsi que dans des tableaux annexés aux
documents de projet del' ATTPF (MDE, 1997e; MDE, sd;
MARNDR, sd).

90 Haïti Econet
IV. Résultats obtenus ou Aggravation du
problème
Il faut généralement attendre un minimum de cinq à dix années
pour observer desJésultats mesurables dans le domaine de la pro-
duction ligneuse. I1 -est donc prématuré de parler des résultats ob-
tenus surtout enmatière de gestion des forêts même dans le cas
des Forêts de Pins où les tentatives de gestion de la ressource li-
gneuse ont été très récemment reprises.

La première tentative faite par la SHADA de 1945 à 1957 était me-


née avec beaucoup plus d'atouts économiques (forêts en grande
partie vierge et volume sur pied capable de soutenir une produc-
tion de 3 à 4 millions de Board Feet par an de bois d' oeuvre). Il est
à espérer que l'énorme et coûteuse structure de gestion actuelle
puisse être justifiée, à l'échéance del' existence·du Projet en l'an
2001, par l'établissement d'institutions solides administrativement
et financièrement capables d'assurer la continuité de la gestion de
la Forêt de Pins et des Parcs Macaya et La Visite.

Ce point de départ pour être valable devra également servir


d'amorce pour jeter les bases d'une organisation de la gestion des
autres terres forestières beaucoup plus étendues où sont produites
actuellement toutes les autres ressources ligneuses du pays.

V. Perspectives
Il faut reconnaître que, quoique le problème ne se soit pas ag-
gravé, il vient à peine d'être posé à travers l' A.T.P.P.F. et les Servi-
ces de Forêts et Parcs du MARNDR. Des efforts méritoires sont en
cours pour l'établissement d'une politique forestière qui tiendrait
compte de tous les aspects importants devant permettre d'arriver
progressivement à la consolidation d'un vrai patrimoine forestier.
Il deviendra dune possible désormais, si toutes les instances politi-
ques y apportent leurs concours, que l'on puisse réellement augu-
rer une nouvelle ère de développement et de prospérité pour le
secteur forestier.

Haïti Econet 91
La Situation actuelle des
bassins·v-ersants d'Haïti et les
différentes approches
d'aménagement
Joseph VERNET
1. Cadre Général
Le bassin versant est la surface drainée par un ou plusieurs cours
d'eau qui se déversent en un point commun. Chaque bassin
versant est délimité par la ligne de partage des eaux ou ligne de
crête. Le bassin versant primaire qui, généralement englobe des
bassins secondaires et tertiaires de moindre importance, peut être
drainé par un fleuve ou une rivière. Dans le premier cas, on parle
de bassin hydrographique et dans le second cas, de bassin versant.

L'aménagement de bassin versant (ABV) se réfère à


l'établissement de structures (physiques et institutionnelles) qui
rendent fonctionnel le bassin et qui, sont susceptibles d'améliorer
la qualité de vie de ses habitants. En ce sens, l' ABV diffère de la
Conservation des sols qui vise à maintenir le sol en place et à lui
restituer sa fertilité pour une production soutenue.

Haïti comporte trente trois (33) Bassins versants dont les plus
importants sont: le Fleuve Artibonite (6 268 km2), Bombardopolis
- Gonaïves (1147km2) , Côtes de Fer - Baînet (1 060km2). Le ta-
bleau 5 suivant présente les 26 775 km2* de superficie des bassins
versants et des zones hydrologiques d'Haïti (Calculées avec un
planimètre OTT type 144 L sur la carte au 1:100000)
* Ce total ne couvre pas l'étendue de la République, vu que certaines zones de la saline
comme au voisinage de Caraco/, l'Estère, etc., et tous les Îlots (Île à Cabrits, Grande
Cayemite, etc) n'ont pas été mesurés. D'autre part, il est probable, vu l'échelle de la carte
de base et la précision du planimètre, qu'il y ait des erreurs dans les surfaces ainsi déter-
minées.

HaüiEconet 93
Tableau 5: Superficie des bassins versants et des zones
hydrologiques d'Haïti
Bassin ou Zone Surface (en Bassin ou zone Surface (en km2)
km2)
Môle St. Nicolas- 987 Léogane-Carrefour 651
Moustiqu~s
--

B om bardop_olis-Gonaïves 1 147 Grande Rivière de Jacmel 535

Trois Rivières 897 Côte de Fer-Baînet 1 060

Port de Paix-Port Margot 543 PR de Nippes-Gd Goâ ve 661

La Quinte 690 St Louis du Sud-Aquin 706

Limbé 312 Gde Rivière de Nippes 459

Cap Haïtien 312 Cavaillon 380

Gde Rivière du Nord 699 Corail-Anse à Veau 877

Limonade-Ouanaminthe 1 065 Cayes 634

Estère 834 Roseaux-Voldrogue 540

Artibonite 6 268 Grand' Anse 556

St Marc-Cabaret 1 090 Jérémie-Les Irois 364

Cul-de-Sac 1 580 Tiburon-St.Jean 660

Fond V errettes 190 Ile de la Tortue 179

Cayes Jacmel-Anse à Pitres 1 219 Ile de la Gonâve 680

Depuis ces quarante dernières années, la question de restauration


de l'environnement s'est toujours posée dans le cadre de l' aména-
gement de ces réseaux hydrographiques. Les interventions sont
toujours raisonnées au travers de deux principales approches:
l'approche d'équipement dite "conventionnelle" et l'approche de
Développement dite à la "parcelle" ou approche alternative. De
1994 à 1997, l'aggravation du problème sur fond d'une pauvreté
chronique, a porté les responsables du pouvoir public à inscrire
dans le cadre des unités de drainage, la réhabilitation de l'environ-
nement comme un moyen pour créer à la fois des emplois et pour
favoriser la reprise des processus écologiques fondamentaux ( châ-
teau d'eau, régulation de débit etc.).

94 Haïti Econet
A quoi ces efforts ont-ils abouti? Quel jugement convient-il
d'émettre par rapport aux résultats obtenus? Quelles leçons peut
on en tirer?

II. Etat Général de la situation


La forte pression exercée sur les ressources des bassins versants
prend d'année en année des proportions démesurées. La situation
est extrêmement critique et se traduit par un déséquilibre
environnemental qui se manifeste par plusieurs facettes :

• La dégradation du patrimoine forestier continue de fragiliser


les bases d'une production agricole durable et contribue à la
détérioration d'autres ressources naturelles du pays. "La cou- "La couverture fores-
verture forestière" est de moins de 2 %. Elle est passée de 20 % tière" est de moins de
en 1956 à 9% en 1978 et en 1989 à 2% de la superficie totale du 2°10. Elle est passée de
pays. Un cas éloquent édifiant est celui du Pic Macaya (Sud) 200/o en 1956 à 9% en
charpentant plus de sept (7) bassins versants. Sa couverture 1978 et en 1989 à 2°10
forestière aurait régressé d'environ 95 % à 2 % (Loweinstein, de la superficie totale
1983). du pays. Un cas élo-
• Le pays connaît une régression importante de sa biodiversité quent édifiant est ce-
et de nombreux écosystèmes critiques sont en train d'être lui du Pic Macaya
transformés en des usages non durables. (Sud) charpentant
• Une gestion déréglée de l'environnement est à l'origine de plus de sept (7) bas-
sérieux problèmes d'inondations et de pénurie d'eau dans les sins versants. Sa cou-
villes. La crise de l'eau est en passe de devenir une catastro- verture forestière
phe permanente en raison de cette même régression végétale. aurait régressé d' envi-
Notamment, l'on observe une nette diminution des débits des ron 95°10 à 2°10
principales sources alimentant en eau potable, les centres ur- (Loweinstein, 1983).
bains principalement. La source Cerisier qui alimente Port-
au-Prince est passée de 3 millions de gallons/jour en 1934 à
250,000 gallons/jour en 1988. La couverture des besoins en
eau de la population est passée de 48% en 1980 à 40% en 1989,
moins de 25% de la population reçoit à domicile l'eau des ser-
vices publics.
• Signalons au passage que le barrage hydroélectrique de
Péligre, qui fournit 48 MW de l'énergie hydroélectrique (99%
du total national), a jusqu'à date perdu 59% de sa capacité,
perte due à la sédimentation. L'accentuation du phénomène

Haïti Econet 95
entraînerait la baisse sinon annulerait la production d'énergie
hydroélectrique d'ici l'an 2018 (Louis Jeune, 1991).
• En référence aux données de Roose, (Roose, 1991), les pertes
annuelles de sols considérées comme normales sous nos cli-
mats dans un écosystème en état d'équilibre se situent entre
-- _Q,~ et lTM/ha/an. Cependant, dans le bassin versant de la
rivière l' Acul dans le Sud, des pertes atteignent le chiffre alar-
mant 750TM/ha/ an.

Loin de vouloir banaliser la situation, ces chiffres doivent être ma-


nipulés avec une extrême prudence, compte tenu du fait que très
peu de recherches ont été effectuées sur les paramètres de l' équa-
tion universelle de la perte de sol en Haïti.

Face à une telle situation, plusieurs niveaux de réponses ont été


apportés, soit par les paysans.eux-mêmes, soit par l'Etat et/ ou les
institutions bilatérales multilatérales.

Les paysans pour juguler les méfaits de la dégradation


environnementale, ont mis en place des méthodes culturales rame-
nées d'Afrique: le sarclage en rouleau - la rampe de paille - la di-
gue de ravine - la butte.

Malgré tout, ces structures traditionnelles ne se construisant pas


suivant une technicité rigide, sont très éphémères (un an de survie
au maximum) et n'offrent pas une barrière réelle à la diminution
de l'érosion.

III. Objectifs Nationaux


L'Etat haïtien intervient dans la protection de l'environnement,
principalement à travers deux ministères: Le Ministère de
l' Agriculture et très récemment celui de !'Environnement.

• Au niveau du Ministère de l' Agriculture, plusieurs programmes


et projets ont été lancés conjointement avec des organisations
bilatérales, multilatérales comme le Programme d'intervention
Systématique en Montagne (PISM), la Société Nationale des
Amis de la Nature (SONAMAR). Malgré ce long passé

96 Haïti Econet
d'engagement dans le domaine de l'aménagement des bassins ver-
sants (ABV), l'institution n'a pas encore conçu une stratégie cohé-
rente nationale d'aménagement pour s'attaquer au problème de
l'érosion. Elle souffre d'une hémorragie de cadres. Elle est pour
l'instant engagée dans une réforme interne appelée à désengorger
"l' agro-bureaucratie"-een!rale pour un meilleur renforcement des
structures déconcentrées régionales.

• Créé récemment par décret en Janvier 1995, le Ministère de !'En-


vironnement a exécuté le Projet "Rete tè kenbe dlo" financé par
le PNUD dont l'objectif principal s'articulait autour de l' atté-
nuation des impacts environnementaux désastreux enregistrés
lors du passage du cyclone Gordon en 1994. Ce Ministère n'a
pas réellement une tradition d'intervention dans l' ABV qui re-
lève plutôt du domaine d'expertise du MARNDR. Il se pose un
problème assez sérieux de coordination entre ces instances étati-
ques. D'importants efforts restent à faire pour une meilleure
clarification des domaines de compétence.

IV. Actions mises en œuvre


La conservation de sol
Des organisations multilatérales, bilatérales (FAO, CEE, BID, étant perçu comme un
USAID) ont financé un certain nombre de grands projets d' ABV à moyen et non un but.
travers le pays. La plupart de ces projets ont été conçus et exécu-
tés pour absorber la main d' oeuvre rurale et augmenter les reve-
nus des ménages paysans. La conservation de sol étant perçu
comme un moyen et non un but. L'entretien ultérieur des structu-
res ou l'augmentation de la productivité agricole sont considérés
comme des objectifs secondaires sinon accessoires. La participa-
tion réelle des communautés, passerelle incontournable à la
durabilité des interventions, s'est très mal enclenchée. Aucun pro-
gramme d'accompagnement et de suivi n'a été mis en oeuvre.

Rappelons que l'aménagement des bassins versants a suivi un pro-


cessus évolutif traversé par des courants d'idée, de moyens d'ap-
plication variés.

Haïti Econet 97
• Une première dite "Approche d'équipement du territoire ou
approche conventionnelle" qui a pris corps tôt au début des
années 50 et qui a considéré le problème d'érosion sous un an-
Cependant, la nécessi~é gle purement technique, en mettant l'emphase sur la cohérence
de répondre à l'urgence .. physique des processus (Lilin & Koohafkan, 1984).
a fait évac;.Jer des con- . • Une seconde développée dans les années 1980 et appelée diffé-
sidérations importan- remment" Approche de développement/ approche à la par-
.tes relatives à la repro- celle ou tout simplement approche alternative" considérée
ductibilité des opéra- comme une sorte de réponse aux problèmes posés par l' appro-
tions et des leçons que che conventionnelle.
des expériences anté-
rieures ont déjà généré Le tableau 6 permet de comparer ces deux approches.
en Haïti.
Depuis 1994, deux nouvelles tendances se dégagent :

1. L'Etat au travers d'un organisme autonome UCG (Unité Cen-


trale de Gestion): Les actions se sont plutôt incrustées dans un
cadre d'urgence en vue de répondre à trois ans (1991-1994) de
crise politique aiguë associée à des problèmes de pauvreté, de chô-
mage structurel, au délabrement de l'appareil productif national à
il y a eu, en général, la dégradation sévère de l'environnement, suite aux sanctions in-
un manque de discer- ternationales.
nement dans la mise
en oeuvre des activi- Certes, des emplois de très courte durée ont joué un rôle crucial
tés de création d' em- pour la population dont trois années de sanctions économiques
plois qui risquent de internationales (embargo) ont considérablement aggravé les condi-
balayer d'un revers de tions d'existence (Turbo, 1996). Cependant, la nécessité de répon-
main les progrès, si dre à l'urgence a fait évacuer des considérations importantes rela-
minimum soient ils, tives à la reproductibilité des opérations et des leçons que des ex-
accomplis jusque là, périences antérieures ont déjà généré en Haïti. Faute d'un plan
dans la prise en d'aménagement territorial devant définir le cadre général des in-
charge de la gestion terventions, confirmer la volonté politique de l'État en matière de
des problèmes lutte contre les déséquilibres environnementaux désastreux, il y a
environnementaux eu, en général, un manque de discernement dans la mise en
par la population. oeuvre des activités de création d'emplois qui risquent de balayer
d'un revers de main les progrès, si minimum soient ils, accomplis
jusque là, dans la prise en charge de la gestion des problèmes
environnementaux par la population.

98 Haïti Econet
Tableau 6 : Analyse comparative des deux approches
d' Aménagement de Bassins Versants

Aspects Retenus Aooroche d'Equipement Aooroche de Développement


• Unité -• Bassin Versant • Micro bassin, parcelle
d'intervention
• Prémices • Pas de diagnostic • Diagnostic
• Cadre • Contrôle de l'érosion • L'augmentation de la production et de la
d'intervention est plutôt un moyen et productivité agricole par la gestion de
non un but l'eau et de la fertilité du sol
• Structures • Mécanique • Biologique
conservationnistes
préconisées
• Stimulant • Nourriture et argent • Encadrement technique et financier
(fournitures d'intrants, formation, etc.)
• Zone • Partout • Sites à potentialités (faiblement dégradés
d'intervention ou non)
• Mode de • Paternalisme, action • Partenariat, participation (les paysans
fonctionnement directe (les paysans utilisateurs de ressources locales sont des
sont des exécutants, acteurs, des clients, des partenaires)
des bénéficiaires)
• Avantages • Réalisation maximale • La durabilité des interventions est
de travaux garantie car elles sont conformes aux
systèmes de production traditionnelle
• Inconvénients • Interventions • Les interventions sont diffuses, moins
difficilement spectaculaires. Les effets sont très lents
reproductibles, très
peu d'appropriation
par les paysans car
haute technicité. Prise
en charge pas garantie
• Contraintes • Pas de suivi • Manque de suivi
• Pas de mes ures • Très peu de mesures d'accompagnement
d'accompagnement
• Financement • Millions US$ • Centaine de milliers US$
(ordre de
grandeur)
• Intervenants • L'Etat • ONG, Missions caritatives,
Organisations de base, etc.
• Résultats • Existence de quelques • Maigres, semi échec
vestiges
• Très maigres

Haïti Econet 99
2. L'Etat dans le cadre d'un programme de développement de
terroir (PRODETER) : Par rapport aux premières approches déve-
loppées, le PRODETER est considéré comme une mise en question
jumelée à la prise en compte de la mouvance socio-politique pré-
valant à l'heure actuelle dans le pays. Cette nouvelle approche,
Cette nouvelle appro-
considérée comme une version mieux élaborée de l'approche de
che, considérée comme
développement, d'aménagement, milite en faveur d'une
une version mieux éla-
responsabilisation locale où entrent en jeu: les squatters versus uti-
borée de l'approche de
lisateurs de ressources locales et les collectivités territoriales. Tout
développement,
cela au travers d'un consensus devant aboutir à l'élaboration d'un
d'aménagement, mi-
plan de gestion durable des ressources naturelles.
lite en faveur d'une
responsabilisation
Cette approche est toutefois récente, elle est à ses premiers vagisse-
locale
ments. Il faut encore attendre une période plus ou moins longue
pour juger de son efficacité.

3. Un atelier sur la mise en œuvre des projets intervenant dans


l'environnement, la gestion des ressources naturelles et l'aménage-
ment des bassins versants a été organisé par le projet ASSET, fi-
nancé par USAID, le 10décembre1997 au Club Méditerranée.
Cet atelier, qui regroupait plusieurs participants d'institutions na-
tionales et internationales, avait pour objectif d'aider ASSET à dé-
finir et à développer une approche stratégique pour la promotion
d'activités durables dans le domaine de la gestion des ressources
naturelles dont fait partie l'aménagement des bassins versants.

VI. Perspectives
Sous la base des constats d'échecs passés en revue au cours de cet
article, l'aménagement des bassins versants (ABV) doit se conce-
voir suivant une approche systémique prenant en compte :

• le consensus qui impliquerait de divers groupes d'intérêts (col-


lectivités territoriales - Ministères techniques - Utilisateurs de
ressources locales) pour mieux adresser la problématique - dia-
gnostiquer, sérier les différentes préoccupations des partenaires
engagés dans la dynamique et enfin, élaborer entre autres un
cadre programma tique à la dimension de l'objectif de
durabilité à poursuivre.

1OO Haïti Econet


• l'intégration et la durabilité des interventions
• le montage et la responsabilité sectorielle au travers des diffé-
rentes étapes des projets (du diagnostic à la prise en charge)

L'inexistence d'un plan national d'aménagement des bassins ver-


sants devant définir _d'une part, le cadre général des interventions
sans duplication et d'autre part, confirmer que la volonté politique
de l'État en matière de lutte contre les déséquilibres
environnementaux désastreux, est évidente. Toutefois, il s'impose
la rénovation d'une démarche de lutte contre l'érosion pour une
meilleure gestion conservatoire des eaux et des sols à des fins de
protection, de gestion et d'intensification. A ce compte, deux axes
d'actions fondamentaux parmi tant d'autres devront être
priorisés:

• La conduite d'étude sérieuse au niveau des bassins versants


sous la base d'un diagnostic prenant en contre des paramètres
de différentes natures (physiques, socio-économiques, institu-
tionnelles, écologiques) demeurent une passerelle incontourna-
ble
• La renüse en question des lois obsolètes visant à protéger l'en-
vironnement et remontant à 1926 en vue de définir un nou-
veau cadre légal réaliste et adéquat.

Enfin, l'aménagement de Bassin Versant n'est pas le travail d'un


homme, c'est plutôt l' oeuvre d'une équipe pluridisciplinaire asso-
ciée aux partenaires locaux concernés et d'un Etat responsable.

Haïti Econet 101


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Coup d'oeil sur les
Activités de Conservation
- ~ - ~

des Sols Jean Camille BISSERETH

1. Etat Général de la Situation

La situation des sols du pays se trouve dans un état très préoc-


cupant avec 2 775 000 ha pour une population de 7 000 000 d'habi-
tants. Le ratio est donc de 0,4 ha par habitant, d'où la pression
significative quis' accélère au cours des ans, avec un taux d' ac-
croissement de la population estimé à 2,3% l'an (PNUD, 1997).

L'occupation de l'espace global haïtien présente le schéma sui-


vant:

• 530 000 ha de terres agricoles consacrées aux cultures saisonniè-


res, jachères, pâturages naturels, cultures pérennes;
• 240 000 ha de terres boisées d'une façon ou d'une autre;
• 953 000 ha de terres incultes comprenant marécages, aires éro-
dées et rocheuses
• 52 000 ha d'autres terres incluant les surfaces occupées par les
villes, villages, routes, étangs, lacs, cimetières etc. (Wainwright,
1990).

En regard aux terres agricoles, on se rend bien vite compte que le


ratio terres productives et population devient encore plus ténu soit
0,25 ha par habitant.

L'exploitation de quelques 600 000 ha de terres agricoles en den-


rées alimentaires arrive difficilement à produire 320 000 tonnes de
féculents et 40.000 tonnes de viande soit 46 kg de féculents et plus
ou moins 5,7 kg de viande par tête d'habitant et par an, alors que

Haïti Econet 103


l'autosuffisance réclamerait environ 87 kg de féculents et 10 kg de
viande par tête. (Wainwright, 1982).

Situation inquiétante dans la mesure où, non seulement lares-


source sol est quantitativement précaire, mais encore et surtout
·écologiquement fragile compte tenu du climat et de la topographie
du pays, deux paramètres majeurs dans le processus de l'érosion
des sols.

L'oxydation rapide de la matière organique dans les pays tropi-


caux, partant la destruction de l'humus, jointe au lessivage du sol
dû à des pluies torrentielles accélère le processus de la dégrada-
tion des terres situées sur les versants nord de nos montagnes.
Sur les versants sud, le même phénomène de savanisation saute
Il a été estimé que la aux yeux: le sol assez mince se dessèche pendant la saison de sé-
perte annuelle de sol, cheresse et en temps de pluie se recouvre d'une végétation impro-
au niveau national, pre à l'alimentation.
avoisine les 36 600 000
tonnes l'an Quant aux plaines, elles subissent deux actions nocives: le déferle-
ment des matériaux de sédimentation impropres à l'agriculture
par le phénomène accéléré de l'érosion des mornes et l'accentua-
tion progressive de la salinité.
Il a été estimé que la perte annuelle de sol, au niveau national,
avoisine les 36 600 000 tonnes l'an (PNUD, 1997).

II. Objectifs et Stratégies


L'objectif fondamental du Ministère de l' Agriculture, des Ressour-
ces Naturelles et du Développement Rural, (MARNDR) face à la
situation des ressources en sol est de diminuer et, dans la plus
grande mesure, d'arrêter le processus de dégradation des terres,
créant par là une base durable pour augmenter la capacité de pro-
duction des terres et contribuer ainsi à une amélioration des condi-
tions socio-économiques de la population (MARNDR/ P AM,
1997). Les stratégies mises en œuvre pour atteindre l'objectif de
base se résument comme suit :

104 Haïti Econet


• encadrement des cultivateurs des terres accidentées et monta-
gneuses dans l'exécution des mesures mécaniques de protec-
tion des terres : mur secs, canaux de contour, terrasses indivi-
duelles. Compte tenu des conditions socio-économiques pré-
caires dans lesquelles vivent les familles rurales, des incitations
en nature, en espèces ou mixtes ont été utilisées pour d'une
part, agir rapidement et réaliser un progrès visible dans le plus
court délai possible et d'autre part, provoquer une attitude
positive parmi ces cultivateurs face aux problèmes de dégrada-
tion des terres;
• assistance aux cultivateurs des piedmonts et terres basses dans
la lutte pour la réhabilitation physique et/ ou mécanique des
ravines (seuils);
• réhabilitation des terres dégradées par des activités tous azi-
muts de reboisement ( production en pépinière d'espèces frui-
tières et forestières);
• formation de cultivateurs féminins et masculins à l'utilisation
durable du sol, à l' agroforesterie, à la lutte contre l'érosion,
aux techniques de conservation des eaux, de production de
matériel et de traitement des ravines, etc.

III. Réalisations à date et Activités en cours


Les extrants physiques des institutions publiques et des principa-
les agences nationales et internationales travaillant dans le do-
maine de la gestion des ressources en sols se résument au tableau
No.7 pour la période s'étalant de 1994 à 1997 (MARNDR/PAM,
1997; UCG, 1997; CARE, 1997; MDE, 1997).

f. Les institutions qui semblent être les plus concernés par les activi-
: tés de défense et de restauration des sols sont: le MARNDR, le
j MDE, le P ADF, le CECI, le CDS et le CARE. Autrement, il faut
compter deux institutions publiques pour 4 ONG. Une lecture
horizontale et verticale du tableau 7 permet de faire des observa-
tions intéressantes. Les superficies aménagées demeurent relative-
ment faibles et restent bien au dessous de la superficie totale des
terres dégradées, laquelle est estimée à 50.000 Ha environ. De
même, le total des arbres plantés tombent au dessous de 20,000

Haïti Econet 105


....
0
O>

::I:
1»,
=
g Tableau 7 : Activité de défense et de restauration des sols réalisées ·de 1994 -
~ 1997.

Rubriques Unité MAR NOR MDE PADF/Plus PADF/Jo CECI CDS CARE TOTAL
b
Superficie ha 2 827.7 700.00 5 998.00 6 075.00 6 711.00 725.00 326.49 23 363.19
Aménagée
Canaux de km - 187.00 11 996.00 716.26 75.96 155.78 - 14131.07
contour
Terrasses km - 187.00 - 1 025.15 - 202.26 - 1 409.41
individuelles
Murs Secs km 3.00 10.00 1 484.60 710.32 156.63 19.53 264.81 2 648.89

Ravines km 15.18 22.00 58.94 438.50 115.58 51.97 - 732.17


Traitées
Haies Vives km 155.00 660.00 9 055.85 416.96 680.59 339.81 300.03 11 608.24
Arbres Uté*1 OO 7 264.5 256.00 7 782.06 1 271.00 901.80 287.60 733.63 18 496.59
Plantés
Formation Homme - 35.00 888 - - - 1428 2 351
des Agents
plantules pour trois ans , ce qui représente environ des millions
d'arbres par an. Or, on coupe en moyenne 50 millions d'arbres Or, on coupe en
annuellement. Le déficit réel est sans doute moindre étant donné moyenne 50 mil-
qu'il y a d'autres intervenant qui travaillent également dans le re- lions d'arbres an-
boisement. Mais on admet généralement que le total d'arbre plan- nuellement
tés, toute catégories cap.fondues ne dépasse pas 20 millions/ an.
' • .

Il est aussi utile de constater que les six grands intervenants ont
développé durant la période sous référence très peu d'activité
dans le domaine de la formation. Il est difficile de savoir si les
considérés traduisent un désintérêt des organismes d'encadrement
pour la formation voire une ligne de politique adoptée de la façon
consciente et objective. Toujours est-il que les chiffres parlent
d'eux mêmes et que leur langage laisserait entendre qu'il existe
une préférence marquée pour les canaux de contour en tant que
structure physique de conservation des sols. Cela est dû sans
doute en faite que les canaux de contour sont très visibles après
leur construction immédiate. En outre, leur construction est relati-
vement facile. De même, les activités aux traitement des ravines
paraissent également très limitées alors que la dégradation des
terres s'accélère de plus en plus.

HaftiEconet 107
V. Perspectives
L'élaboration et lexécution des actions antérieures devraient cer-
tainement permettre d'acquérir certaines expériences devant pou-
voir contribuer positivement à la recherche de stratégies nouvelles
dans le domaine de la gestion des ressources naturelles.

Au cours du développement des projets d'aménagement antérieu-


rement exécutés au pays, il a été fait mention que d'importantes
réalisations de terrains peuvent retenir la vue de tout visiteur (ini-
Les agriculteurs, mus tié ou profane). Les agriculteurs, mus en manœuvres, ont vu tem-
en manœuvres, ont vu porairement leur revenu s'accroître consécutivement à laide reçue
temporairement leur en nature ou en espèce, et ils aimeraient être toujours embauchés
revenu s'accroître con- pour des raisons de bénéfices directs (revenus immédiats) que
sécutivement à l'aide d'amélioration durable de leur production agricole. La stratégie
reçue en nature ou en développée ne s'est pas çonstituée comme un cadre de sensibilisa-
espèce, et ils aime- tion et de participation consciente à la lutte contre l'érosion et n'a
raient être toujours pas offert la possibilité de mettre sur pied une organisation sociale
embauchés pour des apte à assurer une participation continue des cultivateurs à I' ac-
raisons de bénéfices tion et de fournir en plus des données fiables susceptibles d'être
directs (revenus immé- extrapolées dans un programme national d'aménagement de bas-
diats) que d' améliora- sins versants. Il est énoncé ici quelques éléments de stratégie.
tion durable de leur
production agricole. • engager les travaux d'aménagement à travers les actions
perçues par le paysan comme un bénéfice immédiat (eau pota
ble, pistes améliorées)
• travailler avec les sociétés locales en basant les aménagements
non pas sur une logique d'équipement mais sur celle de déve-
loppement organisée autour de la conservation des sols dans
une perspective d'augmentation et de stabilisation de la pro-
duction.
• mener les interventions sur les parcelles des cultures et à la
demande des utilisateurs, demande initiée par l'encadrement
du projet, rémunérée par des intrants et non par des salaires
• limiter l'aide financière en nàture ou en espèce aux travaux
d'intérêt collectif.

108 Haïti Econet


• s'appuyer sur les relais locaux ayant effectivement une autorité
sur les communautés de base; ces relais locaux devraient être
capables de prendre en charge l'entretien des ouvrages collec-
tifs implantés.

En fait la conservation des sols dans les terres cultivées doit être la
composante d'un paquet qui tient compte de la terre, de sa protec-
tion, des intrants agricoles et de toutes les techniques cultivables
souhaitables. La rotation des cultures, l'assolement, le compost,
l'utilisation de pesticides et de stockage après récolte doivent faire
partie intégrante de procédés de conservation dans les terres culti- Aucune stratégie ne
vées. C'est la base de l'exploitation conservationniste. pourrait être perfor-
mante pour autant
Aucune stratégie ne pourrait être performante pour autant qu'un qu'un programme na-
programme national de conservation du sol précis, chiffré, écono- tional de conservation
miquement et socialement justifié, ne sera pas défini clairement. du sol précis, chiffré,
Les conceptions encore vagues sur la nécessité de combattre l' éro- économiquement et
sion et/ ou de reboiser les terres sans préciser le lieu, l'échelle, la socialement justifié, ne
nature et le type d'interventions correctes, les technicalités des in- sera pas défini claire-
terventions envisagées ne se prêtent pas comme base adéquate à ment.
inciter un engagement formel du gouvernement dans une action
spécifique qui s'inscrirait dans sa planification rurale intégrée.

Haïti Econet 109


Quelques Faits marquants de
l'évolution du Secteur Minier
en Haïti Gaston GEORGES Jr

1. Aperçu historique
De !'Indépendance à 1939, sans compter l'exploitation du guano
de la Navase par une compagnie américaine, la République
d'Haïti n'a connu que deux tentatives d'exploitation minière, une
par Henry Thomasset à la Grande Rivière du Nord (1902-1915) et
l'autre par la Haity Mines Company dans la région de Terre-
Neuve avant 1920. Entre 1939 et 1957, le pays fit l'objet de recher-
ches minières et pétrolières importantes.

Si les résultats furent négatifs pour les hydrocarbures, la recherche


minière, pour sa part, aboutit à l'ouverture de deux mines: une
mine de bauxite, opérée par la Reynolds Haïtian Mines près de
Miragoane (production: 13 millions de tonnes de 1957 à 1982) et
une exploitation de cuivre, par la Société d'Exploitation et de Dé-
veloppement des Ressources Naturelles d'Haïti (SEDREN) (pro-
duction 1.5 millions de tonnes à 2% de cuivre de 1960 à 1971)
(Prépetit, 1997). Au cours de cette même période, on peut aussi
noter la fin de la production de briques d'argile à Labaudrie dans
la plaine del' Arcahaie, une diminution significative de la produc-
tion de chaux, le début de la production intensive de sable à partir
des calcaires broyés de la zone de faille de Laboule au sud de Port-
au-Prince (Maurasse & Pierre Louis,1980) et l'exploitation des

HaniEconet 111
calcaires et des marnes à Source Matelas, par la compagnie Le Ci-
ment d'Haïti SA qui arrêta ses opérations en 1994. Les carrières
de cette compagnie produisaient en moyenne 280.000 tonnes de
calcaire et 60.000 tonnes de marne par an (Prépetit, 1997) .

. En 1972, débuta une intense activité de recherche géologique, mi-


nière et pétrolière. Cette activité fut cofinancée par l'Etat haïtien et
certaines agences de coopération multilatérales et bilatérales d'une
part, et d'autre part, par des compagnies minières et pétrolières
privées. Plusieurs études géologiques furent exécutées notam-
ment par des universitaires. Parmi ces travaux on peut citer, à ti-
tre d'exemple, ceux du géologue d'origine haïtienne, le docteur
Florentin Maurrasse (1973; 1976; 1982) sur les affleurements de la
croûte Caraïbe dans la Presqu'île du Sud et la nouvelle version de
Les recherches minières la carte géologique de la République d'Haïti à l'échelle 1/250.000,
mirent en évidence un préparée dans le cadre des. activités de la Direction de la Géologie
potentiel minéral in- et des Mines par des géologues haïtiens et étrangers entre 1983 et
connu jusqu'alors. Le 1987.
potentiel métallique
est constitué principa- Les recherches minières mirent en évidence un potentiel minéral
lement d'or, d'argent et inconnu jusqu'alors. Le potentiel métallique est constitué principa-
de cuivre. lement d'or, d'argent et de cuivre. Il a été mis en évidence par une
campagne de prospection géochimique et des sondages exécutés
en collaboration avec le PNUD entre 1973et1979 dans le cadre
des projets HAI/72/002, HAI/74/019, HAI/77 /001.

Les résultats de ces travaux ont été consignés dans une carte
gîtologique à l'échelle 1/200.000 (Nicolini, 1980). Un potentiel
non métallique assez important a été révélé par les travaux effec-
tués notamment avec la collaboration de l'ONUDI, projets HAI/
79/007, HAI/87/005. Il est constitué principalement de calcaire
marbrier, de granodiorite, de carbonate de calcium pur, de
pouzzolane, de marnes et d'argiles (Bouchereau & Lafalaise,
1980).

Les détails relatifs à ce potentiel se retrouvent dans les documents


et rapports des projets de recherches minières consignés dans les
archives du Bureau des Mines et de !'Energie et un document spé-
cifique de cette institution. (BME, 1992)

112 Haïti Econet


A partir de 1974, l'Etat a entrepris des actions importantes au
niveau législatif et pour la mise sur pied de structures de contrôle
de la recherche et des exploitations. En octobre 1974, parut une
nouvelle loi minière et fut créée une section de géologie appliquée
à la Faculté des Sciences de l'Université d'Etat d'Haïti. En
novembre, la Républ~que d'Haïti fit son entrée à l' Association
Internationale de la Bauxite (IBA) et établit des liens de
coopération techri.ique avec la Jamaïque dont la production de
bauxite et l'industrie de l'alumine est l'une des plus importantes
du monde. Ces initiatives permirent d'augmenter les revenus de
l'Etat en provenance de la bauxite (de moins de 3 US$ en 1973 à
plus de 20 US$ à la fermeture de la mine en 1982) (Archives BME).
Le 25 mars 1975 fut créé l'Institut National des Ressources
Minérales (INAREM) avec pour mission la gestion des ressources
minérales et des ressources énergétiques du pays.

II. Mesures législatives, fiscales et


institutionnelles
A partir de la présidence de Fabre Nicolas Geffrard, se manifesta
au sein de plusieurs gouvernements, jusqu'à nos jours, un désir de
connaître le potentiel minier, d'en contrôler l'exploitation et de
garantir à l'Etat des revenus tirés de l'industrie extractive. Dans ce
but, se succédèrent plusieurs mesures législatives fiscales et insti-
tutionnelles :

a. Mesures législatives

Du point de vue de la législation, on entend par mine les exploita-


tions de minéraux métalliques, de substances fossiles autres que
les hydrocarbures liquides ou gazeux, ou de toutes autres substan-
ces minérales identifiées comme telle par la loi. Les exploitations
des substances minérales non métalliques sont régies par la loi sur
les carrières, à moins que le législateur n'en décide autrement. Les
différentes lois régissant le domaine minier qui se sont succédées
sont : la loi du 28 novembre1860, la loi du 14 février 1919, la loi du
14 mars 1929, la loi du 20décembre1943, la loi du 22février1968,
la loi du 10 octobre 1974 et la loi du 3 mars 1976. Cette dernière
loi est toujours en vigueur en ce qui à trait aux dispositions

HaHiEconet 113
régissant les mines et les hydrocarbures. Les carrières, pour leur
part, sont actuellement régies par le décret du 2 mars 1984
(Prépeti t, 1997)

b. Mesures fiscales

Les redevances fiscales relatives aux exploitations des ressources


Les redevances fisca- minérales et énergétiques sont fixées par les conventions prévues
les relatives aux ex- par la loi pour les exploitations minières et pour celles des hydro-
ploitations des res- carbures. A cet égard, aucune disposition particulière n'existe
sources minérales et pour les carrières.
énergétiques sont
fixées par les conven- c. Mesures institutionnelles
tions prévues
Jusqu'en 1943, aucune structure administrative particulière n'était
prévue pour la gestion du secteur minier. Le décret loi du 20 dé-
cembre 1943 créa le Bureau des Mines qui fut placé sous la tutelle
de la Secrétairerie d'Etat des Travaux Publics. Le décret du 22 fé-
vrier 1968 remplaça le Bureau des Mines par le Service de la Géo-
logie et des Mines qui fut placé sous l'autorité du Secrétaire d'Etat
del' Agriculture, des Ressources Naturelles et du Développement
Rural.

Avec le décret du 25 mars 1975, le Service de la Géologie et de Mi-


nes fut remplacé par l'Institut National des Ressources Minérales
(INAREM) placé sous la responsabilité directe de la Présidence de
la République. Le décret du 31 octobre 1978 transforma
l'INAREM en Secrétairerie d'Etat des Mines et des Ressources
Energétiques qui elle-même fut restructurée par le décret du 31
octobre 1983 sous le nom de Ministère des Mines et des Ressources
Energétiques. Le décret du 1er août 1986 remplaça le Ministère des
Mines et des Ressources Energétiques par le Bureau des Mines et
de l'Energie (BME), organisme autonome dépendant du Ministère
des Travaux Publics, Transports et Communications (Prépetit,
1997).

114 Haïti Econet


III. Activités d'exploitation.
a. Minéraux métalliques

Depuis l'arrêt des opérations de la Reynolds Haïtian Mines à


Miragoane en 1982, Haili ne compte plus d'opération minière vi-
sant l'extraction de minéraux métalliques. Les seuls travaux qui
pourraient remettre de l'animation dans ce secteur dans l' immé-
diat sont ceux de la Société Minière Citadelle, consortium formé
de la Société Sainte Geneviève du Canada et de la compagnie haï-
tienne La Géominérale d'Haïti S.A. et qui bénéficie d'une conven- Depuis l'arrêt des opé-
tion lui permettant d'exploiter les gisements de Grand Bois près rations de la Reynolds
du Limbé et de Morne Bossa près de Milot. L'étude du gisement Haïtian Mines à
de Grand Bois complétée, cette compagnie s'apprêtait à aborder Miragoane en 1982,
l'étude de faisabilité du gisement de Morne Bossa quand elle dut Haïti ne compte plus
arrêter ses opérations par suite des troubles socio-politiques qui d'opération minière
ont perturbé la région en avril 1997. Pour les mêmes raisons, les visant l'extraction de
compagnies Sainte Geneviève Haïti, Newmont Exploration et Ma- minéraux métalliques.
zarin, qui travaillent aussi dans le domaine des minéraux métalli-
ques, ont dû suspendre leurs activités de recherche.

b. Ressources énergétiques

Dans le domaine des ressources énergétiques, les résultats négatifs


qui ont marqué jusqu'à présent les recherches d'hydrocarbures et
les études géothermiques ne permettent pas d'envisager une ex-
ploitation de ressources de ce type dans un proche avenir. Quant
au lignite de Maïssade, bien qu'une réserve assez intéressante ait
été prouvée, il n'existe pas de plan pour son exploitation dans le
court terme.

c. Minéraux non métalliques

L'exploitation des minéraux non métalliques est à l'heure actuelle


la seule activité minière du pays. A part les exploitations des pier-
res marbrières par la compagnie INMARH S.A.(environ 500 m3
de blocs par an pour une production de 17.500 m 2 de carreaux de
marbre) et l'exploitation semi-artisanale de l'argile par la compa-
gnie ARGICERAM à Hinche et à l' Arcahaie, la production de

HaftiEconet 115
minéraux non métallique d'Haïti est constituée de granulats et ro-
ches destinés à la construction immobilière et aux travaux publics.

Cette production annuelle, d'un volume estimé à 2 millions m 3, se


concentre principalement dans la région métropolitaine de Port-
au-Pr~nce qui produit à elle seule environ 1.5 million m 3 (Prépetit,
En Haïti, l'absence de 1997 ; (BME,1997)
nonnes
environnementales et De part sa nature, l'industrie extractive est considérée comme
de nonnes d'exploita- l'une des plus polluantes et des plus nuisibles à l'environnement.
tion, la faiblesse des En Haïti, l'absence de normes environnementales et de normes
services techniques de d'exploitation, la faiblesse des services techniques de contrôle et de
contrôle et de l'appa- l'appareil judiciaire ont eu pour conséquence le développement
reil judiciaire ont eu d'exploitations anarchiques de carrières qui constituent un risque
pour conséquence le majeur pour l'environnement, pour la santé et la sécurité de la po-
développement d'ex- pulation en général et des travailleurs des carrières en particulier.
ploitations anarchi- Quotidiennement, des éboulements se produisent dans les carriè-
ques de carrières qui res, les camions provoquent des accidents sur les routes, entraî-
constituent un risque nant des morts d'hommes et des pertes importantes de matériel
majeur pour l'environ- qui se chiffrent annuellement à plusieurs US$ millions.
nement, pour la santé
et la sécurité de la po- A titre d'exemples, on peut citer : 1) la dégradation du Morne Hô-
pulation en général et pital, 2) l'érosion de la Montagne du Trou d'Eau et des collines
des travailleurs des situées en piémont de la Chaîne des Matheux où se développe à
carrières en particulier. vue d' œil et avec une rapidité alarmante, un processus de déserti-
fication par l'action des exploitants de carrières; 3) le développe-
ment de nombreuses ravines nouvelles qui mettent en danger la
route nationale nol entre Bon Repos et Sources Matelas; 4) l' effon-
drement de la route Anse Rouge-Gonaïves à la hauteur du Morne
La Pierre; 5) sur la Côte des Arcadins, à la hauteur du Trou Forban
se développe actuellement une importante exploitation de sable
calcaire qui, en plus de détruire un site touristique d'importance,
menace de ses éboulements les usagers de la route nationale n°1,
qui est de loin l'axe routier le plus important du pays. Comme
autre impact négatif de l'exploitation anarchique de granulats, il
convient de signaler l'érosion des berges des rivières comme celle
de la Rivière Grise au nord de Port-au-Prince et l'érosion côtière,
telle celle du littoral de la ville de Saint-Marc. (BME, 1997; Georges
& al., 1980)

116 Haïti Econet


IV. Politique et Actions de l'Etat

a. Objectifs

La lecture des divers documents de planification produits par le


secteur minier ét l'analyse de l'action menée par les divers orga-
nismes qui, au cours des 25 dernières années, ont eu la charge de
sa gestion, permettent de déduire les objectifs suivants: 1) La con-
naissance du potentiel minier et énergétique du pays, 2) Le con-
trôle des activités de recherche et d'exploitation, 3) La limitation
des nuisances et de l'impact négatif des exploitations sur l'envi-
ronnement, 4) La maximisation des revenus de l'Etat provenant
des activités minières, 5) La réduction de la facture d'importation
des produits énergétiques

b. Actions de l'Etat

Comme le montre la revue historique qui précède, depuis 1975, les


actions des organismes chargés du secteur minier, pour compte de
l'Etat, ont tendu à la réalisation des objectifs identifiés au paragra-
phe précédant tant du point de vue législatif qu'institutionnel. Les
activités pour leur part ont surtout visé la connaissance des res-
sources géologiques et la mise en opération de nouvelles exploita-
tions. Plusieurs mesures ont été prises pour essayer de contrôler
l'exploitation anarchique des carrières de sable et limiter l'impact
négatif de ce type d'activité sur l'environnement. Le Bureau des
Mines et de l'Energie (BME) a lancé des communiqués pour de-
mander aux exploitants de se conformer aux prescrits de la loi, fait
des campagnes de sensibilisation de la population. Le BME a pris
l'initiative d'établir un modèle de réhabilitation sur le site d'une
ancienne carrière à Laboule, un élégant bosquet y a été aménagé.

Cet ouvrage n'a malheureusement pas pu être protégé, faute de


collaboration entre les propriétaires et les représentants de l'Etat.
De même, le programme de réhabilitation des terres exploitées par
la Reynolds (reconstitution de la couche de sol arable, plantations
forestières et caféières, création de pâturages en vue de l'implanta-
tion d'un élevage bovin, etc.), s'est arrêté brusquement peu avant
la fermeture de l'exploitation pour des raisons administratives et

HaftiEconet 117
institutionnelles. Le BME a intenté des actions en justice contre
certains exploitants illégaux de carrières. Ces actions n'ont pas eu
de suite au niveau de l'appareil judiciaire.

Pour pallier à la faiblesse de la législation en vigueur, des mesures


spéciales visant à réduire l'impact négatif des exploitations sur
l'environnement et procéder à la réhabilitation des zones exploi-
tées, sont prévues dans les dernières conventions minières signées
par le gouvernement en février 1997 avec la Société Minière Cita-
delle SA et la Compagnie Sainte Geneviève Haïti SA. (Ces deux
conventions n'ont pas encore été publiées dans le Moniteur). Les
normes utilisées dans ces conventions sont comparables à celles
régissant les activités minières dans des pays industrialisés tel que
le Canada qui est un des pays d'avant-garde dans ce domaine. Un
nouveau projet de loi minière et une loi sur la taxation des carriè-
res ont été préparés pour être soumis à la ratification du parlement

V. Les Contraintes
Le développement du secteur et la solution des problèmes qu'il
confronte, notamment en ce qui à trait à l'environnement, se heur-
tent à certaines contraintes qu'il est nécessaire d'identifier:

Sur le plan politique: 1) absence d'une politique minière définie


au niveau du Gouvernement, 2) manque de coordination de l' ac-
tion des différents organismes publics dont le domaine de compé-
tence touche directement ou indirectement le secteur minier, 3)
faiblesse de l'appui des instances dirigeantes aux institutions et
agents chargés de faire respecter les lois

Sur le plan institutionnel : 1) manque de moyens financiers pour


assurer la poursuite des études géologiques, le suivi des travaux
de recherche exécutés par les compagnies privées et le contrôle des
exploitations, 2) inexistence de structures déconcentrées dans les
régions où se déroulent les opérations, 3) manque de matériel, 4)
manque de moyens pour faire respecter les lois, 5) manque de per-
sonnel qualifié, causé par le départ volontaire de beaucoup de ca-
dres compétents au cours des douze dernières années et la diffi-
culté de recruter de nouveaux cadres du fait des bas niveaux de
salaires pratiqués dans la fonction publique.

118 Haïti Econet


Au niveau des exploitations: 1) absence de normes nationales en
matière d'exploitation, de sécurité, de protection et de réhabilita-
tion de l'environnement, 2) absence d'un plan directeur pour l' ap-
provisionnement du marché en matériaux de construction, 3)
manque de compétence technique et de connaissance des lois ré-
gissant la matière au niv~au des exploitants de carrière, 4) coût
élevé des équipeme11ts et difficultés d'accès au crédit, particulière-
ment pour les petits exploitants, 5) taille réduite et nombre très
élevé des exploitations de carrières, 6) manque de coordination
entre la direction générale des travaux publics et le BME dans la
recherche et l'exploitation des bancs d'emprunts utilisés pour ali-
menter les chantiers de travaux publics et réparer les routes.

VI. Perspectives
Au regard du potentiel connu et des possibilités qu'offre sa confi- l'exiguïté du territoire
guration géologique, Haïti, sans être un pays à vocation minière, liée à la forte densité de
pourrait compter sur ses ressources minérales comme support à la population, ainsi
son développement économique. Cependant, l'exiguïté du terri- que le relief escarpé as-
toire liée à la forte densité de la population, ainsi que le relief es- socié à la très grande
carpé associé à la très grande altération des formations éruptives, altération des forma-
constituent entre autres, des contraintes importantes à tout déve- tions éruptives, consti-
loppement futur de ce secteur que l'on ne devrait envisager que tuent entre autres, des
dans le cadre d'un plan général de redressement de l'économie et contraintes importan-
d'aménagement du pays. tes à tout développe-
ment futur de ce secteur
L'auteur remercie la Direction et le personnel du Bureau des Mines et de l'Energie pour
leur précieux concours et l'accès aux archives de l'institution.

HaHiEconet 119
La Situation de !'Ecosystème
~

Marin Jean W. WIENER

L'écosystème marin est sans aucun doute une des ressources les
plus exploitées, abusées, et négligées d'Haïti. L'exploitation sans
contrôle de cette ressource a toujours existé à tous les niveaux, du
pêcheur-artisan jusqu'aux plus grands hôteliers. Les abus se défi-
nissent sous toutes les formes, du déversement incontrôlé de dé-
chets (déchets domestiques, huiles, etc.) dans les bassins versants
qui terminent leur course directement dans l'océan, jusqu'aux na-
vires étrangers entrant dans les eaux territoriales illégalement
pour pêcher ou jeter leurs propres déchets, quelquefois avec l' ap-
probation et l'assistance des autorités locales (i.e. Khian Sea,
Gonaïves, 1988). Quant à la négligence, elle est le fruit d'une
croyance très peu fondée selon laquelle la mer peut tout absorber
sans aucun risque de pollution.

1. Etat actuel de la situation


Jusqu'ici, il n'y a pas eu d'efforts concertés pour explorer, exami-
ner, et protéger une ressource aussi valable qui comprend des for-
mes·de vie aussi importantes et variées comme les flamands, les
oursins, les polypes de coraux, les tortues de mer, les requins, les
algues, les dauphins, des poissons de toute sorte, ainsi que de
grandes variétés de formations naturelles venant des forêts de
mangroves jusqu'aux falaises, les plages et récifs sur une côte
d'environ 1,771km de long. (OMI, 1996)

Haïti Econet 121


La situation actuelle des ressources marines est complexe. Premiè-
rement, les régions surpeuplées sont d'habitude grandement affec-
tées par les activités humaines. Citons le cas de la baie de Port-au-
Prince où, les activités humaines ont des effets désastreux tels que
la sédimentation, estimée à 7,900,000 m3 depuis 1952 (Econet,
1995) et la pollution (les débris les plus significatifs et visibles étant
- les objets en plastique ainsi que parmi les moins visibles, les pro-
duits pétroliers et déchets humains).

L'augmentation de la population dans certaines régions comme le


L'augmentation de la Cap Haïtien et Port-au-Prince ont contribué à l'aggravation du
population dans cer- problème des déchets industriels, domestiques et humains. Une
taines régions comme grande partie de ceux-ci sont jetés directement ou indirectement
le Cap Haïtien et Port- dans la mer.
au-Prince ont contri-
bué à l'aggravation du L'accroissement des matières plastiques dans l'environnement ma-
problème des déchets rin est une cause d'inquiétude sérieuse. La pollution marine qui
industriels, domesti- en résulte le long des plages et au large des côtes, est une cause
ques et humains. Une d'alarme. La dégradation de ces écosystèmes, qui reçoivent en
grande partie de ceux- outre les débris des villes avoisinantes, se trouve accélérée à cause
ci sont jetés directe- de l'envasement causé par l'érosion due au taux élevé de défores-
ment ou indirectement tation.
dans la mer.
Il est difficile de déterminer les effets des déchets générés par la
population sur ces systèmes écologiques puisqu'il n'existe pas de
méthode de contrôle de la pollution de l" environnement. Ce phé-
nomène a sans aucun doute un effet négatif sur l'environnement
marin en Haïti, cependant les conséquences ne sont pas documen-
tées.

Les régions tels que la baie de la Gônave et certains endroits sur


les côtes nord et sud souffrent de la surexploitation de leurs res-
sources biologiques. Il y a surexploitation à presque tous les ni-
veaux y compris la pêche, les mangroves, et la collecte de coraux
et de coquilles. Le pêcheur-artisan n'a pas les possibilités d' exploi-
ter les poissons pélagiques, plus attrayants au point de vue com-
mercial, à cause de l'inaccessibilité et du coût élevé de la technolo-
gie moderne.

122 Haïti Ecémet


Les lieux de ponte et les aleviniers, surtout dans les récifs et les
mangroves, sont actuellement surexploités et parfois carrément
détruits. Les résultats se manifestent par une décroissance géné-
rale de la productivité et des dommages vraisemblablement irré-
versibles. L'élévation de la moyenne de la température de l'océan,
entraînant entre autre le blanchissement des coraux, auront pour
résultat une baisse de productivité de l'écosystème marin. La
surexploitation des ressources biologiques est un désastre immi-
nent sinon actuel.

L'exploitation des ressources marines non-biologiques (plages,


rochers, etc.) est en grande partie réservée à la construction sur
petite échelle de maisons privées, de petits hôtels et des routes à L'exploitation des
proximité des plages entraînant une modification, voire la destruc- ressources marines
tion de ces ressources. non-biologiques (pla-
ges, rochers, etc.) est
II. Objectifs Nationaux en grande partie réser-
vée à la construction
Jusqu'à présent, il n'existe aucun objectif national pour la gestion sur petite échelle de
et la protection des ressources marines et côtières qui soit claire- maisons privées, de
ment défini. Néanmoins, la gestion des ressources marines et cô- petits hôtels et des
tières fait partie des attributions du Ministère de l' Agriculture, des routes à proximité des
Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR). plages entraînant une
La grande majorité des lois, très souvent archaïques ou inadéqua- modification, voire la
tes, ne peuvent êtres mises en application. Cela est du essentielle- destruction de ces res-
ment au fait que le Ministère de la Santé Publique et de la Popula- sources.
tion (MSPP), le Service des Pêches du MARNDR et les garde-côtes,
principaux mandataires pour assurer ce renforcement, sont dé-
pourvus de personnels qualifiés, d'équipements adéquats, ou/ et
d'autres facteurs indispensables à leur application.

La pêche en Haïti est pratiquée par des pêcheurs-artisans qui le


plus souvent utilisent des techniques rudimentaires. A cause de
leur nombre trop élevé, de leur forte concentration le long des cô-
tes, et faute de moyens de contrôle (par exemple, patrouilles mari-
nes), il est virtuellement impossible de renforcer les règlements
concernant la pêche. Ce problème se pose de manière encore plus
accrue lorsque la pêche représente la seule source de revenu d'une
famille.

Haïti Econet 123


Il existe tout de même quelques réglementations relatives à la pol-
lution del' environnement marin. Par exemple, l'article 95 (1) du
Décret du 27Octobre1978 sur la Pêche stipule que :"Nul n'est ad-
mis à déverser dans la mer et les cours d'eau des matières susceptibles
d'affecter leur écologie".

Il i:t'Y a actuellement aucune région désignée comme Aire Marine


Protégée (AMP). Cependant, le fait que nos eaux territoriales
soient fréquentées par plusieurs espèces en voie de disparition et
que nos régions présentent une beauté naturelle, mériterait sans
aucun doute une telle protection.

III. Réalisations
Parmi les projets en cours de réalisation, on peut citer:

• Zonage des régions côtières et la protection des sites culturels


et historiques du littoral, particulièrement dans la zone de Fort
Liberté (Projet Route 2004 - PNUD/UNESCO/MC)
• Atlas côtier du Nord Est d'Haïti : environnement et patrimoine
culturel de la région de Fort Liberté dans lequel sont décrites
les ressources terrestres et aquatiques. (Projet Route 2004 -
PNUD/UNESCO/MC)
• Activités de recherche sur la destruction des coraux par les
oursins de mer (FoProBiM, USAID, (Biodiversity Support
Program), Consortium de World Wildlife Fund/ The Nature
Conservancy /World Resources Institute)
• Recherches et activités d'éducation sur la pollution côtière et
marine (FoProBiM/ Center for Marine Conservation)
• Renforcement des groupements de pêcheurs à travers la mise
en place de réseaux et le renforcement institutionnel
(FoProBiM/USAID / ADF / ASOSYE)
• Activités de recherche le ·long de la côte des Arcadins pour la
préparation d'un programme de gestion des ressources
(UNESCO/ CSI/FoProBiM)
• Projet de renforcement de la capacité de gestion des ressources
1narines et côtières (BID /MDE). Le document de projet est
actuellement approuvé et devrait être signé prochainement.

124 Haïti Econet


Tableau 8: Ressources actuelles ou potentielles le long des régions côtières

Ressourceq Coraux Mangroves Oiseaux Mammifères Algues Pêche Plages Culturelles ~leviniers !Tourisme Reptiles ~el
Zone-0- Marins s
Ft. Liberté à X X X X X X X X x. X X
Môle St.
Nicolas
Môle St. X X X X
Nicolas à
Go naïves
Gonaïves à St. x X x X x X X
Marc
St. Marc à lie à X X X X X X X
Cab rit
lie à Cabrit à
Leogane
Leogane à X X x x X X, X
Jeremie
Jeremie à X X
lîiburon
rTiburon à Port X X
Salut
Port Salut à X X X X x X X X X x
Baie d'Aquin

:c
Baie D'aquin à x X X X

Anse-à- Pitre
a! La Gonave X X x X X X X X
m
n
0 Source: FoProBim, 1997; USAID, 1986
a
~

...1.
1\)
U1
IV. Résultats
Jusqu'à date, nous n'enregistrons que deux cas d'études sur les
débris emmenés sur le littoral et pas d'études examinant la qualité
de l'eau. Nous n'avons pas non plus pas de données estimant la
quantité ou la qualité de pollution, sur l'écosystème marin.

Haïti s'implique de plus en plus dans divers programmes régio-


naux (CARICOMP et COSALC) et internationaux (CSI et COI).
On assiste également à une meilleure coordination des activités
entre les différents secteurs concernés par la gestion et l'utilisation
des ressources marines et côtières.

Il existe une augmentation des interventions et des activités de


recherche dans ce domaine. Les résultats de nombreux program-
mes mentionnés ci-dessus seront prochainement publiés.

V. Perspectives
Les problèmes qui concernent les ressources côtières et marines
d'Haïti sont les suivants :

• la Pauvreté (nécessité de pêcher, manque de nutrition adé-


quate);
• l'éducation (la nécessité d'intensifier la prise de conscience vis-
à-vis de certains effets néfastes sur l'environnement);
• la pollution (plastiques, produits pétroliers et déchets hu-
mains);
• l'eutrophisation (due à l'envasement et aux excès d'éléments
nutritifs);
• la surexploitation des ressources (pêche, collecte de coraux,
etc.);
• la perte de biodiversité (pêche à outrance et ses conséquen-
ces);
• l'application des lois et du cadre légal;

Il est nécessaire que les secteurs, privé et public, se concertent da-


vantage en vue d'entreprendre une gestion saine des ressources

126 Haïti Econet


marines et côtières en Haïti. Les ressources locales étant très limi-
tées, il devient urgent de renforcer la capacité des institutions na-
tionales et des organisations de gestion de ces ressources de même
que, d'augmenter leur participation aux activités internationales et
régionales.

Il est également néct:ssaire· d'identifier et de désigner rapidement


Les ressources locales
des Aires Marines Protégées, toutes les zones tampons nécessaires
étant très limitées, il
et l'apport de fonds adéquats afin de permettre d'une part, l' im-
devient urgent de ren-
plantation immédiate de programmes devant aider à la protection
forcer la capacité des
des sites de reproduction importants, et d'autre part, des lieux de
institutions nationales
nidification, des sites pittoresques naturels et d'importance biolo-
et des organisations de
gique.
gestion de ces ressour-
ces de même que, d' aug-
Les zones devant être identifiées et protégées comprennent :
menter leur participa-
tion aux activités inter-
• des lieux de nidification pour les poissons, les reptiles, et les nationales et régiona-
oiseaux; les.
• des sites de reproduction pour les poissons, les reptiles, les
oiseaux, et les mammifères marins des régions de beauté natu-
relle et/ ou de diversité biologique

Haïti Econet 127


128 Haïti Econet
Situation· de l'Eau et de
l' Assainissement en Haïti
Pierre ADAM

1. Cadre général
La République d'Haïti a une superficie de 27,750km2 et com-
prénd de nombreuses montagnes d'où s'écoulent des rivières et Les différentes pros-
des ruisseaux. Le Projet "Développement et Gestion des Ressour- pections et études
ces en Eau", (PNUD/DTCD/HAÏ/86-003) financé par le PNUD et réalisées à travers
la Direction Technique pour la Coopération et le Développement tout le territoire par
(DTCD), a entrepris depuis 1979, une étude hydrogéologique à ce projet, ontpermis
travers tout le pays,, dans le but d'obtenir la maîtrise del' eau afin de confirmer que les
d'y avoir accès à l'endroit et au moment voulu. ressources en eau
sont considérables.
Les différentes prospections et études réalisées à travers tout le
territoire par ce projet, ont permis de confirmer que les ressources
en eau sont considérables. Haïti emegistre en moyenne 41.200
milliards de m3 de précipitations par an dont 29.090 repartent
dans l'atmosphère par évaporation et transpiration des végétaux.
Des 12 milliards qui restent, 4 milliards s'enfoncent dans le sol
pour alimenter les nappes souterraines et seulement 1 milliard de
ce potentiel est exploité à des fins d'irrigation et d'alimentation en
eau (Trac, 1990). Malgré ce potentiel, une bonne partie de la po-
pulation ne bénéficie pas encore en 1997, d'une source d'approvi-
sionnement en eau saine tant dans le milieu urbain que dans le
milieu rural car l'eau n'est pas exploitée à un niveau désirable.

HaniEconet 129
II. Objectifs
Les différents sommets:

• le Sommet de la Terre, tenu à Rio de Janeiro en janvier 1992,

.. · .avec les dispositions de l' Agenda 21 en particulier;


le Sommet des Amériques, tenu à Miami en décembre 1994;
• le Sommet Mondial sur le Développement Social, tenu à Co-
penhague en mars 1995;

avaient tous comme objectif général la mise en place d'un proces-


sus de développement durable, mettant en exergue la Santé et la
Protection de !'Environnement. Des objectifs spécifiques ont été
fixés pour l'établissement d'une analyse détaillée du secteur Eau
Potable et Assainissement en Haïti devant aboutir, après diverses
étapes de concertation des instances impliquées et d'approbation
des autorités compétentes, à l'adoption d'un Plan National Secto-
riel d'Investissement (PISE) qui définirait la politique sectorielle
du gouvernement et permettrait aux agences de coopération ex-
terne de mieux identifier l'assistance technique et financière à ap-
porter au gouvernement dans les domaines relatifs à :

• l'Eau Potable
• l' Assainissement
• la Protection de !'Environnement (Niyungenko,1995)

III. Réalisations
Durant la période 1994-1997, plusieurs projets ont été réalisés par
les institutions responsables et des Organisations Non Gouverne-
mentales (ONG) sur l'ensemble du territoire : le Programme Post-
Embargo, le Programme d'Urgence de Relance Economique
(PURE), le Programme d'Investissement Public (PIP), etc. Les in-
terventions consistaient en :

• la réhabilitation ou la construction de systèmes d'alimentation


en eau potable;
• la réparation des infrastructures dégradées;

130 Haïti Econet


• la production d'eau à partir des fontaines publiques payantes
et par camions-citernes aux populations urbaines à faible re-
venu;
• la construction de latrines, particulièrement en milieu rural;
• le drainage des eaux usées et l'élimination des déchets solides
dans les grands centres urbains.

Toutes ces interventions ont entraîné, avec le retour à l'ordre cons- Le manque de planifi-
titutionnel, des investissements très importants dans le secteur de cation et de coordina-
l'Eau Potable et del' Assainissement. Les activités menées actuel- tion, le manque d'en-
lement par la Centrale Autonome Métropolitaine d'Eau Potable tretien (personnel plé-
(CAMEP), le Service National d'Eau Potable (SNEP), le projet thorique sans matériel
Poste Communautaire d'Hygiène et d'Eau Potable (POCHEP) et et équipement), le man-
les mairies chargées de la collecte et de la disposition des déchets, que de formation des
opèrent de façon très déficiente. Le manque de planification et de techniciens, l'ancien-
coordination, le manque d'entretien (personnel pléthorique sans neté des réseaux, l'in-
matériel et équipement), le manque de formation des techniciens, capacité des responsa-
l'ancienneté des réseaux, l'incapacité des responsables de prendre bles de prendre des me-
des mesures pour empêcher les prises clandestines, affectent consi- sures pour empêcher les
dérablement la qualité des services fournis à la population. Ce- prises clandestines,
pendant, dans la Région Métropolitaine, plus de 400.000 person- affectent considérable-
nes sont alimentées en eau à partir d'une centaine de kiosques ment la qualité des ser-
construits dans les bidonvilles par les bénéficiaires et le Groupe de vices fournis à la po-
Recherche et d'Echanges Technologiques (GRET) (Adam, 1997) pulation.
sur un financement de l'Union Européenne. A la CAMEP, un ca-
lendrier de schéma de distribution d'eau a été mis en application
ainsi qu'un vaste programme de reboisement dans les aires des
captages des sources. Des maisons doivent être démolies dans les
périmètres immédiats des sources pour limiter les risques de con-
tamination de l'eau surtout par les excreta.

IV. Taux de couverture et aggravation de la


situation.
Les nombreuses activités réalisées à partir d'octobre 1994 n'ont
pas pour autant atteint les résultats escomptés dans le cadre des
différents programmes. La coupe effrénée des arbres s'accélère,
facilitant d'une part, le ruissellement au détriment de l'infiltration,
et d'autre part, la baisse du niveau piézométrique et

Haïti Econet 131


l'augmentation de la salinité de l'eau. Les bidonvilles s' interpénè-
trent dans tous les grands centres urbains. Des cahutes provisoi-
res s'érigent à proximité de presque tous les captages des sources.
Des monticules de détritus jonchent les rues de tous les grands
centres urbains (sauf à Jacmel). Les abords des principales riviè-
res sont utilisés comme latrines. Les animaux domestiques et les
Des analyses bactério- véhicules sont régulièrement nettoyés à même le lit des cours
logiques effectuées ·par d'eau.
la CAMEP sur certains
forages construits dans Plusieurs milliers de tonnes de déchets et d' excreta sont par
la Plaine du Cul-de-Sac ailleurs jetés tous les jours dans les principaux cours d'eau du pays
révèlent la présence respectivement par les usines, les ateliers avoisinants et la popula-
d'amas de coliformes. tion. Des analyses bactériologiques effectuées par la CAMEP sur
La pollution est donc certains forages construits dans la Plaine du Cul-de-Sac révèlent la
rampante et le pro- présence d'amas de coliformes. La pollution est donc rampante et
blème de l'eau est le problème de l'eau est archi-grave.
archi-grave.

132 Haïti Econet


Les tableaux ci-dessous montrent la couverture des services d' ap-
provisionnement en eau potable et d'assainissement de 1994 à
19971 •
Tableau 9 : Couverture des services d' Approvi-
sionnement en-Eau Potable et d' Assainissement
1- Couverture des services d'approvisionnement en eau (1994-1997)
Année Population* Population desservie %

Totale Urbaine Rurale Urbaine Rurale Totale


1994 7 035 000 2110 500 4 924 500 780 885 1 132 635 1 913 520 27.2
1995 7180 294 2 338 842 4 841 452 989 585 1806296 2 795 881 39.0
1996 7 336 027 2 433 879 4 902 148 1070907 2 014 274 3 085181 42.0
1997 7 491 762 2 532 721 4 959 041 1215706 2 281159 3496 865 47.0

2- Couverture des services en évacuation des excréta (%)


Année Population* Pop~lation desservie %

Totale Urbaine Rurale Urbaine Rurale Totale


1994 7 035 000 2110 500 4 924 500 886 410 787 920 1674330 24.0
1995 7180 294 2 338 842 4 841 452 1026090 734 674 1760764 24.5
1996 7 336 027 2 433 879 4 902148 1063594 833 365 1896959 26.0
1997 7 491 762 2 532 721 4 959 041 1092814 891 952 1984766 26.5

3- Couverture des besoins en évacuation des déchets solides (1994-1997)


Année Population*

Urbaine Aire Villes Population urbaine %


totale Métropolitaine Secondaires totale desservie
1994 2110500 1484666 625 834 717 570 34.0
1995 2 338 842 1814083 524 759 854025 36.5
1996 2 433 879 1489588 944 291 1072836 44.0
1997 2 532 721 1556588 976133 1278035 50.5

On peut constater qu'à la fin de l'année 1997, 3.496.865 personnes


seulement sont alimentés en eau potable. Près de 1.092.814
personnes utilisent une latrine en milieu urbain et 891.952 en
milieu rural. Des efforts considérables ont été faits dans la collecte
et la disposition des déchets au niveau des grands centres urbains.
Aussi, 153.907 habitants de plus sont desservis dans l'aire
métropolitaine et 51.302 de plus dans les villes secondaires
(OMS,1996; PNUD,1996a; MTPTC, 1997).
1 Les tableaux 1, 2 et 3 sont le résultat d'une compilation de données (MTPTC, Ac 2350; Thalès

Pierre, 1997;0MS/OPS-UNICEF, 1997; PNUD, 1996a)

Haïti Econet 133


V. Directives et Perspectives
Une communication faite par la BID, lors de la Cinquième Journée
Interaméricaine de l'Eau, organisée à Port-au-Prince par l' ADISH
en octobre 1997, montre que le secteur del' Approvisionnement en
Eau Potable et de l' Assainissement (AEP A) est l'un des plus défi-
·cients en Haïti. Aucune amélioration n'a été observée dans ce sec-
teur, plus particulièrement celui de la distribution del' eau à la po-
pulation, puisque le problème n'a pas été attaqué à la racine
(Adam, 1997).

Haïti est le seul pays Haïti est le seul pays de l'Amérique Latine et des Caraïbes où les
de l'Amérique Latine services d'approvisionnement en eau saine ne couvre pas 50% des
et des Caraïbes qui ne besoins (OMS, 1996). Haïti est le seul pays del' Amérique Latine
possède pas encore de et des Caraïbes qui ne possède pas encore de système centralisé de
système centralisé de collecte et de traitement des eaux usées. Haïti est aussi le seul
collecte et de traite- pays del' Amérique Latine et des Caraïbes où le Service National
ment des eaux usées. d'Eau Potable ne possède même pas un embryon de laboratoire
Haïti est aussi le seul pour effectuer des analyses physico-chimiques et bactériologiques
pays de l'Amérique (OPS/OMS-BID, 1995).
Latine et des Caraïbes
où le Service National Face à ce constat d'échec, le Gouvernement de la République a dé-
d'Eau Potable ne pos- cidé d'entreprendre une réforme en profondeur dans le secteur
. sède même pas un em- par la création d'une loi-cadre, dont son approbation par le Parle-
bryon de laboratoire ment sera une étape décisive à franchir pour cette réforme. L' ap-
pour effectu.er des proche de la dite loi ouvrirait la porte à un vaste programme d'in-
ana lyses physico-chi- vestissement sur une période de cinq ans, pour un montant de
miques et bactériolo- 64.5 US$ millions cofinancé par la BID, l'Allemagne (KFW) et le
giques Fonds de Contrepartie Locale.

En effet, cette réforme qui est encore à l'état de projet, doit per-
mettre la formulation d'une vraie politique pour la réorganisation
du secteur des ressources en eau. Elle a pour principal objectif de
présenter, d'une part, le concept de gestion intégrée des ressources
en eau, et d'autre part, les stratégies à développer pour aboutir à
cette gestion intégrée des ressources en eau (Adam, 1997).

134 HaïtiEconet
Priotelus roseigaster
ou Caleçon rouge

Cyclura cornuta

136 Haïti Econet


La Situation de la
Biodiversité d'Haïti
à l'aube de 1998: Quel Bilan?
Ronald TOUSSAINT

1. Cadre général
La biodiversité, raccourcie de l'expression diversité biologique,
désigne la variabilité des organismes vivants de toutes les origi-
nes, y compris entre autres ceux vivant dans les écosystèmes ter- 30°/o des espèces végéta-
restres, marins et autres écosystèmes aquatiques, ainsi que les les et·endémiques à l'île
complexes écologiques dont ils font partie (PNUE/ CDB, 1996). d'Hispanola sont im-
putables à Haïti, alors
Elle embrasse la diversité génétique, la diversité des espèces et po- que le pays n'occupe
pulations et la diversité des habitats. que le tiers de ce terri-
toire.
Malgré un état environnemental reconnu comme alarmant, Haïti
possède une diversité biologique extraordinaire. Le pays abrite
une grande variété d'écosystèmes : forêts, couverts boisés non con-
tinus, écosystèmes côtiers et marins (mangroves, récifs coralliens,
estuaires, herbiers marins, hautes mers), écosystèmes d'eau intéri-
eurs (lacs, étangs, rivières, sources, zones humides), écosystèmes
des îles satellites. Ces écosystèmes riches et variés sont considérés
par certains auteurs comme une fabrique d'espèces (voir encadré
ci-dessous) et contiennent un fort taux d' endémisme: 30% des es-
pèces végétales et endémiques à l'île d'Hispanola sont imputables
à Haïti, alors que le pays n'occupe que le tiers de ce territoire.

Haïti Econet 137


Encadré : La biodiversité d'Haïti en filigrane (Sources
combinées)

1. Flore

·5000 espèces de plantes vasculaires (36 % endémiques)


300 espèces d'orchidées, de rubiacées
· 330 espèces de composées
3 conifères dont le Pinus occidentalis et 2 du genre
Junipérus
Ile de la Gonâve: 938 plantes dont 17 endémiques
Ile de la Tortue: 889 plantes dont 24 endémiques
14243 ha de mangroves: les formations les plus impor-
tantes sont celle de L'Estère avec 8940 ha et celle de
Caracal avec 3990 ha

2. Faune

plus de 2000 espèces animales dont 75% sont endémi-


ques
Reptiles : 5 tortues marines, 2 tortues d'eau douce, 2 es-
pèces d'iguane terrestre, plus de 500 crocodiles améri-
cains
Oiseaux : 215 formes d'oiseaux connues sur l'île
d'Hispanola
Ichtyofaune dans les écosystèmes d'eau intérieur : 32
espèces de poisson sur toute l'île
Mammifères : 3 espèces - Plagiodontia aedium, Solenodon
paradoxus et le lamantin des Antilles*
84 espèces d'oiseaux à la Gonâve et 47 à la Tortue
Etang de Miragoâne: 8 espèces de poissons endémiques
Grenouilles terrestres: 49 espèces d'Eleutherodactylus sur
l'île. De ces 49 espèces, 20 proviennent de Castillon
(Léon, Grande Anse). L'Eleutherodactylus thorectes, la
plus petite espèce connue d'Hispanola, et l'une des plus
petites du genre a été découverte en Haïti

*mammifère marin que l'on trouve dans la plupart des


Antilles dont Haïti.

138 Haïti Econet


Cette biodiversité reconnue pour sa richesse est à un carrefour
stratégique à l'aube de la nouvelle ère qui s'amorce. Jamais les
pouvoirs publics n'ont montré autant de velléité pour prendre des
initiatives visant à sauvegarder cette biodiversité. Mais paradoxa-
lement, jamais cette richesse biologique d'Haïti, qui fait partie du
patrimoine internatiori_al, n'a été autant menacée d'extinction.
Depuis la ratification par le Parlement haïtien de la Convention
sur la Diversité Biologique (CDB) en Août 1996 et l'existence dans
les faits du Ministère de !'Environnement, quel chemin a-t-on donc
parcouru? Quelles ont été les retombées des actions sur le patri-
moine de biodiversité du pays? Quels sont les défis à lever? Que
nous augure-t-elle l'année 1998?

II. Année 1997: Point de départ de plusieurs initia-


tives sur la biodiversité
L'année 1997, aura été celle qui a vu de nombreux efforts pour
conserver et gérer ce qui reste de la biodiversité fragile d'Haïti
bien qu' objectivement il faille remonter les initiatives à Août 1996
à la faveur de la ratification par le Parlement haïtien de la CDB.
Même si les résultats n'ont pas complètement répondu aux atten-
tes des "mord us" de la cause de la biodiversité, il n'est pas exagéré
de dire que 1997 a marqué le lancement d'une série d'actions fina-
lisées sur les issues de la conservation.

Le Ministère de !'Environnement a mis en chantier une init_iative


nationale majeure : le Plan d' Action pour 1'Environnement (PAE)
qui a entre autre débouché sur la proposition d'un train de mesu-
res sectorielles en matière de biodiversité et dont les actions à met-
tre en oeuvre sont focalisées sur la préservation des écosystèmes
de plus en plus fragilisés par la surexploitation des ressources na-
turelles et la préservation des potentialités naturelles ainsi que
l'amélioration du cadre et de la qualité de vie des haïtiens.

Sur la lancée du P AE et dans le contexte de mise en place de l' ef-


fort jusque là sans précédent de l'Etat haïtien pour les parcs et les
forêts (le Projet d' Appui Technique pour la Protection des Parcs et
des Forêts, ATPPF), ce Ministère a organisé avec l'appui de plu-
sieurs bailleurs internationaux, un colloque national sur la gestion

Haïti Econet 139


des aires protégées et le financement de la conservation de la
biodiversité en Haïti. Les actes du colloque, baptisés "Haïti dans
le dernier carré" ont été publiés et constituent déjà un livre de réfé-
rence où sont consignées les réflexions critiques et lucides de plu-
sieurs spécialistes nationaux et étrangers sur le cadre institution-
I_l:el, légal et fiscal de la gestion des aires protégées et de la
biodiversité au niveau national (MDE, 1997b).

Dans le même ordre d'idées, un document traitant du Plan d' Ac-


tion pour la gestion et la conservation de la biodiversité existe
aussi dans le cadre du P AE. Il doit toutefois continuer à évoluer
pour devenir une véritable pierre d'assise à partir de laquelle le
pays aura à combler ses lacunes en terme de méconnaissance de sa
biodiversité et fixer une fois pour toute ses priorités dans le do-
maine (Toussaint, 1997).

Des activités ont été aussi accomplies en relation avec le méca-


nisme intérimaire de financement de la CDB: le Fonds pour !'Envi-
ronnement Mondial (FEM). Ainsi, une proposition d'activités
habilitantes relatives à la biodiversité a été acheminée au Secréta-
riat du FEM pour financement. L'objectif de celle-ci est double :

1) appuyer le gouvernement haïtien à préparer la Stratégie Natio-


nale et le Plan d' Action pour la Conservation de la Diversité Biolo-
gique conformément aux articles 6 et 8 de la CDB;

2) aider le pays à produire le Premier Rapport National à la Confé-


rence des Parties.

Le Ministère del' Agriculture, à travers le Centre de Recherche et


de Documentation Agricole (CRDA), a été à l'origine d'un Atelier
sur les Ressources Phytogénétiques (RPG) et a mis sur pied un Co-
mité ad hoc pour travailler à l'avènement d'une Commission Na-
tionale sur les RPG qui devrait s'atteler entre autres à diagnosti-
quer l'état des RPG en Haïti et à préparer un plan d'action pour la
conservation et l'utilisation durable de ces ressources.

La Coopération intrnationale s'est, pour sa part, montrée très ac-


tive à coté de l'Etat haïtien et a supporté plusieurs initiatives ayant
trait à la conservation.~

140 Haïti Econet


A titre d'exemples, citons les efforts :

• de la Banque Mondiale qui finance le projet A TPPF dont les


objectifs visent à renforcer la capacité du gouvernement à con-
trôler et à établir le -système de protection des parcs et des fo-
rêts et d'initier des activités pour la protection et l'aménage-
ment des Parcs nationaux Macaya, La Visite et la Réserve Forêt
des Pins;
• de la BID qui intervient dans un plan de développement de
capacités pour la gestion des ressources côtières; Les résultats les plus
• du PNUD et de l'UNESCO qui ont soutenu diverses études de marquants de cet ef-
base relatives à l'environnement naturel de plusieurs zones du fort d'ouverture ont
pays et susceptibles de déboucher à terme sur des propositions consisté en l'élabora-
de zones protégées tion d'un cadre con-
ceptuel définissant les
• de l'USAID à travers le projet ASSET qui a retenu une compo-
lignes directrices d'une
sante d'appui au P AE pouvant avoir des retombées sur les ac-
stratégie binationale
tions en faveur des zones protégées.
pour la conservation
de la biodiversité
Au plan international, le pays s'est efforcé d'être présent et de par-
d'Hispaniola et l'in-
ticiper activement à un certain nombre de forums traitant de la
sertion d'une sous
biodiversité : 3ème Réunion de l' Organe subsidiaire chargé de four-
commission
nir des avis scientifiques et techniques, Groupe de travail à com-
biodiversité au sein de
position non limitée sur la prévention des risques
la Commission Mixte
biotechnologiques.
Haïtiano - Domini-
caine
Parallèlement, des contacts ont été multipliés avec la République
Dominicaine pour définir un cadre de coopération pratique pour
la conservation de la diversité biologique à l'échelle d'Hispaniola.

Les résultats les plus marquants de cet effort d'ouverture ont con-
sisté en l'élaboration d'un cadre conceptuel définissant les lignes
directrices d'une stratégie binationale pour la conservation de la
biodiversité d'Hispaniola et l'insertion d'une sous commission
biodiversité au sein de la Commission Mixte Haïtiano - Domini-
caine établie dans le contexte des négociations de Lomé VII.
III. Trop tôt pour mesurer les retombées
La dégradation du patrimoine de biodiversité d'Haïti s'est- elle
estompée à la lumière de ces actions tous azimut? La réponse à
cette question est bien entendu négative quand on sait que 1997 a
été une année particulièrement dure sur le plan économique et
que la pauvreté, qui constitue le défi numéro un à résoudre par
rapport à la conservation de la biodiversité, est loin d'être un pari
gagné dans le pays. Il est indéniable que la situation de dégrada-
tion de la biodiversité n'a pas été profondément modifiée.

La plupart des actions étant à leur stade préliminaire, il serait par


N'oublions pas, après surcroît prétentieux de s'attendre à ce que les questions de dégra-
tout, que s'attaquer dation soient immédiatement résolues. N'oublions pas, après tout,
aux problèmes de con- que s'attaquer aux problèmes de conservation de la biodiversité
servation de la revient à lutter virtuellement contre tous les problèmes d'environ-
biodiversité revient à nement et de développement qui se posent en Haïti depuis près
lutter virtuellement d'une quarantaine d'années.
contre tous les problè-
mes d'environnement et IV. Des problèmes demeurent
de développement qui
se posent en Haïti de- Même si 1997 a été une année féconde où l'on a vécu " à l'heure
puis près d'une quaran- de la biodiversité", des problèmes de taille persistent dans l' opti-
taine d'années. que d'une gestion conservatoire de la diversité biologique d'Haïti
sur une base durable.

Au plan institutionnel, la situation de chevauchement et de confu-


sion institutionnels (Victor, 1997b) est toujours une dure réalité
même quand l'on a décelé une certaine volonté de le résoudre.
Par ailleurs, il y a de grands progrès à faire pour arriver à une dé-
centralisation de la gestion de la biodiversité, une condition sine
qua non pour le succès des mesures centrées sur la sauvegarde de
celle-ci à l'échelon national. Il faut que les ONG, les Associations
écologiques mordent à l'hameçon si l'on veut obtenir des résultats
tangibles en faveur de la promotion de la biodiversité. Or celle-ci
n'est pas toujours un thème présent dans les actions mobilisatrices
de cette portion de la société civile en faveur de l'environnement.

Il est urgent que les ONG, les associations écologiques acquièrent

142 Haïti Econet


une bien meilleure compréhension de ce que c'est le développe-
ment durable.

Nombreuses d'entre elles ignorent par exemple que les préoccupa-


tions relatives à la protection de la biodiversité ne sont, fort sou-
vent, que la traducti_on concrète du fait que les populations doi-
vent prendre en _main ieur destinée, qu'elles comprennent que l' in-
dividu sur toute la surface du globe doit adopter une attitude dif-
férente en ce qui concerne l'environnement et le développement
économique.

V. Les perspectives à l'aube de 1998


Ils' agira de bâtir, sur les bases jetées en 1997 pour édifier au plan
national de nouveaux partenariats pour les causes de la conserva-
tion. Beaucoup vont dépendre de ce à quoi nos dirigeants sont
prêts à s'engager. Sont-ils prêts à poursuivre dans la voie tracée et
impulser une forte direction aux options qui se sont profilées pour
la biodiversité? Est-ce que le démon de la crise politique nous lais-
sera une chance d'implanter les actions prévues ?

Au delà de ces incertitudes, il faudra suivre de près pour 1998 la


concrétisation des actions ci-après:

• la création d'une Commission Nationale sur les RPG et d'une


Commission Nationale sur la Biodiversité;
• la préparation d'une stratégie nationale pour la biodiversité au
travers l'exécution du projet d'activités habilitantes;
• la mise à exécution d'une stratégie dans la perspective d' obten-
tion d'un Fonds fiduciaire pour préparer l'après ATPPF;
• le développement du partenariat de ATPPF avec les ONG
pour les activités de développement dans les zones tampons
des Parcs Macaya, La Visite et la Réserve Forêt des Pins;
• la production par ATPPF des versions finales de documents de
politique forestière, de réforme du cadre institutionnel et légal
des aires protégées;
• la réalisation d'un Atelier d'élaboration des projets du FEM au
profit des ONG/ Associations écologiques.
~ ....-_,. __
Situation de !'Exploitation
des Ressources Halieutiques
Pierre Guy LAFONTANT

1. Cadre général

La République d'Haïti possède quelques 1.771 kms de cotes et un


plateau continental peu étendu qui couvre une superficie de 5.000
km2. Ce plateau qui ne dépasse 2 km qu'en de rares endroits est
constitué de récifs coralliens. On y trouve environ 23.000 ha de
mangroves. Les eaux haïtiennes sont originaires du courant nord
équatorial portant à l'ouest. Ce courant ne transporte que peu ou L'état rndinœntaire des
pas de sels nutritifs mais représente une voie de migration des embarcations et engins
grandes espèces pélagiques. de pêche artisanale en
Haïti reste essentielle-
En dépit d'une exceptionnelle accessibilité au potentiel d' exploita- ment une activité de
tion des ressources halieutiques, la population de plus de subsistance avec ten-
6.000.000 d'habitants (estimations de 1996) comprend environ dance à la
0.2 % de pêcheurs comparés au 71 % d'agriculteurs. Les prises sont marginalisation,
relativement faibles en regard des disponibilités potentielles. Le
revenu monétaire per capita en milieu pêcheur est très bas. L'état
rudimentaire des embarcations et engins de pêche artisanale en
Haïti reste essentiellement une activité de subsistance avec ten-
dance à la marginalisation, compte tenu du peu de revenus déga-
gés pour les investissements futurs en moyens de production.

Le volume des captures est estimé entre 4.000 et 5.000 tonnes l'an.
A l'opposé, un fort tonnage de poisson séché (morue), fumé (ha-
reng saur) est importé pour un volume dépassant les 12.000

Haïti Econet 145


tonnes de poids équivalent frais (Corere & Tecina, 1979; FAO/
PNUD, 1982). Avec une production de poissons et de crustacés
estimée à 5.000 tonnes annuellement et des importations qui s' élè-
vent à 12.000 tonnes/ an pour un montant évalué à 4 millions US$,
cela nous conduit à un chiffre de consommation de 2.5 kgs/hab/
an, -ce qui est très faible comparé aux autres pays de l'Amérique
latine ou du tiers-monde (ibid).

Le bilan alimentaire effectué en 1982 (FAO/FIDA, 1983) laissait


déjà apparaître de graves carences avec un chiffre de consomma-
tion en protéines animales de seulement 18 kg/hab/ an (poissons
de mer: 2.5 kg, poissons d'eau douce : 0.5 kg, autres viandes : pou-
let, boeuf, cabrit, porc: 15 kg). Ceci représente une différence de 8
kg par rapport au seuil de carence qui est de 26 kg/hab./ an et une
De plus la Constitu- différence de 34 kg/hab./ an pour l'optimum au niveau mondial
tion de 1987 (actuel- qui est de 52 kg/hab./ an (Bret~es, 1984). D'autres part, il est a
lement en vigueur) signalé que les exportations de fruits de mer de différentes catégo-
vient confinner dans ries (crustacés, poissons congelés ou vivants, et d'autres produits
les textes l'adhésion marins) accusent un volume de près de 200 tonnes pour l'année
du pays à la Conven- fiscale 94-95 pour un montant estimé à environ 2 millions US$,
tion des Nations représentant un faible pourcentage de notre potentiel. L' Organisa-
Unies sur le Droit de tion des Nations Unies pour l' Alimentation et l' Agriculture (FAO)
la Mer de 1982 estime à 1.500 tonnes le potentiel des mollusques et crustacés, à
(UNCLOS II, 1982). 2.000 tonnes celui des poissons pélagiques océaniques, et à 8.000
tonnes pour les poissons pélagiques nérithiques et à 2.500 tonnes
celui des poissons demersaux, d'où un volume total de 14.000 ton-
nes de produits marins qui pourraient être prélevés annuellement
sans porter atteinte à l'équilibre de la biomasse.

II. Cadre légal


Le décret de Novembre 1978 réglementant !'Exercice du Droit de
Pêche en Haïti confère au Ministère de l' Agriculture, des Ressour-
ces Naturelles et du Développement Rural (MARNDR) le droit de
contrôle sur les ressources marines du pays. Ce décret précise les
limites de son intervention dans le domaine. De plus la Constitu-
tion de 1987 (actuellement en vigueur) vient confirmer dans les
textes l'adhésion du pays à la Convention des Nations Unies sur le
Droit de la Mer de 1982 (UNCLOS II, 1982).

146 Haïti Econet


De ce fait, elle fait rentrer dans ses lois les principes contenus dans
cette convention y compris celui de la Zone Economique Exclusive
(ZEE). Des amendements au décret de 1978 sont en cours de pré-
paration pour leur soumission au parlement en 1998 (Beurier,
1988)

III. Objectifs.

Il n'existe pas pour le moment de texte définissant pour le moment


la politique suivie par les autorités locales mais néanmoins, en
l'absence de document officiel, nous pouvons dégager la ligne qui
est suivie par le Ministère de l' Agriculture, Institution nationale
responsable de la gestion et du contrôle de la ressource, qui colla-
bore plus ou moins étroitement avec les autres secteurs nationaux
et internationaux pour l'accomplissement de ses objectifs. Ces der-
niers sont en priorité d'accroître le revenu national et le bien-être
des populations par le développement durable et soutenu de la
ressource, tout en portant les différents utilisateurs à garder un
comportement responsable vis à vis de cette ressource.

Le MARNDR cherche à stimuler la participation des communau-


tés maritimes pour une prise en main de leur destin. Il n' encou-
rage pas le développement des activités de type industriel dans de
nombreuses régions côtières du pays, car elles sont de nature à
effectuer une ponction trop importante sur la ressource et capables
de poser des conflits avec la pêche artisanale. Le MARNDR prône
plutôt le développement d'une pêche responsable avec l'utilisation
du capital humain pour une production durable et soutenue.

IV. Réalisations à date

Il est à remarquer que les moyens financiers injectés dans le sec-


teur n'ont pas été à la hauteur des espoirs que l'on pouvait atten-
dre dans cette période. Cependant les réalisations ont été intéres-
santes sil' on s'en tient aux activités qui ont été conduites dans
différentes zones du pays notamment dans les domaines de la pê-
che maritime et de l'aquaculture. La Coopération Japonaise, à tra-
vers !'United Nations Office for Project Services (UNOPS) aura

Haïti Econet 147


permis de financer des activités de pêches auprès de six coopérati-
ves dans le Nord-Ouest pour un montant s'élevant à quelques
342.000US$. Ces financements couvraient entre autre l'acquisition
de matériel de pêche et de bateau en fibre de verre de dimension
supérieure aux bateaux en bois qui sont en utilisation dans le mi-
lieu. Cet investissement devrait bénéficier de manière directe à
quelques cinq cents (500) pêcheurs de la zone.

• Plus d'une vingtaine de lacs ont été construits dans la région


du plateau central avec l'appui technique de la FAO et un fi-
nancement du PNUD, totalisant un effectif de plus de vingt
(20) hectares de plans d'eau. La construction de ces lacs a pro-
voqué un changement positif dans l'environnement de ces ré-
gions qui, avant, étaient des zones non cultivées durant lapé-
riode de sécheresse (Celestin, 1997). Selon les responsables de
la Cellule d' Appui à la Gestion des Plans d'Eau, les résultats
ont permis d'obtenir des rendements en élevage extensif de
poissons, de quelques 300 kgs/ha/ an, soit une production to-
tale 4.500 kgs. Rappelons pour mémoire que ces lacs étaient
destinés en priorité au stockage de l'eau de pluie en vue de son
utilisation à des fins agricoles durant la saison sèche. Ce stoc-
kage d'eau aura permis à plus d'une trentaine d'exploitants
agricoles de mettre sous culture environ une quarantaine
d'hectares autour de ces lacs, avec des rendements annuels de
production de choux variant entre 12 et 38 tonnes/ha et de 30
à 37 tonnes/ha de tomates par cycle de production.
• Dans le cadre d'un financement de l'Union Européenne, la Fa-
culté d' Agronomie et de Médecine Vétérinaire (FAMV) avec
l'assistance technique de la Cellule de Gestion des Plans d'Eau
de la F.A.O. a entrepris l'ensemencement et un travail d' orga-
nisation des pêcheurs autour des lacs de Péligre, Etang Saumâ-
tre et Miragoâne (Henry, 1997).
• Dans le cadre d'un partenariat entre l'Université Quisqueya, le
Centre de Recherche et de Développement Agricole (CRDA),
l'Institut Diocésain pour !'Education des Adultes (IDEA) du
Cap Haïtien et l'Université de Moncton du Nouveau
Brunswick (Canada) se développe actuellement dans la zone
du Nord et du Nord-Est, un intéressant programme de forma-
tion des pêcheurs de ces zones par des moniteurs venus de

148 Haïti Econet


l'école des pêches de Caraquet d' Acadie (Nouveau Brunswick)
qui s'étalera sur une période de trois années. Cette initiative
vise à donner une formation pratique en techniques de pêche à
une vingtaine de pêcheurs identifiés parmi les plus motivés.
Ces derniers vont à leur tour servir de moniteurs auprès du
reste de la communauté de pêche de la zone qui est estimée à
quelques six cents. Dans le cadre de ce programme, une cer-
taine quantité de matériels de pêche a été fourni en vue d' aug-
menter les rendements (Echanges, 1997). C'est également dans
le cadre de ce projet qu'a pu s'effectuer une compilation de
toutes les informations qui existe à date sur la pêche en Haïti.
(Chouinard, 1997)
• Les responsables des services publics concernés ont entrepris
des actions en vue d'augmenter la capacité de collecte des in-
formations statistiques de base dans le secteur et très prochai-
nement à travers un projet du CARIFORUM (Forum pour les
Etats Caraïbéens signataires des accords ACP), financé par
l'Union Européenne, une assistance institutionnelle et logisti-
que sera fournie au Service des Pêches du MARNDR pour lui
permettre de poursuivre les efforts déjà entrepris dans ce do-
maine (Lafontant, 1997 )
• Du point de vue del' organisation sociale du secteur, il faut
signaler que de nombreuses tentatives de structuration ont été
menées ou sont en cours. Au nombre de ces actions, il faut
mentionner la tentative de création d'une association des ex-
portateurs de fruits de mer. Cependant nous ne devons pas
passer sous silence l'action très positive des exportateurs de
coquillages qui a permis en collaboration avec le MARNDR, la
réalisation del' étude de la situation du lambi (Wood, 1996)
suite aux difficultés d'exportation de cette espèce qui étaient
apparues en 1994 après la requête du CITES, (Convention In-
ternationale s'occupant du commerce des animaux en danger
d extinction). Une certaine activité se développe autour des
1

communautés de pêcheurs de différentes régions du pays pour


se développer en une fédération des associations de pêcheurs.
Cependant, le manque de structuration des diverses compo-
santes rend cette initiative plus lente à se concrétiser.

Haïti Econet 149


Nous devons souligner que toutes les actions susmentionnées,
quoique positives dans leur ensemble, n'auront pas permis de
résoudre les problèmes si évidents du manque de protéines
animales pour la population haïtienne dont le nombre ne cesse
d'augmenter chaque jour.
• ·-.Nous signalerons d'autre part la persistance de certains phéno-
mènes qui sont de nature à causer des dommages importants à
la longue. En effet la destruction de certains écosystèmes de
mangroves jointe à celle de nombreux récifs coralliens permet-
tent aux courants marins de déferler en direction de la zone
côtière et de contribuer à cette érosion des côtes qui se poursuit
de manière lente et insidieuse particulièrement dans la zone de
Dame Marie dans la Grande Anse, dans la zone de Mitan du
coté del' Arcahaie, du coté de la ville de Saint Marc et le long
du boulevard principal de la ville du Cap Haïtien. Des actions
devraient être entreprises .en vue de pallier à ce problème qui
risque, s'il persiste, de causer des dommages irréversibles.
La pêche a donc un rôle
m~ltiple ~joue: dans V. Perspectives
l'economie nationale en
tant que source d' em-
La pêche peut contribuer de manière certaine à la résolution des
ploi et de revenu, d' élé-
problèmes de carences alimentaires dont nous avons fait mention
ment moteur dans
précédemment. Cependant, il est utile de préciser qu'un dévelop-
l'amélioration du bien-
pement de la pêche devra passer par l'exploitation de nouvelles
être des communautés
ressources, en particulier les espèces du talus continental et sur-
maritimes et de source
tout par la revalorisation des poissons de second prix. La pêche a
de protéines pour l'en-
donc un rôle multiple à jouer dans l'économie nationale en tant
semble de la popula-
que source d'emploi et de revenu, d'élément moteur dans l' amé-
tion.
lioration du bien-être des communautés maritimes et de source de
protéines pour l'ensemble de la population. Malgré toutes sortes
de contraintes, il existe un certain nombre d'opportunités pour
développer la pêche en Haïti qui demeure le moyen quasi obligé
d'améliorer le sort de communautés maritimes (Brethes,1986).

Deux grandes options sont possibles :

1) la première consisterait à utiliser l'intégralité du potentiel physi-


que humain et à encadrer les pêcheurs pour maximiser les rende-
ments,

150 Haïti Econet


2) deuxièmement, d'envisager une pêche plus industrielle, où l'in-
vestissement dans les moyens de capture plus performants vient
remplacer une partie du travail afin d'obtenir les mêmes rende-
ments dans une période de temps plus courte. Cependant cette
dernière option entraînerait une aggravation du chômage et un
exode plus importànt en milieu rural. Les limites de la ressource
et l'absence d'emplois alternatifs ne permettent pas la cohabitation
de ces deux options.

A ce compte, on peut adopter de manière résolue la première op-


tion d'autant qu'elle est créatrice d'emplois stables.

L'aquaculture peut également contribuer aux objectifs de dévelop-


pement du secteur, dans la mesure où, elle peut s'avérer rentable
dans certaines conditions particulières. Des essais de mariculture
devraient être tentés dans certaines baies à mangroves et un re-
gard devrait être porté sur le développement de l'élevage des al-
gues en mer.

Un projet du CARIFORUM financé par l'Union Européenne de-


vrait d'ici l'an prochain venir renforcer les structures nationales en
matière de collecte des statistiques de base dans le domaine.
Tout ceci ne peut se réaliser qu'à travers la définition claire des
objectifs à atteindre. C'est dans cette perspective que le MARNDR
doit réaliser prochainement avec la participation de tous les inter-
venants du secteur, un document de formulation de la politique
de développement du secteur. Ce travail se fera en collaboration
avec la FAO et permettra d'avoir des directives plus précises pour
le développement harmonieux de la pêche en Haïti.

Haïti Econet 151


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f
La Pollution del' Air et les
Nuisances
Jean-Marie BINETTE

1. Cadre général
La lutte contre la pollution atmosphérique revêt une telle impor-
tance dans les pays industrialisés que ces derniers ne cessent de
rechercher les moyens de diminuer les effets de ce fléau sur la vie
des individus. Les nombreuses conventions internationales si-
gnées, la tenue de plus en plus fréquente de conférences mondia- En Haïti et parti-
les comme celle de Rio de Janeiro (1992) sur la biodiversité et celle culièrement à Port-
plus récente de Kyoto (décembre 1997) sur la réduction des émis- au-Prince, la pol-
sions de gaz à effet de serre (monoxyde et dioxyde de carbone) lution
témoignent de l'importance accordée à la protection de toutes les atmosphérique a
formes de vie sur la planète. L'application rigoureuse par la plu- augmenté de façon
part des pays développés de la norme environnementale "pol- très sensible au
lueur-payeur" représente l'une des meilleures incitations à la ré- cours des dix der-
duction de la pollution. De même la lutte contre le bruit considéré nières années.
comme le polluant moderne numéro un et le plus grand facteur de
stress (Watch Tower Bible & all., 1997) a conduit à une réglemen-
tation de plus en plus rigoureuse de cette forme de nuisance.
Qu'en est-il d'Haïti?

II. Etat de la situation

2.1. La pollution de l'air

En Haïti et particulièrement à Port-au-Prince, la pollution


atmosphérique a augmenté de façon très sensible au cours des dix
dernières années.

HaHiEconet 153
Les principales causes sont les suivantes:

2.1.1. L'augmentation du volume de gaz d'échappement émis


par les moteurs à combustion interne

L'accroissement considérable du nombre des véhicules 1 circu-


lant dans les rues de la capitale a entraîné de façon subséquente
une augmentation significative du volume des gaz d' échappe-
ment déversés quotidiennement dans l'air ambiant. La concen-
La concentration d'élé- tration d'éléments polluants (CO, C02, dérivés de plomb,
ments polluants (CO, autres résidus de métaux lourds) issus de la combustion des
C02, dérivés de plomb, carburants fossiles (gazoline ordinaire, gasoil, mazout) est
autres résidus de mé- d'autant plus importante que la législation haïtienne n'exige
taux lourds) issus de la nullement l'usage des pots catalytiques sur les véhicules ou des
combustion des carbu- filtres sur les cheminées d'usines.
rants fossiles (gazoline La crise énergétique et le rationnement plus que sévère de l' ali-
ordinaire, gasoil, ma- mentation en courant électrique subis par les habitants de la
zout) est d'autant plus capitale depuis plus d'une décennie ont engendré des straté-
importante que la lé- gies de sauvetage individuel dont la plus courante est l'achat
gislation haïtienne de génératrices pour la résidence, le magasin ou le bureau.
n'exige nullement Elles carburent à la gazoline pour les plus petites et au gasoil
l'usage des pots cataly- pour les grosses. Pendant la journée, elle polluent la zone com-
tiques sur les véhicules merciale et le soir les zones résidentielles.
ou des filtres sur les
cheminées d'usines. 2.1.2. Le brûlage des ordures ménagères

Port-au-Prince génère une moyenne journalière de 1.500-


2.000 T.M. d'ordures ménagères dont seulement 30-50% sont
collectés et dirigés vers l'unique décharge municipale de
Truitier. Les 50-70% non collectés sont soit jetés dans les
égouts et les ravins ou tout bonnement brûlés au bord des
rues et dans les décharges sauvages·.
Ces ordures contiennent une quantité croissante de matière
plastique (sachets en polyéthylène, bouteilles vides, pneus
usagés, appareils électroménagers hors d'usage, piles sèches,
bombes aérosols) dont le brûlage libère des éléments polymé-
talliques et d'autres gaz dangereux pour la santé humaine.

1 On est passé de 55.000 voiture en 1994 à 110.000 en 1997

154 Haïti Econet


2.1.3. La pollution domestique

Beaucoup moins spectaculaire mais tout aussi nocive, elle est


due principale1nent à l'utilisation du charbon de bois pour la
cuisine, par toutes les couches de la population. Les femmes
qui font la cui~ine sont les personnes les plus exposées à cette
forme de pollution.
A ces trois sources majeures, il y a lieu d'ajouter la diffusion
par le vent des micro-organismes (microbes, virus, bactéries)
et des éléments minéraux (silice, carbonate de calcium) conte-
nus dans les matériaux de construction et dans les déblais
entreposés librement en pleine rue, ainsi que dans les allu-
vions déposées par les eaux pluviales.

2.2. Le bruit

En ce qui concerne le bruit défini comme étant ;'toute sensation


auditive plutôt gênante" (George, 1976), la capitale connaît depuis
ces cinq dernières années une augmentation notable de cette forme
de nuisance.

Les principales causes identifiables sont:

• l'utilisation intempestive, à toute heure du jour ou de la nuit,


des avertisseurs sonores par les conducteurs d'automobiles et
des sirènes stridentes par les véhicules de police.
• le vrombissement des moteurs de véhicules et de motocyclettes
à grosse cylindrée, circulant sans pot d'échappement ou avec
un pot défectueux.
• l'installation de boites de nuit, de bars ou d'ateliers artisanaux
utilisant des scies et autres outils électriques bruyants dans les
zones résidentielles.
• l'utilisation par les particuliers de génératrices électriques
bruyantes, pour pallier les déficiences de plus en plus mar-
quées de l'Electricité d'Haïti.
• les fréquentes décharges d'armes à feu enregistrées toutes les
nuits dans certains quartiers de la ville.
• Non moins importants sont les bruits domestiques et ceux du
voisinage immédiat, causes insoupçonnées de beaucoup de
névroses.

HanlEconet 155
l'organisation durant la nuit par des membres de certaines sec-
tes religieuses de cérémonies ou de réunions de prière très
bruyantes (Haut-parleurs ou tambours) dans les temples logés
en zone résidentielle voire au domicile des adeptes.

III. Cadre légal


La législation environnementale haïtienne relative à la pollution
de l'air et aux nuisances sonores est pauvre, surannée et surtout
inopérante. L'époque actuelle peut aisément être définie comme
étant celle du non-droit del' environnement. Une revue de l' arse-
nal législatif des trente dernières années permet d'identifier les
dispositions suivantes :

La législation • Le Code Rural de 1962 (Article 223) faisant obligation à toute


environnementale haï- scierie à vapeur "de recouvrir ses cheminées d'un capuchon"
tienne relative à la (Duvalier, 1963)
pollution de l'air et • Le décret du 4 Avril 1979, élaborant une nouvelle législation
aux nuisances sonores sur la circulation des véhicules dispose en son article 152-ml
est pauvre, surannée que "les organes mécaniques et les accessoires des véhicules à
et surtout inopérante moteur ne doivent prêter à risques d'explosion, ni donner lieu
à des émissions de gaz nocifs, d'odeurs ou de bruits incommo-
des" (Le Moniteur, 6 avril 1979).
• Le décret du 3 Mars 1981, créant une loi-cadre régissant la ges-
tion et l'élimination des déchets et prévoyant en même temps
les sanctions appropriées, cible dans l'un de ses considérants
"le devoir de l'Etat d'assurer l'intégrité du milieu ambiant
contre les risques de pollution de l'air". Ce décret organise un
système de pénalisation des infractions contre la salubrité du
milieu et responsabilise les pollueurs dans la collecte et l' élimi-
nation des déchets polluants (Le Moniteur, 12 Mars 1981).
• Le Code du Travail de 1984 (Article 439-4) exige que dans le
milieu industriel, des conditions atmosphériques convenables
soient assurées en vue d'éviter la viciation del' air (Salès,
1990).
• Le Code Pénal haïtien (Article 398-8 et 399-5) demeure jus-
qu'à présent le seul texte réglementant le tapage nocturne
(Pierre-Louis, 1985).

156 Haïti Econet


• Un avis radio télédiffusé récemment par le Ministère des Cul-
tes met en garde les associations religieuses de toute confes-
sion contre le tapage nocturne, sous peine d'encourir les sanc-
tions prévues par la loi.
• Le décret du 28 Janvier 1995 créant le Ministère de !'Environ-
nement (MDE) rêprésente le texte le plus récent en matière de
législation environnementale (Le Moniteur, 1995).

IV. Objectifs
L'analyse des textes sus-cités met en évidence la préoccupation du
législateur de protéger la vie et la santé des citoyens en garantis-
sant la qualité de l'air ambiant. Cependant aucune norme natio-
nale fixant les niveaux de pollution acceptables et les seuils criti-
ques n'a encore été édictée. L'une des tâches primordiales du MDE
serait d'actualiser la législation existante, de fixer les objectifs à L'une des tâches pri-
atteindre, de définir les normes environnementales nationales et mordiales du MDE se-
de veiller à leur application. rait d'actualiser la lé-
gislation existante, de
V. Réalisations et Activités en cours. fixer les objectifs à at-
teindre, de définir les
• La création du MDE a mis en évidence la perception des gou- nonnes
vernants haïtiens face à la nécessité d'une meilleure gestion de environnementales na-
l'environnement. La mise en place des organes de ce ministère tionales et de veiller à
et la définition de ses missions et attributions contribueront leur application.
certainement à doter le pays des normes et autres instruments
juridiques nécessaires à la réglementation de la pollution at-
mosphérique.
• Le Plan d' Action pour !'Environnement (PAE), actuellement
en préparation au MDE avec l'aide de plusieurs agences inter-
nationales, doit comporter un chapitre sur "!'Environnement
urbain et industriel" et un chapitre sur "le Cadre légal institu-
tionnel et politique de l'environnement". Les problèmes rela-
tifs à la pollution atmosphérique y seront certainement étu-
diés.
• L'avant-projet du "Code d'Hygiène du milieu" préparé par le
Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP),
avec l'aide de !'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ne

HaüiEconet 157
mentionne même pas la pollution par les effluents gazeux,
contrairement à l'ancien code datant de 1919.
• Le Colloque sur la gestion des résidus solides organisé en no-
vembre 1997 par le MDE a mis l'accent sur la pollution atmos-
phérique découlant du brûlage des ordures ménagères.
• Les données statistiques sur le taux de prévalence des mala-
dies respiratoires et autres pathologies résultant de la viciation
de l'air sont rares sinon inexistantes.
• A part le P AE et les diagnostics posés par l'Unité de Coordi-
nation et de Suivi de !'Environnement (ECMU /PNUD), les
études et recherches sur la pollution atmosphérique sont assez
rares, tant dans le secteur public que dans le secteur privé. Les
Les organisations de organisations de défense del' environnement ne s'intéressent
dé/ense de l'environne- jusqu'à présent qu'aux dossiers brûlants du type "Fatras-poi-
ment ne s'intéressent son du Kiang-Sea aux Gonaïves" et lutte contre la déforesta-
jusqu'à présent qu'aux tion.
dossiers brûlants du • Les compagnies pétrolières établies en Haïti ont introduit sur
type uFatras-poison du le marché depuis tantôt deux ans, de la gazoline sans plomb
Kiang-Sea aux moins polluante que celle dite ordinaire mais un peu plus
Gonaïves u et lutte chère. Cependant la majeure partie des véhicules circulant en
contre la déforestation. Haïti sont vieux de plus de dix ans et ne sont pas équipés de
pots catalytiques ou en ont été débarrassés afin de pouvoir uti-
liser la gazoline ordinaire par souci d'économie.

VI. Résultats obtenus


La non observance des prescriptions légales sus-mentionnées est
flagrante. Le MDE cherche encore sa voie. Les timides démarches
déjà entreprises par cette institution ne sauraient entraîner de sitôt
un changement de comportement chez une population dont la
perception des libertés garanties par la démocratie suscite des in-
terrogations profondes. Dans une telle conjoncture, il n'est pas
étonnant de constater une aggravation des problèmes
environnementaux, particulièrement en milieu urbain où la surpo-
pulation et la promiscuité imposent leurs normes à l'urbanisme.
Cependant, il est encourageant de constater une prise de cons-
cience de plus en plus marquée d'une certaine frange de l'intellec-
tualité haïtienne, se manifestant par la création de nombreuses
associations écologiques orientées vers la lutte pour la définition et

158 Haïti Econet


le respect des lois de lenvironnement. Malgré tout, aucune amé-
lioration notable de cette situation ne viendra d'elle-même.

Les personnes et institutions officiellement responsables doivent


prendre toutes les mesures nécessaires pour faire avancer le débat
et surtout pour éduquer la population.

VII. Perpectives
Les quelques rares aspects positifs notés peuvent être considérés
comme des signes du déclenchement des mécanismes d' autodé-
fense de l'espèce et permettent d'espérer une avancée progressive
il est encourageant de
dans le sens de la reconnaissance et du respect des règles les plus
constater une prise de
élémentaires de lenvironnement. Cependant, aucune société ne
conscience de plus en
pouvant évoluer sans le carcan de la loi, l'Etat Haïtien doit néces-
plus marquée d'une cer-
sairement se doter des instruments légaux nécessaires à la protec-
taine frange de l'intel-
tion de l'environnement et partant de la population.
lectualité haïtienne, se
manifestant par la
Toute amélioration de la situation actuelle passe à moyen terme
création de nombreuses
par :
associations écologi-
ques orientées vers la
• La définition d'une politique nationale de l'environnement
lutte pour la définition
bien orientée et réaliste. Ceci demeure la priorité des priorités .
et le respect des lois de
• La mise en place des instruments d'application de cette politi- l'environnement.
que (lois générales et spéciales, décrets, règlements administra-
tifs, règlements de police, pénalités, etc.)
• L'adhésion à des Accords Internationaux sur !'Environnement
(AIE) comme : "la convention de 1974 sur la prévention et le
contrôle des risques professionnels causés par les substances
ou agents cancérigènes" ou encore celle de 1977 relative à "la
protection des travailleurs contre les risques du milieu du tra-
vail, dus à la contamination de l'air, des bruits et des vibra-
tions" (Victor, 1996) ou encore la récente convention de Kyoto
sur la réduction de lémission des gaz à effet de serre.

A court terme, parmi les mesures les plus urgentes figurent:

• la réhabilitation du Service d'Inspection périodique obligatoire

Haïti Econet 159


des véhicules sur une base sérieuse et bien pensée.
• le contrôle de la qualité des carburants débités sur le marché
local.
• la mise au point d'un bon programme d'éducation de la po-
pulation.
• · la recherche de la participation de tous les citoyens et des re-
présentants des collectivités territoriales à toutes les phases du
processus. Dans cette optique : "Les problèmes d' environne-
ment urbain devraient être aussi traités en utilisant des prati-
ques participatives venant du milieu rural. Au plan national,
les groupes de défense de l'environnement doivent être asso-
ciés aux décisions, au même titre que les organes syndicaux ou
les fédérations d'industriels. Cette participation active est ga-
rante d'une meilleure adaptation des règlements aux réalités et
d'un meilleur respect des textes" (Prieur, 1992).

Il reste tout simplement à espérer que la société civile en général,


ainsi que chaque citoyen en particulier prenant conscience de la
gravité du problème, consentent à assumer leurs responsabilités
dans la protection de leur environnement et partant de leur propre
santé et se présentent aux pouvoirs publics en partenaires décidés
à les accompagner dans la lutte contre la dégradation de la qualité
de la vie.

160 Haïti Econet


La Gestion des
Espaces

HaniEconet 161
L' Aménagement du
Territoire : Une Stratégie de
Développement à Long
Terme
Anthony DESSOURCES

1. Cadre général

L' Aménagement du Territoire est un exercice de planification basé


sur une stratégie spatiale. Il vise une meilleure répartition des
hommes et des activités au niveau du territoire et une réduction
des disparités, et se propose de ce fait d'orienter, de contrôler et de
faciliter le développement socio-économique.

La République d'Haïti, à travers le Ministère de la Planification et


de la Coopération externe, s'est engagée dans ce type d'exercice
depuis 1973 avec l'assistance du Programme des Nations Unies
pour le Développement par l'élaboration du " Plan de Développe-
ment pour Port-au-Prince et sa Région Métropolitaine ", lequel
plan dépassait déjà largement le cadre d'une étude urbaine pro-
prement dite. Cet intérêt à la Planification Territoriales' est pour-
suivi avec la première étude régionale pour l' Aménagement du
Plateau Central et l'élaboration d'un Schéma National d' Aména-
gement du Territoire durant la période 1978-1981. C'est au cours
de cette période que le concept des Unités Spatiales de Développe-
ment a été introduit dans la stratégie spatiale, et utilisé plus tard
dans l'élaboration des Plans Globaux de Développement. Cette
assistance des Nations Unies à l'aménagement du territoire a pris
un tournant particulier en 1987 avec la prise en compte del' aspect
institutionnel de la question, et s'est amplifié en 1995 avec le projet
"Appui Institutionnel en Aménagement du Territoire".

162 Haïti Econet


Depuis le retour à l'ordre constitutionnel en 1994, Haïti se trouve
dans l'obligation de relever l'énorme défi que représente le redres-
sement de son économie totalement affaiblie par trente années de
dictature et d'instabilité sociale et politique. De fait, la situation
générale d'Haïti est critique, on en a pour preuve les données sui-
vantes (MPCE/PNUD-, 1996; MPCE/PNUD/CNUEH, 1996):

• La densité moyenne est de 250 habitants au kilomètre carré,


atteignant 2500 habitants dans certains quartiers de Port-au-
Prince, qui à l'instar d'autres villes, s'étend sur les terres agrico-
les;
• La population de Port-au-Prince avoisine 35% de la population
totale du pays;
• Le pays est montagneux, 60% de sa superficie est constituée de Haïti se trouve dans
pentes de plus de 20%; . l'obligation de relever
• Le territoire occupé par l'agriculture représente 30% de la su- l'énonne défi que re-
perficie totale présente le redresse-
• La superficie moyenne des parcelles agricoles est de 0,75 ha; ment de son économie
• Les superficies déboisées concernent 97% du territoire; le bois
totale1nent affaiblie
et le charbon de bois représentent 71 % des sources d'énergie;
par trente années de
dictature et d'instabi-
• Chaque année, la perte des terres arables est del' ordre de
lité sociale et politi-
15000 Ha;
que.
• Environ 60% de la population urbaine et 30% de la population
rurale ont accès à de l'eau potable, pour une couverture natio-
nale avoisinant 35%
• L'agriculture utilise 68 % des ressources en eau, contre 24 %
pour le secteur domestique et 8% pour le secteur industriel;
• Seulement 14% de la population rurale et 42% de celle des vil-
les ont accès à des infrastructures sanitaires ;
• La collecte des ordures en milieu urbain ne permet que la récu-
pération de 25% des déchets produits;
• Le territoire protégé équivaut à 1.5% de la superficie du pays;
• Le revenu per capita était de 250 US$/ an, en 1995; cependant,
plus de 75% de la population a un revenu inférieur à 100 US$/
an;
• La mortalité infantile emporte plus de 10% des enfants;
• Le taux net de scolarisation est inférieur à 50%; l'école est sur-
tout accessible en milieu urbain;
• L'énergie électrique est très coûteuse et la consommation per
capita est estimée a environ 70 kw /h;·
• Le territoire demeure fortement enclavé et difficile d'accès.

Donc une situation vraiment inquiétante face à laquelle le gouver-


----.nement a réagi en appliquant une stratégie à double volet: répon-
dre aux urgences d'une part, et mettre en place un cadre et des
mécanismes permettant d'assurer la convergence et l'harmonisa-
tion des efforts en vue d'arriver à un développement harmonieux
une situation vraiment
et durable, d'autre part. Ainsi "l' Appui Institutionnel en Aména-
inquiétante face à la-
gement du Territoire" est venu aider le gouvernement à:
quelle le gouvernement
a réagi en appliquant
une stratégie à double • élaborer et mettre en oeuvre progressivement dix (10) schémas
volet: répondre aux ur- de développement et d'aménagement Ju territoire, un (1) na-
gences d'une part, et tional et neuf (9) départementaux, qui tiennent compte à la fois
mettre en place un ca- des priorités nationales.et des aspirations de la population;
dre et des mécanismes • appuyer les collectivités territoriales et les structures commu-
pennettant d'assurer la nautaires dans leur rôle d'agent du développement économi-
convergence et l'har- que et social.
monisation des efforts • renforcer les structures déconcentrées de planification de l'état,
en vue d'arriver à un plus particulièrement celles du Ministère de la Planification et
développement hanno- de la Coopération Externe;
nieux et durable, • assurer la participation de tous les secteurs à la démarche
d'autre part. (MPCE/PNUD, 1996; MPCE/PNUD / CNUEH, 1996).

II. Réalisations à date et Activités en cours


En vue d'atteindre l'objectif technique visé, c'est-à-dire l'élabora-
tion des dix (10) schémas de développement et d'aménagement du
territoire, un certain nombre d'activités a été mis en branle, parti-
culièrement :

2.1. la mise en place de structures de consultation

Tenant compte de la stratégie adoptée, stratégie basée sur la con-


certation et la participation, il était indispensable de mettre en
place des mécanismes et des structures de manière à mettre à con-
tribution tous les acteurs concernés. Dans cette optique, des comi-
tés consultatifs communaux (CCC) ont été mis en place dans 125

164 Haïti Econet


communes. Il s'agit de forums techniques réunissant les secteurs
de l'Etat, les conseils communaux, les conseils d'administration
des sections communales (CASEC), les organisations de la société
civile, en vue de discuter des principaux facteurs bloquant le déve-
loppement, de cerner les potentiels du territoire, d'identifier les
actions à entreprendre et la responsabilité des intervenants concer-
nés. Ces forums ÈÙ)ht en train d'être renforcés par la participation
des Assemblées· des Sections Communales (ASEC) et des Assem-
blées Municipales (AM).

2.2. l'identification de thèmes intéressant le développe-


ment et l'aménagement du territoire

Dix-neuf (19) thèmes ont été identifiés; pour chacun d'eux, des en-
jeux et des orientations de développement et d'aménagement ont
été détaillés et classés selon le niveau de gestion impliqué (natio-
nal, départemental, communal, local). ·

Un des thèmes majeurs traités par l' Aménagement du Territoire


est la protection et la réhabilitation de l'environnement en effet, il
est bon de rappeler qu'il vise notamment:

• la conservation et la mise en valeur durable des ressources na-


turelles (eau, sol, forêt, ressources minérales, milieu côtier et
marin)
• la mise en valeur des sites naturels d'intérêt
• la protection contre les inondations

C'est dans ce contexte que le MPCE a signé, le 05 Août 1996, un


accord de collaboration avec le P AE. Les deux parties ont con-
venu:

• d'associer leurs efforts et leurs moyens pour la réalisation et le


suivi des plans d'action départementaux et communaux pour
l'environnement
• de présenter ces plans d'action communaux comme un élé-
ment majeur des futures schémas de développement et d' amé-
nagement du territoire, comme un élément structurant l' orga-
nisation du territoire et la localisation des infrastructures, équi-
pements et activités.

HaHiEconet 165
2.3. la mise en place de structures de coordination intermi-
nistérielles

En dépit de la mission qui lui est confiée, celle d'élaborer des plans
et programmes de développement, le MPCE n'a pas à se substi-
.tu~~ aux ministères sectoriels et aux organismes autonomes dans
la définition des orientations sectorielles du gouvernement en ma-
tière d'aménagement du territoire; aussi une structure de coordi-
nation a été créée au niveau de chaque département afin de s' assu-
rer que les actions, positions et propositions sont harmonisées et
cohérentes. Cette structure appelée Secrétariat Technique à l' Amé-
nagement du Territoire (SETA) est animée par la Direction Dépar-
une structure de coor- tementale du Ministère de la Planification. Plus loin, quand les
dination a été créée au Conseils Départementaux seront mis en place, il sera établi avec
niveau de chaque dé- eux un processus conjoint de travail.
partement afin de s'as- Il convient cependant de noter que malgré les efforts déployés,
surer que les actions, une telle structure n'a toujours· pas vu le jour au niveau de l' admi-
positions et proposi- nistration centrale.
tions sont harmonisées
et cohérentes. 2.4. l'élaboration de problématiques départementales

Des problématiques départementales comprenant des indicateurs


de développement et des concepts d'aménagement ont été déjà
élaborés pour le Nord-Est, le Nord-Ouest, la Grande Anse, le Sud,
le Sud-Est, le Centre et l' Artibonite. Ces problématiques sont en-
suite restituées aux populations des collectivités concernées pour
discussion et correction, car elles sont appelées à évoluer vers des
diagnostics détaillés, puis vers des schémas préliminaires de déve-
loppement et d'aménagement du territoire. Actuellement, le
SETA, au niveau des départements cités plus hauts, organise dans
chaque commune des ateliers de travail en vue de vérifier si les
populations se retrouvent dans les éléments des problématiques.

III. Résultats obtenus


Au stade actuel du processus, les activités réalisées ont permis
d'atteindre un certain nombre de résultats qui permettent d' antici-
per du succès de la démarche. Il y a surtout lieu de signaler la
mise en place des structures et des mécanismes de consultation et
de concertation garantissant la participation de tous les secteurs et

166 Haïti Econet


de tous les acteurs à la planification et la programmation des inter-
ventions avec un caq1ctère consensuel et surtout la possibilité
d'une prise en charge des réalisations par les collectivités.

Déjà, lors des manifestations de restitution des problématiques, la


réaction des populations qui ont adhéré au contenu de ces docu-
ments constitue un élément d'évaluation assez éloquent et appré-
ciable. D'autre part ces mécanismes et structures ont été mis à
profit lors de l'élaboration de programmes départementaux pour
une proposition d'un budget d'investissement décentralisé. Ces
programmes ont été élaborés à partir des projets priorisés par les Il y a surtout lieu de
populations au cours des ateliers de travail organisés dans les signaler la mise en
communes et des plénières réalisées dans chaque chef-lieu de dé- place des structures et
partement. Ainsi pour l'exercice fiscal 1997-1998, un programme des mécanismes de
d'investissement décentralisé a été conçu pour un montant de consultation et de con-
1.493.495.953 gourdes et touchant différents domaines. certation garantissant
la participation de
L'aspect le plus intéressant de cette proposition est qu'elle permet tous les secteurs et de
de résoudre le problème de déséquilibre qui généralement, se pré- tous les acteurs à la
sente dans le Programme d'Investissement Public dans sa forme planification et la pro-
d'élaboration traditionnelle. De plus, elle présente une garantie de grammation des inter-
territorialisation des investissements par devant les Parlementai- ventions
res qui souhaitent, judicieusement, une décentralisation effective
des investissements.

Il convient également de signaler, comme résultat important de


cette démarche, l'élaboration des documents de problématique
départementale qui, même dans leur version de consultation, re-
présentent un instrument de référence où l'on retrouve le diagnos-
tic global et les diagnostics sectoriels d'un département, et des pro-
positions d'orientations de développement et d'aménagement, ce
qui constitue un atout majeur dans la définition du nouveau con-
texte institutionnel et administratif haïtien.
Enfin, il y a d'autres résultats assez intéressants qui méritent d'être
signalés même quand ils devront être améliorés plus loin. Il s'agit
de:

• l'identification d'enjeux majeurs de l'aménagement du terri-


toire et du développement:
• l'inventaire, la cartographie et la description de site naturels et

Haïti Econet 167


culturels d'intérêt national;
• l'inventaire et la cartographie de réseaux majeurs d' infrastruc-
tures existantes ou prévues;
• la rédaction d'une première version d'un avant-projet de Loi
Cadre portant sur l' Aménagement du territoire et !'Urbanisme.

IV. Perspectives

Les résultats obtenus jusqu'à présent permettent de contempler


l'avenir avec un certain optimisme. Les perspectives de cet exer-
cice de planification peuvent être définies en fonction des objectifs
visés et de l'évolution du contexte institutionnel.

Au niveau des objectifs: il sera extrêmement important de mettre


Les résultats obte- en place le plus rapidement possible le Comité Interministériel au
nus jusqu'à présent niveau de l'administration centrale afin de définir les enjeux natio-
permettent de con- naux du développement, et les orientations nationales d' aménage-
templer l'avenir ment du territoire. Ce comité devra également s'assurer de l'inté-
avec un certain op- gration des démarches sectorielles sur la question et élaborer le
timisme Schéma National de Développement et d' Aménagement du Terri-
toire.

Parallèlement, au niveau de chaque département, le SETA devra


poursuivre les travaux en vue d'arriver à l'élaboration du Schéma
Départemental et définir, avec les populations, les priorités pour
l'élaboration des programmes annuels d'investissement.

Au niveau de ce contexte: si les différents niveaux de responsabi-


lité prescrits par la Constitution venaient à passer dans la réalité,
c'est-à-dire Conseil Interdépartemental, les Conseils Départemen-
taux, les Assemblées Départementales et autres, on se retrouverait
dans le cadre idéal pour la réalisation des divers instruments de
planification et de contrôle tels que:

• l'identification, l'étude, la priorisation de projets de développe-


ment et de renforcement de la décentralisation;
• l'établissement des normes et règlements d'utilisation des sols;
• l'identification et la priorisation de projets départementaux et
communaux ; et la réalisation de schémas d'aménagement et

168 Haïti Econet


de développement communaux, de plans d'urbanisme et de
lotissements, de règlements de contrôle et de normes d'im-
plantation, etc.

On n'en est pas encore là, mais le chemin déjà parcouru, en consi-
dérant surtout le_piveau de participation des secteurs et acteurs
concernés, permet effectivement de regarder l'avenir avec plus de
sérénité et de croire en un environnement durable pour Haïti.

Haïti Econet 169


La Ville Haïtienne:
Espace Porteur de Crise ntais
Porteur d'Espérance
Gladys Berrouet DURAND

La notion de ville nous apparaît parfaitement claire quand on


aborde le phénomène urbain mais "on trébuche dès qu'il s'agit
d'en donner une définition générale : les hommes ne se groupent
pas toujours aux mêmes fins, les systèmes économiques sont telle-
ment différents, qu'il existe des types et des séries de ville, mais
pas un concept précis de ville" (Derruau, 1996)

Les définitions les plus courantes restent du domaine des statisti-


ques démographiques. En Haïti, la fonction administrative carac-
térise la ville. Tous les chefs lieux de Commune sont des villes.
Milton Santos, dans sa nouvelle approche de l'urbain, considère la
ville comme "l'ensemble des réponses que l'agglomération est sus-
ceptible de donner aux demandes des populations". (Santos, 1971)

Comprendre la ville, c'est sortir des schémas classiques et tradi-


tionnels qui ne s'appliquent pas toujours à la réalité urbaine des
pays du Tiers Monde y compris Haïti.

La ville est donc une forme supérieure d'organisation humaine, un


milieu géographique et social, un paysage. Elle suppose à la fois
un mode d'occupation de l'espace, des relations entre les lieux
d'habitat (le bâti et le non bâti) et les gens qui les façonnent et les
transforment. (MPCE, 1981)

HailiEconet 171
Elle ne se conçoit pas sans l'existence d'une organisation urbaine
que sont les établissements humains, l'habitat et le logement ma-
tière première de la ville.

Précisons tout de suite ces trois concepts:

• Les établissements humains suggèrent l'idée de fondation,


d'organisation et de transformation de l'espace;
• L'habitat est aussi un mode de peuplement humain; en ce sens,
Habitat et Etablissements Humains sont synonymes. Cepen-
dant l'Habitat n'est ni un logement, ni une maison, où une ha-
bitation : c'est un ensemble plus complexe avec ses composan-
tes, installations agricoles et /ou industrielles, équipements
collectifs, ( marchés, lieux de culte, maisons d'habitation),
• Espaces verts, espaces récréatifs, espaces de circulation auto-
mobile et piétonne. Dahs ces espaces, les logements peuvent
être minoritaires. C'est la diversité de tous ces éléments qui
Les rapports entre l'en- forment !'Habitat.
vironnement et la ville
posent, tant au niveau Les rapports entre l'environnement et la ville posent, tant au ni-
conceptuel que prati- veau conceptuel que pratique, des questions classées parmi l_es
que, des questions clas- plus importantes en cette fin de siècle. Nous sommes donc portés
sées parmi les plus im- à nous demander : Que sont nos villes aujourd'hui ? Quel environ-
portantes en cette fin de nement voulons nous ? Quels rapports étroits existent entre les
siècle. acteurs de l'environnement et l'environnement lui même ? Quelles
tâches nous attendent?

1. Les villes d'Haïti

Le réseau d'habitat en Haïti est fortement marqué par la morpho-


logie du pays: le système urbain forme un premier réseau de 85
agglomérations localisées dans les plaines côtières et un deuxième
réseau de 9 villes frontalières. Le reste est constitué d'un réseau
intérieur diffus sur les piémonts et le relief montagneux.

En 1995, la population urbaine représentait 32,57% de la popula-


tion totale d'Haïti (Bernadin&Berrouet, 1996), 21 % à la Capitale
avec un taux de croissance (selon les projections démographiques)
pour la période 1995-2005 de 2,05%.

172 Haïti Econet


L'armature urbaine est composée d'une ville, la capitale Port-au-
Prince de plus de 1 million d'habitants ; 2 agglomérations de plus
de 200.000 habitants, (faisant partie del' Aire Métropole), Carre-
four, Delmas; 1 ville le Cap-Haïtien de plus de 100.000 habitants;
3 villes Pétion-ville, Gonaïves, Cayes, de plus de 50.000 habitants.
Les villes de moï.D~ de 50.000 habitants sont : St-Marc, Jérémie,
Port-de-Paix, Jacmel, Hinche, Fort-Liberté. Ces villes forment les
agglomérations les plus importantes du pays (en terme de popula-
tion)

Le tableau suivant permet une lecture synthétique des données


fournies par les enquêtes récentes sur les plus grandes villes du
pays par rapport à la population et à quelques indicateurs
environnementaux (MPCE/PNUD/CNUEH, 1997; Bernardin &
Berrouet, 1996)

Tableau 10: Quelques données statistiques sur la


population des villes d'Haïti
Villes Population Taux de Densité demande de
Urbaine croissance (h/km2) logements
(1996) (%)
Port Prince 778 149 3,51 26 354
Pétionville 288 177 13,95 944 218 500 pour le
De lm as 668 579 12,36 3 547 Grand Port-au-
Carrefour 392 614 7,2 2 078 Prince
Crx Bouquets 132 147 10 256
Kenscoff 5 000 5 227
Cao Haïtien 132 608 nd 215,4 20 500
Go naïves 66 761 4 nd 13 625
Caves 50 945 4 555,7 23 625
Port de Paix 25 424 3,12 227,6 6 750
Hinche 14 278 6 89,6 4 125
Jérémie 26 424 2 211, 1 6 625
St Marc 47 476 3,75 353 8 125
Jacmel 18 202 2 221,5 5 250
Fort liberté 10 858 0,87 nd nd

Le tableau suivant, tiré des études et enquêtes réalisées en 1997


par le PNUD/CNUEH dans le cadre de l'élaboration du Profil
environnemental de la région métropolitaine de Port au Prince,
met en évidence les indicateurs environnementaux alarmants du
Grand Port au Prince.

Haïti Econet 173


Tableau 11 : Quelques indicateurs environnementaux des
communes du Grand Port au Prince

Communes Population Production Taux de


dans les d'ordures Motorisation
Bidonvilles (tonnes/jour) (voiture/per)
Port Prince 605 813 636 0,071
Pétionville 167 759 89 0,514
Delmas 498 754 190 0,240
Carrefour 223 500 236 0,193
Crx Bouquets 32 913 94 0,484
Kenscoff 0 32 1,443

II. Etat général de la situation


La crise environnementale en Haïti, a pris des dimensions multi-
formes et tous les domaines sont concernés. Pour une compréhen-
sion plus aisée du phénomène urbain, nous observerons la ville
sous trois angles:

• l'occupation de l'espace urbain avec ses composantes le cadre


bâti et le non bâti : le cadre bâti comprenant les logements, le
patrimoine architectural, les monuments historiques et le non-
bâti comprenant les espaces publics: places publiques, jardins,
parcs ...
• les infrastructures, les équipements urbains et les services, la
voirie et les réseaux divers : eaux, électricité, communication,
etc.
• les impacts de l'activité humaine sur l'environnement.

2.1. Occupation de l'espace urbain

En 1997, nous continuons d'assister, de façon plus aiguë au défer-


lement des populations vers les principales villes du pays et plus
particulièrement vers Port-au-Prince. Dans leur quête permanente
d'amélioration de leurs conditions de vie, ces populations vont
être forcées de s'installer dans des espaces, bien souvent en marge
de toutes infrastructures. Aujourd'hui, de véritables "Cités" sont
érigées et constituent, le tissu urbain majoritaire du pays.

174 Haïti Econet


Haïti Econet 175
Quartiers spontanés, lotissements sauvages à usage populaire, ces
cités sont environ 680 (Enquête CLEDD - Secteur informel 1997) en
1997 (dont 47% dans l'aire métropolitaine): 109 à Port-au-Prince,
73 à Carrefour, 88 à Delmas, 53 à Pétion-Ville. Ils occupent:

• les terrains marécageux, inondables, insalubres (Ka Soleil et


Jubilé aux Gonaïves, Sou Canal et Nan Palan à Port de Paix,
Makandal à Jérémie)
• les abords des ravines, des rivières, le littoral (la Fossette au
Cap Haïtien, le Bord de mer de la capitale, ravine de Bois Mo-
quette et de la Tête de l'eau à Petionville)
• les aires réservées ou interdites, les flancs des collines (morne
Lazare, Bois Jalousie à Pétionville, Fort Mercredi, Piémonts du
Morne !'Hopital au Sud-Ouest de Port-au-Prince

Les nouvelles const;ruc- Villas, maisons luxueuse~, résidences traditionnelles se mêlent aux
tions en blocs et béton "poches de pauvreté": A Port-au-Prince, comme dans les villes de
armé, inesthétiques province, Cap Haïtien, Cayes, St-Marc, Gonaïves, Port-de-Paix,
pour la plupart, ne sont Jacmel, les belles résidences de la première moitié du siècle, res-
pas insérées de façon pectueuses du climat et de l'environnement, tombent en vétuste.
harmonieuse au pay- Elles abritent à la fois plusieurs ménages et sont transformées en
sage urbain tradition- bâtiment scolaire ou administratif. Les nouvelles constructions en
nel. Les bâtiments et blocs et béton armé, inesthétiques pour la plupart, ne sont pas in-
sites historiques se dé- sérées de façon harmonieuse au paysage urbain traditionnel. Les
tériorent, s'enlaidissent bâtiments et sites historiques se détériorent, s'enlaidissent ou sont
ou sont squattérisés. squattérisés.

Ce développement urbain désordonné et hétérogène est dû princi-


palement à:

• Une absence de véritable politique d'urbanisme, de dévelop-


pement d'habitats diversifiés
• Une négligence de prise en compte des stratégies de dévelop-
pement urbain élaborées dans les années 80, qui devraient être
actualisées et rendues opérationnelles
• Une profonde ignorance et un non respect des règlements
d'urbanisme et de protection de l'environnement
• Une quasi inexistence des infrastructures et des trames d' ac-
cueil, des terrains destinés à la construction ·

176 Haïti Econet


• Une mauvaise planification des interventions
• Une déficience des services à la population (eau, assainisse-
ment, énergie, etc.)
• Un manque de dynamisme à créer des programmçts de pro-
motion de logements
•li Un décalage entre l'offre et la demande en logements et une
i. . inefficacité des agences de crédit à rendre accessible le finance-
ment pour les bourses moyennes
• Une implantation inconsidérée des stations services; des pos-
tes de distribution d'essence; des garages, etc ..;
• Une absence de structures d'accueil, d'installation adéquate
dans les aires de stationnement destinées aux usagers du
transport public.

Ces facteurs de dégradation de l'environnement urbain accentuent


la pauvreté et constituent des freins à l' améli0ration du cadre de
vie des populations urbaines.

2.2. Gestion des Infrastructures, Equipements, et Services


Publics.

Les villes de province, comme la Capitale, ont un défi à relever


face à leur faible niveau d'infrastructures et d'équipements:

• Production d'eau potable destinée aux besoins de 28 réseaux de


ville insuffisante; taux de couverture est de 45 %, l'eau devient
rare et chère.
• Seulement 50% des villes sont desservies par le réseau électri-
que national (EDH) ou par des installations privées. Les cou-
pures d'électricité sont fréquentes et mal planifiées.
• En ce qui concerne les déchets et l'évacuation des eaux usées,
les agglomérations urbaines en majorité manquent d'un réseau
adéquat d'évacuation des eaux pluviales, usées, des déchets
infectieux et hospitaliers. (ADISH, 1997)
• Aucune ville, sauf Port-au-Prince, ne dispose de décharges con-
trôlées.
• Le taux de couverture des besoins en collecte des déchets est
estimé à 40% dans les villes secondaires (Cap Haïtien, Cayes,

Haïti Econet 177


Gonaïves, Saint-Marc, Jacmel, Jérémie) et 30% à Port-au-Prince.
(Bernardin&Berrouet, 1996)
• Les logements les plus pauvres n'ont ni sanitaires, ni eau cou-
rante, 70% n'ont pas de cuisine, 90% ne disposent pas de latri-
nes à Port-au-Prince et près de 50% en province. (op.dt)
· · • Les réseaux de communications insuffisants et inefficients (rou-
tes et téléphones)

La ville c'est un tout, c'est plus que des logements. Ce sont les es-
paces publics, les voies piétonnes, les lieux de rencontres, les dé-
charges, lieux de détente où les citadins se reconnaissent et se par-
tagent un espace commun; le réseau de relations doit être préservé
pour des lieux qui soient vraiment habitables. (Alexander, 1976)

A Port-au-Prince, les espace publics diminuent. Les places, jardins


et espaces verts sont convertis en espaces sportifs, restaurants
le décuplement des populaires, les trottoirs en marchés d'étalage d'aliments cuits, mi-
in~galités sociales, le cro-commerces, postes de réparation de pneus, etc.
sous emploi et le chô-
mage, ont contribué, • Absence d'aménagement et de points de repères destinés aux
de façon significative, handicapés physiques.
à augmenter l'agressi- • Les places publiques et les lieux de promenade des villes de
vité, la délinquance province sont dépouillés de leurs arbres et devenus inhospita-
juvénile, la violence liers et nombreuses sont encore les rues poussiéreuses en terre
des rues et la prosti- battue.
tution ouverte.
2.3. Impact des activités humaines sur l'environnement ur-
bain

L~ 1,"ai::~édes terrains, l'insuffisance de logem~nts, d'espace de loi-


sirs et de détente, 1' état ae aélâ6rementet 1es nombreuses déficien-
ces en infrastructures, en équipements et en services municipaux
ont aujourd'hui un impact négatif certain sur l'environnement
physique urbain. D'autre part, le décuplement des inégalités so-
ciales, le sous emploi et le chômage, ont contribué, de façon signi-
ficative, à augmenter l'agressivité, la délinquance juvénile, la vio-
lence des rues et la prostitution ouverte.

Les gaz d'échappement des voitures, le brûlage des ordures, les


porte voix des lieux de cultes, les sirènes et alarmes sont autant de

178 Haïti Econet


formes de pollution qui nuisent à la santé physique et mentale de
la population urbaine. Il en est de même de la promiscuité des
logements, des prises clandestines d'énergie électrique, et de la
cuisson des aliments dans les rues.

Durant ces dernières années, des mesures sur le plan national ont
été prises, des plans élaborés et de nombreux projets mis en place
pour tenter de trouver des solutions appropriées aux effets néfas-
tes de ces activités sur l'environnement urbain, et pour permettre
au pays de rentrer dans la voie de la modernisation.

III. Objectifs nationaux


En 1994, le gouvernement a défini sa politique en matière de déve-
loppemel!t urbain: soulager la misère des couches nécessiteuses
par la fourniture des services de base (eau et assainissement) et
arrêter le processus de dégradation de l'environnement. (Gouver-
nement Haïti/PNUD/OEA, 1995)

En 1995, la création du Ministère de !'Environnement constitue un


renforcement des engagements du Sommet de Rio sur !'Environ-
nement et le Développement Durable, et va permettre la mise en
place des programmes et projets relatifs à ce domaine. La mission
du MDE était de formuler et de faire appliquer les politiques du
gouvernement en matière d'amélioration du cadre de vie de la
population. Concernant les établissements humains, il s'agissait
de renforcer les infrastructures existantes, de l'extension et de
l'amélioration des services sociaux .

. La même année, Je MPCE a établi un programme proposant des


voies et moyens, ainsi que des mesures d'accompagnement en vue
de la promotion de l'hygiène de l'environnement. Il déterminera
également les "premiers éléments" d'une orientation en matière
de politique de l'environnement dans le "Plan Vert". (MPCE,
1994)

En matière d'amélioration de l'habitat et du logement urbain, les


objectifs ont aussi porté sur a) l'amélioration del' économie des
familles à revenu moyen et bas pour les aider à accéder à un loge-
ment décent; b) la révision del' approche des Etablissements

Haïti Econet 179


publics pour la Promotion des Logements Sociaux (EPPLS); c) la
dynamisation du secteur privé dans l'élaboration des programmes
de logement. (Bernardin & Berrouet, 1996).

Plus- spécifiquement, le gouvernement durant ces dernières années


a mis l'accent sur a) le renforcement de l' opérationnalité des mai-
ries dans le domaine de la planification et de la gestion urbaine, b)
les capacités des municipalités à maîtriser l'environnement. Le
souci premier étant de faire participer et de responsabiliser chacun
des acteurs concernés au processus d'amélioration du cadre de vie
urbain.

La mise en application des programmes et projets de développe-


ment urbain est assurée par six (6) ministères ayant des prérogati-
ves dans le domaine de l'habitat, du logement et de l'urbanisme.
Ce sont: Les Ministères de la Planification et de la Coopération
externe (MPCE), des Travaux Publics, Transports et Communica-
tions (MTPTC), de l'intérieur (MI), del' Agriculture, des
Ressources Naturelles et du Développement Rural (MARNDR),
des Affaires Sociales (MAS) et de !'Economie et des Finances
(MEF).

A l'intérieur de chacune de ces structures se retrouvent des servi-


ces spécialisés.

1) au MPCE, il existe une Unité de Sciences et Technologies Ap-


pliquées et une Direction de Développement Régional Urbain
et de la Protection de !'Environnement (créée en 1990) qui sui-
vent les travaux concernant l'urbanisation
2) au MTPTC, il y a un Service de Planification Urbaine (SPU) et
un Service de Génie Urbain (SGU), une direction métropoli-
taine chargée du contrôle du développement urbain et dures-
pect des règlements relatifs à la construction d'habilitation, de
routes, d'aménagement des villes et des campagnes, du lotisse-
ment.
3) au MAS, un Bureau de Coordination du Logement et de l' Ar-
tisanat et un organisme décentralisé nommé EPPLS (Établisse-
ments Publics pour la Promotion des Logements Sociaux)

180 Haïti Econet


établi en 1981, assurent la gestion des projets permettant aux fa-
milles à faible revenu d'avoir accès à un logement décent.
4) le MARNDR a des attributions concernant la détermination
des zones réservées, la protection des terres et le lotissement
dans les zones agricoles.
5) le MEF joue aüssi un rôle dans les transactions immobilières et
dans la mise en place du cadastre national. Il existe une Direc-
tion de !'Enregistrement et de la Conservation Foncière ainsi
qu'une Direction du Domaine
6) le MI a la charge des municipalités. Celles-ci gèrent les intérêts
de la commune, préparent les plans d'aménagement et d' em-
bellissement urbains (voirie, aménagements des places publi-
ques). Les municipalités gèrent aussi les services de génie mu-
nicipal, de transport et de voirie.

Les Directions s'occupant plus spécifiquement de l'habitat et des


équipements urbains devraient travailler à plus d'harmonisation
et à une meilleure coordination de leurs activités.

IV. Réalisations et Activités en cours

• Le MPCE a défini, en 1994, les grandes lignes d'actions du sec-


teur logement: réhabilitation des quartiers insalubres, réaména-
gement des sites. (MPCE, 1984)
• Contrat de concessions en 1995 avec la Cooperative Housing
Foundation (CHF) utilisant les services de trois entreprises pri-
vées haïtiennes pour le ramassage des déchets.
• Elaboration du dossier appui aux collectivités territoriales pour
l'assainissement urbain en 1995-1996
• Etude sur la collecte des résidus solides à Port-au-Prince en
1996.
• Elaboration du projet pilote d'intervention concertée pour la
gestion des services dans le quartier de St Martin par l'EPPLS
• Elaboration, en 1997, d'un cadre pour l'habitat en Haïti et mise
en place d'une politique de l'habitat
• Participation de la délégation haïtienne à la conférence des Na-
tions Unies sur les Etablissements Humains (Habitat II)

Haïti Econet 181


• Contribution au Rapport National sur les établissements hu-
mains et des indicateurs de développement
• Dans le cadre du projet d'appui aux municipalités PNUD /
CNUEH/Habitat, des schémas d'aménagement urbain et des
études ont été réalisés, ainsi que des ateliers organisés pour les
villes des Cayes, de Jacrnel, de Miragoâne, de Port-de-Paix, de
Hinche, de Fort Liberté, des Gonaïves, de Jérémie, de St Marc,
le centre ville de Port-au-Prince et de la Croix des Bossales.
Egalement, une étude est en cours sur le patrimoine du Cap
Haïtien avec le projet PNUD/ISPAN/UNESCO
• Dans le cadre de l'atelier "Construire l'environnement, Cons-
truire la santé" organisé par le MDE en 1997, il a été mise en
place une Commission pour la préparation d'un dossier sur la
législation en matière d:urbanisme et de l'industrie de la cons-
truction. Un avant projet de loi MDE-TPTC a été élaboré en
1997
• Projet de mise en place de sites de décharges communaux pour
les déchets de construction
• Etudes et enquêtes sur le secteur du foncier urbain et le secteur
informel pour les villes de Port-au-Prince, les Cayes, le Cap
Haïtien et les Gonaïves réalisées par le Centre pour la Libre En-
treprise et la Démocratie (CLED) et l'Institut Liberté Démocrati-
que du Pérou (ILD). (CLED, 1997)
• Pour la réalisation du profil environnemental de Port-au-
Prince, mise en place d'une coordination exécutive chargée
d'élaborer des dossiers sectoriels sur les thèmes suivants: bi-
donvilles, abattoirs et déchets, ressources en eau, transport,
électricité et télécommunications, et développement urbain.
• Le cadastre métropolitain est en cours de réalisation
• Des organismes d'assistance et des ONGs ont financé ces der-
nières années des projets d'habitat et de logements. Des efforts
louables ont été accomplis par des promoteurs, des entrepre-
neurs pour la réalisation de lotissements et de constructions
d'ensembles résidentiels, de villages, d'immeubles à apparte-
ments avec aménagement d'espaces verts.

182 Haïti Econet


V. Perspectives
Ce constat, quoi qu'alarmant, ne doit pas occulter la prise de cons-
cience massive.et les actions positives des groupes écologiques,
des associations de.jeunes (notamment le scoutisme), des groupes
de quartiers, des Q.NGs qui oeuvrent sans relâche dans le domaine
de l'éducation environnementale et de la population elle-même.
Les différents types de rencontres, d'échanges et de dialogues ont
eu pour résultats, une plus grande compréhension des responsabi-
lités et des engagements du citoyen haïtien face à ce bien collectif
urbain, à cet héritage qui nous revient de transmettre à nos enfants
"en bon état", à ce patrimoine architectural, artistique, musical et
littéraire à conserver et à développer.

Haïti Econet 183


La conférence d'Habitat II de Istanbul a mis l'accent sur l'homme
et ses relations avec son cadre de vie et, la réhabilitation des quar-
tiers pauvres était au coeur des débats. Elle ouvre sur de nouvelles
perspectives, celles surtout de la participation de tous les citoyens
au développement urbain. La Constitution de 1987 (section 9 cha-
pitre 2) avait déjà marqué une préoccupation plus ouverte sur
l'environnement. Il est donc souhaitable que les colloques, confé-
rences et séminaires débouchent sur des propositions concrètes et
surtout sur des actions à court terme. Il est également important
Ces "Cités, ces quar- de prévoir les impacts de toute activité sur la qualité de la vie.
tiers spontanés, ces Les aspects dégradants du paysage urbain actuel, loin d'être des
bidonvilles, tissu ur- facteurs décourageants, doivent nous stimuler et nous donner des
bain majoritaire", ces occasions d'une perpétuelle autocritique. Devant ces nouvelles
populations qui refu- formes d'expression de la ville, il nous faut repenser nos concepts.
sent l'exclusion et ré- Ces "Cités, ces quartiers spontanés, ces bidonvilles, tissu urbain
clament leur droit à majoritaire", ces populatiof1:S qui refusent l'exclusion et réclament
l'espace, nous appor- leur droit à l'espace, nous apportent un nouveau projet social où
tent un nouveau projet existent un dynamisme à canaliser, une volonté de changer les rè-
social où existent un gles du partage inégal et surtout, où se concentrent une qualité
dynamisme à canali- impressionnante de richesses, de force de travail, à la fois d'intelli-
ser, une volonté de gence et de liberté.
changer les règles du
partage inégal et sur- Il ne s'agit plus de détruire, de démolir, mais de se servir des
tout, où se concentrent outils et des ressources humaines disponibles et les plans d'urba-
u~e qualité im~res- \\nisme doivent être sans cesse remaniés et actualisés par les ges-
sionnante de nch~s~es, \~ionnaires et les utilisateurs del' espace urbain. "Quelque soit
de force de travail, a la 'I' outil auquel on ait recours pour déterminer les orientations
fois d'intelligence et de d'aménagement, il doit pouvoir être appréhendé en terme concret
liberté. et humain, en terme d'expériences quotidiennes" (Alexander,
1976). Il n'y a pas, comme l'exprime Gabriel Clément, seulement
·--/ des catastrophes, mais des défis à relever, non pas des problèmes
/\'\ mais des solutions à trouver pour que nos espoirs ne soient utopie,
mais soutien quotidien dans nos efforts d'amélioration de la qua-
: lité de la vie. Les aspects révoltants de la pauvreté ne doivent plus
' nous émouvoir, ou nous donner des états d'âme, mais être des sti-
mulants pour que nous devenions les véritables créateurs de notre
environnement car changer la ville, c'est changer la vie.

184 Haïti Econet


Haïti Econet 185


Encadré : La Législation sur !'Habitat et le Logement
Urbain
De nombreux codes, lois, décrets et décrets-lois, touchant les différents as-
pects de l'environnement urbain (physiques, sociaux et culturels) ont été pu-
bliés en ce qui à trait:
Au cadre bâti: logements, équipements, monuments historiques etc.
Au cadre non bâti: espaces publics, espaces verts, jardins, parcs,
. pour ne citer que ceux-là
• Loi du 9 septembre 1918 relative à l'entreposage sur la voie publique des
matériaux de construction (M.#59-18 Septembre 1918)
• Loi du 8 Juillet 1921 sur les zones réservées et d'utilité publique (Moni-
teur du 8 juillet 1921)
• Loi du 18 Juillet 1923 déterminant les conditions d'ouverture des rues ou
routes par les particuliers (Moniteur du 27 décembre 1971)
• Loi du 20 Février 1924 sur le tarif domanial régissant l'affermage des
propriétés urbaines et rurales
• Loi du 25 Juillet 1924 réglementant le mode de construction dans les
villes. (op cit)
• Loi du 26 juillet 1927 réglememant le service domanial et établissant la
fixation des loyers et des fermages. (M#63 et 64 du 8 et 11 Août 1927)
• Décret-Loi du 27 Juillet 1937 relative à l'aménagement des villes et des
campagnes
• Loi du 22 Juillet 1937 établissant des règles spéciales relatives à l'habita-
tion et à l'aménagement des villes et des campagnes. (M#66 du 16 Août
1937, M#63 du 5 Août 1937)
• Le Décret-Loi du 22 Juillet 1937 concernant l'autorisation de voirie, lotis-
sement (emprises de voies, interdictions de répandre des ordures et des
eaux ménagères sur la voie publique, prévisions d'installations des ré-
seaux d'évacuation et d'alimentation, largeur des voies publiques et pri-
vées).
• Décret du 8 Septembre 1952 sanctionnant la Convention
lnteraméricaine sur les Droits d'Auteurs.
• Loi du 14 juillet 1956 créant une taxe interne sur les propriétés bâties et
une taxe de numérotage sur les propriétés et maisons urbaines.
• Loi du 2 Août 1961 déclarant zone réservée et interdite de construction
les superficies autour et à partir de Fort Mercredi, du Palais Sans Souci,
de la Citadelle Laferrière et de Fort Jacques. (Moniteur#76 du 7 Août
1961)
• Loi du 17 Août 1961 et du 23 Mai 1971 sur l'urbanisme établissant un
droit à payer pour l'alignement des clôtures et des constructions et l'ob-
tention du permis de construire. (M#80 du 21 Août 1961)
• Loi du 29 Mai 1963 établissant des règles spéciales relatives à l'habita-
tion et à l'aménagement des villes et des campagnes en vue de dévelop-
per l'urbanisme et modifiant le décret loi du 22 juillet 1937 sur l'urba-
nisme. (M#51 du 6 Juin 1963)
• Décret du 23 Mars 1971 concernant les permis de construire et les res-
trictions à appliquer au "Plateau des Boutiliers" (versant Nord du Morne
!'Hôpital) modifiant l'article 29 de la loi du 22 Juillet 1937 sur l'urbanisme.

186 Haïti Econet


Encadré : La Législation sur !'Habitat et le Logement
Urbain (suite)

• Décret Loi du 27 Décembre 1971 concernant l'aménagement de nouvel-


les zones urbaines. (M#25 du 29 Mars 1971)
• Loi de Novembre 1972 créant la Commission Nationale de !'Aménage-
ment du Territoire.
• Décret du 25 Mars 1974 (M#30 du Avril 1974) fixant la réglementation de
la profession dés ingénieurs et des architectes dans leur contribution à
l'essor urbain dans le domaine du bâtiment, de l'urbanisme et de l'amé-
nagement du territoire et créant le Collège des Ingénieurs et Architectu-
res Haïtiens.
• Arrêté Présidentiel de 1974 déclarant d'utilité publique la zone de La
Saline
• Le Décret du 28 Septembre 1977 créant le droit à la propriété foncière,
associe et réunit les diverses lois relatives à l'enregistrement et à la con-
servation foncière qui étaient de 1807.
• Loi du 1er Octobre 1979 sur le nouveau barème de salaire des ouvriers
de la construction M#78
• Création de l'Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (1979)
• Décret du 29 Décembre 1981 régissant la vente des biens du domaine
privé de l'Etat concernant les voies de circulation (local, liaison ou collec-
trice, artères principales, voies industrielles, rapide ou autoroute) des
lotissements à usage résidentiel, du certificat de conformité des terrains
et des lots (chapitres 1), définition des étapes des projets de lotissement
(attestation, études, autorisation de lotir, exécution des travaux et certifi-
cat de conformité, chapitre 11)
• Loi de 1981 créant le SMCRS chargé de la gestion et de l'élimination
des déchets.
• Décret du 6 Janvier 1982 établissant les attributions du TPTC et des
Conseils Communaux en matière de lotissement.
• Loi du 8 Novembre 1982 relative à l'adoption d'une politique cohérente
d'Aménagement du Territoire et de Développement. (M#77 du 8 Novem-
bre 1982)
• Décret Loi du 22 Octobre 1982 sur l'organisation communale (M#76 du ~
Novembre 1982)
• Création, en 1983, de la Société Autonome de Gestion des Marchés de
l'Aire Métropolitaine (SAGMAP)
• Décrets du 23 Novembre 1984 sur la création de !'Office National du
Cadastre et le mode d'exécution des travaux cadastraux. (M#86 du 1O
Décembre 1984)
• Loi portant sur l'organisation de la collectivité territoriale et sections com-
munales. (M#24 du 4 Avril 1991)
• Arrêté communale du 15 janvier 1996 fixant la réglementation des ani-
maux et des objets abandonnés sur la voie publique de Port-au-Prince
• Arrêté communale du 5 février 1996 portant sur l'organisation des mar-
chés publics de la commune de Port au Prince

Haïti Econet 187


188 Haïti Econet
Parcs, Réserves et
Monuments
Harold GASPARD

1. Etat général de la situation


La gestion des espaces dans les pays en développement particuliè-
rement dans un P.M.A comme Haïti étant très approximative,
pour ne pas dire tout simplement inexistante même quand de Si certains éléments de
beaux schémas en couleur et sur papier alimentent les tiroirs et les législation existent, il
discussions technocratiques, les Parcs, Réserves et Monuments n'en est rien de la ré-
doivent être considérés comme des éléments de référence et de glementation, de telle
régulation des aménagements spontanés ou à très courte vue. sorte que territoires,
Dans le cas de parc habité, et quand le monument est "ville", la immeubles et "am-
problématique de la gestion devient plus compliquée certes, mais biance" se trouvent
les références sont plus édifiantes si les solutions trouvent des menacés dans leur in-
adaptations concrètes et heureuses. tégrité face à une pres-
sion démographique de
Pris dans ce contexte, les Réserves, Parcs et Monuments, ces der- plus en plus impor-
niers compris dans leur environnement immédiat, doivent être tante et une dégrada-
gérés comme des espaces, des territoires autonomes avec une lé- tion inquiétante de
gislation et une réglementation particulières. l'environnement éco-
nomique.
Si certains éléments de législation existent, il n'en est rien de la
réglementation, de telle sorte que territoires, immeubles et "am-
biance" se trouvent menacés dans leur intégrité face à une pres-
sion démographique de plus en plus importante et une dégrada-
tion inquiétante de l'environnement économique. Cette pression

Haïti Econet 189


qui se traduit sous des formes diverses de vandalisme ou d'utili-
sation inappropriée, bouscule l'Etat jusqu'à mettre en question
l'autorité des Institutions chargées de la protection et de la gestion
de ces éléments du patrimoine culturel et naturel et déjà, affaiblies
par la crise politique et socio-économique qui secoue le pays de-
puis plus de quinze (15) ans. D'ailleurs, la mission de ces institu-
tions, quant à la gestion des Réserves, Parcs et Monuments, semble
leur avoir été attribuée sans aucun souci réel de cohérence et sans
vision systémique: "Organismes, Directions, Services, dispersés
s'ignorent mutuellement et légifèrent de façon solitaire, alors que
leurs actions ont des incidences les uns sur les autres" (Magny,
s.d.).

Parmi ces structures administratives :

1. le Ministère del' Agriculture, des Ressources Naturelles et du


Développement Rural (MARNDR) qui a créé en 1996 au sein de
les territoires tout la Direction des Ressources Naturelles, un Service des Parcs
autant qu'ils ne sont Nationaux et Sites Naturels;
pas classés au titre du 2. l'Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN) qui,
Patrimoine National, quoique ayant perdu, par le décret de 1984, ses attributions en
sont du domaine privé matière de Sites Naturels, est responsable des Parcs Nationaux
et peuvent faire l'objet Historiques Sans-Souci/ Citadelle-Ramiers à Milot et des Forts
de transactions. Le sta- Jacques et Alexandre à Fermathe;
tut foncier des Réserves, 3. le Ministère de l'Environnement dont la loi organique n'est pas
Parcs et Monuments est encore promulguée mais qui s'attribue dans un projet de loi "la
donc déterminant quant responsabilité du suivi et de la supervision des Parcs Natio-
à l'atteinte de leur ob- naux, Réserves Forestières et zones protégées" (MDE, 1997f).
jectif principal de con-
servation. D'autres organismes ou structures interviennent également, soit
directement tel que l' Organisation de Surveillance et d' Aménage-
ment du Morne !'Hôpital (OSAMH) sur le morne "!'Hôpital" soit
indirectement comme les collectivités territoriales et la Direction
Générale des Impôts (D.G.1) dans ses attributions de gardien des
"Biens" de l'Etat, dans ce secteur. En effet, ces territoires tout
autant qu'ils ne sont pas classés au titre du Patrimoine National,
sont du domaine privé et peuvent faire l'objet de transactions. Le
statut foncier des Réserves, Parcs et Monuments est donc détermi-
nant quant à l'atteinte de leur objectif principal de conservation.

190 Haïti Econet


Cet aspect est très important et devrait préoccuper en priorité les
institutions concernées surtout quand on considère la dégradation
continue des parcs existants et/ ou potentiels et des monuments
qui occupent une bonne partie du territoire.

L' Agronome Jean -André Victor, dans sa présentation au colloque


Xaragua 1997,-évalue à 6% la superficie du territoire occupée par
le Système National des Aires Protégées (SNAP) sans compter les
quelques trois cents (300) monuments identifiés par l'ISPAN. Sous
la dénomination Zones Réservées ou Parcs Nationaux, il cite: la
Forêt de St Raphaël, les sources Cerisier-Plaisance, la zone de la
forêt des Pins, la zone de La Gonâve et la Tortue, le Morne du
Cap, le Morne !'Hôpital, les sources chaudes, les sources puantes,
le Fort Mercredi, Forts Jacques et Alexandre, Citadelle Christophe
et Péligre (Victor, 1997b).

Il faut souligner que plusieurs n'existent plus en tant que tel,


comme le Fort Mercredi entièrement "urbanisé"; on notera par
contre que le Parc National historique Sans-Souci/ Citadelle-Ra-
miers a évolué statutairement par son classement en 1982 au titre
du Patrimoine Mondial par l'UNESCO, en reconnaissance non
seulement de la valeur historique et culturelle des monuments,
mais aussi de l'importance de l'environnement naturel qui les en-
toure.

II. 0 bj ectifs
Au-delà des objectifs spécifiques liés à leur nature propre, les Ré-
serves, Parcs et Monuments visent généralement à conserver un
cadre de vie. Leur création et leur protection doivent permettre
par ailleurs de limiter :

• La disparition des espaces naturels refuges pour la faune et la


flore;
• Les sources de pollution et leurs effets sur l'environnement;
• Les transformations du paysage

Particulièrement :

Ha~iEconet 191
2.1. Les réserves et parcs visent à abriter des écosystèmes,
c'est-à-dire:

• Un ensemble de conditions de vie déterminée (Biotope);


• Des communautés végétales (Phycoenoses) et animales
(Zoocoenoses) adaptées à leur biotope (niche écologique);
• Un tissu de relations entre biotopes et biocœnoses .

2.2. La préservation des nonuments vise à assurer:

• La transmission aux générations successives des créations hu-


maines;
• La survivance d'un exemple éminent d'établissement humain
ou d'occupation d'un territoire traditionnel représentatif d'une
culture, d'un échange d'influence sur le développement de l'ar-
chitecture ou de la création de paysages.

"Les objectifs des parcs nationaux en Haïti n'ont jamais été défi-
nis" (Woods & al., 1992). "D'un autre coté, il y a un objectif géné-
ral de protection des forêts qu'on retrouve même dans de décret
de Mars 1968 sur les Parcs Nationaux et des objectifs plus spécifi-
ques comme: la protection de la ville de Port-au-Prince dans le cas
du Morne l'Hôpital et celle des sources qui alimentent en eau la
ville du Cap dans le cas du Morne du Cap. Il faut souligner ce-
pendant que le décret de Mars 1968 sur les Parcs Nationaux a visé
également la réhabilitation des sites touristiques et historiques,
tandis que ceux de 1983 concernant les Parcs La Visite et Macaya
veut assurer la protection des valeurs biologiques et physiques"
(Victor, 1997f).

Ces objectifs sont traduits dans les programmes de gestion et de


mise en valeur des Parcs Macaya et La Visite et du Parc National
Historique Sans-Souci/ Citadelle-Ramiers. Ils visent générale-
ment à:

• La préservation des bassins versants et de la diversité des espè-


ces naturelles;
• La préservation et la mise en valeur des monuments et des zo-
nes monumentales;

192 Haïti Econet


• La protection et la mise en valeur des milieux naturels caracté-
ristiques des régions concernées;
• La promotion des ressources naturelles et culturelles à des fins
éducatives, touristiques et récréatives;
• L' améliorati9_n des conditions de vie de la population (Collec-
tif, 1991)

III. Réalisations à date et Résultats obtenus


Le dernier colloque organisé par le Ministère de !'Environnement
sur les Aires Protégées (1997b), dont les" Actes" viennent de paraî-
tre, ont quelque peu rompu le silence qui a suivi le séminaire sur
les Parcs Nationaux organisé en 1994 par l'ISPAN (Institut de Sau-
vegarde du Patrimoine National) et la FAN (Fédération des Amis
de la Nature).

Adoptant la définition de l'Union Internationale pour la Conser-


vation de la Nature (UICN) des aires protégées qui regroupent
Réserves, Parcs (Parcs Nationaux Historiques inclus), le colloque
a pris certaines résolutions dont l'une constituant un" groupe
d'initiative-Xaragua" (GIX-97) ayant pour but de faciliter la mise
en place d'une "Unité d' Appui à la Gestion du Système National
d' Aires Protégées". Dans le mandat prévu de ce comité, figure en
premier lieu la tâche de "travailler à la mise en place de !'Office
National de Gestion des Parcs et Aires Protégés".

Pourtant cette question relative à la gestion des Parcs et des Monu-


ments préoccupe depuis plus de dix (10) ans plusieurs institutions
dont plus récemment le Ministère de la Culture sans qu'aucune
solution n'aboutisse.

Déjà en 1986, l'Université de Floride proposait la création d'un


organisme autonome dénommé 'Parc Haïti' chargé de la gestion
des Parcs, abstraction faite des Parcs Nationaux Historiques.
En 1995, des propositions de structures organiques et de textes de
lois ont été rédigées par le Projet Route 2004 1 prenant comme

1Projet Route 2004: "Préservation et Mise en Valeur des Ressources Historiques,


Culturel/es et Naturelles", PNUD/UNESCO/Min.de la Culture.

Haïti Econet 193


référence les études de schéma d'aménagement et de réglementa-
tion du Parc National Historique Sans-Souci/ Citadelle-Ramiers,
effectuées depuis 1987 et 1990. Elles concernent l'organisation
d'une structure de gestion et d'exploitation du Parc et un texte de
loi portant sur la création de Parcs Nationaux Historiques, ce der-
nie-r considérant que cette catégorie de 'Parc' n'était ni définie ni
prise en compte par aucune disposition légale ou normative anté-
rieure.

Face aux difficultés conjoncturelles et à la dégradation des rap-


ports entre la population et le Parc (Citadelle/Sans-Souci), le Mi-
nistère de la Culture sur la base de ces propositions, initia récem-
ment de mettre en place une structure provisoire de gestion et
d'exploitation du Parc regroupant les représentants des différents
secteurs publics et privés concernés (Negri, 1995).

Au courant de la même année 1995, plus précisément au mois


d' Août, deux arrêtés présidentiels traduisent dans les faits la loi de
1940 en classant au titre du Patrimoine National trente-trois (33)
monuments et la "Ville Historique" du Cap Haïtien. Cet arrêté
devait entraîner par la suite une étude sur les zones de protection
du Patrimoine Architectural et Urbain de la ville du Cap Haïtien.
L'application des "Mesures Conservatoires" qui en découlèrent et
conséquemment la gestion du "Centre Ville Historique" sont con-
fiées à une structure Mairie/ISPAN dénommée "Cellule Patri-
moine" actuellement en train d'être mise en place avec le concours
du Projet "Route 2004". Parallèlement l'ISP AN entreprend le bor-
nage des monuments classés en vue de leur inscription au do-
maine public de l'Etat.

Ce changement de statut des monuments devrait entraîner égale-


ment des mesures de gestion des monuments eux-mêmes et de
leur environnement immédiat. Les travaux de préservation sur
certains monuments au Cap Haïtien (Fort Magny ou Gris-Gris de
son mon d'origine, Fort St-Joseph et Fort Picolet), à Fort-Liberté
(Fort St-Joseph ou Dauphin), à Marchand Dessalines (Fort La
Source ou Culbuté), à Fort-Jacques qui sont entrepris depuis 1996
par le Projet Route 2004 et l'ISPAN, offrent de façon tangible une
nouvelle appréciation de ces espaces et appellent à la nécessité
d'un partenariat avec les collectivités locales pour participer à leur

194 Haïti Econet


gestion et veiller à leur utilisation appropriée au profit de la popu-
lation. Dans leur gestion, l'ISPAN veillera également à ce que les
monuments ne subissent pas une grave atteinte visuelle par la
transformation de leur environnement végétal ou urbain et que
soient conservées les perspectives sur eux et à partir d'eux.

"Le littoral est une unité géographique qui appelle une politique
spécifique d'aménagement, de protection et de mise en valeur: la
protection des équilibres biologiques et écologiques, la lutte contre
l'érosion, la préservation des sites et paysages et du patrimoine".
Dans la perspective de projets d'infrastructures industrielles por-
tuaires, touristiques en gestation sur des espaces littoraux et dont
l'impact peut être néfaste pour leur équilibre environnemental,
des études ont été entreprises à St-Louis du Sud, Côtes des
Arcadins, et à Fort-Liberté où des territoires ont été identifiés
comme de potentiels Parcs ou Réserves. Dans le domaine de la
protection et de la gestion de ces espaces, une structure organisa- Dans leur gestion,
tionnelle, le 'Conservatoire du Littoral', a été définie et proposée l'ISPAN veillera
par le Projet Route 2004. Organisme public à vocation culturelle, également à ce que
écologique et technique, il aurait pour mission de mener dans les les monuments ne
communes littorales et sur le domaine public maritime, une politi- subissent pas une
que foncière de sauvegarde de l'espace littoral, de respect des sites grave atteinte vi-
naturels et culturels ainsi que de l'équilibre écologique (Négri, suelle par la trans-
1995) formation de leur
environnement vé-
Sur le terrain, un état actuel des sous-secteurs environnement, gétal ou urbain et
agriculture, pêche et patrimoine a permis de proposer une délimi- que soient conser-
tation théorique du Parc Historique et Ecologique projeté par vées les perspectives
l'ISPAN à St-Louis du Sud (Pourchet & al, 1996). sur eux et à partir
d'eux.
Mais c'est plutôt à Fort-Liberté que l'inventaire culturel et naturel
plus poussé a abouti à une recommandation importante pour la
protection de l'écosystème de la baie autour de laquelle a été déli-
mitée et proposée la "Réserve 2004".

La Baie de Fort-Liberté est entourée de petites anses sableuses, de


petites presqu'îles, de mangroves et de récifs coralliens. Elle abrite
l'île Bayau et était à l'époque coloniale protégée par un système
défensif composé de cinq (5) fortifications: Forts Labouque, St
Charles, Frédéric, Batterie de l' Anse et le Fort Dauphin.

HaïtiEconet 195
Elle abrite également de nombreuses espèces animales et végéta-
les.

Deux îlots, le lagon-aux-boeufs, et les deux mamelles constituent


un haut potentiel éducatif, culturel, environnemental et éco-touris-
tique, de plus la diversité biologique de cette région augmente
pendant la saison froide à cause des espèces migratoires qui arri-
vent des latitudes septentrionaux et utilisent alors les habitats na-
turels. Les éléments de cette étude pluridisciplinaire de la Baie et
de la ville de Fort-Liberté seront intégrés dans l'étude générale du
littoral, entre la Baie de Mancenille (frontière avec la République
Dominicaine ) et la Baie de Caraco! dont la synthèse, sera bientôt
publiée par le Projet Route 2004 sous forme d' Atlas: l' Atlas Côtier
du Nord-Est de Fort-Liberté (Sergile & al., 1996).

Deux autres activités du Projet Route 2004, le "Programme Puerto


Real" et "l'Eco-musée du Nord d'Haïti" participent au renforce-
ment du SNAP. Regroupant conceptuellement et spécialement les
sites archéologiques de l'ancienne ville espagnole Puerto Real, du
village de Guacanagaric, de la Navidad (lieu d'échouage de la
Santa Maria), le Programme Puerto Real vise l'aménagement et la
protection d'un ensemble qui "placé dans l'ampleur de la plage
spatio-temporelle qui lui est inhérente, en plus des dimensions
archéologiques et historiques qui lui sont propres, recèle une por-
tée historique sociologique et anthropologique majeure.

A l'instar du programme Puerto Real, !'Eco-musée du Nord pro-


pose un territoire regroupant des habitations coloniales et monu-
ments qui structurent la zone d'influence del' éco-musée et cou-
vrant trois anciennes paroisses coloniales: le quartier Morin, la Pe-
tite-Anse et le Cap (haut du Cap). A l'intérieur du périmètre à
protéger de l' éco-musée, la gestion prévoit d'assurer le maintien
d'une certaine qualité environnementale et paysagère. Couvrant
une superficie d'environ 200 km2, il développe un circuit de visite
d'à peu près 35 kms passant par les monuments et habitations,
Bréda, Pont Colonial du Haut-du-Cap, Bruslé, Bongars, Gallifet,
Duplaa, Desglaireaux, etc. (Bellaigue & Cauna, 1996)

196 Haïti Econet


IV. Perspectives
En dépit de nombreux cas d'envahissement de certains espaces
faisant particulièrement partie du patrimoine culturel et qui en-
traînent leur détérioration ou leur destruction pure et simple,
comme le cas de la màison et de la propriété de M. Carlet Auguste
au Cap Haïtien brûlée.dans un incendie après avoir été illégale-
ment envahie et squattérisée, ou encore celui du Parc National
Historique des Forts Jacques et Alexandre à Fermathe qui malgré
qu'il ait été borné par les services compétents de l'Etat, continue
de subir la pression dangereuse d'une urbanisation sans planifica-
tion ni contrôle apparents, les perspectives de gestion et de protec-
tion des réserves, parcs et monuments laissent entrevoir une amé-
lioration progressive de la situation.
Au niveau institution-
Au niveau institutionnel, deux nouveaux ministères, celui de !'En- nel, deux nouveaux mi-
vironnement et celui de la Culture renforcent par leur organisation nistères, celui de l'Envi-
la capacité de l'Etat dans ce domaine. Plusieurs institutions, ronnement et celui de la
bailleurs de fonds, dont le PNUD, la Banque Mondiale, la Banque Culture renforcent par
Inter-Américaine de Développement (BID), l'USAID et récem- leur organisation la ca-
ment l'UNESCO et l'OEA initient ou prévoient des programmes pacité de l'Etat dans ce
en Haïti de protection et de mise en valeur du patrimoine culturel domaine.
et naturel

D'autre part le Ministère du Plan avec le concours entre autre du


PNUD et de la BIO se dote d'instruments d'organisation et de ges-
tion du territoire national dans lesquels sont obligatoirement pris
en compte les espaces relatifs aux Parcs, Réserves et Monuments.
Au nombre des instruments il faut aussi compter, quoi que plus
spécifique à une région, l' Atlas Côtier de la région de Fort Liberté
actuellement en édition par le Projet Route 2004 et à paraître pro-
chainement.

D'autres secteurs indirectement concernés contribuent également


par leur action d'organisation ou de réorientation à la structura-
tion de la gestion du SNAP. A titre d'exemples, on peut citer la
Secrétairerie d'Etat au Tourisme (SET) qui consolide actuellement
son plan directeur du tourisme élaboré avec l'appui du PNUD, les

Haïti Econet 197


Universités Publiques et Privées dont la Faculté des Sciences, la
Faculté d'Ethnologie par le biais du Bureau d'Ethnologie,
la Faculté d' Agronomie, l'Université Quisqueya, qui développent
ou sont en train d'intégrer dans leur cursus des programmes de
formation dans le domaine naturel et culturel.

En complémentarité à ces actions structurantes, des activités en


· cours ou projetées augmentent les chances d'une gestion réelle des
Parcs, Réserves et Monuments. Par exemple :

• les réalisations en cours et programmes du Ministère de !'Envi-


ronnement dans le cadre de l'UCP (Unité de Coordination de
Projet) (MDE, 1997e);
• l'Etude du littoral Nord de Caracol à la Baie del' Acul et celle
une plus grande partie de la carte archéologique initiées par le Projet Route 2004;
de la population se ré- • les démarches entreprises auprès de l'UNESCO pour inscrire
vèle de plus en plus sen- au "Programme: Homme et Biosphère" la "Réserve 2004" pro-
sible aux questions du posée par le Projet Route 2004;
patrimoine sans que • les démarches en cours par l'ISPAN dans le cadre du pro-
soit pour autant sou- gramme CARIMOS et des fonds de l'Union Européenne visant
tenu systématiquement à appliquer les règlements de sauvegarde du Centre Ville His-
un programme de sensi- torique du Cap Haïtien;
bilisation. • le programme de sensibilisation et de formation dans le do-
maine du patrimoine culturel prévu cette année par la Direc-
tion du Patrimoine du Ministère de la Culture avec l'appui du
Projet Route 2004, le Ministère Français de la Culture et de la
Communication et l'UNESCO.

Enfin une plus grande partie de la population se révèle de plus en


plus sensible aux questions du patrimoine sans que soit pour
autant soutenu systématiquement un programme de sensibilisa-
tion. S'il en est besoin on prendra pour preuve la création ces der-
nières années d'ONGs (Organisation non Gouvernementale) et
d'associations socioprofessionnelles impliquées dans la protection
du patrimoine culturel et de la biodiversité: Haïti Net, FOPROBIM
(Fondation pour la Protection de la Biodiversité Marine), Fonda-
tion du Patrimoine, etc.

198 Ha"1li Econet


Haïti Econet 199
--.... ""'
Ecotourisme en Haïti :
un Choix pour
l'Ecodéveloppement?
Paul E. PARYSKI

1. Contexte et Etat Actuel l'écotourisme ou


le tourisme
Récemment un journaliste a observé que Dieu a crée un paradis en d'aventure - qui
Haïti, mais que l'homme à travers des siècles en a fait un cauche- pourrait générer
mar. Cependant on trouve encore des vestiges de ce paradis, ves- des revenus, ap-
tiges qui constituent une ressource considérable pour développer porter des devises
une nouvelle forme de tourisme - l' écotourisme ou le tourisme et en même
d'aventure - qui pourrait générer des revenus, apporter des devi- temps, inciter la
ses et en même temps, inciter la population locale et les collectivi- population lo-
tés territoriales à protéger l'environnement. cale et les col lec-
tivités territoria-
Les premiers visiteurs en masse en Haïti étaient, malheureuse- les à protéger
ment, les soldats envoyés par Napoléon pour écraser la révolution l'environnement
haïtienne. Même ces soldats ont reconnu la splendeur du pays.
Un officier polonais a déclaré que: "Si le pays était en paix, il sur-
passerait presque tous ceux d'Europe de par la beauté de ses fem-
mes, de ses récoltes et de ses forêts. Ils [nos collègues] pouvaient à
peine contenir leur émerveillement à la vue des innombrables
plantes si différentes de celles trouvées en Europe." ( Pachonski, J.
and R. K. Wilson, 1986). On peut considérer que ces soldats
étaient les premiers écotouristes en Haïti.

Quelles sont les atouts naturels d'Haïti qui pourraient encore atti-
rer des touristes aujourd'hui ? Grâce à sa topographie accidentée
avec des montagnes qui atteignent 2700 m, et sa situation
biogéographique entre les deux Amériques, Haïti jouit toujours
d'une exceptionnelle richesse biologique et d'une grande diversité

HaHiEconet 201
en écosystèmes, neuf suivant la classification de Holdridge
(Holdridge, 1972). Elle abrite plus de 6000 espèces végétales, dont
35% sont endé1niques (Judd, 1987; Jiminez, 1985) et 220 espèces
d'oiseau (Woods, 1986). Les montagnes d'Hispaniola, les plus éle-
vées des Caraïbes, sont parsemées de denses forêts de pins, de fo-
rêts de pluies impénétrables, de chutes et de pics abrupts, de ca-
vernes de calcaire encore inexplorées et de prés couverts de fleurs
sauvages. Les plages ensoleillées sont souvent encadrées de mon-
tagnes spectaculaires et des récifs coralliens encore vierges. Deux
parcs nationaux ont été établis justement pour protéger une partie
de ce patrimoine exceptionnel, mais ces attraits écologiques sont
menacés par l'explosion démographique et la pauvreté extrême
qui poussent les Haïtiens à détruire leur environnement pour sim-
plement survivre.
Aujourd'hui, partout Aujourd'hui, partout dans le monde, les touristes cherchent
dans le monde, les l'aventure et sont attirés de plus en plus par des pays qui ont des
touristes cherchent richesses écologiques. La République Dominicaine exploite les
l'aventure et sont mêmes atouts qu'Haïti, attirant plus d'un million de touristes par
attirés de plus en an. Une bonne partie de ces touristes sont des écotouristes qui
plus par des pays qui viennent visiter les montagnes, voir des baleines ou simplement
ont des richesses éco- faire de la plongée sous marine.
logiques.
Malheureusement, l'instabilité politique et l'insécurité bloquent le
développement du tourisme en Haïti. Aussi, la presse internatio-
nale ne cesse t-elle pas de documenter la violence en Haïti. Ainsi,
très peu de touristes sont prêts à prendre les risques nécessaires et
évidents pour découvrir les charmes du pays. Depuis 1985 jus-
qu'à nos jours, les touristes deviennent une espèce en voie de dis-
parition ou même menacée d'extinction.

Même si subitement quelques touristes commencent à retourner


dans le pays, les structures d'accueil sont presque inexistantes.

II. Objectifs Nationaux


Le Gouvernement a initié avec l'assistance des bailleurs de fonds,
surtout avec le Programme des Nations Unies pour le Développe-
ment (PNUD), trois outils de planification pour le développement
du tourisme et l' écotourisme en Haïti :

1. un Plan Directeur du Tourisme sous la supervision du Secré-


taire d'Etat du T_ourisme;

202 Haïti Econet


2. un Plan d' Aménagement du Territoire qui inclut des plans ré-
gionaux, départementaux et communaux. Ces plans indiquent
les ressources naturelles qui ont un potentiel touristique;
3. un Plan d' Action pour !'Environnement.

Le PNUD a égaleµ:tent financé un autre projet d'exécution natio-


nale, le Projet Route- 2004, qui vise la mise en valeur des ressources
naturelles, histodques et culturelles sur la côte Nord qui ont une
vocation touristique. Le PNUD organise un Plan Directeur pour
l'Île de la Tortue pour faciliter le développement touristique de ce
site magnifique. Mais malheureusement, le Gouvernement n'a
pas encore élaboré un programme de développement durable qui
permette la coordination et la priorisation des investissements fu-
turs de l'État et les bailleurs de fonds dans le secteur.

Comme a dit récemment Mme Maryse Permet, Secrétaire d'Etat au


Tourisme :"L' écotourisme figure parmi les priorités du pro- L 'écotourisme
gramme de développement durable de la République et dans le figu,re pàrmi les
Plan Directeur du Tourisme. L' écotourisme, qui ne nécessite pas priorités du pro-
de gros investissements, présente l'avantage de pouvoir apporter gramme de déve-
des bénéfices directs aux populations de base les plus démunies". loppement dura-
(mars 1998). ble de la Républi-
que et dans le
III. Réalisations concrètes Plan Directeur du
Tourisme
En dépit de ces problèmes, deux expériences en écotourisme ont
bien réussi. A Seguin, près du Parc National La Visite, on peut
admirer les chutes d'eau, les espèces endémiques d'oiseaux et
d'orchidées, les pinèdes et les prés alpins ou bien s'émerveiller de-
vant le splendide panorama qu'offrent du haut des montagnes la
Mer des Caraïbes et l'Océan Atlantique. Tout près du Parc, un
Haïtien et un Italien ont bâti un refuge rustique mais charmant.
Chaque week-end, des étrangers et des Haïtiens, surtout de Port-
au-Prince, passent des moments inoubliables en explorant le Parc
à pied ou à cheval.

Un organisme haïtien, Espace Public, organise des randonnées et


des excursions, de 7 à 21 jours, pour des écotouristes dans diffé-
rents sites touristiques du pays. Les sites les plus demandés sont
Camp Perrin, Pestel, Jérémie, le Parc Macaya et le Cap Haïtien.

203 Haïti Econet


Des randonnées dans le sud, au Parc La Visite et les hauteurs du
Parc Macaya, le site d'immenses forêts tropicales montagneuses et
d'une biodiversité étonnante sont également offertes. Darlington,
un scientifique a conclu, après des explorations partout en Hispa-
niola, que: «C'est uniquement dans la région du Massif de la Hotte
qu'il y él aujourd'hui la plus grande possibilité de trouver de nou-
vell~s d'espèces de faune et de flore et, sans aucun doute, le lieu
où les conditions naturelles perdureront.» (Darlington,1935)

IV. Perspectives
L' écotourisme est très mal connu et mal exploité en Haïti, mais
offre des avantages réels. Les investissements pour accueillir les
écotouristes ne sont pas lourds: des véhicules tout terrain, de pe-
L'écotourisme a tits bateaux, des tentes, certains équipements de montagne ou de
la possibilité de mer, des chevaux, une concertation avec les paysans et les organi-
bénéficier directe- sations de base des zones aux alentours des sites touristiques.
ment les popula- L' écotourisme a la possibilité de bénéficier directement les popula-
tions rurales les tions rurales les plus démunies. Si les populations voient qu'un
plus démunies environnement sain peut apporter du travail et des revenus, il
vont le protéger.

Il existe un marché énorme dans les pays d'Amérique du Nord et


d'Europe pour l' écotourisme. A part des gens qui sont passionnés
par les oiseaux et les plantes rares, beaucoup de touristes cher-
chent l'aventure dans une culture différente et intéressante.

C'est clair que le tourisme, écologique ou non, a aussi ses effets


pervers sur les pays en développement. Le contact avec les
visiteurs, manifestement plus riches des pays développés, érode
inévitablement le tissu culturel local et conduit souvent au
développement de la prostitution de toutes sortes.

En effet, plusieurs facteurs devront être réunis pour que


I' écotourisme assure la réhabilitation environnementale d'Haïti et,
son développement durable. Parmi les plus urgents, nous notons :

1. la stabilité politique. La violence des relations très inégales


entre les Haïtiens et leur gouvernement, entre les Haïtiens et leur

204 Haïti Econet


environnement, et entre les Haïtiens eux-mêmes doit prendre un
cours plus harmonieux et durable;
2. l'engagement politique d'un gouvernement représentatif et
fonctionnel qui doit planifier et négocier le type de tourisme qui
est le plus favorable pour Haïti;
3. la protection efla réhabilitation de l'environnement;
4. une campagne de publicité, interne et externe, pour attirer
l'attention des élites des pays riches. Les riches Haïtiens devraient
ouvrir la voie de l' écotourisme dans leur propre pays, car s'ils le
font, d'autres les suivront certainement.

Si ces facteurs sont réunis l'avenir d'Haïti peut être très très vert.

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Listes des Personnes Rencontrées
Ala-Outinen J ouko, Chargé de projet, P AM

Audant, Marie Claude, Assistante Administrative (Coopération Sud-Sud), Projet


PNUD /JJNOPS/HAÏ/94/012

Bacheret, Pierre, Conseiller en développement (Coopération Française)

Bannister, Michael, Assistant director for productive land use systems (PADF)

Celestin, Wilson, Expert National en aquaculture (HAÏ/89/024)

Charlot, Marie Maud, Chargée de Programme (FENU)

Douyon, Pierre L., Chargé de Programme (PNUD)

Franzoni, Luc, Représentant Résident Adjoint, PNUD

Wiener, Henry Jean, Doyen de la Faculté d' Agronomie et de Médecine Vétéri-


naire (F AMV)

Julien, François, Directeur Caisse Française de Développement (Coopération


Française)

Knight, Melissa, Responsable ressources naturelles (USAID)

Laframboise, David, Responsable volet reboisement (ASSET)

Lataillade, Edith, Chargée de Programme (FNUAP)

Liburd, Merly, Consultante en Programmation, Projet PNUD/UNOPS/HAÏ/94/


012

Edwige, Matt, Consul de l' Ambassade d'Allemagne

Nelson, Frantz, Assistant spécial du directeur exécutif (UCG)

Nünninghoff, Sybille, Spécialiste en ressources naturelles (BIO)

Parisien, Lionel, Conseiller technique du Directeur Général (MDE)

Penett, Maryse, Secrétaire d'Etat au Tourisme (GdH)

Pierre Antoine, Monique, Directrice (F AES)

Raymond, Hervé, Coordonnateur national, Formulation de la Politique de l'eau


(MDE)

222 Haïti Econet


Rébaud, Patrick, Responsable ligne budgétaire réhabilitation (Union Euro-
péenne)

Rodriguez, Jorge, Responsable ligne budgétaire micro-réalisations (Union euro-


péenne)

Scott, Edward J., Directeur (ASSET)

Taylor, Fabienne, Spécialiste en ressources naturelles (Banque Mondiale)

Théodore, Gloria, Assistante administrative (FNU AP)

Volel, Michèle, Assistante Principale Unité d' Appui au Programme (PNUD)

Haïti Econet 223


Glossaire*
ENVIRONNEMENT : La signification du mot" environnement" remonte au dé-
but des années 1960. Ce terme s'applique à l'ensemble des conditions naturelles
(physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles
d'agir sur les organismes vivants et les activités humaines. Les composantes de
l'environnement sont : l'air, l'eau, le sol, les sédiments, le climat, la flore, la faune,
les processus écologiques (habitats, chaînes alimentaires, introduction d'espèces),
la qualité de vie humaine (santé, récréation, aménagement) et les intérêts hu-
mains (beauté des paysages, sites historiques, éléments uniques. La qualité de
l'environnement influence donc directement la qualité de la vie

DEVELOPPEMENT: Le développement, c'est l'évolution de nos activités hu-


maines. Par exemple, le développement économique permet la croissance écono-
mique, le développement d'un réseau routier permet l'augmentation des possibi-
lités de transport. Le développement se fonde sur la qualité de l'environnement
et sur la base de ressources (forêt, eau, sol), développement durable implique un
processus de conservation (maintien des processus écologiques essentiels et des
systèmes entretenant la vie, préservation de la diversité génétique, utilisation
durable des espèces et des écosystèmes), une planification environnementale et
un aménagement intégré du territoire. Le développement durable est un dévelop-
pement axé sur la satisfaction des besoins du présent sans toutefois compromet-
tre la capacité des générations futures d'en faire autant. Besoins et Limitations
sont les deux concepts inhérents à cette notion.

ECOSYSTEME : Forme abrégée de l'expression système écologique, le mot éco-


système s'emploie pour désigner l'ensemble des éléments vivants et non vivants
qui créent dans la nature un milieu particulier. Selon le niveau de perception
écologique, un écosystème peut être très petit (un gazon par exemple) ou très
vaste (la forêt boréale). Quelle que soit sa dimension, il comprend à la fois un
milieu physique (eau, air, sol, climat, topographie) et une communauté vivante
formée de toutes les plantes, tous les animaux, tous les hommes, tous les micro-
organismes en interaction constante et en équilibre avec ce milieu. L'écosystème
est ainsi un complexe dynamique de communautés de plantes, d'animaux et de
micro-organismes et leur environnement non vivant qui, par leur interaction,
forment une unité fonctionnelle. ·

ESPECES : C'est un des niveaux de classification utilisés par les taxinomistes


(scientifiques qui classent et nomment les organismes) pour décrire la hiérarchie
des formes de vie sur la terre.

CONSERVATION: C'est le maintien et l'utilisation rationnelle des ressources de


la terre

RESSOURCES BIOLOGIQUES : Ce sont les ressources génétiques, organismes


ou dérivés de ceux-ci, populations ou toutes composantes vivantes des écosystè-
mes ayant une utilisation ou une valeur effective ou potentielle pour l'humanité.

224 Haïti Econet


BIODIVERSITE : C'est le raccourci del' expression diversité biologique. Elle
désigne la variabilité des organismes vivants de toutes les origines, y compris
entre autres ceux vivant dans les écosystèmes terrestres, marins et autres écosys-
tèmes aquatiques, ainsi que les complexes écologiques dont ils font partie. Elle
embrasse de la diversité génétique, la diversité des espèces et des populations, et
de la diversité des habitats.

BIOTECHNOLOGIE : Toute application technologique qui utilise des systèmes


biologiques, des organismes vivants ou des dérivés de ceux-ci, pour réaliser ou
modifier des produits ou procédés à usage spécifique. Les hommes ont toujours
manipulé des organismes / micro organismes pour fabriquer des produits
comme la bière, le pain, le vin, le fromage, etc. De nos jours, de nouvelles techni-
ques biotechnologiques plus performants sont apparues : tissu culture, fusion
cellulaire, transfert d'embryon, technologie combinatoire d' ADN. C'est l'ère du
génie génétique. La biotechnologie offre un potentiel énorme dans l'usage des
ressources biologiques pour améliorer le bien être humain. Des techniques
biotechnologiques modernes sont présentement utilisées aux fins de la conserva-
tion de la biodiversité

NORME : C'est la limite juridique de tolérance fixée en fonction des préoccupa-


tions humaines. Les gouvernements, les entreprises, les organismes-conseils et
les institutions scientifiques déterminent au besoin des normes dans un cadre
législatif ou de recommandation, en fonction des préoccupations économiques
(maintien de la productivité et de la compétivité des entreprises), technologiques
(limitation des performances techniques), sociales (protection de la santé hu-
maine) et écologiques (protection des écosystèmes)

BASSIN VERSANT: Le bassin versant est la surface drainée par un ou plusieurs


cours d'eau qui se déversent en un point commun. Chaque bassin versant est
délimité par la ligne de partage des eaux ou lige de crête. Le bassin versant pri-
maire qui, généralement englobe des bassins secondaires et tertiaires de moindre
importance, peut être drainé par un fleuve ou par une rivière. Dans le premier
cas, on parle de bassin versant hydrographique et dans le second de bassin ver-
sant. L'aménagement de bassin versant se réfère à l'établissement de structures
(physiques et institutionnelles) qui rendent fonctionnelle le bassin et qui sont
susceptibles d'améliorer la qualité de la vie de ses habitants. En ce 5eilS, la con-
servation des sols est un élément constitutif de bassin versant car elle vise à
maintenir le sol en place et à lui restituer sa fertilité pour une production soute-
nue.

POLLUTION : C'est la dégradation d'un milieu par l'introduction d'un agent


physique, chimique ou biologique. Par pollution (de l'air, de l'eau, des sols ou
des sédiments), nous entendons une introduction directe ou indirecte, reliée aux
activités de l'homme, d'une substance ou d'un facteur physique (ex: augmenta-
tion de la température, bruit), chimique (ex : pesticides, BPq ou biologique (ex :
espèces exotiques, bactéries} qui entraîne une nuisance ou une altération de

Haïti Econet 225


l'environnement du milieu. Les polluants proviennent des effluents (ex: eaux
usées rejetées par la villes ou une usine), des émissions (ex: déchets solides ou
pâteux disposés sur ou dans le sol) et des activités mécaniques d'un environne-
ment donné (ex: ondes sonores, vibrations).

VIL~ : C'est l'ensemble des réponses que l'agglomération est susceptible de


donner aux demandes des populations. La ville serait donc cette forme supé-
rieure d'organisation humaine, un milieu géographique et social, un paysage.
~-- Elle suppose à la fois un mo:i\_de d'occupation de l'espace, des relations entre les
lieux d'habitat (le bâti et le non bâti) et les gens qui les façonnent et les transfor-
ment.

URBANISME : C'est l'art de gérer et de planifier le développement urbain au


double niveau physique et socio-économique. C'est l'outil indispensable et in-
contournable dont les responsables municipaux ont besoin pour améliorer le
cadre et les conditions de vie des populations qui les ont élus. L'urbanisme obéit
aujourd'hui à des techniques dynamiques, évolutives et souples de gestion et de
planification du territoire urbain avec la participation de tous les acteurs institu-
tionnels et de la société civile. L'urbanisation est la transformation de l'environne-
ment naturel par l'homme pour l'adapter à ses besoins fondamentaux et à ses
activités de développement et de loisir. Le milieu urbain possède ses propres
caractéristiques physiques et favorise l'établissement d'une communauté vivante
(faune et flore) peu diversifiée mais très productive, fortement conditionnée par
l'action et les habitudes de l'humain et par l'influence du milieu naturel environ-
nant. On peut donc considérer les agglomérations urbaines comme de véritables
écosystèmes créés à l'image de l'être humain.

AMENAGEMENT DU TERRITOIRE : C'est un exercice de planification basé sur


une stratégie spatiale. Il vise une meilleure répartition des hommes et des activi-
tés au niveau du territoire et une réduction des disparités, et vise de ce fait à
orienter, contrôler et faciliter le développement.

* Ces différentes définitions viennent de sources combinées. Certaines sont tirées des
textes de ce livre et d'autres sont empruntées a SAVARD, M, 1989, Pour que demain soit,
Editions JCL INC., Québec, 330p

226 Haili Econet


Quelques indicateurs
environnementaux de base

La plupart des statistiques présentées dans ce résumé sont issues de projections effec-
tuées à partir des photographies aériennes réalisées en 1978 et analysées en 1982 par
DATPEIBDPA (Cartographie thématique d'Haïti), en 1986 par l'USAID (Country
Environmental Profile) et d'images satellites de 1990 interprétées en 1996 par le projet
PNUDIHAl/921001 .
Certaines de ces statistiques sont des estimations et ne doivent être considérées qu'à titre
indicatif. Pour toute information, contactez le projet PNUDIHAl/921001.

HaftiEconet 227
Population

Population totale1 7,189,294 hab


Espérance de vie 55 ans
Population prévue en 2010 9.800.000
Population de moins de 15 ans 41.1 %
Taux de mortalité infantile 116 décès d'enfants pom
1000 naissances vivante~
Taux de croissance moyen annuel 2.03 %
Population desservie par médedicin 4.643
Population desservie par hôpital pourvu de lits 1.300
Pourcentage de la population
urbainement ayant accès à l' éléctricité 45
Pourcentage de la population
rurale ayant accès à l' éléctricité 3
Pourcentage de la population urbaine
de Port-au Prince ayant accès à l'eau potable 53
Pourcentage de la population (autres villes)
ayant accès à l'eau potable 59
Prise de calorie(% de la popn consommant)
< 75 % de la quantité nécessaire 50
Prise de proteine(% de la popn consommant )
< 75% de la quantité nécessaire 36

Répartition de la population
urbaine 31 % dont21 % àPaP
rurale 70 %

1Projection FNUAP 1995

228 Haïti Econet


Produit Intérieur Brut/habitant (US$)

,
annee Haiti USA
1980 431
1989 341 21.000
1992 212
1995 252
1997 250

Le revenu annueF pour 61 % de la population est < 100 US$

Densité de population densité (habfkm2)


Plaines irriguées 650
Plaines humides 300-400
Plaines arides 77-200
Montagnes humides 200
Montagnes sèches 40-100

Moyenne 250

Arrondissement Port-au-Prince 1.900


Commune Port-au-Prince 27.000

Densité de population et occupation des terres

rrontagnes sèches

M:mtagnes hunides

Raines arides

Raines hunides

Raines irriguées ~

0% 10% 20% 30% 40% 50%

2 World Ressource Institut 1995

Ha~iEconet 229
Répartition de la population urbaine Habitants

fort-Liberté • 18858
18202
Jacmel •
47476
Stmarc -
Jérénie • 26424

Hinche 1 14278

Port-de-Paix • 25424

Cayes - 50945

Gonaïves 66 761
132 608
Cap-Hailien • • • •
Kenscoff 1 5000

Crx des bouquets 132147

Carrefour••••••••••••• 392 614

Delmas 668579

Pétion-ville 228177

Port-au-Prince 778149

TOTAL 2 605 642

230 Haïti Econet


Flore eT Faune

Flore
Nombre d'espèces de plantes 5242
Espèces endémiques 1445-1800
Menacés 136
Espèces de fougères 600
Espèces d'orchidées 300
Espèces végétales en voie de disparitione 57

Faune
Nombre d'espèces historiques de mammifères terrestres 28
Espèces endémiques survivantes 2
-Zagouti (Plagiodontia aedium)
-Nez long (Solendon paradoxus)

Nombre d'espèces d'oiseaux 220


Espèces endémiques 21
Menacées 13
Espèces résidentes 75

Nombre d'espèces animales menacées d'extinction 52


Nombre d'espèces d'amphibiens et de reptiles >65
(inventoriées dans le massif de La Selle)

Information Supplémentaire:
Haiti possède l'un des indices de biodiversité le plus haut des des Néo-Tropiques

Haïti Econet 231


Parcs nationaux et
Réserves protégées

Parcs nationaux Superficie (ha)

Sources puantes 10
Sources chaudes 20
SourceCerisier - Plaisance 10
Fort Mercredi 5
Fort Jacques et Alexandre 9
Citadelle Laferrière 250
Péligre 400
Morne LaVisite 2000
Morne Macaya 2000

Superficies Totale des Parcs Nationaux 4704 ha

Réserves protégées Superficie (ha)

Forêt St Raphaël 39000


Ile de la Gonâve 68000
Ile de La Tortue 18000
Forêt des Pins 30000
Morne du Cap 500
Morne !'Hôpital 2000

Superficie Totale des Réserves protégées 257 500 ha

232 Haïti Econet


Zones écologiques

Zones écologiques Superficie (Ha)


de vie

Forêt épineuse sub tropicale 3.000


Forêt sèche de la zone sub-tropicale 52.000
Forêt humide de la zone sub-tropicale 1.500.000
Forêt très humide de la zone sub-tropicale 408.000
Forêt pluvieuse de la zone sub-tropicale 3.000
Forêt humide de montagne (basse ait) 137.000
Forêt très humide de montagne 185.00û
Forêt pluvieuse de montange 13.000
Forêt très humide de montange 6.000

Zones écologiques Pluviométrie(mm)


de vie
Forêt épineuse sub tropicale 400- 600
Forêt sèche de la zone sub-tropicale 500-1000
Forêt humide de la zone sub-tropicale 1000 - 2000
Forêt très humide de la zone sub-tropicale - 2000 - 2500
Forêt pluvieuse de la zone sub-tropicale 2500- 3000
Forêt humide de montagne (basse ait) 1000 -2000
Forêt très humide de montagne 2000 - 2500
Forêt pluvieuse de montange 2500 - 3000
Forêt très humide de montange 2000

Ham Econet 233


Hydrologie

Saisons des pluies normales


Avril-Mai pluvieux
Juin-Juillet sec
Août-Septembre-Octobre pluvieux
Novembre-Mars sec

Précipitations/an 40 Milliards m3
infiltration 10%
évaporation 60%
ruissellement 30%

Evolution de la couverture des besoins en eau potable

année 1997

Année 1996

Année 1995

Année 1994

+--
0.00% 10.00% 20.00% 30.00% 40.00% 50.00%

234 Haïti Econet


Energie
Energie consommée par source

Charbon -

Bagasse •
J_

8ectricite ~

Produits petroliers

Bois de feu

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80%

Consommation du bois d feu

Charbon de bois

Petites indust. •

rvlenages

0% 20% 40% 60% 80%

Consommation des produits pétroliers


Services •

rvlenages

ED.H·---·
Industries

Transports

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60%

HaniEconet 235
Couverture des sols
Statistiques indicatives sur l'utilisation des sols en Haïti
tirées de l'interprétation des images SPOT de 1990 par ERIM
Utilisation du sol Total en has Pourcentage %

Eau peu profonde 1, 959.61 0.07


Colluvions et carries 4, 221.76 0.16
Zone urbaine 7, 014.00 0.26
Mangliers 14,242.65 0.53
Forêts de pins 25, 839.15 0.97
Plan d'eau 27, 065.95 1.01
Zones d'ombres* 40, 217.79 1.50
Nuages 44, 331.17 1.66
Terres humides 79, 342.98 2.97
Végétation claire 118, 854.22 4.44
Sol nu clair 177, 865.45 6.65
Autre sol nu 198, 394.80 7.42
Agriculture mixte 438, 763.35 16.44
Végétation moyenne 440, 793.26 16.48
Végétation dense 448, 036.83 16.75
Broussaille 607, 325.13 22.70

Total** 2, 678,258.56 100


• Zones non interprétables
** Les images SPOT de 1990 n'ont pas pris en compte tout le territoire

nuage -
ombrage -
zone urbaine '1
Colluvion et Carrie 1
autre sol nu

sol nu clair Ill•••••••


:
agriculture mixte
broussaille

végétation clairsemée • • • • •
Végétation m o y e n n e ' • • • • • • • • • • • • • • • • • -
~

végétation dense
forêts de pins •
J
mangroves lm
terre humide
eau peu profonde
!

plan d'eau - -

0.00% 5.00% 10.00% 15.00% 20.00% 25.00%

236 Haïti Econet


Tableaux
et
liste des projets
environnementaux

Haïti Econet 237


Tableau 1. Quelques sources de financement non traditionnelles
Source de ·Montant Conditions Nature du projet Documents nécessaires
Financement d'éligibilité
PNUD $68 millions ($500 les pays qui ont • renforcement • document de projet
Capacité 21 000 par projet) ratifié CAP 21 en institutionnel pour • résumé du projet
(CAP21) consultation avec la mise en place des
leur bureau principes de Cap 21
régional
PNUD $514 millions les pays qui ont • changement • document de projet sous
Global {$1rnillion par ratifié les climatique la forme standard du
Environment projet) conventions sur le • diversité biologique PNUD
Facility Changement • les eaux • étude de faisabilité
(GEF/FEM) Climatique ou sur internationales • résumé technique
la Biodiversité • dégradation de
l'ozone
• dégradation des sols
PNUD $24 millions pour les pays intéressés • renforcement des • document de projet
Global la période 7/ 96- doivent contacter le capacité des ONGs • demande émanant des
Environment 6/98 siège du et des groupes ONGsetdes
Facility Small ($35 à $50 000 par programme communautaires organisations
Grants projet) dans la gestion et le communautaires
Programme suivi de
(GEF/SGP) l'environnement
PNUD $42 millions pour les pays qui ont • lutte contre la • document stratégique
Multilateral 1997 ratifié le Protocole production de national sur l'élimination
Fund for the ($600 000 par de Montréal substances des substances néfastes à
Implementation projet) néfastes à la la couche d'ozone
of the Montreal couche d'ozone • document technique
Protocol (MLF) prépar: par le
gouvernement,
l'industrie et le PNUD
PNUD $10 millions pour tous les pays • rendre les • document de projet sous
Public Private la période 1997- membres des problèmes la forme des critères de
Partnerships for 2001 Nations Unies environnementaux ppp
the Urban ($200 000 par urbains en une
Environment projet) entreprise
(PPP) économiquement et
socialement viable
PNUD pays membres des • appui à • document de projet
Office to Combat $19.1 millions Nations Unies qui l'implantation de la soumis par le
Desertification pour 1996 et plus ont ratifié la Convention sur la gouvernement, les ONGs
and Drought Convention sur la désertification, à la et les org sous régionales
(UNSO) désertification formulation d'un - (standards PNUD)
document de
assistance technique
Samba CUISSE et Katlzeri11e OWEN
Tableau 1. (suite)
Source de Montant Conditions Nature du projet Documents nécessaires
Financement d'éligibilité
PNUD $88 millions tous les pays en •exploitation minière • document de projet
U N Revolving depuis 1979 pour développement •exploitation des ressources soumis par le
fund for Natural 29 projets géothennales gouvernement via le
Resources ($1million par Représentant Résident
Exploration projet)
(UNRFNRE)
tous les pays •consultations diverses • document de
$400 000 pour les membres de l'ONU •activités développement justification du projet
UNDPNordic activités et $750 qui ont un PNB (eau et assainissement, • termes de référence des
Fund 000 pour inférieur à $ 2500 énergie, industrie privées, étude de faisabilité
équipements le développement secteur public, éducation, • proposition de budget
régional est santé, environnement et
encouragé infrastructures
les organisations •projet d'environnement
communautaires de urbain
PNUD/LIFE nd base des pays •assistance technique nd
membres des Nations
Unies
•établissement d'un réseau • termes de référence des
Sustainable de développement durable études de faisabilité
Development tous les pays •mise en place d'un réseau • Prodoc avec proposition
Network nd membres des Nations intra eùnternet de budget
Programme Unies
(SDNP)
financement •effet de serre • les conditions de
additionnel des financement et les
Fonds Français 440 millions de demandes des • biodiversité documents exigés sont
pour l'Environne- FF pour la autorités nationales de la même nature que
ment Mondial période 94-97 des pays membres •eaux internationales ceux du GEF
(FFEM) (4.6 millions par des Conventions
projet) internationales sur
l'environnement
entrelOO 000 et les ONGs, les •préservation de la diversité •statut juridique
1 000 000 Écus/ Universités et centres biologique •bilan financier
U.E projet des pays d'études et de •amélioration de •fiche synthétique du
Ligne budgétaire ACP, Pays et recherche, les l'environnement urbain projet
B7-5040 (envi- Territoires autorités nationales, •préservation des zones •cadre logique du projet
ronnement) d'Outre Mer, régionales et locales, côtières •budget et calendrier
Amérique les organisations •conservation de sols et •justification
Latine-Asie, internationales lutte contre désertification
Méditerranéens
UE nd Idem que 87-5040 Idem que 87-5040 Idem que 87-5040
B7-5041(forêts
tropicales)
Samba CUISSE et Katheri11e OWE
Projet PNUD/UNOPS HAl/92/001
Haiti: Problèmes environnementaux, leurs causes &des solutions (J-A Vtctor, PE Parysk;, t996J
Problèmes Causes Circons- Solutions Solutions
Environ- primaires tances Non- Sectorielles
nementaux Aggravantes sectorielles
Pluviométrie Pauvreté de Facteurs Econo- Lutte conttre la Agriculture Durable
Fluctuations masse miques pauvreté Conservation de sol
extrèmes des Endettement lourd Aménagement de
chutes de pluie Population Termes de l'échan- Participation bassins versants
Croissance ge défavorables locale Crédit-Extension-
Forêt accélérée Marchés limités Deconcentration Recherche
Déforestation Densité élevée Manque de transport Decentralisation Cultures rentables et
Déboisement Migration intèrne Manque Engagement adaptées
d'infrastructures communautaire Stablisation et
Sol Agriculture Non Promotion ONGs amenagement systèmes
Erosion Durable Planning Familial locales d'irrigation et de drainage
Salinisation ~égime F_~ncier Inadéquat Valeurs
Désertification mappropne Taux de fécondité traditonnelles Forêts et sols
Tenure de la élevé Reboisement
Eau terre inadequate Famille nombreuse Services de Legislation
Pollution des Déséquilibre planning famlllal Reforme agraire
eaux agro-sylvo- Statut de la Femme Taxes
douces pastoral Concubinage Précoce Capacité
Pollution marine Systèmes de Grossesses non institutionnelle Eaux
Pollution des production désirées Formation des Stratégie de conservation
côtes destructifs de Accès limités aux cadres Recuperation & traitement
Pertes de l'environnement soins de santé et à Coopération des eaux
marécages et de l'éducaton technique Protection des sources
corps d'eau Modes de Chômage 1nvestissements
Consommation Coodination Programme lnté-
Biodiverslté Utilisation Politique gré de Conserva-
Perte des abusive des Manque de volonté Libération de la tion des ressour-
éspèces ressources politique Femme ces naturelles
uniques/rares naturelles Instabilité politique Education Génération de revenus
Perte d'habitats Biens et services Manque de gestion et Soins de Santé Education
specifiques importés sans Rlanificatlon pour Emplois Santé
contrôle aménagement du Législation Processus Industriel
Problèmes approprié territoire
Urbains Méfiance vis à vis des PJ!esures Légales Energie
Accumulation Demande ~ouvemements Etablissment des Promotion de sources
des déchets Internationale orruption normes alternatives/ renouvelables
Insalubrité Matières Manque de Le~islation Efficacité énergétique
Adduction d'eau Premières coordination ~d quate Prix de l'énergie
potable Bois (charbon de Etudes d'impact
Pollution de l'air bois) Facteurs Processus Industriels
Multiplication de Viande Institutionnels Cooperation Durables
bidonvilles Législation agraire intematlonale Réduction des déchets
Reception de inadéquate Planification Produits recyclables
Effets sur la Déchets de Legislation Projets Internalisation des
société environnementale Cooperation coûts environne-
Perte rn1:strialisés inadéquate technique mentaux
d'infrastructures Manque de definition Prets/financement
Perte de vie Facteurs de responsabilité Aires protégées
Perte de biens Culturels institutionnelle Education relative Système de parcs
Perte de Tabous- Régime de subven- à l'environnement nationaux et de paysages
revenus Traditions tians incoherent Formelle eotégés
Baisse de Education Taxation inappropriée Non formelle egislation cadre
production Non-ratification de
Processus conventions int'ls Styles de vie Polltlques sur les
Industriels Modèle de déchets urbains
déchets/pollution Technologies & consommation Plan directeur
Styles de vie durable Normes
Inappropriées Education
Taxes
Tableau 4 : La Situation de la Législation de !'Environnement en Haïti.
Les P ro bl'emes, l es P ro1e
. t sen courset l es A cf Ions sou h a1"tabl es
Domaine Législation Conventions, Accords et Projets de Loi élaborés par Actions souhaitables
d'intervention actuelle Principes Internationaux (ou en voie de l'être)
d'intérêt
Environnement inexistante Déclaration de Rio de 1992 PAE/MDE • loi sur l'évaluation des impacts
(trans-sectoriel) • Loi organique du MDE environnementaux
-
• Loi Cadre • finalisation du P AE
Forêts/Arbres inadaptée Accord sur les Bois Tropicaux, MDE/ATPPF • Politique forestière
inappliquée 1983 • Loi Cadre • règlements
Déclaration de Rio sur les Forêts,
1992
Sol/Montagne incomplète Convention sur la lutte Contre la MARNDR/Prodeter • recherche/ développement
Désertification*, 1994 • normes sur la gestion • normes d'exploitation et
durable des ressources protection des bassins versants
naturelles • application des principes GCD
Eau et incomplète Convention de Bâle de 1989 MDE/MTPfC • ratification de la convention
Assainissement inadaptée • Loi Cadre • règlements
inappliquée • normes
• Lois sectorielles
Biodiversité inexistante Convention sur la Biodiversité*, Néant • recherche/ développement
ressources 1992 • normes de classification et
génétiques protection des espèces en voie
de disparition
• coordination/harmonisation
avec la Rép. Dominicaine
Déchets inadaptée Convention de Marpol, 1973/78 Néant • ratification des conventions
inappliquée Convention de Bâle, 1989 • Loi Cadre
• normes
Environnement inadaptée Déclaration d'Istanbul, 1995 Néant • recherche/ développement
urbain inappliquée Convention de 1974 sur le • lois sectorielles
contrôle des risques • normes
professionnels
Mer et Littoral incomplète Convention de l'ONU sur le Droit Néant • recherche/ développement
de la Mer*, 1982;Marpol, 1973/78 • règlements
Ramsar, 1971 • normes
Aires Protégées inadaptée Convention de Carthagènes, 1983 MDE/ATPPF • règlements
inaooliquée • Loi Cadre • ratification des conventions
Mines et Carrières inappropriée MTPfC/BME • politiques
• amendement Loi • règlements
organique
Air et Bruit inexistante Conventions sur le Changement Néant • recherche/ développement
Climatique*, 1992 • normes
Pêche inadaptée Ramsar, 1971 MARNDR • recherche
inappliquée Genève*, 1958 • révision de la loi • règlements
organique
Chasse inappliquée Néant • règlements
Hygiène publique inadaptée Code sanitaire Pan-américaine*, MSPP • normes
inappliquée 1924 • code de l'hygiène du • règlements
Protocole de 1951 * milieu
• loi organique MSPP
Patrimoine naturel inadaptée Convention de Washington*, 1940 Ministère de la • recherche/ développement
et historique inappliquée de l'UNESCO de Paris*, 1972 Culture/Route 2004 • règlements
de Santiago*, 1976 • Projet de loi sur les sites • normes
et monuments
historiques
Energie inadaptée Convention de 1985 sur la sécurité BME/MTPfC • application des conventions
inappliquée et la santé des travailleurs • loi sur les gaz de pétrole • politiques
Conventions sur le Changement liquéfié • Loi Cadre
Climatique*, 1992 • recherche/ développement
Protocole de Montréal, 1992 • normes
fea11-A11dre Victor & Paul E. Pan;ski, fevrier 1998
•Ratifié par l'Etat Haïtien
Tableau 3 : Les Institutions Nationales de l'Environnement (Le Secteur Public)
leurs problèmes, les circonstances aggravantes et les solutions possibles

Institutions/ Domaines Principaux Circonstances Solutions Possibles


Organismes sous d'intervention Problèmes Aggravantes
tutelle
Primature/UCG trans-sectoriel • Insertion Forte dépendance • Institutionnaliser l'UCG
Institutionnelle de l'aide externe
difficile
MDE trans-sectoriel • pas de loi Pas de Plan • Voter la loi organique
Planification organique d'Actionde • Elaborer le PAE
Contrôle - Normes !'Environnement
(PAE)
MARNDR/INARA/O Ressources • Faible capacité En restructuration • Nouvelle loi organique
DVA/ODPG/ODN/CI naturelles - Pêche - d'absorption depuis 1987 • Professionnalisation de
POSA Chasse- • Gestion loi organique en l'administration
Agriculture centralisée veilleuse • Décentralisation

MTPTC/BME - EDH - Energie - Déchets - • conflit Gigantisme • Meilleur contrôle de la


SMCRS - CAMEP - Eau potable - Institutionnel institutionnel CSCCA
SNEP - SEMANAH - Transports - • Gestion déficiente ·Niveau • Privatisation des
AAN-OFNAC Urbanisation - d'efficacité bas entreprises publiques
Urbanisme
MSPP Hygiène Publique • Capacité Conflit intra- • Réglementer la pratique
Population d'absorption sectoriel médicale
faible • Professionnaliser
• Secteur l'administration
population • Office de population
négligé
MEF/APN - FAES - Pollution des mers • Manque Dépendance vis à • Renforcement contrôle
DGI-IHSI Financement vis de l' Aide
d'infrastructures parlementaire et CSCCA
Terres de l'Etat de contrôle et Externe • Réforme structurelle
Information d'efficacité
MPCE/CNC Aménagement • Instabilité Pas de Plan • Renforcement institutionnel
Territoire - institutionnelle
Economique et selon mission et vocation
Coordination chronique Social
Planifiea tion
MC/ISPAN Patrimoine naturel, • Pas de loi Tutelle de facto de • Voter loi organique
culturel et organique l'ISPAN • Améliorer coordination
historique (MC) inter-institutionnelle
• Conflit inter-
institutionnel
MENJS Education relative • Faible capacité de Taux élevé • Appliquer le Plan de
à !'Environnement gestion et de d'analphabétisme Réforme de !'Education
contrôle
MI/OPDES - OSAMH Désastres naturels • Résistance au Absence Plan • Education civique
-Collectivités Gestion locale changement Décentralisation • Professionnaliser
Territoriales et Plan désastre l'administration
MCVfourisme Eco-tourisme • Politique Absence de Plan • Mise en œuvre du Plan
économique mal Economique et Directeur du Tourisme
connue Social
MJ/Police Nationale Contentieux de • Instabilité Conflits inter et • Mise en œuvre du Plan de
l'environnement institutionnelle intra- Réforme de la justice
institutionnels • Professionnaliser la PNH
Jean André Victor & Paul E. Paryski, février 1998
UNDP/UNOPS HA/1921001
Recapulatif préliminaire des Projets Environnementaux de la Cooperation Externe
année 1997
Titre de projet/Code projet Durée Secteur Zone d'intervention Montant US$

Projets ACDI
Assistance techn. pour préparation dossier environnement 444-20268 96-97 C.I. I coordination, planification nd 259,000
Hvaiène assainissement, eau potable M3596 96-96 G.R.E. I eau et assainissement Port-au-Prince 518,000
Etude drainaae des eaux de surface 96-96 G.R.E. I eau et assainissement nd 308,876
Aménaoement du territoire de la réaion des Niooes 44-19843 97-2001 G. R. E ./forêts Nippes 3,700,000
Etude Gisements Grand-Bois et Morne Bossa 96-96 G.R.E. I mines et carrières Grand-Bois Morne Bossa 143,394
Eau Potable Post Gordon 94-96 G.R.E. /eau et assainissement Léogane, Jacmel 370,000
Schéma d'aménaaement urbain 96-97 G. E. / développement urbain Cap Haïtien 221,704
Prévention des catastrophes m3597 95-96 C.I. /coordination, planification nd 111,000
Fonds oour le PAE 97- C.1. /coordination, planification nd 200,000
Fonds en Environnement 444-20195 97-2001 C.I. / education environnementale Territoire national 5,920,000
PLAEPA #1 HA5500 95-96 G.R.E. I forêts Oranoers 4000
PLAEPA #2 HA5503 95-96 G.R.E. /sols, forêts nd 45,000
Total 11,800,974

Projets BanQue Mondiale


Aoorovisionnement en eau de Port-au-Prince 29520 90-99 G.R.E. I eau et assainissement Port-au-Prince 20,000,000
Assistance techniaue oour la orotection des Parcs et Forêts HT/PA/7326 96-2001 G.R.E. /forêts Ouest, Sud 25,000,0at)
Fonds pour le PAE 97-98 C.I. I coordination, planification nd 422,000
Proiet d'eau et d'assainissement 98- G. R. E. I eau et assainissement nd 10,000,000
65 proiets d'assainissement FAES 95-97 G.R.E. I eau et assainissement Territoire national 2,697,472
24 projets d'eau potable (Prêt Banque Mondiale) FAES 95-97 G.R.E. /eau et assainissement Territoire national 1,030,237
4 projets de conservation de sols (Prêt Banque Mondiale) FAES 95-97 G.R.E. I sols Territoire national 136,658
40 projets conservation de sols (PCE) UCG 95-97 G.R.E. I sols Territoire national 8,188,169
29 projets eau et assainissement (PCE) UCG 95-97 G.R.E. I eau et assainissement Territoire national 7,981 953
Total 75,456,489

Projets Belges
Alimentation en eau potable/Marceline 16448111 93-96 G.R.E. I eau et assainissement Marceline (Sud) 567 000
Adduction en E.P (Plateau Centrale\ 16182111 92-97 G.R.E. I eau et assainissement Plateau central 181,000
Gestion de l'eau dans quartiers de Port-au-Prince 17066111 94-97 G.R.E. /eau et assainissement Port-au-Prince 121,000
Aoorovisionnement en E.P (Madian) 17539111 95-98 G.R.E. /eau et assainissement Madian (Sud) 382,000
Total 1,251,000

Projets BID
Projet drainage de Port-au-Prince phase2 795/SF-HA 89-98 G.E. I développement urbain Port-au-Prince 51,800,000
Proaramme d'urgence de drainage ATN!NC-4780-HA 94-96 G.E. /développement urbain Territoire national 150,000
Etude-composante drainage et voie urbaine ATN!NC-4912-HA 95-97 G. E. I développement urbain nd 150,000
Etude et déveloooement de E. P. rurale A TN!SF-2663-HA 85-96 G.R.E. /eau et assainissement nd 620,000
Etude de préinvestissement en eau potable ATN!SD-5118-HA 95-97 G.R.E. /eau et assainissement Territoire national 125 000
Postes communaux d'hyçiiène et E.P Pochep2 784-SF-HA 88-97 G.R.E. I eau et assainissement Territoire national 13,191,000
Renforcement du secteur E.P (Port-de-Paix\ ATN!NC-5388-HA 97-97 G.R.E. I eau et assainissement Port-de-Paix 200,000
Renforcement du secteur Eau Potable ATN!CP-5389-HA 97-97 G.R.E. /eau et assainissement nd 250,000
Renforcement du secteur E.P (Caves\ ATN!NC-5342-HA 96-97 G.R.E. I eau et assainissement Les Caves 150 000
Renforcement du secteur E.P ATN!NC-5271-HA 96-97 G.R.E. I eau et assainissement Territoire national 900,000
Renforcement du secteur E.P ATNINC-5121-HA 96-97 G.R.E. I eau et assainissement Territoire national 100,000
Formulation politique de l'eau ATNISF-5485-HA 97-98 C.I. I coordination, planification Territoire national 300,000
Drainage et assainissement 3 HA0039 nd G. R. E. I eau et assainissement nd 50 000,000
Eau potable dans villes intermédiaires HA0014 98-2003 G.R.E. I eau et assainissement nd 35,000,000
Protection des ressources environnementales HA0033 98- C .1. I coordination planification nd 10,000 000
Plan de développement urbain ATNISD-5092-HA 95-97 G. E. I déveloooement urbain Territoire national 150,000
26 projets conservation de sols (BID 1er prêt) FAES 95-97 G.R.E. I eau et assainissement Territoire national 116 932
35 projets assainissement (BID 1er prêt) FAES 95-97 G.R.E. /eau et assainissement Territoire national 1,384,557
6 oroiets de conservations de sols (BIO 2ème Prêt) FAES HA0037 97-99 G.R.E. I eau et assainissement Territoire national 294,780
37 oroiets eau ootable (BID 2ème orêt) FAES HA0037 95-97 G.R.E. I eau et assainissement Territoire national 2 421 145
2 oroiets eau ootable (BID 1er orêt) FAES 95-97 G.R.E. /eau et assainissement Arcahaie, Thomassin 110,143
4 oroiets lutte erosion/traitement ravine UCG/PURE1 95-97 G.R.E. I sols Territoire national 889,780
4 oroiets de reboisement UCG/PURE1 942/SF-HA 95-97 G.R.E. I forêts Sud, Centre Ouest 521,185
Total 168,824,522

Proiets FENU
Alimentation en eau ootable/Cité Soleil HAl/85/C02 91-97 G.R.E. I eau et assainissement Cité Soleil 3 391,343
Réhabilitation des pistes et aménaaements des ravines HAl/96/C01 97-2000 G. R. E. I sols Sud 836 500
Alimentation en E.P et assainis.(Plaine de l'Arcahaie) HAl/88/C02 91-98 G.R.E. I eau et assainissement Arcahaie, Cabaret 1507297
Total 5,735,140

Projets Francais MCFICF


Bornes Fontaines payantes 5234930501 OP 96-97 G.R.E. I eau et assainissement Port-au-Prince 1,000 000
Réhabilitation de l'alimentation en E.P 5834000062 E 95-97 G.R.E. I eau et assainissement Port-au-Prince 27 000 000
Total 28,000,000

Proiets Jaoonais
Amélioration de distribution de E.P 95-95 G. R. E. I eau et assainissement Miraaoâne,St Marc, Corridon 30,000
Captaae et réhabilitation des sources de Mont Oraanisé 96-97 G.R.E. I eau et assainissement Mont Oraanisé 35000
Total 65,000

Projets Pays Bas


Conservation de sols, l'Acul CCD HT002001 95-98 G.R.E. /sols L'Acul 346 000
Conservation de sols, la Treille CCD HT0080211946936 94-97 G.R.E. /sols Treille Gros-Morne 355 000
Total 701,000

Projets PNUD
Proqramme d'urqence d'eau potable HA/1911021 92-2000 G.R.E. I eau et assainissement Territoire national 3 930,256
Intervention uraentes dans zones touchées oar Gordon HAl/951013 95-97 G.R.E. I sols Zones Côtières 757,437
Cellule de coordination et de suivi de l'environnement UNOPS/HA/1921001 92-98 C.I. I coordination, planification Territoire national 3,460,313
Cellule d'aooui à la aestion des plans d'eau FAOIHAl/891024 89-98 C.I. I coordination, planification Plateau central, Pont-sondé 1,814 540
APoui institutionnel en aménaaement du territoire HABITATIHA/1941016 94-98 C.I. I coordination, planification Territoire national 2 899 476
Route 2004 Mise en valeur ress hist culturelles, naturelles UNESCOIHA/1951010 95-97 G.E. I Parcs, réserves, monuments Territoire national 1,618,319
Programme d'action forestier tropical PAFT FAO/HA/1891026 89-95 G.R.E. I forêts Territoire national 171 741
PRODETER FA0/951020 95-98 G.R.E./ sols Territoire national 745864
Eau potable/Plaine de l'Arcahaie UNOPS/HA/1891020 89-97 G.R.E. I eau et assainissement Arcahaie, Cabaret 1,040,075
Aooui à la réorganisation secteur eau & assainissement 2 UNDDSMSIHA/1961003 96-98 G.R.E. I eau et assainissement Territoire national 640,000
Assistance techn.adduction d'eau potable (Cité soleil) UNOPSIHAl/901021 90-98 G.R.E. /eau et assainissement Cité soleil 346,000
Total 17,424,021

- .. -··
3 projets Eau Potable (proaramme réhabilitation) HA 7001 95-97 G.R.E. /eau et assainissement Territoire national 3,219,000
8 projets relatifs à !'Environnement (proaramme réhabilitation) HA 7001 95-97 G.R.E. I eau, sols Territoire national 810,180
Etude pour projet d'imagerie satellitaire 7 HA 27 nd G.R.E. / G.E. I informatiQue T erritojre national 35,280
Projet d'imaaerie satellitaire nd G.R.E. I G.E. I informatiQue Territoire national 2,268,000
10 proiets d'eau potable et d'assainissement (microréalisations) ALA89/16 89-97 G.R.E. /eau et assainissement Territoire national 522 772
2 projets, conservation de sols et areffaae (microréalisations) ALAB9/16 89-97 G.R.E. I sols Sud, Ouest 34,000
5 projets d'adduction d'eau potable (ligne buda.réhabilitation) 87-6410 95-96 G.R.E. /eau et assainissement Territoire national 2,556,492
1 projet d'aménagement des bassins versants (ligne budg.réhab.) 87-6410 98-99 G.R.E. I sols Rivière de Bayonnais 468,720
29 projets relatifs à l'environnement (ligne buda.cofinance ONG) 87-5010 91-97 G.R.E. I eau et assainissement Territoire national 1 084 815
Projet de lutte communautaire contre l'érosion (ligne budg.réhab.) 87-6410 98-99 G.R.E.I sols zones montagneuses · 189,000
Total 11,188,259

Projets Autres Agences ONU


Etude de protection des ecosystèmes marins (UNESCO) 95-95 G.R.E. I mer et littoral Lully, les Arcadins 100 000
Fonds pour le PAE (Secrét Désertification SCLD) 96-97 C.I. I coordination, planification nd 8000
Aoorovisionnement eau potable & assainissement CUNICEFl YW503-01-02 95-95 G.R.E. I eau et assainissement Territoire national 1,574,000
Projet d'eau et d'assainissement (OMS) 95/HAl-ENV-01 95-96 G.R.E. I eau et assainissement Territoire national 487000
Conservation sols dans zones montagneuses marainalesCPAM) HA/15583 96-99 G.R.E. I sols Territoire national 3,900,000
Hvdroloaie isotooe CAIEAl HAl/8/004 91-96 G.R.E. I eau et assainissement Territoire national 61,000
Total 6,130,000

Projets USAID
Projets d'adduction d'eau potable 96-97 G.R.E. /eau et assainissement Cayes 248 000
ASSET 527-0527 97-2002 G.R.E. I sols Territoire national 45000000
Productive Land Use Systems (PLUS) 521-0217 89-99 G.R.E. I sols Territoire national 32,500 000
Plan d'action nationale pour l'environnement 521-0222 95-96 C. I. / coordination planification Territoire national 750,000
Taraeted watershed management 521-0191 86-96 G.R.E. /sols Caves, Chardonnière 15,678,000
Haïti Urban Pollution Project (Propre) 96-97 G. R. E. / eau et assainissement Port-au-Prince 400,000
Total 94,576,000

Projets Allemagne
Eau potable et assainissement Cap Haïtien (Allemg/KFWl 98-2000 G.R.E. /eau et assainissement Cap Haïtien 13,752,000
Ramassage d'ordures ménaaères (Allema/GTZl 95-95 G. E. I déveloooement urbain Port-au-Prince 628,000
Total 14,380,000

Autres Projets
Projet d'eau potable en zones rurales (Argentine) L0/95N01 97-98 G.R.E. /eau et assainissement Bainet, Tl Goâve 314 000
Proaramme d'uraence d'eau potable (Lux/Moc) 92-98 G.R.E. /eau et assainissement nd 156,000
Participation communautaire dans l'utilisation de l'eau (Mexique) 6 96-96 G.R.E. /eau et assainissement nd 15 000
Total 485,000

TOTAL 430,282,265

LÉGENDE (1) Agence Internationale de !'Energie Atomique


C.I =Cadre Institutionnel (2) United Nations Department for Developpment and Management Services
G.R.E =Gestion des ressources naturelles (3) Secrétariat des Conventions pour la lutte contre la désertification
G.E. =Gestion de l'espace
SCLD-Secrétariat des conventions pour Lutte contre Désertification
IMPRIMERIE
HENRI DESCHAMPS
Voilà un numéro spécial de ECONET qui fera date dans
l'histoire de la gestion de l'environnement en Haïti. Il
intéressera, à n'en pas douter, les Ministères, les Collectivi-
tés Territoriales, les Organisations Non Gouvernementales,
les Associations écologistes, les Organisations
intermédiaires de développement et les Bailleurs de fonds.
Les haïtiens de toutes catégories y trouveront des motifs
pour s'engager et les compatriotes de la Diaspora des
raisons de croire et d'espérer. La réhabilitation et la protec-
tion de l'environnement étant l'affaire de tous, les citadins
comme les paysans, les administrateurs comme les admi-
nistrés finiront par se donner la main pour réaliser à l'aube
du nouveau.millénaire, les objectifs de développement
humain durable dans le respect des principes démocrati-
ques et écologiques.

Mieux, toutes les ressources disponibles (humaines, tech-


niques, financières, etc.) doivent être mobilisées dès J.Râin-
tenant pour pouvoir réhabiliter l'environnement haïtien et
transmefu:e un héritage écologiquement durable aux gén~~!
rations futures.

Pierre Lelien Douyon


Chargé de Programme au PNUD
Mai1998