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2020

Unité d'Enseignement
Immunologie médicale
2ème Année – S8

DZVET 360
‫القرآن‬ ‫‪‬‬

‫األذكار‬ ‫‪‬‬

‫تالوة‬ ‫‪‬‬

‫الحديث‬ ‫‪‬‬

‫مواقيت الصالة‬
‫تطبيق إسالم بوك ‪Islambook‬‬

‫تسابيح‬ ‫أذكار بعد الصالة‬ ‫أذكار المساء‬ ‫أذكار الصباح‬

‫جوامع الدعاء‬ ‫أذكار الصالة‬ ‫أذكار االستيقاظ‬ ‫أذكار النوم‬

‫أذكار متفرقة‬ ‫أدعية األنبياء‬ ‫األدعية القرآنية‬ ‫أدعية نبوية‬

‫أذكار المنزل‬ ‫أذكار الوضوء‬ ‫أذكار المسجد‬ ‫أذكار اآلذان‬

‫دعاء ختم القرآن الكريم‬ ‫أذكار الحج والعمرة‬ ‫أذكار الطعام‬ ‫أذكار الخالء‬

‫فضل القرآن‬ ‫فضل السور‬ ‫فضل الذكر‬ ‫فضل الدعاء‬

‫القرآن‬ ‫الرقية الشرعية‬


‫ُّ‬ ‫أدعية للم ّيت‬ ‫أسماء هللا الحسنى‬
UE : S8 - IMMUNOLOGIE MEDICALE
OBJECTIFS D'ENSEIGNEMENT

 Comprendre et décrire les principaux mécanismes immuns contre


les infections, les parasites, les tumeurs, ainsi que les
dérèglements de l'immunité.

 Utiliser ces compétences pour effectuer une vaccination ou un


diagnostic.

SOMMAIRE

CM0 -Présentation du module


CM1- Rappels d’immunologie générale
CM2 - Immunité innée
CM3 - Immunité antibactérienne et antifongique
CM4 - Immunité antivirale
CM5 - Immunité antiparasitaire
CM6 - Hypersensibilité de type 1
CM7 - Hypersensibilité de type 2
CM8 - Hypersensibilité de type 3
CM9 - Hypersensibilité de type 4
CM10 - Immunité anti-tumorale
CM11 - Auto-immunité
CM12 - Immunité de greffe
CM13- Déficits immunitaires
CM14 - Vaccinologie, généralités sur les immunités
CM15 - La vaccination et les vaccins
CM16 - Adjuvants et immunomodulateurs

TD 1-2 Questions de cours


TD3 - Récapitulatif Hypersensibilités
TD4 - Vaccination des carnivores domestiques + Liste des vaccins utilisés
en médecine vétérinaire
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


Présentation du module d’immunologie
médicale

Vous trouverez à la fin les abréviations fournies par les professeurs pour l’année

 Présentation et objectifs :

L’enseignement est réparti sur 16 CM du mardi 9 février au vendredi 18 mars et 8h de TD.

Ce cours est à l’interface :

 De l’immunologie générale : il est important de bien maîtriser les cours du S6


 De la microbiologie générale et spécialisée : virologie, bactériologie, parasitologie
(parasites et champignons)….
 De la médecine des animaux de compagnie (les "pets") et des animaux de rente
 De la pathologie infectieuse → MEDECINE PREVENTIVE
 De l'anatomie pathologique
 De la chirurgie, l’épidémiologie, la génétique médicale, la physiologie, etc

Il y a peu de domaines vétérinaires sans composante immunitaire ; ce cours sera utile plus
tard dans différents domaines tels que la médecine néo-natale et l'immunité colostrale, la
vaccination, les diagnostics de laboratoire, les maladies chroniques et celles à composante
immunitaire provoquant le déséquilibre de l’homéostasie immune.
AVERTISSEMENT : Qui dit interface, laisse supposer parfois des redondances entre les
différentes disciplines = quelques redites inévitables et renoncement à certaines informations.
 Programme de l’enseignement :

1. Immunité spéciale
1. Rappels sur l’immunité et immunité innée
2. Immunité anti-bactérienne
3. Immunité anti-virale
4. Immunité anti-parasitaire
5. Immunité du rejet de greffe
6. Immunité anti-tumorale

Objectifs : Etudier (et rappeler) les particularités des mécanismes de la réponse immunitaire
mis en jeu dans les différentes situations pathologiques.

2. Immunopathologie

a) Etude des mécanismes pouvant être à l’origine de pathologies induites par


des réponses inappropriées du système immunitaire :
 Les déficits immunitaires (primitifs et secondaires)
 L’auto-immunité
 Les hypersensibilités (1 à 4)
b) Cancérisation du système immunitaire

Objectifs : Etudier les dysfonctionnements du système immunitaire sous l’angle clinique.

3. La manipulation du système immunitaire

a) Les vaccins et la vaccination


b) Les adjuvants et les immunomodulateurs

Objectifs : Être en mesure de comprendre et d’expliquer le pourquoi et le comment de la


vaccination et autres modalités pour renforcer ou diminuer la réponse immunitaire
(mais aussi analyser les effets secondaires des vaccins et leur innocuité.)

 Modalité d’évaluation :

 Contrôle théorique : Noté sur 16


Il aura lieu le lundi 2 mai de 8h à 10h. Modalités : QCM ou QROC, pas encore déterminé.

 Contrôle de TD (TD4) : Noté sur 4


Il aura lieu du 1 avril au 8 avril, selon les groupes (= TD4).
Pour le TD4 il faudra réaliser en une ou deux semaines une présentation par petits
groupes d’un poster explicatif sur un vaccin.

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 Test d’auto-évaluation à réaliser avant le TD1 : il faut un minimum de 70%
de réponse justes pour valider le test, possibilité de réaliser
ce test autant de fois que l’on veut.

 Les ouvrages :
1. Un ouvrage de référence: VETERINARY IMMUNOLOGY: (2013) d’Ian R. Tizard (Texas,
USA) aux Editions Elsevier (9 ème édition).

2. Autres ouvrages:
 LES BASES DE L’MMUNOLOGIE FONDAMENTALE ET CLINIQUE (2009) de AK Abbas
& AH Lichtman aux Editions Elsevier (traduction de PL. Masson)
 VETERINARY IMMUNOLOGY. PRINCIPLES AND PRACTICE de MJ DAY & RD SCHULTZ
(CRC Press, 2ème édition, 2014)
 IMMUNOLOGIE. LE COURS DE JANIS KUBY (Traduction sous la direction de
Catherine Fridman (Dunod, 7ème édition, 2013))

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Rappels d’immunologie générale

I. L’immunité innée ........................................................................................ 3


A. L’immunité constitutive ................................................................................................. 3
B. L’immunité innée au sens strict ..................................................................................... 4
II. L’immunité acquise ..................................................................................... 5
A. La réponse immunitaire à médiation humorale (RIMH) ............................................... 6
1. Partenaires................................................................................................................... 6
2. Orientation : la voie du Th2 ......................................................................................... 6
3. Action des Th2 ............................................................................................................. 8
4. Réponse primaire et secondaire (RIMH) ................................................................... 11
5. Exploration de la RIMH .............................................................................................. 12
B. La réponse immunitaire à médiation cellulaire (RIMC) .............................................. 13
1. Partenaires................................................................................................................. 13
2. Orientation : la voie du Th1 ....................................................................................... 13
3. Action des Th1 ........................................................................................................... 15
4. Exploration de la RIMC .............................................................................................. 19

Annexe ..............…………………………………………………………………………………………………………………….…19

Objectifs : re-situer les partenaires et le déroulement de la réponse immunitaire pour bien


comprendre:

 les mécanismes abordés en immunologie médicale (= spéciale)


 les situations pathologiques faisant intervenir le système immunitaire
Introduction
Les organes lymphoïdes (OL) primaires (le thymus, la moelle osseuse [et la bourse
Fabricius chez les oiseaux et plaques de Peyer chez bovins]) sont responsables de la
production et de la maturation des cellules de l’immunité. Tous les précurseurs naissent
dans la moelle.
Les organes lymphoïdes secondaires (rate, nœuds lymphatiques, plaques de Peyer,
amygdales) sont eux responsables de la prolifération des cellules de l’immunité, grâce aux
cellules présentatrices d’antigènes CPA qui permettent une stimulation spécifique et une
activation. Cette stimulation permet une différenciation en cellules effectrices d’une part
(plasmocytes et lymphocytes T) et en cellules mémoires d’autre part, capables de réagir plus
rapidement et plus efficacement en cas de nouvelle stimulation.

On retrouvera deux grands types de cellules effectrices :


 Les plasmocytes responsables de la production d’anticorps = médiation humorale
 Les lymphocytes T cytotoxique = médiation cellulaire

ANTIGENE : Un antigène est une molécule capable d’induire une réponse immunitaire
(propriété d’immunogénicité = déclenche une réponse) et d’être reconnu par le produit
de la réponse immunitaire (propriété d’antigénicité = est la cible de la réponse) comme les
anticorps et les lymphocytes T cytotoxiques.

Quel(s) organe(s) parmi cette liste ne sont pas des organes lymphoïdes secondaires :
1) Rate 2) Nœuds lymphatiques 3) Thymus 4) Plaque de Peyer

Réponse : Réponse 3 (4 peut être OL1 chez porc, bovin)

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I. L’immunité innée

L’immunité innée a longtemps été


délaissée par les immunologistes. Elle est
en train de redevenir à la mode car ils se
sont rendus compte qu’ils avaient sous-
estimé son importance. Elle est en effet
responsable de l’élimination de 99% des
micro-organismes pathogènes.

Elle constitue la première des protections


face à un agent pathogène.

A. L’immunité constitutive

L’immunité constitutive est un ensemble de barrières physiques :

 phanères, peau, sébum, flore commensale en compétition avec les agents


pathogènes…

 barrière épithéliale muqueuse (barrière muco-ciliée des bronches par exemple pour
faire ressortir des antigènes et déclencher la toux)

Remarque : Certaines barrières constitutives comme la toux sont inductibles.

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B. L’immunité innée au sens strict

L’immunité innée au sens strict met en jeu :

 des cellules (polynucléaires, monocytes, macrophages libérant des molécules


et réalisant la phagocytose)
 des facteurs moléculaires (système du complément, cytokines…)
L’immunité innée est nécessaire au recrutement des acteurs de l’immunité acquise, qui agit
en relais notamment via les macrophages et les cellules dendritiques (regroupés sous le terme
de CPA). Les CPA ont donc le rôle d’interface entre les deux immunités.

La qualité de la réponse innée impacte la qualité de la réponse adaptative.

1- Le rôle pivot des macrophages et des


2- Interactions entre immunité innée et acquise
cellules dendritiques
L’immunité innée sera détaillée lors du CM2. Voilà donc juste un petit rappel des quatre
phases de l’inflammation :

o initiation (phase vasculaire puis cellulaire)


o amplification
o stabilisation
o réparation

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II. L’immunité acquise

La voie principale de l’immunité acquise est dite thymo-dépendante. Elle peut déclencher la
réponse immunitaire cellulaire via les Th1 (Th= T helper) ou la réponse immunitaire humorale
via les Th2.Il en existe une seconde dite thymo-indépendante, qui n’existe que pour
l’orientation Th2.

1) La voie thymo-dépendante (1 sur schéma) : l’immunité acquise démarre par la


présentation de l’antigène aux LT CD4 (rôle central, oriente l’immunité) qui se
différencient alors :
- soit en LTh1 qui aident les LT8 à se différencier en LT cytotoxiques (CTL), aboutissant
au déclenchement de la Réponse Immunitaire à Médiation Cellulaire (RIMC),
- soit en LTh2 qui aident les LB à se différencier en plasmocytes, aboutissant à
la Réponse Immunitaire à Médiation Humorale (RIMH).

2) La voie thymo-indépendante (2 sur schéma): certains antigènes sont captés


directement par les LB, ils court-circuitent la réponse, sans présentation par les CPA ni
transfert au thymus, il n’y a pas de mémoire mise en place.
Exemple d’Ag thymo-indépendant : le LPS
La plupart des pathogènes présentent plusieurs antigènes différents, ce qui sollicite les
deux voies de réponse immunitaire.

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1 2

A. La réponse immunitaire à médiation humorale (RIMH)

Il s’agit d’une réponse plus lente (15-20 jours) et productrice d’anticorps.

1. Partenaires

On distingue deux types de partenaires :

 les acteurs cellulaires: CPA (cellule présentatrice d’Ag), lymphocytes Th2 (CD4+),
lymphocytes B et leurs cellules terminales, les plasmocytes.
 les médiateurs immunitaires : cytokines immunitaires (IL4, IL5, IL10, IL13…) et
anticorps (IgD, IgM, IgG, IgA, IgE)

2. Orientation : la voie du Th2

 L’antigène thymo-dépendant est présenté aux LT (CD4+) par les CPA via les CMH II : il y a
restriction au CMH. Il y a alors production d’IL1 et IL4 et orientation vers la voie du Th2.
 Les antigènes thymo-indépendants activent directement les lymphocytes B via le BCR:
les lymphocytes B ne subissent pas la restriction au CMH. On a donc une coopération
entre LB et LT : le LB trouve un antigène soluble et le montre au LT qui l’active en retour.
C’est la présentation antigénique.

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Il y a mise en mémoire. Ainsi lors d’une réponse secondaire, les lymphocytes B mémoire
peuvent activer directement le Th2 via le BCR, d’où une réponse plus rapide, plus intense et
plus durable.

3
4

Réponse secondaire Réponse primaire

3-L’activation cellulaire de la voie des Th2

La voie des Th2 a lieu dans le centre germinatif des organes lymphoïdes secondaires
(en particulier les nœuds lymphatiques) . La multiplication des lymphocytes B entraîne

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une augmentation de la taille des nœuds lymphatiques (d’où le gonflement que l’on peut
sentir des nœuds lymphatiques rétro-mandibulaires par exemple).

3. Action des Th2

Les Th2 produisent des cytokines et permettent


d’activer les lymphocytes B avec formation de
plasmocytes et de LB mémoire.
La réponse adaptative repose sur la création des
cellules mémoires !

a) Production de cytokines

Le Th2 activé sécrète IL3, IL4, IL5, IL6, IL10 et IL13 qui sont des cytokines activant la
différenciation des LB en plasmocytes. Suivant les cytokines libérées, les plasmocytes
produisent une classe d’anticorps différente, ceci permet notamment la commutation de
classe.

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Une interleukine est le fruit de plusieurs cellules.
L’interleukine 10 inhibe la réponse Th1. Il n’existe pas réponse mixte qui serait à la fois Th1
et Th2.

L’IL4 est la plus importante et stimule la croissance et la différenciation des lymphocytes B


en plasmocytes et B mémoire. Elle inhibe également les réponses Th1, Th17 et
stimule les macrophages inhibiteurs M2 (cf CM2).

Retenez bien les quatre grands rôles de l’interleukine 4.

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Quelle(s) cytokines ne sont pas classiquement associées à la voie des Th2 ?

1) IL-5 2) IL-4 3) IL-2 4) IL-13


Réponse : 3 : qui est associée à la voie des Th1 (carton rouge pour Privat…)

b) Activation des lymphocytes B

Le plasmocyte est le stade final de différenciation du lymphocyte B. Il assure la production


d’anticorps après reconnaissance directe d’un antigène par un BCR, provoquant la
transduction d’un signal via le CD79. Ces anticorps produits sont spécifiquement dirigés
contre l’antigène à l’origine de la stimulation (pas de restriction par CMH).
Il existe aussi une co-stimulation : CD40-CD154 avec les lymphocytes T et CD21/CD19 avec
C3b. Elle aboutit soit à l’activation (différenciation en LTh2 et libération de molécules) soit à
l’inactivation du LB en fonction de la molécule à laquelle ils vont se lier. Il y a ainsi une
adaptation de la réponse immunitaire.

Différentes classes d’anticorps (isotypes) peuvent être produites :

Classe Valence Caractéristiques


IgM 10 pentamères Spécialisé dans l’agglutination, la précipitation et l’activation du
complément
IgA 2 ou 4 Excrété à l’extérieur (ex : lumière intestinale) par trancytose
Monomère ou Ig des muqueuses
dimère
IgE 2 Stimule la dégranulation des mastocytes. Produit lors du
parasitisme. Responsable de l’HS1 (hyper sensibilité de type 1)
IgD 2 Sur la membrane des lymphocytes B. Jouerait un rôle dans la
régulation de la réponse immunitaire
IgG 2 Durée de vie longue 21j. Polyvalent : activation du complément,
opsonisation, neutralisation et précipitation

Les effecteurs de la RIMH : les immunoglobulines

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 Les fonctions des anticorps :

Les anticorps se lient à l’antigène par des liaisons faibles. De cette liaison découlent les
différentes fonctions possibles des anticorps :
1) neutralisation = inhibition d’une action (ex : virus, toxine, fixation d’une
bactérie)
2) agglutination = liaison à un Ag particulaire et forment un réseau
3) précipitation = liaison à un Ag soluble et forment un réseau
4) opsonisation = facilite la phagocytose
5) cytolytique = lyse d’une cellule (via le complément)

 Autres fonctions des Ac :

1) Fixation du complément
2) Liaison à la membrane cellulaire
 Traversée des barrières
 Présentation de l’antigène
 Opsonisation
 ADCC
 Dégranulation cellulaire

c) Formation de cellules B mémoires :

On distingue deux populations :

 Les lymphocytes B mémoire à vie courte (7 à 15 jours): dans les nœuds


lymphatiques, la rate et le sang. Ils auront les phénotypes CD27+, CD38- et
CD44+.
 Les lymphocytes B mémoire à vie longue (plusieurs années) : dans la moelle
osseuse. Ils auront une sécrétion constante d’anticorps. Plutôt sollicités pour la
vaccination et les rappels.

4. Réponse primaire et secondaire (RIMH)

La réponse primaire de l’immunité acquise intervient après un temps de latence dû


à l’activation des plasmocytes. Elle aboutit à la synthèse d’IgM en quantité moyenne ainsi
qu’à la synthèse de quelques IgG (minoritaire par rapport aux IgM, détails important lors du
diagnostic et la datation). Elle est peu durable.

C’est la seule réponse possible pour un antigène thymo-indépendant qui reproduira une
réponse primaire (donc majoritairement IgM) à chaque mise en contact.

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En revanche, un antigène thymo-
dépendant induit la formation de LB
mémoire, ce qui permet lors d’une mise
en contact ultérieure, de déclencher une
réponse immunitaire secondaire qui est
immédiate et à base d’IgG en grande
quantité (commutation isotypique).
L’affinité est grandement améliorée et la
décroissance est lente.

Cinétique des anticorps au cours des


réponses immunitaires acquises I et II

Lymphocyte B mémoire et immunoglobulines


associées aux réponses I et II

5. Exploration de la RIMH
Cette exploration repose sur des réactions sérologiques :

 Réactions ne mettant en jeu que l’union Ag-Ac : on retrouve l’immunofluorescence,


l’immunoenzymologie (ELISA et autres tests rapides), l’immunoradiologie….

 Réactions mettant en jeu les propriétés biologiques des Ac : formation de réseau


(précipitation et agglutination), fixation du complément, neutralisation….

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B. La réponse immunitaire à médiation cellulaire (RIMC)

Il s’agit d’une réponse plus rapide (7-10 jours) et cytotoxique.

1. Partenaires

On distingue deux types de partenaires :

 les acteurs cellulaires: CPA, LT CD4+, LT CD8+ (CTL = lymphocyte T cytotoxique),


macrophages
 les médiateurs : cytokines immunitaires (IL2, IL12, IFN…), molécules inflammatoires
(cytokines, enzymes macrophagiques…), molécules toxiques (Fas /FasL, facteurs
antimicrobiens macrophagiques, perforines, granzymes….)

Question : la restriction par le CMH signifie que `


1) seules les cellules présentatrices de l'Ag possèdent un CMH
2) l'Ag est porté par le CMH
3) Il y a double reconnaissance : l'Ag par le TCR et le CMH par CD4 ou le CD8
4) l'Ag est d'abord reconnu par les IgM après interaction avec le CMH

Réponse 3 :sans double reconnaissance, pas d’activation des lymphocytes T

2. Orientation : la voie du Th1

Remarque : il n’y a pas d’antigène thymo-indépendant dans cette voie

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L’orientation vers la voie Th1 est séparée en deux étapes : la présentation antigénique et
l’activation des Th1.

a) La présentation antigénique :

Les CPA expriment le CM II et présentent l’antigène thymo- dépendant aux LTCD4.

Il existe une double reconnaissance : le CD4 par le CM II et l’antigène par le


récepteur du lymphocyte T. S’il manque un des deux, il n’y aura pas d’activation de
la machinerie cellulaire. C’est d’ailleurs la stratégie de certains pathogènes afin
d’empêcher la réponse immunitaire.

b) L’activation des Th1 :

Les LT4, sous l’action des cytokines présentes dans


l’environnement et qui dépendent de la nature de
l’antigène stimulant, se différencient alors en LTh1 qui
libèrent :
- IL 2 : différenciation des LT Cytotoxiques et autres
cellules cytotoxiques
- IFN : induction de LT « mémoire »
La présentation de l’antigène se fait dans les organes
lymphoïdes secondaires. Le premier signal est la
reconnaissance du complexe Ag-CMH II par le TCR du
LT4, ce qui active chez le LT4 l’expression de CD154 (=
CD40L pour CD40 ligand) reconnu par le CD40 de la CPA.
Cette 2ème reconnaissance fait exprimer à la CPA des
CD80 et CD86: c’est le deuxième signal.

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Les LT4 sont donc soumis à la restriction au CMH : pas de stimulation directe des LT4 par
l’antigène (sauf si super-antigène).

Cette fois encore, la costimulation (entre le LT4 et la CPA) aboutit soit à l’activation
(différenciation en LTh1 et libération de molécules) soit à l’inactivation du LT4 en fonction de
la molécule à laquelle ils vont se lier.
Il y a ainsi une adaptation de la réponse immunitaire.

3. Action des Th1

a) Les principales cytokines produites par Th1

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 L’interleukine 2 :
Aussi appelée facteur de croissance des lymphocytes T, elle possède trois fonctions
biologiques majeures :
1) Fonction autocrine pour stimuler la prolifération des lymphocytes Th1
2) Favorise la croissance et la survie des lymphocytes T régulateurs qui inhibent la
réponse cellulaire et permettent de la contrôler.
3) Stimule la prolifération et la différenciation des lymphocytes B et des cellules Natural
Killer (NK). Les cellules NK sont des cellules de l‘immunité innée mais aussi acquise.
L’IL-2 est donc nécessaire à la fois à l’induction et à la régulation des réponses immunitaires
assurées par les lymphocytes T. IL-2 joue à la fois un rôle endocrine (sur d’autres cellules
éloignées), paracrine (sur cellules proches) et autocrine (sur les lymphocytes qui l’ont
produite).

 L’interféron gamma 

Il active les macrophages et les NK et


possède un effet antiviral en inhibant la
traduction.

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b) La formation des lymphocytes T cytotoxiques

Les Th1 activés produisent de l’Il2 et


présentent l’antigène exogène via le
CMH I de la cellule cible aux
lymphocytes T CD8. Ceux-ci se
différencient alors en lymphocytes
cytotoxiques d’une part et en
lymphocytes mémoire d’autre part.

Les lymphocytes T cytotoxiques


interviennent lors de l’infection virale,
contre les bactéries intracellulaires ou
contre les cellules tumorales et ont
une activité cytotoxique pour la cellule
cible. Ils induisent une apoptose via
deux voies :
 Voie directe, voie de la "perforine" : le LTC reconnait des protéines de stress
exprimées par la cellule en souffrance et libère alors des perforines, qui par auto-
assemblage, vont former un canal intra-membranaire dans la cellule cible. Le
granzyme, libéré par le lymphocyte, pénètre alors dans la cellule cible, activant la
caspase 3…….. c’est l’apoptose

 Voie extrinsèque, voie CD95L = voie des « récepteurs de mort » : le LTC se lie au
récepteur de mort FasL (=CD95L) et déclenche l’activation du Fas (CD95) qui lui-
même déclenche l’activation de la caspase 8 qui active la caspase 3….. c’est encore
l’apoptose.

Voie directe Voie extrinsèque

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Rem : le mécanisme des lymphocytes killer est superposable à celui des lymphocytes T
cytotoxiques.

c) Les lymphocytes T mémoire

L’existence de cellules mémoire permet d’obtenir une réponse plus rapide et intense lors
d’un contact ultérieur avec un même Ag. On distingue deux types de populations (phénotypes
particuliers) mémoire :
 Les cellules centrales :
Il s’agit des cellules circulantes dans les organes lymphoïdes secondaires. Elles sont de
phénotype : CD25+, CCR7+, CD45RO+.

 Les cellules effectrices :


Il s’agit des cellules localisées dans les tissus. En fonction des intégrines exprimées par le
tissu et les cellules mémoires, ces dernières se répartissent soit dans la peau si elles sont
α4β1 CCR4+ soit dans les muqueuses si elles sont α4β7 CCR5+.

d) L’activation des macrophages

Bactérie intracellulaire
facultative
ex : Brucella

Les macrophages sont un autre élément de la voie des Th1 en plus des lymphocytes T.

Les Th1 activés produisent de l’IL 2 et de l’interféron gamma qui les deux combinés permettent
une activation complète (explosion respiratoire) des macrophages. En retour, ceux-ci
expriment de l’IL12 et du TNFα qui stimulent les Th1 et les NK. On a donc une auto-
amplification de la réponse immunitaire, puisque les NK peuvent activer partiellement les
macrophages (à la différence des Th1) en sécrétant uniquement de l’interféron gamma.

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Quelle est la cytokine activatrice des macrophages ?

1) IL-2 2) IL-4 3) IFN-γ 4)TNF

Réponse : 3) en priorité même si IL-2 participe

Comparaison des voies TH1 et Th2

4. Exploration de la RIMC

Cette immunité ne faisant pas intervenir d’anticorps, il existe d’autres méthodes


d’exploration :

 Numération, phénotypage des lymphocytes (par cytométrie de flux)

 Dosage des cytokines : dosages biologiques, ELISA (cytokines ≈ Ag)

 Tests fonctionnels : Test de stimulation lymphocytaire, Elispot,


cytotoxicité par relargage du Cr 51, tuberculinisation des bovins

 NB : exploration "in vivo"

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CONCLUSION
Il est important de maîtriser les mécanismes que nous venons de voir pour pouvoir
comprendre ensuite leurs dysfonctionnements.

Il est possible d’améliorer l’immunité d’un individu selon deux principes :

 l’immunisation passive ne met pas en jeu le système propre à l’individu.


Elle consiste à lui apporter directement les anticorps ou les lymphocytes T
cytotoxiques et est très utile en situation d’urgence, mais elle ne permet pas
de mémoire immunitaire (colostrum, sérum antitétanique,…).

 l’immunité active utilise le système propre de l’hôte. On stimule son système


immunitaire en apportant des cytokines ou des antigènes pour qu’il produise
la réponse voulue. Elle est plus longue à se mettre en place mais permet la
mémoire immunitaire (infection naturelle, vaccination…).

Les annexes : (il y a des tableaux récapitulatifs utiles alors ne


les passez pas trop vite)

Caractéristiques des immunités innée et acquise

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Lignées cellulaires impliquées dans la réponse immunitaire.

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L’immunité innée

Table des matières

I. Immunité constitutive ................................................................................. 3


A. Rôles des barrières physiques ............................................................................................ 3
1) La peau ......................................................................................................................... 3
2) Les muqueuses............................................................................................................. 3
3) Les flux ......................................................................................................................... 3
B. Barrières chimiques ........................................................................................................... 4
C. Barrières biologiques : rôle de la flore commensale ............................................................ 4

II. Inflammation ............................................................................................... 4


A. Reconnaissance innée de l’agent pathogène ...................................................................... 6
1) Signaux d’alerte ........................................................................................................... 6
2) Récepteurs aux signaux de danger (PRRs = pattern-recognition receptors) .............. 8
B. Cellules de l’inflammation : cellules de l’immunité innée ...................................................12
1) Cellules phagocytaires : neutrophiles et macrophages ............................................. 12
2) Les cellules sentinelles : macrophages, cellules dendritiques et mastocytes ........... 17
3) Autres cellules de l’inflammation .............................................................................. 20
C. Conséquences de l’inflammation : le double visage de l’inflammation ...............................22
1) Conséquences physiologiques ................................................................................... 22
2) Conséquences pathologiques .................................................................................... 23
D. Les médiateurs de l’inflammation .....................................................................................24
Introduction

Le système immunitaire regroupe l’ensemble des mécanismes de défense de


l'organisme contre le non-soi. Il met en jeu des acteurs cellulaires et moléculaires qui sont
produits dans les organes lymphoïdes primaires et agissent dans les organes lymphoïdes
secondaires.

On distingue l’immunité innée qui est non spécifique et l’immunité adaptative qui fait
intervenir la lignée lymphocytaire et est spécifique de l'agent pathogène (à médiation
humorale ou cellulaire). L’immunité adaptative fonctionne en relais de l’immunité innée.

L’immunité innée se définit donc comme l’immunité non spécifique, appelée aussi
immunité naturelle ou native, qui ne dépend pas de mécanismes antigéniques ; la réponse
est stéréotypée face à un type d’agression donné. Il s’agit en fait de tous les mécanismes
immunitaires ne faisant pas intervenir la lignée lymphoïde.
On peut la diviser en une immunité constitutive qui ne met pas en jeu des cellules
immunitaires et en une immunité de type inflammatoire qui fait intervenir les cellules
immunitaires de la lignée myéloïde.
L’immunité innée est surtout impliquée dans la défense contre les micro-organismes (virus
et bactéries) ainsi que contre les agents physico-chimiques (corps étrangers).

Diminution
considérable du
nombre de
pathogènes

Place de l’immunité innée dans la réponse immunitaire

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Franchissement des différentes barrières immunitaires par un agent pathogène

I. Immunité constitutive

Se reporter au cours d’immunologie générale pour plus d’informations. Cette partie a été
traitée très rapidement mais nous vous avons laissé le développement des autres années pour
une meilleure compréhension.

A. Rôles des barrières physiques

1) La peau

La peau saine constitue une barrière anti-microbienne très efficace par le renouvellement
permanent de la couche cornée, par la compacité du derme (jonctions serrées) et par la
sécrétion de molécules anti-microbiennes (défensine, dermicidine).

2) Les muqueuses

Ce sont des zones non kératinisées donc moins résistantes mais leur intégrité assure
néanmoins une certaine protection, notamment au niveau des tractus digestif, respiratoire
et uro-génital qui sont les principales portes d’entrées des agents pathogènes.
La muqueuse intestinale est protégée plus particulièrement par les lymphocytes intra-
épithéliaux.

3) Les flux

Il s’agit d’éliminer les agents pathogènes par un rinçage permanent au niveau de certains
tissus : les larmes nettoient (et nourrissent) la cornée, les sécrétions muco-nasales
assainissent le rhinopharynx, la salive dilue les germes buccaux et l’ascenseur muco-ciliaire
assure un nettoyage permanent des bronches.

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B. Barrières chimiques

Il s’agit surtout du pH gastrique qui permet la détersion de la plupart des micro-organismes,


l’estomac recevant tous les flux muqueux du nez et des bronches ainsi que le flux salivaire.

C. Barrières biologiques : rôle de la flore commensale

Il s’agit de la flore bactérienne commensale, qu’elle soit cutanée ou digestive. Elle est non
pathogène et assure une lutte efficace contre les pathogènes par compétition (place,
ressources) et par la sécrétion de molécules qui inhibent la croissance d’autres espèces
bactériennes. Le microbiote produit des agents naturels qui permettent d’écarter les micro-
organismes envahissant. Ainsi, la qualité du microbiote influence notre capacité à répondre
sur le plan immunitaire : si la flore commensale est altérée par des antibiotiques, les agents
pathogènes pourront pénétrer au sein de l’organisme.

Rôle de la flore commensale

II. Inflammation

L'inflammation est un mécanisme clef dans la défense contre les agents pathogènes. Elle
limite la dissémination de l’agent pathogène et initie la réponse adaptative. La qualité de la
réponse inflammatoire détermine la qualité de la réponse adaptative. Elle se traduit sur le
plan clinique par des signes généraux (fièvre) et des signes locaux au site inflammatoire
(rougeur, douleur, chaleur et œdème).

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L’étude cinétique de la réaction inflammatoire permet de distinguer plusieurs phases :

Cinétique de la réaction inflammatoire

• Initiation : il s’agit de l’inflammation aiguë avec la phase vasculaire, à l’origine d’une


hyperhémie et la phase cellulaire, à l’origine de l’attraction des cellules sur le site de
l’agression
• amplification
• stabilisation
• réparation : cicatrisation ou restitutio ad integrum.

L’inflammation est une réponse tissulaire et il y a production de très nombreux médiateurs


qui permettent d’activer la coagulation, ce qui limite la dispersion des pathogènes.
De nombreuses populations cellulaires y prennent part :

 les cellules sentinelles : macrophages, cellules dendritiques et mastocytes (muqueux


et associés au tissu conjonctif). Elles reconnaissent des signaux de danger.
 les cellules du système phagocytaire : granulocytes ou polynucléaires et
monocytes/macrophages + cellules dendritiques. Macrophages et cellules
dendritiques permettent la présentation des antigènes et le recrutement de
l’immunité spécifique
 les cellules du système immunitaire : les lymphocytes
 les cellules de la coagulation : les plaquettes

Si malgré tout le pathogène réussit à franchir les barrières physiques, trois questions se posent
à nous :
1) Comment le pathogène sera-t-il reconnu ?
2) Comment les différents composants du système immunitaire inné vont fonctionner
pour s’opposer au pathogène ?
3) Comment la réponse innée va-t-elle préparer la réponse adaptative ?

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Remarque - Culture générale : Les chercheurs J. Hoffmann (Français) et B. Beutler (USA) ont
découvert les bases de l’immunité innée et notamment la capacité des mouches drosophiles à
se défendre contre des agents infectieux via une molécule appelée Toll = un récepteur
membranaire qui une fois activé déclenche, par une réaction en cascade, des substances
antimicrobiennes. Le chercheur R. Steinman (USA) a quant à lui découvert les cellules
dendritiques et leurs rôles essentiels en immunologie.

A. Reconnaissance innée de l’agent pathogène

Il ne s’agit pas ici de reconnaissance antigénique mais de perception de signaux d’alerte.

1) Signaux d’alerte

a. Les PAMPs (=pathogen-associated molecular patterns)

Il s’agit de signaux extrinsèques produits par les agents pathogènes (viraux ou bactériens). Il
s’agit par exemple du LPS, du peptidoglycane, de l’ADN ou ARN viral, de la flagelline, etc.

 Signaux bactériens

- Le peptidoglycane est un élément constant de la paroi bactérienne commun aux Gram+ et


au Gram-. Il constitue un signal d’alarme.
- Chez les Gram +, les acides teichoïques et lipoteichoïques de la paroi peuvent être reconnus
par l’organisme.

Les PAMPs des bactéries Gram +

- Chez les Gram -, ce sont le LPS mais également les porines qui peuvent être reconnus.

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Les PAMPs des bactéries Gram -

- Chez les bactéries acido-alcoolo-résistantes (AAR), ce sont les lipides de la paroi (acide
mycolique et galactane), les porines et le peptidoglycane qui constituent des signaux
d’alerte.

Les PAMPs des bactéries AAR

 Signaux viraux
La cellule infectée est capable de reconnaître des motifs d’ADN ou d’ARN étrangers et
notamment les ARN double brin.

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b. Les alarmines (=DAMPs pour damage-associated molecular patterns)

Il s’agit des molécules libérées par les cellules mortes ou en train de mourir. On les scinde en
deux groupes : celles produites à l’extérieur de la cellule (ex : héparane sulfate) et celles
produites à l’intérieur de la cellule (ex : HMGB1).

2) Récepteurs aux signaux de danger (PRRs = pattern-recognition


receptors)

Initialement mis en évidence chez les drosophiles (par Hoffman et Beutler, prix Nobel de
médecine en 2011), on en distingue deux types.

a. Les Toll Like Receptors (TLRs)

Il s’agit de récepteurs protéiques pouvant être intra (à la surface d'endosomes) ou


extracellulaires. Certains sont sous forme d’hétérodimères et d’autres sous forme
d’homodimères.

Localisation des différents TLRs : extracellulaire ou intracellulaire

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Il en existe de nombreux types reconnaissant chacun un signal préférentiel (mais ne pas
employer le terme spécificité qui est réservé à l’immunité lymphocytaire). On retiendra par
exemple le TLR8 qui reconnait préférentiellement l’ARN viral simple brin.

PAMPs reconnus par les TLRs des mammifères

Les TLRs possèdent un domaine intracellulaire qui assure la transduction du signal par une
cascade de phosphorylations, ce qui aboutit à l’activation de gènes spécifiques. Il y a donc
synthèse de cytokines inflammatoires par la cellule, de chimiokines permettant d’attirer les
cellules immunitaires et de molécules endothéliales d’adhérence permettant aux autres
molécules de sortir du torrent circulatoire.

Action des TLRs activés

Par exemple, lorsque le TLR4 reconnait le LPS des bactéries Gram -, il provoque, via une
molécule adaptatrice (MyD88), une cascade d’activation qui aboutit à la synthèse d’IL1-β, d’IL-
6 et de TNF-α, trois cytokines inflammatoires entraînant notamment une réaction fébrile.

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Il y a adaptation de la réponse de la cellule en fonction des TLRs sollicités.

Cascade d’activation lors de la reconnaissance du LPS

 Illustration de l’importance des TLRs

- Exemple de TLR4 et de TLR2 qui contrôlent la clairance de Leptospira interrogans


Leptospira : spirochète responsable d'une zoonose bactérienne ; les rongeurs sont des
porteurs asymptomatiques et excrètent la bactérie dans leur urine.
Des souris DKO (double KO) pour les gènes TLR2 et TLR4 meurent 6j après l’injection d’une
dose de spirochètes alors que les souris sauvages (WT) survivent à la même dose. Les souris
DKO montrent des niveaux plus faibles d’ARNm codant pour l’IFNγ et l’iNOS (oxyde nitrique
synthase inductible) d’où une absence d’activation des macrophages qui ne peuvent donc pas
phagocyter les Leptospires et ne peuvent donc pas présenter l’Ag aux Th2 pour recruter les
plasmocytes.
=> La réponse adaptative nécessite donc l’intégrité des mécanismes de l’immunité innée.
A noter qu’on observe également des niveaux plus élevés ou équivalents d’autres cytokines
inflammatoires (TNFγ et IL1β).
=> La réponse inflammatoire n’est pas complètement TLR-dépendante (cf autres PRRs).

- Toute mutation des TLRs a des conséquences immunologiques : ex du Berger Allemand


avec un polymorphisme au niveau du TLR5.
Il existe une maladie fréquente chez le Berger Allemand, due à des SNPs qui entraînent une
hypersensibilité à la flagelline, d’où une réponse inflammatoire inappropriée associée à une

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diarrhée et à des vomissements. On appelle cette maladie IBD (=inflammatory bowel disease)
ou MICI (=maladie inflammatoire chronique de l’intestin).
=> Le polymorphisme des TLRs permet ainsi d’adapter la réponse immunitaire mais elle peut
aussi être à l’origine de son exacerbation.

b. Autres PRRs

Ils sont de nature variée mais leur fonctionnement est semblable à celui des TLRs
(reconnaissance préférentielle, cascade d'activations...). On retiendra notamment le CD14 qui
reconnaît le LPS et les récepteurs RIG qui reconnaissent l’ARN viral.

Autres PRRs

Remarque : Les bactéries, les parasites et les virus vont chercher à élaborer des stratégies de
contournement de cette reconnaissance.

Après reconnaissance, les cellules de l’inflammation prennent en charge l’agent pathogène.

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Réponse à l’invasion microbienne

Question : Les "TLRs" pour "Toll-like receptors" sont :


1) des récepteurs présents chez les cellules sentinelles
2) des motifs bactériens et viraux reconnus par les cellules sentinelles
3) des signaux d'alerte (ou alarmines) émis par les cellules détruites
4) des récepteurs spécifiques des Ags bactériens et viraux
ǝun ǝsuodǝɹ

B. Cellules de l’inflammation : cellules de l’immunité innée

1) Cellules phagocytaires : neutrophiles et macrophages

a. Etapes de la phagocytose

 Etape 1 : migration des cellules à partir du sang


Les cellules phagocytaires (neutrophiles et monocytes/macrophages) sont présentes dans le
sang et doivent se rendre dans les tissus par diapédèse pour pouvoir y exercer leur activité
phagocytaire. Sous l’influence des signaux de danger et/ou des chimiokines émises par les
cellules sentinelles, elles expriment des sélectines qui se lient aux intégrines des cellules

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endothéliales, ce qui permet le roulement et l’adhésion puis le passage entre les cellules
endothéliales.

Etapes de la diapédèse

 Etape 2 : adhérence, ingestion et destruction


Il y a déplacement actif vers le pathogène par chimiotactisme, suivi d’une phase d’adhésion,
d’une phase d’internalisation et enfin de la lyse du pathogène.

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Exemple d’une mobilisation massive des PMNs sur un site
inflammatoire : suite à l’injection sous-cutanée de
Corybacterium pseudotuberculosis au niveau de l'oreille droite
chez un agneau, on observe la mobilisation des polynucléaires
neutrophiles dans le noeud lymphatique drainant le site
d’inoculation.

b. Les neutrophiles

Rappels : Ce sont les premières cellules à arriver sur le lieu de l’inflammation. Ce sont des
cellules à vie courte, incapables de mémoire, qui ne se multiplient pas dans les tissus et ne
peuvent pas retourner dans le sang.

1) Adhésion des PNNs aux


« sélectines » des cellules
endothéliales en 2 temps
(rolling)
2) Extravasation, passage et
migration = diapédèse
3) Phagocytose
4) Puis régulation de
l’activité des neutrophiles
par les macrophages

Mode d’action des neutrophiles

Ces cellules sont attirées par des cytokines inflammatoires actives (IL1 et IL6), se fixent
aux micro-organismes et les phagocytent.
Elles sont également capables de projeter leur ADN hors d’elle-même tel un filet qui piège
l’agent pathogène ; il s’agit du phénomène de NET (Nuclear Extracellular Traping), sorte de
suicide du neutrophile qui jette son ADN sur l’agent pathogène pour l’emprisonner. Ce
phénomène a été découvert récemment.
Par ailleurs, les neutrophiles recrutent et activent les macrophages. Il existe un rétrocontrôle
négatif de la production de neutrophiles via les macrophages et LTh 17.

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D’autre part, les neutrophiles sécrètent des enzymes et molécules anti-bactériennes
présentes dans leurs granules : lactoferrine qui piège le fer nécessaire à la croissance
bactérienne, défensine, etc.

Equipement enzymatique des neutrophiles

c. Les macrophages

Il existe trois grands types de macrophages : les macrophages classiques activés par l’IFN et
à activité antimicrobienne, les macrophages impliqués dans la réparation cellulaire et les
macrophages régulateurs.

Les trois grands types de macrophages

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Contrairement aux neutrophiles, ils arrivent plus tardivement, peuvent se multiplier sur le
lieu de l’inflammation et quitter le tissu pour aller présenter l’antigène dans les nœuds
lymphatiques.

Les macrophages M1 (= à activité antimicrobienne) produisent du monoxyde d’azote NO qui


est un vasodilatateur et un puissant oxydant.
Les macrophages M2 (= régulateurs et impliqués dans la réparation cellulaire) nettoient le
site de l’inflammation en ingérant les neutrophiles morts et limitent ainsi les dommages
causés par les enzymes des neutrophiles. Ils initient le processus de cicatrisation
(multiplication fibroblastique et néoangiogenèse).

Cytokines produites par les macrophages

Au final, le macrophage est très polyvalent, à tel point qu’il est capable à la fois d’activer la
voie des Th1 et celle des Th2. Il est capable de remodelage tissulaire mais aussi destruction
tissulaire = rôles opposés.

Le rôle très polyvalent des macrophages

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2) Les cellules sentinelles : macrophages, cellules dendritiques et mastocytes

Les cellules sentinelles sont capables de répondre aux PAMPs et aux DAMPs. Elles sont
disséminées sur toutes les surfaces susceptibles d’être des portes d’entrées des pathogènes.
Elles libèrent des cytokines vasoactives, chimiotactiques et activatrices des cellules effectrices
et des molécules antimicrobiennes.

a. Les macrophages (sont aussi des cellules phagocytaires)

Les macrophages prennent différentes dénominations suivant leurs localisations. Ils sont ainsi
présents sous forme de monocytes dans le sang et prennent le nom de macrophages une fois
dans les tissus.

Les monocytes et différentes appellations des macrophages

Rappel : Un macrophage est caractérisé sur le plan morphologique par un cytoplasme large,
un appareil réticulé développé et de nombreux appareils de Golgi = activité sécrétoire très
dense.

Aspect morphologique d’un macrophage

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Les macrophages sont à la fois des cellules sentinelles, des phagocytes et des cellules
présentatrices d’antigènes.
Ils se mobilisent massivement sur le site de l’inflammation, après les neutrophiles. Ils
détectent, ingèrent et éliminent les microbes survivants et autres particules.
Les cytokines produites par les macrophages et autres cellules sentinelles peuvent engendrer
une fièvre et d’autres signes cliniques de l’inflammation.

b. Les cellules dendritiques

Découvertes par Steinman (prix Nobel de médecine en 2011), elles sont localisées dans
la peau et les muqueuses ainsi que dans les plages T des nœuds lymphatiques. Elles
constituent le relais avec l’immunité adaptative par leur capacité à présenter des antigènes
exogènes. Elles reconnaissent un signal de danger et sont capable d’internaliser l’agent
pathogène. Elles expriment alors le CMHII et présentent un antigène T après dégradation de
la bactérie.

Rôle pivot des cellules dendritiques

On distingue 6 fonctions dont deux sur lesquelles notre cher Prof a bien insisté :

 Fonction 3 : maturation en réponse à des stimuli de stress ou microbiens


La maturation des cellules dendritiques se fait sous l’influence de divers facteurs notamment
en réponse à des stimuli de stress ou microbiens.

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 Fonction 4 : sous-populations aux fonctions et récepteurs de dangers différents
On distingue en réalité deux types de cellules dendritiques d’origine différente, ce qui permet
d’orienter la réponse immunitaire en activant la voie humorale ou la voie cellulaire.

- Cellule dendritique conventionnelle


Elle est d’origine myéloïde. C’est le type le plus courant. Les cellules dendritiques myéloïdes
sécrètent majoritairement de l’IL12 et induisent une réponse de type Th1, c’est-à-dire à
médiation cellulaire.

- Cellule dendritique plasmocytoïde


Elle est d’origine lymphoïde et ne produit pas d’IL12, ce qui induit une réponse Th2,
humorale.

Sous-populations aux fonctions et récepteurs de danger différents

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c. Les mastocytes

Ils sont analogues à des basophiles et on en distingue deux populations : les mastocytes
muqueux et les mastocytes conjonctifs.
Ils jouent un rôle important dans l’immunité anti-infectieuse et anti-parasitaire. Ils disposent
d'une grande panoplie de PRRs, ce qui fait d’eux des cellules sentinelles. Ils sécrètent des
peptides antimicrobiens, des cytokines et des chimiokines qui attirent les PNNs.
Ce sont les cellules pivots de l’hypersensibilité de type I.

Question : Parmi les cellules suivantes, laquelle n'est pas qualifiée de sentinelle ?
1) Le macrophage
2) La cellule dendritique
3) Le mastocyte
4) Le polynucléaire neutrophile
ǝlıɥdoɹʇnǝu ǝɹıɐǝlɔnuʎlod ǝl : ǝsuodǝɹ

3) Autres cellules de l’inflammation

a. Les cellules NK (Natural Killer)

Elles représentent 10% des lymphocytes et sont des médiateurs importants de l’immunité
naturelle. Les cellules NK possèdent des TLRs et d’autres PRRs. Elles reconnaissent les
changements à la surface des cellules infectées ou stressées (ex : cellules tumorales) et tuent
ces cellules.
Elles ne reconnaissent pas l’antigène mais la présence et la qualité du CMHI conjointement à
des facteurs de stress (via les PRRs). Leur activation passe par un équilibre entre la stimulation
de récepteurs activateurs ou inhibiteurs.

Les cellules NK activées ont une action cytotoxique suivant plusieurs mécanismes:
 Induction de l’apoptose par la voie directe
 Coopération avec les anticorps pour déclencher la lyse cellulaire (ADCC)
 Action cytolytique indirecte par activation des macrophages via l’IFN et activation de
la voie Th1 cytotoxique.
L’action des cellules NK est renforcée par l’IL15, l’IFN de type 1 et l’IL12.
Ils sont également capables de mémoire mais cette capacité reste limitée.

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Mode d’action des cellules NK

Rôles des cellules NK

b. Cellules NKT

Ces lymphocytes sont présents dans les épithéliums et les organes lymphoïdes. Ils
expriment des molécules de surfaces typiques des cellules NK mais à la différence de ces
dernières, les cellules NKT reconnaissent certains antigènes microbiens non peptidiques
(comme les lipides ou glycolipides) via la molécule CD1 apparentée au CMH1 et expriment un
TCRαβ (invariant chez iNKT)..
Il existe deux sous-populations de cellules NKT : les iNKT (cellules NKT classiques) et les NKT
(cellules NKT de type II). Leurs fonctions précises restent mal comprises.

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c. Les cellules émergentes : les ILC ( = innate lymphoïd cells)

Le prof est passé très vite là-dessus, on se sait pas encore grand-chose de ces cellules.
Ces cellules, localisées essentiellement dans les muqueuses, sont à l’interface entre
l’immunité innée et l’immunité adaptative. Elles ont des fonctions qui rappellent les
différentes sous-populations lymphocytaires Th (Th1, Th2, Th17, Th22) mais sans
reconnaissance spécifique de l’antigène. Il existe trois sous populations : ILC 1, ILC2, ILC3
avec des fonctions différentes. La stimulation inappropriée de ces cellules aurait pour
conséquence des situations inflammatoires délétères.

C. Conséquences de l’inflammation : le double visage de


l’inflammation

1) Conséquences physiologiques

La réaction inflammatoire permet la mise en place de l’immunité adaptative qui permet, si


nécessaire, de lutter contre le pathogène. Une fois l’agression maîtrisée, on observe un
phénomène de réparation tissulaire qui conduit soit à une restitutio ad integrum si les dégâts
ont été peu importants, soit à une cicatrisation.

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Rôles de l’inflammation

Elle déclenche également des réponses systémiques (fièvre via IL1, IL6 et TNFα, arrêt de la
prise alimentaire via TNFβ, séquestration hépatique du fer). Tout ceci a pour effet de limiter
la croissance bactérienne.
Les signes de l’inflammation sont : la douleur, la chaleur, la rougeur et la tuméfaction.

Les signes de l’inflammation

2) Conséquences pathologiques

Si l'inflammation dure trop longtemps, on entre dans un phénomène d'inflammation


chronique qui peut prendre une forme suppurée si les neutrophiles n’arrivent pas à dégrader
correctement l’agent pathogène (d’où formation de pus) ou une forme granulomateuse (cas

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de la tuberculose) si ce sont les macrophages qui persistent dans le tissu, aboutissant à la
formation de granulomes qui enkystent l’agent pathogène.
La persistance du stimulus peut aussi aboutir à une fibrose du tissu. La chronicité est due à la
persistance de l’agent pathogène dans l’organisme (agent trop virulent et/ou réponse trop
faible) et limite sa progression mais ne permet pas son élimination, c’est un compromis.

3ème couche : coque


fibreuse

2ème couche de cellules


composée
essentiellement de
lymphocytes CD4+

1ère couche de cellules


(surtout des
macrophages OM1+)

Nécrose centrale

Exemple de conséquence d’une inflammation chronique : le granulome

Si la réaction inflammatoire se fait de manière trop intense, comme lors d’allergies, les
conséquences sur l’organisme peuvent être mortelles (choc anaphylactique avec vasodilation
généralisée, œdème laryngé à l’origine d’asphyxie) ou fortement invalidantes (cachexie si trop
de TNF, néphrite et nécrose vasculaire si dépôts amyloïdes).

D. Les médiateurs de l’inflammation

Lors de l'inflammation, les cellules immunitaires libèrent de nombreuses molécules pro-


inflammatoires :

1) les amines vaso-actives = histamine, sérotonine, ...


2) les kinines
3) les métabolites des phospholipides membranaires: prostaglandines (via cyclo-
oxygénases COX 1 et 2) et leucotriènes (via les lipo-oxygénases)

Page 24 sur 28
Cascade de l’acide arachidonique

NB : mode d'action des corticostéroïdes qui peuvent bloquer cette cascade en stimulant
l’expression d’un inhibiteur de la phospolipase A2 : propriété anti-inflammatoire.

4) le PAF (facteur activateur des plaquettes)


5) le NO via la NOS2 (inducible nitric oxide synthase)
6) les cytokines pro-inflammatoires : IL1 = IL-α (et IL-β), TNF, IL6 et autres
cytokines/chimiokines

Rôle de l’IL1

Page 25 sur 28
Rôle du TNF-α : effets à la fois positifs et toxiques

7) facteurs de coagulation
8) cascade d’activation du complément

Les 3 voies d’activation du complément :

 2 voies « innées » :
 La voie des lectines
 La voie alterne (la plus
usitée = 80 à 90 %)
 1 voie « adaptative » = la voie
classique

Page 26 sur 28
Rôles du complément

9) les protéines sériques de l’inflammation = acute phase proteins: CRP (PRR soluble),
haptoglobine...): ce sont des témoins de l'inflammation.

Conclusion : à retenir

Le système immunitaire protège l’organisme contre l’invasion microbienne et est donc


essentiel pour le maintien de la vie.
De multiples mécanismes agissent pour assurer l’absence de maladie infectieuse. Ces
mécanismes incluent les barrières physiques qui excluent les envahisseurs, l’immunité innée
qui fournit une protection initiale rapide et l’immunité adaptative qui fournit une résistance
spécifique et prolongée vis-à-vis de l’agent pathogène.

L’hôte reconnaît rapidement les microbes invasifs grâce à des molécules communes
exprimées à la surface, ou via les acides nucléiques. Ces molécules sont les PAMPs.
L’hôte reconnait aussi des molécules communes aux tissus endommagés, appelées DAMPs ou
alarmines.
Les PAMPs sont reconnus par les PRRs (dont les TLRs) présents à la surface des cellules ou par
d’autres récepteurs (intracellulaires).

Ces récepteurs à PAMPs sont essentiellement localisés sur les cellules sentinelles: les
macrophages, les cellules dendritiques et les mastocytes.
Les signaux émis par les TLRs et autres récepteurs permettent l’activation des cellules
sentinelles qui produisent divers médiateurs et cytokines. Les cytokines initient la réaction
inflammatoire proprement dite.

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Les principales cytokines pro-inflammatoires sont le TNFα, l’IL1 et l’IL6 + chimiokines.
Ces molécules augmentent le flux sanguin et la perméabilité vasculaire. Elles sont donc
chimiotactiques pour les phagocytes.

Certains agents pathogènes ont développé des stratégies pour contourner l’immunité
innée (phénomène d’échappement immunitaire).

Page 28 sur 28
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


Immunité antibactérienne et immunité antifongique

I. Immunité antibactérienne .............................................. 2


A. Pathogénie bactérienne ........................................................................... 2

1) Les bactéries exotoxinogènes ...................................................................................... 2

2) Les bactéries endotoxinogènes ................................................................................... 5

3) Les bactéries invasives................................................................................................. 6

B. La réponse innée antibactérienne ............................................................ 7

C. La réponse adaptative antibactérienne ................................................... 8

D. Immunopathologie induite par les bactéries ........................................... 9

E. Mécanismes d’échappement à la réponse immunitaire ........................ 10

F. Diagnostic des infections bactériennes .................................................. 15

II. Immunité antifongique ................................................. 16

1/20
I. Immunité antibactérienne

A. Pathogénie bactérienne

On distingue plusieurs types de bactéries en fonction de leur pathogénie :


 les bactéries exotoxinogènes
 les bactéries endotoxinogènes
 les bactéries invasives
Remarque : certaines bactéries peuvent appartenir à plusieurs catégories ci-dessus.

1) Les bactéries exotoxinogènes

Les bactéries exotoxinogènes sont des bactéries qui libèrent des toxines dans
l'organisme.
La bactérie se multiplie mais sa multiplication n'est pas à l'origine des signes cliniques.
Les bactéries restent bloquées au niveau de la paroi intestinale mais les toxines passent la
barrière épithéliale et sont absorbées par les cellules cibles, provoquant une intoxination à
l’origine des signes cliniques.
L'intoxination est le résultat d'une accumulation de toxines.

Attention à ne pas confondre intoxination et intoxication !

Mode d’action d’une bactérie exotoxinogène

Exemples de bactéries exotoxinogènes :

 Clostridium tetani
Elle libère une toxine protoplasmique, à rôle neurotoxique à l’origine du tétanos.

2/20
 Clostridium botulinum
Elle libère également une toxine protoplasmique, présente dans les aliments (TIAC),
neurotoxique. On parle alors d'intoxination pure car il n’y a pas de dissémination
bactérienne.

 Bacillus anthracis (= fièvre charbonneuse ou charbon bactéridien ou anthrax):


Cette bactérie libère 2 toxines qui s'associent à l'antigène protecteur, « PA » pour
«Protective Antigen » :
 LT ou LF pour Anthrax Lethal Toxin ou Facteur Létal, à action cytotoxique
 EF pour Edema Factor ou facteur œdèmatogène
Ces deux toxines ont un support plasmidique (pXO1 et pXO2).

Remarque : Il faut bien noter que l'antigène protecteur est protecteur pour les toxines, et non
pas pour l'individu infecté...

Architecture de B.anthracis

Deux éléments sont à l’origine de l’immunité antibactérienne : les toxines et la capsule.

Pathogénie de Bacillus anthracis :


1) Fixation du PA sur un récepteur de la cellule à infecter. Il est ensuite clivé et
forme un heptamère.
2) Le LF et/ou l’EF se fixent alors au PA et le complexe ainsi formé est internalisé.
3) Une fois dans le cytosol des cellules « parasitées », les deux toxines peuvent
activer leur capacité toxique :
- Échappement au système immunitaire et dommages cellulaires
- Mort de la cellule

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Pathogénie de Bacillus
anthracis

 Les E. coli pathogènes extra-intestinaux : non responsables de diarrhées

 Les E. coli uropathogènes (UPEC)

 Les autres E. coli pathogènes non responsables de diarrhées: septicémies,


méningites,...

 Les E. Coli pathogènes intestinaux, agents de diarrhées.


Six principaux pathotypes intestinaux sont décrits :

 Les E. Coli entérotoxinogènes (ETEC): Ils sont liés à la présence d'entérotoxines, les
unes thermostables (ST), les autres thermolabiles (LT), et d'adhésines qui
permettent aux bactéries d'adhérer aux cellules épithéliales de la muqueuse de
l’intestin grêle, de s’y multiplier et de produire des toxines qui seront absorbées.
Les gènes de ces deux types de facteurs de pathogénicité ont un support
plasmidique.

Les 5 autres pathotypes sont moins importants.

 Les E. Coli entéropathogènes (EPEC): Ces bactéries colonisent la muqueuse


intestinale en adhérant très fortement aux entérocytes, produisent des lésions
d'attachement et d'effacement caractérisées par la destruction localisée des
microvillosités de la bordure en brosse, et en induisant des altérations au niveau du
cytosquelette des cellules épithéliales.

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 Les E. Coli entérohémorragiques (EHEC) ou Escherichia coli producteurs de Shiga-
toxines (STEC) (ou anciennement VTEC)
 Les E. Coli entéroinvasifs (EIEC) (voir petit 3 sur les bactéries invasives)
 Les E. Coli entéroagrégatifs ou EaggEC, ou AAEC
 les E. Coli à adhésion diffuse ou DAEC: les DAEC adhèrent seulement aux cellules
Hep-2 et paraissent uniformément dispersées sur toute la surface des cellules
épithéliales en un profil diffus.

2) Les bactéries endotoxinogènes

Les bactéries endotoxinogènes sont des bactéries qui ont des toxines ancrées dans
leur membrane, comme par exemple le lipopolysaccharide (LPS). Les antigènes peuvent alors
être thymo-dépendants mais aussi thymo-indépendants.

Le LPS constitue un important facteur de virulence à l’origine de l’inflammation


tissulaire mais aussi du choc toxique, associant un syndrome de détresse respiratoire et des
lésions d’organes pouvant entraîner la mort.

Mode d’action des bactéries endotoxinogènes

Les macrophages reconnaissent le LPS via le TLR4 (cf. CM2) associé à la protéine CD14.
Cette reconnaissance entraîne une réponse inflammatoire cytokinique (production d'IL1, IL6
et de TNFα) qui conduit ensuite au choc septique en cas de sollicitation importante.

Définition du choc septique : réaction exagérée de l’hôte au relargage systémique du LPS des
bactéries de type Gram négatif, caractérisée entre autres par une hypotension et une
hypoperfusion.

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Pathogénie du choc septique 

3) Les bactéries invasives

Les bactéries invasives sont des bactéries capables d'envahir et de proliférer dans les
tissus de l'organisme et d'y provoquer des troubles physiopathologiques plus ou moins
importants.
Leur multiplication peut être locale ou systémique (intracellulaire ou extracellulaire).

Ainsi, on trouve des bactéries:


 à développement extracellulaire, à l’origine de production d’enzymes et de
destructions tissulaires (Streptococcus, Staphylococcus)
 à développement intracellulaire facultatif (Brucella, Listeria, mycobactéries) ou
obligatoire (Chlamydia, rickettsies), à l’origine de destructions cellulaires et
d’infections chroniques.

Mode d’action des bactéries invasives

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Exemple : Les E. coli intestinaux, agents de diarrhées, font partie des bactéries invasives. Six
principaux pathotypes intestinaux sont décrits, dont les E. coli entéroinvasifs (EIEC), à l'origine
de syndromes dysentériques: intermédiaires entre les Escherichia coli et les Shigella dont ils
possèdent le pouvoir pathogène (invasion des cellules épithéliales, échappement au
phagosome, protection de molécules causant la pathogénie).

Les Brucella sont à classer parmi ?


1) Les bactéries extracellulaires
2) Les bactéries capables de parasitisme intracellulaire facultatif
3) Les bactéries invasives
4) Les bactéries exotoxinogènes

Réponses : 2 et 3. Ce sont des bactéries « furtives » qui produisent peu de réaction


inflammatoire afin de se cacher du SI

B. La réponse innée antibactérienne

Après l’entrée des bactéries dans l'organisme, celui-ci met en place différents moyens
de défense. Cela passe d’abord par des mécanismes de l'immunité innée via la reconnaissance
des PAMPs des agents pathogènes par les cellules sentinelles (via les récepteurs TLRs). Cette
reconnaissance participe à la réponse innée inflammatoire et oriente la réponse adaptative
Th1/Th2 selon le TLR activé.

Rappel : PAMPs reconnus par les TLRs des mammifères

Il faut alors constater le grand nombre de ligands possibles (en gras : ceux strictement
bactériens), qui sont reconnus par des récepteurs de type TLR ou autres (dont CD14, NOD1 et
NOD2). [Cf CM2]

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Autres PRRs

C. La réponse adaptative antibactérienne

La réponse adaptative est mise en jeu lorsque les bactéries ont réussi à passer la barrière de
l’innée.

Les 5 mécanismes de bases de la réponse adaptative sont :


1) La neutralisation des toxines ou enzymes par les Ac
2) La destruction des bactéries par les anticorps et le complément après activation de
la voie classique
3) L’opsonisation des bactéries par les Ac (ADCC) et le complément (rôle d’opsonine
alors) → phagocytose et destruction
4) La destruction des bactéries intracellulaires par les macrophages activés
5) La destruction directe des bactéries par les
lymphocytes T cytotoxiques et les cellules NK

Les cinq mécanismes de base de la réponse


adaptative

Remarque : La voie alterne du complément est


plutôt liée à la réponse immunitaire innée et la voie
classique à la réponse adaptative.

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L’hôte se protège :

 contre les bactéries exotoxinogènes : neutralisation des toxines par les Ac, ce
qui explique l’importance de la vaccination (contre le tétanos par exemple).

 contre les bactéries à multiplication extracellulaire :


 Phagocytose par les macrophages activés par l’IFNγ
 Neutralisation des enzymes bactériennes par les Ac
 ADCC
 Opsonisation, avec ou sans phagocytose

Remarque : La cytotoxicité dépendante des anticorps (ADCC) est le mécanisme par lequel les
cellules entourées d'anticorps sont détruites par des cellules ayant des récepteurs Fc
(opsonisation), sans qu'il y ait besoin de CMH.

 contre les bactéries invasives

D. Immunopathologie induite par les bactéries

Elle correspond aux lésions entretenues par le système immunitaire via les bactéries.
On reparlera des différentes hypersensibilités dans les CM suivants.

 Hypersensibilité de type II

Fixation d'un élément bactérien (LPS) sur certains éléments comme les hématies, qui sont
alors reconnues par le complément, d'où une lyse des hématies. Il en découle :
- une anémie hémolytique et un choc inflammatoire
- une thrombocytopénie si le LPS se fixe aux plaquettes

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 Hypersensibilité de type III
Un complexe immun complique l'infection bactérienne. Les Ag circulants se complexent aux
Ac circulants, ce qui attire les neutrophiles et provoque leur dégranulation ; il y alors activation
intempestive de l’immunité.
Il s’agit par exemple du cas de l'ehrlichiose canine, de l'uvéite récidivante des équidés (ERU),
ou encore de la phase chronique de la gourme du cheval à Streptococcus equi.

 Hypersensibilité de type IV
Dans le cas des bactéries à multiplication intracellulaire, il peut y avoir formation d'un
granulome parasitaire (par exemple le granulome tuberculeux), qui assure une protection,
mais permet aussi la persistance de l'agent bactérien.

Parmi ces quatre mécanismes de défense antibactérienne, citez celui qui ne convient pas, à
priori, pour les bactéries extracellulaires ?
1) Neutralisation des toxines ou des enzymes par les Ac
2) Destruction des bactéries par les Ac et le complément
3) Opsonisation des bactéries par les Ac et le complément (phagocytose et
destruction)
4) Destruction directe des bactéries par les LTc et les cellules NK

Réponse 4

E. Mécanismes d’échappement à la réponse immunitaire

Il existe plusieurs moyens d’échapper à la réponse


immunitaire : la non reconnaissance des molécules, le
blocage de la transduction, l’accélération de la destruction
des médiateurs et la redirection du signal.

Mécanismes d’échappement à la réponse immunitaire

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On distingue plusieurs catégories de résistance des bactéries au système immunitaire :

 Résistance à l’attaque par les facteurs chimiques


Exemple : Staphylococcus aureus. Ces bactéries sont résistantes au lysozyme grâce à la
sécrétion d’inhibiteurs des défensines (antibiotiques naturels) sécrétées par les PN. Cela peut
entraîner des infections pyogènes si l'infection s'installe de façon durable (caractéristique des
Staph).

 Inhibition de l’activation du complément (C’)


La coque des bactéries Gram+ est résistante à la voie alterne (donc la voie de l'immunité
innée). Cela permet de ne pas avoir de production de facteurs chimiotactiques et
inflammatoires et pas de destruction directe.

 Résistance à l’opsonisation
La capsule des bactéries Gram+ (ex : Bacillus anthracis, cf schéma p3) limite la destruction
bactérienne et la présentation antigénique.

 Résistance à la lyse par les cellules phagocytaires


 Résistance des bactéries à multiplication extracellulaire aux granulocytes
- Inhibition de la phagocytose (E. coli)
- Production de toxines lytiques (streptolysines et leukocidines de S.aureus)
- Inhibition de la mobilité des granulocytes (ex : protéine CHIPS* de S. aureus ou
toxines de B. anthracis)
- Résistance aux dérivés oxygénés (bactéries catalase +)
 Résistance des bactéries à multiplication intracellulaire aux macrophages
- Blocage de la fusion du phagosome avec le lysosome (mycobactéries, Brucella)
- Échappement du phagosome avant la fusion et multiplication dans le cytoplasme
(Listeria)
- Résistance aux enzymes lysosomiales (corynébactéries, Legionella)

Mécanismes de survie des bactéries à parasitisme intracellulaire facultatif

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Exemple de Listeria monocytogenes
Cette bactérie est capable de s’échapper du phagosome avant la fusion avec le lysosome grâce
à ses toxines. Une fois libérée, elle se retrouve dans le cytoplasme où elle s’entoure de
filaments d’actine, ce qui lui permet de passer directement de la cellule infectée à une cellule
saine adjacente et donc de se propager.

Processus infectieux de Listeria

Remarque : Certaines bactéries peuvent aussi s’opposer à l’autophagie.

 Inhibition de la réponse spécifique


- Inhibition de l’apoptose (Shigella ; M tuberculosis)
- Inhibition de l’activité des IgA: protéases IgA spécifiques (Neisseria), leurres FcRα (=
pseudo-récepteurs) capables de tromper les IgA et inhibition de l’expression des
CMH2, ce qui perturbe la présentation des Ag (Helicobacter pylori)

 Variation antigénique et/ou mimétisme moléculaire et inhibition de la reconnaissance


C’est le cas des Spirochètes, de Campylobacter fetus et de Streptococcus pneumoniae.

 Modifications du profil de la réponse spécifique


 Exemple de Mycobacterium avium var paratuberculosis: responsable de la
paratuberculose chez les ruminants.
Il existe une forme lépromateuse (LEP) et une forme tuberculoïde (TUB).
La forme TUB est associée à une forte résistance de l'organisme car la voie Th1, celle de
l’immunité cellulaire, est activée (plus d’IL2 et d’IFN que d’Ac).
La forme LEP, quant à elle, orientera vers la voie de type Th2, donc vers la production
d'anticorps. Or la bactérie est intracellulaire, la réponse immunitaire est donc insuffisante.
On ne sait pas ce qui entraîne le passage de la forme TUB à la forme LEP.

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Spectre immunitaire dans la paratuberculose ovine

 Exemple de Bordetella bronchiseptica, agent causal de :


- la toux de chenil chez le chien
- la rhinite atrophique chez le porc
- d’infections du tractus respiratoire chez le lapin (« snuffles »)
C'est une bactérie assez proche de Bordetella pertussis, agent de la coqueluche chez l’homme.
Elle agit rarement seule !

Elle exprime son pouvoir pathogène grâce à la présence d’un système de sécrétion de
type 3 (T3SS) qui agit comme une « seringue » capable d’injecter dans les cellules cibles de
l’hôte des protéines bactériennes appelées « effecteurs » ou « protéines effectrices ».
Une de ces protéines, la BopN, a été récemment identifiée (en 2009) dans un processus de
survie de la bactérie : elle est nécessaire pour induire la maladie.

Des expériences ont été réalisées sur des


souris et on remarque que les souris meurent
rapidement après avoir été infectées par les
bactéries sauvages (WT) alors que les souris
infectées par des bactéries délétées
respectivement de BopN et de T3SS survivent.

Suivi du pourcentage de survie lors de


l’expérience

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On voit que la délétion de BopN ou de T3SS entraîne une diminution de synthèse de l'IL10
(graphe A) et une augmentation de la synthèse de l'IFNγ (graphe B).

 Des cellules CD11c+ sont recrutées massivement lors de l’infection à B bronchiseptica


(= cellules dendritiques).
 Les souris infectées par un mutant ΔT3SS de B.bronchiseptica éliminent rapidement ce
mutant (100% de survie à J8) à la différence des bactéries WT.
 Les souris infectées par un mutant ΔBopN, un effecteur de T3SS, de B bronchiseptica
éliminent rapidement ce mutant.
 Les souris infectées par une souche sauvage WT produisent de l’IL-10 à la différence
des souris infectées par ΔBopN qui en produisent peu.

En conséquence B. bronchiseptica WT « uprégule » la production d’IL-10 via BopN et via


le NF-kBp50, ce qui pour conséquence de « downréguler » la production d’IFNγ ce qui diminue
la clairance bactérienne par les phagocytes pulmonaires et les neutrophiles.
Bordetella, grâce à BopN, dérégule ainsi la réponse inflammatoire induite par l’infection
intranasale et persiste ainsi chez l’hôte infecté au lieu d’être éliminée normalement.

Application possible: BopN pourrait être une cible thérapeutique.

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 Exemple des Leptospires
Les TLR 4 & 2 sont primordiaux pour la clairance bactérienne (cf CM2).

Leur capacité d’adhésion est due à un répertoire très riche d’adhésines avec de multiples
activités biologiques :
- Adhésion aux tissus
- Activation du plasminogène, qui entraîne une dissémination accrue des leptospires
- Capacité à développer des biofilms dans les organes cibles (reins chez le rat)

Ces bactéries résistent à la phagocytose (différence entre leptospires pathogènes et


leptospires saprophytes) et à l’action du complément.

Dans l’exemple concernant B.bronchiseptica, la bactérie utilise comme stratagème pour


échapper à la réponse du système immunitaire de l’hôte :
1) La production d’Ac neutralisants
2) Un système de sécrétion capable d’injecter à l’hôte une protéine immunomodulatrice
3) L’induction de la production de l’IFN gamma par la protéine BoPN
4) L’induction de la production d’IL10 par la protéine BoPN
Réponses 2 et 4

F. Diagnostic des infections bactériennes

 Diagnostic direct
Coloration, isolement par culture ou PCR : ++++

Attention, la présence de la bactérie n'entraîne pas forcément une virulence : on peut avoir
des porteurs sains.

 Diagnostic indirect
 Détection de marqueurs spécifiques de la réponse immunitaire : +
 In vivo : mise en évidence de la réponse à médiation cellulaire : ++
(Par exemple, le test d'intradermoréaction mis en œuvre lors du dépistage de la
tuberculose bovine : on déclenche une HS4 pour détecter la présence de
mycobactéries)
 In vitro : sérodiagnostic principalement : ++++
-Agglutination = Rose bengale, ring test...
-ELISA, fixation du complément, ...

Attention : Il peut y avoir des faux-positifs et des faux-négatifs !!!

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II. Immunité antifongique

Il existe 3 modalités d'infection fongique:


 Infections primaires des surfaces (peau et muqueuses).
 Infections primaires par des champignons dimorphes principalement localisées
aux voies respiratoires. Exemple : Aspergillus
 Infections secondaires par des champignons opportunistes chez des individus
immunodéficients

Les mécanismes innés et adaptatifs de la réponse immunitaire sont :


- Neutrophiles et voie alterne du complément; cellules NK
- Les PAMPs qui sont reconnus par les TLR2
- Intervention préférentielle des cellules Th17 → sollicitation accrue des neutrophiles &
cellules endothéliales → réponse immédiate aux infections fongiques

Une fois ces mécanismes mis en place, la voie dominante est celle des Th1, ce qui entraîne
l'activation des macrophages et des CTL, mais il y a souvent persistance des champignons et
réactivation.
La voie Th1 permet la formation d’un granulome qui encercle le champignon et le détruit.
Par contre, si l’individu est immunodéprimé cette voie ne peut être activée et il y a
dissémination du champignon dans tout l’organisme.

Immunité des infections fongiques

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Conclusion : à retenir

 Les anticorps neutralisent les toxines bactériennes


 Les anticorps seuls opsonisent les bactéries
 Les anticorps et le complément peuvent soit opsoniser les bactéries, soit les détruire
directement via le complexe d’attaque membranaire
 L’activation des macrophages via les lymphocytes Th est nécessaire pour détruire les
bactéries intracellulaires
 Dans certaines circonstances, une réponse inappropriée Th2 en lieu et place d’une
réponse Th1 peut conduire à une maladie exacerbée voire à la mort de l’animal (cas
des mycobactéries)
 Les bactéries sont capables de résister à la destruction et l’élimination via de multiples
mécanismes
 L’immunité à médiation cellulaire est le mode prépondérant pour lutter contre les
infections fongique

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Annexes

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


L’immunité antivirale

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Introduction : rappels sur la structure des virus
Un virus est un parasite intracellulaire obligatoire, composé d'un acide nucléique
(ADN ou ARN) mono ou bicaténaire, enveloppé dans une capside qui assure sa protection.
Cette capside peut être entourée d'une enveloppe membranaire qui peut porter des
glycoprotéines de surface.

Les virus, qu'ils soient enveloppés ou non, portent toujours des éléments antigéniques
en surface : glycoprotéines, éléments de la capside. Toutes les protéines, structurales ou non,
sont des antigènes capables de déclencher la réponse immunitaire.
Un virion ne possède pas de protéines non structurales exprimées : elles sont produites
pendant le stade intracellulaire de l'élément viral et sont utilisées pour sa réplication.
Remarque : Ce qui est dans la capside est protégé du système immunitaire, il faut donc se
concentrer sur les antigènes extérieurs.

Rotavirus (infections digestives Structure d’une particule virale


chez le veau), en forme de roue

Il est possible de déterminer quels antigènes sont à l'origine d'une réponse antivirale anticorps
grâce à la technique du Western-blot :
 prélèvement cellulaire et purification du virus
 lyse de la particule virale et électrophorèse des protéines sur gel puis transfert sur
membrane (exemple : feuille de micro cellulose)
 hybridation avec des anticorps dirigés contre les antigènes viraux (obtenus par
immunisation chez un individu de laboratoire) et révélation.

2/30
Protéines d’enveloppe et
de la capside

Détection des antigènes viraux par Western-Blot

Cette technique permet de visualiser les antigènes repérés par les anticorps circulants
mais pas ceux reconnus directement par les cellules.

Pathogénie virale

A. Déroulement de l’infection virale


Le prof est passé très vite sur la décapsidation, l’assemblage, la maturation et la libération des
nouveaux virions.

1. Etape 1 : Attachement et internalisation

Le virus présente des antigènes qui sont reconnus par la cellule cible via des récepteurs
grâce à des analogies structurales, ce qui permet l’adhésion de la particule virale à la cellule.
Exemples de récepteurs :

• Récepteur à l'acétylcholine pour le virus de la rage

• Récepteurs au C3 pour le Virus d'Epstein-Barr


• Chémokine CCR5 pour le virus West Nile (rappel : flavivirus responsable
d’encéphalite chez le cheval et chez l’homme)

3/30
Le virion est ensuite internalisé dans la cellule par fusion de la membrane cellulaire
avec la membrane virale (virus enveloppés) et / ou par endocytose (virus enveloppés et tous
les virus nus).

Ex d’endocytose : macropinocytose

Les modalités d’endocytose dépendent de la nature du virus et des protéines cellulaires


impliquées. La pinocytose se fait plutôt par invagination tandis que la phagocytose commence
par l’émission de pseudopodes.

Quelques exemples de pénétration de virus dans les cellules cibles par endocytose
Il faut simplement savoir que le mode d’entrée du virus dépend de sa nature
(nu/enveloppé) et savoir citer quelques modes d’endocytose : la phagocytose et la
pinocytose dont il existe des variantes (avec ou sans clathrine, avec ou sans
dynamine…).

2. Etape 2 : décapsidation ou « uncoating »

Il s’agit de la libération de l’acide nucléique et des enzymes virales (ex : rétro-transcriptase)


dans le cytoplasme de la cellule hôte. Ce sont les enzymes cellulaires qui dégradent la capside.

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Ex : entrée du virus de la FVR via la molécule DC-SIGN
Pour le virus de la fièvre de la vallée du Rift (FVR) par exemple, la fixation du virus au récepteur DC-
SIGN (porté par les cellules dendritiques) entraîne le rassemblement de plusieurs récepteurs puis
l’endocytose.

3. Etape 3 : réplication du virus

Il s’agit de la phase de synthèse des différents constituants du virion. Elle est permise par
les enzymes de la cellule et son déroulement diffère suivant la nature du virus. On trouve
toujours :

 La réplication du génome viral


 La transcription des gènes viraux en ARNm => traduction en protéines virales

On rappelle que la réplication des virus à ARN se fait dans le cytosol et consiste
principalement en une traduction tandis que pour les virus à ADN, il y a d’abord transcription
en ARNm dans le noyau puis traduction dans le cytosol.

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Le cas des Rétrovirus est un peu à part puisqu’ils convertissent leur ARN en ADN grâce à
la rétrotranscriptase présente dans le virion. Cet ADN s’intègre dans le génome de la cellule
hôte pour y être transcrit en ARNm puis traduit.
Ces deux étapes (rétrotranscription et intégration) sont spécifiques aux Rétrovirus
et sont à connaître.

6/30
4. Etape 4 : assemblage et maturation

L’assemblage des particules virales est spontané.

5. Etape 5 : libération des nouveaux virions

Il existe principalement deux modalités de sortie :

 Lyse cellulaire pour les virus nus


 Bourgeonnement pour les virus enveloppés

B. Conséquences d’une infection virale

L’infection d’une cellule par une particule virale peut conduire à :

 Une infection lytique productive : il y a lyse des cellules infectées

 Une infection abortive : pas de production de nouveaux virus. La cellule parvient à


empêcher la synthèse de virions. Il n’y a pas de signe clinique mais une transmission
est possible.

 Une infection transformante : transformation maligne des cellules infectées. C’est


l’acquisition d’un phénotype tumoral avec prolifération excessive incontrôlée (par
apport d’un oncogène ou par extinction d’un anti oncogène).

 L’apoptose : permet d’éviter la libération de virions et freine la propagation du virus.

 Une infection persistante : apparition de nouvelles protéines à la surface des cellules


infectées. Le virus n’est généralement jamais épuré complétement de l’organisme.
Les protéines virales ne sont pas détectées par le système immunitaire.

 Infection chronique : la charge virale ne diminue jamais et reste à un niveau


constant.

 Infection latente : la charge virale est contrôlée par le système immunitaire.


Le virus est latent, à très bas bruit après une première phase clinique. Il a la
possibilité d’être réactivé (= synthèse massive de virions lors d’un stress).
Exemple : les Herpesvirus restent cachés dans le système nerveux et se
multiplient en cas de stress (coryza du chat, varicelle de l’homme).
 Infection à évolution lente : équilibre entre le système immunitaire et la
charge virale pendant des mois, voire des années…. Mais il est finalement
rompu avec une multiplication virale qui s’intensifie.

7/30
Exemples : FIV du chat, VIH de l’homme.

Les conséquences d’une infection virale

Les infections persistantes


En résumé : il existe des infections non productives (grâce à la lyse et l’apoptose des cellules
infectées) et des infections productives (aiguë ou latente). Les infections virales peuvent
déclencher un phénomène tumoral (rare).

Les virus sont intracellulaires, ils vont donc nécessiter une immunité cytotoxique pour être
éliminer.

8/30
Quelles sont les étapes caractéristiques du cycle du Rétrovirus ?
1) L’attachement à la cellule cible.
2) La transformation de l’ARN viral en ADN viral.
3) La possibilité pour l’ADN viral de s’intégrer au génome de la cellule hôte.
4) La libération des nouveaux virions par bourgeonnement.

Réponses : 2 et 3

L’immunité innée antivirale

A. Reconnaissance
Des PAMPs viraux sont reconnus par des PRRs (dont les TLRs) plus ou moins
spécialisés. Les principaux PAMPs viraux sont les acides nucléiques (notamment les ARN
double brins qui n’existent pas dans les cellules normales, mais également tous les ADN et
ARN différents de ceux de l’hôte).

9/30
Parmi les récepteurs, on retrouve notamment les TLR3, 7, 8, 9 qui sont intracellulaires
et qui reconnaissent les acides nucléiques des virus et les TLR 2 et 4 qui reconnaissent des
protéines virales. Il existe aussi des récepteurs RIG1 et PKR qui sont activés par l’ARN viral.
Pour plus de détails se reporter au CM2.

B. Action des TLRs activés

Après la reconnaissance des virus par les cellules sentinelles, les TLRs activés (et autres
PRRs) :

 Participent à la réponse innée inflammatoire production d’IFN 1


 Orientent la réponse adaptative Th1/Th2

Ils permettent la transduction d’un signal et la transcription de gênes particuliers

10/30
Etape 1 : reconnaissance des virus par les cellules sentinelles : rôle des TLRs et autres PRRs

1. Enzymes diverses

L’activation des TLRs conduit à la synthèse de molécules, qui se lient aux glycoprotéines
d’enveloppe, empêchant la fixation virus-cellule hôte, telles que les défensines, le lysozyme (à
action anti Gram + mais également antivirale), les collectines, etc.

2. Apoptose des cellules infectées

Ce signal peut aboutir au sabordage des cellules par apoptose !

3. Interférons

Il s’agit de cytokines produites par les cellules sentinelles activées. On en distingue trois types
qui sont produits par des cellules différentes à des moments particuliers.

11/30
Les différents types d’interférons.

Remarques : les IFNα et les IFN β peuvent exister sous différents isoformes.
Les IFNλ ou les IL28-29 (de type 3) ont été découverts récemment.
L’IFN  est utilisé comme adjuvant par certains laboratoires.
L’IFN est produit par le foetus et piège la PGF2α dans l’utérus, ce qui empêche la
lyse du corps jaune.
L’IFN  possède une toute petite activité antivirale.

a) Interférons de type 1 (ou 3)

i. Présentation des IFN-1

Les interférons de type 1 (α et β principalement) sont thermostables et sont les premiers


produits. L’IFN-β est produit spécifiquement lors des infections virales par les fibroblastes et les
cellules épithéliales alors que l’IFN-α est produit par les cellules dendritiques dans des
circonstances moins spécifiques.

12/30
Etape 2 : Fixation de l’IFNα sur son récepteur et activation des ISG

Ils agissent selon deux mécanismes :

 ils jouent le rôle de facteurs de transcription (via les facteurs Jak et Stat) pour des gènes
appelés ISG (Interferon Stimulated Genes) et qui regroupent plus de mille gènes
différents.

 ils activent également les cellules NK qui vont exercer leur activité cytotoxique et
recruter les macrophages. Les NK reconnaissent les cellules exprimant peu le CMHI et
déclenchent l’apoptose par la voie directe (perforine) ou extrinsèque (récepteur FAS).

ii. Cinétique de la production d’interféron de type 1 (ou 3)

La production d’IFN 1
démarre dès les premières heures
(contrairement à la production
d’anticorps) après l’infection et
atteint un maximum au bout de
cinq jours pour ensuite décroître
progressivement et laisser place à
la réponse adaptative.

Cinétique de production des IFN 1

13/30
iii. Mode d’action des IFN1

Liaison à un récepteur => activation de facteurs de transcription => activation de


nombreux gènes. L’activation des gènes ISG aboutit à :

 La production de protéines antivirales : permet d’inhiber la synthèse d’ARN par la


cellule ce qui bloque la réplication virale d’où leur action virostatique.
Exemples :
 la PKR (protéine kinase) qui est donc un TLR et un effecteur ->
phosphoryle elF2α ce qui bloque la traduction des ARNm viraux
 les protéines Mx qui empêchent la traduction de certains ARNm viraux
 la NO Synthase qui permet de synthétiser un puissant oxydant (le NO)
qui est toxique pour le virus et/ou la cellule hôte

 La production de protéines immunomodulatrices : CMH de classe I et cytokines


(TNF et IL12)
Les interférons de type 1 induisent la maturation et une expression accrue du CMHI
par les cellules qui peuvent mieux présenter les antigènes viraux et sont alors
mieux reconnues par les lymphocytes T cytotoxiques.

 L’activation des cellules NK

b) Interféron de type 2 (activité négligeable par rapport à celle des


IFN1 et IFN3)

Il s’agit de l’interféron gamma qui est produit par les cellules NK en réponse aux
interférons de type 1. Il active les macrophages et induit également la synthèse d’IL12, ce qui
permet justement d’activer une réponse Th1 avec recrutement des lymphocytes T
cytotoxiques, et de TNF d’où l’apparition de fièvre.

14/30
Pour récapituler :

4. L’exemple du virus de la Blue Tongue (BTV) :

Un même virus peut être reconnu par plusieurs TLRs différents suivant le type cellulaire
qu’il infecte.
Le virus de la Fièvre Catarrhale Ovine (FCO ou Blue Tongue Virus) est reconnu par les
récepteurs RIG4 et MDA5 dans les cellules non hématopoïétiques alors que d’autres
récepteurs non identifiés interviennent dans les cellules hématopoïétiques.
Les deux cellules vont produire des IFN β.

Phénomène
d’interférence virale

Exemple du virus de la Blue Tongue

15/30
Dans les cellules hématopoïétiques, cette production d’IFN dépend de la formation
d’un endo/lysosome tandis que dans les cellules non hématopoïétiques, il y a activation d’une
ARN hélicase qui va à son tour, via des intermédiaires, activer la synthèse d’IFN β.

C. Autre mécanisme de défense antivirale : ARN


interférence ou RNA silencing

Les ARN interférences reposent sur l’action de petits ARN inhibiteurs (ARNi)
synthétisés lors de la réplication du virus. Ils reconnaissent spécifiquement certaines
séquences de l’ARNm viral dont ils sont complémentaires et les dégradent avec l’aide des
protéines RISC : ils bloquent la phase de traduction et donc le cycle viral.

Les ARN interférences

Ces mécanismes interviennent chez de nombreux virus des plantes et des invertébrés.
Comme toujours, des virus ont déjà développé des stratégies pour contourner les ARNi. Ces
ARNi constituent une cible pour une action thérapeutique antivirale (ex : RSV).

Attention : il ne s’agit pas d’un phénomène immunitaire à proprement parler puisqu’il est
mis en place directement par la cellule infectée.

16/30
Le virus de la Blue Tongue (BVT) ou FCO est reconnu préférentiellement dans les cellules non
hématopoïétiques par … ?
1) Le TLR3
2) Les récepteurs de type NOD1 et2
3) Les PRRS RIG et MDA5
4) Les anticorps neutralisants
Réponse 3

L’immunité adaptative antivirale

On se situe ici quelques jours après la primo-infection. L’immunité adaptative se


déclenche si l’immunité innée n’a pas été suffisamment efficace, c’est-à-dire qu’elle se
déclenche à partir d’un certain seuil virémique.

Intervention de l’immunité acquise au-delà d’un certain seuil de virémie

Les mécanismes de base de la protection contre les virus sont :

 Les anticorps :
 Neutralisent l’attachement du virus à la cellule cible : virus de la rage
ou virus de la FVR

17/30
 Facilitent la phagocytose (opsonisation)

 Les anticorps + complément (voie classique) :


 Cytolyse (complexe d’attaque membranaire)
 Virolyse
 Blocage de l’attachement

 Le complément seul : virolyse via la voie alterne

 Les macrophages activés : phagocytose et apoptose

 Les lymphocytes T cytotoxiques (CTL)

 Les cellules NK

Les mécanismes de protection de base des cellules contre les virus

A. Réponse humorale (Th2)

Exemple 1 : Action des Ac neutralisants contre le virus de la rage

Petits rappels : Le virus de la rage se transmet par morsure d'un animal infecté à un
autre. Le virion migre du lieu d’inoculation au SNC par les axones des cellules nerveuses. Il est
reconnu par le récepteur à l’acétylcholine et est internalisé par la cellule nerveuse. Le virus de
la rage est dit neurotrope car il a une affinité pour le tissu nerveux et migre dans les cellules
nerveuses sans passer par le sang (pas de virémie).

18/30
Une réponse anticorps dirigée contre la glycoprotéine de surface doit donc, pour être
efficace, neutraliser le virion avant qu’il ne pénètre dans les cellules et doit donc intervenir
très rapidement. Or chez un individu naïf, la synthèse d’anticorps prend trop de temps et tout
le virus est déjà internalisé quand les anticorps sont produits, ce qui rend cette réponse
inefficace.
En revanche, si l’individu est vacciné, il possède déjà les anticorps qui peuvent donc
bloquer directement le virus avant son entrée dans les cellules. Le principe de la sérothérapie
est le même : apporter directement les anticorps neutralisants après l’infection (mime une
synthèse rapide des anticorps).

Rôle de la glycoprotéine de surface dans la réponse anticorps neutralisante

Il est admis qu'un individu est protégé lorsque son titre sérique en anticorps anti-
glycoprotéines rabiques est supérieur à 0,5 unités. C'est une norme acceptée par la grande
majorité des pays européens : un chien, pour voyager dans l’Union Européenne, doit être
vacciné contre la rage et posséder un titre d'anticorps antirabique supérieur à 0,5U.

Exemple 2 : Action des anticorps contre le virus de la Fièvre de la Vallée du Rift (FVR)

Pour une population infectée par le virus de la Fièvre de la Vallée du Rift (FVR), virus
responsable d'épidémie notamment chez les moutons et à caractère zoonotique, on mesure
l'avancement de la virémie et le nombre de chiens positifs à la présence d'anticorps anti-FVR.
La période clé d’élimination se situe entre 5 et 10 jours.

19/30
Expérience réalisée à l’aide d’un
vaccin (donc un virus atténué ou
tué)

Cinétique des anticorps lors d’une infection par le virus de la FVR

Les IgM sont les premiers anticorps produits. Leur production est quasi instantanée
après la contamination de l'animal. Elles sont ensuite rapidement éliminées (décroissance
rapide). Les IgG, quant à elles, apparaissent plus tardivement et persistent plus longtemps.
Il est ainsi possible de dater assez précisément le début de l'infection, en réalisant des mesures
d'IgG et d'IgM. Une virémie positive associée à un fort taux d'IgM et une absence d'IgG reflète
une infection récente, tandis qu'un taux élevé d'IgG sans aucun IgM traduit une infection
plutôt ancienne.

B. Réponse cellulaire (Th1)

C’est la réponse à priori la plus intéressante pour lutter contre les virus
(intracellulaires).

(Rappel du CM1)
Cette réponse repose sur l’activation des lymphocytes TCD8 qui reconnaissent l’antigène T
dégradé dans la cellule par le protéasome et présenté via le CMHI. Il y a donc restriction au
CHM de type I par le CD8. Cette reconnaissance active le lymphocyte qui déclenche
l’apoptose de la cellule infectée :

- soit par la voie directe (= voie de la perforine où la perforine ménage un canal dans
lequel passe le granzyme qui active la caspase 10 puis la 3)
- soit par la voie extrinsèque (= voie des CD95L = voie des « récepteurs de mort » où
Fas=CD95 active la caspase 8 puis la 3).

20/30
Les lymphocytes T cytotoxiques

Remarque : Le mécanisme d’action des NK (immunité innée) est le même que celui des
TCD8 mais c’est la reconnaissance cellulaire qui est différente : alors que les LTcytotoxiques
reconnaissent l’antigène (présenté par le CMHI), les NK reconnaissent le CMHI lui-même
(sans qu’il soit question d’antigène puisqu’il s’agit d’immunité innée) et n’agissent que s’il est
absent ou altéré.

Echappement du virus à la réponse immunitaire

A. Mécanismes d’échappement à la réponse innée

L'inhibition de l'immunité innée passe par une inhibition de la production d’interférons.

Exemple du virus de la fièvre de la vallée du Rift :

C'est un arbovirus de la famille des Bunyaviridae (virus enveloppé à ARN) responsable


d'une zoonose et présent en Afrique, Moyen-Orient et Océan Indien. Il est transmis par des
vecteurs arthropodes : moustiques de genre Aedes, Culex... (dont certains sont déjà présents
en France). Ce virus est classé parmi les 6 agents pathogènes animaux prioritaires à étudier,
en lien avec les changements climatiques.

Le virus de la FVR est constitué de 3 segments d’ARN : segment L, M et S (pour Large,


Médium et Small) chacun entouré d’une nucléocapside protéique. Il contient des protéines
structurales (S) et non structurales (NS).

21/30
Organisation du virus de la FVR

On peut montrer expérimentalement que ce virus inhibe la production d’interféron


gamma grâce à la protéine NSs.
En effet, des souris délétées en récepteurs aux interférons alpha et béta infectées par
une souche virale dépourvue de cette protéine NSs meurent, alors que les souris normales
infectées par cette même souche résistent car elles produisent de l’interféron gamma. Ce
n’est donc que lorsque NSs est présente qu’elle inhibe la production d’interféron gamma
après fixation des interférons α et β.

Expérience détaillée :
 Modèle murin. Les souris insensibles aux IFN de type 1 ne survivent pas aux infections
(courbes avec les triangles), peu importe la souche virale utilisée (atténuée ou pas).
Conclusion 1 : L'IFN de type 1 joue donc un rôle primordial dans la lutte contre le virus
(notamment par le biais de l’interféron dont il induit la synthèse).

22/30
Souris normales : 0% de mortalité

Souris clone 13 : résistance nulle,


100% de mortalité

 Les souris sauvages résistent au clone 13 mais pas au virus sauvage.


Conclusion 2: c’est donc que la protéine NSs est impliquée dans la stratégie d’évitement
du virus contre l’action de l’IFN type 1.

 On montre également que les souris sauvages primo-infectées par les clones 13
résistent au virus sauvage. Le clone 13 sera utilisé comme vaccin car il n’a pas le
facteur de virulence que constitue la protéine NSs.
Conclusion 3 : Cette protéine NSs est donc un facteur de virulence important car elle
bloque la production d’interféron.

D'autres familles de virus sont capables de réaliser ce genre de phénomène (par exemple
les Flavivirus : hépatite C, fièvre jaune, West Nile…), et il existe un grand nombre de modalités
d'échappement à l'action des IFN par inhibition de différentes étapes de la transduction
cellulaire.
La production de différents antagonistes aux IFN 1 par les virus aboutit de manière
fréquente à la mort des animaux infectés. Les trois mécanismes principalement impliqués
sont:
 blocage de l’effet cascade à la suite de la réception d’un IFNα par la
cellule
 blocage de la production d’IFNβ par la cellule…
 défaut de recrutement de la réponse adaptative en bloquant les IFN de
type 2

23/30
A l’interface entre l’immunité innée et l’immunité acquise :

Il s’agit d’une inhibition de la présentation antigénique selon deux mécanismes :

 l’inhibition de l’activité du protéasome. Exemple : Cytomégalovirus (CMV), Virus


d’Epstein-Barr
 Elimination des molécules du CMH1 du réticulum endoplasmique. Exemples : CMV

B. Mécanisme d’échappement à la réponse adaptative

L'échappement aux réponses humorale et cellulaire passe par différents mécanismes.

1. Variation antigénique (ou antigenic drift)


Exemples : virus influenza (grippe), lentivirus

2. Absence ou faible production d'anticorps neutralisants


Exemple des lentivirus des petits ruminants.

24/30
3. Production d’anticorps facilitants

Ce sont des anticorps dirigés contre les antigènes viraux et qui peuvent, par exemple, aider à
la pénétration du virus dans la cellule au lieu de les neutraliser (pour vous en rappeler, vous
pouvez vous dire que c’est une sorte « opsonisation inverse »). C’est le cas de la péritonite
infectieuse féline (PIF) du chat (coronavirus) où la réponse humorale peut aggraver les choses.

4. Blocage de la réponse cellulaire

Trois mécanismes peuvent intervenir :

 « Downrégulation » des molécules de classe 1 (et 2).


Les cellules infectées ne peuvent alors plus présenter l’antigène. Il y a donc diminution de
la reconnaissance par les LT cytotoxiques et survie des cellules infectées d’où
dissémination du virus.

 Production de facteur « cytokines-like » qui miment l’action des cytokines


exemple : IL-10 à action anti-inflammatoire. Permet une diminution de la réponse
inflammatoire (EBV, Orf virus).

 Production de leurres : production de récepteurs de cytokines solubles, qui flottent


dans le milieu extracellulaire et ne permettent aucune transduction. Cela revient à une
neutralisation (« piégeage ») des cytokines par le virus. exemple : poxvirus.

Conséquences délétères de l’immunité antivirale

Il faut garder à l'esprit que les réponses de l'organisme face aux infections sont primordiales
pour assurer son intégrité. Il arrive cependant que celles-ci puissent avoir des conséquences
délétères, soit à un niveau local, soit de manière générale (surtout lorsque la réponse
immunitaire est exacerbée ou prolongée).

A. Dérèglement de la réponse anticorps

 L’hypersensibilité de type I : exemple : bovine RSV avec IgE

 L’hypersensibilité de type II : hémolyse par activation du complément.


Dans ce cas, les anticorps produits vont activer préférentiellement le
complément qui va déclencher son action cytolytique notamment contre les
hématies, d’où une hémolyse. Ce type d’hypersensibilité intervient dans le
rejet des transfusions sanguines. C’est également le cas lors de l’anémie
infectieuse des équidés.

25/30
 L’hypersensibilité de type III : Elle résulte d’un excès d’anticorps et peut entraîner
des lésions tissulaires en bouchant les vaisseaux (vascularite) et les glomérules
rénaux (néphrite) souvent plus graves que les lésions dues aux virus et à l’origine des
symptômes.

Exemple : L’hépatite de Rubarth

Cette maladie, causée par un Adénovirus canin de type 1 (CAV1), est caractérisée dans
certaines formes par une uvéite. Suite à l'activation du complément, il y a dépôt de complexes
immuns dans l'œil, à l'origine d'une réaction inflammatoire qui entraîne une opacification et
un bleuissement de la cornée.
Auparavant, le vaccin vivant utilisé contre
l'hépatite de Rubarth était également à l'origine
d'uvéite causée par la formation de ces complexes
immuns. Le problème a aujourd'hui été résolu par
l'utilisation de vaccins faisant appel à des
adénovirus de type 2 possédant des Ag ayant des
réactions croisées avec les Ag du virus de l'Hépatite,
le vaccin garde donc son efficacité. Il ne possède
cependant plus l'Ag responsable de la formation des
complexes immuns et n'occasionne donc plus de
symptômes désagréables chez l'animal vacciné.

B. Mauvaise orientation de la réponse immunitaire

Une mauvaise orientation de la réponse immunitaire peut occasionner des dégâts


importants en ne parvenant pas à endiguer le virus. Une réponse cellulaire (Th 1) est
généralement plus efficace qu’une réponse humorale (Th2).

Cependant, l’orientation de la réponse immunitaire dépend à la fois du virus et de


l’individu, ce qui fait qu’on observe la maladie que chez certains individus (généralement à
réponse Th2) et pas chez les autres (à réponse Th1).
Exemple de la PIF du chat, Péritonite Infectieuse Féline, (coronavirus) :

 si le chat met en place une réponse de type Th1 (plutôt cellulaire), il se débarrasse
rapidement et de manière efficace du virus et il y a guérison.

 si le chat met en place une réponse de type Th2 (plutôt humorale), l'équilibre
réponse immunitaire / action virale s'inverse, on a une inflammation chronique
conduisant aux formes humides et sèches de la péritonite infectieuse féline, voire à
une aggravation dépendante des anticorps souvent fatale.

26/30
L’œil bleu chez le chien dû à l’infection par l’adénovirus canin CAV1 est causé par … ?

1) Des complexes immuns


2) Une HS2
3) Une HS1
4) Une HS3

Réponses : 1 et 4

Diagnostic des infections virales


Un diagnostic peut être direct (mise en évidence de la présence du virus) ou indirect (mise
en évidence d'éléments en rapport avec sa présence, tels que les anticorps). On notera qu’une
sérologie peut être directe ou indirecte.

 Diagnostic direct :

 Isolement et mise en culture du virus : sur cellules sensibles, œufs embryonnés,


animaux de laboratoire + identification par sérologie

 PCR, RT-PCR, qPCR ou qRT-PCR, (LAMP-PCR)


Les techniques biomoléculaires de PCR et dérivées permettent la mise en évidence de l'acide
nucléique viral après migration du produit de PCR sur gel d'électrophorèse.
Exemple : LAMP-PCR: Loop Mediated isothermal Amplification PCR. C'est une technique de PCR
qui permet de se passer de l'utilisation de haute température. Elle serait plus pratique à mettre
en œuvre et tendrait donc à se démocratiser.

 Immunofluorescence directe (rage)


 Observation directe (microscopie électronique)

 Diagnostic indirect par sérologie:

 Séro-neutralisation ou virus neutralization test (VNT)


 Immunodiffusion en gel = test de Coggings pour l’AIE
 ELISA
 Western blot
 Fixation du complément
 Inhibition de l’hémagglutination

Remarque : Les anticorps témoins d’infections sont souvent utiles pour le dépistage et le
diagnostic.

Attention :
1. Un dépistage se fait sur un animal sain, un diagnostic sur un animal malade (ou suspect)
pour confirmer.

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2. Pour chaque diagnostic, il faut faire attention aux potentiels faux positifs et faux
négatifs.

Les virus peuvent-ils susciter une réponse anticorps et CTL ?

1) Oui
2) Non

Réponse : 1 dans la très grande majorité oui.

La seule réponse anticorps peut-être protectrice.


La protection peut être à la fois anticorps et CTL (ex : Rage, le virus va susciter des Ac neutralisant
mais trop tard, réponse CTL mais inefficace).
La réponse anticorps peut n’être que témoin de l’infection sans rôle protecteur (ex : Anticorps anti N
du virus de la FVR)

Conclusion : ce qu’il faut retenir !

 Quand les cellules sentinelles détectent des acides nucléiques étrangers via leurs TLRs
(récepteurs Toll-like) ou RIG, elles sont activées et produisent des interférons de type 1.

 Les anticorps sont actifs sur les virus en position extra-cellulaire, préviennent leur
attachement sur les cellules cibles et « neutralisent » ainsi les virus.

 Les réponses à médiation cellulaire sont dominantes dans l'immunité antivirale, compte
tenu du caractère intracellulaire strict des virus ; le mécanisme principal de protection
est dû aux lymphocytes T cytotoxiques.

 Les virus, compte tenu de leur caractère intracellulaire strict, déploient de nombreuses
stratégies pour échapper aux réponses innée et adaptative de l'hôte.

 Certains virus sont proprement dit peu pathogènes pour l'hôte, mais une maladie plus
grave peut être engendrée par des réponses immunitaires inadéquates contre ces
mêmes virus.

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Annexe :

Caractéristiques des interférons de type 1 et 2 (issus du cours de S6 )

29/30
30/30
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


L’immunité antiparasitaire

I. L’immunité contre les protozoaires ............................................ 2


A. L’immunité innée ............................................................................................................ 2
B. L’immunité adaptative ................................................................................................... 3
1. Immunité adaptative médiée par les anticorps ........................................................... 3
2. Immunité adaptative à médiation cellulaire ............................................................... 4
C. Mécanismes d’échappement : ..................................................................................... 10
D. Effets néfastes des infestations par les protozoaires.................................................. 11
E. Vaccination contre les protozoaires ............................................................................ 11

II. Immunité contre les helminthes ............................................... 12


A. Immunité innée............................................................................................................. 12
B. Immunité adaptative .................................................................................................... 12
1. L’Immunité humorale................................................................................................. 13
2. L’immunité cellulaire.................................................................................................. 15
C. Mécanismes d’échappement des helminthes ............................................................. 15
D. Vaccination contre les helminthes ............................................................................... 16

III. Immunité contre les Arthropodes ............................................. 16

1/20
Introduction: particularités des parasites
Les infections et infestations parasitaires sont de longue durée, et diffèrent sur ce
point des infections bactériennes et virales, qui sont aiguës ou subaiguës pour la plupart,
même si certaines peuvent être persistantes.

Le parasitisme est souvent une ≪ longue histoire ≫ entre l’hôte et le parasite.


Les parasites exploitent les ressources de l’hôte tout en le ménageant, sans causer de dégâts
irréversibles ni induire une réponse trop drastique :
 Ils régulent la réponse immunitaire de l’hôte.
 Ce mode de vie leur permet de se reproduire efficacement.
Le parasitisme est alors rarement fatal (sauf en cas de surnombre), entrainant le plus
souvent des baisses de production.

On étudiera trois grandes familles : les protozoaires (microparasites), les helminthes


(macroparasites) et les arthropodes.
L’immunité contre les protozoaires est très semblable à celle contre les virus ou les
bactéries. Au contraire contre les helminthes, l’immunité est différente. L’immunité contre les
arthropodes sera juste abordée.

I. L’immunité contre les protozoaires

A. L’immunité innée

Les protozoaires sont des organismes unicellulaires (à l’inverse des Helminthes qui
sont pluricellulaires).

L’immunité innée met en jeu une composante génétique importante. Le bagage


génétique (= background génétique) a un impact important sur les réponses immunitaires.

Exemple : la trypano-tolérance du bétail africain : il est beaucoup plus tolérant au


trypanosome que le bétail européen qui est très sensible à T. congolense.

Cette tolérance est liée à :

 une diminution de la production en IL6 (cytokine inflammatoire), entrainant une


diminution de la réponse inflammatoire.
 une augmentation de la production en IL4, qui guide la réponse immunitaire
adaptative vers une réponse de type Th2, avec production d’anticorps contre les
facteurs de virulence (notamment une enzyme du trypanosome), ce qui permet à
l’hôte et au trypanosome de survivre avec l’établissement d’un équilibre.

2/20
Les mécanismes de l’immunité innée antiparasitaire sont similaires à ceux déployés contre
les bactéries ou les virus, avec la reconnaissance de motifs communs à de nombreux
pathogènes, appelés PAMPs (Pathogen-Associated Molecular Patterns), qui se fait via des
TLRs (Toll-like receptors).

Ces TLRs sont portés par des cellules qualifiées de sentinelles, le TLR qui reconnait les
protozoaires est le TLR9.

TLR impliqués dans la reconnaissance antiparasitaire

Dans l’ensemble on connait assez mal les motifs communs de reconnaissance des parasites.

B. L’immunité adaptative

Elle peut être humorale (médiée par les anticorps) ou cellulaire (via les TCL).

1. Immunité adaptative médiée par les anticorps

Les mécanismes d’action sont similaires à ceux décrits pour les bactéries et les virus.
Les anticorps n'agissent que sur les parasites extracellulaires présents dans le sang ou dans
les fluides.

On peut citer par exemple :

 Trichomonas fœtus provoquant une réponse locale à IgA, Ig1 et Ig2 chez le taureau,
ce qui induit une protection. (Si cette réponse est absente, il y a possibilité de
prolifération et transmission vénérienne.)
 Babesia (= agent de la piroplasmose chez le chien), les globules rouges infectés sont
opsonisés, d’où leur phagocytose ou ADCC (cytotoxicité cellulaire dépendante des
anticorps).

3/20
Notion de prémunition : l’animal porteur de parasites serait protégé contre une ré-
infestation (en quelque sorte résistant aux infestations futures).

Il y aurait mise en place d’une régulation efficace innée et adaptative capable de


bloquer la ré-infestation. Cette notion est néanmoins aujourd’hui remise en question
notamment car d’autres parasites peuvent infecter l’hôte.

Remarque : La notion de prémunition est vraie pour les helminthes, un peu moins pour les
protozoaires. Cette immunité dure tant que le parasite est présent dans l’hôte.

Les réponses cellulaires sont surtout dirigées vers les parasites intracellulaires.

2. Immunité adaptative à médiation cellulaire

L’immunité adaptative met aussi en jeu des réponses cellulaires, surtout dirigées
contre les parasites intracellulaires. Pour illustrer ce point, nous prendrons deux exemples :
Exemples : Toxoplasma gondii et Leishmania infantum.

 La toxoplasmose (agent causal : T. gondii)

Il s’agit d’un parasite intracellulaire obligatoire qui infecte quasiment tous les animaux
à sang chaud: il est très ubiquitaire.
Chez l’animal (sauf chez le chat ; notamment les petits ruminants), il provoque des
avortements et est à l’origine d’infections chroniques voire silencieuses.
Chez l'Homme, T. gondii est à l’origine :
 d’avortements et malformations chez la femme enceinte non immunisée.
 de cas sévères chez les personnes immunodéficientes (atteintes du SIDA), avec
des cas à localisation cérébrale (apparition de kystes). Ceci montre l'intérêt du
système immunitaire dans la lutte contre les parasites.

Il s’agit d’une zoonose alimentaire grave due notamment à l'ingestion de viande


contaminée.

Les félidés constituent l’hôte définitif, chez qui a lieu la reproduction sexuée. Il y a
excrétion dans les fèces d’oocystes non sporulés, qui sporulent (dans le milieu extérieur) et
sont alors contaminants pour les hôtes intermédiaires (rongeurs, autres mammifères dont
l’homme).

Le félidé se contamine en mangeant un rongeur lui-même infecté et la boucle est


bouclée.

Modes de contamination :

 Consommation d’aliments souillés par des fèces de chat


 Changement de la litière du chat sans se laver les mains

4/20
 Ingestion de viande de porc ou de bovin mal cuite ou mal congelée contenant des
kystes toxoplasmiques
 Enfant jouant dans un bac à sable : des études ont montré qu’il y avait plusieurs
milliers de kystes/m2 …..

Remarque : Il semblerait que lorsque T. gondii se place dans le système nerveux central, il
pourrait être à l’origine de démences (ce n’est pas encore démontré). Le rongeur, une fois
infecté, semble moins se mettre à l’abri et moins éviter les chats. Cette modification du
comportement serait donc une stratégie du parasite pour faciliter son cycle, d’où cette
hypothèse.

Cycle « vrai »

Cycle de la toxoplasmose

L'immunité anti T.gondii repose sur des anticorps et sur le complément contre les
tachyzoites libres dans le sang (=forme circulante extracellulaire), et surtout grâce aux
cellules T et aux macrophages activés, actifs sur les stades intracellulaires du parasite.
Les kystes correspondent à des
formes de résistance
(l’organisme ne peut alors pas
les éliminer mais le parasite ne
se propage pas. C'est un
compromis, un peu comme les
granulomes).

L’immunité anti T.gondii

5/20
Tout se joue lors des premières phases de l’infection. Au niveau de la muqueuse
intestinale, le parasite pénètre au niveau des entérocytes, sollicite les lymphocytes intra-
épithéliaux (LIE), les cellules dendritiques et déclenche la production d’IL15.
L’IL15 active les cellules NK, ainsi que, via des cytokines et chémokines, des macrophages et
des cellules dendritiques. Il y a ensuite production d’IL12, qui active les lymphocytes TCD4.

Ceux-ci orientent une réponse Th1 en produisant des IFNγ (rôle de destruction des
parasites), cytokines effectrices qui activent les cellules dendritiques et les macrophages.
L’IL10 et le TGFβ interviennent également.
Il y a donc mise en place d’une immunité à médiation cellulaire, à l’origine de la destruction
du parasite. L'immunité humorale se met aussi en place via les LB, avec production
d’immunoglobulines.

La véritable histoire de T. gondii au niveau des entérocytes

Remarque: Une stratégie vaccinale consisterait à empêcher l’interaction des toxoplasmes


avec les premières cellules cibles, c’est-à-dire les entérocytes. Cependant, les
phénomènes d’échappement tels que la forme kystique permet la persistance du
parasite.

 La leishmaniose (agent causal : L. infantum)

On retrouve cet agent principalement chez le chien (réservoir), un peu moins chez le
chat et l’homme.
La leishmaniose est une zoonose parasitaire due à un protozoaire et transmise par des
insectes hématophages du genre Phlebotomus (« sandfly » en anglais).

Le parasite se trouve sous deux formes dans l’hôte: promastigote et amastigote.

6/20
Le cycle débute lors du premier repas sanguin du moustique infecté. Les promastigotes
alors injectés dans la peau sont phagocytés par les macrophages, dans lesquels ils se
transforment en amastigotes, et inhibent la fusion de la vacuole de phagocytose avec les
lysosomes. Ils s’y multiplient jusqu'à faire éclater le macrophage et se retrouvent alors
librement dans le plasma. Au repas du moustique suivant, ce dernier ingère des macrophages
infectés. Les amastigotes de ces macrophages se transforment en promastigotes puis migrent
du tube digestif vers la trompe (dans les glandes salivaires).

Cycle de L. infantum

La leishmaniose est en expansion en France, l’extension se fait du sud vers le nord,


avec en cause le réchauffement climatique. Le bassin naturel reste le sud-est méditerranéen.

Répartition et extension géographique Chien atteint de


de L. infantum Leishmaniose clinique

7/20
Tous les chiens infectés ne sont pas malades. La plupart des chiens infectés sont
résistants car ils développent une forte immunité cellulaire Th1 dépendante.
Environ 60% des infections sont inapparentes et éliminées spontanément. Seul 10
à 40% des chiens développent une maladie clinique, car ils développent une
réponse Th2 humorale, avec des taux élevés d’anticorps IgG2, inefficace contre les parasites
intracellulaires. La maladie est progressive avec des charges parasitaires très fortes.

Pour résumer : réponse Th1= chien résistant, réponse Th2= chien malade !

Symptômes généraux et modifications observées lors de leishmaniose clinique

CI=complexes immuns

Importance de la voie Th1 (via IL-12 et IFN)

L’importance de l’IL-12 (produite par les


cellules présentatrices d'antigènes surtout) et
de l’IFNγ peut être mise en évidence grâce à
une expérience sur des souris infectées par L.
brazilensis :

 Les souris normales (C57BL6) maîtrisent


l’infection, les lésions rétrocèdent après
6 jours.
 Les souris mutantes délétées au niveau
du gène codant pour l’IL12 (IL-12p40 -/-)
empêchent la prolifération du parasite
mais celui-ci persiste. 1 -12 contre L. infantum

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 Les souris ne possédant pas d’IFN γ (IFN-γ -/-) meurent des suites de l’infection: pas
d'activation des macrophages.

Cette expérience montre bien l’importance de la polarisation vers la voie Th1 alors
que la voie Th2 (humorale) est inefficace (la maladie se stabilise, il y a une réponse Th1 pas
très efficace mais qui permet malgré tout de protéger un peu les souris).

Si on mesure les cytokines produites par ELISA à partir des PBMC (peripheral blood
mononuclear cell) chez des chiens infectés, on obtient des profils différents chez les animaux
exprimant une forme clinique par rapport à ceux ayant réussi à éliminer le parasite.

Lors de manifestation clinique, IFNγ est bas alors que IL-10 est élevée (réponse de
type Th2). Si l'infection est maîtrisée, IFNγ est élevé alors que IL-10 est basse (réponse de
type Th1).
On rappelle que l'IL10 est une cytokine inhibitrice de la réponse cellulaire.

Profils de cytokines dans les différentes populations infectées

Remarque sur l’expérience précédente :


 Les populations « control » et « non infectées » sont équivalentes.
 La population « inf-sus » est dite sensible mais n’a pas encore développée de signe
clinique.
 La population « clinical » est celle ayant déclenchée une maladie clinique.

9/20
C. Mécanismes d’échappement :

Il existe 5 mécanismes principaux d’échappement des protozoaires à la réponse immunitaire :

1) Inhibition de la phagocytose par les neutrophiles. (Ex : T. gondii)

2) Induction d’une immunosuppression ou modulation de la réponse immune


 Babesia bovis
 Trypanosomes (cf. trypano-tolerance du bétail africain, à comparer à la trypano
≪ intolérance ≫ du bétail européen, avec augmentation d’IL-4, diminution
d’IL-6)
3) Formes non antigéniques ou persistance sous forme de kystes, qui empêchent l’accès
pour les effecteurs de la réponse immunitaire adaptative.
 Kystes de T. Gondii. 40% de la population humaine est porteuse, ils peuvent être
réactivés par exemple lors de transplantations.

4) Liaison avec des protéines de l’hôte, on parle de masquage immunitaire car le


parasite présente alors des molécules du soi qui ne sont pas reconnues comme Ag.

5) Variations antigéniques, qui permettent d'échapper à des vagues successives de


réponses immunitaires = très important pour les parasites.

 Trypanosomes (cf. infra)


 Babesia bovis Difficulté à faire des vaccins
 Giardia (parasite de l’intestin)
 Plasmodium (paludisme).

Exemple : La variation antigénique chez le trypanosome. Quand des animaux sont


infectés, on a une première parasitémie avec développement d’une réponse immunitaire
humorale importante. Le parasite varie alors pour y échapper, et cela à chaque fois qu’une
nouvelle réponse immunitaire humorale se met en place. Il y a apparition de trypanosomes
différents à chaque nouvelle vague d’anticorps

Trypanosome 1 -> 1ère vague -> Ac 1 -> réponse 1


Trypanosome 2 -> réponse 1 déjà inefficace ->2ième
vague -> Ac 2 -> réponse 2

……
Variation antigénique des Trypanosomes

10/20
D. Effets néfastes des infestations par les protozoaires

 Phénomènes d’hypersensibilité (cf. cours correspondant) :


HS1 : ex: tritrichomonose et les IgE qui provoquent une inflammation de la muqueuse
vaginale. (Ag qui fonctionnent comme des allergènes)

HS2 : ex: babésiose avec cytotoxicité anti-globules rouges infectés.


HS3 : dépôt de complexes immuns (ex : leishmaniose viscérale).

HS4 : ou HS retardée, formation d’un granulome autour du parasite (ex: kyste toxoplasmique).

 Auto-immunité associée aux infections par les protozoaires :

Il existe un phénomène de mimétisme avec les Ags du soi d’où la présence d’auto-anticorps
(communauté antigénique entre l’hôte et l’agent pathogène). Le système immunitaire
s’attaque alors aux auto-antigènes.

E. Vaccination contre les protozoaires

 Le vaccin contre la toxoplasmose destiné aux ovins : il s’agit d’un vaccin à souche atténuée
(souche S48), qui bloque l'avortement lors de la phase clinique. On garde également
l’espoir pour un vaccin bloquant la phase intestinale.

 Le vaccin dirigé contre la babesiose canine (= piroplasmose), maladie transmise par les
tiques, est à base d’antigènes solubles parasitaires produits par culture et adjuvés par la
saponine. Son efficacité est relative. La fraction de prévention est relativement faible : il
faut l’utiliser avec prudence car il y a de nombreux échecs.

 Le vaccin contre la leishmaniose, ce vaccin vient d’obtenir l’AMM, pour lutter contre la
leishmaniose canine : Cani-Leish. Les antigènes utilisés sont les ESP (protéines excrétées
sécrétées) adjuvés avec le MDP (Muramyl Di Peptid). Il a été mis en évidence que ce vaccin
stimule non seulement l’immunité à médiation cellulaire (renforce la voie Th1) mais aussi
la production d’anticorps. Ce vaccin est destiné aux chiens situés dans les zones où se
trouvent les phlébotomes. Le protocole vaccinal est lourd car il y a trois injections.

Question : L’immunité protectrice contre les protozoaires est préférentiellement « portée »


par ?
a) Des anticorps neutralisants
b) Une réponse de type Th2
c) Une réponse de type Th1
d) La production d’IgE
Réponse : c

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II. Immunité contre les helminthes

A. Immunité innée

Ses effecteurs ne sont pas différents de ceux de la réponse innée contre les
protozoaires. S’il y a présence d’autres parasites, on observe le phénomène d’exclusion
parasitaire, on peut alors parler d’une forme de prémunition (la présence d’autres parasites
gène l’infestation par de nouveaux parasites).

De nombreux facteurs influent sur cette réponse immunitaire, génétique comme l’âge,
le sexe et le bagage génétique, le « background », de l’hôte (lignées résistantes aux parasites,
chez les ovins, caprins et chevaux avec aussi une immunité spécifique plus importante).

La sélection de lignées résistantes peut poser problème : on se retrouve avec des


animaux résistants à un ou deux parasites mais restants très sensibles à tous les autres.

Les mécanismes classiques de l’immunité innée sont peu efficaces: la réaction


inflammatoire peut être faible.
Leur taille empêche toute phagocytose, car ils sont pluricellulaires et donc trop gros
pour être phagocytés.
La liaison PAMPs-TLR reste toutefois importante pour activer les cellules sentinelles :
il y a donc mise en place d'une réponse adaptative.
Remarque : il existe une co-évolution entre le parasite et son hôte. Il y a une sélection des
meilleures défenses chez la population hôte, ce qui provoque la sélection des parasites les
plus résistants… ex : problèmes de résistance en Australie

B. Immunité adaptative

Les Helminthes sont entourés d’une coque protectrice appelée cuticule externe. Elle
permet une protection contre les CTL (lymphocytes T cytotoxiques) et le complément.
Les cellules présentatrices d’antigènes (ex : les cellules dendritiques) vont orienter la
réponse adaptative :

 la réponse dominante, (à l’inverse des protozoaires) est humorale (Th2) avec


production importante d’IL-4, IL-10 et IL-13, et également production d’IgE. Les
éosinophiles et les mastocytes ont une activité accrue. Les antigènes sont des
protéines excrétées/sécrétées, reconnues par les anticorps.

On surnomme les IgE « les immunoglobulines antiparasitaires ».

12/20
 Il existe aussi une composante Th1, qui se développe lorsque l’infestation devient
chronique, mais elle est peu efficace.

1. L’Immunité humorale

Elle consiste en une réponse de type Th2 avec des IgE, selon le mécanisme suivant :

 Attraction des mastocytes à l’ origine d’une hypersensibilité de type 1 (voir CM 6).


 La liaison IgE-mastocyte (via Fc) + Ags parasitaires entraînant la dégranulation des
mastocytes, d’où une réaction inflammatoire locale et brutale à l’origine de l’expulsion
des parasites et de l’attraction des éosinophiles au niveau des muqueuses digestive
ou respiratoire. Les éosinophiles sont les cellules effectrices de l’immunité cellulaire
anti-helminthe.
 Liaison des IgE aux macrophages et éosinophiles via un récepteur (CD23) pour le
fragment FCε, suivie d’une destruction directe des parasites par le relargage d’un
certains nombres de composants toxiques contre les parasites.
 D’autres Ig peuvent intervenir selon le parasite concerné: des Ac neutralisant l’action
des protéases parasitaires, ou encore des Ac anti-GST (glutathione-S-transferase) de
Fasciola hepatica.

1
5

2
3 :dégranulation
4

Rôle et action des mastocytes dans la réponse inflammatoire

L’intensité de la réponse Th2 est héritable, il existe des races ovines sensibles et
d‘autres résistantes, ce qui rend possible la sélection des races ovines résistantes.

Après un 1er contact les mastocytes sont présents dans l’épithélium intestinal et les IgE
fixées à leurs membranes captent les Ags parasitaires.

13/20
Le pontage de deux IgE entraîne alors la dégranulation des mastocytes, libérant des
molécules vasoactives (prostaglandines, leucotriènes), qui concourent à :

 recruter les éosinophiles (via les LT et IL-5) -> destruction de la cuticule


 la contraction des muscles lisses -> expulsion des parasites
 une exsudation vasculaire

Recrutement des éosinophiles dans la réponse antiparasitaire

Les éosinophiles sont donc recrutés via les LT et IL-5, via les mastocytes ou via les
macrophages et IL-3.
Dans un premier temps il y a migration des éosinophiles, puis arrive la dégranulation
qui libère des oxydants capables de dégrader la cuticule des helminthes (peroxyde
d’hydrogène, des enzymes telles que les phospholipases...).

Action directe des éosinophiles sur les parasites

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2. L’immunité cellulaire

La réponse Th1 existe mais elle est souvent de faible utilité. Elle peut limiter la
diffusion du parasite mais l’hôte reste infesté.
Une forte réponse cellulaire s'instaure après destruction du parasite, ce qui peut
concourir à une bonne résistance à une nouvelle infestation, mais aussi à la formation d’un
granulome réactionnel autour du parasite détruit ou des œufs (HS4).
Il existe cependant des LT cytotoxiques, ex: contre Trychostrongylus colubriformis
(trychostrongle transmis par injection de cellules immunes).
Ex : Shistosoma mansoni, dont les œufs persistent dans l'organisme sous forme de
kystes musculaires mais ne peuvent se développer.

C. Mécanismes d’échappement des helminthes

o Certains parasites (ex: Tænia) croissent mieux en présence d’un milieu riche en Ig.
Ig=source de nourriture!

o Masquage par adsorption d’antigènes du soi de l’hôte : il s’agit d’un phénomène de


mimétisme, créant un leurre.

o Sécrétion de protéases parasitaires capables d’inhiber l’attraction des neutrophiles,


l’activation du complément ou encore la production d’IL2.

o La GST de F.hepatica protège contre le « burst » respiratoire (l’explosion respiratoire) des


phagocytes en dégradant l’eau oxygénée.

o La variation antigénique : par renouvellement de la cuticule.

o L’immunosuppression induite via des substances immunomodulatrices, souvent locale,


conduit à une résistance moindre aux infections bactériennes et virales.
D’où la recommandation de vermifuger un animal avant de le vacciner pour éviter
que les parasites contribuent à diminuer la réponse contre le vaccin !

o Formation de granulomes (HS4) = enkystement et persistance.


Le granulome réactionnel a un double rôle :

+ Il limite la dissémination du parasite dans l’organisme.

- Il protège le parasite de la réponse immunitaire.

15/20
D. Vaccination contre les helminthes

Celle-ci est relativement complexe et difficile. Malgré la bonne disponibilité des


traitements antiparasitaires, on déplore l’apparition de résistances et un impact
environnemental des vermifuges, surtout dans les filières « animaux de production ».

Remarque : impact des ivermectines sur les insectes capables de dégrader les bouses de
vaches

De plus, il n’y a pas de réponse immunitaire spécifique forte à l’issue de la vaccination.


On utilise des préparations à base de parasites entiers (larves) irradiés (vaccin Bovilis
lungworm), mais non commercialisées en France (Australie). D’autres vaccins sont en cours
de recherche, ciblant non pas les organismes entiers mais des antigènes, qui sont :

 Des produits excrétés/secrétés (ex : GST cible pour vacciner contre la douve)
 Des antigènes de surface (mais problème des variants...)
 Des molécules immunomodulatrices pour lutter contre les immunodépressions
provoquées par les parasites et créer ainsi une forme de tolérance

La difficulté de vaccination est aussi due aux différentes formes que le parasite
peut prendre au cours de son cycle !

Question : La cellule clef de la défense contre les helminthes est ?

1) Le macrophage
2) Le polynucléaire neutrophile
3) Le Lymphocyte B
4) Le polynucléaire éosinophile
Réponse : 4

III. Immunité contre les Arthropodes

Les arthropodes (parasites externes = ectoparasites) sont à l’origine de réactions locales,


comme par exemple contre les piqûres de tiques ou de moustiques :

 La réaction inflammatoire (production d’IgE liée à une HS1) tend à rendre l’hôte moins
attractif pour le parasite
 Réactions d’HS4 avec dermatite de contact (ex : Demodex)

Exemple d’Hypoderma bovis : (myiase = infestation par les mouches)

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Le cas d’Hypoderma (= varron) se différencie de celui des autres arthropodes puisqu’il
peut être considéré comme un ver étant donné qu’il y a migration chez l’hôte.

Le stade L1 secrète localement des immunosuppresseurs, l’hypodermine A pour


migrer vers le dos de l’animal, sans risque d'expulsion par le système immunitaire, où il se
transforme en L2, L3 puis pupe qui tombe au sol et se transforme en adulte.

Remarque : Les conséquences cliniques sont faibles, mais les pertes économiques sont
lourdes avec une diminution de la qualité de la peau, donc du cuir. En France, un plan national
d’éradication avec un traitement préventif à l’ivermectine a été mis en place. Une possibilité
de vaccination est à l’étude. La vaccination aurait pour objectif d’empêcher la migration sous-
cutanée.

Cycle d’Hypoderma bovis

Des essais de vaccins sont pratiqués pour réduire l’infestation


par les arthropodes tels que les tiques, puces ou mouches. Par
exemple, le vaccin Tickguard dont le principe d’action est
d’immuniser l’animal vacciné contre les antigènes intestinaux
des tiques (antigènes cachés/cryptiques). Ce vaccin n’est pas
commercialisé en Europe car il concerne Boophilus bovis qui n’atteint pas l’Europe.

Les Ag sont injectés à l’animal que l’on souhaite vacciner ce qui entraine l’apparition d’Ac.
Lorsque la tique ingère le sang de l’hôte, les Igs de ce dernier détruisent son intestin, ce qui la
tue.

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4)destruction
Ag tique
1)Ag

2)Ac 3)ingestion par


nappe sanguine

Principe de vaccination contre les antigènes intestinaux des tiques

Le vaccin empêche la transmission du pathogène à un autre animal.


Si un animal se fait piquer par une tique, il y a transmission possible de l’agent
pathogène lors du repas sanguin. Par contre si l’animal est vacciné la tique ne sera
plus en mesure de piquer un autre animal.

Inconvénients du vaccin :

 Besoin d’entretenir un niveau d’anticorps élevé chez l’hôte. Il faut faire des
rappels réguliers.
 Pas de rejet précoce : il y a quand même repas sanguin donc le pathogène est
transmissible à l’animal vacciné mais ensuite la transmission s’arrête.
 Apparition de résistances.

Remarque : Le vaccin Merilym contre la borréliose a un mode d’action assez comparable.

18/20
Ce qu'il faut retenir :
Les parasites, par définition, sont capables d’échapper aux réponses immunitaires de l’hôte
pour un temps au minimum nécessaire à leur reproduction.

Il faut retenir que :


- Les réponses médiées par les anticorps protègent contre les parasites extracellulaires.
- Les réponses cellulaires contrôlent plutôt les parasites intracellulaires.
- Les protozoaires utilisent des stratagèmes sophistiqués pour échapper à la réponse
immune de l’hôte.
- Les helminthes ont la capacité particulière de susciter surtout une réponse de type Th2
conduisant à la production d’IgE qualifiées d'immunoglobulines antiparasitaires.
- Les vers possèdent une coque (la cuticule) protectrice capable de résister aux attaques
cellulaires... sauf à celles des éosinophiles, cellules uniques pour leur capacité à
détruire les vers.
- L’immunité contre les arthropodes est également plutôt orientée Th2. Ces réponses
immunitaires diminuent parfois la capacité du parasite à se nourrir et/ou à se
reproduire mais ne détruisent pas réellement le parasite.

Autre lecture possible : Immunomodulation par les helminthes parasites des ruminants :
conséquences sur le développement de vaccins et la compétence immunitaire de l'hôte
Conférence, présentée à la SNGTV, Nantes, mai 2015

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


Hypersensibilité de type I

I. Mécanismes .............................................................................. 3
A. Le contact sensibilisant ........................................................................................... 3
1. Les anticorps anaphylactiques ................................................................................................ 3
B. Le contact déclenchant ........................................................................................... 4
1. Dégranulation des mastocytes ................................................................................................ 4
2. Les autres cellules impliquées dans l’HS1 ................................................................................ 8

II. Symptômes et formes cliniques ................................................. 9


A. Choc anaphylactique .............................................................................................. 9
B. Manifestations cliniques de l’HS1 : états anaphylactiques ..................................... 10
1. Les allergies alimentaires ...................................................................................................... 10
2. Les dermatites allergiques ..................................................................................................... 10
3. Les allergies médicamenteuses ou aux vaccins (rare) ........................................................... 14
4. Les allergies anti-parasitaires ................................................................................................ 14
5. Le complexe « granulome éosinophilique » du chat ............................................................. 14
6. La dermatite estivale récidivante du cheval (DERE) .............................................................. 14
C. Les états anaphylactoïdes ..................................................................................... 15

III. Diagnostic de l’HS1 .................................................................. 15


A. Tests cutanés (prick tests) « skin test » ................................................................. 15
B. Tests PCA (Passive Cutaneous Anaphylaxis) .......................................................... 16
C. Dosage des IgE sériques ........................................................................................ 16

IV. Traitement .............................................................................. 16


A. Traitement spécifique ........................................................................................... 17
1. Eviction .................................................................................................................................. 17
2. Thérapie de désensibilisation (ou vaccination anti-allergène) = immunothérapie ............... 17
B. Traitement symptomatique .................................................................................. 18
1. Corticostéroïdes : effet immédiat .......................................................................................... 18
2. Autres médicaments .............................................................................................................. 18

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Introduction

L’hypersensibilité est une réponse immunitaire exagérée ou inappropriée,


provoquant une très forte réaction inflammatoire. Une réaction d’hypersensibilité ne peut pas
se déclencher dès le premier contact avec l’antigène, elle nécessite au moins deux contacts :
le premier contact est dit sensibilisant car l’antigène est reconnu et déclenche l’apparition
d’une mémoire immunitaire. Au deuxième contact, l’antigène est à nouveau reconnu et
déclenche une réponse exagérée, c’est pourquoi il est dit déclenchant.
Un antigène à l’origine de telles réactions est appelé allergène et les hypersensibilités
en général sont également appelées allergies. C’est donc par abus de langage que l’on fait
l’analogie entre allergie et hypersensibilité de type I.
L’allergénicité dépend de nombreux paramètres intrinsèques et extrinsèques comme
la dose d’allergène inoculée, l’adjuvant injecté avec, la voie de l’inoculation, la génétique de
l’individu,…

D’après la classification établie par Gell et Coombs, on définit quatre types


d’hypersensibilités :

= cytotoxique

= cellulaire

2/22
Les trois premières hypersensibilités sont à médiation humorale et mettent en jeu
des anticorps alors que l’hypersensibilité de type IV est à médiation cellulaire et nécessite
un certain laps de temps d’où son qualificatif de retardée.
On s’intéressera dans ce cours exclusivement aux hypersensibilités de type I ou
anaphylaxies.

En 1902, Charles Richet (prix Nobel en 1913) et Paul Portier tentent de vacciner des
chiens contre le venin de l’anémone de mer. Ils leur injectent une première fois une toxine
plus ou moins modifié chez les chiens, aucune réaction n’est observée. En revanche, au
deuxième contact, les chiens font un choc hypovolémique et meurent par asphyxie. Cet effet,
tout à fait opposé à celui attendu lors d’une vaccination, est qualifié d’anaphylactique, c’est-
à-dire qui va à l’encontre (ana) d’une protection (phyllein) vaccinale.
Ce phénomène immunologique est caractérisé par :
 La spécificité de l’allergène à l’origine du choc : si on avait utilisé une autre toxine il
n’y aurait pas eu ce phénomène de choc
 La période de latence nécessaire à la mise en place de cette immunité adaptative
(dramatique) = maladie par hyper-adaptation
 L’existence d’une mémoire

La triade symptomatique du choc anaphylactique est caractéristique de l’hypersensibilité


de type I : vomissement et diarrhée / asphyxie / mort.

Le choc anaphylactique est porté par les mastocytes et les éosinophiles avec comme
médiateurs les IgE aussi appelées réaginines. Il s’agit du processus normal contre les parasites
et c’est un phénomène héritable, on parle alors de « terrain allergique » ou « atopie ».
Les IgE sont les médiateurs des réactions d’HS immédiate
Si la réaction d’HS1 est systémique, elle est appelée anaphylaxie ou choc anaphylactique.

I. Mécanismes

A. Le contact sensibilisant

1. Les anticorps anaphylactiques

Aussi appelés réaginines car capables d’induire seuls une réaction d’hypersensibilité
lors d’injection expérimentale, il s’agit en réalité des IgE (chez le chien, les IgG de type 4 ont
également une action comparable à celle des IgE).
Elles sont constituées de 2 chaines lourdes et 2 chaines légères symétriques pour un
poids moléculaire de 190 kDa. Il y a 4 domaines constants dont les 3 derniers constituent la
partie Fc qui se fixe sur les membranes cellulaires de différentes cellules telles que des
mastocytes et des éosinophiles via les récepteurs Rfcε aussi appelés CD23 (epsilon : (Ig)E en
grec) 1 et 2. La partie variable est le paratope qui fixe l’allergène. La voie Th2 permet la
synthèse d’IL4 et d’IL13 qui induisent la production d’IgE par les LB.

3/22
Les IgE ont une demi-vie très courte dans le sérum (deux à trois jours) mais sont
stabilisés une fois fixés aux Rfcε des mastocytes (la demi-vie est augmentée de plusieurs jours
à quelques semaines=> durée de vie très longue sur les mastocytes : plusieurs mois).
Les IgE sont 100 à 1000 fois moins concentrées dans le sérum que les autres classes
d’anticorps : de l’ordre du μg/ml dans le sérum chez l’homme (0,1-0,4 μg/ml), alors que les
IgG sont de l'ordre de 10g/L et les IgM de 3-4 g/L.

IgE fixée à son récepteur

B. Le contact déclenchant

Les IgE formées lors du premier contact sensibilisant vont se fixer sur la membrane des
mastocytes dans les tissus et « attendre » l’antigène, ce qui explique leur faible concentration
sérique puisque leur localisation est surtout tissulaire. Lors du contact déclenchant, les IgE
fixées sur le mastocyte fixent l’antigène libre et il s’établit un pontage entre deux IgE
adjacentes, ce qui déclenche la dégranulation. D’autres cellules comme les éosinophiles
interviennent également.

1. Dégranulation des mastocytes

Rappel: les mastocytes correspondent à des basophiles situés dans les tissus

Les mastocytes sont de grandes cellules de 15-20 µm de diamètre bourrées de granules.


On distingue deux types de mastocytes :
 Les mastocytes associés au tissu conjonctif
 Les mastocytes muqueux

Ils sont directement activables via des TLRs et via le C’ (C3a et C5a = anaphylatoxines).

4/22
Ils produisent des cytokines : TNFα, Ilβ, IL6 (cytokines pro-inflammatoires). Ils sont
également activables via la liaison Ag-Ac déclenchant leur dégranulation.

a) Mécanisme de dégranulation

Une fois les IgE fixées (passage du sang au tissu) sur les mastocytes, ces derniers sont
dits sensibilisés. La fixation d’un antigène sur deux IgE adjacentes entraîne une cascade de
phosphorylation aboutissant à la dégranulation immédiate et à la synthèse des médiateurs.
Le calcium est très important dans le mécanisme de dégranulation puisque sa seule présence
peut la déclencher.

La stimulation des mastocytes va provoquer trois réponses différées dans le temps :


 exocytose des granules contenant de la sérotonine et de l’histamine dans les
premières secondes
 synthèse et sécrétion de leucotriènes, prostaglandines et facteurs activateurs des
plaquettes dans les premières minutes (intervient dans la réponse inflammatoire) via
la cascade de l’acide arachidonique.
 synthèse et libération d’un ensemble de cytokines qui régulent ou amplifient la
réponse immunitaire/inflammatoire (TNF-α)/tissulaire

= activation IgE par Ag allergène

3 1
2

Mécanismes de transduction lors du pontage de 2 IgE

5/22
Question : Les IgE :
1) sont appelées aussi réaginines
2) possèdent une demie-vie de 3 à 4 semaines dans le sérum
3) sont en faible quantité dans le sérum (<1mg/L chez le chien)
4) induisent seules la dégranulation des mastocytes lorsqu’elles se fixent à ces cellules
Réponses 1 et 3

b) Action des médiateurs

Il y en a deux sortes : les préformés qui sont présent dans le cytoplasme avant la stimulation,
et les néosynthétisés.

Médiateurs libérés et synthétisés par les mastocytes

Complément : Ils vont être responsables des trois symptômes de l'HSI : la vasodilatation des
vaisseaux sanguins, la contraction des fibres musculaires lisses (au niveau digestif et des bronches
notamment) et la sécrétion de mucus.

 Médiateurs préformés

Parmi les médiateurs primaires ou préformés, l’histamine et la sérotonine sont les plus
importants. Ce sont des amines vaso-actives qui provoquent une vasodilatation suivie d’une
stase sanguine voire d’un choc anaphylactique. Elles sont responsables de quasi tous les
symptômes sauf de l'inflammation (provoqué par les leucotriènes, prostaglandines et les
cytokines pro-inflammatoires IL-I et TNF alpha).

 Médiateurs néosynthétisés

La libération des médiateurs secondaires néosynthétisés provoque l’emballement de la


réponse immunitaire. On retiendra parmi ceux-là le facteur d’activation des plaquettes (PAF),
les leucotriènes et les prostaglandines qui sont synthétisés assez rapidement. Plus
tardivement, il y a synthèse de cytokines qui entretiennent le phénomène et attirent

6/22
notamment les éosinophiles (IL5). On retrouve notamment l’IL1β, l’IL6 et le TNFα. On notera
également la libération de GM-CSF qui stimule l’éosinopoïèse au niveau de la moelle osseuse.

Question : Les prostaglandines et les leucotriènes font partie des médiateurs préformés:
1) Vrai
2) Faux

Réponse 2

c) Modulation de l’activité des mastocytes

La dégranulation des mastocytes est en réalité assez finement contrôlée par l’existence
notamment de certains mécanismes inhibiteurs.
Les catécholamines (adrénaline et noradrénaline) jouent un rôle majeur dans le contrôle de
la dégranulation :

 via les récepteurs alpha, elles facilitent la dégranulation. Ceci peut expliquer que les
crises d’allergie surviennent plus facilement si l’individu est stressé.
 via les récepteurs béta, elles inhibent la dégranulation, d’où l’importance des béta 2
mimétiques dans le traitement symptomatique des réactions d’hypersensibilité de
type I.

Ces récepteurs sont présents à la surface des mastocytes mais également à la surface des
muscles lisses (béta 2 sur les bronches notamment) et des vaisseaux (alpha). D’où la
possibilité de limiter les effets de l’HS1 via des agents bloquants ou des agents stimulants.

Boucles de régulation de l’activité des mastocytes

7/22
En résumé :
Les mastocytes exercent un chimiotactisme et activent les éosinophiles. La libération
de chémokines (IL5) fait migrer les éosinophiles de la moelle osseuse vers le tissu agressé. Des
cytokines provoquent leur activation une fois qu’ils sont arrivés à destination. Par ailleurs, les
LTh2 (on rappelle qu’il s’agit d’une réponse humorale) auront participé à la prolifération des
PNE dans la moelle osseuse auparavant par le biais de cytokines.

Schéma : résumé du rôle des mastocytes

2. Les autres cellules impliquées dans l’HS1

a) Recrutement des polynucléaires éosinophiles

Ce sont des cellules tissulaires possédant une demi-vie de 12 jours dans les tissus, dont
ils ne peuvent sortir et où ils ne se multiplient pas. Chez le chien, ils représentent 2% des
leucocytes circulants.
Ils sont attirés sur place par les mastocytes via l’IL5 et sont ensuite activés par les
produits de dégranulation des mastocytes (chimiokines, histamine, ECF-A, leu B4, et
cytokines : IL3, IL5, GM-CSF) et par les lymphocytes Th2 (IL3, IL5, GM-SCF).
Ils contiennent deux types de granules (phospholipase D, peroxydase, protéine
basique majeure…) qui libèrent des oxydants puissants dans le tissu pour lutter contre
l’allergène, ce qui entretient l’inflammation. Ce sont les effecteurs ultimes de la réaction
allergique.

Remarque : dans l’immunité anti-helminthes, les mécanismes impliqués sont les mêmes mais il s’agit
dans ce cas d’une réponse normale qui n’a pas de conséquences générales (lutte locale) sauf chez
certains animaux infestés, chez qui des réactions allergiques peuvent apparaître.

8/22
b) Les polynucléaires basophiles

On rappelle que les basophiles correspondent à des mastocytes circulants et ont


donc des fonctions similaires à ceux-ci.

c) Les neutrophiles, macrophages et TH17

En plus des éosinophiles, les mastocytes attirent également les neutrophiles et les
macrophages, mais dans une proportion moindre. Il existe également des lymphocytes T
auxiliaires particuliers qui sont activés plus tardivement : ce sont les Th17 (qui produisent IL17)
à l’origine des manifestations plus tardives de la réaction d’hypersensibilité de type I (rougeur,
œdème et prurit).

II. Symptômes et formes cliniques


Les formes cliniques résultent du relargage rapide et excessif de médiateurs inflammatoires.

A. Choc anaphylactique

L’expression clinique est variable selon l’espèce car l’organe cible est différent (car dépend
de la nature des médiateurs propres à chaque espèce) :
 Chien = se traduit surtout au niveau du foie (veines sus-hépatiques) : histamine, PG et
LKT
 Ruminants = tractus respiratoire : sérotonine, LKT, kinines, dopamine
 Cheval = tractus respiratoire et intestin : histamine, sérotonine
Il faut retenir que dans la plupart des cas ce sont l’histamine et la sérotonine qui interviennent
lors du choc anaphylactique.

Il se déroule globalement en deux temps :

1) Vasodilatation généralisée au niveau du système artériel à l’origine d’un œdème. Ce


stade est caractérisé par une urticaire, c’est-à-dire l’apparition brutale de papules
prurigineuses.
2) Hypovolémie relative, c’est-à-dire inadaptation du contenant (vaisseaux dilatés) au
contenu (volume de sang identique). Le sang est séquestré dans les organes cibles.
Cette chute de tension entraine une tachycardie réflexe et des troubles neurologiques
(syncope, convulsions), une hypotension et une contraction des muscles lisses avec
mort s’il n’y a pas d’intervention.

Le traitement repose sur :


 une injection immédiate d’adrénaline et des mesures de remplissage vasculaire
 l’utilisation de corticoïdes à effet immédiat et d’anti-histaminiques (chien, cheval et
homme) ou de phénylbutazone (bovins)

Le choc anaphylactique est à distinguer du choc vagal, du choc septique et de l’hypoglycémie.

9/22
B. Manifestations cliniques de l’HS1 : états anaphylactiques

Les manifestations cliniques dépendent de la voie de pénétration de l’allergène:


 Par inhalation → allergies respiratoires (rhume des foins, asthme)
 Par aérosol → allergies respiratoires et conjonctivites
 Par ingestion→ diarrhées et coliques
 Par contact → dermatite locale (= urticaire avec grattage)
 Par injection → réaction d’anaphylaxie (choc)

Nous allons détailler un certain nombre d’exemples de réactions localisées qui sont à
connaître.

1. Les allergies alimentaires

ATTENTION : A ne pas confondre avec les intolérances alimentaires qui ne sont pas
immunologiques.

Les aliments le plus souvent mis en cause sont : l’arachide, les œufs, les noix, le poisson
et les crustacés. Ils provoquent des réactions cutanées avec souvent un prurit qui peut se
compliquer secondairement par des surinfections bactériennes suite au grattage. On peut
aussi observer des problèmes gastro-intestinaux, mais ce sont des symptômes non réguliers.

2. Les dermatites allergiques

Elles sont relativement fréquentes chez les animaux de compagnie. Les principaux
allergènes impliqués sont : les pollens, les poussières d’acariens domestiques, les tissus, les
extraits de glandes salivaires de puces (DAPP : dermatite allergique par piqure de puces).
Quelquefois elles se superposent avec l’HS4 avec le temps (DAC) : affection chronique et
complexe (évolution de HS1 à HS4).

a) La dermatite atopique canine (DAC)

Rem: Atopique dérive du grec « topos » qui signifie « lieu » : une dermatite atopique est une dermatite
« sans lieu » c’est-à-dire sans point de départ connu, elle est donc considérée comme d’origine
génétique. Elle est donc transmissible à la descendance.

On note certaines prédispositions raciales (Cocker, Setter, Beagle, Shar-pei).


Les allergènes sont environnementaux et alimentaires.

On considère qu’une dermatite atopique est une maladie multi-factorielle impliquant :


 une peau fine ou fragile (génétique) qui s’irrite facilement et est donc enflammée
 des facteurs irritants
 un ou plusieurs contacts sensibilisants

10/22
Phase aiguë de dermatite atopique Phase chronique de dermatite atopique
Erythème diffus métacarpien et Inflammation cellulaire associée à une
interdigité sans autre lésion associée chez alopécie, une lichenification et une
un Staffordshire Bullterrier hyperpigmentation avec surinfection à
Malassezia chez un Berger allemand

En réalité, à une première phase aiguë de type Th2, correspondant donc bien à une
hypersensibilité de type I, succède une phase chronique de type Th1, ce qui correspond plutôt
à une HS4. A ce stade, on a souvent des surinfections bactériennes ou fongiques. Les profils
des cytokines sont différents dans ces deux phases.

Profil de cytokines impliquées dans la DAC lors de la réaction aiguë (Th2 à gauche) et
chronique (Th1 à droite)

L’IL31 permet l’entretien du prurit.


L’immunothérapie à base de ciclosporine est possible.

11/22
Mécanisme de la DAC

Traduction : Description du mécanisme physiopathologique couramment admis de la


dermatite atopique du chien, basée sur des recherches sur des chiens et des humains atteints
de dermatite atopique. Le processus de la maladie commence par l’exposition cutanée et
l’absorption d’allergènes à travers l’épiderme, dont la fonction de barrière est altérée.

Schéma de gauche – Le processus de sensibilisation de la dermatite atopique canine

Les cellules de Langerhans naïves capturent et internalisent les allergènes. Les allergènes sont
alors préparés et « packagés » en molécules du complexe d’histocompatibilité à la surface des
cellules de Langerhans, et présentés aux lymphocytes T helper naïfs (Th0) dans le nœud
lymphatique drainé.
Des signaux spécifiques du microenvironnement permettent aux cellules dendritiques d’activer
les cellules T helper, et de les polariser en un phénotype Th2. Les Th2 produisent alors des
cytokines telles que l’IL4 et l’IL3. Ces cytokines peuvent stimuler les lymphocytes B en
plasmocytes qui commencent à produire des IgE spécifiques des allergènes. Les Th2 activés
migrent vers la peau, grâce à des chémokines produites par différentes cellules de la peau.

12/22
Les IgE spécifiques des allergènes passent dans la circulation et dans d’autres tissus, et se lient
à des cellules via une faible ou une forte affinité pour les récepteurs Fcepsilon situés à la surface
des cellules.

Schéma de droite- La progression de la dermatite atopique canine en terme de symptômes


neurologiques et immuns de la maladie
Lors de la réexposition au même allergène, la cellule épidermique de Langerhans, avec des IgE
spécifiques de l’allergène à sa surface, se lie efficacement à l’allergène et migre vers le derme.
Ces cellules de Langerhans présentent alors l’allergène aux lymphocytes T helper et continuent
de les polariser en Th2. D’autres cytokines des Th2 telles que des IL31 peuvent être libérées et
activent le neurone sensitif qui induit le prurit. Les allergènes peuvent aussi former une liaison
croisée à la surface des mastocytes du derme grâce à des IgE spécifiques, et stimuler la
libération de médiateurs de l’inflammation préformés, comme l’histamine, la sérotonine et de
la substance P avec des cytokines comme le facteur chimiotactique éosinophile. Des blessures
cutanées dues au grattage, des toxines microbiennes de Staphylococcus sp et Malassezia sp,
ou des allergènes environnementaux activent les kératinocytes et d’autres cellules de
l’immunité innée, qui libèrent des cytokines pro-inflammatoires (eg IL12) et des chemokines,
qui peuvent polariser les lymphocytes T helper vers le phénotype Th1, avec lequel ils produisent
des cytokines telles que l’IFN gamma. A son tour, l’IFN gamma stimule l’activation des
monocytes et des macrophages. Les kératinocytes, les monocytes et les mastocytes activés
produisent des cytokines pro-inflammatoires additionnelles comme le facteur de nécrose
tumorale TNF alpha ; uprégulent l’expression de la P-sélectine et de la E-sélectine au niveau
des cellules endothéliales, qui recrutent plus de leucocytes provenant du sang.
L’épaississement de l’épiderme et la détérioration de sa fonction de barrière, permettent
l’augmentation de la pénétration de l’allergène. Le cycle se perpétue. TSLP = Thymic stromal
lymphopoietin.

b) La dermatite par allergie aux piqûres de puces (DAPP)

La DAPP est à différencier de la pulicose qui est une infestation par les puces sans
allergie.

Les allergènes sont dans ce cas les protéines de la salive des puces, notamment
Ctenocephalides felis que l’on retrouve chez le chat et le chien. La DAPP est très fréquente
chez le chat avec un prurit, des lésions souvent à la base de la queue, des signes cutanés
(érythème, papules, alopécie, squamosis, croûtes …).
Attention, les puces ne sont pas toujours présentes ou visibles lors de l’examen
clinique. L’examen allergologique est alors plus démonstratif que nécessaire. On peut aussi
remarquer la présence d’anneaux de parasites du type Dipylidium caninum (ténia avec la puce
comme hôte intermédiaire).La DAPP est une HS1 qui peut se compliquer avec une HS4 au
cours de la maladie avec l’intervention d’IgE, des mastocytes et des basophiles.

13/22
3. Les allergies médicamenteuses ou aux vaccins (rare)

On les observe lors d’injections sous-cutanées ou intramusculaires d’antibiotiques


(pénicillines) ou de vaccins (avec adjuvants, notamment ceux à base d’aluminium). En réalité,
il s’agit plus souvent de chocs vagaux (bradycardie et hypotension par stimulation vagale) que
de réactions allergiques. Il s’agit d’une réaction immédiate (différente de celle conduisant au
fibrosarcome chez le chat). Ces réactions sont rares mais existent.

4. Les allergies antiparasitaires

Il s’agit d’un rôle bénéfique de l’HS1, contre les Helminthes notamment.

5. Le complexe « granulome éosinophilique » du chat

Il est dû à des allergènes variés : auto-Ag, puces, moustiques, allergènes


environnementaux…
Il se traduit dans certaines formes par des lésions linéaires de dépilation à la face
postérieure des cuisses suite au léchage excessif du chat pour soulager son prurit ou des
lésions de la peau (ulcères, granulomes).

6. La dermatite estivale récidivante du cheval (DERE)

Aussi appelée Insect Bite Hypersensitivity (IBH) ou summer eczema ou sweet itch ou encore
summer seasonal recurrent dermatitis.

Il s’agit d’une réaction d’hypersensibilité médiée par les IgE en réaction à des piqûres
d’insectes, surtout des moucherons du genre Culicoïdes en association avec d’autres
dérèglements dans les stades chroniques de la maladie.
On observe une augmentation du taux d’Ac d’isotype IgE et IgG chez les chevaux atteints
dirigés contre les protéines salivaires de Culicoïdes.

Cette dermatite se traduit par des lésions au niveau de la peau :


 Œdème avec infiltration par des éosinophiles et des mastocytes, et une expression
accrue des cytokines Th2
 Lésions plus anciennes : hyperkératose et infiltration par des LT
Les chevaux islandais seraient prédisposés (prévalence de plus de 50%) à cette affection.
Elle ne survient que chez les adultes (après la puberté) car le taux d’IgE est naturellement bas
chez les poulains.
Cette dermatite est à rapprocher d’un autre syndrome allergique du cheval : le Recurrent
Airway Obstruction (RAO ou heaves), mais dans ce dernier cas la composante HS1 existe mais
est moins évidente.

14/22
C. Les états anaphylactoïdes

La réaction anaphylactoïde ou pseudo-anaphylactique est une réaction allergique qui


ne relève pas d’un mécanisme immunologique (= pas d’IgE), mais d’aspect clinique et de
traitement identiques. Un mastocyte ou un polynucléaire basophile seul peut induire une
réaction allergique et ce, dès le premier contact avec l'allergène. On utilise plutôt le terme de
réaction d'hypersensibilité non allergique.
Il y a libération des anaphylatoxines (C3a et C5a), d’histamines (libération non
spécifique) et/ou de leucotriènes.
Ces états sont décrits en médecine humaine et vétérinaire pour des allergies aux
produits de contraste radio. C’est le cas aussi avec des vaccins à adjuvant huileux (bovins), ou
lors d’efforts (anaphylaxie à l’effort).

III. Diagnostic de l’HS1


Il ne s’agit pas de diagnostiquer l’hypersensibilité en elle-même, mais une fois qu’on a décelé
l’hypersensibilité de type I (choc, urticaire, et cætera), d’identifier l’allergène en cause. On
dispose de plusieurs techniques.

A. Tests cutanés (prick tests) « skin test »

Il s’agit d’injecter en intradermique (pour éviter une diffusion de l’antigène et une


réaction généralisée) une batterie d’antigènes afin d’identifier celui auquel le chien est
allergique. On utilise toujours un témoin négatif (eau) pour être sûr que l’animal réagira de
manière spécifique et un témoin positif (histamine) pour être sûr que l’animal est capable de
réagir (sensibilité).
Cependant, ces tests sont difficiles à interpréter (plusieurs allergènes positifs,...), il
faut les relier à la clinique (saisonnalité, habitat,…). Il faut également faire attention aux
erreurs par défaut et par excès.

15/22
Témoin positif

Test positif aux pollens

Test cutané sur un chien

B. Tests PCA (Passive Cutaneous Anaphylaxis)

On prélève le sérum du chien allergique et on l’injecte à un animal sain : celui-ci est «


sensibilisé » car il a reçu les IgE du chien allergique. On injecte ensuite à l’animal sain
l’antigène qu’on souhaite tester 24 à 48h après l’injection de sérum : si c’est bien l’antigène
impliqué, les IgE du donneur vont déclencher une réaction anaphylactique localisée au sérum
chez le receveur. Ce test est peu utilisé en pratique mais utilisé en recherche.

Pour le test cutané, on injecte les allergènes.


Pour le test PCA, on injecte le sérum.

C. Dosage des IgE sériques

Il est possible de mesurer le taux d’IgE sérique (par ELISA ou IMMUNODOT) produit
après exposition à un allergène. On peut ainsi tester plusieurs allergènes et déterminer celui
qui est impliqué en partant du principe que le taux d’IgE est plus élevé pour l’allergène
responsable.
ex : Allercept E-screen® de Idexx avec pour Ags un panel d’allergènes courants. Ce test se
réalise au chevet de l’animal.

IV. Traitement
On peut associer un traitement spécifique, c’est-à-dire de la cause, et un traitement
symptomatique.

16/22
A. Traitement spécifique
1. Eviction

Lorsque c’est possible, il s’agit du traitement le plus efficace, il consiste à éviter le contact
avec l’allergène. Cela nécessite cependant d’avoir identifié l’allergène en cause.

Complément :
On peut néanmoins proposer quelques mesures au propriétaire :
- laver l’animal toutes les semaines avec un produit adapté
- aérer la maison
- aspirer régulièrement les tapis et moquettes
- lutter contre les puces
- éviter la climatisation ou la fumée qui irritent les voies respiratoires et génèrent des protéines
porteuses qui se comportent comme des haptènes pour les allergènes présents.
Ces conseils s’appliquent aussi bien aux propriétaires d’animaux allergiques qu’aux propriétaires
allergiques à leurs animaux.

2. Thérapie de désensibilisation (ou vaccination anti-allergène) =


immunothérapie

Il s’agit d’injecter de manière croissante et répétée à l’individu des doses de l’allergène


préalablement identifié. On cherche en fait à obtenir une évolution vers un stade chronique
comparable à ce qui se passe dans la dermatite atopique canine : il s’agit de réorienter la
réponse initiale Th2 vers une réponse cellulaire Th1. Il y aura alors production d’IL10 et
d’IFNgamma et stimulation de lymphocytes Treg qui inhibent la réponse humorale et
empêchent donc la synthèse de nouvelles IgE par l’IL4.
Les chiens, les chats et l’homme répondent assez bien à ces thérapeutiques, mais cela
reste cher et peu réalisé. Le cheval réagit en revanche de manière moins satisfaisante.
Pour éviter un choc anaphylactique suite à l’injection d’un venin d’abeille, on préconise
ces injections.

Principe de l’immunothérapie spécifique d’un allergène

Les LT régulateurs calment les Th2

17/22
B. Traitement symptomatique
1. Corticostéroïdes : effet immédiat

Mode d’action des corticoïdes : les glucocorticoïdes inhibent (entre autres) la relâche d’acide
arachidonique en stimulant l’expression de l’annexine 1 (ou Anx-A1 = ex-lipocortine), un
inhibiteur de la phospholipase A2, ce qui empêche la synthèse des prostaglandines et des
leucotriènes.

Mode d’action des corticoïdes

Les effets des corticoïdes recherchés sont:


o Anti-inflammatoire
 Inhibition de la phospholipase A2
 D’où l’inhibition des médiateurs de l’inflammation (supprime le
chimiotactisme)
 D’où l’inhibition de la migration des leucocytes et de la phagocytose
o Anti-allergique

MAIS il existe des effets secondaires :


o Immunosuppression
o Troubles métaboliques
 Effets hyperglycémiants
 Augmentation du catabolisme protéique
 Augmentation de la diurèse, PUPD (polyuro-polydypsie)
o Troubles systémiques nombreux : SNC, endocriniens, appareil génital

2. Autres médicaments
a) Inhibiteurs de la dégranulation des mastocytes
Il s’agit des β2 mimétiques (ou β stimulants) puisqu’on rappelle que les
catécholamines peuvent via les récepteurs β2 inhiber la dégranulation. On retiendra
l’épinéphrine, l’isoprénaline et le salbutamol. De plus, l’action β2 sur les bronches permet de
lever le bronchospasme et de faciliter la respiration.

18/22
On peut également utiliser des α antagonistes puisqu’on rappelle que les
catécholamines peuvent via les récepteurs α faciliter la dégranulation. En occupant ces
récepteurs sans les activer, on inhibe la dégranulation des mastocytes. On retiendra la
méthoxamine et la phényléphrine.

b) Anti histaminique et adrénaline


On utilise l’adrénaline, puis les corticoïdes et les anti-histaminiques en cas de choc.

c) Traitement des complications infectieuses


On réalise également un traitement des complications infectieuses pouvant être associées
aux allergies chroniques. Ex : ciclosporine en cas de DAC

Question : Le mécanisme d’action de la vaccination anti allergène (désensibilisation ou


immunothérapie) repose sur les principes suivants :

1) Identification de l’allergène et soustraction de l’animal à cet allergène


2) Identification de l’allergène et injection progressive de quantités croissantes d’allergène
3) La réorientation de la réponse immunitaire vers une voie Th1
4) Un changement du pattern des cytokines induites avec forte production d’IL4
Réponses 2 et 3

Conclusion : à retenir !
 L’HS1 appelée aussi HS immédiate, est médiée par les IgE liées aux mastocytes.
 La maladie est engendrée par une très rapide libération de molécules inflammatoires
à partir des mastocytes après « pontage » des IgE par l’Ag (appelé aussi allergène).
 Les manifestations cliniques de l’HS1 dépendent surtout de la voie d’entrée de
l’allergène.
 Rappel : rôle bénéfique des IgE dans la lutte contre les parasites (helminthes).
 Une libération massive et brutale des molécules inflammatoires par les mastocytes
entraîne le choc anaphylactique : les animaux atteints peuvent mourir par contraction
des muscles lisses notamment ceux des bronches.
 Les allergies sont plutôt fréquentes chez les animaux de compagnie.
 Dans de nombreux cas (et chez le chien particulièrement), ces allergies ont des
manifestations cutanées avec prurit intense.
 Les traitements de l’allergie sont possibles:
- Adrénaline pour le choc anaphylactique
- Corticostéroïdes pour les inflammations locales
- Désensibilisation pour un contrôle prolongé de l’allergie
Mais le meilleur traitement reste l’éviction de l’allergène

19/22
L’hypothèse en cours sur l’augmentation des états allergiques (et des maladies
auto immunes) : la théorie hygiéniste

On constate dans les pays occidentaux, une nette augmentation des phénomènes
allergiques (dermatites, rhume des foins…). Pour expliquer cela, certains ont émis une théorie
hygiéniste : on serait trop propre. Une meilleure hygiène globale associée à une vie en zone
urbaine (notamment dans les pays occidentaux) serait responsable d’une diminution de la
stimulation des PRRs (TLRs notamment). D’où une déviation plus importante vers des
réponses de type Th2. L’excès d’asepsie fait que la tolérance immunitaire vis-à-vis des
molécules courantes n’existe plus.
De la même façon, les infestations chroniques par des helminthes réduiraient les risques
d’allergies via des mécanismes immunorégulateurs des réponses « allergiques »
antiparasitaires.
Les animaux domestiques seraient aussi des promoteurs d’allergie chez l’Homme.

ANNEXES

Les allergènes

Les allergènes sont des antigènes possédant des propriétés physico-chimiques les rendant
allergéniques. Ils sont responsables du contact sensibilisant. Ils sont nombreux et de nature variée :

• Protéines : sérum étranger, vaccins


• Pollen végétaux : bouleau, ivraie,…
• Médicaments : pénicilline est le plus connu, anesthésiques
• Aliments : l’allergie est souvent répartie sur un groupe d’aliments, noix, produits de la mer,…
• Produits issus d’insectes : venins, salive, excréments
• Poussières
• Spores de moisissures
• Poils et squames des animaux (les allergies au poil de chat sont en fait des allergies à la salive des
chats déposée sur leurs poils. Il semblerait que les chats puissent également être allergiques à leur
propriétaire (d’après mon programme télé)).

Remarque : les allergies alimentaires vraies (c’est-à-dire provoquées par le contact de l’antigène avec
le tube digestif) seraient en fait assez rares, il s’agirait plutôt d’allergies cutanées (avec répercussions
systémiques) avec dépôt des allergènes sur la peau lors du repas (miettes, coupures,…).

Ces antigènes sont apprêtés et présentés aux lymphocytes Th2 par les cellules présentatrices
d’antigènes (cellules dendritiques). Il y alors production d’IL4 qui induit une activation des plasmocytes
qui produisent alors des IgE.

Les médiateurs préformés

Complément :
 Histamine : Sécrétée par les mastocytes et basophiles, elle est préformée dans les granules
(jusqu'à10 % du poids des granules) et elle a trois types de récepteurs :
- H1 : responsable des effets de l’HSI

20/22
- H2 : dilate les vaisseaux, augmente leur perméabilité, inhibe la dégranulation des mastocytes
et basophiles (rétro-contrôle négatif)
- H3 : dans le système nerveux, stimule la vigilance (pas d’antihistaminique avant de conduire !)
 Sérotonine
Également préformée dans les mastocytes mais aussi dans les plaquettes, elle permet la contraction
des muscles lisses et augmente la perméabilité vasculaire. Son effet est rapide.
Selon l'espèce, c'est soit la sérotonine qui est majoritaire, soit l'histamine.
- Chez le cheval, on a de l’histamine et de la sérotonine
- Chez le chien, on n’a que de l’histamine
- Chez les ruminants, on n’a que de la sérotonine mais également des kinines

Complément choc anaphylactique

Complément pour information :


Les médiateurs (histamine sur son récepteur H1 ou sérotonine chez les bovins) se fixent sur leurs
récepteurs et induisent trois réactions :
- contraction des muscles lisses
- intestinaux : on observera une diarrhée
- bronchiques : apparition d’un bronchospasme qui induit une gêne respiratoire
- vésicaux : on pourra observer une miction
- utérins
- perméabilité des veinules : apparition d’un oedème (pulmonaire notamment, ce qui aggrave la
gêne respiratoire)
- sécrétion de mucus par les cellules caliciformes : obstruction des voies respiratoires et réflexe
de toux.
Cela entraîne une atteinte systémique, le choc anaphylactique, et/ou une atteinte locale, appelée
atopie (rhinite, asthme, allergie alimentaire, dermatite…). Ces deux réactions sont immédiates, mais il
existe également une phase tardive d’inflammation localisée persistante (car l'antigène persiste ou du
fait de l’absence de contrôle de l'inflammation).

Chez le chien, les médiateurs se fixent surtout sur les veines hépatiques qui se contractent fortement.
Le drainage veineux du foie n’est alors plus assuré et on observe une stase sanguine dans le parenchyme
hépatique conduisant à un engorgement de la veine porte, ce qui gêne tout le retour veineux en
provenance des intestins qui s’engorgent à leur tour. On observera alors des symptômes digestifs :
diarrhée et vomissement.
De plus, tout ce sang qui ne revient pas dans la circulation générale entraine une hypotension à l’origine
dans un premier temps d’une réaction de compensation [mécanisme supposé d’après la lecture du
cours des MFS car cela n’a pas été vraiment détaillé cette année] avec tachycardie et excitation, puis
d’une phase décompensée où le chien est abattu, présente une détresse respiratoire, des convulsions
puis meurt dans l’heure qui suit le contact déclenchant.

Dans la majorité des espèces sauf chez le chien, on a une atteinte de l’appareil respiratoire car les
bronches expriment des récepteurs aux médiateurs libérés. On observe successivement :
- une broncho-constriction
- une sécrétion de mucus
- une accumulation de cellules inflammatoires

Chez le chat, on note également un fort prurit de la face.

21/22
22/22
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


L’hypersensibilité de type II

I. Les groupes sanguins des animaux domestiques ........... 3


II. Transfusions sanguines et accidents transfusionnels ..... 4
A. L’accident transfusionnel ......................................................... 4
B. Traitement et prévention ......................................................... 4
III. La maladie hémolytique du nouveau-né (exemple du
poulain) ............................................................................... 5
A. Cas général............................................................................... 5
B. Cas du poulain.......................................................................... 6
IV. Autres cas d’hypersensibilité de type II ......................... 7
A. L’HS2 médicamenteuse ............................................................ 7
B. HS2 d’origine infectieuse.......................................................... 8
C. HS2 : maladies auto-immunes.................................................. 8

1/8
Introduction
L’hypersensibilité de type II est semi-retardée (3 à 4h) et implique des IgM (et dans
une moindre mesure des IgG) à activité cytotoxique, qui sont dirigées contre les antigènes
fixés à la surface cellulaire. Le mécanisme lésionnel se fait par recrutement de neutrophiles
via le complément.

Elle intervient dans de nombreuses maladies (virales, bactériennes, tumorales...) et se


traduit par une hémolyse (destruction des hématies, des plaquettes et de la matrice
extracellulaire). Comme toutes les hypersensibilités, elle se caractérise par un temps de
latence qui permet la mise en place d’une mémoire immunitaire.

C’est elle qui intervient lors de transfusions entre animaux de groupes différents : les
antigènes hétérologues portés par les érythrocytes du donneur sont reconnus par le système
immunitaire du receveur.

Cela entraine une production d’anticorps puis :

 Une hémolyse intravasculaire par action des anticorps anti-GRs et du complément.


 Une hémolyse extravasculaire par opsonisation et phagocytose par les macrophages.

Particularités de l’HS2

2/8
I. Les groupes sanguins des animaux domestiques

Les antigènes des groupes sanguins sont portés par les érythrocytes (EA). Il existe
différents groupes sanguins suivant les espèces, avec plusieurs systèmes de groupes différents
(un peu comme le rhésus chez l’homme).
Chez le chien, il existe 8 à 9 types d’Ag érythrocytaires, la plupart des individus
possèdent des antigènes de type 1 et un groupage n’est donc pas obligatoire avant une
première transfusion (mais il le sera lors d’une deuxième transfusion).

Chez le chat en revanche, il existe 3 groupes sanguins avec une forte prédominance du
groupe A. Cependant, le chat présente une particularité : il est capable de faire des Ac naturels
contre les Ag des autres groupes sanguins, l’accident de transfusion est donc possible dès la
première transfusion d’où le fait que le groupage est obligatoire avant transfusion.

A, B, AB

Groupes sanguins des principales espèces animales

Les groupes sanguins sont à différencier des antigènes du CMH.


L’expression des EA (antigènes érythrocytaires) est contrôlée par des gènes. Les
groupes sanguins sont mis en évidence et se caractérisent par des techniques d’hémolyse ou
d’agglutination avec des antisérums spécifiques.

Les groupes sanguins sont utilisables pour les tests de filiation, même si aujourd’hui ils
sont un peu obsolètes.

3/8
II. Transfusions sanguines et accidents transfusionnels

Les accidents transfusionnels surviennent lors de l’administration à un individu de sang


d’un groupe différent de celui du receveur (sang hétérologue) et reposent sur un mécanisme
d'HS2.
Il s’agit d’une réponse immunitaire car on observe un phénomène de latence et de
mise en mémoire.

A. L’accident transfusionnel

On assiste à une destruction complète des hématies du donneur via le complément.


La libération massive d’hémoglobine ainsi induite, entraine une hémoglobinémie et une
hémoglobinurie.

La lyse des globules rouges entraîne une activation de la coagulation, ce qui provoque
une coagulation intravasculaire disséminée (CIVD). L’activation du complément a aussi pour
conséquence la dégranulation des mastocytes avec libération de cytokines d’où un état de
choc (bradycardie, hypotension et apnée) via les fragments C3a et C5a ou anaphylatoxines.

Mécanismes de l’accident transfusionnel

B. Traitement et prévention

Pour éviter ce genre de troubles, il convient de :

 Prévenir l’accident transfusionnel par un test préalable (cross match = GRs du


donneur + sérum du receveur).
 Stopper la transfusion dès l’apparition des signes cliniques

4/8
III. La maladie hémolytique du nouveau-né (exemple du
poulain)

La maladie hémolytique est due à la destruction des hématies de l'enfant par les anticorps
présents chez la mère.

A. Cas général

Le mécanisme est le suivant : une femelle de groupe sanguin X s’accouple avec un mâle
de groupe sanguin Y. Le fœtus porte des antigènes Y sur ses hématies. La mère peut posséder
des anticorps naturels anti Y ou être sensibilisée par passage d’hématies fœtales dans la
circulation générale au niveau placentaire lors de la gestation. Lors de l’ingestion de
colostrum, le nouveau-né ingère des anticorps dirigés contre ses propres hématies, ce qui
active son complément et provoque une hémolyse conduisant à la mort de l’animal.
Ce phénomène survient dans toutes les espèces animales (y compris chez la femme
avec des anticorps anti facteur Rh).
Quatre conditions sont donc nécessaires :

 Le fœtus doit recevoir un EA du père non présent chez la mère


 La mère doit être sensibilisée à cet EA « étranger »
 La réponse de la mère doit être boostée par des passages répétés ou des gestations
multiples : la maladie hémolytique n’existe pas lors de la première gestation !
 Le nouveau-né doit ingérer le colostrum contenant des titres élevés

Les chevaux et les bovins sont des animaux à placentation épithélio-choriale (6


couches de cellules), il n'y a donc pas de passage transplacentaire des anticorps. Ces animaux
doivent donc boire du colostrum dans les heures qui suivent leur naissance, car aucun
transfert d’immunité passive n’a lieu pendant la vie utérine. La prise colostrale est donc
indispensable pour la protection du nouveau-né contre les agents pathogènes. En
conséquence, on n’aura pas de maladie hémolytique in utero, mais il faut surveiller son
apparition après l’ingestion de colostrum.
Chez les carnivores à placentation endothélio-choriale, seulement 15% des anticorps
maternels passent par le placenta. Le reste des anticorps est issu du colostrum : les maladies
hémolytiques des carnivores se déclarent donc surtout après la naissance.

 le chiot présente des ictères, une hépato et une splénomégalie


 le chaton est abattu, prostré (cf génétique S5)

5/8
B. Cas du poulain

Chez la jument, lors de la parturition, il peut y avoir contact entre le sang de la mère
et du jeune lors d'effraction de la muqueuse utérine ou du placenta. Ainsi, on a immunisation
de la mère contre les antigènes érythrocytaire du jeune, avec une production d’anticorps anti-
EA de l’étalon. Puis lors d'une seconde mise bas avec le même étalon, on aura une réaction
immunitaire après la prise colostrale. En effet le colostrum contient les anticorps maternels
dirigés contre les antigènes du groupe sanguin du poulain.

Il en résulte une destruction des hématies (hémolyse) par les anticorps maternels.

Mécanismes de la maladie hémolytique du poulain.

Le poulain présente une faiblesse, une pâleur des muqueuses avec ictère, polypnée,
tachypnée, et hémoglobinurie. Soit la mort survient en 24h, soit on a une évolution
favorable.

Résumé : les
mécanismes
lésionnels de l’HS2 :
cytotoxicité
cellulaire
dépendante des Ac
ou de l’ADCC

6/8
IV. Autres cas d’hypersensibilité de type II

A. L’HS2 médicamenteuse

 Certains médicaments forment des liaisons avec les globules rouges, les plaquettes ou
les granulocytes.
Exemples : antibiotiques (pénicillines, sulfamides), AINS (aspirine)

 Il peut aussi y avoir liaison avec un vaccin.

Exemple : vaccin contre la BVD aujourd’hui retiré de la commercialisation qui est responsable
de la pancytopénie néonatale bovine. C’est une maladie « mystérieuse » apparue en 2007.
Une étude épidémiologique a permis de montrer un lien avec l’utilisation d’un vaccin inactivé
contre le BVDV = le PregSure® de Pfizer. Ce vaccin est un vaccin inactivé (souche cp de type
1), produit sur des lignées cellulaires bovines rénales et adjuvé avec le QuilA (un dérivé de
saponine). Ce vaccin a été retiré du marché depuis.
On explique ce phénomène par le mécanisme suivant : les cellules bovines utilisées
pour la fabrication du virus possèdent un certain CMHI. Lors de la purification du virus, un
peu de ce CMHI est involontairement récupéré et incorporé dans le vaccin.

 Si la mère possède un CMH proche de celui de la lignée utilisée pour la culture, il n’y a
pas de problème.
 En revanche, si une vache possède un CMH différent de celui de la lignée cellulaire, elle
développe des anticorps contre ce CMH. Si le père possède un CMH proche de celui de
la lignée cellulaire, le veau exprimera donc ce CMH et lors de l’ingestion de colostrum,
les anticorps dirigés contre le CMH de la lignée cellulaire reconnaîtront également le
CMH que le veau a hérité de
son père. Le veau subira donc
une hémolyse à l’origine de la
maladie observée.

Physiopathogénie de la pancytopénie
néonatale bovine induite par le
vaccin BVD

7/8
B. HS2 d’origine infectieuse

L’origine peut être très variée : des bactéries (ex : LPS des Gram -), des virus (AIE), des
parasites comme des rickettsies ou des protozoaires (ex : Babesia).
Rem : l’action de l’HS2 s’ajoute à l’action hémolytique du parasite

C. HS2 : maladies auto-immunes

Il s’agit d’une réaction contre les auto-antigènes qui ne sont plus reconnus comme du soi.

Ex : anémie hémolytique auto-immune ou purpura thrombopénique chez l’Homme, …

Tous ces mécanismes sont identiques : les antigènes liés aux globules rouges ou aux
cellules cibles sont reconnus comme étrangers et entraînent leur lyse via des anticorps et le
complément.

Ce qu’il faut retenir


 L’HS2 appelée aussi hypersensibilité cytotoxique, apparaît quand la réponse
immunitaire détruit des cellules normales.
 La destruction des hématies transfusées à un animal incompatible est un exemple
d’HS2. La maladie est le résultat de la lyse des hématies par les anticorps et le
COMPLÉMENT.
 Les femelles gravides peuvent être sensibilisées lors de la gestation et fabriquer des
Ac contre les hématies du foetus. Ces Ac peuvent, à la mise-bas et après ingestion du
colostrum, provoquer une lyse des hématies du nouveau-né à l’origine de la maladie
hémolytique du nouveau-né.
 Certaines substances médicamenteuses et agents pathogènes (comme le virus de
l’AIE) peuvent se fixer aux hématies et provoquer ainsi une HS2 (ex : vaccin contre le
BVD chez les bovins).
 De nombreuses maladies auto-immunes ont pour origine un phénomène d’HS2.

Question: L’HS2 est due à un mécanisme de cytotoxicité dépendant des anticorps ?


a) Vrai
b) Faux

Réponse : a)

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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L’hypersensibilité de type III

I. Réaction d’Arthus ou reproduction expérimentale de


l’HS3 locale .......................................................................... 3
A. Mise en évidence expérimentale ............................................ 3
B. Les HS3 locales ....................................................................... 4
1. Uvéite ou œil bleu .............................................................................. 4
2. Pneumonie par hypersensibilité de type III ......................................... 5
3. Dermatite pustuleuse et prurigineuse du chien................................... 5
II. Les HS3 systémiques ....................................................... 6
A. Mécanismes ........................................................................... 6
B. Cas particulier du rein ............................................................. 6
C. Autres manifestations d’HS3 ................................................... 8

Ce cours est très succinct : il est à savoir parfaitement

1/10
Introduction :
L’hypersensibilité de type III, appelée aussi hypersensibilité semi-retardée (quelques
heures à jours suivant le contact avec l’antigène) ou hypersensibilité à complexes immuns, est
très importante en médecine vétérinaire car elle est responsable de nombreuses
complications de maladies: tumeurs, maladies auto-immunes, infections…
L'hypersensibilité de type III est une hypersensibilité à médiation humorale. Elle met
en jeu des IgG (et dans une moindre mesure des IgM) non cytotoxiques à l’origine du dépôt
de complexes immuns (antigène soluble + IgG). La formation de complexes immuns est
normale et intervient dans toute réaction à médiation humorale, mais leur destinée est d’être
phagocytés et éliminés : c’est leur accumulation qui est anormale. Le dépôt de complexes
immuns est à l’origine d’une réaction inflammatoire et donc de dommages tissulaires.
Dans une réaction d’hypersensibilité de type III, l’excès de complexes immuns ou une
modification de leurs propriétés physico-chimiques (perte de solubilité) fait qu’ils ne peuvent
pas être éliminés et s’accumulent, notamment sur la membrane basale des cellules
endothéliales. Ces complexes peuvent alors activer le complément, ce qui entraine la
production de composants attirants les neutrophiles, qui vont se dégranuler, provoquant des
lésions.
Les manifestations cliniques de l’HS3 dépendent de la quantité, des propriétés de ces
complexes immuns (CI) et de la quantité relative d’Ac et d’Ag. Elles dépendent aussi du site
de dépôt des CI : ainsi, on pourra avoir des arthrites si ils sont déposés au niveau des
articulations, des vascularites si ils sont déposés au niveau de la paroi des vaisseaux, des
lésions du glomérule rénal, etc. Enfin, les manifestations cliniques dépendant également de
défauts d’élimination des CI (macrophages saturés, insuffisance hépatique, ..).
Il existe 2 formes d'HS3 :

 localisée: la maladie d'Arthus. Les manifestations sont surtout cutanées.


 généralisée: la maladie sérique.

Détails de l’HS3

2/10
Mécanisme général de l’HS3

I. Réaction d’Arthus ou reproduction expérimentale de


l’HS3 locale
A. Mise en évidence expérimentale
Dans une réaction d’Arthus, l'antigène reste localisé au niveau tissulaire et ne diffuse
pas dans la circulation sanguine.
1ère étape : il s’agit de la sensibilisation de l’animal par un antigène. On a présentation
de l’antigène par les cellules dendritiques qui déclenchent une réponse de type Th2 avec
synthèse d’IgM puis d’IgG. Comme l’antigène persiste, on a une hyperstimulation des
lymphocytes B qui produisent beaucoup d’anticorps : il s’agit d’une réponse en excès
d’anticorps.
2ème étape : On injecte de l’antigène dans le derme ; on a apparition d’une réaction
inflammatoire 3 à 8h après l’injection (= HS semi-retardée) :

 Œdème au point d’injection


 Purpura (=micro-hémorragies)
 Nécrose si forte sensibilisation

Le phénomène est réversible si l’Ag disparaît, sauf en cas de lésions trop graves !
Lors du contact déclenchant, il y formation de complexes immuns dans le tissu en trop
grand nombre pour être éliminés. Les complexes immuns activent le complément, ce qui attire
les neutrophiles (rôle chimiotactique du fragment C5a) et les macrophages. Les enzymes et

3/10
les molécules oxydantes qu’ils libèrent (ADCC) entraînent une nécrose des cellules
endothéliales. On a ainsi apparition de lésions vasculaires.

Activation des neutrophiles et destruction tissulaire

L’activation plaquettaire (activation de la coagulation suite aux lésions vasculaires)


finit par libérer des médiateurs inflammatoires, ce qui emballe la réaction.

B. Les HS3 locales


1. Uvéite ou œil bleu

Cela est dû à un dépôt de complexes immuns au niveau de l'uvée (iris + choroïde +


corps ciliaires) conduisant à une uvéite aboutissant à un œdème cornéen et une opacité
(réversible).

Uvéite ou œil bleu

4/10
Cette réaction est observée chez les chiens lors de la vaccination ou de l'infection par
un adénovirus canin de type 1 (CAV1), responsable de l’hépatite de Rubarth.
Remarque : C’est pourquoi la vaccination contre cette maladie se fait avec l’adénovirus de type
2 (CAV2) responsable de la toux de chenil, qui offre une protection croisée contre ces deux
maladies sans induire les effets secondaires du CAV1. [cf. Virologie S7]

2. Pneumonie par hypersensibilité de type III

Il s’agit d’une hypersensibilité due à l’inhalation de spores de champignons (type


Actinomyces) présentes dans les fourrages moisis. Elle touche le bétail en stabulation
hivernale, à savoir les bovins et les chevaux, mais également l’homme (= poumon du fermier).
Le traitement est malaisé car il n’y a pas de médicament actif sur la liaison antigène-anticorps.
Seuls les anti-inflammatoires limitent les symptômes.
Pour lutter contre cette maladie, on peut veiller à la bonne conservation des fourrages et au
renouvellement de l’air dans les bâtiments de logement des animaux.

3. Dermatite pustuleuse et prurigineuse du chien

Il s’agit d’une réaction d’hypersensibilité à un Staphylocoque. C’est une entité clinique


complexe qui se combine avec des mécanismes d'HS 1, 2 et 4.

5/10
II. Les HS3 systémiques
A. Mécanismes
Il y a trop d'antigènes au niveau tissulaire et ceux-ci vont donc diffuser et passer dans
la circulation sanguine où ils forment des complexes immuns avec les anticorps.
Il s’agit cette fois d’une réaction par excès d’antigènes.

Déroulement de cette maladie :

 Phase de diffusion de l'antigène : sa concentration diminue car il diffuse dans


l'organisme. On a donc une exposition relativement longue à l’antigène qui fait office de
sensibilisation.
 Catabolisme physiologique : mise en place de la réaction immunitaire primaire. Une
partie des antigènes est détruite.
 Formation des complexes : Ces complexes ne se forment que pour une concentration
précise en anticorps et en antigène : la zone d’équivalence.
 Le taux d'antigènes libres diminue encore car ils sont utilisés dans les complexes
immuns. Ils vont déclencher l’apparition des symptômes.
 Phase symptomatique: apparition de fièvre, d'abattement, de lésions vasculaires
(artérites) en fonction des organes touchés. Il n'y a plus ni d'antigène ni d'anticorps libre.
Il y a activation du complément qui stimule l'inflammation par les complexes immuns.
 Montée du taux d'Ac libres après l'élimination des complexes, puisqu’il n'y a plus
d'antigène.

B. Cas particulier du rein

Dans le rein, le dépôt de CI au niveau des glomérules rénaux se traduit surtout par une
prolifération cellulaire glomérulaire, due à la libération d’IL6 notamment, à l’origine de
glomérulonéphrite membrano-proliférative (MPGN).
On retrouve des IgM, des IgG et des IgA dans cette HS3.
Suivant la population cellulaire qui prolifère, on distingue plusieurs types de glomérulo-
néphrites :

 Cellules endothéliales : type I


 Cellules mésangiales : type II
 Cellules épithéliales : type III

6/10
Dans les MPGN de type II, c’est surtout le complément C3 qui s’accumule dans la
matrice mésangiale et la membrane basale. Il n’y a quasiment pas de complexes immuns qui
s’accumulent.
Dans les deux autres types, on a dépôt de complexes immuns et du complément, mais
la taille des complexes varie :

o dans les MPGN de type I, on a surtout des


gros complexes qui ne peuvent pas passer
entre les cellules épithéliales. Ils restent
donc dans la région endothéliale et
mésangiale. Ils induisent alors une
prolifération de ces cellules via l’IL6 et une
fibrose via le TGFβ.

o dans les MPGN de type III, on a surtout


des petits complexes qui peuvent passer
entre les cellules épithéliales et se
déposer sur les cellules épithéliales
(macula densa du tube contourné distal).
Ils induisent alors une prolifération de ces
cellules.

Importance de la taille des complexes dans les


glomérulonéphrites de type I et III

7/10
En résumé, on peut donc distinguer les glomérulonéphrites comme suit :

Classification des glomérulonéphrites

C. Autres manifestations d’HS3

L’HS3 peut avoir plusieurs origines et d’autres manifestations :

 Hypersensibilité alimentaire : ex protéines de soja. Cette HS est souvent associée à de


l’HS1.
 Polyarthrite : arthrite rhumatoïde, ostéoarthrite (souvent manifestation d’auto-
immunité).
 Hypersensibilité médicamenteuse : liaison des complexes immuns à des cellules de
l’hôte. Elles peuvent provoquer une HS3 avec lyse cellulaire.
 Après traitement antibiotique : libération massive d’antigènes en présence
d’anticorps provoquant la formation de complexes immuns.
 Purpura hémorragique

Les lésions peuvent être rénales, articulaires, cutanées (lupus érythémateux disséminé,
purpura hémorragique), cardiaques et vasculaires ou encore intestinales.
Remarque : si vous voulez plus d’infos sur ces différentes lésions, allez voir le cours des
NOQ. Cette année, le prof n’a développé que l’exemple du purpura hémorragique, A
CONNAITRE PAR CŒUR.

8/10
 Purpura hémorragique chez le cheval:
Il s’agit d’une réaction d’hypersensibilité qui survient 2 à 4 semaines après une
infection à Streptococcus equi (ou après une vaccination). Cette bactérie est l’agent de la
gourme ; c’est un germe opportuniste qui est sensible aux antibiotiques usuels.
On observe alors une urticaire, des œdèmes sous-cutanés au niveau des membres et un
syndrome fébrile avec hyperthermie et abattement. Les CI sont responsables d’une
vascularite et d’une MPGN, à l’origine des signes cliniques. Le purpura hémorragique
rétrocède si on réalise un traitement aux corticoïdes.

L’HS3 est associée à de nombreuses maladies auto-immunes et maladies infectieuses.

Principales affections impliquant des réactions d’hypersensibilité de type III

9/10
Conclusion : ce qu’il faut retenir

 lorsque les antigènes et les anticorps se lient, ils forment des complexes immuns (CI).
Ces complexes sont « normaux » lors de la réponse immunitaire ; dans certaines
circonstances (quantité de CI importante), ces CI peuvent se déposer et générer une
réaction inflammatoire néfaste, connue sous le nom d’hypersensibilité de type III.
 le dépôt de CI au niveau des poumons après inhalation d’antigènes de poussières est
la cause de la pneumonie par hypersensibilité.
 les CI formés dans le sang se déposent très généralement au niveau des glomérules
rénaux et induisent des glomérulonéphrites membrano-prolifératives (MPGN).
 l’HS3 est très souvent associée à la pathogénie de nombreuses maladies d’origine
infectieuse (bactéries, virus & parasites) et auto-immune.

Petites questions..

 Question 1 : L’uvéite ou « œil bleu du chien » est due :


1) A l’Adénovirus canin de type 1
2) A l’Adénovirus canin de type 2
3) Au virus de l’Hépatite de Rubarth
4) Au virus de la maladie de Carré

Réponses : 1 et 3

 Question 2 : La cellule-clé de l’HS3 est :


1) Le macrophage
2) La cellule dendritique
3) Le lymphocyte B
4) Le polynucléaire neutrophile

Réponse : 4

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REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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L’hypersensibilité de type IV

A. La réaction à la tuberculine ............................................................................................. 2


B. Les utilisations de la tuberculine ..................................................................................... 3

A. La brucelline .................................................................................................................... 4
B. La malléine....................................................................................................................... 4
C. La leishmanine................................................................................................................. 4

A. Modulation immunitaire ................................................................................................. 4


B. Formation d’un granulome ............................................................................................. 5
1. Le granulome ................................................................................................................. 5
2. Exemple 1 : la lymphadénite caséeuse ............................................................................. 6
3. Réaction Th 1 dominante ................................................................................................ 8
4. Exemple 2 : la schistosomiase ......................................................................................... 8
C. Autre manifestation de l’HS4 : la dermatite de contact ................................................. 9
1. Pathogénie de la dermatite de contact ............................................................................ 9
2. Sources d’allergènes de contact inducteurs d’HS4 ...........................................................11

A. In vivo ............................................................................................................................ 11
B. In vitro ........................................................................................................................... 12
1. Test de prolifération cellulaire........................................................................................12
2. Test de cytotoxicité cellulaire .........................................................................................12
3. Elispot ..........................................................................................................................12
4. Dosage de l’IFNγ (le plus largement utilisé aujourd’hui) ...................................................13

1/16
Introduction
L'hypersensibilité de type IV est la seule hypersensibilité à médiation CELLULAIRE : il
n'y a donc pas d'anticorps sécrétés. En effet, si on transfère les lymphocytes T d’un individu
allergique à un individu sain, ce dernier déclare le tableau clinique correspondant à une HS4.
Le mécanisme effecteur résulte de l’interaction entre l’Ag, les cellules présentatrices de l’Ag
et les lymphocytes T.

Elle est dite retardée (aussi appelée HSR pour Hyper Sensibilité Retardée) car elle se
manifeste plusieurs jours après le contact déclenchant. On peut observer des phénomènes de
latence et de mémoire.

On distingue deux formes d’hypersensibilité de type IV :


- HS de contact (72h)
- HS granulomateuse (21-28j).

La réaction caractéristique de l’HS4 est la réaction à la tuberculine.

L’HS4 est une forme d’inflammation qui possède un rôle physiologique puisqu’elle est
dirigée contre des agents pathogènes résistants à l’élimination par la réaction inflammatoire
conventionnelle : des bactéries/parasites à développement intracellulaire et leurs antigènes,
certains virus, des antigènes tumoraux, des produits chimiques et des médicaments (formes
retards).

Caractéristiques de l’HS4

La tuberculination

A. La réaction à la tuberculine
On teste ici la positivité à Mycobacterium bovis par injection intradermique de
tuberculine ou PPD (Dérivé Protéique Purifié) pour identifier les animaux tuberculeux. Aucune
réaction n’a lieu dans les premières heures suivant l’injection (sauf une légère hyperthermie
fugace). Une induration rouge apparaît chez l’animal infecté dans les 72-96 heures, il s’agit
donc d’une réaction tardive qui persiste pendant quelques semaines.
L’examen de la lésion révèle la présence de lymphocytes, de macrophages et de
quelques neutrophiles.

2/16
Pathogénie de l’HS4

Lors du contact sensibilisant, l’antigène est capté par les cellules de Langerhans au
niveau de l'épiderme. Ces cellules migrent jusque dans les nœuds lymphatiques locaux au
niveau de la zone paracorticale, zone d'induction des lymphocytes T. Les kératinocytes
peuvent également capter l’antigène et le présenter de manière locale aux lymphocytes T. Les
T CD4 (Th1) migrent ensuite sur le lieu de l’agression et y restent.

Lors du contact déclenchant, qui peut être directement dans la continuité du contact
sensibilisant dans le cas d’un antigène persistant, les Th1 libèrent de l’IFN et de l’IL 2 qui
aboutit à l’activation des NK et surtout des macrophages, mais également des kératinocytes,
qui peuvent à leur tour relarguer des cytokines et amplifier la réaction. Les cytokines sont à
l’origine d’une inflammation avec tous les signes cardinaux de l’inflammation au niveau du
site d’injection de l’antigène.

B. Les utilisations de la tuberculine

La principale utilisation de ce test est le diagnostic chez les bovins, il correspond ainsi
à un test d’exploration de la réponse cellulaire et constitue un pilier de la lutte contre la
tuberculose bovine.
Le test est positif lorsqu’il y a induration au point d’injection de la tuberculine.

Néanmoins, il y a risque d’avoir des faux-positifs (réaction croisée avec la


paratuberculose par exemple ou avec des bactéries du genre Nocardia) mais également des
faux-négatifs chez les animaux anergiques (en fin d’infection), chez les animaux âgés ou ayant
mis bas (baisse de l’immunité) et chez les animaux déjà testés depuis moins de dix semaines.
Pour éviter les faux-positifs, on peut réaliser une intradermo-réaction comparative (IDC) en
réalisant simultanément deux injections différentes : une pour tester M. bovis et une pour
tester M. avium paratuberculosis à côté du premier site d’injection. On peut ainsi savoir à la
lecture du test si l’animal est vraiment tuberculeux (M. bovis) ou non.

3/16
Bien que la sensibilité et la spécificité de ce test soient discutables, il reste néanmoins
un outil diagnostique incontournable pour l’éradication de la maladie en espèce bovine (il est
en effet peu utilisé chez les autres espèces).

Les autres tests cutanés


A. La brucelline
Peu utilisé actuellement, le test à la brucelline a permis d’éradiquer la brucellose
bovine (France indemne depuis 2005). Avant ce test, on utilisait des tests sérologiques mais
de trop nombreuses réactions sérologiques faussement positives (RSFP) étaient enregistrées,
dues à une réaction croisée avec Yersinia (souvent, un test était positif par troupeau…).
Ce test est très sensible et très spécifique

B. La malléine

Ce test est surtout utilisé chez le cheval pour diagnostiquer la morve, la malléine étant
un extrait de Burkholderia mallei.

Il existe deux techniques de réalisation du test :


 Soit on injecte la malléine dans la paupière (injection palpébrale), ce qui provoque un
œdème palpébral si l‘animal est infecté
 Soit on dépose simplement la malléine sous forme de collyre sur la cornée, ce qui
provoque une conjonctivite passagère si l’animal est infecté

C. La leishmanine
On injecte un extrait de Leishmania infantum. Ce test est peu utilisé.

Les conséquences de l’HS4


A. Modulation immunitaire
Il s’agit de la transformation progressive de la réponse Th1 en une réponse Th2 (c’est
l’inverse de la désensibilisation utilisée dans l’HS1). Le problème est que la réponse anticorps
est incapable d’empêcher la multiplication des pathogènes qui se disséminent rapidement
dans l’organisme. On passe d’une forme tuberculeuse à une forme lépromateuse.
Ceci explique également le phénomène d’anergie rencontré en fin d’évolution de la maladie :
il n’y a plus réponse au test intradermique [noté HSR dans le tableau suivant].

Conclusion: En cas d’HS4 importante, on a une réponse Th1 avec une réaction
d’hypersensibilité exacerbée et la formation d’un granulome qui entoure les bactéries. Au
contraire, si la réponse Th1 est mal définie, on a une forme lépromateuse et une réponse de
type Th2.

4/16
Spectre immunologique lors des infections à Mycobactéries

Ce phénomène est observé dans le cas de la paratuberculose ovine (Mycobacterium


avium subsp. paratuberculosis).

Spectre immunitaire dans la paratuberculose ovine

B. Formation d’un granulome

1. Le granulome

La formation d’un granulome est une réaction caractéristique des infections par les
bactéries à parasitisme intracellulaire facultatif comme les Mycobactéries, Brucella,
Corynebacterium pseudotuberculosis, etc… C’est une réaction « similaire » au test à la
tuberculine avec persistance des bactéries non complètement éliminées par les macrophages
activés (réponse Th1) qui continuent à sensibiliser l’hôte. En conséquence, il y a accumulation
de plus en plus de macrophages et de lymphocytes T, producteurs d’IFNγ.
La formation d’un tubercule ou granulome autour des bactéries viables constitue une lésion
caractéristique des infections par les mycobactéries.

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2. Exemple 1 : la lymphadénite caséeuse

Elle est due à une infection à Corynebacterium pseudotuberculosis. Elle touche les
petits ruminants, les chevaux (lymphangite ulcéreuse), les chameaux et accessoirement
l’homme (zoonose mineure). Cette maladie est englobée dans le complexe « maladie des
abcès » où se retrouvent un ensemble d’affections pyogènes.
Les facteurs de virulence sont : une phospholipase D (=exotoxine) et une paroi avec
des acides gras mycoliques proches du « cord factor »* des mycobactéries.

*Le cord factor est la fraction lipidique la plus abondante de la paroi des mycobactéries
pathogènes: induit des granulomes, participe à l’inhibition de la fusion phagosome-lysosome.

Suivant la vitesse de dissémination du pathogène, on peut avoir formation de


granulomes sur des sites secondaires tels que les nœuds lymphatiques par exemple.

INOCULATION SITE
C.pseudotuberculosis

Dissemination of bacteria C
From the inoculation site PRIMARY FOCUS
Towards the draining lymph node
(free bacteria or bacteria engulfed in Massive infiltration by
Phagocytes) Granulocytes, thus by
macrophages
Dissemination of bacteria LYMPH NODE
From the inoculation directly
leading to primary foci
In lungs Central necrosis and
Development of pyogranuloma

LUNGS SECONDARY FOCI

Other lymph nodes, spleen, … etc

Pathogénie de la lymphadénite caséeuse

Le pyogranulome est formé en son centre de bactéries viables qui maintiennent la


manifestation, mélangées avec du pus et des débris cellulaires. Tout autour se trouve une
palissade de macrophages et de lymphocytes T.

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Organisation cellulaire du pyogranulome à C pseudotuberculosis

Schéma de formation du granulome à C pseudotuberculosis

La voie de pénétration des pathogènes étant surtout respiratoire, il y a prise


en charge de l’antigène par les macrophages pulmonaires et présentation dans les nœuds
lymphatiques locaux. On peut également avoir une contamination cutanée.
On a ensuite différenciation des Th1 qui se rendent sur le lieu de pénétration de l’antigène (phase de
sensibilisation).
Comme l’agent est persistant, il y a directement activation des Th1 qui activent les macrophages (par
IL2 et IFN gamma) mais également des polynucléaires neutrophiles : il y a formation d’un
pyogranulome.

Si le granulome est trop gros, il peut aller jusqu’à éclater et libérer les bactéries dans le sang
=> bactériémie.

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3. Réaction Th 1 dominante

La réaction de type Th1 est dominante avec un contrôle de la dissémination


systémique des bactéries mais également persistance de celles-ci.
En cas de modification de la réactivité immunitaire, il y a passage à une réaction immunitaire
de type Th2 inappropriée avec la production d’anticorps peu efficaces ; d’où une
multiplication et une dissémination des bactéries.

4. Exemple 2 : la schistosomiase

La schistosomiase est une maladie parasitaire humaine due à des trématodes (S.
mansoni et S. japonicum). Les cercaires pénètrent la peau saine et pondent des œufs en très
grande quantité. Il y a un arrêt des œufs dans les sinusoïdes du foie. Ce sont ces œufs qui vont
déclencher une réaction d’hypersensibilité qui conduit à leur enkystement dans des
granulomes. Cette réaction granulomateuse est à l’origine des principaux signes cliniques de
la schistosomiase.

Rappel : cycle de Schistosomia sp

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Cytokines impliquées dans la formation d’un granulome

Il y a production de nombreux médiateurs avec des effets à la fois positifs et négatifs.

C. Autre manifestation de l’HS4 : la dermatite de contact

1. Pathogénie de la dermatite de contact

La dermatite de contact est une pathogénie encore mal connue, mais clairement, il y
a implication d’une composante de type HS4.

La réactivité de produits (haptènes) avec des protéines de la peau a un rôle initiateur


important des cellules dendritiques de la peau (= les cellules de Langerhans). La présentation
de l’antigène aux lymphocytes T dans le nœud lymphatique drainant le site de contact induit
la production de cytokines (IL12 et IL18) qui activent les lymphocytes Th1. Il y a alors
production d’IFNγ, activation des lymphocytes T cytotoxiques et infiltration par des
macrophages (et d’autres cellules : B, NK) en 24-48 h.

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Pathogénie de l’allergie de contact

Cette réaction d’HS4 locale est à distinguer de la dermatite atopique (qui est plutôt
une HS1). On a du prurit dans les deux cas, mais la dermatite de contact se distingue surtout
par la formation de vésicules.

Comparaison entre les deux formes de dermatite « allergique »


NB : on peut avoir un phénomène d’HS4 qui peut venir compliquer les lésions d’une dermatite
atopique.

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2. Sources d’allergènes de contact inducteurs d’HS4

Ce sont principalement des produits chimiques, mais on retrouve également des


allergènes d’origine naturelle comme certains cuirs ou des plantes d’appartement :
- Insecticides présents dans les colliers antipuces
- Produits de traitement du bois
- Cires
- Colorants de tapis
- Pollens
- Crèmes à usage dermatologique
- Peintures
- Produits à base de cuirs
- Plantes d’appartement (huiles,...)
- …

Exploration de l’immunité à médiation cellulaire


Il existe deux modes d’exploration de l’immunité à médiation cellulaire : in vivo et in vitro.

A. In vivo

Il existe trois techniques diagnostiques in vivo :


 Intradermo-réaction
 Allogreffe de peau
 Injection intradermique d’un mitogène (PHA)

Les deux dernières techniques ne sont pas utilisées en pratique car trop complexes à réaliser
(greffe) et difficiles d’interprétation (le mitogène ne stimule pas spécifiquement les macrophages). On
détaillera donc uniquement l’intradermo-réaction.
Le principe est le suivant : on injecte en intradermique l’antigène à tester. L’intérêt de la voie
intradermique est que l’antigène ne diffuse pas et ne crée pas une sensibilisation : on pourra donc tester
l’individu plusieurs fois de suite, le sujet ne sera pas positif la deuxième fois à cause de la première
injection. Ce test ne constitue donc pas non plus un vaccin, il ne conduit pas à une immunité.
Si l’individu n’a jamais rencontré l’antigène, le contact sera sensibilisant et il y aura stimulation des
Th1, mais ceux-ci ne s’activeront pas. Il n’y aura pas de réaction visible.
Si l’individu est infecté, il s’agira dans ce cas d’un contact déclenchant qui activera les macrophages
locaux : il y aura donc formation d’un granulome qui se mesure par l’épaississement du pli cutané.
Comme il s’agit d’une hypersensibilité retardée, il faut revenir faire la lecture trois jours (72h) après
l’injection. Il faut faire une première mesure du pli cutané au moment de l’injection et une deuxième à
la lecture pour apprécier l’épaississement et en déduire le statut de l’animal.
Il existe cependant des limites à ce test : mesure correcte du degré d’épaississement, réactions
croisées,… De plus, notamment du fait de la modulation immunitaire, en fin de maladie, les animaux
développent une réponse Th2 (voire plus de réponse du tout), qui n’est donc plus explorable par ce test

11/16
: on a donc des faux négatifs sur les animaux infectés depuis longtemps. C’est le phénomène d’anergie
: disparition de la positivité au test chez des malades.
Ce test est surtout utilisé chez les ruminants, et surtout les bovins lors des visites d’achat notamment
(diagnostic tuberculose)

B. In vitro

1. Test de prolifération cellulaire

On prélève des lymphocytes circulants du patient et on les cultive en présence de


l’antigène à tester dans un milieu contenant de la thymidine tritiée ou du colorant type MTT.
Si les lymphocytes se sont beaucoup divisé et rapidement, c’est qu’ils étaient déjà sensibilisés
et que l’individu est infecté.

2. Test de cytotoxicité cellulaire

On prélève des lymphocytes circulants du patient et on les cultive en présence de


cellules exprimant l’antigène à tester et contenant dans leur cytoplasme du Cr (chrome).
Après un temps d’incubation, on observe le relargage du Cr dans le milieu : s’il est massif et
rapide, c’est qu’il y a une forte lyse des cellules sous l’action des lymphocytes T de l’individu,
c’est donc que cet individu est infecté.

3. Elispot

Il s’agit d’un ELISA particulier qui mesure la production d’IFN (impliqué dans la
réponse Th1). Contrairement au test précédent, il permet d’identifier les cellules qui
produisent l’IFN.
On prélève des lymphocytes circulants du patient et on les cultive en présence de l’antigène
à tester dans des puits contenant des anticorps anti-IFN. On utilise une grande plaque et on
place une cellule par puit, ce qui permettra de savoir quelle cellule a réagi.
On révèle ensuite les puits après rinçage de l’antigène et on observe des taches colorées (spot
en anglais, d’où le nom de cette technique) dans les puits où les lymphocytes ont réagi. On
peut donc identifier les cellules qui ont réagi. En comptant les spots, on peut même quantifier
la réponse cellulaire.

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Etape 1 : coating de la
plaque avec un Ac anti-
cytokine

Etape 2 : Les PBL à tester


sont incubés avec l’Ag

Etape 3 : la cytokine
produite par les PBL est
« capturée » par l’Ac

Etape 4 : ajout d’un 2ème Ac


anti-cytokine

Etape 5 : révélation par un


substrat coloré insoluble ->
spots de couleur aux
endroits positifs

Principe et réalisation de l’Elispot

4. Dosage de l’IFNγ (le plus largement utilisé aujourd’hui)

On prélève des lymphocytes circulants du patient et on les cultive en présence de


l’antigène à tester. On mesure ensuite la concentration en IFN dans le milieu par un test
ELISA : les lymphocytes s’activent spécifiquement en présence de l’antigène et produisent
de l’IFN. Si la concentration en IFN augmente, c’est que l’individu est infecté.
C’est une alternative au test de la tuberculine.

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Tableau bilan : l’exploration de l’immunité à médiation cellulaire

Conclusion : ce qu’il faut retenir


 Certains antigènes (notamment bactériens), lorsqu’ils sont injectés dans la peau,
induisent une réaction inflammatoire retardée appelée aussi hypersensibilité
retardée.
 Ces réactions d’HS4 sont médiées essentiellement par des lymphocytes T et des
cellules NK auxquels s’associent des macrophages et quelques autres cellules.
 L’exemple typique de la réaction d’HS4 est la réaction à la tuberculine, ce qui en fait
un test de diagnostic très utilisé pour les infections à mycobactéries.
 L’HS4 a un rôle physiologique au cours des infections par des bactéries à parasitisme
intracellulaire facultatif, mais aussi contre des parasites, des champignons,...
 Une forme néfaste de l’HS4 est la dermatite de contact avec des produits capables
d’activer une réponse cellulaire

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Petites questions

Question 1 : Chassez l’intrus parmi les composants cellulaires essentiels d’un granulome :
1) Macrophages
2) Lymphocytes T
3) Cellules géantes
4) Lymphocytes B
Réponse : 4

Question 2 : Quel est le test alternatif à l’intradermoréaction avec injection de tuberculine ?


1) Le dosage de l’IFNγ
2) Le test à la brucelline
3) Le test ELISA pour le dosage des Ac anti-INFgamma
4) Le dosage de l’IFNgamma par un ELISA sandwich
Réponse : 1

Question 3 : Le principe du test de l’IFNγ est le suivant :


1) L’IFNγ sanguin est dosé par ELISA
2) L’IFNγ sanguin est dosé 72h après l’intradermoréaction du bovin à dépister
3) L’IFNγ est dosé 18h après stimulation in vitro des lymphocytes du sang par la
tuberculine
4) L’IFNγ est dosé par un ELISA « sandwich »
Réponses : 3 et 4

Question 4 : La tuberculine est … ?


1) Un vaccin utilisé contre la tuberculose à M.bovis chez les bovins
2) Un extrait protéique de M.bovis
3) Un réactif permettant de rechercher l’HS chez les bovins infectés ou non par M bovis
4) Un réactif induisant une induration chaude et douloureuse au site d’injection dans
les 10h suivant l’intradermoréaction
Réponses : 2 et 3

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


La réponse immunitaire anti-tumorale

I. Méthode d’études ................................................................................................................. 6


A. Les modèles animaux ......................................................................................................... 6
B. Les approches in vitro......................................................................................................... 7
II. La réponse immunitaire anti-tumorale .................................................................................... 9
A. Les antigènes tumoraux (AAT) ............................................................................................ 9
1. Les AAT « cancer testis » ................................................................................................10
2. Les AAT tissus-spécifiques / différenciation .....................................................................11
3. Les AAT surexprimés......................................................................................................11
4. Les AAT mutés...............................................................................................................12
5. Les AAT dérivés de virus oncogènes................................................................................13
B. Les mécanismes de la RI anti-tumorale ...............................................................................13
1. La réponse CTL : induction .............................................................................................15
2. Les effecteurs................................................................................................................15
C. Echappement à la réponse ................................................................................................17
III. Stratégies d’immunothérapie ................................................................................................20
1. Utilisation de cytokines..................................................................................................20
2. Vaccination anti-tumorale..............................................................................................22

Objectifs d’apprentissage : à bien retenir


 Connaître les caractéristiques des antigènes associés aux tumeurs et donner un
exemple de chacun des groupes.
 Être capable de faire et d’expliquer le schéma général de la réponse immunitaire
antitumorale.
 Être capable de citer les différents mécanismes d’échappement des tumeurs à la RI
(réponse immunitaire) antitumorale.
 Expliquer les concepts d’immunosurveillance, d’immunoediting et
d’immunosubversion.
 Connaître la composition et le mode de fonctionnement des stratégies
d’immunothérapie existantes (cytokine et vaccin).

1/28
 Expliquer le concept de vaccin antitumoral.
 Citer les différentes approches vaccinales antitumorales.
 Expliquer les principes, avantages et inconvénients des différentes approches
vaccinales.

Afin d’alléger le cours pour ceux qui n’ont rien à faire des petits plus du prof ou
des remarques des années précédentes nous vous avons mis tout ça en annexe à
la fin du cours

Introduction : on discute tous ensemble :


Qu’est-ce qu’une cellule tumorale ?
Les cellules tumorales sont des cellules dites transformées car elles ont acquis six propriétés
particulières issues d’une accumulation de mutations au niveau de certains gènes (cf.
génétique S7) :
1) Indépendance vis-à-vis du support (production autocrine de facteurs de croissance)
2) Prolifération continue par divisions illimitées (pas d’inhibition de contact) sans
sénescence (grâce aux télomérases)
3) Invasion des tissus et métastases
4) Insensibilité aux signaux de quiescence
5) Échappement à l’apoptose
6) Stimulation de l’angiogenèse pour
assurer sa nutrition : permet d’assurer la
viabilité de la tumeur grâce à l’apport de
nutriments et de facteurs de croissance.
C’est aussi une condition requise au
développement de métastases.
+ 7ème critère : l’échappement à la réponse
immunitaire.

Métastase : essaimage de cellules tumorales à


distance du site de la tumeur primitive.

Les six propriétés classiques définissant les


cellules tumorales
(Mais on n’oublie pas la 7 ième )

Le SI est capable de lutter efficacement contre les phénomènes tumoraux : des cellules
tumorales apparaissent chaque jour dans l’organisme, mais il ne se développe pas de cancer
pour autant. Il existe donc une immunosurveillance efficace qui permet l’élimination précoce
de la plupart des cellules tumorales dès leur apparition.

2/28
Pourquoi le système immunitaire tolère-t-il parfois ces cellules tumorales ?

Les cellules tumorales sont des cellules du soi qui ont subi des mutations et qui se sont
transformées ; or le SI est tolérant envers les cellules du soi.
Il faut donc que les mutations soient « visibles », que les cellules expriment un profil
antigénique différent des cellules normales… Il faut obtenir une rupture de tolérance.

Interaction tumeur/système immunit aire

Si les cellules tumorales sont très agressives ou si le SI s’épuise, on passe à une phase
dynamique d’équilibre entre destruction par le système immunitaire et prolifération de la
tumeur : les cellules tumorales et le système immunitaire "cohabitent".
Il y a survie de quelques cellules tumorales qui ne se développent pas encore (ce n’est pas
grave, ce qui est grave c’est quand on aura rupture de cet équilibre).
Les phases d’immunosurveillance et d’équilibre constituent une phase infra clinique au cours
de laquelle aucun symptôme n’est visible .

Durant cette période d’équilibre s’effectue une immunosélection. Seuls les clones qui
échappent à la reconnaissance immunitaire peuvent proliférer, en déviant la réponse
immunitaire : c’est l’immunodiversion. On observe alors un échappement de la tumeur qui se
développe et est décelable cliniquement.

Petit rappel de S6 : Une rupture de tolérance peut mener à une maladie auto-immune.
On différencie deux types de tolérance :
 Centrale, dans le thymus
 Périphérique, ex : mécanisme de tolérance envers les
spermatozoïdes qui ne possèdent pas de CMH

3/28
Qu’est-ce qu’on peut imaginer comme réponse immunitaire face à une tumeur ?

Les cellules tumorales sont des cellules qui se multiplient trop rapidement ou qui n’ont pas les
mêmes récepteurs que les autres cellules .

Le mécanisme de destruction des cellules tumorales principale est la cytotoxicité, médiée par
les cellules NK. En effet, les cellules natural killer (NK) reconnaissent le CMH sur les cellules
non tumorales, se lient avec celui-ci et s’inhibent : c’est un mode de fonctionnement de
rétrocontrôle permanent. Ceci est différent de la restriction CMH, par reconnaissance d’Ag
spécifiques propres à l’individu, qui est le mode de fonctionnement des LTCD8. Enfin, les LB
n’ont pas besoin d’avoir une présentation d’Ag par le CMH car grâce au phénomène de
mémoire ils reconnaissent directement l’Ag.
Il existe différents mécanismes qui induisent la cytotoxicité : RI innée et RI adaptative
(terme que le prof veut qu’on retienne, on oublie le terme d’acquise).
- RI adaptative : l’induction se fait par le LTC(CD8) qui reconnait CMH1 qui est stabilisé
par une β2microglobuline. Ensuite, il y a deux modes d’action possible : soit il y a FAS
(CD95/CD95L), soit libération de granules cytotoxiques (contenant des granzymes)
renfermés dans le LTC qui une fois déversés, dégradent la membrane plasmique de la
cellule.
- RI innée : Il existe différents mécanismes
o Action des cellules NK : le NK reconnait le CMH des cellules non tumorales et
s’auto-inhibe. Dans le cas d’une cellule tumorale, le CMH est absent, il n’y a
donc pas d’inhibition, on peut avoir intervention de perforine et activation de
l’apoptose (activation CD95 ligand, granzyme).
o Cytotoxicité médiée par les Ac :
 Action du complément
 ADCC : le NK reconnait l’Ac fixé sur la cellule tumorale par le fragment
Fc (il y a des Ag à sa surface qui lorsqu’ils se fixent à l’Ac modifient sa
structure, ce qui permet au NK de le reconnaître).
 Phagocytose par macrophages et neutrophiles médiée par les Ac :
opsonisation

Que sont les Ag tumoraux ?

Il peut s’agir d’Ag de structure normale mais en quantité anormale. On doit tous être
capables de citer un Ag tumoral !!
Il existe des virus oncongènes (rétrovirus : FeLV, BeLV / Papillomavirus / Herpesvirus : virus
de Marek chez volailles), ça peut être une protéine du soi mutée / Ag de différenciation, Ag
présents dans un type de cellules qui vont être réexprimés ou surexprimés dans un type de
cellule qui n’est pas censée les exprimer : tyrosinase, Ag dans les mélonocytes / Ag de la
lignée cancer testis exprimés dans le cas de la cellule germinale.

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Pour ceux qui préfèrent les schémas !

5/28
I. Méthode d’études

A. Les modèles animaux

Démonstration de l’immuno-surveillance et de son efficacité (lignée murine


immunocompétente)

 Mise en évidence de l’immunosurveillance :

On dépose sur la peau de souris une substance chimique cancérigène forte (ici le MCA =
méthylcolanthrène).
Au bout de 6 ou 7 mois, certaines souris ont développé une tumeur cutanée et d’autres ne
montrent pas de signes de tumeur.

Conclusion 1: il existe une variabilité dans la sensibilité aux agents cancérigènes : certains
individus sont résistants à la tumorisation. Il existe plusieurs hypothèses: moindre
perméabilité cutanée, systèmes de réparation de l’ADN plus efficaces, réponse immunitaire
plus efficace. => Pourquoi n’ont-elles pas toutes des tumeurs ?

Or, si on inhibe le système immunitaire par injection d’un sérum contenant un


anticorps anti-CD4/-CD8/-IFNγ (Ac contrôles) ceci revient à détruire la RI cytotoxique chez les
souris exposées n’ayant pas développé de tumeur, on observe le développement de tumeurs
(on a bien des cellules tumorales qui étaient présentes).

6/28
Conclusion 2: Le SI exerce une pression sur le développement des cellules tumorales, cela
permet l’élimination des cellules tumorales qui apparaissent : c’est l’immunosurveillance ou
veille immunitaire. Les cellules tumorales sont présentes mais il n’y a développement de
tumeurs que si l’on supprime le système immunitaire.

NB : On utilise un modèle où toutes les souris sont identiques. Certains systèmes immunitaires
se révèlent plus compétents que d’autres : c’est la sensibilité individuelle.

 Pour plus d’infos culturelles cf annexe

Le développement d’une tumeur dépend donc du SI de l’hôte et de l’antigénicité


de la tumeur.

Le prof a insisté sur le fait qu’on parle deS réponseS immunitaireS


En effet toutes les tumeurs ne sont pas sous le contrôle des mêmes réponses immunitaires.

B. Les approches in vitro

On étudie la réponse immunitaire par :


 la caractérisation des antigènes associés aux tumeurs (AAT) et le clonage génétique
 des techniques classiques d’exploration cellulaire (composante cellulaire de la
réponse)
 l’étude du micro-environnement tumoral (intervient dans l’échappement à la RI)

7/28
L’étude in vitro de l’immunité anti-tumorale

Etape 1 : On s’est intéressés à des patients atteints de tumeurs à qui on a prélevé des cellules
tumorales d’un mélanome exprimant des molécules de CMH I qui présentent à leur surface
un peptide antigénique tumoral. On a dans chaque puit un antigène potentiel différent.
Etape 2 : On prélève des lymphocytes TCD8 cytotoxiques présents sur la tumeur, donc
spécifiques de cette tumeur et on réalise des prises de sang à partir desquelles on purifie des
lymphocytes. Les puits pour lesquels on verra ces lymphocytes réagir nous indiqueront les
antigènes contre lesquels ces lymphocytes sont destinés.

Etape 3 : Parallèlement, des banques d’ADNc sont établies, à partir des ARNm extraits des
cellules tumorales du patient et utilisées pour transfecter des cibles exprimant des CMH I.

Etape 4 (Révélation) : Les cellules transfectées exprimant l’antigène tumoral sont identifiées
grâce à l’utilisation de clones T cytotoxiques qui vont les lyser de manière spécifique. On peut
ensuite identifier et séquencer les gènes codants les antigènes tumoraux reconnus par les
clones lymphocytaires T.

Remarque : Si in vitro on retrouve la capacité à détruire les cellules tumorales, in vivo ces
cellules tumorales arrivent à inhiber la réponse immunitaire.

8/28
Remarque : Cette expérience a permis la caractérisation dans les années 1980 des AAT
du mélanome. Elle reste fastidieuse et très coûteuse, elle n’est pas pratiquée en routine, et
encore moins en médecine vétérinaire.

II. La réponse immunitaire anti-tumorale

A. Les antigènes tumoraux (AAT)

On a défini cinq classes d’antigènes tumoraux à partir de modèles murins. Il peut s’agir :
 d’antigènes endogènes « cancer testis »
 d’antigènes endogènes tissus-spécifiques
 d’antigènes surexprimés
 d’antigènes mutés
 d’antigènes exogènes (viraux)

Classification des antigènes associés aux tumeurs

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1. Les AAT « cancer testis »

AAT « cancer testis »

Petits rappels : La lignée germinale mâle diverge très tôt lors de l’embryogenèse et évolue
séparément du stroma. Les gonades constituent donc des organes séquestrés avec
notamment chez le mâle l’existence d’une barrière hémato-testiculaire entre les cellules de
Sertoli et le sang. Le thymus n’a donc jamais reçu d’antigènes testiculaires et il n’y pas eu
d’éducation thymique vis-vis de ces antigènes qui sont donc du non-soi immunitairement
parlant.
Les spermatozoïdes n’expriment donc pas de CMH (lignée sans CMH) afin de ne pas
déclencher de réactions immunitaires dans les voies génitales femelles.
Les antigènes spécifiques de cette lignée dont les antigènes MAGE sont séquestrés dans le
cytoplasme et ne sont jamais exprimés à la surface de la membrane.
Toutes les cellules de l’organisme possèdent le même génome, toutes possèdent donc les
gènes de la lignée germinale (dont le gène MAGE) mais ne les expriment pas. Si une cellule
du stroma se tumorise et active la transcription et la traduction de ces gènes de la lignée
germinale, elle les présentera via son CMH I. Ces antigènes n’ayant jamais été rencontrés, ils
déclenchent une réaction immunitaire.
De plus, cette réaction ne concernera que les cellules tumorales puisqu’elles sont les seules à
exprimer l’antigène ; les gonades n’étant pas accessibles du fait de la barrière hémato -
testiculaire.

Les tumeurs exprimant ces antigènes sont les plus intéressantes pour l’individu puisque :
 Elles induisent une réponse immunitaire
 Cette réponse est ciblée et n’a pas de conséquences pour les autres tissus (pas de
maladie auto-immune)

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2. Les AAT tissus-spécifiques / différenciation

Le principe est le même que pour les AAT cancer testis sauf que l’antigène exprimé ne provient
pas d’un organe séquestré. La cellule qui se tumorise exprime un gène qui n’est normalement
pas exprimé dans le tissu dont elle provient : antigène normal (protéine, enzyme souvent) au
mauvais endroit perturbant le microenvironnement (ex : antigène mélanocytaire Melan A
exprimé ailleurs que dans la peau).

Contrairement aux AAT « cancer testis », la réponse immunitaire va aussi être


dirigée contre le tissu car il possède lui aussi cet antigène spécifique. Il y a mise en
place d’une auto-immunité pathologique.
Ex : dans le cas du mélanome il y a mise en place d’un vitiligo, une dépigmentation de la peau
due à la destruction des mélanocytes.

3. Les AAT surexprimés

Exemples : HER-2/neu est impliqué dans le cancer du sein, hTERT est un antigène catalytique
de la télomérase.

L’antigène est normal, au bon endroit mais en trop grande quantité. Le CMH est également
surexprimé, ce qui va conduire à une surprésentation de l’antigène par la cellule.

11/28
En théorie, puisque l’éducation thymique a été faite vis-à-vis de cet antigène, il ne devrait pas
y avoir de clones réactifs contre cet antigène, mais la grande quantité d’antigène va
déclencher une réponse immunitaire.

Seules les cellules tumorales vont surexprimer le CMH. Les autres cellules de l’organisme en
expriment trop peu, avec une liaison TCR-CMH de trop faible affinité et de trop faible
intensité et ne deviennent donc pas la cible SI. Il n’y aura donc pas de maladie auto-immune !
On peut penser aussi au phénomène d’anergie, qui fait que les lymphocytes auto-réactifs ont
besoin d’un stimulus beaucoup plus intense pour être activés.

Quelles est la différence entre l’affinité d’un anticorps et l’affinité d’un LT ?


L’affinité d’un anticorps est l’intensité de liaison entre un anticorps et un antigène. C’est une
liaison très forte, quasi-irréversible.

L’affinité d’un lymphocyte T est l’intensité de liaison entre un LT et le CMH. Puisque le LT doit
pouvoir se détacher du CMH, la liaison est beaucoup moins forte. Pour rester stable il existe
un autre moyen : multiplier les liaisons ; c’est l’augmentation de l’avidité.

4. Les AAT mutés

La cellule tumorale a subi une mutation dans un antigène normal, ce qui conduit à l’expression
d’un antigène du non-soi et à une réponse immunitaire. Si la protéine mutée est suffisamment
différente de l’originale, il n’y pas de maladie auto-immune.

Toutefois, ces mutations sont aléatoires et les antigènes sont donc propres à chaque
population tumorale issue de la cellule mutée. Les stratégies d’immunothérapies mises en
place sont donc spécifiques du seul patient chez lequel on a mis en évidence la mutation. La
stratégie thérapeutique devrait donc être individuelle…. Cette méthode même si elle est
facile à utiliser, coûte beaucoup trop cher car chaque tumeur est différente, c’est individu-
dépendant, elle n’est donc utilisée qu’en recherche expérimentale.

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5. Les AAT dérivés de virus oncogènes

Les virus oncogènes induisent une transformation cellulaire. Les antigènes qui en résultent
sont fortement immunogènes (non-soi) et spécifiques des cellules infectées : en théorie il
n’y a pas de maladie auto-immune.

Pouvez citer 4 virus oncogènes ?


 le papillomavirus chez l’homme responsable du cancer de l’utérus et pour lequel un
vaccin est disponible
 le FeLV chez le chat
 le virus de la maladie de Marek chez les volailles
 le virus de la leucose bovine

Tableau résumé :

B. Les mécanismes de la RI anti-tumorale

Pour être efficace contre les cellules tumorales la réponse doit être cytotoxique: la réponse
cellulaire est donc la plus adaptée, mais une réponse humorale peut également avoir un effet
cytotoxique (ADCC).

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Cytotoxicité médiée par les Cytotoxicité médiée par des
cellules anticorps(ADCC)

14/28
1. La réponse CTL : induction

Les antigènes tumoraux sont captés par les CPA (cellules dendritiques) qui peuvent les
présenter par deux voies différentes :
 via le CMH II, ce qui active les LT CD4 qui deviennent des Th1 (sous l’action des
cytokines IFN, IL2, IL12) qui à leur tour stimulent une réaction immunitaire à
médiation cellulaire (LT CD8 qui reconnaissent le CMH I des cellules). Il n’y a pas de
passage par le cytoplasme : la voie est donc « exogène ».
 via le CMH I (« cross présentation ») ce qui active directement les LT CD8. Après
phagocytose, l’antigène pénètre dans le cytoplasme des CPA puis est exposé à leur
surface. C’est un mode de présentation « intermédiaire » entre la voie exogène et la
voie endogène, qui permet la présentation d’antigène exogène par la voie endogène.

La voie via le CM II est la voie principale et classique (hors mécanisme particulier),


la voie via le CM I est très particulière et caractéristique de la réponse
immunitaire anti-tumorale.

Orientation de la réponse immunitaire cytotoxique

Voies CTL : présentation antigénique lors de l’activation TCD8

2. Les effecteurs

a) Les NK : récepteurs
Leur action lytique est conditionnée par la présence de signaux activateurs et
inhibiteurs.

15/28
Les NK reconnaissent le CMH I des cellules et sa présence inhibe leur activité
cytotoxique. A l’inverse, l’absence du CMH I est un signal activateur qui peut suffir à activer
les NK. La présence de signaux de co-stimulation (surexpression de signaux activateurs par les
cellules tumorales) facilite l’activation.
Les NK peuvent également être activés directement par les LT CD4 (Th1 ou Th2) ou par les
anticorps (ADCC). Ils sont systématiquement activés quelle que soit la voie empruntée.
Cependant, les cellules NK ne reconnaissent que le CMH et pas l’antigène : si le CMH est
présent sur la cellule tumorale, on n’a aucune destruction cellulaire (CD16 : récepteur au
fragment FC des AC ; Ly49 reconnaît la présence de CMH1).

2) Voies d’activation des cellules NK chez la souris 1) Variabilité des récepteurs NK selon les espèces

Les récepteurs portés par les NK varient selon les espèces (IMPORTANT).

b) Les lymphocytes T4

Les lymphocytes T CD4 amplifient la réponse immunitaire via le CM II.

3) Effecteurs de l’immunité cellulaire

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Conclusion: La réponse immunitaire anti-tumorale déclenche une cytotoxicité cellulaire :
 LT CD8 qui ont pour cible les cellules avec CMH I + peptide tumoral
 LT CD4 qui amplifient la réponse immunitaire en reconnaissant CMH II
+ peptide tumoral et se différencient en LT Th1
 Cellules NK qui tuent lors d’absence de CMH I
La réponse à médiation cellulaire est la plus efficace.

C. Echappement à la réponse

Sélection de clones résistants et échappement de la tumeur

L’échappement a lieu si la tumeur est trop agressive et/ou si le système immunitaire perd en
efficacité. Cette perte d’efficacité a généralement plusieurs causes :
 Terrain génétique favorable
 Stress
 Excès…
 Pollution

Immuno editing et immuno subversion

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On peut expliquer cet échappement par l’effet de sélection du système immunitaire
qui tue les cellules tumorales sensibles (en bleu sur le schéma) mais sélectionne les plus
agressives et dures à tuer : c’est l’immuno-sélection (immuno-editing en anglais).
En plus, les cellules tumorales secrètent des substances (ex : cytokines
immunosuppressives) qui empêchent le système immunitaire d’être efficace.

Trois caractéristiques sont requises pour le développement de la tumeur :


 capacité à se développer dans un microenvironnement inflammatoire chronique : des
cytokines sont produites, la cellule tumorale doit y résister
 capacité à échapper à la reconnaissance immunitaire : pas de destruction des cellules
tumorales
 capacité à supprimer l’action du système immunitaire (sécrétion
d’immunosuppresseurs par la tumeur : surexpression de TGFβ ou IL10). C’est l’immuno-
subversion : la tumeur développe des mécanismes qui vont affaiblir le système
immunitaire.

1 3

Modalité d’échappement à la réponse immunitaire

La mise en échec du système immunitaire peut se produire à plusieurs niveaux :


1) pas d’activation ni prolifération des LT naïfs
2) inhibition de la migration des LT spécifiques et activés sur le lieu de la tumeur
3) pas d’effet sur la cellule tumorale

De plus, il existe des LT régulateurs qui inhibent les LTCD4, les LTCD8 et empêchent de détruire
la tumeur s’ils sont trop nombreux (ils activent l’angiogenèse). Certaines tumeurs ont la
capacité de stimuler ces Treg (il en existe plusieurs types dont certains sont inductibles).

18/28
Pour info, en cas de déficit en LT régulateurs, on se retrouve dans le cas d’hypersensibilité de
type I (HS1).
Schémas du dessous : DC : cellules dendritiques. Deux populations : LTreg produit par le
thymus et LTreg induits qui ont des rôles particuliers : à connaître !!!!

Activation des Treg

Action des Treg

19/28
III. Stratégies d’immunothérapie

Modalité d’immunothérapie anticancéreuse

Les principales stratégies d’immunothérapie sont :

 l’utilisation d’anticorps : monoclonaux (très cher et les antigènes tumoraux restent


inconnus) et immunotoxines (Ac lié à une toxine qui reconnaît Ag particulier de la
tumeur, capable de détruire les cellules tumorales).
 l’utilisation de cytokines : in vivo (recombinante, gène, adjuvant) ou in vitro (prise de
sang, stimulation cellules d’intérêt et re-injection de ces cellules, peu courant)
 l’inhibition de la neo-angiogènese (bloque le développement tumoral, surtout chez
l’homme)
 l’utilisation de vaccins anti-tumoraux

1. Utilisation de cytokines

Elles sont peu utilisées directement, on a surtout une utilisation ex vivo. Cela ne marche pas
trop car elles doivent aller sur le lieu de la tumeur, il faut des signaux spécifiques et on n’est
pas toujours capables de les connaître.

20/28
Utilisation de cytokines ex vivo

Cette méthode consiste à extraire des cellules lymphoïdes de l’individu et à les mettre en
contact de la tumeur in vitro. On les active via des cytokines (IL2) et on les réinjecte au patient.

Remarque : ce traitement n’est pas très cher, ni lourd mais il ne fonctionne pas
toujours (problème pour aller sur le lieu de la tumeur).

Exemple : fibrosarcome du chat et utilisation d’Oncept IL-2 (médicament à connaître).


Exemple d’immunisation ex vivo. ATTENTION ceci n’est pas une vaccination.

On injecte un vecteur (ici un canarypox) recombinant exprimant l’IL-2 féline,


permettant une stimulation des LT4, LT8 et des cellules NK. Cela augmente l’immunité anti-
tumorale adaptative et naturelle et permet la destruction des cellules tumorales.

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2. Vaccination anti-tumorale

Cette vaccination peut être prophylactique ou thérapeutique.


Il faut respecter plusieurs critères afin de créer un vaccin anti-tumoral (= afin d’obtenir une
réponse th1) :

 Ciblage des cellules capables d’induire une réponse CTL efficace: les cellules
dendritiques
 Nécessité d’obtenir une présentation restreinte au CMH I : utilisation de vecteurs =
capacité d’obtenir une cross présentation, le vecteur est capable de faire passer un A g
initialement exogène dans la cellule en position endogène => voie endogène
 Utilisation d’un protocole aboutissant à la maturation des CPA : utilisation d’adjuvants
(molécules qui aident le côté immunogène du vaccin et capables d’orienter la réponse
immunitaire vers la voie th1). Ex : saponines

Il existe un vaccin anti-tumoral en véto, commercialisé en 2011 : on vaccine avec la


tyrosinase humaine et on induit une réponse Ac chez les chiens atteints de mélanomes
buccaux. Objectif : aider les chiens à vivre plus longtemps. Il est peu utilisé en France mais il
est à connaître !
a) Vaccin « atténué »

On injecte au patient des cellules tumorales irradiées qui ne peuvent plus se


multiplier. Pour augmenter l’immunogénicité de ces cellules, on peut leur faire exprimer par
manipulation génétique des cytokines activatrices comme l’IL2, qui stimulera les LT4 et LT8.

22/28
b) Vaccination par injection de cellules dendritiques

On n’injecte pas directement l’antigène qui ne serait pas assez immunogène, on le


greffe sur des cellules dendritiques (introduction du gène par manipulation génétique et
expression dans la cellule dendritique) de l’hôte qui vont présenter l’antigène.

En pratique : ce n’est pas souvent efficace !

c) Vaccinations peptidiques et protéiques

1) Utilisation des peptides restreints classe I dérivés des AAT


Avantages : ciblage du complexe CMH I, facile à concevoir et sécurisé
Inconvénients : restriction à un haplotype donné, faible induction de réponse CTL

⇒ Utilisation de polypeptide (classe I et II) pour optimiser l’induction et la coopération


des réponses CD4 et CD8 :
⇒mais faibles réponses CTL

2) L’utilisation de protéines oriente la réponse plutôt vers une production d’anticorps par
absence de présentation croisée

23/28
d) Vaccination par injection d’ADNc

Retenez bien les avantages et inconvénients de chaque méthode, connaissez bien les étapes
de conception d’un vaccin !

Conclusion

Intérêt de la vaccination contre le mélanome oral du chien

Il existe actuellement un vaccin anti-tumoral contre le mélanome oral avancé du chien. Il


augmente significativement la durée de vie des chiens.

Le problème est que ce vaccin contient de l’ADN de tyrosinase humaine, ce qui peut poser
problème lors des rappels vaccinaux (sensibilisation et rejet) : c’est un vaccin
hétérospécifique.

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On n’a pas de preuve que ce vaccin stimule la réponse à médiation cellulaire, or il doit le faire
sinon ce ne serait pas efficace.

Les vaccins anti-tumoraux thérapeutiques rallongent l’espérance de vie ; ils ne


permettent pas de guérison !

Les différentes stratégies thérapeutiques


C’est au final l’association de plusieurs stratégies qui sera le plus efficace pour stimuler
l’immunité anti-tumorale.

Ce qu’il faut savoir


 Le système immunitaire est capable de reconnaître et de lutter efficacement contre
l’apparition de cellules tumorales (immunosurveillance).
 La réponse est nécessairement cytotoxique et peut être humorale ou cellulaire, mais
la réponse cellulaire est la plus efficace.
 Cette reconnaissance est permise par l’expression d’antigènes tumoraux (AAT) par les
cellules tumorales.
 Durant une phase d’équilibre s’opère une sélection des clones à multiplication rapide
et de faible antigénicité (immunosélection).
 Ceci, combiné avec des mécanismes immunosuppresseurs mis en place par les cellules
tumorales, permet un échappement de la tumeur au contrôle du système
immunitaire. On entre alors dans la phase clinique.
 Il est possible d’aider le patient à lutter contre la tumeur en stimulant son immunité,
notamment par l’utilisation de vaccins qui surexpriment les antigènes tumoraux.

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Il y a trois stratégies historiques qui existent pour lutter contre les tumeurs (chirurgie,
radiothérapie, chimiothérapie) mais elles ne fonctionnent pas toutes. La stratégie actuelle est
l’immunothérapie (vaccin) couplée pour chaque tumeur aux 3 autres stratégies.

ATTENTION On parle de manière générale mais tout est à nuancer pour chaque tumeur. En
effet il n’existe pas une seule réponse immunitaire mais 1 réponse adaptée à 1 tumeur.

Annexe 1
 Variabilité antigénique des cellules tumorales :

La transformation d’une cellule en cellule tumorale est le fruit de mutations aléatoires : la


tumeur issue de cette cellule n’est donc pas forcément immunogène. On peut classer les
tumeurs suivant le type cellulaire dont elles sont issues, et les antigènes tumoraux suivant leur
mécanisme de mise en place, mais il faut bien comprendre que chaque tumeur est unique car
elle est issue de mutations aléatoires.

Variabilité de l’antigénicité tumorale

Dans le 1er cas, les cellules tumorales sont considérées comme du soi (H-2 est le système du
CMH de souris, B l’haplotype de la souris). La tumeur est faiblement immunogène, ce qui
permet son développement.
Dans le 2ème cas, les cellules tumorales ont le même CMH que le soi (H-2K), mais elles
possèdent des AAT (antigènes associés aux tumeurs) fortement immunogènes, ce qui induit
une réponse lymphocytaire et aboutit au rejet de la tumeur. On a donc bien l’illustration de la
variabilité individuelle de l’immunogénicité des tumeurs.
Dans le 3ème cas, si on injecte des anticorps anti-lymphocytes T et B, la tumeur se développe:
on a prouvé que les lymphocytes induits étaient spécifiques de la tumeur et efficaces.

26/28
Remarque : Dans tous les cas, on injecte des cellules tumorales ayant le même CMH que
l’organisme receveur, on mime en fait le développement d’une tumeur dans le soi.

Conclusion : On a donc une variabilité de l’antigénicité de la tumeur.

Pour approfondir la compréhension de ces mécanismes, on utilise différentes lignées (murine


ou autres) syngéniques, dans lesquelles on a inhibé une partie spécifique de la composante
immunitaire (ex : une lignée Rag2-/-, lignée insensible à l’IFNγ….). Ainsi quel que soit ce que
l’on invalide dans le système immunitaire, on induit la formation de tumeurs.

Lignées animales utilisées dans l’exploration de la réponse immunitaire anti-tumorale

Ces lignées ne permettent pas l’étude des mécanismes d’échappement.

Remarque : Il existe plusieurs modalités d’immunothérapie :


 Immunisation active : stimuler le système de l’individu (vaccination, injection de
cytokines).
 Immunisation passive : lui apporter directement des éléments immunitaires issus d’un
autre individu. Cette protection est évidemment de courte durée (transfert placentaire,
transfert colostral, sérothérapie, injection d’anticorps monoclonaux).
 Une modalité intermédiaire consiste à extraire des cellules lymphoïdes de l’individu et
à les mettre en contact avec la tumeur in vitro. On les active via des cytokines et on les
réinjecte au patient. C’est une méthode dite ex-vivo.

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


Auto immunité
Généralités

I. Tolérance et Auto-immunité ........................................... 4


A. Tolérance centrale (ou éducation lymphocytaire) ................................... 4
B. Tolérance périphérique ............................................................................ 6
C. Rupture de tolérance ............................................................................... 8
D. Facteurs favorisants ............................................................................... 10
II. Pathogénie.................................................................... 12
A. Antigènes................................................................................................ 12
B. Auto-anticorps........................................................................................ 13
C. Lymphocytes T auto-réactifs .................................................................. 16
D. Lymphocytes T régulateurs .................................................................... 16
III. Diagnostic et traitement ............................................... 17
A. Diagnostic ............................................................................................... 17
B. Thérapeutique ........................................................................................ 18

1/20
Objectifs du cours :

Appréhender la notion de la tolérance et de sa rupture pour comprendre l’implication


de l’auto-immunité dans des mécanismes pathologiques.

Il est indispensable pour l’examen de différencier étiologie et pathogénie (PAR


CŒUR, tombe souvent à l’examen !)
 Etiologie : cause de la maladie (agent déclenchant)
 Pathogénie : mécanisme de la maladie (mise en place)

Objectifs d’apprentissage :
 Être capable d’expliquer la notion de tolérance centrale et tolérance périphérique
 Connaître les situations qui aboutissent à une rupture de tolérance et donner un
exemple
 Être capable d’expliquer les mécanismes d’installation (=pathogénie) d’une auto-
immunité pathologique (en particulier le rôle des autoanticorps et des lymphocytes T
autoréactifs)

Introduction / discussion avec le prof


Il existe quatre grands types de processus qui expliquent comment l’individu est
malade à cause du système immunitaire (=immunopathologies) :
1) Une réaction exacerbée ou inappropriée (les HS)
2) Les maladies auto-immunes = auto-immunité
3) Une immunodéficience = déficit immunitaire
4) Une cancérisation du système immunitaire

Dans ce chapitre, on s’intéresse à l’auto-immunité = capacité de l’organisme à réagir


contre des antigènes du soi. Elle est généralement néfaste car elle aboutit à une destruction
des cellules du soi.

Elle repose sur :


• une réponse immunitaire normale, bénéfique pour l’organisme (cf. schéma page
suivante, partie de gauche en rouge). Comme il s’agit en fait d’antigènes masqués (organes
séquestrés, antigènes intracellulaires, antigènes du soi muté), ils ne font en réalité pas partie
du soi immunologiquement parlant.
• une réponse immunitaire anormale, c’est-à-dire non physiologique de la réponse
immunitaire, donc néfaste pour l’organisme (cf. schéma, partie de droite en vert).
• des cas mixtes (cf. partie centrale en bleue) par mimique antigénique notamment :
la bactérie a un antigène proche d’un antigène du soi, ce qui fait que le soi est attaqué puisqu’il
est pris pour une bactérie.

2/20
On sait que les clones lymphocytaires sont le fruit de réarrangements aléatoires de
l’ADN des précurseurs lymphocytaires : on devrait donc théoriquement avoir des clones
réactifs contre les antigènes du soi. Or il n’en est rien dans les conditions physiologiques : il
existe donc une tolérance du système immunitaire vis-à-vis du soi.

Quelques exemples pour vous aider à différencier étiologie et pathogénie (tirés du cours
des NOQ)

Ex 1 : HS3
Il y a formation de complexes immuns entre un Ac et un Ag soluble avec accumulation
dans le rein notamment. Les plaquettes et le complément sont activés provoquant une réaction
d’inflammation. Cette maladie à dépôt d’immuns complexes s’appelle le lupus érythémateux
disséminé avec comme symptômes des arthrites et des polyarthrites. La pathogénie est une
HS3.

Ex 2 : HS2
La pathogénie d’HS2 correspond à l’action d’anticorps cytotoxiques dans l’activation
du complément et de l’ADCC. Elle est responsable entre autre de l’anémie hémolytique auto-
immune. L’étiologie est la reconnaissance de l’auto-Ag de l’hématie.

3/20
I. Tolérance et auto-immunité
La tolérance du système immunitaire repose sur deux mécanismes :

 Élimination des clones qui réagissent contre le soi lors des réarrangements génétiques
(on agit à la source). C’est la tolérance centrale.
 Inhibition des clones réactifs qui auraient échappé à cette première sélection (on agit
après coup). C’est la tolérance périphérique.

Tolérances centrale et périphérique

95% des LT produits sont tués. 5% reconnaissent le soi, ne le détruisent pas et détruisent le
non soi.

A. Tolérance centrale (ou éducation lymphocytaire)

Il s’agit de sélectionner les clones qui ne réagissent pas contre le soi en éliminant tous
ceux qui réagissent lors de la présentation d’un antigène du soi. C’est le phé nomène
d’éducation. Il a lieu dans la moelle osseuse pour les lymphocytes B et dans le thymus pour les
lymphocytes T, c’est-à-dire dans les organes lymphoïdes primaires.
On détaillera principalement l’éducation des lymphocytes T, mais le principe est exactement le
même pour les lymphocytes B.
On rappelle que les lymphocytes T sont formés dans la moelle osseuse sous forme de
précurseurs appelés thymocytes (attention, les thymocytes sont des lymphocytes T immatures
et non pas des cellules constitutives du thymus). Ces précurseurs colonisent ensuite le thymus
où ils subissent l’éducation thymique.

4/20
Leur maturation se réalise de manière centripète, de la capsule à la médulla. On a
d’abord des thymocytes immatures sans récepteur T membranaire (TCR) puis on a fabrication
du TCR et double sélection : les cellules T subissent deux étapes de sélection au cours
desquelles plus de 95% des lymphocytes sont éliminés (coût énergétique de l’immunité…).

1. Sélection positive

La première étape est nommée sélection positive car elle consiste à ne garder que les
clones qui reconnaissent le CMH : dans cette étape, on ne garde que les clones qui réagissent.
Cette sélection positive a lieu dans le cortex thymique.
Elle concerne les lymphocytes doubles positifs CD4+/CD8+. Elle agit sur un répertoire de TCR
capables de reconnaître de façon spécifique les molécules du complexe majeur
d'histocompatibilité (CMH).

On teste la fonctionnalité des précurseurs T en leur présentant le CMH :


 les cellules qui possèdent un TCR fonctionnel qui reconnait le CMH (I pour les CD8 et II
pour les CD4) reçoivent des signaux de survie par les cellules qui présentent le CMH.
Ainsi, seuls les lymphocytes dont le récepteur est capable d’interagir avec le CMH du
soi pourront survivre et continuer à se différencier.
 celles qui ont un TCR non fonctionnel incapable de reconnaître le CMH reçoivent un
signal de mort.

2. Sélection négative

Une fois qu’on a gardé les lymphocytes dont le TCR est fonctionnel, on va éliminer parmi
ceux-là, ceux qui réagiront contre les antigènes du soi. On garde donc les cellules qui ne
réagissent pas : la sélection est dite négative.

La sélection négative se réalise dans la médulla du thymus.


On teste les lymphocytes ayant franchi la première étape de sélection en leur présentant des
antigènes du soi :
 ceux qui réagissent sont potentiellement dangereux pour l’organisme et sont éliminés:
ce sont les clones auto-réactifs.
 ceux qui ne réagissent pas sont sans danger et peuvent être libérés dans l’organisme
sans risque.

5/20
Education thymique par double sélection

A l’issue de ces deux étapes (qui conduit à l’élimination de 95% des clones initiaux), on
obtient des lymphocytes matures simples positifs CD4+ ou CD8+.
Parmi les 5% qui passent, la sélection négative n’est pas infaillible et il y toujours une infime
proportion de lymphocytes auto-réactifs qui sont générés. Ceci est dû à la faible intensité de
la liaison entre l’antigène et le TCR qui fait qu’au moment de la sélection, la liaison ne durera
pas assez longtemps pour activer le clone qui est donc conservé.

Ces clones sont ensuite distribués dans l’organisme, notamment au niveau des organes
lymphoïdes secondaires.
Il y donc systématiquement dans l’organisme des clones auto-réactifs, or seuls très peu
d’individus déclarent des maladies auto-immunes. Il existe donc un mécanisme de contrôle de
ces clones auto-réactifs au niveau des organes lymphoïdes secondaires : c’est la tolérance
périphérique.

B. Tolérance périphérique

La tolérance périphérique aux auto-antigènes repose sur plusieurs mécanismes. Elle


empêche les LT et les LB auto-réactifs d’agir.

1. Anergie

Le seuil d’activation de ces lymphocytes est surélevé, il faut un stimulus plus important
pour les activer. Ces lymphocytes sont dits anergiques, c’est-à-dire qu’il y a absence du
processus d’activation complète, donc absence de réaction.

6/20
2. Ignorance

Certains antigènes sont présents dans des organes séquestrés tels que le cerveau, la
chambre antérieure de l’œil, la thyroïde, le pancréas, le testicule. Ces auto-antigènes ne sont
pas ou peu accessibles par le système lymphoïde (barrière hémato-encéphalique, hémato-
testiculaire,…). Les LT auto-réactifs n’entrent donc jamais en contact avec cellules-cibles.

3. Délétion

Certaines cellules lymphocytaires auto-réactives peuvent exprimer des cytokines de


type Th2 (IL-4, IL-5, IL-10, IL-13) qui limitent l’inflammation et entraînent une
immunodéviation évitant ou supprimant la réponse de lymphocytes pathogènes auto-
réactifs. Les LT auto-réactifs peuvent être supprimés.

4. Suppression

Les lymphocytes T régulateurs Treg (ou « suppresseurs ») jouent un rôle important


dans le contrôle de l’auto-immunité. Ils sont capables d'inhiber la prolifération de lymphocytes
T conventionnels via des cytokines (surtout TGF-β et IL10). En effet, quand le LT auto-réactif
est au contact de la cellule-cible, celle-ci active un Treg spécifique qui inhibe le LT auto-réactif.

Modalités de la tolérance périphérique

7/20
C. Rupture de tolérance

Il existe quatre causes (=étiologies) de rupture de la tolérance qui font que les clones
auto-réactifs ne sont plus inhibés et attaquent les cellules du soi.

Causes de rupture de la tolérance

Pour le soi ignoré et le soi exclu, il s’agit d’antigènes du soi physique mais que le
système immunitaire n’a jamais vu : ils ne font donc pas partie du soi immunologique.
Lorsqu’ils sont exprimés ou rendus accessibles au système immunitaire (rupture des barrières
hémato-tissulaires), il y apparition de maladie auto-immune.

Soi ignoré : C’est un antigène qui n’a pas été présenté aux cellules de l'immunité lors des
sélections thymiques pendant la vie fœtale, car il était intracellulaire à ce moment-là.

Soi exclu : C’est un antigène présent dans les organes séquestrés. La rupture des barrières
hémato-tissulaires entraîne la mise en contact des cellules de l'immunité avec cet antigène du
non-soi immunologique.

Soi modifié : Il s’agit à la base d’un antigène normal du soi qui subit des modifications ou des
mutations, par liaison covalente avec des médicaments par exemple. On parle d’antigène
modifié.
Exemple : haptène fixé à une protéine du soi

Soi mimé : cf la partie C.1. suivante.

8/20
Etiologie : pourquoi y a-t-il mise en place d’une auto-immunité ?
Les cases jaunes reflètent l’étiologie.Le reste du schéma constitue les mécanismes et
correspond à la physio pathogénie.

1. Communauté ou mimique antigénique

Il s’agit d’antigènes exogènes (viral, bactérien,...) qui sont structurellement ou


séquentiellement proches d’antigènes du soi. On aura alors réaction contre les agents
pathogènes mais aussi contre les cellules du soi qui portent cet antigène.
On retiendra notamment :
 uvéite du chien dans la maladie de Carré
 polyarthrite rhumatoïde à Streptocoque (les LB produisent des Ac contre nos
synovies)

Mimique antigénique

9/20
2. Infections et/ou tumeurs intercurrentes : effet « bystander »

Il s’agit ici d’un concours de circonstance : le lymphocyte auto-réactif se trouve au


mauvais endroit au mauvais moment dans un contexte pro-inflammatoire. Il reçoit des
signaux d’activation qui ne lui étaient pas destiné et s’active.
Ce phénomène est surtout observé lors d’infections virales.

Effet bystander

3. Antigènes séquestrés

Lors de la rupture de séquestre, l’antigène séquestré est libéré, déclenchant ainsi une
réponse auto-immune. Ceci concerne les protéines de l’œil, la myéline, les antigènes de
développement et du cerveau.

D. Facteurs favorisants (intrinsèques et extrinsèques)

Les maladies auto-immunes sont complexes et souvent, il faut une certaine sensibilité
de l’individu pour déclencher la maladie. Certains facteurs augmentent la probabilité de
survenue d’une maladie auto-immune mais :
- on ne développe pas forcément la maladie dans le cas de la présence de facteurs
prédisposants.
- on peut développer la maladie même en l’absence de ces facteurs.

10/20
Il existe des facteurs génétiques et donc héréditaires. Ils peuvent concerner :
 le sexe : les femelles seraient plus susceptibles de développer des maladies auto-
immunes, l’explication serait hormonale.
 certains allèles du CMH qui entraînent un risque accru de développer une maladie
(très étudié chez l’homme).
 la race : dans le cas du lupus érythémateux disséminé (LED) du chien, les races sont
touchées de façon différente.

Il existe aussi des facteurs extrinsèques tels que l’environnement (tabac, alcool,
manque de sommeil, stress) ou la présence d’infections (à Streptococcus A12 qui cause des
angines).

Les races du tableau suivant sont seulement prédisposées : tous les individus de
l’espèce ne sont pas obligatoirement malades et ces maladies affectent aussi d’autres
espèces.

Prédispositions raciales à certaines maladies auto-immunes

11/20
L’auto immunité entre réponse immunitaire physiologique et réponse non physiologique

II. Pathogénie

A. Antigènes

Les antigènes impliqués peuvent être de nature variée.

Antigènes impliqués dans des réactions auto-immunes

Certains anticorps du soi physique ne sont plus considérés comme faisant partie du soi
immunologique, mais comme antigènes ce qui déclenche l’apparition d’une maladie auto-
immune.

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B. Auto-anticorps

Les maladies auto-immunes à médiation humorale sont toutes transférables d’un


individu malade à un individu sain par injection de sérum (qui ne contient pas de cellules) :
elles sont donc médiées par des anticorps.

Mise en évidence du rôle des anticorps dans la pathogénie des maladies autoimmunes

Les mécanismes d'action des auto-anticorps sont au nombre de trois.

1. Action cytotoxique

Les auto-anticorps exercent leur activité cytotoxique par activation du complément


(avec libération du complexe d’attaque membranaire) et/ou par ADCC (activation des NK
notamment).
On peut citer le cas des hémolyses auto-immunes : les auto-anticorps se fixent aux antigènes
spécifiques de la membrane des globules rouges. La lyse est soit intravasculaire par choc
osmotique s’il y activation du complément, soit extravasculaire par opsonisation (ADCC
médiée par les macrophages).

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Anémie hémolytique auto-immune

Remarque : Ce mécanisme est mis en jeu dans les réactions d’hypersensibilité de type II. Une
réaction d’hypersensibilité peut donc être un mécanisme d’installation d’une maladie auto-
immune.

Il existe deux types d’HS II :


 HSIIa : les anticorps ont une activité cytotoxique avec notamment une hémolyse. Elle
peut être auto-immune ou non (accident transfusionnel, maladie hémolytique du
nouveau-né ; cependant, dans ces deux cas, il y a lyse des hématies du donneur et non
pas du receveur, ce n’est pas de l’auto-immunité).
 HSIIb : les anticorps sont dirigés contre des récepteurs à des hormones,
neurotransmetteurs,… et induisent des perturbations fonctionnelles. Elles sont
nécessairement auto-immunes. Il n’y a donc pas de destruction de la cellule cible mais
modification de son fonctionnement.

2. Perturbation fonctionnelle

Il s’agit d’une HSIIb : les auto-anticorps anti-récepteurs qui peuvent être antagonistes
ou agonistes du ligand ou bien détruire le récepteur.

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Perturbation du fonctionnement des récepteurs par les auto-anticorps

3. Formation de complexes immuns

Il s’agit d’une HS3. Il y a défaut d’élimination des immuns complexes. L’Ag qui
intervient est un Ag soluble.

Formation des complexes immuns

Il y a un défaut de clairance des corps apoptotiques, perte d’auto-tolérance et


production d’auto-anticorps pathogènes.

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Pour rappel, il y a deux types d’HS3 : l’HS3 localisée (=maladie d’Arthus) et l’HS3 systémique
(maladie sérique).

Lors des polyarthrites, les immuns complexes se déposent et il y a production d’IL6, ce


qui entraîne un remodelage cellulaire avec les neutrophiles. Les polyarthrites sont érosives. Il
faut les différencier des polyarthrites rhumatoïdes (HS4) où il y a destruction de l’os.

C. Lymphocytes T auto-réactifs

Les lymphocytes T ont deux mécanismes d'action :


 cytotoxique : LT CD8 activés par les Th1
 inflammatoire : LT CD4 et production de cytokines

On citera notamment le cas de la polyarthrite rhumatoïde (HS4) où l’inflammation


(liée à l’infiltration de cellules mononuclées) provoque une douleur pour le sujet tandis que
l’activité cytotoxique entraîne une dégradation des cartilages et une déminéralisation.

Physiopathogénie de l’arthrite rhumatoïde : mécanismes d’actions des LT

On notera cependant l’intervention de complexes immuns dans cette maladie : la distinction


Th1/Th2 n’est pas aussi tranchée.

D. Lymphocytes T régulateurs

Il existe une petite population de LTreg qui inhibe la réponse des effecteurs.
Un déficit fonctionnel des LTreg peut aboutir à une maladie auto-immune par :
 déficit réel en lymphocytes LTreg
 LTreg non fonctionnels
 effecteurs réfractaires aux LTreg

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Un défaut de LTreg empêche la régulation de lymphocytes auto-réactifs et favorise
donc l’apparition de maladies auto-immunes.

Rôle des Treg dans l’apparition des maladies auto-immunes

Pour info : rôle des LTreg dans différentes maladies

III. Diagnostic et traitement

A. Diagnostic

Ce sont des maladies très complexes à diagnostiquer car les symptômes


n’apparaissent pas tous en même temps, il est donc souvent nécessaire de connaître
l’historique de l’installation des symptômes.

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Le diagnostic se fait tout d'abord dans un contexte clinique : historique de l’animal,
apparition de complexes d'immuns (et donc lésions articulaires, vasculaires, etc. …).
On peut ensuite faire une recherche d’auto-anticorps par différents examens
complémentaires : Test de Coombs (HS II), immunofluorescence, Waaler Ross (mise en
évidence de facteurs rhumatoïde par précipitation d’Ac)... Ces tests ont des spécificités et
sensibilités variables, et ne sont pas pathognomoniques des maladies auto-immunes.

Exemple NOQ : Dans le cas du lupus érythémateux disséminé, les symptômes sont extrêmement
polymorphes. Les antigènes impliqués sont des antigènes nucléaires (ADN). Ce sont donc des anticorps
anti-ADN qui sont responsables de la maladie. Cependant, on peut également retrouver des anticorps
anti-ADN chez les individus âgés de manière physiologique, du fait d’une sénescence des cellules avec
libération plus fréquente d’ADN due au vieillissement. Les anticorps anti-ADN ne sont pas spécifiques
du lupus.

B. Thérapeutique

1. Symptomatique

Il s’agit principalement de lutter contre l’inflammation : on utilisera pour cela des anti-
inflammatoires stéroïdiens (pas d’AINS).

2. Etiologique

C’est le traitement de la cause. En réalité, il est difficile d’identifier véritablement la


cause (génétique,…) et de la traiter, d’autant qu’il existe une mémoire immunitaire. On utilise
un traitement immunosuppresseur.

3. Palliative

Il s’agit de suppléer les organes détruits (pancréas endocrine, thyroïde) ou les fonctions
perdues par l’injection des hormones manquantes (insuline,…).

Conclusion
On a proposé dans ce cours une étude physiopathologique des maladies auto-
immunes en les classant suivant leur mécanisme d’apparition. Cependant, la classification
utilisée par les cliniciens est une classification médicale : on distingue les maladies
n’atteignant qu’un organe précis (spécifiques d’organe) des maladies systémiques (non
spécifiques d’organe).
Selon le mécanisme d’apparition de la maladie, la thérapeutique ne sera pas la même.

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Classification médicale des maladies auto-immunes

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Ce qu’il faut savoir :

 Les maladies auto-immunes sont des maladies dans lesquelles le soi physique est
considéré comme du non-soi immunologique et est attaqué.
 Les lymphocytes sont normalement éduqués pour ne pas réagir contre les antigènes
du soi. Ceux qui échappent à cette sélection sont normalement inactivés. Il s’agit du
phénomène de tolérance.
 Il existe généralement des facteurs génétiques prédisposants.
 Le mimétisme antigénique est une cause fréquente de maladie auto-immune (arthrite
rhumatoïde et Streptocoque).
 Un défaut de Treg peut également entraîner l’apparition de maladie auto-immune.
 Les maladies auto-immunes à médiation humorale reposent sur des mécanismes
d’hypersensibilité de type II ou III.
 Les maladies à médiation cellulaire sont à manifestation cytotoxique et inflammatoire.
 Le diagnostic est difficile.
 Le traitement peut être spécifique (immunosuppresseurs), symptomatique (anti-
inflammatoires) ou palliatif (hormones type insuline).
 Il existe de très nombreuses maladies auto-immunes réparties suivant leur spécificité
d’organe.

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


Immunité de greffe

Le déroulement du cours a été un peu particulier :


- Pendant 50 min nous avons construit le cours avec le prof sur un exemple concret
- Pendant 10 min le prof a rapidement passé l’ensemble de ses diapositives
Du coup, nous avons choisi de vous retranscrire le raisonnement que nous avons eu dans un
premier temps puis le cours issu des diapos du prof.

Qu’est-ce qu’une greffe ?

La greffe comprend deux notions :


- la greffe stricte, qui correspond au transfert de cellules ex : transfusion sanguine
- la transplantation, qui correspond à la greffe d’un organe complet ex : greffe de rein
La transplantation est donc inclue dans la notion générale de greffe.

Pour qu’il y ait réponse immunitaire, il faut qu’il y ait reconnaissance d’un Ag. Il existe
différents types de greffes selon le type d’Ag concerné, qui conditionne la réponse
immunitaire par la suite :

- Les Ag sont des auto-antigènes, c’est le cas notamment des Ag du soi. Ceci concerne
les greffes pour lequel le donneur est le receveur (ex : greffe de peau) que l’on appelle
autogreffe mais aussi les cas de greffes entre individus de même espèces et de même
groupe ou entre clones et entre vrais jumeaux, que l’on appelle isogreffe.

- Les Ag sont issus d’une espèce différente. On parle de xénogreffe : greffe d’une espèce
différente sur une autre espèce. Ex : greffe d’un organe de porc chez l’homme.

- Les Ag sont des allo-antigènes. Dans ce cas on parle d’allogreffe : entre individu
différents d’une même espèce qui n’appartiennent pas au même groupe. C’est le cas
par exemple d’un greffe entre individus de groupes sanguins différents.

Pour rappel : Il existe 4 groupes sanguins chez l’homme (A, B, AB et O) réalisés en fonction des
types d’allo-antigènes : A, B, AB. Les individus de groupes A, B et AB produisent des
alloantigènes A et/ou B tandis que les individus O se caractérisent par l’absence d’Allo Ag.

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ATTENTION à l’échelle quand on utilise les termes d’isogreffe ou allogreffe !
En effet l’isogreffe correspond à la greffe entre 2 individus de même espèce et de
même groupe contrairement à l’allogreffe, même espèce mais groupe différent. Cependant
tout cela dépend de l’échelle à laquelle on se place. A l’échelle de l’organisme entier,
l’isogreffe ne correspond qu’aux greffes entre vrais jumeaux ou clones. Cependant si on
s’intéresse à une échelle plus réduite comme le groupe sanguin alors, d’après la définition,
une transfusion sanguine entre 2 individus de même groupe sanguin est une isogreffe.
Exemple :
- transfusion d’un individu de groupe A à un individu de groupe A : isogreffe
- transfusion d’un individu de groupe A à un individu de groupe B : allogreffe

Notion allotypie/ isotypie :

Si on injecte un Ac de lapin à une vache, on va avoir une réaction immunitaire. La vache


va faire des Ac anti-lapin. C’est ce qu’on appelle l’isotype : spécificité antigénique d’un
individu lié à l’espèce.
Maintenant, on injecte un Ac de lapin Bélier à des lapins non béliers. Il va y avoir
synthèse des Ac de lapin anti-lapin bélier. Or, les béliers au sein des lapins sont une race c’est
à dire un groupe au sein de l’espèce : allotype.

Quel est le but de faire une greffe ?

Une greffe a pour but de remplacer un organe dysfonctionnel ou une partie manquante de
cet organe.

Prenons l’exemple de la transplantation de rein chez le chien (qui se fait couramment aux EU
mais pas en Europe), le rein transplanté provenant d’un autre chien.

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Quel est le problème en cas de greffe ?

Lorsqu’on réalise une transplantation, l’organe est considéré comme une


métastructure avec plein de cellules différentes dont les cellules du système immunitaire. Il
va y avoir les cellules immunitaires du greffon et les cellules immunitaires du receveur :
- les cellules présentatrices du receveur vont récupérer les Ag du donneur, les emmener
dans le NL et les présenter aux LTs qui sont activés. Les LTs retournent sur le lieu du
greffon et détruisent les cellules du greffon. C’est ce qu’on appelle l’alloreconnaissance
indirecte. Cette situation correspond au déroulement physiologique du SI que l’on
connaît.
- Les cellules présentatrices d’Ag (CPA) du greffon vont aussi dans le NL. Pour que les LT
soient activés, il faut qu’ils reconnaissent le CMH et l’Ag que la CPA porte et qui
appartiennent au non-soi (restriction au CMH). La CPA du donneur va présenter au LT du
receveur qui va détruire le greffon, le greffon active lui-même la réponse immunitaire.
On parle d’alloreconnaissance directe.

Schéma des différents types d’alloreconnaissance (version retranscrite du raisonnement,


à comprendre et connaitre)

La première réponse à se mettre en place est l’alloreconnaissance directe. Les deux


réponses ne sont pas successives mais se chevauchent. Les CPA du donneur vont finir par
mourir ce qui limite l’alloreconnaissance directe dans le temps tandis que

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l’alloreconnaissance indirecte se poursuit (les cellules présentatrices d’Ag du receveur sont
renouvelées par l’organisme). Il y a donc une notion de cinétique.

ATTENTION ces deux phénomènes font partie des rejets aigues. Il existe différentes
cinétiques : rejet sur-aigue, aigue (précoce/tardif) et chronique. Les acteurs des rejets sur-
aigue et chronique sont les Ac alors que les acteurs du rejet aigue sont les cellules.

Alloreconnaissance directe Alloreconnaissance indirecte

LT CPA LT CPA
Ag D Ag R
R R

TCR CMH TCR CMH

Réponse Th1 Réponse Th2

Rejet aigu précoce possible Rejet chronique possible

Schéma SIMPLIFIE de l’alloreconnaissance directe et indirecte

Qu’en est-il de la transfusion ?

Si on transfuse une personne du groupe O avec du sang du groupe A ou B, elle meurt


dans les minutes suivantes. En effet, il y a choc anaphylactoïde résultant d’une HS2 : les
anticorps préexistants détruisent les hématies, il y a libération d’hémoglobine hautement
toxique qui détériore les reins et l’absence d’O2 entraîne une hypoxie.

On ne confond pas choc anaphylactique et anaphylactoïde !!!


C’est aussi ce qui arrive lors de greffes avec des anticorps préexistants. Il y a alors rejet
suraigu humoral.

Rappel : La RIMC (RI à médiation cellulaire) met en moyenne 1 semaine pour se mettre
en place dans un organisme, alors que la RIMH met 3 semaines.
L’alloreconnaisance directe peut aboutir à un rejet aigu précoce (7 jours) de la greffe.
L’alloreconnaissance indirecte peut aboutir à un rejet chronique de la greffe.
Le mélange de ces deux alloreconnaissances peut aboutir à un rejet aigu tardif (1 mois).

LA LECTURE DE CE RAISONNEMENT NE VOUS DISPENSE PAS DE LIRE LE RESTE DU COURS. IL


NE S’AGIT EN AUCUN CAS D’UN RESUME. CERTAINS POINTS ONT ETE ABORDES SEULEMENT
DANS LE COURS !!!

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I. Les différentes greffes ............................................................... 7
A. Greffe syngénique ...................................................................................................................7
B. Greffe allogénique...................................................................................................................7
C. Greffe xénogénique.................................................................................................................8
D. Les différents rejets de greffe ..................................................................................................9
1. Rejet suraigu .......................................................................................................................9
2. Rejet aigu précoce ...............................................................................................................9
3. Rejet aigu tardif ...................................................................................................................9
4. Rejet chronique ...................................................................................................................9

II. Mécanismes des rejets de greffe ............................................. 10


A. Alloreconnaissance indirecte ................................................................................................. 11
B. Alloreconnaissance directe .................................................................................................... 12
C. Conséquences physiopathologiques ...................................................................................... 13
D. Cas de la GVHD (cas particulier) ............................................................................................. 14

III. Conséquences ......................................................................... 15


A. Cas de la gestation ................................................................................................................ 15
1. Immunosuppression locale ................................................................................................ 16
2. Baisse de l’antigénicité fœtale ........................................................................................... 16
B. Thérapeutique....................................................................................................................... 17
1. Les glucocorticoïdes........................................................................................................... 17
2. Les composés cytotoxiques................................................................................................ 18
3. Les immunosuppresseurs sélectifs ..................................................................................... 18
4. Le traitement anti-lymphocytaire ...................................................................................... 18
C. Problématique des xénogreffes ............................................................................................. 19

Objectifs du cours :

Etre capable d’expliquer la classification des rejets de greffe et les mécanismes immunitaires
mis en jeu ainsi que les différents types de rejet.

Objectifs d’apprentissage :
- Définir : autogreffe, allogreffe, xénogreffe, espèces concordantes, espèces discordantes,
HVG, GVH
- Connaître et expliquer la classification des rejets de greffe
- Savoir expliquer les mécanismes immunitaires mis en jeu dans les différents rejets de greffes

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- Expliquer les mécanismes d’alloreconnaissance directe et indirecte
- Connaître le principe de la GVHD
- Expliquer les principales limites de la xénogreffe

Introduction

Une greffe au sens large consiste en l'introduction dans l'organisme de cellules étrangères.
Elle implique donc un donneur et un receveur. Il convient de bien distinguer deux notions :
 la greffe au sens strict qui correspond à un simple transfert de tissus d’un donneur à
un receveur. On peut citer les transfusions sanguines, les greffes de moelle osseuse,
les greffes de peau,…
 la transplantation qui concerne principalement les organes et nécessite de rétablir la
continuité nerveuse et vasculaire entre le greffon et l’hôte
La transplantation d’organes en médecine vétérinaire est peu pratiquée en France en dehors du cadre
expérimental ; elle est en revanche bien plus fréquente outre-Atlantique.

Le donneur et le receveur peuvent être :


 le même individu. On parle dans ce cas d’autogreffe (ex : plastie cutanée avec
technique des lambeaux). Il n’y a pas de rejet.
 des individus de la même espèce mais éventuellement de races différentes. On parle
alors d’allogreffe (ex: transfusion, greffe de moelle osseuse). Le rejet est lent (plusieurs
semaines) sauf pour les transfusions.
 des individus d’espèces différentes. On parle dans ce cas de xénogreffe. Le rejet est
rapide (quelques heures).

Classification « chirurgicale » des types de greffe

Le rejet est d’autant plus rapide que donneur et receveur sont « éloignés »
phylogénétiquement.

L'immunité de greffe repose sur la reconnaissance du Complexe Majeur


d'Histocompatibilité (CMH).

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I. Les différentes greffes

A. Greffe syngénique

Une greffe syngénique consiste à greffer un tissu génétiquement identique au


receveur. Le CMH est donc identique entre les cellules introduites et celles de l'organisme
hôte : la compatibilité tissulaire est parfaite. Il s'agit soit d'une greffe de l'hôte sur lui-même
(autogreffe) soit d’une greffe entre deux vrais jumeaux (on parle d'isogreffe).
Rem : une isogreffe est une autogreffe dans le cas particulier de vrais jumeaux

Greffe syngénique

Dans le cas d’une greffe de rein : on observe une revascularisation au bout du 3° jour, pas
d'infiltration glomérulaire et une prise définitive le 8°jour. La cicatrisation est normale
comme sur une chirurgie classique.

B. Greffe allogénique

Un caractère allogénique est un caractère codé par un petit nombre d’allèles à l’origine
d’une faible variabilité individuelle. On retrouvera donc des populations entières possédant le
même génotype pour le caractère étudié (ex : allotypes des groupes sanguins (A, B, O, AB)).
Il s’agit donc d’une variabilité à l’échelle de la population, alors que le CMH par exemple
présente une variabilité à l’échelle de l’individu (chacun élabore un CMH unique avec de
nombreux allèles).
Dans une allogreffe, on a nécessairement des CMH différents mais on essaye de faire en sorte
que donneur et receveur soient du même allotype.

Greffe allogénique

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Si on réalise une allogreffe entre individus d’allotypes différents, on observe un
phénomène de rejet :

 Primogreffe allogénique : la première fois que le chien B reçoit des tissus du chien A,
on observe un rejet obligatoire au bout de 10 à 14j avec :
 3°jour : revascularisation et infiltration de cellules mononuclées
 5°jour : circulation ralentie, thrombose et œdème.
 7°jour: rejet avec nécrose du greffon et mort de celui-ci à 10-15j.

 2ème greffe allogénique : la deuxième fois que le chien B reçoit un tissu du chien A, la
réponse immunitaire est beaucoup plus rapide, le rejet s'effectue en 2 à 3 jours car la
mémoire immunitaire s'est mise en place.

De plus, si le chien B reçoit un tissu du chien C (autre allotype), il n'y aura pas
forcément situation de primogreffe : il peut y avoir une communauté moléculaire
entre C et A, provoquant un rejet en 2/3 jours.

C. Greffe xénogénique

Une greffe xénogénique se fait entre individus d'espèces différentes : donneur et


receveur sont assez éloignés génétiquement. On observe des rejets aigus voire suraigus.

Greffe xénogénique

Ce rejet est basé sur le système du complément : dans les conditions normales, des
fractions du complément s’activent spontanément mais sont inhibées par des molécules
présentes à la surface des cellules. Or ce système de régulation du complément peut être
différent d’une espèce à l’autre : dans ce cas, le complément n’est plus inhibé et entraîne une
lyse des cellules du greffon. La notion de discordance/ concordance entre les espèces est due
à la régulation du complément. En effet les fragments protéiques du complément sont
identiques d’une espèce à l’autre, ce qui diffère est le système de régulation qui inhibe l’action
du complément.

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 On définit des espèces comme concordantes (Homme et primate, hamster et rat)
lorsque le système de régulation du complément est similaire entre ces espèces.
 De même des espèces seront dites discordantes (Homme et porc, cobaye et rat) si leur
système de régulation est différent. Ainsi, le greffon ne sera pas en mesure d’inhiber
le complément de l’hôte et le receveur détruira son greffon.

Ces greffes ont surtout été étudiées chez l’Homme et le porc (correspondance de taille
des organes) pour pallier le déficit en donneurs humains. Comme il s’agit d’espèces
discordantes, on assiste à un rejet suraigu. On a alors créé des lignées de porcs transgéniques
qui expriment le même système de régulation du complément, mais il y a alors risque de
transmission d’infections (rétrovirus endogène dont le génome est intégré dans celui des
cellules porcines et qui peut se réactiver chez le receveur, bactéries…).

D. Les différents rejets de greffe

La classification des rejets est à connaître parfaitement

1. Rejet suraigu

Il survient dans les 48h suivant l'introduction du greffon.


Une telle rapidité est incompatible avec l’élaboration d’une réponse cellulaire ou d’une
réponse humorale (21 jours pour synthétiser des anticorps). Cela signe donc l’existence
d’anticorps pré-existants dirigés contre le greffon (exemple des groupes sanguins : si l'individu
est A, il contient des anticorps pré-existants contre B).

2. Rejet aigu précoce

Il survient entre 48h et 7j (moins d’une semaine) après l'introduction du greffon.


La réponse est trop rapide pour être à médiation humorale (21j) et trop lente pour être due
aux anticorps préexistants : il s’agit donc d’une réponse à médiation cellulaire.

3. Rejet aigu tardif

Il apparaît plus tard, jusqu'à plusieurs semaines (2 à 3 semaines) après l’introduction


du greffon. Il est à médiation cellulaire également.

4. Rejet chronique

Il est plus long à se mettre en place (plusieurs mois à plusieurs années). La réaction
est humorale.

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Alloreconnaissance Alloreconnaissance indirecte
directe

Classification cinétique des rejets de greffe

II. Mécanismes des rejets de greffe

Le mécanisme général met en jeu la reconnaissance entre les cellules dendritiques du


donneur et du receveur et les antigènes du donneur et du receveur.

Cette reconnaissance se fait dans les deux sens :


 les antigènes du donneur présents sur le greffon sont reconnus par les cellules
dendritiques du receveur comme étant du non-soi et déclenchent une réaction de
rejet du greffon
 les cellules dendritiques du donneur présentes dans le greffon vont reconnaître les
cellules de l'hôte comme des antigènes étrangers : il s’agit de la maladie du greffon
contre l’hôte

Dans tous les cas, c’est le CMH du donneur (greffon) qui est reconnu, mais la présentation
antigénique peut être réalisée soit par les cellules dendritiques du receveur (situation
classique : reconnaissance indirecte), soit par les cellules dendritiques du donneur
(reconnaissance directe) présentes sur le greffon.

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Modalités de reconnaissance du greffon par l’hôte

= double reconnaissance

Exemple de réactivité croisée

A. Alloreconnaissance indirecte

La reconnaissance indirecte correspond à la reconnaissance classique et est la plus


longue à se mettre en place.
Lorsque les cellules du greffon se renouvellent, celles qui meurent libèrent des
antigènes du donneur dans le milieu et notamment le CMH du donneur. Ce CMH est capté
par les cellules dendritiques du receveur et internalisé. Il est dégradé par le protéasome.

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Alloreconnaissance indirecte

La reconnaissance est dite indirecte car le CMH du donneur est présenté par les
cellules présentatrices du receveur via le CMH2 du receveur.
Les lymphocytes T (du receveur) qui sont activés dans ce cas sont principalement des
lymphocytes Th2 : on a donc une réponse humorale avec synthèse d’anticorps par les
lymphocytes B sur au moins 21 jours. On a alors un rejet de type chronique (mois voire
années) avec production de facteurs de croissance prolifératifs et fibrinogènes, entraînant
une thrombose du greffon et une perte progressive de fonctionnalité de ce dernier.

B. Alloreconnaissance directe

La reconnaissance directe est non physiologique car les cellules présentatrices ne sont
pas celles du receveur mais celles du donneur qui ont été apportées avec le greffon. Cette
voie d’activation est minoritaire puisque seulement 1 à 5 % des lymphocytes T activés le sont
par cette voie.

En théorie, du fait de la restriction au CMH, les lymphocytes T du receveur ne devraient


pas réagir lorsqu’un antigène leur est présenté par des cellules d’un CMHII différent du leur.
Mais les différences, bien que suffisantes pour déclencher une réponse immunitaire, ne sont
pas forcément assez marquées pour que la restriction au CMH empêche l’activation du
lymphocyte T. En effet, le CMH II est constitué de plusieurs sous-unités, et il suffit que la sous-
unité du donneur reconnue par le CD4 soit relativement proche de celle du receveur pour
que la reconnaissance se fasse, même si toutes les autres sous-unités sont différentes. Il s’agit
de mimique antigénique.

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Alloreconnaissance directe

La reconnaissance est dite directe car les peptides du CMH du donneur sont ancrés
dans la membrane des cellules dendritiques du donneur. Il n’y donc pas d’étape
d’internalisation et apprêtement de l’antigène. Ce CMH est reconnu en tant que CMH du
receveur par mimique antigénique (et en tant qu’antigène par ses sous-unités différentes de
celles de l’hôte). Il présente un antigène interne qui a déjà été apprêté.
Cette reconnaissance est donc plus rapide et aboutit à un rejet aigu précoce par activation
des lymphocytes Th1 avec une réponse cellulaire à l’origine de réactions d'hypersensibilité
retardée (HS IV).

C. Conséquences physiopathologiques

L’alloreconnaissance directe anti-CMH, de nature Th1, joue un rôle essentiel dans les
épisodes de rejet aigu.
L’alloreconnaissance indirecte, orientée vers la voie Th2, la production d’IgG anti-CMH
et de facteurs de croissance, prolifératifs et fibrinogènes, intervient surtout dans le rejet
chronique et la perte de fonction tardive du greffon.

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Conséquences physiopathologiques

D. Cas de la GVHD (cas particulier)

Lors de la GVHD (Greffe Versus Host Disease) ce n'est plus l'hôte qui monte une réponse
immunitaire contre le greffon mais les cellules immunitaires du greffon qui attaquent l'hôte.

On la rencontre avec la greffe de moelle osseuse lors de traitement de leucémie. En


effet, on irradie les cellules leucémiques mais on détruit du même coup les cellules
immunitaires du patient donc il faut greffer de la moelle osseuse pour permettre
l’hématopoïèse (plaquettes et érythrocytes), mais on va conjointement apporter un nouveau
système immunitaire.
On se retrouve avec un individu A possédant le système immunitaire d’un individu B
: pour ce système immunitaire, toutes les cellules de l’individu A sont étrangères. La greffe de
moelle osseuse déclenche ainsi une réponse immunitaire (issu donc du système immunitaire
du donneur) dirigée contre l'hôte, car elle reconnait les molécules de l’hôte comme des
molécules du non soi. Les cellules du donneur sont activées par le relargage d’IL-1 et de TNF-
alpha (cytokines de l'inflammation) puis elles s'autoactivent par IL-2. On cherche à limiter le
GVH, cependant ce phénomène permet de voir que la greffe a fonctionné.

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Mécanisme de la GVHD

Les symptômes sont surtout cutanés, mais on a également des atteintes hépatiques et
rénales.

Ce genre de situation arrive aussi lorsque le receveur est immunodéprimé suite à une greffe
d’un organe comportant des cellules immunitaires.

III. Conséquences

A. Cas de la gestation

La gestion du système immunitaire de


la mère pendant la gestation est un vrai casse-
tête puisqu’elle doit d’une part tolérer le
fœtus qui exprime des antigènes paternels et
donc étrangers (CMH à expression co-
dominante : le CMH du fœtus est une
combinaison aléatoire des allèles du père et
de la mère) et d’autre part maintenir le
milieu utérin exempt de germes. La gestation
est une sorte de greffe. La nécessité d’une
tolérance vis-à-vis du fœtus et d’une forte
efficacité face aux agents pathogènes aboutit
à un équilibre subtil orchestré par le fœtus.

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L’absence de ces mécanismes induit des fausses-couches et des avortements.

Importance de la tolérance immunitaire vis-à-vis du fœtus dans le maintien de la gestation

On notera l’importance des lymphocytes Treg (qui empêchent la réaction du


système immunitaire).

1. Immunosuppression locale

Le fœtus sécrète des protéines qui inhibent la réponse maternelle au niveau du placenta :
 Alpha-foeto protéine
 Il 10 et TGF béta qui inhibent la réponse Th1 cytotoxique
 Blocage de l’activité lytique du complément via CD55 et une protéine inhibitrice
 L’activité NK est également bloquée

Le fœtus possède également des cellules dendritiques tolérogènes qui stimulent les
lymphocytes T régulateurs de la mère.

2. Baisse de l’antigénicité fœtale

Le fœtus essaye de ne pas se faire repérer pour stimuler le moins possible l’immunité
maternelle :
 pas d’expression du CMH sur l’embryon en phase de pré-implantation.
 diminution de l’expression du CMH I et II à la surface des cellules du placenta au
contact avec les tissus maternels et expression de CMH II fœtaux particuliers.
 Insensibilité à l’IFNγ : pas d’augmentation de l’expression du CMH sur les cellules
trophoblastiques.

16/20
Structure impliquées dans la tolérance immunitaire lors de la gestation

Lors d’une gestation, la femelle est donc légèrement immunodéprimée et il faudra


éviter de la vacciner avec des vaccins à germes atténués. De plus, elle pourrait contracter des
maladies opportunistes.

B. Thérapeutique

 PARTIE QUI SERA PLUS ABORDEE L’AN PROCHAIN


1. Les glucocorticoïdes

Les glucocorticoïdes sont des anti-inflammatoires inhibant la synthèse de leucotriènes et


prostaglandines (via l’inhibition de la phospholipase A2) mais aussi des immunodépresseurs en inhibant
la NfkB et diminuant donc la synthèse de cytokines. Ils diminuent la sensibilité des macrophages aux
cytokines et inhibent donc préférentiellement la réponse cellulaire mais ils ont peu d'impact sur la
réponse humorale.
Les effets secondaires sont ceux retrouvés lors d’un syndrome de Cushing. Le chat peut également
présenter un syndrome de fragilité cutanée cortico-induit.

17/20
Traitement par les glucocorticoïdes

2. Les composés cytotoxiques

Ici, il s’agit d’un traitement non ciblé sur les cellules immunitaires, il est donc efficace
mais avec beaucoup plus d’effets secondaires.
On peut citer le méthotrexate (antagoniste de l’acide folique), le cyclophosphamide (agent
alkylant) et l’azathioprine (inhibiteur de la synthèse d’ADN).

3. Les immunosuppresseurs sélectifs

La cyclosporine est un inhibiteur de la calcineurine et donc bloque la production d’IL 2


et les réponses Th. Elle est utilisée comme immunosuppresseur pour prévenir les rejets de
greffe et les dérèglements immunitaires (HS1). Cependant, elle ne détruit pas les cellules de
l'immunité donc si on arrête de la prendre, le greffon est rejeté.

La rapamycine bloque la prolifération des lymphocytes B et T.

4. Le traitement anti-lymphocytaire

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C. Problématique des xénogreffes

Rem : Greffe de rein beaucoup plus fréquente en Angleterre et aux Etats Unis. A l’école, on
travaille sur les porcs, à visée de greffer des mains sur les nouveaux nés

Les greffes sont très peu réalisées en cliniques mais beaucoup plus importantes en clinique.

Conclusion

Les antigènes étrangers du greffon (donc du donneur) qui peuvent être reconnus et
déclencher un rejet sont au nombre de quatre :
• les antigènes du CMH (Centre Majeur d’Histocompatibilité) de classe 1 présents sur
l’ensemble des cellules lorsque le greffon appartient à un individu différent du receveur (pas
en cas de greffe syngénique).
• les antigènes du CMH de classe 2 présents uniquement sur les cellules présentatrices (CPA).
Leur diffusion est davantage restreinte à un certain nombre de cellules.
Cependant, comme les CPA sont nombreuses et largement disséminées, ces Ag sont
également présents en nombre important dans tout l'organisme.
• les antigènes des groupes sanguins (abordés lors du cours sur l’HS2).
• Les antigènes endogènes présentés par le CMH1 (du donneur) à la surface du greffon.

On observe que le rejet allogénique direct (médié par les cellules du donneur et donc le
plus rapide) inhibe le rejet indirect (médié par les cellules du receveur).
De même, lors de réaction du greffon contre l’hôte, on a inhibition des réactions de l’hôte contre le
greffon. L'inconvénient de cette maladie est que si on lutte contre la GVHD, on favorise le rejet aigu de
la greffe par une réponse immunitaire de l'hôte contre le greffon ; à l’inverse, plus la GVHD est présente,
plus l’hôte tolère le greffon. C’est une situation paradoxale.

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Mécanismes de régulation des réactions de rejet

Tableau sur les alloreconnaissances

Connaître par cœur les mécanismes, déf.

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


Déficits immunitaires

Table des matières

I. Aspects cliniques ........................................................................ 3


A. Signes cliniques d’orientation .................................................................. 3
B. Symptômes majeurs ................................................................................. 4
II. Etiologie...................................................................................... 4
A. Déficits primitifs ....................................................................................... 4
1. Rappels sur la genèse des lignées immunitaires................................................................ 5
2. Etude de quelques déficits .............................................................................................. 5

B. Déficits secondaires.................................................................................. 8
1. Importance de la placentation......................................................................................... 8
2. Déficits colostraux .......................................................................................................... 9
3. Déficits non colostraux ..................................................................................................10

III. Diagnostic et thérapeutique ..................................................... 11


A. Diagnostic ............................................................................................... 11
B. Thérapeutique ........................................................................................ 12
Conclusion ..................................................................................... 12

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Objectifs du cours :

Être capable d’appréhender les impacts d’un déficit immunitaire primitif ou


secondaire sur l’état clinique de l’animal.

Objectifs d’apprentissage :

- Connaître la classification des déficits immunitaires.


- Expliquer la symptomatologie rencontrée dans les espèces appréhendées en cours.
- Expliquer la démarche diagnostique aboutissant à une suspicion de déficit immunitaire.
- Justifier la démarche thérapeutique mise en jeu lors de déficits immunitaires.

Introduction/discussion avec le prof


Attention !!!! Ne surtout pas confondre moelle osseuse et moelle épinière, sinon on a
0 au partiel.

Définition : Un déficit immunitaire se définit comme l’absence totale ou partielle d’une des
fonctions du système immunitaire, d’origine génétique, congénitale ou acquise.

Il s’agit généralement de déficits partiels qui ne touche qu’un nombre limité de sous-
populations de cellules immunitaires, car la majorité des déficits totaux sont létaux (déficit
en cellules macrophagiques) et ne sont pas observés en pratique.

Il y a deux manières de classer les déficits immunitaires mais celle que l’on retiendra
est une classification étiologique (en fonction du mode d’action du déficit):

 les déficits immunitaires primitifs sont d’origine génétique. Il s’agit de déficits


congénitaux, héréditaires (en majorité autosomal récessif). Ils se traduisent souvent
par des mort-nés et on ne les diagnostique pas (diagnostic difficile), sauf sur des
chevaux qui valent très cher ou dans certains élevages canins. Autant dire qu’on n’en
verra pas des masses dans notre carrière .
 les déficits immunitaires secondaires sont d’origine acquise (= conséquence ou
résultat de l’action d’un élément extérieur sur la fonction immunitaire). On les
subdivise en déficits colostraux et non colostraux. Contrairement aux déficits
primaires, on sera souvent confrontés à ce type de déficit.

Cette classification a son intérêt en clinique car la thérapeutique sera différente selon
la cause du déficit.

La deuxième façon de classer les déficits est une classification immunologique qui
repose sur la caractérisation des populations déficientes (lymphocytes T, B, NK, ...) mais qui
est moins pertinente médicalement parlant.

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I. Aspects cliniques

A. Signes cliniques d’orientation

Les signes apparaissent à la naissance ou à la disparition des anticorps maternels (de


15 jours à un mois). On peut également citer le cas des immunodéficiences viro-induites (FIV,
FeLV, Panleucopénie féline, …) qui surviennent plus tardivement. Il existe des cas rarissimes
d’infection post-vaccination (avec des vaccins vivants) et de GVH (Graft VS Host, réaction du
greffon contre l’hôte) après une transfusion sanguine.

Les signes d'appel sont nombreux et peu spécifiques : tout sujet présentant des
infections multiples chroniques et/ou récidivantes avec rechute systématique après arrêt du
traitement doit être suspecté d’immunodéficience.
L’individu immunodéprimé n’a en effet pas réussi à éliminer les germes, chose qu’un
individu immunocompétent peut faire avec l’aide du traitement qui ralentit la propagation du
pathogène pour laisser le temps à l’individu de l’éliminer par lui-même. Les signes cliniques
consécutifs à l’infection sont de la fièvre, de l’anorexie …

Ces infections sont essentiellement bactériennes, rarement parasitaires et encore plus


rarement virales : on parle de sensibilité inhabituelle à ces infections. Les germes en cause
sont principalement des germes opportunistes (souvent issus de la flore commensale que
l’individu ne parvient pas à maîtriser), des germes physiologiques ou non pathogènes : ce ne
sont que rarement des germes pathogènes primaires. Il est important de se renseigner sur la
nature du germe isolé et surtout sur le caractère intra- ou extra-cellulaire de la bactérie en
cause afin de savoir si on a un déficit de la réponse immunitaire cellulaire ou humorale.

Il existe néanmoins des associations fréquentes liées à ces déficits immunitaires :


 infections respiratoires (bronchopneumonie, pharyngite, amygdalite)
 infection digestives (diarrhée chronique, stomatites)
 infections ostéoarticulaires (arthrite suppurée, ostéomyélite chronique)
 infections cutanées répétées (pododermatite, pyodermite)
 Lymphadénopathie
 Hépato-splénomégalie
 Trouble de la croissance ou de la pilosité
 Thrombocytopénie et eczéma
 Albinisme partiel ou complet

Ces affections se combinent entre elles suivant la gravité du déficit immunitaire.


Notons que toutes les espèces ne sont pas sensibles aux mêmes types d’agents pathogènes.

3/12
B. Symptômes majeurs

On retrouve, selon l’espèce, des grandes dominantes symptomatiques. Ainsi, on aura


majoritairement des atteintes :
 cutanées chez le chien
 digestives chez le chat
 respiratoires puis articulaires chez le cheval

Néanmoins, ceci correspond uniquement à des sensibilités accrues de chaque espèce,


mais toutes les formes sont possibles chez toutes les espèces.

Symptômes majeurs des immunodéficiences des espèces domestiques


Les symptômes encadrés sont à connaître

II. Etiologie

A. Déficits primitifs

Ces déficits (qui sont le plus souvent congénitaux) sont rares en médecine vétérinaire pour
plusieurs raisons :
- d’une part, les déficits génétiques qui affectent directement les lignées immunitaires
sont souvent responsables de mortinatalité ; on ne rencontre donc pas ces individus
en clinique.
- d’autre part, il est rare de poser un diagnostic de déficit immunitaire chez ces individus
(soit ils sont déjà morts soit ils sont très chétifs et malades, ce sont des non -valeurs
économiques et le propriétaire ou l’éleveur ne voudra pas engager des frais
supplémentaires pour ces animaux).

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Les seuls étudiés sont les déficits autosomiques récessifs. Ces déficits apparaissent
lorsque les anticorps maternels disparaissent. La mort intervient chez des jeunes d’environ
un mois, et il est rare que l’on en cherche la cause.

1. Rappels sur la genèse des lignées immunitaires

Ces déficits primaires peuvent concerner une ou plusieurs des lignées immunitaires à
des stades différents de leur maturation. Il est donc important de connaître la formation des
différentes lignées cellulaires impliquées dans la réponse immunitaire innée (lignées
myéloïdes) ou acquise (lignées lymphocytaires). Cf cours d’hématologie

Différenciation des différentes lignées impliquées dans la réponse immunitaire

Il faut retenir que plus le déficit est précoce dans la lignée et plus il sera grave.

2. Etude de quelques déficits

Selon la précocité du déficit dans une lignée cellulaire, on pourra avoir un déficit de
réponse immunitaire innée ou acquise, ou des deux à la fois. Plus on est près de la cellule
souche, plus le déficit concernera un grand nombre de lignées.

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Schéma simplifié des déficits primitifs et des maladies associées
Encadré: nom des cellules ou de l’organe touchés ; non encadré: nom de la maladie.
DICS : Déficit immunitaire combiné sévère (ou SCID pour les Anglais).

Remarque : le petit a, b, c et d qui suivent sont à lire mais pas à connaître entièrement
par cœur. En effet, nous rencontrerons rarement des déficits primaires.

a) Troubles touchant toutes les lignées

 Hématopoïèse cyclique : atteinte de la production des LT et LB qui varie de manière


cyclique (c’est-à-dire que la présence de lymphocytes augmente, puis diminue, puis ré-
augmente …), avec une production générale des LT et LB amoindrie. Elle concerne
également la lignée granulocytaire.

 Syndrome de Chediak Higashi : ce trouble concerne toutes les cellules cytotoxiques


(monocytes, neutrophiles et T cytotoxiques). Ces lignées sont présentes mais non
fonctionnelles car incapables de détruire l’élément phagocyté. En effet, les granules
primaires et secondaires des neutrophiles ou les lysosomes des monocytes fusionnent
et leur contenu devient inactif par modification du pH, ce qui rend impossible la lyse
du pathogène.
b) Troubles de la lignée lymphoïde

 DICS : déficit immunitaire combiné sévère. L’anomalie concerne le précurseur


commun aux lignées B et T, d’où une lymphopénie pour ces deux types cellulaires. Elle
est fréquente chez le pur-sang arabe aux États-Unis, car l’étalon utilisé pour fonder
les lignées américaines d’Arabe était porteur de l’anomalie et l’a transmise à ses
descendants…

6/12
 Troubles de la lignée T

 A-46 (bovins, bull terrier)


 nanisme hypopituitaire (braque de Weimar)

 Troubles de la lignée B

 a-γ-globulinémie : C’est l’absence de fraction γ dans une électrophorèse c’est-à-


dire une absence d’anticorps. Elle peut-être transitoire (entre l’âge de 2 et 3
mois) lorsqu’il y a un retard de mise en place du système immunitaire. Le
diagnostic est complexe.

 Hypo-γ-globulinémie: il y a présence de lymphocytes B mais déficit en un type


d’immunoglobuline (souvent chez le berger allemand, le doberman…). Cela peut
toucher l’ensemble des classes d’immunoglobulines ou une seule.

Ces troubles sont mis en évidence lorsqu’il n’y a plus d’immunité chez la mère avec une
apparition de symptômes chez les chiots vers 3 mois.

POUR INFO : Maladies à atteinte lymphocytaire les plus fréquentes selon les
espèces (essayez d’en retenir un par espèce)

c) Troubles de la lignée granulocytaire

 Syndrome de granulocytopathie: neutropénie cyclique (baisse de la production des


neutrophiles selon les jours), avec un taux basal bas. Ceci conduit à une forte sensibilité
aux infections bactériennes car l’immunité innée est inefficace. Cette maladie est
rencontrée chez le colley gris.

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 Certaines maladies causent une perte de la lobulation du noyau des neutrophiles : le
noyau est alors trop gros et la diapédèse est difficile (maladie de Pelger Huet chez le
fox- terrier).

Maladies les plus fréquentes à atteints majoritairement granulocytaire

d) Troubles de synthèse du complément

Il existe un déficit en fragment C3 chez l’épagneul breton.


Pour rappel, le complément agit dans l’ADCC, la lyse des bactéries, l’HS2 et l’HS3.

B. Déficits secondaires

Les déficits secondaires correspondent à l’absence totale ou partielle d’une des


fonctions du système immunitaire, acquise après un événement autre que génétique ou
congénitale.

Deux étiologies sont possibles :


 Déficit colostral
 Déficit non colostral : infectieux ou non

1. Importance de la placentation

L’existence ou non d’un transfert d’immunité placentaire est directement lié à la


placentation et va conditionner la nécessité de la prise colostrale. Il est donc fondamental de
connaître le type de placentation des différentes espèces.
On rappelle que le placenta n’est pas une annexe fœtale mais la surface d’échange entre le
fœtus et la mère, c’est-à-dire la jonction utéro-choriale.

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 les primates, le lapin et les rongeurs sont à placentation hémo-choriale. C’est la
placentation la plus perméable : il existe donc un transfert placentaire
d’immunoglobulines dans ces espèces et la prise de colostrum est sans influence sur
le jeune.
 les carnivores sont à placentation endothélio-choriale. Le passage transplacentaire
existe mais est plus limité.
 les ruminants ont une placentation syndesmo-choriale (= conjonctivo-choriale). Le
passage transplacentaire est quasi inexistant.
 le cheval et le porc ont une placentation épithélio-choriale n’autorisant aucun
passage d’immunoglobulines. La prise de colostrum est donc indispensable !

Les défauts de transfert passif d’immunité maternelle peuvent être congénitaux


ou colostraux. Un déficit congénital est un déficit acquis au cours de la gestation : il peut être primaire
s’il perturbe le développement des lignées immunitaires du fœtus ou acquis s’il s’agit d’un défaut de
transfert passif d’immunité maternelle transplacentaire.
Lors du défaut de passage placentaire (rare), il y a absence de transfert placentaire
d’immunoglobulines. Attention, ceci ne concerne que les espèces où les anticorps passent la barrière
placentaire, à savoir les primates, les carnivores, le lapin et les rongeurs. Ils sont peu fréquents.

2. Déficits colostraux

Il y a absence de transfert d’immunité colostrale. Ceci concerne les herbivores et plus


particulièrement le poulain qui est très dépendant de l’apport d’immunoglobulines
colostrales car la jument possède la placentation la plus imperméable.

Chez le poulain, on considère que le taux sérique en IgG maternels doit être supérieur
à 8g/L pour que l’animal soit sain. Entre 4 et 8g/L, le risque d’infection est accru et en dessous
de 4g/L, une infection sévère est assurée. On considère que 20 à 25% des poulains naissent
avec un déficit partiel ou total, causé essentiellement par un colostrum de mauvaise qualité.

Importance des IgG sériques pour l’immunité du poulain

Remarque : en plus lors de son 1er poulinage, la jument est souvent une mauvaise mère du
fait du manque d’instinct maternel.

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Plusieurs étiologies sont possibles :

1) Défaut de production par la mère :


Cela correspond soit à un colostrum contenant peu d’anticorps (défaut de qualité) soit
à un colostrum produit en quantité insuffisante (défaut de quantité).
Une hypoproduction se rencontre notamment lors de naissances prématurées (sécrétions
colostrales pas assez accumulées) ou de lactations prématurées (perte excessive avant les
premières tétées). Plus de 28% des juments produisent un colostrum de mauvaise qualité !

2) Défaut d’ingestion du colostrum :


Les petits ne prennent pas assez de colostrum. Cela peut être dû à la mère qui ne laisse
pas téter son petit (absence d’instinct maternel chez les primipares) ou au petit (nouveau-né
trop faible pour s’alimenter ou comportant des malformations l’en empêchant (défaut de
mâchoire (veau BVD), trayons endommagés…)). Lorsque la portée est trop nombreuse
(porcins, ovins), il y un phénomène de compétition entre les petits où les plus forts prennent
tout le colostrum et ne laissent pas téter les plus faibles.

3) Défaut d’absorption du colostrum:


Le colostrum est de bonne qualité, ingéré en bonne quantité mais le petit ne peut
l’absorber correctement du fait d’une mauvaise perméabilité de la barrière intestinale. C e
défaut se rencontre surtout chez le poulain et l’alpaga.

3. Déficits non colostraux

Ce sont toutes les étiologies autres que celles liées à la prise de colostrum. On retiendra
donc essentiellement la distinction colostrale/non colostrale pour les déficits acquis.

 Origine infectieuse

Ils sont causés par des virus, des bactéries ou des parasites. Ils sont responsables d’une
immunodépression qui peut être ponctuelle ou définitive.

Déficits secondaires non colostraux d’origine infectieuse

NB : Parvovirose du chat = Typhus = Panleucopénie féline, déficit (« pénie ») de toutes


(« pan ») les lignées leucocytaires (« leuco »).

10/12
La pathogénie peut être propre de l’infection ou secondaire de l’infection. Par
exemple, dans le cas de la FIV, ce sont les LT4 qui sont touchés et l’individu meurt souvent
d’une infection secondaire.
Les infections bactériennes ne sont pas directement responsables du déficit
immunitaire, contrairement aux virus se multipliant directement dans certaines cellules
immunitaires (VIH et Tcd4). Elles peuvent par exemple être responsables d’aplasie médullaire
secondaire à médiation immune par proximité antigénique (le ‘ ?’ du tableau n’indique donc
pas qu’on ne sait pas si ça existe).

 Origine non infectieuse

On les classe en trois catégories: iatrogène (causé par un traitement), hormonale et


néoplasique. Il existe des origines alimentaires dans certaines situations physiologiques
(fatigue, gestation…).

Principales étiologies non infectieuses de déficit acquis non colostral


MAI : Maladie Auto-Immune

Les corticoïdes chez les chiens et les chats sont peu immunodépresseurs avec une
action anti-inflammatoire très forte, contrairement à l’homme chez lequel ils sont très
immunodépresseurs.

III. Diagnostic et thérapeutique

A. Diagnostic

 D’un point de vue clinique, on va suspecter un déficit en cas d’infections (bactériennes


surtout) récidivantes, chroniques et résistantes aux traitements.

 Il existe ensuite différentes techniques de diagnostic :


 NFS : numération-formule sanguine permettant la mise en évidence de
lymphopénie, leucopénie, granulocytopénie.

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 Electrophorèse des protéines sériques : mise en évidence d’un déficit en
gammaglobulines. A retenir !
 Techniques de mise en évidence d’un déficit colostral (colostrum de mauvaise
qualité) : dosage au colostromètre, test de turbidité au sulfate de zinc, Mancini
(peu cher), agglutination sur billes de latex, électrophorèse ou ELISA.
 Analyse plus spécifique, chère et d’intérêt limité : dosage des classes d’anticorps,
dosage d’interleukine, dosage du complément, étude de la prolifération
lymphocytaire, etc. On ne fait ces analyses que sur des chiens ou des chevaux de
race.

B. Thérapeutique

 Elle est surtout symptomatique. On utilise pour cela des antibiotiques à large spectre
de manière préventive et régulière pour éviter que des infections ne se développent
et on prend des mesures hygiéniques.

 Une thérapeutique palliative peut être mise en place face aux déficits secondaires
colostraux par administration de colostrum congelé par exemple.

Ex de gestion du déficit colostral du poulain et du veau:

- Si le petit a moins de 15h, on lui fait avaler 2 ou 3 L de colostrum (dépourvu d’anticorps


anti-érythrocytaire) en 3-4 fois, à une heure d’intervalle. On peut aussi administrer du
plasma ou du sérum par voie orale (mais au moins 9L car la concentration en anticorps
est plus faible).
- Si il a plus de 15h, on le perfuse pour obtenir un minimum de 4g/L d’IgG maternelles
(10g/L pour un veau).

 Il existe une thérapeutique correctrice mais elle reste rare. Elle consiste en une greffe
de moelle osseuse ou de foie fœtal (pour le cheval et le chien), de cellules souches
(mais risque de rejet de greffe), ou en l’administration d’immunostimulants
(lévamisol).

Conclusion

En médecine vétérinaire, le déficit immunitaire est une entité pathologique difficile à


mettre en évidence et dont la thérapeutique est compliquée et d’intérêt limité.

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


Vaccinologie
Lors de notre travail en clinique, nous serons confrontés à de nombreuses questions
de la part des clients à qui nous devrons savoir répondre.
 Les rappels vaccinaux sont-ils nécessaires ?
 Quel type (vivant / atténué / tué) de vaccin, en fonction de leurs différentes propriétés,
utiliser (efficacité vs dangerosité) ?
 Faut-il vacciner dans le cas de la rage en France ? Quelle est la réglementation en
vigueur ?
 Faut-il vacciner un chat qui ne sort pas ? Y a-t-il une nécessité de vaccination ?
 Par rapport à l’âge de la primo-vaccination, quelles sont les conséquences d’une
vaccination trop précoce ?
 La vaccination rend-elle malade ?
 Quel est le prix d’un vaccin ?
 Lors d’une consultation de médecine préventive, pourquoi vaccine-t-on un animal en
bonne santé ?

Objectifs des cours de vaccinologie :

 Appréhender le concept de vaccination et mettre en rapport les vaccins et leurs


propriétés, avec le fonctionnement du système immunitaire.
 Comprendre les notions et problématiques liées à l’utilisation des vaccins à l’échelle
d’un individu ou d’une population pour pouvoir argumenter une discussion.
 Être capable d’expliquer la notion de protection
 Être capable d’expliquer les mécanismes d’installation d’une réponse vaccinale
 Expliquer et illustrer les notions d’immunité passive, active, naturelle, artificielle dans
les principales espèces d’intérêt vétérinaire
 Expliquer les avantages et inconvénients des différents types d’immunités
 Expliquer les avantages et inconvénients des différents types de vaccins

Ce cours se compose de trois grandes sous-parties :

 Les généralités sur les immunités (CM13)


 La vaccination (CM14)
 Les vaccins (CM14)

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2
Généralité sur les immunités

I. Immunités actives .................................................................................... 8


A. Réponse primaire ................................................................................................... 8
B. Réponse secondaire................................................................................................ 9
II. Immunité passive ....................................................................................11
A. L’immunisation passive artificielle : la sérothérapie .............................................. 11
B. L’immunité passive naturelle : la prise colostrale .................................................. 12

Ce cours s’est déroulé en deux parties :


 Pendant 50 minutes, le cours était sous forme de questions/réponses/discussion, sans
diaporama, avec beaucoup de digression.
 Pendant les 10 dernières minutes, le prof a déroulé ses diapos et complété les
quelques points qui n’avaient pas été abordés avant.

Lisez bien le raisonnement, certaines définitions ne sont pas redonnées par la suite.

Raisonnement/Echange

La vaccination est un sujet primordial pour tous ceux qui feront de la pratique clinique.
Elle représentera une bonne part de notre quotidien et c’est ce qui nous fera vivre : ne coute
quasiment rien mais mobilise une bonne part de nos compétences intellectuelles.
Pour commencer, rappel d’une définition très importante :
Immunité : ensemble des mécanismes biologiques qui visent au maintien de l’intégrité de
l’organisme, ce qui implique la reconnaissance du soi et le rejet du non soi.

On peut classer l’immunité selon une double classification :


 Active/passive :

- Immunité active: stimulation du SI et des effecteurs propres de l’individu qui va réagir


face à un antigène donné.
- Immunité passive: les effecteurs de l’immunité sont transférés d’un individu à un autre.

2/14

2
Cette immunité peut être curative et/ou protectrice (ex : la vaccination). Même lorsque l’on
parle de la vaccination, n’oubliez pas qu’il y a une immunité humorale et cellulaire…. Les
étudiants oublient toujours la deuxième !

 Naturelle/artificielle :

- Immunité naturelle : immunité qui s’installe sans intervention de l’homme.


- Immunité artificielle : immunité qui s’installe avec intervention de l’homme à une
étape.
Exemples :

Immunité Naturelle Artificielle


Active Réponse ordinaire contre une infection Vaccin
Passive Prise de colostrum Sérothérapie

Associez les exemples au bon mécanisme d’immunité :

a) active naturelle 1) sérothérapie (pour Edward)

b) active artificielle 2) infections

c) passive naturelle 3) transfusion

d) passive artificielle 4) vaccination

5) colostrum, passage placentaire, œuf


Rep : a2, b4, c5, d1 et d3

Il existe différentes phases dans la réponse immune :


 Réponse innée
 Réponse adaptative :
o Réponse primaire : qui se déclenche avec l’Ag lors du 1er contact, capable d’induire
une RI mémoire (Attention condition importante). Il existe en effet des Ag incapables
d’induire une RI mémoire.
o Réponse secondaire : après mise en mémoire.
La réponse primaire est basée obligatoirement sur l’action d’IgM (molécule
pentamérique), elle ne persiste pas longtemps, nécessite peu d’Ac et est moins rapide que la
réponse secondaire à se mettre en place. La réponse secondaire est quant à elle plutôt basée
sur les IgG, on a une maturation qui permet aux Ac d’avoir une affinité plus forte et ainsi d’être
plus spécifiques.

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2
Entre la réponse primaire et secondaire a lieu un changement d’affinité. En effet, on
passe d’une molécule pentamérique (= les IgM) qui présente 10 paratopes (de faible affinité)
mais qui ne peut fixer que 5 Ag en raison de l’encombrement stérique, à une molécule (=IgG)
à 2 paratopes (forte affinité) qui peut fixer 2 Ag identiques. Les IgM présentent des liaisons
moins intenses mais plus nombreuses à l’inverse des IgG. On a donc, en passant des IgM aux
IgG, un passage de faible à forte affinité : il s’agit de la maturation d’affinité. Cette maturation
a lieu dans le nœud lymphatique.
Cependant, entre ces molécules, il n’y a pas forcément de changement d’avidité (l’IgG
fixe 2 molécules avec une forte affinité tandis que l’IgM fixe 5 molécules avec une faible
affinité, il y a donc une sorte d’équilibre).
Rappel : avidité : force qui résulte du nombre de liaisons et de leur intensité. On peut
donc bien avoir la même avidité entre IgM et IgG.
ATTENTION : ne pas confondre la maturation d’affinité avec la commutation
isotypique. Au cours de la commutation isotypique, on change d’isotype : on passe de l’IgM à
l’IgG grâce à l’échange de parties constantes. Contrairement à la maturation d’affinité qui
correspond au passage d’une faible affinité à une forte affinité.

Schéma RI primaire et secondaire en cas d’Ag thymodépendant

Ce schéma est à traduire en termes biologiques. Il ne concerne que les cas où l’antigène
est thymo-dépendant : Ag qui stimule les LB et LT.

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2
La différence entre ces 2 types d’Ag réside dans la présence d’un épitope pour LT : il
s’agit d’un bout de protéine (9 aa pour TH1, une vingtaine d’aa pour Th2). Les Ag thymo-
dépendants sont protéiques tandis que les Ag thymo-indépendants peuvent être protéiques
mais sont surtout des sucres qui sont sur la paroi des bactéries, c’est pourquoi on monte une
réponse primaire à répétition contre certaines bactéries. Dans le cas d’Ag thymo-
indépendant : on a que des réponses primaires, ce qui explique pourquoi on peut faire
certaines angines à répétition.
Dans le cas de la RI primaire, on observe un temps de latence long qui est du à la
reconnaissance de l’Ag, l’activation, la prolifération et la différenciation = 4 premières phases
de la RI, qui ont lieu dans les OL secondaires. Il y a synthèse d’IgM, qui s’arrête ensuite parce
qu’il n’y a plus d’Ag et qu’il y a régulation de la RI. Il y a un phénomène de commutation
isotypique : c’est la même cellule qui produit des IgM puis des IgG.
Lors de la réintroduction de l’Ag, on observe une production d’Ac rapide et forte (Ac différents
de la RI primaire) puis persistance avec décroissance lente contrairement à la réponse
primaire où il y a non persistance avec décroissance rapide. Dans ce cas, les cellules mémoires
sont circulantes ou dans les NL.
On peut aussi avoir le cas de la persistance antigénique, dans ce cas on aura présence
d’IgM et d’IgG.

 Comment fonctionne la réponse secondaire ? Y a-t-il malgré tout persistance de la


réponse primaire qui est masquée par la réponse secondaire ?
Non, les 2 mécanismes ne se superposent pas sinon la réponse secondaire n’a pas lieu
d’être.
Petite anecdote pour comprendre le fonctionnement de l’immunité : il y a deux types
de soldats à la guerre:
les LB qui se rapprochent des archets et qui vont se cacher dans la moelle et les LT
qui sont les soldats qui ont les épées et doivent aller au contact de l’infection. Les
Ac sont les flèches.

A partir de là nous vous avons remis certains points traités par les NOQ.

La vaccination est un acte médical à part entière :


 Acte médical strict : piqûre.
 Exercice de communication : pour un propriétaire, on n’a pas le droit de rendre
malade un animal qui ne l’est pas.
Il faut absolument appliquer un principe de précaution : pas plus d’effets négatifs que d’effets
positifs ! Or on ne voit pas les effets positifs mais seulement les effets négatifs si ils
apparaissent.

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 Quelles sont les caractéristiques de la réponse vaccinale ?
On cherche une réponse spécifique mais surtout une immunité protectrice de longue
durée. Pour avoir cette réponse (mémoire) il faut un antigène protéique !
Ne confondez pas immunité protectrice (qui permet une protection contre un agent
pathogène) et efficace (qui déclenche une réponse immunitaire mais pas forcément contre le
bon agent).
On retrouve peu de vaccins antibactériens sur le marché (vaccins contre la Leptospirose,
Bordetella et la tuberculose) car les bactéries sont entourées d’une paroi lipidique et non
protéique.
 Quelle est l’histoire d’un vaccin ?
Nous allons prendre l’exemple du vaccin de la grippe (association de neuraminidases et
hémagglutinines présentées à la surface d’un Parainfluenza virus).
Les antigènes sont injectés et sont captés par des CPA qui circulent et qui vont ensuite
migrer jusqu’aux nœuds lymphatiques. /!\ Ne dites pas ganglions !!

Structure d’un nœud lymphatique (internet)

Les lymphocytes T se trouvent dans le paracortex du nœud lymphatique, tandis que


les lymphocytes B se trouvent dans le cortex.
Les antigènes du vaccin ne circulent pas via le sang, ils sont injectés en sous-cutané ou
en intramusculaire : ils restent donc dans le muscle et ce sont les CPA qui les trouvent en
circulant ! C’est dans le nœud lymphatique que se déroulera la commutation isotypique.

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2
Introduction

L’immunité correspond à l’ensemble des mécanismes biologiques qui conduisent au


maintien de l’intégrité de l’organisme (pluricellulaire). Cela implique la cohérence du « soi »
et le rejet du « non soi ».

Rappel : On peut immuniser un individu de manière active ou de manière passive :

- Immunité active: stimulation directe du système immunitaire du sujet qui déclenchera


une réponse primaire ou secondaire. Dans cette situation, le contact avec un antigène
induit activement la production d’anticorps afin de lutter contre l’élément du « non
soi ». Ex : l’infection par un virus, ou la vaccination.

- Immunité passive: Immunité obtenue par transfert des effecteurs de la réponse


immunitaire sans mettre en jeu le système immunitaire de l’individu. Dans ce cas-là, on
transmet les anticorps orientés contre la maladie directement à l’organisme naïf. Ex :
la sérothérapie, ou la prise de colostrum.

Comparaison entre immunité active et immunité passive (ex du tétanos)

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Les différents types d’immunité acquise

I. Immunités actives

L’immunisation active est l’immunité résultant de l’activation du système immunitaire


propre de l’organisme qui réagit à une agression.
Son avantage est l’obtention d’une mémoire immunitaire après un contact avec un
antigène thymo-dépendant. Elles sont cependant lentes à se mettre en place lors d’un
premier contact avec un antigène

On s’intéressera surtout à la réponse anticorps.

A. Réponse primaire

Quand ? Elle se produit lors du premier contact avec un


antigène T-dépendant ou à chaque contact avec
antigène T-indépendant.

Caractéristiques : cette réponse primaire se caractérise


par 6 critères :

- sa lenteur,
- un temps de latence élevé,
- une faible production d’anticorps,
- une sécrétion principalement composée d’IgM,
- une faible affinité, 1: Cinétique de la réponse immunitaire
primaire
- une décroissance rapide.

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2
B. Réponse secondaire
Quand ? Elle se produit uniquement lors du deuxième contact avec un antigène thymo-
dépendant.

Caractéristiques : elle possède

- un temps de latence plus faible que celui de la réponse primaire,


- une production d’anticorps plus rapide et plus intense,
- une commutation isotypique,
- une maturation d’affinité,
- une décroissance plus lente,
- une mémoire cellulaire.

La commutation isotypique (ou commutation de classe) est un processus qui, lors de la


maturation d'un lymphocyte B, permet de changer l'isotype (classe) des
immunoglobulines produites : on passe donc d’une réponse IgM à une réponse IgG.

Cinétique des réponses primaire et secondaire

N.B. : avec un antigène persistant, il est possible d’obtenir une réponse secondaire fusionnée
avec la réponse primaire dès le premier contact, puisque l’antigène continue de stimuler le
système immunitaire et assure la maturation de la réponse. C’est le cas avec les vaccins
vivants.

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Réponse primo-secondaire fusionnée

Réponse primaire Réponse secondaire

Deuxième contact ou contact


Contact déclenchant Premier contact
persistant
Immédiat (temps de latence plus
Délai d’apparition Latence (10j), réponse lente
faible)
Rapidité de production
Faible (phase de croissance) Élevée
d’anticorps

Intensité et affinité de la Élevée


Basse, faible affinité
production d’anticorps
Élevée, décroissance lente et mise en
Durabilité de la réponse Faible (décroissance rapide)
place d’une mémoire cellulaire !
Classe d’Anticorps IgM IgG (commutation isotypique)
Type d’antigène tous Thymo-dépendants (protéines)

Comparaison des deux réponses immunitaires I et II

Ces immunités actives sont acquises :

 soit naturellement :
- Immunités actives naturelles
- Immunités anti infectieuses
- Immunité de greffe
- Immunité anti-tumorale

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 soit artificiellement :
- Immunités actives artificielles
- Vaccination

II. Immunité passive

L’immunisation passive consiste en la mise en place d’une immunité par transfert


d’effecteurs spécifiques dans un organisme (par exemple les IgG). Ces effecteurs sont
fabriqués chez un autre animal, ils fournissent une protection immédiate « immunité de
l’urgence » mais de courte durée et sans mémoire.

Ces immunités passives sont acquises :

 soit naturellement :
- Immunité passive naturelle
- Immunité maternelle
 soit artificiellement :
- Immunité passive artificielle
- Sérothérapie

A. L’immunisation passive artificielle : la sérothérapie

Il s’agit de l’injection d’un sérum contenant des immunoglobulines homologues (de la


même espèce) ou hétérologues dirigées contre l’élément pathogène.
Exemples : sérum antitétanique, sérum anti maladie de Carré chez le chien, sérum anti anthrax
pour le bétail, sérum anti typhus chez le chat, sérum anti rougeole chez l’homme…

La fabrication du sérum se fait par hyperimmunisation de chevaux, ce qui provoque une


maladie sérique chez le cheval (HS3). On peut prendre l’exemple de la production d’immun
sérum anti-toxine tétanique : on infecte un cheval et on récupère les IgG3 (ou IgG(T))
antitétaniques.

L’antisérum obtenu est administré à des individus récemment infectés (utilisation


thérapeutique).

Test et titrage en comparaison au standard biologique international :

Pour le sérum antitétanique, la dose varie en fonction des symptômes et des espèces:

>1500 UI pour les chevaux et le bétail.


> 500UI pour les veaux, moutons, chèvres et porcs.
>250 UI pour les chiens.

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Pour les espèces (ex: le chien) qui reçoivent un sérum hétérologue (fourni par un
individu d'une espèce différente de celle à laquelle appartient un individu auquel on l'injecte),
il peut y avoir une immunisation contre les anticorps provoquant un choc anaphylactique à la
deuxième injection.

Vitesse de dégradation des Ig équines antitétaniques selon l’espèce ciblée

En rouge : hétérologue : vitesse de décroissance basée sur le catabolisme des protéines


En bleu : homologue : vitesse de décroissance basée sur la ½ vie naturelle des Ac

B. L’immunité passive naturelle : la prise colostrale

Il n’y a pas de transfert passif de l’immunité in utero (sauf partiellement chez les
carnivores : 5 à 10% des immunoglobulines G maternelles sont transmises in utero).

Le colostrum est donc primordial dans les toutes premières heures de vie pour le
transfert des immunoglobulines et des cellules T principalement. En effet, les propriétés de
l’intestin du nouveau-né permettent le passage des immunoglobulines à travers la muqueuse
entérique puis dans la circulation générale.

Cette perméabilité diminue rapidement dès les premières heures. Ces


immunoglobulines vont permettre une immunité locale et systémique.

Souvenez-vous bien que la quantité d’immunoglobulines dans le lait est en rapport


avec le type de placentation : en effet plus il y a de couches, moins il y a d’Ig qui
passent via le placenta et meilleure doit être la qualité du lait à la naissance pour
compenser.

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Primate Chien/Chat Ruminant Cheval

Epithélio-chorial ou
Hémo-chorial Endothélio-chorial Epithélio-chorial
conjonctivo-chorial

3 couches 4 couches 5 ou 6 couches 6 couches

Les différents types de placentation

Conclusion :
Le prof n’a pas fait de conclusion pour ce chapitre, donc nous vous proposons de vous reporter
à la discussion si jamais vous ne l’avez pas déjà lue.

Immunité spécifique ou acquise ou adaptative

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


La vaccination et les vaccins

Table des matières

I. La vaccination, à quoi ça sert ? .................................................................... 3


A. Découverte historique de la vaccination ....................................................................... 3
B. Un vaccin qu’est-ce que c’est ? ...................................................................................... 4
C. L’immunité vaccinale ...................................................................................................... 5
II. Vaccination individuelle versus vaccination collective ?............................. 7
A. Hypothèse 1 : Propagation de la maladie sans vaccination.......................................... 7
B. Hypothèse 2 : couverture vaccinale de 50% .................................................................. 7
C. Hypothèse 3 : Couverture vaccinale à 80%.................................................................... 8
III. Est-ce sans risque ?...................................................................................... 9
A. Un peu de philosophie pour commencer….................................................................... 9
B. Classification des vaccins : une balance bénéfice/risque différente ............................ 9
C. Les risques réels associés à la vaccination ................................................................... 13
D. Le rôle de l’adjuvant ..................................................................................................... 16
E. Les échecs vaccinaux .................................................................................................... 17
F. La perception du vaccin dans la population ................................................................ 20

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Introduction :

La vaccination fait partie de la médecine préventive dont le but est de conserver un


animal sain.

C’est le nombre supplémentaire de morts en France l’année dernière à cause de la


grippe. Le vaccin contre la grippe est réalisé chaque année en fonction du virus qui circule
dans le monde. Dans ce vaccin, ce qui est important c’est la composition par rapport aux
antigènes H (hémagglutinine) et N (neuraminidase), composition qui est à adapter chaque
année.
L’année dernière, le vaccin était efficace contre deux souches de la grippe mais pas contre la
troisième. Dans la population, une pensée s’est alors installée « le vaccin contre la grippe n’est
pas efficace » ! Ce vaccin était partiellement intéressant puisqu’il protégeait partiellement
contre la grippe et ce n’est pas une raison pour ne pas l’utiliser. Dire : « le vaccin ne protège
pas contre la grippe donc je ne vais pas me faire vacciner » est un acte irraisonnée et
irresponsable selon le prof car je vais participer à la transmission du virus.
Autre point abordé : il ne faut pas oublier qu’un vaccin est un médicament donc il peut
avoir, comme tout médicament, des effets positifs dans la majorité des cas mais également
des effets néfastes chez une minorité de cas et il ne faut pas cacher ça. Attention, le prof
ne néglige pas les effets néfastes qu’il y aura sur la minorité de personnes mais on doit séparer
dans notre tête le côté individuel et le côté collectif. En effet, le principe de la vaccination, ce
n’est pas de se protéger soi, c’est de protéger la population. Le prof a insisté en disant que
si nous n’avons pas conscience de ça, nous ne serons pas d’accord avec la vaccination.
Il nous faut garder à l’esprit que dans le code rural, nous sommes les garants de la santé
publique.

Par ailleurs, on ne peut pas parler de LA protection au sens général, chaque vaccin a
un mode de fonctionnement différent qui est lié à la pathogénie des agents contre lesquels
on vaccine. Dans ce cours, on va parler de la vaccination en générale mais il est illusoire de
penser que vacciner contre une parvovirose chez le chien est pareil que de vacciner contre
une Salmonelle chez les Bovins, contre le Papillomavirus chez la femme, contre un coronavirus
chez le chat, etc.
Pour chaque vaccination la réponse est différente, plus ou moins efficace et plus ou moins à
risque. La protection permet donc l’une ou l’autre des propriétés suivantes :

 Empêcher les signes cliniques


 Empêcher la transmission d’un individu à l’autre
 Empêcher le partage asymptomatique
 Diminuer les séquelles

2/22

2
 Empêcher la pénétration/l’infection

Dans ce cours, nous allons essayer de répondre à trois questions :


 La vaccination, à quoi ça sert ?
 Vaccination individuelle versus vaccination collective ?
 Est-sans risque ?

I. La vaccination, à quoi ça sert ?

Un vaccin, ça sert à PROTEGER !


La vaccination permet la protection d’une population pour assurer une protection
individuelle et non le contraire.

A. Découverte historique de la vaccination

Certaines maladies ont tenu une place remarquable dans l’histoire de la vaccination.
C’est le cas par exemple de la variole (occasionnée par un poxvirus = le cow-pox ou virus de
la vaccine), appelée aussi ‘’petite vérole” (la grande vérole est la syphilis). La variolisation a
été introduite vers 1700 par Lady Montaigu (en Turquie), qui prenait des excoriations de
personnes atteintes de la variole et les inoculait à des personnes saines (scarification avec les
croûtes des malades…= variolisation) pour déclencher une réaction de faible amplitude et
ainsi protéger ces personnes. Il persistait néanmoins un fort risque d’inoculer directement la
maladie avec cette méthode.

Expression clinique de la variole


La première vaccination proprement dite a été introduite par le chirurgien Edward
Jenner, le 14 mai 1796, à la suite de l’observation de la protection contre la variole acquise

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2
par les trayeurs atteints du ‘’cow-pox” ou ‘’vaccine” des trayeurs (vaccine vient de vaca =
vache en latin) : c’est de la vaccination hétérologue.

Démonstration de l’efficacité des vaccins (voir les pourcentages de réduction des


différentes maladies après vaccination)

B. Un vaccin qu’est-ce que c’est ?

Définition d’un vaccin :


C’est une préparation antigénique qui a pour but d’induire chez l’individu vacciné une réponse
immunitaire spécifique d’un élément agresseur capable de le protéger contre l’infection naturelle,
ou d’en atténuer les conséquences (réduire les symptômes, diminuer ou empêcher l’excrétion, voire
approche thérapeutique).

Le vaccin doit posséder 7 caractéristiques :

 Absence d’effets adverses = innocuité


 Efficace (parfois, innocuité et efficacité sont difficilement compatibles)
 Bon marché (en médecine vétérinaire car le propriétaire paie pour un acte dont il ne
voit pas les conséquences).
 Stable
 Adaptable à la vaccination de masse.
 Sur le plan immunologique :
o Stimulation optimale des CPA et production de cytokines.
o Les lymphocytes T et B doivent être sollicités pour produire de nombreuses
cellules mémoires.
o Plusieurs épitopes nécessaires pour prévenir les variations individuelles (CMH)
 Doit stimuler une immunité solide distinguable de l’infection naturelle (« DIVA
vaccines »). Rappel : DIVA = Differentiating Infected from Vaccinated Animals

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2
C. L’immunité vaccinale

Il faut bien comprendre que l’immunité vaccinale est variée.


 Protéger contre l’infection : empêcher l’infection de l’organisme au sens strict
(pénétration de l’agent pathogène) ou au sens large (pénétration et neutralisation
précoce).

Protection contre l’infection

Exemples : - Vaccin à réponse muqueuse protectrice au sens strict : vaccin contre la toux de
chenil.
- Au sens large : le vaccin contre la rage, contre les rotavirus chez les bovins,
contre le typhus du chat.

 Protéger contre la maladie : empêcher l’expression du pouvoir pathogène de l’agent


infectieux et diminuer l’intensité des symptômes.

Protection contre la maladie


Exemples : Vaccin contre la leucose féline, contre la leishmaniose canine, contre la
leptospirose (Versican L3).
 Protéger contre l’excrétion de l’agent pathogène : empêcher la dissémination de l’agent
pathogène dans l’environnement et réduire l’infectivité de l’agent pathogène.

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2
Protection contre l’excrétion

Exemples : Vaccin contre l’IBR, contre la leptospirose (Nobivac L4), etc.

 Cas particulier : l’immunité de prémunition : un micro-organisme non pathogène se


multiplie et stimule la réponse immunitaire pour empêcher l’installation de l’infection .

Immunité de prémunition

Exemple : Vaccin du BCG (contre la tuberculose, on injecte des mycobactéries non pathogènes
qui entretiennent une réponse immunitaire basale), anciennement de scourvax (contre les
rotavirus per os à la naissance des veaux).

Ce qu’il faut comprendre et retenir à propos de la protection vaccinale :

 Elle dépend de la maladie considérée :


 Absence d’infection (cas d’une immunité muqueuse neutralisante)
 Diminution de l’infection
 Tolérance de l’infection, avec diminution ou absence d’expression
symptomatique de la maladie
 Diminution de l’excrétion
 Elle dépend de l’individu ciblé
 Elle dépend du vaccin utilisé

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2
II. Vaccination individuelle versus vaccination collective ?

A. Hypothèse 1 : Propagation de la maladie sans vaccination

On se place dans le cas d’une population naïve, c’est-à-dire n’ayant jamais été exposée
à l’agent pathogène et n’ayant jamais été vaccinée. Chaque malade est figuré en rouge. La
propagation est propre à chaque agent pathogène : bactéries, virus…

B. Hypothèse 2 : couverture vaccinale de 50%

Voyons maintenant la situation avec 50% de la population vaccinée. Les individus


vaccinés sont figurés en vert. La propagation de la maladie est complètement différente.
Toute la partie droite est préservée.

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Au final nous avons une partie de la population protégée directement par le vaccin
comme attendu et en plus une autre partie qui aura été préservée par une non-exposition à
la maladie. Ce sont les individus vaccinés autour de cette population qui auront endigué la
propagation de l’agent pathogène : c’est ce phénomène de protection supplémentaire qui
s’appelle « immunité de troupeau » (ou « herd immunity). Les individus protégés ainsi sont
ici figurés en violet.

C. Hypothèse 3 : Couverture vaccinale à 80%

Dans cette troisième hypothèse, le taux de couverture vaccinale passe maintenant à


80%. La propagation de la maladie est enrayée rapidement. L’immunité de troupeau joue alors
à plein régime et une grande partie de la population est protégée soit directement soit
indirectement. C’est le rationnel pour une couverture vaccinale élevée. En effet, on protège
non seulement les individus accessibles par les systèmes de santé mais aussi indirectement
les plus démunis qui en sont exclus. C’est pourquoi le vaccin prend toute sa place dans les
politiques de santé publique.

Il y a donc possibilité de choisir la population cible à vacciner pour aboutir à la


protection recherchée.

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III. Est-ce sans risque ?

A. Un peu de philosophie pour commencer…

« On dit doucement, dans l’Europe chrétienne, que les Anglais sont des fous et des enragés :

des fous, parce qu’ils donnent la petite vérole à leurs enfants, pour les empêcher de l’avoir,
des enragés, parce qu’ils communiquent de gaieté de cœur à ces enfants une maladie
certaine et affreuse, dans la vue d’un mal incertain. »

Introduction de la XI° lettre Philosophique – Voltaire

« Les Anglais, de leur côté, disent : « Les autres Européens sont des lâches et des dénaturés :

Ils sont lâches, en ce qu’ils craignent de faire un peu de mal à leurs enfants ; dénaturés, en ce
qu’ils les exposent à mourir un jour de la petite vérole. » (…) »

Introduction de la XI° lettre Philosophique – Voltaire

Ce sont les prémices de la vaccination (ce principe est la variolisation).

B. Classification des vaccins : une balance bénéfice/risque


différente

1. Vaccin vivant atténué

Le microbe est vraiment magané, mais juste assez fort pour que le vaccin soit efficace.
On peut avoir des problèmes de réversion de la virulence mais c’est quasiment improbable.

Exemple : vaccin RRO (rougeole-rubéole-oreillons).

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2. Vaccin inactivé (« mort »)

Le microbe est mort, kaput, parti, fini, pu là…

Exemple : vaccin contre la polio.

3. Vaccin en sous-unités

Le vaccin est constitué de morceaux de microbe ou de ses toxines.

Exemples : vaccins contre la diphtérie et le tétanos (crée par Gaston Ramon).

Liste des différentes classes de vaccins (à connaître un minimum) !

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2
Remarque : Chez le lapin, le vaccin contre la myxomatose est un vaccin dit hétérologue avec
le virus du fibrome de Shope. C’est un vaccin biotechnologique car le virus de la myxomatose
exprime une GP du virus de la maladie hemorragique. On obtient donc un vaccin avec une
protection contre ces deux maladies.

Pour apprendre ce tableau, il faut faire preuve de logique. Si le vaccin est à germes
vivants, une seule injection suffit normalement pour que l’individu/l’animal soit protégé à la
différence des vaccins à germes inactivés. Par ailleurs, les vaccins à germes inactivés sont
moins fragiles, moins sensibles au froid, à la dessiccation, etc… que les vaccins à germes
vivants.

4. Les vaccins DIVA

Un vaccin DIVA permet de différencier les animaux infectés des animaux vaccinés.
Exemples : IBR, Aujezsky (Herpesvirus délété de la glycoprotéine E).

Délétion protéique chez les vaccins DIVA

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Pour certaines maladies où la distinction n’est pas faisable, il faudra privilégier une prophylaxie
sanitaire et non médicale (ex : Brucellose).

5. Exemple du vaccin contre le mélanome canin

Développement du vaccin contre le mélanome canin

Le principe de ce vaccin qui permet de lutter contre le mélanome oral canin est à
connaître par cœur. Il faut savoir expliquer comment il fonctionne (3 caractéristiques : à
ADN, hétérologue et thérapeutique).
Attention : Il ne s’agit pas d’un vaccin prophylactique mais d’un vaccin thérapeutique.
La différence est qu’un vaccin thérapeutique est utilisé sur un animal malade alors qu’un
vaccin prophylactique est utilisé sur un animal sain.

Par ailleurs, il s’agit d’un vaccin ADN hétérologue : il contient de l'ADN plasmidique
hautement purifié capable d'exprimer la protéine tyrosinase humaine dans les cellules
transfectées du chien. En effet, la tyrosinase est une enzyme qui intervient dans la synthèse
du pigment mélanine par les mélanocytes présents dans la peau, les cheveux. La protéine est
exprimée dans la plupart des mélanomes chez les humaines et les chiens et est reconnue
comme une protéine tenant lieu de marqueur de ce type de cellule cancéreuse. La vaccination
avec de la tyrosinase humaine semble rompre la tolérance à l’égard de la tyrosinase canine
autologue et une réaction immunitaire contre la tyrosinase canine endogène exprimée par les
cellules du mélanome est mise en place.

Ce vaccin permet une amélioration du délai de survie des chiens atteints de mélanome
oral de grade II ou III, avec un contrôle local de la maladie (les nœuds lymphatiques doivent
rester négatifs sinon il faudra faire une irradiation ou une exérèse).

Autre exemple de vaccin thérapeutique : ce qu’on appelle à tort la « désensibilisation »


(terme que le prof n’aime pas, il préfère que l’on emploie le terme d’hyposensibilisation).

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C. Les risques réels associés à la vaccination

Les risques associés à la vaccination

 Erreurs de fabrication : c’est aujourd’hui devenu rare mais il y a eu quelques exemples


célèbres :
- La vaccination contre la fièvre aphteuse était obligatoire en France et en Europe
jusqu’en 1991 (vaccin inactivé et adjuvé à l’hydroxyde d’alumine et saponine). Elle fut
arrêtée sur la base d’arguments économiques mais surtout sur le fait que les derniers
épisodes de fièvre aphteuse auraient été liés à des défauts d’inactivation du vaccin .
- En 2004, certains vaccins contre la Blue-Tongue (FCO) ont été envoyé en Corse, mal
inactivés… On a protégé les ovins contre certaines souches mais on a apporté d’autres
souches… Et hop la Blue-Tongue a été réintroduite là-bas.

 Réponse inappropriée : hypersensibilités dont la pire est le choc anaphylactique qui se


traduit d’abord par une diarrhée, des vomissements aigus suivis de convulsions et de la
mort (tout ça en une dizaine de minutes). Ces réponses sont imprévisibles et dépendent
de l’animal.

Exemple : vaccin PregSure


contre la BVD qui causait des
hémorragies chez le veau (cf
cours sur l’HS2).

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2
 Les toxicités dites « admissibles » : réactions transitoires qui peuvent être attendues suite
à l’injection du vaccin (fièvre, malaise, inflammation, douleur…) et qui n’auront pas de
conséquence durable pour l’animal.

 Erreur d’administration : c’est l’exemple typique du vaccin sous-cutané administré en


intramusculaire, ou inversement. Il peut aussi s’agir d’un geste mal maitrisé. La
responsabilité du vétérinaire est engagée.
Exemple : le cas du fibrosarcome.

Attention aux rumeurs et aux suspicions : certains effets secondaires sont fondés (ils
ont été démontrés) mais un certain nombre d’autres effets ont été supposés, il s’agit de fait
spéculatifs.

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Vous vous rappelez peut être qu’il y a eu une grosse polémique sur le vaccin contre
l’hépatite B et contre le Papillomavirus ? Le journal Le Monde a publié un article en 2014 en
expliquant qu’il n’y a pas de lien entre ces vaccins et la sclérose en plaque (article mis en
annexe).

On rappelle que le principe de la vaccination est d’injecter un médicament (donc non


dénué d’effets secondaires) à un individu sain (au moins vis-à-vis des pathologies contre
lesquelles on vaccine). La survenue d’effets indésirables est donc extrêmement mal perçue
par le propriétaire, ce qui peut être à l’origine de refus de vaccination voire de conflit avec le
vétérinaire.

La notion d’effet indésirable recouvre deux grands aspects : l’échec vaccinal et les
autres effets indésirables. Les effets indésirables sont toutefois relativement rares en regard
du nombre de doses vaccinales administrées.

Effets secondaires : statistiques chez le chat et le chien


38 effets secondaires pour 10 000 chiens vaccinés : on est très loin d’un rapport
bénéfice/risque contre le vaccin. On peut établir de manière statistique le profil des
populations à risque dans ces deux espèces :

15/22

2
D. Le rôle de l’adjuvant

Adjuvant : substance qui potentialise (accélère, augmente, améliore et/ou prolonge)


l’immunité induite contre un antigène, avec lequel il est combiné, en agissant sur une ou
plusieurs étapes de la réponse immunitaire.

Il peut être utilisé pour :

 Augmenter l’immunogénicité des nouveaux antigènes (protéines purifiées ou


recombinantes, polysaccharides)
 Moduler la RI (orientation Th…).
 Maintenir la RI dans le temps
 Diminuer des doses d’Ag
 Diminuer la fréquence et le nombre de rappels
 Modifier la voie d’administration

Les différents types d’adjuvants


On les classe en trois grandes catégories :

 les adjuvants dépôt : ils permettent un relargage lent de l’antigène (pseudo-forme


retard) pour une stimulation prolongée du système immunitaire

 les immunostimulants : ils sont capables de stimuler de manière accrue les TLRs des
cellules présentatrices, ce qui permet une présentation plus rapide et par un plus
grand nombre de cellules

 les adjuvants particulaires : ils améliorent également la présentation antigénique

16/22

2
E. Les échecs vaccinaux

Les échecs vaccinaux peuvent avoir deux origines :

 Une administration incorrecte : animaux protégés passivement (ex : chiot), mauvaise


voie d’administration, mort de vaccins vivants (mal conservés). La responsabilité du
vétérinaire est en jeu.
 Une administration correcte mais qui n’induit pas de réponse protectrice : animal
immunodéprimé (injectez le vaccin de la toux de chenil à un animal immunodéprimé…
hop une petite toux de chenil), variation individuelle, mauvaise souche (ex :
Leptospirose), animal déjà malade ou en incubation.

Principales causes d’échec vaccinal

1. Les échecs dus à la variabilité individuelle

Variabilité individuelle de la réponse immunitaire

17/22

2
Il existe une variabilité individuelle dans l’élaboration d’une réponse protectrice face
à une stimulation antigénique : le laboratoire garantit que son vaccin est efficace s ur la
majorité de la population, mais il existe toujours une population de mauvais répondeurs qui
développeront une réponse trop faible pour être protectrice.

2. Immunité chez le jeune et interférence maternelle

Type de placentation et passage d’Ig

Il existe un phénomène d’interférence naturelle lorsque l’on vaccine trop tôt un jeune
animal.

En effet, le jeune est protégé à la naissance par immunisation passive le temps que son
propre système immunitaire soit pleinement fonctionnel. Cette immunisation peut se faire in
utero (carnivores et primates) ou lors de la prise colostrale (herbivores). Elle aboutit à la
présence d’anticorps maternels dans le sang du jeune ; ces anticorps persistent environ trois
mois (mais cela dépend de l’agent pathogène : jusqu’à 6 mois pour les anticorps dirigés contre
le FIV).

Tant que la concentration sérique en anticorps est au-delà d’une certaine valeur,
l’individu est protégé : c’est le seuil de protection. Comme les immunoglobulines maternelles
ont une durée de vie limitée, on observe une décroissance progressive du taux plasmatique
d’anticorps maternels jusqu’à passage sous le seuil de protection entre deux et trois mois
(dépend de l’individu et de l’agent pathogène). L’individu n’est alors plus protégé.
Le problème est que ces anticorps, s’ils sont trop peu nombreux pour protéger efficacement
le jeune, peuvent encore interférer avec les antigènes vaccinaux et en neutraliser une partie.
On risque donc de ne pas avoir une efficacité maximale du vaccin.

18/22

2
Il faut donc attendre que la concentration en anticorps maternels descende en dessous
d’un deuxième seuil qui est la concentration maximale d’anticorps compatible avec la
vaccination.

Cinétique anticorps du jeune et interférence maternelle


SCHEMA A CONNAITRE PAR CŒUR

Il existe donc deux périodes particulières dans la vie du jeune à considérer lors de la
vaccination :

 une période d’interférence vaccinale où les antigènes vaccinaux seront détruits. On


parle de période critique. On comprend donc aisément que si l’on vaccine durant
cette période, on s’expose à un échec vaccinal.

 une période de non protection vis-à-vis de l’agent pathogène. Il s’agit de toute la


période au cours de laquelle la concentration sérique en anticorps (maternels puis du
jeune) est en dessous du seuil de protection. En effet, même si l’on vaccine juste au
moment où la concentration en anticorps maternels est suffisamment basse, il faut
attendre que le jeune ait fabriqué suffisamment d’anticorps pour se protéger lui -
même. Le délai de non protection correspond donc au relais entre la protection
passive et la protection active.

Remarque : pour contourner les Ac de la mère, on pourrait pratiquer la vaccination


muqueuse ; il n’y a alors pas de contact avec les Ac présents dans le sang.

19/22

2
F. La perception du vaccin dans la population

Perception de la vaccination au cours du temps

La perception de l’intérêt de la vaccination par la population varie au cours du temps.


Au début, tout le monde est convaincu de la nécessité de vacciner contre la maladie car elle
crée des dégâts physiques et économiques importants, et ce même si le vaccin a quelques
effets secondaires.
Puis, lorsque l’incidence de la maladie diminue, les gens ne perçoivent plus vraiment l’intérêt
de vacciner contre une maladie qu’ils ont peu de chances de contracter, d’autant plus que le
risque d’effets indésirables n’a pas diminué. On assiste donc à une baisse de la couverture
vaccinale et à un regain de la maladie consécutif à ce relâchement.
Pour parvenir effectivement à l’éradication de la maladie, il est nécessaire de maintenir une
pression vaccinale constante, et c’est au vétérinaire d’éduquer ses clients pour qu’ils
continuent la vaccination.

Perception de la vaccination au cours du temps

20/22

2
La vaccination (seule ou combinée à d’autres techniques) a permis d’éradiquer un
certain nombre de maladies vétérinaires (peste bovine à l’échelle de la planète, rage vulpine
en France) et surtout humaines (variole, polyomyélite en bonne voie, …).

Conclusion (très courte)


La vaccination doit être un acte raisonné, pour chaque vaccin il faut évaluer la balance
bénéfice/risque. Il est impératif d’être conscient des risques liés à la vaccination afin d’en
discuter avec le propriétaire qui pourra s’être informé au préalable. Soulignons également que
la médecine préventive constitue une part importante du chiffre d’affaire du vétérinaire et
qu’il est donc capital de savoir la gérer convenablement.

Annexe

Article tiré du journal Le Monde, publié le 22 octobre 2014

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


 

CM  21  :  Adjuvants  et  immunomodulateurs  

1   LES  ADJUVANTS  :  PROPRIETES  GENERALES   1  

2   EXEMPLES  D’ADJUVANTS   3  
2.1   LES  SELS  D’ALUMINIUM   3  
2.2   LES  LIPOSOMES   3  
2.3   LES  EMULSIONS   3  
2.4   SAPONINE  ET  ISCOMS   4  
2.5   LES  NOUVEAUX  ADJUVANTS   5  
2.6   LA  CONTROVERSE   5  

3   LES  IMMUNOSUPPRESSEURS   5  
3.1   NON  SELECTIFS   5  
3.2   SELECTIFS   5  

4   LES  IMMUNOSTIMULANTS   5  

CE  QU’IL  FAUT  RETENIR   6  


 

1 Les  adjuvants  :  propriétés  générales  


 
Pourquoi  les  adjuvants  sont-­‐ils  indispensables  ou  
presque  ?  
-­‐ Dans   le   cas   d’une   immunogénicité   réduite   ou  
nulle   des   (nouveaux)   antigènes   (protéines  
purifiées   ou   recombinantes,   peptides,  
polysaccharides   purifiés…)   à   les   adjuvant  
permettent   une   amplification   de   la   réponse  
immunitaire  :  réponse  quantitative  
-­‐ modulation   de   la   réponse   immunitaire   (Th1,  
Th2,  CTL…)  à  réponse  qualitative    
-­‐ maintien   de   la   réponse   immunitaire   dans   le  
temps  (mémoire)  
 
Mode  d’action  des  adjuvants  
 Un   adjuvant   potentialise   (accélère,   augmente,   et/ou   prolonge)   l’immunité   induite   contre  
l’antigène  avec  lequel  il  est  combiné,  en  agissant  sur  une  ou  plusieurs  étapes  de  la  réponse  immune  
comme  décrit  sur  le  schéma  ci-­‐après.  Il  peut  aussi  assurer  un  relargage  progressif  de  l’Ag  vaccinal.  Il  
augmente  également  le  potentiel  immunogène  de  l’Ag  vaccinal.  
 

1/6  
 
 
 

 
Les  différentes  catégories  d’adjuvants  
Adjuvants  classiques  
(sels  d’aluminium,  émulsion,  liposomes,  microsphères)  
+  
Immunomodulateurs  
(QS21  (saponine),  agonistes  des  PRR  (TLR,  NOD,  …))  
=  
Adjuvants  combinés  
(à  permettent  une  orientation  Th1  et/ou  Th2  selon  l’effet  recherché)  

2/6  
2 Exemples  d’adjuvants  

2.1 Les  sels  d’aluminium  


Hydroxyde  d’aluminium  =  Al(OH)3  /  Phosphate  d’aluminium  =  AlPO4  
 
Préparation  :    
-­‐ adsorption  de  l’Ag  vaccinal  sur  des  gels  d’hydroxide  ou  de  phosphate  d’aluminium  
-­‐ capacité  d’adsorption  :  Al(OH)3  >  AlPO4  
-­‐ taille  des  particules  :  ex  =  Alhydrogel  :  3μm  ;  adju-­‐Phos  :  4,3  μm  
 
Mécanisme  d’action  et  limites  des  sels  d’aluminium  :  
-­‐ effet  dépôts  :  libération  lente  de  l’antigène  vaccinal  (cet  effet  est  remis  en  cause)  
-­‐ il  permet  une  inflammation  au  site  d’injection  et  ainsi  un  recrutement  des  CPA  
-­‐ particules  d’aluminium  adsorbent  l’antigène  ainsi  capté  par  les  macrophages  (activation,  
induction  d’IL-­‐1)  et  les  cellules  dendritiques.  
-­‐ action   via   les   récepteurs   cytosoliques   NALP3   (NLR  :   inflammasome)   à   action   sur   les  
capsases  et  la  sécrétion  d’IL1  
-­‐ activation  du  système  du  complément  et  des    éosinophiles  
-­‐ effet  sur  la  réponse  humorale  uniquement  et  polarisation  vers  la  voie  Th2  
 
mais  l’aluminium  n’a  pas  que  des  avantages…  
-­‐ il  est  non  biodégradable  
-­‐ Pas  de  lyophilisation  ou  congélation  possibles  avec  cet  adjuvant  
 

2.2 Les  liposomes  


 
Ils  sont  d’avantage  utilisés  en  médecine  vétérinaire.    

2.3 Les  émulsions  


 
Exemple  :  le  MF59  (O/W  =  oil  in  water  =  emulsion)    
à  Augmentation  des  titres  en  Ac,  des  proliférations  de  cellules  T  CD4,  des  proliférations  de  
cellules  TCD4,  des  activité  CTL...  
à   C’est   un   adjuvant   courant   en   médecine   humaine   (vaccin   grippe   notamment)   depuis   son  
autorisation  en  1997.  
 
 

3/6  
 
 
 
 

2.4 Saponine  et  ISCOMs  


Saponine  :  QS21  
-­‐ QS21  :   triterpène   glycoside   saponine   (Quillaja  
saponaria   molina   plante   d’Amérique   du   Sud)  :  
activité   adjuvante   détectée   en   1951   par  
Espinet  
-­‐ Extrait   total   de   Quil   A  :   très   toxique   à   QS21  
purifiée  :   toxicité   réduite   et   efficacité  
maintenue  
-­‐ Molécule  amphiphile,  soluble  dans  l’eau  permettant  la  formation  de  micelles  
-­‐ Adjuvant  puissant  des  réponses  cellulaires  et  humorales  (x1000)  :  prédominance  Th1  
-­‐ Peut  être  utilisée  combinée  à  d’autres  adjuvants  :  sels  d’Al  ou  émulsions  
-­‐ Problèmes  de  toxicité  et  d’hypersensibilité  aigüe  (IgE)  
 
 
ISCOMs  (ImmunoStimulating  COMplex)  
-­‐ complexes   spontanés  ;   mélange   de   cholestérol,   QuilA   (saponin),   et   autres   lipides  
(phosphatidyl  choline)  
-­‐ vésicules   pentagonales   de   30-­‐40   nm,   chargées   négativement   (première   description  :  
Morein  et  col,  1984)  
-­‐ assemblage  du  complexe  basé  sur  des  interactions  hydrophobes  
-­‐ possibilité  de  délivrance  d’Ag  pour  présentation  Classe  I  et  induction  de  CTLs  
-­‐ adjuvant  testé  dans  de  nombreux  modèles  

4/6  
 

2.5 Les  nouveaux  adjuvants  


Les  agonistes  des  PRRs  :  
-­‐ exemple  :  le  MPL  (pour  MonoPhosphoryl  Lipid  A)  =  agoniste  du  TLR4  
-­‐ LPS  détoxifié  :  utilisé  dans  le  Cervarix  (vaccin  anti-­‐HPV)  
-­‐ Agonistes  de  TLR9  =  CpG  (attention  à  la  possibilité  d’induire  des  manifestations  d’auto-­‐
immunité)  
-­‐ Attention  ou  risque  de  «  cytokine  storm  »  (Sébastien  Folin,  vivant  au  PMU,  pourra  -­‐  avec  
beaucoup  de  plaisir  -­‐  vous  renseigner  sur  ce  risque  météorologique  :    
§ par  courrier  à    l’adresse  :  68  chemin  du  château,  69210  Lentilly    
§ ou  par  sms  au  06  46  79  73  58  code  TEMPÊTE  
§ ou   par   transmission   de   pensée   via   Cam’s   Voyance,   souscrivez   un  
abonnement  a  prix  réduit  avec  le  code  promo  FOLIN  au  07  70  90  50  50)  
 
Les  adjuvants  «  muqueux  »  :    
-­‐ exemple  :  cholera  toxine  de  Vibrio  cholerae  
-­‐ …  

2.6 La  controverse  
Elle  se  propage  notamment  au  travers  de  sites   extrêmement  bien  faits,  prenant  une  forme  
scientifique   sans   en   avoir   le   fond.   Le   vétérinaire   doit   donc,   autant   que   possible,   expliquer   et  
vulgariser  la  science  de  la  vaccination  vaccination.  

3 Les  immunosuppresseurs  

3.1 Non  sélectifs  


-­‐ les  corticostéroïdes  
-­‐ l’irradiation  
-­‐ les  produits  cytotoxiques  
 

3.2 Sélectifs  
-­‐ cyclosporinne  et  tacrolimus  
-­‐ rapamycine  
-­‐ leflunomide  
-­‐ …  

4 Les  immunostimulants  
-­‐ Composés   d’origine   bactérienne  :   extraits   de   mycobactéries,   MDP,   nucléotides   CpG  
(pour  cytosine-­‐phosphate-­‐guanine  ;  action  sur  TLR9)  
-­‐ Hydrocarbonates  :  zymosan,  …  
-­‐ Lévamisole  
-­‐ Vitamines  
-­‐ Cytokines  (IFNs,  IL2,  IL12,  GM-­‐CSF,  …)  

5/6  
 
Exemple  :  le  bG-­‐CSF  par  Elanco  
Le   laboratoire   Elanco   vient  
d’obtenir   l’autorisation   de   mise   sur   le  
marchée   (AMM)   du   médicament  
préventif   Imrestor,   la   première   cytokine  
immunomodulatrice   qui   réduit   le   risque  
de   mammites   cliniques   de   26%   chez   les  
vaches   laitières   et   les   génisses   pendant  
les  30  jours  suivant  le  vêlage.  
Son   rôle   est   d’accroitre   le   nombre  
de  neutrophiles  à  traitement  adjuvant  permettant  de  stimuler  le  SI  et  ainsi  de  limiter  le  risque  de  
mammites.  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Ce  qu’il  faut  retenir  


-­‐ les  mécanismes  d’action  des  adjuvants  commencent  à  être  mieux  compris  
-­‐ le   couple   antigène-­‐adjuvant   est   déterminant  :   pas   d’adjuvant   universel   qui   pourrait  
s’adapter  à  n’importe  quel  antigène  !!!  
-­‐ l’AMM  de  nouveaux  adjuvants  est  de  plus  en  plus  complexe  :  
o peu  d’adjuvants  sont  en  réalité  utilisés  chez  l’homme  :  essentiellement  des  sels  
d’aluminium  et  le  MF59  (émulsion)  
o de   nouveaux   adjuvants   sont   indispensables   pour   développer   de   nouveaux  
vaccins,   en   particulier   contre   les   cancers   et   les   ifnections   virales   pour   lesquels  
une  réponse  Th1  et/ou  CTL  est  indispensable  
o longue   liste   d’attente   d’adjuvants   actuellement   en   essais   cliniques   (MPL,  
émulsions,  ISCOM,  QS21,  liposomes,  autres  agonistes  de  TLR…)  
o la  balance  efficacité/risque  est  critique  pour  la  sélection  d’un  adjuvant  
o les   modèles   animaux   sont   insuffisamment   prédictifs  :   nécessité   d’essais   cliniques  
humains.  
-­‐ Le   marché   des   immunomodulateurs   est   dynamique…   mais   pardois   avec   des   produits  
dont  l’efficacité  (et  l’innocuité)  n’est  pas  démontrée.  

6/6  
CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


TD1$et$TD2$"!QUESTIONS)DE)COURS#

Michel$Pépin$
12$et$15$Mars$2018$
Preneuses#:#Langouët#&#Fano#
Q1)#Chassez#l’intrus#:##
a)$$Macrophages$$$ c)$LB$
b)$$PN$neutrophiles$$ d)$Cellules$NK$
$
Réponse#:#c.##
Il#s’agit#du#seul#effecteur#de#l’immunité#acquise.#Les#cellules#NK#sont#un#peu#piégeuses#car#elles#font#parties#de#
la#lignée#lymphoïde#et#myéloïde#(si#l’on#différencie#NK#et#NKT).##
$
Q2)#Chassez#l’intrus#:##
a)$$Thymus$$ c)$Moelle$osseuse$$$
b)$$Nœuds$lymphatiques$$ d)$Bourse$de$Fabricius$$$
Réponse#:#b.#
#Il#s’agit#du#seul#organe#lymphoïde#secondaire.#Remarque#:#La#bourse#de#Fabricius#est#un#organe#primaire#
retrouvé#chez#les#oiseaux.##
$
Q3)#L’orientation#de#la#réponse#immune#vers#une#RIMC#se#fait#via#:##
a)$$Les$LB$$ b)$$Les$LTh2$$
c)$Les$LT$cytotoxiques$$$ d)$Les$LTh1$$$
Réponse#:#d.##
Les#3#cytokines#de#la#voie#Th1#:#IL25IL125IFNg##
$
Q4)#Quelle#est#la#cytokine#qui#n’intervient#pas#dans#l’orientation#de#la#voie#Th1#?##
a)$$IL10$$$ c)IL2$$
b)$$IL12$ d)$IFNg$$$
Réponse#:#a##
$
Q5)#Quel#est#le#rôle#qui#n’est#pas#attribué#préférentiellement#à#l’IL2#?##
a)$$Agit$surtout$de$façon$autocrine$pour$stimuler$la$prolifération$des$LT$effecteurs.$$$
b)$$Agit$sur$la$commutation$isotypique.$$$
c)$$Favorise$la$croissance$et$la$survie$des$LT$régulateurs.$$$
d)$$Stimule$également$la$prolifération$et$la$différenciation$des$cellules$NK$et$des$LB.$$$
Réponse#:#b.##
Remarque#:#La#chronologie#de#temps#et#l’unité#de#lieu#sont#importantes#pour#le#fonctionnement#des#cytokines#:#
en#effet#selon#l’endroit#et#le#moment,#l’action#des#cytokines#sera#différente.#Elles#ont#une#action#dite#
pléïotrope.#Ex#:#l’IL6#peut#participer#au#développement#de#tumeur#ou#tuer#certaines#cellules#tumorales.##
$
Q6)#Citez#parmi#ces#antigènes#celui#qui#est#thymo"indépendant#:##
a)$$Capside$virale$$$ c)$Peptidoglycane$bactérien$$
b)$$Capsule$bactérienne$$ d)$LPS$bactérien$$$
Réponse#:#d.##

1/15$
14
Un#antigène#qui#ne#stimule#pas#la#lignée#T#est#un#antigène#qui#n’est#pas#présenté#par#une#CPA#et#qui#n’est#pas#
protéique#!#Il#n’y#a#pas#de#mémoire#sans#Ag#thymo5dépendant.#Retenez#bien#qu’un#lymphocyte#B#reconnait#
directement#l’antigène#tandis#que#le#LT#ne#peut#pas,#il#doit#passer#via#une#CPA#et#grâce#au#CMH#avoir#une#
double#reconnaissance.##
#
Q7)#Chassez#l’intrus#:##
a)$$Macrophages$$$ c)$LB$
b)$$LT$$ d)$Cellules$dendritiques$$$
Réponse#:#b.##
Les#autres#sont#toutes#des#CPA.##
$
Q8)#Les#immunoglobulines#qui#se#lient#à#une#pièce#sécrétoire#sont#:##
a)$IgA$$ b)$IgE$$
c)$IgM$$ d)IgG$$
Réponse#:#a##
$
Q9)#Le#dosage#de#l’IFNg#par#ELISA#est#un#test#d’exploration#de#:##
a)$$L’immunité$à$médiation$humorale$$ c)$$L’HS3$$
b)$L’HS4$$$ d)$L’immunité$à$médiation$cellulaire$$$
Réponses#:#b#et#d#
$
Q10)#Trouvez#l’affirmation#fausse#:##
a)$ $Les$ immunités$ innée$ et$ adaptative$ travaillent$ de$ concert$ pour$ mettre$ en$ place$ une$ réponse$ contre$ les$
pathogènes.$$$
b)$ $L’immunité$ innée$ est$ déployée$ uniquement$ au$ court$ de$ la$ réponse$ primaire$ et$ la$ réponse$ adaptative$
commence$au$cours$de$la$réponse$secondaire.$$$
c)$$Les$réponses$innée$et$adaptative$sont$toutes$les$deux$capables$de$répondre$efficacement$au$cours$d’une$
réponse$secondaire.$$$
d)$$L’immunité$adaptative$implique$la$liaison$au$pathogène$pour$des$réponses$spécifiques$de$l’antigène.$$$
Réponse#:#b#et#c##
$
Q11)#Parmi#les#cellules#suivantes,#laquelle#n’est#pas#qualifiée#de#sentinelle#?##
a)$$Macrophages$$$ c)$Mastocytes$
b)$$Cellules$dendritiques$$ d)$PN$neutrophiles$$$
Réponse#:#d##
Les#PNN#sont#dans#le#sang,#toutes#les#autres#sont#dans#les#tissus.#
$$
Q12)#Les#TLRs#(Toll#like#receptors)#sont#:##
a)$$Des$récepteurs$présents$chez$les$cellules$sentinelles$$$
b)$$Des$motifs$bactériens$et$viraux$reconnus$par$les$cellules$sentinelles$$$
c)$$Des$signaux$d’alertes$(ou$alarmines)$par$les$cellules$détruites$$$
d)$$Des$récepteurs$spécifiques$des$antigènes$bactériens$et$viraux$$$
Réponse#:#a.#La#réponse#d#est#fausse#car#ce#sont#des#récepteurs#non#spécifiques.##
$

2/15$
14
$
Q13)#Lequel,#parmi#ces#4#chercheurs,#n’a#pas#reçu#le#prix#Nobel#de#Médecine#?##
a)$$Jules$Hoffmann$FR$$ b)$$Bruce$Beutler$USA$$
c)$Claude$Portier$FR$$$ d)$Ralph$Steinman$CANADA$$$
Réponse#:#c##
Pour#la#petite#histoire#:#Steinman#est#le#seul#homme#à#avoir#reçu#le#prix#nobel#en#post5mortem#car#le#jury#
n’avait#pas#été#mis#au#courant#de#sa#mort#entre#sa#nomination#et#le#jour#de#l’élection.#Les#trois#hommes#
travaillaient#sur#l’immunité#innée#et#sur#les#TLRs.##
$
Q14)#Les#PN#neutrophiles#sont#des#cellules#capables#de#phagocytose#à#répétition?##
a)$Vrai$$ b)$Faux$$
Réponse#:#b#;#ils#ne#peuvent#phagocyter#qu’une#seule#fois#(puis#meurent#et#cela#forme#du#pus)##
$
Q15)#Les#PN#neutrophiles#agissent#contre#les#agents#pathogènes#en#:##
a)$$Produisant$des$radicaux$oxygénés$ou$des$ROS$$$
b)$$Produisant$des$IFN$de$type$2$(=$IFNg)$$$
c)$$Libérant$des$enzymes$via$des$granules$$$
d)$$Emprisonnant$et$tuant$les$microbes$hors$de$la$cellule$$$
Réponses#:#a,#c,#d#Remarque#:#La#réponse#d#est#une#méthode#autre#que#la#phagocytose.#Le#PNN#lance#des#filets#
de#chromatines,#emprisonne#la#bactérie,#et#meurt...##
$
Q16)#Chassez#l’intrus#parmi#les#pyrogènes#(inducteurs#de#fièvre)#suivants#:##
a)$$IL12$$ c)$TNF$$$
b)$$IL6$$ d)$IL1$$$
Réponse#:#a#(IL12#est#une#cytokine#pro5inflammatoire).##
$
Q17)#Quel#rôle/propriétés#n’est#pas#attribuable#aux#cellules#dendritiques#?##
a)$$Apprêtement$et$présentation$des$complexes$CMH/peptides$$$
b)$$Interaction$avec$des$LT,$LB,$NK$et$NKT$$$
c)$$Emprisonnement$dans$des$filets$et$destruction$des$microbes$$$
d)$$Existence$de$sous$populations$aux$fonctions$et$récepteurs$de$dangers$différents$$$
Réponse:#c##
La#réponse#c#est#une#des#fonctions#du#PNN.##
$
Q18)# Quelle# est# la# conséquence# positive# principale# d’une# réponse# inflammatoire# en# réaction# à# un# agent#
pathogène#?##
a)$$Initiation$de$la$réponse$immunitaire$adaptative$ c)$$Fibrose$$$
$$ d)$$Granulome$$$
b)$$Inflammation$chronique$$$
Réponse#:#a#
On#n’oublie#pas#le#double#rôle#du#granulome#:#protège#l’agent#pathogène#qui#persiste#mais#en#même#temps#
empêche#sa#prolifération.#
$
Q19)#Les#E.Coli#pathogènes#ne#peuvent#pas#être#classés#parmi#:##
a)$$Les$bactéries$exoctoxinogènes$$$
b)$$Les$bactéries$endoctoxinogènes$$$
c)$$Les$bactéries$capables$de$parasitisme$intracellulaire$obligatoire$$$
d)$$Les$bactéries$invasives$$$
Réponse#:#c##
$

3/15$
14
Q20)# Chassez# l’intrus# parmi# les# mécanismes# suivants# attribués# préférentiellement# à# la# défense#
antibactérienne#:##
a)$$Phagocytose$$$ c)$ADCC$$
b)$$Neutralisation$des$enzymes$ d)$Production$d’IFN$de$type$1$$$
Réponse#:#d##
Q21)#Listeria-monocytogenes#est#le#prototype#de#la#:##
a)$$Bactérie$extracellulaire$$$
b)$$Bactérie$capable$de$parasitisme$intracellulaire$facultatif$$$
c)$$Bactérie$capable$de$parasitisme$intracellulaire$obligatoire$$$
d)$$Bactérie$sans$paroi$$$
Réponse#:#b##
$
Q22)#Une#manifestation#immuno"pathologique#constatée#dans#l’uvéite#récidivante#(des#équidés),#avec#une#
implication#possible#des#leptospires,#serait#surtout#une#manifestation#de#:##
a)$$L’HS1$$$ c)$L’HS3$$
b)$$L’HS2$$ d)$L’HS4$$$
Réponse#:#c##
$
Q23)#La#capsule,#présente#chez#certaines#bactéries,#a#pour#rôle#essentiel#de#:##
a)$$Inhiber$la$fusion$phagosomeclysosome$$$ c)$$Orienter$la$réponse$immune$$$
b)$$Faciliter$la$pénétration$de$la$bactérie$dans$la$ d)$$Limiter$la$phagocytose$
cellule$hôte$$$
$$
Réponse#:#d##
$
Q24)#Dans#la#paratuberculose#du#mouton,#la#forme#tuberculoïde#est#caractérisée#par#rapport#à#la#forme#dite#
lépromateuse#(TH2)#par#:##
a)$$Une$production$plus$élevée$d’IFNg$$$ c)$$Des$taux$d’anticorps$spécifiques$plus$
b)$$Une$production$plus$faible$d’IL2$$$ importants$$$
d)$$Une$HS3$
$$
Réponse#:#a##
Forme#tuberculoïde#:#production#d’IFNg##
Forme#lépromateuse#:#Ac#et#IL2##
$
$
$
Q25)#Quelle#est#la#cytokine#qui#«#arme#»#les#macrophages#pour#lutter#contre#les#infections#:##
a)$$IL2$$$ c)$TNF$$
b)$$IL6$$ d)$IFNγ$
$$ $
Réponse#:#d#surtout#(et#un#peu#d’IL2#mais#ce#n’est#pas#important)##
$
Q26)#Le#vaccin#contre#le#tétanos#est#une#préparation#d’exotoxine#traitée#par#les#paraformaldéhydes#appelée#
:##
a)$$Cytotoxine$$ b)$$Toxoïde$$ c)$Anaphylatoxine$$$ d)$Anatoxine$$$
Réponses$:$b$et$d$$

4/15$
14
#

Le$terme$anaphylatoxine$(du$grec$«$ana$»$:$contre$et$«$phyla$»$:$la$protection)$désigne$littéralement$une$
substance$soluble$contre$la$protection.$Il$s’agit$du$complément.$Les$amaphylatoxines$interviennent$dans$l’HS2$
et$l’HS3.$Elles$sont$responsables$du$choc$anaphylactoïde.$Le$terme$toxine$désigne$«$une$substance$qui$tue$».$$
$
Q27)#Les#PAMPs#viraux#sont#plutôt#présents#au#niveau#de#:##
a)$$L’enveloppe$virale$$$ c)$ $L’acide$ nucléique$ viral$ (ARN,$ ADN$
b)$$La$capside$virale$$$ simple$brin$ou$double$brin)$$$
d)$$La$polymérase$$$
Réponse#:#c.##
PAMPs#signifie#:#Pathogen#Associated#Molecular#Pattern.#Ils#se#fixent#sur#les#TLRs#qui#reconnaissent#l’acide#
nucléique.#Les#TLR#sont#dans#le#cytoplasme#ou#sur#les#endosomes.##
$
Q28)#Citez#un#effecteur#ou#un#médiateur#non#impliqué#dans#l’immunité#innée#anti#virale#:##
a)$$IFN1$$ c)$IFN3$$$
b)$$IFN$2$$ d)$Cellules$NK$$$
Réponse#:#b##
L’IFN#2#correspond#à#l’IFNγ,#qui#est#une#cytokine#effectrice#de#l’immunité#adaptative.##
$
Q29)#L’IFNβ#est#surtout#produit#par#:##
a)$$Les$fibroblastes$$$ c)$$Les$cellules$infectées$par$un$virus$$$
b)$$Les$cellules$du$trophoblaste$$$ d)$$Les$cellules$NK$$$
Réponses#:#a#et#c##
$
Q30)#Eliminer#la#réponse#incorrecte#:##
a)$$Les$cellules$NK$reconnaissent$les$cellules$infectées$par$des$virus$via$l’association$CMH1/Ag$$$
b)$$Les$cellules$NK$reconnaissent$des$changements$de$surface$des$cellules$infectées$par$le$virus$$$
c)$$Les$cellules$NK$sont$des$productrices$d’IFNγ$$$
d)$$L’activité$cytotoxique$des$cellules$NK$est$stimulée$par$les$IFN$de$type$1$$$
Réponse#:#a##
La#réponse#a#est#fausse,#il#faudrait#mettre#LT8#à#la#place#de#cellules#NK#pour#que#ce#soit#juste.##
#
$
Q31)#Les#supports#de#l’immunité#protectrice#contre#le#virus#de#la#rage#sont#:##
a)$$Les$Ac$neutralisants$$$ c)$$Les$Ac$dirigés$contre$les$glycoprotéines$
b)$$Les$LT$cytotoxiques$$$ d’enveloppe$du$virus$$$
d)$$Les$cellules$NK$$$
Réponses#:#a#et#c##
$
Q32)#Quel#est#le#mécanisme#le#plus#fréquent#d’échappement#des#virus#à#la#réponse#immunitaire#adaptative#
?##
a)$$La$variation$antigénique$$$ c)$$Des$Ac$facilitants$$$
b)$ $L’absence$ ou$ une$ faible$ production$ d’Ac$ d)$$Le$blocage$de$la$réponse$cellulaire$$$
neutralisants$$$
Réponse#:#a##
La#réponse#c)#correspond#à#des#Ac#qui#se#fixent#sur#les#virus#et#facilitent#leur#pénétration#(c’est#l’inverse#des#Ac#
neutralisants).##
$

5/15$
14
Q33)#L’œil#bleu#ou#blue#eye#ou#uvéite#du#chien#qui#survient#à#la#suite#d’une#infection#par#le#CAV1#est#dû#:##
a)$$A$une$HS2$$$
b)$$A$une$HS3$$$
c)$$Au$fait$que$l’œil$est$un$espace$immunologique$protégé$laissant$libre$cours$au$virus$$$
d)$$A$l’action$néfaste$de$complexes$immuns$$$
Réponses#:#b#et#d##
L’action#néfaste#de#complexes#immuns#correspond#en#fait#à#leur#dépôt.#$
$
Q34)#Les#virus#enveloppés#ne#peuvent#pas#être#lysés#par#le#complément#parce#que#leur#enveloppe#externe#
est#résistante#à#la#formation#de#pores#par#le#CAM#(Complexe#d’Attaque#Membranaire),#vrai#ou#faux#?##
a)$$Vrai$$$ b)$$Faux$$$
Réponse#:#b##
$
Q35)#L’immunité#protectrice#contre#les#protozoaires#est#préférentiellement#«#portée#»#par#:##
a)$$Les$Ac$neutralisants$$$ c)$$Une$réponse$de$type$Th1$$$
b)$$Une$réponse$de$type$Th2$$$ d)$$La$production$d’IgE$$$
Réponse#:#c##
$
Q36)#Dans#le#cas#de#l’immunité#anti"parasitaire,#le#terme#de#prémunition#signifie#:##
a)$$L’existence$d’une$immunité$préalable$$$
b)$$Un$état$de$résistance$lié$à$la$persistance$du$ou$des$parasites$$$
c)$$Un$état$réfractaire$et$inné$à$l’infestation/infection$par$des$parasites$$$
d)$$Un$état$d’HS$aux$parasites$$$
Réponse#:#b##
La#réponse#c)#est#possible#(mais#pas#à#propos#de#la#prémunition),#sur#le#point#génétique#le#CMH#fait#que#
certaines#personnes#présentent#des#Ag#plus#efficacement#que#d’autres.#Exemple#de#prémunition#:#le#vaccin#BCG#
contre#la#tuberculose#:#l’injection#de#M.#bovis#active#une#immunité#spécifique#basale#contre#les#mycobactéries.##
$
Q37)#La#phagocytose#est#le#principal#mécanisme#de#défense#innée#contre#les#Helminthes,#vrai#ou#faux#?##
a)$$Vrai$$$ b)$$Faux$$$
Réponse#:#b##
Les#Helminthes#sont#trop#gros#pour#être#phagocytés.##
$
Q38)#La#cellule#clé#de#la#défense#contre#les#Helminthes#est#selon#vous#:##
a)$$Le$macrophage$$$ c)$$LeLB$$$
b)$$Le$polynucléaire$neutrophile$$$ d)$$Le$PN$éosinophile$$$
Réponse#:#d##
Les#PN#éosinophiles#sont#les#seules#cellules#qui#ont#les#enzymes#capables#de#détruire#leur#cuticule.##
$
Q39)# Un# vaccin# contre# la# tique# Boophilus# microplus# (nom# Tick# guard)# :# le# ou# les# principe(s)# de# l’action#
protectrice#de#ce#vaccin#repose(nt)#sur#:##
a)$$Le$développement$d’une$immunité$cellulaire$dirigée$contre$les$cellules$des$glandes$salivaires$de$la$
tique$$$
b)$$La$production$d’Ac$antictique$chez$les$bovins$vaccinés$$$
c)$$La$destruction$par$des$Ac$prélevés$au$cours$du$repas$sanguin$contre$des$Ag$du$tube$$digestif$de$la$
tique$$$

6/15$
14
d)$$Le$développement$d’une$HS$chez$le$bovin$vacciné$conduisant$à$l’élimination$rapide$$(=expulsion$
de$la$tique)$$$
Réponses#:#b#et#c##
Ce#vaccin#n’est#pas#commercialisé#en#France,#car#il#ne#fonctionne#que#contre#cette#espèce#précise#de#tique#qui#
n’est#pas#présente#chez#nous.#La#tique#n’a#pas#le#temps#de#transmettre#le#pathogène#(elle#meurt#pendant#le#
repas#sanguin#ou#juste#après).#Après#fixation#de#l’Ac#sur#l’Ag,#il#y#a#activation#du#complément#et#destruction#
cellulaire.##
Remarque#:#le#vaccin#contre#la#boreliose#chez#le#chien#fonctionne#de#la#même#façon.##
#
Q40)# La# plupart# des# infections# fongiques# ne# conduisent# pas# à# une# maladie# sévère# et# sont# contrôlées# par#
l’immunité#innée,#vrai#ou#faux#?##
a)$$Vrai$$$ b)$$Faux$$$
Réponse#:#a##
La#plupart#de#ces#infections#sont#secondaires.#Il#existe#tout#de#même#des#exceptions#:#par#exemple,#
l’Aspergillose#qui#est#une#maladie#grave.##
$
Q41)#Les#LAK#(Lymphocyt#Activated#Killer)pour#lutter#contre#la#progression#tumorale#sont#obtenus#par#:##
a)$$Injection$répétée$d’IL2$homologue$chez$le$patient$$$
b)$ $Un$ tri$ de$ ces$ lymphocytes$ spécialisés$ (par$ cytométrie$ de$ flux)$ qui$ sont$ ensuite$ réc$ $injectés$ au$
patient$$$
c)$$Un$traitement$ex$vivo$des$lymphocytes$du$patient$en$présence$d’IL2$suivi$d’une$$réinjection$de$ces$
lymphocytes$activés$$$
d)$$Un$traitement$ex$vivo$des$lymphocytes$du$patient$en$présence$d’IFNγ$suivi$d’une$réc$$injection$de$
ces$lymphocytes$activés$$$
Réponse#:#c##
L’IL2#peut#intervenir#sur#les#LAK.#Elle#intervient#dans#la#médiation#cellulaire#:#c’est#un#facteur#de#croissance#des#
lymphocytes.#L’IFNγ#intervient#dans#la#fin#de#la#médiation#cellulaire#en#activant#les#macrophages#avec#un#rôle#
cytotoxique#et#cytostatique.#Les#LAK#ne#sont#pas#sensibles#à#l’IFNγ.##
Les#patients#atteints#de#cancers#ne#sont#pas#déficitaires#en#IL2.#L’injection#in#vivo#de#trop#d’IL2#peut#induire#des#
dégâts.#L’IL2#a#un#mode#de#fonctionnement#paracrine#avec#une#production#au#niveau#local#(temps#de#demi5vie#
très#court).#L’injection#en#IV#d’IL2#ne#va#donc#pas#toucher#toutes#les#cellules.#L’injection#en#IV#d’IL2#induit#la#
mort#des#patients#dans#les#heures#qui#suivent#l’injection.#Il#y#a#en#effet#activation#de#l’ensemble#des#
lymphocytes#induisant#une#tempête#cytokinique#(avec#en#particulier#des#cytokines#pro5inflammatoires).##
$
Q42)#Quels#sont#parmi#les#quatre#Ag#cités,#les#Ag#possiblement#associés#à#des#tumeurs#(AAT)#?##
a)$$Protéine$du$soi$mutée$$$ c)$$Protéine$du$soi$normale$$$
b)$$Produit$d’un$oncogène$$$ d)$$Virus$oncogène$$$
Réponses#:#a,b#et#d#La#réponse#(c)#serait#vraie#si#les#protéines#du#soi#étaient#surexprimées.##
$
Q43)#Quelle#est#la#cellule#classiquement#associées#à#l’immuno"#surveillance#tumorale#?##
a)$$Les$macrophages$activés$$$ c)$$Les$cellules$dendritiques$$$
b)$$Les$LT$cytotoxiques$$$ d)$$Les$cellules$NK$
$$
Réponses#:#d##

7/15$
14
$
Q44)#Le#vaccin#Oncept#melanoma#développé#contre#le#mélanome#malin#du#chien#(commercialisé#aux#USA#et#
en#cours#d’essai#en#France)#:##
a)$$Est$un$vaccin$ADN$$$
b)$$Vise$à$induire$une$immunité$contre$la$tyrosinase$du$chien$$$
c)$$Est$basé$sur$l’utilisation$d’une$tyrosinase$humaine$$$
d)$ $Est$ basé$ sur$ l’activation$ des$ lymphocytes$ dirigés$ contre$ la$ tyrosinase$ par$ l’IL2$ $présente$ dans$ le$
vaccin$$$
Réponses#:#a,b#et#c##
C’est#un#vaccin#hétérologue#(vaccination#d’une#espèce#pour#une#autre#espèce).#La#tyrosinase#humaine#doit#être#
suffisamment#proche#de#la#tyrosinase#canine,#mais#en#même#temps#suffisamment#éloignée#pour#induire#une#
réponse#immunitaire.#Il#y#a#deux#grands#types#de#vaccins#:##
!#Thérapeutique#qui#mène#à#la#guérison#du#patient#(exemple#:#désensibilisation#aux#allergies,#vaccin#anti5
cancéreux)##
!#Prophylactique#qui#sert#à#éviter#le#développement#de#la#maladie#Dans#le#cas#du#vaccin#contre#la#rage#:#on#
n’est#pas#malade#!#Car#pour#la#rage#malade#=#mort.##
$
Q45)#Parmi#les#mécanismes#suivants,#quels#sont#ceux#qui#sont#associés#à#l’échappement#des#tumeurs#aux#
réponses#immunitaires#?##
a)$$Surexpression$de$l’Ag$tumoral$$$
b)$$Déficit$de$production$de$l’Ag$tumoral$$$
c)$$Mutation$des$gènes$du$CMH$$$
d)$$Production$de$cytokines$immunocsuppressives$$$
Réponses#:#b,#c#et#d##
$
Q46)#Une#xénogreffe#est#:##
a)$$Une$greffe$entre$individus$de$la$même$espèce$mais$différents$génétiquement$$$
b)$$Une$greffe$entre$deux$individus$identiques$génétiquement$$$
c)$$Une$greffe$entre$individus$d’espèces$différentes$et$donc$très$différents$$génétiquement$$$
d)$$Une$greffe$réalisée$où$le$donneur$et$le$receveur$correspondent$au$même$individu$$$
Réponse#:#c##
a=allogreffe,#b=#isogreffe,#d=#autogreffe##
$
Q47)#Une#réaction#un#greffon#contre#l’hôte#ou#GVH#(Graft#Versus#Host)#peut#survenir#:##
a)$$Si$le$donneur$de$la$greffe$est$immunodéprimé$$$
b)$$Si$le$receveur$de$la$greffe$est$immunodéprimé$$$
c)$$Lorsque$la$greffe$concerne$un$organe$lymphoïde$(ex$:$la$moelle$osseuse)$$$
d)$$Lorsque$le$donneur$et$le$receveur$sont$histocincompatibles$$$
Réponses#:#b,#c#et#d##
$
Q48)#Le#mécanisme#de#tolérance#centrale#pour#les#LT#a#lieu#dans#:##
a)$$La$moelle$osseuse$$$ c)$$Le$cortex$des$nœuds$lymphatiques$$$
b)$$Le$foie$$$ d)$$Le$thymus$$$
Réponse#:#d##
Tolérance#centrale#:#reconnaître#et#ne#pas#réagir#au#soi,#cela#s’apprend#dans#le#lieu#de#production#des#LT.##

8/15$
14
$
Q49)#Les#IgE#:##
a)$$Sont$aussi$appelés$réaginines$$$
b)$$Ont$une$demi$cvie$de$3$à$4$semaines$$$
c)$$Sont$présents$en$faible$quantité$dans$le$sérum$chez$le$chien$(<1mg/mL)$$$
d)$$Induisent$seuls$la$dégranulation$des$mastocytes$$$
Réponse#:#a#et#c##
$
Q50)#Les#prostaglandines#et#leucotriènes#sont#des#médiateurs#préformés##
a)$$Vrai$$$ b)$$faux$$$
Réponse#:#b##
$
Q51)#L’histamine#n’est#pas#le#principal#médiateur#chez#les#bovins#
a)$Vrai$$ $ b)$Faux$$
Réponse#:#a,#c’est#la#serotonine##
$
Q51)#La#DAPP#est#:##
a)$$Une$dermatose$prurigineuse$$$ c)$$Due$à$une$HS$contre$Dipylididium#caninum###
b)$$Une$pulicose$$$ d)$$Due$à$la$salive$de$Ctenocephalides#felis$$$
Réponse#:#a#et#d##
$
Q52)#Les#principaux#médiateurs#de#l’HS2#sont#:##
a)$IgM$$ b)$IgE$$ c)$LT$$ d)$IgG$$
Réponse#:#a#(les#IgG#sont#minoritairement#impliqués),#ce#sont#les#Ac#qui#fixent#le#plus#efficacement#le#
complément.#IgE#!#HS1#;#IgM#!#HS2#;#IgG#!#HS3#
$
Q53)#Quelle#est#la#cellule#principale#de#l’HS3#?##
a)$$Macrophage$$$ c)$$LB$$$
b)$$Cellule$dendritique$$$ d)$$PNN$$$
Réponse#:#d##
(activés#par#les#CI#;#le#contenu#de#leurs#granules#causeront#alors#des#lésions#cellulaires)#
#
Q54)#Quelle#est#l’hyper"sensibilité#lié#à#la#réaction#d’Arthus#?##
a)$1$ b)$2$$ c)$3$$ d)$4$$
Réponse#:#c##
$
Q55)#L’uvéite#ou#l’œil#bleu#du#chien#est#dû#à#:##
a)$$Un$adénovirus$CAV$1$$$ c)$$Le$virus$de$l’hépatite$de$Rubarth$$$
b)$$Un$adénovirus$CAV$2$$$ d)$$Le$virus$de$la$maladie$de$Carré$$$
Réponse#:#a#et#c##
$
Q56)#Le#phénomène#de#Koch#est#une#HS4#?##
a)$Vrai$$ b)$Faux$$
Réponse#:#a##
$
Q57)#Quelles#sont#les#tests#alternatif#à#l’intradermoréaction#à#la#tuberculine#?##
a)$$Test$IFNg$$$ d)$ $Test$ de$ transformation$ lymphoblastique$ en$
b)$$Test$à$la$brucelline$$$ présence$d’IFNg$$$
c)$$Test$ELISA$pour$le$dosage$des$Ac$anti$IFNg$$$
$
Réponse#:#a#

9/15$
14
On#mélange#sang#+#tuberculline.#Si#l’individus#est#sensibilisé,#il#aura#des#LT#activé#et#actif#qui#réagissent#
en#présence#de#la#tuberculline#et#produise#des#IFNg.#On#dose#les#IFNg#18h#après.$$
#
Q58)#Quelle#est#la#réponse#inexacte#?##
a)$$HS4$est$dite$retardée$$$
b)$$HS4$est$transférée$par$injection$de$lymphocytes$d’un$donneur$sensible$à$un$receveur$$naïf$$$
c)$$HS4$est$transférée$par$injection$d’Ac$d’un$donneur$sensible$à$un$receveur$naïf$$$
d)$$HS4$engendre$la$formation$d’un$granulome$$$
Réponse#:#c##
Q59)#Le#déficit#en#C3#chez#le#chien#est#un#déficit#secondaire#observé#après#infection#virale#ou#bactérienne#?##
a)$$Vrai$$$ b)$$Faux
Réponse#:#b#(primaire)##
Q60)#Le#principe#de#la#première#vaccination#de#Sir#Edward#Jenner#contre#la#variole#humaine#est#:##
a)$$La$variolisation$des$personnes$à$vacciner$$$ c)$$Un$vaccin$hétérologue$$$
b)$$Un$vaccin$à$germe$inactivés$$$ d)$$Utilisation$de$cowcpox$de$la$vache$$$
Réponse#:#c#et#d##
$
Q61)#l’ordre#de#grandeur#de#IgG#dans#le#colostrum#de#la#vache#est,#en#g/L#:##
a)$5$ b)$25$$ c)$50$$ d)$100$$
Réponse#:#c##
$
Q62)#La#capacité#adjuvante#des#sels#d’aluminium#repose#sur##
a)$$Effet$de$dépôt$$$ c)$$Effet$immunostimulant$$$
b)$$Effet$de$carrier$$$ d)$$Tous$$$
Réponse#:#d##
#
Q63)# La# vaccination# intradermique# ou# transcutanée# est# avantageuse# par# rapport# à# sous"cutanée# ou#
intramusculaire#car##
a)$$Ag$persiste$plus$longtemps$$$ c)$$Pas$d’adjuvant$nécessaire$$$
b)$$Les$cellules$dendritiques$sont$plus$nombreuses$ d)$$LB$et$LT$mémoire$y$siègent$préférentiellement$
$$
$$
Réponse#:#b##
Q64)#L’ordre#de#grandeur#des#accidents#post"vaccin#chez#le#chien#et#le#chat#est#:##
a)$$5/10$000$$$ b)$$50/10$000$$$ c)$$100/10$000$$$ d)$$200/10$000$$$
Réponse#:#b##
$
Q65)#Quel#est#l’intrus#?##
a)$$Maladie$d’Addison$$$ c)$$Thyroïdie$d’Hashimoto$$$
b)$$Maladie$de$carré$$$ d)$$Maladie$de$Basedow$$$
Réponse#:#b#n’est#pas#une#maladie#auto5immune###
$
Q66)#Le#mécanisme#pathologique#des#maladies#auto"immunes#implique#quasi"exclusivement#des#auto"Ac##
a)$$Vrai$$$ b)$$Faux$$$
Réponse#:#b#(Lymphocytes#auto5réactifs)#
Q67)#La#myasthénie#ou#myasthénia#gravis#est##
a)$$Une$maladie$autocimmune$des$muscles$$$

10/15$
14
b)$$Un$lymphocyte$autocréactif$contre$les$récepteurs$à$l’acétyl$choline$$$
c)$$Un$Ac$autocréactif$contre$les$récepteurs$à$l’acétyl$choline$$$
d)$$Un$antagoniste$à$acétyl$choline$$$
Réponses#:#a,#c##
Q68)#L’histiocytome#est#une#tumeur#impliquant#:##
a)$LB$$ c)$Macrophage$$
b)$LT$$ d)$Fibroblaste$$
Réponse#:#c##
Q69)#la#protéine#de#Bence"Jones#est##
a)$$Une$protéine$excrétée$dans$l’urine$$$ c)$$Observée$lors$de$gammapathies$$$
b)$$Une$chaine$légère$d’Ig$$$ d)$$Un$facteur$rhumatoïde$$$
Réponses#:#a,#b#et#c#/#RQ-:-CECI-N’A-PAS-ETE-ABORDÉ-EN-COURS#
$
Q70)#Chassez#l’intrus#parmi#les#dégranulation#des#mastocytes#:##
a)$$FcεRI$$$ b)$$Ca2+$$$ c)$$Le$complément$$$ d)$$Allergène$$$
Réponse#:#c##
$
Q71)# Le# mécanisme# d’action# de# la# vaccination# anti"allergène# (ou# désensibilisation# repose# sur# le(s)#
principe(s)#suivant(s)#:##
a)$$Identification$de$l’allergène$et$soustraction$de$l’animal$à$cet$allergène$$$
b)$$Identification$de$l’allergène$et$injection$très$progressive$de$faibles$quantités$$$
c)$$La$réorientation$de$la$réponse$immunitaire$vers$une$voie$Th1$$$
d)$$Un$changement$du$«$pattern$»$des$cytokines$induites$avec$forte$production$d’ILc4$$$
Réponse#:#b#et#c##
$
Q72)#Quelle(s)#est#(sont)#les#réactions#d’HS#qui#peuvent#être#associée(s)#à#la#pénicilline#?##
a)$$HS1$$$ b)$$HS1$et$2$$$ c)$$HS1,$2$et$3$$$ d)$$HS1$,2$,3$et4$$$
Réponse#:#d##
$
Q73)#L’HS#2#est#surtout#due#à#un#mécanisme#de#cytotoxicité#dépendante#des#Ac?##
a)$$Vrai$$$ b)$$Faux$$$
Réponse#:#a##
$
Q74)#La#maladie#hémolytique#du#poulain#nouveau"né#:##
a)$$Est$due$à$une$HS2$$$
b)$$Est$due$aux$Ac$maternels$présents$dans$le$colostrum$$$
c)$$Est$due$à$la$sensibilisation$de$la$mère$par$les$Ags$érythrocytaires$présents$chez$le$$fœtus$$$
d)$$Survient$généralement$dès$la$première$gestation$$$
Réponse#:#a,#b#et#c##
$
Q75)#Les#signes#cliniques#et#lésionnels#présents#dans#l’anémie#infectieuse#des#équidés#peuvent#s’expliquer#
par#des#phénomènes#d’HS#2#et#3#?##
a)$$Vrai$$$ b)$$Faux$$$
Réponse#:#a#

11/15$
14
$
Q76)#Identifier#le#ou#les#cas#possibles#d’HS#2#:##
a)$$Mère$Rhc,$père$Rh+,$enfant$Rhc$$$ b)$$Mère$Rh+,$père$Rh+,$enfant$Rh+$$$
c)$$Mère$Rhc,$père$Rh+,$enfant$Rh+$$$ d)$$Mère$Rh+,$père$Rhc,$enfant$Rhc$$$
Réponse#:#c##
Q77)#La#tuberculine#est#:##
a)$$Un$vaccin$utilisé$contre$la$tuberculose$à$M.$bovis$chez$les$bovins$$$
b)$$Un$extrait$protéique$de$M.$bovis$$$
c)$$Un$réactif$permettant$de$rechercher$un$état$d’HS$chez$un$bovin$infecté$ou$non$par$$M.$bovis$$$
d)$$Un$réactif$induisant$une$induration$chaude$et$douloureuse$au$site$d’injection$dans$les$$10h$suivant$
l’intradermoréaction$$$
Réponse#:#b#et#c##
$
Q78)#Le#principe#du#test#à#l’IFN"γ#est#le#suivant#:##
a)$$L’IFN$gamma$sanguin$est$dosé$par$ELISA$$$
b)$$L’IFN$gamma$sanguin$est$dosé$72h$après$l’intradermoréaction$du$bovin$à$dépister$$$
c)$$L’IFN$gamma$est$dosé$18h$après$stimulation$in$vitro$des$lymphocytes$du$sang$par$la$$tuberculine$$$
d)$$L’IFN$gamma$est$dosé$par$un$ELISA$«$sandwich$»$$$
Réponse#:#c#et#d##
$
Q79)#Chassez#l’intrus#parmi#les#composants#cellulaires#essentiels#d’un#granulome#:##
a)$ $Les$ macrophages$ b)$ $Les$ lymphocytes$ c)$ $Les$ cellules$ d)$ $Les$ lymphocytes$
$$ T$$$ géantes$$$ B$$$
Réponse#:#d##
$
Q80)#Les#Ags#du#CMH#1#&#2#ont#pour#rôle#principal#le#rejet#des#greffes#:##
a)$Vrai$$ b)$Faux$$
Réponse#:#b##
Q81)#La#sélection#négative#des#lymphocytes#T#:##
a)$$Consiste$à$éliminer$les$thymocytes$CD3c,$CD4c,$CD8c$$$
b)$$Concerne$les$thymocytes$CD3+,$CD4+,$CD8+$$$
c)$$Se$produit$au$contact$des$cellules$épithéliales$du$cortex$du$thymus$$$
d)$$Se$produit$au$contact$des$cellules$dendritiques$du$thymus$$$
Réponse#:#b#et#d##
Q82)#Les#chiens#de#la#race#samoyèdes#sont#sensibles#au#diabète#insulinodépendant#?##
a)$$Vrai$$$ b)$$Faux$$$
Réponse#:#a##
$
Q83)#À#propos#de#la#figure#suivante,#identifier#les#réponses#exactes#:##
a)$$Les$Ac$de$souris$normales$ne$reconnaissent$pas$les$protéines$de$membrane$des$plaquettes$$$
b)$ $Les$ Ac$ de$ souris$ immunisées$ avec$ le$ virus$ JEV$ se$ fixent$ sur$ des$ protéines$ membranaires$ des$
plaquettes$$$
c)$ $Les$ Ac$ des$ souris$ immunisées$ avec$ le$ virus$ DV$ se$ fixent$ sur$ des$ protéines$ membranaires$ des$
plaquettes$$$
d)$ $Il$ y$ a$ mimétisme$ moléculaire$ avec$ la$ protéine$ NS1$ du$ virus$ de$ la$ dengue$ et$ la$ protéine$ DPI$ des$
membranes$plaquettaires$$$

12/15$
14
$
Réponse#:#a,#c#et#d#
$
$
Q84)#Chassez#l’intrus#:##
a)$$Le$virus$leucogène$félin$ou$FeLV$$$ c)$$Le$virus$de$la$leucose$bovine$$$
b)$$Le$virus$de$l’hépatite$de$Rubarth$chez$le$chien$$$ d)$$Le$virus$de$la$maladie$de$Marek$$$
Réponse#:#b##
$
Q85)#Chassez#l’intrus#:##
a)$$Le$FIV$$$ c)$ $Le$ virus$ de$ la$ bursite$ infectieuse$ des$ oiseaux$
b)$$Le$BVDV$$$ (birnavirus)$$d)$$Le$virus$de$la$grippe$équine$$$
Réponse#:#d##
$
Q86)#La#célèbre#expérience#dite#«#de#Pouilly#le#fort#»#réalisée#par#Pasteur#et#ses#collaborateurs#en#1881#a#
trait#à#un#essai#de#vaccination#contre#:##
a)$$Le$choléra$des$poules$$$ c)$$La$rage$$$
b)$$Le$charbon$des$ruminants$$$ d)$$Le$rouget$du$porc$$$
Réponse#:#b##
Q87)#Le#composant#principal#du#colostrum#de#la#vache#est#:##
a)$$Les$IgA$$$ b)$$Les$IgG$$$ c)$$Les$IgM$$$ d)$$LesIgG2$$$
Réponse#:#b##
$
Q88)#Parmi#les#caractéristiques#suivantes,#quelle(s)#est#(sont)#celle(s)#qui#ne#s’applique(nt)#pas#aux#vaccins#à#
germes#vivants#?##
a)$$Nombre$de$doses$réduit$$$ c)$$Peu$coûteux$à$produire$$$
b)$$Adjuvants$non$indispensables$$$ d)$$Pas$de$risque$de$réversion$$$
Réponse#:#d##
$
Q89)#D’après#le#tableau#suivant,#quelles#affirmations#sont#exactes#?##
a)$ $Les$ souris$ immunisées$ avec$ le$ vaccin$ dit$ commercial$ sont$ mieux$ protégées$ qu’avec$ le$ vaccin$
expérimental$RV6$$$
b)$$Le$vaccin$expérimental$RV6$est$un$vaccin$vivant$$$
c)$$Les$souris$OF1$immunisées$avec$le$vaccin$expérimental$RV6$sont$totalement$$protégées$après$une$
épreuve$virulente$non$létale$$$
d)$$Le$vaccin$dit$commercial$est$plus$protecteur$que$le$vaccin$expérimental$Rv6$$$

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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Les hypersensibilités : bilan

Hypersensibilité Hypersensibilité de type 1 Hypersensibilité de type 2 Hypersensibilité de type 3 Hypersensibilité de type 4


Appellations HS immédiate Hypersensibilité cytotoxique HS à dépôt de complexes immuns HS granulomateuse ou
synonymes Allergie, atopie, anaphylaxie Phénomène d'Arthus (si locale) ou HS de contact
maladie sérique (si systémique)
Délai Immédiate (10mn) Quasi-immédiate (3 à 4h) Quasi-immédiate (3 à 4h) Retardée (12 à 72h)
Conséquences Œdème, bronchoconstriction, Cytotoxicité Dépôts de complexes immuns Granulome,
globales inflammation Hémolyse Vascularite inflammation
Cellules Mastocytes (des muqueuses et des TC) Cellules cibles : toutes les cellules Neutrophiles Lymphocytes TCD4+
principales Plasmocytes à IgE
Cellules Lymphocytes Th2 Macrophages Mastocytes Macrophages
secondaires Lymphocytes mémoire Neutrophiles Macrophages Basophiles/mastocytes
Cellules présentatrices d’AG Eosinophiles Plasmocytes à IgG Cellules NK
Plaquettes NK LTCD8+
Lymphocytes Th17
Médiateurs IgE= « réaginines » IgM Complexes immuns Chimiokines
(hors cytokines) Histamine et sérotonine Complément IgG (Pas d’IgM !)
Prostaglandines et leucotriènes Anaphylatoxines (C3a et C5a) Complément
Catécholamines C5a (chimiotactique)
Calcium
Cytokines IL5 : attirent les éosinophiles IL6 : prolifération cellulaire IFN-γ : chimiotactisme
impliquées IL4 : activent les LB TGFβ : fibrose IL12
IL31 : prurit IL2 : activation NK/Mφ
IL1β IL1
IL13 TNF-α
IL6
TNFα

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Inducteurs Allergènes Antigènes Complexes immuns Bactéries intracellulaires
Constitutifs cellulaires
Antigènes érythrocytaires Antigènes (=haptènes) capables de se
Antigènes du CMH fixer à des protéines de la peau
Antigènes cryptiques

Membrnaires exogènes
(antibiotiques, AINS, vaccins)
er
Mécanismes 1 contact: Présentation des allergènes Après une phase de latence, les antigènes Dépôts de complexes immuns insolubles L'Ag, après un 1er contact initiateur, active
mis en jeu aux LTh2 : production d’IgE (commutation (exogènes ou auto-Ags) sont reconnus par (qui ne peuvent pas être éliminés) sur les lymphocytes Th1 sensibilisés via les
isotypique induite par IL5 et IL4) des Ac (IgM surtout) conduisant à l’endothélium vasculaire dans les lieux de cellules dendritiques (et l'IL12)
l'activation du complément qui peut perturbation du flux sanguin :
e
2 contact: l'Ag se lie aux IgE fixées par leur être :  rein  prolifération de ces lymphocytes T et
fragment Fc sur les mastocytes   totale  lyse des cellules porteuses  cœur (par projection, plus rare) production de cytokines Th1 (dont l'IFN-γ),
dégranulation des mastocytes avec des de ces Ags (dans le cas des hématies,  capillaires qui par cascade va attirer puis activer les
médiateurs actifs on a une hémolyse) par le Complexe  membranes synoviales des macrophages et autres cellules (NK) qui
 Préformés (histamine et d’attaque du complément articulations) vont à leur tour produire des composés
sérotonine chez les bovins) en une lyse intra vasculaire est rapide inflammatoires et induire la lyse des
qqes sec, et se traduit par l’apparition d’un Les neutrophiles attirés par cellules cibles (par les lymphocytes
 Néosynthétisés ictère flamboyant. chimiotactisme libèrent le contenu de cytotoxiques et les cellules NK).
(prostaglandines) en qqes leurs granules dans les tissus où les CI se Cette réaction d'HS peut conduire à la
minutes à qqes heures  incomplète, les macrophages sont déposés, à l'origine de lésions formation de granulomes autour de l'Ag
(+neutrophiles, éosinophiles et NK) peuvent tissulaires. lorsque ce dernier persiste
On parle de choc anaphylactique vrai intervenir en phagocytant les
(implique IgE et mastocytes). cellules porteuses des Acs (ou Dans les formes systémiques, les
facteurs du C' =opsonines) à l'origine plaquettes jouent un rôle primordial dans
Passée cette 1ère phase, d'autres cellules d'une lyse extravasculaire (ADCC) les lésions vasculaire à l'origine du
sont recrutées sur le site inflammatoire, qui a lieu dans le foie ou la rate et chimiotactisme et de l'inflammation.
PMNs et éosinophiles à l'origine de n’entraîne pas d’ictère.
dommages tissulaires s'ajoutant aux Différentes modalités cliniques selon le
réactions inflammatoires des premiers Les fragments C5a et C3a entraînent une lieu du dépôt des CI: vascularites,
instants (= phase tardive de la réaction) vasodilatation et un œdème : c’est un choc glomérulonéphrites, uvéites, dermatites,
anaphylactoïde polyarthrites, ...
(indiscernable cliniquement du choc
anaphylactique mais ne reposant pas sur

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l’activation des mastocytes par les IgE)

Diagnostic Injection intradermique d’antigènes Test de Coombs : mise en évidence  Injection intradermique d’haptènes
(Chien, Homme : cf dermato) différent d’auto-anticorps dans le sang (indirect) (tuberculinisation) (Bovins)
de bovins ! ou fixés aux hématies (direct)  Dosage de l’IFNγ
Dosage d’IgE pour identifier l’allergène  ELISPOT
Rôle Cytotoxicité : lutte anti-helminthes, Lutte contre les bactéries intra-cellulaires
physiologique lutte anti-tumorale (Mycobactéries,…) et les protozoaires et
certains helminthes (larves de
Dyctyocaulus, Schistosome,
Paramphistome,…)
Exemple de Dermatite atopique Maladie hémolytique du poulain Lésions rénales : glomérulonéphrites Tuberculose (tuberculine)
pathologies DAPP nouveau-né Lésions articulaires : Maladie des abcès
associées chez Complexe granuleux éosinophilie du Conséquence de maladies infectieuses Arthrite rhumatoïde Schistosomiase
l’animal chat (ex : piroplasmose) Lésions cutanées : Lupus Brucellose (brucelline) Leishmaniose
Dermatite estivale chronique du Maladie transfusionnelle Érythémateux Disséminé, purpura (leishmanine) Morve (malléine)
cheval Pancytopénie Neonatale Bovine hémorragique, rouget Dermatites de contact (nombreux Ags)
Lésions vasculaires : Maladie sérique,
PIFhumide
Lésions oculaires : Uvéite
Exemple de Rhume des foins Hypersensibilités médicamenteuses Poumon du fermier Dermatite de contact (ciment,…)
pathologies Asthme Glomérulonéphrite post- Tuberculose
associées chez Sinusite allergique Allergies streptococcique
l’homme alimentaires HS médicamenteuse
Traitement Spécifique : Stopper la transfusion dès l’apparition Anti-inflammatoires Anti-inflammatoires
éventuel Eviction de l’allergène des premiers signes Corticoïdes (corticoïdes pour les dermatites de
Hyposensibilisation contact)
Systématique : Test-cross (Coombs) avant la
Anti-inflammatoires transfusion : vérifier la compatibilité Immunosuppresseurs
β2-mimétiques
α-antagonistes Retrait du médicament inducteur Antagonistes du TNF
Anti histaminiques associé
Adrénaline
Anti-prurit

Page 3 sur 6
Quelques questions posées par les propriétaires (réponses à vulgariser !) :
 A quoi sert la vaccination ?
Elle permet la mise en place d’une réponse immunitaire protectrice chez l’individu, elle limite l’expression des signes cliniques et
l’excrétion de l’agent pathogène. Elle protège l’individu et la population (immunité de troupeau).
 Comment ça marche ?
On expose l’individu à un agent pathogène inoffensif pour qu’il développe une réponse immunitaire sans déclencher une maladie. Il y a
mise en place d’une mémoire mais il est important de l’entretenir grâce aux rappels vaccinaux.
 Pourquoi faire vacciner contre une maladie presque disparue ?
- Risques d’émergence (vecteurs, mouvement d’animaux)
- Agents pathogènes peuvent être présents chez des réservoirs (faune sauvage).
- Agents pathogènes présents chez des individus sans signes cliniques
Remarque : certaines maladies ont disparu (comme la peste bovine et la variole), on a donc arrêté la vaccination.
 Pourquoi vacciner un adulte ?
- Entretenir une mémoire immunitaire
- Protéger les individus sensibles, immunité de troupeau
 Doit-on vacciner un animal qui ne sort pas ?
La vaccination est fonction de l’épidémiologie de la maladie. Dans le cas de maladies très contagieuses, le propriétaire peut être un
vecteur, il faut donc vacciner. (ex : la panleucopénie féline est très résistant dans le milieu extérieur et peut être transportée sur nos
chaussures).
 N’administre-t-on pas trop de vaccin aux jeunes ?
Les associations de valence sont étudiées et leurs efficacités sont prouvées.
 Un vaccin est-il efficace à 100% ?
NON. Il y a des risques de « non répondeurs », de réversion du vaccin, de mauvais protocole. Les souches peuvent être différentes entre
le vaccin et l’infectante (nombreux sérogroupes).

Page 4 sur 6
Changer de producteurs peut être intéressant pour élargir la protection
 Quels sont les risques liés à la vaccination ?
Il y en a peu (50/10 000). Il peut y avoir des réactions locales et encore plus rarement des réactions générales.
 Les conservateurs et adjuvants sont-ils à risque ?
Ils ont été étudiés (AMM) donc les risques sont faibles. Les conservateurs empêchent le développement de bactéries dans le vaccin et
les adjuvants augmentent la réponse immunitaire.
 La vaccination peut-elle déclencher la maladie ?
Généralement non. Il peut y avoir une petite maladie vaccinale et une excrétion des souches vaccinales (ex : toux du chenil).

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CE DOCUMENT A ETE OFFERT AUX VETERINAIRES ALGERIENS PAR

REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM

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REDA MOHAMED GUESSOUM, DVM


Gom’s, Cam, Gwi 28/04/09
Stéphane Chloé Virologie 14h – 15h
Stephagnoli the BG

VACCINATION DES CARNIVORES DOMESTIQUES


 Objectifs de la vaccination

-Vaccination individuelle
-Vaccination collective : il faut limiter la circulation des agents pathogènes. Plus l’on vaccine au
sein d’un groupe, plus les individus non vaccinés de ce groupe seront protégés. Aujourd'hui la
vaccination est controversée, mélange à la fois de peur et de fantasme.

Exemple : un relâchement de la vaccination contre la Rougeole est observé ces dernières années,
on a eu en 2009, 600 cas de rougeole au lieu d’une centaine d’habitude ! Il n’y a plus assez de
personnes vaccinées pour protéger les non vaccinées.
Quand 90% d’une population est vaccinée, ce sont 100% qui sont protégés. Le minimum pour
garantir une protection et éviter une épizootie est de 75% de la population vaccinée.

Il est important de bien faire comprendre aux proprios que l’on va trouver un intérêt dans la
vaccination pour leur animal et pour les autres qui sont autour. La santé de la population est aussi
à prendre en compte lorsqu l’on vaccine. On rencontre tout de même de plus en plus des
mouvements anti-vaccins…

Vaccin : toute préparation destinée à stimuler activement l’immunité d’un individu de façon à le
protéger contre un agent pathogène ou une maladie. Attention, on protège souvent contre la
maladie et non contre l’infection !

 Principe de base de la vaccination

La vaccination permet d’induire une réaction immunitaire permettant lors d’un contact ultérieur
avec le même agent pathogène une réponse rapide et efficace : on parle de protection.
Deux caractéristiques du système immunitaire sont importantes à retenir : la spécificité et la
mémoire du système. (Les cellules mémoires répondent spécifiquement à un antigène donné)

On peut donc, grâce à des campagnes de vaccination :


- diminuer l’incidence
- diminuer la prévalence
- diminuer les conséquences cliniques

Il faut réagir tôt :


- Éviter tout contact agent pathogène/individu = protection sanitaire
Exemple : Éradiquer l’agent d’un territoire (abattage ou solution alternative)
- Quand on connait la nature de l’agent circulant :
o Niveau microbiologique : si le vaccin protège contre l’infection = on agit sur
l’incidence (aucun nouveau cas n’apparait). Peu de vaccins en sont capables.
Exemple : Variole, rage
o Protection contre les symptômes : éviter les effets délétères mais l’infection
est présente quand même. Il y aura donc des porteurs sains de l’agent

Vaccinologie-Vaccination des carnivores domestiques – page 1 /7


infectieux, susceptibles de contaminer la population : grand rôle
épidémiologique. Un bon nombre de vaccins se contentent de cette fonction.

Sans oublier la pensée spirituelle de notre cher Stéphagnoli : « Le vaccin c’est bien, mais pas un
outil miracle. » (Philosophe notre petit Gnognolili)

Facteurs Infection
de risque

Sujets
Sujets exposés Sujets Sujets
sains infectés
aux malades
risques

Incidence
Prévalence

S1-Protection contre V1-Protection V2-Protection V3-Diminution


les facteurs de risque contre contre les de la sévérité
l’infection symptômes des symptômes

1/Diminution de l’incidence 2/Diminution de 3/Diminution des


la prévalence conséquences

Pour un sujet sain


On procède à une prophylaxie sanitaire (désinfection, recensement des animaux, dépistage…). On
soustrait l'individu aux facteurs de risque. On agit alors en amont, avant la chaîne de diffusion de
l’agent infectieux. On parvient dans le meilleur des cas à diminuer le nombre de nouveaux cas :
diminution de l’incidence.

Pour un sujet exposé au risque


A ce stade on vaccine. On essaie en effet de limiter les conséquences de l’exposition à ce risque.
V1 : les vaccins évitent l’infection. On agit sur l’incidence.
Exemple : les vaccins contre la fièvre jaune, la variole, la rage. Ils ciblent des maladies généralisées
à tropisme large, et dont la réponse immunitaire est systémique.

V2 et V3 (cas plus fréquents) : On protège contre l’apparition (V2) des symptômes (à 100% ou
juste les symptômes les plus graves) et on diminue leur sévérité (V3) pour qu’ils soient plus
supportables. Mais les animaux infectés seront toujours susceptibles de faire circuler l’agent
infectieux mais l’excrétion sera diminuée. On diminue la prévalence de la maladie.

 L’offre vaccinale chez les carnivores domestiques

Vaccinologie-Vaccination des carnivores domestiques – page 2 /7


CHIENS : offre très large
Rage
Carré VACCINS INDISPENSABLES
Hépatite Rubarth
Parvovirose
Leptospirose ( vaccin ne protège pas contre tous sérovars)
Toux de chenil +++ si vie collectivité
Herpesvirose
Babésiose; Lyme (déconseillé par Stéphane)

CHATS
Rage
Panleucopénie féline VACCINS INDISPENSABLES
Coryza
Leucose féline
Chlamydiose féline -
(les vaccins PIF et FeLV dispo à l’étranger)

o Choix d’un type de vaccin

Types des vaccins :


 Inactivés : il faut une primo + une 2ème injection successive + un rappel annuel
 Atténués : pour Herpesvirose féline, Leucose féline, Parvo canine… Mais PAS pour la rage
(en France) car on flippe d’un accident et d’une transmission à l’homme !
Toujours en France, on ne veut pas mettre le vaccin contre le FeLV sur le marché car c’est
un virus vaccinal qui se réplique et qui persiste chez l’hôte. La réticence est donc d’induire
une persistance virale chez un animal sain…
 Sous-unité : ce sont des protéines issues d’un agent infectieux. C’est donc un vaccin
« mort ». Un seul type en France : le FeLV, avec des extraits de protéines issues de cellules
infectées ou d’E.coli modifiées, souvent adjuvé car peu immunogène.
 Vectorisés : injection dans un virus inoffensif d’une séquence codant pour un antigène (du
méchant virus) : fabrication par le virus de la protéine d’intérêt, injection de ce dernier
dans l’hôte = expression de l’Ag dans l’hôte et réponse immunitaire.
Toujours le même : le vaccin contre le FeLV.

Remarque : vaccins sous-unité + vaccins vectorisés = vaccins recombinés, soient tout ce qui est
produit en génie génétique.

Question de Mlle X (je sais plu qui…) : Le vaccin contre l’Herpervirose féline est pratiqué alors que
c’est aussi un virus persistant chez l’hôte, comme le FeLV…mais pourquoi donc ? Et bien parce que
ce gentil petit Herpes ne s’intègre pas au génome de la cellule pardis ! Alors c’est tout de suite
moins emmerdant.

Il existe de nombreux vaccins polyvalents (nombreuses valences) qui sont plus à la mode puisque
le client ne vient qu’une fois par an. Il n’existe pas forcément de vaccin monovalent pour chaque
maladie : par exemple, on ne peut pas vacciner contre l’Herpesvirose féline seule.
Il faut donc bien réfléchir à ce que l’on fait lorsque l’on vaccine et surtout à un protocole prenant
en compte l’état de santé de l’animal, sa physiologie….

Vaccinologie-Vaccination des carnivores domestiques – page 3 /7


De plus pour une valence, on a une variété de vaccins qui existent. On a donc le choix pour faire
un vaccin a un animal. Les boîtes pharmaceutiques font pression en augmentant l’offre vaccinale
sur le marché. Il faut se faire soi même une idée de la pertinence d’un vaccin. Néanmoins, la
notice d’utilisation est souvent floue, les précisions manquent parfois, surtout pour le temps de
protection, l’adjuvant… On ne sait même pas si on peut combiner les marques…
La simplification n’est pas forcément bénéfique, Ré-FLé-CHI-SSEZ ! Bordel…

o Protocoles classiques
Schémas issus des recommandations actuelles des fabriquants…

CHIEN
-Carré
-Hépatite de Rubarth
-Para-influenza (Toux de chenil)
-Parvovirose
-Leptospirose et rage (Age minimum de la vaccination anti-rabique = 3 mois.)

Avant 3 mois :
1) primo vers 7-8 semaines (1 injection)
2) rappel 1 mois après (dans l’éventualité de persistance d’AOM qui auraient neutralisé la
primo)
3) rappel 1 an après puis rappel tous les 2 ans (en théorie, tous les ans si l’on veut respecter
les AMM)

Après 3 mois :
1) primo (en 1 injection car il s’agit de vaccins vivants atténués, pas besoin de rappels mais
souvent les vétos font 2 injections par habitude vu que la primo avant 3 mois se fait en 2…
mais c’est uniquement à cause des anticorps d’origine maternelle ! Ré-FLé-CHI-SSEZ bis)
2) rappel 1 an après puis rappel tous les 2 ans (en théorie, tous les ans si l’on veut respecter
les AMM)

Parvovirose: on peut commencer à vacciner à 6 semaines, mais il faut faire un rappel 1 mois
après. Si on ne fait pas la première injection à 6 semaines mais plus tard, il n’y a pas besoin de
rappel car c’est un vaccin atténué.

Leptospirose : rappel au moins une fois par an, 2 fois si le chien est soumis à une forte pression
d’infection (contexte épidémiologique).

CHAT

Avant 3 mois : primo et rappel 1 mois plus tard pour la Panleucopenie et la Leucose.
Après 3 mois : une seule injection pour la Panleucopenie mais 2 pour la Leucose
Rappel tous les ans pour la Leucose et 2 ans pour la Panleucopénie.

Herpesvirus et Calicivirus : 2 injections nécessaires avec des vaccins vivants ou inactivés.


Rappel tous les ans pour Herpesvirus et Calicivirus (si peu de risque d’infection, rappel tous les
deux ans)

Vaccinologie-Vaccination des carnivores domestiques – page 4 /7


ANNE Stéphanie/LE BRIS Marjolaine 28/04/09
Chloé - Stéph Vaccinologie 15h-16h
Bertagnoli

 Variation du protocole classique de vaccination

Pour les chiens :

Vaccin contre la Toux de Chenil : Voie mucosale = administration intra-nasale, surtout fait sur les
jeunes animaux vivant en collectivité. L’efficacité est variable, on peut s’interroger sur l’utilité d’un
tel vaccin. On peut aussi vacciner par voie parentérale.

Vaccin contre l’Herpesvirose Canine : On vaccine la mère pendant la gestation afin d’immuniser
les chiots grâce aux AOM qu’ils vont recevoir dans le colostrum. C’est une protection clinique.

Vaccin contre la Babésiose : Pyrodog ND (efficacité limitée) Novibac Pyro ND (risques d’effets
secondaires ?). Peu efficace en raison de la grande diversité de Babésia.

Vaccin contre la maladie de Lyme : peu utile.

Pour les chats :

Vaccin contre la Chlamydiose féline : Valence uniquement associée au Coryza, efficacité


uniquement clinique (non microbiologique).

 Quelques études spécifiques

Vaccins contre les Herpesviroses des carnivores : CHV1 et FeHV1.


Entrée mucosale, multiplication et atteinte du nœud lymphatique régional. Il y a un phénomène
de latence : ces virus persistent à vie dans les voies nerveuses.
Chez le chat, on utilise un vaccin vivant, il s’agit d’une souche apathogène peu réactivable.
Les objectifs sont de limiter les conséquences de la primo infection, limiter les récurrences
successives et contrôler l’expression clinique et l’excrétion virale.
Les jeunes reçoivent des AOM qui les protègent contre les troubles péripartum s’ils sont nés d’une
mère infectée : la transmission de l’Herpes aura lieu mais sans les signes cliniques associés.

Vaccination contre la Rhinotrachéite Infectieuse Féline :


On utilise un vaccin inactivé adjuvé, ou un vaccin atténué, administrés par voie parentérale.
Pas de relation directe entre la quantité d’anticorps et la réaction.
Ce vaccin protège seulement contre les signes cliniques de la maladie : il faut maintenir une
vaccination continue (tous les ans).

Vaccination contre l’Herpes Virose Canine :


Il n’existe qu’un seul vaccin, qui est inactivé et adjuvé. On vaccine la femelle gravide, il ya
transmission passive des anticorps aux chiots.

Exemple de vaccination contre les rétroviroses : Vaccins contre la Leucose féline FeLV
C’est la seule rétrovirose contre laquelle on vaccine en médecine vétérinaire.
Vaccinologie-Vaccination des carnivores domestiques – page 5 /7
Rappel : Le provirus est integré dans les cellules, il n’y a donc pas d’élimination du virus mais
persistance sous forme provirale = PROVIRUS.
Il existe des chats virémiques permanents, donc cliniquement malades (« pas de chance »), et des
chats non ou faiblement virémiques qui sont porteurs à vie (faible charge virale, le plus souvent
non détectable). L’immunité est responsable d’une protection mixte : les Ac neutralisants et les
lymphocytes.
Remarque : la virémie est caractérisée par des Ag circulant dans le sang.

o Courbes du PPT diapo 22 : représentent la quantité de provirus (ADN proviral) et d’ARN viral
en fonction du temps. (fondées sur des codes couleur donc inutiles a intégrer dans la ronéo en
noir et blanc…)

La courbe rouge représente les chats infectés persistants (ceux qui vont tomber malade). On
observe une quantité de provirus et d’ARN viral importante.
La courbe verte représente des chats sans antigènes circulants mais avec une quantité faible de
provirus et d’ARN viral, l’infection est sous contrôle.
La courbe jaune : virémie transitoire. Au début, on observe une forte quantité de virus et d’ARN
viral, puis une diminution rapide de ceux-ci. Le virus est contrôlé mais non éradiqué par la
réponse immunitaire.
Il existe des chats qui sont réfractaires à l’infection : on n’observe alors ni Antigène, ni ARN viral,
ni provirus (= abortive infection)

Les objectifs de la vaccination


Développer une réponse immunitaire susceptible d’empêcher l’apparition d’une virémie
permanente (c'est-à-dire éviter la courbe rouge).
Le vaccin n’agit que sur la charge virale (il ne protège pas contre l’infection).
Il existe de nombreux vaccins (cf. ppt), à stratégies différentes.
Exemple : CanariPox ND semble être le plus efficace : il entraine la réponse de type TH1 souhaitée.

Vaccinologie-Vaccination des carnivores domestiques – page 6 /7


Appréciation de l’efficacité d’un vaccin
Globalement, la protection est de courte durée (<1 an). Il est difficile de tester les vaccins au long
terme car il faut garder les animaux d’expérimentation longtemps, de plus le protocole de
vaccination est variable d’un animal à l’autre.

A la suite de la vaccination, il n’y a pas forcément beaucoup d’anticorps neutralisants détectés. En


effet, parfois il faut attendre que le chat soit en contact avec le virus (épreuve virulente qui sert de
rappel) pour observer une forte sécrétion d’anticorps. Les vaccins offrent tout de même des
résultats satisfaisants, même s’il y a rarement une protection virologique.

Appréciation de la durée d’immunité post vaccinale


Pour les chiens : Il s’agit d’un point délicat, peu étudié par les firmes pharmaceutiques.
Il semblerait qu’un rappel annuel ne soit pas nécessaire, une injection tous les 3 ans serait
suffisante.
Pour les chats : Les études sont basées sur la sérologie, la durée de l’immunité est de 4 à 7 ans, en
fonction des valences. Exemple : le vaccin contre la Parvo offre une bonne protection dans le
temps, on en est moins sûrs pour le vaccin contre l’Herpes Virose.
L’estimation est tempérée par la qualité de la protection, par exemple, pour les Calicivirus, il faut
des vaccinations fréquentes.

CONCLUSION
Pour les vaccins accessoires (non obligatoires) il n’y a pas ou très peu d’études.
La durée de protection des vaccins antiviraux est supérieure aux vaccins antibactériens.
La durée de protection d’un vaccin vivant est supérieure à celle d’un vaccin inerte.
La durée de protection d’un vaccin contre une maladie systémique est supérieure à celle d’une
maladie mucosale (type Coryza).

Vaccinologie-Vaccination des carnivores domestiques – page 7 /7


Liste des vaccins utilisés
en médecine vétérinaire
RÉPERTOIRE COMMENTÉ DES MÉDICAMENTS
À USAGE VÉTÉRINAIRE

2020

Répertoire
Commentaires
pharmacothérapeutiques

Catalogue
Médicaments vétérinaires

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SYMBOLES

Mode de délivrance

OTC médicaments vétérinaires en vente libre

π médicaments vétérinaires soumis à prescription médicale

Symboles LMR

autorisé chez les animaux, y compris les animaux producteurs


de denrées alimentaires

X interdit chez les animaux producteurs de denrées alimentaires

interdit chez les animaux producteurs de denrées alimentaires,


excepté les équidés

Voir aussi Introduction p. XIV.

Codes AMCRA

examen de labo test de sUsceptibilité aUx


Usage complémentaire*, ** antibiotiqUes*, **

JAUNEA curatif de préférence de préférence

ORANGEB curatif condition de préférence

ROUGEC curatif condition condition


** Echantillon prélevé avant le début de la thérapie.
** Si un examen de laboratoire complémentaire (examen bactériologique et/ou PCR,
sérologie, …) et/ou un test de susceptibilité aux antibiotiques sont impossibles ou ne
sont pas immédiatement disponibles, il convient de démontrer le « choix thérapeutique
correct » du traitement aux antibiotiques, basé soit sur des données de la littérature
scientifique, soit sur des données historiques, datant de moins d’un an, relatives aux
résultats de l’examen de laboratoire complémentaire et/ou des tests de susceptibilité
aux antibiotiques, soit sur des résultats cliniques. La condition pour effectuer le « choix
thérapeutique correct » est le fait qu’aucun produit jaune ou orange ne soit incontesta-
blement efficace.

Voir aussi Introduction p. XIV.


I

VETCOMPENDIUM
RÉPERTOIRE COMMENTÉ DES MÉDICAMENTS
À USAGE VÉTÉRINAIRE

2020

Médicaments vétérinaires commercialisés au 1er mars 2020

CENTRE BELGE
D’INFORMATION PHARMACOTHÉRAPEUTIQUE
www.vetcompendium.be
III

TABLE DES MATIERES


TABLE DES MATIERES VII

14. Système uro-génital . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137


14.1. Diurétiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
14.2. Incontinence urinaire chez la chienne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
14.2.1. Œstriol . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 139
14.2.2. Phénylpropanolamine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 140
14.2.3. Ephédrine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
14.3. Hypertrophie bénigne de la prostate . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142
14.3.1. Progestagènes à activité anti-androgène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142
14.3.2. Osatérone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 142
14.4. Insuffisance rénale chronique chez le chat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
14.4.1. Antagonistes de l’angiotensine II: telmisartan . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
14.4.2. IECA: bénazépril . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 144
15. Système nerveux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
15.1. Anesthésiques généraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
15.1.1. Anesthésiques dissociatifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
15.1.2. Propofol . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
15.1.3. Stéroïdes neuroactifs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 148
15.1.4. Anesthésiques volatils . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 149
15.2. Euthanasie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
15.2.1. Barbituriques pour l’euthanasie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
15.2.2. Association pour l’euthanasie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 152
15.3. Anesthésiques locaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 153
15.4. Neuroleptiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155
Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 155
15.4.1. Phénothiazines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 156
15.4.2. Dérivés de la butyrophénone . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 157
15.5. Benzodiazépines . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
15.5.1. Diazépam - zolazépam - midazolam . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 158
15.6. Agonistes alpha-2-adrénergiques et leurs antagonistes . . . . . . . . . . . . . 159
15.6.1. Agonistes alpha-2-adrénergiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 159
15.6.2. Antagonistes alpha-2-adrénergiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162
15.7. Myorelaxants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163
15.7.1. Guaïfénésine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 163
15.8. Thérapies comportementales . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
15.8.1. Antidépresseurs tricycliques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
15.8.2. Inhibiteurs des monoamines oxydases . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
15.8.3. Agonistes alpha-2-adrénergiques contre l’anxiété . . . . . . . . . . . . . . . . 165
15.8.4. Imépitoïne contre l’anxiété . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
15.9. Antiépileptiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
15.9.1. Phénobarbital . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
15.9.2. Bromure de potassium . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 168
15.9.3. Imépitoïne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
16. Vaccins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171
16.1. Vaccins pour chevaux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171
16.1.1. Grippe équine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 171
16.1.2. Tétanos . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172
16.1.3. Rhinopneumonie (Eq) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172
16.1.4. Virus du Nil occidental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 173
16.2. Vaccins pour ruminants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 174
16.2.1. Vaccins contre les maladies respiratoires chez le bovin . . . . . . . . . . . . 174
16.2.2. Rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 175
16.2.3. Diarrhée virale bovine - maladie des muqueuses (BVD-MD) . . . . . . . . . 176
16.2.4. Diarrhée néonatale bovine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
16.2.5. Fièvre catarrhale ovine (Bo, Ov) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 177
16.2.6. Vaccins anti-clostridiens pour ruminants . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178
VIII TABLE DES MATIERES

16.2.7. Piétin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 178


16.2.8. Vaccin contre les mammites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179
16.2.9. Vaccin contre la fièvre Q . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 179
16.2.10. Vaccin contre Chlamydia abortus pour les ovins . . . . . . . . . . . . . . . . 180
16.2.11. Vaccin contre Salmonella Abortusovis pour les ovins . . . . . . . . . . . . 180
16.2.12. Vaccin contre les dermatophytoses . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181
16.3. Vaccins pour porcs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181
16.3.1. Grippe porcine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 181
16.3.2. Syndrome Dysgénésique et Respiratoire Porcin (SDRP) . . . . . . . . . . . . 182
16.3.3. Parvovirose chez le porc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 182
16.3.4. Circovirus porcin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 183
16.3.5. Pleuropneumonie contagieuse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184
16.3.6. Pneumonie enzootique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 184
16.3.7. Rhinite atrophique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
16.3.8. Diarrhée néonatale causée par les souches
E. coli entérotoxigènes (ETEC) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 186
16.3.9. Maladie de l’œdème causée par les souches
E. coli productrices de Shiga-toxines (STEC/VTEC) . . . . . . . . . . . . . . . 187
16.3.10. Salmonella enterica . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 187
16.3.11. Rouget du porc . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188
16.3.12. Maladie de Glässer . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188
16.3.13. Entéropathie proliférative porcine (EPP) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 189
16.3.14. Vaccins anti-clostridiens pour porcs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190
16.3.15. Leptospirose (Su) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 190
16.4. Vaccins pour lapins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
16.4.1. Myxomatose . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 191
16.4.2. Maladie hémorragique virale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 192
16.5. Vaccins pour poules . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
16.5.1. Maladie de Marek . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
16.5.2. Maladie de Newcastle (poule) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 193
16.5.3. Bronchite infectieuse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 195
16.5.4. Syndrome de la chute de ponte . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
16.5.5. Maladie de Gumboro . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 196
16.5.6. Arthrite due à des réovirus . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
16.5.7. Anémie virale et infectieuse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
16.5.8. Laryngotrachéite infectieuse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
16.5.9. Rhinotrachéite (poule) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 197
16.5.10. Coccidiose . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
16.5.11. Salmonellose (poule) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
16.5.12. Vaccination contre d’autres maladies bactériennes . . . . . . . . . . . . . . 199
16.6. Vaccins pour pigeons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
16.6.1. Maladie de Newcastle - Paramyxovirose (pigeon) . . . . . . . . . . . . . . . . 200
16.6.2. Herpèsvirose du pigeon . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
16.6.3. Vaccin contre l’adénovirus de la volaille pour les pigeons . . . . . . . . . . 201
16.7. Vaccins pour dindes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202
16.7.1. Maladie de Newcastle (dinde) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 202
16.7.2. Rhinotrachéite (dinde) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203
16.7.3. Salmonellose (dinde) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203
16.8. Vaccins pour canards . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 203
16.8.1. Salmonellose (canard) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204
16.9. Vaccins pour canaris et pinsons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204
16.9.1. Variole aviaire (canaris et pinsons) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204
16.10. Vaccins pour chiens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204
16.10.1. Les vaccins essentiels pour le chien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204
16.10.2. Hépatite infectieuse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 204
16.10.3. Parvovirose chez le chien . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 205
16.10.4. Maladie de Carré . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 207
16.10.5. Herpèsvirose canine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208
TABLE DES MATIERES IX

16.10.6. Toux des chenils . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 208


16.10.7. Leptospirose canine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 210
16.10.8. Borréliose . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 211
16.10.9. Leishmaniose . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212
16.11. Vaccins pour chats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212
16.11.1. Les vaccins essentiels pour le chat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212
16.11.2. Panleucopénie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 213
16.11.3. Coryza félin . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 214
16.11.4. Chlamydiose . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 215
16.11.5. Leucose féline . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 216
16.11.6. Péritonite infectieuse féline . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
16.12. Vaccins antirabiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 218
Tableaux récapitulatifs des vaccins . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 219
16.13. Immunocastration . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 232
17. Immunomodulateurs . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 235
17.1. Interféron . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 235
17.2. Pegbovigrastim . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 235
17.3. Immunomodulateurs dans le traitement de la dermatite atopique . . . . . . 236
17.3.1. Ciclosporine . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 236
17.3.2. Oclacitinib . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 238
17.3.3. Lokivetmab . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 238
18. Immunoglobulines et sérums . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 241
18.1. Immunoglobulines et sérums utilisés chez le bovin . . . . . . . . . . . . . . . . 241
18.2. Sérum antitétanique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 241
19. Antitumoraux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 243
19.1. Inhibiteurs de tyrosine kinase . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 243
20. Topiques à usage cutané . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
20.1. Antiseptiques topiques à usage cutané . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
20.2. Antiseptiques pour trempage de trayons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
20.2.1. Iode utilisé pour le trempage des trayons . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 245
20.2.2. Chlorhexidine utilisée pour le trempage des trayons . . . . . . . . . . . . . . 246
20.3. Antibiotiques topiques à usage cutané . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246
20.3.1. Tétracyclines à usage dermatologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 246
20.3.2. Thiamphénicol à usage dermatologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247
20.4. Antimycosiques topiques à usage cutané . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247
20.4.1. Enilconazole à usage dermatologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247
20.5. Antiparasitaires topiques à usage cutané . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247
Tableau récapitulatif des antiparasitaires topiques à usage cutané
comme pour-on, spot-on, collier, spray . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 247
20.5.1. Dinotéfurane . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 248
20.5.2. Pyriproxyfène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 249
20.5.3. Organophosphorés et carbamates . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 250
20.5.4. Pyréthrinoïdes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 252
20.5.5. Fipronil . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 254
20.5.6. Imidaclopride . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 256
20.5.7. Amitraz . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 257
20.5.8. Pyriprole . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 257
20.5.9. Indoxacarbe . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 258
20.5.10. S-méthoprène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 259
20.6. Glucocorticoïdes topiques à usage cutané . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 261
20.6.1. Hydrocortisone acéponate . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 261
20.7. Associations à usage dermatologique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 261
20.8. Préparations cicatrisantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 262
171

16. VACCINS

16.1. Vaccins pour chevaux


Pour un aperçu de tous les vaccins disponibles pour le cheval, voir les Tableaux
récapitulatifs page 219.

16.1.1. Grippe équine


Le virus de la grippe équine engendre une infection aiguë de l’épithélium des
voies respiratoires supérieures et des poumons. Fièvre, abattement, anorexie et
toux sèche en sont les signes cliniques caractéristiques. Seules les infections
bactériennes secondaires peuvent en général provoquer de la mortalité qui res-
te plutôt rare, mais les performances des chevaux peuvent être amoindries du-
rant de nombreuses semaines. Il existe deux sous-types du virus de la grippe
équine, H7N7 (type 1) et H3N8 (type 2), dont les souches prototypes sont res-
pectivement Prague/56 et Miami/63. Le virus influenza A équin de sous-type H7N7
n’a plus été associé à un cas clinique depuis 1979. Des chevaux ayant occa-
sionnellement encore été trouvés séropositifs, on peut admettre que le virus cir-
cule sous forme subclinique au sein de la population équine. Quant à l’autre sous-
type, H3N8, il circule largement dans les populations de chevaux et engendre
fréquemment des épisodes de grippe chez le cheval dans le monde entier.
Vaccin
Vaccin contre la grippe équine - Vaccins combinés avec l’anatoxine tétanique.
La plupart des vaccins sont des vaccins inactivés à base d’un virus complet ou
d’antigènes, hémagglutinine (HA) et neuraminidase (NA), fractionnés. Un vac-
cin recombinant est préparé à base de 2 vecteurs poxvirus du canari exprimant
les hémagglutinines de virus H3N8 de la lignée américaine et de la lignée euro-
péenne. Ils contiennent au minimum un isolat de chaque sous-type et en géné-
ral également un adjuvant (huile, dérivés d’aluminium, carbomère ou Quil A). Le
sous-type H3N8 présente une certaine « dérive antigénique » (antigenic drift).
De ce fait, des isolats plus récents assurent une protection plus large contre les
souches actuellement circulantes. Un groupe d’experts de l’OIE (Expert Sur-
veillance Panel on Equine Influenza Vaccine) émet les recommandations sur les
souches vaccinales les plus adéquates. C’est pourquoi tous les vaccins contien-
nent une ou plusieurs souches récentes de virus H3N8, en plus de la souche
Miami/63 ou s’y substituant. Certains vaccins H3N8 contiennent en plus, à côté
d’isolats de la lignée européenne, un représentant de la lignée américaine (New-
market/1/93). Des adjuvants tels que les carbomères (carbopol) et les saponi-
nes (Quil A), ou les systèmes de présentation d’antigènes (immune stimulating
complexes, ISCOMS) peuvent élargir et prolonger la réponse en anticorps. Les
vaccins ISCOM seraient également en mesure de stimuler la réponse immune à
médiation cellulaire.
Protection
La protection est basée sur la présence d’anticorps sériques dirigés contre l’hé-
magglutinine : il y a une corrélation très nette entre le taux en anticorps et le de-
gré de protection. La réponse en anticorps après la vaccination est cependant
de courte durée et des revaccinations fréquentes sont nécessaires afin d’assu-
rer un taux en anticorps qualifié de «protecteur». Chez les chevaux à haut risque
tels les chevaux de compétition ou de spectacle, il est conseillé de procéder à
des revaccinations tous les 3 à 4 mois. Dans d’autres situations, il suffit de re-
vacciner tous les 6 mois à un an. Même les chevaux bien vaccinés sont souvent
seulement partiellement immunisés. Ils sont alors protégés contre la maladie,
mais non contre l’infection. Excrétant encore le virus, ils sont une source d’in-
fection dangereuse pour les animaux sensibles. L’efficacité des vaccins est éga-
lement déterminée par la concentration en antigènes et la parenté antigénique
entre les souches du vaccin et les souches circulantes.
172 VACCINS POUR CHEVAUX

Particularités
Des directives spécifiques sont en vigueur concernant la vaccination des che-
vaux de sport participant aux concours de la http://inside.fei.org/fei/regulations/
veterinary - FEI . La non-observation de ces directives peut entraîner l’exclusion
du droit de participation aux concours.
EQUILIS PREQUENZA Intervet Int virus influenza (Eq) inj Eq prod de lait, Eq non prod d’aliments π
EQUILIS PREQUENZA TE Intervet Int virus influenza (Eq), Clostridium tetani (Eq) inj Eq prod de lait, Eq
non prod d’aliments π
EQUIP FT Zoetis virus influenza (Eq), Clostridium tetani (Eq) inj Eq prod de lait, Eq non prod
d’aliments π
PROTEQFLU Boehringer Ingelheim virus influenza (Eq) inj Eq prod de lait, Eq non prod d’aliments π
PROTEQFLU-TE Boehringer Ingelheim virus influenza (Eq), Clostridium tetani (Eq) inj Eq prod de lait,
Eq non prod d’aliments π

16.1.2. Tétanos
Cette affection est caractérisée par des spasmes toniques des muscles striés
suite à la formation d’une exotoxine, la tétanospasmine, par la bactérie Clostri-
dium tetani. Dans un milieu anaérobie, ce germe peut engendrer une infection
de la plaie ou de l’ombilic. Il n’est cependant pas invasif et la multiplication se
réduit à la plaie. C’est à ce niveau que se forme la tétanospasmine qui atteint le
système nerveux central par les fibres nerveuses, les vaisseaux lymphatiques et
sanguins. La toxine agit sur la corne ventrale de la moelle épinière et au niveau
du tronc cérébral. Elle bloque, au niveau des extrémités nerveuses présynap-
tiques, l’excrétion de neurotransmetteurs tels que la glycine ou l’acide gamma-
amino butyrique, levant ainsi le contrôle exercé par les neurones inhibiteurs et
provoquant les spasmes musculaires caractéristiques.
Vaccin
Vaccin monovalent contre le tétanos - Vaccins combinés avec l’anatoxine téta-
nique et le virus de la grippe équine.
Protection
Les vaccins à base de l’exotoxine inactivée de C. tetani sont en mesure d’induire
une très bonne protection contre cette affection. Plusieurs schémas de vacci-
nation sont proposés. Un animal vacciné pour la première fois doit recevoir deux
injections à 4-6 semaines d’intervalle. Chez les poulains issus d’une jument vac-
cinée, l’immunité maternelle peut interférer avec la vaccination jusqu’à l’âge d’en-
viron 4 - 5 mois. Une troisième vaccination a lieu de préférence six mois voire un
an après la deuxième. Il est conseillé par la suite de répéter la vaccination an-
nuellement ou tous les trois ans. La revaccination est également à conseiller chez
les animaux ayant des plaies suspectes. Lorsqu’une jument gestante reçoit une
vaccination de rappel 1 à 3 mois avant la mise bas (avec un vaccin dont la no-
tice assure l’innocuité lors de la gestation), son poulain est protégé par l’immu-
nité colostrale durant 1 à 4 mois. Pour ce qui est des poulains nouveau-nés is-
sus d’une jument non vaccinée, il est recommandé de leur administrer des anti-
corps contre l’exotoxine de C. tetani. Voir 18.2. Sérum antitétanique.
EQUILIS PREQUENZA TE Intervet Int virus influenza (Eq), Clostridium tetani (Eq) inj Eq prod de lait, Eq
non prod d’aliments π
EQUIP FT Zoetis virus influenza (Eq), Clostridium tetani (Eq) inj Eq prod de lait, Eq non prod
d’aliments π
PROTEQFLU-TE Boehringer Ingelheim virus influenza (Eq), Clostridium tetani (Eq) inj Eq prod de lait,
Eq non prod d’aliments π

16.1.3. Rhinopneumonie (Eq)


L’herpèsvirus équin 1 (EHV-1) et l’EHV-4 sont présents de manière endémique
dans la population équine. Les deux virus se multiplient d’abord dans le systè-
me respiratoire. Ce phénomène peut entraîner des troubles respiratoires (rhino-
pneumonie). C’est surtout dans le cas du EHV-1 que la multiplication primaire
est suivie d’une virémie. Le virus EHV-1 se localise dans les globules blancs et
se dissémine dans différents organes cibles, aussi bien l’utérus que le système
VACCINS 173

nerveux. Ceci peut entraîner des avortements, de la mortalité néonatale et des


troubles nerveux (la myéloencéphalopathie).
Vaccin
Vaccin contre la rhinopneumonie.
Ces vaccins inactivés peuvent être utilisés chez les chevaux et les poneys quel
que soit leur état physiologique.
Protection
Les vaccins actuellement disponibles pour le contrôle de l’EHV-1 et de l’EHV-4
assurent principalement une protection clinique contre l’apparition de troubles
respiratoires. La protection contre les avortements, la mortalité néonatale ou la
myéloencéphalopathie ne peut pas être garantie, car, même en présence d’anti-
corps neutralisants, une virémie peut apparaître suite à une (ré-)infection par
l’EHV-1 suivie d’une dissémination vers les organes cibles. Les animaux peu-
vent être vaccinés dès la disparition de l’immunité maternelle. Des revaccina-
tions régulières sont conseillées.
EQUIP EHV 1,4 Zoetis herpèsvirus (Eq) EHV inj Eq prod de lait, Eq non prod d’aliments π

16.1.4. Virus du Nil occidental


Le virus de la fièvre du Nil occidental ou virus West Nile est un flavivirus. Il s’agit
d’un arbovirus à ARN, dont les vecteurs sont des moustiques du genre Culex.
Les oiseaux jouent le rôle de réservoir. Le virus est capable d’infecter une très
grande diversité d’animaux, et spécialement le cheval et l’homme qui peuvent
développer une maladie de gravité variable jusqu’à une encéphalite mortelle. Le
virus peut être introduit dans une nouvelle région par le biais d’oiseaux migra-
teurs. Des moustiques contaminés peuvent infecter les mammifères et l’hom-
me. L’homme et le cheval sont des hôtes accidentels. La virémie est trop faible
chez les mammifères et les espèces animales autres que les oiseaux pour infec-
ter les moustiques : ce sont des culs-de-sac épidémiologiques. Les signes cli-
niques après infection sont principalement observés chez le cheval, dans seu-
lement 10 % des cas infectés. Les signes peuvent apparaître de manière aiguë
ou graduellement. Les principaux signes cliniques traduisent une méningo-
encéphalomyélite descendante : faiblesse musculaire, incoordination, ataxie, pa-
résie, paralysie des membres postérieurs, puis des quatre membres, et qui peut
évoluer en une encéphalite fatale.
Cette maladie est à déclaration obligatoire.
Vaccin
Il existe deux vaccins, l’un inactivé et l’autre recombinant. Le vaccin inactivé
contient la souche VM-2 du virus West Nile inactivé, issu d’un isolat américain
qui protège également contre les types de virus sauvages rencontrés en Euro-
pe. Le vaccin recombinant est composé d’un vecteur poxvirus du canari expri-
mant les gènes preM et E du virus West Nile.
Protection
Le vaccin est indiqué dans l’immunisation active des chevaux de 6 mois et plus
contre la maladie causée par le virus West Nile, en vue de réduire le nombre de
chevaux virémiques. Le vaccin diminue et prévient les signes cliniques chez les
animaux vaccinés. Après la vaccination, une légère tuméfaction peut survenir
au niveau du site d’injection, elle disparaît spontanément après 1 à 2 jours. Dans
certains cas, de l’hyperthermie se manifeste durant les 2 jours suivant la vacci-
nation.
Particularités
L’interférence de la vaccination sur la surveillance épidémiologique dépend de
la méthode de diagnostic utilisée. Elle est inexistante pour la détection par les
techniques de PCR, étant donné l’absence de particules virales vivantes dans
les vaccins et un taux d’ARN viral très faible ou inexistant. Elle est faible si les
tests sérologiques sont basés sur la détection d’anticorps IgM, présents en cas
d’infections naturelles mais pas en cas de vaccination. Cette interférence est
néanmoins réelle si les tests sérologiques dépistent les IgG.
174 VACCINS POUR RUMINANTS

EQUIP WNV Zoetis Virus du Nil occidental inj Eq prod de lait, Eq non prod d’aliments π
PROTEQ WEST NILE Boehringer Ingelheim Virus du Nil occidental inj Eq prod de lait, Eq non prod
d’aliments π

16.2. Vaccins pour ruminants


Pour un aperçu de tous les vaccins disponibles pour les ruminants, voir les Ta-
bleaux récapitulatifs page 220.

16.2.1. Vaccins contre les maladies respiratoires chez le bovin


Les agents pathogènes suivants sont principalement responsables de maladies
respiratoires chez les bovins :
- virus respiratoire syncytial bovin (RSB) ;
- virus de la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR) (voir plus loin) ;
- virus parainfluenza 3 bovin (PI-3) ;
- adénovirus bovins ;
- Mannheimia haemolytica ;
- Histophilus somni.
On peut également citer les mycoplasmes bovins. Le virus de la diarrhée virale
bovine (BVD) n’est pas un virus directement pneumotrope, mais son infection
peut être associée à des troubles respiratoires.
Vaccin
Vaccins monovalents contre le virus RSB, le virus IBR (voir plus loin), le virus
BVD (voir plus loin) et Mannheimia haemolytica - Vaccins multivalents contre le
virus RSB, le virus PI-3, le virus BVD et Mannheimia haemolytica et contre Man-
heimia haemolytica et Histophilus somni.
Ces vaccins sont soit atténués, soit inactivés. Un vaccin ne peut être administré
par voie intranasale que si cette voie est clairement mentionnée dans la notice
du vaccin. Le choix entre vaccins monovalents et multivalents doit être motivé
par la situation épidémiologique de l’exploitation et l’anamnèse qui permettent
de connaître quels agents pathogènes sont présents.
Les vaccins contre le virus IBR et le virus BVD sont commentés dans des cha-
pitres séparés.
Protection
La prévalence élevée des infections respiratoires dans le cheptel bovin est res-
ponsable de la présence d’une immunité colostrale envers les virus et bactéries
respiratoires chez de nombreux veaux. Cette immunité maternelle peut interfé-
rer avec la vaccination jusqu’à l’âge de 3 à 4 mois. Il est impératif que la notice
vaccinale mentionne clairement la possibilité de protéger en surmontant l’inter-
férence colostrale. En effet, la plupart des vaccins présentent une bonne inno-
cuité chez le veau, même nouveau-né, et peuvent donc être injectés sans réac-
tion secondaire défavorable. Cette indication d’innocuité ne représente en aucu-
ne manière un gage d’efficacité à un âge inférieur à 3 ou 4 mois à cause de l’in-
terférence colostrale. Comme le statut individuel de chaque veau vacciné est in-
connu, il est nécessaire de répéter en tout ou en partie le protocole de vacci-
nation lorsque l’âge de 3 à 4 mois est atteint. En général, un vaccin atténué
administré par voie intranasale induit une réponse immune capable de mieux
surmonter l’interférence induite par les anticorps colostraux. Il est impératif que
la notice vaccinale mentionne clairement la possibilité de protéger en surmon-
tant l’interférence colostrale. L’apparition de la protection est généralement plus
précoce lors d’une injection intranasale que lors d’une administration parenté-
rale. La durée d’immunité est inférieure à un an pour plusieurs vaccins, et en
particulier pour les vaccins contre le RSB. Il est donc recommandé de vacciner
les animaux avant la période de l’année où l’incidence maximale de la maladie
est constatée, soit, pour les maladies respiratoires, avant l’automne et l’hiver.
VACCINS 175

Particularités
La qualité de la protection conférée par un vaccin dépend de la maîtrise du pro-
tocole de reproduction expérimentale de la maladie. Elle est aisée pour le virus
IBR et, dans ce cas, les vaccins peuvent être testés expérimentalement envers
l’infection et la maladie telles qu’elles se présentent naturellement. En revan-
che, les modèles expérimentaux d’infections par les virus RSB, PI-3 imitent beau-
coup moins les situations naturelles. Dans tous les cas, les études réalisées doi-
vent être conformes aux monographies de la Pharmacopée Européenne, lors-
qu’elles existent.
BOVALTO RESPI 3 Boehringer Ingelheim virus respiratoire syncytial (Bo) RSB, virus parainfluenza (Bo),
Mannheimia haemolytica inj Bo prod de lait π
BOVALTO RESPI 4 Boehringer Ingelheim virus respiratoire syncytial (Bo) RSB, virus parainfluenza (Bo),
virus BVD, Mannheimia haemolytica inj Bo prod de lait π
BOVALTO RESPI INTRANASAL Boehringer Ingelheim virus respiratoire syncytial (Bo) RSB, virus
parainfluenza (Bo) inas Bo prod de lait π
BOVILIS BOVIPAST RSP Intervet Int via MSD AH virus respiratoire syncytial (Bo) RSB, virus
parainfluenza (Bo), Mannheimia haemolytica inj Bo prod de lait π
BOVILIS INTRANASAL RSP LIVE Intervet Int via MSD AH virus respiratoire syncytial (Bo) RSB, virus
parainfluenza (Bo) inas Bo prod de lait π
HIPRABOVIS SOMNI/LKT Hipra Mannheimia haemolytica, Histophilus somni inj Bo prod de lait π
NASYM Hipra virus respiratoire syncytial (Bo) RSB inj, inas Bo π
PASTOBOV Boehringer Ingelheim Mannheimia haemolytica inj Bo prod de lait π
RISPOVAL 3 BRSV PI3 BVD Zoetis virus respiratoire syncytial (Bo) RSB, virus parainfluenza (Bo), virus
BVD inj Bo prod de lait π
RISPOVAL RS + PI3 intranasal Zoetis virus respiratoire syncytial (Bo) RSB, virus parainfluenza (Bo)
inas Bo prod de lait π

16.2.2. Rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR)


La législation belge impose l’utilisation de vaccins contre l’IBR qui possèdent
comme marqueur sérologique l’absence de la glycoprotéine virale d’enveloppe
E (gE).
Voir aussi https://www.arsia.be/la-sante-des-bovins/le-point-sur-la-lutte-ibr/ - Ar-
sia.
Vaccin
Les vaccins marqués, dénommés négatifs envers gE, immunisent l’animal contre
tous les antigènes du virus responsable, soit le BoHV-1, sauf la glycoprotéine
gE. Un examen sérologique permet de différencier les animaux séronégatifs en-
vers gE (animaux vaccinés à l’aide du vaccin marqué) des bovins séropositifs
(animaux infectés naturellement). Les vaccins contre l’IBR sont soit vivants atté-
nués, soit inactivés. Les vaccins vivants peuvent être administrés soit par voie
intranasale, soit par voie parentérale. Les vaccins inactivés sont exclusivement
injectés par voie parentérale.
Protection
La vaccination contre l’IBR est appliquée dans le cadre du plan de lutte belge
contre l’IBR détaillé ci-dessous. Après la primovaccination, des rappels de vac-
cination seront effectués tous les 6 mois jusqu’à l’obtention d’un statut où les
animaux seront tous séronégatifs envers la glycoprotéine gE. À ce moment, le
virus sauvage ne sera plus présent dans l’exploitation (statut I3) et celle-ci pour-
ra évoluer vers un statut complètement négatif envers l’IBR (statut I4). La stra-
tégie d’assainissement des troupeaux infectés était initialement basée sur la seu-
le vaccination, obligatoire et répétée, de l’ensemble des animaux à l’aide d’un
vaccin marqué. Elle a récemment été adaptée en imposant un suivi sérologique
dans les élevages non encore certifiés indemnes d’IBR.
Particularités
Depuis janvier 2012, tout éleveur de bovins en Belgique doit disposer au moins
d’un statut I2. En 2016, la lutte IBR est entrée dans une nouvelle phase qui vise
à faire évoluer les exploitations à statut I2 vers un statut indemne d’IBR (I3). L’IBR
clinique est une maladie à déclaration obligatoire. Dès que la suspicion est confir-
mée par les résultats des analyses, l’AFSCA doit en être informée (Arrêté Royal
176 VACCINS POUR RUMINANTS

du 16 février 2011 et du 16 septembre 2013 modifiant l’Arrêté Royal du 22 no-


vembre 2006 relatif à la lutte contre la rhinotrachéite infectieuse bovine).
Voir aussi http://www.arsia.be/?page_id=406 - ARSIA.
BOVILIS IBR MARKER INAC Intervet Int via MSD AH virus rhinotrachéite infectieuse (Bo) IBR inj Bo
prod de lait π
BOVILIS IBR MARKER LIVE Intervet Int via MSD AH virus rhinotrachéite infectieuse (Bo) IBR inj, inas
Bo prod de lait π
HIPRABOVIS IBR MARKER LIVE Hipra virus rhinotrachéite infectieuse (Bo) IBR inj Bo prod de lait π
RISPOVAL IBR-MARKER INACTIVATUM Zoetis virus rhinotrachéite infectieuse (Bo) IBR inj Bo prod de
lait π
RISPOVAL IBR-MARKER VIVUM Zoetis virus rhinotrachéite infectieuse (Bo) IBR inj, inas Bo prod de
lait π

16.2.3. Diarrhée virale bovine - maladie des muqueuses


(BVD-MD)
Le virus BVD peut exercer son action pathogène de deux manières différentes.
L’infection post-natale est responsable de la diarrhée virale bovine, du syndro-
me hémorragique ou de l’intervention du virus BVD dans des pathologies multi-
factorielles respiratoires ou digestives. L’infection in utero mène à la mortalité
embryonnaire, l’avortement, des anomalies congénitales ou à la production de
veaux infectés persistants immunotolérants (IPI). Les animaux IPI sont des ex-
créteurs persistants de virus et sont donc responsables de la circulation du vi-
rus dans l’exploitation. Lorsque les animaux IPI sont surinfectés par une souche
de biotype cytopathogène de même antigénicité que la souche non cytopatho-
gène qu’ils hébergent, ils développent la maladie des muqueuses mortelle.
Vaccin
Vaccin monovalent − vaccin combiné.
Les virus BVD présents dans les vaccins doivent être capables d’immuniser l’ani-
mal envers un large spectre de souches virales d’antigénicité variable. La pré-
sence de virus BVD de génotype II en Belgique et dans d’autres pays euro-
péens, où le génotype I est le plus prévalent, rend également nécessaire l’utili-
sation de vaccins qui puissent protéger les bovins contre les deux espèces de
virus BVD.
Protection
La vaccination doit aussi être adaptée au type d’infection contre lequel on dési-
re protéger l’animal. La protection contre les infections post-natales, principa-
lement les maladies respiratoires, est obtenue par la vaccination des jeunes
veaux, lorsque l’immunité colostrale n’interfère plus avec la vaccination. La pro-
tection contre la virémie et plus précisément contre l’infection intra-utérine est
obtenue par la vaccination des génisses ou des vaches avant la gestation. À cet
effet, la notice vaccinale doit indiquer la nature de la protection conférée : soit
contre l’infection post-natale, soit contre la virémie, soit contre l’infection in utero.
L’efficacité de la vaccination des vaches gestantes pour enrichir le colostrum en
anticorps anti-BVD et protéger passivement le veau nouveau-né n’est pas éta-
blie.
Particularités
Depuis le 1er janvier 2015, un plan de lutte en vue de l’éradication du BVDV est
obligatoire au niveau national (voir AR du 18 juin 2014 relatif à la lutte contre la
diarrhée virale bovine). La lutte contre le BVD repose sur l’identification et l’enre-
gistrement des animaux IPI. Depuis le 1er janvier 2017, seuls les bovins avec un
statut « Non IPI après examen » ou « Non IPI par descendance » peuvent être
commercialisés. Voir aussi https://www.arsia.be/la-sante-des-bovins/bvd/ - Stop
BVD sur ARSIA.
BOVALTO RESPI 4 Boehringer Ingelheim virus respiratoire syncytial (Bo) RSB, virus parainfluenza (Bo),
virus BVD, Mannheimia haemolytica inj Bo prod de lait π
BOVELA Boehringer Ingelheim virus BVD inj Bo prod de lait π
BOVILIS BVD Intervet Int via MSD AH virus BVD inj Bo prod de lait π
RISPOVAL 3 BRSV PI3 BVD Zoetis virus respiratoire syncytial (Bo) RSB, virus parainfluenza (Bo), virus
BVD inj Bo prod de lait π
VACCINS 177

16.2.4. Diarrhée néonatale bovine


Vaccin
Les vaccins destinés à la protection contre les virus responsables de la diarrhée
néonatale chez le veau contiennent les deux valences virales rotavirus et coro-
navirus et une ou plusieurs valences des souches entérotoxinogènes d’Esche-
richia coli (ETEC ; K99 ou F5, F41, F17, CS31A).
La vaccination du veau à la naissance est théoriquement possible, car le veau
nouveau-né est immunocompétent. Cependant, la période d’incubation des diar-
rhées néonatales est plus courte que le temps nécessaire à l’induction de la pro-
tection post-vaccinale et la vaccination en période néonatale n’est pas recom-
mandée. Ces vaccins ont dès lors été développés pour l’immunisation de la mère
durant la gestation, de manière à conférer au veau une immunité colostrale spé-
cifique.
Protection
Ces vaccins sont destinés à protéger les veaux contre les diarrhées du nouveau-
né (24 à 48 heures). La protection conférée par ces vaccins est excellente, à
condition que l’agent étiologique des diarrhées soit bien un colibacille ETEC, un
rotavirus et/ou un coronavirus, et sous réserve d’une bonne administration du
colostrum. La vaccination est faite chez la mère en période de gestation selon
les instructions du RCP et l’immunité est transférée au veau par le colostrum.
Pour obtenir un colostrum enrichi en anticorps, la deuxième injection de vaccin
ou le rappel de vaccination doit être réalisé aux environs de 2 à 4 semaines avant
la date prévue de parturition. La vaccination au moment de la parturition permet
uniquement d’enrichir le lait en anticorps spécifiques, mais la concentration en
anticorps est 100 fois plus faible dans le lait que dans le colostrum. C’est donc
la vaccination durant la gestation qui est recommandée.
Particularités
La vaccination contre les diarrhées néonatales doit prendre en considération trois
éléments qui sont tous très critiques pour l’efficacité de l’immunisation : 1) la vac-
cination appropriée des mères, 2) l’ingestion d’une quantité suffisante de colos-
trum de bonne qualité, suffisamment tôt dans la vie du veau (un demi-litre à la
naissance et deux litres dans les deux premières heures de la vie), et 3) l’hygiè-
ne de l’élevage des veaux nouveau-nés.
Il n’existe pas de vaccins contre les souches septicémiques d’E. coli. Cepen-
dant, même sans vaccination de la mère, la distribution du colostrum est indis-
pensable pour protéger le veau contre les souches septicémiques d’E. coli. Rap-
pelons que l’intestin du veau n’est totalement perméable aux immunoglobuli-
nes que pendant les 12 premières heures de la vie, et qu’il ne faut que 2 à 3
heures à un colibacille pour envahir le système circulatoire.
BOVIGEN SCOUR Forte Healthcare rotavirus (Bo), coronavirus (Bo), E. coli (Bo) inj Bo prod de lait π
LACTOVAC Zoetis rotavirus (Bo), coronavirus (Bo), E. coli (Bo) inj Bo prod de lait π
ROTAVEC CORONA Intervet Int via MSD AH rotavirus (Bo), coronavirus (Bo), E. coli (Bo) inj Bo prod de
lait π
SCOURGUARD 3 Zoetis rotavirus (Bo), coronavirus (Bo), E. coli (Bo) inj Bo prod de lait π

16.2.5. Fièvre catarrhale ovine (Bo, Ov)


La fièvre catarrhale ovine (FCO ou bluetongue) est une maladie virale des ovins,
des bovins, des caprins et d’autres ruminants, notamment sauvages, transmise
par des insectes vecteurs appartenant au genre Culicoides (moucherons piqueurs).
Il s’agit d’une maladie saisonnière. Les symptômes chez les bovins sont sou-
vent moins graves que chez les ovins. Chez ces derniers, la mortalité est élevée.
Situation actuelle : voir http://www.afsca.be/santeanimale/fievrecatarrhale/ - AFS-
CA et http://www.favv.be/santeanimale/fievrecatarrhale/mesures.asp - Fièvre ca-
tarrhale du mouton (bluetongue) : Mesures, procédures et échanges intracom-
munautaires.
178 VACCINS POUR RUMINANTS

Vaccin
Les animaux des espèces sensibles peuvent être vaccinés avec des vaccins FCO
autorisés.
Protection
Le vaccin doit être spécifique du sérotype. Celui qui a émergé en Belgique et
dans une grande partie de l’Europe du Nord est le sérotype 8. La vaccination de
80 % des animaux devrait assurer une immunité suffisante dans la population
pour obtenir le contrôle des infections et réduire considérablement les signes
cliniques et la mortalité.
Particularités
Le Fonds sanitaire n’a pas prévu d’acheter un nouveau stock pour continuer à
mettre des vaccins gratuitement à la disposition des vétérinaires. Il reste cepen-
dant vivement recommandé de vacciner contre la fièvre catarrhale.
Voir aussi : http://www.afsca.be/newsletter-da-vt/newsletter254_fr.asp - Newslet-
ter de l’AFSCA.
La fièvre catarrhale ovine est une maladie à déclaration obligatoire.
BLUEVAC BTV8 susp inj bovins, ovins CZV virus Bluetongue inj Bo prod de lait, Ov prod de lait π
BOVILIS BLUE-8 Intervet Int via MSD AH virus Bluetongue inj Bo prod de lait, Ov prod de lait π
SYVAZUL BTV Laboratorios Syva virus Bluetongue inj Bo prod de lait, Ov prod de lait π

16.2.6. Vaccins anti-clostridiens pour ruminants


Vaccin
Les vaccins contenant une ou plusieurs valences de différentes espèces de clos-
tridies (anatoxines et/ou anacultures) sont destinés à protéger les bovins et les
ovins contre les différentes affections causées par ces bactéries : tétanos, enté-
rotoxémies, maladie du rein pulpeux, abomasite, myosites nécro-hémorragi-
ques (charbon bactérien), hépatites nécrosantes et gangrène gazeuse.
Protection
L’efficacité des vaccins multivalents est excellente chez les ovins (nouveau-nés,
jeunes et adultes), pour autant que l’on respecte bien les instructions du fabri-
cant et que les pathologies observées soient bien causées par l’un des toxino-
types des espèces de clostridies incluses dans le vaccin. Sous ces conditions,
les jeunes agneaux et veaux sont aussi protégés via l’immunité colostrale après
vaccination de la mère. L’efficacité de ces vaccins chez les bovins contre l’enté-
rotoxémie (entre autres) est sujette à discussion par manque de données sur
l’étiologie exacte des pathologies similaires.
BRAVOXIN 10 Intervet Int via MSD AH Clostridium spp. (Ru) inj Bo prod de lait, Ov prod de lait π
COVEXIN 10 Zoetis Clostridium spp. (Ru) inj Bo prod de lait, Ov prod de lait π
MILOXAN Boehringer Ingelheim Clostridium spp. (Ru) inj Bo prod de lait, Ov prod de lait π

16.2.7. Piétin
Le piétin est une maladie infectieuse engendrée par deux germes anaérobies
Fusobacterium necrophorum et Dichelobacter nodosus. L’infection, qui apparaît
surtout lors d’un climat relativement chaud et humide, entraîne une érosion de
l’hypoderme au niveau de l’onglon et de l’espace interdigité. Un séjour prolon-
gé dans la bergerie sur un sol humide peut également être à l’origine de cette
infection.
Vaccin
Vaccin inactivé avec Dichelobacter nodosus (Bacteroides nodosus).
Protection
Après la primovaccination (deux injections), la vaccination sera répétée tous les
six mois ou une fois par an en fonction du risque d’infection et des conditions
climatiques. Selon la gravité des signes cliniques, la vaccination peut parfois fa-
voriser la guérison de l’animal atteint.
VACCINS 179

Particularités
Après la primovaccination (deux injections), la vaccination sera répétée tous les
six mois ou une fois par an en fonction du risque d’infection et des conditions
climatiques. Selon la gravité des signes cliniques, la vaccination peut parfois fa-
voriser la guérison de l’animal atteint.
FOOTVAX Intervet Int via MSD AH Dichelobacter nodosus inj Ov prod de lait π

16.2.8. Vaccin contre les mammites


Voir aussi 24.1. Mammites.
Vaccin
Pour les bovins, il existe un vaccin à base de souches inactivées d’Escherichia
coli et Staphylococcus aureus et un vaccin de sous-unités à base d’acide lipo-
téichoïque du composant d’adhérence du biofilm (BAC) de Streptococcus ube-
ris.
Le vaccin pour ovins et caprins contient des souches inactivées de Staphylo-
coccus aureus et ne doit être administré qu’aux animaux sains.
Protection
Ces vaccins sont destinés à améliorer l’immunité des troupeaux présentant des
problèmes récurrents de mammites causées par E. coli et S. aureus ou Strepto-
coccus uberis chez les bovins, ou par S. aureus chez les ovins et les caprins. Il
induit une réduction de l’incidence des mammites subcliniques, ainsi que de l’in-
cidence et de la sévérité des symptômes associés aux mammites cliniques. Le
programme complet de vaccination sera répété pour chaque gestation. La vac-
cination doit toujours aller de pair avec les mesures d’hygiène nécessaires, des
techniques de traite appropriées et un traitement adéquat, l’isolation ou la réfor-
me des animaux infectés.
STARTVAC Hipra E. coli (Bo), Staphylococcus aureus inj Bo prod de lait π
UBAC Hipra Streptococcus uberis inj Bo prod de lait π
VIMCO Hipra Staphylococcus aureus inj Ov prod de lait, Capr prod de lait π

16.2.9. Vaccin contre la fièvre Q


La coxiellose ou fièvre Q est une maladie bactérienne provoquée par Coxiella
burnetii.
La maladie est à déclaration obligatoire.
- Les ruminants représentent le réservoir principal. L’affection est généralement
asymptomatique chez les ruminants.
- Chez les caprins et les ovins, on peut observer des avortements en fin de ges-
tation, des mises-bas prématurées, et des nouveau-nés chétifs. Chez les bovins
en gestation, une métrite, de l’infertilité et des avortements peuvent être obser-
vés.
- L’homme peut également être infecté. Parmi les personnes infectées, une mi-
norité développera un syndrome pseudo-grippal. La maladie est surtout dange-
reuse chez les patients à risque (femmes enceintes, patients cardiaques) qui ris-
quent de développer la forme chronique de la maladie.
Vaccin
Vaccin inactivé contenant l’antigène phase I pour bovins et caprins.
Protection
- Immunisation active des bovins visant à réduire le risque chez les animaux vac-
cinés non-infectés et non-gestants de devenir excréteurs, et à diminuer l’excré-
tion de Coxiella burnetii chez ces animaux par le lait et le mucus vaginal.
- Immunisation active des caprins visant à réduire les avortements causés par
Coxiella burnetii et l’excrétion de cet agent causal de l’organisme par le lait, le
mucus vaginal, les fèces et le placenta.
180 VACCINS POUR RUMINANTS

Particularités
L’utilisation de ce vaccin en Belgique se fait dans le cadre du programme de
surveillance de l’AFSCA concernant la fièvre Q dans les exploitations laitières
ovines et caprines. (Voir http://www.afsca.be/santeanimale/fievreq/ - AFSCA)
COXEVAC Ceva Coxiella burnetii inj Bo prod de lait, Capr prod de lait π

16.2.10. Vaccin contre Chlamydia abortus pour les ovins


Chlamydia abortus (C. abortus) (avortement enzoötique chez les brebis) est une
cause importante d’avortement chez les ovins. L’écoulement vaginal, les tissus
avortés et les nouveaux-nés contaminés issus de brebis infectées sont les prin-
cipales sources de contamination. Les signes de la maladie se manifestent tard
au cours de la gestation. Pendant les 2-3 dernières semaines de la gestation nais-
sent des agneaux faibles ou morts ou un avortement peut survenir sans que la
brebis ne soit malade. Les agneaux vivants meurent quelques heures après la
naissance. Les brebis affectées n’avorteront normalement plus lors d’une ges-
tation ultérieure mais elles continueront à excréter la bactérie et elles consti-
tuent donc une source d’infection pour d’autres animaux. Les brebis non ges-
tantes infectées ou infectées en début de gestation peuvent avorter durant la ges-
tation subséquente. Les béliers peuvent aussi transmettre l’infection par voie vé-
nérienne.
Vaccin
Un vaccin combiné inactivé (Chlamydia abortus et Salmonella abortusovis) à ad-
ministrer avant la gestation est disponible.
Protection
La vaccination dans les élevages sujets à des troubles de reproduction dus à C.
abortus peut aider à réduire le nombre d’avortements, de naissances prématu-
rées et de naissances d’agneaux faibles.
Particularités
Très souvent (1/10), les animaux vaccinés montrent un gonflement à hauteur du
site d’injection une semaine après la vaccination. Ce dernier disparaît sans trai-
tement.
Zoönose (femmes enceintes !).
Voir aussi https://www.arsia.be/nos-services-a-lelevage/protocole-avortement/ -
Protocole Avortement Arsia.
INMEVA Hipra Chlamydia spp. (Ov), Salmonella spp. (Ov) inj Ov prod de lait π

16.2.11. Vaccin contre Salmonella Abortusovis pour les ovins


Salmonella enterica subsp. enterica serovar Abortusovis cause la mort et l’avor-
tement des brebis gestantes. Les sources d’infection sont la nourriture conta-
minée, l’eau de boisson, le matériel contaminé, les transporteurs (bétail) ou les
cadavres. Les brebis ont de la fièvre et sont malades avant d’avorter.
Vaccin
Un vaccin combiné inactivé (Chlamydia abortus et Salmonella abortusovis) à ad-
ministrer avant la gestation est disponible.
Protection
La vaccination dans les élevages sujets à des troubles de reproduction dus à S.
abortusovis peut aider à réduire le nombre d’avortements, de naissances pré-
maturées et de naissances d’agneaux faibles.
Particularités
Zoönose.
Très souvent (1/10), les animaux vaccinés montrent un gonflement à hauteur du
site d’injection une semaine après la vaccination. Ce dernier disparaît sans trai-
tement.
Voir aussi https://www.arsia.be/nos-services-a-lelevage/protocole-avortement/ -
Protocole Avortement Arsia.
INMEVA Hipra Chlamydia spp. (Ov), Salmonella spp. (Ov) inj Ov prod de lait π
VACCINS 181

16.2.12. Vaccin contre les dermatophytoses


Trichophyton verrucosum est un agent responsable de la teigne bovine assez
fréquemment observé en Belgique. Ce dermatophyte a non seulement un im-
pact sur les résultats zootechniques mais est également susceptible de provo-
quer des lésions cutanées assez sévères et difficiles à traiter chez l’homme.
Le dermatophyte se développe dans les couches kératinisées de l’épiderme. La
contamination se fait par contact direct ou par contact indirect via les spores qui
survivent longtemps dans l’environnement.
Les bovins infectés naturellement développent une bonne immunité, principa-
lement cellulaire. C’est pourquoi la maladie est rarement observée chez les ani-
maux plus âgés dans les exploitations.
Vaccin
Vaccins contenant des micronidies atténuées de Trichophyton verrucosum. La
dose de vaccin est adaptée en fonction de l’âge de l’animal et en fonction de
son utilisation, prophylactique ou curative. La vaccination prophylactique réduit
les signes cliniques de la dermatophytose, tandis que l’utilisation curative accé-
lère le processus de guérison.
Ne pas administrer de produits antifongiques jusqu’à trois semaines après la der-
nière dose de vaccination.
Le vaccin ne doit pas être administré aux animaux traités avec des corticosté-
roïdes.
Effets indésirables :
- très fréquents (> 1 animal sur 10) : œdème local, zones de dépilation ou de
desquamation au site d’injection.
- très rares (< 1 animal sur 10 000) : augmentation de la température corporelle
2 jours après l’injection, réactions d’hypersensibilité telles qu’une réaction ana-
phylactique.
Protection
Ce vaccin protège contre la teigne due à une infection à Trichophyton verruco-
sum. Tous les animaux du troupeau doivent être vaccinés en même temps. Une
fois le troupeau entier vacciné, seuls les veaux nouveau-nés ou les animaux nou-
vellement acquis devront encore être vaccinés deux fois.
Particularités
La vaccination doit être complétée par de bonnes mesures d’hygiène, telles que
le nettoyage et la désinfection des locaux.
BOVILIS RINGVAC Intervet Int via MSD AH Trichophyton verrucosum inj Bo prod de lait π
TRICHOBEN Kernfarm Trichophyton verrucosum inj Bo π

16.3. Vaccins pour porcs


Pour un aperçu de tous les vaccins disponibles pour le porc, voir les Tableaux
récapitulatifs page 223.

16.3.1. Grippe porcine


La grippe chez le porc est causée par 4 sous-types de virus n’induisant pas ou
peu d’immunité croisée. Les virus des sous-types H1N1, H3N2 et H1N2 sont pré-
sents de manière enzootique dans la population porcine européenne depuis les
années 90 déjà. Depuis 2009, le virus H1N1 pdm09 pandémique, à l’origine d’une
pandémie humaine cette année-là, est également rapporté chez les porcs dans
la plupart des pays européens. Ce dernier virus a formé des virus réassortants
avec les sous-types précités.
Vaccin
Actuellement, un vaccin trivalent contenant les sous-types H1N1, H3N2 et H1N2
et un vaccin monovalent contenant le sous-type pH1N1 pdm09 (virus grippal hu-
main pandémique) sont disponibles. Ces vaccins sont inactivés et contiennent
un adjuvant.
182 VACCINS POUR PORCS

Protection
Le vaccin est administré aux truies afin de les protéger elles-mêmes et en vue
de susciter une immunité maternelle chez leur progéniture. Le vaccin est éga-
lement recommandé pour les porcelets au début de la période d’engraissement
afin de réduire les pertes dues aux troubles respiratoires.
RESPIPORC FLU 3 susp inj porcs IDT Biologika virus influenza (Su) inj Su π
RESPIPORC FLUpan H1N1 IDT Biologika virus influenza (Su) inj Su π

16.3.2. Syndrome Dysgénésique et Respiratoire Porcin (SDRP)


Ce syndrome est provoqué par un virus découvert assez récemment, respon-
sable de troubles respiratoires et de la reproduction. Cette affection a été décri-
te aux Etats-Unis dans la deuxième moitié des années quatre-vingt et est appa-
rue en Europe dès 1990. Le virus, appelé SDRP, a été isolé en premier lieu en
Europe puis s’est rapidement étendu à toute l’Europe continentale puis à l’échel-
le mondiale. On le rencontre maintenant fréquemment au sein du cheptel por-
cin.
Vaccin
Des vaccins monovalents, aussi bien vivants qu’inactivés, ont été mis au point
pour une utilisation chez les truies et les porcelets.
Protection
Les vaccins atténués sont recommandés pour la primovaccination des porce-
lets et des cochettes et pour la revaccination des truies. Les vaccins inactivés
sont exclusivement destinés à la vaccination des truies immunisées. La vacci-
nation des porcelets charcutiers est destinée à prévenir les troubles respiratoi-
res, la vaccination des cochettes et des truies à prévenir les troubles de la repro-
duction provoqués par la multiplication du virus SDRP dans le placenta à partir
de 70 jours de gestation. Deux génotypes du virus SDRP, présentant des diffé-
rences génétiques et antigéniques, circulent actuellement : le type 1 ou type euro-
péen et le type 2 ou type américain. La plupart des souches présentes en Bel-
gique appartiennent au type 1. Le virus SDRP est génétiquement très instable.
Les vaccins continuent toutefois à réduire la multiplication du virus, et une vac-
cination est fortement recommandée. Les truies sont généralement vaccinées à
60 jours de gestation, juste avant la période pendant laquelle le virus se multi-
plie dans le placenta du fœtus et peut provoquer des troubles. La vaccination à
90 jours de gestation peut améliorer l’immunité colostrale, ce qui réduit la pro-
pagation du virus des porcelets virémiques vers les autres porcelets de la por-
tée.
INGELVAC PRRS MLV Boehringer Ingelheim virus SDRP inj Su π
INGELVAC PRRSFLEX EU Boehringer Ingelheim virus SDRP inj Su π
PORCILIS PRRS Intervet Int via MSD AH virus SDRP inj Su π
PROGRESSIS Ceva virus SDRP inj Su π
REPROCYC PRRS EU&IMPRANFLEX Boehringer Ingelheim virus SDRP inj Su π
SUVAXYN PRRS MLV Zoetis virus SDRP inj Su π
UNISTRAIN PRRS Hipra virus SDRP inj Su π

16.3.3. Parvovirose chez le porc


Le parvovirus porcin est responsable, après infection chez la truie gestante sé-
ronégative, d’une transmission transplacentaire vers les fœtus et de mortalité fœ-
tale ; la truie elle-même n’est pas malade. Une infection qui débute chez un ou
plusieurs fœtus se dissémine de manière intra-utérine et touche ainsi la majeure
partie de la portée. A côté de fœtus momifiés (de différentes tailles), des porce-
lets vivants peuvent également naître, vu que la gestation n’est pas interrom-
pue. L’avortement n’a donc pas lieu.
Vaccin
Les vaccins contre le parvovirus sont souvent combinés à d’autres vaccins, par
exemple en vue de combattre le rouget du porc (Erysipelothrix rhusiopathiae).
Tous deux sont utilisés pour lutter contre les troubles de reproduction, mais on
VACCINS 183

administre également le vaccin contre le rouget du porc afin d’induire par le co-
lostrum une immunité maternelle chez le porcelet. Tous les vaccins contre la par-
vovirose porcine sont inactivés et destinés à vacciner la mère et entraver la trans-
mission transplacentaire lors d’un contact ultérieur avec le virus sauvage.
Protection
Les vaccins sont administrés dès la puberté de façon à garantir une protection
lors de la gestation. On notera que de très bas titres en anticorps dans le sang
peuvent prévenir la transmission transplacentaire du virus de la truie vers le fœ-
tus. Il est recommandé de revacciner les animaux étant donné que l’on ne connaît
pas la durée exacte de l’immunité après la vaccination.
ERYSENG PARVO susp inj porcs Hipra parvovirus (Su), Erysipelothrix rhusiopathiae inj Su π
PARVORUVAX Ceva parvovirus (Su), Erysipelothrix rhusiopathiae inj Su π
PORCILIS ERY+PARVO+LEPTO Intervet Int via MSD AH Erysipelothrix rhusiopathiae, parvovirus (Su),
Leptospira spp (Su) inj Su π
PORCILIS ERY-PARVO Intervet Int via MSD AH parvovirus (Su), Erysipelothrix rhusiopathiae inj Su π
PORCILIS PARVO Intervet Int via MSD AH parvovirus (Su) inj Su π
REPROCYC PARVOFLEX Boehringer Ingelheim parvovirus (Su) inj Su π
SUVAXYN PARVO/E-AMPHIGEN Zoetis parvovirus (Su), Erysipelothrix rhusiopathiae inj Su π

16.3.4. Circovirus porcin


L’infection de porcelets par le circovirus porcin 2 (PCV 2) est associée au syn-
drome appelé « Syndrome de Dépérissement PostSevrage » (SDPS) ou encore
« Porcine Multisystemic Wasting Syndrome » (PMWS). Après l’infection initiale
par le PCV 2, et la virémie, le virus diffuse vers différents organes où apparais-
sent des lésions. Le PMWS touche surtout les animaux à l’âge du sevrage et son
évolution est lente et progressive. Les symptômes sont peu typiques : perte de
poids, dureté du poil, faiblesse, lymphadénopathie, diarrhée et essoufflement.
Le PMWS est typiquement caractérisé par une très forte multiplication virale dans
les tissus lymphoïdes, accompagnée d’une déplétion lymphoïde et d’une infil-
tration de monocytes. Si la maladie se déclare, la mortalité peut atteindre 10 %
et plus. Par ailleurs, une forte multiplication du PCV2 dans les tissus lymphoïdes
lors de blastogénèse en cas de co-infections par d’autres pathogènes, peut avoir
un impact négatif sur l’immunité et induire des symptômes plus sévères (mala-
dies associées au PCV2). Les fœtus peuvent être infectés par voie transplacen-
taire via le sang de la mère non immunisée, ce qui peut entraîner une momifi-
cation ou des porcelets mort-nés ou faibles à la naissance (le PCV2 a été classé
comme virus SMEDI (stillbirth, mummification, embryonic death, infertility).
Vaccin
Les vaccins contiennent le virus PCV2 inactivé, le virus PCV1/2 inactivé (c’est-
à-dire une capside du virus PCV2 contenant le génome hybride ORF1 du PCV1/
ORF2 du PCV2) ou des sous-unités de la capside du PCV2, exprimées par un
baculovirus.
Protection
Les vaccins sont utilisés pour l’immunisation active des porcelets afin de préve-
nir le PMWS et les maladies associées au PCV2, et pour la prévention des trou-
bles de la reproduction chez les cochettes et les truies. La vaccination des truies
entraîne une augmentation des anticorps colostraux, améliorant ainsi l’immuni-
té passive.
CIRCOVAC Ceva circovirus (Su) inj Su π
INGELVAC CIRCOFLEX Boehringer Ingelheim circovirus (Su) inj Su π
PORCILIS PCV Intervet Int circovirus (Su) inj Su π
PORCILIS PCV ID Intervet Int circovirus (Su) inj Su π
PORCILIS PCV M HYO Intervet Int circovirus (Su), Mycoplasma hyopneumoniae inj Su π
SUVAXYN CIRCO Zoetis circovirus (Su) inj Su π
SUVAXYN CIRCO + MH RTU Zoetis circovirus (Su), Mycoplasma hyopneumoniae inj Su π
184 VACCINS POUR PORCS

16.3.5. Pleuropneumonie contagieuse


La pleuropneumonie contagieuse est caractérisée par une pneumonie hémor-
ragique et nécrotique aiguë et une pleurésie, ou encore par une affection pul-
monaire chronique avec des foyers nécrotiques localisés et une pleurésie fibri-
neuse. La bactérie Actinobacillus pleuropneumonia est à l’origine de l’affection.
On connaît deux biotypes et 15 sérotypes de ce germe.
Plusieurs facteurs de virulence ont été décrits dont les toxines Apx, la capside,
des protéinases, des lipopolysaccharides, de l’uréase, des adhésines et des pro-
téines de la membrane extérieure telles que des protéines de fixation de la trans-
ferrine et de l’hémoglobine. A. pleuropneumoniae est inhalé et peut coloniser
les muqueuses nasales et les amygdales. Aucun signe clinique n’apparaît tant
que l’infection se réduit aux voies respiratoires supérieures ; les animaux peu-
vent, dans ce cas, rester longtemps porteurs du germe. Des signes cliniques
peuvent apparaître lorsque ce dernier atteint les bronchioles et les alvéoles. Cet-
te situation est favorisée par une pression d’infection élevée, un environnement
néfaste, une infection virale et une infection par la bactérie Mycoplasma hyop-
neumoniae. A. pleuropneumoniae se fixe sur l’épithélium des bronchioles et des
alvéoles terminales. Les lésions sont principalement causées par la production
de ce qu’on appelle les toxines Apx. Il s’agit d’exotoxines qui peuvent former
des pores dans la membrane des cellules de l’animal infecté. On décrit quatre
toxines Apx. L’Apx IV, qui est décelée chez tous les sérotypes, est indispensable
à la pleine virulence du pathogène, mais son rôle exact dans la pathogénie n’est
pas clair. Cette toxine est exprimée exclusivement in vivo. Les autres toxines Apx
(I, II, III) sont aussi exprimées in vitro. Il n’existe pas de neutralisation croisée
entre ces toxines Apx. Chaque sérotype produit une ou deux de ces toxines. El-
les peuvent entre autres détruire les phagocytes, les cellules de l’endothélium
et les cellules alvéolaires de l’épithélium ; et jouent un rôle important dans l’ap-
parition des lésions. Apx I et II ont également une activité hémolytique.
Vaccin
Le vaccin inactivé contenant des toxines Apx et une protéine de membrane ex-
terne, est en mesure d’induire une protection clinique partielle par rapport aux
différents sérotypes de A. pleuropneumoniae.
Protection
Les animaux doivent être vaccinés à deux reprises avec un intervalle de 4 se-
maines. Le vaccin ne peut être administré avant l’âge de 6 semaines en raison
d’une interférence possible avec l’immunité maternelle.
Particularités
La vaccination des porcelets peut se révéler judicieuse dans les exploitations à
problèmes, en combinaison avec d’autres mesures de protection.
COGLAPIX Ceva Actinobacillus pleuropneumoniae inj Su π
FIXR APP 2, 9, 11 Kernfarm Actinobacillus pleuropneumoniae inj Su π
PORCILIS APP Intervet Int via MSD AH Actinobacillus pleuropneumoniae inj Su π

16.3.6. Pneumonie enzootique


La pneumonie enzootique est une affection multifactorielle des voies respiratoi-
res et dont la bactérie Mycoplasma hyopneumoniae constitue le principal agent
pathogène. Le signe clinique le plus marquant est une toux chronique non pro-
ductive qui se révèle surtout lorsque les porcs sont rendus nerveux. Les signes
cliniques sont lents à apparaître, mais la toux peut perdurer pendant plusieurs
semaines voire même plusieurs mois. La température corporelle est susceptible
d’augmenter légèrement. Dans le cas d’infections bactériennes secondaires, de
graves troubles respiratoires peuvent apparaître et parfois même engendrer de
la mortalité. La toux devient productive et peuvent alors se manifester une respi-
ration saccadée et de la fièvre. Les animaux gravement touchés subissent un
retard de croissance visible par rapport aux autres animaux de la loge. Après
une phase de guérison clinique, la maladie est susceptible de resurgir. Au ni-
veau de l’exploitation, la toux est souvent plus importante chez les porcelets se-
VACCINS 185

vrés et les porcs d’engraissement. L’évolution de la maladie est fortement in-


fluencée par la gestion de l’exploitation et les facteurs environnementaux.
Vaccin
Vaccins monovalents inactivés - Vaccins bivalents à base de Mycoplasma hyo-
pneumoniae et du circovirus porcin.
Protection
Les porcelets sont en général vaccinés pendant la période d’allaitement. Selon
le vaccin, la vaccination aura lieu dès l’âge de 1 ou 3 semaines. Certaines étu-
des ont montré qu’une vaccination lors de la période de post-sevrage et d’en-
graissement peut s’avérer fructueuse. Ceci dépend du moment où les porcs ont
été contaminés au sein de l’exploitation. Les animaux doivent être vaccinés avant
d’être infectés. Tous les porcelets de l’exploitation doivent être vaccinés. Les por-
celets non vaccinés peuvent constituer une source d’infection pour les animaux
vaccinés et peuvent retarder ou limiter la réduction de la pression d’infection dans
l’exploitation. Les principaux résultats de la prévention vaccinale sont une utili-
sation moindre des antibiotiques à visée curative et de meilleures prestations
zootechniques : amélioration de la croissance quotidienne et du rendement ali-
mentaire, période d’engraissement raccourcie, signes cliniques réduits, pour-
centage diminué d’animaux souffrant de lésions pulmonaires et lésions pulmo-
naires moins étendues.
Particularités
La vaccination en elle-même ne suffit pas comme mesure de lutte contre les in-
fections à M. hyopneumoniae : d’autres mesures complémentaires doivent être
prises simultanément.
FIXR M HYO ONE Kernfarm Mycoplasma hyopneumoniae inj Su π
HYOGEN J5 Ceva Mycoplasma hyopneumoniae inj Su π
INGELVAC MYCOFLEX Boehringer Ingelheim Mycoplasma hyopneumoniae inj Su π
M+Pac Intervet Int via MSD AH Mycoplasma hyopneumoniae inj Su π
MYPRAVAC SUIS Hipra Mycoplasma hyopneumoniae inj Su π
PORCILIS M. HYO Intervet Int via MSD AH Mycoplasma hyopneumoniae inj Su π
PORCILIS M. HYO ID ONCE Intervet Int via MSD AH Mycoplasma hyopneumoniae inj Su π
PORCILIS PCV M HYO Intervet Int circovirus (Su), Mycoplasma hyopneumoniae inj Su π
STELLAMUNE MYCOPLASMA Elanco Mycoplasma hyopneumoniae inj Su π
STELLAMUNE ONE Elanco Mycoplasma hyopneumoniae inj Su π
SUVAXYN CIRCO + MH RTU Zoetis circovirus (Su), Mycoplasma hyopneumoniae inj Su π
SUVAXYN M.HYO Zoetis Mycoplasma hyopneumoniae inj Su π
SUVAXYN MH-ONE Zoetis Mycoplasma hyopneumoniae inj Su π

16.3.7. Rhinite atrophique


La rhinite atrophique est une affection multifactorielle caractérisée par une atro-
phie des cornets. Lorsque l’affection est sérieuse, elle s’accompagne de diffé-
rents degrés de distorsion faciale tels que la brachygnatie supérieure et une dé-
viation latérale du groin et du septum nasal. On distingue la rhinite atrophique
non progressive et progressive.
La rhinite atrophique non progressive est engendrée par des souches de Bor-
detella bronchiseptica et la rhinite atrophique progressive par des souches toxi-
gènes de Pasteurella multocida ou par une combinaison de souches B. bronchi-
septica et P. multocida toxigènes. Les toxines dermonécrotiques de B. bronchi-
septica et P. multocida peuvent endommager les cornets mais leur mécanisme
d’action est différent. L’hypoplasie des cornets induite par les souches de B. bron-
chiseptica est en général moins grave que celle engendrée par les souches de
P. multocida toxigènes.
Vaccin
Les vaccins contre la rhinite atrophique progressive contiennent la toxine der-
monécrotique et/ou les germes inactivés de P. multocida en combinaison avec
les germes inactivés de B. bronchiseptica.
Protection
Les vaccins contre la rhinite atrophique progressive doivent au minimum conte-
nir la toxine dermonécrotique de P. multocida. La vaccination des truies avec des
186 VACCINS POUR PORCS

vaccins inactivés peut favoriser la régression de la rhinite atrophique. L’objectif


de cette vaccination est la transmission de l’immunité colostrale aux porcelets.
PORCILIS AR-T DF susp inj Intervet Int Bordetella bronchiseptica (Su), Pasteurella multocida (Su) inj
Su π
RHINIFFA T Boehringer Ingelheim Bordetella bronchiseptica (Su), Pasteurella multocida (Su) inj Su π
RHINISENG Hipra Bordetella bronchiseptica (Su), Pasteurella multocida (Su) inj Su π

16.3.8. Diarrhée néonatale causée par les souches E. coli


entérotoxigènes (ETEC)
Les souches entérotoxinogènes d’Escherichia coli (ETEC) peuvent engendrer
une diarrhée aqueuse. Celle-ci peut être à l’origine d’une importante mortalité
chez les porcelets nouveau-nés. Cette forme dite entérotoxinogène de la coliba-
cillose se rencontre également chez les porcelets plus âgés, qu’ils soient sevrés
ou non. Les souches ETEC possèdent deux facteurs importants de virulence.
Les fimbriae leur permettent de se fixer sur les entérocytes de l’intestin grêle.
Les principaux facteurs d’adhésion des souches ETEC qui engendrent la diar-
rhée néonatale sont les fimbriae F4 (K88), F5 (K99), F6 (987P) et F41. Les sou-
ches ETEC F4+ peuvent également jouer un rôle dans la diarrhée de porcelets
à un âge plus avancé. En ce qui concerne la diarrhée survenant après le sevra-
ge, ce sont les ETEC F4+ et F18+ qui sont les plus impliquées. Les souches
ETEC forment également des entérotoxines qui sont à l’origine de la diarrhée
aqueuse, les thermolabiles (LT) et les thermostables (STa,STb et EAST1). L’en-
térotoxine LT est une protéine de poids moléculaire élevé, fortement antigéni-
que. Les entérotoxines thermostables sont des peptides de faible poids molé-
culaire, peu immunogènes, sauf si elles sont conjuguées avec l’entérotoxine LT
par exemple.
Vaccin
On administrera des vaccins inactivés contenant des facteurs d’adhésion puri-
fiés ou un nombre réduit de sérotypes E. coli avec les facteurs d’adhésion et
éventuellement l’entérotoxine LT. Des vaccins combinant les souches ETEC et
le rotavirus porcin ou Clostridium perfringens, éventuellement associés à Clos-
tridium novyi sont disponibles. Voir aussi 16.3.14. Vaccins anti-clostridiens pour
porcs.
Protection
La vaccination des truies gestantes peut se révéler efficace dans la lutte contre
la diarrhée néonatale à E. coli. Une primovaccination avec de tels vaccins suit
en général le schéma suivant : deux injections à 3-6 semaines d’intervalle, la
deuxième dose étant administrée 2 à 6 semaines avant la mise bas. Ces vaccins
ont principalement comme résultat une augmentation de la teneur en IgG dans
le colostrum.
Particularités
En combinaison avec d’autres mesures visant à réduire le risque d’infection et
augmenter l’immunité générale, ces vaccins s’avèrent dans la plupart des cas
fructueux dans le traitement de la diarrhée néonatale. Ils sont cependant beau-
coup moins efficaces contre la diarrhée chez les porcelets plus âgés et non se-
vrés et n’offrent aucune protection contre la diarrhée après le sevrage.
COLIPROTEC F4/F18 Prevtec Microbia E. coli (Su) po Su π
ENTERICOLIX CZV E. coli (Su), Clostridium spp. (Su) inj Su π
FIXR ROTA COLI Kernfarm E. coli (Su), Rotavirus (Su) inj Su π
NEOCOLIPOR Boehringer Ingelheim E. coli (Su) inj Su π
PORCILIS COLICLOS Intervet Int E. coli (Su), Clostridium spp. (Su) inj Su π
PORCILIS PORCOLI DF Intervet Int E. coli (Su) inj Su π
SUISENG Hipra E. coli (Su), Clostridium spp. (Su) inj Su π
VACCINS 187

16.3.9. Maladie de l’œdème causée par les souches E. coli


productrices de Shiga-toxines (STEC/VTEC)
Les Escherichia coli productrices de la toxine de Shiga Stx2e (STEC) (synonyme :
vérotoxine VT2e des souches VTEC) sont responsables de la maladie de l’œdème
chez les porcelets récemment sevrés. Ces souches produisent des adhésines fim-
briaires F18 qui permettent leur adhérence aux entérocytes de l’intestin grêle. Après
production, la toxine Stx2e traverse la paroi intestinale et est transportée dans la
circulation sanguine. Les cellules cibles de la toxine Stx2e sont les cellules endo-
théliales. Les lésions à hauteur de l’endothélium vasculaire entraînent le dévelop-
pement d’œdème dans l’ensemble des organes avec comme signes cliniques prin-
cipaux des oedèmes sous-cutanés (face, paupières, abdomen), des signes ner-
veux (incoordination motrice, ataxie, parésie) et des mortalités subites.
Vaccin
Les vaccins disponibles sont des vaccins inactivés sous-unitaires contenant une
toxine génétiquement détoxifiée et un adjuvant. La vaccination contre les STEC
porcins est réalisée à partir d’une toxine Stx2e recombinante. Les différentes toxi-
nes de Shiga sont constituées de deux sous-unités protéiques : la sous-unité A
de la toxine Stx2e, responsable de sa toxicité, a été génétiquement modifiée en
une protéine non toxique, alors que la sous-unité B, responsable de la liaison
aux récepteurs membranaires des cellules endothéliales, est restée inchangée.
La réponse immunitaire qui se développe produit des anticorps spécifiques qui
préviennent la liaison de la toxine Stx2e à ses récepteurs cellulaires.
Protection
Les vaccins disponibles contre les STEC porcins sont indiqués pour l’immuni-
sation active de porcelets à partir de l’âge de 2 à 4 jours, afin de réduire les mor-
talités et les signes cliniques de la maladie de l’œdème.
ECOPORC SHIGA IDT Biologika E. coli (Su) inj Su π
VEPURED Hipra E. coli (Su) inj Su π

16.3.10. Salmonella enterica


Les infections dues à Salmonella spp. chez le porc sont souvent asymptoma-
tiques alors qu’elles ont une influence négative sur la croissance des porcs de
chair et reproducteurs. Les animaux infectés ou chez qui l’infection est subcli-
nique peuvent devenir porteurs et excréter la bactérie de manière intermittente,
notamment en conditions de stress.
La viande contaminée est une source non négligeable d’intoxication alimentaire
chez l’homme.
Vaccin
Vaccin à base de souches inactivées de Salmonella enterica subsp. enterica sé-
rovars Typhimurium, Derby et Infantis, avec une huile minérale pour adjuvant et
vaccin lyophilisé à base d’un mutant de Salmonella Typhimurium.
Les truies et les cochettes sont vaccinées pendant la gestation pour protéger
leurs porcelets par immunisation passive. Le vaccin lyophilisé peut aussi admi-
nistré aux porcelets.
Protection
Les porcelets issus de mères vaccinées doivent rapidement ingérer suffisam-
ment de colostrum après la naissance. L’immunité des porcelets allaités durera
jusqu’à l’âge de 30 jours s’ils sont sevrés après 21 jours. Cette immunisation pas-
sive permettra de réduire la colonisation de l’intestin et des ganglions lympha-
tiques iléosécaux par les sérovars de Salmonella mentionnés.
Particularités
En plus de la vaccination, assurer une bonne hygiène générale et la biosécurité
de la ferme est fondamental afin de réduire autant que possible les risques d’in-
fection à Salmonella.
FIXR SALMONELLA Bioveta Salmonella spp. (Su) inj Su π
SALMOPORC lyophilisat IDT Biologika Salmonella spp. (Su) po Su π
SALMOPORC lyophilisat et solvant IDT Biologika Salmonella spp. (Su) inj, po Su π
188 VACCINS POUR PORCS

16.3.11. Rouget du porc


Le rouget du porc est engendré par la bactérie Erysipelothrix rhusiopathiae. Cet-
te affection sous sa forme aiguë s’accompagne de graves signes cliniques gé-
néraux dont parfois des altérations dermatologiques typiques. La fièvre est sus-
ceptible d’engendrer l’avortement chez la truie gestante. Les verrats peuvent,
quant à eux, souffrir de troubles de fécondité. Sous sa forme chronique, l’affec-
tion est caractérisée par de la polyarthrite et de l’endocardite. On connaît un grand
nombre de sérotypes de ce germe. La plupart des souches isolées chez le porc
appartiennent toutefois aux sérotypes 1 ou 2.
Vaccin
Il existe des vaccins monovalents et bivalents. En Belgique, seuls des vaccins
inactivés ont été enregistrés. Les vaccins à base de souches spécifiques du sé-
rotype 2 n’induisent pas seulement une protection contre ce sérotype mais éga-
lement contre les souches de sérotype 1 et la plupart des autres sérotypes. De
tels vaccins se composent de germes inactivés et d’un antigène soluble produit
lors de la croissance du germe dans des milieux liquides.
Protection
La durée de la protection après une double vaccination à 3-6 semaines d’inter-
valle est d’environ six mois. L’immunité maternelle peut interférer avec la vacci-
nation jusqu’à l’âge de trois mois environ. La vaccination est surtout préconisée
chez les animaux de reproduction. Dans les exploitations à problèmes, les porcs
de chair peuvent également être vaccinés. Il a été démontré que, pour certains
vaccins, une seule vaccination dès l’âge de trois mois induit une protection du-
rant la période d’engraissement. Les vaccins contre le rouget du porc ne peu-
vent cependant induire qu’une faible (voire aucune) protection contre la forme
chronique de cette affection.
ERYSENG PARVO susp inj porcs Hipra parvovirus (Su), Erysipelothrix rhusiopathiae inj Su π
ERYSENG susp inj porcs Hipra Erysipelothrix rhusiopathiae inj Su π
PARVORUVAX Ceva parvovirus (Su), Erysipelothrix rhusiopathiae inj Su π
PORCILIS ERY Intervet Int via MSD AH Erysipelothrix rhusiopathiae inj Su π
PORCILIS ERY+PARVO+LEPTO Intervet Int via MSD AH Erysipelothrix rhusiopathiae, parvovirus (Su),
Leptospira spp (Su) inj Su π
PORCILIS ERY-PARVO Intervet Int via MSD AH parvovirus (Su), Erysipelothrix rhusiopathiae inj Su π
RUVAX VET Boehringer Ingelheim Erysipelothrix rhusiopathiae inj Su π
SUVAXYN PARVO/E-AMPHIGEN Zoetis parvovirus (Su), Erysipelothrix rhusiopathiae inj Su π

16.3.12. Maladie de Glässer


La maladie de Glässer, engendrée par Haemophilus parasuis, a été décrite à l’ori-
gine comme une affection survenant chez les jeunes animaux (âgés de 2 à 4
semaines) et caractérisée par une polysérosite fibrineuse, une polyarthrite, une
méningite et dans certains cas, de la mortalité. Peuvent apparaître également :
une septicémie (sans polysérosite), une myosite aiguë (muscle masseter) et des
troubles respiratoires. Des facteurs de stress tels que le sevrage ou le transport
prédisposent à ce type d’affection. La maladie est généralement bénigne et pré-
sente un faible taux de morbidité. Ce sont aujourd’hui surtout les exploitations à
niveau sanitaire très élevé qui peuvent souffrir de grandes pertes économiques,
plus particulièrement dans les cas où des animaux d’origines différentes y sont
rassemblés. Les taux de morbidité et de mortalité dans ce type d’entreprises sont
élevés, quel que soit l’âge ou le stade de production dans lequel se trouvent les
porcs.
Haemophilus parasuis est fréquemment présent au niveau de la muqueuse na-
sale des animaux sains et même immunisés, et peut aussi être isolé des amyg-
dales et de la trachée. Quinze sérotypes sont connus pour ce germe. Les sou-
ches non sérotypables sont régulièrement isolées. Toutes les souches de H. pa-
rasuis ne sont pas aussi virulentes. La virulence dépend plus ou moins du séro-
type. Les souches des sérotypes 1, 5, 10, 12, 13 et 14 ont été classées comme
hautement virulentes, et les souches des sérotypes 2, 4 et 15 comme moyen-
nement virulentes. Dans un même sérotype, des souches peuvent être aussi bien
VACCINS 189

plus et moins virulentes et même les souches non sérotypables peuvent être vi-
rulentes. Il reste donc à déterminer si la variation dans la virulence est dépen-
dante de la souche ou du sérotype.
Le traitement ou la prévention à base d’antibiotiques n’est pas toujours efficace
et doit avoir lieu en tout cas à un stade avancé. On peut éviter que la maladie ne
se déclare en réduisant le stress et en ne rassemblant que les animaux présen-
tant une immunité protectrice, obtenue naturellement ou par le biais de vacci-
nations.
Vaccin
Un vaccin monovalent commercialisé en Belgique contient une souche inacti-
vée de sérotype 5.
Protection
Ce vaccin stimule le développement d’une immunité active contre le sérotype 5
de Haemophilus parasuis. Les animaux doivent être vaccinés à deux reprises.
PORCILIS GLÄSSER Intervet Int via MSD AH Haemophilus parasuis inj Su π

16.3.13. Entéropathie proliférative porcine (EPP)


L’entéropathie proliférative porcine (EPP) est causée par la bactérie Lawsonia
intracellularis et peut être aiguë (entéropathie proliférative hémorragique), chro-
nique (adénomatose intestinale porcine) ou subclinique. La forme aiguë de l’en-
téropathie proliférative hémorragique est le plus souvent observée chez des porcs
de chair ou de reproduction plus âgés (> 70 kg poids vif) et peut entraîner une
mortalité aiguë sans signes cliniques préalables. Dans certains cas, des fèces
de couleur rougeâtre voire goudronneuse peuvent être constatées avant que la
mort ne s’ensuive. En cas de progression plus lente de la maladie, les porcs de-
viennent d’abord anémiques, anorexiques puis moins mobiles. Des vomisse-
ments de matières goudronneuses sont possibles. L’apparence des fèces peut
varier considérablement : profuses, plus ou moins aqueuses, goudronneuses,
rouge vif ou sanglantes. La mortalité peut se manifester dans les 48 h. Certains
animaux se rétablissent complètement, mais en général, on constate un retard
de croissance durable. La mortalité peut atteindre jusqu’à 50 % des animaux tou-
chés. L’adénomatose intestinale porcine peut apparaître chez des porcs dès l’âge
de 7 semaines et se manifeste par une diarrhée chronique, une peau pâle et,
tout comme dans le cas d’une entéropathie subclinique, un manque d’unifor-
mité dans la croissance. En général, les signes cliniques sont cependant peu
typiques. Lawsonia intracellularis est identifiée dans la plupart des exploitations
et peut causer des dégâts économiques importants. La forte capacité de survie
dans le fumier (2 à 3 semaines) et l’excrétion prolongée par les animaux infectés
exigent une stricte application des mesures d’hygiène classiques dans l’exploi-
tation (all in all out, désinfection de la porcherie et du matériel utilisé) afin d’en-
traver la maladie et de limiter les pertes économiques.
Vaccin
Le vaccin actuellement commercialisé contient une souche atténuée de Lawso-
nia intracellularis.
Protection
Le vaccin est destiné à immuniser activement les porcelets (dès l’âge de 3 se-
maines) afin de réduire les lésions intestinales causées par Lawsonia intracellu-
laris et éviter ainsi les pertes de poids. La protection débute 3 semaines après la
vaccination et dure au moins 17 semaines.
Particularités
La vaccination se faisant avec des germes atténués, on n’administrera pas de
médicaments antimicrobiens durant les trois jours précédant et suivant la vacci-
nation. Si la vaccination se fait par l’eau de boisson, l’installation d’eau de bois-
son doit également être exempte de toute substance antimicrobienne, désinfec-
tant ou détergent. Du lait en poudre écrémé ou du thiosulfate de sodium peu-
vent fonctionner comme stabilisateurs du vaccin dans l’eau de boisson. De l’ADN
de Lawsonia intracellularis peut être présent dans les excréments des porcs vac-
190 VACCINS POUR PORCS

cinés jusqu’à trois jours après la vaccination. Même si le risque de propagation


du germe après vaccination est moindre, on n’excluera pas la possibilité de trans-
mission aux animaux de la même porcherie.
ENTERISOL ILEITIS Boehringer Ingelheim Lawsonia intracellularis po Su π

16.3.14. Vaccins anti-clostridiens pour porcs


Clostridium novyi peut provoquer une infection aiguë chez les truies, notam-
ment accompagnée d’une nécrose hépatique et de mort subite. Clostridium per-
fringens type C provoque l’entérite nécrotique chez les porcelets.
Vaccin
Des vaccins inactivés à sous-unités sont disponibles. Ces vaccins stimulent la
synthèse d’anticorps, dans le sérum des animaux vaccinés, contre les adhési-
nes et l’entérotoxine thermolabile (LT) des souches entérotoxigènes d’Escheri-
chia coli (ETEC) et contre la bêta-toxine de Clostridium perfrigens de type C. L’un
de ces deux vaccins stimule également la synthèse d’anticorps contre l’alpha-
toxine de Clostridium novyi. Voir aussi autres vaccins ETEC : 16.3.8. Diarrhée
néonatale causée par les souches E. coli entérotoxigènes (ETEC).
Protection
Par l’immunisation active des truies et des cochettes reproductrices, les porce-
lets nouveau-nés sont protégés, après ingestion suffisante de colostrum, contre
la diarrhée néonatale causée par les Escherichia coli entérotoxinogènes expri-
mant les adhésines F4 (K88), F5 (K99) ou F6 (987P) et contre l’entérite nécro-
hémorragique causée par Clostridium perfringens de type C. Cette protection
se manifeste par une réduction de la mortalité et des signes cliniques. La vacci-
nation des truies et des cochettes avec le vaccin contenant la valence Clostri-
dium novyi induit également des anticorps séroneutralisants contre l’alpha-toxi-
ne de Clostridium novyi.
CLOSTRIPORC A IDT Biologika Clostridium spp. (Su) inj Su π
ENTERICOLIX CZV E. coli (Su), Clostridium spp. (Su) inj Su π
PORCILIS COLICLOS Intervet Int E. coli (Su), Clostridium spp. (Su) inj Su π
SUISENG Hipra E. coli (Su), Clostridium spp. (Su) inj Su π

16.3.15. Leptospirose (Su)


Après infection via les lésions cutanées et les muqueuses, les leptospires peu-
vent se multiplier dans les reins d’où ils peuvent être excrétés via l’urine. Les ani-
maux ne présentent généralement pas de signes cliniques ou présentent des
signes cliniques généraux comme de la fièvre, de l’anorexie et de la diarrhée.
Des problèmes de fertilité peuvent être constatés chez les truies, pouvant se tra-
duire par des avortements et la naissance de porcelets mort-nés ou chétifs. Etant
donné que les leptospires survivent facilement dans l’environnement dans des
circonstances humides en l’absence de choc thermique et que les rongeurs sont
considérés comme des réservoirs, la vaccination doit être accompagnée d’une
bonne hygiène dans les locaux d’élevage et de mesures de lutte contre les ani-
maux nuisibles afin d’éviter cette maladie.
Vaccin
Vaccin combiné contenant des souches inactivées du parvovirus, de Leptospira
et Erysipelothrix rhusiopathiae pour la vaccination des porcs reproducteurs.
Protection
Une revaccination tous les 6 mois est recommandée pour protéger contre le rou-
get du porc et contre L. interrogans sérogroupe Australis, et une revaccination
annuelle est recommandée pour conférer une protection contre les autres séro-
groupes de Leptospira présents dans le vaccin et contre le parvovirus.
PORCILIS ERY+PARVO+LEPTO Intervet Int via MSD AH Erysipelothrix rhusiopathiae, parvovirus (Su),
Leptospira spp (Su) inj Su π
VACCINS 191

16.4. Vaccins pour lapins


Pour un aperçu de tous les vaccins disponibles pour le lapin, voir les Tableaux
récapitulatifs page 225.

16.4.1. Myxomatose
La myxomatose est une maladie provoquée par le virus myxomateux apparte-
nant à la famille des Poxviridae et atteignant les lapins européens. Elle touche
les animaux à tout âge. On distingue deux formes cliniques :
- la forme classique est principalement observée chez les lapins domestiques et
les lapins sauvages qui constituent le réservoir du virus. Le virus se transmet
ici principalement par des morsures d’insectes, mais la promiscuité entre les
lapins peut également constituer un facteur de contagion. La maladie a une
courte période d’incubation et est caractérisée par une mortalité élevée. Elle
est diagnostiquée à partir des signes cliniques typiques.
- Au cours de ces dernières décennies, une myxomatose à symptômes respira-
toires est apparue dans l’élevage industriel. Cette forme respiratoire est pré-
sente en élevage toute l’année. Elle est provoquée par des souches virales
moins pathogènes. Elle peut être subclinique et n’est pas toujours facile à dia-
gnostiquer.
Vaccin
La souche vaccinale est un virus de la myxomatose qui exprime le gène codant
la protéine de capside du RHDV1. Ainsi les lapins sont immunisés à la fois contre
le virus de la myxomatose et contre le RHDV. Voir aussi 16.4.2. Maladie hémor-
ragique virale.
Protection
Le vaccin est utilisé pour l’immunisation active des lapins, dès l’âge de 5 semai-
nes, afin de réduire la mortalité et les signes cliniques dus à la myxomatose et
de prévenir la mortalité due à la RHD1. Le vaccin combiné immunise contre le
virus classique RHD1 et seule une protection partielle envers le variant RHDV-2
est attendue.
Les animaux vaccinés sont protégés à partir de 3 semaines après la vaccina-
tion. La protection dure 1 an. Une augmentation transitoire de la température de
l’ordre de 1 à 2°C peut survenir. Dans les deux premières semaines après la vac-
cination, un œdème non douloureux de petite taille peut être observé au niveau
du site d’injection. Cet œdème disparaît complètement à la fin de la troisième
semaine.
Après une infection avec le virus sauvage de la myxomatose, certains animaux
vaccinés peuvent développer quelques vésicules de très petite taille, particuliè-
rement aux endroits dépourvus de poils, formant rapidement des croûtes. Les
croûtes disparaissent généralement dans les 2 semaines après l’observation des
petites vésicules. Ces croûtes sont observées uniquement chez les animaux avec
une immunité active et n’ont pas d’influence sur l’état de santé général, l’appétit
ou le comportement du lapin.
Particularités
Il se peut que les lapins ayant été précédemment vaccinés avec un autre vaccin
contre la myxomatose ou ayant contracté une myxomatose naturelle sur le ter-
rain ne développent pas de réponse immunitaire appropriée contre la RHD après
la vaccination. La vaccination n’est pas recommandée dans les 14 premiers jours
de la gestation. Aucun essai n’ayant été réalisé sur l’effet de la vaccination chez
les lapins mâles reproducteurs, la vaccination de ces lapins n’est pas recom-
mandée.
NOBIVAC MYXO-RHD Intervet Int virus de la myxomatose, virus maladie hémorragique lapin RHDV inj
lapin non prod d’aliments, lapin prod d’aliments π
192 VACCINS POUR LAPINS

16.4.2. Maladie hémorragique virale


La maladie hémorragique virale du lapin est provoquée par un virus de la famille
des Caliciviridés, et du genre Lagovirus, le rabbit haemorrhagic disease virus ou
RHDV. Ce virus hautement contagieux se propage par contact direct entre les
lapins ou par contact indirect via l’urine, les excréments, l’eau, l’alimentation, les
insectes piqueurs ou d’autres vecteurs mécaniques tels que les vêtements, les
mains ou les cages.
Deux variantes de ce virus sont connues : le RHDV1 et le RHDV2. Le RHDV2 a
d’abord été identifié en France, en 2010, mais, entre-temps, sa présence a été
rapportée en Belgique ainsi que dans la plupart des autres pays d’Europe occi-
dentale. En raison de la grande différence génétique et antigénique entre le
RHDV2 et le RHDV classique, il n’y a pas d’immunité croisée entre ces deux va-
riantes.
Une infection par le RHDV2 diffère de celle induite par le RHDV classique. Le
RHDV2 donne lieu à une période d’incubation plus longue (3 à 5 jours), un taux
de mortalité plus variable (5 à 70 %, en moyenne 20 %), un spectre d’hôte plus
large (le virus a parfois été isolé chez les lièvres notamment) et une résistance
liée à l’âge (les animaux de moins de 15 jours sont résistants, les animaux âgés
de plus de 2-3 semaines sont sensibles). Dans les deux cas, la plupart des ani-
maux infectés meurent sans symptômes préalables (forme suraiguë). En cas de
forme aiguë, en particulier avec le RHDV2, les animaux présentent les symptô-
mes suivants : difficultés respiratoires, forte fièvre (> 40 °C), hémorragies et symp-
tômes nerveux juste avant de mourir. Le RHDV2 peut être associé, dans quel-
ques rares cas, à des signes cliniques plus chroniques, tels que perte de poids,
léthargie, ictère et mortalité après 1 à 2 semaines. De manière sporadique, et
surtout avec le RHDV2, les lapins survivent à l’infection et présentent alors une
très forte séroconversion.
Chez les lapins domestiques, la maladie peut être endiguée par la vaccination,
en association avec des mesures d’hygiène préventives et la mise en quaran-
taine des cas suspects et des animaux qui sont entrés en contact avec des ani-
maux suspects, qu’ils soient malades ou morts. Les lieux de vie de ces animaux
doivent être soigneusement nettoyés et désinfectés. Les aliments (légumes, her-
be fraîche, foin) ou les terriers susceptibles d’avoir été en contact avec des la-
pins sauvages, doivent être évités. Il convient également de prévoir un plan de
lutte efficace contre les insectes et d’éviter d’introduire le virus dans la lapinière
par les vêtements, les chaussures ou d’autres vecteurs mécaniques.
Vaccin
- Vaccin monovalent contre le RHDV2 inactivé.
- Vaccin bivalent contre le RHDV1 et le RHDV2.
- Vaccin combiné contre la myxomatose et le RHDV1 dont la souche vaccinale
est un virus de la myxomatose qui exprime le gène codant pour la protéine de
capside du RHDV (voir 16.4.1. Myxomatose).
Protection
Le vaccin bivalent contre le RHDV1 et le RHDV2 est administré à partir de l’âge
de 10 semaines, le vaccin contre le RHDV2 à partir de l’âge de 30 jours. Ces
vaccins sont destinés à l’immunisation active des lapins de chair afin de réduire
la mortalité causée par le RHDV2. Aucune protection croisée contre le RHDV clas-
sique n’a été démontrée.
ERAVAC émulsion inj lapins Hipra virus maladie hémorragique lapin RHDV inj lapin prod d’aliments,
lapin non prod d’aliments π
FILAVAC VHD K C+V Filavie virus maladie hémorragique lapin RHDV inj lapin non prod d’aliments,
lapin prod d’aliments π
NOBIVAC MYXO-RHD Intervet Int virus de la myxomatose, virus maladie hémorragique lapin RHDV inj
lapin non prod d’aliments, lapin prod d’aliments π
VACCINS 193

16.5. Vaccins pour poules


Pour un aperçu de tous les vaccins disponibles pour les poules, voir les Ta-
bleaux récapitulatifs page 226.

16.5.1. Maladie de Marek


Les poules pondeuses et reproductrices sont vaccinées en période d’élevage.
Etant donné la durée d’élevage plus longue des poulets à label, il est recom-
mandé de vacciner les poussins à l’âge d’un jour, au couvoir, contre la maladie
de Marek.
Vaccin
Les vaccins contre la maladie de Marek sont administrés par injection, au cou-
voir, à des poussins d’un jour ou à des embryons âgés de 18 jours. Ils contien-
nent soit l’herpèsvirus de la dinde (souche HVT FC126) sous forme lyophilisée,
soit la souche Rispens du virus de la maladie de Marek atténuée (CVI988) sous
forme cellulaire conservée en azote liquide. Certains vaccins combinent l’her-
pèsvirus de la dinde et la souche homologue, tous deux sous forme cellulaire et
donc conservés en azote liquide. Une spécialité contient comme souche vacci-
nale un herpèsvirus de la dinde (HVT) recombinant, exprimant l’antigène pro-
tecteur (VP2) du virus de la bursite infectieuse aviaire (IBDV ou maladie de Gum-
boro), souche Faragher 52/70. Ce vaccin induit une immunisation active et une
réponse sérologique vis-à-vis de la maladie de Gumboro (Infectious Bursal Di-
sease ou IBD) et de la maladie de Marek chez le poussin. Un autre vaccin com-
biné administré aux poussins d’un jour protège contre la laryngotrachéite infec-
tieuse et la maladie de Marek. Il contient un herpèsvirus vivant du dindon recom-
binant (souche HVT/ILT-138) exprimant les glycoprotéines gD et gI du virus de la
laryngotrachéite infectieuse.
Protection
La vaccination empêche la formation des tumeurs et des lésions nerveuses dues
au virus pathogène de la maladie de Marek. Elle ne prévient cependant pas l’in-
fection des volailles par ce virus. Les résultats de la vaccination dépendent lar-
gement du respect de la technique de vaccination.
La vaccination doit obligatoirement être pratiquée à l’âge d’un jour, au couvoir,
afin de protéger les poussins durant les quatre premières semaines de vie, pé-
riode critique durant laquelle une infection par le virus de la maladie de Marek
engendre la formation ultérieure de tumeurs spécifiques.
INNOVAX-ILT Intervet Int virus de la maladie de Marek, virus de la laryngotrachéite infectieuse (Av) inj
poule π
INNOVAX-ND-IBD Intervet Int virus de la maladie de Newcastle, virus de la maladie de Marek, virus de la
bursite infectieuse (virus de la maladie de Gumboro) inj, in ovo poule π
NOBILIS RISMAVAC Intervet Int via MSD AH virus de la maladie de Marek inj poule π
NOBILIS RISMAVAC + CA 126 Intervet Int via MSD AH virus de la maladie de Marek inj, in ovo
poule π
VAXXITEK HVT + IBD Boehringer Ingelheim virus de la maladie de Marek, virus de la bursite infectieuse
(virus de la maladie de Gumboro) inj, in ovo poule π
VECTORMUNE ND Ceva virus de la maladie de Newcastle, virus de la maladie de Marek inj, in ovo
poule π

16.5.2. Maladie de Newcastle (poule)


La vaccination contre la maladie de Newcastle (ND) est obligatoire pour toutes
les exploitations de volailles de plus de 100 animaux. Le responsable de l’ex-
ploitation doit faire appel à un vétérinaire agréé pour la faire exécuter. Toutes les
volailles, y compris les pigeons, présentées lors de rassemblements (les expo-
sitions, les concours et les marchés sont à considérer comme des rassemble-
ments) doivent être vaccinées contre la ND. Les volailles mises en vente sur un
marché doivent avoir été vaccinées dans les 3 mois qui précèdent la vente, avec
un vaccin adjuvé inactivé. Les volailles achetées sur les marchés doivent léga-
lement être vendues avec un certificat de vaccination.
194 VACCINS POUR POULES

- Pour la vaccination des dindes contre la maladie de Newcastle, voir 16.7.1. Ma-
ladie de Newcastle (dinde).
- Pour la vaccination des pigeons contre la maladie de Newcastle, voir 16.6.1.
Maladie de Newcastle - Paramyxovirose (pigeon).
- Pour la vaccination des pintades, faisans, perdreaux et cailles, aucun vaccin
n’est disponible en Belgique ; le médecin vétérinaire peut envisager d’appli-
quer le système de la cascade.
Vaccin
Vaccins vivants monovalents − Vaccins inactivés monovalents ou combinés.
Les vaccins à virus vivants contenant des souches lentogènes sont administrés
durant la période d’élevage. L’utilisation des vaccins inactivés est exclusive-
ment réservée aux immunisations de rappel des poules pondeuses et reproduc-
trices, afin de les protéger durant la période de ponte.
Les vaccins vivants conviennent aussi bien pour la vaccination des poulets de
chair que pour celle des poules pondeuses et reproductrices. Chez les poules
pondeuses et reproductrices, cette première vaccination est suivie, après au
moins 4 semaines, par une vaccination avec un vaccin inactivé. Cette vaccina-
tion de rappel doit se faire au moins 4 semaines avant le début de la ponte. Ces
animaux peuvent être revaccinés avec un vaccin inactivé après le début de la
mue.
Les volailles d’agrément peuvent être vaccinées au printemps ou en automne
avec un vaccin inactivé, la durée de protection étant de l’ordre d’une année, ou
lorsque les animaux n’ont pas encore été vaccinés avec un vaccin vivant aupa-
ravant.
Protection
La durée d’immunité des vaccins à virus vivant, telle que mentionnée dans les
notices, est généralement de 4 à 6 semaines. Ceci suffit généralement pour les
poussins de chair. Les poules pondeuses et reproductrices doivent être revac-
cinées avec un vaccin inactivé avant leur transfert vers les unités de ponte ou de
reproduction. Le but de ces vaccinations est double : a) protéger les volailles
durant toute la période de ponte, et b) protéger de façon passive les poussins
provenant de volailles vaccinées durant les premières semaines de leur vie.
Particularités
La ND est une maladie à déclaration obligatoire assortie d’une politique d’abat-
tage pour raison sanitaire. Si la ND est constatée dans une exploitation avicole,
la réalisation de la vaccination préventive obligatoire est l’une des conditions pour
le remboursement des animaux mis à mort.
En 2018, pour la première fois depuis 1998, des cas de ND ont été détectés chez
des poules d’ornement détenues par des détenteurs amateurs. Depuis juillet
2018, quelques foyers de maladie de Newcastle ont été détectés dans des ex-
ploitations avicoles professionnelles. Dans tous ces cas, une nouvelle souche
virale de ND a été identifiée. Il s’agit d’une souche déjà présente en Asie du Sud-
Est et qui s’est rapidement propagée au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en
Europe de l’Est. Cette souche a également été identifiée récemment au Grand-
Duché du Luxembourg. Voir aussi http://www.favv.be/professionnels/productio-
nanimale/santeanimale/newcastle/ - AFSCA.
AVINEW NEO Boehringer Ingelheim virus de la maladie de Newcastle po, oculonasale, ophtalmique
poule π
AVISHIELD ND Genera virus de la maladie de Newcastle oculonasale, po poule, dinde π
GALLIMUNE ND + IB + EDS + ART Boehringer Ingelheim virus de la maladie de Newcastle, virus de
la bronchite infectieuse (Av), virus du Egg Drop Syndrome, virus de la rhinotrachéite (Av) inj poule π
HIPRAVIAR-NDV CLON Hipra virus de la maladie de Newcastle oculonasale, ophtalmique, inas, po
poule π
INNOVAX-ND-IBD Intervet Int virus de la maladie de Newcastle, virus de la maladie de Marek, virus de la
bursite infectieuse (virus de la maladie de Gumboro) inj, in ovo poule π
NOBILIS IB MULTI + ND Intervet Int via MSD AH virus de la maladie de Newcastle, virus de la bronchite
infectieuse (Av) inj poule π
NOBILIS ND C2 Intervet Int via MSD AH virus de la maladie de Newcastle oculonasale, ophtalmique,
inas poule π
NOBILIS ND CLONE 30 Intervet Int via MSD AH virus de la maladie de Newcastle oculonasale, inas, po
poule π
VACCINS 195

NOBILIS NEWCAVAC Intervet Int via MSD AH virus de la maladie de Newcastle inj poule π
NOBILIS RT+ IBmulti + ND + EDS Intervet Int via MSD AH virus de la maladie de Newcastle, virus de
la bronchite infectieuse (Av), virus du Egg Drop Syndrome, virus de la rhinotrachéite (Av) inj poule π
POULVAC NDW Zoetis virus de la maladie de Newcastle spray poule π
VECTORMUNE ND Ceva virus de la maladie de Newcastle, virus de la maladie de Marek inj, in ovo
poule π

16.5.3. Bronchite infectieuse


La bronchite infectieuse aviaire est causée par un coronavirus de distribution
mondiale qui se propage rapidement au sein des volailles non vaccinées. En rai-
son des nombreuses mutations et recombinaisons, le virus IB est susceptible
de se modifier rapidement en une nouvelle variante ou un nouveau sérotype. La
vaccination ne confère pas toujours le même degré de protection croisée contre
un virus hétérologue sauvage.
Le programme de vaccination doit tenir compte des sérotypes circulants. Pour
conférer une protection aussi large que possible, la vaccination peut être réali-
sée avec des vaccins IB contenant 2 sérotypes ou le schéma de vaccination peut
prévoir des vaccinations successives avec deux sérotypes ou plus.
Vaccin
Vaccins vivants contenant une ou deux souches IB − Vaccins combinés conte-
nant un virus IB inactivé et d’autres valences virales.
Des vaccins à virus vivants atténués de la bronchite infectieuse sont administrés
durant la période d’élevage pour conférer une protection précoce et pour la pri-
movaccination des futures poules pondeuses et reproductrices. Des vaccins inac-
tivés sont administrés pour la vaccination de rappel des poules pondeuses et
reproductrices avant leur transfert. En général, les poulets de chair ne sont vac-
cinés qu’une fois, à l’âge d’un jour. Des vaccins inactivés combinés contenant
les valences IB et ND ou les valences IB, ND, EDS et rhinotrachéite aviaire, sont
destinés à la revaccination des poules pondeuses et reproductrices. Ils sont ad-
ministrés 3 à 4 semaines avant le début de la ponte et protègent les volailles
durant toute la période de ponte. Les poules pondeuses peuvent être revacci-
nées après le début de la mue.
Les volailles d’agrément peuvent être vaccinées au printemps ou en automne
avec un vaccin vivant contenant le souche Massachussetts et/ou un vaccin vi-
vant contenant une souche variante.
Protection
Les schémas de vaccination contre la bronchite infectieuse ne confèrent pas tou-
jours une protection suffisante pour toute la période de ponte. Dans les exploi-
tations où l’on constate malgré tout encore régulièrement des diminutions de la
ponte, le médecin vétérinaire peut développer un schéma de vaccination adap-
té, à appliquer éventuellement pendant la période de ponte. Dans la notice du
vaccin, il est mentionné si le vaccin peut éventuellement être utilisé en période
de ponte.
Dans les exploitations de poussins de chair où la bronchite infectieuse pose pro-
blème ou en cas de pression d’infection élevée, une revaccination peut être re-
commandée dans la période d’engraissement, incluant, outre les souches clas-
siques de Massachussetts, des souches variantes qui seront choisies en fonc-
tion du virus sauvage circulant.
Particularités
Etant donné que le virus IB peut être rapidement inactivé, il importe de préparer
et d’administrer les vaccins vivants à virus IB avec précaution, afin de garantir
une efficacité optimale de la vaccination.
AVISHIELD IB H120 Genera virus de la bronchite infectieuse (Av) oculonasale, po poule π
CEVAC IBIRD Ceva virus de la bronchite infectieuse (Av) po, oculonasale poule π
CEVAC MASS L Ceva virus de la bronchite infectieuse (Av) oculonasale poule π
GALLIMUNE ND + IB + EDS + ART Boehringer Ingelheim virus de la maladie de Newcastle, virus de
la bronchite infectieuse (Av), virus du Egg Drop Syndrome, virus de la rhinotrachéite (Av) inj poule π
GALLIVAC IB88 NEO Boehringer Ingelheim virus de la bronchite infectieuse (Av) buccale poule π
HATCHPAK IB H120 Neo Boehringer Ingelheim virus de la bronchite infectieuse (Av) oculonasale
poule π
196 VACCINS POUR POULES

NOBILIS IB 4-91 Intervet Int virus de la bronchite infectieuse (Av) oculonasale, ophtalmique, inas, po
poule π
NOBILIS IB MA 5 Intervet Int via MSD AH virus de la bronchite infectieuse (Av) oculonasale,
ophtalmique, inas, po poule π
NOBILIS IB MULTI + ND Intervet Int via MSD AH virus de la maladie de Newcastle, virus de la bronchite
infectieuse (Av) inj poule π
NOBILIS IB PRIMO QX Intervet Int virus de la bronchite infectieuse (Av) oculonasale poule π
NOBILIS RT+ IBmulti + ND + EDS Intervet Int via MSD AH virus de la maladie de Newcastle, virus de
la bronchite infectieuse (Av), virus du Egg Drop Syndrome, virus de la rhinotrachéite (Av) inj poule π
POULVAC IB PRIMER Zoetis virus de la bronchite infectieuse (Av) oculonasale poule π
POULVAC IB QX Zoetis virus de la bronchite infectieuse (Av) oculonasale poule π
POULVAC IBMM + ARK Zoetis virus de la bronchite infectieuse (Av) oculonasale poule π

16.5.4. Syndrome de la chute de ponte


La vaccination contre le syndrome de la chute de ponte (EDS) est envisagée en
fonction de la situation épidémiologique.
Vaccin
Ces vaccins à adénovirus inactivés sont associés au vaccin contre la maladie
de Newcastle, éventuellement en association avec la valence contre la bronchi-
te infectieuse et la rhinotrachéite. Les futures poules pondeuses peuvent être
vaccinées au moins 4 semaines avant le début de la ponte.
Protection
Ils procurent une immunité durant une période de ponte.
GALLIMUNE ND + IB + EDS + ART Boehringer Ingelheim virus de la maladie de Newcastle, virus de
la bronchite infectieuse (Av), virus du Egg Drop Syndrome, virus de la rhinotrachéite (Av) inj poule π
NOBILIS RT+ IBmulti + ND + EDS Intervet Int via MSD AH virus de la maladie de Newcastle, virus de
la bronchite infectieuse (Av), virus du Egg Drop Syndrome, virus de la rhinotrachéite (Av) inj poule π

16.5.5. Maladie de Gumboro


Vaccin
Des vaccins à virus vivants atténués contenant des souches intermédiaires du
virus de la maladie de Gumboro (Infectious Bursal Disease Virus ou IBDV) sont
administrés durant la période d’élevage des poules pondeuses et reproductri-
ces et des poulets de chair.
Les vaccins disponibles sur le marché belge peuvent être utilisés pour vacciner
les poulets de chair dès l’âge d’un jour, à condition que le taux en anticorps ma-
ternels soit suffisamment bas (titre en ELISA < 500) (voir aussi « Protection »).
Un vaccin contenant comme souche vaccinale un herpèsvirus de la dinde (HVT)
recombinant, exprimant l’antigène protecteur (VP2) du virus de la bursite infec-
tieuse aviaire (IBDV ou maladie de Gumboro), souche Faragher 52/70, protège
les volailles simultanément contre la maladie de Gumboro et la maladie de Ma-
rek. Il peut être inoculé aux embryons âgés de 18 jours ou injecté aux poussins
à l’âge de 1 jour.
Protection
Les vaccins contre la maladie de Gumboro n’induisent aucune immunosuppres-
sion ; ils causent cependant une légère atrophie de la bourse de Fabricius. Le
moment de la vaccination dépend entre autres du taux en anticorps maternels
et de la pression d’infection. En général, on recommande deux vaccinations pour
les groupes d’oiseaux présentant une forte variation interindividuelle des taux
en anticorps maternels, ou pour les oiseaux de différentes origines.
Particularités
Le succès de la vaccination contre la maladie de Gumboro dépend largement
du respect des mesures d’hygiène en matière d’élevage, notamment en ce qui
concerne la désinfection des locaux.
AVIPRO GUMBORO VAC Elanco virus de la bursite infectieuse (virus de la maladie de Gumboro) po
poule π
AVIPRO PRECISE Elanco virus de la bursite infectieuse (virus de la maladie de Gumboro) po poule π
AVISHIELD IBD INT Genera virus de la bursite infectieuse (virus de la maladie de Gumboro)
oculonasale poule π
VACCINS 197

HIPRAGUMBORO CW Hipra virus de la bursite infectieuse (virus de la maladie de Gumboro) po


poule π
HIPRAGUMBORO-GM97 Hipra virus de la bursite infectieuse (virus de la maladie de Gumboro) po
poule π
INNOVAX-ND-IBD Intervet Int virus de la maladie de Newcastle, virus de la maladie de Marek, virus de la
bursite infectieuse (virus de la maladie de Gumboro) inj, in ovo poule π
NOBILIS GUMBORO D 78 Intervet Int via MSD AH virus de la bursite infectieuse (virus de la maladie de
Gumboro) po, oculonasale, ophtalmique, inas poule π
POULVAC BURSA PLUS Zoetis virus de la bursite infectieuse (virus de la maladie de Gumboro) po
poule π
POULVAC BURSINE 2 Zoetis virus de la bursite infectieuse (virus de la maladie de Gumboro) po
poule π
VAXXITEK HVT + IBD Boehringer Ingelheim virus de la maladie de Marek, virus de la bursite infectieuse
(virus de la maladie de Gumboro) inj, in ovo poule π

16.5.6. Arthrite due à des réovirus


Ces vaccins sont utilisés en fonction de la situation épidémiologique.
Vaccin
Un vaccin inactivé en émulsion huileuse est utilisé chez les poules reproductri-
ces.
Protection
Les vaccins protègent passivement les poussins contre l’arthrite virale.
Particularités
Le RCP du vaccin disponible mentionne une prévaccination avec un vaccin à
réovirus vivant, un vaccin qui n’est pas commercialisé en Belgique.
NOBILIS REO INAC Intervet Int via MSD AH réovirus (Av) inj poule π

16.5.7. Anémie virale et infectieuse


Vaccin
Un vaccin vivant atténué est administré aux poules reproductrices afin d’aug-
menter leur taux en anticorps spécifiques du virus de l’anémie aviaire ou CAV, et
de protéger passivement les poussins qui en sont issus. Le vaccin est adminis-
tré au moins 6 semaines avant l’entrée en ponte.
Protection
La vaccination confère une protection passive aux poussins contre les signes
cliniques et la mortalité dus au virus de l’anémie infectieuse aviaire.
AVIPRO THYMOVAC Elanco virus de l’anémie infectieuse (Av) po poule π
NOBILIS CAV P4 Intervet Int via MSD AH virus de l’anémie infectieuse (Av) inj poule π

16.5.8. Laryngotrachéite infectieuse


Ces vaccins sont utilisés en fonction de la situation épidémiologique.
Vaccin
Les vaccins contiennent des virus vivants et sont administrés par instillation ocu-
laire pendant la période d’élevage des poules pondeuses et reproductrices ou
des volailles d’agrément. Un vaccin combiné administré aux poussins d’un jour
protège contre la laryngotrachéite infectieuse et la maladie de Marek. Il contient
un herpèsvirus vivant du dindon recombinant (souche HVT/ILT-138) exprimant
les glycoprotéines gD et gI du virus de la laryngotrachéite infectieuse.
INNOVAX-ILT Intervet Int virus de la maladie de Marek, virus de la laryngotrachéite infectieuse (Av) inj
poule π
NOBILIS ILT Intervet Int via MSD AH virus de la laryngotrachéite infectieuse (Av) ophtalmique poule π

16.5.9. Rhinotrachéite (poule)


Le pneumovirus aviaire (APV), appelé auparavant virus de la rhinotrachéite de la
dinde (TRT), provoque des maladies chez les poules et les dindes, connues res-
pectivement sous le nom de syndrome infectieux de la grosse tête et de rhino-
198 VACCINS POUR POULES

trachéite de la dinde. D’autres espèces, dont les faisans, les pintades, les ca-
nards et les oiseaux sauvages, seraient également sensibles à l’infection sans
que la maladie n’ait été identifiée chez ces espèces.
Le virus, dont il existe 4 sous-types différents, A, B, C, D, appartient à la famille
des paramyxovirus, du genre métapneumovirus. Il se réplique dans le système
respiratoire et reproducteur, induisant des problèmes respiratoires aigus, une
chute de ponte et des malformations de la coquille des œufs.
L’infection a lieu suite à un contact direct avec des congénères ou du matériel
infectés. Chez les poules, l’évolution de la maladie est plus variable que chez
les dindes. Outre la chute de ponte et l’altération de la qualité de la coquille d’œuf,
les infections à pneumovirus aviaire peuvent jouer un rôle dans le syndrome in-
fectieux de la grosse tête, une affection multifactorielle des voies respiratoires
supérieures qui provoque également, outre des symptômes respiratoires, un
œdème de la tête et éventuellement un torticolis et de l’opisthotonos. Etant don-
né que les oiseaux infectés excrètent le virus pendant quelques jours seule-
ment, on admet qu’il n’y a pas d’infections latentes ou de porteurs latents du
virus.
Vaccination des dindes contre la rhinotrachéite aviaire, voir 16.7.2. Rhinotrachéi-
te (dinde).
Vaccin
Vaccin vivant monovalent − vaccins inactivés de la rhinotrachéite combiné avec
d’autres virus inactivés (ND, EDS et IB).
Un vaccin à virus vivant atténué est recommandé pour la primovaccination des
futures poules pondeuses et reproductrices afin de prévenir les symptômes res-
piratoires, la chute de ponte et la diminution de qualité de la coquille d’œuf, pro-
voqués par le virus de la rhinotrachéite aviaire (sous-types A et B). La durée de
l’immunité après le schéma de vaccination complet s’étale sur une période de
ponte.
La vaccination se fait en fonction de la situation épidémiologique.
Particularités
Les poules vaccinées peuvent excréter la souche vaccinale jusqu’à 20 jours après
la vaccination, qui peut ensuite se propager parmi les animaux non vaccinés,
engendrant éventuellement des symptômes cliniques. Tous les animaux sensi-
bles doivent donc être vaccinés simultanément, et il convient de prendre les me-
sures de biosécurité nécessaires pour éviter la propagation vers d’autres ani-
maux. Il est conseillé de ne pas vacciner en présence d’autres espèces sensi-
bles telles que les pintades, les faisans ou les canards musqués.
GALLIMUNE ND + IB + EDS + ART Boehringer Ingelheim virus de la maladie de Newcastle, virus de
la bronchite infectieuse (Av), virus du Egg Drop Syndrome, virus de la rhinotrachéite (Av) inj poule π
NOBILIS RHINO CV Intervet Int via MSD AH virus de la rhinotrachéite (Av) oculonasale poule π
NOBILIS RT+ IBmulti + ND + EDS Intervet Int via MSD AH virus de la maladie de Newcastle, virus de
la bronchite infectieuse (Av), virus du Egg Drop Syndrome, virus de la rhinotrachéite (Av) inj poule π

16.5.10. Coccidiose
Ces vaccins sont utilisés en fonction de la situation épidémiologique.
Vaccin
Vaccins anticoccidiens atténués.
Lors de leur utilisation, ni l’aliment ni l’eau de boisson ne pourront contenir de
substances à effet coccidiostatique. Le recyclage des oocystes vaccinaux est
indispensable afin d’assurer le maintien et le renforcement de l’immunité indui-
te. Par ailleurs, l’index thérapeutique de ces vaccins est relativement faible. En
cas de surdosage accidentel (10 fois la dose et plus), on pourra administrer dans
l’aliment ou l’eau de boisson un coccidiostatique pour éviter l’apparition de coc-
cidiose clinique. La vaccination contre la maladie de Gumboro, la maladie de
Newcastle et la bronchite infectieuse peut être réalisée simultanément.
VACCINS 199

Particularités
Pour éviter l’exposition des nouveaux animaux à une infection sévère (d’origine
naturelle), les locaux d’élevage seront vidés, nettoyés et désinfectés entre cha-
que lot de poussins.
EVALON Hipra Coccidia spp. (Av) po poule π
HIPRACOX Hipra Coccidia spp. (Av) po, oculonasale poule π
HUVEGUARD MMAT Huvepharma Coccidia spp. (Av) po poule π
HUVEGUARD NB Huvepharma Coccidia spp. (Av) po, ophtalmique poule π
PARACOX Intervet Int via MSD AH Coccidia spp. (Av) po, cut poule π
PARACOX-5 Intervet Int via MSD AH Coccidia spp. (Av) po, oculonasale poule π

16.5.11. Salmonellose (poule)


Dans les exploitations avicoles dont la taille est supérieure à 200 animaux de la
même espèce, la vaccination contre Salmonella enterica sérotype Enteritidis est
obligatoire chez les poules pondeuses, les volailles de multiplication de l’espè-
ce Gallus gallus et les dindes, sauf si ces volailles sont destinées aux échanges
intracommunautaires ou à l’exportation (voir aussi l’AR du 27 avril 2007 relatif à
la lutte contre les salmonelles chez les volailles, modifié par l’AR du 17 juin 2013).
Cette vaccination des poules pondeuses, poules reproductrices et dindes contre
Salmonella peut être déléguée par le médecin vétérinaire de l’exploitation au res-
ponsable du troupeau. La vaccination de ces volailles contre d’autres salmonel-
les zoonotiques reste facultative. Il est interdit de vacciner des volailles de sélec-
tion avec un vaccin contre Salmonella.
Salmonellose chez la dinde, voir 16.7.3. Salmonellose (dinde).
Salmonellose chez le canard, voir 16.8.1. Salmonellose (canard).
Vaccin
Vaccin vivant − vaccin inactivé.
Particularités
La vaccination des poules pondeuses doit empêcher autant que possible la trans-
mission de Salmonella Enteritidis aux œufs. Cette vaccination fait partie du pro-
gramme de lutte contre Salmonella visant à diminuer la pression d’infection glo-
bale dans la population. Le succès de la vaccination dépend toutefois du res-
pect de bonnes mesures d’hygiène.
AVIPRO SALMONELLA DUO Elanco Salmonella spp. (Av) po poule, dinde, canard π
AVIPRO SALMONELLA VAC E Elanco Salmonella spp. (Av) po poule π
AVIPRO SALMONELLA VAC T Elanco Salmonella spp. (Av) po poule π
NOBILIS SALENVAC Intervet Int via MSD AH Salmonella spp. (Av) inj poule π
NOBILIS SALMONELLA ET MSD AH Salmonella spp. (Av) inj poule π

16.5.12. Vaccination contre d’autres maladies bactériennes


Ces vaccins sont utilisés en fonction de la situation épidémiologique.
Ils peuvent être utilisés pour prévenir les maladies dues aux infections à E. coli,
Mycoplasma gallisepticum ou Mycoplasma synoviae, ou Pasteurella multocida.
Les poules-mères de poulets de chair peuvent être vaccinées contre Ornitho-
bacterium rhinotracheale sérotype A afin de protéger les poulets de chair.
MS-H vaccin Pharmsure Mycoplasma spp. (Av) ophtalmique poule π
NOBILIS E. COLI Intervet Int via MSD AH E. coli (Av) inj poule π
NOBILIS OR INAC Intervet Int Ornithobacterium rhinotracheale inj poule π
POULVAC E. COLI Zoetis E. coli (Av) oculonasale, po poule, dinde π
POULVAC MG Zoetis Mycoplasma spp. (Av) inj poule π

16.6. Vaccins pour pigeons


Pour un aperçu de tous les vaccins disponibles pour les pigeons, voir les Ta-
bleaux récapitulatifs page 229.
200 VACCINS POUR PIGEONS

16.6.1. Maladie de Newcastle - Paramyxovirose (pigeon)


La vaccination de pigeons qui participent à des concours et expositions est obli-
gatoire (AR du 28/11/1994). Le schéma recommandé est le suivant :
- Vaccination de début d’année, avant la saison des concours : tous les pigeons
à partir de l’âge de 5 semaines, y compris les pigeons adultes vaccinés l’an-
née précédente, sont vaccinés avec un vaccin inactivé en émulsion aqueuse
ou huileuse.
- Vaccination durant la saison des concours : tous les pigeons nés durant la pé-
riode des concours seront vaccinés dès l’âge de 5 semaines avec un vaccin
inactivé en émulsion aqueuse ou huileuse.
Remarque : il est essentiel que la quantité de vaccin injectée soit correcte. L’in-
jection doit être pratiquée par voie sous-cutanée dans la région du cou, l’aiguille
étant introduite parallèlement à la colonne cervicale en direction du dos et pas
trop près de la nuque.
En Belgique, les cas de Newcastle Disease (paramyxovirose) sont fréquents chez
les pigeons. Le médecin vétérinaire (agréé) qui se charge des vaccinations doit
veiller à ce que tous les oiseaux du pigeonnier soient vaccinés et revaccinés de
manière adéquate.
- Pour la vaccination des poules contre la maladie de Newcastle, voir 16.5.2. Ma-
ladie de Newcastle (poule).
- Pour la vaccination des dindes contre la maladie de Newcastle, voir 16.7.1. Ma-
ladie de Newcastle (dinde).
- Pour la vaccination des pintades, faisans, perdreaux et cailles contre la mala-
die de Newcastle : aucun vaccin disponible n’est indiqué chez ces espèces.
Vaccin
Plusieurs vaccins monovalents contre la paramyxovirose du pigeon sont dispo-
nibles, ainsi qu’un vaccin combiné contre l’herpèsvirus du pigeon, le paramyxo-
virus du pigeon et l’adénovirus de la volaille.
COLOMBOVAC PMV Zoetis paramyxovirus du pigeon inj pigeon non prod d’aliments, pigeon prod
d’aliments π
COLUMBA Pharmagal Bio paramyxovirus du pigeon inj pigeon prod d’aliments, pigeon non prod
d’aliments π
NOBILIS PARAMYXO P201 Intervet Int via MSD AH paramyxovirus du pigeon inj pigeon prod
d’aliments, pigeon non prod d’aliments π
PHARMAVAC PHA Pharmagal Bio paramyxovirus du pigeon, adénovirus (volaille), herpèsvirus du
pigeon (CoHV-1) inj pigeon non prod d’aliments, pigeon prod d’aliments π

16.6.2. Herpèsvirose du pigeon


L’herpèsvirose du pigeon est causée par le Columbid herpesvirus 1 (CoHV-1),
un virus de la sous-famille des Alphaherpesvirinae, du genre Mardivirus (Marek
disease like virus), qui peut également infecter d’autres espèces aviaires, telles
que les hiboux et les faucons.
La transmission s’effectue par contact entre pigeons ou avec des individus d’autres
espèces sensibles au virus, lors de la consommation d’animaux contaminés par
les rapaces et lors du gavage des pigeonneaux, protégés par les anticorps vitel-
lins mais qui deviennent ainsi porteurs latents. Les animaux malades sont prin-
cipalement de jeunes pigeons (2-10 semaines) qui ne possèdent pas encore d’im-
munité propre ou des adultes porteurs affaiblis. Les signes cliniques associés à
l’herpèsvirose du pigeon incluent : conjonctivite, rhinite, dépression et mort, as-
sociées à des lésions épithéliales, éventuellement avec siège dyphtéroïde, à hau-
teur du pharynx, du larynx, de l’œsophage et du jabot suite à des infections se-
condaires.
Les animaux adultes atteints de la maladie ne présentent presque aucun signe
clinique, bien que le virus puisse jouer un rôle (limité) vis-à-vis des symptômes
du coryza. Des inclusions intranucléaires éosinophiles sont présentes dans les
épithéliums atteints, le foie, le pancréas et l’encéphale.
VACCINS 201

Après guérison, les pigeons infectés restent porteurs latents et peuvent à nou-
veau excréter le virus, ce qui est le cas de la majorité de la population de pi-
geons.
La surpopulation dans les pigeonniers, un manque d’hygiène, des infections
concurrentes et le transport facilitent la propagation et la gravité de la maladie.
Voir aussi :
- 16.6.1. Maladie de Newcastle − Paramyxovirose (pigeon)
- 16.6.3. Vaccin contre l’adénovirus de la volaille pour les pigeons
Vaccin
Un vaccin combiné inactivé (herpèsvirus du pigeon, paramyxovirus du pigeon
et adénovirus de la volaille) à administrer dès l’âge de 4 semaines est disponi-
ble.
Protection
Le vaccin est indiqué pour l’immunisation active des pigeons à partir de l’âge de
4 semaines :
- pour la réduction de la gravité des signes cliniques, lésions importantes et l’éli-
mination des virus causés par le herpèsvirus des pigeons,
- pour la réduction de la mortalité et de la fréquence et gravité des signes clini-
ques causés par le paramyxovirus de type 1 (PMV1) et
- pour la réduction de la gravité des signes cliniques et des lésions importantes
causés par l’adénovirus (AdV) de types 7/E, 2/D, 3/D et 4/C appartenant au sous-
groupe I.
Particularités
Le choix du moment de vaccination/revaccination devrait se baser sur l’évalua-
tion du rapport bénéfices/risques établie par le vétérinaire responsable, compte
tenu de la prévalence des maladies concrètes dans l’élevage et des périodes
présentant le plus de risques associés à la transmission de maladies (c’est-à-
dire début de la saison de vol, saison d’exposition et/ou saison de reproduc-
tion).
PHARMAVAC PHA Pharmagal Bio paramyxovirus du pigeon, adénovirus (volaille), herpèsvirus du
pigeon (CoHV-1) inj pigeon non prod d’aliments, pigeon prod d’aliments π

16.6.3. Vaccin contre l’adénovirus de la volaille pour les pigeons


L’adénovirus de la volaille est un Aviadenovirus de la famille des Adenoviridae.
Les Aviadenovirus affectent plusieurs espèces aviaires et comprennent 3 séro-
groupes, dont le premier (sérogroupe I) affecte les pigeons.
Ces derniers peuvent développer des infections à adénovirus de 2 types : l’adé-
novirose de type I (adénovirose classique) et l’adénovirose de type II (hépatite
nécrosante).
L’adénovirose de type I affecte principalement les animaux âgés de 3 à 5 mois,
jamais ou rarement les animaux âgés de plus d’un an. La maladie connaît un
cours épidémique typique, avec un pic en juin. Elle et se caractérise par des vo-
missements, des diarrhées très liquides, un fort amaigrissement et un mauvais
état général. La mortalité est faible et la guérison survient après 1 à 2 semaines.
Des complications par infection bactérienne à Escherichia coli sont possibles
(durée de maladie plus longue, mortalité plus importante). Cette maladie doit
être suspectée en cas d’apparition de diarrhée et de vomissements chez pres-
que tous les jeunes pigeons de l’élevage. Des corps d’inclusion intranucléaires
dans les hépatocytes et les entérocytes sont observables à l’autopsie.
L’adénovirose de type II peut affecter les pigeons à tout âge. Elle se caractérise
par une hépatite nécrosante et la présence de corps d’inclusion intranucléaires
éosinophiles dans le foie visibles à l’autopsie. Les signes cliniques sont peu nom-
breux (vomissements et fientes liquides rares) et la mort survient entre 24 et 48
heures, affectant en moyenne 30% des animaux. La maladie doit être suspectée
lorsque certains pigeons meurent brutalement alors que d’autres sont en bonne
santé. Cette mortalité aiguë peut survenir dans un pigeonnier pendant une pé-
202 VACCINS POUR DINDES

riode de 6 semaines, après quoi de nouveaux cas de décès apparaissent par


intermittence.
A l’autopsie, on décèle un foie jaune, pâle et gonflé typique avec une nécrose
focale ou diffuse et des corps d’inclusion éosinophiles/amphophiles.
Voir aussi :
- 16.6.1. Maladie de Newcastle − Paramyxovirose (pigeon)
- 16.6.2. Herpèsvirose du pigeon
Vaccin
Un vaccin combiné inactivé (adénovirus de la volaille, paramyxovirus du pigeon
et herpèsvirus du pigeon) à administrer dès l’âge de 4 semaines est disponible.
Protection
Le vaccin est indiqué pour l’immunisation active des pigeons à partir de l’âge de
4 semaines :
- pour la réduction de la gravité des signes cliniques et des lésions importantes
causés par l’adénovirus (AdV) de types 7/E, 2/D, 3/D et 4/C appartenant au sous-
groupe I,
- pour la réduction de la mortalité et de la fréquence et gravité des signes clini-
ques causés par le paramyxovirus de type 1 (PMV1) et
- pour la réduction de la gravité des signes cliniques, lésions importantes et l’éli-
mination des virus causés par le herpèsvirus des pigeons.
Particularités
Le choix du moment de vaccination/revaccination devrait se baser sur l’évalua-
tion du rapport bénéfices/risques établie par le vétérinaire responsable, compte
tenu de la prévalence des maladies concrètes dans l’élevage et des périodes
présentant le plus de risques associés à la transmission de maladies (c’est-à-
dire début de la saison de vol, saison d’exposition et/ou saison de reproduc-
tion).
PHARMAVAC PHA Pharmagal Bio paramyxovirus du pigeon, adénovirus (volaille), herpèsvirus du
pigeon (CoHV-1) inj pigeon non prod d’aliments, pigeon prod d’aliments π

16.7. Vaccins pour dindes


Pour un aperçu de tous les vaccins disponibles pour les dindes, voir les Tableaux
récapitulatifs page 229.

16.7.1. Maladie de Newcastle (dinde)


La vaccination contre la maladie de Newcastle (ND) est obligatoire pour toutes
les exploitations de volailles de plus de 100 animaux. Le responsable de l’ex-
ploitation doit faire appel à un vétérinaire agréé pour la faire exécuter. Toutes les
volailles (y compris les pigeons, voir chapitre « Vaccination des pigeons ») pré-
sentées lors de rassemblements (les expositions, les concours et les marchés
sont à considérer comme des rassemblements) doivent être vaccinées contre la
ND. Les volailles mises en vente sur un marché doivent avoir été vaccinées dans
les trois mois qui précèdent la vente, avec un vaccin adjuvé inactivé. Les vo-
lailles achetées sur les marchés doivent légalement être vendues avec un certi-
ficat de vaccination.
- Pour la vaccination des poules contre la maladie de Newcastle, voir 16.5.2. Ma-
ladie de Newcastle (poule).
- Pour la vaccination des pigeons contre la maladie de Newcastle, voir 16.6.1.
Maladie de Newcastle - Paramyxovirose (pigeon).
- Pour la vaccination des pintades, faisans, perdreaux et cailles, aucun vaccin
n’est disponible en Belgique ; le médecin vétérinaire peut envisager d’appli-
quer le système de la cascade.
Vaccin
Pour la vaccination des dindes, un vaccin est disponible (vaccination à partir de
l’âge de 14 jours), qui est également indiqué chez les poussins d’1 jour.
VACCINS 203

AVISHIELD ND Genera virus de la maladie de Newcastle oculonasale, po poule, dinde π

16.7.2. Rhinotrachéite (dinde)


Le pneumovirus aviaire (APV), appelé auparavant virus de la rhinotrachéite de la
dinde (TRT), provoque des maladies chez les poules et les dindes, connues res-
pectivement sous le nom de syndrome infectieux de la grosse tête et de rhino-
trachéite de la dinde. D’autres espèces, dont les faisans, les pintades, les ca-
nards et les oiseaux sauvages, seraient également sensibles à l’infection sans
que la maladie n’ait été démontrée chez ces espèces.
Le virus, dont il existe 4 sous-types différents, A, B, C, D, appartient à la famille
des paramyxovirus, du genre métapneumovirus. Il se réplique dans le système
respiratoire et reproducteur, induisant des problèmes respiratoires aigus, une
chute de ponte et des malformations de la coquille des œufs.
Chez les dindes et les canards, la gravité de cette maladie et le taux de mortalité
dépendent de la présence d’infections bactériennes secondaires telles que des
infections à Bordetella avium, Mycoplasma gallisepticum, Pasteurellae ssp. La
maladie peut se manifester à tout âge mais les jeunes animaux sont plus sou-
vent plus gravement atteints, avec un taux de mortalité plus élevé (jusqu’à 80 %).
Etant donné que les oiseaux infectés excrètent le virus pendant quelques jours
seulement, on admet qu’il n’y a pas d’infections latentes ou de porteurs latents
du virus.
Vaccination des poules contre la rhinotrachéite, voir 16.5.9. Rhinotrachéite (pou-
le).
Vaccin
Vaccin à virus APV (rhinotrachéite de la dinde) vivant atténué, destiné à prévenir
cette affection.
POULVAC TRT Zoetis virus de la rhinotrachéite (Av) oculonasale, ophtalmique, inas dinde π

16.7.3. Salmonellose (dinde)


Dans les exploitations avicoles dont la taille est supérieure à 200 animaux de la
même espèce, la vaccination contre Salmonella enterica sérotype Enteritidis est
obligatoire chez les poules pondeuses, les volailles de multiplication de l’espè-
ce Gallus gallus et les dindes, sauf si ces volailles sont destinées aux échanges
intracommunautaires ou à l’exportation (voir aussi l’AR du 27 avril 2007 relatif à
la lutte contre les salmonelles chez les volailles, modifié par l’AR du 17 juin 2013).
Cette vaccination des poules pondeuses, poules reproductrices et dindes contre
Salmonella peut être déléguée par le médecin vétérinaire de l’exploitation au res-
ponsable du troupeau. La vaccination de ces volailles contre d’autres salmonel-
les zoonotiques reste facultative. Il est interdit de vacciner des volailles de sélec-
tion avec un vaccin contre Salmonella.
Salmonellose chez la poule, voir 16.5.11. Salmonellose (poule).
Salmonellose chez le canard, voir 16.8.1. Salmonellose (canard).
Vaccin
Un seul vaccin est actuellement indiqué chez la dinde pour protéger contre Sal-
monella.
AVIPRO SALMONELLA DUO Elanco Salmonella spp. (Av) po poule, dinde, canard π

16.8. Vaccins pour canards


Pour un aperçu de tous les vaccins disponibles pour les canards, voir les Ta-
bleaux récapitulatifs page 229.
204 VACCINS POUR CHIENS

16.8.1. Salmonellose (canard)


Un seul vaccin est actuellement indiqué chez le canard pour protéger contre Sal-
monella.
Salmonellose chez la poule, voir 16.5.11. Salmonellose (poule).
Salmonellose chez la dinde, voir 16.7.3. Salmonellose (dinde).
AVIPRO SALMONELLA DUO Elanco Salmonella spp. (Av) po poule, dinde, canard π

16.9. Vaccins pour canaris et pinsons


Pour un aperçu de tous les vaccins disponibles pour les canaris et pinsons, voir
les Tableaux récapitulatifs page 229.

16.9.1. Variole aviaire (canaris et pinsons)


Vaccin
De la mi-juin à la mi-juillet, vacciner tous les canaris présents une seule fois. Les
jeunes nés plus tard, devront être vaccinés séparément à partir de l’âge de 4
semaines.
Protection
Après la 1e vaccination, les jeunes oiseaux développent à l’endroit de l’adminis-
tration un petit nodule de la taille d’un grain de riz, ce qui prouve que la vacci-
nation est réussie. Le développement de ce bouton doit donc être contrôlé. S’il
ne se développe pas chez les jeunes oiseaux, séparez-les et vaccinez-les à nou-
veau.
Particularités
Les animaux non vaccinés ne peuvent pas être placés avec les animaux vacci-
nés, ces derniers pouvant être porteurs asymptomatiques de la souche virulen-
te du virus sauvage.
POULVAC P Canary Zoetis virus de la variole (canari) inj oiseau d’ornement π

16.10. Vaccins pour chiens


Pour un aperçu de tous les vaccins disponibles pour le chien, voir les Tableaux
récapitulatifs page 230.

16.10.1. Les vaccins essentiels pour le chien


La primovaccination du chiot s’effectue par l’injection de vaccins multivalents
composés au minimum du parvovirus canin (CPV-2), du virus de la maladie de
Carré (CDV) et de l’adénovirus canin 2 (CAV), ce dernier protégeant essentiel-
lement contre l’hépatite infectieuse canine. Tous les chiens devraient être vac-
cinés avec ces vaccins essentiels (« core vaccines »), d’une part pour protéger
l’individu contre des maladies potentiellement fatales, et d’autre part pour indui-
re une immunité de groupe (« herd immunity ») réduisant le risque d’épidémies.
Les valences « leptospirose » et « parainfluenza canin » peuvent également y être
associées.

16.10.2. Hépatite infectieuse


Voir 16.10.1. Les vaccins essentiels pour le chien.
L’hépatite infectieuse canine, connue aussi sous le nom de maladie de Rubarth,
a pour agent pathogène l’adénovirus canin 1 (CAV-1). Chez le chiot, l’infection
peut produire une maladie aiguë ou suraiguë et mortelle ; chez l’adulte, elle est
responsable de signes cliniques de gravité variable. La vaccination est systé-
matiquement appliquée, car la valence vaccinale protégeant contre l’hépatite in-
VACCINS 205

fectieuse canine est présente dans tous les vaccins multivalents destinés à la
primovaccination du chiot. L’épidémiologie de cette infection reste encore in-
connue dans notre pays ; en outre la maladie est rarement rencontrée en Euro-
pe.
Vaccin
Vaccins multivalents.
La valence vaccinale est composée de l’adénovirus canin 2 (CAV-2) vivant atté-
nué, car les deux adénovirus canins possèdent des parentés antigéniques étroi-
tes. La valence CAV-2 protège à la fois contre l’hépatite infectieuse canine pro-
voquée par le CAV-1 et la laryngotrachéite infectieuse canine causée par le CAV-
2, un des agents de la toux de chenil. Elle présente également une très bonne
innocuité et cette propriété a motivé le remplacement du CAV-1 par le CAV-2 com-
me valence vaccinale. En effet des réactions secondaires avaient été rencon-
trées chez des chiens après vaccination avec une valence CAV-1 : de l’œdème
cornéen avait été observé et imputé à ce virus.
Protection
L’hépatite infectieuse fait partie, à l’instar du parvovirus et du virus de la maladie
de Carré, des vaccins dits « essentiels », que tout chien est tenu de recevoir.
- Indépendamment des vaccinations antérieures, il est recommandé de complé-
ter les deux injections de primovaccination à 8 et 12 semaines, par l’injection
d’une dernière dose du vaccin à l’âge de 16 semaines, âge auquel l’immunité
maternelle est suffisamment faible chez la plupart des chiots.
Une vaccination de rappel à l’âge de 12 mois est essentielle. Elle peut être déjà
recommandée entre 6 et 12 mois.
- Chez les animaux adultes, une seule injection suffit à conférer une protection.
- Après la vaccination de base incluant le premier rappel annuel, des revaccina-
tions à intervalle régulier, jusqu’à 3 ans pour certains vaccins, sont recomman-
dées pour assurer la protection.
CANIGEN CHP Virbac adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de la maladie
de Carré du chien inj Ca π
CANIGEN DHPPi Virbac virus de la maladie de Carré du chien, adénovirus - hépatite infectieuse (Ca),
parvovirus (Ca) CPV, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
CANIGEN DHPPi/L Virbac virus de la maladie de Carré du chien, adénovirus - hépatite infectieuse (Ca),
parvovirus (Ca) CPV, virus parainfluenza (Ca) CPIV, Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
EURICAN DAP Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus
de la maladie de Carré du chien inj Ca π
EURICAN DAP-Lmulti Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV,
virus de la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
EURICAN DAPPi Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus
de la maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
EURICAN DAPPi-Lmulti Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca)
CPV, virus de la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca), virus parainfluenza (Ca) CPIV inj
Ca π
NOBIVAC DHP Intervet Int via MSD AH adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus
de la maladie de Carré du chien inj Ca π
NOBIVAC DHPPI Intervet Int via MSD AH adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV,
virus de la maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VANGUARD DA2PI-CPV Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de la
maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VANGUARD DA2PI-CPV-LEPTO Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV,
virus de la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca), virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VERSICAN PLUS DHP Zoetis parvovirus (Ca) CPV, virus de la maladie de Carré du chien, adénovirus -
hépatite infectieuse (Ca) inj Ca π
VERSICAN PLUS DHPPi Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de la
maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VERSICAN PLUS DHPPi/L4 Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de
la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca), virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VERSICAN PLUS DHPPi/L4R Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus
de la maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV, Leptospira spp. (Ca), virus de la rage
inj Ca π

16.10.3. Parvovirose chez le chien


Voir 16.10.1. Les vaccins essentiels pour le chien.
206 VACCINS POUR CHIENS

La parvovirose canine est produite par le parvovirus canin de type 2 (CPV) dont
il existe trois sous-types : a, b et c. Les souches virales présentes dans les vac-
cins protègent contre ces trois sous-types. Le virus est responsable d’une gas-
tro-entérite hémorragique mortelle chez le chiot. Il est donc indispensable de pro-
téger le chiot des conséquences de cette infection.
Vaccin
Les vaccins contiennent une souche de parvovirus atténué.
La résistance élevée de cet agent pathogène permet de le conserver dans le sol-
vant utilisé pour reconstituer la partie lyophilisée d’un vaccin multivalent.
Protection
Le parvovirus canin fait partie, à l’instar du virus de la maladie de Carré et du
CAV-2, des vaccins dits « essentiels », que tout chien est tenu de recevoir.
Les chiots possèdent presque tous une immunité maternelle envers le parvo-
virus. Celle-ci joue un rôle paradoxal qui est à l’origine du concept du « trou im-
munitaire », défini comme étant la période au cours de laquelle le chiot n’est plus
protégé contre l’infection par l’immunité maternelle, alors que celle-ci interfère
encore avec la vaccination. Certains vaccins classiques ne peuvent pas tout à
fait contourner ce phénomène et doivent donc être ré-administrés à l’âge de 16
semaines, outre la vaccination à l’âge de 12 semaines.
Des virus vaccinaux à titres élevés sont présents dans la plupart des vaccins qui
surmontent ainsi plus facilement l’immunité maternelle, même dès l’âge de six
semaines chez certains chiots. Avec ces vaccins à titres élevés, la vaccination
protège plus de 90 % des chiots dès l’âge de 12 semaines. Certains chiots, moins
de 10 %, nés de mères fortement immunisées, peuvent donc ne pas être vala-
blement immunisés à 12 semaines.
- Indépendamment des vaccinations antérieures, il est donc recommandé de
compléter les deux injections de primovaccination à 8 et 12 semaines, par l’in-
jection d’une dernière dose du vaccin à l’âge de 16 semaines.
Une vaccination de rappel à l’âge de 12 mois est essentielle. Elle peut être déjà
recommandée entre 6 et 12 mois.
- Après la vaccination de base incluant le premier rappel annuel, des revaccina-
tions à intervalle régulier, jusqu’à 3 ans pour certains vaccins, sont recomman-
dées pour assurer la protection.
CANIGEN CHP Virbac adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de la maladie
de Carré du chien inj Ca π
CANIGEN DHPPi Virbac virus de la maladie de Carré du chien, adénovirus - hépatite infectieuse (Ca),
parvovirus (Ca) CPV, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
CANIGEN DHPPi/L Virbac virus de la maladie de Carré du chien, adénovirus - hépatite infectieuse (Ca),
parvovirus (Ca) CPV, virus parainfluenza (Ca) CPIV, Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
CANIGEN PUPPY 2b Virbac parvovirus (Ca) CPV inj Ca π
EURICAN DAP Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus
de la maladie de Carré du chien inj Ca π
EURICAN DAP-Lmulti Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV,
virus de la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
EURICAN DAPPi Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus
de la maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
EURICAN DAPPi-Lmulti Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca)
CPV, virus de la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca), virus parainfluenza (Ca) CPIV inj
Ca π
EURICAN PUPPY Boehringer Ingelheim parvovirus (Ca) CPV inj Ca π
NOBIVAC DHP Intervet Int via MSD AH adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus
de la maladie de Carré du chien inj Ca π
NOBIVAC DHPPI Intervet Int via MSD AH adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV,
virus de la maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
NOBIVAC PARVO-C Intervet Int via MSD AH parvovirus (Ca) CPV inj Ca π
NOBIVAC PUPPY DP Intervet Int via MSD AH parvovirus (Ca) CPV, virus de la maladie de Carré du chien
inj Ca π
VANGUARD CPV Zoetis parvovirus (Ca) CPV inj Ca π
VANGUARD CPV-LEPTO Zoetis parvovirus (Ca) CPV, Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
VANGUARD DA2PI-CPV Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de la
maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VANGUARD DA2PI-CPV-LEPTO Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV,
virus de la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca), virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VACCINS 207

VERSICAN PLUS DHP Zoetis parvovirus (Ca) CPV, virus de la maladie de Carré du chien, adénovirus -
hépatite infectieuse (Ca) inj Ca π
VERSICAN PLUS DHPPi Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de la
maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VERSICAN PLUS DHPPi/L4 Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de
la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca), virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VERSICAN PLUS DHPPi/L4R Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus
de la maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV, Leptospira spp. (Ca), virus de la rage
inj Ca π
VERSICAN PLUS DP Zoetis parvovirus (Ca) CPV, virus de la maladie de Carré du chien inj Ca π
VERSICAN PLUS P Zoetis parvovirus (Ca) CPV inj Ca π

16.10.4. Maladie de Carré


Voir 16.10.1. Les vaccins essentiels pour le chien.
L’agent pathogène de la maladie de Carré (distemper) est un morbillivirus (CDV).
La maladie se présente sous des formes cliniques variées, fréquemment accom-
pagnées de signes nerveux, qui peuvent être mortels. Une immunodépression
peut être induite au cours de la phase aiguë. La vaccination est donc indispen-
sable chez le chiot.
Vaccin
La valence ″maladie de Carré″ est incorporée dans des vaccins multivalents. Le
vaccin contre la maladie de Carré est constitué d’un virus vivant atténué.
Protection
Le virus de la maladie de Carré fait partie, à l’instar du parvovirus et du CAV-2,
des vaccins dits « essentiels », que tout chien est tenu de recevoir.
- Indépendamment des vaccinations antérieures, il est recommandé de complé-
ter les deux injections de primovaccination à 8 et 12 semaines, par l’injection
d’une dernière dose du vaccin à l’âge de 16 semaines, âge auquel l’immunité
maternelle est suffisamment faible chez la plupart des chiots.
Une vaccination de rappel à l’âge de 12 mois est essentielle. Elle peut être déjà
recommandée entre 6 et 12 mois.
- Chez les animaux adultes, une seule administration suffit à conférer une pro-
tection.
- Après la vaccination de base, incluant le premier rappel annuel, des revacci-
nations à intervalle régulier, jusqu’à 3 ans pour certains vaccins, sont recom-
mandées pour assurer la protection.
CANIGEN CHP Virbac adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de la maladie
de Carré du chien inj Ca π
CANIGEN DHPPi Virbac virus de la maladie de Carré du chien, adénovirus - hépatite infectieuse (Ca),
parvovirus (Ca) CPV, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
CANIGEN DHPPi/L Virbac virus de la maladie de Carré du chien, adénovirus - hépatite infectieuse (Ca),
parvovirus (Ca) CPV, virus parainfluenza (Ca) CPIV, Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
EURICAN DAP Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus
de la maladie de Carré du chien inj Ca π
EURICAN DAP-Lmulti Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV,
virus de la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
EURICAN DAPPi Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus
de la maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
EURICAN DAPPi-Lmulti Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca)
CPV, virus de la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca), virus parainfluenza (Ca) CPIV inj
Ca π
NOBIVAC DHP Intervet Int via MSD AH adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus
de la maladie de Carré du chien inj Ca π
NOBIVAC DHPPI Intervet Int via MSD AH adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV,
virus de la maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
NOBIVAC PUPPY DP Intervet Int via MSD AH parvovirus (Ca) CPV, virus de la maladie de Carré du chien
inj Ca π
VANGUARD DA2PI-CPV Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de la
maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VANGUARD DA2PI-CPV-LEPTO Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV,
virus de la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca), virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VERSICAN PLUS DHP Zoetis parvovirus (Ca) CPV, virus de la maladie de Carré du chien, adénovirus -
hépatite infectieuse (Ca) inj Ca π
208 VACCINS POUR CHIENS

VERSICAN PLUS DHPPi Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de la
maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VERSICAN PLUS DHPPi/L4 Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de
la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca), virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VERSICAN PLUS DHPPi/L4R Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus
de la maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV, Leptospira spp. (Ca), virus de la rage
inj Ca π
VERSICAN PLUS DP Zoetis parvovirus (Ca) CPV, virus de la maladie de Carré du chien inj Ca π

16.10.5. Herpèsvirose canine


L’infection par l’herpèsvirus canin est très fréquente en Belgique, à la fois chez
les chiens de particuliers et dans les élevages et les chenils. Le virus se trans-
met aisément par la voie respiratoire et de nombreux chiens sont infectés de ma-
nière asymptomatique et durant toute leur vie à cause de la persistance du virus
à l’état latent. Le virus se transmet également par la voie vénérienne. Les chiens
montrent donc des épisodes d’excrétion et de réexcrétion virales au niveau na-
sal et génital. L’herpèsvirus canin est principalement associé à la maladie hé-
morragique du chiot, une affection généralisée, hémorragique et rapidement mor-
telle, qui atteint les chiots âgés de moins de 4 semaines. Les chiots s’infectent
au moment de la naissance, par contact avec la mère ou des congénères qui
excrètent le virus. Le chiot infecté devient anorexique, apathique et présente de
l’hypothermie, une extrême faiblesse et des troubles nerveux. La mortalité sur-
vient dans les 10 à 14 jours après la naissance. Des cas de morts subites sont
également observés. En général, c’est l’ensemble de la portée qui est atteinte
sans signes cliniques particuliers chez la mère. Parmi les autres affections pro-
voquées par l’herpèsvirus canin, des résorptions fœtales, des momifications, des
avortements, de la mortalité néonatale et la naissance de chiots normaux por-
teurs latents du virus sont rapportés. La présence du virus au niveau respiratoire
l’associe à certaines formes de toux de chenil.
Vaccin
Vaccin sous-unitaire adjuvé contenant les antigènes purifiés de l’herpèsvirus ca-
nin. Il est destiné à l’immunisation active des chiennes gestantes pour conférer
aux chiots une protection passive contre la maladie néonatale fatale induite par
l’herpèsvirus canin.
Protection
La persistance des anticorps étant faible après vaccination ou infection naturel-
le, une revaccination en deux injections est recommandée lors de chaque ges-
tation.
EURICAN HERPES 205 Boehringer Ingelheim herpèsvirus (Ca) inj Ca π

16.10.6. Toux des chenils


La trachéobronchite infectieuse du chien, encore appelée toux des chenils, est
une affection respiratoire épidémique multifactorielle. Ce caractère rend sa pré-
vention difficile. Outre Bordetella bronchiseptica, l’adénovirus canin 2 et le virus
parainfluenza canin (CPIV) sont impliqués comme agents étiologiques partiels
de cette entité. La toux des chenils se caractérise principalement par une toux
sèche. On peut aussi observer des signes cliniques tels qu’anorexie, fièvre et
somnolence, en particulier chez les jeunes animaux. La toux des chenils appa-
raît surtout lors des rassemblements canins, elle peut cependant se rencontrer
chez des individus isolés. Dans les élevages, les signes cliniques surgissent en
général chez les individus âgés de 6 à 7 semaines, même s’ils peuvent parfois
apparaître dès l’âge de 3 semaines.
Vaccin
Deux catégories de vaccins existent : inactivés et atténués. Vaccins monova-
lents contenant soit Bordetella bronchiseptica, soit le virus parainfluenza canin.
Vaccins bivalents contenant Bordetella bronchiseptica et le virus parainfluenza
canin. Vaccins multivalents contenant le virus parainfluenza, combiné avec d’autres
valences.
VACCINS 209

En plus des vaccins injectables, un vaccin à administrer par voie intranasale et


un vaccin à administrer oralement sont également disponibles.
Protection
Les vaccins multivalents utilisés en primovaccination et en rappel chez le chien
apportent un premier niveau de protection. Celle-ci est complétée par des vac-
cins mono- ou bivalents contenant le virus parainfluenza canin et/ou Bordetella
bronchiseptica. Après administration parentérale, les vaccins inactivés peuvent
au moins induire une protection partielle. La primovaccination nécessite deux
injections, à 2 ou 3 semaines d’intervalle. La revaccination doit avoir lieu tous
les ans. On tiendra compte de la possibilité d’une interférence avec l’immunité
maternelle. Pour les chiots issus de mères vaccinées, la 1e injection peut être
administrée à partir de la 6e semaine ; quant à ceux issus de mères non vacci-
nées, ils peuvent recevoir leur première injection dès leur 4e semaine.
Le vaccin atténué intranasal est administré dès l’âge de 4 semaines, quel que
soit le statut immunitaire maternel. Une seule injection est nécessaire. L’admi-
nistration d’antibiotiques juste avant ou jusqu’à une semaine après la vaccina-
tion, a un effet négatif sur l’efficacité du vaccin ; la vaccination doit alors être ré-
pétée. Les animaux vaccinés par voie intranasale peuvent excréter la souche vac-
cinale de Bordetella bronchiseptica pendant 6 semaines, et la souche vaccinale
du parainfluenza canin pendant plusieurs jours après la vaccination.
Particularités
La vaccination est à conseiller dans un chenil à problèmes et chez les animaux
destinés à être en contact avec d’autres lors d’expositions, soit en refuge, en
élevage ou en pension. Il est donc indispensable, avant l’entrée du chien en ces
lieux, de réaliser l’ensemble du protocole de vaccination et de respecter le délai
nécessaire à l’établissement de la protection.
CANIGEN DHPPi Virbac virus de la maladie de Carré du chien, adénovirus - hépatite infectieuse (Ca),
parvovirus (Ca) CPV, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
CANIGEN DHPPi/L Virbac virus de la maladie de Carré du chien, adénovirus - hépatite infectieuse (Ca),
parvovirus (Ca) CPV, virus parainfluenza (Ca) CPIV, Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
CANIGEN Pi/L Virbac virus parainfluenza (Ca) CPIV, Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
EURICAN DAPPi Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus
de la maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
EURICAN DAPPi-Lmulti Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca)
CPV, virus de la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca), virus parainfluenza (Ca) CPIV inj
Ca π
EURICAN PNEUMO Boehringer Ingelheim virus parainfluenza (Ca) CPIV, Bordetella bronchiseptica (Ca)
inj Ca π
NOBIVAC BbPi Intervet Int via MSD AH virus parainfluenza (Ca) CPIV, Bordetella bronchiseptica (Ca)
inas Ca π
NOBIVAC DHPPI Intervet Int via MSD AH adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV,
virus de la maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
NOBIVAC Pi Intervet Int via MSD AH virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VANGUARD DA2PI-CPV Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de la
maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VANGUARD DA2PI-CPV-LEPTO Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV,
virus de la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca), virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VERSICAN PLUS Bb IN Zoetis Bordetella bronchiseptica (Ca) inas Ca π
VERSICAN PLUS Bb Oral Zoetis Bordetella bronchiseptica (Ca) po Ca π
VERSICAN PLUS DHPPi Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de la
maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VERSICAN PLUS DHPPi/L4 Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de
la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca), virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VERSICAN PLUS DHPPi/L4R Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus
de la maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV, Leptospira spp. (Ca), virus de la rage
inj Ca π
VERSICAN PLUS Pi Zoetis virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
210 VACCINS POUR CHIENS

16.10.7. Leptospirose canine


La leptospirose canine est une maladie infectieuse aiguë, subaiguë ou chroni-
que et parfois à évolution subclinique, au cours de laquelle la septicémie éven-
tuellement présente peut aboutir à une néphrite et une hépatite s’accompa-
gnant d’urémie voire d’ictère.
Systématique ancienne et actuelle du genre Leptospira
Par le passé, le genre Leptospira était divisé en deux espèces : L. interrogans et
L. biflexa, rassemblant les souches pathogènes et non pathogènes, respective-
ment. Les souches pathogènes sont classifiées en sérogroupes qui, eux-mê-
mes, rassemblent différents sérotypes (ou sérovars). Les sérotypes au sein d’un
sérogroupe sont proches antigéniquement, tandis que ceux de différents séro-
groupes sont éloignés génétiquement : ceci a son importance dans le diagnos-
tic sérologique et dans la constitution de vaccins (voir ci-dessous).
Si les subdivisions en sérogroupes et sérotypes sont toujours d’actualité, les ana-
lyses génétiques ont subdivisé les deux espèces précitées en plus de vingt es-
pèces génétiques ou « genospecies ». L’une de ces espèces porte toujours le
nom L. interrogans (sérogroupes Icterohaemorrhagiae, Canicola, Australis), mais
les autres ont reçu différents noms comme par exemple L. kirschneri (sérogrou-
pes Grippotyphosa).
Epidémiologie
Les chiens peuvent être infectés par différents sérotypes. La leptospirose clini-
que est principalement engendrée par des souches appartenant au sérogroupe
Icterohaemorrhagiae (sérotypes icterohaemorhhagiae et copenhageni), Grippo-
typhosa (sérotype grippotyphosa), Canicola (sérotype canicola) et Australis (sé-
rotype australis). Ce sont les rats qui tiennent lieu de réservoir pour le sérotype
icterohaemorrhagiae, tandis que les rats musqués et les campagnols sont le ré-
servoir du sérotype grippotyphosa, et le hérisson pour le sérotype australis. Ces
hôtes jouant le rôle de réservoir peuvent excréter les germes via l’urine pendant
une durée très longue. Au sein d’un milieu humide à pH neutre ou légèrement
alcalin, les leptospires sont en mesure de survivre très longtemps. Ceci expli-
que que la maladie apparaisse surtout chez les chiens se promenant dans les
fossés ou près des cours d’eau où l’on retrouve précisément ce type de ron-
geurs. Les canidés domestiques et sauvages sont le réservoir pour le sérotype
canicola. Cette spécificité d’hôte a permis d’en réduire fortement l’incidence grâ-
ce à la vaccination.
Vaccin
Vaccins inactivés contenant 2 sérotypes de Leptospira ou plus − vaccins multi-
valents contre la leptospirose contenant des valences virales − vaccins contre la
leptospirose combinés avec le virus de la rage.
Ces vaccins contiennent des souches des sérogroupes Icterohaemorrhagiae et
Canicola. Des vaccins plus récents contiennent en outre des souches des séro-
groupes Grippothyphosa et Australis. Pour rappel, il n’y a pas d’immunité croi-
sée entre les différents sérogroupes de leptospires. Ainsi, un vaccin à base des
sérogroupes Icterohaemorrhagiae et Canicola ne protège pas contre les séro-
groupes Grippotyphosa ou Australis. Par contre, une protection croisée est at-
tendue entre les différents sérotypes d’un même sérogroupe.
Protection
La primovaccination consiste en deux injections à 2 - 5 semaines d’intervalle se-
lon le vaccin utilisé. On n’oubliera pas de prendre en considération l’interféren-
ce de l’immunité maternelle avec la vaccination chez les chiots issus de mères
vaccinées, et ce jusqu’à l’âge de 7 à 16 semaines.
Une revaccination semestrielle ou annuelle est indispensable.
CANIGEN DHPPi/L Virbac virus de la maladie de Carré du chien, adénovirus - hépatite infectieuse (Ca),
parvovirus (Ca) CPV, virus parainfluenza (Ca) CPIV, Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
CANIGEN L Virbac Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
EURICAN DAP-Lmulti Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV,
virus de la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
VACCINS 211

EURICAN DAPPi-Lmulti Boehringer Ingelheim adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca)
CPV, virus de la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca), virus parainfluenza (Ca) CPIV inj
Ca π
EURICAN Lmulti Boehringer Ingelheim Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
NOBIVAC L4 Intervet Int Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
VANGUARD CPV-LEPTO Zoetis parvovirus (Ca) CPV, Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
VANGUARD DA2PI-CPV-LEPTO Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV,
virus de la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca), virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VANGUARD LEPTO Zoetis Leptospira spp. (Ca) inj Ca π
VERSICAN PLUS DHPPi/L4 Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus de
la maladie de Carré du chien, Leptospira spp. (Ca), virus parainfluenza (Ca) CPIV inj Ca π
VERSICAN PLUS DHPPi/L4R Zoetis adénovirus - hépatite infectieuse (Ca), parvovirus (Ca) CPV, virus
de la maladie de Carré du chien, virus parainfluenza (Ca) CPIV, Leptospira spp. (Ca), virus de la rage
inj Ca π
VERSICAN PLUS L4 Zoetis Leptospira spp. (Ca) inj Ca π

16.10.8. Borréliose
La borréliose ou « maladie de Lyme » est une maladie vectorielle causée par Bor-
relia burgdorferi sensu lato. En Europe, les espèces B. burgdorferi sensu stricto,
B. garinii et B. afzelii sont pathogènes. Les tiques du genre Ixodes, en Europe
principalement l’espèce Ixodes ricinus, sont les vecteurs responsables de la trans-
mission. Des tiques contaminées sont dispersées dans toute la Belgique. En
moyenne, 10 à 20 % des tiques sont porteuses de Borrelia burgdorferi mais ce
pourcentage peut varier en fonction des zones géographiques. Cette maladie
est surtout observée chez l’homme et chez le chien mais peut également sur-
venir chez d’autres animaux. Chez le chien, les symptômes suivants sont obser-
vés : épisode de fièvre parfois récidivant, léthargie et anorexie, qui peuvent par-
fois être associés à une boiterie et, dans certains cas, à une néphrite. Toutefois,
chez la plupart des chiens entrés en contact avec cette bactérie, l’infection évo-
lue de manière imperceptible. Cependant, les jeunes chiens, ainsi que les chiens
dont l’immunité est faible, sont plus sensibles. Certaines races seraient plus sen-
sibles, telles que le Berner Sennen, et peut-être aussi les retrievers.
Vaccin
Vaccin inactivé multivalent contre B. burgdorferi sensu stricto, B. garinii et B. af-
zelii.
Durant un repas de sang de la tique, les anticorps induits par le vaccin et pré-
sents dans le sang sont ingérés par la tique. Dans l’intestin de la tique, ces anti-
corps se lient aux protéines OspA exprimées par les bactéries Borrelia, ce qui
devrait réduire leur migration vers les glandes salivaires de la tique et la trans-
mission à l’hôte. La réduction par le vaccin de la transmission de Borrelia de la
tique au chien a seulement été étudiée dans des conditions de laboratoire, à la
suite d’une épreuve réalisée avec des tiques sauvages provenant d’une région
touchée par la bactérie Borrelia. Contrairement aux chiens non vaccinés, aucu-
ne Borrelia n’a pu être isolée de la peau des chiens vaccinés. L’efficacité du vac-
cin contre une infection conduisant au développement clinique de la maladie n’a
pas été étudiée.
Protection
Les chiens peuvent être vaccinés dès l’âge de 12 semaines. La primovaccina-
tion consiste en 2 injections à 3 semaines d’intervalle. Cette vaccination doit être
réalisée au moins 1 mois avant l’exposition éventuelle à des tiques contami-
nées. Une revaccination annuelle est recommandée avant le début de la saison
des tiques. On notera que les tiques peuvent être actives tout au long de l’an-
née, si les températures hivernales le permettent, la période d’activité maximale
des tiques se situant entre juin et septembre.
Particularités
Il n’est pas recommandé d’utiliser le vaccin en cas de borréliose clinique sus-
pectée ou confirmée. Aucune information n’est disponible sur l’utilisation de ce
vaccin chez des animaux séropositifs ou chez des animaux ayant des anticorps
d’origine maternelle.
MERILYM 3 Boehringer Ingelheim Borrelia spp. (Ca) inj Ca π
212 VACCINS POUR CHATS

16.10.9. Leishmaniose
La leishmaniose est une zoonose provoquée par Leishmania infantum, un para-
site protozoaire transmis par des phlébotomes. Ce parasite est endémique dans
le bassin méditerranéen, en Asie et en Amérique centrale et Amérique du Sud.
Sans vecteur dans nos régions, la leishmaniose reste pour l’instant une maladie
importée. Le réservoir principal de L. infantum est le chien. L’évolution de l’in-
fection est très variable. Certains chiens développent la maladie tandis que
d’autres restent des porteurs sains ou guérissent spontanément. L’émergence
de la maladie dépend de l’immunité individuelle de l’animal. Le tableau clinique
varie selon les organes atteints. L’évolution de la maladie est lente. Il s’agit d’une
maladie chronique à manifestation cutanée et/ou viscérale. Chez l’homme, L.
infantum provoque la leishmaniose viscérale, touchant plus particulièrement les
enfants.
Vaccin
Ce vaccin contient des protéines excrétées sécrétées de Leishmania infantum.
Ces protéines interviennent dans le cycle de vie du parasite et induisent une im-
munité cellulaire chez les chiens vaccinés. Les protéines se présentent sous for-
me de lyophilisat à reconstituer dans une solution isotonique de chlorure de so-
dium. La primovaccination consiste en trois injections sous-cutanées à adminis-
trer avec 3 semaines d’intervalle entre chaque dose. Une dose de vaccin est en-
suite administrée annuellement à titre de rappel.
Protection
Ce vaccin est administré pour l’immunisation active des chiens négatifs envers
Leishmania à partir de l’âge de 6 mois, afin de réduire le risque de développer
une infection active et une maladie clinique après contact avec Leishmania in-
fantum. Les données d’efficacité ont montré qu’un chien vacciné a 3,6 fois moins
de risques de développer une infection active et 3,8 fois moins de risques de
développer une maladie clinique qu’un chien non vacciné, chez des chiens sou-
mis à une exposition naturelle multiple dans des zones à forte pression parasi-
taire. L’utilisation du vaccin n’est pas recommandée pendant la gestation et la
lactation. L’effet protecteur du vaccin n’a pas été étudié chez des chiens déjà
infectés. On n’a pas observé d’effet indésirable spécifique lors de l’injection du
vaccin chez des chiens déjà infectés par Leishmania infantum. Chez les chiens
développant une leishmaniose clinique malgré la vaccination, la poursuite des
injections de vaccin ne s’est pas révélée avantageuse. Avant de vacciner, il est
recommandé de faire un test de dépistage sérologique rapide afin de détecter
une infection à Leishmania. Ceci n’a de sens que chez les chiens qui ont vécu
dans des régions endémiques.
Particularités
La vaccination ne doit pas empêcher de prendre d’autres mesures pour réduire
l’exposition aux phlébotomes, notamment l’utilisation d’antiparasitaires appro-
priés et éviter le contact en gardant les chiens enfermés entre le coucher et le
lever du soleil, période durant laquelle les phlébotomes sont actifs.
CANILEISH Virbac Leishmania infantum inj Ca π

16.11. Vaccins pour chats


Pour un aperçu de tous les vaccins disponibles pour le chat, voir les Tableaux
récapitulatifs page 231.

16.11.1. Les vaccins essentiels pour le chat


Les vaccins essentiels pour le chat sont les vaccins protégeant contre le parvo-
virus félin (FPV), le calicivirus félin (FCV) et l’herpèsvirus félin (FHV-1). Tous les
chats devraient être vaccinés avec les vaccins essentiels ou « core vaccines »,
d’une part pour protéger l’individu contre des maladies potentiellement fatales,
VACCINS 213

et d’autre part pour induire une immunité de groupe (« herd immunity ») rédui-
sant le risque d’épidémies.

16.11.2. Panleucopénie
Voir 16.11.1. Les vaccins essentiels pour le chat.
La panleucopénie féline est engendrée par le parvovirus félin et se caractérise
par de la fièvre, de la léthargie, de l’anorexie, des vomissements, de la diarrhée
et de la déshydratation. Une leucopénie prononcée est observée du point de
vue hématologique. La mortalité se rencontre surtout chez les chatons. Le virus
est transmis de manière oro-fécale mais également transplacentaire. L’infection
précoce d’embryons et de fœtus entraîne la mortalité suivie d’une résorption ou
d’un avortement. Lorsque l’infection des fœtus a lieu alors que la gestation est
déjà plus avancée, elle engendre une hypoplasie cérébelleuse. Le virus étant
très résistant, il reste infectieux durant des mois. Il se transmet facilement par le
biais de matériel ou de personnel contaminés.
Vaccin
Vaccins multivalents à parvovirus félins atténués ou inactivés combinés à d’autres
valences virales et bactériennes.
Le parvovirus félin est généralement combiné à d’autres valences virales et bac-
tériennes (virus de la rhinotrachéite virale, calicivirus félin, Chlamydia (Chlamy-
dophila) felis et virus de la leucose féline) afin de réduire le nombre d’injections.
Protection
L’immunité colostrale assure une protection durant les premières semaines de
la vie du chat, cette période étant celle où sa sensibilité est la plus grande. Des
revaccinations sont donc conseillées chez les chattes reproductrices. L’immu-
nité maternelle interférant avec l’édification de l’immunité active, la primovacci-
nation se fera de préférence après disparition des anticorps d’origine maternel-
le. Indépendamment des vaccinations antérieures, il est recommandé de com-
pléter les deux injections de primovaccination à 8 et 12 semaines, par l’injection
d’une dernière dose du vaccin à l’âge de 16 semaines, âge auquel l’immunité
maternelle est suffisamment faible chez la plupart des chatons. Une vaccination
de rappel à l’âge de 12 mois est essentielle. Elle peut être déjà recommandée
entre 6 et 12 mois après la primovaccination. L’intervalle entre les rappels ulté-
rieurs dépend de la notice et peut être de trois ans pour certains vaccins.
Particularités
Vu la résistance du parvovirus, un nettoyage et une désinfection insuffisants des
locaux et du matériel contaminés peuvent contribuer à augmenter sérieusement
le risque d’infection. Ceci pourrait avoir comme conséquence le franchissement
de la barrière de l’immunité maternelle par le virus sauvage avant même la pre-
mière vaccination. Les résultats de la vaccination seule pourraient alors se révé-
ler décevants. C’est pour cette raison qu’il est conseillé d’assurer la séparation
des chats sensibles et des excréteurs potentiels, et le nettoyage et la désinfec-
tion de l’environnement.
Le parvovirus félin fait partie, à l’instar du calicivirus félin et de l’herpèsvirus félin,
des vaccins dits ″essentiels″, que tout chat est tenu de recevoir. Après la vacci-
nation de base incluant le premier rappel annuel, des revaccinations à intervalle
régulier, jusqu’à 3 ans pour certains vaccins, sont recommandées pour assurer
la protection.
FELIGEN CRP Virbac parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus de la rhinotrachéite (Fe)-
FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV inj Fe π
FEVAXYN PENTOFEL Zoetis parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus de la rhinotrachéite
(Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV, Chlamydia felis, virus de la leucémie (Fe) inj Fe π
FEVAXYN QUATRIFEL Zoetis parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus de la rhinotrachéite
(Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV, Chlamydia felis inj Fe π
LEUCOFELIGEN FeLV/RCP Virbac parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus de la
rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV, virus de la leucémie (Fe) inj Fe π
NOBIVAC TRICAT TRIO Intervet Int via MSD AH parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus
de la rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV inj Fe π
214 VACCINS POUR CHATS

PUREVAX RCP Boehringer Ingelheim parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus de la
rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV inj Fe π
PUREVAX RCP FeLV Boehringer Ingelheim parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus de la
rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV, virus de la leucémie (Fe) inj Fe π
PUREVAX RCPCh Boehringer Ingelheim virus de la rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV,
parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, Chlamydia felis inj Fe π
PUREVAX RCPCh FeLV Boehringer Ingelheim virus de la rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) -
FCV, parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, Chlamydia felis, virus de la leucémie (Fe) inj
Fe π

16.11.3. Coryza félin


Voir 16.11.1. Les vaccins essentiels pour le chat.
Le coryza félin est un complexe respiratoire impliquant principalement deux vi-
rus : le virus de la rhinotrachéite féline (herpèsvirus félin 1) et le calicivirus félin.
Tous deux sont présents de manière enzootique au sein de la population féline.
Les infections apparaissent surtout après disparition de l’immunité maternelle.
La résistance de l’herpèsvirus étant faible, il perd rapidement son caractère in-
fectieux après excrétion. Il se transmet principalement par contact direct et aé-
rogène avec de fines gouttes de sécrétion nasale éternuées par des chats conta-
minés ou oralement par ingestion de sécrétions contaminées (salive, sécrétion
nasale ou liquide lacrymal). Le calicivirus se transmet de manière analogue. Ce
virus étant plus stable que l’herpèsvirus, il demeure plus longtemps infectieux et
peut également être transmis de manière mécanique. D’un point de vue épidé-
miologique, les chats souffrant d’une infection aiguë constituent les principales
sources virales. Ils excrètent le virus en très grandes quantités. L’herpèsvirus ain-
si que le calicivirus peuvent cependant également rester présents chez l’hôte.
L’herpèsvirus est présent de manière latente dans le ganglion trijumeau et peut
être réactivé et de nouveau excrété lors de situations de stress. Le calicivirus peut
persister après une infection aiguë au niveau de la gorge. Il est alors excrété de
manière continue en quantités minimes. L’excrétion de virus par des chats natu-
rellement immunisés contribue à maintenir les calicivirus et les herpèsvirus au
sein de la population féline durant l’absence temporaire d’infections aiguës.
Les signes cliniques dépendent du virus, de la souche virale (surtout importante
pour le calicivirus), de la dose d’infection, de l’âge, de la réponse immunitaire
du chat et de la présence ou non d’une immunité maternelle. Les infections ob-
servées chez le chat adulte sont en majeure partie subcliniques. Chez les jeu-
nes chatons sans immunité maternelle, les signes cliniques observés sont gra-
ves : fièvre, anorexie, éternuements, sécrétions mucopurulentes nasales et ocu-
laires, ulcérations et déglutition difficile. Il existe quelques différences dans les
syndromes causés par les deux virus respiratoires. Dans le cas d’une infection
avec l’herpèsvirus, le chat présente des signes généraux et les yeux sont plus
gravement atteints. Dans le cas d’une infection par le calicivirus, on observe fré-
quemment des ulcérations dans la cavité buccale et des boiteries.
Une maladie particulièrement grave est provoquée par le calicivirus félin virulent
systémique induisant des épidémies sporadiques caractérisées par une morbi-
dité et une létalité élevées.
Vaccin
Vaccins contenant le virus inactivé et/ou atténué de la rhinotrachéite féline et du
calicivirus, éventuellement associé à d’autres valences virales ou bactériennes.
Les vaccins contre le coryza félin sont constitués des deux composantes vira-
les, et sont disponibles sous forme inactivée et sous forme atténuée. La bactérie
Chlamydia (Chlamydophila) felis pouvant être impliquée dans le coryza félin, les
vaccins sont parfois complétés par cette composante bactérienne. Afin d’éviter
le nombre de vaccinations, d’autres composantes virales sont parfois ajoutées
(virus de la panleucopénie et de la leucose féline, par exemple).
Protection
Il est conseillé de revacciner régulièrement les chattes afin d’augmenter au maxi-
mum la concentration d’anticorps dans le colostrum. De cette façon, les cha-
tons bénéficient d’une protection passive avant la primovaccination. La vacci-
VACCINS 215

nation contre le coryza félin est effectuée après disparition de l’immunité mater-
nelle car celle-ci peut interférer avec l’édification d’une immunité active. C’est
particulièrement le cas pour le calicivirus félin. Indépendamment des vaccina-
tions antérieures, il est recommandé de compléter les deux injections de primo-
vaccination à 8 et 12 semaines, par l’injection d’une dernière dose du vaccin à
l’âge de 16 semaines, âge auquel l’immunité maternelle est suffisamment faible
chez la plupart des chatons. Les rappels de vaccination sont effectués chaque
année ou tous les 3 ans en fonction du risque d’infection (voir « Particularités »).
Les vaccins ne sont pas efficaces pour protéger contre la forme virulente systé-
mique de l’infection à calicivirus félin qui est observée chez des chats réguliè-
rement vaccinés.
Particularités
Lorsque le risque d’infection est élevé, des infections à virus sauvage peuvent
apparaître avant la vaccination, ce qui oblige alors de prendre des mesures sup-
plémentaires telles que le nettoyage, la désinfection des lieux et la séparation
des chats qui n’ont pas encore été vaccinés des excréteurs de virus potentiels
(infections aiguës, latentes ou chroniques). Cette dernière mesure peut être pri-
se en isolant la mère et ses chatons dans un lieu bien désinfecté et de séparer la
mère, qui peut être un excréteur potentiel du virus, des chatons avant la dispa-
rition de la protection assurée par l’immunité maternelle (à l’âge de 5 semai-
nes).
Le calicivirus félin et l’herpèsvirus félin font partie, à l’instar du parvovirus félin,
des vaccins dits ″essentiels″, que tout chat est tenu de recevoir. Après la vacci-
nation de base incluant le premier rappel annuel, des revaccinations régulières
sont recommandées pour assurer la protection. Chez les chats solitaires vivant
à l’intérieur, une revaccination tous les 3 ans peut conférer une protection. Les
chats vivant en groupe qui sortent à l’extérieur, participent à des concours ou
vont dans des chatteries, présentent un risque d’infection plus élevé et doivent
être revaccinés annuellement. Le moment de la vaccination peut être choisi de
façon à ce que la visite de la chatterie corresponde à la période où l’immunité
est la plus robuste, à savoir dans les 3 mois après la vaccination.
FELIGEN CRP Virbac parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus de la rhinotrachéite (Fe)-
FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV inj Fe π
FEVAXYN PENTOFEL Zoetis parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus de la rhinotrachéite
(Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV, Chlamydia felis, virus de la leucémie (Fe) inj Fe π
FEVAXYN QUATRIFEL Zoetis parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus de la rhinotrachéite
(Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV, Chlamydia felis inj Fe π
LEUCOFELIGEN FeLV/RCP Virbac parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus de la
rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV, virus de la leucémie (Fe) inj Fe π
NOBIVAC DUCAT Intervet Int via MSD AH virus de la rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV inj
Fe π
NOBIVAC TRICAT TRIO Intervet Int via MSD AH parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus
de la rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV inj Fe π
PUREVAX RC Boehringer Ingelheim virus de la rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV inj
Fe π
PUREVAX RCP Boehringer Ingelheim parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus de la
rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV inj Fe π
PUREVAX RCP FeLV Boehringer Ingelheim parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus de la
rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV, virus de la leucémie (Fe) inj Fe π
PUREVAX RCPCh Boehringer Ingelheim virus de la rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV,
parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, Chlamydia felis inj Fe π
PUREVAX RCPCh FeLV Boehringer Ingelheim virus de la rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) -
FCV, parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, Chlamydia felis, virus de la leucémie (Fe) inj
Fe π

16.11.4. Chlamydiose
La maladie engendrée par Chlamydia (Chlamydophila) felis apparaît surtout chez
les chats vivant en groupe, comme, par exemple, dans les magasins d’animaux,
les refuges et les élevages. Les animaux sont généralement infectés par C. felis
en bas âge. Une telle affection engendre au départ un écoulement oculaire sé-
reux, un blépharospasme, du chemosis et une hyperémie conjonctivale. La
216 VACCINS POUR CHATS

conjonctivite peut être unilatérale au début, puis affecter l’œil adelphe, en géné-
ral 1 à 3 semaines plus tard. Dans un stade plus avancé de la maladie, des in-
fections bactériennes secondaires apparaissent et l’écoulement devient muco-
purulent. Une rhinite accompagnée d’écoulement nasal et d’éternuements peut
également faire partie des signes cliniques observés. La conjonctivite disparaît
spontanément, sans traitement, après 3 à 4 semaines. Elle peut cependant per-
sister dans certains cas pendant 8 semaines voire plus. La plupart des chats se
rétablissent en fin de compte, mais la maladie peut récidiver. La bactérie est tou-
jours susceptible d’être isolée un an et demi après l’infection.
Vaccin
Vaccins multivalents inactivés ou atténués contenant C. felis et différentes va-
lences virales.
Protection
Pour la primovaccination des animaux âgés de 8 − 9 semaines ou plus, on admi-
nistrera deux doses, à 3 ou 4 semaines d’intervalle. On tiendra compte de l’in-
terférence des anticorps d’origine maternelle jusqu’à l’âge d’environ 9 semai-
nes. La revaccination doit avoir lieu annuellement. La protection n’est pas totale
après la vaccination, mais les signes cliniques sont toutefois nettement moins
marqués et de plus courte durée chez les animaux vaccinés, et la bactérie est
excrétée pendant moins longtemps.
Particularités
La vaccination contre C. felis est surtout conseillée dans le cas où l’animal entre
fréquemment en contact avec d’autres chats, et au sein des élevages de chats
où l’affection est endémique.
FEVAXYN PENTOFEL Zoetis parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus de la rhinotrachéite
(Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV, Chlamydia felis, virus de la leucémie (Fe) inj Fe π
FEVAXYN QUATRIFEL Zoetis parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, virus de la rhinotrachéite
(Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV, Chlamydia felis inj Fe π
PUREVAX RCPCh Boehringer Ingelheim virus de la rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) - FCV,
parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, Chlamydia felis inj Fe π
PUREVAX RCPCh FeLV Boehringer Ingelheim virus de la rhinotrachéite (Fe)- FHV-1, calicivirus (Fe) -
FCV, parvovirus - virus de la panleucopénie (Fe) - FPV, Chlamydia felis, virus de la leucémie (Fe) inj
Fe π

16.11.5. Leucose féline


Le virus de la leucose féline n’est pas très répandu. Il apparaît principalement
chez les chats errants et les chats vivant à l’extérieur, dans certaines régions. Il
est éradiqué des élevages félins. Ce virus étant très instable en milieu extérieur,
sa transmission n’est possible que par contact très direct. Le virus est excrété
par la salive d’excréteurs persistants et transmis lors de batailles ou de lécha-
ges. La transmission du virus peut également se faire lors de l’accouplement,
par voie transplacentaire, pendant la mise bas et lors de l’ingestion du colos-
trum ou de lait.
Si l’animal a été en contact avec le virus de la leucose féline, il s’ensuit une mul-
tiplication dans les cellules en mitose au niveau de l’organisme entier. Cette pha-
se de l’infection se déroule de manière subclinique. Par l’édification d’une im-
munité adéquate, le chat peut empêcher l’installation d’une virémie persistante
ou repousser le virus dans un état latent dans la moelle osseuse. Le virus per-
siste cependant chez certains chats. Ils sont alors virémiques et excrètent de ma-
nière continue le virus par le biais de chaque sécrétion et excrétion. De ce fait,
ils constituent un danger permanent pour les chats sensibles. Les signes clini-
ques, qui sont l’immunosuppression, l’anémie, l’apparition de tumeurs, la diar-
rhée et des troubles de la reproduction, ne sont observés que chez les chats
virémiques persistants.
Vaccin
Vaccins monovalents inactivés et vaccins à sous-unités - Vaccin recombinant for-
mé du virus de la variole du canari.
Le virus de la variole du canari du vaccin intègre les gènes codant les antigènes
du FeLV qui sont exprimés lors de la vaccination.
VACCINS 217

Protection
Il est nécessaire de déterminer l’état virologique du chat avant la vaccination. Il
est en effet déconseillé de vacciner des chats virémiques car ils peuvent déve-
lopper la maladie malgré la vaccination. Ceci pourrait porter à croire, à tort, que
le vaccin est inefficace. La vaccination des chats contre la leucose féline a pour
but de limiter au maximum la multiplication du virus en cas de contact avec un
virus sauvage, afin d’éviter la persistance et l’excrétion du virus ainsi que les si-
gnes cliniques. La primovaccination est réalisée en deux injections à 8 et 12 se-
maines d’âge. Le premier rappel annuel est indispensable. La fréquence des rap-
pels ultérieurs se feront selon la notice du vaccin et en considérant aussi le ris-
que épidémiologique que court le chat. En cas de risque faible (chat d’intérieur)
les rappels de vaccination peuvent être réalisés tous les 2 à 3 ans.
Particularités
La vaccination est à conseiller dans les régions où le nombre de chats virémi-
ques est important et dans le cas où