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Document 1 : Julien Martin, « La manipulation génétique : arnaque ou bienfait pour

l’humanité ? », http://www.agoravox.fr
Document 2 : « OGM : Fantasmes et réalités - Le point de vue d’un généticien »,
http://www.agoravox.fr
Document 3 : Parti de la loi naturelle, « Notre santé en danger ! », 1996.

Document 1 :

La manipulation génétique : arnaque ou bienfait


pour l’humanité ?
Ce texte renseigne sur les limites des apports du clonage, des OGM et des autres techniques
qui consistent à manipuler ou faire muter les gènes des êtres vivants.

D’après certaines multinationales, la manipulation génétique sera un outil qui contribuera à


apporter à terme un avenir radieux à l’humanité, pour Bayer et Monsanto, c’est un outil idéal
pour combattre la faim dans le monde. Pour Sanofi-Aventis, Lilly, Biogen Inc, tôt ou tard, elle
sera une panacée quasi universelle pour combattre les maladies. La vision de ces
multinationales néglige plusieurs paramètres.

La technique de manipulation génétique qui déchaîne le plus les passions, actuellement, est
celle qui consiste à introduire des gènes étrangers (du gène de panthère dans un lapin, de
poule dans une souris...), dans un animal ou un végétal. Elle a causé la création de centaines
d’associations hostiles aux OGM (organismes génétiquement modifiés) ou OM (organismes
mutants). Ce n’est pas la seule technique qui existe, des recherches sont menées sur une
modification génétique par l’intermédiaire de la nanotechnologie, une myriade de robots
microscopiques, où des molécules seraient utilisées pour changer les gènes.

Outre les problèmes d’éthique liés au fait que le développement de la manipulation génétique,
s’il est mal encadré, mènera à des dérives graves, telles qu’une discrimination impitoyable,
avec ceux dont le profil génétique sera jugé inadapté ; et la mise en place d’une sélection
génétique des bébés selon des critères contestables. Les centaines de milliers d’adeptes de
l’idéologie nazie, présents dans le monde, paieraient cher pour qu’une thérapie génétique
contre l’homosexualité soit disponible, théoriquement ce genre de choses est possible, puisque
notre patrimoine génétique influe sur nos préférences sexuelles, donc l’attirance envers les
membres du sexe opposé ou du même sexe. De nombreuses sectes, comme par exemple Raël,
ont des idées particulières sur les gènes « idéaux ». A titre d’information, les raéliens
possèdent, en Afrique du Sud, un laboratoire de recherche sur les manipulations génétiques,
notamment le clonage.

-1-
Il y a aussi la question de l’efficacité dans le temps, d’une modification génétique artificielle.
Des milliers de facteurs modifient les gènes des êtres vivants, le climat, la nourriture, les
microbes, etc. Autrement dit les pressions de l’environnement peuvent amoindrir voire
neutraliser les effets d’une modification génétique artificielle, chez un animal, une plante ou
un humain.

Bien sûr les partisans les plus inconditionnels des modifications génétiques diront que le côté
positif des techniques de manipulation génétique modernes l’emporte largement sur le négatif,
et que refuser les OGM ou OM, les thérapies géniques et le clonage, revient à priver
l’humanité d’avancées incroyablement bénéfiques. Problème : la nature est allergique à la
perfection. Il existe une loi naturelle qui s’avère un cauchemar pour les généticiens. Selon
cette loi tout renforcement d’une capacité (résistance à une maladie, agilité, acuité d’un
sens...), à cause d’une modification génétique naturelle ou artificielle d’un être vivant, en
contrepartie, déclenche automatiquement une réaction génétique qui engendre un
affaiblissement d’une ou plusieurs caractéristiques, voire l’apparition de faiblesses naturelles
très handicapantes ou dangereuses. Cette loi biologique est confirmée par des milliers
d’exemples, comme la fameuse loi physique « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se
transforme ». [ …]

La loi naturelle qui limite les performances naturelles des êtres vivants, modère l’impact des
animaux et des végétaux sur les écosystèmes, elle est donc essentielle pour protéger la
biodiversité. Grâce à elle, les carnivores ne tuent pas à tous les coups les proies qu’ils
chassent. Ce qui permet aux proies d’être assez nombreuses pour maintenir leurs effectifs, et
aux carnivores d’avoir assez de viande pour se nourrir correctement. Les limites naturelles qui
pèsent sur les végétaux modèrent la concurrence au sein de la flore, ce qui facilite la
cohabitation entre les arbres et les plantes, et contribue à rendre possible l’existence dans des
pays comme la France, de centaines d’espèces végétales différentes.

La loi naturelle, qui vient d’être citée, n’empêche pas les modifications génétiques d’offrir des
perspectives intéressantes, mais elle limite grandement les apports positifs des techniques de
manipulation génétique, puisqu’à cause d’elle plus une modification génétique est importante,
plus les effets secondaires qu’elle suscite sont puissants. Contourner la loi naturelle qui
modère les performances des êtres vivants est impossible, les gènes sont reliés entre eux selon
le principe du domino, toute intervention sur un gène provoque automatiquement chez
d’autres gènes une réaction imprévisible et instantanée.

Il ne faut pas s’attendre à des miracles ou des avancées particulièrement fortes, avec les
techniques modernes de modification génétique, parce que pour chaque qualité accrue ou
défaut réduit, un ou plusieurs défauts sont amplifiés ou créés. Les thérapies géniques
(traitement médical reposant sur une manipulation du patrimoine génétique d’un être vivant,
destinée à provoquer une mutation sur les gènes jugés défectueux ou non convenables) sont
utiles, mais plutôt à réserver aux cas désespérés, puisqu’il s’agit d’une arme à double
tranchant, qui favorise à la fois la guérison et la maladie. La thérapie génique est un processus
hautement aléatoire. Les effets d’une thérapie génique ne sont pas ciblés, elle provoque des
réactions ailleurs que sur les gènes que veulent traiter les médecins, les gènes d’un être vivant
forment un ensemble uni, ils ne sont pas isolés les uns des autres, la modification d’un gène
est susceptible d’en dérégler des dizaines, la mutation est généralement un phénomène
communicatif ; donc une thérapie génique, sur un seul gène peut engendrer des centaines de
mutations imprévues, aux conséquences funestes (cancer, autisme, difformité, mort...) […]
-2-
Julien Martin

Document 2 :

OGM : Fantasmes et réalités - Le point de vue d’un


généticien
Depuis plus de dix ans, les OGM sont au centre d’une controverse qui n’est ni des plus
claires, ni des plus sereines et cet état de choses a plutôt tendance à s’aggraver au fil du temps.
Ce qui était au départ un simple débat a pris des allures de polémique, pour ne pas dire plus.

Une première condition indispensable pour qui veut tenter de clarifier les choses est de
dissocier deux aspects très différents de cette question, l’un relevant du domaine scientifique,
l’autre de questionnements socio-économiques et éthiques.

1. L’aspect scientifique comporte lui-même deux volets. Le premier relève directement de la


génétique : les OGM représentent-ils quelque chose de radicalement nouveau dans le
monde vivant ? L’autre concerne leurs risques et avantages éventuels.
2. L’aspect socio-économique peut se résumer en une question : les OGM, au bénéfice de qui ?
Mais cette question en cache une autre, bien plus cruciale : faut-il accepter la privatisation
du patrimoine génétique des êtres vivants ?

Ces deux aspects sont constamment amalgamés dans le débat public. La distinction entre eux
est pourtant essentielle car ils peuvent conduire à des prises de position très différentes.

Qu’est-ce qu’un OGM ?

Le sigle OGM signifie « Organisme Génétiquement Modifié ». On entend par là un type de


modification qui consiste à insérer, dans les chromosomes d’une espèce vivante, une molécule
d’ADN[1] étrangère. Cette opération est possible grâce à des enzymes qui permettent de
couper et de ligaturer avec précision des filaments d’ADN. La molécule insérée peut soit
correspondre à un ou plusieurs gènes qui apportent de nouvelles fonctions à l’hôte soit, au
contraire, aller bloquer le fonctionnement d’un gène donc supprimer une fonction indésirable.
Cette opération entre dans le cadre du génie génétique, on parle de transgénèse. L’organisme
ainsi modifié est dit transgénique. Le ou les gènes transférés peuvent provenir d’un autre
individu de la même espèce, d’une autre espèce ou même d’un autre type d’organisme. Ainsi
un gène de bactérie peut être transféré dans un animal ou dans une plante et réciproquement.

Ici nous parlerons surtout des plantes génétiquement modifiées (PGM), puisque ce sont
elles qui sont au centre de la controverse.

Avant de disposer de cette technologie, comment procédaient les agriculteurs, et les


chercheurs en amélioration des plantes, pour augmenter les qualités agronomiques des plantes
cultivées ? La première méthode, probablement utilisée dès les débuts de l’agriculture, est une
sélection très empirique : dans un champ, on choisit les plants qui présentent la meilleure
qualité et on s’en sert pour obtenir les semences de la génération suivante. Depuis le début du

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XXe siècle on utilise des méthodes plus sophistiquées : production de mutations au hasard
avec des agents mutagènes chimiques ou physiques (certaines radiations) ; croisements avec
d’autres variétés ou espèces voisines pour introduire des gènes intéressants (de résistance aux
maladies par exemple). Cette dernière méthode était la plus utilisée jusqu’à ces dernières
années. Il s’agit donc bien de créer des plantes génétiquement modifiées, mais avec des
méthodes dites « classiques », bien qu’elles ne se contentent pas toujours d’imiter des voies
naturelles. Certaines font appel à des techniques élaborées (la mutagénèse notamment).

Pour un chercheur en amélioration des plantes la transgénèse a l’avantage :

1. d’être plus rapide et plus ciblée que les techniques antérieures. On peut introduire un seul
gène dans un génome au lieu de centaines, plus ou moins au hasard, avec des caractères non
souhaités, comme c’est le cas avec un croisement ;
2. de rendre possible le transfert de gènes entre organismes très différents, par exemple d’une
bactérie vers une plante, ce qui est évidemment impossible par croisement.

La transgénèse et les techniques traditionnelles de croisement ne s’excluent pas ; dans certains


cas, elles sont même très complémentaires.

L’Homme et la Nature

Les principales inquiétudes exprimées sur les plantes transgéniques sont liées à la technologie
elle-même, qui est perçue comme radicalement différente des méthodes classiques de
sélection. On lui oppose deux grandes objections.

La première objection est qu’elle ne respecte pas la « barrière d’espèce » puisqu’elle


permet des échanges génétiques entre espèces différentes, transgressant ainsi une loi
fondamentale de la nature, une sorte de tabou mystique. C’est le mythe de l’apprenti sorcier
ou du savant fou, qui motive une hostilité de principe aux PGM chez beaucoup d’opposants.

On retrouve là un très ancien penchant à la sacralisation du ‘naturel’, assez largement


répandu, qui va de pair avec la croyance que « c’est naturel donc c’est bon ». Sous-entendu :
ce que fait l’homme est artificiel donc mauvais. Dans cette logique, il faut alors admettre qu’il
n’y a jamais eu grand-chose de bon pour les humains depuis les temps lointains où ils se sont
mis à tailler des pierres pour en faire des outils. Est-il naturel d’habiter dans des maisons et
d’utiliser l’électricité ou la voiture ? Cette sacralisation du naturel va de pair avec le vieux
mythe de la « Mère Nature », peut-être très poétique, mais pas du tout réaliste. […] La
génétique nous a appris que les transferts de gènes interspécifiques existent bel et bien dans
les conditions naturelles. Ce processus est appelé « transfert horizontal », par opposition au
transfert vertical, qui se fait d’une génération à l’autre par la reproduction sexuée. Sa
fréquence est faible, mais vu la durée de l’évolution biologique, son accumulation au fil des
âges a due être considérable.

C’est maintenant un fait bien acquis, tous les êtres vivants de notre planète sont le résultat
d’une évolution de plus de 3 milliards d’années où se sont produits des échanges génétiques
de toutes sortes entre espèces et entre organismes très différents. Ceux qui apportaient une
innovation avantageuse ont été favorisés par le jeu de la sélection naturelle et se sont
perpétués au fil de l’évolution. La question que se posent maintenant les évolutionnistes est

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celle de l’impact de ces transferts sur le déroulement du processus évolutif : négligeable ou
essentiel ? […]

La seconde objection faite à la transgénèse est que cette technologie est, en partie, aléatoire.
L’insertion sur les chromosomes du gène transféré se fait au hasard et peut donc perturber le
fonctionnement d’autres gènes. C’est vrai, mais pas vraiment gênant chez les plantes car on
peut faire tous les contrôles nécessaires, sanitaires, écologiques et autres, sur une nouvelle
variété avant de l’utiliser en agriculture. [ …] Ce qui n’est jamais dit par contre, et qui est
pourtant connu depuis trente ans, c’est que par un simple croisement entre variétés d’une
même espèce, on peut déclencher des perturbations génétiques bien plus importantes, comme
par exemple des cassures et des pertes de chromosomes.

Enfin, il faut savoir qu’il se produit spontanément dans la nature des transferts
génétiques bien plus conséquents que la simple transgénèse. Beaucoup de plantes, sauvages
ou cultivées, sont nées de l’addition des génomes de deux ou trois espèces différentes, bien
qu’assez proches. Dans ces cas-là, ce ne sont pas 2 ou 3 gènes d’une espèce qui sont
transférés dans une autre, mais tous les chromosomes, c’est à dire des milliers de gènes. C’est
le cas par exemple du blé et du colza. Le blé tendre cumule les génomes de trois espèces
différentes. Le colza cumule les génomes du chou et du navet. Ces « fusions génomiques » se
sont produites il y a des milliers d’années. L’homme n’y est pour rien, il a simplement choisi
de cultiver ces espèces parce qu’elles présentaient un intérêt alimentaire. Là encore, la nature
a franchi allègrement la barrière d’espèce. Les chercheurs savent, depuis le début du XXe
siècle, reproduire ce type de phénomène pour créer de nouvelles espèces d’intérêt
agronomique.

L’utilisation médicale des OGM montre bien que privilégier le naturel par rapport aux
œuvres humaines n’est pas justifié. Depuis plus de 20 ans, on fait synthétiser par des
microorganismes transgéniques, bactéries ou levures, des molécules à usage médical. On
dispose ainsi d’une insuline très pure, de facteurs de coagulation sanguine, d’un vaccin contre
l’hépatite B et de l’hormone de croissance. […] Ces microorganismes génétiquement
modifiés constituent donc un progrès médical incontestable même s’il est limité, car il n’est
pas possible de produire n’importe quelle protéine humaine par cette voie. L’utilisation de ces
OGM est d’ailleurs bien acceptée maintenant.

Les risques et avantages possibles sur les plans écologiques et


sanitaires

[…] Ils sont en gros de deux ordres : les risques pour la santé et les risques pour
l’environnement et l’agriculture, disons « écologiques », au sens large du terme. […]

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Document 3 :

PARTI DE LA LOI NATURELLE, 1996

Notre santé en danger !


Les aliments transgéniques arrivent dans nos magasins

Des aliments élaborés par génie génétique - appelés aussi « aliments transgéniques », par
exemple des légumes ou des céréales contenant des gènes issus de porcs, de poissons,
d'insectes, de virus, de bactéries ou d'autres espèces - apparaissent sur les étagères de nos
magasins. A commencer par des tomates, du mais et du soja transgéniques (soja qui entre
dans 60% de la nourriture industrielle) ; à terme c'est toute notre alimentation qui est
menacée.

Ces modifications génétiques sont radicalement différentes des croisements et


hybridations utilisés jusqu'à présent pour créer de nouvelles variétés : avec le génie
génétique, on introduit de force des gènes d'espèces totalement différentes dans l'ADN de la
plante que l'on veut modifier. Cette technologie viole l'aspect le plus intime de l'organisme-
hôte en produisant des modifications que la nature ne ferait jamais.

L'administration autorise le commerce de ces aliments sans prévenir le public, malgré les
prises de position de spécialistes de la génétique affirmant que ces aliments vont altérer notre
santé de manière définitive (notamment allergies et autres réactions imprévisibles).

Ces scientifiques pensent qu'au stade où en est la recherche actuelle, les manipulations
génétiques sur les produits alimentaires présentent des risques importants pour la santé
publique, notamment sur le long terme parce que :

• les gènes transposés réagissent différemment dans le nouvel organisme-hôte,


• l'intelligence génétique initiale de l'hôte a été perturbée,
• les gènes de l'hôte et le gène transposé vont avoir des effets réciproques imprévus.

[…]

Qu'est-ce que le génie génétique ?

Les gènes constituent le plan du fonctionnement d'un organisme. Chaque être vivant (plante,
animal, humain) est différent en raison des différences de gênes contenus dans chaque
organisme. Le génie génétique consiste à modifier l'information contenue dans ces gênes
notamment en introduisant artificiellement des gênes d'un organisme différent.

Dans quel but ? Ces modifications génétiques visent à conférer à l'organisme-hôte des
caractéristiques nouvelles comme : accroître sa valeur en protéines ou le rendre résistant aux
herbicides ou aux insectes, ou encore augmenter sa durée de conservation.

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Le génie génétique n'est pas une science exacte. Personne n'est en mesure de prédire les effets
de ces manipulations sur la santé et sur l'environnement.

Quelle est l'utilité des aliments transgéniques ?

Même s'il semble attrayant de pouvoir conférer des caractéristiques particulières à certains
organismes, personne n'est à ce jour en mesure de prédire les effets exacts de ces
manipulations, et notamment les risques d'effets secondaires, étant donné l'immense
complexité du code génétique.

De plus il n'y a pas à ce jour de raison vitale de promouvoir ces aliments transgéniques.
L'alimentation actuelle est largement suffisante pour nourrir l'humanité tout entière. Il est
reconnu que le problème de la faim dans le monde est plus un problème d'organisation que de
production.

Enfin ces nouvelles plantes risquant de remplacer progressivement les espèces


traditionnellement commercialisées, il en résultera une plus grande dépendance des pays en
voie de développement par rapport aux pays industrialisés par l'intermédiaire des grandes
sociétés de biotechnologie qui auront développé et breveté ces nouvelles plantes et qui
contrôlent de plus en plus les marchés mondiaux des semences et de l'alimentation.

L'accent devrait plutôt être mis sur la production d'aliments de haute valeur nutritive cultivés
selon des méthodes qui utilisent toutes les ressources de la loi naturelle, qui respectent
l'équilibre existant et protègent ainsi l'homme et son environnement.

Les risques des aliments transgéniques

* Création de substances toxiques ou allergènes

La plante dans laquelle on a introduit un gène d'espèce étrangère voit sont équilibre interne
modifié et peut secréter de nouvelles substances allergènes ou toxiques susceptibles de
produire de nouvelles maladies alors que la plante originelle ne comportait pas ces risques.
Les deux cas les plus flagrants ont été :

• le soja transgénique de la firme Pioneer Hi-Bred qui provoquait des réactions allergiques

• et surtout le L-Tryptophan de la firme Showa Denko qui, aux Etats-Unis en 1989, a tué 37
personnes et handicapé à vie plus de 1500 autres.

* Perturbation de l'ADN

La recherche génétique montre que beaucoup de maladies ont leur origine dans d'infimes
imperfections du code génétique. Or le génie génétique agit sur l'ADN, non pas avec
précision, mais en laissant une large part au hasard. Il est donc inévitable qu'apparaissent des
effets secondaires.

* Effets imprévisibles susceptibles de nuire à la santé

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L'introduction d'un gène étranger dans un organisme provoque un nouveau mode d'expression
et de fonctionnement génétiques. Les protéines élaborées par ce gène peuvent produire des
réactions en chaîne totalement imprévisibles.

D'autres questions se posent avec l'utilisation de virus génétiquement ingéniérés comme


vecteurs de création de plantes ou d'animaux transgéniques : la déstabilisation du génome et le
transfert de gènes aux autres espèces sont à craindre. D'où une possible apparition de
nouvelles maladies graves ou même de résistance aux antibiotiques.

* Accroissement de la pollution de la nourriture et de l'eau

La majorité des manipulations du génie génétique visent à rendre la plante résistante aux
herbicides. Ceci conduira à l'utilisation plus importante de ces herbicides et donc à de plus
grandes concentrations de substances chimiques dans la nourriture et la nappe phréatique,
mettant en danger la santé des consommateurs.

* Mauvaises herbes résistantes aux herbicides et insectes résistants aux insecticides

Par le biais de la pollinisation, les nouvelles qualités de résistance aux herbicides peuvent se
communiquer aux plantes sauvages de la même famille. Ce point a déjà été constaté.
L'organisme génétiquement ingéniéré peut aussi détruire les espèces environnantes […]

* Problèmes éthiques

L'introduction de gènes animaux dans les plantes alimentaires soulève des questions éthiques
pour de nombreux membres de religions ainsi que pour les millions de végétariens. Elle
suppose aussi des manipulations sur les animaux que beaucoup contestent.

Le génie génétique constitue la plus grande menace jamais apportée


par une technologie humaine

Contrairement aux effets de la contamination chimique ou nucléaire, la pollution génétique ne


pourra pas être éliminée, car les effets de ces manipulations se transmettront à toutes les
générations de l'espèce en cause. En outre la dissémination sur toute la planète rend
impossible tout contrôle du problème. Il ne faut pas attendre des autorités de contrôle
française ou européenne une assurance de sécurité, car elles ne sont pas adaptées à l'ampleur
du problème, comme l'ont malheureusement montré dans le passé les erreurs du DDT, de la
Thalidomide, de l'amiante ou du sang contaminé, tous dûment autorisés à la
commercialisation par les services "compétents".

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