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UNIVERSITÉ D’ANTANANARIVO

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EAD : ROSODEV : Equipe d’Accueil Doctoral : Rouage des Sociétés et
Développement
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LARIPOGOD (Laboratoire de Recherche Interdisciplinaire sur la Politique, la
Gouvernance et la Dynamique sociale)
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Faculté de Droit, d’Economie, de Gestion et de Sociologie
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Mention Sociologie
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MASTER en Sociologie
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CONTRIBUTION DE L’ELECTORAT FEMININ


AU DEVELOPPEMENT LOCAL : cas d’Arivonimamo
lors de la dernière élection législative (Région Itasy)

Présenté par : RAJAONARISON SOLOFONIRINA Mbolatiana Marinah


Président du jury : Monsieur RAMANDIMBIARISON Jean Claude, Professeur Titulaire
Emérite
Juge : Monsieur Etienne Stefano RAHERIMALALA, Maître de Conférences
Directeur de recherche : Madame Noéline RAMANDIMBIARISON, Professeur Titulaire
Emérite
Date de soutenance : 23 juin 2016
Année Universitaire : 2014 – 2015
CONTRIBUTION DE
L’ELECTORAT FEMININ AU
DEVELOPPEMENT LOCAL :
cas d’Arivonimamo lors de la
dernière élection législative
(Région Itasy)
REMERCIEMENTS

Gloire à Dieu tout Puissant qui nous a permis de finir ce présent travail, il nous a donné la
force, la santé et le temps pour pouvoir arriver à nos fins.
Nous tenons à adresser nos vifs remerciements pour l’accomplissement de nos travaux de
recherche dans la commune urbaine d’Arivonimamo.
Notamment à :
- Monsieur RAHERIMALALA Etienne Stefano, Responsable de la Mention
«Sociologie».
- Madame Noéline RAMANDIMBIARISON, encadreur, qui nous a dirigée avec
beaucoup de sollicitude et de dévouement.
- Monsieur l’adjoint au maire : RANDRIANARISOA Manoa qui nous a accueillie à
bras ouvert et a donné les documents nécessaires.
- Madame RAMANANDRAISOA Célestine, député dans le district d’Arivonimamo
pour son soutien et appui documentaire.
- Monsieur RAKOTONINDRINA Tolotriniaina, Adjoint chargé à l’appui au
développement.
Ainsi que :
- Toutes les personnes qui ont accepté d’être enquêtées.
- Ma famille et mes amis qui m’ont soutenue moralement et financièrement.
Et à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de ce présent
mémoire.

Thus says the Lord: “in an acceptable


time I have heard you as a covenant to the
people, to restore the earth, to cause them
to inherit the desolate heritages; that you
may say to the prisoners, “go forth”, to those
in darkness, „show yourselves”. “they shall
feed along the roads, and their pastures
shall be on all desolate heights.”
Isaiah 49: 8-9
SOMMAIRE
REMERCIEMENTS
Introduction générale

PREMIERE PARTIE : DU FEMINISME A LA CONCEPTION SCIENTIFIQUE DU


GENRE
Chapitre 1 : Femmes et Politique
Chapitre 2 : Arivonimamo comme terrain d’observation

DEUXIEME PARTIE : PARTICIPATION DE LA FEMME DANS LA VIE


POLITIQUE
Chapitre 3 : Entraves à la participation des femmes
Chapitre 4 : Réalités des femmes face au défi majeur de participation dans la vie politique
Chapitre 5: Participation politique des femmes et une démarcation féminine à la
députation

TROISIEME PARTIE : ELECTORAT FEMININ ET DEVELOPPEMENT


Chapitre 6 : Démission civique et non participation
Chapitre 7 : Vers une prise de conscience de l’importance des femmes dans le développement

Conclusion générale

LISTES DES PHOTOS

LISTE DES TABLEAUX

LISTE DES ABREVIATIONS


ANNEXES
RESUME
-1-

INTRODUCTION GENERALE

Contexte
La place des femmes dans la configuration sociale malgache est assez ambigüe :
tantôt, elle est considérée comme étant libre, et tantôt, elle est considérée comme étant
entravée par diverses situations, l’empêchant de prendre part activement au développement du
pays. Une des bases sur lesquelles l’on pourrait s’appuyer pour étayer cela se situe au niveau
de la participation des femmes dans les affaires politiques : elles sont faiblement représentées,
et ne bénéficient souvent que de peu de marge de manœuvre dans les conceptions, la mise en
œuvre des projets de développement.
C’est que bien souvent, les femmes sont mésestimées et sous-estimées, alors qu’elles
supportent le plus de charges sociales. L’idée serait donc de canaliser cette énergie potentielle,
vers une organisation sociale plus propice à l’épanouissement de l’être humain, dans un cadre
de coopération entre les genres. Une telle idée suggère souvent dans les esprits des
dynamiques féministes.
Le problème réside dans les difficultés infrastructurelles et superstructurelles
d’accession des femmes aux instances politiques. En effet, puisqu’elles sont mal représentées,
et puisqu’elles ne bénéficient pas de formations adéquates, l’accession aux instances de prise
de décision est souvent négligée. Certes, les projets de développement récents incluent les
femmes dans leurs prérogatives, mais elles tardent à montrer leurs preuves.
Motif du choix du thème et du terrain
La recherche porte sur l’étude de la différenciation entre homme et femme. Nous
avons opté pour ce sujet car les inégalités fondées sur le sexe empêchent les femmes de
participer pleinement au développement économique de leurs localités. De plus, ce sujet est
peu exploré dans le domaine politique. Et durant la dernière élection législative, une femme
portée candidate était élue député de Madagascar dans le District d’Arivonimamo. C’est ce
qui rend cette étude intéressante et mérite d’être approfondie pour en fournir une étude
scientifique qualitative.
En ce sens, le cas de la commune urbaine d’Arivonimamo mérite d’être approfondi.
Pourtant, dans la situation actuelle de la bonne gouvernance, les femmes sont exclues
socialement, économiquement mais plus particulièrement dans le domaine politique. De ce
fait, l’équité de participation dans la prise de décision est loin d’être atteinte puisque
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l’attribution des postes-clés comme maire, conseillers est purement politique. Or, cette
commune urbaine présente des caractéristiques rurales de la circonscription.
Problématique
Beaucoup de questions tournent autour de ce sujet à savoir :
 Quel rôle joue la participation des femmes à une élection ?
 Quelles seraient les attitudes de l’électorat féminin face à une candidate en
concurrence avec des hommes ?
Ce qui nous amène à poser la problématique suivante : quels seraient les enjeux de la
participation féminine face aux éventuelles élections aux yeux de l’électorat féminin et
masculin ?
Objectifs de recherche
Objectif global :
Notre objectif est d’analyser les dynamiques sociales actuelles, dans le cadre de
l’approche genre, pour connaître les freins et blocages éventuels au développement du pays. Il
s’agit de prouver dans la mesure possible que l’équité genre (la promotion de la femme) peut
«conjurer» la théorie du cercle vicieux de la pauvreté. C’est une alternative à laquelle
l’Objectif du Millénaire pour le Développement même adhère. La participation politique des
femmes dans la prise de décision politique peut amener à une transformation sociale à court
terme et à long terme par le développement durable.
Objectifs spécifiques :
- Dans les relations villes-campagnes, il s’agit pour nous de connaître les influences de
la proximité de l’une et de l’autre zone, dans les positionnements des acteurs, notamment,
dans le cadre des considérations de genre ;

- Connaître les paramètres relevant des dimensions politiques, à travers le concept de


genre, notamment, dans le cadre de la participation des femmes dans les affaires politiques,
surtout dans un cadre partagé en traditionnaliste et modernité.

- Identifier les comportements et attitudes des électeurs face à l’électorat féminin.

- Trouver dans quelles mesures les femmes auront la chance de gagner face à la réalité
telle que la nôtre.

Hypothèses
- La conscience collective n’est pas encore prête à considérer les femmes comme étant
des acteurs à part entière dans le processus de changement social. La participation au vote
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s’en trouve perturbée, au niveau de l’électorat féminin, et s’ajoutant à cela, la pauvreté


ambiante ne favorise pas les transformations escomptées dans les projets de développement.
- Les configurations sociales (gérontocratie, droit d’aînesse, héritage …) ne permettent
pas encore une participation effective de la femme à la vie politique. Par ailleurs, les données
relatives à l’accès à l’école et aux instances de prise de décision sont négligées, reléguant les
femmes à une position de «seconde zone».

Méthodologie
Concept et instrument d’analyse
La démarche dialectique : C'est la démarche intellectuelle fondée sur une attitude
empirique et déductive. Elle permet d'arriver à l'explication grâce à une réflexion sur la réalité
sociale, en partant des contradictions du fait social et des remises en cause pour arriver à une
synthèse retraçant les portées et les limites du fait appréhendé.
En effet, selon GRINGRAS pour l'essentiel, cette méthode consiste: «à saisir les faits
d'abord dans leur devenir, c'est-à-dire dans leur mouvement dynamique (et historique) plutôt
que dans leur état statique ; ensuite dans le complexe global dont ils font partie plutôt qu'en
faisant leur abstraction de la totalité ; enfin dans leurs contradictions apparentes, qui seules
peuvent révéler la réalité sociale. La méthode dialectique privilégie l'analyse des rapports
sociaux sous leurs multiples angles et cherche à démêler ces angles par rapport aux autres
sous l'éclairage de leurs contradictions». (GINGRAS, 2004)
L’approche stratégique : Cette méthode consiste à étudier et à comprendre le rôle
fondamental joué par les acteurs sociaux dans un système social donné, à saisir les différentes
stratégies développées par ceux-ci pour répondre à une situation sociale. Pour MICHEL
CROZIER et ERHARD FRIEDBERG, ces stratégies sont toujours rationnelles, mais d'une
rationalité limitée, devant tenir compte des stratégies des autres acteurs ou groupe d'acteurs et
des contraintes de l'environnement social (système social); car aucun acteur n'a le temps ni les
moyens de trouver la solution la plus rationnelle dans l'absolu pour atteindre ses objectifs.
L'analyse stratégique nous permet de saisir les aspirations profondes des acteurs,
conjuguées aux contraintes objectives, en vue de comprendre rationnellement les stratégies de
ceux-ci dans la fréquentation des espaces de restauration et la dynamique des comportements
alimentaires.
Les idées véhiculées par Karl MARX nous semblent constituer une base théorique
adaptée à notre recherche. En effet, d’après MARX : «les rapports juridiques ainsi que les
formes d’Etat ne peuvent être compris ni par eux-mêmes ni par une prétendue évolution
-4-

générale de l’esprit humain mais qu’ils prennent au contraire leurs racines dans les
conditions d’existence matérielles». (Marx, 1972)
En un mot, c’est l’infrastructure qui détermine la superstructure ou encore c’est l’être
social qui détermine la conscience des hommes, mais pas l’inverse. Les conditions
d’existence matérielles ou les rapports de production modèlent essentiellement la structure
sociale. Bref, cette théorie de Karl Marx est explicite dans l’approche genre, notamment dans
le cas des femmes et des filles de la localité que nous avons observé.
Puisque nous parlons d’intégration, la sociologie d’Emile DURKHEIM nous est utile
dans la mesure où il envisage la société comme un tout cohérent. De plus, dans l’explication
des faits sociaux de l’extérieur, ce sociologue prône l’objectivisme et le collectivisme .Dans le
présent thème, la conscience collective de DURKHEIM nous permet d’aborder la dynamique
qui prévaut sur le terrain.
Enfin, le structuralisme de Pierre BOURDIEU n’est pas à écarter puisqu’il concilie
objectivisme et subjectivisme. Sa sociologie est basée sur l’explication des faits sociaux et la
compréhension des attitudes sociales. Dans notre zone d’intervention il paraît que la société
est structurée d’une manière très hermétique qui défavorise l’équité genre.
Techniques
Documentation
Ce mémoire s’inspire de textes provenant principalement des ouvrages sociologiques,
mais aussi de différentes disciplines traitant de la différenciation homme/femme et du
développement. Nous avons appliqué les techniques et méthodes généralement acceptées en
sciences sociales en nous appuyant sur des sources publiées dans les revues professionnelles
et des livres ou, dans le cas de recherche plus récente sur des analyses des sondages et des
statistiques.
Dans certains cas où la documentation comportait des lacunes importantes, nous avons
mandaté de nouvelles recherches. Cependant, ce mémoire ne prétend pas couvrir de façon
approfondie toute la littérature sur le sujet dans la zone d’étude, autrement dit toute la
littérature sociologique possible sur le phénomène genre et développement. La recherche
documentaire a constitué pour nous un outil très important. Elle a permis de peaufiner le
thème d'étude et faciliter l'élaboration du cadre théorique de notre travail. Selon PAUL N'DA
(2011), le terme «documentation» renvoie à toutes sources de renseignements déjà existantes
à laquelle le chercheur peut avoir accès. Ces documents peuvent donc être sonores (disque),
visuels (desseins), audio-visuels (films), écrits (textes) ou des objets (insignes, vêtements,
monuments).
-5-

Techniques vivantes
Notre enquête s’inspire principalement des démarches utilisées en socio-
anthropologie. Elle se base sur des entretiens directs et individuels avec les individus
d’enquêtes. Comme SARDAN (1995) le dit «L’enquête anthropologique est faite de temps
apparemment perdu (comme apprendre une langue), de silences et de bavardages qui sont le
contrepoint nécessaire d’interviews approfondies ; les entretiens sont souvent individuels,
répétés : on y obtient des réponses complexes à des questions simples... ». L’utilisation de
guide d’entretien s’avère alors nécessaire, pour sonder les besoins, les dynamiques, les
positionnements et les stratégies au quotidien de nos enquêtés, ceci étant dans une dynamique
exclusivement qualitative. Dans un cadre quantitatif, nous avons utilisé un questionnaire
standardisé, avec des questions fermées.
Entretiens
Il s’agit de l’interview ou entretien ou encore appelé entrevue dans lequel nous sommes
entrée en contact avec la population d’enquête. L’entretien permet d’accéder à différents types
d’information (comportement, attitude, et opinion), il facilite aussi le rapport, l’interaction
ainsi que l’obtention de confiance. Nous utilisons à la fois l’entretien libre, semi-libre et
directif pour avoir plus d’information.
Observation participante
C’est une technique d’étude, comme l’entretien, qui permet d’accéder aux informations
voulues. L’observation participante nous semble appropriée pour apprivoiser la société rurale.
Cette technique permet d’intégrer facilement la population dans la commune urbaine
d’Arivonimamo. Grâce à cette technique, nous avons pu savoir les comportements des gens.
Techniques d’échantillonnage
La représentativité de l’échantillon est synonyme d’objectivité, c’est-à-dire la neutralité
doit se déférer de toute subjectivité qui peut biaiser la recherche. Nous avons deux techniques
en sciences sociales : l’approche probabiliste et l’approche par quota. Le premier est une
démarche très adoptée dans les rapports qualitatifs. En effet, l’approche probabiliste est un
outil statistique qui consiste à tirer au hasard les échantillons de la population d’enquête.
Certes, elle est objective et non partiale, mais elle présente des risques à la
représentativité de l’échantillon en question. C’est pourquoi nous optons pour la deuxième
technique qui est l’approche par quota. Elle prend en compte les différentes catégories de
personnes, par exemple en fonction de leur catégorie socioprofessionnelle (CSP). On peut
déduire que grâce à cette technique, toutes les couches sociales sont mieux présentées. Mais
-6-

les différentes variables doivent être respectées (sexe, âge, ou encore CSP…). Le nombre
d’interviewés est de 60 individus.
REPARTITION GEOGRAPHIQUE

Nous avons utilisé la technique probabiliste et avons pris des individus au hasard dans
les 13 Fokontany existant dans la commune urbaine d’Arivonimamo. Et en même temps,
nous avons opté aussi la méthode par quota pour un souci de qualité et dans le but d’avoir une
meilleure représentativité.
Tableau 1 : Répartition des enquêtés selon le sexe

Sexe Effectif %
MASCULIN 20 40
FEMININ 40 60
TOTAL 60 100

D’après ce tableau, les données nous renseignent que 40% de l’échantillon sont de sexe
masculin et 60% sont de sexe féminin. Cela montre la tendance générale à telle enseigne que
les femmes sont plus nombreuses que les hommes.
Problèmes rencontrés et limites de l’étude
Il convient de souligner que nous avons rencontré beaucoup de contraintes et de
difficultés durant la recherche sur terrain. Une telle entreprise aurait nécessité une étude plus
vaste et plus étendue. Toutefois, il s’agit entre autres des défis que ce travail veut lancer. Il
nous faut dire aussi que concernant les données statistiques de base sur le phénomène que
nous voulons cerner, nous avons eu beaucoup de difficultés à nous en procurer. Le fait est que
les données manquent, ou dans un état critique, et donc non fiables. Il a alors fallu construire
notre propre modèle, afin de pallier cette carence. En outre, certains documents étaient
inaccessibles.
En outre, ces derniers années, des élections se sont déroulées et nous n’avons pas accès
aux derniers résultats électoraux dans cette commune urbaine vu les différentes procédures.
Ce qui ne nous rend pas facile le travail sur le terrain. Enfin, certains enquêtés n’étaient pas
ouverts, ils avaient peur d’être espionnés, vu la situation politique actuelle. D’où, leurs
informations et données étaient restreintes.
-7-

Plan de rédaction

Ce document se subdivise en trois parties : premièrement, nous allons aborder dans la


partie théorique celle du féminisme à la conception scientifique du genre ; deuxièmement,
nous allons voir l’exploration de terrain concernant la participation de la femme dans la
politique et troisièmement, nous allons présenter quelques pistes de réflexion pour
l’amélioration des conditions féminines en parlant d’électorat féminin et développement.
PARTIE I : DU
FEMINISME A LA
CONCEPTION
« Les Hommes sont égaux par leurs
différences »

GORKI
-8-

CHAPITRE 1 : Femmes et politiques

Il existe dans le monde quelques pays dirigés par des femmes actuellement. Le bilan
sur l’effectivité du développement de tels pays reste un domaine en friche pour les sciences
sociales. Quoi qu’il en soit, nous pouvons dire que la femme présente une grande potentialité
dans l’impulsion des changements, notamment dans le cadre de la lutte contre la pauvreté.
Mais avant de discourir là-dessus, essayons d’apporter quelques éclaircissements sur les
concepts que nous allons utiliser.

SECTION 1 : DEFINITION DES CONCEPTS ET DES MOTS-CLES

1. Le genre :

1.1. Historique du genre


L’histoire du genre (Gender History) est un courant histographique d’origine
américaine. Le concept de Gender (genre) est né au cours des années 1980 à la suite de
l’histoire sociale des femmes. Cette nouvelle approche s’inspire en partie des théories du
courant Linguistic Turn. La plupart des recherches historiques concernant les femmes ont
pour objectif de mettre en lumière les formes de domination qu’elles ont subies depuis les
débuts de l’humanité. Le genre privilégie les relations entre les hommes et les femmes, étant
donné que l’on ne peut définir les uns que par rapport aux autres. Parmi les œuvres
fondatrices du courant : «Le deuxième sexe» de Simone de Beauvoir et «Gender and the
politics of history» de Joan W. Scott. Les femmes et les approches genre en matière de
développement ont évolué à travers les décennies écoulées. Jusqu’au début des années 1970,
les politiques de développement se sont penchées sur les besoins des femmes pauvres dans le
contexte de leur rôle en tant qu’épouse et mère. L’approche du «bien-être» étant connue,
l’accent portait sur la santé de la mère et de l’enfant, l’assistance à l’enfance et la nutrition.
L’on considérait alors que les avantages des stratégies macro-économiques orientées vers la
modernisation et la croissance vont toucher les pauvres et les femmes pauvres qui allaient
bénéficier de l’amélioration de la situation économique de leur mari. Les femmes étaient des
réceptionnaires passives de ces avantages. Les services sanitaires et de l’eau étaient définis
dans le contexte de l’hygiène et des soins sanitaires et de l’eau qui faisaient partie de la
responsabilité des femmes.
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1.2. Définition :
Une raison de la création de ce terme «genre» est l’influence des «féministes», qui
différencièrent le sexe anatomique du genre afin de remettre en cause les contraintes imposées
par ce dernier. Ainsi, le sexe est utilisé pour faire référence aux différences non atomiques
(psychologiques, mentales, sociales, économiques, démographiques, politiques). Joan W.
Scott, l’une des pionnières de la théorie du genre, «le genre est un élément constitutif de
rapports sociaux fondés sur des différences perçues entre les sexes, et le genre est une façon
première de signifier des rapports de pouvoir».
C’est une relation socialement définie entre les hommes et les femmes. C’est aussi
l’égalité de droit entre les hommes et les femmes. Le genre est en rapport avec le pouvoir, les
moyens de contrôler les ressources.
Au niveau le plus général, le genre est la construction sociale de la différence des
sexes. Le mot sexe permet de souligner le caractère social des comportements et des
significations associées à la différence des sexes (LAQUEUR, 1992).

2. La politique

2.1. D’après le dictionnaire encyclopédique de théorie et de sociologie du droit,


1993.
2.1.1. Au sens général
C’est ce qui concerne l’organisation, l’exerce du pouvoir, les gouvernements des
hommes par un Etat, au sein d’une société organisée, de la « Cité », plus largement, ce qui
concerne les forces sociales à l’œuvre autour de l’exercice du pouvoir.
2.1.2. Au sens de « Policy »
Ligne ou principe d’action, nature et contenu de l’action d’une autorité, formes de mise
en œuvre de cette action, susceptibles de s’appliquer au domaine juridique (legal policy) ou
au sein desquels le droit et ses institutions de mise en œuvre (la justice, la philosophie)
peuvent avoir à jouer un rôle, notamment dans le domaine des politiques publiques.
2.1.3. Au sens de connaissances scientifiques
Les «sciences politiques», c’est l’ensemble des sciences humaines et sociales
(notamment l’histoire, la sociologie politique, la politologie, la philosophie) consacré à
l’étude du politique et de ses divers manifestations, le juridique pouvant être également objet
d’analyse.
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3. Opinions et perceptions communes et savantes sur la politique


L'opinion commune s'est toujours divisée sur la valeur qu'il convient d'attribuer à
l'activité politique. Pour Aristote, la politique est «l'art du commandement social, l'activité
pacificatrice permettant à une société divisée de s'ordonner à une fin supérieure». (De
Certeau, 1980).
Selon une interprétation plus «vulgaire», la politique est une activité sale, dégradante,
renvoyant soit à des «jeux stériles», soit à des «bavardages artificiels», soit enfin à des
«ambitions effrénées». L'opinion savante se trouve aussi divisée lorsqu'il s'agit d'apprécier
l'aire de la sphère politique.
D'un point de vue «restrictif», la politique demeure un comportement singulier de la
société distincte des autres activités sociales, assujettie à des buts et des règles spécifiques.
Pour la thèse «extensive», par contre, la politique est omniprésente et traverse de part en part
la société : «tout est politique», qu'il s'agisse de l'élection d'un Chef d'État, de l'éducation ou
des chansons d'un musicien.
4. Notion sur l’élection

4.1. Définition du concept :

L’élection est un élément important qui garantit d’une part, le fondement d’un régime
démocratique et, d’autre part, un moyen d’expression de tous les citoyens. Pour
RATSIRAHONANA (N) Lala, ancien chef d’Etat malgache, ex-président de la Haute Cour
Constitutionnelle et président fondateur du parti AVI, «l’élection est un procédé
d’application de la démocratie qui permet aux citoyens de connaitre leur opinion et de
participer à l’élaboration de la politique de la nation ». (RATSIRAHONANA, 2001)

4.2. Electeurs

Est électeur, toute personne ayant la qualité d’électeur et le droit de voter à une élection
ou lors d’une consultation populaire. Le code électoral malgache stipule «sont électeurs tous
les citoyens malgaches sans distinction de sexe, âgés de dix-huit ans révolus à la date du
scrutin, et jouissant de leurs droits civils et politiques» (Art 03 code électoral). (Loi
organique, 2012)

4.3. Les acteurs électoraux

D’emblée, les acteurs électoraux sont toute la population en âge de vote, sans distinction
de sexe, ni de religion, ni même d’origines. Toutefois, ils se catégorisent selon les types
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d’élections. Ainsi, on peut citer entre autres comme acteurs électoraux le pouvoir législatif, le
pouvoir judiciaire, le pouvoir exécutif, les agents électoraux, les partis politiques, les
confessions religieuses, les organisations de la société civile, les médias, les observateurs
électoraux, les partenaires au développement et la population. En un mot, ce sont les agents et
les participants à une élection.

4.4. Le marketing politique

Le marketing politique est synonyme de «communication politique», c’est-à-dire c’est


l’ensemble des techniques employées par un candidat pour faire passer ses idées aux
électeurs. Par ailleurs, le produit en (MP) n’est ni un bien tangible, ni un service mais plutôt
un candidat et ses qualités, alors que le marché, c’est l’électorat. Bref, le marketing politique
n’est autre qu’un procédé de stratification d’un candidat encore moins une technique pour
assurer son élection et mettre en pratique les interactions candidat-électorat.

5. Notion sur le développement

5.1. Définition

Selon le socio-anthropologue SARDAN, le «développement», dans une perspective


fondamentalement méthodologique, se définit comme étant l'ensemble des processus sociaux
induits par des opérations volontaristes de transformation d'un milieu social, entreprises par le
biais d'institutions ou d'acteurs extérieurs à ce milieu mais cherchant à mobiliser ce milieu, et
reposant sur une tentative de greffe de ressources et/ou techniques et/ou savoirs.

En un sens, le développement n'est pas quelque chose dont il faudrait chercher la réalité
(ou l'absence) chez les populations concernées, contrairement à l'acception usuelle. Tout au
contraire, il y a du développement du seul fait qu'il y a des acteurs et des institutions qui se
donnent le développement comme objet ou comme but et y consacrent du temps, de l'argent et
de la compétence professionnelle. C'est la présence d'une «configuration développementiste»
qui définit l'existence même du développement. (SARDAN, 1995)

5.2. Les acteurs du développement


Pour que les projets de développement communautaires puissent arriver à ces finalités,
un certain nombre d’acteurs sont requis. Ces acteurs peuvent être de l’extérieur à l’instar des
Bailleurs de fonds ou d’Institutions privées ou publiques, celles-ci sont le fruit d’une
collaboration et de partenariat-privé-public connu sous le nom de système de 3P. Aussi, ils
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peuvent provenir de l’intérieur, c’est le cas des autorités locales ou les investisseurs locaux ou
bien la communauté villageoise elle-même.
Ainsi dire, le développement fait intervenir en effet de multiples acteurs sociaux, du
côté des «groupes-cibles» comme du côté des institutions de développement. Leurs statuts
professionnels, leurs normes d'actions, leurs compétences, leurs ressources cognitives et
symboliques, leurs stratégies diffèrent considérablement. Le développement «sur le terrain»,
c'est la résultante de ces multiples interactions, qu'aucun modèle économique en laboratoire
ne peut prévoir, mais dont la socio-anthropologie peut tenter de décrire et interpréter les
modalités. (Idem)
5.3. Les trois approches en anthropologie de développement de Sardan
L’anthropologue Jean-Pierre Olivier de Sardan avance trois approches en anthropologie
de développement. Ces approches qui prévalent sur le terrain méritent d’être étudiées.
L’une porte sur la déconstruction du «discours du développement», souvent réduit à un
seul modèle, hégémonique et maléfique.
La seconde est de type «populiste», mêlant les aspects «idéologiques», qui exaltent les
savoirs et les pratiques populaires, et «méthodologiques», qui entendent explorer les
ressources cognitives et pragmatiques des populations.
La troisième approche, ici défendue, s'intéresse à «l'enchevêtrement des logiques
sociales», et à l'hétérogénéité des acteurs qui se confrontent autour des opérations de
développement. (SARDAN, 2001)
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CHAPITRE 2 : Arivonimamo comme terrain d’analyse

Dans le premier chapitre, nous avons pu définir des concepts-clés et des opinions
concernant la femme et la politique. Dans ce deuxième chapitre, nous allons exploiter notre
terrain d’observation.
Madagascar est considéré comme à la fois pauvre et riche. Pauvre économiquement,
dans le sens de l’économie moderne, avec ses incapacités à opérer l’autosuffisance dans tous
les domaines, mais riche en capital humain et en flore et en faune. Chaque localité possède ses
propres spécificités, mais ce qui nous intéresse ici, c’est Arivonimamo.
SECTION 1 : LA REGION ITASY : UNE REGION A LA PORTE DE LA CAPITALE
ECONOMIQUE DU PAYS
La région Itasy s’étend sur 6 727 Km2 pour une population de 703252 Habitants, soit
une densité de 104,5 Habitants/Km2 inégalement répartie entre sur 3 districts : Arivonimamo,
Mairinarivo, Soavinandriana. La Région se situe aux «marges» de l’agglomération
d’Antananarivo. Des axes routiers goudronnés (RN1 et RN 47) relient les grands bassins de
production au marché urbain.
Environ 88% de la population de la région vivent de l’agriculture dans des contextes
fortement contrastés. Cette population est issue d’importants mouvements migratoires.
Les systèmes de production sont extrêmement diversifiés parce que contraints, soit par
des densités de populations très élevées (zones où prédominent les sols alluviaux et
volcaniques), soit par des sols de faible qualité (Centre, Ouest). Le climat tropical d’altitude
favorise différents types de production, pratiqués généralement sur des faibles superficies
(Riz, maïs, manioc, haricot, pomme de terre, arachide, tomate, arboriculture fruitière,
café,…).
En revanche, la consommation d’intrants est faible, et la maîtrise de l’eau sur les
anciens périmètres irrigués est très imparfaite. L’insuffisance de terre, en particulier à la
périphérie du lac Itasy, favorise la colonisation de parcelles de pentes, et contribue à
fortement activer les phénomènes de déforestation et d’érosion. L’élevage bovin extensif
prédomine dans le Centre, l’Est et l’extrême Ouest de la région, les élevages laitiers et à cycle
court (porcin, aviculture) sont davantage concentrés à la périphérie des villes (Analavory,
Mairinarivo,…) et à proximité d’Antananarivo.
La pêche, dans la zone des lacs, constitue également une activité appréciable. Ces lacs
offrent des possibilités touristiques importantes. La Région bénéfice également d’un potentiel
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forestier (forêt de Tapia), favorable en particulier au développement de la sériciculture qui


constitue un savoir-faire local, et de quelques ressources minières.
Trois types d’ensemble territoriaux peuvent être identifiés :
- Une zone à fortes potentialités à la périphérie des routes nationales ou d’intérêt
provincial, où prédominent les sols alluviaux, de bas-fonds et volcaniques (Est du district
d’Arivonimamo, Analavory, lac Itasy,…). La pression foncière et les phénomènes d’érosion
constituent des contraintes très lourdes ;
- Une zone enclavée, faiblement équipée à vocation pastorale (Centre et Extrême
Ouest) ;
- Une zone intermédiaire non enclavée, où prédominent les cultures pluviales vivrières
sur tanety (Riz, Maïs,…), et la riziculture de bas-fonds (Centre Sud, Centre Ouest).
Les zones à potentiels sont marquées également par l’importance de l’émigration
permanente ou saisonnière, des situations foncières complexes (70 % des terres sont exploités
sur des formes de faire-valoir indirect ; en particulier le métayage et la location, les héritages
sont fréquemment sources de conflit, les droits sur les anciens périmètres coloniaux sont très
confus,…), et d’importants problèmes de sécurité (vols de bétail et sur pied). Le tourisme, le
potentiel naturel (forêts de tapia), les opportunités de transformation des produits agricoles,
offrent d’importantes possibilités de développement du secteur artisanal (sériciculture,
tissage,…).
- 15 -

SECTION 2 : MONOGRAPHIE DE LA COMMUNE URBAINE D’ARIVONIMAMO


1. Localisation
La ville d’Arivonimamo fait partie du Moyen Ouest, elle est située à 47 km de la
capitale de Madagascar sur la RN 1
- REGION : ITASY
- DISTRICT : Arivonimamo
- COMMUNE : Urbaine d’Arivonimamo
- Superficie : 52 Km²
- Composée de 13 Fokontany
- Population totale : 21938 habitants (2009)
2. Géographie
Climat
Le climat se subdivise en deux saisons : la saison chaude et pluvieuse qui va du mois
d’octobre au mois de Mars et la saison sèche et froide allant du mois d’Avril au mois de
Septembre.
Pluviométrie
Concernant la pluviométrie, la pluviométrie normale annuelle de la commune est de
1482 mm.
Température
En ce qui concerne la température, la température minimale est de 39°C et celle du
maximal est de 24°C.
Caractéristique du sol
La caractéristique du sol est latéritique.
La latitude de la commune est de 46° au Nord et la longitude de 12° 54 au Sud.
3. Activités économiques
Compte tenu du fait que cette commune présente des caractères agraires, les activités
économiques sont composées de l’agriculture, de la commerce, de l’artisanat, de l’élevage, de
petites unités de transformation, à savoir des décortiqueries, des rizeries et des provenderies et
enfin des services rares comme l’Institution de microfinance : CECAM, OTIV et SOAHITA.
- 16 -

4. Données sociales et statistiques du terrain


4.1. Infrastructures sanitaires :
Tableau 2 : Effectif et besoin en personnel par formation sanitaire

EXISTANTS
Formation
Médecin Médecin Dentiste Réalisateur Sage- Sage- Infirmier de Infirmier Personnel Personnel T
Sanitaire
Spécialisé Généraliste femme femme de la catégorie de l’AM administratif d’appui O
de l’AM III T
catégorie A
III L
F M F M F M F M F M F M F M F M F M F M

1-BDSPF 1 1 2 1 1 3 4 2 1 16
Arivonimamo
2-CHDI 2 1 4 1 1 1 2 2 1 15
Arivonimamo
CSB II 1 1 1 4

Source : Enquêtes personnelles, 2015


En matière d’infrastructure sanitaire, la commune dispose de trois types
d’infrastructures sanitaires : le bureau du District de la santé du planning familial, un centre
hospitalier de District et un centre de santé de base.
4.2. Organigramme de la commune urbaine d’Arivonimamo
C.A.A. RAKOTOVAO Toky
Conseillers: 9 membres Maire RAZANAKOTO Jaona Vente- acte toute nature,
passeport des bovidés, CIN,

1èr Adjoint 2ème Adjoint Cellule Technique pour le


RANDRIANARISOA Manoa RAMANAMBOHITRA
développement d’Arivonimamo
Mamy Alain
CTDA

Secrétariat
Secrétariat Animateur Service Etat Civil Foncier Santé Sécurité Service
administratif Agent BIF Gardien
technique
Service CLAC financier Police
courrier municipal

Source : commune urbaine d’Arivonimamo, 2016

D’après cet organigramme, on peut dire que le maire ne travaille pas seule puisque les 9
conseillers facilitent son tâche en termes de prise de décision. Par ailleurs, le CTDA est sous
- 17 -

le contrôle du maire et il collabore avec les conseillers dans tous les projets de
développement. Outre, ce sont les 2 adjoints qui coordonnent les relations et échanges avec
les bailleurs de fonds et les partenariats. En gros, la commune dispose de 8 volets distincts.
4.3. Répartition par sexe et par tranche d’âge de la population
Tableau 3 : Répartition par sexe et par tranche d’âge de la population dans la commune
urbaine d’Arivonimamo

MASCULIN FEMININ
0à4 5à 18 à 60 Sous 0à4 5à 18 à 60 et Sous TOTAL
N° FOKONTANY
17 59 et total 17 59 plus total GENERAL
plus
01 ARIVONIMAMO 357 465 574 54 1450 494 605 664 62 1825 3275
NORD
02 ARIVONIMAMO 417 315 610 104 1446 321 845 768 865 2799 4245
CENTRE
03 TSARAHONENANA 160 265 482 62 969 187 296 569 70 1122 2091

04 MORAFENO SUD 225 374 1149 157 1905 239 395 1204 177 2015 3920

05 SAROMILANJA 96 263 363 31 753 65 240 378 49 732 1485

06 MIADAMANJAKA 69 254 334 28 685 47 242 386 30 705 1390

07 SOANIERANA 55 277 358 42 732 96 333 465 56 950 1682

08 KIANJA 15 38 82 11 146 25 41 98 8 172 318

09 ANKENIHENY 32 75 128 19 254 36 78 143 21 278 532

10 MANANKASINA 56 152 253 54 515 48 127 237 32 444 959

11 MANGATANY 302 431 719 67 1519 387 533 969 89 1978 3497

12 ANDRANOMENA 34 98 129 16 277 27 90 129 14 260 537

13 ANTANIBE 79 236 414 49 778 76 254 494 37 861 1639

1897 3243 5595 694 11429 2048 4079 6504 1510 14141 25570
TOTAL

Source : Fiche monographique de la commune 2015


D’après ce tableau, la population de sexe féminin est plus nombreuse que celle du sexe
masculin qui est de 11429 hommes contre 14141 femmes. On a pu constater que la population
est jeune car les vieux, c’est-à-dire les gens âgés de 60 ans et plus ne sont qu’au nombre de
2204, soit de 8,6% de la population.
- 18 -

4.4. : ONG, association, projets, programmes œuvrant dans le cadre de


développement dans la commune urbaine d’Arivonimamo
Tableau 4 : ONGs, associations, projets, programmes œuvrant dans le cadre de
développement dans la commune urbaine d’Arivonimamo

FOKONTANY INTITULE STATUT ACTIVITES REALISATIONS

ARIVONIMAMO CSA MIKARAKARA MOMBA NY


CENTRE ZEZIKA, MANORO FOMBA
FAMBOLENA
PASMI

ANDRANOMENA 0 0 0 0
MANANKASINA PROSPERER PROJET ART, FAMPIANARANA LALANA
ANTANIBE 0 0 0 0
MORAFENO-SUD 0 0 0 0
SAROMILANJA 0 0 0 0
TSARAHONENANA CHAMBRE DE
COMMERCE
ITASY
MIADAMANJAKA 0 0 0 0
SOANIERANA GOUVERNEME PROJET ADDUCTION D’EAU 65%
NT DES USA POTABLE
KIANJA ATEI FIKAMBANAM- FORMATEURS FANOMANANA
BEHIVAVY ENMATIERE : NY CENTRE DE
AGRO+ELEVAGE FORMATION
ANKENIHENY 0 0 0 0
MANGATANY 0 0 0 0
ARIVONIMAMO 0 0 0 0
NORD

Source : District d’Arivonimamo, 2014


D’après ce tableau, on peut dire que la commune urbaine d’Arivonimamo travaille
étroitement avec des organismes œuvrant pour le développent et est à l’écoute des paysans car
la plupart de ces organismes jouent le rôle d’intermédiaire entre les paysans et les
investisseurs économiques.
CONCLUSION
Le concept du genre est actuellement en profonde mutation vu les circonstances
actuelles concernant l’activisme politique des femmes dans la vie politique. Simone de
BEAUVOIR étant la pionnière de cette théorie féministe et on passe à une conception
scientifique du mot «genre» ou «gender».
PARTIE II :
PARTICIPATION DE LA
FEMME DANS LA VIE
POLITIQUE
« La participation à la vie politique de la
femme moderne se fait à travers son rôle
d’épouse et de mère.»

La femme mystifiée : BETTY FRIEDMAN


- 19 -

Dans les sociétés modernes, les droits socio-économiques et le travail libre fournissent
aux individus les conditions nécessaires à leur existence en tant qu’individu. L’Etat, en
imposant la propriété de soi, en garantissant la propriété privée puis en développant la
propriété sociale, a historiquement assuré les premiers supports des individus. Quant à la
participation organique (participation au marché du travail), source d’indépendance
économique et de reconnaissance sociale, elle constitue un «capital» propre à assurer le
maintien des individus (comme en témoignent les risques de désaffiliation liés à la non-
insertion sur le marché du travail). L’insertion socio-relationnelle est une deuxième source
essentielle de condition de vie. MAFFESOLI affirme que «les menus gestes de la vie
quotidienne … les petits riens qui matérialisent l’existence et l’inscrivent dans un lieu, sont en
fait des facteurs de socialité, … au travers de leur aspect anodin, ils produisent son intensité»
(Maffesoli, 2004).
- 20 -

CHAPITRE 3 : Entraves à la participation des femmes

Dans les deux premiers chapitres, nous avons pu analyser l’évolution du féminisme
jusqu’à la conception scientifique du mot genre.
Les inégalités fondées sur le genre portent atteinte à l’efficacité du développement de
manière fondamentale dans le monde. Madagascar, comme tous les autres pays non
développés n’échappe pas à ce phénomène de société car les disparités entre les sexes
constituent un véritable blocage pour la pérennisation du développement durable. C’est ainsi
que la question du rôle et de la participation de la femme en politique mérite des
considérations aux côtés des débats actuels sur la bonne gouvernance, la décentralisation, les
divergences en matière de politique, le sous-développement,…

SECTION 1 : AMBIVALENCE DU TERME PAUVRETE


Madagascar est considéré comme à la fois pauvre et riche. Pauvre économiquement,
dans le sens de l’économie moderne, avec ses incapacités à opérer l’autosuffisance dans tous
les domaines, mais riche en capital humain et en flore et en faune. Chaque localité possède ses
propres spécificités, mais ce qui nous intéresse ici c’est Arivonimamo.
La mondialisation est considérée comme un mouvement d’internationalisation des
économies et des sociétés. Elle induit le développement des échanges, plus particulièrement
le libre-échange dans le monde. De manière complètement générique, le terme de
mondialisation désigne à la fois un processus historique par lequel des individus, des activités
humaines et des structures politiques voient leur dépendance mutuelle et leurs échanges
matériels autant qu'immatériels s'accroître sur des distances significatives à l'échelle de la
planète, et les résultats d'un tel processus. Dans le cas de la commune urbaine
d’Arivonimamo, les femmes sont vulnérables socialement et économiquement. C’est ce que
nous allons évoquer dans les sections ci-dessous.
1. Femmes et participation à la vie économique :
Au niveau national, la participation de la femme dans la vie économique est encore
faible selon les statistiques.
Données statistiques sur la situation de la femme à Madagascar sous la troisième
République
 Subsistance de la discrimination à l’encontre des femmes sur le marché du travail.
 Participation notable des femmes à la vie économique : occupation féminine :
- 21 -

- 21,8% des postes de cadres supérieurs ou moyens.


- 2/3 des hommes travaillent dans le secteur informel.
- A statut égal, gain des femmes salariées est les 2/3 de la rémunération des hommes
salariés.
- 22% des ménages sont dirigés par une femme.
Source : Ministère de la Population : PNPF ou Politique Nationale de Promotion de la Femme
pour un développement équilibré homme-femme, Octobre 2008.
Au niveau régional, environ 88% de la population de la région vivent de l’agriculture
dans des contextes fortement contrastés. Cette population est issue d’importants mouvements
migratoires.
Les systèmes de production sont extrêmement diversifiés parce que contraints, soit par
des densités de populations très élevées (zones où prédominent les sols alluviaux et
volcaniques), soit par des sols de faible qualité (Centre, Ouest).
En ce qui concerne la Commune Urbaine d’Arivonimamo, l’accès aux services de santé
se révèle être le plus problématique. Un quart de notre échantillon manifeste son extrême
insatisfaction dans ce domaine, et au total 61% sont globalement insatisfaits. L’ampleur de la
pauvreté dans cette commune ne fait aucun doute, avec le constat d’un endettement
inévitable pour 37% des ménages s’ils veulent assurer un minimum pour leur quotidien. Voilà
un tableau montrant l’ampleur de la pauvreté économique dans cette commune.
Tableau 5 : Les revenus monétaires annuels des ménages
Types de revenu Valeur monétaire (en Ariary) Pourcentage
Revenu agricole 75 000 12%
Revenu de l’élevage 200 000 32%
Revenu salarial 350 000 56%
TOTAL 625 000 100%
Source : Enquêtes personnelles, 2016
On constate ainsi dans cette commune :
- une très forte mobilisation des femmes au niveau des différentes activités domestiques
ainsi que des activités agricoles ;
- une faible implication des hommes chefs de ménage dans ces tâches domestiques
- une participation non négligeable des enfants en âge d’être scolarisés (6 à 14 ans) aux
travaux domestiques. Dans certains cas, cette mobilisation des enfants peut avoir des
répercussions sur leur travail scolaire.
- 22 -

2. Pauvreté au féminin
La féminisation de la pauvreté est une réalité. Les femmes gagnent la plupart du temps
moins de revenus que les hommes, travaillant dans des conditions éprouvantes (travail manuel
intense, longues marches, etc.). Elles sont de plus en plus contraintes de rechercher des
revenus complémentaires pour faire face à des dépenses indispensables de la famille. Elles
restent souvent plus vulnérables que les hommes aux risques en raison de leur statut social et
des pesanteurs culturelles.
Le niveau scolaire de la population est très faible à cause de la quasi-inexistence des
écoles sur place dans la plupart des Fokontany. Pour l’école secondaire, il faut aller loin, au
centre de la ville pour pouvoir continuer les études. Seules les missions protestantes et
catholiques s’occupent de l’éducation de base et possèdent les moyens de subventionner les
études primaires des enfants avec un minimum d’intervention des parents dans la commune.
Vu le coût de scolarisation des enfants, il faut avoir des moyens pour envoyer les enfants en
ville leur permettant de suivre leurs études secondaires et universitaires. Les parents sont
conscients que les enfants de bas âge doivent aller à l’école, quels que soient leurs moyens,
dans le but d’améliorer le niveau de vie de la famille et pour ce faire, ils sont prêts à investir
malgré l’insuffisance des infrastructures scolaires dans les Fokontany environnants.
Le fokontany d’Arivonimamo centre enregistre plus de bacheliers parce que presque
toutes les infrastructures scolaires se concentrent à la périphérie de la ville.
Non seulement les femmes sont pauvres socialement en termes d’accès au service de
santé et d’accès à l’école mais elles sont pauvres économiquement. La section précédente
traite de la différentiation économique entre les sexes.

SECTION 2 : DIFFERENCIATION D’ACCES ECONOMIQUE ENTRE HOMME ET


FEMME DANS LA VILLE D’ARIVONIMAMO
1. Répartition des tâches au niveau des ménages
Traditionnellement, les hommes, les femmes et les enfants ont des tâches bien
distinctes. Cependant, nous avons pu observer au cours de cette enquête que cela est de moins
en moins vrai (hommes pratiquant le repiquage du riz par exemple).
Il est admis de manière générale que les hommes effectuent les deux tiers des travaux,
au moment du partage, ils reçoivent donc les deux tiers de la récolte. En fait, nous pouvons
remarquer que les travaux traditionnellement confiés aux hommes sont les travaux physiques,
- 23 -

qui s’inscrivent dans la durée, alors que les femmes sont occupées par une multitude de
petites tâches insignifiantes mais dont la somme représente beaucoup de temps.
- Travaux effectués par les hommes : labour, hersage, piétinage des rizières, planage des
rizières, semis des pépinières de riz, entretien des diguettes et des canaux d’irrigation,
moisson du riz (coupe), plantation des arbres fruitiers, coupe du bois ;
- Travaux effectués par les femmes : repiquage du riz, transport du riz à la récolte,
séchage du riz, des haricots, des pommes de terre, du café, pilage du riz, plantation des
cultures sèches, maraîchage, petit élevage, cueillette des cafés, haricots ;
- Travaux effectués par les jeunes garçons : gardiennage des zébus, recherche de bois de
chauffe, repiquage du riz ;
- Travaux effectués par les jeunes filles : surveillance du riz au séchage (contre poules,
canards, oies), repiquage du riz et café, recherche d’eau ;
- Travaux effectués en communauté : battage du riz, transport du paddy
Tableau 6 : Les problèmes sociaux des ménages

Difficultés ressenties Effectif


Education
Insuffisance des salles de classes 15%
Mauvais état des bâtiments 35%
Coût élevé des charges scolaires 50%

Effectif total 100%

Santé
Eloignement du CSBII 17%
Coût élevé de médicaments 64%
Insuffisance du personnel 19%

Effectif total 100%


Travail (production)
Bas salaire 69%
Impossibilité de l’épargne et de 23%
l’investissement
Le monde rural ne nourrit plus 08%
Effectif total 100%

Source : Enquêtes personnelles, 2016


Ce tableau nous montre les difficultés que rencontrent les ménages. Le coût élevé des
charges scolaires est un grand problème pour le ménage avec un pourcentage de 50% ainsi
que le coût élevé de médicaments, soit 64% des ménages et aussi le niveau bas des salaires.
- 24 -

Elles consacrent beaucoup de temps au transport domestique (eau, bois de chauffe, etc.)
que les hommes. Sans être propriétaire ou chef de famille, la femme participe de manière
notoire et souvent gratuite, aux opérations culturales sur les champs. Leur participation au
niveau de l'exercice du pouvoir est limitée même si des ONG leur permettent peu à peu de
renforcer leur influence.
Notons, cependant, l’importance d’une forme de capital particulier : le «capital-temps»
qui est à l’origine d’autres inégalités dans les relations de genre. En effet, s’il existe des
rythmes chronobiologiques naturels différents pour les femmes et pour les hommes, ceux-ci
se doublent d’allocations différentes de temps entre tâches domestiques et activités
productives.
Une répartition des travaux domestiques est fortement marquée par le sexe et le statut.
L’allocation de temps entre tâches domestiques et activités productives est la forme
d’inégalité la plus marquée dans les relations de genre. Elle affecte ce que l’on peut définir
comme le «capital-temps» des femmes, c’est-à-dire la façon dont la globalité du temps
disponible est allouée à travers le cycle de vie. Cette allocation est retracée sur le court terme
par les budgets-temps qui montrent comment le temps est alloué entre différentes activités.
L’établissement de budgets-temps fait, en général, appel à des techniques d’enquêtes
longues et coûteuses pour mesurer la durée des activités. Cependant, à défaut d’informations
quantitatives, on peut se contenter de relever, lors d’enquêtes auprès des ménages, la simple
participation de chaque individu à telle ou telle tâche.
2. Les différences de salaires entre hommes et femmes
En moyenne, les femmes sont moins rémunérées et ne reçoivent qu’entre 70 à 90% du
salaire journalier des hommes.
En dehors du salariat agricole, les ménages effectuent des activités artisanales pour
compléter leur revenu. Les observatoires ont des spécialités en fonction des ressources
disponibles : certaines régions sont connues pour la fabrication de paniers, le tressage de
nattes ou pour la fabrication d’huile artisanale, activités conduites essentiellement par les
femmes.
En revanche, le petit commerce et le démarchage sont plutôt pratiqués par les hommes
et rapportent des revenus sensiblement plus élevés. Dans la plupart des cas, l’ensemble des
activités complémentaires (salariat et autres activités) fournit au ménage entre le tiers et la
moitié de leur revenu monétaire, utilisé pour acheter les produits de première nécessité.
Lorsqu’on distingue dans la population les femmes, en tant que catégorie particulière,
l’analyse devient plus complexe car il faut alors prendre en compte non seulement les
- 25 -

inégalités classiques précédentes, c’est-à-dire entre les femmes elles-mêmes, mais aussi les
inégalités qui existent entre hommes et femmes.
Parmi les formes économiques, les inégalités sexuées monétaires et de conditions de vie
retracent les différences dans l’accessibilité aux biens et services. Par contre, l’inégalité de
potentialités concerne les différences dans les capitaux issus de l’accumulation et traduit donc
une inégalité de chances. Le fait que les individus n’ont pas, au départ, les mêmes probabilités
pour réaliser leurs capacités et talents propres, peut conduire, à terme, à une inégalité dans les
résultats.
CONCLUSION

Bref, les femmes sont pauvres socialement, économiquement, intellectuellement,


politiquement par rapport aux hommes. Ce qui justifie leur moindre participation à la vie
politique. Les femmes se sentent entravées sur tous les plans et elles sont minoritaires sur le
plan politique. D’où, la pauvreté au féminin.
- 26 -

CHAPITRE 4 : Réalités des femmes face au défi majeur de participation


dans la vie politique

Les avis sont ambigus de nos jours quant à la considération de la formation sociale
malgache : d’un côté, on dit que c’est une société patriarcale, à cause entre autres des effets de
la tradition qui veut que la descendance hérite du nom du père ; de l’autre côté, on décèle une
certaine matriarcalité, par le rôle axiologique joué par la femme dans les domaines de la vie
sociale. Quoi qu’il en soit, il semble que même si la femme malgache ne vit pas comme les
autres femmes du monde entier, c'est-à-dire sous le joug du poids de la tradition à l’extrême,
ou encore selon des cultures religieuses, elle ne parvient pas toujours à accéder aux instances
de décisions, d’une matière automatique. Cependant, la femme tient une grande place dans la
vie sociale malgache.
SECTION 1 : MUTATION DANS LA CONCEPTION DU CONCEPT GENRE
1. Evolution dans l’approche genre

A partir des années 1970 et 1980, l’approche des Femmes dans le développement a visé
à intégrer les femmes dans le processus de développement existant en les ciblant, souvent
dans des activités spécifiques aux femmes. Généralement, les femmes ont été des
réceptionnaires non actives dans les projets des Femmes dans le développement qui mettaient
souvent l’action sur l’amélioration des revenus des femmes. Mais malgré le fait que plusieurs
projets ont amélioré la santé, les revenus ou les ressources à court terme, ces projets n’ont pas
transformé les relations déséquilibrées et plusieurs de ces projets ont périclité. Un défaut
commun à ces projets était le fait qu’ils ne prenaient pas en considération les multiples rôles
de la femme ou qu’ils calculaient mal l’élasticité du temps et du travail de la femme.
Depuis la fin des années 1980, l’approche Genre et Développement a été développé
dans le but de faire disparaître les disparités sociales, économiques et politiques entre les
hommes et les femmes pour pouvoir atteindre un développement global.
Aujourd’hui, une grande partie de ce travail dans le secteur de l’eau est véhiculé à
travers cette approche. Néanmoins, plusieurs perspectives existent dans cette approche et mais
sans aucun schéma directeur pour permettre l’égalité et l’équité dans la gestion des ressources
en eau. Les deux approches «Femmes dans le Développement» et «Genre et Développement»
sont encore utilisées.
- 27 -

Récemment, une approche genre et renforcement des rôles a essayé de transformer les
relations existantes entre les deux sexes en mettant l’accent sur l’auto-renforcement des rôles
des femmes par les femmes elles-mêmes.
2. Définition :
Pour la Banque mondiale, dans son rapport sur les politiques et le développement
(2003), «genre et développement économique», «Le mot genre renvoie aux rôles et aux
comportements sociaux associées aux femmes et aux hommes ainsi qu’aux attentes de la
société entre eux. Le genre est un concept social qui détermine en grande partie les
opportunités d’un individu et sa participation dans la société et l’économie.» (Laqueur,
1992).
On peut donc entendre par «équité genre» une stratégie pour rétablir une certaine
injustice sociale, notamment dans la différenciation entre les deux sexes ainsi que les groupes
défavorisés, bref c’est pour le bien-être et l’intégrité de chacun.
«Défini au niveau le plus général, le genre est la construction sociale de la différence
des sexes. Ici, l’emploi d’un terme spécifique, distinct de «sexe», permet de souligner le
caractère social des comportements et des significations associés à la différence des sexes,
voire de cette différence elle-même» (Laqueur, 1992).
L’Organisation Mondiale de la Santé (2008), pour sa part a défini le sexe comme étant
une question qui touche l’ensemble de ses programmes et de ses activités, une question qui
doit autant que possible devenir «dominante» de façon qu’elle fasse partie intégrante des
activités du programme, et non seulement un simple ajout.
Au cœur de cette initiative, réside une compréhension de la différence entre les termes
«sexe» (les caractéristiques biologiques et physiologiques qui distinguent les hommes des
femmes) et le «genre» (les rôles, les comportements, les activités et les caractéristiques de
nature sociale qu’une société donnée considère comme étant appropriées pour les hommes et
pour les femmes).
C’est une relation socialement définie entre les hommes et les femmes. C’est aussi
l’égalité de droit entre les hommes et les femmes. Le genre est en rapport avec le pouvoir, les
moyens de contrôler les ressources.
Au niveau le plus général, le genre est la construction sociale de la différence des sexes.
Le mot sexe permet de souligner le caractère social des comportements et des significations
associées à la différence des sexes (LAQUEUR, 1992.)
Telle est la conception de la Banque mondiale du mot genre, quand est-il de la conception
bourdieusienne.
- 28 -

SECTION 2 : CONCEPTION BOURDIEUSIENNE DU CONCEPT GENRE


Pierre BOURDIEU (1998), développe une analyse sociologique des rapports sociaux
entre les sexes, qui cherche à appliquer les causes de la permanence de la domination des
hommes sur les femmes de toutes les sociétés humaines.
Le livre s’appuie, en particulier sur une étude anthropologique de la société berbère de
Kabylie. La domination masculine s’entend par un habitus donnant aux femmes et aux
hommes un rôle prédéterminé. Les activités «traditionnellement» féminines, comme la
cuisine obtiennent «par magie» un statut noble lorsque les hommes s’y attèlent, par exemple
le cas du «du chef cuisinier». Selon Bourdieu, ce ne sont pas les structures, c'est-à-dire
l’espace social en tant que champ de forces et de lutte, qui force les agents à entreprendre des
actions qui aboutissent à un phénomène de domination.
La domination, dit BOURDIEU (1998), est «l’effet indirect d’un ensemble complexe
d’actions qui s’engendrent dans le réseau des contraintes croisées que chacun des dominants,
ainsi domine par la structure du champ à travers lequel s’exerce la domination subite de la
part de tous les autres, la domination est un résultat inconscient et non planifié de la
structure différenciée de la société».
Bourdieu y voit une domination symbolique des hommes envers les femmes.
Telle est la conception de Bourdieu de la domination masculine. Mais dans cette
nouvelle section, nous allons appréhender une dimension holistique concernant la conception
de la femme sous divers angles : anthropologique, juridique, sociologique, institutionnel,
économique et enfin social.

SECTION 3 : VISION HOLISTIQUE DE LA CONCEPTION DE LA FEMME

1. Sur le plan anthropologique

La société malgache est une société patriarcale et cette réalité s’apparente ici. On
accorde la parole plus aux hommes qu’aux femmes. Les femmes se font plus souvent couper
la parole et si elles réagissent de manière agressive, on les traite de femme «harpie»,
d’«hystérique», «perdre ses nerfs», etc. même les femmes elles-mêmes ne veulent pas être
dirigées par une femme. Et à ce propos, Godellier (1982) analyse que : «les initiations
masculines sont une institution de reproduction et de légitimation».
- 29 -

2. Sur le plan juridique

La loi détermine que 18 ans est l’âge matrimonial et 21 l’âge civil. Donc, à partir de 18
ans chacun peut fonder une famille et peut jouir de tous les droits qui leur sont dévolus. À
partir de cet âge, la loi considère comme majeure tous ceux qui ont plus de 18 ans lesquels
peuvent adhérer à des associations ou à des partis politiques.
D’ailleurs, l’article 2 de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples interdit,
toutes les formes de discrimination fondées sur la race, l’ethnie, la couleur, le sexe, la langue,
la religion, l’opinion, politique, l’origine nationale et sociale, la fortune, la naissance, ou toute
autre situation. Mais cette faible participation des «jeunes» dans la politique peut s’expliquer
par le fait qu’ils sont en train de préparer leur avenir en terminant ces études et certaines
conditionnalités sont requises pour la candidature.
3. Du point de vue sociologique

On constate depuis l’indépendance que ce sont les gens favorisés qui arrivent au
pouvoir. Donc, on peut expliquer la faible participation des jeunes à la politique par le fait
qu’il n’y a pas de renouvellement de la classe politique. Ces «vieux» qualifiés de «dinosaures
politiques» monopolisent le pouvoir, c’est ce que Bourdieu appelle «méta-capital» ou
«étatique». Ces gens-là sont favorisés au sein de l’Etat et ils disposent plus de capital par
rapport aux autres.
Dans les sociétés identitaires malgaches, ce n’est pas le juridique qui fait la politique
mais c’est la politique et la politique symbolise l’aîné des aînés. D’où le proverbe malgache :
«Izay fotsy volo, ela nihetezana». La politique gérontocratique ou le respect des «vieux» ou
des «ray aman-dreny» existe encore à Madagascar, surtout dans les régions côtières.
4. Analyse sur le plan institutionnel

Pendant la colonisation, l’éducation n’était pas accessible à tout le monde. Les gens
privilégiés sont inscrits dans les grandes écoles et l’une des plus célèbres étant l’école «Le
Myre de Villers» qui siégeait à Mahamasina. Donc, c’était le fils des riches et les gens qui
avaient des relations avec les colons qui sont les plus privilégiés. Ainsi, l’éducation à cette
époque-là était vouée à une minorité. Et la plupart des élites malgaches et les politiciens de
cette époque sortaient de ces grandes écoles ; à titre d’illustration, le docteur Ravoahangy
Andrianavalona était sortant de l’école de la Médecine de Befelatanana. Et nous voyons
jusqu'à maintenant la cicatrice de cette inégalité institutionnelle, ce sont les gens aisés qui
- 30 -

peuvent envoyer leurs enfants dans des institutions privées. C`est la raison pour laquelle le
faible pourcentage des femmes arrivant au niveau supérieur est dû à l’éducation traditionnelle
priorisant les garçons.
5. Sur le plan économique

Nous les Malgaches ont des proverbes, «Ny vola no maha-rangahy» et «ny vola no
hozatry ny fiainana» (littéralement c’est l’argent qui fait l’homme et l’argent est la base de la
vie, de notre existence). Donc, on est obligé de le chercher du jour au lendemain. Lorsque
l’éducation des enfants coûte cher aux parents, les enfants sont obligés de quitter l’école et
surtout la philosophie malgache taxe les filles de «kofehy manaram-panjaitra». D’ailleurs, les
jeunes filles ou les femmes n’ont pas besoin d’acquérir plus de connaissance. C’est pour cela
qu’après le baccalauréat, les filles se précipitent pour se marier tout de suite ou bien certaines
ont envie de continuer mais leurs parents n’ont pas les moyens. D’où, soit elles se marient,
soit elles cherchent du travail. Ainsi Bourdieu affirme : «les acteurs qui veulent profiter d’un
champ et s’y profiter doivent investir leur temps, leur connaissance, leur travail ou bien leur
argent pour obtenir cette «monnaie» ou bien ce «capital» qui est la clé du pouvoir au sein du
champ».
6. Sur le plan social

On peut analyser ce faible pourcentage des femmes au niveau supérieur par le fait
qu’elle n’a pas envie de continuer parce que la sphère sociale ou sphère politique leur prive de
droits qui leur reviennent. Théoriquement, elle a le droit de voter, de choisir, de parler,
d’adhérer à une association quelconque, de choisir des professions qu’elles veulent mais
pratiquement, ce n’est pas le cas. La discrimination à l’égard des femmes existe encore dans
tous les domaines pour ne parler que dans les instances de décision.

CONCLUSION
Bien que des vagues de mouvements pour l’émancipation de la femme se soient
succédé dans les années 70 et 80, celles-ci n’atteignent pas encore son point culminant
puisqu’il s’est estompé en cours de route. Les femmes ont une moindre chance face aux
hommes vu que nous vivons dans une société patriarcale. D’autant plus que la charge de la
vie au foyer leur pèse lourdement sur les épaules. Mais cela n’empêche qu’il y a des
exceptions et des élites parmi elles. C’est cette démarcation féminine que nous allons
découvrir dans le chapitre suivant.
- 31 -

CHAPITRE 5 : Participation politique des femmes et une démarcation


féminine à la députation

Dans le dernier chapitre, nous avons pu appréhender les réalités des femmes face au défi
majeur de participation dans la vie politique mais dans ce nouveau chapitre nous insisterons
sur la participation politique des femmes et sur une démarcation féminine parmi tant d’autres.
La participation des femmes malgaches dans la gestion de la cité débutait depuis
l’époque royale. Mais, la participation des femmes commençait par l’accès au droit de vote
lors de l’émancipation féminine et des révolutions dans les années 1970. Jusqu’à présent, la
participation des femmes est encore minime. Et c’est la réalité sociale dans la commune
urbaine d’Arivonimamo.
SECTION 1 : PARTICIPATION POLITIQUE DE LA FEMME
1. La participation des femmes d’Arivonimamo dans la vie politique
Que peut-on entendre par «participation politique?».
Participer c'est prendre part à une action, c'est contribuer soit directement, soit indirectement à
la construction d'une chose, d'un État, bref d'une société. Ainsi, la participation politique signifie
l'acte par lequel le citoyen assume et tente d'influencer, directement ou indirectement le cours des
affaires publiques dans sa société.

La participation est l’engagement concret des individus dans les affaires publiques. Elle
s’exprime classiquement en démocratie par le vote, mais peut aussi prendre des formes
différentes telles que l’engagement associatif ou la participation protestataire.
Tableau 7 : Participation aux élections
Indicateurs Proportions %
Participants 52
Abstentionnistes 48
Total 100
Source : Enquêtes personnelles, 2016
La participation politique peut prendre aussi d’autres formes. Certaines sont
relativement conventionnelles en ce sens qu’elles correspondent au fonctionnement habituel
des démocraties. L’engagement dans un parti politique ou la participation à des meetings
politiques se rattachent à ces formes traditionnelles de participation démocratique. D’autres
formes de participation sont moins traditionnelles mais tendent à devenir des modes essentiels
- 32 -

de participation. Il s’agit par exemple de la participation associative, qu’il s’agisse


d’associations à objectifs nationaux (ou internationaux) ou d’associations plus locales.
Tableau 8 : Participation dans les associations
Indicateurs Proportion %
Adhérent 36
Non adhérent 64
Total 100%
Source : Enquêtes personnelles, 2016
La participation dans les associations représente un moyen efficace de valoriser le
capital social, et ainsi de promouvoir les dynamiques d’ascension sociale.

2. Les facteurs de blocage à la participation des femmes à la vie politique


Pour que les décideuses soient efficaces, des stratégies destinées à augmenter la
représentation des femmes doivent aller au-delà du simple accès et aborder les obstacles à leur
participation effective. Les instances de décisions politiques sont remplies d’obstacles pour
les femmes. Ceux-ci comprennent : des facteurs idéologiques, des facteurs politiques, des
facteurs institutionnels et des attributions personnelles.

2.1. Obstacles idéologiques


2.1.1. Culture et tradition

Ce facteur fait partie d’un élément principal qui bloque la participation des femmes. Ces
femmes ne sont pas considérées car seuls les hommes sont écoutés. Il y a un dicton malgache
qui dit que «akoho vavy maneno», (littéralement : des poules chantant sont considérées
comme un mauvais présage par les Malgaches.), ceci pour dire que seuls les hommes doivent
prendre la parole et doivent avoir le dernier mot. Pour n’importe quelle ethnie à Madagascar,
seuls les hommes sont des leaders traditionnels (Tangalamena, Ampanjaka, Sojabe, etc. .).

Il s’avère ainsi difficile de changer cette mentalité car ces hommes respectent «les
valeurs traditionnelles» et veulent d’ailleurs garder leur pouvoir.

2.2. Obstacles politiques


«Le programme du Ministère de la Population et des Affaires sociales continue cette
année pour la sensibilisation des leaders traditionnels car ces derniers doivent être convaincus
pour que les femmes puissent atteindre les objectifs d’occuper 50% des postes de décision en
2015». C’est que pense le directeur général de la promotion du Genre et des Affaires sociales.
- 33 -

2.2.1. Les femmes ne se soutiennent pas entre elles

Une des barrières mentionnées dans l’autre volet est le manque de soutien entre
femmes. Les femmes entre elles ne se supportent pas et ne se font pas confiance. Les femmes
ont pris l’habitude d’être dirigées par les hommes et elles trouvent anormal qu’elles soient
dirigées par des femmes. La jalousie entre femmes est aussi à considérer à ce niveau.

2.3. Les facteurs de blocage d’après les réponses évoquées par les enquêtés :
Tableau 9 : Tableau récapitulatif des facteurs de blocage d’après les réponses
évoquées par les enquêtés

Facteurs de blocage à la participation


active des femmes à la vie politique Effectifs Pourcentage (%)

Manque de moyens matériels et


32 53,33
financiers

Manque d’éducation,
analphabétisme et illettrisme 28 46,67

Mentalité et attitudes 30 50

Exclusions (Institution mise en


place, dirigeants de la société, …) 25 41,67

Manque d’audace, de courage et de 15 25


risque

Incompréhension du genre (mal


compris, mal conçu et mal appliqué) 3 5

Responsabilités domestiques 22 36,67

Culture et tradition 17 28,33

Source : Enquêtes personnelles, 2016


D’après ce tableau récapitulatif des facteurs de blocage à la participation des femmes
dans la vie politique, les réponses des enquêtés se penchent, d’une part, sur le manque de
- 34 -

moyens matériels et financiers, d`autre part sur la mentalité et les attitudes aussi bien des
hommes que des femmes, rajouté au manque d’éducation ou à l’analphabétisme des femmes.
En plus des facteurs de blocage à la participation des femmes à la vie politique, on a
posé la question suivante aux populations enquêtées : est-ce que la politique est seulement
l’affaire des riches ? Voici le résumé des résultats émis par les enquêtées. Mais on tient à
préciser que les réponses sont plus élaborées chez les gens qui ont un niveau d’instruction
supérieur.
Tableau 10 : Avis des gens sur l’influence des richesses à la participation dans la vie
politique

La richesse influence la participation à la vie politique Pour Contre Dubitatif Total

Effectif 36 14 10 60

Pourcentage (%) 60 23,33 16,66 100

Source : Enquêtes personnelles, 2016


Dans cette commune urbaine d’Arivonimamo, nous constatons que l’élection
communale est quasi-héréditaire, la gestion de la commune urbaine s’alternait de père en fils
selon le dire des enquêtés. En outre, ils ont l’habitude d’acheter les voix de certains gens.
D’où la poussée du mercantilisme dans la vie politique. Pourtant, au niveau de district, une
femme portée candidate a pu triompher face à une armure d’hommes puisque les femmes sont
minoritaires numériquement, deux (2) femmes contre quinze (15) hommes.
Dans la précédente section, nous avons vu la participation politique de la femme. Et
dans cette nouvelle section, nous analyserons la présence et l’activisme politique de la
femme.
- 35 -

SECTION 2 : PRESENCE ET ACTIVISME POLITIQUE DE LA FEMME


1. Sur le plan social
En général, ce volet est le propre des femmes. Elles participent activement dans le
domaine social. Même les hommes enquêtés affirment cela. Dans la commune urbaine
d’Arivonimamo, cet activisme de la femme se manifeste par la participation à des organismes
comme la Croix rouge. Cet organisme international a sept principes, à savoir l’humanité,
l’impartialité, la neutralité, l’indépendance, la volontaire, l’unité, et l’universalité.
Elle a pour mission de contribuer à l’amélioration des conditions d’existence des plus
vulnérables en apportant leur soutien dans les domaines de la santé, de la gestion des
catastrophes naturelles ainsi que dans la promotion des valeurs humanitaires. Cet organisme
est dirigé par une militante laquelle, ayant pour père un politicien, était membre du «Jeune
social-démocrate» (JSD) au temps du Président RASIRAKA Didier.
Voici un tableau montrant les effectifs par sexe des membres
Tableau 11 : Répartition par sexe des membres de la Croix Rouge dans le district
d’Arivonimamo
Sexe Masculin Féminin Total
Effectif 129 222 351
Pourcentage 36,75% 63,25% 100%

Source : Enquêtes personnelles, 2016


Le milieu associatif permet aux femmes de s'ouvrir aux autres, de dissiper leur timidité
et de s'intéresser au débat public qui a cours dans le pays, nous affirme une personne
interrogée.
Les résultats de notre enquête montrent que trente-six pour cent (36%) des personnes
interrogées appartiennent à une association. Elles sont 25% à appartenir aux associations
purement féminines ; 9% dans les associations professionnelles et mixtes et 2% dans les
associations régionales.
Si le milieu associatif demeure une grande école pour l'initiation à la vie publique, il
prend beaucoup de temps comme en témoignent 50% de nos enquêtées mariées et qui
estiment avoir éprouvé des difficultés de communication avec leurs maris qui les considèrent
comme des femmes libres. Par contre, 35% des enquêtées veuves se plaignent du manque de
temps qu'elles consacrent au suivi et à l'éducation de leurs enfants et les 15% divorcées
estiment que l'une des causes lointaines de leur divorce se trouverait être les absences répétées
au sein du foyer pour répondre aux obligations d'ordre associatif.
- 36 -

En dépit de ces maux, nos enquêtées s'accordent à reconnaître les bienfaits reçus dans le
milieu associatif, telle leur nomination à des grandes instances étatiques, ou les formations
reçues à l'étranger.
Outre le cadre associatif, l'héritage politique des parents ou du conjoint constitue aussi
une porte d'entrée en politique. A titre d’illustration, lors de la célébration de la journée
mondiale de la femme le 08 Mars dernier (2016), ces quelques photos confirment cette idée.

PHOTO 1 : Photos montrant la célébration du 08 mars 2016 : reboisement et carnaval.


Source : District d’Arivonimamo, 2016
A la veille de la célébration de la journée de la femme dernière, un reboisement a été à
l’ordre du jour, un évènement présidé par le député RAMANANDRAISOA Célestine avec la
collaboration des associations féminines dans la commune urbaine d’Arivonimamo à l’instar
des associations des femmes épouses des gendarmes, des associations des paysans,
associations des artisans en soie et des paniers en sisal et des associations d’agriculteurs,…
- 37 -

2. Sur le plan économique


Dans la commune urbaine d’Arivonimamo, les femmes se mobilisent à travers des
associations à vocation économique, plus précisément, par des associations axées vers le
tissage. De prime abord, on cite l’association « LANDIN’IMAMO ».

PHOTOS 2 : Tissage en soie


Source : Enquêtes personnelles, 2016

Photos n 3 : Le Sarohy et des larves de Landibe


Source : Enquêtes personnelles, 2016
Ses principales activités sont le tissage en soie et l’exportation des paniers en sisal. Elle
vise comme objectif : «femmes actives, responsables et indépendantes dans tous les
domaines». Elle collabore avec des ONG comme PROSPERER et FIDA.
- 38 -

Par ailleurs, on cite aussi l’art du crochet comme une Activité Génératrice de Revenus
(AGR) dans la commune urbaine d’Arivonimamo. Voici quelques modèles de crochet que
nous ont donné les artisans lors de notre descente sur terrain.

Photos n 4 : modèles de crochet


Source : Enquêtes personnelles, 2016
D’après ces photos, on peut dire que les artisans dans la commune urbaine
d’Arivonimamo dispose différents modèles de crochet et ils suivent les tendances. Ce qui
nous laisse penser que le développement dans cette localité part de la base à travers les micro-
entreprises familiales et à travers les associations. C’est grâce à ces associations qu’elles
puissent assister à des foires et pourraient avoir une nouvelle source de marché.
Enfin, il y a le «Centre de Service Agricole» ou CSA Imamo qui est destiné aux paysans
et participe au développement de l’économie. Le CSA est un ONG de l’Etat.
- 39 -

Son rôle est de mettre en relation les paysans avec des établissements de microfinance
ou avec d’autres organismes.
3. Sur le plan politique
Dans la commune urbaine d’Arivonimamo, la participation des femmes à la vie
politique est peu considérable. Le tableau suivant montre les résultats détaillés de la dernière
élection et cette faible participation des femmes.
Tableau 12 : Les résultats de l’élection de député de 2014 dans le district
d’Arivonimamo

RESULTATS
Electeurs Inscrits: 129059
Nb des votants: 62238
Blancs et nuls: 3252
Suffrages ex. : 59067
Voix obtenues par candidat
1. RAMANANDRAISOA Célestine 19391 32,83
2. RAHARINIAINA Christine Odette 440 0,74
3. RAZAFIARISON Clément 2197 3,72
4. RAKOTONIRINA Gilbert 1556 2,63
5. ANDRIANARISON Guy Ramangason 331 0,56
6. RANDRIAMAROLAFY Florent 3625 6,14
7. ANDRIANAMBININTSOA N Liva
Tiana 2328 3,94
8. RAKOTOMANJATO Rodin Edmond
G. 17317 29,32
9. RAKOTOVAHINY Pascal 542 0,92
10. ANDRIAMALALA Mamisoa Freddy 4950 8,38
11. RANAIVOSON F. Seth 265 0,45
12. RANDRIANINDRINA Zafitsiferana 1365 2,31
13. RAVELONJATO Jean Baptiste 884 1,50
14. RATIARISON Justin Jean Berthin 629 1,06
15. RANDRIANARIVODIDA Solofoson 1187 2,01
16. RAKOTOARIVELO Alain Bruno 807 1,37
17. RANDRIAMANANTENASOA Robert 1253 2,12
59067 100
Source : District d’Arivonimamo, 2016
- 40 -

Nous avons cherché à connaître les tendances de notre échantillon quant à la


participation à la dernière élection. Il convient également de noter que la région Itasy a été
connue par rapport à la proportion de vote contre la constitution de la quatrième république.
Pour cette élection de députation, une majorité a exprimé sa voix par les urnes.
Toutefois, la proportion des abstentionnistes est marquante (48 %). Rappelons que ces
tendances sont inhérentes à notre échantillon.
La participation électorale est importante. 77 % ont par exemple indiqué avoir participé
au référendum de 2009. Parmi ceux qui disent n’y avoir pas participé, 7 % ne l’ont pas fait
parce qu’ils étaient trop jeunes et 8% n’étaient pas inscrits sur les listes pour différentes
raisons (autres qu’une volonté délibérée). Seuls 8% des électeurs potentiels n’ont donc pas
participé à cette élection. Mais la participation électorale n’est pas la forme la plus aboutie de
participation. Elle se réduit en effet à déposer un intervalle plus ou moins régulier, un bulletin
dans une urne et ne permet pas de savoir clairement les préférences des citoyens.
Dans cette rubrique, les femmes tiennent toujours le grand rôle quant à considérer
qu’elles constituent la majorité de ceux qui ne sont pas allés voter lors du référendum.
L’instabilité politique et la crise économico-sociale ambiante les découragent.
Quant à l’activisme politique des femmes, elles se donnent la main dans les activités de
développement par le biais du reboisement, la participation à l’aide humanitaire et
l’encouragement des jeunes à des activités sportives. Ces photos montrent la cohésion des
femmes de haute responsabilité dans la commune urbaine et le district d’Arivonimamo.

Photos n 5 : Femmes de haute responsabilité dans le district d’Arivonimamo


Source : District d’Arivonimamo, 2016
- 41 -

Photos n° 6 : Les aides humanitaires effectuées par madame le député

Durant la célébration de la journée de la femme (08 mars 2016), le député a offert des
aides aux certains mères de familles qui venaient d’accoucher et des semences pour les
paysans et des appuis financiers et matériels pour les artisans.
- 42 -

Avant la députation, madame Célestine a parcouru un long trajet dans le domaine social,
plus précisément dans le volet humanitaire et développement de ces concitoyens. Le récit de
vie ci-dessous nous donne un aperçu sur ce qu’elle a vécu avant d’arriver à ce stade de député
de Madagascar. Il convient de noter qu’elle nous a donné son accord pour le présent récit de
vie et nous essaierons toujours d’être objective pour respecter la déontologie des œuvres
académiques et scientifiques.
Récit de vie

Madame R.C mère de famille est institutrice de formation, sortante des institutions de formation pédagogique.
Avant, elle a exercé une carrière d’institutrice en tant que fonctionnaire. Puis, elle et son mari ont rejoint l’ONG AKAMASOA
pour y travailler étroitement avec le père Pedro. Depuis 1989, elle était le secrétaire et son mari était le président de
l’Akamasoa. Durant 13 ans, elle était aussi responsable de la pédagogie au sein de l’ONG. Par ailleurs, elle a créé en 2002
l’organisme ADM (Aide au Développement de Madagascar) dans le but de lutter contre la pauvreté et afin d’éviter l’exode
rural. Elle assurait aussi la trésorerie et elle a débuté ces aides dans la partie Est d’Arivonimamo à l’instar de Manalalondo
et d’Amboanana. Pourtant, le projet s’est élargi dans tout Madagascar après et surtout dans les zones rurales. Il s’agit
d’aides directes aux familles pauvres à titre d’Haute Intensité de Main-d’Œuvre ou HIMO, de «sarak’asa» ou littéralement
se traduit en entraide entre les agriculteurs, de réhabilitation de route, d’infrastructure scolaire, de construction de barrages
et de ponts et enfin aide pour le frais de scolarité pour certains parents en difficulté ayant beaucoup d’enfants à charge.
Quant à son entrée dans la vie politique, la première était en 2000 lors d`une année d`élection législative. La seconde était
celle de l`élection législative de 2014 où elle est membre du parti politique MAPAR. Elle est sortie victorieuse en première
place avec 33% des votes. Son ambition politique est d’avancer dans la voie qu’elle a choisie qu’est le développement local
et surtout le monde rural. Et elle a comme projet d’avenir de créer une formation professionnelle sur l’Agriculture, sur
l’Elévage et le commerce dans le district d’Arivonimamo.

4. Sur le plan culturel


Les femmes dans la commune urbaine d’Arivonimamo participent activement aux
activités sportives.
Nous avons pu voir que les jeunes dans la commune urbaine d’Arivonimamo
s’intéressent beaucoup plus au football et au basketball. En outre, à la période de la nativité, la
mairie organise un Tournoi de Noël pour hommes et dames. Ces activités participent à
l’épanouissement de la jeunesse dans cette commune.
Ainsi à l’occasion de la journée mondiale de la femme le 08 mars dernier (2016), une
rencontre sportive entres des jeunes filles et des femmes basketteuses était à l’ordre du jour.
- 43 -

En outre, certains jeunes hommes ont aussi participé aux rencontres sportives. Nous pouvons
le voir sur la photo ci-dessous.

Photos 7 : photos montrant l’activité culturelle et sportive


lors de la célébration du 08 mars dernier
Source : District d’Arivonimamo, 2016
A part cela, des concours de dance ont été organisés lors du carnaval et devant la mairie
et la remise des lots ont clôturés la cérémonie

CONCLUSION
En résumé, la participation de la femme dans la vie politique est encore faible.
Sur le plan social, les femmes participent activement mais dans les autres domaines surtout
sur le plan politique, la discrimination envers les femmes pèse lourdement. C’est ce que nous
avons pu découvrir lors de notre descente sur le terrain dans la commune urbaine
d’Arivonimamo.
PARTIE III :
ELECTORAT FEMININ ET
DEVELOPPEMENT

"Une bonne stratégie électorale cherche à


privilégier les sujets susceptibles de détacher de
la coalition adverse un nombre suffisant de
partisans (ou de clients). Moins l'électorat est
politisé, plus ces thèmes qui font clivage (wedge
issues) peuvent paraître accessoires."

SERGE HALIMI
- 44 -

«S’informer au préalable du contenu relatif au programme des candidats en lice dans


une compétition électorale, devrait être l’expression usuelle du comportement instinctif de
tout électorat. Pour autant, ce semblant de réflexe primaire, apparemment mû par des
considérations cognitives, est trompeur. En ce sens où il n’est pas certain qu’un électorat à
majorité paysanne comme celui de Madagascar soit capable de porter son attention sur des
élucubrations enrobant les discours-programmes débités en temps de propagande, aussi
captivants soient-ils. D’autant plus que cet électorat-là compte parmi les victimes à répétition
des promesses électorales non tenues et des lassants verbiages politiques sans contenu
idéologique intelligible.» (Jonasy, 2013). De là, chaque organisation politique malgache
essaie de bricoler, tant bien que mal, le montage d’un projet de société aux fins de répondre
aux besoins de développement du pays, secteur par secteur, sans pour autant s’aligner sur une
telle ou telle ligne théorie doctrinale.
L’année 1995 fut marquée par l’adoption par la communauté internationale du
Programme mondial pour la promotion de la femme à la Conférence de Beijing. Etant donné
que Madagascar est l’un des pays signataires de cet accord, elle devrait mettre en œuvre des
stratégies de mise en application de la promotion de la femme. Mais, il a fallu cinq ans pour
élaborer la politique nationale pour la promotion de la femme ou PNPF.
L’objectif principal est d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement,
l’objectif d’avoir au moins 30% de femmes dans toutes les instances de décision en 2015 et
50% d’entre elles dans ces mêmes instances en 2015. Par la suite, en 2003 un Plan d’Action
National Genre et développement (PANAGED) a été élaboré à la suite d’un processus
participatif provincial puis national. Il sert de cadre de référence opérationnel à l’intégration
de la dimension genre dans tous les domaines du développement social et économique ; le
plan d’action est la traduction en action de la Politique Nationale de Promotion de la Femme
(PNPF) pour un développement équilibré homme-femme et il vise à améliorer l’efficience
économique des femmes ainsi que le statut socio-juridique et politique de la femme.
- 45 -

CHAPITRE 6 : Démission civique et non-participation

On constate que la discrimination à l’égard des femmes subsiste malgré les différents
accords et protocoles signés au niveau international que national. Ces inégalités fondées sur le
genre porte atteinte à l’efficacité du développement de manière fondamentale dans le monde.
Madagascar, comme les autres pays en voie de développement n’échappent pas à ce
phénomène de société car les disparités entre les sexes constituent un véritable blocage pour
la pérennisation du développement durable.

SECTION 1 : DEMISSION CIVIQUE EN TERMES D’ELECTORAT


1. Les avis des intellectuels
Les idées véhiculées par Karl MARX nous semblent constituer une base théorique
adaptée à notre recherche. En effet, d’après MARX (1992) : «les rapports juridiques ainsi que
les formes d’Etats ne peuvent être compris ni par eux-mêmes ni par prétendue évolution
générale de l’esprit humain mais qu’ils prennent au contraire leurs racines dans les
conditions d’existences matérielles».
En un mot, c’est l’infrastructure qui détermine la superstructure ou encore c’est l’être
social qui détermine la conscience des hommes, mais pas l’inverse. Les conditions
d’existence matérielles ou les rapports de production modèlent essentiellement la structure
sociale. Bref, cette théorie de Karl Marx est explicite dans l’approche genre, notamment dans
le cas des femmes et des filles de la localité que nous avons observée.
Lucile Rabearimanana (2008), quant à elle, in «Mama Africa» soutient que dans les
années 1945-1948 les femmes agissaient essentiellement dans l’ombre des hommes ou en leur
nom, c’est seulement vers les années 1980 que le militantisme féminin a «timidement»
démarré et que malgré l’explosion des activités politiques après 1956, il y a eu toujours peu
de femmes dans la vie politique.
Elle en arrive alors à dire que si l’on remonte dans le temps, on se rend compte de
«l’effacement voire de l’absence des femmes malgaches dans la vie politique en général».
Que ce soit à l’époque du royaume de Madagascar (mise à part Ranavalona I qui s’est
efforcée de préserver son pouvoir) ou encore à l’époque coloniale (dans les luttes nationalistes
en particulier) (2008 :315). Mais l’ordonnance du 21 avril 1944 adoptée par l’Assemblée
consultative d’Alger a nettement amélioré la situation des femmes en leur accordant le droit
d’être électrices et d’être éligibles.
- 46 -

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, la femme malgache, du moins celle qui


remplit les conditions imposées par le suffrage restreint (basées sur la propriété, le revenu et
les diplômes) devient électrice et peut même se porter candidate. Les activités politiques lui
sont donc juridiquement ouvertes durant la colonisation. Mais il faut remarquer qu’aucune
femme ne s’est présentée aux élections qui se sont déroulées.
La majorité des électrices vivaient, selon Lucile Rabearimanana, sur les Hautes terres
centrales et surtout en Imerina. Ceci s’explique par le fait que les jeunes filles de l’Imerina ont
bénéficié d’une instruction à l’occidental et qu’elles jouissent d’une certaine émancipation. La
participation féminine à la vie politique ne concernait, dit-elle, que des Merina, et de plus,
issues de milieu occidentalisé. A titre d’exemple, les quelques femmes du MDRM
(Mouvement Démocratique de la Rénovation Malgache) étaient des Merina, et Gisèle
Rabesahala, figure emblématique du militantisme féminin, est Merina d’origine bourgeoise.
Remarque :
 Le droit de vote a été reconnu aux femmes le 29/04/1959 (suffrage universel).
 Le droit d’être élue a été reconnu aux femmes le 29/04/1959 (suffrage universel).
 Première femme au parlement : 1968.
 En 49 ans d’indépendance, il y a eu seulement deux femmes candidates à l’élection
présidentielle. Ruffine Tsiranana et Elia Ravelomanantsoa (2006).
2. Combat psychologique
Ainsi, combattre la pauvreté demande d’accroître les potentialités des femmes afin de
les rendre moins vulnérables et ainsi mieux prendre leur destin, et celui de leurs enfants en
main. Ceci implique des interventions pour les aider à constituer un capital physique suffisant
(foncier, cheptel, matériel) ou financier (épargne et microcrédits), et pour valoriser leur
niveau de capital humain et celui de leurs enfants. Des actions d’information à leur égard,
ciblées sur les opportunités en matière d’emploi, de financement, de création d’activités
génératrices de revenu, pourraient répondre à un besoin actuel.
« Les villes sont des bibles de pierre. Celles-ci n’ont pas un dôme, pas un toit, pas un
pavé qui n’ait quelque chose à dire dans le sens de l’alliance et de l’union, et qui ne donne
une leçon, un exemple ou un conseil. Que les peuples viennent dans ce prodigieux alphabet de
monuments, de tombeaux et de trophées épeler la paix et désapprendre la haine. (…). Le
genre humain a deux livres, deux registres, deux testaments, la maçonnerie et l’imprimerie, la
bible de pierre et la bible de papier. » (Hugo, 1853).
- 47 -

Notre société a privilégié une vision de l’homme comme sujet ou objet de production ou
«homo faber». Cet accent privilégié n’a pas permis de découvrir ou d’investir d’autres
dimensions essentielles de l’homme et du coup, elle génère de l’exclusion. La valeur de
reconnaissance sociale est liée à la capacité d’être rentable. Pour être bien orientée, une
réflexion sur le développement durable devra s’interroger sur la possibilité pour tout être de se
déployer dans toutes ces dimensions sans être réduit à un «homo economicus».
3. Les réalités dans la commune urbaine d’Arivonimamo
Tableau 13 : Effectif théorique de l’identification par le sexe

Typologie Politique Sympathisant Apolitique Totaux


Sexe
Masculin 11 4 5 20
Féminin 11 6 23 40
Totaux 22 10 28 N= 60

Source : Enquêtes personnelles, 2016


Ce tableau montre que parmi les 40 femmes enquêtées, 11 femmes, soit 27 ,5%
seulement font de la politique contre 23 femmes, soit 57,5% qui sont apolitiques. En parlant
d’hommes, 11 hommes, soit 55,5% parmi les 20 enquêtés font de la politique contre 5
hommes, soit 25% sont apolitiques. Selon le dire de ces enquêtés, les femmes ne sont pas
faites pour les affaires politiques, même certaines femmes affirment cela. En plus, ce sont les
hommes qui s’intéressent le plus à la politique.
«On distingue traditionnellement trois dimensions des comportements politiques
individuels, la politisation, la participation et l’orientation partisane» (Brechon, 2000).
Concernant les femmes dans la commune urbaine d’Arivonimamo, on a pu savoir ce
qu’on entend par la politisation. La politisation est le degré d’intérêt pour la politique. Celle-ci
peut être mesurée directement en interrogeant par exemple les individus sur leur intérêt pour
les affaires publiques, ou indirectement en leur demandant s’il leur arrive de parler politique
avec leurs connaissances.
- 48 -

Tableau 14 : Le degré d’intérêt de l’échantillon à la politique

Degré d’intérêt Proportion %


Je m’y intéresse (et m’implique) 15
Je m’y intéresse moyennement 33
Je ne m’y intéresse pas du tout 32
Je n’ai pas d’avis 20
Total 100%
Source : Enquêtes personnelles, 2016
Nous voyons à travers les réponses des enquêtés quant à leur intérêt pour le domaine
politique que la majorité se partage entre un intérêt moyen et un désintérêt total
(respectivement de 33 et 32 % de l’effectif). Cela traduit des tendances assez positives, dans
la mesure où l’on peut y déceler une citoyenneté effective.
Toutefois, il ne faut pas négliger le reste des personnes qui n’ont pas d’avis : c’est en
quelque sorte le résultat des défaillances de l’éducation, dans la mesure où une formation
spécialisée en termes de politique n’existe pas, du moins dans toutes les régions de
Madagascar. Par ailleurs, le désenchantement quant aux agissements des politiciens
malgaches y est pour beaucoup.
Quant au reste, c'est-à-dire les 15 % restants qui avouent s’intéresser à la politique sont
constitués de ceux qui ont pu trouver des avantages en intégrant un parti politique
quelconque. Dans ce cas, les motivations relèvent plus de la complaisance envers une
personnalité, et non une adhésion spécifique à une quelconque idéologie. L’implication
revient alors ici à évoquer les tendances partisanes, sans analyse profonde des velléités
politiques des leaders.
Dans la précédente section, on a pu découvrir une démission civique en termes
d’électorat que ce soit chez les hommes ou bien chez les femmes. Or, dans la présente section,
nous découvrirons ici le désintéressement des femmes dans la vie politique.
- 49 -

SECTION 2 : DESINTERESSEMENT ET/OU NON PARTICIPATION DES FEMMES


DANS LA VIE POLITIQUE
L’échantillon se montre moins intéressé par les affaires publiques. Seuls 49 % d’entre
elles se déclarent intéressées (plutôt ou très) par les affaires publiques, 48 % ne parlent jamais
politique dans leur famille ou avec leurs amis et 39 % n’en parlent qu’occasionnellement.
Les individus féminins interrogés constituent la majorité de ceux qui ne s’intéressent
pas du tout à la politique, de même ceux qui n’ont pas d’avis sur la question. D’une manière
qualitative, nous avons pu relever que cela est dû aux préoccupations domestiques et aux
avantages invisibles générés par l’existence des dirigeants du pays.
Le niveau de formation est une variable de la politisation. L’intérêt pour la politique
nécessite en effet un minimum de compétences techniques (capacité à comprendre les enjeux,
capacité à se repérer dans le champ politique, connaissance de l’offre politique, etc.). Cette
compétence technique est bien entendu en bonne partie liée au niveau d’éducation dans la
mesure où celui-ci fournit les moyens d’accéder à l’information et de réfléchir aux enjeux de
la société. On constate donc sans surprise que l’intérêt pour la politique augmente nettement
avec la durée de scolarisation.
La classe d’âge joue également un rôle dans l’optique de cette politisation. Près de 60 %
des moins de 35 ans se déclarent en effet pas ou peu intéressés par les affaires publiques, alors
que ce taux tombe à 49 % chez les 35-44 ans puis à 39 % chez les 45-54 ans (il remonte
ensuite légèrement chez les plus âgés). Ces écarts pourraient en partie refléter des différences
de maturité politique dans la mesure où la connaissance des enjeux et la maîtrise des débats
doivent pouvoir progresser avec l’âge. Néanmoins, cette interprétation ne permet pas de
comprendre pourquoi la différence est aussi marquée entre les 35-44 ans et les 45-54 ans.
Mais la politisation est liée non plus à la compétence technique mais au degré
d’insertion dans la société. S’intéresser à la politique nécessite en effet de se sentir «en droit
et en devoir» (Bourdieu, 1980) de le faire. Cela dépend donc de la «légitimité sociale» des
individus. Les différences d’intérêt des classes d’âge peuvent alors refléter leurs différences
de légitimité dans une société marquée par la préséance des plus âgés.
Le désintérêt bien plus marqué des plus jeunes pour la politique peut aussi être le signe
d’un effet de génération plus que d’un effet d’âge. Les jeunes générations, socialisées dans un
contexte différent de celui de leurs aînés, pourraient alors avoir développé des valeurs et
attitudes spécifiques à l’égard de la politique (qu’elles garderont en vieillissant).
- 50 -

1. La participation des femmes d’Arivonimamo à l’électorat


En parlant de participation, la participation est l’engagement concret des individus dans
les affaires publiques. Elle s’exprime classiquement en démocratie par le vote, mais peut aussi
prendre des formes différentes telles que l’engagement associatif ou la participation
protestataire.
Tableau 15 : Participation aux élections de députation
Indicateurs Proportion %
Femmes candidates 12
Hommes candidats 88
Total 100%
Source : Enquêtes personnelles, 2016
D’après ce tableau, on enregistre une faible participation politique des femmes car
seulement deux (2) candidates ont eu l’audace de se présenter à l’élection face au quinze (15)
hommes portés candidats. Pourtant, c’est dans ce contexte qu’une démarcation féminine
s’impose par la victoire de la candidate RAMANANDRAISOA Célestine et elle est bien
même à la tête de la liste face à l’autre candidat RAKOTOMANJATO Rodin Edmond G. soit
32,83% contre 29,32%. Ils sont élus au titre de député de Madagascar.
2. L’orientation partisane des femmes d’Arivonimamo
L’orientation partisane est la capacité des individus à se positionner dans le champ
politique en fonction de leurs valeurs ou opinions.
Nous avons remarqué que cette orientation partisane se focalise sur trois tendances,
relativement à l’histoire récente du pays : une tendance attachée aux valeurs du régime
précédent ; une tendance rattachée à la défense de la transition et une tendance d’apparence
neutre, dans la mesure où ce qui leur importe, c’est de trouver de quoi manger tous les jours.
Ces trois dimensions constituent les supports essentiels de la citoyenneté. Celle-ci
nécessite en effet que les individus s’intéressent aux affaires publiques, qu’ils soient capables
de faire des choix et d’exprimer des préférences et qu’ils agissent activement pour faire valoir
leurs préférences.
Cependant, nous avons remarqué que la place des femmes est assez ambigüe. Le
manque d’intérêt pour la chose publique est bien entendu porteur de risque pour la
démocratie.
En effet, comme A. de Tocqueville (1986) l’avait montré en son temps, «il crée des
conditions permissives à l’instauration d’un gouvernement despotique en ce sens qu’il
pourrait agir sans tenir compte des avis et opinions des habitants».
- 51 -

Le sexe est une variable de la politisation. Les femmes apparaissent nettement moins
intéressées que les hommes par les affaires publiques, puisque près de 60 % d’entre elles
déclarent leur absence ou faible intérêt pour celles-ci. Ce désintérêt est en partie lié à leur
moindre compétence technique, les femmes ayant un niveau de formation en moyenne
inférieur à celui des hommes. Mais il est aussi le signe de leur moindre légitimité sociale, les
femmes se sentant moins en droit et en devoir d’avoir une opinion et de l’exprimer.

CONCLUSION
La démission civique et non participation des femmes dans la vie politique s’expliquent
par le fait que la société malgache est traditionnellement patriarcale et que les femmes ne se
soutiennent pas entre elles. D’où, il y a un combat psychologique entre celles qui osent se
lancer à la politique face au défi majeur en tant que mère de famille et celles des femmes
politiques.
- 52 -

CHAPITRE 7 : Prise de conscience de l’importance des femmes dans le


développement

D'ordinaire toute tentative de justification du statut de la femme passe par le système


d'éducation reçu par la femme dès sa tendre enfance, d'une part, et sa situation de dépendance
économique, d'autre part.
En ce sens, l'éducation est plus large que l'instruction, qui est un «des modes spécifiques
de communication à des enfants, disposés en rang dans une salle, des techniques complexes
de la vie moderne». Margaret Mead, (1973) souligne particulièrement la dépendance de
l'enfant à l'égard de sa tradition.
Or, force est de constater que dans la société traditionnelle, la jeune fille reçoit une
éducation circonscrite à son futur rôle d'épouse et de mère comme en témoigne, cette pensée
de Napoléon Bonaparte qui dit : «l'éducation publique ne convient point aux jeunes filles
puisqu'elles ne sont point appelées à vivre en public (...). Le mariage est toute leur
destination». (Dhavermas, 1978).
Le genre, en tant que «rapport social construit sur la différence», est un rapport de
pouvoir. Celui-ci peut être décliné analytiquement en termes de hiérarchie et en termes de
norme. Il existe d’une part, un rapport de pouvoir inégalitaire entre hommes et femmes, et
d`autre part une supériorité sociale des significations et valeurs associées au masculin sur
celles associées au féminin, d’autre part.
Selon les idées avancées par DELPHY (C) et GUILLAUMIN (C), ce rapport de pouvoir
a été au cœur des premières théories féministes, qui l’ont conceptualisé en termes de
«patriarcat» (1998), ou d’«appropriation» (1992), pour ne citer que quelques théories
françaises. Ainsi, le genre, en tant que construction sociale et rapport de pouvoir, n’est
«jamais fixe, mais continuellement constitué et reconstitué» (Glenn, 1999).
L’analyse des inégalités est une étape indispensable dans l’élaboration d’une politique
de lutte contre la pauvreté. Les sociétés ont une perception différente, et variable d’une
société à une autre, du rôle de la femme et de l’homme dans des domaines donnés,
indépendamment des différences biologiques liées au sexe. La notion de genre reprend la
spécificité des relations socialement construites entre les deux sexes.
Ainsi, pour assurer la visibilité féminine sur la scène politique et sociale, nous pensons
que la décentralisation et «leadership au féminin» favoriseront la participation des femmes.
- 53 -

SECTION 1 : DECENTRALISATION ET « LEADERSHIP AU FEMININ »


1. Décentralisation
Le principe de la décentralisation
La décentralisation correspond au transfert du pouvoir et des compétences de l’Etat à
des autorités locales élues instituées en collectivités locales (CL). Ce processus général
recoupe lui-même plusieurs composantes.
 La décentralisation administrative vise, d’une part, à transférer des compétences de
l’Etat, par exemple l’état civil et, d’autre part, à assurer la gestion et la fourniture des
services publics par la réalisation de nouveaux équipements et l’exploitation du
patrimoine existant (dimension de développement local).
 La décentralisation financière correspond au transfert de ressources mais aussi de
charges de l’Etat et à la gestion autonome de leur budget par les autorités locales.
 La décentralisation politique vise, d’une part, à faire émerger une volonté collective
démocratique dans ces nouveaux territoires, fondée sur l’égalité de citoyens dégagés
des liens traditionnels, d’autre part, à organiser l’action et à assurer un pouvoir de
décision aux habitants - citoyens sur l’identification de leurs besoins et sur les
stratégies locales. 1

La décentralisation constitue une excellente opportunité de renforcer la participation des


femmes à la prise de décision, pour plusieurs raisons :
1. Le leadership local est perçu comme étant relativement plus facile à assumer par les
femmes car elles sont généralement très actives dans leur foyer et dans leurs communautés.
Elles ont une bonne compréhension des problèmes locaux et s’attèlent d’une manière ou
d’une autre à les conjurer. La proximité géographique leur permet en outre d’assumer d’autres
responsabilités.
2. Le leadership local est également perçu comme un moyen pratique permettant d’aider
les communautés riveraines à combler les besoins immédiats quotidiens des femmes et de
leurs familles.

1
DÉCENTRALISATION ET FINANCEMENT DES COLLECTIVITÉS LOCALES EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE : LE CAS DE
L’AFRIQUE DE L’OUEST. Ce groupe de travail ESF était présidé par Philippe Coquart et Saïd Bourjij ; rapporteur :
Cécile Pratdessus. Le groupe de travail a conduit des entretiens avec Michèle Leclerc-Olive (EHESS), Christophe
Mestre (Ciedel), Marie-Jo Demante (IRAM), Brigitte Field (Région Ile-de-France), Alain le Saux (Fonds mondial
des villes), Karine Trystram (Conseil général Val de Marne), Marc Vézina (SEDIF), Guillaume Aubourg (ps-Eau),
Toussaint Caradec (MAEE), Constance Koukoui (CUF), Jean Bruschi (ESF).
- 54 -

3. La politique locale paraît moins complexe que la politique nationale, et, en général,
d’aucuns estiment que la politique locale constitue un terrain d’entraînement pour ceux et
celles qui aspirent à assumer un destin national. Qui plus est, les élections locales coûtent
moins cher, donnent lieu à moins de confrontations et sont autrement moins agressives que les
élections nationales.
4. Les femmes sont impliquées dans des activités de développement social ou à la base.
Ces activités renforcent leur confiance quant à leur capacité à résoudre des problèmes locaux,
étant entendu qu’elles parviennent toujours à développer des réseaux formels et semi-formels.
5. Les responsables locaux en exercice sont généralement bien connus de la
communauté toute entière, ce qui réduit la distance du pouvoir entre les femmes et les
structures de gouvernance locales. Ils sont de ce fait moins intimidés.
2. « Leadership au féminin »
Même si la représentation quantitative est faible, on peut toujours évaluer l’impact du
leadership féminin dans la gouvernance locale. Il est alors question d’une contribution
qualitative à la gouvernance locale.
Le leadership féminin constitue une opportunité d’enrichir le processus de prise de
décision grâce à une représentation d’une population cible dans le processus décisionnel et à
une plus grande diversité dans le style de leadership, les approches, les visions et
l’expérience.
3. Avantages de la décentralisation
La présence des femmes dans un gouvernement local leur permet d’exprimer leur
opinion, donnant ainsi une vision plus globale à la collectivité décentralisée. Les femmes
peuvent interpeller la conscience collective sur certaines questions d’importance car une
gouvernance effective est celle qui influence les actions futures.
Les femmes sont bien connectées au niveau de la base, et, à travers leur participation,
œuvrent au dialogue local entre les organisations communautaires et les collectivités
décentralisées. Un autre avantage du leadership féminin dans les collectivités locales est que
les femmes se servent généralement de leur leadership pour mobiliser du soutien en faveur
des projets de développement communautaire qui résolvent les besoins pratiques des
populations locales et des groupes défavorisés.
Par exemple, l’association des femmes maires de Madagascar a lancé une initiative
d’amélioration des emplois des jeunes. Les femmes, à travers leur style de leadership
participatif, ont une forte capacité à toucher une plus grande audience et à appliquer les
meilleures pratiques et innovations à la gouvernance locale.
- 55 -

Les femmes peuvent interpeller la conscience collective sur certaines questions


d’importance car une gouvernance effective est celle qui influence les actions futures. En
outre, la participation de certaines femmes à la gouvernance locale a un effet boule de neige
sur leurs congénères, qui sont ainsi encouragées à relever le défi du leadership. La présence de
leaders féminins dans les collectivités locales permet de mieux les accepter et donne plus de
confiance à d’autres femmes, que la femme peut aussi être un dirigeant local et national. Ces
leaders servent en effet de modèle pour les autres femmes responsables communautaires.
Dans le même ordre d’idée, la présence des leaders féminins rend la collectivité locale
plus accessible aux femmes locales car elles peuvent mieux s’identifier à leurs collectivités
plus que par le passé. L’accès des femmes à des postes de responsabilité encourage également
d’autres groupes sous-représentés à oser participer à la structure de leadership local.
Récemment, il y a eu comme un regain d’intérêt pour la participation des jeunes au
processus et au leadership politiques. Qui plus est, le leadership féminin encourage les
femmes à y participer surtout lorsqu’elles voient les leaders féminins défendre activement
leurs intérêts.

SECTION 2 : SUGGESTIONS EMISES PAR LES ENQUETES :

Lors de notre enquête sur terrain, nous avons demandé aux enquêtés des propositions de
solutions pour une égalité de participation entre les deux sexes. Elles se résument comme
suit :
- Renforcement de capacités intellectuelles et politiques des femmes par le biais de
l’éducation, des formations et des sensibilisations citoyennes.

- Education égale entre filles et garçons et responsabilisation dès leur jeune âge.

- Education de couple et de la masse afin que tout un chacun soit conscient de son
environnement que ce soit social, économique politique ou culturel.

- Responsabilisation des femmes au niveau des fokontany, dans des associations et dans
d’autres postes administratifs.

- Changement de mentalité, de comportement des femmes elles-mêmes et des dirigeants


mais aussi des hommes en général.

- Médiatisation de la politique.
- 56 -

- Valorisation de la capacité féminine et incitation à prendre davantage des


responsabilités pour faire la différence.

- Soutien moral du mari, soutiens matériels et financiers de l’Etat.

- Multiplication des institutions en science politique pour mieux préparer à diriger un


pays.

- Formation en leadership de la masse en améliorant leurs conditions de vie et en


développant d’abord leur commune, puis leur région et le pays tout entier.

- Reconceptualisation du programme pour la promotion du genre.

- Libéralisation des mass-médias en organisant des débats, des échanges d’idées entre
les acteurs dès que la situation l’exige.

- Vulgarisation des idées des diasporas internes et externes.

- Limitation des naissances afin que les femmes soient libérées des charges domestiques
et familiales.

- Réforme institutionnelle et réforme électorale.

- Instauration du système de quotas.

Dans cette section, nous avons résumé en quelque sorte les suggestions émises par les
enquêtés, mais dans la présente section, nous proposerons des stratégies pour la mise en
application de ces suggestions.
- 57 -

SECTION 3 : STRATEGIES POUR LA MISE EN APPLICATION DES


SUGGESTIONS:
1. Stratégies proposées par l’Organisation non-gouvernementale Gender Links :

1.1. Stratégies pour le changement


Nous ne sommes jamais à court d`arguments pour expliquer pourquoi les femmes ne
peuvent pas être élues au sein des instances de décision. Mais il y a beaucoup d’exemples,
aussi bien avec les systèmes de First Past the Post que celui de représentation proportionnelle
d’une augmentation significative de la participation des femmes dans les instances de décision
résultant de mesures prises de façon délibérée; le facteur essentiel est la volonté politique. Si
elle existe, d’autres mesures suivront.

1.2. Instauration des systèmes de quota


Les quotas ont été efficacement appliqués dans la région de la SADC qui ont atteint ou
dépassé les 30% de représentation des femmes au sein des collectivités locales Lesotho
(58%), Mozambique (35,6%), Afrique du Sud (39,7%), Tanzanie (34,2%) et Namibie (42%)
ont tous adopté une forme de quota.
Les quotas volontaires sont des mesures prises par les partis politiques pour garantir
l’inclusion des femmes sur la liste des partis ou au sein de leurs structures. L’inconvénient
avec cette forme de quota est que souvent, il n’y a pas de sanctions pour non-conformité. Les
quotas restent alors des promesses sur papier car ils ne sont jamais appliqués.
Les quotas constitutionnels et légiférés sont des mesures obligatoires qui dictent, par le
haut de la constitution ou des lois électorales appropriées, qu’un certain pourcentage de sièges
ou de postes est mis de côté pour les femmes. L’avantage avec cette forme de quota est
qu’elle s’applique à tous les partis politiques et qu’il y a des sanctions pour non-conformité,
telles que le rejet des listes par les commissions électorales. La Namibie a un système de
représentation proportionnelle, de même qu’un système de quota légiféré de 30% au niveau
des collectivités locales.

1.3. La réforme électorale


Un débat sur la réforme du code électoral est d’actualité à ce jour à Madagascar,
l’objectif étant de trouver le meilleur système électoral. Des conférences régionales se sont
succédé dans toutes les régions de Madagascar afin de recueillir les idées de la population. Un
groupe de la société civile, sensible au genre, essaie d’intégrer la parité dans cette réforme.
- 58 -

2. Stratégies d’après la Politique Nationale de la Promotion de la Femme (PNPF)

2.1. Stratégies pour assurer la promotion économique des femmes


A cet égard, un renforcement des capacités organisationnelles et entrepreneuriales des
femmes, l’amélioration de leur productivité et la promotion des nouvelles perspectives
d’investissement, d’emploi et de crédit pour elles s’imposent comme des stratégies inévitables
pour leur assurer une réelle promotion économique.

2.2. Stratégies pour relever le niveau d’éducation et de formation des filles et des
femmes
 Mobilisation des populations et renforcement de la participation communautaire.
 Sensibilisation et formation en Genre et Développement des différents acteurs de
l’éducation pour obtenir les changements de comportements favorables à l’éducation des
filles et des femmes.

2.3. Stratégies pour promouvoir le droit des femmes et des adolescentes à la santé
et à la santé de la production :
 Information, sensibilisation et plaidoyer auprès de toutes les couches de la société.

 Renforcement de la couverture sanitaire sur l’ensemble du pays, notamment en milieu


rural.

 Information et sensibilisation des femmes et des adolescents et plaidoyer auprès des


hommes, des autorités.

 Développement d’un système d’information, d’orientation et de conseil en faveur des


femmes et des adolescentes.

 Intensification des programmes d’IEC sur les IST et le SIDA en direction des femmes
et des adolescents de toutes les couches sociales.

 Renforcement de la protection sociale des femmes en activité et de celles en situation


difficile.

 Intensification de la recherche sur les besoins spécifiques des femmes et des


adolescents et sur les comportements et pratiques influençant leur santé.
- 59 -

2.4. Stratégies pour renforcer l’application des droits des femmes et la


participation féminine à la prise de décision :
 Information et sensibilisation des communautés pour une meilleure participation et
responsabilisation des femmes.

 Plaidoyer actif en direction des décideurs et des leaders d’opinions.

 Appliquer une politique d’anti-discrimination de la promotion sociale, économique et


politique des filles et des femmes.

3. Stratégies d’après le Plan d’Action Nation Genre et Développement (PANAGED)

3.1. Structure d’exécution :


 Mettre en place une entité chargée de la proportion du genre rattachée à la Présidence
ou à la Primature, apte à gérer et coordonner au niveau central les activités et à effectuer le
suivi et l’évaluation des activités ainsi que la gestion des informations et des réalisations.

 Alléger la structure de pilotage / coordination au niveau national et régional.

 Impliquer les autorités locales et traditionnelles et formaliser leurs contributions.

 Poursuivre et améliorer le système de points focaux (choix et nomination des moins


focaux, identification de leurs attributions, …) afin de favoriser le mainstreaming du genre.

 Bien définir les rôles et attributions de chaque catégorie d’acteurs; le ministère devrait
se limiter aux actions de coordination.

3.2. Stratégies de financement :


 L’Etat malgache devrait participer au financement des actions de coordination et de
pilotage de la promotion du genre.

 Tenir compte de l’intégration du genre dans l’élaboration des lignes budgétaires des
ministères.

 Adopter une stratégie des mobilisations de financement auprès des bailleurs de fonds.

 Plaider pour l’intégration du genre dans les budgets des différents programmes.

 Assurer une meilleure coordination des fonds.


- 60 -

3.3. Moyens matériels et humains :


 Former les acteurs sur les enjeux du genre dans le développement, leur rôle dans la
promotion du genre, et la démarche à suivre pour l’intégration de la dimension genre dans
leur activité.

 Assurer l’existence d’une passation de service et transfert de compétences en cas de


turnover des ressources humaines au niveau des acteurs (ministère, …).

 Veiller à ce que les personnes impliquées dans la proportion du genre soient capable
de faire du plaidoyer.

 Favoriser les échanges entre les acteurs.

 Faire un inventaire des différents outils utilisés dans la promotion du genre ainsi
qu’une analyse de leurs points forts et points faibles.

3.4. Système de communication :


 Instaurer un dispositif de circulation des informations entre les acteurs sous la
coordination de l’entité nationale chargée de la promotion du genre.

 Mettre en place une personne chargée de la communication au niveau de l’entité


nationale chargée de la promotion du genre.

 Mettre en place des outils de communication entre les acteurs (bulletins, mailing, …).

 Instaurer une culture de la communication et du partage d’informations.

3.5. Suivi-évaluation et capitalisation des acquis :


 Adopter un système de suivi systématique des actions des partenaires relatives au
genre.

 Mettre en place une unité de suivi-évaluation au niveau de l’entité nationale chargée


de la promotion des genres.

 Accompagner les formations en lien avec la promotion du genre par des actions de
suivi/accompagnement afin de l’assurer d’une bonne application des acquis.

 Réaliser des revues annuelles des actions.

 Entreprendre une évaluation finale.


- 61 -

 Organiser des séances de capitalisation et de partage des acquis entre les acteurs au
niveau national.

3.6. Pérennisation des actions :


 Assurer un leadership national par rapport à la prise en compte du genre.

 Faire des plaidoyers pour l’adoption de texte visant l’intégration systématique du


genre dans toute action de développement.

 Impliquer les bénéficiaires à travers des animateurs locaux aux actions de


sensibilisation sur le genre.

 Impliquer les leaders d’opinions dans les actions de promotion et d’intégration des
genres.

 Assurer la diffusion de support de communication sur le genre et sur les


responsabilités de chaque type d’acteur en matière de promotion du genre.

 Impliquer les bailleurs pour qu’ils exigent de leurs partenaires ONGs, associations, …)
l’intégration de la dimension genre dans les programmes/projets.

CONCLUSION
On constate que les citoyens sont conscients de cette marginalisation des femmes dans
tous les domaines. En effet, l’Etat par l’intermédiaire des ministères concernés et les
organismes internationaux et associations locales n’a pas encore baissé ses bras face aux
importantes responsabilités qui les attendent. Ils se donnent la main et cherchent le soutien
des citoyens à établir ensemble un environnement serein et favorable à tous.
- 62 -

CONCLUSION GENERALE

Dans le monde rural, les jeunes filles et garçons ont des opportunités de travail dans les
champs, sous prétexte d’aider leurs parents et ont abandonné l’école. Mais nous sommes
convaincue que ce sont surtout les enfants qui ne veulent pas continuer leurs études à cause de
l’absentéisme des instituteurs et des conditions d’étude des élèves (l’éloignement de l’école,
le problème de la provision). Ainsi, les garçons et surtout les filles arrivent de plus en plus en
retard à l’école, sont devenus de moins en moins assidus et plusieurs d’entre eux ont dû
abandonner leurs études. Les parents affirment qu’ils ont poussé leurs enfants à étudier
jusqu’au stade de baccalauréat parce qu’ils n’ont pas pu poursuivre de longues études face
aux coûts de la scolarisation.
D’une manière générale, l’intégration sociale des individus éduqués se heurte aux
structures sociales, dont la hiérarchie tend à se maintenir, malgré l’influence du processus
éducatif, ou encore en fonction de celui-ci. Deux importants aspects de cette structuration sont
envisagés dans les milieux en voie de développement : le clivage en castes ou catégories
sociales plus ou moins assimilables à des classes, et le clivage ville-communautés rurales.
Pour affronter la mondialisation, la gente féminine, qui aura le privilège d’accéder à des
postes de responsabilité, a le devoir d’agencer les politiques nationales sur de telles
proportions. La mondialisation, l'exclusion, le multiculturalisme et l'affirmation ethnique, la
gouvernance, l'écologie, la science et la technologie : tels sont les processus qui entraînent (de
différentes manières et à des degrés divers) les transformations sociales à l'œuvre dans les
villes, et qui posent sans cesse de nouveaux défis aux citadins comme aux décideurs. Cet
ensemble de phénomènes, déterminants dans l'optique d'une gestion durable de la ville,
constitue aussi le «noyau dur» de la recherche comparative transdisciplinaire à mener.
Dans la société paysanne, à cause du faible niveau, le lettré est dominant et pouvant
même mettre une division entre travail intellectuel et manuel ou avoir des comportements de
roitelet. Or, la gestion exige des connaissances appropriées, ce qui explique la défaillance
dans l’activité économique villageoise et même dans la gestion de la commune face au
développement.
Le développement de la société et de l’économie doit conduire à l’épanouissement du
peuple et non pas à l’asservir. L’augmentation du volume de la production doit
prioritairement satisfaire les besoins alimentaires d’abord et les autres consommations après
pour garantir le bien-être de chacun.
- 63 -

Les ménages dirigés par une femme subissent les répercussions de ces inégalités qui
accroissent leur vulnérabilité. Les indicateurs de conditions de vie y sont globalement moins
bons que pour les ménages dont le chef est un homme. Un des axes de la politique de lutte
contre la pauvreté passe donc par une amélioration des potentialités des femmes, qui
permettrait de les rendre moins vulnérables et de mieux prendre leur destin et celui de leurs
enfants en main.
La Déclaration des Droits de l’Homme proclame que tous les êtres humains naissent
libres et égaux en dignité et en droits et que chacun peut se prévaloir de tous les droits et de
toutes les libertés proclamés dans la déclaration de 1995 selon tous les Etats membres des
Nations unies ayant pris l’engagement solennel de les mettre en œuvre, d`adapter des mesures
concrètes pour accorder une plus grande attention aux droits humains de la femme afin
d’éliminer toutes les formes de discrimination et de violence fondées sur le sexe.
MILL a dit que «c'est toujours une lourde tâche que d'attaquer une opinion à peu près
universelle. A moins d'un très grand bonheur ou d'un talent exceptionnel, on n'arrive pas
même à se faire écouter» (1992). C’est dire que les conceptions traditionnelles, à l’heure de
la mondialisation et de la globalisation, à propos de la considération du «genre» ont trouvé
des changements significatifs qu’il convient d’explorer, dans une perspective scientifique.
La vulnérabilité est la probabilité de tomber dans la pauvreté. Cette probabilité est plus
grande dans le cas des femmes en raison des inégalités sexuées. On raisonne ici sur la
pauvreté en termes de ménage, car on ne connaît pas la distribution de la pauvreté entre les
membres d’un même ménage. « Désormais, afin de réduire les disparités et inégalités entre
la femme et l'homme, «l'APPROCHE GENRE» doit être considérée dans tout programme de
développement à élaborer, quels que soient le niveau et le secteur concernés » (2008).
Les hypothèses émises au début de notre étude sont confirmées à 60% et les femmes
elles-mêmes sont convaincues des difficultés qu’elles rencontrent.
L’égalité de la participation entre hommes et femmes dans toutes les instances
administratives est loin d’être atteinte parce que la mentalité des Malgaches n’accepte pas
d’être gouvernée par une femme. C’est encore une œuvre de longue haleine.
Vu les efforts déployés par les femmes dans leur participation active à la vie citoyenne,
un espoir se dessine pour ces femmes dans la mutation profonde de l’approche genre. Elles
pourraient devenir le levier du développement.
- 64 -

BIBLIOGRAPHIE

OUVRAGES
1. BONAPARTE N. (1978) cité par DHAVERMAS (O.), «Droits des femmes : pouvoirs
des hommes», Paris, Le Seuil.
2. BOURDIEU P. (1998), «La domination masculine», Paris, Editions du Seuil.
3. BRECHON P. (2000) et Ali (dir.), «Les cultures politiques des Français», Presses de
Science Po.
4. CERTEAU M. (1980), «L'invention du quotidien : les arts de faire», Paris, Union
générale d'éd.
5. CROZIER M. et FRIEDBERG E. (1997), «L’acteur et le système», Paris, Le Seuil.
6. DELPHY C. (1998), «L’Ennemi principal : Économie politique du patriarcat», Paris,
Syllepse, coll. Nouvelles questions féministes.
7. Gender Links (2010), «Sur le terrain : Genre et Collectivités locales à Madagascar».
8. GLENN E. N. (1999), «The social construction and institutionalization of gender and
race: an integrative framework». In FERREE, (M. M.), LORBER, (J.), et HESS, (B.
B.) (Ed.) Revisioning gender, Thousand Oaks, Sage.
9. GRAWITZ M. (2001), «Méthodes des Sciences Sociales», 11ème édition, Paris, Dalloz.
GRUNBERG
10. GRUNGERG G., «Acteurs et comportement politique» in Cahiers français No 276.
11. HUGO V. (1853), «L’Histoire d’un crime», pamphlets.
12. LAQUEUR T. (1992), «La Fabrique du sexe : essai sur le corps et le genre en
Occident», Paris, Gallimard.
13. MAFFESOLI M. (2004), «Le Rythme de la Vie. Variations sur les sensibilités

Postmodernes», Ed. La Table Ronde, Paris.


14. MARX K. (1874), «Le manifeste du parti communiste», Editions Sociales.
15. MARX K. (1965), «Le capital», édition populaire par julien BORCHARDT, texte
édition française établi par SAMSON (J.-P.), PUF.
16. MARX K. (1972), «Contribution à la critique de l’économie politique», traduit de
l’allemand par Maurice Husson et Gilbert Badia .Paris : Editions sociales, 309 pages.
17. MEAD M. (1973), «Une éducation en Nouvelle Guinée», Paris, Payot.
18. PIOCHON S., DERVILLE G. (2004) : «Les femmes malgaches et la politique» ;
Edition PUG.
19. RABEARIMANANA L. (2008), In «Mama Africa».
- 65 -

20. SARDAN J.P.O. (1995), «Anthropologie et développement : Essai en socio-


anthropologie du changement social», APAD; Paris, Karthala, Éditeur, 1995, 221 pp.
Collection : Hommes et sociétés.
21. SARDAN J.P.O. (2001), «Les trois approches en anthropologie du développement».
In: Tiers-Monde, tome 42 n°168. Anthropologie du développement, fiscalité,
géographie industrielle, éducation, pp. 729-754.
22. TOCQUEVILLE A. (1835), «De la démocratie en Amérique», Paris, Folio, 1986.

DOCUMENTS OFFICIELS, REVUES


23. Evaluation du Plan d’Action National Genre et Développement : «Atelier de
présentation des résultats».
24. JONASY Joelson. Électorat malgache : voter pour un projet de société ou pour une
personne ? Madagascar Tribune lundi 9 décembre 2013.
25. Loi organique n 2012-005 du 22 mars 2012 portant le code électoral.

26. Monographie de la Commune Urbaine d’Arivonimamo 2016.


27. Plan Communal de développement (PCD) de la Commune Urbaine d’Arivonimamo
(Mai 2006).
28. Plan d’Action National Genre et Développement, Janvier 2004 Anosy, 22 Avril 2010.

29. PNPF : Politique Nationale de Promotion de la Femme pour un développement


équilibré homme- femme, octobre 2000.
30. Rapport de la Banque mondiale : «Genre et Développement économique».
31. Rapport plan d'action des femmes à Beijing 1995.
32. RATSIRAHONANA N. (16 Décembre 2001), «Fraudes et manipulations électorales,
cas de l’élection présidentielle à Madagascar» tiré du BEMASO.

AUTRES OUVRAGES
33. Décentralisation et financement des collectivités locales en Afrique subsaharienne : le
cas de l’Afrique de l’ouest. Ce groupe de travail ESF était présidé par Philippe Coquart
et Saïd Bourjij ; rapporteur : Cécile Pratdessus. Le groupe de travail a conduit des
entretiens avec Michèle Leclerc-Olive (EHESS), Christophe Mestre (Ciedel), Marie-Jo
Demante (IRAM), Brigitte Field (Région Ile-de-France), Alain le Saux (Fonds mondial
des villes), Karine Trystram (Conseil général Val de Marne), Marc Vézina (SEDIF),
Guillaume Aubourg (ps-Eau), Toussaint Caradec (MAEE), Constance Koukoui (CUF),
Jean Bruschi (ESF).
- 66 -

34. Dictionnaire encyclopédique de théorie et de sociologie du droit. Ouvrage conçu et entreprise


par le cercle de sociologie et nomologie juridique. Librairie générale de droit et de
Jurisprudence, 26 rues Vercingétorix, 75014 Paris, 2 ème édition, 1993.
35. Lexique des termes juridiques 13 ème édition, écrit par Serge Gunchard et Gabriel Montagnier.
Editions Dalloz – 2001.
- 67 -

TABLE DES MATIERES


INTRODUCTION GENERALE.......................................................................................... 1

CHAPITRE 1 : Femmes et politiques ............................................................................... 8


SECTION 1 : DEFINITION DES CONCEPTS ET DES MOTS-CLES ................................ 8
1. Le genre : ....................................................................................................................... 8
1.1. Historique du genre .................................................................................................. .9
1.2. Définition : ............................................................................................................... .9
2. La politique ................................................................................................................... 10
2.1. D’après le dictionnaire encyclopédique de théorie et de sociologie du droit .............. 10
2.1.1. Au sens général................................................................................................. 10
2.1.2. Au sens de « Policy » ........................................................................................ 10
3. Opinions et perceptions communes et savantes sur la politique ........................................ 10
4. Notion sur l’élection……………………………………………………………………….11
4.1. Définition du concept…………………………………………………………………11
4.2. Electeurs………………………………………………………………………………11
4.3. Les acteurs électoraux………………………………………………………………...11
4.4. Le marketing politique………………………………………………………………..11
5. Notion sur le développement………………………………………………………………12
5.1. Définition …………………………………………………………………………….12
5.2. Les acteurs du développement………………………………………………………..12
5.3. Les trois approches en anthropologie de développement de Sardan…………………13

CHAPITRE 2 : Arivonimamo comme terrain d’analyse ................................................. 14


SECTION 1 : LA REGION ITASY : UNE REGION A LA PORTE DE LA CAPITALE
ECONOMIQUE DU PAYS ................................................................................................. 14
SECTION 2 : MONOGRAPHIE DE LA COMMUNE URBAINE D’ARIVONIMAMO .... 15
1. Localisation ................................................................................................................... 15
2. Géographie ................................................................................................................. 15
3. Activités économiques .................................................................................................. 15
4. Donnée sociales et statistiques du terrain ....................................................................... 15
4.1. Infrastructures sanitaires : ......................................................................................... 15
4.2. Organigramme de la commune urbaine d’Arivonimamo :......................................... 16
- 68 -

4.3. Répartition par sexe et par tranche d’âge de la population ........................................ 17

4.4. : ONG, association, projets, programmes œuvrant dans le cadre de développement


dans la commune urbaine d’Arivonimamo ...................................................................... 17

CHAPITRE 3 : Entraves à la participation des femmes .................................................. 20


SECTION 1 : AMBIVALENCE DU TERME PAURVRETE .............................................. 20
1. Femmes et participation à la vie économique : ................................................................. 20
2. Pauvreté au féminin ......................................................................................................... 22

SECTION 2 : DIFFERENCIATION D’ACCES ECONOMIQUE ENTRE HOMME ET


FEMME DANS LA VILLE D’ARIVONIMAMO ............................................................... 22
1. Répartition des tâches au niveau des ménages ................................................................. 22
2. Les différences de salaires entre hommes et femmes ...................................................... 24

CHAPITRE 4 : Réalités des femmes face au défi majeur de participation dans la vie
politique ............................................................................................................................. 26
SECTION 1 : MUTATION DANS LA CONCEPTION DU CONCEPT GENRE ................ 26
1. Evolution dans l’approche genre ...................................................................................... 26
2. Définition : ...................................................................................................................... 27
SECTION 2 : CONCEPTION BOURDIEUSIENNE DU CONCEPT GENRE ................... 28
SECTION 3 : VISION HOLISTIQUE DE LA CONCEPTION DE LA FEMME ................ 28
1. Sur le plan anthropologique .......................................................................................... 28
2. Sur le plan juridique ................................................................................................... 29
3. Du point de vue sociologique ........................................................................................... 29
4. Analyse sur le plan institutionnel ................................................................................. 29
5. Sur le plan économique .................................................................................................... 30
6. Sur le plan social ............................................................................................................. 30

CHAPITRE 5 : Participation politique des femmes et une démarcation féminine à la


députation .......................................................................................................................... 31
SECTION 1 : PARTICIPATION POLITIQUE DE LA FEMME ......................................... 31
1. La participation des femmes d’Arivonimamo dans la vie politique................................... 31
2. Les facteurs de blocage à la participation des femmes à la vie politique .......................... 32
2.1. Obstacles idéologiques ............................................................................................. 32
- 69 -

2.1.1. Culture et tradition ............................................................................................... 32


2.2. Obstacles politiques ................................................................................................. 32
2.2.1. Les femmes ne se soutiennent pas entre elles ....................................................... 33
2.3. Les facteurs de blocage d’après les réponses évoquées par les enquêtés : ................. 33
SECTION 2 : PRESENCE ET ACTIVISME POLITIQUE DE LA FEMME ................... 35
1. Sur le plan social ......................................................................................................... 35
2. Sur le plan économique ............................................................................................... 37
3. Sur le plan politique .................................................................................................... 39
4. Sur le plan culturel ..................................................................................................... 42

CHAPITRE 6 : Démission civique et non-participation ............................................. 45


SECTION 1 : DEMISSION CIVIQUE EN TERMES D’ELECTORAT .......................... 45
1. Les avis des intellectuels ............................................................................................. 45
2. Combat psychologique ............................................................................................... 46
3. Les réalités dans la commune urbaine d’Arivonimamo ................................................ 47

SECTION 2 : DESINTERESSEMENT ET/OU NON PARTICIPATION DES FEMMES


DANS LA VIE POLITIQUE .......................................................................................... 49
1. La participation des femmes d’Arivonimamo à l’électorat ........................................... 50
2. L’orientation partisane des femmes d’Arivonimamo ................................................... 50

CHAPITRE 7 : Prise de conscience de l’importance des femmes dans le


développement............................................................................................................... 52
SECTION 1 : DECENTRALISATION ET « LEADERSHIP AU FEMININ »............... 53
1. Décentralisation .......................................................................................................... 53
2. « Leadership au féminin » ........................................................................................... 54
3. Avantages de la décentralisation .................................................................................. 54
SECTION 2 : SUGGESTIONS EMISES PAR LES ENQUETES : ................................. 55
SECTION 3 : STRATEGIES POUR LA MISE EN APPLICATION
DES SUGGESTIONS: .................................................................................................... 57
1. Stratégies proposées par l’Organisation non-gouvernemental Gender Links : .............. 57
1.1. Stratégies pour le changement ................................................................................. 57
1.2. Instauration des systèmes de quota ........................................................................... 57
- 70 -

1.3. La réforme électorale............................................................................................... 57


2. Stratégies d’après la Politique Nationale de la Promotion de la Femme (PNPF) ............... 58
2.1. Stratégies pour assurer la promotion économique des femmes .................................. 58

2.2. Stratégies pour relever le niveau d’éducation et de formation des filles et des femmes
....................................................................................................................................... 58

2.3. Stratégies pour promouvoir le droit des femmes et des adolescentes à la santé et à la
santé de la production : ................................................................................................... 58

2.4. Stratégies pour renforcer l’application des droits des femmes et la participation
féminine à la prise de décision : ...................................................................................... 59
3. Stratégies d’après le Plan d’Action Nation Genre et Développement (PANAGED) .......... 59
3.1. Structure d’exécution : ............................................................................................. 59
3.2. Stratégies de financement : ...................................................................................... 60
3.3. Moyens matérielles et humaines : ............................................................................. 60
3.4. Système de communication : .................................................................................... 60
3.5. Suivie évaluation et capitalisation des acquis : ........................................................ 60
3.6. Pérennisation des actions : ........................................................................................ 61

CONCLUSION GENERALE .......................................................................................... 62


BIBLIOGRAPHIE ............................................................................................................ 64
TABLE DES MATIERES ................................................................................................. 67
LISTE DES PHOTOS ....................................................................................................... i
LISTE DES TABLEAUX .................................................................................................. ii
LISTE DES ABREVIATIONS ......................................................................................... iii
ANNEXES
i

LISTES DES PHOTOS

Photos n°01 : Photos montrant la célébration du 08 mars 2016 : reboisement et


carnaval……………………………………………………………………………………36
Photos n°02 : Tissage en soie……………………………………………………………...37
Photos n°03 : Le sarohy et des larves de Landibe…………………………………………37
Photos n°04 : Modèles de crochet…………………………………………………………38
Photos n°05 : Femmes de haute responsabilité dans le district d’Arivonimamo………….40
Photos n°06 : Les aides humanitaires effectuées par madame le député………………….41
Photos n°07 : Photos montrant l’activité culturelle et sportive lors de la célébration du 08
mars dernier………………………………………………………………………………..43
ii

LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1 : Répartition des enquêtés selon le sexe ............................................................. 6


Tableau 2 : Effectif et besoin en personnel par formation sanitaire .................................. 16
Tableau 3 : Répartition par sexe et par tranche d’âge de la population dans la commune
urbaine d’Arivonimamo................................................................................................... 18
Tableau 4 : ONGs, associations, projets, programmes œuvrant dans le cadre de
développement dans la commune urbaine d’Arivonimamo ...…………………… …18
Tableau 5: Les revenus monétaires annuels des ménages………………….. ………21
Tableau 6 : Les problèmes sociaux des ménages .............................................................. 23
Tableau 7 : Participation aux élections ............................................................................. 31
Tableau 8 : Participation dans les associations ................................................................. 32
Tableau 9 : Tableau récapitulatif des facteurs de blocage d’après les réponses évoquées par
les enquêtées ………………………………………………………………………33
Tableau 10 : Avis des gens sur l’influence des richesses à la participation dans la vie politique
........................................................................................................................................ 34
Tableau 11 : Répartition par sexe des membres de la Croix Rouge dans le district
d’Arivonimamo ............................................................................................................... 35
Tableau 12 : Les résultats de l’élection de député de 2014 dans le district d’Arivonimamo39
Tableau 13 : Effectifs théoriques de l’identification par le sexe........................................ 47
Tableau 14 : Le degré d’intérêt de l’échantillon à la politique .......................................... 48
Tableau 15 : Participation aux élections de députation ..................................................... 50
iii

LISTE DES ABREVIATIONS

3P : Partenariat Publique-Privé
BDSPF : Bureau de la District de la Santé du Planning Familial
CECAM : Caisse d’Epargne et de Crédit Agricole Mutuels
CHD : Centre Hospitalier de District
CITE : Centre d’Information Technique et Economique
CLAC : Centre de Lecture et d’Animation Culturelle
CSA : Centre de Service Agricole
CSB : Centre de Santé de Base
CSP : Catégories socioprofessionnelles
CTDA : Cellule Technique pour le Développement d’Arivonimamo
EPM : Enquête auprès des Ménages
GSE : Groupes socio-économiques
IDH : Indice de Développement Humain
IFT : Impôt Foncier sur le Terrain
IFTB : Impôt Foncier sur le Terrain Bâti
ISDH : Indice Synthétique de Développement Humain
MP : Marketing Politique
OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement
ONG : Organisation Non Gouvernementale
OPCI/FKIA : Organisme Public de Coopération Communale (Fikambanan’ny Koaminina
Imamo Andrefana)
PANAGED : Plan d’Action Nationale Genre Et Développement
PARGED : Plan d’Action Régionale Genre Et Développement
PASMI : Programme d’Appui à la Santé Maternelle et Infantile
PCD : Plan Communal de Développement
PNPF : Politique Nationale de Promotion de la Femme
PROSPERER: Programme de Soutien pour le Pôle Entreprise Rurale et aux Economies
Régionales
SADC: Southern Africa Development Community (Communauté de Développement de
l’Afrique Australe)
UNICEF: United Nations International Children’s Emergency Fund (Organisation des
Nations Unies pour la mère et l’enfance)
ANNEXE
iv

ANNEXE I : QUESTIONNAIRE
QUESTIONNAIRE MENAGES
Informations de base (criblage)
1.- Nom / prénoms /
pseudonyme / identifiant
2.- Age
3.- Sexe Masculin
Féminin
4.- Sources de revenus Sans activités :
……………………………….
(Chômeur ou étudiant, à préciser)
Activités principales :
……………………………….
Activités secondaires :
……………………………….
Autres sources de revenus :
………………………………
5.- Niveau d’études Sans instruction
Primaire
Secondaire
Supérieur
Professionnelle
6.- Lieu de résidence
actuelle
7.-Situation Célibataire
matrimoniale Marié (e)
Divorcé (e)
Veuf (ve)
Concubins
Autres :
……………………………………………………..
v

Questions sur les dimensions socioéconomiques


1. Vos activités vous permettent-elles de satisfaire vos besoins ?
- Oui
- Non
- Pas de réponse
2. Combien gagnez-vous par jour ? (éventuellement par semaine, par mois ou par année)

………………….. Ar/………………… (Jour, semaine ; année)

3. Classez par ordre de priorité vos rubriques de dépenses ?


- Loyer
- Nourriture
- Obligations sociales
- Obligations familiales
- Scolarité des enfants
- Autres dépenses (préciser) : …………………………………………………………….
4. Quelles sont les contributions de l’Etat dans votre vie quotidienne ? (coté
socioéconomique)
5. Quelles sont vos attentes ?
6. Vous acquittez-vous de vos taxes et impôts ? Pourquoi ? Lesquels ?
- Oui
- Non
- Pas de réponse
7. Savez-vous à quoi sert de payer les taxes ? Connaissez –vous le circuit emprunté par
les sommes que vous payez à l’Etat ?
8. Pensez-vous qu’à Madagascar :
- Il est facile d’entreprendre et d’investir ?
- Il est difficile d’entreprendre et d’investir ?
9. Quelle part l’Etat prend dans ces domaines ?

Questions sur les dimensions socioculturelles


10. Que pensez-vous de la représentation de la femme dans votre localité ?
11. Que pensez-vous de la participation de la femme dans les prises de décisions
concernant l’avenir de la localité ?
12. Que pensez-vous des femmes qui font de la politique ?
vi

13. Que pensez-vous de l’assertion selon laquelle l’électorat féminin peut contribuer aux
grands changements attendus dans le pays ?
14. Les femmes de votre localité sont-elles :
- Libres
- Non libres
- Autres réponses ……………
15. Que pensez-vous de l’émancipation de la femme ?
16. Selon vous, les femmes peuvent-elles apporter des changements sur le plan :
- Politique
- Economique
- Social
- Autre …………………………..
17. Quelles sont vos propositions pour une meilleure participation de la femme dans le
cadre du développement ?
18. Les femmes peuvent-elles/doivent-elles faire de la politique ?
19. Existe-t-il des pratiques, us et coutumes qui entravent l’épanouissement de la femme ?

Questions sur les dimensions politiques


20. Quelles sont vos attentes concernant les prochaines élections à Madagascar ?
21. Pensez-vous que les femmes dans votre localité auraient une chance de gagner une
élection quelconque ?
22. Quelles sont vos attentes, relativement aux conditions de vie des femmes Malgaches ?
23. Le vote permet-il réellement de changer les situations économiques, sociales et
politiques ?
24. Le vote émanant des femmes peut-il changer les situations ?
25. Que pouvez-vous dire, à propos de la notion de démocratie et de la participation des
femmes dans la vie politique ?
26. D’après vos analyses personnelles les femmes soulèvent-elles des intérêts particuliers
et enrichissent elles le dialogue politique avec de nouvelles visions ?
27. Que proposeriez-vous pour que les femmes et les hommes puissent être sur le même
pied d’égalité ?
vii

GUIDE D'ENTRETIEN ADRESSE AUX RESPONSABLES D’ASSOCIATIONS


ET D’ONG
1. Informations relatives au type d'association (nom, type d'organisation, localisation)
2. Genèse, évolution et organisation de l'association ou de l’ONG
3. Description du fonctionnement global (personnel, riverains, conditions d'intégration,
zones d'intervention, partenaires, activités principales, résultats, sources et mode de
financement)
4. Quelles sont les perspectives futures ?
5. Quels sont les changements apportés dans la localité ?
6. Que pensez-vous des niveaux de perméabilité des riverains aux changements ?

GUIDE D'ENTRETIEN ADRESSE AUX FEMMES


1. Racontez comment se déroule votre vie au quotidien (emploi du temps, activités
diverses, …)
2. Pensez-vous être plutôt avantagée, désavantagée par rapport aux hommes ?
3. Seriez-vous tentée d’intégrer la politique et de décider de l’avenir de votre localité ?
4. Quels sont les blocages possibles, pour que vous ne puissiez pas y parvenir ?
5. Que pensez-vous de la situation politique à Madagascar ?
6. Que pensez-vous de la participation des femmes dans les prises de décisions, surtout
au niveau politique ?
7. Les hommes accepteront-ils que les femmes gèrent les affaires politiques ? explicitez
votre point de vue.
8. Qu’attendez-vous de :
- l’Etat, relativement aux conditions de vie de la femme ?
- votre communauté, relativement aux conditions de vie de la femme ?
- des hommes, relativement aux conditions de vie de la femme ?
- des politiciens, relativement aux conditions de vie de la femme ?
9. Quelles sont les conditions pour que la femme puisse effectivement prendre part dans
la gestion de la destinée de la communauté ? du pays ?
10. Quelles sont vos suggestions pour une meilleure visibilité de la femme dans le
processus de développement ?
viii

GUIDE D'ENTRETIEN ADRESSE AUX AUTORITES LOCALES


1. Quelle est la situation des femmes dans votre localité ?
- Alarmante
- Harmonieuse
- Précaire
- Normal
2. En tant qu’autorité locale compétente, croyez-vous que les hommes et les femmes
devront être sur un pied d’égalité ?
3. Selon vous, quels seraient les principaux blocages de la participation à la vie
politique ?
4. Comment se manifeste l’électorat féminin dans la localité ?
-elles font confiance en elle-même
- elles se soutiennent
- elles semblent divisés
- on ne sait pas
5. Avez-vous une politique cohérente pour promouvoir l’égalité des sexes dans votre
localité ?
6. Selon vous, la participation des femmes à la vie politique, notamment dans la
prise de décisions concernant les affaires publiques, pourrait-elle avoir un effet
bénéfique ?
7. En tant que responsable existe-t-il des initiatives pour promouvoir l’électorat
féminin pour parvenir à un développement durable ?
ix

ANNEXE II
PRESPECTIVES POUR LES 3 à 5 ANNEES à VENIR
Année 1 :
• Révision du PANAGED et des PARGED ;

• Planification des activités ;

• Communication/Vulgarisation du PANAGED et des PARGED ;

• Formation des acteurs sur le genre et son intégration dans le programme et


budget ;

• Plaidoyer auprès des bailleurs de fonds ;

Année 2, 3, 4, 5 :
• Plaidoyer auprès des ministères et organismes pour l’intégration de la
dimension genre dans les activités ;

• Accompagnement des ministères et acteurs en matière d’intégration de la


dimension genre dans les activités ;

• Formation des acteurs ;

• Plaidoyer et implication des CTD et autorités traditionnelles sur la promotion


du genre;

• Plaidoyer pour la réforme et/ou la mise en place de texte relatifs au genre et


permettant d’améliorer les conditions des femmes ;

• Mise en œuvre des activités définies dans le PANAGED et les PARGED.

Source : Ministère de la Population : Evaluation du Plan d’Action National Genre et


Développement (PANAGED). Atelier de présentation des résultats. Anosy, 22 Avril 2010.
x

ANNEXE : III

Source : Sur le terrain : Genre et collectivités locales à Madagascar. 2010, Gender Links.
ABSTRACT

Thinking about the development involves to consider precisely some topics such as
gender, good governance, state policy or juridical approach. We focus here on female
participation in political prospects for future especially on the contribution of female voters
for local development during the deputation election and presidential election. We had
conducted surveys that affect the conditions of social living of Malagasy women through
multi-dimension (religion, economy and so on …). The development must include this gender
dimension in order to have a real effectiveness through the fact that it is women who bear
somehow the most dominant loads in the society. So, we suggest some future track of
reflections for having insurance of female participation in all processes of decision in
Madagascar.
iv

RAJAONARISON SOLOFONIRINA
Mbolatiana Marinah
Née le 10 décembre 1987 à Arivonimamo
Etudiante en MASTER en Sociologie
Adresse de l’auteur : BATIMENT R+3, ANKATSO II B ANTANANARIVO 101
Année universitaire 2014-2015
Titre du mémoire : Contribution de l’électorat féminin au développement local : cas
d’Arivonimamo lors de la dernière élection législative
Rubrique épistémologique : Sociologie politique/ Sociologie du développement
Nombre de pages : 70
Nombre Tableaux : 15
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Références bibliographiques : 35

RESUME
Penser au développement revient à considérer des thématiques précises comme le
genre, la bonne gouvernance, la politique étatique ou l’approche juridique. Ce qui nous
intéresse, c’est la participation féminine dans les perspectives politiques à l’instar de
l’élection législative ou bien même présidentielle. Plus précisément la contribution de
l’électorat féminin au développement local. Nous avons mené des enquêtes qui touchent aux
conditions d’existence sociale de la femme malgache, à travers plusieurs facettes (la religion,
l’économie, etc.). Le développement doit inclure cette dimension de genre, pour avoir une
effectivité réelle, à travers le fait que ce sont les femmes qui supportent en quelque sorte le
plus de charges dans la société. Nous avançons quelques futures pistes de réflexions, dans le
sens de l’assurance de la participation féminine dans le processus de décision à Madagascar.

Mots-clés : électorat, développement, participation politique, genre, pauvreté, inégalités,…

Encadreur : Madame Noéline RAMANDIMBIARISON, Professeur Emérite