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Université Abdelmalek Essaadi

Ecole Nationale de Commerce et Gestion Tanger

La Gestion Fiscale des Entreprises

SYSTÈME FISCAL MAROCAIN :


EVOLUTION HISTORIQUE ET
PARTICULARITÉS
SOCIOÉCONOMIQUE

Encadré par : Présenté par :

Pr. ETTAHRI Younes Benhamed Oumaima


ALLAM EL IDRISSI Hajar
BEROHO Houda
AMAGHOUD Aymane

Année Scolaire : 2019-2020


SOMMAIRE
Introduction :.............................................................................................................................. 2

Chapitre1 : aperçu genaral sur le système fiscal marocain :................................................. 3

Section1 : Système fiscal marocain : Présentation, historique : .......................................... 3

Section 2 : Principaux généraux et cadre de référence régissant la matière fiscale....... 4

Chapitre 2 : LE SYSTÈME FISCAL AVANT LA RÉfORME DES ANNÉES 80 .................................... 6

Section I : Architecture du système fiscal d’avant la réforme............................................ 6

Section 2 : Limites du système fiscal d’avant la réforme .................................................... 8

Chapitre 3 : STRUCTURES DES RECETTES ET DEPENSES AU MAROC: ...................................... 10

Section 1 : la reforme du système fiscale au Maroc ......................................................... 10

Section 2 : les recettes fiscales ............................................................................................ 11

Section 3 : les dépenses fiscales ......................................................................................... 11

Conclusion générale :............................................................................................................. 14

Références Bibliographiques : ................................................................................................ 15

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INTRODUCTION :

De l’indépendance en 1956 jusqu'en 1984, le système fiscal marocain en vigueur était


hérité du protectorat français. Les responsables marocains ont attendu le milieu d es
années 1980 pour réformer un système fiscal complexe et aux multiples défaillances. La
réforme fiscale des années 1980 constitue un grand tournant dans l’évolution du système
fiscal marocain. Elle en a profondément modifié l’architecture générale. Les i mpôts
synthétiques comme la taxe sur la valeur ajoutée « TVA » en 1986, l’impôt sur les sociétés
« IS » en 1987 et l’impôt général sur le revenu « IGR » en 1990, se sont substitués aux impôts
cédulaires en vigueur. La mise en œuvre de la réforme fiscale des années 1980 s’est
accompagnée d’une série d’aménagements qui ont débouché notamment sur la
réduction des taux d’imposition, l’élargissement de l’assiette fiscale, la réduction de la
charge fiscale et la simplification de la gestion fiscale.
Le Maroc après l’adoption du nouveau texte constitutionnel de 2011 et l'instauration d'une
politique fiscale juste et équitable constitue une condition majeure pour le
développement. La question est de fait abordé dans une nouvelle la constitution
marquant de façon claire le principe de l’égalité devant l’impôt, et attribuant aux
représentants de la nation au sein du parlement la compétence générale en matière
fiscale, par le biais du vote de la loi de finances. La fiscalité marocaine est à la fois
l’expression et le résultat de son intégration à l’économie de marché international.
L'histoire de l'imposition au Maroc est dans une large mesure celle du développement de
l'administration centrale. Adossés au départ sur des systèmes traditionnels, les impôts au
Maroc ont connu différentes variantes, pour se caler sur des systèmes plus modernes au
cours du XXème siècle et aboutir, suite à la grande réforme de 1984, à l’architecture
fiscale telle qu’elle est connue aujourd’hui.
Fruit de plusieurs réformes tout au long du XXème siècle et qui se sont accélérées pendant
les années 80 et 90, le système fiscal marocain peut aujourd’hui, dans son architecture
générale, être considéré comme un système moderne, semblable à ce qui se pratique
dans les pays à économie ouverte. Il n’en demeure pas moins qu’il souffre de certaines
carences importantes, aussi bien dans sa pratique que dans la gestion de la relation entre
l’Administration fiscale et les citoyens, ainsi que dans l’incivisme fiscal qui fait que de
grands pans de l’activité et de nombreux contribuables continuent d’échapper à l’impôt.
Dans le cadre de cet exposé le système fiscal marocain : évolution historique et
particularité socioéconomique, le premier chapitre est consacré à présenter une
généralité sur le système fiscal marocain et son aspect historique puis le cadre de
référence régissant la matière fiscale. Ensuite le second chapitre mettant la lumière sur les
réformes fiscales au Maroc et les limites du système fiscal avant la réformes. Enfin , parlant
de la structure des recettes et les dépenses au Maroc.

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CHAPITRE1 : APERÇU GENARAL SUR LE SYSTÈME
FISCAL MAROCAIN :

Section1 : Système fiscal marocain : Présentation,


historique :

L’état marocain, les règles juridiques et les institutions fiscales qui régissent le domaine des
finances publiques sont le résultat d’une longue évaluation historique, marqué par des
transitions qui ont donné naissance à un système fiscal moderne, comparable à ceux en
vigueur dans les pays développés et à économie libérale. Ainsi, le système fiscal national
tout au long du 20 ème siècle, connu une évolution sous la pression de contraintes
budgétaires, ayant permis l’instauration des premiers impôts modernes. Depuis
l’indépendance, l’évolution est fondée sur, la solidarité, le consentement et l’incitation
économique pour aboutir actuellement à un système moderne, qui est l’émanation de la
volonté d’intégrer l’économie marocaine dans l’échiquier international.

 Définition du système fiscal :

Le système fiscal c’est l’ensemble des impôts appliqués à un momen t donné dans un pays
déterminé. Il semble impliquer l’existence d’une combinaison harmonieusement et
logique agencée alors que l’observation des diverses structures fiscales montre qu’elles
sont le plus souvent constituées d’éléments épars, plus ou moins cohérents. Ainsi, la
structure fiscale d’un pays dépend des choix du pouvoir politique mais demeure soumise
à l’influence de facteurs sociaux, économiques, psychologiques avec lesquels les
gouvernements doivent composer. Toutefois le système fiscal marocain est très largement
utilisé par l’autorité gouvernementale comme levier économique d’incitation soit à
l’investissement plus particulièrement dans tel ou tel secteur ou à l’investissement de façon
générale.
La fiscalité au Maroc est restée un domaine en perpétuelle réforme. En effet à chaque loi
de finance, des nouveautés sont introduites, dans une logique d’incitation économique
nouvelle ou pour répondre au souci de tel ou tel secteur économique, ou telle catégorie
sociale. Le système a renforcé la doctrine administrative qui via les circulaires de la
direction générale des impôts ou ses autres publications, fixe la manière dont la loi être
interprétée.

 L’évolution historique du système fiscal marocain :


 Le régime fiscal avant le protectorat :

Instaure un régime fiscal en réaction fiscal particulièrement à la pression budgétaire


découlant de la situation des finances publiques qui s’est dégradée pour des raison
multiples, liées aussi bien à l’augmentation des dépenses qu’à la réduction des recettes.

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Le système fiscal en vigueur était constitué par les principaux prélèvements citant : la
Zakat, l’Achour, la Jezya, Haraka, Mouna, Sokhra, Ghorama, Touiza, le MeKs et le Tertib.

 Le régime fiscal pendant le protectorat :

Caractérisant par la réforme au système suite à la détérioration progressive des finances


du Maroc et à l’aggravation de son endettement. En effet, le protectorat fera de l’impôt
le principal instrument d’intervention économique qui s’est traduite pat la mise en place
d’un système fiscal inspiré du système français.

 Le régime fiscal pendant l’indépendance :

L’indépendance du Maroc va changer le cours des événements. L’instauration d’un


régime de monarchie constitutionnelle s’est accompagnée d’un changement
philosophe de l’impôt, dorénavant fondée sur le consentement, la solidarité et l’incitation
économique. La fiscalité marocaine post colonial, en trouvant sa légitimé dans les textes
de la constitution en tant que loi suprême qui contient des dispositions définissant les
fondements de l’obligation fiscale et l’autorité compétente pour l’établir.
La période qui a suivi l’indépendance fut caractérisé sur le plan fiscal par des
aménagements fragmentaires de portées très limitées. La première réforme fiscale du
Maroc indépendamment fût réalisé en 1961. Elle a intéressé la taxe urbaine et les
prélèvements sur les traitements et salaires « PTS » qui ont subi des modifications légères.
Quand là la patente et l’impôt sur les bénéfices professionnels « IBP », ils ont fait l’objet
d’aménagements qui ont porté sur le taux et les modalités de calcul. Mais la modification
la plus importante a porté sur le « Tertib » qui a été remplacé par l’impôt agricole. Cette
mesure a débouché sur la sous-imposition du secteur agricole dont le rendement ne
représentait que 6% des recettes et 1% seulement des recettes totales.

Section 2 : Principaux généraux et cadre de référence


régissant la matière fiscale

 Constitution du Royaume :

Le retour à la constitution du 2001, encourage à l’approfondissement de la réflexion pour


l’instauration d’un système fiscal équitable et juste. Ainsi, parlant de l’équité fiscale est de
fait abordée dans le texte constitutionnel qui contient les dispositions définissant les
fondements de l’obligation fiscales et l’autorité compétente pour l’établir. Notamment les
articles 39 et 75 indique nettement le principe de l’égalité devant l’impôt.

Article 39 : « Tous [les citoyens] supportent, en proportion de leurs facultés


contributives, les charges publiques que seule la loi peut, dans les formes
prévues par la présente Constitution, créer et répartir »
Article 75 : « Le Parlement vote la loi de finances, déposée par priorité devant
la Chambre des Représentants, dans les conditions prévues par une loi

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organique. Celle-ci détermine la nature des informations, documents et
données nécessaires pour enrichir les débats parlementaires sur le projet de
loi de finances ». Extrait de la Constitution Marocaine ».

Outre, que chacun selon ses capacités contributives et attribuant aux représentants de la
nation au sein du parlement la compétence générale en matière fiscale, par le biais de
l’attribution de la compétence exclusive en matière législative de manière générale et du
vote de la loi de finance en particulier.

Arsenal Juridique :

 Le Code général des impôts :


Le code général des impôts qui régit l’impôt sur les sociétés « IS », la taxe sur la
valeur ajoutée « TVA », l’impôt sur le revenu « IR », les droits d’enregistrement, les
droits de timbre et la taxe spéciale annuelle sur les véhicules automobiles.
 La loi N° 47-06 relative à la fiscalité des collectivités locales, qui s’articule autour de
deux axes :
- La taxe gérée par les collectivités locales elles-mêmes ;
- Les taxes locales qui se répartissent en fonction d deux catégories de redevables :
1 : la taxe professionnelle et la taxe de services communaux, dues par les
entreprises ;
2 : la taxe d’habitation et la taxe de services communaux, dues par les particuliers.
si les taxes locales sont émises par la Direction Général des impôts « DGI » au profit
des collectivités locales, donc, le recouvrement de la 1 ère catégorie est assuré par
cette même direction. Pour la 2 ème catégorie est assuré par la Trésorerie Générale
du Royaume « TGR ».
 Les lois de finances et lois de finance rectificatives :

C’est un acte législatif par lequel le parlement vote le budget de l’état, la loi de finance
détermine et autorise, pour chaque année civile le montant, la nature et l’affectation des
ressources et des charges de l’état, que seules les lois de finances dites rectificatives
peuvent en cours d’année venir modifier, l’lorsque l’évaluation de la conjoncture eu
égard aux prévisions, rend nécessaire une réévaluation et une actualisation des objectifs
en matière de recettes et de dépenses à engager.

 Recours et Jurisprudence :

Il existe un recours lorsque les contribuables qui ne sont pas satisfaits d’une décision prise
à leur encontre par l’administration ont la possibilité, donc ils ont la possibilité de recour ir
à la Commission Nationale de recours fiscal ainsi que le droit de contester la décision en
question devant les tribunaux administratifs.

 Notes Circulaires :

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Les notes circulaires sont relatives aux dispositions fiscales des lois de finances, en
regroupant un ensemble de commentaires/compléments formulés par l’administration,
dans le but de préciser le contenu de certaines dispositions fiscales.

 Sources internationales :

Les sources internationales veulent dire de s’inspirer des meilleurs standards internationaux
en la matière, le système fiscal marocain prend place dans un cadre national et c’est que
le Maroc a pu passer, avec d’autres pays étrangers, des conventions fiscales de
réciprocité tendant à éviter les doubles impositions, à parvenir l’évasion fiscale en matière
d’IR, et l’impôt sur la fortune et à échanger les données fiscales.

CHAPITRE 2 : LE SY STÈME FISCAL AVANT LA


RÉFORME DES ANNÉES 80

Les réaménagements et changements successifs introduits progressivement depuis


l'indépendance ont abouti à un système fiscal complexe. Le système a accumulé des
échecs qualitatifs et financiers, qui ont inévitablement conduit à des réformes fiscales
continues et profondes.
Ces défaillances reviennent au fait que le système hérité du protectorat français visait plus
la collecte des ressources financières que le développement économique et social. Ce
dernier n’a guerre changer dans les 3 décennies qui ont suivis l’indépendance.
Le système fiscal hérité du protectorat reposait sur une large prédominance des impôts
indirects :
Nous allons présenter dans la section qui suit l’architecture du système fiscal d’avant la
réforme.

Section I : Architecture du système fiscal d’avant la réforme


Le système fiscal avant la réforme comprenait diverses taxes et impôts :

 Les impôts directs :


 L’impôt agricole
 La patente
 La taxe de licence sur les débits de boissons
 Le prélèvement sur les traitements et les salaires
 La taxe urbaine et le taxe d'édilité
 La taxe sur les profits immobiliers
 La taxe sur les produits des actions, parts sociales et revenus assimilés

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 La contribution complémentaire sur le revenu des personnes
physiques
 La participation à la solidarité nationale
 L'impôt sur les terrains urbains,

 Les impôts indirects :


o Taxes sur chiffre d’affaire
 La taxe sur les produits
 La taxe sur les services
o Taxes intérieures de consommation
 L’impôt sur le tabac
 La taxe sur les vins et alcools
 La taxe sur les produits pétroliers
 La taxe sur le sucre
 La taxe sur les spectacles
 La taxe sur les allumettes
 Le timbre de quittance
 Les droits d'essai et de garantie des matières d'or, d'argent et de
platine …

 Les droits de douanes :


o Sur importations :
 Le droit d'importation
 La taxe spéciale
 Le timbre douanier
 La taxe sur les produits et les services
o Sur exportations :
 La taxe statistique à l'exportation
 La taxe de contrôle technique à l'exportation pour les produits de
l'artisanat
 La taxe d'exportation des produits agricoles et agro-industriels et au
prélèvement sur les exportations de produits miniers.
 Le système fiscal d’avant la réforme avait le mérite de permettre la collecte de
ressources équivalent au cinquième environ du produit intérieur brut (PIB) (Akesbi,
1986). Plus précisément, le rapport recettes fiscales/PIB (ou pression fiscale) a
évolué globalement vers la hausse passant de 15,9% en 1968 à 19,5% en 1975 et à
20,1% en 1982. Cette progression importante a été enregistrée durant le plan de
développement économique et social 1973-1977 : le taux de pression fiscale n’a

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été que de 15,1% en 1975 et 14,7% en 1974. Mais la progression importante de la
pression fiscale ne doit pas occulter le fait qu’à la veille de l’application du P.A.S,
les recettes fiscales arrivaient à peine à couvrir la moitié des dépenses

Cependant, les réaménagements et ajustements fiscaux successifs n'ont pas sauvé le


Maroc de la grave crise financière de 1982. Il s’agit bien évidemment de la mise en œuvre
du plan d'ajustement structurel (P.A.S) qui a été intégré au plan d'assainissement des
finances publiques.
D’ailleurs, la réforme fiscale amorcée au milieu des années 80 s'inscrit dans ce cadre,
puisque le pays se voyait obligé de demander le rééchelonnement de la dette publique
de la part du Fonds monétaire international (FMI). Il devait donc impérativement obéir aux
instructions du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.
Ce sera donc ce qui enclenchera le processus de réforme avec la réforme fiscale votée
en 1982 et promulguée en 1984.

Section 2 : Limites du système fiscal d’avant la réforme


La réforme fiscale de 1984 visait à rationaliser et à simplifier le système fiscal Le système
fiscal existant et combler ses lacunes.
Les principales caractéristiques du système fiscal avant la réforme se présentent comme
suit :

- Lourd et compliqué :

Son aspect cédulaire est reflété dans la diversité des tâches matérielles et les
complications des procédures.
Les contribuables devaient suivre de nombreuses procédures et le gouvernement se
trouvait face à des difficultés pour coordonner ses compartiments techniques et la
diversité des documents fiscaux : On attribuait à chaque contribuable un dossier par
catégorie de revenu.

- Composé de différentes parties hétéroclites :

Le système fiscal avant la réforme, était fondamentalement pleins d’inégalités. Les racines
de cette inégalité se manifestaient en plusieurs aspects :

o Disparités des taux d’imposition pour des tranches de revenus identiques


o Disparités dans le découpage des tranches
o Seuils d’exonération fixés à des niveaux différents (6000 DH pour les salariés,
3000 DH pour les professionnels et les rentiers, 1400 DH pour les agriculteurs)
o Déductions pour charges de famille comportant de nombreuses distorsions

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o Disparités dans la détermination des bases imposables (la base imposable
est déterminée de manière spécifique pour chaque catégorie de revenu)
o Inégalité résultante du fractionnement du revenu, pénalise le contribuable
qui dispose d’une seule catégorie de revenus et avantage le contribua ble
dont les revenus sont diversifiés.
- Imposition de sources de revenus non rentable :

Le système fiscal avant la réforme ignorait des source de richesses et de revenus


beaucoup plus importants et fructifiant, et se concentrait plutôt sure la catégorie de
revenu (salaire, revenus professionnels et locatifs), lui incombant une cascade
d’impositions: absence d’un impôt sur le capital et sur les produits de placements à
revenus fixes, exonération prolongée des revenus agricoles, exonérations fiscales
importantes accordées par les codes des investissements (El Ktiri et Akesbi, 1987).
 Pour conclure sur cette partie, on peut dire que le système fiscal avant la réforme
était incomplet, dans la mesure où il n’y avait pas d’impôt général sur les revenus.
Cette situation favorisait les contribuables qui avaient plusieurs sources de revenus.
Le système était tellement cédulaire à telle enseigne que le même revenu était
doublement imposé.

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CHAPITRE 3 : STRUCTURES DES RECETTES ET
DEPENSES AU MAROC :
Section 1 : la réforme du système fiscale au Maroc

Le système fiscal moderne Le système fiscal marocain a connu une profonde réforme
depuis le milieu de la décennie 80. L’objectif essentiel attendu de cette réforme était
l’élaboration d’un système fiscal moderne, cohérent, efficient et plus universaliste. La
fiscalité marocaine s’est donc rapprochée dans son architecture globale des grands
systèmes d’imposition connus dans le monde occidental.

Cette réforme fixée pour principaux objectifs :


• La mise en place d’un système qui assure d’une part une meilleure répartition de la
charge fiscale et un élargissement de l’assiette et la réduction des taxes, et d’autre
part un renforcement des garanties que la loi accorde aux contribuables ;
• Le remplacement de la taxe sur les produits et les services par la Taxe sur la Valeur
Ajoutée (TVA) en 1986 ;
• La suppression des impôts catégoriels appliqués par nature de revenu et leur
remplacement par l’impôt sur les sociétés (IS) en 1988 et de l’Impôt Général sur le
Revenu (IGR) en 1990.

De nombreuses réformes ont été introduites par les lois de finances successives de 2000 à
2011 qui se sont traduites par la mise en place d’un ensemble de mesures de simplification,
de rationalisation et d’harmonisation du système fiscal et dont le résultat a été :
• Réforme des droits d’enregistrement en 2004
• Amorce de la réforme de la TVA en 2005
• Élaboration du livre des procédures fiscales en 2005
• Élaboration du livre d’assiette et de recouvrement en 2006
• Regroupement des textes fiscaux dans un même volume : le Code Général des Impôts
édité en 2007
• Intégration de la taxe sur les actes et conventions dans les droits d’enregistrement en
2008 ;
• Élaboration de la note circulaire globale publiée finalement en 2011.

Actuellement les principaux impôts et taxes sont régis par deux textes :

(i) Le Code Général des Impôts qui régit l’is, la TVA, l’ir, les droits d’enregistrement,
les droits de timbre et la taxe spéciale annuelle sur les véhicules automobiles ;
(ii) Et la loi n° 47-06 relative à la fiscalité des collectivités locales, qui s'articule autour
de deux axes : le premier concerne les taxes gérées par les collectivités locales
elles- mêmes, et d’autres concerne les taxes locales gérées par la Direction
Générale des Impôts (DGI) au profit des collectivités locales.

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Section 2 : les recettes fiscales :

Les recettes fiscales de l’Etat représentent près de 72 % de l’ensemble de ses recettes. Elles
sont composées d’impôts directs et indirects.

 Les impôts directs :

Les impôts directs se composent de l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur le revenu, la taxe
professionnelle et la taxe d’habitation en plus des majorations et d’autres taxes directes.

 Les impôts indirects

Les recettes relevant de l’impôt indirect se composent essentiellement de la taxe sur la


valeur ajoutée (TVA) à l’intérieur et à l’importation ainsi que la taxe intérieure de
consommation (TIC).

Section 3 : les dépenses fiscales

 Structure des dépenses fiscales

Afin d’assurer la croissance et de créer des emplois, les pouvoirs publics accordent des
avantages fiscaux sous forme d’exonération partielle ou totale, d’imposition permanente
ou temporaire à taux réduit, d’abattement ou de déductions. Ces encouragements qui
sont en fait une dérogation à la norme fiscale, occasionnent un manque à gagner assez
conséquent pour les caisses de l’Etat ; c’est ce qu’on appelle les dépenses fiscales.

Le coût d’une dépense fiscale est égal à la différence entre les recettes perçues dans le
cadre d’un système fiscal neutre et celles perçues une fois la mesure introduite.

Depuis 2005, la DGI a commencé à publier des rapports estimant les manques à gagner
par type d’impôt, par secteur d’activité et par bénéficiaire. L’objectif est de sensibiliser
l’opinion publique (notamment les élus) sur un potentiel de ressources qui échappe au
budget de l’Etat afin de réagir en faveur de la réduction de ces dépenses.

 Principaux bénéficiaires des dépenses fiscales

Au Maroc, les principaux bénéficiaires des dépenses fiscales en n ombre et en volume sont
les entreprises au niveau de l’impôt sur les sociétés, ménages au niveau de l’impôt sur le
revenu, Promoteurs immobiliers, Exportateurs, Services Publics

 Principaux secteurs bénéficiaires des dépenses fiscales

Les principaux secteurs d’activité qui bénéficient des dépenses fiscales sont Activités
immobilières Agriculture, pêche, Edition, imprimerie, Electricité et gaz, Exportation,
Industrie automobile et chimique, Industrie alimentaires, Intermédiation financière,

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Prévoyance sociale, Régions, Santé et action sociale, Secteur du transport, Services
publics, Tourisme, Mesures communes à tous les secteurs

 Le secteur agricole

1. L’agriculture dans le système fiscal marocain

L’agriculture (définition originelle « culture des champs ») désigne la culture des sols et plus
généralement, l’ensemble des travaux qui transforment le milieu naturel dans l’intérêt de
l’homme, on distingue deux formes :

• La culture des sols dans le but de produire des végétaux : arboriculture, sylviculture,
horticulture, floriculture, viticulture… ;
• La culture des animaux, plus communément appelée « élevage » l’activité agricole
désigne ainsi toute activité ayant pour objet la valorisation de la nature pour l’intérêt
de la communauté. En vertu de la législation et la réglementation fiscale au maroc,
les revenus agricoles sont constitués par les bénéfices provenant des exploitations
agricoles et de toute autre activité de nature agricole non soumise à la taxe
professionnelle.

Dispositif fiscal actuel Bien que le secteur Agricole soit exonéré jusque, 2013, le CGI
comporte des dispositions régissant les modalités d’imposition des revenus agricoles
réalisés par les personnes physiques (IR) et ceux réalisées par les sociétés (IS).

En matière d’IR

En matière d’IR, les modalités d’imposition des revenus agricoles sont prévues au niveau
de l’article 46 du CGI qui précise que les revenus agricoles imposables sont les bénéfices
provenant des exploitations agricoles ou toute autre nature agricole non soumises à la
taxe professionnelle.

Les revenus sont imposables selon le régime du bénéfice forfaitaire (pour les personnes
n’ayant pas atteint le seuil de deux millions de dirhams de chiffre d’affaires, autres que les
sociétés non imposables ont l’IS) ou le régime du résultat net réel de l’ensemble des
exploitations.

En matière d’IS.

L’article 6 du CGI précise que les revenus agricoles tels que définis à l'article 46 sont
exonérés de l’impôt sur les sociétés, jusqu'au 31 décembre 2013.

Par ailleurs, l’activité agricole est imposable, en l’absence de cette exonération, dans les
conditions du droit commun.

En matière de TVA

La TVA est applicable en vertu de l’article 87 du CGI uniquement aux opérations de nature
industrielle, commerciale, artisanale ou relevant de l'exercice d'une profession libérale,

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accomplies au Maroc, aux opérations d’importation et aux opérations de promotion
immobilières. Ce qui exclut les opérations et les activités agricoles du champ d’application
de la TVA.

De même, l’article 92 du CGI énumère une liste des produits et biens exonérés de la taxe
sur la valeur ajoutée avec bénéfice du droit à déduction à condition qu’ils soient destinés
à usage exclusivement agricole.

Les intrants de l’agriculture se font taxe acquittée à l’exception des exonérations


expressément prévues par le CGI.

Pour des considérations économiques et sociales, on est conscient que toutes ces
dépenses fiscales ne peuvent être réduites dans l’immédiat. Mais, elles peuvent
certainement être revues, modifiées et réaménagées. En fait, les mesures dérogatoires
touchent aussi bien des secteurs bien portants que des produits non considérés comme
produit de première nécessité ou produit social. Il y a beaucoup de gains potentiels que
l’on pourrait récupérer juste en levant une exonération, en révisant un taux sans pour
autant toucher à la dynamique de croissance ou au pouvoir d’achat.

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CONCLUSION GÉNÉRALE :

Le système fiscal marocain est un système fiscal moderne, qui reste à améliorer dans sa
pratique. Le système fiscal marocain, dans sa pratique, est basé sur le principe de
déclaration, la plupart des impôts supposent une initiative de déclaration de la part des
assujettis (IS, TVA, Droits d’Enregistrements etc.). D’autres impôts, plus simples à cerner à la
base, sont plutôt prélevés à la source (IR sur les salaires, prélèvements sur les placements
financiers), sur une base également déclarative par les organismes responsables des
prélèvements (Employeurs, Banques etc.).

Dans le cadre de la réforme fiscale pour répondre à des problèmes conjoncturels


d’équilibre des finances publiques, il faudrait, à garder au système sa simplicité, et éviter,
de perdre en visibilité et en lisibilité avec la création d’une multitude de prélèvements au
gré des circonstances.

Le système fiscal marocain est très largement utilisé par l’autorité gouvernementale
comme levier économique d’incitation, soit à l’investissement de façon générale (charte
de l’investissement de 1995), ou à l’investissement plus particulièrement dans tel ou tel
secteur (logement économique, offshoring etc.). Certains secteurs bénéficient par ailleurs
de fiscalité allégée (taux de TVA ou d’IS réduits) ou sont exonérés (Agriculture).

Dans la pratique, la fiscalité au Maroc est restée un domaine en perpétuelle réforme, ainsi,
à chaque loi de finance, des nouveautés sont introduites, dans une logique d’incitation
économique nouvelle ou pour répondre au souci de tel ou tel secteur économique, ou
telle catégorie sociale.

Le poids de la fiscalité ne pèse pas de façon équilibré sur les agents économiques, ainsi le
poids de l’IS reste supporté par une petite minorité d’entreprises, et l’IR repose pour
l’essentiel sur les revenus sous forme de salaires dans les secteurs organisés. La TVA ne
touche pas de grands pans de l’activité économique.

Ainsi, une analyse du système fiscal passe par une meilleure compréhension de ses
structures et par l’identification des différents impôts qui représentent en termes de
recettes les piliers du système.

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RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES :

Thèses et mémoires
AZAR K., L’impact des réformes fiscales sur les entreprises marocaines : Cas de la loi de
finance 2017 et 2018, Mémoire de fin d’étude, Département des sciences économiques
et de gestion, 2018.

Articles / Rev ues

BARAKA H., HASSAINATE M., La lente évolution du système fiscal marocain : les faits et les
enseignements, 2018.

Rapports

AVIS DU CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL., Le système fiscal marocain : développement


économique et cohésion sociale, Auto-Saisine N° 9, 2012.

CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL., Le système fiscal marocain : développement


économique et cohésion sociale, Auto-Saisine N° 9, 2012.

LA COMMISSION PERMANENTE CHARGEE DES AFFAIRES ECONOMIQUES ET DES PROJETS


STRATEGIQUES., Un système fiscal, pilier pour le nouveau modèle de développement,
Rapport du conseil économique et social et environnement, 2019.

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