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UNIVERSITE DE CARTHAGE

INSTITUT DES HAUTES ETUDES COMMERCIALES


DE CARTHAGE

2EME ANNEE LICENCE APPLIQUEE EN GESTION (SPECIALITE COMPTABILITE)

SUPPORT DE COURS :
CONTROLE INTERNE

Enseignant : Youssef ABOUDA


Expert-Comptable Membre de l’Ordre des
Experts Comptables de Tunisie

Année Universitaire 2015-2016


Enseignant : Youssef ABOUDA 2

PLAN DU COURS

PARTIE I : CADRE DU CONTROLE INTERNE ..................................................... 4


CHAPITRE I : PRESENTATION GENERALE DU CONTROLE INTERNE ......................................5
SECTION I : L’EVOLUTION HISTORIQUE DU CONTROLE INTERNE ET LES DIMENSION DU CONTROLE INTERNE ........5
SECTION II : DEFINITION DU SYSTEME DE CONTROLE INTERNE ..................................................................9
SECTION III : LES OBJECTIFS DU CONTROLE INTERNE ............................................................................. 11
CHAPITRE II : COMPOSANTES ET PRINCIPE GENERAUX DU CONTROLE INTERNE .............15
SECTION I : LES COMPOSANTES DU CONTROLE INTERNE ........................................................................ 15
SECTION II : LES PRINCIPES GENERAUX DU CONTROLE INTERNE ............................................................... 23
SECTION III : LE CONTROLE INTERNE AU SEIN DES PME......................................................................... 30
CHAPITRE III : ORGANES RESPONSABLES ET LIMITES DU CONTROLE INTERNE.................32
SECTION I : ORGANES RESPONSABLES DU CONTROLE INTERNE ................................................................ 32
SECTION II : LES LIMITES DU CONTROLES INTERNE ................................................................................ 40
TRAVAUX DIRIGES ............................................................................................................43
PARTIE II : L’EVALUATION DU SYSTEME DE CONTROLE INTERNE .................. 45
CHAPITRE I : LA DEMARCHE D’EVALUATION DU SYSTEME DE CONTROLE INTERNE .........46
SECTION I : PRESENTATION DE LA DEMARCHE D’AUDIT PAR LES RISQUES .................................................. 46
SECTION II : LES ETAPES D’APPRECIATION DU CONTROLE INTERNE ........................................................... 48
CHAPITRE II : LES OUTILS DE DESCRIPTION ET D’EVALUATION DU SYSTEME DE CONTROLE
INTERNE ...........................................................................................................................51
SECTION I : LES OUTILS DE DESCRIPTION DES PROCEDURES..................................................................... 51
SECTION II : LES OUTILS D’EVALUATION DES PROCEDURES ..................................................................... 59
TRAVAUX DIRIGES ............................................................................................................62
PARTIE III : PROPOSITION D’UN MODELE DE CONTROLE INTERNE DES
ACTIVITES CLASSIQUES .............................................................................. 64
CHAPITRE I : PROCEDURES DES ACHATS - FOURNISSEURS ...............................................65
SECTION I : LES ASSERTIONS ET COMPTES RATTACHES AU CYCLE ACHATS / FOURNISSEURS........................... 65
SECTION II : ORGANISATION GENERALE, OUTILS DE GESTION ET SYSTEME D’INFORMATIONS......................... 66
CHAPITRE II : PROCEDURES DES VENTES - CLIENTS ..........................................................79
SECTION I : LES OBJECTIFS PRIORITAIRES DE CONTROLE INTERNE ............................................................. 79
SECTION II : PROCEDURE DE TRAVAIL : CYCLE VENTES - CLIENTS.............................................................. 86
CHAPITRE III : PROCEDURES DE GESTION DES RESSOURCES HUMAINES ..........................95
SECTION I : LES OBJECTIFS PRIORITAIRES DE CONTROLE INTERNE ............................................................. 95

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SECTION II : LA SEPARATION DES FONCTIONS...................................................................................... 96


SECTION II : PROCEDURE DE TRAVAIL : GESTION DES RESSOURCES HUMAINES ........................................... 97
CHAPITRE IV : PROCEDURES DE GESTION DE STOCKS ....................................................107
SECTION I : LES OBJECTIFS PRIORITAIRES DE CONTROLE INTERNE ........................................................... 107
SECTION II : LA SEPARATION DES FONCTIONS.................................................................................... 108
SECTION II : PROCEDURE DE TRAVAIL : GESTION DES RESSOURCES HUMAINES ......................................... 109
CHAPITRE V : PROCEDURES DE GESTION DE LA TRESORERIE .........................................119
SECTION I : LES OBJECTIFS PRIORITAIRES DE CONTROLE INTERNE ........................................................... 119
SECTION II : LA SEPARATION DES FONCTIONS.................................................................................... 120
SECTION II : PROCEDURE DE TRAVAIL : GESTION DES RESSOURCES HUMAINES ......................................... 121
CHAPITRE V : PROCEDURES D’INVESTISSEMENT (GESTION DES IMMOBILISATIONS).....131
SECTION I : LES OBJECTIFS PRIORITAIRES DE CONTROLE INTERNE ........................................................... 131
SECTION II : LA SEPARATION DES FONCTIONS.................................................................................... 132
SECTION II : PROCEDURE DE TRAVAIL : GESTION DES RESSOURCES HUMAINES ......................................... 133

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PARTIE I : CADRE DU CONTROLE INTERNE

▪ PRESENTATION GENERALE DU CONTROLE INTERNE

▪ PRINCIPE GENERAUX DU CONTROLE INTERNE D’UNE ENTITE

▪ ORGANES RESPONSABLES ET LIMITES DU CONTROLE


INTERNE

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CHAPITRE I : PRESENTATION GENERALE DU CONTROLE INTERNE

SECTION I : L’EVOLUTION HISTORIQUE DU CONTROLE INTERNE ET LES DIMENSION DU CONTROLE


INTERNE

I- L’évolution historique du contrôle interne

• Au XIXème siècle, contrôle simple qui prévaut, avec de petites entreprises dirigées par un
employeur qui supervise directement les conditions de la production.
• Au début du XXème siècle, les termes de contrôle interne opérationnel et de contrôle
interne administratif apparaissent.
• Après le krach de 1929, nécessité de réguler le développement des marchés financiers.
• 1934 : création de la SEC (USA) qui a émis le rapport Securities Exchange Act (1934)
o Mise en place d’un certain nombre de lois afin de favoriser la transparence des états
financiers des sociétés cotées.
• 1949 : Institute of Internal Auditors (IIA) fournit une définition où il est fait référence au
contrôle interne qui :
o comprend le plan de l’organisation
o et toutes les méthodes et mesures qui permettent d’assurer la sauvegarde des actifs
de l’entreprise.
• 1958 : le Committee on Auditing Procedure (CAP) a émis la SAP N°29 qui distingue :

Le contrôle • Vise à s’assurer de la


pertinence des processus
comptable opérationnels

• Vise à s’assurer de la
Le contrôle préservation des actifs et de
administratif la fiabilité des états
financiers

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• 1973 : SAS N°1 (remplaçant la nomenclature SAP) propose des définitions du contrôle
administratif et du contrôle comptable.
o Traduit le lien qui est fait entre contrôle comptable et contrôle administratif en
expliquant comment certaines procédures et processus dédiés aux contrôles
comptables pouvaient servir les objectifs de la direction et donc être rattachés aux
contrôles administratifs.
• 1977 : réaction de la SEC aux affaires (notamment Watergate) avec le Foreign Corrupt
Practices Act (FCPA) :
o Loi qui rend illégal le fait de ne pas avoir de dispositif de contrôle interne adéquate, à
savoir de ne pouvoir fournir la relative assurance que les transactions sont réalisées
 Lien entre le dispositif et le risque pénal
• 1977 : L’Ordre des experts comptables (FRA) définit le contrôle interne comme
« l’ensemble des sécurités contribuant à la maîtrise de l’entreprise ».
• 1985 : Création Treadway Commission (suite à de nouveaux scandales) qui sont rapport
en 1987 comportant 50 recommandations pour fiabiliser les états financiers.
o Une des conclusions du rapport était d’avancer que 50% des fraudes découvertes
dans les états financiers étaient dues à des dispositifs de contrôle interne déficients.

Contrôle
comptable

Contrôle
interne
Contrôle
administratif

AVANT APRES

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• 1992 : Mise en place du COSO


o Publication du « Internal Control-Integrated Framework » (ce qu’on appelle
également Coso Report)
o 3 objectifs majeurs au contrôle interne :

Efficacité et Fiabilité des Conformité


rentabilité états vis-à-vis des
financiers lois et
règlements

• 2004 : la construction d’un second framework COSO 2 concernant davantage le


management des risques dans l’entreprise
• 2013 : l’actualisation du premier framework COSO.

II- Les trois dimensions du contrôle interne

1- La lutte contre la Fraude et la protection des ressources de l’entreprise

Cela a été un des moteurs du développement de la notion de contrôle interne.

Suite à des multitudes de scandales financiers, il devient nécessaire d’exiger aux entreprises
de mettre en place des programmes de contrôle interne. L'objectif initial du contrôle interne
était de détecter les fraudes et de protéger les ressources de l'entreprise. Ceci concerne
d'abord les biens matériels comme les stocks, les comptes clients, ... mais aussi les biens
incorporels comme les brevets, la propriété intellectuelle, les savoir-faire, les marques, ...

2- La sincérité des comptes des entreprises.

La mise en place d’un système de contrôle a été exigée afin :

• d'arriver à lutter contre les fraudes et des erreurs répétitives constatées dans les
reporting financiers de certaines entreprises.
• De protéger les investisseurs en imposant de nouvelles règles concernant la
comptabilité et la transparence financière.

En effet, en matière comptable, les principaux objectifs du contrôle interne sont de s'assurer
de :

• l'exhaustivité : toutes les opérations sont enregistrées ;


• la réalité : chaque opération enregistrée est réelle (correspond à un événement) ;

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• l'exactitude : toutes les factures sont conformes aux commandes, contrats... ;


• l'évaluation : toutes les provisions, les charges à payer et les produits à recevoir sont
correctement évalués ;
• la comptabilisation : toutes les opérations sont correctement enregistrées en
comptabilité (bons comptes) et sur la bonne période (principe du cut off).

La mise en place d’un système de contrôle interne efficace constitue une présomption de
la fiabilité des comptes et une preuve indirecte de la sincérité des comptes des
entreprises.

3- La mise en place d'une organisation plus efficace et plus performante.

L'objectif du contrôle interne évolue. L'objectif de la démarche consiste à disposer des


bonnes informations au bon moment afin de prendre les bonnes décisions. De manière plus
générale, il s'agit de déterminer les objectifs stratégiques, de mettre en place des dispositifs
opérationnels et de respecter les lois et les règlements.

Le contrôle interne nécessite de mettre en place des procédures qui respectent l'ensemble
de ces objectifs tout en améliorant l'efficacité et l’efficience de l'entreprise.

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SECTION II : DEFINITION DU SYSTEME DE CONTROLE INTERNE

1- Définition avancée par l'Ordre des Experts Comptables Français en 1977

«Le Contrôle Interne est l'ensemble des sécurités contribuant à la maîtrise de l'entreprise. Il
a pour but d'assurer la protection, la sauvegarde du patrimoine et la qualité de l'information,
de l'autre l'application des instructions de la Direction et de favoriser l'amélioration des
performances. Il se manifeste par l'organisation, les méthodes et les procédures de chacune
des activités de l'entreprise, pour maintenir la pérennité de celle-ci ».

2- Définition avancée par le Consultative Committee of Accountancy de Grande Bretagne


En 1978

«Le Contrôle Interne comprend l'ensemble des systèmes de contrôle, financiers et autres,
mis en place par la Direction afin de pouvoir diriger les affaires de l'entreprise de façon
ordonnée et efficace, assurer le respect des politiques de gestion, sauvegarder les actifs et
garantir autant que possible l'exactitude et l'état complet des informations enregistrées ».

3- Définition avancée par la Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes Français
en 1987

«Le Contrôle Interne est constitué par l'ensembles des mesures de contrôle comptable ou
autre, que la direction définit, applique et surveille, sous sa responsabilité, afin d'assurer la
protection du patrimoine de l'entreprise et la fiabilité des enregistrements comptables et
des comptes annuels qui en découlent ».

4- Définition avancée par le COSO en 1992

Toutes ces définitions institutionnelles données au Contrôle Interne ont servis de base pour
l'élaboration d'une définition plus large par le COSO.
« Le contrôle interne est un processus mis en œuvre par le Conseil d’administration, les
dirigeants et le personnel d’une organisation, destiné à fournir une assurance raisonnable
quant à la réalisation d’objectifs entrant dans les catégories suivantes :
• réalisation et optimisation des opérations ;
• fiabilité des informations financières ;
• conformité aux lois et aux réglementations en vigueur. »

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5- Définition avancée par « l'International Federation of Accountents » (IFAC) en 2008

« Le contrôle interne est un processus, conçu et mis en place par les personnes constituant
le gouvernement d’entreprise, la direction et d’autres membres du personnel, pour
fournir une assurance raisonnable quant à la réalisation des objectifs de l'entité en ce qui
concerne :
• la fiabilité de l’information financière,
• l'efficacité et l'efficience des opérations,
• ainsi que leur conformité avec les textes législatifs et réglementaires applicables.
Il en résulte que le contrôle interne est conçu et mis en œuvre pour répondre aux risques
identifiés liés à l’activité qui menacent la réalisation de l’un de ces objectifs».

Cette définition pose certains concepts fondamentaux :


• le contrôle interne est un processus : Les procédures de contrôle interne sont
particulièrement efficaces lorsqu'elles sont intégrées à l’infrastructure et font partie
de la culture de l’entreprise. Elles doivent être intégrées et non rajoutées. Il constitue
un moyen d’arriver à ses fins et non pas une fin en soi ;
• le contrôle interne est mis en œuvre par des personnes. Ce n’est pas seulement un
ensemble de manuels de procédures et de documents, il est assuré par des
personnes à tous les niveaux de la hiérarchie ;
• le management et le gouvernement d’entreprise (Conseil d’administration) ne
peuvent attendre du contrôle interne qu’une assurance raisonnable quant à la
réalisation des objectifs de l'entité, et non une assurance absolue dû au risques
inhérentes à tout système de contrôle interne (Exemple : catastrophe naturelle, crise
économique, apparition d’une nouvelle règlementation, fraude,…).

C'est un
processus

Disposotif de Fournit une


Concerne tous
CI assurance
le monde
raisonnable

Permet la
réalisation des
objectifs

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SECTION III : LES OBJECTIFS DU CONTROLE INTERNE

Les 7 objectifs du Contrôle Interne

Le respect Identification
constant des La conformité des nouveaux
La protection et La fiabilité et la L’amélioration Le
règles de aux différentes risques et aide
la sauvegarde qualité de des développement
gestion réglementation à la réalisation
du patrimoine l’information performances de la rigueur
arrêtées par la s applicables des
direction changements

      
1- La protection et sauvegarde du patrimoine

Le patrimoine s’entend dans son sens le plus large englobant :


▪ Les actifs corporels : équipement, stocks, clients,…
▪ Les actifs incorporels (immatériel) : le savoir-faire, l’image ou la réputation, la qualité
du personnel (compétence, comportement, expérience)
La protection est l’action de favoriser la naissance ou le développement et la conservation
du patrimoine.
Sans pouvoir prétendre supprimer totalement toute négligence, erreur ou fraude, le
contrôle interne exerce notamment une action préventive permettant de les découvrir, en
temps opportun, ou tout au moins de les réduire au minimum.
Exemple de procédures visant la protection et la sauvegarde du patrimoine :
✓ Respect systématique des normes de sécurité lors des constructions et acquisitions
des équipements.
✓ Procédures d’autorisation, de justification et d’annulation évitant la prise en charge
de dépenses injustifiées ou des doubles paiements.
✓ Procédures de vérification de solvabilité, d’autorisation, de preuve de remise des
marchandises et de suivi rapide du recouvrement des créances luttant contre les
risques de créances insolvables.

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✓ Procédures de couverture d’assurance et de recours à des conseils compétant


✓ Procédure de maintenance préventive systématique
✓ Procédure de stockage, de gardiennage, de suivi et de contrôle des mouvements des
biens
✓ Procédure de limitation d’accès
✓ Mise en place de moyens matériels de protection physique : magasin, portes,
barrières, coffres, dispositifs anti-vol, dispositifs anti-incendie, etc.
✓ Procédure d’inventaire permanent et d’inventaire physique.
✓ Comptabilité générale complète, sincère, régulière et constamment à jour.
✓ Le recours à un audit interne consolidé éventuellement par un audit externe
compétant et indépendant.
2- La fiabilité et la qualité de l’information comptable, opérationnelle et générale et une
communication appropriée des informations pertinentes

Gérer c’est décider en fonction des informations collectées. La qualité d’une décision est
affectée par la qualité de l’information qui lui sert de base.
Le contrôle interne vise à assurer la production d’une information de qualité que cette
information soit comptable, opérationnelle ou générale.
Une information de qualité est une information intelligible et communicable, fiable,
significative et pertinente.

La qualité de ce dispositif de contrôle interne peut-être recherchée au moyen :

✓ d’une séparation des tâches qui permet de bien distinguer les tâches
d’enregistrement, les tâches opérationnelles et les tâches de conservation ;
✓ d’une description des fonctions devant permettre d’identifier les origines des
informations produites, et leurs destinataires ;
✓ d’un système de contrôle interne comptable permettant de s’assurer que les
opérations sont effectuées conformément aux instructions générales et spécifiques,
et qu’elles sont comptabilisées de manière à produire une information financière
conforme aux principes comptables généralement admis.
3- Le respect constant des règles de gestion arrêtées par la direction

Dans certains cas, les procédures pratiquées au sein de l’entreprise ne sont pas conformes
aux règles de gestion arrêtées par la direction générale.
Le respect des principes de contrôle interne vise à s’imposer une pédagogie adéquate et
instituer des sécurités permanentes assurant l’exécution effective des décisions de la
direction. Le respect constant des règles de gestion suppose des procédures de compte
rendu systématique d’exécution, d’une supervision permanente et l’instauration d’un
contrôle à postériorité.

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4- L’amélioration des performances

Selon l’Ordre des Experts Comptables français, le contrôle interne est une discipline
générale de gestion permettant d’assurer une meilleure efficience des moyens mis en
œuvre pour assurer la pérennité de l’entreprise.
Le coût du contrôle est parfois non significatif par rapport aux avantages de sécurité,
d’efficacité et de sérénité de la gestion procurés par ces contrôles.
Par contre, le coût d’absence de contrôle peut être très important et peut amener
l’entreprise à l’absence de performance et même jusqu’à la défaillance.
Exemple de performances dues à un bon contrôle interne :
✓ Le contrôle des ventes évite les créances insolvables, accélère l’encaissement des
créances et réduit par conséquent les charges financières (Charges financières liées
au crédit de financement de fonds de roulements).
✓ Le contrôle des stocks réduit le sur-stockage, la rupture des stocks, le coulage, le
gaspillage et les dépréciations (qui génèrent des provisions et/ou des pertes).
✓ Le contrôle des approvisionnements réduit les coûts matières et favorise la qualité de
la production.
✓ Les différents contrôles facilitent la justification des comptes comptables et accélère
la production des états financiers, des situations mensuelles et des tableaux de bord.
✓ La culture contrôle interne améliore le sentiment de sécurité du personnel, ainsi que
son esprit d’appartenance et le rend plus disponible au progrès (augmentation de
productivité ce qui améliore la performance).
✓ En outre le contrôle interne permet le développement d’une bonne image de
l’entreprise et de son personnel à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de l’entreprise.
5- Le développement de la rigueur

L’ensemble des procédures de contrôle interne qui réglementent et organisent l’entreprise


dans toutes ses activités a pour effet de développer le sens de la rigueur et concourt à la
réalisation d’un terrain favorable à une gestion rationnelle de l’entreprise.
Le contrôle interne a un effet libérateur pour les dirigeants de la société puisqu’ils sont
soutenus par une organisation sûre et des sécurités qui fonctionnent, par conséquent ils
peuvent déléguer les responsabilités avec plus de sérénité et ils auront, par la suite, la
possibilité se consacrer à leur attributions essentielles (Elaboration des stratégies, travaux
de réflexion et de création, fixation des objectifs, planification etc).
Exemple de procédures participant au développement de la rigueur dans l’entreprise :
✓ L’application du contrôle interne empêche le laisser-aller.
✓ La conviction générale de la prédominance du système sur la volonté partisane des
hommes.

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✓ La procédure de sélection du personnel permet de doter l’entreprise d’un personnel


compétent, sérieux et de bonne moralité.
✓ La procédure d’étude des investissements évite le risque mal calculé.
✓ Les procédures d’achats et de ventes permettent un fonctionnement loyal, une
efficacité accrue et assurent une saine expansion.
✓ Les procédures de trésorerie préservent l’entreprise contre les fraudes et réduisent
le poids des charges financières.
✓ Le contrôle efficace de la gestion des participations dans d’autres sociétés et la
sélection des représentants aux conseils d’administration permettent de préserver la
consistance des actifs et évitent d’engager la responsabilité de l’entreprise dans des
cas de direction d’entreprise à gestion défaillante.
6- La conformité de l’entreprise aux différentes réglementations qui lui sont applicables

Le respect de la réglementation participe à l’objectif de sécurité de l’entreprise et de ses


dirigeants et constituent ainsi une condition fondamentale de la pérennité de l’entreprise.
Le respect des réglementations réalise ainsi un des objectifs du contrôle interne à savoir la
sécurité juridique de l’entreprise. Le contrôle interne vise ainsi à assurer en permanence la
conformité de l’entreprise aux réglementations applicables.

Compte tenu du grand nombre de domaines existants (droit des sociétés, normes
comptables, droit commercial, droit fiscal, environnement, social, etc.), il est nécessaire que
la société dispose d’une organisation lui permettant de :
▪ connaître les diverses règles qui lui sont applicables ;
▪ être en mesure d’être informée en temps utile des modifications qui leur sont
apportées (veille juridique) ;
▪ transcrire ces règles dans ses procédures internes ;
▪ informer et former les collaborateurs sur celles des règles qui les concernent.

7- Favoriser l’identification des nouveaux risques et aider à la réalisation des changements


nécessaires

Les procédures de contrôle interne sont bâties sur des processus d’identification et
d’évaluation des risques engendrés par chaque activité et encourus par l’entreprise
conjugués avec la politique retenue par la direction générale en matière prise de risque.
Les contrôles internes mis en place doivent permettre ou aider à l’identification des
nouveaux risques qui peuvent avoir un impact significatif sur l’efficacité de l’entreprise. Un
système de contrôle interne efficace aide aussi à détecter les signes précurseurs des
changements nécessaires et constitue un outil pour mener ces changements avec succès.

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CHAPITRE II : COMPOSANTES ET PRINCIPE GENERAUX DU


CONTROLE INTERNE

SECTION I : LES COMPOSANTES DU CONTROLE INTERNE

1) l’environnement de contrôle;

2) le processus d’évaluation des


risques

3) le système d’information

4) les activités de contrôle

5) le pilotage (le suivi des contrôles)

I- L’environnement de contrôle

L’environnement de contrôle recouvre l’attitude, l’état d’esprit et les actions de la direction


et des personnes constituant le gouvernement d’entreprise au regard du contrôle interne et
de son importance pour l’entité.
L’environnement de contrôle inclut également les fonctions de gouvernement d’entreprise
et les fonctions de direction et donne la ligne directrice d’une organisation influençant l’état
d’esprit du personnel de l’entité en matière de contrôle.
L’environnement de contrôle comprend les éléments suivants:

1. Communication et mise en œuvre de l’intégrité et des valeurs éthiques

L’efficacité des contrôles ne peut se placer au-dessus de l’intégrité et des valeurs d’éthiques
des personnes qui les mettent en place, les gèrent et les surveillent.
L’intégrité et les valeurs éthiques sont les éléments essentiels de l’environnement de
contrôle qui influencent l’efficacité de la conception, de la gestion et du suivi des autres
composantes du contrôle interne.
L’intégrité et le comportement éthique sont le produit des normes d’éthique et de
comportement de l’entité, de la manière dont elles sont communiquées et dont elles sont

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mises en œuvre en pratique. Elles incluent les actions de la direction pour supprimer ou
réduire les incitations et les tentations qui pourraient amener le personnel à effectuer des
actes malhonnêtes, illégaux ou non éthiques. Elles incluent également la communication des
valeurs de l’entité et des normes de comportement au personnel au travers de politiques et
de codes de conduite, ainsi que par l’exemple.

2. Engagement de compétence

La compétence est la connaissance et la qualification nécessaires pour accomplir les tâches


qui constituent le travail de l’individu. L’engagement de compétence inclut l’appréciation par
la direction des niveaux de compétence pour des travaux particuliers et la manière dont ces
niveaux sont traduits en qualification et en connaissances requises.

3. La collaboration des personnes constituant le gouvernement d’entreprise

La prise de conscience de la nécessité du contrôle d’une entité dépend de manière


significative de ceux qui sont chargés de la diriger. Les qualités des personnes constituant le
gouvernement d’entreprise incluent leur indépendance par rapport à la direction, leur
expérience et leur profil, l’étendue de leur implication, le suivi des activités, la pertinence de
leurs actions, les informations qu’ils reçoivent, la façon dont les sujets difficiles sont portés à
leur connaissance par la direction et traités et leur interaction avec les auditeurs externes et
internes. L’étendue du rôle de ces personnes est consignée dans des codes de conduite et
autres règlements ou guides écrits à leur usage. Les autres responsabilités qui relèvent de
ceux-ci incluent la supervision de la conception, l’efficacité des procédés d’alerte ainsi que le
processus de revue de l’efficacité du contrôle interne.

4. La philosophie et le style de direction des dirigeants

La philosophie des dirigeants ainsi que leur style de direction englobent un grand nombre de
caractéristiques. Ces caractéristiques comprennent l’approche de la direction pour
appréhender et superviser les risques liés aux activités, les attitudes et les actions de la
direction à l’égard de l’information financière (choix prudent ou offensif entre plusieurs
options comptables disponibles, bonne foi et prudence avec lesquelles les estimations
comptables sont faites) et l’attitude de la direction à l’égard du traitement de l’information,
des fonctions comptables et du personnel.

5. Structure organisationnelle

La structure organisationnelle d’une entité fournit le cadre dans lequel ses activités sont
planifiées, exécutées, contrôlées et revues pour atteindre les objectifs de l’entité au sens
large. L’établissement d’une structure organisationnelle appropriée inclut la prise en
considération des postes-clés d’autorité et de responsabilité ainsi que des procédures

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appropriées de communications. Une entité développe une structure organisationnelle


appropriée à ses besoins. Le caractère adapté de la structure organisationnelle dépend, en
partie, de sa taille et de la nature de ses activités.

6. Délégations de pouvoirs et domaines de responsabilité

Cet élément comprend la façon dont l’autorité et la responsabilité sont attribuées pour les
activités opérationnelles et comment les relations hiérarchiques sont établies. Il inclut
également les politiques en matière de pratiques professionnelles adéquates, la connaissance
et l’expérience du personnel-clé et les ressources allouées pour effectuer les différentes
fonctions. En outre, il inclut les pratiques et les communications développées afin de
s’assurer que tout le personnel comprend les objectifs de l’entité, connaît le lien existant
entre les actions individuelles et leur contribution à la réalisation des objectifs. Le personnel
doit également savoir comment et de quoi il pourra être tenu responsable.

7. Politiques et pratiques en matière de ressources humaines

Les politiques et les pratiques en matière de ressources humaines font référence au


recrutement, à l’orientation, à la formation, à l’évaluation, au conseil, à la promotion, à la
rémunération et aux actions réparatrices. Par exemple, les normes de recrutement des
personnes les plus qualifiées qui mettent l’accent sur la formation, l’expérience
professionnelle antérieure, les expériences passées et la preuve d’un comportement intègre
et éthique, démontrent l’attachement de l’entité aux valeurs de compétences et de
confiance. Les politiques de formation qui exposent les rôles et les responsabilités futurs et
qui incluent des stages de formation et des séminaires illustrent les niveaux de performance
et de comportement attendus. Des promotions octroyées à la suite d’évaluations
périodiques révèlent la volonté de l’entité de faire évoluer les personnes qualifiées à des
niveaux de responsabilité supérieurs.

II- Processus d’évaluation des risques de l’entité

Le processus d’évaluation des risques de l’entité est un processus destiné à identifier et à


répondre aux risques opérationnels et à en évaluer le résultat. En matière d’élaboration de
l’information financière, le processus d’évaluation des risques de l’entité comprend la
manière dont la direction identifie les risques liés à l’établissement des états financiers
donnant une image fidèle (ou présentant sincèrement, dans tous leurs aspects significatifs)
conformément au référentiel comptable applicable suivi par l’entité. Ce processus comprend
également la manière dont la direction apprécie l’aspect significatif des risques, évalue la
probabilité de leur survenance et décide des actions à prendre pour les gérer. Par exemple,
le processus d’évaluation des risques peut décrire comment l’entité considère l’éventualité
d’opérations non enregistrées, identifie et analyse des évaluations significatives enregistrées

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dans les états financiers. Les risques relatifs à une information financière fiable sont aussi
fonction d’événements ou d’opérations spécifiques.
Les risques relatifs à l’élaboration de l’information financière comprennent les événements
externes et internes ainsi que les circonstances qui peuvent se produire et compromettre la
capacité d’une entité à initier, enregistrer, traiter et publier des informations financières
conformes aux hypothèses de la direction. Une fois que ces risques sont identifiés, la
direction prend en compte leur importance, leur probabilité et la manière de les contrôler.
La direction peut mettre en place des plans, programmes ou actions pour les traiter ou
décider de les accepter en raison du coût d’une telle mise en place ou pour d’autres raisons.
Les risques et leur évolution peuvent résulter de circonstances telles que:
▪ Changements d’environnement opérationnel : Les modifications dans l’environnement
réglementaire ou opérationnel peuvent modifier la pression concurrentielle et d’autres
risques significatifs. - Changement de personnel. Le nouveau personnel peut avoir un
point de vue ou une compréhension différente du contrôle interne.
▪ Nouveaux systèmes d’information ou réorganisation d’un système existant. Des
modifications importantes et rapides dans les systèmes d’information peuvent influencer
les risques relatifs au contrôle interne.
▪ Croissance rapide. L’expansion significative et rapide des opérations peut biaiser les
contrôles ou augmenter le risque d’erreurs dans les contrôles.
▪ Nouvelle technologie. L’appel à de nouvelles technologies dans le processus de
production ou d’information peut influencer le risque lié au contrôle interne.
▪ Nouveaux modèles, produits ou activités. L’entrée dans un segment de marché ou la
réalisation de transactions sur lesquelles la société a peu d’expérience peut entraîner de
nouveaux risques relatifs au contrôle interne.
▪ Restructurations d’entreprise. Les restructurations peuvent être accompagnées de
réductions de personnel, de changements dans la direction et dans la séparation des
fonctions qui peuvent avoir une influence sur le risque en matière de contrôle interne.
▪ L’expansion vers l’étranger. L’expansion ou l’acquisition d’activités à l’étranger fait naître
des risques nouveaux et souvent exceptionnels, qui peuvent affecter le contrôle interne
comme, par exemple, ceux provenant d’opérations en devises.
▪ Nouvelles méthodes comptables. L’adoption de nouvelles méthodes comptables ou la
modification des méthodes existantes peut modifier le risque dans l’établissement des
états financiers.

III- Le système d’information y compris les processus opérationnels y afférents, pertinent


pour l’élaboration de l’information financière et la communication.

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Un système d’information se compose de l’infrastructure physique et matérielle, du logiciel,


des personnels, des procédures et des données. L’infrastructure et le logiciel n’existeront
pas ou bien auront moins d’importance dans les systèmes qui sont exclusivement ou
principalement manuels. Beaucoup de systèmes d’information s’appuient sur la technologie
de l’information
Le système d’information lié aux objectifs de l’élaboration de l’information financière qui
inclut le système d’établissement des états financiers, regroupe des procédures et des
documents destinés à initier, enregistrer, traiter et présenter les opérations de l’entité
(aussi bien des événements que des conditions) et pour justifier des actifs, des passifs et
des fonds propres. Des opérations peuvent être générées manuellement ou
automatiquement par des procédures automatisées. L’enregistrement inclut l’identification
et la saisie d’informations appropriées aux opérations ou aux événements. Le traitement
inclut des fonctions telles que l’édition et la validation, le calcul, la mesure, la valorisation,
la totalisation et le rapprochement, qu’ils soient réalisés par des procédures automatisées
ou manuelles. La présentation est liée à l’établissement des états financiers mais également
d’autres informations sous un format électronique ou papier que l’entité utilise en
particulier pour mesurer et revoir ses performances financières. La qualité des informations
générées par le système affecte la capacité de la direction à prendre les décisions
appropriées pour gérer et contrôler les activités de l’entité et pour préparer des
informations financières fiables.
Par conséquent, un système d’information englobe des méthodes et des enregistrements
qui:
▪ identifient et enregistrent toutes les opérations valides;
▪ décrivent de façon appropriée les opérations avec suffisamment de détails pour en
permettre une bonne classification;
▪ mesurent la valeur de l’opération de façon à permettre son enregistrement dans les
comptes à la valeur monétaire appropriée
▪ déterminent quand les opérations ont eu lieu afin de pouvoir les enregistrer dans la période
comptable appropriée;
▪ présentent correctement les opérations et assurent leur présentation correcte dans les
états financiers.
La communication implique la compréhension des différents rôles et responsabilités de
chacun en matière de contrôle interne sur les informations financières produites. Elle inclut
le niveau de compréhension que le personnel a du lien entre son rôle dans le système
d’élaboration de l’information financière et le travail des autres, ainsi que les moyens de
rapporter les anomalies à un niveau hiérarchique supérieur approprié. Des moyens de
communication ouverts assurent que les exceptions sont signalées et traitées.

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La communication prend la forme de manuels de procédures, de recueils de méthodes


comptables et d’élaboration de l’information financière et de mémorandums. La
communication peut également se faire par voie électronique, orale et au travers des
actions de la direction.

IV- Les activités de contrôle

Les activités de contrôle sont les règles et les procédures qui permettent de s’assurer que
les orientations de la direction sont appliquées et que les actions nécessaires sont prises
pour maîtriser les risques susceptibles d’affecter la réalisation des objectifs. Les activités de
contrôle dans les systèmes automatisés ou manuels ont plusieurs objectifs et sont
appliqués à différents niveaux hiérarchiques et fonctionnels.
Généralement, les activités de contrôle qui peuvent être pertinentes pour l’audit peuvent
être classées en normes et procédures qui se rapportent à :
▪ L ‘évaluation des performances : Ces activités de contrôle reprennent les revues et les
analyses des performances réelles par rapport aux budgets, prévisions et performances des
périodes antérieures. Ces activités consistent également à comparer différents types de
données (opérationnelles ou financières) ainsi qu’à analyser leur interaction et les actions
d’investigations et correctrices. Elles consistent aussi à comparer des données internes avec
des sources d’informations externes, à revoir les performances fonctionnelles ou de
l’activité comme l’examen par le directeur d’une banque, des crédits à la consommation,
par filiale, région, type de prêt approuvé et recouvrement.
▪ Système d ‘information : Divers contrôles sont effectués pour vérifier l’exactitude,
l’exhaustivité et l’autorisation des opérations. Les deux grands groupes en matière de
système de contrôle de l’information sont les contrôles d’application et les contrôles
généraux informatiques.
➢ Les contrôles d’application portent sur le fonctionnement des différentes
applications individuelles. Ces contrôles servent à s’assurer que les opérations sont
bien réalisées, sont autorisées et sont enregistrées sans erreur ni omission.
Exemples : la maintenance et la revue des comptes et des balances,
l’automatisation de contrôles tels que les contrôles de codification et les
vérifications des séquences numériques ainsi que le suivi manuel des rapports
d’exceptions.
➢ Les contrôles informatiques généraux englobent les politiques et procédures qui
concernent plusieurs applications et servent de support au fonctionnement effectif
des contrôles d’application en assurant le bon fonctionnement continu des
systèmes d’information.
Exemple : Les contrôle informatique généraux effectués lors de changement de
logiciels, ceux qui limitent l’accès aux programmes ou aux données, ceux lors de la

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mise en place de nouvelles versions et enfin les contrôles de logiciels qui limitent ou
surveillent l’accès ou l’utilisation d’applications permettant de modifier les données
financières ou les autres données sans laisser de trace.
▪ Contrôles physiques : Ces contrôles comprennent la sécurité physique des actifs, y
compris des mesures de sécurité appropriées, pour protéger les installations, les accès
aux actifs et aux enregistrements, l’accès aux programmes informatiques et aux fichiers.
Ils comprennent également des comptages périodiques et un rapprochement de ces
derniers avec les montants repris dans les états de contrôle (par exemple, la
comparaison de l’état de la trésorerie, du portefeuille titres et des stocks avec les
enregistrements comptables).
▪ Séparation des tâches : L’attribution à des personnes différentes des responsabilités
d’autorisation des transactions, d’enregistrement des opérations et de protection
physique des actifs a pour objectif de limiter les possibilités qu’une personne puisse
simultanément commettre et cacher des erreurs ou des fraudes dans le déroulement
normal de son travail.
Exemple : la séparation des fonctions concerne la préparation des états financiers, la
revue et l’approbation des rapprochements ainsi que le contrôle et la validation des
documents.
Certains contrôles peuvent dépendre de politiques appropriées de plus haut niveau mises
en place par la direction ou par les personnes constituant le gouvernement d’entreprise.
Par exemple, des contrôles d’autorisation peuvent être délégués dans le cadre de règles
préétablies, tels que des critères d’investissement définis par les personnes constituant le
gouvernement d’entreprise; par ailleurs, des opérations non-récurrentes telles que des
acquisitions majeures ou des cessions peuvent exiger l’approbation spécifique de niveaux
hiérarchiques supérieurs, allant dans certains cas jusqu’à l’approbation des actionnaires.

V- Le pilotage (Le suivi des contrôles)

Une des responsabilités importantes de la direction est d’établir et d’assurer le suivi du


contrôle interne. Le suivi des contrôles par la direction inclut la vérification du
fonctionnement correct de ces contrôles et leur adaptation aux changements. Le suivi des
contrôles peut inclure la vérification par la direction de l’établissement correct des états de
rapprochement bancaires, de l’évaluation par les auditeurs internes du respect par le
personnel commercial des pratiques de l’entité au regard de contrats commerciaux et du
contrôle par le service juridique du respect des règles éthiques de l’entité ou des pratiques
commerciales.
Le suivi des contrôles vise à évaluer la qualité du contrôle interne dans le temps. Il implique
d’évaluer la conception et l’efficacité des contrôles en temps voulu et de prendre des
actions correctrices nécessaires. Le suivi a pour objectif de s’assurer que les contrôles
continuent à fonctionner efficacement. Par exemple, si la périodicité et l’exactitude des

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états de rapprochement bancaires ne sont pas surveillées, le personnel risque de cesser de


les préparer. Le suivi des contrôles est exercé au travers de contrôles continus,
d’évaluations ponctuelles ou d’une combinaison des deux.
Les contrôles continus sont établis dans le cadre des activités récurrentes d’une entité et
incluent un suivi régulier des activités. Les directeurs des ventes, des achats et de la
production au sein des départements ou des filiales sont informés des opérations et
peuvent remettre en cause les données sur celles-ci si elle diffère de manière significative
de la connaissance qu’ils en ont.
Dans beaucoup d’entités, les auditeurs internes ou le personnel occupant des fonctions
similaires contribuent au suivi des contrôles au moyen de leurs propres évaluations. Ils
fournissent régulièrement des informations sur le fonctionnement du contrôle interne
prêtant une attention particulière à l’évaluation de la conception et du fonctionnement du
contrôle interne. Ils communiquent des informations sur les forces et les faiblesses de celui-
ci ainsi que des recommandations pour son amélioration
Le suivi peut inclure l’utilisation d’informations provenant de tiers qui peuvent révéler des
problèmes ou mettre en évidence les points nécessitant une amélioration. A titre
d’exemple, les clients corroborent implicitement la facturation en payant leurs factures ou
en les contestant. En outre, les autorités de contrôle peuvent communiquer avec l’entité
sur le fonctionnement du contrôle interne, telle la commission bancaire suite à un examen.
La direction peut aussi utiliser les recommandations des auditeurs externes dans l’exercice
des activités de suivi.

Relation entre les objectifs du contrôle interne et


ses composantes

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SECTION II : LES PRINCIPES GENERAUX DU CONTROLE INTERNE

Un système de contrôle interne suffisant, doit être correctement conçu et appliqué de


manière systématique et permanente.
Une bonne conception du système de contrôle interne suppose la mise en œuvre de
procédure de contrôle en adaptation avec l’activité de la société (spécifique) permettant
d’atteindre les objectifs de contrôle interne.
En outre le contrôle interne repose sur un certain nombre de règle de conduite ou de
préceptes (principes) dont le respect lui conférera une qualité satisfaisante.
Le contrôle interne repose sur douze principes fondamentaux :

1. Le principe d’avantages supérieur au coût 7. Le principe d’indépendance


2. Le principe d’organisation 8. Le principe de légalité
3. Le principe d’intégration 9. Le principe d’information
4. Le principe d’auto-contrôle 10. Le principe de communication
5. Le principe de permanence 11. Le principe d’harmonie
6. Le principe d’universalité 12. Le principe de cohérence

1. Le principe d’avantage supérieur au coût

Les avantages obtenus de l’application du contrôle interne doivent être supérieurs au coût
engendré par sa conception, sa mise en œuvre et son application. Ces avantages sont
généralement liés aux processus d’activités de la société que le contrôle interne permet de
favoriser et au niveau des risques encourus que le contrôle interne permet d’éviter ou du
moins les réduire.
La mise en œuvre des procédures de contrôle interne nécessite de comparer les
conséquences du risque engendré par une défaillance éventuelle de l’organisation et
l’apport des procédures de contrôle interne à l’amélioration des processus de
fonctionnement avec les coûts engendrés par le contrôle interne à mettre en œuvre.
Lorsque le coût du contrôle interne est non significatif il n’est pas nécessaire de faire cette
analyse (avantage/coût). En outre une procédure de contrôle dont l’avantage est très faible,
il peut être utile de ne pas instaurer ce contrôle en évitant ainsi les situations de contrôle
excessif et la bureaucratie trop lourde.

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2. Principe d’organisation

Pour que le contrôle interne soit satisfaisant il est nécessaire que l’organisation de
l’entreprise possède certaines caractéristiques. L’organisation doit être :
✓ Préalable
L’organisation doit être conçue préalablement à sa mise place. Autrement dit l’organisation
doit être suffisamment étudiée et réfléchie et motivée avant sa mise en application. Par
conséquent il faut éviter l’organisation improvisée et instable.
✓ Adaptée et adaptable
L’organisation doit être adaptée à l’entreprise et adaptable à son évolution. Une
organisation adaptée est une organisation en harmonie avec la taille de l’entreprise, la
nature de ses activités, ses objectifs et ses moyens.
✓ Vérifiable
L’organisation doit être vérifiable à tout moment pour pouvoir s’assurer que le modèle suivi
en pratique est conforme au modèle décrit dans les supports écrit (Organigramme, Flow-
Chart ou ordinogramme, Manuels des procédures, Notes de service). Les vérifications
doivent être effectuées de manière continue pour permettre de s’assurer de la pérennité
des procédures conçues et l’absence de procédures parallèles (non formalisées). Les
procédures parallèles trouvent leur origine dans l’incompréhension du système, l’indiscipline
ou la mauvaise foi.
✓ Formalisée
L’organisation doit être décrite sur des supports appropriés. L’écrit s’élabore mieux que
l’oral, seuls les écrits restent.
Un document décrivant l’organisation est indispensable pour la mise en place des
procédures et leur maintien.
✓ Séparation convenable des fonctions
La règle de séparation des fonctions a pour objectif d’éviter que dans l’exercice d’une
activité de l’entreprise un même agent cumule les fonctions suivantes ou tout simplement
deux d’entre elles:

▪ Les fonctions de décisions (ou opérationnelles)


▪ Les fonctions de détention matérielle des valeurs des biens (conservation)
▪ Les fonctions d’enregistrement (saisie de traitement de l’information)
▪ Les fonctions de contrôle

Les fonctions de décisions ou opérationnelles sont les suivantes :


▪ Les décisions ou les opérations de ventes
▪ Les décisions et les opérations de production

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▪ Les décisions et les opérations d’achats


▪ Les décisions et les opérations d’embauche et de gestion des personnels
▪ Les décisions et les opérations d’investissements
Les fonctions de détention matérielle des valeurs ou des biens appelée aussi les fonctions de
conservation sont les suivantes :
▪ Caissier
▪ Trésorier
▪ Magasinier
▪ Responsable des archives
▪ Chauffeur ou personnel livreur
Les fonctions d’enregistrement sont les suivantes :
▪ La comptabilité générale et la comptabilité analytique
▪ L’établissement de la paie
▪ La comptabilité matière et les fiches de stocks
▪ L’établissement des budgets et la comptabilité budgétaire
▪ La saisie des informations au niveau des différentes bases de données et logiciels
(Logiciel des achats, des ventes et de la gestion des immobilisations)

Le cumul des fonctions par une même personne favorise les erreurs, les négligences, les
fraudes et leur dissimulation.

La séparation de ces trois fonctions est à la base de la fiabilité de tout système de contrôle
interne. Elle permet notamment d’exercer un contrôle réciproque des tâches à l’intérieur
d’une procédure. Ces contrôles réciproques qui consolident les règles d’auto-contrôle
constituent les dispositifs de sécurité influents dans l’organisation.

3. Principe d’intégration

Le contrôle interne s’intègre dans la structure, l’organisation et les procédures de


l’entreprise.
Il est induit dans chacune des étapes d’une procédure.
Une procédure a généralement 5 étapes :
▪ La préparation
▪ L’autorisation
▪ L’exécution
▪ La comptabilisation
▪ Le classement définitif et l’archivage
L’intégration du contrôle interne se traduit par des points forts illustrés par les auto-
contrôles introduits à la fois dans l’exécution de chacune des étapes ou dans le passage
d’une étape à une autre et globalement dans l’ensemble de la procédure.

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4. Principe d’auto-contrôle

Les forces du contrôle interne se manifestent à travers les sécurités introduites par l’auto-
contrôle mis en œuvre dans le déroulement des procédures.
Les auto-contrôles permettent d’éviter la réalisation des erreurs et de fraudes ou du moins
leur détection en temps utile.
L’auto-contrôle des procédures repose sur six techniques :
1/ L’examen du bon sens (Vraisemblance par simple observation) : Examen qui
demande de la concentration, expérience et intelligence
2/ Le recommencement : recommencer le même traitement avec la même logique.
Exemple : procéder une deuxième fois au même calcul arithmétique, double
comptage, double vérification, double confirmation informatique avant validation,
annulation suppression ou destruction)
3/ Le recoupement (obtenir la confirmation d’une information par une autre source ou
procéder au traitement des données selon deux différentes démarches et méthodes
aboutissant au même résultat.
Exemples :
- Calcul d’un montant par addition et sa vérification en multipliant une assiette
par un taux.
- Concordance du résultat de l’exercice au bilan avec le résultat dégagé par le
total des comptes de résultats.
- Concordance de l’assiette des déclarations fiscales et sociales avec la
comptabilité.
- Concordance entre les marchandises livrées (BL) et les marchandises
facturées (factures).
4/ La récapitulation : C’est une centralisation ordonnée d’une masse d’informations de
même nature traitée individuellement pendant une période (Journée, semaine, mois
ou année) afin de procéder aux recoupements et contrôles de vraisemblance.
5/ La revue des travaux : C’est le réexamen des travaux par une personne chargée de la
supervision afin de s’assurer que les travaux sont bien exécutés.
6/ Les moyens et mesures matériels : Ils permettent de réduire l’intervention humaine.
Ils s’imposent à l’homme et limitent par conséquent les risques d’erreurs, de
négligences et de fraude.
Exemple : Facturation par moyen informatique (respect des numéro quantité et prix)-
Pré-numérotation des documents avec strict respect de séquence lors de l’utilisation
des imprimés- Horloge pointeuse- Dispositif de surveillance- Programme
informatique interdisant l’annulation l’effacement et l’accès non autorisé).
L’auto-contrôle est mis en œuvre selon deux procédés :

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1/ L’auto-vérification : Consiste à s’auto-contrôler soit même à la fin de chaque étape


d’une opération par observation de vraisemblablement et de bon sens, par
recommencement des travaux, par recoupement par d’autre information de source
différentes ou en soumettant les données à des traitements selon deux différentes
démarches aboutissant au même résultat. Exemple : -Détermination de l’explication
de la variation d’un élément- Le rapprochement de la comptabilité avec les
différentes déclarations – Le rapprochement bancaire (contrôle des enregistrement)-
Analyse de la justification des comptes- Double calcul- Comptage de la caisse à la fin
de la journée et le rapprochement avec le brouillard de caisse.
2/ Les contrôles réciproques des tâches : Chaque personne avant d’exécuter ses taches
il doit s’assurer de la validité des tâches exécutées précédemment ou chaque travail
doit être vérifié par une personne autre que celle qui l’a effectuée. Les contrôles
réciproques sont effectués par recoupement ou par vérification des résultats une
seconde fois au même traitement avec ou sans démarches distinctes.
Exemple :
- Rédaction des comptes rendu et des rapports d’activités périodiques.
- Le recommencement des calculs arithmétique par une autre personne.
- La supervision des travaux par une personne n’y ayant pas pris part.
- Cirularisation des clients et envoi de relevés des créances non recouvrées.
- Rapprochement des bordereaux de remise en banque et des relevés
quotidiens des encaissements.
- Le rapprochement bancaire.
- Le rapprochement des inventaires physiques de la caisse, des stocks et des
immobilisations avec la comptabilité.

5. Principe de permanence

L’organisation doit bénéficier d’une stabilité suffisante pour que le contrôle interne puisse
fonctionner efficacement.
Le principe du contrôle interne ne veut pas dire immutabilité. En effet, le contrôle interne
contribue au développement et subit les contraintes de l’environnement, ce qui nécessite
l’adaptation des procédures pour répondre aux nouvelles exigences, aux changements et
aux nouveaux risques.

6. Principe d’universalité

Le principe d’universalité implique que le contrôle interne s’applique à tous les biens et à
toutes les personnes dans l’entreprise en tout temps, en tout lieu et à tous les domaines.

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Toutefois, dans certains cas les procédures de contrôle interne doivent être appliquées avec
discrétion particulière sans perdre de leurs efficacité (exemple paie coût de revient etc).
Ainsi, le contrôle interne s’applique :
▪ à tous les biens de l’entreprise (corporel incorporel, créances dettes et autres actifs et
passifs).
▪ à tous les membres de l’entreprise (discipline collective, un bon comportement de
chacun et l’exemplarité des supérieurs hiérarchiques).
▪ à toutes les informations (le contrôle interne protège les informations en tant
qu’élément du patrimoine social).
▪ aux sous-traitants (il est nécessaire que le contrôle interne couvre aussi biens les
relations avec les sous-traitants qui sont destinées à l’entreprise).
▪ en tout temps et en toute circonstance (quelle que soit l’époque de l’année et quelles
que soient les circonstances le contrôle interne doit s’appliquer de manière
systématique et permanente).

7. Principe d’indépendance

Le principe d’indépendance implique que le contrôle interne est régi par les règles objectives
et poursuit des buts invariables. Le contrôle ne peut tolérer aucun subjectivisme ou
limitation avouée ou non.
Exemples de procédures particuliers respectant les objectifs du contrôle interne :
▪ La justification des ventes de commerce par la bande de la caisse enregistreuse
▪ La saisie des ventes et des achats à partir des codes à barre et la gestion intégrée des
stocks dans un magasin de détail.
▪ La transcription des commandes orales et notamment par téléphone sur des bons de
commandes internes.
▪ L’enregistrement des prélèvements des marchandises pour la consommation des
dirigeants suivi de facturation et encaissement.

8. Principe de légalité

La conformité de l’entreprise aux différentes réglementations qui lui sont applicables est un
principe qui régit tout système efficace de contrôle interne.
En effet, seules les activités effectuées en conformité avec les réglementations en vigueurs
peuvent être organisées selon des principes et règles du contrôle interne.

9. Principe d’information

Etre informé c’est contrôler. Pour être utile l’information doit être intelligible, pertinente,
fiable et significative.

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Un bon contrôle repose nécessairement sur une culture et système efficace de diffusion de
communication et d’acheminement rapide de l’information dans tous ses domaines à
l’ensemble des intéressés.
Le système de contrôle interne doit être basé sur un système de compte rendu écrit et de
rapports d’activités datés et signés de manière lisible afin d’identifier les auteurs.
Les tiers (fournisseurs, clients banques, administration) peuvent aussi fournir des
informations permettant d’exercer une certaine appréciation du contrôle interne et par la
même apporter des améliorations nécessaires.

10. Principe de communication

En absence de communication adéquate tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’entreprise, le


contrôle ne saurait réaliser ses objectifs.
En effet, beaucoup de malentendus, de déformations des messages et d’interprétations
erronées constituent un obstacle à l’encontre d’une saine application des procédures de
contrôle interne.
Une communication basée sur une formation préalable appropriée et une mise à niveau
constante du personnel constitue une condition fondamentale nécessaire à la mise en
œuvre d’un contrôle interne efficace.

11. Principe d’harmonie

Le contrôle interne doit être conçu en proportion avec la taille de l’entreprise et en


adéquation avec ses risques, ses moyens, ses caractéristiques et son environnement
particuliers.
Le principe d’harmonie fait prévaloir le bon sens pour que le contrôle interne soit adapté aux
ressources de l’entreprise, aux sécurités recherchées et au coût des contrôles.

12. Principe de cohérence

Etre cohérent, c’est être en harmonie, en accord dans les différents éléments qui le
composent et ne comportant pas de contradiction. Les différents dispositifs de contrôle
interne doivent être complémentaires et cohérents entre eux. Les mesures de contrôle
interne incohérentes créent un effet de ciseau qui annule l’efficacité du contrôle interne et
transforme les moyens mis en œuvre en dépenses superflus et inutiles, d’où l’importance du
principe de cohérence pour la réalisation des objectifs d’efficacité et de performance du
contrôle interne.

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SECTION III : LE CONTROLE INTERNE AU SEIN DES PME

La conception et la mise en œuvre des contrôles internes varient avec la taille et la


complexité de l’entité. Plus précisément, les PME ont recours à des modalités moins
formelles, ainsi qu’à des processus et procédures plus simples en vue de la réalisation de
leurs objectifs. Par exemple, les entités moins importantes qui participent activement à la
gestion ne disposent pas nécessairement de descriptions détaillées de procédures
comptables ou de lignes directrices.
Pour les PME, en particulier les très petites, la direction ou les responsables peuvent
exécuter des fonctions qui, au sein d’une entité plus importante, seraient considérées
comme relevant de différentes composantes du contrôle interne.
En conséquence, les composantes du contrôle interne ne sont pas nécessairement
distinguées les unes des autres au sein des entités plus petites, mais leurs objectifs sous-
jacents sont également valides.

I- Environnement de contrôle dans les PME

Les PME sont susceptibles de mettre en œuvre un environnement de contrôle différent de


celui d’entités plus importantes.
Par exemple: les PME peuvent ne pas avoir un code formel de conduite, mais insister sur
l’importance de l’intégrité et du comportement éthique au travers de communications
orales et de l’exemple de la direction.

II- Processus d’évaluation des risques

Les concepts de base de l’évaluation des risques sont pertinents pour toutes les entités,
indépendamment de leur taille, mais le processus peut être moins formel et structuré dans
les PME que dans les grandes entreprises.

III- Systèmes d’information

Les systèmes d’information ainsi que les processus d’entreprise et d’activité relevant du
reporting financier des PME seront vraisemblablement moins formels que ceux des grandes
entités, bien que leur rôle soit aussi important.
Les PME dont la direction veille de près aux tâches de gestion peuvent ne pas avoir besoin
des descriptions détaillées des procédures comptables, de documents comptables
sophistiqués ou de principes écrits.
La communication peut être moins formelle et plus facile à assurer dans une PME que dans
une entreprise de grande taille en raison, précisément, de la petite taille de l’entité, de sa

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hiérarchisation moins importante ainsi que de la visibilité et de la disponibilité plus grandes


de la direction.

IV- Activités de contrôle

Les concepts sous-jacents aux activités de contrôle des PME sont très comparables aux
concepts équivalents pour les entités plus importantes, mais leur degré de formalité est
variable.
En outre, les PME peuvent s’apercevoir que certains types d’activités de contrôle ne sont pas
pertinents parce que les contrôles sont effectués par la direction.
La séparation appropriée des tâches semble présenter de fréquentes difficultés dans les
PME. Même les entités qui n’ont que quelques employés peuvent cependant déléguer leurs
responsabilités afin de parvenir à la séparation appropriée des tâches ou, si ce n’est pas
possible, recourir à la supervision par la direction des activités incompatibles en vue de la
réalisation des objectifs de contrôle.

V- Pilotage

Les activités de suivi des PME tendent généralement à être moins formelles, et sont
typiquement exécutées dans le cadre de la gestion globale des opérations ou activités de
l’entité.
La participation étroite de la direction à ces opérations permet souvent d’identifier
d’importantes variations entre les prévisions et les inexactitudes des données financières qui
donnent lieu à des mesures correctives du contrôle.

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CHAPITRE III : ORGANES RESPONSABLES ET LIMITES DU CONTROLE


INTERNE

SECTION I : ORGANES RESPONSABLES DU CONTROLE INTERNE


Opérateurs externes Opérateurs internes

Cadres financiers
Dirigeants
Autres membres du
Conseil personnels
d'administration
Comité d'audit Auditeur interne

Auditeur externe

Législateurs et autorités de tutelles

Analystes financiers et presse

Les responsables du système de contrôle interne


I- Opérateurs internes

Chaque individu membre de l'entité contribue dans une certaine mesure au contrôle
interne. Le rôle de chacun comporte un niveau de responsabilité et d'implication différent.
Les rôles et les responsabilités du management, du Conseil d'administration, des auditeurs
internes et des autres membres du personnel sont examinés ci-après.

1- Le management

Le management est directement responsable de l'ensemble des activités de l'organisation, y


compris de son système de contrôle interne. Naturellement, les responsabilités du personnel
d'encadrement en matière de contrôle interne varient selon le niveau hiérarchique. Les
différences, souvent considérables, dépendent des caractéristiques de la société.

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Enseignant : Youssef ABOUDA 33

Dans toute société, le Président-Directeur Général assume la responsabilité ultime. Il est


ainsi le premier responsable du système de contrôle interne. Cette responsabilité implique
qu'il doive s'assurer de l'existence d'un environnement de contrôle positif. Plus que tout
autre individu ou fonction, le Président Directeur Général doit donner l'exemple par des
principes de conduite influençant les facteurs ayant trait à l'environnement de contrôle, et
aux autres composantes du contrôle interne.

2- Cadres financiers

Les cadres financiers et leurs équipes jouent un rôle de pilotage particulièrement important,
puisque leurs activités de contrôle sont exercées sur la structure de l'entreprise non
seulement de haut en bas, mais également de façon transversale à travers les autres unités
opérationnelles et fonctionnelles.
Les directeurs financiers participent souvent à :
✓ Le développement des budgets et des plans à l'échelle de la société.
✓ Le suivi et l’analyse des performances, par rapport non seulement aux objectifs liés
aux informations financières mais également, dans bien des cas, à ceux liés aux
opérations de la société et à la conformité aux obligations légales.
 Ces activités, qui font généralement partie des structures centrales ou « corporate »
de l'entité, englobent souvent la responsabilité indirecte de la surveillance des
activités des divisions, des filiales et des autres unités.
Le directeur financier, le directeur des services comptables, le contrôleur de gestion et les
autres acteurs de la direction financière, jouent un rôle déterminant dans la façon dont le
contrôle est exercé par le management.

3- Gouvernement d’entreprise

Le management est responsable devant le Conseil d'administration (ou le directoire et le


conseil de surveillance). Celui-ci a pour rôle de :
- surveiller et piloter les activités de la société
- apporter des conseils sur la conduite des affaires.
Le Conseil définit ses attentes en matière d'intégrité et d'éthique par le choix des personnes
auxquelles il confie la direction de la société.
Il confirme ces attentes par le biais de ses activités de supervision. De même, en conservant
la responsabilité de certaines décisions clés, le conseil peut jouer un rôle dans
l'établissement d'objectifs et dans la planification stratégique à l'échelle de la société.
Par ailleurs, de par ses activités de supervision le Conseil est largement impliqué dans le
contrôle interne.

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4- Comité d 'audit

Les responsabilités du Comité d'audit et son niveau d'implication dans les activités varient
d'une société à l'autre.
Bien que des variantes, nécessaires autant qu'appropriées, existent dans les responsabilités
et les tâches qui leur sont attribuées, les Comités d'audit les plus efficaces partagent des
fonctions et caractéristiques communes.
La fiabilité des états financiers relève de la responsabilité des dirigeants, mais un Comité
d'audit efficace y joue un rôle important. Le Comité d'audit (ou le Conseil d'administration
en l'absence d'un tel comité) occupe une position privilégiée : il a les pouvoirs nécessaires
pour interroger la direction sur la façon dont elle assume ses responsabilités en matière
d'informations financières, ainsi que pour s'assurer du suivi des recommandations.
Le Comité d'audit, agissant en collaboration ou en complément d'une fonction d'audit
interne influente, est le mieux placé pour identifier les tentatives de la direction
d'«outrepasser » le système de contrôle interne d'une part, et d'autre part, pour agir en
conséquence. Ainsi, le Comité d'audit (ou le Conseil d'administration) peut être amené à
examiner des événements ou des circonstances graves.
Le comité d’audit peut être subdivisé en plusieurs sous-comités tels que :
▪ Comité chargé des rémunérations : Ce Comité peut s'assurer que des efforts sont
consacrés à la mise en place de systèmes de rémunération contribuant à la réalisation des
objectifs de la société, qui ne soient pas trop axés sur l'obtention de résultats à court
terme au détriment des performances à long terme.
▪ Comité chargé des questions financières : Ce Comité exerce un contrôle supplémentaire
sur les engagements financiers importants, ainsi que sur la cohérence des budgets
d'investissements par rapport aux plans opérationnels.
▪ Comité chargé de l'étude des nominations : Ce Comité exerce un contrôle sur la sélection
des candidats aux postes d'administrateurs et, éventuellement, aux postes de direction.
▪ Comité chargé de l'étude des avantages consentis aux salariés : Ce Comité exerce un
droit de regard sur les avantages consentis aux salariés et s'assure de leur cohérence par
rapport aux objectifs de la société. Il veille également à ce que l'entité s'acquitte
correctement de ses responsabilités fiduciaires.
▪ Autres comités : Le Conseil d'administration peut procéder à la création de comités ayant
pour mission de superviser d'autres domaines spécifiques, tels que le respect des règles
d'éthique, les politiques suivies par les autorités publiques ou la technologie. De tels
comités existent uniquement au sein de certaines grandes entreprises, ou dans des
sociétés placées dans un contexte particulier.

Le rôle du comité d’audit de la Société consiste à aider le conseil d’administration à


surveiller et à superviser :
▪ l’intégrité de l’information financière de la Société;

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▪ les contrôles internes et, s’il y a lieu, les contrôles en matière de divulgation;
▪ l’indépendance, les compétences et le rendement de l’auditeur externe et le rendement
de l’auditeur interne; et
▪ le respect par la Société des exigences réglementaires et des prescriptions juridiques
applicables.

Pour information Le comité d’audit dans la règlementation tunisienne

En application de la loi N°2005-96 du 18 Octobre 2005 relative au renforcement de la


sécurité des relations financières notamment son article 12 qui stipule que « la création d'un
comité permanent d'audit est obligatoire pour :
• Les sociétés faisant appel public à l'épargne à l'exception des sociétés classées
comme telles du fait de l'émission d'obligations,
• la société mère lorsque le total de son bilan au titre des états financiers consolidés
dépasse un montant fixé par décret,
• les sociétés qui remplissent les limites chiffrées fixées par décret relatives au total du
bilan et au total de leurs engagements auprès des établissements de crédit et de
l'encours de leurs émissions obligataires.
Le comité permanent d'audit veille au respect par la société de la mise en place de systèmes
de contrôle interne performant de nature à promouvoir l'efficience, l'efficacité, la protection
des actifs de la société, la fiabilité de l'information financière et le respect des dispositions
légales et réglementaires. Le comité assure le suivi des travaux des organes de contrôle de la
société, propose la nomination du ou des commissaires aux comptes et agrée la désignation
des auditeurs internes.
Le comité permanent d'audit est composé de trois membres au moins, désignés selon le cas
par le conseil d'administration ou le conseil de surveillance parmi leurs membres.
Ne peut être membre du comité permanent d'audit, le président-directeur général ou le
directeur général ou le directeur général adjoint.
Les membres du comité permanent d'audit peuvent recevoir, en rémunération de l'exercice
de leur activité, une somme fixée et imputée selon les conditions mentionnées à l'article 204
du code des sociétés commerciales relatif aux jetons de présence.

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5- Auditeurs internes

a) Définition de l’audit interne

« L'Audit Interne est une activité indépendante et objective qui donne à une organisation
une assurance sur le degré de maîtrise de ses opérations, lui apporte ses conseils pour les
améliorer, et contribue à créer de la valeur ajoutée. Il aide cette organisation à atteindre ses
objectifs en évaluant, par une approche systématique et méthodique, ses processus de
management des risques, de contrôle, et de gouvernement d'entreprise, et en faisant des
propositions pour renforcer leur efficacité. »
Définition approuvée le 21 mars 2000 par le Conseil d'Administration de l'IFACI.
b) Rôle de l’audit interne

L’auditeur interne a pour mission de veiller à la qualité de l’information sur laquelle la


direction générale apporte ses décisions et à l’efficacité avec laquelle sont conduites les
opérations qui doivent concourir la réalisation des objectifs de l’entreprise.
Delà, l’objectif de tout auditeur interne est de :

• Apporter à la direction générale des garanties quand aux informations qu’elle peut
utiliser et qui proviennent des divisons annexes ;
• Assurer le bon fonctionnement des différents processus productifs ainsi que
l’efficience de l’ensemble des flux informationnels développés au sein de l’entreprise.
• Assister tous les éléments productifs au sein de l’entreprise pour assurer l’efficience
de toutes les structures productives. En effet, la responsabilité des fonctionnaires
dans la réalisation des tâches et l’analyse objective des recommandations provenant
de la direction générale permet d’accroître l’efficacité de l’ensemble productif.
• Porter un intérêt à tous les systèmes et sous-systèmes comptables ou non
comptables de l’entreprise. Un tel intérêt est primordial afin d’assurer une rentabilité
et une efficience de l’ensemble des investissements réalisés.

Il est à noter que c’est à la direction générale de fixer les fonctions et les limites de l’auditeur
interne.

Ainsi, l’audit interne doit comprendre l'examen et l'évaluation du caractère suffisant et de


l'efficacité du système de contrôle interne de l'organisation ainsi qu'une évaluation
qualitative des performances réalisées par les individus lors de l'exécution des tâches qui
leur sont attribuées.

Selon les normes de l’IFACI, les auditeurs internes doivent :

▪ Examiner la fiabilité et l'intégrité des informations financières et d'exploitation, ainsi que


les moyens utilisés pour identifier, mesurer, classer et diffuser ces informations.
▪ Examiner les systèmes mis en place afin de vérifier la conformité aux normes, plans,
procédures, lois et réglementations susceptibles d'avoir un impact significatif sur les

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activités ou le « reporting », et s'assurer que l'entreprise se conforme aux lois et


réglementations.
▪ Examiner les moyens utilisés pour assurer la protection des actifs et vérifier l'existence
desdits actifs.
▪ Examiner la façon dont les ressources sont utilisées, afin de s'assurer qu'elles le sont
efficacement et sans gaspillage.
▪ Examiner les activités ou programmes afin de s'assurer que les résultats sont conformes
aux objectifs que l'organisation s'est fixés et que ces activités ou programmes se
déroulent conformément aux prévisions.

6- Les autres membres du personnel

Dans une certaine mesure, le contrôle interne relève de la responsabilité de tous les
membres du personnel et doit donc être mentionné, de façon explicite ou implicite, dans la
description de poste de chaque employé.

Cette responsabilité est double :


▪ D'une part, pratiquement tous les employés jouent un rôle dans la réalisation des
contrôles. Ils peuvent avoir à produire des informations utilisées dans le système de
contrôle interne, telles que des états de stocks, des données sur les encours de
production, des statistiques de ventes ou de frais, ou à entreprendre d'autres actions
nécessaires pour assurer le contrôle.
Exemple : la réalisation de rapprochements, le suivi des anomalies, la réalisation de
contrôles physiques, ou l'analyse des variations de coûts ou d'autres indicateurs de
performances.
 Le soin apporté à ces activités a une incidence directe sur l'efficacité du système de
contrôle interne.
▪ d'autre part, chaque employé est tenu de faire remonter à son supérieur hiérarchique ou
à défaut à une autre personne responsable tout problème constaté au niveau des
opérations ainsi que toute violation des règles et toute action illégale.

II- Les opérateurs externes (les tiers)

Plusieurs catégories de tiers peuvent contribuer à la réalisation des objectifs de l'entreprise,


parfois grâce à des actions menées parallèlement à celles conduites par la société. Dans
d'autres cas, les tiers peuvent fournir des informations utiles à l'entité dans ses activités de
contrôle interne.

1- Auditeurs externes

Parmi les tiers, ce sont généralement les auditeurs externes qui contribuent le plus à la
réalisation des objectifs de l'entreprise en matière d'information financière. Ils apportent au
management et au Conseil d'administration un point de vue objectif et indépendant, et
contribuent à la réalisation, par l'entité, des objectifs en matière d'information financière,
mais également en matière d'activités et de conformité aux lois et aux réglementations.

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Dans le cadre de leurs travaux sur les états financiers, les auditeurs expriment une opinion
sur la régularité et la sincérité des comptes établis conformément aux principes comptables
généralement admis, et ils contribuent ainsi à la réalisation des objectifs de l'entreprise en
matière d'information financière.
L'assurance relative que le système de contrôle interne de l'entreprise permet d'obtenir
concernant la régularité et la sincérité des états financiers, est encore renforcée par les
auditeurs externes. Par ailleurs, les auditeurs apportent souvent des informations utiles à la
direction dans l'exercice de leurs propres responsabilités en matière de contrôle (rapport sur
l’évaluation du système de contrôle interne appelé aussi lettre de direction).

2- Les législateurs et les autorités de tutelle

Les législateurs et les autorités de tutelle ont une influence sur les systèmes de contrôle
interne de nombreuses entreprises, en les obligeant à mettre en place des contrôles, ou en
les contrôlant directement pour certaines d'entre elles. Les lois et les réglementations ne
portent souvent que sur le contrôle interne appliqué aux informations financières ;
Exemples :
▪ La réglementation comptable impose aux sociétés de mettre en place et de maintenir
des systèmes de contrôle interne qui répondent à certains objectifs particuliers.
▪ La règlementation des établissements financiers et d’assurance oblige les
commissaires aux comptes (auditeurs externes) d’émettre un rapport sur l’évaluation
du système de contrôle interne et de le communiquer aux autorités de tutelle
(banque centrale, ministère des finances, Conseil du Marché Financier…)
▪ Les établissements financiers ont l’obligation de mettre en place un système de
contrôle interne et d’appliquer des règles prudentielles dans leurs activités
opérationnelles et de communiquer les rapports du commissaire aux comptes (le
rapport général et le rapport spécial) à la BCT.

3- Analystes financiers, presse

Les analystes financiers peuvent étudier de nombreux facteurs portant sur la valeur en tant
que placements des titres émis par la société. Ils analysent les objectifs et stratégies des
dirigeants, les états financiers des exercices passés et les informations financières
prévisionnelles, les actions entreprises pour faire face aux conditions économiques et du
marché, les possibilités de succès à court et à long terme, les performances globales du
secteur et celles des entités comparables.
La presse écrite et parlée, et notamment les journalistes financiers, peuvent parfois réaliser
des analyses similaires.
Les activités d'investigation et de surveillance menées par ces tiers peuvent informer la
direction sur :
✓ la façon dont sont perçues de l'extérieur les performances de l'entité ;
✓ les risques macro et micro-économiques auxquels elle est confrontée ;

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✓ les stratégies d'exploitation ou financière novatrices qui pourraient améliorer les


performances, et les tendances caractérisant le secteur économique.
Le management doit tenir compte des observations et commentaires faits par les analystes
financiers et la presse, dès lors qu'ils seraient susceptibles d'améliorer le contrôle interne.

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SECTION II : LES LIMITES DU CONTROLES INTERNE

Le contrôle interne, aussi bien conçu et aussi bien appliqué soit-il, ne peut offrir qu'une assurance
raisonnable de réalisation des objectifs en raison des limites suivantes :

Contrôles
outrepassés par le Collusion
management

Rapport
Jugement
coût-avantage

Dysfonctionnements
Contrôle Risques inhérents
interne

I- Risques inhérents à l’entreprise

Le niveau d'assurance peut être plus élevé quant à la réalisation des objectifs en matière de
fiabilité des informations financières et de la conformité aux lois et réglementations en
vigueur que pour l'objectif de réalisation et d'optimisation des opérations. La réalisation des
objectifs de fiabilité et de compliance fondés sur des normes générales, imposées de
l'expérience à tous, dépend principalement de la qualité des procédures, de la volonté et de
la compétence de l'entreprise. En revanche, la réalisation des objectifs liés aux opérations ne
relève pas toujours de la seule volonté de l'entreprise.

II- Jugement

L'efficacité des contrôles sera limitée par le risque d'erreur humaine lors de la prise de
décisions ayant un impact sur les opérations de l'entreprise.

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Les personnes responsables de telles décisions doivent exercer leur jugement dans le temps
qui leur est imparti, en se basant sur les informations disponibles et en faisant face aux
pressions liées à la conduite des affaires. Avec le recul, il peut s'avérer que certaines
décisions fondées sur le jugement de leur auteur ont produit des résultats décevants et
doivent être modifiées.
La nature des décisions liées au contrôle interne qui doivent être prises en faisant appel au
jugement est étudiée ci-après dans les sections traitant des dysfonctionnements, des
contrôles outrepassés par la direction et du rapport coût/bénéfice.

III- Dysfonctionnements

Même les systèmes de contrôle interne bien conçus peuvent être l'objet de
dysfonctionnements.

En effet, les membres du personnel peuvent mal interpréter les instructions et leur
jugement peut être défaillant. Ils peuvent commettre des erreurs par manque d'attention ou
à cause de la routine.
Exemples :

- Un responsable des services comptables chargé d'enquêter sur les anomalies peut oublier
de le faire ou ne pas poursuivre son enquête suffisamment loin pour prendre les mesures
appropriées.
- Un personnel intérimaire, exécutant des fonctions de contrôle en remplacement
d'employés malades ou en vacances, peut ne pas s'acquitter convenablement de ses
tâches.
- Des changements dans les systèmes peuvent être introduits avant que le personnel n'ait
reçu la formation nécessaire pour réagir correctement aux premiers signes d'un
dysfonctionnement

Les mesures de contrôle ne peuvent pas, en toute circonstance, empêcher la survenance


d'un dysfonctionnement ou d'une défaillance humaine ou d'une erreur.

IV- Contrôles outrepassés par le management

Un système de contrôle interne ne peut pas être plus efficace que les personnes
responsables de son fonctionnement.

Ainsi, un responsable peut être en mesure d'«outrepasser» le système de contrôle interne.

Le mot « outrepasser » est utilisé ici pour désigner la dérogation illégitime aux normes et
procédures prescrites, dans le but soit d'en tirer profit personnellement soit d'améliorer la
présentation de la situation financière de l'entreprise ou de dissimuler la non-conformité aux
obligations légales.

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Le responsable d'une division ou d'une unité, ou dirigeant, pourrait être amené à


outrepasser le système de contrôle interne pour de nombreuses raisons : accroître
fictivement le chiffre d'affaires et ainsi dissimuler une baisse non anticipée de parts de
marché, augmenter artificiellement le résultat en vue d'atteindre un budget irréaliste,
rehausser la valeur d'une société en prévision de sa cession ou d'une émission publique.

V- Collusion

La collusion entre deux ou plusieurs personnes peut déjouer le système de contrôle


interne.

Des individus agissant collectivement pour perpétrer et dissimuler une action peuvent
altérer les informations financières ou de gestion d'une manière qui ne puisse être détectée
par le système de contrôle interne.
Exemples :

- Un employé chargé d'une fonction de contrôle importante pourrait agir en collusion avec
un client, un fournisseur ou un autre membre du personnel ;
- Des responsables des ventes à plusieurs niveaux de la hiérarchie pourraient agir en
collusion pour contourner des contrôles afin que les résultats affichés soient conformes
au budget ou aux objectifs sur lesquels seraient fondées des primes.

VI- Rapport coûts-avantages

Les ressources ne sont jamais illimitées et les organisations doivent comparer les coûts et
avantages relatifs des contrôles avant de les mettre en place.

Lorsque l'on cherche à apprécier l'opportunité d'un nouveau contrôle, il est nécessaire
d'étudier non seulement le risque d'une défaillance et l'impact possible sur l'organisation,
mais également les coûts associés à la mise en place de ce contrôle.

Ainsi, la contrainte rapport coût-avantage impose une contingence aux procédures et


dispositifs de contrôle à mettre en place.

Exemple :

Il ne sera pas opportun pour une société de mettre en place un système très performant
de contrôle des stocks de matières premières, si le coût des matières utilisées dans la
production est faible, la matière non périssable, l'approvisionnement aisé et si la société
dispose de un seul lieu de stockage.

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TRAVAUX DIRIGES
Question n°1

Rappeler l’histoire et l’évolution du contrôle interne.

Question n°2

D’après la définition proposée par l’Autorité des Marchés Financiers (2007) en France, « le
contrôle interne est un dispositif qui vise à assurer l’application des instructions et des orientations
fixées par la Direction Générale ou le Directoire ».

1- Expliquer comment en proposant quelques exemples.


2- Cet objectif est-il visé par la réglementation comptable tunisienne ?

Question n°3

Le système de contrôle interne essaie d’atteindre des objectifs qui sont à la fois importants
et complémentaires.

Donner des exemples de complémentarités entre ses objectifs.

Question n°4

Quelles sont les contraintes de la mise en place d’un système de contrôle interne efficace ?

Question n°5

D’après la loi sur la sécurité financière en Tunisie, la gouvernance d’entreprise permet le


renforcement de la sécurité des relations financières.

1- Expliquer comment l’instauration d’un comité d’audit interne au sein de l’entreprise


permet-il d’obtenir une bonne gouvernance d’entreprise.
2- Expliquer comment l’instauration d’un comité d’audit interne garantit-il un système de
contrôle interne efficace.

Question n°6

La mise en place d’un bon système de contrôle interne au sein de l’entreprise est nécessaire
à la fois pour les dirigeants et les auditeurs.

Expliquer pourquoi.

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Question n°7

Expliquer comment la formalisation des tâches, des pouvoirs et des responsabilités


permet-elle de limiter les manipulations frauduleuses au sein de l’entreprise ?

Question n°8

Montrer l’utilité d’un service d’audit interne et sa contribution à la mise en place d’un
système de contrôle interne efficace.

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PARTIE II : L’EVALUATION DU SYSTEME DE CONTROLE


INTERNE

▪ DEMARCHE D’EVALUATION DU SYSTEME DE CONTROLE


INTERNE

▪ LES OUTILS DE DESCRIPTION ET D’EVALUATION DU SYSTEME


DE CONTROLE INTERNE

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CHAPITRE I : LA DEMARCHE D’EVALUATION DU SYSTEME DE


CONTROLE INTERNE

SECTION I : PRESENTATION DE LA DEMARCHE D’AUDIT PAR LES RISQUES

I- Définition de l’audit financier

L’audit financier peut être défini comme étant « un ensemble de travaux menés selon une
démarche (processus) précise par un professionnel compétant et indépendant,
conformément à des normes professionnelles et conduisant à exprimer une opinion motivée
sur la régularité et la sincérité des états financiers.

II- Démarche d’audit par les risques

Phase préliminaire
• Prise de connaissance générale de l'entreprise.
Orientation et organisation de la mission

Phase intérimaire
• Appréciation du contrôle interne

Phase finale
• Contrôle des comptes
• Travaux de fin de missio. Revue des états
financiers et des évènnements postèrieurs à la
date de clôture
• Rédaction du rapport

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1- La prise de connaissance générale de l’entreprise

La prise de connaissance générale de l’entreprise permet à l’auditeur de mieux appréhender


sa mission et de mieux comprendre les éléments pouvant avoir une importance au niveau de
son jugement. La prise de connaissance générale représente l’étape la plus importante de la
phase préliminaire (Diagnostic – Prise de connaissance générale – planification - lettre de
mission), elle permet à l’auditeur de comprendre le contexte général de l’entité, d’évaluer
les risques dus au secteur d’activité et aux caractéristiques générales de l’entité et
d’identifier les transactions significatives en les triant par nature.

2- L’analyse du système de contrôle interne

L’analyse du système de contrôle interne de l’entreprise permet à l’auditeur d’en apprécier


les points forts et les points faibles afin d’identifier le risque d’anomalie significative
contenue dans les états financiers et de pouvoir par conséquent être capable de fixer la
nature, l’étendue et le calendrier de ses travaux de vérifications. En outre, pour les données
répétitives, l’appréciation du contrôle interne permet à l’auditeur de comprendre les
systèmes de production de l’information financière, d’identifier les risques liés à leur
conception et à leur fonctionnement.

3- Le contrôle des comptes

Le contrôle des comptes est adapté pour chaque type de transaction et pour chaque objectif
en fonction de la confiance obtenue des étapes précédentes et des niveaux des risques
identifiés. Le contrôle des comptes, l’examen des documents de synthèse ainsi que la revue
des états financiers et des événements postérieurs étant réalisés, l’auditeur pourra alors se
faire une opinion qui sera matérialisée par la rédaction d’un rapport.

III- Les risques

L’appréciation des risques d’anomalies significatives revient à fixer le produit RI x RC


permettant ainsi de déterminer le RND conformément au modèle d’audit par les risques.
Le model d’audit par les risques suppose que le risque d’audit obéit à la formule suivante :
RA= RI x RC x RND
- Le risque d’audit (RA) : Le risque d’audit est le risque que l’auditeur exprime une opinion
incorrecte du fait d’erreurs significatives contenues dans les états financiers (Taux
maximum 5%).
- Le risque inhérent (RI) : C’est la possibilité que le solde d’un compte ou qu’une catégorie
de transaction comporte des erreurs significatives malgré l’existence du contrôle interne.
Le risque inhérent dépend de la nature de l’activité, de l’entreprise auditée, de la nature
du solde du compte ou de la catégorie de transaction ainsi que de la complexité des
opérations.

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- Le risque lié au contrôle (RC) : c’est le risque qu’une erreur significative dans un solde de
compte ou dans une catégorie de transaction ne soit prévue ni détectée en temps voulu
par les systèmes comptable et de contrôle interne. (RC découle de la conception et de
l’application du CI => bonne conception et application mauvaise - conception mauvaise et
bonne application - conception mauvaise et mauvaise application)
- Le risque de non détection (RND) : C’est le risque que les contrôles substantifs mis en
œuvre par l’auditeur ne parviennent pas à détecter une erreur dans un solde de compte
ou dans une catégorie de transaction. Le risque de non détection est un risque qui
dépend de l’auditeur, c’est l’auditeur qui le fixe compte tenu des RI et RC.
La norme 14 de l’OECT a retenu le taux de niveau de confiance de 95%. Par conséquent le
taux maximal du risque d’audit est fixé à 5%.

SECTION II : LES ETAPES D’APPRECIATION DU CONTROLE INTERNE

L’appréciation du système de contrôle Interne est la deuxième phase de l’approche d’audit.


La démarche utilisée par l’auditeur dans son appréciation du contrôle interne relatif aux
principaux cycles d’opérations et éléments d’actif ou de passif qui en résultent comporte
deux principales étapes à savoir l’appréciation de l’existent du contrôle interne et
l’appréciation de la permanence du contrôle interne.
L’appréciation de l’existence du contrôle interne consiste à comprendre les procédures de
traitement des données et des contrôles mis en place dans l’entreprise.
L’appréciation de la permanence du contrôle interne consiste à vérifier le fonctionnement
des contrôles internes sur lesquels l’auditeur a décidé de s’appuyer afin de s’assurer qu’ils
produisent bien les résultats escomptés tout au long de la période examinée.
Les étapes de l’appréciation du système de contrôle interne sont les suivantes :
 Prise de connaissance des procédures
 Evaluation préliminaire
 Contrôle de fonctionnement
 Evaluation définitive
 Analyse des faiblesses et établissement du rapport d’évaluation du système de
contrôle interne (lettre de direction).

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Les étapes d’évaluation du système de contrôle interne

Prise de connaissance des procédures

Evaluation préliminaire

Force théorique Faiblesse de conception

Contrôle de permanence Contrôle révélateurs

Points forts Points forts non appliqués :


appliqués Faiblesses d’application

Forces Faiblesse

Evaluation définitive

Analyse des faiblesses

Contrôle des comptes

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1. Description détaillée des systèmes et des procédures de contrôle interne

La description détaillée des systèmes et des procédures de contrôle interne est une étape
complémentaire à celle de la prise de connaissance générale, elle est plus détaillée. En effet,
l’auditeur saisit l’ensemble des méthodes et des procédures qui sont liés à l’organisation
comptable et à la préparation et la présentation des états financiers. L’auditeur ne
s’intéresse qu’aux procédures de contrôle interne liées à l’audit. A ce niveau l’auditeur utilise
des méthodes narratives (mémorandum) ou des méthodes schématiques basées sur des
diagrammes de circulation (Flow-chart)

2. Confirmation de la compréhension et de l’application du système de contrôle interne

Au niveau de la confirmation de la compréhension et de l’application du système de contrôle


interne, l’auditeur s’assure de sa compréhension correcte du système de contrôle interne et
s’assure de la conformité des procédures décrites avec celles appliquées. Il applique à ce
niveau des tests de conformité (appelés encore des tests de compréhension)

3. Evaluation préliminaire du système de contrôle interne

Suite aux étapes précédentes, l’auditeur est capable de donner sa première appréciation du
système de contrôle mis en place au sein de l’entreprise. A ce niveau l’auditeur dégage les
points forts théoriques et les faiblesses théoriques (ou de conception).

4. Confirmation de l’application permanente des points forts

L’auditeur s’assure à ce niveau de l’application permanente des points forts théoriques. Il


applique au niveau de cette étape des tests de permanence.

5. Evaluation définitive du système de contrôle interne

Au niveau de l’étape de l’évaluation définitive du système de contrôle interne, l’auditeur


peut identifier les points forts théoriques et non appliqués, les points forts théoriques et
appliqués et les faiblesses.

6. Rapport sur l’évaluation du système contrôle interne

L’appréciation définitive du système de contrôle interne en outre qu’elle doit être


suffisamment documentée au niveau des dossiers de l’auditeur elle doit faire l’objet d’un
rapport à communiquer au même titre que le rapport sur les états financiers.

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CHAPITRE II : LES OUTILS DE DESCRIPTION ET D’EVALUATION DU


SYSTEME DE CONTROLE INTERNE

SECTION I : LES OUTILS DE DESCRIPTION DES PROCEDURES

I- Découpage de l’activité de l’entreprise en cycles ou modules

L’auditeur s’intéresse aux procédures de contrôle interne liées à l’audit. Les procédures de
contrôle interne liées à l’audit sont généralement celles relatives à la production et la
présentation des informations financières. Par conséquent l’auditeur s’intéresse aux
procédures de contrôle interne qui sont liées principalement aux différents comptes
comptables formants les états financiers à auditer. Puisque l’auditeur s’intéresse à
l’ensemble des comptes comptables pris de manière non isolée il est nécessaire utile de
procéder au découpage des opérations de l’entreprise en cycle ou module. Par conséquent
le découpage de l’entreprise en cycle ou module permet à l’auditeur de saisir les procédures
par type d’opération de leur naissance à leur dénouement.
Les cycles d’opérations différents d’une entreprise à une autre selon sa taille et le secteur
d’activité dont elle évolue.
Toutefois, il existe des cycles d’opération communs à toutes les entreprises à savoir les
cycles achats, ventes, paie trésorerie et les stocks (qui est considéré comme un non-cycle
mais qui nécessite un découpage puisque vue son importance il doit faire l’objet d’examen
spécifique).

II- Les moyens à mettre en œuvre pour effectuer la saisie des procédures de contrôle
interne

Les moyens qui peuvent être utilisés par l’auditeur pour saisir les procédures de contrôle
interne sont les suivants :
• Examen de la documentation existante
• Entretiens (interview)
• Les visites des lieux et les observations directes
• Utilisation des questionnaires (Questionnaire descriptif ouvert)
Ces moyens doivent être utilisés de manière combinée

1. Examen de la documentation existante

Au cours de l’étape de l’évaluation du système de contrôle interne, l’auditeur est appelé à


consulter la documentation existante dans l’entreprise telle que :

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• Manuel de procédure
• L’organigramme de l’entreprise
• Les notes internes et les notes de services
• Les rapports antérieurs d’évaluation du contrôle interne
• Les autres rapports d’audit et de diagnostic
Le manuel de procédures Organigramme
Le manuel de procédures est un document interne à
L'organigramme est un schéma représentant
l’entreprise. Il décrit de manière détaillée la nature et le
l'organisation d'une entreprise ou d'un service.
contenu des tâches qui doivent être exécutées pour
De façon classique on représente verticalement
chaque opération de l’entreprise. La méthodologie utilisée
le découpage hiérarchique et horizontalement le
pour la description consiste à préciser pour chaque tâche
découpage des activités (une même personne ne
les principales actions à entreprendre pour sa réalisation.
peut recevoir d'ordre que d'un seul chef).
Contenu du manuel :
Néanmoins de plus en plus d'organisations
- il comprend la description des procédures relatives aux
complexes ont du abandonner aujourd'hui ce
fonctions de l’entreprise.
principe (Exemple des structures matricielles) Par
- Chaque fonction est ensuite décomposée en sous
ailleurs l'organigramme ne représente que la
fonctions qui sont elles même décomposées en
structure organisationnelle alors qu'une
procédures.
organisation d'entreprise englobe également ses
- Pour chaque procédure, sa description, ses objectifs, ses
procédures de travail et décisionnelles. Il permet
principales règles de gestion ainsi que et les tâches à
d'avoir une vue d'ensemble des diverses
exécuter sont définis.
ressources de l'entreprise
Objectifs du manuel :
L’existence d’un manuel de procédures au sein d’une
entreprise est le signe extérieur d’une gestion saine et
efficace.
On peut soulever plusieurs objectifs :
- Assurer la régularité des traitements des opérations. En
effet l’existence de procédures formalisées évite, pour
les opérations de même nature, des gestions
différentes.
- Rendre plus productif le personnel pour une efficacité
accrue par l’optimisation des circuits d’information.
- Responsabiliser le personnel dans l’accomplissement
des tâches respectives par une définition claire des
postes.
- Faciliter la formation des nouvelles recrues.
- Augmenter la fiabilité des informations produites
(marge d’erreur réduite).
- Mettre en œuvre un contrôle interne efficace. (le
manuel est étroitement lié au contrôle interne).

2. Entretiens (interview)

L’interview est une technique de recueil d’information qui aide à l’explication et le


commentaire des procédures à évaluer. Elle consiste en une conversation avec les
responsables et leurs collaborateurs sur la base d'un guide d'entretien. Il s'agit pour

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l'auditeur de connaître les étapes des procédures en interrogeant les différents


interlocuteurs sur les moindres détails concernant la réalisation de leurs tâches respectives.
La réussite d’un entretien est tributaire de la qualité de communication de l’auditeur et de la
pertinence des questions posées aux personnels de l’entreprise

3. Les visites des lieux et les observations directes

Lors de l’évaluation du système de contrôle interne, l’auditeur est amené à visiter les lieux
de l’entreprises (magasin, usine, … ) et à observer les processus utilisés dans la fonction à
évaluer.
Cet outil permet de s’assurer d’une information et de relever les insuffisances évidentes

4. Utilisation des questionnaires (Questionnaire descriptif ouvert)

L’appréciation du contrôle interne exige l’élaboration de deux questionnaires :


• Le questionnaire de prise de connaissance
• Le questionnaire de contrôle interne

A. Le questionnaire de prise de connaissance

Ce questionnaire est indispensable à l’auditeur pour qu’il puisse comprendre


convenablement la fonction à évaluer d’une part, et contribue à l’élaboration du
questionnaire de contrôle interne d’autre part.

B. Le questionnaire de contrôle interne

Les questionnaires de contrôle interne ont pour principal objectif la détection des anomalies
liées au dispositif de contrôle interne.
Les dysfonctionnements relevés nécessitent la collecte d’éléments probants lors des tests de
permanence et de conception.

III- Les techniques utilisées pour saisir les procédures de contrôle interne

Les techniques qui peuvent être utilisées par l’auditeur pour saisir les procédures de
contrôle interne sont :
• Le mémorandum
• Les diagrammes de circulation

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1. Le mémorandum

Le mémorandum est la description narrative des procédures de contrôle interne.


Par le mémorandum, l’auditeur effectue la synthèse écrite des entretiens et des documents
qu’il a réunis et consultés
Avantages : Le mémorandum offre à l’auditeur une certaine souplesse dans le déroulement
de ses conversations avec les différents responsables et offre aussi une certaine liberté de
discrétion des faits et des procédures
Inconvénient : Le mémorandum reste difficile d’accès au lecteur étranger
Le mémorandum ne peut être recommandé que pour les cas simples. En effet, l’application
du mémorandum ne peut pas être recommandée pour la saisie des procédures longues et
complexes, dans un tel cas l’utilisation d’autres techniques sera nécessaire.
En outre pour être explicite le mémorandum doit être rédigé avec un certains style de
français chose qui n’est pas donné à tous les collaborateurs de l’auditeur.

2. Le diagramme de circulation

Un diagramme de circulation est une description graphique d’un ensemble d’opération. Le


diagramme de circulation retrace dans un ordre chronologique le cheminement des
documents générés par ces opérations.
L’établissement d’un diagramme suppose l’emploi d’une table de symbole et le choix d’un
type de présentation (diagramme vertical et diagramme horizontal).
Avantage :
La méthode de diagramme permet d’acquérir une connaissance approfondie du dispositif
étudié et d’en déceler rapidement les principales forces et faiblesses. La préparation du
diagramme de circulation conduit à une formalisation et à une discipline qui aide le
rédacteur à analyser ses connaissances.
La forme schématique du diagramme met en évidence aussi bien les insuffisances dans les
connaissances de l’auditeur que les discontinuités ou les faiblesses dans les flux de données
ou dans le contrôle.
Inconvénients :
Certaines opérations se prêtent mal à la description graphique. C’est une méthode longue à
mettre en œuvre, elle nécessite de la logique, du soin et de l’expérience. Un excès de détail
peut nuire à la clarté du diagramme.

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Les symboles :

Suite (renvoie à une


Début de procédure
autre page)

Classement définitif Classement provisoire

Contrôle Opération

Distinction J Jonction de documents

Document Fichier ou registre

Rapprochement Test alternatif

Circulation physique de Circulation


documents d’information

Sortie du circuit Fin de procédure

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Exemples de diagramme de circulation

Exemple 1 :
Création de facture en six exemplaires, contrôle de la facture, réception des BL en deux
exemplaires, rapprochement des bons de livraison avec les copies

Exemple 2 :
Création de Bon de Livraison en quatre
exemplaires, et inscription du Bon sur le
registre des commandes

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Exemple 3 :
- Se procurer les relevés bancaires auprès des 15 banques.
- Faire une photocopie des relevés.
- Rapprochement les copie avec les grands livres.

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3. La grille d’analyse

La grille d’analyse permet de répondre à la question : le qui fait quoi ?


Elle est un outil essentiel pour la détection des fonctions incompatibles.

Exemple :
Le responsable achat effectue les opérations suivantes :
- Etablissement de la commande
- Rapprochement entre factures et bons de commandes
- Règlement du fournisseur

Grille d’analyse
Responsable achat

Tâches regrouper par un Fonctions


responsable Opérationnelle Conservation Enregistrement Contrôle

Etablissement de la
X
commande

Rapprochement entre
factures et bons de X
commandes

Règlement du fournisseur X

Conclusion :
Le responsable achat cumul des tâches incompatibles (opérationnelle - contrôle - conservation)

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SECTION II : LES OUTILS D’EVALUATION DES PROCEDURES

I- La confirmation de la compréhension et de l’application du système de contrôle


interne : tests de conformité

Une fois que les procédures d’un module ont été décrites et saisies de manière narrative
(mémo) et/ou schématique (diagramme de circulation) l’auditeur doit s’assurer que les
procédures, telles qu’il les a perçues, sont bien celles qui existent réellement dans
l’entreprise. Pour ce faire l’auditeur doit mettre en œuvre des tests de conformités qui lui
permettront de vérifier que chaque procédure indiquée par la société et saisie au niveau du
mémorandum ou du diagramme de circulation est conforme à la réalité des pratiques
usitées au sein de la société. Ceci permettra à l’auditeur d’éviter la mauvaise compréhension
des procédures décrites par la direction et permettra aussi d’éviter de saisir des procédures
non conformes aux pratiques réelles.

1. Principes

Lors d’un audit, l’auditeur court le risque lors de la matérialisation de sa compréhension des
systèmes de déformer la réalité. Pour éviter de mettre en œuvre les autres étapes de son
travail sur des bases erronées, l’auditeur doit s’assurer que sa description correspond à la
réalité.

2. Modalités

Pour vérifier l’existence de contrôle interne l’auditeur sélectionne une transaction typique
du circuit décrit et la suit de son départ à sa fin, c’est à dire tout au long de son diagramme
en vérifiant que les opérations décrites sont conformes à la réalité.
Il convient lors de la sélection de la transaction, de ne pas choisir une opération récente car
elle risque de ne pas avoir été traitée. Par exemple il ne faut pas prendre le bon de
commande client le jour du test car il risque ne pas être traité.
Parmi les moyens que l’auditeur peut utiliser pour vérifier l’existence des procédures de
contrôle on peut citer :
• l’observation directe : Observation du déroulement de la procédure
• la confirmation verbale : entrer en contact avec les différents exécutants qui
interviennent dans la procédure de contrôle afin de faire confirmer le déroulement
de la procédure
• l’observation à posteriori : L’auditeur à partir d’un document retrace l’ordre de son
cheminement suivant indiqué sur le diagramme de circulation (ou mémorandum) en
vérifiant les différentes opérations effectuées.

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3. Importance quantitative du test

L’importance quantitative qu’il convient de donner à cet examen dérive directement de


l’objectif des tests. Il s’agit de vérifier que la procédure en cause existe et non qu’elle soit
appliquée d’une façon permanente. En effet, dans le cas de vérification de l’existence du
système de contrôle interne l’auditeur n’examine pas un échantillon de grande taille mais il
vérifie quelques éléments pour s’assurer que le contrôle existe réellement.
Ainsi, l’importance quantitative du test doit être limitée à l’examen d’un petit nombre
d’opération. Dans la pratique quelques opérations suffisent pour apprécier l’existence du
contrôle.

4. Conclusions

Si lors de cette vérification de l’existence du système l’auditeur constate une anomalie il doit
s’assurer par consultation d’autres documents au même stade de traitement qu’il ne s’agit
que d’une déviation ponctuelle du système et non pas d’une mauvaise description. Si le
deuxième cas se présente l’auditeur doit corriger sa description.
En définitif les tests de conformité permettent :
• de rectifier les erreurs de compréhension qui incombent à l’auditeur
• de corriger les inexactitudes dans les informations recueillies auprès de ses
interlocuteurs -d’approfondir la connaissance des procédures, notamment sur les
points de contrôle de système.

II- La confirmation de la permanence de l’application du système de contrôle interne :


tests de permanence

Ils visent à s’assurer que les opérations sont bien traitées dans la réalité conformément à ce
qui a été décrit lors des entretiens. Lorsque ces tests sont réalisés de manière systématique
sur l’ensemble d’une période et/ou pour toutes les classes d’acteurs concernés dans
l’objectif de s’assurer par sondage que toutes les opérations ont été effectivement traitées
comme décrit, on parle alors de tests de permanence. On utilise ces tests dans un second
temps, une fois les risques principaux ciblés et les réponses appropriées identifiées pour
gérer l’exposition à ces risques. Les tests se font à l’aide de sondages qui permettent
d’obtenir facilement des informations sur une population importante par l’observation
d’une partie de celle-ci, ce qui est très utile quand une population ne peut pas être observée
dans sa globalité à l’aide d’un outil informatique.

 Les sondages

Le sondage, effectué sur une partie de la population, permet alors de déterminer une
caractéristique particulière qu’il est possible d’extrapoler au niveau de la population tout

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entière. Cependant, il est important d’avoir à l’esprit que l’étude d’une partie de la
population n’est pas l’étude de la population entière et que le résultat ne donne pas une
certitude de résultat mais une estimation plus ou moins précise. Cette estimation se mesure
avec deux indicateurs :
• Le degré de confiance du résultat qui représente le pourcentage de chance que le
résultat soit exact.
Exemple : un degré de confiance de 95 % se traduit par le fait d’avoir 95 chances sur
100 pour que le résultat trouvé soit exact, et5 chances sur 100 pour qu’il soit inexact ;
• La précision du résultat qui représente l’intervalle dans lequel est compris le résultat
identifié.
Exemple : une précision de +/- 2 pour un résultat identifié de80 % donne un intervalle
de confiance compris entre 78 % et 82 %.
Pour synthétiser ces deux exemples, nous pouvons dire que, dans la situation
présente, nous avons 95 chances sur 100 que notre résultat soit compris entre78 % et
82 %, et 5 chances sur 100 pour qu’il soit inférieur à 78 % ou supérieur à 82 %.

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TRAVAUX DIRIGES
Question n°1

La formalisation des tâches, pouvoirs et responsabilités s’établit généralement par


l’élaboration d’un organigramme, d’un tableau de séparation des tâches et d’un manuel de
procédures.

Décrire ces différents documents.

Question n°2

Présenter les faiblesses du contrôle interne qui pourraient être à l’origine de chacune des
situations suivantes :

▪ stocks non vendus depuis deux ans.


▪ Existence d’un nombre important de créances impayées.
▪ Rupture de stock de matières premières.
▪ Factures fournisseurs réglées doublement.

Question n°3

Donner un exemple (situation réelle) pour chacun des principes suivants :

▪ Avantages supérieurs aux coûts


▪ Principe d’organisation
▪ Principe d’intégration
▪ Principe de permanence
▪ Principe de l’universalité
▪ Principe d’indépendance
▪ Principe d’harmonie

Question n°4

Selon le principe de séparation des fonctions, il est nécessaire de séparer les quatre
fonctions fondamentales suivantes : fonction opérationnelle, fonction de détention ou de
conservation, fonction d’enregistrement et fonction de contrôle.

1. Expliquer ces différentes fonctions.

2. Affecter les fonctions suivantes en tâches opérationnelles, de conservation,


d’enregistrement et de contrôle.

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Fonctions Opérationnelle Conservation Enregistrement Contrôle

Demande d’achat
Etablissement des bons de commande
Réception-contrôle qualité/quantité
Contrôle du calcul des factures
Tenue du journal des achats
Tenue des comptes fournisseurs
Envoi des chèques
Tenue du journal effet à payer
Approbation des retours de marchandises
Accès à la comptabilité générale
Examen de la solvabilité des clients
Expédition des marchandises
Etablissement des factures de ventes
Tenue du journal des ventes
Tenue des comptes clients
Détention des effets à recevoir
Tenue du journal des effets à recevoir
Tenue du journal de trésorerie
Approbation des avoirs retours
Emission de commandes
Tenue des fiches individuelles d’immobilisations
Rapprochement des fiches avec la comptabilité
Responsabilité de l’inventaire physique
Autorisation des cessions
Détermination des prix de cession
Tenue des fiches de stocks
Rapprochement inv physique/inv permanent
Responsabilité d’évaluation des stocks
Dépôt en banque des chèques ou espèces
Etablissement états de rapprochement bancaires
Détention des chèques reçus des clients
Approbation des entrées et sorties du personnel
Autorisation d’acomptes ou d’avances
Préparation de la paie
Préparation des enveloppes de paie
Distribution des enveloppes de paie
Tenue du journal paie
Détention des dossiers individuels du personnel

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PARTIE III : PROPOSITION D’UN MODELE DE


CONTROLE INTERNE DES ACTIVITES CLASSIQUES

▪ PROCEDURES DES ACHATS - FOURNISSEURS

▪ PROCEDURES DES VENTES- CLIENTS

▪ PROCEDURES DE GESTION DES RESSOURCES HUMAINES

▪ PROCEDURES DE GESTION DES STOCKS

▪ PROCEDURES D’INVESTISSEMENT

▪ PROCEDURES DE GESTION DE LA TRESORERIE

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CHAPITRE I : PROCEDURES DES ACHATS - FOURNISSEURS

SECTION I : LES ASSERTIONS ET COMPTES RATTACHES AU CYCLE ACHATS / FOURNISSEURS

Les assertions sous-tendant l’établissement des comptes sont des affirmations logiques
basées sur des critères établis par la Direction et nécessaires à l’élaboration d’états
financiers fiables. L’auditeur fixe ces affirmations au début de sa mission et tout au long de
ses travaux il essaye de les confirmer. En effet, l'auditeur doit programmer et effectuer les
tests permettant de valider les assertions faites par la direction sur les états financiers.
L'auditeur doit vérifier ces assertions pour chacun des principaux soldes de comptes.
Selon le paragraphe 17 de l’ISA 500, les assertions auxquelles l’auditeur fait appel sont
devisées en trois catégories :
- assertions concernant les flux d’opérations et les événements survenus au cours de la
période auditée,
- assertions concernant les soldes des comptes en fin de période, et
- assertions concernant la présentation et les informations fournies dans les états financiers.

I- assertions concernant les flux d’opérations et les événements survenus au cours de la


période auditée

✓ survenance : les opérations et les événements qui ont été enregistrés se sont
produits et se rapportent à l’entité
✓ exhaustivité : toutes les opérations et tous les événements qui auraient dû être
enregistrés, sont comptabilisés;
✓ exactitude : les montants et autres données relatives aux opérations et événements
ont été correctement enregistrés
✓ séparation des périodes : les opérations et les événements ont été enregistrés dans
la bonne période comptable;
✓ imputation comptable : les opérations et les événements ont été enregistrés dans
les comptes appropriés.

II- assertions concernant les soldes des comptes en fin de période

✓ existence : les actifs, les passifs et les fonds propres existent;


✓ droits et obligations : l’entité détient ou contrôle les droits sur les actifs, et les dettes
correspondent aux obligations de l’entité
✓ exhaustivité : tous les actifs, les passifs et les fonds propres qui auraient dû être
enregistrés l’ont bien été

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✓ valorisation et affectation : les actifs, les passifs et les fonds propres sont portés
dans les états financiers pour leur bonne valeur et tous les ajustements résultant de
leur valorisation ou de leur affectation sont enregistrés de façon appropriée.

III- assertions concernant la présentation et les informations fournies dans les états
financiers

✓ survenance, droits et obligations : les événements, les transactions et les autres


informations fournies se sont produits et se rapportent à l’entité;
✓ exhaustivité : toutes les informations se rapportant aux états financiers qui doivent
être fournies dans ces états l’ont bien été
✓ classification et compréhension : l’information financière est présentée et décrite de
manière pertinente, et les informations fournies dans les états financiers sont
clairement présentées
✓ exactitude et valorisation : les informations financières et les autres informations
sont fournies sincèrement et pour des montants corrects.

SECTION II : ORGANISATION GENERALE, OUTILS DE GESTION ET SYSTEME D’INFORMATIONS

I- Les objectifs prioritaires de contrôle interne

1. L’existence d’une bonne séparation des tâches

A. Grille d’analyse des fonctions et des tâches

Fonctions
Les tâches
Opérationnelles Conservation Enregistrement Contrôle
Demande d’achats X
Etablissement des commandes X
Autorisation des commandes X
Réception des achats X
Comparaison commande/facture * X
Comparaison bon de réception/facture * X
Imputation comptable X
Vérification de l’imputation comptable * X
Gestion des magasins X
Tenue de la comptabilité matière X
Bon à payer X
Tenue du journal des achats X
Tenue des comptes fournisseurs X
Rapprochement des relevés fournisseurs
* X
avec les comptes
Rapprochement de la balance
* X
fournisseurs avec le compte collectif
Centralisation comptable des achats X
Signature des chèques X

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Fonctions
Les tâches
Opérationnelles Conservation Enregistrement Contrôle
Envoi des chèques X
Acceptation des traites X
Tenue du journal effet à payer X
Tenue du journal trésorerie X
Annulation des pièces justificatives X
Accès à la comptabilité générale X
Suivi des avoirs X
* Applicable dans le cas d’auto-vérification

B. Moyen mis en œuvre pour assurer la séparation des tâches

Les fonctions suivantes doivent être normalement confiées à des personnes ou à des
services différents :
▪ Fonction d’expression du besoin et de son suivi :
Le demandeur : Le magasinier et autres services de la société
L’expression du besoin s’effectue généralement sur la base d’une demande d’achat pré-
numérotée et établie en un nombre d’exemplaire suffisant :

 Comptabilité
 Dossiers achats
 Souche (service demandeur).
▪ Fonction de contrôle de l’opportunité du besoin
Cette fonction doit être confiée au responsable hiérarchique de celui qui a exprimé le besoin
ou bien le contrôleur de gestion ou encore dans certains cas (selon l’organisation de la
société et l’importance de la demande) à la direction générale.
Le contrôle du besoin se matérialise par la signature, en guise d’approbation, de la Demande
d’Achat par le responsable dûment habilité.
▪ Fonction de consultation des fournisseurs :
Cette fonction doit être normalement confiée au service « achats ».
La consultation des fournisseurs consiste à consulter au moins 3 fournisseurs. Toutefois il
existe des cas où il n’y a que 1 ou 2 fournisseurs disponibles. En Tunisie, pour les entreprises
publiques la loi définit la forme de la consultation en fonction de la nature des achats (biens
ou services) et de leur importance (Montant). Pour certaines commandes les entreprises
établissent un cahier des charges qui définit les obligations des parties contractantes et les
caractéristiques des produits et des prestations. Ledit cahier engagera le fournisseur retenu.
La sélection des fournisseurs est matérialisée par des demandes de prix envoyées par le
service achat et des devis réceptionnés de la part des fournisseurs.

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Certaines entreprises sont obligées de traiter avec un seul fournisseur (Fabriquant unique ou
le seul fabriquant qui permet de fournir un produit de qualité).
▪ Fonction de sélection du fournisseur
Le choix du fournisseur : La direction générale ou commission ad hoc.
La sélection du fournisseur est effectuée sur la base d’un tableau comparatif multicritères
(Prix, qualité, délais de livraison, modalités de règlement etc). En Tunisie, dans le cas des
entreprises publiques, la loi instaure des commissions pour sélectionner le fournisseur, en
fonction de la nature des achats (bien ou service) et de leur importance.
▪ Fonction de lancement et suivi des commandes
Cette fonction est à la charge du service « achats ».
Le lancement de la commande est matérialisé par l’établissement d’un bon de commande
ou d’un contrat. Le suivi de la commande est matérialisé par un tableau de suivi des
commandes qui mentionne le numéro du bon de commande la date de réception prévu et la
date de réception effective.
▪ Fonction de contrôle des articles reçus et de leur conservation
Cette fonction est à la charge du magasinier et du service qualité pour le contrôle qualitatif
des marchandises reçus.
▪ Fonction courrier :
La fonction de réception des factures et divers document ainsi que leur enregistrement ainsi
que leur distribution aux services concernés est à la charge du bureau d’ordre et secrétariat.
La réception des biens est matérialisée par un bon de réception ou par un PV de réception.
▪ La fonction comptable :
L’enregistrement comptable est à la charge du service comptable.
▪ Fonction règlement :
Le paiement des fournisseurs est à la charge du service financier et trésorerie.

2. Compétence et intégrité

A. Compétence

Le personnel doit être d’un bon niveau académique et/ou bénéficiant d’une bonne
expérience. En outre, la direction de la société doit envisager des cycles de formation, mise à
jour et de recyclage du personnel.
La compétence est nécessaire pour l’exécution des procédures opérationnelles et celles de
contrôle interne. Le manque de compétence peut amener l’entreprise à la réalisation des

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achats non économiques ce qui engendrera l’augmentation des coûts des ventes d’où la
baisse de la performance de l’entreprise.

B. Intégrité

L’auditeur doit avoir l’historique des antécédents judiciaires ou disciplinaire du personnel. En


outre, il doit avoir une idée sur les éléments de train de vie du personnel. L’auditeur doit
vérifier si le personnel a une relation d’affinité ou de parenté avec l’un ou les fournisseurs.
Une personne qui ne prend jamais de congés ou qu’il essaye de centraliser le travail entre
ses mains ou qu’il présente un signe de manque de collaboration il peut être une personne
non intègre.
L’auditeur doit être conscient que la fraude dans ce domaine se consomme par entente
entre l’acheteur (personnel du service « achats ») et le fournisseur. En conséquence une
attention particulière doit être prêtée à la moralité de l’acheteur et les fournisseurs.

3. Une documentation suffisante et constamment mise à jour sur les articles et les
fournisseurs

Les services de la société doivent disposer des documents nécessaires pour la réalisation des
différentes tâches à savoir :
▪ Fiches et catalogues techniques sur les articles.
▪ Fiches sur les différents fournisseurs
▪ Guides techniques
▪ Position tarifaire (droit de douane TVA et droit de consommation)
▪ Autres documents spécifiques

4. Des aires et des conditions de stockages adéquats

Les aires et les conditions de stockage doivent permettre:


▪ La protection des articles contre les accès non autorisés et les vols
▪ La protection des articles comme la détérioration dues aux intempéries et aux
conditions climatiques (Humidité aération lumière et etc)
▪ La protection des articles contre les détériorations dues aux opérations de
manutention (espaces emplacement matériel de manutention adéquat, etc)
▪ Une identification facile des articles stockés
▪ Le stockage des mêmes articles dans les mêmes endroits
▪ L’absence de confusions entre les articles (articles différents stockés dans le même
endroit)
▪ L’absence de confusions entre les articles (Articles différents stockés dans le même
casier)

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5. Des systèmes de gestion des stocks appropriés

Des systèmes de gestion permettant d’éviter les stocks excessifs


Exemple
▪ Système de stock budgétisé (Budget des ventes - budget de production - budget
d’approvisionnement
▪ Systèmes de stocks constitués sur commandes (Commandes clients -matières
nécessaires pour satisfaire- stocks existant- achat).
▪ Système de stocks de sécurité (min/max) pour les articles à consommation continue
et récurrente

6. Un système de contrôle et suivi budgétaire

▪ Budget vente
▪ Budget production
▪ Budget approvisionnement
▪ Budget des départements fonctionnels

II- Procédure de travail

La procédure du cycle achats fournisseurs regroupe les étapes suivantes :


✓ expression et approbation du besoin
✓ consultation des fournisseurs
✓ sélection du fournisseur
✓ passation et suivi de la commande
✓ contrôle de la réception
✓ contrôle et enregistrement des factures
✓ règlement des factures des fournisseurs et enregistrement comptable

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1. Expression et approbation du besoin

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

S’assurer que les besoins sont exprimés sur la base de La gestion des stocks doit prévoir le stock minimum et maximum. Le stock
critères adéquats, permettant d’éviter les ruptures des minimum évite la rupture des stocks et le stock maximum évite les stocks
1
stocks ou la détention de stocks excessifs. En définitif le excessifs. (Voir cycle stock).
besoin doit être réel et économique.
S’assurer que les besoins exprimés font l’objet d’une La demande d’achat est établie soit par le magasinier sur la base des stocks
2 demande d’achats ou d’un autre document approprié et minimum/ maximum, soit par le service approvisionnement sur la base des
émis en nombre d’exemplaire suffisant. besoins de la production ou par les deux.
S’assurer que les demandes d’achats sont établies en Paramétrage du logiciel de gestion des stocks afin qu’il procède à l’édition
3 temps opportun. quotidienne et automatique du listing des références en stock dont les
quantités sont égales ou inférieur au stock minimum.
S’assurer que les demandes d’achat contiennent une Les demandes d’achat doivent prévoir une première colonne réservée au
description précise des articles demandés et de leurs code article interne à l’entreprise, une deuxième colonne réservée aux
4
caractéristiques. références techniques du fournisseur et une dernières colonne réservée aux
descriptions du produit (nom du produits, dimension, nature, couleur etc).
S’assurer que les demandes d’achat sont approuvées par La demande d’achat doit être signée par la direction générale, par le service
5 un responsable indépendant et présentant un niveau contrôle de gestion, par un responsable hiérarchique etc.
hiérarchique approprié.
S’assurer que le dispatching des demandes d’achats est Un carnet à souche de demande d’achats à triple exemplaire.
adéquat. 1- Comptabilité ;
6
2- Dossier achat
3- Souche.

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Enseignant : Youssef ABOUDA 72

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

S’assurer qu’il existe un suivi approprié des demandes ▪ Demandes d’achats pré-numérotées
d’achats par les demandeurs. ▪ Tableau de suivi des demandes d’achats comportant les informations
suivantes : Numéro de la demande d’achat ; Date de la demande ; service
7
demandeur ; Désignation du bien, Quantité ; Date de livraison souhaitée.
▪ Procédure de relance des demandes d’achats par le demandeur sur la
base de l’exemplaire en souche.

2. Consultation des fournisseurs

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

S’assurer que les procédures de consultation des ▪ L’entreprise doit établir des instructions claires et formalisées, au niveau
fournisseurs permettent de réaliser les achats dans les d’un document dûment approuvé, afin de fixer la forme de la
meilleurs conditions en terme de : consultation (Avec ou sans appel d’offre) en fonction de la nature des
▪ Rapport qualité / prix biens et services ainsi que leur montant.
▪ de délai de livraison ▪ L’entreprise doit établir des documents spécifiques aux consultations
▪ de modalités de règlement des fournisseurs (demande de prix, cahier de charge etc). Ces
documents doivent :
1
- Etre convenablement établis
- Comporter une indication précise sur la nature et les caractéristiques
des biens ou l’étendue des travaux et des prestations.
- Comporter une indication au titre des délais de livraison exigés
▪ L’entreprise doit mettre en œuvre des procédures de consultation qui
permettent de réaliser des achats économiques (meilleures conditions
de qualités, prix, délais de livraison et modalités de règlement).

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Enseignant : Youssef ABOUDA 73

3. Sélection du fournisseur, passation et suivi de la commande

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

S’assurer que les procédures de sélection du fournisseur ▪ L’entreprise doit établir des instructions claires et formalisées qui fixent
permettent de choisir le fournisseur qui offre les les organes chargés de sélectionner les fournisseurs. Ces organes
meilleurs conditions en terme de : doivent être compétant (Commissions, responsables etc) et
▪ Rapport qualité / prix indépendants (absence de relation d’affinité ou de parenté avec les
1
▪ Délai de livraison fournisseurs).
▪ Modalités de règlement ▪ L’entreprise doit établir un tableau comparatif des fournisseurs (Nom du
fournisseur, Prix proposé, Qualité du produit, délai de livraison,
Modalités de règlement)
S’assurer que les organes chargés de sélectionner le Les personnes qui constituent l’organe chargé de sélectionner le fournisseur
fournisseur présentent des garanties suffisantes doivent :
d’objectivité. ▪ Etre compétente et ayant une connaissance des activités de la société et
2
notamment du circuit d’approvisionnement
▪ Ne pas avoir une relation d’affinité ou de parenté avec les fournisseurs
▪ Etre intègre
S’assurer que le dépouillement des offres et La société doit prévoir au niveau de ses instructions des règles relatives à
établissement du tableau comparatif sont correctement l’acceptation des offres, ouvertures des plis, lecture et classement des
3
réalisés. offres reçues. En outre les tableaux comparatifs établis doivent être
accompagnés par les documents ayant été utilisés pour leur établissement.

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Enseignant : Youssef ABOUDA 74

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

S’assurer que la décision de sélection du fournisseur et ▪ Le tableau comparatif des fournisseurs ainsi que le PV de sélection des
les motifs du choix sont correctement portés sur le fournisseurs doivent être suffisamment détaillé, comportant une
tableau comparatif et/ou au niveau d’un PV et que ces décision motivée et explicite.
4 documents sont correctement signés. ▪ Le tableau comparatif des fournisseurs ainsi que le PV de sélection des
fournisseurs doivent être contrôlés par une personne indépendante et
autre que celles ayant participé à leurs établissement et approbation
Exemple : Auditeur interne
S’assurer que les commandes sont passées correctement L’organe chargé du choix du fournisseur doit établir un document (PV, note)
et conformément à la décision du choix du fournisseur. sur laquelle il mentionne ses travaux de sélection et son choix définitif. Par
5 la suite le fournisseur doit être informé de manière formelle qu’il a été
retenu. Le bon de commande doit être établi sur la base du contenue du PV
de la commission de consultation des fournisseurs.

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Enseignant : Youssef ABOUDA 75

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

S’assurer que le document de passation de commande ▪ Le bon de commande doit être pré-numéroté
(Bon de commande, ou convention) est correctement ▪ Le bon de commande doit être daté
établi. ▪ Le bon de commande doit être établi en nombre d’exemplaire suffisant
1- Fournisseur
2- Service réception,
3- Comptabilité,
4- Dossier fournisseur (doit comporter la décharge du fournisseur)
▪ Le bon de commande doit être vérifié par une personne autre que celle
qui l’a établi
▪ Le bon de commande doit être signé par la personne dûment
6
compétente
▪ Le bon de commande doit comporter une indication précise sur la
nature et les caractéristiques des biens, l’étendue des prestations et les
prix correspondants.
▪ Le bon de commande doit prévoir la date de livraison prévue
▪ Un exemplaire du bon de commande doit comporter la décharge de
réception par le fournisseur
▪ Le bon de commande doit être communiqué à temps au fournisseur
▪ Le bon de commande doit être communiqué à temps aux autres
destinataires (Service réception, comptabilité, etc.)
S’assurer que les commandes sont bien suivies et La société doit établir un tableau de suivi des Bons de Commandes (Numéro
7 relancées. du bon de commande, Date du bon de commande, Nature et quantité du
bien commandé, Date de livraison prévu, Date de livraison effective).

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Enseignant : Youssef ABOUDA 76

4. Réception et contrôle de la réception

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

S’assurer que toutes les réceptions sont conformes ▪ Toutes les réceptions doivent être conformes aux commandes aux plans
quantitativement et qualitativement aux articles quantitatif, qualitatif et dates de réception.
effectivement commandés. ▪ Le comportement qualitatif est correctement effectué par les personnes
qualifiées (services qualité ou autres personnes ayant les connaissances
techniques nécessaires).
▪ Un document de réception doit être établi après chaque réception. Ce
document peut être soit un bon de réception ou un PV de réception.
▪ Le bon de réception doit:
✓ Etre Pré numéroté et daté
✓ Etre Signé par les personnes ayant effectuées la réception
✓ Etre Etabli en nombre d’exemplaire suffisant
1
1- Service approvisionnement,
2- Comptabilité
3- Souche
✓ Comporter des indications précises sur le code et la désignation des
articles reçus
✓ Etre communiqué à temps aux différents destinataires
▪ Un rapport d’anomalies de réception doit être systématiquement
élaboré suite à une réception non conforme (Qualité et quantité)
▪ Les rapports d’anomalies doivent être suivies périodiquement afin de
relancer les fournisseurs (remplacement des marchandises - livraison
complémentaire – établissement d’une facture d’avoir).

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Enseignant : Youssef ABOUDA 77

5. Contrôle et enregistrement des factures fournisseurs

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

S’assurer que les factures fournisseurs sont ▪ Les factures fournisseurs doivent être réceptionnées et répertoriées (numéro
correctement contrôlées et enregistrées interne et date) par le bureau d’ordre (registre courrier arrivé) avec une
distinction claire entre l’originale de la facture et la copie.
▪ Le service achat doit procéder au contrôle arithmétique et documentaire
(Demande d’achat, Bon de commande et bon de réception) et il doit laisser une
évidence matériel de la réalisation de ces contrôle.
▪ Les factures et les documents qui les accompagnent doivent être rapidement
transmis au service comptabilité.
▪ A la réception de tous les documents, le service comptable doit procéder à un
deuxième contrôle arithmétique et documentaire et doit laisser une évidence
1
matérielle des contrôles effectués
▪ Les factures fournisseurs doivent être rapidement comptabilisées. Toute facture
comptabilisée doit comporter le cachet « comptabilisé ». Ce dernier doit
mentionner les principales informations relatives à l’écriture comptable (Date,
journal, référence de l’écriture comptable et comptes mouvementés)
▪ Une copie de la facture fournisseur doit être classée au niveau du dossier
fournisseurs concerné, dans la partie relative aux factures en instance de
règlement.
▪ Les factures fournisseurs et les documents les accompagnants doivent être
rapidement transmis au service financier pour planifier le règlement.

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Enseignant : Youssef ABOUDA 78

6. Contrôle et enregistrement des paiements fournisseurs

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

S’assurer que les factures fournisseurs ▪ A la réception de tous les documents nécessaires, le service financier procède à un deuxième
sont correctement contrôlées et contrôle arithmétique et documentaire. Ce contrôle doit être matérialisé par l’apposition du
enregistrées cachet « Contrôlé : Service financier ».
▪ Les factures fournisseurs doivent être réglées conformément aux modalités convenues avec les
fournisseurs et la réglementation (légale et fiscale) en vigueur.
▪ Les documents portant références du règlement doivent être correctement établis (lettre
d’accompagnement de chèque ou d’acceptation d’effet, avis de virement, reçu de règlement
par chèque ou par espèce etc.) et ces références doivent être portées sur la facture originale.
▪ Après règlement les factures originales doivent être annulées par l’apposition du cachet «
Payée ».
▪ Après règlement les pièces portant références du règlement ainsi que les factures et les autres
1
documents les accompagnants doivent être rapidement transmis au service comptable.
▪ Le service comptable doit procéder à un contrôle de la conformité du règlement avec les
modalités convenues avec le fournisseur.
▪ Le règlement des factures doit être rapidement et correctement comptabilisé. La
comptabilisation du règlement doit être matérialisée par un cachet portant les mentions
nécessaires à l’identification de la pièce comptable.
▪ Les factures fournisseurs et les documents les accompagnants doivent être correctement
classés.
▪ Les copies des factures classées au niveau de la partie « facture en instance de règlement »
doivent être retiré et classées au niveau de la partie « factures réglées » du dossier fournisseur
concerné.

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CHAPITRE II : PROCEDURES DES VENTES - CLIENTS

SECTION I : LES OBJECTIFS PRIORITAIRES DE CONTROLE INTERNE

I- L’existence d’une bonne séparation des tâches

1. Grille d’analyse des fonctions et des tâches

Fonctions
Les tâches
Opérationnelles Conservation Enregistrement Contrôle

Démarchage des clients X

Traitement des commandes X

Examen de la solvabilité des clients X

Facturation des ventes X

Expédition des produits X

Contrôle bon de livraison/facture * X

Contrôle commande / facture * X

Tenue du journal des ventes X

Vérification de la continuité des numéros


* X
des factures comptabilisées

Edition et suivi de la liste des bons de


X
sortie non facturés

Tenue des comptes clients X

Établissement de la balance clients X

Établissement de la balance clients par


X
ancienneté de solde

Centralisation comptable des ventes X

Détermination des conditions de crédit X

Relevé des chèques reçus au courrier X

Tenue du journal effets à recevoir X

Détention des effets à recevoir X

Inventaire des effets à recevoir X


Enseignant : Youssef ABOUDA 80

Fonctions
Les tâches
Opérationnelles Conservation Enregistrement Contrôle

Accès à la comptabilité générale X

Tenue du journal de trésorerie X

Émission d'avoirs X

Approbation des avoirs X

Etablissement des relevés clients X

Envoi des relevés aux clients X

Encaissement des factures X

Comparaison des relevés avec les


* X
comptes

Comparaison de la balance clients avec les


* X
comptes individuels

Confirmation des comptes clients * X

Relance des clients X

Prolongation des conditions de paiement X

Accord d'escomptes X

Autorisation de passer en perte des


X
créances ou effets à recevoir

Détention de la liste des clients passés en


X
pertes
* Applicable dans le cas d’auto-vérification

2. Séparation des fonctions

Sauf contrôles compensatoires équivalents, les fonctions suivantes doivent être séparées :

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Enseignant : Youssef ABOUDA 81

▪ comptabilisation,
▪ prise et préparation des commandes
▪ facturation
▪ livraison
▪ autorisation des crédits
▪ encaissement
Le tableau suivant récapitule les fonctions non cumulables et les risques éventuels en cas de
cumul :
Non cumulable avec
Fonction Risques éventuels
fonction
Comptabilité Non comptabilisation du débit client et détournement du paiement
Encaissement
clients reçu
Comptabilisation des Non comptabilisation du débit client et détournement du paiement
débits de comptes clients reçu
Non transmission à la comptabilité de la facture et détournement
Facturation
du paiement.
Non transmission de l'avoir au client et détournement
du remboursement.
Émission de notes d'avoir
Encaissement Détournement de l'encaissement et émission d'avoir non transmis
au client.
Décision de passation en
Détournement de l'encaissement
créances douteuses
Envoi des relevés erronés ou non envoi de relevés et détournement
Envoi des relevés aux clients
de l'encaissement
Livraison et expédition Non déclaration d'une livraison et détournement de l'encaissement.
Non déclaration d'une livraison et détournement de l'encaissement
Réception des commandes
ou collusion avec le client.
Magasin,
livraison et Facturation Non facturation ou facturation erronée
expédition Encaissement Non déclaration d'une livraison et détournement de l'encaissement.
Établissement des avoirs Établissement d'avoir injustifié et détournement de l'encaissement.
Non transmission à la comptabilité de la facture et détournement
Encaissement
du paiement.
Facturation Facturation inexacte en quantité et prix et détournement
Expédition ou magasinier
de marchandises
Acceptation des commandes Facturation inexacte.
Non transmission de l'avoir au client et détournement
du remboursement.
Encaissement
Émission de Détournement de l'encaissement et émission d'avoir non transmis
notes d'avoir au client.
Facturation inexacte en quantité et prix et détournement
Magasinier
de marchandises
Autorisatio Livraison - facturation Ventes à des insolvables
n du crédit
Émission des avoirs Camouflage de l'insolvabilité par l'émission d'avoir

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Enseignant : Youssef ABOUDA 82

3. Moyen mis en œuvre pour assurer la séparation des tâches

L’un des objectifs prioritaires du contrôle interne est d’assurer une bonne séparation des
tâches. Afin d’atteindre cet objectif les fonctions suivantes sont confiées à des personnes
différentes :

Fonction Attribuée au
Fonction de négociation et de
réception de la commande Vendeur
Fonction crédit Commercial
Service facturation (Rattaché à la direction
Fonction facturation commerciale ou au service financier et peut être aussi
un service indépendant)
Fonction encaissement des
montants des factures ou des Caisse et trésorier
avances
Fonction livraison Magasinier (produit finis ou service expédition)
Fonction recouvrement Service recouvrement (peut être rattaché au service
financier)
Fonction enregistrement Service comptable

Le dispositif ci-dessus présenté de séparation des tâches s’applique à la majorité des


entreprises dont l’organisation de la vente se prête à une telle séparation des tâches.
Toutefois, pour les entreprises de petite taille une telle séparation des tâches ne peut pas
être exigée. Toutefois, certains contrôles, favorisants la couverture contre les risques de
cumul des tâches, doivent être effectués par le premier responsable de la société (Exemple :
le gérant).
Dans le cas des petites entreprises ou les petites activités commerciales, généralement l’acte
de la réception de la commande client, de la livraison, de la facturation et de règlement n’est
pas suffisamment matérialisé et son établissement est attribué généralement à une seule
personne.
Parmi les défaillances qui peuvent exister au niveau des petites entreprises, on peut citer à
titre d’exemple :
▪ Les commandes sont verbales
▪ Les livraisons et les facturations sont matérialisées par des tickets de caisse
▪ Les retours sont matérialisés par l’annulation de la vente ou le remplacement des
produits
▪ Un ou plusieurs actes (BC, BL, Facture etc) sont confiés à une même personne
(Réception de la commande, livraison et facturation)
▪ Les actes ne sont pas effectués selon un ordre chronologique normal. (Exemple :
Facturation et paiement avant livraison).

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Enseignant : Youssef ABOUDA 83

▪ Absence d’outils de contrôle permettant d’identifier les ventes non facturées.


Toutefois dans ce genre d’entreprises ou d’activités, il est généralement mis en place
les procédures nécessaires qui permettent de vérifier que les ventes comptabilisées
sont encaissées.

II- Compétence et intégrité du personnel

1. Compétence

Le personnel doit être d’un bon niveau académique et/ou bénéficiant d’une bonne
expérience. En outre, la direction de la société doit envisager des cycles de formation et de
mise à jour et de recyclage du personnel.
La compétence est nécessaire pour l’exécution des procédures opérationnelles et celles du
contrôle interne. Le manque de compétence peut amener l’entreprise à la réalisation des
ventes non économiques ou qui ne s’inscrivent pas dans le cadre de la stratégie de
l’entreprise ce qui engendrera la diminution des revenus d’où la baisse de la performance de
l’entreprise.
▪ Vente non économique : Prix de vente < prix catalogue (fixé par la direction)
▪ Ventes qui ne s’inscrivent pas dans le cadre de la stratégie de l’entreprise : Vente à
crédit sans l’obtention d’une garantie.

2. Intégrité

L’auditeur doit avoir l’historique des antécédents judiciaires ou disciplinaires du personnel.


En outre il doit avoir une idée sur les éléments de train de vie du personnel. L’auditeur
doit vérifier si le personnel a une relation d’affinité ou de parenté avec l’un des clients.
Une personne qui ne prend jamais de congés ou qui essaye de centraliser le travail entre ses
mains ou qui présente un signe de manque de collaboration, elle peut être une personne
non intègre.
L’auditeur doit être conscient que la fraude dans ce domaine se consomme par entente
entre le vendeur (personnel du service commercial) et le client
Le détournement peut s’effectuer par plusieurs manières dont on peut citer :
▪ Par entente avec le client
▪ Par le non enregistrement d’une facture de vente et détournement du montant
facturé.
▪ Par détournement du chèque et/ou espèce relatifs au recouvrement de certaines
créances.
▪ Par ventes à crédit en dépassement du seuil toléré (fixé par la Direction).
▪ Par ventes sans facture et détournement des encaissements
▪ Par la constitution de remise exceptionnelle non autorisée

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 84

▪ Par vente à des personnes insolvables et interdites à la vente (Décision de la


Direction de la société).
En conséquence une attention particulière doit être prêtée à la moralité du vendeur et des
clients.

III- La stratégie et la politique marketing sont adéquates

Les moyens suivants permettent d’avoir l’assurance que la stratégie et la politique marketing
sont adéquates :
▪ Facteurs clés de succès : Les facteurs clés de succès commercial doivent être identifiés
pour guider les politiques et stratégies de l’entreprise en matière de conception de
produits, de production, de ventes, de service aux clients et de marketing.
▪ Connaissance du marché, vigilance commerciale : Périodiquement, l’entreprise doit
entreprendre des études de marché permettant d’identifier les principales tendances et
les principaux changements au niveau de la structure de la demande, des attitudes, du
comportement et des préférences de la clientèle. Ces études doivent permettre à
l’entreprise de se positionner et d’avoir une idée sur les tendances de goût des clients
ainsi que sur l’état de la concurrence. Le personnel de la société doit identifier les
concurrents afin de pouvoir identifier leurs actions commerciales.
▪ Plan marketing : La direction commerciale doit élaborer un plan marketing pour l’année
à venir et doit procéder périodiquement à l’évaluation des actions entreprises. Le plan
marketing doit notamment intégrer la formation du personnel aux politiques de
l’entreprise. -Culture de service et satisfaction client : Les procédures, mesures et
comportements doivent assurer que l’entreprise focalise sur l’écoute, le service et la
satisfaction du client. Les procédures doivent permettre de s’assurer de la satisfaction
du client. Les entreprises de grande taille disposent généralement d’une unité ou d’un
service consacré à la recherche de la satisfaction des clients avec un maximum
d’efficacité.
▪ Autres moyens :
✓ Actions publicitaires
✓ Force de vente et réseau de distribution
✓ Service après-vente
✓ Incitation des clients par les prix et les facilités de paiement

IV- Politique de crédit à la clientèle est appropriée et correctement contrôlée

Le contrôle interne doit assurer que la politique de crédit à la clientèle est appropriée et
correctement contrôlée. Afin d’atteindre cet objectif les procédures mises en œuvre dans
l’entreprise doivent permettre :
▪ La définition de délais de règlement par client ou par catégorie de client et/ou par
famille d’article.

5/9
ème
Cours de Contrôle interne – 2 LAC Année Universitaire : 2013- 2014
Enseignant : Youssef ABOUDA 85

▪ L’établissement de la liste des clients autorisés à bénéficier de délais de règlement.


Cette liste doit mentionner les plafonds de crédit par client.
▪ La mise à jour systématique des conditions de crédit à la clientèle et ce dans les cas
suivants :
✓ dans le cadre de la politique générale de la société qui varie selon les conditions du
marché et le positionnement des concurrents
✓ dans le cadre de l’identification d’un client mauvais payeur ou ayant des antécédents
de retard de règlement avec l’un des concurrents.
✓ dans le cadre de l’introduction d’un nouveau client ou d’une nouvelle catégorie de
clientèle - L’établissement des instructions relatives à la constitution des dossiers
crédit à la clientèle. Ces dossiers doivent contenir toutes les informations relatives au
client et sa situation financière ainsi que les garanties reçues pour se couvrir contre le
risque non-paiement. Ces instructions doivent prévoir qu’en cas d’absence de l’un
des éléments du dossier, la vente à crédit ne peut pas être conclue et sera par
conséquent non validée.

V- Des outils appropriés pour la gestion des ventes

Le contrôle interne a comme objectif d’assurer que les outils de gestion des ventes sont
appropriés. Afin d’atteindre cet objectif l’entreprise doit se doter du matériels et logiciels
appropriés pour la réalisation, le suivi et le contrôle des ventes.
Exemple :
✓ Logiciel de gestion de la base de données des clients (Livraison, facturation et
paiement)
✓ Logiciel de gestion des effets à recevoir
✓ Logiciel de gestion des impayés et des contentieux clients
✓ Logiciel de facturation (références des produits, taux de remise, taux de la TVA et prix
intégré au niveau de la base de donnée du logiciel)
✓ Logiciel de contrôle et identification des produits à la sortie
✓ Caisses enregistreuses etc

VI- Un système de contrôle et suivi budgétaire adéquat

Le contrôle et le suivi budgétaire approprié est l’un des objectifs prioritaires du contrôle
interne.
L’établissement correct des budgets des ventes est leur confrontation avec les réalisations
permet d’identifier les écarts anormales et de lancer les investigations nécessaires. Les
écarts à dégager entre le budget et les réalisations des ventes peuvent être expliqués par les
situations suivantes :
▪ Le budget n’est pas correctement établi (objectif trop élevé ou inversement)

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 86

▪ Le changement au niveau de la conjoncture économique et au niveau de la


répartition des parts de marché
▪ Perte accidentelle de clients
▪ Les réalisations des ventes (les ventes comptabilisées) abritent des erreurs ou des
omissions. - Des manœuvres frauduleuses pour augmenter indûment les budgets ou
les ventes réalisées (ou inversement).
▪ En définitif un système de contrôle et de suivi budgétaire des ventes permet
d’assurer la cohérence générale des ventes.

SECTION II : PROCEDURE DE TRAVAIL : CYCLE VENTES - CLIENTS

I- L’existence d’une bonne séparation des tâches

1. Grille d’analyse des fonctions et des tâches

La procédure du cycle ventes - clients est composée des étapes suivantes :


✓ Réception de la commande client et programmation de la livraison
✓ Livraison
✓ Facturation
✓ Enregistrement des factures clients
✓ Suivi du recouvrement des factures clients
✓ Règlement des factures clients et comptabilisation du règlement

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Enseignant : Youssef ABOUDA 87

I. Phase de la réception de la commande client et programmation de la livraison

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

L’objectif du contrôle interne est d’assurer ▪ Les commandes reçues des clients doivent être correctement matérialisées par :
que les commandes clients sont ✓ un bon de commande envoyé par le client
correctement centralisées. ✓ par une convention signée entre la société et le client
✓ par un bon de commande établi par la société et signé par le client (avec
cachet).
1
✓ par un registre ou fichier de suivi des commandes tenus par la société
✓ par un e-mail
✓ par la validation de la confirmation de la commande du client sur le site Internet
▪ Le service commercial doit s’assurer que les bons de commandes comportent une
identification précise des articles commandés.

L’objectif du contrôle interne est de s’assurer ▪ Le service commercial doit étudier la solvabilité du client.
que les commandes clients sont ▪ Le service commercial doit consulter l’état des factures non encore réglées par le
correctement autorisées à être acceptées par client
les sociétés. ▪ les commandes reçues des clients doivent être étudiées et validées par une
personne dûment habilitée à effectuer cette tâche. Cette personne doit étudier la
2 capacité de l’entreprise à satisfaire la commande reçue du client. Pour ce faire, cette
personne doit :
✓ identifier les articles commandés
✓ identifier les délais de livraison exigés par le client (pour apprécier la possibilité
de satisfaire la commande)
✓ identifier les prix mentionnés au niveau du BC (pour les rapprocher avec la liste
des prix)

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Enseignant : Youssef ABOUDA 88

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


✓ consulter son plan de production (disponibilité en terme de temps)
✓ identifier la possibilité de satisfaire la commande du client (en terme de temps,
de matière première et de main d’œuvre), le cas échéant doit programmer le
recours à la sous-traitance.
✓ autoriser la commande à être programmer par la confirmation au client et par la
signature de la commande (Mention : commande autorisée à être livrée ou
programmée à la production)
NB : En cas de non approbation du prix et/ou des délais mentionnés au niveau du bon
de commande, une négociation doit être entreprise avec le client afin de rectifier les
termes de la commande et ce, afin d’établir un bon de commande définitif.

L’objectif du contrôle interne est de s’assurer Les prix et les réductions accordés doivent être autorisés soit dans le cadre d’une
que les commandes clients sont conformes politique commerciale générale, soit par un responsable hiérarchique habilité lorsqu’ils
aux politiques commerciales de la société en ont un caractère exceptionnel.
3
terme de prix, réduction (remise rabais
ristourne), délai de livraison et modalité de
paiement.

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Enseignant : Youssef ABOUDA 89

II. Phase de livraison

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit s’assurer que les ▪ La livraison doit être soigneusement préparée en termes des articles à les livrer et des
livraisons s’effectuent dans le délai moyens de transport à utiliser. En outre, le client doit être avisé de la date et de l’heure
convenu et conformément à la commande de livraison.
client. ▪ La livraison doit faire l’objet d’un document approprié. Le document qui matérialise les
livraisons est le « Bon de livraison ». Le bon de livraison doit être :
✓ Pré-numéroté
✓ Daté
✓ Etabli en nombre d’exemplaire suffisant :
 client  comptabilité
 Dossier client (avec décharge)  souche
1 ✓ Porter référence du bon de commande
✓ Mentionner le code, montant, quantité et indication précise des articles à livrer
▪ Le bon de livraison doit être contrôlé par une personne indépendante préalablement à la
livraison, notamment en le rapprochant avec le bon de commande et les quantités à livrer.
▪ Dans le cas où les marchandises seront transportées par une personne externe à la
société, un document de prise en charge de la marchandise par le transporteur doit
être dûment signé par ce dernier. En outre ce document de prise en charge doit
comporter un accusé de réception du client.
▪ En cas de transport maritime ou aérien des marchandises, une police d’assurance doit
être contractée pour couvrir le risque de perte ou de détérioration des produits.
▪ Le bon de livraison doit porter l’évidence de la réception des articles par le client
(décharge du client).

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Enseignant : Youssef ABOUDA 90

III. Phase de facturation

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit s’assurer que toute marchandise ▪ Toutes les livraisons doivent être rapidement facturées. Il existe des
livrée ou toute prestation effectuée fait l’objet d’une logiciels de gestion des ventes qui permettent d’éditer de manière
facturation régulière et sans retard. automatique une facture une fois que le bon de livraison a été validé.
Ces logiciels permettent d’établir une facture pour plusieurs bons de
livraison (Exemple : Facturation automatique tous les 10 jours ou à la fin
du mois).
▪ La facture doit être appropriée. Elle doit :
✓ Etre Pré numérotée
✓ Etre Datée
✓ Etre établie conformément à la réglementation en vigueur
(Comporter toutes les indications prévues par la réglementation en
1
vigueur)
✓ Etre établie en nombre d’exemplaire suffisant :
 client
 comptabilité
 Dossier client (avec décharge)
 souche
✓ Porter référence au don de commande et au bon de livraison
✓ Mentionner le code des produits, le prix, les quantités et indication
précise des articles vendus
✓ Mentionner prix hors TVA
✓ Mentionner les différentes réductions (Rapprochement réductions

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 91

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


facturées/ Réductions autorisées)
✓ Mentionner le taux de la TVA et le montant de la TVA
✓ Etre conforme aux articles livrés (Rapprochement BL/FACTURE)
✓ Etre conforme aux prix pratiqués par la société (Rapprochement
Liste des prix (Catalogue) / FACTURE)
✓ Etre conforme aux termes convenus avec le client (Rapprochement
convention signée (ou offre)/ FACTURE)
▪ La facture doit être communiquée au client sans retard. Avant que la
facture soit envoyée au client, il est important qu’elle soit vérifiée par
une personne indépendante (service contrôle facturation). Ce contrôle
est effectué sur le plan documentaire (BC, BL et liste des prix) et sur le
plan arithmétique.
▪ La réception effective de la facture par le client doit être matérialisée
par sa signature et cachet sur la copie de la facture (décharge du client).

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 92

IV. Phase d’enregistrement des factures clients

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit s’assurer que toutes les factures ▪ Le service comptabilité doit contrôler la facture sur le plan documentaire
relatives à l’activité de l’entreprise sont correctement et (BC, BL, Liste des prix) et sur le plan arithmétique.
intégralement comptabilisées. ▪ Le service comptabilité doit vérifier les conditions de forme de la facture
▪ Le service comptabilité doit vérifier la bonne application du taux de TVA
et des différentes taxes fiscales.
▪ Le service comptabilité doit vérifier la correspondance entre la date de
facture et la date de livraison avec l’exercice comptable concerné.
▪ Le service comptabilité doit contrôler la séquence numérique des
1 factures
▪ Le service comptabilité doit contrôler la séquence numérique des bons
de livraison
▪ S’il s’agit d’un nouveau client le service comptabilité doit correctement
créer un compte client (le compte doit indiquer de manière claire le nom
ou la raison social du client)
▪ Une fois les contrôles nécessaires ont été effectués le service
comptabilité doit comptabiliser rapidement et correctement la facture
vérifiée.

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 93

V. Phase de suivi du recouvrement des factures clients

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit assurer que les factures ▪ La fonction recouvrement doit être systématiquement et rapidement informée
clients sont correctement suivies pour assurer des factures émises et des règlements effectués.
leur recouvrement dans les meilleurs délais. ▪ La fonction recouvrement doit tenir une base de données fiable et
constamment mise à jour pour effectuer les recouvrements clients (Fiche client,
balance par âge, échéancier etc).
▪ La fonction recouvrement doit mettre en œuvre des procédures adéquates
pour effectuer les recouvrements clients (Relance des clients, envoi de fax,
envoi d’e-mail, envoi de lettre recommandée avec accusé de réception, des
réunions avec le client etc).
1
▪ Les recouvrements des créances par le service recouvrement doivent être
matérialisés par un document approprié comportant la décharge du client.
▪ La fonction recouvrement doit transmettre le dossier client au contentieux en
cas d’échec de phase précontentieuse.
▪ La fonction recouvrement doit rendre compte périodiquement de ses activités
▪ Le service financier doit envoyer périodiquement les relevés de compte aux
différents clients (et doit exiger une confirmation de solde de la part du client).
Ceci permettra d’identifier tout recouvrement non déclaré par le service
recouvrement.

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 94

VI. Phase règlement des factures clients et de comptabilisation du règlement

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit assurer que ▪ Un échéancier des créances doit être constamment mis à jour et confronté avec les soldes
les règlements des factures clients comptables.
s’effectuent dans les délais convenus ▪ Les règlements reçus des clients doivent être correctement rattachés aux factures
et sont correctement comptabilisées correspondantes.
1 ▪ Les règlements reçus des clients doivent être rapidement versés en banque.
▪ L’état des règlements reçus ainsi que les documents relatifs doivent être rapidement transmis à
la comptabilité.
▪ Le service comptable contrôle les pièces de règlement et procède à l’imputation du règlement
au niveau du compte client approprié

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


CHAPITRE III : PROCEDURES DE GESTION DES RESSOURCES
HUMAINES

SECTION I : LES OBJECTIFS PRIORITAIRES DE CONTROLE INTERNE

▪ Assurer en permanence une bonne maîtrise des risques liés aux ressources humaines
pouvant avoir une incidence significative sur l’efficacité de l’entreprise et assurer une bonne
connaissance et une bonne compréhension des facteurs clés de performance et de bon
comportement des hommes
▪ Assurer un pilotage efficace des objectifs permettant d’apporter la preuve de l’utilité de
chaque membre du personnel, qu’il atteint les objectifs qui lui sont assignés et qu’il contribue
efficacement à la réalisation des objectifs stratégiques de l’entreprise.
▪ Assurer une bonne vitesse d’exécution des tâches et services et une bonne vitesse de
réaction pour le traitement des difficultés, la résolution des problèmes, la détection rapide et
le traitement des risques nouveaux.
▪ Assurer une communication rapide et efficace entre les services et les personnes.
▪ Assurer une bonne collaboration des services chargés des ressources humaines avec
l’ensemble des services pour la réalisation des objectifs de l’entreprise.
▪ Assurer la qualité du personnel à l’embauche et en cours d’activité.
▪ Assurer une surveillance et un contrôle efficaces du personnel.
▪ Assurer une bonne utilisation du personnel, et ne pas permettre le surcoût dû au sureffectif.
▪ Assurer que l’entreprise fait le nécessaire pour conserver et attirer les meilleurs tant sur le
plan des compétences que sur le plan de comportement.
▪ Assurer les moyens au personnel pour développer ses compétences et améliorer son
comportement.
▪ Assurer une gestion efficace des effectifs.
▪ Assurer la fiabilité des calculs et de l’établissement de la paie et des déclarations sociales et
fiscales liées aux salaires.
▪ Assurer une prévention efficace contre les risques d’accidents de travail et de maladies
professionnelles.
▪ Assurer la conformité de la gestion des ressources humaines avec la réglementation en
vigueur.
Enseignant : Youssef ABOUDA 96

SECTION II : LA SEPARATION DES FONCTIONS

I- Grille d’analyse des fonctions

Fonctions
Les tâches
Opérationnelles Conservation Enregistrement Contrôle

Approbation des recrutements et X


départs du personnel
Détermination des niveaux de X
rémunération
Autorisation des primes X

Autorisation des heures X


supplémentaires
Tenue des dossiers individuels des X
salariés

Approbation des heures travaillées X

Préparation des bulletins de paie X

Vérification des calculs de la paie X


Approbation finale de la paie après sa X
préparation

Préparation des enveloppes de paie X

Distribution des enveloppes de paie X

Signatures des chèques de paiement X


des salaires
Rapprochement bancaire du compte X
réservé aux salaires

Centralisation comptable de la paie X


Comparaison périodique du journal de X
paie avec les dossiers individuels

Autorisation des acomptes ou avances X

Gestion des départs en congés X

Remise de la paie en espèces X

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Enseignant : Youssef ABOUDA 97

II- Séparation des fonctions incompatibles

Sauf contrôles compensatoires équivalents les fonctions suivantes ne doivent pas être
cumulées par la même personne :
▪ Fonction enregistrement : Préparation et vérification des calculs des bulletins de paie
▪ Fonction opérationnelle : Détermination des niveaux de rémunération, autorisation de
primes et autorisation des heures supplémentaires.
▪ Fonction conservation : Distribution des enveloppes de paie.

SECTION II : PROCEDURE DE TRAVAIL : GESTION DES RESSOURCES HUMAINES

La procédure de gestion des ressources humaines est composée des étapes suivantes :
✓ Embauche du personnel
✓ Préparation et établissement de la paie
✓ Comptabilisation de la paie
✓ Paiement des salaires et comptabilisation des paiements
✓ Mangement et pilotage des ressources humaines
✓ Gestion des dossiers et des congés du personnel

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Enseignant : Youssef ABOUDA 98

I. Phase d’embauche du personnel

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit s’assurer que le ▪ L’embauche du personnel doit être effectuée selon un programme préétabli. La
personnel embauché est compétant et direction doit établir un programme définissant le besoin en personnel ainsi qu’un plan
intègre. de recrutement. En cas d’inexistence d’un programme de recrutement préétabli toute
offre d’embauche doit être autorisée par une autorité compétente (vérification du
besoin et du profil du candidat).
▪ L’embauche du personnel doit être effectué sur la base d’une sélection selon des
critères préalablement et clairement définis. La sélection du personnel peut être
1 confiée à un organisme externe spécialisé. Normalement ces organismes sont
indépendants et échappent aux pressions et influences.
▪ Les procédures d’embauche doivent comprendre les vérifications des références
présentées par les candidats à l’embauche. Cette vérification doit être matérialisée par
un écrit.
▪ Les procédures d’embauche du personnel doivent permettre l’identification et la
sélection du personnel compétent et intègre. (Exemple : Le dossier du candidat doit
contenir les différents diplômes et attestations de travail ou de stage ainsi que le B3).

Le contrôle interne doit s’assurer que le ▪ Les responsables des ressources humaines doivent avoir ou recevoir une formation
recrutement du personnel est conforme adéquate sur le droit de travail et les procédures de recrutement.
à la règlementation en vigueur et ▪ Pour chaque personne embauchée, la société doit lui attribuer un matricule
2 permettre de protéger les intérêts de d’identification.
l’entreprise et du personnel recruté. ▪ Pour chaque personne embauchée, la société doit établir un contrat de travail en
nombre d’exemplaire suffisant
▪ Chaque personne embauchée doit recevoir une fiche de pointage ou un badge de

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 99

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


pointage
▪ Chaque personne embauchée doit recevoir les vêtements de travail et les équipements
de sécurité nécessaires et obligatoires.
▪ Chaque personne embauchée doit être déclarée, par la société, dans les plus brefs
délais à la CNSS

Le contrôle interne doit s’assurer que Pour chaque personne embauchée, un fichier (ou dossier) du personnel doit être créé. Ce
tout le personnel est identifié au sein de fichier doit contenir les informations suivantes :
l’entreprise et que les éléments de la ▪ l’état civil du salarié,
paie sont exacts. ▪ une photo
▪ spécimen de signature
▪ bulletin n°3
▪ situation familiale
▪ curriculum vitae
3
▪ La date d’engagement
▪ le détail des rémunérations
▪ un exemplaire du contrat de travail
▪ une fiche d’évolution de carrière
▪ le rapport d’enquête de la de moralité initial et les rapports d’enquête de moralité en
cours d’activité
▪ et, éventuellement, le départ ou le licenciement (date, motif, circonstances)
NB : Le dossier individuel doit être mis à jour systématiquement à chaque modification.

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Enseignant : Youssef ABOUDA 100

II. Préparation et établissement de la paie

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit s’assurer que la ▪ Le personnel doit pointer à l’entrée et à la sortie de la société. Pour ce faire, la société
préparation et l’ordonnancement de la doit se doter d’horloges de pointage (à l’entrée et à la sortie). Le pointage peut être
paie a été établie conformément : effectué par fiche de pointage ou par badge magnétique de pointage.
▪ Au nombre d’heures travaillées ▪ Un responsable du service de personnel doit surveiller le pointage à la porte d’entrée
▪ Aux informations présentes dans les (début de la journée) et à la porte de sortie (fin de la journée). Ce contrôle permettra
dossiers individuels du personnel d’éviter qu’un salarié pointe pour plusieurs personnes à la fois.
▪ A la règlementation en vigueur (fiscale ▪ Les retardataires doivent être mentionnés au niveau d’une fiche spécifique. Les
et sociale) retards répétitifs, non justifiés ou de longue durée doivent faire l’objet de sanction.
▪ Les absences et les retards non justifiés doivent être suivis et pris en compte au
niveau de la paie du mois.
▪ Le pointage du personnel doit être rapproché avec l’état de présence au niveau des
1 ateliers et des chaînes de production.
▪ Les heures supplémentaires doivent être justifiées par le service demandeur et
autorisées par un responsable.
▪ Les heures de travail en dépassement des heures normales et qui ne correspondent
pas à des heures supplémentaires autorisées doivent être annulées de l’état de
pointage afin qu’elles ne soient pas payées.
▪ Un état récapitulatif de pointage doit être établi à la fin de chaque mois. Cet état doit
distinguer entre les heures normales et les heures supplémentaires.
▪ L’état récapitulatif de pointage doit être rapproché avec les fiches de pointage par
une personne indépendante.
▪ L’état récapitulatif de pointage doit être saisi au niveau du logiciel de paie par une
personne autre que celle qui l’a établi.

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Enseignant : Youssef ABOUDA 101

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


▪ Le logiciel de paie doit être sécurisé à l’accès et aux différentes modifications non
autorisées (Modification suppression et ajout). La sécurité du logiciel de paie
concerne les données relatives aux heures travaillées, le taux journalier de
rémunération et les données relatives au personnel (Situation familiale, nombre
d’enfant etc).
▪ La saisie des heures travaillées au niveau du logiciel de paie doit être contrôlée et
validée par une personne indépendante.
▪ Les déductions au titre de la sécurité sociale et de l’impôt doivent être contrôlées,
surveillées et rapprochées avec les dossiers individuels du personnel.
▪ Les déductions autres que celle fiscales et sociales (prêt, avance, saisie arrêt etc)
doivent être contrôlées, surveillées et rapprochées avec les dossiers individuels du
personnel.
▪ Le journal de paie et/ou l’état récapitulatif des salaires doivent être édités et
rapprochés avec l’état récapitulatif de pointage et les dossiers individuels du
personnel.
▪ La paie doit être contrôlée avant le paiement en ce qui concerne :
✓ le temps travaillés avec les relevés de présence ou les fiches de pointage
✓ les retenues au titre de la sécurité sociale et des impôts
✓ les retenues au titre des prêts, avances et acomptes
▪ Une fois que la paie est préparée elle doit être contrôlée par un responsable avant le
paiement.
▪ Avant le paiement des salaires le signataire des chèques, de l’état des virements et de
l’état de paiement en espèce doit :
✓ S’assurer que la paie a été approuvée

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 102

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


✓ Rapprocher le montant à payer avec le journal de paie (ou l’état récapitulatif des
salaires)
✓ Signer (ou apposer ses initiales (visa)), le montant à payer
▪ Les personnes chargées de la préparation de la paie doivent être régulièrement
permutées (rotation des tâches relatives à la préparation de la paie entre le
personnel).

III. Comptabilisation de la paie

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

L’objectif du contrôle interne est de ▪ Le service comptabilité doit s’assurer que le journal de paie et/ou l’état récapitulatif de
s’assurer que la paie est correctement la paie sont validés par la personne responsable.
comptabilisée. ▪ Avant d’enregistrer l’écriture comptable relative à la paie, le service comptabilité doit
comparer le montant de la paie (par compte) avec les montants du mois précédent. Par
conséquent, il doit réclamer à la direction ressources humaines toutes les explications
nécessaires en cas de variation anormale.
▪ Le service comptabilité doit effectuer un contrôle sur les retenues de sécurité sociale et
d’impôt mentionnées au niveau du récapitulatif de paie.
▪ Le service comptabilité doit s’assurer que les différentes retenues (prêt, avance, saisie
arrêt etc) ont été correctement et exhaustivement effectuées.
▪ Le service comptabilité doit calculer les charges patronales de sécurité sociale et les
autres taxes relatives aux salaires versés (TFP FOPROLOS etc). Ce calcul doit être vérifié
par une autre personne et doit être approuvé par un responsable (Dans certains cas le

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Enseignant : Youssef ABOUDA 103

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


journal de paie mentionne ces charges et taxes. Dans ce cas le service comptabilité doit
les contrôler et les approuver).
▪ Une fois que ces contrôles ont été effectués le service comptabilité doit rapidement
comptabiliser le journal de paie ou l’état récapitulatif de paie (ces états doivent être
annulés par le cachet comptabilisé : Date, journal référence et comptes mouvementés).
▪ Une fois que l’écriture de paie a été comptabilisée, le service comptabilité doit vérifier
que les différents comptes relatifs à la paie sont correctement justifiés (afin d’identifier
les erreurs d’imputation et de comptabilisation).

IV. Paiement des salaires et comptabilisation des paiements

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit assurer que le ▪ L’état de paiement des salaires doit être rapproché avec le journal et le récapitulatif de
paiement des salaires est conforme paie. Ce rapprochement doit être effectué par une personne indépendante de la
avec les éléments de la paie et qu’il préparation de la paie.
est correctement comptabilisé. ▪ L’état de paiement de salaire doit comporter trois volets ; Les paiements par virement, les
paiements par chèque et les paiements en espèce.
▪ Les numéros des comptes bancaires des bénéficiaires mentionnés au niveau de l’état de
paiement par virement bancaire doivent être rapprochés avec les RIB bancaires indiqués au
niveau du dossier individuel du personnel (Rapprochement entre le nom du bénéficiaire et
le RIB bancaire).
▪ Les chèques, l’ordre de paiement et l’état de dépense par caisse, relatifs aux paiements des
salaires doivent être signés par une personne indépendante de la préparation de la paie.
▪ La préparation des enveloppes de paie doit être effectuée par une personne indépendante

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 104

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


de la préparation de la paie.
▪ Les fiches de paie doivent être établies en deux exemplaires (1 : personne, 2 : service
ressource humaine (signé par le personnel) et doivent être rapprochées avec le journal de
paie et l’état de paiement des salaires, par une personne indépendante de la préparation
de la paie. En outre, les fiches de paie doivent être établies conformément aux dispositions
du code de travail (mentions obligatoires).
▪ La distribution des enveloppes doit être effectuée par des personnes qui n’ont pas participé
à la préparation de la paie.
▪ Les salaires payés en espèce doivent faire l’objet du contrôle de l’identité du bénéficiaire
▪ Dans le cas où le paiement des salariés est effectué sur le site du travail, le transport des
fonds doit être assuré contre le risque de vol et de perte.
▪ Les paiements des salaires en espèces doivent être réduits au strict minimum. La méthode
la plus sécurisante et la plus recommandée est celle de paiement des salaires par virement
bancaire.
▪ Les personnes qui effectuent la distribution des salaires doivent être permutées de temps à
autre.
▪ Les salaires non encore distribués à la fin de la journée doivent être conservés au niveau du
coffre de la société.
▪ Avant l’enregistrement de l’écriture comptable relative au paiement des salaires, le service
comptabilité doit :
▪ Vérifier que les états de paiement sont approuvés par le responsable et que les documents
de paiement (reçus et/ou livre de paie) sont signés par les bénéficiaires
▪ Rapprocher les différents états de paiement des salaires avec le journal et le récapitulatif
de paie

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 105

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


▪ Comparer les paiements du mois avec ceux du mois précédent et demander les explications
nécessaires en cas de différence anormale.
▪ Une fois que les contrôles nécessaires ont été effectués, le service comptabilité doit
rapidement comptabiliser les documents de paiement des salaires au niveau des comptes
concernés. Les documents comptabilisés doivent être annulés par l’apposition du cachet
comptabilisé (Date, journal, référence de l’écriture et comptes mouvementés).
▪ Une fois que l’écriture de règlement de la paie a été comptabilisée, le service comptable
doit vérifier que les différents comptes relatifs à la paie sont correctement justifiées (afin
d’identifier les erreurs d’imputation et de comptabilisation).

V. Mangement et pilotage des ressources humaines

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit assurer ▪ La direction ressources humaines doit établir pour chaque année un
▪ Un pilotage efficace des objectifs permettant d’apporter bilan social.
la preuve de l’utilité de chaque membre du personnel ▪ La société doit établir pour chaque année un budget annuel des salaires.
▪ La qualité du personnel en cours d’activité. ▪ La direction ressources humaines doit établir un rapport annuel
▪ Une surveillance et un contrôle efficaces du personnel. d’activité.
1 ▪ Une bonne utilisation du personnel, et ne pas ▪ La direction de la société doit établir pour chaque année les plans de
permettre le surcoût dû au sureffectif. formation nécessaires pour la mise à jour des connaissances et
▪ Que l’entreprise fait le nécessaire pour conserver et l’amélioration des compétences du personnel.
attirer les meilleurs tant sur le plan des compétences ▪ A la fin de chaque année la direction ressources humaines avec la
que sur le plan de comportement. collaboration des autres services doit effectuer l’évaluation de
▪ Une gestion efficace des effectifs. l’ensemble du personnel.

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 106

VI. Gestion des dossiers et des congés du personnel

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

L’objectif du contrôle interne est de Les dossiers individuels du personnel doivent être constamment mis à jour (Avancement, sanction,
1 s’assurer que le dossier individuel du changement de la situation familiale etc)
personnel est mis à jour
Le contrôle interne doit s’assurer que Les informations relatives aux congés payés doivent être correctement et soigneusement suivies
le personnel n’a pas dépassé le par la direction ressources humaines (Nombre de jours début de période - congés consommés +
2 nombre de jour de congé dont il a nombre de jours de la période= Nombre de jours fin de période). Le calcul des droits aux congés
droit. doit être effectué conformément aux dispositions du code de travail ou de la convention collective
et il doit être vérifié et approuvé par un responsable.

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


CHAPITRE IV : PROCEDURES DE GESTION DE STOCKS

SECTION I : LES OBJECTIFS PRIORITAIRES DE CONTROLE INTERNE

▪ Assurer en permanence une bonne maîtrise des risques liés aux ressources humaines
pouvant avoir une incidence significative sur l’efficacité de l’entreprise et assurer une bonne
connaissance et une bonne compréhension des facteurs clés de performance et de bon
comportement des hommes
▪ Assurer un pilotage efficace des objectifs permettant d’apporter la preuve de l’utilité de
chaque membre du personnel, qu’il atteint les objectifs qui lui sont assignés et qu’il contribue
efficacement à la réalisation des objectifs stratégiques de l’entreprise.
▪ Assurer une bonne vitesse d’exécution des tâches et services et une bonne vitesse de
réaction pour le traitement des difficultés, la résolution des problèmes, la détection rapide et
le traitement des risques nouveaux.
▪ Assurer une communication rapide et efficace entre les services et les personnes.
▪ Assurer une bonne collaboration des services chargés des ressources humaines avec
l’ensemble des services pour la réalisation des objectifs de l’entreprise.
▪ Assurer la qualité du personnel à l’embauche et en cours d’activité.
▪ Assurer une surveillance et un contrôle efficaces du personnel.
▪ Assurer une bonne utilisation du personnel, et ne pas permettre le surcoût dû au sureffectif.
▪ Assurer que l’entreprise fait le nécessaire pour conserver et attirer les meilleurs tant sur le
plan des compétences que sur le plan de comportement.
▪ Assurer les moyens au personnel pour développer ses compétences et améliorer son
comportement.
▪ Assurer une gestion efficace des effectifs.
▪ Assurer la fiabilité des calculs et de l’établissement de la paie et des déclarations sociales et
fiscales liées aux salaires.
▪ Assurer une prévention efficace contre les risques d’accidents de travail et de maladies
professionnelles.
▪ Assurer la conformité de la gestion des ressources humaines avec la réglementation en
vigueur.
Enseignant : Youssef ABOUDA 108

SECTION II : LA SEPARATION DES FONCTIONS

III- Grille d’analyse des fonctions

Fonctions
Les tâches
Opérationnelles Conservation Enregistrement Contrôle

Approbation des recrutements et X


départs du personnel
Détermination des niveaux de X
rémunération
Autorisation des primes X

Autorisation des heures X


supplémentaires
Tenue des dossiers individuels des X
salariés

Approbation des heures travaillées X

Préparation des bulletins de paie X

Vérification des calculs de la paie X


Approbation finale de la paie après sa X
préparation

Préparation des enveloppes de paie X

Distribution des enveloppes de paie X

Signatures des chèques de paiement X


des salaires
Rapprochement bancaire du compte X
réservé aux salaires

Centralisation comptable de la paie X


Comparaison périodique du journal de X
paie avec les dossiers individuels

Autorisation des acomptes ou avances X

Gestion des départs en congés X

Remise de la paie en espèces X

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Enseignant : Youssef ABOUDA 109

IV- Séparation des fonctions incompatibles

Sauf contrôles compensatoires équivalents les fonctions suivantes ne doivent pas être
cumulées par la même personne :
▪ Fonction enregistrement : Préparation et vérification des calculs des bulletins de paie
▪ Fonction opérationnelle : Détermination des niveaux de rémunération, autorisation de
primes et autorisation des heures supplémentaires.
▪ Fonction conservation : Distribution des enveloppes de paie.

SECTION II : PROCEDURE DE TRAVAIL : GESTION DE STOCKS

La procédure de gestion des ressources humaines est composée des étapes suivantes :
✓ Suivi des entrées en stocks
✓ Suivi des sorties des stocks
✓ Inventaire physique des stocks

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 110

VII. Phase d’embauche du personnel

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit s’assurer que le ▪ L’embauche du personnel doit être effectuée selon un programme préétabli. La
personnel embauché est compétant et direction doit établir un programme définissant le besoin en personnel ainsi qu’un plan
intègre. de recrutement. En cas d’inexistence d’un programme de recrutement préétabli toute
offre d’embauche doit être autorisée par une autorité compétente (vérification du
besoin et du profil du candidat).
▪ L’embauche du personnel doit être effectué sur la base d’une sélection selon des
critères préalablement et clairement définis. La sélection du personnel peut être
1 confiée à un organisme externe spécialisé. Normalement ces organismes sont
indépendants et échappent aux pressions et influences.
▪ Les procédures d’embauche doivent comprendre les vérifications des références
présentées par les candidats à l’embauche. Cette vérification doit être matérialisée par
un écrit.
▪ Les procédures d’embauche du personnel doivent permettre l’identification et la
sélection du personnel compétent et intègre. (Exemple : Le dossier du candidat doit
contenir les différents diplômes et attestations de travail ou de stage ainsi que le B3).

Le contrôle interne doit s’assurer que le ▪ Les responsables des ressources humaines doivent avoir ou recevoir une formation
recrutement du personnel est conforme adéquate sur le droit de travail et les procédures de recrutement.
à la règlementation en vigueur et ▪ Pour chaque personne embauchée, la société doit lui attribuer un matricule
2 permettre de protéger les intérêts de d’identification.
l’entreprise et du personnel recruté. ▪ Pour chaque personne embauchée, la société doit établir un contrat de travail en
nombre d’exemplaire suffisant
▪ Chaque personne embauchée doit recevoir une fiche de pointage ou un badge de

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 111

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


pointage
▪ Chaque personne embauchée doit recevoir les vêtements de travail et les équipements
de sécurité nécessaires et obligatoires.
▪ Chaque personne embauchée doit être déclarée, par la société, dans les plus brefs
délais à la CNSS

Le contrôle interne doit s’assurer que Pour chaque personne embauchée, un fichier (ou dossier) du personnel doit être créé. Ce
tout le personnel est identifié au sein de fichier doit contenir les informations suivantes :
l’entreprise et que les éléments de la ▪ l’état civil du salarié,
paie sont exacts. ▪ une photo
▪ spécimen de signature
▪ bulletin n°3
▪ situation familiale
▪ curriculum vitae
3
▪ La date d’engagement
▪ le détail des rémunérations
▪ un exemplaire du contrat de travail
▪ une fiche d’évolution de carrière
▪ le rapport d’enquête de la de moralité initial et les rapports d’enquête de moralité en
cours d’activité
▪ et, éventuellement, le départ ou le licenciement (date, motif, circonstances)
NB : Le dossier individuel doit être mis à jour systématiquement à chaque modification.

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 112

VIII. Préparation et établissement de la paie

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit s’assurer que la ▪ Le personnel doit pointer à l’entrée et à la sortie de la société. Pour ce faire, la société
préparation et l’ordonnancement de la doit se doter d’horloges de pointage (à l’entrée et à la sortie). Le pointage peut être
paie a été établie conformément : effectué par fiche de pointage ou par badge magnétique de pointage.
▪ Au nombre d’heures travaillées ▪ Un responsable du service de personnel doit surveiller le pointage à la porte d’entrée
▪ Aux informations présentes dans les (début de la journée) et à la porte de sortie (fin de la journée). Ce contrôle permettra
dossiers individuels du personnel d’éviter qu’un salarié pointe pour plusieurs personnes à la fois.
▪ A la règlementation en vigueur (fiscale ▪ Les retardataires doivent être mentionnés au niveau d’une fiche spécifique. Les
et sociale) retards répétitifs, non justifiés ou de longue durée doivent faire l’objet de sanction.
▪ Les absences et les retards non justifiés doivent être suivis et pris en compte au
niveau de la paie du mois.
▪ Le pointage du personnel doit être rapproché avec l’état de présence au niveau des
1 ateliers et des chaînes de production.
▪ Les heures supplémentaires doivent être justifiées par le service demandeur et
autorisées par un responsable.
▪ Les heures de travail en dépassement des heures normales et qui ne correspondent
pas à des heures supplémentaires autorisées doivent être annulées de l’état de
pointage afin qu’elles ne soient pas payées.
▪ Un état récapitulatif de pointage doit être établi à la fin de chaque mois. Cet état doit
distinguer entre les heures normales et les heures supplémentaires.
▪ L’état récapitulatif de pointage doit être rapproché avec les fiches de pointage par
une personne indépendante.
▪ L’état récapitulatif de pointage doit être saisi au niveau du logiciel de paie par une
personne autre que celle qui l’a établi.

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 113

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


▪ Le logiciel de paie doit être sécurisé à l’accès et aux différentes modifications non
autorisées (Modification suppression et ajout). La sécurité du logiciel de paie
concerne les données relatives aux heures travaillées, le taux journalier de
rémunération et les données relatives au personnel (Situation familiale, nombre
d’enfant etc).
▪ La saisie des heures travaillées au niveau du logiciel de paie doit être contrôlée et
validée par une personne indépendante.
▪ Les déductions au titre de la sécurité sociale et de l’impôt doivent être contrôlées,
surveillées et rapprochées avec les dossiers individuels du personnel.
▪ Les déductions autres que celle fiscales et sociales (prêt, avance, saisie arrêt etc)
doivent être contrôlées, surveillées et rapprochées avec les dossiers individuels du
personnel.
▪ Le journal de paie et/ou l’état récapitulatif des salaires doivent être édités et
rapprochés avec l’état récapitulatif de pointage et les dossiers individuels du
personnel.
▪ La paie doit être contrôlée avant le paiement en ce qui concerne :
✓ le temps travaillés avec les relevés de présence ou les fiches de pointage
✓ les retenues au titre de la sécurité sociale et des impôts
✓ les retenues au titre des prêts, avances et acomptes
▪ Une fois que la paie est préparée elle doit être contrôlée par un responsable avant le
paiement.
▪ Avant le paiement des salaires le signataire des chèques, de l’état des virements et de
l’état de paiement en espèce doit :
✓ S’assurer que la paie a été approuvée

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 114

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


✓ Rapprocher le montant à payer avec le journal de paie (ou l’état récapitulatif des
salaires)
✓ Signer (ou apposer ses initiales (visa)), le montant à payer
▪ Les personnes chargées de la préparation de la paie doivent être régulièrement
permutées (rotation des tâches relatives à la préparation de la paie entre le
personnel).

IX. Comptabilisation de la paie

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

L’objectif du contrôle interne est de ▪ Le service comptabilité doit s’assurer que le journal de paie et/ou l’état récapitulatif de
s’assurer que la paie est correctement la paie sont validés par la personne responsable.
comptabilisée. ▪ Avant d’enregistrer l’écriture comptable relative à la paie, le service comptabilité doit
comparer le montant de la paie (par compte) avec les montants du mois précédent. Par
conséquent, il doit réclamer à la direction ressources humaines toutes les explications
nécessaires en cas de variation anormale.
▪ Le service comptabilité doit effectuer un contrôle sur les retenues de sécurité sociale et
d’impôt mentionnées au niveau du récapitulatif de paie.
▪ Le service comptabilité doit s’assurer que les différentes retenues (prêt, avance, saisie
arrêt etc) ont été correctement et exhaustivement effectuées.
▪ Le service comptabilité doit calculer les charges patronales de sécurité sociale et les
autres taxes relatives aux salaires versés (TFP FOPROLOS etc). Ce calcul doit être vérifié
par une autre personne et doit être approuvé par un responsable (Dans certains cas le

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 115

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


journal de paie mentionne ces charges et taxes. Dans ce cas le service comptabilité doit
les contrôler et les approuver).
▪ Une fois que ces contrôles ont été effectués le service comptabilité doit rapidement
comptabiliser le journal de paie ou l’état récapitulatif de paie (ces états doivent être
annulés par le cachet comptabilisé : Date, journal référence et comptes mouvementés).
▪ Une fois que l’écriture de paie a été comptabilisée, le service comptabilité doit vérifier
que les différents comptes relatifs à la paie sont correctement justifiés (afin d’identifier
les erreurs d’imputation et de comptabilisation).

X. Paiement des salaires et comptabilisation des paiements

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit assurer que le ▪ L’état de paiement des salaires doit être rapproché avec le journal et le récapitulatif de
paiement des salaires est conforme paie. Ce rapprochement doit être effectué par une personne indépendante de la
avec les éléments de la paie et qu’il préparation de la paie.
est correctement comptabilisé. ▪ L’état de paiement de salaire doit comporter trois volets ; Les paiements par virement, les
paiements par chèque et les paiements en espèce.
▪ Les numéros des comptes bancaires des bénéficiaires mentionnés au niveau de l’état de
paiement par virement bancaire doivent être rapprochés avec les RIB bancaires indiqués au
niveau du dossier individuel du personnel (Rapprochement entre le nom du bénéficiaire et
le RIB bancaire).
▪ Les chèques, l’ordre de paiement et l’état de dépense par caisse, relatifs aux paiements des
salaires doivent être signés par une personne indépendante de la préparation de la paie.
▪ La préparation des enveloppes de paie doit être effectuée par une personne indépendante

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Enseignant : Youssef ABOUDA 116

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


de la préparation de la paie.
▪ Les fiches de paie doivent être établies en deux exemplaires (1 : personne, 2 : service
ressource humaine (signé par le personnel) et doivent être rapprochées avec le journal de
paie et l’état de paiement des salaires, par une personne indépendante de la préparation
de la paie. En outre, les fiches de paie doivent être établies conformément aux dispositions
du code de travail (mentions obligatoires).
▪ La distribution des enveloppes doit être effectuée par des personnes qui n’ont pas participé
à la préparation de la paie.
▪ Les salaires payés en espèce doivent faire l’objet du contrôle de l’identité du bénéficiaire
▪ Dans le cas où le paiement des salariés est effectué sur le site du travail, le transport des
fonds doit être assuré contre le risque de vol et de perte.
▪ Les paiements des salaires en espèces doivent être réduits au strict minimum. La méthode
la plus sécurisante et la plus recommandée est celle de paiement des salaires par virement
bancaire.
▪ Les personnes qui effectuent la distribution des salaires doivent être permutées de temps à
autre.
▪ Les salaires non encore distribués à la fin de la journée doivent être conservés au niveau du
coffre de la société.
▪ Avant l’enregistrement de l’écriture comptable relative au paiement des salaires, le service
comptabilité doit :
▪ Vérifier que les états de paiement sont approuvés par le responsable et que les documents
de paiement (reçus et/ou livre de paie) sont signés par les bénéficiaires
▪ Rapprocher les différents états de paiement des salaires avec le journal et le récapitulatif
de paie

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Enseignant : Youssef ABOUDA 117

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


▪ Comparer les paiements du mois avec ceux du mois précédent et demander les explications
nécessaires en cas de différence anormale.
▪ Une fois que les contrôles nécessaires ont été effectués, le service comptabilité doit
rapidement comptabiliser les documents de paiement des salaires au niveau des comptes
concernés. Les documents comptabilisés doivent être annulés par l’apposition du cachet
comptabilisé (Date, journal, référence de l’écriture et comptes mouvementés).
▪ Une fois que l’écriture de règlement de la paie a été comptabilisée, le service comptable
doit vérifier que les différents comptes relatifs à la paie sont correctement justifiées (afin
d’identifier les erreurs d’imputation et de comptabilisation).

XI. Mangement et pilotage des ressources humaines

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit assurer ▪ La direction ressources humaines doit établir pour chaque année un
▪ Un pilotage efficace des objectifs permettant d’apporter bilan social.
la preuve de l’utilité de chaque membre du personnel ▪ La société doit établir pour chaque année un budget annuel des salaires.
▪ La qualité du personnel en cours d’activité. ▪ La direction ressources humaines doit établir un rapport annuel
▪ Une surveillance et un contrôle efficaces du personnel. d’activité.
1 ▪ Une bonne utilisation du personnel, et ne pas ▪ La direction de la société doit établir pour chaque année les plans de
permettre le surcoût dû au sureffectif. formation nécessaires pour la mise à jour des connaissances et
▪ Que l’entreprise fait le nécessaire pour conserver et l’amélioration des compétences du personnel.
attirer les meilleurs tant sur le plan des compétences ▪ A la fin de chaque année la direction ressources humaines avec la
que sur le plan de comportement. collaboration des autres services doit effectuer l’évaluation de
▪ Une gestion efficace des effectifs. l’ensemble du personnel.

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Enseignant : Youssef ABOUDA 118

XII. Gestion des dossiers et des congés du personnel

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

L’objectif du contrôle interne est de Les dossiers individuels du personnel doivent être constamment mis à jour (Avancement, sanction,
1 s’assurer que le dossier individuel du changement de la situation familiale etc)
personnel est mis à jour
Le contrôle interne doit s’assurer que Les informations relatives aux congés payés doivent être correctement et soigneusement suivies
le personnel n’a pas dépassé le par la direction ressources humaines (Nombre de jours début de période - congés consommés +
2 nombre de jour de congé dont il a nombre de jours de la période= Nombre de jours fin de période). Le calcul des droits aux congés
droit. doit être effectué conformément aux dispositions du code de travail ou de la convention collective
et il doit être vérifié et approuvé par un responsable.

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CHAPITRE V : PROCEDURES DE GESTION DE LA TRESORERIE

SECTION I : LES OBJECTIFS PRIORITAIRES DE CONTROLE INTERNE

▪ Assurer en permanence une bonne maîtrise des risques liés aux ressources humaines
pouvant avoir une incidence significative sur l’efficacité de l’entreprise et assurer une bonne
connaissance et une bonne compréhension des facteurs clés de performance et de bon
comportement des hommes
▪ Assurer un pilotage efficace des objectifs permettant d’apporter la preuve de l’utilité de
chaque membre du personnel, qu’il atteint les objectifs qui lui sont assignés et qu’il contribue
efficacement à la réalisation des objectifs stratégiques de l’entreprise.
▪ Assurer une bonne vitesse d’exécution des tâches et services et une bonne vitesse de
réaction pour le traitement des difficultés, la résolution des problèmes, la détection rapide et
le traitement des risques nouveaux.
▪ Assurer une communication rapide et efficace entre les services et les personnes.
▪ Assurer une bonne collaboration des services chargés des ressources humaines avec
l’ensemble des services pour la réalisation des objectifs de l’entreprise.
▪ Assurer la qualité du personnel à l’embauche et en cours d’activité.
▪ Assurer une surveillance et un contrôle efficaces du personnel.
▪ Assurer une bonne utilisation du personnel, et ne pas permettre le surcoût dû au sureffectif.
▪ Assurer que l’entreprise fait le nécessaire pour conserver et attirer les meilleurs tant sur le
plan des compétences que sur le plan de comportement.
▪ Assurer les moyens au personnel pour développer ses compétences et améliorer son
comportement.
▪ Assurer une gestion efficace des effectifs.
▪ Assurer la fiabilité des calculs et de l’établissement de la paie et des déclarations sociales et
fiscales liées aux salaires.
▪ Assurer une prévention efficace contre les risques d’accidents de travail et de maladies
professionnelles.
▪ Assurer la conformité de la gestion des ressources humaines avec la réglementation en
vigueur.
Enseignant : Youssef ABOUDA 120

SECTION II : LA SEPARATION DES FONCTIONS

V- Grille d’analyse des fonctions

Fonctions
Les tâches
Opérationnelles Conservation Enregistrement Contrôle

Approbation des recrutements et X


départs du personnel
Détermination des niveaux de X
rémunération
Autorisation des primes X

Autorisation des heures X


supplémentaires
Tenue des dossiers individuels des X
salariés

Approbation des heures travaillées X

Préparation des bulletins de paie X

Vérification des calculs de la paie X


Approbation finale de la paie après sa X
préparation

Préparation des enveloppes de paie X

Distribution des enveloppes de paie X

Signatures des chèques de paiement X


des salaires
Rapprochement bancaire du compte X
réservé aux salaires

Centralisation comptable de la paie X


Comparaison périodique du journal de X
paie avec les dossiers individuels

Autorisation des acomptes ou avances X

Gestion des départs en congés X

Remise de la paie en espèces X

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Enseignant : Youssef ABOUDA 121

VI- Séparation des fonctions incompatibles

Sauf contrôles compensatoires équivalents les fonctions suivantes ne doivent pas être
cumulées par la même personne :
▪ Fonction enregistrement : Préparation et vérification des calculs des bulletins de paie
▪ Fonction opérationnelle : Détermination des niveaux de rémunération, autorisation de
primes et autorisation des heures supplémentaires.
▪ Fonction conservation : Distribution des enveloppes de paie.

SECTION II : PROCEDURE DE TRAVAIL : GESTION DE LA TRESORERIE

La procédure de gestion des ressources humaines est composée des étapes suivantes :
✓ Embauche du personnel
✓ Préparation et établissement de la paie
✓ Comptabilisation de la paie
✓ Paiement des salaires et comptabilisation des paiements
✓ Mangement et pilotage des ressources humaines
✓ Gestion des dossiers et des congés du personnel

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XIII. Phase d’embauche du personnel

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit s’assurer que le ▪ L’embauche du personnel doit être effectuée selon un programme préétabli. La
personnel embauché est compétant et direction doit établir un programme définissant le besoin en personnel ainsi qu’un plan
intègre. de recrutement. En cas d’inexistence d’un programme de recrutement préétabli toute
offre d’embauche doit être autorisée par une autorité compétente (vérification du
besoin et du profil du candidat).
▪ L’embauche du personnel doit être effectué sur la base d’une sélection selon des
critères préalablement et clairement définis. La sélection du personnel peut être
1 confiée à un organisme externe spécialisé. Normalement ces organismes sont
indépendants et échappent aux pressions et influences.
▪ Les procédures d’embauche doivent comprendre les vérifications des références
présentées par les candidats à l’embauche. Cette vérification doit être matérialisée par
un écrit.
▪ Les procédures d’embauche du personnel doivent permettre l’identification et la
sélection du personnel compétent et intègre. (Exemple : Le dossier du candidat doit
contenir les différents diplômes et attestations de travail ou de stage ainsi que le B3).

Le contrôle interne doit s’assurer que le ▪ Les responsables des ressources humaines doivent avoir ou recevoir une formation
recrutement du personnel est conforme adéquate sur le droit de travail et les procédures de recrutement.
à la règlementation en vigueur et ▪ Pour chaque personne embauchée, la société doit lui attribuer un matricule
2 permettre de protéger les intérêts de d’identification.
l’entreprise et du personnel recruté. ▪ Pour chaque personne embauchée, la société doit établir un contrat de travail en
nombre d’exemplaire suffisant
▪ Chaque personne embauchée doit recevoir une fiche de pointage ou un badge de

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Enseignant : Youssef ABOUDA 123

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


pointage
▪ Chaque personne embauchée doit recevoir les vêtements de travail et les équipements
de sécurité nécessaires et obligatoires.
▪ Chaque personne embauchée doit être déclarée, par la société, dans les plus brefs
délais à la CNSS

Le contrôle interne doit s’assurer que Pour chaque personne embauchée, un fichier (ou dossier) du personnel doit être créé. Ce
tout le personnel est identifié au sein de fichier doit contenir les informations suivantes :
l’entreprise et que les éléments de la ▪ l’état civil du salarié,
paie sont exacts. ▪ une photo
▪ spécimen de signature
▪ bulletin n°3
▪ situation familiale
▪ curriculum vitae
3
▪ La date d’engagement
▪ le détail des rémunérations
▪ un exemplaire du contrat de travail
▪ une fiche d’évolution de carrière
▪ le rapport d’enquête de la de moralité initial et les rapports d’enquête de moralité en
cours d’activité
▪ et, éventuellement, le départ ou le licenciement (date, motif, circonstances)
NB : Le dossier individuel doit être mis à jour systématiquement à chaque modification.

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Enseignant : Youssef ABOUDA 124

XIV. Préparation et établissement de la paie

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit s’assurer que la ▪ Le personnel doit pointer à l’entrée et à la sortie de la société. Pour ce faire, la société
préparation et l’ordonnancement de la doit se doter d’horloges de pointage (à l’entrée et à la sortie). Le pointage peut être
paie a été établie conformément : effectué par fiche de pointage ou par badge magnétique de pointage.
▪ Au nombre d’heures travaillées ▪ Un responsable du service de personnel doit surveiller le pointage à la porte d’entrée
▪ Aux informations présentes dans les (début de la journée) et à la porte de sortie (fin de la journée). Ce contrôle permettra
dossiers individuels du personnel d’éviter qu’un salarié pointe pour plusieurs personnes à la fois.
▪ A la règlementation en vigueur (fiscale ▪ Les retardataires doivent être mentionnés au niveau d’une fiche spécifique. Les
et sociale) retards répétitifs, non justifiés ou de longue durée doivent faire l’objet de sanction.
▪ Les absences et les retards non justifiés doivent être suivis et pris en compte au
niveau de la paie du mois.
▪ Le pointage du personnel doit être rapproché avec l’état de présence au niveau des
1 ateliers et des chaînes de production.
▪ Les heures supplémentaires doivent être justifiées par le service demandeur et
autorisées par un responsable.
▪ Les heures de travail en dépassement des heures normales et qui ne correspondent
pas à des heures supplémentaires autorisées doivent être annulées de l’état de
pointage afin qu’elles ne soient pas payées.
▪ Un état récapitulatif de pointage doit être établi à la fin de chaque mois. Cet état doit
distinguer entre les heures normales et les heures supplémentaires.
▪ L’état récapitulatif de pointage doit être rapproché avec les fiches de pointage par
une personne indépendante.
▪ L’état récapitulatif de pointage doit être saisi au niveau du logiciel de paie par une
personne autre que celle qui l’a établi.

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Enseignant : Youssef ABOUDA 125

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


▪ Le logiciel de paie doit être sécurisé à l’accès et aux différentes modifications non
autorisées (Modification suppression et ajout). La sécurité du logiciel de paie
concerne les données relatives aux heures travaillées, le taux journalier de
rémunération et les données relatives au personnel (Situation familiale, nombre
d’enfant etc).
▪ La saisie des heures travaillées au niveau du logiciel de paie doit être contrôlée et
validée par une personne indépendante.
▪ Les déductions au titre de la sécurité sociale et de l’impôt doivent être contrôlées,
surveillées et rapprochées avec les dossiers individuels du personnel.
▪ Les déductions autres que celle fiscales et sociales (prêt, avance, saisie arrêt etc)
doivent être contrôlées, surveillées et rapprochées avec les dossiers individuels du
personnel.
▪ Le journal de paie et/ou l’état récapitulatif des salaires doivent être édités et
rapprochés avec l’état récapitulatif de pointage et les dossiers individuels du
personnel.
▪ La paie doit être contrôlée avant le paiement en ce qui concerne :
✓ le temps travaillés avec les relevés de présence ou les fiches de pointage
✓ les retenues au titre de la sécurité sociale et des impôts
✓ les retenues au titre des prêts, avances et acomptes
▪ Une fois que la paie est préparée elle doit être contrôlée par un responsable avant le
paiement.
▪ Avant le paiement des salaires le signataire des chèques, de l’état des virements et de
l’état de paiement en espèce doit :
✓ S’assurer que la paie a été approuvée

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Enseignant : Youssef ABOUDA 126

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


✓ Rapprocher le montant à payer avec le journal de paie (ou l’état récapitulatif des
salaires)
✓ Signer (ou apposer ses initiales (visa)), le montant à payer
▪ Les personnes chargées de la préparation de la paie doivent être régulièrement
permutées (rotation des tâches relatives à la préparation de la paie entre le
personnel).

XV. Comptabilisation de la paie

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

L’objectif du contrôle interne est de ▪ Le service comptabilité doit s’assurer que le journal de paie et/ou l’état récapitulatif de
s’assurer que la paie est correctement la paie sont validés par la personne responsable.
comptabilisée. ▪ Avant d’enregistrer l’écriture comptable relative à la paie, le service comptabilité doit
comparer le montant de la paie (par compte) avec les montants du mois précédent. Par
conséquent, il doit réclamer à la direction ressources humaines toutes les explications
nécessaires en cas de variation anormale.
▪ Le service comptabilité doit effectuer un contrôle sur les retenues de sécurité sociale et
d’impôt mentionnées au niveau du récapitulatif de paie.
▪ Le service comptabilité doit s’assurer que les différentes retenues (prêt, avance, saisie
arrêt etc) ont été correctement et exhaustivement effectuées.
▪ Le service comptabilité doit calculer les charges patronales de sécurité sociale et les
autres taxes relatives aux salaires versés (TFP FOPROLOS etc). Ce calcul doit être vérifié
par une autre personne et doit être approuvé par un responsable (Dans certains cas le

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Enseignant : Youssef ABOUDA 127

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


journal de paie mentionne ces charges et taxes. Dans ce cas le service comptabilité doit
les contrôler et les approuver).
▪ Une fois que ces contrôles ont été effectués le service comptabilité doit rapidement
comptabiliser le journal de paie ou l’état récapitulatif de paie (ces états doivent être
annulés par le cachet comptabilisé : Date, journal référence et comptes mouvementés).
▪ Une fois que l’écriture de paie a été comptabilisée, le service comptabilité doit vérifier
que les différents comptes relatifs à la paie sont correctement justifiés (afin d’identifier
les erreurs d’imputation et de comptabilisation).

XVI. Paiement des salaires et comptabilisation des paiements

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit assurer que le ▪ L’état de paiement des salaires doit être rapproché avec le journal et le récapitulatif de
paiement des salaires est conforme paie. Ce rapprochement doit être effectué par une personne indépendante de la
avec les éléments de la paie et qu’il préparation de la paie.
est correctement comptabilisé. ▪ L’état de paiement de salaire doit comporter trois volets ; Les paiements par virement, les
paiements par chèque et les paiements en espèce.
▪ Les numéros des comptes bancaires des bénéficiaires mentionnés au niveau de l’état de
paiement par virement bancaire doivent être rapprochés avec les RIB bancaires indiqués au
niveau du dossier individuel du personnel (Rapprochement entre le nom du bénéficiaire et
le RIB bancaire).
▪ Les chèques, l’ordre de paiement et l’état de dépense par caisse, relatifs aux paiements des
salaires doivent être signés par une personne indépendante de la préparation de la paie.
▪ La préparation des enveloppes de paie doit être effectuée par une personne indépendante

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Enseignant : Youssef ABOUDA 128

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


de la préparation de la paie.
▪ Les fiches de paie doivent être établies en deux exemplaires (1 : personne, 2 : service
ressource humaine (signé par le personnel) et doivent être rapprochées avec le journal de
paie et l’état de paiement des salaires, par une personne indépendante de la préparation
de la paie. En outre, les fiches de paie doivent être établies conformément aux dispositions
du code de travail (mentions obligatoires).
▪ La distribution des enveloppes doit être effectuée par des personnes qui n’ont pas participé
à la préparation de la paie.
▪ Les salaires payés en espèce doivent faire l’objet du contrôle de l’identité du bénéficiaire
▪ Dans le cas où le paiement des salariés est effectué sur le site du travail, le transport des
fonds doit être assuré contre le risque de vol et de perte.
▪ Les paiements des salaires en espèces doivent être réduits au strict minimum. La méthode
la plus sécurisante et la plus recommandée est celle de paiement des salaires par virement
bancaire.
▪ Les personnes qui effectuent la distribution des salaires doivent être permutées de temps à
autre.
▪ Les salaires non encore distribués à la fin de la journée doivent être conservés au niveau du
coffre de la société.
▪ Avant l’enregistrement de l’écriture comptable relative au paiement des salaires, le service
comptabilité doit :
▪ Vérifier que les états de paiement sont approuvés par le responsable et que les documents
de paiement (reçus et/ou livre de paie) sont signés par les bénéficiaires
▪ Rapprocher les différents états de paiement des salaires avec le journal et le récapitulatif
de paie

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Enseignant : Youssef ABOUDA 129

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


▪ Comparer les paiements du mois avec ceux du mois précédent et demander les explications
nécessaires en cas de différence anormale.
▪ Une fois que les contrôles nécessaires ont été effectués, le service comptabilité doit
rapidement comptabiliser les documents de paiement des salaires au niveau des comptes
concernés. Les documents comptabilisés doivent être annulés par l’apposition du cachet
comptabilisé (Date, journal, référence de l’écriture et comptes mouvementés).
▪ Une fois que l’écriture de règlement de la paie a été comptabilisée, le service comptable
doit vérifier que les différents comptes relatifs à la paie sont correctement justifiées (afin
d’identifier les erreurs d’imputation et de comptabilisation).

XVII. Mangement et pilotage des ressources humaines

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit assurer ▪ La direction ressources humaines doit établir pour chaque année un
▪ Un pilotage efficace des objectifs permettant d’apporter bilan social.
la preuve de l’utilité de chaque membre du personnel ▪ La société doit établir pour chaque année un budget annuel des salaires.
▪ La qualité du personnel en cours d’activité. ▪ La direction ressources humaines doit établir un rapport annuel
▪ Une surveillance et un contrôle efficaces du personnel. d’activité.
1 ▪ Une bonne utilisation du personnel, et ne pas ▪ La direction de la société doit établir pour chaque année les plans de
permettre le surcoût dû au sureffectif. formation nécessaires pour la mise à jour des connaissances et
▪ Que l’entreprise fait le nécessaire pour conserver et l’amélioration des compétences du personnel.
attirer les meilleurs tant sur le plan des compétences ▪ A la fin de chaque année la direction ressources humaines avec la
que sur le plan de comportement. collaboration des autres services doit effectuer l’évaluation de
▪ Une gestion efficace des effectifs. l’ensemble du personnel.

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


Enseignant : Youssef ABOUDA 130

XVIII. Gestion des dossiers et des congés du personnel

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

L’objectif du contrôle interne est de Les dossiers individuels du personnel doivent être constamment mis à jour (Avancement, sanction,
1 s’assurer que le dossier individuel du changement de la situation familiale etc)
personnel est mis à jour
Le contrôle interne doit s’assurer que Les informations relatives aux congés payés doivent être correctement et soigneusement suivies
le personnel n’a pas dépassé le par la direction ressources humaines (Nombre de jours début de période - congés consommés +
2 nombre de jour de congé dont il a nombre de jours de la période= Nombre de jours fin de période). Le calcul des droits aux congés
droit. doit être effectué conformément aux dispositions du code de travail ou de la convention collective
et il doit être vérifié et approuvé par un responsable.

Cours de Contrôle interne – 2ème LAC Année Universitaire : 2013- 2014


CHAPITRE V : PROCEDURES D’INVESTISSEMENT (GESTION DES
IMMOBILISATIONS)

SECTION I : LES OBJECTIFS PRIORITAIRES DE CONTROLE INTERNE

▪ Assurer en permanence une bonne maîtrise des risques liés aux immobilisations pouvant
avoir une incidence significative sur l’efficacité de l’entreprise et assurer une bonne
connaissance et une bonne compréhension des facteurs clés de performance et de bon
comportement des hommes
▪ Assurer un pilotage efficace des objectifs permettant d’apporter la preuve de l’utilité de
chaque membre du personnel, qu’il atteint les objectifs qui lui sont assignés et qu’il contribue
efficacement à la réalisation des objectifs stratégiques de l’entreprise.
▪ Assurer une bonne vitesse d’exécution des tâches et services et une bonne vitesse de
réaction pour le traitement des difficultés, la résolution des problèmes, la détection rapide et
le traitement des risques nouveaux.
▪ Assurer une communication rapide et efficace entre les services et les personnes.
▪ Assurer une bonne collaboration des services chargés des ressources humaines avec
l’ensemble des services pour la réalisation des objectifs de l’entreprise.
▪ Assurer la qualité du personnel à l’embauche et en cours d’activité.
▪ Assurer une surveillance et un contrôle efficaces du personnel.
▪ Assurer une bonne utilisation du personnel, et ne pas permettre le surcoût dû au sureffectif.
▪ Assurer que l’entreprise fait le nécessaire pour conserver et attirer les meilleurs tant sur le
plan des compétences que sur le plan de comportement.
▪ Assurer les moyens au personnel pour développer ses compétences et améliorer son
comportement.
▪ Assurer une gestion efficace des effectifs.
▪ Assurer la fiabilité des calculs et de l’établissement de la paie et des déclarations sociales et
fiscales liées aux salaires.
▪ Assurer une prévention efficace contre les risques d’accidents de travail et de maladies
professionnelles.
▪ Assurer la conformité de la gestion des ressources humaines avec la réglementation en
vigueur.
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SECTION II : LA SEPARATION DES FONCTIONS

VII- Grille d’analyse des fonctions

Fonctions
Les tâches
Opérationnelles Conservation Enregistrement Contrôle

Approbation des recrutements et X


départs du personnel
Détermination des niveaux de X
rémunération
Autorisation des primes X

Autorisation des heures X


supplémentaires
Tenue des dossiers individuels des X
salariés

Approbation des heures travaillées X

Préparation des bulletins de paie X

Vérification des calculs de la paie X


Approbation finale de la paie après sa X
préparation

Préparation des enveloppes de paie X

Distribution des enveloppes de paie X

Signatures des chèques de paiement X


des salaires
Rapprochement bancaire du compte X
réservé aux salaires

Centralisation comptable de la paie X


Comparaison périodique du journal de X
paie avec les dossiers individuels

Autorisation des acomptes ou avances X

Gestion des départs en congés X

Remise de la paie en espèces X

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VIII- Séparation des fonctions incompatibles

Sauf contrôles compensatoires équivalents les fonctions suivantes ne doivent pas être
cumulées par la même personne :
▪ Fonction enregistrement : Préparation et vérification des calculs des bulletins de paie
▪ Fonction opérationnelle : Détermination des niveaux de rémunération, autorisation de
primes et autorisation des heures supplémentaires.
▪ Fonction conservation : Distribution des enveloppes de paie.

SECTION II : PROCEDURE DE TRAVAIL : INVESTISSEMENT

La procédure de gestion des ressources humaines est composée des étapes suivantes :
✓ Elaboration du budget d’investissement
✓ Commande et réception des immobilisations
✓ Suivi des mouvements des immobilisations
✓ Protection des immobilisations
✓ Inventaire physique des immobilisations

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XIX. Phase d’embauche du personnel

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit s’assurer que le ▪ L’embauche du personnel doit être effectuée selon un programme préétabli. La
personnel embauché est compétant et direction doit établir un programme définissant le besoin en personnel ainsi qu’un plan
intègre. de recrutement. En cas d’inexistence d’un programme de recrutement préétabli toute
offre d’embauche doit être autorisée par une autorité compétente (vérification du
besoin et du profil du candidat).
▪ L’embauche du personnel doit être effectué sur la base d’une sélection selon des
critères préalablement et clairement définis. La sélection du personnel peut être
1 confiée à un organisme externe spécialisé. Normalement ces organismes sont
indépendants et échappent aux pressions et influences.
▪ Les procédures d’embauche doivent comprendre les vérifications des références
présentées par les candidats à l’embauche. Cette vérification doit être matérialisée par
un écrit.
▪ Les procédures d’embauche du personnel doivent permettre l’identification et la
sélection du personnel compétent et intègre. (Exemple : Le dossier du candidat doit
contenir les différents diplômes et attestations de travail ou de stage ainsi que le B3).

Le contrôle interne doit s’assurer que le ▪ Les responsables des ressources humaines doivent avoir ou recevoir une formation
recrutement du personnel est conforme adéquate sur le droit de travail et les procédures de recrutement.
à la règlementation en vigueur et ▪ Pour chaque personne embauchée, la société doit lui attribuer un matricule
2 permettre de protéger les intérêts de d’identification.
l’entreprise et du personnel recruté. ▪ Pour chaque personne embauchée, la société doit établir un contrat de travail en
nombre d’exemplaire suffisant
▪ Chaque personne embauchée doit recevoir une fiche de pointage ou un badge de

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N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


pointage
▪ Chaque personne embauchée doit recevoir les vêtements de travail et les équipements
de sécurité nécessaires et obligatoires.
▪ Chaque personne embauchée doit être déclarée, par la société, dans les plus brefs
délais à la CNSS

Le contrôle interne doit s’assurer que Pour chaque personne embauchée, un fichier (ou dossier) du personnel doit être créé. Ce
tout le personnel est identifié au sein de fichier doit contenir les informations suivantes :
l’entreprise et que les éléments de la ▪ l’état civil du salarié,
paie sont exacts. ▪ une photo
▪ spécimen de signature
▪ bulletin n°3
▪ situation familiale
▪ curriculum vitae
3
▪ La date d’engagement
▪ le détail des rémunérations
▪ un exemplaire du contrat de travail
▪ une fiche d’évolution de carrière
▪ le rapport d’enquête de la de moralité initial et les rapports d’enquête de moralité en
cours d’activité
▪ et, éventuellement, le départ ou le licenciement (date, motif, circonstances)
NB : Le dossier individuel doit être mis à jour systématiquement à chaque modification.

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XX. Préparation et établissement de la paie

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit s’assurer que la ▪ Le personnel doit pointer à l’entrée et à la sortie de la société. Pour ce faire, la société
préparation et l’ordonnancement de la doit se doter d’horloges de pointage (à l’entrée et à la sortie). Le pointage peut être
paie a été établie conformément : effectué par fiche de pointage ou par badge magnétique de pointage.
▪ Au nombre d’heures travaillées ▪ Un responsable du service de personnel doit surveiller le pointage à la porte d’entrée
▪ Aux informations présentes dans les (début de la journée) et à la porte de sortie (fin de la journée). Ce contrôle permettra
dossiers individuels du personnel d’éviter qu’un salarié pointe pour plusieurs personnes à la fois.
▪ A la règlementation en vigueur (fiscale ▪ Les retardataires doivent être mentionnés au niveau d’une fiche spécifique. Les
et sociale) retards répétitifs, non justifiés ou de longue durée doivent faire l’objet de sanction.
▪ Les absences et les retards non justifiés doivent être suivis et pris en compte au
niveau de la paie du mois.
▪ Le pointage du personnel doit être rapproché avec l’état de présence au niveau des
1 ateliers et des chaînes de production.
▪ Les heures supplémentaires doivent être justifiées par le service demandeur et
autorisées par un responsable.
▪ Les heures de travail en dépassement des heures normales et qui ne correspondent
pas à des heures supplémentaires autorisées doivent être annulées de l’état de
pointage afin qu’elles ne soient pas payées.
▪ Un état récapitulatif de pointage doit être établi à la fin de chaque mois. Cet état doit
distinguer entre les heures normales et les heures supplémentaires.
▪ L’état récapitulatif de pointage doit être rapproché avec les fiches de pointage par
une personne indépendante.
▪ L’état récapitulatif de pointage doit être saisi au niveau du logiciel de paie par une
personne autre que celle qui l’a établi.

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N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


▪ Le logiciel de paie doit être sécurisé à l’accès et aux différentes modifications non
autorisées (Modification suppression et ajout). La sécurité du logiciel de paie
concerne les données relatives aux heures travaillées, le taux journalier de
rémunération et les données relatives au personnel (Situation familiale, nombre
d’enfant etc).
▪ La saisie des heures travaillées au niveau du logiciel de paie doit être contrôlée et
validée par une personne indépendante.
▪ Les déductions au titre de la sécurité sociale et de l’impôt doivent être contrôlées,
surveillées et rapprochées avec les dossiers individuels du personnel.
▪ Les déductions autres que celle fiscales et sociales (prêt, avance, saisie arrêt etc)
doivent être contrôlées, surveillées et rapprochées avec les dossiers individuels du
personnel.
▪ Le journal de paie et/ou l’état récapitulatif des salaires doivent être édités et
rapprochés avec l’état récapitulatif de pointage et les dossiers individuels du
personnel.
▪ La paie doit être contrôlée avant le paiement en ce qui concerne :
✓ le temps travaillés avec les relevés de présence ou les fiches de pointage
✓ les retenues au titre de la sécurité sociale et des impôts
✓ les retenues au titre des prêts, avances et acomptes
▪ Une fois que la paie est préparée elle doit être contrôlée par un responsable avant le
paiement.
▪ Avant le paiement des salaires le signataire des chèques, de l’état des virements et de
l’état de paiement en espèce doit :
✓ S’assurer que la paie a été approuvée

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N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


✓ Rapprocher le montant à payer avec le journal de paie (ou l’état récapitulatif des
salaires)
✓ Signer (ou apposer ses initiales (visa)), le montant à payer
▪ Les personnes chargées de la préparation de la paie doivent être régulièrement
permutées (rotation des tâches relatives à la préparation de la paie entre le
personnel).

XXI. Comptabilisation de la paie

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

L’objectif du contrôle interne est de ▪ Le service comptabilité doit s’assurer que le journal de paie et/ou l’état récapitulatif de
s’assurer que la paie est correctement la paie sont validés par la personne responsable.
comptabilisée. ▪ Avant d’enregistrer l’écriture comptable relative à la paie, le service comptabilité doit
comparer le montant de la paie (par compte) avec les montants du mois précédent. Par
conséquent, il doit réclamer à la direction ressources humaines toutes les explications
nécessaires en cas de variation anormale.
▪ Le service comptabilité doit effectuer un contrôle sur les retenues de sécurité sociale et
d’impôt mentionnées au niveau du récapitulatif de paie.
▪ Le service comptabilité doit s’assurer que les différentes retenues (prêt, avance, saisie
arrêt etc) ont été correctement et exhaustivement effectuées.
▪ Le service comptabilité doit calculer les charges patronales de sécurité sociale et les
autres taxes relatives aux salaires versés (TFP FOPROLOS etc). Ce calcul doit être vérifié
par une autre personne et doit être approuvé par un responsable (Dans certains cas le

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Enseignant : Youssef ABOUDA 139

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


journal de paie mentionne ces charges et taxes. Dans ce cas le service comptabilité doit
les contrôler et les approuver).
▪ Une fois que ces contrôles ont été effectués le service comptabilité doit rapidement
comptabiliser le journal de paie ou l’état récapitulatif de paie (ces états doivent être
annulés par le cachet comptabilisé : Date, journal référence et comptes mouvementés).
▪ Une fois que l’écriture de paie a été comptabilisée, le service comptabilité doit vérifier
que les différents comptes relatifs à la paie sont correctement justifiés (afin d’identifier
les erreurs d’imputation et de comptabilisation).

XXII. Paiement des salaires et comptabilisation des paiements

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit assurer que le ▪ L’état de paiement des salaires doit être rapproché avec le journal et le récapitulatif de
paiement des salaires est conforme paie. Ce rapprochement doit être effectué par une personne indépendante de la
avec les éléments de la paie et qu’il préparation de la paie.
est correctement comptabilisé. ▪ L’état de paiement de salaire doit comporter trois volets ; Les paiements par virement, les
paiements par chèque et les paiements en espèce.
▪ Les numéros des comptes bancaires des bénéficiaires mentionnés au niveau de l’état de
paiement par virement bancaire doivent être rapprochés avec les RIB bancaires indiqués au
niveau du dossier individuel du personnel (Rapprochement entre le nom du bénéficiaire et
le RIB bancaire).
▪ Les chèques, l’ordre de paiement et l’état de dépense par caisse, relatifs aux paiements des
salaires doivent être signés par une personne indépendante de la préparation de la paie.
▪ La préparation des enveloppes de paie doit être effectuée par une personne indépendante

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Enseignant : Youssef ABOUDA 140

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


de la préparation de la paie.
▪ Les fiches de paie doivent être établies en deux exemplaires (1 : personne, 2 : service
ressource humaine (signé par le personnel) et doivent être rapprochées avec le journal de
paie et l’état de paiement des salaires, par une personne indépendante de la préparation
de la paie. En outre, les fiches de paie doivent être établies conformément aux dispositions
du code de travail (mentions obligatoires).
▪ La distribution des enveloppes doit être effectuée par des personnes qui n’ont pas participé
à la préparation de la paie.
▪ Les salaires payés en espèce doivent faire l’objet du contrôle de l’identité du bénéficiaire
▪ Dans le cas où le paiement des salariés est effectué sur le site du travail, le transport des
fonds doit être assuré contre le risque de vol et de perte.
▪ Les paiements des salaires en espèces doivent être réduits au strict minimum. La méthode
la plus sécurisante et la plus recommandée est celle de paiement des salaires par virement
bancaire.
▪ Les personnes qui effectuent la distribution des salaires doivent être permutées de temps à
autre.
▪ Les salaires non encore distribués à la fin de la journée doivent être conservés au niveau du
coffre de la société.
▪ Avant l’enregistrement de l’écriture comptable relative au paiement des salaires, le service
comptabilité doit :
▪ Vérifier que les états de paiement sont approuvés par le responsable et que les documents
de paiement (reçus et/ou livre de paie) sont signés par les bénéficiaires
▪ Rapprocher les différents états de paiement des salaires avec le journal et le récapitulatif
de paie

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N° Objectif Moyens à mettre en œuvre


▪ Comparer les paiements du mois avec ceux du mois précédent et demander les explications
nécessaires en cas de différence anormale.
▪ Une fois que les contrôles nécessaires ont été effectués, le service comptabilité doit
rapidement comptabiliser les documents de paiement des salaires au niveau des comptes
concernés. Les documents comptabilisés doivent être annulés par l’apposition du cachet
comptabilisé (Date, journal, référence de l’écriture et comptes mouvementés).
▪ Une fois que l’écriture de règlement de la paie a été comptabilisée, le service comptable
doit vérifier que les différents comptes relatifs à la paie sont correctement justifiées (afin
d’identifier les erreurs d’imputation et de comptabilisation).

XXIII. Mangement et pilotage des ressources humaines

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

Le contrôle interne doit assurer ▪ La direction ressources humaines doit établir pour chaque année un
▪ Un pilotage efficace des objectifs permettant d’apporter bilan social.
la preuve de l’utilité de chaque membre du personnel ▪ La société doit établir pour chaque année un budget annuel des salaires.
▪ La qualité du personnel en cours d’activité. ▪ La direction ressources humaines doit établir un rapport annuel
▪ Une surveillance et un contrôle efficaces du personnel. d’activité.
1 ▪ Une bonne utilisation du personnel, et ne pas ▪ La direction de la société doit établir pour chaque année les plans de
permettre le surcoût dû au sureffectif. formation nécessaires pour la mise à jour des connaissances et
▪ Que l’entreprise fait le nécessaire pour conserver et l’amélioration des compétences du personnel.
attirer les meilleurs tant sur le plan des compétences ▪ A la fin de chaque année la direction ressources humaines avec la
que sur le plan de comportement. collaboration des autres services doit effectuer l’évaluation de
▪ Une gestion efficace des effectifs. l’ensemble du personnel.

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Enseignant : Youssef ABOUDA 142

XXIV. Gestion des dossiers et des congés du personnel

N° Objectif Moyens à mettre en œuvre

L’objectif du contrôle interne est de Les dossiers individuels du personnel doivent être constamment mis à jour (Avancement, sanction,
1 s’assurer que le dossier individuel du changement de la situation familiale etc)
personnel est mis à jour
Le contrôle interne doit s’assurer que Les informations relatives aux congés payés doivent être correctement et soigneusement suivies
le personnel n’a pas dépassé le par la direction ressources humaines (Nombre de jours début de période - congés consommés +
2 nombre de jour de congé dont il a nombre de jours de la période= Nombre de jours fin de période). Le calcul des droits aux congés
droit. doit être effectué conformément aux dispositions du code de travail ou de la convention collective
et il doit être vérifié et approuvé par un responsable.

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