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Collecte,

Production et
Analyse de
Données (CPAD)

Cours de Mr Zanou Benjamin et Mr FASSASSI R.

Enseignants à l’ENSEA-ABIDJAN

Dispensé par : AGBOBLY-ATAYI Ayikoué Honoré


MAI 2016
1

PLAN DU COURS

Chapitre 1 : Généralités
1- Pourquoi l’observation ?
2- Connaissance du milieu
3-Les différents types d'opérations de recueil de l'information à caractère statistique

Chapitre 2 : Les méthodes empiriques d'échantillonnage


1- Méthode des quotas
2- La méthode des unités-types
3- La méthode des itinéraires
4- La méthode "boule de neige"
5- Les enquêtes par téléphone, lettre ou email
6- La méthode du volontariat

Chapitre 3 : Les méthodes probabilistes


1- La base de sondage
2- Le plan de sondage
3- Le sondage aléatoire simple
4- Quelques autres types de sondages probabilistes
5- Les types d'erreurs commises lors des opérations de collecte de l'information

Chapitre 4 : Les méthodes qualitatives


1- L'observation directe
2- L'entretien individuel approfondi
3- La discussion de groupe dirigée

Chapitre 5
1- Les préparatifs d'une enquête de type qualitatif
2- Les instruments de collecte
3- Les opérations de terrain

Chapitre 6 : Préparation matérielle des opérations quantitatives de collecte de


l'information
1- Le protocole de recherche
2- Les textes réglementaires
3- Le budget
4- Le calendrier
5- La cartographie

Chapitre 7 : L'organisation pratique d'une enquête quantitative


1- Les instruments de collecte
2- Le recrutement et la formation des agents
3- Le recensement pilote
4- La sensibilisation
5- Le dénombrement

Chapitre 8 : L'Etat civil


1- Définition
2- Intérêt
2

3- Situation actuelle de l'Etat civil


Chapitre 9 : L'exploitation des résultats d'une enquête
1- La codification
2- la saisie
3- La tabulation
4- La diffusion

Bibliographie
3

Introduction

De tout temps, la nécessité de disposer d'une information fiable s'est imposée aux décideurs dans
leurs actions de développement ou simplement la gestion efficace des acteurs dans un univers
donné : un pays, une unité de production, une mairie, etc. Des besoins d'information peuvent
également se faire ressentir dans une perspective prévisionnelle. En Afrique, les problèmes
multiples qu'engendrent l'évolution rapide de la population, la paupérisation continue de la
population ont accru depuis les indépendances, le besoin d'informations statistiques sur l'état et la
dynamique des populations, les activités, la consommation, le revenu, etc. Les besoins
d'information sont croissants avec la multiplication des problèmes sociaux et les progrès
constants des moyens de la recherche. Ces besoins émanent de tous les niveaux. Au niveau macro
(Etat), méso-économique (divers groupes de population tels que les collectivités locales, les
syndicats, les partis politiques, etc.) et micro-économique (individu, ménage, entreprise, etc.). Ils
génèrent des statistiques d'offre (produites par l'Etat telles que les statistiques sanitaires, d'emploi,
etc) et les statistiques de demande qui sont collectées auprès des ménages par les services de l'Etat.

Les premières grandes enquêtes socioéconomiques ont été menées dans les pays africains dans les
années 60 seulement alors que les données statistiques nécessaires à l'orientation du développement
se faisaient cruellement sentir. Jusqu’en 1970, la plupart des pays francophones d’Afrique au Sud
du Sahara n’ont même pas encore réalisé une seule opération démographique d’envergure
nationale. Les données fragmentaires disponibles alors (population totale, répartition par
sexe et âge, etc.) étaient peu fiables. Ce n'est que ces dernières années que des opérations
scientifiques se sont multipliées tant en matière de population que sur les conditions de vie des
ménages. La plupart de ces enquêtes et recensements sont encore fortement subventionnés par la
coopération internationale.

Chapitre I- GENERALITES

1- P O U R Q U O I L’OBSERVATION ?

1.1- Les besoins en statistiques

Les besoins en données chiffrées sont fortement ressentis au niveau des Etats, des institutions de
recherche, des individus, des organisations régionales et internationales, etc. La population apparaît
de plus en plus comme un instrument indispensable pour répondre au besoin de la planification du
développement. C’est dire l’urgence des besoins en informations chiffrées, même sommaires,
incomplètes des pays africains.

Au plan économique, les premières enquêtes par sondage ont eu lieu en Afrique dans les années

1950 au Ghana (Accra, 1953) et en Côte d'Ivoire (Bongouanou, 1955). Depuis cette période,
plusieurs enquêtes de grande envergure ont été initiées. Ces enquêtes ont été le résultat du besoin
d'information né de la mise en œuvre des priorités qui ont jalonnées chacune des décennies depuis
1960.

1960-1970 : Les problèmes de développement ont engendré les Programme Africain D'Enquête
auprès des Ménages en 1975 par l'ONU(PADEM). C'est une série d'enquêtes annuelles.
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1970-1980 : Les problèmes de redistribution ont favorisés les études dites du Living Standard
Measurement Survey en 1980 par la Banque Mondiale (LSMS). C'est une enquête lourde à
plusieurs modules.

1980-1990 :
-Résoudre les problèmes sociaux générés par les PAS (DSA, en 1987 par le PNUD, la
BAD et la Banque Mondiale.
-Résoudre les problèmes de population (Enquêtes mondiales sur la fécondité, EDS,
PapChild)
1990- : Résoudre les problèmes liés à la propagation du VIH/SIDA

1.2- Les priorités dans les besoins

Il faut inventorier et hiérarchiser les besoins en fonction des priorités. Déterminer ensuite le type
d’opération adapté à chaque besoin. Ainsi, pour ce qui concerne la population, on peut commencer
par rechercher les données agrégées :

• population totale ;
• population par milieu d’habitat (rural, urbain) ;
• le nombre de ménages.

Ensuite, les données de structure (sexe et âge, ethnie, nationalité). Enfin, les données de
mouvement (naissance, décès, migration).

Les effectifs globaux peuvent être obtenus par un recensement comme par une enquête par
sondage. Il en est de même pour les données de structure et de mouvement. Mais il est plus
économique de collecter ces dernières par sondage.

Il est recommandé par les organisations internationales d'effectuer un dénombrement exhaustif de


la population tous les dix ans. Il est également souhaitable de réaliser une enquête de chaque type
pendant la période intercensitaire.
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1.3- Les problèmes relatifs à l’observation

Les problèmes que l’on rencontre chaque fois qu’on veut entreprendre la collecte des
informations en Afrique peuvent se classer en trois catégories :

• le manque de cadre approprié (environnement politico-administratif) ;

• le manque de moyens matériels ;

• la forte proportion des personnes analphabètes dans la population qui ne perçoivent pas toujours
l’intérêt des enquêtes et des recensements.

2- CONNAISSANCE DU MILIEU

La connaissance du milieu est la clé de toutes les opérations de collecte.

2.1- Inventaire préalable des données existantes

Il est nécessaire voire indispensable de dresser un inventaire à différents niveaux : études


antérieures, dossiers techniques. La connaissance du milieu permet de surmonter plus facilement
un certain nombre de problèmes. Dans tous les cas, il faut recourir aux travaux effectués dans le
passé. Mais malheureusement, l’expérience a montré qu’en Afrique, il n’y a pas de suivi d’une
opération à une autre et on assiste à un perpétuel recommencement. Les modifications apportées
aux documents d’une opération en cours d’exécution ne sont pas notées quelque part.

En conclusion, la constitution d’un fonds documentaire permet de mieux élaborer les objectifs, le
questionnaire et les autres documents et de mieux maîtriser son opération.

2.2- Adaptation des concepts aux réalités locales

Dans toute investigation (recensement ou enquête) où il est question de dénombrer, certains


concepts sont toujours utilisés. Ces concepts ne recouvrant pas les mêmes réalités d’un pays à
l’autre, il faut bien les définir en les adaptant aux conditions locales. Ce faisant, on évite entre
autres, les doubles comptes et les omissions. Mais il faut avoir à tout moment, le souci de
comparaison des données à collecter avec celles des autres pays. Nous allons parler ici des
concepts suivants : village, ménage, marié, âge, lien de parenté, lieu de naissance, activités
(surtout l’activité féminine), langue parlée, chômage.

Il faut éviter la prétention de détenir le monopole de la définition des concepts.


Il faut tenir compte du fait que la population n’est pas habituée aux opérations de collecte.
Il faut dans certains cas, faire de la définition des concepts, une affaire nationale.
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3- Les différents types d'opérations de recueil de l'information à caractère


statistique

Il existe deux manières de collecter des informations à caractère statistique dans un ensemble
nombreux. Il s'agit du recensement et de l'enquête par sondage.

3.1- Définition du recensement

Le recensement d'une population donnée est une opération qui consiste, généralement sur la base
d'un questionnaire, à faire une enquête exhaustive ou un dénombrement sans omission ni
répétition, de tous les individus qui composent cette population.
Ainsi, le recensement permet de toucher tous les individus de la population étudiée et d'y relever
les caractéristiques objets de l'étude du chercheur. Mais lorsqu'il est mené au niveau national, ou
sur des ensembles de taille très importante, le recensement a un coût souvent prohibitif. C'est
pourquoi on lui préfère parfois l'enquête par sondage.

3.2- Définition des sondages

Une enquête par sondage a pour objet l'étude d'une population donnée mais par l'intermédiaire
d'une partie seulement de cette population, tirée selon des règles précises. Une première analyse
est faite sur la sous-population tirée et les résultats sont étendus, par des méthodes statistiques
appropriées, à l'ensemble de la population.

Les techniques de sondages s'utilisent dans tous les domaines de la vie économique et sociale. On
en fait usage dans des domaines aussi variés que :
- le contrôle de qualité dans les usines de fabrications de tous les produits ;
- le contrôle de la couverture d'un recensement général de la population ;
- la recherche minière ;
- les contrôles fiscaux ;
- les contrôles de connaissances dans l'enseignement ;
- etc.

La diversité des domaines d'application explique la pluralité des utilisateurs de la technique des
sondages. L'Etat est en général le principal demandeur des enquêtes par sondage de par ses
énormes besoins en information de toute nature mais on compte également les entreprises
privées, les ONG, les organismes internationaux, les partis politiques etc.

Par rapport au recensement, le coût monétaire d’une enquête par sondage est réduit. Les
enquêteurs moins nombreux, subissent une formation de meilleure qualité et sont par conséquent
plus aptes techniquement à faire le travail. Le contrôle du personnel est plus facile. Les résultats
d'une enquête par sondage sont disponibles plus rapidement que ceux d'un recensement car les
tâches à effectuer (collecte des données, codification, saisie, épuration des données) sont moins
volumineuses. Mais le sondage présente l’inconvénient de fournir des résultats qui sont parfois
difficiles à extrapoler à l’ensemble de la population.
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3.3- Quelques définitions

a) Univers

L'univers est une population au sens statistique du terme. Il peut, à ce titre, être de différentes
natures. Ainsi, on aura des univers d'hommes et de femmes, des univers de localités,
d'exploitations agricoles ou bien d'évènements (naissances, décès, etc.). L'univers doit être défini
de la façon la plus précise possible.

b) Unités statistiques
Ce sont les éléments composant un univers statistique. De ce fait, elles peuvent être des hommes
et des femmes, des localités, des ménages, des exploitations, etc.

c) Echantillon

Un échantillon d'un univers est un sous-ensemble d'unités statistiques prélevés de cet univers afin
d'en étudier certaines caractéristiques.
La théorie des sondages permet de passer des résultats obtenus sur un échantillon à des
estimations de certaines variables sur l'ensemble de l'univers. Ce passage encore appelé
extrapolation doit obéir à des règles précises qu'enseigne la théorie et la pratique des sondages.

d) Variable d'intérêt

Une variable d'intérêt Y est une variable formalisant l'information que le chercheur souhaite
appréhender. Cette variable est définie sur chaque individu de l'univers.
Dans un échantillon, la variable d'intérêt collectée sur chacun des individus permet de partir des
observations yi de l'échantillon pour estimer la valeur de la variable d'intérêt sur
l'ensemble de l'univers.
En général, l'intérêt porte non pas directement sur les valeurs yi sur l'échantillon mais plutôt sur
une fonction des yi qui constitue l'information à acquérir.

La grandeur Y=f(yi) est une variable aléatoire

e) Estimateur

Un estimateur est une formule mathématique qui permet de produire des estimations pour une ou
plusieurs variables d'intérêt. Un échantillon permet de fournir une valeur donnée à un estimateur.
Ainsi, pour un même estimateur, plusieurs échantillons d'un même univers, tirés selon les mêmes
règles, fournissent différentes estimations d'une même variable d'intérêt. L'estimateur est donc
une variable aléatoire.

Un estimateur Y d'une grandeur A est sans biais lorsqu'en "moyenne", les estimations qu'il fournit
sont égales à la grandeur à estimer. C'est-à-dire lorsque l'espérance mathématique de Y est égal à
A

E[Y]=A

4.- Les différentes catégories d’enquêtes et modes d’investigation


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L’observation statistique peut prendre 3 grandes formes :

4.1- Enquête rétrospective.

Elle porte sur les faits et les vécus des unités statistiques dans un passé plus ou moins proche.

Courte Sans période de


référence
période

Type d’unités Individuelles ou individuelles


collectives

Type de mesure Niveaux tendances

Type d’enquête Enquête classique Enquête biographique

4.2- Enquête prospective

Ce sont des enquêtes à passages répétés. Les investigations portent sur des intervalles de temps
plus ou moins longs (variables selon l’objet de l’étude). Les unités statistiques sont interrogées
sur les évènements survenus depuis la dernière visite des enquêteurs.

Même échantillon Echantillon renouvelé

Type d’unités Individuelles ou Individuelles ou


collectives

Niveaux actuels et tendances


Type de mesure Niveaux actuels et suivi
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4.3- Enquête permanente ou observatoire

C’est une suite d’enquêtes régulières sur une très longue période. Elle permet de suivre
précisément une population. Elle peut durer plus d’une dizaine d’années.

Même échantillon

Type d’unités Individuelles ou collectives

Niveaux, tendances et suivi


Type de mesure
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Chapitre 2 - LES METHODES EMPIRIQUES D'ECHANTILLONNAGE

Les méthodes empiriques d'échantillonnage, encore appelées méthodes de sondages à choix


raisonné, sont l'ensemble des méthodes pour lesquelles les unités statistiques d'un univers sont
choisies afin de rendre l'échantillon représentatif.
Ces méthodes sont souvent utilisées lorsque l'on ne dispose pas de toute l'information nécessaire
pour effectuer un autre type de sondage, quand l'investigateur ne se préoccupe pas
particulièrement des erreurs d'échantillonnage ou bien lorsque le chercheur dispose de fonds
particulièrement limités.

On choisit l’échantillon de telle sorte que les unités statistiques présentent globalement les mêmes
caractères (du moins ceux que l’on connaît) que l’ensemble statistique dont elles sont issues.

Par même caractère, il faut entendre que l’échantillon présentera sur certaines variables connues
statistiquement les mêmes proportions que l’ensemble des unités statistiques.

Sous réserve de faire preuve d'une grande objectivité et de faire preuve d'imagination, le sondage
à choix raisonné donne des résultats de précision analogue au sondage basée sur des méthodes
plus scientifiques.
Le principal avantage de ces méthodes est le moindre coût de revient de l'opération en
comparaison des méthodes aléatoires de sondage. Ces méthodes ont cependant un inconvénient
majeur : elles peuvent être critiquées par les personnes que les estimations faites n'arrangent pas
car il est impossible de déterminer les marges d'erreur des estimations proposées.

1- Méthode des quotas

L’échantillon est une représentation à l’échelle réduite de l’univers statistique à étudier, du moins
pour certains caractères (mêmes proportions des sous-populations dans l’échantillon que dans
l’univers à étudier). L’échantillon doit être une image aussi fidèle que possible de la population
mère, la population de référence du point de vue des caractères de contrôles qui ont servi à sa
constitution.
La méthode suppose la connaissance de la structure de l'univers étudié en particulier la
répartition des individus qui la composent selon des critères corrélés avec la variable d'intérêt,
celle que l'on cherche à étudier. Ainsi, la méthode des quotas s’appuie sur la connaissance qu’on a
de l’univers à étudier à partir d’une opération antérieure, un recensement par exemple.

Pour mettre cette méthode en œuvre, le chercheur calcule les différentes proportions des sous-
populations de l'univers qui sont aussi celles de l'échantillon. A chaque enquêteur on alors donne
le nombre d'individus à interroger ainsi que leur répartition par rapport aux critères. L'enquêteur a
la latitude de choisir qui il veut du moment où il respecte les différentes répartitions. Il va
probablement choisir la façon la moins pénible pour lui au risque de provoquer des distorsions
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graves au résultat. Ainsi, une trop grande liberté est laissée à l’individu chargé de prendre les
quotas. Il faut donc lui imposer des contraintes supplémentaires (lieux d'enquêtes, date et heures,
etc.)
la méthode demande une très bonne connaissance de certaines variables. De plus les caractères
connus sur lesquels on s’appuie ne sont pas toujours en corrélation avec les caractères étudiés.

Exemple : On veut étudier le salaire moyen des travailleurs d'une très grande entreprise. L'on sait
que le salaire est lié au sexe du travailleur, à son ancienneté et à sa catégorie
socioprofessionnelle.
Un recensement antérieur d'une dizaine d'années plus tôt a donné les résultats suivants :

Tableau 1 : Répartition des femmes selon l'ancienneté et la catégorie socioprofessionnelle


A B C D
0-5 ans 1500 5000 20000 10000
8-10 ans 3000 15000 15000 15000
11 ans et plus 5000 7500 3500 5500

Tableau 2 : Répartition des hommes selon l'ancienneté et la catégorie socioprofessionnelle


A B C D
0-5 ans 4500 2500 3000 5000
8-10 ans 7000 5000 5000 6000
11 ans et plus 8000 17500 6500 16500

On souhaiterait constituer un échantillon de taille 1000 selon la méthode des quotas. L'entreprise
vous fait appel pour l'aider à constituer l'échantillon. Que proposez-vous?

2- La méthode des unités-types

Elle consiste à subdiviser la population à étudier en un certain nombre de sous-populations


relativement homogènes. L'échantillon sera formé d'unités-types provenant de chacune de ces
sous-populations.
Elle nécessite une connaissance préalable de l'univers étudié et pose des problèmes
d'extrapolation des résultats.
Cette méthode présente l'avantage d'être très rapide et de donner parfois d'assez bons résultats mais
en général, il faudra éviter de l'utiliser.

3- La méthode des itinéraires

Elle consiste à indiquer à l'enquêteur, les itinéraires à suivre ainsi que les lieux où il devra s'arrêter
pour faire une interview.
Cette méthode permet de prendre en compte les caractéristiques géographiques de l'univers (types
de quartiers par exemple). Son coût est peut élevé et le problème des non-réponses peut être résolu
facilement.
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4- La méthode "boule de neige"

Elle est surtout appliquée pour constituer un échantillon basé sur une caractéristique relativement
rare dans l'univers et pour laquelle on dispose de peu d'information quant à leur localisation.
L'idée est alors de partir d'un individu identifié et de retrouver certains autres possédant cette
caractéristique à partir des indications que ce dernier donne à la demande de l'enquêteur.

Exemple : Enquête sur les migrants de retour en Afrique de l'Ouest.


Il s'agissait de mener une investigation sur les migrants ivoiriens et ghanéens ayant choisi (ou
ayant été contraints) de revenir au pays après avoir résidé en Europe ou en Amérique du Nord.
On retrouve un premier migrant de retour, on l'interroge. A la demande de l'enquêteur, il donne le
contact d'une connaissance dans la même situation. L'enquête se poursuit donc au fur et à mesure
des identifications et la taille de l'échantillon augmente comme une boule de neige qui roule.

Cette méthode peut amener des biais lors de l'extrapolation des résultats du fait que les personnes
qui se connaissent ont plus certainement des profils semblables. Aussi faut-il partir de plusieurs
individus ayant les profils les plus différents possibles. Il faut aussi veiller à ne pas avoir des
doubles comptes.

5- Les enquêtes par téléphone, lettre ou email

Ce type d'enquête préserve l'anonymat des répondants tout particulièrement le gène à répondre à
certaines questions. Leurs coûts sont assez faibles généralement. Mais de sérieux problèmes de
représentativité sont leurs principaux inconvénients surtout dans les pays en développement où
une faible proportion de la population dispose d'un téléphone, d'un ordinateur et même de la
possibilité de déchiffrer un message écrit.

6- La méthode du volontariat

Certaines enquêtes sensibles requièrent le volontariat. Le chercheur n'interroge que ceux qui
veulent bien participer à l'enquête. Lorsque le thème de l'enquête est particulièrement sensible, il
apparaît un biais de sélection de l'échantillon dont il convient de tenir compte dans les résultats.
Toute extrapolation peut s'avérer hasardeuse.
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Chapitre 3- LES METHODES PROBABILISTES

L’échantillon est choisi à l'aide de méthodes probabilistes indépendantes du sujet et du but de


l’enquête. Le choix est organisé de telle sorte que chaque unité de l’univers ait une probabilité
non nulle et connue à l'avance d’être incluse dans l’échantillon. Pour cela il est nécessaire de
disposer d'une base de sondage.

1- LA BASE DE SONDAGE

C’est le document matériel (liste, répertoire, fichier) où sont consignées individuellement les
unités statistiques de telle sorte que l’on puisse y tirer au sort celles qui vont constituer
l’échantillon.

Ce document est indispensable d’autant qu’il n’y a, à proprement parler, pas de méthode
probabiliste de sondage sans une bonne base de sondage.

Une telle base de sondage doit vérifier certaines propriétés essentielles :


5. Elle doit permettre de repérer un individu sans aucune ambiguïté c'est-à-dire comporter un
identifiant clair et unique par individu ;
6. Elle doit être exhaustive. Aucun individu ne doit être oublié sinon la base serait incomplète ;
7. Elle ne doit pas contenir des doublons. Aucun individu ne doit donc y figurer plus d'une fois

Plus la base de sondage est vieille plus l’exécution de l’enquête pose des problèmes sur le terrain.

Exemples de base de sondage : pour le tirage des ménages ou des logements comme unités de
sondage :

• le recensement le plus récent ;


• les registres des permis de construire.

Pour le tirage des établissements industriels :

• fichier des établissements industriels établi au niveau du Ministère de tutelle.

Dans la pratique, il est courant que l'on ne trouve pas de bases de sondage donnant la liste
exhaustive des unités d'un univers. Il est encore plus fréquent que l'on n'en trouve pas du tout. Le
statisticien doit alors faire marcher son imagination. Plusieurs choix sont alors possibles.
8. Ne pas utiliser de base du tout et donc opter pour un sondage empirique ;
9. Rechercher une base de sondage non plus d'individus mais de groupes d'individus. L'on
tirera alors quelques groupes selon la méthode probabiliste. Une liste complète des individus
des sous-groupes tirés que le statisticien établira par un recensement de ces groupes, donnera
une bonne base de sondage au deuxième degré ;
10. Dans certaines circonstances, lorsque le statisticien pense qu'il a de bonnes raisons de le
faire, il peut, à l'aide d'une carte, constituer des aires géographiques bien délimitées et bien
identifiés. La liste de ces aires donne une base de sondage dénommée base aréolaire.
14
2- LE PLAN DE SONDAGE

Le plan de sondage est un document par lequel on définit les modalités du tirage probabiliste de
l’échantillon. C’est un document fondamental qui doit être rédigé et publié dans la méthodologie
de l’enquête pour permettre de connaître la validité des résultats. Ce plan de sondage doit
prendre en compte :

a) Les objectifs et le budget de l’enquête qui sont déterminants pour fixer la taille de
l’échantillon ;

b) Le choix des unités statistiques à observer ;

c) Les contraintes de la base de sondage.

Lorsqu'on tire un échantillon de taille n sur une population d'effectif total N, le rapport n/N est
appelé taux de sondage.

3- LE SONDAGE ALEATOIRE SIMPLE

Faire un sondage aléatoire simple consiste à tirer au hasard et directement les individus de la
population qui feront partie de l'échantillon. Au moment du tirage, chaque individu a la même
probabilité d'être tiré.

Le sondage aléatoire simple n'est pas un sondage d'une grande précision. Son principal intérêt
réside dans le fait qu'il constitue la base de la théorie des sondages qui permet de comprendre les
autres types de sondage.

Il existe deux types de sondage aléatoire simple. Lorsqu'un individu tiré est conservé dans la liste
de tirage, on dit que le tirage est fait avec remise. La taille n de l'échantillon peut donc ne pas être
égal au nombre d'unité tiré. Par contre, lorsque l'individu tiré n'est plus pris en compte lors des
tirages suivants, on a un tirage sans remise.

Notations :

Les unités statistiques de l'univers seront indicés par α (α = 1, … N). La variable d'intérêt sera la
moyenne du caractère quantitatif Y.

Les unités statistiques seront indicés par i (i= 1, …, n)

Y sera noté y dans l'échantillon.

Estimation d'une moyenne

La moyenne y de la variable Y sur l'échantillon estime sans biais la vraie valeur Y de Y dans la
population totale.
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La variance V( y )

Dans le cas d'un tirage avec remise

V(Y)
V( y )=
n

Dans le cas sans remise on a :

V( y ) = N n−×V(Y)
N −1 n

Ainsi, la variance de l'estimateur sans remise est plus faible que celle de l'estimateur avec remise.

Comme V(Y) est inconnu, on l'estime pour avoir une estimation de V( y ) et un intervalle de
confiance au niveau α, de y .

4- Quelques autres types de sondages probabilistes

4.1- Le sondage stratifié

Le sondage stratifié est un type de sondage qui s'effectue après avoir réparti la population en un
certain nombre de sous-populations homogènes appelés strates. Le tirage de l'échantillon
s'effectuant de manière indépendante à l'intérieur de chaque strate.

Echantillon
final

L'objectif de la stratification peut être multiple :


11. améliorer la précision au niveau de chacune des strates ;
12. appliquer des méthodes de sondage différente selon les strates ;
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4.2- Le sondage à probabilités inégales

Le sondage à probabilités inégales est un sondage pour lequel le chercheur décide de donner à
certaines unités de l'univers, une plus grande chance d'être tirées et de faire partie de
l'échantillon. En général, la probabilité d'être tirée est proportionnelle à la taille de l'unité.
L'idée de ce type de sondage est que plus l'unité est importante et plus elle apporte de
l'information.

4.3- Le sondage à deux degrés

Le sondage à plusieurs degrés est un sondage qui consiste à tirer d'abord ( au premier degré) des
unités dites primaires puis des unités secondaires au second degré dans chaque unité primaire
tirée.

Exemple : Tirage des districts de recensement DR au premier degré puis tirage des ménages à
interroger au deuxième degré.

Echantillon
final
17

5- Le sondage par grappe

On appelle sondage par grappe un sondage dans lequel les unités tirées sont toutes recensées. On
peut avoir des sondages par grappe à plusieurs degrés. C'est un sondage à plusieurs degrés dans
lequel tous les individus tirés dans l'unité finale sont interrogés.
Exemple : le Current Population Survey mené périodiquement par la US Bureau of Census est un
sondage par grappe à trois degrés.

Exemple : Tirage par grappe à plusieurs degrés

6- Les types d'erreurs commises lors des opérations de collecte de l'information

Elles sont de deux types : les erreurs d'échantillonnage et les erreurs de mesure.
Un bon plan de sondage en particulier le choix de bons estimateurs et d'une taille suffisante pour
l'échantillon permet de réduire le premier type d'erreur.
L'erreur de mesure ne dépend que des considérations d'ordre pratique.

Un sondage comporte les deux erreurs tandis qu'un recensement ne souffre que des erreurs de
mesure. Cependant, un sondage bien organisé peut donner de meilleurs résultats qu'un
recensement.
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Erreur
d'échantillonnage

Erreur totale

Erreur d'observation

Une enquête par sondage ou un recensement ne peut donner de bons résultats que si l'erreur
totale est faible. Il convient tout particulièrement de surveiller l'erreur de mesure car ses sources
sont nombreuses. Elle peut prendre très vite des proportions considérables et faire échouer toute
l'enquête.
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Chapitre 4 : LES METHODES QUALITATIVES

La méthode qualitative est une forme de recherche qui tente d'obtenir des réponses précises et
approfondies sur ce que les individus pensent ou ressentent. La méthode qualitative complète la
méthode quantitative. La recherche qualitative permet d'obtenir des réponses plus approfondies
que la méthode qualitative Bien que chaque méthode ait ses spécificités et son utilité propre, la
recherche quantitative présente certains avantages qui sont :
- les coûts de mise en œuvre sont en général peu élevés ;
- les délais de réalisation et de traitement sont en général courts ;
- la conception d'une étude qualitative est souple ;
- elle peut être faite avec peu de moyens techniques (ordinateurs, équipements divers, etc.)
Ses techniques sont diverses.

1- L'observation directe

C'est un regard porté sur une situation sans la modifier. Elle consiste à recueillir toute une foule
d'information par une observation directe des individus évoluant naturellement dans leur
environnement. Cette méthode qui s'inspire de l'anthropologie requiert une attention soutenue du
chercheur qui doit prendre note de tous les détails et établir la relation qui lie les différents
éléments pour en reconstituer l'unité.
L'expérience des enquêtes montre que l'individu, objet de l'étude tend plus à jouer un rôle qu'à
fournir les informations requises. En effet plutôt que de dire ce qui est ou ce qu'il pense, l'enquêté
tend à dire ce qu'il pense que l'autre attend de lui. L'observation directe permet donc de confronter
les déclarations à la réalité sociale observée.

2- l'observation participante

L'observation participante est une méthode plus directement liée à la méthode ethnologique qui
consiste à intégrer le milieu de vie des enquêtés. Ce type d'observation directe n'est pas exempt du
piège de la simulation. On peut en effet se demander quelle est la part de naturel dans le
comportement de celui qui se s'est observé? C'est pour cela qu'il faut que le chercheur arrive à se
faire "oublier", à se fondre dans la masse. Ce résultat exige du temps et une capacité importante
du chercher à s'intégrer.
L'attitude du chercheur est donc importante. La durée de l'observation est également importante
dans la réussite de l'opération. Trop courte, la présence du chercheur ne permet pas une
intégration réelle. Lorsqu'elle est trop longue, le chercheur peut ne plus s'étonner et s'interroger
sur des questions importantes. Le degré de participation est aussi important car il faut éviter le
parti pris et l'indifférence.

3- L'entretien individuel

Il peut être structuré ou non.

a- Le récit de vie

Le récit de vie consiste à laisser la parole à un enquêté de manière à ce qu'il relate son
expérience personnelle sur un sujet donné. Le récit de vie permet de suivre tout le parcours de
l'individu et la suite des évènements qui ont marqué son parcours et qui expliquent son
comportement actuel.
20

b- L'entretien individuel approfondi

C'est une interview à la fois libre et structurée qui permet à l'enquêté de s'exprimer sur un sujet
donné sans se disperser et sans s'écarter du sujet principal. Ce double objectif de l'entretien
individuel semi directif est atteint par l'utilisation d'un guide d'entretien qui structure l'ensemble
du dialogue entre l'enquêteur et l'enquêté. C'est un ensemble de questions ouvertes qui sondent
l'opinion de la personne enquêtée.

Il est particulièrement indiqué dans certains cas spécifiques :


- le thème est complexe et le public bien informé
- le thème est délicat : avortement, sexualité, etc.
- possibilité d'une pression des "pairs"

3- Le focus-group ou la discussion dirigée de groupe

C'est une discussion semi-directive autour d'un sujet donné dans un groupe homogène de 6 à 10
personnes. C'est donc un compromis entre une discussion libre entre "pairs" et une discussion
totalement directive comme celle basée sur un questionnaire standard.
La discussion dirigée de groupe est plus souvent utilisée que les entretiens approfondies. Elle
présente en effet des avantages dont les principaux sont :
- l'interaction positive entre "pairs" qui encourage les enquêtés à s'exprimer et à apporter des
idées originales et novatrices ;
- la possibilité d'observer le groupe et de prendre des notes sur les attitudes ;
- le moindre coût par rapport à une série d'entretiens individuels.

La discussion est animée par un chercheur qui a reçu une formation appropriée. Ce n'est pas une
série d'entretiens individuels mais il s'agit d'une véritable discussion de groupe dans laquelle
devrait s'impliquer tous les participants. L'atmosphère doit être détendue

Avantages du focus group


13. il crée une atmosphère sécurisante
14. chacun répond aux questions sans contrainte
15. l'ambiance est conviviale
16. les circonstances peuvent faire apparaître des questions inattendues et intéressantes
17. permet de faire un répertoire des expressions propres au groupe
18. beaucoup d'information peut être recueillies en un temps record
19. les réponses en groupe ont tendances à être plus véridiques

Désavantage du focus group


20. échantillon non représentatif de la population ciblée
21. on ne peut y discuter efficacement de questions trop personnelles
22. la tendance majoritaire peut influencer certains qui peuvent adopter la réponse du groupe
majoritaire
23. possibilité de monopolisation de la parole ou d'influence de certains membres du groupe
24. l'analyse des données est assez subjective
21

Tableau 1 : Différence entre méthodes quantitatives et qualitatives

Caractéristiques Méthodes qualitatives Méthodes quantitatives


Echantillon Taille beaucoup plus importante. Petite taille en général
Recherche d'une certaine
"Représentativité".
Techniques Questionnaire structuré Entretiens de divers types
(structuré ou non),
individuels ou collectifs
Variables d'intérêt Nombre de variables limités Champ de variables a
priori non limitées,
susceptibles d'évoluer en
fonction des informations
déjà recueillies
Méthodes Déductives (procède par déduction) Inductives (des faits à la
loi qui les gouverne)
Traitement de Méthodes statistiques Descriptif, non
l'information synthétisable
Rapports Formels, structurés Rapports semi structuré,
enquêteurs/enquêté efforts d'intégration
s
22

Chapitre 5 : L'organisation d'une enquête qualitative

1- Les préparatifs d'une enquête de type qualitatif

Il s'agira essentiellement de la préparation d'une discussion dirigée de groupe. Avant


son organisation, il faut prendre un certain nombre de dispositions.
Il faut au préalable collecter des données et élaborer des hypothèses. Cette collecte de données
prendra la forme d'une revue de littérature sur les productions scientifiques relatives à la question
et à la zone d'étude. Elle prendra également la forme d'une monographie de la zone d'étude.
Une autre démarche initiale importantes est la détermination du nombre de groupes nécessaires à
l'étude du thème retenu. Pour cela, l'on recommande généralement les directives suivantes :
- organiser au moins deux groupes et arrêter d'en renouveler aussitôt que l'on constate qu'il n'y a
plus d'information nouvelle.
- subdiviser le champ géographique en autant de zones qui se distinguent les unes des autres et y
organiser des séances.
Il faut également veiller à avoir une composition correcte au sens de l'homogénéité, du groupe.
C'est ainsi qu'il faut prendre en compte, selon le thème, les classes sociales, les évènements qui
marquent un passage initiatique (ex : femmes mariées et femmes non mariées), le niveau
d'instruction, lâge, les différences culturelles, le sexe etc.
Le cadre choisi pour l'entretien doit être approprié :
- les locaux doivent garantir la sécurité des participants et assurer la confidentialité des propos
échangés ;
- l'endroit doit garantir des échanges aisés (pas trop de bruit, niveau minimum de confort, etc.) ;
- le lieu choisi doit être neutre.

2- Le guide d'entretien

Le guide d'entretien est un résumé des questions et des objectifs qui seront traités dans les
groupes de discussion dirigée. C'est un aide-mémoire, un canevas qui permet au chercheur de
structurer et de guider le débat.
Un certain nombre d'étapes sont nécessaire à l'élaboration d'un guide d'entretien.
- Définir les objectifs et les besoins d'information de la recherche
- Rechercher les résultats de recherche s antérieurs
- préparer une liste de questions qui vont du général au particulier
- préparer une liste de questions qui sondent l'opinion des participants (ces questions seront
posées au cas où les informations ne viennent pas spontanément) ;
- préparer des questions approfondies qu'on posera suivant les réponses données ;
- préparer les transitions entre les sujets ;
- revoir le guide afin d'éliminer les questions les sujets non essentiels ;
- Proposer le guide à d'autres personnes pour critique.

3- Les opérations de terrain

La réussite d'une étude qualitative nécessite deux aptitudes fondamentales : l'art de demander
"pourquoi" et l'art d'écouter.
Les spécialistes recommandent trois attitudes à avoir lors des entretiens qualitatifs.
25. les questions "pourquoi doivent être posées de façon très spécifique afin que ces éléments
puissent être démêlés ;
26. les questions doivent être soigneusement formulées en tenant compte de l'audience ;
23

27. les préjugés et les suppositions faites par tout enquêteur doivent être reconnus afin de
demander ce qu'on cherche vraiment à savoir.
En particulier, il faut faire attention en demandant pourquoi à :
28. poser la question d'une manière neutre
29. ne pas orienter l'enquêté
30. ne poser qu'une question à la fois
31. noter toutes les attitudes de l'enquêté, les indications verbales, les hésitations, la gestuelle,
etc.
32. il faut observer tout le symbolisme qui entoure l'entretien

Savoir écouter exige des qualités comme la patience, la sensibilité, l'intuition. Il faut se mettre à la
place de celui qui parle de manière à ressentir les choses comme lui. Il faut suivre la manière de
rendre qui peut révéler plus d'information que les mots utilisés. Il faut noter les silences, la
gestuelle, les changements dans les choix de mots.

Les entretiens individuels approfondis doivent se conduire dans un contexte qui rassure l'enquêté
et où la confidentialité est garantie.

Les discussions dirigées de groupe doivent être conduite par une équipe de 4 chercheurs. Le
chercheur principal anime l'entretien, le premier assistant enregistre l'entretien, le deuxième prend
des notes et le troisième prend note de tout le contexte.
Il faut éviter qu'un individu ne monopolise la parole. De même, il convient d'être assez vigilant
pour que tout le groupe participe effectivement à l'entretien.

Un focus group bien mené nécessite une très bonne planification. Les étapes suivantes doivent
être suivies.
24

Tableau1 : Etapes à suivre dans la planification d'un focus-group


Etapes Activités
Définition du thème Réunion de toutes les parties prenantes
Définition des objectifs Séance de travail
Revue de la littérature Documentation
Mise en place de l'équipe de recherche Rencontre, sélection du personnel (chef du
programme, coordinateur en méthodologie,
collecteurs de données, coordinateur en
logistique et matériel, autre personnel)
Identification des besoins en information des Séances de travail
chefs de programme
Elaboration d'un schéma thématique Séances de travail de toute l'équipe
Identification des groupes ciblés Séance de travail
Choix de l'échantillon Définir les caractéristiques des groupes,
déterminer le nombre d'interview de groupe
Sélection et formation des animateurs de Sélectionner les enquêteurs, construire la
groupe pyramide des responsabilités, planifier le
contenu de la formation, préparer le matériel,
former l'équipe des enquêteurs
Mener les interviews Etablir un programme
Entrer en contact avec les responsables des
organisations et de la communauté, prendre
contact avec les membres des groupes ciblés
pour prendre rendez-vous, conduire les
entretiens
Analyse des données Codifier et interpréter les données après
chaque entretien
Synthèse des résultats Faire des résumés pour chaque type de groupe
Préparer les résumés globaux
Analyse des résultats Séances de travail avec les personnes
intéressées au projet et formulation des
recommandations
Préparation de la diffusion des résultats Elaborer la stratégie de dissémination
Evaluation du déroulement de l'étude Séance de travail avec les membres de l'équipe
pour l'évaluation du déroulement de l'étude.
Préparer le rapport général du projet
D'après "Guide pour des études utilisant les discussions de groupe", Judi Aubel p12

Quelques suggestions pour animer les discussions de groupe

33. S'habiller simplement


34. Ne pas interrompre les participants de façon intempestive
35. Ne jamais manifester d'étonnement, de l'impatience, etc.
36. Etre le plus neutre possible pour ne pas influencer les réponses
37. Ne pas donner sa propre opinion de la question
38. Montrer de l'intérêt à la discussion
39. Veiller à ce que quelqu'un ne fasse penchez la balance d'un côté par une attitude dominatrice
40. Distribuer la parole à tout le monde
41. Maintenir la discipline de parole (une seule personne s'exprime à la fois)
25

42. Veiller à ce que les temps de discussions impartis aux questions soient respectés
43. Le temps total ne devrait pas dépasser lh30mn.
26

Chapitre 6 : Préparation matérielle des opérations quantitatives de collecte

L’exécution d’une opération de recensement de la population ou d’une enquête par sondage exige
une méthodologie adéquate permettant une articulation rigoureuse de toutes les phases de
l’opération afin d’éviter tout retard pouvant conduire à un report du dénombrement.

Les activités préliminaires de ces genres d’opérations consistent à la définition des objectifs, la
prise des textes législatifs, la création des organes de coordination et
d’exécution de l’opération, la nomination et l’affectation du personnel du Bureau Central, la
préparation du questionnaire, l’élaboration du calendrier prévisionnel, la confection du Budget.

1-Le protocole de recherche

Le protocole est un document d'une grande importance qui doit être produit au tout début de la
phase de préparation de l'enquête. Il situe le contexte et la justification de l'enquête projetée. Il en
donne les objectifs (généraux et spécifiques), précise les hypothèses et la méthodologie de
collecte des données. Ce document donne enfin le budget et le calendrier prévisionnel. Ce
document est souvent présenté à des bailleurs de fonds pour le financement de l'opération.

2- Les objectifs

Les objectifs d’une opération doivent être clairement définis avant toute autre démarche.

Exemple du R.G.P. 1975 de la Côte d’Ivoire

L’objectif final est de disposer d’une série de publications des données statistiques sur les
structures de la population, son volume et sa dispersion, présentés sous forme de tableaux qui
permettront des analyses poussées, correspondant aux besoins principaux des économistes, des
planificateurs, des démographes, des sociologues, des urbanistes et d’autres chercheurs dont le
sujet d’observation est la population, et dont les études servent au développement des différents
secteurs de la vie économique et sociale du pays.

Ces tableaux serviront aux études internationales, ce qui mérite d’être souligné, car des cette
partie de l’Afrique, la population n’a pas encore été étudiée à l’aide d’un recensement moderne.
L’objectif secondaire, mais nullement négligeable, est la formation des agents et cadres en
matière de recensement afin qu’ils puissent, bénéficiant des expériences de ce premier
recensement, organiser et diriger les actions futures du même genre, sans avoir besoin de
recourir à une aide extérieure.

Exemple du recensement agricole de la Côte d’Ivoire (1974)

Objectifs immédiats

Le recensement doit :
• mettre à la disposition des responsables nationaux et régionaux de l’Administration Générale,
du Développement Agricole et de la Planification, dans un délai le plus bref possible après la
fin des travaux de terrain, une photocopie fidèle de l’Agriculture Ivoirienne à la date du
27

recensement, tant en ce qui concerne les structures que les techniques et les moyens de
production ;

• permettre de dégager au niveau des spéculations pratiquées les tendances actuelles de la


production sur le plan national et régional.

• permettre de situer dans le contexte économique et social actuel les différentes catégories
d’unités de production que sont les exploitations agricoles, afin d’améliorer l’impact des
opérations de développement par une meilleure connaissance de ces cellules de base.

Il doit permettre également de :

• réaliser une enquête par sondage sur l’ensemble des unités de production : Secteur
Traditionnel, Secteur Modernisé.
• assurer la formation de cadres moyens ivoiriens aux techniques de recueil des informations.

Objectifs à long terme

1. Obtenir une base de référence concernant les Statistiques Agricoles.

2. Réorienter les activités d’une grandes partie du personnel de terrain du Ministère de


l’Agriculture.

3. Former des Cadres Supérieurs Ivoiriens en Statistiques Agricoles afin qu’ils assurent la relève
des Assistants Techniques.

4. Mesurer de façon correcte et objective sur le plan économique et sur le plan social les
résultats des opérations de modernisation agricole entreprise.

Exemple du recensement de la Guinée en 1996

Les objectifs de ce recensement sont :


• améliorer la connaissance de la situation socio-démographique du pays ;
• permettre la mise en place d’une base de sondage fiable et récente pour les futures enquêtes
statistiques ;
• permettre la mise en œuvre de l’élaboration du fichier national des villages ;
• fournir des données nécessaires à l’élaboration des projections démographiques et des
programmes de population.

2- Les textes réglementaires

Il est important voire fondamental de donner une base juridique à une opération de collecte (qu’il
s’agisse d’un recensement ou d’une enquête).

C’est l’ensemble des dispositions législatives et réglementaires qui prescrivent l’organisation et


l’exécution de l’opération. Par son contenu, cette législation :

• précise si le recensement par exemple se fera seul ou en combinaison avec d’autres sujets
(RGPH° ;
28

• détermine l’autorité chargée d’organiser l’opération, celle des organes de sa conception,


d’exécution et de contrôle, les relations entre les différents organes afin d’éviter les conflits
de compétence.

Ces textes sont non seulement une couverture pour les organisateurs de l’opération, mais ils
facilitent également les démarches auprès des autorités compétentes.

Souvent plusieurs textes sont pris au plus haut niveau :


• un texte qui autorise l’opération ;
• un autre qui crée les organes de cette opération.

3- Le budget

Un recensement ou une enquête nationale est l’une des grosses opérations publiques où l’écart
entre les prévisions et les dépenses effectives doit être le plus faible. Pour ce faire, il faut que dès
le départ un bon budget soit établi et que la gestion en soit confiée à un organisme distinct, dont le
mandat recouvre exactement la période de l’opération.

La contrainte majeure de l’organisation d’un recensement ou d’une enquête d’envergure


nationale demeure trop souvent l’enveloppe budgétaire allouée à l’exécution de l’opération. Le
budget est élaboré à un moment où les idées ne sont pas encore très claires, les opérations de
préparation n’ayant pas commencé et ne pouvant commencer faute de moyens. C’est pourquoi on
ne saurait trop insister sur la nécessité d’accorder tout le temps et la réflexion nécessaires à
l’élaboration du budget prévisionnel et de s’assurer à cet effet tous les concours nécessaires.

Ces contraintes ont particulièrement pesé sur les recensements des années 1970 surtout pour les
pays qui effectuaient leur premier véritable recensement national de la population et qui ne
disposaient donc d’aucune expérience propre en la matière.

a- Véhicule et mobylettes
• carburant
• entretien
• assurance

b- Fournitures de bureau

c- Fournitures techniques informatiques.

Il ne faut surtout pas oublier dans ce budget la ligne “ divers et imprévus ” qui représente 1 à 5 %
d’une façon générale du budget global.

Le second problème en matière de budget est la plus ou moins grande souplesse de l’appareil
financière. La rigidité administrative se prête mal à des opérations d’enquêtes en général en raison
des circuits trop longs et des difficultés d’obtention d’argent liquide. On aurait par conséquent
tout intérêt à créer un organisme doté de l’autonomie financière pour l’exécution de l’opération
sans exclure pour autant, bien entendu, le contrôle des bailleurs de fonds.
29

Les responsables de l’opération doivent avoir à tout moment un tableau de bord financier à jour.
Ce tableau de bord doit se présenter sous forme, d’une part d’un échéancier de dépenses, d’autre
part d’un livre de comptes.

L’échéancier des dépenses porte mois par mois, poste par poste, étape par étape, les dépenses
prévisionnelles. Il est rectifié régulièrement en fonction des dépenses déjà engagées. Un tel
instrument est indispensable à la fois au responsable financier et au responsable technique.

En effet, si le responsable financier doit à tout moment connaître ses réserves par poste
budgétaire, le responsable technique ne peut prendre des décisions ayant des implications
financières sans avoir consulté l’échéancier. La tenue de tels documents permet ainsi de se rendre
compte très rapidement de la nécessité de chercher une “ rallonge ” et donc d’entamer à temps les
démarches nécessaires. Enfin, une comptabilité rigoureuse tenue poste par poste et assortie des
commentaires nécessaires est d’une grande utilité pour la préparation d’opérations futures.

4- Le calendrier

Le calendrier est l’un des éléments les plus importants d’une opération de recensement ou
d’enquête. C’est pourquoi il est nécessaire voire indispensable d’établir un calendrier tout au
début de l’opération. En pratique, c’est plutôt deux calendriers qu’on établit au lieu d’un.
Souvent il existe une grande divergence entre le calendrier prévisionnel et le calendrier effectif.
Le calendrier initial est conçu pour permettre d’apprécier l’importance des tâches à accomplir,
aussi bien sur le plan technique que sur le plan administratif.

Généralement, l’on n’arrive pas à exécuter le calendrier initial à la lettre et cela n’est pas toujours
imputable aux organisateurs de l’opération. Des imprévus peuvent intervenir indépendamment de
la volonté des organisateurs pour modifier considérablement le bon déroulement des activités.
C’est pour cela que le calendrier final est établi pour retracer le déroulement réel des activités. Il
énumère dans l’ordre chronologique la réalisation de chacun des éléments qui le compose.
Il est élaboré après l’exécution complète de l’opération. Il rend compte chronologiquement du
déroulement des différents éléments.

5- La cartographie

Le but de la cartographie est de positionner sur un plan, tous les sites habités du pays et de
découper le territoire à recenser en portions de petites tailles. Il faut éviter au cours de cette
opération les omissions et les doubles comptes. L’unité issue de ce découpage doit répondre aux
impératifs suivants :

• être de dimension raisonnable, de façon à pouvoir être couvert par un agent pendant la
période du recenseur ;

• être bien délimité pour éviter à l’agent d’empiéter sur une autre unité ou d’omettre une partie ;

• être repérable facilement.

L’établissement de la cartographie pour un recensement se fait en plusieurs étapes :


30

• le repérage des sites habités ;


• la mise au net des plans et croquis ;
• le découpage du territoire en petites unités de collecte.
31

Chapitre 7 : L'organisation pratique d'une enquête quantitative

Le recensement est une opération instantanée qui consiste à compter systématiquement tous les
individus sans omission ni répétition et fixer leurs principales caractéristiques. En d’autres
termes c’est une photographie de tout le territoire considéré.

Pour atteindre son but, le recensement de la population se réalise en un temps relativement court
(généralement entre une semaine et un mois). Il utilise le questionnaire comme support de la
collecte des informations.

1- Les instruments de collecte

1.1- Le questionnaire

Le questionnaire, constitué par l’ensemble des questions, est le document conçu pour servir de
support à la collecte des informations. Il est spécifique à chaque opération et tient compte des
objectifs de celle-ci.

Il existe en gros deux types de questionnaires :


• la feuille de ménage ou le questionnaire ménage ;
• le bulletin individuel.

1.1.1- La feuille de ménage

C’est un document dans lequel sont portés généralement en colonne les questions à poser et en
ligne les membres du ménage. Tous les membres d’un ménage sont recensés sur une ou plusieurs
feuilles de ménage.

1.1.2- Le bulletin individuel

C’est un document sur lequel sont imprimés toutes les questions qui s’adressent à un individu. On
enregistre qu’une seule personne par questionnaire. Chaque type de questionnaire a ses avantages
et ses inconvénients.

2- Les éléments d’un questionnaire

Un questionnaire se compose de plusieurs parties.

2.1- Les caractéristiques géographiques

Les caractéristiques géographiques comprennent les unités géographiques du premier ordre et les
unités géographiques du second ordre.

• Les unités géographiques du 1er ordre peuvent être : la région, le département ou la préfecture,
la province, la sous-préfecture, le district, la commune, l’arrondissement, le poste
administratif, la colline, le village, etc... Ces unités sont créées par la loi et restent
généralement invariables quelle que soit l’opération.
32

• Les unités du second ordre peuvent être : le secteur de dénombrement, le quartier, le district
de dénombrement, l’îlot, l’unité d’habitation, le bâtiment, le logement, le ménage, etc...

2.2- Les variables individuelles

Les variables suivantes sont celles qu’on retrouve souvent sur les questionnaires de recensement
démographique.

• Les noms et prénoms :


Chaque individu est identifié par son nom et ses prénoms précédés d’un numéro d’ordre pour
éviter les omissions ou répétition.

• Le lien de parenté :
Il s’agit soit de déterminer le lien qui lie chaque individu au chef du ménage, soit de rattacher
chaque personne à son parent le plus proche qui réside dans le ménage, soit les deux.

• Le statut de résidence :
chaque membre du ménage doit être classé comme résident présent (RP) ou résident absent (RA)
ou visiteur (VI). Cette classification se fait sur la base de la définition de résidence retenue.

• Le sexe :
La détermination du sexe se fait facilement chez les adultes mais elle est plus délicate chez les
enfants et les nourrissons.

• La date de naissance :
Vu l’importance de la variable âge dans les études démographiques, il est indispensable de
retenir la question sur l’âge au cours des opérations.

• Le lieu de naissance :
Le lieu de naissance désigne la localité où la naissance est intervenue. Bien que le lieu de
naissance puisse être accidentel surtout dans certains pays d’Afrique, cette variable peut servir à
mesurer les mouvements migratoires intérieurs et internationaux (migration durée de vie).

• La nationalité :
La nationalité indique l’appartenance juridique à un pays. Elle permet de distinguer les étrangers
des nationaux.

• L’ethnie :
Le terme ethnie est un concept démographique d’ordre social lié à l’étude des
individus . Ce concept sert à classer les individus selon des groupes susceptibles d’être analysés
et où l’ethnie apparaît souvent comme facteur explicatif d’un certain nombre de phénomènes
démographiques tels que l’état matrimonial, la fécondité, les migrations, etc.

• L’état matrimonial :
Il existe en Afrique une grande diversité de situations matrimoniales qui se distinguent les unes
des autres selon leur degré de permanence ou leur relation avec la loi, la coutume ou la religion.
33

La classification entre célibataire, marié, veuf, divorcé ne suffit pas pour rendre compte de cette
diversité.

• La religion :
La question sur la religion permet de classer la population suivant les religions les
plus pratiquées dans le milieu. Mais en posant cette question, il faut être précis afin que les
religions traditionnelle soient prises en compte aussi.

• Le niveau d’instruction :
Tel que l’utilise souvent le démographe, le niveau d’instruction a le sens de niveau
d’études, puisque les questions posées sont les suivantes :

• dernière classe suivie ;


• dernier diplôme obtenu.
• L’activité :
Pour saisir l’activité économique au cours d’une opération de recensement, on pose
généralement 3 questions :

• le type d’activité,
• la profession
• la situation dans la profession.

Certains questionnaires mieux fournis comportent d’autres questions sur la branche d’activité, le
temps consacré à l’activité, l’activité ou les activités secondaires, etc.

La population active et ses problèmes.

• Le type d’activité
Cette question permet de classer les individus en actif (occupés, chômeurs, quête
du 1er emploi) et en inactif (ménagère, étudiant, retraité, rentier, invalide...).

• La profession ou l’occupation actuelle


Elle permet de saisir le métier qu’exerce l’individu au moment de l’opération pour
les occupés et la dernière occupation pour les chômeurs.

• La situation dans la profession


Cette question permet de classer les actifs suivant leur statut dans la profession
(salarié, indépendant, aide familial, employeur, apprenti, etc...).

En dehors de ces questions qui reviennent souvent dans les questionnaires de recensement, il
existe d’autres questions relatives à des thèmes spécifiques comme la migration, la fécondité, la
mortalité, etc Chacun de ces thèmes appelle une foule de questions et dépend des objectifs de
votre opération.

3. Les autres documents

Un certain nombre de documents sont élaborés en même temps que le questionnaire. Ces
documents varient en nombre d’une opération à une autre. Celui qu’on retrouve presque toujours
est le manuel d’instruction aux agents recenseurs.
34

En plus de celui-ci, on peut élaborer le manuel du contrôleur, le manuel du superviseur si


nécessaire, le dossier îlot, le certificat de recensement, la feuille de visite, la fiche de
numérotation, le cahier de district, le bordereau de transmission des dossiers, etc...

Le manuel de l’agent recenseur est un document qui explique le contenu du questionnaire et


indique la manière dont les questions seront posées. Il explique également la façon dont les
réponses devront être enregistrées et indique aussi le comportement que l’agent recenseur doit
avoir vis-à-vis des enquêtés.

Le manuel du contrôleur définit les responsabilités qui incombent au contrôleur et la manière dont
il va les assumer.

4- Le recensement pilote

Le recensement pilote ou l’enquête pilote ou encore le recensement d’essai est une opération qui
se déroule comme le recensement proprement dit. Il est admis par tous les spécialistes que l’un
des éléments essentiels de la préparation d’un recensement est le recensement pilote. Cette
opération intervient après l’élaboration de tous les documents devant servir pour le recensement,
et après qu’une méthodologie de dénombrement ait été arrêtée.

Les enseignements à tirer

Après le recensement pilote :

• voir si le questionnaire est adapté aux objectifs poursuivis ;


• analyser le comportement des enquêtés devant les différentes questions ;
• évaluer le temps moyen mis par les agents pour recenser une personne ;
• voir si les moyens de transport sont performants ;
• examiner l’état des communications (téléphone, radio) avec la base ;
• voir si la période choisie pour le recensement est bonne.

C’est en fonction de tout cela que vous allez fixer le nombre définitif d’agents à recruter ; arrêter
le questionnaire définitif ; retenir les moyens logistiques à déployer. En un mot tous ces détails
vont vous permettre de rectifier toutes les anomalie constatées avant, pendant et après le
dénombrement pilote. Ce n’est qu’à partir de là que vous pouvez considérer que vous êtes prêt
pour le recensement. Mais attention l ne faut jamais être très sûr que tout marchera très bien sur le
terrain, d’où la nécessité d’être toujours prêt à intervenir.

5- Finalisation, tirage et expédition des documents

Les documents définitifs seront arrêtés après le recensement pilote compte tenu des
enseignements tirés de cette opération.

Après donc la finalisation de tous les documents, le service de la reprographie (s’il en existe au
niveau de l’institution qui exécute le recensement) ou une imprimerie (publique ou privée) sera
chargé de les reproduire en quantité suffisante (le nombre nécessaire plus 10 à 20 %).

Au fur et à mesure de l’impression des documents, il sera procédé à la préparation des lots
destinés à chaque centre de formation. Chaque lot comprendra aussi bien les documents de
35

terrain que le matériel qui servira au personnel de terrain. L’acheminement des différents lots
commencera plusieurs mois (3 mois au moins) avant le début du dénombrement.

6- Recrutement, formation et sélection du personnel de terrain

Le personnel chargé de l’exécution du recensement devra recevoir une formation adéquate lui
permettant de jouer efficacement le rôle qui lui sera confié. L’exécution de cette phase dépend de
la structure mise en place pour le dénombrement (la collecte).

Plaçons-nous dans le cas d’une équipe structurée de façon suivante : superviseur, contrôleur, chef
d’équipe et agent recenseur.

6.1- Le recrutement

Dans la mesure du possible, il faut choisir un système de recrutement applicable à toutes les zones
du territoire.

6-1-1- Les agents recenseurs

Pour ce qui concerne les agents recenseurs, vu leur nombre (15 000 agents environ pour une
population de 15.000.000 d’habitants par exemple) l’organisation d’un concours donne
beaucoup de travail sans qu’on ne soit sûr de retenir les candidats qui ont les qualités
souhaitables pour accomplir la tâche qui leur sera confiée. En effet, à partir d’un concours écrit,
on ne peut pas savoir qu’un candidat est physiquement apte ou s’il a la facilité de s’exprimer ou
s’il a une bonne vue et qu’il a une bonne audition.

La formule qu’on utilise souvent est le recensement par simple inscription sur la base d’une fiche
de renseignement pour les candidats qui remplissent la ou les condition(s) exigé(es).
Généralement le soin est laissé aux chefs des circonscriptions administratives d’enregistrer les
candidatures. Il sera demandé aux candidats :

• de produire une copie du diplôme exigé ;


• de savoir parler la langue locale ;
• d’être originaire de la région, (surtout pour les questions d’hébergement et de
restauration).

Les candidats seront retenus après examen de leur dossier par des personnes mandatées par le
Bureau Central. Le nombre de candidats à retenir doit être égal au nombre d’agents à engager
plus 10 à 20% de majoration. Cette majoration tient compte du nombre des formateurs et des
salles disponibles pour la formation.

6-1-2- Les chefs d’équipe

Les chefs d’équipe seront choisis parmi les meilleurs agents recenseurs à la fin de la formation.
Ils suivront deux ou trois jours de formation supplémentaire leur permettant d’approfondir le
36

manuel de l’agent recenseur et d’apprendre le rôle qu’ils sont appelés à jouer au cours de
l’opération.

6-1-3- Les contrôleurs

Les contrôleurs sont responsables au niveau d’une division administrative (sous-préfecture,


district, commune, etc..). Il est souhaitable que ce soient les personnes qui ont servi comme
agents recenseurs au moment du recensement pilote qui jouent le rôle de contrôleurs. Ce rôle est à
la fois technique et administratif.

6-1-4- Les superviseurs

Il est souhaitable que le superviseur soit un technicien en l’occurrence un adjoint technique de la


statistique ou un agent technique de la statistique ou encore un agent enquêteur permanent de la
Direction de la Statistique.

7- formation et sélection

La formation des agents recenseurs et des chefs d’équipe nécessite la formation préalable des
contrôleurs et superviseurs capables d’assurer cette formation en relayant les cadres du projet
dans cette tâche.

Si la Direction de la statistique ou le Bureau Central du recensement ne dispose pas


suffisamment de cadres du niveau agents techniques de la statistique pour occuper le poste de
superviseurs, ceux-ci et les contrôleurs sont recrutés parmi les agents qui ont participé au
recensement pilote ou parmi les candidats ayant le niveau de la classe de 1ère ou Terminale des
Lycées et Collèges.

La formation se fait à deux niveaux :

• Un groupe de cadres de l’opération assure la formation des formateurs au siège du Bureau


Central. A l’issue de cette phase qui dure deux à trois semaines, on sélectionne des
superviseurs et les contrôleurs.

• Ceux-ci, à leur tour, vont organiser pendant une semaine ou deux semaines la formation des
agents recenseurs et des chefs d’équipe.

8- Publicité ou sensibilisation de la population

La campagne de sensibilisation a un rôle essentiel à jouer dans la bonne marche du recensement


et tous les spécialistes sont d’accord sur l’importance de cette phase. La campagne de
sensibilisation met en présence quatre partenaires : les mass-média, l’administration, le
personnel du recensement et la population. Il s’agit essentiellement d’informer et d’éduquer
celle-ci sur les objectifs et les méthodes du recensement afin que les agents reçoivent le meilleur
accueil possible au sein des ménages et que les réponses ne soient pas biaisées par des
considérations extérieures.

C’est généralement six à quatre mois avant le début du recensement que l’appareil administratif
est d’abord mis en mouvement par l’envoi de notes, circulaires et brochures relatives au
37

recensement. L’administration doit donc elle-même être au préalable parfaitement informée des
objectifs et des modalités du recensement. Dans ces conditions, elle peut fournir un appui
irremplaçable au personnel de recensement sur le terrain.

Les autorités administratives une fois acquises à la cause du recensement vont progressivement
diffuser cette information lors des réunions avec le chefs de village afin que ces derniers la
répercutent à leur tour auprès des populations. Pendant les semaines qui précèdent le début du
recensement, les moyens de l’audio-visuel et des arts graphiques vont être mis en œuvre pour
toucher toute la population mais particulièrement la population illettrée et rurale. Les actions
qu’on peut mener sont les suivantes :

• couverture radiophonique quotidienne dans toutes les langues des thèmes se rapportant au
recensement ;

• concours de chansons sur le recensement ;

• préparation et diffusion des brochures sur le recensement ;

• apposition dans les lieux publics et dans les endroits où les personnes se rassemblent (marché,
arrêt d’autobus, salles de spectacles, écoles, dispensaires, etc.) d’affiches diverses insistant sur
la date du recensement ;

• diffusion de banderoles, autocollants, tee-shirts, dépliants, timbres poste et cachets postaux,


cartes postales, etc... ;

• motiver la population urbaine lors des émissions de la télévision par des débats de
représentants du B.C.R et des interviews de personnalités ;

• mettre des articles dans les journaux.

9- Le dénombrement

Après la formation et la sélection du personnel de terrain, le dénombrement va commencer. Mais


auparavant, il faut prendre quelques dispositions ;

9-1- Mise en place du matériel de terrain

• Il s’agit d’examiner point par point si tous les documents prévus ont été imprimés en nombre
suffisant pour pourvoir toutes les régions et constituer une réserve ;

• voir si le matériel fongible (craie, bics, etc) est en quantité suffisante ;

• vérifier si tous les véhicules ont leur roue de secours et du matériel de première nécessité
(pochette à outils, cric, courroie, ampoule, fusibles, vis platinées, etc.) ;
38

• constituer une boîte à pharmacie avec les produits de première nécessité (aspirine, nivaquine,
ganidan, flavoquine, sérum antivenimeux, etc.). Après cette vérification, tout le matériel sera
acheminé dans chaque centre de formation avec les réserves nécessaires.

9.2- Dénombrement

Le dénombrement proprement dit sera précédé dans chaque district de recensement par
l’inventaire de tous les ménages à travers une opération de numérotation des habitations.

Cette numérotation se fait à l’aide de la craie ou l’autocollant.

La numérotation consiste donc à inscrire des numéros sur chaque porte de maison. L’agent établit
à l’occasion la liste des chefs de ménage et le nombre de personnes vivant dans le ménage. Cette
phase dure un à trois jours et permet à l’agent de connaître à l’avance, le nombre approximatif de
personnes à recenser dans son district.

La numérotation permet parfois d’éviter les omissions et les doubles comptes. A l’issue de cette
phase l’agent recenseur commence son interview en faisant le porte à porte. Il interroge chaque
chef de ménage sur les membres de son ménage, de préférence en leur présence.

En général, il enquête les résidents habituels du ménage, leurs visiteurs s’il y en a et obtient les
renseignements sur les résidents qui seraient éventuellement absents.

A la fin du dénombrement, l’agent recenseur, le chef d’équipe, le contrôleur et le superviseur


devront remplir en ce qui le concerne, les documents récapitulatifs. Cette opération de
récapitulation sera une occasion pour contrôleur l’exhaustivité du dénombrement.

Cette opération de récapitulation doit être précédée du classement des questionnaires par numéro
croissant des ménages dans l’îlot et par numéro croissant des îlots au sein de chaque D.R.

Si les vérifications ont montré que tous les ménages ont été recensés, alors, vous pouvez archiver
les questionnaires et autres documents.
39

Chapitre 8 : L’ETAT-CIVIL

1- Définition

L’état civil ou la méthode des registres de l’état civil ou encore méthode d’enregistrement est “
l’inscription obligatoire , continue et permanente des faits d’état civil et de leurs
caractéristiques en vue de disposer en premier lieu de pièces officielles, conformément à la loi et
en deuxième lieu, de sources statistiques (voir manuel des Nations Unies, Etudes
méthodologiques, Série F n°7) ”. Les statistiques de l’état civil portent sur des êtres humains
plutôt que sur des choses.

L’état civil se caractérise donc par un enregistrement permanent des faits et permet par
conséquent de suivre à tout moment l’évolution des différents facteurs démographiques. Il rend
mieux compte des naissances, des décès et des mariages que les recensements et les enquêtes.

2- L’intérêt de l'état civil

Les statistiques en général, et les statistiques de l’état civil en particulier, sont d’une importance
fondamentale pour les programmes officiels de progrès économique et social dans les pays
industrialisés comme dans les pays en voie de développement.

Les utilisations qui peuvent être faites des données de l’état civil sont multiples et couvrent divers
domaines : démographique, social, économique, politique, administratif et juridique.
En tant que meilleures source des données de mouvements naturels d’une population, l’état civil
fournit des séries continues dans le temps et ses données se prêtent à une étude par année, ce que
ne permettent pas les résultats d’une enquête ou d’un recensement.

Le degré de précision obtenu pour les dates de naissance et de décès surtout pour les jeunes enfant
permet de faire des études plus fines de la mortalité infantile et juvénile.

En démographie, les indices le plus souvent calculés à partir de l’exploitation des différents
registres des événements sont :

• taux de natalité
• taux de mortalité
• taux de nuptialité
• taux de fécondité.

Ces indices permettent de déterminer l’importance de la population, sa structure actuelle et son


évolution future.

Les niveaux et les tendances observés à partir des données de l’état civil peuvent servir à opérer
des ajustements sur les prévisions élaborées à partir des résultats d’un recensement ou d’une
enquête par sondage.

Parmi les autres utilisations des données de l’état civil, en démographie on peut mentionner les
perspectives de population. En effet, la projection des populations nécessite des données d’entrée
tel que le taux d’accroissement de la population qui provient justement des résultats de l’état civil.
40

• Pour se réclamer d’une citoyenneté, chaque individu a besoin d’être identifié, or


l’identification d’une personne passe par l’état civil. Dans la vie courante, il sera souvent
indispensable de présenter une pièce. Ces occasions sont multiples et variées, citons-en
quelques-unes :
• l’enfant a besoin d’un extrait d’acte de naissance pour s’inscrire à l’école ;
• pour la présentation à un examen ou concours nécessite la fourniture d’un dossier comportant
une pièce d’état civil ;
• la candidature à un poste de salarié comme la demande d’un certificat de nationalité fait
intervenir l’acte de naissance ;
• l’acte de mariage peut constituer une pièce juridique en cas de divorce ou des problèmes au
niveau du foyer ;
• le certificat de décès est l’une des pièces maîtresses du dossier à fournir pour agir à la place
du décédé.
En dehors de ces utilisations, nous pouvons ajouter d’autres cas moins courants et qui concernent
toutes catégories de personnes. Il s’agit notamment de :

• retrait d’un objet à la poste ;


• inscription sur une liste électorale ;
• ouverture d’un compte bancaire ;
• perception de l’argent dans une institution financière ;
• demande de prêt ;
• contrôles policiers ;
• etc.
Cette liste peut être longue si l’on s’obstine à une énumération exhaustive. C’est dire combien de
fois l’état civil est devenu indispensable dans la vie de tous les jours.

Tous les citoyens ne peuvent bénéficier de ces multiples avantages (énumérés plus haut) que si le
système d’état civil couvre l’ensemble du territoire national et qu’il fonctionne bien. Tel n’est pas
encore le cas dans la plupart des pays africains ou des imperfections demeurent et attendent d’être
corrigées.

3- La situation de l'état civil en Afrique

L’Afrique, excepté l’Egypte, a évolué de la même façon que le reste du monde en ce qui concerne
la collecte des informations démographiques en général et l’enregistrement des faits d’état civil
en particulier. La différence fondamentale est qu’elle a pris du retard par rapport aux autres
continents sur la généralisation des enregistrements.

Dans les pays africains en général, l’état civil est une institution récente qui ne date que de la
colonisation. Les textes disponibles sur quelques pays montrent que le premier texte est celui du
Madagascar (Arrêté Royal du 14-17-1878) et le dernier en date est celui du Rwanda (loi du 23-
11-1963)

Dans la majorité des pays, il existe deux catégories de centres d’état civil :

• les centres principaux ;


41

• les centres secondaires.

Les centres secondaires ne s’occupent que de l’enregistrement des naissances et des décès.
Signalons qu’en Ile Maurice, Madagascar, au Rwanda et au Burundi, il n’existe qu’une seule
catégorie de centres d’état civil qui s’occupe de l’enregistrement de tous les actes d’état civil.
Dans la plupart des pays l’état civil est sédentaire. Cependant il est parfois associé un état civil
itinérant et c’était le cas dans les années 1960 au Bénin, à Madagascar, au Sénégal et au Togo.
Suite aux séminaires organisés par l’OCAM (Lomé en 1976, Maurice en 1979, Bangui et
Cotonou en 1980), certains pays ont mis en chantier des projets de réforme de leur système d’état
civil. Il s’agit à notre connaissance du Congo à partir de 1978, du Niger 1985 et du Mali
1986. Il ressort des textes de réforme de ces pays, la volonté de collecter suffisamment
d’informations à partir des fait d’état civil en vue d’élaborer de bonnes statistiques sur le
mouvement naturel de la population.

4- Le fonctionnement de l'état civil en Côte d'Ivoire

4.1.- Généralités

La Côte d’Ivoire à l’instar des autres pays francophones de la sous-région n’a pas une longue
tradition de l’état civil. En effet, si l’on s’en tient à certains écrits, on constate que le premier
registre d’état civil est ouvert en 1913 au niveau de l’ancien cercle d’Abidjan. Mais à cette
époque, les habitants du cercle et ceux du reste du pays n’avaient probablement pas besoin de
justifier leur identité et trouvaient peut-être inutile de faire des déclarations d’état civil.

L’arrêté général 4602 du 16 août 1950 en réorganisant le système en cours a créé deux régimes
d’état civil :

• l’un, appelé “ état civil indigne ” concerne les personnes régies par les coutumes
locales ;

• l’autre, désigné sous l’appellation “ état civil européen ” est l’usage des européens et
assimilés vivant sur le territoire ivoirien.

Ces personnes étaient régies par le statut du droit commun, c’est-à-dire celui de la France
colonisatrice. Ce texte, applicable à toute l’Afrique Occidentale Française (A.O.F.), fixe le délai
des déclarations deux mois.

Les déclarations sont reçues par le Commandant de Cercle, le Chef de Subdivision, le Maire ou
ses adjoints assistés d’un interprète dans les centres principaux. Par contre, dans les centres
secondaires, c’est le Chef de Canton ou son secrétaire ou, à défaut, un fonctionnaire en service
dans la localité qui les reçoit.

Les déclarations sont faites par le père, la mère, l’un des ascendants ou de proches parents, ou
d’une personne ayant assisté à l’accouchement pour ce qui concerne les naissances. Pour les
décès, elles pourront émaner du conjoint survivant, des ascendants et descendants ou de l’un des
proches parents du défunt, ou d’une personne ayant assisté au décès. Pour les mariages, ce sont
les deux époux conjointement ou l’un d’eux seulement en présence d’un représentant de l’autre
époux dont la qualité aura été constatée et admise par la coutume.
42

Hormis toutes ces personnes directement liées aux événements, les Chefs de quartier, de village,
de fraction, de canton, de tribu peuvent également faire les déclarations relatives aux naissances
et aux décès survenus dans leur groupe.

Les centres principaux sont les chefs-lieux de circonscriptions administratives et les mairies,
tandis que les centres secondaires sont créés par arrêté du Ministre de l’Intérieur et installés dans
les principaux villages.

Le défaut d’acte de l’état civil peut être suppléé par jugement rendu sur simple requête présentée
au tribunal du lieu où l’acte aurait dû être dressé.

4.2- Les données recueillies à l’état civil

Les naissances
• la date et l’heure de l’événement
• le lieu
• prénoms
• sexe
• nom du père
• date de naissance du père
• lieu de naissance du père
• la profession
• le domicile
Même chose pour la mère.

Les décès
• la date
• le lieu
• profession
• domicile
• date de naissance
• lieu de naissance
• nom du père
• domicile du père
• nom de la mère
• domicile de la mère
• nom du déclarant
• âge du déclarant
• profession du déclarant
• domicile du déclarant.

Les mariages
• la date
• lieu
• nom et prénoms du mari
• profession
43

• date de naissance
• lieu de naissance
• filiation
• domicile
• mêmes informations pour la mariée
• nom et prénoms de deux témoins majeurs.

En Côte d’Ivoire, les déclarations d’état civil, naissance, décès, mariage sont gratuites. La seule
perception de fonds autorisée par la loi est la taxe d’état civil (500 francs actuellement) par extrait
sollicité et (1000 francs actuellement pour la délivrance des duplicatas de livret de famille en cas
de divorce ou de perte. Par ailleurs, pour les déclarations hors délais, il faut payer :

• 500 francs pour la délivrance du certificat de non inscription dans les registres de l’état civil ;
• (100.000 francs actuellement) comme frais de justice pour obtenir l’établissement d’un
jugement supplétif.

Toute autre perception de fonds est illégale et susceptible de poursuite judiciaire.

L’état civil est insuffisamment exploité actuellement dans les pays africains. Très peu d’études
ont été faites à partir des registres de l’état civil en dehors de l’estimation des quelques taux. Cela
est peut-être dû au faible taux de couverture des événements par les enregistrements.

Cependant, en Ile Maurice où le système fonctionne bien, l’enregistrement des faits d’état civil a
permis de faire des analyses très pertinentes sur le mouvement naturel de la population.
En Côte d’Ivoire des études ont été faites dans plusieurs communes sur la fécondité et la mortalité
à partir des données de l’état civil. L’une de ces études porte sur “ l’Impact
Démographique du SIDA à Abidjan ”.
44

Chapitre 9 : L'exploitation des résultats d'une enquête

1- La codification

La codification est l'opération par laquelle des codes sont attribuées aux modalités des variables
afin d'en faciliter l'exploitation informatique.
L'attribution de codes à des questions fermées ne présente aucune difficulté puisque le
nombre de catégories est limité et dicté par le nombre de modalités de la variable concernée. Dans
le cas des questions ouvertes, la codification peut être plus délicate. Il faut en effet procéder à un
léger dépouillement des réponses (par tirage aléatoire d'un nombre suffisant de questionnaire)
avant d'arrêter les codes. Il faut en particulier veiller à ce que les modalités "autre" des variables
ouvertes n'aient de trop fortes fréquences.

2- la saisie

Elle consiste à introduire les codes correspondant aux réponses des enquêtés dans l'ordinateur.
Pour cela, il est nécessaire de mettre au point un masque de saisie, un programme destiné à
faciliter cette opération.
Un bon masque de saisie contrôle toutes les entrées et les compare aux autres valeurs déjà saisies
: c'est le contrôle entre deux valeurs de deux variables différentes appelé contrôle inter champs.
L'autre type de vérification automatique est la conformité de la saisie aux valeurs admissibles de
la variable : c'et le contrôle intra champ.
De bons contrôles lors de la saisie permet d'avoir un fichier propre, prêt à être utilisé pour
l'analyse.

3- La tabulation et l'analyse

3.1- Le plan d'analyse

Le plan d'analyse d'un rapport de recherche est un document qui retrace de façon précise et
détaillée toutes les maquettes de tableaux, toutes les analyses, tous les indicateurs et tous les tests
à appliquer aux données dans la production du rapport final. Le mode de calcul des indicateurs y
est très précis. Le numérateur est donné ainsi que le dénominateur. La sous- population concernée
est également précisée de manière à lever toute équivoque.
Une fois le plan d'analyse élaboré, la production du rapport final devient très précise et n'importe
quel autre spécialiste peut produire le document exactement tel que leurs concepteurs
l'auront souhaité.
La production du plan d'analyse est essentielle pour la rédaction d'un bon rapport de
recherche. Il doit être discuté par toute l'équipe en particulier lorsqu'il s'agit d'une équipe
pluridisciplinaire.
Le plan d'analyse est en principe élaboré avec le protocole de recherche dont il constitue un des
aspects les plus importants. Il doit être conçu de manière à donner toutes les réponses à toutes les
questions de recherche posées et recouvrir ainsi les objectifs de la recherche.

Pour des analyses quantitatives, le chercheur aura à produire des caractéristiques de tendance
centrale, la moyenne, la médiane, le mode. Il est alors important de chercher à caractériser la
variation des observations autour de la tendance centrale, la moyenne le plus souvent. L'écart-
type est très souvent retenu pour une telle caractérisation. L'un des indicateurs les plus pertinents
est le coefficient de variation, rapport de l'écart-type à la moyenne des observations.
45

3-2 : Les principes de l'analyse

3-2-1 : Description et inférence

L'analyse statistique a pour rôle de permettre au chercheur de "décrypter" les informations


contenues dans une matrice de données . Les méthodes statistiques disponibles sont nombreuses.
Leur choix est un compromis entre les objectifs du chercheur et les contraintes imposées par les
propriétés de mesure des variables étudiées.
Quelques principes généraux guide le chercheur dans son choix :
- l'objectif visé par la recherche
- le nombre de variables à analyser
Lorsque l'analyse porte sur une seule variable, on a une analyse univariée. Quand elle concerne
deux variables on parle de méthode bivariée et de méthode multivariée quand on analyse
simultanément plus de deux variables.

Lors de l'analyse, le chercheur peut mettre l'accent, selon son objectif sur le résumé ou sur
l'explication d'un phénomène.
Un résumé doit bien entendu être plus concis mais également fidèle (représentativité des résultats
par rapport à la matrice de départ). Cette fidélité doit pouvoir être mesurée. Selon les propriétés
de mesure des variables concernées, la "quantité d'information" contenue dans le résumé peut être
la variance (ou l'écart type), l'inertie, l'entropie, etc.
Lorsque l'on part d'un échantillon aléatoire, les résultats obtenus peuvent être extrapolés à la
population mère avec une marge d'erreur connue. L'on peut également postuler l'existence d'une
relation d'association statistique entre deux ou plusieurs variables : c'est un problème d'inférence
statistique qui s'appuie sur les tests et les estimations.

4 : La transformation des données

L'analyse des données d'enquête nécessite bien souvent une transformation ou une recodification
des variables de départ.

L'information contenue dans les données brutes peut ne pas se prêter directement à l'analyse. Par
exemple, les dates de naissances plus faciles et plus fiables à la collecte nécessitent une
transformation préalable en âge avant d'être exploitées.
Exemple : exploitation des dates (datenais) sous forme numérique codées sur 4 positions.
Extraction du mois mois=TRUNC(date/100)
Extraction de l'année an= datenais-100*mois

Sous forme alphanumérique, on procède à l'extraction des sous chaînes correspondant u mois et à
l'année.

Des questions ouvertes doivent être fermées avant d'être exploitées. Si elles traduisent par
exemple des opinions, des groupes de réponses correspondront à un code donné, l'ensemble de
ces codes étant fini.

a) La recodification
46

L'analyse peut requérir que la variable de départ soit recodée avant d'être exploitées. Il peut s'agir
d'un regroupement des valeurs dans des catégories ayant un sens précis, ou simplement pour en
limiter les modalités.

Ex : 0-14 ans ; 15-55 ans, 56 ans et plus Æ regroupement "sociologique" de l'âge (enfants,
actifs, retraités)
0-4 ans 5-9 ans 10-14 ans 15-19 ans 20-24 ans 25-29 ans 30-34 ans 35-39 ans 40-44 ans 45 ans
et plus.

b) le comptage

Il s'agit de créer une variable de comptage de certaines valeurs contenues dans d'autres variables
du fichier.

c) les transformations conditionnelles


Une variable donnée prend une valeur conditionnellement à une valeur d'une ou plusieurs autres
variables du fichier.

Ex : Si la superficie du champ est inférieur à x hectares et que l'exploitant à telle caractéristique


donc la valeur de la variable crée est tant.

d) l'exploitation des codes à progression géométrique

Dans un questionnaire, une question peut nécessiter plusieurs réponses prévues dans le
questionnaires.
Exemple : Quels engrais utilisez-vous?
1- engrais type 1
2-engrais de type 2
4-engrais de type 3
8-engrais de type 4
Les différents codes sont les premières puissances de 2. En addition les codes des modalités
choisies, on obtient toujours un code bien spécifique à une combinaison donnée. C'est la
codification géométrique. Son exploitation est délicate.
On peut retrouver tous les exploitants utilisant au moins un type particulier d'engrais.
Attention : la somme des pourcentages des exploitants utilisant le type 1 ou le type 2 seulement,
peut être supérieur à 100%.

5 : L'analyse univariée

L'analyse univariée concerne comme on l'a dit une analyse comportant une seule variable. Le
tableau qui suit résume les méthodes applicables selon les objectifs et la nature de la variable
concernée.

Objectif Type de variable


Quantitatif Qualitatif ordinal Qualitatif nominal
1) Description Moyenne, écart type Médiane Mode
a)Tendance centrale Fractile Fréquence
b)Dispersion
47

Inférence Test de moyenne Test de Kolmogorov Test binomial


Smirnov Test du khi-deux

a) Le test de Kolmogorov Smirnov

C'est un test non paramétrique qui compare la répartition observée des réponses à une répartition
définie a priori.

Ex : On dispose de l'opinion de 100 enquêtés sur un produit 1=bon 2=acceptable 3= passable


4=médiocre. On souhaite tester l'hypothèse nulle Ho : indifférence des jugements c'est à dire la
répartition égale des réponses.

Tableau
Catégorie Distribution observée Distribution théorique Différence des
fréquences cumulés
en valeur absolue
Effectif fréquence Fréquence fréquence Fréquence |Fobservé (i) - Fthéorique
cumulée cumulée (i)|
1 50 0,50 0,50 0,25 0,25 0,25
2 30 0,30 0,80 0,25 0,50 0,30
3 15 0,15 0,95 0,25 0,75 0,20
4 5 0,05 1,0 0,25 1,0 0,0

Le test consiste à calculer, dans le cas d'un test bilatéral, la statistique


S=maxi(|Fobservé (i) - Fthéorique (i)|)
Ici, S=0,30
Cette valeur est comparée à une valeur seuil dont les valeurs sont tabulées si la taille de
l'échantillon est inférieure à 35
1, 63 1, 36
Si n > 35, la valeur seuil est au seuil de signification de 1% et au seuil de 5%
n n
Ici, la valeur seuil à 1% est égale à 0,163. Elle est inférieure à 0,30 donc l'hypothèse nulle
(indépendance des jugements) est rejetée.

b) Le test du Khi-deux

Il s'agit d'ajuster un modèle théorique à une distribution observée.


1ère étape : calculer les fréquence théorique
2ème étape : effectuer un test de conformité
Soit ni les effectifs observés et n'i les effectifs théoriques ( ∑ ni = ∑ n 'i )
(ni − n 'i ) 2
Calculer S = ∑
n 'i
¨S suit une loi du Khi-deux à γ degrés de liberté

γ = (nombre de modalités du caractère étudié après d'éventuels regroupement)- nombre de


paramètres estimés – 1
48

Rappel :

Si X suit P(m) (loi de Poisson), on estime m par la moyenne

NB : cette moyenne doit cependant être proche de la variance

Si X suit une loi normale de paramètres m et sigma, on estime m par la moyenne et sigma par
l'écart type

6 : L'analyse bivariée

L'analyse bivariée est la plus courante lors de l'analyse des résultats d'une enquête. Différents cas
de figures peuvent se présenter du fait de l'objectif et de la nature des variables. Le tableau ci-
dessous présente les principales possibilités qui s'offrent au chercheur lors de l'analyse.

Tableau : Principaux test paramétriques ou non paramétriques pour une analyse bivariée
Binaire Coefficient Phi
Q (Yule) ;
NOMINALE '

Multi Test du Khi-Deu x


modale '

Coefficient de
contingence
Coefficient de
v

Tschuprow
V (Cramer)
Index
d'association
prédictive

Test de la médiane
Coefficient de
corrélation
Test U de v
des rangs:
Mann-Whitney
ORDINALE Test de Kruskal-
- Rhô
(Spearman)
Test de ; Wallis - Tau (Kendall)
Kolmogorov- ~ - Gamma
Smirnov ; (Goodman
, '
et Kruskal)

Test de Coefficient de
différence corrélation de
de moyennes Pearson
Coefficient
Analyse de variance
MÉTRIQUE (ANOVA)
point
multisérial

Coefficient point bisérial Régression


simple

Binaire Multimodale
Variable (2 échantillons (Plus de 2
expliquée1
Indépendants) échantillons
indépendants)

Variable
explicative (1)
NOMINALE ORDINAL MÉTRIQUE

(1) Les méthodes en italique correspondent à des mesures d'association entre variables ; il n'y a pas dans ce cas de variable
explicative et de variable expliquée. On observera que dans le cas où l'on considère deux échantillons ou plusieurs
échantillons indépendants comme des variables nominales à deux ou plusieurs modalités, les caractéristiques de
ces~échantillons sont alors considérées comme les éléments explicatifs des variations de la variable étudiée.
Source : Market : Etude et recherches en maketing 2ème édition (Yves Evrard, Bernard Pras et Elyette Roux), Nathan
49

7 : L'analyse multivariée

L'analyse mutivariée peut être exploratoire ou explicative. La méthode multivariée exploratoire


utilise essentiellement l'analyse factorielle, l'ACP, L'ACM, la classification etc. Elle permet
d'avoir de façon synthétique les informations sur un nuage de points-individus ou de points-
variables, projetés sur un plan factoriel.

La méthode explicative sert à examiner les relations entre diverses variables indépendantes et une
variable dépendante. Elle permet aussi d'étudier les interactions entre plusieurs variables
indépendantes. Selon la nature de la variables dépendante et des variables indépendantes, on
distingue plusieurs modèles : linéaire, logistique, de Poisson, multinomial, etc.
50

Source : Market : Etude et recherches en maketing 2ème édition (Yves Evrard, Bernard Pras et Elyette Roux), Nathan
51

8- La diffusion

8-1 : Le plan de dissémination et de diffusion

Le plan de dissémination est un document technique qui contient et décrit avec précision toutes
les étapes et la stratégie de vulgarisation avec le calendrier précis des opérations. Il peut faire
partie intégrante du protocole de recherche mais peut être un document séparé. Il doit être conçu
au début du processus de recherche et amendé au fur et à mesure que des informations
complémentaires peuvent en améliorer le contenu ou que des évènements imprévus imposent un
changement de stratégie ou de calendrier.

Travaux de groupe : Elaborer un plan de dissémination et de diffusion des résultats d'une


enquête agricole

8-2 : l'organisation pratique d'un atelier de dissémination

L'organisation d'un atelier de vulgarisation s'impose de plus en plus dans la perspective d'une
nouvelle approche basée sur la recherche-action. C'est un processus participatif qui met les
bénéficiaires au cœur des activités et implique leur pleine participation aux décisions les
concernant.

Cette organisation exige une coordination parfaite des activités à mener. Il faut, pour la réussite
de l'opération, anticiper les différentes tâches à mener et bien programmer les activités. En règle
générale, les activités sont définies par thème et confiées à des équipes ayant à sa tête un
responsable dont les attributions sont bien précises avec un cahier de charges bien définis.
L'atelier doit se tenir le plus rapidement possible après la fin de l'analyse afin d'avoir un impact
maximal et maintenir l'intérêt de tous pour la mise en œuvre des recommandations de l'atelier.
La description des activités à mener fait bien évidemment partie de la stratégie de dissémination
et à ce titre, figure dans le plan de dissémination et de diffusion.

Les activités à mener dans le cadre de l'organisation d'un atelier de diffusion sont nombreuses. On
peut les regrouper dans les catégories qui suivent.

8-2-1. identification des participants

Elle semble parfois être évidente mais peut se révéler être très compliqué du fait d'un budget
réduit et de l'ampleur de médiatisation souhaitée pour les résultats de recherche.
En règle générale, on invitera les partenaires suivants :
- les principaux utilisateurs des résultats de la recherche ( pour information et amélioration
futures des actions de recherche);
- les bailleurs de fonds de la recherche et autres pourvoyeurs potentiels de fonds ( pour la
visibilité de l'institution de recherche et les chercheurs impliqués également pour le financement
de futures actions de recherche);
- les bénéficiaires des activités de recherche (pour une démarche participative);
- la presse écrite ( pour une diffusion ciblée);
- la presse audio visuelle (selon la médiatisation voulue et pour la visibilité des différents
acteurs du processus) ;
- les autorités administratives ou coutumières (en vue de plaidoyers)
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8-2-2. Préparation et envoi des lettres d'invitation

Il faut veiller à leur contenu et à leur forme. Le contenu d'une lettre d'invitation doit préciser les
points suivants :
- objet de l'invitation ;
- l'institution qui organise la manifestation
- date et lieu de l'atelier ;
- nombre et qualité des personnes invitées dans l'institution ;
- une date limite de confirmation de la participation des personnes invitées ;
- la personne à contacter pour toute information complémentaire au sujet de l'atelier ;
- le programme de l'atelier en pièce jointe ;
La lettre d'invitation peut éventuellement être accompagnée d'un projet de discours si la
personne attendue est pressentie pour faire une allocution.
Les lettres d'invitation doivent être envoyées suffisamment tôt de manière à permettre la
participation effective des personnes indispensables.
Une équipe de rappel doit s'assurer en permanence de l'effectivité de la venue des participants.

8-2-3 : la production des documents de l'atelier

Les documents à préparer pour l'atelier de dissémination sont nombreuses et importantes,


chacune ayant un but précis.
a) un rapport synthétique donnant les grands résultas commentés de l'étude ;
b) le programme de l'atelier ;
c) des dépêches pour la presse et autres médias pour aider à la médiatisation correcte de
l'évènement ;
d) une plaquette de large diffusion de présentation attrayante donnant les grands résultats à
retenir destiné au grand public ;
e) les présentations à projeter soit sur PowerPoint ou sur rétroprojecteur. D'autres formes de
présentation doivent être envisagés.
f) etc.

8-2-4 : La gestion des imprévues

Elle doit être la préoccupation de tous les instants. La gestion des imprévus est de plus en plus
délicate car les bailleurs de fonds sont toujours réticents au financement des imprévus perçus
parfois comme une preuve du non professionnalisme des acteurs. C'est pour cela que tous les
efforts doivent être déployés pour en limiter les effets à des marginalités.
Il faut cependant tenir à l'esprit qu'une situation imprévue peut ruiner tous les efforts aussi
parfaitement coordonnés qu'ils soient et ternir l'image de l'institution.
L'imprévu peut aller d'une panne du matériel de présentation, d'électricité, au sabotage organisé
d'un adversaire ou un concurrent.
Il convient alors d'être vigilant et éveillé à tous les instants et prévoir suffisamment à temps tous
les scénarios imprévus ainsi que les solutions à y apporter.

Exemple : prévoir une présentation sur des supports différents dont au moins un adapté à une
situation sans électricité.
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8-2-5 : le budget de l'atelier

Une fois la liste des activités clairement définie, le budget des opérations peut être finalisé. Il
s'agit de prévoir les fonds nécessaires à la mise en œuvre des activités programmés.

Le document fournit des précisions sur les ressources disponibles et indique les moyens
humains, matériels et financiers nécessaires à la réalisation de toutes les activités identifiées. Le
budget doit être présenté selon les grandes rubriques de dépenses que sont :
- Salaires et indemnités
- Matériels de bureau
- Location de salle
- Confection des documents de présentation
- Sonorisation
- Per Diem pour les participants
- Déplacements
- Divers

Le budget doit être aussi précis que possible. Il faut garder à l'esprit que toutes les rubriques
budgétaires relativement élevée ou inattendue doit être justifiée.

Il faudra également garder précieusement les justificatifs des dépenses effectuées pour
d'éventuels audits qui pourraient être diligentés par les partenaires financiers.

Travaux de groupes : Elaborer le budget d'un atelier de dissemination


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Bibliographie
- R. Fassassi, 2004, Adaptation du cours dispensé par M. Zanou Benjamin, Cours de
pratique des enquêtes, ENSEA –Abjdjan, Côte d’Ivoire

- www.uclouvain.be/cours

- www.math.univ-toulouse.fr

- www.univ-brest.fr