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Cours d’OGC; BTS génie civil

COURS D’ORGANISATION DE
CHANTIER, BTS GENIE CIVIL

PAR Mme TALIPOUO Page 1


Cours d’OGC; BTS génie civil

PROGRAMME DU COURS

Chap. 1 : ORGANISATION SCIENTIFIQUE DU TRAVAIL


- Définition et but de l’organisation du chantier ;
- Comment organiser un chantier ;
- La productivité.

Chap. 2 : ORGANISATION D’UNE ENTREPRISE DE GENI-CIVIL


- Les professionnels du génie-civil ;
- Structure d’une entreprise de génie-civil ;
- L’industrie de la construction.

Chap. 3 : LA DIVISION DU TRAVAIL


- L’amélioration des méthodes, des moyens d’exécution
- Mécanisation et modernisation des équipements et installations
- Normalisation R standardisation R modulation - Contrôle des résultats
- Simplification du travail

Chap. 4 : ETUDE DE LA MAIN D’ŒUVRE


- Calcul des crédits global d’heure
- Effectifs et leur répartition
- Courbes de main d’œuvre

Chap. 5 : LES CONTROLES DANS LES CHANTIERS


- Responsables de contrôle
- Contrôle de la main d’œuvre
- Contrôle des matériaux
- Contrôle du matériel et de l’outillage

Chap. 6 : ORGANISATION DU CHANTIER DE TERRASSEMENT


- Notion de rendement
- Transport des terres
- Engin de terrassement

Chap. 7 : LES MARCHES


- Différentes de marchés

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- Mode de passation des marchés


- Réception des travaux
- Litiges pendant l’exécution d’un marché

Chap. 8 : LES PLANNINGS


- Différentes catégories
- Présentation des plannings
- Elaboration des plannings
- Calcul des effectifs

Chap. 9 : INSTALLATION DU CHANTIER


- Plan d’installation de chantier
- Les installations générales
- Les installations clés

Chap. 10 : GESTION DE STOCKS ET SEUIL DE RENTABILITE


- Importance de la gestion de stocks
- Courbe de stocks
- Exploitation des courbes de stocks

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CHAPITRE 1 : L’ORGANISATION DU TRAVAIL

I.1 DEFINITION DE L’ORGANISATION DU TRAVAIL


L’organisation du travail consiste à rechercher constamment la meilleure façon
d’utiliser
avec économie la main d’œuvre et d’autres moyens mis en œuvre pour assurer l’efficacité de
l’action dans l’entreprise. Pour atteindre cet objectif le travail des responsables de
l’organisation sera :
 De définir avec précision les méthodes d’exécution, les modes opératoires
permettant la mise en pratique de techniques modernes de construction avec un outillage, un
équipement de haut rendement. Pour cela, on peut se poser les questions suivantes : comment
faire le travail dans tel ou tel délai ? Quelle méthode utiliser ? quel processus mettre en œuvre
? Avec quels équipements ?
 D’arrêter en quantité et en qualité les personnels employés, le cout de la main
d’œuvre ayant une incidence importante sur le prix de revient. Les questions suivantes
permettront de se fixer les idées : quel travail… ? Qui fait quoi ? Combien de personne pour
quel délai ?
 De repartir et de coordonner les tâches par la concentration d’une main d’œuvre
spécialisée, par la mise en ordre des opérations élémentaires, par l’institution de cycles de
travail : qui commande qui ? Quel lien y-a-t-il entre tel poste de travail et tel autre ?
 D’agencer convenablement les postes de travail stabilisés, pour lesquels il adoptera
une
mécanisation de plus en plus posée. Il est question d’agencer les tâches de telle manière que le
travail se fasse de façon harmonieuse dans le temps et dans l’espace.
En résumer c’est un problème d’efficacité et d’économie, c’est-à-dire d’efficience.

I.2 BUT DE L’ORGANISATION DU TRAVAIL


Les raisons qui militent en faveur de l’organisation du travail sont :
 La concurrence : l’entreprise doit être compétitive sur le marché de l’offre. Ce qui
oblige à réduire ses frais, son prix de revient ;
 L’évolution rapide et inexorable des techniques, qui oblige à revoir périodiquement
un certain nombre de notions acquises. Rien n’est définitif : ni les prix, ni les temps, ni les
rendements. Ce qui était vrai hier ne l’est plus aujourd’hui car tout évolue et très rapidement,
même dans notre profession ;
 Les exigences du client : délais raccourcis ; ce qui oblige à construire plus vite,
qualités de finition accrues.
L’organisation de la production se réfère à la planification, l’ordonnancement et au contrôle
des biens et des services.
La planification consiste à déterminer les objets précis et à mettre en œuvre les moyens
propres à les atteindre dans les délais prévus.
L’ordonnancement correspond à l’organisation méthodique du processus de mise en
fabrication.

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Le contrôle, notamment le contrôle de la qualité, s’applique aux différents stades du processus


de fabrication selon des méthodes variées visant à la satisfaction du client.

DEFICIT DE L’ORGANISATION DU TRAVAIL


CONSEQUENCES DIRECTS :
 Chômage technique des installations et équipements ;
 Chômage technique du personnel ;
 Gaspillage des matériaux

CONSEQUENCES INDIRECTES :
 Sur coût résultant du rattrapage des heures chômées
 Coût de sous-activité, indemnisation du chômage de la main-d’œuvre ;
 Perte de marge ;
 Perte de qualité ;
 Perte de clientèle ;
 Pénalités de retard.

I.3 COMMENT ORGANISER LE TRAVAIL ?


L’origine des études visant à l’organisation rationnelle du travail humain remonte au
philosophe DESCARTES, qui en 1637 dans le « Discours de la méthode » préconise déjà la
division du travail : «Diviser chaque difficulté en parcelles, faire des dénombrements,
conduire par ordre ses pensées ; commencer par les objets les plus simples les plus aisés ;
monter par degrés jusqu’à la connaissance des plus composés »
Les techniciens de l’O.S.T (Organisation scientifique du travail) se sont
inspirés de la philosophie cartésienne et d’autres philosophes et économistes tels que :
BACON, OLIVIER DE SERRES, ADAM SMITH, CLAUDE BERNARD, TAINE,
etc, ont contribué à l’élaboration de la méthode scientifique de l’étude du travail. On définir
ainsi OST comme l’organisation du travail basé sur la méthode scientifique inventé par
RENE DESCRATES et développé par deux principaux doctrinaires
TAYLOR et FAYOL.
Les bases des méthodes d’application, on les doit à deux principaux doctrinaires : TAYLOR
et FAYLOR.

I.3.1 TAYLOR (1856-1915)


Ingénieur américain qui débute comme apprenti-fondeur puis tourneur, observe les
méthodes d’exécution sur le tas et se décide à appliquer les principes énoncés par
DESCARTES aux ouvriers dans son usine. C’est ainsi qu’il s’attache à :
 Déterminer avec précision les différentes tâches élémentaires ;
 Décomposer les mouvements, les gestes, pour un travail donné, afin de calculer les temps
élémentaires.
 Définir le rôle de chacun, délimiter nettement les fonctions entre la direction et les ouvriers ;
 Organiser la formation, l’apprentissage de l’ouvrier ;
 Perfectionner l’outillage ;
 Réduire les gaspillages ;

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 Procéder à l’étude de la préparation du travail ;


 Préconiser le travail aux pièces, à la tâche

1.3.2 FAYOL (1841-1925) :


Ingénieur de l’école des mines de Saint-Etienne, il fut un administrateur et étudia
l’organisation au niveau de la direction général de l’entreprise. Il définit les six fonctions
essentielles de l’entreprise : TECHNIQUE-COMPTABLE-COMMERCIALE-
ADMINISTRATIVE-FINANCIERE-SECURITAIRE.
Il considère la fonction administrative ou de gestion comme prépondérante puisqu’elle
incombe à tous les niveaux aux chefs qui assument les responsabilités. Il définit cette fonction
à l’aide de 5 infinitifs devenus la règle d’or de l’activité du cadre, du chef à tous les échelons,
à savoir : Prévoir-Organiser-Commander-Coordonner - Contrôler.
L’O.S.T. repose sur l’analyse préalable des conditions de travail :
 Il faut comprendre afin de prévoir, d’organiser, de préparer, avant d’agir ;
 Il faut pour bien exécuter, ordonner et coordonner le programme d’action ;
 Il faut contrôler, pour savoir si nos prévisions étaient valables et pouvoir les exploiter à bon
escient pour un chantier futur.
L’O.S.T. peut alors se traduire ainsi :

I.4 COMMENT ETUDIER ET AMELIORER LE TRAVAIL ?


Il faut :
 Définir, délimiter le problème posé.
 Observer les faits, les regrouper éventuellement sur un tableau, par catégorie ou sur un
graphique.
 Examiner, analyser de manière critique les faits recueillis ;
 Réfléchir, élaborer une solution nouvelle ;
 Expérimenter la méthode de proposée et en tirer des enseignements pratiques.

I.5 LES IDÉES FORCES DE L’O.S.T.


 La division du travail
C’est l’éclatement des tâches complexes en opération élémentaire simple et facile à
exécuter par une main d’œuvre spécialisé. Pour atteindre cet objectif il faut :
- Décomposer l’ouvrage en unité élémentaire ;
- Sélectionner et spécialiser la main d’œuvre ;
- Rechercher et choisir un outillage moderne et adapté ;
- Organiser rationnellement un poste de travail ;
- Programmer un travail dans le temps et dans l’espace ;

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- Avoir qualité du commandement.


 L’amélioration des méthodes de travail
Elle vise l’étude de travail qui se traduit concrètement par :
- L’analyse des tâches simples ;
- L’étude des mouvements, des gestes et du temps d’exécution ;
- L’analyse des postes complets de travail. Pour atteindre cet objectif, il faut :
- Réduire les gaspillages ;
- Réduire les temps improductifs (temps mort) ;
- Eviter le désordre sur le chantier ;
- Eviter les pannes de matériel.
 La mécanisation du travail, la modernisation des équipements ou des installations.
Ceci conduit à :
- Assurer le plein emploi du matériel ;
- Bien choisir le matériel qui convient pour un travail donné ;
- Harmoniser le système homme- machine ;
- La normalisation, la standardisation et la mobilisation.
 La normalisation, la standardisation et la modulation
Les objectifs majeurs sont :
- La simplification des modèles et la sélection des produits de base ;
- L’unification des organes et des moyens de mis en œuvre ;
- La spécification des produits de base.

I.6 LA PRODUCTIVITE
 Il ne faut pas le confondre avec le mot production qui désigne ce qui est productif.
Ainsi, l’on peut accroitre par exemple la production du béton sur un chantier en installant trois
Bétonnières au lieu d’une seule ou en se procurant un malaxeur de plus forte capacité ou
encore en augmentant le nombre d’heure de travail. Seulement la productivité sera affaiblie
sans doute.
 Il faut le différencier du mot rendement qui exprime le résultat de l’accroissement
intensif de l’effort physique surtout. on fait travailler l’ouvrier ‘’à plein gaz’’ en alléchant le
moyen de le la prime de rendement, au détriment de la santé.
 L’idée de productivité implique l’intention soit de produire plus avec les mêmes
moyens et sans effort, soit produire autant avec des moyens moindres mais plus efficace et
tout en améliorant la qualité du produit concerné. La productivité est donc la faculté de
produire avec économie et une meilleure efficacité et cela en mettant en œuvre les moyens
scientifiques (la productivité est le résultat du travail méthodique)
EST-CE UNE GRANDEUR MESURABLE ?
On peut mesurer en valeur absolue la production d’une fabrication mais par contre, on
Peut pour une tâche précise, pour une opération bien définie, parvenir à chiffrer la variation de
La productivité dans le temps. En général, l’expression de la productivité se présente
sous la forme du rapport suivant : nombre d’unité de production c’est-à-dire quantité du
produit obtenu sur le nombre d’unité de travail nécessaire pour cette production.

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Remarque :
 Les résultats et les moyens de production ne sont pas mesurables. (Confort, esthétique,…..)
 On se contente donc dans le bâtiment de considérer la productivité propre des éléments
mesurables (productivité de la main d’œuvre, des matériaux, du matériel).
 Pour pouvoir exprimer la productivité résultante totale, il faut pouvoir intégrer diverses
productivités exprimées en différentes unités. A cet effet, on détermine leur équivalence en
heure de main d’œuvre valorisé en argent et la productivité devient.

EXEMPLE :
1. Pour bâtir un logement de deux pièces, il fallait en 1952, 3 600 heures de travail.
Aujourd’hui l’entreprise industrialisée le réalise en 1000 heures.
La productivité est de : p = 3600 /1000 = 3.6
2. Pour construire un pétrolier de 12 000 tonnes, il fallait 4 ans en 1929 et seulement 8
mois pour 80 000 tonnes. Calculer la productivité. Solution
Bon à savoir :
Production : est le résultat réellement obtenu au bout d’une durée bien déterminée.
Productivité : est la faculté de produire avec économie et une meilleure efficacité et cela en
mettant en œuvre des moyens scientifiques.
Rendement : est l’unité de mesure d’une production. Il caractérise l’efficacité d’un matériel
et oriente le choix de l’entrepreneur.
Cadence : est la durée de réalisation de la parcelle unitaire choisie.

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CHAPITRE II : ORGANISATION D’UNE


ENTREPRISE DE GENIE-CIVIL

II.1 GENERALITES
II.1.1 Définition du génie-civil
Le génie-civil est une profession qui a pour objet la construction. Les professionnels
distinguent deux types de travaux de génie-civil :
 Les travaux de bâtiment qui visent la construction d’ensemble stables, limités et clos
par une enveloppe protégeant le milieu intérieur des agressions diverses( intempérie,
personnes,
accidents,….)
 Les travaux publics qui sont ceux changeant profondément l’aspect naturel du site
(équipements collectifs, barrages, ponts, aéroports, voies ferrées, réseaux d’eau et
d’électricité,routes…)

II.1.2 Définition de l’entreprise de génie-civil


L’entreprise de génie-civil est une organisation de biens et de personnes qui a pour but la
prestation de service dans le domaine de la construction. On dénombre dans la profession une
multitude d’entreprises dont la différence se situe à divers niveaux :
 Du point de vue de prestation de service, on retrouve les établissements de bâtiment
(gros-œuvre, second-œuvre), les établissements ;
 Du point de vue de la taille de l’entreprise, on a les entreprises familiales moyennes,
grandes entreprises, multinationales, consortium ou groupement.

II.1.3 Définition de chantier


Le chantier est le lieu traditionnellement clos où se déroule la réalisation de la
construction. Tout chantier est limité dans le temps et dans l’espace. Un chantier est toujours
différent de l’autre.
II.2 LES PROFESSIONNELS DU GENIE-CIVIL
II.2.1 Le client ou maitre de l’ouvrage :
C’est le promoteur ou l’initiateur du projet de construction. Il peut être une personne physique
ou morale, privée ou publique, il a pour responsabilité de donner l’ordre d’exécuter les
travaux et d’en assurer la rémunération.
II.2.2 Le maitre d’œuvre :
C’est une personne physique ou morale qui, pour sa compétence, est chargé par le
maître d’ouvrage de diriger l’exécution du marché et de proposer la réception ainsi que le
règlement des travaux. Il est le concepteur du projet. Pour cela, il utilise le programme que lui
fournit le client. Il dresse les plans du projet et établit les divers documents écrits (devis,
cahiers de charge, contrat de marché, avenants,….). En outre, il :
 Assure la passation du marché ;

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 Représente le maître de l’ouvrage pendant la réalisation du projet dont-il est du reste le


coordonnateur principal ;
 S’assure de la faisabilité de l’opération ;
 S’occupe du règlement des travaux après vérification des mémoires et réceptions ;
 Contrôle la conformité de l’ouvrage avec le projet ;
 Supervise les versements d’acompte aux entreprises.
Il a deux types de responsabilités définies par les articles 1792 et 2270 du code
civil, à savoir :
- La responsabilité biennale (deux ans) pour le fonctionnement et les vices
cachés ;
- La responsabilité décennale (dix ans) pour les dommages, même ceux résultant
d’un vice du sol et compromettant la solidité de la construction ou la rendant
impropre à sa destination
N.B : la maîtrise d’œuvre peut être assurée par un architecte, un B.E.T., les services
techniques ou un entrepreneur.

II.2.3 L’entrepreneur
C’est un industriel chargé après contrat, d’exécuter les travaux ou les ouvrages en
apportant les matériels et main- d’œuvre.

A cet effet, il peut faire appel à des sous-traitants dont les relations avec l’entrepreneur et
le maître d’ouvrage sont définies dans l’article 1799 du code civil. Il est responsable des
retards dans l’exécution de l’ouvrage.

Sur le plan civil, il a les mêmes responsabilités que le maître d’œuvre et peut être
poursuivie pour le non – respect de la réglementation du code de travail.
 Entrepreneur général : c’est un entrepreneur titulaire d’un marché unique qui a pour
objet l’ensemble des travaux concourant à la réalisation d’un même ouvrage.
 Entrepreneurs groupés : entrepreneurs titulaires chacun d’un marché, après avoir
étudié en commun chacun pour sa spécialité, des travaux concourant à la réalisation d’un
ouvrage et avoir soumissionné par l’intermédiaire d’un mandataire commun.
 Entrepreneurs séparés : entrepreneurs ayant signé indépendamment les uns des
autres des marchés étudiés séparément par chacun d’eux, relatifs à des travaux concourant à la
réalisation d’un même ouvrage.

II.2.4 Bureau d’études techniques (B.E.T) en BA, thermique, électricité,


charpente etc.
C’est un organisme indépendant ou un service interne d’une entreprise, chargé d’étudier
sur le plan technique le projet du maître d’œuvre afin de garantit la résistance mécanique et la
stabilité des ouvrages ainsi que le bon fonctionnement des équipements techniques.

II.2.5 Contrôleur technique


C’est une personne physique ou morale agrée pour remplir la mission de contrôleur technique.

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- Il garantit sur le plan technique la bonne exécution ;


- assure le contrôle des travaux pendant leur réalisation ;
- effectue tous les essais et les mesures de contrôle ;
- rédige les procès-verbaux correspondants.

II.2.6 Le bureau de contrôle


Organisme choisi et rémunéré par le maître d’ouvrage, qui prend en charge le projet
pour assurer la sécurité des biens et des personnes. Il joue les mêmes rôles que le contrôleur
technique.

II.2.7 L’ingénieur
C’est un technicien qui calcul et établit les détails des éléments de la construction
(structures et équipements divers) lorsqu’il est en bureau d’étude ; qui coordonne les travaux
s’il est au chantier ou contrôle l’exécution suivant les résultats des calculs s’il relève du
bureau de contrôle.

II.2.8 Les techniciens spécialisés


Ce sont des techniciens qui concourent chacun dans sa spécialité à la réalisation du
projet. On note ainsi :
 Les géomètres : personnes assurant les levés, les calculs topographiques et les
implantations sur le chantier.
 Les projecteurs : ce sont des agents du bureau d’étude entre l’ingénieur et les
dessinateurs. (technicien qui établit les projets dans l’entreprise) ;
 Les laborantins : ce sont des agents effectuant les opérations de prélèvement et
d’analyse des matériaux et des ouvrages.

II.2.9 Les ouvriers


Ce sont des personnes ayant une certaine qualification sans pour autant être des
spécialistes, chargées de la manutention, de la préparation et de la mise en œuvre des
matériaux.

II.2.10 Les Manœuvres


Personnes n’ayant aucune qualification et effectuant les tâches essentiellement musculaires
II.3 STRUCTURE DE L’ENTREPRISE
II.3.1 Introduction
La complexité des ouvrages de génie-civil et la multiplicité des tâches nécessitent la
division du travail en secteur d’activités, La répartition suivant les fonctions à remplir, la
précision et la délimitation des responsabilités de chacun.
L’organigramme des entreprises fait ressortir généralement certaines directions en
relation avec la taille. Ainsi, on peut avoir :
 Un conseil d’administration ;
 Une direction générale ;

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 Une direction technique ;


 Une direction administrative et/ou financière, etc.
Chacun des directions ou divisions des services en fonction de l’organisation et des
objectifs de l’entreprise.
De toutes les façons, la structure doit permettre à cette dernière de remplir les six
fonctions essentielles de l’entreprise définie par FAYOL :
 Technique : préparer, organiser, faire exécuter l’ouvrage ;
 Commerciale : acheté et vendre ;
 Financière : rechercher et gérer des capitaux ;
 Comptable : inventaire, bilan, prix de revient, prévision et contrôle des dépenses ;
 Sécurité : protection des biens et du personnel ;
 Administrative : prévoir, organiser, commander, coordonner et contrôler.
Remarque : signalons en outre deux nouvelles fonctions issues des temps modernes et qui
n’apparaissent pas encore dans nos entreprises de construction : les relations humaines
(ressource humaine) et les relations publiques.
II.3.3 ROLES DES SERVICES
a- Introduction
En général, les rôles des services sont définis par les statuts et autres textes
réglementaires de la société ou de l’entreprise. Textes qui peuvent varier d’une entreprise à
l’autre.

b- Le conseil d’administration
Quant-il existe, il définit les objectifs de l’entreprise, contrôle la gestion et dans
certaines engagements de l’entreprise. Il nomme aux postes de responsabilités les plus élevés.

c- La direction générale
Elle joue le rôle du conseil d’administration pour le cas où il n’existerait pas.
L’entreprise dont il est le plus souvent, le représentant sur le plan civil, fonctionne sous sa
responsabilité. Pour ce faire, il doit être au courant :
 Ingénieur responsable
 Responsable géotechnique
 Responsable de la protection de l’environnement
 Responsable topographique
 Responsable administratif
 Laborantin
 Chef laboratoire
 Responsable mécanique maintenance
 Mécanicien
 Ouvrier
 Chef chantier

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 Conducteur des travaux,


 Des résultats des chantiers ;
 Des prévisions des dépenses et recettes ;
 De l’avancement des travaux, etc.
Il nomme aux postes de responsabilités, tranche les litiges entre services

d- La direction administrative et financière


Elle assume toute la fonction administrative et financière lorsqu’une direction cumule
les fonctions. Elle a un certain nombre de service dont elle assure la coordination.
- Le service du personnel(ou service social) : il s’occupe des problèmes de main-
d’œuvre : embauche, contrat de travail (éventuel), licenciement, déclaration
d’accident de travail.
- La comptabilité : elle s’occupe de la paie, de la comptabilité générale et
analytique des chantiers, des déclarations fiscales. Ce service est en étroite
liaison avec tous les autres services. Dans beaucoup d’entreprise cette
comptabilité est assurée par un expert comptable.
- Le service juridique : il rédige les contrats de travail, des marchés passés avec
les clients ou des accords avec d’autres entreprises, de tout problème de
contentieux. Le plus souvent, l’entreprise est simplement assistée d’un conseil
juridique.
- Le service commercial : il prospecte les nouveaux marchés en faisant connaître
à la fois l’entreprise à l’extérieure, ses réalisations, ses compétences et
possibilités. C’est la plaque tournante de l’entreprise, il doit avoir une vue
d’ensemble assez précise de celle-ci.

e- La direction technique :
Elle effectue l’activité professionnelle de l’entreprise. Pour cela, elle étudie, conçoit,
fait exécuter et contrôle les travaux. Elle a à cet effet des organes spécifiques.
 Le bureau d’études techniques(B.E.T) : il est chargé d’établir, après calculs appropriés,
les plans (coffrage, d’armatures, de préfabrication, d’équipement,…) et les détails à partir du
dossier d’architecture. Ce bureau participe également à la soumission des marchés. Il est en
contact avec les organismes de contrôle (bureau de contrôle et laboratoire contrôle). Ce
service est formé des ingénieures, des projecteurs, des dessinateurs et des métreurs. Il a en
outre une structure de reprographie (tirage). Il établit les plannings s’il n’y a pas de bureau des
méthodes.
 Le bureau des commandes et des estimations : il est chargé de chiffrer les commandes
d’après les plans et les plannings, de consulter les fournisseurs et sous-traitants, de rédiger les
attachements (relevé quotidien des travaux imprévus qui peuvent être cachés du fait de
l’avancement du projet), d’établir les situations mensuelles des travaux et les mémoires. Il
fixe le prix de revient des offres.il est dirigé par un commis d’entreprise ayant sous ses ordres
des métreurs et aides-métreurs.
 Le bureau des travaux : il est chargé de mobiliser et ouvrir les chantiers, de faire exécuter
les travaux selon les plans fournis et les règles de l’art, en respectant les conditions d’hygiène
et de sécurités, des plannings, des prix et temps impartis découlant du marché traité. Il fournit
aux autres services les renseignements relatifs au chantier. Il est dirigé par un ingénieur, chef

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des travaux et secondé par des conducteurs des travaux, des commis de chantier qui donnent
des ordres aux chefs de chantiers qui eux dirigent le personnel d’exécution proprement dit.
 Le bureau des méthodes : ce service se relève être l’organe primordial de la direction
technique, de par les fonctions importantes dont-il est chargé. Il étudie les prix pour les
soumissions futures de l’entreprise avec l’aide des services ci-dessus cités. Il prépare
l’ouverture des plans d’installation des chantiers par l’établissement des plannings, des plans
d’installation des chantiers, des plans détaillés des méthodes d’exécution et toutes les
dispositions des méthodes d’exécution et toutes les dispositions de sécurité relative au
chantier. Il analyse et exploite les informations sur le chantier, soit pour une prise de décision
immédiate, soit pour exploitation dans les chantiers futurs. C’est encore ce service qui étudie
et propose de nouvelles techniques et procédés de construction pouvant améliorer l’efficacité
de l’entreprise. Ce bureau sera dirigé par un technicien supérieur polyvalent et possédant des
qualités d’observations, d’analyse et de synthèse très développées. Il sera aidé par des agents
des méthodes.
 Le service matériel : cet organe gère le parc matériel qu’il codifie et entretient. Il établit et
met à jour les fiches de stocks, le planning d’utilisation et de contrôle périodique, centralise
les mouvements des matériels et installe les engins sur les chantiers.

II.4 ORGANISATION DU CHANTIER :


II.4.1 Définition :
L’organisation du chantier est l’ensemble des dispositions prises dans un chantier pour
l’exécution des travaux :
 Dans les meilleures conditions ;
 A un coût moins élevé ;
 Dans un délai optimal ;
 Pour offrir un produit de bonne qualité.

II.4.2 But de l’organisation du chantier :


L’organisation du chantier vise les objectifs suivants :
 Assurer la sécurité des ouvriers pendant l’exécution des travaux ;
 Éviter les pertes de temps et des matériaux ;
 Offrir un produit de bonne qualité
 Réduire le temps d’exécution (rapidité)
 La sécurité résulte du respect des règles de sécurité fixée par l’O.I.T. (Organisation
International du Travail) ;
 La rapidité résulte du savoir-faire des ouvriers (qualification), des moyens matériels dont
dispose l’entreprise et de la motivation des employés ;
 L’économie résulte de la bonne gestion du matériel, des matériaux, du personnel, du temps
(la coordination dans l’exécution des travaux) et plus loin les espaces dans le chantier ;
 L’efficacité résulte de la qualification des ouvriers, des moyens matériels et de la qualité des
matériaux.
N.B : la sécurité, la rapidité, l’économie, l’efficacité et la qualité sont les maîtres mots de
l’organisation de chantier.

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II.5 L’INDUSTRIE DE LA CONSTRUCTION


Généralement, le public profane sait que l’industrie est une usine avec ses installations
fixes et permanentes, automatisée, alors que le terme construction fait allusion au travail en
plein air, plus ou moins mécanisée et dans un espace aménagé temporairement.

II.5.1 caractéristiques d’une industrie


L’industrie est caractérisée par trois opérations essentielles :
 L’extraction de la matière première (pierre à bâtir, pouzzolane, etc.)
 La transformation de la matière première (sable, gravier, cailloux, métaux ferreux) en
produit finis (poteaux, poutre, pieux, etc…)
 Vendre les produits finis.

II.5.2 Peut-on parler de l’industrie de la construction ?


Toute industrie a pour but d’extraire, transformer et vendre le produit fini pour une utilisation
pratique. Dans la construction, les entrepreneurs extraient, transforment et mettent en vente
des ouvrages à des fins utilitaires :
 Les logements privés ou publics
 Les ponts ;
 Les routes ;
 Les châteaux d’eau. On peut conclure que la construction est une industrie.

II.5.3 Différence entre l’industrie de la construction et les autres industries


Celle-ci se différencie par :
 Les modifications (correction en cours de construction)
 Le manque d’unité dans les recherches car plusieurs personnes concourent à l’acte de
construire (architecte, entrepreneur, ingénieur, fournisseurs, etc.)
 Insuffisance de la répétition des ouvrages ;
 L’instabilité du lieu, du prix de la main d’œuvre, etc.
 La réalisation est faite à l’aire libre sous influence des intempéries.

II.6 LES REGLES DE L’ART


Ce sont des enseignements oraux et écrits qui définit les conditions suivant lesquelles
les ouvrages doivent être exécutés.
Bon A Savoir :
Avenants : révision des closes du marché entre l’entrepreneur et le maître d’ouvrage et
d’œuvre.
Mémoires : il s’agit de factures détaillées des travaux. Ils sont établis en cours des travaux ou
postérieurement à l’exécution de ceux-ci à partir des quantités d’ouvrage
déterminées d’après les relevés sur chantier. A ces quantités l’on affecte des prix unitaire
Acompte : lorsque l’entreprise ne dispose pas de réserve financière suffisante pour
assurer la totalité des travaux avant d’obtenir le règlement, il faut une demande d’acompte.
Technicien : désigne toute personne qui connaît et pratique les procédés propres à
l’exercice d’un métier, d’un art ou d’une science.

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Soumission : réponse d’une entreprise à un appel d’offre.

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CHAPITRE III : LA DIVISION DU TRAVAIL

III- 1. DEFINITION
La division du travail est l’éclatement des tâches complexes en opérations
élémentaires, simples, faciles à exécuter par une main-d’œuvre spécialisée. L’application de
ce précepte conduit à mettre l’accent sur les idées-forces suivantes :
 Décomposition de l’ouvrage en unités visuelles, en tâches élémentaires, d’où découlent les
notions de temps et prix élémentaires ;
 Sélection professionnelle et spécialisation de la main-d’œuvre, constitution d’équipes
adéquates en nombre et qualité, dont on pourra alors assurer la stabilité dans le poste de
travail ;
 Recherche, choix, conception ou amélioration d’un outillage approprié à la tâche
élémentaire et tendant à la mécanisation, l’automatisation de l’opération concernée.
 Implantation rationnelle des divers sous-postes ;
 La programmation, l’ordonnancement de l’exécution dans le temps et l’espace ;
 La qualité du commandement.
L’étude du travail consiste à énoncer les principes généraux de rationalisation du
travail, desquels découlent les idées-forces mises en œuvre par les praticiens de l’organisation
des chantiers.

III- 2. L’AMELIORATION DES METHODES, DES MOYENS D’EXECUTION ET


DE LA SIMPLICATION DES MODES OPERATOIRES.
L’exploitation de ce principe, qui vise l’abaissement du prix de revient, conduit
directement à l’étude du travail qui se traduit concrètement par :
- L’analyse de tâches simples : étude des mouvements, des gestes, des temps, le
chronométrage même ;
- L’analyse de tâches complexes, de postes complets de travail ;
- La recherche du diagnostic, la recherche opérationnelle, ce qui aboutit à la programmation,
aux ‘’bon travail’’ aux ‘’fiches d’instructions, au recyclage, etc… Mais nos techniciens
débutant pourront avant d’aborder l’étude proprement dite du travail, et ses applications,
s’exercer dans ce domaine de l’amélioration et de la simplification, en visant des objectifs très
réalistes mais plus restreints, à des idées-forces élémentaires telle que :
 Comment réduire les gaspillages ;
 Comment réduire les temps morts ;
 Comment éviter le désordre sur le chantier ;
 Comment éviter les pannes du matériel
 Comment prévenir les accidents de travail
 Comment raccourcir les circuits d’alimentation des postes ;
 Comment améliorer les conditions matérielles de travail, etc…
Et bien d’autres sujets d’investigation pouvant faire l’objet d’observation, d’analyse,
de réflexion, de suggestions constructives.
III- 3. LA MECANISATION, LA MODERNISATION DES EQUIPEMENTS, DES

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INSTALLATIONS.
Ce principe intimement lié aux notions d’industrialisation et de productivité, vise la
réduction de la fatigue de l’homme, la suppression des manutentions manuelles, coûteuses et
dangereuses. Il sera plus facile à appliquer si la division du travail a été possible, mais encore
faut-il que l’investissement projeté, que l’exploitation du matériel, soient rentables.
Le technicien pourra explorer à ce sujet les idées-forces suivantes :
- Comment choisir le matériel qui convient ;
- Comment assurer son plein emploi.
- Comment régler le système ‘’homme-machine’’
III- 4. NORMALISATION, STANDARDISATION, MODULATION.
Ce sont les trois volets d’un triple objectif :
- Simplifier les modèles, les types de produits de base, en les sélectionnant. Par
exemple : préfabrication en usine, menuiseries normalisées.
- Unifier les organes, les éléments constitutifs de l’ouvrage, ou les moyens de
mise œuvre, en définissant les caractéristiques dimensionnelles : par exemple en adoptant un
module ou en généralisant l’emploi des standards.
- Spécifier les produits de base ou terminés en définissant leurs qualités, les
règles et les conditions d’utilisation, les moyens de contrôles des caractéristiques garanties.
Les idées-forces découlant de ce principe d’organisation concernent :
- Les fabrications de matériaux ou d’élément préfabrication ou d’élément
préfabriqués ;
- Le maitre d’œuvre lors de l’élaboration des projets (politique des modèles) ;
- Et aussi l’entrepreneur pour le choix du fournisseur (matériaux normalisés),
pour l’adoption d’outillage et matériel dont les organes usés pourront aisément être remplacés,
pour la mise en pratique de techniques de construction agrées et rentables.
La normalisation vise à éliminer tout ce qui ne répond pas à la standardisation, à la
modulation.
III- 5. LE CONTROLE DES RESULTATS D’EXECUTION ET D’EXPLOITATION
EN FIN DE CHANTIER.
C’est le principe essentiel d’une gestion rationnelle de l’entreprise. Il implique la mise
en pratique d’idées-forces telles que :
- Comment réceptionner les matériaux ;
- Comment contrôler rapidement la main d’œuvre ;
- Le chef de chantier et les écritures de gestion.
Les principes essentiels de la division du travail invitent à retenir que :
- Rationaliser le travail consiste à abandonner les pratiques surannées (routines,
empirisme) et à leur substituer des modes opératoires raisonnés de manière systématique.
- L’application des principes de l’OST est rendue bien plus aisée lorsque deux
conditions préalables sont réalisées :
- Exécution d’ouvrages répétitifs ;
- Possibilité de préfabrication partielle ou totale
- Exploiter une idée-force afin réaliser le travail avec efficacité et économie.
III- 6. QUI AU SEIN DE L’ENTREPRISE SERA CHARGE DE CES
INVESTIGATIONS ET DE L’APPLICATION DES IDEES-FORCES ?

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C’est au bureau des méthodes, si l’entreprise a compris la nécessite de cette


innovation, qu’incombe cette tâche, ingrate sans doute, mais exaltante. Ce service peut
comprendre plusieurs techniciens : agent des méthodes, planificateur, etc…
Une étude bien menée devra aboutir à une réduction de la fatigue, une répartition
équitable du travail entre les ouvriers, à une amélioration du salaire d’où la motivation. C’est
un travail qui n’a ni commencement, ni fin, car il y toujours à améliorer et le technicien doit
constamment avoir une attitude interrogative, d’autocritique objective.
III- 7. MISE EN PRATIQUE DES IDEES ŔFORCES DE L’ETUDE DU TRAVAIL.
III- 7.1 Introduction
Il ne faut pas vouloir appliquer d’emblée tous les principes d’organisation à un
chantier donné : le technicien responsable de cette tâche établira un programme
d’investigation et d’action progressifs.

III- 7.2 Idées- forces intéressants l’ensemble du travail


 CAUSES ET CONSEQUENCES DU DESORDRE.
Le profane qui visite un chantier inorganisé est frappé par la pagaille qui y règne
:matériaux en vrac mobilisant de grands espaces, chemins de circulation encombrés. ‘’Un
chantier bien organisé, un chef chantier compétent, un bureau des méthodes à la hauteur des
attentes’’
L’ordre est une simple question de bon sens : le désordre accroît le risque des
accidents de travail, réduit le rendement. C’est la cause première du gaspillage du temps. Pour
y remédier, il faut :
 Avant l’ouverture du chantier :
- Etablir un plan d’aménagement général du chantier, rationnel, qui ne
laisse aucune place à l’improvisation.
- Prévoir les dates de livraison des matériaux. (afin d’éviter tout
embouteillage sur le chantier nommer un chef de cour)
 En cours d’exécution : Le chef de chantier, le chef cour et quelques manœuvres sera
responsable de l’ordre sur le chantier et aussi des manutentions. Il devra veiller :
- A ranger les matériaux et produits livrés en piles stables à l’intérieur du
périmètre alloués ;
- Au rangement immédiat des bois décoffré. (enlèvement des pointes)
- Au renvoi sans retard au dépôt de tout outillage et inutilisés ;
- Coordonner les livraisons avec l’avancement réel du chantier ;
- A dégager tous déchets et chute de matériaux autour des machines (scie
circulaire, bétonnière,cisaille….) ;
- Au désencombrement des accès et des chemins de circulation au sol, et
aussi à travers les escaliers ;
En résumé, il faut savoir utiliser rationnellement l’espace disponible, grouper au lieu
de disperser, savoir stocker et désencombre, en appliquant le vieux dicton ‘’ une place pour
chaque chose et chaque chose à sa place’’. L’ordre est un facteur de sécurité et de
productivité. ‘’Chantier ordonné = chef estimé’’
 COMMENT EVITER LE GASPILLAGE ?

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L’industrie des BTP accomplie son cycle de production dans des conditions propices
aux gaspillages, du fait que le travail se passe en plein air, sur des chantiers temporaires, avec
une main d’œuvre peu qualifiée et mouvante, et selon des procédures insuffisamment
mécanisés, et variant d’un chantier à un autre.
 Les pertes de matériaux ;
Tout le monde les connait, ces gaspillages habituels, et semble s’en accommoder d’ailleurs,
cela fait partie de la vie courante du chantier : ‘’l’enterrement civil’’ du béton et du mortier en
excédent à la fin de chaque journée, grandes chutes de fer à béton de forts diamètres, sacs de
ciment entreposé à même le sol, déchets de produits bennes en vrac, etc…
Pour y remédier, il faut faire appel au bon sens pratique de technicien qui prépare et
organise le chantier et de l’ouvrier qui exécute :
- Aires de stockage plane, bien délimitées conçues en fonction du matériau à
entreposer : parcs à granulats sur béton de propreté, baraque à liant avec platelage surélevé du
sol ou mieux silo à ciment, bien stocker les aciers, etc…
- Utilisation rationnelle des matériaux. Ainsi apprendre à l’ouvrier ferrailleur à
utiliser les chutes, de grandes longueurs comme chapeaux, attente, éléments d’ouvrage de
faible portée ; au bétonnier à respecter les dosages en liant, bien évaluer les quantités ;
- La mise en pratique de ces principes se doublera d’un contrôle suivi lors de la
réception afin de refuser les matériaux dont les qualités ou les quantités ne correspondent pas
à la commande et d’un contrôle régulier des consommations de matière d’œuvre afin d’inciter
les responsables à éviter le coulage en fin d’après midi ;
- La réduction du gaspillage peut également être obtenue en agissant sur le mode
opératoire ceci en rejetant certaines pratiques surannées.
 Les pertes en temps ;
Elles existent à tous les échelons au siège, autant que sur le chantier, et pour la plupart les
causes sont évidentes : imprévision et négligence :
- Eliminer le temps perdu à attendre : matériaux, outillage, dépannage des
machines, etc…
- Réduire les temps improductifs aux causes multiples : horaire inadapté, mise
en pratique des méthodes périmées, interruption de courte durée mais répéter,
arrêt prolongés et indemnisés, mauvaise distribution des tâches, mauvais
agencement des postes de travail entrainant de longs déplacements des ouvriers
(motif de flânerie) ;
- Limiter les pertes de temps dues aux arrêts volontaires pour l’ouverture du
chantier, pour percevoir la paie, pour les visites de la médicine du travail, pour
le casse croûte du matin, respecter les horaires de pose, etc…
 Les pertes en énergie ;
Il peut s’agir de l’énergie musculaire du fait de mauvais choix, soit de l’exécutant, soit
de l’outillage fourni à l’ouvrier (outillage mal entretenu, inadapté ou mal installé, etc…En
résumé à chaque gaspillage constaté ou décelé, correspond un antidote immédiat, qu’il suffit
de vouloir appliquer fermement et sans désemparer.
III- 8. SIMPLIFICATION DU TRAVAIL (SDT)

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III- 8.1 Définition


Il désigne un procédé d’étude de travail dont le but est d’obtenir les améliorations ;
cette méthode d’étude de travail conduit à des économies des temps, des matières, d’énergie,
de fatigue et à améliorer la qualité du produit et ce sans en fondamentalement mettre en cause
le travail étudié.
III- 8.2 Les étapes de la SDT
La simplification du travail comprend (05) cinq étapes :
1- Choisir le travail à étudier, c’est définir les limites précises du travail à étudier ;
2- Observer et analyser le travail, c’est étudier le travail sur le vif et sur place. Cette
observation des matériaux, du matériel, du personnel sera guidée par la réponse aux questions
suivantes :
 Quoi ? la réponse à cette question est relative au travail (qu’est ce qu’il fait ?) ;
 Où ? (par exemple : où est fait le travail ?) ;
 Qui ? (qui fait le travail ?) relative à l’exécutant, qualification professionnelle, force
physique…
 Comment ? cette question rappelle la nécessité de relever les modes opératoires
suivies
3- Critiquer : c’est examiner, analyser de manière critique les faits recueillis ;
4- Elaborer une nouvelle méthode à partir de la critique précédente, imaginer une ou
plusieurs solutions plus efficaces.
5- Appliquer cette nouvelle méthode : c’est convaincre l’intéressé de la nouvelle
méthode, c’est ensuite veille à la mise en place de cette nouvelle méthode et à sa mise au
point jusqu’au parfait déroulement.
III- 8.3 Moyens utilisés : symbolisation.
Pour bien connaitre le travail à étudier, il faut en avoir une idée, une image qui
permettra de saisir d’un seul coup d’œil tous les détails d’une fabrication ou d’une mise en
œuvre, l’analyse sera complétée par la jonction d’un symbole à chacun des travaux
élémentaires. Ces symboles peuvent s’appliquer aussi bien aux actions suivies, par la matière
qu’à l’action déployée par l’ouvrier. Ils sont au nombre de cinq (05) :
- Les symboles noircis ou hachurés représentent soit les interventions
productives (travaux utiles), soit les interventions improductives mais
indispensables.
- Les symboles en claire représentent des interventions qui ne rapportent
rien et qui auraient dû être évitées.
SYMBOLES DES ACTES ELEMENTAIRES
Symboles Exemples
Opération - Remplir un skip de granulats
- Assembler les panneaux d’un coffrage
- Malaxer du mortier
- Ligaturer des armatures
- Démolir un mur mal appareillé
- Recéper exagérément un pieu parce
que la côte de la hauteur est mal fournie.
Déplacement - Rouler une brouette de moellons
- Porter un lot de planches sur l’épaule

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- Lever une benne de béton à la grue.


- Transport d’un excédent de terre à la
décharge, et fin de chantier
- Rouler une brouette vide
Contrôle - Réceptionner un camion de ciment
comptage des sacs
- Plomber une chaine d’angle, un poteau,
- Vérifier le niveau d’un fond de moule
En attente-temps mortier - Pelle hydraulique en attente du camion
évacuant la terre à la décharge.
- Maçon en attente de mortier
Stockage divers - magasinages
- Stockage divers indispensables des
matériaux rangés en dehors du poste et
qui nécessiterons une reprise
- Stockages intempestifs ou prématurés
qui freinent ou gênent les travailleurs
La simplification du travail cherchera à éliminer, ou des moins à réduire le plus
possible, ces phases improductives en remarquant qu’elles sont liées à l’étude de
l’implantation des postes et de leur agencement, au problème de l’aménagement général du
chantier.

III- 9. IDEES FORCES RELATIVES AU FACTEUR HUMAIN


Les machines ont un certain rendement mesurable, tandis que l’homme est plus ou
moins productif, selon le climat psychologique et social plus ou moins favorable, qui existe au
sein de l’entreprise et sur le chantier même. Négliger l’homme, ses besoins, ses aspirations, et
le considérer comme un simple outil, serait une grave erreur. Il est donc indispensable de
préparer le technicien au commandement des hommes dont le comportement au travail
(réaction, défaillance, etc…) aura une incidence primordiale sur les résultats, sur la
productivité du chantier. Comment susciter la bonne volonté de l’homme, son adhésion
s’insère, pour promouvoir un climat de productivité et cela sans le décevoir ? Pour y parvenir,
nous proposons l’examen des moyens propres à mettre en œuvre, les idée- forces élémentaires
suivantes :
 Amélioration des conditions matérielles de travail
 Réduire la fatigue de l’homme
 La répartition équitable des tâches

III-9-1) Amélioration des conditions matérielles de travail


La mise en pratique de cette considération est un facteur primordial. Si l’on veut attirer
l’ouvrier vers l’entreprise de BTP, ou renforcer l’attachement de ceux qui s’y trouvent, il faut
à tout prix : agir sur les conditions d’ambiance physique du poste de travail et de l’ensemble
du chantier. L’ambiance agréable et stimulante qui agit non seulement sur le rendement, mais
aussi sur le risque d’AT sera obtenu en luttant contre les ennemis de confort auquel peut
prétendre l’ouvrier, ne serait –ce qu’en vertu des éléments existants relatifs à l’hygiène et à
sécurité des chantiers. L’application stricte de ces textes est déjà fort salutaire. Ainsi on peut :
 Tenir compte des conditions climatiques (chaleur, froid, pluie, vent, poussière) en dotant

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l’ouvrier des vêtements de travail adéquats selon la température, de casque cache-nez, gant ou
bien en aménageant les horaires ;
 Eclairer convenablement le poste de travail et les chemins de circulation.
 Lutter contre la nocivité de l’air ou le manque d’air (ventiler les puits, les galeries, bref le
poste de travail)
 Améliorer les points de stationnement et circuit à l’intérieur du poste, les chemins de
circulation à travers le chantier en désencombrant, en éliminant les sols boueux, glissants,
inégaux
(platelage devant l’établi du ferrailleur, classer le bois de coffrage)
 Supprimer l’insécurité en prônant activement la prévention des AT, en appliquant le plan
d’hygiène et de sécurité
 Équiper le chantier de locaux sociaux confortables, propres, clairs ou l’ouvrier pourra se
changer, se laver, prendre des repas chauds
 Atténuer le niveau sonore en luttant contre les bruits du fait de la mécanisation de bon
nombres
d’opérations (scie circulaire, compresseur)

III-9-2) Réduire la fatigue de l’homme


La fatigue est un état de dépression musculaire ou mentale temporaire. Les muscles ne
répondent plus à la volonté ou le cerveau ne fonctionne plus avec agilité. Le travail se trouve
ralenti ou arrêté ; les gestes et les reflexes moins spontanés, moins adroits, entrainent un
risque accru d’AT. On constate en outre une usure prématurée de l’individu (cœur, système
nerveux, etc.) Les causes et remèdes de la fatigue sont :
 Les manutentions manuelles répétées de lourds fardeaux qui nécessitent des efforts intenses
de l’ouvrier, doivent être mécanisées, et lorsque cela n’est pas possible, il faut fractionner les
lourdes charges ;
 Les conditions de travail imparfaites, dont certaines créent en plus la tension nerveuse
doivent être pourchassées, réduites dans la nocivité de leurs effets. Ainsi, il est possible sur les
chantiers d’adoucir les inconvénients des intempéries (vêtements de protection, boissons
froides, locaux climatisés). En atelier, l’emploi judicieux des couleurs d’ambiance pour les
murs et les machines entraine une réduction de la fatigue ;
 Les journées de travail trop longues et aux horaires irrégulières : la réduction de la journée
de travail serait une mesure efficace, car en permettant à l’ouvrier un temps de récupération
plus important et régulier, le volume et la qualité de la production seraient accrus et le risque
d’Accident de Travail diminué ;
 La méconnaissance du geste efficace : on peut réduire l’effort en améliorant les gestes et
leur enchainement. L’ouvrier se déplace inutilement, se tient mal, accompli des mouvements
trop longs, excessifs parce que personne ne lui a appris à économiser ses efforts, à doser ses
gestes. L’apprentissage de l’économie des mouvements en nombres et en intensité doit être
intégré dans la formation professionnelle de l’ouvrier. Cependant il faut convenir que ces
mouvements sont conditionnés par l’aménagement plus ou moins rationnel du poste de
travail, et par son équipement plus ou moins moderne ;
 Les cadences excessives de travail aboutissent au surmenage, à l’abrutissent de l’homme ; Il
faut donc abaisser les exigences de la tâche, en déterminant des cadences optimales,
en définissant le cyclage du travail qui assure la qualité exigée pour l’ouvrage. La fatigue
exagérée, le surmenage seront dépistés en obligeant l’ouvrier à passer régulièrement la visite

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médicale.

III-9-3) La répartition équitable des tâches


C’est au chef chantier qu’incombe cette fonction, il faut souligner que certaines entreprises
évoluées ont créés un service spéciale de répartition du travail, collaborant avec le bureau des
méthodes et qui a pour fonctions :
 L’analyse de la commande et son découpage en tâches élémentaires ;
 La fixation des temps respectifs à allouer à ces tâches ;
 La détermination en nombre et qualité de la main d’œuvre d’exécution ;
 La fixation des équipes en fonction du cycle de travail arrêté, équipes qui interviendront
successivement en un lieu donné et simultanément à travers le chantier ;
 L’établissement de fiches d’instructions, précisant à l’ouvrier concerné ou à l’équipe
intéressée, outre le processus opératoire, les temps alloués, les cadences optimales, les
mesures de sécurité.

III-9-4) Institution et maintien de la bonne ambiance


Cela revient à solutionner le problème extrêmement complexe des relations humaines
dans le travail. Voici les idées que nous suggérons :
 Agir sur la qualité de l’encadrement, du commandement, dont l’une des missions sera de
créer « l’esprit d’équipe », un des meilleurs facteurs de productivité. Pour cela, il faut disposer
de chefs dynamiques, dotés de bons sens pratique, justes et compréhensifs, capables et
compétents professionnellement. Toutes ces qualités sont rarement réunies en une seule
personne, cependant le chef devra faire naitre un climat d’union, d’entraide sur son chantier,
en gagnant la confiance de chacun.
L’autorité imposé ne parvient pas à communiquer à une équipe, la cohésion et
l’enthousiasme, l’harmonie et le dynamisme nécessaires pour mener à bien, avec efficacité
une action commune et continue. Les membres d’un chantier vivent 8 h/jr cote à cote, ayant
pour objectif commun l’édification d’une construction d’où la naissance d’une solidarité
inconsciente, qu’il appartient au chef de chantier de mettre en lumière, en appliquant les
règles suivantes :
 Penser à la manière d’accueillir les nouveaux embauchés, surtout les jeunes qui pénètrent
pour la première fois sur un chantier.il s’agit d’intégrer cet homme dans un groupe de travail
qui lui est totalement inconnu la plupart du temps. Le chef de chantier aura un entretien
coordial dans son bureau avec le travailleur, au cours de cet entretien il fera parler l’ouvrier en
sachant l’écouter, le renseigner sur la vie de l’entreprise et du chantier, sur ses droits : salaire,
prime, congés, autre avantages éventuels, date des acomptes et de la paie, etc. sur ses devoirs ;
travail à accomplir, rendement minimum exigé, règlement intérieur et en particulier sur les
consignes relatives à la prévention des AT (port du casque obligatoire par exemple). Après
cela, l’ouvrier sera présenté à son chef d’équipe et à ses compagnons de travail ; il prendra
connaissance du poste de travail où il est affecté.
 Prendre le travailleur en considération quel qu’il soit : noir, blanc, musulman, catholique,
bamiléké, béti ou pygmée, etc. Un individu ne donne le meilleur de lui-même que lorsqu’il a
le sentiment d’être estimé, considérer à sa juste valeur. L’ouvrier aime savoir ce qu’il fait et
pourquoi il le fait. En définitive, il faut traiter chaque salarié comme un homme, donnant le
sentiment qu’il est un collaborateur, le traiter avec égard sans exclure la fermeté : dans une

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équipe chacun conserve sa personnalité mais doit se plier à la discipline collective.


 Se montrer juste et compréhensif, gagner la confiance de l’ouvrier. A cet effet le chef devra
:
- Savoir reconnaitre le mérite de chacun ;
- Couvrir ses subordonnés si la responsabilité de l’équipe est engagée
- Montrer sa propre compétence, reconnaitre son ignorance en certains domaines ;
- Donner des ordres avec doigté, sans s’énerver clairement ; - Respecter les opinions des
autres ;
- Savoir écouter les autres ;
- Ne pas se laisser influencer par une sympathie personnelle ;
- Assurer la sécurité de la vie des travailleurs.
C’est là tout un programme d’initiation à la psychologie du travail, mais qui sort du cadre
de nos études.
 Agir sur les conditions matérielles du travail ;
 Agir sur les conditions de rémunération.

III-9-5) comment améliorer le climat social ?


Les volets de ce problème sont connus de tous : salaire décent, salaire stimulant,
intéressement du travailleur, participation aux bénéfices. Les aspects positifs sur lesquels nous
voulons mettre l’accent sont :
 La garantie de la stabilité de l’emploi ;
 La représentation de main-d’œuvre ouvrière au sein de l’entreprise ;
 La création de services sociaux ;
 La possibilité de promotion au sein de l’entreprise. (pour tous) Il faut donner aux
travailleurs capable, les moyen de compléter sa formation, de se perfectionner, d’accéder à un
échelon plus élevé.

III-9-6) Application d’un salaire stimulant


III-9-6-1. Le salaire
C’est la rémunération du travail effectué, matérialisé par un produit fini, et qui a
nécessité une dépense d’énergie musculaire et cérébrale, mise éventuellement au service
d’une machine. Mais en réalité l’ouvrier est payé non pour le travail (ouvrage fabriqué)), mais
pour sa capacité professionnelle, pour l’effort fourni : le salaire est l’expression monétaire de
la force de travail.

III-9-6-2. Formes principales de salaire


a) Salaire au temps passé : le gain est fonction du temps de présence, de la durée de
travail, avec application d’un tarif horaire librement discuté entre syndicats patronaux et
ouvriers, tarif variable selon la qualification professionnelle de l’intéressé. Ce système ne
stimule ni la production, ni le progrès. Néanmoins ce mode de rémunération s’impose lorsque
la nature du travail varie continuellement et que le rendement est difficile à contrôler, et
quand il s’agit de travailleurs âgés et handicapés.

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b) Le salaire avec primes ou salaire stimulant : Le but visé par ce système est
surtout d’associé l’ouvrier à l’accroissement de la productivité, tout en évitant le surmenage et
tout en garantissant au travailleur, un salaire minimum décent. Ce mode de rémunération
comporte donc :
 Une partie fixe, le salaire de base, fonction du temps passé et de la qualification
professionnelle ;
 Une partie variable, attribuée sous forme de primes, qui peuvent sanctionner diverses,
considérations (aux résultats, à des conditions anormales de travail, à la productivité…). Ce
mode de rémunération fait naitre des conflits, parce que la part d’investissement de
l’entreprise pour la tâche considérée, est très difficile à évaluer. Il faut donc trouver une
formule de compromis, un système d’intéressement des salariés qui stimule l’ensemble du
groupe travaillant sur un chantier
c) Le salaire à la tâche ou aux pièces, ou aux ‘’normes’’ : le travail est alors exécuté
par des équipes de tâcherons qui traitent avec le patron des prix unitaire des tâches, ce qui
nécessite une tarification détaillé et délicate de tous les travaux à réaliser, et entraine des
litiges. Ce système semble plus juste, puisque chacun est payé selon ses œuvres.

III-9-7) L’intéressement de l’ouvrier à la prospérité de l’entreprise. Quel que soit


le système adopté, il ne peut fonctionner que dans une atmosphère de coopération sincère, de
confiance mutuelle. Signalons quelques systèmes proposés :
 L’intéressement calculé selon les bénéfices réalisés sur le chantier concerné, ou sur
l’ensemble des chantiers de l’entreprise (c’est la coparticipation) ; cela est fort complexe à
expliquer aux manœuvres de nos chantiers ;
 L’intéressement calculé selon le réduction du rapport : .
 L’intéressement défini selon certaines postes clés de la productivité, ce qui revient d’ailleurs
au système de salaire à prime ;
 Un pourcentage fixe du chiffre d’affaire est attribué aux salaires ce qui établit une sorte
d’échelle mobile automatique. Tout ceci est certes difficile à mettre au point, mais mérite
réflexion.

III-10 PHASE FINALES DE L’ETUDE DU TRAVAIL


‘’ Un plan ne vaut que par son exécution’’ : il s’agit donc maintenant d’agir de mettre en
application la nouvelle méthode. Après accord de son supérieur, le technicien responsable de
l’étude procédera comme suit :
 Mettre les futures exécutant en condition, en les informant ;
 Enseigner le nouveau mode opératoire, en s’aidant de fiches d’instruction claires, simples
mais précises, remises et commentées aux intéressés ;
 Vérifier que le processus enseigné est bien assimilé, et en matière de pédagogie, si
l’exécutant n’a pas compris, c’est que l’instructeur a mal instruit. Le meilleur moyen de
contrôle est de répéter les consignes par l’ouvrier.
 Entrainant l’exécutant à la nouvelle méthode : à cet effet le laisser se mettre en route,
s’habituer, acquérir sa cadence, se roder à la nouvelle technique, et au besoin susciter alors ses
observations, ses critiques ;
 Vérifier à nouveau que le mode opératoire prescrit est bien suivi ;
 Ne contrôler que les modifications apportées au processus initial étudié, constitue de

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véritable amélioration, qui simplifient le travail en le rendant moins fatiguant, plus rapide et
de meilleur qualité. Ce contrôle peut se traduire en un bilan provisoire de l’étude de, bilan à la
fois technique, financier, humain, social, faisant, apparaitre le gain de productivité.
 Ne pas oublier qu’on peut toujours améliorer les conditions de travail.

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CHAPITRE IV : ETUDE DE LA MAIN D’ŒUVRE

IV.1 INTRODUCTION
A partir d’une certaine importance, l’ouvrage est décomposable en catégories de
tâches susceptibles elles- mêmes d’être découpée en tranche, puis en série de taches analogues
à réaliser selon un certain rythme découlant du délai contractuel. Il s’agit maintenant pour
l’entreprise d’harmoniser cadence et effectifs en conciliant au
mieux les impératifs de rapidité d’exécution et d’économie de main d’œuvre avec tous les
aléas de chantier.

IV.2 CALCUL DES QUANTITES TOTALES D’HEURES DE MAIN D’ŒUVRE.


(CREDIT GLOBAL D’HEURES)
C’est l’ensemble d’heures consommables pour réaliser le chantier. Nous savons qu’à
chaque unité de tâche élémentaire du débit estimatif correspond un temps unitaire. Les
produits successifs des quantités d’ouvrages par les temps unitaires correspondant seront
additionnés. Pour obtenir le crédit global des heures de main d’œuvre allouée au chantier.
Plus généralement :
- Soit Qi la quantité d’ouvrage élémentaire et TU1 le temps unitaire correspondant.
- Soit H1 le temps de main d’œuvre / ouvrage = Qi * TUi et

- H le crédit d’heures =

Exemple de calcul global de crédit d’heures de main d’œuvre

IV.3 Détermination des effectifs et leur répartition


Il faut calculer séparément les temps cumulés alloués à l’exécution de chaque

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catégorie, tranche ou série d’opération pouvant constituer réellement un poste ou un sous


poste de travail durable et répétitif surtout, c'est-à-dire pouvant être confié à une équipe
définissable et dont la stabilité dans le travail pourra être assurée. Par exemple : équipe des
coffreurs, équipe des ferrailleurs équipes des maçons, etc.
En résumé, retenons que pour calculer un effectif, trois (3) données sont nécessaires à
savoir :
 Le temps unitaire de la tâche concernée : TU
 La quantité à réaliser : Q m3 par exemple
 La durée de ce travail prévu sur le planning, soit j jours

A partir de ces données, le processus est le suivant :


a) Calculer le crédit total d’heure alloué à cette tâche, soit H = TU Q ;
b) Déterminer le crédit d’heure que l’on peut consommer, dépenser chaque jour, soit :
h = H / j ou
c) Déterminer l’effectif (arrondir au nombre entier inférieur presque toujours) ; et cela
selon la durée prévue pour la journée de travail : soit E = h / 8 ou 8,5 h (durée de la journée
de travail)
NB : Sachez bien différencier, temps unitaire ou dépense en heure par unité de tâche, et
durée d’exécution d’une tâche, et cela indépendamment du nombre d’ouvriers réalisant cette
tâche. E : exprime le nombre d’ouvrier, il doit être un entier naturel ; retenu par excès ou par
défaut, il doit tenir compte des deux paramètres :
- La réglementation en vigueur : permet- elle ou non des heures supplémentaires ?
- L’incidence des heures supplémentaires (HS) sur le prix de revient du chantier.
Remarques :
R1 : si la réglementation en vigueur admet des HS, on arrondit E à l’entier naturel inférieur
R2 : si la réglementation en vigueur n’admet pas des HS, on arrondit E à l’entier naturel
supérieur.
R3 : si aucune indication n’est donnée lors d’un exercice, arrondir E en tenant compte du
chiffre qui suit la virgule.

IV-4) Application
A1 : nous voulons réaliser 50 m2 de plancher constitué par des poutrelles en BA et des
hourdis ciment, la durée de cette tâche est de 3,25 h et nécessite 2 compagnons et 1
manœuvre. Déterminer :
- La dépense en heures de main d’œuvre
- Le temps unitaire de pose
- Le rendement horaire de l’équipe.
A2 : pour le terrassement d’un petit tronçon de rente, 1056 heures sont alloués à dépenser en
16 jours ouvrables, la durée journalière est de 8 heures par jour. Déterminer l’effectif
nécessaire pour ce travail.

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A3 : calculer l’effectif nécessaire pour la réalisation du coffrage des poteaux du 1er au 9ème
étage d’un immeuble. Le temps global alloué est 2448 heures. Le travail durera 72 jours
ouvrables et l’on travaillera pendant 8,5 heures par jour.

A4 : le bétonnage des semelles de fondation d’un bâtiment nécessite la mise en œuvre de 50


m3 de béton. Sachant que le temps unitaire est de 6h/ m3 et la durée prévue est de 4 jours et 8
heures de travail par jour.
Calculer l’effectif nécessaire.
Solutions
S1 : - La dépense en heure de main d’œuvre sera 3,25 h 3 = 9,75 h
- Le TU es de : 3,25 h/ 50 m² = 0,065h/ m²
- Le rendement horaire de l’équipe sera de : 50 m² / 3,25 h = 15,38 m²/h
NB : la multiplication du crédit d’heure par le prix horaire de la main d’œuvre donne le
déboursé global prévisionnel.

IV.4 Tableau des heures de main d’œuvre ou nomenclature des heures


C’est un document de base permettant d’atteindre divers objectifs parmi lesquels :
- Le calcul du devis estimatif en heure c'est-à-dire le déboursé global à prévoir pour la
main d’œuvre, le pourcentage que représente le prix de vente de l’ouvrage
- La détermination des effectifs et leur répartition en équipes
- L’établissement des documents de visualisation des mouvements de main d’œuvre à
prévoir (planning, courbes)
- Le contrôle encours d’exécution en confrontant : les temps d’étude, les temps alloués
et les temps réels, et exploiter les résultats en tirant des enseignements pour de futurs
chantiers du même ordre.
La dépense réelle en heure main d’œuvre sera égale au produit : nombre d’ouvrier
durée de la tâche. (Voir A1)

IV.5 Les fiches d’instruction


Ce sont des fiches qui renseignent l’exécutant sur les détails de mise en œuvre, le
processus de l’intervention, les outils, équipements et dispositifs à employer. Elles peuvent
même comporter des croquis cotés explicatifs, l’indication du temps alloué, de la prime
éventuelle et le nom du responsable qui donnera sur places les instructions spéciales.
Ces fiches s’adressent soit directement à l’exécutant concerné (bétonnier, granitier,
ouvrier qualifié chargé d’exécuter multiples et brèves tâches répétitives, soit au chef
responsable d’une équipe spécialisée.

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IV.6 Courbe simplifiée de main d’œuvre


Un chantier de BTP comprend généralement trois phases :
- 1ere phase : le démarrage
- 2e phase : la phase courante du chantier
- 3e phase : les finitions A chacune de phase, correspond un effectif et une
consommation en heure précis.
L’expérience à montrer que pour une meilleure harmonisation de la main d’œuvre, à
20% du délai contractuel de chantier, on doit avoir consommé 10% du crédit d’heures ce qui
correspond à la phase du démarrage ; et à 80% du délai contractuel, on doit en avoir
consommé 90% pour les phases 1et 2.
Il convient donc à chaque fois que nous traçons une courbe d’heures cumulées de
vérifier que nous ne sommes pas très éloignés de ces valeurs ; sinon nous reprenons le
nivellement de la main d’œuvre. Cette courbe permet également de déterminer les effectifs
correspondant à chacune des phases.
Exemple de courbe simplifiée de main d’œuvre.

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CHAPITRE V : LES CONTROLES DANS LES CHANTIERS

I. GENERALITES
I.1 Buts du contrôle
 Tout projet en cours d’exécution implique un contrôle des actions engagées. Les
responsables directs de la conduite des travaux, à qui sont confiés les ressources à mettre en
oeuvre (personnel, matériel, matériaux) doivent rendre compte de leur gestion, dont l’efficacité
se mesure aux résultats obtenus. Ce contrôle qui sera dynamique devra permettre :
- D’ajuster les prévisions,
- De redresser les situations en passe d’être compromises, par le déclenchement immédiat de
mesure correctives appropriées ;
- De comparer constamment la réalité aux prévisions ;
- D’exploiter les résultats acquis pour faire progresser les études concernant :
 Le seuil de rentabilité des moyens mis en place,
 La gestion prévisionnelle,
 Les méthodes d’exécution, les prix de revient, etc.….
Il s’agit là d’un contrôle interne, qui intéresse au premier chef, l’entreprise. Le contrôle
vise d’autres objectifs tels que :
 Le respect du cahier des charges, des clauses du contrat : délais, qualité de l’ouvrage,
etc.
 Le respect des lois et règlements en vigueur, relatifs à la construction, au travail, à la
sécurité, à l’hygiène, etc.
Il s’agit là d’un contrôle externe, auquel l’entreprise doit également se préparer et se
soumettre.

I.2 Objectifs du contrôle :

 Tous les éléments qui agissent sur le prix de revient de l’ouvrage et en particulier ceux
ayant fait l’objet des prévisions chiffrées au moment de l’offre. A savoir :
- La main d’œuvre,
- Les matériaux,
- Les frais de chantier,
- Le matériel,
- Les méthodes et processus d’exécution,
- Le déroulement des travaux,
- L’exécution des ordres donnés,
- La sécurité du chantier, etc.
 Les rentrées d’argent afin de suivre l’évolution du diagramme financier : c’est le
contrôle budgétaire par la mise en place d’une comptabilité analytique.
 Les contrôles externes relatifs :
- A l’ouvrage : qualités, dimensions, respect des normes, etc.

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- A la santé des ouvriers : contrôle médical, hygiène des locaux,


- A l’hygiène et à la sécurité générale du chantier et des engins,
- Au respect du code du travail : l’application des lois sociales,
- Au respect des règlements de construction et d’urbanisme

I.3 Responsables du contrôle :


i. Prix de revient
- Les chefs d’équipe et les chefs de chantier fourniront les informations concernant
l’encadrement de la main d’œuvre.
- Les techniciens d’exploitation (conducteur des travaux, agent de méthode)
regrouperont les informations.
- Les métreurs agents d’étude de prix, comptables, agents de méthode s’occupent de
l’exploitation des informations.
- La direction qui aura à connaitre des résultats des chantiers.

ii. Autres objectifs


- Le maitre d’ouvrage ou son représentant pour le respect du cahier des charges, des
plans, etc.
- Les représentants des autorités contrôlant l’application de la législation en vigueur.
- Les personnes morales agréent pour effectuer des contrôles techniques de sécurité.

I.4 Visualisation du contrôle :


1) La gestion du chantier et son contrôle, se traduisent sous des formes diverses : éléments
chiffrés, tableau, graphiques rédigés sur des documents préétablis en général. Ces écritures de
gestion concernent soit le chantier (pointage divers de main d’oeuvre, de consommation de
matière d’œuvre….) et c’est le chef de chantier assisté parfois du collaborateur qui en a la
charge ; soit le siège (tenu de la comptabilité analytique du chantier et les écritures
d’exploitation des résultats) d’où la nécessité d’apprendre aux ordres d’exécution et de contrôle,
ce qu’est la gestion des chantiers.
2) Le respect des prescriptions du contrat s’exerce au cours des rendez- vous de chantier,
et se traduit sous forme d’ordre de service signés par l’architecte ou son représentant, la
vérification des attachements, des situations de travaux, des mémoires et les réceptions se
concrétisent par le contrôle du maitre d’ouvrage.
3) Le respect de la législation en vigueur s’exerce par la tenue correcte des registres
obligatoires, l’affichage des consignes réglementaires, et peut se traduire sous forme
d’avertissement, de mise en demeure, et même de sanctions pénales. Cela nécessite en outre la
rédaction d’écriture de chantier et de siège concernant le personnel.

II. CONTROLE DE LA MAIN D’OEUVRE :


II.1 Objet et but de ce contrôle
Il s’agit principalement de relever les temps passés à l’exécution proprement dite, aux
diverses manutentions, à la mise en place des installations de chantier, à leur repliement.

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La connaissance des heures de main d’œuvre << consommées >> sur le chantier permettra
d’atteindre un double objectif :
- L’évaluation des dépenses réelles de main d’œuvre utilisée pour mener l’ouvrage à
bonne fin, grâce au calcul des salaires versés.
- La détermination des temps élémentaires réels d’exécution de chaque ouvrage
élémentaire, grâce à la ventilation rationnelle des temps passés.
- Il sera alors aisé de confronter ces dépenses et ces temps passés, respectivement avec
ces dépenses prévues et avec les temps de l’étude des prix, ou avec les temps alloués au chantier.

II.2 Modes de contrôle :


Il s’effectuera au niveau du chantier et au siège grâce à la rédaction d’un certain nombre
de document de base, fournissant les relevés de temps ; citons :
- Le carnet ou la feuille de pointage qui collectionne les heures de présence du personnel
et permet le calcul de la paie.
- Le rôle des salaires versés, qui permet calcul du cout moyen de l’heure du travail.
- Le bon de travail par équipe d’après le bordereau.
- Le rapport journalier de ventilation des temps passés, qui permet l’établissement, la mise
à jour du fichier des temps élémentaires.

II.3 Le pointage des heures de présence :


1. C’est une nécessité permettant :
- Au siège d’établir la rémunération du personnel non seulement en fonction des heures
travaillées, mais aussi selon la multiplicité des tarifs horaires qui varient avec les catégories
professionnelles et les degrés de qualification.
- A l’ouvrier de contrôler la notation de ses heures de travail, évitant ainsi tout litige.
- A l’inspecteur du travail de contrôler le respect de l’horaire convenu et légal, l’arrêt
effectif du travail dans le cas du << chômage-intempérie >>
- Au chef de chantier de vérifier pour chaque ouvrier que l’acompte demandé est dans la
limite autorisée selon les heures travaillées.
2. Les imprimés utilisés varient selon l’importance du chantier. En outre le pointage peut
être groupé ou individualisé.
- Sur la plupart des chantiers on utilise le procédé du carnet ou cahier de pointage sur
lequel tous les ouvriers sont groupés selon leur date d’embauche ou classés par catégorie (chef
d’entreprise, O.S, manœuvre ou encore par spécialisation (maçons, coffreurs, ferrailleurs), ce
qui peut faciliter l’établissement de certaines statistiques. Il est recommandé de mettre en
roulement entre le siège et le chantier, deux (2) carnets de pointage ou mieux utiliser des carnets
de duplicata (extraits de carnet de pointage).

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3. Certaines entreprises préfèrent l’emploi de la fiche cartonnée de pointage, individuelle


utilisée recto-verso, elles présentent divers avantages parmi lesquels : Chaque ouvrier peut
contrôler le pointage effectuer par son propre chef d’équipe et réclamer sur le champ en cas
d’erreur.

La fiche comporte divers renseignements facilitant l’établissement de la feuille de paie.


Ainsi, rien que le fait de présenter le pointage à la semaine, rend plus aisé le décompte des
heures supplémentaires.
- L’ouvrier qui éventuellement travaillera sur deux (2) chantiers au cours du mois,
emportera sa fiche de pointage visée du chef. Lorsque les fiches sont simplifiés à l’extrême, le
chef de chantier établit en double exemplaire, le bordereau de pointage ou tableau récapitulatif
regroupant tous les ouvriers du chantier et destiné au siège.

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3. Cas particuliers :

a) Les absences : elles sont signalées au moyen des signes conventionnels.


Par exemple :
- Maladie : M
- Congés payés : CP
- Congés de naissance : CN
- Autres absences exceptionnelles autorisées : absences non payées pour convenances
personnelles,
- Absences rémunérée : D
- Absence pour motifs reconnus (mariage, obsèques) : AR,
- Absences non motivées : Z
Ces lettres seront bien formées afin que le service qui établit la paie ne commette pas
d’erreur.

b) Les jours non travaillés

- Les intempéries signalées par la lettre I


- Les jours fériés, dimanches, non ouvrables par la lettre X

c) Les heures supplémentaires


C’est lorsqu’un ou plusieurs ouvriers requis, en dehors de l’horaire habituelle du
chantier, pour accomplir certaine tâches urgentes, mais de courte durée. Il est préférable de
pointer séparément le temps passé’ par exemple dans la colonne observations ou moins en
encadrant le pointage concerné, afin que le comptable sache bien qu’il ne s’agit point d’une
erreur. Voir tableau no 1
II.4 Le bon travail :
L’institution du bon travail est un système très pratique et riche en renseignement surtout
lorsque les équipes de base du chantier sont stabilisées. Ont des fonctions bien définies, une
composition bien arrêté, et la possibilité de travaillé en continuité. Par exemple, l’équipe dite
de bétonnage devra réaliser :
- La pose des poutrelles préfabriquées et des entrevous de remplissage.
- Le coulage des planchers, chainage et des paliers intermédiaires ; temps alloué : 2,6
h/m3 de béton.
Avec ce système, plusieurs entreprises sont parvenues à réduire les dépenses de main
d’œuvre de 15 à 20%.
Bien appliqué, il permet de supprimer le carnet de pointage et le rapport journalier
traditionnel. Mais cela nécessite également la mise en application d’un bordereau codifié de
tâches élémentaires ce qui est aussi un moyen efficace de productivité. Le bon de travail est un
moyen de ventilation des temps passés. Cet imprimé est rempli par le chef d’équipe responsable
ou le chef de chantier peut servir outre à l’établissement de fiches de rendement, au calcul de
la prime éventuelle mérité par l’équipe. Voir tableau N0 1
II.5 La ventilation rationnelle des temps passés :

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a) Principe :
Cela consiste à ventiler chaque jour le temps de présence de chaque ouvrier selon les
tâches exécutées.
Ainsi, un ouvrier peut avoir posé des blocs de ciment le matin durant 4 heures, et
participé au coulage du béton l’après-midi pendant 4 heures.

b) Buts visés :
Elle permettra d’atteindre les objectifs suivants :
- L’évaluation des dépenses de M.O pour chaque tache élémentaire.
- L’avancement des travaux dans le temps grâce au cumul des heures qui visualisent à
tout moment la situation du contrat.
- La tenue d’un fichier des temps élémentaires ?
- L’action immédiate sur l’organisation d’un poste de travail qui se révèle déficitaire par
l’examen des bilans mensuels établis régulièrement.

c) Modes de ventilation :
Il varie selon l’organisation interne de l’entreprise et les buts poursuivis. C’est ainsi que
la ventilation peut se faire :

 Poste de travail stabilisé


A l’intérieur du poste, on décompose et on codifie les opérations élémentaires. Par
exemple on distinguera pour le poste 34. <<Coffrages>> : 341. Coffrage de semelles,
342.poteaux, 343 voiles, 344. Poutres 343. Dalles – 346. Escaliers. Chaque chef d’équipe
responsable d’un poste effectue la ventilation sur un imprimé approprié (voir tableau N0 2
comme exemple)

 Par équipe spécialisée, réalisant un ouvrage élémentaire


Ce mode ressemble au précédent, mais facilite le calcul du rendement de l’équipe, et par
là même, celui de la prime à lui attribuer pour la stimuler. Par exemple : équipe effectuant le
remplissage de l’ossature en blocs creux de ciment. Si la ventilation distingue compagnons et
aides, après examen attentifs des tableaux récapitulatifs on parvient à mieux équilibrer l’équipe.

 Par opérations élémentaires


L’ouvrage élémentaire est décomposé en ses diverses opérations simples, successives.
Ainsi l’exécution d’une semelle et du poteau correspondant au sous-sol, comportera une
ventilation du temps passé entre les diverses activités suivantes :
a) Terrassement pour semelle
b) Ferraillage pour semelle
c) Bétonnage semelle
d) Ferraillage poteaux
e) Coffrage poteaux
f) Coulage poteaux
g) Décoffrage poteaux :

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Ce mode de pointage détaillé du temps passé n’est valable que lorsque l’on veut réaliser
une étude analytique de la tâche, en vue de l’amélioration. On peut en effet déceler ainsi les
imperfections dans la coordination des opérations simples. L’emploi du bordereau codé est
alors préférable.

d) Imprimés utilisés :
Quel que soit le mode de ventilation, ils devraient tous comporter :
- L’indication de la qualification de chaque ouvrier, de son taux horaire, pour faciliter
le calcul des dépenses par tâche élémentaire ou groupe de tâches.
- L’indication précise de l’ouvrage élémentaire ou de son code. Mais il est préférable
que les emplacements réservés à ces inscriptions soient vierges, afin d’éviter un imprimé qui
serait encombrant, s’il comportait tous les articles du devis. Le chef chantier ou son
collaborateur fonctionnel possédant un exemplaire du bordereau codé, inscrira lui-même les
symboles des tâches effectuées ou prévues pour chaque journée (voir tableau N0 3)
La feuille de ventilation se présente sous forme de tableau à double entrée, soit imprimé
à l’intérieur même du rapport journalier, souvent même combiné avec la feuille de pointage
global, mais doit être alors détachable si l’on veut faciliter une exploitation rationnelle et rapide
au siège, soit imprimé sur feuillets distincts.

II.6 La feuille de paie ou feuille de main-d’œuvre :


Ce document établi pour le service comptabilité à partir du relevé de pointage, est la
récapitulation mensuelle, des sommes réellement déboursées par l’entreprise et versées aux
ouvriers.
Cette feuille peut concerner soit l’ensemble du personnel du chantier donné, soit un
poste de travail ou une équipe de base, soit pour une exploitation préméditée particulière, une
catégorie professionnelle, ou une phase de travail, par exemple : les installations de chantier.
Cette pièce comptable sera exploitée à différentes fins et particulièrement pour
déterminer le cout moyen de l’heure de travail de l’équipe, ou de la phase, ou du poste, ou pour
le chantier entier en faisant le rapport : montant de la paye du groupe concerné/ nombres totales
d’heures travaillés

III. LE CONTROLE DES MATERIAUX

III.1 Buts visés :


L’exécution de l’ouvrage nécessite la consommation de matériaux de base, de produits
semi-ouvrés, entrant dans la construction. Il s’agit d’en contrôler sérieusement l’emploi, la
destination, pour prévenir et pallier coulages, gaspillages, vols. Une nomenclature détaillée des
matériaux a été établie lors de la préparation du chantier : cette pièce servira de document de
confrontation avec les états rédigés au fur et à mesure du déroulement des travaux. Pour faciliter
ce travail et la comptabilité matière, divers documents de base sont utilisés.

VI- 3-2) Documents utilisés


1) Documents établis au cours de la préparation du travail :
- Il s’agit du devis qualitatif et quantitatif ;

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- Du tableau de la nomenclature des matières d’œuvre et produits ouvrés ;


- Du devis estimatif des matériaux productifs ;
2) Du planning d’étalement des commandes et approvisionnements
3) Ceux établis en cours d’exécution des travaux et qui concernent :
a) Soit le transport du matériau et sa réception. A savoir :
- Bons de commande adressés au fournisseur par le siège ou le chef chantier ;
- Bons de commande adressés au siège par le chef chantier ;
- Bons de livraison établis par le fournisseur ;
- Bons de mouvement interne, d’enlèvement ;
b) Soit la consommation même du matériau. A savoir :
- Les fiches de stocks ou de contrôle, l’état périodique des stockes
- Le rapport journalier traditionnel
4) Ceux établis pour permettre l’exploitation des résultats, la comptabilisation, la rédaction des
situations des travaux. A savoir :
- Les factures
- Les états récapitulatifs mensuels d’emploi des matériaux
- Les inventaires périodiques

III.2 Établissement des bons de commandes

1) Par qui sont établis ces bons ?

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Après consultation de plusieurs fournisseurs et désignation de ceux qui conviennent, le


siège (service d’achat ou le bureau d’estimation de commande) établit les bons affectés à un
chantier donné.
Il est proscrit d’établir un bon de commande concernant plusieurs chantiers pour faciliter le
contrôle. Les expéditions se font en général par voie de fax ou Télex pour les fournisseurs
lointains ou par le chauffeur transporteur pour les fournisseurs locaux.
Le chef de chantier peut être habilité à établir lui-même les bons de commande pour certains
matériaux (granulats, agglomérés, liants) mais s’adressant à des fournisseurs agrès par
l’entreprise qui a, au préalable, convenu du prix et des quantités globales à livrer au chantier
concerné.
Commentaire (en fait le rôle du chef chantier consiste essentiellement à déclencher la
livraison au moment opportun en précisant la quantité souhaitée, mais il doit le faire par écrit
au moyen d’un bon tiré d’un carnet à souche, avec duplicateur afin de faciliter le contrôle, le
phone sera utilisé pour confirmer et rappeler au fournisseur l’urgence de la livraison.

2) Nomenclature d’un bon de commande


Le bon de commande doit comporter des informations suivantes :
- Cachet de l’entreprise et n0 de l’affaire concernée ;
- Date et n0 d’ordre du bon (à rappeler sur le bon de livraison)
- Conditions générales d’achat : imprimées au verso du document utilisé)
- Conditions particulières concernant le délai, le lieu, le mode d’expédition (rails, route, par
bateau), le mode de paiement.
- Désignation précise du matériau commandé : quantité, dimensions et prix unitaire convenu.
Le bon de commande doit toujours être établi en trois exemplaires pour permettre un
contrôle rapide, les deux exemplaires en surplus étant destiné :
- L’un au chef chantier-même quand c’est le siège qui lance la commande-pour la confrontation
avec le bon de livraison
- L’autre au siège pour le contrôle de la facture et de la ventilation de cette dernière.

3) Bon de commande interne ou demande de chantier


Il s’agit d’une demande de matériaux ou matière d’œuvre existant au dépôt ou au
magasin de l’entreprise. On peut utiliser soit un carnet manifold à duplicata, soit un imprimé
spécial.
Cette demande doit être formulée au moins 48 heures à l’avance pour matériaux existant
en stock au dépôt, et 15 jours, s’il s’agit de produits à commander chez un fournisseur.

III.3 Les bons de livraison et le contrôle à la réception


1) Le bon de livraison :
Ce document établi par le fournisseur, fait état de la nature et des quantités de matériaux
ou produits livrés sur le chantier ; il peut être confronté avec le bon de commande. Le
camionneur ou autre service de livraison détient deux bons de livraison, l’un qu’il met au chef
de chantier, l’autre qu’il lui présente à la signature, afin de pouvoir attester qu’il a bien accompli
sa mission. Avant de signer ce bon, il faut contrôler la marchandise en quantité et en qualité en
présence du livreur.

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En cas de désaccord, il faut :


- Soit refuser la livraison (avarie qui rend inutilisable le matériau, qualité non conforme à
celle spécifiée sur le bon de commande, etc.)
- Soit formuler les réserves
Les bons de livraison sont transmis chaque soir au siège en même temps que le rapport
journalier ou alors le chef établit en fin de semaine un bordereau de réception.

2) Le bordereau hebdomadaire des livraisons :


C’est un document récapitulatif des livraisons faites chaque semaine, c’est un bon de
réception confirmant les marchandises réellement reçues sur le chantier et les groupant par
ordre chronologique.
Il est établi par le chef de chantier ou son aide, en double exemplaire double
exemplaires, l’un qui demeure au chantier et l’autre destiné au siège pour exploitation
accompagné de la liasse des bons de livraison.

III.4 Le contrôle des mouvements internes :


Toute marchandise ou matériau quittant le magasin d’entreprise ou le dépôt, ou un
chantier quelconque à destination d’un chantier doit être accompagnée d’un bon de sortie ou
bordereau (en double exemplaire) tiré d’un carnet à souches (un exemplaire demeure au carnet
du service expéditeur) l’un des exemplaires est conservé par le destinataire et l’autre est
retourné au siège.
Cela permettra l’établissement correct des fiches de stocks et de l’inventaire, ainsi que
les factures internes ; en outre, on évite ainsi, le coulage éventuel pendant le transport des
éléments préfabriqués entre l’atelier central et les chantiers desservis.

III.5 Le contrôle des consommations

1) État des stocks


La gestion des matériaux et produits ouvrés, est concrétisée par la tenue à jour des fiches
de stocks sous la responsabilité du chef de chantier, et l’établissement d’états de récapitulatifs
divers, tels que :
 Relevés hebdomadaire des approvisionnements reçu sur le chantier ;
 Rapport mensuels des entrées (sorties des matériaux) ;

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 Inventaire annuel et en fin de chantier.


2) Ventilation des consommations :
Il s’agit de maitriser l’emploi réel des matériaux en ventilant les consommations par
nature d’ouvrage ou par poste afin de pouvoir rapprocher cette réalité des prévisions faites et
de déceler les pertes et calculer leurs pourcentages. A cet effet, il est demandé de d’évaluer les
chutes inutiles par mois, les rapports journalier, les relèves d’ouvrage effectué en fin de mois
pour établissement des situations des travaux facilitent la rédaction de cet état mensuel.

IV. Le CONTROLE DU MATERIEL ET DE L’OUTILLAGE


IV.1 Buts visés :
Il s’agit pour le siège de reconnaitre à tout moment ou périodiquement :
 Sur quels chantier se trouve les engins, le matériel ;
 Pour chaque chantier, l’état de marche du matériel et son engagement pratique ;
 Les ‘’consommations’’ d’outillage divers.
Nous allons examiner les principaux documents utilisés à cet effet.

IV.2 Les demandes de matériel :


Elles peuvent être établies soit sur carnet à duplicata, soit sur imprimé spéciale, soit par
le truchement du rapport journalier qui comporte une case réservée à cet effet.
La demande est adressée au service du matériel deux (2) à trois (3) jours d’avance selon le
matériel concerné et l’urgence, et cela pour le matériel existant en entreprise. Il faut déposer la
demande avec un délai de 15 jours.

IV.3 L’avis de restitution :


Le chef de chantier doit renvoyer au siège (dépôt), tout matériel devenu inutile sur son
chantier, afin de remettre au plus vite à la disposition du service matériel et éviter qu’on ne lui
en facture la location, un jour de plus.
Il peut utiliser, pour aviser le siège, des mêmes moyens que pour la demande : rapport
journalier, carnet manifold, imprimé spécial.

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CHAPITRE VI : ORGANISATION DU CHANTIER DE TERRASSEMENT

1) GENERALITES
On appelle terrassement l’ensemble des opérations qui modifient le relief d’un terrain.
Lorsque l’opération consiste à enlever de la terre, on parle de déblai ; par contre si on
nécessite l’apport de terre, on parle de remblai. Dans ce chapitre, on veut harmoniser le
matériel de transport aux possibilités de l’engin de terrassement de façon à obtenir un
rendement optimum.
Le coût d’utilisation d’un engin de terrassement étant supérieur à celui d’un camion, il est
souvent utile d’affecté à chaque engin de terrassement un nombre de camions suffisants pour
assurer son plein emploi. Le chef de chantier devra rechercher la solution la plus avantageuse
à l’entreprise, au point de vue temps d’exécution et au point de vue prix de revient.

II. RENDEMENT D’UN ENGIN


Lorsqu’on est dans un chantier de terrassement on est confronté à plusieurs problèmes
qui dépendent du genre et du volume de travail à faire, de l’étude des possibilités de
l’entreprise. Il faut donc choisir les engins à prévoir (en calculant le temps nécessaire à
l’exécution) ; le délai d’exécution étant fixé, choisir un matériel adéquat.
Il est donc nécessaire de connaitre le rendement R des engins mécaniques.
Exemples : pelle mécanique (m3 / h) ; niveleuse (m3 /h) ; scraper ;
Le rendement permet de définir les possibilités de travail ou de production d’un engin
ou d’un matériel. La connaissance du rendement permet de déterminer la durée d’emploi du
matériel.

Exemple : volume de terre = 2 000 m3 Rendement de la pelle = 50 m3 /h

Les facteurs influençant le rendement :


 La performance de l’engin ;
 La nature du sol ;
 L’efficacité du conducteur.

III. RENDEMENT THEORIQUE ; RENDEMENT HORAIRE ; RENDEMENT


EFFICACE. RENDEMENT GENERAL DU CHANTIER :
III.1 Rendement théorique (Rth) ;
C’est le rendement maximum de l’engin annoncé par le constructeur et qui tient
compte des performances de l’engin dans un sol de nature donné.
III.2 Rendement horaire (Rh) ;
Un engin de terrassement ne peut fonctionner sans interruption. Il faut un temps de
repos et on tient compte aussi des moments de distraction du conducteur. On compte donc la
durée effective de travail en une heure à 50 minutes.

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III.3 Rendement général du chantier (Rg) ;


On définit un coefficient d’utilisation ou coefficient de rendement général du chantier,
il est donné dans un tableau et il dépend des paramètres suivants :
 Les conditions d’exécution ;
 L’organisation du chantier ;
 L’expérience du personnel ;
 La conduite et l’entretien du matériel.

III.4 Rendement efficace (Re) ;


C’est le rendement de l’engin, tenant compte de toutes les conditions d’utilisation.
Cug = coefficient d’utilisation

III.5 Application
Calculer le rendement efficace d’une pelle mécanique en butte qui travaille sur le sol de
gravier, de capacité nominale 750 l, bonne condition de travail, organisation moyenne de
travail, rendement théorique Rth = 73 m3 / h. on travail, effectivement 50 mn en une heure.
Calculons également le nombre de rotation par heure

IV. Transport des terres.


IV.1 Volume de terre à déplacer
Les travaux de terrassement et de transport sont généralement évalués en volume de terre
en place (non foisonné) ou en volume de matières déplacées (foisonnées).
Pour déterminer les capacités des engins de transport, on tient compte du foisonnement.
VT =Vp(1 + fi)
où VT=volume de terre transportée ;
Vp= volume de terre en place ;
fi = foisonnement initial.
Exemple : Vp=134 m3 ; fi=12%, VT ? VT = 134 (1 + 0.12) = 150.08 m3

IV.2 Le cycle d’un engin de transport.


Tout engin de travail de matières effectue un cycle. Dans un cycle, on a les opérations
suivantes :
- Le temps de chargement Tc ;
- Le transport ou voyage aller Ta ;

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- Le temps de déchargement Td ;
- Le transport ou voyage retour Tr.
La durée du cycle sera fonction de la distance et de la vitesse du camion. Ces durées sont
exprimées en heures décimales ou en minutes décimales pour faciliter les calculs.
Dc = Tc + Ta + Td + Tr.
Exemple : 4mn30s= 4.5mn

IV.3 Le temps d’utilisation d’une pelle.


Le temps d’utilisation d’une pelle est le rapport.

IV.4 Nombre de camions :


Le nombre de camions (N) nécessaires à charger par une pelle est le rapport :

IV.5 Nombre de voyage (Nv)


Le nombre de voyage par heure par jour est fonction de la durée du cycle de chaque
unité d’engin. Ainsi on a :

IV.6 Charge utile d’un camion, densité de terre foisonnée.


La charge utile d’un camion est la masse de terre en tonne ou en kg, que peut transporter ce
camion. Si est la densité de terre (masse volumique des terres foisonnées) alors, la capacité
d’un camion en masse de terre foisonnée est :
Cc= Cu/ρ , Cc en m3 ; Cu en tonnes ; ρ en t/m3.
IV.7 Applications.
A1 : Dans un chantier de terrassement, on dispose de camions de charge utile 15 t, la
capacité de la benne est de 9 m3. La vitesse en charge est de 20 km/h, à vide elle de 35 km/h.
la distance de transport à la décharge publique est de 5 km ; le temps de chargement est de 5
min et celui de déchargement de 2 mn.
1) Calculer la durée du cycle de transport.
2) Calculer le nombre de camions.
3) Tracer le diagramme chemin de fer.

A2 : On se propose de déblayer un volume de 6 000m3 de terre au moyen d’une pelle


mécanique dont le rendement horaire est de 25 m3/h. les camions dont un volume de 5 m3
avec un coefficient de remplissage de 4/3. Les terres ont un foisonnement de 1.25. La durée
journalière de travail est de 9 heures à partir de 7h30mn. On donne entre autres pour les
camions, la durée du voyage aller et retour 40 mn et temps de déchargement 3mn. On
demande de calculer :

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1) Le nombre de camions nécessaires au plein emploi de la pelle et tous les camions


faisant un nombre identique de voyages avec des heures supplémentaires si nécessaire.
2) Le temps unitaire de terrassement (du m3 de terre foisonnée)
3) La durée du chantier 4) Représenter graphiquement deux cycles de rotation du
premier camion.

IV.8 Terminologie
1- Sur les terres.
 Le foisonnement : c’est l’accroissement du volume de terre après extraction.
On le caractérise par un coefficient appelé coefficient de foisonnement ; c’est le rapport entre
le volume de terre avant extraction (volume des terres transportées/ volume des terres en
place).
 Coefficient de compactage : il caractérise la diminution du volume pendant le
remblai. Il dépend de la puissance de l’engin de compactage. En tout état de cause, il est
inférieur à 1.
2- Sur le matériel
Le matériel est l’élément essentiel de terrassement. Il faut donc en connaitre les
caractéristiques technologiques afin de faire un choix judicieux pour un chantier.
 Cadence : c’est le nombre de cycle par unité de temps. Elle s’exprime aussi
par la durée d’une tranche ou d’une opération répétitive.
 Capacité : volume transporté (volume à ras) ;
 Coefficient de remplissage : rapport entre la capacité réelle et théorique. Il
tient compte du foisonnement et de l’effet des parois matériel.
 Opération d’une pelle : elle est constituée de l’excavation-transport (rotation)
+ chargement.
 Cycle d’un camion : c’est le laps de temps qui s’écoule entre deux
chargements successifs. C’est-à-dire temps de chargement + temps aller + temps de
déchargement + temps retour. Notons toute fois que le temps allé est inférieur au temps retour
car le véhicule chargé roule plus lentement.
 Temps variable : c’est le temps pendant lequel un engin transporte sa charge
d’un point à l’autre. Il varie avec la distance.
 Temps fixe : il représente le temps de toutes les opérations autres que le
transport (aller-retour).
 Temps unitaire : correspond à la durée de travail d’un ouvrier pour réaliser à
lui seul une unité de travail.

IV.9 Remarques :
1) Les temps élémentaire du cycle d’un camion et la durée du cycle elle-même peut
s’exprimer en heure décimale ou en minute décimale (3min15s=3,25min).
2) Lorsque l’opération nombre de camion égale à la durée du cycle divisé par le temps de
chargement conduire a une valeur décimale on a deux possibilité de solution :
Premier-possibilité : en arrondissant à l’entier supérieur, on obtient le plein emploie de la

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pelle (l’engin travaille sans repos) dans ce cas seul les camions on un Legé repos. Il est donc
important de savoir que le cycle ne sera plus le même, de ce fait il faut calculer le
nouveau cycle qui sera égale au nombre de camion multiplier par le temps de chargement.
Deuxième-possiilité : en arrondissant a l’entier inferieur on obtient le plein emploie des
camions (les camions travaillent sans repos et seul seule la chargeuse a un Legé repos)
Temps d’attente des camions égale au nouveau cycle moins ancien cycle
Temps d’attene de engin égale (chargeuse ou pelle) ancien cycle moins (valeur min du
nombre de camion fois le temps de chargement).

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CHAPITRE VII : ETUDE DE PRIX

I. BUT
Le but visé est de définir pour chaque tâche élémentaire les quantités de matériaux, le
temps d’exécution et les prix unitaires afin de pouvoir arrêter le devis estimatif définitif, fixé
le prix globale et rédiger la soumission. Ces devis doivent être précis et détaillés. Le devis
estimatif pouvant figurer dans le dossier du maître d’ouvrage n’a aucune valeur indicative car
il ne tient pas compte des divers aléas que seule l’entreprise peut estimer (équipement, main
d’œuvre, frais généraux, frais d’installation de chantier, incidences de transport.)
II. QUELQUES DEFINITIONS
1) Ouvrage élémentaire : c’est un élément bien déterminé d’un ouvrage facile à mesurer
et réalisable selon une technique bien arrêtée ;
2) Le montant des travaux : c’est la dépense totale pour la réalisation d’un ouvrage
donné.
3) Chiffre d’affaire (CA) : c’est le montant global des activités d’une entreprise pour
la réalisation d’un ouvrage.
4) Prix de revient : c’est la somme de toutes les dépenses engagées par l’entreprise
pour la réalisation d’un ouvrage.
5) Prix de revient prévisionnel : c’est le prix calculé à partir des prévisions c'est-à-dire
avant l’exécution des travaux.
6) Prix de revient réel : c’est le prix calculé à partir des données réelles en cour de
construction ou à la fin des travaux.
7) Aléas : ce sont les dépenses non prévisibles.
8) Bénéfice : c’est la différence entre les entrées d’argent et les dépenses.
9) Série de prix : c’est un répertoire très détaillé des prix normaux des ouvrages
élémentaires (fournitures et travaux) entrant dans des diverses catégories de la construction et
en particulier dans la construction en cours.

III. LES PIECES UTILES A L’ETUDE


L’étude de prix étant un élément déterminant pour tous marchés de BTP, sa rédaction
exige une parfaite connaissance des matériaux à mettre en œuvre, le temps d’exécution et les
temps unitaires. Pour ce fait, on doit avoir :
- Le dossier de l’offre élaboré par l’architecte ;
- Le recueil de sous détail de prix propre à l’entreprise c'est-à-dire des prix déjà établis
pour les travaux élémentaires semblables ;
- Le recueil de temps unitaire de l’entreprise ;
- La série ou bordereau de prix choisir par le client ;
IV. DETERMINATION DES PRIX
La détermination du coût d’un ouvrage de bâtiment et travaux publics peut se faire
en deux phases à savoir :
- Le coût des matériaux ;

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- Le coût de la main d’œuvre.


Les déboursés secs représentent la somme des dépenses en matériaux, matériels et
main d’œuvre nécessaires à la réalisation d’un ouvrage. Ils sont obtenus en appliquant aux
déboursés secs unitaires, des quantités d’ouvrages élémentaires déterminées en avant-métré.
On distingue en général deux types de prix de vente en B.T.P.
- Le Prix de Vente Hors Taxes (P.V.H.T) ;
- Le Prix de Vente Toutes Taxes Comprises (P.V.T.T.C).

IV .1 – PRIX DE VENTE HORS TAXES (P.V.H.T)


IV.1.2- Eléments de calculs
 Les déboursés secs (D.S) : Il s’agit des dépenses engagées pour les matériaux,
le matériel et la main d’œuvre en vue de la réalisation d’un ouvrage quelconque. L’obtention
des déboursés totaux se fera en multipliant la somme des déboursés secs unitaires par les
quantités d’ouvrages élémentaires.
 Les frais de chantiers (F.C) : Ils sont la somme des frais d’installation,
d’exploitation et de repliement du chantier. A ce titre, ils englobent :
- L’installation des engins ;
- L’aménagement des locaux ;
- Les voies de circulation et branchements divers ;
- L’exécution de la commande (entretien, énergie, prévention…) ;
- Démontage et transport du matériel.
 Les frais de marché (F.M) : Ce sont des frais liés à tous les problèmes
concernant l’obtention d’un marché notamment, la recherche d’éventuels clients, les écritures
nécessaires à l’établissement de divers dossiers du marché, les dépenses engagées pour
l’avant-métré ayant abouti ou non.
 Les frais généraux (F.G) : Ils englobent tous les frais occasionnés par le
personnel improductif, le matériel de bureau, les divers loyers, assurances, énergie, charges
immobilières, etc.
 Le bénéfice(B) : Il représente les fonds nécessaires à la survie de l’entreprise.
Il est fixé par la réglementation nationale dans différents corps de métier. Il est au même titre
que les autres frais, exprimé en pourcentage du P.V.H.T.
 Aléas et risques techniques (R) : Il s’agit d’un montant représentant les
imprévus et certains risques techniques dont l’estimation n’est pas évidente, afin de réduire
les écarts éventuels entre l’étude et la réalité.

IV.2.2- Calcul du Prix de Vente Hors Taxe


 Principe : P.V.H.T = D.S + F.C + F.M + F.G + B + R
NB : Déboursés Totaux = Déboursés secs + Frais de Chantier (D.T = D.S + F.C)
P.V.H.T. = D.T + F.M + F.G + B + R

 Etude sur exemple :


- Les déboursés secs d’une construction s’élèvent à 15 875 000F ;
- Les frais de chantier sont estimés à 3% des déboursés secs ;
- Les frais généraux sont estimés à 18% des déboursés totaux ;

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- Les frais de marché à 1% des déboursés totaux + 6% du P.V.H.T ;


- Le bénéfice est fixé à 6% du P.V.H.T. ;
- Les risques sont évalués à 3% du P.V.H.T.
Il vous est demandé à partir des données ci-dessus de déterminer le prix de vente hors taxes.
P.V.H.T = D.T + F.M + F.G + B + R
D.T = D.S + F.C
= D.S + 0.03D.S
= 1.03D.S F.G
= 18%D.T
= 0.18D.T
= 0.18 x 1.03D.S
= 0.1854D.S F.M
= 1%D.T + 6% P.V.H.T
= 0.01 x 1.03D.S + 0.06P.V.H.T
= 0.0103D.S +0.06P.V.H.T B
= 6%P.V.H.T
= 0.06P.V.H.T R
= 3%P.V.H.T
= 0.03P.V.H.T
P.V.H.T = (1.03 + 0.1854 + 0.0103) D.S + (0.06 + 0.06 + 0.03) P.V.H.T
= 1.2257D.S + 0.15P.V.H.T P.V.H.T. (1 – 0.15)
= 1.2257D.S 0.85P.V.H.T
= 1.2257D.S P.V.H.T
= 1.2257 x D.S / 0.85
= 22 891 750F
P.V.H.T = 22 891 750F

IV .2 PRIX DE VENTE TOUTES TAXES COMPRISES (P.V.T.T.C)


Il s’obtient en additionnant au P.V.H.T. les taxes applicables aux marchés de B.T.P
(Bâtiment et Travaux Publics).

IV.3.1 Les taxes


Il s’agit des impôts à verser à l’état, dus à l’exercice de certaines activités telles :
- La production ;
- La distribution ;
- L’importation ;
- Les travaux immobiliers ;
- Diverses prestations de service.
La taxe applicable au Cameroun est la T.V.A. (Taxe sur la Valeur Ajoutée). En
vigueur depuis le 1er janvier 1999, la T.V.A. s’élève de nos jours à 19,25% et est répartie
ainsi qu’il suit :
- 17.5% = Taxe principale ;

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- 1.75% = centimes additionnels communaux (C.A.C.) soit 10% de la taxe principale.


NB : La T.V.A. s’est substituée à la taxe dite T.C.A (Taxe sur le Chiffre d’Affaire).
- T.C.A = 16.5%P.V.H.T depuis le 1er juillet 1994
- T.C.A = 10.99%P.V.H.T entre le 1er juillet 1984 et le 1er juillet 1994
- D.T = Droit de Timbre = 0.3% (P.V.H.T + T.C.A.) Soit la somme des taxes = T.C.A
+ D.T. La T.V.A. était égale au Cameroun à 18.7% P.V.H.T. jusqu’en 2005 où elle est passée
à 19.25%P.V.H.T.

IV.3.2 Calcul du Prix de Vente Toutes Taxes Comprises (P.V.T.T.C.)


P.V.T.T.C. = P.V.H.T. + T.V.A. = P.V.H.T. + 19.25%P.V.H.T.
P.V.T.T.C. = P.V .H .T. + T.V.A.

IV.3.3 Coefficient de vente


Encore appelé coefficient d’adjudication, il est un coefficient de proportionnalité du
P.V.H.T. par rapport aux déboursés secs. Noté K, il se calcul de la manière suivante :
P.V.H.T. = K x D.S
K = P.V.H.T. / D.S

NB : la valeur de K sera prise avec 4 chiffres après la virgule, le dernier étant arrondi
au supérieur. Exemple : P.V.H.T. = 25 600 250F ; D.S = 15 925 000F K = 1,60 755 102 on
retient K = 1, 6076 L’on ne devra pas calculer le P.V.T.T.C. à l’aide du coefficient exprimé en
pourcentage du P.V.H.T. car il est impératif pour toute facturation de faire clairement
apparaitre la valeur de la taxe (T.V.A).

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CHAPITRE VIII : PLANNING

VIII-1) DEFINITION
On appelle planning au sens propre, la fonction d’ordonnancement puis par extension un
plan de travail détaillé présenté sous forme de tableau ou graphiques qui concrétise les
prévisions d’utilisation des ressources. Ces ressources dans le temps imparti sont :
- Les matériaux,
- Les matériels ;
- Le personnel ;
- Les capitaux.
NB : le planning est le principal outil nécessaire pour la bonne coordination du chantier.

VIII-2) LES DIFFERENTES CATEGORIES DE PLANNINGS RENCONTRES EN


GENIE CIVIL.
VIII-2-1 Le planning général d’avancement des travaux ou planning
d’optimisation général tous corps d’état (TCE).
Il prévoit pour le chantier concerné à l’intérieur du délai contractuel le jalonnement des
étapes d’exécution, l’ordonnancement des phases de travaux l’enclenchement des
interventions.

VIII-2-2) les plannings particuliers


Ils concernent directement la régulation de l’exécution, on peut citer :
- Le planning de lancement de la préparation du chantier ;
- Le planning d’occupation du chantier ;
- Le planning des voiries et réseaux divers (VRD) ;
- Les plannings d’ordonnancement des diverses chaines d’opération et en particulier le cycle
de réalisation des structures.

VIII-2-3) Les plannings plus généraux et intéressant toute l’entreprise sur le plan
de la gestion, de l’administration.
On peut citer :
- Le planning général de financement des divers chantiers ;
- Le planning d’avancement des divers chantiers en cours ;
- Le planning général de rotation du gros matériel et de son entretien ;
- Le planning général de l’ensemble du personnel : siège et chantiers, etc.….

VIII-2-4) Le planning personnel du technicien responsable de la conduite des travaux.


Il peut se présenter sous trois formes :
- Planning à long terme (un mois) ;
- Planning à moyen terme (une semaine) ;
- Planning à court terme (fiche de travail pour le lendemain)

VIII-3) Les différents modes de présentation d’un planning.


La présentation des plannings varie selon le chantier concerné (ouvrage d’art,
logement, école, hôpital), l’objet de la synthèse à visualiser (matériel, matériaux, personnel,

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capitaux), la personne qui l’utilisera (ingénieur ou chef de chantier). Ils peuvent se présenter
selon :
- Le planning classique à barres (préconisé par GANTT) ;
- Le planning type chemin de fer ou planning de route ;
- Les plannings basés sur la notion de chemin critique. (PERT).

VIII-4) Programmation-ordonnancement-coordination.
La programmation vise l’établissement de la liste exhaustive des opérations
nécessaires à la réalisation d’un ouvrage.
L’ordonnancement vise la mise en ordre logique selon des règles précises du
programme d’exécution des opérations.
La coordination sur le chantier est le trait d’union entre les différents corps d’état. A
cet effet, c’est lui qui établit le planning tous les corps d’état, rédige les comptes rendus des
réunions de chantier, veille à l’occupation rationnelle des postes de travail.

VIII-5) Planning à réseau : système PERT.


‘’ Program Evaluation and Research Task ou Technic’’
‘’ Programmation d’un Ensemble de Réalisation en Tranche’’
‘’ Programmation et Etudes de Réalisation Technique’’

VIII-5-1) Définition
C’est une représentation du programme d’exécution d’un ouvrage par un réseau formé de
nœuds reliés par des flèches, ce qui lui vaut un nom de planning fléché.

VIII-5-2) Technologie du PERT


 Graphe ou réseau : C’est un schéma comportant des points ou sommets appelés
nœuds reliés par des lignes orientées ou non.
 Opération ou tache ou activité : Elle est représentée par un trait droit ou court ou
brisé orienté et terminer par une flèche précisant l’ordre de succession des taches. Toute
opération est comprise entre deux étapes, l’étape origine ou début qui l’enclenche et l’étape
aboutissement ou fin qui la conclut. On la désigne soit par une lettre majuscule ou un chiffre
soit par les numéros des étapes d’extrémités qui ne sont pas toujours consécutives.
La durée de l’activité peut s’inscrire au-dessus de la flèche et l’effectif alloué au-dessous du
vecteur.
NB : l’opération consomme du temps et des moyens.
 Etape : C’est un des sommets du réseau. On l’appelle encore borne ou évènement. Elle
ne consomme pas de temps ni de moyen. Une étape ne sera atteinte que lorsque toutes les
taches qui y aboutissent seront accomplies. Aucune opération ne peut être déclenchée avant
que l’opération qui la précède ne soit franchie.
 chemin ou séquence logique : Elle est constituée par une suite d’opération dont
l’ordre d’exécution ne peut être modifié.
 Nœud ou carrefour : C’est une étape ou aboutissent ou bien ou partent plusieurs
flèches (opérations). Ex : étape 1 ou 5
 Battement d’étape : C’est la différence de temps entre les dates d’arrivée au plu tard
et au plutôt à l’étape concernée.
Ex : le battement de l’étape

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 Tâche fictive ou opération tampon : C’est une tâche à durée nulle utilisée pour
montrer les contraintes de continuité entre deux étapes. On la représente par une flèche en
trait interrompu. Elle peut modifiée le battement d’une étape. - - - - - - - - - - - - - -
 Tâche de commandement : C’est une tâche dont la position dans le graphe est
immuable. Tout changement influence la durée du projet. Ce sont les tâches du chemin
critique. Ex : les tâches de commande sont :
 Tâches d’accompagnement ou parallèles : Ce sont des tâches qui peuvent se
déroulées simultanément sans influencer l’avancement des travaux. Elles sont situées en
dehors du chemin critique.
 Tâche d’attente : C’est une tâche n’utilisant aucune ressource matérielle.
 Chemin critique : Le chemin est dit critique lorsqu’il ne passe que par les étapes de
battement nul ou minimal. C’est le chemin le plus long en durée.
 Le listing : C’est la liste des opérations relatives à un projet. Il indique pour chaque
tâche : la durée, les dates d’arrivée au plus tard ou au plutôt à l’étape, le battement de temps la
concernant, les effectifs de base à prévoir. La tâche antécédente

VIII-5-3) Analyse et construction du graphe


VIII-5-3-1) analyse du projet
L’analyse vise la définition des contraintes prévisions (coût, délais,…), le découpage du
projet en sous parties et en activité s’il est grand. Pour le faire, on recueille les informations
auprès des divers intervenants qui dressent chacun le listing de ses activités et toutes les
contraintes techniques (main d’œuvre, équipements, …)

VIII-5-3-2) construction du graphe


Le coordonnateur construit à partir du listing ordonné le diagramme. Une technique
particulière préconisée par l’APROBAT (Association des Professionnels du Bâtiment) est la
méthode des rangs. Un rang est constitué d’un ensemble d’activités parallèles. Il se calcule en
ajoutant une unité au rang de l’activité précédente.

VIII-5-3-3) Contraintes d’élaboration du réseau


Les étapes doivent se suivre dans un ordre logique et respecter les règles suivantes :
 Règle de dépendance - La séquence logique : - L’opération ‘’B’’ ne pourra commencer que
lorsque l’opération ‘’A’’ sera effectivement terminée.
 Règle de convergence : ‘’C’’ ne pourra commencer que lorsque ‘’A’’ et ‘’B’’ seront
terminés.
 Règle de divergence : ‘’B’’ et ‘’C’’ ne commenceront que lorsque ‘’A’’ sera terminée.
 Tâche fictive ‘’D’’ ne pourra commencer que lorsque ‘’A’’ et ‘’B’’ seront terminés
‘’C’’ ne pourra commencer que lorsque ‘’A’’ sera terminée.

VIII-5-3-4) Remplissage du graphe


Pour remplir le graphe, il est conseillé de suivre la méthodologie suivante :
- Calculer et remplir les dates au plutôt des étapes en commençant par l’origine. Pour
cela, utiliser la formule : tj = max (ti + Dij) où : tj représente la date au plutôt de l’étape
considérée ; ti représente la date au plutôt de l’étape précédente ; Dij la durée de l’activité ;
Max veut dire que si plusieurs séquences aboutissent à une étape, on retient la plus grande des
dates ou plutôt (tj). La date de la dernière étape représente la durée du chantier.

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- Remplir les dates au plus tard des nœuds en commençant par la dernière étape qui est sa date
au plutôt. Si plusieurs séquences partent d’une étape, on retient la valeur de la plus petite des
dates. La formule est : Ti = mini (Tj – Dij) où :Ti représente la date au plus tard de l’étape
considérée Tj représente la date au plus tard de l’étape suivante
Dij la durée de l’activité ij
- On calcule enfin les battements et les marges que l’on inscrit dans le listing. NB : on
considère que la date au plutôt de la première étape est nulle.

VIII-5-4) Calcul des marges


On définit la marge comme la latitude de temps dont disposent les opérations qui ne
sont pas sur le chemin. On les classe en marge totale, marge libre, marge indépendante et
marge conditionnelle.

VIII.6 Planning GANTT


VIII.6.1 Définition et réalisation
C’est un planning qui se présente comme treillis avec des activités représente par des
barres horizontales.
Sa réalisation commence tout comme pour le PERT par l’analyse, on inscrit dans un
tableau à gauche et verticalement, du haut vers le bas ou inversement, la désignation des
différentes opérations suivant l’ordre logique d’enclenchement.
Horizontalement et en face, on divise le même tableau en colonnes, dont chacun
représente une unité de temps (heure, jour, semaine, mois, année,…) fonction de la durée du
projet. Devant chaque opération, on représente un trait dans l’intervalle de temps qui lui est
alloué.
VIII.6.2 Planning GANTT lié ou chrono diagramme.
C’est un planning GANTT plus lisible et pratique car y figurent, les contraintes
d’enclenchement des opérations, les effectifs, la consommation en main d’œuvre. C’est un
document très important pour le chef de chantier.

VIII.7 Planning Chemin de fer


C’est un planning qui illustre le déroulement des travaux par phases successives.

VIII.8 Planning Tous corps d’état (T.C.E)


C’est un planning qui regroupe en un seul tous les corps d’état relatifs à un projet. Il peut
se présente suivant n’importe quelle forme. Sa réalisation demande une grande expérience.
Les principes fondamentaux à appliquer sont :
- La continuité d’intervention des équipes de base sur l’unité d’exécution ;
- L’équilibrage des effectifs des différents corps d’état qui agissent successivement sur
une même aire de travail ;
- La prévision d’un corps d’état par lieu de travail ;
- Le meilleur engagement du matériel-outil ;

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- Inclusion dans le planning d’une marge de neutralisation (sécurité) pour faire face
aux aléas divers.
Pour réussir, il faut s’informer sur le volume, les délais et les particularités des travaux
de chaque corps d’état. A cet effet, un questionnaire est adressé aux différents corps d’états.
Ce n’est qu’après, cela que le coordonnateur peut mettre au point son planning et convoquer
une réunion d’optimisation pour discuter, modifier éventuellement et arrêter le planning
T.C.E. qui est un document dont chacun, ayant librement approuvé, tient à respecter.

VIII.9 CALCUL DES EFFECTIFS


VIII.9.1 Paramètres nécessaires
Pour calculer l’effectif nécessaire à la réalisation d’une tâche, il faut quatre paramètres :
- Le temps unitaire (TU) de l’opération concernée ;
- La quantité à réaliser, exemple : la quantité en m2, m3, etc. ;
- Le temps imparti à cette tâche ou durée du travail ;
- La durée journalière du travail.

VIII-9-2) Calcul du crédit global d’heure (H)


Le crédit global ou dépense en main d’œuvre est le temps passé pour tout l’effectif
réaliser une tâche ; on note : H = TU Q

VIII-9-3) Calcul du crédit d’heures par jour


h= H/D avec D durée du travail en jour.

VIII-9-4) Calcul de l’effectif


E = h/j avec j durées journalières de travail en heure (8h–8,5h)

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Chap. IX : LES DIFFERENTES FORMES DE MARCHES

IX.1. GENERALITE
Le marché des travaux publics et bâtiments est un contrat écrit passé entre le maitre
d’ouvrage et le maitre d’œuvre :
 Le premier s’engage à payer le coût des travaux ;
 Le maitre d’œuvre s’engage à la réalisation des travaux ; On distingue le marché de travaux,
le marché de fournitures, le marché de service, le marché d’étude.

IX.2. DIVERS MODES DE PASSATION


Les projets peuvent faire l’objet des marchés publics ou privés. On distingue :
 Les marchés de grés à grés
 Les marchés conclus par appel d’offre
 Les marchés conclus par adjudication
IX.2.1) Les marchés de grés à grés
Il s’agit d’un marché basé sur une entente directe entre l’entrepreneur et le maitre
d’ouvrage. Le champ d’application de ces marchés est limité à des cas précis (nécessité
technique, spécialités, essais, urgent, secret, …) Il peut se faire dans les cas suivants :
 Pour les travaux, fournitures et services exécutés à titre de recherche, d’essais,
d’expérimentation ou de mise au point, et qui ne peuvent être confiés qu’à des entreprises ou
prestation dont le choix s’impose par leur spécialité, leur connaissance ou leur aptitudes
particulières ;
 Pour le remplacement, en cas d’urgence, d’entrepreneurs ou de fournitures défaillants ;
 Pour les travaux, fournitures ou services qui, qui dans le cas d’urgence motivée par des
circonstances imprévisibles, ne peuvent subir les délais d’une procédure d’appel d’offre ;
 Pour les besoins ne pouvant être satisfaits que par une prestation nécessitant l’emploi d’un
brevet d’invention, d’un procédé, d’un savoir faire ou d’un organisme de gestion et de
commercialisation lorsque le secret doit être tenu.
IX.2.2) Les marchés sur appel d’offre
L’appel d’offre est la procédure par laquelle l’attribution d’un marché intervient après
appel public à la concurrence. L’appel d’offre peut être ouvert ou restreint :
 L’appel d’offre est dit ouvert lorsque l’avis public invite tout entrepreneur à déposer une
soumission (proposition d’effectuer les travaux) ;
 L’appel d’offre est dit restreint lorsque seuls les candidats présélectionnés pour leur
compétence professionnelle et leur solvabilité sont admis à soumissionner. Dans les deux cas,
une commission d’ouverture des offres vérifie les prix et la conformité des engagements.
L’examen des soumissions n’est fait qu’en séance publique et les travaux sont ensuite adjugés
à l’entreprise qui fait l’offre qui paraît plus intéressante (pas nécessairement la moins chère).
 L’appel d’offre sur concours Il fait appel au concours lorsque les techniques, esthétiques ou
financières justifient une recherche particulière. Le concours peut porter soit : 1) Sur la
conception d’un projet ; 2) Sur la réalisation d’un projet préalablement établit ; 3) Sur les
deux.
IX.3.3) Les marchés par adjudication
Ils font appel à la concurrence à l’aide d’une large publicité parfois, d’annonce dans les
journaux officiels ou non, par voie d’affiche.

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 Adjudication ouverte : c’est lorsque tout candidat peut déposer une soumission ;
 Adjudication restreinte : sont admises seules les soumissions des candidats agrès par la
personne responsable du marché. Cette procédure est généralement utilisée dans le cas des
collectivités publiques (Etat, commune, syndicat, adduction d’eau, électrification, …)

IX.3. MODE DE REGLEMENT DE MARCHE


 Marché à forfait (avec prix invariables) ; L’entrepreneur s’engage à effectuer un travail
déterminé pour un prix fixé à l’avance et qui ne pourra être modifié. Il ne s’applique qu’à des
petits travaux.
 Marché à forfait avec révision des prix : Ici, les prix fixés au devis estimatif peuvent être
modifiés puisqu’une formule de révision de prix permet de réajuster lorsqu’interviennent des
variations.
 Marché à la suivie ou au métré : Marché dans lequel, l’entrepreneur utilise des prix
unitaire préétablis pour déterminer le montant global, y compris les rémunérations.
 Marché sur devis quantitatif : L’entrepreneur fixe lui-même ses prix unitaires qu’il affecte
aux quantités d’ouvrage calculées par le maitre d’œuvre.
 Marché à unité de mesure : Ici, l’entrepreneur prend en compte les prix unitaires fixés
d’un commun accord.
 Marché sur dépenses contrôlées ; Aucun prix n’est fixé à l’avance, le montant des travaux
est établit par l’entrepreneur sur justification des dépenses effectuées (salaire, matériaux,
matériel, transport, charge) et en tenant compte du bénéfice auquel il à droit. Il est limité aux
marchés d’essais.
 Marché de sous-traitance : Type de marché dans lequel l’entrepreneur, responsable cède à
ces sous-traitants une partie du marché tout en conservant son statut d’entrepreneur.
 Marché en régie : Le maitre d’ouvrage assure personnellement l’étude, la direction et la
conduite des travaux, l’entrepreneur se charge uniquement de la fourniture des matériaux, du
matériel et de la main d’œuvre.
 LA REVISION DES MARCHES : Les variations des éléments qui entrent dans la
constitution des prix (salaires, matériaux, transports, …) ne sont pas prévisibles, les prix
indiqués au devis estimatif sont ceux en vigueur à la date d’établissement de ce document.
Aussi en vue de tenir compte des variations ultérieures, il est prévu dans les marchés une
formule de révision des prix.

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Chap. X : LES ACTES DU METRE

Ce sont l’ensemble des documents produits par les techniciens de chacun de ses
documents à une importance capitale.
X.1 ESTIMATION SOMMAIRE
Elle est une technique qui consiste à donner une valeur approchée d’un projet. Elle
permet de savoir si le coût final du projet est compatible avec les possibilités financières du
maitre d’ouvrage. Cette estimation se fait à base d’un A.P.S. (avant projet sommaire) les plans
sont généralement au 1/100e.

X.2 ESTIMATION DETAILLEE


Lorsque l’A.P.S. est concluant, l’on passe à l’étude du projet. Il s’agit de l’avant projet
détaillé (A.P.D.) comprenant les plans architectes à l’échelle 1/50e, les devis et autres.

X.3 LES PLANNINGS


Le métré sert à leur établissement. Il permet de connaitre les volumes des différents
ouvrages et de fractionner dans le temps l’avancement des travaux, de déterminer les moyens
à mettre en œuvre, de prévoir les approvisionnements en matériaux, la main d’œuvre à
employer et les qualifications nécessaires.

X.4 LES ATTACHEMENTS


Document qui constate des services ou travaux appelés à disparaitre soit :
- Par cessation pure d’utilité pour les services ;
- A être caché du fait de l’avancement des travaux
Ex : démolition imprévisible dans les fouilles.
Les attachements permettent de demander par la suite le règlement sans contestation
des travaux ou services mis en cause ; il existe deux sortes d’attachement.
 Attachement écrit : Texte qui donne tous les éléments nécessaires en vue de la
détermination ultérieure du prix des services ou travaux mis en cause.
 Attachement figuré : Il est rédigé et accompagné de croquis de vue en plan, en
élévation, des coupes, le tout côté pour permettre les calculs ultérieurs qui
permettront d’en déterminer les prix.
Remarque : tout attachement qu’il soit figuré ou écrit doit être visé par l’architecte.

X.5 LES CAHIERS DE CHARGES


X.5.1) Définitions
Les cahiers de charge sont des documents qui définissent avec précision les
conditions du marché et de la commande c'est-à-dire les différentes modalités à respecter par
les parties intéressées par la réalisation d’un ouvrage.

X.5.2) Format et contenu des cahiers de charge


Ils revêtent à la fois un caractère administratif et juridique car ils définissent les
obligations des différents partenaires. A ce titre, ils précisent :
- Le mode de passation des marchés ;

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- La responsabilité des entreprises ;


- Les clauses de révision des prix ;
- Les dates et modes de paiement des travaux ;
- Les pénalités pour tout retard d’exécution des travaux ;
- La répartition financière du chantier (compte prorata).
X.5.3) Différents types de cahiers de charges
Il existe en général deux types de cahiers de charges :
- Les Cahiers des Charges et Conditions Générales (C.C.C.G.) :
Ils précisent les droits et devoirs applicables à tous les chantiers et distinguent :
 Le Cahier de Clauses Administratives Générales (C.C.A.G.)
Il se présente en deux tomes, l’un pour les travaux et l’autre pour les fournitures. Il concerne
aussi bien les marchés publics (Etat ou collectivité locale) que les marchés privés des travaux
de génie civil.
 Le Cahier de Clauses Techniques Générales (C.C.T.G.)
Utilisé uniquement pour les marchés publics des travaux de génie civil, définit les normes et
autres règles techniques à respecter tant pour la fourniture des matériaux que pour l’exécution
de l’ouvrage. Il est le plus souvent compléter par les Documents Techniques Unifiés (D.T.U.)
 Les Cahiers de Charges et Conditions Particulières (C.C.C.P.) :
Ils complètent les cahiers de charges et conditions générales en donnant avec précision
particulières pour un chantier bien déterminé. On distingue :
- Le Cahier des Clauses Administratives Particulières (C.C.A.P.) ; Il concerne
uniquement les marchés publics des travaux de Génie Civil. Il donne des dispositions à
prendre pour les mesures d’hygiène et de sécurité dans un chantier.
- Le Cahier des Clauses Techniques Particulières (C.C.T.P)
Il est utilisé pour les marchés publics et privés des travaux de Génie Civil et il définit les
conditions d’exécution d’ouvrage particulier.

X.6 ETATS DE SITUATION


Ce sont les métrés des travaux exécutés ou des approvisionnements sur chantier à une
date déterminée. Ces états sont établis dans les circonstances suivantes :
- Demande d’acomptes : Lorsque l’entreprise ne dispose pas de réserve financière
suffisante pour assurer la totalité des travaux avant d’obtenir le règlement, il faut une
demande d’acompte.
- Variation des prix : Lorsque les prix varient, il faut faire un état de situation pour
déterminer ce qui devra être réglé aux anciens prix.
- Arrêt du chantier : On ne peut préjuger lorsqu’un chantier est arrêté si des variations
des prix ne vont pas se produire au moment de la reprise du travail.
- Défaillance de l’entreprise : Lorsqu’une entreprise n’est plus à mesure de poursuivre
les travaux, il faut faire appel à une entreprise. Un état de situation permet de déterminer les
travaux réalisés, les approvisionnements fournis par l’entreprise défaillante.

X.7 LES MEMOIRES


Il s’agit des factures détaillées des travaux. Ils sont établis en cours des travaux ou
postérieurement à l’exécution de ceux-ci à partir des quantités d’ouvrages déterminées d’après
relevé sur chantier. A ces quantités, l’on affecte des prix unitaires.

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X.8 L’AVENANT
Révision des clauses du marché entre l’entrepreneur et le maitre d’ouvrage et d’œuvre.

X.9 COMPTE PRORATA


C’est un compte englobant les dépenses d’intérêt commun c'est-à-dire concernant toutes
les entreprises intervenant dans un chantier. Il est géré par l’entreprise détenant le lot le plus
important et son montant est réparti au prorata des travaux respectifs des différentes
entreprises. Parmi ses dépenses, l’on peut citer les frais dus à la consommation de l’énergie
(électricité, eau, gaz, téléphone y compris), les frais de gardiennage, les frais

X.10 L’ETAT DES LIEUX


C’est un document dressé au début ou à la fin du bail d’un local. Il mentionne toutes les
dégradations et imperfections existantes. Sa nécessité résiste sur le fait qu’à la fin d’un bail la
remise en état du local incombe à l’occupant sortant car, l’état du local à cet instant doit être
conforme à l’état initial.

X.11 COMPTE DE MITOYENNETE


Il intéresse les propriétaires mitoyens pour l’acquisition ou l’accession de la mitoyenneté.
P.E.O. : plan d’exécution de l’ouvrage
D.D.O. : dossier d’appel d’offre
D.C.E. : dossier de consultation des entreprises
C.G.T. : contrôle général des travaux
S.T.D. : spécification technique détaillée
Caution : somme d’argent représentant les frais non remboursables de dépôt d’une
soumission.

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