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Économie monétaire et financière II

Axe - 1/ - Développement financier et croissance économique

Axe - 2/ - Les modes de financement de l’économie et rôle de l’intermédiaire financier

Axe - 3/ - Typologie et rôle des banques dans le financement de l’économie

Axe - 4/ - Ouverture, élargissement et développement du système financier : Principales réformes


bancaires

Axe - 5/ - Le Marché monétaire et financement de l’économie

• Refinancement du Marché Interbancaire par la Banque Centrale


• Marché des Titres de Créance Négociables (TCN)

Axe - 1/ - Développement financier et croissance économique

Question : comment la libéralisation des taux d’intérêt à améliorer le dynamisme du système financier ?
→ Avant de répondre à cette question, il est primordial et important d’associer cette question à une
question annexe qui est : « si le système financier est dynamisé par la libéralisation des taux d’intérêt,
c’est certainement parce qu’il était inefficace/ handicapé, qu'il n’assure pas parfaitement ses rôles et
fonctions, donc automatiquement, un système financier qui n’assure pas la bonne allocation des
ressources financières ». Le dynamisme du système financier doit être permanent chaque fois qui se
trouve bloquer par l’apparition d’une variable X (politique ; économique ; sociale ; …), il doit trouver des
rectificatifs/ajustements nécessaires pour surmonter le blocage (ex : réforme 1993 ; 1996 ; 2004 ; 2006 ;
2009 ; 2010 ; 2015 ; 2017 ; juillet 2019 ; janvier 2020)

Marco PAGANO (1993) et Ross LEVINE (2005 ; 2015) ont développé un cadre théorique précisant la
contribution du système financier à améliorer le niveau de la croissance économique, autrement dit, le
système financier efficace qui présente une bonne coordination entre investissements et financements,
contribuera à améliorer le niveau de la croissance économique. Sur ce volet PAGANO présente les trois
canaux de transmission entre un système financier efficace et la croissance économique, (remarque : le
système financier est efficace s’il parvient à vérifier pleinement et en même temps les cinq fonctions)

• Premier canal : accumulation de l’épargne transmise au financement de projets d’investissement.


Il s’agit d’un canal aussi important dans l’analyse de PAGANO, où l’objectif derrière ce canal est
d’améliorer le stock des ressources financières, cette accumulation de l’épargne est vérifié d’une façon
non coordonnée des épargnants, où toute petite épargne peut également améliorer le stock des
ressources financières.
À noter : qu’il ne faut pas confondre entre moyens de paiement et épargnes, car, le premier peut être
thésaurisé, donc, non utilisé pour financer les projets d’investissement, par contre, la seconde (épargne)
c’est une renonce à la préférence à la liquidité et en même temps une recherche du gain.

• Deuxième canal : amélioration de la productivité marginale de capitale.


pour réussir et assurer la vérification du premier canal, PAGANO se posait la question « comment
l’épargne est transmise au financement des projets d’investissement ?», la réponse à cette question
tourne autour d’un rendement convenable et attractif ; efficace et efficient, car, il doit répondre aux
attentes et exigences à la fois des épargnants et des investisseurs.

• Troisième canal : la diversification des produits financiers (actifs financiers : les actions ; les obligations
; les bons de trésor ; les titres de créance ; épargne chez OPCVM ; les titres financiers à terme ; …), ce
sont des solutions de placement pour les épargnants et solutions de financement pour les investisseurs.
Pour réussir la parfaite corrélation entre croissance économique et système financier, il faut que ce
dernier (S.F) arrive à assurer le maximum de solutions possibles aux agents économiques excédentaires
et aux déficitaires, tout en prenant en considération les caractéristiques propres à chacun d’eux, et plus
précisément, le couple rendement/risque, plus les qualités de l’investisseur et la maturité (échéance).

À l’issue de ce débat de PAGANO, la dépendance de la croissance économique au système financier, est


expliquée autrement à travers trois variables :

1er. Le niveau plus ou moins élevé des coûts d’intermédiation :


un système performant réduit les coûts d’intermédiation et améliore le stock des ressources
financières.
2e. La capacité à sélectionner les projets d’investissement selon les caractéristiques propres à
chaque investisseur et épargnant :
cette variable améliore l’analyse du niveau de la productivité marginale
3e. La capacité à proposer des placements diversifiés et attractifs (efficaces ; efficients ; optimaux)
ces variables ne sont pas perçues de la même façon des épargneurs et des investisseurs, mais
différemment en prenant en considération les qualités propres pour chaque investisseur et pour
chaque épargnant.

Fonctions du système financier

Questions :

1. Argumenter et expliquer l’importance de l’intermédiaire financier dans le financement de


l’économie.
2. Quelle différence entre l’économie d’endettement et l’économie de marché ?
3. Après avoir schématisé le financement de l’économie, présenter la partie d’endettement.

- La première fonction : ajustement entre capacités et besoins de système financier.

C’est la très importante fonction que le système financier doit l’assurer. Pour financer leurs projets
d’investissements, les agents économiques utilisent d’abord les fonds internes, ou plutôt, propres, il
s’agit de l’autofinancement. Pour les ménages, c’est la partie de l’épargne accumulée, pour les
entreprises, c’est la partie de résultat positif non distribué, et pour le trésor, c’est au moment où le GAP
(différence entre recettes et dépenses) est positif. On parle alors de financement interne ou de
l’autofinancement.
Comme cet autofinancement est insuffisant, les agents économiques vont recourir au financement
externe.
Deux grands marchés : marché externe direct et marché externe indirect :

Axe - 2/ - Les modes de financement de l’économie et rôle de l’intermédiaire financier

 Le financement externe direct :

Les agents économiques déficitaires émetteurs des titres de propriété ou de créances, qui vont être
achetés par les agents économiques excédentaires. Ce financement direct aura lieu sur le marché des
capitaux, ce dernier est éclaté en deux :

1. Marché financier (échange entre capitaux et titres de propriété) ;


2. Marché monétaire, lui-même éclaté en trois :
a. Marché interbancaire, réservé aux banques commerciales et la banque centrale.
dans ce marché, on ne parle pas de financement de l’économie, mais plutôt, d’un
marché de régularisation de la liquidité bancaire. (Marché de liquidité)
b. Marché de la dette publique : en échange les différents types de bons de trésor.
c. Marché de la dette privée : les autres types de créances négociables à savoir (Billets de
trésorerie « BT » ; les bons de société de financement « BSF » ; certificats de dépôt « CD
» ; obligations ordinaires ; obligations subordonnées ; obligations perpétuelles ;
obligations convertibles en action ; …)

Remarque importante :
les solutions de placement et de financement disponibles dépendes de plusieurs caractéristiques, dont
principalement le niveau de risque ; le niveau de rendement ; la maturité (échéance) ; la qualité de
signature de l’émetteur (la qualité de l’engagement de l’émetteur …)

 Le financement externe indirecte :

Dans ce volet de financement externe, il y a la présence d’un intermédiaire financier qui collecte les
fonds auprès des agents excédentaires contre un taux d’intérêt versé, et qui prête ces fonds aux agents
déficitaires contre un taux d’intérêt. Ce financement externe indirect est appelé « le financement
intermédié ». Si le stock de ressources financières est insuffisant, le bouclage de financement est vérifié
par la création monétaire, réalisée uniquement par l’intermédiaire financier habilite à gérer les dépôts.

- la deuxième fonction : facilitation des échanges des biens et services et des capitaux :

C’est une fonction très importante où le système financier doit assurer en permanence la mobilisation
des capitaux nécessaires au financement des projets d’investissements, on ne parle pas ici des capitaux
locaux, mais plutôt, d’une mobilisation des capitaux à l’échelle internationale. Ce système financier doit
assurer le paiement de biens et services, des matières premières et moyennes d’équipement non
disponibles à l’échelle locale, mais, nécessaire au développement de la machine productive de richesses.
Cette fonction assure une dimension intertemporelle, c-à-d des paiements immédiats et à terme. À
travers cette fonction le système financier assure le développement des échanges commerciaux
nécessaires au développement de la croissance économique.
Financement Financement externe
interne
(autofinancement)
- Ménages → Direct Indirect
 Épargne Marché des capitaux
Marché Marché monétaire …
financier

Institutions de crédits
- Entreprises → (bourse)
Recettes non

Banques
distribués Marché Marché de la Marché de la
positives interbancaire dette public dette privé
BAM + Trésor TCN
Banques - bons de trésor - BT (s)
- État (trésor) → - CD (s)
Recettes (GAP) - BSF (s)
positives -…

BAM : Bank Al-Maghrib ; TCN : Titre de créances négociables ; BT : Billets de trésorerie ; CD : certificats
de dépôt ; BSF : bons de société de financement ; BMTN : bons à moyen terme négociables

- la troisième fonction : la mobilisation de l’épargne est collecte de capital.

Cette fonction est en parfaite interaction avec la première fonction de l’ajustement entre capacités et
besoins, à travers cette fonction, le système financier doit assurer la constitution d’un bon stock de
ressources financières, à travers la mobilisation non coordonnée d’un grand nombre d’épargnants, et
même les toutes petites épargnes. Pour réussir cet objectif, le système financier doit assurer une
fonction essentielle de garant de confiance nécessaire à la bonne mobilisation de l’épargne. La variable
confiance si est élevée pousse les épargnants à confier leurs épargnes pour financier les investissements
productifs de richesse, contre un taux de rendement convenable, on dit que la confiance est
l’argumentaire avancé du taux de rendement. Cette confiance est assurée par les marchés des capitaux
à travers la mobilisation de l’épargne via les différents instruments financiers véhiculés sur le marché
(actions ; obligations ; titrisations ; fonds communs de titrisation ; OPCVM ; …).

Les marchés des capitaux assurent un niveau de confiance élevé suite à la présence des autorités de
contrôle et de régularisation (ex : AMMC « Autorité marocaine du marché des capitaux » ; ex-CDVM
« Conseil Déontologique des Valeurs Mobilières »).

Les intermédiaires financiers assurent/garantissent un niveau de confiance élevé par leur capacité de
fructifier l’épargne et leur expertise en la matière.

Remarque importante :
l’absence de confiance, c’est une absence de mobilisation des capitaux vers des investissements
productifs de richesse, car, les taux de rendement et performance proposés dans le système financier ne
sont plus convenables, autrement dit, les agents déficitaires qui demandait l’épargne pour financer leurs
projets d’investissements, probablement ils ne vont plus vérifier les taux de rendement proposés.

Question :
comment peut-on améliorer le niveau de confiance en système financier ? (une bonne partie de la
réponse se trouve dans la fonction n°4)

- la quatrième fonction : production d’information sur les investissements envisageables et


accumulation du capital.

Cette fonction est en parfaite interaction avec la troisième fonction, où le niveau de confiance assurant
la bonne mobilisation des capitaux (épargne), n’est vérifiée que si le système financier partage le
maximum d’informations possibles (non pas uniquement sur le présent, mais également sur le futur) sur
les investissements proposés. Les informations partagées doivent être fiables ; performantes ;
efficientes. En absence du partage d’informations (on parle dans ce cas « d’asymétrie d’informations »),
le niveau de confiance s’affaiblit automatiquement, ce qui va nuire à la mobilisation des capitaux, donc,
affaiblir les investissements productifs de richesse, et par conséquent, absence d’une bonne croissance
économique.

Remarque importante :
le système financier doit être capable de produire le maximum d'informations possible, et utiles, pour
déterminer les taux de rendement à juste valeur, nécessaire pour bâtir un niveau de confiance élevé.

- la cinquième fonction : répartition, diversification de portefeuilles et gestion de risque.

Cette fonction tourne autour du principe de la diversification, où l’agent économique épargnant ait la
possibilité de diversifier son portefeuille, en plaçant ses épargnes non pas uniquement dans un seul
instrument, mais plutôt plusieurs, ce qui va lui permettre de compenser entre les instruments
enregistrant une perte avec les instruments enregistrant des gains. Dans ce cas-là, la diversification
permet la gestion de risque (probablement une baisse de risque).

• Deuxième mot-clé : la liquidité


la diversification permet aux épargnants par conséquent de revoir leur niveau d’aversion au risque, ce
qui va permettre à des agents excédentaires à faible niveau d’aversion au risque, de financer des projets
d’investissements à risque élevé, donc, probablement une bonne création de richesses et
automatiquement une bonne croissance économique.

Objectif de la diversification :
l’objectif de la diversification dans la cinquième fonction, c’est de prendre plus de risque.
Question : présenter l’objectif de la liquidité.
→ le deuxième mot-clé de la dernière fonction est la liquidité, qui signifié, la possibilité de convertir des
actifs financiers en pouvoir d’achat dans des délais brefs, l’objectif derrière est de permettre aux
bailleurs de fonds de gérer des risques. Il faut préciser que la liquidité est un indicateur profond de
l’efficience du système financier, ce dernier est performant/efficient lorsque la liquidité est élevée.
(2ème groupe :
- expliquer l’interaction entre le système financier et la croissance économique.
- quelles sont les limites entre le développement du système financier et la croissance économique ?)

→ La première limite selon le théoricien Tin Yau Victor HUNG (2009-2015) :


selon lui le développement du système financier contribué parfaitement à réaliser une croissance
économique, et pourtant, est indiquer à condition que le système financier alloue les fonds plutôt aux
projets d’investissement productifs de richesse, par contre tout financement dédié à la consommation,
ne fait qu'avoir des faits négatifs sur la croissance économique.

- La deuxième limite : J-L. ARCAND


ce chercheur aussi annonçait qu'effectivement le développement du système financier contribué
effectivement à la croissance économique, pourtant, il a précisé qu’une fois le niveau de l’endettement du
secteur privé atteint 150% par rapport au PIB, tout développement du système financier et plus précisément,
toute nouvelle augmentation de l’endettement du secteur privé, aura un impact négatif sur la croissance
économique. Explication avancée par ARCAND, c’est qu'à un niveau d’endettement supérieur à 150%, la
capacité de l’endettement s’affaiblit, la capacité de remboursement s’affaiblit aussi, ce qui pousse les
entreprises à proposer des projets d’investissements à faible risque → donc à faible niveau de création de
richesse, ce qui engendra un niveau de croissance économique très faible.

- La troisième limite : les travaux de R. G. RAJAN et L. ZINGALES (1993 ; 2003-2015)


selon ces théoriciens (toujours et tout le temps, le développement du système financier, il contribue
parfaitement au développement de croissance économique), si l’économie est financée plutôt par le
secteur bancaire, il aura une croissance économique durable et à long terme, mais plutôt, sous-
optimale, vue que le secteur bancaire est plus exigeant en matière de risque, donc, il procède à la
sélection les investissements et exige un risque faible, donc, une faible création de richesse et faible
croissance économique (sous-optimale).
Selon ces théoriciens, dans le cas où l’économie est financée par les marchés des capitaux, la croissance
devient plutôt volatile, des périodes de forte croissance et des périodes de faible croissance. RAJAN et
ZINGALES, ajoutent également que dans ce cas (financement par les marchés des capitaux), des
entreprises performantes peuvent se trouver sanctionnées par cette volatilité de la croissance
économique.

- Critiques : L. H. PEDERSEN (travaux 2009 ; 2013-2015),


encore une fois PEDERSEN affirme la relation positive entre le développement du système financier et la
croissance économique, pourtant, il adressait des critiques pour la cinquième fonction présentée par
LEVINE, et plus précisément, à la variable liquidité, ce chercheur annonçait que la liquidité associée à
une forte volatilité peut engendrer ou bien des hausses trop gonflées, ou bien des situations de baisses
graves. Cette dernière situation appelée par PEDERSEN « les situations de la spirale de perte ».

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