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L’ASSURANCE CREDIT

Depuis l’origine l’homme a conclu des actes d’achat et de vente de biens et de services. Dés qu’il
a dépassé le troc et le paiement comptant, il y a eut crédit et donc naissance du risque de non
paiement ou de retard de paiement des créanciers par leurs débiteurs.

Aujourd’hui, la vulnérabilité d’un vendeur vis-à-vis de ses clients peut être particulièrement
grande et la récupération des créances peut s’avérer relativement complexe pour diverses
raisons notamment économiques, réglementaires ou légales.

Des travaux réalisés dans de nombreux pays montrent que la défaillance d’entreprises clientes
engendrant le non paiement des créances dues constitue la cause majeure de fermeture
d’entreprises. Malgré cela, l’octroi de crédit est devenu un instrument de promotion des ventes

Son usage est devenu une nécessité pour le développement commercial des entreprises en
particulier et de manière plus générale de toute l’économie particulièrement, aujourd’hui celle
des pays dits émergents.

Il faut donc permettre au crédit de jouer pleinement son rôle de moteur de l’économie, tout en
veillant à en maitriser les risques majeurs.

C’est ce que permet l’assurance, à travers ses mécanismes, en recherchant les garanties
adéquates.

I/ DEFINITION ET OBJET DE L’ASSURANCE CREDIT

Selon Jean BASTIN(*), « l’assurance crédit est un système d’assurance, qui contre rémunération
(c'est-à-dire le paiement d’une prime), permet à des créanciers d’être couverts contre le non
paiement de créances dues par des personnes préalablement identifiées et en état de
défaillance de paiement. »

Ainsi l’aléa né d’un crédit peut être pris en charge par les mécanismes de l’assurance. Ce risque,
à caractère financier, dont l’objet reste abstrait est beaucoup plus difficile à cerner que celui des
assurances classiques de dommages aux biens. Il faut cependant insister sur le fait que cette
assurance porte de manière précise sur le non paiement de créances dues et de l’état de
défaillance de paiement du débiteur.

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(*)in « La défaillance des paiements et sa protection : l’assurance crédit » Editions LCDJ 1993

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L’assurance crédit ou plus exactement l’assurance crédit-caution porte sur les crédits à la
consommation et sur les crédits commerciaux.

a/ Le crédit à la consommation

Lorsque les crédits sont accordés à des particuliers pour l’acquisition de biens de consommation,
nous sommes dans le domaine des ventes à tempérament dans lesquelles les remboursements
de l’acheteur s’effectuent par des mensualités égales et le vendeur se réserve la propriété du
bien tant qu’il n’a pas été entièrement payé.

Le crédit à la consommation est caractérisé par le fait que ce n’est pas le vendeur lui-même qui
consent le crédit à son client mais un organisme de crédit spécialisé ou comme c’est le cas en
Algérie pour l’heure une banque. Il y a donc séparation du vendeur et du préteur et de fait deux
contrats sont passés :

- Un contrat de vente à tempérament entre le vendeur et le consommateur


- Un contrat de crédit entre l’organisme prêteur et le consommateur.

Il faut cependant noter que ces deux contrats (vente et prêt) sont le plus souvent liés comme
c’est le cas actuellement en Algérie dans le cadre des ventes à tempérament de véhicules.

La protection du préteur qui assume le risque de crédit peut trouver sa solution dans un contrat
temporaire décès/invalidité pour garantir les risques physiques de l’emprunteur dont la source
principale de revenu reste une activité professionnelle. Il faut bien comprendre que ces
assurances ne sont pas des assurances- crédit mais des assurances de personnes.

L’assurance-crédit est le plus souvent souscrite par le prêteur qui intègre dans le prix de son
crédit la prime d’assurance.

b/Les crédits commerciaux

La deuxième forme de crédit et qui intéressera l’ensemble de la suite de notre cours est celle
relative aux crédits commerciaux.

Lorsque les crédits portent sur des opérations de vente entre commerçants, (fournisseur de
matières premières /industriel ou fabriquant, fabriquant/grossiste, grossiste/détaillant)
l’assurance des crédits commerciaux constitue une garantie importante du vendeur à crédit qui
encourt le risque le non recouvrement du prix de sa vente alors qu’il a livré la chose vendue.

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II L’ASSURANCE INSOLVABILITE DES CREDITS COMMERCIAUX

Comme pour tout produit d’assurance, nous étudierons l’assurance insolvabilité des risques
commerciaux sous les trois aspects principaux : risque, prime et tarification, prestations de
l’assureur en cas de sinistre.

A/ ANALYSE DU RISQUE INSOLVABILITE DES RISQUES COMMERCIAUX

a/ L’objet de la garantie

Les différentes formes de crédit qui intéressent l’activité commerciale sont :

- Le crédit financier qui consiste en un emprunt auprès d’une banque et qui relève à ce
titre de la technique bancaire
- Le crédit d’équipement qui constitue le support des investissements et contribue à la
création de richesses productives
- Le crédit à la consommation qui représente les ventes à tempérament aux particuliers
- Le crédit politique qui couvre les crédits consentis à des personnes morales de droit
public

Toutes ces formes de crédit ne sont pas éligibles à l’assurance-crédit qui ne couvre que les
crédits commerciaux qui peuvent être définis comme étant accessoires à une vente de
marchandises ou une prestation de services entre commerçants.

Les opérations assurées supposent expédition et facturation des marchandises .Le crédit partant
du jour de la livraison.

Pour éviter une anti sélection des risques en ne demandant que la couverture des créances
douteuses, l’assuré doit souscrire une assurance globale et déclarer l’intégralité de ses créances
commerciales. L’assureur opère lui, comme l’exige la technique d’assurance, une sélection des
risques qu’il accepte de prendre en charge d’où l’importance de la maitrise de la procédure de
souscription de ce type d’assurance.

b/ Processus de souscription et de couverture du risque

1/ Le questionnaire proposition d’assurance-crédit

Afin de mesurer ses engagements l’assureur doit évaluer le candidat assuré, comprendre ses
activités et ses besoins. Cela se fera à travers un dossier et particulièrement le questionnaire
élaboré par l’assureur et rempli par l’entreprise.

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Les éléments essentiels du questionnaire sont :

- L’identité détaillée de l’assurable : raison sociale, identification bancaire, fiscale….


- Définition de l’activité à assurer : la couverture porte sur les factures établies en
rapport avec l’activité du seul assuré et non se rapportant à des activités de sociétés
associées ou faisant partie d’un même groupe. L’ancienneté de l’assuré dans l’activité
est à préciser car elle est d’une grande importance dans l’appréciation du risque et
peut affecter grandement le taux de prime.
La connaissance des produits vendus est également indispensable à l’assureur, car selon
qu’il s’agisse de produits standards ou spécifiques, d’une durée de fabrication longue ou
courte, avec livraisons ponctuelles ou continues etc. son offre variera.
Nature de la clientèle :
*Ventilation de la clientèle selon sa nature et sa proportion (industrie, grossistes, grande
distribution, détaillants, services, entreprises de réalisation…)
*Détail du chiffre d’affaires réalisé avec des sociétés du même groupe (exclu de la
couverture)
*Détail du chiffre d’affaires réalisé avec des administrations (exclu de la couverture)
*Détail du chiffre d’affaires réalisé au comptant (exclu de la couverture)

- Conditions de paiement : Plus la durée du crédit est longue, plus ce fournisseur est
exposé au risque de non-paiement, voire d’insolvabilité de son client. L’assureur crédit demande
donc la ventilation du chiffre d’affaires de l’assurable selon les conditions de paiement accordées
à la clientèle. Le taux de prime sera soit variable en fonction de les durées de crédit, soit unique
et basé sur la durée moyenne des paiements (montant du compte clients X360/CA annuel)

- Répartition des encours : un « encours » représente le découvert le plus élevé accordé à


un client à un instant donné. La ventilation des encours permettra à l’assureur de vérifier s’il y a
ou non concentration de risque c'est-à-dire si l’assurable est ou non tributaire de la solvabilité
ou tout simplement du maintien des relations commerciales avec certains clients importants.

- Liste des principaux clients : Cette liste permettra à l’assureur de formuler un avis de
principe quant à la couverture des crédits accordés à différents clients.

- Evolution du chiffre d’affaires : Cette information pour les trois ou cinq derniers exercices
permettra d’évaluer le développement de l’entreprise ; une expansion trop rapide ou une
régression du chiffre d’affaires pouvant être source de risques plus élevés que la normale.

- Evolution et détail de la sinistralité : Il s’agira particulièrement d’analyser l’évolution de la


provision pour créances douteuses qui rend compte de la sinistralité moyenne et de la politique
plus ou moins prudente de l’assurable en matière de crédit.

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- Liste des principaux clients défaillants : Sa disponibilité permet d’évaluer le niveau de la
prévention qui diminue nécessairement la sinistralité de l’entreprise.

2/ Les documents utiles

En plus du questionnaire l’assurable joint généralement à sa demande d’assurance un certain


nombre de documents dont essentiellement :

- Les trois derniers bilans : l’analyse de certains postes-clé permettent de juger la qualité
du management de l’entreprise
- Les conditions générales de vente : Les conditions générale de vente qui figurent sur
les documents commerciaux revêtent une importance capitale car elles définissent les
liens juridiques liant le fournisseur (l’assurable) à ses clients.
L’assureur-crédit prenant en charge le contentieux exige que les conditions générales de
vente de son assuré comportent toutes les clauses indispensables à la récupération des
créances impayées. Cela s’explique par le fait que tous les droits de l’assuré relatifs à la
créance indemnisée sont automatiquement transférés à l’assureur-crédit qui a indemnisé,
même partiellement.
- Documentation générale sur l’activité de l’entreprise : pour permettre à l’assureur
crédit d’avoir la meilleure connaissance possible de l’entreprise assurable, en plus de
la possibilité de poser toute question liée aux ventes doit avoir accès à toute
documentation pouvant l’aider à une juste appréciation du risque.

3/ Couverture de l’intégralité du chiffre d’affaires à crédit

Comme pour toute autre assurance, l’assureur-crédit va veiller à la plus grande répartition
possible des risques. Ceci implique que les assurés sont obligés de confier à l’assureur crédit la
couverture de l’intégralité de leur chiffre d’affaires à crédit .

Certaines parties du chiffre d’affaires sont cependant exclues d’office de la couverture : c’est le
cas des ventes à crédit entre entreprises du même groupe ou à des administrations publiques.

Il arrive que l’assureur accepte de couvrir une partie seulement du chiffre d’affaires, par
exemple couvrir toutes les ventes à l’exclusion d’un ou deux clients.

4/ Agrément par l’assureur des crédits garantis

L’assureur insolvabilité procède à l’étude des crédits en recourant le plus souvent aux méthodes
bancaires en la matière et en faisant de la prévention la pierre angulaire de ses souscriptions.
Tout crédit consenti par l’assuré doit faire l’objet d’un agrément de l’assureur pour être garanti.

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En effet cet agrément peut être tacite dans la limite d’un découvert fixé au contrat et en dessous
duquel l’assuré est libre de sélectionner lui-même les « clients non dénommés » auxquels il
accorde un crédit. L’encours de crédit est ici de faible montant (par exemple jusqu’à 100.000 DA)

Le plus souvent, l’agrément est individuel par « client dénommé » pour des crédits plus
importants. Ici, l’assuré a l’obligation de formuler préalablement une demande de couverture
comprenant toutes les informations relatives à ce client (identité, caractéristiques de la
couverture à assurer : encours, conditions de paiement, antériorité des relations du client avec
l’assuré, ponctualité dans les paiements…) et permettant une appréciation du risque.

Pour faciliter la gestion de la police et permettre à l’assuré de traiter avec son client sans en
référer chaque fois à son assureur, l’assureur fixe un encours pour un période de douze mois
renouvelable.

La réponse à la demande de couverture est apportée sous forme d’avenant et peut être :

*une acceptation

*une acceptation partielle

*une acceptation conditionnelle ou restrictive

*une acceptation partielle conditionnelle ou restrictive

*un refus avec ou sans justificatif

L’analyse permanente des risques qu’il couvre, amène régulièrement l’assureur-crédit à revoir
certaines de ses décisions antérieures aboutissant à une réduction, à une suspension, voire à
une annulation pure et simple de tel ou tel encours accordé précédemment.

C’est dire l’importance de la surveillance que doit exercer l’assureur-crédit.

5/ Les faits générateurs de l’insolvabilité

Le sinistre est l’insolvabilité du client de l’assuré. Cette insolvabilité peut être soit appréciée de
manière rigoureuse et définitive, soit se traduire de manière plus souple par un certain retard
après l’échéance de paiement.

a/ L’insolvabilité de droit

Appelée également insolvabilité constatée, cette forme résulte d’une décision de justice la
consacrant officiellement. Elle peut revêtir la forme d’un redressement ou d’une liquidation

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judiciaire ou résulter sous certaines législations de la conclusion d’un accord amiable entre les
créanciers et le débiteur (accord approuvé éventuellement par l’assureur).

Les législateurs de nombreux pays ont créé toute une série de procédures collectives entrainant
un gel plus ou moins prolongé des créances sans qu’il ait obligatoirement insolvabilité complète
du débiteur. Ces procédures impliquent l’action d’un juge estimant qu’il y a espoir de redresser
l’entreprise dont les bénéfices futurs permettront de rembourser tout ou partie de ses dettes
vis-à-vis des créanciers. On parle alors selon le cas et les pays de gestion contrôlée, de sursis de
paiement, de redressement judiciaire ou encore de plan d’apurement de passif.

b/ L’insolvabilité de fait ou présumée

De manière plus souple, la garantie de l’assureur à l’écoulement d’un certain délai après
l’échéance. On parle alors d’assurance délai de carence utilisée notamment pour les crédits de
faible montant qui ne méritent pas d’engager des frais de procédure disproportionnés.

c/ Les exclusions de risque

La garantie des assureurs est exclue lorsque l’insolvabilité résulte

 Des risques de catastrophes naturelles (séisme, tremblement de terre, tsunami…)


 De risques politiques tels que guerres, séquestre …

6/ Les dommages garantis

Une police d’assurance-crédit classique la couverture n’est jamais octroyée à 100%.L’assureur ne


garantit qu’un pourcentage de la perte définitive résultant de l’insolvabilité à concurrence d’un
certain plafond.

a/ La quotité garantie

Un des principes fondamentaux de l’assurance-crédit est de toujours laisser à la charge de


l’assuré une quotité des pertes, afin de l’inciter à choisir avec discernement les clients auxquels il
consent un crédit commercial et à la rigueur dans la gestion du risque depuis la sélection du
risque jusqu'à y compris le processus de recouvrement des créances impayées. Lorsque la
conjoncture économique est difficile il est, en effet, tentant pour l’assuré d’accorder sans
prudence des crédits pour obtenir des marchés : la fixation d’une quotité des pertes associe
étroitement les intérêts de l’assureur et de l’assuré. La quotité garantie peut varier de 50 à 85%
selon les contrats. Elle peut être limitée à 50% de l’encours pour les clients non dénommés et
atteindre 85% pour les clients dénommés dont la solvabilité est surveillée par l’assureur.

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b/ Franchises et plafond annuel de garantie

La garantie de l’assureur est en outre assortie de franchises, et d’un plafond annuel de garantie
ou limite de décaissement exprimé en un multiple (de 15 à 30 fois) de la prime annuelle payée
par l’assuré ou du minimum de prime annuel fixé dans la police.

B/ LA PRIME DANS L’ASSURANCE INSOLVABILITE

1/ L’assiette de la prime

Les contrats d’assurance-crédit sont des « polices d’abonnement » dans lesquelles , comme
signalé plus haut, l’assuré s’engage à déclarer l’ensemble de ses ventes à crédit sans procéder à
la sélection des mauvaises créances à la défaveur de l’assureur.

C’est donc le chiffre d’affaires à crédit qui constitue l’assiette de la prime.

Ainsi, la déclaration faite par l’assuré en fin de période (le trimestre ou le mois selon ce qui a été
convenu) permet de fixer l’assiette de la prime pour le calcul et l’appel de celle-ci. Cette
déclaration d’aliments reprend le chiffre d’affaires global réalisé au cours de la période écoulée à
l’exclusion :

- Des ventes au comptant


- Des ventes réalisées à des clients refusés par l’assureur crédit ou dont l’encours a été
annulé
- Des ventes réalisées à des organismes publics (exclusion du risque politique)
- Des ventes réalisées à des entreprises associées ou appartenant au même groupe

2/ La tarification

En assurance-crédit, il n’existe pas comme dans d’autres branches d’assurance de tarif préétabli
ou des taux standard applicables aux risques. Le taux dépend de nombreux paramètres sur
lesquels l’assureur est informé par le questionnaire proposition d’assurance : branche d’activité,
répartition du chiffre d’affaires, répartition des découverts, composition de la clientèle, les
derniers bilans de l’entreprise, l’analyse de la sinistralité brute et nette de récupération.

La durée des crédits constitue également un élément important de tarification. Dans la chaine
d’industrialisation et de commercialisation d’un produit, celui-ci augmente de valeur à chaque

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stade et la durée du crédit correspond en principe, dans une gestion saine, à la durée de l’étape
de transformation au terme de laquelle l’acheteur doit trouver la possibilité de payer son
fournisseur. Les crédits commerciaux sont des crédits à court terme. La prime est généralement
basée sur la durée moyenne du crédit.

Le contrat peut en outre fixer un minimum de prime annuelle, et l’assureur crédit appellera un
complément de prime en fin d’année si la somme des 12 primes mensuelles n’atteint pas le
minimum de prime annuel.

C/ LES PRESTATIONS DE L’ASSUREUR-CREDIT

Les prestations de l’assureur-crédit ne se limitent pas au paiement d’une indemnité suite à un


sinistre. En effet c’est tout au long du contrat que l’assureur est un partenaire de l’assuré en
jouant un triple rôle : de prévention, de recouvrement précontentieux et contentieux, et enfin
d’indemnisation qui trouve son prolongement normal dans la subrogation dont bénéficie
l’assureur contre le débiteur défaillant.

1- Le rôle de prévention de l’assureur-crédit

La centralisation des informations financières collectées par les assureurs-crédit permet à


l’assureur, dés la souscription du contrat, d’écarter la garantie de certaines créances et de
mettre en garde l’assuré contre le risque d’impayés non garantis. Ce rôle d’information
financière se poursuit pendant toute la durée du contrat.

Pour ce travail les compagnies d’assurance-crédit emploient plus de la moitié de leur effectif.
Pour cette prestation l’assureur facture des frais d’introduction ou d’examen de la solvabilité de
la clientèle et des frais de surveillance indépendamment de la prime d’assurance.

2- Le recouvrement précontentieux ou contentieux

Plus que dans tout autre contrat d’assurance, l’assuré a l’obligation de déclarer à l’assureur
toutes les circonstances connues de lui et tout élément permettant l’appréciation du risque au
moment de la demande d’encours et en cours de contrat. Parmi ces obligations figure celle
d’informer l’assureur –crédit des demandes de prorogation d’échéances sollicitées par ses
acheteurs.

Pour autant que l’assureur crédit ne l’ait pas expressément interdit, l’assuré peut accorder à ses
acheteurs des prorogations d’échéances pouvant aller de 30 à60 jours au maximum.

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L’accord de l’assureur est impératif si :

- La prorogation sollicitée est supérieure à la durée autorisée ;


- L’acheteur sollicite une seconde prorogation ;
- L’acheteur est déjà en retard pour une autre échéance ;
- L’acheteur a fait l’objet d’une suspension ou d’une annulation de couverture. La
prorogation sollicitée ne fait dans cette situation que préciser la dégradation de
solvabilité probablement déjà signalée par l’assureur-crédit.

Selon le cas, l’assureur autorisera la prorogation ou invitera l’assuré à lui transmettre une
« déclaration de menace de sinistre » enclenchant ainsi la phase de précontentieux.

En effet et en cas de non paiement à l’échéance normale, l’assuré dispose de 60 jours pour
recouvrer sa créance impayée en adressant à son débiteur deux ou trois lettres de rappels (selon
les contrats la dernière étant toujours recommandée).A l’issue de cette période de
précontentieux, l’assuré dispose d’un mois pour déclarer le sinistre si l’insolvabilité est
présumée et de sept jours si l’insolvabilité est déclarée.

Souvent les assureurs-crédit mettent à la disposition de leur client un service recouvrement


précontentieux et contentieux efficace : leur parfaite connaissance des procédures et leur
rapidité d’intervention peuvent entrer en action dès que l’assuré leur a transmis le dossier
litigieux aux fins de recouvrement.

Cette prestation de l’assureur qui s’apparente à celle d’un conseil avec la nuance que ce
recouvrement se fait dans l’intérêt des deux parties :

- L’assureur qui n’aura pas à indemniser si la créance est recouvrée


- L’assuré qui récupère ainsi l’intégralité de sa créance auprès du débiteur évitant ainsi
une indemnisation qui dans tous les cas ne représente pas l’intégralité de ses pertes.

3- L’indemnisation des sinistres

L’indemnisation de l’assuré intervient, au plus tard dans le mois qui suit l’établissement de
l’insolvabilité du débiteur.

Le montant de l’indemnité est calculé sur la base de la créance admise au passif du débiteur en
fonction de la quotité garantie et du découvert agréé.

Dans les polices d’assurance-crédit la quotité couverte et indemnisé n’est jamais de 100%. Le
pourcentage de garantie set de l’ordre de 85% dans les polices globales (dites clients
dénommés) et de 50% dans les polices forfaitaires (dites client non dénommé).
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De ce montant l’assureur retient une franchise sur indemnité fixée préalablement au contrat.

L’assureur-crédit est subrogé dans les droits de l’assuré pour la récupération de toutes les
sommes qui pourraient intervenir ultérieurement notamment suite au recours.

A partir de ce moment, et en règle générale, l’assuré bénéficie encore selon les contrats soit au
premier franc, soit après l’amortissement de l’indemnité payée, au prorata des récupérations
d’un complément en fonction de la quotité déjà couverte.

Ainsi en cas de récupération totale de la créance impayée, un assuré ayant bénéficié d’une
indemnisation initiale de 85%, recevra en sus 15% à titre de complément.

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