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Contrôle de niveaux

Systèmes propres aux liquides


par Michel RICHARD
Ingénieur de l’École nationale supérieure de céramique industrielle

1. Systèmes de visualisation directe des fluides................................. R 2 012 - 2


1.1 Principe et caractéristiques......................................................................... — 2
1.2 Glaces de niveau.......................................................................................... — 2
1.3 Types d’indicateurs visuels......................................................................... — 3
1.4 Robinetterie pour indicateurs visuels ........................................................ — 6
1.5 Montage robinets-corps de jauge .............................................................. — 6
1.6 Indicateurs tubulaires.................................................................................. — 7
1.7 Hublots et manchons .................................................................................. — 7
1.8 Accessoires des indicateurs visuels........................................................... — 7
1.9 Indicateurs visuels à glaces et sécurité du personnel .............................. — 8
2. Systèmes à flotteur ou à plongeur...................................................... — 8
2.1 Caractéristiques ........................................................................................... — 8
2.2 Indicateurs-transmetteurs........................................................................... — 10
2.3 Transmetteurs à plongeur........................................................................... — 13
2.4 Détecteurs de niveau................................................................................... — 14
2.5 Jaugeurs à flotteur asservi ......................................................................... — 16
2.6 Régulateurs de niveau à action directe...................................................... — 17
3. Systèmes de contrôle par mesure de la pression........................... — 17
3.1 Mesure de la pression relative en bas de réservoir.................................. — 18
3.2 Appareils à membrane................................................................................ — 18
3.3 Dispositifs à insufflation de gaz.................................................................. — 21
3.4 Dispositifs à instillation de liquide ............................................................. — 22
4. Systèmes de mesure par dissipation thermique............................. — 22
4.1 Principe de la méthode ............................................................................... — 22
4.2 Sondes pour détecteurs .............................................................................. — 23
4.3 Mesure continue .......................................................................................... — 23
4.4 Détecteurs pour liquides cryogéniques ..................................................... — 24
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. R 2 015

ans un premier article [R 2 010], les notions de base nécessaires à la


D compréhension de la mesure des niveaux ont été présentées. Certaines
méthodes peuvent s’appliquer à la mesure de niveaux de liquides aussi bien
que de solides ; elles sont introduites dans l’article [R 2 011]. Les méthodes
particulières aux niveaux liquides sont présentées ici, puis celles qui ne
s’appliquent qu’aux niveaux de solides dans l’article [R 2 013]. Enfin, l’article
[R 2 014] comprend des tableaux comparatifs qui réunissent toutes les tech-
niques présentées dans les quatre autres articles. Ils constituent un outil de
choix pour sélectionner la ou les méthodes les plus appropriées pour chaque
cas particulier.
La documentation « Pour en savoir plus » [Doc. R 2 015] contient un tableau
très complet des fabricants et constructeurs d’appareils de mesure et de
détection.

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1. Systèmes de visualisation trempe à l’air ; cette méthode est très économique, mais conduit à
des performances en pression et en température limitées ;
directe des fluides — découpe dans des plaques de verre borosilicaté, donnant des
pièces plus résistantes à la température ; cependant, les défauts
géométriques de planéité et de parallélisme des faces, dus à leur
mode de coulée, se retrouvent dans les pièces terminées et limitent
1.1 Principe et caractéristiques leur utilisation en pression ;
— moulage/pressage de verre borosilicaté, suivi d’un usinage et
Dans cette méthode, le contrôle visuel direct d’un niveau liquide d’un traitement thermique de précontrainte, permettant d’obtenir
s’effectue à travers une paroi transparente. En principe, il s’agit des pièces de géométrie parfaite et ayant une très bonne résistance
d’une mesure vraie seulement si le dispositif est fixé directement tant à la pression qu’à la température ;
sur la jupe du réservoir. Mais la plupart des indicateurs de niveau — moulage/pressage dans des qualités de verre encore plus éla-
à glace opèrent en dérivation sur le réservoir principal ; par borées (aluminosilicaté, verres optiques), autorisant la réalisation
conséquent, le niveau figurant derrière la paroi transparente cor- de pièces très coûteuses, mais assurant une tenue dans des envi-
respond à la hauteur manométrique de liquide depuis le plan de la ronnements extrêmes ou avec des qualités optiques excellentes.
connexion inférieure, et ce niveau ne coïncide avec celui dans le Les mêmes technologies s’appliquent à la fabrication des dis-
réservoir que si le milieu est stable, homogène et isotherme. Dans ques de hublots, regards, etc.
un ballon de chaudière, par exemple, par suite de la production de
vapeur, de l’ébullition et du primage dû à un appel brutal de Il n’existe pas, en France, de normes définissant ces produits.
vapeur, le niveau indiqué est fictif, ce qui ne l’empêche pas d’être Seuls, les disques de regard doivent subir une épreuve hydrauli-
très utile. que à une pression au moins égale aux quatre tiers de la pression
La matière transparente de la paroi est très souvent le verre, d’épreuve du réservoir sur lequel ils sont destinés à être montés
mais peut être également une variété adéquate de plastique (circulaire ministérielle du 24 décembre 1960). À défaut, les
résistant aux conditions de pression, de température, de corrosion. constructeurs sérieux réalisent des pièces en verre conformes aux
Le verre peut lui-même être protégé par une mince feuille transpa- normes DIN :
rente de mica ou de plastique, à moins que seules quelques — DIN 7081 pour les glaces de niveaux ;
épaisseurs de mica ne soient retenues. — DIN 7080 pour les disques de regards.
Notons une solution élégante, mais rarement applicable, Ces normes sont très précises quant aux tolérances géomé-
consistant à utiliser la vision à travers le matériau lui-même, trans- triques, ainsi que sur les performances mécaniques garanties. On
parent ou translucide, du réservoir. trouve des verres garantis pour huit fois la pression nominale.
Le principe du niveau visuel, manifestement simple, inspire une
grande confiance aux exploitants qui éprouvent le sentiment de
« voir » le niveau vraiment. Aussi les niveaux à glaces restent-ils 1.2.1 Types de glaces. Dimensions
couramment employés, ils sont d’ailleurs imposés par le service
des Mines sur les ballons de générateurs de vapeur. Les glaces de niveau sont de deux types :
Néanmoins, il subsiste des limitations d’emploi comme la tenue — les glaces à transparence, dont les deux faces sont lisses ;
aux hautes pressions et aux hautes températures de l’ensemble
— les glaces polyprismatiques, dont l’une des faces, celle orien-
verre-métal, la résistance à certains milieux corrosifs, la mainte-
tée côté liquide, est munie de prismes qui, grâce à un phénomène
nance assez lourde, la sécurité d’emploi du verre sous haute
de réfraction, permettent d’augmenter la visibilité sur les produits
pression, le maintien dans le temps de la transparence. Aussi
clairs et limpides.
certains utilisateurs s’orientent-ils vers d’autres solutions comme
l’indicateur de niveau magnétique (§ 2.2.5 et 2.2.6). La section la plus courante est 34 mm × 17 mm, mais on trouve
Une des plus graves sources d’erreurs avec ces appareils réside des sections de 34 mm × 21 mm ou encore de 30 mm × 17 mm. La
dans la possibilité d’obstruction de l’une et/ou de l’autre connexion figure 1 donne les dimensions des glaces standards. La visibilité
de liaison. Une obturation partielle, par salissement ou par cristal- effective est réduite, par rapport à ces dimensions, de la largeur du
lisation, provoque un ralentissement du déplacement du niveau joint. La largeur visible est de l’ordre de 15 à 20 mm. Pour les
dans l’indicateur par rapport à celui du réservoir, d’autant plus sen- disques, il existe suffisamment de diamètres standards pour cou-
sible que les variations sont rapides. Quant au bouchage pur et vrir la majorité des applications.
simple, il peut faire croire à la présence d’un niveau stable, alors
qu’il n’existe plus de liquide dans le réservoir.
Les indicateurs de niveau visuels sont des appareils répandus, 1.2.2 Résistance chimique
dont il existe de nombreuses variantes : niveaux à transparence,
niveaux à réflexion, niveaux à large chambre, niveaux à souder, Les verres sont attaqués par les solutions alcalines chaudes,
niveaux hautes pressions, niveaux à visibilité continue, niveaux rencontrées notamment dans l’utilisation sur les ballons de chau-
tubulaires, niveaux bicolores, niveaux vapeur, niveaux à trans- dières. Cette action, particulièrement sensible à partir de pH 10,
mission à distance, hublots-manchons. double à peu près pour chaque augmentation de 10 oC (figure 2).
L’agitation et la présence d’additifs augmentent la corrosion. Prati-
quement, le phénomène devient perceptible pour des pressions de
service supérieures à environ 35 bar, dépendant du traitement de
1.2 Glaces de niveau l’eau, de l’importance des purges continues, etc.
L’autre agresseur des verres est l’acide fluorhydrique.
Le composant de base des niveaux à glace est la glace de niveau
en verre. Dans ces deux cas, la solution réside dans l’emploi de glaces à
transparence lisses que l’on peut protéger contre les solutions
Plusieurs technologies de réalisation sont employées actuel- alcalines chaudes avec une feuille de mica, ou de plastique fluoré
lement pour ce composant fondamental : contre les ions F –. Notons l’emploi de « glaces » en matières plas-
— découpe dans des plaques de verre ordinaire (alcalinosilicaté) tiques, quand les conditions de température et de pression l’auto-
et renforcement éventuel des caractéristiques mécaniques par risent.

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1.2.4 Tubes de verre


Ils sont utilisés dans les niveaux tubulaires. Ces tubes existent en
verres borosilicatés. Certains constructeurs émaillent une bande
rouge le long du tube (tubes Flash ), à l’arrière : à travers le liquide,
la bande apparaît élargie et améliore ainsi la lisibilité.
Faces e
L

rectifiées
et rodées

1.3 Types d’indicateurs visuels

1.3.1 Indicateurs à transparence, à réflexion


a glace lisse
La figure 3 montre les sections horizontales des deux types
d’indicateurs et détaille le montage classique d’une glace avec le
joint d’étanchéité sur le corps, le joint coussin, destiné à
compenser les irrégularités de la portée, les lacets (transparence)
ou les étriers (réflexion).

Faces e
L

rectifiées
et rodées


b glace polyprismatique Corps


Plaque de
Les dimensions usuelles des glaces sont : protection
Étrier
 = 34 mm
e = 17 mm Joint
L = 115 ; 140 ; 165 ; 190 ; 220 ; 250 ; 280 ; 320 ; 340 mm d'étanchéité Glace
prismatique
Joint d'appui
Figure 1 – Glaces de niveau (doc. Rinkal) (joint coussin )
Couvercle

10
Corrosion (mm/mois)

8
6
4 a indicateur de niveau à réflexion
240 °C
2

1
8
6
4 200 °C
Lacet ou
2 Couvercle boulon
170 °C
10–1
8 Joint
6
d'étanchéité
4 Corps
2 1 00 °C
Mica
10–2 (en option)
8,5 9 10 11 12 Glace
pH Joint d'appui
(joint coussin )
Figure 2 – Corrosion des glaces Maxos en fonction
de la température et du pH (doc. Rinkal)

b indicateur de niveau à transparence


1.2.3 Résistance aux chocs thermiques
La tenue aux chocs thermiques est une caractéristique très
importante. Les verres borosilicatés trempés permettent des varia- Figure 3 – Indicateurs de niveau à réflexion et à transparence
tions de température brutales de 250 à 300 oC. (doc. KTC Fluid Control)

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Joint coussin Joint de mica


(épaisseur 0,2 (épaisseur
à 0,3 mm) 0,3 mm)

Lacet ou
boulon

148 mm
Couvercle

116 mm
arrière
Corps
Intercalaire
Couvercle Glace
avant

82,5 mm 82,5 mm
Joint Mica
d'étanchéité (épaisseur 0,3 a indicateur à réflexion b indicateur à transparence
à 0,35 mm)

Figure 5 – Indicateurs de niveau à large chambre (doc. Mobrey)


Figure 4 – Indicateur de niveau à transparence haute pression
(120 bar) (doc. KTC Fluid Control)

Les verres des glaces résistent très bien à la compression, mais


mal à la flexion. Pour cette raison, une grande attention doit être
apportée à l’exécution des portées de joint, qui doivent être parfai-
tement planes. Le serrage des boulons doit être effectué d’une
manière homogène à la clé dynamométrique, en alternant l’ordre
comme pour le joint de culasse des moteurs. Dans les appareils
haute pression, les joints gagnent à être encastrés pour éviter de
chasser. Ailleurs, pour cette application, certains constructeurs uti-

Encombrement

Visibilité totale
lisent des systèmes flottants (figure 4). D’une manière générale, les
contraintes de toutes natures doivent être évitées : dilatations dif-
férentielles, réactions des tuyauteries, chocs thermiques. Une
bonne solution dans les cas difficiles est l’emploi d’une ou de deux
boucles de dilatation (§ 1.8).
Le niveau à réflexion est muni d’un corps plus solide par
construction, et se trouve également moins cher. Souvent peu
lisible, sauf sur les liquides clairs, il ne peut être éclairé que de
face. Il est sensible aux encrassements et à la corrosion par le
liquide, la glace à réflexion paraissant en outre plus fragile à cause
de ses prismes.
Le niveau à transparence possède l’avantage de permettre la
protection des glaces par des feuilles de mica ou de plastique, et
aussi l’éclairage par transparence, éventuellement antidéflagrant. Il Figure 6 – Indicateur de niveau multisection à visibilité continue
est très lisible avec les fluides colorés et moins sensible au salis- (doc. KTC Fluid Control)
sement que le niveau à réflexion.
Les longueurs individuelles des glaces sont de l’ordre de 30 cm.
Si l’on désire une visualisation sur une plus grande hauteur, on 1.3.3 Indicateur à visibilité continue
constitue un empilage de sections, soit en assemblant des élé-
ments simples, soit en usinant un seul corps multisection plus La disposition en empilage de sections évoquée au paragraphe
solide. La hauteur individuelle de chaque section diminue quand 1.3.1 présente l’inconvénient de laisser un espace mort entre cha-
croît la pression de service. Pour des raisons de facilité de manu- que section, préjudiciable à la lisibilité. Les constructeurs disposent
tention et aussi de contrainte sur le corps, il est recommandé de ne entre chaque section une petite section intermédiaire montée en
pas dépasser une dizaine de sections (3 à 4 m). dérivation (figure 6), à moins qu’ils n’adoptent un montage en
quinconce, plus onéreux.

1.3.2 Indicateur à large chambre


1.3.4 Indicateur à souder
Avec les liquides cryogéniques utilisés à la température
ambiante (NH3 , CH4 , SO2 , CO2 , O2 , N2 , H2 , etc.) se pose le pro- Il est possible de souder un corps de niveau directement sur la
blème de la caléfaction dans l’appareil généralement monté en jupe du réservoir, ou sur un fond bombé sphérique (hublot). Mais
appendice. Il s’ensuit que le liquide bout dans l’étroite chambre cette solution introduit quelques problèmes :
d’un niveau standard et que le plan de séparation des phases est — celui de la soudure sans déformation du corps ; on utilise pour
instable et difficile à lire. Le niveau à large chambre, qui existe en minimiser cet effet une cale en métal que l’on dispose à la place de
versions transparente et à réflexion, présente une chambre agran- la glace en verre pendant l’opération de soudure et de recuit local
die qui améliore la visibilité (figure 5). qui suit ;

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— la réalisation d’une fente le long de la génératrice d’un


réservoir sous pression provoque une forte concentration de Pot de condensation
contraintes aux commissures, qu’il convient de réduire à l’aide de Ballon de chaudière
renforts locaux ; une solution consiste à ne percer que deux trous Indicateur de
dans la jupe, correspondant à chaque extrémité de la fente. niveau sur ballon
D’une manière générale, la lisibilité n’est bonne qu’à condition Eau condensée
de disposer d’un éclairage interne ou dispensé par un autre hublot, (densité deau  0,9)
sauf si les glaces à réflexion sont acceptables. dans les tubes
de liaison
Les hublots ou regards ronds placés sur un fond bombé n’affai-
blissent pas autant la résistance, les contraintes étant réparties HR HN
d’une manière homogène.

1.3.5 Indicateur « vapeur »


h
Les niveaux à glaces utilisés sur la vapeur constituent un cas N0
particulier, mais usuel, car ils équipent obligatoirement et en dou-
ble exemplaire les chaudières à vapeur, selon la réglementation du Liquide lourd (dliq  2)
Indicateur de
service des Mines, et sont contrôlés par les Apave. Ainsi qu’il a niveau à distance
déjà été noté (§ 1.2.2), les solutions alcalines chaudes des eaux de
chaudière sont agressives pour le verre dès que la pression Au niveau N0 , on a :
dépasse 30 à 40 bar. Les chaudières basses pressions peuvent être HN deau + h dliq = HR deau
équipées de niveaux à réflexion. Les autres nécessitent des d'où :
niveaux à transparence dont on protège les glaces par une feuille (HR – HN ) deau = h dliq
de mica de quelques dixièmes de millimètre d’épaisseur.
Dans les chaudières, la plage de niveau à contrôler est faible et Le liquide lourd monte pour compenser le défaut de hauteur dans la
une hauteur correspondant à une seule section suffit. Le niveau colonne HN. Les flèches marquent le sens des mouvements des
visible reflète très approximativement le niveau moyen de l’inter- liquides.
face dans le ballon (tourbillonnement d’eau et de vapeur), mais
cela convient pour l’exploitation. Figure 7 – Indicateur de niveau hydraulique à distance
Le corps de l’appareil est généralement en acier. Il existe en
bronze pour les petites chaudières, notamment pour des utilisa-
tions en ambiance marine.
■ Indicateur bicolore : liquide et vapeur ont des indices de
Le mica doit être plaqué contre la glace, sans bulle d’air. Ce réfraction différents. On utilise cette propriété dans un corps de
matériau est plus sensible que le verre au salissement par les addi- niveau dans lequel les faces d’appui des deux glaces sont placées
tifs contenus dans l’eau, ce qui constitue souvent la raison de son en dièdre de façon à former un prisme (figure 8). Une source lumi-
remplacement. Ainsi, les niveaux de chaudières exigent en général neuse crée deux faisceaux verticaux en lame, l’un vert, l’autre
un entretien suivi. rouge. Les angles sont choisis de telle sorte que la déviation des
Pour les hautes pressions (supérieures à 100 bar), les problèmes lumières de longueurs d’onde différentes, dans les milieux d’indices
deviennent plus ardus. Diverses solutions ont été trouvées pour différents, fait apparaître le liquide en vert et la vapeur en rouge. La
améliorer la tenue, la visibilité (les chaudières sont hautes), la lecture de l’interface devient évidente. Le dispositif peut être
maintenance. On peut citer les niveaux à distance, les niveaux combiné avec un système de télévision.
bicolores, les niveaux à hublots, les niveaux à micas, etc. Il existe une solution identique en « noir et blanc ».
■ Indicateur à distance : pour faciliter la lecture, non pas seulement ■ Indicateur à hublots : les glaces et les micas oblongs présentant
sur les niveaux de chaudières, il existe plusieurs moyens : des problèmes de résistance et de prix aux très fortes pressions, on
— inclinaison du corps de niveau ; réalise des niveaux constitués par un empilement de petits hublots
— renvoi optique avec un dispositif de miroirs formant périscope, ronds sur le même corps. L’entretien de chaque élément est sensi-
valable pour une vingtaine de mètres ; blement plus facile et rapide. L’inconvénient réside dans la zone
— visée par système de télévision ; une solution bicolore peut morte entre chaque hublot. La combinaison avec un système
améliorer la qualité de transmission ; d’éclairage bicolore apparaît indispensable.
— niveaux à distance à liaison hydraulique (figure 7) : c’est une ■ Indicateur à micas : il s’agit d’une autre solution pour les niveaux
solution simple et fiable qui permet le renvoi de l’information du de vapeur haute pression. Les glaces en verre sont complètement
niveau du ballon à un indicateur à glaces situé à hauteur d’homme éliminées au profit de l’empilage de quelques feuilles de mica de
dans une des branches d’un U rempli de liquide lourd, coloré et quelques dixièmes de millimètre chacune. Le mica bien serré est
éclairé ; la liaison s’effectue par deux canalisations parallèles et, si parfaitement capable de supporter la pression, si la fente est relati-
possible, jointes pour éviter les différences de température, donc de vement étroite. On utilise également un montage plaçant les feuilles
densité, l’une des branches sert de niveau de référence grâce à un de mica derrière une plaque d’acier munie d’un alignement vertical
pot de condensation, l’autre perçoit les mouvements du liquide de petits trous.
dans le ballon, la dénivellation dans le tube en U du liquide lourd
compense la différence de hauteur des colonnes d’eau, et l’on situe
l’indicateur à distance dans la branche du tube en U où la variation 1.3.6 Indicateur type « Pétrole »
est en phase avec celle du réservoir ;
— niveaux à distance à transmission par fibres optiques : il s’agit En fabrication de série, certains indicateurs de niveaux visuels à
d’une solution performante, qui, combinée avec une version bico- glaces peuvent tenir jusqu’à 690 bar/205 oC. Ils comportent alors
lore, autorise des liaisons jusqu’à quelque 200 m, sans contrainte des couvercles percés d’une succession de trous remplaçant la
de position par rapport à l’élément primaire situé sur le ballon de fente habituelle, solution qui cependant, comme dans le niveau à
la chaudière. hublots, réduit la visibilité.

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Rouge

Niveau

Vert

a vue de face (réduite)

Masque Lentille Milieu Vert Source de


liquide/vapeur lumière
Corps de
niveau

Bille

Poussoir
de bille

Verre Hublot Hublot Rouge


dépoli avant arrière
Réservoir
b coupe horizontale
Les connexions vers le réservoir et vers le corps de niveau se situent
Le système d'illumination comporte une source de lumière dont le sur deux plans différents. La liaison s'effectue grâce à un raccord Union
faisceau traverse deux filtres, le vert et le rouge, puis le hublot arrière, à joint plat métal sur métal autorisant un désaxement de quelques
le milieu liquide/vapeur, le hublot avant, une lentille, pour se millimètres qui permet de rattraper un défaut d'entraxe sur les
matérialiser sur le verre dépoli. tubulures du réservoir. La bille vient s'appliquer sur le contre-siège en
cas de rupture brutale de glace, poussée par la pression du réservoir.
Les deux faisceaux, vert et rouge, sont déviés différemment par le Un poussoir de bille l'écarte un peu de son siège lorsque l'on ouvre
prisme constitué par le dièdre des faces internes des glaces parce que : légèrement le clapet, cela afin de permettre à la pression de s'équilibrer
- la longueur d'onde de la lumière n'est pas la même (rouge ou vert) ; dans le corps de niveau. Ensuite, le robinet doit être grand ouvert pour
ne plus gêner le mouvement de la bille de sécurité.
- l'indice de réfraction de la phase liquide diffère de celui de la phase
vapeur.
Figure 9 – Coupe horizontale d’un robinet de niveau usuel
L'image formée sur le verre dépoli montre le liquide en vert et la vapeur
en rouge. (doc. Mobrey)

Figure 8 – Indicateur de niveau bicolore (doc. Yarway) Il existe des robinets dont l’étanchéité est assurée par un bois-
seau métallique quart de tour tournant dans une bague élasto-
mère, présentant l’avantage de laisser un orifice de passage
intégral.
1.4 Robinetterie pour indicateurs visuels Un robinet de niveau comporte une connexion côté réservoir,
une autre côté corps de jauge. On rencontre les solutions
Les corps de niveaux sont prévus pour être reliés au réservoir suivantes :
par deux connexions en bout, latérales ou arrières qui encadrent la — liaison par manchettes et taraudages ;
zone de visibilité. Deux cotes figurent sur les plans : le centre à — liaison par manchettes et soudures ;
centre et la visibilité. Ces deux paramètres de montage sont liés — liaison par raccords Union, très pratiques, notamment côté
par le type des robinets d’isolement installés pour le remplacement jauge car ils permettent une déconnexion facile du corps en service
et le nettoyage des glaces en service. pour entretien grâce à l’isolement des robinets ; une mention mérite
d’être accordée au type de raccord Union à joint plat qui accepte
Ceux-ci sont usuellement du type équerre, à pointeau (figure 9)
un décentrement des axes de ± 3 mm, autorisant l’ajustement du
ou à boisseau. Sur les niveaux basses pressions, les robinets sont
centre à centre du niveau à celui des connexions du réservoir (tolé-
des quart de tour, c’est-à-dire à fermeture rapide, les clés pouvant
rances d’exécution), et évitant ainsi un montage avec contraintes
être manœuvrées du sol par des chaînes munies de poignées. Les
mécaniques ;
robinets sont généralement avec tige à vis intérieure, chapeau
— liaison par brides.
Union. Pour les usages plus durs et notamment sur la vapeur
haute pression, les tiges sont à filetage extérieur et les raccords
Union exclus, au profit de brides et d’un montage à chapeau bou-
lonné. 1.5 Montage robinets-corps de jauge
Selon la noblesse du matériel, on trouve des robinets à sièges et
clapets fixes ou interchangeables, un siège arrière qui protège la Les robinets d’équerre peuvent être classés selon deux critères
garniture de presse-étoupe et permet son remplacement en ser- importants :
vice, une bille antiretour qui empêche le produit de fuir en cas de — ceux dont les liaisons côté réservoir et côté corps de jauge sont
rupture de glace [si le système est bien entretenu, un poussoir de dans le même plan (robinets droits ) ;
bille empêche cette dernière de coller sur son siège au moment de — ceux où ces connexions sont situées dans deux plans
la mise sous pression du niveau (figure 9)]. Sur les niveaux vapeur, parallèles, espacés par exemple d’une vingtaine de millimètres et
une seule bille est en service sur le robinet inférieur. que l’on appelle, pour cette raison, à axe déporté. Ces robinets

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n’offrent le plus souvent que des avantages par rapport aux


premiers, l’un étant un nettoyage de la liaison corps-robinet aisé,
Joint
l’autre la facilité d’implantation.
En cas de montage en bout, le déport peut être situé à droite ou
à gauche. En outre, la jauge est orientable. Toutefois, ce montage Arête du
hublot s Angle chanfreinés
conduit au centre à centre maximal sur le réservoir pour une visi-
bilité donnée.
Avec le montage latéral ou arrière, le déport peut être dirigé vers d2
l’intérieur ou vers l’extérieur. Dans le cas du déport intérieur, le
centre à centre sur le réservoir est, à peu de chose près, égal à la d1
visibilité ; c’est la solution qui conduit à la visibilité maximale pour
un centre à centre donné ; elle est intéressante pour l’équipement L'épaisseur minimale théorique du verre est (en mm) :
de petits réservoirs.
pS
Un autre avantage vient du fait que le déport offre la facilité de s = 0,55 dm
10 σ
placer un tube de réchauffage dans le corps du niveau (§ 1.8).
d1 + d2
avec dm = (mm) diamètre moyen du joint,
2
1.6 Indicateurs tubulaires d1 (mm) diamètre extérieur de la glace et du joint,
d2 (mm) diamètre intérieur du joint,
Les niveaux tubulaires sont constitués par deux robinets droits p (bar) pression maximale admissible,
ou à axe déporté, dans lesquels la connexion côté jauge est S facteur de sécurité,
remplacée par un presse-étoupe enserrant le tube de verre, dont le σ (N/mm2) valeur minimale de la résistance à la flexion.
diamètre est d’environ 20 mm, et l’épaisseur de 3 à 4 mm. La
longueur maximale des tubes est de l’ordre de 2 m ; au-delà, ils
deviennent difficiles à trouver et, d’ailleurs, leur emploi est à Figure 10 – Glace de hublot : épaisseur minimale
déconseiller car ils sont trop fragiles. Il existe une relation (selon DIN 7080) (doc. Rinkal)
empirique entre la longueur du tube et la pression maximale qu’il
peut supporter.
Le tube de verre reste sensible aux chocs, aux contraintes méca-
niques, au vent, aussi doit-il recevoir une protection : armatures ■ Les manchons sont des portions de tubes de verre (ou de
faites de tiges, demi-coquilles ajourées, ou montages plus sophis- plastique) intercalés entre deux brides d’une tuyauterie verticale. Ils
tiqués à base de profilés et couvercle plastique. n’indiquent le niveau que sur une faible hauteur en général, et sont
à prohiber sur les fluides dangereux.
Rappelons l’usage des tubes Flash à bande rouge.
L’emploi des robinets tubulaires à axes déportés est recom-
mandé car, s’ils sont munis d’un bouchon de diamètre 3/4′′, le tube
de verre peut être remplacé à travers cet office, robinets d’isole- 1.8 Accessoires des indicateurs visuels
ment fermés.
Un tube de plastique transparent peut remplacer le verre, mais ■ Éclairages : les éclairages ou illuminateurs sont employés essen-
doit être renforcé au niveau des presse-étoupes par de courts tiellement sur les niveaux à transparence (éclairage arrière) :
tubages métalliques internes. — à conducteur de lumière en plastique transparent ;
Les niveaux tubulaires ne sont pas coûteux et offrent une très — à boîte d’éclairage à lampe incandescente ou fluorescente.
bonne visibilité ; cependant ils sont plus fragiles que les niveaux à
Ils existent en version antidéflagrante.
glaces et doivent être prohibés sur les fluides dangereux ou chers.
■ Dispositifs antigivre : lorsqu’ils sont utilisés sur des liquides
froids ou cryogéniques, sur des gaz liquéfiés, les appareils se
couvrent de givre et l’on ne voit plus rien. On utilise alors une
1.7 Hublots et manchons extension en plastique transparent, plaquée par la tranche sur le
verre.
■ Du point de vue de la sécurité, les hublots (figure 10) sont
considérés avec attention par le service des Mines qui exige un Avec un liquide cryogénique (méthane à – 162 o C, azote à
contrôle de la résistance mécanique du disque de verre, contrôle – 196 oC, oxygène à – 192 oC, etc.), l’extension a une longueur
cependant effectué éventuellement dans un montage qui n’est pas d’environ 200 mm et il conviendra de situer l’œil horizontalement
nécessairement celui de l’implantation finale. Monté sur un fond par rapport au niveau visé, pour éviter une erreur de parallaxe pro-
bombé de rayon de courbure R (sommet de réacteur par exemple), voquée par la réfraction dans la matière transparente de l’exten-
le macaron métallique qui reçoit le disque subit des contraintes sion.
également réparties. il n’en est pas de même pour un macaron Mauvaise conductrice du froid, l’extension voit sa tranche exté-
soudé sur une jupe verticale ; dans ce cas, le corps, sur des dispo- rieure libre de givre et permet la vision.
sitifs hautes pressions, doit être sérieusement renforcé. On peut
aussi envisager un montage sur tubulure, qui est moins lisible mais ■ Dispositifs de réchauffage : exposés par leur situation latérale, ne
plus sain du point de vue mécanique. recevant qu’un minimum de chauffage par les liaisons au réservoir,
et présentant en outre une surface de dissipation importante, les
Remarquons qu’un hublot unique n’est guère efficace pour voir niveaux visuels, même bien calorifugés, peuvent provoquer la cris-
à l’intérieur d’un récipient sombre. Il est utile de prévoir un second tallisation, le gel ou rendre visqueux certains liquides sensibles, si la
hublot muni d’un éclairage (éventuellement antidéflagrant) dirigé température ambiante devient basse. Leur emploi devient alors dan-
vers l’intérieur. gereux, car on ne peut plus faire confiance à l’indication qu’ils four-
Il existe des accessoires, tels des essuie-glaces manuels ou auto- nissent. Plusieurs systèmes de réchauffage, internes, externes,
matiques, pour faciliter la lecture. électriques ou à vapeur, existent pour pallier cette insuffisance :

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— le plus simple consiste en un tube métallique (acier inoxyda- La nécessité d’une marge de flottabilité apparaît comme le
ble) de quelques millimètres de diamètre, qui traverse le corps de garant de la fiabilité à long terme et implique de ne pas économi-
jauge verticalement grâce à deux presse-étoupes ; cette solution ser sur le volume du flotteur.
n’offre pas toujours l’efficacité indispensable ; S’il est difficile d’établir une règle, car modèles et conceptions
— on peut employer un réchauffage externe par tubes soudés au varient, la marge de flottabilité peut néanmoins être appréciée pra-
corps de jauge, parcourus par la vapeur ; tiquement par la mesure de la différence entre la poussée P (alors
— on peut employer un traçage classique sous calorifugeage. maximale) du flotteur, totalement immergé dans un liquide à la
densité de service, et le poids Mg de l’ensemble mobile qu’il
■ Bouchons et robinets de purge et d’évent : ils sont cités ici pour
constitue avec un équipement complet, additionné de la réaction
mémoire.
du ou des mécanismes.
■ Boucles de dilatation : en cas d’utilisation sur des liquides chauds Pour assurer une sécurité de fonctionnement normale, cette dif-
ou sur de la vapeur haute pression, des contraintes préjudiciables à férence doit être au moins égale à quelques newtons (soit quel-
la tenue des glaces peuvent s’exercer sur le corps de jauge par dila- ques centaines de grammes si l’on exprime P et M en grammes).
tations différentielles, notamment lors des phases de mises en ser- La marge de flottabilité est d’ailleurs un paramètre accessible par
vice et d’entretien. Les connexions peuvent alors être rendues le calcul, dont la connaissance mérite d’être exigée du
flexibles grâce à des boucles de dilatation. constructeur, afin de permettre un choix parmi les appareils propo-
sés, fondé sur un critère objectif (figure 11).
En particulier, les liquides à faible densité, les interfaces entre
1.9 Indicateurs visuels à glaces liquides de densités voisines (§ 2.1.6) exigent la vigilance quant à
et sécurité du personnel ce paramètre.

Il peut paraître paradoxal de mettre un milieu parfois chaud,


agressif, à très haute pression, derrière un composant aussi fragile 2.1.2 Précision
que le verre, présentant des risques de bris brutal, et près duquel
l’exploitant vient placer son visage et ses yeux. L’expérience, sur Un flotteur donne le niveau vrai à sa profondeur d’enfoncement
de nombreuses années, montre que ce risque reste négligeable. Il près. La densité du liquide variant en fonction de chaque applica-
subsiste néanmoins, notamment lorsqu’il y a des problèmes de tion, le calcul de la profondeur d’enfoncement mérite d’être refait
corrosion qui amincit l’épaisseur du verre, de contraintes qui le à chaque fois, pour permettre d’apprécier la marge de flottabilité.
placent sous tension, ainsi que dans le cas des niveaux tubulaires En outre, la masse volumique varie en fonction de l’évolution du
et des hublots de grand diamètre. Certaines applications sont for- produit et de sa température. Il faut donc considérer tous les cas
tement déconseillées, telles que la surveillance d’acides, de bases de service pour obtenir une garantie de bon fonctionnement.
fortes, et autres produits dangereux. La figure 11 montre, pour deux formes usuelles de flotteurs, la
Il est possible de prévoir, faute de mieux, des dispositifs de pro- relation entre la hauteur d’immersion, la poussée exercée sur le
tection, par exemple : visée à travers une plaque de plastique flotteur et la masse volumique du liquide contrôlé.
transparent ou de verre trempé maintenue par un support à quel- La sensibilité aux modifications de masse volumique dépend
ques centimètres de la face de la glace de niveau ou du hublot, également, pour un même volume, de la surface de flottaison. Si
avec éventuellement un renforcement en métal déployé. l’on désire conserver une bonne précision, il convient de choisir un
flotteur plat et large. Inversement, un flotteur étroit vertical produit
une erreur de mesure importante.

■ Hystérésis : l’imprécision peut être augmentée d’une manière


2. Systèmes à flotteur notable par les effets du frottement sur la tringlerie. Le liquide
ou à plongeur monte d’une certaine hauteur à partir de sa position initiale pour
vaincre ces forces parasites et débloquer le flotteur. Le phénomène
inverse se produit à la descente ; il est difficile d’en chiffrer la valeur
puisqu’elle dépend des états de surface, qui évoluent avec le vieillis-
2.1 Caractéristiques sement.

■ Comportement dynamique : un flotteur libre répond comme un


Les systèmes de contrôle de niveau à flotteur ou à plongeur sont
système du second ordre à une perturbation, et son amplitude
certainement parmi les plus répandus et existent sous les formes
d’oscillation est d’autant plus grande qu’il est allongé, lourd et que
les plus variées, dont il est difficile de faire l’inventaire. Leur succès
le liquide est fluide. Un flotteur plongé dans un liquide visqueux
s’explique par leur fiabilité, leur robustesse, leur aptitude à faire
revient lentement à sa position d’équilibre, par suite de l’amortisse-
face à de multiples applications. Cependant, ils posent un certain
ment.
nombre de problèmes dont il faut prendre conscience afin de les
utiliser correctement.
■ Dépôts et salissures : en exploitation, les flotteurs sont soumis à
des risques de salissement et, sans même considérer les problèmes
2.1.1 Marge de flottabilité de blocage des mécanismes internes, il est utile d’examiner
l’influence des dépôts sur le comportement.
Rappelons que le principe d’Archimède postule que tout corps Tous les dépôts au-dessus de la ligne de flottaison ont un effet
plongé dans un liquide éprouve une poussée vers le haut égale au négatif car ils augmentent le poids du flotteur sans accroître la flot-
poids du liquide déplacé. Dans le cas du flotteur, à cette poussée tabilité, et font enfoncer le flotteur.
s’opposent le poids de l’équipage flotteur-tringlerie, les frottements Les dépôts sous la ligne de flottaison ont une influence qui
et les salissures. Quand un appareil est neuf, il peut donner satis- dépend de leur masse volumique par rapport à celle du liquide
faction, car les états de surface sont impeccables. mesuré : si elle est plus grande, ils contribuent à réduire la
Mais la situation se dégrade souvent dans le temps (corrosion, flottabilité ; si elle est plus faible, ils allègent ; si elle est égale à la
dépôts, etc.) et le dispositif fonctionne alors dans des conditions masse volumique du liquide, ils n’altèrent pratiquement pas le
limites de sécurité. comportement du flotteur.

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Poussée P (N)

Poussée P (N)
ρ = 1 500 kg/m3
25 1 400 25

1 300

1 200
50
20
1 100
20 ρ = 1 500 kg/m3

100
P 1 400
1 000
H 1 300
50
900 1 200
15 15
800 1 100
1 000
700
900
600 800
10 10
700
500
600
400
500
5 5 400

P
ø
H

0 0
5 10 15 20 5 10 15 20
H (cm) H (cm)

Les courbes donnent la poussée P en fonction de la hauteur immergée H Les courbes donnent la poussée P en fonction de la hauteur immergée H
du flotteur et de la masse volumique ρ du liquide, pour un flotteur de du flotteur et de la masse volumique ρ du liquide, pour un flotteur de
diamètre 150 mm. diamètre 100 mm et de longueur cylindrique L = 100 mm.

P= π ρ H 2 (3R – H ) g P= π ρ H 2 (3R – H ) g si H  R
3 000 3 000

= π ρ R2 (3H – R) g si R < H  R + L
3 000

= π ρ [3R2L + (H – L )2 (3R – H + L )] g si H > R + L


3 000

a flotteur sphérique de diamètre 150 mm b flotteur cylindro-sphérique (ø 100 mm)

avec P (N) poussée exercée sur le flotteur, L (cm) hauteur cylindrique,


g (m/s2) accélération de la pesanteur (g = 9,81 m/s2), R (cm) rayon de la partie sphérique,
H (cm) hauteur immergée du flotteur, ρ (kg/m3) masse volumique du liquide.

Figure 11 – Poussée exercée sur un flotteur

2.1.3 Mesure et détection aux hautes pressions épaisseur constante : si les hémisphères sont usinés par emboutis-
sage, l’épaisseur au pôle est plus faible qu’à l’équateur ; c’est
Dans l’industrie, les flotteurs sont généralement des corps métal- l’inverse avec la fabrication par repoussage. Les formes cylin-
liques (ou plastiques) creux. En vue de leur conférer une flottabilité driques sont encore moins résistantes à la pression externe.
suffisante avec un volume réduit, ils sont réalisés en enveloppe Les flotteurs réalisés en tôles de 0,5 mm ou moins, utilisés sur
mince. les liquides à faible densité (tels le butane, le propane, etc.),
deviennent difficiles à souder.
Exemple : les flotteurs sphériques en acier inoxydable de 100 à
200 mm de diamètre sont fabriqués à partir de tôles ayant une épais- Un test d’essai, évidemment non destructif, à la pression nomi-
seur de l’ordre du millimètre. nale, sert de contrôle aux constructeurs, avec éventuellement déli-
vrance d’un certificat d’essai. Pour les pressions d’utilisation
Deux hémisphères sont reliés par une soudure équatoriale ; de élevées, la pression d’écrasement peut n’être supérieure que de 10
telles sphères ne résistent qu’à des pressions externes limitées, ici à 15 % à cette pression. Dans ces conditions, les flotteurs ne sont
par exemple une trentaine de bars, par suite des irrégularités de pas protégés contre une épreuve in situ, faite usuellement à
forme et du flambage toujours possible. La présence de la soudure 1,5 fois la pression maximale de service. Il convient donc d’isoler
amène une certaine faiblesse. La paroi est rarement d’une le dispositif à flotteur, ou d’en retirer ce dernier.

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2.1.5 Effet sarbacane


À la mise en service, lors de l’ouverture d’une vanne d’isolement
(ou de purge avec un système sous pression), un flotteur placé
Tube capillaire dans une cuve latérale, ce qui est une disposition classique, avec
un jeu diamétral relativement faible (quelques millimètres), peut
par l’irruption du fluide être projeté brutalement contre le fond ou
le sommet de la cuve. Cet incident risque d’être assez violent pour
déformer le flotteur et son équipement. Il est donc recommandé
d’effectuer les manœuvres des vannes d’isolement lentement.

2.1.6 Interface de deux liquides


Soit deux liquides non miscibles et de masses volumiques
différentes ; un flotteur peut se stabiliser dans l’interface, s’il flotte
sur le plus lourd et coule dans le plus léger. Pratiquement, le flot-
Figure 12 – Flotteur avec évent d’équilibrage
teur est muni d’un orifice avec bouchon par lequel on introduit un
lest dont le dosage permet d’obtenir la propriété évoquée.
La marge de flottabilité (§ 2.1.1) est donnée par le produit du
Pour fabriquer des flotteurs haute pression, il existe un certain volume du flotteur par la différence de poids volumiques entre les
nombre de solutions : liquides, moins évidemment le poids de l’équipage mobile. Cette
marge n’est pas très bonne quand les masses volumiques des
— choisir des métaux légers et résistant aux conditions de cor- liquides sont voisines. On admet qu’une différence de masses
rosion (aluminium, titane) ; volumiques de 100 kg/m 3 est la limite minimale, sinon il faut
— augmenter l’épaisseur de la paroi, si la marge de flottabilité accroître le volume du flotteur (si la pression l’autorise).
l’autorise ;
— réduire le diamètre du flotteur, avec cette même condition ;
— introduire une armature de renforcement interne (bagues dans 2.1.7 Vapeur d’eau
un flotteur cylindrique par exemple), en utilisant des matériaux
légers ; Les alarmes de niveau à flotteur destinées aux chaudières haute
— canneler annulairement la paroi cylindrique d’un flotteur ; pression posent des problèmes car, à mesure que la pression
— insuffler un gaz sous pression dans le flotteur, par exemple de monte, la masse volumique du liquide diminue. Par conséquent, le
l’hélium. Un test d’étanchéité apparaît indispensable après l’opéra- flotteur, qui devrait être plus lourd pour résister, doit être plus léger
tion. Il faut prendre garde aux microporosités laissant fuir le gaz à pour flotter ! Ainsi, à 100 bar (environ 300 oC), la masse volumique
la longue ; tombe à environ 700 kg/m3. D’où la difficulté de réaliser des flot-
— introduire un liquide (ammoniaque, alcool) qui, à la tempéra- teurs (même en titane) convenant au-delà de cette pression. Il faut
ture de service, développe une contre-pression convenable, mais utiliser des systèmes équilibrés (la poussée sur le flotteur est équi-
exige un strict contrôle de la température et de la pression dans tous librée par un contrepoids ou un ressort).
les cas de service, notamment dans la phase de mise en pression ;
— autre solution élégante : ménager un petit orifice d’équilibrage
de pression en haut du flotteur, muni d’un labyrinthe (figure 12),
2.1.8 Sécurité positive
destiné à éviter les pénétrations de salissures ; dans une majorité Un risque courant est celui de la crevaison du flotteur par suite
d’applications, aucune raison ne fait craindre le remplissage du de corrosion ou de l’aplatissement par excès de pression (sur-
flotteur par pénétration du milieu, par exemple condensation de charge, coup de bélier, etc.). Alors le flotteur coule, et le système
vapeur ; répond comme s’il s’agissait d’une baisse de niveau. On peut donc
— équilibrer le poids du flotteur par des solutions mécaniques : considérer un détecteur de niveau bas comme toujours en sécurité
ressort, contrepoids. positive. En revanche, si l’appareil est choisi pour répondre à la
L’emploi de plongeur (§ 2.3) au lieu de flotteur évite le recours à hausse, la sécurité positive n’est plus évidente. Il est possible dans
ces dernières solutions et résout les problèmes des hautes pres- ce cas d’adjoindre sur le même appareil un niveau de détection
sions. « très bas » dont le rôle est uniquement d’annoncer la chute du
flotteur.

2.1.4 Corrosion 2.1.9 Test en ligne


Toutes sortes de matériaux sont disponibles pour la fabrication De plus en plus, les exploitants envisagent les télégestions ou
des flotteurs, mais cette panoplie ne suffit pas toujours. autogestions des instruments ; par conséquent, la notion de test en
Considérant les flotteurs en acier inoxydable ou même en titane, ligne est très actuelle. Le contrôle à distance du bon fonctionne-
largement employés, on constate que la corrosion peut devenir un ment d’un dispositif à flotteur ou à plongeur placé dans une cuve
problème aigu, sans réponse. En effet, les parois métalliques, sou- de tranquillisation est possible en faisant évoluer le niveau par la
vent minces, sans surépaisseur de corrosion, restent sensibles au manœuvre automatique des vannes d’isolement, purge et évent ;
niveau des soudures, dont l’exécution modifie la cristallisation du c’est une solution assez complexe et chère.
métal. Le formage des hémisphères, assez brutal, casse les fibres
superficielles et les fragilise à la corrosion. Un bon polissage de la
surface resserre le grain et élimine les aspérités. 2.2 Indicateurs-transmetteurs
Une solution pourrait être trouvée par l’emploi de diverses natu-
res de revêtements en couche mince : revêtement électrochimique, Les indicateurs décrits dans ce paragraphe possèdent comme
peinture, plastification, etc. Mais l’expérience montre que ces pal- principale fonction l’indication visuelle. Mais la plupart d’entre eux
liatifs offrent des résultats incertains, la protection étant détruite sont susceptibles de recevoir des seuils de signalisation ou une
par le frottement, les chocs, les microporosités. fonction transmission.

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0%
10 Aiguille
Poulie
20
Cadran
30
40
50

60

70
80

90 Contrepoids
Bande perforée
100

Figure 13 – Indicateur de niveau à flotteur et contrepoids Flotteur étanche


(doc. BAMO Mesures) Système magnétique
Aimant

2.2.1 Indicateur simple


Tube de guidage
C’est un système élémentaire comportant un flotteur surmonté amagnétique
d’une tige coulissant dans l’équivalent d’un niveau tubulaire situé
en partie supérieure. Certains dispositifs existent pour des réser-
voirs sous pression.

2.2.2 Indicateur à transmission mécanique Un flotteur étanche, de forme sphérique ou cylindrique, renfermant un
système magnétique, se déplace le long de deux tubes de guidage
ou magnétique amagnétiques montés verticalement.
Le flotteur se trouve au bout d’une tige articulée. Un petit flotteur Les variations de niveau sont transmises par l'intermédiaire du système
magnétique dans le flotteur à un aimant situé dans un des tubes de
suffit, car le bras de levier communique suffisamment de force. La guidage. L'aimant est suspendu à une bande perforée et la masse est
transmission vers un index extérieur s’effectue de diverses équilibrée par un contrepoids coulissant dans l'autre tube de guidage.
manières : Cette bande se déroule sur une poulie qui transmet le mouvement aux
— par un jeu d’engrenages transformant le mouvement de débat- aiguilles.
tement en rotation d’une tige passant à travers un presse-étoupe ; L'indication sur cadran est exprimée en centimètres et mètres.
— par le même système, sans presse-étoupe, avec une transmis-
sion rotative magnétique.
Figure 14 – Indicateur à cadran à transmission magnétique
La graduation n’est ni très précise, ni linéaire, mais ce sont des (doc. SART von Rohr)
appareils simples, fiables et bon marché à usage intermédiaire
entre domestique et industriel (le chauffage par exemple, pour les
bacs à combustible).
sur le toit du réservoir ou, par un système de poulie, à hauteur
d’homme. Il existe des appareils pour utilisation sur des réservoirs
2.2.3 Indicateur à transmission par câble sous pression (quelques bars). La précision peut être excellente,
même pour des bacs de grande hauteur (10 à 20 m), mais exige
Ce système est très répandu pour les bacs de stockage. Un flot-
une visée locale.
teur est relié, par un câble passant sur des poulies, à un index qui
se déplace le long d’une échelle graduée (figure 13). La graduation Il existe une version dans laquelle le mouvement du flotteur est
est inversée sur toute la hauteur du bac et est exprimée en unités saisi grâce à une transmission magnétique qui s’opère à travers un
de hauteur ou de contenance. Le flotteur très largement dimen- tube guide (figure 14). La hauteur de contrôle est inférieure à 20 m.
sionné, la rusticité générale plaident pour une bonne fiabilité et
une excellente visibilité à distance.
2.2.5 Indicateur magnétique à palettes
2.2.4 Indicateur à flotteur, ruban et tambour Un flotteur se déplace dans une cuve ou une colonne en acier
inoxydable ou autre matériau non magnétique. Il comporte, à hau-
Il s’agit d’un perfectionnement du système précédent, dans teur de la ligne de flottaison, un aimant en forme de tranche d’ana-
lequel l’extrémité du ruban s’enroule autour d’un tambour muni nas qui retourne au passage une série de petites palettes
d’un ressort interne spiral. L’ultime sophistication conduit aux jau- aimantées mobiles, polarisées, se verrouillant magnétiquement les
geurs approuvés. unes aux autres et disposées en échelle sur toute la hauteur
Dans la version simplifiée qui nous intéresse ici, le ruban ou un contrôlée (figure 15). La face des palettes sous le flotteur est d’une
tambour gradué, mû par une démultiplication, défile devant une couleur, celle des palettes retournées au-dessus, d’une autre. La
fenêtre où se fait la lecture. Le dispositif de lecture peut être logé visibilité est donc très bonne.

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Tube de
verre

Flotteur creux Aimant

Flotteur

Tube de
Cuve Lamelles verre
magnétiques
Position
Aimant
basse
du ludion
Repère
Flotteur
Ludion
décroché

Butée basse
Le flotteur creux contient un aimant qui fait basculer une suite du plongeur
ininterrompue de petites lamelles magnétiques ; celles-ci, blanches
d'un côté et rouges de l'autre, gardent en permanence leur dernière
position grâce à leur comportement bistable.

a coupe générale b cas du ludion décroché


Figure 15 – Indicateur magnétique à palettes (doc. BAMO Mesures)

Figure 16 – Indicateur magnétique à index-ludion.


(doc. KTC Fluid Control)

La résolution est au mieux égale à la hauteur d’une palette, soit


de l’ordre du centimètre. Quant à la précision, elle n’est pas excel-
lente, car plusieurs palettes participent au basculement à la hau- équilibrer le poids de l’index (d’où le nom de ludion ). En réalité, ce
teur du point de mesure. S’ajoute à cette imprécision l’erreur de liquide, non indispensable, peut freiner les déplacements rapides
profondeur d’immersion du flotteur, souvent de type allongé. de l’index. Les aimants actuels des flotteurs sont assez puissants
Ces appareils sont d’un emploi courant sur des hauteurs de quel- pour maintenir un index dans l’air sans liquide support.
ques mètres et pour des pressions parfois élevées, dépassant les Les mouvements vifs du niveau ne provoquent pas de décroche-
100 à 200 bar (400 o C) ; ils présentent l’avantage de ne pas ments, sauf cas extrêmes (coups de bélier, caléfaction de liquide
comporter de presse-étoupe. Le système des palettes est contenu cryogénique, etc.) ; alors l’index est ramené à sa position normale
dans un boîtier étanche, avec une vitre frontale. Pour les implanta- grâce à un petit aimant portatif. Une solution consiste à limiter le
tions hors bâtiment, il faut se méfier des condensations, des péné- débattement du flotteur avec une butée dans la cuve vers le bas,
trations de vapeurs et de gaz corrosifs, de poussières finissant par de telle sorte que l’index accroché se situe en position basse
altérer la mobilité des palettes. L’aimant interne peut, en outre, au-dessus d’un repère ; s’il figure au-dessous, c’est le signe qu’il
attirer des particules magnétiques freinant son mouvement. est décroché (figure 16b ).
Des versions pour montage en sommet de réservoir sont dispo- Le tube de verre peut, pour raison de fragilité, être remplacé par
nibles. un tube de plastique transparent, mais alors le coefficient de glis-
Deux variantes de l’indicateur à palettes existent : sement se trouve réduit et le décrochement est plus probable.
— les palettes sont remplacées par un empilement de billes creu- Cet indicateur magnétique présente à peu près les mêmes per-
ses, contenant chacune un petit aimant assurant leur verrouillage formances que le modèle précédent (§ 2.2.5). Bien qu’il soit moins
mutuel et leur basculement au passage du flotteur ; lisible, certains le préfèrent cependant pour sa simplicité. Il existe,
— un aimant droit dans le flotteur est mis à la place de celui en dans la même gamme de pression et de température, en modèle
forme de tranche d’ananas, avec comme avantages un gain de latéral ou en sommet de réservoir.
masse et une efficacité magnétique plus grande.

2.2.7 Indicateur à transmission électrique


2.2.6 Indicateur magnétique à index-ludion
Le flotteur se déplace autour d’un tube guide qui contient un
Il s’agit d’une variante du type précédent, mais le flotteur chapelet d’interrupteurs à lame souple (ILS) miniaturisés et dont le
entraîne un petit index magnétique qui glisse dans un tube de contact est mémorisé par le passage de l’aimant contenu dans le
verre vertical accolé à la cuve le long d’une règle graduée flotteur. Le coulissement de ce dernier provoque, à distance, l’allu-
(figure 16a ). Le tube est, ou non, rempli d’un liquide censé mage d’une rampe de lampes ou de diodes électroluminescentes.

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Transmetteur Induit
de niveau

Inducteur

Chaîne de résistance
Signal

Contacts scellés
sous gaz de Tube de guidage
protection

Flotteur Aimant annulaire

Flotteur

Figure 18 – Indicateur à flotteur par transformateur différentiel


(doc. Mobrey)

Le plongeur plein, réalisable en tous matériaux, comme les


autres parties en contact, ne pose pratiquement pas de problème
Figure 17 – Indicateur à transmission électrique par interrupteurs tant pour la corrosion que pour la pression admissible. La trans-
à lame souple (doc. Kubler) mission de l’information s’effectue généralement sans l’aide d’un
presse-étoupe, de manière à éliminer l’influence perturbatrice de la
pression statique.
Dans une majorité de cas, le plongeur est un simple cylindre
Cet indicateur possède une très bonne lisibilité, limitée en métallique. On peut cependant signaler l’emploi, sur de grandes
précision par le pas des ILS. Il y a autant de fils que de couples hauteurs, d’une chaîne ou d’un câble qui en font office.
ILS-lampe. Les plongeurs harmoniques compensent, dans une cuve cali-
Une variante intéressante consiste en une chaîne de résistances brée, les minimes erreurs de section en modulant leur diamètre.
électriques commandées chacune par un interrupteur ILS minia- Ainsi, chaque section de la cuve devient rigoureusement constante
ture (figure 17). Le signal pseudo-analogique équivaut à celui d’un sur toute la hauteur. Associé à une mesure fine de la poussée, le
potentiomètre classique. dispositif a alors une résolution de 10– 3 et transforme la mesure du
niveau en mesure de débit massique lors du remplissage ou du
Une autre variante comprend l’emploi d’un transformateur diffé- vidage de la cuve, même pour de très faibles débits (quelques
rentiel (figure 18). cm3/h).
La précision du système n’est pas indifférente à l’encrassement
local ou réparti du plongeur.
2.3 Transmetteurs à plongeur
Le plongeur tend de lui-même à couler, mais on prévient cette 2.3.1 Transmetteur à ressort et transformateur
immersion par un équilibrage et l’on mesure la variation de poids différentiel
apparent en fonction de l’immersion plus ou moins grande.
Le plongeur est suspendu par un ressort. Ce dernier est le plus
La poussée d’Archimède s’exerçant sur un plongeur vertical,
affaissé quand le plongeur est totalement émergé, et au contraire
dont la longueur est au moins égale à la dénivellation à mesurer,
se trouve détendu quand, le liquide ayant atteint le haut, la pous-
est transformée en un signal analogique fonction de la hauteur
sée est maximale. Le noyau du transformateur différentiel se
manométrique et non de la hauteur vraie.
déplace d’une manière continue avec la montée du liquide, selon
Si la section horizontale du plongeur est constante et la densité une course définie par la raideur du ressort. On recueille aux
du liquide homogène sur toute la hauteur, la relation signal de sor- bornes du transformateur différentiel le signal recherché qui peut
tie/hauteur est linéaire. être mis au standard 4-20 mA.

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2.3.2 Transmetteur à ressort et transmission


magnétique
C’est un système voisin du dispositif précédent. Le noyau du
transformateur est remplacé par une masse aimantée couplée, à Piston magnétique
travers le tube de guidage, à une autre masse aimantée entraînant
un mécanisme analogique à sortie électronique ou pneumatique. Mécanisme

Il existe des versions uniquement indicateur local avec aiguille et Boîtier


cadran. Adapteur

2.3.3 Transmetteur à tube de flexion ou de torsion


Flotteur
La différence minimum-maximum de poussée s’applique sur le
support du plongeur dont la forme et la section sont calculées de Cuve
telle sorte que la mesure de sa déformation soit appréciable : sys-
tèmes buse-palette, jauges de contrainte, autres dispositifs de
mesure à microdéplacement, etc. L’appareil délivre un signal pneu-
matique ou électronique.
Figure 19 – Détecteur à flotteur et tige
L’ensemble est pratiquement statique et robuste et se trouve à la
base de la plupart des boucles de mesure ou de régulation de
niveau.
pour les éloigner des milieux chauds et froids. On utilise des
Ces instruments classiques présentent typiquement une étendue extensions :
de mesure de quelques mètres de hauteur, une pression maximale — pour le froid, les liquides cryogéniques, etc., on emploie une
admissible de 200 à 300 bar, une température maximale de 200 à extension lisse, car il se forme dans le doigt de gant une poche de
300 oC, une précision annoncée de 0,5 % pleine échelle. gaz isolante ;
— pour le chaud et notamment la vapeur, le problème est en par-
tie résolu par l’emploi d’une extension à ailettes, destinée à dissiper
la chaleur ; mais ce but n’est que partiellement atteint, car les gaz
2.4 Détecteurs de niveau se refroidissent et tombent ; il y a convection et renouvellement per-
manent de chaleur. Avec la vapeur, le problème est encore plus
La plupart des appareils décrits dans les paragraphes 2.2 et 2.3 aigu, par suite de la condensation en continu en cas d’excellent
sont capables de recevoir des contacts de seuil complémen- transfert ; des constructeurs ont pensé résoudre le problème en
tairement à leur fonction de base. Nous allons examiner des maté- retournant l’appareil et en orientant le doigt de gant vers le bas :
riels dédiés à la détection des niveaux, parmi les plus répandus. le problème de la chaleur est ainsi résolu, mais pas celui du dépôt
de particules, notamment magnétiques, dans ce cul-de-sac.
Certains constructeurs offrent des mécanismes à sortie pneuma-
2.4.1 Mécanismes électriques tique ou à fibre optique.
Les mécanismes électriques utilisés comportent des ampoules
au mercure, des microcontacts ou des ILS, à moins qu’ils ne soient
de conception propre au fabricant. On rencontre de plus en plus
2.4.2 Détecteur à flotteur, tige et doigt de gant
souvent le microcontact sous azote avec boîtier en acier inoxyda-
Dans un tube vertical fermé (doigt de gant), fixé sur une bride ou
ble, considéré comme très fiable, notamment dans les atmosphè-
un manchon, coulisse une masse magnétique (piston ), reliée au
res agressives. L’ILS a une réputation de fragilité en cas de pouvoir
flotteur par une tige rigide, qui fait fonctionner au passage un
de coupure élevé requis en courant continu. Le contact au mercure
mécanisme électrique ou pneumatique fixé à l’extérieur du tube
conserve ses partisans ; il est robuste, mais pose le problème de la
dans le boîtier de protection (figure 19).
tenue des fils souples en cas d’atmosphères corrosives et chaudes.
Il existe des microcontacts pour toutes les applications : tropi- Le dispositif, sans presse-étoupe, résiste bien à la pression et à
calisés, étanches, à faible écart, à contact or (sécurité intrinsèque), la température, et sa fiabilité convient aux exploitants. Les maté-
etc. riaux en contact peuvent être sélectionnés dans une large gamme.
Les mécanismes électriques, généralement inverseurs, fonction- Un point toutefois mérite attention : la masse magnétique interne,
nent par tout ou rien. Aussi les instrumentistes placent-ils la boucle non nécessairement aimantée, mais qui doit comporter un alliage
en fonctionnement normal sous tension, de telle sorte que le ferritique, exclut donc l’acier inoxydable. Si les conditions de cor-
défaut se déclare par manque de tension. Alors, une rupture acci- rosion dans le doigt de gant impliquent une protection particulière,
dentelle de boucle s’annonce comme une alarme et avertit les la masse magnétique doit être entièrement gainée de matériau
exploitants, contrairement à une boucle ouverte en fonctionne- adéquat.
ment normal. Une intervention sur place permet de faire la discri- Un seul appareil peut surveiller plusieurs niveaux. Les méca-
mination entre les deux natures de défaut. Cependant, devant la nismes à ILS en permettent le contrôle d’un nombre important
généralisation des systèmes d’exploitation 4-20 mA à deux fils, on (40 par exemple), avec un pas de l’ordre de 10 à 20 mm. Les méca-
constate une demande croissante en faveur de mécanismes tout nismes plus classiques en tolèrent une demi-douzaine, espacés de
ou peu, qui travaillent à 4 (état 0) ou à 20 mA (état 1) et assurent quelque 4 à 5 cm. La plage contrôlée en hauteur par un seul flot-
la différence entre la rupture accidentelle de boucle et le défaut teur est d’une cinquantaine de centimètres, mais il existe des sys-
contrôlé. tèmes à deux flotteurs, dits tandems (figure 20), agissant sur des
Les mécanismes sont protégés par un boîtier présentant toutes dénivellations séparées de plusieurs mètres.
natures de protection. Ils ne peuvent fonctionner correctement que En jouant sur la longueur du piston magnétique et sur la position
dans des conditions de température définies par le fournisseur des des butées internes, on peut régler le système de manière que le
composants. Il s’ensuit que des précautions doivent être prises mécanisme ne soit pas actionné par le simple passage du piston,

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2.4.4 Détecteur à tige articulée


Piston magnétique du flotteur inférieur Le flotteur est supporté par un système ou une tige articulée
(figure 21) comportant un aimant encapuchonné agissant magné-
tiquement à travers une paroi sur un aimant en opposition action-
Piston magnétique du flotteur supérieur nant un contact électrique. Habituellement, la bride est en
disposition latérale, sans qu’il s’agisse d’une obligation. Des mon-
tages au sommet de la cuve sont employés. Ce système, fiable,
ne contrôle en général qu’un seul niveau à la fois. Il est difficile à
isoler en service, à moins de le disposer dans une cuve.
Il existe des versions pneumatiques, antidéflagrantes, etc.
Flotteur supérieur
Une variante du système à tige (§ 2.4.2) existe, qui combine les
deux dispositions et possède l’avantage de pouvoir équilibrer le
flotteur par un contrepoids.

Flotteur inférieur
2.4.5 Détecteur à tube de flexion
Il s’agit d’un montage essentiellement sur bride latérale, dans
Figure 20 – Détecteur à flotteurs dit tandem (doc. Mobrey) lequel le flotteur est supporté par un tube métallique de flexion, en
l’occurrence un tube métallique ayant subi un aplatissement local
(figure 22). Le déplacement sous l’effet de la poussée n’est que de
quelques dixièmes de millimètre, ce qui est suffisant pour agir sur
mais reste verrouillé en position haute ou basse, assurant ainsi une un microcontact ou un mécanisme pneumatique placé en boîtier
sécurité positive. Quelques modèles n’excitent le mécanisme qu’au étanche, antidéflagrant, etc.
passage ; c’est une solution facile, mais dangereuse. Si le piston
est un aimant orienté verticalement, il peut aussi agir sur des ILS L’intérêt de cette conception est de ne comporter aucun jeu,
à mémoire, ou d’autres types de mécanismes qui conservent ainsi aucune cavité où pourraient s’accumuler des dépôts susceptibles
la position relative du flotteur, suivant les règles de sécurité. Les de gêner le fonctionnement. Pour cette raison, ne présentant pas
réglages des hauteurs contrôlées sont assez ardus et s’effectuent de risques de contamination par rétention de germes, ce système
généralement en atelier. peut être conseillé dans les industries pharmaceutiques ou alimen-
taires et également dans les milieux visqueux et salissants. Peu
Ces appareils existent en de nombreuses présentations, notam- sensible aux dépôts, le tube de flexion n’accepte cependant pas la
ment en sommet et en cuve, pour des pressions jusqu’à 150 bar et formation d’une gangue dure.
des températures jusqu’à 400 oC.
Cet appareil n’est pas équilibré dynamiquement ; certaines fré-
quences mécaniques peuvent induire des résonances et provoquer
la rupture par écrouissage du tube, mais il s’agit d’un accident
2.4.3 Détecteur à flotteur coulissant
exceptionnel. Le tube de flexion peut présenter en pneumatique,
sur un tube guide avec un flotteur de forme adéquate, une légère bande proportion-
nelle, rarement réglable, qui le rend apte à une régulation élémen-
L’aimant polarisé verticalement agit sur les ILS à mémoire intro- taire. Il existe en présentation cuve.
duits à diverses hauteurs dans le tube guide, usuellement en acier
inoxydable, dont la longueur peut atteindre quelques mètres. Plu-
sieurs niveaux peuvent ainsi être contrôlés, dont le nombre est
limité par l’encombrement dans le tube. 2.4.6 Détecteur à poire
Les réglages deviennent assez difficiles. Pour cette raison, les Une version du tube de flexion se retrouve avec un flotteur, ou
niveaux contrôlables sont espacés au minimum de quelques centi- poire, en plastique ou en élastomère, relié par un câble souple à un
mètres. Par contre, ils peuvent être implantés sur toute la hauteur support immergé. La poire contient une ampoule au mercure. Si le
du tube guide, ce qui constitue un avantage certain du dispositif. liquide est bas, la poire pend et le courant passe dans l’ampoule
L’implantation naturelle du détecteur est sur une tubulure en verticale. Quand le liquide monte, il fait basculer la poire horizon-
sommet de réservoir, mais rien n’empêche de le placer dans une talement, et le courant est alors interrompu. C’est un système très
cuve latérale isolable. simple.

Figure 21 – Détecteurs à tige articulée : différents montages

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Contacteurs

L2
L1

a schéma du détecteur L2
L1
A
Zone du
tube aplati

Âme métallique A
rectangulaire
Coupe A-A

b détail du tube de flexion L1, L2 plages d'affaissement du ressort quand les plongeurs sont
hors du liquide
La zone aplatie constitue le point de fléchissement sous
la poussée du flotteur.
Figure 23 – Détecteur à plongeurs et ressort d’équilibrage :
principe de fonctionnement (doc. Mobrey)
Figure 22 – Détecteur à tube de flexion (doc. KTC Fluid Control)

Cette solution assez peu précise suffit et se trouve employée, par


exemple, dans les bassins de traitement des eaux à pression
atmosphérique. Les contacts au mercure autorisent des courants
jusqu’à une vingtaine d’ampères et donc le fonctionnement direct
de certains auxiliaires, comme les pompes. De véritables arbres
peuvent ainsi être constitués pour assurer le contrôle à divers
niveaux.

2.4.7 Détecteur à plongeur et déplacement


Lorsque les pressions sont trop élevées, ou les densités trop fai-
bles pour utiliser des flotteurs, il est possible d’employer des mas-
ses qui reçoivent la poussée d’Archimède et que l’on équilibre, par
exemple, par un ressort. Il s’agit d’une variante de la solution pré-
sentée au paragraphe 2.3.1 dédiée à la simple détection des
niveaux. La figure 23 montre le principe de fonctionnement, accep-
tant jusqu’à quatre masses. Chaque immersion de masse par le
liquide montant se traduit par une levée de l’équipage mobile, uti-
lisé pour actionner magnétiquement un mécanisme, comme au
paragraphe 2.4.2. À chaque masse correspond un niveau contrôlé.
Figure 24 – Détecteur haute pression (de 110 à 700 bar)
Une disposition spéciale offre la possibilité d’opérer avec un seul
avec fermeture par joint à culasse (doc. KTC Fluid Control)
mécanisme, entre deux niveaux haut et bas en cycle carré, donc de
commander directement une pompe.
Les masses sont en métal ou, assez souvent, en porcelaine. Elles
présentent parfois un toit conique, pour éviter les risques de sédi- 2.4.8 Détecteur à plongeur équilibré
mentation.
Les systèmes précédents conviennent rarement quand coexis-
L’intérêt de ce système est la possibilité de remplacer, sous le
tent haute pression et haute température. Il reste une solution
ressort, grâce à un accouplement, la tige rigide par un câble, sur
assez chère, qui résout ce double problème. La masse de mesure
lequel les masses sont bloquées par une vis transversale. Dans ce
est équilibrée par un contrepoids, les deux étant suspendus à un
cas, la longueur du câble peut atteindre plusieurs dizaines de
fléau. La résultante de la poussée sur la masse est appliquée sur
mètres, bien que l’appareil reste de transport et de montage
un système à tige.
faciles.
Certaines variantes peuvent fonctionner jusqu’à 700 bar et à des
températures qui n’altèrent pas les propriétés élastiques du ressort
(figure 24). Si le ressort ne convient pas pour des raisons de tem- 2.5 Jaugeurs à flotteur asservi
pérature ou de corrosion, il existe encore une solution plus sophis-
tiquée avec équilibrage du plongeur par un contrepoids interne, les Il s’agit d’une mesure, généralement assortie d’une télétrans-
deux étant placés sur une sorte de fléau de balance. Mais cette mission, variante sophistiquée du dispositif à flotteur, ruban et
solution, très fiable jusqu’à plusieurs centaines de bars, se révèle tambour (§ 2.2.4). C’est la version qui conduit aux jauges approu-
onéreuse. vées par les DRIR, directions régionales de l’industrie et de la

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recherche, sections matériel et mesures de précision, seules auto- dérable. La mesure de densité obtenue par une différence de pres-
risées pour les transactions commerciales et pour l’assiette des sion hydrostatique induit une erreur de 0,03 %. L’équipement d’un
impôts. Le volume d’hydrocarbure stocké tient compte des divers réservoir conduit donc à un système précis et sophistiqué aux limi-
paramètres tels que le barémage du réservoir introduit dans un tes des technologies actuelles, donnant sensiblement mieux que le
calculateur tenant compte de sa déformation sous charge, de la pour-mille sur la masse mesurée sur un long terme.
hauteur du « pied d’eau » et des sédiments, de la pression statique Les divers réservoirs concernés sont le plus souvent de forme
régnant dans le gaz au-dessus du liquide, de la densité, de la tem- cylindrique à axe vertical, mais les sphères ne sont pas rares pour
pérature moyenne. La précision dépasse de loin le millimètre sur le stockage des gaz liquéfiés. Une variante connue est constituée
des hauteurs de près de 50 m. La France possède ainsi un parc par les réservoirs à toit flottant, toit dans lequel on ménage un
important de réservoirs et de dépôts répartis sur tout le territoire puits de mesure où le niveau de produit est supposé refléter celui
faisant l’objet de transactions commerciales soumises à ces stricts du réservoir.
règlements. Les divers appareils contribuant à calculer la valeur
des transactions sont surveillés constamment comme les opéra-
tions de barémage et d’étalonnage. En effet, le niveau est corrigé
par la mesure de la température, de la densité moyenne, de la 2.6 Régulateurs de niveau à action directe
pression statique, au barémage, l’ensemble des capteurs étant
associé à des systèmes de transmission de signaux numériques La force d’un flotteur peut être assez puissante pour actionner
très fiables. Pour remplir leur emploi, chaque ensemble de mesure une vanne de contrôle, comme dans une chasse d’eau ou un pur-
doit subir un étalonnage mensuel, notamment avec des jauges geur à flotteur.
manuelles à ruban (agréées) qui s’avèrent en fin de compte le seul
Des systèmes existent, assurant une régulation simple, mais
étalon légal stable.
quelquefois suffisante. Ainsi, des vannes papillon peuvent être
Ces jauges possèdent donc la faculté de mesurer le « pied munies d’un gros flotteur qui agit directement sur l’axe. D’autres
d’eau » dans les réservoirs, c’est-à-dire à l’interface de l’eau en sus- modèles de vannes sont aussi utilisés.
pension amenée par les transporteurs (navires pétroliers par exem-
Les régulations obtenues, en dehors de la caractéristique de
ple) finissant par s’accumuler par décantation. Le niveau de
vanne qui peut être choisie au départ, présentent le comportement
sédimentation peut également être mesuré. Le flotteur est amené
d’une action proportionnelle pure, à gain parfois réglable par ajus-
par programmation au niveau de chaque interface.
tement de la longueur du bras de levier. Elles produisent une
Naturellement, il existe des versions moins complexes, utilisées erreur de statisme importante sur le niveau en fonction du débit,
concurremment avec les jauges radar qui n’offrent pas les mêmes allant de vanne fermée (flotteur en butée haute) à vanne grande
possibilités et ne sont pas approuvées pour les transactions ouverte (flotteur en butée basse) ; comme toutes les régulations
commerciales en France. proportionnelles, elles sont sensibles au pompage.
Saillantes au sommet des hauts réservoirs, les jauges sont expo-
sées à la foudre et doivent être particulièrement bien protégées.
Les principales différences entre les jauges à flotteur asservi et
les systèmes câble-tambour purement mécaniques portent sur les 3. Systèmes de contrôle
points suivants :
— la transmission du mouvement de rotation du tambour calibré par mesure de la pression
s’effectue par un entraînement magnétique puissant, sans presse-
étoupe ; La mesure des niveaux par le moyen de capteurs de pression
— le système réalise un asservissement par mesure continue de relative ou différentielle est une mesure manométrique ou hydro-
la force de traction sur le câble qui est maintenue constante, de statique et, par conséquent, ne délivre pas la hauteur « vraie » (voir
sorte que la profondeur d’immersion du flotteur reste elle-même article [R 2 010]). Elle ne concerne pas la capacité volumique des
constante ; contenants, mais la capacité massique. Les grandeurs à utiliser
— le flotteur ou palpeur est extraplat pour minimiser l’influence sont la pression ou, à la rigueur, la hauteur de colonne d’un liquide
des variations de densité ; spécifié (par exemple, le millimètre de colonne d’eau).
— la température est mesurée par un ensemble de prises multi-
points, une vingtaine de mesures équitablement réparties sur la La description technologique des appareils de mesure de pres-
hauteur ; sion se trouve dans les articles Pressions usuelles dans les
— la densité est appréciée par une mesure différentielle de hau- fluides [R 2 040], [R 2 042] et [R 2 043] ; nous n’insisterons que sur
teur hydrostatique avec deux capteurs de mesure de pression de les aspects concernant la mesure des niveaux, et sur les appareils
grande précision immergés dans le produit entre deux hauteurs éventuellement dédiés au contrôle de cette grandeur.
définies. Un troisième appareil situé au-dessus du liquide apporte Si la mesure s’effectue sur des réservoirs à l’air libre, un capteur
la correction éventuelle de variation de pression statique (réservoir de pression simple, situé en partie basse, suffit.
de gaz liquéfié sous pression par exemple) ; Si le réservoir se trouve sous pression variable, une compen-
— le barémage du réservoir s’effectue à vide avec des distance- sation de pression est indispensable. La prise inférieure se trouve
mètres laser qui viennent confirmer la géométrie interne ; la défor- en bas du réservoir, l’autre dans la phase gazeuse, au-dessus du
mation sous charge est appréciée par le calcul et vérifiée également plus haut niveau (figure 25).
par des mesures laser (externes cette fois !). Il est toujours possible
de contrôler ce barémage en comparant les variations de niveau Cependant, la fiabilité de la mesure reste liée à la qualité des pri-
avec les flux de produits entrants ou sortants avec des mesureurs ses, dont l’une, implantée dans la zone basse du réservoir, subit le
de débit adéquats et approuvés ; risque de présence de dépôts, de boues, de décantats, etc. La prise
— les diverses informations du niveau, de la température, de la supérieure n’est d’ailleurs pas à l’abri d’obstructions par des
densité sont codées en numérique pour conserver la précision. Le cristallisations, des condensations, des figeages, etc. Diverses solu-
millimètre sur des réservoirs de 100 m de diamètre introduit déjà tions sont apportées pour éviter l’emploi de connexions de petit
une erreur absolue substantielle. Le flotteur répond à une variation diamètre, qui tendent à se boucher ; citons :
de niveau de l’ordre de 0,1 mm. Les mesures de température sont — les capteurs à membrane affleurante (§ 3.2.5) ;
effectuées avec une incertitude de l’ordre de 0,1 oC par les cannes — les capteurs à extension (§ 3.2.6) ;
verticales multipoints. Une incertitude de 1 oC introduit en effet une — les insufflations de gaz (§ 3.3) ;
erreur sur la masse volumique supérieure au millième, déjà consi- — les instillations de liquides (§ 3.4).

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3.2 Appareils à membrane


Séparateur à membrane
Les capteurs comportant une membrane sont intéressants car ils
PH présentent une très bonne sensibilité et une très bonne précision.
Niveau Il existe des membranes minces (quelques dixièmes de millimètre)
maximum
qui ne résistent aux surpressions éventuelles qu’à condition de
venir s’appuyer sur le plateau sans déformation dépassant les
Transmetteur limites élastiques du matériau constitutif. Un limiteur de pression,
de pression Colonne sorte de clapet solidaire de la membrane, placé avant le capillaire
différentielle humide
dans un liquide intermédiaire, peut jouer le même rôle de protec-
Niveau tion, en bloquant la circulation de ce dernier. Les membranes et
minimum
capteurs existent dans à peu près toutes les natures de matériaux,
PB dans une grande variété de diamètres et de technologies. La
figure 26 illustre le principe des cellules à jauges de contrainte ou
PH
piézorésistives, technique très répandue.
Séparateur à membrane Dans les appareils dédiés à la mesure de niveau, pour éviter
l’ennui de connexions sensibles au salissement, la disposition peut
PB pression basse être telle que la membrane vient affleurer la paroi interne du réser-
PH pression haute voir, ou presque. Ces capteurs sont appelés à membrane affleu-
rante (voir figure 28).
Dans une autre version, la membrane est déportée à l’extrémité
Figure 25 – Montage d’un transmetteur de pression différentielle d’une extension pénétrant dans une tubulure de longueur adé-
avec des séparateurs à membrane (doc. Foxboro) quate pour réaliser de nouveau l’affleurement.
Il existe trois montages de base :
— membrane affleurant la paroi verticale ;
Le deuxième problème lié à l’emploi des prises réside dans
l’exacte connaissance de la densité et du niveau du fluide dans les — membrane en disposition fond du réservoir ;
connexions de liaisons. Pour que la mesure soit juste, il est indis- — membrane orientée vers le haut dans des capteurs immergea-
pensable de connaître cette densité, afin d’effectuer une éventuelle bles.
correction. Pour que la mesure soit fidèle, la densité ne doit pas Le montage vertical ne prête guère à critique, si ce n’est qu’il
évoluer dans le temps. Ce sont des conditions parfois difficiles à n’est pas isolable facilement, sinon par une vanne à passage direct,
dominer. Quant au niveau du fluide, il peut évoluer par conden- du diamètre de la membrane, qui ménage un cul-de-sac peu sou-
sation ou dissolution de la poche de gaz dans le fluide. Il faut haitable.
s’arranger par construction pour le maintenir constant si l’on veut Le montage en fond n’est pas recommandable, sinon avec les
conserver la précision. liquides pour lesquels existe la certitude qu’ils ne déposent pas.
Le troisième problème consiste à disposer les prises de pression La solution d’un capteur immergeable est séduisante, la mem-
à une place où le liquide ne risque pas, par son mouvement, brane constituant l’extrémité d’une sonde, où le capteur en entier
d’induire des variations de pression dynamique susceptibles d’être est plongé au bout d’un câble ou d’un tube. Dans ce cas, l’orienta-
perçues par le capteur. Pour cette raison, il est préférable d’éviter tion de la membrane est la plus satisfaisante pour éviter la sédi-
les implantations sur les tubulures de service du réservoir. mentation, et de plus le capteur peut être extrait facilement sans
En fait, le contrôle de niveau par la mesure de pression couvre avoir à vider le contenu de la cuve. En outre, il n’existe pas de
de nombreuses technologies, à commencer par le simple mano- point faible dans la structure basse du réservoir risquant de laisser
mètre placé en bas de réservoir, protégé éventuellement par un fuir le produit. Enfin, de très grandes profondeurs sont accessibles
séparateur, jusqu’au transmetteur de pression différentielle très sans problème à travers un tubage éventuellement étroit (stocka-
élaboré, capteur intelligent de chaîne d’instrumentation aux proto- ges souterrains, puits, nappes d’eau, mer, etc.).
coles de communication évolués. Les capteurs immergeables sont devenus très populaires, dans
la mesure où il existe des exécutions à peu près dans toutes les
matières de corps, de membrane et de câble susceptibles de résis-
3.1 Mesure de la pression relative ter à la corrosion du milieu. Tous les grands spécialistes du niveau,
ainsi que la plupart des nombreux fournisseurs de la mesure de
en bas de réservoir pression, sont capables de présenter une version de ce type.
Un simple manomètre, placé en partie basse d’un bac, peut faire Les meilleures technologies piézo-électriques ou à base de
l’affaire, comme tout appareil d’indication, de détection, de trans- jauges de contrainte, les plus usuelles, permettent des précisions
mission, de régulation de pression relative. de l’ordre du pour-mille. Les capteurs pour la mesure de la masse
volumique accompagnant les jauges approuvées donnent par
Une précaution élémentaire, pour éviter les sédimentations, exemple une incertitude de mesure de 0,03 % (§ 2.5), voire 0,01 %.
consiste à orienter la cavité que ces appareils peuvent comporter
vers le haut, bien que cela conduise à emprisonner, au moins dans
la phase de démarrage, une petite colonne de gaz qui, sur de fai- 3.2.1 Indicateur/détecteur de niveau
bles échelles, peut fausser la mesure, même si elle se résorbe dans à très large membrane
le temps par dissolution du gaz dans le liquide.
Une vanne à passage direct peut isoler l’appareil pour interven- La transmission de la pression manométrique s’effectue grâce à
tion en service, et la disposition est choisie, grâce à des bouchons, un capillaire, l’ensemble étant rempli d’un fluide inerte reliant le
de manière à faciliter le nettoyage de la connexion (mais il faut capteur à un cadran indicateur et/ou aux seuils d’alarme située à
alors vider le réservoir). distance ; le système est appelé par son constructeur jauge de
Un clapet de sécurité peut être placé sur la ligne, pour éviter des niveau autonome (figure 27).
fuites du produit à travers l’appareil de mesure si l’élément sensi- Les montages latéral, fond ou immergeable sont disponibles. La
ble est détruit. capsule est de diamètre 100 à 250 mm ; la membrane est en

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Circuit deux fils Tube capillaire vers indicateur


(transmetteur, contacteur étanche, contacteur antidéflagrant)

Extracteur de racine carrée

Amplificateur
Convertisseur Tube de protection
tension-courant en cas de boues

Mise à l'échelle Niveau Clapet


Niveau maximal
maximal antiretour
de boues
de boues
Membrane
Traversée étanche
Corps d'épreuve Montage 2
(convertit la pression en
déformation de la partie Montage 1
Jauges de contrainte où sont collées
les jauges)
Membrane
PH PB
Membrane
Poussoir de membrane Figure 27 – Jauge de niveau autonome à membrane
Fluide de remplissage (doc. KDG-Houdec-Mobrey)

3.2.2 Séparateur indépendant


a mesure de pression différentielle
Le séparateur peut être adapté sur tous les appareils de mesure
de pression relative ou différentielle, avec pour but de protéger les
Circuit deux fils éléments sensibles de ces instruments contre la corrosion ou
l’immixtion de matières salissantes par le milieu contrôlé.
L’espace entre la membrane séparatrice et l’élément sensible est
Amplificateur rempli, à la fabrication, par un liquide incompressible, les deux
Convertisseur
tension-courant composants étant solidaires ou reliés par un capillaire.
Les séparateurs peuvent être à membrane soudée ou pincée
entre deux brides. Dans ce dernier cas, deux variantes existent :
Mise à l'échelle — un anneau intermédiaire permet le démontage de la capsule
sans perte du liquide de remplissage ;
— cet anneau est absent et le démontage s’accompagne de la
perte du liquide, solution à rejeter évidemment.
Jauges de contrainte
Traversée étanche Le remplissage en liquide est réalisé avec beaucoup de soin pour
éliminer les bulles de gaz, non que celles-ci puissent altérer la
transmission de la pression mais, en se contractant, elles risquent
d’entraîner une déformation excessive de la membrane. Le vide
Corps d'épreuve
(convertit la pression
peut être avantageusement utilisé pour parfaire le remplissage ;
en déformation de c’est typiquement une opération à réaliser en atelier.
la partie où sont Avec le capillaire, il est indispensable de tenir compte de la hau-
collées les jauges)
teur du liquide de remplissage existant entre la capsule et le
P récepteur ; la colonne introduit une erreur systématique à prendre
en charge pour le décalage du zéro de la mesure.
b mesure de pression relative En outre, les variations de température, importantes par suite du
coefficient de dilatation plus grand du liquide de remplissage, peu-
PB pression basse
vent également induire un décalage de zéro d’échelle, dont il faut
PH pression haute évidemment tenir compte.
P pression
Des versions à membrane affleurante (ou presque) existent,
d’autres sont construites avec des matériaux stérilisables pour
Figure 26 – Cellules de mesure de pression à jauges de contrainte emploi dans les industries alimentaires. Une arrivée de vapeur de
(doc. Yokogawa Contrôle Bailey) stérilisation juste avant la membrane est d’ailleurs possible.
Des limiteurs de pression ou amortisseurs de pulsations sont
disponibles.
argent, laiton, acier inoxydable, PTFE, etc. Les hauteurs manomé- L’intérêt des séparateurs à membrane indépendants est leur
triques mesurables vont jusqu’à une trentaine de mètres. La grande souplesse d’adaptation aux problèmes (voir figure 25). Les
mesure est relative, sans compensation possible de la pression capteurs à membrane incorporée n’offrent, par leur construction
au-dessus du liquide. La précision est de l’ordre de 1 %. La hauteur en grande ou moyenne série, qu’une panoplie restreinte de maté-
mesurable est de quelques mètres à 60 m, selon les modèles. riaux. Les séparateurs réalisés en petite série, voire à l’unité,

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répondent à toutes sortes d’applications avec une variété de natu-


res de membrane : métaux, plastiques, élastomères, métaux
enduits, etc. On les trouve pour montage latéral, en fond ou som- Cellule de mesure de la pression différentielle à membranes
met, le plus souvent sur une tubulure ou sur un bossage soudé. Ils
n’altèrent la précision des capteurs sur lesquels ils sont montés
que d’une valeur correspondant à l’effort de déformation de la
membrane. Comme celle-ci est, par définition, très souple, et que
la déformation est faible, cette erreur est peu perceptible, sauf pour
les très faibles échelles (quelques millimètres de colonne d’eau,
soit quelques dizaines de pascals). Bride de protection
pression basse
Il existe des séparateurs à membrane annulaire, à insérer entre
brides. Capillaire Connexion basse
pression

3.2.3 Transmetteur de pression différentielle


Les transmetteurs de pression différentielle sont des instruments Bride en L
Bride côté
très employés par les spécialistes, notamment pour la mesure de procédé
débit par élément déprimogène. Les mêmes, voire adaptés à la
mesure des niveaux en utilisant une partie importante des
composants, offrent ainsi un avantage appréciable du point de vue
de la maintenance et sont susceptibles de mesurer de faibles dif-
férences de pression (depuis quelques centaines de millimètres
d’eau) sous une pression statique élevée (100 bar et plus). Ils Membrane affleurante
conviennent tout à fait pour la mesure des niveaux en appliquant sur le réservoir
sur la face basse pression de la cellule de mesure, la contre-pres-
sion gisant au-dessus du liquide. En outre, faisant partie des
éléments standards des grands systèmes d’instrumentation numé-
rique, ils communiquent avec tous les protocoles de signaux Figure 28 – Transmetteur de pression à membrane affleurante
usuels, le 4-20 mA bien sûr, mais aussi avec les Hart, Modbus, et compensation de pression
Fieldbus, Profibus. Ils existent en une variété de configurations,
éventuellement dédiées à la mesure des niveaux : bride affleu-
rante, bride affleurante en extension, etc.
de la paroi interne du réservoir. La longueur du piétement doit être
ajustée en conséquence. Si l’élément sensible est de petit diamè-
3.2.4 Transmetteur de pression relative tre, il est logé en bout du tube (jauges de contrainte, par exemple).
Dans d’autres versions, un séparateur à membrane est incorporé,
Ce sont, pour la plupart, des appareils standards. Ils existent en placé au bout de l’extension et relié par un capillaire à un capteur
une multitude de technologies. Sans entrer dans les détails, signa- de pression relative classique ou à une demi-cellule différentielle.
lons que quelques-uns comportent une cellule en forme de cavité, Le risque est l’introduction de matières incrustantes entre le
qui ne peut convenir que pour des fluides propres. D’autres se vis- capteur et la tubulure, qui peuvent bloquer le démontage. Une
sent sur des bossages. Il est possible de trouver des exécutions étanchéité peut prévenir, en bout d’extension, l’infiltration du
convenant pour la plupart des applications et, s’il est besoin, milieu, avec un joint annulaire plastique ou avec un serrage métal
l’adjonction d’un séparateur à membrane apporte la réponse aux sur métal. Mais, dans ce dernier cas, certains instruments deman-
problèmes de salissures. dent un réétalonnage in situ pour tenir compte de la contrainte
mécanique entraînée par ce serrage : c’est à vérifier.

3.2.5 Transmetteur de pression relative Les caractéristiques typiques sont les suivantes :
à membrane affleurante — surcharge : jusqu’à 50 bar ;
— échelle : quelques millibars à plusieurs bars ;
C’est une version spécialisée des transmetteurs évoqués ci-avant — membrane : acier inoxydable 316, Hastelloy C, tantale, PTFE
(§ 3.2.4). La dimension de la membrane va de quelques millimètres (Teflon), etc. ;
à 15 cm. — corps : acier inoxydable 316, Hastelloy C, acier au carbone,
Ils existent en diverses technologies, offrant probablement le etc. ;
plus grand choix en performances et caractéristiques, en fournis- — température maximale : 100 oC ;
sant un signal analogique standard ou non, et avec diverses quali- — précision : 0,25 % de l’étendue étalonnée ; cette précision peut
tés de membrane. Quelques-uns, typiquement dédiés au contrôle être dégradée par divers facteurs perturbateurs : température, pres-
des niveaux, comportent la possibilité de compenser la variation sion statique, vibrations, etc. ;
de pression dans la phase gazeuse par une prise auxiliaire — sortie : signal électrique ou pneumatique.
(figure 28).
Des versions avec membrane en céramique (Al 2O3) méritent D’une manière générale, les capteurs à membrane sont bien
d’être citées. adaptés à la mesure des niveaux hydrostatiques. On peut les mon-
ter à l’extrémité d’une tubulure munie d’une vanne à passage
direct, à boule, si cette disposition n’entrave pas les propriétés
antisalissantes (fin revêtement de Teflon sur la membrane).
3.2.6 Transmetteur de pression relative
à extension Un modèle intéressant existe (figure 29) : un transmetteur à
extension équipant une vanne à boule elle-même affleurante. Dans
Il s’agit d’une transformation technologique des modèles précé- ce cas, on trouve le double avantage : affleurement et démontage
dents (§ 3.2.5), qui reporte l’extrémité de la membrane au niveau en service.

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transmetteurs de pression différentielle classiques pourraient être


traités ainsi.
Cependant, de nombreux appareils à membrane sont conçus
pour cette application, par exemple pour le niveau dans les puits,
dans les nappes d’eau, dans les mers, à des profondeurs parfois
très importantes. Le problème reste l’accessibilité de ceux installés
à poste fixe, puisque les réglages ne sont possibles qu’en relevant
le capteur, celui-ci devant par ailleurs résister à l’agression du
milieu externe par corrosion (eau de mer) et être étanche.
La pression atmosphérique peut être appliquée à l’envers de la
membrane grâce à un petit tube capillaire inclus dans le câble de
suspension. Il existe des appareils portatifs autonomes permettant
de faire des mesures in situ dans les forages.

a position de b isolation et vérification c nettoyage


mesure du zéro de l'échelle interne 3.2.9 Recopieur ou répétiteur de pression 1/1

Figure 29 – Vanne à boule d’isolement pour montage à affleurement Il existe des appareils simples transformant la pression régnant
du transmetteur de pression (doc. Valmet) dans un réservoir en une pression pneumatique égale. Le principe
en est très simple : lorsque la membrane se déplace sous l’effet
d’un accroissement de pression, elle augmente la résistance de la
fuite à l’atmosphère, et par conséquent la pression à l’intérieur de
3.2.7 Transmetteur de pression relative la capsule tend à augmenter pour rétablir l’équilibre.
à compensation Toutes les propriétés attachées à l’emploi d’une membrane,
généralement affleurante, se retrouvent dans cet appareil.
Ce sont des appareils utilisés dans l’industrie et donc chaque
grand constructeur propose un ou plusieurs modèles de qualité. Ils
possèdent l’avantage de résister à des pressions statiques élevées,
tout en mesurant des pressions différentielles faibles. Ils sont donc 3.3 Dispositifs à insufflation de gaz
adaptables parfaitement aux mesures de hauteurs manométriques
faibles sous fortes pressions, éventuellement variables. Une
demi-cellule est reliée à la prise basse, tandis que l’autre mesure L’un des problèmes difficiles à résoudre dans la mesure des hau-
la pression du gaz. teurs reste tout de même celui de l’encrassement des prises abou-
tissant au capteur manométrique. La membrane affleurante est
Toutefois, les appareils standards comportent des chambres de une réponse, l’autre consiste à utiliser un gaz tampon. Cette idée
mesure étroites, qui parfois exigent l’emploi d’un ou de deux sépa- conduit à la solution connue du bullage ou bulle à bulle.
rateurs à membrane (voir figure 25). Quelques-uns comportent,
d’un côté, une extension. Remarquons que l’emploi de séparateurs Le gaz intermédiaire, généralement mais pas nécessairement
implique la correction des hauteurs de colonne du liquide emplis- l’air, passe dans un filtre manodétendeur qui en régularise le débit,
sant le capillaire, se traduisant par une erreur systématique de puis dans un rotamètre qui en contrôle l’importance, et est insufflé
décalage de zéro. à la base du réservoir où se trouve le liquide dont on désire mesu-
rer le niveau.
De nombreux transmetteurs de pression relative à affleurement
ou à extension comportent en réalité une structure de transmetteur La canne d’insufflation est prévue pour résister à la corrosion.
de pression différentielle adaptée par capillaire et séparateur à Simple tube, elle peut être réalisée en n’importe quel matériau
membrane incorporé (figure 28). adéquat. À sa partie inférieure, elle est taillée en V pour augmenter
la précision. On règle le débit pour que, au niveau le plus haut, des
Ainsi apparaît l’importance des liaisons et de leur emplissage. bulles s’échappent de la canne et il reste à mesurer la pression du
Avec un liquide capillaire, la densité (sinon la température) est gaz. Sa hauteur manométrique est négligeable et, comme le débit
connue. Avec un tube de liaison libre côté gaz, il est indispensable est faible, la perte de charge est négligeable aussi. Par conséquent,
de dominer le problème de la condensation éventuelle et de son toutes natures de capteurs de pression (manomètres, pressostats,
évolution, qui pourrait altérer la valeur de la compensation. Une transmetteurs, etc.) reflètent fidèlement la hauteur du liquide.
solution consiste en l’emploi d’un liquide tampon de densité
connue avec une liaison maintenue si possible toujours à la même Ainsi les instruments se trouvent-ils parfaitement protégés, à
température. portée de travail des exploitants, au prix d’une consommation
continue d’air, d’azote ou d’autre gaz disponible sur place.
Avec la vapeur, un pot de condensation en point haut assurera
un niveau de référence constant. Il faut penser alors aux variations Naturellement, la pression d’alimentation du gaz doit être supé-
de pression qui peuvent entraîner des réévaporations dans le pot rieure à la plus grande hauteur manométrique de liquide. Si la
et une évolution de la densité. canne laisse échapper quelques bulles à niveau haut, ce débit croît
généralement avec la baisse de niveau en respectant la caractéris-
En résumé, l’utilisation en mesure de niveau des transmetteurs
tique du détendeur. Celui-ci doit posséder la réponse la plus plate
de pression différentielle demande que l’on accorde une certaine
possible. Si la canne vient à se boucher par suite de salissures, un
attention aux exigences requises par les liaisons. À noter l’exis-
dispositif peut périodiquement augmenter la pression amont pour
tence d’appareils à faible échelle (quelques millimètres de colonne
produire un décolmatage. Un montage correct comporte un bou-
d’eau, soit quelques dizaines de pascals).
chon en haut de la canne qui permet le nettoyage. Un risque éven-
tuel est celui de la remontée de liquide en l’absence de gaz
comprimé. Pour protéger les instruments, une capacité peut être
3.2.8 Capteur immergeable, limnimètre
prévue sur la liaison de connexion.
De nombreux capteurs de pression peuvent être immergés, sus- Les hauteurs contrôlées peuvent aller jusqu’à une dizaine de
pendus à leur câble d’alimentation, ou tenus à l’extrémité d’un mètres, bien qu’aucune raison ne limite l’emploi du système sur de
tube, ou encore simplement reposant sur le fond. Même les plus grandes hauteurs.

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Transmetteur
Régulateur différentiel 4-20 mA
de débit
Alimentation
Capteur de en air
pression Régulateur
de débit Clapet de
PH différentielle PB surpression

PB pression basse
Régulateur
PH pression haute
automatique
Air d'alimentation
Figure 30 – Mesure de niveau h par bullage dans un réservoir pressurisé Filtre
Clapet antiretour
sur l'alimentation
Le montage courant suppose que la pression atmosphérique
règne au-dessus du liquide. S’il existe une pression variable dans
le réservoir, un deuxième dispositif est employé en parallèle Clapet de sécurité autorisant
l'insufflation uniquement
(figure 30), et les deux attaquent un capteur de pression différen- lorsque la pression
tielle. Naturellement, la pression de gaz intermédiaire doit être Sonde
d'alimentation est suffisante
supérieure à la pression statique en haut du réservoir additionnée (afin d'éviter toute remontée
de la hauteur manométrique maximale de liquide. Pour éviter les de liquide par la sonde)
fuites en cas de manque de gaz comprimé, des clapets antiretour
sont prévus sur les deux liaisons d’alimentation, avec les capacités
tampons nécessaires pour empêcher les remontées du liquide
dans le capteur. En outre, puisqu’il s’agit cette fois d’un réservoir
fermé sous pression, il se pose le problème de l’introduction du Figure 31 – Système de mesure par bullage, à transmetteur intégré
gaz qui doit pouvoir se mélanger sans risque avec le milieu et (doc. Auxitrol)
s’évacuer naturellement lors des manutentions.
Les systèmes à bullage sont fréquemment utilisés et appréciés
des exploitants, améliorés par le dispositif permettant le décolma- À noter qu’il s’agit d’une méthode (et non d’un appareil) devant
tage automatique par application de la totalité de la pression être mise en œuvre grâce à des composants discrets.
amont. L’installation comporte la source de liquide à instiller à une pres-
Un constructeur propose un appareil à insufflation d’air qui sion supérieure à celle régnant dans le réservoir, le dispositif
combine de multiples perfectionnements : régulateur de débit, d’injection, le régulateur de débit, le capteur et les diverses
indicateur de débit, indication locale de la pression, seuils, trans- liaisons.
metteur 4-20 mA, dispositif de décolmatage, etc. (figure 31).
Quand la mesure s’effectue sur un liquide cryogénique, la ou les
canalisations de liaison avec le capteur de pression se remplissent
du liquide vaporisé à la température ambiante, formant naturel-
lement le tampon gazeux nécessaire. La société ITT-Barton, avec
4. Systèmes de mesure
ses cellules simples ou différentielles à haute sensibilité, s’est
par exemple fait une spécialité de la mesure de niveaux sur les
par dissipation thermique
stockages de liquides cryogéniques.

4.1 Principe de la méthode


3.4 Dispositifs à instillation de liquide Un élément chauffant dissipe son énergie différemment en fonc-
tion de la nature ou de la phase du milieu dans lequel il est plongé,
Il s’agit d’un principe similaire mais employant comme fluide car le coefficient de transfert thermique superficiel n’est pas le
intermédiaire un liquide au lieu d’un gaz. On injecte près du cap- même. Ce dernier, en cas d’interface solide-liquide, est relative-
teur de pression un faible débit contrôlé d’un liquide tampon qui ment bon. Il inclut les transferts par conduction et par convection
s’interpose entre le capteur et le liquide mesuré et qui empêche les naturelle (milieu calme), ou par convection forcée (brassage, agita-
pénétrations de salissures dans la tuyauterie de liaison. Pour que tion). Le coefficient de transfert solide-gaz ou solide-vapeur est net-
cette solution soit viable, le liquide tampon doit être apte à dissou- tement moins bon.
dre les dépôts éventuels, ne pas déposer lui-même, et se trouver
accepté au débit utile par le milieu sans gêner le procédé (pro- Une quantité donnée d’énergie étant injectée dans une sonde,
par exemple en faisant passer un courant d’intensité connue dans
blème de dissolution, de mélange, de miscibilité, etc.).
une résistance donnée, la sonde va monter d’autant plus en tem-
Exemples : injection d’eau propre dans les prises à la base d’un pérature par rapport au milieu que ce dernier montre de la diffi-
décanteur de boues ou injection de gazole dans les prises de réservoir culté à dissiper la chaleur produite, notamment quand le
de bitume. coefficient de transfert est faible en phase gaz/vapeur.

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On observera une montée de la température quand la sonde


émergera du liquide, phénomène qui est mis à profit dans la
méthode de mesure des niveaux par dissipation thermique ; c’est
donc une simple mesure de température avec un élément sensible
placé dans la sonde à côté de la résistance dissipatrice, ou, solu-

Conduction thermique
tion encore plus simple, confondu avec elle.
Il s’agit d’un repérage de niveau vrai, géométrique. Quant à TR TS
l’appareillage, il est représenté par toute la panoplie des capteurs
disponibles pour les contrôles de température. Toutefois, leur utili-
sation en capteurs de niveau nécessite généralement une adapta-
TM température du milieu
tion des sondes. TM
TR température de la résistance
TS température de surface
4.2 Sondes pour détecteurs
Dans une capsule en matériau insensible à la corrosion, généra- Figure 32 – Sonde pour détecteur thermique : transfert de chaleur
lement en métal adéquat, se trouve l’élément chauffant de résis-
tance R émettant une quantité de chaleur Q lors du passage d’un
courant régulé I. La puissance produite est :
Q = RI2 = Cte
On suppose (figure 32) que TR , température de la résistance, est
égale à TS , température de la paroi externe, car la capsule est
petite et constituée de matériaux bons conducteurs de la chaleur
(en réalité, TR > TS ). Si S est la surface extérieure de la capsule,
C le coefficient (global) de transfert thermique superficiel (ou coef-
ficient de dissipation thermique), TM la température du milieu, il
est possible d’écrire :
Q = RI2 = SC (TS – TM ) Figure 33 – Sonde à ailettes pour détecteur thermique
ou :
∆T(surface/milieu) = (Q/S ) × (1/C )
Q /S étant constant, la différence de température entre l’élément
et le milieu est inversement proportionnelle au coefficient de trans-
fert thermique superficiel C. Dans un milieu isotherme, le passage
Alimentation
d’un milieu bon conducteur (liquide) à un milieu mauvais
conducteur (gaz) se traduit par l’élévation de la température de la
sonde, avec une vitesse de variation qui dépend de l’apport de cha-
leur, de l’énergie thermique, de la surface de la sonde et du coef- Sortie
Amplification normalisée
ficient de dissipation thermique dans l’un et dans l’autre milieu.
Unité
Cette analyse rapide permet de comprendre les paramètres de
régissant la réalisation des sondes de niveau utilisant cette Conditionnement traitement
méthode : du signal
— faible inertie thermique ;
— constitution en matériaux bons conducteurs ;
— surface augmentée par les ailettes pour améliorer la dissipa-
tion thermique ; Affichage
ainsi que les facteurs en limitant l’emploi :
— variations rapides du niveau, par suite de l’inertie thermique ; RC RM
— variations rapides de la température du milieu (qui peuvent
être mal interprétées) ; en pratique, la méthode ne peut être utilisée
que dans des milieux isothermes stables ; RC résistance de chauffage
— milieux salissants, les dépôts altérant la faculté de dissipation RM résistance de mesure
de la sonde.
Une solution élégante consiste à employer une résistance de pla-
tine ou de nickel à la fois pour produire la chaleur sous l’action du Figure 34 – Mesure continue de niveau par transducteur thermique
courant, et comme capteur de température. La résistivité du platine (doc. Framatome)
croît avec la température. Quand la sonde passe du liquide au gaz,
la température augmente grâce à la réduction de la dissipation,
donc la résistance de l’élément croît et aussi la quantité de chaleur
produite sous courant constant. On obtient donc, par ces effets 4.3 Mesure continue
cumulatifs, une très vive sensibilité.
Pratiquement, la technologie de réalisation des sondes s’appa- La société Framatome a développé, d’abord pour ses propres
rente à la construction des cannes pyrométriques en respectant les besoins, une solution inédite consistant à mettre en œuvre, selon
critères précédents. Des sondes chemisées auxquelles sont sou- une technologie inspirée de celle des couples thermoélectriques
dées de petites ailettes font l’affaire (figure 33). Des cannes multi- chemisés, un conducteur en métal résistant et un second
points permettent de suivre l’évolution du niveau dans de hauts conducteur en platine, isolés dans une gaine métallique inoxydable
réservoirs. (figure 34).

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Plongée verticalement dans un liquide, une longueur verticale du Depuis, cette méthode a trouvé, hors du domaine nucléaire,
complexe présente linéairement le phénomène ponctuel de dissi- quelques applications pour lesquelles il n’existait pas de bonne
pation décrit précédemment avec un régime pour la partie immer- solution : mesure de niveau vrai, hautes pressions, mesures de très
gée dans le liquide et un autre pour la partie émergée. Si l’on fait grande fiabilité, liquides cryogéniques, etc.
passer un courant constant dans le conducteur chauffant, on
recueille, aux bornes du fil de platine, une variation de résistance
proportionnelle au niveau vrai de l’interface liquide/gaz. 4.4 Détecteurs pour liquides cryogéniques
Avec un apport régulier de chaleur (courant continu), le temps de
réponse est de l’ordre de quelques secondes ; il a été jugé trop Quelques solutions spécifiques existent pour le contrôle des
long. Une seconde idée a consisté à prévoir une alimentation dis- liquides cryogéniques :
continue de la résistance de chauffage par une succession d’impul- — détection de l’hélium (4 K) : dissipation thermique avec sonde
sions calibrées. Ainsi, la réponse indicielle, au lieu d’avoir l’aspect de carbone 100 Ω à température ambiante ;
d’une exponentielle décroissante du premier ordre, présente une — détection de l’hydrogène (20 K), de l’oxygène, de l’azote, etc. :
forme en dents de scie ; l’expérience a montré que la hauteur de diode AsGa, silicium (il s’agit d’une mesure de température).
ces dents de scie était proportionnelle à l’amplitude finale d’une
telle réponse classique. La détermination de cette hauteur permet
alors d’anticiper le résultat final avec une précision moindre certes Des tableaux comparatifs des méthodes de mesure et de
(5 %), mais avec un temps de réponse de l’ordre de la seconde, détection des niveaux peuvent être consultés dans l’article
intéressant pour la sécurité ou la régulation. La précision terminale [R 2 014].
(1 %) est obtenue au bout de quelques secondes. La température
du milieu, facteur perturbateur (résistance globale du fil de platine) Une liste très complète de fabricants et constructeurs est
pris en compte par une autre sonde, intervient à titre de correction. donnée dans Pour en savoir plus [Doc. R 2 015].

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