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PETER BUCK

Sa maîtrise du rock, de la pop et du folk a fait de


Peter Buck le guitariste américain le plus complet
parmi ceux découverts dans les années 80.
Au fait, il joue dans R.E.M.
E. Potts-O. Boasson

N
éen décembre 1956
à Berkeley
SONG 1 VERSE

,dl 1 1 îl f7 1 ri r-rI1 1{ 1 1 n fi
(Californie), Peter "
Buck demeure mystérieux sur
sa jeunesse. Tout au plus sait- u •... , 1 1 , , '\....-- , , ~+-
, , , , , ,
on qu'il est vite contaminé par
le rock et la pop et apprend la ~
guitare sous influence Byrds.
Donc, fast forward jusqu'à
g
~
~ A

v
..
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" ~-
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~ '.., A
~
~ ...-
•..•.
A
" ..."
l'année 87 et les pérégrina-
tions du chanteur amateur et
inconnu Michael Stipe (fils de
militaire). Cette année-là, cet r-rî1 ,...... n
" ". 1 J7
ex-punk romantique (marqué
~
à vie par les albums" Horses" , q~ , 1 ,
de Patti Smith, "Marquee
,l
1 V 1

Moon" de Television et "Pink


..,ri? \ ./

Flag" de Wire) suit des cours


E '- ...• 4 •... -/
8 - A -: -:: ..>
G
de photo et de peinture à o
A
l'université de Athens E

(Georgie), tout en s'intéres-


sant de près au surréalisme et
aux manuscrits médiévaux.
L'envie de faire de la musique CHORUS
n'a pu encore aboutir sur du "If

concret, mais sa vie bascule


quand il entre chez le disquai-
re Wuxtry. Là, il se lie d'amitié
,J
uYl~ LJY LJ.-l-' IV 1P'
avec le gérant des lieux, un E v ,..
B
v v , v v
érudit rock qui se débrouille G
D
~ 11 v v ...• "" ..•.
1""'
plutôt convenablement à la A
E
guitare. Son nom ... Peter
Buck. Après avoir débauché
des potes pour tenir la basse
(Mike Mills) et la batterie (Bill
Berry), le groupe prend pour
'1.1- -ë-r": -&- )(3
nom R.E.M. et pour base,
Athens (Georgie). Nous
sommes en 80, et ce groupe ,, ,
-;-
déjà atypique se met à écu-
mer les clubs et bars des alen- E
B
tours. D'office, R.E.M. est une G
D
A
anomalie du Sud des USA, ses E
musiciens avouant qu'ils n'ont
~tv? if
jamais été réceptifs au rock

~
r•

. sudiste parce que le genre SONG 2 CHORUS


leur cassait les oreilles:A la
fois éthéré et énergique, le 1 p,-, 1
rock du groupe se réclame
v
.,~~.~.
1
autant des racines folk US que -.,-'
d'une certaine new wave bri-
tannique .. , tout en adoptant
une éthique punk (faire tout
par soi-même). Les paroles de
Stipe sont troubles et Buck
joue sur Rickenbacker. Suite à
un premier 45 tours résolu-
SONG 2 VERSE GUITAR 1
ment indépendant (Radio Free
Europe), R.E.M. signe chez 1\ il Il 7 f7 X4
I.R.S., sort le EP "Chronic -
Town" et devient rapidement
le chouchou des radios univer-
,1 "
:g -, '
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......- .•......
E-
~ -"
...." - '-- -
......- '---" -e-:
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sitaires. En 83, son premier E
o
"- -- -
album, "Murmur" fait l'effet
d'une bombe (guitares crépi-
e
G
o
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~ -
tantes, chant flou mais pas-
A
E
~
•.... ~

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-
..•.
sionné, refrains immédiats et
gros travail mélodique) ... à tel
point qu'il est élu album de VERSE GUITAR 2
l'année par le mensuel Rolling 1

Stone, devançant "Thriller" de 1\11 •....• n ..,.,. , , 1


,1

Michael Jackson. Son succes-


seur ("Reckoning", en 84)
,J {---\ p- ~
V--
l--' f~ ~
glane de nouveaux supporters
avec le mini-hit SA Central E
8
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5
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r.
v

Rain (l'm Sarry). Un an plus


G
o ~ V

A
tard, "Fables Of The E

Reconstruction" (prod u it pa r
Joe Boyd, connu pour son tra-
vail avec Richard Thompson
Fairport Convention) montre
et
[, rz =
un R.E.M. finement folk et
psychédélique, avec un Buck
1\ 11 .....
n r 1 TI -
I~I n \
1
-
1
en forme olympique. Ce guita- ,J
UJ--l- LJ.--1-l
riste lettré au jeu insidieux .fb
~ L-b Pt) BI.( 1.-1)
attire le respect unanime de .. , -
A
.....,
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ses pairs et, cette même
E
o
G
.. --'.
"
r<; ,,--.,
~ A
r.; , ., .•
o
année, il joue en public avec A ..
E ,

les enjoués Fleshtones.


Signalons à ce stade que Buck,
jusqu'à aujourd'hui a toujours
joué (puisant dans son impres- SONG 2 CHORUS
sionnante collection de gui-
tares) avec grand plaisir sur 1\ ~
1-\ Cf' fil n -, \11 Aï n
des disques d'artistes qu'il _"
.
...

,
- .... ...
...

jugeait pertinents (en vrac, et t)


-
...,..
sans être exhaustif, il a pro-
duit le premier album de E
G ..
Dream Academy et joué, sur G
o - ,s.
/' /' ,.- ''/ ,/
- '-'t
disque ou en concert, avec A ;...
E
f J
eith Streng des Fleshtones,
obbie Robertson du Band,

JAN/,99 ID
1

Robyn Hitchcock, les Troggs,


et a fait partie des groupes
The Minus 5, Hindu Love Gods fi), rl 1 n 1
r:;- 1Î1
ffl n ' .

-
et Tuatara) ... quand son plan- #

ning le lui permettait. ~J #


-- -
+-
-r
0+- 4-

-r
-+-
-
000+- -
-+-
~
-
Désormais groupe under- --- -
ground le plus important du E
-
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8
G
monde, R.E.M. monte les

-
0 or

potars sur le tendu (les gui-


tares de Buck y sont chargées
A
E
-
';,

Fh~11
- •• :7

liS-
d'électricité) "Life's Rich
Pageant" où l'on remarque
que le chant de Stipe est
beaucoup plus clair qu'aupa-
ravant. "Document" (87),
grâce au tube The One 1 Love
u ~ ,. ,
et "Dead Letter Office" (astu- ~J
-
cieuse compile de raretés, tr ------ ---.
inédits, titres live et reprises ... E
B
G
..•.e:; .. -::
dont une d'Aerosmith !) 0 A A

enfoncent le clou ... R.E.M. est


le champion du monde du
A
E -~ .,
c;Ç"
rock dit alternatif. En 88, il
signe avec Warner pour cinq
albums et dix millions de dol- revient en force en 98, avec dont il partage l'amour des tage. On le surprend parfois à
lars. "Green" (89) et son hit un richissime, quoique déso- accords ouverts et bien réson- piétiner une pédale tremolo
Stand font leur boulot mais, rientant "Up". Fait exprès, nants. Paradoxalement, Buck Cesar Diaz Tremodillo, une
lassé par d'innombrables tour- sans doute, pour se remettre avoue ne jamais travailler les distorsion ProCo Rat, ou une
nées marathon (renfort guita- en question. gammes, mais peut passer un wah wah d'origine inconnue.
ristique de l'ex-dB's Peter Analyse de style: certain nombre d'heures à tra- Discographie sélective:
Holsapple sur la dernière Peter Buck n'ignore rien de vailler les changements d'ac- "Murmur" (lRS 1983)
d'entre-elles), R.E.M. prend l'héritage musicalaméricain, cord, arguant que" chaque "Life's Rich Pageant"
trois ans de congé. Quand il se Rock, country, folk, jazz, chanson a une façon bien à (IRS 1986)
remanifeste (en 91) avec "Out rythm'n'blues coexistent natu- elle de gérer les transitions". "Document"
Of Time" (fort de cuivres et de rellement dans son jeu, tou- Le feedback fait partie de ses (lRS 1987)
mandoline), c'est pour mieux jours empreint d'un certain armes favorites pour enrichir "Green"
subjuguer le public (l'envoû- lyrisme. Rares sont ses solos un morceau (voir Sweetness (Warner 1988)
tant Losing My Religion et (quoique techniquement au Fol/ows .sur "Automatic for "Out Of Time"
l'enfantin Shiny Happy point, il n'apprécie guère les the People"). (Warner 1991)
People). Plus sombre démonstrations gratuites), Equipement: "Autornatic For The People"
(Everybody Hurts), "Automatic pertinentes ses interventions. La Rickenbacker 360 et le Vox (Warner 1992)
For The People" (92) est bri- La guitare fait corps avec le AC30 sont les meilleurs amis "Monster" :
qué avec l'aide de John Paul groupe et constitue, au même de Peter Buck. Ce couple (Warner 1994)
Jones (Led Zeppelin) ... tout le titre que la voix de Michael fameux, popularisé par Roger "Up"
contraire de "Monster", de Stipe, une des clés du son Mc Guinn, excelle dans les (Warner 1998)
94. Un disque de gros rock où 'REM. Le plus qrarid.talent de; rythmiques claires et
la guitare de Buck se fait Buck réside indéniablement brillantes. Pour le~ passages
rageuse (notons que Thurston dans sa fàculté à "porter" le de feedback, la corde de Mi
Moore, guitariste de Sonic chanteur, en soulignant les grave est souvent descendue
Youth, s'active sur un titre) nuances ou s'effacant devant en Ré. En tournée, Buck trim-
qui déçoit de fait certains lui, selon les besoins du mor- balle une vingtaine d'instru-
amateurs de la première ceau. Pour laisser le champ ments, mais tourne souvent
heure. Neanmoins intou- mélodique libre à Stipe, il se autour des Rickenbacker 6 ou
chable, le groupe récidive résout souvent à un accompa- 12 cordes (modèle 360-12),
avec" New Adventures ln Hi- gnement simple, voire sta- d'une Fender Telecaster sun-
Fi" (96), connaît ensuite des tique. En cela, il s'approche burst avec B-bender, ou de
problèmes de batteur, mais souvent de Roger Mc Guinn deux Gibson acoustiques vin-

~.
••
1
1

1
1
PAUL WELLER
Figure emblématique du rock anglais depuis une vingtai-
ne d'années, Paul Weiler a toujours perpétué une tradi-
tion chère à la perfide Albion ... faire de la musique qui
parle à tout le monde, y compris Oasis.
E. Potts-O. Boasson

éen mai 1958 à SONG 1 .. .

N Woking, dans le comté


du Surrey (Angleterre),
Paul Weiler n'a guère envie de
" k

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~.'-

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-
r-rî"\
o ••
-If-
+

-
.0.
-;'2

"." .

s'adonner aux exigences de I~ ~ -+- '6/J/iltt. 2. +- -Q-

~~,/fM- '.,, ~j~tllw,~tjl


scolarité. A défaut d'être taillé '1 ,/ r:
E
o
comme un sportif, il se lance;' G •
o
dans la musique et débute aq A
E
sein d'une formation folk qui, ./ J

débarrassée de deux de ses .


membres, devient The Jam en VERSE
1974. Trio managé par le père ,,~ f7 1 T7 '1"1 1 -ri -;J 1 ,. :J 1
n
de Paul. The Jam s'escrime à
reproduire le mieux possible des
standards mod (Who, Small
•• J
,.
--,. -+ ,-, +......- .,... ,.
, .
,.
.:

Faces, Kinks), Tamla Motownet E

R&B. Quelques rnorceaux" m~i- ~


~ A ~ :;:,
'-"'-
son" sont également écrits, mais ~ z, ";:;" ;. '=" '--iJo ~
:.,
;. ./

-'
il faut attendre deux ans avant E

que The Jam prenne conscience


de ses possibilités. L'explosion '1-1,
..L-
punk ouvrant ses portes à toute "b ~ , ~
forme de rock agité, le trio :
(Weiler, le bassiste Bruce Foxton •• J f.;- +- '--"' -(T

et le batteur Rick Buckler) fonce


'7
1/
.,------ 7
dans le tas ... et passe pour un ~.
groupe néo-conservateur (le g -
drapeau anglais bien en éviden- ~ -/
ce à ses concerts). En 77, sort le
pugnace et cinglant" ln The
City" et The Jam fait déjà bande
à part. Choix des guitares 1\ h n n 1 rI \-'-1'
-
(Rickenbacker), fringues et
coupes de cheveux reflètent une ~ y y ,
obsession pour le style de vie - ~
mod du milieu des années 60... E
n
ce qui attisera la haine de cer-
B
G
J ~ .~.

tains punks et skinheads. Très


o
A
" J '"'

E
vite, Weiler impose sa gnaque et
ses rifts de guitare nerveux, mais G ~
"This IsThe Modern World" misent avant tout sur les 45 Young, News Of The World, le met donc le Royaume-Uni dans
(sorti la même année) est beau- tours de leur trio ... qui font David Watts des Kinks, l'osé sa poche, et ses albums, eux
coup trop bâclé au niveau de fureur (en vrac, de 77 à 81, Down ln The Tube Station At aussi, ne sont pas étrangers à cet
l'écriture. Nullement contrarié, citons Ali Around The World, Midnight, Eton Rifles, Going extraordinaire engouement
le jeune dogue et ses comparses Strange Town, When You're Underground, Start!). The Jam populaire. "Ali Mod Cons" (78)

~ <.
..
1

rmet au cabotin Weiler d'êta-


er sa sensibilité acoustique sur
SONG 1 CHORUS
"Ji . ...--., n I!TI Ii 17
.<!
eux titres, "Setting Sons est
une virulente attaque dirigée
~ Y 1 Y V 1 r /J
,....--....
contre les nostalgiques de l'ex-
empire britannique, et "Sound
E
B
G
D
.:., ~
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~.;, ,,-...
..;,
~ ~
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-' -
.•. ~
"
~ e-:
~
r-

tfects" (80) est un bijou de A '--


E
maturité (l'acerbe rage acous-
f) -Q- C :f,1VI C.
tique de That's Entertainment). ,,], -Q- ~ -&-
The Jam est alors manifestement
le plus grand groupe anglais en
.l s: v

activité. Son prochain album (le -f1- -g.- -tr -e-


très R&B "The Gift", qui sort en
82) est certifié disque d'or
(comme le fut "Ali Mod Cons"),
~~====~======j=~=========t~~========+=~==========tt===============~
G~----~-------+~~--------~~----------r-~----------~--------------~
DI·-----~--------+_~--------~--~--------_+~r_--------~~--------------~
A~----~------_+~~--------~~~--------+_~----------~--------------~
mais Weiler sent que le trio est EL- ~-------L~~--------~~~--------~_Ç~--------~--------------~
sur les rotules. En catimini, l'ex- A A7s..s'f Â
aboyeur apparaît sur le troisiè- SONG 2 VERSE GUITAR 1 (Playchords as lib)
me album solo de Peter Gabriel
"h 1 1,.,1 1
(n Peter Gabriel ") et, contre
1
toute attente, annonce cette l'
même année que The Jam n'est
.J -rr (:d 4- -e- ::1
rtr q
plus. Lassé par la routine et un
succès qui le contrarie, Weiler
E
0
G
- A
"
"'.
l'
:,
tue donc sa poule aux œufs d'or. D
A Il
Il réapparaît un an plus tard E
1"

avec The Style Council ... et un


changement d'orientation musi-
c: /3~IF- Ir',
,
VERSE GUITAR 2 (Iead guitar files)
cale radical. "Café Bleu" (84) est ~hJ'
un album fortement teinté . "h +/~'--r 1

bossa nova, et les autres disques


de cet orchestre brisé par les tJ-J 1
médias mêleront funk, jazz s 5 S

ambiance "cocktail party".


~ff~mulblaoc~àu~
Pendant sept années, Weiler lut-
tera en vain pour tenter d'impo-
~~~~~~~~~~~~~~~~~
g
~-
~.",?~s- fM 1)5'
1/
..,

ser la vision musicale ouverte- ~Ie


ment panoramique du Style ·SONG 2 VERSE ,,/w jlif( j/u.s
Council avant de jeter l'éponge,
conscient que ce projet était
,,1 ,..--, n
trop ambitieux. En 91, il donne
vie au Paul Weiler Movement,
.> l~ ~ \
'L-J J

nom abandonné pour son pre- ! 5 s ~


~
mier album solo, "Paul Wellerl'
E
0
G -
v
'D .., '-
'/ ~
-
V
...,-...-
J
,--
,v/
(92). Ayant troqué sa D
A

ickenbacker contre des Gibson, E

aul Weiler va enfin se faire


~'7
BII1/t Â...,7 A~7~" i: Dr;
reconnaître en tant que guitaris-
e. Le style délié, aventureux et innombrables fans (qui, eux, ne vant "Wild Wood" de 94. Ses titre The Changingman laisse
toujours soucieux de ne jamais l'avait pas boudé du temps du concerts sont bondés et gorgés planer le doute. Il confirme son
étouffer une mélodie, il évolue Style Council), mais l'ex-roi mod d'énergie maîtrisée (l'album statut de superstar en Grande-
ésormais dans un univers qui semble beaucoup plus tracassé "Live Wood"). Paul Weiler a Bretagne (les USA lui ont tou-
oit tout aux Kinks, Beatles, à la (solitude exprimée sur mûri, comme le démontre son jours fait la sourde oreille,
soul, au Spencer Davis Group et Sunflower, le folkeux et sombre "Stanley Road" de 95 (y figurent même du temps de The Jam)
à Steve Winwood. Album plutôt Country, l'angoissé Has My Fire notamment Winwood et Noel avec l'achevé "Heavy Soul" (97),
enjoué, "Paul Weiler" ravit ses Really Gone Out?) sur l'émou- Gallagher de Oasis)... même si le fascinant résumé de feeling et

JAN.99 ID
tonus (grandissimes Peacock Suit CHORUS
...,-,::r
et Up ln Suzes' Room), puis pige
sur "Anutha Zone" (dernier ..••k ,.:::r=f1 n IF!
,
- fIT \ n rrr
->.
album en date de Dr. John),
avant de prendre la décision de
changer de maison de disques.
,1 -;.+- 'v -~ +- 7, -" "# rr: # ,-

If Ii
les prochaines perles de Paul ~
,....
Weiler, artiste complet sortiront g
donc chez Independiente ... qui
s'en frotte déjà les mains.
~ ~ -~ .•..~ ~ .•.. ~-
Etude de style:
Difficile d'écouter The Jam sans •.••JI --. rFf rFf rrt Ffl
,
r=r
remarquer l'énergie qui se
,
dégage du jeu de Paul Weiler. ,1
-- -+- --
*- 7-;-
l( x
--
+- -+- -ë- +- --
..-*
Dans ses tout meilleurs
moments, le natif du Surrey se E ........,
// ./
o ./
~
hisse alors au niveau d'un autre
as briton de l'accompagnement
G
o
A
E
., .J"
., .. .v .~ -e
,
./

musclé, Ray Davis (The Kinks).


Les accords qui dominent son
G
jeu évoquent aussi ceux de Pete l'Ik ri 1 1 Il n n 17 "1 1 r l 1[\ 1

..
Townshend (une de ses -
, , -~ -
influences avérées, surtout à ses
débuts). Son vocabulaire d'ac-
,J +-
~ -+- +-
--
..,..
------ -- - +- -
-*""
.- -).-
-r:
# '--' P

cords n'est pas très étendu, mais E


.• ., .• .,
il sait comme peu de guitaristes
e
G
o
..• ~ A
- A A -: -<;

envoyer la bonne attaque au A


E
., ., , .. -
bon moment. Même sur les der-
niers albums où sa boulimie de C'
triades explosives semble s'être ("Live Wood"). L'Epiphone
calmée, Weiler joue de la six- Casino réapparaît à l'occasion
cordes avec un-e fougue et un (sur The Changingman), et l'am-
sens du placement peu com- plification échoit désormais à un
muns. combo tout lampe Marshall .
Equipement: Bluesbraker 1958 Reissue, lui-
Avec The Jam, Weiler exploitera même remplacé sur scène par
brillamment le timbre clair de des stacks JMP. Une Ovation
diverses Rickenbacker 330 (on acoustique (finition naturelle)
entend aussi une Fender complète cet arsenal simple et
Telecaster sur Precious). Les
amplis sont, alterativement, un
Vox AC-30 ou un Roland JC-120,
efficace.
Discographie sélective:
TheJam
ABONNEZ - VOUS
qui, flanqués de stacks Marshall, "ln The City" (Polydor 1977)
participeront à quelques tour- "Ali Mod Cons" (Polydor 1978)
nées. Au sein du Style Council, "Sound-Affects" (Poly~or 1980) :
c'est la Rickenbacker 360 12- "Snap!" (Polydor 1983)
cordes qui deviendra sa favorite, The Style .council
"Café Bleu" (Polydor 1984)

VOIR PAGE81
mais on trouve aussi entre ses
mains une Fender Stratocaster "The Cost Of Living" (Polydor
(The Cost Of Loving), une 1987)
Epiphone Casino, ou quelques Paul Weiler
Yamaha, toujours branchées "Wild Wood" (Go! Dises 1994)
dans des combos Vox AC-30. "Live Wood" (Go! Dises 1994)
Dernièrement, Weiler s'est "Heavy Soul" (Go! Dises 1997)
découvert une passion pour les "Modern CIassises- The Greatest
vieilles Gibson SG équipées des Hits" (Go! Dises 1998)
impossibles vibratos Vibrola

~
PAT TRAVERS
En ornant son hard boogie de plans funk, ce cador
des années 70 traça, sans le savoir, le chemin du
succès pour de futures stars du métissage plom-
bé ... comme Extreme.
E. Potts - o. Boasson

enationalité canadien-

D
PART 1
ne. Pat Travers est
emporté par le tour-;
:
" 1'7 rT1 ri! r-tI ! rn ni III 17 \
billon rock dès son jeune âge/ et
opte pour la guitare comme Y
,J -- -r--- - - - -- -
...,... -#-
-+- - -r- -1- -1- -
,
-r
. -
++;:' -..,..- -+ -+- +-
"+
1

~
:

arme de prédilection. Toutefois,


E
le parcours du combattant el'] B '':>
G
o ~ r: .,
terre canadienne le lasse vite
-
A
A --
(malgré un groupe éphémère E

avec Ronnie Hawkins. le rocker


PART 2
du Band) et. dans la première'
Gtllf~
{ + ')... .....--r'1 ,.-,
moitié des années 70. il s'expa- ,," 1 1
trie à Londres. Là. il forme un :
- -, ...-
-
f+__ ,
trio qui se fait les griffes sur ,1 :i ..,.. , ' . +-
- T -+- , ',-- -r.t~ ~
l'exigeant public des petits clubs -r -. T 'ï

de l'île de la rose. En 76. le grou- E


'-
pe participe au festival de ~

-- -
....-.
Reading et son set est tellement ~
E •...
A

J
J
'- "-~/ -
J -
-:;;-

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"k '/ _ -
J~
., .,
'.../
~
~ •.. •...
..,
emballant qu'il lui permet de
décrocher un contrat avec
Polydor. Quelques mois après
T 1
sort" Pat Travers". honnête pré-
cis de boogie rock traditionnel
,
L.J ' /" +-
1
~
~

doté d'un certain coffre. Travers ~


Œ~u~~àl'énffg~.C~n~ur
se fait cependant remarquer par ~
un jeu de guitare puissant et un E
E~~~~~~~~~~~~~ii~~~
son crunchy. Il lui faut pourtant
PART 3 (Digital Delay Set to 308 milliseconds)
attendre un an. et "Makin'
~\1." " +- -#- ~ , ,
Magic'" pour pénétrer la cour
des grands du hard rock. Sa ,J
réputation de "hot shot" est ~ ~ ~I l~
.~. •...• ,~ - .,,- ,

.- .- -
renforcée la même année.par
"Putting It Straight" (78). album
E
B
G
D
._., ._., .- .~ .-
'7
,
.- .
osé où le Canadien orne son A
F -
hard gourmand (Life ln London)
de funk (Gettin' Betta) et de
touches jazzy. L'énergie tend les bras mais. à défaut de ne de la complexité rendue née suivante. Trop travaillé (le
déployée par Travers lui vaut suivre la route de l'argent. accessible. Le live de 79. "Go For fantasque Snortin' Whiskey ne
d'être comparé à Ted Nugent et Travers mise sur son étoile. What You Know" (Pat y est fait pas oublier un contenu trop
Rory Gallagher. mais son inventi- "Heat ln The Street" (78) le voit secondé par le redoutable guita- éclectique pour le hard rocker
vité (bien qu'alors relativement paver un chemin doré pour le riste rythmique Pat Thrall) ravit lambda ... une reprise d'un titre
timide) et sa foi le placent à la funk-metal (Extreme en premier. les fans du brun canadien. mais de Bab Marley est au menu l).
même tablée que Robin Trower voir "Pornograffitti") et concur- il commence à s'égarer sur "Radio Active" (82). en dépit (ou
et Rick Derringer. Le monde lui rencer Van Halen dans le domai- "Crash And Burn", qui sort l'an- à cause) d'une production très

.99
PART 4 âu ITtrfLr
léchée, ne redresse guère la
situation d'un Travers décidé-
" 1 ,.....;'\ - 1 -r-n ~
ment trop finaud pour beau-
coup. "Black Pearl" (82) n'arran- tJ
r LJ-W 1
~
,1 1

ge guère, lui aussi, le topo ...


~ U (/14 Bu
même si cet album ambitieux ~ ..--., ~ ,r-.
est de la trempe du "Renegade"
de Thin Lizzy. La cote de Pat
g
~
-/ " ~
~ - r,
V/ -/

Travers chancelle, et ce n'est pas


"Hot Shot" (84) qui la fera
reprendre des couleurs. Dépassé
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par des techniciens plus
"modernes" comme Eddie Van

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Halen ou Jake E. Lee (Ozzy ~
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Osbourne Band), Travers entame s .--.. Pu
dès lors une descente dans l'obs-
curité la plus abyssale. Souffrant
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0
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'v',
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A
d'alcoolisme et de dépression, il E

disparaît du circuit rock pendant 0/.


six longues années. En 80, il 13
tente un comeback avec "School
Of Hard Knocks" (sur un label
indépendant), mais la platitude "
1

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du boogie-hard céans est crian-
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te. Plus personne n'accorde de ~ I~
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crédit à Pat Travers. Par la suite,
il donnera signe de vie avec des
albums à optique bluesy, dont
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seul "Just A Touch" (93) est à
extraire du lot. Le toucher II
Travers (aussi juteux sur Gibson
que sur Fender) a beau être tou-
jours vif, ses prétentions
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"orchestrales" un lointain souve-
nir... le poids des ans l'a hélas
transformé en martyr.
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Etude de style:
Pat Travers est influencé par les g
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grands guitaristes anglais et amé- ~


ricains des années 60-70. Eric E
Clapton, Duane Allman, BB King,
Buddy Guy, mais aussi les Animais
et Edgar Winter ont formé son (1992), "On aligne les doubles Par superstition sans doute, il franc et le sustain généreux.
goût pour le blues électrique le. croches impeccables en a lier- n'utilise plus cet instrument Discographie sélective:
plus débridé. Adepte de l'impré- retour médiator; ça devient' et aujourd'hui." Le deuxième instru- "Makin' Magic" (Polydor 1977)
visible et du spontané, Travers a vite ennuyeux. Moi, je joue tou- ment est une Les Pal11Special '57 "Putting It Straight" (Polydor
fait siens les outils convention- jours avec ùn certain abandon. équipée de micros P-90. Le troi- 1977)
nels de la spécialité, abusant par- C'est bien plus amusant comme sième, plus rare encore, est une "Go For What You Know"
fois des bend. Son style reste tou- ça t" Les Paul à double échancrure, (Polydor 1979)
tefois marqué par une certaine Equipement: malheureusement défigurée par "Radio Active" (Polydor 1981)
classe, dûe à sa longue expérien- Longtemps adepte des "petites" la pose d'un vibrato flottant et "Black Pearl" (Polydor 1982)
ce et à un don certain pour l'im- Gibson, Travers a fixé son choix de son sillet bloque-cordes. Il "Boom Boom - The Best Of Pat
provisation. "Beaucoup de guita- sur trois instruments. La guitare joue parfois une Ibanez 470F Travers" (Polydor 1985)
ristes ont éliminé le facteur qui l'accompagna pendant ses trois-quarts et se branche dans "Just A Touch" (Blues Bureau
risque de leur jeu." râlait-il à la années d'or, une Melody Maker, desstacks Marshall100Wvintage International 1993)
sortie de "Blues Tracks ", son lui fut volée à la fin des anées 80, ou dans des têtes Peavey Classic
album de reprises pour Shrapnel mais fut finalement retrouvée. 50W dont il apprécie le grain

JAN.99 III
B. BILL BROONZY
Moins célébré que John Lee Hooker ou Muddy
Waters, Big Bill Broonzy fut néanmoins le bluesman
le plus coté d'avant-guerre.
E. Potts-O. Boasson

N
éen juin 1893 à Scott Mute ail bass notes
(Mississippi), William
Lee Conley Broonzy
n'est pas élevé dans l'opulence
(son père était métayer et sa
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mère, qui décèdera à l'âge de
102 ans, avait été esclave). C'est
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dans l'Arkansas, pendant sa jeu-
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nesse, que Bill apprend le violon ~
tout en baignant dans un uni-
vers de gospel et de blues (il
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sera même prédicateur pendant
un moment). En 1918, en ren-
trant du service militaire, il s'ins-
talle à Chicago et rencontre un
camelot fantaisiste (Papa Charlie
Jackson), qui lui enseigne les --, --r
rudiments de la guitare. En peu
de temps, Broonzy devient un
guitariste qui fait sérieusement
parler de lui en ville. Du blues

nn il fi n
au ragtime, rien ne lui échappe

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et, dès 26, il enregistre à n'en ,J,tt k
plus finir. Travaillant pour des
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labels tels Bluebird et Columbia,
il comble un auditoire noir avec
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des morceaux comme Bul/cow E
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Blues, Serve It To Me Right,

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Keep Your Hands Off Her, Bossie ~ '--- - .-- •...
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Woman ou Hey Hey (repris en B
92 par Eric Clapton sur son
album" Unplugged ") ... mais
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comme son rendement est una- ..•. 11.., ri , 1 f , , '" '1


nimement apprécié, il prête -" _.
aussi sestalents à de nombreux .J
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bluesmen plus ou moins connus.
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Parmi ces derniers, citons Cripple '" ~ ~ ..
Clarence Lofton (as du boogie
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woogie), Bumble Bee Slim
(Amos Easton, de son vrai nom),
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autour de la musique. En effet,


V

et achètera une taverne à


Memphis Slim (Peter Chatman, d'avant-guerre, et on ne réper-
de son vrai nom) ou Washboard torie plus ses enregistrements ... en parallèle de ses activités stric- Chicago, en 54; pas mal pour un
Sam (Robert Brown, de son vrai pour son propre compte et pour tement musicales, il sera tour à homme qui apprendra à écrire
nom). A la fin des années 30, Big autrui. Cependant, ce grand tour porteur pour les chemins une fois passé la cinquantaine!
Bill Broonzy est célèbre en tant gaillard ne vivra pas une existen- de fer, possèdera une ferme à la Rusé comme un renard, Broonzy
que mentor du blues chicagoan ce uniquement concentrée fin des années 30, sera concierge sait également s'acclimater à

~
l'air du temps, remplaçant
notamment feu-Robert Johnson
pour un mémorable concert au
Carnegie Hall de New York, en
-
,
38. Une fois la guerre finie, Big
Bill pige que le blues de Chicago
change de ton et qu'il n'y fait
plus figure de musicien courtisé.
C'est ainsi qu'il se met au folk,
Et-~~~~~~~~~~~~~~
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langage qui prend du galon, et


au country blues, s'accompa-
,,!..R, nflnn r \2i,~1 n b , n n , ~I n n
gnant humblement d'une guita-
re acoustique. Il visite l'Europe
pour la première fois en 51 où il
se fait rapidement consacrer
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pape du blues. Persévérant en ~
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tant qu'artiste soliste typé folk, F.
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Big Bill Broonzy poursuit son A


bonhomme de chemin sans hic d'où une floraison de compila- Blind Lemon Jefferson. Les ham- blues ... tout cela est extrait du
majeur ... et tant pis si ses admi- tions chez des maisons comme mer-on, les notes jouées simulta- répertoire du vieux Texan. A ces
rateurs ont désormais la peau Folkways, Yazoo, Biograph et nément sur les cordes de Sol et emprunts facilement identi-
blanche. Il s'éteint à Chicago en 5toryville. de Mi aigu, les frottements fiables, Broonzy ajoute un grand
août 58 (un an après le décès de Etude de style: majeur/mineur résultant de éclectisme, né de la nécessité
sa chère mère) et laisse d'innom- On retrouve chez Big Bill Broonzy consonnances entres cordes adja- d'étonner soir après soir le public
brables morceaux derrière lui, plusieurs tics caractéristiques de centes, l'emploi des gammes de des clubs de Chicago. Alterna-

EN 99 VOUS AVEZ ENFIN LE CHOIX!


.LE CALENDRIER VINTAGE 1999 + 7 POSTERS
JOHN LEE HOOKER
& ROY ROGERS
STEVE VAl
& JOE SATRIANI
STEVE LUKATHER
BUDDY GUY
ZZ TOP
VAN ,HALEN
PAT METHENY
HORS SERIE GUITAR&BASS SPECIAL POSTER
25 F DANS TOUS LES KIOSQUES
tivement traditionnel, ragtime,
ou blues, il privilégiera, une fois

- ~-- -, -
sa propre formation stabilisée
dans les années 30, une musique
joyeuse et dansante, proche du
-;- -r -,- --r --r -..,.. -r: --r:
hokum des années 20. Son
approche de la rythmique, assez
originale pour l'époque, consiste
à remplacer les basses alternées
par des basses continues, en
omettant pas d'étouffer plus ou
II~J 1. bli"J n. L n î} 1iJf1 ,
m m nn
moins la vibration selon les cir-
. . \

constances. Il lui arrive d'achever


ou de reprendre à la guitare la
mélodie de sa haute voix de
soprano, et est à ce titre l'un des ~
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.1

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3 2:

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premiers "scatmen" convain- g .
cants de l'histoire de l'instru- ~ . u .., (.1

ment.
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Equipement:
Rares sont
représentant
les photographies
Big Bill Broonzy.
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L'une des plus fameuses le
montre tenant une Gibson Style
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Artist Model", dont les premiers ~
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-

-
exemplaires furent cornmerciali- AF.
sés en 1918 (on ignore d'ailleurs
- A
V

si cette guitare lui a réellement B '-1.,


appartenu ou si elle était en réa-
lité la propriété du studio où se
déroula la séance photo). La Style
n
a fut la première guitare acous-
tique cordes acier à pan coupé de
l'histoire de la lutherie, et la
célèbre volute qui termine la cais-
se au-dessus de son manche est
héritée des mandolines de la
firme. Installé au sommet de la
gamme Gibson, cet instrument ,,1I~, r1
.n. r- ,
I. nn
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0-

n 1 ri ri

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fort luxueux constitué de pièces
d'épicéa et d'érable massives
coûtait presque deux fois plus
cher qu'une Martin 000-45 en E
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1921 !
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Discographie sélective : ~
0 ~ v •... ~
"Big Bill's Blues" (Columbia)
"Big Bill Broonzy vol. 1-12"
A
(Document)
"An Evening With ... vols. 1 & 2"
11&.;' r1
. n n. 1 n n ~J .nr
. , , ,
.1 j",
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. . ... - ~ s- -
(Storyville)
"Big Bill Broonzy : The Blues"
(coffret Frémeaux & Associés)
-- .)
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"ln Chicago" (EPM) ~
. -
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G
A
"The Young Big Bill Broonzy" 0 ':0 ~
(Yazoo) ~ u v .., ~" -/

"Do That Guitar Rag" (Yazoo) (P)


~
ROY BUCHANAN
Zeus de la Telecaster, ce formidable guitariste dc
blues/rock vécut une existence de maudit, ce qui ne
l'empêcha pas d'être tenu en haute estime par les
Stones, Jeff Beck, Eric Clapton ou Stanley Clarke. ix
a
E. Potts - O. Boasson

éen septembre 1939

N
VERSE 1
à Ozark, Arkansas, n ~
Roy Buchanan grandit 1\ 1 ?rI nTI ' ,,.-.. . 1 1

1 TI 17 rTTl
en Californie sous le joug de "

son père, un rigoureux pas- .J 11 '-'" ,


1
teur pentecôtiste, ce qui Su
k ,-.., $
n'empêche pas le garçon de E
B
- ~ ~ ~ .. ..-~ .- ... .- -.
devenir un guitariste très
accompli dès l'âge de neuf
ans. Six ans plus tard, il pose
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A
E
..-" ~
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J .., ..,
- r_' ./ /"
...•

ses valises à Los Angeles où la


star de R&B Johnny Otis se
prend d'affection pour lui. De
1\

,
,......, n 1 1 1 - 17 -- . 1

fil en aiguille, Buchanan enre- ,) 1


1 1 1
gistre et tourne avec Dale BI( ISlA
S
Hawkins, un cador du rocka- -
billy qui avait remarqué l'ado-
E
n
g oJ .., ",
- - ~ .- ..,
lescent virtuose dans un vul- ~
gaire rade. Ainsi, Buchanan
jouera sur ses célèbres hits
Susie Q et My Babe. Au milieu fi r"\ -1- Tt 1 1 1 n ....-- .,/ ../ ../
n n
des sixties, le prodige volage
,) 1 t J1 - 1
____ 1 1
est 'pourtant déjà ailleurs. Très
courtisé (après avoir secondé Bio
~ -- ,,/
.,,/ '-'"
Ronnie Hawkins au sein des
Hawks), il traîne dans de nom-
~
g ~'n -~ .., ", ..,
,.. ..
..,
...-
",

breux studios d'enregistre- ~


ment de la côte-Est en tant
que requin sur des sessions
1\ ~ ,.-.. ,....." 1 ~
d'artistes divers (Leiber &
Stoller, Freddie Cannon ...). En ,
68, il monte le groupe Eastern
,) 1 l--!
[JJ-J
Seaboard et passe quelques gk ~ !lu u
E ,........
années à écumer les clubs":..
pour un succès d'estime.
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-""'. r _ 'n ..,,.-
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~ ..• - '/ - --- \,,/
!.•.•
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..
Impressionnés par sa réputa- E

tion florissante, les Rolling


Stones lui auraient demandé VERSE 2
t7
d'assurer la place vacante lais- .~:::!
1\ ++ - .~ -+- - .,- ++ ~ ,+ - ...,...
sée par feu Brian Jones, mais
Buchanan n'aurait pu se rési- ~
,) l- l..-J- t-
gner à faire partie d'une telle FIA
k k
machine, où son rôle n'aurait
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été que celui d'un humble 8
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faire-valoir. Il aurait donc o
A
sciemment décliné cet appel •
~
d'offre. Reculer pour mieux -0+- ,-..
sauter, en fait! En 71, le men-
1\ +t= .L.."*+"-r~+ ::;:':i=- =:;: --++ + - -1- +- -i-
suel Rolling Stone lui consacre
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~ (~ \ t' !-:;'3 ,..
un portait élogieux, et un 11/1 Bu
.--., lA .....- If
documentaire télévisé le pré- ,. t ;« \ n
..,.. H.
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sente comme" le meilleur gui-
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[l
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tariste inconnu de la planète". ~
Un an après, il signe avec E

Polydor. Autant influencé par


le blues noir (Roy's Bluz,
:f:::: 1= :;:::::j:: :;: J:: :::_++"..---&- , +-:!:..+ "f- + .....
Ramon's Blues) que par le gos-
"
pel, il unira les deux avec bon-
(,....s-
heur sur ses albums pour le .J TJ7
gl( Bu
label. Ainsi, au fil de ces ,..-.., (Iii 11>

disques, il remercie Dieu (The ~


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Messiah Will Come Again sur g
"Roy Buchanan" en 72, Thank ~
You Lord sur "Second Album"
l'anéee suivante) et se laisse
lentement emporter par cer-
tains démons liés au rock
(alcool, dépression). Pourtant,
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1

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personne n'y prête attention,


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tellement son jeu de guitare
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monopolise l'attention.
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Partisan d'un accordage qui D
A
tend outrageusement les
cordes, Buchanan se fait plus
que remarquer pour des solos ,-0+-
virevoltants, fluides et dévas- "
r »: î1 ~ .....• ~ 1 1 .,...-
++ ++
r-
..,. -#"

tateurs exécutés sur une


Telecaster de 53 (sa guitare tJ L-J 1 1) [JW- T;J7 ./
fétiche,. même s'il a aussi joué (3u
(/I.f Lf) 17" c,- Ii""
sur Gisbon). Pourtant, en E
B
,...,
dépit d'un authentique don, G
D
le succès à grande échelle le A
E

fuira. En fait, Buchanan n'aura


qu'un réel impact auprès
d'autres musiciens ... et non z; 4----' , +-=-+'"l ...,..
-r
+- -+ -+
• T-,.-..",,\r-. 1 0
.~I~
1\
des moindres. En effets, parmi
ses admirateurs, on compte -
~ r 1
Robbie Robertson (qui affirme ~ ~
que Roy est le meilleur guita-
E
~...-,;;,
::\'-".-'""
Po
•. or _·_~A
~f'o
-- _ ~M U)
,-
Po ../

riste de rock qu'il ait jamais


entendu), Eric Clapton, les -
Il
G
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1>
~ V

, -
J " v
,
u
-,- - - J
- -
.» I- I.,
A
Rolling Stones, Stanley Clarke E

et Jeff Beck (à qui est dédié


My Friend Jeff sur" A Street
Called Straight" de 76). De SOLO 2
ses années Polydor, on retien-
"
,---- + - '" /""....., ,..., 1 1 1;'+ - ::/1, .s:<;..,.h ,1;......,
dra en priorité le brillant ..

"Loading Zone" de 77 (album


produit par Stanley Clarke, sur
tJ
! 1 l;:-t LJ-Y V 4::!
u-p, ly'
t.>
~ P.
~
B4 b Bt. ~
-
fil
- ~! '" - ,- /",1'"
lequel Buchanan enjolive le E
B ..,
Green Onions de Booker T. & G
D
'1 7 J --;.;;-

A
The MG's de lumineux chorus, F

et se fend d'une diabolique

JAN.99 tEl
démonstration de picking sur
..--.. .•......• :--+ ""'......
r,
le sidérant Adventures Of Brer
Rabbit And Tar Baby), un
-
1\
,...,
,
-- 1 't9-.

UJ-1
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~J 1
1 ( l f 1
1 1

chant du cygne avant l'heure. ~


_3 -:1- ~
Ne parvenant pas à passer
outre le statut d'artiste
E
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Bu
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G
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"culte", Buchanan se retrou- o


A
vera sans contrat, avant de ~ v

réapparaître pour quelques


disques sur Alligator dans la
première moitié des années
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80 ("Dancing On The Edge",
1\ ~ /"'
sur lequel chante le Texan
..
Delbert McClinton fut bien
reçu par la critique). Avant-
~J
IJ-l-' 1 1 J.--' L-J 1 V
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dernier ("Hot Wires" 88, sera Bu ~
son ultime album) baroud
d'honneur pour un homme
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J.
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véritablement troublé par un E

sentiment de culpabilité ~7
remontant à sa plus tendre
enfance ... et inadaptable au passe le pouce par-dessus le sonorités proches de celles du et, à la fin de sa carrière, une
rock. En août 1988 à Fairfax manche pour jouer les barrés, pedal-steel (dont il simule les luxueuse Fritz Bros Signature.
(Virginie), il est arrêté en état ne compte pas les mesures, glissements au moyen de L'ampli est un Fender
d'ivresse alors qu'il vient maîtrise mal la lecture à vue, bend très étudiés). Enfin, Vibrolux, réglé tous potars à
d'être l'objet de poursuites et s'est composé une image Buchanan est le seigneur des fond (sauf la réverbe), car Roy
entamées par son épouse. Les mentale du manche à partir harmoniques, que celles-ci aime contrôler son niveau
forces de l'ordre le flanquent des formes des accords (dont soient "pincées" (en touchant directement depuis la guitare.
dans une cellule et vaquent il ignore d'ailleurs le nom). simultanément la corde avec Son seul effet est l'Echoplex.
ensuite à leurs occupations. Pour inventer de nouveaux le doigt et le médiator, une Discographie sélective:
Une heure plus tard, venus plans, il s'inspire d'autres ins- technique qu'il a inventé dans "Second Album" (Polydor
vérifier si Roy Buchanan truments (saxophone, batte- les années 50), ou "brossées" 1973)
s'était calmé, ils constatent rie, chant, basse), et parvient (en laissant traîner l'index de "That's What 1 Am Here For"
que le guitariste, père de sept à fondre presque naturelle- la main droite le long des (1974)
enfants, s'est donné la mort ment blues, jazz, swing et cordes, tandis que le médiator "Live Stock" (Polydor 1975)
par pendaison. A l'aide de sa country en un style unique! Il -coincé entre pouce et "A Street Called Straight"
chemise! "Bad Bluz" ! est l'un des tous premiers à majeur- joue un accord). (Polydor 1976)
Etude de style : exploiter pleinement les Equipement: "Loading Zone" (Polydor
Roy Buchanan fut LE guitar potentiomètres de sa "Dans les années 50, je tran- 1977)
hero de la première moitié Telecaster : tonalité pour créer chais les membranes de mes "When A Guitar Plays The
des années 70. On luido~la des effets de wah-wah, volu- HP pour créer du fuzz, et puis Blues" (Alligator 1985)
plupart des techniques aujour- me pour générer des effets de un type a inventé une pédale "Dancing On The Edge"
d'hui utilisées par l'américain violoning (gommant l'attaque qui faisait le même son. Après (Alligator 1986)
Jerry Donahue (bend derrière d'une note ou d'un accord ça, j'ai abandonné les effets. "Guitar On Fire: The Atlantic
le sillet notamment), et s'il fut . pour Créer l'illusion-que la- Je me suis forçé à développer Sessions" (Rhino 1993)
adulé par Merle Haggard, guitare "pleure"). Sa tech- mon propre style, 'et je me
John Lennon, Ritchie nique de 'hemmer-on et d'al- suis aperçu que tous les sons
Blackmore, Nils Lofgren, ler-retour "circulaire" (un un peu spéciaux que je voulais
Danny Gatton, Eric Clapton, et mouvement de "bascule" du obtenir étaient dans la guita-
Jeff Beck (qui lui dédie le médiator entre les doigts, re". Et plus spécialement dans
mythique Because We've emprunté à Larry Corryel et la Telecaster, dont Roy joue
Ended As Lovers, sur l'album John Mc Laughlin) autorise dès l'âge de douze ans. Son
"Blow by Blow") ce n'est sans des vitesse d'exécution impor- modèle préféré sera une '53
doute pas par hasard. Ayant tantes. Il lui arrive souvent ma pie neck entièrement d'ori-
appris seul et instinctivement, d'utiliser tous les doigts de la gine ("mettre un humbucker
Buchanan approche la guitare main droite pour mieux agrip- là-dessus serait comme mettre
de manière peu orthodoxe. Il per les cordes et accéder à des une moustache à Mona Lisa"),

~
JOHN SQUIRE
Sale destin pour la pop acide et onirique des Stone
Roses. Malgré de louables efforts, la poisse (arnaques et
Oasis) finit vite par avoir la peau d'un groupe qui osa
remettre les guitares en avant ... à Manchester.
E.Potts-O. Boasson

,un milieu modeste, GUiTAR 1 INTRONERSE

D John Squire (né en


novembre 1962), est
comme tous les natifs de
"II l n r 11
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1 1 n f1 T 1
Manchester. La perspective d'un
bel avenir est aussi grise que les
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murs des HLM de sa ville à l'ago- ~


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nie. Seuls bons de sortie: le foot
ou la musique. Davantage inté- ~
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ressé par la légende des Beatles


que par celle de Bobby Charlton
ou de George Best (anciens foot- _ GUITAR 2
balleurs de United qui font "Ji J 1/
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encore la gloire de la mégalopo-
le) Squire tripote du manche ... .J VI
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comme ça, entre deux pintes. En
parallèle, le jeune guitariste s'ln- ~ - »<
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téresse à l'art moderne, ce qui g f--
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va lui servir dans les mois et ~


années à venir. Dans la première
moitié des années 80, ce fan de GUITAR 1 CHORUS
pop et de psychédélisme manié-
ré, dont le jeu évoque un caram-
"II It 1 1 ,r-- TM Al 1 ff1 Fri 1 s: ~ Ar
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bolage Velvet
Underground/Beatles/Stooges/
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Smiths, rencontre un illuminé en ~ , - '-' ~ " ," ,
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la personne du chanteur lan ~


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Brown. Doux rêveur, ce dernier E

se réclame autant des beatniks


que des anarchistes, hippies ou
punks. Ensemble, ils réunissent ,,!r.t ~
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suffisamment de mondepour
former English Rose (référence à
The Jarn), qui devient The
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Patrol, avant d'adopter le patro-
nyme de The Stone Roses en 85.
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Le groupe écume les pubs et ~ '" -"


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clubs sordides de Manchester et
de sa banlieue étendue et est'
illico associé au mouvement
"baggy", dont les Happy Jance. Pourtant, le rock des Gretsch de Squire. Ambitieux, le qui l'aidera à faire la part des
Mondays, The Farm ou The Roses est plus pernicieux que jeune groupe auteur de choses entre désirs poppy et
Inspirai Carpets sont ou ne tar- celui des précités, aidé en cela quelques 45 tours rencontre volonté de jams étirées et mal
deront pas à être les fers de pàr les hurlements acides de la alors le producteur John Leckie léchées. En 1988, The Stone

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Roses signent chez le label
Silvertone, et sortent un single
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(Elephant Stone) qui atteindra la
huitième place des hit parades
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britanniques en ... 1990, égale- E ~
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ment l'année de la sortie de l'al- ~
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bum éponyme de la formation ~
mancunienne (pochette réalisée E

par John Squire, artiste autodi- fatld"


dacte). Les hits y seront nom- GUITAR 2 CHORUS
breux, les Stone Roses prenant
la première place du champion-
fl/d. c 1 n r1 Il
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nat de Manchester. En effet, les -, , ,


singles What The World Is
Waiting For/Fool's Gold, Made
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Of Stone, She Bangs The Drums, 6


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One Love, 1 Wanna Be Adored
(profession de foi ... qui sonne
The Cure en dérive chimique),
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Waterfal/ et 1Am The "The Second Coming", en 94. beau faire étalage de quelques a une approche intelligente du
Resurrection transforment les D'obédience rétro (le groupe beaux riffs de rock et de cer- couple rock/pop ... Tenez-le vous
Stone Roses de local band en semblant, et à juste titre, désa- taines finesses harmoniques, ses pour dit.
géant de le pop britannique bis- busé), cet album est celui du gui- Seahorses attirent l'indifférence Etude de style:
cornue. Adieu les clubs pour tariste/compositeur Squire. Il courtoise. Pourtant, cet homme Si le jeune John Squire ne s'était
ouvriers dépités, bonjour les joue à la manière des années 70
stades et les demoiselles hysté- (réminiscences Rolling Stones et
riques ! Pourtant, une telle Led Zeppelin ... et recours à une
embellie sera couvertes de Gibson Les Paul) soigneusement
nuages plus que nocifs. modernisées avec une tendance
Mécontents de leur contrat avec dance ... ainsi que des œillades
Silvertone, les Roses engagent au folk rock (Tightrope, Ten
des poursuites judiciaires à l'en- Storey Love Song). Au printemps
contre de ce label. Faut dire qu'il de l'année suivante, les Stone
n'a jusqu'ici rien fait pour faire Rosesfont leurs premiers pas
connaître le groupe aux USA, et aux USA, mais l'accueil qui leur
sort une compilation de singles est réservé est tiède. Au même
("Turns Into Stone", en 92) moment, Oasis leur ravit leur ex-
contre la volonté de ses pou- trône en Grande-Bretagne,
lains. Du tac au tac, le groupe se Silvertone ne cesse de les harce-
rend dans les locaux de la mai- ler (préparant la compile "The
son de disques et détruit tout ce Complete Stone Roses" pour
qui lui tombe sous la main. En cette année décidément très
attendant, à Manchester (alors chargée) ... et les Stone Roses
haut lieu de la pop arrogante), perdent la tête. Le split est inévi-
Oasis saisit la balle au bond pour table, se produit en 96 et'sent la
s'installer dans toutes les poudre. Squire ne perd alors pas
mémoires. Squire, beau joueur, de temps, monte The Seahorses
avouera que la machine des (qui comprend un deuxième
frères Gallagher a plus d'armes guitariste, Chris Helme, égaie-
que les Stone Roses... Bref, ces ment chanteur) et persuade
derniers sont dépassés par des Geffen de la validité de ce nou-
évènements extérieurs. Au veau projet. Produit par Tony
milieu du tumulte, ils parvien- Visconti (T.Rex, David Bowle,
nent à signer chez Geffen (après Thin Lizzy...), l'album "Do It
avoir gagné un éreintant procès Yourself" sort en 97, mais n'em-
contre Silvertone), chez qui ils balle pas la critique. Maniant
sortent leur deuxième album désormais une Les Paul, Squire a
e; k-------------------------------71
pas trompé de méthode de gui-
tare, la face du rock eut pu en , , , ,
être changée. "En entendant un
LJ::* , ~ ~ V L-.-P" ~ ~
disque des Sex PistaIs, je me suis
dit" 1/faut que je recrée ce son-
0) VI \ ."

Lr f./

mon anniversaire, mais je n'arri-


~!"J~w~~~œ~w
vais pas à trouver de prof là où
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j'habitais, et il n'y avait pas non
plus de partitions pour les
groupes punk que j'écoutais.
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Alors j'ai acheté deux méthodes,
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~ ~ ~ l.P ~
Rythm Guitar et Lead Guitar, /-f H P" pfJ P. s
écrites par un type appelé
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A
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G
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Harvey Vincent. Tout était basé 0
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L sur Chuck Berry, les Stones, le E

blues en 12 mesures ... Je partais


, ,,.-..--
" de zéro, je n'avais aucun point
de référence, alors j'ai commen-
"II U. ,
cé à bosser là-dessus. En fait
c'est en cherchant le punk que
0)
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0,./

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j'ai trouvé le blues." Les E
a
méthodes porteront leurs fruits. G
.. .. ••0

-, -
0
Si "The Stone Roses" révèle un A :.;.
E
John Squire adepte des ryth-
miques aérées à la mode des
Byrds, "Second Coming" exhale-
ra un parfum franchement
fi; i, , ,.•...
-- , ; #-.,-"--'" -#-

Zeppelinien, et "Do It Yourself"


(avec les Seahorses) s'inscrira
0) 1
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e.k ...
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définitivement dans la mouvan- E
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.. -~ ...
S pfJ

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ce Beck-Paqe-Clapton. G
o
'- ..•
Initialement enclin à superposer A
E

les parties de guitares noyées GUITAR 2 ENDING


dans la réverbe et le chorus,
Squire glissera progressivement ,JJ 1/
-s: ,
vers un jeu plus classique et
technique, lardé de longs solos
tortueux, de mélodies limpides,
IY ~ l/
v
de bend abondants et de fills
rapides. Page, mais aussi
Hendrix constituent alors le gros
~l~~~~~~~~~~~~~M~~~~h~~A~~3E~
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EL- ~ _L ~

de son inspiration. Stone Roses", Squire s'entichera neuve me fait penser à une Larrivée acoustique.
Equipement: définitivement d'une Gibson Les table de cuisine en formica: elle Discographie complète:
Au temps des Stone Roses, .Paul '59 ("Je l'ai jouée en per- colle quand on transpire dessus! The Stone Roses
Squire fixera son choix sur une manence entre le premier et le Ce problème dispereït si on en "The Stone Roses" (Silvertone
configuration amplis "droits" + deuxième album") qui disparaî- reste au bois naturel"}. Parti en 1989)
pédales. On le voit alors manier tra dans la liquidation de l'équi- solo, Squire remplacera sestrois "Turns Into Stone" (Silvertone
une Gretsch branchée dans deux pement du groupe, peu après le pédales disto par une unique 1992)
combos Fender Twin Reverb. Le split. La belle américaine sera Big Muff, un peu de chorus, et "The Second Coming" (Geffen
"twang" naturel de l'instrument remplacée par une réplique un poil de Leslie. LesTwin seront 1994)
est rectifié au moyen d'une Fuzz construite par le luthier new- supplantés par un stack "The Complete Stone Roses"
Face, d'une Boss SD-1 Super yorkais Stuart Palmer. Cette gui- Kendrick, un petit combo (Silvertone 1995)
Overdrive, ou d'une distorsion tare reprend les cotes de la '59, Fender Blues Deluxe, et un The Seahorses
ProCo Rat. Chorus et réverbes reçoit des micros PAF reissue, et minuscule ampli Gibson de 8 "Do It Yourself" (Geffen 1997)
sont confiés à une Midiverb se distingue par sa quasi-absen- watts! Enfin, la plupart de ses
Alesis. Après la sortie de "The ce de finition ("une guitare compositions naissent sur une

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