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République Tunisienne

Ministère de l’Enseignement Supérieur , de la Recherche


Scientifique et de la TIC
Université de Gafsa
Institut Supérieur de Sciences Appliquées et
de la Technologie de Gafsa
Département Maintenance des Engins Lourds
MASTERE PRO_MANAGEMENT DE LA
MAINTENANCE INDUSTRIELLE

HYDRAULIQUE

VERSION 2015-2016

Khaled GAMMOUDI
ISSAT GAFSA
gammoudy@gmail.com
1 – Notions fondamentales sur
les écoulements

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1. Définitions
L’écoulement d’un fluide peut être permanent ou non permanent, uniforme ou non
uniforme, laminaire ou turbulent.

Écoulement permanent : un écoulement est permanent si la vitesse des particules


de fluide qui se succèdent en un même point, et quel que soit ce point, reste la même
(constante) au cours du temps.

Écoulement uniforme : un écoulement est uniforme si la vitesse des particules de


fluide est la même en tout point de l’écoulement (même direction, même intensité et
même sens en chaque point).

Fluide parfait ou idéal : un fluide parfait est un fluide dont la viscosité est supposée
nulle (p = 0 ou v = 0). Il n’y a pas de contraintes de cisaillement dues au frottement
interne entre molécules et au frottement contre les parois. Il n’y a pas de rotation des
particules de fluide autour de leur centre de masse (elles sont dites irrotationnelles). Il
ne supporte que des forces de pression et les écoulements peuvent être représentés
par des lignes de courant.

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Lignes de courant : les lignes de courant sont des lignes imaginaires de
l’écoulement indiquant la direction du mouvement du fluide. Elles sont tangentes en
chaque point aux vecteurs-vitesses des particules du fluide.

Tube de courant : un tube de courant est un ensemble formé à partir d’un faisceau
de lignes de courant (sorte de “canalisation”). Il n’y a pas d’écoulement de fluide
latéralement ou transversalement au tube. L’écoulement s’effectue par les sections
d’entrée (S1) et de sortie (S2).

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2. Équation de continuité
En écoulement permanent la masse de fluide traversant l’ensemble des sections
droites ou transversales d’un tube de courant par unité de temps reste ta même.
Autrement dit, le débit est constant :
Q entrée du tube = Q sortie du tube de courant
Cas d’une canalisation : le débit à l’entrée
Q1 est égal au débit à la sortie Q2.

Débit en volume ou débit volumique :


Qv = Qv1 = S1.V1 = Qv2 = S2.V2
Qv en m3.s-1 ; S1 et S2 en m2 ; V1 et V2, en m.s-1.

Débit en masse ou débit massique :

Qm = Qm1 = ρ1.S1.V1 = Qm2 = ρ2.S2.V2


Qm en kg.s-1 ; ρ1 et ρ2 en kg.m-3 ; S1 et S2 en m2 ; V1 et V2 en m.s-1.

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Remarque : ρ est la masse volumique du fluide ; S1 et S2 les sections d’entrée et de
sortie ; V1 et V2 les vitesses moyennes d’écoulement à l’entrée et à la sortie.
Exemple : un réservoir plein est alimenté par les canalisations (1) et (2) ; la vidange est
assurée par la conduite (3). Il y a continuité du débit entre les (3) canalisations
.

Canalisation Diamètre ρ V
(mm) (kg.m-3) (m.s-1)
entrée 1 100 700 5
entrée 2 80 700 V2?
sortie 3 120 700 8

Déterminons la vitesse d’entrée V2 et les débits.


2
π. 0,12
Qv = Qv1 + Qv2 = Qv3 = S3 . V3 = .8 = 0,09048 m3 . s−1
4
Qm = ρ. Qv = ρ. Qv3 = 700.0,09048 = 63,3 kg. s−1

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2 2
π. 0,1 π. 0,08
Qv = Qv1 + Qv2 = S1 . V1 + S2 . V 2 = .5 + . V 2 = 0,09048
4 4
Qv − S1 .V1 0,09048 - 0,03927
V2 = = = 10,2 m. s
−1

S2 0,00502

Qv2 = 0,00502.10,2 = 0,0512 m3 . s−1 Qm2 = 700.0,0512 = 35,8 kg. s−1

3. Écoulement laminaire, écoulement turbulent, nombre de


Reynolds Re

a) Écoulement laminaire
Il se produit dans le cas de fluides suffisamment visqueux, avec une vitesse moyenne faible
et dans une canalisation de faibles dimensions. Les trajectoires des particules de fluide
restent parallèles à la paroi. La vitesse des particules qui se succèdent en un point de
l’écoulement est immuable (constante) au cours du temps.

Exemple : écoulement des huiles des circuits hydrauliques industriels (vérins, etc.).

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b) Écoulement turbulent
Le plus fréquent sur le plan industriel : la vitesse des particules de fluide qui se succèdent
en un point de l’écoulement, plus élevée que précédemment, varie au cours du temps.
Cependant, la vitesse moyenne de ces particules est indépendante du temps.

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c) Nombre de Reynolds Re

Le nombre de Reynolds Re est un nombre sans dimension (pas d’unité) qui permet de
faire la différence entre un écoulement laminaire et un écoulement turbulent.

V .d Re < 2000 écoulement laminaire


Re = 2 000 < Re < 3000 écoulement incertain
υ Re > 3000 écoulement turbulent

V = vitesse moyenne du fluide en m.s-1


d = diamètre de la canalisation en m
ν = viscosité cinématique du fluide en m2.s-1
Re = nombre de Reynolds, sans dimension
Exemple : déterminons le nombre de Reynolds d’un écoulement d’essence (viscosité
dynamique μ = 2,9 .10-4 Pa.s, masse volumique 680 kg.m-3) circulant à la vitesse de 10
cm.s-1 dans une conduite de 5 mm de diamètre.

V.d ρ.V.d 680.0,1.0,005


Re = = = −4
= 1172
υ µ 2,9.10
l’écoulement est laminaire

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2 - Pertes de charge

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1. Pertes de charges régulières

Les pertes de charge régulières résultent du frottement exercé entre le fluide et la


surface intérieure de la canalisation. Elles sont proportionnelles à la longueur L de la
conduite et au carré de la vitesse moyenne V du fluide, inversement proportionnelle
au diamètre d et fonction de la rugosité moyenne R de la canalisation.
a) Formule de Darcy-Weisbach
(écoulement laminaire ou turbulent dans une conduite de diamètre d)

f.L. V 2 ∆p f.L. V 2
∆p = p1 − p 2 = ρ (en Pa); W f1/2 = = (en J. kg −1)
2.d ρ 2.d
Unités : p1 et p2 en Pa ; L et d en m ; V en m.s-1 ; ρ en kg.m-3 ; f sans unité est obtenu par
l’abaque jointe (Moody-Mourine).

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b) Frottement f
f caractérise le frottement entre la conduite et le fluide.
f dépend essentiellement du nombre de Reynolds Re et de la rugosité relative R/d.
64
En régime laminaire : f laminaire =
Re de l’abaque de Moody-Mourine.
En régime turbulent : f est déterminé à partir

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c) Exemple
Déterminons les pertes de charge dans une canalisation horizontale, en tube
d’acier :
d = 100mm ; rugosité R = 0,l mm ; L = 50 m ; fluide véhiculé de l’eau à 50 °C ;
ρ = 988 kg.m-3 ; ν = 0,5534.10-6 m2. s-l ;
vitesse moyenne d’écoulement V = 2 m. s-1 ; p1= 2 bars.

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2. Pertes de charges singulières

Les pertes de charges singulières résultent de la présence de coudes, raccords,


branchements, robinets, etc. Tous ces éléments (singularités), installés le long des
canalisations, constituent des obstacles qui freinent le passage du fluide et amènent des
pertes de charge.
Les pertes singulières sont caractérisées à partir d’un coefficient de perte k et
déterminées par la relation :

k. V 2 ∆p k. V 2 −1
∆p = p1 − p2 = ρ (en Pa ) OU WS1/2 = = ( en J . kg )
2 ρ 2
Unités : p1 et p2 en Pa ; V en m.s-1; ρ en kg.m-3 ; k coefficient de perte de charge (voir
graphe et tableaux suivants).
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Exemple : reprenons la conduite de l’exemple du paragraphe 1 (d = 100 ; R = 0,1 mm ; eau
à 50 °C, ρ = 988 kg.m-3, ν = 0,5534.10-6 m2.s-1, V = 2 m.s-1) avec des coudes bridés et un
robinet à soupape partiellement ouvert (h/d = 0,5). Déterminons les pertes totales entre
A et B, sachant que la conduite est horizontale.

a) Pertes régulières
Au total, 50 m de canalisations, les pertes engendrées sont celles obtenues dans
l’exemple du paragraphe 1.
f = 0,02 ; ΔpR = 19760 Pa.
b) Pertes singulières .
ktotal = k(sortie réservoir) + 2xk(coude à 45°) + 2 xk(coude à 90°) + k(coude à 180°) + krobinet
ktotal= 0,5 + 2 x 0,19 + 2 x 0,30 + 0,30 + 6,0 =7,78

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k. V 2 7,78. 22
∆ps = ρ = 988 = 15373 Pa
2 2
c) Pertes totales
Δp=pA-pB=ΔpR+ΔpS=19760+15373=35133Pa
pB = pA - ΔP = 200 000 - 35133 = 164 866 Pa ≈ 1,65 bar

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3 - Loi de l’énergie - Équation de Bernoulli

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Pour un tube de courant, le travail des forces de pression et des forces de pesanteur est
égal à la variation de l’énergie cinétique

Energie perdue
Energie à Energie Energie Energie à
(pertes de charges
la section ajoutée dépensée la section
régulières et
d’entrée (pompe, etc) (turbine, etc) de sortie
singulières, etc)

1. Cas 1: pertes de charges négligées, pas d’échange d’énergie

Le tube de courant est


énergétiquement isolé et il y a
conservation de l’énergie entre
sa section d’entrée S1 et sa
section de sortie S2.

Énergie à la section d’entrée S1 = Énergie à la section de sortie S2

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Équation de BernouIli pour 1 kg de fluide
2 2
P1 + g + V1 = P 2 + g + V 2 (en J .kg −1 )
Z1 Z2
ρ 2 ρ 2
2 2
1 V 1 V
m V12 = 1 et m V 22 = 2 caractérise l’énergie cinétique d’une masse m
2 2 2 2 de fluide égale à 1 kg (m = 1).

mg Z1 = g Z1 et mg Z2 = g Z2 caractérisent les énergies potentielles.

P1 et P 2 caractérisent l’énergie engendrée par la


ρ ρ pression.
Remarque : la somme des trois grandeurs précédentes caractérise le potentiel
énérgétique du fluide à l’entrée ou à la sortie. L’équation peut encore s’écrire :

Variation Variation Variation


d’énergie due
au changement
d’énergie
potentielle
d’énergie 0
cinétique
de pression de pesanteur

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P 2 − P1 + g( − ) + V 2 - V 1 = 0 ( en J .kg −1 )
2 2
Pour 1 kg de fluide : Z 2 Z1
ρ 2
P − P V
2
- V
2
Variante en hauteur du fluide : 2 1
+ ( Z 2 − Z1) + 2 1
= 0 ( en m )
ρg 2g
2. Cas 2 : avec échanges d’énergie et pertes de charge négligées
Une machine placée dans le tube de courant
et échangeant de l’énergie avec le fluide
modifie les caractéristiques de l’écoulement.
Si W1/2 est l’énergie échangée entre la
machine et le fluide, l’équation de Bernoulli
s’écrit :
2 2
Pour 1 kg de fluide P1 + g + V1 + = P 2 + g + V 2 (en J .kg −1 )
Z1 W1/2 Z2
ρ 2 ρ 2

Lorsque la machine est motrice (pompe, etc.), elle fournit de l’énergie au fluide
(W1/2 > 0) qui s’ajoute à celle de la section d’entrée S1.
Si la machine est réceptrice (turbine, moteur hydraulique, etc.), elle prend de
l’énergie au fluide (W1/2 < 0) qui se retranche de celle en S1.

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3. Cas 3 : cas général avec échanges d’énergie et pertes de charge
Le frottement du fluide sur les parois des canalisations (pertes de charge régulières), les
obstacles au passage fluide comme les coudes, tés, rétrécissement, etc. (pertes de
charge singulières) se traduisent par des pertes d’énergie du fluide. Ces pertes se
retranchent de l’énergie dont dispose le fluide à l’entrée S1 et Bernoulli s’écrit :

Pour 1 kg de fluide
2
P1 + g + V1 + fL V 2 k V2 P V2
2
−1
Z1 −
W 1/2 ∑( + ∑ ) = 2
+ g Z2 + ( en J .kg )
ρ 2 2d 2 ρ 2

fL V 2
∑ = somme des pertes de charge régulières entre S1 et S2
2d

k V2
∑ = somme des pertes de charge singulières entre S1 et S2
2

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4. Équation de Bernoulli corrigée (canalisations)
La vitesse du fluide qui entre ou sort d’une canalisation varie le long du rayon de la
section transversale (figure 6 du paragraphe 13) et est maximale au milieu. La variation
est d’autant plus grande que l’écoulement devient laminaire. Le coefficient correctif α
prend en compte ce phénomène et permet de corriger l’énergie cinétique.

+ g Z1 + α 1 1 + W 1/2 − pertes = 2 + g Z 2 + α 2 2 ( en J .kg −1 )


2 2
P1 V P V
ρ 2 ρ 2

Écoulement laminaire Re < 2 300 Écoulement turbulent (Re > 2 300)

α = 2 m
α
1/5 1/6 1/7 1/8
1,106 1,077 1,058 1,046 1,037
1/9

(1 + m ) ( 2 + m )
3
En écoulement turbulent : α =
4 (1 + 3 m )( 2 + 3 m )

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5. Exemples

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a) Exemple 1
Un réservoir permet d’alimenter en eau une installation industrielle. L’eau est
transportée par une canalisation de diamètre d = 100 mm.
Déterminer la vitesse V2 de sortie de l’eau si les pertes de charges sont négligées.
Résolution
Appliquons le théorème de
Bernoulli à l’ensemble du fluide
considéré comme tube de courant.
S1 est la surface du réservoir (P1 =
Patm ; V1 = 0 ; z1 = h) et S2 est la
section de sortie de la canalisation
(P2 = Patm ; V2 inconnue ; z2 = 0).
2 2
P1 + g + V1 = P 2 + g + V 2
Z1 Z2
ρ 2 ρ 2
2
Patm + gh + 0 = Patm + (g x 0) + V 2 donne
V 2 = 2gh
ρ ρ 2
Application numérique :
V 2 = 2.9,81.10 = 14 m. s
−1

En pratique, les pertes de charge dans la canalisation diminuent la vitesse V2.

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b) Exemple 2
Le fioul contenu dans Ie réservoir source (1) est transféré vers un réservoir (2) par
l’intermédiaire d’une pompe et d’une canalisation. Le débit est de 200 L.s-1, les pertes de
charge sont estimées à 30 J.kg-1 entre A et B et à 100 J.kg-1 entre C et D. La densité du
fioul est de 0,85. Déterminer la puissance de la pompe si son rendement est de 0,8.
Résolution
Appliquons Bernoulli entre les surfaces
S1 et S2 des deux réservoirs. P1 = P2 =
Patm= pression atmosphérique ; V1 = V2
= 0 (les niveaux des réservoirs varient
très lentement).

2 2
P1 V P V
+ g Z1 + 1 + W1/2 − pertes = 2 + g Z2 + 2
ρ 2 ρ 2
−1
W1/2 = (30 + 100 ) + 9,81(55 − 15) = 522, 4 J. kg
La pompe doit délivrer 522,4 joules pour transférer chaque kg de fluide.
Débit massique : Qm = ρQ v = 850 x 0,2 = 170 kg. s
−1

Puissance délivrée par la pompe : W1/2 x Qm = 522,4 x 170 = 88808 W


88808
Puissance de la pompe : = 111010 W ≈111 kW
0,8
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C) Exemple 3
Un barrage est équipé d’une turbine Pelton dont les aubes sont entraînées par un jet
d’eau sous pression. Le diamètre de la conduite de Sortie est de 2,5 m et le débit de 25
m3.s-1. Déterminer la puissance disponible sur l’arbre de la turbine si son rendement est
de 0,7 et si les pertes de charge sont évaluées à 5 m d’eau.

Résolution
Appliquons Bernoulli entre la surface du
lac artificiel (S1) et la section transversale
(S2) située juste à la sortie de la
canalisation d’évacuation.
P1 = P2 = pression atmosphérique ; V1 = 0
(le niveau du lac baisse très lentement) ;
z1 = 30 m ; z2 = 5 m ; ρ = 1000 kg.m-3.

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Qv 25
V2 = = = −1
5,093 m. s
S2 π .1,25
2

2 2
P1 + + V1 − W 1/2 − pertes = P 2 + + V 2
Z1 Z2
ρg 2g g ρg 2g
2
P atm + 30 + 0 − W 1/2 − 5 = P atm + 5 + 5,093
ρg g ρg 2g
2
5,093
W 1/2 = 9,81(30 − 10) − = 183,23 J. kg −1
2
Débit massique :

Qm = ρQv = 1000 x 25 = 25000 kg. s−1

Puissance sur l’arbre :

W1/2 x Qm x rendement = 183,23 x 25000 x0,7 ≈ 3,2 MW

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6 - Théorème de la quantité de
mouvement (théorème d’Euler)

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Il résulte de l’application du théorème de la quantité de mouvement à l’écoulement d’un
fluide.
Complémentaire de la loi sur l’énergie
(Bernoulli), le théorème permet de déterminer
les efforts exercés par les fluides en mouvement
sur les objets qui les environnent.
Dans le cas d’un fluide, tout se passe comme si
la masse Δm de fluide entrant par S1 était
instantanément transportée et passait par S2
pendant l’intervalle de temps Δt. Il en résulte
que la variation de la quantité de mouvement
entre S1 et S2 est égale à Qm (V2 – V1) avec Qm le
débit massique.
Énoncé : →
la résultante ( ∑ F ) des actions mécaniques extérieures exercées sur le fluide isolé (fluide
contenu dans l’enveloppe limité par S1 et S2) est égale à la variation de la quantité de
mouvement du fluide qui entre en S1 et sort par S2.

∑ F = mg + P1 S 1 + P 2 S 2 + R = Q m (V 2 − V 1)
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: poids du fluide isolé
: résultante des forces de pression sur la
section S1

: résultante des forces de pression


sur la section S2

: résultante des actions exercées par


l’enveloppe ou la canalisation sur le
fluide

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Exemple : déterminons la résultante des actions exercées par un écoulement de pétrole
sur un coude horizontal à 90°. P, = 2 bars, les pertes de charges sont égales à 1,2 m de
pétrole (872 kg.m-3). Le débit est de 0,86 m3.s-1, le diamètre du coude de 0,5 m et le poids
du fluide sera négligé.

V1 = V 2 =
Qv 0,86.4
= = −1 π . 0,5
2

S π . 0,52
4,38 m. s S = S1 = S2 = = 0,19635 m2
4
Qm = ρQv = 872 x 0,86 = 750 kg. s−1
P2 = P1 − pertes = 200000 − ρgh = 200000 − 872.9,81.1,2 = 18 9735 Pa
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Théorème d’Euler appliqué au fluide du coude isolé (R est la résultante des actions
exercées par le coude sur le fluide) :

R + P1 S 1 + P 2 S 2 + = Q m (V 2 − V 1)
Projection sur x

- R x + P1 S1 = -Qm V1
R x = P1 S1 + Qm V1 = 200000.0,19635 + 750.4,38 = 42555 N
Projection sur y
R y − P 2 S2 = Qm V 2
R y = P 2 S2 + Qm V 2 = 189735.0,19635 + 750.4,38 = 40539 N
R = R 2x + R 2y = 58773 N
R 
θ = arctan y  = 43,61°
 Rx 

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