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Histoire du temps présent


L’histoire du temps présent est un courant historiographique transnational qui apparaît à partir des années 1950 en Allemagne. Celle-ci couvre une période
historique marquée par deux bornes chronologiques mobiles. Elle est caractérisée par la durée d'une vie humaine, c'est-à-dire par la capacité d'un témoin à partager
son vécu. Outre cela, elle se démarque des autres courants notamment par l'utilisation d'archives orales et audiovisuelles. Bien qu’institutionnalisée, l’histoire du temps
présent fait encore l’objet de critiques.
Sommaire
Naissance du courant
Définition(s)
Différentes appellations
Allemagne (RFA)
Grande-Bretagne
France
Pays-Bas
Bornes chronologiques
Début
Fin
Qui écrit l’histoire du temps présent ?
Institutionnalisation
Allemagne
RFA
RDA
Depuis la réunification
France
Belgique
Grande-Bretagne
Pays-Bas
Critiques
Le manque de recul
"Un passé tronqué de son futur"
Manque et surabondance des sources
Histoire du temps présent et mémoire
Les dérives de la mémoire
Mémoire empêchée
Mémoire manipulée
Mémoire obligée ou devoir de mémoire
La demande sociale
Apports
Sources
Les sources orales
Apparition
Intérêt
Apports des autres disciplines
Limites
Les sources audiovisuelles
Les archives privées et publiques
La presse
Les sources littéraires
Les sources iconographiques
Les sources numérisées et Internet
Exemple de sujets d'histoire du temps présent
Shoah
Le régime de Vichy
Le cas polonais
Bibliographie sélective
Ouvrages et articles représentatifs du courant
Ouvrages et articles sur le courant et la méthodologie
Notes et références

Naissance du courant
L’histoire du temps présent prend racine dans le second conflit mondial. La guerre 1939-1945 est un événement historique inédit dans la mesure où les aspects le
caractérisant — tels que le génocide juif, la déportation ou encore la résistance — interpellent durablement l’opinion. Le choc de ces évènements fait naître une double
exigence au sein de la génération contemporaine à la guerre, mais aussi dans la suivante. La première exigence s’exprime par une volonté d’explication de cette
catastrophe, mais aussi des dysfonctionnements dans les comportements humains ayant caractérisé celle-ci. La seconde exigence, quant à elle, consiste au recueil
rapide des témoignages des survivants du conflit. C’est dans ce contexte que naît en 1951 le Comité d'histoire de la Seconde Guerre mondiale, avec à sa tête différents
historiens comme Georges Lefebvre, Henri Michel et Édouard Perroy. Grâce à son excellente réputation, l’organisme encourage d’importantes recherches ainsi que la
publication de documents, de monographies et de thèses. Sous l’impulsion d’Henri Michel, une revue voit également le jour : la Revue d’Histoire de la Seconde
Guerre mondiale. Néanmoins, la notion même « d’histoire du temps présent » fera encore longtemps face à des réserves quant à la possibilité de faire, de façon
1
professionnelle, l’histoire du passé le plus proche, et elle ne se diffusera réellement qu’avec la création de l’institut qui porte ce nom en 1978 . Aujourd’hui, l’histoire
du temps présent, soutenue par diverses revues spécialisées et collections d’ouvrages, occupe une place importante au sein des programmes scolaires. De plus, de
nombreux historiens, universitaires et chercheurs ont choisi de se consacrer à son étude, et il est récurrent que ceux-ci, sous le statut d’experts, soient sollicités par les
2
médias ou la justice .

Définition(s)

Différentes appellations

Selon les pays, la notion d'histoire du temps présent n’apparaît pas au même moment et n'a pas exactement la même signification. On a cependant tendance à voir de
3
plus en plus une convergence européenne au sein de ce courant .

Allemagne (RFA)

En Allemagne, l’histoire du temps présent est traditionnellement désignée sous le terme de Zeitgeschichte. Le terme est apparu en janvier 1953 sous l'impulsion de
Hans Rothfels, qui a été à l'initiative du premier numéro de la revue Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte. À cette époque, la Zeitgeschichte allemande commence en
4
octobre 1917 et couvre la dictature nationale-socialiste allemande ainsi que l’entièreté de la Seconde Guerre mondiale . La Zeitgeschichte allemande possède trois
particularités :

l’histoire de la période nazie se trouve au cœur même de la Zeitgeschichte ;


la période d’après-guerre est extrêmement importante ;
l’histoire de la République démocratique allemande et de la zone d’occupation soviétique sont très présentes.

Certains chercheurs allemands revendiquent une modification de la terminologie pour l'histoire qui démarre à partir des années 1989-1991. Il parlent alors de la
5
« neueste Zeitgeschichte » (l’histoire la plus récente) .

Grande-Bretagne
6
En Grande-Bretagne, le champ de la Contemporary History correspond à ce qu’on désigne par histoire du temps présent en France ou Zeitgeschichte en Allemagne .
Elle commence en 1945 et s’étend jusqu’à nos jours. Il ne faut donc pas le traduire par la notion d’histoire contemporaine qui correspond partiellement à la Late
6
Modern Period et la Early Modern Period .

France

L’expression d'histoire du temps présent apparaît dans les années 1970. En France, cette décennie est marquée par des transformations très importantes dans les
7
domaines :

Economiques : série de crises à partir du premier choc pétrolier de 1973


Sociaux : fin du monde ouvrier, généralisation de la classe moyenne, fin de l’assise chrétienne dans la société
Politiques : effacement du gaullisme et du communisme
8
C’est dans ce cadre que les français commencent à se poser des questions sur leur identité nationale ainsi que sur les mutations du présent . Il y a alors une demande
9
en objets historiques neufs s’inscrivant dans un « présent historique » face à une histoire contemporaine qui apparaît de plus en plus anachronique, car elle remonte
10
jusqu'à la Révolution française . Dans cette recherche identitaire, le régime de Vichy est une des premières thématiques traitées dans les années 1980 par l’historien
11
Henry Rousso . Les sujets se sont ensuite élargis à l’histoire de l’Europe de l’Est, à la guerre d’Algérie, à la décolonisation, à la figure de Pierre Mendès France ou
12
encore aux lieux de mémoire .

Pays-Bas

Aux Pays-Bas, la Contemporaine, eigentijdse ou encore hedendaagse geschiedenis, désigne l’histoire du temps présent.

Bornes chronologiques

La question de la chronologie se pose irrémédiablement pour l’histoire du temps présent, car il n’y a pas de délimitations fixes.

Début
13
Traditionnellement, on désigne cette histoire comme la période remontant à la dernière grande rupture . Lors de son apparition en 1953, la Zeitgeschichte débute en
octobre 1917. Cette date symbolique de la révolution russe est considérée comme « le » moment de rupture à l’époque. En effet, le monde est en période de guerre
5
froide et l’apparition de l’URSS semble être le point de départ d’une nouvelle histoire .omiques des années 1950, la construction européenne ou encore les années
14
1989 et 1991 . Ces deux dernières dates sont considérées comme la dernière rupture profonde dans l’histoire du mon

Au fur et à mesure, d’autres hypothèses de ruptures furent émises pour faire débuter cette histoire du temps présent, comme la crise économique des années 1930, la
fin de la Seconde Guerre mondiale, les changements socio-éconde avec des changements dans la situation sécuritaire des démocraties occidentales ainsi qu’une
15
modification profonde de la politique intérieure des pays qui ont appartenu au Bloc de l’Est . Certains observateurs mettent même en avant la date de 2001 et les
15
attentats du 11 septembre .

Les séparations chronologiques ne font cependant pas consensus. Selon les pays, une date peut paraître plus significative que d’autres. Dès lors, il est difficile de
16
mettre en exergue un champ net et précis sur le plan temporel .

Fin

17
17
À propos de la Zeitgeschichte, Hans Rothfels parle de « l’ère des vivants et son traitement par les académiciens » . Dès 1953, l'histoire du temps présent se termine
4
avec la fin de la Seconde Guerre mondiale, survenue huit ans plus tôt . Depuis son développement en tant que champ de recherche et jusqu’à aujourd’hui, beaucoup
18
d’historiens sont réticents à propos de ce que la journaliste et écrivaine Barbara W. Tuchman décrit comme « l’histoire qui fume encore » . Des historiens anglais tels
que Geoffrey Barraclough ou Eric Hobsbawm plaident pour que les historiens du temps présent s’imposent un hinterland temporel, une distance entre l’époque de
19 20
l’auteur et ce dont il parle . Eric Hobsbawm décrit le manque de rétrospective en tant que « drame de l’historien du temps présent » .

Actuellement, il est compliqué d’établir jusqu’où l’histoire du temps présent s’étend. Le but de l’historien est, contrairement au sociologue, de rendre intelligible le
21
passé. Les historiens du temps présent traitent d’un passé parfois très récent, où les acteurs sont encore vivants . Or, la frontière entre le champ de l’historien et celui
des autres chercheurs en sciences humaines est floue.

Qui écrit l’histoire du temps présent ?

Si l’histoire du temps présent est un objet de recherche désormais intégré par les historiens, ils ne sont pas les seuls à l’écrire. L’historiographie contemporaine fondée
4
sur des sources fiables est également réalisée par des journalistes, des diplomates ou encore des politologues . Avant son institutionnalisation, les historiens préfèrent
22
laisser le terrain de l’immédiateté et du temps présent au journaliste . Aujourd’hui, même si des historiens comme John Lewis Gaddis n’ont pas hésité à écrire une
histoire extrêmement récente, elle est encore souvent élaborée par des journalistes politiquement instruits, des politologues mais également des politiciens. Dès lors, les
4
historiens ne possèdent pas l’apanage de ce champ historiographique .

Institutionnalisation

Allemagne

RFA
23
À la suite de la Seconde Guerre mondiale, l’Institut für Zeitgeschichte apparaît en 1953 en Allemagne . Il remplace l’Institut allemand pour l’histoire de la période
23
nazie. Il traite d’abord la période allant de 1917 à 1945 avant d’intégrer, à partir de 1959, la période après 1945 .

RDA
24
Dans l’Allemagne de l’Est, la Zeitgeschichte s’est progressivement structurée autour du Deutsches Institut für Zeitgeschichte créé en 1947 . Une autre institution
voit également le jour : la Wissenschaftsbereich DRA-Geschichte, créé à l’Institut für Geschichte après une réforme de 1969 et qui inscrit l’émergence de l'Allemagne
25
de l’Est dans un processus de révolutions à l’échelle européenne . La Zeitgeschichte est-allemande rencontre cependant deux difficultés majeures : elle n’est pas
26
mise en avant par le régime et les études considérées comme académiques sont rares .

Depuis la réunification
27
Depuis la réunification allemande, le Zentrum für Zeithistorische Forschung s’est ouvert en 1996 à Potsdam (Brandebourg) . Dans la même optique, le Hannah-
28
Arendt-Institut für Totalitarismuforschung a été construit . Parallèlement, l’Institut für Zeitgeschichte a continué de fonctionner.

France
29
L’histoire du temps présent est institutionnalisée en 1978 avec la création au sein du CNRS de l’Institut d'histoire du temps présent (IHTP) , qui remplace le Comité
30 29
de la Seconde Guerre mondiale . Parallèlement, la première chaire de l’histoire du temps présent est créée à l’EHESS avec l’historien Pierre Nora à sa tête .
e
L’institut d’études politiques de Paris (« Sciences Po ») lance également en 1984 son centre d’histoire pour le XX siècle qui publie, toujours aujourd’hui, la revue 20
31
& 21 .

Belgique
32
En 1967, apparaît en Belgique le Centre de Recherches et d’Études historiques de la Seconde Guerre mondiale (CREHSGM) . À partir de 1997, il est renommé
32
Centre d’études guerre et société (CEGESOMA) et son champ de recherche s'ouvre à l’entièreté du XXe siècle .

Grande-Bretagne
33
En septembre 1986, l’Institute of Contemporary British History est créé au King’s College de Londres . Il est actuellement dirigé par le professeur Richard Roberts,
34
spécialiste de l’histoire économique .

Pays-Bas

Le 8 mai 1945, le Nederlands Instituut voor Oorlogsdocumentatie (NIOD) est créé, à l’époque il se nomme Rijksbureau voor Documentation van de geschiedenis
35
van Nederland in Oorlogstijd . L’institut nait de la volonté de cartographier l’histoire de la Seconde Guerre mondiale aux Pays-Bas et dans les Indes orientales
néerlandaises grâce à des recherches indépendantes. Depuis 1999, son nom a changé pour le Nederlands Instituut voor Oorlogsdocumentatie (NIOD), qui fait
35
désormais partie de l’Académie royale des arts et des sciences des Pays-Bas (de Koninklijke Nederlandse Akademie van Wetenschappen) . Le 9 décembre 2010,
l’institut fusionne avec le Centrum voor Holocaust- en Genocidestudies, les deux organisations sont connues à présent sous le nom du NIOD pour les études sur la
guerre, l’Holocauste et le génocide. Après cette fusion, le NIOD a étendu les thématiques qu’il aborde en se focalisant sur le XXe et le XXIe siècle. La question des
35
effets de guerre, de l’Holocauste et d’autres génocides sur les individus et la société, restent la principale préoccupation de l’institut .
35
Les objectifs qu’il poursuit sont les suivants :

Collecter, conserver, mettre à disposition des archives et des collections sur la Seconde Guerre mondiale

Mener des recherches scientifiques et publier à ce sujet


Fournir des informations aux agences gouvernementales et aux particuliers
Stimuler et organiser des débats et des activités sur la violence de guerre et les processus qui la sous-tendent

Critiques
L’histoire du temps présent ne fait pas l’unanimité auprès des chercheurs. Certains adressent ainsi différentes critiques à son encontre.

Le manque de recul

Selon les opposants de l’histoire du temps présent, l’historien ne devrait s’occuper que du passé lointain. Il ne peut donc pas traiter d’un passé trop proche, domaine
36
réservé aux politologues ou sociologues . Une distance temporelle est alors nécessaire entre l’événement étudié et le moment où on l’étudie. Ce recul temporel
37
garantirait l’objectivité et la qualité des recherches . Certains craignent, en effet, que les historiens du temps présent, parfois très engagés, utilisent leurs recherches
38
pour faire passer leurs idées .

François Bédarida s’élève contre cette critique en disant que n’importe quel historien, quelle que soit la période sur laquelle il travaille, ne peut prétendre être
totalement objectif. En effet, rien que dans la délimitation du sujet, du cadre géographique et du cadre temporel, l’historien effectue des choix personnels qui amènent
une part de subjectivité dans la recherche. Par conséquent, si on adresse cette critique aux historiens du temps présent, il faut le faire pour les historiens en général.
Certains travaux montrent que le recul par rapport au phénomène étudié n’est pas nécessaire. À titre d’exemples, on peut citer l’Etrange défaite de Marc Bloch ou
37
encore Reflections on the Revolution in France d’Edmund Burke .

"Un passé tronqué de son futur"


39
On reproche également aux historiens du temps présent d’étudier un événement ou un phénomène qui n’a pas encore de fin . Il est donc difficile pour l’historien
40
d’interpréter ce fait dans la longue durée et de voir ses répercussions à long terme. L’analyse que l’historien produit est alors une construction provisoire .

Manque et surabondance des sources

Une critique paradoxale est fréquemment formulée à l’encontre du temps présent : à la fois le peu et la grande quantité de sources à disposition.

L’historien du temps présent a, en effet, un problème majeur auquel il doit faire face : la difficulté d’accès aux sources, et en particulier aux sources publiques. En
France, l’accès aux archives est assez strict : seuls les documents dont la consultation était déjà libre avant qu’ils soient déposés dans les dépôts d’archives, sont
librement consultables. Pour les autres, il faut attendre un temps plus ou moins long selon les types de documents. En général, il faut attendre trente ans, mais pour
certains types de documents, l’attente peut être beaucoup plus longue : jusqu’à cent cinquante ans pour « les dossiers personnels comportant des renseignements à
caractère médical ». En Belgique, le délai général est de cent ans. En France comme en Belgique, il est possible d’obtenir des dérogations, mais cela prend
énormément de temps. De plus, elles ne sont pas toujours accordées. Par conséquent, les français souhaitent connaître davantage certains événements, comme le
régime de Vichy, mais l’accès aux archives empêche les historiens d’apporter des éléments de réponse. Par contre, en Grande-Bretagne, on se dirige plutôt dans une
41
politique de libre accès aux archives publiques .

Face à la difficulté d’accès aux archives publiques, l’historien du temps présent utilise d’autres archives. Il possède, en effet, un grand nombre d’autres sources à sa
39
disposition : sources orales, radio, télévision, archives privées, presse, etc. On critique alors parfois cette surabondance de sources. En effet, il est difficile pour
42
l’historien d’appréhender un si grand nombre de documents .

Histoire du temps présent et mémoire

La mémoire a une incidence particulière sur l’histoire du temps présent. En effet, celle-ci a pour but de reconstruire un passé proche, mais la reconstruction de ce passé
43
est également largement basé sur la mémoire. Il est ainsi intéressant de réfléchir aux rapports entre histoire et mémoire .

La mémoire peut être individuelle ou collective. C’est cette mémoire collective qui influe plus particulièrement l’histoire, puisqu’elle est chargée d’anciens souvenirs.
La mémoire collective peut s'appliquer à toutes les périodes, mais dans le cas de l’histoire du temps présent, pour laquelle les acteurs notamment sont toujours vivants,
43
elle occupe une place particulièrement centrale .

En effet, la société entière est influencée par cette mémoire collective, en ce compris les historiens, d’où l’importance de s’en rendre compte. La mémoire est en
constante construction, l’historien du temps présent doit y être particulièrement attentif, notamment vis-à-vis de ses possibles dérives. François Bédarida parle de
44
“règne de la mémoire” .

Les dérives de la mémoire


45
Le philosophe Paul Ricoeur retient trois dérives principales de la mémoire :

Mémoire empêchée

La mémoire empêchée est la mémoire à laquelle l’individu n’a plus accès pour diverses raisons, le plus souvent un traumatisme. Cela se rapproche donc d’une
46
pathologie, la mémoire est blessée, malade .

Mémoire manipulée

La mémoire manipulée est la mémoire qui a été sciemment modifiée par une pouvoir supérieur à l’individu. Le plus souvent, un pouvoir associé à une idéologie forte
47
ou prônant un passé hégémonique va formater la mémoire individuelle et collective. La mémoire est alors instrumentalisée .

Mémoire obligée ou devoir de mémoire


La mémoire obligée est une mémoire présente sans qu’on en soit demandeur. On peut également parler de devoir de mémoire. Ce cas de figure est problématique pour
le travail de l’historien. Le devoir de mémoire induit une obligation de se souvenir, ce qui peut saper le travail de l’historien, qui ne sera dès lors plus reçu par le
48
public, si tant est qu’il aille à l’encontre des éléments repris par cette mémoire obligée .

La demande sociale

En parallèle aux défis induits par la problématique de la mémoire, l’historien du temps présent doit travailler avec la demande sociale qui émane du public. L’historien
doit à la fois répondre à ces attentes et tendre vers la vérité, l’objectivité. Or, ce rapport est par essence contradictoire pour les raisons évoquées auparavant : la société
49
est, qu’on le veuille ou non, baignée dans une mémoire collective qui peut être erronée .

Face à ce dilemme, certains historiens du temps présent, notamment Henry Rousso, réaffirment l’importance de l’objectivité historique, qui doit à tout prix se défaire
50
de l’opinion publique. L’historien doit établir la vérité des faits, même si cela n’est pas apprécié par la société . De plus, la demande sociale faite à l’historien du
temps présent varie selon divers facteurs (communautés nationales, ethniques, etc.). Ainsi, si l’historien se plie à la culture au sein de laquelle il travaille, il récuse la
51
possibilité de faire une histoire de l’humain, et sombre ainsi dans un “relativisme sans fond”, comme l’explique Bédarida . Ainsi, l’historien a un rôle central,
52
puisqu’il va forger le rapport entre l’histoire et la communauté, au départ d'une demande préalable de cette-dernière .

Apports
L’histoire du temps présent présente de nombreux risques, souvent dénoncés par ses détracteurs. Mais elle dispose également de nombreux avantages par rapport à la
position de l’historien des périodes plus anciennes. Cette nouvelle histoire permet de casser l’idée d’une « barrière chronologique » qui empêche certaines périodes
53
historiques d’être travaillées . L'historien la pratiquant doit travailler rapidement pour être utile, développant ainsi une aptitude à métamorphoser le vécu en histoire .
De plus, elle a permis une redéfinition de la notion de recul : l’absence de recul ne possède pas uniquement des inconvénients, puisqu’elle évite à l’historien le
schématisme simplificateur du discours ainsi que son finalisme réducteur. Désormais, le seul recul nécessaire pour le travail de l’historien réside dans sa méthodologie
54
et non pas dans le temps qui le sépare de son sujet d’étude . L'histoire du temps présent adapte également à ses impératifs les méthodes historiques appliquées aux
périodes antérieures, produisant ainsi un renouvellement. De plus, grâce à un dialogue avec les autres champs de recherche historique, elle amène de nouvelles
55
problématiques et de nouveaux points de vue . Ajoutons qu’au vu de ses sujets de recherche, l’histoire du temps présent participe de manière active au combat du
56
négationnisme . Enfin, il est important de mettre en évidence la particularité des sources de l’histoire du temps présent. La première spécificité est sans doute leur
quantité, considérée à la fois comme un handicap et comme un avantage. De plus, cette documentation sur le passé proche n’est plus exclusivement fondée sur l’écrit,
mais aussi sur l’oral. Finalement, ces documents n’émanent plus majoritairement de la société officielle mais de la société civile, permettant ainsi une histoire “ vue
57
d’en-bas ” .

Sources
L'histoire du temps présent se distingue des autres périodes historiques par l’accès à des sources de type oral et audiovisuel. Cependant, il serait faux de penser qu’il
s’agit là des seuls matériaux utilisés par l’historien du temps présent lors de ses recherches. En effet, bien que l’utilisation de ces sources spécifiques constitue un choix
et non une obligation, il apparaît que le croisement des témoignages oraux et des sources écrites est privilégié. Les sources orales n’ont pas la volonté de se substituer
58, 59
aux autres sources. Ainsi, l’historien du temps présent utilise la diversité des types de sources qui lui sont présentées afin d'être le plus impartial possible .

Les sources orales

Pour retracer le passé, l’historien du temps présent peut se tourner vers la source orale puisque les témoins sont toujours vivants. En effet, le fait que les acteurs des
60
faits étudiés soient toujours en vie constitue un des critères souvent utilisé pour faire débuter l’histoire du temps présent .

Apparition

À partir des années 1970, se produit un engouement grandissant pour les sources orales. En Grande-Bretagne, on crée ainsi en 1971 la revue Oral History. Selon
Annette Wieviorka, on entre dans l’ère du témoin, dans laquelle peu de place est laissée à l’historien : c’est le témoin qui a le rôle principal, car l’histoire est racontée
61
par ceux qui l’ont vécue . Toutefois, certaines personnes restent réticentes et ne souhaitent pas témoigner, car elles ont peur d’être transformées en document
62 63
vivant , d’être dépossédées de leur témoignage ou encore parce qu’elles ne souhaitent pas réveiller des souvenirs trop douloureux .

Intérêt
64
Pour étudier les sujets postérieurs à 1939, l’utilisation de la source orale se révèle être une mine d’informations pour l’historien . Elle permet notamment de combler
certaines lacunes des archives écrites. Par exemple, la Résistance est difficilement abordable à travers des documents écrits, car elle en a peu laissés. En effet, ils
65
étaient détruits afin qu’ils ne se retrouvent pas dans les mains des allemands . La source orale peut également mettre en lumière l’expérience des camps de
66
concentration en interviewant des personnes qui ont survécu. En outre, elle peut venir en complément des sources écrites en apportant d’autres informations . Enfin,
67
l’utilisation de la source orale permet de démocratiser l’histoire en rendant « son » histoire au peuple .

Apports des autres disciplines

L’historien est habitué à recourir à des documents écrits. Face à ce nouveau type de sources, il se sent alors quelque peu désarçonné. Pour l’aider, il peut faire appel à
d’autres disciplines, comme la psychologie, la sociologie ou encore l’anthropologie qui recourent davantage à l’entretien oral et qui sont donc plus familières avec ce
68
type de sources .

Limites

Danièle Voldman établit une distinction entre les sources orales, réalisées par l’historien dans le cadre de sa recherche, et les archives orales enregistrées par un
69
archiviste ou un historien dans un objectif de conservation dans des dépôts. Ces dernières sont alors considérées comme plus fiables que les premières .
70
Dans cette ère du témoin, l’historien est vu comme un médiateur, comme le porte-parole des victimes . Lors d’un entretien, un « pacte compassionnel » se crée
71
implicitement entre l’interviewé, le témoin et l’intervieweur, l’historien . Le témoignage livré par le témoin doit donc toucher au cœur et non à la raison de
l’historien. On attend de lui de la compassion envers la victime et non pas qu’il reste de marbre face au témoignage. Le témoin souhaite parler à l’homme qui éprouve
72
des sentiments et non pas au professionnel : un problème se pose alors, car son métier lui impose justement une mise à distance, de ne pas faire entrer en jeu ses
73
sentiments et de garder un esprit critique. Il doit rester objectif et impartial, ce qui est assez compliqué dans le cas de la source orale . De plus, l’historien a souvent
peur de contredire le témoin, de critiquer son témoignage, car ce serait l’offenser. Rester impartial est particulièrement compliqué si l’historien interviewe par exemple
un ancien colon : comment peut-il parvenir à ne pas prendre parti pour les victimes ? Par conséquent, certains historiens sont assez réticents à l’idée d’utiliser la source
74
orale parce que l’historien est trop impliqué émotionnellement .

La source orale pose un autre problème, car il s’agit d’une « source provoquée » (François Ozouf). L’historien participe, en effet, à l’élaboration de sa source : il
75
réalise plusieurs entretiens oraux en fonction de sa recherche. Il va ainsi poser les questions de manière à obtenir les renseignements qu’il désire . Le type d’entretien
privilégié est donc l’entretien semi-directif : l’historien pose un certain nombre de questions ouvertes qui ont été préalablement élaborées. Il pose alors ces mêmes
questions aux différents témoins interrogés. L’entretien semi-directif garantirait alors la fiabilité du témoignage, car il permet de croiser les différents témoignages entre
76
eux. C’est le type d’interview qui est généralement utilisé par les historiens .

En réalité, malgré l’utilisation de ce type d’entretien, la source orale est loin d’être un témoignage fiable. Il convient de l’utiliser avec précaution et d’effectuer une
analyse critique, car de nombreux facteurs peuvent altérer les informations livrées par le témoin. Le contenu de la source dépend de ce que le témoin veut bien
raconter ou ce dont il se souvient. Un oubli ne signifie pas forcément que le témoin a voulu cacher quelque chose : il peut traduire une faille de la mémoire qui produit
77
une sélection dans les événements . Il est alors conseillé de réaliser plusieurs fois l’interview d’une même personne. En effet, si on pose exactement les mêmes
questions, mais à des moments différents, l’historien n’aura pas forcément les mêmes réponses, car des souvenirs ou des faits peuvent revenir après le premier
78
entretien . Toutefois, certains témoins peuvent aussi volontairement oublier un certain nombre de choses pour cacher un fait peu glorieux. De plus, un témoin qui
79
parle longtemps après les faits peut commettre des erreurs involontaires dans les dates ou dans les lieux , ou encore établir une reconstruction : le témoin va relire les
faits du passé en fonction de ce qu’il a entendu ou lu depuis. Il relate alors un fait comme si c'était lui qui l’avait vécu alors que ce n’est pas le cas : il s’agit d’une
80
erreur involontaire provoquée par une défaillance de la mémoire .

Les sources audiovisuelles

Pour Marc Ferro et Pierre Sorlin, les sources audiovisuelles doivent constituer une source importante pour les historiens du temps présent. Ces derniers ont longtemps
été réticents à utiliser ces nouvelles sources non seulement parce qu’ils ont l’habitude de se baser sur des documents écrits, mais aussi parce qu’ils éprouvent des
81
difficultés à les analyser. Les travaux du sémiologue français Roland Barthes ont aidé les historiens à appréhender ces sources . Les sources audiovisuelles peuvent
39
prendre différentes formes : films de fiction, documentaires, émissions télévisuelles ou radiophoniques, etc.

Les archives privées et publiques

Comme tous les autres historiens, celui du temps présent utilise aussi des documents d’archives de la même façon que ses collègues des autres époques. Pour ce qui
est des archives publiques, la seule différence réside au niveau de l’accessibilité à ces archives. Là où le médiéviste et le moderniste ont directement accès à ce type de
source, l’historien du temps présent doit parfois attendre de pouvoir accéder légalement auxdites archives. On différencie les documents consultables librement et les
82
documents soumis à des délais de communication dont les possibilités de consultation dépend de la législation en vigueur . En complémentarité des archives
publiques s’ajoutent l’utilisation des archives privées qui peuvent être d’ordre politique, syndicale, religieuse, etc. Ces archives demandent un effort supplémentaire à
82
l’historien car les fonds sont souvent non-classés et difficiles à localiser .

La presse

La presse reste une source essentielle pour des recherches en histoire du temps présent. Cependant, l’historien doit prendre en compte les spécificités de la presse de
83
son temps et des nouvelles contraintes qui s’imposent à lui lors de son utilisation tel que par exemple la numérisation presque systématique des articles de presse .

Les sources littéraires

Les sources littéraires du temps présent ont cela de spécifique qu’elles ont des formes diverses et variées. Par exemple, la littérature scientifique se compose de
nombreuses revues, mais aussi de mémoires de recherche et de manuels scolaires. Les récits de soi tels que les mémoires et les autobiographies forment une autre
84
catégorie de sources littéraires utilisées par l’historien du temps présent. Il est aussi essentiel de mentionner ici les œuvres de fiction .

Les sources iconographiques

En plus des sources d’images animées, l’historien du temps présent dispose aussi de sources iconographiques inanimées telles que la caricature, la bande dessinée et la
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photographie. La photo reste le document d’image inanimé le plus fiable et le plus utile étant donné qu’il reproduit a priori la réalité .

Les sources numérisées et Internet

Il est impossible de parler de la méthodologie de l’historien du temps présent sans mentionner l’apparition de nouvelles technologies comme Internet qui a permis
d’offrir de façon numérisée une quantité exceptionnelle de sources en tous genres. Ces évolutions entraînent la modification des conditions de recherche de l’historien
de façon radicale. Cependant, ces avancées technologiques sont loin de faire consensus dans le milieu scientifique notamment à cause des limites de leur exploitation
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et des contraintes telles que la surabondance de sources .

Exemple de sujets d'histoire du temps présent

Shoah

À la suite de la Seconde Guerre mondiale et la Shoah, il y a une volonté manifeste de la part des historiens de récolter le témoignage des victimes sous leur
87
encadrement . C’est sur cette base que la plupart des premiers instituts se sont construits avant de devenir, par la suite, de véritables centres de l’histoire du temps
23, 32
présent .

Les témoignages oraux de la Shoah pose pourtant quelques problèmes d’ordre méthodologique. L’historien est face à des victimes de l’Holocauste qui, pour la
plupart, ont vécu au sein des camps de concentration nazis. Or, le témoin n’a pas simplement assisté à l’événement, il en fut la victime. Dès lors, le témoignage peut
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être biaisé soit par une incrédulité face aux évènements, soit face à une volonté d’oubli du témoin .
Le régime de Vichy

La mémoire du régime de Vichy est un peu particulière dans le sens où elle fut presque empêchée. Contrairement à la Shoah, il n’y a pas eu de devoir de mémoire, la
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France souhaitait oublier ces évènements houleux .Le premier à étudier en profondeur le sujet est l’historien Henry Rousso .

Le cas polonais

Dans une société confrontée à la monté des populismes, les histoires nationales font un retour en force, le cas polonais en est la preuve. La Pologne est un pays à la
situation politique complexe. Depuis 2015, le parti droit et justice (PIS) est au pouvoir. Ce parti pratique une politique de mise au pas de l’histoire contemporaine, mais
aussi de la presse et de la justice. Ils utilisent l’administration de l'État pour orienter la lecture du passé de la société polonaise entre 1939 et 1989. En Pologne, nous
sommes face à une mise en récit héroïque du passé servant à nourrir le nationalisme polonais et allant dans le sens de la politique mémorielle. En janviers 2018, le
parlement polonais dominé par le PIS vote une loi prévoyant jusqu’à trois ans de prisons pour « l’attribution à la nation ou à l’Etat polonais, en dépit des faits, de
crimes contre l’humanité ». Cette décision provoque un scandale international et le parlement polonais se rétracte en juin 2018. Les instruments de cette emprise sont
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nombreux et l’Instytut Pamiieci Narodowej en est un .

Un exemple de sujet de recherche à controverse est celui du massacre de Jedwabne. L’historien Jan Tomasz Gross publie en 2002 un livre sur le massacre de
Jedwabne commis en juillet 1941, massacre où des juifs sont massacrés par des polonais. Jan Tomasz Gross publie son livre à l’origine en Anglais « The Neighbors ».
Ce livre fait scandale en Pologne, à tel point que l’IPN entame une enquête. Cette dernière confirme l’existence de ce massacre et l’identité polonaise des meurtriers.
Néanmoins, en 2016, le ministre de l’éducation met publiquement en doute la participation de polonais à ce massacre. Le PIS, les autorités et l’opinion publique vont
se retourner contre l’historien qui se verra retirer l’ordre national du mérite polonais. Il fera également l’objet d’une enquête pour offense à la nation. Finalement, le
dossier va être classé sans suite en 2019. Ici, l’histoire du temps présent dépasse largement la seule arène scientifique. L’instrumentalisation du temps présent peut aller
90
jusqu’à la mise au pas des historiens priés de se soumettre au pouvoir en place .

Bibliographie sélective

Ouvrages et articles représentatifs du courant


François Bédarida, Le nazisme et le génocide. Histoire et témoignage, Paris, 1992.
Florent Brayard, Le génocide des juifs entre procès et histoire (1943-2000), Bruxelles, 2000.
Geneviève Dreyfus-Armand, dir., Les années 68. Le temps de la contestation, Bruxelles, 2000.
Hélène Dumas, Le génocide au village. Le massacre des Tutsi au Rwanda, Paris, 2014.
Pieter Lagrou, Mémoires patriotiques et occupation nazie. Résistants, requis et déportés en Europe occidentale (1945-1965), Bruxelles, 2003.
Stipe Mesić, The Demise of Yugoslavia : A Political Memoir, Budapest, 2004.
Malika Rahal, Ali Boumendjel (1919-1957). Une affaire française, une histoire algérienne, Paris, 2010.
Henry Rousso et Eric Conan, Vichy, un passé qui ne passe pas, Paris, 1996.
Henry Rousso, Le syndrome de Vichy de 1944 à nos jours, Paris, 1987.
Henry Rousso, Un château en Allemagne. La France de Pétain en exil : Sigmaringen (1944-1945), Paris, 1980.
Martin Sabrow, Das Diktat des Konsenses. Geschichtswissenschaft in der DDR (1949–1969), Munich, 2001.
Martin Sabrow, Erinnerungsorte der DDR, Munich, 2009.
Martin Sabrow, Skandal und Diktatur. Formen öffentlicher Empörung im NS-Staat und in der DDR, Göttingen, 2004.
Laura Silber et Allan Little, The Death of Yugoslavia, Londres, 1996.
Rudi Van Doorslaer, De KPB en het Sovjet-Duits niet-aanvalspakt : de Kommunistische partij van België en het Sovjet-Duits niet-aanvalspakt
tussen augustus 1939 en juli 1941, Bruxelles, 1975.
Étienne Verhoeyen et Rudi Van Doorslaer, De moord van Lahaut : het communisme als binnenlandse vijand, Louvain, 1985.
Margaret Collins Weitz, Les combattantes de l’ombre. Histoire des femmes dans la résistance, Paris, 1997.

Ouvrages et articles sur le courant et la méthodologie


François Bédarida, L'histoire et le métier d'historien en France (1945-1995), Paris, 1995.
François Bédarida, "Le temps présent et l’historiographie contemporaine", dans Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n° 69, 2001, p. 153-160.
François Bédarida, « L’historien régisseur du temps ? Savoir et responsabilité », dans Revue Historique, vol. 299, 1998, p. 3‑24.
Jane Caplan. "Contemporary History : Reflections from Britain and Germany", dans History Workshop Journal, vol. 63, n° 1, avril 2007, p. 230–
238.
Christian Delacroix, "L’Histoire du temps présent, une histoire (vraiment) comme les autres ?", dans Tempo e Argumento, Florianopólis, vol.
10, n° 23, 2018, p. 5-38.
Christian Delacroix, « Demande sociale et histoire du temps présent, une normalisation épistémologique ? », dans Espace Temps, vol. 84, no
1, 2004, p. 106‑119.
Cristoph Corneliben, "Histoire du temps présent et culture mémorielle en Europe", dans Histoire, économique et société, vol. 2, n° 35, 2016, p.
107-123.
Florence Descamps, L'historien, l'archiviste et le magnétophone : de la constitution de la source orale à son exploitation, Paris, 2001.
Emmanuel Droit et Franz Reichherzer, "La fin de l’histoire du temps présent telle que nous l’avons connue. Plaidoyer franco-allemand pour
l’abandon d’une singularité historiographique", dans Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n°118, 2013, p. 121-145.
Vincent Duclert, "Archives orales et recherches contemporaine. Une histoire en cours", dans Société & Représentations, n° 13, 2002, p. 69-86.
Institut d'histoire du temps présent, Ecrire l'histoire du temps présent. En hommage à François Bédarida, Paris, 1993.
Patrick Garcia, "Essor et enjeux de l’Histoire du Temps présent au CNRS", dans La revue pour l’Histoire du CNRS [En ligne], n° 9, 2013.
Philippe Joutard, Ces voix qui nous viennent du passé, Paris, 1983.
Christoph Klessmann, Jane Rafferty et Martin Sabrow, "Contemporary History in Germany after 1989", dans Contemporary European History,
vol. 6, n° 2, 1992, p. 219-243.
Pieter Lagrou, "De l’Histoire du Temps Présent à l’Histoire des autres. Comment une discipline critique devint complaisante", dans Vingtième
siècle. Revue d’Histoire, vol. 118, n° 2, 2013, p. 101-119.
Paul Ricoeur, La mémoire, l’histoire, l’oubli, Paris, 2000.
Henry Rousso, La dernière catastrophe. L'histoire, le présent, le contemporain, Paris, 2012.
Henry Rousso et Philippe Petit, La hantise du passé, Paris, Textuel, 1998 (Conversations pour demain).
Martin Sabrow, Die Zeit der Zeitgeschichte, Göttingen, 2012.
Hans-Peter Schwarz, "Die neueste Zeitgeschichte", dans Vierteljahrshefte für zeitgeschischte, n° 51, 2003, p. 5-28.
Jean-François Soulet, L’histoire immédiate. Historiographie, sources et méthodes, Paris, Armand Colin, 2009.
Hélène Wallenborn, L’historien, la parole des gens et l’écriture de l’histoire, le témoignage à l’aube du XXIème siècle, Bruxelles, 2006.
Annette Wierviorka, L'ère du témoin, Paris, 1999.
Serge Wolikow, "L’Histoire du temps présent en question", dans Territoires contemporains : bulletin de l'institut d'histoire contemporaine, n° 5,
hors série, Dijon, 1998, p. 9-24.

Notes et références
1. Jean-François Soulet, L'histoire immédiate. Historiographie, sources 34. « Professor Richard Roberts » (https://www.kcl.ac.uk/sspp/department
et méthodes, Paris, 2009, p. 27-28 s/politicaleconomy/People/academic/Roberts.aspx), sur kcl.ac.uk
2. Patrick Garcia, « Essor et enjeux de l’histoire du temps présent au (consulté le 19 décembre 2017)
CNRS », La revue pour l’histoire du CNRS, 9, 2003 (lire en ligne (http 35. (nl) « Over het NIOD » (https://www.niod.nl/nl/over-het-niod), sur
s://journals.openedition.org/histoire-cnrs/562)) niod.nl (consulté le 1er décembre 2020)
3. Institut d'histoire du temps présent, Ecrire l'histoire du temps présent, 36. Jean-François Soulet, op. cit., p. 26
Paris, 1993, Hartmut Kaelbe, La Zeitgeschichte, l’histoire allemande 37. François Bédarida, art. cit., p. 155
et l’histoire internationale du temps présent, p. 87 38. Jean-François Soulet, op. cit., p. 42
4. Hans-Peter Schwarz, « Die neueste Zeitgeschichte », 39. François Bédarida, art. cit., p. 156
Vierteljahrshefte für Zeitgeschischte, no 51, 2003, p. 6
40. Henry Rousso, La dernière catastrophe. L'histoire, le présent, le
5. Hans-Peter Schwarz, op. cit., p. 7
contemporain, Paris, 2012, p. 228
6. Peter Catterall, « What (if anything) is distinctive about contemporary
41. Jean-François Soulet, op. cit., p. 72-73
history », Journal of Contemporary History, no 32, 1997, p. 441
42. Jean-François Soulet, op. cit., p. 49
7. Institut de l'histoire du temps présent, op. cit., Pierre Nora, De
l’histoire contemporaine au présent historique, p. 45-46 43. Pierre Ricoeur, op. cit., p. 146-147
8. François Bédarida, L’Histoire et le métier d’historien en France 1945- 44. François Bédarida, « L’historien régisseur du temps ? Savoir et
1995, Paris, 1995, François Bédarida, La dialectique passé/présent responsabilité », Revue Historique, vol. 299, 1998, p. 5
et la pratique historienne, p. 79-80 45. Pierre Ricoeur, op. cit., p. 82
9. Institut de l'histoire du temps présent, op. cit., Pierre Nora, op. cit., p. 46. Pierre Ricoeur, op. cit., p. 83-84
49 47. Pierre Ricoeur, op. cit., p. 97-98
10. François Bédarida, « Le temps présent et l’historiographie 48. Pierre Ricoeur, op. cit., p. 105-106
contemporaine », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, no 69, 2001, 49. Christian Delacroix, « Demande sociale et histoire du temps présent,
p. 54 une normalisation épistémologique ? », Espace Temps, vol. 84, no 1,
11. Pierre Ricoeur, La mémoire, l'histoire, l'oubli, Paris, 2000, p. 109 2004, p. 107-108
12. François Bédarida, op. cit., François Bédarida, op. cit., p. 82 50. Henry Rousso et Philippe Petit, La hantise du passé, Paris, Textuel,
13. Institut d'histoire du temps présent, op. cit., Hartmut Kaelbe, op. cit., p. 1998, p. 84-89 (Conversations pour demain)
83 51. François Bédarida, « L’historien régisseur du temps ? Savoir et
14. Institut de l'histoire du temps présent, op. cit., Hartmut Kaelbe, op. cit., responsabilité », op. cit., p.6
p. 84 52. Ibid, p. 22-23.
15. Hans-Peter Schwarz, op. cit., p. 9 53. Serge Wolikow, “L’Histoire du temps présent en question", Territoires
16. Peter Catterall, op. cit., p. 441-442 contemporains : bulletin de l'institut d'histoire contemporaine, n° 5,
17. Christoph Klessmann, Martin Sabrow et Jane Rafferty, hors série, Dijon, 1998, p. 11-19 ; Jean-François Soulet, op. cit., p. 40-
« Contemporary History in Germany after 1989 », Contemporary 42
European History, no 6, 1997, p. 219 54. Christian Delacroix, "L'Histoire du Temps Présent, Une histoire
18. Hans-Peter Schwarz, op. cit., p. 5 (vraiment) comme les autres?", Tempo e Argumento, vol. 10, n°23,
2018, p. 13 ; Jean-François Soulet, op. cit., p. 45-48.
19. Peter Catterall, op. cit., p. 450-451
55. Jean-François Soulet, op. cit., p. 52-60
20. Institut d'histoire du temps présent, op. cit., Eric Hobsbawm, Un
historien et son temps présent, p. 98 56. Anne Dulphy et Christine Manigand , "Entretien avec Rainer
Hudemann", Histoire@politique. Politiques, culture, société, n°11,
21. Institut d'histoire du temps présent, op. cit., Dominique Schnapper, Le
2010, p. 20
temps présent entre histoire et sociologie, p. 51
57. Jean-François Soulet, op. cit., p. 49-52
22. François Bédarida, op. cit., François Bédarida, op. cit., p. 76
58. Garcia Patrick, op. cit., p. 5
23. Christoph Klessmann, Martin Sabrow et Jane Rafferty, op. cit., p. 220
59. Cécile Gonçalves, "Qu'est-ce que l'Histoire du Temps Présent?
24. Christoph Klessmann, Martin Sabrow et Jane Rafferty, op. cit., p. 222 Tentative de définition",Estudosdoséculo, n° 11, 2011, p. 33
25. Christoph Klessmann, Martin Sabrow et Jane Rafferty, op. cit., p. 223 60. Henry Rousso, op. cit., p. 222
26. Christoph Klessmann, Martin Sabrow et Jane Rafferty, op. cit., 61. Henry Rousso, op. cit., p. 144
p. 221-222
62. Hélène Wallenborn, L’historien, la parole des gens et l’écriture de
27. « Zentrum für Zeithistorische Forschung (Potsdam), Geschichte » (htt
l’histoire. Le témoignage à l’aube du XXIe siècle, Bruxelles, 2006,
p://zzf-potsdam.de/de/institut/geschichte), sur zzf-potsdam.de p. 7
(consulté le 26 novembre 2017)
63. Annette Wiervorka, L'ère du témoin, Paris, 2002, p. 132
28. Cristoph Corneliben , "Histoire du Temps Présent et culture
mémorielle en Europe", Histoire, économique et société, vol. 2, no 35, 64. Thomas Gomart, « Quel statut pour le témoignage oral en Histoire
2016, p. 110 contemporaine ? », Hypothèses, no 3, 2000, p. 103
29. François Bédarida, op. cit., François Bédarida, op. cit., p. 81 65. Margaret Collins Weitz, Les combattantes de l’ombre. Histoire des
femmes dans la résistance, Paris, 1997, p. 30
30. Jean-François Soulet, op. cit., p. 115.
66. Hélène Wallenborn, op. cit., p. 451
31. « Sciences Po, notre histoire » (http://www.sciencespo.fr/à-propos/not
re-histoire), sur sciencespo.fr (consulté le 26 novembre 2017) 67. Hélène Wallenborn, op. cit., p. 47
32. « Cegesoma, historique du centre » (http://www.cegesoma.be/cms/his 68. Jean-François Soulet, op. cit., p. 55
torique_fr.php), sur cegesoma.be (consulté le 26 novembre 2017) 69. Institut d'histoire du temps présent, op. cit., Danièle Voldman, La
33. Jean-François Soulet, op. cit., p. 35 place des mots, le poids des témoins, p. 125-126
70. Jean-François Soulet, op. cit., p. 145
71. Annette Wiervorka, op. cit., p. 179
72. Hélène Wallenborn, op. cit., p. 79 81. Jean-François Soulet, op. cit., p. 182 et 185
73. Jean-François Soulet, op. cit., p. 158 82. Jean-François Soulet, op. cit., p. 65-86
74. Jean-François Soulet, op. cit., p. 157 83. Jean-François Soulet, op. cit., p. 115
75. Jean-François Soulet, op. cit., p. 156 84. Jean-François Soulet, op. cit., p. 119
76. Florence Descamps, L’historien, l’archiviste et le magnétophone. De 85. Jean-François Soulet, op. cit., p. 174
la constitution de la source orale à son exploitation, Paris, 2001, 86. Jean-François Soulet, op. cit., p. 207
p. 134-135 87. Pierre Ricoeur, op. cit., p. 223
77. Philippe Joutard, Ces voix qui nous viennent du passé, Paris, 1983, 88. Pierre Ricoeur, op. cit., p. 221-222
p. 204
89. « Henry Rousso » (http://www.fayard.fr/henry-rousso), sur Fayard
78. Hélène Wallenborn, op. cit., p. 51 (consulté le 16 décembre 2017)
79. Florence Descamps, op. cit., p. 495 90. Valentin Behr , « Histoire du temps présent et politique en Pologne »,
80. Jean-François Soulet, op. cit., p. 150 Les Cahiers Sirice, vol. 21, n°2, 2018, p. 121-137

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