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Benchmarking :

Dans une analyse de benchmarking, l’économie marocaine, en termes de compétitivité


révélée, accusent un retard considérable par rapport à certaines économies développées, voire
émergentes dont la Chine (14,2%), les Etats-Unis (9,4%), l’Allemagne (8,3%), le Japon
(3,9%), la France (3,2%), le Mexique (2,4%), le Brésil (1,2%), l’Afrique du Sud (0,5%).
Il ressort donc de ces résultats que le Maroc est contraint à fournir davantage d’efforts pour
améliorer sa position concurrentielle au sein de l’économie mondiale, notamment dans un
contexte où la concurrence devient de plus en plus acharnée et surtout que le Maroc, en plus
de sa qualité de membre à l’OMC, a signé plusieurs accords de libre-échange avec de
nombreux pays et régions du monde dont l’Union Européenne, les Etats-Unis, la Turquie, la
Tunisie, la Jordanie, etc.
Il est à constater que ces accords de libre-échange, au lieu de permettre au Maroc de
promouvoir ses exportations, l’ont transformé, malheureusement, en une économie
importatrice creusant structurellement son déficit commercial par rapport pratiquement à tous
les pays avec lesquels il a ratifié ces accords.
Une telle situation, qualifiée d’inquiétante, n’est que la conséquence d’une offre économique
marocaine à faible valeur ajoutée, peu diversifiée et livrée à une compétitivité fondée sur le
facteur prix, traduction pure et simple d’une spécialisation internationale moins dynamique et
appauvrissante.
La part du Maroc dans le marché mondial du secteur de textile s’élève à 0,14% en 2019.
Cette part reste insuffisante, voire insignifiante par rapport à celles enregistrées au niveau des
principaux exportateurs de secteur, en l’occurrence, la Chine (37,4%), l’Inde (5,9%), les
Etats-Unis (4,8%), la Turquie (3,8%), la Corée du Sud (3,7%) , le Hong Kong (2,85%), le
Pakistan (2,9%), le Japon (2,1%).
De surcroît, le Maroc est fortement concurrencé par des pays actifs dans ce secteur comme la
Chine, la Turquie, le Bangladesh et l’Inde qui détiennent des parts de marché respectives de
37,1%, 13,8, 11,5%, et 7,1% sur le marché européen de textile-habillement en 2018, au
moment où les exportations marocaines de ce secteur représentent que 2,5% des importations
de l’Union Européenne.
La compétitivité du secteur de textile nécessite la maîtrise de l’amont, le creux et l’aval de la
filière, et ce en se procurant les informations sur les clients, la conception, l’innovation et la
R&D, la maîtrise du Big data et des portefeuilles clients.
La logique consiste à ce que le Maroc procède à la diversification des sources
d’approvisionnement en intrants pour pouvoir élargir la gamme des produits proposés. La
transformation au sein d’unités locales avec des outils s’imprégnant de la digitalisation et du
partage des données est devenue le mode opératoire préconisé pour réussir des produits finis
répondant aux attentes de consommateurs de plus en plus exigeants.
Comparaison du Maroc avec d’autres pays en se basant sur les composantes de la chaîne de
valeur mondiale :
D’après l’analyse du secteur de textile, les entreprises nationales devraient s’engager dans un
processus visant à maîtriser l’amont et l’aval du processus en investissant notamment dans la
recherche & développement, l’innovation, le design et le Big data ainsi que dans les aspects
liés au marketing et à la distribution moderne.
Un benchmarking avec les concurrents directs du Royaume :
Que ce soit le coût du transport, celui des charges sociales ou encore celui de l’énergie, le
Maroc reste plus cher.
Chiffres à l’appui, les responsables de l’Amith martèlent que la compétitivité de l’entreprise
marocaine dépend largement de ces facteurs et que le gouvernement est le seul capable
actuellement de la doter des moyens de se battre.
Même si les responsables en matière de textile triplent leur productivité, ils ne pourraient pas,
sous la pression des coûts des facteurs actuels, rattraper le retard qu’ils ont sur les pays
concurrents.
A commencer par l’énergie qui coûte au Maroc 0,092 dollar US le kWh alors qu’elle ne
dépasse pas 0,047 dollar en Tunisie et 0,055 en Egypte. En Turquie, le kWh vaut 0,070
dollar.
Le coût, les délais et la fluidité du transport ne favorisent pas les exportations marocaines non
plus. Ainsi, le total des charges relatives au transport d’une remorque complète de 92 m3 et
de 16 m de long est estimé à 6.500 euros aller-retour au Maroc (Casablanca) contre 5.600
pour la Tunisie. Cette comparaison ne prend pas en compte la Roumanie dont les
exportations n’effectuent pas de traversée en mer, ce qui réduit considérablement les frais
mais aussi et surtout les délais (6/7 jours contre 10/12 pour les expéditions marocaines).
Les charges sociales sont également élevées par rapport à certains concurrents. Le Smig est
de 164,09 euros au Maroc, alors qu’il ne dépasse pas 47 euros en Egypte, 78,64 en Roumanie
et 129,95 en Tunisie. Le salaire minimum en Turquie est le plus haut des pays du benchmark
avec 227,24 euros. Avec 42,65 euros, les cotisations sociales, moins élevées qu’en Turquie
(90,9 euros), restent néanmoins plus coûteuses qu’en Egypte (18,8), Roumanie (33,8) et
Tunisie (34,11).
Le benchmarking est aussi éloquent sur la fiscalité du Royaume où l’IGR sur les salaires des
cadres par exemple, reste supérieur à celui de la Tunisie, la Roumanie et la Turquie.

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