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Introduction générale

La théorie du transfert de la chaleur est une science qui étudie la façon


dont la chaleur se propage d’une région à une autre sous l’influence
d’une différence de température. Les phénomènes du transfert de chaleur
sont très importants dans beaucoup de domaines technologiques, comme
la conception des appareilles thermiques dans l’industrie, le calcul
thermique dans les constructions, les industries pétrochimiques, etc. Le
transfert de chaleur reste un domaine très vaste et compliqué car dans les
processus réels, les trois modes fondamentaux du transfert à savoir, la
conduction, la convection et le rayonnement interviennent
simultanément. L’amélioration du transfert de chaleur d'un système avec
le milieu extérieur joue un rôle pertinent dans la conception thermique
des appareillages, cette amélioration se fait par le biais des ailettes. Le
calcul et la conception des ailettes trouvent leurs places un champ très
vaste extrêmement variées. On peut citer par exemple, les échangeurs
thermiques, le refroidissement des composantes électroniques, etc. Le
but de notre travail est le calcul de la température et le rendement de
quelques ailettes de formes géométriques simples.
1. Définitions principales et utilisations courantes
L'ailette est un dispositif thermique (l'une de ses dimensions est grande
par rapport aux 2 autres) utilisé pour évacuer la chaleur d'un objet
chauffant. En fait elle permet d'augmenter la surface d'échange de
chaleur de ce système, ainsi les échanges convectifs entre le fluide
extérieur et le système augmentent. L'ailette est un système conducto-
convectif, l'objet chauffant transfert sa chaleur par conduction à l'ailette
qu'elle évacue par convection ensuite. La chaleur s'écoule sur une
surface selon un gradient de température des hautes vers les basses
températures, ici nous travaillons en unidimensionnel, donc selon l'axe
x.
La quantité de chaleur transmise par unité de temps et par unité de
surface est la densité de flux de chaleur φ en J.s-1 .m-2 c'est à dire en
Watt par unité de surface (W.m-2 ). En considérant que cette surface
d'échange est constante selon l'axe x, on peut multiplier la densité de
flux de chaleur par celle-ci, ainsi nous obtenons le flux de chaleur Φ en
Watt (W) : 𝜙 = 𝛷 𝑆
Formule de transfert par convection : 𝛷 = ℎ ∗ 𝑆(𝑇𝑠 − 𝑇𝑓)
Avec : Ts température de surface du solide Tf température du fluide h
coefficient d'échange convectif S surface de contact solide-fluide
Φ flux de chaleur transmis par convection :

 La loi de Fourrier s'écrit normalement : 𝛷⃗ = −𝜆 ∗ 𝑆𝑔𝑟𝑎𝑑 (𝑇)


 Loi de Fourrier en unidimensionnel : 𝛷 = −𝜆 ∗ 𝑆 𝑑𝑇 𝑑𝑥
Avec : λ conductivité thermique du matériau utilisé (W.m-1 .K-1 )
S section de passage du flux conductif (m2 ) x axe selon lequel le
flux se déplace (m) Φ flux de chaleur transmis par conduction (W)
2. Types des ailettes
Il existe différent types d'ailettes thermiques, qui vont plus ou moins
évacuer le flux de chaleur.
 Ailette infinie : la température en x=L (au bout de l'ailette)
correspond parfaitement à celle du fluide extérieur (souvent sa longueur
est très grande devant les 2 autres dimensions).
Ailette réelle : la longueur est trop courte pour que la température
en x=L (au bout de l'ailette) soit égale à celle du fluide extérieur.
 Ailette idéale : la température en x=0 (à la base de l'ailette) et celle
en x=L (au bout de l'ailette) sont égales.
Dans la vie de tous les jours, nous rencontrons souvent les ailettes sans
vraiment nous en rendre compte. Sur tous les systèmes thermiques elles
sont utilisées. Par exemple un radiateur va évacuer la chaleur grâce aux
nombreuses ailettes thermiques qui le composent.
le modèle de l'ailette idéale, le modèle le plus utilisé dans l'industrie,
notamment puisqu'il s'agit d'évacuer un maximum de chaleur avec un
minimum de matière. [1]

3. Les formes des ailettes


Ailette longitudinale de profil rectangulaire

Ailette longitudinale de profil triangulaire :


Ailette longitudinale (profil concave) :

Ailette longitudinale (profil convexe) :

Ailette en cascade:
L’ailette en cascade est une modification de forme d’ailette, où on
trouve deux formes, (première partie est rectangulaire et la deuxième
doit être des divers formes), comme l’indique les formes des ailettes
longitudinales[2]
4. Choix et conception des ailettes
Le choix d’une forme géométrique convenable d’une ailette exige un
compromis aussi bien entre le prix, le poids, l’espace disponible et la
chute de pression qu’entre les propriétés du transfert de la chaleur des
surfaces étendues.
Pour une surface plane d’aire A, la résistance thermique de convection
1
est : Rth = h A . L’emploi des ailettes augmente l’aire de la surface,
conv

mais en même temps, il introduit aussi une résistance conductive sur


cette partie de la surface initiale a laquelle sont liéesles ailettes. Aussi la
présence des ailettes n’aura pas toujours pour effet une augmentation du
flux de chaleur .
Autrement dit, il faut que si l’efficacité (ψ de l’ailette soit supérieur à
λP
l’unité Ψa= √ Ah
≥1 et que ce facteur soit le grand possible .

Dans la pratique, l’emploi des ailettes est justifiable si : h <0.2

5. Efficacité d’une ailette


Définition : L’efficacité d’une ailette est définie comme étant le rapport
entre le flux de chaleur dissipé par l’ailette et le flux de chaleur qui
quitterait la même surface s’il n’y avait pas s’ailette et si la température
de base restait identique.

Ainsi, l’efficacité d’une ailette peut être vue comme étant le rapport
entre deux résistances. Si l’ailette sert à augmenter le transfert
thermique, il faut que la résistance de l’ailette soit supérieure à celle
attribuable à la convection à la base.
L’efficacité des ailettes diminue avec l’augmentation de longueur (L)et
du coefficient d’échange de chaleur par convection (h), et augmente
avec l’augmentation de la conductivité thermique (𝜆) et de l’épaisseur
(W)

6. Rendement d’une ailette


Définition : Le rendement d’une ailette est défini comme étant le
rapport entre le taux de transfert de chaleur réel de l’ailette et le taux de
transfert thermique de l’ailette qui existerait si elle était toute à la
température de la base.
Cette notion de rendement est plus rationnelle et plus utilisée que celle
d’efficacité. En effet, la dernière condition de l’efficacité : “et si la
température de base restait identique” recèle le point faible de cette
notion d’efficacité, dans la réalité, la température de base peut quelque
peu changer si l’on enlève l’ailette. [3]

7. Choix des ailettes :


Les ailettes sont utilisées lorsqu’il faut extraire une densité de
flux importante dans un encombrement réduit, exemples :
radiateur d’automobile, carter de moteur refroidi par air,
évaporateur de climatiseur,…
D’une façon générale, l’usage des ailettes est :
- peu utile pour les liquides car h est grand,
- utile dans le cas des gaz car h est faible. Des ailettes étroites et
rapprochées sont meilleures que des ailettes plus grandes et
espacées mais on est limité par les pertes de charges (elles
augmentent si l’on diminue trop l’écartement des ailettes).
L’ailette est d’autant plus performante que sa conductivité
thermique λ est élevée. Le choix des ailettes est alors un
compromis entre le coût, l’encombrement, les pertes de charge
et le transfert de chaleur.[4]
8. Les applications des ailettes : échangeurs thermiques

Les échanges thermiques interviennent dans de nombreux secteurs


d’activités humaines. Dans la plupart de ces activités, le transfert de
chaleur doit s’effectuer sans altération des milieux intervenant dans le
transfert thermique. L’utilisation d’équipements spécifiques d’échange
est alors nécessaire. Ces équipements sont connus sous la dénomination
d’échangeurs de chaleur. Ce sont des systèmes thermodynamiques
présents dans toutes les unités industrielles dans lesquelles
interviennent les processus d’extraction de chaleur.
Définition d’un échangeur de chaleur  :
Un échangeur de chaleur est un système qui permet d’échanger la
chaleur entre deux fluides ou plus. Dans un échangeur thermique, le
fluide chaud et le fluide froid sont séparés par une paroi bien adaptée et
par principe la transmission de la chaleur se fait du fluide chaud vers le
fluide froid.[5]
La qualité du transfert de chaleur dépend donc de plusieurs
caractéristiques : le type de paroi, le type de fluide, la vitesse du fluide
(plus exactement s'il est en régime laminaire ou turbulent), l'écart de
température entre les deux fluides. Pour améliorer l'échange, certains
échangeurs augmentent la vitesse du fluide, par exemple en utilisant
des ventilateurs pour augmenter la vitesse de l'air. On parle de
convection forcée. Pour un radiateur classique, sans ventilateur, on
parlera de convection naturelle

Il existe de nombreux types d'échangeurs thermiques. Nous les


distinguerons ici en fonction du type de médium, par exemple échangeur
à air ou à eau et en donnerons quelques exemples d'utilisation.

Échangeurs à air
Batterie tube ailette : cet échangeur très utilisé est composé d'un
faisceau de tube (souvent en cuivre), relié par des ailettes (cuivre ou
aluminium). Ce type d'échangeur se retrouve par exemple dans les
chaudières pour récupérer la chaleur du brûleur, de l'eau circulant dans
les tubes. Les radiateurs à eau fonctionnent aussi sur le même principe.

Batterie tube ailette ventilée : même principe que le précédent,


mais fonctionne en convection forcée grâce au ventilateur. C'est par
exemple l'échangeur présent dans l'unité intérieure ou extérieure d'un
climatiseur.

Échangeur à plaques :
Il est destiné à récupérer la chaleur entre deux airs ou deux gaz sans les
mélanger. Sa construction permet aux gaz de se croiser entre plusieurs
plaques. L'évolution se fait à courant croisé. C'est généralement
l'échangeur que l'on retrouve dans une VMC double flux ou tout type de
récupérateur de chaleur.

Échangeur micro-cannaux :

le principe est identique à la batterie tube ailette à l'exception que pour


celui-ci, l'échangeur est intégral, tout aluminium. Les tubes sont
remplacés par de micro-cannaux : cette différence permet de limiter les
quantités de fluide côté intérieur, réduire le poids et le coût de
fabrication. Cet échangeur se retrouve souvent dans l'unité extérieure
d'une pompe à chaleur ou encore dans une voiture juste avant le
radiateur, c'est le condenseur du circuit de climatisation du véhicule.

Échangeurs à eau
Échangeur à plaques : chaque fluide évolue d'un côté d'une plaque,
le fluide est donc pris en sandwich entre deux plaques le séparant d'un
autre fluide. Ces échangeurs possèdent de très bonnes performances. Ils
sont utilisés dans de nombreux domaines : chauffage, climatisation,
réfrigération, traitement des eaux. Par exemple, on peut en retrouver
dans les chaudières pour séparer l'eau de chauffage de l'eau chaude
sanitaire. Cet échangeur peut être à plaques brasées (on ne peut pas le
démonter mais il possède une très bonne résistance à la pression) ou à
plaques et joints (il peut être démonté pour être nettoyé mais sa
résistance à la pression est plus faible).
Échangeur de type serpentin : il s'agit d'un tube en forme de
serpentin que l'on va immerger dans un liquide. De par sa simplicité, il
est souvent utilisé dans les ballons tampon avec échangeur ou encore
dans des systèmes de récupération de chaleur sur eaux grises.

Échangeur multitubulaire : réservé aux grosses puissances, cet


échangeur se compose d'un faisceau de tube (simple ou multipass)
immergé dans un cylindre. On retrouve ces échangeurs dans les groupes
de climatisation à eau glacée, par exemple.

Remarque : il existe des échangeurs pour tous les cas possibles,


fonctionnant avec tout type de fluide, tout régime de température. Un
exemple particulier est celui des centrales nucléaires françaises, qui
possèdent de gros échangeurs multitubulaires pour leur refroidissement
[5].