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Débitmètres massiques

par Claude GAILLEDREAU


Ingénieur de l’École Nationale Supérieure de Chimie et de Physique de Bordeaux

1. Débitmètres à accélération complémentaire................................... R 2 300 - 2


1.1 Principe......................................................................................................... — 2
1.2 Mise en œuvre industrielle ......................................................................... — 2
1.3 Spécifications générales ............................................................................. — 3
1.4 Installation.................................................................................................... — 5
1.5 Transmetteur ................................................................................................ — 5
2. Débitmètres massiques à effet thermique ....................................... — 6
2.1 Principe......................................................................................................... — 6
2.2 Mise en œuvre industrielle ......................................................................... — 6
2.3 Spécifications générales ............................................................................. — 6
2.4 Installation.................................................................................................... — 7
2.5 Transmetteurs .............................................................................................. — 8
3. Débitmètres pour produits solides ..................................................... — 8
3.1 Débitmètres à plaque d’impact .................................................................. — 8
3.2 Débitmètres à corrélation ........................................................................... — 9
3.3 Débitmètres à bascule intégratrice ............................................................ — 10
3.4 Débitmètres à effet Doppler........................................................................ — 10
4. Débitmètres à vortex massique ........................................................... — 11
5. Aspects économiques............................................................................. — 11
5.1 Coût des instruments .................................................................................. — 11
5.2 Évaluation avant achat ................................................................................ — 11
6. Conclusion ................................................................................................. — 11
Pour en savoir plus........................................................................................... Doc. R 2 300

arler de débitmètre massique pourrait sembler dépourvu de sens précis,


P dans la mesure où les techniques de la micro-informatique distribuée
permettent aujourd’hui de calculer à la source un transfert de masse de matière
à partir de deux mesures, l’une de volume passé et l’autre de densité du produit :
ce schéma est certes techniquement praticable mais il est coûteux. Certains débit-
mètres cependant, tels que ceux basés sur la force de Coriolis, délivrent à partir
d’un seul capteur une mesure de débit-masse largement indépendante de pro-
priété du fluide telles que la viscosité, la densité, la pression ou la température,
alors que ces paramètres modifient souvent le signal primaire brut des débit-
4 - 1996

mètres volumétriques. C’est à ce type d’instrument qu’est consacré le présent


article.
Une autre catégorie de débitmètres massiques est celle qui s’applique aux
solides concassés ou pulvérulents, pour lesquels une mesure volumique serait
souvent insuffisante.
R 2 300

L’auteur adresse ses remerciements les plus vifs à Madame Claire GUERRIER, responsable du
Centre de Documentation et d’Information de la société CEGELEC, pour l’aide précieuse qu’elle
lui a apportée dans ses recherches bibliographiques concernant l’ensemble de sa contribution
à cet article.

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DÉBITMÈTRES MASSIQUES ______________________________________________________________________________________________________________

1. Débitmètres à accélération soumises à une accélération dirigée dans le sens de l’oscillation. Par
réaction RA à la force générée, cette branche du tube est retardée
complémentaire dans son mouvement de rotation autour de OO’. Dans la branche
B, au contraire, les particules se rapprochent de l’axe OO’ et perdent
la vitesse normale à l’écoulement qu’elles avaient acquise dans la
1.1 Principe branche A ; ceci entraîne, à l’inverse, une réaction RB dans le sens
de l’oscillation qui tend à avancer le mouvement de la branche B.
Rappelons brièvement quel est le mécanisme de l’accélération dite Le résultat est un effort de torsion représenté sur la figure 3 : le plan
de Coriolis, du nom du physicien qui l’à découverte, ou encore du U est gauchi (angle de torsion θ ).
complémentaire, car elle apparaît lorsque l’on combine une rotation Ce gauchissement peut être regardé comme le résultat de l’appli-
et une translation, en venant s’ajouter aux accélérations éventuelles cation, par rapport à un axe fictif EE’ (figure 2), d’un couple de forces
propres à l’un et l’autre de ces mouvements. de moment M tel que :
Soit un système en rotation (par exemple un manège) à vitesse M = k0mV (3)
angulaire constante ω, représenté sur la figure 1 par un secteur
circulaire de centre O, et soit un mobile de masse m astreint à un avec m masse du fluide contenue dans le U,
mouvement de translation uniforme de vitesse VR le long d’un rayon V vitesse d’écoulement du fluide,
Oy, fixe dans le système en rotation. Soit VA la vitesse tangentielle
du mobile au point A de ce système et VB cette même vitesse au k0 regroupant les constantes géométriques du système.
point B : il est intuitif que VB > VA. Les ouvrages de mécanique
enseignent que le long du rayon Oy le mobile est soumis à une
accélération γ telle que :

γ = 2 ω ∧ VR (1)

relation dans laquelle ∧ est l’opérateur produit vectoriel qui fixe le


signe γ. À cette accélération correspond une force F :
F = m γ = 2 m ω VR (2)
F est de même valeur en A et B et orientée dans le sens de la
rotation si le mobile s’éloigne du centre.
À cette force est opposée une réaction de valeur égale et de sens
inverse. On conçoit que, si le mobile astreint à suivre Oy est un fluide
contenu dans un tube, ce tube supportera une réaction qui tendra
à le déformer. Remarquons dès à présent que l’équation (2) contient
le terme m, masse de fluide contenu dans le tube : le signal physique
prend donc en compte, intrinsèquement, la masse volumique du
fluide et cela permettra de remonter, sans autre mesure physique,
à la valeur du débit-masse. Figure 1 – Principe de la force de Coriolis

1.2 Mise en œuvre industrielle


1.2.1 Mode d’excitation
La solution d’un dispositif en rotation uniforme est peu adaptée
à une réalisation industrielle : les constructeurs ont mis au point des
systèmes soumis à une oscillation qui peut être regardée comme
une rotation dont la vitesse angulaire serait non plus une constante
mais une fonction sinusoïdale du temps. Nous distinguerons, dans
le seul but de clarifier la présentation, deux types de dispositifs : ceux
dont l’élément de mesure est une boucle oscillante et ceux où cet
élément est un tube droit analogue à une corde vibrante.
Figure 2 – Mise en œuvre de la force de Coriolis (Micro-Motion)
1.2.2 Capteurs à boucle oscillante

Le plus ancien des débitmètres à effet de Coriolis, conçu par Micro


Motion, comprend un double tube en U dont l’un des U est schéma-
tisé figure 2 ; la branche d’entrée (flèche marquée Q ) est repérée
A et la branche de sortie, B. Les plans des U oscillent en opposition
de phase autour de l’axe OO’ sous l’effet d’un électro-aimant lié au
point E, à la base du U.
Considérons le mouvement ascendant du U représenté sur la
figure 2 ; les particules de fluide, qui circulent dans la branche A en Figure 3 – Déformation d’une boucle de débit (Micro-Motion)
s’éloignant de l’axe d’oscillation OO’, prennent de la vitesse suivant
la perpendiculaire à la direction de l’écoulement : elles sont donc

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Notons que le produit m V est proportionnel au débit-masse Q : ■ Le modèle Rheonik (Bopp & Reuther) fait osciller les boucles
il suffit de modifier l’unité de vitesse en exprimant V en nombre de autour d’un axe qui correspondrait à EE’, sur le schéma général
longueurs L de tube parcourues par le fluide par unité de temps représenté par la figure 3 ; cet axe est matérialisé en une barre de
(Q = m V/L) pour obtenir l’expression simplifiée : torsion : ce n’est plus le tube de mesure lui-même qui sert de ressort
de rappel mais un organe spécialisé, indépendant. On obtient un effet
M = k1 Q (4)
symétrique : le tube, soumis à une torsion, réagit par une oscillation
expression dans laquelle k 1 regroupe l’ensemble des termes cons- dans son plan et les contraintes qu’il subit sont moindres, selon le
tants, pour établir que le couple de torsion M ne dépend que du fabricant.
débit-masse. ■ D’autres montages (Fischer & Porter) reposent sur une double
Le moment des forces de Coriolis est compensé par la torsion du boucle dont les plans parallèles oscillent perpendiculairement à l’axe
tube, que l’on peut considérer comme un ressort générant un couple de la tuyauterie, axe dans lequel les vibrations parasites sont, a priori,
de rappel – M = – k 2 θ pour un angle de torsion θ. On voit donc que minimales.
l’on peut écrire, en simplifiant au maximum les développements :
■ Un autre concept (Foxboro) consiste en deux sections de tuyau-
Q=kθ (5) teries en forme de B, dans des plans parallèles au repos, qui sont
soumises à une torsion périodique (excitation en opposition de
avec k = k 2/k 1.
phase) et réagissent en déformant leur plan. Le traitement du signal
Cette relation exprime une propriété des plus appréciées en de mesure porte sur le rapport signal/excitation (démodulation
métrologie : le signal physique primaire est proportionnel à la synchrone), plutôt que sur la valeur absolue du signal : les deux
grandeur mesurée, de sorte que l’erreur sur le débit sera propor- capteurs de déformation sont en effet l’un en avance et l’autre en
tionnelle à la valeur lue. Notons, pour la rigueur, que les raison- retard sur l’excitation, la somme algébrique de leur mesure est donc
nements ci-dessus admettent implicitement que l’angle θ est petit, l’excitation elle-même, ou le signal à débit nul ; la micro-informatique
ce qui est le cas en pratique. actuelle permet l’implémentation des algorithmes de traitement
Le montage offre en outre cette particularité que la fréquence de appropriés.
résonance de la boucle de mesure est liée à sa masse m ; il est donc La fréquence d’oscillation de ces montages est de l’ordre de la
facile de remonter par calcul à la densité du fluide qui y circule. Ceci centaine de hertz.
peut être fait en recherchant en permanence la fréquence d’oscil-
lation qui maximise l’angle θ.
Le gauchissement du tube se mesure de la façon suivante : 1.2.3 Capteurs à tube rectiligne
considérons les points A et B (figure 3) liés au tube ; la position de
ces points par rapport au plan du tube en repos est représentée en Le second type de capteur est un tube rectiligne, fixé à ses
fonction du temps par une sinusoïde. En l’absence de débit, les extrémités, qui oscille à la façon d’une corde vibrante. La partie
courbes qui décrivent le mouvement des points A et B sont centrale est, selon la terminologie propre à ce domaine, un ventre
superposées, en phase ; dans le cas contraire, A est en retard de de vibration où l’oscillation est maximale alors qu’elle est nulle aux
phase ∆∅ par rapport à B (figure 4), déphasage auquel correspond nœuds de vibration que constituent les extrémités. Comme
un intervalle de temps ∆t tel que : précédemment le fluide retarde l’oscillation lorsqu’il doit lui-même
∆t = ∆∅ / 2 π f = k’ Q (6) en acquérir le mouvement et l’accélère lorsqu’il restitue l’énergie
prélevée ; un capteur situé près de l’amont du tube de mesure
f étant la fréquence d’oscillation de la boucle autour de OO’ (figure 2) enregistre un retard de phase par rapport au régime de débit nul
et k’ une constante. Ce déphasage est doublé du fait de la présence, et un capteur aval observe l’inverse. Le principe de mesure est, pour
sur les capteurs industriels, d’une seconde boucle oscillant en oppo- le reste, identique à celui développé au paragraphe 1.2.2. Le montage
sition de phase autour d’un axe parallèle à OO’, ce qui améliore la peut être monotube (Danfoss) ou bitube vibrant en opposition (Dan-
sensibilité de la mesure et équilibre mécaniquement le système foss, Endress + Hauser (figure 5), Krohne).
oscillant. La fréquence d’oscillation des montages à tube droit est de l’ordre
Il existe un certain nombre de variantes du capteur de Micro de 1 000 Hz.
Motion, utilisant également des boucles ; variantes et sans doute
aussi perfectionnements mécaniques tendant à limiter la fatigue du
tube de mesure.
1.3 Spécifications générales
1.3.1 Type de fluide
Bien que le débitmètre à force de Coriolis soit, dans son principe,
utilisable sur n’importe quel fluide, celui-ci doit offrir une inertie
suffisante : parmi les gaz, seuls ceux dont la masse volumique aux
conditions d’écoulement dépasse 200 à 500 kg/m3 – selon le modèle
de débitmètre – peuvent satisfaire à cette condition. L’instrument est
par contre utilisable sur tout liquide, mais est plus spécialement inté-
ressant avec les fluides :
— de forte viscosité (huiles, produits pétroliers...) ;
— corrosifs ;
— sujets à dépôts ou peu tolérants à l’agitation (fluide alimen-
taires) ;
Figure 4 – Principe de la mesure par déphasage — multiphases liquides, si le mélange est homogène (boues...) ;
— non newtoniens.
Le fait que le tube de mesure soit libre de toute pièce interne limite
les dépôts en fonctionnement et facilite la vidange complète et le
nettoyage.

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Rappelons que ces débitmètres délivrent accessoirement non


seulement la mesure de la densité en ligne du fluide mais aussi de
sa température ; cette dernière est introduite dans le calculateur de
débit pour s’efforcer de compenser, le cas échéant, des dérives de
zéro et d’échelle : le terme m, masse de fluide contenue dans le tube,
est l’un des facteurs des équations (3) et (4) de définition du
débit-masse.

1.3.3 Erreurs de mesure

L’erreur de mesure des débitmètres massiques à effet de Coriolis


comprend deux termes :
— l’un lié à la valeur lue, typiquement 0,15 à 0,20 % de la mesure
courante ;
— l’autre lié à l’erreur de zéro, due à des causes inhérentes à
l’instrument lui-même, typiquement 0,01 à 0,1 % de son calibre.
On entend par calibre la fin d’échelle maximale pour laquelle
l’instrument peut être réglé. Ces deux erreurs se composent comme
l’indique la figure 6 ; une formulation courante consiste à spécifier
que la mesure ne sera pas entachée d’une erreur supérieure à la
plus grande des deux. Comme on l’a déjà noté (§ 1.3.2), il importe
de savoir pour quelle dynamique la première erreur à été définie,
expérimentalement en général : ce sera souvent (implicitement)
pour 10 : 1 ou 20 : 1 ; pour une application exploitant une étendue
de 50 : 1 il faudra s’attendre à une précision moindre.
La répétabilité est en général environ deux fois meilleure que
l’erreur de mesure. Rappelons que la répétabilité est un concept
statistique qui définit la seule dispersion de la mesure, à hauteur
de 2 écarts-types ; la connaissance de cette dispersion suffit parfois
si l’instrument est utilisé en régulation.
Bien qu’un débitmètre à effet de Coriolis mesure un débit-masse,
sa constante de mesure (k de l’équation 5) n’est pas totalement insen-
sible à une variation des paramètres du fluide, température et
viscosité notamment ; bien que les effets en soient faibles, il faut
Figure 5 – Capteur à force de Coriolis à tube rectiligne en tenir compte si l’on fait (par exemple) du comptage commercial
à précision garantie, en soignant à cet effet les étalonnages. Le zéro
Le matériau constituant le tube de mesure doit naturellement peut être étalonné de façon statique, à débit nul, ou dynamique, par
résister à la corrosion du fluide. On peut utiliser un acier inoxydable rapport à une référence externe ; il peut subir une dérive si par
ou un autre métal approprié : poser, le cas échéant, le problème au exemple la composition – la densité – du produit varie.
constructeur. On peut aussi avoir recours à un revêtement interne L’erreur sur la mesure de la masse volumique est spécifiée de
du tube : polymère fluoré, par exemple. 2 · 10–3 à 5 · 10–4 g · cm–3, typiquement.

1.3.2 Étendues de mesure et conditions de service 1.3.4 Effet des grandeurs d’influence

Suivant les modèles, les fins d’échelle de mesure spécifiées vont ■ Les vibrations du support étaient gênantes sur les premièrs
de 0,04 à 11 000 kg/min (environ 7 · 10–4 à 180 kg · s–1) ; ce qui corres- débitmètres Coriolis. Bien que ce problème ait perdu de son acuité,
pond en gros à une vitesse d’écoulement de 0,1 à 10 m · s–1, les il convient d’éviter les fréquences qui correspondraient à la fré-
diamètres proposés variant de 3 à 200 mm selon les constructeurs. quence d’oscillation du capteur, ainsi que leurs premiers harmo-
Ces chiffres sous-entendent souvent que le débitmètre est niques : dans le cas des boucles, qui vibrent vers 100 Hz, il est prudent
exploité, dans ce cas, à sa dynamique (rangeabilité) maximale de de découpler au mieux les machines tournantes – les pompes par
50 : 1, voire 100 : 1, aux dépens de la précision de mesure. exemple – alimentées en courant de fréquence 50 ou 60 Hz.
L’équation (5) exprime certes que le débit est linéairement propor-
■ Les microcoupures de l’alimentation électrique et les champs élec-
tionnel à l’indication de l’instrument, mais à condition que le terme
tromagnétiques rayonnés perturbent l’élaboration et la transmission
k 2 soit effectivement constant. Or k 2 est lié à la réalisation du matériel
des signaux de mesure ; ces problèmes prennent de l’importance
et varie d’autant moins, dans la pratique, que la dynamique de
avec le développement de l’informatique distribuée. On pourra
mesure est plus faible. Ce point sera repris au paragraphe 1.3.3.
demander au constructeur s’il a fait procéder, à ce sujet, à des essais
Le tableau A (en [Doc. R 2 300]) résume les caractéristiques des de type en laboratoire.
principaux instruments offerts sur le marché français. Les étendues
de mesure sont complétées par les diamètres nominaux des ■ Les autres paramètres (pression, température et humidité atmos-
liaisons : brides ou raccords. Dans ce tableau figurent également les phérique) sont le plus souvent d’importance moindre. On évitera
conditions de service principales : étendues de pression et de cependant d’exposer le matériel à la pluie, grâce à un auvent si néces-
température de fluide. saire, et en atmosphère très humide on pourra protéger l’électro-
nique par injection d’air sec.
Il y a toujours, dans une même gamme d’un même constructeur,
un certain recouvrement des plages de mesure des divers modèles
de la gamme. Il sera judicieux de minimiser la perte de charge
(§ 1.4.1) en choisissant éventuellement le débitmètre de plus grand
diamètre, mais sans dépasser celui de la canalisation.

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1.4.2 Montage

Il conviendra de disposer le débitmètre de sorte qu’il ne puisse


s’y accumuler ni dépôt dense (cas d’un fluide gazeux), ni poche de
gaz (cas d’un liquide). Sur une canalisation horizontale, on orientera
donc l’appareil en conséquence, s’il s’agit d’un débitmètre à boucle ;
une canalisation verticale permet en principe une meilleure vidange
par gravité, surtout avec les tubes de mesure rectilignes. Les notices
des constructeurs doivent donner toutes indications utiles.
Le débitmètre à effet de Coriolis n’exige pas, en théorie, de
longueur droite amont, mais cela ne concerne que son principe de
fonctionnement et ne signifie pas que l’on puisse modifier une
Figure 6 – Erreur de mesure des débitmètres massiques installation en cours d’exploitation en introduisant une perturbation
amont proche – coude, vanne, etc. – sans avoir à vérifier son étalon-
nage. Cette remarque s’applique notamment aux fluides diphasiques
liquide/gaz.
1.3.5 Fatigue mécanique des tubes de mesure
On a déjà évoqué (§ 1.3.4) le problème des vibrations environ-
nantes, propagées le plus souvent par les canalisations. Bien que
Le fait que le tube de mesure soit constamment soumis à des ce problème soit, on l’a dit, partiellement résolu, il reste souhaitable
efforts mécaniques est certainement un sujet de préoccupation que – par exemple – de fixer le support du débitmètre au sol ou à un
l’on pourra voir transparaître dans les propos des constructeurs : cer- mur stable (éviter la proximité des machines) et de fixer à ces mêmes
tains d’entre eux, par exemple, pourront faire valoir que leur matériel bases les tuyauteries amont et aval, à une distance de l’instrument
supporte des efforts de torsion judicieusement répartis, alors que de quelques diamètres. Un support spécialement étudié sera parfois
selon eux tel autre est sollicité aux points faibles que constituent nécessaire.
les soudures ; d’autres encore attirent l’attention sur le fait que leur
réalisation comprend une enceinte de confinement, indispensable
en cas de fuite accidentelle du fluide mesuré.
Il est clair que les tubes de mesure doivent rester souples et qu’en 1.5 Transmetteur
matière d’épaisseur on ne pourra pas adopter les mêmes coefficients
de sécurité que pour la tuyauterie ; il y aura donc un point faible à
ce niveau. Il s’agit incontestablement d’un problème difficile : on Le transmetteur de mesure assure la liaison entre le capteur et
pourra demander au constructeur s’il est en mesure de présenter l’utilisateur de l’information mesure. Bien qu’il existe encore des
une note de calcul des contraintes imposées à son instrument ou, transmetteurs pneumatiques, le modèle standard consiste
mieux, s’il a obtenu une certification ; on pourra aussi essayer de désormais, le plus souvent, en un organe informatique (électronique)
connaître son expérience en la matière. décentralisé, capable notamment d’effectuer des calculs et d’éla-
borer des signaux de dysfonctionnement.
La particularité des transmetteurs pour débitmètre Coriolis est la
1.3.6 Modèles pour atmosphère explosible faculté de détecter une inversion du sens d’écoulement dans le
capteur, dont on conçoit qu’il fonctionne indifféremment dans un
Beaucoup de débitmètres à effet de Coriolis sont agréés de sécurité sens ou dans l’autre : un reflux accidentel, temporaire, conduirait,
intrinsèque (normes européennes ou autres) [3]. Il existe aussi s’il n’était pas identifié, à un bilan matière faux.
d’autres protections sous boîtier : mode européen « d », mode Ces transmetteurs, dont on n’étudiera pas ici les variantes d’un
britannique « non incendive », par exemple. constructeur à l’autre, peuvent être configurés pour prendre en
compte (pour l’essentiel, cette liste n’étant pas exhaustive) :
— l’affichage local et la langue utilisée à cet effet (anglais et autres
1.4 Installation langues occidentales, japonais) ;
— le zéro ;
1.4.1 Perte de pression — l’échelle des sorties courant (4 – 20 mA) et fréquence, ce qui
implique l’introduction de l’unité de mesure ;
Le phénomène de la perte de charge est naturellement commun — les paramètres du totalisateur de débit écoulé ;
à tous les débitmètres ; il est plus marqué avec les fluides visqueux — les niveaux d’alarme et de défaut.
et croît, on le sait, avec la vitesse d’écoulement. Dans le cas des La transmission du signal de mesure en mode courant ou
débitmètres massiques, il faut éviter qu’un liquide ne dégaze sous fréquence est communément disponible, il existe aussi des trans-
l’effet de la baisse de pression, ce qui fausserait la mesure, et se missions en mode série (standard RS 232 ou autre) qui permettent
préoccuper surtout du phénomène de cavitation qui corroderait rapi- par ailleurs de configurer le transmetteur à partir du calculateur qui
dement le tube ou le fissurerait (§ 1.3.5). le gère, sans intervention humaine locale. Les protocoles de trans-
Les constructeurs fournissent systématiquement des formules ou mission par bus de terrain sont actuellement les standards du
des abaques de calcul de la perte de charge. Le phénomène de vendeur (proprietary, ou privés).
cavitation, en outre, génère des fréquences sonores qui peuvent
recouvrir le domaine d’oscillation (environ 1 000 Hz) des débitmètres
à tube rectiligne ; le signal de mesure est alors gravement perturbé.
On s’assurera donc que la pression amont soit toujours suffisante.
L’installation d’une restriction aval (diaphragme) peut être utile.

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■ Dans le cas des liquides, il y a peu de variations de la capacité ther-


2. Débitmètres massiques mique massique avec la pression et la température ; il n’en va pas de
à effet thermique même pour la conductivité thermique qui, pour l’eau et par rapport
à sa valeur à 0oC, s’accroît de 5,9 % à 40 oC et de 14,6 % à 95 oC.

Pour une description plus complète de ces matériels, se reporter Ces remarques ne mettent pas en cause le principe de la
à [5]. mesure d’un débit-masse par transfert thermique ; elles ont pour
seul objet d’attirer l’attention sur la nécessité de n’exploiter ce
type d’instrument que dans les limites de validité de son étalon-
2.1 Principe nage, dès lors que l’on s’écarte des conditions usuelles de tempé-
rature et de pression.
Le débitmètre thermique est fondé sur le principe de la cinétique
du transfert de chaleur au sein d’un fluide ; il exploite à cet effet une
propriété caractéristique de la matière qui est sa capacité thermique
(appelée aussi chaleur spécifique ). 2.2 Mise en œuvre industrielle
Considérons le cas simple d’une source ponctuelle de chaleur
immergée dans une veine fluide de petites dimensions. La veine
On peut distinguer deux familles de débitmètre thermiques pour
débite q (mol/s) d’un fluide de capacité thermique c [J/(mol · K)] et
canalisation, dites à sonde passive et à sonde active.
de conductivité thermique k [W/(m · K)] ; sous l’effet du flux ther-
mique Th (W) de la source, la température aval du fluide s’accroît ■ Dans le cas des instruments à sondes de température dites
de ∆t (K) par rapport à sa température amont. Le flux thermique est passives, on mesure la différence ∆T entre les indications de deux
une fonction linéaire des divers paramètres : sondes de température implantées en deux points amont et aval,
Th = f (q, c, k, ∆t ) (7) équidistants d’une source ponctuelle de chaleur (figure 7a) ; en
l’absence de débit, la distribution de température est représentée
Nota : les ouvrages antérieurs à 1977 donnent parfois k dans l’ancienne unité, la figure 7b (I) par une courbe en cloche symétrique ; lorsque le fluide
(cal/s)/(m · oK). On convertira simplement par l’opération :
circule, la courbe devient dissymétrique, son sommet se déplaçant
k [(watt)/(m · oK)] = 4,1855 k [(cal/s)/(m · oK)] vers l’aval de l’écoulement (figure 7b II).
Dans un système réel, cependant, on appliquera (7) dans des Dans le cas d’un gaz, on peut augmenter l’étendue de mesure de
conditions variables de température et de pression, paramètres qui l’instrument en utilisant un by-passse (figure 7c ).
n’y sont pas représentés. Quelles en seront les conséquences ?
■ L’autre type d’instrument, dit à sonde active, comprend une sonde
■ Dans le cas d’un gaz, on utilise la capacité thermique massique à amont qui se limite à mesurer la température du fluide et une sonde
pression constante Cp, paramètre indépendant de la pression, pour aval chauffée, dont la température est maintenue à ∆T au-dessus de
un gaz parfait. Les gaz réels, néanmoins, ne suivent pas rigoureuse- celle de la sonde amont ; la puissance nécessaire à entretenir cet
ment cette loi, même en ce qui concerne l’air aux conditions nor- écart mesure le débit-masse. La dissipation thermique se fait au
males de température et de pression (tableau 1). niveau de la sonde aval, le cas échéant par la résistance de mesure
elle-même, d’où son appellation de sonde active. Ce type de montage
Ce même paramètre Cp dépend peu de la température. Mais la
est le plus utilisé.
conductivité thermique k de l’air varie beaucoup avec la température
(tableau 2). (0) ■ Citons encore les débitmètres thermiques à insertion, constitués
d’une canne porteuse de sondes que l’on monte en travers du
couvrant fluide, par un simple perçage pratiqué sur la conduite. Ces
Tableau 1 – Accroissement  C p de la capacité instruments n’effectuent que des mesures ponctuelles, mais sont
thermique massique C p de l’air en fonction intéressants dans le cas des canalisations de forte section (D supé-
de la pression, en pour-cent de la valeur rieur à 300 mm).
de référence à 0 oC et 101 325 pascals
(d’après Perry’s Chemical Engineers Handbook, McGraw Hill)
2.3 Spécifications générales
Pression
0,1 1 2 4 7 10
(Mpa) 2.3.1 Types de fluide
∆Cp (%) base + 1,7 +3,8 + 5,5 + 16,4 + 25,2
Le débitmètre thermique convient aux gaz, liquides et même
boues, il convient aux applications du laboratoire comme à celles
(0) de l’industrie. Il est, par exemple, très utilisé en chromatographie
Tableau 2 – Variation  k de la conductivité thermique k et dans la régulation d’atmosphère pour la fabrication de
composants électroniques.
de l’air en fonction de la température,
en pour-cent de la valeur de référence Il peut être réalisé en matériau résistant à la corrosion, et rendu
à 0 oC et 101 325 pascals aisément nettoyable pour les applications de l’industrie alimentaire.
(d’après Perry’s Chemical Engineers Handbook, McGraw Hill)
Température
2.3.2 Caractéristiques métrologiques
– 100 0 100 200 300
(oC)
Un aperçu des étendues de mesure disponibles est donné en docu-
∆k (%) – 32,1 base + 30,7 + 61,4 + 89,3 mentation. Les notices des constructeurs donnent souvent les débits
de gaz en volumes normaux d’air, plutôt qu’en masse ; il est courant
aussi d’y lire des débit-masse de liquides spécifiés en volume d’eau
par unité de temps.
La réponse étant linéaire avec le débit, l’erreur de mesure est pro-
portionnelle à la valeur lue, de 0,75 à 2 % suivant le modèle, dans
la partie supérieure de l’étendue d’échelle réglée. Lorsque l’on se

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La répétabilité est de l’ordre de 0,25 % de la valeur lue, ce qui est


appréciable en régulation à point de consigne fixe. En commande
PID, le temps de réponse est, sur certains modèles, paramétrable
à partir de 0,5 s, mais avec un bruit élevé ; le réglage standard est
de quelques secondes, il ne s’agit pas, naturellement, du temps de
réponse des capteurs primaires de température, qui est nettement
moindre, mais de celui du signal de commande délivré par le régu-
lateur. Il est à noter que le temps de réponse croît avec la pression
du fluide.
La dynamique de mesure (rangeabilité) est en principe très
étendue et l’on peut citer des chiffres de 100 : 1 ; les valeurs citées
à l’alinéa précédent correspondent à des dynamiques moindres, de
10 : 1 pour fixer les idées (§ 2.5). Un dépassement de l’échelle la plus
haute (calibre), même s’il est très important, n’endommage pas l’ins-
trument.

2.3.3 Pression et température de fonctionnement

Les débitmètres thermiques acceptent des pressions de service


depuis le vide jusqu’à des valeurs très élevées (cf. Pour en savoir
plus [Doc. R 2 300]).
Les températures de service varient beaucoup avec les réalisations
mais restent assez souvent – sans qu’il s’agisse d’une règle absolue
– à des niveaux moyens. Certains modèles sont dits « étuvables »
(150 oC), mais le boîtier électronique peut être dissocié des sondes
et monté à distance : il faut alors distinguer température du procédé
et température ambiante.
Des variations de la pression et de la température du procédé par
rapport aux conditions d’étalonnage entraînent une dérive de la
mesure venant s’ajouter aux effets des variations concomitantes de
Cp et de k (§ 2.1).

2.3.4 Modèles pour atmosphère explosible

Les matériels d’origine européenne (continentale) peuvent être


certifiés de sécurité intrinsèque ; les autres sont protégés suivant des
normes nationales et des modes différents dont il sera bon de vérifier
qu’ils sont acceptés par l’autorité administrative du lieu d’instal-
lation.

2.4 Installation
2.4.1 Perte de pression
La perte de pression est faible, sauf éventuellement sur gaz dans
les modèles à by-pass et avec des liquides visqueux ou des boues.
Figure 7 – Débitmètre thermique à sondes de température passives

2.4.2 Montage
rapproche du zéro, l’erreur tend vers un pourcentage fixe, en gros
0,25 à 0,5 % du débit maximal mesurable (calibre). L’erreur de Certains modèles peuvent être montés horizontalement, l’électro-
mesure n’est donc pas indépendante de la plage de mesure dans nique se trouvant au-dessus, ou verticalement ; d’autres construc-
laquelle on utilise l’instrument, ni de la dynamique ; sa courbe teurs n’ont aucune exigence sur ce point mais spécifient une erreur
représentative a la même allure que celle des débitmètres à effet de précision liée à la position. Une longueur minimale de canalisa-
de Coriolis (figure 6). Les chiffres ci-dessus, tirés des spécifications tion, droite et de section constante, est à prévoir en amont de l’ins-
constructeurs, sont seulement typiques ; ils pourront être précisés trument (tableau 3). (0)
si nécessaire par étalonnage du débitmètre avec le fluide à mesurer,
dans les conditions de la mesure ; l’étalonnage standard est fait à D est une longueur droite égale à un diamètre interne de conduite.
l’air pour les gaz et à l’eau pour les liquides. Ces valeurs sont à majorer de 4 D pour les diamètres supérieurs à
100 mm. Un redresseur ou autre organe de stabilisation de l’écoule-
ment permet de les ramener à 2 D (+ 4 D au-dessus de 100 mm). En
aval, prévoir une longueur droite minimale de 5 D.

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On peut alors imaginer un dispositif dans lequel V1 et V0 soient


Tableau 3 – Longueurs droites amont constantes ; la relation (10) devient :
(doc. Endress + Hauser)
F = k dm/dt (11)
Coude avec k = V1 – V0 ; on voit que l’on dispose, dans le principe, d’un
2 coudes
à 90 o 2 coudes Vanne moyen de mesurer une variation de masse par rapport au temps
à 90 o
Organe convergent à 90 o de soit, dans le cas d’un écoulement continu, d’un débitmètre masse.
non régulation
ou coplanaires
coplanaires
divergent
3.1.2 Mise en œuvre industrielle
Longueur 15 D 20 D 35 D 45 D
droite amont
Il est souhaitable, tout d’abord, d’éliminer l’effet du poids de
matière agissant sur la plaque d’impact, c’est-à-dire la composante
Rappelons que, dans le principe, l’erreur de mesure ne dépend verticale F V de F [figure 8a et relation (10)] dont une partie pourrait
pas des conditions d’installation si l’on respecte la spécification de être due à des substances adhérentes et engendrer une erreur de
longueur droite minimale, en amont et en aval de l’instrument ; à zéro. Ceci est obtenu par un système de ressorts qui annule F V et
défaut, cette erreur augmente. Si l’on manque d’espace, un essai ne laisse à la plaque qu’un degré de liberté suivant OF H , avec un
dans les conditions d’installation – mais pas nécessairement sur le débattement linéaire d’amplitude millimétrique, converti en tension
site – permet de définir la nouvelle erreur. par un transformateur différentiel.
Une solution plus simple consiste à faire pivoter autour d’un axe
vertical excentré XX’ le bras horizontal qui supporte la plaque AB ;
2.5 Transmetteurs cette rotation θ limitée par un ressort antagoniste et mesurée sous
forme d’un déplacement quasi linéaire par un capteur différentiel
ancré à la plaque, à une certaine distance de l’axe (figure 8b).
Les transmetteurs de débitmètre thermique peuvent prendre en La figure 9 précise la schéma d’installation : par rapport à un plan
compte la totalité de la courbe d’étalonnage du capteur qui leur est horizontal pris pour référence, la plaque fait un angle α et la goulotte
raccordé ; on peut alors programmer l’étendue de mesure et s’affran- un angle β ; ces deux angles doivent être l’un et l’autre supérieurs
chir du compromis dynamique/précision mentionné au § 2.3.2. Les à 60o, quel que soit le réglage adopté. L’angle γ goulotte/plaque doit
sorties, de type conventionnel, sont également programmables. Ce être de 25 à 35o. La matière tombe d’une hauteur h et atteint la plaque
sont, en standard, des sortie 0-5 V / 0-20 mA, 1-5 V / 4-20 mA, à avec une vitesse théoriquement égale à (2 gh)1/2, g étant l’accélé-
impulsions et à contacts libres de tension ainsi que, plus rarement, ration de la pesanteur. Le débit-masse Qm est, dans ces conditions,
des sorties série RS 232 et RS 485 et des interfaces pour bus de donné par la formule :
terrain.
Q m = k F H / ( h sin α sin γ ) (12)
Certains constructeurs indiquent que leur matériel est protégé
contre les perturbations électromagnétiques.
k étant une constante d’étalonnage.

3.1.3 Spécifications générales


3. Débitmètres pour produits
solides Les caractérisations générales des matériels sont, selon les cons-
tructeurs (cf. Pour en savoir plus [Doc. R 2 300]).
■ Fluides mesurés : matériaux pulvérulents tels que ciment et miné-
3.1 Débitmètres à plaque d’impact raux, particules de bois, poudres et granulés de toute nature, café,
charbon pulvérisé. La plaque d’impact peut être spécialement
3.1.1 Principe revêtue pour résister à la corrosion ou à l’abrasion du produit. La
granulométrie des particules peut varier de la poudre fine à des blocs
Un bref rappel de mécanique permettra de mieux comprendre le de quelques kilogrammes.
principe de cet instrument qui mesure le débit-masse d’une matière
pulvérulente venant percuter une plaque inclinée. Voyons d’abord
la définition du terme percussion. Soit une force F appliquée en un
point pendant un court instant t = t1 – t0 ; on appelle percussion le
vecteur P tel que :


t1
P = t0
F dt (8)

si le choc lieu sans déplacement. Supposons que la percussion soit


due à une masse m animée d’une vitesse V1 qui se réduit à V0 :
P = m (V1 – V0) (9)
L’impact sur un plan engendre une force F qui lui est perpendi-
culaire, telle que :
d
F = dP/dt = ------- [ m ( V 1 – V 0 ) ] (10)
dt

Figure 8 – Principe du débitmètre à effet d’impact

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Cette expression peut être clarifiée en remarquant que le


débit-volume Q v est le produit de la section droite du tube –
constante – par la vitesse moyenne vm de l’écoulement et que la den-
sité ρm du solide est également constante ; on obtient alors :
Qm = k v m Cv (14)
k devenant une constante d’étalonnage.
Cette relation montre que l’on aura besoin de mesurer deux quan-
tités indépendantes, la vitesse moyenne de l’écoulement vm et ce
que nous avons appelé la concentration volumique, Cv .
■ Le capteur de vitesse utilise deux condensateurs distants de d
suivant l’axe de la conduite. Le fluide diphasique n’étant pas
homogène à petite échelle du fait des irrégularités de la granulo-
métrie du solide et des chocs des particules entre elles, le signal capa-
citif délivré par le capteur amont présente une amplitude variable en
Figure 9 – Débitmètre à plaque d’impact (doc. Endress + Hauser)
fonction du temps et dont le profil se retrouve, si d est assez petit, très
peu modifié à la sortie du capteur aval (figure 10). Un calculateur
associé au couple de condensateurs effectue donc l’analyse statisti-
■ Débits maximaux jusqu’à 50 tonnes/heure, suivant les modèles. que des signaux ; le profil du signal amont est temporisé en recher-
La dynamique de mesure est, en gros, de 3 : 1 à 7 : 1. Un important chant la valeur τm qui optimise le coefficient de corrélation avec le
dépassement de la fin d’échelle n’endommage pas l’instrument (tolé- profil aval, valeur qui est aussi celle du temps mis par le fluide à par-
rance constructeur de l’ordre de 10 : 1). Un encrassement de la courir d, d’où :
plaque est, selon le constructeur, sans effet sur la mesure. Certains
débitmètres sont équipés d’amortisseurs de vibrations, ce qui vm =d / τm (15)
implique que celles-ci, lorsqu’elles existent, perturbent la mesure et ■ La capteur de concentration volumique est de principe plus
que le problème est à considérer à l’installation. simple ; il comprend un condensateur dont la capacité à vide, liée aux
■ Température du produit mesuré : jusqu’à 90 ou 180 oC, suivant les diverses permittivités du matériau du tube et du gaz de transport,
réalisations. Le problème de la température ambiante en fonction- s’accroît en présence d’une phase solide en fonction de la
nement est dissocié du précédent : en deçà d’une limite basse (valeur permittivité de la matière de cette phase, et aussi de sa fraction en
typique : 10 oC), le boîtier est thermostaté par réchauffage électrique volume dans le fluide diphasique, c’est-à-dire de sa concentration
interne, et au-delà d’une limite haute (valeur typique : 80 oC), il est volumique. L’accroissement de capacité lié à la présence de la phase
refroidi par balayage d’air frais, sous la responsabilité de l’exploitant. solide n’est cependant pas considérable.
Le capteur de concentration volumique ne délivre pas une mesure
■ Le débitmètre est protégé contre la poussière (protection IP 54).
absolue : il est donc nécessaire de procéder à un étalonnage de la
Les matériaux combustibles tels que le charbon pulvérisé, et même
chaîne de mesure. La méthode d’étalonnage la plus utilisée est celle
certaines poudres organiques comme par exemple des farines de
de la mesure globale, pratiquée sur l’installation elle-même, du
céréales peuvent, mélangées à l’air, provoquer en présence d’une
débit-masse ; on opère par comparaison avec une trémie peseuse,
source d’inflammation des explosions dévastatrices. On se référera
par exemple.
aux mesures de protection prescrites par les réglementations en
vigueur sur le site d’installation.
3.2.2 Spécifications générales
3.1.4 Transmetteur
Les caractéristiques générales des matériels sont, selon le
constructeur (voir aussi Pour en savoir plus [Doc. R 2 300]).
Le signal fourni par un transformateur différentiel est préamplifié
avant d’être envoyé par liaison fil à fil à un transmetteur implanté ■ Fluides : ceux qui se prêtent au transport pneumatique en
à distance, jusqu’à 1 000 m. Ce dernier génère des signaux sous conduite, tels que le charbon finement divisé, le ciment et d’autre
forme d’une tension de 0/2 à 10 V, d’un courant 0/4 à 20 mA, ou poudres minérales, les céréales, les grenailles pour traitement de
d’impulsions ; il assure en outre un affichage local. La commande surface des métaux, etc.
à distance est possible (RS 232 ou réseau locaux industriels).
■ Diamètres de canalisation : de 15 à 200 mm.
■ Étendues de mesure de vitesse : de quelques dm/s à quelques
3.2 Débitmètres à corrélation dam/s, obtenues en faisant varier l’espacement entre les électrodes
des condensateurs, avec une dynamique maximale de l’ordre de
3.2.1 Principe 10 : 1 pour un espacement donné. Cette mesure est, par nature, une
mesure absolue et ne requiert pas d’étalonnage.
La mesure du débit de solides divisés, transportés en vrac par voie ■ Étendue de mesure de ce que les fabricants appellent concentra-
pneumatique, met en œuvre une technique statistique particulière tion volumique, et exprimée en fait par un rapport massique : de 5 à
dite de corrélation [1]. L’équation exprimant le débit-masse dans un 200 kg de matière solide par kg de gaz vecteur.
tube assurant un tel transport s’écrit :
■ Temps de réponse : de l’ordre de la seconde.
Q m = Q v ρm C v (13)
■ Erreur de reproductibilité : de l’ordre de 2 %.
avec Qm débit-masse,
■ Température du produit véhiculé : jusqu’à 150 oC ; température
Qv débit-volume,
ambiante de – 20 à + 60 oC. Ces spécifications sont les mêmes pour
ρm masse volumique du solide, les deux capteurs, de vitesse et de concentration.
Cv concentration volumique du matériau ; ce dernier terme
étant plus précisément la fraction de volume de conduit
occupée (en moyenne) par la phase solide.

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Figure 11 – Fonction de répartition de la charge (doc. Endress + Hauser)

■ Les besoins courants de l’industrie n’imposent pas une très


Figure 10 – Débitmètre à corrélation (d’après [1]) grande précision, aussi n’est-il pas indispensable de faire appel à
des capteurs de pesée très performants (cf. Pour en savoir plus
[Doc. R 2 300]). Ces capteurs peuvent être surchargés à 130 % de la
limite nominale sans altération des performances, qui ne se
3.2.3 Montage dégradent qu’à partir d’une surcharge de 200 % ; une surcharge de
300 % affecte la réponse du capteur de façon irréversible.
L’instrument se monte obligatoirement en position verticale, avec
La charge transportée doit avoir une masse linéique au moins
écoulement de bas en haut. La mesure de corrélation requiert un
égale à celle de la bande.
écoulement stabilisé : il est donc nécessaire de prévoir 20 longueurs
droites amont et 10 longueurs droites aval ; ces valeurs s’entendent ■ L’erreur de mesure peut être limitée à 2 ou 3 % de la valeur lue,
pour la perturbation la plus faible, telle qu’un coude à 90o. avec un réglage standard d’après les paramètres de l’installation. Un
Les problèmes d’étalonnage de la chaîne de mesure ont été étalonnage sur site, s’il est praticable, permet de réduire cette erreur
évoqués en 3.2.1. – peut-être jusqu’à 1 % – dans les limites d’une dynamique de 5 : 1,
correspondant à l’amplitude du signal standard de transmission
analogique 4-20 mA. L’encrassement de la bande ou les variations de
3.2.4 Transmetteur sa tension sont des sources d’erreur de zéro.

Le transmetteur de signaux s’installe localement. Il délivre les


signaux analogiques standards en tension et courant, paramé- 3.3.3 Montage
trables, ainsi que des impulsions pour totalisation ; il commande des
relais à seuil. Il peut également disposer d’une liaison série et d’une Il faut aligner le ou les trains de rouleaux actifs par rapport aux
interface calculateur. trains du convoyeur qui les encadrent, pour assurer la bonne répar-
tition des réactions au poids de la matière transportée.

3.3 Débitmètres à bascule intégratrice 3.3.4 Transmetteur


3.3.1 Principe Il délivre les signaux analogiques standards 0/2 à 10 V et 0/4 à
20 mA et comporte un compteur totalisateur à sortie à collecteur
Les débitmètres à bascule intégratrice font appel à un principe bien ouvert, un compteur totalisateur à sortie à relais et une sortie sur
connu puisqu’il s’agit simplement d’une pesée, par jauge de relais à seuil.
contrainte, du matériau défilant sur un convoyeur horizontal ; la
vitesse de défilement de la bande transporteuse est, en outre,
mesurée par entraînement d’une roue codeuse associée à un
compteur d’impulsions. Le débit-masse est simplement le produit 3.4 Débitmètres à effet Doppler
instantané charge x vitesse de bande, intégré sur la durée de mesure.
La bascule dite monostation met en œuvre un seul train de 3.4.1 Principe
rouleaux, monté perpendiculairement à la bande transporteuse ; la
répartition de la charge sur la table de pesage est une fonction Il est possible de mesurer la vitesse de particules solides dans un
triangulaire telle que schématisée figure 11a. La bascule dite à conduit au moyen d’une technique de type radar Doppler, dans
double station comporte deux trains de rouleaux actifs ; la répartition laquelle un faisceau d’ondes électromagnétiques centimétriques
de la charge est alors une fonction trapézoïdale, représentée sur la (25 GHz), dites aussi micro-ondes, est émis et réfléchi à une
figure 11b. Le second montage permet de traiter des charges liné- fréquence de différente par les particules en mouvement : le
aires plus faibles, avec une meilleure précision. glissement de fréquence peut atteindre 1 kHz ; il est proportionnel
à la vitesse des particules en mouvement.
On ne dispose ainsi, néanmoins, que d’une mesure de vitesse ;
3.3.2 Spécifications générales aussi la technique du radar Doppler n’est-elle applicable que si la
densité apparente moyenne du produit véhiculé est raisonnable-
■ Le débitmètre à bascule intégratrice s’applique à tous les maté- ment constante, et continue ; son intérêt principal réside dans son
riaux solides concassés, de granulométrie grossière, susceptibles coût faible.
d’être convoyés sur bande transporteuse horizontale ou de faible Une variante simplifiée se borne à détecter le mouvement de la
inclinaison. masse fluide : elle fournit alors des indications de type tout ou rien
telles que le bourrage d’un conduit ou la fuite d’une vanne d’isole-
ment.

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3.4.2 Spécifications générales Une réponse possible consiste à demander au vendeur potentiel,
qui peut éventuellement accepter, de prêter un instrument pour
■ Le type de fluide (pour conserver ce mot générique) concerné est essai.
essentiellement le matériau divisé de toute nature, transportable en La mise à l’essai sur site apporte parfois l’information souhaitée
conduit par gravité ou vis hélicoïdes, ou sur convoyeur. mais on ne connaît pas toujours avec exactitude les variables du pro-
cédé, et encore moins les grandeurs d’influence. On ne disposera
■ La dimension transversale de conduite jusqu’à laquelle l’instru- peut-être pas d’assez de temps pour tester les dérives à long terme.
ment peut être utilisé est de l’ordre de 2 m au maximum.
Une autre méthode consiste à faire un évaluation en laboratoire
■ La précision n’est pas très grande, de l’ordre de 5 % ; encore faut-il d’un exemplaire de série, également prêté par le vendeur [2]. Cer-
que la densité apparente du fluide soit constante, puisqu’on ne la tains laboratoires travaillent suivant les normes et réglementations
mesure pas. Un étalonnage sur site pourra permettre, néanmoins, de nationales (en France, avec agrément du Bureau National de
disposer pour un coût modique d’une information de qualité suffi- Métrologie) et peuvent apporter une aide efficace. L’inconvénient est
sante. la rémunération de leur prestation, justifiée par l’obligation dans
laquelle ils se trouvent de maintenir une instrumentation de contrôle
■ L’électronique de traitement du signal primaire peut être déportée de haute qualité, et qui est de l’ordre de 150 à 200 kF pour un débit-
pour la soustraire aux vibrations du support. mètre.
■ Les signaux de sortie sont classiques, analogiques (4-20 mA) et
tout ou rien.

6. Conclusion
4. Débitmètres à vortex Il y a bien des décennies que le monde de la débitmètre attendait
massique un instrument ne perturbant pas l’écoulement, ne comportant pas
de pièce mobile au contact du fluide mesuré, délivrant un
débit-masse sans adjonction de capteurs de pression ou température
Un instrument d’un type nouveau (Yokogawa Contrôle Gailey SA) et acceptant enfin, sans difficulté majeure, tout type de fluide : l’effet
consiste en une extension du débitmètre à vortex [4] dans laquelle de Coriolis, que les progrès de l’électronique ont rendu industriel-
on prend en compte non seulement la fréquence d’oscillation, mais lement exploitable, paraît bien avoir engendré cet instrument cet
aussi l’amplitude du signal généré par les tourbillons. Cette ampli- instrument idéal.
tude est proportionnelle aux efforts de déformation subis par le Le premier modèle, le Micro-motion, ayant fait ses preuves, les
barreau, qui sont directement liées à la masse volumique du fluide. constructeurs se sont attachés à optimiser leurs nouvelles créations
L’instrument est donc en mesure de fournir par lui-même une indi- en fonction du segment de marché visé. C’est ainsi que le tube droit
cation de débit-masse. s’efforce de limiter les dépôts susceptibles de se produire à partir
Ce débitmètre ne comporte aucune pièce mobile, qualité majeure de fluides chargés, tandis que les modèles en forme de U tentent
des instruments à vortex. Il est tout spécialement intéressant, en de se découpler des vibrations mécaniques externes. La très faible
raison de son coût modique, dans le cas des gaz et de la vapeur erreur de mesure spécifiée pour la plupart des modèles indique que
(il n’existe pas de modèle pour liquides), puisqu’il fournit une indi- les qualités métrologiques ont également fait l’objet d’une attention
cation intrinsèquement corrigée en température et en pression. Il est toute particulière.
utilisable en atmosphère explosible (boîtier antidéflagrant et sécurité Certains constructeurs s’efforcent maintenant de réaliser des
intrinsèque). modèles de début de gamme, d’un meilleur prix, quoique de
L’erreur de mesure (spécifications du constructeur) est inférieure performances plus limitées. On se trouve donc en présence d’un très
à ± 2 % de l’étendue et la répétabilité inférieure à ± 0,5 % de la valeur large éventail de matériels nouveaux, chacun visant plus
lue. particulièrement un créneau délimité même s’il est, par son principe,
La transmission de la mesure se fait actuellement par boucle quasi universel. L’utilisateur n’a donc pas intérêt, dans ce contexte,
4-20 mA, avec superposition d’un signal numérique pour téléréglage à surspécifier ses besoins : cette remarque est d’ailleurs très géné-
(selon protocole privé Yokogawa ; la compatibilité avec le protocole rale, une exigence de l’acheteur dont le vendeur soupçonne qu’elle
HART est à l’étude). est injustifiée pousse ce dernier, contre son gré le cas échéant, à
surspécifier son matériel, il y a là un cercle vicieux dont nul n’est
jamais sûr de sortir gagnant.
Le débitmètre thermique, bien établi dans son principe et sa mise
5. Aspects économiques en œuvre industrielle, ne devrait plus réserver de surprise. Les
débitmètres pour solides, massiques par essence, ont profité des
progrès en matière d’électronique et d’informatique distribuées de
5.1 Coût des instruments traitement du signal.

Se reporter à la fiche Pour en savoir plus [Doc. R 2 300].

5.2 Évaluation avant achat

L’un des problèmes que pourra se poser l’acheteur est celui du


bien-fondé de l’achat envisagé : l’instrument va-t-il assurer le service
qu’on en attend, et sans défaillances coûteuses ?

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P
O
U
Débitmètres massiques R

E
par Claude GAILLEDREAU N
Ingénieur de l’École Nationale Supérieure de Chimie et de Physique de Bordeaux

Références bibliographiques S
[1] BOECK (Th.). – Mesure corrélative du débit
de solides en vrac transportés par voie pneu- [3]
Dans les Techniques de l’Ingénieur
MINARD (A.). – Matériels électriques pour
[4] GAILLEDREAU (C.). – Débitmètres à vortex.
R 2 285, traité Mesures et Contrôle, Techni-
A
[2]
matique. Automatisierungstechnische Praxis
28, 10, p. 496-502 (1986).
CORNISH (D.). – Instrument Performance.
atmosphères explosibles. Sécurité intrinsè-
que. R 533, traité Mesures et Contrôles, Tech-
niques de l’Ingénieur, avril 1991.
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ques de l’ingénieur, avril 1993.
DAUDON (J.L). – Débitmètres thermiques.
R 2 270, traité Mesures et Contrôle, Techni-
V
Measurement + Control, 27, p. 323-8,
déc. 1994/janv. 1995.
ques de l’ingénieur, déc. 1999.
O
I
Fabricants. Fournisseurs
Danfoss. Les Automatisme Appliqués.
R
Elsag Bailey SA. Métra SA.
Endress et Hauser. MKS Instruments France SA.
Faure Herman.
Flux Contrôle.
Rosemount.
SETARAM Sté d’Études d’Automatisation, de Régulation et d’Appareils de P
Mesures.
Foxboro France SA.
Instruments & Controls. System C Industrie.
Yokogawa Contrôle Bailey SA.
L
Krohne SA.
U
Caractéristiques de débitmètres massiques S
La liste de ces instruments n’est pas exhaustive. Les caractéristiques sont tirées des notices constructeurs.
(0)

Tableau A – Débitmètres à effet de Coriolis


Fabricant/ Type Étendues Diamètre Température Pression
Fournisseur de capteur de mesure nominal de service maximal
(kg/min) (mm) o (MPa)
( C)
Bopp & Reuther Boucle 0,04 à 2 000 15 à 80 – 20 à+ 120 40
4 - 1996

Danfoss Rectiligne jusqu’à 1 300 3 à 50 – 50 à+ 80 50


Endress + Hauser Rectiligne 1,5 à 3 000 8 à 80 – 50 à+ 150 10
Foxboro Boucle 0,09 à 700 6 à 50 – 200 à+ 180 20
Krohne Rectiligne 0,25 à 600 15 à 25 – 25 à+ 130 6,3
Micro-Motion (1) Boucle 0,05 à 11 000 3 à 200 – 240 à+ 200 40
Schlumberger (2) Boucle 0,36 à 1 450 3 à 50 – 45 à+ 205 13,7
Vaf Instruments Boucle 1 à 1 125 8 à 50 – 240 à+ 200 6,8
Doc. R 2 300

Représentés par (1) Rosemount (2) Faure Herman.


Rappelons que 1 MPa = 10 bars.
Dans la colonne « Type de capteur » la mention « rectiligne » signifie « à tube de mesure rectiligne ».
Notes
— L’étendue de mesure minimale indiquée dans ce tableau est l’étendue la plus faible pour laquelle le débitmètre approprié peut être réglé et non la mesure la
plus faible possible. Cette étendue correspond à une dynamique moyenne (10:1, pour fixer les idées).
— Les vapeurs portées dans ce tableau reflètent l’état d’avancement des diverses fabrications standards à fin 1995 : toutes n’ont pas atteint la complète maturité,
en matière de gammes notamment. Certains constructeurs peuvent cependant, sur demande, améliorer tel ou tel point de leur matériel : il s’agit alors de réa-
lisations spéciales dont il ne peut être fait état ici.

(0)

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P DÉBITMÈTRES MASSIQUES ______________________________________________________________________________________________________________
O
U
R Fabricant/
Tableau B – Débitmètres thermiques
Température
Étendue Diamètre Pression
Fournisseur de mesure Fluide de conduite de service de service
(kg/min) (mm) (oC) (MPa)

E Brooks (1)
Brooks (1)
Eldridge (2)
0,004 à 40 000
0,03 à
0,3
17
à 5 000
gaz
liquide
gaz
5
5
3
à 200
à 200
à 50
0 à + 70
0 à + 70
0 à + 200
10
10
3,5

N Endress + Hauser
Setaram MF 200
Setaram L 96
200
0,06 à
0,01 à
à 6 000
20
3
gaz
gaz
liquide
25 à 150
8 + by-pass
6,35 à 335
– 10 à + 100
< 180
< 80
4
0,5 à 35
< 35
MKS 0,06 à 37 gaz 6 0 à + 150 1
Thermal 600 (4) > 0,1 liquide 1,5 à 300 – 150 à + 430 < 420
Thermal 600 (4) > 2,4 gaz 1,5 à 300 – 150 à + 430 < 420
S Débitmètres thermiques à insertion

A Fabricant/
Fournisseur
Étendue
de mesure Fluide
Longueur
de sonde
Température
de service
Pression
de service
(m/s) (mm) (oC) (MPa)
V FCI (3) 0,08 à 240 gaz 25 à 2000 – 200 à + 450 < 28

O Thermal 62-9 (4)


Représentés par
(1) Flux Contrôle
0,05 à 75 gaz, liquide, boue 100 à 2500 – 150 à + 430 < 8,5

I (2) Instruments & Controls


(3) Les Automatismes Appliqués
(4) System « C » Industrie.

R Rappelons que 1 MPa = 10 bars.

(0) (0)

P
L
U Tableau C – Débitmètres à plaque d’impact

S Type
Fin d’étendue
de mesure
(103 kg/h)
Température
du produit
(oC)
Tableau D – Débitmètres à corrélation
Diamètre Rapport Température
Endress + Hauser de 0,03 à 40 Type de conduit massique du procédé
Granuline DE 20 en 10 gammes < 90 (mm) solide/gaz (oC)
Endress + Hauser de 1 à 50 Endress + Hauser
Granumet DE 21 en 4 gammes < 175 150 à 200 >5:1 < 150
Granucor
Endress + Hauser de 1,5 à 800
< 180
Granumet DE 10 en 11 gammes

(0)

Tableau E – Bascules intégratrices


Type Nombre Largeur Charge Température
de stations de bande du capteur
(m) (kg) (oC)
Endress + Hauser 2 0,4 à 1,4 15 à 150 – 30 à + 60
DS 10
Endress + Hauser 1 0,4 à 1,4 50 à 400 – 30 à + 80
DS 20

(0) (0)
(0)

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_____________________________________________________________________________________________________________ DÉBITMÈTRES MASSIQUES
P
O
U
Tableau F – Débitmètres à effet Doppler
Type Seuil Fréquence Température Pression
R
de mesure d’émission Portée du procédé du procédé
(GHz) (m) (oC) (bar)
Endress + Hauser
Granuflow GMR 130
0,05 m/s (1)
à 8 kg/m3
24,125 1,8 < 80 < 10 E
Endress + Hauser
Granuflow DTR 131Z
(détecteur de débit)
2 g/s 24,125 1,4 < 285 < 10
N
Endress + Hauser
Granuflow DTR 231Z Comme DTR 131 Z mais avec électronique à distance
(détecteur de débit)

(1) vitesse minimale détectée 0,05 m/s pour une densité apparente minimale de 8 kg/m3.
S
Tableau G – Débitmètres massiques à vortex
A
Type Masse volumique
fluide
Vitesse
du fluide (1)
Étendue
de mesure (2)
Diamètres
nominaux
Température
du procédé
Pression
du procédé
V
Yokogawa
(kg/m3) (m/s) (t/h) (mm) (oC) (bar)
O
Contrôle Bailey
Mass Yewflow
0,8 à 50 3 à 60 0,045 à 20 50, 80 et 100 – 40 à 200
option 300
< 20
I
(1) Étendue de vitesse d’écoulement (valeur moyenne sur une section droite libre d’obstacle).
(2) Débit minimal pour ∅ 50 mm à débit maximal pour ∅ 100 mm.
R
Tableau H – Coût des débitmètres massiques, en milliers de francs (ordres de grandeur au 1.1.1995)

Instrument
Coriolis Thermique À plaque
d’impact
À corrélation Bascule (§ 3) À radar Doppler (§ 3) Vortex
massique
P
(§ 1) (§ 2) (§ 3) (§ 3) monostation bistation indicateur détecteur (§ 4)

18,5 à 25
L
Prix (kF) 26 à 65 17 à 50 50 à 100 65 à 100 40 40 11 6 selon ∅
Chaque modèle particulier possède de nombreuses variantes, de prix assez différents, parfois : non seulement le diamètre varie mais aussi beaucoup d’autres
caractéristiques. Des facteurs commerciaux tels que le volume de la commande et la pression de la concurrence peuvent en outre jouer leur rôle. Nous nous bor-
U
nons ici à indiquer des fourchettes de tarifs pour des instruments dits standards.
Ces prix, ou fourchettes de prix, portent sur l’instrument proprement dit, avec son transmetteur dont le prix est de quelques kF. Les câbles de liaison, qu’ils soient
d’alimentation ou de signaux, n’y figurent pas, ni les éventuels supports ou fixations. Les options particulières à l’application viennent en supplément, de même
S
que les services que l’on pourra le cas échéant demander au vendeur : formation, mise en service, etc.

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