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LE CODE DES INVESTISSEMENTS

Généralités

Le Code des Investissements applicable à l'activité économique au Cameroun a été institué par
l'Ordonnance n° 90/007du08 novembre 1990, modifiée par l'Ordonnance n° 94/003 du 24 janvier
1994.Ce code comporte les régimes suivants :
- le régime de base
- le régime des Petites et Moyenne Entreprises
- le régime des entreprises stratégiques
Pour les entreprises existantes en fonctionnement :
- le régime de réinvestissement.

Régime de base

Conditions spécifiques

Toute entreprise qui remplit les conditions définies par le code, peut prétendre au régime de base
lorsqu'elle satisfait, en outre, à l'un des critères suivants :
. création d'emplois permanents pour les Camerounais, à concurrence d'au moins un emploi par
tranche de dix (10) millions de francs CFA d'investissements programmés par l'entreprise ;
. activité annuelle d'exportation à concurrence, soit d'au moins 25%du chiffre d'affaires en devises
convertibles hors francs d'au moins 10% de son chiffre d'affaires hors taxes ;
. utilisation des ressources naturelles nationales, exception faite des ressources énergétiques.

Avantages

Phase d'installation : elle dure 3 ans maximum


L'entreprise bénéficie des avantages suivants :
. Exonération des droits d'enregistrement des actes d'augmentation du capital ;
. Exonération des droits d'enregistrement des baux d'immeubles à usage exclusivement professionnel
faisant partie intégrante du programme d'investissement retenu ;
. Exonération des droits d'enregistrement des contrats de fournitures des équipements ;
. Exonération de l'impôt minimum forfaitaire(IMF) exigible au titre de l'impôt sur les sociétés ;
. Exonération de la Taxe Spéciale sur les Société(TSS) ;
. Réduction de 50% de l'impôt sur les sociétés à partir de la première année d'imposition.

Phase d'exploitation : elle dure 5 ans non renouvelable et donne droit au bénéfice de l'exonération et à
la réduction d'impôt et taxes cités ci-dessus.

Régime des Petites et Moyennes Entreprises

Conditions spécifiques
Peut prétendre au régime des PME, toute entreprise qui satisfait les conditions définies par le code ainsi
qu'aux trois conditions suivantes :
- Création d'emplois permanents pour les Camerounais, à concurrence d'au moins un emploi par
tranche inférieure ou égale à cinq (5) millions de francs CFA d'investissements programmés par
l'entreprise ;
- Niveau d'investissements inférieur ou égal à un milliard et demi de francs CFA ;
- Participation des Camerounais ou d'une personne morale de droit camerounais au moins égale à 35%
du capital.

Avantages
Phase d'installation
Cette phase dont la durée est également de 3 ans procure à l'entreprise les avantages résultant du
régime de base.

Phase d'exploitation
Pendant cette phase, l'entreprise agréée bénéficie pour une durée de 7 ans non renouvelable :
. des avantages octroyés pendant la phase d'exploitation par le régime de base
. de la réduction du revenu imposable de l'entreprise d'un montant non reportable égal à 25% de la
masse salariale versée aux salariés de nationalité camerounaise au cours de l'exercice considéré.

Régime des entreprises stratégiques

Conditions spécifiques
Toute entreprise exerçant une activité déclarée stratégique dans le cadre du Plan Directeur
d'Industrialisation peut prétendre à la conclusion d'une convention avec l'Etat si elle satisfait en outre à
l'une des conditions suivantes :
- Activité annuelle d'exportation à concurrence, soit d'au moins 50% du chiffre d'affaires hors taxes de
l'entreprise, soit du chiffre d'affaire en devises convertibles hors zone franc d'au moins 25% de son
chiffre d'affaire hors taxes.
- Utilisation de ressources naturelles nationales, exception faite des ressources énergétiques.
- Création d'emplois permanents pour les camerounais à concurrence d'au moins un emploi par tranche
de vingt (20) millions de francs CFA d'investissements programmés par l'entreprise.

Phase d'installation

Pendant cette phase, les avantages que comporte le régime des entreprises stratégiques sont ceux du
régime de base exposés ci-dessus, pour une période de 5 ans maximum.

Phase d'exploitation

Pendant cette phase, l'entreprise bénéficie pour une période de 12 ans non renouvelable :
. Des avantages octroyés par le régime de base pendant la phase d'exploitation ;
. De la déduction du revenu imposable de l'entreprise d'un montant non reportable égal à 25% de la
masse salariale camerounaise versée aux salariés de nationalité camerounaise au cours de l'exercice
considéré.

La Cellule de Gestion du Code des Investissements

Guichet unique pour les entreprises sollicitant un régime du code, la cellule reçoit et instruit les dossiers
de demande d'agrément, sert d'interface avec les administrations camerounaises compétentes
(obtention des visas et permis de travail pour les expatriés), supervise l'exécution du cahier des charges
et assure la promotion des investissements et des exportations

Le Régime de la Zone Franche Industrielle

Ce régime complète le Code des Investissements et concerne uniquement les entreprises tournées
vers l'exportation. Sur le plan législatif et réglementaire, le régime de zone franche industrielle est
organisé par l'Ordonnance n°90/001 du 29 janvier 1990, ratifiée par la loi n° 90/023 du 10 août 1990.
L'arrêté n° 51/MINDIC/IGI du 28 décembre 1990 détermine les modalités d'application.

A - Critères d'éligibilité

Sont admissibles à ce régime :


. Toutes les entreprises à vocation exportatrice, c'est à dire produisant des biens et services destinés
exclusivement à l'exportation ;
. Ces entreprises doivent produire des biens et services sains pour l'environnement, se conformer aux
lois relatives à la santé publique, et à la sécurité ;
. Le promoteur, l'opérateur d'une ZFI ou d'un PFI (point franc industriel) peut être une personne
physique
ou morale de droit public ou privé.

B - Avantages liés au régime

Avantages fiscaux et douaniers

. exonération totale de tout impôt et taxes sur une période de 10 ans à partir du début des activités ;
. imposition à un taux global de 15% sur les bénéfices à partir de la 11è année ;
. exonération à perpétuité de tous impôts et taxes de douane.

Avantages commerciaux
.exonération de toutes licences, autorisation ou limitation de quotas à l'export comme à l'import ,
. absence de contrôle des prix et marges bénéficiaires ;

Avantages en matière de transaction financière

. possibilité d'ouvrir des comptes en devises étrangères ;


. absence de restriction sur les opérations de vente, d'achat de devises étrangères, droit de transfert
vers l'étranger des bénéfices réalisés. Toutefois, 25% doivent être réinvestis au Cameroun.

Concessions liées au Travail


. non-assujettissement au barème des salaires qui peuvent être arrêtés selon la productivité ;
. droit à la négociation libre des contrats du travail ;
. droit d'acquisition automatique des permis de travail pour les travailleurs expatriés (25% des salaires
doivent cependant être payés aux nationaux).

Autres avantages
. Possibilité d'exploiter un réseau privé d'électricité et de télécommunication dans la zone franche
industrielle.

C - Acquisition du statut de zone franche industrielle ou point franc

L'Office National des Zones Franches Industrielles (ONZFI)

Organisme multiservices, l'office diligente l'approbation des investissements et les procédures


douanières afin de répondre rapidement aux sollicitations des investisseurs pour une bonne gestion et
exécution du programme de zones franches industrielles.
L'Office :
- Reçoit et examine les demandes de statut de promoteur de zone franche industrielle (ZFI), entreprise
de la zone franche ou point franc industriel ;
- Délivre tous les permis, licences ou autres autorisations aux entreprises ou promoteurs ayant obtenu
le statut de ZFI ;
- Aide les investisseurs, en conjonction avec le Centre de Promotion des Investissements, à tous les
stades du processus de création et de mise en place des activités.

Procédures d'octroi du statut

Procédures administratives rationalisées avec un système de guichet unique.


- Le dossier de demande est soumis à l'Office National des Zones Franches Industrielles (ONZFI), seul
habilité à le recevoir
- L'office délivre s'il y a lieu un certificat de conformité au requérant.
- Soumet le dossier complet au MINDIC

Le permis de promoteur ou opérateur doit être délivré au demandeur dans un


délai de 30 jours. Le cas échéant, la demande est réputée approuvée.

CREATION D'ENTREPRISE : LES DEMARCHES A EFFECTUER

Toute implantation d'entreprise au Cameroun, oblige son promoteur à une déclaration préalable
d'investissement étranger: pour les investissements directs comme pour les emprunts. Les sociétés
créées ont la possibilité d'ouvrir un établissement sous forme de succursale, d'agence ou de bureau de
représentation.

Formalités d'enregistrement

- Déclaration préalable d'investissement direct étranger,


- Dépôt au greffe,
- Immatriculation au registre du commerce,
- Immatriculation statistique,
- Déclaration d'existence auprès des services des impôts et de l'enregistrement,
- Inscription au rôle des patentes,
- Déclaration d'existence à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNPS),
- Déclaration d'existence à l'Inspection provinciale du Travail,
- Insertion dans journal d'annonces légales.
Toute création d'entreprise filiale ou succursale doit être communiquée à l'Office des changes afin de
pouvoir bénéficier du rapatriement des devises.
Les dividendes versés supportent une taxation au taux de droit commun d'impôt sur les sociétés,
auquel s'ajoute la taxe sur les revenus des capitaux mobiliers (TPRCM) égale à 6% des dividendes
distribués.

Démarches relatives à l'exercice de la profession de commerçant

Au Cameroun l'accès à la profession de commerçant est libre. Toutefois, le postulant doit satisfaire,
suivant le cas, aux conditions suivantes :
- être immatriculé soit au Registre du Commerce, soit au Répertoire communal ;
- avoir fait une déclaration d'existence ;
- détenir la carte professionnelle de commerçant ;
- disposer de locaux et d'installations matérielles lorsqu'ils sont exigés ;
- respecter les autres obligations professionnelles, notamment en matière fiscale ;
- obtenir l'agrément préalable (pour les personnes de nationalité étrangère).

QUELLE FISCALITE POUR VOTRE ENTREPRISE ?

La fiscalité au Cameroun est régie par :


. Le Code Général des Impôts ;
. L'Ordonnance n°85 du 29 juin 1985 modifiée par l'Ordonnance n°89/002du 28 juin 1989 sur la
réévaluation des immobilisations ;
. L'Ordonnance n°89/004 du 12 décembre 1989 instituant la redevance audiovisuelle.
. Les Lois de Finances

L'Impôt sur les Sociétés

L'impôt sur les sociétés s'applique de plein droit, quel que soit leur objet
- Aux sociétés par actions (sociétés anonymes et sociétés en commandite simple)
- Aux sociétés à responsabilité limitée,
- Aux sociétés coopératives et leurs unions ;
- Aux organismes d'Etat jouissant de l'autonomie financière ,
- A toute personne morale se livrant à une exploitation ou à des opérations à caractère lucratif.
Les bénéfices imposables à l'impôt sur les sociétés au Cameroun sont ceux obtenus dans les
entreprises exploitées ou sur les opérations réalisées au Cameroun sous réserve des conventions
internationales (en l'occurrence la convention fiscale entre la France et le Cameroun du 21/10/1976).
L'exercice fiscal est fixé sur une période allant du 1er juillet au 30 juin. Toutefois, les entreprises qui
commencent leurs activités entre le 1er janvier et le 30 juin peuvent arrêter leur bilan à la fin de
l'exercice fiscal suivant

A - Calcul de l'impôt sur les sociétés et du minimum de perception

L'impôt dont sont redevables les entreprises est susceptible de se calculer de deux manières différentes
:
- Soit 35% du bénéfice fiscal clos au 30 juin ou 31 décembre pour les compagnies d'assurance et de
réassurance.
- Soit 1% du chiffre d'affaires (minimum de perception) ;
A ces taux s'ajoutent des centimes additionnels communaux (10% du principal) soit au total :
. 38% du bénéfice fiscal
. 1,1% du chiffre d'affaires.

B - La Taxe sur la Valeur Ajoutée (TVA)


C'est un impôt sur la consommation qui s'applique aussi bien à la porte qu'à l'intérieur. Le taux normal
de TVA est de 18,6 %.

Le Régime douanier
Le système douanier repose sur le Tarif Extérieur Commun (TEC) adopté dans le cadre de l'Union
Douanière et Economique de l'Afrique Centrale (UDEAC) devenue CEMAC

Le TEC (Tarif Extérieur Commun) classe les marchandises en 4 catégories avec des taux variant de 5 à
30%. Voir le tableau ci-dessous

Catégorie Désignation Taux


I Produits de première nécessité 5%
II Matières premières et biens d'équipement 10%
III Biens intermédiaires et divers 20%
IV Biens de consommation courante 30%

Le Tarif Préférentiel Généralisé (TPG) s'applique aux produits fabriqués et commercialisés en zone
UDEAC. Son taux équivaut à 20% du tarif extérieur commun (TEC) du produit concerné.

La TVA au taux normal de 18,6%.

Le droit d'accises

Cette taxe touche exclusivement certains produits de grande consommation, importés ou fabriqués
localement, à l'exclusion des produits de première nécessité, tels que les cigarettes, les boissons, les
cosmétiques… ainsi que les produits dits de luxe (bijoux, pierres précieuses). Son taux unique est de
25%.
Par ailleurs, il convient d'ajouter les taxes des services (SGS, ONPC, CNCC, CENADI), soit 2,48% de
la valeur CAF.

QUELLE PROTECTION SOCIALE POUR VOS SALARIES ?


Les rapports de travail entre les employeurs et les salariés sont régis au Cameroun par la loi n°92/007
du 14 août 1992 portant Code du travail.
La main d'oeuvre est abondante, qualifiée, bon marché. Le Code prévoit une libre négociation entre
employeur et employé.

Le recrutement

Tout contrat de travail peut-être conclu pour une durée déterminée ou indéterminée.
Le contrat à durée déterminée ne peut être conclu pour une durée supérieure à 2 ans et ne peut être
renouvelé plus d'une fois avec la même entreprise. Au terme de ce renouvellement si les relations de
travail se poursuivent, le contrat se transforme en contrat à durée indéterminée.

La main -d'œuvre

Sur le plan quantitatif, la population active représente environ le tiers de la population , dont 80% sont
employés dans l'agriculture.
En 1995, la population active se répartissait comme suit :
- secteur primaire : 79,8%
- secteur secondaire : 12,9%
- secteur tertiaire : 7,3%
Sur le plan qualitatif, la main d'œuvre jouit d'une bonne réputation dans la zone et semble constituer un
des avantages de l'industrie locale. En outre le taux de scolarisation au Cameroun est l'un des plus
élevés d'Afrique et le taux d'analphabétisme est relativement bas. Le Cameroun étant un pays bilingue,
il a l'avantage d'offrir à la fois une main d'œuvre anglophone et francophone pour les entreprises
étrangères qui souhaitent s'y établir.

La rémunération

Le salaire est fixé, soit en accord entre les parties, soit par des dispositions réglementaires ou
conventionnelles.
Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (le SMIC) a été fixé par le décret du 17février
1995, après avis de la Commission Nationale Consultative du Travail, à 23.514 F CFA sur toute
l'étendue du territoire.
A titre indicatif, dans la fonction publique la moyenne mensuelle des salaires des civils de juillet 1994 à
mai 1995 était de 66.925 F CFA.
Dans le secteur privé, selon une enquête récente, on a pu établir que les salaires versés par les
expatriés étaient les suivants :

femme de maison 30.000 à 40.000


cuisinière/manoeuvre 40.000 à 50.000
chauffeur voiture 50.000 à 60.000
secrétaire/conducteur d'engins 80.000 à 120.000
chauffeur de camion 100.000 à 120.000 avec primes
ouvrier spécialisé 100.000 à 251.000
chef d'équipe environ 175.000

La durée du travail
Dans les établissements publics ou privés non agricoles, la durée du travail ne peut excéder quarante
(40) heures par semaine et 173 heures par mois.
Tout travail effectué entre dix heures du soir et six heures du matin est considéré comme travail de nuit,
interdit aux enfants et aux femmes dans l'industrie.

Les congés

Les salariés bénéficient des congés dans les conditions prévues par la législation et la réglementation
en vigueur.

La protection Sociale
La déclaration d'existence à la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale ouvre droit à un numéro
d'immatriculation. Au moment de l'enregistrement, l'entreprise est classée dans l'un des quatre régimes
ci-dessous selon son secteur d'activité.
- régime général : 7%
- régime agricole : 5,65%
- régime enseignement : 3,70%
- régime domestique : 7%
L'employeur et l'employé se partagent ensemble la charge sociale (exemple du régime général :
Employeur 4,2%, Employé 2,8%)

A ces taux, s'ajoute la cotisation pour les accidents de travail - à la charge de l'employeur - variable
selon le degré de risque.
Le minimum est de 1,75% applicable dans le tertiaire 2
La couverture sociale accordée au salarié comprend :
- prestations familiales,
- accident du travail,
- pension vieillesse,

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