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© Masson, Paris, 2004 J. Neuroradiol.

, 2004, 31, 198-206

Comment le font-ils ? n°17

IRM DU PLEXUS BRACHIAL


M.C. Petit-Lacour (1), D. Ducreux (1), D. Adams (2)
(1) Service de Neuroradiologie du Pr P. Lasjaunias,
(2) Service de Neurologie du Pr G Said, Hôpital Bicêtre, 78 Avenue du Général Leclerc, 94275
Kremlin-Bicêtre.

RÉSUMÉ
L’imagerie par résonance magnétique est la méthode de choix pour explorer le plexus brachial. Le but de ce travail est de rap-
peler l’anatomie et la radio anatomie du plexus brachial. Un protocole d’exploration rigoureux est nécessaire, comprenant le
choix d’une antenne adaptée, des séquences pondérées T1 dans les 3 plans, des séquences pondérées T2 avec saturation de
la graisse et en fonction du contexte une étude après injection de gadolinium et saturation de la graisse. La séquence CISS sera
utilisée en cas de recherche d’une avulsion radiculaire. Les paramètres des séquences privilégient la résolution spatiale (coupes
fines, matrice élevée). Cet article illustre différentes pathologies du plexus brachial : traumatique (avulsion radiculaire), tumorales
primitives (tumeurs neurogènes, lymphome) ou secondaires, post-radique ou inflammatoire (polyradiculonévrite chronique).
Mots-clés : imagerie par résonance magnétique, plexus brachial, tumeur, trauma.

SUMMARY
MRI OF THE BRACHIAL PLEXUS
Magnetic resonance imaging is the method of choice for the evaluation of brachial plexopathy. Knowledge of the anatomy and
normal imaging appearance is required. High-resolution imaging technique is necessary with the use of adequate coils. Evaluation
of the brachial plexus requires T1 weighted sequences in three plans, T2 weighted sequences with fat suppression and if neces-
sary the study is completed with gadolinium injection sequences with fat suppression. A CISS sequence is used if a nerve root
avulsion is suspected. The spatial resolution must be optimized with the use of adapted parameters.
We illustrate a variety of pathologies that can involve the brachial plexus. The pathology includes trauma, primary (neurogenic
tumors, lymphomatosis) or secondary tumors, radiation plexopathy or inflammatory polyneuropathy.
Key words: magnetic resonance imaging, brachial plexus, tumor, trauma.

INTRODUCTION supérieur est formé de l’union des rameaux ventraux


de C5 et C6, le tronc moyen du rameau ventral de C7
Le bilan d’une atteinte du plexus brachial est dans un et le tronc inférieur de l’union des rameaux ventraux
premier temps clinique et electrophysiologique. Les pro- de C8 et T1. Chaque tronc donne 2 divisions, anté-
grès de l’imagerie ont permis l’exploration du système rieure et postérieure, qui se regroupent en faisceaux.
nerveux périphérique [12]. L’IRM s’impose comme la Le faisceau latéral naît des divisions antérieures des
méthode de choix, en raison de son excellente résolution troncs supérieur et moyen, le faisceau médial naît de
en contraste et de la possibilité d’une étude multipla- la division antérieure du tronc inférieur et le faisceau
naire. L’IRM permet l’étude du plexus brachial dans sa postérieur naît des divisions postérieures des 3
totalité (des racines jusqu’aux branches terminales) troncs. Chaque faisceau donne plusieurs branches
grâce à une bonne connaissance de son anatomie et une terminales. Les branches principales du faisceau la-
technique d’exploration adaptée [3, 16, 17]. téral sont le nerf musculo-cutané et la racine latérale
Le but de cet article est après un rappel anato- du nerf médian, celles du faisceau médian sont le
mique, d’aborder la technique d’exploration et la ra- nerf ulnaire et la racine médiale du nerf médian et
dioanatomie du plexus brachial, puis d’illustrer la celles du faisceau postérieur sont le nerf radial et le
pathologie (tumorale, post-traumatique, iatrogène nerf axillaire.
post-radique, inflammatoire) par des cas cliniques. Il est facile d’analyser le plexus brachial en ima-
gerie grâce la connaissance de repères anato-
RAPPELS ANATOMIQUES miques qui sont des structures osseuses (clavicule,
1re côte), des structures vasculaires (artère et veine
Le plexus brachial (PB) est constitué du mixage sous-clavières), des structures musculaires (muscles
des rameaux ventraux des nerfs rachidiens de C5-T1 scalènes antérieur et moyen qui définissent l’espace
en TRONCS puis en FAISCEAUX (figure 1). Le tronc inter-scalénique).
Sur une vue sagittale proximale, il faut repérer
Tirés à part : M.C. PETIT-LACOUR, voir adresse ci-dessus.
e-mail : marie-christine.lacour@bct.ap-hop-paris.fr d’avant en arrière :

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— le plan osseux Séquences pondérée en T1


— le plan veineux Elles permettent une analyse précise de l’anatomie
— le plan musculaire du scalène antérieur (SA) et de la morphologie du PB.
— le plan artériel (artère sous-clavière) L’injection de Gadolinium est utile dans la patholo-
— le plan nerveux (plexus brachial) gie infectieuse, inflammatoire, néoplasique et en post-
— le plan musculaire du scalène moyen (SM). opératoire. Une suppression du signal de la graisse est
nécessaire. Dans le cadre d’un bilan post-traumatique
Schématiquement, on peut distinguer 5 niveaux :
ou d’une neuropathie inexpliquée après le bilan sans
— foraminal : émergences radiculaires
injection, l’utilisation de gadolinium n’est pas néces-
— supra-claviculaire (espace inter-scalénique) : saire.
troncs
Les paramètres des séquences sont optimisés
— rétro-claviculaire (défilé costo-claviculaire) :
pour obtenir une bonne résolution spatiale :
troncs-faisceaux
— un champ de vue de 22 à 24 cm ;
— sous-claviculaire (défilé des pectoraux: grand et — une matrice élevée 256 × 512 ;
petit pectoral GP,PP) : faisceaux-branches terminales. — une épaisseur de coupe n’excédant pas 3-4 mm.
L’espace inter-coupe doit être réduit au minimum
TECHNIQUE D’EXPLORATION avec des coupes jointives dans le plan frontal. Dans
les plans axial et sagittal, la nécessité de couvrir une
Une technique d’IRM adaptée permet une étude
plus large étendue oblige à utiliser un gap d’au moins
du plexus brachial des racines aux faisceaux [12].
100 %.
L’antenne (figure 2) Les synchronisations (ou Getting) cardiaque et res-
piratoire sont utiles car elles minimisent les artéfacts
L’antenne souple épaule phased-array permet une de mouvement et de flux, mais leur utilisation allonge
étude unilatérale avec un bon rapport signal/bruit et le temps des séquences. En pratique, nous n’utilisons
une bonne résolution spatiale. pas le getting, car les explorations plexiques sont déjà
L’antenne corps permet une étude bilatérale grâce très longues pour le patient (1 heure).
à son grand champ d’exploration mais la résolution
spatiale est insuffisante. Le plan d’exploration (figure 3)
Certaines équipes [7] utilisent des antennes dé- Le plan sagittal permet une bonne analyse anato-
diées au PB avec des antennes de surface permettant mique grâce aux repères précédemment décrits.
une étude bilatérale avec une bonne résolution spa-
Le plan axial est moins intéressant mais il permet
tiale.
avec l’aide du plan sagittal de placer les coupes fron-
Un complément d’étude avec une antenne cervi- tales.
cale permet l’étude des foramens et des espaces in- Le plan frontal doit permettre de visualiser la plus
tra-rachidiens. grande partie du PB sur peu de coupes. Cependant, il
n’est pas possible de visualiser sur une même coupe
Les séquences l’ensemble des racines car en raison de la lordose cer-
Séquences pondérée en T2 vicale la racine C5 est plus antérieure que la racine T1.
Les racines sont donc visualisées successivement,
La séquence STIR (short inversion time recovery) mais le plan frontal doit permettre de visualiser la
permet une saturation homogène de la graisse avec presque totalité du reste du PB sur 2-3 coupes si le
un excellent contraste T2, mais son rapport signal/ plan d’étude est adapté. Il est repéré sur les coupes
bruit est bas et les artéfacts de flux sont importants, sagittales et axiales (figure 3).
ce qui nécessite l’emploi de bandes de saturation sur
le coeur et la crosse de l’aorte. Proposition d’un protocole d’exploration :
— Antenne de surface ;
La séquence TSE (turbo spin écho) T2 a un meilleur — Étude dans les 3 plans en T1 spin-echo (500-
rapport signal/bruit, elle est moins sensible aux arté- 540/12, 2 excitations, 3 mm) ;
facts de flux mais la saturation de la graisse n’est sou- — Coronal T2 STIR (5000/60, 1 excitation, 4 mm) ;
vent pas homogène sur tout le champ d’exploration en — Coronal T1 spin-echo après gadolinium et satu-
raison d’inhomogénéité de champ et de variations de ration de la graisse (735/12, 2 excitations, 4 mm).
susceptibilité magnétique. Elle nécessite une satura-
tion de la graisse pour améliorer le contraste entre le
PB et la graisse adjacente normalement en hypersi- APPLICATIONS PRATIQUES
gnal.
La pathologie traumatique [2, 5, 9] (figure 4)
La séquence CISS permet une étude myélogra-
phique. Elle est utile pour étudier les racines dans leur Les lésions du plexus brachial sont en rapport avec
portion intra-durale notamment en pathologie trauma- des lésions d’étirement, d’arrachement, des contu-
tique pour visualiser une avulsion radiculaire. Cette sé- sions, ou des plaies directes.
quence en écho de gradient T2 permet un bon contraste L’IRM est une bonne alternative par rapport au
eau (liquide céphalo-rachidien)/nerf et des coupes infra- myéloscanner, qui est invasif et n’apporte pas de
millimétriques avec possibilité de reconstructions dans renseignement sur l’état de la moelle. Elle précise
tous les plans. le niveau lésionnel et le siège de la lésion pré ou

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a b h i
c d e j k
f g l

FIG. 1. – Radioanatomie. Schéma anatomique A vue frontale, B vue sagittale. Coupes sagittales T1 : CDEFG; Coupes axiales
T1 HI, Coupes frontales JKL. Ts : tronc supérieur, Tm : tronc moyen, Ti : tronc inférieur, Fl : faisceau latéral, Fm : faisceau médial,
Fp : faisceau postérieur, A : artère sous-clavière, V : veine sous-clavière, GD : grand dentelé, MSC : muscle sous-clavier, GP :
grand pectoral, PP : petit pectoral, SA : scalène antérieur, SM : scalène moyen, Cl : clavicule.
FIG. 1. – Normal anatomy. Diagram A coronal view, B sagittal view. Sagittal T1 weighted-images: C,D,E,F,G; Axial T1 weighted
images HI, coronal T1 weighted-images JKL. Ts: upper trunk, Tm: middle trunk, Ti: lower trunk, Fl: lateral cord, Fm: medial cord,
Fp: posterior cord, ASC: subclavian artery, VSC: subclavian vein, GD: serratus anterior muscle, MSC: subclavius muscle, GP:
pectoralis major muscle , PP: pectoralis minor muscle, SA: anterior scalene, SM: middle scalene, Cl: clavicle.

Figures 1a et 1b : Reproductions issues du livre "Nerfs de membres" de Pierre Kamina (Editions 2002), avec l’aimable autorisa-
tion des Éditions Maloine.

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a b
FIG. 2. – Antennes. a) L’antenne body permet une exploration bilatérale, mais sa résolution spatiale est insuffisante. b) L’an-
tenne souple épaule permet une étude unilatérale mais la résolution spatiale est meilleure.
FIG. 2. – Coils. a) The body coil provides a large field of view with bilateral evaluation but the spatial resolution is relatively low.
b) The surface coil designed for shoulder imaging provides unilateral evaluation with a better resolution than with the body coil.

a b
FIG. 3. – Repérage du plan de coupe. L’orientation anatomique du PB nécessite des coupes frontales en double obliquité : plan
oblique en bas et en avant sur la vue sagittale (a) et en dehors et en arrière dans le plan de l’axe vasculaire sous-clavier sur les
coupes axiales (b).
FIG. 3. – Image orientation. Acquisition of double oblique coronal images is useful because of the orientation of the BP. On
the sagittal view (a), the orientation of the coronal images is anterior and below and on the axial view (b), the plane is along the
subclavian axis.

post-ganglionnaire. Une lésion pré-ganglionnaire L’exploration comportera une étude cervicale avec
(en amont du ganglion spinal) est de mauvais pro- une antenne cervicale à la recherche d’une lésion proxi-
nostic car il n’est pas possible de rétablir la conti- male avec des séquences sagittales T1, T2, axiale T2
nuité. En faveur d’une avulsion radiculaire, on écho de gradient, et une séquence CISS avec recons-
recherche une solution de continuité de la racine, tructions MPR dans le plan des émergences radicu-
une rétraction ou une épaississement des extrémi- laires. Si la lésion est plus distale, une exploration
tés de la racine et souvent une méningocèle due à unilatérale avec une antenne de surface épaule complé-
la lésion durale. tera le bilan.

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a b
FIG. 4. – Avulsion radiculaire. Paralysie post-traumatique du membre supérieur gauche intéressant les territoires des racines C6
à T1. Séquence CISS en coupes axiales de 1 mm d’épaisseur (a) : arrachement radiculaire pré-ganglionnaire avec rétraction des
racines (flèches). Méningocèles étagées s’insinuant dans les foramens de conjugaisons en rapport avec l’arrachement des racines
correspondantes. La reconstruction coronale à partir de la séquence CISS (b) montre l’aspect normal des racines à droite en intra-
dural et l’arrachement des racines gauches.
FIG. 4. – Nerve root avulsion. Post-traumatic paralysis of the left arm (C6-T1). Axial T2 gradient echo sequence CISS 1 mm thick
(a) demonstrates a preganglionic nerve root avulsion with root retraction (arrow) associated with a meningocele. Coronal reformat-
ted image (b) shows meningoceles in the neural foramen and nerve roots are not identified in comparison to the normal side.

a b

FIG. 5. – Neurofibromatose type I. Séquences axiale écho de gradient


T2 (a), sagittale (b) avant injection et coronal T1 (c) spin écho après injec-
tion de gadolinium. Processus tumoral situé au contact de l’apex pulmo-
naire gauche, bien limité en sablier, extériorisé par le foramen de
conjugaison gauche T1-T2. Ce processus en hypersignal T2, hyposignal
T1, rehaussé après injection de gadolinium correspond à un neurofibrome.
Il existe une autre lésion de même type intra-durale en C2, responsable
d’une compression médullaire.
FIG. 5. – Neurofibromatosis type I. Axial T2 gradient-echo weighted im-
age (a), sagittal T1 (b) before injection and coronal T1 spin-echo weighted
images (c) after gadolinium injection show a mass near the left apex of the
lung, well defined, centered on the T1-T2 neural foramen. This mass, hy-
perintense on T2 weighted images, hypointense on T1 weighted-images,
enhanced after gadolinium injection, is a neurofibroma. At the C2 level,
c there is other intra-dural lesion with medullary compression.

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a b

FIG. 6. – Lymphome. Depuis 3 mois, déficit sensitivo-mo-


teur du membre supérieur gauche (C6-T1). Séquences coro-
nale STIR T2 (a), coronale (b) et axiale T1 (c) après Gadolinium
et saturation de la graisse: il existe un épaississement focal
rétro-claviculaire englobant le PB en hypersignal T2, isosignal
T1, rehaussé après injection (flèche). Résultat de la biopsie:
lymphome.
FIG. 6. – Neurolymphomatosis. Sensory and motor deficit
of the left arm (C6-T1) progressing over the last 3 months.
Coronal STIR T2 (a), coronal T1 (b), axial T1 weighted images
after Gadolinium and fat supression (c) show focal retroclavic-
ular thickening, encasing the BP, hyperintense on T2 se-
quence and isointense on T1 sequence, enhanced after
c contrast (arrow). The diagnosis of neurolymphomatosis was
confirmed at surgical biopsy.

a b

FIG. 7. – Récidive tumorale. Antécédent de cancer du sein


traité par mastectomie, radiothérapie. Paralysie progressive
C7C8T1, 8 ans après le traitement. Séquence axiale T1 (a),
coronale T1 avant (b) et après injection avec saturation de la
graisse (c) : masse pariétale (flèche) et masse englobant le PB
rétroclaviculaire (tête de flèche) en isosignal T1 avec une prise
de contraste diffusant le long du PB témoignant d’une infiltra-
tion périneurale. Une exploration chirurgicale a confirmé la ré-
cidive tumorale.
FIG. 7. – Tumor recurrence. Left breast cancer treated by
mastectomy and radiation. 8 years later, progressive paralysis
(C7,C8,T1). Axial (a), coronal (b) T1 weighted images and coro-
nal T1 with gadolinium and fat suppression (c) show a chest
wall mass (arrows) and an axillary mass encasing the BP with
c perineural spread (arrowhead). Surgical exploration confirmed
tumor recurrence.

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a b

FIG. 8. – Plexite radique. Lymphome amygdalien traité par


radiothérapie et chimiothérapie il y a 20 ans, en rémission to-
tale. Depuis 1 an, douleurs et paresthésies du bras droit (C7-
T1), importante dermite radique. Séquence sagittale (a) et co-
ronale T1 (b), coronale T2 STIR (c) : épaississement diffus de
l’ensemble du PB, en hypersignal T2 et isosignal au muscle en
T1. Les flèches montrent des faisceaux épaissis autour de l’ar-
tère axillaire.
FIG. 8. – Post Radiation fibrosis. Patient with a history of
tonsil lymphoma treated by radiation and chemotherapy 20
years ago. Over the last year, he experiences right arm pain
and paresthesia (C7-T1). He has a postradiation dermitis. Sag-
ittal (a) coronal (b) T1 weighted images and coronal T2 STIR (c)
show diffuse thickening of the BP with increased signal inten-
sity on T2. Arrows show the swollen cords of the BP around
c the axillary artery.

La pathologie tumorale [11, 13, 14, 16, 17]


(figure 5-7)
Les tumeurs primitives les plus fréquentes sont les
schwannomes et les neurofibromes, isolés ou dans le
cadre d’une neurofibromatose de type I (figure 5). Une
localisation primaire de lymphome est rare (figure (6)).
D’autres lésions rares, lymphangiome, tumeur des-
moïde, lipome, neurofibrosarcome sont possibles.
Les tumeurs secondaires peuvent être dues à une
extension tumorale de contiguïté à partir de tumeurs du
poumon (tumeur de l’apex : Syndrome de Pancoast-To-
bias), de l’os, des parties molles, ou des espaces périmé-
dullaires à travers les foramens de conjugaisons. Les
métastases: intéressent les ganglions, les parties molles
ou l’os, à proximité du plexus brachial et sont responsa-
bles d’un engainement et d’une infiltration. Ceci est un
mode fréquent de récidives des cancers du sein, dont le
drainage lymphatique est axillaire (figure 7).

La pathologie post-radique [1, 8, 10, 13, 18]


FIG. 9. – Polyradiculonévrite chronique. Déficit sentivo-moteur
(figure 8)
évoluant depuis 11 ans. Le bilan clinique, la PL, l’EMG et l’évolu- Le problème est souvent de faire la part entre une
tion sont en faveur d’une polyradiculonévrite chronique. Sur la sé-
quence coronale STIR, il existe un épaississement des racines et atteinte post-radique ou une récidive tumorale. En rai-
des troncs qui sont de signal anormal en hypersignal T2 (flèche). son de sa topographie, une plexite radique peut surve-
FIG. 9. – Chronic inflammatory demyelinating neuropathy nir dans les suite d’une irradiation pour tumeur
(CIDP). Sensory and motor deficit for 11 years. Clinical examina- médiastinale, pulmonaire, mammaire, ou un lym-
tion, spinal tap, electromyography and follow-up are character-
istic of CIDP. Coronal STIR T2 weighted images show diffuse phome. Sa survenue dépend de la dose, du fraction-
thickening of the roots and trunks, in hypersignal (arrow). nement, d’une chimiothérapie associée.

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Il est parfois difficile de distinguer lors du bilan cli- [2] BUY X, DOSCH JC, BOGORIN A, ABU EID M, JACQUES C, MA-
nique et éleÌctromyographique (EMG) une récurrence RIN H, DIETEMANN JL. Imagerie des avulsions du plexus
cervico- brachial: intérêt de la séquence IRM CISS3D.
tumorale, d’une plexique radique [10]. Le but de l’ima- Feuillets de Radiologie 2001 ; 41 : 425-430.
gerie est donc d’apporter des arguments supplémen- [3] DEMONDION X, BOUTRY N, DRIZENKO A, PAUL C, FRANCKE JP,
taires en faveur de l’une ou de l’autre. En cas de COTTEN A. Thoracic outlet: Anatomic correlation with MR
plexite radique, l’IRM montre un épaississement diffus Imaging. AJR 2000; 175: 417-422.
du PB. Son signal est variable, classiquement en [4] DUGGINS AJ, MAC LEOD JG, POLLARD JD, DAVIES L, YANG F,
hyposignal T2 au stade de fibrose. Cependant une THOMPSON EO, JOPER JR. Spinal root and plexus hyper-
trophy in chronic inflammatory demyelinating polyneu-
composante inflammatoire hypervascularisée peut ex- ropathy. Brain 1999; 122: 1383-1390.
pliquer un aspect en hypersignal T2 avec prise de
[5] GASPAROTTI R, FARRARESI S, PINELLI L, CRISPPINO M, PAVIA
contraste. D’autres anomalies post-radiques peuvent M, BONETTI M et al. Threedimensional MR myelography
s’observer avec des remaniements fibrotiques au sein of traumatic injuries of the brachial plexus. AJNR 1997;
de la graisse, en hyposignal T1, hypersignal T2 avec 18: 1733-1742.
une distorsion des structures adjacentes, un aspect de [6] HATHAWAY PB, MANKOFF DA, MARAVILLA KR, AUSTIN SEY-
MOUR MM, ELLIS GK, GRALOW JR et al. Value of combined
myosite avec hypersignal T2 et prise de contraste des
FDG PET and MR Imaging in the evaluation of suspec-
muscles, un épaississement de la coiffe pleurale ou ted recurrent local-regional breast cancer: preliminary
une pneumopathie post-radique. experience. Radiology 1999; 210: 807-814.
En faveur d’une récurrence tumorale, la seule ano- [7] HAYES CE, TSURUDA JS, MATHIS CM, MARAVILLA KR, KLIOT
M, FILLER AG. Brachial plexus: MR Imaging with a dedi-
malie ayant une réelle valeur est l’existence d’une cated phased-array of surface coils. Radiology 1997;
masse ou au moins d’un épaississement focal. Le 203: 286-289.
signal est variable en T2 classiquement en hypersignal [8] IYER RB, FENSTERMACHER MJ, LIBSHITZ HI. MR Imaging of
mais un hyposignal est possible si il existe une compo- the treated brachial plexus. AJR 1996; 167: 225-229.
sante fibrotique. Il faut par ailleurs, toujours penser à [9] KAZUTERU D, OTSUKA K, OKAMOTO Y. Cervical nerve root
rechercher des localisations osseuses, des ganglions avulsion in brachial plexus injuries: magnetic resonance
rétro-claviculaires ou axillaires, des nodules pulmonaires. imaging and computerized tomography myelography. J
Neurosurg 2002; 96: 277-284.
Dans certains cas indéterminés, le bilan sera complété
[10] KORI SH, FOLEY KM, POSNER JB. Brachial plexus lesions
par une tomographie par émission de positons montrant in patients with cancer: 100 cases. Neurology 1981; 31:
une capture anormale du Fluorodesoxyglucose l8 en 45-50.
cas de récurrence tumorale [6]. [11] LINGAWI SS, BILBEY JH, MUNK PL, POON PY, ALLAN BM,
OLIVETTO JA, MARCHINKOW LO. MR Imaging of brachial
plexopathy in breast cancer patients without palpable
La pathologie inflammatoire [4, 15] (figure 9) recurrence. Skeletal. Radiol 1999; 28: 318-323.
[12] MARAVILLA KR, BOWEN BC. Imaging of the peripheral ner-
La polyradiculonévrite chronique est une neuropathie vous system: Evaluation of the peripheral neuropathy
sensitivo-motrice démyélinisante auto-immune. La biop- and plexopathy. AJNR 1998; 19: 1011-1023.
sie confirme le diagnostic. L’évaluation d’une poussée [13] QAYYURN A, MACVICAR AD, PADHANI AR, REVELL P, HUS-
est parfois difficile car il peut s’agir de troubles sensitifs BAND JES. Symptomatic brachial plexopathy following
subjectifs non évaluables cliniquement. L’IRM peut parti- treatment for breast cancer: Utility of MR Imaging with
surface. Coil Techniques. Radiology 2000; 214: 837-
ciper au bilan avec l’EMG à la recherche de ces critères 838.
évolutifs avant un traitement lourd par corticothérapie au
[14] THYAGARAJAN D, CASCINO T, HARMS G. Magnetic resonance
long cours ou immunosuppresseurs. L’IRM montre une imaging in brachial plexopathy of cancer. Neurology
hypertrophie et un hypersignal T2 du PB. 1995; 45: 421-427.
[15] VAN ES HW, VAN DEN BERG LH, FRANSSEN H, WITKAMP TD,
Remerciements au Professeur KAMINA pour les
RAMOS LMP, NOTERMANS NC et al. Magnetic resonance
schémas anatomiques (figures 1a et 1b) d’après imaging of the brachial plexus in patients with multifocal
« Nerfs des membres » éditions Vigot-Maloine. motor neuropathy. Neurology 1997; 48: 1218-1222.
[16] VAN ES HW. MRI of the brachial plexus. Eur Radiol 2001;
11: 325-336.
[17] WITTENBERG KH, ADKINS MC. MR Imaging of non trauma-
RÉFÉRENCES tic brachial plexopathies: Frequency and spectrum of
findings. Radiographics 2000; 20: 1023-1032.
[1] BOWEN BC, VERMA A, BRANDON AH, FIEDLER JA. Radiation- [18] WOUTER VAN ES H, ENGELEN AM, WITKWNP TD, RAMOS
induced brachial plexopathy: MR and clinical findings. LMP, FELDBERG MAM. Radiation induced brachial plexo-
AJNR 1996; 17: 1932-1936. pathy: MR Imaging. Skeletal. Radiol 1997; 26: 284-288.

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