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PRESSION FISCALE : DOIS-JE INVESTIR AU CAMEROUN

Chaque fin d’année, certains grands cabinets du pays et groupements émettent des
rapports à l’attention de l’état du Cameroun sur le taux de pression fiscal qui ne cesse
de croitre. C’est le cas de ‘‘Paying Taxes 2017’’, rapport publié conjointement par le
cabinet PWC et la banque mondiale qui classe le Cameroun 44 ième (sur les 53 pays
d’Afrique) avec un taux de pression fiscale qui atteint jusqu’à 57,7% du résultat
commercial réalisé par lesdites entreprises ; c'est-à-dire que le Cameroun est parmi
les 10 derniers pays africains à avoir un taux de pression fiscale satisfaisant ; donc
moins attrayant pour les potentiels investisseurs.

L’Association Camerounaise pour la Défense des droits des Contribuables (ACDC) à


travers son président, monsieur Moulioum Mazou avait fait part de cette préoccupation
de taux de pression fiscale élevé et croissant, en milieu d’année 2016 au premier
ministre chef de Gouvernement. 18 mois plutôt, c’est Célestin Tawamba, président du
Groupement des Industries Meunières du Cameroun qui, par la voix de son
groupement ; envisageait l’augmentation du prix du pain et autres denrées
alimentaires à base de farine et ceci, avec pour raison que le taux de pression fiscale
supporté par le secteur avait atteint une moyenne de 75%.

QU’EST-CE QUE LE TAUX DE PRESSION FISCALE

Le taux de pression fiscale est un indicateur qui ressort simplement le poids de la


fiscalité dans une économie donnée. Le cas du taux de pression fiscale élevé au
Cameroun signifie que l’état partage une partie importante des bénéfices avec les
investisseurs et ; dans certains secteurs comme l’industrie meunière, l’Etat du
Cameroun s’accapare la plus grande partie de la richesse créée par l’entreprise au
détriment des investisseurs. Ce taux élevé a aussi pour conséquence d’empêcher les
entreprises à se constituer une véritable trésorerie pour faire face aux engagements
immédiats ; il n’y a que le banquier qui trouve son compte dans cette affaire.

Les camerounais de la diaspora qui découvrent ces différentes informations à travers


les multiples médias vont pour la plupart abandonner leur projet, le réorienter ou
préférer aller investir dans les pays comme le Lesotho ou la Zambie qui détiennent les
taux de pression fiscale les plus intéressant d’Afrique (selon ce même rapport ‘‘Paying
Taxes 2017’’).

LE TAUX DE PRESSION FISCALE DOIT-IL M’EMPECHER D’INVESTIR DANS


MON PAYS ?

NON

Camerounais de la diaspora sachez que chaque fois que vous renoncerez à investir
au pays en avançant la raison de la pression fiscale, c’est un chinois, un libanais, un
indien ou un européen qui déposera sa valise sur le territoire et mangera votre gâteau.
En effet, quand le libanais arrive au pays, c’est souvent le boulanger avec un capital.
Ce mec ne sait rien faire aussi parfaitement que de la bonne pâtisserie dont raffoleront
plus tard les jeunes de sa zone ; il n’a généralement aucune notion en fiscalité, encore
moins à celle du Cameroun, mais il sait une chose : il existe un marché juteux pour
son business et il fonce.

Ce que vous devez également savoir est que le taux de pression fiscale est davantage
significatif pour les entreprises en pleine activité. L’Etat du Cameroun a prévu certaines
mesures pour permettre le décollage à tout nouvel investisseur. Vous devez donc
simplement vous en informer.

COMMENT FONT LES INVESTISSEURS ETRANGERS POUR S’INSTALLER AU


CAMEROUN ?

La plupart des investisseurs étrangers sollicitent généralement les services d’un


cabinet conseil afin de mieux comprendre l’environnement juridique et fiscal ; ensuite,
ils confient la création de leur structure ainsi que la gestion fiscale pour un début. C’est
votre conseil qui sera votre interlocuteur avec l’administration fiscale.

Certains conseils proposent en plus de la gestion fiscale du client un travail


d’optimisation de la fiscalité après quelques années de fonctionnement et, ceci dans
le but de profiter des failles qui existent dans la loi de finances par rapport à l’activité
du client. Ce qui n’est généralement pas évident pour les secteurs spécifiques tels que
les entreprises forestières, les industries meunières, les marketeurs, les banques et
les assurances qui sont réglementés par des lois spécifiques.

DIASPORA : LES SUGGESTIONS DE KAMLABS A L’ETAT DU CAMEROUN

Le protectionnisme a été utilisé par les USA et la Chine pour se hisser au niveau de
développement qu’on connait aujourd’hui. L’Etat du Cameroun devra s’en inspirer pour
permettre à cette jeunesse dynamique de construire un tissu industriel solide à travers
les multiples PME qui seront créés.

Ne nous voilons pas la face, la ratification des accords des APE par le Cameroun est
une erreur qu’il ne fallait jamais commettre car, en le faisant, on réduit
considérablement nos chances d’industrialiser rapidement le pays.

En attendant que l’Etat du Cameroun puisse trouver une opportunité pour abroger ces
accords des APE, nous suggérons qu’il soit urgemment mis sur pied une loi spéciale
pour encadrer l’installation de la diaspora – investisseur. Cette loi pourra par exemple
prévoir les mesures suivantes :

1/ Ouvrir des services spéciaux dans les administrations fiscales et douanières


réservés à la gestion des futurs contribuables-Diaspora

2/ Mettre à zéro toutes les taxes fiscales et tous les droits de douane sur les produits
destinés à la transformation tels que :

 Les semences souches (non hybrides et non OGM)


 Les machines agricoles
 Les machines industrielles servant à transformer les produits locaux (provenant
de nos plantations)
 Le matériel servant à la production de l’énergie à très bas coût

3/ Autoriser un résultat déficitaire jusqu’à 05 ans consécutives pour les première


années de fonctionnement

4/ Construire des gigantesques magasins de stockage pour les produits périssables


dans toutes les grandes villes

5/ Autoriser un fonctionnement allant jusqu’à 10 années avant d’être reversé dans le


régime de droit commun

6/ Mettre à la disposition de la diaspora un centre de recherche équipé sur :

 Les engrais non chimiques


 Les fongicides non chimiques
 Les pesticides non chimiques

7/ Privilégier les sociétés – diaspora dans les contrats avec les entreprises d’Etat

8/ Aménager des parcelles similaires aux zones industrielles (MAGZI) pour faciliter
l’installation rapide des futurs industriels

9/ Supporter les charge sociales et fiscales des employés pendant les 02 première
années consécutives de fonctionnement si l’entreprise ne réalise pas de bénéfice

10/ Parallèlement, limiter progressivement les importations des produits pour lesquels
les usines locales de la Diaspora peuvent satisfaire le besoin

11/ Permettre aux jeunes camerounais ne faisant pas partie de la diaspora de pouvoir
bénéficier des mesures ci-dessus

Frantz Nimbo, consultant à www.kamlabs.com

Frantz Nimbo, consultant PME, claurel01@gmail.com